Allemagne (15) torpilleurs (2)

TORPILLEURS TYPE 37

Le torpilleur type 37 KMS T.19

Le torpilleur type 37 KMS T.19

-Les neuf type 37 (T.13 à T.21) sont quasiment identiques aux type 35. Quand la guerre éclatera, ils seront conservés en Baltique pour mener une mission qu’on appelle aujourd’hui de contrôle océanique.

-Sept navires sont mis en service en 1941 (T.13 en mai, T.14 et T.15 en juin, T.16 en juillet, T.17 en août, T.18 en novembre et T.19 en décembre) et les deux derniers sont mis en service en juin (T.20) et en juillet (T.21).

-Huit navires sont encore en service en septembre 1948, le T.13 ayant été perdu par un incendie d’origine criminelle le 14 juin 1944.

Le KMS T.17chargé de mines et protégé par un ballon

Le KMS T.17chargé de mines et protégé par un ballon

-Navires de 877 tonnes (1128 tonnes à pleine charge), mesurant 85.2m de long sur 8.87m de large et un tirant d’eau de 2.51m, une vitesse maximale de 35.5 noeuds.

-Armement composé d’un canon de 105mm en affût simple à l’arrière, une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, des charges de profondeur et jusqu’à 30 mines.

TORPILLEURS TYPE 39

KMS T.36

KMS T.36

-Les type 35 et 37 n’ont pas été des réussites, étant moins bien armés que les type 23 et 24 qu’ils devaient remplacer.

-Un nouveau modèle de torpilleur est dévellopé, appelé officiellement Flottentorpedoboot 1939 mais rapidement connu comme le type Elbing du nom de son chantier constructeur.

-Quinze navires en service (T.22 à T.36), quatre sont mis en service en 1942 (T.22 en février, T.23 en juin, T.24 en octobre et T.25 en décembre), cinq en 1943 (T.26 en février, T.27 et 28 en avril, T.29 en août et T.30 en décembre), Quatre en 1944 ( T.31 en mars, T.32 en juillet, T.33 en septembre et T.34 en décembre) et les deux derniers (T.35 en janvier et T.36 en février).

-Un navire est perdu durant la guerre civile, le T.28 coulé par des vedettes lance-torpilles le 4 mars 1944.

-Navirs de 1316 tonnes (1783 tonnes à pleine charge), mesurant 102.5 de long sur 10m de large pour un tirant d’eau de 3.22m.

-Vitesse maximale de 32.5 noeuds et un armement composé de quatre canons de 105mm en affûts simples (un avant, un au milieu et deux arrières), une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs axiaux avec 24 projectilles en remplacement du système de mouillage de mines.

TORPILLEURS TYPE 43

-Les Elbing résolvaient une partie de la problématique torpilleurs mais il fallait envisager la construction d’autres navires pour affronter des navires ennemis plus puissants qu’il s’agisse des Hunt britanniques ou des Le Fier français dont quatre exemplaires étaient déployés à Dunkerque.

-Reprise directe des type 39 impossible, il fallait des navires d’un nouveau type capables également de mener des missions d’escorte ce qui implique une DCA solide et une bonne capacité ASM.

-Huit torpilleurs type 43 sont financés et qui seront complétés par huit type 46 dont les différences sont telles que certains auteurs englobent les type 43 et 46 dans une seule et même la classe Dantzig, ville où les navires ont été construits.

-Ces navires sont mis en service en mars 1945 (T.37 et T.38), en avril 1946 pour le T.41, à l’automne de la même année pour trois autres (T.39 en septembre, T.40 et T.42 en octobre),les deux derniers étant mis en service en septembre et en décembre 1947 (T.43 et T.44).

-Tous disponibles en septembre 1948

-Navires de 1400 tonnes (1850 à pleine charge), mesurant 102.5m de long sur 10m de large avec un tirant d’eau de 3.22m

-Vitesse maximale 32 noeuds et un armement composé de quatre canons de 105mm en deux affûts doubles, une DCA légère composé de canons de 20 (12) et de 37mm (8), six tubes lance-torpilles en deux plate-formes triples axiales, deux grenadeurs axiaux avec 24 projectiles.

TORPILLEURS TYPE 46

-Les type 43 répondaient en particulier à la construction par la France des Le Fier. La construction des type 46, version améliorée des type 43 répond en partie à la construction des Colonie même si aucune 1250 tW n’était déployé en mer du Nord.

-Armement principal conservé mais la DCA et l’armement ASM sont augmentés, les équipements de détection améliorés.

-Aucun navire n’est opérationnel le 5 septembre 1948, le T.45 doit effectuer ses essais à la mer, le T.46 doit entamer sa mise en condition opérationnelle, les T.47 et T.48 sont en achèvement à flot, Les trois derniers (T.49, T.50,T.51 et T.52) sont encore sur cale, le lancement étant prévu pour le printemps ou l’été 1949.

-Navires de 1450 tonnes (1900 tonnes à pleine charge), mesurant 102.5m de long sur 10m de large pour un tirant d’eau de 3.22m.

-Vitesse maximale de 32 noeuds avec un armement composé de quatre canons de 105mm en deux affûts doubles (un avant et un arrière), de vingt canons de 37mm en affûts doubles, de six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples axiales et de deux grenadeurs de sillage avec 24 projectiles.

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Allemagne (14) Torpilleurs (1)

TORPILLEURS (FLOTTENTORPEDOBOOTE)

Avant propos

-Les torpilleurs peuvent révolutionner la guerre navale en pouvant détruire un navire bien plus puissant.

-Ce n’est qu’après le premier conflit mondial que la différence en terme de tonnage se fait, les destroyers dépassent largement les 1000 tonnes alors que les torpilleurs restent des navires relativement légers, se spécialisant dans l’attaque de surface avec parfois des missions d’escorte.

-Seize torpilleurs de l’ancienne Kaiserliche Marine sont conservés par la Reichsmarine mais seulement douze sont maintenus en ligne et quatre sont en réserve.

-Le traité de Versailles autorise le remplacement de torpilleurs ayant atteint l’âge de quinze ans par des unités d’un déplacement inférieur à…..200 tonnes.

Avec de telles restrictions, on assiste à un déplacement technique avec des vedettes lance-torpilles remplaçant les torpilleurs d’avant guerre alors que les premiers Zerstörer construits pour la nouvelle marine allemande vont être davantage des torpilleurs que des destroyers capables d’opérer facilement en haute mer.

-Les premiers Flottentorpedoboote sont les type 23 et type 24 considérés d’abord comme des Zerstörer puis comme des torpilleurs.

-Il faut ensuite attendre la fin des années trente pour voir la construction de nouveaux torpilleurs avec douze type 35 (T.1 à T.12) suivis de neuf type 37 (T.13 à T.21).

-En 1942/43, les type 23 et 24 sont mis en réserve, utilisés comme auxiliaires ou navire-école.

-Aux type 37 succèdent le type 39 ou classe Elbing produit à quinze exemplaires, des navires lourdement armés avec quatre canons de 105mm qui sont mis en service en 1941/42.

-Ils sont suivis par huit navires appartenant au type 1943 (T.37 au T.44), des navires destinés à rivaliser avec les Le Fier français avec quatre canons de 105mm en deux tourelles doubles.

-Les huit navires du type 46 sont sur cale ou en achèvement à flot quand éclate le second conflit mondial. Les différences avec le type 43 sont peu nombreuses et dans certaines publications, ils sont considérés comme formant une seule et même classe.

-C’est donc avec quarante torpilleurs que la Kriegsmarine entre dans le second conflit mondial

Les différentes classes de torpilleurs

TYPE 23 (CLASSE RAUBVOGEL OU MÖWE)

le torpilleur type 23 KMS Falke

le torpilleur type 23 KMS Falke

-Six navires qui reçoivent une fois n’est pas coutume des noms en l’occurence Möwe (Mouette) Falke (Faucon) Greif (Griffon) Kondor (Condor) Albatros (Albatros) et Seeadler (Aigle marin).

-Navires de 768 tonnes officiellement (924 tonnes en réalité), des navires inspirés du H.147 de la Kaiserliche Marine avec l’introduction de la soudure et des turbines à engrenages en remplacement des machines alternatives.

-Navires plutôt réussis à la différence de leurs successeurs même si leur rayon d’action peut être considéré comme perfectible.

-Mis en réserve en 1942/43 avec la mise en service des type 39. Quatre navires sont encore disponibles en septembre 1948, étant réarmés pour servir d’escorteurs et de patrouilleurs côtiers en Baltique notamment.

-Le KMS Möwe est mis en service le 1er octobre 1926, mis en réserve en septembre 1942 mais réarmé trois ans plus tard comme patrouilleur de surveillance, mission qu’il assure toujours en septembre 1948.

-Le KMS Albatros est mis en service en mai 1927, désarmé le 24 janvier 1942 mais il n’est pas réarmé servant de ponton à Wilhelhmshaven.

-Le KMS Seeadler est mis en service en mai 1927, désarmé en janvier 1943 mais n’est pas réarmé ultérieurement.

-Le KMS Greif est mis en service en mars 1927, mis en réserve en avril 1942 et réarmé en septembre 1946 comme navire-école.

-Le KMS Falke est mis en service en août 1927, mis en réserve en mars 1942 et réarmé un an plus tard. Il coule le 7 janvier 1944 en sautant sur une mine du premier conflit mondial.

-Le KMS Kondor est mis en service en juillet 1927, mis en réserve en juin 1942. Heurté par le paquebot Europa en septembre 1944 mais coule lors de son remorquage vers son chantier de démolition.

-Navires de 924 tonnes (1290 tonnes à pleine charge), mesurant 87.7m de long sur 8.25m de large avec un tirant d’eau de 3.65m, filant à 33.6 noeuds avec un armement composé de trois canons de 105mm en affûts simples (un avant et deux arrières), des canons de 20mm (2 puis 8), six tubes lance-torpilles de 500 puis de 533mm en deux plate-formes triples et jusqu’à 30 mines.

TYPE 24 (CLASSE RAUBTIER/ILTIS)

-Navires assez proches des type 23 et comme leurs prédécesseurs, ils sont mis en réserve vers 1942/43 quand les type 39 sont mis en service. Certains seront réarmés pour des taches secondaires comme l’écolage ou la surveillance des frontières.

-Cinq navires sont encore disponibles en septembre 1948 mais seulement deux seront réarmés.

KMS Jaguar

KMS Jaguar

-Le KMS Iltis est mis en service le 1er octobre 1928, désarmé en juin 1944 mais il est réarmé en septembre avant de s’échouer sur un banc de sable le 17 décembre 1944 et de se briser en deux.

-Le KMS Jaguar est mis en service le 15 août 1929, mis en réserve le 1er octobre 1943 et réarmé en septembre 1948.

-Le KMS Leopard est mis en service le 1er juin 1928, désarmé en avril 1942 mais pas réarmé avant le conflit.

-Le KMS Luchs est mis en service le 15 avril 1929, désarmé le 17 mai 1943 et réarmé le 17 septembre 1947 comme patrouilleur de surveillance des frontières.

-Le KMS Tiger est mis en service le 15 janvier 1929, désarmé le 5 septembre 1942 mais pas réarmé en raison d’un état matériel déplorable.

-Le KMS Wolf est mis en service le 15 novembre 1928, désarmé en mars 1943 et réarmé au déclenchement du conflit pour le transformer en escorteur.

-Navires de 1002 tonnes (1328 tonnes à pleine charge), mesurant 92.6m de long sur 8.65m de large avec un tirant d’eau de 3.52m.

-Vitesse maximale de 35.2 noeuds avec un armement composé de trois canons de 105mm en affûts simples sous masque (un avant et deux arrière), des canons de 20mm (deux puis huit), six tubes lance-torpilles de 500 puis de 533mm (deux plate-formes triples) et jusqu’à 30 mines.

TYPE 35

KMS T-9

KMS T-9

-Allemagne pas concernée par le traité de Washington en 1922 mais elle profite des règles notamment celle qui permet de construire sans limitation de nombre des navires de moins de 600 tonnes. Cela se révéla une fausse bonne idée.

-Le budget 1935/36 finance la construction de douze torpilleurs type 35, des navires connus avec une lettre et un chiffre ou un nombre en l’occurence de T.1 à T.12.

-Navires peu réussis avec un armement jugé trop faible, des machines peu fiable et une tenue à la mer perfectible.

-Dix navires encore en service en septembre 1948 (un perdu durant la guerre civile et un deuxième par accident).

-Quatre navires sont mis en service en 1939 (T.8 en octobre, T.1 T.2 et T.7 en décembre) et les huit autres sont mis en service en 1940 (T.5 en janvier, T.3 et T.6 en avril, T.4 et T.11 en mai, T.9 et T.12 en juillet et enfin le T.10 en août).

-Le T.1 est perdu au cours de la guerre civile (torpillé par une vedette lance-torpilles) le 7 septembre 1943 alors que le T.3 est coulé lors d’un abordage avec le paquebot Wilhelm Gustloff le 14 octobre 1945.

-Navires de 878 tonnes (1122 tonnes), mesurent 84.3m de long sur 8.62m de large et un tirant d’eau de 2.33m

-Vitesse maximale de 35.5 noeuds avec un armement composé d’un canon de 105mm en affût simple à l’arrière, une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, des charges de profondeur et de 30 mines.

Allemagne (13) destroyers (2)

Type 1936A

-Après la construction des type 1934/1934A/1936, on s’interroge sur le type de Zerstörer à construire. Au lieu de modifier le schéma du type 1934/1936, on préfère construire des navires plus gros armés de canons de 150mm pour contrer les contre-torpilleurs français armés de canons de 138mm.

-Huit navires vont être construits, des navires connus sous la lettre Z. suivit d’un nom en l’occurence de 23 à 30. Le KMS Z.23 est mis en service en septembre 1940, le KMS Z.24 en octobre 1940, le KMS Z.25 est admis au service actif en novembre 1940, le KMS Z.26 l’est en janvier 1941 suivit un mois plus tard par la mise en service du KMS Z.27.

-Les trois derniers Zerstörer de ce type sont mis en service en août (KMS Z.28), en juillet (KMS Z.29) et novembre 1941 (KMS Z.30)

-Navires de 2600 tonnes (3600 tonnes à pleine charge), mesurant 127m de long sur 12m de large avec un tirant d’eau de 3.90m

-Vitesse maximale de 36 noeuds avec un armement composé de cinq canons de 150mm en affûts simples (deux avant et trois arrière) remplacés ensuite par une tourelle double à l’avant et trois affûts simples à l’arrière. DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, huit tubes lance-torpilles en deux plate-formes quadruples axiales, des grenades ASM et jusqu’à soixante mines.

Zerstörer type 1939

-Le choix du canon de 150mm se révèle être une fausse bonne idée et pour leurs successeurs, on revient au canon de 127mm qui à l’avantage d’être dual (antisurface/antiaérien).

-Même coque ou peu s’en faut mais une propulsion plus endurante.

-Quatorze navires construits (Z.31 à Z.44)

-Quatre sont mis en service en 1944 (Z.31 en juin, Z.32 en juillet, Z.33 en septembre et Z.34 en octobre), huit en 1944 (le Z.35 en janvier,le Z.41 en février, les Z.36 et Z.40 en mars, le Z.39 en mai, le Z.42 en juin, le Z.37 en août et le Z.38 en septembre) et les deux derniers en 1946, le Z.43 et le Z.44 entrant en service en septembre.

-Navires de 2750 tonnes (3700 tonnes à pleine charge), mesurant 127m de long sur 12m de large pour un tirant d’eau de 3.90m

-Vitesse maximale 34.5 noeuds

-Armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières), DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm (8 et 12), huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples, 24 grenades ASM et jusqu’à 32 mines.

Zerstörer type 1942

-Il s’agit du dernier modèle de destroyer construit avant guerre pour la Kriegsmarine.

-Version améliorée du type 1939 avec seize unités planifiées mais quand la guerre éclate, seulement huit sont en service (Z.45 à Z.52), les autres étant en achèvement à flot (Z.53 à Z.56) ou encore sur cale (Z.57 à Z.60)

-Trois navires ont été mis en service en 1946 (Z.45 en septembre, Z.46 en octobre, Z.47 en décembre), deux en 1947 (Z.48 en février et le Z.49 en décembre) et trois en 1948 (Z.50 en février, Z.51 en juillet et enfin Z.52 en août).

-Navires de 2780 tonnes (3720 à pleine charge), mesurant 127m de long sur 12m de large avec un tirant d’eau de 3.90m

-Vitesse maximale 34 nœuds

-Armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières), une DCA légère composée de canons de 20 (8) et de 37mm (12) en affûts doubles, huit tubes lance-torpilles en deux plat-formes quadruples axiales, 24 grenades ASM et jusqu’à 32 mines.

Zerstörer type 1942

-Il s’agit du dernier modèle de destroyer construit avant guerre pour la Kriegsmarine.

-Version améliorée du type 1939 avec seize unités planifiées mais quand la guerre éclate, seulement huit sont en service (Z.45 à Z.52), les autres étant en achèvement à flot (Z.53 à Z.56) ou encore sur cale (Z.57 à Z.60)

-Trois navires ont été mis en service en 1946 (Z.45 en septembre, Z.46 en octobre, Z.47 en décembre), deux en 1947 (Z.48 en février et le Z.49 en décembre) et trois en 1948 (Z.50 en février, Z.51 en juillet et enfin Z.52 en août).

-Navires de 2780 tonnes (3720 à pleine charge), mesurant 127m de long sur 12m de large avec un tirant d’eau de 3.90m

-Vitesse maximale 34 noeuds

-Armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles (une avant et deux arrières), une DCA légère composée de canons de 20 (8) et de 37mm (12) en affûts doubles, huit tubes lance-torpilles en deux plat-formes quadruples axiales, 24 grenades ASM et jusqu’à 32 mines.

Allemagne (12) destroyers (1)

DESTROYERS

Avant-Propos

-L’apparition de la torpille automobile permettait d’envisager la victoire du David face à Goliath, du petit face au gros.

-La multiplication des torpilleurs entraine une riposte vec la création en Grande-Bretagne du Torpedo Boat Destroyer (TBD) rapidement appelé Destroyer.

-Les premiers destroyers sont des navires de petite taille, très rapides, aux jambes courtes avec des canons légers et un ou deux tubes lance-torpilles.

-Pas de nom mais une lettre désignant le chantier constructeur suivit d’un chiffre ou d’un nombre.

Le SMS S-123

Le SMS S-123

-Les survivants du premier conflit mondial sont soit démolis soit livrés aux alliés ou pour un petit nombre maintenus en service au sein de la nouvelle Reichsmarine.

KMS Falke, un destroyer puis torpilleur type 23

KMS Falke, un destroyer puis torpilleur type 23

-Nouvelles unités construites dès 1924 avec six type 1923 (classe Möwe) et six type 1924 (classe Wolfe) mais ces navires sont ultérieurement reclassés torpilleurs.

-Il faut attendre le début des années trente pour voir la construction de destroyers, de contre-torpilleurs par la marine allemande, des navires que la langue de Goethe connait sous le nom de Zerstörer.

-Aux quatre type 1934 succèdent les douze type 1934A, seuls destroyers allemands à recevoir un nom, les autres se contentant de la lettre Z. et d’un chiffre ou d’un nombre.

-Volonté de rupture technique avec des chaudières très haute pression qui vont devenir la bête à chagrin des chauffeurs allemands. Les canonniers eux devaient mettre en œuvre des canons de 150mm. Les problèmes multiples poussent les allemands à revenir à des standards moins élevés mais plus endurants.

-Attaque au canon et à la torpille des lignes de communication ennemies sans oublier l’escorte des cuirassés, des croiseurs de bataille et de porte-avions.

-En septembre 1939, la Kriegsmarine disposait de dix-neuf contre-torpilleurs avec les seize type 1934 et 1934A mais également trois type 1936, trois autres sont mis en service durant le conflit.

Les tranches initiales de l’expansion navale allemande prévoyaient vingt-huit contre-torpilleurs/destroyer, six autres type 1936A sont financés avant même le plan Z.

La tranche 1938-39 finance la construction de six nouveaux type 1936A et la tranche 1939-40 pourvoit à la construction de deux type 1936A et de huit type 1939 qui remplace le type 1938B initialement prévu (ce modèle était destiné à opérer essentiellement en Baltique).

Cela porte le total des destroyers à quarante-quatre unités. Le plan Z stricto sensu augmente cette flotte déjà importante de six unités type 1939 (tranche 1940-41) et de seize unités type 1942 répartis entre les tranches 1941-42 (quatre unités), 1942-43 (quatre unités) et 1945-46 (huit unités) soit un total prévisionnel de soixante-six

Néanmoins sur ce total, trois unités ont été perdues durant la guerre civile et huit sont encore en construction ce qui laisse seulement «seulement» cinquante-cinq navires sont en service, les huit dernières unités étant à différents stades d’achèvement quand éclate le second conflit mondial.

Les différentes classes de Zerstörer

-Type 1934 (classe Leberecht Maas) : 4 navires

KMS Leberecht Maas (Z-1)

KMS Leberecht Maas (Z-1)

Premiers véritables destroyers allemands capables avec leurs canons de 127mm (cinq en affûts simples) de combattre leurs homologues français et britanniques.

Navires non dénués de défaut avec des faiblesses structurelles, une tenue à la mer médiocre,des machines performantes sur le papier mais difficiles à mettre en oeuvre et à entretenir. Sans oublier un rayon d’action limité et une capacité en munitions faible.

-Le KMS Z.1 Leberecht Maas est mis en service en janvier 1937, le KMSZ.2 Georg Thiele est mis en service en février 1937, le KMS Z.3 Max Schultz est mis en service en avril 1937 et le KMS Z.4 Richard Betzen l’est en mai 1937.

-Les trois premiers sont toujours en service en septembre 1948 mais le Z.4 est perdu par l’explosion d’une torpille le 14 mai 1946 qui l’endommage si gravement qu’on préfère le désarmement et la démolition.

-Navires déplaçant 2230 tonnes (3160 tonnes à pleine charge), mesurant 119m de long sur 11.30m de large avec un tirant de 3.80m.

-Vitesse maximale de 38 noeuds

Schéma du canon de 127mm SKC34

Schéma du canon de 127mm SKC34

-Armement composé de cinq canons de 127mm en affûts simples sous masque (deux avant et trois arrière), DCA légère composée d’un nombre évolutif de canons de 20 et de 37mm, de huit tubes lance-torpilles en deux plate-formes quadruples, de deux grenadeurs de sillage avec 48 projectiles et d’une capacité de mouillage de mines avec soixante-mines.

Type 1934A (classe Paul Jacobi)

Le Zerstörer KMS Paul Jacobi (Z-5)

Le Zerstörer KMS Paul Jacobi (Z-5)

-Version améliorée des précédents, les différences sont minimes

-Le KMS Z.5 Paul Jacobi est mis en service en juin 1937 et toujours actif en septembre 1948, le KMS Z.6 Theodor Riedel est mis en service en juillet 1937 et toujours en service en septembre 1948 tout comme le KMS Z.7 Hermann Schoemann mis en service en septembre 1937.

-Le KMS Z.8 Bruno Heinemann est mis en service en janvier 1938 et toujours en service dix ans plus tard tout comme le KMS Z.9 Wolfang Zenker qui lui était entré en service en juillet de la même année.

-Le KMS Z.10 Hans Lody est mis en service en septembre 1938 suivit deux mois plus tard par le KMS Z.11 Bernd von Armin, ces deux navires étant toujours en service en septembre 1948 tout comme le KMS Z.12 Erich Giese qui avait été mis en service en mars 1939.

-Le KMS Z.13 Erich Koellner mis en service en mars 1939 est gravement endommagé au cours de la guerre civile le 4 mars 1944 par des vedettes lance-torpilles ralliées à Goering. Chavirant à quai, il est relevé, désarmé officiellement le 2 avril 1944 et démoli.

-Le KMS Z.14 Friedrich Ihn est mis en service en avril 1938 et toujours en service dix ans plus tard tout comme le KMS Z.15 Erich Steinbrinck mis en service lui un mois plus tard en mai 1938.

-Le KMS Z.16 Friedrich Eckoldt est mis en service en juillet 1938 mais coulé le 4 janvier 1944 par des avions de la Luftwafe ralliés à Borman alors qu’il patrouillait au large de Stettin. Encaissant trois bombes, il coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants non sans avoir abattu deux avions sur les huit qui l’ont attaqué.

-Navires déplaçant 2230 tonnes (3160 tonnes à pleine charge), mesurant 119m de long sur 11.30m de large avec un tirant de 3.80m.

-Vitesse maximale de 38 noeuds

-Armement composé de cinq canons de 127mm en affûts simples sous masque (deux avant et trois arrière), DCA légère composée d’un nombre évolutif de canons de 20 et de 37mm, de huit tubes lance-torpilles en deux plate-formes quadruples, de deux grenadeurs de sillage avec 48 projectiles et d’une capacité de mouillage de mines avec soixante-mines.

Type 1936

KMS Dieter von Roeder (Z-17)

KMS Dieter von Roeder (Z-17)

-Ces six navires sont assez peu différents des type 1934/1934A et héritent donc de leurs défauts.

-Le KMS Z.17 Diether von Roeder est mis en service en août 1938 et toujours en service quand éclate le second conflit mondial tout comme le KMS Z.18 Hans Ludemann mis en service en octobre 1938 et le KMS Z.19 Hermann Kühne mis en service en janvier 1939.

-Le KMS Z.20 Karl Galster est mis en service en mars 1939, le KMS Z.21 Wilhelhm Heidkamp en juin de la même année et le KMS Z.22 Anton Schmitt en septembre 1939. Ces trois navires sont toujours en service en septembre 1948.

-Navires déplaçant 2411 tonnes (3415 tonnes à pleine charge), mesurant 123.4m de long sur 11.8m de large avec un tirant d’eau de 4.51m.

-Vitesse maximale de 38 noeuds.

-Armement composé de cinq canons de 127mm en affûts simples sous masque (deux avant et trois arrières), DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs de sillage avec 48 grenades et une capacité maximale de 60 mines.

Allemagne (5) Artillerie et systèmes d’armes (2)

Artillerie médiane

Tourelles doubles de 203mm du Prinz Eugen. Notez la présence d'un affût quadruple de 20mm à titre de test

Tourelles doubles de 203mm du Prinz Eugen. Notez la présence d’un affût quadruple de 20mm à titre de test

-Bien que non concernée par le traité de Washington, la marine allemande à choisit le canon de 203mm pour ses Schwere Kreuzer en l’occurrence les quatre croiseurs de classe Admiral Hipper et les quatre croiseurs de classe Admiral Graf Spee.

L’unique modèle utilisé est le SK C/34, un canon de 60 calibres tirant des obus de 122kg à une distance comprise entre 5000m (site : +1.9) et 33500m (site : +37°) à raison de 4 à 5 coups par minute.

La tourelle double pèse 249 tonnes (tourelles A et D) et 263 tonnes (tourelles B et C) et peut pointer en site de -10° à +37° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 145° à raison de 6 à 8°. L’angle de chargement est de 3°. La dotation en munitions est de 140 obus par canon soit un total de 1120 obus de 203mm.

La tourelle triple pèse 255 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 3.5° degré par seconde. Le rechargement se fait à +5°. La dotation en munitions est de 150 obus par canon soit 1350 obus pour l’ensemble du navire.

D’autres pièces vont être fabriquées pour la défense côtière notamment en Norvège.

Tourelle double de 150mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

Tourelle double de 150mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

-A la différence du calibre précédent, plusieurs modèles de canons de 150mm sont en service dans la Kriegsmarine.

-Un mot rapide sur le 15CM SK L/45, une pièce du premier conflit mondial encore utilisé sur les croiseurs auxiliaires allemands et pour la défense côtière. Ce canon de 45 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 13500m à raison de 5 à 7 coups par minute.

-Des pièces de ce calibre plus modernes ont été mises au point, constituant l’armement principal des destroyers et des croiseurs légers ainsi que l’armement secondaire des cuirassés et croiseurs de bataille.

-Le SK C/28 est utilisé sur les croiseurs lourds ex-cuirassés de poche et les Scharnhorst en affûts simples et en tourelles doubles sur les autres navires de ligne ainsi que les porte-avions.

Ce canon de 55 calibres tire des obus de 45kg à une distance maximale de 22000m (site : +35°) à raison de 10 coups par minute, l’espérance de vie du tube étant de 1100 coups.

L’affût simple MPL35 pèse 24 tonnes en ordre de combat et peut pointer en site de -10° à +35° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 9° par seconde. La dotation en munitions est de 150 obus par tube.

L’affût double C28 pèse 116 tonnes et peut pointer en site de -10° à +40° et en azimut sur 360°. La dotation est de 105 coups par canon.

Les ex-cuirassés de poche disposaient de huit affûts simples, les Scharnhorst de douze affûts simples alors que les Bismarck possédaient six tourelles doubles équipées de ce canon.

Les cuirassés type H disposent de six tourelles doubles tandis que le Graf Zeppelin et le Peter Strasser disposaient de seize canons de 150mm en huit casemates doubles.

Ce dernier modèle d’affût baptisé MPL36 pèse 47.6 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10 à +37° à raison de 8° par seconde.

Ce canon va aussi équiper les croiseurs légers de classe Berlin avec une nouvelle tourelle triple inspirée de celle des Leipzig, Nürnberg et des trois navires de classe K.

La tourelle triple Drh Tr C/31 pèse 150 tonnes et permet aux canons de pointer en azimut sur 360° et en site de -10 à +40° à raison de 8° par seconde. La dotation en munitions est de 160 coups par canon soit un total de 1440 obus de 150mm.

Le canon de 150mm SKC/25 mis en service en 1929 équipe les croiseurs légers en service en septembre 1939 en l’occurrence le Leipzig, le Nürmberg, le Koln, le Karlsruhe et Königsberg).

C’est un canon de 60 calibres tirant des obus explosifs ou perforants de 45.5kg à une distance maximale de 25700m (à +40°) à raison de 6 à 8 pour le Leipzig et les trois navires de classe K alors que le Nurnberg pouvait tirer dix à douze coups par minute.

La tourelle triple TrC/25 équipant le Leipzig et les trois K pèse 136 tonnes et permet aux canons de pointer en azimut sur 360° et en site de -10° à +40° à raison de 6 à 8° par seconde. La tourelle TrC/26 du Nürnberg pèse 147 tonnes et dispose de performances similaires. La dotation en munitions est de 120 coups par canon soit un total de 1080 projectiles.

Enfin, le dernier canon de 150mm utilisé par la Kriegsmarine est le canon Tbts KC/36. Ce canon de 48 calibres tire des obus de 45.3kg à une distance maximale de 21950m pour les affûts simples (+30°) et de 23500m pour les tourelles doubles (+47°) à raison de 7 à 8 coups par minute.

L’affût simple Tbts LC/36 pèse 16 tonnes et permet au canon de pointer de -10° à 30° en site et sur 360° en azimut à la vitesse de 3° par seconde.

La tourelle double Ldrh LC/38 pèse 60 tonnes et permet au canon de pointer en site de -10° à +65° et en azimut sur 145° de part et d’autre de l’axe à la vitesse de 8° par seconde.

La dotation en munitions est de 120 coups par canon. Il est utilisé par les destroyers type 1936A où il y est employé à raison d’une tourelle double à l’avant et de trois affûts simples à l’arrière.

Il équipe également les croiseurs de bataille type O à raison de trois tourelles doubles, le croiseur-école Postdam à raison de trois tourelles doubles également et des croiseurs légers de classe Berlin à raison de trois tourelles triples déjà décrites au dessus.

destroyer allemand KMS Leberecht Maas (Z-1) armé de canons de 127mm sous masque

destroyer allemand KMS Leberecht Maas (Z-1) armé de canons de 127mm sous masque

-La marine allemande utilise également un canon de 127mm (en réalité 128mm) pour équiper des destroyers (Zerstörer dans la langue de Goethe) mais également des croiseurs sous-marins et des croiseurs légers antiaériens.

Le premier canon utilisé est le SK C/34, une pièce de 45 calibres dessinée en 1930 et mise en service quatre ans plus tard en 1934. Il tire des obus de 28kg à une distance maximale de 17400m (+30°) à raison de quinze à dix-huit coups par minute.

-Les Zersöster type 1934, 1936 et 1942 disposent de cinq canons de ce type en affûts simples avec deux affûts à l’avant, un au milieu et deux à l’arrière alors que les croiseurs sous-marins type XI disposent de quatre canons en deux tourelles doubles.

-L’affût simple MPLC/28 semblable à ceux utilisés pour les canons de 105mm pèsent 10.22 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +30° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est de 120 coups par pièce soit un total théorique de 600 pour les destroyers.

-La tourelle double Drh LC/38 utilisée par les croiseurs sous-marins type XI pèse 42.2 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +40° et en azimut sur 360°. La doation en munitions est de 270 obus par pièce soit un total de 1080 coups.

Le deuxième modèle baptisé SK C/41 est une version nettement améliorée du précédent modèle avec une différence de taille : il est à double emploi pouvant attaquer des cibles en surface et dans les airs.

Il va équiper les croiseurs antiaériens de classe Dantzig à raison de huit tourelles doubles soit seize canons, les destroyers type 1942 et 1946 à raison de trois tourelles doubles soit six pièces ainsi que les cuirassés type H amélioré où il remplace à la fois les canons de 105 et de 150mm à raison de douze tourelles doubles.

Il va également être utilisé en défense côtière, les pièces étant montées sur des plate-formes rotatives protégées par des parapets en béton, les servant étant protégés par un bouclier.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 49kg à une cadence de 15 à 18 coups par minute à une distance maximale de 22000m en tir antisurface (+40°) et de 12200m en tir antiaérien (+70°).

La tourelle double Drh LC/42 pèse 43 tonnes et permet au canon de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 170° de part et d’autre de l’axe.

La dotation en munitions est de 120 coups par canon pour les Zerstörer soit un total de 720 obus, de 180 obus par canon pour les croiseurs antiaériens (total : 2160 coups) et de 240 pour les type H améliorés soit un total de 3840 projectiles.

-La Kriegsmarine utilise également des canons de 105mm embarqués aussi bien sur des navires de combat que sur des navires de soutien.

Canons de 105mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

Canons de 105mm sur le croiseur de bataille Scharnhorst

Il existait tout d’abord un certain nombre de canons de 105mm issus du premier conflit mondial et encore utilisé trente-ans plus tard à bord de navires auxiliaires voir certains croiseurs auxiliaires réarmés avec des pièces de récupération.

Parmi ces différentes pièces présentes en nombre infime en 1948, citons le canon de 105mm SK L/45, un canon de 45 calibres tirant des obus de 25.5kg à une distance maximale de 12700m à raison de quinze coups à la minute.

La première pièce moderne de 105mm de la marine allemande est le SK C/28. Utilisé principalement par les torpilleurs type 23 et 24, ce canon de 54 calibres tire des obus de 14.7kg à une distance maximale de 17250m à raison de quinze coups à la minute.

Ce canon n’est pas antiaérien, l’affût sur lequel il est installé ne pouvant pointer qu’à +30°. Les torpilleurs type 23 et 24 embarquent trois canons de ce type avec une pièce à l’avant et deux à l’arrière.

La deuxième pièce «moderne» est le canon de 105mm SK C/32, une version améliorée du précédent et conçue comme pièce antisurface et sur le tard antiaérienne.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 15.10kg à une distance maximale en tir antisurface de 15175m (+44°)et en tir antiaérien de 10300m (+80°) à raison de 15 coups par minute.

Elle équipe les torpilleurs type 35 et 37 à raison d’un seul canon, les type 39 ou classe Elbing à raison de quatre canons, les sous-marins type IX à raison d’un canon et les dragueurs type M à raison là aussi d’une pièce.

Le canon de 105mm SK C/33 est le canon antiaérien standard de la marine allemande. Conçue dès l’origine comme une pièce duale antisurface/antiaérienne, elle équipe les cuirassés et croiseurs de bataille allemands mais également les deux porte-avions de classe Graf Zeppelin et certains croiseurs.

Ce canon de 65 calibres tire des obus de 23.5kg (explosif incendiaire) 26.5 ou 27.35 (explosifs) à une distance de 17700 en tir à but surface(site : +45°) et à 12500m en tir antiaérien (site : +80°) à raison de 15 à 18 coups par minute.

L’affût double Dop. L. C31 ou 37 pèse 27 tonnes et peut pointer de -10° à +80° en site et sur 360° en azimut.

Les Scharnhorst disposent de sept affûts doubles, les Lutzow de trois affûts doubles et les croiseurs lourds de six affûts doubles. Les Bismarck et Tirpitz disposent de huit affûts et les Graf Zeppelin de quatre affûts doubles.

La dotation en munitions par canon est de 400 coups pour les cuirassés, les croiseurs de bataille et les porte-avions et de 420 coups pour les croiseurs lourds.

Pour les cuirassés type H et les croiseurs de bataille type O, une véritable tourelle double, la Dop. L. C38 est prévue et réalisée raison de huit exemplaires pour les premiers et quatre pour les seconds.

Cette tourelle double pèse 44 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10 à +80° à raison de 12° par seconde et en azimut sur 360° à raison de 10° par seconde.

Une version allégée est mise au point pour les torpilleurs type 43 et type 46.

Allemagne (3) : Histoire de la Kriegsmarine

KRIEGSMARINE : UNE BREVE HISTOIRE

Dans cette partie, je vais parler de l’histoire de la marine allemande jusqu’en septembre 1948. Bien que j’ai promis de faire synthétique et concis, il me semble important de parler de l’histoire de la marine allemande y compris de la Kaiserliche Marine. Rassurez-vous je vais rester concis sans entrer dans des détails rendant la lecture indigeste.

La Kaiserliche Marine

-Etat récent, puissance continentale, la marine allemande reste longtemps d’une puissance modeste, une force destinée essentiellement à la défense côtière.

-La Kaiserliche Marine est officiellement créée en 1871 quand est proclamé le Deuxième Empire Allemand dans la galerie des glaces du château de Versailles. Elle succède à la marine de la Confédération d’Allemagne du Nord créée en 1867 à partir de la marine prusienne.

-Bismarck ayant une politique européenne, isolant la France, il ne peut se permettre de braquer la Grande-Bretagne avec une politique d’expansion navale et coloniale.

-Le nouvel empereur Guillaume II rêve d’expansion coloniale, d’une politique mondiale (Weltpolitik) souhaite dévelloper une puissante marine, le petit-fils de Victoria se reconnaissant bien là.

Le GrossAmiral Tirpitz qui mit en musique les volontés navales de Guillaume II

Le GrossAmiral Tirpitz qui mit en musique les volontés navales de Guillaume II

-Cela entraine le départ de Bismarck en 1890, laissant le champ libre à Guillaume II et à l’amiral Tirpitz qui en ministre de la Marine va mettre en musique les volontés du Kaiser.

-Partant de rien, les deux hommes vont offrir à l’Allemagne une puissante flotte de haute mer (Hochseeflote) certes inférieure à la Home Fleet de la Royal Navy qui peut poser des problèmes dans le cadre d’une stratégie de Fleet-in-Being ou flotte en attente, une flotte dont sa seule présence obligera la marine plus puissante à maintenir une vigilance telle qu’elle sera limitée ou corsetée dans ses choix tactiques et stratégiques.

-La Kaiserliche Marine connait une guerre contrastée avec des affrontements indécis avec la marine britannique. Seuls les sous-marins font craindre le pire à la Grande-Bretagne au bord de l’étranglement au prix de l’entrée en guerre des Etats-Unis suis à la guerre sous-marine à outrance.

Le SMS Bayern

Le SMS Bayern

-Les cuirassés et les croiseurs de bataille allemands ont bientôt des aussières en béton ce qui influe gravement sur le moral des marins qui travaillés par la propagande bolchevique se mutinent précipitant la défaite de l’Allemagne et l’abdication de Guillaume II.

B-Le sabordage de Scapa Flow et la Reichmarine (1919-1935)

L’armistice est signé le 8 novembre 1918 et entre en vigueur trois jours plus tard le 11. Se pose alors la question de l’avenir de la marine allemande dont les plus beaux fleurons sont provisoirement internés à Scapa Flow dans les Orcades en attendant que son sort final soit tranché.

-Apprenant la livraison de la flotte aux alliés, l’amiral Reuter donne l’ordre de saborder la flotte en profitant de l’absence de la Home Fleet en manoeuvres. Ainsi finit la Kaiserliche Marine.

B-De la Vorlaüfige ReichsMarine à la Kriegsmarine (1919-1935)

-A la Kaiserliche Marine, succède dès le 16 avril 1919, la Vorlaüfige Reichsmarine ou marine provisoire, composée des rares unités que les alliés acceptent de laisser en Allemagne. Autant dire des navires sans aucune valeur militaire.

-Le traité de Versailles limite la marine à 15000 hommes dont 1500 officiers avec seulement huit vieux pré-dreadnought, huit croiseurs légers, seize contre-torpilleurs et seize torpilleurs.

-L’aéronautique navale est interdite tout comme les sous-marins et les navires de plus de 10000 tonnes armés de canons supérieurs à 280mm.

-Le 31 mars 1921, la Vorlaüfige Reichsmarine cède la place à la Reichsmarine qui doit faire avec des moyens réduits. Ainsi sur les huit pré-dreadnought accordés seulement six pourront être utilisés, six sur huit croiseurs légers, seize contre-torpilleurs, seize torpilleurs, trente-sept dragueurs de mines et différents navires auxiliaires.

-La Reichsmarine commence son dédéveloppement partir de 1928 sous l’impulsion de l’amiral Raeder. L’objectif est d’obtenir une marine capable de jouer le rôle d’une Fleet-in-Being pour forcer la France à infléchir sa politique.

-La mise en service du Deutschland, un cuirassé rapide peu protégé mais très endurant avec sa propulsion diesel provoque la stupeur dans les marines étrangères et est indirectement à l’origine de la course aux 35000 tonnes.

Le cuirassé de poche KMS Deutschland en 1936

Le cuirassé de poche KMS Deutschland en 1936

-Plan d’armement décidé en 1932, un plan officiel pour remplacer les unités existantes et un plan clandestin d’expansion qui prévoyait la construction de nouvelles unités entre 1936 et 1943.

-Après l’arrivée des nazis au pouvoir, un nouveau plan d’expansion sur cinq ans est proposé,le plan X un plan nettement plus ambitieux avec cinq cuirassés de poche, deux croiseurs porte-avions, cinq croiseurs lourds, un croiseur léger, vingt-deux contre-torpilleurs, dix-huit torpilleurs et vingt-deux sous-marins.

-Le 21 mai 1935, la Reichsmarine (marine du Reich) devient la Kriegsmarine (marine de guerre), un changement de nom qui en dit long.

C-Dévellopement et opérations : La Kriegsmarine (1935-1939)

-Le développement de la Kriegsmarine est favorise par l’accord naval anglo-allemand (Anglo-German Naval Agreement/Deutsch-britisches Flottenabkomen) signé le 18 juin 1935 qui officialise le développement de la marine allemande.

-Cet accord permet à la Kriegsmarine d’avoir un tonnage global équivalent à 35% de celui de la Royal Navy et 45% pour les sous-marins.

-Aux trois Deutschland succède deux croiseurs de bataille, les Scharnhorst et Gneiseneau armés de trois tourelles triples de 280mm en attendant la disponibilité des tourelles doubles de 380mm.

-31 décembre 1936 : le traité de Washington expire, libérant tout le monde des limitations imposées en février 1922 même si l’Allemagne n’était pas officiellement concernée.

-Plusieurs tranches de construction pour faciliter la montée en puissance avec trois cuirassés, deux porte-avions, trois croiseurs lourds, six contre-torpilleurs, dix-huit torpilleurs, quarante-six sous-marins, des navires légers et des navires auxiliaires.

Ces tranches construites sont les prémices d’un plan nettement plus ambitieux. Baptisé Plan Z, il doit doter l’Allemagne d’une marine océanique dont la puissance n’aurait rien à envier à celle de la défunte Kaiserliche Marine.

-Genèse chaotique de ce plan d’expansion : plusieurs hypothèses et une multiplication des classes de navires, des objectifs contradictoires (marine de guerre de course ou Fleet-in-Being) expliquant ce cafouillage.

-La première version de décembre 1938 prévoit six cuirassés type H (H, J,K,L,M et N, le I étant sauté pour éviter la confusion avec le chiffre romain), douze cuirassés de poche améliorés(Verbessertes Panzerschiff), deux porte-avions de 12000 tonnes, seize croiseurs légers, vingt-deux croiseurs-éclaireurs, trente-huit contre-torpilleurs, quatre-vingt dix torpilleurs, deux-cent quarante-neuf sous-marins, soixante-quinze vedettes lance-torpilles, dix mouilleurs de mines, cent-douze dragueurs de mines, quarante-huit R-Boot, deux bâtiments-base pour dragueurs de mines et douze escorteurs.

-Deuxième mouture en janvier 1939 avec une accélération du calendrier, le remplacement des cuirassés de poche par des croiseurs de bataille, la réduction à douze du nombre de croiseurs légers, la suspension des croiseurs éclaireurs et l’augmentation du nombre de sous-marins à 291.

-Si cette mouture avait été adopté, la marine allemande aurait disposé de seize navires de ligne (six type H, deux Bismarck, deux Scharnhorst à canons de 380mm, trois croiseurs de bataille type O et trois cuirassés de poche), quatre porte-avions, cinq croiseurs lourds, douze croiseurs légers (plus six options pour remplacer les croiseurs légers existants), vingt-deux croiseurs éclaireurs, soixante-huit contre-torpilleurs, quatre-vingt dix torpilleurs, 291 sous-marins, 85 vedettes lance-torpilles, 10 mouilleurs de mines, 112 dragueurs de mines type M, 48 R-Boote, 12 canonnières, 10 escorteurs type F et 8 avisos coloniaux, douze bâtiments-base spécialisés.

-La guerre de Pologne surprend la marine de guerre allemande en pleine croissance. Heureusement le conflit est bref et la menace navale polonaise inexistante, la majorité des navires modernes ralliant la Grande Bretagne et constituant l’embryon d’une marine polonaise libre sous commandement britannique.

-Pour ce bref conflit (1er septembre-15 décembre 1939), la Kriegsmarine engage ses sous-marins et ses raiders dans l’Atlantique ainsi que des moyens non négligeables en mer Baltique à savoir trois croiseurs légers, sept destroyers, huit vedettes lance-torpilles, des unités de soutien et deux vieux pré-dreadnought modernisés, les cuirassés Schliesen et Schleswig-Holstein.

-Aucun affrontement de surface, les navires allemands menacés par les sous-marins et les mines servant de force de bombardement. La campagne s’achève dès le 2 octobre pour la Kriegsmarine.

-Ailleurs, elle coule porte-avions HMS Courageous et le paquebot Athena mais perd le cuirassé Admiral Graf Spee sabordé le 17 décembre 1939, deux jours après la fin du conflit, les alliés ayant refusé un sauf-conduit au navire refugié à Montevideo.

D-Le plan Z définitif et la montée en puissance de la Kriegsmarine (1941-1948)

-Le Plan Z définitif est validé en juin 1941, les tranches 1938/39 et 1939/40 du plan originel sont néanmoins maintenues

-Tranche 1938/39 : un cuirassé type H (J), trois croiseurs légers (N/O/P), six contre-torpilleurs, trois torpilleurs, 33 sous-marins, quatre vedettes lance-torpilles, six avisos-dragueurs type M, huit R-Boote, deux navires-dépôts pour U-Boot et deux brise-glace.

-Tranche 1939/40 : un cuirassé type H (K), un croiseur de bataille type O (O), deux croiseurs légers (Q et R), dix contre-torpilleurs, trois torpilleurs, 33 sous-marins, 31 vedettes lance-torpilles, huit aviso-dragueurs, huit R-Boote et un navire-dépôt pour sous-marins.

-Les tranches précédentes prévoyaient la construction de trois cuirassés, deux croiseurs de bataille, trois cuirassés de poche (dont un déjà perdu dans l’Atlantique Sud), cinq croiseurs lourds (un revendu à la Russie au titre du pacte germano-soviétique), sept croiseurs légers, vingt-huit contre-torpilleurs, trente-trois torpilleurs et quatre-vingt deux sous-marins.

Les deux tranches du plan Z initial ajoute deux cuirassés, un croiseur de bataille, cinq croiseurs légers, seize contre-torpilleurs, six torpilleurs, soixante-six sous-marins, trente-cinq vedettes lance-torpilles, quatorze avisos-dragueurs et quatorze R-Boot, trois navires-dépôt et deux brise-glace.

-La Tranche 1940/41 finance la construction d’un cuirassé type H (L), un croiseur de bataille type O (P), un croiseur léger, six contre-torpilleurs, six torpilleurs, neuf aviso-dragueurs type M et deux pétroliers-ravitailleurs.

-La tranche 1941/42 prévoit la construction d’un croiseur de bataille type O (Q), d’un croiseur lourd, d’un porte-avions léger, de quatre contre-torpilleurs, de six torpilleurs, de neuf aviso-dragueurs type M, de douze sous-marins, de onze vedettes lance-torpilles et d’un ravitailleur.

-La tranche 1942/43 finance la construction d’un cuirassé type H Mod. (M), d’un porte-avions léger, de deux croiseurs légers antiaériens, de quatre contre-torpilleurs, de six contre-torpilleurs et de neuf aviso-dragueurs de mines type M.

-La Tranche 1943/44 prévoit la construction d’un croiseur de bataille type O (R), d’un croiseur lourd, de deux torpilleurs, de douze sous-marins, de douze escorteurs et d’un pétrolier.

-La Tranche 1944/45 finance la construction de deux cuirassés type H Mod. et O), d’un croiseur lourd, de deux croiseurs légers antiaériens, de deux torpilleurs légers, de six sous-marins et d’un ravitailleur.

-La Tranche 1945/46 planifie la construction d’un cuirassé type H Mod. (P), d’un croiseur lourd, de deux croiseurs légers antiaériens, de quatre contre-torpilleurs, de six torpilleurs, de douze escorteurs (Neue Geleitboote) et de huit aviso-dragueurs type M.

-Pour lisser les constructions, on abandonne l’idée de planifier de nouvelles tranches couvrant les années 1946/47 et 1947/48. Non seulement ces navires ne seront pas en service au moment du déclenchement du conflit mais la guerre civile à perturbé les approvisionnements et ralentit les constructions.

Au final, le plan Z doit donner le visage suivant à la Kriegsmarine

-Dix cuirassés (deux classe Bismarck, quatre type H et quatre type H modifiés) mais seulement six sont en service, les quatre derniers sont en construction à différents stades d’achèvement quand éclate le second conflit mondial.

-Six croiseurs de bataille (deux de type Scharnhorst et quatre type O)

-Quatre porte-avions

-Dix croiseurs lourds (deux anciens cuirassés de poche et huit croiseurs lourds)

-Quatorze croiseurs légers (cinq croiseurs légers déjà en service en 1939, six de classe Berlin et trois croiseurs légers antiaériens plus trois en construction)

-Cinquante cinq contre-torpilleurs et huit en achèvement à flot

-Quarante-trois torpilleurs et huit en construction

-Cent soixante-dix huit sous-marins

-Soixante-quatre vedettes lance-torpilles (S-Boot)

-Vingt-sept dragueurs de mines plus huit autres en construction quand éclate le second conflit mondial

-Quarante-huit R-Boote

-Vingt-quatre chalutiers armés répartis en quatre flottilles de six navires

-Douze escorteurs (Neue Geleitboote) plus douze en construction ou en achèvement à flot

-Vingt-quatre chalutiers armés de 496 tonnes en quatre flottilles de six

-Sept Geleitboote utilisés comme auxiliaires

-Treize ravitailleurs de différents types

-Trois pétroliers ravitailleurs

– deux tenders pour les flottilles de sous-marins

-deux gardes-pêches,

-quatorze bâtiments de barrage,

-quatre bâtiments hydrographiques et différents auxiliaires et bâtiments d’expérimentation.

-Différents navires amphibies financés hors plan Z avec des LSM, des ferry Siebel et des MarineFährPr (MFP), des pontons automoteurs.