24-Armée de l’air (45)

Commandement Stratégique d’Action (CSA)

Le Commandement Stratégique d’Action (CSA) regroupe sous son autorité les unités non placées sous l’autorité opérationnelle de l’armée de terre. Les unités de chasse couvrent le territoire, traquent les avions de reconnaissance et les bombardiers ennemis alors que les unités de bombardement sont chargées de matraquer les cibles allemandes et italiennes.

Le CSA aligne au total sept escadres de chasse (trois de jour et quatre de chasse de nuit), quatre escadres de bombardiers moyens, deux escadres de bombardement lourd, quatre groupes indépendants d’appui rapproché et onze groupes groupes de reconnaissance (sept GR et quatre GIR).

Chasse

La majorité des unités de chasse sont déployées au sein des Groupement d’Aviation des armées pour protéger les troupes au sol mais le CSA dispose encore d’un certain nombre d’unités pour mener à bien ses missions :

-Trois escadres de chasse de jour :

Bloch MB-157

Bloch MB-157

-La 9ème Escadre de Chasse chargée de couvrir le Sud-Ouest dispose de trois groupes déployés pour deux d’entre-eux sur la BA 106 de Bordeaux-Merignac ( GCI/9 et GC II/9) et pour le troisième à Toulouse-Perignon sur la BA 153 (GC III/9), cette unité disposant de Bloch MB-157 et de Bréguet Br700C2

-La 17ème Escadre de Chasse chargée de couvrir le Sud-Est est stationnée sur la BA-164 de Cannes-Mandelieu, ses trois groupes étant équipés de Bloch MB-159, version améliorée du précédent et probablement le meilleur chasseur français disponible en 1948. Elle dispose également de chasseurs bimoteurs biplaces Bréguet Br700C2.

-La 18ème Escadre de Chasse chargée elle aussi de couvrir le Sud-Est est stationnée sur la BA 166 implantée à Avignon, ses trois groupes étant équipés comme la 17ème EC de Bloch MB-159 et de Bréguet Br700C2.

-Quatre Escadres de Chasse de Nuit

L'élégant Hanriot NC-600

L’élégant Hanriot NC-600

Sur les quatre ECN existantes en septembre 1948, seules trois sont déployées en Métropole, la quatrième étant stationnée en Afrique du Nord.

-La 24ème Escadre de Chasse stationnée à Melun-Villaroche (BA 137) est issue de l’ECN 1/13 et comme les autres unités de chasse de nuit dispose de trois groupes de trois escadrilles de neuf Hanriot NC-600 soit un total de 81 chasseurs.

-La 25ème Escadre de Chasse stationnée à Metz-Chambières est issue de l’ECN 2/13 et elle aussi dispose de 81 Hanriot NC-600.

-La 26ème Escadre de Chasse de Nuit est stationnée à Istres (BA 125) pour couvrir le Sud-Est avec ses 81 Hanriot NC-600. Elle est issue de l’ECN 3/13

-La 27ème Escadre de Chasse de Nuit issue de l’ECN 4/14 assure la couverture de l’Afrique depuis sa base d’Oran (BA 202)  même si à partir d’août 1948, un groupe est déployée à Tunis pour couvrir la Tunisie contre de possibles raids aériens italiens.

-Un groupement indépendant, le GC I/20 équipé de Dewoitine D-555 de chasse lourde, ce groupe est stationné sur la Base Aérienne 119 de Nanterre

Bombardement Moyen

L'élégant Lioré et Olivier Léo 451

 Lioré et Olivier Léo 451

En retirant les groupes affectés aux armées, le CSA conserve en métropole quatre escadres de bombardement moyens dont la mission est de détraquer la machine de guerre allemande en s’en prenant à ses industries et à ses voies de communication.

-La 31ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationnée à Coulommiers-Voisin

-La 38ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationnée à Laon-Chambry sur la base aérienne 148.

-La 23ème Escadre de Bombardement Moyen équipée de Lioré et Olivier Léo 451 est stationné à Marignane (BA 108). Un groupe est régulièrement déployé à Calvi-Sainte Catherine sur la base aérienne 167

-La 47ème Escadre de Bombardement Moyen équipée d’Amiot 356 (deux groupes) et d’Amiot 357 (un groupe) est stationnée à Troyes-Barberey sur la BA 152.

-Le GB I/49 équipé de Lioré et Olivier Léo 457 de bombardement à haute altitude est stationné à Persan-Beaumont (BA 139)

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24-Armée de l’air (11)

Bloch MB-157 et MB-159

Bloch MB-157

Bloch MB-157

Nous l’avons vu, la genèse du MB-152 à été non seulement douloureuse et difficile mais qui plus est à donné naissance à un avion médiocre. Son successeur immédiat, le Bloch MB-155 corrigeait une partie des défauts mais ce n’était qu’un appareil correct amené à décliner rapidement.

Alors que jusque là, les moteurs français avaient été réputés pour leur manque de puissance et une fiabilité médiocre, les efforts des principaux motoristes que sont Hispano-Suiza et Gnôme-Rhône aboutit chez ce dernier à la mise au point du Meteor un moteur de 1700ch.

Ce moteur aurait du être installé dans une cellule de MB-155 donnant naissance au MB-156 mais le mariage de cette cellule et de ce moteur obligeait à de profondes modifications à tel point que pour tirer toute la quintescence du Gnôme-Rhône Meteor 14R, il fût décidé de concevoir une nouvelle cellule donnant naissance au MB-157.

Le MB-157 effectua son premier vol depuis l’aérodrome de Villacoublay le 14 septembre 1940 suivit d’un deuxième prototype le 2 octobre et de quatre appareils de pré-série pour accélérer le dévellopement d’un chasseur remarquable tant par sa silhouette que par ses performances.

L’armée de l’air était très intéressée mais ne passa commande qu’en septembre 1941 pour rééquiper les 8ème et 9ème Escadres de Chasse alors en plein rééquipement avec le MB-155, un dérivé amélioré du MB-152 unanimement considéré comme un appareil de transition.

Les premiers appareils de série sortirent des usines en mars 1942 à un rythme modéré en raison notamment de l’activité très importante des usines Bloch.

La première commande de 54 appareils fût ainsi honorée entre mars et septembre 1942, la deuxième_toujours de 54 appareils_ entre octobre 1942 et avril 1943, la troisième entre mai et novembre 1943, la quatrième entre décembre 1943 et mai 1944, la cinquième entre juin et décembre 1944 et la sixième entre janvier et juin 1945 soit un total de 324 appareils, la moitié en ligne et le reste stocké comme volant de fonctionnement.

A partir de septembre 1946, les groupes de chasse des escadres étant largement équipés ou ré-équipés d’appareils modernes, les ERC bénéficient des attentions de l’EMAA pour recevoir des appareils modernes, mettant fin aux railleries de certains pilotes des escadres vis à vis des ERC.
Le Bloch MB-157 va ainsi équiper les ERC 506, 508 et 510 soit un total de 36 appareils, des appareils neufs qui sont suivis de douze appareils de réserve portant la production totale du Bloch MB-157 à 372 appareils, les appareils destinés aux ERC ayant été livrés entre novembre 1946 et juillet 1947.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, toutes les unités équipées de MB-157 le sont toujours mais l’attrition à réduit le stock de 162 à 148 appareils, les ERC ayant perdu elles quatre appareils réduisant leur réserve à huit appareils et la flotte globale tout statut confondu à 354 avions, de quoi voir venir avec le conflit qui s’annonce.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-157

Type : chasseur monoplace monoplan

Poids : masse à vide 2350kg maximale au décollage 3200kg

Dimensions : envergure 10,70 m; longueur 9,70 m; hauteur

Motorisation : un moteur radial Gnome-Rhône Meteor 14R de 1700ch entraînant une hélice tripale

Performances : Vitesse maximale : 740 km/h Distance franchissable : 1 095 km

Armement : 2 canons Hispano-Suiza HS-404 de 20 mm dans les ailes avec soixante obus chacun et 4 mitrailleuses de 7,5 mm MAC modèle 1934 M.39 _deux par aile_ avec 600 cartouches par arme.

Le Bloch MB-159 est une version étroitement dérivée du MB-157 avec un armement et un moteur plus puissant. Il effectua son premier vol le 4 décembre 1942 suivit d’un deuxième prototype le 16 janvier 1943.

Le développement fût rapide et dès le mois de juin 1943, l’armée de l’air passa une commande globale de 324 appareils pour équiper six groupes de chasse et constituer un volant de réserve de 100%.

Le premier avion de série effectue son premier vol le 14 août 1943 et la première tranche de 54 appareils est livrée entre septembre 1943 et mars 1944 pour équiper les GC I/17 et II/17.

La deuxième tranche de la commande est livrée entre avril et octobre 1944 pour équiper le GC III/17 et le GC I/18. La troisième tranche de la commande est livrée novembre 1944 et avril 1945 pour équiper les GC II/18 et les GC III/18.

Les trois premières tranches (162 appareils) ont servit à équiper les unités en ligne, les trois autres tranches vont servir à constituer un stock important d’avions. La quatrième tranche est livrée entre mai et novembre 1945, la cinquième entre décembre 1945 et mai 1946 et enfin la sixième et dernière tranche entre juin et décembre 1946.

324 Bloch MB-159 ont été produits et livrés à l’armée de l’air auxquels il faut ajouter sa variante embarquée, la MB-159M (soixante appareils livrés entre janvier et mai 1946).

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-159

Type : chasseur monoplace monoplan

Poids : masse à vide 2400kg maximale au décollage 3230kg

Dimensions : envergure 10,70 m; longueur 9,70 m; hauteur

Motorisation : un moteur radial Gnome-Rhône Meteor 14R de 1800ch entraînant une hélice tripale
Performances : Vitesse maximale : 740 km/h Distance franchissable : 1 095 km

Armement : 2 canons de 20 mm Hispano-Suiza HS-404 dans les ailes et 6 mitrailleuses de 7,5 mm MAC modèle 1934 M.39 (deux au dessus du capot moteur et quatre dans les ailes), chaque canon disposant de 64 obus et chaque mitrailleuse de 600 cartouches.

Caudron CR.714

Caudron CR-714

Caudron CR-714

En 1934, l’armée de l’air avait lancé un programme de chasseur monoplace (programme C1) avec deux sous-catégories dont une catégorie légère qui regroupait des avions propulsés par des moteurs de 400 ou 500ch.

Cela nécessitait des avions très légers et la firme Caudron eut l’idée d’adapter l’un de ses avions de course en chasseur léger, le poids modique de l’appareil devant (en théorie) compenser la faiblesse du moteur.

Le Caudron C.710 qui effectua son premier vol le 18 juillet 1936 fût rejeté par l’armée de l’air en raison d’un moteur trop faible et en dépit d’un armement puissant (deux canons de 20mm).

Après être revenue à ses premières amours avec des avions de course (C.711 et C.712), la firme Caudron replongea à nouveau dans le projet d’un chasseur léger sous la forme du C.713 Cyclone muni d’un train retractable et d’une dérive modifiée, un appareil dont le seul client fût l’URSS qui en acheta trois.

Le 6 juillet 1938, le Caudron C.714 effectua son premier vol et l’armée de l’air ne tarda pas à passer commande avec 20 exemplaires plus 180 options (5 novembre 1938) moins en raison de ses performances que d’une facilité de construction et du fait que son moteur n’était utilisé par aucun autre chasseur en production.

La production en série fût lancée à l’été 1939 mais les premiers tests se révélèrent fort décevants à tel point que la production fût arrêtée après le 90ème exemplaire, l’armée de l’air préférant mettre son destin entre les mains de l’Arsenal VG-33.

Aucun CR.714C1 (désignation de série du C.714) ne fût pas utilisé par l’armée de l’air opérationnellement parlant, étant utilisés pour l’entrainement.

La Finlande reçut 54 exemplaires et l’armée de l’air de la Pologne libre 20 appareils utilisés au sein d’un groupe de chasse, le GC I/21 (ex-GC I/145) en attendant la disponibilité du Bloch MB-700, le chasseur choisit par la Pologne pour équiper ses unités de chasse.

Après l’échec du C.714, les projets C.760 et C.770 pourtant prometteurs ne dépassèrent pas le stade des prototypes (NdA plus d’informations dans la partie idoine).

Caractéristiques Techniques du Caudron CR.714C1

Type : chasseur léger monoplace

Poids : à vide 1400kg maximal 1750kg

Dimensions : envergure 8.96m longueur 8.53m hauteur 2.87m

Motorisation : un moteur Renault 12R03 12 cylindres en V inversé de 450ch refroidi par air entraînant une hélice tripale Ratier de 2.16m de diamètre

Performances : vitesse maximale 486 km/h autonomie maximale 900 km Plafond pratique 9100m

Armement : quatre mitrailleuses MAC modèle 1934 M39 de 7.5mm alimentées à 300 coups chacune

Curtiss H-81

Curtiss H-81

Curtiss H-81

Comme nous l’avons vu plus haut, les Etats-Unis sont devenus le fournisseur de l’aviation française et notamment en matière de chasse. Le Curtiss H-75 était un bon appareil mais appelé comme beaucoup à être rapidement dépassé.

Voyant loin, l’armée de l’air se renseigna sur un chasseur américain plus moderne. Le 14 octobre 1938, le prototype du Curtiss XP-40 effectua son premier vol. Il s’agissait en réalité du P-36 n°10 modifié avec notamment un moteur en ligne au lieu d’un moteur à refroidissement par air.

Cherchant toujours plus d’appareils modernes, la France passa commande le 5 octobre 1939 de 100 Curtiss H-81, commande portée à 185 puis à 230 exemplaires, les 100 premiers n’ayant pas de blindage ni de réservoir auto-obturant, installés à partir du n°101.

Le premier «French Warhawk» effectue son premier vol le 15 juin 1940, les cents premiers appareils étant livrés entre juillet 1940 et mai 1941, appareils stockés comme réserve en attendant que soit décidée quand et quelle unité sera ré-équipée.

Les autres appareils (eux équipés avec blindage et réservoir auto-obturant) sont livrés entre juillet 1941 et mai 1943.

C’est en juin 1942 que le Warhawk fait officiellement son entrée au sein de l’armée de l’air en ré-équipant le GC I/4 précédemment équipé de H-75 qui est totalement transformé en septembre de la même année. Il est suivit par le GC II/4 entre octobre et décembre 1942, par le GC I/5 entre janvier et mars 1943 et le GC II/5 entre avril et juin 1943.

Entre juillet et septembre 1943, deux autres groupes sont créés, les GC III/4 et III/5 pour unifier la composition des 4ème et 5ème EC portant le total à 162 appareils sur les 230 appareils de la première commande qui avait été suivit d’une deuxième commande de 238 appareils portant les commandes totales à 468 appareils.

Cette commande est passée en janvier 1943 et les 238 appareils sont livrés entre juin 1943 et juillet 1945.

Entre octobre 1943 et septembre 1944, les GC I/11 et II/11 déployés au Liban et en Syrie troquent leurs Curtiss H-75 par des Curtiss H-81 supérieurs à tout ce que les pays de la région pouvaient aligner (G-36A pour la Grèce, MS-410 pour la Turquie).

Ces appareils étaient toujours en service en septembre 1948 bien que leur remplacement ait été planifié notamment par le VG-40 voir un nouvel appareil américain.

Quand éclate le second conflit mondial, la France disposait de 234 appareils en ligne répartis en huit Groupes de Chasse (six en métropole à trois escadrilles, deux au Levant à quatre escadrilles) plus 164 appareils en réserve, 70 appareils ayant été perdus, un taux d’attrition très élevé à comparer avec les autres chasseurs de l’époque.

Caractéristiques Techniques du Curtiss P-40

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2880kg en charge 3760kg maximale au décollage 4000kg

Dimensions : envergure 11.38m longueur 9.66m hauteur 3.76m

Motorisation : un moteur en ligne Allison V-1710-39 de 1150ch

Performances : vitesse maximale 580 km/h vitesse de croisière 435 km/h distance franchissable 1100km plafond opérationnel 8800m

Armement : six mitrailleuses de 7.5mm (trois dans chaque aile) avec 700 cartouches chacune. Le H-81 pouvait embarquer un réservoir supplémentaire sous le fuselage ou 1000kg de bombes (généralement une de 500kg sous le fuselage et deux de 250kg sous les ailes)

24-Armée de l’air (7)

Bloch MB-152

Bloch MB-152

Bloch MB-152

Al’origine du Bloch MB-152 et de son dérivé MB-155, se trouve le programme C1 de chasseur monoplace qui réclamait un chasseur capable d’atteindre 400 km/h à l’altitude de rétablissement.

Ce programme modifié à plusieurs reprises allait donner naissance à la majorité des chasseurs monoplaces en service en septembre 1939 et bien au delà.

Plusieurs projets de chasseurs monoplaces furent proposés à l’armée de l’air qu’il s’agisse du Loire 250, du Dewoitine D-513, le Nieuport 161, du Morane-Saulnier MS-405 et du Bloch MB-150 mais seuls les deux premiers allaient aboutir à une production en série sous une forme dérivée (MS-406 pour le premier, MB-151 et 152 pour le second).

Dire que le Bloch MB-150 est né sous de mauvais auspices c’est un euphémisme car le jour de son vol inaugural, le 17 juillet 1936, l’appareil refusa de s’arracher du sol !

Cela entraina l’abandon temporaire du projet et il fallut attendre 1937 pour que le projet soit repris bien que le MS-405 ait été choisit par l’Etat pour être produit en série sous le nom de MS-406.

Modifié, le nouveau MB-150 effectue son premier vol le 29 septembre 1937 et se révèle un appareil facile à piloter mais sous-motorisé, il peine à atteindre la vitesse demandée.

Néanmoins le dévellopement continue avec la commande en janvier 1938 de trois prototypes baptisés MB-152, MB-153 et MB-154 pour tester trois motorisations différentes.

En mars, 25 appareils de pré-série et 450 options sont commandées pour se couvrir des retards importants du MS-406.

Le dévellopement de l’appareil fût encore ralentie par la décision de reprendre le design de l’appareil à zéro pour faciliter la production, le MB-150 devenant à cette occasion le MB-151.

Effectuant son premier vol le 18 août 1938, cette version se révéla meilleure que les précédentes mais uniquement dans une certaine médiocrité ce qui explique que la production de cette version fût très limitée soit 144 appareils (85 pour l’armée de l’air, 30 pour l’aéronavale, 4 pour essais à la SNCASO et 25 à l’armée de l’air grecque).

Le MB-152 allait donc être la principale version de série de cette famille. Effectuant son premier vol le 15 décembre 1938, cet appareil est commandé à 432 exemplaires (407 de série et 25 de pré-série), chiffre qui aurait du passer à 932 avec une commande de guerre de 500 exemplaires mais cette commande fût annulée en décembre 1939 suite à la fin prématurée de la guerre de Pologne.

La production fût comme pour les autres appareils de l’époque désespérement lente et en mai 1939, seulement 22 appareils MB 151/152 avaient été produits et dix livrés à l’armée de l’air !

Au final, ce sont 488 MB-152 qui allaient être produits par la SNCASO, appareils qui allaient équiper un total de huit groupes de chasse :

-Le Groupe de Chasse n°1 de la 1ère Escadre de Chasse ou GC I/1

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 1ère Escadre de Chasse ou GC II/1

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 10ème Escadre de Chasse ou GC II/10

-Le Groupe de Chasse n°3 de la 10ème Escadre de Chasse ou GC III/10

-Le Groupe de Chasse n°1 de la 8ème Escadre de Chasse ou GC I/8

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 8ème Escadre de Chasse ou GC II/8

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 9ème Escadre de Chasse ou GC II/9

-Le Groupe de Chasse n°3 de la 9ème Escadre de Chasse ou GC III/9

Cela nous donne un total de 216 appareils laissant pas moins de 272 appareils en stock comme volant de fonctionnement et remplacement des appareils perdus.

Le MB-152 se révélant vite dépassé, są production ne va pas s’etendre au delà de la commande passée fin 1938 début 1939.

Si la production s’arrête en décembre 1940, son remplacement par le MB-155 commence dès le mois de septembre 1940 et s’achève en janvier 1942.

Sur les 488 exemplaires produits, 216 appareils furent mis en ligne au plus fort du court service du MB-152.

Sur les 216 appareils en service, 80 furent perdus pour cause diverses et remplacés par des appareils stockés réduisant la flotte totale à 408 appareils.

Sur ces 408 appareils restants, 100 furent réformés pour usure et défaux structurels, 250 transformés en MB-155 et 58 stockés comme MB-152 ou utilisés comme appareils d’entrainement ou de tests.

 Caractéristiques Techniques du Bloch MB-151

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2070kg en charge 2522kg

Dimensions : envergure 10.52m longueur 9.10m hauteur 3.96m

Motorisation : moteur Gnôme-Rhône 14 N-11 ou N-35 14 cylindres en étoile refroidit en air développant 865ch au décollage (920ch à 3000m) entrainant une hélice Gnôme-Rhône métallique tripale de 3.05m de diamètre

Performances : vitesse maximale 470 km/h à 5000m Autonomie maximale 650km Plafond : 10080m

Armement : quatre mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm (deux dans chaque aile) alimentée à 300 coups chacune

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-152

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2100kg en charge 2800kg

Dimensions : envergure 10.57m longueur 9.10m hauteur 3.96m

Motorisation : moteur Gnôme-Rhône 14 N-25 ou N-49 14 cylindres en double étoile refroidit en air développant 1130/1180ch au décollage et 1000/1070ch à 3000 mètres entrainant une hélice Gnôme-Rhône ou Chauvière métallique tripale de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 482 à 510 km/h à 5000m Autonomie maximale à 5500m : 540/580km Plafond : 10300/11050m

Armement : chaque aile dispose de deux mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 alimentées à 300 coups chacun et un canon de 20mm Hispano-Suiza HS 404 alimenté à 60 coups

Bloch MB-155

Bloch MB-155

Bloch MB-155

Comme nous venons de le voir, la genèse du MB 150/151/152 à été compliquée et le MB-152 était un appareil loin d’être parfait ce qui explique są carrière très courte dans l’armée de l’air française.

Le 3 avril 1940, le prototype du MB-155 effectue son premier vol. Cet appareil est un MB-152 sensiblement modifié avec un capot moteur plus large, un poste de pilotage décalé vers l’arrière pour conserver le même centre de gravité après la mise en place d’un réservoir plus important.

Le moteur Gnôme-Rhône 14 N-49 du MB-152 est conservé mais les jambes de force de l’empennage horizontal sont supprimés et il est le premier appareil où les canons étaient alimentés en bande-chargeurs et non plus en chargeurs tambours.

A l’origine, il était prévu 400 MB-155 neufs mais au final, l’armée de l’air préféra privilégier des appareils plus modernes et surtout au potentiel d’évolution plus important. Aussi seuls 150 exemplaires neufs furent construits, les autres étant des reconstructions de MB-152.

Ces MB-155 équipèrent six groupes précédement équipés de MB-152, les premiers appareils étant livrés en septembre 1940 et les derniers en janvier 1942 aux 8ème et 9ème Escadre (les groupes de chasse de la 1ère escadre recevant le VG-33 et la 10ème le VG-39).

A partir de septembre 1943, les huit groupes équipés commencent leur transformation sur un appareil plus moderne en l’occurence le Bloch MB-157 sans conteste le meilleur chasseur français en service en septembre 1948 avec son dérivé, le MB-159. Cette transformation qui devait s’achever en mars 1945 ne sera terminée qu’en septembre de la même année.

En septembre 1948, les seuls MB-155 encore en service dans l’armée de l’air sont les vingt-sept appareils déployés à Djibouti au sein du Groupe de Chasse Colonial de l’Afrique Equatoriale Française (AEF).

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-155

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2140kg en charge 2900kg

Dimensions : envergure 10.57m longueur 9.10m hauteur 3.96m

Motorisation : moteur Gnôme-Rhône 14 N-49 14 cylindres en double étoile refroidit en air développant 1100ch entrainant une hélice Gnôme-Rhône ou Chauvière métallique tripale de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 520 km/h à 5000m Autonomie maximale à 5500m : 1050km Plafond : 11740m

Armement : chaque aile dispose de deux mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 alimentées à 300 coups chacun et un canon de 20mm Hispano-Suiza HS 404 alimenté à 60 coups

24-Armée de l’air (6)

C-Les avions de l’armée de l’air (1) : les chasseurs monomoteurs

Préambule

Quand la France entre en guerre en septembre 1939, la chasse française se compose d’appareils assez anciens, le plus récent étant le Morane-Saulnier MS-406 qui avait forte impression lors de son apparition mais qui comme beaucoup d’avions de l’époque (et pas seulement français) avait été vite dépassé par une technologie qui brûlait les étapes de l’évolution technique à une vitesse folle.

Des appareils modernes étaient dans les tuyaux et à divers stades du dévellopement (Dewoitine D-520, Arsenal VG-33 et dérivés) mais leur arrivée en ligne était encore loin d’être acquise ce qui fait dire à un pilote anonyme que si «nous avions du nous battre contre les allemands avec ces avions c’est comme si un boxeur avait du affronter Marcel Cerdan avec une main attachée dans le dos».

Fort heureusement, la guerre de Pologne s’est terminée avant que les allemands n’attaquent à l’ouest ce qui permis à la chasse française de croître en quantité et en qualité avec des appareils dont la modernité et la qualité n’avait rien à envier à leurs homologues allemands.

Curtiss H-75 en vol

Curtiss H-75 en vol

Au printemps 1940, la chasse française aligne en métropole et en Afrique du Nord vingt-sept groupes de chasse équipés de Curtiss H-75 pour quatre d’entre-eux, de Bloch MB-152 pour huit d’entre-eux, de Dewoitine D-520 pour deux groupes et enfin de Morane-Saulnier MS-406 pour les treize autres.

Huit ans et demi plus tard, la situation est sans commune mesure, c’est le jour et la nuit. Non seulement le nombre de groupes de chasse est passé de vingt-sept à quarante-huit mais les appareils en service sont le nec plus ultra de la technologie française de l’époque :

Curtiss H-81

Curtiss H-81

-Six groupes équipés de Curtiss H-81, successeur du Curtiss H-75 et plus connu sous son nom américain de P-40 Warhawk répartis entre les 4ème et 5ème Escadre de chasse

-Neuf groupes équipés de Dewoitine D-520 répartis entre les 3ème, 6ème et 7ème Escadre

Arsenal VG-33

Arsenal VG-33

-Huit groupes équipés d’Arsenal VG-33 répartis entre les 1ère et 2ème Escadre pour six d’entre-eux, les deux autres équipant une nouvelle escadre la 14ème Escadre de Chasse avec un troisième groupe équipé de VG-36

-Trois groupes équipés d’Arsenal VG-36 répartis entre la 14ème Escadre (un groupe) et la 15ème Escadre (deux groupes en compagnie d’un groupe équipé de VG-39)

-Sept groupes équipés de VG-39 répartis entre la 10ème Escadre (trois groupes), la 15ème Escadre (un groupe) la 16ème Escadre de Chasse (trois groupes)

Dewoitine D-551 encore non peint

Dewoitine D-551 encore non peint

-Trois groupes équipés de Dewoitine D-551 équipant la 19ème Escadre de Chasse

-Six groupes équipés de Bloch MB-157 répartis entre les 8ème et 9ème Escadres de Chasse

-Six groupes équipé de Bloch MB-159 répartis entre les 17ème et 18ème Escadres de Chasse

A ces Groupes de Chasse s’ajoute également seize Escadrilles Régionales de Chasse longtemps équipées d’appareils anciens mais qui en septembre 1948 disposent d’Arsenal VG-36 pour six d’entre-elles, de Dewoitine D-551 pour trois et de Bloch MB-157 pour trois autres, l’Arsenal VG-39 équipant les quatre ERC stationnées en Afrique du Nord (deux au Maroc et deux en Algérie).

Le Groupe Régional de Chasse (GRC) de Corse dispose de trente-six chasseurs Dewoitine D-520 répartis en quatre escadrilles de neuf appareils.

On doit également ajouter un Groupe de Chasse Indépendant équipé de l’intercepteur/escorteur lourd Dewoitine D-555 et des unités de chasse de l’Empire. Quand le second conflit mondial, la «chasse coloniale» affiche le visage suivant :

-Au Levant, dans les mandats du Liban et de Syrie, on trouve deux groupes de chasse équipés de Curtiss H-81 qui ont remplacés les H-75 précédemment en service.

-Dans l’Afrique Equatoriale Française (AEF), nous trouvons un Groupe de Chasse équipé de vingt-sept Bloch MB-155.

-L’Afrique Occidentale Française (AOF) dispose d’un Groupe de Chasse équipé de trente-six Morane-Saulnier MS-410 version améliorée du MS-406

-Les escadrilles indépendantes de Martinique, de Guadeloupe, de Guyane et de Madagascar disposent chacune de douze appareils en l’occurrence des Morane-Saulnier MS-410, version améliorée du MS-406.

-Les trois Groupes Coloniaux de Chasse déployés en Indochine sont équipés de Dewoitine D-520.