Le Conflit (33) Norvège (33)

Jutland et Danemark

Fortifications allemandes

Plus encore que la Norvège la position du Danemark est stratégique pour la défense allemande puisque le pays des Dans contrôle le Skagerrak et le Kattegat permettant d’accéder à la mer Baltique, une mer censée être une mare germanicum ce qui est moins vrai avec la montée en puissance de la Flotte de la Baltique.

De solides fortifications vont protéger la côte occidentale du Danemark et les accès à la mer Baltique en liaison avec des fortifications situées dans le sud de la Norvège notamment du côté de Kristiansand et d’Oslo.

10, 5 cm Krupp, Odderøya

La défense du Skagerrak est assuré côté danois par plusieurs batteries comme les deux Batteries de Hirtshals qui comprennent quatre canons de 105mm sous béton, le tout associé à des postes d’observation, des soutes à munitions souterraines, des abris pour les troupes.

La défense rapprochée est assurée par des pièces légères de DCA (20 et 37mm) et par des tourelles de char démontées, des tourelles de Panzer II (canon de 20mm et mitrailleuse de 7.92mm).

Batterie de 380mm de quoi calmer bien des témérités (ou pas)

A Hanstholm se trouve une puissance batterie de défense côtière qui verrouille le Skagerrak avec la batterie de Vara en Norvège. Elle comprend quatre canons de 380mm sous béton.

Des pièces plus légères sont également présentes comme quatre canons de 170mm, quatre canons de 105mm et quatre canons de 88mm, le tout sous béton. On trouve également des postes de commandement et d’observation sous béton, des abris pour troupes, des dépôts de munitions, des blockhaus d’infanterie disposant de mitrailleuses et de canons antichars associés à des tourelles de char déclassées.

La presqu’ile de Skagen qui marque la limite entre la mer du Nord et la mer Baltique est défendue par une batterie disposant de quatre canons de 120mm modèle 1913, des canons danois retrouvés dans les dépôts de la marine danoise.

Montés sur plate-formes rotatives protégées par du béton, elles disposaient comme de coutumes de postes d’observation, de postes de commandement, d’abris pour la troupe et pour les munitions.

La défense rapprochée de cette batterie est assurée par deux tourelles de Panzer II et par quatre blockhaus d’infanterie disposant chacun d’un canon antichar de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.92mm, le tout couvert par des mortiers de 81mm.

En septembre 1952 en raison de la pénurie d’obus de 120mm, ces canons sont remplacés par des canons de 127mm allemands.

Au sud de Skagen on trouve la ville de Frederikshvan avec un dispositif étoffé se composant de soixante-douze bunkers de différente taille, des postes d’observation, des postes de commandement, des abris pour servants, des soutes à munitions bétonnées et bien entendu des blockhaus d’infanterie pour défendre les canons contre un coup de main.

La puissance de feu est conséquente avec six canons de 120mm danois puis six canons de 150mm allemands, des canons antiaériens de 105mm, des canons antiaériens de 20 et de 37mm, des blockhaus d’infanterie disposant d’un canon antichar et de deux mitrailleuses, des tourelles de chars déclassées.

La côte occidentale du Danemark, le Jutland est naturellement sérieusement modifiée car vue comme le meilleur moyen pour les alliés de prendre pied au Danemark (comme nous l’avons vu ce n’est pas si évident que cela).

Des batteries sont implantées à Thyboron, à Agger, à Stavning, à Esjberg, à Oxby et sur l’île de Fano.

A Thyboron on trouve deux canons de 105mm sous masque avec des pièces légères de DCA, des blockhaus d’infanterie et des tourelles de chars déclassées.

A Agger on trouve deux canons de 150mm sous masque, deux canons de 75mm belges eux aussi sous masque, des pièces légères de DCA (20 et de 37mm), deux blockhaus d’infanterie (canon antichar de 37mm tchèque et une mitrailleuse de 7.92mm) et deux tourelles de Panzer II.

A Stavning on trouve quatre canons de 105mm sous masque montés sur plate-formes rotatives le tout protégées par une épaisse couche de béton armé.

On trouve deux postes d’observation, un poste de commandement, quatre abris pour les servants, quatre soutes à munitions (une par pièce) associées à une soute centrale.

On trouve également huit canons de 37mm antiaériens et deux blockhaus d’infanterie (un canon antichar de 37mm tchèque et une mitrailleuse de 7.92mm).

Le port d’Esjberg est couvert par six points d’appui disposant chacun de deux canons de 105mm associés à des pièces légères de DCA (37 et 20mm), des blockhaus d’infanterie (canons antichars et mitrailleuses), des mortiers de 81mm en fosse et des tourelles de Panzer III.

A Oxby il était prévu deux tourelles doubles de 380 et de 406mm mais au final seule une tourelle de 380mm à été aménagée pour repousser au loin la flotte ennemie. L’action de ces canons est relayé par deux canons de 170mm et quatre canons de 150mm.

Cette position est protégée par une solide DCA (canons de 88mm, de 37 et de 20mm), des blockhaus d’infanterie et des tourelles de char déclassées.

Sur l’île de Fano, on trouve quatre canons de 105mm et deux canons de 150mm sous masque montés sur plate-formes rotatives, le tout protégé par du béton. Ces canons sont associés à des pièces de DCA légère (20 et 37mm) et des blockhaus d’infanterie.

A Aalborg une base de sous-marine bétonnée devait être construite mais quand les alliés attaquent on trouve simplement deux alvéoles immergeables et asséchables plus quatre autres encore en travaux, travaux stoppés et qui ne seront jamais repris.

Après guerre la marine danoise envisage d’utiliser cette installation mais y renonce rapidement en raison de nombreuses malfaçons. Les installations sont abandonnées puis détruites non sans mal dans les années quatre-vingt.

La défense de cette base sous-marine est assurée par deux batteries légères à l’entrée du port d’Aalborg, chacune disposant de deux canons de 105mm, de pièces de DCA légères et de blockhaus d’infanterie.

Sur le papier ce dispositif est impressionant, rassurant les allemands et inquiétant les alliés même si on le saura plus tard toutes les batteries ne furent pas toutes armées faute de personnel disponible.

Unités allemandes déployées

Le destroyer Z.15 Erich Steinbrick

-Destroyer Z.15 Erich Steinbrick basé à Aalborg

-Torpilleur T.52 stationné à Aalborg

-Escorteur G.27 stationné à Copenhague

-17. R.-Flottille : R.86 R.90 R.92 à Aalborg R.88 R.94 R.96 à Copenhague

-Dragueurs de mines M.63 M.66 M.107 à Copenhague, M.67 et M.68 à Aalborg

-1. U-Flottille stationnée à Aalborg : U-32 U-34 U-48 U-248 U-250 U-252 U-289 U-290

-Un transport armé et un forceur de blocus

-MIS-6 à Copenhague MIS-7 à Aalborg

-12. Marine Aufklärung Staffel : douze Blohm & Voss Bv-138M stationnés à Esjberg

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Les forces aériennes allemandes déployées au Danemark sont regroupées au sein du X. Fliegerkorps appelé également Fliegerkorps Danmark. Il regroupe les moyens suivants :

Schéma d’un Me-109K

-Jagdgeschwader 10 : 1er groupe volant sur Messerschmitt Me-109K, 2ème groupe volant sur Messerschmitt Me-109L, 3ème groupe volant sur Messerschmitt Me-109L, 4ème groupe volant sur Messerschmitt Me-410 Hornisse.

Dornier Do-217 en vol

-Kampfgeschwader 10 : 1er groupe volant sur Dornier Do-217, 2ème groupe volant sur Dornier Do-217, 3ème groupe volant sur Junkers Ju-388, 4ème groupe volant sur Heinkel He-119

-Aufklärunggeschwader 10 : 1er groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 2ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189, 3ème groupe volant sur Fieseler Fi-156 Storch 4ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189

-Transport Gruppen Danmark : Junkers Ju-52/3m et Junkers Ju-90

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Les troupes de la Heer assurant la défense du Danemark sont placées sous le commandement de la 6.Armee. Ces moyens sont les suivants :

-Un état-major implanté à Copenhague

Panzer VI Tiger

-La 34. PanzerDivision une unité créé au printemps 1953 et donc largement inexpérimentée et à l’équipement largement perfectible puisqu’elle ne dispose que de 70% de ses chars 45% de ses semi-chenillés ou encore 54% de son artillerie. Son positionnement loin du Jutland sera critique après guerre mais pas certain que sa présence y aurait changé quoi que ce soit.

canon automoteur Hummel

Sur le plan matériel l’unité dispose de Panzer V Panther et de Panzer VI Tiger, de semi-chenillés Sdkfz 250 et d’automoteurs de 150mm Hummel.

-60ème Corps d’Armée (LX. ArmeeKorps) : 275ème division d’infanterie, 277ème division d’infanterie, le 717ème bataillon de canons d’assaut, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antiaérien, un régiment antichar et un bataillon du génie

-61ème Corps d’Armée (LXI ArmeeKorps) : 276ème division d’infanterie, 278ème division d’infanterie, le 718ème bataillon de canons d’assaut, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antiaérien, un régiment antichar et un bataillon du génie.

Si le 60ème CA couvre le Jutland, le 61ème est davantage déployé sur la frontière en couverture des unités qui combattent les alliés en Allemagne.

-Festung Copenhaguen : «garnison» de Copenhague composée de deux bataillons composites de faible valeur militaire associé à deux batteries d’artillerie lourde et une compagnie du génie. Les fortifications sont essentiellement celles héritées du Danemark avec quelques blockhaus mais rien de bien extraordinaire.

-Des garnisons dispersées sur les îles danoises là aussi de faible valeur militaire, ne dépassant le volume de la compagnie renforcée.

Ces garnisons sont présentes à Laeso et Anholt (Kattegat), à Samso Endelave et Sejero (entre la péninsule du Jutland et l’île de Sjaelland) ainsi qu’à Bornholm en Baltique.

Unités alliées déployées

La Jutland Task Force placée sous commandement américain comprend les moyens navals suivants :

USS Arizona (BB-39)

-Cuirassés USS Arizona (BB-39) et HMS Iron Duke

-Porte-avions USS Block Island (CVL-34)

-Croiseur lourd USS Toledo (CA-78)

Le USS Brooklyn (CL-40)

-Croiseurs légers USS Brooklyn (CL-40) USS Raleigh (CL-113) HMS Minotaur Defence et Duquesne

-Escorteur d’escadre (ex-Contre-torpilleur) Guepratte

-Destroyers USS Farragut (DD-348) USS Worden (DD-352) USS Aylwin (DD-355) USS Preston (DD-379) HDMS Zealand Bornholm et HMCS Chippewa

-Sous-marins Martinique Mayotte HMS Virtus et Visigoth

-Transport et escorte de la force d’assaut : quatre transports d’assaut  USS Craighead (AK-144) USS Dodridge (AK-145) USS Faribaut (AK-148) Fentress (AK-149), douze LST (dont six canadiens), sept LCI et six LCT canadiens, huit LSL et six LSM le tout escortés par quatre type Hunt IV (HMS Answer Antaeus Ardent Argosy) et deux frégates de classe River, les HMS Plym et Wye.

-Pétrolier RFA Arndale

-Transports rapide HMS Latonna et RFA Fort Beauharnais

Le dispositif aérien est étoffée avec des moyens fournis par la Grande-Bretagne et surtout par les Etats-Unis.

Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

La couverture de la force de combat et de transport est assurée par le Coastal Command avec les hydravions du squadron 212 en l’occurrence des Consolidated Catalina et des bimoteurs du squadron 269 en l’occurence les Blackburn Buccaneer.

Grumman F8F Bearcat

A bord du USS Block Island (CVL-34) on trouve le Carrier Air Group Thirty-Four (CAG-34) qui se composait de deux flottilles de chasse volant sur Grumman F8F Bearcat, une flottille de bombardement en piqué volant sur Curtiss SB2C Helldiver et une flottille de bombardement-torpillage volant sur Grumman TBF Avenger.

Des unités aériennes basées à terre sont également de la partie pour couvrir, éclairer et appuyer les troupes au sol. Ces unités sont fournies par les Etats-Unis et le Danemark.

Republic P-47 Thunderbolt

Côté américain on trouve d’abord quatre groupes de chasse, le 48th Fighter Group volant sur Republic P-47 Thunderbolt, le 361th Fighter Group volant sur Lockheed P-38 Lightning, le 364th Fighter Group volant sur North American P-51 Mustang et le 406th Fighter Group volant sur Bell P-39 Airacobra.

Douglas A-26 Invader

Deux unités d’attaque sont également engagées, le 394th Attack Group volant sur Douglas A-26 Invader et le 410th Attack Group volant sur Republic P-47 Thunderbolt.

North American B-25 Mitchell

Deux unités de bombardement médian sont également engagées, le 44th Combat Bombardement Group volant sur North American B-25 Mitchell et le 467th Combat Bombardement Group volant sur Martin B-26 Marauder.

Lockheed F.7 Lightning

Une unité de reconnaissance est également engagée, le 10th Photo Reconnaissance Group volant sur Lockheed F.7 Lightning.

Supermarine Spitfire Mk IX

Les deux unités danoises de la RAF sont également engagées, le N°464 Squadron (Danish)  volant sur Supermarine Spitfire Mk IX et le N°465 Squadron (Danish)  volant sur des Bristol Beaumont Mk IIID.

Les unités terrestres engagées au Danemark sont les suivantes :

-1ère Brigade mobile danoise (1. Dansk Mobilbrigade)

-Un régiment blindé indépedant, le Régiment des Dragons du Jutland

-Un régiment d’artillerie danois et un groupe d’artillerie norvégien

-1er bataillon de Rangers

-31st Infantry Division (US)

-Eléments blindés fournis par la 1ère division blindée française, un groupement de marche composé de deux escadrons de chars moyens Renault G-2R (appelation officielle : char moyen modèle 1949R), un bataillon d’infanterie mécanisée disposant de VBCI Renault modèle 1949 et un groupe d’artillerie automotrice de 105mm.

-La 11ème division parachutiste (11ème DP) est transportée par voie maritime pour l’exploitation et non parachutée à la grande déception des rivaux de la 25ème DP.

A l’assaut ! (épisode 5)

La préparation du débarquement est classique pour une opération amphibie avec de nombreuses frappes aériennes menées depuis la Grande-Bretagne et même depuis l’Allemagne pour obliger les allemands à disperser leurs moyens de défense.

Les aérodromes sont pilonnés tout comme les sites stratégiques. Les défenses côtières sont naturellement visées via notamment des raids commandos pour neutraliser le maximum de pièces, des opérations «choc et effroi» mais aussi des opérations plus subtiles comme le sabotage des groupes électrogènes, des optiques, des réservoirs de carburant…… .

A l’aube l’aviation en remet une couche pour secouer les défenses allemandes, perturber les communications et gener les mouvements des troupes allemandes.

Les alliés ont envisagé l’engagement des bombardiers lourds de la 8th Air Force pour créer un effet sidération avant d’y renoncer pour une raison obscure. Plusieurs hypothèses peuvent être émises comme la crainte de toucher les civils danois, de trop bouleverser le terrain sans compter les réticences des « gros» à être gaspillés sur le plan tactique.

Alors que les batteries côtières sont à peine remises d’un bombardement aérien plus efficace qu’ailleurs, la flotte ouvre le feu. Les deux cuirassés peuvent quasiment vider leurs soutes pour neutraliser les batteries lourdes, laissant aux croiseurs les batteries médianes et légères.

Enfin les troupes au sol sont mises à terre. Politique oblige c’est la Dansk Mobilbrigade qui est mise à terre en premier pour s’emparer d’une tête de pont dans la direction d’Esjberg.

Les combats sont violents mais les soldats danois submergent les défenses côtières et s’installent solidement en défense. En deuxième vague des éléments blindés fournis par la 1ère Division Blindée française sont mis à terre en compagnie d’éléments du régiment d’artillerie danois.

Cela permet de contrer plusieurs contre-attaques allemandes avec l’aide de l’aviation et de l’artillerie de marine. Très vite les allemands renoncent à rejeter les alliés à la mer préférant couvrir les accès en direction de la frontière allemande et de Copenhague. En clair ils s’enterrent pour contrer l’attaque alliée qui ne vient pas immédiatement.

En effet les alliés décident d’attendre la mise à terre de la 31st Infantry Division (US) mais aussi du régiment de Dragons du Jutland et même de la 11ème Divisison Parachutiste (11ème DP) qui va opérer comme une unité d’infanterie de ligne ce qui ne plut guère aux principaux intéressés.

Ce n’est que le 15 octobre 1953 que les alliés vont reprendre leur avancée sous la forme de trois groupements, un groupement Nord, un groupement Centre et un groupement Sud.

On trouve un groupement Nord sous commandement danois comprenant la 1. Danske Brigade associé à un escadron de dragons, à un régiment d’infanterie américain, un régiment de paras français et un groupe d’artillerie danois.

Ce groupe nord va mettre cap sur Herning puis sur Alborg pour sécuriser tout le nord du Danemark. Il va réaliser également des coups de main vers les îles de Laeso et d’Anholt. Il y rencontre moins de résistance qu’ailleurs et peu ensuite renforcer les deux autres groupes qui se heurtent à davantage de résistance.

Un groupement Centre sous commandement américain comprend un régiment d’infanterie américain, un régiment de parachutistes français un escadron de dragons, quelques éléments de la 1ère division blindée française ainsi que le groupe d’artillerie norvégien. Il met cap sur Vejle et Arhus.

Un groupement Sud sous commandement américain comprend un régiment d’infanterie américain, le reliquat du régiment de dragons, un régiment de paras français et des éléments d’appui américains et danois (notamment le reste du régiment d’artillerie danois). Ses objectifs sont Odense et Copenhague.

Le temps du débarquement est terminé, le temps de l’exploitation est venu.

Revenons un peu en arrière et parlons des pertes navales dans les deux camps. Des pertes lourdes chez les allemands, plus légères chez les alliés.

Côté allemand, les forces navales sont pour ainsi dire anéanties sous les coups de l’aviation et des navires alliés.

Le destroyer Z.15 Erich Steinbrick appareille à l’aube dans l’espoir de surprendre une partie de la flotte alliée, de détruire le maximum de navire et tel un corsaire de disparaître en direction d’eaux moins mal fréquentées. Il n’en aura pas le temps. Son appareillage n’à pas échappé aux alliés qui vont l’attendre de pied ferme.

Après avoir tiré quelques obus de 127mm et lancé une torpille qui ne toucha aucune cible, le destroyer est coulé par les avions du USS Block Island (CVL-34), les F8F Bearcat mitraillant les pièces d’artillerie pendant que les avions d’assaut Curtiss SB2C Helldiver et Grumman Avenger ne passent à l’attaque, le destroyer disparaissant dans un énorme boule de feu, touché selon toute vraisemblance par quatre bombes et deux torpilles !

Le torpilleur T.52 stationné à Aalborg est capturé par les danois, coulé droit dans le port après avoir été sabordé par les allemands dans l’espoir de bloquer le port. Le navire est relevé, inspecté en vue d’une éventuelle remise en service mais très vite les danois comprennent que ce serait un gaspillage de temps et d’argent et préfèrent donc l’envoyer directement à la casse.

L’escorteur G.27 est coulé le 11 octobre 1953 par des Spitfire danois qui le surprennent en plein mer, le détruisant à l’aide de roquettes et de bombes perforantes.

En ce qui concerne les R-Boot, deux sont capturés par les danois et réutilisés par ces derniers (R.86 R.94), deux autres sont victimes de l’aviation américaine (R.88 R.90), le R.92 est frappé par une bombe qui ne lui laisse aucune chance alors que le R.96 est sabordé.

En ce qui concerne les dragueurs de mines, les M-Boote, le M.63 est coulé par un Blackburn Buccaneer du Coastal Command, les M.66 et M.67 sont victimes de mines posées par la Luftwaffe sans que la Kriegsmarine soit au courant (!), le M.68 capturé est remis en service et utilisé par la Danske Marinen jusqu’en 1967 alors que le M.107 est surpris et coulé par le destroyer HDMS Zealand.

Les sous-marins stationnés à Aalborg ne sont comme leurs homologues norvégiens pas tous engagés dans l’opération BOREALIS.

Le U-32 en mer surprend un LST qu’il coule à la torpille. Hélas pour les allemands non seulement ce navire était vide mais en plus le sous-marin est victime des charges de profondeur d’un Consolidated Catalina qui veillait au grain (ou presque).

Le U-34 est lui aussi victime d’un Catalina le 11 octobre 1953 alors qu’il tentait de trouver une position de tir dans l’espoir de couler le USS Faribaut (AK-148) et si jamais l’hydravion américain n’avait pas fait mouche, plusieurs escorteurs fonçaient à pleine vitesse en direction l’importun.

Le U-48 immobilisé pour réparations est sabordé à Aalborg. L’épave est relevée après guerre mais trop dégradée, elle est rapidement envoyée à la ferraille.

Les autres sous-marins sont déployés loin du Danemark que ce soit dans l’Atlantique (U-248 et U-250 coulés respectivement les 5 et 9 novembre 1953) ou dans l’Arctique (U-252 U-289 U-290), ces trois derniers sous-marins étant coulés respectivement le 2 décembre 1953 (un hydravion soviétique), le 21 novembre 1953 (mine) et entre le 8 et le 13 octobre 1953 (cause inconnue)

-Le transport armé et le forceur de blocus incapables de prendre la mer sont sabordés pour embouteiller le port d’Aalborg.

Le MIS-6 capturé par les américains est cédé aux britanniques alors que le MIS-7 est coulé par les Bristol Beaumont Mk IIID.

Les alliés souffrent aussi des coups de l’ennemi mais naturellement à un degré moindre. Le destroyer HMCS Chippewa à pour triste privilège d’être la seule unité à être coulée. Le responsable est un bimoteur Junkers Ju-388, ultime déclinaison (le Ju-488 ne dépassa pas le stade prototypal) du Ju-88. Surgissant d’un trou dans la couche nuageuse, le bimoteur place deux bombes dont l’une explose sur une plate-forme lance-torpilles. Le navire coule rapidement après avoir été coupé en deux.

Deux LSM et un LST sont également coulés par des batteries côtières, les coastal battery représentant jusqu’au bout une menace ou du moins une nuisance. D’autres navires amphibies sont perdus notamment un LST canadien, deux LCI, un LST et quatre LCM eux aussi canadiens.

Un certain nombre de navires vont être endommagés comme le croiseur léger USS Raleigh (CL-113) ou encore le HDMS Zealand.

D’autres navires sont endommagés que ce soit accidentellement (échouage sans gravité du destroyer américain Aylwin) ou sous les coups de l’ennemi comme le croiseur léger français Duquesne touché par une bombe et des roquettes ce qui lui impose plusieurs semaines de réparations.

Le sous-marin Mayotte est secoué par l’explosion d’une mine. Il parvient à rallier non sans mal Chatham mais la guerre est finie pour lui, les travaux se terminant en juin 1954 et sa carrière sera naturellement raccourcie par rapport à d’autres submersibles.

Le Conflit (32) Norvège (32)

Bergen

Fortifications allemandes

Principal port de Norvège, Bergen devient naturellement une base majeure de la marine allemande, importance visible par la construction d’une imposante base sous-marine comprenant six alvéoles, trois simples asséchables et trois doubles pouvant accueillir un total de neuf sous-marins.

Naturellement Bergen dispose d’une solide défense côtière, faisant de la ville un objectif difficile à atteindre ou imposant des efforts très (trop?) importants à un ennemi potentiel.

Pas moins de vingt batteries côtières, de cinq batteries lance-torpilles et de huit batteries lourdes antiaériennes protègent ce port d’un assaut allié. Ces batteries devaient être particulièrement puissantes mais les travaux ont été gênés par des bombardements alliés, des opérations commandos et l’action de la Résistance norvégienne.

Parmi les vingt batteries de défense côtière, on trouve quatre batteries lourdes ou à longue portée, huit batteries médianes ou à moyenne portée et enfin huit batteries légères à courte portée.

Canon de 406mm de défense côtière

Deux batteries lourdes disposent chacune de deux canons de 406mm prévus pour les cuirassés type H dont l’achèvement à été au final abandonné.

La protection rapprochée est assurée pour chacune par six canons de 105mm qui peuvent également assurer une défense côtière médiane.

La défense rapprochée contre un coup de main est assurée par des blockhaus d’infanterie armés de mitrailleuses et de canons antichars, des tourelles de char déclassées et quelques «fosses à mortier».

Les huit batteries médianes disposaient chacune de quatre canons (au moins sur le papier), deux batteries disposaient de canons de 155mm de prise, deux batteries disposaient de canons de 150mm, deux batteries disposaient de canons de 127mm et deux batteries disposaient de canons de 120mm de prise également.

La défense rapprochée des pièces est assurée par des blockhaus d’infanterie disposant de mitrailleuses et de canons antichars, des tourelles de char déclassées et des «fosses à mortier».

Les huit batteries légères disposent chacune de deux canons, quatre batteries avec des canons de 105mm, deux batteries avec des canons de 102mm et deux batteries avec des canons de 76.2mm.

La défense rapprochée de ces batteries est assurée par des blockaus d’infanterie, des tourelles de char déclassées et des «fosses à mortier».

Les cinq batteries lance-torpilles sont destinées à empêcher une flotte de forcer l’entrée du fjord où se tapit la ville et le port de Bergen.

Sous un blockhaus en béton, on trouve une plate-forme triple de 533mm avec un système de rechargement rapide permettant en simplifiant de dire que les allemands ont inventé le «lance-torpilles automatique». On verra cependant les limites de ce système notamment au moment de l’opération BOREALIS puisque les alliés se garderont bien de forcer l’entrée du fjord de Bergen.

Les huit batteries antiaériennes lourdes disposent chacune de six pièces montées sur des socles en béton avec des postes d’observation optique, des postes radar, des soutes à munitions et des casernements protégés par une solide couche de béton.

Ces batteries sont armées par la Luftwaffe mais leur équipement n’est pas homogènes avec deux batteries armées de canons de 128mm, deux batteries armées de canons de 105mm et quatre batteries armées de canons de 88mm.

La défense rapprochée de ces batteries est assurée par des canons de 20 et de 37mm (pour attaquer essentiellement des chasseurs-bombardiers cherchant à détruire ces batteries lourdes mais pouvant également se montrer mortellement efficaces contre des troupes au sol) et par des tourelles de char déclassées.

Unités allemandes déployées

Qui dit base principale de la marine allemande dit naturellement (ou pas) concentration des principaux moyens de la marine allemande en Norvège. A noter que tous les moyens stationnés à Bergen n’ont été engagés directement dans BOREALIS notamment les sous-marins qui tentaient notamment de renverser le cours de la guerre en coupant les liaisons entre l’Europe et l’Amérique.

-Croiseur lourd Admiral Reuter

Le destroyer Z.19 Herman Khune

-Destroyers Z.19 et Z.58

-Torpilleur T.54

-Escorteur G.29

35. U-Flottille : U-217/219/221/223/225/227/284/286

-10. Schnellboatflottille : S.86/88/90/92/94/96/98/100

-Dragueurs de mines M.80/82/99

-MarineInfanterieSchift (MIS) MIS-8 et MIS-12

-Un transport armé et un forceur de blocus

14. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe disposant (au moins sur le papier) de 24 Heinkel He-179M de patrouille maritime à très long rayon d’action

15. KFK-Aufklärungsgruppe disposant de vingt-sept Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor

Messerschmitt Me-109 en vol

20. KFK-Jagdgruppe disposant de vingt-quatre Messerschmitt Me-109L

La région de Bergen est couverte par le XIII. Fliegerkorps qui regroupe les moyens suivants :

-Jagdgeschwader 13 : 1er groupe volant sur Messerchmit Me-109K, 2ème groupe volant sur Messerchmit Me-109H, 3ème groupe volant sur Messerchmit Me-109H et 4ème groupe volant sur Messerchmit Me-410 Hornisse

-Kampfgeschwader 13 : 1er groupe volant sur Heinkel He-119, 2ème groupe volant sur Junkers Ju-288 et 3ème groupe volant lui aussi sur Ju-288.

Junkers Ju-188

-Sturzkampfgeschwader 13 : 1er groupe volant sur Junkers Ju-188, 2ème groupe volant sur Junkers Ju-287, 3ème groupe volant sur Junkers Ju-287

En ce qui concerne les troupes terrestres, la région de Bergen est défendue par le 70ème Corps d’Armée (70. ArmeeKorps) et pourrait bénéficier sans problèmes du soutien de la réserve d’armée. Cela nous donne les moyens suivants :

Panzer IV Ausf F

-70ème Corps d’Armée : 181ème division d’infanterie 169ème division d’infanterie, 215ème bataillon de Panzers (Panzer IV Ausf F), 715ème bataillon de canons d’assaut (Stug III Ausf G), un régiment d’artillerie lourde

-Réserve d’armée : un régiment d’artillerie lourde, un régiment de Nebelwerfer, 214ème bataillon de Panzers (Panzer V Panther), 714ème bataillon de canons d’assaut (Stug III Ausf G), un régiment antichar, un régiment antiaérien, un bataillon du génie.

Unités alliées déployées

L’assaut sur Bergen est placé sous commandement britannique même si les troupes sont norvégiennes et américaines, certaines unités aériennes venant également des dominions.

Sur le plan naval les moyens sont les suivants :

Le HMS Howe en 1943

-Cuirassés Howe et Temeraire

-Porte-avions HMS Formidable et Pioneer

-Croiseur lourd HMS Blenheim

Le HMS Bermuda

-Croiseurs légers HMS Diadem et Bermuda

-Destroyers HMS Javelin Vectis Cavendish Cambrian USS Reid (DD-369) USS Fanning (DD-385) HMCS Iroquois

-Sous-marins : HMS Grampus (N56) HMS Triton et HMS Vampire

-Le transport des troupes destinées à s’emparer de Bergen est assuré par deux transports de troupes américains, les USS Amador (AK-127) et Blount (AK-132) accompagnés par douze LST (six américains, quatre britanniques et deux canadiens), douze LSI (huit américains et quatre britanniques), trois LCI et quatre LCT canadiens douze LSM (six américains et six britanniques).

Leur escorte rapprochée est assuée par quatre Destroyer Escort américains en l’occurence les USS Biorka (DE-19) USS Besloro (DE-22), USS Anacopa (DE-31) et USS Begg Rock (DE-32).

-Pétroliers Cherryleaf et Appleleaf

Naturellement les moyens aériens ne sont pas oubliés avec des avions fournis par les britanniques, les canadiens et les néo-zélandais.

Les britanniques fournissent la plus grande part des moyens aériens qu’ils soient embarqués ou basés à terre, qu’ils soient issus de la Fleet Air Arm (FAA) ou de la Royal Air Force (RAF).

Les Consolidated Privateer du squadron 132 et les Consolidated Catalina du squadron 212 vont maintenir une ombrelle anti-sous-marine au dessus de la Bergen Task Force repoussant plusieurs attaques sous-marines, coulant le U-219 et le U-286.

A ces deux squadrons du Coastal Command vont s’ajouter des unités du Bomber Command 

Avro Lincoln

1st HBW : squadrons 53 59 82

11th HBW : squadrons 90 101 139

1st MBW et 7th MBW : squadrons 9 38 115 18 21 57

Squadron 12 et 40 (chasse-bombardement Hawker Tempest)

Le Fighter Command est aussi de la partie

Squadron 29 (De Havilland Hornet)

Squadron 64 (De Havilland Mosquito)

Squadron 67 (Hawker Fury II)

Supermarine Spitfire Mk XIV

Squadron 73 (Supermarine Spitfire Mk XIV)

Squadron 85 (Supermarine Spitfire Mk XIV)

Des unités des dominons sont également engagées à savoir le squadron 409 (Canada) volant sur De Havilland Mosquito, le squadron 442 et le squadron 443, deux squadrons néo-zélandais volant respectivement sur Supermarine Spitfire Mk XIV et De Havilland DH.103 Hornet.

La Fleet Air Arm (FAA) va assurer la couverture aérienne et l’appui des troupes américano-norvégiennes mises à terre :

Blackburn Firebrand

3rd Carrier Air Group (3rd CAG) embarqué sur le porte-avions blindé HMS Formidable avec deux squadrons de chasse (806 808) volant sur Hawker Sea Fury, deux squadrons de bombardement-torpillage (809 811) volant sur Blackburn Firebrand et deux squadrons de bombardement en piqué (813 815) volant sur Loire-Nieuport LN-425 (NdA Evolution du LN-420)

16th Carrier Air Group (16th CAG) embarqué sur le porte-avions léger HMS Pioneer avec deux squadrons de chasse (804 810) volant sur Supermarine Seafire Mk IX, un squadron de bombardement-torpillage (816) volant sur Fairey Barracuda et un squadron de bombardement en piqué (858) volant sur Loire-Nieuport LN-425.

Avoir des moyens navals et aériens c’est bien mais cela ne suffit pas, il faut des troupes au sol pour occuper le terrain. C’est une phrase bateau mais parfois il faut le répéter pour ne pas oublier l’essentiel.

Bien que la prise de Bergen soit placée sous commandement britannique, les troupes sont américano-norvégiennes :

3. Norske Lysbrigader (3ème brigade légère norvégienne)

8th Infantry Division (8ème division d’infanterie)

6th Armoured Division (6ème division blindée) (NdA il s’agit de l’essentiel de la division mais pas de la totalité)

-Artillerie et génie

-Soutien logistique

A l’assaut ! (épisode 3)

Les anglo-américano-norvégiens vont opérer de manière classique pour une opération amphibie à savoir un matraquage des cibles par l’aviation et par la marine, un masquage par fumigènes avant une mise à terre des troupes au sol.

Les batteries côtières tant redoutées sont longuement matraquées par la marine et l’aviation plusieurs jours même avant l’opération. Les alliés ignoraient qu’une partie des batteries n’était pas armée faute d’artilleurs disponibles.

Comme de coutume pour les autres volets de l’opération BOREALIS ce sont les norvégiens qui sont mis à terre les premiers en dépit des réserves des alliés qui craignant un manque de mordant pour des troupes dont c’était le baptême du feu .

En effet jusqu’ici les Norske Lysbrigader avaient été utilisées comme troupes de sécurité et de garnison essentiellement parce que le gouvernement norvégien voulait préserver un capital humain aussi rare que précieux.

Cette crainte fût vite balayée. Bien entrainée, bien formée, ultra-motivée, la 2ème brigade légère norvégienne balaye tout sur son passage au point que le général Guscott, commandant de la 8ème division demanda à son homologue norvégien si il était vraiment nécessaire que son unité débarque ce à quoi le lieutenant général Salander répondit « je suis de tempérament généreux et je veux bien partager les lauriers de la victoire avec vous».

En réalité ce dialogue si il est véridique (une dizaine de témoins l’ont confirmé avec mémoire humaine oblige quelques légères différences) cache bien entendu une situation militaire moins heureuse.

Certes le dispositif allemand à été sérieusement écorné, certes le maintien des allemands à Bergen devient illusoire malgré quelques vigoureuses contre-attaques mais la seule présence des norvégiens ne permet pas la reconquête du principal port du pays.

La deuxième vague voit donc le débarquement des premiers éléments de la 8ème division d’infanterie, une unité anéantie aux Philippines qui avait été reconstituée puis envoyée en Europe dans l’attente d’une opération majeure.

Comme l’unité n’à participé qu’à deux campagnes majeures, elle n’est pas allée chercher loin son surnom à savoir «The PhiNo Division» que l’on pourrait traduire par « la division philippino-norvégienne». En 2022 ce surnom fait partie de l’ADN de la division à tel point que le surnom des hommes de la division est tout simplement «les finnois» ce qui n’à bien entendu rien à voir avec la Finlande.

6th Armoured Division (US)

Ils ne sont pas seuls puisque les premiers chars de la 6th Armoured Division (US) sont également mis à terre, la division blindée américaine fournissant les éléments blindés de plusieurs têtes de pont, les moyens blindés allemands étant comme nous l’avons vu limités en terme de quantité (pas de Panzerdivision) et en qualité (les meilleurs sont en Allemagne et face aux russes) sans compter que la géographie ne plaidait pas en faveur des grandes chevauchées blindées-mécanisées.

Dès le 12 en fin de journée le port est sécurisé et peut permettre le débarquement du ravitaillement même si il faudra attendre mi-décembre pour que le port soit délesté de ses épaves les plus génantes, la base sous-marine allemande est elle inutilisable car sabotée par l’ennemi (Il était de toute façon peu probable que la base soit d’une quelconque utilité pour les alliés à part pour réflechir à de futures installations de ce type).

La ville se montre plus rétive, certaines unités allemandes notamment la 169.ID (169 Infanterie Division) s’accrochant aux maisons et aux immeubles (même si Bergen n’à pas le même aspect que de nos jours évidemment) aux côtés d’éléments isolés et de quelques chars et canons d’assaut survivants. Ce n’est que le 16 à midi que la ville est considérée comme conquise et pacifiée.

Des combats navals ont également eu lieu au large de Bergen entre les forces navales allemandes encore présentes à Bergen et les forces alliées chargées à la fois de conquérir la ville et de couvrir le flanc sud de l’opération (même si l’amiral Fraser à vite repris cette mission avec sa réserve).

Le fleuron de la Kriegsmarine en Norvège était naturellement le croiseur Admiral Reuter la plus grosse unité qui y était encore déployé aux côtés de l’Admiral Hipper, deux croiseurs lourds là où il y avait jadis tapis dans les fjords plusieurs cuirassés prêts à fondre sur les convois alliés.

La présence du navire provoque des suées chez les amiraux alliés au point que sa neutralisation préventive est envisagée sous la forme d’un raid de sous-marins de poche ou de plongeurs de combat (on étudiera même de faire sortir de leur retraite des plongeurs de combat italiens !)

Finalement on décide de ne rien faire de crainte que l’échec d’un raid ne mette la puce à l’oreille des allemands comme si un simple coup de main pouvait faire deviner aux allemands que les alliés se préparaient à déclencher le feu de Wotan.

A l’annonce de l’arrivée de la flotte alliée, le haut-commandement allemand joue son va-tout en décidant de faire sortir un maximum de navires dans l’espoir qu’ils puissent rallier l’Allemagne autant dire une véritable gageure.

Parmi ces navires on trouve donc le Schwere Kreuzer Admiral Reuter qui appareille à l’aube en espérant surprendre la flotte alliée aux côtés des Z.19 et Z.58 et infliger les dégâts les plus importants possibles à défaut d’une défaite bousculant les plans alliés.

Hélas pour les allemands les alliés sont vigilants. Repérés au radar, les navires allemands sont pistés et ciblés. Ils ouvrent le feu en premier mais la riposte est foudroyante, cadeau du croiseur lourd HMS Blenheim et du croiseur léger HMS Bermuda.

Très vite le croiseur lourd est encadré puis touché par deux obus de 203mm pardon de 8 pouces. Ils sont suivis par une vingtaine d’obus de 6 pouces pardon de 152mm, le croiseur léger ayant également désemparé les deux Zerstörer qui selon le commandant du croiseur anglais «n’ont pas fait preuve d’une agressivité compréhensible pour un combat désespéré».

Le croiseur lourd devenu un véritable brulôt commence à s’enfoncer avant d’exploser et de sombrer en emportant une bonne partie de ses marins dont le courage fût salué par les britanniques.

A noter que l’origine de cette explosion fait encore débat parmi les historiens, certains affirment qu’elle à été causée par une torpille britannique alors que d’autres pense que ce sont les soutes à munitions qui ont explosé. Il est probable que ce débat ne sera jamais définitivement tranché.

Les deux Zerstörer que le commandant du Bermuda avait trouvé peu agressifs ont survécu à cet affrontement mais sont salement amochés. Que faire ? Se saborder ? Se réfugier dans un fjord ?

L’aviation alliée va se charger de trancher cette question, les LN-425 et les Laté 299-5ter du Painlevé achevant ces deux destroyers qui se trainant vers le sud dans le fol espoir de rallier l’Allemagne ou au moins un port encore sous contrôle allemand.

Le Z.19 sombre en début d’après midi après avoir encaissé trois bombes alors que le Z.58 coule quelques heures plus tard au crépuscule, encaissant une torpille et trois bombes ce qui ne lui à laissé strictement aucune chance.

Le T.54 avait lui aussi quitté le port de Bergen en compagnie du croiseur lourd et des deux destroyers avant d’être détaché vers le nord.

Il est surpris par les destroyers britanniques HMS Javelin et Cambrian qui vont l’exécuter d’une floppée d’obus de 120 et de 114mm et surtout de deux torpilles de 533mm. Autant dire que le petit torpilleur allemand n’avait aucune chance.

L’escorteur G.29 est victime le 12 octobre 1953 du sous-marin HMS Triton qui place une torpille qui est suffisante car le navire se casse en deux et sombre rapidement ne laissant que fort peu de survivants, survivants qui bénéficient de la présence de la côte à proximité.

Bergen abritait une flottille de sous-marins, la 35ème. On à vu que les U-219 et U-286 ont été coulés par les avions du Coastal Command couvrant la force d’assaut.

Si les U-221 et U-223 sont engagés dans l’Atlantique et donc pas concernés par l’opération BOREALIS, les U-225 et U-227 sont en mer du Nord à traquer d’éventuels navires ralliant l’URSS, les grands convois arctiques ayant été suspendus le temps de l’opération BOREALIS.

Les quatre sous-marins cités seront d’ailleurs coulés avant la fin de l’année (respectivement le 14 octobre 1953 pour le 221, le 27 octobre pour le 223, le 9 novembre 1953 pour le 225 et le 7 novembre pour le 227).

Le U-284 était immobilisé à Bergen pour avarie. Il est sabordé par son équipage faute de pouvoir appareiller.

Le navire est relevé après guerre par les norvégiens qui envisagent de le remettre en service mais renonce en raison des dégâts causés par le sabordage, le séjour prolongé dans l’eau et les dégâts causés par différents bombardements et manœuvres portuaires agressives.

Le navire est finalement démantelé dans une des alvéoles de la base sous-marine de Bergen mais ceci est une autre histoire.

S-Boote en mer

Les vedettes lance-torpilles de la 10. Schnellbootflottille subissent de très lourdes pertes face aux navires alliés. Si les vedettes S.86 et S.100 survivent (elles seront réutilisées par les norvégiens sous la désignation de O-2 et O-3), les autres sont toutes coulées que ce soit sous les coups de l’aviation (S.88 S.90) ou par des navires de surface (S.92 S.94 S.96 S.98).

Le dragueur de mines M.80 est coulé par des chasseurs-bombardiers britanniques alors qu’il était sortit pour nettoyer un bouchon de mines signalé par une batterie de défense côtière. Attaqué à la roquette par Hawker Tempest, il sombre en quelques minutes.

Le M.82 est lui aussi coulé par l’aviation mais par l’aviation embarquée britannique, des LN-425 venus du HMS Formidable plaçant une bombe de 250kg et une autre de 125kg.

Le M.89 est désemparé par l’aviation embarquée britannique puis achevé par le destroyer HMS Javelin.

Le MIS-8 est touché par un obus de 356mm du Howe sombre dans le port de Bergen à son quai. Le navire ne gênant pas les manœuvres, l’épave est laissée là jusqu’en juillet 1955 quand elle est enfin relevée et démantelée. Le MIS-12 est capturé par les britanniques, ramené en Grande-Bretagne évalué, testé puis démantelé.

Le transport armé est sabordé au milieu du fjord (épave relevée en 1956 et démantelée) alors que le forceur de blocus Amerika Walhala est capturé, cédé aux norvégiens qui vont l’utiliser jusqu’en 1967 quand le navire sombre au large de Bergen suite à un incendie.

Les alliés y laissent également des plumes. Si le cuirassé HMS Howe sort intact de cette opération, le HMS Temeraire est gravement endommagé le 12 octobre 1953 par une voir deux mines qu’il fait détonner.

Le navire gravement endommagé est ramené cahin caha en Grande-Bretagne mais en juin 1954 il était toujours en réparations…….. . Il est remplacé par son sister-ship HMS Vanguard même si les menaces étaient pour ainsi dire limitées.

HMS Formidable

Le même jour le porte-avions HMS Formidable est endommagé par une bombe de 250kg qui s’écrase à l’avant suivit de l’avion lanceur à l’arrière sans que l’on sache si c’était volontaire ou non. Le porte-avions qui à la peau épaisse est hors de combat pendant seulement 8h signe que sa conception était plutôt bonne.

La veille deux destroyers ont été coulés, le HMS Vectis victime du U-189 (coulé quelques heures plus tard par un hydravion du Coastal Command) alors que le USS Reid (DD-369) est coupé en deux par une mine magnétique.

Des navires amphibies ont également été détruits notamment un LST, un LCT et trois LCM canadiens mais ces pertes sont liés au mauvais temps et non à l’action de l’ennemi.

Le HMCS Iroquois à plus de chance car il n’est qu’endommagé par une batterie côtière, deux obus de 105mm le touchant, le premier traversant un rouf fort heureusement vide et le second criblant d’éclat une cheminée. Le navire doit se replier mais après quelques réparations il peut de nouveau retourner au combat.

Le Conflit (31) Norvège (31)

Trondheim

Fortifications allemandes

Entre Trondheim et Bergen de nombreuses batteries sont chargées de couvrir de nombreux fjords pouvant servir de mouillage pour les navires allemands ou ennemis.

Une trentaine de batteries ont été sommairement aménagées avec essentiellement des canons de prise, la majorité étant des canons russes.

Canon de 107mm modèle 1910/30. Les canons capturés par les allemands ont finit en Norvège pour défendre les côtes

Du nord au sud (sens Trondheim-Bergen) on trouve successivement quatre batteries disposant chacune de trois canons de 107mm d’origine russe (réalésés ensuite pour des obus de 105mm), deux batteries disposant chacune de deux canons de 152mm d’origine russe également, quatre batteries disposant chacune de trois canons de 85mm d’origine russe, deux batteries disposant chacune de trois canons de 105mm d’origine belge et enfin quatre batteries disposant chacune de trois canons de 88mm eux allemands.

Ce dispositif global comprend donc un total de douze canons de 85mm, douze canons de 88mm, six canons de 105mm, douze canons de 107mm et quatre canons de 152mm soit un total de quarante-six canons.

Ces batteries sont plus destinés à empêcher un navire de mouiller dans les fjords battus par les feux que pour défendre les côtes de manière ferme. Les alliés envisageront de prendre pied dans ces fjords avant de préférer «taper dans le dur» et de viser les ports.

Ces batteries seront copieusement bombardées durant BOREALIS par l’aviation et la marine même si on apprendra par la suite en interrogeant les prisonniers allemands que la majorité n’étaient pas armées faute de moyens humains et même de munitions.

Ces batteries ont été abandonnées à la nature même si quelques années après des passionnés ont restauré certaines pour les rendre visitables au public.

Les défenses directes du port de Trondheim sont naturellement plus costaudes. Il faut dire que ce port abrite une imposante base sous-marine comparable à celle construite à Bergen.

Répresentation d’artiste de la base sous-marine allemande de Trondheim

On trouve d’abord Dora I avec cinq alvéoles dont deux doubles permettant à sept U-Boot être abrités simultanément. Dora II disposait de quatre alvéoles pouvant abriter six submersibles. Un projet de Dora III à été étudié mais n’à visiblement pas dépassé le stade de l’intention théorique.

Pour protéger ce site stratégique on trouve une douzaine de batteries côtières. Sur l’île de Munkholmen (site stratégique car gardant l’entrée du port de Trondheim), on trouve ainsi six canons de 105mm sous bouclier d’acier puis sous béton associés à des abris pour les munitions, pour les servants, pour le commandement, trois postes d’observation.

De la DCA légère est également présente (20 et 37mm) tout comme des tourelles de char déclassées pour la défense rapprochée (deux de Panzer II à canon de 20mm, deux de Panzer III à canon de 37mm et deux de Somua S-40 à canon de 47mm).

A l’ouest de Trondheim au débouché du Trondheimfjord (fjord de Trondheim) on trouve à la fin du 19ème siècle la forteresse d’Agdenes. C’est en réalité trois batteries séparées, la batterie d’Hambara sur la rive sud, les batteries d’Hysnes et Brettingen sur la rive nord, les feux croisés devant empêcher une flotte de pénétrer dans le port de Trondheim.

Les allemands reprennent les positions norvégiens et un temps les canons d’origine (quand ceux-ci n’ont pas été détruits ou sabotés bien sur) et vont ajouter quatorze batteries dont deux lance-torpilles.

A Hambar les allemands disposaient d’une batterie lance-torpilles et de trois canons de 150mm de marine montés sur des plate-formes rotatives protégées par du béton. On trouvait également des soutes à munitions, des abris pour les servants, des postes d’observation. Ultérieurement des pièces antiaériennes se sont ajoutées ainsi que quatre tourelles de char (deux de Panzer II et deux de Panzer III).

A Hysnes, on trouve quatre tubes lance-torpilles de 533mm, deux canons de 210mm norvégiens (remis en état car mal sabotées) et quatre canons de 150mm d’origine allemande.

Canon de 150mm du fort de Brettingen

A Brettingen on trouve deux canons de 150mm et trois canons de 127mm, tous d’origine allemandes, des canons sur plate-formes rotatives protégées par du béton avec des abris, des soutes à munitions, des postes d’observation et de commandement.

On trouve également des blockhaus d’infanterie avec mitrailleuses et canons antichars ou mitrailleuses et mortiers. Deux tourelles de char sont également présentes, des tourelles de char Valentine récupérés après la fin de la Campagne de Norvège.

Une batterie lourde est implantée à Orlandet avec deux canons de 203mm associés à quatre canons de 105mm, le tout protégé par de la DCA légère (20 et 37mm) et par des blockhaus d’infanterie comparables à ceux présents à Brettingen.

Unités allemandes déployées

Croiseur lourd Admiral Hipper

-Croiseur lourd Admiral Hipper

-Destroyer Z.62

-Torpilleur T.43 et T.51

-Escorteurs G.42 et G.43

-33 U-Flottille : U-212 U-213 U-214 U-215 U-228 U-247 U-283 U-285

-12 R-Flottille : R.72 R.74 R.76 R.78 R.80 R.82

-Dragueurs de mines M.72 et M.74

MIS-5

Le Condor en vol

17. KFK-Aufklärungsgruppe : 27 Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor

La Luftwaffe assure la couverture et la protection des troupes défendant Trondheim grâce aux moyens du XII. Fliegerkorps :

Messerschmitt Me-109 en vol

-Jagdgeschwader 12 : 1er groupe volant sur Messerchmit Me-109K, 2ème groupe volant sur Messerchmit Me-109H, 3ème groupe volant sur Messerchmit Me-109H et 4ème groupe volant sur Messerchmit Me-410 Hornisse

Messerschmitt Me-410 Hornisse (Frelon)

-Kampfgeschwader 12 : 1er groupe volant sur Heinkel He-119, 2ème groupe volant sur Junkers Ju-288 et 3ème groupe volant lui aussi sur Ju-288.

-Aufklärunggeschwader 12 : 1er groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 2ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 et 3ème groupe volant sur Fieseler Fi-156 Storch.

En ce qui concerne les troupes terrestres, la défense de Trondheim est assurée par les hommes du 74ème Corps d’Armée :

-264ème division d’infanterie

-642ème division d’infanterie

-220ème bataillon de chars (Panzer IV)

Stug III Ausf F

-720ème bataillon de canons d’assaut (Stug III)

-Un régiment antichar disposant de canons de 75mm

Canon de 88mm restauré quelque part en Norvège

-Un régiment antiaérien disposant de canons de 20 et de 88mm

-Un bataillon du génie.

21cm Wurfgranate 42

La défense de Trondheim peut également bénéficier d’unités qui forment une réserve d’armée à savoir un régiment d’artillerie lourde (canons de 150 et mortiers de 210mm), un régiment de Nebelwerfer (lance-roquettes multiples remorqués), le 217ème bataillon de Panzers (Panzer IV), le 717ème bataillon de canons d’assaut (Stug IV), un régiment antichar (canons de 75mm), un régiment antiaérien (canons de 20, 37 et 88mm) et enfin un bataillon du génie

Unités alliées déployées

-Cuirassés HMS Thunderer et Conqueror

-Porte-avions HMS Terrible et HMCS Bonaventure

Le HM Black Prince futur ORP Dragon

-Croiseurs légers ORP Dragon HMS Scylla Trinidad Swiftsure

-Destroyers HMS Carron Cavalier Jackal Juno Jersey Lightning USS Helm (DD-388) USS Ralph Talbot (DD-390)

-Le transport des troupes est assuré par huit LST (deux canadiens), huit LSM, deux LCI canadiens, deux LCT canadiens et huit LSL protégés par des frégates River de la Royal Navy en l’occurence les HMS Ballenderry Dart Jed Ness Evenlode Inver.

-Sous-marins : Pascal Persée

-Pétrolier Celerol et HMCS Persevering

-Ravitailleur RFA Bacchus

Supermarine Seafire à bord du HMS Formidable

23rd Carrier Air Group (23rd CAG) embarqué sur le porte-avions léger HMS Terrible avec deux squadrons de chasse (946 948) volant sur Supermarine Seafire Mk IX, un squadron de bombardement-torpillage (947) volant sur Fairey Barracuda et un squadron de bombardement en piqué (949) volant sur Loire-Nieuport LN-425.

1st Canadian Naval Air Group (1st CNAG) Groupe aérien embarqué sur le HMCS Bonaventure composé de douze Hawker Sea Fury, six Fairey Barracuda et quatre Loire-Nieuport LN-425.

Les moyens aériens déployés sont importants qu’ils soient britanniques, canadiens, néo-zélandais voir norvégiens

Squadron 131 (Coastal Command) : Bristol Beaumont

Squadron 209 (Coastal Command) : Consolidated Catalina

Short Sunderland

Squadron 210 (Coastal Command) : Short Sunderland

Squadron 608 (Coastal Command) : Blackburn Buccaneer

Avro Lancaster

-Le 1st Heavy Bomber Wing (1st HBW) disposant de trois squadrons (53 59 82), des unités qui après cinq années de conflit volent toujours sur Avro Lancaster même si le squadron 82 à entamé sa transformation sur Avro Lincoln. Ces trois squadrons ne vont pas être engagés simultanément mais par roulement pour ménager les hommes et les machines.

Handley Page Halifax

-Le 11th Heavy Bomber Wing (11th HBW) composé des squadrons 90 101 139 qui volent pour les deux premiers sur des Handley-Page Halifax et pour le troisième sur des Avro Lincoln qui doivent à terme rééquiper les deux autres squadrons (ce sera chose faite début 1954).

-Le 1st Medium Bomber Wing (1st MBW) et le 7th Medium Bomber Wing (7th MBW), le tout représentant six squadrons, les squadrons 9 38 115 18 21 57 qui volent tous sur Bristol Beaumont.

Dès que des aérodromes norvégiens ont été contrôlés et sécurisés deux squadrons de chasse-bombardement sont venus renforcer la puissance aérienne alliée, les squadron 12 et 40 volant sur Hawker Tempest pour la dernier opération majeur de cet appareil puisque les deux unités vont l’abandonner au profit du Hawker Fury II.

De Havilland Hornet.

Des unités de chasse, du Fighter Command sont également engagées avec d’abord deux squadrons de chasse lourde opérant depuis les îles britanniques, le squadron 29 volant sur De Havilland Hornet et le squadron 64 volant sur De Havilland Mosquito.

Dès que les aérodromes norvégiens sont passés sous contrôle allié, des unités de chasse volant sur monomoteurs sont engagés. Certes certains appareils ont été engagés depuis la Grande-Bretagne avec des réservoirs supplémentaires mais les monomoteurs vont faire sentir tout leur poid une fois les aérodromes sous contrôle allié.

Supermarine Spitfire Mk XIV

On trouve le squadron 73 volant sur Supermarine Spitfire Mk XIV, le squadron 85 volant lui aussi sur Spitfire Mk XIV et enfin le squadron 67 volant lui sur Hawker Fury II.

A ces unités britanniques basées à terre s’ajoutent une unité canadienne, deux unités néo-zélandaises et deux unités norvégiennes :

-le squadron 409 (Canada) assurant des missions de reconnaissance sur ses De Havilland Mosquito,

-le squadron 442 assurant des missions de chasse à l’aide de Supermarine Spitfire Mk XIV tout comme le squadron 443 mais qui lui voulait sur De Havilland DH.103 Hornet

Martin B-26 Marauder

squadron 456 (Norvège) : Martin B-26 Marauder

squadron 457 (Norvège) : Hawker Fury II

Les troupes terrestres sont importantes avec des unités américaines, britanniques et norvégiennes :

-La 4ème brigade légère norvégienne (4. Norske Lysbrigader)

-La 26ème division d’infanterie (26th Infantry Division [US])

10th Infantry (Mountain) Division

-10ème Division de Montagne (10th Infantry Division [Mountain])

-1er bataillon de Marines canadiens (1st Bataillon-Royal Canadian Marines)

51st Highland Division

-Régiment blindé indépendant norvégien

-5th Independent Armoured Brigade

-Artillerie (dont un groupe occasionnel norvégien) et génie

A l’assaut ! (épisode 4)

Plus encore que la prise de Bergen, la prise de Trondheim est importante pour ne pas dire vitale pour l’effort de guerre allié. Pas étonnant que les allemands y ont rassemblé les meilleures troupes avec le meilleur armement et des stocks abondants de munitions.

Les alliés se doutent bien que la partie ne sera pas simple. Cela explique pourquoi il est prévu de déployer le bataillon de marines canadiens, une brigade légère norvégienne et deux divisions d’infanterie. L’appui blindé est assuré par les Sherman du régiment blindé norvégien.

La stratégie choisit est classique. D’abord l’aviation qui tente de neutraliser au sol l’aviation allemande (avec un succès mitigé) et certaines cibles stratégiques comme des batteries côtières, des ponts, des installations de commandement, des navires ancrés prêts à appareiller.

Canons de 133mm à bord d’un cuirassé britannique

Ensuite le traditionnel tir de barrage de la flotte, des canons de 406mm, de 152 et de 133mm donnant de la voix en attendant les destroyers qui sécurisent la zone contre une incursion aérienne ou sous-marine avant d’assurer l’appui rapproché des troupes au sol avec leurs canons de 114mm, de 120 et de 127mm en liaison avec l’aviation embarquée.

Les norvégiens sont les premiers engagés. Les combats sont très vites durs, violents, impitoyables, les pertes lourdes. Très vite le haut-commandement doit engager le bataillon de Marines canadien pour empêcher l’effondrement de la 4. Norske Lysbrigader.

Alors que les deux divisions d’infanterie ne sont pas encore à terre, le commandement demande la mise en route des divisions d’exploitation craignant que les deux divisions américaines et le régiment blindé norvégien ne seront pas suffisants.

En Grande Bretagne on pense qu’il exagère et on refuse cette requête. Les alliés vont s’en mordre les doigts car la 26ème DI débarquée le 11 octobre 1953 est sérieusement bousculée.

Le colonel Wywan commandant du 328th Infantry Regiment déclara après guerre « A Trondheim nous étions clairement le cul dans l’eau, les allemands auraient bénéficié d’un peu plus de puissance, ils nous auraient renvoyés en Grande-Bretagne aussi vite que nous étions venus».

Les américains s’accrochent, bénéficiant d’un précieux soutien aérien et naval qui brise plusieurs contre-attaques.

Le temps se dégrade reportant au lendemain la mise à terre des troupes de montagne de la 10th Infantry Division (Mountain) qui vont passer une nuit pénible à la merci des éléments et surtout de l’ennemi. Pas besoin d’être un génie pour savoir que peu de soldats ont dormi cette nuit là.

A terre les alliés sont dans une posture délicate. Heureusement aucune contre-attaque nocturne massive n’est menée car la situation serait passée de difficile à catastrophique.

A l’aube le 12 octobre la 10ème division de montagne est mise à terre, son arrivée consolidant les positions alliées. Rapidement les chars du régiment blindé norvégien sont également débarqués.

Cette fois les alliés ne peuvent plus être rejetés à la mer mais de là à passer à l’offensive…… . Il va falloir pour cela attendre la mise à terre le 13 octobre de la 51st Highland Division suivie le lendemain 14 octobre de la 5th Independent Armoured Division.

En attendant la ville et le port sont conquises non sans très durs combats, les allemands faisant payer le prix du sang aux alliés pour le moindre bâtiment, le moindre point d’appui. On assiste à de véritables charges suicides aux cris de «Fur Vaterland !» (pour la Patrie!).

Le 15 octobre 1953 les allemands profitent du mauvais temps et de l’obscurité pour évacuer la ville et se replier dans la périphérie pour attendre l’offensive alliée qui doit achever la conquête du pays.

Les pertes ne sont pas simplement terrestres et aériennes. Elles sont également navales avec des navires détruits et endommagés dans les deux camps.

Commençons par les allemands qui cela n’étonnera personne vont subir de lourdes pertes avec la destruction de la quasi-totalité de leurs forces navales stationnées à Trondheim.

Le croiseur lourd Admiral Hipper est ainsi coulé le 11 octobre 1953 dans l’après midi par la Royale, la marine française. Ayant appareillé la veille, il avait réussit à échapper aux alliés jusqu’à ce qu’un Consolidated Catalina du squadron 209 ne le repère.

L’information est transmise à toutes les forces alliées et une course s’engage pour savoir qui allait le détruire. A ce petit jeu c’est donc notre marine française qui va décrocher la timbale.

Le croiseur léger Montcalm en 1940

Ayant mis cap au nord, le croiseur lourd est surpris par des éléments de la Force Z, le nom français de la Namsos Task Force. Seul il ne peut rien contre un comité d’accueil composé des croiseurs légers Montcalm et Sully, des escorteurs d’escadre (ex-contre torpilleurs) Ronar’ch et D’Estaing.

Touché par huit obus de 152mm, six obus de 130mm et deux torpilles, il finit par sombrer non sans avoir endommagé les deux croiseurs légers qui doivent se replier pour réparer. Si le Montcalm est de retour dès le 20 octobre 1953, le Sully devra patienter jusqu’au 4 novembre, les dégâts s’étant révélés in fine plus graves que prévus. En revanche les deux contre-torpilleurs n’ont pas été touchés.

Le Z.62 à été capturé intact par les américains. Le fait qu’il n’ait pas été sabordé reste un mystère, certains y ont vu l’oeuvre d’officiers de marine antinazis mais c’est une hypothèse hautement improbable.

Tout simplement si le navire n’à pas été sabordé c’est à cause du chaos ambiant. En revanche et tout le monde s’accorde la dessus qu’il soit quasi-intact tiens du miracle si on considère la quantité d’explosifs qui s’est abattu sur Trondheim. Évalué par l’US Navy, il est finalement coulé comme cible en juillet 1955.

Le torpilleur T.43 est surpris en haute-mer alors qu’il tentait de s’échapper de Trondheim. Alors qu’il mettait cap au sud, il tombe dans le champ de tir du sous-marin français Pascal qui place une torpille de 550mm, torpille suffisante pour provoquer le naufrage du navire.

Son sister-ship T.51 subit le même sort mais sous les coups du destroyer britannique HMS Juno qui après avoir encaissé un obus de 105mm puis un coup à touché exécute le torpilleur allemand de six obus de 120mm et d’une torpille. Le destroyer britannique reste en ligne mais devra ultérieurement subir des réparations.

Les escorteurs G.42 et G.43 sont également coulés lors d’affrontements antisurface, le premier étant victime des obus du USS Helm (DD-388) et le second des obus de l’ORP Dragon, un croiseur léger de la marine polonaise libre plus connu sous son ancien nom le HMS Black Prince.

En ce qui concerne les sous-marins basés à Trondheim au moment de BOREALIS tous ne sont pas présents au port ou à proximité.

C’est ainsi que les U-212 et U-213 étaient déployés dans l’Atlantique, le premier étant coulé le 4 novembre 1953 par un escorteur canadien alors que le second capturé par une corvette française le 12 novembre 1953 est ramené à Brest pour être inspecté et étudié.

Remis en service sous le nom de Gymnote, il va être utilisé jusqu’en septembre 1960 date de son désarmement et de sa destruction lors d’un exercice de tir.

Le U-214 est coulé le 11 octobre 1953 par un Consolidated Catalina du squadron 209 alors que le U-215 à été coulé par l’escorteur rapide La Tempête qui l’envoya par le fond à l’aide d’un intense grenadage.

Les U-228 et U-247 déployés dans l’Océan Glacial Arctique dans l’espoir d’intercepter un convoi en direction de l’URSS (alors que ceux-ci furent suspendus durant BOREALIS) sont coulés respectivement les 14 et 20 octobre 1953, le premier par un Short Sunderland du squadron 210 et le second par le même hydravion qui avait coulé le U-215.

Le U-283 immobilisé dans une alvéole de la base est sabordé de façon si minutieuse que l’épave est relevée après guerre et démolie en compagnie du U-285 très endommagé par un grenadage et qui était immobilisé pour réparations. Quand les alliés attaquent les allemands renoncent à achever des réparations qui auraient pris encore plusieurs jours et le saborde au milieu du port.

En ce qui concerne les navires légers, le tableau est également apocalyptique avec deux survivants, les R-72 et MIS-5, le premier capturé par les norvégiens et réutilisée sous le nom de O-6 alors que le second à été capturé par les américains évalué puis finalement coulé comme cible.

Les autres navires ont été coulés par l’aviation (R.74 R.80 M.72 M.74, les deux premiers par l’aviation embarquée, les deux autres par des chasseur-bombardiers britanniques) ou sabordés dans le port (R.76 R.82).

Les alliés de leur côté souffrent également des coups des combats. Le HMCS Persevering est ainsi coulé par l’aviation allemande, le HMS Scylla est ainsi endommagé par un obus de 150mm ce qui ne l’empêche pas de rester en ligne, les travaux pouvant être effectués après la fin des combats. Comme nous l’avons vu le HMS Juno est endommagé par le T.51.

Des navires amphibies sont également perdus notamment deux LST (un britannique et un canadien), un LCI canadien et quatre LCM, la majorité à cause du mauvais temps et non des coups de l’ennemi.

Le Conflit (30) Norvège (30)

Namsos

Fortifications allemandes

Le port de Namsos est lui aussi protégé par des fortifications de défense côtière, des défenses moins puissantes qu’ailleurs mais qui ne sont pas négligeables.

Canon de 150mm de l’Atlantikwall

Au nord on trouve deux batteries disposant pour la première de deux canons de 150mm et la seconde de quatre canons de 105mm, des pièces installées sur des plate-formes rotatives protégées par du béton. A cela s’ajoute des postes d’observation, des postes de commandement, des abris pour la troupe et les munitions. A cela s’ajoute une batterie lance-torpilles de 533mm à quatre tubes.

Au sud on trouve également deux batteries disposant d’un total de six canons de 155mm et deux canons de 170mm datant du premier conflit mondial.

Comme pour les batteries du Nord, ces canons sont installés sous béton tout comme les soutes à munitions, les postes de commandement, les postes d’observation, les casernements pour la troupe.

La construction d’une batterie lance-torpilles lancée en août 1953 n’à pas été achevée en octobre quand les alliés déclenchent l’opération BOREALIS.

La défense rapprochée de ces batteries est assurée par des blockhaus d’infanterie armés de mitrailleuses et de canons antichars de 47mm de prise (ici des canons de 47mm venant de Belgique), blockhaus reliés entre-eux par des tranchées semi-couvertes. On trouve également des fosses avec des mortiers de 81mm.

Côté terre ferme, des blockhaus ont été coulés pour assurer la protection des approches au cas où l’ennemi débarquerait loin de Namsos pour attaquer la ville par la terre ferme. Le haut commandement allemand est cependant lucide : ce n’est pas cette demi-douzaine de blockhaus qui va empêcher la prise de la ville. Ces blockhaus sont armés de mitrailleuses et de canons antichars.

Unités allemandes déployées

Comme à Narvik des moyens navals, aériens et terrestres sont déployés pour défendre Namsos. Ils ne sont pas négligeables mais ne sont pas extraordinaires non plus.

Sur le plan naval et aéronaval, on trouve les moyens suivants :

-Destroyer Z.66

-Escorteur (Neue Geleitboote) G.36

S-Boote en mer

-12. Schnellbootflottille : S.102/104/106/108/110/112/114/116

-Navire amphibie MIS-4

-Un transport armé

Junkers Ju-288

16. KFK-Kampfgruppe qui dispose de trente-six bombardiers-torpilleurs Junkers Ju-288

Sur le plan aérien la Luftwaffe déploie le XII. Fliegerkorps qui comprend les unités suivantes :

Schéma du Messerschmitt Me-109K (« Karl »)

-Jagdgeschwader 12 : 1er groupe volant sur Messerschmitt Me-109K, 2ème groupe volant sur Messerschmitt Me-109H, 3ème groupe volant sur Messerschmitt Me-109H et 4ème groupe volant sur Messerschmit Me-410 Hornisse

-Kampfgeschwader 12 : 1er groupe volant sur Heinkel He-119, 2ème groupe volant sur Junkers Ju-288 et 3ème groupe volant lui aussi sur Ju-288.

Focke-Wulf Fw-189

-Aufklärunggeschwader 12 : 1er groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 2ème groupe volant sur Focke-Wulf Fw-189 et 3ème groupe volant sur Fieseler Fi-156 Storch.

La défense de Namsos sur le plan terrestre est du ressort du 73. ArmeeKorps (73.AK) qui comprend les unités suivantes :

-Deux divisions d’infanterie : 208ème division d’infanterie et 2ème division de chasseurs

Panzer IV Ausf G

-Un bataillon de chars, le 219ème bataillon de chars (Panzer IV)

Sturmgeschütz III

-Un bataillon de canons d’assaut le 719ème bataillon de canons d’assaut (Stug III)

-un régiment antichar

-un régiment antiaérien

-un bataillon du génie.

A cela peut s’ajouter les éléments dépendant de la 21ème armée à savoir un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm et de 210mm), un régiment de Nebelwerfer (lance-roquettes multiples), le 217ème bataillon de Panzers (Panzer IV Ausf H), le 717ème bataillon de canons d’assaut (Stug IV), un régiment antichar (canons de 75mm), un régiment antiaérien (canons de 88mm) et un bataillon du génie mais ces moyens doivent aussi soutenir les deux autres corps d’armée.

Unités alliées déployées

Pour transporter, escorter et appuyer les troupes engagées à Namsos, la Royale et ses alliés effectuent un effort important en déployant les moyens suivants :

-Cuirassé Moselle (navire-amiral)

Schéma originel du cuirassé Gascogne qui restera unique

-Cuirassé Gascogne

-Porte-avions Anne de Bretagne

-Croiseur lourd HMS Albermale

Le HMS Belfast

-Croiseurs légers Waldeck Rousseau (détaché de la force de réserve) Montcalm Sully Lamotte-Picquet HMS Belfast et HMNoS Bergen

Le contre-torpilleur Milan

-Escorteurs d’escadre (ex-contre torpilleurs) Milan Le Triomphant Ronar ‘ch D’Estaing Vautour Cassard

-Escorteurs rapides Le Foudroyant L’Ouragan Le Sirocco La Palme La Tempête

-Escorteurs rapides (ex-torpilleurs d’escadre) Durandal Dague

-Escorteurs rapides (ex-Torpilleurs légers) classe Kabyle L’Algérien Le Sénégalais L’Arabe Le Marocain

-Avisos-dragueurs L’Impétueuse La Boudeuse La Trompeuse La Sérieuse

-Corvettes ASM La Malouine La Versaillaise La Nimoise L’Agenaise

-Patrouilleurs Coléoptère Sauterelle Araignée Scorpion

Le USS Casa Grande (LSD-13) est le navire tête de liste d’une classe de LSD. Le Foudre et l’Harmattan sont similaires

Le transport des troupes mises à terre est assurée par les deux LSD de la Marine Nationale, le Foudre et l’Harmattan, huit Bâtiments de Débarquement de Chars (BDC/LST), huit Bâtiments de Débarquement Médian (BDM/LSM) et douze Bâtiments de Débarquement d’Infanterie (BDI/LSL).

A cela s’ajoute deux transports d’assaut canadiens, les HMCS Canadian Star et Newfoundland

Deux sous-marins sont chargées de protéger la force d’assaut contre leurs congénères allemands à savoir les vétérans Casabianca et Ile de Ré.

Le soutien logistique est assuré par le pétrolier-ravitailleur Dordogne et le ravitailleur rapide Lot.

La marine canadienne assure également la guerre des mines en mobilisant plusieurs dragueurs de mine en l’occurence les HMCS Winnipeg Boniface Middlesex Rocklife.

L’appui aérien est assuré à la fois par l’Armée de l’Air et par l’Aviation Navale.

Consolidated B-32 Dominator

On trouve tout d’abord la 56ème Escadre de Bombardement ex-Escadre de Bombardement du Nord, escadre regroupant trois groupes, les deux premiers (I/56 et II/56) volant sur Consolidated modèle 33F Géant II alors que le troisième (III/56) volant sur Amiot Berry.

La 31ème Escadre de Bombardement Moyen (31ème EBM) est également de la partie avec trois groupes homogènes volant sur Lioré et Olivier Léo 458ter.

Ces bombardiers bi et quadrimoteurs ont été engagés au début pour affaiblir les défenses allemandes à la différence des unités d’assaut et de bombardement en piqué qui vont opérer pour appuyer les troupes au sol en l’occurence le GBA II/35 volant sur Bréguet Br697 et le GBA II/40 volant sur Loire-Nieuport LN-435 (ultime évolution du LN-430).

On trouve également des unités de chasse, une escadre (en attendant une deuxième début novembre) avec des monomoteurs et des bimoteurs. Si les bimoteurs sont déployés dès le début, les monomoteurs vont être essentiellement déployés dès que les aérodromes norvégiens furent sécurisés.

L’escadre en question est la 8ème Escadre de Chasse qui comprend quatre groupes, trois groupes de monomoteurs (GC I/8 GC II/8 GC III/8) et un groupe de bimoteurs (GC IV/8). C’est donc ce dernier volant sur Farman F.275 Frelon qui opère en premier en attendant l’engagement des trois autres qui volaient sur Bloch MB-157ter, ultime évolution du MB-157 et dernier chasseur à moteur à piston de la firme de Marcel Bloch.

Bloch MB-157

Ultérieurement une nouvelle escadre va appuyer la 8ème EC en l’occurrence la 1ère EC, escadre de tous les combats depuis septembre 1948. Cette escadre comprend un groupe de Farman F.275 Frelon et trois groupes d’Arsenal VG-52 Phenix, ultime évolution d’une famille née avec le VG-33.

chasseur biplace bimoteur Hanriot NC-600

Deux groupes de chasse de nuit vont d’abord protéger la Grande-Bretagne contre les (rares) incursions allemandes, les GC I/23 et II/23, deux groupes volant sur Hanriot NC-600ter, évolution du NC-600 avec un radar et quatre canons de 30mm.

La reconnaissance n’est pas oubliée avec le GR II/36 disposant de Bloch MB-176ter.

De son côté l’Aviation Navale déploie un groupe aérien embarqué, la 12ème Flottille d’Aviation Navale (12ème FAN) embarquée sur le porte-avions Anne de Bretagne avec deux escadrilles de chasse (18C et 22C) disposant de Dewoitine D-795ter, une escadrille de bombardement en piqué (9B) volant sur Loire-Nieuport LN-425 et une escadrille de bombardement-torpillage (25T) volant sur Latécoère Laté 299-5ter.

Bréguet Br790

On trouve également deux escadrilles directement impliquées dans la protection du groupe occasionnel Namsos à savoir l’escadrille 1T (Latécoère Laté 299-7) et l’escadrille 3R avec des Bréguer Br790.

En ce qui concerne les troupes au sol, la principale unité engagée est la 27ème Division d’Infanterie Alpine (27ème DIAlp) une véritable unité d’élite qui va opérer aux côtés de la 2. Norske Lysbrigader (2ème brigade légère norvégienne), du Corps Franc du Nord (CFN), d’un groupement blindé fournit par la 1ère Division Blindée (ex-1ère Division Cuirassée), d’éléments d’artillerie (dont un groupe norvégien) et du génie. Pour l’exploitation la 1ère Division Légère d’Infanterie (1ère DLI) sera mise à terre.

A l’assaut ! (épisode 2)

Comme ailleurs c’est l’aviation française qui ouvre le bal en visant d’abord les aérodromes pour empêcher la Luftwaffe de perturber l’opération.

C’est un succès ce qui explique que l’aviation allemande à nettement moins perturbé les opérations de débarquement qu’ailleurs et quand les avions à la Balkenkreuze sont intervenus le comité d’accueil était musclé et sur le pied de guerre.

Es-ce à dire que l’aviation à épargné les batteries côtières ? Non bien sur mais c’est l’aviation embarqué qui à précédé le tir de barrage des cuirassés et des croiseurs qui ont sérieusement malmené les défenses côtières non sans que ces dernières ne rendent les coups.

Le calvaire des artilleurs de marine (dépendant de la Kriegsmarine) et des artilleurs côtiers (dépendant de la Heer) n’est pas finit car les hommes encore opérationnels sont assaillis par les hommes du Corps Franc du Nord (CFN) habitué à harceler depuis sa création batteries côtières, stations radars et aérodromes.

Cette tactique que les français ont proposé de généraliser à l’ensemble de l’opération explique en grande partie pourquoi à Namsos le débarquement à été rapidement considéré comme une réussite et que le haut-commandement allemand à estimé au bout de seulement quelques heures que rejeter les français à la mer était du domaine de l’impossible.

Pour le symbole c’est la 2ème brigade légère norvégienne qui est mise à terre la première ce qui fût très apprécié de la part du gouvernement en exil mais aussi des populations ravies de voir des hommes portant certes le battle dress britannique mais avec un petit drapeau norvégien cousu sur la manche droite.

Les combats sont assez violents, les soldats norvégiens plient mais ne rompent pas en partie parce qu’ils sont galvanisés par l’appui-feu des navires et des avions français mais surtout par la mise à terre en deuxième vague des «hommes à la tarte» de la 27ème DIAlp.

La ville et le port de Namsos sont sécurisés dès le lendemain 12 octobre 1953, plusieurs contre-attaque sont brisées par la tenacité des troupes franco-norvégiennes bien appuyées par l’artillerie qu’elle soit navale ou terrestre puisqe les appuis (artillerie et chars de combat de la 1ère Division Blindée) ont été mis à terre très vite à tel point que le commandement à sollicité d’enclencher très vite l’exploitation vers le nord ou le sud.

Le haut-commandement américain à refusé demandant d’attendre la mise à terre des voltigeurs de la 1ère DLI chargée de l’exploitation.

Selon certains historiens si le haut-commandement avait accepté la demande française la Campagne de Norvège (1953/54) se serait achevée bien plus tôt et avec elle la guerre mais bien entendu on ne refait pas l’histoire à moins de se livrer au jeu dangereux et immature de l’uchronie.

Les navires allemands présents à Namsos subissent de très lourdes pertes. Le destroyer Z.66 qui appareille dès que le radar alerte sur le survol d’avions français tente de répérer la flotte d’invasion alliée.

Après des échanges incertains qui endommagent plusieurs LST et provoquant la mort de soldats et de marins embarqués, le destroyer est surpris par l’aviation, deux Laté 299-5ter disposant d’une torpille pour attaquer des navires ayant quitté Namsos ou un fjord avoisinant attaquent le Zerstörer qui encaissent deux torpilles même si un appareil est abattu et son équipage tué.

Le G.36 est attaqué par des Loire-Nieuport LN-425 qui le voyant tenter d’appareiller se détourne des cibles initiales. Certes les bombes explosives ne sont pas les meilleures pour attaquer des navires mais elles provoquent de sérieux dégâts et un début de panique parmi l’équipage peu expérimenté ce qui provoque le naufrage du navire à quai, l’épave étant relevée dès le mois de mars, remorquée en haute mer puis sabordée.

Sur les huit vedettes lance-torpilles basées à Namsos (S-102/104/106/108/110/112/114/116), deux sont saisies après l’opération par les norvégiens, les S-102 et S-116 devenues les O-1 et O-4. Les autres ont été coulées par l’aviation (S-104 et S-106) et par des navires de surface (S-108 S-110 S-112 S-114).

Le transport amphibie MarineInfanterieSchift 4 (MIS-4) était immobilisé par une avarie depuis quinze jours. Ne pouvant appareiller, il est remorqué pour être sabordé et géner l’accès au port de Namsos mais le transport armé qui assurait le remorquage est touché par l’aviation et incendié, entrainant le naufrage du MIS-4, naufrage qui ne gêne aucunement la navigation.

De leur côté les alliés ont également laissé des plumes dans cette opération avec des navires endommagés et deux navires coulés.

Le Triomphant à la mer

Deux bâtiments de la Royale sont victimes des batteries côtières, le premier est le contre-torpilleur Le Triomphant qui est sévèrement endommagé par deux obus de 150mm et deux obus de 105mm.

En dépit des efforts des marins, le navire finit par sombrer dans la soirée après une lente et longue agonie.

C’est plus rapide pour le patrouilleur Scorpion coulé par un obus de 127mm qui ne lui laisse aucune chance, l’obus mettant le feu au navire qui sombre après un sinistre terrifiant.

Le Winnipeg est coulé par un chasseur-bombardier allemand qui plaçant une bombe de 250kg ne lui laisse aucune chance, bombe le coupant en deux. Maigre consolation, le chasseur et son pilote n’y survivent pas.

Les autres navires ne sont qu’endommagés que ce soit le Waldeck-Rousseau par une batterie côtière (un obus de 105mm), le Vautour (une bombe de 250kg lancé par un avion en maraude), le Cassard (un obus de 155mm).

Le Conflit (10) Norvège (10)

Et sur terre ? Bah pardi oui !

Quoi qu’en dise les marins et les aviateurs il est évident que la décision ne peut se faire qu’à terre ce qui obère un peu plus les partisans d’une solution aérienne et navale pour empêcher les allemands d’envahir et d’occuper la Norvège.

Bien que des signaux avant-coureurs aient pu être remontés il était difficile pour les alliés de préparer très en amont un corps expéditionnaire car cela pouvait donner des armes à la propagande allemande et crédibiliser la fadaise d’une intervention de Berlin pour protéger la neutralité danoise et norvégienne.

Au grand dam du «Général Tornade» les alliés ne pouvaient être que dans la réaction en espérant débarquer rapidement et surtout avant que l’armée norvégienne ne s’effondre totalement.

Les allemands n’ont pas les pudeurs des alliés et peuvent débarquer quand et où ils veulent. Les navires de charge sont chargés dès le 2 septembre et les premiers appareillent dans la discrétion la plus totale dès le 3.

Les navires de guerre appareillent par petits groupes dans le silence radio le plus complet prenant des directions divergentes dans l’espoir de confondre les alliés. Ces derniers se perdent en conjoncture : opération contre les îles britanniques ? La Scandinavie ? Manœuvres à grande échelle ? Guerre de course dans l’Atlantique ?

Ce n’est que le 5 septembre 1948 que les premiers bombardements aériens allemands sur les villes danoises et norvégiennes font dire aux alliés que la grande bagarre à enfin commencé.

Comme nous l’avons vu à propos des combats aériens, la Luftwaffe à lancé de gros moyens sur la Norvège et le Danemark dans l’espoir de détruire au sol toute opposition aérienne car il est évident qu’un avion au sol est plus facile à détruire qu’un avion en vol.

A ces frappes aériennes vont bientôt s’ajouter le bombardement des cuirassés et des croiseurs pour tenter de neutraliser les batteries côtières norvégiennes, des installations longtemps obsolètes mais qui avaient été sérieusement modernisées et augmentées durant la Pax Armada.

Comme pour les frappes aériennes les frappes navales n’auront qu’un impact médiocre en raison d’un manque de renseignements et surtout d’un temps excécrable.

Le plan allemand est simple comme bonjour. Au Danemark la frontière et son Nye Dannevirke doit être forcé puis les éléments motorisés doivent foncer en direction des différentes villes danoises, un assaut direct sur Copenhague devant faire s’effondrer la résistance danoise surtout si le roi et le gouvernement sont capturés.

En Norvège c’est plus compliqué et plus délicat avec non seulement une géographie très contraignante mais surtout la menace navale franco-britannique. Des groupes occasionnels doivent débarquer dans différents ports, les sécuriser et faire «tâches d’huile» pour pouvoir à terme contrôler tout le pays.

*

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Panzer IV

L’invasion allemande du Danemark commence le même jour que la Norvège. Le plan est simple, basique. La 4ème division d’infanterie doit attaquer le Nye Dannevirke pour ouvrir le passage au Panzer Kampfgruppe Danmark qui doit foncer vers les différentes villes danoises. De son côté la 8ème division doit lancer un assaut frontal sur la capitale danoise.

A l’aube en ce cinquième jour de septembre, l’artillerie allemande matraque les fortifications frontalières pendant que l’aviation allemande se jette sur les aérodromes, les ponts et les grandes villes dans l’espoir de terroriser les populations civiles et de démoraliser les soldats, bref favoriser une avancée la plus rapide possible.

Comme nous allons le voir les combats vont durer bien plus longtemps que prévus, les allemands tablant sur quelques heures de résistance et non cinq jours ce qui constitue une véritable performance pour une armée qui n’avait pas connu le feu depuis 1864 !

Il semble que ce fait d’arme ait permis au gouvernement danois en exil d’obtenir la reconstitution d’une armée danoise et surtout son engagement dans de futures opérations qu’elles concernent directement ou non le territoire danois.

Soldats danois à l’exercice

Le premier obstacle sur la route des allemands est le Nye Dannevirke ainsi rebaptisé en référence au Dannevirke dont la chute en 1864 avait traumatisé le Danemark lors de la guerre des duchés.

Cette ligne fortifiée qui s’étend d’un bout à l’autre de la frontière dano-allemande (68km) est comparable à notre ligne CEZF ou à notre ligne Doumer à savoir une ligne de blockhaus de campagne disposant de mitrailleuses et de canons antichars.

Ils sont reliés entre-eux par des tranchées non couvertes, protégés par des dents de dragon, des mines et des barbelés.

En arrière on trouve des abris pour l’infanterie, des postes des commandement, une route pour amener des renforts et bien entendu des casernements pour la Force de Défense composée de quatre bataillons.

Avec cette ligne les danois espèrent tenir deux jours le temps de mobiliser le reste de l’armée et offrir la résistance la plus pugnace possible aux allemands.

Hélas pour les danois malgré un courage indéniable la ligne fortifiée danoise cède dès le 5 septembre au soir. Certes il faudra encore deux jours pour nettoyer des poches de résistance mais elles ne représentent tout au plus qu’une nuisance.

28cm K5. Une pièce de ce type à donné de la voix contre la Nye Dannevirke

Il faut dire qu’après une première attaque repoussée les allemands ont fait donner de l’artillerie lourde, des pièces sur voie ferrée de 280mm et même l’aviation. Avec un tel traitement une ligne fortifiée même bien construite résiste difficilement enfin le plus souvent.

La journée de résistance à néanmoins permis à une bonne partie de l’armée danoise de se replier, armée qui à de plus remporté une victoire en repoussant une tentative d’assaut direct sur Copenhague par des éléments de la Kriegsmarine et de la 8ème division d’infanterie. Ce n’est cependant que partie remise.

Les éléments résiduels de la Force de Défense parviennent à se replier tant bien que mal pour s’amalgamer avec les éléments de la Division du Jutland composée du 14ème bataillon antiaérien, du 2ème bataillon du génie, de quatre régiments d’infanterie (2ème, 3ème, 7ème RI et régiment des pionniers d’infanterie), un régiment de cavalerie (régiment des Dragons du Jutland) et un régiment d’artillerie (3ème régiment d’artillerie) sans compter un régiment de canons de 155mm et un régiment de canons de 105mm issus d’une réserve stratégique.

En dépit de leur courage et de leur motivation les soldats danois sont particulièrement démunis vis à vis notamment de l’aviation et des chars, leur utilisation conjointe empêchant les troupes danoises de fixer notamment les unités de la 4ème division d’infanterie.

Pour ne rien arranger la plaine du Jutland est un véritable «billard à char» pour le PanzerKampfGruppe Danmark.

Les soldats danois vont cependant parvenir à résister jusqu’au 7 septembre, permettant notamment au roi et au gouvernement danois de s’enfuir en Grande-Bretagne et d’alimenter la résistance qui se manifesta dès les premiers jours de l’occupation allemande d’abord de façon passive par une inertie complète aux ordres et aux demandes allemandes avant de passer en mode actif avec également des représailles de plus en plus sanglantes.

Des troupes parviennent à évacuer mais un certain nombre seront faits prisonniers. Rapidement libérés au nom de la «solidarité aryenne» ils choisiront des chemins souvent différents : rallier l’armée danoise en exil ou servir le gouvernement collaborateur danois, les plus motivés se retrouvant au sein du Freikorps Danmark, une unité d’infanterie qui allait s’illustrer positivement et négativement sur le front russe.

Le 8 septembre 1948 les troupes allemandes venues du Jutland et du Sjaelland font leur jonction à Randers occupant ainsi 90% du territoire danois.

Le 9 septembre 1948 à l’aube un groupement occasionnel (Kampfrgruppe) fournit par la 3. Fliegerdivision est largué dans la région d’Aalborg dans l’espoir de surprendre le gouvernement danois et le roi. Hélas pour les Fallschirmjäger et heureusement pour l’avenir de la résistance danoise, Frédéric IX et son gouvernement sont déjà en Grande-Bretagne.

Cette dernière attaque est le coup de grâce pour l’armée danoise qui après quatre jours d’une héroïque résistance capitule à 13.00. Elle à perdu 1500 hommes (tués) et 12500 faits prisonniers, d’autres ralliant la Grande-Bretagne pour créer une nouvelle armée danoise.

Le gros de l’opération WESERÜBUNG va donc concerner la Norvège ce qui au final quand on y réfléchit bien est tout de même logique.

Logiquement les allemands vont engager le gros de leurs moyens à l’extrême nord (Narvik) et à l’extrême sud (Bergen) histoire de prendre en tenaille le dispositif norvégien et allié. Plus facile à dire qu’à faire car la géographie ne facilite pas vraiment l’assaillant mais n’est pas un avantage décisif pour le défenseur. Cela explique pourquoi les alliés ont longtemps hésité à engager une offensive majeure en Scandinavie.

2cm Flak 38 en position terrestre lors de manœuvres en 1943

A Bergen c’est la Force A qui va ferrailler avec les norvégiens. Elle comprend deux divisions d’infanterie (163.ID et 181.ID), un bataillon de Panzer III de la 1. Panzerdivision, un bataillon de Panzer IV de la 5. Panzerdivision, une batterie antiaérienne de 20mm et une batterie de 37mm.

En dépit du fait que la «Deutsche MarMar» soit totalement mobilisée pour cette opération car le trafic était forcément interrompu par la guerre il était impossible d’envoyer tous les moyens en une seule vague.

Cela pourrait même être dangereux car avec des ports endommagés et/ou embouteillés, des ports pas toujours bien équipés cela offrait des cibles de choix à un bombardement aérien et à un bombardement naval.

La première vague de la Force A appelée aussi de manière officieuse Kampfgruppe Bergen (Kpfg. Bergen) comprend deux régiments d’infanterie (un de la 163ème et un autre de la 181ème), les deux batteries antiaériennes, une partie de l’artillerie et un détachement de Panzer III.

Panzer III à canon de 50mm

La deuxième vague comprend deux régiments d’infanterie (un de la 163ème DI et un autre de la 181ème DI), une partie de l’artillerie et le reste du bataillon de Panzer III.

Enfin la troisième vague comprend les deux derniers régiments d’infanterie, le reliquat de l’artillerie et le bataillon de Panzer IV.

Ca c’est sur le papier car l’aviation alliée et des sous-marins ont prélevé des navires de charge, le groupe de combat de Bergen perdant une partie des moyens alloués ce que normalement tout planificateur censé doit prévoir.

Les bombardements aériens ont lieu dès 04.45 suivis à partir de 06.45 par le bombardement naval destiné à neutraliser les batteries côtières qui défendent Bergen.

Me-109T

La force navale éployé au large de Bergen comprend notamment le porte-avions léger KMS Bautzen (32 appareils _18 Messerchmitt Me-109T 6 Junkers Ju-87C et huit Fieseler Fi169) qui va couvrir la mise à terre des troupes, les Ju-87C se chargeant de l’appui-feu alors que le Fi-169 assuraient la surveillance du secteur et des patrouilles anti-sous-marines.

Le cuirassé Bismarck

Il est accompagné par le cuirassé Bismarck, le croiseur lourd Admiral Reuter, le croiseur léger Dantzig et de six destroyers les Z.8 Bruno Heinemann et Z.9 Wolfang Zenker (escorte rapprochée du Bismarck) Z.12 Erich Giese et Z.19 Hermann Kühne (protection rapprochée des navires de transport d’assaut) Z.35 et Z.36 (escorte rapprochée du porte-avions Bautzen).

Le cuirassé Bismarck ouvre le feu avec ses canons de 380mm mais le gros du tir est assuré par les deux croiseurs, les allemands craignant d’être surpris par la flotte alliée dont ils savent l’approche non pas imminente mais proche.

Carte simplifiée de l’opération Weserubung

La défense du sud de la Norvège est assurée par les 1ère et 2ème divisions norvégiennes. Si la 2ème va rester opérationnelle jusqu’au bout, la 1ère perd une bonne partie de sa capacité de combat dès le premier jour en perdant son principal stock de munitions.

Les norvégiens vont cependant résister plusieurs jours en espérant voir arriver les alliés. C’est ainsi que les troupes norvégiennes retranchées dans le Telemark et qui bloquaient clairement l’avancée allemande vont résister jusqu’au 19 septembre 1948 même si il semble que les allemands n’ont pas fait tout ce qu’il fallait pour les neutraliser estimant non sans raison qu’ils représentaient davantage une nuisance qu’une menace.

De toute façon avec le contrôle d’Oslo et de Bergen les allemands ont fait plus que mettre le pied dans la porte et sécurisent le contrôle des détroits danois ce qui était l’un des objectifs de l’opération WESERÜBUNG.

De son côté la 2ème division va longtemps bloquer l’avance allemande vers le nord depuis Oslo. Ce n’est que le 15 septembre 1948 qu’une nouvelle offensive permettra aux allemands d’enfin neutraliser la division norvégienne, 2500 soldats parvenant à se faire interner en Suède, la majorité rejoignant la Grande-Bretagne pour reprendre la lutte au sein des unités norvégiennes reconstituées.

Je sais je sais tout le monde connait ce dessin mais je ne m’en lasse pas de le montrer encore et toujours

La 3ème division norvégienne déployée au nord de Bergen est l’une des mieux préparées de l’armée norvégienne, son commandant ayant pris l’initiative de mobiliser dès le 4 septembre 1948 ce qui lui valu les remontrances de ses supérieurs, remontrances vite oubliées quand la guerre débute.

La division va choisir de se replier sur le nord pour empêcher les allemands de sortir de Trondheim, une décision qui sera mal vécue à l’époque mais qui se révélera censée car les franco-polonais débarquant à Namsos la 3ème division norvégienne pourra lui tendre la main.

La Force B va débarquer à Kristiansand. Elle comprend une division d’infanterie la 169.ID, un bataillon de Panzer III fourni par la 1. PzD, une batterie de canons de 105mm fournit par l’équivalent allemand de la Réserve Générale, une batterie antichar disposant de canons de 50mm et une batterie antiaérienne disposant de canons de 20mm.

La première vague comprend un régiment d’infanterie et la batterie antichar, un régiment d’infanterie accompagné par les canons de 50mm antichars devant se retrancher dans la ville pour couvrir le débarquement du reste des unités. A noter que le troisième régiment d’infanterie est conservé en Allemagne comme une sorte de réserve stratégique.

Le croiseur léger KMS Karlsruhe

Les transports de la force B sont éclairés/escortés/appuyés par la Kriegsmarine en l’occurrence trois croiseurs légers Karlsruhe Köln Leipzig et des torpilleurs pour la protection ASM en l’occurrence deux torpilleurs type 35 (T.5 T.6) et type 39 (T.22 T.24).

Les croiseurs légers vont neutraliser les batteries côtières et couvrir le débarquement par un tir de barrage qui empêche les norvégiens si vraiment ils en avaient la capacité de rejeter les allemands à la mer.

La Force C doit débarquer à Trondheim qui à terme va devenir la principale base navale allemande en Norvège. Elle comprend une division d’infanterie (196.ID), un régiment d’infanterie de montagne de la 3. Gebirgsdivision, un bataillon de chars équipés de Panzer III à canon de 50mm (fournit par la 5. PzD) et un bataillon parachutiste de la 3. Fliegerdivision qui finalement sera largué dans la banlieue d’Oslo dans l’espoir de capturer le roi et le gouvernement.

KMS Leberecht Maas (Z-1)

Le Kampfgruppe Trondheim est couvert et appuyé par des moyens navals importants avec le cuirassé Hidenburg, le porte-avions Graf Zeppelin (52 appareils _vingt-quatre Focke-Wulf Fw-195, douze Fieseler Fi-167 et seize Junkers Ju-87C_), le croiseur lourd Tegetthoff, le croiseur léger Hamburg et six destroyers en l’occurence les KMS Z.1 Leberecht Maas Z.2 Georg Thiel (escorte rapprochée du Graf Zeppelin), Z.5 Paul Jacobi Z.6 Theodor Riedel Z.7 Heinan Schoemann et Z.20 Karl Gaster (escorte rapprochée du cuirassé Hidenburg). A cela s’ajoute trois torpilleurs, les T.26 T.19 et T.21.

Après les bombardements de la Luftwaffe, les avions du Graf Zeppelin décollent, les Fw-195 vont assurer la couverture aérienne pendant que les Ju-87C assurent l’appui-feu, les Fi-167 assurant la surveillance de zone et des patrouilles ASM.

L’Hidenburg tire plusieurs salves d’obus de 16 pouces mais très vite cesse son tir pour conserver suffisamment d’obus en cas de rencontre de surface. Nul doute que les marins du Lorraine auraient préféré que le cuirassé type H lâche plus d’obus sur les côtes norvégiennes.

Le Tegetthoff tire plus longtemps tout comme le Hamburg ce qui est un paradoxe pour ce dernier puisque le KMS Hamburg était un croiseur léger antiaérien. Les destroyers protègent le porte-avions et le cuirassé mais peuvent se tenir prêts à mener d’autres missions.

La Force D doit débarquer à Bodo et dans les Lofoten. Elle comprend un régiment de la 5. Leichte Division et pour l’assaut sur Bodo un régiment de la 3. Gebirgsdivision et un détachement motorisé comparable à un GRDI.

KMS Z.33

Le débarquement sur Bodo est couvert par le porte-avions léger Lutzen (dix-huit Messerchmitt Me-109T, six Junkers Ju-87C et huit Fieseler Fi-169), les croiseurs légers KMS Frankfurt am Main et Magdeburg ainsi que les destroyers Z.33 et Z.34 qui protègent le porte-avions léger.

Insigne de la 2ème division de montagne

La Force E/Kampfgruppe Narvik comprend deux divisions d’infanterie (214.ID et 2. Gebirgsdivision), un bataillon de Panzer III à canon de 50mm fournit par la 1. Panzerdivision et une compagnie de Fallschirmjäger fournit par la 3. Fliegerdivision.

Là encore trois vagues doivent conduire les troupes jusqu’à Narvik, la première vague prévoyant trois régiments d’infanterie (deux de la 214ème et un de la 2ème division de montagne), une compagnie de chars et des unités d’artillerie de la 214.ID.

La deuxième comprend le troisième régiment de la 214ème division et des éléments d’appui et de soutien de la 214.ID et de la 2ème division de montagne.

La troisième vague comprend le deuxième régiment de la 2ème division de montagne, le reliquat du bataillon de chars et différents éléments d’appui et de soutien.

La compagnie de parachutiste doit être larguée dès que possible pour obtenir une surprise stratégique.

Ce groupe occasionnel comprend curieusement pas de porte-avions mais une solide protection de surface avec deux cuirassés (Von der Tann Derfflinger), deux croiseurs de bataille (Oldenburg Nassau), le croiseur lourd Blücher et les destroyers pardon les Zerstörer Z.25 et Z.26 (escorte du croiseur de bataille Oldenbourg), Z.31 et Z.32 (escorte du croiseur de bataille Nassau), Z.39 et Z.40 (escorte du Von der Tann) Z.41 et Z.42 (escorte du Derfflinger)

Dès que les premières bombes allemandes tombent sur les villes de Norvège, le général Villeneuve n’attendant pas l’ordre du politique (ce qui en d’autres temps aurait terrorisé le personnel politique de la Troisième République) ordonne aux troupes prévues de faire mouvement vers les ports d’embarquement.

Les troupes du CEFAN vont embarquer sur des navires réquisitionnés dès le 1er septembre 1948 tant la guerre semblait imminente. L’utilisation de navires de guerre à été envisagée mais la marine nationale à décliné estimant que cela ferait d’un bon navire de guerre un mauvais navire de transport et un très mauvais navire de guerre.

Les britanniques vont aussi réagir rapidement et en attendant l’engagement des troupes au sol, unités aériennes et navales vont se montrer agressives pour faire comprendre aux allemands qu’ils ne faudrait pas trop prendre leurs aises.

Les français et les polonais prennent la décision de débarquer à Namsos pendant que les britanniques décident de débarquer à Tromso.

Les premières troupes mises à terre sont logiquement des unités britanniques dès le 7 septembre 1948 suivies le surlendemain 9 septembre par les premières unités franco-polonaises.

Les combats sont immédiatement violents. Les norvégiens galvanisés par l’engagement de troupes alliées sont bien décidées à faire de la Norvège le tombeau de la soldatesque teutonne. Bien entendu cela va rester un vœux pieux car l’écart est trop grand sur les plans qualitatifs et quantitatifs.

Dans l’ensemble les débarquements se passent bien mais comme toujours il y à des exceptions ou du moins une en l’occurrence Bodo où les allemands sévèrement matraqués par les norvégiens et les alliés ne peuvent se maintenir.

Même à Narvik la situation va vite dégénérer moins en raison du manque de troupes que de la timidité et la décision du commandant allemand il est vrai mis sous pression par les alliés et par des ordres contradictoires.

Les allemands arrêtent les frais à Bodo dès le 10 septembre, les survivants évacuent et sont envoyés à Trondheim. Dès le lendemain les britanniques envoient une partie de leurs forces.

Le 20 septembre 1948 les alliés ou plutôt les britanniques (mais quelques unités françaises sont intégrés plus pour des raisons politiques que militaires) s’emparent de Narvik.

Le 5 octobre 1948 le port de Namsos tombe aux mains des allemands. La ville est dévastée, le port totalement bloqué par les destructions volontaires des alliés et le plus souvent par les destructions menés par les allemands.

Les alliés sont repliés sur le nord s’appuyant sur les ports de Bodo, de Tromso et de Narvik. Il est décidé de résister le plus longtemps possible pour augmenter la note du boucher et pour évacuer le plus de possible de norvégiens et de norvégiennes souhaitant continuer la lutte.

Le 11 octobre 1948 la Task Force Vimy débarque à Bodo entre deux alertes aériennes malgré l’effort considérable des unités de chasse alliées qu’elles soient basées à terre et embarquées.

La Task Force Vimy kesako ? C’est tout simplement l’élément précurseur de la 2ème division canadienne disposant de 2389 officiers, sous-officiers et soldats.

Canon-obusier de 25 livres

Elle se compose d’un état-major tactique, d’un régiment d’infanterie, d’éléments de reconnaissance (quelques autos blindées et une poignée de chars légers), un groupe d’artillerie (trois batteries de quatre canons-obusiers de 25 livres, une compagnie de canons antichars de 6 livres), une compagnie du génie et quelques éléments de soutien.

Cet apport de troupes fraiches aussi modeste soit-il (car l’envoi du reste de la division sera annulé) remonte le moral des troupes françaises, britanniques et polonaises. En face les allemands sont fatigués d’autant que l’envoi de nouvelles unités prend un temps anormalement long.

Halte là ! Halte là ! Les montagnards sont là !

Le 12 octobre 1948 des chasseurs alpins débarquent à Narvik. Le port n’était que légèrement défendu mais est choisit en dépit de son exposition à l’aviation. C’est le début de l’opération DYNAMO, l’opération d’évacuation du maximum de troupes norvégiennes. En même temps tous les éléments inutiles pour la poursuite de la résistance sont également évacués.

Les allemands qui ont repris leur avance se sont emparés de Bodo le 16 octobre et tentent de s’emparer dans la foulée de Narvik mais les chasseurs alpins résistent avec une férocité qui surprend les allemands s’attendant à tomber sur des soldats démoralisés.

Parmi ces «Diables Bleus» qui donnent du fil à retordre aux allemands figure le caporal Edouard Bellefeuille, caporal au 27ème BCA qui connait un baptême du feu humide car au moment de son débarquement à Namsos il tombe à l’eau suite à l’explosion d’une bombe à proximité.

«Je me suis dit que je détestai encore plus les allemands car ils avaient essayé de me noyer moi le montagnard avant que j’ai pu me battre. Le seul avantage de ce bain forcé c’est que cela m’avait privé de toute sensation de peur ce qui quand j’y réfléchis n’était pas forcément une bonne chose».

Combattant à Namsos puis à Narvik il s’illustre à plusieurs reprises dans des coups de main que n’aurait pas renié un Conan ou un Darnand. Il est blessé à deux reprises et finira par être évacué par un hydravion britannique direction la Grande-Bretagne le 16 octobre 1948. Il est ensuite évacué sanitaire vers la France puis retrouvera son unité après son retour en France.

Dans la nuit du 18 au 19 octobre 1948 Narvik est évacué par les dernières troupes alliées, le «port du fer» étant occupé par les allemands le lendemain (les troupes allemandes qui avaient débarqué le 5 septembre s’étaient retranchés en dehors de la ville ce qui explique que les chasseurs alpins ont pu reprendre le port pour l’opération d’évacuation).

Des blessés intransportables laissés sur place sous la protection de la Croix Rouge sont massacrés par la soldatesque allemande.

Ce n’est hélas ni le premier ni le dernier crime de guerre. Si certains pensait que ce conflit aurait pu être une guerre de gentleman ils ont nul doute été dégrisés.

Une enquête à été menée. Deux auteurs ont été retrouvés après guerre, jugés par un tribunal norvégien et pendus.

Les combats qui suivent sont du niveau du baroud d’honneur mais les soldats alliés sont toujours aussi agressifs toujours aussi énergiques. Ils se battent avec l’énergie du désespoir rallier Tromso qui tombe le 21 octobre 1948.

Es-ce à dire que tous ces soldats sont condamnés aux camps de prisonniers allemands ? Non car non seulement les combats majeurs continuent jusqu’au 27 octobre mais jusqu’au 1er novembre 1948 des soldats norvégiens, polonais, britanniques et français vont continuer à tendre des embuscades pour récupérer nourriture, armes et munitions.

A l’instar de nos forces spéciales actuelles elles se déplaçaient la nuit et combattaient le jour, bénéficiant de l’aide de populations civils qui parfois payaient le prix de leur courage.

Ces soldats expérimentés et motivés étaient une denrée précieuse. Voilà pourquoi les marines alliées vont prendre des risques pour les récupérer, des destroyers et surtout des sous-marins qui arrachaient aux griffes allemandes des soldats qui vont dans un premier temps transmettre leur expérience à leurs collègues avant de reprendre le combat au sein de leurs corps d’origine ou dans de nouvelles unités de combat.

Bilan

Clairement la Campagne de Norvège (1948) se termine par une défaite alliée, une défaite que certains n’hésitent pas à qualifier d’attendue. Certes les soldats alliés ont débarqué en Norvège avec la ferme intention de gagner mais les moyens engagés étaient bien inférieurs à ceux nécessaires pour expulser les allemands du pays d’Haakon VII.

Si on fait un peu d’uchronie on aurait pu imaginer que l’engagement de moyens alliés supplémentaires aurait pu conduire les allemands à déclencher prématurément l’offensive prévue à l’ouest avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer.

Croiseur léger La Gloire en 1937. Onze ans plus tard, il succombera au cours de la Campagne de Norvège

Les pertes en matériel sont sensibles, la marine française ayant par exemple perdu deux cuirassés (un coulé et un autre si endommagé que les français renoncent à le réparer préférant accélérer la construction du Languedoc et du Moselle), deux croiseurs (un coulé La Gloire et un autre très endommagé Le Waldeck-Rousseau et donc indisponible pour plusieurs mois), plusieurs unités médianes et sept sous-marins.

Si les avions perdus seront rapidement remplacés car les stocks sont conséquents, il faudra plus de temps pour les navires mais aussi pour les hommes qui doivent être entrainés et surtout amalgamés aux vétérans.

Sur le plan humain les pertes ont été lourdes car les combats ont été particulièrement violents. Ils ont surtout duré bien plus longtemps que prévu tant par les allemands (qui pensaient mener une promenade militaire en occupant les deux pays scandinaves avant l’arrivée des alliés) que par les alliés (qui ne pensaient pas tenir aussi longtemps).

Les chiffres exacts sont difficiles à donner car les archives en partie détruites se contredisent. Je vais donc donner pour chaque camp un ordre de grandeur.

Côté allemand les pertes totales tous services confondus sont estimés entre 5100 et 9600 hommes, la majorité des historiens s’accordant sur le chiffre de 7200 tués et blessés. A cela s’ajoute 250 prisonniers, essentiellement des aviateurs qui dès leur capture étaient rapidement exfiltrés vers la Grande-Bretagne. La Luftwaffe ne le sait pas encore mais cette perte aura des conséquences irréparables pour l’avenir des forces aériennes allemandes.

Côté norvégien les pertes sont de 2824 tués et blessés ainsi que 5000 prisonniers qui vont être pour beaucoup rapidement libérés, un geste que les allemands vont regretter car nombre de ces hommes vont s’empresser soit rallier la Grande-Bretagne ou d’intégrer la résistance.

Côté danois on compte 1500 tués et blessés et 12500 prisonniers même si ces prisonniers seront rapidement libérés.

Côté allié (France, Grande-Bretagne et Pologne) on compte 6800 tués et blessés et 2530 prisonniers (1200 britanniques, 980 français et 350 polonais).

C’est aussi ce qu’on appelle pas encore le RETEX (Retour d’Expérience), des leçons sont tirées des combats en Norvège et dans la mesure du possible sont exploitées.

Si au sein de l’armée britannique ce RETEX sera fait de manière empirique sans cadre clair, au sein de l’armée française alors que les anglo-saxons ont tendance à voir dans les latins de «sympathiques bordéliques» ce sera plus cadré.

Dès le 20 septembre 1948 le général Villeneuve fait passer une note demandant aux armées de terre, de mer et de l’air de faire remonter vers ses bureaux les leçons du conflit. Ces rapports seront triés, synthétisés et aboutiront à la mise à jour des doctrines d’emploi même si il y à toujours un gouffre entre la théorie et la pratique.

Que retenir de la Campagne de Norvège (1948) ? quelles leçons ont été tirées des combats navals, aériens, sous-marins et terrestres ?

-Dans le domaine du combat naval aucun révolution l’avantage se fait toujours en repérant, en analysant et en ouvrant le feu le premier. Les navires engagés disposaient pour beaucoup de radars mais leur utilisation à été décevante en raison notamment de la météo qui rendait le fonctionnement de l’électronique particulièrement aléatoire.

Les deux camps vont se lancer dans une course effrénée pour aboutir à des radars performants et surtout disponibles pour pouvoir équiper aussi bien un cuirassé qu’un contre-torpilleur, aussi bien un croiseur qu’un torpilleur.

L’analyse des rapports montrera que la dispersion des canons français n’était pas si élevée que crainte ou qu’analysée durant la Pax Armada. Des projets sont cependant lancés pour améliorer la précision des canons lourds. Cela aboutira à la fois à des systèmes techniques (retarder le tir d’un canon sur deux pour les tourelles doubles et quadruples) et par des tactiques de tir.

-Pour les canons médians la cadence de tir doit être augmentée tandis que pour les canons légers leur nombre doit être augmenté pour tendre un véritable mur de feu.

De nouveaux modèles de canons vont être mis au point. Une standardisation facilitant la logistique est décidée, le 114mm pour la Royal Navy et le 130mm pour la France, La Royale continua sur la route choisit en 1940 à savoir de faire du canon de 130mm le canon standard des navires médians de combat et de l’artillerie secondaire des cuirassés. C’est toujours le cas aujourd’hui en 2022.

Canons de 130mm modèle 1956

C’est ainsi que la Marine Nationale demanda la mise au point d’un nouveau canon automatique à très haute cadence de tir (CATHAC, le futur canon de 130mm modèle 1956) mais ce projet n’allait aboutir qu’après guerre à la fois en raison de problèmes techniques mais aussi parce que l’évolution du conflit imposait la production des modèles existants plutôt que la mise au point d’un nouveau canon qu’il fallait forcément roder sans oublier l’immobilisation du navire pour le remplacer de ou des tourelles.

-Dans le domaine des torpilles, des mines et des charges de profondeur les résultats sont aussi mitigés que contrastés.

Les torpilles ont plutôt donné satisfaction au grand dam des allemands. En revanche les mines et les charges de profondeur ont déçu, la France prenant la décision d’abandonner certains modèles de mines et les modèles plus légers de ses charges de profondeur. On commence également à travailler sur les futurs lance-roquettes ASM qui allaient bientôt faire des ravages au sein de la soumarinade teutonne.

-Dans le domaine aérien il devient évident qu’une escadre ne peut se maintenir longtemps sous la menace de l’aviation ennemie à moins d’accepter des pertes abominablement lourdes. Il est d’ailleurs peu probable que les français et les britanniques puissent accepter de telles pertes. En clair un porte-avions ou une base aérienne à terre à proximité de la zone d’opération est INDISPENSABLE.

Cela entrainera une évolution dans la planification des opérations, la capture d’un aérodrome ou d’un terrain rapidement aménageable pour déployer des unités de chasse devint un élément majeur de la rédaction d’un plan avant même la capture d’un port pour amener renforts et logistique aux troupes mises à terre.

Schéma du Dewoitine D-790, version navalisée du D-520

Sur le plan des combats aériens les chasseurs alliés ont fait jeu égal avec les chasseurs allemands même si clairement le D-790 est en fin de vie et que les pilotes des escadrilles du Painlevé sont impatients d’utiliser soit le D-795 voir de passer carrément au Bloch MB-159 qui pour le moment n’équipe que le Commandant Teste en Méditerranée.

Pour les bombardements la précision laisse clairement à désirer décevant ceux qui inspirés par Douhet et Mitchell espéraient faire du bombardier l’arme miracle capable de tout régler par sa seule présence.

Dans le domaine des munitions il est évident que les bombes explosives de moins de 100kg n’ont pas d’utilité. En revanche pour le domaine des bombes spéciales le poids n’est pas une norme décisive que ce soit pour les bombes éclairantes, les bombes à sous-munitions ou encore les bombes incendiaires. Les roquettes ont montré leur efficacité en tir air-sol mais en revanche en tir air-air c’est clairement une mauvaise idée.

Le sous-marin Casabianca

-Dans le domaine sous-marin les torpilleurs submersibles ont montré une très bonne efficacité, plusieurs unités majeures ayant été coulées notamment le croiseur lourd Blücher victime du Casabianca.

Si pour la lutte anti-surface et anti-sous-marine le sous-marin se montre efficace en revanche pour la reconnaissance et le renseignement les performance sont assez décevantes. De nouveaux usages sont également apparus que ce soit la récupération des pilotes abattus ou l’évacuation de ceux cherchant à éviter la captivité.

-A terre les leçons renouvellent les bases du combat à savoir la manœuvre, le choc et le feu. Il n’y à aucune révolution dans le domaine du combat terrestre.

Les armes se sont dans l’ensemble bien comportées mais les combats en Norvège ont montré qu’un fusil à longue portée n’à pas forcément une grande utilité et qu’une arme tirant vite à courte portée est plus utile.

Certains commencent à imaginer une arme intermédiaire entre le fusil et le pistolet mitrailleur mais il faudra beaucoup de temps pour aboutir en raison de difficultés techniques et surtout de nombreuses résistances, le fusil d’assaut bousculant trop de choses pour être forcément bien vu immédiatement.

MAS-40

Il y à certes côté français le fusil automatique MAS-40 et son dérivé MAS-44 (qui ne combat pas en Norvège) mais rien d’équivalent côté britannique ce qui est tout de même significatif (ou pas).

Tout comme durant le premier conflit mondial le RETEX confirme la nécessité de concentrer dès les plus bas échelons la plus grande puissance de feu possible.

Néanmoins même si ces leçons sont tirées quand va débuter la Campagne de France elles ne seront faute de temps qu’encore très partiellement appliquées.

La Campagne de Norvège (1948) confronte les alliés aux Nebelwerfer, les lance-roquettes multiples, une arme absente de l’arsenal allié. Très vite un affût est capturé, évacué, étudié et copié.

C’est aussi cette campagne qui va faire aboutir le concept de lance-roquettes portatif qui va donner à l’infanterie une arme redoutable contre le char même si comme on le verra le bazooka sera davantage utilisé contre les blockhaus et les nids de mitrailleuse que contre les chars.

Le Conflit (5) Norvège (5)

Allemagne

Kriegsmarine

Pour cette première opération du second conflit mondial la marine de guerre allemande, l’héritière de la Kaiserliche Marine effectue un immense effort, un effort concernant aussi bien l’Atlantique (envoie de grandes unités pour détourner l’attention des alliés en menant une guerre de course), la Baltique (surveillance d’une marine soviétique au comportement incertain) et bien entendu la mer du Nord pour transporter, protéger et appuyer le corps expéditionnaire envoyé à la conquête de la Norvège et du Danemark.

Même si cette partie concerne la Campagne de Norvège (1948) je vais citer pour information les navires engagés dans l’Atlantique et en mer Baltique (pour le détail de leurs opérations j’en parlerai ultérieurement plus précisément dans le volume 2).

En mer Baltique les grosses unités sont chargées comme on dirait aujourd’hui de monitorer les mouvements de la Flotte de la Baltique et dissuader Moscou de profiter de l’engagement allemand en Norvège pour avancer ses pions voir pire.

Dans l’Atlantique les capital ships de la Kriegsmarine doivent détruire le trafic commercial ennemi en attaquant les convois qui commencent déjà à traverser cette immense étendue d’eau.

Les alliés se doutent bien que les allemands vont lancer quelques grosses unités en enfants perdus dans l’Atlantique et vont mettre en place des groupes de chasse pour tenter de contrer cette menace.

Le cuirassé de poche KMS Deutschland en 1936

Parmi les unités engagées dans l’Atlantique nous trouvons le cuirassé de poche Deutschland mais aussi les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau. Ces deux inséparables ont reçu des surnoms évocateurs. Ce sont les Ugly Sisters pour les britanniques et les Soeurs Papin pour les français.

Si le premier avec ses six canons de 280mm peut difficilement s’opposer à plus qu’aux croiseurs lourds, les seconds avec leurs six canons de 380mm représentent une menace bien supérieure pour le trafic commercial allié.

Le passage des deux croiseurs de bataille dans l’Atlantique est couvert par quatre Zerstorer, les Z.21 Wilhelm Heidkamp K.22 Anton Schmitt Z.27 et Z.28. Cette mission terminée ces quatre navires de combat médian vont rallier la force B devant Kristiansand.

Le croiseur lourd Admiral Graf Spee est également envoyé dans l’Atlantique comme pour venger son ainé disparu en décembre 1939.

Le KMS Tirpitz peu après sa mise en service

En mer Baltique la Kriegsmarine déploie le cuirassé de poche Admiral Scheer, le cuirassé Friedrich der Gross, le croiseur bataille Bayern le croiseur de bataille Saschen (qui lui ne va pas tarder à rallier la mer du Nord). On trouve également le cuirassé Tirpitz, le porte-avions Peter Strasser (avec à son bord le Tragergruppe 188 composé de vingt-quatre Focke-Wulf Fw-195, de douze Fieseler Fi-167 et seize Junkers Ju-87C) accompagnés comme pour chaque grosse unité de leurs destroyers pardon de leurs Zerstörer d’escorte.

KMS Hans Lody (Z-10)

On trouve par exemple les KMS Z.10 Hans Lody et Z.11 Bernd vont Armin qui protègent le sister-ship du Bismarck aka Tirpitz alors que les Z.29 et Z.30 assurent la protection antisurface, antiaérienne et anti-sous-marine du cuirassé Friedrich der Gross, les Z.37 et Z.38 protègent le porte-avions Peter Strasser. Les Z.43 et Z.44 assurent la protection rapprochée du croiseur de bataille Bayern alors que les Z.45 et Z.46 sont les garde du corps du Sachsen.

Les Z.47 et Z.48 opèrent en Baltique pour mener une mission de présence et se tenir prêts à attaquer les lignes de communication ennemies au canon et à la torpille. Même chose pour les KMS Z.49, Z.50, Z.51 et Z.52.

Même si tous ces navires ne sont pas disponibles en même temps nul doute que ce dispositif à éteindre les dernières velléités soviétiques si velléités il y eu.

A cela s’ajoute naturellement des sous-marins envoyés en éclaireurs, les «premiers de cordée» étant les U-93/U-136/U-144/U-146 (type VII) et le duo U-168/U-173 (type III), sous-marins régulièrement relevés pour maintenir dans la mesure du possible un dispositif permanent de surveillance. Ce dispositif sera allégé à la mi-octobre, la marine soviétique ne bougeant pas.

La Kriegsmarine engage donc le gros de ses moyens dans l’appui, l’escorte et la protection des opérations menées contre le Danemark et la Norvège.

Il s’agit moins de combattre les marines danoises et norvégiennes que les marines alliées qui ne tarderont pas à intervenir.

Force A (Bergen)

Messerschmitt Me-109T

-Porte-avions léger Bautzen disposant d’un groupe aérien (Tragergruppe 189) composé de 18 Messerchmit Me-109T, six Junkers Ju-87C et huit Fieseler Fi-169.

-Cuirassé Bismarck

-Croiseur lourd Admiral Reuter

-Croiseur léger Dantzig

-Destroyers Z.8 Bruno Heinemann et Z.9 Wolfgang Zenker (escorte rapprochée du Bismarck) Z.12 Erich Giese Z.19 Hermann Kühne (protection rapprochée des navires de transport d’assaut) Z.35 et Z.36 (escorte rapprochée du porte-avions Bautzen)

KMS Z.36

-Six transports, un pétrolier, un transport d’eau et un navire-hôpital escortés par les torpilleurs T.22, T.24, T.26 et T.30

Force B (Kristiansand)

KMS Karlsruhe

-Croiseurs légers Karlsruhe Köln Leipzig

-Quatre transports, un pétrolier, un transport d’eau escortés par les T.23, T.25 et T.27

Force C (Trondheim)

-Cuirassé Hidenburg

-Porte-avions Graf Zeppelin dispsosant d’un groupe aérien (Tragergruppe 186) composé de vingt-quatre Focke-Wulf Fw-195, douze Fieseler Fi-167 et seize Junkers Ju-87C.

-Croiseur lourd Tegetthoff

-Croiseur léger Hamburg

-Zerstörer KMS Z.1 Leberecht Maas Z.2 Georg Thiel (escorte rapprochée du Graf Zeppelin), Z.5 Paul Jacobi Z.6 Theodor Riedel Z.7 Heinan Schoemann Z.20 Karl Gaster (escorte rapprochée du cuirassé Hidenburg)

Un torpilleur allemand, le T.35 semblable aux T.29 et T.31.

-Huit transports, deux pétroliers, un transport d’eau, un navire-hôpital escortés par les torpilleurs T.29 et T.31

Force D (Bodo et îles Lofoten)

-Porte-avions légers Lutzen disposant d’un groupe aérien (Tragergruppe 187) composé de 18 Messerchmit Me-109T, six Junkers Ju-87C et huit Fieseler Fi-169.

Junkers Ju-87C

-Croiseur léger Frankfurt am Main et Magdeburg

-Zerstörer Z.33 et Z.34 (escorte rapprochée du porte-avions Lutzen)

-Deux transports et un pétrolier escortés par les torpilleurs T.2, T.4 et T.9

Force E (Narvik)

-Cuirassés Von der Tann et Derfflinger

-Croiseurs de bataille Oldenburg et Nassau

Kreuzer « Blücher »

-Croiseur lourd Blücher

-Zerstörer Z.25 et Z.26 (escorte du croiseur de bataille Oldenbourg), Z.31 et Z.32 (escorte du croiseur de bataille Nassau), Z.39 et Z.40 (escorte du Von der Tann) Z.41 et Z.42 (escorte du Derfflinger)

-Huit transports, un pétrolier et un navire-hôpital escortés par les torpilleurs T.5, T.6, T.7 et T.8

Force F (couverture des détroits danois)

-Cuirassés les KMS Kaiser Wilhem II et Ludendorff

-Zerstörer Z.17 Diether von Roeder Z.18 Hans Ludemann (escorte rapprochée du cuirassée Ludendorff) Z.23 et Z.24 (escorte rapprochée du cuirassé Kaiser Wilhelm II)

Force G (Copenhague)

-Croiseur lourd Seydlitz

Croiseur léger Koeningsberg

-Destroyers KMS Z.3 Max Schultz et Z.15 Erich Steinbrick.

-Quatre transports escortés par les T.32 et T.34

Force H (couverture côte occidentale du Danemark)

Croiseur lourd Alexander von Humbolt

-Croiseur léger Dresden

Force L (soutien logistique)

-Quatre pétroliers, quatre cargos, un navire-hôpital protégés par les torpilleurs T.33, T.35 et T.36.

Ecran sous-marin

Pour éviter les mauvaises surprises, la marine allemande va déployer des sous-marins comme piquets d’alerte (on ne parle pas encore de piquet radar) pour alerter rapidement les navires allemands en cas d’arrivée des flottes alliées, la Home Fleet mais aussi la Royale.

Les moyens ne sont pas illimités car certains U-Boot ont été envoyés dans l’Atlantique pour tenter d’attaquer la navigation alliée.

Pas moins de vingt-cinq torpilleurs submersibles sont envoyés dans l’Atlantique dès la fin du mois d’août mais tous ne sont pas aptes à l’attaque quand l’opération Weserubung est déclenchée. Ce sont les unités suivantes :

-Type VIIA : U-28, U-33 , U-34,

-Type VIIB : U-54, U-85, U-102,

-Type VIIC : U-78,U-79, U-88,U-90,U-92

Un sous-marin type IX au bassin

-Type IXB : U-64, U-65,U-108, U-110,

-Type IXC : U-68, U-105, U-125, U-150, U-155, U-156, U-159, U-166, U-183

-Type IXD : U-145,

Les sous-marins utilisés en écran pour «exercice Weser» sont les suivants :

-Type VIIB : U-48, U-53, U-75, U-76, U-100

-Type VIIC : U-82

-Type IXA : U-44

-Type IXB : U-109

-Type IXC : U-129, U-163, U-180

A noter que paradoxalement les quatre croiseurs-sous marins prévus pour la guerre de course n’appareillent pas à temps pour attaquer les premiers convois alliés.

A ces groupes occasionnels s’ajoute l’engagement en Baltique et en Mer du Nord des navires légers destinés à la sécurisation des côtes et l’engagement des unités du Kriegsmarine Fliegerkorps stationnées sur les côtes allemandes :

Pour couvrir les rivages de la mer du Nord, l’aéronavale allemande dispose des moyens suivants regroupés au sein du Kriegsmarine FliegerKorps NordSee Kommando :

Le 2. Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader est stationné à Nordenay en Frise Orientale. Il dispose des unités suivantes :

Le Condor en vol

-Une unité de reconnaissance maritime à long rayon d’action le 2. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe équipé de vingt-quatre Focke-Wulf Fw200 Condor puis d’Heinkel He-179M, version de patrouille maritime du bombardier Heinkel He179, cette unité étant organisée en trois staffel de huit appareils.

-Une unité de reconnaissance et d’observation maritime la 4. KFK-Aufklärungsgruppe équipée de vingt-sept Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor, ce groupe disposant de trois staffel de neuf appareils .

Junkers Ju-188

-Deux unités de bombardement-torpillage les 6. et 8. KFK-Kampfgruppe disposant chacune de vingt-quatre Junkers Ju-188 répartis en deux staffel de douze appareils.

-Une unité de chasse, le 10. KFK-Jagdgruppe composé de trois staffel de neuf Messerchmit Me-109F.

Au déclenchement du second conflit, le 10 KFK-Jagdgruppe rejoint l’île d’Heligoland pour en renforcer la défense aérienne contre de probables raids aériens britanniques. Deux staffel fournis par les 6. et 8. Kampfgruppe se joignent à ce déploiement avancé.

Le 4. Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader est stationné à Hambourg et dispose des unités suivantes :

-Deux unités de reconnaissance et d’observation maritime, les 10. et 12. KFK-Aufklärungsgruppe regroupant un total de cinquante-quatre Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor.

-Deux unités de bombardement-torpillage baptisées 11. et 13. KFK-Kampfgruppe regroupant un total de quatre-vingt seize Junkers Ju-188.

Le 6. Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader est stationné sur l’île de Sylt sur la base aéronavale de List. Il dispose des unités suivantes :

-Une unité de reconnaissance maritime à long rayon d’action le 14. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe équipé de vingt-quatre Heinkel He-179M, cette unité étant organisée en trois staffel de huit appareils.

-Deux unités de reconnaissance et d’observation maritime baptisées 15. et 17. KFK-Aufklärungsgruppe regroupant un total de cinquante-quatre Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor.

-Deux unités de bombardement-torpillage baptisées 16. et 18. KFK-Kampfgruppe regroupant un total de soixante-douze Junkers Ju-188.

-Une unité de mouillage de mines rapides, le 19. SchnellMinenKampf Gruppe équipé de seize Junkers Ju-290M, ces appareils répartis en deux staffel de huit appareils peuvent également être utilisés pour la patrouille maritime.

Messerschmitt Me-109G

-Une unité de chasse, le 20. KFK-Jagdgruppe disposant de vingt-quatre Messerchmit Me-109G répartis en trois staffel de neuf appareils.

Arado Ar196

A ces 418 avions basés à terre s’ajoutent des hydravions embarqués (32 Arado Ar198 et 20 Ar196) et des hydravions basés à terre si l’on peut dire, hydravions regroupés au sein du NWG (NordSee Wasserflugzeug Geschwader)-Kustenfliegergruppe :

Blohm & Voss Bv138

-12. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée sur l’île de Sylt avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138.

-14. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Nordenay avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-16. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Nordenay avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-18. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée sur l’île de Sylt avec pour équipement seize Heinkel He-117

-20. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Wilhelhmshaven avec pour équipement seize Heinkel He-117.

-22. Marine Kampf Staffel : unité de lutte anti-sous-marine stationnée à Wesermunde avec pour équipement de douze Blohm & Voss Bv138 adaptés à cette mission

Le Kustenfliegergruppe dispose au total de six staffel et de 80 hydravions.

Pour couvrir les côtes de la mer Baltique, l’aéronavale allemande dispose des moyens regroupées au sein du Kriegsmarine FliegerKorps OstSee Kommando avec comme en mer du Nord des avions basés à terre et des hydravions basés à terre.

Le 1. Marineflieger Geschwader (puis KriegsmarineFliegerKorps-Geschwader ou KFK-Geschwader) est stationné sur la base aéronavale de Dantzig, une base aménagée entre 1941 et 1943. Cette unité dispose des unités suivantes :

-Une unité de reconnaissance maritime à long rayon d’action le 1. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe équipé de vingt-quatre Heinkel He-179M,

-Deux unités de reconnaissance et d’observation maritime les 3. et 5. KFK-Aufklärungsgruppe regroupant un total de cinquante-quatre Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor.

-Deux unités de bombardement-torpillage les 7. et 9. KFK-Kampfgruppe équipées chacune de quarante-huit Junkers Ju-188.

Le 1. KFK-Geschwader dispose donc de cinq gruppe et dix-sept staffel ainsi que de 174 appareils.

La base aéronavale de Dantzig se révélant saturée, une partie des moyens sont déployés à Rugen (7. KFK-Kampfgruppe) et à Memel (5. KFK-Aufklärungsgruppe), les autres unités restant à Dantzig.

L’OstSee Wasserflugzeug Geschwader (OWG) regroupe les hydravions embarqués et les hydravions basés à terre. Les hydravions embarqués sont au nombre de 48 (40 Arado Ar196 et 8 Arado Ar198) tandis que les hydravions basés à terre si l’on peut dire sont regroupés au sein des unités suivantes :

-11. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Rugen avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-13. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Memel avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-15. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Dievenow avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-17. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Dievenow en Poméranie avec pour équipement seize Heinkel He-117

Heinkel He-115

-19. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Rugen avec pour équipement seize Heinkel He-115.

-21. Marine Kampf Staffel : unité de lutte anti-sous-marine stationnée à Memel avec pour équipement de douze Blohm & Voss Bv138 adaptés à cette mission

L’OWG-Kustenflieggergruppe dispose au total de quatre-vingt hydravions chargés en temps de guerre de surveiller la Baltique, d’éclairer la flotte, d’attaquer la flotte ennemie, de mener des missions de mouillage de mines.

Luftwaffe

L’armée de l’air allemande à un rôle important à jouer. Même si le projet d’une opération aéroportée massive à été abandonnée au profit d’un assaut amphibie, la Luftwaffe doit engager d’importants moyens pour s’emparer de la maitrise de l’espace aérien et rendre la vie impossible aux troupes, aux aviations et aux marines ennemies.

Des bombardiers médians et lourds vont se lancer à l’assaut des aérodromes, des fortifications, des gardes de triage, des usines, des casernes, des postes de commandement le tout couvert par des chasseurs monomoteurs et bimoteurs, certains servant de chasseurs-bombardiers.

Des avions de reconnaissance sont rapidement déployés pour localiser l’arrivée des flottes alliées. Cette mission empiète sur les plates-bandes du KFK mais à part quelques récriminations et quelques critiques voilées, la coopération entre les deux rivaux est étonnamment bonne. Heureusement pour les alliés cela ne va pas durer.

Les moyens engagés sont issus des Luftflotte 1 (Berlin) et Luftflotte 2 (Braunschweig) qui s’occupent du nord et de l’est du Reich avec des escadres (Geschwader) de chasse, de bombardement et de reconnaissance, escadres regroupant un certain nombre de Gruppen eux mêmes divisés en Staffel (escadrilles).

Comme en septembre 1948 les Geschwader de chasse sont homogènes pour des raisons logistiques décision est prise d’engager en Norvège et au Danemark des Geschwader provisoires composés de gruppen venant des geschwader existants.

Cela avait certes l’avantage de créer des escadres sur mesure mais cela avait l’inconvénient de faire cohabiter des unités n’ayant pas l’habitude de combattre ensemble.

Visiblement ce choix controversé répondait surtout à la volonté d’offrir à un maximum de gruppen l’expérience du combat pour diffuser celle-ci à l’intérieur d’une armée de l’air jeune qui après une formidable expansion dans les années trente avait connu une sorte de glaciation liée à la Pax Armada et à la guerre civile allemande qui avait entrainé une série de purges au sein de la Luftwaffe.

Néanmoins décision sera prise à l’issue de la Campagne de Norvège (1948) de pérenniser ces Geschwader hétérogènes ce qui entrainera la dissolution de certains Geschwader ou leur réaffectation à d’autres missions.

L’échelon du Fliegerkorps sera également pérennisé, le «corps aérien» étant souvent activé pour une opération précise (par exemple pour l’opération MERKUR contre la Corse, les allemands déploieront un Fliegerkorps Korsika).

Avec le temps certains Fliegerkorps vont devenir permanents mais ceci est une autre histoire qui dépasse le cadre de ce tome.

Pour coordonner les opérations au dessus du Danemark et de la Norvège il était impossible de passer des geschwader aux Luftflotte. Voilà pourquoi dès le mois d’août dans le plus grand secret sont créés deux Corps Aériens ou Fliegerkorps, un pour les opérations au dessus du Danemark (X Fliegerkorps) et un autre pour les opérations au dessus de la Norvège (XI Fliegerkorps)

Ces corps aériens disposent d’une très large autonomie d’action pour mener leurs missions. Il y eut une tentative de placer sous leurs ordres les unités du KFK mais la marine allemande à refusé estimant que cela ferait trop pour les aviateurs.

Focke-Wulf Fw-190D

Le X Fliegerkorps comprend un Geschwader de chasse à trois Gruppen (un équipé de Messerschmitt Me-109, un équipé de Focke-Wulf Fw-190 et un équipé de Messerschmitt Me-110), un Geschwader de bombardement à trois Gruppen (deux équipés de Dornier Do-217 et un équipé de Junkers Ju-188) et un Kampfgruppen comprenant un Gruppen de reconnaissance (Focke-Wulf Fw-189) et un Gruppen de transport (Junkers Ju-52/3m).

Focke-Wulf Fw-189 en Finlande

Le XI Fliegerkorps comprend lui deux Geschwader de chasse à trois Gruppen chacun regroupant au total six Gruppen de chasse (trois de Messerschmitt Me-109, deux de Focke-Wulf Fw-190 et un de Me-110), un Geschwader de bombardement à trois Gruppen (trois Gruppen de Junkers Ju-188), un Geschwader de bombardement en piqué à trois Gruppen (trois Gruppen de Ju-87) et un Kampfgruppe disposant d’un groupe de reconnaissance volant sur Focke-Wulf Fw-189, un groupe d’observation sur Fieseler Fi-156 et un groupe de transport volant sur Junkers Ju-52.

Cela nous donne l’ordre de bataille suivant :

X Fliegerkorps (Fliegerkorps Danmark)

Jagdgeschwader 10 : I.Gruppe/Jdg-3 (1er groupe du JG-3) volant sur Messerschmitt Me-109, II.Gruppe/Jdg-51 (2ème groupe du JG-51) volant sur Focke-Wulf Fw-190 et IV.Gruppe/ZG-3 (4ème groupe de la 3ème escadrille de Zerstörer) volant sur Messerschmitt Me-110.

Messerschmitt Me-110

Kampfgeschwader 10 : I.Gruppe/KpfG-1 (1er groupe de la 1ère escadre de bombardement) volant sur Dornier Do-217, II.Gruppe/KpfG-4 (2ème groupe de la 4ème escadre de bombardement) volant également sur Dornier Do-217 et III.Gruppe/KpfG-76 (3ème groupe de la 76ème escadre de bombardement) volant sur Junkers Ju-188.

Kampfgruppen 10 : groupement temporaire regroupant sous son autorité l’Aufklärungruppe 132 disposant de Focke-Wulf Fw-189 et de Fieseler Fi-156 Storch et du 1er groupe de la 1ère escadre de transport (I.Gruppe/1.TransportGeschwader) volant sur Junkers Ju-52/3m.

XI Fliegerkorps (Fliegerkorps Norge)

Jagdgeschwader 11 : I.Gruppe/ZG-26 volant sur Messerschmitt Me-110, I.Gruppe/JdG-26 volant sur Messerschmitt Me-109 et I.Gruppe/JdG-27 volant lui aussi sur Messerschmitt Me-109

Jagdgeschwader 110 : III.Gruppe/JdG-54 volant sur Messerschmitt Me-109, I.Gruppe/JdG-2 volant sur Focke-Wulf Fw-190 et I.Gruppe/JdG-53 volant sur Focke-Wulf Fw-190

Kampfgeschwader 11 : I.Gruppe/KpfG-76 (Ju-188), II.Gruppe et II.Gruppe du Kampfgeschwader 3 (Junkers Ju-188)

Sturzkampfgeschwader 11 : I.Gruppe/SkpfG-1, II.Gruppe/SkpfG-2 et III.Gruppe/SkpfG-3 volant tous sur Junkers Ju-87.

Kampfgruppen11 : Aufklärunggruppe 121 volant sur Focke-Wulf Fw-189 et Aufklärunggruppe-123 volant sur Fieseler Fi-156, 2ème groupe de la 2ème escadre de transport (II.Gruppe/II.TransportGeschwader) volant sur Junkers Ju-52/3m.

Naturellement tous ces moyens ne sont pas immédiatement engagés notamment en raison de leur rayon d’action mais le contrôle rapidement des principaux aérodromes danois et norvégiens facilite grandement la tâche de la Luftwaffe.

Heer

Le corps expéditionnaire allemand envoyé pour l’opération WESERÜBUNG comprend cinq divisions d’infanterie, deux divisions d’infanterie de montagne, un groupement parachutiste de la 3. Fliegerdivision, un groupement blindé fournit par les 1. et 5. Panzerdivision. Des éléments d’artillerie et du génie sont également envoyées.

Ces moyens sont divisés en différentes forces portant des lettres de l’alphabet. Concernant la Norvège ce sont les moyens suivants qui sont engagés :

Panzer III Ausf G à canon de 50mm

La Force A est chargée de débarquer à Bergen. Elle comprend deux divisions d’infanterie (163 et 181.ID), deux bataillons de chars (un bataillon équipé de Panzer III à canon de 50mm et un bataillon équipé de Panzer IV à canon de 75mm fournis respectivement par les 1. et 5. Panzerdivision), une batterie antiaérienne équipée de canons de 20mm et une batterie antiaérienne équipée de canons de 37mm.

Panzer IV à canon de 75mm long

La Force B chargée de débarquer à Kristiansand comprend deux régiments d’infanterie de la 169.ID, un bataillon de Panzer III à canons de 50mm de la 1. PzD, une batterie de canons de 105mm, une batterie antichar équipée de canons de 50mm, une batterie antiaérienne équipée de canons de 20mm. A noter que le reste de la division d’infanterie est en alerte en Allemagne.

La Force C chargée de débarquer à Trondheim comprend une division d’infanterie la 196.ID, un régiment de montagne fournit par la 3. Gebirgsdivision, un bataillon de Panzer III à canons de 50mm de la 5. Panzerdivision et un bataillon de parachutistes fournit par la 3. Fliegerdivision.

Fallschirmjäger

La Force D chargée de prendre Bodo comprend un régiment de la 3ème division de montagne et un détachement motorisé comparable à un GRDI. Un régiment de la 5. LeichteDivision doit s’emparer des îles Lofoten.

La Force E chargée de s’emparer du port stratégique de Narvik comprend deux divisions d’infanterie (214.ID et 2. Gebirgsdivision), un bataillon de Panzer III à canons de 50mm et une compagnie de parachutistes de la 3. Fliegerdivision.

Ultérieurement d’autres unités vont être engagées, traversant le Danemark avant d’être transbordé par voie maritime en Norvège.

Outre le reliquat des unités déjà citées les allemands vont engager en Norvège deux divisions d’infanterie supplémentaires (25.ID 32.ID), des éléments d’artillerie et du génie. En ce qui concerne les Panzerdivisionen, si la 1. PzD conserve des éléments en Allemagne, la 5. PzD est entièrement engagée en Norvège.

Le Danemark justement l’Allemagne va engager le 31. ArmeeKorps (31ème Corps d’Armée) composé des unités terrestres suivantes :

-Deux divisions d’infanterie (4.ID et 8.ID)

-Un groupement blindé, le PanzerKampfGruppe Danmark fournit par la 3. Panzerdivision

-Un groupement parachutiste fournit par la 3. Fliegerdivision

-Des unités d’artillerie, du génie et de soutien

Pologne et Pays Neutres (109) Pologne (21)

Sous-marins

Classe Wilk

Ces trois sous-marins sont de conception et de fabrication française inspiré du Pierre Chailley, un sous-marin mis sur cale en 1917 mais achevé seulement en 1923 et qui va servir dans la marine française jusqu’en 1936.

le ORP Wilk (loup) construits aux chantiers Auguste Normand du Havre est mis en service le 31 octobre 1931. Toujours en service en septembre 1939, il participe à l’opération Worek, un plan prévoyant le déploiement des cinq sous-marins polonais en Baltique pour perturber les lignes de communication allemandes. Ce plan échoue rapidement et n’aurait probablement pas changé grand chose au sort de la guerre.

Après avoir mouillé ses mines, le sous-marin va rallier la Grande-Bretagne pour continuer le combat sous l’autorité de la marine polonaise libre. La guerre s’achevant rapidement, le sous-marin va être mis pour ainsi dire au chômage technique. En raison d’un état matériel dégradé, il est mis en réserve en juin 1944. Il va servir de ponton-école et ponton-électrique pour d’autres sous-marins stationnés à Rosyth. Rentré en Pologne en 1955 il est démoli dans les années soixante.

L’ORP Rys (Lynx) construit aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) à Nantes est mis en service en 1932. Interné en Suède le 17 septembre 1939, son sort est longtemps incertain mais en septembre 1941 la Suède autorise son départ pour la Grande-Bretagne.

Encore en bon état il va être remis en état par les britanniques et utilisé pendant le second conflit mondial pour mouiller des mines notamment dans les eaux norvégiennes.

Le 2 mars 1952 il est surpris en surface par un hydravion allemand qui le mitraille puis largue des charges de profondeur qui provoquent la destruction du submersible ne laissant as usual aucun survivant.

L’ORP Zbik (chat sauvage) est construit aux Chantiers Navals Français (CNF) à Caen et mis en service en 1932. Lui aussi est interné en Suède le 17 septembre 1939 et lui aussi est autorisé en septembre 1941 à rallier la Grande-Bretagne.

A la différence du Rys, il survit au conflit et rentre en Pologne en 1955, servant de sous-marin école pour former les sous-mariniers polonais notamment ceux amenés à servir les futures unités de construction soviétique.

Les sous-marins de classe Wilk étaient des navires déplaçant 980 tonnes en surface et 1250 tonnes en plongée, mesurant 78.5m de long pour 5.9m de large et 4.2m de tirant d’eau.

Leur propulsion diesel-électrique (deux diesels de 900ch et deux moteurs électriques de 600ch) leur permettaient d’atteindre la vitesse de 14.5 nœuds en surface et de 9.5 nœuds en plongée, de franchir 3500 miles nautiques à 10 nœuds en plongée et de 100 miles nautiques à 5 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 100mm installé sur le pont, de deux mitrailleuses de 13.2mm (qui ont remplacé un canon de 40mm avant d’être elles mêmes remplacées par deux canons de 20mm), de six tubes lance-torpilles avec 16 torpilles et de 40 mines. L’équipage se composait de 46 à 54 hommes.

Classe Orzel

Ces sous-marins sont de conception et de fabrication néerlandaise. Quatre unités étaient prévues mais seulement seront construites aux Pays-Bas, les deux autres devaient être construites en France mais la construction est suspendue en septembre 1939 et n’à jamais reprit.

L’ORP Orzel (aigle) est mis en service en février 1939, l’ORP Sep (vautour) le 16 avril 1939. A noter que les navires ont rejoint plus rapidement que prévu la Pologne, Varsovie craignant que les Pays-Bas ne succombent aux pressions allemandes et n’achèvent pas à temps les sous-marins. Ce sont des unités modernes avec coque soudée et contrôles hydrauliques.

ORP Sep

L’Orzel arrive à Tallin le 14 septembre 1939 pour réparations. Ne pouvant rester qu’un temps très court, il s’échappe le 18 septembre 1939 dans des conditions rocambolesques sans carte, avec peu d’informations, des équipements débarqués et deux estoniens pris en otage ! (ils seront libérés en Suède). Cette échappée sera l’un des arguments utilisé par l’URSS pour occuper l’Estonie en 1940.

Le sous-marin participe au second conflit mondial aux côtés de son sister-ship qui s’était lui réfugié en Suède et qui à pu rallier la Grande-Bretagne en septembre 1940.

Submersibles modernes et efficaces, ils vont participer au second conflit mondial. Si le Sep est coulé par une mine le 14 octobre 1952, l’Orzel survit à la deuxième conflagration mondial, ralliant la Pologne pour servir la marine polonaise jusqu’en 1967 date de son désarmement puis de sa démolition.

Les sous-marins de classe Orzel déplaçaient 1100 tonnes en surface et 1473 tonnes en plongée, mesuraient 84m de long pour 6.7m de large et de 4m de tirant d’eau. Sa propulsion diesel-électrique lui permettait d’atteindre la vitesse maximale de 19.5 nœuds en surface et de franchir 7169 miles nautiques à 10 nœuds en surface.

Son équipage de 56 hommes mettait notamment en œuvre l’armement composé d’un canon de 105mm (remplacé ensuite par un canon de 102mm), d’un affût double de 40mm retractable et de douze tubes lance-torpilles de 550mm (quatre à la proue, quatre à la poupe et deux plate-formes doubles orientables).

Pologne et Pays Neutres (87) Suède (22)

Sous-marins

Les trois unités de classe Hajen au mouillage

-En septembre 1939 les sous-marins les plus anciens de la Svenska Marinen sont les trois unités formant la Classe Hajen, des sous-marins baptisés Hajen Salen Valroose mis en service en 1920.

Ils sont désarmés respectivement en 1943, 1942 et 1943 remplacés par des type III allemands construits sous licence en Suède et dont ils reprennent les noms.

Ils servent de pontons électriques pour recharger les batteries de leurs homologues encore en service avant d’être démolis à la fin du conflit pour fournir de l’acier et compenser les pénuries dont souffrait la Suède.

Ces sous-marins déplaçaient 392 tonnes en surface et 422 tonnes en plongée, mesurant 54m de long pour 5.20m de large et 3.50m de tirant d’eau.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 1000ch et deux moteurs électriques de 350ch) entrainant deux hélices ils affichaient des performances honorables pour leur époque avec une vitesse maximale en surface de 15.5 nœuds et de 9 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3300 miles nautiques à 10 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 75mm sur le pont et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm avec huit torpilles, l’équipage se composant de 30 hommes.

Le HMS Illern

-A la classe Hajen succède les trois unités de la classe Bävern (Bävern Illern Uttern) mises en service en 1921. Ces navires sont désarmés respectivement en 1944, 1944 et 1943, leurs noms étant également repris pour des sous-marins type III construits sous licence.

Le Bävern sert de ponton-école pour les futurs sous-mariniers jusqu’en 1952 quand une voie d’eau d’origine suspecte entraine son naufrage. L’épave entre deux eaux n’est pas relevée mais remorquée à distance pour servir de but sonar aux oreilles d’or suédoises.

L’Uttern est placé comme brise-lame à Karlskrona pour protéger un mouillage et ce jusqu’en 1957 quand la coque est envoyée à la démolition. L’Uttern sert de ponton électrique pour recharger les batteries mais coule dès septembre 1945 (relevée la coque est envoyée à la ferraille).

Ces navires déplaçaient 429 tonnes en surface mais 472 tonnes en plongée, mesurant 57.m de long pour 5.80m de large et un tirant d’eau de 3m.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 1050ch et deux moteurs électriques de 260ch) entrainant deux hélices ils affichaient des performances honorables pour leur époque avec une vitesse maximale en surface de 15.2 nœuds et de 8.2 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3000 miles nautiques à 15 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 75mm sur le pont et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm avec huit torpilles, l’équipage se composant de 28 hommes.

-Le Valen est le premier sous-marin mouilleur de mines de la marine suédoise. Mis en service en 1925, il aurait du être désarmé en 1944 mais il est finalement profondément modernisé pour tenir quelques années de plus.

Il fera mieux que cela puisqu’il sera désarmé en mars 1955 et démoli après trente ans de carrière.

Ce sous-marin déplaçait 548 tonnes en surface et 730 tonnes en plongée, mesurant 57.10m de long pour 7.10m de large et un tirant d’eau de 3.10m.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 670ch et deux moteurs électriques de 350ch) entrainant deux hélices il pouvait atteindre une vitesse maximale en surface de 14.8 nœuds et de 7.4 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3000 miles nautiques à 10 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait d’un canon de 75mm sur le pont et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm avec huit torpilles et de 20 mines (certaines sources mentionnent la présence d’un canon antiaérien de 25mm), l’équipage se composant de 31 hommes.

Le HMS Draken

-Les trois sous-marins formant la Classe Draken sont pour ainsi dire des miraculés car sans le déclenchement du second conflit mondial en septembre 1948 ils auraient été désarmés. Initialement conçus comme sous-marins mouilleurs de mines ils sont finalement achevés comme sous-marins d’attaque. Ils sont mis en service en 1929 (Draken Gripen) et 1931 (Ulven).

Usés par un service intensif ces trois submersibles sont désarmés durant le conflit, le Draken en septembre 1951, le Gripen en octobre 1952 et le Ulven en mars 1953 après avoir été endommagé dans une collision avec un cargo. Ils sont tous démolis dans l’immédiat après guerre.

Les unités de la classe Draken déplaçaient 667 tonnes en surface mais 850 tonnes en plongée, mesuraient 66.20m de long pour 6.20m de large et un tirant d’eau de 3.30m.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 960ch et deux moteurs électriques de 500ch) entrainant deux hélices ils pouvaient atteindre une vitesse maximale en surface de 13.8 nœuds et de 8.3 nœuds en plongée, une distance franchissable de 5600 miles nautiques à 10 nœuds et de 38 miles nautiques à 6 nœuds, l’immersion maximale étant de 60m.

L’armement se composait d’un canon de 105mm sur le pont, d’un canon antiaérien de 25mm et de quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles, l’équipage se composant de 35 hommes.

Comme nous l’avons vu plus haut les trois sous-marins de classe Draken devaient être des sous-marins mouilleurs de mines mais au cours du programme les priorités ont changé.

Le HMS Delfinen

C’est donc les trois unités de la Classe Delfinen qui vont compléter le Valen dans la mission de poser des bouchons de mines pour rendre impensable le passage de navires ennemis dans les eaux suédoises (à moins bien que sur qu’on ne préfère pas un usage plus offensif).

Ces trois sous-marins baptisés Delfinen Nordkapen et Springaren sont mises en service en 1936 et vont servir au sein de la Svenska Marinen jusqu’en 1955 quand ces unités sont désarmées puis démolies.

Ces navires déplaçaient 540 tonnes en surface et 720 tonnes en plongée, mesurant 63.1m de long pour 6.40m de large et 3.40m de tirant d’eau.

Disposant d’une propulsion diesel-électrique (deux moteurs diesels de 600ch et deux moteurs électriques de 400ch) entrainant deux hélices ils atteignaient une vitesse maximale en surface de 15 nœuds et de 9 nœuds en plongée, une distance franchissable de 3000 miles nautiques à 14 nœuds et de 54 miles nautiques à 6 nœuds, l’immersion maximale de 60m (non confirmée).

L’armement se composait d’un canon de 57mm, d’un canon de 25mm, de quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit torpilles et de 20 mines, l’équipage se composant de 34 officiers et marins.

HMS Sjölejonet

Les unités de la Classe Sjölejonet sont conçus à partir de 1934 par la firme Kockums qui tire ici la quintescence de l’expérience suédoise en matière de conception sous-marine, expérience qui doit également beaucoup à des ingénieurs allemands qui en raison du traité de Versailles devaient monayer leurs talents à l’étranger.

Trois unités sont initialement prévues mais six autres sont commandées au moment où éclate la guerre de Pologne. En dépit du fait que ce conflit se termine rapidement, la construction se poursuit tout comme une «suédisation» du type III allemand pour une production sous licence, un choix qui fit tousser au pays.

Les neuf unités de classe Sjölejonet sont mis en service en 1938 (Sjölejonet), en 1939 (Sjöbjornen Sjöhunden), en 1941 (Svärdfisken Tumlaren Dykaren Sjöhasten) et en 1942 (Sjöborren), servant jusqu’à la fin des années soixante et le début des années soixante-dix après une solide modernisation comparable à notre programme programme AMTATE (Améliorations Tactiques et Techniques).

Ces sous-marins déplaçaient 580 tonnes en surface et 760 en plongée, mesurant 64.20m de long pour 6.40m de large et un tirant d’eau de3.40m.

Propulsés par deux moteurs diesels MAN de 1050ch chacun et par deux moteurs électriques de 500ch, entrainant deux hélices, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 16.2 nœuds en surface et de 10 nœuds en plongée. Ils pouvaient plonger à 60m (information non confirmée) et pouvaient franchir 3000 miles nautiques à 10 nœuds en surface et de 54 nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait de deux canons de 40mm en tubes étanches, six tubes lance-torpilles de 533mm (trois de proue, un de poupe et deux orientables) avec dix torpilles.

-Les neuf sous-marins du type U sont entrés dans l’histoire non pas pour leurs performances ou leurs exploits guerriers mais par le fait qu’ils vont être les seuls sous-marins suédois à ne pas posséder de nom, la raison de ce choix étant encore ignoré aujourd’hui. Ces navires sont mis en service en 1942 (U-) en 1943 (U-2 et U-3) et en 1944 (U-4 à U-9). Ces sous-marins sont restés en service jusqu’en 1959 quand ils ont été désarmés puis démolis à l’exception du U-3.

Ces submersibles déplaçaient 367 tonnes en surface mais 450 tonnes en plongée, mesurant 49.6m de long pour 4.70m de large et 3.80m de tirant d’eau.

Propulsés par un diesel-générateur MAN entrainant deux moteurs électriques pour une puissance propulsive globale de 1350ch, ils atteignaient la vitesse maximale de 13.8 nœuds en surface et de 7.5 nœuds en plongée, la distance franchissable étant de 3000 miles nautiques à 14 nœuds et de 54 nautiques à 6 nœuds en plongée.

L’armement se composait d’un canon de 20mm et de quatre tubes lance-torpilles de 533mm avec huit projectiles (trois tubes à l’avant et un à la poupe), l’équipage se composant de 32 officiers et marins.

Les trois sous-marins de Classe Neptun (Neptun Najad Näcken) sont trois sous-marins mouilleurs de mines mis en service en 1943. Derniers de leur type au sein de la marine suédoise, ils effectuèrent une carrière honorable, le Neptun étant perdu suite à l’explosion d’une mine défectueuse le 17 mars 1952 (épave retrouvée en 1965), les deux autres étant désarmés en 1959 et 1961 respectivement puis démolis.

Ces sous-marins déplaçaient 550 tonnes en surface mais 730 tonnes en plongée, mesurant 62.6m de long pour 6.40m de large et 3.40m de tirant d’eau. Les deux moteurs diesel MAN développant 1800ch et les deux moteurs électriques développant 1000ch leur permettant d’atteindre la vitesse de 15 nœuds en surface et de 10 nœuds plongée. Ils pouvaient franchir 3000 miles nautiques à 14 nœuds en surface et 54 miles nautiques à 6 nœuds.

L’armement se composait de cinq tubes lance-torpilles de 533mm (trois à l’avant et deux à l’arrière) avec dix torpilles, vingt mines, un canon de 40mm et un de 20mm, l’équipage se composant de 35 officiers et marins.

-La Suède n’à aucun problème pour concevoir et fabriquer des porte-avions. Voilà pourquoi la décision d’acquérir la décision de fabrication des Type III à provoqué une petite polémique au pays de Nobel et de Fersen.

Ces six sous-marins baptisés Hajen Salen Valroose Bavern Illern et Uttern sont mis en service en 1945 pour les trois premiers et en 1947 pour les trois derniers.

Ces submersibles vont opérer en Baltique, le Haljen est perdu le 8 janvier 1953 victime d’un hydravion allemand qui le pris pour un sous-marin ennemi. Le Salen victime d’un incendie à quai le 17 mars 1954 est jugé trop endommagé pour être réparé, désarmé puis démoli après récupération de tout ce qui était récupérable. Les quatre autres sont désarmés entre 1959 et 1961 et démolis.

Les sous-marins de la Classe Hajen déplaçaient 480 tonnes en surface et 594 tonnes en plongée, mesurant 53.97m de long pour 5.22m de large et 4.57m de tirant d’eau.

Ils étaient propulsés par deux diesels MWM de 550ch en surface et par deux moteurs électriques de 305ch, les moteurs entrainant deux hélices.

Ils pouvaient filer à 13.5 nœuds en surface et à 9 nœuds en plongée, plonger à 150m, franchir 5850 miles nautiques à 8 nœuds en surface et 66 miles nautiques à 4 nœuds en plongée.

Ils étaient armés d’un canon de 37mm, d’un canon de 20mm, de quatre tubes lance-torpilles de 533mm concentrés à la proue avec six torpilles (quatre dans les tubes et deux en réserve) ou douze mines TMA. L’équipage se composait de 32 officiers et marins.

Pologne et Pays Neutres (86) Suède (21)

Torpilleurs et navires légers

Le torpilleur Spica futur Romulus

-En avril 1940 la Suède achète à l’Italie deux torpilleurs de classe Spica à la marine italienne, les Spica et Astore qui sont rebaptisés respectivement Romulus et Remus.

Ces navires qui avaient déjà cinq ans de service au sein de la Regia Marina sont modernisés en 1946/47 ce qui expliquent qu’ils ont été simplement désarmés en septembre 1958 (Romulus) et mars 1959 (Remus). Ils sont utilisés comme cibles de tir avant d’être envoyés à la casse.

Ces deux navires déplaçaient 808 tonnes (1040 tonnes à pleine charge), mesuraient 83.5m de long pour 8.1m de large et 2.55m de tirant d’eau.

Avec 19000ch de puissance propulsive (deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières, le tout entrainant deux hélices), ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 34 nœuds et franchir 700 miles nautiques à 30 nœuds et 1750 miles nautiques à 15 nœuds.

L’armement d’origine se composait de trois canons de 100mm en affûts simples sous masque (un à l’avant deux à l’arrière), onze canons de 20mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm (deux plate-formes doubles), 20 mines et des grenades ASM.

En Suède l’armement à été modifié avec trois canons de 105mm en affûts simples sous masque (un avant deux arrières), huit canons de 25mm, quatre tubes lance-torpilles de 450mm (deux plate-formes doubles), 20 mines et des grenades ASM. L’équipage se composait de 116 officiers et marins.

Le HMS Munin

La Classe Mode composée de quatre torpilleurs ou destroyers légers (Mode Magne Munin Mjölner) mis en service respectivement en 1942, en 1942, 1943 et 1942. Modernisés après guerre entre 1955 et 1957 ils sont transformés en frégates pour continuer leur carrière jusqu’à leur désarmement survenu respectivement en 1982, 1983, 1978 et 1979. Ils sont tous ferraillés.

Ces navires déplaçaient 1135 tonnes (1320 tonnes en pleine charge), mesurant 78m de long pour 8.10m de large et 2.70m de tirant d’eau. Disposant de deux turbines De Laval et de deux chaudières, développant 16000ch et entrainant deux hélices, ils pouvaient filer à 31 nœuds et franchir 1200 miles nautiques à 20 nœuds.

Pour compléter les navires de classe Molde, la Suède décide de commander six navires de classe Ariete, une évolution des Spica. Comme les chantiers Ansaldo ont des capacités limitées, Stockholm décide de commander deux navires à construire en Ligurie suivis de quatre à produire à l’Arsenal de Karlskrona.

L’Ariete

Ces navires baptisés Komet Meteor Orkab Vind Virgo et Sirius sont mis en service respectivement en mars 1944, juin 1945, septembre 1945, mai 1946, septembre 1947 et juin 1948. Ils forment la 1ère flottille de torpilleurs.

Ces navires malgré leur conception méditerranéenne se montrent plutôt à leurs aises dans les eaux de la mer Baltique.

Endommagé par un échouage, le Komet est désarmé dès septembre 1953 et non réarmé en raison d’avaries trop importantes pour justifier une réparation à un coût décent.

Le navire est cannibalisé au profit de ces cinq sister-ship qui après une modernisation entre 1956 et 1958 vont être désarmés en mars 1964 (Meteor), en octobre 1965 (Orkab), en mars 1966 (Vind) et enfin en juin 1967 (Virgo Sirius). Ils sont tous démolis dans les années soixante-dix.

Ces navires déplaçaient 757 tonnes (1118 tonnes à pleine charge), mesuraient 83.5m de long pour 8.62m de large et un tirant d’eau de 3.15m.

Les 22000ch générés par deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières le tout entrainant deux hélices leur permettait d’atteindre la respectable vitesse de 31.5 nœuds et de franchir 2000 miles nautiques à 15 nœuds.

L’armement se composait de deux canons de 105mm en affûts simples sous masque, de quatre canons de 40mm en affûts simples et de six canons de 25mm en affûts doubles, de deux plate-formes triples lance-torpilles de 450mm, de grenades ASM et de 20 mines, le tout armé par 108 officiers et marins.

Vedettes lance-torpilles

Dans une mer aussi étroite et archipélagique que la Baltique la vedette lance-torpilles est une arme idéale surtout pour une marine défensive comme l’était la Svenska Marinen.

-Les premières torpedobat sont deux vedettes d’origine anglaise, les MTB-3 et 4 mises en service en 1925 et désarmées en août 1940. Elles sont ensuite utilisées comme auxiliaires portuaires, rôle de l’ombre qui s’achève par leur désarmement et leur démolition en 1952.

Du temps de leur carrière de vedette lance-torpilles, elles déplaçaient 12.5 tonnes, mesuraient 16.2m de long pour 3.40m de large et un tirant d’eau de 1.10m. Filant à 40 nœuds, elles étaient armées par sept hommes qui mettaient notamment en œuvre une mitrailleuse et les deux torpilles de 450mm embarquées.

-Les vedettes suivantes ont été baptisées T-3 et T-4. Mises en service en 1941 elles sont toujours là en septembre 1948 et même en 1954 quand le second conflit mondial se termine. Elles sont désarmées respectivement en 1964 et 1966.

Ces navires déplaçaient 20 tonnes pour une longueur de 18.3m, une largeur de 4.70m et un tirant d’eau de 1.50m. Avec leurs 2300 ch, les deux moteurs essence qui entrainaient chacun une hélice permettaient à ces navires de filer à 40 nœuds. L’armement se composait de deux mitrailleuses, de deux torpilles de 450mm, le tout manœuvré par huit hommes.

-A l’automne 1940 la Suède rachète à l’Italie quatre vedettes les MAS-513 514 515 et 516. Ces vedettes ne vont pas connaître une nouvelle carrière active mais vont servir aux ingénieurs suédois à mettre au point un nouveau modèle de torpedobat.

Précisons tout de même que ces vedettes italiennes déplaçaient 21.5 tonnes, mesuraient 17m de long pour 4.4m de large et un tirant d’eau de 1.30m, filaient à 44 nœuds (puissance propulsive de 2000ch assurée par deux moteurs diesels) avec un armement composée d’une mitrailleuse de 13.2mm, de deux torpilles de 450mm et de six grenades ASM, le tout mis en œuvre par dix hommes.

-Le travail mené sur les vedettes italiennes aboutit à la production de deux classes de vedettes lance-torpilles.

La première était composée de vedettes immatriculées T-15 à T-18 , des vedettes de 22.5t, mesurant 18.7m de long pour 4.60m de large et un tirant d’eau de 1.50m.

Propulsées par deux moteurs à essence développant 2300ch et entrainant deux hélices, elles pouvaient filer à 45 nœuds et étaient armées d’un canon de 20mm et de deux torpilles de 450mm, l’équipage se composant de 11 hommes.

La seconde était plus nombreuse car composée de vedettes immatriculées T-21 à T-31, des vedettes déplaçant 27 tonnes, mesurant 20m de long pour 5m de large et 1.50m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 3000ch (deux moteurs essence, deux hélices) leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 49 nœuds. L’armement était plus puissant avec un canon de 20mm, deux torpilles de 533mm mais l’équipage était toujours composé de onze hommes.

Durant le conflit ces vedettes n’auront pas l’occasion de combattre mais toutes ne sortiront pas indemnes du conflit, la T-15 étant perdue le 14 mars 1949 dans une collision avec un caboteur, la T-21 étant victime d’un incendie le 8 septembre 1952 alors que les T-29 et T-30 furent coulées dans leur collision mutuelle au large de Stockholm le 8 janvier 1954. Les autres vedettes ont été retirées du service actif au milieu des années soixante.

Patrouilleurs

-En 1942 après cinquante et un an de service, la cannonière Svenskund est désarmée puis démolie, sa préservation en réserve ne se justifiant pas en raison de son âge et de son usure. C’était un navire de 280 tonnes, mesurant 38.5m de long pour 7.90m de large et un tirant d’eau de 3m, une vitesse maximale de 12.5 nœuds et un armement composé de deux canons de 57mm auxquelles pouvaient s’ajouter des mines quand la canonnière se transformait en mouilleur de mines occasionnel.

-En 1931 et 1932 la marine suédoise met en service deux patrouilleurs de Classe Asköfjard, des unités baptisées Asköfjard et Baggensfjärd. Ces navires vont servir dans la Svenska Marinen jusqu’en 1958 et 1959 quand ils sont désarmés puis démolis.

Ces navires déplaçaient 25 tonnes, mesuraient 19.3m de long pour 3.80m de large et un tirant d’eau de 1.50m. Leur moteur diesel de 92ch leur permettait d’atteindre la formidable vitesse de……11.5 nœuds, l’armement se limitant à un canon de 37mm, l’équipage à sept hommes.

-Si la classe Asköfjard se composait de deux unités, la Classe Edofjärd se composait elle de trois unités mises en service en 1933 (Kanholmsfjörd Lidöfjard Edöfjard), des unités qui vont servir jusqu’à leur désarmement survenu en 1959.

Ces navires déplaçaient 28 tonnes, mesuraient 21.2m de long pour 3.80m de large et un tirant d’eau de 1.50m, un diesel de 92ch entrainant une hélice leur permettant d’atteindre la vitesse de 11.5 nœuds. L’armement était identique aux précédents tout comme le nombre de membres d’équipage.

-Dans cette catégorie nous trouvons également cinq patrouilleurs type SVK-1 logiquement baptisés SVK-1 à SVK-5, ces cinq navires étant mis en service en 1944. Ils vont servir au sein de la Svenska Marinen jusqu’en 1959 quand ils sont transférés aux Douanes suédoises.

Ces navires déplaçaient 19 tonnes, mesuraient 16.5m de long pour 3.70m de large et 1.20m de tirant d’eau. Leur unique diesel de 100ch entrainant une hélice leur permettant d’atteindre la vitesse maximale de 10.5 nœuds. Leur armement se composait d’un canon de 20mm et de deux mitrailleuses, l’équipage était de 12 hommes.

-Les six patrouilleurs Type V51 appartenaient eux à la Kustartilleriet, l’artillerie côtière. Ils sont mis en service en 1944 (V-51 V-55) et en 1945 (V-52/V-53/V-54/V-56) pour une carrière qui s’acheva dans les années soixante-dix.

Déplaçant 120 tonnes (145 tonnes à pleine charge), ils mesuraient 32m de long pour 5.30m de large et un tirant d’eau de 2.20m. Propulsés par une machine verticale à triple expansion alimentée en vapeur par une chaudière (puissance maximale de 400ch), ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 11 nœuds. Le rôle des douze membres d’équipage était notamment de mettre en œuvre l’armement en l’occurrence un canon de 20mm et une mitrailleuse de 8mm.

-Le patrouilleur TV-116 mis en service en 1935 déplaçait 36 tonnes, mesurait 24.4m de long pour 4.20m mais j’ignore tout du reste de ses capacités.

Navires de soutien

Durant la Pax Armada la Svenska Marinen renforce sa flotte de soutien même si ses besoins sont sans commune mesure avec ceux des grandes marines qui ont elles besoin d’un important train d’escadre.

Elle remplace notamment des navires antédiluviens par des unités modernes dont elles reprennent le nom comme pour transmettre le flambeau.

Parmi les navires concernés on trouve un navire-hôpital le Verdande mis en service en 1943 et qui succède à un navire de 1880 utilisé jusqu’en 1920 et qui après son désarmement avait passé des années à attendre qu’on décide de son sort.

Même chose pour le bâtiment-dépôt Skagul qui succède à un navire utilisé dans ce rôle de 1923 à 1940, pour le bâtiment-base Skuld mis en service en 1940 et le bâtiment-base de sous-marins Skäggald mis en service en 1941.

Détail moderne pour l’époque ces différents navires partagent la même coque et la même propulsion ce qui explique que certains écrits regroupent tous ces navires dans une unique classe.

Cela explique aussi leurs dimensions semblables avec un déplacement standard de 6000 tonnes, une longueur de 108m pour 17m de large et un tirant d’eau de 5m. La propulsion est classique avec des turbines à engrenages alimentées en vapeur par des chaudières, la vitesse variant de 15 à 20 nœuds. Si le Verdande navire-hôpital oblige n’est pas armé, les autres disposent d’un armement composé de deux canons de 105mm, de canons de 25 et de 40mm et de mitrailleuses.

Ces navires vont aussi partager le privilège d’avoir une longue carrière puisque le Verdande n’est désarmé qu’en 1980, le Skagul en 1982, le Skuld en 1983 et le Skäggald en 1985. Si le navire-hôpital n’à pas été remplacé, les trois autres ont été remplacés par deux bâtiments de soutien polyvalent mais cela sort du cadre de l’histoire qui nous intéresse.

Navires de guerre des mines

-En 1940 et 1941 sont mis en service deux transports/mouilleur de mines baptisés Fällaren et Minören, des navires de 170 tonnes à pleine charge, mesurant 31.8m de long pour 6.20m de large et un tirant d’eau de 2.20m. Avec deux diesels de 120ch et une hélice, ces navires qui n’étaient pas armés pouvaient filer à 9 nœuds.

HMS Alvsnablen

-Deux ans plus tard en mai 1943 la marine suédoise met en service l’Alvsnablen, un mouilleur de mines hauturier. Son origine est singulière car il s’agissait d’une coque d’un cargo rachetée sur cale par la marine suédoise après la faillite de l’armateur qui l’avait commandé. Ce navire va servir de mouilleur de mines, de navire de transport et de bâtiment de soutien jusqu’à son désarmement en 1975.

Il déplaçait 4250 tonnes, mesurait 102m de long pour 13.6m de large et un tirant d’eau de 4.90m.

Propulsé par un moteur diesel de 3000ch entrainant une hélice, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 14 nœuds et franchir 12400 miles nautiques à 13 nœuds. Il était solidement armé avec quatre canons de 152mm, huit canons de 40mm en deux affûts doubles, six canons de 25mm et jusqu’à 380 mines.

-Satisfaite de ce navire, la marine suédoise en commande deux quasiment identiques, des navires baptisés Alvsborg et Visgborg mis en service respectivement en septembre 1945 et mai 1947, des navires qui vont servir sous le pavillon bleu et or jusqu’en 1977 et 1979 respectivement.

-La Kustartilleriet disposait aussi de mouilleurs de mines côtiers, des Angkranpramen, le n°3 déplaçait 190 tonnes pour une vitesse de 6.5 nœuds, les n°5,6,7 et 8 eux déplaçaient 120 tonnes pour une vitesse maximale de 7.5 nœuds alors que le n°9 lui déplaçait 120 tonnes pour une vitesse de 9.1 nœuds.

Le Mul.10 mis en service en 1939 déplaçait lui 166 tonnes, mesurait 27.4m de long pour 5.64m de large et 2.30m de tirant d’eau, une vitesse maximale de 9.5 nœuds et un armement défensif d’une puissance redoutable soit quatre mitrailleuses de 8mm.

-Les dragueurs de mines Sökaren Sveparen et Sprangaren mis en service en 1918 ont été transformés en 1930 en remorqueur (Sökaren) et en tender pour les deux autres.

Ces trois navires qui vont être retirés du service durant le second conflit mondial car trop usés déplaçaient 227 tonnes (266 tonnes à pleine charge), mesuraient 27.8m de long pour 6.80m de large et 3m, filaient à 10 nœuds avec un armement composé d’un canon de 57mm, d’un système de déminage et parfois de mines, l’équipage se composant de 17 hommes.

-Les dragueurs de mines littoraux (MSC Minesweeper Coastal) M-1 et M-2 ont été mis en service en 1938 et vont servir dans la marine suédoise jusqu’au milieu des années soixante avant de servir de bâtiment-école à quai avant d’être démoli au milieu des années quatre-vingt.

Ces navires déplaçaient 61 tonnes (62 pour le M-2), mesuraient 30m de long (29.8 pour le M-2) pour 4.30m de large (3.95m pour le M-2) et un tirant d’eau de 1m (1.03m pour le M-2).

Ces deux navires pouvaient atteindre une vitesse respectable pour des navires de ce type à savoir respectivement 16.5 et 18 nœuds, la différence s’expliquant par 30ch de différence en terme de puissance propulsive. L’armement était en revanche identique avec une mitrailleuse de 13.2mm, des charges de profondeur et un système de déminage, le tout mis en œuvre par onze hommes.

-La marine suédoise met en œuvre une flotte appréciable de dragueurs de moines côtiers avec le Type M-3 et le Type M-15.

Le premier type est composé de douze navires immatriculés (M-3 à M-14), des navires mis en service en 1940 (M-3/5/7/9/11) et 1941 (M-6/8/10/12/14) et qui vont servir dans la marine suédoise jusqu’au début des années soixante sauf le M-3 perdu sur une mine suédoise et le M-14 victime d’un incident et qui coula à son poste.

Cette version simplifiée du M-1 déplaçait 50 tonnes, mesurait 25m de long pour 5.10m de large et un tirant d’eau de 1.40m, deux moteurs diesels développant 400ch entrainant deux hélices lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 13 nœuds. Ils étaient armés d’un canon de 20mm et d’un système de dragage de mines. A noter que pendant la guerre ils ont reçu deux mitrailleuses pour renforcer (sic) leur armement défensif.

Le second type est composé lui aussi de douze navires immatriculés (M-15 à M-26), des navires inspirés des précédents, des navires mis en service en 1941 sauf le M-19 en 1942. Deux navires sont perdus durant la guerre, le M-15 qui s’échoue sur une roche non cartographiée près de Goteborg et le M-27 qui coula dans une tempête biblique le 30 mars 1952. Les autres ont été désarmés au milieu des années soixante.

Ces navires déplaçaient 70 tonnes, mesuraient 27.7m de long pour 5m de large et un tirant d’eau de 1.50m. Propulsés par deux moteurs diesels de 205ch entrainant deux hélices, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 13 nœuds, son armement étant identique aux précédents.

HMS Bremön

-Pour le dragage de mines océanique, la marine suédoise s’appuie sur les quatorze unités de la Classe Arholma.

Ces unités ont été mises en service en 1939 (Arholma Landsort), en 1940 (Bremön Holmön Koster Vinga) et en 1941 (Sandon Ulvön Bredskan Grönokar Ramskär örskär Kullen Ven). Modifiés et modernisés à la fin des années cinquante, ils ont été désarmés à la fin des années soixante et démolis.

A noter que ces dragueurs de mines servaient également de patrouilleur et d’escorteur côtier pour relayer des unités plus importantes et plus spécialisées

Ces navires déplaçaient 365 tonnes (442 tonnes à pleine charge), mesuraient 56.7m de long pour 7.60m de large et 2.10m de tirant d’eau, une propulsion composée deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières développant 3200ch et entrainant deux hélices permettant une vitesse maximale de 17 nœuds.

Ils étaient armés de deux canons de 105mm, de quatre canons de 25mm et deux canons de 40mm, deux mortiers, des mines et des systèmes de dragage des mines. L’équipage se composait de 37 hommes.

Pologne et Pays Neutres (85) Suède (20)

Destroyers

En septembre 1939 le plus ancien destroyer suédois en service est le Wale mis en service en 1908. Il s’agit d’un petit navire dépassant 430 tonnes (461 tonnes à pleine charge), mesurant 66.1m de long sur 6.30m de large pour un tirant d’eau de 2.80m.

Propulsé par deux machines verticales à expansion entrainant deux hélices et alimentées en vapeur par quatre chaudières il pouvait grâce à ses 7665ch de puissance atteindre la vitesse maximale de 30 nœuds pour une distance franchissable de 1400 miles nautiques à 12 nœuds. Il était armé de deux canons de 75mm, de quatre canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm, l’équipage étant composé de 54 officiers et marins.

Désarmé en octobre 1940 il est mis en réserve. En septembre 1948 il est réarmé en patrouilleur pour protéger les côtes et la navigation littorale. Le 17 mars 1952 il s’échoue. Trop endommagé, il est désarmé et démantelé sur place après récupération de tout ce qui est récupérable.

HMS Vidar

Les trois destroyers de Classe Vidar (Vidar Ragnar Sigurd) mis en service respectivement en 1910, 1909 et 1909. Il fût un temps question de les moderniser mais au final la Svenska Marinen préféra les remplacer par des navires plus gros et plus modernes. En réserve ils ne sont pas réarmés et sont démolis après guerre.

Les destroyers de classe Vidar déplaçaient 430 tonnes (460 tonnes en charge), mesuraient 66.1m de long pour 6.30m de large et un tirant d’eau de 2.70m. Propulsés par deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow développant 7200ch et entrainant deux hélices, ces destroyers pouvaient filer à 30 nœuds et franchir 1400 miles nautiques à 12 nœuds. Ils étaient armés de deux canons de 75mm, quatre canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm, l’équipage se composant de 54 officiers et marins.

HMS Hugin

Les deux destroyers Hugin et Munin mis en service respectivement en 1911 et 1913 sont désarmés en 1945 et remplacés par des unités plus modernes. Non réarmés pendant la guerre ils sont démolis à la fin des années cinquante.

C’étaient des navires déplaçant 446 tonnes (500 à pleine charge), mesurant 66.3m de long pour 6.50m de large et un tirant d’eau de 3.50m, une propulsion assurée par des turbines à engrenages (deux) entrainant des hélices (deux), alimentées par quatre chaudières Yarrow. Avec une puissance de 10000ch, ils pouvaient filer à 33 nœuds et franchir 1500 miles nautiques à 16 nœuds. L’équipage de 72 hommes participe notamment à la mise en œuvre de l’armement en l’occurrence quatre canons de 75mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.

HMS Wrangel

Les deux destroyers formant la classe Wrangel (Wrangel Wachtmeister) sont mis en service en 1918, sont encore en service en septembre 1939 et même en septembre 1948. Pour cela ils ont été modernisés entre 1940 et 1942 avec une remise en état générale, une modernisation de la propulsion et comme nous le verrons une modification de l’armement.

Avec ces travaux ils peuvent faire la soudure avec des destroyers plus modernes et s’occuper de missions sous-dimensionnées pour les jagare les plus récents de la Svenska Marinen. Ils sont désarmés dès la fin du conflit car à bout de potentiel. Utilisés comme pontons (le Wrangel comme ponton électrique et le Wachtmeister comme ponton-école) ils sont finalement démolis au cours des années soixante-dix.

Durant leur carrière de destroyers, ces deux unités déplaçaient 415 tonnes (498 tonnes à pleine charge), mesurant 72m de long pour 6.90m de large avec un tirant d’eau de 2.80m. Son système propulsif composé de turbines à engrenages et de chaudières à vapeur dévellopait 13000ch entrainant deux hélices ce qui leur permettait d’atteindre une vitesse maximale de 34 nœuds, le mazout embarqué leur permettant de franchir 1300 miles nautiques à 18 nœuds.

L’armement d’origine se composait de quatre canons de 75mm, d’un canon de 25mm, de deux mitrailleuses de 6.5mm et de deux plate-formes lance-torpilles doubles de 457mm. Une fois modernisés ces deux navires disposaient d’un canon de 105mm, d’un canon de 75mm, de 4 canons de 25mm et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes doubles.

Le HMS Ehrensköld

Les deux destroyers de la Classe Ehrensköld (Ehrensköld Nordenskjöld) sont mis en service en 1927 et sont toujours là quand le second conflit mondial débute. Transformés en frégates ASM en 1955/56 ces deux navires connaissent des destins différents, l’Ehrensköld servant de navire-école de 1963 à 1980 avant d’être démoli alors que le second désarmé en 1965 est démoli après avoir été privé de toutes les pièces détachées susceptibles d’intéresser son sister-ship.

Ces deux navires déplaçaient 974 tonnes (1160 tonnes à pleine charge) pour une longueur de 91.4m, une largeur de 8.88m et un tirant d’eau de 3.80m. Leur système propulsif (turbines à engrenages et chaudières à vapeur entrainant deux hélices as usual) développant 24000ch leur permettait de naviguer à 36 nœuds et de franchir 1600 miles nautiques à 12 nœuds.

L’armement d’origine se composait de trois canons de 120mm, de deux puis huit canons de 40mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, de quatre grenadeurs (deux projecteurs latéraux et deux de sillage) et en cas de besoin de vingt mines. L’équipage se composait de 120 officiers et marins.

Transformé en frégate l’Ehrensköld était armé d’un canon de 76mm, de deux tourelles doubles de 40mm, d’un lance-roquettes ASM et de quatre plate-formes triples lance-torpilles ASM, le reste de l’armement étant débarqué.

Le HMS Klas Horn

Composée de deux unités (Klas Horn et Klas Uggla), la Classe Klas Horn est mise en service en 1932 mais pour la seconde unité la carrière s’achève brutalement le 17 mars 1941. Ce jour là une explosion dont l’origine n’à jamais pu être déterminée provoque le naufrage de trois destroyers (Goteborg Klas Horn Klas Uggla). De ce Désastre d’Harsfjarden le Klas Uggla n’en ressort pas. Trop endommagé il est démoli à la différence des deux autres navires qui sont renfloués, réparés et remis en service. Le Klas Horn est désarmé en août 1958 et démoli.

Les destroyers type Klas Horn déplaçaient 1004 tonnes (1190 tonnes à pleine charge), mesuraient 92.4m de long pour 8.90m de large et un tirant d’eau de 3.70m. Son système propulsif turbines à engrenages et chaudières à vapeur (respectivement deux et trois) développe 26000ch, entrainant deux hélices.

Filant à 37 nœuds, franchissant 1600 miles nautiques à 20 nœuds, ces destroyers armés par 119 hommes étaient armés de trois canons de 120mm, deux canons de 40mm (nombre porter à six durant le second conflit mondial), deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, quatre grenadeurs et jusqu’à vingt mines en mission de mouillage de mines.

Le HMS Goteborg

La Classe Gotebörg est composée de six navires mis en service en 1936 (Göteborg), en 1937 (Stockholm), en 1939 (Malmö), en 1940 (Karlskrona) et en 1941 (Gävle Norrköping).

Ces navires vont former le cœur de la force de jagare de la marine suédoise, menant des patrouilles et des escortes pour protéger la navigation suédoise des belligérants. Ces navires sont modernisés à la fin des années cinquante avant d’être désarmés en 1969 (Gävle Stockholm), en 1971 (Göteborg Malmö) et en 1973 (Karlskrona Norrköping). Tous ont été démolis.

Ces destroyers déplaçaient 1024 tonnes (1184 tonnes à pleine charge), mesuraient 94.6m de long pour 9m de large et 3.80m de tirant d’eau.

Propulsés par deux turbines De Laval alimentées en vapeur par trois chaudières Penhoët (développant 32000ch) entrainant deux hélices, ces destroyers pouvaient filer à 39 nœuds et franchit 1200 miles nautiques à 20 nœuds.

L’armement se composait de trois canons de 120mm en affûts simples, deux affûts doubles de 25mm (quatre canons de 40mm Bofors sont ajoutés durant le second conflit mondial), deux mitrailleuses de 8mm, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, quatre grenadeurs et vingt mines en mission de mouillage de mines.

Ils étaient armés de trois canons de 105mm polyvalents en affûts simples sous masque, deux puis six canons de 40mm Bofors, deux puis quatre canons de 20mm Oerlikon et une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm. Son équipage se composait de cent hommes.

Le destroyer HMS Visby

Les quatre unités de Classe Visby (Visby Sundsvall Hälsingborg Kalmar) ont été mises en service en 1943 pour les trois premiers et en 1944 pour la dernière. Modernisés entre 1960 et 192, ils sont désarmés respectivement en 1982, 1983, 1979 et 1981.

Ces navires déplaçaient 1135 tonnes (1320 tonnes à pleine charge), mesuraient 98m de long, 9m de large et 3.80m de tirant d’eau. Propulsés par des turbines à engrenages Laval alimentées en vapeur par trois chaudières, développant 32000ch et entrainant deux hélices, ils pouvaient filer à 39 nœuds et filer à 1600 miles nautiques à 20 nœuds.

Ils étaient armés de trois canons de 120mm, de quatre canons de 40mm (un double et deux simples, nombre porté durant la guerre à douze en six affûts doubles), deux affûts triples lance-torpilles de 533mm, quatre grenadeurs et 40 à 46 mines en mission de mouillage de mine. Son équipage se composait de 155 officiers et marins.

Le HMS Oland

Les deux unités de Classe Öland (Öland Uppland) sont mises en service en 1947 et 1948. Ils sont modernisés au début des années soixante puis désarmés respectivement en 1971 et 1973. Ils servent de cibles de tir avant d’être démolis.

Ces navires déplaçaient 1880 tonnes (2250 tonnes à pleine charge), mesurant 112m de long pour 11.2m de large et un tirant d’eau de 3.40m. Propulsés par deux groupes de turbines De Laval alimentées en vapeur par deux chaudières Penhoët dévéloppant 44000ch et entrainant deux hélices, il pouvait filer à 35 nœuds et franchir 2500 miles nautiques à 20 nœuds.

Ils étaient armés de deux tourelles doubles de 120mm, huit canons de 40mm en quatre affûts doubles, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, deux grenadeurs de sillage et en cas de mission de mouillage de mines 40 mines. Son équipage se composait de 210 officiers et mariniers.

Les destroyers de la Classe Vidar (Vidar Ragnar Sigurd Hugen) sont mis en service durant le second conflit mondial respectivement en 1950, 1951, 1952 et 1953. Refondus en 1962 et 1963, ils sont désarmés respectivement en 1975, en 1976, en 1977 et 1979.

Ces navires déplaçaient 1975 tonnes (2400 tonnes à pleine charge), mesurant 112m de long pour 11.2m de large et un tirant d’eau de 3.40m. Propulsés par deux groupes de turbines De Laval alimentées en vapeur par deux chaudières Penhoët dévéloppant 44000ch et entrainant deux hélices, il pouvait filer à 33 nœuds et franchir 2300 miles nautiques à 20 nœuds.

Ils étaient armés de trois tourelles doubles de 120mm, huit canons de 40mm en quatre affûts doubles, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, deux grenadeurs de sillage et en cas de mission de mouillage de mines 40 mines. Son équipage se composait de 210 officiers et mariniers.