Pologne et Pays Neutres (10) Espagne (10)

Organisation durant le second conflit mondial

Généralités

Quand éclate le second conflit mondial l’Espagne décide de mobiliser pour faire face à toute éventualité. Le 1er Corps d’Armée (Madrid) comprend deux divisions d’infanterie tout comme le 3ème CA de Séville, le 5ème CA de Saragosse et le 6ème CA de Burgos alors que le 2ème CA (Barcelone), le 4ème CA (Valence), le 7ème CA (Valladolid) et le 8ème CA (La Corogne).

A cela s’ajoute le 9ème Corps d’Armée de Grenade qui prend sous son aile une réserve générale ccomposée de trois divisions d’infanterie en attendant une division blindée.

L’état-major de l’armée de terre prend sous son aile la division de cavalerie et deux brigades de montagne.

Division d’Infanterie

-Un état-major

-Une unité logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie montée

-Une compagnie du génie

-Une compagnie antichar et antiaérienne

-Trois régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

Division de cavalerie

-Un état-major

-Une unité logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antichar et antiaérienne

-Une compagnie du génie

-Trois régiments montés

-Un régiment d’artillerie

Division Blindée «Brunete»

Créée durant le second conflit mondial, cette division à défaut d’être pleinement opérationnelle va permettre aux militaires espagnols de s’initier vraiment au combat mécanisé.

Puissance neutre, bénéficiant d’attachés militaires côté allié comme côté de l’Axe, l’armée espagnole à pu connaître ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire. Ce n’est que dans les années soixante que l’unité va devenir vraiment opérationnelle.

Alors qu’on aurait pu s’attendre à ce que la division de cavalerie soit mécanisée c’est une division d’infanterie du 1er CA qui est transformée en division blindée. A sa création la division est organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement logistique

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie d’autos blindées

-Un régiment de chars

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

Cette organisation ne va pas évoluer jusqu’à la fin du conflit. Il faudra attendre les années soixante pour que la division soit réorganisée et rééquipée avec l’aide notamment des américains.

Brigade de montagne

-Un état-major

-Un détachement d’éclaireurs

-Deux régiments d’infanterie de montagne

-Un régiment d’artillerie de montagne

-Une compagnie du génie

Pologne et Pays Neutres (8) Espagne (8)

L’Espagne entre les alliés et l’Axe (1939-1954)

Un pays ruiné à reconstruire

Quand les combats de la guerre d’Espagne cessent enfin après quasiment trois ans de combat d’une violence inouie le pays est littéralement dévasté. L’économie est ruinée, des millions d’espagnols déplacés et nombre d’entre-eux ont tout à craindre du nouveau pouvoir.

Bien sur dans l’idéal il aurait été souhaitable que Franco offre une paix des braves à ses anciens ennemis républicains mais c’était mal connaître la personnalité du Caudillo et surtout les passions humaines.

Les premières années du régime franquiste sont marquées par une répression impitoyable. On ne compte plus les exécutions sommaires et celles réalisés après un jugement devant des tribunaux d’exception.

Ce n’est qu’à partir de fin 1941/42 que la répression se calme un peu, les cyniques disant que si cela s’est calmé en Espagne c’est parce qu’il n’y avait plus personne à fusiller ou à emprisonner.

C’est peut être aussi parce que Franco est convaincu que son pouvoir est solide et que la menace républicaine appartient au passé.

C’est aller un peu vite en besogne. En effet en 1944 des groupes armées recommencent à s’infiltrer en Espagne. Comme souvent dans ce genre de situation ces groupes frappent en Espagne avant de se replier dans le sud-ouest de la France où il bénéficient du soutien d’une importante diaspora.

Excédé Franco menace de ne plus reconnaître la frontière et donner quitus à l’armée et à la Guardia Civil pour poursuivre les guerilleros communistes, anarchistes et plus généralement républicains y compris sur le territoire français.

Le gouvernement français veut tout sauf une reprise de la guerre d’Espagne et va prendre des mesures de réassurance et de sécurisation en musclant le dispositif militaire et sécuritaire dans les Pyrenées.

Parallèlement des opérations de police décapitent les réseaux de soutien à la cause républicaine. Paris refuse cependant de livrer les militants au gouvernement espagnol faute de garanties sur le fait qu’ils ne seront ni torturés ni condamnés à mort.

L’arrivée au pouvoir du Parti Social Français (PSF) à été favorablement accueillie à Madrid. Un parti conservateur au pouvoir à Paris c’est l’assurance que le régime franquiste ne sera pas frontalement et immédiatement remis en cause.

Durant la Pax Armada l’Espagne tente de se reconstruire et de relancer son économie. Elle bénéficie pour cela de l’aide de la France et de la Grande-Bretagne qui ont tout intérêt à conserver la péninsule ibérique sous influence. C’est déjà le cas du Portugal qui est considéré par certains comme une colonie britannique ce qui à le don d’ulcérer la patrie de Camoes.

Comme Franco ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier il ne ferme pas la porte aux investissements allemands et italiens même si ces derniers sont forcément limités.

Du 27 au 30 décembre 1939 une conférence à lieu à Coblence pour régler la question polonaise. Ce sommet est un échec avant même son ouverture puisque les alliés exigeaient l’évacuation du territoire polonais par les troupes étrangères, le maintien de l’ordre devant être assuré par des troupes de pays neutres à savoir venant d’Espagne, d’Irlande, d’Argentine et de Suède. On ne verra jamais donc de soldats venus de la péninsule ibérique assurer l’ordre dans les rues de Varsovie ou de Cracovie.

Sur le plan intérieur après une phase de répression massive et sanglante, le régime franquiste lève le pied et préfère une répression plus subtile, plus ciblée.

Sur le plan politique le régime se structure. Plutôt qu’un régime fasciste le régime franquiste est plutôt un régime «national-catholique» proche de l’Estado Novo portugais.

On trouve une forme autoritaire de gouvernement, le culte du chef et un parti unique. Les racines de l’idéologie au pouvoir reposant davantage sur le passé que sur la recherche d’un homme nouveau on peut difficilement classer Franco dans la catégorie des fascistes.

Durant la Pax Armada la péninsule ibérique est partagée entre neutralité et engagement aux côtés des forces de l’Axe notament l’Espagne, Franco devant son arrivée en pouvoir au soutien massif de l’Italie et de l’Allemagne et dans une moindre mesure le Portugal de Salazar.

L’hypothèse d’une attaque espagnole qui apparaît possible en 1939 devient de plus en plus improbable au fur et à mesure où les années passent, Franco devant assurer son pouvoir face à des maquis communistes et anarchistes remuants, relancer l’industrie et réparer les dégâts de la guerre civile.

Ramon Serrano Suner

De plus, une politique d’influence est menée vis à vis de la faction pro-alliée du gouvernement espagnol pour faire pencher du côté d’une neutralité bienveillante la politique extérieure espagnole au grand dam de Ramon Serrano Suner, le cunadissimo «le beaufrerissime», beau frère de Franco (il à épousé la sœur de Carmen Polo la femme de Franco) et accessoirement ministre des Affaires Etrangères, notoirement connu pour ses sympathies pro-allemandes.

Cette politique d’influence est mené en liaison avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis du moins jusqu’en 1944 quand le président Linbergh tourne le dos à l’Europe, renforçant l’isolationisme américain.

Outre l’action des diplomates français à Madrid et à Lisbonne, on trouve une aide économique en argent et en nature (huile, blé, charbon) sans parler d’une livraison très discrète de matériel militaire.

L’armée espagnole à reçu quelques Renault R-35 pour moderniser son armée

Résultat si en 1948, des troupes françaises sont déployées dans les Pyrénées c’est plus pour donner le change vis à vis des allemands ce que Franco dans son palais d’Orient à Madrid comprend très bien.

Sans que cela soit mirobolant la situation s’améliore peu à peu ce qui permet même à Franco d’engager le processus de modernisation de son armée pour faire face à toute éventualité qu’il s’agisse d’une reprise de la guérilla républicaine ou une invasion par une puissance étrangère. Des projets grandioses voient le jour mais ces projets doivent être rapidement remisés dans les cartons au grand dam de leurs partisans.

Es-ce à dire que l’Espagne va s’engager dans la guerre en cas de nouveau conflit ? La réponse ne va pas tarder.

L’Espagne dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 le monde s’embrase à nouveau sauf que cette fois tout le monde sait que cela se terminera par un K.O et non par une victoire aux points.

L’Espagne est en meilleure santé économique qu’en 1939, l’industrie est repartie, l’agriculture à été relancée, le tout bien aidé par la France et la Grande-Bretagne (et dans une moindre mesure par l’Allemagne et l’Italie) mais delà à s’engager dans un camp ou dans l’autre…… .

Très vite il devient évident que l’Espagne choisit à nouveau la voie de la neutralité qui lui permet de bénéficier de retombées économiques intéressantes tout en évitant d’avoir à choisir un camp quitte à s’en mordre les doigts si jamais c’est le camp opposé qui devait l’emporter.

L’Espagne va cependant être affectée par le conflit. Elle va ouvrir discrètement ses ports aux sous-marins allemands et italiens qui seront ravitaillés et parfois réparés, les alliés se chargeant de rappeler à Madrid de ne pas pousser le bouchon trop loin.

Le territoire espagnol va aussi être le théâtre d’une guerre de l’ombre dont on ne mesure pas encore toute l’ampleur, certaines archives n’étant pas encore accessibles.

Si le territoire espagnol ne sera pas directement touché par les combats, de nombreux espagnols vont participer à la guerre.

De nombreux espagnols se sont engagés dans la Légion Etrangère et vont combattre pour la France, devenant français par le sang versé.

En France de nombreux républicains ont trouvé refuge dans des camps de sinistre mémoire. Cette Retirada qui à marqué au fer rouge de nombreuses familles à fait place progressivement à une certaine assimilation à la France. Cette assimilation s’est effectuée notamment au travers de l’engagement de plusieurs dizaines de milliers d’espagnols dans la Légion Etrangère, de nombreux ibères au képi blanc s’illustrant sur tous les théâtres d’opérations où la Légion va être engagée.

Des espagnols vont également participer à la guerre aux côtés des allemands. Ces hommes étaient pour beaucoup des ouvriers qui fuyant la misère d’une Espagne ravagée avaient préféré tenter leur chance en Allemagne.

Au cours de la guerre civile les différents camps vont engager des espagnols comme troupes de choc pour tenter de s’emparer du pouvoir.

Quand le second conflit mondial éclate, l’attaché militaire espagnol à Berlin propose au gouvernement allemand de lever une division espagnole pour combattre sous l’uniforme allemand.

L’idée est d’abord accueillie avec scepticisme tant par le gouvernement allemand que par le gouvernement espagnol qui rappelle son attaché à Madrid (ce qui tenderait à prouver qu’il à agit de son propre chef).

Pourtant cette idée va aboutir au printemps 1949 avec la création du RVEA (Regimiento de voluntarios espanoles en alemania), un régiment d’infanterie légère, d’infanterie de choc considéré comme l’un des meilleur de l’armée allemande.

Ce régiment va attirer également des aventuriers venus d’Amérique Latine mais aussi des déserteurs espagnols de la Légion Etrangère !

Soldat de la Division Azul

En dépit de pertes sensibles les volontaires sont suffisamment nombreux pour créer une brigade puis division entrée dans l’histoire comme la Division Azul (Division Bleu), nombre de soldats étant des chemises bleuses phalangistes.

Cette division va combattre d’abord dans les Balkans non pas lors de l’opération MARITSA proprement dite mais durant les opérations de nettoyage menées alors que le gros des combats se déroulaient en Grèce.

La division va ensuite combattre en Russie lors de l’opération BARBAROSSA où elle s’illustre, s’attirant très vite le respect des allemands comme des soviétiques.

Elle subit de lourdes pertes lors de la contre-offensive soviétique. Reconstituée, elle combat durant l’opération FRIEDRICH où là encore les pertes sont lourdes, très lourdes, trop lourdes. La division réduit au statut de brigade est finalement évacuée en direction de l’Allemagne où elle est dissoute en mars 1953.

Certains restent en Allemagne comme ouvriers, d’autres s’engagent dans la Waffen S.S tandis que d’autres tentent de rentrer en Espagne non sans mal.

L’action de cette division est célébrée par la propagande franquiste. Les survivants de la division vont atteindre les postes les plus élevés de l’armée espagnole. A noter que quelques portugais (une petite centaine) ont également participé à cette aventure de la Division Bleue.

Comme nous l’avons vu plus haut des sous-marins allemands et italiens ont pu se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols.

Les alliés sont au courant mais au moins dans un premier temps laisse faire car une péninsule ibérique neutre est plus intéressante pour eux. A la fin de 1952 ces escales cessent, les alliés sifflant la fin de la récréation sans que Franco n’y éprouve un quelconque chagrin, le madré Caudillo ayant compris que le sort de la guerre à tourné en faveur des alliés.

Durant le conflit, l’Espagne reconnaît le Nouvel Etat Croate du Poglavnik Ante Pavelic et envoie un ambassadeur qui va y rester jusqu’à la fin du conflit.

Quand le conflit s’arrête le 30 avril 1954, l’Espagne sort indemne du conflit. Elle en à même profité en partie avec des commandes passées par les alliées. La situation économique est assez bonne mais bien entendu la situation politique reste tendue avec une absence totale de libertés et un régime toujours aussi répressif. Il faudra plus de vingt ans pour l’Espagne redevienne une démocratie.

Mitteleuropa Balkans (223) Slovaquie (17)

ARMEE DE L’AIR SLOVAQUE

Histoire de l’armée de l’air tchécoslovaque

Des origines à 1938

C’est le 30 octobre 1918 que le Ceskoslovenske vojenské letectvo ou en français Force Aérienne de l’Armée [de terre] tchécoslovaque voit le jour sous le nom du Corps d’Aviation ou Letecky sbor. En revanche j’ignore quand le nom à été changé.

A la différence de la RAF ou de la Regia Aeronautica voir la Luftwaffe, la CVL n’est pas indépendante, dépendant de l’armée de terre. Sur le plan administratif, il dépend du Département Aviation du Ministère de la Défense Nationale.

Les escadrons et les escadrilles devaient en temps de guerre être rattachés aux différents corps d’armées et divisions. Clairement l’armée de l’air tchécoslovaque était une armée destinée à soutenir l’armée de terre sans vocation stratégique.

En 1918 face à des voisins hostiles, Prague voit dans l’aviation le moyen de se protéger. De l’Autriche-Hongrie, elle n’hérite que de trois aérodromes et d’avions Hansa-Brandeburg qui ne sont pas de première jeunesse.

Hansa-Brandeburg B.I

Tout est donc à faire. Le gouvernement tchécoslovaque va effectuer un énorme travail en vue de créer une industrie aéronautique nationale. Cela commence par une production d’appareils et de moteurs étrangers sous licence avant de passer à des modèles nationaux qui vont remporter un certain succès à l’export.

Si les motoristes sont CKD, Walter et Skoda, les manufacturiers aéronautiques sont Aero, Avia, Benes-Mraz, Letov, Praga, Tatra et Zlin.

En 1938 l’aviation tchécoslovaque est équipée d’appareils anciens voir obsolètes mais le personnel est de bonne qualité. Même le Reichmarshall Goering avare en compliments le reconnaît ce qui est tout de même significatif.

Au moment de la crise des Sudètes, la Ceskoslovenske vojenské letectvo aligne plus de 1300 avions dont 650 de première ligne qui peuvent bénéficier de plus de 100 aérodromes.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie en mars 1939 tous les appareils sont saisis par la Luftwaffe. Les usines d’avions et de moteurs sont reprises en main et vont produire naturellement des moteurs et des appareils allemands.

La Luftwaffe tente de recruter des pilotes, des navigants et des rampants mais sans grand succès.

Parallèlement les allemands interdisent aux anciens pilotes de quitter le pays. Certains parviennent à le faire avec l’aide des services de renseignement français qui mettent en place de véritables filières d’évasion. L’expérience acquise sera précieuse pour organiser la Résistance en France occupée durant le second conflit mondial.

D’autres pilotes de leur propre chef vont participer à la guerre de Pologne aux côtés des polonais au sein de l’escadron de reconnaissance tchécoslovaque équipé de Potez 25, de RWD-8 et de PWS-26.

Les survivants de cet escadron vont pour certains se retrouver dans des camps de prisonniers soviétiques craignant en permanence d’être livrés aux allemands mais beaucoup vont se retrouver au sein de l’armée de l’air tchécoslovaque en exil.

L’armée de l’air tchécoslovaque en exil

Tout comme l’armée de terre tchécoslovaque organisée en France, cette armée de l’air tchécoslovaque n’à qu’une existence symbolique puisque les unités mises sur pied avec des pilotes tchèques, slovaques et ruthènes sont placées sous l’autorité de l’Armée de l’Air.

Mises sur pied à l’été 1940 ces unités reçoivent à la place de la cocarde tricolore violet-rouge-blanc selon le modèle utilisé avant 1938 non sans discussions, certains ayant proposé de copier les polonais avec quatre carrés (deux violets et deux rouges) entourées de blanc.

Initialement les projets sont très ambitieux, le gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres (avec une délégation à Lyon) voulant créer une armée de l’air autonome.

Manquant de personnel de commandement compétent, le gouvernement tchécoslovaque en exil doit accepter que les unités tchécoslovaques soient placées sous commandement de l’armée de l’air.

Seule consolation les unités forment des escadres autonomes et ne sont pas dispersées dans des escadres françaises comme visiblement cela avait été envisagé initialement.

La première unité à été mise sur pied est une escadre de chasse, la 22ème Escadre de Chasse ou 1ère Escadre de Chasse Tchècoslovaque.

Stationnée sur la base de Toul-Croix de Metz, elle comprend trois groupes de quatre escadrilles de neuf appareils soit 108 chasseurs plus 54 chasseurs de réserve.

Bloch MB-700. Faute de carrière sous les couleurs françaises, il fût utilisé par la Pologne et la Tchécoslovaquie

L’appareil choisit est le Bloch MB-700CS Blesk (foudre), un chasseur monomoteur léger non sélectionné par la France et qui allait combattre sous les couleurs polonaises et tchécoslovaques. Par rapport aux MB-700P, les MB-700CS disposent de points d’attache sous les ailes pour servir de chasseur-bombardiers.

Le premier groupe opérationnel en décembre 1943 est le GC I/22 «Cechy» (Bohème), le GC II/22 «Rus» (Ruthénie) est opérationnel en janvier 1944, le troisième groupe GC III/22 «Karpathy» en mars 1944 et le quatrième groupe GC IV/22 «Tatras» en septembre 1944.

A cette époque l’appareil est en voie de déclassement. Le processus de remplacement est lancé au printemps 1946 mais rien n’à été décidé quand le second conflit mondial éclate.

C’est donc avec ce chasseur que les pilotes tchécoslovaques vont combattre durant la Campagne de France subissant des pertes sensibles mais se faisant rapidement respecter par les pilotes allemands. 32 pilotes tchécoslovaques ont été tués et 24 sont devenus des as, le meilleur d’entre-eux Vladislav Vantichek terminant le second conflit mondial avec 36 victoires homologuées mais 54 revendiquées.

A la fin de la campagne de France, l’escadre à besoin d’être profondément régénérée avec de nouveaux pilotes. Le manque de pilotes et de rampants impose la dissolution du GC IV/22 et la réduction de l’Escadre à trois groupes de trois escadrilles de neuf appareils soit un total 81 chasseurs en ligne.

Après avoir évalué l’Arsenal VG-40, le Dewoitine D-551, le Bloch MB-157 et le Supermarine Spitfire, les tchécoslovaques sélectionnent le «cracheur de feu» qui vont rééquiper les unités à l’automne 1949 et à l’hiver 1949/50.

Le Supermarine Spitfire à remplacé le Bloch MB-700.

Les trois groupes de chasse tchécoslovaques vont opérer au dessus de la France, du Benelux et de l’Allemagne, terminant le conflit en Bohème-Moravie. Le contrôle effectif de ces unités repasse au gouvernement tchécoslovaque le 17 juillet 1954, ces trois groupes formant le cœur de la nouvelle Ceskoslovenske Letectvo, la nouvelle armée de l’air tchécoslovaque cette fois totalement indépendante.

Aux côtés des chasseurs les tchécoslovaques vont mettre sur pied une escadre de bombardement, la 50ème Escadre de Bombardement Moyen (50ème EBM) appelée également Escadre de Bombardement Tchècoslovaque (EBT).

L’élégant Amiot 351

C’est en octobre 1943 que le gouvernement tchécoslovaque en exil passe commande de 81 bombardiers bimoteurs Amiot 351, un appareil choisit de préférence au Lioré et Olivier Léo 451. Les appareils sont livrés en février et octobre 1944.

Le GB I/50 «Praha» (Prague) est opérationnel en juillet 1944, le GB II/50 «Bracislava» (Bratislava) est opérationnel en janvier 1945 et le GB III/50 «Liberec» en mai 1945. L’Escadre est stationnée sur la base aérienne de Wez-Thuizy.

Ces bombardiers vont opérer au dessus de l’Allemagne pour des missions opératives à mi-chemin entre la tactique et la stratégie puis en appui des troupes au sol, pratiquant le carpet bombing _le bombardement en tapis_ efficace à défaut d’être totalement précis.

Les pertes ne sont pas négligeables mais les trois groupes sont maintenus. L’Amiot 351 est remplacé courant 1951 par des Amiot 371, un bimoteur issu d’un appareil de record, le Amiot 370 qui était une adaptation de l’Amiot 351. La boucle est bouclée en quelque sorte. Ces appareils sont encore en service à la fin du conflit et vont servir pendant encore quelques années dans l’armée de l’air tchécoslovaque.

Potez 63-11

Ultérieurement deux Groupes Indépendants de Reconnaissance (GIR) ont été mis sur pied avec pour chacun douze Potez 63.11 de seconde main, des appareils remplacés ultérieurement par des Bloch MB-176 qui comme pour les chasseurs et les bombardiers vont opérer au dessus de l’Allemagne à la fois pour des missions de reconnaissance générale pour renseignement et mise à jour du dispositif ennemi mais aussi pour des missions de reconnaissance tactique pour éclairer l’avancée des troupes au sol.

Histoire de l’armée de l’air slovaque

Peu après son indépendance, l’Etat slovaque met sur pied la Slovenske vzdusné zhrane (SVZ) avec d’abord des avions tchécoslovaques puis des avions allemands. A l’époque son ordre de bataille est le suivant :

Avia B-534

-45ème escadrille : dix chasseurs Avia B-534

-49ème escadrille : dix chasseurs Avia B-534

Letov S.328

-12ème escadrille : dix avions de reconnaissance Letov S.328 et Aero AP-32

-13ème escadrille : dix avions de reconnaissance Letov S.328 et Aero AP-32

Aero AP-32

A peine créée elle va combattre les hongrois dans le cadre de la guerre hungaro-slovaque puis au dessus de la Pologne durant la guerre du même nom.

Durant la Pax Armada l’armée de l’air slovaque va être réorganisée et rééquipée. Il faut dire que les appareils utilisés en 1939 étaient davantage des antiquités volantes qu’autre chose. Forcément Bratislava ne peut se tourner que vers l’Allemagne pour équiper son armée de l’air.

Messerschmitt Me-109F

En ce qui concerne la chasse, c’est le Messerschmitt Me-109 dans ses versions Emile et Friedrich qui sont choisis. La Slovaquie ayant obtenu la création des 46ème et 47ème escadrilles de chasse, la SVZ va mettre en ligne vingt Me-109E et vingt Me-109F.

Messerschmitt Me-110E

Ultérieurement la 48ème escadrille est créée avec dix Messerschmitt Me-110E de chasse-bombardement.

Heinkel He-111

Aux côtés de ces cinquante chasseurs on trouve une escadrille de douze bombardiers, la 14ème escadrille qui va voler sur Heinkel He-111 jusqu’à la fin du conflit en dépit du fait que le bombardier était à l’époque totalement dépassé. Bratislava à bien demandé la livraison de bombardiers modernes mais Berlin n’avait plus confiance dans ces unités qui connaissaient un taux de désertion très important.

Focke-Wulf Fw-189 en Finlande

En ce qui concerne la reconnaissance, la 12ème escadrille va recevoir dix rutilants Focke-Wulf Fw-189 alors que la 13ème escadrille volait désormais sur Fieseler Fi-156.

Fieseler Fi-156 Storch

Cette petite armée de l’air va opérer au dessus de la Russie, appuyant le corps expéditionnaire slovaque en URSS. Dans un premier temps les différentes escadrilles concernées (deux de chasse, l’escadrille de bombardement et une escadrille de marche de reconnaissance avec Focke-Wulf Fw-189 et Fieseler Fi-156) vont se montrer à la hauteur, motivées à l’idée d’en découdre dans l’espoir d’obtenir davantage de moyens et davantage de libertés.

Très vite l’enthousiasme cède la place aux doutes et à la certitude que l’Allemagne ne va pas pouvoir gagner la guerre. Des désertions ont lieu avec parfois des appareils qui filent vers l’est pour se poser sur des aérodromes soviétiques ce qui permettra la mise sur pied au sein des VVS d’une escadrille slovaque utilisée davantage pour la propagande que pour les opérations réelles.

Le nombre d’unités va peu à peu se réduire et en juillet 1953 la Slovaquie n’aligne plus qu’une escadrille de douze Messerschmitt Me-109G, une escadrille de huit Me-110, une escadrille de huit Heinkel He-111 et une escadrille de reconnaissance avec quatre Fieseler Fi-156 et deux Focke-Wulf Fw-189. Autant dire une misère.

Les ultimes combats menés par la Slovaquie à l’hiver 1953/54 voit la disparition de la SVZ, les derniers appareils étant détruits par l’aviation soviétique au cours du mois de février 1954.

En ce qui concerne les pilotes certains vont être faits prisonniers par les soviétiques d’autres vont rallier les autorités de Prague qui mettront du temps à leur faire confiance.

Mitteleuropa Balkans (219) Slovaquie (13)

Artillerie lourde

15cm HRUBÁ HOUFNICE VZOR.14/16

L’obusier lourd de 15cm modèle 1914/1916 était une création de la firme Skoda pour l’armée austro-hongroise. Après avoir été utilisé par l’armée de la Double-Monarchie, cette pièce va servir au sein de l’armée tchécoslovaque avec 130 exemplaires adoptés par les forces armées de Prague en 1919.

Cet obusier de facture classique va être au final utilisé par l’Autriche-Hongrie, l’Autriche, la Hongrie (pièces modernisées en 1935 ce qui donne des obusiers modèle 1914/35), la Roumanie, l’Italie (ces deux derniers pays utilisant des pièces capturées sur le champ de bataille) et donc la Tchécoslovaquie.

Cet obusier devait être totalement remplacé par le vz.25 mais ce ne fût pas le cas ce qui explique que les allemands ont capturé des pièces de ce type.

Après les avoir utilisés en compagnie de pièces autrichiennes, les allemands ont cédé quelques pièces (douze à dix-huit pièces selon les sources) à la Slovaquie, pièces qui ont été utilisées sur le front russe avant d’être progressivement retirées des unités de première ligne puis envoyées à la ferraille. Aucun obusier de ce type n’était encore en service en avril 1954 quand le conflit se termine.

Le 15cm Hruba houfnice vzor.14/16 était un obusier de conception et de fabrication austro-hongroise de 149.1mm pesant 2930kg en position de tir (5553kg en configuration transport sachant que le remorquage hippomobile se faisait en deux fardeaux) disposant d’un tube de 14 calibres (longueur 2.120m) permettant le tir d’un obus de 42kg à une distance maximale de 8000m à raison de deux coups par minute.

L’équipe de pièce de douze hommes pouvait être protégée par un bouclier de 4.7mm et pouvait ainsi pointer l’obusier en site de -5° à +70° et en azimut sur 8°.

15cm TĚŽKÝ KANON VZOR.15/16

Le canon lourd de 15cm modèle 1915/16 est un canon lourd construit également par la firme Skoda, un canon d’abord utilisé par l’armée austro-hongroise puis par la nouvelle armée tchécoslovaque qui récupère onze pièces en 1919.

C’est un canon dont le mouvement même motorisé impose le transport en deux fardeaux ce qui explique qu’il faut trois heures pour assembler cette pièce et lui permettre d’entrer en action.

Autant le dire tout de suite la guerre de mouvement, l’offensive éclair ce n’est pas pour ce canon plus à l’aise dans la guerre de position et dans la guerre de siège. En 1939 ces pièces sont saisies par les allemands qui vont rétrocéder certaines à l’armée slovaque qui n’en fera guère usage. A part quelques tirs pour la propagande, il semble que ces canons n’ont jamais vu le champ de bataille avant de disparaître dans le tourbillon du second conflit mondial.

Le 15cm Tezky Kanon vzor.15/16 était un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque de 152.4mm (15cm) pesant 13260kg en position de batterie (mais 18420kg en configuration transport) et disposant d’un tube de 42 calibres (longueur du tube 6m) permettant le tir d’un obus explosif de 57.2kg à une distance maximale de 20500m à raison d’un coup par minute.

Le bouclier de 4.7mm permet à une partie de l’équipe de pièce (10 hommes) de se protéger des éclats et de la ferraille du champ de bataille et lui permettre de manoeuvrer la pièce en site (-6° à +45°) et en azimut sur 3°.

15cm HRUBÁ HOUFNICE VZOR.25

L’obusier lourd de 15cm modèle 1925 est un obusier lourd de conception et de fabrication tchécoslovaque destiné à remplacer les vieilles pièces austro-hongroises. Pièce hippomobile (deux fardeaux, six chevaux chacun), elle fût produite à 230 exemplaires pour l’armée tchécoslovaque.

Ces pièces furent saisies par les allemands et les slovaques qui vont récupérer respectivement 104 et 126 obusiers.

Tous ces obusiers ne furent pas utilisés par les slovaques qui pour faire durer leur parc mettent sous cocon une partie des pièces. Au fur et à mesure du conflit des pièces furent cannibalisées pour récupérer des éléments qui n’étaient plus produits.

Ces canons furent essentiellement utilisés par un régiment lourd indépendant mais aussi au coup par coup dans des batteries indépendantes. Ces obusiers vont opérer en Pologne mais surtout sur le front russe. Quelques pièces ayant survécu au conflit vont être utilisées par l’armée tchécoslovaque après guerre.

Le 15cm Hruba Houfnice vzor.26 était un obusier lourd de conception et de fabrication tchécoslovaque de 149.1mm pesant 3740kg en position de tir (mais 5990kg en configuration transport) disposant d’un tube de 18 calibres (longueur du tube 2.7m) permettant le tir d’un obus explosif de 42kg à une distance maximale de 11800m à raison de deux coups par minute.

L’équipe de pièce de dix hommes pouvait se protéger derrière un bouclier de 4.7mm, les servants pouvant pointer le canon en site de -5° à +70° et en azimut sur 7°.

15cm HRUBA HOUFNICE VZOR.37

Dans l’immédiat après guerre la firme Skoda reste un manufacturier militaire de premier plan et si jadis elle produisait pour l’armée austro-hongroise désormais elle produit pour l’armée tchécoslovaque.

Après avoir modernisé des pièces datant de la période de la Double-Monarchie, Skoda travaille sur des pièces de conception nouvelle, tirant la quintessence des leçons du premier conflit mondial ainsi que des progrès dans le domaine de l’hydraulique, des pneumatiques mais aussi de la métallurgie.

C’est l’acte de naissance des Skoda Series K, une famille de canons dont le K-4 que l’armée tchécoslovaque va adopter sous la désignation d’obusier lourd de 15cm modèle 1937 (15cm Hruba Houfnice vzor.37). Cet obusier va être exporté en Yougoslavie, en Roumanie et en Turquie.

Quand la région des Sudètes est annexée par les allemands la production venait à peine de commencer pour l’armée tchécoslovaque et pour l’export. Quand la Tchécoslovaquie va disparaître, les allemands qui connaissent parfaitement la qualité des armes tchécoslovaques vont récupérer toutes les pièces possibles et vont continuer à faire tourner les usines à leur profit.

Les slovaques vont récupérer quelques pièces, des canons qui vont faire le coup de feu sur le front russe appuyant les troupes slovaques ou contrebattant l’artillerie soviétique (ou essayant de le faire). A la fin du conflit il restait quelques pièces mais souvent usées elles ont été rapidement envoyées à la ferraille.

Le 15cm Hruba Houfnice vzor.37 était une arme de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 5260kg en position de tir mais 5900kg en ordre de route, disposant d’un tube de 27 calibres (4.036m) lui permettant de tirer un obus de 42kg à une distance maximale de 15100m à raison de trois coups par minute. L’équipe de pièce composée de 11 hommes protégée par un bouclier de 4.7mm pouvait pointer l’obusier en site de -5° à +90° et en azimut sur 45° de part et d’autre de l’axe.

Mitteleuropa Balkans (217) Slovaquie (11)

Fusils mitrailleurs

Madsen modèle 1922

Le premier fusil-mitrailleur de l’armée tchécoslovaque est le Madsen modèle 1922 et le modèle 1923, une arme de conception et de fabrication danoise, un héritier d’une arme plus ancienne le modèle 1902.

Premier fusil mitrailleur de l’histoire, il connu son baptême du feu lors de la guerre russo-japonaise en étant utilisée par la cavalerie russe.

Cette arme était servie par deux hommes et était employé au niveau notamment du groupe de combat avec une arme servit donc par un duo qui assurait l’appui feu du reste du groupe armé de fusils à répétition.

Ce fusil-mitrailleur fût également utilisé durant la révolution mexicaine, la guerre civile russe, la guerre du Chaco (1932-1935), la période des seigneurs de guerre en Chine,

Outre l’infanterie, ce fusil mitrailleur danois fût également utilisé au sein de la cavalerie, dans l’aviation mais aussi comme arme embarquée à bord de véhicules blindés comme le Brésil qui arma la majorité de ses vingt-trois tankettes CV-35 avec des Madsen en calibre 7mm.

La production de l’arme continua au Danemark et en Norvège au profit des allemands, une production difficile avec beaucoup d’inertie et de sabotage.

Le fusil-mitrailleur Madsen à donc été utilisé par le Danemark, la Norvège, l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, le Chili, la Chine, le Salvador, l’Estonie, l’Ethiopie, la Finlande, la France, l’Allemagne, le Honduras, la Hongrie, l’Indonésie (après l’indépendance), l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Lituanie, le Mexique, les Pays-Bas, le Pakistan, le Paraguay, le Pérou, le Portugal, la Russie, l’Espagne, la Suède, la Thaïlande, la Turquie, la Grande-Bretagne, l’Uruguay et la Yougoslavie.

La Tchécoslovaquie à acquis ses Madsen en calibre 7.92mm. Précédemment d’autres Madsen dans un calibre différent furent utilisés par la légion tchécoslovaque notamment en Russie. Complété par le Hotchkiss modèle 1922, il fût remplacé comme le fusil-mitrailleur français par le ZB vz.26 plus moderne.

Les armes encore en état furent stockées et ressorties au moment de la mobilisation. Des exemplaires ont été récupérés par la Slovaquie mais ont très vite été cédées aux unités de police et aux unités paramilitaires. Naturellement des armes de ce type se sont retrouvés aux mains différents groupes de résistance.

Le Madsen modèle 1922 était un fusil-mitrailleur de conception et de fabrication danoise pesant 10.4kg chargé, mesurant 1147mm de long dont 596mm pour le canon, tirant une cartouche de 7.92mm (7.92x57mm) pesant 196g à une distance maximale de 600m à une cadence de 450 coups par minute (150 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs courbes de 30 coups, via des chargeurs courbes de 30 coups, l’air assurant le refroidissement.

LEHKÝ KULOMET VZOR.24

Avant la mise au point du célèbre ZB vz.26 l’armée tchécoslovaque s’est tournée vers la France et à acquis 1000 Fusils mitrailleurs Hotchkiss modèle 1922 sous la désignation de Lehky Kulomet vzor.24 (mitrailleuse légère modèle 1924).

Cette arme de facture classique (crosse pleine, bipied, chargeur monté sur le dessus, refroidissement par air, fonctionnement par emprunt de gaz) à aussi été utilisée par le Brésil (en calibre 7x57mm Mauser), la Chine (environ 3500 exemplaires eux aussi en calibre 7.92x57mm), l’Espagne (3000 exemplaires en 7x57mm), la Grande-Bretagne pour évaluation (en calibre .303) et la Turquie (7.92x57mm), la Grèce et la Tchécoslovaquie.

En dépit de la présence du ZB vzor.26, le vz.24 était encore en service dans l’armée tchécoslovaque mais pas vraiment dans les unités d’active plutôt en réserve pour la mobilisation. Quelques unités mobilisées en 1938 ont reçu ce fusil mitrailleur. Une fois les unités démobilisées, ces vénérables fusils mitrailleurs ont retrouvé leurs caisses.

Après la disparition de la Tchécoslovaquie, des armes furent récupérées à la fois par les forces armées du protectorat de Bohème-Moravie mais aussi par l’armée slovaque. Peu à peu cependant les forces armées de Bratislava ont abandonné ce modèle au profit de ZB vz.26. Des armes ont équipé les forces de sécurité slovaques que ce-soit la garde Hlinka ou le Corps Volontaire de Protection.

Le fusil mitrailleur Hotchkiss modèle 1922 était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication française pesant 8.72kg à vide et 9.52kg en ordre de combat, mesurant 1215mm de long dont 577mm pour le canon qui permettait le tir de la cartouche standard de l’infanterie tchécoslovaque à savoir le 7.92x57mm à une distance maximale effective de 600m, la cadence de tir pratique étant de 550 coups par minute (150 coups par minute en pratique) sachant que l’alimentation de cette arme fonctionnant par emprunt de gaz se faisait par des chargeurs de 25 ou 30 coups.

LEHKÝ KULOMET VZOR.26

ZB vz.26 utilisés par des soldats tchécoslovaques.

Le Lehky Kulomet vz.26 (mitrailleuse légère modèle 1926) était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication tchécoslovaque.

Le ZB vz.26 est connu pour l’excellence de sa fabrication, sa fiabilité et la facilité à changer le canon de l’arme, un atout précieux au combat.

Sa mise au point à commencé en 1921 quand le jeune état tchécoslovaque s’interrogea sur sa future mitrailleuse légère, testant des design internationaux avant de finalement choisir la voie nationale, le développement du futur ZB vz.26 commençant officiellement en 1923. La production est lancée en 1926 et l’arme est mise en service dans l’armée tchécoslovaque en 1928.

C’était une arme fonctionnant par emprunt de gaz, refroidie par air avec sélecteur de tir. Son canon détachable permettant un changement en cas d’échauffement excessif. Le chargeur droit était monté sur le dessus comme sur nombre de fusils mitrailleurs de l’époque (Chatelleraut, Bren, Vickers-Berthier……).

Arme destinée à opérer essentiellement sur bipied, elle pouvait être monté sur un trépied notamment pour le tir antiaérien même son efficacité était plus psychologique qu’autre chose.

Utilisée comme arme d’infanterie le ZB-26 fût également utilisé comme arme coaxiale sur nombre de véhicules tchécoslovaques.

45132 exemplaires furent livrés à l’armée tchècoslovaque soit un tiers environ de la production puisque plus de 120000 exemplaires sont sortis des chaines de montage pour répondre aux besoins de nombreux clients.

Qui dit nombreux clients (vingt-quatre pays européens, sud-américains et asiatiques) dit différents calibres même si un calibre populaire dominait largement en l’occurence le 7.92mm (7.92x57mm Mauser).

Le fabricant tchécoslovaque fit évoluer son arme avec plusieurs variantes comme le ZB vz.27 (variante du vz.26 proposée au Portugal et à la Grande-Bretagne), le ZB vz.30, les ZGB-30 et 33 (adaptations pour des essais en Grande-Bretagne qui allaient donner naissance au Bren), le ZB vz.52 (variante produite après guerre en Tchécoslovaquie) et le ZB-39 destiné à Bulgarie.

Le ZB vz.26 et ses variantes fût utilisé par l’Allemagne (qui manquait d’armes légères automatiques), l’Afghanistan, la Bolivie, le Brésil (7mm), la Bulgarie, le Chili, la Chine, la Croatie, l’Equateur, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Irak, l’Iran,le Japon (armes chinoises capturées), la Lituanie, l’URSS (armes initialement commandées par la Lettonie, utilisation incertaine), le Mandchoukouo, le Paraguay (armes boliviennes capturées durant la guerre du Chaco), la Roumanie, le Siam, la Slovaquie, la Tchécoslovaquie, l’Espagne, la Suède, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

120000 exemplaires ont été produits dont 34000 pour l’armée tchécoslovaque. Le premier chiffre est cependant incertain, les sources se contredisant sur ce point.

Au sein de l’armée slovaque il était utilisé par l’infanterie avec une arme par peloton, trois par compagnie, neuf par bataillon et donc au total 27 pour l’ensemble régiment.

Le fusil mitrailleur ZB vz.26 était une arme de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 10.5kg, chargée, mesurant 1150mm de long (672mm pour le canon) d’un calibre de 7.92 (7.92x57mm) d’une portée maximale de 2000m (1000m en pratique) avec une cadence de tir de 500 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par un chargeur de 20 coups.

Autres fusils mitrailleurs

Quelques photos attestent de l’utilisation par les slovaques de fusils mitrailleurs Degtyarev DP-27 de prise mais comme pour les autres armes soviétiques de prise son utilisation à été strictement limitée et n’à pas aboutit à une adoption en bonne et due forme.

L’armée tchécoslovaque en exil qui dépendait de la France pour son équipement utilisait sans surprise le Fusil mitrailleur modèle 1924/29 en calibre 7.5mm.

Mitrailleuses

TĚŽKÝ KULOMET VZOR 24

Appelée également Schwarzlose-Jacenek wz.24, cette solide et robuste mitrailleuse était une adaptation tchécoslovaque de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwarzlose, une mitrailleuse aussi reconnaissable que la Hotchkiss modèle 1914 ou la Maxim allemande.

Outre le changement de calibre (7.92x57mm), la mitrailleuse avait reçut un canon plus long (+100mm).

La Zbrojovka Brno modifia 4937 mitrailleuses entre 1922 et 1934, des armes initialement désignées Schwarzlose M.7/12 et qui après modifications devinrent des vz.7/24. A ces mitrailleuses modifiées s’ajoutèrent 2253 mitrailleuses neuves logiquement désignées vz.24.

Considérée comme une mitrailleuse lourde, elle était utilisée par l’infanterie et la cavalerie au niveau des compagnies de mitrailleuses (niveau bataillon ou escadron).

Cette mitrailleuse servie par quatre hommes aurait du être totalement remplacées par des ZB-53 voir des ZB-60 (d’un calibre respectif de 7.92 et de 15mm) mais le processus de remplacement était loin d’avoir été achevé quand la Tchécoslovaquie est rayée de la carte de l’Europe à peine vingt ans après sa naissance.

Voilà pourquoi l’armée slovaque disposait encore de ces vénérables mitrailleuses qui firent le coup de feu contre les hongrois puis contre les soviétiques sur le front russe à une époque où ces armes était totalement obsolètes.

Quelques exemplaires furent capturés par les soviétiques qui ne les réutilisèrent pas au combat, les utilisant uniquement pour la propagande. Des exemplaires furent également capturés par les différents mouvements de résistance. En revanche après guerre les rares survivantes ne furent pas réutilisées par la nouvelle armée tchécoslovaque.

La TĚŽKÝ KULOMET VZOR 24 était une mitrailleuse tchécoslovaque d’origine austro-hongroise pesant 48.2kg en ordre de combat (arme 24.5kg affût 19.7kg eau 4kg) d’un calibre de 7.92 (7.92x57mm) mesurant 945mm de long (dont 630mm pour le canon) ayant une portée maximale de 3500m (efficace 2000m) à raison de 520 coups par minute (200 en pratique) sachant que l’alimentation de cette mitrailleuse fonctionnant par une culasse à ouverte retardée refroidie par eau se faisait par des bandes de 250 cartouches.

Lewis Automatic Machine Gun

Des Marines américains utilisant la mitrailleuse Lewis, une arme reconnaissable entre toutes

A l’origine de cette mitrailleuse au look inimitable figure le colonel Isaac Newton Lewis de l’US Army qui échouant à faire adopter son arme dans son pays d’origine quitta les Etats-Unis en 1913 et s’installa en Belgique pour commercialiser une mitrailleuse à refroidissement par air fonctionnant par emprunt de gaz.

L’armée belge commanda un petit nombre de ces armes et la firme Birmingham Smalls Arms Company (BSA) finit par acquérir la licence en 1914, la production massive de l’arme mettant le colonel Lewis à l’abri du besoin par le versement de généreuses royalties.

Le déclenchement du premier conflit mondial entraina une production importante notamment pour les forces armées britanniques qui adoptèrent la BSA Model 1914sous le nom de Gun Lewis .303-cal. Outre la firme de Birmingham, l’entreprise Savage Arms la produisit aux Etats-Unis pour l’armée américaine ce qui présente une savoureuse ironie.

D’abord utilisée comme mitrailleuse d’infanterie en remplacement de l’efficace mais lourde Vickers, elle fût ensuite utilisée comme mitrailleuse d’aviation.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Lewis à largement été remplacé par le Bren dans l’infanterie et par la Vickers K pour l’aviation. Quelques mitrailleuses furent ressorties des stocks à la mobilisation liée à la guerre de Pologne mais retournèrent vite dans les magasins.

La Royal Air Force (RAF) l’utilisa comme arme de défense antiaérienne rapprochée pour protéger ses terrains des mitraillages à très basse altitude, un rôle semblable fût attribué aux Lewis utilisés par la Royal Navy.

En septembre 1948, la Lewis n’est plus en service au sein des forces armées britanniques mais elle l’est encore dans les forces armées des Dominions et dans d’autres pays qui l’ont acquis.

En effet l’arme à été utilisée par l’Australie, la Belgique, le Canada, le Chili, la République de Chine, la Colombie, la Tchécoslovaquie, l’Estonie, la Finlande, la Géorgie, l’Allemagne (quelques exemplaires capturés durant le premier conflit mondial), le Honduras, l’Irlande, l’Italie, le Japon (qui la copia sous le nom de Type 92), le Mexique, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve (qui fût un dominion jusqu’en 1937), les Philippines, la Pologne, le Portugal, la Russie Imperial, la Yougoslavie et la Lettonie.

La Tchécoslovaquie à acquis cette arme visiblement dans l’immédiat après guerre à une époque où les gigantesques surplus de la guerre permettait au nouveaux états de s’équiper d’armes modernes à un prix raisonable. Cette arme à été rapidement remplacée dans les rangs de l’armée tchécoslovaque mais quelques mitrailleuses étaient encore stockées dans le dépôt. En revanche leur réutilisation par l’armée slovaque est incertaine.

La Lewis Automatic Machine Gun était une mitrailleuse légère de conception américaine et de fabrication britannique pesant 13kg au total, mesurant 1280mm de long (dont 670mm pour le canon), permettant le tir de la cartouche tchécoslovaque standard (à savoir la 7.92x57mm Mauser) à une distance maximale de 3200m (800m en pratique) à raison de 500 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs tambours de 47 ou 97 cartouches.

Vickers Machine Gun model 1912

C’est le 26 novembre 1912 que l’armée britannique adopta la mitrailleuse Vickers-Maxim comme mitrailleuse standard.

Durant le premier conflit mondial, la mitrailleuse Lewis remplaça la Vickers comme mitrailleuse d’infanterie. Les Vickers modèle 1912 ne furent pas retirées du service mais furent transférées au Machine Gun Corps (Corps des Mitrailleuses).

Si cette entité fût dissoute à la fin du premier conflit mondial, le principe de concentrer les mitrailleuses moyennes au sein d’unités spécialisées persista.

C’est ainsi qu’au sein des divisions d’infanterie on trouvait un bataillon disposant de trois compagnies de mitrailleuses et d’une compagnie de mortiers lourds (mortiers de 107mm).

Cette unité qui existait toujours en septembre 1948 n’était pas engagée en bloc mais détachait des mitrailleuses et des mortiers aux trois brigades d’infanterie de la division. Cette arme fût également embarquée sur des avions.

Une variante calibre .50 fût également produite initialement pour la défense antiaérienne des navires de la Royal Navy ainsi que pour les chars légers. Cette arme fût ensuite utilisée au cours du conflit par l’infanterie notamment depuis ses Universal Carrier, des chenillettes comparables à nos Renault UE ou nos Lorraine.

Cette mitrailleuse fût produite sous licence aux Etats-Unis sous le nom de Colt M.1915 et si cette mitrailleuse n’était plus en service en 1939, elle l’était aux Philippines et aux Indes Néerlandaises.

La Vickers modèle 1912 connu un très grand succès à l’exportation puisqu’elle fût utilisée par l’Albanie, l’Australie, la Belgique, la Bolivie, le Canada, la Chine nationaliste, la Tchécoslovaquie, l’Egypte, la France (uniquement sur ses chasseurs SPAD IX et XIII), en Inde, en Irlande, en Italie, au Luxembourg, au Mexique, au Népal, en Nouvelle-Zélande, en Inde, au Paraguay, au Portugal, en Afrique du Sud.

L’acquisition de cette arme à lieu dans le même contexte que la Lewis mais comme elle n’à pas été convertie au calibre standard de l’armée tchécoslovaque, sa carrière à été courte. Quelques armes sont encore attestées dans les dépôts de l’armée slovaque en 1948 mais à notre connaissance elles n’ont pas été réutilisées au cours du second conflit mondial.

La Vickers modèle 1912 était une mitrailleuse de conception et de fabrication britannique pesant 11 à 14kg (le tripode pesant 18 à 23kg) mesurant 1120mm (dont 720mm pour le canon) et tirant à 4100m (2000m) la cartouche britannique standard .303 à raison de 450 à 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes souples de 250 cartouches.

ZB-53 (TĚŽKÝ KULOMET VZOR.37)

mitrailleuse ZB modèle 1937

Après l’amélioration et la modification d’armes existantes la Zbrojovka Brno décida de mettre au point sa propre mitrailleuse. C’est l’acte de naissance de la ZB-53 qui succède à la ZB-50 (aussi connu sous la désignation de vz.35) comme mitrailleuse polyvalente puisque l’arme devait pouvoir être utilisée par l’infanterie, les garnisons de forteresse et les équipages de véhicules blindés.

Cette arme fût rapidement adoptée par la Tchécoslovaquie et la Roumanie tandis que les britanniques à la recherche d’une mitrailleuse adaptée à l’utilisation depuis des véhicules blindés achetait la licence pour la produire sous le nom de BESA Machine Gun.

Les allemands qui étaient en manque d’armes automatiques vont récupérer le maximum de mitrailleuses de ce type avant de continuer la production moins pour eux que pour leurs alliés et supplétifs comme la Slovaquie, l’armée slovaque faisant de la ZB-53 sa mitrailleuse standard.

6000 exemplaires ont été produits pour la seule armée tchécoslovaque mais le chiffre de la production totale m’est inconnu.

Le prototype fût testé intensivement en 1936 et adopté par l’armée tchécoslovaque l’année suivante ce qui explique sa désignation officielle : Tezky Kulomet vzor.37 soit en française mitrailleuse lourde modèle 1937.

Mise en service d’abord sur les chars LT-35 et LT-38, cette arme ne tarda pas à être exportée, les manufactures d’armes tchécoslovaques bénéficiant d’une excellente réputation sur le marché mondial. Outre la Roumanie et la Grande-Bretagne déjà citée, cette mitrailleuse fût vendue à la Yougoslavie, à l’Argentine, à l’Afghanistan, à l’Iran et à la Chine.

La production de cette arme se poursuivit pendant la guerre et reprit même après guerre, la nouvelle armée tchécoslovaque la conservant comme mitrailleuse standard sous un modèle amélioré. La production ne cessa qu’en 1960 quand elle fût remplacée sur les chaines de montage par des mitrailleuses d’un nouveau modèle. Après guerre cette arme fût exportée au Chili, à Cuba, à chypre, au Venezuela et même en Espagne.

L’armée slovaque à utilisé cette arme au sein de ses unités d’infanterie (la compagnie d’armes lourdes de chaque bataillon) mais aussi à bord de différents véhicules blindés ou non. Cette arme fût également utilisée sur des positions fixes plus ou moins préparées mais aussi par les unités paramilitaires engagées dans la répression de tous les ennemis de l’Etat slovaque.

La Tezky Kulomet vzor.37 était une mitrailleuse moyenen de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 37kg en ordre de combat (arme + munitions +affût) mesurant 1096mm de long (dont 733mm pour le canon).

Tirant la cartouche tchécoslovaque standard (7.92x57mm) à une distance maximale de 4000m (2500m) en pratique et à une cadence de tir de 500 ou 700 coups selon la cadence sélectionnée, elle fonctionnait par emprunt de gaz et était refroidit par air. Son alimentation se faisait par des bandes de 200 cartouches. Elle était servie par quatre hommes.

ZB-60

La Zbrojovka Brno ZB-60 était une mitrailleuse lourde d’un calibre inhabituel à savoir le 15mm. Elle était issue de la ZB-53 dont elle reprennait le principe de fonctionnement à savoir l’emprunt de gaz et le refroidissement par air.

Montée sur un affût à roues en raison de son poids, elle devait remplacer la Schwarzlose comme mitrailleuse lourde mais ce remplacement fût très incomplet. Le seul pays l’ayant acquis à l’export est la Yougoslavie avec 368 exemplaires essentiellement utilisées en position fixe.

Les slovaques ont naturellement récupéré les mitrailleuses déjà fabriquées pour l’armée tchécoslovaque avant de poursuivre la fabrication à leur profit mais aussi au profit des allemands même si l’utilisation de cette mitrailleuse par les allemands ne semble pas avoir été très important pour une raison qu’on ignore car cette arme n’avait rien à envier aux mitrailleuses semblables utilisées par les alliées.

Les slovaques ont utilisé la ZB-60 depuis des positions fortifiées de campagne mais aussi depuis des véhicules notamment l’unique auto blindée de conception et de fabrication slovaque, l’ Obrněný automobil vzor41 (auto blindée modèle 1941)

D’autres photos ont montré des armes simplement montées à l’arrière d’un camion. Si la première configuration était surtout le fait des unités de combat la seconde était davantage celle des unités paramilitaires. Cette mitrailleuse n’à pas été réutilisée après guerre par les tchécoslovaques qui utilisèrent un temps la Browning M-2 américaine avant de préférer des mitrailleuses plus idéologiquement correcte.

La ZB-60 était une mitrailleuse lourde de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 258kg en ordre de combat (203 pour l’affût et 55kg pour l’arme), mesurant 2500mm de long avec un canon de 1400mm. Il tirait une cartouche de 15mm (15x104mm) à une distance maximale de 2500m (1000m en pratique) à raison de 430 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes de 40 cartouches.

Autres mitrailleuses

Quelques unités slovaques ont réutilisé de vieilles Maxim M1910 et leur inimitable affût à roulette et si cet usage fût attesté par des témoignages de soldats slovaques et des photos, en revanche l’utilisation de SG-43 est plus incertaine.

L’armée tchécoslovaque en exil à utilisé la mitrailleuse française MAC modèle 1936.

Mortiers

MINOMET VZOR.17

Le Minomet vzor.17 était un mortier d’infanterie de conception austro-hongroise car datant de 1917 et bien que la firme Skoda en soit le fabricant. 212 exemplaires ont été produits et bien que l’arme soit toujours en service en 1938 elle était à l’époque totalement obsolète.

Voilà pourquoi les quelques armes récupérées par les slovaques dans les dépôts de feu l’armée tchécoslovaque furent surtout utilisées pour l’entrainement avant de disparaître dans la fournaise du second conflit mondial.

Le Minomet vzor.17 était un mortier de conception et de fabrication austro-hongroise d’un calibre de 90mm pesant 132kg en ordre de combat et lançant par un tube de 810mm un projectile de 6.2kg à une distance maximale de 1920m (265m en pratique !) à raison de 10 à 20 coups par minute. L’équipe de pièce composée de quatre hommes pouvait pointer l’arme en site de +40° à +70° et en azimut sur 120°

MINOMET VZOR.36

Le 8cm minomet vz.36 (mortier de 8cm modèle 1936) était un mortier de conception et de fabrication tchèque issue des usines Skoda qui devait néanmoins beaucoup au Stokes-Brandt.

Mortier d’infanterie standard de l’armée tchécoslovaque, il poursuivit sa carrière au sein des armées allemandes (qui récupérèrent toutes les armes présentes dans les dépôts et les casernes de Bohème-Moravie) et slovaques. Environ 900 pièces étaient en service en septembre 1938 et sur ce total les slovaques en ont récupéré environ 150 laissant le reste au allemands.

Ces armes furent utilisées par la Slovaquie durant la guerre slovaquo-hongroise, durant la guerre de Pologne et bien entendu durant le second conflit mondial. En ce qui concerne les allemands ces armes ont visiblement été utilisées par des unités de deuxième ligne et non sur le front directement.

Le 8cm Minomet vzor.36 était un mortier moyen d’infanterie de 81mm de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 62kg en ordre de combat.

Disposant d’un tube de 1240mm (environ 15 calibres), il tirait un projectile léger de 3.26kg et un projectile lourd de 6.2kg à une distance minimale de 80m et maximale de 1200m (projectile lourd) ou 3400m (projectile léger) à raison de 12 à 25 coups par minute.

L’équipe de pièce composée de cinq hommes (chef de pièce, tireur, chargeur et deux pourvoyeurs) pouvait démonter l’arme en trois fardeaux (tube, plaque de base et bipied) et surtout pouvait pointer l’arme une fois assemblée de +40° à +80° et en azimut sur 10°.

Autres mortiers

Si aucun témoignage ne fait état de l’utilisation par la Slovaquie de mortiers soviétiques capturés sur le front russe en revanche au sein que l’armée tchécoslovaque en exil à utilisé deux modèles de mortiers là encore français, le mortier de 60mm modèle 1935 et le mortier de 81mm Brandt modèle 1927/31.

Armes antichars individuelles

La Slovaquie ne possédait pas d’armes individuelles antichars en septembre 1948, les fantassins slovaques devant compter sur des canons antichars à l’efficacité douteuse et surtout espérer la présence à proximité de chars ou de chasseurs de chars pour assurer leur protection. Bon il y avait toujours la possibilité d’armes improvisées comme le cocktail Molotov ou le paquet de grenades mais il fallait une sacré dose de courage ou d’inconscience c’est selon.

Cela changea au cours du conflit avec la livraison par l’Allemagne de deux armes, un lance-roquettes utilisable, le Panzerschreck (casseur de char) et un lance-roquettes jetable le Panzerfaust (poing blindé).

Ces armes ont été mises au point pour fournir à l’infanterie un moyen de se protéger contre les chars ennemis alors que l’augmentation de l’épaisseur des blindages avait entrainé le déclassement des canons antichars légers d’infanterie.

Les alliés comme les allemands imaginèrent une arme simple et légère combinant pour simplifier une charge creuse avec une fusée.

Les allemands inspirés du Bazooka américain (même si ils s’en défendaient) mirent d’abord au point un lance-roquettes réutilisable fonctionnant selon le même principe que ses homologues américains, français et britanniques avec un calibre plus élevé et un petit bouclier pour protéger le tireur d’un éventuel retour de flamme (les américains utilisèrent au début le masque à gaz pour protéger le tireur).

Cette arme se révéla efficace mais jamais l’industrie allemande ne fût capable d’en produire suffisamment pour répondre aux besoins colossaux de ses forces voir de celles de ses alliés.

Si la Slovaquie à pu mettre en œuvre le Panzerschreck c’est visiblement selon une initiative locale et non une décision politique au sommet.

En clair les troupes allemandes en dépit de leurs remarques acerbes sur leurs alliés (qui étaient les boucs-émissaires de toutes leurs débâcles militaires) voulaient qu’ils puissent les appuyer ce qui explique l’utilisation par l’armée slovaque de quelques dizaines (le chiffre de 80 est souvent avancé mais ne repose sur aucun archive fiable) de ces lance-roquettes.

Ironie de l’histoire, ces armes tout comme le Panzerfaust que nous verrons après ont été davantage utilisées comme arme anti-bunker en combat urbain que comme arme antichar pure.

A la fin du conflit les slovaques possédaient encore quelques armes de ce type et on ignore le sort final de ces armes.

Outre l’Allemagne et la Slovaquie, cette arme à été utilisée par la Finlande, l’Italie (le gouvernement fasciste combattant aux côtés des allemands après le basculement de mars 1953), la Hongrie, la Bulgarie, l’URSS, la Roumanie et la résistance intérieure polonaise.

Le Panzerschreck pesait 11kg à vide, mesurait 1640mm de long, affichait un calibre de 88mm et une portée maximale effective de 150m. Selon des tests réalisés après guerre, il pouvait percer 95mm de blindage à inclinaison de 30°.

Le Panzerschreck était sans conteste une bonne arme mais elle souffrait de deux défauts. Le premier c’est qu’elle était relativement longue à fabriquer et que son utilisation réclamait de nombreuses heures d’entrainement.

Or l’Allemagne reculait sur tous les fronts et manquait de temps pour produire des armes et pour former ses soldats. D’où l’idée d’un lance-roquettes facile à produire et à utiliser. Cela excluait donc un lance-roquettes réutilisable au profit d’un lance-roquettes jetable nécessitant une instruction minimale.

C’est l’acte de naissance du «poing blindé», une arme d’une simplicité biblique. On lance et on jette. Produit à plusieurs millions d’exemplaires, cette arme fût utilisée aussi bien comme arme antichar que comme arme anti-bunker et anti-bâtiment même si sur la défensive, les allemands n’avaient pas forcément beaucoup l’occasion d’attaquer des blockhaus ennemis.

Si la Slovaquie n’à reçut que fort peu de Panzerschreck, en revanche l’Allemagne fût plus prodigue en ce qui concerne le Panzerfaust qui fût utilisé par les slovaques à plusieurs centaines d’exemplaires, des armes utilisées avec succès contre les chars soviétiques et contre des positions fortifiées de campagne.

Outre le nombre exact inconnu on ignore quels modèles ont été utilisés par les slovaques entre le Panzerfaust 30 klein, le Panzerfaust 30, le Panzerfaust 60 (la version la plus courante), le Panzerfaust 100, le Panzerfaust 150 et le Panzerfaust 250.

Outre l’Allemagne et la Slovaquie, le Panzerfaust à été utilisé par la Finlande, la Roumanie, la Hongrie, l’Italie pro-allemande, la résistance intérieure polonaise, la résistance intérieure tchécoslovaque, la Bulgarie, l’URSS (armes capturées), les Etats-Unis (armes capturées). Après guerre l’Argentine, la Pologne et la Suède produisirent des copies plus ou moins directes du premier lance-roquettes jetable de l’histoire.

Le Panzerfaust 60 pesait 6.8kg mesurait environ 1m pouvait atteindre une cible à 60m. Sa tête militaire de 149mm pouvait pénétrer 200mm de blindage homogène.

En ce qui concerne l’armée tchécoslovaque en exil, elle à été utilisé quelques PIAT et quelques LRP.

Mitteleuropa Balkans (212) Slovaquie (6)

ARMEE DE TERRE SLOVAQUE

Une histoire militaire des tchèques et des slovaques

Si l’armée tchécoslovaque voit le jour en 1918 cela ne signifie pas que l’histoire martiale des tchèques et des slovaques à commencé à la fin du premier conflit mondial, elle est bien plus ancienne. Comme je manque de sources ce sera forcément un balayage très grossier.

Armée Noire

Les armées permanentes apparaissent à la fin du Moyen-Age. Parmi les pionniers nous trouvons la France de l’universelle aragne (Louis XI) et la Hongrie de Mathias Corvin et son Armée Noire car portant des armures sombres.

Cette armée à l’existence éphémère (1458-1494) comprenait à l’origine 6 à 8000 mercenaires puis 15 à 2000, les effectifs maximum étant atteint en 1485 avec 20000 cavaliers et 8000 fantassins. Elle était composée essentiellement de tchèques, d’allemands, de serbes, de polonais et de hongrois.

Armée du Saint-Empire

L’Armée du Saint-Empire en version originale Reichsheer voit le jour en 1422 et disparaît en 1803 quand le Saint Empire Romain Germanique disparaît au profit de l’Empire d’Autriche. Elle est composée de contingents du Saint-Empire dont la mobilisation doit être votée par la Diète Impériale. A noter que l’empereur possédait sa propre armée (Kaiserliche Armee).

En 1681 le Cercle d’Autriche qui incluait la Bohème devait fournir 2522 cavaliers et 5507 fantassins.

La mobilisation de cette armée est difficile car les Etats membres de l’Empire qui depuis la paix de Westphalie (1648) peuvent lever leurs propres unités renaclent à les laisser à l’empire et quand c’était le cas les unités étaient de piètre qualité.

En 1702 à la Diète de Ratisbonne dans le contexte de la Guerre de Succession d’Espagne le projet d’une armée impériale permanente est rejettée.

Armée commune, armées territoriales autrichiennes et hongroises

Armée territoriale hongroise en 1918

Jusqu’à l’implosion de l’Autriche-Hongrie il n’existait pas d’unités tchèques ou d’unités slovaques spécifiques probablement pour éviter qu’ils ne servent de creuset à une révolte nationale. Les tchèques et les slovaques servaient donc dans l’armée commune ou dans les armées territoriales de Transleithanie et de Cisleithanie.

La Gemeinsanne Armee (Armée Commune) voit le jour le 15 mars 1867 suite au compromis austro-hongrois. Elle est aussi connue après sa disparition sous le nom de KüK Armee et de Csaszari es kiralyi hadsereg.

Les tchèques et les slovaques font partie sans nul doute des 57 régiments allemands pour les premiers et des 45 régiments hongrois pour les seconds. Même topo au sein des 15 régiments de dragons impériaux et royaux, des 16 régiments de hussards impériaux et royaux et des 11 régiments de uhlans impériaux et royaux.

En juin 1914 l’armée commune c’est seize corps d’armée, quarante-neuf divisions d’infanterie représentant 76 brigades d’infanterie et 14 brigades de montagne, huit divisions de cavalerie soit seize brigades montées.

L’armée commune c’est un total de 102 régiments d’infanterie à quatre bataillons chacun, quatre régiments bosniens à quatre bataillons, quatre régiments de fusiliers du Tyrol à quatre bataillons chacun, trente deux bataillons de fusiliers et un bataillon de fusiliers bosniens.

L’artillerie c’est quarante-deux régiments d’artillerie de campagne, onze régiments d’obusiers de campagne, onze bataillons d’artillerie hippomobile, quatorze bataillons d’obusiers lourds, onze régiments d’artillerie de montagne, six régiments d’artillerie de forteresse, huit puis dix bataillons indépendants d’artillerie de forteresse.

La langue de commandement est l’allemand mais comme les régiments sont rarement pour ne pas dire jamais homogènes les officiers et surtout les sous-officiers doivent connaître les langues des hommes du rang.

On trouve également des tchèques et des slovaques au sein de l’armée territoriale hongroise ou Honved ainsi que dans l’armée territoriale impériale-royale autrichienne (K.k Landwehr).

L’armée royale hongroise complétait l’armée commune. En dépit de son caractère territorial elle était mieux équipée que l’armée commune pour la simple et bonne raison que si les hongrois étaient réticents à financer la Gemeinsanne Armee en revanche l’armée territoriale succédané d’une armée hongroise indépendante c’était différent…… .

Cette armée s’appuie sur six districts dont deux nous concernent plus particulèrement, le troisième district qui couvre la région de Kosice et le quatrième qui couvre la région de Bratislava.

Elle comprend deux divisions d’infanterie à deux brigades chacune, deux divisions de cavalerie à deux brigades chacune, douze brigades indépendantes d’infanterie ce qui représente au total trente-deux régiments d’infanterie, dix régiments de hussards, huit régiments d’artillerie de campagne et un bataillon d’artillerie hippomobile.

A Kassa sont stationnées la 77ème brigade indépendante d’infanterie ainsi que la 24ème brigade de cavalerie de la 11ème division de cavalerie et le 3ème régiment d’artillerie. A Pozsony (Presbourg/Bratislava) est stationnée la 73ème brigade d’infanterie.

Les légions tchécoslovaques

Sous ce terme figure différentes unités composées de volontaires et d’anciens prisonniers de guerre qui ont combattu aux côtés des alliés que ce soit sur le front français, sur le front italien et surtout sur le front russe. Leur but ultime est d’obtenir un Etat Tchéco-Slovaque. Les effectifs ne sont pas négligeables puisqu’on tourne autour de 100000 hommes.

La Légion tchécoslovaque en Russie

Commençons par la plus importante, la légion tchécoslovaque en Russie. Le 5 août 1914 la Stavka autorise la création d’une unité composée de tchèques et de slovaques vivant dans l’Empire russe, cette unité étant appelée les Compagnons Tchèques soit en version originale Ceska Druzina.

L’unité est opérationnelle en octobre 1914 et rattachée à la 3ème Armée. Elle est utilisée comme unité de choc en menant des patrouilles, en capturant des prisonniers pour interrogatoires et au nettoyage des tranchées.

Pour augmenter les effectifs de l’unité, la Russie autorise le recrutement dans les camps de prisonniers avant de finalement rétropédaler du moins officiellement car localement c’était une tout autre histoire.

Début 1916 la Druzina devient le 1er régiment de fusiliers tchéco-slovaque. Toujours en 1916 deux autres régiments sont créés permettant la mise sur pied d’une Brigade de fusiliers Tchéco-Slovaques soit en version originale Ceskoslovenska strelecka brigada. Cette unité se distingue durant l’offensive Kerensky au cours de la Bataille de Zborov (1er-2 juillet 1917).

La brigade tchéco-slovaque est ici engagée pour la première fois en unité constituée. Elle parvient à percer le dispositif germano-autrichien mais si ce succès à été militairement limitée en revanche sur le plan politique, diplomatique et de propagande les bénéfices ont été énormes.

C’est cet événement qui permet officiellement le recrutement des tchèques et des slovaques au sein des camps de prisonniers. Un quatrième régiment s’ajoute à la brigade, brigade qui devient la 1ère Division du Corps Tchécoslovaque en Russie (Ceskoslovensky sbor na Rusi) aussi connue sous le nom de Ceskoslovenska legie (Légion Etrangère). Une deuxième division à quatre régiments est créé en octobre 1917 portant les effectifs en 1918 à environ 40000 hommes.

En novembre 2017 à lieu la Révolution d’Octobre. Le président du Conseil National Tchécoslovaque Tomas Masaryk présent en Russie décide d’évacuer la Légion Tchécoslovaque de Russie pour qu’elle continue à combattre en France. L’évacuation doit se faire depuis Vladivostok ce qui impose de traverser toute la Russie !

Les bolchéviques donnent leur accord en février 1918 mais le 18 février les allemands lancent l’opération FAUSTCHLAG, l’ultime offensive à l’est, une véritable promenade de santé. Les tchécoslovaques doivent combattre les allemands pour évacuer.

Un accord est trouvé avec le gouvernement bolchévique le 25 mars 1918 mais doivent céder une partie de leurs armes. Des tensions réciproques se font jour, les partisans de Lénine soupçonnant les tchécoslovaques d’aider les Blancs alors que les tchécoslovaques soupçonnent les bolcheviques d’envoyer des communistes tchèques pour semer la zizanie. En mai 1918 ils traversent la Russie entre Penza et Vladivostok.

Le 14 mai 1918 ont lieu à Tchelyabinsk des affrontements entre tchécoslovaques qui allaient vers l’est et anciens prisonniers de guerre magyars qui allaient vers l’ouest. Trortsky ordonne le désarmement des légionnaires tchéco-slovaques mais ces derniers refusent et vont tailler leur chemin à coup de fusil, parvennant à contrôler Vladivostok à la fin du mois de juin.

A la mi-juillet ils contrôlent la portion Samara-Irkutsk du Transsibérien. En septembre tous les bolcheviques ont été chassés du Transsibérien. Approchant Iekaterinbourg, ils provoquent indirectement l’exécution de la famille impériale.

Les alliés interviennent à Vladivostok pour permettre l’évacuation des tchèques et des slovaques non sans arrières pensées. 70000 japonais, 829 britanniques, 1400 italiens, 5002 américains et 107 français.

Les victoires tchécoslovaques vont clairement contribuer à la reconnaissance d’un Etat Tchéco-Slovaque indépendant même si on peut se demander si il y avait une autre alternative.

La première guerre mondiale étant en passe de se terminer, la Légion Tchécoslovaque va participer officiellement à la guerre civile russe aux côtés des Blancs avec des effectifs qui sont passés à 61000 hommes.

Le 28 octobre 1918 l’indépendance tchécoslovaque est officiellement proclamée à Prague ce qui donne envie aux légionnaires de rentrer au pays. Ils sont d’autant plus impatients que le 18 novembre 1918 le gouvernement provisoire de toutes les russies à été renversé par l’amiral Kolchak.

Durant l’hiver 1918/1919 ils défendent le Transsibérien vital pour le ravitaillement des armées blanches. Cette mission est menée par les tchécoslovaques appuyés par d’anciens prisonniers de guerre polonais, roumains et yougoslaves.

Le 14 novembre 1919 Omsk la capitale de l’amiral Kolchak tombe aux mains des bolcheviques. C’est alors une fuite éperdue vers l’est de tous ceux qui ont à craindre des nouvelles autorités. Les tchécoslovaques sont neutres, refusant de protéger l’amiral Kolchak et le livrant même aux SR (Socialistes Révolutionnaires).

Un armistice est signé entre les tchécoslovaques et la 5ème armée Rouge le 7 février 1920. les tchèques et les slovaques peuvent rallier Vladivostok en laissant l’or impérial. Le même jour l’amiral Kolchak est exécuté.

Les tchécoslovaques sont enfin évacués entre mars et septembre 1920. Au total 67739 personnes sont évacuées dont 56455 soldats, 3004 officiers, 6714 civils 1716 femmes 717 enfants 1935 étrangers et 198 autres. Ces hommes vont former le cœur de la nouvelle Armée Tchécoslovaque. 4112 tchécoslovaques ont été tués (première guerre mondiale et guerre civile russe) sans compter les disparus et les déserteurs.

Légion Tchécoslovaque en France

Les tchèques et les slovaques souhaitent s’engager le font au travers de la Légion Etrangère. Le 31 août 1914, la 1ère compagnie du 2ème Régiment Etranger d’Infanterie est créée à Bayonne avec essentiellement des tchèques. Elle se distingue à Arras en 1915 mais suite à de lourdes pertes elle est dissoute et les effectifs dispersés.

De nouvelles unités sont créées par un décret du gouvernement français le 19 décembre 1917. En janvier 1918 le 21ème régiment de fusiliers tchécoslovaque voit le jour à Cognac avec d’anciens prisonniers de guerre et des volontaires venus des Etats-Unis. En mai le 22ème régiment est créé, ces deux régiments intégrant la 53ème division d’infanterie qui va combattre d’abord en Haute-Alsace puis en Champagne et en Argonne. Au total 650 tchéco-slovaques sont morts au combat sous uniforme français.

Légion Tchécoslovaque en Italie

Les tchèques et les slovaques ont aussi combattu sur le front italien. En janvier 1918 le quartier général de la 6ème Armée donne son accord pour créer des escadrons de reconnaissance en recrutant parmi les prisonniers de guerre slaves et plus généralement tchèques et slovaques. Ce sont les Esploratori Cecoslovacchi (Explorateurs Tchécoslovaques).

Ces escadrons d’éclaireurs sont regroupés en septembre 1918 au sein du 39ème régiment de la Légion Tchécoslovaque d’Italie.

Entre-temps (avril/mai 1918), cinq régiments sont créés le 31ème RI à Pérouse, le 32ème RI à Assisi, le 33ème RI à Foligno, le 34ème RI à Spaleto et le 35ème RI formé en octobre 1918.

Les unités forment deux divisions, la VI. Division avec les 31ème, 32ème et 35ème alors que la VII. Division avec les 33ème, 34ème et 39ème RI soit un total de 25000 hommes.

Les unités tchécoslovaques vont combattre sur la Piave mais sont en réserve lors de la bataille de Vittorio Veneto.

Le 8 décembre 1918 Tomas Masaryk, le roi Victor-Emmanuel III, le président du conseil Orlando et le commandant en chef Armando Diaz passent en revue les unités tchécoslovaques avant leur rapatriement qui à lieu en 1919, l’unité ralliant la Slovaquie pour combattre les hongrois dans un après-guerre aussi trouble qu’incertain.

En juillet 1919 le général Pellé à la tête d’une mission militaire française remplace le général Piccione. Cette mission doit organiser l’armée tchécoslovaque en combinant unités locales et unités ayant combattu à l’étranger.

Ces unités vont se montrer instables et source de troubles, combattant les socialistes, les allemands des Sudètes et les juifs. Ils dégradent les monuments habsbourgeois et réclament la dictature de Masaryk.

Mitteleuropa Balkans (211) Slovaquie (5)

Le protectorat de Bohême-Moravie

C’est le 16 mars qu’Hitler proclame le Protectorat de Bohème-Moravie. Le président Hacha et le gouvernement restent en place mais c’est uniquement pour la galerie, la réalité du pouvoir appartenant au Reichsprotektor in Böhmen und Mähren, Konstantin von Neurath très vite supplanté par son second Reinhard Heydrich «l’homme au cœur de fer» disait Hitler.

Konstantin von Neurath

Il devient chancelier du Reich le 24 avril 1943 mais garde un œil sur le protectorat où il n’hésite pas à se rendre en visite, échappant à plusieurs attentats dont certains ne venait pas forcément de la Résistance Tchécoslovaque si vous voyez ce que je veux dire.

Le protectorat c’est 56600 km² et 7.3 millions d’habitants.

Suite à la fin de la guerre de Pologne, le gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres espère reconstituer le pays quitte à devoir consentir à de sérieux sacrifices territoriaux vis à vis de l’Allemagne mais très vite doit déchanter. Les tchécoslovaques comprennent qu’il faudra attendre un nouveau conflit et espérer une victoire des franco-britanniques.

Dans un premier temps les allemands cherchent à gagner «les cœurs et les esprits» en ménageant le peuple tchèque et en s’attaquant aux exilés politiques allemands anti-nazis ou encore aux élites intellectuelles mais très vite la répression se durcit notamment après les manifestations du 28 octobre 1939 célébrant le 21ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance de la Tchécoslovaquie.

Les universités sont fermées, les intellectuels emprisonnés ou condamnés à l’exil. Face aux premiers mouvements de résistance armée, des opérations de ratissage sont menées par les allemands et leurs collaborateurs tchèques.

Le protectorat possède une petite armée qui sera graduellement renforcée mais juste ce qu’il faut pour lutter contre la résistance et surtout pas pour devenir le bras armée d’une éventuelle révolte armée contre l’Allemagne.

La répression ne cesse de se durcir jusqu’à la guerre civile où la Bohème-Moravie est le théâtre d’une féroce lutte d’influence entre les trois triumvirs (Goering, Borman et Himmler) mais solidement tenue en main par Heydrich la région reste fidèle au duo Himmler/Heydrich.

Cette répression est assouplie après 1945 mais reste ferme mais plus discrète ce qui la rend plus efficace. La résistance tchécoslovaque est décapitée et ne représentera plus qu’une menace résiduelle jusqu’à la fin du second conflit mondial.

Durant le second conflit mondial la région sera sérieusement bombardée par les aviations alliées qui visaient les industries d’armement qui tournaient à plein régime pour l’Allemagne.

La région est occupée au printemps 1954 par les soviétiques qui ne vont pas tarder à faire basculer la Tchécoslovaquie dans leur escarcelle par un savant mélange de pressions politiques et de pressions militaires. Les occidentaux laisseront faire ne voulant pas risquer un nouveau conflit pour la Tchécoslovaquie. Qui à dit que l’histoire ne repassait jamais les plats ?

La Slovaquie indépendante (indépendante vraiment ?)

Un certain Jozef Tiso

La figure centrale de l’Etat slovaque est Jozef Tiso (Bytca 13 octobre 1887 Bratislava 18 avril 1956), un prêtre catholique et professeur de théologie qui se lança en politique devenant député du parlement tchécoslovaque (1925-1939), ministre de la Santé et des Sports de 1927 à 1929 avant de devenir président du gouvernement autonome slovaque du 7 octobre 1938 au 9 mars 1939.

Parlant tchèque, slovaque et allemand, il est couramment appelé Monseigneur alors qu’il n’à jamais été archevêque et encore moins cardinal. Durant le premier conflit mondial il était aumonier militaire dans l’armée austro-hongroise.

En 1938 le père Andrej Hlinka fondateur du parti du peuple slovaque meurt. Joezf Tiso le remplace et va faire de ce parti le parti unique du nouvel état slovaque. Il devient le Parti populaire slovaque de Hlinka-Parti de l’unité nationale slovaque (Hlinkova slovenská ľudová strana – Strana slovenskej národnej jednoty, HSĽS-SSNJ) qui doit pour des raisons politico-diplomatique tolérer le Deutsche Partei et le Magyar Part qui représentent respectivement les minorités allemandes et hongroises.

Le régime de Tiso est un régiment «clérico-fasciste», autoritaire, nationaliste et antisémite mais pas spécifiquement nazi. Le président slovaque doit cependant tenir compte des plus extrémistes représentés par le chancelier Vojteck Tuka.

A la fin du conflit il s’enfuit en Autriche où il se cache. Découvert et arrêté, il est livré au gouvernement tchécoslovaque qui le juge en compagnie des leaders collaborationistes. Il est exécuté le 18 avril 1956 à Bratislava.

Le Parti du Peuple Slovaque

Andrej Hlinka

L’Etat slovaque étant un régime autoritaire il s’appuie sur un parti unique, le arti populaire slovaque de Hlinka-Parti de l’unité nationale slovaque (Hlinkova slovenská ľudová strana – Strana slovenskej národnej jednoty, HSĽS-SSNJ).

Ce parti à une longue histoire puisqu’il à vu le jour en 1913 alors que la Slovaquie n’était qu’un élément de l’empire austro-hongrois. Il est créé par un prêtre, le père Andrej Hlinka le 29 juillet 1913 dans un contexte de réveil des nationalités de la Double-Monarchie qui n’en peuvent plus de la dualité austro-hongroise et souhaiterait l’émergence d’un véritable empire confédéral et multinational.

Durant la première guerre mondiale le parti reste fidèle aux Habsbourgs pour éviter tout prétexte à Vienne pour agir contre les slovaques. A la fin du conflit le parti d’Hlinka se rallie à l’idée d’un état tchéco-slovaque qui allait devenir tchécoslovaque. Le parti intègre le deuxième conseil national slovaque qui entre octobre 1918 et janvier 1919va beaucoup aider dans la consolidation du nouvel état.

Le 17 octobre 1925 le parti du peuple slovaque devient le Parti du Peuple Slovaque Hlinka pour le distinguer du parti populaire tchécoslovaque.

C’est le premier parti de Slovaquie et jusqu’en 1938 c’est un parti respectueux des usages démocratiques. Son programme est certes fondamentalement chrétien et opposé au libéralisme mais le parti reste loyal à Prague et ne montre aucune volonté indépendantiste.

De 1927 à 1929 il est présent au gouvernement tchécoslovaque avec deux ministres dont Jozef Tiso mais quitte le gouvernement après le procès pour haute-trahison d’un de ses membres, Vojtech Tuka.

A partir du milieu des années trente le parti se radicalise. En août 1938 Andrej Hlinka meurt à l’âge de 74 ans, son poste restant vacant même si officieusement Jozef Tiso, vice-président dirigeant le parti. Cette situation baroque cesse en octobre 1939 quand celui qu’on appelle Monseigneur devient président du parti.

Durant la période de crise que connait la Tchécoslovaquie le parti participe aux manifestations anti-allemandes et refuse de suivre le parti des Sudètes dans la voie de la radicalité. Cela change clairement après les accords de Munich.

Jozef Tiso devient premier ministre de la Slovaquie autonome dans un contexte où le parti se déchire enttre la majorité conservatrice et l’aile radicale qui lorgne davantage vers le fascisme.

Les radicaux peuvent s’appuyer sur la Garde Hlinka (Hlinkova Garda)et sur les comités nationaux slovaques (Slovenské Národné Výbory).

Le 8 novembre 1938 après le premier arbitrage de Vienne tous les partis politiques slovaques sauf les sociaux-démocrates et les communistes sont absorbés par le parti Hlinka du peuple slovaque. Le parti national slovaque rejoint le parti le 15 décembre 1938.

Le nouveau parti devient clairement autoritaire et antisémite, obtenant 97.3% des votes et sur lesquels on trouve 72% issus du parti Hlinka du peuple slovaque.

Le 31 janvier 1939 tous les autres partis sont interdits à l’exception comme on l’à vu des partis allemands et hongrois.

Tiso est déposé par les tchécoslovaques suite à une volonté indépendantiste mais ce ne sera que pour peu de temps puisque poussé par les allemands il va déclarer l’indépendance de la Slovaquie dont il va devenir le dirigeant jusqu’à la fin du second conflit mondial. Le duel entre radicaux et conservateurs va se poursuivre jusqu’en 1954. Le parti disparaît dans les soubressauts du second conflit mondial.

Nombre de membres du parti seront poursuivis après guerre, les plus compromis étant condamnés à mort ou à de lourdes pertes de prison. De nombreux membres choisissent la voie d’un exil plus ou moins dorée en Amérique du Sud.

Comme tous les partis, le parti Hlinka du peuple slovaque possède un service d’ordre qui allez par la suite devenir une véritable force paramilitaire. Cela remonte aux origines mêmes du parti puisqu’en 1923 Andrej Hlinka et Vojtech Tuka mettent sur pied une milice appelée Rodobranna mais suite à plusieurs incidents elle est interdite par le gouvernement tchécoslovaque dès le 30 août 1923.

Elle est recrée en 1929 et de nouveau interdite. Elle renait en 1938 à l’époque des Sudètes. Le 8 octobre elle prend le nom de Garde Hlinka en l’honneur du charismatique fondateur du parti dont elle défend les intérêts avant de défendre ceux de l’Etat slovaque.

Suite à un décret du 29 octobre 1938 elle est la seule force paramilitaire autorisée sur le territoire slovaque. Composée des éléments les plus radicaux du parti Hlinka du Peuple Slovaque, elle traque sans répit les juifs, les communistes, les opposants politiques de gauche comme de droite.

Si le 1er Régiment «Andrej Hlinka» (en réalité de la taille d’un bataillon) est davantage destiné à la parade et à la propagande l’autre unité à un rôle plus opérationnel. Il s’agit du Groupe d’intervention d’urgence de la Garde Hlinka soit en version originale : Pohotovostné Oddiely Hlinkovey (POHG), un groupe de choc formé et entrainé par la Waffen S.S.

Le POHG considérée comme l’élément le plus extrémiste du parti dispose lui aussi de ses radicaux regroupés au sein du Nas Boj (Notre lutte).

Ce groupuscule à la différence du POHG restera fidèle à ses idées jusqu’à la fin du conflit et même après guerre ceux ayant échappé aux prisons tchécoslovaques finissant en Amérique du Sud comme mercenaires, hommes de main et autres tortionnaires pour les régimens militaires et autoritaires présents dans le sous-continent sud-américain.

A noter qu’au printemps 1953 le régime Tiso envisagea de transformer la Garde Hlinka en une véritable unité militaire rattachée à la Waffen S.S mais ce projet n’à connu qu’un début d’exécution et l’unité n’à jamais été engagée au combat. Le parti et ses organisations satellites ont été interdites dès la fin du conflit par le gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres.

Une indépendance corsetée

Comme nous l’avons vu plus haut la Slovaquie à déclaré son indépendance dans un contexte particulier fait de volonté propre mais aussi de pression allemand.

Jusqu’au 21 juillet 1939 la Slovaquie porte le nom d’Etat Slovaque puis après cette date qui correspond à l’adoption de la constitution de Première République Slovaque. Les deux termes sont cependant utilisés sans distinction.

Au printemps 1939 les allemands décident de régler définitivement le problème tchécoslovaque et se pose donc la question de l’avenir de la Slovaquie.

En dépit des demandes hongroises d’annexion (Bratislava était l’ancienne Presbourg, capitale du royaume de Hongrie quand Buda était occupée par les ottomans), Berlin décide d’en faire un état satellite du Reich et une base de départ pour de futures opérations militaires.

Le 13 mars 1939 Tiso est convoqué à Berlin. Si la Slovaquie ne proclame pas son indépendance, il se moquera du sort des slovaques. En clair il laissera les polonais et les hongrois occuper les territoires qu’ils revendiquent. Tiso demande au moins pour la forme et la galerie un vote du parlement slovaque ce qu’Hitler accepte. Le parlement dans les conditions que l’on sait accepte et l’indépendance est proclamée.

Cela n’est pas du goût des hongrois qui le 23 mars 1939 passent à l’attaque. C’est le début de la guerre hungaro-slovaque qui allait durer jusqu’au 4 avril.

Le 22 mars 1939, une commission slovaquo-hongroise fixe la frontière commune entre les deux états pendant que les derniers soldats tchécoslovaques se retirent en Bohème-Moravie.

La Hongrie estimant qu’il n’y à plus aucune force militaire en Slovaquie envahit son petit voisin le 23. Il faut dire que dès le 15 une partie de la Slovaquie avait été occupée par les hongrois qui n’ayant vu aucune réaction décidèrent de pousser leur avantage plus loin.

Les forces slovaques sont d’abord surprises mais elles contre-attaquent le 24 mars soutenues par les troupes tchèques encore présentes en Slovaquie. Les combats sont cependant essentiellement aériens. Les bombardements hongrois causant des pertes civiles, ils n’améliorent pas la popularité de Budapest dans la région. Une trêve est négociée le 24 mais les combats vont continuer jusqu’au 31.

Comme un traité de protection à été signé entre l’Allemagne et la Slovaquie, le chef du nouvel état slovaque, Jozef Tiso demande une assistance en armes et matériel de la part de son protecteur qui refuse mais propose une intervention militaire allemande directe. Cette fois c’est le chef slovaque qui refuse de crainte que les alliés occidentaux ne prennent le parti de la Hongrie et ne décident d’entrer vraiment en guerre.

Au début du mois d’avril les deux pays entament des négociations qui s’achèvent par la signature d’un traité à Budapest le 4 avril.

La Hongrie reçoit un territoire dans l’est de la Slovaquie, un territoire de 1697km² peuplés de 69930 habitants, territoire où il n’y avait aucune population hongroise.

A l’automne la Slovaquie va être le seul état de l’Axe à participer à la Guerre de Pologne. Elle engage un premier groupe composé de six bataillons d’infanterie, deux bataillons d’artillerie et une compagnie du génie mais aussi un deuxième groupe qui comprend deux bataillons comprenant de la cavalerie et des unités motocyclistes ainsi que neuf batteries d’artillerie motorisée. Les unités slovaques se comportent honorablement.

Parmi les symboles de cette souveraineté limitée figure la Zone de Protection Allemande en Slovaquie, une partie de l’ouest de la Slovaquie dont la création survient le 23 mars 1939.

Ce jour là l’Allemagne et la Slovaquie signe un traité. Un traité d’amitié, d’assistance et de coopération ? Non que neni un traité de protection qui confirme à ceux qui n’y croyait pas que la Slovaquie de Joezf Tiso est un état satellite de l’Allemagne rien de plus.

Cette Schutzzone est officiellement créée le 28 août 1939 par un traité additionnel signé à Presburg pardon Bratislava. Dans cette zone les allemands décident de tout et peuvent utiliser cette zone comme base de départ pour l’invasion de la Pologne. La création de cette zone s’explique par la présence d’usines d’armements et d’importants dépôts d’armes de feu l’armée tchécoslovaque.

Autre limite à la souveraineté slovaque : en février 1940 les allemands obtiennent un remaniement ministeriel en menaçant de retirer leur garantie.

Entre-temps suite à sa participation à la guerre de Pologne, la 1ère République Slovaque à pu récupérer des territoires anciennement polonais.

Le 6 décembre 1940 la Slovaquie signe un traité de commerce et de navigation avec l’URSS.

La Slovaquie de Jozef Tiso est un état autoritaire, nationaliste et antisémite. Celui qui se fait appeler Monseigneur est le chef de l’Etat. Il s’appuie sur une assemblée ou Diète élue pour cinq ans et sur un conseil d’Etat qui fait office de Sénat. J’ai bien entendu pas besoin de préciser que ces deux assemblées n’ont que des pouvoirs très limités.

Les députés sont élus pour cinq ans (des élections ont eu lieu en 1940, 1945 et 1950, les prochaines prévues en 1955 n’ont naturellement jamais eu lieu), les membres du Conseil d’Etat étant nommés par le président. Le gouvernement se compose de huit ministres.

Sur le plan administratif le pays est divisé en six comtés ou zuppy (Bratislava, Nitra, Trencin, Tatra, Saris-Zemplin et Hron), 58 districts et 2659 municipalités. La capitale Bratislava est aussi la plus grande ville du pays avec 140000 habitants.

La Slovaquie est en 1939 peuplée de 2.6 millions d’habitants, 85% se déclarant slovaques 4.8% allemands, 2.9% tchèques, 2.6% ruthènes, 2.1% hongrois, 1.1% juifs et 0.9% roms. Les catholiques représentent trois quarts des habitants, le reste se répartissant entre luthériens et orthodoxes.

A la différence de la Bohème-Moravie, la Slovaquie reste encore très rurale avec 50% de la population vivant à la campagne.

Durant la Pax Armada le régime slovaque hésite entre brusques pousées autoritaires et relative libéralisation.

Ce n’est pas complètement certain faute d’archives indiscutables mais il semble que des contacts ont été liés avec le gouvernement tchécoslovaque à Londres en vue pourquoi pas de reconstituer la Tchécoslovaquie à condition que les allemands acceptent d’abandonner leur protectorat sur la Bohême-Moravie.

Edouard Benes qui selon un historien contemporain tchèque «n’à rien appris et n’à rien oublié» refuse tout autre projet qu’une Tchécoslovaquie unitaire avec quelques concession cosmétiques (comme l’intitulé «République de Tchéco-Slovaquie» ou symboliquement une partie du parlement se réunissant à Bratislava) fit capoter tout rapprochement.

Le régime slovaque contraint et forcé soutien l’Allemagne dans le second conflit mondial, proposant même l’envoi de troupes sur le front de l’ouest mais Berlin décline préférant réserver les unités slovaques à des combats en Europe centrale et orientale. Elle aurait pu participer à l’opération MARITSA mais va finalement participer à la «croisade antibolchévique», l’opération BARBAROSSA.

La petite armée slovaque va être engagée au combat sur le front russe aux côtés des allemands dans le cadre de l’opération BARBAROSSA.

Dans un premier temps elle se comporte honorablement mais très vite comme tous les contingents alliés les désertions se multiplient au fur et à mesure que la démotivation gagne les rangs. Les allemands retirent l’unité du front au printemps 1953 alors que le cours de la guerre ne fait plus guère de doute.

Une rébellion éclate en octobre 1953, les nationalistes et les communistes slovaques (très) provisoirement unis espèrent s’imposer aux alliés pour maintenir une Slovaquie indépendante mais l’Armée Rouge occupe le pays puis la Bohême-Moravie, les alliés occidentaux très afférés en Allemagne laissant Moscou faire ce qu’elle souhaite à l’est de l’Oder, de la Neisse, des Monts Métallifères même si officiellement rien n’est décidé.

La Tchécoslovaquie renait bien sous la forme d’une République (la Troisième République Tchécoslovaque) mais très vite les communistes vont prendre le pas sur les démocrates aboutissant au basculement de la Tchécoslovaquie dans le camp communiste et ce pour une trentaine d’années mais ceci est une autre histoire.

Mitteleuropa Balkans (208) Slovaquie (2)

HISTOIRE

Tchèques et Slovaques avant la Tchéco-Slovaquie

Avant de former un état ce sont des régions et des territoires plus ou moins autonomes et plus ou moins indépendants.

Bohème

Le Royaume de Bohème (en rouge vif) en 1618

-Le nom Bohème (en tchèque Cechy et en allemand Böhmen) vient d’un peuple vivant jadis dans la région les Celtes Boeins nom auquel fût accolé le terme germanique de Heim (hameau). C’est une région de plateaux fertiles que ces celtes auraient occupé au début du 6ème siècle avant notre ère mais naturellement les sources historiques manquent pour avoir une date précise.

-Les Boeins auraient été chassés à l’époque d’Auguste par les marcomans avant de se fondre chez un autre peuple germanique, les Bavaari (qui à donné le nom de Bavière).

-Les Slaves arrivent dans la région au 6ème siècle et au siècle suivant un royaume slave de Bohème aurait existé. Je dis bien aurait car là encore les sources historiques manquent.

-En 1086 le duc Vratislav II de Bohème de la dynastie des Premysildes devient roi quand la Bohème passe du rang ducal au rang royal suite à un décret prit par l’empereur germanique Henri IV. Ce royaume rentre immédiatement dans l’orbite du Saint Empire Romain Germanique né en 962 quand Othon 1er roi de Germanie relève une couronne impériale sans titulaire et sans existence depuis 888 et la mort de Charles le Gros.

-C’est également à cette époque que commence la colonisation germanique de la Bohème, une colonisation qui concerne d’abord les territoires forestiers de l’ouest peu peuplés puis les villes où allemands, juifs et Roms (qui héritent à cette époque du surnom de Bohémiens) cohabitent avec les tchèques.

Au 15ème et au 16ème siècle la Bohème connait un véritable age d’or avec un développement économique et culturel remarquable.

En 1526 le roi Louis II de Hongrie de la dynastie des Jagellon est tué par les ottomans à la bataille de Mohacs. C’est la fin de l’indépendance hongroise et le début de son morcellement.

Son beau-frère Ferdinand d’Autriche qui était aussi frère de Charles Quint devient roi de Bohème marquant l’intégration de la Bohème dans les territoires patrimoniaux de la maison d’Autriche même si officiellement et jusqu’en 1547 la couronne de Bohème est élective. A partir de cette date jusqu’en 1918 la couronne de Bohème devient héridtaire au sein de la Maison de Habsbourg (Habsbourg-Lorraine en 1780) à l’exception de quelques mois en 1619 et 1629.

A partir du 17ème siècle la situation se dégrade avec les guerres de religion et surtout la terrible guerre de Trente Ans qui ravage les pays allemands et leurs dépendances immédiates, les armées vivant sur le pays les conséquences pour les populations civiles sont absolument terrifiantes.

En 1918 la Bohème va intégrer la Tchécoslovaquie, sa ville principale Prague devenant la capitale du nouvel état. Amputé de plusieurs territoires au moment des Accords de Munich, affaiblie par l’autonomie slovaque, la Tchécoslovaquie cesse d’exister le 14 mars 1939 quand les allemands envahissent le pays sans que les alliés occidentaux ne réagissent. Le lendemain 15 mars la Slovaquie sous la pression des allemands et pour éviter une annexion par la Hongrie proclame son «indépendance» pendant que la Bohême-Moravie devient un protectorat, situation qui allait durer près de quinze ans.

Moravie

Cette région appelée Morava en tchèque et Mähren en allemand est indissolublement associée à la Bohème voisine, l’union définitive datant du premier tiers du 11ème siècle. Ses villes principales sont Brno et Olomouc.

Dans l’antiquité la région est peuplée par les celtes qui sont ensuite remplacés par différentes peuplades germaniques. Au 3ème siècle de notre ère on trouve des traces de peuplement lombard, un peuple venu de Scandinavie et qui allait donner son nom à une région d’Italie.

Au 6ème siècle comme en Bohème les slaves occupent la région mais sont tiraillés entre l’influence franque à l’ouest et l’influence des avars à l’est.

Au 9ème siècle (833) une Grande Moravie voit le jour, regroupant le nord de l’Autriche et de la Hongrie actuelle, l’ouest de l’Ukraine Subcarpathique et un peu plus tard d’une partie de la Bohéme et de l’est de la Silésie.

A partir de 863 deux missionaires, Cyrille et Methode entame l’évangélisation et la christianisation de la région.

Cette Grande Moravie à une existence éphémère et la région se lie à la Bohème à une date inconnue (1019 ou 1029 selon les sources). La Moravie intègre de facto le Saint Empire Romain Germanique et la Maison d’Autriche. En 1182 la Moravie devient un magraviat.

En 1806 la Moravie tout comme la Bohème intègre l’Empire d’Autriche qui succède au St Empire Romain Germanique puis à partir de 1867 à l’Empire d’Autriche-Hongrie, la Moravie dépendant de la partie autrichienne de la Double-Monarchie à savoir la Cisleithanie.

En 1918 elle intègre la Tchécoslovaquie puis au printemps 1939 le Protectorat (Reichsprotektorate) de Bohême-Moravie, situation qui dure jusqu’à la reconstitution d’une Tchécoslovaquie indépendante à la fin du second conflit mondial en Europe.

Slovaquie

La Slovaquie en 1943

Tout comme la Bohème et la Moravie la Slovaquie est peuplée durant la période antique de celtes venus des Alpes du centre de l’Allemagne. Ils s’y installent vers la fin du 2ème siècle avant notre ère.

Ils introduisent la civilisation de la Tène dans la région du Danube, construisant des enceintes fortifiées appelées oppidum et sont les premiers à battre monnaie. Il existe une forme de proto-état avec un oppidum «panceltique» près de l’actuelle Bratislava.

A la fin du 1er siècle les celtes de la région sont chassés à la fois par la poussée romaine et par la poussée de différents peuples germains notamment les marcomans et les quades.

Les Slaves arrivent dans la région vers l’an 500 et cohabitent un temps avec les gépides, les lombards et les turbulents avars avec lesquels les rapports sont immédiatement conflictuels. Les slaves profitent de l’affaiblissement des avars qui doivent affronter les byzantins.

A la fin du 7ème siècle deux principautés voient le jout sur l’actuel territoire slovaque, la Morava centrée sur l’ouest de la Slovaquie et la Moravie et la Nitra centrée sur l’ouest et le centre de la Slovaquie, les Carpathes blanches font office de séparateur.

Au cours de la 1ère moitié du 8ème siècle est amorcé un processus de christianisation et d’évangélisation, processus poursuivie par le Royaume de Francie orientale de Louis le Germanique qui après le traité de Verdun (843) _plus connu pour être le premier texte rédigé dans ce qui s’approche le plus du français et de l’allemand que pour ses clauses politiques_ se concentre sur ses marches orientales, véritables front pionniers et terres de mission à évangéliser et à coloniser.

C’est peu avant cet événement qu’avait vu le jour une Grande Moravie qui reste un état vassal de la Francie orientale, la faute à une instabilité chronique habilement exploitée par les voisins pour éviter de voir naitre un géant en Europe centrale. Une guerre aux résultats incertains opposent les francs alliés aux bulgares et les moraves.

En 862 les frères Cyrille et Methode arrivent en Moravie pour procéder à l’évangélisation de la région. Ce choix de se tourner vers Byzance répond à une volonté des moraves d’équilibrer les influences occidentales et orientales.

A cela s’ajoute vraisemblablement une plus grande souplesse des missionnaires qu’on appelle pas encore orthodoxes que de leurs homologues occidentaux ainsi qu’une volonté de la papauté de ne pas trop renforcer les évêques de Bavière qui lorgnent sur la région.

En dépit de cette évangélisation byzantine la Moravie reste politiquement parlant sous l’influence des francs.

Au 11ème siècle l’actuelle Slovaquie intègre le Royaume de Hongrie. En 1541 la ville de Buda tombe aux mains des ottomans. Par la force des choses la ville de Presbourg future Bratislava devient la capitale et la ville de couronnement des rois de Hongrie.

Au XVIIIème siècle on assiste à un éveil identitaire des slovaques. En 1787 dans le contexte des Lumières une première codification de la langue slovaque est réalisée. Ce réveil culturel se fait également dans le contexte de l’émergence de l’idéologie panslaviste.

En 1847 les catholiques et les luthériens s’entendent sur une langue slovaque commune.

L’année suivante au cours du Printemps des Peuples les slovaques se rangent du côté des autrichiens contre les hongrois ce qui n’empêche pas le nationalisme slovaque de continuer sa croissance et son développement.

En 1867 le compromis qui fait suite à la défaite de Sadowa exclue les slaves. Au projet d’une monarchie confédérale on préfère une monarchie duale avec les autrichiens et les hongrois. La Slovaquie dépend alors de la Transleithanie, la partie magyare de la Double-Monarchie. Le nationalisme slovaque connait un véritable coup de frein.

En 1918 l’Autriche-Hongrie véritable colosse aux pieds d’argile s’effondre. Les slovaques intègre un nouvel état la Tchéco-Slovaquie qui devient très vite la Tchécoslovaquie. Plus riches, plus puissants, les tchèques ne tardent pas à prendre les commandes du pays, cachant mal le mépris que leur inspire des slovaques plus ruraux et plus catholiques alors que les tchèques sont davantage athées voir a minima déchristianisés.

En 1938 la Slovaquie devient autonome suite aux accords de Munich, autonomie qui devient «indépendance» le 15 mars 1939 sous la pression des allemands prêts à rendre la Slovaquie à une Hongrie revancharde qui n’avait pas oublié le traité de Trianon qui avait réduit son territoire historique à la portion congrue.

La Slovaquie devient un état autoritaire, nationaliste, antisémite dirigé par un prêtre, Josef Tiso, l’Etat devenant un satellite de l’Allemagne et le restera jusqu’à la fin du second conflit mondial qui voit la fin de l’indépendance slovaque qui réintègre une Tchécoslovaquie qui ne tarde pas elle à aussi à replonger dans l’autoritarisme, un autoritarisme communiste mais un autoritarisme quand même.

Mitteleuropa Balkans (189) Grèce (33)

Fusils-mitrailleurs

Chauchat

Le fusil mitrailleur Chauchat

La mitrailleuse moyenne Hotchliss modèle 1914 était une arme de bonne facture mais pesait un poids tel que son utilisation se limitait sur des positions fixes. Impossible de l’utiliser pour accompagner les vagues d’assaut.

Les différents pays décidèrent de s’équiper d’une arme appelée tantôt mitrailleuse légère tantôt fusil mitrailleur.

Si l’Allemagne développa une variante allégée de sa mitrailleuse moyenne, les autres pays développèrent une arme spécifique avec plus ou moins de bonheur.

On ne peut pas dire que la France à été vernie avec le fusil mitrailleur modèle 1915 CSRG, le tristement célèbre Chauchat.

Mis en service dans l’armée française en 1916, il à également été utilisé par l’armée américaine en 1917/18 en calibre .30.

Des Chauchat furent ensuite convertis en calibre 7.65mm pour la Belgique et en 7.92mm Mauser pour la Pologne et la Yougoslavie. La Finlande à reçu des exemplaires durant la guerre d’Hiver

Arme légère d’un poids et d’un encombrement limité, le Chauchat se révéla une arme médiocre pour rester poli en raison de l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité, de problèmes de fabrication et de l’inadaptation de la cartouche de 8mm au tir automatique. De plus il s’échauffait très rapidement ce qui faisait qu’on privilégiait le tir semi-automatique et par courtes rafales.

Pas étonnant qu’après la mise au point de la cartouche de 7.5mm la priorité de l’armée de terre française fût la mise au point d’un fusil mitrailleur plus que d’un nouveau fusil.

262000 CSRG (Chauchat Sutter Ribeyrolles et Gladiator soit successivement les deux concepteurs, le directeur de l’usine et l’entreprise produisant majoritairement l’arme) furent produits en trois ans.

Le Chauchat fonctionne par un long recul du canon selon un principe breveté par John Browning en 1900. Il était refroidit par air et comporte un radiateur en aluminium. La crosse, la poignée-pistolet et la poignée antérieure cylindrique sont en bois.

Outre la France le Chauchat à été utilisé par la Yougoslavie, la Finlande, la Belgique (6900 armes), la Grèce (3900 armes), la Pologne (11000 armes) et les Etats-Unis (39000 modèle 1915 et 18000 modèle 1918).

Cette arme à été utilisée par les grecs durant le premier conflit mondial, la guerre gréco-turque et probablement durant le second conflit mondial même si c’est plus incertain.

Ce qui est sur en revanche c’est que l’AGL l’à remplacé sans déplaisir par le Bren pour une raison que l’on ignore car cela faisait cohabiter deux calibres différents dans le groupe de combat (autant dire que cela était un gros risque d’incidents de tir). Quelques Chauchat ont été utilisés par les collaborateurs grecs comme par les résistants.

Le Chauchat était un fusil mitrailleur de 8mm tirant la cartouche 8x50mm. Pesant 9kg chargé, il mesurait 1.14m de long dont 470mm pour le canon. Sa portée maximale était de 2000m (630m en pratique), la cadence de tir était de 240 coups par minute avec pour système d’alimentation les caractéristiques chargeurs en demi-lune de 20 cartouches (16 à 19 en pratique).

Hotchkiss modèle 1926

En septembre 1948 le Chauchat n’est plus le fusil mitrailleur standard de l’infanterie grecque. Il à été remplacé par une autre arme française, le Hotchkiss modèle 1922 qui adopté en 1926 était devenu le modèle 1926 pour les fantassins grecs.

Utilisé en petit nombre par la France (notamment en Indochine et au Levant), cette arme de facture classique (crosse pleine, bipied, chargeur monté sur le dessus, refroidissement par air, fonctionnement par emprunt de gaz) à aussi été utilisée par le Brésil (en calibre 7x57mm Mauser), par la Tchécoslovaquie (1000 vz.24 en calibre 7.92x57mm), la Chine (environ 3500 exemplaires eux aussi en calibre 7.92x57mm), l’Espagne (3000 exemplaires en 7x57mm), la Grande-Bretagne pour évaluation (en calibre .303) et la Turquie (7.92x57mm).

La Grèce à elle reçu 6000 exemplaires de cette arme qui était utilisé au sein du groupe de combat de l’infanterie.

Chaque groupe était commandé par un sergent assisté par un caporal _tous les deux armés d’un fusil modèle 1903/14_ et dispose d’un demi-groupe organisé autour d’un fusil mitrailleur (un tireur armé d’un pistolet, un pourvoyeur armé d’un pistolet, deux transporteurs de munitions armés d’une carabine) et d’un demi-groupe de fusiliers composé d’un caporal armé d’un fusil, de quatre soldats armés d’un fusil et d’un grenadier disposant d’un fusil modèle 1886/93 avec huit grenades à fusil.

L’armée grecque employa ce fusil-mitrailleur au cours du second conflit mondial que ce soit durant l’offensive italienne ou durant la Campagne de Grèce. Cette arme resta un temps en service mais l’AGL la remplaça non pas par le Châtellerault modèle 1924/29 comme on pouvait s’y attendre mais par le fusil mitrailleur britannique Bren.

Ce n’était pas la fin de la carrière du fusil mitrailleur Hotchkiss qui fût utilisé par les forces de Soriotis ou par la résistance grecque.

Le fusil mitrailleur Hotchkiss M1926 était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication française pesant 9.52kg en ordre de combat, mesurant 1214mm de long dont 577mm pour le canon qui permettait le titre de la cartouche standard de l’infanterie grecque à savoir le 6.5x54mm à une distance maximale effective de 600m, la cadence de tir pratique étant de 150 coups par minute sachant que l’alimentation de cette arme fonctionnant par emprunt de gaz se faisait par des chargeurs de 25 coups.

Fusil-mitrailleur Breda modello 30 et 44

Fusil mitrailleur Breda modèle 1930

Durant le premier conflit mondial la mitrailleuse fût un membre du terrifiant triptyique «MTB» (Mitrailleuse, Tranchée, Barbelés) à l’origine de centaines de milliers de morts durant ce qui aurait du être la «Der des Ders».

Si la mitrailleuse était parfaitement à l’aise dans une position fixe, elle l’était comme nous l’avons vu plus haut nettement moins pour accompagner les troupes d’assaut. D’où la mise au point d’une mitrailleuse légère ou fusil mitrailleur capable de fournir un appui de feu appréciable aux troupes qui tentaient de franchir le no man’s land.

L’Italie ne parvint pas à mettre au point un fusil mitrailleur avant la fin du premier conflit mondial mais utilisa la mitrailleuse Lewis qui pouvait être considéré comme un fusil mitrailleur (même si la création du colonel Lewis devint plus célèbre comme mitrailleuse d’aviation).

C’est en 1924 que le Regio Esercitolança un programme pour s’équiper d’un fusil mitrailleur. La firme Breda réussit à mettre au point une arme de ce type mais le modèle mis au point n’équipa pas l’armée royale italienne.

Breda persévéra pour aboutir à la mise au point du Fucile Mitriagliatori Breda modello 30, un fusil mitrailleur de conception classique disposant d’une crosse, d’un bipied et d’un chargeur fixé à demeure sur le côté de l’arme.

Cette arme qui va équiper l’armée italienne manquait d’une poignée, rendant son transport et le changement du canon périlleux.

Le chargeur fixe situé à droite pouvait se replier vers l’avant pour faciliter le transport. A l’intérieur on glissait des chargeurs en carton de vingt cartouches, cartouches qui étaient lubrifiées à leur entrée dans l’arme. Ce système inutilement compliqué rendait le fonctionnement de l’arme laborieux et souvent aléatoire dans des milieux secs, boueux et poussiéreux.

Outre la version standard en 6.5mm, la firme Breda à dévellopé deux version pour l’export, une version tirant la cartouche de 7mm et une autre tirant une cartouche de 7.5mm.

Au début des années quarante un fusil mitrailleur modèle 1944 (Fucile Mitriagliatori Breda modello 44) à été mis au point. Outre l’adoption du nouveau calibre 7.35mm, une poignée à été installée pour faciliter le changement du canon.

En revanche le système d’alimentation en munitions pourtant fortement décrié ne sera pas changé au profit de chargeurs amovibles peut être pour des questions de temps ou de coût.

Ces armes furent utilisés par l’Italie, l’Allemagne, la Grèce, la Yougoslavie, la Libye et l’Ethiopie. En ce qui concerne l’Italie, chaque bataillon d’infanterie disposait en théorie de 24 ou 27 fusils mitrailleurs par bataillon avec une ou deux armes par section soit six par compagnie, nombre parfois doublé quand suffisamment d’armes étaient disponibles.

Au combat cette arme ne brilla pas par son efficacité. Sa cartouche de 6.5mm n’était pas assez puissante, sa cadence de tir trop faible, son système de changement de canon difficile surtout au combat. De plus le système de lubrification était un nid à poussière, entrainant de nombreux enrayages.

La Grèce récupéra ce fusil mitrailleur directement sur le champ de bataille. Après des tests sur le tas les armes furent réutilisées, la cartouche de 6.5mm italienne était semblable à la 6.5mm Mannlicher-Schonhauer. Ce fût cependant une utilisation temporaire, le modèle 1930 et les quelques modèle 1944 tombés aux mains des soldats héllènes étant rapidement relégués à l’arrière pour l’entrainement. On racontait que pendant la guerre, le roi Paul 1er avait dans sa chambre un fusil mitrailleur de ce type posé sur la cheminée. On ne sait si cette histoire est véridique ou qu’il s’agit d’une légende.

Le Fucile Mitriagliatori Breda modello 30 était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication italienne pesant 10.32kg (10.6kg pour la version en calibre 7.35mm), mesurant 1230mm de long dont 450mm pour le canon, ayant une portée maximale théorique de 2800m (1000m en pratique) avec une cadence de tir de 500 coups par minute (150 coups en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de vingt cartouches.

EPK (Pyrkal) M1939

La EPK (Entreprise grecque de poudres et de munitions) avait tenté au début de la Pax Armada de développer des armes 100% grecques. Malheureusement les différents projets n’ont aboutit que très partiellement comme une mitrailleuse légère ou plutôt un fusil automatique lourd comme le BAR, l’EPK modèle 1942.

Cette arme conçue en 1939 n’à été produite qu’en très petite quantité, les chiffres exacts sont inconnus mais sont probablement inférieurs à 150 pièces. Son utilisation même durant le second conflit mondial est sujette à caution, aucun exemplaire de cet arme n’ayant été capturé par l’ennemi.

Cette arme devint une quasi-légende jusqu’à ce qu’en 1974 on découvre en mer au large de Thessalonique deux caisses avec chacune douze mitrailleuses de ce type. Ces armes furent restaurées et exposées dans différents musées en Grèce et à l’étranger.

L’EPK modèle 1942 était une mitrailleuse légère (ou un fusil mitrailleur) de conception et de fabrication grecque pesant 4.15kg à vide, mesurant 900mm de long tirant une nouvelle cartouche, la 7.92x36mm EPK à une distance maximale efficace de 750m à raison de 720 coups par minute, l’alimentation se faisant par des chargeurs droits de 20 cartouches.

Bren

Bren Light Machine Gun Mk I

Cette arme à connu une longue et lente maturation puisque dès 1922 le Small Arms Comitee étudia la question d’une nouvelle mitrailleuse légère pour appuyer l’infanterie et remplacer la Lewis.

De nombreux modèles furent évalués comme le Madsen, le BAR, un fusil mitrailleur proposé par la firme Hotchkiss (NdA le modèle 1922 ?), un projet de Beardmore-Farquhar, une évolution de la Lewis en attendant d’autres modèles évalués ultérieurement comme la SIG Neuhausen KE7, le Vickers-Berthier ou le ZB vz.27, le second modèle cité étant adopté par l’armée indienne.

En 1935, la Grande-Bretagne adopta un dérivé du vz.27, le ZB vz.26. Une licence de production fût acquise pour produire une arme adaptée aux besoins britanniques, la principale modification étant le changement du calibre, au 7.92mm tchèque, la nouvelle arme préféra le 7.7mm (0.303) britannique. Cette nouvelle arme fût baptisée Bren (BRno ENfield).

Le Bren fonctionne par emprunt de gaz, dispose d’un chargeur de trente-deux cartouches avec un canon facilement remplaçable en cas de surchauffe.

Au sein de l’armée britannique, le Bren était utilisé au niveau de la section du peloton de combat qui est organisé en un état-major avec un mortier de 51mm (2-inch mortar), des équipes antichars équipés de PIAT et trois sections (groupes en français) avec sept fusiliers et un fusil-mitrailleur Bren servit par un trio (tireur, pourvoyeur, chef de pièce) ce qui donne trois Bren par peloton et neuf au niveau de la compagnie.

Au niveau de la compagnie de combat, l’Admin Platoon dispose de trois Bren supplémentaires ce qui porte le nombre de Bren par compagnie à douze armes.

Le Carrier Platoon qui dispose de chenillettes Universal Carrier qui sont armées d’un fusil-mitrailleur Bren pour l’auto-défense mais également pour l’appui des troupes transportées.

Si le Bren ne pouvait être employé comme arme coaxiale dans les tourelles blindées en raison de son mode d’alimentation, le fusil-mitrailleur britannico-tchèque pouvait être utilisée comme arme antiaérienne soit sur un tripode ou sur les tourelles des chars et des automitrailleuses. Dans ce rôle, un chargeur de 100 coups était utilisé.

La production du Bren Mark I s’arrêta en septembre 1942 et lui succéda le Mark II plus simple à produire.

Cette version était toujours en production en septembre 1948, des commandes régulières permettant d’augmenter les stocks et de remplacer les armes détruites ou trop endommagées pour être réparées.

Suite à la création à l’automne 1948 de la 1st Airborne Brigade (devenue ensuite division), une version allégée désignée Mark III est produite.

Le Bren fût largement exporté en Australie (où une chaine de montage fût installée à Canberra), en Bulgarie (en calibre 7.92mm), en Chine (en calibre 7.92mm), en Grèce, en Irlande, au Canada (une chaine de montage), en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud et équipa donc la Norvège.

Quand il fût question de reconstituer l’armée, les grecs auraient du choisir le modèle 1924/29, le fusil mitrailleur standard de l’infanterie française mais probablement pour des raisons politiques, les grecs sélectionnèrent le Bren.

Cette arme était utilisée au sein du groupe de combat, une voir deux Bren servis par deux ou trois hommes, le ou les light machine gun Bren servant de base de feu pour les fusiliers au nombre de sept, l’un des fusiliers étant un grenadier avec des grenades à fusil Brandt qui remplaçaient les grenades VB

Le Bren à servit dans l’armée grecque jusqu’en 1970 quand la mitrailleuse polyvalente belge MAG à remplacé les fusils mitrailleurs et les mitrailleuses en service.

Le Bren était un fusil mitrailleur de conception et de fabrication britannique pesant 10.35kg (11.25kg chargé) mesurant 1156mm de long dont 635mm pour le canon. D’un calibre de 0.303 (7.7mm), ce fusil mitrailleur pouvait toucher une cible à 550m à raison de 500 à 520 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs courbés de 30 coups ou de 100 coups.

Mitteleuropa Balkans (185) Grèce (29)

L’armée grecque dans le second conflit mondial (2) : L’Armée Grecque de Libération (AGL) et la reconquête du pays

A la différence des yougoslaves, les grecs ne sont pas si pressés que cela de relancer l’offensive pour libérer le pays. Non pas qu’ils se satisfassent de cette situation mais probablement pas crainte de voir le pays dévasté par de violents combats. De plus l’Armée Grecque à besoin d’être sérieusement réorganisée après avoir subit de terribles pertes.

Cela n’est pas sans poser de problèmes car si la Yougoslavie peut se permettre de rassembler tous ses moyens en Afrique du Nord pour reconstituer son armée, l’Armée grecque ne le peut ne serait-ce que pour des raisons politiques et diplomatiques, impensable de laisser le front grec tenu uniquement par les alliés (qui par ailleurs avaient d’autres préoccupations en tête).

Symboliquement et en solidarité avec les territoires occupés, l’Armée Royale Grecque devient l’Armée Grecque de Libération (AGL).

Sa reconstitution va se faire essentiellement en Egypte, la Crète étant jugée trop exposée et saturée de bases opérationnelles. Quelques unités seront également entrainées et rééquipées en Libye après la conquête franco-britannique de l’été 1949.

La nouvelle armée grecque va comporter six divisions de première ligne auxquelles vont bientôt s’ajouter trois divisions légères destinées davantage à des missions de sécurité. On trouve également trois régiments d’artillerie lourde (un par corps d’armée), trois régiments antichars, trois régiments antiaériens, huit bataillons d’evzones et le célèbre bataillon sacré.

Le 1er Corps d’Armée «Thessalie» comprend les 1ère et 4ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar, un régiment antiaérien.

Le 2ème Corps d’Armée «Macédoine» comprend les 2ème et 5ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien

Le 3ème Corps d’Armée «Epire» comprend la 3ème Division d’Infanterie et la 1ère Division Blindée appuyées par un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien.

A cette armée destinée à libérer le territoire aux côtés des troupes alliées s’ajoute d’autres unités, des unités de sécurité et des unités de «forces spéciales».

Les unités de sécurité sont trois divisions légères, les 6ème et 7ème DLI ainsi que le 14ème DI, la première étant déployée dans le Dodécanèse, la seconde en Crète pour protéger le roi, le gouvernement et plus généralement les institutions et la troisième sur l’île de Zakynthos pour relever la 1ère DLI française et la brigade de montagne polonaise.

Du côté des unités spéciales, on trouve huit bataillons d’evzones qui serviront tantôt à des raids stratégiques tantôt comme des unités opératives en soutien direct de la manœuvre générale en menant les missions traditionnelles de l’infanterie légère à savoir éclairer, flanquer et harceler. Le Bataillon Sacré sera davantage employé au niveau stratégique.

Les divisions en ligne avant la reconstitution de l’armée grecque ne sont pas dissoutes mais sont repliées à l’arrière en Crète normalement pour une hypothétique reconstitution qui n’aura jamais lieu. Elles seront des divisions-cadres pour l’entrainement et la formation des nouvelles recrues.

Les divisions françaises sont retirées du front pour être employées dans les opérations vis à vis de l’Italie.

En face le dispositif à été d’abord confus et incohérent avant d’être réorganisé. Les unités de l’Axe sont placées sous l’autorité du Groupe d’Armées E (Heeresgruppe E) sans que cela élimine la méfiance et les tiraillements entre les italiens au nord et au nord-ouest, les allemands au centre et dans la région d’Athènes et de l’Eubée et les bulgares installés au nord-est.

Les italiens déploient six divisions d’infanterie avec la 30ème DI sur la côte occidentale, la 29ème DI sur la rive nord du Golfe de Patras, les 42ème et 48ème DI sur l’isthme de Corinthe, les 23ème et 28ème DI en Thessalie. Des unités montées et motorisées pourraient ensuite être déployées mais on préfère les garder en réserve en cas de besoin.

Les allemands déploient en Grèce la 15ème Armée composée de quatre divisions d’infanterie, une division de montagne, une division parachutiste et une division blindée.

On trouve les 31ème et 32ème Corps d’Armée soit le 31. ArmeeKorps (25. et 31. InfanterieDivision) et le 32. ArmeeKorps (72. et 25. InfanterieDivision), la 2. Gebirgjäger Division, la 3. Fallschirmjäger Division et la 12. Panzerdivision.

Panzer V Panther dans un camouflage tardif

Les bulgares déploient la 4ème Armée (2ème, 4ème, 6ème et 11ème DI, 1ère Division de Cavalerie et 1ère brigade de chasseurs) et la 5ème Armée (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI, 2ème division de cavalerie, 11ème brigade blindée et 2ème brigade de chasseurs).

Es-ce à dire que les opérations vont reprendre immédiatement ? Non et ce pour plusieurs raisons qu’elles viennent de l’Axe (priorité donnée au nouveau front russe et au front occidental) ou des alliés (le front français est prioritaire sur les autres). De plus on se querelle pour savoir quel plan adopté.

Faut-il partir du Péloponnèse et forcer l’isthme de Corinthe ? Faut-il être plus audacieux en débarquant du côté de Thessalonique voir d’effectuer un double débarquement en Albanie et en Italie péninsulaire ? Pas moins de quinze avant-projets différents ont été retrouvés dans les archives militaires britanniques signe des hésitations du moment.

Finalement c’est le plan le plus logique qui est attendu avec une fixation des forces ennemies dans l’isthme de Corinthe, des diversions entre Athènes et Thessalonique et un axe principal avec le franchissement du Golfe de Patras sous le feu ennemi.

L’isthme de Corinthe est tenu côté allié par la 8ème Armée britannique (8th Army [UK]) composé d’un corps d’armée britannique et d’un corps d’armée sud-africain

Fantassins britanniques

Le 13ème Corps d’Armée (13th British Corps) comprend deux divisions d’infanterie, les 4thet 6th Infantry Division et une division blindée, la 7th Armoured Division plus des unités d’appui

Le 1st South African Army Corps (1st SAAC) comprend deux divisions d’infanterie, les 1stet 2nd South African Infantry Division plus des unités d’appui.

Entre Kiato et Egio, on trouve l’Armée Grecque de Libération (AGL) avec trois corps d’armée.

Le 1er Corps d’Armée «Thessalie» comprend les 1ère et 4ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar, un régiment antiaérien.

Le 2ème Corps d’Armée «Macédoine» comprend les 2ème et 5ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien

Le 3ème Corps d’Armée «Epire» comprend la 3ème Division d’Infanterie et la 1ère Division Blindée appuyées par un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien.

Au moment de l’opération ANVIL, les 1er et 3ème Corps d’Armée sont en ligne avec le 2ème Corps d’Armée en seconde ligne prêt à soutenir l’un des deux CA en cas d’attaque.

Entre Egio et le cap Kyllini, on trouve la 10ème Armée britannique (10th Army [UK]) composé d’un corps d’armée sud-africain et de deux corps d’armée britanniques.

Le 2nd South African Army Corps comprend la 3ème division d’infanterie sud-africaine et la 6ème division blindée sud-africaine

Le 2nd British Corps comprend deux divisions d’infanterie, les 5thet 56th Infantry Division plus des unités d’appui

Le 3rd British Corps comprend deux divisions d’infanterie, les 52ndet 61st Infantry Division plus des unités d’appui.

L’opération ANVIL voit aussi l’engagement d’importants moyens navals et aériens pour éclairer, appuyer et flanquer le dispositif. Sur le plan naval on mobilise également des navires amphibies, la traversée du Golfe de Patras ressemblant à une opération amphibie avec tir de barrage, usage massif de fumigènes, débarquement sous le feu ennemi……. .

Initialement il était prévu que les grecs tiennent l’isthme de Corinthe et laisse aux britanniques et aux sud-africains la manœuvre la plus délicate mais le gouvernement grec estimait non sans raison que les soldats héllènes devaient être en première ligne pour libérer le territoire et ne pas donner le sentiment aux populations fraichement libérées qu’une nouvelle occupation étrangère même amicale se préparait.

Les alliés acceptent et renforcent même les moyens d’appui allouées aux grecs avec notamment plus d’artillerie lourde et des lance-roquettes multiples.

L’opération est l’objet d’une préparation minutieuse, préparation tout aussi minutieusement camouflée par l’utilisation habile de l’intoxication : faux déserteurs, faux prisonniers, faux messages radios…… .

Pour détourner l’attention de l’Axe du Péloponnèse, des opérations de diversion sont menées notamment un raid sur le port de Thessalonique, raid qui voit l’engagement du 10ème bataillon commando allié, du bataillon sacré, du Corps Franc des Balkans (CFB) et du Special Air Service (SAS),

Une opération de plusieurs jours destinée à neutraliser le port et à faire croire aux allemands que les alliés veulent débarquer au nord pour atteindre le plus rapidement possible la Bulgarie et la Roumanie.

D’autres opérations de diversion ont lieu ailleurs en Méditerranée mais le résultat est incertain car comme le dira un officier allemand «C’était trop brouillon trop dispersé, sans véritable cohérence pour que cela soit véritablement crédible».

Cet officier allemand va être plus clairvoyant que le haut-commandement qui mettra plusieurs jours à se rendre compte que l’opération ANVIL déclenchée le 21 septembre 1952 est l’opération principale et non une opération de diversion.

A l’aube de ce premier jour d’automne, les aviations alliées se jettent sur toutes les cibles ennemies qu’il s’agisse de ponts, de routes, des postes de commandement, des aérodromes, des casernements.

En mer des navires mènent des missions de bombardement littoral qu’il s’agisse de cuirassés, de croiseurs ou des destroyers.

Les unités de la «poussière navale» harcèlent la navigation ennemie, attaquant à la mitrailleuse et à la torpille, en posant des mines…… .

Peu après comme durant le premier conflit mondial l’artillerie entre en action. Cependant ce n’est plus la préparation d’artillerie durant des jours dans le candide espoir de tout écraser et de faciliter le passage de l’infanterie mais une préparation ciblée, brutale mais courte, préparation qui cède vite la place à un barrage simple voir un double-barrage qui précède l’infanterie. Nous sommes cependant loin des milliers de bouche à feu du front russe.

La 8ème Armée britannique est la première à entrer en action pour fixer les troupes ennemis avec toujours la possibilité que la diversion devienne l’axe principal de progression si jamais la situation offrait de meilleures perspectives.

La 10ème Armée britannique effectue aussi des manœuvre de diversion et surveille d’éventuels mouvements ennemis.

L’Armée Grecque de Libération (AGL) est donc chargée de la mission principale et quelle mission puisqu’elle doit traverser le golfe de Patras dont la largeur varie entre 8.4 et 32km. C’est donc une véritable opération amphibie que doit mener l’armée grecque reconstituée. L’entrainement à été intense mais tout le monde sait que l’entrainement même poussé ne remplacera jamais la guerre.

Les combats sont violents, les italiens ne laissant pas leur part aux chiens en résistant pied à pied, les allemands assurant l’appui aérien des troupes italiens, la Regia Aeronautica passablement affaiblie manquant de moyens.

L’objectif principal est la reprise de la capitale Athènes solidement tenue par les allemands et par les collaborateurs grecs. Des fortifications doivent permettre à la Festung Athens de tenir le plus longtemps possible, de fixer le maximum de troupes alliées le temps que le dispositif soit réorganisé pour tenir le plus longtemps possible, le Heeresgruppe E devant protéger le flanc méridional du dispositif de l’Axe en URSS.

Athènes est finalement prise le 17 décembre 1952 après de violents combats qui ont ravagé la ville qu’elle soit moderne ou ancienne. Symboliquement c’est le Bataillon Sacré, les «thébains» qui entre le premier dans la ville.

Ils hissent le drapeau grec sur l’acropole, drapeau qui avait été évacué in extremis au nez et à la barbe des allemands au moment de la chute de la ville deux ans plus tôt (17 janvier 1950).

Le territoire grec est quasiment entièrement libéré en février 1953. Certains territoires sont occupés sans combat comme les Cyclades rapidement évacuées direction l’Eubée, l’île bordant l’Attique étant évacuée en janvier 1953.

La situation de l’Axe devient très difficile notamment en raison du fait que les troupes italiennes sont de plus en plus démotivées car la guerre se passe mal. En effet en janvier les alliés ont pris pied dans la péninsule italique (opération SKYLOCK) ce qui est le début de la fin pour le régime de Mussolini (destitué et tué en mars 1953).

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER qui voit l’engagement de mêmes forces que pour ANVIL avec en plus l’engagement de la 1ère Armée Yougoslave (quatre divisions d’infanterie et une division blindée).

Les troupes grecques continuent de combattre en Yougoslavie en dépit des réticences de Pierre II qui sera rassuré par une rencontre avec Paul 1er qui lui confirmera que la Grèce n’avait comme volonté que de reconquérir son territoire de 1948 et non de s’agrandir au dépent de l’ancien royaume des serbes, croates et slovènes.

A l’été 1953 après les succès de l’opération marteau-pilon et la «digestion» tant par les alliés que par l’Axe de la défection italienne, le front balkanique suit globalement une ligne Durrès-Macédoine centrale-frontière gréco-bulgare.

Les alliés adaptent leur dispositif, la 10ème armée britannique est envoyée sur le front italien en relève d’autres troupes, laissant en ligne la 8th Army [UK] avec les deux corps d’armée sud-africains et le 13ème corps d’armée britannique. On trouve également la 1ère Armée yougoslave et la 1ère Armée grecque (ex-Armée Grecque de Libération).

Cela représente un total de cinq divisions sud-africaines (quatre DI et une DB), trois divisions britanniques (deux divisions d’infanterie et une division blindée), six divisions grecques (cinq d’infanterie et une division blindée) et cinq divisions yougoslaves (quatre d’infanterie et une blindée) soit un total de dix-neuf divisions qui font face à treize divisions allemandes et bulgares.

Sous l’autorité du Heeresgruppe E on trouve quatre armées, les 11ème et 15ème armées allemandes mais aussi les 4ème et 5ème armées bulgares.

La 11ème armée allemande comprend la 1. Panzerdivision, la 35. InfanterieDivision et la 1. Gebirgjäger Division alors que la 15ème armée allemande comprend la 5. Panzerdivision, les 14. et 25. InfanterieDivision.

Les bulgares alignent sept divisions et une brigade, la 4ème Armée bulgare alignant les 2ème, 4ème et 14ème DI, la 1ère division de cavalerie alors que la 5ème Armée bulgare aligne les 8ème, 16ème et 22ème DI appuyées par la 11ème brigade blindée.

Le 15 novembre 1953 les alliés lancent leur troisième offensive majeure, l’opération SWORD qui permet de libérer le reste de l’Albanie, de pénétrer au Monténégro, de chasser les allemands de Macédoine et de pénétrer en Serbie en soutien des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Les troupes grecques vont essentiellement combattre en Albanie, au Monténégro et en Croatie, terminant la guerre en Slovénie.

Peu à peu les combats font place à des opérations de nettoyage qui ne sont pas sans risque. Un vétéran du conflit dira que ces dernières opérations allait leur donner un avant-goût de la guerre civile grecque à laquelle il allait participer.

Les troupes grecques sont rassemblées en mai dans le nord de la Croatie. Certains soldats en ligne depuis 1948 sont rapidement démobilisés. Certains refuseront de rentrer au pays et préféront s’installer soit en Europe de l’ouest soit rejoindre les Etats-Unis.

On verra certains soldats grecs qui n’avaient plus rien qui les attendaient en Grèce s’engager dans la Légion Etrangère pour continuer une carrière militaire dans laquelle ils s’étaient révélés. En juillet 1954 les derniers soldats grecs quittent la Yougoslavie pour rentrer au pays, certains seront démobilisés et d’autres resteront au sein de l’armée.