URSS (81) Armée de Terre (29)

Les véhicules de l’armée rouge (2) : les canons d’assaut, les chasseurs de char et les canons automoteurs

SU-76 2

SU-76

Avant-propos

Comme nous l’avons vu déjà vu à plusieurs reprises la création du char de combat répond à la nécessité de rompre la terrible trilogie MTB (Mitrailleuses/Tranchées/Barbelées) et permettre à l’infanterie de limiter les pertes lors des offensives.

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Italie (74) Regia Esercito (24)

Fiat L-6/40

Fiat L6-40 6.jpg

Appelé également Carro Armato L-6/40, ce char léger était l’équivalent pour la Panzerwafe du Panzer II sauf que son homologue allemand est apparu au début des années trente et non en 1940 comme pour son homologue italien.

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Allemagne (67) Armée de Terre (24)

WAFFEN S.S
D’une force de protection à une force de combat : une brève histoire de l’ordre noir

Les S.S ou Schutz Staffel (échelons de protection) voit le jour le 9 novembre 1925. Ils sont recrutés au sein du parti nazi pour servir de force de sécurité interne au profit notamment d’Adolf Hitler, le chef du parti nazi.

A l’origine de la Waffen S.S (littéralement S.S de combat) figure la sélection de 120 hommes en mars 1933 par Sepp Dietrich pour former le Sonderkommando Berlin, cette force atteignant 800 hommes en novembre devenant le Leibstandarte Adolf Hitler (LAH) chargée de la sécurité du leader nazi, l’unité étant rebaptisée Leibstandarte SS Adolf Hitler (LSSAH) en avril 1934.

1935 Adolf Hitler passe en revue sa garde personne, la LSSAH (Leibstandarte S.S Adolf Hitler)

1935 Adolf Hitler passe en revue sa garde personne, la LSSAH (Leibstandarte S.S Adolf Hitler)

Le poids était cependant insignifiant par rapport aux S.A dont le poids numérique était nettement plus important.

L'Oberstgruppenführer S.S Sepp Dietrich commanda la S.S quand Himmler devint Führer et Heydrich chancelier

L’Oberstgruppenführer S.S Sepp Dietrich commanda la S.S quand Himmler devint Führer et Heydrich chancelier

Bien que certains S.S étaient issus des S.A, les deux organisations étaient rivales ce qui explique que l’un des chefs des S.S, Sepp Dietrich fût le bras armé de la purge sanglante du 30 juin 1934, la tristement célèbre «nuit des longs couteaux» qui élimine des ennemis politiques des nazis mais également de vieux camarades comme Ernst Röhm, le chef des S.A.

Ernst Röhm une des victimes de la "Nuit des Longs Couteaux"

Ernst Röhm une des victimes de la « Nuit des Longs Couteaux »

L’élimination des S.A permet aux S.S de s’imposer comme la principale force de sécurité de l’appareil d’état nazi.

En septembre 1934, une branche militaire de la S.S est mise sur le pied, le S.S-Verfügungstruppe (SS-VT), cette branche assurant le recrutement de leurs troupes mais dépendant de l’Oberkommado der Wehrmacht (OKW) pour la fourniture d’armement et l’entrainement.

Deux nouveaux régiments sont créés par la suite, des régiments baptisés S.S Germania et S.S Deutschland. Ces trois régiments sont les premières unités de combat de la Waffen S.S.

Peu à peu l’ordre noir prend son autonomie, des écoles de formation sont mises sur pied (SS-Junkerschule Bad Tölz et Braunschweig) et en 1936, le Lieutenant General Paul Hausser est nommé inspecteur de la SS-VT avec le grade de Brigadefuhrer.

Des éléments de la SS-VT participent à l’Anschluss et à l’occupation des Sudètes. Ces opérations n’ayant pas débouché sur des combats, la SS-VT ne peut pas se faire les dents avant le déclenchement de la guerre de Pologne.

Quand le conflit éclate, la SS-VT dispose de quatre régiments, le régiment «Der Führer» ayant été recruté en Autriche après l’Anschluss et encore en formation quand la guerre éclate. Ces unités placées sous le commandement de l’armée pour des opérations de sécurité qui démontrèrent le faible niveau de la SS-VT qui s’illustra davantage par ses crimes de guerre que par son talent au combat.

Sepp Dietrich décorant des hommes de la S.S Leibstandarte

Sepp Dietrich décorant des hommes de la S.S Leibstandarte

Le conflit terminé, un conflit éclata entre la S.S et la Wehrmacht. La première souhaitait une autonomie totale avec ses propres divisions et son propre commandement, la seconde le démantèlement de la S.S-VT. Hitler choisit une voit médiane : la S.S-VT devait former ses propres divisions qui seront placées sous le commandement de l’armée.

En octobre 1939, le LSSAH devient un régiment motorisé alors que les régiments «Deutschland», «Germania» et «Der Fuhrer» deviennent des divisions, les divisions recevant les numéros 2, 3 et 4, étant rejoints par une cinquième division «Totenkopf» issue des personnels des camps de concentration puis une sixième division «S.S-Polizei» car issue des forces de sécurité de l’ordre noir.

Cette situation n’évolue pas jusqu’en 1945 quand deux nouvelles divisions sont mises sur pied portant le nombre de G.U de la S.S à huit. La septième division «Das Reich» est créée au printemps 1945, la huitième baptisée «Nordland» étant mise sur pied en septembre 1946.

volontaires finlandais de la division Nordland lors de la campagne de Norvège où seuls des détachements S.S furent engagés

volontaires finlandais de la division Nordland lors de la campagne de Norvège où seuls des détachements S.S furent engagés

Ce dernier s’explique par la présence de volontaires scandinaves en compagnie d’allemands. Des suédois, des norvégiens, des danois et des finlandais sont ainsi recrutés comme volontaires pour compléter les effectifs de cette division.

En janvier 1947, le bataillon «Walkyria» est mis sur pied pour des opérations spéciales, la protection d’Himmler ainsi que tous les coups fourrés imaginés par le duo Himmler/Heydrich. Il est suivi en juin par une brigade parachutiste «S.S-Fallschirmjagerbrigade» puis en septembre par deux divisions blindées.

Si la 1. SS. Panzerdivision est issue du régiment Leibstandarte, la 11.SS Hitler Jugend est formée à partir de rien ou presque.

Quand le second conflit mondial éclate, la Waffen S.S (la S.S-VT change de nom en septembre 1945) dispose de huit divisions d’infanterie, d’un bataillon spécial, d’une brigade parachutiste et de deux divisions blindées même si ces deux divisions et la brigade sont loin d’être opérationnelles.

Organisation

-Les divisions S.S dépendent d’un Etat-major particulier distinct de celui de l’armée notamment au temps de paix. En temps de guerre, les divisions S.S doivent être placées sous l’autorité de l’armée même si durant le conflit, il y aura toujours des frictions.

-Les huit divisions d’infanterie sont regroupés au sein de quatre corps d’armée de deux divisions, les I. II. II. Et IV. S.S Korps.

-Les S.S sont placés sous l’autorité de Himmler qui devenu Führer commence à déléguer à ses subordonnés. En septembre 1945, le commandement de la branche militaire de la S.S est assurée par le S.S Oberstgruppenführer Sepp Dietrich, l’ancien commandant du Sonderkommando Berlin.

-Les divisions d’infanterie de la Waffen S.S sont organisées comme les divisions d’infanterie de l’armée :

-Un état-major

-Un groupe de reconnaissance divisionnaire équipé de chars légers Panzer II, d’automitrailleuses Sdkfz 234 et de motocyclistes

-Un groupe logistique (ravitaillement et maintenance)

-Trois régiments d’infanterie à trois bataillons, chaque bataillon disposant de trois compagnies de fusiliers, une compagnie de mortiers et une compagnie antichar.

-Un régiment d’artillerie à trois groupes de trois batteries (Abteilungen I,II et III) équipée chacune de quatre obusiers de 105mm soit un total de trente-six pièces et un groupe lourd équipé de trois batteries de quatre obusiers de 150mm.

-Un bataillon de canons d’assaut équipés de Stug III.

-Un détachement de transmissions

-Un bataillon du génie

-Un groupe antichar motorisé équipé de canons antichars de 50 et de 75mm

-Un groupe antiaérien motorisé équipé de canons de 20 et de 37mm, des pièces tractées remorquées par des semi-chenillés.

-Un groupe d’observation d’artillerie

-Un détachement de santé

-Les Deux divisions Panzer en formation en septembre 1948 dont une issue du régiment motorisé Leibstandarte S.S Adolf Hitler(1. SS. Panzerdivision «Leibstandarte» et 11. SS Panzerdivision «Hitler Jugend»).

L’organisation de ces divisions est différente des Panzerdivision de l’armée :

-Un état-major divisionnaire

-Un groupement logistique autonome

-Un groupe de reconnaissance motorisé (une compagnie motocycliste, une compagnie d’auto-blindées, une compagnie lourde équipés de chars légers Lynx (Panzer II mod.) et une compagnie d’appui _canons antichars et antiaériens_)

-Deux brigades de chars organisées en un état-major, deux régiments de chars _un équipé de Panther et un équipé de Tigre I_ , un bataillon d’artillerie d’assaut équipé de Stug III, un bataillon de grenadier d’assaut sur semi-chenillé, une compagnie antichar et une compagnie antiaérienne.

-Une brigade de grenadiers (état-major, deux régiments de grenadiers, une compagnie motocycliste, une compagnie antichar et une compagnie antiaérienne) avec le projet d’en créer une deuxième.

-Un régiment d’artillerie autopropulsé équipé de Wespe et de Hummel

-Un bataillon motorisé du génie

-Un détachement de transmissions.

-La S.S Fallschimrjäger-Brigade est mise sur pied en juin 1947. Sepp Dietrich aurait souhaiter une division mais Himmler soucieux de ne pas heurter la Luftwafe limita provisoirement son ambition à une brigade parachutiste.

Elle est organisé en un état-major, un groupe de transmissions, un groupe de soutien logistique, deux bataillons de Fallschimrjäger et un bataillon d’appui (canons sans recul, mortiers, mitrailleuses lourdes).

En ce qui concerne les volontaires étrangers, priorité est donné aux Volksdeutsche et aux nordiques, les scandinaves et  les flamands essentiellement. Certains auteurs ont comparé la Waffen S.S à une Légion Etrangère allemande mais la comparaison me semble exagérée.

Ce recrutement de volontaires motivés par le frisson de l’aventure, l’appât du gain ou des motivations idéologiques est le théâtre d’une guerre de l’ombre entre services secrets britanniques, français et allemands, des filières de recrutement étant régulièrement démantelées par les services de sécurité alliés ou dont la neutralité penche du côté de Paris ou de Londres.

Quand le second conflit mondial éclate, les volontaires étrangers sont ultra-minoritaires, représentant selon les chiffres entre 1 et 2% des effectifs au point que contrairement à la promesse qui leur à été faite, aucune marque distinctive de nationalité n’est présente sur leur uniforme

Allemagne (60) Armée de terre (17)

Panzerkampfwagen III (Pz III)

Panzer III Ausf A Berlin 1938

Panzer III Ausf A Berlin 1938

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les Panzer I et II n’étaient destinés qu’à former un vivier de conducteurs, de tireurs et de chefs de chars pour permettre à la Panzerwafe de former un outil crédible.

L’outil industriel peu adapté à une production de masse (en dépit de la puissance de l’industrie allemande) obligèrent l’ABC allemande à former ses premiers Panzerdivisionen avec des chars légers, inaptes au combat contre les chars adverses.

Dès 1935, les allemands arrêtent la composition de leurs unités de chars. Ils prévoient deux chars moyens, un char armé d’un canon de 50mm et un char armé d’un canon court de 75mm, le premier (futur Panzer III) devant détruire les chars adversaires alors que le second (futur Panzer IV) avec des obus explosifs doit assurer leur appui.

Pour des raisons de complémentarité avec l’infanterie, décision est prise de remplacer le canon de 50mm prévu par un canon de 37mm aux performances antichars nettement moindres.

Après un appel d’offres, c’est Daimler-Benz qui est choisit. Les premières versions (Ausf A à E) sont produites en petite quantité et ne donnant pas satisfaction, les Panzer III Ausf A à D sont retirés du service dès 1940.

La version Ausf F est la première version du Panzerkampfwagen III à être produite en grande série avec 560 unités produites jusqu’en mai 1941 quand une version Ausf G la remplace sur les scènes de montage.

Cette version est construite en petite quantité (220 à 250 exemplaires selon les sources) avant de céder la place à la version Ausf H, la première version à être équipée d’un canon de 5cm, d’abord en version courte (42 calibres soit un tube de 2.10m) puis en version long (60 calibres soit un tube de 3m).

560 Ausf F sont construits suivis de 250 Ausf G et de 950 Ausf H soit un total de 1760 Panzer III produits jusqu’en septembre 1947 quand la production est interrompue au profit de véhicules plus performants notamment le Panther appelé à remplacer à la fois le Panzer III mais également le Panzer IV.

Sur le plan de l’équipement des Panzerdivisionen, le Panzer III équipe encore totalement deux divisions blindées et partiellement deux autres en compagnie du Panzer IV (les quatre restantes étant entièrement équipées de Panzer IV à canon de 75mm long sans oublier quatre équipées de Panzer V Panther).

Au total ce sont près de 950 Panzer III Ausf G et H à être encore en service quand éclate le second conflit mondial. Son poids limité et son canon de 50mm jugé suffisant vont permettre son déploiement en Norvège pour l’opération Weserübung.

Comme pour les autres blindés allemands, le châssis du Panzer III s’est prêté à un certain nombre de conversions sans parler de la reconversion de chars retirés du service actif.

Citons pêle-mêle une version de dépannage, de commandement, d’observation d’artillerie, char lance-flamme, poseur de travées, déminage. Ce châssis à aussi servit au développement ud Sturmgeschütz III à canon de 75mm. En mélangeant des éléments du châssis du Panzer III et du IV, on obtint le châssis du canon automoteur Hummel.

Panzer III Ausf J

Panzer III Ausf J

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen III

Poids : 22.3 tonnes Longueur total : 6.41m longueur de la coque : 5.41m largeur : 2.95m hauteur : 2.50m

Moteur : Maybach HL 120 TRM 12 cylindres 300ch

Blindage : maximal 50mm

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h (19 km/h en tout-terrain) Autonomie 175km sur route 97km en tout-terrain

Armement : un canon de 50mm en tourelle triplace avec 99 projectiles pouvant pointer de -10° à +20° et sur 360° en azimut, canon associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm (2250 cartouches) et une mitrailleuse de caisse (1250 cartouches)

Equipage : cinq hommes (Pilote, radio-mitrailleur, chef de char, chargeur et tireur)

Panzerkampfwagen IV (Panzer IV)

Panzer IV à canon de 75mm long

Panzer IV à canon de 75mm long

Quand le char de combat est inventé, sa mission unique est de percer le front et de déblayer le terrain au profit de l’infanterie qui ne pouvait seule vaincre la triade “mitrailleuse + barbelés + tranchées”.

L’appui de l’infanterie semblait être la seule mission du char de combat, un affrontement entre chars si il était du domaine du possible, paraissait peu probable.

Aussi quand l’Allemagne planifia la montée en puissance de sa Panzerwafe, elle identifia deux types de chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Le développement du futur Panzerkampfwagen IV (Sonderkraftahtzeug 161) commence avant même l’arrivée des nazis au pouvoir ce qui implique des appellations de camouflage comme Mittleren Traktor puis Bataillonführerswagen avant de devenir de véritables chars de combat.

Le prototype apparait en 1935. MAN et Krupp s’affrontent et c’est finalement le fabricant d’Essen qui l’emporte et qui reçoit commande en 1936 des premiers exemplaires de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mêlés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.
Le Panzer III ne pouvant recevoir plus qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du châssis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen à canon de 75mm long sous tourelle. Le développement prenant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar, la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armés du canon de 75mm de 43 calibres.

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dotés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de jupes blindées (Schürzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III. Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe quatre divisions blindées au complet et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du châssis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres dévellopant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximale : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse, le stock de 3150 cartouches.

Equipage : cinq hommes

Allemagne (45) Armée de Terre (2)

Organisation des différentes unités

Division d’infanterie (Infanterie-Division)

-Après la mobilisation, l’armée de terre allemande dispose de soixante-treize divisions d’infanterie, trente-deux d’active et quarante et une issue de la mobilisation.

-Les trente-deux divisions d’active sont dans l’ensemble de bonnes unités bien entrainées et bien équipées. Il y à cependant des différences avec des unités motorisées et des unités qui ne le sont pas.

-En septembre 1948, douze divisions sont motorisées complètement en l’occurrence les 1.ID 4.ID 9.ID 10.ID 14.ID 15.ID 19.ID 16.ID 20.ID 22.ID 214.ID et 5. Leichte Division.

Les autres ne le sont que partiellement avec un groupe de reconnaissance motorisé, une compagnie antichar motorisée et un régiment d’artillerie lourde (canons de 150mm) motorisé. Quelques éléments du génie sont également motorisés.

Pour ce qui est des quarante-un divisions de mobilisation (25.ID à 68.ID), l’immense majorité des divisions sont partiellement motorisées mais les 30.ID, 32.ID, 34.ID et 40.ID sont totalement motorisées.

Sur le plan de l’organisation, il n’y à peu de différences, toutes les divisions d’infanterie sont organisées de la même façon, seules les Leichte Division étant différentes.

-Un état-major

-Un groupe de reconnaissance divisionnaire

-Un groupe logistique (ravitaillement et maintenance)

-Trois régiments d’infanterie à trois bataillons, chaque bataillon disposant de trois compagnies de fusiliers, une compagnie de mortiers et une compagnie antichar. Les Leichte Division ne disposent que de deux régiments.

-Un régiment d’artillerie à trois groupes de trois batteries (Abteilungen I,II et III) équipée chacune de quatre obusiers de 105mm soit un total de trente-six pièces.

A la mobilisation en septembre 1939, un quatrième groupe issu d’un régiment lourd intègre le régiment, ce groupe étant organisé en trois batteries de quatre obusiers de 150mm.

Suite à la démobilisation, les divisions maintenues en ligne garde leur régiment d’artillerie (Artillerie-Regiment) dans cette configuration de guerre, les régiments lourds étant reconstitués dans la Réserve Générale avec le groupe non intégré à un A-R et d’autres unités mises sur pied ultérieurement.

-Un bataillon de canons d’assaut équipés de Stug III.

-Un détachement de transmissions

-Un bataillon du génie (une compagnie pour les Leichte Division)

-Un groupe antichar (motorisé quelque soit le type de division)

-Un groupe d’observation d’artillerie

-Un détachement de santé

Division de montagne

-La Deutsche Heer dispose de trois divisions de montagne déployées dans le sud-Est de l’Allemagne et placés sous l’autorité du VIIème Corps dépendant de l’Armée du Sud-Est dont l’état-major est installé à Dresde. Deux de ces divisions vont participer à l’opération Weserübung. Ces divisions sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupe de reconnaissance divisionnaire

-Un groupe logistique (ravitaillement et maintenance)

-Deux régiments d’infanterie à trois bataillons, chaque bataillon disposant de trois compagnies de fusiliers, une compagnie de mortiers et une compagnie antichar.

-Un régiment d’artillerie à trois groupes équipés de canons de montagne de 75mm de conception tchèque, le 7.5cm Gebirgkanone 15

-Un détachement de transmissions

-Une compagnie du génie
-Un groupe antichar

-Un groupe d’observation d’artillerie

-Un détachement de santé

Panzerdivision

-Les divisions de chars ou PanzerDivisionen sont mises en place au milieu des années trente à la même époque que les Divisions Légères Mécaniques (D.L.M) françaises.

-Les trois premières Panzer-Division sont mises sur pied en novembre 1935, la 1. PzD est créée à partir de la division légère, ex-3ème division de cavalerie, les 2. et 3. PzD étant créées ex-nihilo.

-La 4. PzD est créée le 10 novembre 1938 par transformation en division de la 7. Panzer Brigade et si la 5. PzD est créée ex-nihilo, les quatre Panzerdivision suivantes sont créées par transformation des Leichte Division (divisions légères) qui n’avaient pas donné satisfaction durant l’invasion de la Pologne. Les divisions légères créées ultérieurement étaient  des unités d’infanterie n’ayant aucun lien avec les divisions dont nous allons parler maintenant.

La 6. PzD est créée le 6 octobre 1939 par transformation de la 1. Leichte Division, la 7.PzD est mise sur pied le 18 octobre 1939 par transformation de la 2. Leichte Division, la 8.PzD est créée le 16 octobre 1939 par transformation de la 3. Leichte Division.

La 9. PzD est crée le 3 janvier 1940 par transformation de la 4. Leichte Division qui elle même était issue de la Schnelle Division (division rapide ou division d’urgence) de la Bundesheer, l’armée de terre autrichienne absorbée par la Deutsche Heer suite à l’Anschluss en octobre 1938.

-Paradoxalement, la 10. PzD est mise sur pied le 10 avril 1939 avec des éléments de deux divisions d’infanterie motorisées, les 20.ID et 29.ID.

-Comme pour les DLM françaises, la configuration des PzD à évolué avec le retour d’expérience et les inévitables tatonements liés à la nouveauté.

-Leur configuration originelle voyait ces divisions organisées en un état-major, une brigade blindée à deux régiments de chars, une brigade de reconnaissance, un régiment de fusiliers, un bataillon motocycliste à cinq compagnies, un groupe de reconnaissance motorisé, un détachement antichar, un groupe motorisé d’artillerie, des unités du génie et un détachement motorisé de transmissions.

-Initialement, il était prévu de passer de dix à vingt PanzerDivision mais au final, seulement deux nouvelles PzD sont mises sur pied. La 11.PzD est mise sur pied en janvier 1942 et la 12.PzD en juin 1945 après la fin de la guerre civile. Le projet de créer les 13. et 14.PzD n’aboutit pas avant le début du conflit.

-Les PanzerDivision nouvelle génération voient le jour à partir de septembre 1945. Outre le retour d’expérience, il faut ajouter un processus similaire côté français et l’arrivée de chars plus puissants (Panther et Tigre).

-Résultat, quand démarre le second conflit mondial, les PanzerDivision sont organisées de la façons suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Un groupement logistique autonome

-Un groupe de reconnaissance motorisé (une compagnie motocycliste, une compagnie d’auto-blindées, une compagnie lourde équipés de chars légers Lynx et une compagnie d’appui _canons antichars et antiaériens_)
-Une brigade de chars (état-major, deux régiments de chars équipés de Panzer V Panther, de Panzer III ou de Panzer IV, un bataillon d’artillerie d’assaut, un bataillon de grenadiers d’assaut, une compagnie antichar et une compagnie antiaérienne)

-Une brigade de grenadiers (état-major, deux régiments de grenadiers, une compagnie motocycliste, une compagnie antichar et une compagnie antiaérienne),

-Un régiment d’artillerie autopropulsé équipé de Wespe et de Hummel

-Un bataillon motorisé du génie

-Un détachement de transmissions.

-A noter qu’en temps de guerre, deux bataillons de chars lourds équipés de Panzer VI Tigre renforcent la division.

-Ces unités apparaissent plus puissantes que les DLM ou les DC françaises mais elles ne sont pas exemptes de «défauts» avec notamment une moindre grande intégration du couple chars/infanterie, la présence de deux bataillons de chars lourds uniquement en temps de guerre ce qui peut rendre leur utilisation moins efficiente qu’envisagée.

-La reconnaissance et l’éclairage divisionnaire dépend d’un groupe alors que les Divisions Légères Mécaniques et les Divisions Cuirassées utilisent un régiment complet.

-Elle est cependant supérieure au niveau de l’artillerie avec des obusiers autopropulsés de 150mm supérieurs au canons automoteurs de 105mm des DC et des canons tractés des DLM.

-De toute façon comme on le dit souvent, seule l’épreuve du feu permettra de vérifier si telle organisation est supérieure à telle autre.

Brigades du génie (Pioniere-Brigade)

-Les manœuvres d’avant guerre ont montré l’utilité du génie pour aménager le terrain et franchir les cours d’eau. La recherche de la vitesse et de la bataille décisive impose un tempo élevé aux opérations. Hors de question de ralentir parce qu’un cours d’eau ou un fossé antichar stoppe les chars.

D’où la création au printemps 1946 de quatre brigades du génie destinées au combat, au déminage et au franchissement des coupures humides.

Ils doivent également pouvoir remettre en fonctionnement des installations ferroviaires, utiliser les systèmes de communication ennemis voir remettre en route des centrales électriques.

Chaque brigade est organisée de la même façon :

-Un état-major

-Un groupe logistique

-Un régiment de minage/déminage

-Un régiment de sapeurs

-Deux régiments de franchissement

Régiments d’artillerie lourde et d’artillerie spéciale

-Outre les régiments d’artillerie intégrées aux divisions, l’artillerie allemande disposent de régiments indépendants, des unités d’artillerie lourde pouvant effectuer une préparation d’artillerie comparable au premier conflit mondial ou d’obtenir la percée.

-Chaque corps d’armée (onze Armee-Korps et quatre Panzer-Korps) disposent d’un régiment d’artillerie lourde équipés de canons de 150mm de deux modèles soit le Krupp Schwere Feldhaubitze 18 ou encore le Rheinmettall Kanone 18.

Ces quinze régiments sont chargés d’appuyer les différentes divisions placées sous le commandement des corps, c’est l’équivalent de l’ALCA ou Artillerie Lourde de Corps d’Armée (ALCA) pour la France.
-Ces régiments d’artillerie sont organisés en un état-major, une batterie hors-rang pour le soutien logistique, une batterie d’observation et de réglages de tir et quatre groupes de deux batteries de six canons soit un total de trente-six pièces par régiment.

-Ces régiments sont issus des régiments lourds existants en septembre 1939 et qui avaient été scindés en deux, un groupe rejoignant un régiment léger endivisionné et l’autre groupe restant en réserve.

-Leurs effectifs ont été complétés par des batteries mises sur pied par les nouveaux régiments d’artillerie divisionnaire à quatre groupes.

A ces régiments s’ajoute l’équivalent français de la Réserve Générale, des régiments placés sous le contrôle direct de l’OKH qui peut les utiliser à discrétion soit pour renforcer un Corps d’Armée ou déclencher le feu de Wotan en concentrant le maximum de bouches à feu.

-En septembre 1948, il existe seize de ces régiments équipés de différents canons allant de 170 à 356mm soit une amplitude supérieure à la France même si la majorité des régiments sont équipés de canons de 170mm et de mortiers de 210mm (treize), deux recevant des canons de 240mm et un troisième équipé d’obusiers de 356mm.

-La Heer dispose également d’une artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF). Si les canons de 150 et de 170mm mis en service en 1936 en réutilisant d’anciennes pièces navales avaient été ferraillés, des pièces plus lourdes les avaient remplacés.

-Deux régiments d’artillerie sur voie ferrée (Eisenbahn) sont opérationnels en septembre 1948. Ils sont équipés de canons de 280mm K5 et de canons de 400mm K6, une version terrestre des canons de 406mm des cuirassés de type Hidenburg. Des projets de mortiers lourds de 520mm et de canons de 800mm (!) ne se sont pas concrétisés avant le conflit.

-Des lance-roquettes sont également en service au sein de l’artillerie allemande. Appelés officiellement Nebelwerfer (faiseur de fumées), ils étaient officiellement censés créer des nuages fumigènes pour masquer le franchissement d’un cours d’eau ou l’avancée des troupes au sol mais en réalité, il s’agissait d’un lanceur de roquettes sol-sol à stabilisation par rotation.

Cette arme dans sa version 150 (Wurfgranate 41) et de 210mm (Wurfgranate 21) n’avait pas d’équivalent dans les armées alliées qui y furent confrontés en Norvège, une confrontation douloureuse.

Malheureusement pour les allemands et heureusement pour les alliés, deux exemplaires de Wurfgranate 21 avec des projectiles furent capturés à Tromso au cours d’une furieuse contre-attaque française.

Ces lanceurs furent aussitôt embarqués dans un hydravion direction la Grande-Bretagne où leur évaluation accéléra le développement d’un lance-roquettes franco-britannique appelé LRM (Lance-Roquettes Multiples) ou Multiple Rocket Launcher (MRL), un nom officiel remplacé par le mot famillier d’Orgue.

Parallèlement, des roquettes plus grosses furent mises au point en l’occurrence des Wurfkörper de 280 et 320mm installés dans des battis en bois montés sur des véhicules, les ancêtres de nos LRM actuels montés sur châssis chenillé ou sur camions.
Ces armes équipaient douze Wurfgranate Abteilung organisés en une batterie de commandement et de soutien, une batterie hors rang et trois batteries de douze lanceurs remorqués ou motorisés.

Transmissions

-Dépendant de l’Inspektion der Nachrichten, les unités de transmissions allemandes sont majoritairement intégrées aux unités de combat.

-Néanmoins, il existe plusieurs bataillons de transmissions indépendants (quatre en l’occurrence) chargés des transmissions stratégiques entre les troupes sur le front et l’arrière. Ce nombre doit doubler à la mobilisation.

Soutien

-La guerre moderne, la guerre industrielle impose une logistique très importante. Le temps où les armées pouvaient vivre sur le pays est terminé.

-Il faut du carburant pour les chars et les véhicules blindés, des munitions, des médicaments et des vivres, des pièces détachées pour les véhicules. Cette tache d’approvisionnement et de ravitaillement (Versorgung) est assurée par les troupes d’approvisionnement (Nachschubtruppen), «le train des équipages» (Kraftfahrparktruppen) et les Verwaltungstruppen (cuisiniers, boulangers….).

La maintenance est assurée par les Feldzeugtruppen (armuriers, mécaniciens, garagistes) alors que les soins sanitaires et vétérinaires dépendent respectivement des Sanitättruppen et des Veterinärtruppen.

Outre les unités divisionnaires, on trouve des unités de soutien de niveau brigade, des unités destinées à founir un soutien à des corps d’armée ou des armées.

Elles sont chargées des dépôts de l’arrière, de l’acheminement du ravitaillement jusqu’au niveau divisionnaire où le groupement logistique prend le relais.

Chaque corps d’armée dispose d’une brigade de soutien (Versorgung-Brigade) chargé aussi bien du ravitaillement que de la maintenance, du soutien sanitaire et vétérinaire. Ce système parfait sur le papier se heurtera rapidement à de graves difficultés car sous-dimensionné par rapport aux besoins.

Grands tacticiens mais piètres stratèges, les allemands pensent en guerres courtes ce qui les incitent à négliger voir mépriser la logistique bien moins noble que le combat.

Feldgendarmerie

Pour assurer la circulation et l’ordre dans les arrières, la Heer dispose d’une police militaire appelée Feldgendarmerie.

Cette force à pour origine la période napoléonienne. Suite à la campagne catastrophique de 1806, la Prusse entreprit de profondes réformes et créa une force calquée sur la gendarmerie française appelée Feldgendarmerie.

Cette force était composée d’anciens fantassins et d’anciens cavaliers _notamment pour l’encadrement_ ce qui permettait en partie de contourner les effectifs limités par Napoléon 1er (80000 hommes) puisque les Feldgendarmes étaient considérés comme du personnel militaire bien que payé en temps de paix par le ministère de l’Intérieur.

En temps de guerre, la moitié des effectifs étaient rattachés à l’armée pour les taches décrites plus haut.

La Feldgendarmerie disparu en 1918, la République de Weimar ne disposant d’aucune police militaire. Il faut attendre l’arrivée des nazis pour voir la renaissance de la Feldgendarmerie.

Outre le maintien de l’ordre et la sécurité, elle était chargée de la circulation et des enquêtes en liaison avec les autres forces de police de l’Etat nazi avec lesquelles les relations n’étaient pas toujours cordiales.

Chaque division disposait d’un détachement de Feldgendarme dépendant du commandant de la division et chaque corps d’armée d’un bataillon. Une réserve opérationnelle de quatre régiments existait également.