6-Cuirassés et croiseurs de bataille (10)

Le Gascogne

Schéma originel du Gascogne

Avant propos

L’annonce de la construction des cuirassés Roma et Impero entraina naturellement une riposte de la marine nationale qui passa commande dans la tranche 1938bis de deux nouveaux cuirassés rapides appelés famillièrement «35000 tonnes» pour leur tonnage théorique.

La France se distinguait par une architecture originale. Les différentes marines séparaient leur batterie principale avec généralement deux tourelles à l’avant et une troisième à l’arrière mais la Royale avait choisit avec les Dunkerque de concentrer la batterie principale à l’avant avec deux tourelles quadruples, disposition reprise sur les Richelieu.

Néanmoins le 19 mars 1938, parallèlement au choix de la variante A2 pour le futur Clémenceau, le vice-amiral Darlan choisit la variante B3ter pour un quatrième «35000 tonnes». Ce nouveau design marquait une rupture par rapport aux trois navires précédents puisqu’une tourelle quadruple était installée à l’avant et la seconde à l’arrière.

L’armement secondaire était également modifié : trois tourelles triples de 152mm (deux à l’avant derrière la tourelle I de 380mm et la troisième derrière la tourelle II de 380mm) et pour la DCA, huit tourelles doubles de 100mm modèle 1937 installés latéralement par groupes de deux latéralement à l’avant et à l’arrière.

La DCA légère était également composée de six affûts doubles ACAD modèle 1935 de 37mm installés par deux groupes de deux à l’avant de part et d’autres de la tourelle II de 152mm, les deux dernières étant installés un pont au dessus des groupes arrières de 100mm. Trente six mitrailleuses de 13.2mm étaient également embarquées en neuf affûts quadruples

Les installations aéronautiques étaient d’abord prévues au milieu du navire avec un hangar et deux catapultes mais au final une seule catapulte fût installée à la poupe avec un hangar sous le pont blindé. Le Gascogne aurait été le premier cuirassé à embarquer le Farman NC420, un bimoteur chargé de remplacer le Loire 130.

Avant même la mise sur cale ce design évolua. Si au final on décida de conserver les installations aéronautiques (tout en abandonnant le NC420 qui se révéla raté notamment en raison de moteurs viciés), l’armement secondaire évolua avec le remplacement des canons de 152mm et de 100mm par dix tourelles doubles de 130mm à double usage, la DCA légère devant se composer de douze canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et de vingt canons de 25mm en dix affûts doubles modèle 1940.

Construction et carrière opérationnelle

-Le Gascogne est mis sur cale dans la forme Caquot aux Ateliers et Chantiers de la Loire le 15 septembre 1940. Les travaux sont menés avec célérité par les  ACL et les Ateliers et Chantiers de Saint Nazaire-Penhoët quand ce dernier à des ouvriers disponibles, cette étroite coopération aboutissant à une fusion en 1947 donnant naissance aux Ateliers et Chantiers de l’Atlantique (ACA) bien que les deux chantiers conservent leur autonomie, la guerre ayant entravé le processus de fusion complète et irrémédiable.

Le navire est mis à flot le 14 avril 1942 alors achevé à 56%. L’achèvement à lieu à flot dans la forme Caquot puis dans la forme Joubert après son armement pour essais.

Le Gascogne est armé pour essais le 12 septembre 1943, il est alors toujours sous la responsabilité de son chantier constructeur, le noyau d’équipage de la marine nationale n’étant qu’en position d’observateur pour un premier cycle d’essais au large de Saint Nazaire du 16 septembre au 4 octobre 1943.

Le cuirassé est solenellement remis à la marine nationale le 6 octobre 1943 et appareille lendemain pour Brest où il arrive le 8 octobre dans la matinée. Il subit des travaux à flot avant d’être échoué au bassin du 21 décembre 1943 au 20 janvier 1944 pour des modifications diverses sur ses gouvernails, ses arbres et ses hélices.

Il subit ensuite ses essais officiels du 25 janvier au 15 mars 1944 avant d’être à nouveau échoué dans le bassin n°9 le 17 mars.

Remis à flot le 9 avril 1944, il appareille pour une école à feu à Rufisque le 11 avril 1944, arrivant à Dakar le 17 avril 1944. Les canonniers du Gascogne s’en donnent à coeur joie jusqu’au 14 mai 1944 quand il appareille pour Brest, arrivant à destination le 19 mai 1944.

Il repasse au bassin n°10 libéré par le lancement la veille du cuirassé Normandie (classe Alsace) où il est immobilisé jusqu’au 5 juin pour réparations et modifications diverses. Après une campagne d’essais de vitesse sur la base des Glénans du 7 au 13 juin, le cuirassé appareille pour sa traversée de longue durée.

Il quitte Brest le 15 juin en compagnie de deux torpilleurs d’escadre, fait escale à Cherbourg le 17 juin, sur l’île de Wight le 19 juin, au Havre du 21 au 24 juin et à Dunkerque du 25 au 28 juin avant de regagner Brest où il arrive le 1er juillet 1944.

Le cuirassé passe devant la commission supérieure d’armement du 3 au 6 juillet 1944, faisant escale au Verdon du 7 au 9 juillet avant de rentrer à Brest le 11 juillet 1944.

Le 12 juillet 1944, le cuirassé Gascogne est admis au service actif au sein de la Flotte de l’Atlantique, formant la 2ème DL en compagnie du cuirassé Jean Bart.

Sa première sortie opérationnelle à lieu du 13 au 21 juillet, un exercice d’entrainement en mer d »Iroise avec une école à feu, le cuirassé tirant 48 obus de 380mm et 120 obus de 130mm. Il rentre à Brest le lendemain 22 juillet.

Le 27 juillet 1944, le cuirassé Gascogne tout en restant intégré à la 2ème DL devient navire-amiral de la Flotte de l’Atlantique.

Du 30 juillet au 5 août 1944, le cuirassé Gascogne sort pour entrainement aviation au profit de ses Dewoitine HD-731 en mer d’Iroise avant une escale à Cherbourg du 6 au 13 août. Le cuirassé reprend la mer pour un entrainement à la défense aérienne à la mer du 14 au 22 août avant une nouvelle escale à Calais du 23 au 30 août. Il rentre à Brest le 3 septembre après avoir subit son premier ravitaillement à la mer auprès du pétrolier-ravitailleur La Seine.

Le 7 septembre 1944, le cuirassé Gascogne quitte Brest pour gagner Bordeaux, s’amarrant au quai des Chartrons, en plein coeur du centre-ville de la cité du sud-ouest.

Arrivé sur place le 9 septembre, il est le théâtre de festivités pour célébrer la signature de la charte de parrainage entre le cuirassé et la ville de Bordeaux.

Une délégation de la ville dirigée par son maire, Adrien Marquet embarque sur le cuirassé pour le voyage retour jusqu’à Brest où le cuirassé rentre le 12 septembre 1944, à temps pour participer à un grand exercice commun avec l’armée de l’air.

Cet exercice baptisé «Prométhée» qui à lieu du 20 septembre au 15 octobre voit par exemple le porte-avions Painlevé lancer des raids sur les bases de l’armée de l’air dans la région pendant que cette dernière lance des raids d’avions torpilleurs sur la flotte. Des exercices ASM (avec pour plastron les sous-marins Pasteur et Ajax) et de défense aérienne à la mer ont également lieu.

Le cuirassé rentre à Brest le 17 octobre mais est victime d’une indisponibilité accidentelle du 20 octobre au 15 novembre en raison d’un problème sur une chaudière.

Il effectue ensuite quelques essais à la mer du 17 au 21 novembre pour vérifier le bon fonctionnement des solutions techniques et amariner le personnel nouvellement embarqué. C’est ensuite un stage de remise en condition du 23 novembre au 12 décembre complété par une école à feux à Rufisque du 17 au 30 décembre, rentrant à Brest le 5 janvier 1945.

Le cuirassé Gascogne sort pour entrainement du 12 au 24 janvier 1945 puis enchaine par un entrainement au combat de nuit avec tirs réels du 2 au 9 février avant de gagner Cherbourg pour une escale du 10 au 16 février.

Il reprend ensuite la mer pour un exercice de défense aérienne à la mer du 17 au 27 février avant une escale à Plymouth du 28 février au 5 mars avant de rentrer à Brest le 7 mars 1945.

Le cuirassé sort à nouveau pour entrainement en mer d’Iroise du 8 au 22 mars, étant ravitaillé à plusieurs reprises par le ravitailleur rapide La Charente. Après une escale à La Rochelle du 24 au 31 mars, le cuirassé rentre à Brest le 2 avril 1945

Au printemps 1944, les marines britanniques et françaises avaient réalisé un exercice commun en mer du Nord. En 1945, il est décidé de renouveler l’expérience toujours en Ecosse même si l’édition 1946 doit avoir lieu dans le Golfe de Gascogne.

Le Gascogne appareille ainsi le 16 avril 1945 en compagnie du cuirassé Alsace, du porte-avions Painlevé, des contre-torpilleurs de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier), de six torpilleurs d’escadre (Durandal Dague Arquebuse Cimetere Forbin Basque), de quatre sous-marins (Ajax Pasteur Sibylle et Antiope) et du pétrolier ravitailleur La Seine.

La force N fait escale à Liverpool du 25 au 28 avril puis à Greenock du 30 avril au 3 mai où il retrouve la force M composée du porte-avions Victorious, du cuirassé Anson, des croiseurs légers Dido et Southampton, de quatre destroyers et de quatre sous-marins.

L’exercice «Entente Cordiale 1945» commence le 5 mai 1945 au large des Shetlands avec d’abord un affrontement aéronaval entre le Painlevé et le Victorious, les Latécoère Laté 299 «torpillant» le Victorious mais les Fairey Albacore rendent vengent leur porte-avions en «coulant» le Painlevé (7 mai).

Les porte-avions couvrent ensuite du 8 au 10 mai les cuirassés français et anglais qui effectuent des écoles à feu, les destroyers et les torpilleurs repoussent une attaque menée par les croiseurs légers et les contre-torpilleurs.

Le 11 mai, des sous-marins britanniques et des sous-marins français tentent d’attaquer les deux escadres au large de Scapa Flow, torpillant le Victorious et le Gascogne. Le 13 mai, les deux escadres sont attaquées par des avions du Coastal Command dans un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 15 mai 1945.

Les deux escadres se séparent le 17 mai 1945 après une revue navale à Rosyth. Les navires français font ensuite escale à Dunkerque du 19 au 22 mai, Cherbourg du 24 au 26 mai avant de rentrer à Brest le 27 mai dans la soirée.

Après une période d’indisponibilité du 28 mai au 17 juin 1945, le cuirassé sort pour essais du 18 au 20 juin puis pour remise en condition du 22 juin au 6 juillet,  les trois navires faisant escale à Saint Nazaire du 7 au 11 juillet, au Verdon du 12 au 15 juillet avant de rentrer à Brest le lendemain 16 juillet 1945.

Le Gascogne sortent à nouveau pour entrainement du 20 au 27 juillet avant de rallier Brest pour ravitailler le 28 juillet. Le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte repartent dès le lendemain 29 juillet, font escale à Lisbonne du 31 juillet au 2 août avant de rallier Dakar le 5 août pour une école à feux à  Rufisque.

Après une école à feu à Rufisque du 8 août au 5 septembre, le Gascogne et ses torpilleurs d’escorte quittent Dakar le 6 septembre, se ravitaillent à Casablanca le 9 septembre avant de rallier Saint Nazaire le 12 septembre  1945.

le cuirassé retourne à Saint Nazaire pour subir un petit carénage dans la forme Joubert, travaux qui l’immobilise du 15 septembre 1945 au 14 février 1946. Il effectue ces essais à la mer du 17 au 20 février avant un stage de remise en condition du 22 février au 10 mars, rentrant à Brest le lendemain 11 mars 1946.

Le cuirassé Gascogne sort à nouveau pour entrainement du 19 au 27 mars, faisant escale à Bordeaux du 28 mars au 3 avril avant de rentrer à Brest le 4 avril 1946.

Le 8 avril 1946 arrive à Brest une escadre britannique destinée à l’exercice «Entente Cordiale 1946», escadre composée du cuirassé Howe, du croiseur lourd Kent, des croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, de six destroyers et de trois sous-marins.

La Flotte de l’Atlantique engage elle le porte-avions Painlevé qui sort tout juste d’un petit carénage, le cuirassé Gascogne, le croiseur lourd Foch, les contre-torpilleurs de la 3ème DCT (Bugeaud du Chayla Dupetit-Thouars classe Bayard), six torpilleurs d’escadre ((Arquebuse Cimeterre Durandal Dague Intrepide et Téméraire)) et quatre sous-marins, les Rolland Morillot  Ile de France  Kerguelen  et La Guadeloupe.

L’exercice commence le 10 avril 1946 par un exercice de lutte ASM, les sous-marins français tentant de couler leurs homologues britanniques avant de faire alliance pour attaquer l’escadre franco-anglaise au mouillage dans la baie de Douarnenez.

Le 12 avril, le porte-avions Painlevé lance des raids contre l’escadre britannique en mer au large d’Ouessant dans un scénario voyant la force de l’amiral Kenton assiéger Brest délivrée par une escadre française. Le lendemain 13 avril, les deux escadres réunies simulent une démonstration navale devant le Goulet, l’artillerie côtière ouvrant le feu contre les navires français et anglais couvert par le porte-avions.

Les 14 et 15 avril, les deux escadres réunies participent à un exercice de défense aérienne à la mer où ils doivent repousser l’attaque d’avions basés à terre.

Le 17 avril, les deux forces navales appareillent pour Rufisque afin d’effectuer une école à feu commune. Les deux escadres sont rassemblées dans la rade de Brest avant d’appareiller sans les sous-marins qui restent à Brest.

Le cuirassé Gascogne ouvre la marche suivit par le croiseur lourd Foch et son homologue britannique le Kent, le porte-avions Painlevé, le cuirassé Howe suivis par les trois contre-torpilleurs, les six torpilleurs d’escadre, les croiseurs légers antiaériens et les six destroyers britanniques.

En mer, les deux forces se séparent pour former deux groupes occasionels bi-nationaux. Le premier sous commandement français regroupe le cuirassé Gascogne, le porte-avions Painlevé, le croiseur lourd Kent, quatre torpilleurs d’escadre et deux destroyers alors que le second sous commandement anglais regroupe le cuirassé Howe, le croiseur lourd Foch, les croiseurs légers antiaériens Dido et Bellona, les trois contre-torpilleurs, quatre destroyers et deux torpilleurs d’escadre.

Ces deux forces vont manoeuvrer ensemble durant le transit jusqu’à Dakar où elles arrivent le 22 avril. Le groupe Gascogne est le premier à utiliser les installations du polygone de Rufisque du 23 avril au 14 mai avant de laisser la place au groupe Howe du 15 au 31 mai, le groupe Gascogne durant ce laps de temps manoeuvrant entre Dakar et Port Etienne.

Les deux forces navales appareillent le 2 juin, font route ensemble jusqu’aux aterrages immédiats de Brest où les navires anglais quittent leurs homologues français et rentrent dans leurs ports respectifs, les navires français retrouvant la Rade-Abri le 7 juin 1946.

Le cuirassé Gascogne quitte Brest le 10 juin pour Cherbourg où il va subir un grand carénage dans la forme du Hornet. Il y est échoué le 13 juin 1946 et va y rester près de huit mois jusqu’au 5 février 1947 quand il quitte la forme pour être amarré en grande rade pour des travaux complémentaires.

Les travaux ont lieu à flot du 6 février au 14 mars quand le cuirassé est armé pour essais. Les essais à la mer perturbé par une météo exécrable ont lieu du 15 au 18 mars avant remise en condition du 20 mars au 2 avril, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre ralliant Brest le lendemain 3 avril 1947.

Il quitte son port d’attache le 10 avril 1947 pour un stage de tir à Rufisque, le cuirassé faisant escale à Casablanca du 15 au 18 avril avant de gagner Dakar où il arrive le 22 avril 1947. L’entrainement au tir à lieu du 24 avril au 19 mai, le Gascogne faisant escale à Dakar du 20 au 27 mai et rentrant à Brest le 3 juin 1947 dans la matinée.

Du 10 au 17 juin, le cuirassé Gascogne sort pour entrainement de son détachement aviation, les  deux Dewoitine HD-731 étant catapultés et récupérés, effectuant de simples vols d’entrainement (notamment pour les pilotes novices) mais également des simulations de recherche ASM, de recherche d’objectifs et de guidage de tir au cours de plusieurs écoles à feux.

Après un ravitaillement à la mer le 18 juin mené par le pétrolier-ravitailleur Var, le cuirassé et ses deux gardes du corps effectuent un nouvel entrainement aviation du 19 au 26 juin mais au profit des Dewoitine HD-780 basés à Lanvéoc-Poulmic avant une escale à Cherbourg du 27 juin au 1er juillet 1947.

Reprennant la mer le 2 juillet, le cuirassé sert de plastron aux défenses côtières du secteur de Cherbourg jusqu’au 8 juillet quand il mouille à Guernesey dans les îles anglo-normandes du 9 au 13 juillet, rentrant à Brest pour notre fête nationale.

Le Gascogne est indisponible pour entretien et permissions de l’équipage du 15 juillet au 5 août, sortant pour essais du 6 au 9 août puis pour remise en condition du 11 au 25 août, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escorte rentrant à Brest le lendemain 26 août 1947.

Le Gascogne quitte Brest le 5 septembre pour une escale à Cherbourg du 6 au 13 septembre puis au Havre du 14 au 20 septembre et enfin à Dunkerque du 21 au 25 septembre,  le tout dans une grande opération de propagande destinée à vendre des emprunts du réarmement. Le cuirassé rentre à Brest le 27 septembre 1947.

Le 3 octobre 1947, le cuirassé Gascogne quitte Brest en compagnie du ravitailleur rapide Lot et de ses deux torpilleurs d’escadre pour un entrainement au large de Dakar. Durant le transit sans escale jusqu’à la capitale de l’AOF, les deux torpilleurs vont protéger le ravitailleur contre le cuirassé simulant un raider allemand en maraude.

Arrivé à Dakar le 9 octobre, le cuirassé et ses torpilleurs d’escadre commencent leur cycle d’entrainement par un entrainement DAM au profit notamment des unités de l’armée de l’air présents sur place (stationnés à Dakar-Bel Air) du 11 au 17 octobre avant une relâche à Dakar jusqu’au 19 octobre.

Du 20 au 30 octobre, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre effectuent une importante Ecole à feu, se ravitaillant par trois fois auprès du Lot. Après une escale à Dakar du 31 octobre au 3 novembre, le cuirassé et les deux torpilleurs effectuent un entrainement au combat et au tir de nuit du 4 au 11 novembre. Repartant le lendemain de Dakar, ils rentrent à Brest le 17 novembre 1947

Entre-temps, le 15 novembre 1947, la décision à été prise d’affecter le cuirassé Jean Bart à la 4ème Escadre ce qui entraine de facto et de jure la dissolution de la 2ème DL, le Gascogne redevenant cuirassé hors rang, navire-amiral de la Flotte de l’Atlantique.

Après une période d’entretien à flot du 18 au 30 novembre, le cuirassé navire-amiral de la flotte de l’Atlantique sort pour essais du 1er au 5 décembre avant de gagner Bordeaux, sa ville marraine pour une escale du 6 au 13 décembre.

Reprennant la mer le lendemain 14 décembre, il se ravitaille auprès du pétrolier-ravitailleur La Seine et traverse l’Atlantique, direction les Antilles. Il arrive à Fort de France le 21 décembre pour cinq jours d’escale jusqu’au 26 décembre avant un exercice avec l’aviso colonial Bougainville du 27 décembre au 2 janvier 1948.

Aprè ravitaillement auprès du PRE La Seine le 3 janvier, le cuirassé fait escale à La Havanne du 4 au 10 janvier, à Miami du 12 au 17 janvier, à Charleston du 19 au 23 janvier, à Norfolk du 26 janvier au 2 février avant de retraverser l’Atlantique pour rentrer à Brest le 7 février 1948.

Le Gascogne sort à nouveau du 15 au 22 février pour un exercice ASM en mer d’Iroise, servant de cible au sous-marin Le Centaure appuyé par les avions de l’armée de l’air basés à terre alors que le cuirassé pouvait compter sur ses deux torpilleurs d’escadre équipés d’un ASDIC et de grenades ASM sans compter des hydravions qu’il s’agisse des deux Dewoitine HD-731 embarqués ou des hydravions de patrouille basés à Lanvéoc.

Après un ravitaillement auprès du PRE La Seine le 23 février, le cuirassé enchaine par un entrainement de défense aérienne à la mer du 24 février au 5 mars avant une escale à Saint Nazaire du 6 au 12 mars. Il rentre à Brest le 14 mars 1948.

Le cuirassé Gascogne sort à nouveau pour entrainement aviation du 17 au 25 mars, entrainement destiné comme toujours à son détachement aviation et à la flottille 17C d’hydravions de chasse basée à Lanvéoc-Poulmic.

Après une escale à Saint Malo du 26 au 31 mars, le cuirassé reprend l’entrainement, entrainement consacré au combat de nuit du 1er au 7 avril puis au bombardement littoral avec des tirs simulés sur Brest du 8 au 13 avril. Il rentre à Brest le 15 avril 1948 à l’aube.

Devant participer à la cinquième édition de l’exercice «Entente Cordiale», le cuirassé Gascogne appareille en compagnie du porte-avions Painlevé, du cuirassé Lorraine avec six torpilleurs d’escadre, les sous-marins Ile de Ré et Ile d’Yeux plus le ravitailleur Lot de Brest le 25 avril 1948, fait escale à Dunkerque le 28 avril où le rejoint le croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, navire-amiral de l’Escadre Légère du Nord.

La force P ainsi assemblée rejoint Rosyth le 3 mai où elle retrouve le cuirassé Howe, le porte-avions Victorious et quatre destroyers.

L’exercice commence le 5 mai par un exercice de défense aérienne à la mer suivit le lendemain par un exercice anti-sous-marin avant des raids amphibies contre la base de Rosyth le 7 mai et enfin un exercice DAM le 9 mai. Le 10 mai, l’exercice se termine par un affrontement entre l’escadre britannique défendant les côtes et l’escadre française tentant de forcer le passage en direction du sud.

Le 11 mai 1948, la princesse Elisabeth âgée de 22 ans visite le cuirassé Gascogne et le porte-avions Painlevé au nom de son père George VI retenu à Londres pour d’autres impératifs. L’héritière du trone d’Angleterre effectue son discours en français, langue qu’elle maitrise parfaitement. Elle est accompagnée de son mari, le Prince Philippe Duc d’Edimburg.

L’escadre française reprend la mer en compagnie du croiseur léger antiaérien, des torpilleurs d’escadre et des deux sous-marins pour rentrer à Brest moins le Waldeck Rousseau qui s’arrête à Dunkerque le 14 mai. Les autres navires rentrent à Brest le 16 mai 1948.

Le Gascogne subit un petit carénage du 20 mai au 4 juillet avec passage au bassin à Brest du 25 mai au 12 juin.  Il sort pour essais du 5 au 10 juillet puis pour remise en condition du 12 au 26 juillet 1948.

Le navire-amiral de la Flotte de l’Atlantique quitte Brest le 3 août pour Dakar où il arrive le 10 août pour une école à feux du 11 au 22 août, quittant Dakar dès le 23 août pour rallier Brest le 30 août et passer aussitôt au régime de guerre et effectuant une sortie au large de Brest du 2 au 4 septembre, rentrant à son port d’attache quand la guerre éclate.

Caractéristiques Techniques du cuirassé Gascogne

Déplacement : standard 35000 tonnes charge normale 40567 tonnes charge maximale 44438 tonnes

Dimensions :  longueur : (hors tout) 247.80m (entre perpendiculaires) 242m largeur : 33.08m tirant d’eau : (charge normale) 9.14m (charge maximale) 9.82m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Le Gascogne est équipé de quatre turbogénérateurs de 1500 kW, trois diesels alternateurs de 1000 kW et deux moteurs diesels d’urgence de 140 kW. La quantité de mazout est 5866 tonnes

Performances :  Vitesse maximale :  32 noeuds distance franchissable de 9700 miles nautiques à 15 noeuds et de 3500 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture blindée 320mm; pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm PBS au dessus de l’appareil propulsif 150mm; pont blindé intermédiaire 40mm; tour de commandement 280 à 310mm; tourelles quadruples (face avant) 250mm; tourelles de 130mm (face avant) 155mm (côtés) 85 à 135mm (toit) 85mm (arrière) 55mm barbette : 150mm.

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir plus différents télémètres

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples (une avant et une arrière) 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles (deux à l’avant entre la tourelle de 380mm et le bloc-passerelle; deux arrières et six latérales) 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles.

Aviation : une catapulte à la poupe et un hangar pour deux hydravions d’observation

Equipage : 1600 officiers et marins 

Publicités

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (9)

Le Clemenceau

Le projet initial du Clemenceau

Comme nous avons pu le voir, à l’annonce de la construction des Richelieu et des Jean Bart, l’Italie riposta en annonçant la construction de deux autres cuirassés de type Littorio baptisés Roma et Impero. La France passa ensuite commande de deux autres cuirassés à la tranche 1938bis mais seul le premier baptisé Clemenceau sera un type Richelieu.

Le 2 décembre 1937, le chef d’état major de la marine nationale, le vice-amiral Darlan demanda au Service Techniques des Constructions Navales (STCN), une étude pour les nouveaux cuirassés.

Le STCN dessina trois catégories d’études appelées «A» «B» et «C», les variantes A étant armées de deux tourelles quadruples de 380mm concentrées à l’avant, les variantes B étant armées de deux tourelles quadruples de 380mm (une avant et une arrière) et les variantes C de trois tourelles triples de 380mm.

Le 19 mars 1938, le vice-amiral Darlan sélectionna la variante A2 pour le troisième cuirassé de classe Clemenceau. Il s’agissait d’un navire armé de deux tourelles quadruples de 380mm concentrées à l’avant, de quatre tourelles triples de 152mm (deux arrières axiales et deux latérales juste en arrière du bloc passerelle), de six affûts doubles de 100mm modèle 1937 et une DCA légère devant être composé de six affûts doubles ACAD (Affût Contre-Avions Double) modèle 1935 et neuf affûts quadruples de 13.2mm. Les installations d’aviation étaient identiques à celles du Richelieu.

-Le Clémenceau est mis sur cale dans la forme n°4 du Salou le 17 janvier 1939, jour où la coque du Richelieu à été mise à flot.

Les travaux sont suspendus le 28 septembre 1939 en raison de la mobilisation générale qui perturbe l’Arsenal de Brest et la nécessité d’accélerer l’achèvement du Richelieu. Les travaux reprirent le 6 décembre 1939 mais ne s’accélèrent qu’à partir du printemps 1940 quand le gros du travail sur le Richelieu était achevé.

L’élément central de la coque est mis à flot le 17 décembre 1940 et aussitôt remorqué et échoué dans le bassin n°9 du Laninon pour recevoir les éléments avant et arrière sans parler des travaux sur le bloc-passerelle.

Le Clemenceau est mis à flot le 15 septembre 1941 alors achevé à environ 75%. Mouillé en rade-abri, il reçoit son armement et certains équipements radars.

A la différence des Richelieu et Jean Bart qui disposent un temps d’un armement secondaire mixte avec des canons de 152 et de 100mm, le Clemenceau dispose dès son achèvement de dix tourelles doubles de 130mm à double usage.

Il va également recevoir certains des premiers affûts ACAD modèle 1935 en l’occurence six et douze canons de 25mm Hochkiss modèle 1939/40 en six affûts doubles.

Il est armé pour essais le 12 septembre 1942. Après des essais au point fixe du 15 au 27 septembre, il repasse au bassin du 29 septembre au 4 octobre 1942 avant d’entamer ses premiers esssais à la mer, une première campagne de trois semaines ayant lieu sur la base des Glénans et dans le Golfe de Gascogne (7-28 octobre 1942).

Après des travaux au mouillage jusqu’au 5 novembre, il effectue une deuxième campagne d’essais à la mer du 7 au 22 novembre 1942 avant une nouvelle période au bassin du 28 novembre 1942 au 15 janvier 1943.

Le 18 janvier 1943, il appareille  pour une école à feu à Rufisque. Il arrive à Dakar le 25 janvier et entame dès le lendemain son école à feu, école qui dure jusqu’au 21 février 1943.

Il repart de Dakar le 23 février pour rentrer à Brest le 28 février 1943. Il passe au bassin pour travaux du 2 au 25 mars 1943. La clôture d’armement est prononcée le 8 avril 1943 et le Clemenceau appareille pour sa traversée de longue durée.

Il quitte Brest le 15 avril, fait escale au Verdon le 20 avril, à Lisbonne du 22 au 27 avril, le président du conseil Antonio de Oliveira Salazar visitant le navire le 23 avril, le président de la République le général Oscar Carmona faisant de même le lendemain.

Le cuirassé après ravitaillement auprès d’un pétrolier affrété traverse l’Atlantique à bonne vitesse (25 noeuds de moyenne), arrivant à Rio de Janeiro le 4 mai après huit jours de mer. Mouillé dans la baie de Rio, il est ouvert au public du 5 au 8 mai avant de reprendre la mer, manoeuvrant pendant trois jours avec la marine brésilienne avant de mettre cap sur Buenos Aires, le navire faisant escale dans l’estuaire du Rio de la Plata du 13 au 18 mai.

Le 19 mai _jour prévu de son appareillage pour Dakar_, une violente tempête éclate et secoue rudement le Clemenceau malgré ses 40000 tonnes bien tassées. Plusieurs amarres se rompent et le navire s’échoue sur un banc de sable. Le navire se remet à flot naturellement. Passant au bassin à Buenos Aires, les dégâts sont limités et ne remettent pas en cause la suite de sa TLD. Le cuirassé appareille de Buenos Aires le 23 mai 1943 pour une semaine de manoeuvres avec la marine argentine notamment le cuirassé Rivadivia (qui sera désarmé en 1944) avant de traverser l’Atlantique à partir du 30 mai et arriver à Dakar le 8 juin 1943.

Il passe au bassin pour réparer les avaries causées par l’échouage de Buenos Aires du 10 au 24 juin (légère déformation du bordé) avant de reprendre la mer le 27 juin direction Casablanca où il arrive le 4 juillet 1943 pour cinq jours d’escale. Reprennant la mer le 9 juillet, il arrive à Toulon le 13 juillet.

Ouvert au public à Toulon du 14 au 21 juillet, le cuirassé est indisponible pour des travaux complémentaires du 22 juillet au 12 août, sortant pour d’ultimes essais de navigation et de tir du 13 au 27 août, rentrant à Toulon le lendemain 28 août. A noter que durant cette sortie, il est accompagné de ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde

La commission d’armement sort à bord du cuirassé du 30 août au 7 septembre puis du 9 au 14 septembre, donnant un avis favorable à son admission au service actif.

Le 15 septembre 1943, le cuirassé Clémenceau est admis au service actif au sein de la Flotte de la Méditerranée formant la 3ème DL avec son sister-ship Richelieu.

Cette division est intégrée au Groupement de Ligne de la 2ème escadre composé également de la 1ère DL (croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg).

La première sortie opérationnelle du nouveau cuirassé français à lieu du 16 au 24 septembre, une série d’exercices destinés à roder l’équipage encore novice du cuirassé. Après une escale à Bastia du 24 au 28 septembre, le cuirassé subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 29 septembre au 9 octobre. Après une escale à Nice du 10 au 15 octobre, le cuirassé rentre à Toulon le 17 octobre dans la soirée.

Le Clemenceau quitte à nouveau Toulon le 21 octobre pour les salins d’Hyères où il mouille du 22 au 27 octobre avant de rentrer à Toulon le lendemain, 28 octobre 1943.

Le Richelieu et le Clemenceau sortent pour entrainement le 2 novembre 1943. Il ne sont pas seuls, appareillant avec le contre-torpilleur Marceau, la 5ème DCT composé des contre-torpilleurs  Aigle Albatros Gerfaut et le ravitailleur rapide L’Adour. La petite escadre manoeuvre dans le Golfe du Lion jusqu’au 12 novembre quand les cuirassés, leurs torpilleurs d’escorte, les contre-torpilleurs et le ravitailleur font escale à Marseille jusqu’au 18 novembre.

Du 19 au 27 novembre, les contre-torpilleurs tentent d’intercepter les cuirassés qui protégeaient le ravitailleur avant un ravitaillement à la mer le 28 novembre. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 29 novembre au 4 décembre, les cuirassés font escale à Ajaccio avec leurs torpilleurs, le ravitailleur à Calvi et les contre-torpilleurs à l’Ile-Rousse et ce du 5 au 11 décembre. Ils rentrent tous à Toulon le 13 décembre 1943.

Le Clemenceau sort pour entrainement en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre, les Rapière et Hallebarde du 17 au 23 décembre et du 26 au 30 décembre, rentrant à Toulon le 31 décembre, à temps pour fêter le passage à la nouvelle année à quai à Toulon.

Alors que le Richelieu est en grand carénage à Brest, le Clemenceau va s’entrainer intensivement, le plus souvent en solitaire mais avec parfois d’autres unités de la 2ème escadre.

Le 2 janvier 1944 est signée la charte de parrainage entre la ville de la Roche sur Yon _préfecture du département de la Vendée_ et le cuirassé, Georges Clemenceau étant issu de ce département.

Après une sortie au large de Toulon du 4 au 12 janvier 1944, le Clemenceau quitte Toulon le 15 janvier 1944 pour une Ecole à feu Rufisque. Il fait escale à Mers-El-Kébir du 17 au 21 janvier, débarquement du matériel envoyé par la DCAN de Toulon à son établissement de Mers-El-Kébir.

Reprennant la mer, il franchit le détroit de Gibraltar le 24 janvier et fait escale à Casablanca du 25 au 28 janvier, appareillant ce jour pour Dakar où il arrive le 1er février 1944. Ayant connu plusieurs problèmes techniques, il est mis au bassin du 2 au 17 février pour inspection et réparations.

Remis à flot, il subit une période d’essais à la mer du 18 au 21 février 1944 avant de reprendre l’entrainement. Après un entrainement de base du 22 février au 2 mars, le cuirassé réalise son Ecole à feu du 4 mars au 2 avril.

Après une nouvelle escale à Dakar du 3 au 7 avril 1944, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre appareillent pour rentrer à Toulon mais par petites étapes comme on disait au Grand Siècle puisqu’ils font escale à Port-Etienne du 8 au 12 avril, à Casablanca du 14 au 20 avril, à Gibraltar du 21 au 25 avril, à Mers-El-Kébir du 28 avril au 2 mai avant de rentrer à Toulon le 4 mai 1944.

Après une période d’entretien à flot du 5 mai au 7 juin, le Clemenceau sort pour essais du 8 au 12 juin avant remise en condition avec ses torpilleurs d’escadre du 14 au 30 juin 1944.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escadre sortent le 5 juillet 1944 pour un exercice en compagnie de la 1ère Division de Torpilleurs composés des torpilleurs léger Le Fier L’Agile L’Entreprenant et Le Farouche.

Après un exercice de navigation de combat jusqu’au 12 juillet, le cuirassé et ses torpilleurs d’escorte quittent seuls la rade de Villefranche pour échapper aux torpilleurs légers qui tentent de les intercepter entre le Continent et le Cap Corse, cet exercice ayant lieu du 13 au 19 juillet avant une escale à Bastia du 20 au 24 juillet.

Le cuirassé et les six torpilleurs gagnent Ajaccio le 26 juillet où ils retrouvent la 10ème DCT composée des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable, division appartenant à la 4ème Escadre et donc venus de Mers-El-Kébir.

Du 27 juillet au 4 août, le cuirassé et les deux torpilleurs d’escadre couvrent l’attaque des torpilleurs légers contre les contre-torpilleurs simulant des navires rapides tentant de gagner Toulon avant que le cuirassé ne change de camp pour la revanche du 6 au 13 août. Après une escale à Mers-El-Kébir du 15 au 21 août, le cuirassé et les six torpilleurs appareillent pour rentrer à Toulon le 23 août 1944.

Après une période d’indisponibilité du 24 août au 12 septembre 1944, le Clemenceau sort pour essais du 13 au 17 septembre avant remise en condition du 18 septembre au 5 octobre, rentrant à Toulon le 13 octobre après une escale à Nice du 6 au 11 octobre.

Le Clemenceau sort pour entrainement aviation du 15 au 22 octobre, effectuant soixante-quatre catapultages et autant de récupération de ses deux Dewoitine HD-731.

Rentré à Toulon le 23 octobre, le cuirassé sort pour un entrainement au combat de nuit du 27 octobre au 3 novembre avant une escale à Nice du 4 au 11 novembre, la compagnie de débarquement du cuirassé défilant dans la ville à l’occasion de la commémoration de l’Armistice.

Il reprend la mer le 12 novembre pour un exercice de défense aérienne à la mer jusqu’au 20 novembre destiné à entrainer les cannoniers du cuirassé, les équipes de lutte contre les avaries mais également les unités de l’armée de l’air basées en Corse. Après une escale à Ajaccio du 21 au 25 novembre, le cuirassé rentre à Toulon le 27 novembre 1944.

Le Clemenceau et ses torpilleurs d’escadre Rapière et Hallebarde sortent pour un entrainement ASM du 6 au 15 décembre 1944.

Les sous-marins Fresnel et Acheron  avaient appareillé le 5 décembre pour tenter d’intercepter le cuirassé et les torpilleurs d’escadre qui devaient se rendre à Bizerte en évitant l’interception. Les sous-marins pouvaient compter sur les avions et les hydravions de l’armée de l’air basés en Afrique du Nord alors que le cuirassé ne pouvait user que de ses deux Dewoitine HD-731.

Le cuirassé arrive à Bizerte le 16 décembre  pour quelques jours d’escale. Il repart le 20 décembre pour rentrer à Toulon le 23 décembre et rester à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le Clemenceau sort pour la première fois de l’année 1945 par une école à feux du 7 au 17 janvier puis après une escale à Nice du 18 au 21 janvier s’entraine au combat antisurface du 22 janvier au 2 février,date de son retour à Toulon.

Après ravitaillement à Toulon le 11 février, le Clemenceau part le lendemain avec ses deux torpilleurs d’escadre pour Rufisque et une école à feux.

Il fait escale à Casablanca du 16 au 18 février avant de gagner Dakar où il arrive le 22 février. Son entrainement au tir à lieu du 24 février au 12 mars. Quittant Dakar le 13 mars, le Clemenceau et ses deux anges gardiens rentrent à Toulon le 21 mars après une escale de ravitaillement à Mers-El-Kébit le 19 mars 1945.

Le Clemenceau sort du 24 mars au 8 avril 1945 en compagnie de son sister-ship Richelieu et de la 6ème DC pour un entrainement combiné dans le Golfe du Lion avec entrainement au combat de nuit et exercice de défense aérienne à la mer, exercices qui sont suivis d’une escale à Marseille du 9 au 12 avril. Reprennant la mer, ils s’entrainent au combat antisurface du 13 au 22 avril avant de rentrer à Toulon le 27 avril après une escale à Bastia du 23 au 26 avril 1945.

Le Clemenceau sort  nouveau pour une école  feux du 4 au 14 mai avant de rentrer à Toulon pour préparer un nouvel exercice mais victime d’une avarie, il est indisponible du 16 mai au 7 juin

Après son indisponibilité accidentelle (avarie de chaudière), le Clemenceau sort pour essais du 8 au 12 juin avant d’aller mouiller aux salins d’Hyères du 13 au 17 juin. Reprennant la mer le lendemain 18 juin, le cuirassé se ravitaille en route auprès du pétrolier-ravitailleur Liamone et cingle en direction de Bizerte où il fait escale du 22 au 27 juin, mouillant au milieu du lac.

Reprennant la mer, il fait escale à Sfax du 28 juin au 2 juillet avant de traverser la Méditerranée orientale en direction de Beyrouth où il arrive le 7 juillet, accompagné de ses deux torpilleurs d’escadre et du pétrolier-ravitailleur La Mayenne.

Le cuirassé et ses deux torpilleurs manoeuvrent en compagnie de l’aviso-colonial La Grandière, navire-amiral de la DNL. Du 9 au 15 juillet, les quatre navires subissent un entrainement DAM avant de se ravitailler auprès de La Mayenne qui ses soutes vides cingla vers Haïfa en compagnie de la Grandière pour recompléter ses soutes.

Durant cet intermède (16 au 20 juillet), le cuirassé et les deux torpilleurs s’entrainèrent au combat de nuit avant de retrouver le pétrolier-ravitailleur et l’aviso pour un ravitaillement à la mer le 21 juillet suivit par un exercice de combat antisurface du 22 au 31 juillet.

Le Clemenceau fait ensuite escale à Alexandrie du 1er au 8 août, rentrant à Toulon le 18 août après escale à Bizerte du 12 au 15 août 1945. Il est indisponible (permissions de l’équipage) jusqu’au 4 septembre 1945.

Il sort pour essais et entrainement du 8 au 21 septembre avant d’enchainer par une Ecole à feu à Rufisque. Pour cela, il ne regagne pas Toulon, étant ravitaillé par le pétrolier-ravitailleur La Saône qui va l’accompagné jusqu’à Dakar.

Les quatre navires franchissent le détroit de Gibraltar le 27 septembre et arrivent à Dakar sans aucune escale le 3 octobre 1945. Après une semaine d’escale pour remettre le navire en état _la mer ayant causé quelques dégâts_, le cuirassé effectue une première école à feux du 11 au 21 octobre suivit d’une nouvelles escale de représentation à Dakar du 22 au 25 octobre.

Il reprend la mer le lendemain, effectuant un exercice DAM du 26 octobre au 4 novembre avant un ravitaillement à la mer au prèst de La Saône le 5 novembre. Du 6 au 10 novembre, le cuirassé et ses torpilleurs s’entrainent au combat de nuit avant de rentrer à Dakar pour les commémorations du 11 novembre 1945.

Le cuirassé et ses torpilleurs d’escortent effectuent une deuxième Ecole à feux du 12 au 27 novembre avant de regagner Dakar pour une ultime escale jusqu’au 1er décembre 1945 date de son appareillage de Dakar pour rentrer à Toulon. Il fait escale à Casablanca du 4 au 7 décembre, rentrant à son port d’attache le 11 décembre 1945.

Après une période d’entretien à flot du 12 au 25 décembre, le Clemenceau sort pour essais du 26 au 31 décembre 1945, attendant la nouvelle année pour reprendre l’entrainement.

La première sortie de l’année à lieu du 5 au 15 janvier 1946, un entrainement à la navigation de combat suivit par un mouillage aux salins d’Hyères du 16 au 22 janvier. Il rentre à Toulon le lendemain 23 janvier.

Le Clemenceau quitte à nouveau Toulon le 27 janvier 1946 pour un entrainement aviation. Du 27 janvier au 5 février, il entraine ses deux Dewoitine HD-731. Il gagne ensuite Ajaccio pour une escale du 6 au 9 février 1946. Il reprend la mer pour une école à feux du 10 au 21 février avant de rallier Toulon le lendemain 22 février 1946. Il va alors se préparer à un premier déploiement outre-mer

Le cuirassé Clemenceau appareille de Toulon le 14 mars 1946 pour l’Océan Indien, accompagné par deux torpilleurs d’escadre, retrouvant le Colbert _venu de Brest_ au sud de la Sardaigne, le cuirassé fait escale à Bizerte le 19 mars à Alexandrie le 22 mars, franchit le canal de Suez les 23 et 24 mars et arrive à Djibouti le 29 mars, mouillant à l’extérieur du port en raison de son tirant d’eau important.

Il y retrouve le croiseur lourd Tourville et l’aviso colonial Savorgnan de Brazza mais point le Lamotte-Picquet qui est victime d’une très grave avarie de propulsion le 12 janvier 1946 (deux chaudières ont explosé faisant huit morts, les turbines ont été soumises à des surpression et les lignes d’arbre désaxées font vibrer le navire), si grave qu’il à été désarmé le 2 février 1946.

Le Clemenceau reprend la mer avec le Tourville, le Colbert, l’aviso colonial et les deux torpilleurs d’escadre et fait escale à Aden du 2 au 4 avril avant de reprendre la mer direction Diego Suarez où la petite force navale arrive le 7 avril 1946, la traversée étant l’occasion de manoeuvrer pour entrainer les équipages.

Les deux torpilleurs se séparent alors du groupe et gagne La Réunion, faisant escale à Port-des-Galets du 9 au 11 avril puis à l’Ile Maurice du 14 au 17 avril, retrouvant en mer le cuirassé et les deux croiseurs lourd le 18 avril.

Un temps, il fût envisagé de rentrer à Toulon par le cap de Bonne Espérance et le détroit de Gibraltar mais au final, il est décidé de rapatrier la coque de l’ex-croiseur léger Lamotte-Picquet en métropole et comme le plus court chemin passe par le canal de Suez……… .

Le Tourville fait brièvement escale le 25 avril pour ravitailler, laissant la force navale venue de métropole passer 24h de plus soit jusqu’au 26 avril. Ils franchissent le canal de Suez le 3 mai avec le Colbert (qui rentrera ensuite à Brest dans la foulée) remorquant la coque du Lamotte-Picquet, faisant escale à Bizerte le 8 mai puis rentre à Toulon le 13 mai 1946. Le Tourville lui était rentré à Diego-Suarez le 2 mai 1946.

Le Clemenceau est indisponible du 17 mai au 7 juin 1946 pour entretien et permissions de l’équipage, sortant pour essais du 8 au 10 juin et stage de remise en condition du 11 au 30 juin.

Après une escale de ravitaillement à Toulon le 1er juillet, le Clemenceau se rend dans l’Atlantique pour exercice en compagnie de ses deux torpilleurs et du pétrolier ravitailleur Liamone, la série d’exercices ayant lieu du 5 au 15 juillet avant une escale à Lisbonne du 16 au 21 juillet.

Reprennant la mer le 22 juillet, le cuirassé manoeuvre dans le Golfe de Gascogne dans un exercice anti-sous-marin avec le sous-marin Ouessant et ce du 24 juillet au 4 août quand le cuirassé franchit le goulet et retrouve son berceau, son chantier constructeur en l’occurence Brest pour une longue escale au cours de laquelle il est ouvert au public.

Il reprend la mer le 13 août 1946, subit un entrainement de défense aérienne à la mer du 14 au 22 août avant une escale au Verdon, le port maritime de Bordeaux du 23 au 26 août. Il relâche ensuite à Gibraltar du 29 août au 2 septembre avant de rentrer à Toulon le 5 septembre 1946.

Du 8 au 30 septembre 1946, il participe au stage de remise en condition de son sister-ship Richelieu avant d’appareiller le 2 octobre pour Dakar pour une école à feu en compagnie de son grand frère. Les deux cuirassés se tirent joyeusement la bourre du 9 au 21 octobre 1946 avant de rentrer à Toulon le 29 octobre 1946.

Si le Richelieu est en petit carénage du 5 novembre 1946 au 9 janvier 1947, le Clemenceau reste en service jusqu’à la disponibilité de son ainé, effective le 2 février 1947.

Le Richelieu en petit carénage, le Clemenceau va rester déployé dans le bassin occidental de la Méditerranée, une façon de faire pression sur l’Italie. Il n’en oublie pas pour autant l’entrainement enchainant les exercices.

Le Clemenceau est ainsi en mer pour un entrainement au combat de nuit du 7 au 10 novembre, un entrainement à la défense aérienne à la mer du 12 au 21 novembre, un entrainement au combat antisurface du 24 novembre au 4 décembre et un entrainement aviation du 7 au 17 décembre avant de passer la fin de l’année à Toulon (18 au 21 décembre, 25 au 31 décembre) et aux salins d’Hyères (21 au 24 décembre). Le cuirassé Clemenceau sort pour la première fois de l’année 1947 du 2 au 7 janvier pour un entrainement de base suivit par un ravitaillement à la mer auprès du PRE (Pétrolier-Ravitailleur d’Escadre) La Saône le 8 janvier.

Les soutes pleines, il enchaine par un exercice de défense aérienne à la mer du 9 au 13 janvier puis des simulations de bombardement littoral contre les défenses du secteur de Toulon du 14 au 22 janvier. Il termine ce cycle d’entrainement par un entrainement aviation du 24 janvier au 5 février avant de rentrer à Toulon le lendemain, 6 février 1947.

Le Richelieu étant de nouveau disponible, le Clemenceau débarque ses munitions et est échoué au bassin Vauban n°8 le 12 février 1947 pour entamer son premier grand carénage.

Echoué au bassin jusqu’au 16 octobre 1947, le cuirassé subit d’abord une remise en état complète avec grattage, sablage et peinture de la coque, changement des hélices, retubage et rebriquage des chaudières, changements des pièces de turbines défectueuses.

Les deux catapultes sont débarquées, démontées, inspectées et remontées, les locaux-vie sont remis en état, l’électronique du bord amélioré mais assez peu de modifications concernent l’armement, le renforcement de la DCA légère un temps envisagé n’est pas jugé prioritaire.

Remis à flot le 16 octobre, le Clemenceau subit une période complémentaire de travaux à quai du 17 octobre au 16 novembre. Armé pour essais le 17 novembre, il sort pour roder le nouveau matériel du 18 au 27 novembre 1947 avant de réaliser sa remise en condition opérationnelle du 30 novembre au 12 décembre, mouillant aux salins d’Hyères du 13 au 20 décembre avant de rentrer à Toulon le 21 décembre 1947.

Il commence l’année 1948 comme il avait terminé l’année 1947 par un entrainement de base dans le golfe du Lion du 4 au 15 janvier. Après s’être ravitaillé à Toulon le 16 janvier, il quitte le Var le 17 janvier, fait escale à Mers-El-Kébir du 19 au 22 janvier, à Casablanca du 25 au 30 janvier avant d’arriver à Dakar le 4 février 1948.

L’Ecole à feux du Clemenceau à lieu du 7 au 12 février quand elle est interrompue par une avarie d’une tourelle de 380mm (la I). Après travaux menés par l’établissement DCAN de Dakar du 13 au 20 février, l’Ecole à feux peut reprendre sans problèmes le 21 février, s’achevant le 14 mars quand le cuirassé s’amarre dans le port de Dakar pour une escale  du 15 au 22 mars.

Le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre quittent Dakar le 23 mars, font escale à Gibraltar du 28 mars au 2 avril avant de rentrer à Toulon le 5 avril 1948.

Le Clemenceau sort à nouveau pour entrainement du 10 au 21 avril, mouillant à Ajaccio pour entrainer la flottille 24C basée à Aspretto du 22 au 27 avril. L’entrainement aviation à lieu du 28 avril au 7 mai avant que le cuirassé ne gagne Bizerte où il fait escale du 8 au 15 mai.

Reprennant la mer le lendemain 16 mai, le cuirassé effectue une croisière de présence en Méditerranée orientale, croisière marquée par une escale à Iskenderun du 21 au 25 mai, à Lattaquié du 27 mai au 2 juin, Beyrouth du 3 au 7 juin, Haïfa du 9 au 12 juin, Alexandrie du 14 au 17 juin, Bizerte du 20 au 24 juin avant de rentrer à Toulon le 28 juin 1948.

Après une période d’indisponibilité pour entretien à flot et permissions de l’équipage du 29 juin  au 19 juillet 1948, le cuirassé sort pour essais du 20 au 23 juillet avant de reprendre l’entrainement courant dans le Golfe du Lion du 25 juillet au 8 août 1948.

Rentrés à Toulon le 9 août 1948, le Clémenceau et ses deux torpilleurs d’escorte passent au régime de guerre le 15 août puis sortent pour entrainement du 16 au 23 août puis du 26 août au 2 septembre, étant à quai aux appontements du Milhaud un certain 5 septembre 1948.

Caractéristiques Techniques de la classe Richelieu

Richelieu

Déplacement : standard officiel 35000 tonnes standard réel 37250 tonnes charge normale 40927 tonnes  pleine charge 44698 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 247.85m (entre perpendiculaires) 242.00m largeur : 33.08m tirant d’eau (charge normale) 9.22m (pleine charge) 9.90m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices

Performances :  vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles

Aviation : deux catapultes à la poupes pour deux à quatre hydravions

Equipage : 1569 officiers et marins

Jean Bart

Déplacement : standard 42806 tonnes charge normale 46500 tonnes pleine charge 48950 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 247.85m (entre perpendiculaires) 242.00m largeur : 35.54m tirant d’eau (charge normale) 10.04m (pleine charge) 10.69m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Performances :  vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles

Aviation : deux catapultes pour deux (temps de paix) à quatre hydravions (temps de guerre)

Equipage : 1569 officiers et marins

Clemenceau

Déplacement : standard 35000 tonnes charge normale 40750 tonnes pleine charge 44800 tonnes

Dimensions : longueur : (hors tout) 247.80m (entre perpendiculaires) 242m largeur : 33.08m tirant d’eau : (charge normale) 9.18m (charge maximale) 9.92m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural réparties en une salle des chaudières avant et une salle des chaudières arrière dévellopant 155000ch et entrainant quatre hélices quadripales

Performances : vitesse maximale : 32 noeuds distance franchissable : 9500 miles nautiques à 15 noeuds 3450 miles nautiques à 30 noeuds.

Protection : ceinture principale 330mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 233mm pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 170mm pont blindé supérieur au dessus des machines 150mm pont blindé intermédiaire 40/50mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 340mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm

Tourelles quadruples de 380mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir

Armement : 8 canons de 380mm modèle 1935 en deux tourelles quadruples concentrées à l’avant, 20 canons de 130mm modèle 1932 en dix tourelles doubles modèle 1936 (six latérales, quatre axiales), 12 canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles

Aviation : aucune installation prévue dans un premier temps mais au final, il reçoit les mêmes installations que ses sister-ship même si elles sont moins bien intégrées et moins bien abouties.

Equipage : 1569 officiers et marins

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (8)

Le Jean Bart

Le cuirassé Jean Bart à la mer

-Le Jean Bart est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint Nazaire le 12 décembre 1936 dans la forme Caquot rapidement connue sous le nom de forme Jean Bart. Comme pour le Richelieu, la construction du Jean Bart est menée sans priorité jusqu’au printemps 1939 quand elle s’accélère permettant la mise à flot du navire le 6 mars 1940.

Mise à l’eau du cuirassé Jean Bart

L’armement du navire va prendre près de huit mois jusqu’au 17 février 1941 quand il jette l’ancre dans l’estuaire de la Loire au moment de sa prise d’armement pour essais datée officiellement du 19 février. Il effectue une première campagne d’essais à la mer du 20 au 27 février 1941 avant quelques travaux dans la forme Joubert du 3 au 15 mars.

Après une deuxième campagne d’essais à la mer sous la responsabilité du chantier constructeur du 17 au 29 mars, le cuirassé est sollenement remis à la marine nationale le 3 avril 1941 et appareille le lendemain 4 avril pour Brest où il arrive le 6 avril 1941.

Le navire est échoué le jour même de son arrivé au bassin n°8 du Laninon, ayant pour voisin son sister-ship Clemenceau alors en construction. Les ouvriers en profitent pour améliorer la peinture, pour améliorer la fixation des lignes d’arbre et des hélices, pour calibrer les radars………. . Il est remis à flot le 4 mai 1941.

Il effectue une troisième campagne d’essais cette fois sous le contrôle de la marine nationale du 9 au 21 mai avec plusieurs écoles à feu en baie de Douarnenez pour l’artillerie légère (canons de 152mm, canons de 100mm et DCA légère).

Après une période de travaux à flot en rade-abri du 23 mai au 15 juin, le cuirassé appareille pour sa première école à feu à Rufisque. Quittant Brest le 17 juin 1941, il arrive à Rufisque le 25 juin où il est immobilisé pour avaries sur ses tourelles d’artillerie principale, avaries qui l’immobilise jusqu’au 12 juillet.

Le temps n’à cependant pas été perdu puisqu’au mouillage, les servants des canons de 152mm, de 100 et de 37mm (modèle 1933) ainsi que des mitrailleuses de 13.2mm en ont profité pour régler leurs armes notamment par rapport aux radars installés à Brest.

Les deux tourelles retrouvent de la voix le 14 juillet et l’école à feu à lieu du 15 juillet au 17 août sans véritables incidents. Après une escale à Dakar du 18 au 22 août, le Jean Bart rentre à Brest le 27 août pour quelques travaux aux bassins avant sa traversée de longue durée.

Le Jean Bart appareille pour Halifax le 12 septembre, arrivant à destination le 18 septembre pour une escale de trois jours jusqu’au 21 septembre. Le cuirassé fait ensuite escale à Norfolk du 24 au 27 septembre, Washington du 30 septembre au 2 octobre, Miami du 8 au 12 octobre, La Havane du 15 au 17 octobre, La Guaira au Vénézuela du 21 au 24 octobre, Dakar du 27 au 31 octobre, Casablanca du 1er au 3 novembre avant de rentrer à Brest le 7 novembre. Il est indisponible pour travaux à flot du 11 novembre au 21 décembre 1941.

Le 14 janvier 1942, le cuirassé Jean Bart est admis au service actif, affecté à la Flotte de l’Atlantique (1ère Escadre) où il est placé hors rang.

Le Jean Bart quitte Brest le 20 janvier pour entrainement dans le Golfe de Gascogne jusqu’au 8 février quand il arrive à Saint Nazaire, retrouvant son port constructeur pour une escale jusqu’au 15 février.

Il reprend la mer pour un exercice de défense aérienne du 16 au 24 février avant une escale à Hendaye du 25 février au 2 mars. Il est de retour à Brest le 4 mars et subit une période d’entretien à flot jusqu’au 12 avril. Il sort pour essais du 13 au 20 avril avant remise en condition en Manche du 21 avril au 4 mai, faisant escale à Plymouth du 5 au 11 mai avant de rentrer le lendemain à Brest.

Le 15 mai 1942, le cuirassé Jean Bart quitte Brest pour une nouvelle école à feu à Rufisque. Arrivé à Dakar le 21 mai, il entraine ses cannoniers et in fine tout son équipage du 24 mai au 15 juin, quittant Dakar le 17 juin pour rentrer à Brest le 23 juin 1942. Indisponible du 24 juin au 15 juillet (entretien à flot et permissions de l’équipage), le Jean Bart sort pour essais du 16 au 21 juillet puis pour remise en condition du 24 juillet au 12 août.

Le 15 août 1942, la ville de Calais devient ville-marraine du cuirassé, Dunkerque _ville natale de Jean Bart_ ayant déjà le croiseur de bataille éponyme comme filleul.

Il reprend l’entrainement collectif le 17 août par un entrainement à la défense aérienne à la mer jusqu’au 30 août quand il fait escale au Havre jusqu’au 4 septembre. Rentré à Brest le 6 septembre, il effectue un entrainement au combat de nuit du 9 au 15 septembre avant une nouvelle escale normande mais à Cherbourg du 16 au 21 septembre 1942.

Le 28 septembre 1942, il quitte Brest en compagnie de ses torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre et l’Aventurier pour un exercice en Manche mené en compagnie de la 8ème DCT. Composée des contre-torpilleurs Kersaint et Cassard, elle est la principale unité de l’Escadre Légère du Nord (ELN).

Le cuirassé, les torpilleurs d’escadre et les contre-torpilleurs manoeuvrent ensemble du 29 septembre au 5 octobre, se séparant le 9 octobre après une escale commune à Cherbourg. Le Jean Bart et ses deux torpilleurs rentrent à Brest le lendemain 10 octobre.

Après un entrainement au combat de nuit du 12 au 15 octobre, le Jean Bart et ses torpilleurs quittent Brest le 17 octobre, participant à un exercice binational en compagnie de la Royal Navy et ce du 20 octobre au 4 novembre, premice aux futurs exercices «Entente Cordiale».

Au cours d’une escale à Rosyth du 5 au 8 novembre, le cuirassé à l’honneur et le privilège de recevoir la visite du roi George VI et de son épouse, la reine Elisabeth. . Le cuirassé est de retour à Brest le 10 novembre 1942.

Après avoir participé aux commémorations de l’armistice de 1918, le cuirassé appareille le 12 novembre pour un nouvel exercice dans le golfe de Gascogne, exercice à dominante antiaérienne avec des attaques simulées de l’armée de l’air, les aviateurs revendiquant avoir coulé deux fois le cuirassé qui «encaissa» quatre torpilles et six bombes. Le Jean Bart fait ensuite escale au Verdon du 16 au 18 novembre et à Saint-Nazaire les 18 et 19 novembre avant de rentrer à Brest le 20 novembre 1942.

Le Jean Bart sort à nouveau pour entrainement du 27 novembre au 2 décembre, tentant d’échapper au sous-marin Agosta, protégé par ses torpilleurs d’escadre et des hydravions basés à terre. Il rentre à Brest le 6 décembre après une escale à Quiberon (au mouillage) du 3 au 5 décembre 1942.

Il termine sa première année de service actif par un exercice de défense aérienne à la mer du 10 au 17 décembre avant un exercice de combat de nuit du 19 au 25 décembre. Il rentre à Brest le 26 décembre, restant à quai jusqu’à la fin de l’année.

Le cuirassé reprend la mer pour des essais de vitesse du 4 au 8 janvier 1943 avant d’appareiller pour Dunkerque, la ville natale de Jean Bart le 10 janvier. Il fait escale à Cherbourg le 12 janvier, au Havre le 14 janvier avant d’arriver à Dunkerque le lendemain 15 janvier.

Il reste amarré dans le grand port du département du Nord jusqu’au 22 janvier avant d’appareiller pour Douvres où il arrive le 23 janvier. Il y dépose M. Alexandre VanKerck, nouvel ambassadeur de France en Grande Bretagne qui avait effectué son service militaire à bord de l’ancien Jean Bart de 1920 à 1922. Il quitte Douvres le 25 janvier et rentre à Brest le 29 janvier 1943.

Après une période d’entretien à flot du 4 au 15 février, le Jean Bart part pour une croisière en Amérique Centrale, croisière dont l’idée à germé après le succès de la croisière en Amerique du Sud menée par le Richelieu et la DNF l’année précédente.

Le cuirassé accompagné par les torpilleurs d’escadre Opiniâtre et Aventurier  et par le pétrolier Var appareillent de Brest le 20 février 1943, traversant l’Atlantique direction Jacksonville aux Etats Unis où il arrive le 28 février 1943, faisant une courte escale jusqu’au 2 mars avant de repartir direction La Havane où il arrive le 5 mars, passant trois jours avant d’appareiller pour Kingston (Jamaïque) faisant escale dans la colonnie britannique du 9 au 14 mars.

Reprennant la mer le 15 mars, le Jean Bart, les deux torpilleurs d’escadre et le pétrolier arrivent à Veracruz le 21 mars où ils font escale jusqu’au 25 mars quand il reprend la mer, direction Colon (Panama).

Arrivé le 27 mars, il reste mouillé à proximité de l’entrée du canal jusqu’au 2 avril quand il reprend la mer pour rentrer en métropole, faisant une escale de ravitaillement à Fort de France les 8 et 9 avril avant de rentrer à Brest le 16 avril 1943.

Après une période d’indisponibilité du 20 avril au 7 mai 1943, il reprend la mer pour un exercice de défense aérienne à la mer dans le golfe de Gascogne du 9 au 20 mai 1943 avant de rentrer à Brest le 25 mai 1943.

Le Jean Bart sort à nouveau pour une école à feux du 2 au 10 juin, faisant escale à Saint Nazaire du 11 au 15 juin avant un entrainement au combat antisurface du 16 au 23 juin, rentrant à Brest le lendemain 24 juin 1943.

Le Jean Bart est en petit carénage du 4 juillet au 20 décembre 1943. Echoué dans le bassin n°8 du Laninon, il bénéficie de travaux d’entretien de son appareil propulsif, de grattage et de peinture de la coque et surtout de modifications de l’armement, recevant dix tourelles doubles de 130mm (six latérales et quatre axiales à l’arrière), La DCA légère se composant désormais de douze canons de 37mm en six affûts doubles ACAD modèle 1935 et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en huit affûts doubles.

Après des essais à la mer du 3 au 10 janvier 1944, il effectue sa remise en condition avec d’abord une phase menée dans le golfe de Gascogne du 11 au 21 janvier.

Après un ravitaillement au Verdon le 22 janvier, le cuirassé et ses deux torpilleurs d’escadre mettent cap sur Dakar où ils arrivent le 27 janvier. Il effectue une école à feu à Rufisque du 28 janvier au 10 février, étant de nouveau disponible le 13 février 1944, formant la 2ème Division de Ligne avec le cuirassé Gascogne récément mis en service bien qu’il ne rentre à Brest que le 17 février.

Le Jean Bart sort à nouveau pour entrainement à la défense aérienne à la mer du 25 février au 3 mars avant une escale à Cherbourg du 4 au 7 mars. Il s’entraine au combat de nuit du 8 au 18 mars, rentrant à Brest le 25 mars après une escale au Havre du 19 au 24 mars.

Le 4 avril 1944, il appareille de Brest direction Portsmouth la grande base britannique. Il n’est pas seul puisque l’accompagne le croiseur léger Georges Leygues, les trois contre-torpilleurs de la 1ère DCT ( Jaguar Chacal Léopard) et ses deux torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre et l’Aventurier.

La petite force navale appelée force Y arrive dans la grande base navale britannique le lendemain 5 avril pour une opération publique d’une semaine où les navires français (et dit-on leurs équipages) ont connu un grand succès.

La force repart le 13 avril, fait escale à Douvres du 15 au 17 puis à Newcastle du 22 au 25 avril, escale improvisée en raison d’un problème mécanique sur plusieurs navires de la force Y.

Les réparations assurées par l’équipage et les ouvriers de plusieurs chantiers de la Tyne terminées, les navires français font escale à Rosyth pour ravitaillement avant de cingler direction Scapa Flow où ils arrivent le 30 avril 1944.

La force Y retrouve alors une partie de la Home Fleet en l’occurence le porte-avions HMS Illustrious, le cuirassé HMS Lion, le croiseur lourd HMS London et huit destroyers, formant la force X. Les force X et Y reprennent la mer le 3 mai 1944 pour quinze jours d’exercices intensifs en mer du Nord et plus précisément au large de l’Ecosse.

Les navires de la Royale et de la Royal Navy vont ainsi simuler un classique combat d’escadre, répéter les procédures de défense aérienne à la mer et de défense anti-sous-marine avant plusieurs écoles à feu sur des ilôts désertiques de la côte écossaise.

Après une escale à Greenock dans l’estuaire de la Clyde du 21 au 26 mai, la force Y reprend la mer pour rentrer à Brest le 30 mai. Après une période d’entretien à flot du 1er juin au 5 juillet, il sort pour essais du 6 au 10 juillet avant remise en condition du 15 juillet au 2 août.

Le 3 août, il quitte Brest pour une école à feu à Rufisque, arrivant à Dakar le 8 août. L’Ecole à feu à lieu du 10 au 27 août avant une nouvelle escale à Dakar du 28 août au 1er septembre. Après un nouvel exercice de combat du 2 au 10 septembre, il quitte l’Afrique noire, faisant escale à Casablanca du 14 au 19 septembre, à Lisbonne du 21 au 25 septembre, à Bordeaux du 27 au 30 septembre, rentrant à Brest le lendemain 1er octobre 1944.

Il est à nouveau en mer pour un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 16 octobre avant une escale à Saint Nazaire du 17 au 22 octobre. Il ressort pour un exercice de combat de nuit en compagnie de la 6ème DCT (Vautour Milan Epervier) du 23 octobre au 4 novembre quand le cuirassé et les contre-torpilleurs rentrent à Brest.

Le Jean Bart sort à nouveau en mer d’Iroise pour entrainement du 10 au 15 novembre puis du 18 au 27 novembre. Après une indisponibilité accidentelle du 28 novembre au 7 décembre, le cuirassé sort pour essais du 8 au 11 décembre avant remise en condition du 13 au 26 décembre 1944.

Le 5 janvier 1945, le Jean Bart appareille de Brest pour une croisière dans le Golfe de Gascogne en compagnie du croiseur lourd Dupleix venu de Toulon et de deux torpilleurs d’escadre.

La force occasionnelle fait escale à Quiberon le 9 janvier, à Saint-Nazaire du 12 au 14 janvier, à La Pallice du 16 au 18 janvier, au Verdon du 21 au 23 janvier et enfin à Biaritz du 25 au 28 janvier. La division rentre à Brest le 5 février, Le Dupleix repartant le lendemain pour Toulon où il arrive le 12 février 1945.

Le Jean Bart débarque à flot ses munitions et vidange ses soutes avant d’être échoué dans le bassin n°8 du Laninon le 19 février 1945 pour subir son premier grand carénage. Comme à chaque fois la coque est grattée et repeinte, les hélices changées, les chaudières retubées, certaines ailettes de turbine remplacées. Les soutes sont curées et des travaux de peinture sont menés. En ce qui concerne l’armement, certaines pièces usées sont retubées, l’électronique est révisée…………. .

Le passage au bassin s’achève le 23 novembre 1945 et des travaux complémentaires sont menés à flot du du 23 novembre au 30 décembre 1945, étant armé pour essais le 5 janvier 1946, sortant du 5 au 12 janvier puis pour remise en condition dans le Golfe de Gascogne du 14 au 31 janvier 1946.

Déclaré disponible le 3 février 1946, le cuirassé sort avec ses deux torpilleurs d’escadre pour entrainement du 7 au 20 février, faisant escale à Saint Nazaire du 21 au 25 février avant un nouvel entrainement du 26 février au 15 mars, date à laquelle les trois navires rentrent à Brest.

Victime d’une avarie de chaudière, le Jean Bart est indisponible du 17 mars au 1er avril, sortant pour essais et remise en condition du 2 au 10 avril 1946.

Il appareille le 12 avril 1946 avec deux torpilleurs d’escadre pour une école à feu à Rufisque. Arrivé à Dakar le 17 avril 1946, il doit mettre à terre sa compagnie de débarquement (120 hommes) pour soutenir la police locale alors que des émeutes secouent la ville. Le calme revient quelques jours plus tard et l’Ecole à feu peu se dérouler sans incidents du 24 avril au 5 mai 1946 avant un retour à Brest le 12 mai.

Il quitte son port d’attache le 15 mai, fait escale au Havre du 18 au 20 mai avant d’arriver à Dunkerque le 21 mai et d’y rester jusqu’au 2 juin 1946, connaissant un vrai succès populaire lors de son ouverture au public. Après une escale à Ostende en Belgique du 4 au 6 juin, le cuirassé rentre à Brest le 11 juin 1946.

Indisponible du 15 juin au 7 juillet pour entretien et permissions de l’équipage, le Jean Bart sort pour essais du 8 au 11 juillet avant de reprende la mer le 18 juillet pour entrainement. C’est ainsi que le 20 juillet des avions du Painlevé simulent des attaques contre le cuirassé.

Le Jean Bart s’entraine encore à la défense aérienne à la mer du 22 juillet au 3 août avec mission pour la DCA de repousser les attaques des Bloch MB-175T et des Lioré et Olivier Léo 456 de la marine mais également d’avions de l’armée de l’air qui s’abattaient sur le cuirassé comme de véritables nuées.

Un entrainement de très haute intensité jugé excessif par certains officiers, officiers qui durent procéder à des révisions déchirantes après les premiers affrontements en mer de Norvège et en Méditerranée.

Après une escale à Lorient du 4 au 11 août, le cuirassé sort pour entrainement au combat de nuit du 12 au 16 août avant de mouiller au pied de la citadelle de Quiberon jusqu’au 17 août quand il reprend la mer pour un nouvel entrainement DAM avec les avions du Painlevé qui faute de plate-forme (le Painlevé était alors en grand carénage) avaient décollé de la terre ferme. Cet exercice terminé, le cuirassé rentre à Brest le 20 août 1946.

Le Jean Bart quitte Brest le 27 août pour un entrainement en solitaire dans l’Atlantique Sud en compagnie notamment de la marine brésilienne. Le cuirassé fait escale à Dakar du 31 août au 2 septembre avant une Ecole à feu à Rufisque du 3 au 12 septembre.

Traversant l’Atlantique, le Jean Bart arrive à Rio de Janeiro le 27 septembre après treize jours de traversée. Le cuirassé bien plus moderne que ces homologues brésiliens fait forte impression chez les officiers brésiliens qui se montrent curieux à tel point que circulera dans les milieux autorisés la rumeur d’une commande d’un cuirassé semblable par la marine auriverde.

L’exercice «Tricolor» à lieu du 30 septembre au 15 octobre, le Jean Bart participe à toutes les phases de l’exercice qu’il s’agisse de simulation de bombardement littoral, d’écoles à feux en mer, de défense aérienne à la mer, de lutte ASM, d’escorte et d’attaque de convois.

Le succès de cet exercice poussera le gouvernement brésilien à proposer à la France un exercice plus ambitieux. Les négociations aboutissant au printemps 1948 pour un exercice planifié pour octobre 1948. On sait ce qu’il en advint…….. .

Pour la bonne bouche, la France avait prévu d’y envoyer une véritable flotte pompeusement appelée «Flotte de l’Atlantique Sud» avec le porte-avions Painlevé, les cuirassés Lorraine et Jean Bart, deux divisions de contre-torpilleurs, un croiseur léger, des torpilleurs d’escadre, des sous-marins.

Quittant le Brésil le 16 octobre, la France ménage la susceptibilité argentine en faisant escale à Buenos Aires du 19 au 25 octobre avant de rentrer en France, faisant escale à Dakar du 2 au 5 novembre, à Lisbonne du 8 au 12 novembre, escale marquée par une émouvante cérémonie au monument au mort du parc Edouard VII le 11 novembre, cérémonie au cours de laquelle un détachement de la marine portugaise, du Jean Bart et des torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre et L’Aventurier rendit les honneurs militaires. Le Jean Bart rentre ensuite à Brest le 15 novembre 1946.

Le Jean Bart sort encore deux fois, du 21 au 27 novembre et du 30 novembre au 5 décembre pour des sorties dites de routine au large de Brest et dans le Golfe de Gascogne.

Après un petit carénage du 15 décembre 1946 au 24 mars 1947, le cuirassé effectue un stage de remise en condition du 27 mars au 15 avril et une école à feu à Rufisque du 20 avril au 5 mai 1947 avant de rentrer à Brest le 10 mai 1947.

Il participe ensuite à la quatrième édition de l’exercice «Entente Cordiale» avec la marine britannique. Le cuirassé Jean Bart appareille le 15 mai en compagnie du cuirassé Normandie, du croiseur lourd Foch, du croiseur léger Gloire et des trois contre-torpilleurs de la  de la 3ème DCT (Bugeaud Du Chayla Dupetit-Thouars), les quatre torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre L’Aventurier Sabre Claymore, les trois sous-marins Casabianca,  Rolland Morillot et La Guadeloupe et le PRE La Seine direction Greenock où la division occasionnelle baptisée Force G arrive le 21 mai.

Elle reprend la mer le 24 mai 1947 et arrive à Scapa Flow le 28 mai où elle retrouve les cuirassés King George V et Vanguard (classe Hood, des Lion améliorés), le porte-avions lourd Malta, les croiseurs légers Southampton et Gloucester et six destroyers.

Les deux escadres s’entrainent du 1er au 21 juin avec des attaques escadres contre escadres, des exercices de lutte ASM, de défense aérienne à la mer, de raids amphibies, de tir contre la terre…………. .

Les deux groupes font escale ensemble à Aberdeen du 23 au 27 juin puis à Newcastle du 29 juin au 1er juillet, Douvres du 4 au 7 juillet, Cherbourg du 10 au 13 juillet et Brest du 17 au 22 juillet 1947, date à laquelle les navires anglais rentrent au pays.

Le Jean Bart est indisponible du 22 juillet au 21 août (entretien et permissions d’été) avant essais du 22 au 25 août puis de reprendre l’entrainement. Après un entrainement individuel du 29 août au 5 septembre, le cuirassé appareille avec deux torpilleurs d’escadre pour la Méditerranée le 12 septembre, franchissant le détroit de Gibraltar le 18 septembre et arrivant à Mers-El-Kebir le 25 septembre.

Ce déploiement répond à une montée de tension entre la France et l’Italie à propos notamment de la Tunisie et des émeutes contre la communauté italienne, Rome accusant Paris de laisser faire voir d’être à l’origine de ce «pogrom» qui fit quatre morts. Le Jean Bart appareille de Mers-El-Kebir le 30 septembre 1947 et arrive à Bizerte le 5 octobre, mouillant au milieu du lac du 7 au 10 octobre 1947. Initialement, il était prévu que ce déploiement soit temporaire mais devant le renforcement de la flotte italienne à Tarente, il est décidé d’intégrer le Jean Bart à la 4ème Escadre. Cette décision prise le 15 novembre 1947 entraine la dissolution de la 2ème DL, le Gascogne devenant cuirassé hors rang.

Le Jean Bart est affecté officiellement à la 4ème escadre le 2 décembre 1947 et en devient le navire-amiral. Il est placé hors rang.

Il reprend la mer le 4 janvier 1948 pour des manoeuvres en Méditerranée orientale avec la Mediterranean Fleet jusqu’à la fin du mois et une escale à Alexandrie du 31 janvier au 5 février 1948. Il est de retour à Mers-El-Kebir le 12 février et indisponible du 15 février au 2 mars avant de gagner Toulon pour un petit carénage du 12 mars au 16 juin 1948.

Il quitte Toulon le 18 juin, fait escale à Mers-El-Kebir les 23 et 24 juin pour charger ses munitions avant de reprendre la mer le 25 juin pour Dakar où il arrive le 2 juillet 1948.

Il effectue une Ecole à feu au polygone de Rufisque du 4 au 12 juillet avant de rentrer à Mers-El-Kebir le 17 juillet et de ne reprendre la mer que pour des sorties locales jusqu’en septembre 1948, plus précisément du 21 au 27 juillet, du 4 au 12 août et du 16 au 21 août.

Le 22 août 1948, il passe au régime de guerre avec amélioration de la discrétion visuelle et incorporation de réservistes et reste en alerte à Mers-El-Kébir, sortant tout de même du 30 août au 2 septembre.

Le 5 septembre 1948, il était en alerte à 6h, prêt à appareiller pour soutenir le croiseur de bataille Strasbourg.