Mitteleuropa Balkans (178) Grèce (22)

Hydravions

Dornier Do-22

Dornier Do-22 sous les couleurs finlandais

Le Dornier Do-22 était un hydravion de conception et de fabrication allemande qui effectua son premier vol le 15 juillet 1938.

En dépit de performances correctes il ne fût pas retenu par l’Allemagne et ne connu le succès qu’à l’export en Finlande (des appareils initialement prévus pour la Lettonie non livrés avant l’annexion du pays), en Yougoslavie et en Grèce. Une variante terrestre baptisé Do-22L ne dépassa pas le stade du prototype.

La Grèce à commandé douze appareils qui sont en service en septembre 1939 et en septembre 1948 même si le nombre est tombé à dix appareils, un hydravion ayant été victime d’un crash à l’amerissage et un autre ayant été abattu par un chasseur italien lors d’un incident de frontière à l’automne 1948.

Les dix appareils restant vont opérer essentiellement en mer Ionienne et en mer Adriatique pour répérer les mouvements navals italiens annonçant une future offensive.

Quand les italiens déclenchent l’opération CAESAR il ne restait plus que six appareils opérationnels à la fois du fait des pertes au combat (deux) mais aussi parce que l’usure rendait leur utilisation dangereuse.

Les six appareils vont faire leur maximum mais ils doivent mettre bas les armes. Un appareil est abattu par la DCA italien le 5 mai au matin, un deuxième est victime de la chasse transalpine le 15 mai, un troisième est détruit au mouillage par les tirs d’un torpilleur italien le 21 mai, deux sont abattus par des chasseurs allemands le 5 juin et le dernier se crashe à l’amerrissage alors qu’il était parvenu en Crète.

Caracteristiques Techniques

Type : hydravion triplace de reconnaissance monoplan

Masse à vide 2600kg en charge 4000kg

Dimensions : longueur 13.12m envergure 16.2m hauteur 4.85m

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Ybrs de 860ch

Performances : vitesse maximale 350km/h à 3000m vitesse de croisière 310km/h distance franchissable 2300km plafond opérationnel 9000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.92mm MG-15 en position ventrale et en position dorsale, une mitrailleuse MG-17 de 7.92mm dans le nez, une torpille de 800kg ou quatre bombes de 50kg

Equipage : pilote, mitrailleur et opérateur radio

Fairey IIIF

Fairey IIID sous les couleurs portugaises

Le Fairey IIIF est l’un des rejetons d’une famille de biplans de reconnaissance développé en version terrestre et hydravion. Produit à 964 exemplaires, ayant donné également naissance aux Fairey Gordon et Fairey Seal, le prototype à effectué son vol initial le 14 septembre 1917 pour une mise en service en 1918. Il va connaître une longue carrière notamment en Grèce où il était encore en service en septembre 1939 à une époque où il était obsolète.

Les premières variantes (IIIA et IIIB) sont produits en petit nombre et participent à quelques opérations à la fin du premier conflit mondial à la différence du IIIC qui entre en service en novembre 1918 au sein des forces armées britanniques dont le volet aérien à été unifié avec la création de la RAF.

La variante suivante baptisé Fairey IIID est la première connaître le succès à l’export puisqu’il va être utilisé à la fois par les britanniques mais aussi par la marine portugaise et par les australiens avec respectivement onze et six exemplaires.

La variante qui nous intéresse le plus ici est donc la variante IIF, une variante apparue en 1927 qui allait être utilisée par les britanniques mais aussi par les néo-zélandais en attendant les grecs comme nous le verrons ultérieurement.

Cette variante était utilisé aussi bien avec des flotteurs qu’avec des roues, les premiers opérant depuis les navires de ligne et les seconds depuis les porte-avions ou depuis des hydrobases.

Au final il y eut de produit un prototype baptisé Fairey N.10, cinquante biplaces Fairey IIIA, trente triplaces Fairey IIIB, trente-six biplaces Fairey IIIC, 227 biplaces Fairey IIID, trois Fairey IIIE (projet à moteur radial qui n’à pas connu le succès commercial), trois Queen IIIF (avion d’entrainement radiocommandé), trois Fairey IIM civil et surtout 622 Fairey IIIF qu’il s’agisse de triplaces (55 Mk I, 33 Mk II et 291 Mk III) ou de biplaces ( 243 Mk IV), les Fairey Gordon et Fairey Seal étant initialement connu sous les désignation de Fairey IIIF MkV et Fairey IIIF Mk VI.

Cet appareil à été utilisé par la Grande-Bretagne l’Australie, l’Argentine, le Canada, le Chili, l’Egypte, l’Irlande, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, le Portugal, la Suède, l’URSS et la Grèce.

Cette dernière via son armée de l’air commande en 1929 dix Fairey IIIF qui vont être utilisés pour la reconnaissance, l’observation et la patrouille maritime. Ces avions sont déjà en passe d’être déclassés mais sont toujours en service dix ans plus tard quand éclate la guerre de Pologne qui fort heureusement pour Athènes ne dégénère pas en second conflit mondial ce qui aurait été une catastrophe tant les lacunes des forces armées héllènes étaient grandes.

Ces appareils sont remplacés en 1942 par des Supermarine Walrus plus modernes. Comme un symbole si en 1929 les Fairey IIIF avait été commandés par une aéronavale qui disparu peu après cette fois ce fût la situation inverse avec des appareils commandés par l’armée de l’air et qui allaient être pris en main par une aéronavale revenue d’entre les morts.

Après inspection quatre appareils sont conservés pour l’entrainement et différentes missions de servitude jusqu’en 1947 quand le dernier appareil disponible est interdit de vol puis envoyés à la casse.

Caracteristiques Techniques (Fairey IIIF Mk.IV)

Type : hydravion triplace biplan de reconnaissance et de patrouille maritime

Masse à vide 1749kg en charge 2740kg

Dimensions : longueur 10.46m envergure 13.94m hauteur 3.78m

Motorisation : un moteur en ligne Napier Lion XI de 570ch entrainant une hélice bipale à pas fixe

Performances : vitesse maximale 190km/h à 3048m distance franchissable 2450km (capacité carburant maximum aucun armement) plafond opérationnel 6100m

Armement : une mitrailleuse Vickers de 7.7mm tirant vers l’avant, une mitrailleuse Lewis en position arrière, plus de 227kg sous les ailes.

Supermarine Walrus

le roi George VI (1936-1952) passant en revue une unité de Supermarine Walrus

En septembre 1948, le Supermarine Walrus à une position monopolistique au sein des unités de la Fleet Air Arm (FAA).

Mis au point par le père du Spitfire, Reginald Mitchell, c’était un hydravion biplan monomoteur à hélice propulsive.

C’était le premier hydravion britannique à disposer d’un train totalement rectractable (ce qui en faisait un véritable hydravion amphibie), d’un habitacle fermé et d’un fuselage entièrement en métal.

Conçu dans un premier temps comme hydravion de reconnaissance destiné aux cuirassés et aux croiseurs, il fût également utilisé pour la lutte anti-sous-marine, l’entrainement, la liaison, le sauvetage en mer.

A l’origine de cet appareil figure une initiative de la firme Supermarine pour la Royal Australian Air Force (RAAF), l’armée de l’air australienne qui demandait un hydravion catapultable pour les croiseurs de la Royal Australian Navy (RAN).

Cet appareil baptisé Seagull V n’apparut qu’en 1933, effectuant son premier vol le 21 juin 1933 avant d’être confié à la Royal Navy pour des tests de validation.

La RAAF commanda 24 appareils qui furent livrés entre 1935 et 1937 suivis par douze appareils pour la RAF qui le rebaptisa Walrus.

Les commandes se succédèrent et en septembre 1948, le Walrus équipait au sein de la FAA deux groupements au sein du Home Command (soixante-huit appareils), deux groupements au sein du Mediterranean Command (trente appareils), un groupement au sein du Far East Command (vingt-deux appareils), un groupement au sein de l’India Command (dix appareils), un groupement au sein du West Indies Command (dix appareils), un groupement au sein du South Atlantic Command (huit appareils) soit 148 appareils en service (100 Mk I et 48 Mk II). A cela s’ajoute des appareils de réserve, 48 Supermarine Walrus Mk III et 42 Supermarine Walrus Mk IV.

Le Walrus équipe également des squadron du Coastal Command en l’occurence six squadron disposant de Supermarine Walrus Mk V, une version adaptée aux besoins de la force de patrouille maritime de la RAF.

La production n’est pas poursuivie, un nouvel appareil baptisé Supermarine Sea Otter doit être introduit au printemps 1949. L’appareil à été largement exporté en Argentine, en Australie, au Canada, en Egypte, en Irlande, en Nouvelle-Zélande,en Turquie et en Grèce (usage militaire) sans parler des utilisateurs civils.

La Grèce va recevoir des appareils pour remplacer ses hydravions Fairey IIIF clairement dépassés, les premiers appareils étant d’anciens hydravions de la FAA reconditionnés ce qui explique que chez certains auteurs peu scrupuleux la Grèce ne figure pas parmi les utilisateurs de l’appareil.

Six hydravions sont livrés en mars 1942 suivis de quatre autres appareils en septembre. Ces appareils sont utilisés pour l’entrainement et comme mesure intérimaire en attendant la livraison d’appareils neufs. La Grèce avait initialement voulu commander quarante-deux appareils mais très vite la renaissante aéronavale grecque à du réduire ses prétentions.

Finalement aux dix appareils de seconde main vont s’ajouter vingt-quatre appareils neufs livrés entre juin 1943 et février 1944. Ces appareils vont équiper pour seize d’entre-eux une flottille de reconnaissance, les autres étant utilisés pour les liaisons, l’entrainement et pour servir de volant de fonctionnement, les grecs faisant durer leur flotte en faisant tourner les appareils.

La mise en service du Salamis à entrainé l’embarquement de quatre Walrus (deux en pratique), ces avions étant intégrés au croiseur de bataille en formant son service aviation.

Sur les trente-quatre appareils reçus entre mars 1942 et février 1944, il en restait vingt-huit en service en mai 1949 quand les italiens déclenchent l’opération CAESAR.

Ces hydravions vont mener d’incessantes patrouilles de surveillance et de lutte ASM, vont couvrir les convois, éclairer les unités de combat, récupérer des pilotes abattus et même poser des mines.

On parle également d’une attaque à la bombe et à la torpille de navires italiens mais il semble qu’il s’agisse d’une légende ou d’une confusion avec un autre modèle d’appareil.

Les pertes sont naturellement lourdes que ce soit au sol (ou plutôt à flot) ou en vol sous les coups de la chasse et de la DCA. A la fin de la campagne de Grèce, il ne restait plus que huit appareils qui ont rallié le gouvernement grec en exil, l’ennemi ayant capturé six appareils (deux par les italiens et quatre par les allemands) mais à notre connaissance aucun appareil n’à été remis en état et réutilisé probablement faute de temps, de moyen et de volonté.

Du côté des hydravions ayant échappé à l’ordalie de la Campagne de Grèce ils sont usés par une utilisation intensive et ne peuvent plus être vraiment considérés comme des hydravions de première ligne.

Voilà pourquoi quand l’aéronavale reconstituera une flottille de patrouille maritime elle choisira le Consolidated Catalina, laissant trois Walrus être utilisés pour l’entrainement, les liaisons et les missions de servitude au profit des «PeeBeeWee». Un Walrus à été préservé et est aujourd’hui exposé au musée de la Marine du Pirée (magnifique musée dont je vous recommande la visite).

Caractéristiques Techniques du Supermarine Walrus

Type : hydravion de reconnaissance, d’observation et de soutien

Masse : à vide 2200kg en charge 3265kg maximale au décollage 3650kg

Dimensions : longueur 11,45m envergure 14m hauteur 4.6m

Motorisation : un moteur radial Bristol Pegasus VI de 680ch

Performances : vitesse maximale 215 km/h à 1450m distance franchissable 956km plafond opérationnel 5650m

Armement : deux ou trois mitrailleuses Vickers K de 7.7mm six bombes de 45kg ou deux bombes de 110kg ou deux charges de profondeur Mk VIII de 110kg

Equipage : trois ou quatre hommes

Arado Ar198

Arado Ar196

L’Arado Ar196 était un bon appareil, robuste et agréable à piloter. Néanmoins, il était jugé perfectible et dès le printemps 1943, la firme Arado travailla sur une version améliorée de son Ar-196.

Le nouvel appareil baptisé Arado Ar-198 est identique extérieurement à l’Arado Ar196 mais il est mieux armé, mieux protégé et plus rapide.

A noter que l’appareil reprend la désignation d’un bimoteur de reconnaissance qui resta à l’état de prototype après sa défaite contre le Focke-Wulf Fw-189.

Deux prototypes sont commandés en janvier 1945, l’Arado Ar198 effectuant son premier vol le 7 avril 1945 et le deuxième décolla pour la première fois le 8 août 1945.

48 appareils sont commandés en janvier 1946 et livrés entre juin 1946 et février 1947. Il va équiper les cuirassés de la Kriegsmarine.

Quatre appareils sont embarqués sur les cuirassés Lunderdoff Kaiser Wilhelm II Hidenburg Friedrich der Grosse Von der Tann Derfflinger Bismarck Tirpitz mais aussi sur les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau soit un total de quarante appareils auxquels il faut ajouter huit appareils qui servent de volant de fonctionnement.

Cet appareil va aussi être utilisé par la Grèce qui bien que se rapprochant de la France cherche à disposer d’une relative autonomie en matière d’équipements militaires.

Néanmoins il y à fort à parier que la commande de seize hydravions à l’Allemagne à du mal passer à Paris qui espéraient probablement placer d’autres hydravions fabriqués dans notre pays.

Ces seize appareils vont équiper l’une des cinq unités de l’aéronavale grecque et vont ironie de l’histoire se trouver à combattre les italiens et les allemands.

Ils vont être engagés pour les appareils basés à terre selon le même mode opératoire que les Walrus, subissant des pertes assez sensibles.

A la fin de la Campagne de Grèce il restait quatre appareils qui ne sont utilisés que pour l’entrainement mais après la destruction de l’un d’eux lors d’un tir fratricide au dessus de la Crète, les trois derniers appareils sont interdits de vol. On ignore tout de leus sort final mais il est probable qu’ils ont été ferraillés dans l’immédiat après guerre.

Caracteristiques Techniques de l’Arado Ar198

Type : hydravion biplace embarqué de reconnaissance et d’observation

Poids : à vide 3050kg maximal au décollage 3800kg

Dimensions : longueur 11.50m envergure 12.60m hauteur 4.50m

Motorisation : un moteur radial BMW-136 de 1050ch

Performances : vitesse maximale 361 km/h distance franchissable 1110km plafond opérationnel 8010m

Armement : deux canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans les ailes, une mitrailleuse MG-15 de 7.92mm dans le poste arrière. Deux bombes de 50kg

Consolidated Catalina

Le Consolidated Catalina à été utilisé par la Suède

Après la victoire du Japon sur la Russie en 1905, la question ce n’était pas si il y aurait un conflit entre Tokyo et Washington mais quand. Les deux pays se préparèrent donc à une grande bataille de rencontre généralement localisée au large des Philippines alors colonie américaine.

Ainsi naquit dans la tête des planificateurs de l’US Navy l’idée d’un hydravion à très long rayon d’action capable de surveiller de très larges portions de l’océan (ou de patrouiller au dessus d’un secteur donné pendant de très longues heures) et d’attaquer les lignes de communication ennemies, les «dents» étant paralysés par l’anéantissement de la «queue».

C’est le concept du Patrol Bomber (PB), du patrouilleur-bombardier, un concept décliné également par l’aviation embarquée américaine (Scout-Bomber ou éclaireur-bombardier) mais aussi par la France, les Bloch MB-175T de reconnaissance maritime effectuant leurs missions avec deux bombes de 125 ou de 250kg (selon les besoins en autonomie) pour pouvoir si besoin est attaquer des cibles d’opportunité.

C’est en octobre 1933 que l’US Navy lance officiellement un appel d’offres pour un patrol bomber, appel d’offres auquel répondirent Consolidated Aircraft et Douglas Aircraft Corporation.

Ce nouvel appareil avait été lancé pour remplacer les Martin P3M et Consolidated P2Y qui à l’utilisation s’étaient révélés sous motorisés, sous-armés sans parler de leurs «jambes courtes».

Sur le papier, le projet de Douglas baptisé XP3D-1 est meilleur mais au niveau prix, c’est le XP3Y-1 de Consolidated qui l’emporte et est donc choisit. Cela n’empêche pas le futur Calina d’intégrer un certain nombre de perfections techniques notamment des flotteurs de stabilisation retractables.

Le XP3Y-1 effectua son premier vol le 28 mars 1935 et fût ensuite intensivement testé par l’US Navy qui sure de son fait commanda 60 PBY-1 le 29 juin 1935. Les premiers appareils de série furent livrés au squadron VP-11F en octobre 1936.

Le PBY-1 produit à 60 exemplaires occupe ainsi les chaines de montage de septembre 1936 à juin 1937, les 50 PBY-2 sont produits entre mai 1937 et février 1938, les 66 PBY-3 entre novembre 1936 et août 1938, les 32 PBY-4 entre mai 1938 et juin 1939 et les 120 PBY-5 de septembre 1940 à juillet 1943, cette dernière version étant la première version amphibie du Catalina capable à la fois de se poser sur une piste en dur et sur une hydrobase.

Une version améliorée baptisée PBY-6 est commandée à 250 exemplaires en septembre 1946 et livrée entre janvier 1947 et décembre 1948.

Quand l’Europe s’embrase trente ans après l’armistice de Rethondes, onze squadrons de l’US Navy sont équipés des différents modèles du Catalina. Si quelques PBY-2 sont encore en service, la majorité sont des PBY-5 et 6.

Quatre squadrons soit 80 appareils sont déployés dans l’Atlantique et les Caraïbes et sept dans le Pacifique soit un total de 140 appareils, 220 appareils étant en ligne, 20 PBY-2, 120 PBY-5 et 80 PBY-6, les autres versions ayant été feraillées ou étant utilisées pour les liaisons, le transport, la sevitude et l’entrainement.

Sans des problémes importants de mise au point, le Martin PBM Mariner aurait remplacé les Catalina avant septembre 1948.

Résultat, le Mariner ne remplaça que très (trop?) progressivement les Catalina, le Consolidated PBY-6 étant encore en service en septembre 1954 en petit nombre, la production ayant cessée en septembre 1953.

Outre l’US Navy, des pays étrangers ont mis en œuvre le Catalina pendant ou après guerre qu’il s’agisse de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Colombie, de Cuba, du Danemark, de la France (80 appareils), de la Grèce, de l’Islande (Garde-Côtes), du Japon (après guerre), des Pays-Bas (aux Indes Néerlandaises), de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, du Paraguay, de l’Afrique du Sud, de la Suède, de la Yougoslavie, de l’URSS et de la Grande-Bretagne.

L’US Navy à retiré l’appareil du service en 1958, conservant pendant quelques années ses Mariner et ses Coronado, tournant au milieu des années soixante, la page des hydravions au profit des avions de patrouille maritime basés à terre après avoir essayé de mettre au point des hydravions de combat à réaction.

La Grèce sélectionne cet hydravion pour remplacer ses Walrus après avoir étudié le Sea Otter et le Potez-CAMS 143.

Douze Consolidated PBY-5 Catalina sont ainsi livrés à l’aéronavale grecque en juillet 1951, l’unité étant considéré comme opérationnelle à l’automne. Elle opère d’abord depuis Benghazi en Libye pour parfaire son entrainement et couvrir la mer Ionienne.

En septembre 1952 elle se déplace en Crète y opérant jusqu’en décembre 1953 quand l’unité rallie l’Epire pour surveiller l’Adriatique, pister les rares navires ennemis encore à flot et guider sur eux leur ange exterminateur qu’il prenne la forme d’un avion, d’un sous-marin ou d’un navire de surface.

Sur les douze appareils livrés à l’été 1951, cinq sont perdus (un par accident à l’entrainement, deux par la DCA et deux par la chasse) mais ils sont remplacés par des PBY-6. Au final la Grèce à reçu douze PBY-5A et huit PBY-6.

Le conflit terminé ces hydravions vont participer au répérage des épaves et des mines pour les éliminer.

Certains appareils vont être engagés dans la guerre civile pour repérer les maquisards communistes ou pour assurer le ravitaillement de garnisons isolés par exemple par largage de conteneurs. Le Catalina à été retiré du service en 1965 remplacé signe des temps par des Lockheed Neptune.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PBY-5A Catalina

Type : hydravion à coque bimoteur de patrouille maritime

Masse : à vide 9485kg maximale au décollage 16066kg

Dimensions : longueur 19.46m envergure 31.70m hauteur : 6.15m

Motorisation : deux moteurs radiaux Pratt & Whitney R-1830-92 Twin Wasp de 1200ch chacun

Performances : vitesse maximale 314 km/h vitesse de croisière 201 km/h distance franchissablekm plafond opérationnel : 4000m

Armement : deux mitrailleuses de 7.7mm latérales, deux autres dans la tourelle de nez et une mitrailleuse de 7.7mm dans le tunnel ventral. 1814 kg de charge militaire (torpilles, bombes, charges de profondeurs, mines).

Equipage : deux pilotes, trois mitrailleurs, un mécanicien , un radio et un navigateur soit 8 hommes

Bloch MB-481

Bloch MB-481

Le Bloch MB-481 est un hydravion bimoteur monoplan de bombardement-torpillage de conception et de fabrication française. Il à pour origine un appel d’offres de la marine française qui réclamait un éclaireur de combat capable de mener des missions de reconnaissance, de bombardement et de torpillage.

Trois constructeurs français proposent leurs projets : Bloch avec son MB-480, Loire-Nieuport avec son LN-10 et Hanriot avec son NC-410.

Le prototype du MB-480 vole pour la premier fois en juin 1939 suivit du premier vol d’un second prototype en octobre. Un temps le programme est menacé, la marine se demandant si la mission d’éclaireur de combat ne serait pas mieux assurée par un avion terrestre et notamment par une version adaptée du Léo 451.

Finalement le programme se poursuit. Si la production du MB-480 resta limité à 2 prototypes (qui finirent leur carrière à l’EEA [Escadrille d’Entrainement de l’Atlantique] d’Hourtin), celle du MB-481 allait être bien plus importante. Il va en effet remplacer le Lioré et Olivier H257bis mais également équiper de nouvelles unités.

150 appareils sont ainsi commandés et livrés entre janvier 1941 et octobre 1946. Quand le second conflit mondial éclate, l’Aviation Navale dispose de neuf escadrilles volant sur cet appareil en l’occurence l’escadrille 8B basée à Port-Lyautey au Maroc, l’escadrille 2B stationnée sur l’Etang de Berre tout comme sa consoeur l’escadrille 4B, l’escadrille 12T stationnée à Arzew, l’escadrille 9T stationnée Djibouti, l’escadrille 13T basée à Diego Suarez, l’escadrille 19T stationnée en Martinique sur la base aéronavale de Fort de France-Schoelcher, l’escadrille 22T stationnée à Dakar et enfin l’escadrille 23T déployée à Cam-Ranh en Indochine.

Au 5 septembre 1948, 96 Bloch MB-481 sont en service. Sur les 150 appareils commandés et livés, 96 sont en ligne, 11 ont été perdus ce qui réduit 43 le nombre d’appareils sont stockés dont 16 outre-mer et 27 en métropole. De nouveaux appareils appartenant à une version améliorée, le MB-483 vont être produits dans le cadre des commandes de guerre.

La Grèce s’intéresse l’appareil dans la foulée de l’intérêt yougoslave. La commande est passée en septembre 1944, commande de vingt-quatre appareils (seize appareils en ligne et huit appareils de réserve) qui est honorée entre février et septembre 1945.

L’unité ainsi équipée va opérer d’abord au dessus de la mer Egée pour calmer les véilleitées turques puis au dessus de l’Adriatique et de la mer Ionienne. Des incidents opposent les Bloch à des chasseurs italiens et un appareil est abattu le 4 juillet 1948 suscitant la protestation d’Athènes.

L’Italie qui n’est pas encore prête à régler son compte aux grecs s’excuse et verse des indemnités pour l’appareil perdu et pour la famille de l’équipage tué dans cet incident officiellement lié à une incompréhension mutuelle.

A partir de septembre 1948 les Bloch MB-481 grecs vont accentuer les patrouilles pour surveiller les mouvements italiens et pour couvrir la navigation.

Lors du déclenchement de l’opération CAESAR certains Bloch vont attaquer la flotte italienne subissant de lourdes pertes face à la DCA et à la chasse italienne puisque l’unité est rapidement réduite à neuf appareils qui vont se replier sur le sud du Péloponnèse.

Ces appareils vont continuer à combattre jusqu’au printemps 1950. L’unité ayant été réduite à quatre appareils, elle est dissoute et le personnel transféré en Egypte en vue de mettre sur pied de nouvelles unités.

Les quatre appareils très usés sont cannibalisés par les français pour soutenir leur flotte de MB-481/483.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-481

Type : hydravion bimoteur multiplace de bombardement, d’éclairage et de torpillage

Poids : à vide 6800kg totale 10000kg

Dimensions : Envergure 23.50m Longueur 19.10m Hauteur 4.60m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnôme-Rhône 14N de 1200ch entrainant des hélices tripales

Performances : vitesse maximale 350 km/h à 2000m Autonomie 1200km plafond 7100m

Armement : une mitrailleuse Darne de 7.5mm dans le nez avec 900 cartouches, une mitrailleuse Darne de 7.5mm en ventrale arrière avec 900 cartouches et un canon de 20mm Hispano-Suiza en tourelle dorsale avec 60 obus. 1340Kg de bombes ou deux torpilles de 400mm

Equipage : deux pilotes et trois mitrailleurs

Heinkel He-115

Heinkel He-115 sous les couleurs finlandaises

En 1935, le Reichsluftfahrtministerium (RLM) (Ministère de l’Air) lance un appel d’offres pour un hydravion bimoteur d’usage général, pouvant mener aussi bien des missions de reconnaissance que de bombardement, de torpillage ou encore de mouillage de mines.

Deux constructeurs proposèrent leurs projets : la Heinkel Flugzeugwerke et la Hamburger Flugzeugbau qui n’était que la division aéronautique des chantiers navals Blohm & Voss. Trois prototypes furent commandés le 1er novembre 1935, les avions Heinkel sont baptisés He115 et son concurrent, Ha140.

Le premier prototype du Heinkel He115 effectue son premier vol en août 1937 et début 1938, il est sélectionné au détriment de son concurrent hambourgeois. Il est mis en service en 1939 et va être exporté en Norvège, en Finlande, en Suède et en Grèce.

L’appareil est encore en service en septembre 1948 au sein du Kriegsmarine FliegerKorps (KFK) mais il à été largement remplacé par son successeur le Heinkel He-117.

La Grèce passe commande de vingt appareils en septembre 1945 à une époque où la chaine de montage était sur le point de fermer. Les allemands produisent douze appareils neufs et reconditionnent huit appareils ayant servis dans leurs unités, information qu’ils se garderont bien de divulguer aux grecs.

Cette unité va opérer avec les Bloch MB-481 pour des missions de patrouille maritime, de bombardement, de torpillage et même de lutte anti-sous-marine. Au cours de la campagne de Grèce sur les dix-neufs appareils existants, deux sont détruits dès le premier jour lors d’une frappe aérienne italienne suivis le lendemain de deux appareils abattus lors d’une mission de bombardement-torpillage.

La flotte est donc tombée à quinze appareils et ce n’est pas finit puisqu’à la fin de la Campagne de Grèce il ne restait que cinq appareils, la plupart étant particulièrement usés.

Ces avions se sont repliés sur la Crète mais ne vont guère voler à la fois pour éviter les tirs fratricides mais aussi parce qu’il manque de pièces détachées ce qui obère fortement leur disponibilité. Le dernier vol d’un He-115 grec à lieu le 14 septembre 1951 et les deux appareils survivants (les trois autres avaient été cannibalisés) sont envoyés à la ferraille.

Caractéristiques Techniques du Heinkel He-115

Type : hydravion triplace bimoteur de bombardement-torpillage

Poids : à vide 5290kg en charge 10400kg

Dimensions : longueur 17.30m envergure 22.28m hauteur 6.60m

Motorisation : deux moteurs radiaux BMW-132K de 970ch chacun

Performances : vitesse maximale 327 km/h rayon d’action de combat 2100km plafond opérationnel 5200m

Armement : une mitrailleuse fixe MG-17 de 7.92mm, une mitrailleuse MG-15 dans un poste dorsal et une autre dans le nez; cinq bombes de 250kg ou deux bombes de 250kg et une torpille de 800kg ou une mine marine de 920kg

Mitteleuropa Balkans (100) Roumanie (30)

Artillerie antiaérienne

TUNUL ANTIAERIAN 2cm Mod. 1938

Le canon antiaérien de 2cm modèle 1938 est un canon de conception et de fabrication allemande plus connu sous le nom de 2cm Flak 38, une pièce d’artillerie légère utilisée en affûts simples, doubles ou quadruples.

Pour les pièces de DCA légère, les allemands sélectionnèrent non pas un ni deux mais trois calibres à savoir 20,37 et 50mm même si dernier connu un dévellopement limité.

A l’origine de ces deux canons de 20mm _le second étant une version améliorée du premier figure le Flak 28_, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Mises hors la loi par le traité de Versailles, ces armes furent vendues à la Suisse.

Le Flak 30 à pour origine le Solothurn ST-5, un canon conçu pour la Kriegsmarine qui l’adopta sous le nom de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable.

Seul problème, la cadence de tir 120 coups/minute était faible pour une arme de ce calibre. D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg).

Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande, la Lituanie et la Roumanie ont reçu ces canons. L’Armata Regala Romana à reçut 300 pièces commandées en septembre 1940 et livrées à partir de mai 1941, des canons eux aussi connus sous le nom de Gustloff du nom d’un des constructeurs de ces canons.

Ces canons sont remorqués par des véhicules légers mais vont aussi être montés sur des camions pour augmenter leur mobilité même si jamais la Roumanie ne mit en service de véritables canons automoteurs antiaériens. Ce canon à aussi été utilisé comme arme sol-sol en appui de l’infanterie, l’obus de 20mm (20x138R) étant redoutable contre les cibles molles et contre l’infanterie à découvert. Il à été retiré du service en 1961 et remplacé par des canons de 23mm d’origine soviétique.

Caractéristiques Techniques (2cm Flak 38)

Calibre : 20mm (20x138R) Poids : 751 en configuration transport 405kg en position de tir Projectile 0.136kg Longueur du tube : 1.3m (65 calibres) Champ de tir vertical : -20° à +90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir maximale : 180 coups/minute en pratique (450 coups théorique) Portée effective : 2697m en tir sol-sol 2134 en tir antiaérien Alimentation : chargeurs de vingt-coups Equipe de pièce 5 hommes protégés par un bouclier de 5mm d’épaisseur.

TUNUL ANTIAERIAN 2.5cm Mod. 1939

Canon de 25mm antiaérien

Sous cette désignation se cache un autre produit de la firme Hotchkiss, le canon de 25mm modèle 1938, canon qui n’allait être adopté par l’armée française qu’en 1940 sous le nom de canon de 25mm CA (Contre-Avions) modèle 1940 soit après plusieurs ventes à l’export comme la Roumanie qui commanda soixante-douze exemplaires en 1939, exemplaires livrés courant 1940.

Ce canon est toujours en service en septembre 1948 et va faire le coup de feu sur le front russe en protégeant les unités de mêlée mais aussi en appuyant l’infanterie en frappant cibles molles et personnel au sol. Peu de canons ont survécu au second conflit mondial et les survivants ont été rapidement envoyés à la ferraille.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 25mm (25x163mm) Poids en configuration transport 1150kg Poids en batterie 850kg Poids du projectile 2.50kg (explosif) 3kg (perforant) Longueur du tube 3m (60 calibres) Champ de tir horizontal 360° Champ de tir vertical -5° à +80° Cadence de tir 260 coups par minute (110 coups en pratique) Portée maximale 1600m en tir antiaérien 2500m en tir sol-sol Alimentation chargeurs de 15 coups Equipe de pièce : neuf hommes

TUNUL ANTIAERIAN 3.7cm Mod. 1939

Le Tunul Antiaerian 3.7cm Mod.1939 est une version produite sous licence par la Roumanie du 3.7cm Flak 36/37, un canon mis au point par la célèbre firme Rheinmetall.

Les premières pièces d’artillerie antiaériennes légères allemandes étaient des canons de 20mm, un calibre modeste mais utilisé par d’autres pays. Néanmoins, les allemands estimèrent ce calibre trop faible pour être efficace, imposant un calibre léger plus important.

Comme la France, les allemands sélectionnèrent le calibre 37mm et dévellopèrent plusieurs modèles.

Le premier est le 3.7cm Flak 18, un canon de 57 calibres qui lui offre une portée maximale de 4800m. Ce modèle est produit en faible quantité, la production étant stoppée dès 1936.

Au Flak 18 succède le 3.7cm Flak 36, un canon semblable au précédent mais la cadence de tir augmentée. Dès 1937, un modèle amélioré baptisé Flak 37 lui succède, ces deux variantes étant les canons de 37mm les plus produits.

Le 3.7cm Flak 43 est le dernier modèle de canon de ce calibre, un canon à la cadence de tir améliorée.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

La Roumanie va produire 540 exemplaires de ce canon antiaérien, une partie étant utilisée pour défendre les champs pétroliers de Ploesti aux côtés de canons de 75mm. Le reste fût utilisé sur le champ de bataille pour protéger les troupes au sol contre l’aviation soviétique. Ces canons ont été retirés du service au début des années soixante quand des canons plus modernes les ont remplacés.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 37mm (37×263) Poids en configuration transport 2414kg Poids en position 1544kg Poids du projectile 0.742kg Longueur du tube 2.112m (57 calibres) Champ de tir horizontal 360° Champ de tir vertical -5° à +85° Cadence de tir 160 coups par minute (120 coups en pratique) Portée maximale 6585m en tir sol-sol et 4800m en tir antiaérien Alimentation chargeurs de huit coups Equipe de pièce : onze hommes (protégés par un bouclier de 10mm).

TUNUL ANTIAERIAN 4cm Mod. 1930

Sous cette désignation roumaine se cache le célèbre canon de 40mm Bofors, une véritable légende de l’armement puisqu’il suffit de dire «Bofors» pour que l’on sache de quel arme on parle. Ce canon à été mis au point initialement pour la marine suédoise mais cette dernière préféra un canon de 25mm.

C’est donc d’abord à l’export que le canon de 40mm va connaître le succès aux Pays-Bas pour sa version navale et en Belgique pour sa version terrestre. Très vite les commandes vont se multiplier et le Bofors devient une valeur sure de l’artillerie légère antiaérienne.

La Roumanie va produire le canon sous licence avec 665 exemplaires plus 54 exemplaires livrés par les allemands (il s’agissait essentiellement de canons capturés en Pologne et en Scandinavie), des canons utilisés essentiellement sur le front et pour couvrir les grandes villes de Roumanie contre les bombardements soviétiques et alliés. Quelques canons ont survécu au second conflit mondial mais n’ont pas réalisé une très longue carrière.

Caracteristiques Technique

Calibre : 40mm (40x311R) Poids en configuration transport 2400kg en position de tir 1730kg Poids du projectile 0.907kg Longueur du tube 2.24m (56 calibres) Champ de tir horizontal 360° Champ de tir vertical -5° à +85° Cadence de tir maximale 120 coups par minute (90 en pratique) Portée maximale 2800m en tir antiaérien et 4275m en tir sol-sol Alimentation : clips de quatre obus Equipe de pièce : neuf à onze hommes.

TUNUL ANTIAERIAN 7.5cm Mod. 1936/39

Canon antiaérien de 75mm Vickers mis en oeuvre par des artilleurs néerlandais

En 1931 la firme Vickers dévellopa un canon antiaérien d’un calibre inhabituel pour les britanniques à savoir 75mm, un calibre assez courant en revanche sur le continent européen.

C’est l’acte de naissance du Vickers model 1931 qui allait connaître un grand succès à l’exportation puisqu’il fût vendu au Danemark (qui le produisit sous licence), aux Pays-Bas, à la Belgique, à la Lituanie, à la Turquie, au Portugal, à la Suisse, à la Finlande, à la Chine et donc à la Roumanie qui en 1936 acheta la licence pour produire 100 canons, la production se poursuivant jusqu’en 1950 avec la sortie de 450 exemplaires.

Principale pièce antiaérienne medium de l’armée roumaine, le Tunul Antiaérian 7.5cm Mod.1936/39 fût principalement utilisé pour la défense antiaérienne territoriale, protégeant les grandes villes, les centres industriels et naturellement les puis de pétrole et les raffinerie de Ploesti.

Quelques canons ont aussi combattu sur le front russe servant comme c’est souvent le cas avec ce type de pièce à la fois de canon antichar et de canon antiaérien.

A la fin du second conflit mondial il restait quarante-huit canons en service dans l’armée roumaine soit à peine 10% du parc d’origine. Ces canons furent stockés jusqu’en 1975 quand ils furent envoyés à la ferraille sauf quelques exemplaires conservés à titre patrimonial.

Caracteristiques Techniques

Calibre : 75mm (75x495R) Poids en position de tir 2825kg Poids du projectile 6.5kg Longueur du tube 3.225m (45 calibres) Champ de tir horizontal 360° Champ de tir vertical 0° à +90° Cadence de tir 12 à 15 coups minute Portée maximale 5000m en tir antiaérien 10000m en tir sol-sol Equipe de pièce : onze hommes.

Mitteleuropa Balkans (82) Roumanie (12)

Navires

Croiseur léger NMS Miheai Viteazul

Lors du programme naval de 1937 la Marine Royale Roumaine prévoyait d’acquérir un croiseur léger mais ce navire qui allait être baptisé NMS Amiral Mugescu fût finalement achevé en mouilleur de mines pouvant également être utilisé comme navire de commandement et navire d’escorte lourd.

Finalement en juin 1942 la Roumanie sollicite différents chantiers navals pour un projet de croiseur léger. Ce projet est à la base roumain mais comme les architectes navals de la patrie de Cioran manquent d’expérience dans ce domaine, Bucarest souhaite une assistance étrangère.

C’est l’Allemagne qui l’emporte et envoie aux chantiers navals de Constansa une équipe d’ingénieurs et d’ouvriers spécialisés avec tout un lot de plans pour compléter et améliorer le plan roumain qui allait donner naissance à un croiseur léger semblable aux futurs unités de classe Berlin de la Kriegsmarine.

Semblable mais pas identique, l’unique croiseur léger de l’histoire roumaine étant plus petit, plus léger et moins armé que ses homologues allemands (Berlin, Frankfurt am Main, Dresden, Magdebourg, Emden, Bremen).

Il déplace en effet 7500 tonnes, mesurant 174m de long pour 14m de large et un tirant d’eau de 4.80m, un système propulsif comprenant des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur développant 85000ch lui permettant d’atteindre la vitesse de 30 nœuds.

Son armement est composé de quatre tourelles doubles de 150mm, de six canons de 105mm en affûts simples sous masque, d’une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm et de six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes.

Le projet d’embarquer une catapulte et un hydravion à été abandonné en raison d’une surcharge dans les hauts et du refus de réduire la puissance de feu.

Baptisé Miheai Viteazul (Michel 1er le Brave), il est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 4 septembre 1943 lancé le 14 mai 1945 et mis en service le 10 octobre 1947.

Navire-amiral de la marine roumaine, il va assurer des escortes de convois mais aussi des missions plus offensive comme l’attaque de la navigation soviétique et le bombardement de cibles à terre.

Il est endommagé à plusieurs reprises par l’aviation mais aussi lors d’échanges de tir avec une batterie côtière soviétique. Il est coulé le 14 janvier 1953 par l’aviation soviétique alors qu’il couvrait un convoi de renforts en direction d’Odessa.

Des bombardiers bimoteurs passent à l’attaque et touchent le croiseur léger à trois reprises. Le croiseur léger s’incline sur tribord puis sombre en quelques minutes ne laissant que fort peu de survivants.

Un sister-ship baptisé Cetatea Alba est mis sur cale en septembre 1948 mais sa construction n’est pas prioritaire ce qui fait qu’il n’est lancé qu’en octobre 1951 à une époque où son utilité est non seulement discutable sur le plan tactique mais aussi sur le plan logistique avec des problèmes d’effectifs pour la marine royale roumaine.

On décide tout de même de l’achever mais le 9 septembre 1952 il est victime d’un bombardement aérien français mené contre le port de Constansa. Douze bimoteurs Amiot 371 Berry escortés par des Arsenal VG.40 attaquent au crépuscule.

Des problèmes de détection et de coordination retardent l’intervention de la chasse de nuit et de la DCA. Cette dernière n’ouvre le feu que quand les premières bombes tombent sur le port.

Le futur croiseur pourtant bien camouflé n’échappe pas aux bombes françaises, trois d’entre-elles frappant le navire qui coule droit. Son épave sera relevée après guerre et démolie.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 7500 tonnes pleine charge 9500 tonnes

Dimensions : longueur 174m largeur 14m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières produisant de la vapeur surchauffée. Ce système fractionné (de l’avant à l’arrière chaufferie avant, machine avant, chaufferie arrière machine arrière) permet une puissance maximale de 85000ch entrainant deux hélices à pas variable triplace de 3.95m de diamètre.

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 20 nœuds

Protection : ceinture 75mm pont principal 35mm tourelles 25mm bloc-passerelle 30mm

Armement : huit canons de 150mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), six canons de 105mm en affûts simples sous masque (trois à milieu tribord et trois à milieu bâbord), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plateformes triples

Aviation : aucune

Equipage : 457 officiers et marins

Destroyers et torpilleurs

Destroyers classe Regele Ferdinand

Le Regele Ferdinand

La classe Regele Ferdinand (classe Roi Ferdinand 1er _roi de Roumanie de 1914 à 1927) est une classe de deux destroyers de conception et de fabrication italienne. Baptisés Regele Ferdinand (roi Ferdinand [1er]) et Regina Maria (reine Marie, épouse de Ferdinand 1er), ils vont être les plus puissants destroyers de la marine roumaine, les unités de classe Maresti nouvelle version étant moins puissants que leurs ainés.

Ils sont commandés dans le cadre d’un programme naval de 1927 et sont destinés à compléter les deux destroyers de classe Maresti, deux des quatre destroyers de classe Vifor (voir ci-après) commandés par la Roumanie en 1914 mais que l’Italie avait réquisitionné au moment de son entrée en guerre.

Les deux unités de classe Regele Ferdinand sont inspirés des conducteurs de flottille britanniques de classe Skakespeare. Ils s’en différencient par la disposition de leur système propulsif, par un armement d’origine suédois et par la conduite de tir d’origine allemande. Quatre unités étaient prévues mais seulement furent finalement construites.

Regele Ferdinand (1935)

-Le Regele Ferdinand est mis sur cale en juin 1927 aux chantiers navals Pattison de Naples lancé le 1er décembre 1928 et mis en service le 7 septembre 1930.

Le Regina Maria

-Le Regina Maria est mis sur cale en 1927 aux chantiers navals Pattison de Naples lancé le 2 mars 1929 et mis en service le 7 septembre 1930.

Le 27 mai 1931, le roi de Roumanie Carol II et son premier ministre Nicolae Iorga visitent le navire à Constanza. En 1937 ils participent à Spitehead à la revue navale célébrant le couronement de George VI.

Ces deux navires sont modernisés entre 1941 et 1943 pour le premier et 1944 et 1946 pour le second. Outre une remise en état complète, ils recevoient un sonar de conception allemand, une DCA améliorée ainsi que différentes modifications de détail.

Toujours en service en septembre 1948 ils vont d’abord assurer la défense des côtes avant de participer à des escortes de convois, la RKKF se montrant assez agressive avant même le début de l’opération BARBAROSSA. Celle-ci commencée, les deux destroyers vont assurer des missions d’escorte, de patrouille, de lutte anti-sous-marine et d’appui-feu au profit des troupes au sol.

Le NMS Regele Ferdinand est torpillé par un sous-marin soviétique le 7 septembre 1950 (deux torpilles) au large des côtes de Roumanie, le destroyer traquant un sous-marin repéré par un hydravion qui avait tenté sans succès de l’attaquer. En revanche le NMS Regina Maria survit au conflit.

Saisi par les soviétiques au moment du coup d’état communiste, il est interné à Sébastopol puis rendu à la Roumanie en mars 1955. Devenu navire-école sous le nom de Romania, il va jouer ce rôle jusqu’en 1965 quand son usure entraine son retrait du service et sa vente à la démolition.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1422 tonnes pleine charge 1880 tonnes

Dimensions : longueur 101.9m largeur 9.6m tirant d’eau 3.51m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Thornycroft développant 52000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 37 nœuds distance franchissable avec 490 tonnes de mazour 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Electronique : deux télémètres pour l’artillerie principal et un sonar S-Gerät.

Armement : cinq canons de 120mm Bofors en cinq affûts simples sous masque (deux à l’avant superposés, deux à l’arrière superposés, un derrière la cheminée arrière), un canon antiaérien Bofors de 76mm (remplacé ultérieurement par des canons de 20mm) entre les deux cheminées et un affût double de 40mm (remplacé par deux canons de 37mm et un affût double de 13.2mm), deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm. Ils peuvent emporter 50 mines ou 40 charges de profondeur

Equipage : 212 officiers et marins.

Destroyers classe Vifor

Le Marasesti

L’histoire de ces destroyers est particulièrement chaotique. Commandés en 1913 aux chantiers navals Pattison de Naples par et pour la marine roumaine ils vont être réquisitionnés par la Regia Marina, la marine royale italienne quand celle-ci rentre en guerre au printemps 1915. Achevés comme croiseurs-éclaireurs (esploratori), ils vont pour deux d’entre-eux connaitre une carrière sous pavillon roumain, les deux autres continuant à servir dans la marine italienne jusqu’à la fin des années trente quand ils sont transférés à la marine nationaliste espagnole.

Initialement baptisés Vifor Viscol Vârtej et Vijelie, ils devaient être armés de trois canons de 120mm, quatre canons de 75mm, cinq tubes lance-torpilles, une endurance de 10h à vitesse maximale ce qui entrainait une autonomie limitée mais comme ils devaient opérer en mer Noire cela n’était pas un immense problème. Ces quatre navires devaient être suivis de huit autres mais ce projet ne fût jamais mené à son terme.

Internés le 5 juin 1915, ils étaient achevés à 60% pour l’un, à 50% pour un autre, à 20% pour un troisième alors que le quatrième n’était pas encore sur cale.

Ils sont achevés et mis en service dans la marine italienne sous les noms d’Aquila,Falco, Nibbio et Sparviero respectivement le 8 février 1917, le 20 janvier 1920, le 15 mai 1918 et le 15 juillet 1917.

Les Sparviero et Nibbio sont vendus à la Roumanie le 1er juillet 1920 et rebaptisés respectivement Marasti et Marasesti.

Quand éclate la guerre de Pologne ces deux navires sont armés de cinq canons de 120mm quatre canons de 76mm, deux mitrailleuses, deux affûts doubles lance-torpilles de 457mm et une capacité de mouillage de mines avec cinquante armes de ce type. Jusqu’à la mise en service du croiseur léger se furent les navires de combat les plus puissants.

Ces navires sont modernisés a minima en 1940/41 avec un renforcement de la DCA au détriment de l’artillerie principale (réduite à quatre canons de 120mm et deux de 76mm), l’embarquement de deux lanceurs de charges de profondeur.

Ils sont cependant usés et dépassés et la marine roumaine choisit de les désarmer, le Marasti quittant le service actif en octobre 1944 et son sister-ship en mai 1945. Ils sont immédiatement démolis, l’acier récupéré alimentant l’industrie de guerre roumaine.

Un mot sur leurs sister-ship restés sous pavillon espagnol. Les Aquila et Falco sont cédés à la marine nationaliste en 1937 alors que le camp franquiste ne possédait plus qu’un destroyer, le Velasco.

Ces navires sont rebaptisés Melilla et Ceuta, deux villes du Maroc espagnol ce qui est tout sauf un choix innocent, les troupes de l’Armée d’Afrique (Tercio, Regulares, troupes marocaines) ayant permis au camp nationaliste de transformer un pronunciamento manqué en une guerre qu’ils finiront pas remporter. Ces deux navires vont servir dans la marine espagnole jusqu’au milieu des années soixante quand ils sont désarmés et démolis.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1620 tonnes pleine charge 1790 tonnes

Dimensions : longueur 94.3m largeur 9.5m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières Thornycroft développant une puissance maximale de 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 152mm en affûts simples, quatre canons de 76mm, deux affûts doubles lance-torpilles de 457mm, 24 à 44 mines

Equipage : 146 officiers et marins.

Torpilleurs légers classe Marasesti

Pour moderniser leur marine les roumains décident de construire quatre torpilleurs de conception nationale avec l’aide discrète des italiens et des allemands.

Ces navires sont classés comme torpilleurs mais on peut les considérer comme des destroyers légers. La construction va se révéler très lente en raison du manque d’expérience des chantiers navals roumains.

Il s’agit d’élégants navires déplaçant 1100 tonnes avec un bloc-passerelle ramassé, deux cheminées inclinées et un armement composé de trois canons de 120mm en affûts simples (deux avant, un arrière), une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, trois plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et des grenades ASM.

-Le NMS Marasesti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 septembre 1942 lancé le 8 octobre 1944 et mis en service le 17 septembre 1945.

-Le NMS Marasti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 janvier 1943 lancé le 8 août 1944 et mis en service le 30 septembre 1945.

-Le NMS Viscol est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 mars 1945 lancé le 8 novembre 1946 et mis en service le 31 décembre 1947.

-Le NMS Vifor est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 30 avril 1945 lancé le 24 septembre 1946 et mis en service le 21 octobre 1947.

Ces quatre navires vont opérer à la fois comme escorteurs mais aussi comme navire d’attaque contre les convois soviétiques. Ils vont également de servir de canonnière pour appuyer les troupes au sol.

Deux d’entre-eux vont être perdus durant le conflit. Le premier est le Marasesti qui saute sur une mine soviétique mouillée au large d’Odessa le 8 octobre 1952, la mine déchirant le navire à la hauteur de la première cheminée, l’avant coulant immédiatement ne laissant quasiment aucune chance aux marins présents dans cette zone.

En revanche l’arrière commence à s’incliner sur babord puis se stabilise de longue minutes permettant aux marins d’évacuer et d’être récupérés par des navires venus d’Odessa, l’explosion ayant été vue et aperçue par toute la ville. Comme si le navire n’avait attendu que cela, peu après le départ du dernier marin, le navire sombre dans les profondeurs de la mer Noire.

Le second à succomber est le Viscol victime le 11 septembre 1953 de l’aviation soviétique lors de bombardements préliminaires à l’opération PIOTR VELIKYI et plus précisément le volet aéroporté baptisé PETERHOF.

Alors qu’il naviguait au large d’Odessa pour couvrir l’arrivée d’un convoi venu de Constansa, le destroyer est attaqué par des bombardiers bimoteurs soviétiques Peltyakov Pe-2. En dépit d’une DCA furieuse le torpilleur encaisse deux bombes qui provoque un naufrage rapide et des pertes humaines très élevées.

Les deux dernières unités vont survivre au conflit. Ralliant le nouveau pouvoir communiste après le coup d’état, ils vont combattre aux côtés des soviétiques même si à l’époque la mer Noire est redevenu un lac sous contrôle soviétique. Le Marasti est désarmé en 1959 et le Vifor en 1961, les deux navires étant ensuite rapidement démolis.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1100 tonnes pleine charge 1540 tonnes

Dimensions : longueur 85m largeur 11m tirant d’eau 3.80m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 37000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 5500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux à l’avant et un à l’arrière), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, trois plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et vingt grenades ASM

Equipage : 185 officiers et marins

Torpilleurs légers classe Noduca (type Ariete)

Ariete

A l’origine des Ariete figure une initiative des chantiers navals Ansaldo de Gênes pour un nouveau modèle de torpilleur destiné aussi bien à la Regia Marina qu’à l’export.

Outre l’Italie ce modèle allait être exporté en Espagne (quatre exemplaires), en Suède (deux exemplaires plus quatre produits sous licence), Roumanie (quatre exemplaires construits en Roumanie) et en Thaïlande (quatre exemplaires), un vrai best-seller qui permis à l’Italie d’engranger des devises partagées entre les chantiers Ansaldo et le gouvernement italien.

Côté marine royale italienne ce sont seize exemplaires qui sont commandés pour compléter les Orsa et les Spica, portant le nombre de torpediniere da scorta à cinquante exemplaires en septembre 1948. Huit autres Ariete seront construits après le début du conflit et leur cas sera étudié dans le cadre du programme de guerre.

Sur le plan technique, les Ariete sont une version agrandie des Spica qui les précédent immédiatement. Ils restent armés de deux canons de 100mm, possèdent une DCA légère non négligeable (dix pièces de 20mm), une important armement en torpilles parfois réduit au bénéfice de l’armement anti-sous-marine. Ils conservent une capacité de mouillage de mines dont on peut se poser la question sur l’utilité.

-Le NMS Noduca est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 14 mai 1942 lancé le 9 juillet 1943 et mis en service le 17 septembre 1944.

-Le NMS Sborul est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 12 août 1943 lancé le 8 octobre 1944 et mis en service le 21 novembre 1945.

-Le NMS Smeul est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 4 mai 1944 lancé le 9 juillet 1945 et mis en service le 1er septembre 1946.

-Le NMS Vartej est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 14 septembre 1945 lancé le 8 novembre 1946 et mis en service le 30 novembre 1947.

Ces navires vont opérer contre la navigation soviétique en compagnie des vedettes lance-torpilles mais aussi comme escorteurs et comme navires de surveillance côtière.

Le NMS Sborul est victime des éléments le 10 octobre 1952, une tempête d’une ampleur biblique l’envoyant par le fond entre Constansa et Odessa. Une poignée de survivants sera récupérée par un cargo roumain mais l’épave ne sera retrouvée qu’en 1975.

Le NMS Noduca est victime de vedettes lance-torpilles soviétiques au large de la Crimée le 7 mars 1953. Au crépuscule alors que le torpilleur roumain était l’affût d’un potentiel débarquement amphibie soviétique, il repère des échos sur son radar, six échos, six vedettes lance-torpilles qui passent immédiatement à l’attaque.

Les vedettes de la RKKF larguent leurs douze torpilles avant de décrocher. Le torpilleur roumain manœuvre avec l’énergie du désespoir, ouvrant le feu contre les vedettes (une détruite, une endommagée) et contre les torpilles (deux détruites).

Si deux anguilles se perdent pour des raisons techniques, deux autres frappent le torpilleur qui coulent en quelques minutes. Le sort des six autres torpilles est inconnu.

Le Smeul sévèrement endommagé par l’aviation ennemie lors de l’opération PIOTR VELIKY est saisi par les soviétiques lors de la prise d’Odessa qui l’envoient immédiatement à la casse alors que le Vartej refusant de suivre les nouvelles autorités roumaines se réfugiera en Turquie où son équipage sera interné et le navire remis en service dans la marine turque sous le nom d’Iskenderun, le navire étant désarmé en 1980 et démoli.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 757 tonnes pleine charge 1118 tonnes

Dimensions : longueur 83.5m largeur 8.62m tirant d’eau 3.15m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 22000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable nc

Armement : deux canons de 100mm en affûts simples dix canons de 20mm en affûts simples et doubles, six tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes triples, grenades ASM et vingt mines

Equipage : 115 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (61) Bulgarie (25)

Artillerie antiaérienne

2cm Flak 30/38

2cm Flak 38

La pièce antiaérienne la plus légère de l’armée allemande était le 20mm, un calibre que l’on peut considérer comme international à la différence du 25mm français par exemple.

A l’origine de ces deux modèles de canons de 20mm figure le Flak 28, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Le traité de Versailles ayant interdit à l’Allemagne de dévelloper de nouvelles armes, les bureaux d’études allemands soient vende leurs projets ou alors continue leur dévellopement à l’étranger notamment en Suisse.

Comme les choses ne sont jamais simples, le Flak 30 à également pour origine le Solothurn ST-5 un canon suisse adopté par la Kriegsmarine sous l’a désignation de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable. Seul problème, la cadence de tir 120 coups/minute était faible pour une arme de ce calibre.

D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg). Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un châssis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande et la Lituanie et donc la Bulgarie ont reçu ces modèles de canons et ce à partir de 1937/38 avec une première commande de 250 exemplaires suivit d’une deuxième de 162 exemplaires.

D’autres canons de ce type vont être commandés ce qui fait qu’en septembre 1948 l’armée bulgaire possédait 550 pièces de ce type. La majorité était tractée mais certaines pièces furent installées sur des camions. Ce n’est pas pleinement documenté mais il semble que d’autres canons de ce type ont été livrés durant le second conflit mondial en dépit du fait qu’elles étaient clairement déclassées.

Quand le second conflit mondial se termine l’armée bulgare possède encore environ 120 pièces de ce type, canons utilisées aussi bien pour le tir antiaérien que pour le tir sol-sol. Ces canons de 20mm ont été conservés en réserve, utilisés un temps pour l’entrainement et la formation de nouveaux artilleurs de la nouvelle armée bulgare en attendant l’arrivée de canons d’origine soviétiques.

Le 2cm Flak 30 était un canon léger antiaérien de 20mm de conception et de fabrication allemande pesant 470kg en configuration transport et 364kg en batterie et disposant d’un tube de 65 calibres (longueur : 1.3m) permettant le tir d’un projectile (20x138B) de 0.136kg à une distance maximale de 4800m en tir sol-sol et de 2134m en tir antiaérien à raison de 280 coups par minute (120 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeur de vingt coups. A noter que l’obus perforant pouvait percer 20mm à 500m (30°).L’équipe de pièce de sept hommes pouvait pointer le canon en site de -20° à +90° et en azimut sur 360°

3.7cm Flak 36/37/43

3.7cm Flak 37

Tous les pays à ma connaissance disposaient d’une DCA légère composée de deux calibres assez proches. Le duo standard était souvent composé du 20 et du 40mm mais d’autres pays préféraient le 25 et le 37mm ou encore le 20 et le 37mm pour l’Allemagne.

L’armée allemande à mis en service plusieurs modèles de canons de ce calibre dont le 3.7cm Flakabwehrkanone 36 (3.7cm Flak 36), une évolution du 3.7cm Flak 18 avec une cadence de tir améliorée. La production est lancée en 1936 mais dès l’année suivante en 1937 un modèle amélioré baptisé logiquement Flak 37 lui succède sur les chaines de montage. En 1943 lui succède le 3.7cm Flak 43.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

La Bulgarie reçoit en 1943 vingt-sept Flak 36 suivis en 1945 de trente-deux Flak 37 et enfin en 1949 de soixante-douze Flak 43 soit un total de 131 pièces. La Bulgarie aurait voulu plus de canons de ce type mais Berlin n’à pas donné suite à la demande de Sofia probablement pour des raisons politiques.

A la fin du second conflit mondial la Bulgarie possédait encore selon un rapport de janvier 1954 un parc composé de quatre Flak 36, douze Flak 37 et quarante-deux Flak 43 soit un total de 59 pièces ce qui n’était pas négligeable.

Ces pièces ont été mises en réserve au moment du désarmement de l’armée bulgare, stockées jusqu’en 1969 quand décision est prise de détruire ce qui ressemblait à des antiquités militaires impropres à la guerre moderne.

Le 3.7cm Flakabwehrkanone 43 (3.7cm Flak 43) était un canon léger antiaérien automatique de 37mm. Pesant 2000kg en configuration transport, il disposait d’un tube de 57 calibres (longueur du tube 2.109m) permettant le tir d’un projectile d’un poids variant de 0.623 à 0.659 kg à une portée maximale de 6500m (4800m en pratique) à raison de 250 coups par minute (150 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de huit coups. L’équipe de pièce peut pointer le canon en site de -7°30′ à +90° et en azimut sur 360°

8cm PL kanon vz.37

8cm PL kanon vz.37

Le 8cm PL kanon vz.37 est comme son nom l’indique un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque. Autre création de la firme Skoda, ce canon médian fit partie des nombreuses armes capturées par les allemands lors du démantèlement de la Tchécoslovaquie, les pièces capturées étant rebaptisées 7.65cm Flak M 37(t).

Quatre-vingt dix-huit pièces étaient disponibles au moment de la crise de Munich en septembre 1938. La production s’est poursuivie mais le nombre de pièces sorties des usines est inconnue, une partie des archives ayant été détruite durant le second conflit mondial.

La Bulgarie reçoit un certain nombre de pièces durant la Pax Armada en l’occurrence un premier lot de douze pièces suivit d’un deuxième lot de seize pièces et d’un troisième et dernier lot de quatorze pièces soit un total de quarante-deux canons utilisées principalement pour la défense territoriale en Bulgarie mais aussi en Macédoine et en Grèce.

Tout comme les canons de 88mm allemands, les canons tchèques d’un calibre de 76.5mm furent utilisées pour le tir antiaérien mais aussi pour le tir sol-sol avec les résultats que l’on peut aisement imaginer face à des chars ennemis.

A la fin du conflit il restait neuf pièces en état mais avec fort peu de munitions. Voilà pourquoi ces canons ont été rapidement ferraillés, une pièce étant conservée dans un musée à Sofia.

Le 8cm PL kanon vz.37 était un canon antiaérien lourd de 76.5mm de conception et de fabrication tchèque. Pesant 3800kg en position de tir, il disposait d’un tube de 52.8 calibres (longueur du tube 4.04m) perrmettant le tir d’un obus de 8kg (obus encartouché 76.5x346mm) à une distance maximale en tir antiaérien de 11470m à raison de dix à quinze coups par minute. Grâce à un affût cruciforme, l’équipe de pièce pouvait pointer en site de 0° à +85° et en azimut sur 360°

8.8cm Flak 18/36/37/45

Canon de 88mm Flak 36 préservé devant l’ouvrage du Fermont, un ouvrage sérieusement endommagé par les combats du printemps 1949 mais qui fût restauré dans les années soixante pour être transformé en musée et ainsi perpétuer la mémoire des soldats tombés dans les combats sur la Muraille de France.

Comme nous le savons maintenant le traité de Versailles signé le 28 juin 1919 imposait de sérieuses limitations à l’Allemagne sur le plan militaire que ce soit en terme d’effectifs ou en terme d’armement.

Berlin ne pouvait par exemple par développer de nouvelles armes lourdes. Impossible donc de développer de nouvelles pièces d’artillerie antiaériennes. Ces limitations furent rapidement contournées en installant des bureaux d’études à l’étranger (Pays-Bas, Suède, Suisse, Finlande, Espagne……).

C’est ainsi que pour remplacer les canons de 88mm du premier conflit mondial, l’Allemagne installa un bureau d’études de la firme krupp en Suède qui travailla avec la firme Bofors.

Un canon de 75mm fût mis au point mais la Reichswher ne fût pas satisfaite et demandant la prise du projet ce qui permis aux ingénieurs d’aboutir à un canon de 88mm, le 8.8cm Flugabwehrkanone 18, canon qui entra en service à partir de 1933.

Il était toujours en service en septembre 1939 mais commençait déjà à être remplacé par des canons plus modernes, les 8.8cm Flak 36 et Flak 37. Ces deux derniers modèles se distinguaient par leur tube démontable en trois éléments pour faciliter la maintenance et la présence sur le second nommé d’un calculateur.

Les Flak 18, 36 et 37 furent utilisés en campagne par la Heer et la S.S, en emplacements statiques par la Luftwaffe et la Kriegsmarine. Outre la guerre de Pologne, il participa à la guerre d’Espagne où on découvrit à cette occasion son efficacité dans la lutte antichar.

Suite à ces trois modèles les allemands tentèrent de mettre au point l’arme parfaite, l’arme polyvalente capable d’être aussi bonne pour la lutte antichar que pour la lutte antiaérienne. Cela donnait naissance à une arme très complexe, trop complexe pour le temps de guerre.

A rebours des traditions militaires et industrielles allemandes, les ingénieurs de Krupp décidèrent de faire simple, une arme performante mais simple à utiliser, ne nécessitant pas des semaines d’entrainement pour l’utiliser correctement.

Plutôt que de développer une arme polyvalente, ils mirent au point deux modèles, un modèle antichar (Panzerabwehrkanone 45) et un modèle antiaérien (Fliegerabwehrkanone 45) qui partageaient néanmoins un grand nombre de pièces.

Le 8.8cm Flak 45 fût produit en grand série à partir du printemps 1946, la priorité allant à la Flakartillerie de la Luftwaffe, l’équivalent de notre DAT.

La Heer fût servie après ce qui généra rancœurs et jalousies au point qu’il y eut des détournements de matériel, des canons destinés à la Luftwaffe se retrouvant dans la Heer ou la S.S.

Cette situation s’aggrava durant le conflit au point que les convois sortant des usines devaient être escortés pour éviter les détournements !

Outre la version tractée, le 8.8cm Flak 45 fût monté sur des semi-chenillés, des camions, installé sur des positions fixes mais également sur des wagons plats pour assurer la défense du Reich.

La Bulgarie commande vingt 8.8cm Flak 18 en 1936 suivis de soixante-six 8.8cm Flak 36 puis par cinquante 8.8cm Flak 37 et enfin vingt-quatre 8.8cm Flak 45 soit un total de 160 pièces essentiellement destinées à la défense territoriale de la Bulgarie notamment les villes de Sofia, de Burgas et de Varna. Quelques pièces sont utilisées sur les arrières du champ de bataille.

Quand le conflit se termine il reste six Flak 18, douze Flak 36, seize Flak 37 et huit Flak 45 soit un total de quarante-deux pièces qui furent stockées et pour beaucoup démolies dans l’immédiat après guerre faute d’utilité, les soviétiques fournissant à leur nouvel allié bulgare des pièces de 85 et de 100mm.

Le 8.8cm Flak 18 était un canon antiaérien lourd de 88mm pesant 5150kg en batterie et 6861kg en ordre de route et disposant d’un tube de 56 calibres (longueur du tube 4.93m) permettant le tir d’un obus de 9.24kg à une distance maximale de 8000m. L’affût permettait le pointage du canon en site de -3° à +85° et en azimut sur 360°

Le 8.8cm Flak 45 était un canon antiaérien lourd de 88mm pesant 7500kg en batterie et 8790kg en ordre de route et disposant d’un tube de 70 calibres (longueur du tube 6.10m) permettant le tir d’un obus de 9.4kg à une distance maximale de 14700m à raison de 15 à 20 coups par minute. L’affût permettait le pointage du canon en site de -3° à +90° et en azimut sur 360°

Mitteleuropa Balkans (46) Bulgarie (10)

MARINE BULGARE

Histoire

Aux temps jadis : peu ou pas de marine

Si la Bulgarie à connu des états puissants disposant de façades maritimes en revanche de puissantes marines point. Tout juste quelques unités ne pouvant pas vraiment rivaliser avec les plus puissantes marines de la région.

Louis le Pieux

La première mention de navires militaires bulgares date du IXème siècle . Durant sa guerre contre les francs de l’empereur Louis le Pieux (827-829) le khan Ormutag transporte des troupes sur le Danube et les débarquent sur les arrières des francs avec les conséquences que l’on peut facilement imaginer. Quinze ans plus tôt en 812 le khan Krum s’empare de forteresses byzantines en utilisant des navires militaires.

Pour une marine vraiment organisée il faut attendre le règne d’Ivan Asen II (1218-1241), une marine composée de navires à voile mais aussi de galères à rames, ces dernières étant chargées surtout de la défense des côtes.

En 1235 il envoie vingt-cinq grandes galères en soutien de l’empereur de Nicée dans son siège de Constantinople alors aux mains des latins et ce depuis la quatrième croisade de 1204.

En 1257 l’empire latin envoie une flotte de dix galères vénitiens et le 14 juin s’emparent de Nessebar (ville située au nord de Burgas, de peuplement grec jusqu’en 1923) après un court siège mais c’est une victoire sans lendemain.

Au XIVème siècke la Bulgarie n’est plus un état unifié mais une série de petits principautés qui vont succomber les unes après les autres à l’irresistible avancée des troupes ottomanes.

Cela n’empêche pas certains états bulgares de se montrer particulièrement vaillants notamment en mer Noire. C’est ainsi que la principauté de Karvuna disposa d’une marine qui remporta une série de succès navals contre les génois et les ottomans, les navires de cette principauté allant jusqu’en Crimée et même jusqu’à Trebizonde.

Qui dit marine dit chantier naval. Le principal était situé dans l’embouchure de la Kamchia (rivière de 191km prenant sa source dans l’est de la Bulgarie et se jettant directement dans la mer Noire à 25km au sud de Varna) en raison de l’abondance d’un bois de qualité à proximité. Il fût brûlé pour ne pas tomber aux mains des turcs.

Sur le plan technique les navires du premier empire bulgare sont des navires un peu à l’instar des drakkars vikings capable à la fois de navire en haute mer mais aussi sur les rivières.

Ils possédaient à la fois un faible tirant d’eau et de bonnes qualités nautiques. Leurs proues et leurs poupes étaient très hautes avec 10 à 15 rames sur chaque bord et un mat. A noter que les navires de bataille possédaient un petit bélier à l’avant pour dévoncer les navires ennemis.

Durant le second empire bulgare les navires sont issus du premier empire mais évoluent avec moins de rames et d’un modèle différent mais aussi des voiles triangulaires. Ils mesuraient 25 à 30m de long et 6 à 7m de large avec un ou deux mâts.

La marine bulgare : une marine de quatrième classe

La marine bulgare dans son acceptation moderne voit le jour le 13 janvier 1899 mais dès 1896 quelques navires sont armés par des équipages bulgares en l’occurrence trois vapeurs armés, le voilier Asen et sept autres vapeurs qui fournis par la Russie patrouillent sur le Danube.

La France va jouer un rôle important en fournissant plusieurs navires comme des torpilleurs et deux canonnières baptisés Nadezha et Kaliarta. Les subsides français vont représenter jusqu’à 20% du budget militaire bulgare.

Torpilleur Druzki

En 1903 le gouvernement bulgare présente un premier programme naval qui devait comprendre seize torpilleurs ainsi que l’aménagement et l’équipement des bases nécessaires. En 1908 ce programme est modifié avec six torpilleurs, trois batteries lance-torpilles flottantes et quatre batteries côtières lourdes.

En 1910 certains se prennent à rêver en imaginant des destroyers, des dragueurs de mines et des sous-marins voguant en mer Noire et en mer Egée, le pavillon blanc-vert-rouge claquant au vent mais hélas ce projet ne dépasse pas celui de l’intention en raison d’un manque de fonds et du peu d’intérêts de l’opinion publique bulgare pour les questions navales et maritimes.

La marine bulgare connait son baptême du feu durant la première guerre Balkanique, conflit qui est aussi un duel entre marchands de canons notamment Schneider côté français et Krupp côté allemand. Des chantiers navals sont aussi de la partie mais les propositions envoyées à la Bulgarie n’aboutissent à aucun contrat.

Durant cette quasi-répétition du premier conflit mondial la marine bulgare joue un rôle important mais qui n’est guère mis en valeur (un peu comme la Royale durant le premier conflit mondial). Elle assure la défense des côtes, la protection du trafic commercial et le ravitaillement des troupes dans une région où les infrastructures ne sont pas toujours de première qualité. A noter que des yachts armés patrouillent sur le Danube.

Le croiseur Hamidiyé

Le 21 novembre 1912 cependant à lieu la bataille navale de Kaliakra entre quatre torpilleurs bulgares et le croiseur protégé Hamidiyé de la marine ottomane qui intervient pour protéger un convoi qui ralliait Constansa (Roumanie) à Constantinople.

Cette bataille qui à lieu à 32 miles (64km) de Varna voit le croiseur protégé ottoman être sérieusement endommagé par le torpilleur Draski et le blocus des côtes bulgares notablement allégé.

La marine bulgare ne participe à la deuxième guerre Balkanique car les navires sont internés à Sebastopol. La brièveté du conflit aurait de toute façon réduit à pas grand chose son impact face à des pays comme la Grèce et l’empire ottoman disposant de moyens bien supérieurs notamment des croiseurs et des cuirassés.

En 1914 les navires bulgares rentrent au pays et vont participer au premier conflit mondial aux côtés des Empires Centraux. Son impact sera très limité surtout face à une marine russe possédant plusieurs cuirassés modernes. En fait l’apport principal de la Bulgarie aux Empires centraux sur le plan naval sera l’ouverture de ses ports aux navires allemands, austro-hongrois et ottomans.

Sous-marin bulgare n°18 ex-UB-8 de la Kaiserliche Marine

L’Allemagne se permet quand même de livrer un sous-marin type UB-1, le UB-8 et six dragueurs de mines légers de quoi donner un peu plus de poids à la petite marine bulgare.

Le traité de Neuilly-sur-Seine réduisant les forces armées bulgares à seulement 20000 hommes sans armes lourdes il était évident que la marine allait être impactée. Cette dernière théoriquement dissoute et remplacée par une force de police maritime ne peut conserver que des navires anciens tout juste adaptés à la défense côtière (et encore contre un ennemi pas trop exigeant) à savoir quatre torpilleurs de classe Diski et deux patrouilleurs, des navires de construction française.

Le royaume de Bulgarie tous comme les autres vaincus de la première guerre mondiale n’à jamais accepté le traité de paix et nul doute que les clauses militaires furent avec les clauses territoriales les plus dures à avaler.

Il faut attendre 1938 et la signature de l’Accord de Salonique pour que la Bulgarie puisse réarmer en toute légalité.

Durant la Pax Armada des investissements massifs _tout est relatif_ sont consentis par le gouvernement bulgare. Si l’armée de terre et l’armée de l’air sont prioritaires la marine n’est pas oubliée.

Elle reçoit de nouveaux navires, des hydravions et peut aménager des batteries côtières pour empêcher un ennemi quelqu’il soit de réaliser le blocus des côtes bulgares et asphyxier l’économie du pays.

S-Boot

C’est l’Allemagne qui va servir de parrain en livrant un premier lot de quatre vedettes lance-torpilles type S-Boot suivit d’un deuxième permettant de créer une flottille de torpilleurs. Ces torpilleurs sont appuyés par quatre torpilleurs légers inspirés des nouveaux torpilleurs de la Kriegsmarine ainsi qu’un certain nombre de patrouilleurs qui vont également servir de dragueur de mines.

Le mouilleur de mines britannique HMS Abdiel

A cela va s’ajouter un grand mouilleur de mines le Bulgaria, un navire conçu également pour servir de transport de troupes, de navire de commandement mais aussi de navire de soutien mais également deux petits pétroliers-caboteurs.

En septembre 1948 la marine bulgare dispose de quatre torpilleurs, de huit vedettes lance-torpilles, de douze patrouilleurs-dragueurs, d’un mouilleur de mines et de deux pétroliers-caboteurs. A cela s’ajoute une petite aéronavale dispose de huit hydravions Arado Ar196.

Arado Ar 196

Dès le début du conflit des champs de mines sont mouillés en coopération et en coordination avec la marine roumaine. Ils sont destinés à protéger les principaux bulgares (Burgas et Varna) d’un blocus soviétique.

Les batteries côtières sont armées à l’effectif de guerre et d’autres sont aménagées pour là encore empêcher une marine ennemie de réaliser le blocus des côtes.

Durant le second conflit mondial la petite marine bulgare ne va pas démériter. Sachant parfaitement ne pas pouvoir affronter la marine soviétique, elle va choisir une stratégie du faible au fort en pratiquant le harcèlement pour par exemple empêcher l’évacuation d’Odessa ou le ravitaillement de la Crimée (puis sont évacuation).

Ces opérations qui voient une coopération intense avec la marine roumaine (en dépit de différents territoriaux) ne remportent qu’un succès partiel et sont assez couteuses en matériel comme en vie humaine.

A la fin du conflit alors que l’URSS s’apprête à envahir la Bulgarie, la marine de Simeon II ne dispose plus que de deux vedettes lance-torpilles, un torpilleur, deux patrouilleurs et un pétrolier-caboteur.

Ces navires devaient être livrés par le nouveau gouvernement à Moscou mais les marins ne sont pas d’accord et le 25 janvier 1954 les navires sont sabordés à Varna où ils étaient rassemblés. Les responsables seront traduits en cour martiale et pour six d’entre-eux fusillés tandis que d’autres seront déportés en Sibérie.

Les navires concernés seront renfloués mais leur état était tel que les soviétiques tout comme le nouveau gouvernement décidèrent de les envoyer à la démolition. Signe qui annonçait un avenir funeste l’acier ainsi récupéré va être promptement envoyé en URSS et non réutilisé en Bulgarie.

La marine bulgare sera reconstituée en 1959 avec la cession de navires soviétiques mais ceci est une autre histoire.

Scandinavie (73) Finlande (11)

Dragueurs de mines

Dragueurs de mines classe Ahven

Les six unités de la classe Ahven sont des dragueurs côtiers mis en service dans la marine finlandaise en 1936/37. Ils ont été baptisés Ahven Kiiski Mulkku Särki Kuore et Lahna.

Ces dragueurs de mines participèrent à la guerre d’Hiver puis à la guerre de Continuation, deux d’entre-eux étant perdus durant le second conflit mondial en l’occurence le Ahven victime d’une mine qu’il cherchait à désamorcer le 17 juillet 1953 et le Lahna abordé de nuit par un cargo et qui coula en quelques instants. Les quatre survivants ont été désarmés en 1960 (Kiiski), en 1961 (Mulkku) et en 1962 (Särki Kuore) puis démolis.

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Scandinavie (72) Finlande (10)

Navires

Cuirassés garde-côtes Väinämöinen

Ilmarinen

Le Panssarilaiva Illmarinen

Les Panssarilaiva (navires blindés) de classe Väinämöinen étaient des cuirassés garde-côtes mis au point pour défendre les côtes finlandais et notamment les îles Aland qui étaient démilitarisés en temps de paix mais pouvaient être militarisées en cas de conflit et de menace.

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Scandinavie (70) Finlande (8)

MARINE FINLANDAISE (SUOMEN MERIVOIMAT)

Suomen Merivoimat

Histoire

Des origines à la deuxième guerre mondiale

La marine finlandaise est née en 1918 mais ses origines, ses traditions sont plus anciennes. En effet durant la période suédoise de l’histoire finlandaise il existait aux côtés de la marine suédoise une deuxième marine très dépendante de l’armée de terre en l’occurrence l’Armens Flotta ou flotte de l’Armée.

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Scandinavie (69) Finlande (7)

La Finlande dans le second conflit mondial

La Finlande dans la Pax Armada : préparer la revanche

Finlande 1940

La Finlande en 1940

La Finlande sort de la Guerre d’Hiver profondément déprimée. Outre la défaite c’est l’absence de soutien international fort qu’Helsinki à déploré alors que le pays était dans la position de l’agressé.

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Scandinavie (52) Danemark (23)

L’armée danoise et le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

A l’été 1948 il devint évident que la guerre était proche, une question de semaines au maximum de mois. Copenhague était bien décidé à maintenir sa neutralité au point de signer un pacte avec Oslo et Stockholm pour faire de la Scandinavie une zone libre de tout conflit.

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