Benelux (45) Belgique (6)

De l’engagement à la neutralité (1919-1936)

La Conférence de Paris ouverte en janvier 1919 ne considère par la Belgique comme une grande nation. Les envoyés belges et même le roi doivent s’employer pour obtenir l’annexion des cantons germanophones d’Eupen et de Malmedy, un mandat sur le Ruanda-Urundi, la démilitarisation des frontières et des indemnités de guerre, ces acquis qui peuvent paraître faibles par rapport aux sacrifices consentis se doublent de l’abandon de la neutralité par la signature d’un traité d’alliance franco-belge en 1920.

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Benelux (7) Pays-Bas (7)

De la république batave à Waterloo : Revolution et Empire français pour les Pays-Bas

Avant-propos

A partir de 1789 le Royaume de France est secoué par une série d’événements que l’histoire à retenu sous le nom de Révolution Française. Après une période modérée, «bourgeoise», la Révolution se radicalise, dévorant ses enfants, de grands leaders s’entre-tuant jusqu’à ce qu’émerge la figure controversée _adulée par les uns haïs par les autres_ de Maximilien de Robespierre.

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Dominions (72) Australie (16)

L’Armée de Terre australienne dans le premier conflit mondial (1)

Avant-propos

Le 28 juin 1919 l’Australie signe le traité de Versailles. C’est le premier traité international signé par la jeune nation australienne. Deux chiffres sont plus parlants qu’un long discours.

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Italie (10) Géopolitique & R.I (1)

GEOPOLITIQUE DE L’ITALIE

Réflexions géopolitiques

Si la Méditerranée n’est plus le cœur du monde depuis le 15ème siècle elle reste une zone stratégique pour le commerce, pour la circulation des hommes et des marchandises.

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Allemagne (66) Armée de terre (23)

Fortifications

Westwall (Ligne Siegfried)

Carte du Westwall appelée Ligne Siegfried par les alliés

Carte du Westwall appelée Ligne Siegfried par les alliés

L’un des objectifs majeurs des vainqueurs du premier conflit mondial était d’empêcher l’Allemagne de provoquer un nouveau conflit.

Outre la limitation des effectifs et de l’équipement, une partie du territoire allemand en l’occurrence la Rhénanie, la fameuse “rive gauche du Rhin” était démilitarisé, mesure interdisant le stationnement temporaire et permanent de troupes allemandes et bien entendu l’interdiction de toute fortification.

En mars 1936, l’Allemagne fait pénétrer 3000 hommes légèrement armés en Rhénanie en violation du traité de Versailles sans réaction des français et des anglais au grand soulagement des généraux allemands.

Une fois la Rhénanie remilitarisé, se pose la question de sa défense contre une attaque franco-britannique.

Des projets sont lancés dès 1934 et des travaux sont même entamés mais ces premières tentatives ne sont pas menées à bien.

De nouveaux travaux sont menés officiellement à partir de 1938 (en réalité deux ans plus tôt) mais ces premières constructions sont vulnérables à l’artillerie ennemie.

Ce n’est qu’en 1937 qu’un programme plus cohérent est lancé, le Pionier-Program qui dessine une ligne continue de blockhaus, de fossés antichars, de réseaux barbelés de la frontière suisse jusqu’au Luxembourg. En 1938, la frontière belge et la frontière néerlandaise sont également couvertes.

A l’automne 1938, le “Limes-Program” succède au “Pionier-Program” pour obtenir un dispositif de protection cohérent.

Ce dispositif est considéré comme achevé en septembre 1939 après l’exécution des programmes « Aachen-Saar » et « Bruggen-Kleve« . Elle couvre la frontière allemande de Kleve sur la frontière germano-néerlandaise à Weil am Rhein sur la frontière entre la Confédération Helvétique et l’Allemagne.

Il se compose de 18000 ouvrages, de dents de dragons antichars. Pour accélérer les travaux, des modèles standardisés (Regelbau) sont dessinés qu’il s’agisse des blockhaus ou des obstacles antichars. Il existe cependant des différences entre les différentes du programme ayant présidé à la naissance du « Mur de l’Ouest ».

Les premiers ouvrages construits dans le cadre du Pioneering Program étaient des petites constructions avec une épaisseur de 50cm, les parois étant percées de trois embrasures orientées en direction de l’ennemi, les ouvrages les plus exposés ayant également des cloches d’observation et de tir.

Bunker type 10

Bunker type 10

Dans le cadre du Limes Programm, des ouvrages plus puissants sont construits. L’épaisseur des parois passe à 1.5m. 3471 Bunkers Type 10 sont construits sur les 630km. L’armement permet une couverture tous azimut.

Les ouvrages du Aachen-Saar Program sont similaires à ceux du précédents mais l’épaisseur des murs passe à 3.5m et les embrasures sont installées sur les côtés et non sur la face avant de l’ouvrage même si comme souvent dans la fortification il y à des exceptions. Ce programme planifie aussi la protection des villes de Sarrebruck et d’Aix-la-Chapelle, ville qui à l’origine étaient à l’ouest du tracé retenu.

A ces lignes de fortification s’ajoute des positions antiaériens, une zone occidentale de défense aérienne ou dans la langue de Goethe Luftverteidigungszone West (LVZ West). Elle se compose de positions antiaériennes fixes et de nids de mitrailleuse pour protéger les batteries contre un assaut terrestre.

Le programme « Bruggen-Kleve » voit la ligne Siegfried ou Westwall être prolongée vers le nord, le long de la frontière germano-néerlandaise. Les ouvrages sont similaires à celles du programme précédent.

La protection contre les chars est assurée par des obstacles appelés « dents de dragon » mais également par des hérissons, un assemblage de morceaux de métal dont la paternité doit être attribuée aux tchèques. Des inondations défensives sont également construites.

Si la propagande allemande à fait du Westwall le pendant oriental de notre Muraille de France, la réalité est différente. La ligne Siegfried est nettement moins solide et son rôle est différent.

Alors que la Ligne Maginot doit empêcher l’ennemi de percer notre frontière nord-est, la ligne Siegfried n’est vu que comme une ligne provisoire.

Un signe ne trompe pas, à la différence de la ligne Maginot, la ligne Siegfried ne dispose de troupes affectées en permanence. Point d’infanterie de forteresse au sein de la Heer, les ouvrages devant être occupées par des divisions d’infanterie classiques ce qui impose un certain délai.

La guerre de Pologne s’achevant rapidement sans attaque à l’ouest, le Westwall censé être provisoire devient une fortification semi-permanente.

La création d’unités de forteresse est semble-t-il étudié sérieusement par les généraux allemands mais au final on préfère affecter des compagnies d’infanterie des divisions déployées dans la région, une compagnie par régiment se spécialisant dans le combat sous béton. Autant dire des amateurs face à l’infanterie de forteresse française.

Sur le plan technique, les ouvrages sont comparables à des P.O français ou à des blockhaus type CEZF avec des créneaux de tir, des cloches d’observation, des cloches à mitrailleuses, des cloches à mortier et même des lance-flammes.

Il n’existe pas d’ouvrages d’artillerie capable de prendre à partie l’ennemi avant qu’il n’arrive à portée de tir.

Durant la Pax Armada, quelques travaux sont menés, des ouvrages supplémentaires sont construits avec un armement antichar (canon de 50mm) associé à des mitrailleuses. Des emplacements pour de l’artillerie sont également construits mais en dépit de ces efforts le Westwall semble bien incapable de s’opposer à une offensive franco-britannique décidée.

Ostwall et Neue Ostwall

Cloches blindées du Ostwall

Cloches blindées du Ostwall

Si l’Allemagne à interdiction absolue de fortifier sa frontière occidentale, elle à l’autorisation de protéger sa nouvelle frontière orientale en établissant une ligne d’ouvrage fortifié la protégeant d’une hypothétique attaque de la Pologne qui renait après plus d’un siècle de disparition.

Les études sont lancées en 1927, les travaux commençant en 1932 et s’achevant en 1938. Cette ligne couvre l’espace compris entre l’Oder et la Warthe, un espace de 150km d’où le nom de Festungfront Oder-Warthe-Bogen qui lui est aussi attribué.

A la différence du Westwall, le Ostwall est une ligne fortifiée comparable à la Ligne Maginot avec une centaine d’ouvrages s’appuyant sur le relief, les rivières et les marécages. Ces ouvrages disposent de coupoles blindées abritant de l’artillerie, des casemates pour de l’artillerie antichar, des mitrailleuses et des lance-flammes fixes. Les ouvrages sont reliés entre-eux par des tunnels où circulent un chemin de fer permettant de transporter rapidement hommes, munitions et matériels.

Il est prolongé au nord par le Pommernwall ou mur de Poméranie construit entre 1930 et 1935. La construction est plus légère que le Ostwall et se rapproche du Westwall même si les ouvrages sont équipés de créneaux mitrailleuses, de casemates antichars, de mortiers, d’observatoires pour l’artillerie, d’abris pour l’infanterie.

La conquête de la Pologne et le partage du pays avec l’URSS rend « obsolète » le Ostwall. Le pacte germano-soviétique rendant hypothétique un conflit entre Berlin et Moscou (du moins à court terme), la nouvelle frontière n’est pas couverte pas une fortification.

La dénonciation de ce pacte en mars 1945 change la donne. Un Neue Ostwall (nouveau mur de l’est) est réalisé le long de la nouvelle frontière entre l’Allemagne et l’URSS.

La Prusse Orientale étant protégée par d’anciennes forteresses, priorité est donnée à la défense du gouvernement général dont la frontière est protégé par des barbelés, des champs de mines et des ouvrages comparables non pas à ceux du Ostwall mais plutôt à ceux du Westwall.

Il s’agit là bien davantage d’une ligne de contrôle que d’une fortification imprenable. L’objectif est d’éviter une attaque surprise de l’armée rouge que d ’empêcher une invasion du gouvernement général.

Les ouvrages sont armés d’un ou deux créneaux de mitrailleuse, d’une coupole d’observation et pour certains soit d’un canon antichar de 50mm ou d’un mortier de 8cm.

Manquant de profondeur, cette position n’aurait pas opposé de grande résistance à une attaque décidée. Cette attaque ne se produisant pas lors du déclenchement de Weserubung, des travaux de renforcement sont menés au printemps 1949 pour lui donner de la profondeur et ainsi rendre la tache de l’ennemi plus complexe.

24-Armée de l’air (35)

O-Forces combattantes : l’infanterie de l’air les fusiliers de l’air et le génie de l’air

Préambule

Outre les avions, l’armée de l’air dispose de troupes combattant au sol dans des phases offensives et défensives.

Fantassins de l'air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Fantassins de l’air sur les Champs Elysées pour le défié du 14 juillet 1937

Les deux Groupes d’Infanterie de l’Air sont les premiers parachutistes français et sont chargés de raids, de descentes comme on disait du temps de la marine à voile. Des plans sont dressés pour saisir des objectifs stratégiques en soutien des forces cuirassées et mécaniques.

Les fusiliers de l’air créé en mars 1944 sont intégrés aux groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport à raison d’une section. Montés sur des véhicules légers tout-terrains, ils sont armés de fusils, de pistolets mitrailleurs, de fusils-mitrailleurs et de mortiers pour assurer la défense des terrains contre un raid ennemi mené aussi bien par des parachutistes que par des unités motorisées.

Quand au génie de l’air, une section est intégrée dans chaque groupe de chasse, de bombardement, de reconnaissance, d’observation et de transport pour assurer l’aménagement des terrains et surtout les réparations après un raid pour permettre à la plate-forme de redevenir opérationnelle le plus vite possible.

L’Infanterie de l’Air

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

Le 602ème GIA à Montelimar en 1939

En 1931, les soviétiques sont les pionniers de l’utilisation militaire des parachutistes et quatre ans plus tard, le 12 septembre 1935, la France créé le Centre d’Instruction Parachutiste implanté sur la base aérienne d’Avignon-Pujaut placé sous le commandement du capitaine Greille qui revenait d’un stage parachutiste et moniteur en URSS.

Il faut cependant attendre le 1er avril 1937 pour que soient créés officiellement les Troupes Aéroportées ou TAP et six mois plus tard, le 1er octobre 1937, deux groupes d’infanterie de l’air, le 601ème et le 602ème GIA, le premier étant stationné à Reims et le second à Baraki à 15km d’Alger.

Chaque G.I.A comprend un état-major, une escadrille de transport de troupes avec des avions destinés à la mise en oeuvre des fantassins de l’air et une compagnie d’infanterie de l’air (207 hommes) organisée en un groupe de commandement, une section d’engins (un groupe de mitrailleuses et un groupe de canons de 37mm) et trois sections de voltigeurs.

En février 1939, le 601ème GIA fait mouvement sur Baraki pour retrouver son homologue et former un Groupement d’Infanterie de l’Air, le CIP de Pujaut était dissous en mai 1939.

Quand la guerre de Pologne éclate, le GIA n°601 rallie Avignon-Pujaut et le GIA n°602 Montelimar et se tiennent prêt à sauter sur un objectif comme Walcheren aux Pays Bas dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda mais cette manoeuvre n’ayant pas été exécuté, les fantassins de l’air sont restés l’arme au pied.

Suite à la démobilisation de l’été 1940, les deux Groupes d’Infanterie de l’Air retrouvent leurs bases d’origine et sont réorganisés au printemps 1942.

Tout en conservant leurs avions de transport, ils reçoivent une deuxième compagnie d’infanterie de l’air, les deux compagnies étant réorganisées avec un groupe de commandement, une section d’engins avec mitrailleuses et mortiers et trois sections de voltigeurs qui reçoivent des fusils antichars MAS modèle 1940AC (des Mauser T-Gewehr transformés) puis des Boys britanniques.

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Mauser T-Gewehr ultérieurement remis en service sous le nom de MAS 1940AC (AntiChar)

Jusqu’au déclenchement du second conflit mondial, les deux G.I.A participent à toutes les manoeuvres de l’armée pour peaufiner leur modus operandi tactique à savoir le parachutage non pas de tout le GIA sur un objectif mais de petits groupes de combat derrière les lignes ennemies pour mener des raids sur des objectifs stratégiques et mener des actions de sabotage.

A la mobilisation d’août 1948, le G.I.A n°601 rallie la base aéronavale de Calais-Marck soutenus par des Douglas Transporteur de la 1ère ETM pour un saut éventuel sur les bouches de l’Escaut ou l’embouchure du Rhin dans le cadre de la manoeuvre Dyle-Breda.

Quand au G.I.A n°602, il rallie la base aérienne de Tunis pour mener une opération aéroportée contre la Libye italienne à moins que l’île de Lampedusa puisse être l’occasion d’un raid de ce qu’on appelle par encore les commandos.

Contrairement à 1939, le Centre d’Instruction Parachutiste (C.I.P) d’Avignon-Pujaut reste ouvert pour former de nouveaux parachutistes, l’armée de l’air ayant obtenu de pouvoir former deux nouveaux G.I.A d’un nouveau type.

Le 603ème G.I.A dont la base définitive doit être Reims (pour pouvoir opérer en Rhénanie) est organisé en une section de commandement, une compagnie d’engins (section de mitrailleuses de 7.5mm, section de mortiers de 81mm et section antichar équipée de canons de 25mm) et deux compagnies de combat.

Le 604ème GIA dont la base définitive doit être Calvi en Corse pour pouvoir opérer contre des objectifs italiens est organisé comme le 603ème G.I.A.

Ces deux Groupes d’Infanterie de l’Air ne seront néanmoins pas opérationnels avant la fin de l’année 1948.

Les fusiliers de l’air

Pour assurer la protection terrestres des échelons roulants et plus généralement des aérodromes, décision est prise en juin 1944 de créer au nouveau du groupe, une section de protection de fusiliers de l’air (SPFA) simplifiée en section de fusiliers de l’air (SFA).

Cette section de 24 hommes transportée dans trois véhicules légers tout terrain Laffly disposent de fusils MAS 36, de pistolets mitrailleurs MAT-42, de deux fusils mitrailleurs MAC modèle 1924-29 ou SE MA 38 et de deux mortiers de 60mm.

Pistolet mitrailleur MAT 42

Pistolet mitrailleur MAT modèle 1942 dit MAT-42

Cette section assure la protection du périmètre ou des gardes fixes en liaison avec des unités de l’armée de terre et la gendarmerie.

Le génie de l’air

Pour faciliter les travaux d’infrastructure et réparer facilement et rapidement les dégâts des bombardements ennemis, chaque groupe de chasse, de bombardement et de reconnaissance dispose d’une section de génie de l’air d’une trentaine d’hommes équipés de véhicules légers et d’outils mécaniques pour remettre sommairement en état une piste et permettre aux opérations aériens de se poursuivre le plus normalement possible.

23-Armée de terre : Ligne Maginot (1)

23°) La Ligne Maginot

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Protéger la frontière du nord-est où la genèse de la Ligne Maginot

En 1919, la France sort victorieuse mais épuisée du premier conflit mondial. Un profond pacifisme se dévellope et même si on crit «L’Allemagne paiera», on craint une attaque brusquée de la Reichwehr qui bien que ne disposant que de 100000 hommes pourraient menacer la frontière du nord-est surtout une fois la Rhénanie démilitarisée évacuée par la France ce qui était à l’époque prévu pour 1934.

A l’époque, la meilleure façon de protéger une frontière c’est de la fortifier mais comment ? Une fortfication permanente et théoriquement infrachissable ou des fortifications de campagne ?

Il existe bien le système Serré de Rivière mais ce système qui comprend des forts principaux à Verdun, Toul, Epinal, Belfort et Langres est non seulement vétuste et protège la frontière de 1871.

Quand aux fortifications allemandes de Thionville, de Metz et de Strasbourg, elles pourraient servir même si cela n’est pas évident de prime abord;

Imaginer un nouveau système fortifié n’est guère aisé dans cette période d’après guerre en raison non seulement des difficultés économiques mais également du scepticisme de glorieux généraux du premier conflit mondial comme le général Guillaumat ou le maréchal Foch, généralissime des armées alliées.

Le 5 mars 1920, une première instruction (instruction Lefèvre du nom du ministre de la Guerre) est publiée pour envisager les futurs champs de bataille de l’armée française et d’éventuelles fortifications.

Le 17 mai 1920, le Conseil Supérieur de la Guerre (CSG) demande à certains généraux de mener des études concrètes sur la défense des frontières, études qui aboutirent deux ans plus tard, le CSG commençant à étudier ces propositions à partir du 22 mai 1922.

Se sentant incompétent, le CSG décide de créer au mois de juin 1922 la Commission chargée des études d’organisation de la défense du territoire placée sous l’autorité du maréchal Joffre. Cette commission se dissout cependant quinze jours après sa création.

Le 3 août 1922, la Commission de défense du territoire (CDT) est créée sous la présidence du général Guillaumat. Après seulement deux séances, elle rend son rapport le 27 mars 1923. Pendant deux ans rien ne se passe.

Le 31 décembre 1925, le ministre de la Guerre, Paul Painlevé créé la Commission de Défense des Frontières (CDF) avec à nouveau le général Guillaumat. Cette commission comme son nom l’indique doit réaliser et non réfléchir, décide de choisir un système de fortification permanent neuf tout en intégrant certaines fortifications plus anciennes comme Metz et Belfort.

Cette commission définit un certain nombre de Régions Fortifiés : RF de Haute-Alsace ou Belfort, RF de Lauter-Basse Vosges, RF de Metz,Thionville et Longwy, des intervalles n’étant pas strictement défendus mais seront couverts (Le Rhin et l’intervalle entre la RF-Lauter et la RF Metz,Thionville et Longwy).

Cependant en 1927, tout est encore loin d’être arrêté. Le maréchal Petain est sceptique sur la possibilité que le Parlement accorde les importants crédits nécessaires. Il réclame un projet plus simple et moins coûteux, plus proche des fortifications de campagne que des forts du 19ème siècle.

Cependant en 1927, Paul Painlevé presse le pas, créant l’Inspection Technique des Travaux de Fortifications (ITTF) et la direction et chefferies de travaux, deux organes dont la création est suivie par celle le 30 septembre 1927 de la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) qui dépend du ministre de la Guerre et de lui seulement.

La réalisation entre dans sa phase active en 1929, une loi programme est votée le 28 décembre 1929 sous l’impulsion du ministre de la guerre André Maginot. Décédé en 1932, il donnera son nom à cette ligne fortifiée, éclipsant le rôle de son prédécesseur Paul Painlevé.

André Maginot

André Maginot

Les travaux vont être menés avec régularité durant les années trente, des travaux complémentaires seront menés également durant la guerre de Pologne, des ouvrages tactiques destinés à améliorer la défense des approches sur le front Nord-Est mais également de la défense de la frontière belge.

A-Chronologie étoffée de la construction de la ligne Maginot et de ses extensions (1929-40)

Le Nord-Est

Le programme de construction décidé en 1927 et approuvé par le CSG prévoit l’étalement des travaux sur cinq ans (1929-1934) pour un budget initial de 3760 millions réduit à 2900 millions, montant définitivement enteriné le 14 janvier 1930.

Cependant les travaux ont commencé dès le 4 septembre 1928 (ouvrage de Rimplas dans les Alpes Maritimes) alors que les plans définitifs ne sont pas arrêtés mais à l’époque, les discours irrédentistes de Mussolini réclamant Nice et la Savoie inquiètent.

Le Front Nord-Est est privilégié, en 1930 sont lancés des travaux concernant le tronçon central de la RF de Metz, les tronçons initiaux de la RF Lauter ainsi que les ouvrages de «campagne» défendant le Rhin.

Dès le début des travaux, on assiste à des dérapages financiers ce qui entraîne notamment l’abandon d’ouvrages à tourelles d’artillerie qui auraient donné un punch impressionnant à la Ligne Maginot qui aurait pu recevoir des canons de 145mm (autres calibres étudiés : 138mm, 155mm et 240mm). Cette carence sera compensée par le déploiement de l’ALVF.

Les dérapages financiers vont handicaper la deuxième tranche des travaux lancé à partir de 1931 qui bénéficie néanmoins de l’expérience acquise ce qui accélère certains travaux mais en reporte certains……. .

Durant cette deuxième phase on étend la RF de Metz, la RF de Lauter sans oublier la construction d’une troisième ligne de défense sur le Rhin. A noter que si les deux premières lignes avaient été construite sous la direction des autorités locales, la troisième est construite sous l’autorité du CORF.

C’est également à cette époque que l’on se pose les questions de la protection de la frontière Nord qui jusque-là devait se faire dans les plaines belges ce qui rend en théorie inutile des ouvrages fortifiés.

Cependant les élus locaux s’inquiètent et leur influence relayée par le président du Sénat Albert Lebrun est payante, douze casemates doivent être construits dans la forêt de Raismes (au nord ouest de Valenciennes) et dans la forêt de Mormal (au sud-ouest de Maubeuge) mais ces travaux prévus en 1931 sont reportés en deuxième urgence.

La première loi-programme s’achève donc en 1934. Aux 2900 millions initialement approvisionnés se sont ajoutés d’autres crédits portant le budget total et final à 3442 millions mais le programme initial est loin d’avoir été terminé, des ouvrages supprimés et le tronçon Rorbach-Sarre reporté en dépit de son caractère sensible et stratégique.

Une deuxième loi-programme est votée le 6 juillet 1934 qui prévoit 1275 millions de francs pour de nouveaux travaux mais également des travaux reportés de la première phase. Hélas pour la solidité de la Ligne, seule l’extension de la RF Lauter est financée et réalisée mais sous une forme réduite.

A cette même époque, le CORF commence l’amorce d’une extension de la ligne fortifiée vers le Nord plus par la pression politique locale que sous une réelle nécessité car à l’époque (1934), la Belgique est notre allié (ce n’est qu’en 1936 qu’elle rétablira sa neutralité).

Ce deuxième cycle appelé également «Nouveaux fronts» (par opposition aux «Anciens fronts» de 1929-34) va être gêné par des restrictions budgétaires liées notamment à la crise économique. Il faut faire mieux avec moins ce qui ressemble à une vraie quadrature du cercle.

Un projet ambitieux de défense de la frontière Nord est proposé en septembre 1932, un projet prévoyant de protéger les môles de Maubeuge, Baval et l’Escaut à l’aide de cinq ouvrages d’artillerie, quelques petits ouvrages et une ligne d’une trentaine de casemates.

Ce projet est repris en 1934 sans le môle de Baval mais cet ambitieux projet se fracasse sur la réalité et sont simplement réalisés de petits ouvrages. Pour ne rien arranger, les ouvrages de la forêt de Mormal et de Raismes sont hors de la ligne de défense. Le budget de 150 millions est légèrement dépassé (162 millions).

Entre les Anciens Fronts et cet embryon de fortification, le CORF réalise un secteur fortifié à Montmédy qui sera d’une efficacité douteuse car la trouée de Marville située à l’est n’est pas couverte.

En 1935, Jean Fabry chaud partisan de la fortification devient ministre de la Guerre et le CORF espère de nouveaux crédits pour améliorer les Nouveaux Fronts mais au lieu de nouveaux crédits, la CORF est dissoute le 31 décembre 1935, des délégations locales continuant le suivit des travaux à terminer.

Cela ouvre une troisième phase de travaux mais ces travaux seront uniquement des travaux complémentaires qui vont se poursuivre sans centralisation jusqu’au printemps 1940 après donc la fin de la Guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939).

Le 18 janvier 1935, un premier coup de semonce avait été donné au CORF. Le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Gamelin refuse toute nouvelle construction fortifiée majeure, estimant qu’il est temps de passer aux fortifications de campagne, fortifications prévues par le CORF en complément des gros ouvrages et non comme éléments principaux.

La dégradation du contexte international entraîne donc une reprise des travaux avec des petits ouvrages qui ont la préférence aussi bien du Front Populaire que d’Edouard Daladier. Pour la gestion des travaux, il est prévu de la confier aux commandants des régions militaires qui vont bénéficier pour la réalisation de la MOM (Main d’Oeuvre Militaire).

On cherche à obtenir un front continu, un front continu et profond pour empêcher l’ennemi de percer et d’exploiter sa percée.

A priori, cela n’est pas négatif mais dans la réalisation, cela va se révéler assez préjudiciable avec une absence de coordination entre régions militaires et des fortifications de campagne parfois seules dans certains secteurs notamment le long de la frontière belge.

Fort heureusement, la guerre de Pologne ne voit aucune attaque majeure à l’ouest, les escarmouches n’opposant que les corps francs et les unités avancées de l’armée allemande au delà des ouvrages fortifiés.

En mars 1938, le général Griveaux, chef de l’Inspection générale du génie et des fortifications établit un état des organisations défensives construites sous l’autorité des régions militaires. Cet état montre l’hétérogénéité des constructions qui si pour certaines sont très intéressantes, d’autres ont une valeur militaire très faible.

La crise des Sudètes réglée par les accords de Munich provoque un électrochoc en France, la Tchécoslovaquie ne pouvant plus jouer un rôle de menace pour l’Allemagne.

Les programmes de fortifications sont accélérés et au front continu «bête et méchant», on préfère un système de môles capable de se replier sur lui même et de permettre une reconstitution ultérieure d’un front défensif.

En octobre 1938, on dessine cinq môles de résistance. La 1ère armée doit s’appuyer sur celui de Maubeuge, l’armée des Ardennes sur les môles de Revin et de Mezière, la 2ème armée le môle de Sedan-La Mazée et celui de Mouzon, la 4ème armée le môle du seuil de Cappel et la 8ème armée ceux de Sungdau, Lormont, Saint-Hippolyte, Morteau et Pontarlier).

Pour la constitution de ces môles, on renonce aux ouvrages CORF (temps, nécessite de former de nouvelles unités de forteresse) au profit d’ouvrages STG (Service Technique du Génie) qui doivent être occupés par des bataillons de mitrailleurs ou par des grandes unités formées à la mobilisation.

Hélas, ce beau projet est mal appliqué par le général Prételat qui va préférer homogénéiser les fortifications de campagne plutôt que ce concevoir des môles aptes à la défense en profondeur.

La guerre de Pologne surprend la ligne Maginot en plein travaux. En réalité, les travaux ne vont jamais vraiment cesser jusqu’en septembre 1948…….. .

La mobilisation de septembre 1939 impacte l’aménagement des lignes fortifiées. Les unités en ligne consacrent une bonne part de leur temps aux travaux d’aménagement complémentaires. Ces travaux peuvent être résumés de la façon suivante :

-Sur la frontière Nord, une série de casemates STG de différents types sur les positions de Trélon, d’Hirson et de Rocroi, la tête de pont de Charleville et le secteur de Sedan

-Sur la position avancée de Longwy, amorce d’une ligne de bloc contournant la localité.

-Dans la Sarre, la réalisation de différents blockaus STG

-Le clou de ce programme est cependant une seconde ligne de défense destiné à offrir de la profondeur aux fronts allégés du Nord et de la Sarre. Cette ligne est baptisée Ligne CEZF (Commission d’Etudes de Zones Fortifiées), cette dernière étant considérée comme un chaînon manquant entre les fortifications de campagne et les ouvrages du CORF.

Les travaux du CEZF qui inspireront d’autres travaux à la frontière nord ne seront cependant pas achevés avant 1945. A noter que certains ouvrages reportés par le CORF dans le cadre de choix budgétaires seront réalisés mais souvent sous une forme simplifiée.