URSS (94) Armée de l’Air (11)

Les avions militaires soviétiques (4) : entrainement et transport

Avant-propos

Les premiers pilotes étant souvent des autodidactes ou de riches passionnés, le besoin d’avions d’entrainement n’arriva que relativement tardivement.

Dans les années trente certains pays comme l’URSS et la France mirent en place une aviation qu’on pourrait qualifier de prémilitaire qu’il s’agisse de l’Osoviakim en URSS ou de l’Aviation Populaire en France, deux mesures aux effets limités.

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Etats Unis (136) Armée de l’Air (10)

Les avions de l’USAAF (5) : avions de transport

Avant-propos

Après la glaciation du front à l’automne 1914, les alliés comme les allemands cherchent d’obtenir la percée avec un grand P pour mettre fin à un conflit qui de frais et joyeux devient violent, sanglant et meurtrier.

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Allemagne (82) Armée de l’Air (15)

Junkers Ju-90

Junkers Ju-90

Junkers Ju-90

A l’origine du Junkers Ju-90 figure le Junkers Ju-89, un bombardier lourd quadrimoteur construit à deux exemplaires dans le cadre du programme “Ural-Bomber” (bombardier de l’Oural) en compagnie du Dornier Do-19.

Le Junkers Ju-89 ne dépassa pas le stade du prototype

Le Junkers Ju-89 ne dépassa pas le stade du prototype

Ces appareils auraient du équiper la Luftwafe pour pouvoir frapper les industries lourdes implantées dans la chaine qui traditionnellement sépare l’Europe de l’Asie. Ce programme est touché à mort par le décès le 3 juin 1936 du général Wever qui retarde considérablement le développement des unités de bombardement lourd allemandes, le programme Ural Bomber étant abandonné en avril 1937.

Les travaux sur le Ju-89 ne sont pas perdus, la firme Junkers réutilisa certains éléments pour un appareil de transport lourd sur une demande de la Luftwafe et de la Lufthansa qui cherchait un avion de transport commercial à long rayon d’action.

Le troisième prototype du Junkers Ju-89 était partiellement construit quand le programme est abandonné. Cet avion est modifié en Junkers Ju-90 et effectue son premier vol le 28 août 1937 mais est perdu au cours d’essais le 6 février 1938.
Le second prototype qui décolle pour la première fois en mai 1938 est perdu en Gambie en novembre 1938.

Cela n’empêche pas la Lufthansa de passer commande de l’appareil, seize avions étant mis en œuvre par la compagnie nationale allemande, appareils livrés jusqu’en décembre 1940. Huit furent exportés en Afrique du Sud et ironie de l’histoire, participèrent au conflit sous les couleurs de la Royal South African Air Force (RSAF).

En avril 1939, le RLM demanda à Junkers une version militarisée de son Junkers Ju-90, les cinquième et sixième prototypes servant d’appareils de développement. Cette version se caractérise par une nouvelle aile, un train d’atterrissage renforcé, les fenêtres remplacés par des hublots.

Le premier vol du Ju-90V5 à lieu le 5 décembre 1939, deux prototypes supplémentaires (V7 et V8) sont finalement utilisés pour le développement du Ju-290.

Le développement de l’appareil se passe bien, la commande de série est passée en mai 1942 mais en raison d’autres priorités puis de la guerre civile, les retards s’accumulent.

Résultat, le Junkers Ju-52 qui devait être retiré du service est toujours présent en septembre 1948, le Ju-90 n’équipant respectivement que 2/3 ( 72 avions) et la moitié (54 avions) des deux escadres de transport.

La production se poursuit même si à terme le Ju-290 déjà produit en version PATMAR (Patrouille Maritime) doit prendre le relais sans parler d’un Ju-390 encore dans les limbes quand l’opération Weserubung est lancée.

En compagnie des “Tante Ju”, les Ju-90 vont participer aux largages de parachutistes ainsi qu’au ravitaillement des têtes de pont conquises au Danemark et en Norvège.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-90

Type : avion de transport quadrimoteur

Masse : à vide 19225kg en charge 33680kg

Dimensions : longueur 26.30m envergure 35.02m hauteur 7.5m

Motorisation : quatre moteurs radiaux BMW-132 de 820ch chacun

Performances : vitese maximale 350 km/h vitesse de croisière 320 km/h Distance franchissable 1247km Plafond opérationnel 5750m

Equipage : 4 hommes, 40 passagers ou 32 parachutistes

Messerschmitt Me-323

Messerschmitt Me-323

Messerschmitt Me-323

Durant le développement des troupes aéroportées, les plus réalistes estimèrent non sans raisons que ces hommes venus du ciel,légèrement armés pourraient se retrouver en face d’ennemis nettement mieux armés selon le vieil adage militaire qui dit que la première victime de la guerre c’est le plan.

Pour renforcer l’action des troupes aéroportées, il faut du matériel lourd, de l’artillerie et des chars mais comment faire en l’absence d’avion gros porteur.

Les allemands mettent au point en 1942 un planeur géant, le Messerschmitt Me-321 capable de transporter un Panzer III. Un tel monstre nécessitant un tracteur particulier, les allemands mirent au point le Heinkel He-111 Zwilling (jumeaux), deux Heinkel He-111 reliés par un élément d’aile qui supportait un cinquième moteur.

Heinkel He-111Z remorquant un planeur géant Me-321

Heinkel He-111Z remorquant un planeur géant Me-321

Il pouvait transporter 23 tonnes de chargement où jusqu’à 130 hommes équipés. Le premier prototype du planeur effectue son premier vol le 25 février 1941. Seulement douze planeurs furent construits, les allemands préférant développer une version motorisée, le Messerschmitt Me-323 Giant.

Le développement de l’appareil fût lancé officiellement en septembre 1943, développement perturbé par la guerre civile. Deux prototypes furent construits, le premier décollant en octobre 1944, le second en janvier 1945.

Le premier prototype s’écrase en Baltique le 14 mars 1945, le second est modifié avec des moteurs plus puissants et va devenir l’appareil de série. Vingt-quatre appareils sont commandés en septembre 1945 et livrés entre janvier et juin 1946.

Il va équiper une escadre de transport spéciale en compagnie de Focke-Wulf Fw-200 chargés essentiellement du transport de VIP. Ces appareils ne sont pas engagés dans la phase initiale de l’opération Weserubung.

Caracteristiques Techniques du Messerschmitt Me-323 Giant

Type : avion de transport hexamoteur

Masse : à vide 27300kg maximale au décollage 43000kg

Dimensions : longueur 28.15m envergure 55m hauteur 8.30m

Motorisation : six moteurs radiaux BMW de 1000ch chacun

Performances : vitesse maximale au niveau de la mer 270 km/h distance franchissable 1200km

Armement : quinze mitrailleuses MG-34 de 7.92mm, cinq dans le nez et l’avant, dix répartis latéralement sur le fuselage

Equipage : cinq hommes et jusqu’à 200 soldats ou 130 paras équipés

Planeurs : des petits et des géants

Comme les autres pays, l’Allemagne va développer plusieurs modèles de planeurs de différentes tailles :

-Le DFS-230 est le planeur de base destiné aux Fallschirmjäger. C’est un planeur pesant 860kg à vide et 2100kg à pleine charge, mesurant 11.24m de long sur 2.74m de haut pour une envergure de 20.87m. Il était mis en oeuvre par deux hommes et embarquant huit hommes équipés.

-Le Gotha Go-242 appartient à la classe supérieure. Pesant 5100kg à vide et 7800kg en charge, il mesure 15.80m de long sur une hauteur de 4.70m et une envergure de 24.50m. Il était mis en oeuvre par deux hommes et pouvait emporter 21 hommes. Une version motorisée ne dépassa pas le stade du projet.

-Le Messerschmitt Me-321 est le plus gros planeur du monde en service en septembre 1948. Il n’est produit qu’en nombre réduit en raison d’une mise en oeuvre délicate. Il pèse 12400kg à vide avec un poids en charge de 34400kg.

Il mesure 28.15m de long sur 55m d’envergure pour une hauteur de 10.15m. Il peut donc embarquer 130 parachutistes et jusqu’à 200 soldats. L’armement se compose de quatre mitrailleuses de 7.92mm MG-15.

Allemagne (81) Armée de l’Air (14)

Les avions en service (5) : avions de transport et planeurs

Avant-Propos

Les premiers avions de transport commerciaux apparaissent juste après le premier conflit mondial avec généralement des bombardiers convertis comme le Farman Goliath, le Caudron G.III ou le Vickers Vimy.

Dans le domaine militaire, les premières expérimentations de transport aérien militaires eurent lieu dans les colonies notamment britanniques, la Royal Air Force (RAF) ravitaillant ses colonnes menant des missions de police coloniale en limitant leur vulnérabilité en supprimant les trains de mulet.

Pour surprendre l’ennemi, on eut l’idée de projeter à l’arrière des troupes pour frapper les arrières de l’ennemi. Venant du ciel ,ils devaient surprendre les état-majors et saboter les infrastructures.

L’URSS est le premier pays à mettre sur pied des troupes aéroportées suivit par l’Allemagne et la France.

Qui dit parachutistes dit avions de transport et la Luftwafe met sur pied des unités spécialisées équipées de Junkers Ju-52, le fameux “Tante-Ju”, un avion conçu comme bombardier mais rapidement utilisé pour le transport, une poignée d’appareils réalisant un premier pont aérien au début de la guerre d’Espagne.

Quelques opérations aéroportées ont lieu au début de la guerre de Pologne mais leur apport à la conduite du conflit reste modeste.

Junkers Ju-90

Junkers Ju-90

Durant la période de Pax Armada, de nouveaux appareils sont mis en service comme le Junkers Ju-90 ou le monstrueux Messerschmitt Me-323, version motorisée du planeur Me-321. Nous évoquerons également les différents modèles de planeurs.

Junkers Ju-52/3m

Junkers Ju-52/3m

Junkers Ju-52/3m

Le trimoteur Junkers Ju-52 fût conçu au début des années trente comme un appareil commercial, une évolution du Junkers W33. C’est dans cette configuration qu’il fût produit jusqu’en 1935 avant que des versions militaires ne prenne le relais.

Le Junkers Ju-52 est issu du W33

Le Junkers Ju-52 est issu du W33

Si sa carrière de bombardier fût fort courte en raison de performance médiocres dans ce domaine, sa carrière de transporteur militaire fût fort longue puisqu’il était encore en service en septembre 1948.

Sa célébrité fût également accentué par le transport de VIP, “Tante Ju” ayant été l’appareil personnel d’Hitler jusqu’à sa mort ainsi que celui du leader nationaliste chinois Tchang Kai Chek.

Au sein de la Luftwafe, il équipait deux escadres de transport en compagnie du Junkers Ju-90 plus moderne, appareil qui aurait du le remplacer mais en raison de goulots d’étranglement dans la production, les Tante Ju alias Iron Annie étaient encore en service quand l’opération Weserübung est déclenchée, les Ju-52 étant en première ligne pour les opérations aéroportées lancées contre le Danemark et la Norvège.

L’appareil connu un grand succès à l’export, étant vendu au Portugal, en Espagne, en Suisse, en Argentine, en Autriche, en Bolivie, en Bulgarie, en Colombie, en Equateur, en Grèce, en Norvège, au Perou, en Roumanie et en Suède.

Caracteristiques Techniques du Junkers Ju-52/3m

Type : avion de transport et de bombardement trimoteur

Masse : à vide 5970kg maximale au décollage 9210kg

Dimensions : longueur 18.90m envergure 29.25m hauteur 6.10m

Motorisation : trois moteurs BMW Hornet de 525ch chacun

Performances : vitesse maximale 271 km/h à 900m vitesse de croisière 222 km/h Distance franchissable 950km Plafond opérationnel 5200m

Armement : deux mitrailleuses MG-15 de 7.92mm (dorsale et ventrale) et 500kg de bombes en configuration bombardier

Equipage : deux pilotes et jusqu’à 17 passagers ou 12 parachutistes équipés.

Focke-Wulf Fw-200

Le Condor en vol

Le Condor en vol

Durant les années vingt et trente, l’aviation commerciale se dévellope même si l’aviation civile de masse n’est pas encore née en raison du prix des billets prohibitifs. Le marché est suffisamment porteur pour que les constructeurs aéronautiques européens et américains se lancent dans le développement d’avions commerciaux.

A l’origine du Focke-Wulf Fw-200 Condor figure une proposition de Kurt Tank _le chef du bureau d’études de la firme Focke-Wulf_ à la Lufthansa pour un appareil commercial capable de franchir l’Atlantique et de rallier les Etats-Unis.

La compagnie aérienne allemande lança officiellement le projet en juin 1936 et le premier prototype décolla pour la première fois le 27 juillet 1937. Deux autres prototypes sont construits avec cette fois des moteurs allemands au lieu de moteurs américains.

Le Japon à la recherche d’un appareil de patrouille maritime à très long rayon d’action demanda une version militarisée du Condor. Tokyo ne donna pas suite _préférant développer son propre appareil_ mais cette demande déclencha l’intérêt de la Luftwafe qui décida de commander cet appareil pour des missions de bombardement et de patrouille maritime.

La version militarisée du Condor entre en service au printemps 1940, étant utilisé pour la patrouille maritime mais également pour le transport.

Pour ce dernier domaine, le Focke-Wulf Fw-200 va équiper une escadre spéciale de transport en compagnie de Messerschmitt Me-323 Giant.

Les Condor utilisés par la Luftwafe furent utilisés pour le transport d’autorités mais parfois pour le transport de troupes notamment un pont aérien en direction de Memel en octobre 1945 suite à des mouvements de troupes soviétiques à proximité de cette ville-libre annexée par la Lituanie puis par l’Allemagne. Les appareils sont toujours en service en septembre 1948, leur remplacement par un nouvel appareil, le Fw-300 n’ayant pas (encore ?) abouti.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-200 Condor

Type : quadrimoteur de patrouille maritime et de bombardement

Poids à vide 17005kg maximal au décollage 24250kg

Dimensions : longueur 23.45m envergure 32.85m hauteur 6.30m

Motorisation : quatre moteurs radiaux BMW/Bramo 323R-2 de 1200ch chacun

Performances : vitesse maximale 360 km/h à 4800m vitesse de croisière 335 km/h distance franchissable 3560km endurange 14 heures plafond opérationnel 6000m

Armement : un canon de 20mm MG-151 à l’avant de la gondole ventrale et quatre mitrailleuses de 13mm MG-131 2100kg de bombes

Equipage : cinq hommes et jusqu’à trente soldats équipés en configuration transport.