Italie (14) Regia Marina (4)

Contre-torpilleurs

Appelé Cacciatorpidiniere dans la langue de Dante, le contre-torpilleur est un domaine où les marines françaises et italiennes rivalisent pour obtenir le navire le plus puissant, le plus rapide et le plus efficace.

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Grande-Bretagne (57) Vedettes lance-torpilles et de servitude

VEDETTES LANCE-TORPILLES

Avant-propos

Coastal Motor Boat (CMB)

Coastal Motor Boat (CMB)

Durant le premier conflit mondial, la marine britannique à utilisé des vedettes lance-torpilles appelées Coastal Motor Boat (CMB). Les affrontements eurent lieu en Manche contre des vedettes allemandes stationnées à Zeebruge mais ils ne furent pas aussi célèbres que les MAS italiennes qui détruisirent un cuirassé austro-hongrois et s’illustrèrent en Adriatique.

Dans l’immédiat après guerre, des vedettes lance-torpilles britanniques opérèrent en mer Caspienne et en mer Baltique dans le cadre de l’intervention occidentale en soutien des Blancs contre les Bolchéviks avec les résultats que l’on sait.

Après cette intervention, les vedettes lance-torpilles tombèrent dans l’oubli, les budgets réduits et le besoin de navires capables de défendre l’Empire rendirent peu utiles les Motor Torpedo Boat (MTB).

Ce n’est qu’au milieu des années trente que la Royal Navy s’intéresse à nouveau aux vedettes lance-torpilles pour contrer les S-Boote allemandes.
Plusieurs modèles de vedettes lance-torpilles allaient être construits pour équiper de nombreuses flottilles. Si il y avait seulement deux flottilles en septembre 1939, sept étaient présentes en septembre 1948 soit un total de cinquante-six vedettes lance-torpilles.

Dans le cadre du programme de guerre, trente-deux vedettes lance-torpilles sont commandées, des pertes importantes étaient prévues dans ce domaine.

Sur le plan de l’organisation, les vedettes sont réimmatriculées en 1946 pour un système plus lisible, les cinquante-six vedettes étant désignées MTB-1 à MTB-56.

Les différentes modèles de vedettes lance-torpilles

Ayant abandonné toute construction de vedettes lance-torpilles pendant près de vingt-ans, la marine britannique se reposa sur des fabricants privés qui proposèrent plusieurs projets.

Ces modèles ne furent pas mis en service mais servirent de base de développement aux futures vedettes lance-torpilles de la Royal Navy.

Le premier modèle est le modèle proposé par British Power Boat, un navire de 18.34m avec une coque en bois, un pontage en aluminium, des bouchins vifs et pas de redan.

La MTB-2 était un des navires proposé par la firme BPB.

La MTB-2 était un des navires proposé par la firme BPB.

Ces navires furent commandés à dix-huit exemplaires dans une variante améliorée pour équipée la 1st Motor Torpedo Boat Flottilla (avec douze navires) et la 2nd Motor Torpedo Boat Flottilla (avec six navires), la première opérant en Méditerranée, la seconde en Extrême-Orient.

Ces navires restèrent en service jusqu’en 1946 quand ils furent remplacés par des Fairmile D plus puissantes et mieux armées.

Caractéristiques Techniques des BPB de 18.34m

Déplacement : 22 tonnes Longueur 18.36m largeur 4.10m tirant d’eau 0.86m Propulsion : trois moteurs à essence dévellopant 1800ch et entrainant trois hélices Vitesse maximale 33 noeuds distance franchissable : 352 miles nautiques à 33 noeuds Armement : huit mitrailleuses Lewis de 7.7mm en deux affûts quadruples (un avant un arrière) et deux torpilles de 457mm Equipage : neuf officiers et matelots

Parallèlement au modèle proposé par BPB, la Royal Navy s’intéresse à un modèle plus grand proposé par Vosper, des navires de 21.34m qui ont pour origine une vedette de 20.70m, la MTB-102 une vedette à coque en bois et propulsée par des moteurs à essence permettant une vitesse de 44 noeuds.

La MTB-32

La MTB-32

Ce modèle de 21.34m fût d’abord commandé par la France, trente exemplaires qui firent le bonheur des Escadrilles légères. La Royal Navy commanda trente-deux vedettes qui équipèrent quatre flottilles (1st 3rd 5th et 6th), vedettes immatriculées MTB-1 à 32.

Ils étaient toujours en service en septembre 1948 dans les flottilles dans lesquelles elles ont été mises en service.

Caractéristiques Techniques des Vosper de 21.34m

Déplacement : 36 à 49 tonnes Longueur 21.34m largeur 5.94m tirant d’eau 1.68m Propulsion : trois moteurs à essence dévellopant 4000ch et entrainant trois hélices Vitesse maximale : 40 noeuds Autonomie : 250 miles nautiques à 40 noeuds Armement : deux canons de 20mm en affût double à l’avant, deux mitrailleuses de 12.7mm, deux mitrailleuses de 7.7mm

L’autre grand fabriquant de vedettes lance-torpilles est la firme Fairmile qui va produire plusieurs modèles de vedettes, quatre modèles, deux de vedettes de surêté portuaire (A et B) et deux de vedettes lance-torpilles (C et D).

La MTB-34

La MTB-34

Pour les Fairmile C produites à seize exemplaires (MTB-33 à MTB-48), il s’agissait de vedettes plus lentes (25 noeuds) mais nettement mieux armées. Ces vedettes vont équipées les 2nd et 7th MotorTorpedo Boat Flottilla. Ces vedettes sont toujours en service en septembre 1948.

A noter qu’à l’origine, elles ne devaient pas recevoir des torpilles

Caractéristiques Techniques des Fairmile C

Déplacement : 65 tonnes Longueur 34m largeur 5.31m tirant d’eau 1.73m Propulsion : deux moteurs essence Hall-Scott de 850ch entrainant trois hélices Vitesse maximale 26.5 noeuds (25 en pratique) Distance franchissable : 500 miles nautiques à 12 noeuds Armement : deux canons de 2 livres (40mm) quatre mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts doubles et deux tubes lance-torpilles de 457mm Equipage : seize officiers et marins

Des Fairmile D au port

Des Fairmile D au port

Les Fairmile D ne sont pas des versions améliorées des C mais des navires plus gros, de véritables canonnières, des super-vedettes capables néanmoins de filer à 29 noeuds, une vitesse respectable.

Ces navires qui équipent la 4th Motor Torpedo Boat Flottilla avec huit navires doivent être suivis par d’autres exemplaires dans le cadre du programme de guerre. Elles sont immatriculées MTB-49 à 56.

Caractéristiques Techniques des Fairmile D

Déplacement : 90 tonnes Longueur : 33.53m largeur 6.40m tirant d’eau 1.58m Propulsion : quatre moteurs à essence dévellopant 5000ch et entrainant quatre hélices Vitesse maximale : 29 noeuds Autonomie : nc Armement : deux canons de 6 pouces (57mm), un affût double de 20mm Oerlikon, quatre mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts doubles, deux à quatre torpilles de 457mm Equipage : trente officiers et matelots

Les vedettes de sûreté

Avant le second conflit mondial, on imagine des eaux littorales infestées de sous-marins, attendant à la sortie des ports leurs cibles, décochant leurs torpilles et s’enfuyant.

Pour contrer cette menace, on eut l’idée de fabriquer de petits navires anti-sous-marins, des vedettes ou des chasseurs de sous-marins capables de sécuriser les approches immédiates des ports.

Dans la réalité, les sous-marins opéraient au large et les vedettes de sûreté servirent davantage à empêcher les incursions des commandos ennemis que de grenader des sous-marins à la sortie d’un port.

Fairmile A

Fairmile A

Le modèle Fairmile A ne connu pas un succès important en raison de problèmes techniques et seulement douze exemplaires furent construits.

Elles furent utilisés jusqu’en 1944 quand la mise en service massive des Fairmile B et des HDML (Harbour Defence Motor Launch) _version réduite de ces dernieres_ permis leur transfert à la Royal Air Force (RAF) qui les utilisa comme vedette de sauvetage en mer.

Caractéristiques Techniques des Fairmile A

Déplacement : 58 tonnes longueur 33.53m largeur 5.31m tirant d’eau 1.83m Propulsion : trois moteurs à essence dévellopant 1800ch entrainant trois hélices Vitesse maximale 22 noeuds Armement : un canon de deux livres (40mm), deux mitrailleuses de 12.7mm, armement débarqué quand elles sont devenues vedettes de sauvetage Equipage : seize officiers et matelots

Aux Fairmile A succèdent des Fairmile B. A la différence de leurs prédécesseurs, ces navires avaient une coque à bouchains ronds qui lui donnait d’excellentes qualités nautiques. Ces navires étaient faciles à construire pour permettre à de petits chantiers de pouvoir les produire en grande série.

Ces navires polyvalents pouvaient servir de canonnières, de bateaux de sauvetage air-mer, de patrouilleurs anti-sous-marins, de dragueurs de mines côtiers, navires émetteurs de fumée, escorteurs littoraux….. .

Une première commande de quarante-huit vedettes (ML-1 à ML-48) est passée en mars 1940, ces navires sont mis en service entre janvier 1941 et septembre 1942.

Sur ces quarante-huit navires, vingt-quatre sont des canonnières, douze sont des patrouilleurs anti-sous-marins, huit en vedettes de sauvetage et quatre émetteurs de fumée pour protéger les navires des raids aériens.

Ces navires ne sont pas enrégimentés dans des flottilles mais placés sous l’autorité des bases navales, ils sont répartis de la façon suivante :

-Chatham : deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage soit cinq navires

-Faslane : deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage et une vedette émettrice de fumée.

-Rosyth : deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage et une vedette émettrice de fumée

-Devonport : deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage

-Gibraltar : deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage

-Malte : deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins et une vedette de sauvetage

-Alexandrie : deux canonnières et une vedette émettrice de fumée

-Aden : deux canonnières et une vedette de sauvetage

-Singapour : deux canonnières et une vedette émettrice de fumée

-Alor Setar : deux canonnières et une vedette de sauvetage

-Kuching : deux canonnières

-Hong-Kong : deux canonnières

En mars 1944, trente-deux nouvelles vedettes (ML-49 à ML-80) sont commandées et mises en service entre janvier 1945 et mars 1946. Elles sont réparties entre seize vedettes anti-sous-marines, huit canonnières et huit dragueurs de mines légers. Elles sont stationnées de les bases suivantes :

-Alexandrie : quatre vedettes anti-sous-marines et deux dragueurs de mines légers

-Simonstown : deux vedettes anti-sous-marines et deux canonnières

-Freetown : deux vedettes anti-sous-marines et deux dragueurs de mines légers

-Bermudes : deux vedettes anti-sous-marines, deux canonnières, deux dragueurs de mines légers

-Hong Kong : quatre vedettes anti-sous-marines, deux canonnières et deux dragueurs de mines légers

-Devonport : deux vedettes anti-sous-marines

Quatre-vingt vedettes Fairmile B sont donc en service en septembre 1948. Un modèle amélioré baptisé Fairmile E doit être commandé dans le cadre du programme de guerre.

Fairmile B

Fairmile B

Caractéristiques Techniques des Fairmile B

Déplacement : 67 à 85 tonnes selon les configurations, Longueur 34.14m largeur 5.56m tirant d’eau 1.52m Propulsion : deux moteurs à essence développant 1200ch et entrainant deux hélices
Vitesse maximale : 20 noeuds Distance Franchissable : 556 miles nautiques à 20 noeuds

Armement (canonnière) : un canon de 3-pounder Hotchkiss (57mm), deux mitrailleuses de 12.7mm en affût double et quatre mitrailleuses Lewis de 7.7mm en affûts simples. Certaines embarquèrent un mortier de 3 pouces (76.2mm)

(patrouilleur anti-sous-marin) un canon 3-pounder Hotchkiss (57mm), un affût double de 12.7mm, deux mitrailleuses Lewis de 7.7mm et douze grenades ASM

(dragueur de mines légers) un canon 3-pounder Hotchkiss (57mm), un affût double de 12.7mm et des équipements de dragage

(vedette émettrice de fumée) un canon 3-pounder Hotchkiss (57mm) à l’avant, deux mitrailleuses de 7.7mm en affût simple, système d’émission de fumée sur la plage arrière

(sauvetage air-mer) : non armées, en temps de guerre, elles sont peintes en blanc avec de larges croix rouge sur les flancs et sur la plage avant

Equipage : seize officiers et matelots

Pour compléter les Fairmile B, on à également produit des vedettes de défense portuaire (Haarbour Defence Motor Launch HDML), une version réduite des Fairmile B. Trente-deux exemplaires (ML-81 à ML-113) sont commandées en juin 1944 et livrées entre janvier et décembre 1945.

Elles sont déployées à Faslane (quatre), à Devonport (quatre), à Douvres (quatre), à Chatham (quatre) à Rosyth (quatre), à Scapa Flow (quatre), à Gibraltar (quatre) et à Alexandrie (quatre).

La production de ce modèle ne doit normalement pas être poursuivie.

Une HDML

Une HDML

Caractéristiques Techniques des Harbour Defence Motor Launch

Déplacement : 54 tonnes Longueur : 21.95m largeur 4.82m tirant d’eau 1.68m Motorisation : deux moteurs diesel dévellopant 320ch et entrainant deux hélices Vitesse maximale 12 noeuds Distance franchissable: nc Armement : un canon de 40mm Bofors à l’avant, deux canons de 20mm Oerlikon, deux mitrailleuses de 7.7mm Lewis et huit grenades anti-sous-marines Equipage : dix officiers et marins.

14-Navires légers (41)

L-Vedettes lance-torpilles

«Les françaises»

La marine nationale s’est tardivement mise à la vedette lance-torpilles. Ce n’est qu’après la guerre qu’elle va disposer de ces premières vedettes lance-torpilles, des navires numérotés VTA-1 et VTB-2 à 7 mises en service au milieu des années vingt. Techniquement ratées, elles vont finalement servir d’auxiliaires par exemple pour le secours en mer.

Cela ne dissuade pas les services techniques d’équiper la marine nationale de vedettes lance-torpilles mais on décide de prendre le temps de construire une série expérimentale, trois navires de 19m baptisés VTB-8 VTB-9 et VTB-10.

Elles sont commandés aux chantiers Silbur de Meulan même si la troisième est sous-traitée aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) de Saint Nazaire. La construction est lente en raison de problèmes industriels et les trois vedettes ne sont opérationnelles qu’en 1935.

La VTB-10 est prématurement désarmé en raison de problèmes de coque et la VTB-9 est perdue par une rupture de coque le 7 août 1939. La VTB-8 elle sera désarmée dès 1940, la marine préférant mettre sur le paquet sur de nouvelles vedettes tirant les leçons des essais laborieux de leurs trois prédecesseurs.

Caractéristiques Techniques des vedettes VTB 8 9 et 10

Déplacement théorique : 22 tonnes (25.5 tonnes à pleine charge)

Dimensions : longueur hors tout 19.60m (19.50 pour la VTB-10) longueur totale de la coque : 19.20m longueur entre perpendiculaires 18.76m largeur hors tout 4.20m largeur à la flottaison 4.19m (4.06m pour la VTB-10) tirant d’eau : 1.08m

Propulsion : deux moteurs Lorraine de 1100ch chacun entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 48 noeuds (54 noeuds atteint aux essais) rayon d’action : 180 miles à 48 noeuds

Armement : deux torpilles de 450mm modèle 1919 lancées soit par un système latéral à griffes (VTB-8), par l’arrière (VTB-9) ou par des tubes hydropneumatiques (VTB-10)

Equipage : 5 à 7 hommes

Vedettes lance-torpilles de 23 tW

Deux vedettes sont commandées par une lettre ministérielle du 13 août 1937 en complément de la tranche 1937. Numérotées VTB-11 et 12, leur construction est attribuée aux ACL de Saint Nazaire.

La VTB-11 lancée en septembre 1939 est mise en service au printemps 1940 alors que la VTB-12 est lancée en octobre 1939 et mise en service au printemps 1940.

Ces deux vedettes vont former une 1ère Escadrille Légère de l’Atlantique (1ère ELA) basée à Lorient mais donnant peu satisfaction, elles sont désarmées en mars et mai 1945. Stockées à terre, elles seront réarmées en septembre 1948 pour le secours en mer.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 28 tW

Dimensions : longueur hors tout 19.85m largeur 4.90m tirant d’eau 1.23m

Propulsion : deux moteurs Lorraine 24 cylindres en V refroidissement par eau + 2 moteurs auxiliaires 4 cylindres de 50ch soit une puissance totale de 2320ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 45 noeuds rayon d’action 296 miles nautiques à 45 noeuds

Armement : deux porte-torpilles de 400mm modèle 1926, deux mitrailleuses Darne de 7.5mm et un grenadeur avec six grenades de 35kg

Equipage : 7 hommes

Vedettes lance-torpilles type 40K

En 1937, la République espagnole en proie aux affres d’une guerre civile largement internationalisée (à tel point qu’on parle de Guerre d’Espagne plutôt que de guerre civile espagnole) passe commande de douze vedettes lance-torpilles type 40K (40 Knots/40 noeuds). Si une est construite en Grande Bretagne, les onze autres sont construites en France :
Les chantiers navals de Meulan reçoivent la construction des vedettes K1 à K4, Jouët à Sartrouville doit construire les K5 et 6 et enfin les chantiers Romano d’Antibes doit construire les vedettes K8 à K12, la K7 devant être donc construite en Grande Bretagne.

L’évolution du conflit lui étant défavorable, la République Espagnole est rapidement dans l’impossibilité de prendre en charge ces navires dont la construction à été plus longue que prévue.

Les nouvelles autorités espagnoles réclament la livraison de ces vedettes qui intéressent fortement notre marine. Finalement, un accord est trouvé entre Paris et Madrid, la France rachetant à l’Espagne des vedettes qu’elle n’à jamais payé !

Dix vedettes vont simplement être mis en service au sein de notre marine. La K6 abandonnée dans le port de Marseille est en trop mauvais état pour justifier une remise en état et une utilisation opérationnelle alors que la K7 est récupérée par les anglais comme auxiliaire. Ces dix navires récupérés héritent des numéros VTB 40 à 49.

Ces vedettes mises en service au printemps 1940 vont former deux escadrilles de vedettes lance-torpilles baptisés Escadrilles Légères de la Méditerranée (ELM) et basée pour la première à Toulon (avec les vedettes 41 43 45 47 et 49) et la seconde à Bizerte (avec les vedettes 40 42 44 46 et 48).

Ces navires sont toujours en service en septembre 1948 et ne vont pas tarder à faire parler la poudre vis à vis des navires italiens.

Caractéristiques Techniques des vedettes type 40K

Déplacement : à vide 22.6 tonnes en charge 30 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 20.40m longueur à la flottaison 19.34m largeur maximale 4.55m largeur à la flottaison 4.10m tirant d’eau 1.12m

Motorisation : quatre moteurs Lorraine Pétrel 12 cylindres de 600ch et deux moteurs auxiliaires Lyncoming de 8 cylindres et 100ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 40 noeuds (10 noeuds avec seule utilisation des auxiliaires)

Armement : deux griffes latérales type Loire pour deux torpilles de 400mm, un grenadeur avec six grenades ASM, un canon de 25mm Hotchkiss et deux mitrailleuses de 7.5mm en affût double

Equipage : inconnu

Vedettes lance-torpilles de 23 tW

Poursuivant leur volonté de disposer d’une puissante flotte de vedettes lance-torpilles, notre marine nationale reçoit l’autorisation de construire huit nouvelles vedettes porte-torpilles, navires financés à la tranche 1938 bis.

Huit vedettes de 23 tW numérotés VTB-15 à 22 sont commandés aux chantiers de Meulan (VTB-15 et 16), aux chantiers Jouett de Sartrouville (VTB-17 et 18) et aux ACL de Saint-Nazaire (VTB-19 à VTB-22)

Ces huit vedettes misent en service en septembre 1941 vont former deux escadrilles de vedettes lance-torpilles.
La 3ème ELM basée à Ajaccio regroupe les vedettes porte-torpilles VTB-15, 17, 19 et 21 alors que la 2ème ELA basée à Lorient regroupe lees vedettes porte-torpilles VTB-16, VTB-18, VTB-20 et VTB-22.

Ces navires sont toujours en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 23 tW

Dimensions : longueur 19.80m largeur 5m tirant d’eau : inc

Propulsion : deux moteurs Lorraine développant 2320ch; deux moteurs auxiliaires de 100ch et deux hélices

Performances : vitesse maximale 45 noeuds rayon d’action 200 miles nautiques à 10 noeuds

Armement : deux mitrailleuses de 13.2mm, deux porte-torpilles de 450mm et un grenadeur. Au cours du conflit, le grenadeur sera débarqué et les mitrailleuses de 13.2mm remplacés par un canon de 25mm, deux mitrailleuses de 7.5mm Darne sont également embarquées.

«Les Motor Torpedo Boats» : du british pour la marine nationale

Pour faire face aux MAS italiennes et aux S-Boot allemandes, la marine nationale souhaite disposer de nombreuses vedettes lance-torpilles.

Outre les vedettes commandées en France, la marine nationale décide de commander des vedettes lance-torpilles en Grande Bretagne en l’occurence dix-huit navires de 21,34m développés par Vosper, des navires numérotés VTB-23 à 40.

Ces navires sont mises en service au printemps 1940 (VTB-23 24 25 26 27 et 28), à l’automne 1940 (VTB-29 30 31 32 33 et 34) et au printemps 1941 (VTB-35 36 37 38 39 et 40) vont former trois escadrilles.

Les vedettes VTB-23 à 28 sont déployées à Toulon au sein de la 4ème Escadrille Légère de la Méditerranée (ELM), formant la 1ère flottille légère en compagnie de la 1ère ELM et de la 3ème ELM elle déployée à Ajaccio.

Les vedettes VTB-29 à 34 sont déployées à Bizerte au sein de la 5ème Escadrille Légère de la Méditerranée, formant la 3ème flottille en compagnie de la 2ème ELM.

Les vedettes VTB-35 à VTB-40 sont déployées à Cherbourg au sein de la 3ème ELA, formant la 2ème flottille légère en compagnie des 1ère ELA et 2ème ELA basées à Lorient.

Caractéristiques Techniques des BPB de 21,34m

Déplacement : standard 36 tonnes pleine charge 49 tonnes

Dimensions : longueur 21,34m largeur 5,94m tirant d’eau 1,68m

Propulsion : trois moteurs à essence développant 4000ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 40 noeuds rayon d’action 250 miles nautiques à 40 noeuds

Armement : deux torpilles de 400mm modèle 1926, quatre mitrailleuses de 13.2mm en deux affûts doubles et quatre mitrailleuses de 7.5mm en affûts simples

Equipage : 12 officiers et marins

Satisfaits de leurs modèles anglais, les marins français obtiennent dans le cadre du programme naval la commande de douze nouvelles vedettes construites par Vosper, l’un des spécialistes britanniques de la Motor Torpedo Boat.

Ces douze vedettes sont financées aux tranches 1942 et 1944 et sont des versions améliorées de celles commandées en 1939. elles reçoivent les numéros VTB-50 à 61.

Ces douze vedettes lance-torpilles sont ainsi mises en service en mars 1942 (VTB-50 VTB-51 VTB-52), en juin 1942 (VTB-53 VTB-54 et VTB-55) , en septembre 1942 (VTB-56 VTB-57 et VTB-58) et en décembre 1942 (VTB-59 VTB-60 VTB-61), formant deux nouvelles escadrilles légères.

Les vedettes VTB-50 à 55 forment ainsi une 1ère ELMan (Escadrille Légère de la Manche) qui forme une 1ère FLN (Flottille Légère du Nord) en compagnie de la 2ème ELMan (ex-3ème ELA), les deux escadrilles étant basées à Dunkerque.

Les vedettes VTB-56 à 61 forment une 6ème ELM qui intègre la 1ère FLM avec Toulon comme port d’attache.

Ces douze navires sont encore en service en septembre 1948.

Caractéristiques Techniques des Vosper de 23m

Déplacement : standard 39 tonnes pleine charge 50 tonnes

Dimensions : longueur 23m largeur 6,04m tirant d’eau 1,70m

Propulsion : trois moteurs à essence développant 4200ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 41 noeuds rayon d’action 250 miles nautiques à 41 noeuds

Armement : deux torpilles de 400mm modèle 1926, un canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939/40, deux mitrailleuses de 13.2mm en un affût double et deux mitrailleuses de 7.5mm en affûts simples sous masque.

Equipage : 12 officiers et marins

D-Armée de terre : une profonde métamorphose : l’armée Villeneuvienne (2)

Quel matériel pour l’armée villeneuvienne ?

A nouvelle doctrine nouveau matériel et le général Villeneuve, suivant l’action menée par son prédecesseur continue la modernisation de l’armement de l’infanterie, de la cavalerie, de l’artillerie et du génie.

Infanterie

 

MAS 36

En juin 1941, le général Villeneuve décide de standardiser le calibre de l’armement individuel des unités de l’armée de terre. Le 8mm apparu à la fin du 19ème siècle avec le Lebel voyait sa production stoppée et les stocks réservés à l’Empire où l’emploi d’un calibre moins performant que le 7.5mm n’était pas un handicap majeur.

Les unités métropolitaines allaient donc disposer uniquement d’armes en calibre 7.5mm, un compromis entre le 7.92mm allemand et le 8mm.

Le MAS-36 devient le fusil standard de l’infanterie, une version courte dite MAS-36/39 équipe la cavalerie et l’artillerie, les unités parachutistes (601ème et 602ème groupe d’infanterie de l’air dépendantes de l’armée de l’air) recevant une version à crosse pliante, le MAS-36CR. En dépit d’une production toujours plus grande, en 1946, on trouvait encore des Berthier modèle 1908 modifié 1915 dans les unités de seconde ligne et les régiments territoriaux.

 

Le MAS 36CR était l’arme de choix de l’infanterie de l’air

Le MAS-36 en dépit de sa modernité fonctionnait encore selon le principe du fusil à répétition alors que certaines armées se dotaient de fusils semi-automatiques. La France décida de suivre cette voie en mettant au point le MAS-40

MAS 40

Ce fusil entra en expérimentation au printemps 1940. Les premiers rapports sont plutôt bons même si certains problèmes de refroidissement et certaines fragilités au niveau de la culasse sont relevées par les unités de la 1ère DIM chargée de l’expérimentation.

Les armes sont donc modifiées et la production de série est lancée en décembre 1940. Il est décidé d’équiper les unités d’infanterie intégrées aux DCR et les dragons portés des DLM, un fusil semi-automatique étant jugé intéressant pour le combat mécanisé.

Cette arme d’abord équipée d’un chargeur de 10 cartouches va évoluer en un MAS-44 équipé d’un chargeur de 25 cartouches et d’un bipied. Des versions à crosse pliable pour parachutiste et des versions pour le tir de précision seront également produites tout comme des versions à canon renforcé pour le tir de grenades à fusil type VB, une arme redoutable quand elle est bien employée.

 

fusil-mitrailleur MAC modèle 1924 modifié 1929

L’arme d’appui principale des fantassins français est le fusil-mitrailleur MAC (Manufacture d’Armes de Châtelleraut) modèle 1924 modifié 1929. Cette arme également utilisé par la cavalerie (comme arme antiaérienne sur les véhicules) et l’artillerie (défense rapprochée des pièces).

Une version légère baptisée SE MA 38 est mise au point par l’armée de l’air, une arme à la mise au point capricieuse et très longue qui se révéléra finalement très bonne, étant mise en service en septembre 1942 au sein des deux groupes d’infanterie de l’air.

Le gros problème de l’infanterie en 1940 était l’absence d’une mitrailleuse moderne pour remplacer les vénérables Hotchkiss modèle 1914 et Saint-Étienne modèle 1907. Différents projets n’aboutissent pas et la production de la Hotchkiss est reprise en 1938 faute de mieux. Le choix du 7.5mm comme calibre standard pousse le haut commandement à réclamer une mitrailleuse moderne de ce calibre.

Si la Hotchkiss modèle 1914 est restée si longtemps en service c’est faute d’une mitrailleuse moderne en calibre 7.5mm pour la remplacer. Ce ne sont pas les candidates qui manquaient qu’il s’agisse d’armes dérivées du Chatelleraut (MAC-31 pour les chars et les ouvrages de la ligne Maginot, MAC-34 pour les avions) ou une proposition privée dédaignée par les services officiels à savoir la Darne, une arme extrêmement moderne pour son époque.

Finalement, le choix des services officiels se porta sur la MAC modèle 1936, une arme extrêmement sophistiqué avec notamment de deux cadences de tir différentes, l’une pour le tir terrestre et une autre pour le tir antiaérien.

La mise au point d’un système d’alimentation fiable et performant retarde la mise en service de l’arme qui n’est officiellement prononcée qu’en septembre 1941, les premières armes étant livrées peu après pour permettre la relève de la Hotchkiss.

A la différence de l’Allemagne, des États-Unis ou de la Grande Bretagne, la France à tardivement introduit le pistolet mitrailleur dans ses unités de combat. La première arme de ce type est le MAS (Manufacture d’Armes de Saint-Étienne) modèle 1938. Bien que réussi sur le plan technique, il est jugé trop compliqué à fabriquer en temps de guerre et sa munition de 7.65mm est jugée faiblarde.

 

pistolet mitrailleur MAS 38

La production de ce pistolet-mitrailleur est donc ralentie puis stoppée au printemps 1942, remplacé par le MAT (Manufacture d’Armes de Tulle) modèle 1942, un pistolet-mitrailleur inspiré du MP-40 allemand qui comme le lui utilisait le 9mm.

 

Le pistolet mitrailleur MAT 42

Cette arme va ainsi équiper les équipages des blindés, les opérateurs d’armes lourdes et tous ceux dont la possession d’un fusil n’était pas nécessaire mais qui avaient besoin de se défendre. Le MAS-38 lui à été relégué aux unités de gendarmerie et aux unités de réserve.

A noter pour l’anecdote qu’un petit nombre de mitraillettes Thompson ont été acquises au printemps 1940. Rendue célèbres par Al Capone, elles furent semble-t-il peu utilisés en dehors des corps Francs qui comprirent l’intérêt de cette arme lors des combats rapprochés notamment la puissance de sa munition de 11.43mm par rapport au 9mm et a fortiori le 7.65mm.

D’autres armes de type pistolets-mitrailleurs ont été utilisés mais en nombre restraint comme le STA modèle 1924, le Petter modèle 1939, l’ETVS, les MP-28 et 34, les EMP, les Steyr, des Suomi M-31 .

 

Le MAS modèle 1892

En ce qui concerne les pistolets et les révolvers, l’une des principales armes de poing française en service en 1940 est le vénérable révolver MAS modèle 1892 en calibre 8mm. Arme fiable et robuste, elle est encore largement en service en 1944 en dépit du choix du calibre 9mm pour les armes de poing. La faute à d’autres priorités dans les armes légères, la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne étant déjà fort prise avec la production des MAS-36 et MAS-40.

Aux côtés de ce pistolet, d’autres armes de poing sont en service en l’occurence des pistolets d’origine espagnole, des Browning modèle 1906 acquis durant le premier conflit mondial en raison d’une pénurie d’armes de poing. Ces armes étaient majoritairement chambrés au 7.65mm.

En 1937 cependant, l’armée de terre avait commandé 10700 pistolets SACM (Société Alsacienne de Constructions Mécaniques) modèle 1935. Ces pistolets se révélant fiables et robustes, ils vont peu à peu remplacer les pistolets espagnols, des commandes régulières permettant de remplacer totalement le MAS modèle 1892 courant 1946.

pistolet SACM modèle 1935

pistolet SACM modèle 1935

En ce qui concerne les armes lourdes, les unités d’infanterie disposent de mortiers de 60, de 81 et de 120mm ainsi que d’armes antichars qu’il s’agisse du canon de 25mm ou de différents modèles de fusils antichars d’origine étrangère, directement commandés à l’étranger comme le Boys britannique où issus de modifications apportées en France comme le vénérable Mauser T-Gewehr ou le polonais Wz 35.