Mitteleuropa Balkans (80) Roumanie (10)

MARINE ROUMAINE

Histoire

Les origines

Pavillon de la marine royale roumaine

La marine roumaine est créée le 22 juin 1860 par le Domnitor Alexandru Ion Cuza suite à l’unification des principautés de Valachie et de Moldavie. A l’époque il s’agit d’une flottille destinée à opérer sur le Danube, flottille issue de l’union des forces navales des anciennes principautés désormais unies.

Les premiers officiers sont formés à Brest et la première base est aménagée à Izmail en mer Noire. La marine roumaine se déplace à Braila en 1864 puis à Galati en 1867. Cette dernière va devenir la principale base de la future marine royale roumaine avec des infrastructures toujours plus développées.

Cette marine est naturellement modeste avec six navires et 275 marins. A part préparer l’avenir d’une future expansion elle ne peut pas faire grand chose.

Une école de formation est installée à Galati en 1872 et peu à peu des navires modernes qu’ils soient neufs ou de conversions sont livrés à la marine roumaine. Le premier vrai navire militaire roumain est la canonnière Fulgerul construite en France en 1873 mais armée en Roumanie avec un canon Krupp. Deux plus tard un torpilleur à hampe baptisé Randunica est à son tour mis en service.

Les différents navires roumains participent à la guerre russo-ottomane sous pavillon russe car officiellement la Roumanie est encore une principauté sous vassalité ottomane ! Le Randunica coule en coopération avec les torpilleurs russes Carevitch et Ksenya le monitor fluvial ottoman Seyfi alors que l’artillerie côtière coule le 7 avril 1877 le Podgorice.
Après cette guerre qui aboutit à l’indépendance de la Roumanie et à l’autonomie (quasiment l’indépendance) de la Bulgarie, la flottille du Danube bénéficiant de plusieurs plans de réarmement (1883-1885, 1886 à 1888 et 1906 à 1908).

Le croiseur protégé NMS Elisabeta après la refonte de 1905

La division de la Mer Noire voit le jour en 1890 et comprend le croiseur protégé Elisabeta, le navire-école Mircea, trois torpilleurs de classe Smeul et la canonnière Grivita.

En 1898 la flottille est réorganisée en une division du Danube basée à Galati et une division de la mer Noir basée à Constansa, le grand port maritime roumain.

Après avoir d’abord privilégié le contrôle du Danube (à l’époque le grand fleuve n’à pas le statut de voie d’eau internationale comme il l’aura ultérieurement) avec une marine fluviale (Brown Water Navy), la Roumanie se préoccupe de posséder peut être par une marine de haute mer (Blue Water Navy) mais au moins une marine littorale, une marine de défense côtière (Green Water Navy).

Comme souvent dans ces moments là les premiers plans sont ambitieux voir même irréalistes puisque le plan de 1898 prévoyait six cuirassés garde-côtes, quatre destroyers et douze torpilleurs (aucun de ces navires ne sera construit).

Le 2 juillet 1905 la marine roumaine est impliquée à son corps défendant dans la plus célèbre mutinerie de l’histoire navale, celle du cuirassé russe Potemkine accompagné du torpilleur Ismail (n°273).

Le croiseur protégé Elisabeta engage le torpilleur russe Ismail alors que ce dernier avait tenté de se réfugier dans le port de Constansa. Le navire roumain tira un premier coup à blanc suivit d’un deuxième coup avec un obus bon de guerre. Le torpilleur russe n’à d’autre choix que de se replier.

Plus tard dans la journée, le cuirassé et le torpilleur quittent les eaux territoriales roumaines. Dans la nuit du 7 juillet le cuirassé retourne dans le port roumain, l’équipage acceptant de se rendre aux autorités roumaines en échange de l’asile politique.

A midi le 8 juillet le capitaine Negru, commandant du port monte à bord du cuirassé pour hisser le pavillon roumain avant de l’autoriser à entrer dans le port intérieur. Le 10 juillet le cuirassé est rendu aux autorités russes qui vont le rapatrier à Sébastopol.

La marine roumaine dans le premier conflit mondial

Deux ans avant le début du premier conflit mondial la marine roumaine planifie un ambitieux programme d’expansion navale avec six croiseurs légers de 3500 tonne, douze destroyers de 1500 tonnes et un sous-marin.

Le Marasesti à d’abord connu une carrière sous pavillon italien.

Quatre destroyers commandés à l’Italie mais ces navires furent réquisitionnés par les italiens en 1914. Trois sous-marins sont commandés en France aux chantiers navals Schneider de Chalons sur Saone mais il est réquisitionné par la France en août 1914 et l’argent versé issu d’une souscription publique va être rendu aux roumains pour acheter des munitions.

A l’époque le plus gros navire de la marine roumaine est le croiseur protégé Elisabeta, une antiquité flottante puisque mis en service en 1888. Voilà pourquoi ce navire fût utilisé pour garder les bouches du Danube même si il fût désarmé dès le début de la première guerre mondiale. Son armement est réutilisé pour protéger les rives du Danube contre une action des monitors fluviaux austro-hongrois.

La Koningliche und Kaiserliche Kriegsmarine possédait en effet une importante flottille de monitors et de patrouilleurs, une leçon de la guerre austro-allemande de 1866. Sans l’armistice de Nicolsburg (21 juillet 1866), la 2ème Armée prussienne aurait sans difficulté atteint Vienne.

En 1914 la Donauflottille (Flottille du Danube) créée en 1870 possède six monitors ainsi que six patrouilleurs ou plutôt six vedettes de 15 à 33 tonnes qui se révélant trop petites vont être supplées par des navires plus gros (60 à 133 tonnes).

Les autres navires ne sont guère plus modernes (quatre canonnières et trois torpilleurs de classe Naluca [NMS Smeul NMS Naluca NMS Sborul] mais aussi le mouilleur de mines NMS Alexandru cel Bun ou le navire d’entrainement NMS Mircea).

Comme les autres marines, la marine roumaine réquisitionne des navires marchands pour compléter la flotte, cette réquisition étant facilité par le fait que la marine marchande était une marine nationale, le Service Maritime Roumain ou Serviciul Maritim Român.

C’est ainsi que les paquebots vapeur Regele Carol I (roi Carol 1er), România (Roumanie), Imparatul Traian (Empereur Trajan) et Dacia (Dacie) sont convertis en croiseurs auxiliaires.

Signe qui ne trompe pas la Flottille du Danube était plus moderne avec quatre monitors fluviaux (Lascar Catargiu, Mihail Kogalniceanu, Ion C. Bratianu et Alexandru Lahovari) et huit torpilleurs de conception et de fabrication britannique.

Ces quatre monitors ont été construits à Galati en 1907 avec trois canons de 120mm chacun même si en 1918 le Mihail Kogalniceanu est transformé en monitor océanique.

Les huit torpilleurs britanniques de classe Capitan Nicolae Lascar ( NMS Major Ene, NMS Captain L. Bogdan, NMS Captain Romano, NMS Major Giurascu, NMS Major Sontu, NMS Major Gr. Ioan, NMS Lt. Calinescu et NMS Captain V Maracineanu) ont été construits en 1906/07, des navires plus comparables à des vedettes lance-torpilles puisqu’ils déplaçaient environ 50 tonnes, une vitesse de 18 nœuds et un armement composé d’un canon de 47mm, d’une mitrailleuse de 6.5mm et deux tubes lance-torpilles.

Ces navires étaient appuyés par des navires plus anciens de classe Vedea (NMS Vedea, NMS Argeșul, NMS Trotușul et NMS Teleorman). Construits en 1894 en Allemagne, c’était là encore de petits navires, davantage des vedettes que des torpilleurs avec un déplacement de 30 tonnes, une vitesse de 10 nœuds et un armement composé d’un canon de 37mm et de deux tubes lance-torpilles.

Cette flottille comprennait également six vieilles canonnières utilisées pour surveiller la frontière ainsi que des navires de soutien (mouilleur de mines, transport, ravitaillement).

Ces vieilles canonnières toutes construites en Grande-Bretagne étaient réparties entre les trois unités de la classe Oltul (NMS Oltul,NMS Siretul, NMS Bistrita) et trois unités de la classe Rahova (NMS Rahova, NMS Smârdan, NMS Opanez, NMS Silistra).

La première classe se compose de navires de 110 tonnes, d’une vitesse maximale de 10 à 12 nœuds avec un armement composé d’un canon de 57mm et d’un canon de 37mm alors que la seconde se compose de navires de 45 tonnes, d’une vitesse maximale de 9 nœuds (sic) avec un armement composé d’un canon de 37mm et d’un canon Nordenfelt.

Les navires auxiliaires sont composés de navires réquisitionnés (NMS Bujorescu NMS Catinca) et d’un ancien torpilleur à hampe, le Randunica.

Pour la marine roumaine, la guerre commence vraiment dans la nuit du 26 au 27 août peu après que la Roumanie eut déclaré la guerre à l’Autriche-Hongrie.

Trois torpilleurs (le Randunica pourtant déclassé et deux navires réquisitionnés transformés en torpilleurs, les Bujorescu et Catinca) attaquent la flottille austro-hongroise du Danube stationnée dans le port de Ruse mais l’objectif de couler l’un des monitors de la Donauflottille le Bosna (580 tonnes, 13.5 nœuds, deux canons de 120mm, deux canons de 66mm, deux canons de 47mm, deix obusiers de 120mm et sept mitrailleuses) échoua puisque seule une barge chargée de carburant fût coulée.

Cela poussa néanmoins la flottille à se replier à 130km à l’ouest jusqu’à Belene et de prendre de sérieuses mesures défensives (le canal de Belene était un bras du Danube situé près de la ville bulgare de Svistov séparée de la rive roumaine par l’île de Persina).

Les monitors et autres navires de la flottille du Danube allaient se montrer très actifs durant tout le conflit, apportant un appui-feu bienvenue aux troupes au sol et ceux en liaison avec les batteries côtières, la portée des canons perturbant la préparation d’artillerie et les mouvements de troupes en direction du front. En revanche il n’y eut pas d’affrontements directs entre les deux flottilles.

Le seul navire à être sérieusement endommagé est le torpilleur fluvial Gr. Ion percée comme une écumoire par des mitrailleuses ennemies avec tout de même la moitié de son équipage tué et ce lors de la Bataille de Turtucaia. Elle participe ensuite à la première bataille de Cobadin.

Signe de la menace qu’elle représentait, le général Macksen rassembla des pièces d’artillerie d’un calibre allant de 150 à 305mm pour neutraliser définitivement ces monitors mais l’attaque menée à partir du 21 septembre n’eut pas l’impact escompté puisqu’à la fin de la journée seul le monitor Lahovari avait été légèrement endommagé avec seulement six blessés.

Quand un avion de reconnaissance raporta un tel résultat, le général allemand démis de leurs fonctions les sept officiers chargés de cette opération.

Durant l’Offensive Flamanda (29 septembre-5 octobre 1916) les batteries côtières roumaines endommagèrent des navires austro-hongrois comme les monitors Bodrog Körös et Szamos mais aussi le patrouilleur Barsch et une barge de charbon tandis qu’une barge chargée d’explosifs coula.

Le Körös à été sérieusement endommagé à tel point qu’en décembre 1917 au moment de l’armistice il était encore en réparations, réparations qui n’allaient s’achever qu’en avril 1918. Bien qu’aucun navire roumain ne fût engagée dans cette offensive, la seule rumeur de leur présence poussa la flottille austro-hongroise à se replier à Belene.

Le 30 septembre 1916 près de Sulina le sous-marin allemand UB-42 lance une torpille contre le torpilleur roumain NMS Smeul mais le manque. Le torpilleur contre-attaque et endommage le sous-marin au niveau du périscope (qui est détruit) et du kiosque (qui est ébréché) ce qui impose son retour au port.

Du 19 au 25 octobre 1916 les forces roumano-russes lancèrent une offensive pour récupérer les territoires perdus en Dobroudja (Deuxième bataille de Cobabin).

La marine roumaine mobilise le monitor Lascar Catargiu qui débarque cinquante fusiliers marins qui occupent la ville d’Harsova le 8 novembre mais sans combat l’ennemi l’ayant évacué.

Le 10 novembre 1916 deux torpilleurs débarquent des troupes à Topalu pour occuper le village. Le 3 décembre, le torpilleur Capitan Valter Maracineanu est coulé dans le Danube par une mine (un mort) et le 8 décembre les navires roumains couvrent la retraite des troupes au sol qui vont parvenir à s’accrocher dans le Delta du Danube qui restera sous contrôle roumain jusqu’à la fin du conflit.

En novembre 1916 le NMS Smeul aurait provoqué la destruction du sous-marin mouilleur de mines UC-15. Le commandant du torpilleur à affirmé avoir repoussé un sous-marin allemand et comme la flottille allemande n’avait dans le secteur que ce sous-marin il est facile de faire le rapprochement.

Ce qui est sur en revanche c’est que le torpilleur n’à été qu’indirectement à l’origine du naufrage en provoquant l’explosion des mines embarquées sur le sous-marin allemand.

Le 3 janvier 1917 un torpilleur fluvial roumain capture douze soldats allemands à Ghecet puis couvre l’évacuation de Galati d’une armada hétéroclite de 528 navires, la canonnière fluvial Smardan étant coulée par l’artillerie allemande durant cette opération (trois morts) tandis que le monitor Catargiu était endommagé avec également trois morts à son bord.

Le 16 avril 1917 le torpilleur NMS Smeul chavire dans les bouches du Danube provoquant la mort de 18 marins dont trois officiers français. La cause n’est pas une mine ottomane comme c’est parfois écrit mais tout simplement le mauvais temps.

En juillet 1917 les monitors roumains bombardèrent la ville de Tulcea occupée par les bulgares, réduisant au silence toutes les batteries bulgares ne subissant que de très légers dommages.

Le 22 septembre 1917 le monitor austro-hongrois SMS Inn heurte une mine et coule près de Braila, deux personnes étant tués à bord, un opérateur télégraphiste et le chef d’état-major de la flottille austro-hongroise du Danube.

Après une période d’inactivité lié à l’armistice puis au traité de Bucarest, la flottille fluviale roumaine reprennant la guerre le 10…..novembre 1918.

Dans les premières heures du 11 novembre, le monitor Mihail Kogalniceanu accompagné par le torpilleur fluvial Trotusul soutient l’occupation de la ville de Braila, une occupation faite sans combats, les allemands ayant évacué la ville, laissant aux roumains de nombreux navires dans le port.

Entre-deux-guerres

Suite à la fin du premier conflit mondial la Roumanie augmente substantiellement sa superficie en absorbant des territoires ayant appartenu à la Russie, à l’Autriche-Hongrie et la Bulgarie.

La marine royale roumaine va augmenter ses moyens en récupérant des navires ayant appartenu à des navires ennemis comme l’Autriche-Hongrie, la défunte Double-Monarchie voyant trois monitors fluviaux continuer leur carrière frappé du pavillon bleu or et rouge. Ces navires sont baptisés Ardeal, Basarabia et Bucovina. En 1921 quatre patrouilleurs sont acquis auprès de l’Italie. Ces acquisitions vont former la plus puissante flottille fluviale du monde.

A la différence de l’avant guerre la marine roumaine va axer ses efforts sur la division de la mer Noire pour profiter de l’affaiblissement de la Russie et de l’empire ottoman.

En 1920 elle achète deux croiseurs-éclaireurs de la marine italienne qu’elle rebaptise Marasesti et Marasti, des navires que la marine royale roumaine connait bien puisqu’elle les avaient commandé en 1914 avant que le premier conflit mondial pousse la Regia Marina à les réquisitionner et les utiliser (les deux autres seront cédés aux nationalistes espagnols en 1937).

La Roumanie achète également quatre canonnières auprès de la marine française, des navires qu’elle rebaptise Stihi Dumitrescu Lepri et Sublocotenent Ghiculescu, un cinquième navire de ce type étant acquis pour cannibalisation.

Torpilleur type Ariete

A cela s’ajoute sept torpilleurs acquis comme dommages de guerre auprès de la défunte Autriche-Hongrie enfin plutôt six car le Fulgerul chavire et coule dans le détroit du Bosphore lors de son transit en direction de la Roumanie. Ces navires sont désarmés durant la Pax Armada et remplacés notamment par quatre unités de classe Ariete.

Après le temps des réutilisations vient le temps des constructions neuves. En 1926 la Roumanie met en service deux destroyers de classe Regele Ferdinand, les Regele Ferdinand et Regina Maria, des navires construits en Italie mais inspirés des conducteurs de flottilles (flottilla leader) britanniques de classe Shakespeare soit ce qui se fait de mieux à l’époque.

Le Regele Ferdinand en 1935

A la même époque la Roumanie intègre le cercle relativement fermé des pays disposant d’une composante sous-marine. On pourrait penser qu’il s’agissait d’une leçon du premier conflit mondial mais point puisque la volonté d’acquérir un torpilleur submersible est plus ancienne.

En mai 1913 la Roumanie décide de renforcer sa composante navale hauturière et passe commande de quatre torpilleurs de classe Vifor. Elle étudie également la possibilité de faire construire aux chantiers navals de La Spezia un sous-marin par la firme Fiat.

Ce premier submarin devait être financé par une souscription publique lancée l’année précédente par le jounal Universul. Cette souscription remporte un grand succès puisque trois millions de lei ont été récoltés.

Les roumains changent finalement d’avis puisque l’argent est envoyée au français Schneider pour un submersible côtier. Il est aussitôt mis sur cale mais suite au déclenchement du premier conflit mondial, il est réquisitionné par la marine française, l’argent déjà versé servant à acheter des munitions.

Dans l’immédiat après guerre la France est la première puissance militaire d’Europe mais est surtout un pays traumatisé obsédé par sa sécurité. Elle cherche donc des alliés et va les trouver notamment en Europe centrale et orientale en parainant la Petite Entente.

Qui dit sécurité dit armes et Paris espère placer les produits de son industrie dans ces pays qui pour certains ont déjà été ses alliés.

Pour Paris il est capital que Bucarest tienne son rang en mer Noire et pour cela propose ses navires dont deux sous-marins type O’Byrne dont le premier n’est autre que le sous-marin commandé en 1914 !

La marine roumaine décline cette proposition car ces deux bâtiments sont dépassés et disposant de faibles capacités de combat.

Il faut attendre 1924 pour que la Roumanie lance un vrai projet d’acquisition de sous-marins avec trois submersibles partiellement financé par deux des trois millions de lei collectés et que le Trésor Roumain avait prit soin de conserver.

Les chantiers navals Schneider espèrent remporter le contrat mais c’est finalement l’Italie qui va décrocher la timbale mais pour seulement un sous-marin le Delfinul et un bâtiment-base de sous-marin baptisé Constansa, deux navires commandés dans un chantier naval novice en la matière, les chantiers navals Quarnaro de Fiume. Sans surprise les travaux prennent du retard et il n’est mis en service qu’en 1936 neuf ans après sa construction.

Construire des navires c’est bien mais il faut aussi des infrastructures pour les accueillir mais aussi pour former les futurs cadres de la marine royale roumaine. Un collège naval est fondé à Constansa en 1920 et en 1938 un voilier-école le Mircea construit en Allemagne va permettre la formation des futurs officiers de marine roumain et surtout offrir une magnifique vitrine à la marine de Carol II.

Comme la guerre verra la réquisition de navires marchands le Serviciul Maritim Român reçoit lui aussi de nouveaux navires qu’ils s’agisse de constructions neuves ou de navires de seconde main disposant encore d’un bon potentiel.

On trouve ainsi le vapeur Oituz, les anciens cargos allemands Adreal Peles Alba Iulia et Suceava (mis en service en 1932/33), les paquebots Basarabia et Transilvania acquis en Allemagne en 1938 et quatre cargos achetés en Italie avant le début de la guerre de Pologne (Balcic, Cavarna, Mangalia et Sulina), le SMR disposant à cette époque de dix-sept navires marchands pour un déplacement global de 72000 tonnes.

C’est notamment ces navires qui vont transporter au Levant et en Egypte les soldats polonais qui avaient échappé à l’encerclement et à la captivité.

En 1937 la marine roumaine souhaite lancer un programme de réarmement avec un croiseur, quatre destroyers, trois sous-marins, deux mouilleurs de mines et dix vedettes lance-torpilles. Ces navires doivent tous être construits aux chantiers navals de Galati où de lourds travaux d’infrastructure viennent d’avoir lieu.

Comme souvent en temps de paix cet imposant programme se heurte à des réalités industrielles, budgétaires mais aussi politique. C’est ainsi que le NMS Amiral Murgescu qui devait être un croiseur léger va devenir un mouilleur de mines utilisable pour des missions d’escorte.

Il faudra finalement attendre 1943 pour que la marine roumaine mette sur cale un véritable croiseur léger, le NMS Miheai Viteazul, un navire similaire aux croiseurs légers de classe Berlin. Il va devenir le navire-amiral de la marine roumaine. Un sister-ship aurait du être construit mais le NMS Cetatea Alba mis sur cale en septembre 1948 ne fût lancé qu’en octobre 1951 et finalement coulé par un raid aérien français en septembre 1952 alors qu’il n’était toujours pas achevé.

Les quatre torpilleurs furent construits mais à un rythme de sénateur. De conception roumaine mais avec l’aide discrète des allemands et des italiens, ils sont mis en service entre 1945 et 1947, opérant principalement avec l’unique croiseur léger de la marine royale roumaine.

Sur les trois sous-marins prévus, seulement deux baptisés Marsuinul et Rechinul furent mis en service, le premier ressemblant à un type VII alors que le second était un sous-marin mouilleur de mines. Il y eut le projet d’acquérir cinq mini sous-marins italiens de type CB mais le projet n’à pas aboutit pas.

Les deux mouilleurs de mines ne furent finalement pas construits mais en septembre 1948 deux paquebots furent réquisitionnés et transformés en mouilleur de mines. En ce qui concerne les dix vedettes lance-torpilles, huit furent mises en service durant la Pax Armada.

Mitteleuropa Balkans (46) Bulgarie (10)

MARINE BULGARE

Histoire

Aux temps jadis : peu ou pas de marine

Si la Bulgarie à connu des états puissants disposant de façades maritimes en revanche de puissantes marines point. Tout juste quelques unités ne pouvant pas vraiment rivaliser avec les plus puissantes marines de la région.

Louis le Pieux

La première mention de navires militaires bulgares date du IXème siècle . Durant sa guerre contre les francs de l’empereur Louis le Pieux (827-829) le khan Ormutag transporte des troupes sur le Danube et les débarquent sur les arrières des francs avec les conséquences que l’on peut facilement imaginer. Quinze ans plus tôt en 812 le khan Krum s’empare de forteresses byzantines en utilisant des navires militaires.

Pour une marine vraiment organisée il faut attendre le règne d’Ivan Asen II (1218-1241), une marine composée de navires à voile mais aussi de galères à rames, ces dernières étant chargées surtout de la défense des côtes.

En 1235 il envoie vingt-cinq grandes galères en soutien de l’empereur de Nicée dans son siège de Constantinople alors aux mains des latins et ce depuis la quatrième croisade de 1204.

En 1257 l’empire latin envoie une flotte de dix galères vénitiens et le 14 juin s’emparent de Nessebar (ville située au nord de Burgas, de peuplement grec jusqu’en 1923) après un court siège mais c’est une victoire sans lendemain.

Au XIVème siècke la Bulgarie n’est plus un état unifié mais une série de petits principautés qui vont succomber les unes après les autres à l’irresistible avancée des troupes ottomanes.

Cela n’empêche pas certains états bulgares de se montrer particulièrement vaillants notamment en mer Noire. C’est ainsi que la principauté de Karvuna disposa d’une marine qui remporta une série de succès navals contre les génois et les ottomans, les navires de cette principauté allant jusqu’en Crimée et même jusqu’à Trebizonde.

Qui dit marine dit chantier naval. Le principal était situé dans l’embouchure de la Kamchia (rivière de 191km prenant sa source dans l’est de la Bulgarie et se jettant directement dans la mer Noire à 25km au sud de Varna) en raison de l’abondance d’un bois de qualité à proximité. Il fût brûlé pour ne pas tomber aux mains des turcs.

Sur le plan technique les navires du premier empire bulgare sont des navires un peu à l’instar des drakkars vikings capable à la fois de navire en haute mer mais aussi sur les rivières.

Ils possédaient à la fois un faible tirant d’eau et de bonnes qualités nautiques. Leurs proues et leurs poupes étaient très hautes avec 10 à 15 rames sur chaque bord et un mat. A noter que les navires de bataille possédaient un petit bélier à l’avant pour dévoncer les navires ennemis.

Durant le second empire bulgare les navires sont issus du premier empire mais évoluent avec moins de rames et d’un modèle différent mais aussi des voiles triangulaires. Ils mesuraient 25 à 30m de long et 6 à 7m de large avec un ou deux mâts.

La marine bulgare : une marine de quatrième classe

La marine bulgare dans son acceptation moderne voit le jour le 13 janvier 1899 mais dès 1896 quelques navires sont armés par des équipages bulgares en l’occurrence trois vapeurs armés, le voilier Asen et sept autres vapeurs qui fournis par la Russie patrouillent sur le Danube.

La France va jouer un rôle important en fournissant plusieurs navires comme des torpilleurs et deux canonnières baptisés Nadezha et Kaliarta. Les subsides français vont représenter jusqu’à 20% du budget militaire bulgare.

Torpilleur Druzki

En 1903 le gouvernement bulgare présente un premier programme naval qui devait comprendre seize torpilleurs ainsi que l’aménagement et l’équipement des bases nécessaires. En 1908 ce programme est modifié avec six torpilleurs, trois batteries lance-torpilles flottantes et quatre batteries côtières lourdes.

En 1910 certains se prennent à rêver en imaginant des destroyers, des dragueurs de mines et des sous-marins voguant en mer Noire et en mer Egée, le pavillon blanc-vert-rouge claquant au vent mais hélas ce projet ne dépasse pas celui de l’intention en raison d’un manque de fonds et du peu d’intérêts de l’opinion publique bulgare pour les questions navales et maritimes.

La marine bulgare connait son baptême du feu durant la première guerre Balkanique, conflit qui est aussi un duel entre marchands de canons notamment Schneider côté français et Krupp côté allemand. Des chantiers navals sont aussi de la partie mais les propositions envoyées à la Bulgarie n’aboutissent à aucun contrat.

Durant cette quasi-répétition du premier conflit mondial la marine bulgare joue un rôle important mais qui n’est guère mis en valeur (un peu comme la Royale durant le premier conflit mondial). Elle assure la défense des côtes, la protection du trafic commercial et le ravitaillement des troupes dans une région où les infrastructures ne sont pas toujours de première qualité. A noter que des yachts armés patrouillent sur le Danube.

Le croiseur Hamidiyé

Le 21 novembre 1912 cependant à lieu la bataille navale de Kaliakra entre quatre torpilleurs bulgares et le croiseur protégé Hamidiyé de la marine ottomane qui intervient pour protéger un convoi qui ralliait Constansa (Roumanie) à Constantinople.

Cette bataille qui à lieu à 32 miles (64km) de Varna voit le croiseur protégé ottoman être sérieusement endommagé par le torpilleur Draski et le blocus des côtes bulgares notablement allégé.

La marine bulgare ne participe à la deuxième guerre Balkanique car les navires sont internés à Sebastopol. La brièveté du conflit aurait de toute façon réduit à pas grand chose son impact face à des pays comme la Grèce et l’empire ottoman disposant de moyens bien supérieurs notamment des croiseurs et des cuirassés.

En 1914 les navires bulgares rentrent au pays et vont participer au premier conflit mondial aux côtés des Empires Centraux. Son impact sera très limité surtout face à une marine russe possédant plusieurs cuirassés modernes. En fait l’apport principal de la Bulgarie aux Empires centraux sur le plan naval sera l’ouverture de ses ports aux navires allemands, austro-hongrois et ottomans.

Sous-marin bulgare n°18 ex-UB-8 de la Kaiserliche Marine

L’Allemagne se permet quand même de livrer un sous-marin type UB-1, le UB-8 et six dragueurs de mines légers de quoi donner un peu plus de poids à la petite marine bulgare.

Le traité de Neuilly-sur-Seine réduisant les forces armées bulgares à seulement 20000 hommes sans armes lourdes il était évident que la marine allait être impactée. Cette dernière théoriquement dissoute et remplacée par une force de police maritime ne peut conserver que des navires anciens tout juste adaptés à la défense côtière (et encore contre un ennemi pas trop exigeant) à savoir quatre torpilleurs de classe Diski et deux patrouilleurs, des navires de construction française.

Le royaume de Bulgarie tous comme les autres vaincus de la première guerre mondiale n’à jamais accepté le traité de paix et nul doute que les clauses militaires furent avec les clauses territoriales les plus dures à avaler.

Il faut attendre 1938 et la signature de l’Accord de Salonique pour que la Bulgarie puisse réarmer en toute légalité.

Durant la Pax Armada des investissements massifs _tout est relatif_ sont consentis par le gouvernement bulgare. Si l’armée de terre et l’armée de l’air sont prioritaires la marine n’est pas oubliée.

Elle reçoit de nouveaux navires, des hydravions et peut aménager des batteries côtières pour empêcher un ennemi quelqu’il soit de réaliser le blocus des côtes bulgares et asphyxier l’économie du pays.

S-Boot

C’est l’Allemagne qui va servir de parrain en livrant un premier lot de quatre vedettes lance-torpilles type S-Boot suivit d’un deuxième permettant de créer une flottille de torpilleurs. Ces torpilleurs sont appuyés par quatre torpilleurs légers inspirés des nouveaux torpilleurs de la Kriegsmarine ainsi qu’un certain nombre de patrouilleurs qui vont également servir de dragueur de mines.

Le mouilleur de mines britannique HMS Abdiel

A cela va s’ajouter un grand mouilleur de mines le Bulgaria, un navire conçu également pour servir de transport de troupes, de navire de commandement mais aussi de navire de soutien mais également deux petits pétroliers-caboteurs.

En septembre 1948 la marine bulgare dispose de quatre torpilleurs, de huit vedettes lance-torpilles, de douze patrouilleurs-dragueurs, d’un mouilleur de mines et de deux pétroliers-caboteurs. A cela s’ajoute une petite aéronavale dispose de huit hydravions Arado Ar196.

Arado Ar 196

Dès le début du conflit des champs de mines sont mouillés en coopération et en coordination avec la marine roumaine. Ils sont destinés à protéger les principaux bulgares (Burgas et Varna) d’un blocus soviétique.

Les batteries côtières sont armées à l’effectif de guerre et d’autres sont aménagées pour là encore empêcher une marine ennemie de réaliser le blocus des côtes.

Durant le second conflit mondial la petite marine bulgare ne va pas démériter. Sachant parfaitement ne pas pouvoir affronter la marine soviétique, elle va choisir une stratégie du faible au fort en pratiquant le harcèlement pour par exemple empêcher l’évacuation d’Odessa ou le ravitaillement de la Crimée (puis sont évacuation).

Ces opérations qui voient une coopération intense avec la marine roumaine (en dépit de différents territoriaux) ne remportent qu’un succès partiel et sont assez couteuses en matériel comme en vie humaine.

A la fin du conflit alors que l’URSS s’apprête à envahir la Bulgarie, la marine de Simeon II ne dispose plus que de deux vedettes lance-torpilles, un torpilleur, deux patrouilleurs et un pétrolier-caboteur.

Ces navires devaient être livrés par le nouveau gouvernement à Moscou mais les marins ne sont pas d’accord et le 25 janvier 1954 les navires sont sabordés à Varna où ils étaient rassemblés. Les responsables seront traduits en cour martiale et pour six d’entre-eux fusillés tandis que d’autres seront déportés en Sibérie.

Les navires concernés seront renfloués mais leur état était tel que les soviétiques tout comme le nouveau gouvernement décidèrent de les envoyer à la démolition. Signe qui annonçait un avenir funeste l’acier ainsi récupéré va être promptement envoyé en URSS et non réutilisé en Bulgarie.

La marine bulgare sera reconstituée en 1959 avec la cession de navires soviétiques mais ceci est une autre histoire.

Mitteleuropa (13) Hongrie (13)

Une nouvelle armée hongroise

Les années qui suivent la fin de la première guerre mondiale sont particulières agitées pour les hongrois. Les régimes politiques se succèdent avant que finalement les monarchistes ne l’emporte.

Le 9 août 1919 l’amiral Horthy unifie sous sa férule différentes unités anti-communistes pour former une armée nationale de 80000 hommes (Magyar Nemzeti Hadsereg). Cette armée va combattre aux côtés des roumains contre le régime communiste de Béla Kun qui disposait de sa propre force militaire.

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Scandinavie (73) Finlande (11)

Dragueurs de mines

Dragueurs de mines classe Ahven

Les six unités de la classe Ahven sont des dragueurs côtiers mis en service dans la marine finlandaise en 1936/37. Ils ont été baptisés Ahven Kiiski Mulkku Särki Kuore et Lahna.

Ces dragueurs de mines participèrent à la guerre d’Hiver puis à la guerre de Continuation, deux d’entre-eux étant perdus durant le second conflit mondial en l’occurence le Ahven victime d’une mine qu’il cherchait à désamorcer le 17 juillet 1953 et le Lahna abordé de nuit par un cargo et qui coula en quelques instants. Les quatre survivants ont été désarmés en 1960 (Kiiski), en 1961 (Mulkku) et en 1962 (Särki Kuore) puis démolis.

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Scandinavie (38) Danemark (9)

Le Danemark dans le second conflit mondial

Prémices

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Soldats danois en position lors de manœuvres organisées au printemps 1944

En septembre 1939, la guerre de Pologne éclate. Copenhague réaffirme aussitôt sa neutralité de crainte que l’Allemagne ne veuille s’installer au pays des Danes pour par exemple sécuriser l’accès à la Baltique et éviter ainsi une incursion navale alliée dans ce qui est considérée comme une mare germanicum.

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Scandinavie (11) Norvège (11)

Sous-marins

Sous-marins type A

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Le sous-marin A-4

En 1909, les norvégiens ont mis en service le HNoMS Kobben, leur premier sous-marin. Ce navire n’à été désarmé qu’en 1933 mais dès avant le premier conflit mondial Oslo passe commande auprès de Krupp Germania de Kiel de quatre sous-marins baptisés A-2, A-3,A-4 et A-5.

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Scandinavie (7) Norvège (7)

MARINE ROYALE NORVÉGIENNE

Norvège 10

Historique

Prémices et temps anciens

La marine royale norvégienne ou Sjoforsvaret voit officiellement le jour le 12 avril 1814 mais son existence est nettement plus ancienne puisqu’elle peut se targuer d’une histoire quasi-millénaire, une première marine norvégienne étant attestée dès le 10ème siècle (955 pour être précis).

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Benelux (50) Belgique (11)

Les navires en service

Croiseur-éclaireur Léopold 1er

HMS Argonaut

Le croiseur léger antiaérien Argonaute. Le Léopold 1er s’est inspiré des Dido britanniques

Quand la décision fût prise de pérenniser la marine belge une fois la guerre de Pologne terminée, se posa immédiatement la question du format.

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Benelux (48) Belgique (9)

CORPS NAVAL BELGE (CNB)

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Pavillon de la marine belge

Historique

Les prémices : une marine à éclipse

A la différence de la Koninklijke Marine néerlandaise, la marine belge est nettement plus récente non seulement parce que l’état en lui même est récent mais aussi parce qu’il y eut de nombreuses éclipses au cours de laquelle la marine disparaît purement et simplement.

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Dominions (96) Nouvelle-Zélande (7)

Corvettes classe Flower

HMS Bluebell (K-80).jpg

La corvette HMS Bluebell (K-80)

Bien que la lutte anti-sous-marine à été négligée durant la période 1919/1939 (faute de volonté et/ou de moyens), la construction de navires de protection contre les submersibles s’est poursuivit notamment en Grande-Bretagne qui construit plusieurs classes de sloop sans compter des armed trawler ou chalutiers armés.

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