Mitteleuropa Balkans (76) Roumanie (6)

La Roumanie dans le premier conflit mondial

Généralités

Carte représentant de l’offensive roumaine en Autriche-Hongrie

Comme nous venons de le voir la Roumanie décide en août 1914 de rester neutre plutôt que de s’engager dans un camp ou dans l’autre. Si plus haut j’ai dit qu’il s’agissait d’un compromis entre un roi pro-allemand et un gouvernement plus favorable à l’Entente j’ai comme souvent un poil simplifié. Je vais me permettre dans cette partie d’être plus factuel quitte à contredire la fin de la partie précédente.

Depuis 1883 un traité secret avait été signé entre la Triplice et la Roumanie mais uniquement en cas d’agression russe et non pour une guerre offensive contre un ennemi non-provoquant.

Cependant comme rien n’est jamais simple, quelques semaines avant l’attentat de Sarajevo, Carol 1er s’était rapproché de la France et de la Grande-Bretagne pour des raisons financières, l’argent des banques françaises et britanniques étant indispensable pour financer l’économie roumaine. De plus le roi de Roumanie à été heurté par la réaction de l’Autriche-Hongrie à la signature du traité de Bucarest qui mit fin à la deuxième guerre balkanique.

Le 14 juin 1914 Carol 1er reçoit le tsar de Russie Nicolas II. A l’été ce que les chancelleries pressentaient se produit : la Roumanie choisit la voie de la neutralité.

Le 10 octobre 1914 Carol 1er meurt. Il est remplacé par son neveu Ferdinand qui devient Ferdinand 1er de Roumanie. Ce dernier bien qu’étant également un prince allemand est marié à Marie d’Edimbourg, petite-fille de la reine Victoria et est connu pour être plus à l’écoute de l’opinion publique que son prédécesseur.

La Roumanie est en 1914 un état de 54000km² peuplé de 7.5 millions d’habitant. Son pétrole et ses ressources agricoles en font un partenaire de choix notamment pour les empires centraux qui sont peu à peu étranglés par le blocus allié. Son principal but de guerre est de récupérer la Transylvanie sous domination hongroise bien que la majorité de la population (54 à 57% des habitants) soit roumanophone.

Les alliés sont prêts à accueillir la Roumanie comme ils voudraient que la Bulgarie les rejoignent. Si Bucarest rejoint le camp de l’entente, la liaison Berlin-Constantinople pourra être coupée et l’Allemagne sera privée de précieuses ressources pour son économie. En ces temps de guerre totale ce n’est pas rien……. .

Les alliés promettent une aide financière (Grande-Bretagne), une mission militaire de conseil (France) et des munitions modernes (Russie NdA Quand on sait que les alliés furent obligés d’envoyer des munitions à l’armée russe pour lui permettre de tenir, cette promesse ne peut que nous laisser songeur).

Ce n’est finalement qu’en août 1916 que la Roumanie allait entre en guerre. Elle n’est clairement pas prête avec un manque d’armes, de munitions, d’entrainement, de formation des officiers. Son armée manque d’expérience faute d’avoir vraiment combattu durant la deuxième guerre balkanique. De toute façon même si cela avait été le cas, le temps aurait manqué pour corriger tous les problèmes qu’un tel conflit n’aurait pas manqué de révéler.

Après quelques succès, la contre-offensive des Empires Centraux va rejetter les roumains sur leurs positions de départ puis va les forcer à une retraite qui manque de tourner à la déroute. A la fin de 1916 les deux tiers du territoire dont la capitale Bucarest sont occupés.

Cette lourde défaite est suivit par un brutal sursaut qui fait l’admiration de l’opinion publique roumaine mais aussi de l’opinion publique internationale. En dépit d’offensives bien menées et d’une résistance acharnée aux empires centraux, l’effondrement de la Russie à l’automne va l’obliger à signer un armistice (Armistice de Focsani) le 9 décembre 1917 suivit du traité de Bucarest (7 mai 1918) qui met la Roumanie hors jeu pour quelques mois puisque le 10 novembre 1918 à la veille de l’Armistice de Rethondes, les troupes roumaines retournent au combat.

La Roumanie en guerre : gloire et désillusions

La Roumanie va engager en 1916 658088 hommes aux côtés de 30000 russes, 20000 serbes et les 1930 officiers et sous-officiers de la Mission Berthelot qui va jouer un rôle clé dans la réorganisation et la renaissance de l’armée roumaine. Nul doute que les succès de l’armée roumaine succès hélas très éphémères lui doivent beaucoup.

Une convention militaire est signée entre les alliés et la Roumanie le 13 août 1916 (en dépit des réserves du lieutenant colonel Thomson, attaché militaire britannique en Roumanie) suivit d’un traité le 17 août 1916.

La Roumanie doit déclarer la guerre à l’Autriche-Hongrie le 28 août 1916 mais l’ambassadeur de Roumanie à Vienne le transmet le 27. L’Allemagne déclare la guerre à la Roumanie le 28. La Bulgarie et l’empire ottoman suivent dans les jours qui viennent.

Uniformes de l’armée roumaine pendant le premier conflit mondial

L’armée roumaine aligne 650000 hommes en vingt-trois divisions mais cette armée est mal équipée et mal entrainée.

Depuis longtemps les allemands sont persuadés que la Roumanie va rejoindre l’Entente et à donc dressé des plans en conséquence.

Se pose alors la question des roumanophones de l’armée austro-hongroise. Au début du premier conflit mondial, ils sont loyaux mais peu à peu leur état d’esprit évolue surtout avec l’entrée en guerre de la Roumanie. Nombre d’entre-eux préfèrent courir le risque de la désertion plutôt que de tirer sur des roumains. 150000 roumanophones vont être tués sous l’uniforme de l’armée austro-hongroise.

En octobre 1918 des prisonniers roumains de l’armée austro-hongroise vont former en Italie une légion de volontaires qui va participer à la bataille de Vittorio Veneto puis après guerre à la guerre hungaro-roumaine.

Dans la nuit du 27 août 1916, trois armées roumaines (1ère Armée roumaine, 2ème Armée roumaine, Armée du Nord) attaquent en Transylvanie. Trois torpilleurs attaquent la flottille austro-hongroise du Danube dans le port bulgare de Ruse.

En face la 1ère armée austro-hongroise en infériorité numérique ne peut que mener des combats retardateurs en attendant l’arrivée des renforts envoyés par les allemands et les austro-hongrois.

Les villes de Brasov, de Fagoras et de Mercurea Cilic tombent rapidement, les faubourgs de Sibiu sont atteints. L’accueil des populations est enthousiastes, les autorités locales n’hésitent pas à aider les troupes roumaines en leur fournissant de la nourriture et surtout des guides.

Très vite donc les renforts ennemis arrivent alors que les alliés étaient persuadés qu’avec leurs offensives sur la Somme et en Galicie (offensive Brousilov) les empires centraux ne pouvaient envoyer des troupes sur un nouveau front.

Et ce ne sont pas de petits renforts puisque les allemands envoient huit divisions d’infanterie et ce qui est considéré comme l’élite de l’armée impériale, l’AlpenKorps, le Corps Alpin.

A la tête de ces renforts, le général Erich von Falkenhayn qui venait de démissioner de son poste de chef d’état-major impérial ce qui montre à qui en doutait que la situation sur ce front n’est pas négligée par les allemands puisqu’on y envoie un général de premier plan. A cela s’ajoute quatre divisions austro-hongroises. Voilà pourquoi l’offensive roumaine est stoppée à la mi-septembre.

Une autre offensive à été menée par les roumains avec l’unique 1ère DI. La rive occidentale de la rivière Cerna dans la région du Banat est conquise. Cette zone va rester sous contrôle roumain jusqu’à la mi-novembre.

Paradoxalement (ou pas), la première contre-offensive des Empires centraux sur le front roumain via du Groupe d’Armées von Mackensen qui après sa victoire sur les serbes s’est redéployé en partie en Dobroudja.

Ce groupe d’armées est composée de la 3ème Armée bulgare, d’une brigade allemande et de deux divisions du 6ème Corps d’Armée ottoman.

Cette force multinationale attaque dès le 1er septembre 1916, assiège la forteresse de Turtucaia qui tombe le 6. Au même moment la 3ème Armée bulgare appuyée par le 75ème régiment ottoman affronte et défait une force roumano-russe (pourtant deux fois supérieure) lors de la Bataille de Bazargic (5 au 7 septembre 1916).

La 3ème Armée roumaine échoue à repousser l’ennemi et pour ne rien arranger les alliés qui devaient attaquer en Macédoine ne l’ont pas fait et les troupes russes envoyées sur le front roumain ne sont pas les meilleures. Pour ne rien arranger les roumains doivent opérer sur deux fronts distincts de 1600km chacun !

Le 15 septembre 1916 le haut-commandement roumain tire les conclusions qui s’imposent : l’offensive en Transylvanie est stoppée. Désormais il ne s’agit plus d’envahir l’Autriche-Hongrie pour conquérir un territoire majoritairement roumanophone mais défendre le territoire national.

La menace principale c’est l’ArmeeGruppe von Mackensen et c’est pour cela que l’état-major roumain fixe son attention sur lui. Une ambitieuse contre-offensive baptisée Offensive Flamanda est ainsi imaginée.

Il prévoit de faire franchir le Danube à la 3ème Armée roumaine à Flamanda pour prendre à revers les forces ennemies. Au même moment les troupes roumano-russes doivent attaquer au sud vers Cabadin et Kurtbunar.

Cette offensive qui démarre le 29 septembre est marquée par le franchissement du Danube le 1er octobre et le gain d’une tête de pont appréciable de 14km de long sur 4 de large, une base d’exploitation pour de futures opérations. Hélas pour les roumains la détérioration de la situation sur le front transylvain impose l’annulation de l’offensive et le 3 octobre puis le retrait des troupes sur la rive opposée.

Tout n’est cependant pas noir pour les roumains qui remportent la Première Bataille de Cobabin (17-19 septembre 1916).Les troupes roumano-russes parviennent à stopper l’avance de la 3ème armée bulgare qui devra attendre la mi-octobre pour reprendre son avancée.

De son côté von Falkenhayn passe à l’attaque le 18 septembre 1916. La 1ère Armée roumaine est attaquée à Hateg, le 26 c’est la ville de Sibiu qui l’est à son tour. Le 29 le haut-commandement roumain ordonne la retraite à travers les passes de Vulcan et de Turnu Rossu dans les Carpathes.

Les roumains doivent mener de violents combats pour garder ces chemins de retraite ouverts, les chasseurs alpins bavarois attaquant le flanc du dispositif roumain à travers les montagnes.

Le 17 octobre 1916 la 2ème armée roumaine attaque les austro-hongrois à Brasov. Elle est repoussée et les troupes roumaines contre-attaquées doivent se replier. La 4ème armée roumaine ne tarde pas à l’imiter et le 25 octobre 1916 les troupes de Ferdinand 1er sont de retour sur leurs positions de départ.

Les roumains veulent tenir sur les monts des Carpathes à tout prix, une ligne de défense en montagne ayant plus de valeur à leurs yeux qu’une ligne de défense dans une plaine s’étendant à perte de vue. De violents combats ont lieu sur la rivière Jiu entre la 1ère armée roumaine et les forces des Empires Centraux. Lors de la bataille de Targiu Jiu une femme s’illustre. Lieutenant dans l’armée roumaine, Ecaterina Teodoroiu devient un heroïne nationale qui magnifie la résistance roumaine à l’attaque bulgaro-germano-austro-hongroise.

Face à cette nouvelle résistance, le dispositif ennemi est réoeganisé avec la création du Groupe d’Armées Kühne (QG à Petrosani). Ce groupe d’armées dirigé par le général Kühne comprend deux divisions d’infanterie bavaroises (11 et 301ème), la 41ème division d’infanterie prussienne, la 109ème DI mais aussi le 58ème Corps de Cavalerie (6ème et 7ème DC). A cela s’ajoute en réserve la 115ème division d’infanterie et deux brigades cyclistes. Cela représente 80000 hommes et 30000 chevaux.

Les allemands repassent à l’attaque le 1er novembre 1916 et devant cette nouvelle poussée les troupes de Bucarest n’ont d’autre choix que de battre en retraite.

Le 21 novembre 1916 la cavalerie allemande est à Craïova ce qui oblige les roumains à se replier vers la rivière Olt, la cavalerie jouant son rôle traditionnel en flanquant la progression ennemie et surtout en retardant sa progression pour éviter que la retraite de l’infanterie ne tourne à la déroute. Des contre-attaques sont menées comme celles provoquant la Bataille de Robanesti le 23 novembre 1916. Tel les cuirassés de Ney à Eylau ou la brigade légère à Baklhava les cavaliers roumains chargent et se font anéantir par les allemands.

Entre-temps le 19 octobre 1916 le Groupe d’Armées von Mackensen est repassé à l’offensive. Lors de la Deuxième Bataille de Cobabin (19-25 octobre 1916) la voie de chemin de fer Constanza-Cernavoda est coupée, le port de Constansa étant occupé le 22 octobre 1916.

Pour ne rien arranger les troupes russes sont seules pour défendre la Dobroudja, troupes comme nous l’avons vu de piètre qualité qui plus est démoralisées et mal ravitaillées par une Russie à bout de force.

Le 10 novembre 1916 à lieu la Bataille de la passe Vulcan qui oblige les roumains à se replier dans la pleine et ce le 26 novembre. Le mauvais temps (froid, neige) complique sérieusement les opérations.

Le 23 novembre 1916 les troupes de l’ArmeeGruppe von Mackensen franchissent le Danube à deux endroits différents près de Svishtov. Les roumains surpris n’opposent qu’une faible résistance ce qui est d’autant plus dramatique que cela ouvre aux troupes des empires centraux la route de Bucarest et la possibilité de couper l’armée roumaine en deux.

Les roumains tentent de contre-attaquer mais les plans dressés ne peuvent être exécutés en temps voulu.

Le 1er décembre 1916 les roumains attaquent le long des rivières Arges et Neaplav. Après quelques succès initiaux, les roumains se heurtent à une farouche résistance ennemie. Au bout de trois jours de combat tout est terminé et le 6 décembre 1916 Bucarest est prise par les troupes de la Triplice.

La 2ème Armée roumaine retraite sur la rivière Siret où se trouvaient des fortifications tournées vers la Russie (NdA Quand ça veut pas……).

Du 22 au 26 décembre 1916 à lieu la Bataille de Rammicu-Sarat, une nouvelle défaite roumaine, la ville étant prise le 27, les russes envoient des renforts en Moldavie pour éviter l’invasion de la Russie.

Les roumano-russes encore présents en Dobroudja abandonnent Macu le 4 janvier puis Braila le lendemain. A la fin du mois, le gel permet aux bulgares d’entrer dans le Delta du Danube. Ils sont stoppés à Tulca. La marine roumaine apporte un précieux soutien pour empêcher les troupes des Empires Centraux d’avancer. Le Delta va rester roumain jusqu’à la fin du conflit.

Le 8 janvier 1917 la ville de Focsari tombe mais le 19 les troupes de la Triplice échouent à franchit la Siret.

Le front roumain se stabilise ce qui va permettre à l’armée roumaine de se réorganiser et de se reconstituer. Le gouvernement et le roi se sont réfugiés à Iasi.

Le tiers du territoire national encore sous contrôle roumain est placé en économie de guerre. Toutes les ressources sont orientés vers la reconstitution d’une armée digne de ce nom. Un gouvernement d’union nationale est mis sur pied le 24 décembre 1916.

L’armée est réentrainée et rééquipée par les alliés, la France envoyant une mission militaire dirigée par le général Berthelot (NdA que l’on peut voir dans le merveilleux film Capitain Conan sous les traits du regretté Claude Rich).

Le premier semestre 1917 le front roumain est calme. Les deux belligérants ont besoin de trouver leur deuxième souffle en vue de futures opérations. En juin l’armée roumaine aligne 700000 hommes répartis en 207 bataillons d’infanterie, 60 bataillons de marche, 110 escadrons de cavalerie, 245 batteries d’artillerie, le tout répartis en deux armées et cinq corps d’armées.

Le haut-commandement prévoit d’attaquer dans le secteur de Focsani-Namooloasa pour détruire les forces ennemies et soutenir l’Offensive Kerensky.

Au début du mois de juillet 1917 le front roumain est le théâtre d’une formidable concentration de forces avec neuf armées, 80 divisions d’infanterie avec 974 bataillons, 19 divisions de cavalerie avec 550 escadrons et 923 batteries d’artillerie soit un total de 800 000 à 1 million d’hommes.

Du 22 juillet au 1er août 1917 à lieu la bataille de Marasti, une bataille opposant la 2ème armée roumaine et la 4ème armée russe contre le Groupe Gerok composé de deux divisions de cavalerie, trois divisions d’infanterie, une brigade de montagne et une brigade de cavalerie.

Les roumano-russes attaquent par surprise ce qui oblige les austro-allemands à se replier. Tout aurait pu aller pour le mieux pour les roumains si l’offensive Kerensky avait réussie mais hélas pour Bucarest c’est un cuisant échec. Un saillant de 35km de long et de 20km de profondeur se forme entre la 1ère armée austro-hongroise et la 9ème armée allemande.

Le 6 août c’est la contre-offensive des troupes de la Triplice (bataille de Marasesti) qui voient les adversaires se livrer à de rudes combats et ce jusqu’au 3 septembre 1917.

Du 6 au 12 août la 1ère armée roumaine et les russes stoppent l’avancée allemande obligeant ses derniers à réorienter l’axe de leur offensive. Du 13 au 19 août, les roumains tiennent seuls le front, ayant totalement relevé les russes. Du 20 août au 3 septembre, les allemands tentent d’obtenir une meilleure position pour une nouvelle offensive mais les romains s’accrochent.

Au même moment à lieu la Bataille d’Oituz. Les roumains en infériorité numérique se contentent de contenir, de jalonner l’offensive ennemie. On peut considérer cette bataille comme une victoire tactique des roumains.

En cette fin de 1917 la situation roumaine est aggravée par l’effondrement russe suite à la Révolution d’Octobre et le début de la guerre civile.

Les roumains à bout de force n’ont d’autre choix que de négocier un armistice. Le 9 décembre 1917 est signé l’Armistice de Focsani. Cette armistice fait suite à deux accords de cessez-le-feu signé entre la Russie et les empires centraux les 4 et 5 décembre et précéde un véritable armistice entre la Russie et la Triplice, armistice signé le 15 décembre.

A cet armistice va succéder un traité de paix, le Traité de Bucarest signé le 7 mai 1918. Il fait suite à l’armistice de Focsani et la paix de Brest-Litovsk qui laissait la Roumanie seule face à la puissance cumulée des empires centraux.

Le 27 février 1918 les Empires centraux envoient un ultimatum au gouvernement roumain. Le roi Ferdinand 1er réunit un conseil royal le 2 mars à Iasi, la capitale en exil de la Roumanie depuis l’occupation de Bucarest.

Après des discussions après qui durèrent trois jours (au cours desquels la reine Marie et le général Prezan manifestèrent leur opposition à la paix), le Conseil Royal décida d’accepter l’ultimatum et d’envoyer à Buftea des émissaires pour négocier un traité de paix même si en position de faiblesse, la Roumanie pouvait difficilement peser sur les négociations. Tout dépendait de la volonté de la Triplice……. .

La Roumanie du traité de Bucarest

Le traité de paix préliminaire est acté le 5 mars 1918, traité qui voyait des rectifications de frontière en faveur de l’Autriche-Hongrie, la cession de la Dobroudja, la démobilisation de huit divisions, l’évacuation des territoires austro-hongrois encore occupés et l’ouverture des territoires encore sous contrôle roumain pour envoyer des troupes à Odessa.

Le traité définitif est signé au palais Cotroceni le 7 mai 1918, ratifié par la chambre des Députés le 28 juin 1918 et par le Sénat le 4 juillet. En revanche le roi Ferdinand 1er de Roumanie à refusé de le promulguer.

Selon le traité de Bucarest les hostilités cessent immédiatement entre la Roumanie et les Empires Centraux, les relations diplomatiques et consulaires sont rétablies et l’armée roumaine démobilisée.

Plus précisément sur les quinze divisions d’infanterie qu’elle possédait, cinq sont démobilisées (celles numérotées 11 à 15). Sur les dix restantes, les deux divisions déployées en Bessarabie sont autorisées à rester à leur effectif de guerre tout comme les deux divisions de cavalerie le temps que les empires centraux éliminent tout danger militaire sur la frontière orientale de la Roumanie.

Les huit autres divisions doivent adopter leur format du temps de paix à savoir quatre régiments d’infanterie à trois bataillons, deux régiments de cavalerie à deux escadrons, deux régiments d’artillerie de sept batteries chacun, un bataillon de pionniers et le socle logistique nécessaire à son fonctionnement.

L’armement en surplus doit être transféré au haut-commandement des empires centraux mais devra être gardé par des roumains. Les troupes démobilisées doivent rester en Moldavie jusqu’à l’évacuation des territoires roumaines occupés par la Triplice. Un officier de liaison sera détaché auprès de l’état-major de l’autre camp.

La Roumanie rétrocède la Dobroudja du Sud et cède une partie de la Dobroudja du Nord à la Bulgarie, le reste de la province (au sud de la ligne de chemin de fer Cernavodă-Constanța jusqu’au Danube et la partie roumaine du Delta) doit être cédées aux Empires centraux. Aucune indemnité de guerre n’est prévu à l’exception du dédomagement des dommages de guerre.

Les champs pétrolifères roumains sont cédés à l’Allemagne pour 90 ans soit jusqu’en 2008 (sic), l’union de la Bessarabie avec la Roumanie est reconnue et les frais des troupes d’occupation à la charge des roumains qui doivent également céder leurs surplus agricoles. Les voies de chemin de fer, les lignes télégraphiques et le réseau postal sont sous contrôle de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, Berlin plaçant des hommes dans les ministères avec droit de véto.

A l’automne 1918 la Bulgarie obtient de contrôler la totalité de la Dobroudja y compris la partie jadis administrée par les empires centraux (24 septembre 1918). Elle doit cependant céder la rive gauche de la rivière Maritsa à l’empire ottoman. Par cet accord la Triplice espère conserver la Bulgarie de son côté mais cela ne sera pas le cas, un armistice est signé le 29 septembre 1918.

En octobre 1918 le traité est dénoncé par le gouvernement Marghiloman et la Roumanie rentre en guerre un certain 10 novembre 1918.

Cette deuxième campagne roumaine du premier conflit mondial voit l’armée roumaine occuper la Bucovine austro-hongroise, la capitale du duché Czernowitz étant occupée le jour où entre en vigueur l’armistice de Rethondes (qui annule les dispositions du traité de Bucarest, cette annulation sera confirmée dans les différents traités de paix signés suite à la conférence de paix de Paris. )

Toujours le 11 novembre, trois heures avant l’entrée en vigueur de l’armistice, le monitor roumain Mihal Kogălniceanu accompagné par le torpilleur fluvial Trotusul occupe le port de Braila suite au retrait allemand la ville, retrait qui permet aux roumains de capturer 77 navires abandonnés par leurs anciens propriétaires. On trouve pêle-mêle des barges, des pétroliers, des remorqueurs, des grues flottantes, des vedettes à moteur mais j’ignore si les roumains en ont fait quelque chose.

La Roumanie termine le premier conflit mondial exsangue. Les pertes ont été particulièrement lourdes avec 535700 militaires hors de combat (des «pertes» qui se répartissent entre 335706 morts, 120000 blessés et 80000 prisonniers). A cela s’ajoute 300 à 400000 civils victimes des conséquences du conflit.

Scandinavie (54) Danemark (25)

Armes

Armes individuelles de l’infanterie

Pistolets et Revolvers

Browning M-1910 2

FN (Browning) modèke 1910

-En septembre 1948, le pistolet automatique standard de l’armée danoise est le FN modèle 1910 ainsi que ses évolution les modèle 1910/22 et modèle 1922.

Cette armée est une autre création de John Browning produite aux Etats-Unis par Colt Firearms et en Europe par la Fabrique Nationale d’armes implantée à Herstal en Belgique. Rapidement la firme Colt stoppa la production et le pistolet américain fût produit uniquement en Europe. Son mode de fonctionnement est semblable à celui des Walter PPK et Makarov.

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Scandinavie (15) Norvège (15)

Armes et Véhicules

Armes individuelles de l’Infanterie

Pistolets et Revolvers

Nagant M1895

 

-En septembre 1948, l’une des principales armes de poing de l’armée norvégienne est le Revolver Nagant modèle 1895, un revolver d’origine belge, Léon Nagant étant également connu pour avoir participé à la mise au point du fusil standard de l’armée russe, le Mosin-Nagant modèle 1891. Les armes norvégiennes utilisaient comme calibre le 7.5mm comme la Suède.

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Benelux (66) Belgique (27)

Avions de l’Aéronautique Militaire

Chasse et Chasse-Bombardement

Avant-propos

En mai 1949, la flotte de chasse l’Aéronautique Militaire Belge est entre deux âges avec des avions modernes (Supermarine Spitfire Mk V, Bréguet Br700C2) et des avions déclassés (Morane-Saulnier MS-410, Hawker Hurricane Mk IV, Renard R-36M). Et encore les Gloster Gladiatorr et les Fiat CR-42 Falco avaient été retirés du service en Europe tout comme le Brewster Buffalo qui lui opérait au Congo.

Le haut commandement militaire belge était conscient de cette situation et avait obtenu la commande d’Arsenal VG-39 auprès de la France mais aucun appareil n’avait été livré avant le 10 mai 1949.

Les pilotes vont donc faire de leur mieux, compensant par leur courage et leur agressivité les défauts de leurs montures. Les pertes sont lourdes (il ne restait plus que vingt-quatre chasseurs à la capitulation belge) mais l’expérience accumulée irremplaçable.

Les belges parviennent à reconstituer quatre squadrons de chasse dont un spécifiquement désigné pour la chasse-bombardement, des unités équipées d’avions français, des Arsenal VG-39bis, des Arsenal VG-40 pour la chasse-bombardement et des Farman Frelon pour la chasse lourde.

A la fin du conflit, l’Arsenal VG-40 est le seul chasseur monomoteur en service aux côtés du Farman Frelon.

Le premier va rapidement céder la place au North American P-51 Mustang alors que le Farman Frelon va rester en service jusqu’à la fin des années cinquante.

Gloster Gladiator

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Gloster Gladiator

A l’origine du Gloster SS.37 (le nom Gladiator est un nom officiel et non celui du constructeur) figure un appel d’offres (F.7/30) de 1930 demanda un chasseur biplan capable de filer à 400 km/h et armé de quatre mitrailleuses. La propulsion devait être assuré par un Rolls-Royce Goshawk mais ce moteur se révéla défectueux et fût remplacé par un Bristol Mercury.

Le prototype du Gladiator effectua son premier vol le 12 septembre 1934 et après trois mois d’évaluation (avril-juillet 1935), l’appareil est commandé en série par la RAF puis par la Fleet Air Arm sans parler de pays étrangers (Chine, Finlande, Norvège, Belgique, Grèce,Egypte, Irak, Irlande,Lettonie,Lituanie, Afrique du Sud, Portugal et Suède, seuls les deux premiers l’employant au combat). Au final 747 appareils furent produits, 483 pour la RAF, 98 pour la FAA et 216 pour l’exportation.

En ce qui concerne son pays d’origine, huit squadrons de chasse en sont encore équipé en septembre 1939 dont quatre appartenant à la Royal Air Auxiliary Force. En septembre 1948, aucun Gladiator ne vole encore dans les unités de première ligne, quelques appareils étant utilisés pour les entraînements et pour les amateurs de voltige.

En ce qui concerne la Belgique, vingt-deux Gloster Gladiator Mk I sont commandés en 1937, appareils qui en septembre 1939 équipent le 1er groupe du 2ème régiment aéronautique qui va un temps voler sur Gladiator et sur Hurricane avant de passer sur Supermarine Spitfire.

Le Gloster Gladiator est retiré des unités de première ligne de l’Aéronautique Militaire Belge en juin 1943 à une époque où il était totalement obsolète. Il restait à l’époque seize appareils en service.

Ces appareils sont stockés au cas où et en septembre 1948, dix appareils en état de vol sont ressortis et utilisés pour quelques patrouilles de défense locale avant que des appareils plus modernes prennent le relais.

Le 10 mai 1949, il restait six appareils alignés comme à la parade sur la base de Florennes. Ils sont détruits par l’aviation allemande, leurs épaves étant évacués par les allemands qui s’empressent de remettre en état les aérodromes belges pour améliorer leur permanence sur le champ de bataille.

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Gloster Gladiator

Caractéristiques Techniques du Gloster Gladiator

Type : chasseur biplan monoplace

Masse : à vide 1155kg en charge 2205kg

Dimensions : longueur 8,38m envergure 9,85m hauteur 3,17m

Motorisation : un moteur radial Bristol Mercury VIIIA ou AS 9 cylindres développant 850ch

Performances : vitesse maximale 414 km/h plafond opérationnel 11570m distance franchissable 714km

Armement : quatre mitrailleuses de 7.7mm (deux Vickers et deux Lewis puis quatre Browning)

Fiat CR-42 Falco

Fiat CR 42 Falco 22

Dans les premiers mois de la guerre d’Espagne, le Fiat CR-32 est le meilleur chasseur du camp nationaliste. Bon appareil solide et maniable avec aux commandes des pilotes bien entraînés il est un adversaire redoutable pour l’aviation républicaine équipée de Polikarpov I-15.

Les premiers retours d’expérience du conflit espagnol confortent les pilotes italiens dans l’utilité d’un biplan très maniable capable de s’imposer y compris à des monoplans pourtant plus modernes.

Le 23 mai 1938, le premier prototype du faucon effectue son premier vol. C’est un vrai anachronisme car à l’époque le Me-109, le MS-406 et le Hurricane ont été mis en service, que le Spitfire est sur le point de l’être. Mieux même, des monoplans de chasse (Fiat G-50 et Macchi C-200) sont en développement en Italie.

Pourquoi alors le produire ? Tout simplement pour des questions politiques et industrielles, la production du faucon donnant du travail aux ouvriers de la FIAT et aux sous-traitants.

Il entre en service en mai 1939 et un an plus tard, 183 exemplaires sont en service dans les stormo de chasse de la Regia Aeronautica.

Ayant triomphé du Caproni Ca-165, le Fiat CR-42 est une évolution du CR-32 avec un moteur plus puissant et diverses améliorations aérodynamiques.

Avec une très faible charge alaire, l’appareil se révèle extrêmement manoeuvrant et peut espérer damner le pion à des monoplans plus modernes et mieux armés.

Produit jusqu’en 1944 à 940 exemplaires, le Fiat CR-42 à donné naissance à une variante chasse de nuit (Fiat CR-42N), une variante d’attaque au sol (Fiat CR-42AS),une variante biplace pour l’entrainement (CR-42B Biposto), une variante à armement renforcé (Fiat CR-42ter deux mitrailleuses de 12.7mm de plus), un hydravion de chasse (ICR-42) et une version lutte anti-partisans (CR-42LW).

Comme son devancier l’appareil à été exporté en Espagne, en Hongrie (52 exemplaires), en Suède (72 exemplaires) et en Belgique (40 exemplaires), étant toujours en service en septembre 1948 mais uniquement en AOI (Afrique Orientale Italiana).

Il participe à l’opération GIDEON, l’attaque alliée de l’Africa Orientale Italiana (AOI) moins comme chasseur que comme avion d’attaque au sol et avion de harcèlement pour attaquer de nuit des unités alliées isolées ou des cibles éloignées du front où les défenses étaient plus faibles (surtout sur un front très secondaire où les moyens étaient limités).

En métropole des appareils vont être utilisés pour la lutte anti-partisans et pour le harcèlement, un rôle où leur faible vitesse et leur maniabilité étaient de précieux atouts.

A la fin du conflit un certain nombre d’appareils existaient encore. La majorité à été feraillée mais certains ont été préservés dans des musées ou sur des mémoriaux. Un appareil à été préservé en Suède, un autre en Belgique, deux en Grande-Bretagne, deux en France et en aux Etats-Unis.

La Belgique à donc acquis quarante appareils livrés à la fin des années trente et principal chasseur belge quand éclate la guerre de Pologne. Ils se montrent cependant incapables d’intercepter les bombardiers et les avions de reconnaissance allemands qui survolent le pays.

De plus suite à des défauts de fabrication, un certain nombre d’appareils vont s’écraser ce qui accroît la méfiance des pilotes. Il n’y à ainsi plus que 30 appareils en décembre 1940 et 21 en décembre 1941.

La décision est alors prise de le remplacer mais comme souvent en Belgique cela va prendre du temps et il sera au final retiré du service à l’arrivée du Morane-Saulnier MS-410 et du Renard R-36M.

En mai 1949, il n’existe plus que douze appareils stockés. Une partie est incendiée, les allemands récupérant les autres qu’ils vont céder à la Hongrie qui va les cannibaliser pour ses propres appareils. Un appareil va échapper aux fourches caudines allemandes et va réapparaître dans les années soixante, volant jusqu’en 1985 quand à la mort de son propriétaire ses descendants en font cadeau au musée de l’Armée de Bruxelles qui le restaure et l’expose. C’est toujours le cas en 2020.

Fiat CR 42 Falco 8

Caractéristiques Techniques

Type : chasseur biplan monoplace

Masse à vide 1782kg en charge 2295kg

Dimensions : longueur 8.25m envergure (aile basse 6.50m aile haute 9.70m) hauteur 3.58m

Motorisation : un moteur radial Fiat A.74 RC38 de 840ch

Performances : vitesse maximale 441km/h vitesse de croisière 399km/h distance franchissable 780km plafond opérationnel 10210m

Armement : (premières séries) mitrailleuses Breda-SAFAT de 7.7mm (séries tardives) deux mitrailleuses de 12.7mm Breda-SAFAT avec 400 coups et deux mitrailleuses de 12.7mm sous les ailes inférieures, 200kg de bombes

Brewster Buffalo

Brewster F2A-3 Buffalo 16

Le Brewster F2A Buffalo est un monoplan de chasse mis au point au milieu des années trente suite à une demande de la marine américaine lancée en 1935 qui souhaitait disposer d’un chasseur aussi moderne que ceux équipant l’USAAC.

Plusieurs constructeurs proposent leurs produits qu’il s’agisse de la firme Seversky qui propose une version navalisée de son P-35 (l’ancètre du P-47), Curtiss propose une version navalisée du P-36 (connu en France sous le nom de H75 Hawk), Brewster proposant son XF2A-1 et Grumman son XF4F-1.

Le prototype du Buffalo décolle pour la première fois le 2 décembre 1937. C’est un monoplan à aile basse avec un fuselage en forme de tonneau nécessaire pour son gros moteur radial.

L’US Navy craint cependant que Brewster ne puisse fournir les appareils demandés et par précaution demande à Grumman une version monoplan de son XF4F-1 qui allait donner naissance au F4F Wildcat.

L’US Naval Aviation va commander cinquante-quatre F2A-1 mais quarante-trois d’entre-eux sont livrés à une Finlande en guerre contre l’URSS.

Ils sont remplacés par le même nombre de F2A-2 (qui aurait pu être utilisé par la Grande-Bretagne mais Londres ne donna pas suite à sa lettre d’intention pour 120 appareils). A cela s’ajoutera soixante-quatre appareils type F2A-3 commandés mais seulement quarante-huit livrés en raison de la faillite du constructeur. L’appareil est retiré du service en 1945.

La Belgique commande en décembre 1939 peu avant la fin de la guerre de Pologne quarante B-339B, une version terrestre ou dénavalisée du F2A-2 qui se distinguait des appareils américains par un moteur moins puissant, une dérive agrandie, la suppression de la crosse d’appontage et du conteneur disposant d’un canot pneumatique.

Suite à la fin de la guerre dite de Pologne, cette commande est suspend mais le gouvernement belge décide de la confirmer, les quarante appareils étant livrés entre juin 1940 et février 1941.

Les pilotes belges sont peu emballés par cet appareil qu’ils jugent lent et pataud ce qui n’est pas vraiment bon signe pour un chasseur. Aussi la carrière du Buffalo en métropole est courte puisqu’en septembre 1944 les appareils sont envoyés au Congo pour équiper le SAFP.

A l’époque il restait vingt-quatre appareils en état de vol. L’escadrille de chasse va disposer de douze appareils laissant donc douze en réserve. Cet appareil encore en service en septembre 1948 et même en juin 1949 avec huit appareils en ligne et six en réserve.

Le Buffalo n’aura même pas l’occasion de combattre puis-qu’avant l’engagement dans l’opération GIDEON, des Hawker Hurricane vont les remplacer. Les appareils encore en état sont utilisés jusqu’à la fin du conflit pour des missions de surêté coloniale puis ferraillés à la fin du conflit.

Brewster F2A-3 Buffalo

Caractéristiques Techniques du Brewster F2A Buffalo

Type : chasseur monoplace monoplan embarqué

Masse à vide 2146kg maximale 2867kg

Dimensions : longueur 8.02m envergure 10.67m hauteur 3.66m

Motorisation : un moteur radial 9 cylindres en étoile Wrighr R-1820 développant 1200ch

Performances : vitesse maximale 517 km/h plafond opérationnel 9144m distance franchissable : nc

Armement : quatre mitrailleuses Browning M-2 de 12.7mm (deux dans le fuselage et deux dans les ailes), deux bombes de 46kg.

Morane-Saulnier MS-410

MS-406

Le Morane-Saulnier MS-406 

A l’origine du MS-410 figure le Morane-Saulnier MS-406, un chasseur monoplan monomoteur qui comme souvent était un appareil moderne à son apparition mais qui fût très vite déclassé par les progrès de la technologie aéronautique.

En juillet 1934, l’armée de l’air adresse dans le cadre du programme C1 un appel d’offres pour un nouveau chasseur monoplace.

L’appareil devait atteindre la vitesse de 400km/h avec pour armement un canon et deux mitrailleuses ou deux canons ou encore quatre mitrailleuses pour remplacer les Dewoitine D-371, Dewoitine D-500 et Loire 46.

Le programme est amendé à deux reprises, n’étant définitivement gelé qu’en novembre 1935, les services officiels demandant cette fois un chasseur pouvant aller à 450 km/h, une autonomie et un plafond opérationnel accrus.

De nombreux constructeurs présentent leurs projets que ce soit Dewoitine avec son D-510, Loire Aviation (issu des ACL de Saint-Nazaire) avec son Loire 250, Nieuport avec son Nieuport 161, Romano avec son Romano 130, les Avions Marcel Bloch avec son MB-150 et Morane-Saulnier avec son MS-405. Seuls les deux derniers seront produits en série.

Le premier prototype du MS-405 effectue son premier vol le 8 août 1935 et après des essais satisfaisants est acheté par l’Etat en novembre 1936, s’illustrant au salon aéronautique de Bruxelles en juin 1937 ce qui suscita l’intérêt de la Chine, de la Suisse et de la Turquie.

Après deux prototypes et quinze appareils de pré-série, la production passe aux appareils de série qui ont été rebaptisés MS-406, ces appareils étant produits à Puteaux, à Tarbes et à Bouguenais près de Nantes.

Au 3 septembre 1939, 600 exemplaires ont été produits, le nombre passant à 1000 exemplaires en juin 1940 et enfin 1100 exemplaires quand la production est arrêtée en septembre 1940.

Cet appareil connu comme le «meilleur chasseur du monde» est rapidement dépassé par les progrès fulgurants de l’aviation et l’armée de l’air prend rapidement la décision de le remplacer par des appareils plus modernes.

A son apogée, treize groupes de chasse volent sur cet appareil qui sera progressivement remplacé par des Dewoitine D-520 (sept), par des Arsenal VG-33 (quatre), par des Arsenal VG-39 (un groupe) et par des Curtiss H-75 (un groupe).

Le remplacement des MS-406 est achevé en janvier 1943 mais tous ne sont pas feraillés. En effet, 500 appareils sont transformés en MS-410.

Par rapport au MS-406, le «nouvel appareil» reçoit une alimentation en bandes réchauffés pour éviter les pannes liées au givre, le remplacement du collimateur, l’installation d’un radiateur fixe, l’installation de pipes d’échappement à effets propulsifs, l’installation d’une hélice Ratier ce qui augmenta la vitesse de 40 km/h.

Ces appareils vont équiper les douze Escadrilles Régionales de Chasse (ERC) déployées en métropole avec 144 exemplaires sur les 500 transformés. 200 furent conservés comme volant de fonctionnement et les 156 restants furent revendus à des pays étrangers comme la Suisse, la Belgique et la Turquie. Les MS-410 furent retirés du service par la France à l’automne 1946.

Pour remplacer ses Fiat CR-42, la Belgique informe la France en mars 1942 qu’elle est intéressée par des MS-410. La France cède à vil prix trente-deux exemplaires pour équiper deux groupes de seize appareils, un groupe au sein du 1er régiment de l’Aéronautique Militaire et un deuxième au sein du 2ème régiment.

Au 10 mai 1949, vingt-huit appareils sont disponibles et opérationnels plus quatre en maintenance profonde ce qui les rends indisponibles pendant plusieurs jours le temps qu’on achève les travaux ou qu’on remonte les différents éléments.

Les attaques aériennes de la Luftwaffe détruisent neuf appareils au sol et endommagent gravement trois appareils que les belges préfèrent cannibaliser plutôt que de les remettre en état ce qui donne une idée de l’état des appareils.

Au soir de ce premier jour de la campagne de Belgique, il reste dix-huit appareils de disponible, appareils qui vont faire ce qu’ils peuvent pour contester le ciel aux appareils allemands, contestation qui va durer cinq jours jusqu’au 15 mai.

A partir de cette date, les allemands ont la maîtrise du ciel belge ce qui ne veut pas dire que les alliés ont renoncé mais clairement à J+5 les allemands n’ont pas vraiment à s’employer pour maintenir leur ombrelle aérienne protectrice.

Quand les belges capitulent, il ne reste plus que quatre appareils de disponible. Disponible c’est un bien grand mot puisque les avions sont usés et totalement inaptes à la guerre moderne. Ils sont mis en réserve sur l’aérodrome de Caen-Carpiquet en attendant qu’on décide de leur sort.

Ce sont les allemands qui vont décider pour les belges. Le 17 octobre 1949, ils lancent l’opération HUBERTUS, l’ultime effort pour tenter de percer le front allié et renverser le cours du conflit. Il est néanmoins impossible de savoir si en cas de succès les allemands auraient renoncé à envahir l’URSS.

Ce qui est certain c’est que le bombardement aérien mené par la Luftwaffe entraine la destruction des quatre Morane-Saulnier MS-410 belges qui sont détruits par le bombardement de l’aérodrome, les carcasses étant envoyés à la feraille avec les poutrelles d’acier du hangar qui les abritaient.

En 2020, un Morane-Saulnier MS-410 va être exposé au Musée de l’Armée à Bruxelles mais il s’agit d’une épave d’un MS-410 français repêché dans l’estuaire de la Somme et patiemment restauré par des passionnés qui voulaient le faire revoler avant d’y renoncer devant le coup prohibitif.

Morane-Saulnier MS-406 plans trois vues

Caractéristiques Techniques du Morane-Saulnier MS-406

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 1895kg maximal 2540kg

Motorisation : un moteur en ligne Hispano-Suiza 12Y-31 12 cylindres développant 860ch au décollage entraînant une hélice Chauvière de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 486 km/h à 5000m Autonomie maximale 1100km Plafond pratique 9400m

Armement : un canon Hispano-Suiza HS-9 de 20mm tirant à travers l’axe de l’hélice avec soixante obus et deux mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm dans chaque aile.

Hawker Hurricane Mk IV

Hawker Hurricane Mk IV RAF 5

Le Hawker Hurricane est le premier chasseur monoplan monomoteur de la RAF. Il est mis au point suite à l’appel d’offres F.6/34 qui demandait un chasseur monoplan armé de huit mitrailleuses.

La firme Hawker dessine un appareil construit selon la construction classique du bois entoilé avec des parties métalliques.

Cette façon de construire les appareils était amenée à vitre périmer l’appareil concerné à la différence du Spitfire construit dès l’origine tout en métal ce qui explique sa longue descendance.

Le prototype du Hurricane vole pour la première fois le 6 novembre 1935 même si il n’est officiellement baptisé Hurricane que le 26 juin 1936 au moment où la production en série est lancée.

le premier appareil de série effectuant son vol inaugural le 12 octobre 1937. Les livraisons sont assez rapides puisqu’en septembre 1939 on compte dix-sept squadrons du Fighter Command équipés, le nombre passant rapidement à vingt-deux.

L’acquisition de l’Hurricane pas la Belgique va être particulièrement chaotique. Dès 1938, Bruxelles est intéressée par le Supermarine Spitfire et le Hawker Hurricane, les deux chasseurs britanniques les plus modernes à l’époque.

Seulement à l’époque Londres privilégie son réarmement et est réticent à fournir des appareils modernes à un pays dont est pas certain de l’attitude en cas de conflit. Finalement un contrat est signé début 1939 pour la fourniture de vingt appareils prélevés sur les stocks de la RAF.

Quinze appareils ont déjà été livrés quand éclate la guerre de Pologne. Les cinq derniers sont un temps retenus par les britanniques pour leur propre armée de l’air avant d’être livrés aux belges qui vont ensuite le produire sous licence à Grosselies chez Fairey et à la SABCA.

Il était initialement prévu la sortie de quatre-vingt appareils mais au final seulement trente-deux appareils vont être produits pour l’Aéronautique Militaire Belge, appareils utilisés par deux groupes du 1er régiment.

Ces appareils du type Hurricane Mk IV étaient encore en service en septembre 1948 mais le 10 mai 1949 il n’en restait plus que vingt-quatre.

Huit appareils ont été perdus avec deux réformés en raison d’usure prononcée, deux perdus lors d’une collision en vol (les pilotes survivent, sautant en parachute) et quatre détruits dans un incendie suspect mais qui reste encore mystérieux aujourd’hui.

Les bombardements de la Luftwaffe prélèvent leur part avec douze avions détruits au sol, huit d’entre-eux ayant été détruits au sol et quatre dans un hangar où ils étaient en maintenance.

Quand la Belgique capitule, six appareils sont encore disponibles, réfugiés en Grande-Bretagne où hâtivement repeints aux couleurs britanniques ils participèrent à des missions de défense locale.

Les avions sont ensuite rapatriés à Caen-Carpiquet. Deux appareils vont être utilisés au sein de la Belgium Training Unit, les quatre autres étant cannibalisés. A la fin du conflit, les appareils sont tellement usés qu’ils sont feraillés ce qui explique que les trois Hurricane exposés en Belgique sont d’anciens avions de la RAF mis aux couleurs belges.

Le Hawker Hurricane va également combattre en Afrique sous les couleurs belges, remplaçant le Brewster Buffalo au sein de l’unique escadrille de chasse du Service Aéronautique de la Force Publique. Ces appareils sont toujours en service à la fin du second conflit mondial, jouant les prolongations jusqu’à leur remplacement peu avant l’indépendance du Congo belge par des North American P-51 Mustang.

Hawker Hurricane trois vues 2

Caractéristiques Techniques du Hawker Hurricane Mk IIC

Type : chasseur-bombardier monoplan monomoteur

Masse à vide 2605kg en charge 3480kg maximale au décollage 3950kg

Dimensions : longueur 9.84m envergure 12.19m hauteur 4m

Motorisation : un moteur en ligne Rolls-Royce Merlin XX de 1185ch à 6400m

Performances : vitesse maximale 547km/h à 6400m distance franchissable 965km plafond opérationnel 10970m

Armement : huit mitrailleuses de 7.7mm Browning dans les ailes deux bombes de 500kg ou quatre de 250kg ou des roquettes.

Benelux (54) Belgique (15)

1918-1948, trente ans d’évolution

Après une telle expérience, les leçons du conflit ont-elles été tirées ? Pas vraiment mais la Belgique n’est pas isolée.

L’utilisation des chars et de l’aviation qui redonne ses lettres de noblesse à la guerre de mouvement n’à visiblement pas marqué les autorités belges qui pensent la guerre défensive pré-1914 encore possible.

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Benelux (43) Belgique (4)

Un nouveau royaume d’Europe : le Royaume de Belgique (1830-1914)

Léopold 1er, roi des Belges

Léopold 1er (1831-1865) 44

Léopold Georges Chretien Frédéric de Saxe-Cobourg-Saalfeld (Cobourg 16 décembre 1790-Bruxelles 10 décembre 1865) est donc un prince allemand et fondateur de la dynastie régnant sur la Belgique. Baptisé ainsi en l’honneur du nouvel empereur du Saint-Empire Romain Germanique Léopold II, il à cinq sœurs aînées et un frère cadet.

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Dominions (98) Nouvelle-Zélande (9)

(ROYAL) NEW ZEALAND ARMY

Pour commencer, une brève histoire militaire de la Nouvelle-Zélande

Maoris et Pakehas

La guerre fait partie intégrante de la culture polynésienne et donc de la culture maori. Il n’est donc pas étonnant que la tradition martiale au pays du long nuage blanc soit particulièrement ancienne et prégnante.

Si le rugby est le sport numéro 1 en Nouvelle-Zélande c’est que les maoris y ont trouvé un excellent substitut à la guerre où ils pouvaient exprimer leurs qualités : une force extraordinaire mais aussi une grande créativité.

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Dominions (91) Nouvelle-Zélande (2)

La Nouvelle-Zélande du premier au second conflit mondial (1914-1954)

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Soldats néo-zélandais à Gallipoli

Des Antipodes aux tranchées du front occidental, une histoire de la Nouvelle-Zélande dans le premier conflit mondial

En guise d’introduction

Le premier conflit mondial est un moment capital dans l’histoire des Dominions qu’il s’agisse de l’aîné canadien ou des cadets australiens, néo-zélandais et sud-africains. Les rapports avec la métropole vont être totalement bouleversés par les pertes abominablement lourdes de ce qui aurait du être la «Der des Ders». Tout ça pour ça pourrait-on dire……. .

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Dominions (72) Australie (16)

L’Armée de Terre australienne dans le premier conflit mondial (1)

Avant-propos

Le 28 juin 1919 l’Australie signe le traité de Versailles. C’est le premier traité international signé par la jeune nation australienne. Deux chiffres sont plus parlants qu’un long discours.

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Dominions (57) Australie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.8 : LES DOMINIONS (3) AUSTRALIE

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AVANT-PROPOS

Depuis 2011 je me suis lancé dans une œuvre gigantesque, titanesque, une uchronie traitant d’un second conflit mondial ayant débuté en septembre 1948 et s’étant achévé en septembre 1954 soit un décalage de neuf ans par rapport au second conflit mondial tel que nous l’avons connu.

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