Etats-Unis (32) croiseurs lourds (5)

USS Los Angeles (CA-79)

USS Saint Paul (CA-73) 1949-54 copie à détruire

-Le USS Los Angeles (CA-79) est mis sur cale au Brooklyn Navy Yard le 24 mars 1946 lancé le 14 septembre 1947 et commissionné le 30 janvier 1949.

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Etats-Unis (22) porte-avions (3)

Porte-avions classe Yorktown

USS Yorktown (CV-5) Hampton Roads 301037

Avant-propos

Architecte naval dans une période de respect des traités n’était pas une sinécure. Il fallait obtenir des navires performants en jonglant entre la vitesse, l’armement, la protection. A cela s’ajoute le fait que le porte-avions était un concept encore neuf aux possibilités inconnues ce qui entraîna des configurations pour le moins surprenantes comme deux voir trois ponts d’envol superposés.

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Etats-Unis (14) US Navy (10)

Artillerie Médiane (102 à 203mm)

6 Inch (152mm) Mark 12

Canon de 152mm 53 calibres US Navy 2

6 Inch Mark 12 en tourelle double sur un croiseur de classe Omaha

Ce canon de 53 calibres (soit un tube long de 8.056m) à été initialement mis au point pour l’armement secondaire des cuirassés et des croiseurs de bataille dont la construction à été annulée par le traité de Washington.

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Etats-Unis (11) US Navy (7)

Navires auxiliaires

Plus qu’aucune autre marine, l’US Navy ne peut se permettre de négliger la logistique. Son théâtre d’opérations privilégié, le Pacifique impose un énorme train d’escadre pour ravitailler et réparer les navires, pour fournir de l’eau et des vivres aux hommes, pour les soigner….. .

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Etats-Unis (10) US Navy (6)

Destroyers

USS Clemson (DD-186)

Le USS Clemson (DD-186) l’un des nombreux flush-decker construit à la fin du premier conflit mondial par l’US Navy. 

Dans le domaine des destroyers, la marine américaine hérite du premier conflit mondial d’une importante flotte de flush-decker dont certains ont été mis en réserve dès leur achèvement faute de besoins une fois la paix revenue.

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Etats Unis (7) US Navy (3)

La montée en puissance dans les années trente

Paradoxalement c’est la crise économique consécutive au choc boursier d’octobre 1929 qui va être à l’origine de la modernisation de l’US Navy via notamment le National Industry Recovery Act qui injecte 3.3 milliards de dollars au profit des forces armées US.

Carl Vinson

C’est aussi l’action d’élus particulièrement concernés par la chose navale comme Carl Vinson qui avec son collège du sénat Park Trammell, le Vinson-Trammell Act voté en 1934 est considéré comme le texte décisif qui va permettre à l’US Navy d’entrer en guerre relativement bien préparée.

Dans l’impossibilité de construire des cuirassés, l’US Navy concentre ses efforts sur le dévellopement du porte-avions. Après avoir fait ses gammes en transformant le charbonnier Jupiter en porte-avions sous le nom de Langley, la marine américaine transforme deux croiseurs de bataille en porte-avions, les Lexington et Saratoga plus grands porte-avions du monde jusqu’à l’apparition des United States.

Ces deux porte-avions sont vus comme trop grands mais à l’usage, ce surdimensionnement se révélera bénéfique puisqu’il pourront acceuillir des avions toujours plus gros et toujours plus puissants.

Elle passe ensuite à l’étape de la construction neuve, hésitant entre quelques grosses unités et beaucoup (tout est relatif) de petites.

USS Ranger (CV-4), une demi-réussite

Le premier porte-avions construit dès l’origine comme tel se révélant un semi-échec ou une demi-réussite (le USS Ranger CV-4), les américains réalisent des navires plus gros, les deux premiers Yorktown (Yorktown CV-5 Enterprise CV-6) qui impose l’architecture américaine du porte-avions où le hangar est un supplément au navire et non une part du tout comme pour les anglais.

USS Essex (CV-9)

Ces deux porte-avions sont suivis _respect des traités oblige_ par une version plus petite, le USS Wasp (CV-7) qui se révèle là encore une demi-réussite à la différence du troisième Yorktown baptisé Hornet et frappé de la marque de coque CV-8.

Les Essex qui ne sont pas en service quand éclate la guerre de Pologne sont une évolution des Yorktown mais il serait réducteur d’imaginer les Essex comme des Yorktown plus gros.

Dans le domaine des cuirassés, les américains hésitent et tâtonnent. La course au cuirassé rapide, la course au «35000 tonnes» à été lancée par la réponse italienne aux Dunkerque et Strasbourg sous la forme de la construction des Littorio et des Vittorio Veneto.

Les français qui doivent contrôler la Méditerranée riposte en mettant également en chantier deux 35000 tonnes, les futurs Richelieu et Jean Bart entrainant l’Italie dans la construction de deux nouveaux cuirassés baptisés Impero et Roma.

Les autres pays majeurs ne tardent pas à suivre, la Grande-Bretagne commençant la construction de cinq King George V, l’Allemagne de deux Bismarck et le Japon de deux Yamato qui se révéleront bien plus gros que les autres 35000 tonnes puisqu’à pleine charge ils en déplacent le double avec un armement bien plus puissant à savoir neuf canons de 460mm en trois tourelles triples.

Les américains sont les derniers à partir dans cette course au cuirassé rapide, synthèse entre le cuirassé «classique» lent, bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais peu protégé, concept qui sera encore présent dans l’US Navy sous la forme des Large Cruiser de classe Alaska.

USS North Carolina (BB-55)

L’US Navy va d’abord mettre en œuvre les deux North Carolina et les quatre South Dakota parmi les plus lents des «35000 tonnes». Songeant à combattre les Kongo et surtout à accompagner leurs porte-avions, les américains franchissent un cap avec quatre Iowa qui peuvent filer à 30 nœuds (la rumeur de cuirassés filant à 35 nœuds se révélant infondée).

Aucun de ces cuirassés n’est service en septembre 1939 (d’ailleurs aucun 35000 tonnes n’est en service quand éclate la guerre de Pologne), la Pax Armada voyant un sérieux renouvellement du corps de bataille avec la mise en service des cinq Montana armés de douze canons de 406mm en quatre tourelles triples.

Les quatre premiers Iowa

Deux autres Iowa sont commandés peu avant le début du second conflit mondial mais si leur construction est menée à bien, ils ne seront achevés qu’à la fin de la guerre, manquant les affrontements majeurs.

Un mot sur les Large Cruiser ou croiseurs de bataille de classe Alaska. Ces derniers sont construits pour contrer à la fois les cuirassés de poche allemands et les projets de croiseurs-tueurs japonais qui révéleront bien moins redoutables une fois achevés.

Six navires sont envisagés mais seulement quatre sont construits armés de canons de 356mm britanniques. Ces canons étaient une version produite sous licence du 14 Inch Gun Mk VII conçu pour les King George V pour pouvoir armer le Suleiman, le cuirassé commandé par la Turquie pour remplacer le Yavuz ex-Goeben.

Ces canons qui vont aussi réarmer les cuirassés brésiliens et argentins vont finalement armer les Alaska qui à la place de trois tourelles triples de 305mm vont recevoir trois tourelles doubles de 356mm.

Comme ces navires ne sont pas vraiment des cuirassés mais plus des croiseurs lourds, comme les noms d’Etats sont réservés aux premiers et que les noms de villes le sont pour les seconds, les Alaska vont recevoir des noms de territoires en l’occurence Alaska Guam Hawai Puerto Rico (le nom de Phillipines lui à été d’abord attribué mais comme le pays est devenu indépendant, il à été rebaptisé). Les deux derniers ne seront jamais baptisés ce qui prouve que dès le début leur sort était en suspens.

Dans le domaine des croiseurs, les croiseurs cuirassés sont désarmés au début des années vingt à la fois à cause de l’usure, du déclassement technique et de la nécessité de «faire de la place» pour l’enfant du traité de Washington à savoir le croiseur lourd ironiquement appelé Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d’étain.

USS Pensacola (CA-24)

Plus ou moins bien protégés, les classes de croiseurs lourds se succèdent avec les Pensacola, les Northampton, les Portland, les New Orleans et le Wichita en attendant la construction des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs croiseurs lourds du monde en compagnie des Saint Louis français.

Aux côtés des croiseurs lourds, on trouve les croiseurs légers. Les Omaha construits dans le cadre du programme de guerre de 1916 pour accompagner des cuirassés et des croiseurs de bataille morts nés sont rapidement dépassés et déclassés, étant désarmés au cours des années quarante et rapidement démolis, aucun pays n’ayant montré un intérêt pour leur récupération.

USS Brooklyn

Les premiers croiseurs légers construits sont les Brooklyn, une réponse aux Mogami japonais avec leurs quinze canons de 152mm qui sont suivis par les Saint Louis _étroitement dérivés des Brooklyn_ en attendant les Cleveland qui ne disposent que de douze canons de 152mm sur une coque courte ce qui posera des problèmes de stabilité au cours du conflit à la manière des Crown Colony britanniques. Les classes suivantes reviendront à seulement neuf canons de 152mm sur une coque allongée et élargie avec une DCA plus importante.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

On trouve également dans les croiseurs légers les Atlanta armés de canons de 127mm, des navires destinés à la défense antiaérienne mais également au commandement des flottilles de destroyers.

Dans le domaine des destroyers, l’abondance de biens nuit contrairement à ce que veut la sagesse populaire. Les nombreux flush-decker bloquent études et constructions. Il faut attendre les années trente pour l’US Navy mette en œuvre de nouveaux destroyers avec la classe Farragut.

Ils sont suivis par de nombreuses classes de navires qui apportent des amélioration en terme de puissance de feu, les derniers destroyers construits avant guerre atteignant un tonnage proche des contre-torpilleurs français (2300-2500 tonnes) avec un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles. Des projets de destroyer-leader à huit canons de 127mm n’aboutissent pas.

Même chose dans le domaine des sous-marins où la flotte évolue avec la mise en service de classes successives qui apportent une amélioration par rapport à la précédente. A noter que la différence d’autres marines,l’US Navy ne renouvèle pas l’expérience du croiseur sous-marin ou du sous-marin croiseur préférant une flotte plus standard, plus de navires plutôt qu’une poignée de très grands submersibles dont la perte pourrait être préjudiciable pour la stratégie d’ensemble.

Dans le domaine des navires légers, la géographie rend les besoins de l’US Navy moindre que dans les autres marines. Ainsi pendant longtemps la marine américaine avait préféré la canonnière aux torpilleurs.

La mise en service des torpilleurs légers type Le Fier côté français, des Hunt côté britannique montrent l’utilité de ce type de navires, plus puissant que les escorteurs type PC/PCE mais soulageant les destroyers de missions de secondaire.

Des navires appelés Destroyer Light puis Destroyer Escort vont ainsi être construits, des navires de 1500 tonnes armés de deux ou trois canons de 127mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles, d’une DCA légère et de grenades ASM.

Ils sont peu nombreux en septembre 1948 mais leur nombre va augmenter suite aux premières pertes dans l’Atlantique sous les coups des sous-marins allemands, les sous-marins japonais préférant (généralement) les navires de guerre aux navires de transport.

Les canonnières, les dragueurs de mines et les vedettes lance-torpilles ne sont pas oubliées, les premiers et les troisièmes étant surtout destinés à l’Asie du Sud-Est et notamment les Philippines, l’utilisation des vedettes lance-torpilles étant envisagée pour la protection de la baie de Manille où se trouve la base stratégique de Cavite.

La logistique n’est pas oubliée, les immenses distances du Pacifique imposant un solide train d’escadre. Comme le dira un amiral américain «Tu peux plus facilement perdre une bataille dans le Pacifique à cause de la logistique et du climat qu’à cause des coups de l’ennemi».

Outre les navires de soutien strictement militaires, l’US Navy peut s’appuyer sur une marine marchande qui à remonté la pente grâce notamment au travail de la Maritime Commission qui réussit à préserver un tonnage suffisant alors que la crise faisait rage et qui surtout à standardisé un certain nombre de composants et de plans pour faciliter la montée en puissance lorsque la guerre éclatera.

Dans le domaine de l’Aéronavale, on assiste à une montée en puissance qualitative et quantitative avec la modernisation logique du parc aérien et son augmentation liée notamment à la mise en service de nouveaux porte-avions, chaque porte-avions disposant de son groupe aérien auxquels il faut ajouter deux groupes aériens de réserve composés à 40% d’actifs et 60% de réservistes. Cette augmentation concerne également les unités d’hydravions et les unités de la PatMar.

Enfin dans le domaine des bases, les changements sont peu nombreux, les bases existantes sont modernisées, celles d’outre-mer mieux outillées mais il n’y à pas la construction de nouvelles bases comme pour la France (Mers-El-Kébir, Cam-Ranh) ou la Grande-Bretagne (Alor Setar, Kuching).

Etats-Unis (6) US Navy (2)

La première guerre mondiale et la course aux armements avec le Japon

L’US Navy poursuit sa croissance avec la construction de cuirassés et de croiseurs, l’amélioration des infrastructures même si le successeur de Théodore Roosevelt, William Taft est moins attiré par la marine que le chef des Rough Rider chargeant sur la colline de San Juan.

Quand la première guerre mondiale éclate en Europe (août 1914), le corps de bataille de l’US Navy affiche le visage suivant :

Le cuirassé USS Kentucky (BB-6)

-Vingt-trois cuirassés type pré-dreadnought (BB-1 Indiana BB-2 Massachusetts BB-3 Oregon BB-4 Iowa BB-5 Kearsarge BB-6 Kentucky BB-7 Illinois BB-8 Alabama BB-9 Wisconsin BB-10 Maine BB-11 Missouri BB-12 Ohio BB-13 Virginia BB-14 Nebraska BB-15 Georgia BB-16 New Jersey BB-17 Rhode Island BB-18 Connecticut BB-19 Lousiana BB-20 Vermont BB-21 Kansas BB-22 Minnesota BB-25 New Hampshire)

USS Michigan (BB-27)

-Dix cuirassés type dreadnought et superdreadnought (BB-26 South Carolina BB-27 Michigan BB-28 Delaware BB-29 North Dakota BB-30 Florida BB-31 Utah BB-32 Wyoming BB-33 Arkansas BB-34 New-York BB-35 Texas), les deux derniers étant les premiers superdreadnought américains.

Le USS New York (BB-34)

-Quatre cuirassés type superdreadnought en construction en août 1914 en l’occurence les BB-36 Nevada BB-37 Oklahoma BB-38 Pennsylvania BB-39 Arizona, les deux premiers marquant l’introduction de la tourelle triple et la protection tout ou rien (all or nothing) privilégiant les zones sensibles plutôt qu’une protection homogène.

Comme les autres marines, l’US Navy dévellope la construction de destroyers qui prennent peu à peu du poids et intègrent également des sous-marins dont l’efficacité éclate aux yeux de tous dès le début du conflit avec les succès des U-Boot qui dès le mois d’août 1914 coulent trois croiseurs cuirassés de la Royal Navy.

Les cuirassés de classe New Mexico rassemblés

La construction des cuirassés se poursuit avec la commande des New Mexico (BB-40 New Mexico BB-41 Mississippi et BB-42 Idaho, ce dernier étant financé par la vente des deux derniers pré-dreadnought américains à la Grèce, les Mississippi et Idaho) ainsi que des Tennessee, version améliorée des précédents, les deux navires commandés étant baptisés BB-43 Tennessee et BB-44 California.

Le budget de 1916 finance la construction de quatre cuirassés issus des Tennessee mais qui abandonne le 356mm pour le nouveau calibre standard des cuirassés américains, le 16 pouces ou en bonnes mesures le 406mm. Ces navires sont les BB-45 Colorado BB-46 Maryland BB-47 Washington et BB-48 West Virginia.

Alors qu’ils sont encore neutres, les Etats-Unis s’inquiètent des ambitions japonaises. Le Japon est entré en guerre dès 1914, s’emparant notamment des colonies allemandes en Asie. Le pays participe ensuite à la guerre en Europe, envoyant des torpilleurs escorter la navigation alliée en Méditerranée et construisant notamment douze torpilleurs type Kaba pour la marine française.

La Nihon Kaïgun possède de grosses ambitions notamment en matière de cuirassés. Se sachant condamnée à une guerre courte en raison de l’absence de ressources sur le sol métropolitain, le Japon encore imprégné de l’idéal du bushido envisage une bataille décisive, une Entscheidungsschlacht censée décider du conflit alors que l’expérience des conflits précédents avaient montré que les armées modernes ont une formidable résilience.

Ne pouvant jouer sur la quantité faute d’une industrie plus ou au moins aussi puissante que l’industrie américaine, les japonais jouent sur la qualité, essayant de construire des navires qui unitairement surpassent tous les navires américains.

Après une formidable croissance sous Roosevelt, le corps de bataille de l’US Navy avait stagné, le rythme de deux cuirassés par an peinant à suivre le rythme imposé par la Grande-Bretagne et l’Allemagne qui construisaient trois à quatre navires par an. Pire pour l’orgueil américain, la France et son programme de 1912 menaçait de déclasser l’US Navy puisqu’il prévoyait la construction de 2,4 navires par an.

Il fallait réagir mais il fallut attendre la révélation du programme japonais pour que l’US Navy se retrousse les manches et lance une nouvelle course aux armements navals qui comme un symbole délaissait l’Europe pour le Nouveau Monde et l’Orient mystérieux.

Le 21 juillet 1915, le président Wilson demande à Josephus Daniels, le Secrétaire à la Marine un programme naval. Celui qui à interdit l’alcool à bord des navires de l’US Navy _interdiction toujours en vigueur en 2017_ rend une première copie à la fin du mois d’août demandant huit cuirassés, cinq croiseurs, soixante-cinq destroyers et sous-marins.

Ce programme est doublé en octobre avec seize navires de ligne (dix cuirassés et six croiseurs de bataille) accompagnés par 140 autres navires (croiseurs, destroyers, sous-marins et auxiliaires).

Le programme est voté le 16 août 1916 et valide par le président le 29 août, donnant donc seize navires de ligne, dix croiseurs, cinquante destroyers, soixante-sept sous-marins et treize auxiliaires. Une force aéronavale est créée en août 1916 sous le nom de Naval Flying Corps.

Schéma de la classe South Dakota abandonnée au moment du traité de Washington

Les cuirassés concernés par ce programme sont les quatre Colorado, six South Dakota _version améliorée des précédents avec douze canons de 406mm au lieu de huit_ et six croiseurs de bataille classe Lexington, les premiers battle cruiser de l’US Navy.

A ce programme répond un programme japonais décidé en juillet 1917, programme dit «8+8» puisqu’il décide la construction de huit croiseurs de bataille et de huit cuirassés.

Nous verrons plus tard le sort de ces puissants et magnifiques navires qui auraient donné une place de premier plan aux marines américaines et japonaises, réduisant les autres marines à l’impuissance.

Le premier conflit mondial de la marine américaine ne se résume pas à la constitution d’un corps de bataille de premier plan.

Ce sont aussi d’ingrates missions d’escorte pour protéger l’envoi en Europe des sammies, escorte qui doivent faire face aux sous-marins ainsi qu’aux corsaires de surface rendus célèbre par l’épopée aux antipodes du croiseur SMS Emden.

La gestion des transports et leur protection est assurée par la Cruiser & Transport Force. Placée sous le commandement du contre-amiral Gleaves qui pose sa marque sur le croiseur cuirassé USS Seattle (ACR-11), cette puissante escadre rassemble vingt-quatre croiseurs américains et les six croiseurs cuirassés français de la Division de l’Atlantique du contre-amiral Grout (Montcalm Dupetit-Thouars Desaix Gloire Conde La Marseillaise), quarante-cinq transports américains dont 15 ex-allemands, six italiens, quatre britanniques, trois français et un brésilien. Aucun soldat ne sera perdu durant la traversée en direction de l’Europe.

Outre la protection directe des convois, l’US Navy envoie sous-marins et destroyers pour traquer les sous-marins allemands qui opèrent au large des côtes européennes et pas vraiment en plein océan en raison d’une endurance limitée.

Les trois bases majeures sont Queenstown (auj. Cobh dans le comté de Cork), Brest et Gibraltar, les autres ports accueillant yacht et autres canonnières anti-sous-marines.

La mobilisation des Etats-Unis mais également industrielle, un programme de guerre permet à l’US Navy de disposer de 316 destroyers en 1922. Connus sous le nom de «flush-decker» (pont-ras), ces navires ne participent qu’à la fin des opérations en Europe. Beaucoup sont mis en réserve dès leur achèvement formant la Moothballing Fleet (Flotte Naphtaline) et certains vont être cédés aux garde-côtes pour lutter contre le trafic d’alcool après la mise en place de la prohibition.

Comme nous l’avons vu les américains déploient une division de cuirassés, la 9th Battleship Division au sein de la Home Fleet mais faute de sortie de la Hochseeflot, les cuirassés américains n’auront pas l’occasion de participer à une bataille navale.

Ils assurent la couverture de convois en mer du Nord et couvrent la mise en place du barrage de la mer du Nord destiné à empêcher le passage des sous-marins allemands dans l’Atlantique en contournant les îles britanniques, le passage par La Manche étant déjà bloqué par des champs de mines au niveau du détroit du pas de Calais.

Quand le premier conflit mondial se termine, l’US Navy déplore la mort de 431 hommes tandis que 819 ont été blessés. Les Marines engagés sur le front français ont connu des pertes nettement plus importantes avec 2461 tués et 9510 blessés, pertes liées aux combats terrestres.

Comme les autres puissances occidentales, les Etats-Unis participent au soutien des Armées Blanches dans la guerre civile russe, des soldats et des Marines étant présents en Mandchourie et dans la région de Vladivostok de juin 1918 à janvier 1920, d’autres soldats américains étant présents à Arkhangelsk de septembre 1918 à juin 1919, 5000 hommes tentant de soutenir la rébellion aristocratique contre le nouveau régime issu de la Révolution d’Octobre avec le succès que l’on sait puisque Lénine et ses séides finissent par triompher en juin 1923.

Le Traité de Washington et les autres traités de limitation navale

Comme nous l’avons vu, les lendemains du premier conflit mondial ne sont pas des lendemains qui chantent. La reconversion des industries de guerre et le retour sur le marché du travail des anciens combattants entraînent une crise économique qui se doublent dans certains pas d’affrontements idéologiques, des mouvements communistes rêvant d’imiter la Russie bolchévique.

Dans ce contexte économique, les dépenses somptuaires engagées dans les programmes navals américains, japonais et dans une moindre mesure britanniques et français.

Les opinions publiques réclament une baisse des dépenses militaires, exigence liée à la fois au contexte économique difficile mais également au profond pacifisme, conséquence de cette boucherie insensée qui envoya ad patres 9.5 millions d’hommes sans compter les blessés.

Une conférence se réunie en novembre 1921 à Washington. Des négociations serrées ont lieu entre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Japon, la France et l’Italie. Londres sacrifie son alliance avec le Japon _moins nécessaire par l’élimination de la menace allemande sans oublier sa volonté de limiter la puissance d’une France victorieuse (comme dira Paul Cambon «Le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort»)_ pour une solidarité anglo-saxonne.

Résultat, l’US Navy et la Royal Navy obtiennent une primauté sur le Japon, l’Italie se retrouvant sur un pied d’égalité avec la France.

Si Paris et Rome ne se plaignent guère ayant parfaitement compris leur déclassement à l’issu du premier conflit mondial, Tokyo s’estime floué même si le terrible tremblement de terre de Tokyo de septembre 1923 l’oblige à réduire la voilure en termes de dépenses militaires.

Ce traité de Washington signé le 6 février 1922 impose un contingent de construction navales par pays ainsi que des limites unitaires, les porte-avions ne pouvant faire plus de 27000 tonnes (même si chaque pays peut disposer de deux porte-avions de 33000 tonnes) avec un armement limité à des canons de 203mm alors que les cuirassés déplacent entre 10 et 35000 tonnes avec une artillerie d’un calibre maximal de 406mm. Sauf exception, la construction de cuirassés est proscrite jusqu’en 1931, c’est la battleship holiday.

Cela oblige l’US Navy à désarmer certains cuirassés de manière anticipée (comme ses premiers dreadnoughts de classe Michigan qui n’auraient probablement pas connu une longue carrière après guerre), de stopper l’achèvement du USS Washington et d’abandonner sur cale la construction des six South Dakota et de quatre des six Lexington, les Lexington et Saratoga étant achevés comme porte-avions. Le traité de Washington est ratifié aux Etats-Unis le 14 août 1923

Le traité de Washington de février 1922 ne sera pas le seul traité de limitations des armements navals, la période séparant la fin du premier conflit mondial de la guerre de Pologne étant marquée par une volonté de réduire les dépenses militaires, de réduire la puissance des armées, réduction considéré comme nécessaire pour maintenir la paix et éviter un nouveau conflit mondial. Dans ce contexte de profond pacifisme, l’heure n’est de toute façon guère aux investissements militaires.

Une réunion américano-britannico-japonaise échoue à Genève en juillet 1927, les frères siamois anglo-saxons n’arrivant pas à s’entendre sur les croiseurs, la Royal Navy demandant beaucoup de navires pour patrouiller sur d’interminables routes commerciales alors que l’US Navy à besoin de navires plus puissants pour la future bataille décisive contre la marine japonaise, bataille censée décider du conflit.

Une nouvelle conférence se réunit le 21 janvier 1930 à Londres avec les cinq participants de la conférence de Washington (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon,France et Italie) qui aboutit à un traité signé le 22 avril 1930. Les britanniques échouent à obtenir l’abolition du sous-marin.

Le remplacement des navires de ligne est repoussé à 1936 (quand expirera le traité de Washington si un pays décide de le dénoncer deux ans avant soit 1934), l’US Navy devant déclasse les Florida Utah Arkansas et Wyoming.

L’artillerie des porte-avions est limitée à 155mm pour mettre fin aux projets des croiseurs et cuirassés porte-avions (on à longtemps cru que les Nelson britanniques étaient des cuirassés porte-avions), les sous-marins ne peuvent déplacer pas plus de 2000 tonnes avec un canon de 130mm mais chaque pays peut conserver des navires plus gros (maximum 2800 tonnes) en l’occurence trois, l’US Navy conservant les Narwhal Nautilus et Argonaut, la marine américaine devant désarmer 16000 tonnes de submersibles.

La catégorie croiseur est précisée, étant croiseur un navire de 1850 à 10000 tonnes avec une artillerie de 130 à 203mm, l’US Navy pouvant disposer de 323500 tonnes (180000 tonnes armés de canons de plus de 155mm, 143500 tonnes de canons d’un calibre inférieur) de croiseurs et 150000 tonnes de destroyers.

L’impossibilité de construire des cuirassés avait entrainé une course au croiseur lourd, un navire de 10000 tonnes, peu ou pas protégé avec une artillerie composée de six à dix canons de 8 pouces ou en vraies mesures 203mm.

Le traité de Washington expirait le 31 décembre 1936 à condition que deux ans auparavant au moins un pays signataire ne le dénonce ce qui est chose faite fin 1934 par le Japon et par la France.

Une nouvelle conférence se réunit à Londres à partir du 9 décembre 1935, aboutissant à la signature du second traité de Londres le 25 mars 1936, traité que ne signe pas le Japon, l’Italie ne le signant que le 16 novembre 1938.

Ce traité limite les caractéristiques des cuirassés à 35000 tonnes avec des canons de 356mm, les porte-avions à 23000 tonnes et des canons de 155mm et les sous-marins à 2000 tonnes avec des canons de 130mm.

Ce traité qui doit rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 1942 est muni d’une clause de sauvegarde signée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui permet la construction de cuirassés de 45000 tonnes avec une artillerie de 16 pouces (406mm). Cette clause est activée dès le 30 juin 1938. Dénoncé le 15 décembre 1940 par la Grande-Bretagne et la France, le Second Traité de Londres expire comme prévu le 31 décembre 1942.

Aucun traité de limitation des armements navals ne sera signé, les différents pays préférant reprendre leur liberté face au conflit qui s’annonce. Les seules limites seront donc techniques et financières.