Etats Unis (112) Armée de terre (2)

L’US Army dans le second conflit mondial (1950-1954)

Pacifique

«Japan First» tel est le slogan des américains après l’agression japonaise du 21 mars 1950. Les Etats-Unis ne vont pas pour autant négliger l’Europe comme nous le verrons.

Les premiers combats sont désastreux notamment aux Philippines. L’archipel censé tenir plus d’un an va tomber en quelques mois.

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Allemagne (55) Armée de terre (12)

Armement (4) : artillerie lourde sur voie ferrée

15cm et 17cm K (E) (Eisenbahn)

15cm Kanone (Eisenbahn)

15cm Kanone (Eisenbahn)

Ces pièces sur voie ferrées sont issues du Sofort-Programm lancé en 1936 et destiné à fournir à la Deutsche Heer une artillerie sur voie ferrée le plus rapidement possible.

Pour se faire, la firme Krupp installa sur de nouveaux affûts d’anciennes pièces de marine récupérées dans les stocks constitués après la démolition des cuirassés et des croiseurs de bataille.

Quatre 15cm K (E) et six 17cm K (E) vont être construits et mis en oeuvre par deux régiments d’artillerie sur voie ferrée. Ce faible nombre s’explique par un prix trop élevé au regard des services attendus et rendus.
Ils furent retirés du service en juin 1944 à une époque où des modèles plus lourds les ont remplacés.

Les pièces usées sont feraillées mais les affûts-trucks sont réutilisés pour former des trains de DCA équipés de canons de 88 et de 128mm chargés de protéger les grandes villes allemandes.

Caractéristiques Techniques du 15cm K (E)

Calibre : 150mm Longueur du tube : 5.571m Poids total : 74000kg Poids des obus : 43 ou 52kg Portée maximale : 22500m

17cm Kanone (E)

17cm Kanone (E)

Caractéristiques Techniques du 17cm K (E)

Calibre : 170mm Longueur du tube : 6.90m Poids total : 80000kg Poids de l’obus : 62.800kg Portée maximale 26100m

21cm Kanone 21 (E)

21cm Kanone (E)

21cm Kanone (E)

Durant le premier conflit mondial, l’artillerie lourde allemande s’illustra avec le Paris Kanone , un super canon qui frappa la capitale française, provoquant la psychose de la population en dépit de pertes faibles.

Ce canon improprement appelé “Gross Bertha” laissa une trace mythique chez les artilleurs allemands qui considéraient comme utile d’avoir une pièce d’artillerie à très longue portée.

Longtemps les études furent théoriques et il fallut attendre plusieurs années avant que le “super-canon” ne voit le jour, un canon de 210mm, un calibre standard pour l’artillerie allemande mais la comparaison avec les Mörser 16 et 18 s’arrêtait là.

Un affût-spécial recevait un canon long de 33m (158 calibres), si long qu’il fallait un système de tendeurs et d’entretoises pour éviter qu’il ne s’effondre sous son propre poids.

Véritable arme d’ingénieur, ce canon produit à deux exemplaires eut un rapport coût/efficacité très faible. Les artilleurs allemands ne sachant qu’en faire, ces canons sont mis en réserve, planqués durant la guerre civile dans les Alpes Bavaroises.

Ressorties régulièrement pour la propagande, les deux pièces furent remises réellement en service en septembre 1948 pour tirer à longue portée en direction de l’ouest.

Caractéristiques Techniques du 21cm Kanone 12 (E)

Calibre : 211mm Longueur du tube : 33.34m Poids total : 309 tonnes Poids de l’obus : 107.500kg Portée maximale estimée : 115km

28cm Kanone 5 (E)

28cm Kanone 5 (E) en action

28cm Kanone 5 (E) en action

Comme nous l’avons vu, les premiers canons sur voie ferrée allemands sont des canons “d’occasion” avec des affûts neufs sur lesquels étaient installés des canons de marine récupérés dans les stocks.
Cette mesure d’urgence qui se révéla décevante (coût trop élevé pour le résultat) devait céder la place à la production de canons sur voie ferrée neufs.

Si le 305mm était le calibre standard pour les cuirassés type prédreadnought, les allemands préféraient le 280mm. Comme souvent les pièces d’Artillerie Lourde sur Voie Ferrée étaient d’anciens pièces de marine, il était logique de retrouver ce calibre dans l’ALVF allemande.

Le projet qui allait aboutir aux 28cm Kanone 5 (E) est lancé en 1934 par la firme Krupp, les premières pièces entrant en service en 1936.

Ce fût une vrai réussite. Le tube à été soigneusement conçu et l’affût à été dessiné pour supporter le canon, encaisser le recul et éviter de perdre les réglages.

Un régiment regroupe vingt-quatre canons de 280mm K5 bien que dans la pratique, seulement seize canons soient opérationnels, les autres étant utilisés pour l’instruction, les essais ou en entretien après une campagne de tir en Baltique.

La production se poursuivit jusqu’en septembre 1948 à cadence réduite même si la production d’une telle pièce n’était pas aussi facile et rapide qu’un obusier de campagne.

Quand le conflit éclate, des canons de 280mm retrouvent des pièces lourdes sur le front occidental et sur le front oriental, se préparant à appuyer une offensive ou à attaquer les arrières d’un ennemi mordant.

Caractéristiques Techniques du 28cm Kanone 5 (E)

Calibre : 280mm Longueur du tube : 21.538m Poids total : 21800kg Poids de l’obus : 255kg Portée maximale : 62400m

28cm Kurze et Lange Bruno

28cm Kurze Bruno

28cm Kurze Bruno

Ces canons étaient issus du Sofort-Programm destiné à fournir une artillerie lourde sur voie ferrée le plus rapidement possible. Comme pour les canons de 150 et de 170mm, ils combinaient un ancien canon de marine modifié avec un nouvel affût.

Au total ce sont huit kurze Bruno et trois lange bruno qui furent produits en 1937/38, une étape avant la mise au point des 28cm Kanone 5 (E) avec lesquels ils cohabitèrent un temps avant d’être relégués à l’instruction ou à l’expérimentation.

En septembre 1948, il ne restait plus que quatre kurze bruno et deux lange bruno en service, ces canons ralliant les côtes allemandes pour renforcer la défense côtière et repousser une potentielle tentative de blocus d’une escadre franco-britannique.

Caractéristiques Techniques du 28 cm Kurze Bruno K (E)

Calibre : 280mm Longueur du fût : 11.20m Poids total : 130000kg Poids de l’obus 240kg Portée maximale : 29500m

Caractéristiques Techniques du 28cm Lange Bruno K (E)

Calibre : 280mm Longueur du fût : 12.735m Poids total : 123000kg Poids de l’obus : 302kg Portée maximale 28500m

40cm Kanone 6 (E)

Le calibre dominant de l’artillerie sur voie ferrée allemande était le 280mm. Des calibres plus importants étant mis en œuvre par les pays ennemis _France et Grande-Bretagne_ , l’Allemagne voulut suivre.

Après avoir étudié des canons de 380mm, de 520mm et même de 800mm (!), l’artillerie sur voie ferrée allemande décida d’adapter à un usage terrestre, le canon de 406mm qui armait les cuirassés type H.

La priorité donné à la marine et la guerre civile provoqua un important retard et sur les seize pièces initialement prévues, seulement huit étaient opérationnelles en septembre 1948 et quatre en construction chez Hanomag à Hanovre, pièces dont l’achèvement est d’ailleurs suspendu, les canons prévus pour les affûts étant remis à la marine pour permettre le remplacement éventuel de canons usés.

Les pièces opérationnelles vont comme leurs homologues de 280mm vont se déployer le long de la frontière occidentale de l’Allemagne.

Caractéristiques Techniques du 40cm Kanone 6 (E)

Calibre : 406mm Longueur du tube : 21.5m Poids total : 145 000kg Poids de l’obus : 255kg Portée maximale : 44550m  

Obusiers automoteurs Karl

Mörser Gerät 040

Mörser Gerät 040

Pour protéger la frontière nord-est d’une invasion allemande, la France avait construit l’une des plus formidables ligne fortifiée de l’histoire, la Ligne Maginot, un ensemble homogène de casemates, d’ouvrages et de blockhaus, formant une barrière quasi-impénétrable jusqu’aux Ardennes même si ça et là, les dépassements de budget obligèrent les français à sacrifier certains ouvrages.

Bien que les premiers plans d’attaque à l’ouest prévoyaient un passage par la Belgique, il fallait envisager le pire des scénarios à savoir une attaque frontale contre la Ligne Maginot ce qui nécessitait le développement d’une « super-artillerie » pour neutraliser les ouvrages dessinés par la CORF.

D’où la mise au point d’obusiers automoteurs, les Mörser Gerät 040  plus connus sous le nom de Karl. Ces obusiers automoteurs de 600mm étaient en réalité peu mobiles, les manœuvres étaient strictement locales, le transport sur de longues distances se faisant par train ou en démontant l’obusier en deux pour les transporter sur des remorques spéciales.

Sept obusiers furent construits mais en septembre 1948, il n’en restait plus que cinq, deux avant été réformés suite à une usure prononcée rendant dangereux le tir .
Caractéristiques Techniques

Calibre : 600mm Poids : 137 tonnes Poids de l’obus : 2170kg Longueur : 11.15m Longueur du tube 4.2m Largeur 3.16m Hauteur : 4.38m Champ de tir horizontal : 8° Champ de vertical : 55° à 70° Cadence de tir : un coup toutes les dix minutes Moteur diesel de 580h Vitesse : 6 à 10 km/h Distance franchissable : 42 à 60km

Trains blindés

Déplacer rapidement des troupes sur de longues distances paru longtemps une gageure. En l’absence de moyens de transports performants, le seul moyen de transport s’était les jambes des soldats ce qui impose de sévères limites en terme de distances parcourues.

L’apparition du chemin de fer permis d’envisager de transporter vite et loin des troupes qui arrivaient sur le champ de bataille fraiches et dispos. Ce moyen de communication reposait sur des infrastructures imposantes et vulnérables qui fallait protéger.

D’où l’apparition rapide de trains blindés pour protéger les voies de communication des coups de l’ennemi.

L’Allemagne n’échappe pas à la règle et dispose de quarante-huit trains blindés en septembre 1939, des trains composés d’une locomotive _souvent précédée d’un tender pour faire exploser les obstacles ou les mines_, de wagons blindés armés de canons et de mitrailleuses, de wagons de marchandise pour le transport de troupes…… . On trouve également des wagons plats pouvant porter un char qui pouvait descendre du train pour opérer à proximité.

On trouve également des trains de commandement à destination des grands chefs de l’armée, leur permettant de commander au plus près du front. Ils sont protégés comme les trains blindés mais les locaux-vie et les locaux de travail sont nettement plus luxueux.

Enfin ajoutons les Panzerdraisine, de petits véhicules ferroviaires chargées de patrouiller sur les voies pour les protéger des sabotages et des coups de main.

Différents modèles existent, certains armés d’une simple mitrailleuse (notamment pour ces véhicules récupérés en Pologne et en Tchécoslovaquie) mais d’autres plus lourdement armées, les plus puissantes disposant d’une tourelle de Panzer IV avec un canon de 75mm long et une mitrailleuse de 7.92mm.

23-Armée de terre Ligne Maginot (41)

Ordre de bataille de la ligne Maginot et des fortifications de Corse et de Tunisie

De septembre 1940 à l’été 1948, la Ligne Maginot ressemble à un géant assoupi, prêt à mordre et à griffer. Régulièrement et comme avant la guerre de Pologne, des exercices sont régulièrement menés (généralement une fois par mois voir une fois tous les quinze jours) pour améliorer le délai de réaction pour armer les ouvrages qui doivent couvrir la mobilisation générale d’une attaque surprise allemande.

Voilà pourquoi dès la mi-août 1948, le géant commence à s’étirer à s’éveiller. Les ouvrages retrouvent l’animation qu’était la leur durant la guerre de Pologne.

Nous sommes loin de la mobilisation générale mais dès le 22 août, le haut commandement estime possible de repousser une attaque surprise allemande entre les Ardennes et la frontière suisse sans parler d’une attaque italienne sur le front alpin.

Les tensions ne faisant que s’accroitre, de nouvelles classes de réservistes sont rappelés à partir du 27 août, des régiments d’infanterie et d’artillerie de forteresse sont réactivés pour pouvoir occuper les ouvrages.

Comme durant la guerre de pologne, les gardes frontaliers et les gardes mobiles frontaliers vont se livrer à des escarmouches en compagnie des corps francs des RIF, des escarmouches maintenues à un niveau suffisamment bas pour que les morts provoqués par des combats ne dégénèrent pas, pas maintenant en tout cas en un conflit ouvert.

Dès le 3 septembre 1948, les ouvrages de la ligne Maginot sont en ordre de bataille, près à repousser une attaque allemande et à couvrir les prémices de la mobilisation générale officiellement décrétée le 5 septembre 1948.

Comme de septembre 1939 à septembre 1940, des Secteurs Défensifs et les Secteurs Fortifiés deviennent des Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) chargés d’une véritable mission de défense en soutien des Grandes Unités de combat.

Pour ce qui est des ouvrages de campagne, sans troupes attitrées, ils sont entretenus et gardés par des régiments de travailleurs qui par rapport à septembre 1939 sont devenus de quasi-régiments d’infanterie, aptes à mener des combats défensifs bien que la tenue de ses ouvrages est confiée aux troupes de campagne du secteur.

Secteur Fortifié des Flandres (SFF)

-221ème régiment de travailleurs à cinq compagnies de 200 hommes chargés de l’entretien et de la garde des ouvrages en attendant le déploiement des unités de campagne. Ce régiment ex-221ème régiment régional de travailleur à intégré les 9ème et 15ème compagnies de travailleurs espagnols ainsi que la 253ème compagnie française de travailleurs

-10ème et 11ème batteries du 161ème Régiment d’Artillerie de Position. La 10ème batterie reste équipée de canons de 75mm modèle 1897 alors que la 11ème à reçu des canons de 75mm TAZ modèle 1939.

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

-174ème bataillon de sapeurs mineurs

Secteur Fortifié de Lille

-16ème régiment de travailleurs

Secteur Fortifié de l’Escaut

-54ème régiment d’infanterie de forteresse

-17ème régiment de travailleurs

-1er groupe du 161ème RAP équipé de 16 canon de 75mm modèle 1897 en deux batteries et une batterie équipée de huit canons de 105L modèle 1913S, eux aussi montés sur un train de roulement moderne.

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

canon de 75mm modèle 1897 équipé de pneumatiques

-1ère compagnie du 212ème bataillon de Sapeurs-Mineurs

101ème Division d’Infanterie de Forteresse

La 101ème DIF remplace le 12 septembre 1948 le Secteur Fortifié de Maubeuge, la mission de cette grande unité est de tenir le front telle une unité statique. Elle dispose des unités suivantes :

-84ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (84ème RIF)

-87ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (87ème RIF) réactivé le 1er septembre 1948 à partir du régiment précédent.

-1er bataillon de mitrailleurs devenu en septembre 1947, 1er régiment de mitrailleurs

-18ème régiment de travailleurs

-2ème groupe du 161ème RAP équipé de 16 canons de 75mm modèle 1897 (deux batteries) et 8 canons de 105mm modèle 1913S en une batterie. Les autres pièces restent stockées.

-226ème bataillon du génie de forteresse (1ère compagnie de sapeurs mineurs, 81ème et 82ème compagnies de transmission et le 21ème parc du génie).

102ème Division d’Infanterie de Forteresse (ex-Secteur Fortifié des Ardennes)

Comme pour la 101ème DIF, la 102ème DIF est chargée de tenir le terrain au profit des unités de campagne notamment les unités chargées de pénétrer en Belgique et au Luxembourg en cas d’agression allemande pour freiner voir stopper l’avance ennemie. Cette division dispose des unités suivantes :

-42ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux

-52ème demi-brigade de mitrailleurs coloniaux officiellement réactivée à la fin du mois d’août

-148ème régiment d’infanterie de forteresse

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

Canon de 155mm Saint Chamond modèle 1915

-160ème régiment d’artillerie de position : 2ème groupe avec les 4ème et 6ème batteries disposant de canons de 75mm modèle 1897 et 3ème groupe (7ème 8ème et 9ème batteries) équipées de canons de 155C Saint Chamond modèle 1915 et de canons de 155L modèle 1877.

-141ème bataillon de génie de forteresse avec une compagnie de sapeurs mineurs, les 81ème et 82ème compagnies de transmission et du 83ème détachement colombophile.

-227ème bataillon du génie de forteresse (1ère compagnie de sapeurs-mineurs, la 81ème compagnie de télégraphiste et la 82ème compagnie radio).

103ème division d’infanterie de forteresse (ex-Secteur Fortifié de Montmedy)

Cette division retrouve l’aspect qu’avait le SFM entre septembre 1939 et septembre 1940 avec les unités suivantes :

-132ème régiment d’infanterie de forteresse

-136ème régiment d’infanterie de forteresse

-147ème régiment d’infanterie de forteresse

-155ème régiment d’infanterie de forteresse

Maintenu en ligne après la démobilisation, le 169ème RAP est réorganisé en 1942 avec deux groupes, un premier groupe équipé d’une batterie de 155mm et deux batteries de 105mm et un deuxième groupe avec deux batteries d’ouvrages, une pour les forts de Verdun et un autre pour les casemates du SF Montmedy et une batterie de 105mm.

Canon de 47mm modèle 1937

Canon de 47mm modèle 1937

 

A la mobilisation d’août 1948, une batterie de douze canons de 47mm modèle 1937 est intégrée au régiment pour renforcer la défense antichar du secteur.

-211ème bataillon de sapeurs mineurs avec la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio

Secteur Fortifié de Crusnes

Ce secteur fortifié qui ne devient pas une division retrouve en septembre 1948 l’aspect qu’il avait connu durant la guerre de Pologne. Il aligne donc les unités suivantes :

-128ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé dès le 21 août 1948

-139ème régiment d’infanterie de forteresse réactivé le 30 août 1948

-149ème régiment d’infanterie de forteresse

-46ème régiment d’artillerie mobile de forteresse (46ème RAMF) disposant de deux groupes de 75mm appuyant respectivement les 128ème et 139ème RIF et d’un groupe de 155C appuyant le 149ème RIF.

-152ème régiment d’artillerie de position disposant de deux batteries de 155C et deux batteries de 155mm modèle 1877

-142ème bataillon du génie de forteresse (deux compagnies de génie, 81ème compagnie télégraphiste, 82ème compagnie radio et 83ème détachement colombophile)

Secteur Fortifié de Thionville

Le Secteur Fortifié de Thionville dispose à la suite de la mobilisation d’août-septembre 1948 des unités suivantes :

-167ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (167ème RIF)

-168ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (168ème RIF)

-169ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (169ème RIF) mobilisé à partir du 168ème RIF comme en septembre 1939.

-151ème Régiment d’Artillerie de Position (151ème RAP) à cinq groupes répartis en deux groupes de 155L, deux pièces de 240, deux pièces de 220L, des batteries d’ouvrages et l’artillerie d’anciens forts allemands.

-70ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse (70ème RAMF) avec deux groupes de 75mm (ayant appartenu de septembre 1940 à août 1948 au 151ème RAP) et un groupe de 155C

-203ème bataillon du génie de forteresse qui dispose de deux compagnies de génie (1ère et 2ème), la 81ème compagnie télégraphiste et la 82ème compagnie radio.

23-Armée de terre Ligne Maginot (20)

E-Ordre de bataille de la Ligne Maginot en septembre 1948

En guise d’avant-propos

De septembre 1940 à l’été 1948, la ligne Maginot ressemble à un géant assoupi, prêt à mordre et à griffer. Régulièrement et comme avant la guerre de Pologne, des exercices sont régulièrement menés pour améliorer le délai de réaction pour armer les ouvrages qui doivent couvrir la mobilisation générale d’une attaque surprise allemande.

Voilà pourquoi dès la mi-août 1948, le géant commence à s’étirer à s’éveiller. Les ouvrages retrouvent l’animation qu’était la leur durant la guerre de Pologne.

Nous sommes loin de la mobilisation générale mais dès le 22 août, le haut commandement estime possible de repousser une attaque surprise allemande entre les Ardennes et la frontière suisse sans parler d’une attaque italienne sur le front alpin.

Les tensions ne faisant que s’accroitre, de nouvelles classes de réservistes sont rappelés à partir du 27 août, des régiments d’infanterie et d’artillerie de forteresse sont réactivés pour pouvoir occuper les ouvrages.

Comme durant la guerre de pologne, les gardes frontaliers et les gardes mobiles frontaliers vont se livrer à des escarmouches en compagnie des corps francs des RIF, des escarmouches maintenues à un niveau suffisamment bas pour que les morts provoqués par des combats ne dégénèrent pas, pas maintenant en tout cas en un conflit ouvert.

Dès le 3 septembre 1948, les ouvrages de la ligne Maginot sont en ordre de bataille, près à repousser une attaque allemande et à couvrir les prémices de la mobilisation générale officiellement décrétée le 5 septembre 1948.

Comme de septembre 1939 à septembre 1940, des Secteurs Défensifs et les Secteurs Fortifiés deviennent des Division d’Infanterie de Forteresse (DIF) chargés d’une véritable mission de défense en soutien des Grandes Unités de combat.

Pour ce qui est des ouvrages de campagne, sans troupes attitrées, ils sont entretenus et gardés par des régiments de travailleurs qui par rapport à septembre 1939 sont devenus de quasi-régiments d’infanterie, aptes à mener des combats défensifs bien que la tenue de ses ouvrages est confiée aux troupes de campagne du secteur.

Panorama de la ligne Maginot en septembre 1948 : les ouvrages secteurs par secteurs

Secteur Fortifié des Flandres (SFF) (De la Mer du Nord à Armentières exclu)

L’ancien secteur défensif de Flandre dépend comme en 1939 de la 7ème armée qui avec la 1ère armée, le Corps Expéditionnaire Britannique et le 1er Corps de Cavalerie (1ère et 5ème DLM) forme l’aile marchante du dispositif allié, ces unités devant pénétrer en Belgique en cas d’attaque allemande.

Le rôle du SFF n’est donc pas d’assurer une défense ferme de la frontière mais d’offrir aux unités de la 7ème armée une base de repli solide sur laquelle elle pourra organiser une défense ferme. La présence d’un deuxième Corps de Cavalerie, le 2ème CC (3ème et 7ème DLM) permettant si nécessaire de gagner le temps nécessaire pour permettre le repli sur les différents ouvrages.

Dans les plans initiaux, le SFF devait disposer de dix casemates dans la région du Mont-Cassel mais la construction à été repoussée en deuxième urgence et au final abandonnée. En remplacement, sur cette même position ont été construits durant la guerre de Pologne et jusqu’à la démobilisation des casemates STG. Par ailleurs, la CEZF va faire construire sur la bretelle de Cassel, huit blockhaus type STG.

Au final, le Secteur Fortifié des Flandres affiche le visage suivant en septembre 1948 :

Blockhaus type STG (Service Technique du Génie)

Blockhaus type STG (Service Technique du Génie)

La position de résistance dispose de six organisations de type Fortification de Campagne Renforcée (FCR) ou blocs Billote, tous du type double A4 et de huit organisations type STG (Service Technique du Génie) répartis entre trois blockhaus flanquant à gauche, trois blockhaus flanquant à droite et deux blockhaus type A1, tous recevant une cloche GFM (Guet et Fusil Mitrailleur) type B.

Il faut ajouter à cet inventaire un blockhaus type Da, cinq abris de tir (quatre type N1f et un abri double de type spécial) et 29 tourelles démontables (dix-sept armés d’une mitrailleuse de 7.5mm et douze armés d’un canon de 25mm).

La Bretelle de Cassel est elle couverte par huit blockhaus STG, tous du type A double à l’exception d’un répondant au type B1 simple, tous disposant néanmoins d’une cloche GFM.

Pour ce qui est de l’entretien, seul le 221ème Régiment de Travailleurs (ex-221ème régiment régional de travailleurs) à survécu à la démobilisation. Avec ses cinq compagnies, il est chargé de l’entretien des ouvrages qui sont régulièrement l’occasion d’exercices d’alerte au cours desquels les unités de campagne doivent s’installer dans les ouvrages pour repousser l’ennemi.

Avec la mobilisation, le 15ème RRT (Régiment Régional de Travailleurs) est réactivé avec l’aide de réservistes âgés et de travailleurs étrangers (espagnols principalement).

Ces deux régiments, le 221ème RT et 15ème RRT vont maintenir les ouvrages en état et en assurer la garde, le temps que certaines unités de campagne de la 7ème armée ne s’y installent en attendant une éventuelle entrée en Belgique.

Secteur Fortifié de Lille (D’Armentières inclus au fort de Maulde exclu)

Ce secteur fortifié est un secteur particulier car c’est un secteur que l’on pourrait qualifier d’«extraterritorial» puisque la défense de ce secteur est attribuée à la 1st Infantry Division qui bénéficie du soutien du 16ème régiment de travailleurs chargé de l’entretien et de la garde des ouvrages en absence des troupes de campagne.

Contrairement au SFF, le SFL ne disposait pas de gros ouvrages mais de petits casemates typiques de la fortification de campagne, la 1ère région militaire (avant la réorganisation liant le tracé des provinces aux régions militaires, la 1ère RM devenant la 2ème RM) responsable du SFL dévellopant une gamme complète d’abris de tir et de blocs destinés à faire face à toutes les configurations.

Le Secteur Fortifié de Lille dispose au total de soixante-cinq blockhaus de différent type :

-onze blocs de type Da pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-huit type Db pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-quatre type Dc pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dd pour une mitrailleuse, un canon antichar et deux fusils-mitrailleurs

-six type Dsd pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-cinq type Dsg pour une mitrailleuse, un canon antichar et trois fusils mitrailleurs

-Quatre type Gsd pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Six type Gsg pour une mitrailleuse ou un canon antichar

-Huit type G1 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Cinq type G2 pour une mitrailleuse, un antichar et quatre fusils mitrailleurs

-Deux type G3

On trouve également vingt-trois abris de tir, eux aussi de différents types :

-Trois type N1d pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à droite)

-Quatorze type N1f pour une mitrailleuse ou un canon antichar tirant en action frontale

-Quatre type N1g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

-Deux type N2g pour une mitrailleuse ou un canon antichar (orienté à gauche)

Enfin on trouve également neuf tourelles démontables (quatre équipés de canons antichars de 25mm et cinq équipés de mitrailleuses de 7.5mm).

Ce sont les seules armes du secteur à calibre français, les armes des abris et des blockhaus étant fournis par la 1st Infantry Division à savoir des canons antichars de 2 livres (puis de 6 livres _environ57mm_), des mitrailleuse Vickers et des fusils-mitrailleurs Bren.

Secteur Fortifié de l’Escaut (SFE) (de Maulde à Wargnies-le-Petit)

A la différence des deux secteurs précédents, le Secteur Fortifié de l’Escaut dépend jusqu’à la démobilisation de septembre 1940 de la 1ère armée, elle aussi amenée à entrer en Belgique, le Secteur Fortifié de l’Escaut est donc une position arrière pour couvrir un déploiement en Belgique et un éventuel repli.

Comme ailleurs le long de la frontière belge, la genèse de la ligne fortifiée du SFE à été particulièrement difficile et douloureuse avec des changements de priorités et de tracés.

Initialement (1930), le tracé doit s’appuyer sur une série de casemates CORF en forêt de Raismes mais à partir de 1934, tout est à refaire et les casemates de la forêt de Raismes sont abandonnés comme position durable au profit d’un tracé situé plus au nord.

Ce tracé couvre l’est du secteur avec un ouvrage d’artillerie à Eth, un petit ouvrage à Estreux et neuf casemates situés à Wargnies Est et Ouest, Jeanlain, Folie-Notre-Dame, Talandier, Calvaire-Saint-Druon, Rouge-Haie, Grand-Val et Quarouble). Seul un petit ouvrage à Eth et les casemates de Jeanlain et de Talandier seront construits.

A partir de 1936, la position est finalement réalisée sous la forme d’une ligne de blockhaus STG entre le PO d’Eth et le vieux fort de Maulde, remanié pour devenir un ouvrage d’artillerie à bon marché qui devait à l’origine comporter cinq casemates d’artillerie mais qui au final n’en posséda que trois, deux de 75mm et un de 155mm GPF.

La CEZF va également y ajouter sa touche personnelle avec la position de Cassel (forêt de Clairemarais à Tederghem) avec 18 kilomètres d’obstacles antichars (un fossé profond, des pieux et des barbelés) et vingt casemates type STG ainsi que la position de Cambrai qui représente 24 kilomètres d’obstacles antichars et vingt casemates type STG.

A la différence des autres secteurs de Flandre et de Lilles, le secteur fortifié de l’Escaut va disposer d’un régiment spécialisé, le 54ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (54ème RIF), un régiment de mobilisation en septembre 1939 mais qui avait été pérennisé tout comme l’avait été le 17ème régiment régional de travailleurs devenu le 17ème régiment de travailleurs avec pour mission d’entretenir et de garder les ouvrages de campagne.

En septembre 1948, le Secteur Fortifié de l’Escaut aligne ouvrages, casemates et blockhaus suivants :

-La position de résistance est armée par la 107ème Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (CEO) du 54ème RIF qui dispose de vingt organisations type Fortifications de Campagne Renforcée (FCR), tous de type double, seize organisations issus des réflexions du Service Technique du Génie (STG) (sept blockhaus type B, cinq blockhaus type A, trois casemates d’artillerie de 75mm et un observatoire) et cinq ouvrages type 1ère région militaire (trois abris de tir type N2 _un type a et deux type f_ , un blockhaus type B et un blockhaus type M).

Il faut ajouter également le vieux fort de la Maulde reconstruit pour s’intégrer à cette nouvelle position ainsi qu’un ouvrage type CORF, l’ouvrage de Talandier armé lui par la 106ème Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (CEO) et qui est un casemate double avec deux créneaux équipé d’une mitrailleuse et d’un canon de 47mm, deux jumelages de mitrailleuses, deux cloches GFM type B et une tourelle pour arme mixte et mortier de 50mm.

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

Canon antichar de 47mm en position. Le canon est mobile, pouvant être remplacé si nécessaire par un JM

La 106ème CEO assure également la défense de la position de résistance en armant tout d’abord une organisation type CORF, l’ouvrage d’Eth qui est un petit ouvrage d’infanterie à deux blocs.

Le premier bloc dispose d’un créneau jumelage de mitrailleuses/canon antichar de 47mm, un créneau équipé d’un jumelage de mitrailleuses, une cloche pour arme mixte et deux cloches GFM type B. Le second bloc est équipé d’un créneau jumelage de mitrailleuses/canons de 47mm, un créneau pour un jumelage de mitrailleuses, une cloche GFM et une cloche lance-grenades.

Entre 1942 et 1945, les travaux du 2ème cycle sont enfin réalisés (c’est l’un des rares ouvrages type CORF dans ce cas) à savoir la construction d’une EH, d’une EM et d’une tourelle de 75mm, le tout dans un format plus économique que celui envisagé à l’époque.

Les autres organisations armés par la 106ème CEO sont d’abord du type 1ère Région Militaire avec vingt constructions de ce type répartis entre des blockhaus type G (huit exemplaires dont un unique type G2), un blockhaus type C, quatre blockhaus type A, cinq blockhaus type B, un unique blockhaus type E2 et un blockhaus type O. A cela s’ajoute un abri de tir type N2a.

La 106ème CEO dispose également d’un construction type STG en l’occurrence un blockhaus type A double, de deux constructions type FCR (un blockhaus type B simple et un blockhaus type A double), sept tourelles démontables (toutes équipées de mitrailleuses) et huit observatoires.

-La ville de Valenciennes est protégée par une série de quatorze ouvrages, douze étant du type FCR (dix type A double, un type B flanquant à droite et un type double) et deux du type STG (un blockhaus type A double et un blockhaus type B flanquant à droite).

-Les travaux menés par la CEZF voit la réalisation dans le SFE d’un total de quarante casemates type STG, répartis à égalité entre la bretelle de Cassel et la couverture de la ville de Cambrai et comme la position située plus haut, aucune troupe n’est déployée en permanence dans ces ouvrages appelés à être occupés par des troupes de campagne.

-A la différence de l’avancée de Valenciennes et de la ligne CEZF-Secteur Escaut, la position de la forêt de Raismes est occupée par la 108ème Compagnie d’Equipages d’Ouvrages (108ème CEO), elle aussi rattachée au 54ème Régiment d’Infanterie de Forteresse (54ème RIF).

Cette position est matérialisée par douze constructions type CORF avec trois casemates doubles équipés chacun de deux créneaux JM/AC 47, d’un créneau de jumelage de mitrailleuse, d’un cloche pour armes mixtes et une cloche GFM et neuf casemates simples flanquant vers l’est ou vers l’ouest, chaque casemate disposant d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau pour jumelage de mitrailleuses et une cloche GFM type A (certaines étant modifiées en B).

23-Armée de terre Ligne Maginot (17)

La ligne CEZF

Carte de la Ligne CEZF

Carte de la Ligne CEZF

Généralités

Comme nous venons de le voir, la réalisation des ouvrages de campagne s’est faite souvent sans coordination ce qui sera un frein considérablement à leur efficacité.

Fort heureusement, dès le début de la guerre de Pologne, les autorités militaires conscientes du problème vont reprendre les choses en main. Le 6 septembre 1939 est mise sur pied la Commission d’Etudes des Zones Fortifiées (CEZF).

Dirigée par le général Belhague qui avait en son temps dirigé la CORF, elle doit améliorer l’organisation en profondeur des fronts fortifiés en insistant notamment sur le Nord, mal couvert faute à un allié belge qui rendait semble-t-il illusoire la construction d’ouvrages CORF entre les Ardennes et la Mer du Nord.

Le programme complet de la ligne CEZF prévoit une fortification de 600km composée d’une ligne principale de résistance et d’un ligne d’arrêt avec un blockhaus tous les kilomètres ce qui nécessite la construction de 1200 ouvrages fortifiés qui sont complétés par un fossé antichar et par un réseau de barbelés large de six mètres.

Dix régions militaires sont concernées. Le planning initial prévoyait une première tranche en 1939-40, deux tranches en 1940 et une tranche 1941 mais la fin prématurée de la guerre de Pologne et des hivers 1939-40 et 1940-41 très rigoureux vont considérablement ralentir la construction de cette ligne dont l’utilité est remise en cause par les partisans de la mécanisation. Résultat, la ligne CEZF ne sera vraiment considérée comme achevée qu’en 1945.

A cette époque, elle s’étend globalement de Cassel à Pontarlier, couvrant les secteurs occupés durant la guerre de Pologne par la 1ère armée, la 9ème armée, la 2ème armée, la 4ème armée et la zone de responsabilité de la 7ème région (régions de Morteau et de Pontarlier).

Le 27 septembre 1939, les commandes de cuirassement sont passés avec 900 cloches type C (une cloche type B simplifiée), 1300 créneaux pour fusils-mitrailleurs, 2800 trémies pour créneau de mitrailleuse, 2800 trémies pour canon de 25mm, 1200 portes et 1200 grilles soit de quoi équiper 1000 casemates doubles, 200 simples dont 300 démunis de cloches.

En mars 1942 alors que la ligne CEZF est achevée à environ 40%, des commandes complémentaires de matériel sont passés notamment 300 cloches pour équiper tous les casemates STG de la ligne de cloche mais également 300 mortiers de 60mm installés dans des encuvements en béton, les servants protégés par un bouclier ce qui permet d’équiper un blockhaus sur quatre.

A noter que contrairement aux ouvrages puissants de la Ligne Maginot, aucune unité n’est spécifiquement créée pour armer cette ligne entretenue en temps de paix par des unités de génie de la Région Militaire ou par des unités de travailleurs. En cas de conflit, il est prévu qu’y soient déployés des unités de campagne.

«Néanmoins, il n’est pas impossible qu’en cas de conflit, un ou plusieurs régiments d’infanterie de forteresse de mobilisation puissent être déployés dans certains ouvrages de la ligne CEZF» (note du général Villeneuve du 14 septembre 1946).

Les travaux en détail

Les différents tronçons de la ligne CEZF (souvent appelée ligne Belhague même si cette dénomination ne fût jamais officielle) s’établissent ainsi du nord à l’est :

-Secteur de la 1ère armée : la position de Cassel (forêt de Clairemarais à Tederghem) aligne 18 kilomètres d’obstacles antichars et 20 casemates type STG alors que la position de Cambrai aligne 24 kilomètres d’obstacles antichars et 27 casemates type STG.

-Secteur du Détachement d’Armée des Ardennes (future 9ème armée) : la position Réthel- Mézières aligne 18 kilomètres d’obstales antichars et 20 casemates type STG.

-Secteur de la 2ème armée : le Front Nord dit «Est du Chesne» dispose d’Omont à Stonne  pour barrer la trouée du canal des Ardennes de 15 kilomètres d’obstacles antichars et de 17 casemates; le Front Centre dit «Dun-sur-Meuse» aligne de la forêt de Belval à Brandeville un total de 16 kilomètres d’obstacles antichars et de 18 casemates et enfin le Front Est «Etain-Spincourt» déploie de la côte de Romagne à Boismont un total de vingt kilomètres d’obstacles antichars couverts par vingt-deux casemates.

-Secteur de la 4ème armée : le front «Nord de Morhange» de la corne nord de la forêt de Remilly au bois de Guessling 13 kilomètres d’obstacles et 14 casemates pour renforcer une zone d’étangs partiellement aménagée en 1936-37 alors que le front «Ouest de la Sarre- Union» dispose de treize kilomètres d’obstacles antichars et quatorze casemates.

Au final dans la zone de responsabilité de la 4ème armée, la position CEZF disposera au final d’une ligne principale de résistance équipée de 80 casemates STG alors que 1500m en arrière, la ligne d’arrêt dispose de 84 casemates STG.

-Secteur de la 7ème région : le front de Morteau dispose de treize kilomètres d’obstacles antichars et de quatorze casemates alors que le front de Pontarlier dispose de seulement six kilomètres d’obstacles antichars et six casemates.

Blocs Billote et PAL (Position Avancée de Longwy)

Comme nous l’avons vu plus haut, suite à la dissolution de la CORF, les régions militaires ont réalisé des ouvrages de campagne.

Outre ces ouvrages construits en temps de paix, d’autres ouvrages vont être construits, le plus souvent directement sur la frontière pour couvrir la manoeuvre des troupes de campagne et leur offrir une base de repli en cas de besoin.

Un cas particulier concerne la Position Avancée de Longwy, une fortification de campagne destinée à protéger cette ville industrielle et permettre à l’industrie de produire le plus longtemps possible. Néanmoins pour chaque cas, les travaux sont menés par les troupes déployées dans la région.

Les travaux du Groupe d’Armées n°1 : les blocs Billotte

Le groupe d’armées n°1 déploie ses unités de la mer du Nord à Longuyon. C’est l’aile marchante du dispositif allié, censé pénétrer en Belgique et aux Pays Bas pour tendre la main aux belges et aux néerlandais dès que ceux-ci le demanderait.

Ce cas de figure ne s’est pas produit ce qui n’empêcha pas le général Billote _commandant du GA1_ de planifier et de réaliser sur la frontière une ligne d’ouvrages fortifiés passés à la postérité sous le nom de Blocs Billotte ou blocs GA1 ou encore blocs FCR (Fortification de Campagne Renforcée).

Les blocs Billotte sont de gros casemates simples (une chambre de tir) ou doubles (deux chambres de tir) avec dans chaque chambre de tir un créneau pour arme antchar et un créneau pour mitrailleuse en échelon refusé mais sans cloche ce qui se révéléra ultérieurement problématique.

Ces blocs ont été essentiellement construits le long de la frontière belge (SD Lille, SF Escaut et SF Maubeuge), le long de la Meuse et de la Chiers avec dix-septs blocs GA1, dans le SF de Montmédy comme deuxième ligne de défense pour couvrir la tête de pont et dans le SD Marville pour renforcer la défense des bords de la Chiers.

Le choix du général Billotte entre en contradiction avec la politique de petits blocs préconisés par le général Hutzinger commandant de la 2ème armée. Finalement, il est décidé de couvrir Sedan par de petits blocs et de construire des Blocs Billote en arrière de la ville, les premiers devant freiner l’ennemi et couvrir la Meuse alors que les seconds devant arrêter l’ennemi ayant franchit la Meuse.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (1) : la Position Avancée de Longwy (PAL)

Bien que fortifiée au 17ème siècle par Vauban, Longwy ne fût pas intégrée au tracé de la ligne Maginot imaginée par la CORF, les études réalisées ayant montré qu’une meilleure position pouvait être trouvée derrière la ville.

Dès le début de la guerre de Pologne, la ville est évacuée de ses habitants, seuls restant sur place les ouvriers des usines et des troupes chargées de pénétrer au Luxembourg et en Belgique pour jalonner l’avancée allemande mais ces unités de cavalerie n’ont donc pas pour mission de défendre la ville.

A la mobilisation de septembre 1939, la ville de Longwy intégrée au Secteur Fortifié de Crusnes dépend de la 2ème armée mais peu avant la fin de la guerre de Pologne, le SF de Crusnes est rattaché à la 3ème armée (GA2) du général Condé, partisan d’une devance avancée à Longwy.

Ce n’est cependant qu’en mars 1940 que les travaux vont sérieusement commencer. La PAL se composera au final d’un fossé antichar continu battu par une vingtaine de casemates armés de mitrailleuses et de canons antichars de 25mm, casemates destinés à être occupés par des troupes de campagne ainsi que des casemates d’artillerie pour canons de 75mm modèle 1897.

 Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (2) : la trouée de la Sarre

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, la défense de la Sarre repose essentiellement sur des inondations battues par le feu mais il n’y à pas de véritable ligne de résistance. Pour renforcer une position assez faible, décision est prise de construire 31 casemates STG qui vont s’ajouter à quatre casemates pour canons de 75mm construits entre 1936 et 37. Non prioritaires, ces travaux ne seront achevés qu’en 1945.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (3) : la Région Fortifiée de la Lauter

Les travaux réalisés dans cette région concernent essentiellement le renforcement du saillant que forme la ligne de casemates entre Schoenenbourg et le Rhin car une percée ennemie dans ce secteur menacerait d’encerclement tout la position de Bitche au Schoenenbourg. Ce renforcement se matérialise par une série de blockhaus STG.

Les travaux du Groupe d’Armées n°2 (4) : Les rives du Rhin on ne passe pas !

En dépit de la présence de solides défenses, l’hypothèse d’un franchissement allemand du Rhin pour envahir la France n’est pas à exclure totalement ce qui explique que dès le début de la guerre de Pologne, des travaux sont menés pour étoffer et étayer les défenses. Ces travaux sont les suivants :

Blockhaus Garchery

Blockhaus Garchery

-Achèvement des blocs Garchery

-Les villages présents dans les intervalles de la position sont organisés en point d’appui

-Des blockhaus sont construits sur la deuxième ligne pour tenir les débouchés de la forêt du Rhin

-Etablissement d’une bretelle sur la ligne Diebolsheim-Hilsenheim afin d’empêcher qu’un ennemi ayant percé dans le secteur de la 5ème armée n’enroule la position.

Il est également projeté une ligne de blockhaus STG sur la ligne des villages à deux ou trois kilomètres du canal mais aucun début d’éxecution n’est mené avant la démobilisation. L’idée n’est cependant pas abandonnée et entre juin 1947 et septembre 1948, ces blockhaus seront finalement construits.

22-Armée de terre : armement et matériel (104) ordre de bataille (38)

R-Stratégie générale et plans d’action

Préambule

Mise à part le plan Dyle-Breda imaginé par le général Gamelin, il n’y à pas de véritable stratégie militaire qu’elle soit offensive et défensive. On semble guidé par les événements, réagissant plutôt qu’agissant.

Il y à là à la fois un manque de volonté de prendre l’ennemi à la gorge mais également certaines limites propres aux démocraties. Si l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste peuvent se permettre de violer la neutralité d’un pays pour satisfaire leurs intérêts vitaux, la France et la Grande Bretagne ne peuvent se permettre un tel impair au droit international, impair qui donnerait alors le beau rôle à Rome et surtout à Berlin.

Le général Villeneuve appuyé par le gouvernement conservateur veut rémédier à cela. Ils veulent pouvoir anticiper les actions potentielles de l’ennemi et pour cela décide de tracer des plans militaires d’action tout en améliorant la diplomatie et la propagande.

La renaissance de la Petite Entente

A l’origine la Petite Entente est une alliance militaire passée entre la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signée le 14 août 1920 pour se prémunir de la menace hongroise.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix et notamment celui de Trianon (4 juin 1920).

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Cependant cette alliance ne va être d’aucun secours alors que la guerre menace chaque jour un peu plus à la fois en raison des hésitations et de la prudence française mais également en raison des divergences entre signataires et de l’évolution intérieure de ces pays.

Effondrée, ridiculisée, la Petite Entente renait sous une nouvelle forme avec la Yougoslavie et la Grèce avec qui Paris signe des traités d’amitié et de coopération, respectivement le 14 septembre 1945 et le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce.

A l’ouest rien de nouveau

Une reprise du plan Dyle-Breda

A l’ouest rien de nouveau en effet car le général Villeneuve privilégie les plaines belges comme théâtre d’opérations principal, une attaque sur le Rhin et un passage en force de la ligne Siegfried lui semblant bien trop hasardeux pour en faire le Schwerpunkt d’une offensive alliée.

La Ligne Maginot sert donc de bouclier et l’aile marchante se trouve entre la mer du Nord et les Ardennes.

En cas d’offensive allemande, les troupes du Groupe d’Armée n°1 à l’exception de la 2ème armée doit pénétrer en Belgique pendant que les Corps d’Armée de réserve et/ou l’Armée Polonaise en France sont mis en alerte prêt à gagner la frontière pour renforcer l’aile marchante ou repousser une percée allemande.

Si les alliés prennent l’offensive, le scénario est le même sauf que les Corps de Réserve gagnent le sud de la Belgique laissant 100 à 150km avec la ligne de front pour soit soutenir les unités engagées ou empêcher d’être débordés par les allemands.

L’objectif est d’atteindre le Rhin, de contrôler ces ponts et ensuite plusieurs options s’ouvrent aux alliés :

-Une option Nord menant à Hambourg, Brême et les ports de la Baltique et pour tendre la main aux danois. Cette option est défendue par les anglais qui voit là un moyen d’isoler la Kriegsmarine en Baltique et tordre définitivement le cou à une menace amphibie sur les côtes anglaises.

Cette hypothèse ne rencontre chez les français que le scepticisme. Les plus virulents y voit qu’une volonté des britanniques que de défendre leurs intérêts et leur sécurité et les plus polis comme le généralissime Villeneuve y voit un intérêt militaire limité à la possibilité d’envoyer renforts et hommes par ces ports (si ils n’ont pas été sabotés et minés par les allemands) et l’armée danoise aurait bien «du mal à s’insérer dans la manoeuvre générale en raison de sa faiblesse numérique et de sa non participation à un conflit depuis 1866».

-L’option Centre est nettement plus intéressante. En effet, il vise à neutraliser la Rhur, l’un des poumons économiques allemands avec la Silésie. Si sa prise ne mettra pas fin à la guerre, elle aurait le mérite de priver l’Allemagne d’une part non négligeable de sa production de charbon et d’acier.

Le Rhin franchit, les forces alliées devraient exercer un mouvement tournant pour encercler cette zone en coopération avec le Groupe d’Armée n°2 qui pourrait lancer une offensive frontale contre le Westwall ou ligne Siegfried ou contourner cette «muraille de l’ouest» par le Sud, ces deux pinces pouvant faire de sacrés dégâts.

-L’Option Sud est fortement liée à la précédente sauf que cette fois l’attaque serait dirigé en direction de la Bavière et de l’Autriche puis de la défunte Tchécoslovaquie, éventuellement en liaison avec l’URSS.

Tout ceci reste bien entendu de grandes théories et comme tous les plans militaires soumis à de nombreux aléas dont le moindre étant la réaction de l’ennemi qui réagit rarement comme on le voudrait dans les simulations. La sagesse militaire disant d’ailleurs que la première victime de la guerre c’est le plan.
Scandinavie et Balkans : deux fronts périphériques

Comme nous l’avons vu, la France avait songé à intervenir en soutien de la Finlande agressée par l’armée Rouge. Cela ne s’est pas fait, la seule assistance étant l’envoi d’armes et de conseillers militaires.

Cela n’empêche pas la France et la Grande Bretagne de surveiller cette région et d’échaffauder des plans d’intervention avec toutes les difficultés que cela comporte : neutralité des pays concernés, absence de frontière terrestre commune obligeant à tout transporter par mer dont le contrôle est disputée par une marine puissante……. .

Si une intervention préventive est impensable pour les raisons expliquées plus haut (une violation de neutralité faisant les affaires de l’Allemagne), une intervention après agression allemande est possible voir même souhaitable.

Débarquer en Finlande ? Peu utile et délicat en raison d’un climat hostile et surtout que ce geste pourrait être mal interprété par Moscou sans parler du fait qu’il faudrait l’accord des finlandais.

Débarquer en Suède ne serait possible qu’en Scanie et nécessiterait une maitrise de la Baltique et une maitrise de l’espace aérien ce qui serait difficile et générait de lourdes pertes.

Il reste donc le Danemark ou la Norvège. Leur contrôle par les allemands serait une catastrophe pour les alliés, permettant aux allemands d’y stationner avions, sous-marins et navires de surface, donnant à l’Allemagne une marge de manoeuvre appréciable.

Entre 1940 et 1948, Paris et Londres essayeront de convaincre Oslo de sortir de sa stricte neutralité et de rejoindre une alliance formelle. Le gouvernement norvégien refusera avec énergie, estimant qu’une telle position provoquerait le courroux allemand.

Il ne reste plus qu’une intervention a posteriori des troupes alliées sous la forme d’un Corps Expéditionnaire composé de troupes anglaises, françaises et polonaises (une brigade de montagne levée en Ecosse) soutenu par les flottes alliées et des forces aériennes basées en Grande Bretagne, essentiellement des unités de la Royal Air Force et quelques unités composées de pilotes polonais et tchèques.

Ce corps expéditionnaire doit soutenir la petite armée norvégienne (8 à 20000 hommes selon les sources) et stabiliser la situation le temps que d’autres unités alliées ne débarquent pour chasser les allemands de Norvège.

Quand au Danemark, le général Villeneuve ne se fait pas d’illusions sur sa capacité de résistance face à une attaque allemande décidée «Au pire, ils laisseront passer les troupes allemandes et au mieux meneront quelques combats pour l’honneur. J’aurais aimé que l’esprit des redoutables vikings animent les soldats danois» (Général Villeneuve Mémoires d’un simple soldat Grasset 1957).

Une intervention en direction du Danemark est écartée, tout juste pourrait-on imaginer un raid aéronaval contre les forces allemandes pour géner leur progression vers la Norvège ou l’action décidée des sous-marins contre les convois venant des ports allemands de la mer du Nord, des piqures d’épingle à l’efficacité limitée.

Dans le cas où l’intervention alliée serait un succès, les troupes déployées en Norvège progresseraient vers le Danemark pour fixer l’ennemi et divertir des forces faisant face aux forces alliées sur le Rhin, dans les plaines belges et aux Pays Bas.

Pour cette intervention en Norvège, la France prévoit d’engager la 1ère Division Légère d’Infanterie, la Brigade de Haute Montagne, des unités de la Légion Etrangère, deux compagnies de chars autonomes, de l’artillerie et des unités de soutien cette force devant servir à «mettre le pied dans la porte», à contrôler les principaux ports pour permettre l’arrivée de renforts plus lourds.

En ce qui concerne les Balkans, la situation est différente et ce pour plusieurs raisons :

-L’Italie est une puissance militaire nettement moins impressionante que l’Allemagne

-Les alliés bénéficient de bases plus proches qu’il s’agisse de l’Egypte et de la Palestine mandataire pour la Grande Bretagne, de la Syrie et du Liban pour la France.

-Des accords militaires ont été signé avec la Grèce et la Yougoslavie, des plans communs signés dans un but défensif ou offensif.

Néanmoins, il est admis que l’intervention alliée est plus probable suite à une attaque allemande ou suite à une demande grecque ou yougoslave d’un soutien militaire pour contrer la Bulgarie à la neutralité bienveillante vis à vis de l’Allemagne et à la Roumanie largement inféodée à Berlin sans oublier la Hongrie du régent Horty.

Néanmoins une option stratégique Balkans est étudiée par l’état-major allié dans le cadre d’une action concertée contre l’Italie.

Une stratégie prévoyant une attaque par l’Albanie suivit d’une remontée par le Monténégro et la Dalmatie en liaison avec l’armée yougoslave direction l’Istrie ce qui permettrait de pénétrer en Italie par le Nord.

Parallèlement, d’autres troupes alliées pourraient débarquer dans la région de Bari et de Tarente pour remontrer la péninsule jusqu’à Rome et hâter la chute d »un régime qui serait durablement affaibli par la perte de la Sardaigne, de la Sicile et de l’Afrique Septentrionnale Italienne, l’actuelle Libye.

Contre l’Italie,une stratégie indirecte

Alliés durant le premier conflit mondial, la France et l’Italie ont oscillé durant l’entre-deux-guerre entre une franche amitié et une hostilité à peine voilée liée à une rivalité maritime (l’Italie ayant obtenu la parité avec la France au traité de Washington en 1922) et aux revendications mussoliniennes sur Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie et Djibouti considérées comme «terres irrédentes».

C’est le refus des français et des anglais de soutenir les prétentions italiennes sur l’Abyssinie qui poussa Rome à mettre bas les masques et se rapprocher clairement de Berlin (axe Rome-Berlin, pacte anti-Kommintern…….).

Durant la guerre de Pologne, l’Italie se déclare en état de non-belligérance, refusant de s’engager clairement aux côtés des troupes allemandes, proposant même sa médiation durant la crise qui mène à l’ouverture du conflit.

Entre 1940 et 1948, une véritable guerre froide règne entre l’Italie et la France, plusieurs incidents de frontière sur les Alpes et dans les colonies sont à deux doigts de déclencher un véritable conflit armé.

Les plan français sont régulièrement revus en fonction de la montée en puissance (relative) des forces italiennes qui sont en septembre 1948 nettement mieux préparées que neuf ans plus tôt.

-Sur les Alpes, la défensive prévaut. Les fortifications de la Ligne Maginot alpine protègent la France d’une attaque italienne surprise et un raid amphibie sur les côtes de Provence serait aisement contré par la 2ème Escadre stationnée à Toulon (cinq cuirassés, un porte-avions, des croiseurs lourds et légers), l’aviation basée dans le Sud-Est et en Corse……. .

L’action semble devoir se déplacer plus au sud en direction de la Sardaigne, de la Sicile et de l’ASI, véritables ventres mous de la défense italienne.

En cas d’attaque italienne sur les Alpes, il est prévu une riposte immédiate de l’aviation avec des raids sur l’industrie dans la région de Turin, sur le port de Gênes pour désorganiser gravement la logistique italienne.

Il est prévu également de mener le même type de raids sur la Sardaigne et la Sicile, des raids d’ampleur pour faire croire à un prochain débarquement allié alors que l’action principale est prévue contre l’ASI pour débarasser l’Afrique du Nord de la présence italienne et sécuriser le flanc sud des alliés pour rendre par exemple plus sure la traversée de convois entre le détroit de Gibraltar et le canal de Suez.

L’action principale sera menée par la France depuis la Tunisie voir l’Algérie, les anglais se contentant de fixer les forces italiennes à Benghazi.

Espagne, Portugal et Turquie : à surveiller

La péninsule ibérique est partagée entre neutralité et engagement aaux côtés des forces de l’Axe notament l’Espagne, Franco devant son arrivée en pouvoir au soutien massif de l’Italie et de l’Espagne et dans une moindre mesure le Portugal de Salazar.

L’hypothèse d’une attaque espagnole qui apparaît probable en 1939 devient de plus en plus improbable au fur et à mesure où les années passent, Franco devant assurer son pouvoir face à des maquis communistes et anarchistes remuants, relancer l’industrie et réparer les dégâts de la guerre civile.

De plus, une politique d’influence est menée vis à vis de la faction pro-alliée du gouvernement espagnol pour faire pencher du côté d’une neutralité bienveillante, la politique extérieure espagnole au grand dam de Ramon Serano Suner, le cunadissimo «le beaufrerissime», beau frère de Franco et accessoirement ministre des Affaires Etrangères, notoirement connu pour ses sympathies pro-allemandes.

Cette politique d’influence est mené en liaison avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis du moins jusqu’en 1944 quand le président Linbergh tourne le dos à l’Europe.

Outre l’action des diplomates français à Madrid et à Lisbonne, on trouve une aide économique en argent et en nature (huile, blé, charbon) sans parler d’une livraison très discrète de matériel militaire.

Résultat si en 1948, des troupes françaises sont déployées dans les Pyrénées c’est plus pour donner le change vis à vis des allemands ce que Franco dans son palais d’Orient à Madrid comprend très bien.

Vis à vis du Portugal, les relations sont polies sans chaleur ni hostilité. L’influence britannique et la faiblesse de l’armée portugaise rend illusoire une action hostile vis à vis de la France, de l’Angleterre et des colonies.

Des plans sont cependant dressés au cas où pour occuper le Maroc espagnol et les colonies portugaises ainsi que les Açores et Madère. Il est néanmoins acquis que ces plans ne seront déclenchés que si Lisbonne nous devient réellement hostile.

En ce qui concerne la Turquie, la cession à Ankara du Sandjak d’Alexandrette en 1939 à amadoué la Turquie peut pressée de répondre aux solicitations allemandes et surtout inquiète du renforcement de la flotte russe reste dans une neutralité prudente.

Orient lointain

En Extrême Orient, la menace japonaise est prégnante. La guerre sino-japonaise lancée en 1937 menace clairement l’Indochine.

De plus, les richesses du Sud-Est asiatique (pétrole des Indes Néerlandaises, caoutchouc de Malaisie, charbon et riz d’Indochine) sont clairement convoitées par le Japon qui sous couvert de «L’Asie aux asiatiques» et de «Sphère de coprospérité» rêve d’agrandir son empire colonial.

Cette menace devient prégnante à partir de 1943 quand une nouvelle offensive réduit encore un peu plus le territoire contrôlé par le Guomintang de Tchang-Kaï-Chek au point que l’on craint un accord entre la Chine et le Japon.

La France renforce clairement ses positions en Indochine avec des unités plus modernes, mieux entrainées et mieux équipées.

La stratégie est clairement défensive mais une défensive agressive s’appuyant sur un relief favorable à la défense. Les priorités sont de couvrir la conurbation Hanoï-Haïphong en s’appuyant sur la ligne Doumer, la frontière ne devant faire l’objet que de combats retardateurs.

Plus au sud, les villes de Hué et de Tourane doivent devenir des forts sur lesquels la machine de guerre nippone doit se briser, le commandement espérant pouvoir tenir une à deux semaines avant de devoir se replier plus au sud.

La base navale de Cam-Ranh avec ses puissantes fortifications doit servir d’abcès de fixation, un point d’ancrage sur lequel la défense doit s’organiser, un assaut japonais direct sur la base semblant peu probable.

Si ou plutôt quand la base est tombée, les forces encore en état de combattre doit lutter en retraitant jusqu’à Saïgon, la capitale de la Cochinchine disposant de fortifications de campagne permettant à la ville de tenir le plus longtemps possible.

Ensuite, quand cessera toute résistance organisée, le commandement français espère en liaison avec des sectes nationalistes voir le parti communiste indochinois organiser un guérilla dans le Delta du Mékong pour rendre la vie impossible aux japonais et les empêcher d’exploiter leur conquête.

Et pour finir…….Le Pacifique

Dans cette région, la France est présente sur le Caillou _La Nouvelle Calédonie_ et en Polynésie, deux territoires aux destins différents.

En effet, si l’archipel polynésien est hors de portée des japonais (qui ne s’y intéressèrent guère), tel n’est pas le cas de la Nouvelle Calédonie qui permettrait en cas de capture par les japonais de menacer les communications entre les Etats Unis et le bloc Australie-Nouvelle Zélande.

D’où le renforcer des installations portuaires et d’entretien, la construction d’une base aérienne/hydrobase/base aéronavale à Nouméa-Tantouta et le déploiement de forces plus modernes qu’elles soient terrestres, aériennes et navales.

Il est prévu que els américains y déploient une division, de l’artillerie et de l’aviation et que Nouméa devienne une base de ravitaillement et une base d’entretien avancé, les navires endommagés par les combat devant y être sommairement réparés avant de rallier Pearl Harbor ou la côte ouest pour une remise en état complète doublée d’une modernisation.

La stratégie est comme ailleurs défensive et dépendra de la capacité ou non des britanniques de tenir la Malaisie et Singapour, aux néerlandais de s’accrocher à leurs Indes et aux américains de rendre très indigeste la conquête des Philippines. Un renforcement des défenses des Salomon par l’Australie est fortement envisagée, une base aérienne devant être construite sur l’île de Guadalcanal.

22-Armée de terre : armement et matériel (78) ordre de bataille (12)

Groupe d’Armées n°2

Le Groupe d'Armées n°2 est chargée de garder la frontière franco-allemande

Le Groupe d’Armées n°2 est chargée de garder la frontière franco-allemande

Préambule

Quand éclate la guerre de Pologne, le Groupe d’Armées n°2 couvre la frontière est franco-luxembourgeoise et surtout franco-allemande de Longuyon à Selestat.

Cette frontière, voie naturelle des invasions depuis le Vème siècle et les invasions barbares est solidement protégée par la Ligne Maginot.

Cette «Muraille de France» véritable chef d’œuvre de technicité est destinée à protéger la France d’une attaque surprise de l’Allemagne, une attaque improbable avant 1930 mais qui redevient possible avec le rétablissement du service militaire en 1935 suivit l’année suivante de la remilitarisation de la Rhénanie à laquelle la France ne répond que par un discours grandiloquent («Nous ne laisserons pas Strasbourg sous le feu des canons allemands» dixit le président du conseil Albert Sarrault) mais sans acte concret.

Ce groupe d’armées dispose de trois armées, les 3ème, 4ème et 5ème armée soit quarante divisions, un nombre important alors que la ligne Maginot est censée économiser des hommes en les remplaçant par du béton. Au lieu de cela, la muraille de France devient une véritable éponge, absorbant toujours plus de troupes.

Le général Villeneuve rétablit un certain équilibre car après la mobilisation de septembre 1948, seules vingt-huit divisions sont déployées sur la frontière est entre Longuyon et la lac Léman (dont quatre divisions britanniques) sur des secteurs plus importants qu’en septembre 1939 :

-La 3ème armée couvre un secteur Longuyon-Sarreguemines

-La 4ème armée couvre le secteur Sarreguemines-Selestat

-La 6ème armée doit défendre un secteur Colmar-Territoire de Belfort

-La 8ème armée couvre un secteur Montbéliard-Lac Leman plus comme réserve stratégique     et comme soutien pour la Suisse contre une potentielle attaque allemande qu’autre chose.

Outre ces quatre armées et douze corps d’armées, le Groupe d’Armées n°2 peut compter sur le soutien des troupes de forteresse présentes en nombre ainsi que du 3ème Corps de Cavalerie et ses 2ème, 4ème et 8ème DLM sans oublier l’intervention possible du 2ème CAC avec les 2ème, 4ème et 6ème Division Cuirassées.

3ème Armée

Dans le dispositif imaginé par le général Villeneuve en mars 1942, la 3ème armée occupe un long secteur de près de 150km entre Longuyon et Sarreguemines, s’appuyant sur les fortifications Maginot du Secteur Fortifié de Crusnes, le Secteur Fortifié de Thionville, le Secteur Fortifié du Boulay, le Secteur Fortifié de Faulquemont et le Secteur Fortifié de la Sarre.

Le 7ème CA couvre les secteurs de Crusnes et de Thionville, le 23ème CA couvre le secteur Fortifié du Boulay, le 4th British Corps couvre le Secteur Fortifié de Faulquemont et le 24ème Corps couvre le Secteur Fortifié de la Sarre.

La mission première de cette armée est d’assurer la défense de la frontière en empêchant l’ennemi de gêner la manoeuvre Dyle-Breda en pénétrant par le Luxembourg puis de là dans les Ardennes et en phase offensive de pénétrer dans le territoire allemand en passant par le Luxembourg et d’occuper la Sarre et de lotir la Moselle.

Pour cela, elle dispose de trois corps d’armée à deux divisions (7ème, 23ème et 24ème) plus un corps d’armée britannique à deux divisions (Le IVth  British Corps, les trois premiers corps d’armée engerbant les 12 divisions britanniques présentes au sein du GA1).

Comme les armées du GA n°1, la 3ème armée dispose de moyens de soutien et de combat qui lui sont propres :

-Quatre régiments de pionniers, les 403ème, 413ème, 423ème et 432ème régiments

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

-Un groupement de bataillons de chars, le groupement n°503 qui aligne le 3ème BCC (45 Renault R-35 modernisés), le 13ème BCC (45 Hotchkiss H-39), le 21ème BCC (45 AMX-44) et le 36ème BCC (45 AMX-44), ces deux derniers bataillons étant des bataillons de mobilisation.

Sur ces deux derniers, seul le 21ème BCC dispose à la mobilisation de son chiffre plein de 45 AMX-44 mais le 36ème BCC ne dispose que de Renault R-35 en attendant la disponibilité du char prévu.

On trouve le 3ème Groupement Antiaérien de Campagne (3ème GAAC) disposant d’un état-major, d’une batterie hors rang et de quatre batteries, deux batteries équipées de canons de 75mm et deux batteries équipées de canons de 37mm Schneider, canons remorqués par des véhicules tout-terrains Laffly.

-Dans le domaine du soutien, on trouve des unités dépendant de l’artillerie (parc de réparations d’artillerie n°3, parc de réparation des équipages et des ferrures n°3, le parc de réparation automobile n°3, le parc d’essence et ingrédients d’armée n°3 et le parc de munitions d’armée n°3).

-Le génie aligne diverses unités de sapeurs mineurs et de sapeurs routiers, une compagnie d’électro-mécaniciens et un parc de génie d’armée.

-En ce qui concerne les transmissions, on trouve le 803ème bataillon de sapeurs télégraphistes d’armée, le 818ème parc de transmissions d’armée et diverses unités associées.

-Le train soutien la deuxième armée avec sept compagnies hippomobiles et six compagnies automobiles dont deux sanitaires ainsi qu’une compagnie citerne.

-L’intendance, le service de santé, le service vétérinaire, le service des remontes dispose également d’unités intervenant en soutien de la 3ème Armée.

-La gendarmerie déploie pour maintenir l’ordre sur l’arrière et gérer les prisonniers un commandement de la gendarmerie et forces prévôtales de la 3ème armée.

Comme les autres armées, la 3ème armée dispose d’un groupement d’aviation (GRAVIA-IIIA) ainsi que de plusieurs GAO (Groupes Aériens d’Observation).

Le Groupement d’Aviation de la 3ème Armée (GRAVIA-IIIA) dispose des moyens suivants :

Curtiss H-81

Curtiss H-81

-5ème Escadre de Chasse (5ème EC) équipée de Curtiss H-81 et de Bréguet Br700C2 stationnée sur la base aérienne de Metz-Frescaty.

-7ème Escadre de Chasse (7ème EC) équipée de Dewoitine D-520 et de Bréguet Br700C2 stationnée sur la base aérienne de Toul.

Ces deux escadres représentent un total de 216 chasseurs répartis entre 162 monomoteurs et 54 bimoteurs.

-Un groupe de bombardement en piqué, le GBA III/40 stationné à Chamblay avec pour équipement le Loire-Nieuport LN-430

-Un groupe de bombardement d’assaut, le GBA III/51 équipé de Bréguet Br695 et lui aussi stationné à Chamblay.

Bombardier moyen Amiot 351

Bombardier moyen quadriplace  Amiot 351

-Deux groupes de bombardement moyen stationnés à Saint-Dizier, les GB II/34 et GB III/34 équipés d’Amiot 351.

-Un groupe de reconnaissance tactique, le GR I/33 équipé de Bloch MB-175  qui décolle depuis la base de Châtel-Cléhery en compagnie du GAO-507.

Le GRAVIA III-A dispose de 216 chasseurs, 27 bombardiers en piqué,27 avions d’assaut, 54 bombardiers moyens et 36 avions de reconnaissance soit 360 appareils.

A ce total appréciable s’ajoute les trois Groupes Aériens d’Observation (GAO) :

-Le GAO-507 déployé depuis la base aérienne de Châtem-Cléhery dispose pour éclairer le 7ème Corps d’Armée de huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123.

-Le GAO-523 qui opère depuis la base aérienne de Mars-la-Tour dispose pour éclairer le 23ème CA ou Corps d’Armée Colonial dispose de  huit Bloch MB-175, de douze Dewoitine D-720 et de quinze ANF-Les Mureaux ANF-123.

Le GAO-524 qui opère depuis la base aérienne de Velaine en Haye près de Nancy éclaire le 24ème CA avec huit Bloch MB-176 de reconnaissance armée, douze Dewoitine D-720 de coopération et quinze ANF-Les Mureaux ANF-123 d’observation et de réglage de tir.

Le total d’appareils disponibles pour le GRAVIA III-A est de 465 appareils (216 chasseurs, 108 bombardiers et avions d’assaut, 141 avions de reconnaissance et d’observation).