Pologne et Pays Neutres (74) Suède (9)

Ordre de bataille simplifié de l’armée de terre

Reconstitution d’un uniforme suédois modèle 1939

-Etat-major général de l’armée de terre

-Conseil Militaire Supérieur

Organe consultatif qui se met en disponibilité en temps de guerre

Zones Militaires

Suite à une réforme de septembre 1941, les zones militaires et les districts militaires sont fusionnés, le territoire suédois étant divisé en sept zones militaires chargées en temps de paix de gérer la formation des conscrits, le soutien et prépare la mobilisation des unités qui sont ensuite placées sous le commandement des corps d’armée.

Les zones militaires assurent la défense locale, la défense territoriale au travers de régiments spécifiques et en prennant sous son aile les unités de la Home Guard.

Les sept zones militaires ont leur état-major stationné à Kristianstad (zone militaire n°1), à Ostersünd (zone militaire n°2), à Skövde (zone militaire n°3), à Stockholm (zone militaire n°4), à Karlstadt (zone militaire n°5), à Böden (zone militaire n°6) et à Visby (zone militaire n°7).

Chaque zone militaire dispose de deux régiments d’infanterie, d’un bataillon de cavalerie, d’un régiment d’artillerie, de deux compagnies du génie et d’unités de la Home Guard.

Corps d’Armée

En septembre 1948 l’armée suédoise commence à mettre sur pied quatre corps d’armée qui vont engerber chacun deux divisions d’infanterie soit huit divisions d’infanterie. Aux deux unités d’infanterie vont s’ajouter des unités d’appui et de soutien selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major (soutien, ravitaillement et protection)

-Un groupement de soutien logistique

-Un régiment d’artillerie lourde

-Un régiment du génie

-Un bataillon mobile (cavalerie et autos blindées)

-Un régiment de transmissions

Groupement mobile

Ce groupement mobile regroupe sous son commandement quatre brigades, des unités qui mélangent unités montées et unités motomécaniques, une version suédoise de nos divisions «pétrole-picotin».

Il semble qu’il s’agissait d’une situation provisoire en attendant la transformation en division motomécaniques mais cette transformation ne se fera qu’à la fin du conflit soit faute de temps ou de moyens ou de volonté.

Organisation des grandes unités

Infanterie suédoise durant le second conflit mondial

Division d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un bataillon de sécurité

-Un groupement de soutien logistique (maintenance, ravitaillement, soutien sanitaire) qui remplacent le bataillon de service et le bataillon médical.

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie d’autos blindées

-Un bataillon de cavalerie

-Une compagnie antichar et antiaérienne

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Un bataillon du génie

Brigades mobiles

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un bataillon de service

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie d’autos blindées

-Deux bataillons de chars légers

-Deux régiments montés

-Un régiment d’artillerie (motorisée pour les 1ère et 3ème brigades, hippomobile pour les 2ème et 4ème)

-Une compagnie antichar et antiaérienne

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major (soutien, ravitaillement et protection)

Mortier de 81mm Granatskare m/29, un Stokes-Brandt profondément modifié par Tampella

-Une compagnie de mortiers et de mitrailleuses

-Une compagnie antichar

-Trois bataillons d’infanterie à trois compagnies de fusiliers, une compagnie d’éclaireurs et une compagnie d’appui

Régiment monté

-Un escadron de commandement et de soutien

-Trois escadrons montés

-Un escadron d’appui avec un peloton de mitrailleuses, un peloton de mortiers et un peloton de canons antichars

Régiment d’artillerie

-Une batterie de commandement et de soutien

-Une batterie de conduite de tir

-Trois groupes à trois batteries de quatre pièces soit trente-six bouches à feu

Bataillon d’infanterie

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies de fusiliers

-Une compagnie d’éclairage

-Une compagnie d’appui (section de mortiers, section de mitrailleuses, section de canons automatiques)

Bataillon de cavalerie

-Un escadron de commandement et de soutien

-Trois escadrons montés à trois pelotons montés et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron d’appui (un peloton de mortiers, un peloton de mitrailleuses et un peloton de canons antichars)

Bataillon de chars légers

Char léger Stridsvagn m/31

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies à trois pelotons de quatre chars et un peloton de quatre autos blindées soit dix-sept véhicules par compagnie, cinquante-trois au total répartit entre deux chars pour le commandant du bataillon et son adjoint, dix-sept véhicules par compagnie (douze chars légers, quatre autos blindées et un char léger pour le commandant de compagnie).

Bataillon du génie

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie de pontonniers

-Une compagnie de déminage

-Une compagnie de travailleurs (construction et aménagement)

Bataillon de service

-Une compagnie de maintenance

-Une compagnie de ravitaillement

-Une compagnie sanitaire

Compagnie d’autos blindées

-Un peloton de commandement et de soutien

-Un peloton motocycliste

-Trois pelotons de quatre autos blindées

Compagnie antiaérienne et antichar

Canon de 37mm Bofors

-Une section de commandement et de ravitaillement

-Deux sections de quatre canons antichars

-Deux sections de quatre canons antiaériens

Pologne et Pays Neutres (73) Suède (8)

Aux temps modernes : des guerres napoléoniennes à nos jours

Soldat suédois en uniforme modèle 1806

Du 31 octobre 1805 au 6 janvier 1810 à lieu la guerre franco-suédoise. La Suède est soutenue par la Grande-Bretagne et la Prusse va affronter la France, l’Espagne et la Hollande.

Le 9 août 1805 la Suède à rejoint la troisième coalition suite à l’exécution du duc d’Enghien le 21 mars 1804 («pire qu’un crime une faute»). Elle autorise la Grande-Bretagne à utiliser la Poméranie suédoise comme base en échange de subsides. Le 31 octobre 1805 Stockholm déclare la guerre à la France.

En novembre 1805 une offensive combinée suédo-anglo-russe (12000 hommes) est lancée pour récupérer le Hanovre occupé par la France. Après la défaite austro-russe à Austerlitz, les suédois sont laissés seuls et doivent évacuer le pays en avril 1806 et se replient sur la Poméranie suédoise. Un accord franco-prussien est signé peu après.

A l’été 1806 une quatrième coalition est mise sur pied. La Suède peut occuper le Lauenburg mais devant l’offensive française, les soldats suédois doivent se replier sur la ville hanséatique de Lübeck pour évacuer mais les soldats français avancent trop vite. Suite à la bataille de Lübeck, 1000 suédois sur 1800 sont capturés. Ils sont très bien traités par le maréchal Bernadotte qui pose ici (mais il ne sait pas encore) les premiers jalons qui allait le conduire au trône de Suède.

La Poméranie suédoise est envahie début 1807, les français mettant le siège devant la ville de Stralsund. Après un premier cessez le feu le 18 avril 1807, la Suède reprend la lutte le 8 juillet 1807 après avoir refusé de rejoindre le système continental. Stralsund tombe aux mains des français le 20 août 1807. Les troupes suédoises comme c’est souvent la coutume à l’époque rentrent au pays avec armes munitions et bagages.

Après sa défaite dans la guerre russo-suédoise, la Suède signe le 6 janvier 1810 le traité de Paris. En échange du retour sous souveraineté suédoise de la Poméranie, Stockholm doit rejoindre le système continental.

Le 17 novembre 1810 la Suède doit déclarer la guerre à la Grande-Bretagne les marchandises sont saisies. Une guerre pour la forme (17 novembre 1810 au 18 juillet 1812) sans combats une Bloodless War (guerre sans sang). Les seuls tués sont les victimes des émeutes de Klagerup quand la troupe tire sur des opposants à la conscription le 15 juin 1811.

En 1812 la France occupe la Poméranie suédoise et l’île de Rügen, la Suède fait la paix avec la Grande-Bretagne dans le cadre du Traité d’Orebro (18 juillet 1812). Le même jour la Grande-Bretagne et la Russie signe une paix.

Du 14 mars 1808 au 10 décembre 1809, le royaume de Danemark-Norvège affronte la Suède. Le casus belli c’est l’alliance du royaume de Danemark-Norvège avec la France et l’alliance de la Suède avec la Grande-Bretagne. C’est une guerre que personne ne veut ce qui explique qu’elle se termine par une trêve. La paix est conclue par un retour au status quo ante bellum le 10 décembre 1809.

L’armée suédoise de l’époque c’est 23000 hommes dont 7000 hommes dans le sud de la Suède avec 14000 à la frontière norvégienne et 2000 dans le Norrland. Elle est bien équipée et bien entrainée.

On trouve plusieurs régiments comme le régiment de Hälsinge (1630-1709, 1709-1713 et depuis 1713). En 1816 ce régiment à huit compagnies reçoit le numéro 14 ou encore le régiment de Skaraborg (1624-1709 et 1709-1939). Devenu en 1816 le 9ème régiment d’infanterie, il est transformé en 1939 en régiment blindé qui va intégrer une brigade mobile (mobil brigad).

Le régiment de Kalmar (1626-1709 et 1709-1927) est un régiment d’infanterie à huit compagnies qui devient le 20ème RI en 1816 puis le 21ème RI en 1892. En 1927 il fusionne avec le régiment de Jönköping pour former le régiment de Jönköping-Kalmar.

Le Live Grenadier Regiment en suédois Livgrenadjärregementet est créé en 1928. En 1791, les régiments d’infanterie et de cavalerie d’Östergötland fusionnent pour donner naissance à un régiment de Life Grenadier. En 1816 le régiment est divisé en deux, les 1stet 2nd Life Grenadier Regiment. En 1928 les deux régiments sont fusionnés pour redonner naissance à un régiment unique qui reçoit également une autre désignation, le 4ème RI. Le Bohuslan Regiment est créé en 1720 et est devenu en 1816 le 17ème RI.

En face on trouve une armée dano-norvégienne de 36000 hommes mais seulement 5000 peuvent être employés contre la Suède. A cela s’ajoute une armée française composée de 12500 français, de 14000 espagnols, 6000 néerlandais et 12500 danois.

Ce conflit se termine par le Traité de Jönköping (10 décembre 1809) qui prévoit aucune cession de territoires, les navires britanniques sont maintenus à distance des côtés suédois, les rénégats et crriminels doivent être extradés.

En 1814 le Traité de Kiel cédera la Norvège à la Suède non sans que les norvégiens ne tentent par les armes d’échapper à l’union prévue avec la Suède.

L’armée suédoise au 20ème siècle.

Uniforme modèle 1910

L’armée suédoise à longtemps reposé sur le mercenariat et un volontariat plus moins corseté par des pressions sociales et fiscales. En 1901 la Suède va mettre sur pied un service militaire universel qui va perdurer bien au delà du second conflit mondial.

Les conscrits suivent un service militaire d’un an puis suivent jusqu’à un âge avancé (50 puis 45 ans) des périodes de rafraichissement toutes les 4 à 6. Ceux décidant de devenir réservistes subissent eux des rappels annuels plus ou moins longs en fonction du grade acquis.

Durant les deux conflits mondiaux, le service est temporairement porté à deux ans pour augmenter le nombre de soldats disponibles mais le projet de pérenniser cette extension n’à jamais pu aboutir en raison de nombreu oppositions politiques.

Si la Suède est restée neutre durant le premier conflit mondial elle s’est tout de même engagé dans les îles Aland en 1918.

Ces îles de la mer Baltique sont russes depuis 1809 intégrant le Grand Duché de Finlande. En 1856 suite à la guerre de Crimée, le Traité de Paris les démilitarise. En 1914 la Russie y installe une base de sous-marins utilisée également par les britanniques. Des fortifications sont construites mais leur puissance inquiètent Stockholm qui craignent qu’elles ne servent pour envahir la Suède.

En décembre 1917 la Finlande est indépendante. La population des îles Aland veut rejoindre la Suède ou du moins une intervention pour rétablir l’ordre en raison de la dissolution des troupes russes suite aux révolutions de février et d’octobre.

Ces îles étaient alors occupées par les Rouges, la Suède intervenant en février 1918 suivis par les allemands en mars. Le conflit est aussi relié à la guerre civile finlandaise entre Blancs et Rouges.

Le 10 février 1918 la guerre civile finlandaise arrive à Aland avec l’arrivée des Blancs finlandais. Peu de résistance russe. Le 13 février, le gouvernement suédois décide d’envoyer des troupes dans les îles Aland. Les blancs finlandais pensent que les suédois de leur côté mais ce n’est pas le cas. On assistance à une alternance de combats et de négociations. Les suédois contrôlent toutes les îles le 2 mars 1918.

Les allemands capturent les Rouges en raison de la crainte de voir la Suède rejoindre les alliés. Le 6 mars 1918, un accord germano-suédois est signé pour le partage des îles. Le 14 mars la majorité des troupes suédoises sont évacuées, les derniers soldats de Stockholm quittant la zone le 26 mai 1918 quand la guerre civile finlandaise s’achève.

Les allemands quittent les îles en septembre 1918. Trois ans plus tard en 1921, les îles sont cédées à la Finlande où elles forment une région autonome de la Finlande et sont démilitarisées.

Sur le plan des effectifs on trouve 2150 russes (dont 150 militants bolchéviques) contre 700 à 800 suédois, 900 allemands et 460 finlandais blancs.

L’Acte de Défense de 1925 voté le 26 mai 1925 entre en application le 1er janvier 1928. Cet acte entame une politique de désarmement qui ne changera qu’avec l’Acte de Défense de 1936.

Le nombre de divisions est baissé à quatre, dix-sept unités militaires sont dissoutes, le service militaire réduit à 140 jours, de nombreux conscrits sont transférés à l’Armée de Réserve.

L’Armen passe donc de six à quatre divisions, la cavalerie est réduite de cinquante à douze compagnies, l’infanterie de 364 à 122, les troisièmes bataillons des régiments d’infanterie sont dissous, les compagnies de service sont réduites de dix-huit à douze compagnies, le génie de trente-deux à vingt-deux, les compagnies de soutien sont réduites à trois, deux compagnies blindées étant mises sur pied.

A la différence de nombre d’armées l’armée suédoise à longtemps été uniquement organisée en temps de paix de régiments, des gros régiments avec plusieurs bataillons qu’ils soient d’active ou de réserve. Ces régiments étaient des régiments d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie et du génie.

Uniformes suédois modèle 1944

Armée de masse, la Suède choisit au début des années quarante de réorganiser son armée de terre pour l’adapter à l’époque. Les leçons de la guerre de Pologne sont tirées notamment la nécessité d’améliorer la mobilité des unités.

Le gouvernement suédois choisit une armée à deux vitesses, une armée territoriale au travers des zones militaires pour défendre le pays de manière ferme et décidée et une armée mobile capable d’intervenir sur tout le territoire rapidement. Elle comprend quatre corps d’armée et quatre brigades mobiles mélant des unités de cavalerie et des unités motomécaniques (NdA comment dit-on «pétrole-picton» en suédois). Les unités d’artillerie et du génie sont modernisées et voient leurs capacités accrues.

Jusqu’en 1937 le roi était le chef de l’armée, un rôle plein et entier et non symbolique comme dans d’autres pays. Cette année la poste de chef de l’armée (Chefen för armén) est créé, le roi restant le chef mais un chef sans pouvoir, un chef symbolique.

Le 30 novembre 1939 l’URSS envahit la Finlande. C’est le début de la Guerre d’Hiver. Face au Goliath soviétique, le David finlandais fait mieux que résister. Les finlandais ne sont pas seuls car des suédois sont à leurs côtés. L’armée suédoise ? Non un corps de volontaires de près de 10000 hommes qui allait intégrer également des danois et des norvégiens.

15000 suédois se présentent, 10000 sont sélectionnés mais seulement 8000 sont envoyés en Finlande pour combattre l’Armée Rouge. A cela se sont ajoutés des hommes qui ont rejoint individuellement le front.

A cela s’ajoute une aide humanitaire (nourriture, médicaments, vêtements) et des armes avec 135042 fusils,347 mitrailleuses, 450 fusils mitrailleurs,50 millions de cartouches, 144 canons, 100 canons antiaériens, 92 canons antichars,301846 obus de tous calibres, 300 mines marines et 500 charges de profondeur. On trouve également 17 chasseurs, 5 bombardiers légers, un DC-2 transformé en bombardier léger, trois avions de reconnaissance.

Les volontaires suédois s’illustrent lors de la Bataille de Salla (1939) et lors de la Bataille d’Honkaniemi (25 au 27 février 1940). Si la première est une victoire finlandaise, la seconde est une victoire soviétique.

Le Svenska Frivilligkaren à perdu trente-trois tués, dix disparus, cinquante blessés et cent-trente victimes d’angelures. A la fin du conflit ce corps comprennait 8260 suédois, 725 norvégiens et 600 danois.

Durant la Pax Armada des manœuvres en terrain libre sont organisées, des manœuvres massives à munitions réelles (ce qui génère un certain nombre d’accidents) qui permettent non seulement de régler différentes lacunes et surtout d’envoyer un message aux voisins de la Suède : si vous voulez conquérir notre pays cela vous coûtera très cher.

Quand la guerre devient évidente, la Suède prépare discrètement la mobilisation générale décrétée le 9 septembre 1948.

Outre la mobilisation générale des hommes en âge de combattre pour compléter et soutenir les unités d’active, une Home Guard est mise sur pied avec des hommes trop jeunes ou trop vieux pour combattre mais qui pouvaient soulager les unités de combat de missions secondaires.

Ce sont les prémices de la défense totale qui verra la Suède des années cinquante à quatre-vingt se transformer en un Etat-forteresse avec près d’un million de soldats potentiellement mobilisable, un pays transformé en forteresse géante, un pays bien décidé à faire payer le prix du sang à tout envahisseur.

Aujourd’hui la Home Guard tout en pouvant servir d’armée territoriale en complément d’une armée d’active aux effectifs plus réduits sert surtout pour l’intervention en cas de catastrophe naturelle ou en renfort de la police si celle-ci se retrouvait déborder.

Durant le conflit la Suède fait preuve d’une neutralité comme nous l’avons vu flexible avec un certain penchant pour l’Allemagne pour des raisons d’interdépendance économique.

Des trains sanitaires qui ont évacué des blessés allemands sous le contrôle de Croix Rouge ont en réalité transporté des armes, des munitions et même des renforts qui pour des raisons de discrétion portaient l’uniforme suédois ce qui est strictement prohibé par les conventions internationales.

Des incidents de frontière ont lieu entre la Suède et la Norvège après son occupation par les allemands. Il y eu la violation des eaux territoriales par des navires et des sous-marins officiellement non identifiés, des avions abattus, des pilotes internés.

Si l’armée suédoise n’à pour une raison évidente pas combattu durant le second conflit mondial des suédois ont pris les armes tant dans le camp de l’Axe que dans le camp allié, les premiers rejoignant la Waffen S.S et la division Nordland (théoriquement composée de scandinaves) alors que les seconds ont rejoint la Légion Etrangère, certains pilotes d’abord utilisés comme fantassins ce qui était un gaspillage de compétence se retrouvant dans l’Armée de l’Air.

A la fin du conflit l’armée suédoise s’est sérieusement modernisée en améliorant son équipement et son entrainement. De nouveaux programmes sont lancés en 1954/55 pour tirer la quintessence des leçons du second conflit mondial. La stratégie de défense totale est pérennisée pour faire face à la menace soviétique mais ceci est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (61) Suisse (11)

Fusils

Fusils Schmidt-Rubin

Schmidt Rubin modèle 1889

Les fusils Schmidt-Rubin sont une famille de fusils à répétition mis en service entre 1889 et 1958 date à laquelle les derniers modèles ont été remplacés par un fusil de la SIG, un fusil automatique qui annoncent les fusils d’assaut. Fusils à répétition, ils tiraient la cartouche 7.5x55mm Schmidt-Rubin. Naturellement avec une telle durée de service (soixante-neuf ans) de nombreux modèles ont été mis au point, les derniers étant très éloignés du modèle d’origine au point qu’on les considère souvent comme des modèles indépendants.

Le premier modèle est le fusil Schmidt-Rubin modèle 1889. Le nom est la combinaison du concepteur du fusil (le colonel Rudolf Schmidt) et le concepteur de la munition (le colonel Eduard Rubin). La production commence en 1891 et ce fusil est plutôt avancé pour l’époque. Il à été remplacé par plusieurs modèles que ce soit le modèle 1896, le modèle 1896/11, la carabine modèle 1911 et le K-31.

Le modèle 1889 pesait 4.43kg mesurait 1302mm de long, disposait d’un canon de 780mm tirant la cartouche suisse 7.5×53.5mm via un magazine de douze cartouches.

Le Schmidt-Rubin model 1889/96 est le premier modèle destiné à remplacer le modèle 1889. La principale différence est une modification du système de verrouillage. Adopté en 1896, cette arme devrait plutôt être désigné Vogelsgang-Rebholz car le colonel Rudolf Schmidt avait refusé cette modification l’estimant impossible à faire.

Les modèles 1889/96 sont par la suite modifiés en 1911 donnant naissance au modèle 1896/11, la principale différence étant une augmentation de la vélocité de la cartouche.

Le Schmidt-Rubin Modèle 1897 est un fusil à un coup utilisant une cartouche à puissance réduite car prévu pour les cadets soit des adolescents qui n’étaient pas encore suffisament formés pour utiliser un fusil d’adulte. 7900 exemplaires ont été produits.

Le fusil court Schmidt-Rubin modèle 1899/1900 est un modèle destiné à remplacer la carabine Mannlicher modèle 1893. Il était destiné à l’artillerie et à d’autres unités n’ayant pas besoin d’un fusil mais ayant besoin d’une arme plus puissante qu’un revolver ou un pistolet. 18750 exemplaires ont été produits entre 1901 et 1911. Il fût au final utilisé par les troupes de forteresse, l’artillerie, les unités cyclistes et les compagnies de ballons. La majorité des modèles produits ont été modifiés ultérieurement en carabines modèle 1911.

Ce fusil pesait 3.8kg mesurait 1105mm de long avec un canon de 592mm et tirait la cartouche suisse de 7.5×53.5mm

Le Schmidt-Rubin modèle 1896/11 est une adaptation du modèle 1896 avec une cartouche plus puissante que les modèles Schmidt-Rubin précédents. Le modèle 1896/11 disposait d’un canon rayé à quatre rainures au lieu de trois, une poignée pistolet, un magazin de six cartouches déjà utilisée par le modèle 1899/1900 et le changement des systèmes de visée.

Ce fusil pesait 4.5kg, mesurait 1300mm, disposait d’un canon de 780mm tirant la cartouche 7.5x55mm (GP-11) via un magazine détachable de six cartouches.

Soldats suisses armés de Schmidt-Rubin modèle 1911

Le Schmidt-Rubin modèle 1911 est une adaptation pour l’utilisation d’une cartouche plus puissante avec d’autres modifications comme l’installation d’une poignée pistolet. Une mirée graduée est également installé. Ces armes étaient toujours en service en septembre 1948.

La Carabine modèle 1911 («K-11») est destinée aux unités de soutien et à la cavalerie. Arme réussie, elle allait servir de base au futur modèle 1931. Outre des modèles neufs vont s’ajouter la conversion de modèles plus anciens (modèle 1900 et 1905).

Au total ce sont 1 366 228 exemplaires ont été produits par la Waffenfabrik de Berne.

-Karabiner modell 31

Mousqueton modèle 1931

Le mousqueton modèle 1931 est en septembre 1948 le fusil standard de l’armée suisse. Mis en service en 1933 il à été retiré du service à partir de 1959 remplacé par un fusil automatique fortement inspiré du MAS-40 français, une première étape avant la mise au point de fusils d’assaut qui ne devaient cette fois rien à personne.

Remplaçant le modèle 1911, le mousqueton modèle 1931 était le dernier rejeton de la grande famille des Schmidt-Rubin même si le fusil est suffisamment différent pour justifier d’être considéré comme une nouvelle arme.

Cette arme est plus compacte que ses devanciers ce qui la rendait plus facile à utiliser par des hommes ayant besoin d’une arme plus petite qu’un fusil d’infanterie. Cela simplifiait la logistique puisqu’un seul modèle pouvait remplacer plusieurs ce qui est toujours appréciable.

Cette arme était donc utilisée par l’infanterie au sein des unités de fusiliers mais aussi par la cavalerie, l’artillerie et le génie sans oublier les troupes de forteresse. Certaines unités de police furent équipés de cette arme tout comme la garde suisse pontificale.

Au modèle standard s’ajoute des adaptations pour le tir de précision que ce soit le modèle 1931/42 ou encore le modèle 1931/43. Ces deux modèles quasiment identiques étaient munis d’une lunette grossissement x6, une lunette de fabrication suisse.

Une variante améliorée le modèle 1931/45 est mis en service en 1947 mais n’était disponible qu’en petit nombre en septembre 1948. Cette arme à été simplifiée pour faciliter la fabrication et l’entretien en temps de guerre.

Après le retrait du service les armes encore en état sont stockées pour être réutilisés en cas de besoin notamment en cas de conflit majeur. Les dernières armes ont été déstockées en 1995, certaines vendues à des musées et d’autres à des collectionneurs après neutralisation. Au final ce sont 724520 exemplaires qui ont été produits.

Le mousqueton modèle 1931 était un fusi à répétition de conception et de fabrication suisse. D’un calibre de 7.5mm, il pesait 4kg à vide. Mesurant 1105mm de long, disposant d’un canon de 652mm il tirait la cartouche suisse 7.5x55mm GP-11 à une distance maximale effective de 500m sachant que les éléments de visée sont reglés de 100 à 1500m et que la cartouche peut atteindre en théorie la distance maximale de 5500m. Il à été alimenté par des chargeurs internes détachables de 6 cartouches et pouvait mettre en œuvre des grenades à fusil.

Pologne et Pays Neutres (58) Suisse (8)

Organisation des grandes unités

Division d’infanterie

Reconstitution d’une unité d’infanterie suisse du 20ème siècle

Les Divisions d’Infanterie de l’armée suisse ont une organisation classique avec un état-major, des unités de soutien, trois régiments d’infanterie et un régiment d’artillerie. Sur le plan opérationnel elles peuvent prendre sous leur autorité les brigades frontalières.

-La 1ère Division d’Infanterie (1ère DI) comprend les 2ème et 3ème régiments d’infanterie de ligne, le 7ème régiment d’infanterie de montagne et le 1er Régiment d’Artillerie. La 1ère brigade frontalière peut passer sous son autorité en cas de combat.

-La 2ème Division d’Infanterie (2ème DI) comprend un état-major, des unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (1er, 8ème et 13ème régiments d’infanterie de ligne) et un régiment d’artillerie, le 2ème RA. Sur le plan opérationnel il peut prendre sous son aile les 2ème et 3ème brigades frontalières.

-La 4ème Division d’Infanterie (4ème DI) comprend un état-major, trois régiments d’infanterie de ligne (11ème, 21ème et 22ème régiments) et le 4ème régiment d’artillerie.

-La 5ème Division d’Infanterie (5ème DI) comprend un état-major, des unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (4ème, 23ème et 24ème RI) et du 5ème régiment d’artillerie.

-La 6ème Division d’Infanterie (6ème DI) comprend un état-major, des unités de soutien, de quatre régiments d’infanterie (25ème, 26ème, 27ème et 28ème RI) et du 6ème régiment d’artillerie.

-La 7ème Division d’Infanterie (7ème DI) comprend un état-major, des unités de soutien, trois régiments d’infanterie (4ème RI, 23ème RI et 31ème RI) et du 7ème régiment d’artillerie.

Division de montagne

Troupes de montagne suisse

-La 3ème Division d’Infanterie de Montagne comprend un état-major, des unités de soutien, les 14ème 15ème et 16ème régiments d’infanterie de montagne et le 3ème régiment d’artillerie.

-La 8ème Division d’Infanterie de Montagne comprend un état-major, des unités de soutien, le 9ème régiment d’infanterie de ligne, les 20ème et 37ème régiments d’infanterie de montagne ainsi que le 8ème régiment d’artillerie.

-La 9ème Division d’Infanterie de Montagne comprend un état-major, des unités de soutien, deux régiments d’infanterie (12ème et 29ème régiments d’infanterie de montagne), le 11ème régiment d’artillerie lourde motorisée et le 12ème régiment d’obusiers motorisés.

Brigade légère

Cavalier suisse début 20ème siècle

Ces brigades montées comprennent deux régiments à trois compagnies de cavalerie et un bataillon cycliste, une compagnie de mitrailleuses motorisée, une compagnie motorisée de canons d’infanterie et une compagnie motorisée du génie. Durant la Pax Armada des chars légers intègrent ces brigades sous la forme d’une compagnie de douze chars par brigade.

LT vzor.38

-La 1ère brigade légère comprend le 1er régiment léger (1ère, 3ème et 4ème compagnies de cavalerie, 1er bataillon cycliste), le 2ème régiment léger (5ème, 6ème et 7ème compagnies de cavalerie, 2ème bataillon cycliste), la 1ère compagnie motorisée de mitrailleuses, la 31ème compagnie motorisée de canons d’infanterie et la 1ère compagnie motorisée du génie.

-La 2ème brigade légère comprend le 3ème régiment léger (8ème, 10ème et 13ème compagnies de cavalerie et 3ème bataillon cycliste), le 4ème régiment léger (9ème 11ème 12ème compagnies de cavalerie et 4ème bataillon cycliste), la 2ème compagnie motorisée de mitrailleuses, la 32ème compagnie motorisée de canons d’infanterie et la 2ème compagnie motorisée du génie.

-La 3ème brigade légère comprend le 5ème régiment léger (17ème 18ème et 24ème compagnies de cavalerie et 5ème bataillon cycliste), le 6ème régiment léger (16ème 19ème et 20ème compagnies de cavalerie et 6ème bataillon cycliste), la 3ème compagnie motorisée de mitrailleuses, la 33ème compagnie motorisée de canons d’infanterie et la 3ème compagnie motorisée du génie.

Brigade de montagne

Les brigades de montagne sont organisées en un état-major, des unités d’appui et de soutien et surtout deux régiments d’infanterie de montagne.

-La Brigade de Montagne n°9 est rattachée pour emploi auprès de la 9ème Division d’Infanterie de Montagne.

-La Brigade de Montagne n°10 comprend les 5ème et 6ème régiments d’infanterie de montagne

-Brigade de Montagne n°11

Brigade frontalière

Cette brigade est composée d’un état-major, de deux ou trois régiments d’infanterie frontalières, une compagnie de douze fusils-mitrailleurs, une compagnie de douze canons d’infanterie de 47mm, une compagnie de douze mitrailleuses et une unité sanitaire.

-La 1ère brigade frontalière comprend les 41ème et 42ème régiments d’infanterie frontalière

-La 2ème brigade frontalière comprend les 43ème, 44ème et 45ème régiments d’infanterie frontalière

-La 3ème brigade frontalière comprend les 46ème, 230ème et 231ème régiments d’infanterie frontalière.

-5ème brigade frontalière

-9ème brigade frontalière

-La 10ème brigade frontalière qui partage ses unités de commandement et d’appui avec la brigade de montagne n°10 (NdA ce qui explique son absence de la liste plus haut) comprend les 67ème et 68ème régiments d’infanterie frontalière de montagne.

Régiment d’infanterie

Chaque régiment d’infanterie helvétique se compose d’un état-major, des unités d’appui (une compagnie d’armes lourdes avec quatre mortiers de 81mm et deux canons d’infanterie de 47mm, une compagnie de mitrailleuses avec douze mitrailleuses lourdes et quatre mitrailleuses antiaériennes) et de trois bataillons d’infanterie soit trois bataillons d’active ou deux bataillons d’active et un bataillon issu de la mobilisation (Landwehr Bataillon) sachant que chaque bataillon dispose d’un état-major, de trois compagnies d’infanterie et d’une compagnie de mitrailleuses (9 fusils mitrailleurs et trois mitrailleuses)

En septembre 1948 l’armée suisse comprend les régiments d’infanterie suivants (NdA liste incomplète):

-1er Régiment d’Infanterie (1er RI) : 3ème bataillon de fusiliers, 17ème bataillon d’infanterie de montagne et 101ème bataillon d’infanterie de réserve.

-2ème Régiment d’Infanterie (2ème RI) : 1er bataillon de fusiliers 4ème et 5ème bataillons de fusiliers

-3ème Régiment d’Infanterie (3ème RI) : 3ème bataillon d’infanterie (Landwehr), 10ème, 13ème bataillons d’infanterie

-4ème Régiment d’Infanterie (4ème RI) : 103ème, 104ème et 105ème bataillons d’infanterie (les deux premiers d’active le troisième de réserve)

-8ème Régiment d’Infanterie (8ème RI) : 18ème 19ème et 20ème bataillons d’infanterie (les deux premiers d’active, le troisième de réserve)

-9ème Régiment d’Infanterie (9ème RI) : 21ème, 22ème et 24ème bataillons d’infanterie

-11ème Régiment d’Infanterie (11ème RI) : 49ème, 50ème et 51ème bataillons d’infanterie (les deux premiers d’active le troisième de réserve)

-13ème Régiment d’Infanterie (13ème RI) : 25ème, 26ème et 27ème bataillons d’infanterie ( les deux premiers d’active le troisième de réserve)

-14ème Régiment d’Infanterie (14ème RI)

-15ème Régiment d’Infanterie (15ème RI)

-16ème Régiment d’Infanterie (16ème RI)

-21ème Régiment d’Infanterie (21ème RI) : 52ème bataillon d’infanterie, 53ème et 90ème bataillons d’infanterie de montagne

-22ème Régiment d’Infanterie (22ème RI) : 54ème, 97ème et 99ème bataillons d’infanterie

-23ème Régiment d’Infanterie (23ème RI) : 55ème 56ème et 57ème bataillons d’infanterie

-24ème Régiment d’Infanterie (24ème RI) : 4ème Bataillon de fusiliers, 46ème bataillon d’infanterie et 102ème bataillon d’infanterie de réserve

-25ème Régiment d’Infanterie (25ème RI) : 62ème, 98ème et 106ème bataillons d’infanterie (les deux premiers sont des bataillons d’active et le troisième de réserve)

-26ème Régiment d’Infanterie (26ème RI) : 63ème 65ème et 107ème bataillons d’infanterie (les deux premiers sont des bataillons d’active et le troisième de réserve)

-27ème Régiment d’Infanterie (27ème RI) : 67ème, 68ème et 69ème bataillons d’infanterie

-28ème Régiment d’Infanterie (28ème RI) : 66ème, 70ème et 71ème bataillons d’infanterie

-Le 31ème Régiment d’Infanterie (31ème RI) comprend les 73ème, 74ème et 76ème bataillons d’infanterie sachant que le dernier nommé est un bataillon de réserve.

-Le 33ème Régiment d’Infanterie (33ème RI) comprend les 80ème, 81ème et 82ème bataillons d’infanterie

-le 34ème Régiment d’Infanterie (34ème RI) comprend les 79ème, 83ème et 84ème bataillons d’infanterie sachant que le premier nommé est un bataillon de réserve.

Régiments d’infanterie de montagne

Les régiments d’infanterie de montagne sont organisées comme les régiments de ligne.

-Le 5ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 7ème, 8ème et 9ème bataillons sachant que le premier est un bataillon de réserve et les deux suivants des bataillons d’active.

-Le 6ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 6ème, 11ème et 12ème bataillons

-Le 7ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 14ème, 15ème et 16ème bataillons

-Le 10ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 40ème et 110ème bataillons, deux bataillons de réservistes

-Le 12ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 10ème, 87ème et 109ème bataillons sachant que les deux premiers sont des bataillons d’active et le troisième un bataillon de réserve.

-Le 14ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 28ème, 29ème et 30ème bataillons

-Le 15ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 31ème, 32ème et 33ème bataillons

-Le 16ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 37ème, 38ème et 39ème bataillons

-Le 17ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 34ème, 35ème et 36ème bataillons

-Le 18ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 88ème et 89ème bataillons

-Le 19ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 41ème, 42ème et 43ème bataillons

-Le 20ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 44ème, 45ème et 46ème bataillons

-Le 29ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 72ème, 86ème et 109ème bataillons sachant que si les deux premiers sont des bataillons d’active le suivant un bataillon de réserve.

-Le 30ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 94ème et 95ème bataillons

-Le 32ème régiment d’infanterie de montagne comprend le 9ème bataillon de fusiliers de montagne et le 96ème bataillon

-Le 35ème régiment d’infanterie de montagne comprend le 8ème bataillon de fusiliers, les 85ème et 111ème bataillons d’infanterie de montagne.

-Le 36ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 91ème, 92ème et 93ème bataillons

-Le 37ème régiment d’infanterie de montagne comprend les 6ème et 11ème bataillons de fusiliers ainsi que le 48ème bataillon de fusiliers de montagne.

Régiment de cavalerie

Les régiments de cavalerie des brigades légères sont organisés en un état-major, trois compagnies montées et un bataillon cycliste.

-1er régiment léger (1ère, 3ème et 4ème compagnies de cavalerie, 1er bataillon cycliste)

-Le 2ème régiment léger (5ème, 6ème et 7ème compagnies de cavalerie, 2ème bataillon cycliste),

-Le 3ème régiment léger (8ème, 10ème et 13ème compagnies de cavalerie et 3ème bataillon cycliste)

-Le 4ème régiment léger (9ème 11ème 12ème compagnies de cavalerie et 4ème bataillon cycliste),

-Le 5ème régiment léger (17ème 18ème et 24ème compagnies de cavalerie et 5ème bataillon cycliste)

-Le 6ème régiment léger (16ème 19ème et 20ème compagnies de cavalerie et 6ème bataillon cycliste)

Régiment d’Artillerie de Campagne

Les régiments d’artillerie de campagne intégrés aux divisions d’infanterie sont organisés en un état-major régimentaire, trois compagnies de parc (maintenance et ravitaillement) et trois bataillons à trois batteries de quatre pièces soit trente-six bouches à feu auxquelles il faut ajouter au niveau du bataillon un état-major et une compagnie de ravitaillement.

-Le 1er Régiment d’Artillerie (1er RA) comprend les compagnies de parc 1 2 et 3 ainsi que les 1er, 2ème et 3ème bataillons d’artillerie

-Le 2ème Régiment d’Artillerie (2ème RA) comprend les compagnies de parc 4 5 et 6 ainsi que les 4ème, 5ème et 6ème bataillons d’artillerie

-Le 3ème Régiment d’Artillerie (3ème RA) comprend les compagnies de parc 7 8 et 9 ainsi que les 7ème, 8ème et 9ème bataillons d’artillerie.

-Le 4ème Régiment d’Artillerie (4ème RA) comprend les compagnies de parc 10 11 et 12 ainsi que les 10ème, 11ème et 12ème bataillons d’artillerie.

-Le 5ème Régiment d’Artillerie (5ème RA) comprend les compagnies de parc 13 14 et 15 ainsi que les 13ème, 14ème et 15ème bataillons d’artillerie.

-Le 6ème Régiment d’Artillerie (6ème RA) comprend les compagnies de parc 16 17 et 18 ainsi que les 16ème, 17ème et 18ème bataillons d’artillerie.

-Le 7ème Régiment d’Artillerie (7ème RA) comprend les compagnies de parc 19 20 et 21 ainsi que les 19ème, 20ème et 21ème bataillons d’artillerie.

-Le 8ème Régiment d’Artillerie (8ème RA) comprend les compagnies 22 23 et 24 ainsi que les 22ème, 23ème et 24ème bataillons d’artillerie.

Régiment d’Artillerie Lourde

Les régiments d’artillerie lourde motorisés sont organisés en un état-major, une compagnie de ravitaillement en munitions et deux bataillons à deux batteries de quatre canons de 120mm soit un total de seize bouches à feu.

-Le 12ème régiment d’artillerie lourde motorisée comprend la 26ème compagnie de ravitaillement en munitions, les 13ème et 14ème bataillons d’artillerie lourde motorisée.

-Le 13ème régiment d’artillerie lourde motorisée comprend la 27ème compagnie de ravitaillement en munitions, les 15ème et 16ème bataillons d’artillerie lourde motorisée.

-Le 14ème régiment d’artillerie lourde motorisée comprend la 28ème compagnie de ravitaillement en munitions, les 17ème et 18ème bataillons d’artillerie lourde motorisée.

Régiment d’obusiers de campagne

Les régiments d’obusiers de campagne comprennent une compagnie de ravitaillement en munitions, deux compagnies de parc et deux bataillons à trois batteries de quatre obusiers de 120mm soit vingt quatre bouches à feu par régiment.

Pologne et Pays Neutres (47) Irlande (8)

Organisation

Soldats irlandais avant le changement de tenues durant la Pax Armada

Division

Les deux divisions créées en septembre 1948 n’ont initialement qu’une fonction de coordination des brigades sous leur commandement. Sans être des coquilles vides elles n’auraient eu qu’un rôle limité en cas de combats réels.

Cela change au printemps 1952 quand les deux divisions deviennent de véritables organes de commandement et de combat avec des unités de combat, d’appui et de soutien, les trois brigades se concentrant sur le combat d’infanterie et de cavalerie avec les colúin shochorraithe (un bataillon par brigade).

C’est ainsi qu’à partir de mai (1ère division) et de septembre (2ème division) les divisions de l’armée irlandaise sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un élément logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie du génie

-Un groupe de reconnaissance motorisé

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie antiaérienne et antichar

-Trois brigades organisées en un état-major, deux bataillons d’infanterie, une colonne mobile et une compagnie de mortiers

Brigades

Coeur de la force de manœuvre de l’armée irlandaise, les huit brigades des forces de défense sont organisées initialement de la façon suivante :

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un élément logistique

-Un régiment d’artillerie

-Trois bataillons d’infanterie

-Une compagnie de mortiers

Après le printemps 1952 les brigades sont allégées (certains diraient affaiblies) et organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Une compagnie de soutien logistique

-Une compagnie de transmissions

-Deux bataillons d’infanterie

-Une colonne mobile dit aussi bataillon mobile

-Une compagnie de mortiers

Bataillon d’infanterie

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois ou quatre compagnies de fusiliers

-Une compagnie de mitrailleuses

Bataillon/Colonne mobile

Créé pour contrer un débarquement amphibie ou une opération aéroportée, ces bataillons mobiles sont au nombre de six soit par brigade endivisionnée, les brigades indépendantes n’étant pas ainsi modifiées visiblement par manque de temps et/ou de moyens. Chaque bataillon mobile est ainsi organisé de la façon suivante :

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie de chars légers

Auto blindée Landsverk L-180. Cette auto blindée suédoise à été exportée en Irlande et utilisée par les colonnes mobiles

-Une compagnie d’autos blindées

-Une batterie d’artillerie

-Deux compagnies d’infanterie portée

-Une compagnie du génie

Ces bataillons mobiles ont été vus par certains comme les prémices à la création d’une Rannàn armùrtha (division blindée) mais on ne verra jamais au sein de l’armée irlandaise l’équivalent d’une DLM, d’une DC, d’une Armoured Division ou encore d’une Panzerdivision.

Régiment d’artillerie

Influence britannique oblige, l’armée irlandaise avait comme pièce d’artillerie standard le QF 25 Pounder, le canon-obusier de 25 livres

Les régiments d’artillerie irlandais dépendaient initialement des brigades mais suite à la réorganisation des divisions comme entitées combattantes il y eu une totale réorganisation.

C’est ainsi qu’avant 1952 le régiment d’artillerie ne comportait que deux groupes à deux batteries de quatre pièces soit seize bouches à feu.

Désormais les régiments d’artillerie divisionnaire étaient organisées en un état-major, une batterie de commandement et de soutien, une batterie de conduite de tir et trois groupes à deux batteries de quatre pièces soit vingt-quatre pièces.

Les deux brigades indépendantes continuaient à disposer d’un régiment à seize pièces d’artillerie.

Il y eu le projet d’acquérir des canons lourds pour créer une réserve d’artillerie mais le temps et les moyens ont clairement manqué.

Compagnie de fusiliers

En plein hiver des soldats britanniques mettant en œuvre des mortiers de 2 pouces

-Un Peloton de commandement et de soutien avec un mortier de 2 pouces

-Trois Pelotons à deux groupes de fusiliers disposant d’un fusil mitrailleur et un groupe avec un fusil mitrailleur et un mortier de 2 pouces

-Un peloton de trois fusils mitrailleurs

Compagnie d’infanterie portée

-Un Peloton de commandement et de soutien avec un mortier de 2 pouces

-Trois Pelotons à deux groupes de fusiliers disposant d’un fusil mitrailleur et un groupe avec un fusil mitrailleur et un mortier de 2 pouces

-Un peloton de trois canons antichars légers

Compagnie de chars légers/autos blindées

-Un peloton de commandement et de soutien

-Trois pelotons de quatre chars légers ou de quatre autos blindées

-Un peloton de quatre autos blindées (compagnie de chars légers) ou un peloton d’infanterie portée sur camions (compagnie d’autos blindées)

Compagnie de mitrailleuses

En septembre 1948 la Vickers modèle 1912 était toujours la mitrailleuse standard de l’armée irlandaise

-Un peloton de commandement et de ravitaillement

-Trois pelotons de quatre mitrailleuses moyennes

Compagnie de mortiers

Mortier de 81mm modèle 1927/31

-Un peloton de commandement et de ravitaillement

-Trois pelotons de trois mortiers de 81mm Brandt modèle 1927/31

Compagnie antichar et antiaérienne

-Un peloton de commandement et de ravitaillement

-Deux pelotons de trois canons antichars

-Deux pelotons de quatre canons antiaériens

Compagnie antiaérienne lourde

Les villes de Dublin et de Cork étaient défendues par deux compagnies antiaériennes lourdes organisées de la façon suivante :

-Un peloton de commandement et de soutien

QF 3.7 Inch Gun

-Deux pelotons de quatre canons de 3.7 Inch (94mm)

Affût quadruple de 20mm Polsten

-Deux pelotons de six canons de 20mm Polsten

Groupe de reconnaissance motorisé

-Un peloton de commandement, de transmissions et de soutien

-Un peloton de quatre chars légers

-Deux pelotons de quatre autos blindées.

Compagnie du génie

-Un peloton de commandement et de soutien

-Un peloton de travailleurs (aménagement du terrain)

-Un peloton de minage/déminage

-Un peloton de pontonniers.

Pologne et Pays Neutres (39) Portugal (19)

Navires de surface

-Croiseurs

Le HMS Arethusa. On peut dire que le Vasco da Gama est son cousin (mais pas sa copie)

Le croiseur léger Vasco da Gama mis en service en septembre 1945 est naturellement le navire-amiral de la marine portugaise. Inspiré des unités britanniques de classe Arethusa, ce navire déplace 5200 tonnes (6400 tonnes), mesure 150m de long pour 15m de large et 5m de tirant d’eau.

Propulsé par des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur surchauffée, le nouveau fleuron de la marine lusitanienne peut filer à 32 nœuds grâce à ses 60000ch.

Légèrement protégé (ceinture de 75mm, ponts blindés 15 et 25mm), ce croiseur était armé de trois tourelles doubles de 152mm (deux avant et une arrière), quatre affûts doubles de 102mm installés latéralement, huit canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles, douze canons de 20mm Oerlikon, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm. Il dispose d’une catapulte pouvant mettre en œuvre un ou deux Supermarine Walrus.

Ce croiseur léger n’aura pas l’occasion de combattre durant le second conflit mondial neutralité portugaise oblige. Modernisé entre 1958 et 1960 en Grande-Bretagne, le Vasco da Gama est désarmé en 1973 puis démoli.

-Destroyers

Le destroyer portugais Douro photographié après guerre ce qui explique la présence d’une immatriculation permanente

-La marine lusitanienne possède en septembre 1948 neuf destroyers assez modernes. La première classe, la Classe Douro (classe Vouga au Portugal) se compose de cinq navires mis en service en 1933 (Lima Vouga), en 1935 (Dao Tejo) et 1936 (Douro).

A noter que deux navires initialement mis sur cale pour la marine portugaise ont été revendus à la marine colombienne.

Ces navires sont semblables à tous les destroyers construits depuis l’après première guerre mondiale avec un déplacement de 1105 tonnes standard (1407 tonnes à pleine charge), une longueur de 98.48m pour une largeur de 9.50m et un tirant d’eau de 2.59m.

Ses turbines à engrenages et ses chaudières à vapeur permettent à ces navires de filer à 36 nœuds grâce à une puissance de 33000ch.

Son armement d’origine se compose de quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), trois canons de 40mm Vickers, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples et jusqu’à 20 mines. Son équipage se compose de 147 officiers et marins.

Si le Dao non-modernisé est désarmé dès 1959, les autres sont désarmés en 1965 (Lima), 1967 (Vouga) et 1969 (Tejo Dourou) après avoir été modernisés, recevant radar, sonar, mortier ASM et une DCA digne de ce nom, l’armement final se composant de deux canons de 120mm, un mortier ASM Squid, deux plate-formes triples lance-torpilles ASM, huit canons de 40mm en deux affûts doubles mais ils perdent leur capacité de mouillage de mines.

-Les quatre unités de la Classe Guadiana (Guadiana Tamega Fulminante Belem) sont dérivés des précédents plus lourds et moins rapides. Ils sont mis en service respectivement en 1941, 1942 et 1943 pour les deux derniers.

Ces navires déplacent 1300 tonnes standard (1695 tonnes à pleine charge), une longueur de 102m pour une largeur de 10m et un tirant d’eau de 3.50m.

Ses turbines à engrenages et ses chaudières à vapeur permettent à ces navires de filer à 34.5 nœuds grâce à une puissance de 34500ch.

Son armement d’origine se compose de quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), six canons de 40mm Bofors en trois affûts doubles et quatre canons de 20mm Oerlikon, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples et à la place d’une capacité de mouillage de mines deux grenadeurs de sillage avec 24 projectiles. Son équipage se compose de 152 officiers et marins.

Ces navires subissent la même modernisation que les unités de la classe Douro et vont servir jusqu’en 1970/71 quand elles sont désarmées et démolies.

-Torpilleurs

Les torpilleurs légers de la Classe Zezere reprennent les noms des torpilleurs de 250 tonnes cédés par l’Autriche-Hongrie au titre des dommages de guerre. Ces navires sont mis en service en 1944 ( Zezere Ave Cavado) 1945(Sado Liz) et 1946 (Mondego).

Ces navires sont de conception portugaise avec néanmoins une influence anglaise (Hunt) et française (classe Le Fier).

Ils déplacent 1000 tonnes (1350 tonnes à pleine charge), mesurant 92m de long pour 10m de large et un tirant d’eau de 3.25m.

Son appareil propulsif (turbines à engrenages et chaudières à vapeur) développe 27000ch lui permettant d’atteindre une vitesse de 30 nœuds. Ils ne possèdent aucune protection en dehors de soutes et d’un appareil propulsif blindé.

L’armement se compose de trois canons de 102mm en affûts simples sous masque (deux avant et un arrière), quatre canons de 40mm Bofors, quatre tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes doubles, deux grenadeurs de sillage. L’équipage se compose de 124 officiers et marins.

Contrairement aux destroyers, les torpilleurs ne sont pas modernisés en raison d’une instabilité et surtout de la faiblesse des marges de manœuvre. Ils sont désarmés respectivement en 1962 (Zezere Cavado), en 1963 (Aveg), en 1964 (Sado Mondego) et en 1965 (Liz) puis démolis.

-Avisos

-L’aviso Republica mis en service en 1915 au sein de la marine britannique est cédé à la marine portugaise après le premier conflit mondial. Déplaçant 1250 tonnes (1350 tonnes à pleine charge), mesurant 81.7m de long pour 10.2m de large avec un tirant d’eau de 3.40m.

Sa puissance propulsive de 2000ch lui permet d’atteindre la vitesse maximale de 16 nœuds, son armement se composant de deux canons de 102mm, deux canons de 76mm et quatre canons de 37mm. Son équipage se composait de 137 officiers et marins.

Après une longue carrière notamment outre-mer, l’aviso est désarmé machines usées en 1961 avant d’être démoli.

Gonçalvo Velho

-Les deux unités de la Classe Gonçalvo Velho (Gonçalvo Velho Gonçalves Zarco) sont mises en service en 1933. Ces unités sont désarmées respectivement en 1963 et 1966.

Ces navires déplacent 950 tonnes (1414 tonnes à pleine charge), une longueur de 81.7m pour une largeur de 10.8m et un tirant d’eau de 3.43m. Grâce à sa puissance propulsive de 2000ch, ils peuvent atteindre la vitesse de 16.5 nœuds. Son armement se composait de trois canons de 120mm et de quatre canons de 40mm.

Pedro Nunes

-Les deux unités de la Classe Pedro Nunes (Pedro Nunes Joao de Lisboa) sont mises en service respectivement en 1935 et 1937. Ces navires ont connu une très longue carrière puisque le premier transformé en navire-atelier en 1965 est désarmé et démoli en 1980 alors que le seconde devenu bâtiment-base de sous-marins en 1969 à quitté le service actif en 1981. Ils sont été tous les deux démolis.

Du temps de leur carrière d’aviso, les unités de classe Pedro Nunes déplaçaient 960 tonnes (1220 tonnes à pleine charge), mesuraient 68m de long pour 9.98m de large et un tirant d’eau de 2.84m, une puissance propulsive de 2400ch leur permettant d’atteindre 16.5 nœuds. Leur armement se composait initialement de deux canons de 120mm, deux canons de 76mm et quatre canons de 40mm. L’équipage se composait de 138 officiers et marins.

Afonso Albuquerque

-Les deux unités de la Classe Afonso Albuquerque (Afonso Albuquerque Bartolomeu Dias) sont elles mises en service en 1935.

La première est endommagé en Inde où elle était déployée lors d’un incident de frontière en 1965. Echouée, elle finit par être démolie par les effets de la nature. La seconde unité va opérer dans les guerres coloniales portugaises (1961-1974) notamment au Mozambique jusqu’à son désarmement survenu en 1969.

Elles déplacent 1788 tonnes (2480 tonnes à pleine charge) pour une longueur de 103.2m, une largeur de 13.5m et un tirant d’eau de 3.83m. Sa puissance propulsive de 8000ch lui permet d’atteindre la vitesse honorable pour un navire de ce type de 21 nœuds.

L’armement était particulièrement puissant avec 4 canons de 120mm (remplacés ultérieurement par 3 canons de 127mm), deux canons de 76mm et quatre canons de 40mm (remplacés ultérieurement par des canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors), deux grenadeurs, quarante mines et un hydravion (débarqué en 1952).

-Patrouilleurs

-Patrouilleurs coloniaux : Alvor Aljezur Albafeira (Guinée), Jupiter Venus Maite (Mozambique) Mercurio Saturno Urano (Angola)

-Cannonières fluviales : Zaire Damao Diu Macau

-Cannonières classe Beira (Ibo Mondovi)

-Navires de guerre des mines

-Mouilleur de mines Vulcano

-Mouilleur de filets Phyllisia

-Dragueurs de mines Sao Jorge Pico Graciosa Corvo Sao Roque Ribeira Grande Lagoa et Rosario

-Navires de soutien

-Navire d’entrainement torpille Lince

-Navire hydrographique Carlvalho Araujo

-Des cargos, des pétroliers et des paquebots réquisitionnés

Sous-marins

Dans les années trente la marine portugaise passe commande de quatre sous-marins à des chantiers navals italiens mais ne pouvant les payer elle doit les céder à la Regia Marina.

Ironie de l’histoire certaines de ces unités (Glauco Otaria Argo Vellela, les deux premières unités formant la classe Glauco, les deux autres formant la classe Argo) vont opérer dans l’Atlantique durant le second conflit mondial en s’appuyant discrètement sur des facilités portugaires lusitaniennes.

Es-ce à dire que la marine portugaise va se retrouver dépourvue de submersibles ? Non puisque les lusitaniens font finalement commander trois sous-marin à leur allié/protecteur britannique. Ces submersibles Delfim Espadarte Golfinho sont mis en service en 1934 pour le premier et 1935 pour les deux autres.

Il s’agit de sous-marins de moyenne patrouille déplaçant 800 tonnes en surface pour 1092 en plongée, une longueur de 69.2m pour 6.50m de large et 3.86m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 2300ch en surface et de 1000ch en plongée, une vitesse maximale de 16.5 nœuds en surface et de 9.2 nœuds en plongée.

L’armement se composait d’un canon de 102mm, de deux mitrailleuses de 12.7mm et de six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue et deux à la poupe).

Ces submersibles qui ont échappé à la destruction à plusieurs reprises (pris tantôt pour des sous-marins alliés tantôt pour des U-Boot) ont été modernisés entre 1958 et 1960 puis remplacés par des sous-marins neufs de conception et de fabrication britannique.

Aéronavale (Serviço de Aviaçao da Armada)

L’aéronavale portugaise voit officiellement le jour le 28 septembre 1917 mais en réalité dès le mois de mars, des marins portugais ont quitté la surface des flots pour le ciel. Ils volent à bord de deux hydravions FBA type B acquis auprès de la France.

Face à la menace des sous-marins allemands les portugais construisent avec les conseils des français trois hydrobases au Portugal mais aussi une aux Açores, hydrobase qui est accompagnée par une deuxième armée par les américains.

En 1918 l’aéronavale portugaise est rebaptisée Serviços de Aeronautica Naval. Elle dispose d’hydravions français : FBA type B, des Donnet-Denhaut DD-8, des Tellier T3, des Georges Levy GL 40 HB. Aux Açores on trouve des Curtiss HS-2L cédés par les américains en 1919. Elle dispose également d’Avro 504K pour former les pilotes.

Dans l’immédiat après guerre des marins volants réalisent un certain nombre de raids de prestige comme en 1921 quand un des trois hydravions Felixstowe F.3 acquis auprès des britanniques réalisent la première liaison Lisbonne-Madère en moins de 8h. En 1922 un Fairey IIID Mk II traverse l’Atlantique en plusieurs étapes et en 1926 un Fokker T.III relie la métropole aux Açores.

Fairey IIID portugais

En 1927 six Fairey IIID sont acquis pour lutter contre la piraterie au large de Macau. En 1931 comme nous l’avons plus haut le cargo Cubango est transformé en ravitailleur d’hydravions pour soutenir quatre CAMS 37B acquis auprès de la France. Deux Hawker Osprey sont également acquis pour embarquer à bord des avisos de classe Alfonso de Albuquerque suivis de quatre autres destinés à être déployés à Macau.

D’autres appareils sont ensuite acquis (Hanriot H.41, Macchi M.18 et Junkers K-43W mais aussi six Blackburn Shark de bombardement-torpillage) donnant naissance à une flotte assez hétéroclite et dont l’entretien se révèle problématique.

En 1931 le Servicicos de Aeronautica Naval disparaît au profit des Forças Aéreas de Armada qui deviennent en 1942 le Serviço de Aviaçao de Armada. Au moins sur le papier les escadrilles se composent de douze monomoteurs ou de six bimoteurs. La marine possède également sa propre Ecole de pilotage.

Durant la Pax Armada la Marinha da Guerra tente de moderniser ses moyens aériens mais comme souvent les ambitions sont aussi élevés que les résultats médiocres. Les raisons sont multiples : méfiance de Salazar vis à vis de militaires trop forts, manque de moyens, rivalités et jalousies entre service.

Catapultage d’un Supermarine Walrus

Une flottille d’hydravions basée à Lisbonne dispose de douze Supermarine Walrus acquis à la fois pour embarquer sur le Vasco da Gama et surveiller les côtes européennes du Portugal.

Bloch MB-481

Une flottille de six hydravions de bombardement-torpillage Bloch MB-481 est également mise sur pied en 1945, des appareils officiellement acquis par une souscription de «portugais patriotes» qui les cédèrent gracieusement à la marine portugaise.

D’autres appareils sont dispersés dans les colonies et l’empire portugais comme trois Fokker T.IV encore en service en 1948 mais qui déployés à Macau seront rapidement détruits par les japonais alors qu’ils n’étaient visiblement plus opérationnels car trop usés ou manquant de pièces détachées) ou encore des Hawker Osprey, des Fairey IIIF sans oublier des Avro 626 et Tiger Moth d’entrainement ainsi que des Grumman G-21B et des G.44 de transport et de liaison.

Durant le conflit les hydravions lusitaniens vont tenter tant bien que mal de préserver la neutralité des eaux portugaises, une neutralité flexible et évolutive comme nous l’avons vu précédement.

A la fin du conflit décision est prise de créer une armée de l’air indépendante qui regroupe sous son autorité tout ce qui vole marquant la disparition le 1er janvier 1960 de l’aéronavale portugaise qui renaitra sous une autre forme en 1965 quand les premiers hélicoptères seront acquis par la marine portugaise, d’abord pour la recherche et le sauvetage en attendant le transport de commandos lors des guerres coloniales et la lutte anti-sous-marine.

Infanterie de Marine

En 1618 est créé le Régiment de la Marine de la Couronne du Portugal soit en version originale le Terço da Armada da Coroa de Portugal. Cette unité n’est cependant pas née telle une génération spontanée puisque dès 1585 des fantassins et des artilleurs sont embarqués sur des navires.

Le Terco da Armada da Coroa de Portugal considérée comme une unité d’élite sert de garde du corps pour la famille royale qui en dehors de la Garde Royale des Hallbardiers une unité de cérémonie ne possède pas de garde royale proprement dite.

Au 18ème siècle un deuxième régiment d’infanterie naval est créé suivit en 1791 d’un régiment d’artillerie naval. En 1797 tous les régiments de la marine sont regroupés et intégrés au sein d’une Brigada Real da Marinha (Brigade Royale de Marine). Elle est divisée entre des fusiliers ou fuzileiros, des artilleurs ou artilheiros et des artificiers (artifices e lastradores). En 1807 la brigade est réorganisée avec trois bataillons composés d’artilleurs.

La brigade royale de marine rallie le Brésil en 1807 accompagnant la famille royale et les élites portugaises. En 1822 le Brésil devient indépendant et si de nombreux fusiliers marins lusitaniens rentrent au pays, une partie reste au Brésil et est à l’origine du Corps des Marines brésilien.

Entre-temps en 1809 une force issue de la brigade royale de marine participe à la conquête de la Guyane française.

En 1823 la brigade est à nouveau réorganisée en deux bataillons. Durant la guerre civile portugaise, la brigade royale de marine opère dans le camp migueliste. Dans le camp libéral, un bataillon de la marine (Batalhão de Marinha) est mis sur pied avant de devenir un régiment (Regimento da Armada) à quatre bataillons.

En 1836 la Brigada Real de Marinha est supprimée mais dès 1837 un bataillon naval ou Batalhão Naval est créé.

Au sein de chaque équipage des navires de la marine portugaise seuls les officiers et les membres des détachements embarqués du Bataillon Naval sont des militaires, les marins étant des civils ce qui provoque un certain nombre de problèmes.

En 1851 décision est prise de militariser les marins des équipages. C’est la création du Corpo de Marinheiros Militares (Corps des Marines militaires) composé de 22 compagnies d’équipage divisée en deux demi-compagnies plus une compagnie du dépôt. Chaque compagnie et chaque demi-compagnie doivent former par rotation l’équipage du navire. Tous les marins du corps reçoivent un entrainement général avec notamment les techniques de combat d’infanterie et d’artillerie.

Infanterie de marine portugaise en 1915

Jugeant le bataillon naval inutile, les autorités navales décident de dissoudre l’unité. Désormais en cas de besoin ce seront des marins détachés qui combattront à terre notamment durant les campagnes coloniales. Des unités plus importantes sont mises sur pied durant le premier conflit mondial pour combattre notamment en Afrique.

En 1924 une unité d’infanterie permanente est créée à savoir la Brigada da Guarda Naval (Brigade de la Garde Navale) mais cette unité est dissoute en 1934. On en revient au système en vigueur de 1851 à 1924.

En septembre 1942 une nouvelle Brigada da Guarda Naval est mise sur pied pour fournir une unité d’intervention à l’armée portugaise.

Cette brigade rebaptisé Brigada da Fuzileiros (Brigade de fusiliers) en mars 1949 était organisée en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, deux bataillons d’infanterie (un troisième existant sous forme d’unité-cadre devant être activé en cas de mobilisation générale), un bataillon d’artillerie, une compagnie du génie, une compagnie de soutien et une compagnie de transmissions.

Cette brigade n’eut naturellement pas à s’employer durant le second conflit mondial et son existence fût remise en question. Elle fût sauvée par la nécessité de posséder des unités aguerries pour combattre les rébellions au sein des colonies portugaises. La Brigade des Fusiliers est préservée même après le retour de la démocratie au Portugal et encore aujourd’hui fait partie des meilleures unités de combat de l’armée lusitanienne.

En ce qui concerne les uniformes, les «marines» portugais portent normalement l’uniforme standard du marin à bord des navires et un uniforme semblable à celui de l’armée de terre lors des opérations et exercices amphibies mais ça naturellement c’est la théorie, la pratique c’est souvent différent.

En revanche en ce qui concerne l’armement, il est identique à celui de l’armée portugaise.

Batteries côtières

Canon de 152mm utilisé par la défense côtière portugaise

Ne disposant pas d’une grosse marine, le Portugal se savait vulnérable à un blocus mené par une marine plus puissante.

D’où l’importance des défenses côtières pour défendre notamment l’estuaire du Tage et l’accès au port de Lisbonne. Porto mais aussi les îles. Les colonies devaient être protégés mais la plupart des positions prévues restèrent à l’état de projets faute de moyens et de temps.

Les portugais rénovèrent régulièrement jusqu’au début des années quatre-vingt leurs installations de défense côtière même si depuis 1954 certains se demandaient si l’artillerie côtière avait encore une utilité.

Les principaux canons utilisés par les portugais étaient des canons de 234 et de 152mm d’origine britannique, l’estuaire du Tage était par exemple défendu par deux batteries de quatre canons de 234mm et deux batteries de quatre canons de 152mm soit un total de seize pièces auxquelles pouvaient s’ajouter si nécessaire des pièces tractées de l’armée. Ces batteries étaient installées à Lisbonne et Setubal.

Ces pièces étaient installés sur des positions bétonnées avec des soutes à munitions, des postes de commandement, des postes de conduite de tir munis des télémètres, des casemates et des abris pour l’infanterie.

Deux batteries de trois canons de 152mm défendaient l’accès au port de Porto et plus généralement l’estuaire du Douro, batteries installées à Leixoes.

Aux Açores et à Madère on trouve des canons de 120 et de 152mm, trois batteries aux Açores (Ponta Delgada Horta et Faial) et une batterie à Madère.

On trouve également une batterie de canons de 152mm à Sao Vincente (Cap Vert).

FIN

Pologne et Pays Neutres (35) Portugal (15)

Armée de l’Air

Histoire

En 1885 l’armée portugaise achète des aérostats pour l’observation et les réglages des tirs de l’artillerie. Comme souvent c’est l’arme du génie qui est à l’origine de cette acquisition, l’Ecole de Tancos pouvant être considéré comme le berceau de l’aérien militaire lusitanien. Néanmoins il faudra attendre 1911 pour que soit créée une Companhia de Aerosteiros (Compagnie d’Aérostiers), compagnie qui recevra ultérieurement des avions.

En décembre 1909 un Aero-Club de Portugal (AeCP) est créé pour favoriser le développement de l’aviation au Portugal. Des appareils sont acquis par l’armée en 1912 mais problème ils sont cloués au sol faute de pilotes !

Un premier pilote militaire est breveté en France en l’occurrence Miguel Freitas Homen issu du Commissariat de la Marine.

En mai 1914 l’Esccola Militar de Aeronautica voit le jour. Les instructeurs sont formés aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France. L’Ecole de l’air portugaise s’installe à Vila Nova de Rainha à 60km au nord de Lisbonne.

Le site est idéal : plat, à proximité d’une gare de triage et une pièce d’eau permettant l’emploi d’hydravions. Les bâtiments sont inaugurés en octobre 1916.

En mars 1916 le Portugal est entré en guerre aux côtés des alliés. Si quelques combats ont lieu en Afrique, Lisbonne va surtout porter son effort sur le front occidental avec l’envoi d’un corps expéditionnaire portugais.

Il était prévu que le CEP soit appuyé par des unités aériennes lusitaniennes mais pour une raison obscure Londres refuse de prêter des appareils à son allié lusitanien. Les pilotes portugais s’engagent dans l’Aéronautique Militaire française pour combattre.

La France va prendre le relais dans la mise sur pied d’une véritable aviation militaire portugaise qui va notamment profiter comme bien d’autres des immenses surplus post-premier conflit mondial.

Le 29 juin 1918 le Servicio Aeronautico Militar qui comme son nom l’indique dépend de l’armée de terre est officiellement créé avec des unités déployées en métropole mais aussi dans les îles et dans les colonies.

Il faut dire que l’immensité du territoire à couvrir impose de telles servitudes aux portugais que l’emploi d’avions et d’hydravions s’impose pour démultiplier l’efficacité de moyens limités.

Toujours en 1918 le Portugal inaugure à Ribatejo près de Lisbonne le Parque de Material Aeronautico (Dépôt de l’Aéronautique Militaire), une sorte de société d’Etat contrôlée par les militaires, société chargée de stocker, réparer et d’entretenir les avions.

Très vite elle va également produire des appareils sous licence. Dix ans après sa création en 1928 elle devient l’Oficinas Gerais de Material Aeronautico (Office Général des Matériels Aéronautiques).

Bréguet 14

Peu à peu l’aviation militaire portugaise se structure avec un Groupe d’Escadrilles d’Aviation d’Angola (Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao de Angola) ou encore un Groupe d’Escadrilles d’Aviation «République» (Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao «Republica»), ces deux groupes utilisant des Caudron G.3, des Breguet 14 et des SPAD S.VII donc pas vraiment des appareils de première jeunesse.

En 1920 l’Ecole militaire d’aéronautique quitte Vila Nova da Rainha pour Granja do Marques sur la grande base aérienne de Sintra récemment créée.

Des appareils sont acquis en petite serie essentiellement vis à vis de la France et de la Grande-Bretagne.

En septembre 1924 l’aviation devient une arme de l’armée de terre c’est-à-dire qu’elle acquiert le même statut que l’infanterie, la cavalerie, l’artillerie ou encore le génie. A cette occasion le Servicio Aeronautico Militar devient l’Arma de Aeronautica.

Cette Arme de l’Aéronautique est dirigée par un général s’appuyant sur un état-major. Un poste d’inspecteur est créé, poste capital pour permettre aux aviateurs portugais d’influencer la classe politique et leurs hiérarchie pour améliorer l’équipement, l’installation et l’entrainement. L’aviation militaire portugaise sera d’ailleurs la grande gagnante du coup d’état du général Gomes da Costa en mai 1926.

En ce qui concerne l’organisation tactique des unités elle est classique, l’escadrille (Esquadrilha) comprend généralement sept avions. Elle est dirigée par un capitaine (Capitao en V.O), plusieurs escadrilles forment un groupe dirigé par un colonel (Coronel) parfois par un major.

SPAD S.VII

De nouvelles unités sont créées dans les années suivantes comme l’Esquadrilha Mista de Aviaço e Deposito qui récupère les vieux SPAD S.VII du Grupo de Esquadrilhas de Aviaçao «Republica».

Ce dernier devient l’Esquadrilha n°1 de Caça (Escadrille n°1 de chasse) rattachée au Grupo Independente de Aviaçao de Protecçao de Combate (Groupe indépendant d’aviation de protection et de combat).

En 1925 est créé le Grupo de Aviaçao de Informaçao à Amadora spécialisé comme son nom l’indique (Groupe d’Aviation de reconnaissance) dans des missions de reconnaissance. Un an plus tard en 1926 est mis sur pied le Grupo Independente de Aviaçao de Bombardeamento (Groupe indépendant d’aviation de bombardement). En 1928, le Portugal brevète la première femme pilote militaire, Maria de Lourdes Sa Teixeira.

Comme nombre d’armées de l’air de l’époque, l’armée de l’air portugaise réalise plusieurs raids longue distance, raids qui satisfont l’orgueil national portugais mais qui peine à masquer une réalité : le dénuement de l’Arma de Aeronautica.

Dans les années trente l’Arma de Aeronautica devient semi-indépendante un peu comme quand l’USAAC devint l’USAAF. De nouvelles bases sont créées en métropole, dans les îles et les colonies. La défense antiaérienne du territoire est également de son ressort.

L’Esquadrilha de Caça passe à quinze pilotes et douze appareils et si l’Esquadrilha de Bombardeamento ne dispose que de cinq appareils mais les équipages sont doublés.

Une commission d’achat sillone l’Europe pour renouveler l’équipement des unités aériennes militaires portugaises. Des Hawker Fury et des PZL P.11 doivent être acquis mais finalement sous la pression des britanniques le Portugal va acquérir des Fury et trente Gloster Gladiator livrés en 1938 et 1939.

Gloster Gladiator

A la même époque la base aérienne de Sintra qui abrite l’Ecole de l’Air voit arriver l’Esquadrilha Independente de Avioes de Assalto (Escadrille indépendante d’avions d’assaut) équipée de dix Breda Ba.65 acquis auprès de l’Italie après que la mission militaire portugaise ait pu voir ces appareils en action en Espagne.

Breda Ba-65

En 1940 l’aérodrome d’Ota situé à 50km au nord de Lisbonne est inauguré. Il va acquérir la «force de frappe» portugaise avec le N°1 grupo de Bombardeamento de Dia (1er groupe de bombardement de jour) avec pour équipement des Junkers Ju-52/3m puis des Junkers Ju-86 plus modernes (même si naturellement tout est relatif).

Junkers Ju-86

Les «Tante Ju» ne quittent pourtant pas le service actif puisqu’ils sont transférés au Grupo de Bombardeamento de Noite (Groupe de bombardement de nuit).

Toujours à Oita est stationné l’Esquadrilha de Caça N°1 qui vole sur quinze des trente Gloster Gladiator, les quinze autres étant utilisés par le Grupo Independente de Aviaçao de Protecçao de Combate qui regroupe un fatras d’appareils dépassés sans réelle valeur militaire.

Durant la guerre de Pologne, l’Arma de Aeronautica veille à faire respecter la neutralité lusitanienne même si les menaçes sont plutôt du genre évanescent.

De ce court conflit est tiré une leçon capitale : les aviateurs portugais ont urgement besoin d’appareils plus modernes.

Plus facile à dire qu’à faire car même si la Pax Armada est là, les grands pays sont réticents à détourner leur production aéronautique en direction d’un pays neutre au positionement incertain en cas de conflit.

C’est ainsi que l’acqusition de Supermarine Spitfire fût retardée. Le pays de Camoes s’intéresse au cracheur de feu dès le printemps 1939 mais à l’époque Londres est en manque de chasseurs modernes et refuse d’honorer la demande pour une quinzaine d’appareils. C’est finalement à l’automne 1940 que le gouvernement britannique acceptera de livrer des Spitfire.

Durant la Pax Armada l’Arma de Aeronautica connait une vrai modernisation. Si quelques Gloster Gladiator et Hawker Fury sont encore en service en septembre 1948 mais sont totalement dépassés, la majorité des chasseurs portugais sont modernes avec des Supermarine Spitfire, des Hawker Hurricane avec quelques Bristol Beaufighter en attendant des Lockheed P-38 Lighthing qui seront livrés durant le conflit de manière détournées (caisses livrées en toute discretion mais aussi appareils faussement en difficulté ou en panne de carburant).

Dans le domaine du bombardement les quelques Hawker Hind, Ju-52 et Ju-86 sont relevés par des Bristol Blenheim et des Vickers Wellington plus modernes.

En revanche dans le domaine de la reconnaissance et de l’observation le Grupo de Reconhecimento e Informaçao ne dispose que d’une flotte obsolète ou au minimum déclassée avec des Potez 25, Breda Ba.65, des Avro Anson, des Lockheed Hudson et des Westland Lysander.

Durant le second conflit mondial l’Arma de Aeronautica n’à guère à s’employer car le pays reste neutre.

Tout juste notons des décollages sur alerte pour intercepter des avions ennemis ou supposés tels qui avaient violé l’espace aérien portugais. Ces appareils sont parfois raccompagnés ou interceptés avec soit un crash si l’avion se défend ou un atterrissage si l’appareil accepte de suivre les avions lusitaniens.

Comme nous l’avons vu plus haut certains atterrissages ont été faits sur commande permettant aux alliés de livrer des appareils sans que cela ne remette en cause la neutralité portugaise.

A la fin du conflit et notamment après l’installation d’une base aérienne aux Açores les livraisons se feront de manière plus visible. Il faut dire qu’à l’époque les allemands ne sont plus en mesure de protester contre la livraison d’armes par les alliés.

Quand le second conflit mondial se termine l’Arma de Aeronautica dispose d’un parc relativement moderne pour l’époque avec des chasseurs Hurricane et Spitfire, des bombardiers Blenheim et Wellington, des avions de reconnaissance Anson, Hudson et Lysander.

A la fin des années cinquante des appareils plus modernes sont livrés par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne notamment. Cela permettra aux toutes nouvelles Força Aera Portuguesa d’attendre sereinement le passage rapide à la réaction, les pilotes de la FAP étant considérés comme parmi les meilleurs d’Europe.

Organisation en septembre 1948

-Un état-major

-Commandement Général

Ce Comando Geral gère la logistique, l’entretien et la défense des terrains avec les comandos aéreos independentes (Commandos Aériens Indépendants) qui contrairement à leur nom ne sont aucunement des unités d’élite mais des unités d’infanterie doublées de sapeurs et d’artilleurs (antiaériens).

C’est sous son autorité qu’est également placé l’Esquadrilha de Treino e Transporte (Escadrille d’entrainement et de transport) avec des avions d’entrainement et de transport.

-Grupo Independente de Aviaçao de Proteçao de Combate

Ce groupe indépendante d’aviation de protection et de combat est une sorte de réserve stratégique destiné à la fois à alimenter les unités de première ligne et défendre la capitale portugaise qui durant le second conflit mondial est protégé par un véritable camp retranché.

Hawker Hurricane Mk II

Longtemps mal équipé ce groupe indépendant reçoit enfin des appareils plus modernes avec une escadrille de Supermarine Spitfire, une escadrille d’Hawker Hurricane, une escadrille de Bristol Blenheim et une escadrille de Potez 25.

-Grupo Independente de Aviaçao de Bombardeamento

Ce groupe indépendant de bombardement regroupe la majeure partie des bombardiers portugais avec d’abord des Junkers Ju-52/3m remplacés ensuite par des Junkers Ju-86. Ces derniers appareils sont ensuite transférés au Grupo de Bombardeamento de Noite (où ils vont cohabiter avec les Tante Ju encore en vol) remplacés par des Vickers Wellington et des Bristol Blenheim.

-Grupo de Bombardeamento de Noite

Ce groupe de bombardement de nuit regroupe des Junkers Ju-52 (souvent utilisés pour l’entrainement car très usés) et des Junkers Ju-86 plus modernes mais passablement déclassés.

-Grupo de Caça do Norte

Comme son nom l’indique ce groupe de chasse couvre le nord du pays et en particulier la région de Porto. Il dispose d’un escadrille de Supermarine Spitfire, de deux escadrilles d’Hurricane et d’une escadrille de Bristol Beaufighter

-Grupo de Caça do Sul

Bristol Beaufighter

Pendant méridionnal du précédent, il assure la protection de l’Algarve du cap Saint Vincent, le véritable Finisterre de l’Europe. Il dispose d »une escadrille de Supermarine Spitfire, d’une escadrille de Hawker Hurricane et d’une escadrille de Bristol Beaufighter.

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°1

Cette première escadrille expéditionnaire de chasse assure la défense des Açores. Elle dispose d’abord de Gloster Gladiator qui sont ensuite remplacés par des Hawker Hurricane.

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°2

Curtiss H-75

La deuxième escadrille expéditionnaire de chasse assure avec des Curtiss P-36 Hawk issus des stocks américains la défense du Cap Vert

-Esquadrilha Expedicionario de Caça n°3

La troisième escadrille expéditionnaire de chasse assure avec des Hawker Hurricane la défense de l’Angola

-Grupo de Reconhecimento e Informaçao

Ce groupe de reconnaissance et de renseignement regroupe les moyens dédiés à la reconnaissance, l’observation et à la coopération. Elle dispsose notamment de l’Esquadrilha Independente de Avioes de Assalto volant sur Ba-65. Les autres escadrilles de l’unités disposent d’Avro Anson, de Lockheed Hudson, de Westland Lysander et même de vénérables Potez 25.

Pologne et Pays Neutres (32) Portugal (12)

Organisation

Ordre de Bataille simplifié de l’armée de terre portugaise

Renault R-35

Etat-major général installé à Lisbonne qui dispose sous son autorité d’un Groupement Blindé avec deux bataillons de chars Renault R-35 discrètement cédés par la France et différentes unités rattachées.

Région Militaire Nord avec deux divisions d’infanterie, la 1ère division déployée à Porto et la 3ème division chargée de défendre l’Alentejo. On trouve également deux bataillons de chasseurs, un régiment d’artillerie lourde, des unités du génie et de soutien.

Bataillon de chasseurs. En cas d’invasion ces hommes auraient pour mission de freiner l’ennemi, de le contenir pour permettre au reste de l’armée de contre-attaquer mais si nombre de militaires lusitaniens n’étaient guère optimistes sur les capacités de leur armée à défendre le pays contre une attaque étrangère décidée qu’elle soit espagnole, française ou britannique.

Region Militaire Centre avec une brigade de cavalerie, deux bataillons de chasseurs, un régiment d’artillerie lourde, des unités du génie et de soutien.

Camp Entrincheirado de Lisboa (Camp Retranché de Lisbonne) avec les 4ème, 5ème et 6ème divisions d’infanterie soutenues par deux régiments d’artillerie lourde et un régiment du génie

Région Militaire Sud avec la 2ème division d’infanterie, une brigade de cavalerie et deux bataillons de chasseurs, unités appuyées par un régiment d’artillerie lourde.

Zone Militaire des Açores : 7ème division d’infanterie plus différentes unités rattachées pour des effectifs globaux de 35000 hommes.

Les colonies sont défendues par des unités plus symboliques avec 5000 hommes en Angola, 2500 en Mozambique, 1000 hommes au Cap-Vert et 1500 en Guinée portugaise.

Divisions d’Infanterie

-Etat-major

-Une compagnie d’état-major

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Soldats français servant un mortier de 81mm modèle 1927/31. Au sein de l’armée portugaise ce mortier à remplacé le Stokes de 75mm hérité du premier conflit mondial et des livraisons britanniques.

-Trois régiments d’infanterie organisés en un état-major, trois bataillons de fusiliers et une compagnie de mitrailleuses lourdes et de mortiers.

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie du génie

Brigade de cavalerie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antiaérienne et antichar

-Deux régiments montés à trois escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et de mortiers

-Un bataillon d’artillerie hippomobile

-Une compagnie du génie

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Trois bataillons de fusiliers à trois compagnies

-Une compagnie de mitrailleuses lourdes et de mortiers

Régiment de cavalerie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Trois escadrons montés à trois pelotons montés et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron de mitrailleuses et de mortiers

Bataillon de chasseurs

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Un section d’éclaireurs

-Trois compagnies de chasseurs à trois sections

-Une compagnie de mitrailleuses et de mortiers

Régiment d’artillerie

-Un état-major

-Une batterie de commandement et de soutien

-Une batterie de conduite de tir

-Trois groupes de trois batteries de quatre pièces

Régiment du génie

-Un état-major

-Une compagnie de travailleurs

-Une compagnie de pontonniers

-Deux compagnies de sapeurs mineurs

Pologne et Pays Neutres (31) Portugal (11)

Une histoire militaire du Portugal (5) : le Portugal dans le premier conflit mondial

Infanterie portugaise début du 20ème siècle.

Quand la première guerre mondiale éclate le Portugal décide de rester neutre. Cela ne va pas durer et outre les combats en Afrique que nous verrons ultérieurement les soldats lusitaniens vont combattre sur le front occidental.

Le 9 mars 1916 après plusieurs mois de tensions et de vexations mutuelles, l’Allemagne déclare la guerre au Portugal. Le 15 juillet 1916 les britanniques demandent une participation militaire effective.

Soldats du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) armés d’une mitrailleuse Lewis

Une semaine plus tard le 22 juillet 1916 est créé le Corpo Expedicionario Portugues (CEP) fort de 55 à 60000 hommes selon les sources, le CEP devant être logiquement placé sous commandement britannique et plus précisément sous celui de la 1ère Armée britannique.

Parallèlement les portugais décident de soutenir la France en créant un corps d’artillerie lourde sur voie ferrée, le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI). Ce corps doit comprendre neuf batteries regroupés en trois groupes.

Initialement les portugais n’avaient prévu qu’une division d’infanterie renforcée mais finalement les divisions seront levées sur le modèle britannique. Le CEP va donc devenir un corps d’armée à deux divisions plus des unités d’appui et de soutien. Cela offre plus de souplesse dans l’organisation et l’utilisation.

Mortier Stokes de 75mm

La 1ère Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-1ère brigade (21ème, 22ème, 28ème et 34ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-2ème brigade (7ème, 23ème, 24ème et 25ème BI plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-3ème brigade (9ème, 12ème, 14ème et 15ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

La 2ème Division d’Infanterie du Corpo Expedicionario Portugues (CEP) est organisé de la façon suivante :

-4ème brigade (3ème, 8ème, 20ème et 29ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-5ème brigade (4ème, 10ème, 13ème et 17ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-6ème brigade (1er, 2ème, 5ème et 11ème bataillons plus une batterie de mortiers de 75mm Stokes)

-Unités divisionnaires : trois bataillons de mitrailleuses lourdes, trois bataillons d’artillerie, trois batteries de mortiers de 152mm, une batterie de mortiers de 236mm, trois compagnies de sapeur-mineurrs, une compagnie télégraphiste et un bataillon motorisé.

Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI)

Moins connu que le corps expéditionnaire portugais on trouve le Corpo de Artilharia Pesada Independente (CAPI) destiné à appuyer les unités françaises. Le CAPI comprend un état-major, trois groupes mixtes de la taille d’un bataillon et une batterie dépôt. Chaque groupe comprend trois batteries, une équipée de canons de 320mm et les deux autres de canons de 190 et de 240mm. Si le premier modèle est français, les deux autres sont d’origine britannique.

Canons de 320mm sur voie ferrée

A son apogée le CAPI comprends 70 officiers et 1569 hommes mais au printemps 1918 il est tombé à 38 officiers et 553 hommes en raison de la réorganisation des forces portugaises, les deux derniers groupes devant intégrer le CEP, le premier groupe restant sous commandement français.

Le CAPI à été dissous le 30 novembre 1918 mais les soldats portugais ne sont rentrés qu’en avril 1919 après avoir participé au nettoyage du territoire français ravagé par les combats.

Après un entrainement au Portugal, les soldats lusitaniens rallient Brest par voie maritime. Le 6 novembre le CEP prend le contrôle d’un secteur de 18km organisé en trois lignes successives. Le secteur est divisé en quatre secteurs (niveau brigade), chaque secteur disposant de deux bataillons en ligne, un bataillon en soutien direct et un autre en réserve. Chaque division du CEP contrôle deux secteurs de niveau brigade, la troisième brigade de la division étant placée en réserve.

Soldats portugais en position. Ils portent la tenue standard de l’infanterie britannique.

Les soldats lusitaniens connaissent leur baptême du feu dès le 4 juin 1917 dans le secteur de Neuve-Chapelle. L’attaque allemande est repoussée par le 35ème bataillon d’infanterie arrivé seulement deux jours plus tôt. Dans la nuit du 12 juin, une attaque plus intense est repoussée par les 2ème, 3ème et 7ème bataillons.

Le 14 août 1917 le secteur tenu par les portugais subit une violente préparation d’artillerie. Elle est immédiatement suvit par l’infiltration des Stosstrupen, ces unités d’élite véritables précurseurs des commandos. L’assaut mené contre Neuve-Chapelle et Fauquissart est repoussé, des allemands sont faits prisonniers.

Un membre des Stosstrupen

Le 14 septembre 1917 les portugais lancent une contre-attaque locale qui aboutit à la capture de soldats allemands qui sont de précieuses sources pour les SR alliés. Signe qui ne trompe pas, l’ordre du jour de la 1ère Armée cite les faits d’armes des soldats lusitaniens.

Avant que les portugais ne prennent en charge seuls un secteur celui prévu est réduit de 18 à 12km , un secteur divisé en quatre secteurs (Fauquissart, Chapigny, Neuve-Chapelle et la Ferme du Bois).

A l’hiver 1917-1918, le moral des troupes lusitaniennes chute faute notamment de relève et aussi parce que certains se demandent clairement ce qu’ils font là.

Le 2 mars 1918 les allemands attaquent. Le 4ème bataillon d’infanterie recule puis contre-attaque avec l’aide des 12ème et 17ème bataillons. Cette attaque se termine par 146 pertes côté portugais contre 200 pour les allemands.

Les portugais lancent des attaques locales le 9 mars, le 18 mars et le 3 avril 1918. Le lendemain 4 avril 1918, le 7ème bataillon se mutine ce qui pousse les alliés à relever les unités portugaises pour leur permettre de se régénérer.

Le 6 avril 1918 la 1ère division est relevée par la 55th (West Lancashire) Division qui doit étendre son secteur tout comme la 2ème division portugaise. Cette dernière doit être relevée le 9 avril 1918 par deux divisions britanniques mais le matin même les allemands lancent l’opération Georgette. C’est la Bataille de la Lys (7-29 avril 1918).

Pour cette bataille les alliés alignent 118300 à 119040 hommes accompagnés de 118 canons et 60 avions alors que les allemands alignent 86000 à 109300 hommes.

La 6ème Armée Allemande lance huit divisions (35ème DI, 42ème DI, 1ère division bavaroise de réserve, 8ème division bavaroise de réserve qui constituent la 1ère vague, la 2ème vague se composait des 8ème et 117ème DI, 81ème division de réserve et 10ème division de remplacement) de qui frappent le secteur de la 2ème Division Portugaise qui doit se replier en combattant. Cela entraine le repli des unités à gauche et à droite. L’avancée de 15km de long sur 8km de large est bloquée par des divisions britanniques de réserve.

La 4ème brigade est sur le front au nord, la 6ème au centre et la 5ème brigade au sud. A cela s’ajoute la 3ème brigade (1ère division portugaise) qui est en réserve. Les 80 canons portugais doivent faire face à 1700 pièces allemandes.

La 4ème brigade portugaise (8ème et 20ème bataillons d’infanterie au front, 29ème bataillon en soutien et 3ème en réserve) est attaquée par la 42ème division. Les deux bataillons au front résistent mais vers 8h le flanc gauche est menacé d’être enveloppé en profitant de la brèche provoquée par l’effondrement de la 119ème brigade (40ème DI britannique). Les portugais sont obligés de se replier.

La 6ème brigade portugaise est elle assaillie par la 35ème DI allemande. La 8ème division division bavaroise submerge le 17ème bataillon (5ème brigade) en ligne et le 11ème bataillon (6ème brigade) qui était en soutien.

Le 10ème bataillon d’infanterie (5ème brigade) et le 4ème bataillon d’infanterie en soutien parviennent à bloquer et ralentir la progression de la 1ère division bavaroise de réserve. Elle atteint le QG de la 5ème brigade dont le chef le colonel Manuel Martins est tué en combattant.

A 10.30 les batteries d’artillerie sont à leur tour au contact de l’infanterie ennemie. Elles résistent jusqu’à 11.00 avant d’être mises hors de combat. La 2ème division portugaise cesse d’exister comme unité constituée ce qui n’empêche pas certains de s’illustrer.

Anibal Milhais couvre la retraite de ses camarades avec l’aide d’une mitrailleuse légère Lewis ce qui lui vaut le surnom de Soldado Milhoes (Le soldat plus fort qu’un million de soldats). Des renforts britanniques évitent que le repli ne se transforme en débâcle.

La principale brèche fût bloquée par le déploiement de deux divisons britanniques (la 50th [Northumbrian] Division et la 51st [Highland] Division).

Au final le corps expéditionnaire portugais à eu 400 tués et 6500 prisonniers soit un tiers des effectifs en ligne. Les restes du CEP sont regroupés à l’arrière, étant utilisé pour des missions de sécurité et de pionniers. Si pour la 2ème division la guerre est terminée, la 1ère division est de retour sur le front le 16 juin 1918.

En septembre 1918 le CEP est totalement réorganisé avec pour objectif de former trois brigades à neuf bataillons chacune. Fin octobre quatre bataillons sont opérationnels aux côtés d’unités d’artillerie, du génie et de mitrailleuses lourdes. Ces unités vont participer à l’Offensive des Cents Jours (8 août au 11 novembre 1918).

Le jour de l’entrée en vigueur de l’armistice (11 novembre 1918), la 4ème compagnie du 4ème bataillon (ex-23ème bataillon de la 1ère DI) attaque les allemands sur la rivière Scheldt.

La guerre se termine pour l’armée portugaise en Europe avec 2160 tués, 5224 blessés et 6678 prisonniers soit 14000 pertes sur 60000 hommes engagés.

Les soldats portugais ont ainsi combattu en Afrique. D’octobre 1914 à juillet 1915 les allemands présents dans l’actuelle Namibie occupent le sud de l’Angola portugais.

2000 soldats allemands affrontent 12000 soldats portugais avec un bilan de 16 tués et 30 blessés côté allemand, de 810 tués, 638 blessés et 268 prisonniers et disparus côté lusitanien.

La bataille majeure de cette campagne à lieu à Naulila le 18 décembre 1914 et se termine par une victoire allemande. Les portugais ont 69 tués, 76 blessés et 37 prisonniers (3009 hommes, neuf canons et six mitrailleuses engagées) alors que les allemands qui ont engagé 640 hommes, 6 canons et deux mitrailleuses ont 12 tués et 25 blessés.

Si la colonie portugaise est entièrement libérée en juillet, on note des escarmouches jusqu’en septembre 1915.

En novembre 1917 les allemands attaquent au Mozambique avec le 25 novembre la Bataille de Ngomano qui se termine par une victoire allemande.

L’armée portugaise termine le premier conflit mondial avec 7222 militaires tués ainsi que 13 civils dans les colonies mais pour ce dernier chiffre cela ne concerne que les morts liés directement au combat. 82000 civils portugais sont morts des conséquences du conflit. Cela porte le nombre de tués à 89235 soit 1.5% de la population. A cela s’ajoute 13751 militaires blessés.

Une histoire militaire du Portugal (6) : D’une guerre à l’autre

Le 28 mai 1926 l’armée portugaise renverse la première république. Dès le mois de juillet le nouveau régime se préoccupe de réorganiser l’armée en tirant les leçons du premier conflit mondial.

Le concept inspiré du système de milice suisse est abandonné au profit d’un système mixte pour améliorer la réactivité des forces.

Des unités territoriales doivent mailler le territoire avec des unités issues de l’infanterie, de l’artillerie, de la cavalerie du génie……. .

Ces unités formées essentiellement en temps de paix d’officiers et de sous-officiers de carrière doivent servir à l’entrainement du contingent appelé chaque année et en temps de guerre participer à la mobilisation générale.

Batalhoes de Cacadores

Des unités «d’intervention rapide» doivent permettre au gouvernement d’intervenir rapidement en cas de menace aux frontières. On trouve ainsi dix bataillons renforcés appelés Batalhoes de Cacadores (bataillons de chasseurs) et deux brigades de cavalerie.

Les divisions ne doivent être créées qu’en temps de guerre, les divisions territoriales sont supprimées au profit de quatre régions militaires et du gouvernorat militaire de Lisbonne.

En juillet 1936 la guerre d’Espagne éclate. Le Portugal soutien le camp nationaliste via notamment l’envoi de volontaires les Viriates qui vont combattre au sein des unités franquistes et non sous la forme d’unités constituées comme les allemands ou les italiens.

Parmi ces hommes on trouve un certain nombre d’officiers et de sous-officiers de l’armée portugaise (ndA j’ignore si ils étaient détachés ou en congé).

Une nouvelle réorganisation à lieu en 1937. Elle garde l’essentiel de la réforme précédente. Le nombre de régiments d’infanterie passe de 22 à 16. Des unités blindées avec des chars et des autos blindées sont mises sur pied.

La Légion Portugaise une milice politique est intégrée à l’armée. L’Aéronautique Militaire reçoit un commandement central ce qui la rend très autonome voir quasiment indépendante.

Une histoire m ilitaire du Portugal (7) : le Portugal dans le second conflit mondial

Durant le second conflit mondial le Portugal est officiellement resté neutre, une neutralité flexible et évolutive qui arrangeait tout le monde même si cela engendrait des situations baroques comme le déploiement d’avions de patrouille maritime alliés aux Açores pour traquer sous-marins et forceurs de blocus qui ont longtemps utilisé des ports lusitaniens pour un ravitaillement et un entretien sommaire.

Les forces coloniales indépendantes en temps de paix sont placées dès septembre 1948 sous l’autorité de l’armée. Des renforts sont envoyés en Angola et au Mozambique moins en raison d’une menace extérieure que pour éviter une agitation des populations colonisées.

Les moyens sont également renforcés aux Açores. Pas moins de 35000 hommes doivent assurer la défense d’un archipel qui en cas d’invasion du territoire métropolitain aurait du accueillir le gouvernement portugais.

La mobilisation générale de septembre 1948 permet la levée de nombreuses divisions pour défendre le Portugal et ses territoires d’outre-mer.

Une division est déployée pour défendre Porto et le nord du pays, une autre division est déployée pour défendre l’Algarve, une troisième division pour défendre l’Alentejo. Un corps d’armées de trois divisions est chargée de défendre le Campo entrincheirado de Lisboa (Camp retranché de Lisbonne) soit six divisions.

Renault R-35.

A cela s’ajoute six bataillons de chasseurs, deux brigades de cavalerie, des unités d’artillerie et du génie. On trouve également un groupement blindé mécanisé avec notamment deux bataillons de Renault R-35 alors que les autos blindées sont essentiellement déployées au sein des Divisions d’Infanterie et des brigades de cavalerie, une version portugaise de nos «divisions pétrole-picotin».

Aux Açores les 35000 hommes sont regroupés au sein d’une division et d’unités rattachées. En Angola on trouve 5000 hommes (essentiellement des indigènes), 2500 hommes au Mozambique, 1000 au Cap Vert et 1500 en Guinée portugaise.

Les frontières sont renforcées par des blockhaus de campagne entourées de tranchées avec barbelés et champs de mines pour protéger le pays d’une attaque surprise.

Es-ce à dire qu’aucun soldat portugais n’à combattu durant le second conflit mondial ? Non certains lusitaniens vont connaître l’odeur de la poudre durant la deuxième conflagration mondiale.

Soldat espagnol (ou portugais ?) de la Division Azul

Hors de l’armée portugaise stricto sensu on trouve des soldats parlant la langue de Camoes au sein de la Legion Etrangère (portugais exilés de longue date) et au sein de la Division Azul, ces derniers étant souvent des portugais partis durant la Pax Armada travailler en Allemagne et qui pour des raisons diverses ont rejoint une division de volontaires espagnols pour combattre sur le front de l’est mais cela n’à représenté que fort peu d’hommes.

En ce qui concerne l’armée portugaise, elle connait le feu contre l’Afrique du Sud et contre le Japon ce qui était plutôt inattendu. Passons rapidement sur les combats en Afrique qui ne sont que des incidents de frontière provoqués par les opérations de pacification menées par les troupes coloniales portugaises déployées dans la colonie, incidents qui dégénèrent pas en guerre ouverte tout simplement parce que personne n’y à intérêt.

Les combats sont plus violents contre le Japon. Si la petite garnison de Macau résiste pour la forme et dépose vite les armes (les hommes seront internés jusqu’à la fin de la guerre et rapatriés au Portugal à l’automne 1954 non sans que certains aient succombé à la faim, aux mauvais traitements, aux maladies voir à des bombardements alliés) celle défendait Timor résiste plus longtemps pour comme le dira un soldat «pour l’honneur des armes de notre pays». Ils seront eux aussi internés mais certains s’évaderont pour combattre aux côtés des alliés.

En septembre 1954 l’armée portugaise n’à pas vraiment combattu. Très vite l’armée est démobilisée puis réorganisée avec une armée territoriale maillant le territoire à la fois pour des raisons militaires et des raisons politiques.

Une armée dite d’intervention est mise sur pied pour défendre le pays et plus généralement l’Europe en cas d’invasion de l’Europe par les forces soviétiques. Des divisions d’infanterie, une division blindée et différentes unités légères sont ainsi mises sur pied mais c’est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (10) Espagne (10)

Organisation durant le second conflit mondial

Généralités

Quand éclate le second conflit mondial l’Espagne décide de mobiliser pour faire face à toute éventualité. Le 1er Corps d’Armée (Madrid) comprend deux divisions d’infanterie tout comme le 3ème CA de Séville, le 5ème CA de Saragosse et le 6ème CA de Burgos alors que le 2ème CA (Barcelone), le 4ème CA (Valence), le 7ème CA (Valladolid) et le 8ème CA (La Corogne).

A cela s’ajoute le 9ème Corps d’Armée de Grenade qui prend sous son aile une réserve générale ccomposée de trois divisions d’infanterie en attendant une division blindée.

L’état-major de l’armée de terre prend sous son aile la division de cavalerie et deux brigades de montagne.

Division d’Infanterie

-Un état-major

-Une unité logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie montée

-Une compagnie du génie

-Une compagnie antichar et antiaérienne

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

Division de cavalerie

-Un état-major

-Une unité logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antichar et antiaérienne

-Une compagnie du génie

-Trois régiments montés

-Un régiment d’artillerie

Division Blindée «Brunete»

Créée durant le second conflit mondial, cette division à défaut d’être pleinement opérationnelle va permettre aux militaires espagnols de s’initier vraiment au combat mécanisé.

Puissance neutre, bénéficiant d’attachés militaires côté allié comme côté de l’Axe, l’armée espagnole à pu connaître ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire. Ce n’est que dans les années soixante que l’unité va devenir vraiment opérationnelle.

Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que la division de cavalerie soit mécanisée c’est une division d’infanterie du 1er CA qui est transformée en division blindée. A sa création la division est organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie d’autos blindées

-Un régiment de chars

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

Cette organisation ne va pas évoluer jusqu’à la fin du conflit. Il faudra attendre les années soixante pour que la division soit réorganisée et rééquipée avec l’aide notamment des américains.

Brigade de montagne

-Un état-major

-Un détachement d’éclaireurs

-Deux régiments d’infanterie de montagne

-Un régiment d’artillerie de montagne

-Une compagnie du génie