Etats-Unis (28) Croiseurs lourds (1)

CROISEURS LOURDS

USS Pensacola (CA-24) (1)

USS Pensacola (CA-24), le premier croiseur lourd type Washington de l’US Navy

Avant-propos

Les armes, les véhicules, les avions, les navires sont souvent le résultat d’une lente évolution sous l’impact des besoins tactiques et de l’évolution des techniques, le bois et la toile cédant la place au fer et à la vapeur.

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Etats-Unis (11) US Navy (7)

Navires auxiliaires

Plus qu’aucune autre marine, l’US Navy ne peut se permettre de négliger la logistique. Son théâtre d’opérations privilégié, le Pacifique impose un énorme train d’escadre pour ravitailler et réparer les navires, pour fournir de l’eau et des vivres aux hommes, pour les soigner….. .

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Etats Unis (7) US Navy (3)

La montée en puissance dans les années trente

Paradoxalement c’est la crise économique consécutive au choc boursier d’octobre 1929 qui va être à l’origine de la modernisation de l’US Navy via notamment le National Industry Recovery Act qui injecte 3.3 milliards de dollars au profit des forces armées US.

Carl Vinson

C’est aussi l’action d’élus particulièrement concernés par la chose navale comme Carl Vinson qui avec son collège du sénat Park Trammell, le Vinson-Trammell Act voté en 1934 est considéré comme le texte décisif qui va permettre à l’US Navy d’entrer en guerre relativement bien préparée.

Dans l’impossibilité de construire des cuirassés, l’US Navy concentre ses efforts sur le dévellopement du porte-avions. Après avoir fait ses gammes en transformant le charbonnier Jupiter en porte-avions sous le nom de Langley, la marine américaine transforme deux croiseurs de bataille en porte-avions, les Lexington et Saratoga plus grands porte-avions du monde jusqu’à l’apparition des United States.

Ces deux porte-avions sont vus comme trop grands mais à l’usage, ce surdimensionnement se révélera bénéfique puisqu’il pourront acceuillir des avions toujours plus gros et toujours plus puissants.

Elle passe ensuite à l’étape de la construction neuve, hésitant entre quelques grosses unités et beaucoup (tout est relatif) de petites.

USS Ranger (CV-4), une demi-réussite

Le premier porte-avions construit dès l’origine comme tel se révélant un semi-échec ou une demi-réussite (le USS Ranger CV-4), les américains réalisent des navires plus gros, les deux premiers Yorktown (Yorktown CV-5 Enterprise CV-6) qui impose l’architecture américaine du porte-avions où le hangar est un supplément au navire et non une part du tout comme pour les anglais.

USS Essex (CV-9)

Ces deux porte-avions sont suivis _respect des traités oblige_ par une version plus petite, le USS Wasp (CV-7) qui se révèle là encore une demi-réussite à la différence du troisième Yorktown baptisé Hornet et frappé de la marque de coque CV-8.

Les Essex qui ne sont pas en service quand éclate la guerre de Pologne sont une évolution des Yorktown mais il serait réducteur d’imaginer les Essex comme des Yorktown plus gros.

Dans le domaine des cuirassés, les américains hésitent et tâtonnent. La course au cuirassé rapide, la course au «35000 tonnes» à été lancée par la réponse italienne aux Dunkerque et Strasbourg sous la forme de la construction des Littorio et des Vittorio Veneto.

Les français qui doivent contrôler la Méditerranée riposte en mettant également en chantier deux 35000 tonnes, les futurs Richelieu et Jean Bart entrainant l’Italie dans la construction de deux nouveaux cuirassés baptisés Impero et Roma.

Les autres pays majeurs ne tardent pas à suivre, la Grande-Bretagne commençant la construction de cinq King George V, l’Allemagne de deux Bismarck et le Japon de deux Yamato qui se révéleront bien plus gros que les autres 35000 tonnes puisqu’à pleine charge ils en déplacent le double avec un armement bien plus puissant à savoir neuf canons de 460mm en trois tourelles triples.

Les américains sont les derniers à partir dans cette course au cuirassé rapide, synthèse entre le cuirassé «classique» lent, bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais peu protégé, concept qui sera encore présent dans l’US Navy sous la forme des Large Cruiser de classe Alaska.

USS North Carolina (BB-55)

L’US Navy va d’abord mettre en œuvre les deux North Carolina et les quatre South Dakota parmi les plus lents des «35000 tonnes». Songeant à combattre les Kongo et surtout à accompagner leurs porte-avions, les américains franchissent un cap avec quatre Iowa qui peuvent filer à 30 nœuds (la rumeur de cuirassés filant à 35 nœuds se révélant infondée).

Aucun de ces cuirassés n’est service en septembre 1939 (d’ailleurs aucun 35000 tonnes n’est en service quand éclate la guerre de Pologne), la Pax Armada voyant un sérieux renouvellement du corps de bataille avec la mise en service des cinq Montana armés de douze canons de 406mm en quatre tourelles triples.

Les quatre premiers Iowa

Deux autres Iowa sont commandés peu avant le début du second conflit mondial mais si leur construction est menée à bien, ils ne seront achevés qu’à la fin de la guerre, manquant les affrontements majeurs.

Un mot sur les Large Cruiser ou croiseurs de bataille de classe Alaska. Ces derniers sont construits pour contrer à la fois les cuirassés de poche allemands et les projets de croiseurs-tueurs japonais qui révéleront bien moins redoutables une fois achevés.

Six navires sont envisagés mais seulement quatre sont construits armés de canons de 356mm britanniques. Ces canons étaient une version produite sous licence du 14 Inch Gun Mk VII conçu pour les King George V pour pouvoir armer le Suleiman, le cuirassé commandé par la Turquie pour remplacer le Yavuz ex-Goeben.

Ces canons qui vont aussi réarmer les cuirassés brésiliens et argentins vont finalement armer les Alaska qui à la place de trois tourelles triples de 305mm vont recevoir trois tourelles doubles de 356mm.

Comme ces navires ne sont pas vraiment des cuirassés mais plus des croiseurs lourds, comme les noms d’Etats sont réservés aux premiers et que les noms de villes le sont pour les seconds, les Alaska vont recevoir des noms de territoires en l’occurence Alaska Guam Hawai Puerto Rico (le nom de Phillipines lui à été d’abord attribué mais comme le pays est devenu indépendant, il à été rebaptisé). Les deux derniers ne seront jamais baptisés ce qui prouve que dès le début leur sort était en suspens.

Dans le domaine des croiseurs, les croiseurs cuirassés sont désarmés au début des années vingt à la fois à cause de l’usure, du déclassement technique et de la nécessité de «faire de la place» pour l’enfant du traité de Washington à savoir le croiseur lourd ironiquement appelé Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d’étain.

USS Pensacola (CA-24)

Plus ou moins bien protégés, les classes de croiseurs lourds se succèdent avec les Pensacola, les Northampton, les Portland, les New Orleans et le Wichita en attendant la construction des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs croiseurs lourds du monde en compagnie des Saint Louis français.

Aux côtés des croiseurs lourds, on trouve les croiseurs légers. Les Omaha construits dans le cadre du programme de guerre de 1916 pour accompagner des cuirassés et des croiseurs de bataille morts nés sont rapidement dépassés et déclassés, étant désarmés au cours des années quarante et rapidement démolis, aucun pays n’ayant montré un intérêt pour leur récupération.

USS Brooklyn

Les premiers croiseurs légers construits sont les Brooklyn, une réponse aux Mogami japonais avec leurs quinze canons de 152mm qui sont suivis par les Saint Louis _étroitement dérivés des Brooklyn_ en attendant les Cleveland qui ne disposent que de douze canons de 152mm sur une coque courte ce qui posera des problèmes de stabilité au cours du conflit à la manière des Crown Colony britanniques. Les classes suivantes reviendront à seulement neuf canons de 152mm sur une coque allongée et élargie avec une DCA plus importante.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

On trouve également dans les croiseurs légers les Atlanta armés de canons de 127mm, des navires destinés à la défense antiaérienne mais également au commandement des flottilles de destroyers.

Dans le domaine des destroyers, l’abondance de biens nuit contrairement à ce que veut la sagesse populaire. Les nombreux flush-decker bloquent études et constructions. Il faut attendre les années trente pour l’US Navy mette en œuvre de nouveaux destroyers avec la classe Farragut.

Ils sont suivis par de nombreuses classes de navires qui apportent des amélioration en terme de puissance de feu, les derniers destroyers construits avant guerre atteignant un tonnage proche des contre-torpilleurs français (2300-2500 tonnes) avec un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles. Des projets de destroyer-leader à huit canons de 127mm n’aboutissent pas.

Même chose dans le domaine des sous-marins où la flotte évolue avec la mise en service de classes successives qui apportent une amélioration par rapport à la précédente. A noter que la différence d’autres marines,l’US Navy ne renouvèle pas l’expérience du croiseur sous-marin ou du sous-marin croiseur préférant une flotte plus standard, plus de navires plutôt qu’une poignée de très grands submersibles dont la perte pourrait être préjudiciable pour la stratégie d’ensemble.

Dans le domaine des navires légers, la géographie rend les besoins de l’US Navy moindre que dans les autres marines. Ainsi pendant longtemps la marine américaine avait préféré la canonnière aux torpilleurs.

La mise en service des torpilleurs légers type Le Fier côté français, des Hunt côté britannique montrent l’utilité de ce type de navires, plus puissant que les escorteurs type PC/PCE mais soulageant les destroyers de missions de secondaire.

Des navires appelés Destroyer Light puis Destroyer Escort vont ainsi être construits, des navires de 1500 tonnes armés de deux ou trois canons de 127mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles, d’une DCA légère et de grenades ASM.

Ils sont peu nombreux en septembre 1948 mais leur nombre va augmenter suite aux premières pertes dans l’Atlantique sous les coups des sous-marins allemands, les sous-marins japonais préférant (généralement) les navires de guerre aux navires de transport.

Les canonnières, les dragueurs de mines et les vedettes lance-torpilles ne sont pas oubliées, les premiers et les troisièmes étant surtout destinés à l’Asie du Sud-Est et notamment les Philippines, l’utilisation des vedettes lance-torpilles étant envisagée pour la protection de la baie de Manille où se trouve la base stratégique de Cavite.

La logistique n’est pas oubliée, les immenses distances du Pacifique imposant un solide train d’escadre. Comme le dira un amiral américain «Tu peux plus facilement perdre une bataille dans le Pacifique à cause de la logistique et du climat qu’à cause des coups de l’ennemi».

Outre les navires de soutien strictement militaires, l’US Navy peut s’appuyer sur une marine marchande qui à remonté la pente grâce notamment au travail de la Maritime Commission qui réussit à préserver un tonnage suffisant alors que la crise faisait rage et qui surtout à standardisé un certain nombre de composants et de plans pour faciliter la montée en puissance lorsque la guerre éclatera.

Dans le domaine de l’Aéronavale, on assiste à une montée en puissance qualitative et quantitative avec la modernisation logique du parc aérien et son augmentation liée notamment à la mise en service de nouveaux porte-avions, chaque porte-avions disposant de son groupe aérien auxquels il faut ajouter deux groupes aériens de réserve composés à 40% d’actifs et 60% de réservistes. Cette augmentation concerne également les unités d’hydravions et les unités de la PatMar.

Enfin dans le domaine des bases, les changements sont peu nombreux, les bases existantes sont modernisées, celles d’outre-mer mieux outillées mais il n’y à pas la construction de nouvelles bases comme pour la France (Mers-El-Kébir, Cam-Ranh) ou la Grande-Bretagne (Alor Setar, Kuching).

Etats-Unis (5) US Navy (1)

UNE HISTOIRE DE LA MARINE AMERICAINE
Les prémices
La marine américaine est paradoxalement plus vieille que l’état dont elle assure la défense. Si les Etats-Unis d’Amérique naissent avec la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, la marine américaine connue sous le nom de Continental Navy voit le jour dès le 12 octobre 1775.
Cette marine est destinée à empêcher l’envoi par la Grande-Bretagne de renforts pour mater la rébellion. Il s’agit également de s’en prendre au commerce. En somme de frapper Londres où cela fait très mal.
Cette force est faite de navires britanniques capturés, de navires marchands armés. Point de guerre d’escadre mais une guerre de course.
Quand le conflit se termine, les seuls véritables navires de guerre sont deux frégates, deux bricks, deux sloops et deux goélettes, les autres navires étant des navires corsaires.
Suite au traité de Paris en novembre 1783, les relations entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se normalisent rapidement et le Congrès continental qui à besoin de tous les fonds disponibles estime qu’une marine de guerre est superflue.
Les différents navires sont vendus à des armateurs privés et la Continental Navy disparaît le 1er août 1785 après seulement dix ans d’existence.
Seulement voilà un état possède des pouvoirs régaliens qu’il faut faire respecter. Parmi ces pouvoirs figurent les douanes. Or les américains habitués aux années de contrebande n’étaient guère pressés de respecter les droits de douane.

Pour mettre fin à cette anarchie qui fait désordre, décision est prise (4 août 1790) de créer un service naval qui allait devenir le United States Revenue Marine Service, l’ancêtre en ligne directe du United States Coast Guard. Ce service met en œuvre des cottres ou cutter et ce terme est toujours en usage de nos jours pour désigner les navires de haute-mer du corps des garde-côtes.

Dans ce dix-huitième siècle finissant, l’Afrique du Nord théoriquement sous souveraineté ottomane mais de faite indépendante est le siège de nombreux pirates. Si la France est surtout confrontée aux pirates algérois, les américains doivent ferrailler avec le bey de Tripoli.
Le besoin d’une marine de guerre permanente se fait sentir et le 27 mars 1794, le Congrès autorise l’achat ou la construction de six frégates dont l’USS Constitution toujours en service et pieusement conservée à Boston, trois étant armées de 36 canons et trois autres de 44 pièces.

La frégate USS Constitution en 2010

C’est l’acte de naissance de l’US Navy qui va peu à peu se structurer. En 1800, six arsenaux (Navy Yard) sont établis à Portsmouth, Boston, New-York, Philadelphie, Norfolk et Washington.
Sur ces six arsenaux historiques, seuls ceux de Portsmouth et de Norfolk sont encore actifs, les autres ayant été peu à peu fermés soit pour des raisons de surcapacité soit parce que les infrastructures n’étaient plus adaptées à l’entretien d’une marine moderne. A noter que le Washington Navy Yard à été reconverti comme centre administratif pour l’US Navy mais également pour des agences fédérales.
Si l’établissement d’un arsenal en Floride à Pensacola, le Pensacola Navy Yard en 1826 est important, plus important encore est la création de l’Académie Navale à Annapolis en 1845 où elle siège toujours aujourd’hui.
La jeune US Navy ne tarde pas à connaître l’odeur de la poudre avec la Quasi-Guerre entre les Etats-Unis et la France (1799-1800), les opérations de police contre le bey de Tripoli (1801-1805) et bien évidement la «deuxième guerre d’indépendance» entre 1812 et 1815.
La marine américaine se développe avec la construction de quatre vaisseaux de 74 canons et même d’un vaisseau de 136 canons construit entre 1821 et 1838.
En l’absence de conflits majeurs avec des nations majeures, l’US Navy mène une série d’opérations appartenant à la catégorie de la petite guerre pour reprendre la classification clausewitzienne à savoir la lutte contre la piraterie en Méditerranée et dans les Caraïbes, la lutte contre le trafic d’esclaves (assimilé à de la piraterie) mais également le soutien aux guerres indiennes sur les grands fleuves d’un pays absolument gigantesque aux infrastructures encore limitées, faisant du fluvial un moyen idéal pour le transport longue distance.
La guerre mexicano-américaine de 1846-1848 (13 mai 1846-2 février 1848) augmente significativement le territoire américain avec l’annexion de territoires qui allaient devenir les états de Californie, d’Arizona, du Nouveau-Mexique et du Nevada, le Texas les ayant précédés peu avant le début de ce conflit. Dès 1854, un arsenal est implanté sur la côte ouest, le Mare Island Navy Yard installé à San Pedro en Californie.

Le Commodore Perry

L’année précédente, le 8 juillet 1853, le commodore Perry avait forcé les portes du Japon pour ouvrir aux marchands américains de nouveaux débouchés. Les japonais hésitent entre la résistance et la soumission. L’exemple chinois les poussent à la résistance et une fois les forces réactionnaires écrasées, le nouvel empereur Mutsuhito lance la modernisation du pays à marche forcée, c’est le début de l’ère Meiji.
Parallèlement à ces grosses opérations, l’US Navy est engagée dans une multitude d’opérations pour protéger ses ressortissants des différentes menaces, une petite escadre, quelques Marines permettant généralement de ramener le calme.

La marine américaine et la guerre de Sécession (12 avril 1861-9 avril 1865)
Depuis le début de la décennie 1850, les tensions à propos de l’esclavage sont de plus en plus fortes, les compromis passés antérieurement sont peu à peu remis en question par les extrémistes des deux camps qu’ils soient esclavagistes ou abolitionnistes.
Chaque admission d’un nouvel état est l’objet d’une concurrence féroce pour l’imposer comme état libre ou esclavagiste. L’équilibre devient intenable et débouche sur le plus sanglant conflit de l’histoire des Etats-Unis, un conflit dont les stigmates sont encore présents aujourd’hui plus de 150 ans après la fin de la guerre.
Il n’est pas ici question de parler en détail de l’American Civil War appelée Guerre de Sécession en France mais de se concentrer sur le volet naval qui voit s’opposer l’US Navy et la Confederate State Navy, ces navires portant la marque CSS comme le plus célèbre d’entre-eux, le forceur de blocus CSS Alabama.
Quand le conflit éclate le 12 avril 1861 (bombardement de fort Sumter par la milice de Caroline du Sud), l’US Navy dispose de 44 navires, cinq vaisseaux à voile en réserve, huit frégates à voile, six frégates à hélice, trois corvettes à voile, quatre corvettes à roues (à aube), six corvettes à hélice, douze canonnières, trente unités de petite taille auxquelles il faut ajouter des stationnaires dispersés en Chine ou en Afrique pour protéger les ressortissants et le commerce.
Face à cette puissance, la marine confédérée fait feu de tous bois, mettant en œuvre treize navires aux performances variées ainsi que des forceurs de blocus dont le plus célèbre est bien évidement le CSS Alabama construit en Angleterre et qui sera coulé au large de Cherbourg par l’USS Kearsarge le 9 mars 1964.

Le sloop USS Kearsarge qui coula le CSS Alabama au large de Cherbourg

Dès le début du conflit, l’US Navy, la marine de l’Union assure un blocus des ports confédérés dans le cadre du plan Anaconda destiné à asphyxier la Confédération qui faute d’industrie dépend des exportations pour se procurer des devises (via le coton) et des importations pour les armes.
Les forceurs de blocus font ce qu’ils peuvent mais les mailles sont de plus en plus serrées et le temps va clairement jouer contre les sudistes qui comme jadis les spartiates vont avoir la hantise d’une révolte servile majeure.
Si la majorité des navires sont des voiliers, la vapeur est déjà présente. Ainsi le 8 mars 1862 à lieu au large d’Hampton Roads le premier combat entre cuirassés, le CSS Virginia opposé au USS Monitor, un combat qui restera indécis. Les premiers sous-marins sont également employés mais avec des résultats forts limités.
Les mines et les torpilles sont également employées même si à l’époque, elles se confondent. Ce n’est qu’avec l’apparition de la torpille automobile (Lupis/Whitehead) en 1868 que les deux armes vont prendre des trajectoires différentes.
Le volet naval de la guerre de Sécession c’est aussi la guerre fluviale notamment sur le Mississippi voie de communication royale pour l’Union qui en s’emparant de La Nouvelle-Orléans (avril 1862) puis de Mobile (mars 1864) asphyxie encore un peu plus la Confédération.
Quand le conflit se termine, l’US Navy à perdu 2260 hommes dont 148 marines mais aligne 671 navires dont une quarantaine de monitors, une quinzaine de frégates ou d’avisos à hélice et une bonne soixantaine de canonnières.
La New Navy
Bien évidement le conflit terminé, les effectifs et les moyens de l’US Navy chutent de manière importante. En dépit d’une volonté d’expansion commerciale, l’US Navy sombre dans une période de sous-investissement appelée par contraste avec la New Navy la Old Navy.
Chose impensable aujourd’hui mais en 1881, l’US Navy n’est que la douzième marine mondiale derrière la Chine, le Chili et le Danemark ! Si le premier cité dispose d’une marine plus que respectable, les deux derniers sont redevenus sur le plan naval en particulier et militaire en général des nains.
Un premier signal d’alerte avait été lancé en 1873 quand un incident avec l’Espagne avait montré l’inadaptation de l’US Navy à un conflit moderne. En dépit de cet incident qui faillit entraîner une guerre avec Madrid, la marine américaine ne sortit pas encore de sa léthargie.
Il faut attendre 1881 pour qu’un comité ne constate officiellement la décrépitude de la flotte. Deux ans plus tard, le 3 mars 1883 un Naval Act fait rentrer la marine américaine dans l’ère de la New Navy avec la commande de trois croiseurs, d’un aviso ainsi que l’abandon de l’entretien de quarante-six navires en bois.
La modernisation d’une flotte passant également par les infrastructures, un neuvième arsenal est implanté en 1891 à Bremerton (Etat de Washington) sous le nom de Puget Sound Navy Yard. Sept ans plus tôt, une base navale est implantée à Pearl Harbor aux îles Hawai, îles indépendantes mais pour encore peu de temps.
Les Etats-Unis commençant à rivaliser sur le plan économique avec l’Europe, l’US Navy commence à batir une flotte capable sinon de battre les puissances navales européennes du moins de faire peser une menace sur cette suprématie bien qu’on peut se demander si jusqu’en 1898, cette menace est vraiment prise au sérieux.
Il n’y à qu’à se rappeler les propos méprisants de Von Moltke sur la guerre de Sécession vue comme une bagarre d’amateurs alors qu’il annonçait les terribles guerres industrielles du 20ème siècle (cuirassés, sous-marins, rail, télégraphe….).

Epave du USS Maine. Son explosion (visiblement accidentelle) sert de prétexte à une guerre contre l’Espagne

Les cuirassés étant les maîtres étalons de la puissance navale, l’US Navy construit patiemment sa flotte, disposant en 1901 de onze cuirassés, un douzième, le Maine ayant sauté dans le port de La Havanne le 15 février 1898, le prétexte pour une guerre contre l’Espagne accusée d’avoir fait sauter le cuirassé alors qu’il semble que l’explosion soit interne et d’origine accidentelle.
La guerre hispano-américaine de 1898 est une véritable promenade de santé militaire pour les américains face à une Espagne qui s’enfonce dans le déclin et la décadence depuis la fin du 17ème siècle.
Les intellectuels de la «Génération 98» peuvent bien émettre un méprisant «Que inventen Ellos» (qu’ils inventent eux), force est de constater que l’Espagne est devenue une puissance secondaire, une puissance mineure dans le monde, Madrid perdant son empire colonial, ne conservant que des miettes en Afrique.

Théodore Roosevelt, Big Stick et Big Ships

Suite à l’assassinat de William McKinley en 1901,son vice-président Théodore Roosevelt accède à la présidence des Etats-Unis. Convaincu qu’une puissante marine est nécessaire pour accroître la puissance et le rayonnement des Etats-Unis, il va investir massivement dans les navires et les infrastructures, établissant deux nouveaux arsenaux à Charleston en Caroline du Sud et à Pearl Harbor.
C’est ainsi qu’entre 1902 et 1908, cinq classes de cuirassés sont construites : la classe Maine (Maine Missouri et Ohio) entrée en service entre 1902 et 1904, la classe Virginia (Virginia Nebraska Georgia New Jersey) entrée en service en 1906/07, la classe Connecticut (Connecticut, Lousiana Vermont Kansas Minnesota et New Hampshire) entrée en service entre 1906 et 1908 et la classe Mississippi (Mississippi et Idaho) entrée en service en 1908.
Ces cuirassés sont accompagnés de croiseurs (cuirassés et protégés) ainsi que de canonnières. Il est à noté la rareté des torpilleurs et des destroyers, leur taille réduite les rendant peu adaptés aux océans dans lesquels opèrent l’US Navy qui estime avoir besoin de navires plus gros.

Il faut néanmoins prouver au monde que la marine américaine est une marine puissante et efficace et pour cela, le président Roosevelt va impulser le premier tour du monde de l’US Navy connu sous le nom de «Grande Flotte Blanche» ou The Great White Fleet.
The Great White Fleet (1907-1909)
Cette opération d’une ampleur inédite à l’époque à un double rôle. Montrer la puissance nouvelle de l’US Navy mais également entrainer les équipages.
Du 16 décembre 1907 au 22 février 1909, la marine américaine impressionne les esprits en effectuant un tour du monde, exploit connu dans l’histoire sous le nom de «Great White Fleet» (la grande flotte blanche) en référence à la peinture employée à l’époque par l’US Navy : coque blanche et superstructure chamois .

Ce sont pas moins de 16 navires qui appareillent d’Hampton Roads le 16 décembre 1907 sous le commandement du contre-amiral Robert Evans repartis entre une première escadre (1ère division : Connecticut, Kansas, Vermont et Lousiana 2ème division : Georgia New Jersey, Rhode Island et Virginia) et une seconde escadre (3ème division : Minnesota, Maine, Missouri et Ohio 4ème division : Alabama, Illinois, Kearsarge et Kentucky) et accompagnés de six destroyers avec un ravitailleur et cinq autres auxiliaires. A part les Wisconsin et le Nebraska ce sont tous les cuirassés récents qui sont engagés dans cette opération.

Peu importe qu’à l’époque l’apparition du HMS Dreadnought ait rendu obsolètes ces navires, l’impact politique est fort. Le message est reçut fort et clair : L’US Navy n’est plus une marine secondaire que l’on peut regarder avec mépris et condescendance.

La flotte Blanche effectue une escale à Trinidad, à Rio de Janeiro, Punta Arenas (Chili), Callao (Pérou), Magdalena Bay (Mexique), la flotte arrivant à San Francisco le 6 mai 1908 où le Wisconsin va remplacer l’Alabama (problèmes de machines) et le Nebraska le Maine qui consomme beaucoup trop de charbon (la consommation atteint 1500 tonnes par jour !). Le contre-amiral Evans malade est remplacé par le contre-amiral Sperry qui commandait la 4ème division.

Les deux cuirassés remplacés vont rallier la côte est par leurs propres moyens passant par Honolulu, Manille,Singapour,Colombo,Suez,Naples et Gibraltar.

Quand au reste de la flotte après avoir multiplié sur les escales sur la côte ouest, elle appareille de San Francisco le 7 juillet sans les torpilleurs. Elle fait escale à Auckland, Sydney, Melbourne, Albany. Après une escale à Manille et à Yokohama, la 2ème escadre mouille à Amoy en Chine, le reste de la flotte retournant à Manille.

Quittant les Phillipines le 1er décembre 1908, la flotte fait escale à Colombo du 13 au 20 avant de mettre cap à l’est, franchissant le canal de Suez du 4 au 6 janvier 1909 avant de se disperser dans les différents ports de la Méditerranée (Athènes, Salonique, Smyrne, Naples, Messine, Tripoli, Alger), quelques navires participant aux secours suite au tremblement de terre de Messine survenu le 28 décembre 1908, les autres ralliant Marseille et Villefranche.

La flotte se rassemble à Gibraltar le 31 janvier 1909 pour se ravitailler, quittant le Rocher le 6 février pour rallier Hampton Roads le 22 février 1909, accueillis par le Maine, le New Hampshire, le Mississipi et l’Idaho peints en gris, couleur qui va remplacer le blanc et le chamois.

Etats-Unis (1) Avant-Propos

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.4 : LES ETATS-UNIS

AVANT-PROPOS

Ce n’était absolument pas fait exprès mais c’est donc le 11 septembre 2015 que je vais commencer le tome 4 de ma gigantesque et vertigineuse uchronie consacré aux Etats-Unis.

Pour ceux qui me suivent depuis le début soit depuis 2011, je dois vous avouer qu’à plusieurs reprises j’ai voulu tout envoyer balader.

Si j’avais su que quatre ans plus tard je ne serais même pas à la moitié de mon œuvre, j’aurais grandement hésité à me lancer là-dedans.

En même temps sans l’expérience d’un tome 1 interminable, comment aurais-pu aboutir à des tomes suivants plus équilibrés ?

Au sortir du tome 1, j’étais mentalement vidé. Plus de 2500 pages, deux ans de travail et un sentiment de profond écoeurement. Je pensai que le tome 2 sur l’Allemagne allait être plus court à faire à la fois parce que j’avais moins de source, parce que je ne suis pas germanophone mais également parce que je savais ce qu’il ne fallait pas faire.

Grossière erreur ! Je me suis à nouveau lancé dans un récit interminable, sans souffle, académique et pompeux qui me faisait moi même horreur alors les lecteurs du blog vous pensez….. .

Après avoir à nouveau envisagé de tout abandonner, je me suis décidé à faire une version austère, plus synthétique, trop puisqu’à la fin je suis revenu à un tome plus riche, plus solide.

Mine de rien j’avais enfin trouvé un bon équilibre dont bénéficia pleinement le tome 3 qui est riche d’informations mais sans être obèse comme le tome 1.

Je peux donc envisager sereinement la réalisation du tome 4 consacré aux Yankees, aux Etats-Unis d’Amerique.

Charles Lindbergh (1902-1974) 33ème président des Etats-Unis (1944-1952)

Dans cette uchronie, il y à un changement majeur notamment en matière politique. Roosevelt effectue bien trois mandats (1932-1936 1936-1940 et 1940-1944) mais point de quatrième mandat, étant battu par Charles Linbergh considéré comme le premier aviateur à avoir traversé l’Atlantique (certains estiment qu’il s’agit en réalité du duo Nungesser et Coli mais passons).

Ce choix je ne suis pas le premier à le faire en matière d’uchronie. Pourquoi alors imiter les autres ? Tout simplement parce que les sympathies de Linbergh pour l’Allemagne nazie et sa farouche volonté isolationiste peut laisser planer un doute sur la position de Washington en cas de conflit en Europe. Neutralité farouche ? Alliance avec l’Allemagne ? Engagement précoce avec les alliés ?

Sur le plan plus militaire, il n’y aura pas de véritable révolution, tout juste une adaptation au bouleversement uchronique.

Rien que pour l’US Navy, les modifications seront nombreuses et importantes.

Pour ce qui est des porte-avions et des cuirassés, certains navires présents OTL dans la seconde guerre mondiale ne seront plus là, d’autres qui n’ont jamais été construits le seront notamment les monstrueux Montana et les deux derniers Iowa (Illinois et Kentucky)

USS Essex (CV-9)

Les cuirassés les plus anciens seront désarmés et/ou démolis, les porte-avions également et si la flotte de classe Essex sera nombreuse, les Lexington seront désarmés, le Ranger et le Wasp seront relégués au statut de navire-école et à la place des Midway, nous aurons des porte-avions lourds de classe United States puisque dans mon uchronie, point de bataille de Midway.

Au niveau des croiseurs, les Alaska auront une allure et un armement différent alors que tous les Cleveland seront achevés comme croiseurs puisqu’il n’y aura pas de carrier gap à combler.

Point de flush-decker convertis en escorteurs, les «cinquante destroyers qui sauvèrent le monde» n’ont pas ici de raison d’être et si il y aura des escorteurs, ils seront nettement moins nombreux. Les destroyers seront construits en grand nombre mais il n’y aura pas 175 Fletcher.

Quand aux navires amphibies, autre génération spontanée, ils existeront mais leur usage sera essentiellement destiné au Pacifique.

Pour les sous-marins, la situation sera semblable à celle des destroyers, la flotte logistique n’étant pas non plus bouleversée par ce changement de prisme chronologique.

Quand à l’aéronavale, les avions existant OTL le seront également dans mon uchronie. Il y aura néanmoins quelques menues différences, le Bearcat par exemple participant au conflit alors que ce ne fût pas le cas dans le second conflit mondial tel que nous le connaissons.

Grumman F8F-1 Bearcat

Pour les autres forces armées, même situation, les changements ne seront que la conséquence des changements de chronologie. Par exemple le Mustang aura une tout autre histoire car il n’y aura pas cette fois de demande britannique pour un chasseur moderne.

En cequi concerne le plan, il sera semblable à celui des autres tomes.

La première partie sera consacrée à une histoire générale des Etats-Unis, très simplifiée, simplement pour poser les bases et entrer de plein pied dans l’uchronie.

La deuxième partie sera consacrée à la géopolitique des Etats-Unis, la rivalité avec le Japon, les relations avec ses alliés et ses ennemis qu’ils soient naturels ou potentiels.

La troisième partie sera consacrée à l’US Navy, son histoire brièvement jusqu’au début du 20ème siècle, plus détaillée après 1900. J’aborderai également l’organisation de l’US Navy en septembre 1939 et en septembre 1948.

Nous étudierons ensuite l’armement de la marine américaine, l’artillerie, les mines, les torpilles et les armes anti-sous-marines.

Les parties suivantes seront consacrées aux différentes classes de navires, les cuirassés, les porte-avions, les croiseurs lourds, les croiseurs légers, les destroyers, les sous-marins, les navires-légers, les navires de soutien.

Nous parlerons également de l’évolution de l’aéronavale américaine avec ses avions et ses hydravions avant de passer par les Leathernecks, le Corps des Marines des Etats-Unis. Il sera ensuite temps de parler des bases et des arsenaux américains.

Après une partie consacrée à l’ordre de bataille en septembre 1948 ainsi qu’au programme de guerre voté dès l’entrée en guerre des Etats-Unis dans le second conflit mondial, nous terminerons ce tome 4 par les traditionnelles parties consacrées à l’Armée de terre et à l’Armée de l’Air encore semi-autonome en septembre 1948.

Pour terminer cet avant-propos, vous constaterez que pour la carrière de nombreux navires, je vais m’avancer sur leur sort durant la guerre et après le conflit. J’espère ainsi attirer de nouveaux lecteurs, curieux et interrogateurs mais également baliser le conflit que j’espère un jour écrire.

Allemagne (7) Artillerie et systèmes d’armes (4)

Torpilles

-La torpille inventée au milieu du 19ème siècle à révolutionné la guerre navale. C’est une arme absolument indispensable et l’Allemagne ne fait pas exception.

Chargement d'une torpille G7 à bord d'une S-Boote

Chargement d’une torpille G7 à bord d’une S-Boote

-Pour les torpilles antisurfaces, on trouve tout d’abord la torpille G7a T1 de 533mm fonctionnant à l’air comprimé avec une charge explosive de 300 kilos avec une portée allant de 6000m à 44 nœuds à 14000m à 30 nœuds. Elle est mise en œuvre par les navires de surface qu’il s’agisse des torpilleurs, des destroyers, des croiseurs et même des cuirassés.

La torpille G7e et ses dérivés est à propulsion électrique. C’est l’arme de prédilection des sous-marins et des vedettes lance-torpilles, les fameuses S-Boote. La charge explosive varie entre 280 et 300 kilos d’explosif et la portée est plus réduite avec une portée maximale de 5000m à 30 nœuds.

Ce modèle est régulièrement amélioré et en septembre 1948, le modèle le plus courant est le G7e T3a dont la portée maximale est de 7500m à 30 nœuds.

-Etude précoce de torpilles à influence acoustique, aboutissant à la G7e T5 à la portée réduite de 3000m. Des essais de torpilles filoguidées ne débouchent pas avant septembre 1948.

-Comme toutes les torpilles alliées comme ennemies, les torpilles allemands ont deux détonateurs, un détonateur à l’impact et un détonateur magnétique.

-Les torpilles aéroportées sont plus légères d’un calibre de 450mm, la torpille standard étant….norvégienne, la torpille F5 d’une portée maximale de 2000m à 40 noeuds et de 6000m à 25 noeuds. Elle subit des modifications régulières, la portée maximale étant passée à 3000m à 40 noeuds et de 7000m à 25 noeuds.

Comme les autres torpilles, elle est régulièrement améliorée et en septembre 1948, la hauteur maximale pour le lancement à été portée à 40m et la portée maximale est passée de 3000m à 40 nœuds à 7000m à 25 nœuds.

Grenades et armes ASM

Grenades ASM allemandes

Grenades ASM allemandes

-La lutte contre les submersibles ennemis est assurée par des charges de profondeur à gravité (WBD et WBG de 180 kilos, WBF de 139 kilos et WBH de 240 kilos ainsi que des charges légères de 60kg pour les R-Boote et les chalutiers).

-Des mortiers ASM sont également mis au point, des mortiers d’un calibre de 305mm tirant des projectiles de 100 ou 250 kilos. C’est l’arme principale des Neue Geleiboote.

Mines

Mines embarquées sur le destroyer KMS Z.1 Leberecht Maas

Mines embarquées sur le destroyer KMS Z.1 Leberecht Maas

-Septembre 1939 : l’Allemagne possède 2000 mines conventionnelles et 1500 mines magnétiques

-Mines classiques à orin EMA EMB EMC EMD et EMG

-Mine EMS : mine dérivante destinée à détruire les chasseurs de sous-marins

-Mines FMB et FMC mines à contact utilisables par petit fond

-Mine EMF : mine magnétique à orin.

-Les mines UMA et UMB sont des mines à orin de petites dimensions destinées à être mouillées dans de faibles profondeurs.

-Entre les deux guerres, de nouveaux modèles sont mis au point comme la mine KMA destinée à protéger les plages d’un débarquement ou encore les mines de fonds à influence magnétique RM.

-La marine allemande dispose également de mines mouillées par puit, les mines SMA rapidement déclassées par des mines mouillées par tubes qu’elles soient magnétiques ou acoustiques (TMA) ou de fond (TMB et TMC).

-Mines aéroportées LMA et LMB

-Ultérieurement apparaissent la BM-100 disposant d’une charge militaire de 735kg et une mine à orin LMF sur fond de 50 à 300m. On trouve également une BM 1000, une mine de fond aéroportée à charge de 680 kilos eet une mine BMC, une mine aéroportée à orin et à contact avec une charge de 500 kilos.

Enfin, au cours de la guerre, apparaîtra une mine de fond RMA à charge de 820 kilos contrôlées depuis la terre.

Sur le plan de l’emploi, des champs de mines défensifs sont mouillés à proximité des bases navales de la Kriegsmarine pour en assurer la protection et éviter une démonstration de force des marines anglaises et françaises. Des bouchons de mines offensifs sont déposés par avions et par sous-marins pour paralyser le trafic maritime ennemi.

Armes spéciales en service et/ou en projet

-Outre les armes conventionnelles, la marine allemande dispose d’armes spéciales dont l’immense majorité est entourée avant septembre 1948 du secret le plus absolu.

-On trouve des roquettes air-sol, utilisées par les chasseurs-bombardiers embarqués sur les quatre porte-avions de la Kriegsmarine.

-Un modèle d’un calibre de 88mm à tête explosive ou semi-perforante, un autre modèle de 128mm et un dernier de 140mm, ces roquettes disposant d’un charge explosive qui pouvait être remplacé par une explosive semi-perforante, une incendiaire et une explosive.

-Bombes planantes de 50, 100 et 150kg

-Armes radioguidées

-A la différence des roquettes, ces deux dernières catégories sont entourées d’un secret absolu. Si un petit stock de bombes planantes à été constitué, les armes radioguidées sont encore au stade expérimental.

Allemagne (6) Artillerie et systèmes d’armes (3)

Artillerie légère

En compagnie du canon de 105mm, la marine allemande utilise le canon de 88mm même si la version navale n’est pas aussi célèbre que la version terrestre qui s’illustra aussi bien dans le combat antichar que dans la défense antiaérienne.

Quatre modèles différents ont été utilisés sans compter les canons hérités du premier conflit mondial et encore en service en septembre 1939.

Ces canons L/35 et L/45 utilisés sur les cuirassés, les torpilleurs et les destroyers de la Kaiserliche Marine se retrouve encore après le premier conflit mondial à bord des croiseurs légers et des cuirassés de poche.

Neuf ans plus tard, ces canons ont disparu de l’inventaire, remplacé par des canons de même calibre mais plus modernes. En 1941, les canons de 88mm du Lutzow et de l’Admiral Scheer sont remplacés par des canons de 105mm.

Schéma du canon de 88mm utilisé par la Kaiserliche Marine

Schéma du canon de 88mm utilisé par la Kaiserliche Marine

Le canon de 88mm SK L/45 est un canon de 45 calibres tirant des obus de 9kg à une distance maximale de 9100m à raison de 10 coups par minute. L’affût simple comme l’affût double peut pointer en site de -10° à +70° et en azimut sur 360°.

Le canon de 88mm SKC/30 est conçu pour les petites unités de surface et les sous-marins, les derniers équipés de ce canon étant les type VII, les type IX recevant un canon de 105mm.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 9 kilos à une distance maximale en tir antisurface de 14175m et en tir antiaérien de 9700m à raison de quinze coups par minute.

L’affût MPLC/30 pèse 5.76 tonnes permettant au canon de pointer en site de -10° à +70° et en azimut sur 360°. Les caractéristiques de l’affût pour sous-marins Ubts Flak LC/41 sont semblables.

Le canon de 88mm SKC/31 est utilisé sur les cuirassés de poche de classe Deutschland. C’est un canon de 78 calibres tirant des obus explosifs de 18.5kg à raison de 15 à 20 coups par minute. La portée maximale est de 17800m en tir antisurface (+45°) et de 13300m en tir antiaérien (+80°).

L’affût double Dopp LC/31 pèse 27.3 tonnes permettant aux canons de pointer en site de -10° à +80° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 360° à raison là aussi de 10° par seconde. La dotation en munitions étant de 500 coups par canon soit un total de 1500 coups.

Le canon de 88mm SKC/32 apparu dans la Kriegsmarine en 1934 et exporté notamment en Espagne est la nouvelle pièce antiaérienne standard des croiseurs légers allemands équipant au cours de leur carrière les croiseurs en service en septembre 1939 et ceux construits dans le cadre du plan Z en l’occurrence les classe Berlin, les CLAA classe Dantzig ne disposant pas de canons de ce modèle.

Ce canon de de 76 calibres tire des obus de 15kg à 17200m en tir surface et de 12400m en tir antiaérien à raison de 15 coups par minute sachant que chaque tube à une durée de vie de 3200 coups. L’affût double Dopp. LC/31 pointe en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°.

Le canon SK C/35 apparu en 1938 est une version améliorée du SK C/30 et va équiper essentiellement les sous-marins. Ses performances sont semblables à l’exception de la portée antiaérienne qui est de 11950m.

-Comme les autres marines, la Kriegsmarine utilise pour la DCA légère deux calibres. Si elle partage avec la France le calibre 37mm, c’est avec la Grande-Bretagne qu’elle partage le deuxième calibre en l’occurence le 20mm là où la France préfère le 25mm.

-Quand éclate la guerre de Pologne, la marine de guerre allemande dispose d’un modèle de canon de 37mm mais trois neuf avant plus tard quand éclate le second conflit mondial.

Affût double de 37mm sur le croiseur de bataille KMS Scharnhorst

Affût double de 37mm sur le croiseur de bataille KMS Scharnhorst

Le premier modèle de canon de 37mm est le SKC/30. Ce canon de 83 calibres tire des obus de 2.1kg à une distance maximale de 8500m en tir à but surface (site : +40°) et 4800 à 6800 en tir antiaérien (site : +40°) à raison de 30 coups par minute.

Il équipe pour ainsi dire la quasi-totalité de la Kriegsmarine qu’il soit l’arme principale comme sur les S-Boote ou l’arme antiaérienne légère des cuirassés, croiseurs de bataille et porte-avions.

C’est ainsi que les porte-avions disposent de onze affûts doubles, les cuirassés et croiseurs de bataille de huit, les croiseurs lourds de six, les croiseurs légers de quatre, les destroyers de deux affûts doubles et les torpilleurs d’un seul et unique.

L’affût simple LC/34 pèse 2000kg et permet aux canons de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 360°. Il est utilisé par les S-Boote comme arme antiaérienne et antisurface.

L’affût simple Ubts LC/39 utilisé par les sous-marins pèse 1450kg et permet aux canons de pointer en site de -10° à +90°

L’affût double pèse 3670kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360°.

La dotation en munitions par canon varie de 1200 obus par canon pour les torpilleurs, destroyers et croiseurs légers à 2000 pour les porte-avions et cuirassés.

Ce canon lourd et encombrant aux performances perfectibles commence à être remplacé par des modèles plus performants à partir de 1946 mais il est encore présent sur de nombreux navires en septembre 1948.

Le deuxième modèle est le canon de 37mm M-45, adaptation du Flak 42 utilisé par l’armée de terre aussi bien en pièce remorquée qu’en affût monté sur véhicule.

Ce canon de 69 calibres tire des obus explosifs de 1.36kg ou perforants de 1.50kg à raison de 180 à 250 coups par minute, la portée maximale en tir antisurface étant de 6400m (+45°) et en tir antiaérien de 4800m (+80°).

Il réutilise les affûts du SKC/30 à la différence de son successeur immédiat, le M-47, adaptation pour les besoins de la Kriegsmarine d’un canon de 30mm dévellopé par Rheinmetall pour les chasseurs de la Luftwafe et du Kriegsmarine FliegerKorps (KFK), nouveau nom du Marineflieger.

Outre le passage du calibre 30 à 37mm, il est adapté à son utilisation en milieu maritime. Ce canon de 53 calibres tire des projectiles semblables au M-45 mais les performances en terme de portée sont améliorée (6500m en tir antisurface et 5000m en tir antiaérien, la cadence de tir pratique passant de 180 à 250 coups par minute.

Un nouvel affût simple et un nouvel affût double sont mis au point, des affûts plus légers et plus simples à utiliser et à fabriquer. A noter qu’en septembre 1948, un affût quadruple est sur le point d’entrer en production.

Les dotations en munitions ne changent pas par rapport au SKC/30.

-Pour ce qui est des pièces de 20mm, trois modèles différents sont utilisés par la Kriegsmarine.

Le premier le Flak C30 n’est qu’anecdotiquement en service en septembre 1948 essentiellement sur des dragueurs de mines, des R-Boote et des navires auxiliaires.

Ce canon de 65 calibres tire des obus de 134 ou 148g (explosif et perforant) à une distance maximale de 4900m en tir à but surface (site : +45°) et 3700m (site : +90°) en tir à but antiaérien à raison de 220 coups (cadence pratique) à 480 coups (cadence théorique) par minute.

Il est monté sur affût simple L/30 ou L/41 réservé aux S-Boot, en affût double pour les sous-marins (LM44U).

Affût quadruple de 20mm installé sur le Scharnhorst

Affût quadruple de 20mm installé sur le Scharnhorst

Il est peu à peu remplacé par un canon de 20mm Flak C38, une version plus fiable avec des chargeurs de 40 coups ce qui augmente son endurance.

Il est monté sur les même affût que son ainé qu’ils soient simples, doubles ou quadruples, le C38/43 assisté hydrauliquement étant l’arme de défense rapprochée préférée des capital ships de la Kriegsmarine en l’occurrence les cuirassés type H et les porte-avions d’escadre classe Graf Zeppelin.

La Kriegsmarine utilise également l’Oerlikon de 20mm sous les noms de Flak 28 et Flak 29 essentiellement à terre pour défendre les bases et sur de petites unités et des navires auxiliaires même si les besoins en DCA ne cessant d’augmenter, des Oerlikon feront leur trou sur les grosses unités de haute-mer.

Le 20mm Oerlikon est un canon de 70 calibres tirant des projectiles de 0.123kg à raison de 150 coups par minute pour une portée maximale de 4390m en tir antisurface et de 3050m en tir antiaérien. Ce canon est utilisé par la marine allemande en affût simple, double et quadruple, les affûts en question étant identiques à ceux des C30 et C38.

La marine allemande utilise également des mitrailleuses. Des MG-34 et des MG-42 sont disponibles à bord des destroyers, des croiseurs et des cuirassés pour la compagnie de débarquement.

-Un projet de canon antiaérien de 55mm n’est pas mené au bout et limité à la production de deux prototypes

-Un petit nombre de canons de 40mm Bofors ont été acquis mais la production sous licence envisagée n’à pas eu lieu avant le début du second conflit mondial.