Mitteleuropa Balkans (128) Yougoslavie (16)

ARMEE ROYALE YOUGOSLAVE

Une histoire militaire de la Yougoslavie

L’armée yougoslave avant la Yougoslavie : miscellanées

Dans cette partie je vais brièvement parler de l’art de la guerre slave et du rôle des unités slaves dans la défense de l’empire austro-hongrois, croates, slovènes et serbes de Croatie jouant un rôle important dans la défense de la Frontière Militaire, une marche destinée à contrer non seulement les invasions ottomanes planifiées mais surtout les raids de pillage menés par les tristement célèbres bachi-bouzouks.

Représentation graphique es unités de la Frontière Militaire

En revanche en ce qui concerne la Serbie le rôle joué par l’armée serbe dans le premier conflit mondial mérite des catégories à part.

Les Slaves sont apparus dans l’histoire au 6ème siècle venant des steppes russes. Il s’agissait essentiellement nomades combattant donc à cheval même si très vite les unités d’infanterie se développèrent par exemple sous l’empire bulgare, la noblesse bulgare ne jurant que par et pour la cavalerie, laissant les slaves combattre au sein des unités d’infanterie.

Avec la montée en puissance des habsbourgs et la menace ottomane, les slaves ont servit de soldats pour les deux camps et surtout pour la maison d’Autriche qui pour faire face aux ottomans transforma l’actuel sud de la Croatie en marche militaire.

Les pandurs étaient une unité de cavalerie légère qui comme les dragons pouvaient aussi combattre à pied

Le 5 décembre 1868 est créée la garde nationale royale de croatie (Kraljevsko hrvatsko domobranstvo), une entitée militaire de l’armée royale hongroise. Cela faisait suite au compromis hungaro-croate de 1868 qui faisait suite au compromis de 1867.

Cet accord prévoyait que les croates et les serbes de Croatie réalisent leur service militaire en Croatie, que l’entrainement se fasse dans la langue croate, que des académies soient mises sur pied et que les unités puissent prendre des noms croates.

Cette force militaire est d’abord composée de huit escadrons stationnées dans cinq villes différentes.

C’est ainsi que la ville de Varazdin accueille les 29ème, 30ème et 79ème escadrons, Zagreb le 80ème, Virovitica le 81ème, Vukovar le 82ème et enfin Vinkovici les 31ème et 32ème.

Suite à une réforme, les moyens sont réorganisés en huit bataillons stationnés à Sisak (83ème bataillon), Bjelovar (84ème), Gospic (87ème), Ogulin (88ème),Svarca (89ème), Glina (90ème), Nova Gradiska (91ème) et Mitrovica (92ème).

Une nouvelle réforme regroupe les moyens en cinq régiments stationéns à Zagreb (25ème), à Karlovac (26ème), Sisak (27ème), Osijek (28ème) et Varazdin (10ème), les quatre premiers régiments étant des unités d’infanterie, le dernier un régiment de cavalerie.

Ces unités vont participer à la première guerre mondiale sur le front serbe, la garde nationale disparaissant en même que l’Autriche-Hongrie.

Au sud de la future Yougoslavie on trouve l’armée royale monténégrine. Avant d’être royale cette armée défendait la principauté du Monténégro qui devint royaume en 1910 pour seulement dix ans.

Cette armée est réorganisée en 1880. Chaque commune doit former un bataillon de réserve ce qui représente quatre bataillons. Dès l’année suivante des exercices réguliers sont conduits.

Qui dit armée dit cadres et en 1882 quatorze monténégrins sont envoyés à l’étranger (notamment en Italie et en Russie) pour être formés au métier d’officier, dix d’entre-eux obtenant leur diplôme. Ils ouvrirent des cours à Podgorica, Niksic et Cetinje pour transmettre leur vécu.

En septembre 1885 une école de sous-officiers d’infanterie est ouverte à Podgorica. L’année suivante c’est une école d’officiers d’artillerie qui ouvre à Cetinje (c’est également la première école d’officiers du Monténégro).

En 1910 un texte est adopté pour officialiser les lois et l’organisation de l’armée monténégrine qui s’organise entre des unités d’infanterie, d’artillerie, de reconnaissance, du génie, des unités sanitaires, dees ouvriers militaires, une justice militaire, une gendarmerie et des unités logistiques.

Trois ans plus tard en 1913 la gendarmerie monténégrine devient une unité de police spéciale.

Depuis 1912 le territoire du royaume du Monténégro est divisé e quatre zones divisionnaires : Cetinje, Podgorica, Niksic et Kolasic. Suite aux deux guerres balkaniques on ajoute les zones divisionnaires de Plevlja et de Pec.

A cette époque l’armée monténégrine comprend onze zones de brigade, cinquante-deux districts et 322 zones bataillonnaires.

Chaque division d’infanterie regroupe deux ou trois brigades avec également trois batteries d’artillerie. Cela représente une force militaire de 55000 hommes.

Après avoir participé aux deux guerres balkaniques aux côtés de la Serbie, l’armée monténégrine mobilise 50000 hommes alors que début la première guerre mondiale.

Ces moyens sont répartis entre la Division de Plevjla qui comprennait dix bataillons soit environ 6000 hommes, le Détachement d’Herzegovine composé de quinze bataillons et d’environ 15000 soldats, le Détachement de Lovcen qui disposait de 18 bataillons et d’environ 8000 hommes alors que le Détachement de la Vieille Serbie disposait de treize bataillons et d’environ 6000 hommes.

Mal équipée cette armée fit ce qu’elle pu face à l’offensive austro-hongroise lancée en 1916 et qui submergea rapidement le petit royaume qui ne le savait pas encore mais allait disparaître après moins de dix ans d’expérience.

Feldwebel (sergent) de l’infanterie bosniaque

Au sein de l’empire austro-hongrois on trouvait des unités d’infanterie bosniaques. Appelées Bosniaken, ces soldats étaient recrutés en dehors des régions autrichiennes et hongroises avec une part significative de personnel de confession musulmane (un tiers environ).

Formant des régiments ils portaient leurs propres uniformes, une coiffure distinctive (le fez) et disposaient de leur propre séquence numérale.

En 1914 ils formaient quatre régiments d’infanterie numérotés un à quatre et un bataillon de fusilier de campagne (Feldjägerbataillon).

Suite au Congrès de Berlin, l’Autriche-Hongrie avait reçu l’administration de deux provinces ottomanes, le Vilayet de Bosnie et le Sandjak de Novi-Pazar. L’occupation militaire généra des combats jusqu’en octobre 1878, les austro-hongrois perdant plus de 4000 soldats (946 morts et 3980 blessés).

Pour assurer le maintien de l’ordre les austro-hongrois lèvent une force militaire local baptisée pandurs mais c’est un échec cuisant, nombre d’entre-eux se transformant en brigands qui augmentent l’insécurité qu’ils étaient censés combattre.

En novembre 1881 le gouvernement austro-hongrois passe une loi militaire ou Wehrgesetz obligeant les bosniens à servir dans l’armée impériale.

Cela entraine un certain nombre de révoltes entre décembre 1881 et janvier 1882, révoltes durement réprimées. Il faudra l’intervention du Mufti de Sarajevo pour ramener le calme.

Les premières unités d’infanterie sont levées en 1882 dans les quatre principaux districts de recrutement (Sarajevo, Banja Luka, Tuzla et Mostar). Du format companie ils passent au statut de bataillon (huit en 1889). En 1892 trois autres bataillons sont mis sur pied.

En 1894 l’administration militaire met sur pied l’association du régiment d’infanterie de Bosnie-Herzégovine pour préparer son intégration à l’armée impériale. Cette décision est juridiquement validée mais ne sera pleinement appliquée qu’en 1897. En 1903 le Feldjägerbataillon est mis sur pied.

A l’orée du premier conflit mondial, les quatre régiments d’infanterie bosniaques regroupent 10156 hommes plus 21327 réservistes. Le Feldjägerbataillon comprend 434 jägers (chasseurs) et 1208 réservistes. Sur plan religieux c’est ainsi équilibré avec un tiers de musulmans, un tiers de serbes orthodoxes et un tiers catholiques romains avec respectivement 31, 39 et 25, le reliquat soit 5% étant constitué de catholiques grecs (uniates), de juifs et de protestants.

Durant le premier conflit mondial les effectifs connurent une très grande expansionavec pas moins de 36 bataillons de 1200 hommes chacun soit un effectif théorique de 43200 soldats.

Une telle expansion ne peut se faire sans «tricher» sur l’origine des recrues et on pu voir des hongrois, des polonais, destchèques et des ukrainiens rejoindre les unités bosniennes pendant que des bosniens rejoignaient des unités de recrutement germanophone ou magyarophone. Cela diminua l’efficacité d’unités qui restèrent fidèles à la Double-Monarchie et ce jusqu’à la fin du conflit.

En 1916 la conquête de l’Albanie ouvrit à Vienne un autre vivier potentiel de recrutement et c’est ainsi que 5000 albanais furent recrutés au sein d’unités dont l’encadrement était fourni par des officiers bosniens de confession musulmane.

Plusieurs furent décorés voir anoblis pour acte de bravoure au combat, certains connaissant une deuxième carrière militaire au sein des forces armées de l’Etat indépendant de Croatie ou au sein d’unités recrutées par la Waffen S.S.

En ce qui concerne les uniformes ces régiments ont un certain nombre de particularités comme le fez comme couvre-chef. En théorie les officiers portaient la casquette plate ou le shako mais dans la pratique c’était beaucoup plus compliqué. La vareuse était de même couleur que celles de l’infanterie de ligne allemande, les boutons étaient en bronze. L’uniforme des officiers était bleu clair avec un col rouge et des boutons jaune.

Le Feldjägerbataillon avait un uniforme différent. Les officiers et les cadets portaient le même uniforme que le bataillon de chasseurs tyroliens (Tyrolean Jägerbataillon) alors que les soldats du rang portaient un uniforme gris avec des pattes de col vertes et un fez de couleur rouge-brun.

Le corps de gendarmerie (zandamerijski) portait le couvre-chef des Jägers mais avec des plumes noires.

En 1908 l’uniforme bleu gris clair est introduit pour le combat et le service quotidien, réléguant la tenue décrite plus haut (bleu clair) pour les parades et les périodes de repos. Deux ans plus tard un fez de même couleur est adopté même si le fez rouge-brun était retenu pour la tenue de parade et la tenue de repos.

Durant les combats sur le front de l’est, l’uniforme adopté en 1908 se révéla trop visible et en urgence un uniforme d’une teinte proche de l’armée impériale allemande fût adopté même si comme souvent en temps tous les uniformes ne purent être changés.

En ce qui concerne l’armement, les unités bosniennes furent équipées durant toute leur carrière du fusil Mannlicher M1890.

Mitteleuropa Balkans (118) Yougoslavie (6)

L’Etat indépendant de Croatie

Un certain Ante Pavelic

Ante Pavelic est né le 14 juillet 1889 à Bradina dans le centre de la Bosnie-Herzegovine alors sous occupation austro-hongroise. Il est issu d’une famille modeste, son père ayant travaillé dans les travaux publics, sa mère étant sans profession.

Il parvient néanmoins à faire de longues études puisqu’il entre à l’université de Zagreb en 1910. En 1912 il est arrêté par la police austro-hongroise car soupçonné d’un projet d’assassinat du ban (gouverneur) de Croatie-Slavonie Slavko Cuvaj. Il n’est pas condamné puisqu’il sort diplomé en 1914, obtenant son doctorat en 1915. Clerc de notaire de 1915 à 1918, il devient ensuite avocat.

Durant le premier conflit mondial il joue un rôle clé dans l’action du Parti des Droits. Dès le début il refuse l’union de l’Etat des Slovènes, Croates et Serbes avec le Royaume de Serbie.

En mars 1919 le Parti des Droits réclame une république croate plutôt qu’un roi serbe. En 1921 il élu à l’assemblée locale de la ville de Zagreb. Il est arrêté pour activités anti-yougoslaves en 1921, soupçonné de connexions avec le Comité Croate mais au procès faute de preuves il est acquitté.

Le 12 août 1922 il se marie à une femme d’origine juive Maria Loviencevic qui lui donnera trois enfants, deux filles Visnja et Mirjana et un fils Velimir. Si je précise «origine juive» c’est qu’à l’époque l’antisémitisme est étranger au futur Poglavnik. Cela hélas évoluera même si j’ignore l’origine de cette future haine contre les juifs.

En 1927 il devient vice-président du Parti des Droits et entame un travail d’influence vis à vis de l’Italie pour obtenir le soutien de Rome en vue de démanteler la Yougoslavie. Il est même prêt à l’époque à accepter un protectorat italien et à accepter l’annexion italienne sur les territoires peuplés de croates que Rome considérait comme des terres irrédentes.

Quelques mois plus tard il s’adresse à Mussolini pour obtenir son soutien à une Grande Croatie. Les italiens acceptent.

Le 1er octobre 1928 il se lance dans l’activité subversive sous le camouflage d’un club de sport mais les autorités yougoslaves ne sont pas dupes et le club est très vite interdit.

Le 7 janvier 1929, Il fonde le mouvement Oustachi soit en version originale Ustaša (Ustaša – Hrvatski revolucionarni pokret/ Oustachis _Mouvement Révolutionnaire Croate)

Il quitte la Croatie pour l’Autriche dans la nuit du 19 au 20 janvier 1929 officiellement pour se faire soigner.

Il rallie ensuite Budapest puis Sofia où il signe la Déclaration de Sofia le 29 avril 1929, un accord de coopération avec le mouvement révolutionnaire macédonien VMRO (Vatreshna Makendonska Revolutsionna Organizatasiya). Il est condamné à mort par contumace le 17 août 1929.

Le 25 septembre 1929 il est arrêté à Vienne et expulsé vers l’Allemagne. Il rallie ensuite l’Italie où les autorités fascistes italiennes autorise la mise sur pied de camps d’entrainement pour former des combattants destinés à destabiliser la Yougoslavie.

Des attentats à l’explosif et des assassinats ciblés sont menés ce qui génère une féroce répression, répression qui ne touche pas toujours des coupables mais souvent des innocents qui comme souvent dans ces moments là sont victimes de répresailles aussi stupides qu’aveugles.

En 1932 il y eut une tentative de soulevement qui fût un véritable coup d’épée dans l’eau signe peut être que la situation n’était pas encore assez mure.

Suite à l’assassinat d’Alexandre 1er, il est jugé en France en son absence et condamnué à nouveau à mort. Sous la pression internationale l’Italie l’emprisonne pendant 18 mois avant de l’assigner à résidence jusqu’en septembre 1939 puis de l’expulser en Amérique du Sud.

En 1937 l’Italie signe un accord avec la Yougoslavie retirant son soutien aux oustachis en fermant les camps d’entrainement les plus voyants. Le soutien se fait davantage financier et logistique par des dons en numéraire et fournitures d’armes.

Après s’être fait oublié quelques temps il rentre en Italie en 1942 et relance le mouvement oustachis qui prend de l’ampleur. A plusieurs reprises il est victime de tentatives d’assassinat sans que l’on sache si il il s’agit d’une action de la Yougoslavie ou de rivaux dans le mouvement nationaliste croate.

Après la défaite et l’occupation de la Yougoslavie, il devient le chef de l’Etat indépendant de Croatie soit en version originale Nezavisna Država Hrvatska (NDH), un état qui n’avait d’indépendant que le nom car totalement dépendant de l’Allemagne tandis que l’Italie avait annexé une partie de la Dalmatie et des îles de l’Adriatique.

Zagreb tombe le 14 juillet 1949 et le lendemain 15 juillet l’état indépendant de Croatie est proclamé avec à sa tête Ante Pavelic qui prend le titre de Poglavnik (guide). Un régime autoritaire se met en place, un régime nationaliste, xénophobe et antisémite.

Aussitôt il met en place une politique de purification ethnique en s’attaquant aux serbes, aux juifs, aux roms mais aussi aux communistes. Il va ainsi faciliter l’action des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Plus de 100000 serbes, roms et juifs vont périr dans des camps dits de «relocalisation» mais qui sont vérité de véritables camp d’extermination, le taux de mortalité étant estimé à 95% des suites des travaux forcés, des privations, des maladies et des exactions commis par les gardiens et les gardiennes du camp.

Cela atteignit un tel point que les allemands firent pression sur Ante Pavelic pour que cette politique soit assouplie. Non pour des raisons humanitaires mais pour des raisons militaires (éviter de renforcer les groupes armés et éviter l’envoi de nouvelles troupes plus utiles ailleurs).

Sur le plan extérieur il est fidèle allié de l’Allemagne, engageant des unités sur le front russe dans le cadre de la «croisade antibolchevique».

De la taille d’un régiment, l’unité croate appuyée par des unités aériennes se comportera remarquablement du moins au début mais avec le temps les désertions vont augmenter et la motivation chuter à un tel point que début 1952 le régiment est rapatrié en Croatie et dissous.

L’Etat indépendant de Croatie disparaît dans les convulsions du second conflit mondial. Des unités alliées remontant de Grèce et d’Albanie arrivent en Croatie mais l’essentiel à été fait par les maquisards royalistes et par les partisans communistes unis par une alliance contre-nature qui ne résistera pas à la fin du conflit.

A la fin du conflit Ante Pavelic bascule dans la clandestinité. Pendant plusieurs années on le voit partout en Italie, en Grèce, en Turquie, au Maroc et même en Argentine. Il devient pour ainsi dire une légende.

Traqué par la police royale yougoslave mais aussi par des partisans communistes sans compter différentes initiatives individuelles de juifs, de serbes ou de roms voulant se venger, il est abattu le 18 décembre 1959 lors de l’assaut d’une ferme de la région d’Osijek où il s’était réfugié par une unité parachutiste de l’armée yougoslave communiste. Son corps à été enterré dans un lieu resté secret jusqu’en 2000 quand ses ossements ont été exhumés et rendue à sa famille.

Un Etat croupion au service des allemands : l’Etat indépendant («sic») de Croatie

Le 14 juillet 1949 la ville de Zagreb tombe aux mains des allemands. L’armée yougoslave n’à pas réellement disputé la ville aux forces d’invasion préférant se replier au sud de la ville sur des positions mieux préparéées et plus solides (tout est relatif).

Dès le lendemain, Ante Pavelic, leader du mouvement oustachi proclame la naissance du Nezasvina Dorzava Hrvatska (NDH), l’Etat indépendant de Croatie même si cet état croupion n’à d’indépendant que le nom.

Loin des rêves de Grande Croatie, le Poglavnik doit céder des territoires à l’Italie mais aussi à la Hongrie. La première récupère une partie de la Dalmatie, l’Istrie ainsi que des îles de l’Adriatique tandis que les magyars récupèrent la région de Medimurje (nord-est de la Croatie). Le NDH s’étend également sur la Bosnie-Herzegovine, une partie de la Slovenie et une partie de la Serbie soit 115133 km² et presque sept millions d’habitants.

Les frontières de cet état croupion sont définies au travers d’une série d’accords signé avec l’Allemagne (13 août 1949), avec l’Italie (19 août et 27 octobre en ce qui concerne la frontière croato-monténégrine), avec la Serbie (gouvernorat militaire allemand de Serbie le 7 septembre 1949).

Dès le début se met en place un régime nationaliste, xénophobe et antisémite. Un régime fasciste dans le plus pur et le plus terrifiant sens du terme. Dès le début les serbes, les juifs et les roms sont persécutés.

Les chiffres sont incertains mais ont estime à plus de 100000 morts dans les camps de concentration (22 sur le territoire du NDH), les déplacements forcés de population, les marches de la mort, les opérations de ratissage qui se terminaient invariablement par quelques villages où les habitants étaient massacrés, les habitations incendiées.

Cela génère une guerilla endémique qu’elle soit communiste ou royaliste. De larges parties du territoire échappent très vite à l’autorité de Zagreb.

Sans des querelles entre maquisards et partisans nul doute que l’Etat Indépendant de Croatie aurait été vite submergé par des groupes armées de mieux en mieux organisés, de plus en plus déterminés et de mieux en mieux soutenus par les alliés qui privilégiaient les groupes royalistes tout en offrant une aide limitée aux communistes à la fois pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier mais aussi pour montrer au gouvernement yougoslave en exil au Caire les limites de son pouvoir réel.

Sur le plan de la politique extérieure, la Croatie d’Ante Pavelic est comme la Slovaquie un état satellite du Reich et de l’Italie.

Cette dernière espéraient placer à la tête du pays un prince de la maison de Savoie mais le Poglavnik n’avait pas digéré l’accord italo-yougoslave de 1937 qui avait singulièrement diminué le soutien italien à la cause oustachi.

En avril 1953 l’Italie bascule dans le camp allié et en dépit du maintien d’un état fasciste dans le nord de la péninsule, l’Allemagne donne son accord à l’annexion par la Croatie de tous les territoires occupés par les italiens à l’été 1949.

En ce qui concerne les relations diplomatiques elles sont bien entendues très limitées, les seuls pays reconnaissant le NDH étant l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Finlande, le Japon, la Suisse, la Suède, le Portugal, l’Argentine et le Brésil (même si tous n’envoient pas d’ambassadeurs à Zagreb).

Sur le plan militaire, une garde nationale et une armée nationale croate sont mises en place, deux entités concurrentes. La première doit surtout assurer la défense du territoire contre les partisans et les maquisards alors que la seconde est plus destinée à opérer à l’étranger.

Soldats croates sur le front de l’est.

C’est ainsi que l’armée nationale croate va envoyer un régiment d’infanterie sur le front de l’est, régiment rattaché à une division d’infanterie allemande. Elle participe dès le début à l’opération BARBAROSSA avec un comportement honorable. En clair ce n’est ni la meilleure ni la pire unité de l’Axe sur le front russe.

Très vite la situation va dégrader avec de plus en plus de désertions surtout après la contre-attaque russe de l’hiver 1950/51. Le régiment est réorganisé et complété avec des recrues venues de Croatie mais ces recrues ne sont pas toutes des soldats de premier ordre et il n’est pas impossible que certains ne soient que des criminels cherchant à se faire oublier en s’engageant dans l’armée.

La situation devient telle que les allemands exigent le rapatriement du régiment en Croatie au début de l’année 1952.

Pendant ce temps la Garde Nationale Croate est montée en puissance car considérée comme plus sur par le régime oustachi. En novembre 1952 l’armée nationale croate et la garde nationale fusionne ou plutôt la seconde absorbe la première après avoir fait le ménage.

Cette garde nationale croate nouvelle version s’identifie de plus en plus avec le régime oustachis au point que certains l’ont comparé avec la Waffen S.S ce qui probablement lui faire trop d’honneur.

Cette garde nationale croate si elle se montre à son avantage face aux maquisards et aux partisans va être en dessous de tout face aux troupes alliées.

Elle se désintègre totalement au printemps 1954, les plus chanceux parvenant à rallier le nord de l’Italie, se fondant dans la masse des réfugiés et si certains sont découverts et livrés aux royalistes yougoslaves d’autres parviennent à fuir en Amérique du Sud ou à s’engager dans la Légion Etrangère.

Les plus malchanceux sont capturés par les partisans et/ou les maquisards et le plus souvent sommairement exécutés.

Une petite aviation et une petite marine sont également mis sur pied mais leur utilité va être très limitée.

Mitteleuropa Balkans (78) Roumanie (8)

Montée des extrémismes et tournant autoritaire

La constitution de 1923 puis la loi électorale de 1926 avait donné officiellement les mêmes droits politiques aux roumains qu’aux minorités nationales qu’il s’agisse des allemands, des hongrois, des roms ou des juifs.

Cette situation était inacceptable pour une partie des roumanophones qui estimaient que ces gens là bien que citoyens du royaume de Roumanie n’étaient pas de vrais roumains et surtout des traitres en puissance.

Un certain Corneliu Codreanu

Corneliu Codreanu

Cette opposition est symbolisée par le Légion de l’Archange Michel plus connu sous le nom de Garde de Fer, un parti nationaliste, violement xénophobe et antisémite dirigé par Corneliu Zelea Codreanu.

Avant de parler de son mouvement, quelques éléments biographiques concernant celui que ses partisans avaient appelé Capitanul (le capitaine).

Corneliu Zelea Codreanu est né Corneliu Zielinski ,e 13 septembre 1899 à Husi en Bucovine. Il est issu d’une famille germano-roumaine de Bucovine. Il est donc sujet austro-hongrois jusqu’à ses dix-huit ans.

A l’époque il est profondément marqué par la misère des paysans roumains alors que dans les villes les germanophones qu’ils soient allemands ou juifs sont nettement plus à leur aise. Nul doute que cela va jouer un rôle dans sa maturation politique. Il épouse Elena Ilinoiu en 1925.

Bien que n’ayant pas l’âge requis il rejoint à l’âge de seize ans l’armée roumaine. Il est le témoin des exactions de troupes russes débandées qui pillent et incendient les villages roumains de Moldavie et de Bessarabie.

C’est à cette époque que ses convictions politiques se forgent. Il considère qu’une nation est un organisme vivant qui doit être défendu contre les agressions extérieures que sont pour lui le bolchévisme, le cosmopolitisme et l’affairisme. Il dresse une image idéale d’un peuple roumain pétri de culture chrétienne orthodoxe et de valeurs traditionnelles. C’est à cette date qu’il roumanise son nom et qu’il adopte la religion orthodoxe alors qu’il était originellement catholique.

Sa carrière politique va commencer en 1922 quand à l’université de Iasi il prend la tête de la Société des Etudiants de Droit qu’il dissout pour créer l’Association des étudiants chrétiens. Il se fait connaître en se barricadant à l’intérieur de l’université pour protester contre la laïcisation de l’enseignement et réclame un numerus clausus vis à vis des minorités hongroises et germanophones.

Codreanu devient violement anticommuniste et antisémite suivant en cela les traces de son père. Il adhère en 1919 à la Garda Constiintei Nationale (Garde de la conscience nationale), un mouvement anticommuniste destiné à offrir au prolétariat une alternative à l’idéologie bolchévique.

En 1920 il joue les briseurs de grève contre les syndicalistes socialistes dans les Ateliers Nicolina travaillant pour les chemins de fer roumains. Il se rend également à Berlin et à Iena mais aussi en Savoie où il découvre les écrits de Gobineau et de Charles Maurras.

En 1923 il fonde la Liga Apărării Național Creștine (Ligue de défense nationale chrétienne) et en 1924 il assassine par balle devant le tribunal le préfet de police Manciu mais est acquitté car l’instance constate qu’il était en état de légitime défense.

Ne s’entendant plus avec des membres de la Ligue de défense nationale chrétienne, il fonde aux côtés de Ion Mota, Corneliu Georgescu, Ilie Gârneață et Radu Mironovici, la Legiunea Arhanghelului Mihail en français la Légion de l’archange Michel.

Cette organisation allait très vite recevoir le surnom de Garde de Fer en roumain Garda de fier. Cette dernière dénomination provient de son emblème qui représentait six faisceaux noirs (trois verticaux et trois horizontaux) sur fond vert et fut appelé «la Grille en fer» par dérision ce qui poussa Codreanu à transformer ce sobriquet en Garde de Fer.

Ses membres se baptisaient eux mêmes légionnaires car l’autre nom du mouvement était Mouvement Légionnaire (Miscarea Legionara).

Ce mouvement dénonce la démocratie parlementaire, les juifs, les communistes, les francs-maçons mais aussi contre les artistes qu’ils jugent «décadents». Bref tous ceux qui ne soutiennent pas la religion chrétienne et le nationalisme roumain. Il se distingue donc des nationaux-socialistes allemands par l’importance du christianisme dans leur idéologie. Le mouvement légionnaire doit être une école et une armée pour affronter la «puissance juive».

Codreanu est élu député du judet de Neamt en 1931 puis réelu en 1932 dans le district de Tutova.

Le 10 décembre 1933 le gouvernement libéral de ion Duca annule les élections et interdit la Garde de Fer. En réponse des légionnaires assassinent le premier ministre en gare de Sinaia le 29 décembre 1933.

Suite à l’interdiction du mouvement, Codreanu fonde un parti politique baptisé Totul Pentru Tara (Tout pour le pays) et en décembre 1937 ce parti signe un accord électoral avec le parti national-paysan qui remporte les élections de 1937.

Carol II

Le gouvernement réagit et le roi Carol II annule les élections le 13 février 1938, suspend la Constitution et instaure une dictature personnelle que l’histoire à retenu sous le nom de carlisme ou de dictature carliste. Le roi confie les pleins pouvoirs au ministre de l’intérieur Armand Călinescu.

Il est condamné à six mois de prison pour une attaque verbale contre Nicolae Iorga puis en mai 1938 à dix ans de travaux forcés pour sédition. Ses partisans multiplient les attentats contre les personnalités gouvernementales, les partis, les temples maçonniques, les synagogues. Une ambiance de guerre civile s’installe dans le pays.

Dans la nuit du 29 au 30 novembre 1938, Codreanu est exécuté avec d’autres légionnaires sur ordre personnel du roi même si officiellement il est abattu suite à une tentative d’évasion. Sa mort en fait un martyr pour ses partisans et déclenche une série d’émeutes et d’attentats prémices à des événements bien plus grands qui allaient durablement marquer l’histoire politique roumaine.

La Garde de Fer

Drapeau de la Garde de Fer

La Garde de Fer va donc jouer un rôle crucial dans l’histoire de la Roumanie. Même après son interdiction suite à un coup d’état manqué (doublé d’un pogrom) son influence va être durable au point qu’un célèbre historien roumain à parlé de cancer et de métastases.

Si nombre de ses militants ont été tués ou emprisonnés, certain ont échappé à la police et ont pu continuer à sévir de manière moins voyante. Les plus motivés ou les plus résilients termineront au sein de la Waffen S.S et les survivants du second conflit mondial se sentiront pousser des vocations de mercenaires au point d’alimenter le fantasme d’une «Internationale Noire» largement surestimée et largement instrumentalisée par des journalistes en mal de sensations fortes.

Officiellement baptisé Légion de l’Archange Michel (Legiunea Arhanghelului Mihail), la Garde de Fer à pu compter jusqu’à 23000 membres ce qui n’est certes pas un parti de masse mais suffisant pour constituer une véritable nuisance.

Mouvement proto-politique, la Garde de Fer allait après son interdiction devenir un parti politique (NdA ce qui est ironique pour un mouvement dénonçant le régime des partis) baptisé Totul pentru Tara que l’on peut traduire par «Tout pour le pays».

La Légion ou mouvement légionnaire est créée le 24 juillet 1927 à Iasi par Corneliu Codreanu suite à une scission au sein de la Ligue de défense Nationale chrétienne. Ce mouvement reste comme tout parti extrémiste longtemps minoritaire surtout dans un pays où le régime est pro-occidental.

Il est même un motif de raillerie, le nom de Garde de Fer étant à l’origine un sobriquet attribué par les ennemis de Codreanu (un peu comme le terme intellectuel au moment de l’affaire Dreyfus).

Il séduit essentiellement les étudiants et des jeunes d’origine modeste révulsés par la corruption, la démocratie parlementaire roumaine étant sécouée comme celle de la Troisième République par plusieurs affaires politico-financières.

Ce mouvement va naturellement profiter de la crise de 1929 qui provoque déclassement, pauvreté et misère. Un meilleur niveau d’éducation des minorités juives, hongroises et allemandes favorisait leur ascension sociale au détriment de la majorité roumanophone essentiellement rurale et moins cultivée.

Un vrai fossé se creusait entre les élites urbaines pas toujours roumanophones et les légionnaires qui se considéraient comme de vrais roumains, les premiers considérant les seconds comme des ploucs, les seconds considérant les premiers comme des parasites infectant le «corps national roumain».

La monarchie roumaine compris rapidement le danger posé par la Garde de Fer. Une véritable guerre opposa le gouvernement au mouvement légionnaire, de nombreux militants étant capturés et d’autres abattus, les partisans du Capitanul se livrant à plusieurs assassinats.

Défilé de la Garde de Fer

En mars 1930 une véritable branche paramilitaire est créée. Le 10 décembre 1933, le premier ministre libéral Ion Duca interdit le mouvement. Il paye cette acte de sa vie puisqu’il est assassiné le 29 décembre 1933 en gare de Sinaia.

Son interdiction favorise l’ascension électorale du part issu de la Garde de Fer qui devient le troisième parti au parlement. Il sert d’aiguillon aux partis plus traditionnels et certaines de leurs revendications sont admises comme un numerus clausus dans les universités pour bloquer l’accès aux minorités et favoriser les «roumains de souche», une politique reprochée par les alliés de la Roumanie.

Le 10 février 1938 suite au coup d’état carliste le parlement est dissous, parlement où les légionnaires formaient une minorité de blocage (ils étaient même rentrés au gouvernement deux jours plus tôt).

Deux mois plus tard Codreanu est emprisonné et tué dans la nuit du 29 au 30 novembre 1938 officiellement lors d’une tentative d’évasion en réalité en représailles pour le meurtre d’un ami du ministre de l’intérieur Armand Calinescu.

Ce dernier devient premier ministre mais pour peu de temps car il et assassiné par des légionnaires le 21 septembre 1939. Une quasi-guerre civile secoue le pays.

Dictature carliste et Conducator

Le 10 février 1938 devant la montée des périls, le roi de Roumanie Carol II suspend en pratique la constitution de 1923 et impose une dictature royale faisant rentrer la Roumanie dans l’ère du carlisme ou carlismul en roumain.

Ce mouvement n’est pas né exclusivement de la volonté du fils de Ferdinand 1er mais d’un mouvement plus vaste. A la fin des années vingt émerge le Frontul Renasterii Nationale (FRN) ou front de renaissance nationale qui réclame le remplacement du jeune Michel 1er par son père Carol II qui avait du renoncer au trône en 1925.

Ce mouvement légitimiste (après tout les droits de Carol sont plus légitimes que ceux de son jeune fils) était antiparlementaire et autoritaire, critiquant les autres partis corrompus et facteurs de division face aux nationalistes et aux communistes. En gros si on devait simplifier, le FRN semble vouloir rassembler les «centristes» mais dans une optique autoritaire et pas vraiment «centriste».

Ce mouvement séduit beaucoup la classe moyenne qui ne se retrouve pas comme la jeunesse roumaine dans les mouvements nationalistes (Garde de Fer) et communistes.

En 1930 Carol II devient roi et huit ans plus tard ce même mouvement carliste favorise l’instauration d’une dictature royale qui va mener une véritable guerre contre le mouvement de la Garde de Fer qui subit un impitoyable répression.

Le 10 février 1938 les carlistes organisent donc un coup d’état contre le Parlement, donnant les pleins pouvoir au FRN et donc en pratique à Carol II. La constitution de 1923 est vidée de sa substance, le décret royal prévaut désormais sur la loi. Les opposants sont emprisonnés ou assassinés.

Sur le plan de la politique étrangère c’est un jeu d’équilibre même si le tropisme pro-allié est maintenu. Cependant les décrets discriminatoires du gouvernement Goga ne sont pas abrogés et l’Axe reçoit les mêmes facilités économiques que ceux offertes aux alliés.

C’est ainsi qu’un accord permet à l’Allemagne de pouvoir acheter à un prix modique du carburant issu des raffineries de Ploesti. Le 13 mai 1939 les frontières roumaines sont garanties par les français et les britanniques mais les garanties c’est comme les promesses cela n’engage que ceux qui y croient vraiment.

Durant la guerre de Pologne, la frontière roumano-polonaise est ouverte permettant à des milliers de soldats et de civils polonais d’échapper aux griffes nazies et communistes. Les civils sont pris en charge par ce qu’on appelle pas encore des ONG et les militaires sont brièvement internés avant d’être exfiltrés au Levant et en Egypte pour reconstituer une armée en faveur d’un gouvernement polonais en exil (qui s’installe à Nantes).

En clair la Roumanie se fait désirer, espérant ainsi s’engager pleinement dans le camp lui offrant les meilleures garanties et les promesses les plus alléchantes.

La désillusion sera terrible, la pression allemande et le refus allié de garantir leur aide militaire en cas d’agression soviétique oblige le gouvernement roumain à accepter le démembrement de la Grande Roumanie.


C’est ainsi que suite au deuxième accord de Vienne signé le 30 août 1940 au palais du Belvédère, Bucarest doit céder à son «allié» hongrois la Transylvanie du Nord, la Maramurie et une partie de la Cresava.

Les roumains vont évacuer cette région avec une infinie lenteur générant des frictions et même quelques affrontements militaires mais il s’agissait plus d’escarmouches qu’autre chose. En revanche l’occupation hongroise sera très dure pour les roumanophones restés sur place avec plusieurs massacres dont certains seront punis seulement à la fin du second conflit mondial.

Cette cession entraine le démantèlement d’une ligne fortifiée récemment construite la Ligne Carol II. Elle couvrait la frontière roumano-hongroise sur 300km avec 320 casemates armés de mitrailleuses, des positions d’artillerie entre les casemates, des barbelés, des champs de mines et un fossé antichar. En clair pas vraiment une copie orientale de notre Ligne Maginot. Les hongrois vont un temps la réutiliser mais très vite vont à leur tour l’abandonner et faire sauter les casemates restants.

Après la perte de la Transylvanie du Nord, la Roumanie va perdre au profit de l’URSS la Bessarabie et la Bucovine du Nord suite au refus allemand de défendre les frontières roumaines contre une agression soviétique. L’Armée Rouge occupe ainsi ces anciens territoires de l’empire tsariste entre le 28 juin et le 3 juillet 1940.

La Roumanie boit le calice jusqu’à la lie en cédant le 7 octobre 1940 la Dobroudja du Sud à la Roumanie suite au Traité de Craïova.

Si les légionnaires de la Garde de Fer sont vent debout ce qui n’est pas nouveau mais même la partie modérée de l’opinion lui en veut énormément. Pour ne rien arranger des scandales privés et de corruption ternissent un peu plus l’image d’un roi dont le trône ne tient plus qu’à un fil.

Antonescu et Mussolini lors d’une visite du Conducator à Rome au printemps 1941

Le 5 septembre 1940 Carol II tente le tout pour le tout en nommant le maréchal Antonescu comme premier ministre. Il espérait ainsi se racheter une conduite en nommant un général populaire dans l’opinion mais c’est trop tard beaucoup trop tard. Au lendemain de sa nomination, Antonescu oblige Carol II à abdiquer en faveur de son fils Michel qui redevient roi dix ans après avoir du renoncer au trône.

Deux heures à peine après son abdication, il est discrètement exfiltré en direction de la gare de Bucarest en voiture, une transportant l’ancien roi et deux autres servant de leurres. Sage précaution car les deux voitures leurres sont attaquées !

Arrivé à la gare, il est mis dans le premier train pour Belgrade. Son train est d’ailleurs mitraillé par la Garde de Fer à la frontière roumano-yougoslave. Cela entraine un incident de frontière qui menace de dégénérer en une guerre entre Belgrade et Bucarest. Après un court séjour en Suisse, il se réfugie au Portugal où comme nous le savons il décédera le 4 avril 1953.

Une fois le roi Carol II hors course se pose la question de l’avenir politique de la Roumanie ? Doit-elle rester un royaume ? Devenir une république ?

Il semble qu’un temps Antonescu est songé à devenir régent sur le modèle hongrois mais il préfera garder un semblant de légalisme en proclamant Michel 1er âgé de dix-neuf ans roi de Roumanie.

Sans pouvoir ce dernier n’est pas sans influence. Si il ne s’exprime pas publiquement il manifeste en privé sa mauvaise humeur.

Très populaire auprès d’une partie de l’opinion roumaine, il doit être ménagé par le Conducator. Il couvre également les agissements de son entourage en faveur des juifs persécutés et garde de précieux contacts en Occident à une époque où Bucarest à clairement choisit le camp allemand.

Le 14 septembre 1940 huit jours après l’abdication de Carol II et l’avènement de Michel 1er, l’Etat National-légionnaire (Statul national-legionar) voit je jour. Ce régime est plus qu’un régime autoritaire est un régime totalitaire, le premier de l’histoire de la Roumanie, mettant fin au régime carliste instauré en février 1938.

A la tête de ce régime le maréchal Ion Antonescu appelé la Conducator (titre donné par Michel 1er) qui gouvernait le pays en compagnie de la Garde de Fer. Cette dernière était entrée au gouvernement dès le 28 juin 1940 alors que le roi Carol II était clairement aux abois mais son rôle devint vraiment prégnant qu’à partir du 14 septembre 1940.

Tout comme il est important de savoir qui était Codreanu, le créateur de la Garde de Fer, il est important de savoir qui était le «Guide».

Ion Antonescu est né à Pitesti au nord-ouest de Bucarest le 15 juin 1882. Fils d’officier, il est issu de la classe moyenne. Dès son plus jeune il se destine (ou est destiné) au métier des armes puisqu’il est envoyé à l’Ecole d’infanterie et de cavalerie de Craiova.

Quand il est encore jeune son père divorce puis se remarie avec une femme juive. Ion Antonescu s’entend très mal avec sa belle-mère et certains on voulu y voir la cause originelle de son futur antisémitisme.

Après avoir été diplômé de l’Ecole Supérieure de Guerre de Bucarest, il participe à la deuxième guerre Balkanique puis à la première guerre mondiale où il se fait remarquer par son courage, son énergie et sa maitrise du facteur logistique souvent négligé au profit de la manœuvre (Cela ne l’empêchera pas de commettre de multiples erreurs au moment de mener l’armée roumaine au combat durant l’opération BARBAROSSA).

Chef de la section opérations du grand quartier général, il participe à la guerre roumano-hongroise de 1919 et notamment à l’occupation de Bucarest qui favorisera l’arrivée au pouvoir du régent Horthy.

Lieutenant-colonel, il est décoré de l’ordre Michel le Brave (3ème classe), la plus importante décoration militaire roumaine.

De 1922 à 1926 il est attaché militaire à Paris puis à Londres avant de prendre la tête de l’Ecole Supérieure de Guerre (1927-1930). Il intègre en 1933/34 le Grand Etat-Major.

Général de division le 25 décembre 1937, il occupe pour la première fois le poste de Ministre de la Guerre du 28 décembre 1937 au 30 mars 1938 avant d’être débarqué pour incompatibilité d’humeur avec Carol II.

Il redeviendra ministre de la guerre le 6 septembre 1940 au moment de l’abdication du roi et au lendemain de sa nomination comme président du Conseil des Ministres de Roumanie, poste qu’il va occuper jusqu’au 25 septembre 1953 même si son intitulé va changer au cours de la période et ce à plusieurs reprises (voir plus bas). Du 26 janvier 1941 au 1er janvier 1943 il assume l’interim aux Affaires Etrangères.

A la différence de la Garde de Fer composée de nationalistes roumaines, Antonescu est davantage pro-allemand, persuadé que la seule façon pour la Roumanie de survivre c’est de s’accrocher au wagon allemand.

On sait aujourd’hui que si il avait été débordé par le coup d’état et le pogrom mené par la Garde de Fer le 21 janvier 1941, des troupes allemands seraient intervenues sous la forme de parachutistes largués sur l’aérodrome de Bucarest.

Très populaire au moment de sa nomination, Antonescu parvint comme nous le verrons à marginaliser la Garde de Fer mais l’absence d’un corpus idéologique clair et précis le fragilise. Il est certes un conservateur autoritaire, un nationaliste violement antisémite (il participe à la Shoah et ne condamne pas le pogrom de janvier 1941) mais il est surtout vu comme un opportuniste.

Il engage la Roumanie dans le second conflit mondial, Bucarest effectuant un effort considérable, colossal sur le front russe, un effort pas vraiment récompensé par les allemands.

Après la déroute de l’opération FRIEDRICH, le pouvoir du Conducator est clairement en danger et des tentatives de coup d’état sont déjouées. Certes aucun projet n’était vraiment mûr, aucun projet n’avait une chance de réussir mais c’était autant de signaux inquiétants.

Avec l’accumulation de mauvaises nouvelles, Antonescu hésite, tergiverse. Cela favorise l’action de ses adversaires politiques qui le renverse le 25 septembre 1953. Emprisonné en URSS, il est livré aux roumains en octobre 1954 puis emprisonné à la prison de Jilasa.

A l’issu d’un procès organisé du 7 septembre 1955 au 14 avril 1956 il est condamné à mort en compagnie de douze autres hiérarques du régime déchu. Il semble que jusqu’au bout il à espéré la grâce du roi mais à l’aube le 1er juin 1956 il est fusillé à l’âge de soixante-treize ans.

Sur le plan privé, il se marie une première fois avec Rachel Mendel-Antonescu avec laquelle il à un fils puis se remarie (sans avoir officiellement divorcé !) avec Maria Nicolescu (sans descendance) ce qui fait un poil désordre pour celui qui se présentait comme le défenseur des valeurs chrétiennes.

Encore aujourd’hui le personnage d’Antonescu clive énormément en Roumanie. Certains tentent de le réhabiliter mais ils sont peu nombreux. La majorité des historiens s’accorde à dire qu’il était surtout un opportuniste plus qu’un véritable idéologue.

Le 27 septembre 1940 la Roumanie se retire du Pacte Balkanique puis adhère à l’Axe le 23 novembre 1940.

Dans la soirée du 26 novembre 1940 des légionnaires de la Garde de Fer font irruption dans la prison de Jilava, extraient de leurs cellules soixante-quatre responsables de l’ancien régime (ministres et chefs militaires responsables de la répression contre le mouvement légionnaire) et les abattent sans jugement.

Cet événement va dégrader un peu plus l’image internationale de la Roumanie (déjà passablement entachée par la législation antisémite) et surtout marquer le début de la fin de la coopération entre Antonescu et la Garde du Fer, le premier estimant la seconde incontrôlable et la seconde estimant le premier bien trop mou.

Comment en est-on arrivé là ? A l’origine le futur Conducator voulait juger les responsables des actions légales et illégales contre le mouvement créé par Codreanu. Ces prisonniers étaient gardés par l’équivalent roumain de la S.S en armes (qui allait donner naissance à la Waffen S.S) ce qui était pour le moins ambigüe.

Alors que l’enquête se poursuit, le gouvernement prend la décision de transférer les prisonniers dans un nouvel établissement pour les interroger et si besoin est les inculper. Le préfet de police Stefan Zavoianu, membre de la garde de fer ne peut l’accepter, craignant que le maréchal ne fasse preuve de clémence.

Avertis de ce mouvement d’humeur et craignant pour la sécurité des prisonniers, les autorités roumaines décident de remplacer les légionnaires par des militaires pour assurer le transfert prévu le 27 novembre 1940.

Dans la soirée du 26, un escadron de la mort de vingt personnes pénètre dans la prison de Jilava et exécuta les prisonniers. D’autres assassinats sont menés dans la journée du 27 signe que la Garde de Fer se sent toute puissante.

Ce massacre, cet assassinat de masse à probablement été provoqué par la découverte du corps de Codreanu le 25 novembre 1940. Ce dernier sera réenterré dans le cadre d’une grande cérémonie qui se déroula dans une ambiance de délire mystique qui fit dire à certains roumains que les légionnaires n’étaient qu’un ramassis de fou-furieux bons pour l’asile.

Le massacre de Jilava ne resta pas sans conséquences judiciaires. Six personnes sont commandés à mort et fusillées, treize autres condamnées à mort par contumace.

La législation antisémite est encore renforcée avec l’expropriation des domaines fonciers, des domaines forestiers et de certaines entreprises.

Antonescu devient le chef d’honneur de la légion , Sima devient vice-Premier ministre, cinq «gardiens» deviennent ministres (Affaires Etrangères, Intérieur, Education et Cultes), des préfets issus de la Garde de Fer sont nommés dans les 45 judete. De nombreux secrétaires de ministère sont également issus du mouvement fondé par Codreanu.

Comme nous venons de le voir, les légionnaires trouvent Antonescu trop mou. Les frictions sont de plus en plus nombreuses, frictions qui ne peuvent qu’aboutir à une épreuve de force. Elle se produit en janvier 1941 avec une tentative de coup d’état doublé d’un terrifiant pogrom contre la communauté juive de Bucarest.

Le principal point d’achoppement concerne la question juive. Pas sur leur persécution Antonescu n’est pas philosémite mais sur l’utilisation des richesses spoliées sur la communauté juive qui cherche d’abord à acheter sa protection avant de se rendre compte que cela ne servait rien. On ne compte plus le nombre de juifs qui ruinés furent emprisonnés après avoir naïvement dans l’efficacité de la «protection».

A cela s’ajoute la question de l’accès des juifs aux emplois. La Garde de Fer veut virer tout de suite tous les juifs alors que pour Antonescu il faut le faire progressivement.

Durant les vingt jours séparant la rébellion, la propagande antisémite atteint des sommets inouis en terme d’exagération et de violence. Parallèlement les légionnaires comme Antonescu cherchent à apparaître comme le meilleur allié de l’Allemagne. Cette servilité est difficilement compréhensible car la paix règne en Europe et qu’il y à des incidents de frontière commis par les soviétiques, incidents que ne condamne pas les allemands.

Les allemands ne prennent pas vraiment partie du moins officiellement. Officieusement les allemands craignent l’indiscipline et le jusqu’au-boutisme des légionnaires qui pourrait déstabiliser un état capital pour l’économie allemande.

Le 19 janvier 1941 Antonescu supprime les commissaires de roumanisation, postes influents et bien payés tenus par les légionnaires. Il remercie les ministres et les responsables des actes de terreur commis en Roumanie. Des membres de la Garde de Fer convoqués à Bucarest sont emprisonnés sans ménagement.

Le 20 janvier 1941 des combats éclatent entre la police (essentiellement aux mains des légionnaires) et l’armée. Antonescu lance un appel au calme mais comme la presse est sous contrôle des légionnaires cet appel n’est pas relayé contrairement aux appels à lutter contre le règne des juifs et des francs-maçons.

Les légionnaires saccagent Bucarest mais l’armée et les civils restent fidèles à Antonescu. Pendant deux jours l’armée roumaine est sur la défensive avant de vigoureusement contre-attaquer les légionnaires.

Parallèlement à ce coup d’état, un pogrom frappe les quartiers juifs de Bucarest (Dudesti et Vacaresti). En fait il démarre quelques heures avant la rébellion légionnaire ce qui est signficatif.

Les magasins et les synagogues sont pillés et incendiés, de nombreux juifs sont arrêtés, torturés et assasinés. De nombreuses personnes y participe mais peu de militaires. On trouve des légionnaires, des civils, des criminels, des femmes et même des enfants. Une folie meurtrière semblait s’être emparée des habitants de Bucarest.

Parmi les centres de torture on trouve la préfecture de police, les bureaux de la compagnie «George Clime Engineering», le commissariat de police n°15, le siège de l’union des communautés juive, le Moulin Straulesti, la mairie de Jilava, le siège central de la Légion, le siège de la Légion, 1 rue Circulaire et le commissariat de police n°13.

Dans la forêt de Jilava, 90 juifs sont transférés, mitraillés avant d’être achevés d’une balle dans la tête. Le lendemain quelques légionnaires se rendent dans la forêt pour récupérer bijoux et vêtements, laissant les corps sans sépulture. Le 23 janvier 1941 quinze juifs sont massacrés à l’abattoir de Bucarest.

Le bilan de ce pogrom est lourd : 125 juifs de Bucarest ont été assassinés, 120 corps sont retrouvés et cinq jamais découverts. Le bilan final est incertain, il est possible que certaines victimes n’ont pas été recensées. 1274 ateliers, usines, magasins et appartements ont été saccagés et détruits. Peu de roumains ont eu le courage de s’opposer à ces exactions…… .

Tout comme un Adolphe Thiers au moment de la Commune, Antonescu laisse la situation pourrir avant de passer à la contre-attaque. L’armée est furieuse contre les légionnaires puisque des soldats ont été désarmés, dépouillés de leurs uniformes et pour certains brûlés vifs.

Les troupes de l’Armata Regala Romana placées sous le commandement du général Illie Steflea vont être sans pitié. Trente soldats sont tués et une centaine blessés alors que dans le camp opposé le nombre de mort oscille selon les sources entre 200 et 800 morts.

Environ 30000 légionnaires vont fuir en direction de l’Allemagne ou de l’Italie. 9000 d’entre-eux sont internés dans des camps de travail. Certains s’évaderont et rallieront l’Allemagne où beaucoup s’engageront dans la Waffen S.S. D’autres se réfugieront grâce à des complicités en Espagne et au Portugal. 1842 légionnaires sont jugés et condamnés à des peines allant de quelques mois de prison à la prison à vie. Les chefs de la Garde de Fer s’exilent en Allemagne, certains terminant dans la Waffen S.S.

C’est le coup de grâce de l’Etat National-Légionnaire qui est officiellement abolit le 14 février 1941. Le 22 février 1941, Antonescu devient président du conseil et guide (Conducator) du royaume de Roumanie, titre qui est modifié en mars 1949 au profit de guide et protecteur du royaume de Roumanie (protector și ghid) même si ce titre sera finalement peu utilisé.

Le régime adopte une politique étrangère très germanocentrée ce qui ne fait pas l’unanimité en Roumanie où on garde un très mauvais souvenir de l’occupation allemande du pays durant le premier conflit mondial.

En dépit du contrôle de la presse par les légionnaires nul n’ignore le tolé provoqué par le projet de stationnement de troupes allemandes dans le nord de la Roumanie.

Ce projet sera donc abandonné ce qui n’empêchera pas les allemands d’étudier minutieusement les ressources et les capacités de l’armée roumaine en vue de potentielles actions militaires communes.

On notera tout de même que la mission militaire allemande composée de 750 membres était l’un des plus nombreuses déployée par Berlin à l’étranger, signe de l’importance du pays.

Avec le temps les relations entre Antonescu et le roi Michel 1er se dégradent. Si le jeune roi à approuvé la répression contre la Garde de Fer, il apprécie de moins en moins d’être mis sur la touche surtout qu’il à pu se rendre compte qu’il était vraiment apprécié par l’opinion publique roumaine.

Une partie de la classe politique est plus monarchiste que fasciste (encore qu’Antonescu n’est pas un fasciste «chimiquement pur», la répression impitoyable de la garde de Fer l’ayant démontré) mais les quelques consultations visant à rétablir un régime démocratique en Roumanie se heurtent à des querelles de chapelle et surtout de personnes.

Le 14 mars 1947 le roi Michel 1er est assigné à résidence à Constansa et menacé d’exil. Des manifestations monstres sont durement réprimées par l’armée et des troupes paramilitaires fidèles au Conducator mais Antonescu comprend qu’il doit lâcher du lest.

Le roi est libéré le 4 octobre 1947 mais toujours sans pouvoir, l’entourage du maréchal (mais visiblement par le maréchal lui même) lui ayant fait comprendre que la prochaine fois il sera moins question de conciliation et davantage d’exil et de répression.

Quand le second conflit mondial éclate, Michel 1er devient commandant en chef des forces armées roumaines mais bien entendu c’est un poste purement symbolique, un os à ronger donné pour calmer les éléments monarchistes de l’armée. Il passe en revue des troupes à Bucarest, préside des défilés mais n’est pas associé à la politique diplomatico-miliitaire du ressort exclusif du Conducator.

Mitteleuropa Balkans (52) Bulgarie (16)

L’armée bulgare dans l’entre-deux-guerre

Le traité de Neuilly-sur-Seine signé le 27 novembre 1919 comprend de sérieuses clauses militaires qui vont limiter la puissance de l’armée bulgare dont les effectifs sont limités à 20000 hommes en incluant les forces intérieures et les gardes frontières.

Les unités plus grande que la division sont interdites mais les trois inspectorats qui doivent mettre en place en temps de guerre autant d’état-major d’armées sont maintenus sous la désignation passe-partout de «Garnison de 1ère classe», garnisons installées à Sofia, Varna et Plovdiv. Naturellement l’armée de terre du tsar Boris III ne peut posséder ni chars ni artillerie lourde.

En 1928 la commission de contrôle alliée quitte le pays ce qui permet à la Bulgarie de prendre de plus en plus de libertés avec ces limitations. C’est ainsi qu’une quatrième garnison de 1ère classe voit le jour en 1928 à Pleven. De nouveaux plans de mobilisation sont mis au point, plans qui selon les époques prévoyaient la mise sur pied de quatre à cinq armées avec jusqu’à 30 divisions.

Après 1934 l’armée bulgare à pu déjà augmenter ses effectifs avec quatre armées (en réalité des corps d’armée) et huit divisions d’infanterie ce qui représente une force de combat de 40 régiments d’infanterie, de 19 régiments d’artillerie et de 10 régiments de cavalerie. Les effectifs atteignent déjà 103000 hommes.

Comme tous les vaincus elle va tenter de contourner ces interdictions mais il faudra attendre la signature de l’accord de Salonique le 31 juillet 1938 avec ses voisins pour que les limitations militaires du traité de paix soient définitivement abandonnées et que le réarmement déjà entame de facto le soit de jure.

En ce qui concerne l’équipement il est modernisé même si les moyens manqueront pour renouveler totalement l’équipement de l’armée bulgare.

Chenillette L-3

Cette dernière va s’équiper de chars et de véhicules blindés d’abord italiens (CV-33) et britanniques (Vickers type E) puis essentiellement tchèques et allemands.

Vickers type E

Ces moyens vont former deux brigades blindées mais le projet de les transformer en véritables divisions blindées ne verra jamais le jour faute de moyens (la Bulgarie ne possède qu’une faible industrie et dépend de manufacturiers étrangers pour s’équiper).

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement dans son outil militaire. Enfin tout est relatif et si une petite industrie militaire voit le jour elle ne peut couvrir tous les besoins de l’armée de Boris III qui dépend encore des importations notamment allemandes.

Ces derniers sont réticents à livrer le matériel demandé non seulement parce qu’ils doivent privilégier l’équipement de leur armée mais aussi et peut être surtout parce qu’on se méfie des bulgares.

Panzer IV Ausf G

Les demandes en matériel ne seront jamais satisfaites mais certaines étaient tellement extravagantes (500 Panzer IV et 300 Stug III par exemple) qu’on est en droit de se demander si il ne s’agissait pas de demander plus pour obtenir ce qu’on voulait vraiment. Le débat reste ouvert…… .

L’infanterie renouvèle son armement qui est dans l’ensemble assez moderne même si il reste ici ou là quelques armes utilisées par leurs ainés durant le premier conflit mondial.

Si on compare aux pays voisins la Bulgarska Armiya n’à pas à rougir de son équipement et les manœuvres estivales exécutées en 1946, 1947 et 1948 ont révélé certes des lacunes mais également un niveau acceptable voir bon dans certains domaines, une armée de format réduite ayant permis de créer de bons officiers et d’excellents sous-officiers. Certes en cas de guerre de masse cela peut aboutir à une armée à deux vitesses…… .

A l’été 1948 alors que les tensions ne cessent de croitrent en Europe, le gouvernement bulgare décide en toute discretion de rappeler des réservistes et de préparer les centres de mobilisation et ainsi gagner quelques jours.

Signe qui ne trompent pas les troupes reçoivent l’ordre dès le mois d’août de gagner les blockhaus et autres abris de Ligne Kubrat et de tenir fermement leurs positions pour protéger la mobilisation générale, mobilisation qui va tarder à venir comme nous allons voir dans la partie suivante.

L’armée de terre bulgare dans le second conflit mondial

Mobilisation et montée en puissance

Le 5 septembre 1948 l’Allemagne par son invasion du Danemark et de la Norvège propulse le monde dans une nouvelle guerre mondiale. La Bulgarie liée au pacte tripartite se déclare prête à toute évantualité.

La mobilisation générale n’est pas pour autant décidée mais on décide de maintenir sous les drapeaux les conscrits qui devaient être libérés d’ici fin 1948 et de rappeler de nouveaux réservistes sans compter que des volontaires se présentent spontanément et sont souvent incorporés aux unités notamment celles qui sont en déficit de personnel.

Ce n’est qu’en janvier 1949 que la mobilisation générale est ordonnée par un décret royal du 14 janvier 1949. Des dizaines de milliers de réservistes, les conscrits du contingent annuel affluent vers les casernes et les centres de mobilisation mis en place à l’automne 1948.

En janvier 1948 soit encore en temps de paix, l’armée bulgare possédait huit divisions d’infanterie, deux brigades blindées, une brigade de cavalerie, une brigade de gardes-frontières, un service aéronautique et différentes unités d’appui (artillerie, génie) et de soutien.

La mobilisation générale permet d’augmenter les effectifs des unités existantes et surtout d’en créer des nouvelles. Résultat quand la mobilisation est terminée le 2 février 1949, l’armée bulgare affiche le visage suivant :

Soldats bulgares au repos. Date et lieu inconnus

-Douze divisions d’infanterie

-Une division de cavalerie

-Deux brigades blindées

-Une brigade du génie

-Une brigade d’artillerie

-Les troupes aériennes royales

Les douze divisions d’infanterie vont être déployées au sein de quatre armées, la 1ère armée défend la Bulgarie contre une potentielle action roumaine en Dobroudja du Sud, les 2ème et 3ème armées font face à la Yougoslavie et la 4ème Armée fait face à la Grèce.

L’unique division de cavalerie (une deuxième doit être mis sur pied ultérieurement) est maintenue en réserve stratégique en compagnie des deux brigades blindées, de la brigade du génie et de la brigade d’artillerie.

C’est avec ces capacités que la Bulgarie va entrer en guerre même si Sofia ne participera pas directement à l’opération MARITSA.

D’autres divisions vont être créées et c’est ainsi qu’au moment du déclenchement de l’opération BARBAROSSA, l’armée bulgare aligne seize divisions d’infanterie, deux divisions de cavalerie partiellement motorisées («pétrole-picotin»), deux brigades blindées, une brigade du génie, une brigade de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

De nouvelles unités seront ultérieurement créées et à son apogée la Bulgarska Armiya atteindra le chiffre respectable de vingt deux divisions d’infanterie, deux brigades de chasseurs, deux divisions de cavalerie, deux brigades blindées, une brigade du génie, deux brigades de gardes-frontières et trois brigades d’artillerie.

Au combat !

L’armée bulgare est sur le pied de guerre au printemps 1949. Elle pourrait participer à l’opération MARITSA (l’invasion de la Yougoslavie et de la Grèce) mais s’abstient se contentant d’ouvrir son territoire aux allemands.

Selon certains historiens et amateurs de wargames si la Bulgarie était intervenue même avec des moyens limités, la Yougoslavie se serait effondrée en quelques jours et les alliés décidés à tenir en Grèce auraient vite été culbutés par les troupes germano-bulgaro-italiennes.

Une fois la Yougoslavie vaincue, la Bulgarie entre en Macédoine et en Thrace occidentale, des zones considérées comme bulgares et peuplées essentiellement d’ailleurs de bulgarophones. Cela n’empêchera pas la population d’être victimes d’exactions de la part de la soldatesque ce qui entrainera des révoltes vite écrasées.

Pour occuper cette région, la Bulgarie y déploie la 4ème Armée composée de trois divisions d’infanterie (5ème, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et une brigade d’artillerie.

Dans un premier temps cette armée doit surtout lutter contre des unités de guerilla, plus ou moins bien entrainées, plus ou moins bien disciplinées. Des campagnes de «pacification» sont régulièrement menées avec son lot d’exactions et de massacres qui alimentent les guerillas rapidement encadrées par les services de renseignement alliés.

Après le retrait des troupes bulgares du dispositif BARBAROSSA suite à l’opération URANUS (contre-offensive de l’été 1951 pour repousser les allemands du Caucase), la 4ème Armée reçoit des renforts, une façon pour les bulgares de se faire pardonner par les allemands.

Le dispositif est réorganisé avec la création d’une 5ème Armée. Si la 4ème Armée reste déployée essentiellement en Macédoine, la 5ème Armée est surtout destinée à défendre la Grèce continentale aux côtés d’unités italiennes et allemandes.

La 4ème Armée dispose désormais de quatre divisions d’infanterie (2ème DI, 4ème DI, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs plus destinée aux opérations anti-guerilla.

La 5ème Armée dispose de quatre divisions d’infanterie (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI), la 2ème division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

Ces huit divisions d’infanterie vont affronter les alliés à partir de l’automne 1952. C’est à cette époque les alliés décident d’avancer dans les Balkans pour déstabiliser le dispositif global de l’Axe.

Informés de mouvements importants côté allié ce qui laisse présager une opération d’ampleur (sans que l’on sache si il s’agit d’une offensive ou d’une simple diversion) les bulgares demandent des renforts en hommes et en matériel de la part des allemands mais ces derniers ne sont pas pressés d’aider un allié en qui ils n’ont plus du tout confiance. Les renforcements seront minimaux et ne permettront probablement pas de repousser l’attaque alliée.

L’opération ANVIL est déclenchée le 21 septembre 1952. A partir du 14 septembre, l’aviation et l’artillerie alliées entament une intense préparation, frappant des cibles stratégiques et les positions ennemies pour faciliter des troupes engagées.

Les marines alliées effectuent également des bombardements sur la côte ouest de la Grèce et en Albanie pour attirer des forces dans ces régions et faciliter l’avancée depuis le Péloponnèse. Même situation en mer Egée avec des raids commandos dans le nord de la Grèce (attaque du port de Thessalonique le 15 septembre 1952) mais leur impact à été assez limité.

Comme le dira plus tard un officier allemand «C’était trop brouillon, trop étiré pour être vraiment crédible. Avec moins d’opérations on aurait pu y croire mais là le scepticisme était général même si dans les hautes sphères certains croyaient dur comme fer à un débarquement dans la région de Thessalonique en liaison avec les turcs»

Les alliés vont engager dix-sept divisions dans cette offensive avec la 8th Army (UK) (8ème Armée britannique) composée d’un corps armée britannique (deux DI et une DB) et un corps d’armée sud-africain (deux DI), la 10th Army (UK) composée d’un corps d’armée sud-africain (une DI et une DB) et deux corps d’armées britanniques (deux DI chacun) et l’Armée Grecque de Libération (trois corps d’armée à deux divisions, deux corps à deux DI et un corps d’armée à une DB et une DI).

Il était prévu l’engagement de divisions yougoslaves mais leur montée en puissance est plus longue que prévue en raison de problèmes d’équipements et d’encadrement entre des officiers majoritairement serbes et un corps de troupes composé essentiellement de monténégrins, de bosniens et de croates, ces derniers étant vus comme des traîtres en puissance et sont donc tenus en piètre estime.

En face le dispositif germano-italo-bulgare est moins puissant, leurs troupes sont moins entraînées mais l’équipement est assez bon et surtout le terrain habilement utilisé est un atout précieux dans leurs mains.

Les consignes du Heeresgruppe E (Groupe d’Armées E) qui chapeaute toutes les troupes de l’Axe dans les Balkans : user au maximum les troupes alliées, les faire douter, les allemands sachant que les moyens engagés si ils sont impressionnant sur le papier sont finalement limités en raison des besoins et des priorités sur les autres fronts.

Les combats sont durs et impitoyables. Les germano-italiens sont en première ligne pour empêcher la sortie des alliés du Péloponnèse. Les bulgares sont d’abord tenus en réserve officiellement parce qu’on craint un débarquement allié dans la région de Thessalonique mais il n’est pas impossible que Berlin ait pu craindre un manque de mordant des troupes de Sofia.

Ce n’est qu’alors qu’Athènes est menacé et que l’hypothèse d’un débarquement allié dans le nord de la Grèce soit devenu une chimère (aucune force navale présente en mer Egée, activité aérienne importante mais pas gigantesque non plus) que les troupes bulgares sont engagées.

Elles montrent un mordant et une vigueur qui surprend leurs alliés comme leurs ennemis. Les britanniques qui sont les premiers à entrer en contact doivent engager toute leur puissance de feu pour repousser de vigoureuses et tenaces attaques bulgares.

Es-ce à dire que les bulgares peuvent renverser la situation stratégique dans la région ? Hélas pour eux non. C’est ainsi qu’après de violents combats, Athènes détruit à 80% est libérée le 17 décembre 1952.

Symboliquement c’est le bataillon sacré, un bataillon para-commando grec qui entre le premier dans la ville, hissant sur l’Acropole le drapeau grec récupéré in extremis lors de la chute de la ville en 1950.

La quasi-totalité du territoire grec est libérée en février 1953 après de violents combats. Le territoire hellène est ravagé, une famine biblique frappe les habitants. L’impact est d’autant plus violent que les corps ont été affaiblis par les privations. A la famine s’ajoute différentes épidémies.

Les alliés vont procéder à des distributions de nourriture mais cela ne fera que compenser les privations. Il faudra attendre 1956/57 pour que la situation s’améliore durablement.

Les troupes bulgares ont subit de lourdes pertes. C’est ainsi que sur les quatre divisions d’infanterie de la 5ème Armée, deux ont été détruites et deux très affaiblies.

La 1ère et la 5ème DI sont ainsi retirées du front et remplacées par les 16ème et 22ème DI mais ces unités sont de création récente et manque non seulement d’expérience mais aussi de cohésion puisque leur recrutement mélange «bulgares de souche» et «bulgares de branche» issus de Macédoine et tous ne sont pas des adeptes passionnés de la Grande Bulgarie. Les 3ème et 8ème DI ont subi des pertes mais au final elles sont encore capables de tenir le front.

La 2ème division de cavalerie, une unité «pétrole-picotin» à été saignée à blanc en menant des raids sur les arrières de l’ennemi et en se sacrifiant pour permettre le repli des unités d’infanterie moins mobile. Résultat elle est retirée du front et en dépit de plusieurs projets ne sera jamais reconstruite et peut être considérée comme dissoute de facto et non de jure.

En revanche la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs ont fait plus que tenir le coup. Combattant souvent ensemble ils ont pu associer habilement le choc et la manœuvre, posant des problèmes tactiques aux alliés.

Le manque de moyens empêche de profiter pleinement du basculement italien dans le camp allié en avril 1953.

Le 19 mai 1953 est déclenchée l’opération SLEDGEHAMMER avec les 8ème et 10ème armées britanniques, la 1ère Armée Grecque (ex-Armée Grecque de Libération) et la 1ère Armée Yougoslave qui comprend deux corps d’armée à deux DI plus une division blindée sous commandement direct de l’armée.

Face à cette nouvelle offensive d’ampleur, les bulgares déploient toujours les 4ème et 5ème Armées.

La 5ème Armée aligne donc quatre divisions d’infanterie (3ème DI, 8ème DI, 16ème et 22ème DI), la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

La 4ème Armée aligne quatre divisions d’infanterie (2ème, 4ème, 6ème et 14ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs.

Les bulgares alignent huit divisions d’infanterie, une division de cavalerie, une brigade blindée et deux brigades de chasseurs.

Si l’Albanie est occupée quasiment sans combats suite à la défection italienne (une partie se rend sans combattre, d’autres restent aux côtés des allemands) et parce que les allemands retraitent en bon ordre en pratiquant la politique de la terre brûlée, le reste du front est le théâtre de combats impitoyables où on ne se fait aucun cadeau.

A l’été 1953 le front suit grosso modo une ligne partant du nord de Durres (le port reste sous le feu de l’artillerie allemande qui pratique des tirs de harcèlement contre les navires venant y faire relâche), traverse le centre de la Macédoine avant de suivre à peu près la frontière bulgaro-grecque.

Les bulgares combattent avec énergie probablement parce qu’ils savent que leur pays est proche et qu’ils vont devoir défendre leur pays, leur patrie, leur terre. Cela motive n’importe quel corps de troupe comme les alliés s’en sont rendu compte quand sur le front occidental ils s’approchaient de la frontière allemande, du Vaterland.

Selon certains historiens l’engagement de moyens supplémentaires aurait permis de faciliter la progression vers le nord mais à cette époque les alliés vont donner la priorité au front occidental, au front scandinavie et même au front italien.

C’est ainsi qu’on laisse en ligne que la 8ème Armée Britannique avec deux corps sud-africains et un corps britannique, la 1ère Armée Grecque et la 1ère Armée Yougoslave, la 10ème Armée britannique (deux corps britanniques) ralliant le front italien en relève d’autres troupes qui vont être mises en repos en Afrique du Nord.

Cela nous laisse un total de quatre divisions sud-africaines, deux divisions britanniques, six divisions grecques et six divisions yougoslaves soit un total de dix-huit divisions même si toutes ne sont pas en ligne en raison d’un terrain défavorable et une logisitique qui connait parfois des ratés.

En face le Heeresgruppe E aligne six divisions allemandes réparties entre une 11ème et une 15ème Armée et deux armées bulgares, les 4ème et 5ème armées

Leur composition évolue avec une 4ème Armée composée des 2ème, 4ème et 14ème DI, de la 1ère division de cavalerie alors que la 5ème Armée est composée de la 8ème DI, de la 16ème et de la 22ème DI et de la 11ème brigade blindée soit six divisions d’infanterie, une division de cavalerie et d’une brigade de cavalerie.

Les deux brigades de chasseurs, des unités d’infanterie légère sont redéployées sur l’arrière du front pour des opérations anti-guerilla, la 1ère brigade de chasseurs opérant aux côtés des troupes de l’Etat croate indépendant alors que la 2ème brigade de chasseurs opère en Macédoine.

Les alliés repassent à l’offensive en novembre 1953 (opération SWORD) pour fixer le plus de troupes et éviter l’envoi de troupes sur un autre front alors qu’ils ont notamment pris pied en Scandinavie (opération BOREALIS).

L’avancée alliée est davantage ralentie par le mauvais temps et les contraintes logistiques que la résistance ennemie même si les bulgares se défendent avec acharnement pour empêcher leur invasion de leur pays notamment par les grecs.

Les alliés parviendront à prendre pied sur le territoire bulgare mais devant la poussée soviétique ils préféreront sanctuariser leur domination sur une Yougoslavie appelée à rester pro-occidentale et royaliste même si cela n’allait pas durer.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant sans que l’on sache si cela est volontaire ou non.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien détaché auprès de ses homologues britanniques en tenue standard

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

Ce n’est pas un hasard si nombre d’historiens comparent l’évolution de la Bulgarie et de la Thaïlande. Autre pays vaincu du second conflit mondial, la Thaïlande allait devenir le plus fidèle allié des occidentaux dans la région au point qu’on à pu parler un temps de quasi-servitude.

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe.

Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens assez limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

C’est effectivement exagéré car quand les bulgares attaquaient ou étaient attaqués ils n’étaient pas moins bons que les hongrois, les roumains ou les italiens.

Les deux divisions (13ème et 15ème DI) bulgares vont combattre dans le sud de l’URSS, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces deux divisions vont combattre dans les premiers contreforts du Caucase avec certes un certain professionnalisme et une certaine discipline mais sans enthousiasme, nombre d’entre-eux se demandant ce qu’ils faisaient si loin de chez eux.

Soldat de la Waffen S.S. Certains soldats bulgares préféreront déserter plutôt que de rentrer en Bulgarie en dépit de l’ordre personnel de Boris III. Après un temps de méfiance, les allemands accepteront l’intégration de ces hommes qui n’avaient plus rien à perdre au sein de la S.S de combat. Ils feront preuve d’une telle férocité que dans certaines régions d’Ukraine, le mot bulgare va devenir synonyme de Diable. Sans commentaires.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée au moment d’URANUS sur ordre personnel de Boris III avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands mais aussi de certains soldats qui plutôt que de rentrer en Bulgarie vont préférer déserter pour rejoindre la Waffen S.S voir des maquis anti-communistes souvent composés de nationalistes ukrainiens.

Comme nous l’avons vu pour se faire pardonner les bulgares décideront d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

Mitteleuropa Balkans (14) Hongrie (14)

L’armée de terre hongroise dans le second conflit mondial

Organisation générale et préparation

Quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERUBUNG, les hongrois se tiennent prêt à toute éventualité mais Berlin ne sollicitent pas leur aide.

Dès le 1er septembre 1948 l’armée magyare avait commencé à mobiliser ses forces notamment en raison de mouvements de troupes côté roumain qui faisaient craindre une offensive pour récupérer la Transylvanie du Nord.

Lire la suite

Benelux (73) Luxembourg (3)

Le Grand-Duché indépendant du Luxembourg

Grands-Ducs et……Grandes-Duchesses

Avant de parler des événements politiques et diplomatiques de l’histoire du grand-duché je vais présenter brièvement les différents grands-ducs et grande-duchesses qui sont succédés sur le trône luxembourgeois.

Lire la suite

Benelux (29) Pays-Bas (29)

La Koninklijke Landmacht dans le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

En septembre 1948, le gouvernement néerlandais pense que la menace principale est davantage le Japon vis à vis des Indes Néerlandaises que l’Allemagne dont on espère qu’elle respectera la neutralité néerlandaise comme trente-quatre ans plus tôt.

Cette position ne fait cependant pas l’unanimité et même ses partisans reconnaissent mezzo voce ses limites.

Lire la suite

Italie (76) Regio Esercito (16)

Les Armes du Regio Esercito Italiano (8) : autos blindées et camion, les autres véhicules de l’armée italienne

Avant-propos

De tout temps le renseignement à été la clé de la guerre. Un adversaire supérieurement informé l’emportera toujours sur un adversaire moins bien informé à condition bien sur de bien exploiter les renseignements recueillis.

Lire la suite

Italie (1) Avant-Propos

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.6 ITALIE

Italie 15.png

Le drapeau italien durant la période Monarchique. 

AVANT-PROPOS

En ce 26 septembre 2017, j’annonce le début officiel de mon sixième tome de cette monumentale uchronie. Entamée en 2011, je ne pensai pas n’être rendu qu’au sixième tome six ans plus tard.

Lire la suite

Etats Unis (125) Armée de terre (15)

Uniformes et Equipement individuel

Avant-propos

Uniforme bleu

Uniforme d’officier d’un régiment de volontaires de Pennsylvanie durant la guerre de Sécession

Si les Etats-Unis ont conservé une partie des traditions militaires de leur ancienne puissance coloniale, au niveau des uniformes, ils ont vite adopté au 19ème siècle une tenue bleue d’où le nom de Tuniques Bleues ou de Blues donnés aux soldats de l’US Army.

Lire la suite