Japon (15) Marine Impériale (8)

Artillerie Mediane

Avant-propos

Dans le domaine de l’artillerie navale médiane (100 à 203mm), le Japon se distingue par certains calibres inhabituels sur des navires de guerre qu’il s’agisse du 140mm sur ses croiseurs les plus anciens ou du 155mm sur ses croiseurs lourds et sur ses croiseurs légers les plus récents (cela ne l’empêche pas de posséder des canons de 152mm notamment comme armement secondaire de ses Kongo).

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Japon (11) Marine Impériale (4)

Destroyers

Une légende biblique prétend qu’un jour le berger David tua d’une pierre lancée par sa fronde le géant Goliath qui s’effondra après avoir été touché au front. Si sur terre, le plus petit, le plus faible pouvait parfois espérer battre le plus fort, en mer c’était bien moins évident. Difficile pour un brick de détruire un «74 canons».

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Japon (8) Marine Impériale (1)

HISTOIRE ET EVOLUTION DE LA MARINE JAPONAISE

Avant-Propos

La Dai-Nippon Teikoku Kaigun ou Nihon Kaigun voit le jour en 1869, trois ans après la renaissance impériale et le début de l’ère Meiji. Cette marine connait une rapide évolution tant qualitative que quantitative.

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Etats Unis (65) Navires légers (4)

Destroyer Escort (DE) classe Island

USS Albert T. Harris (DE-447)

Entre le Destroyer et le Patrol Craft Escort

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les forces légères, les flottilles d’escorte furent globalement négligées durant la période 1919-1939 la faute à un manque d’intérêt et à des budgets contraints qui obligeaient les amiraux à faire des choix souvent douloureux.

Néanmoins en septembre 1939 les marines européennes disposent toutes de navires légers plus ou moins bien adaptés à la mission d’escorte qu’il s’agisse de sloops pour les anglais, des aviso-dragueurs et des avisos pour la France, des torpilleurs légers pour notre marine nationale…. .

Côté américain la situation est moins nette. La flotte de destroyers à été modernisée, de nombreux flush-decker sont en réserve mais il manque des navires légers pour escorter des convois, tactiques qui laisse sceptiques beaucoup d’amiraux de l’US Navy alors construire des navires pour protéger ces formations…… .

Néanmoins la réalité rattrape les américains qui construisent des PCC et des PCE, équipant leurs dragueurs de mines d’armes ASM pour en faire des escorteurs de fortune. De plus en cas de guerre, ils prévoient d’utiliser des destroyers voir de réarmer des flush-decker en les modifiant avec un Asdic, une propulsion diminuée pour augmenter l’endurance au détriment de la vitesse, un armement ASM important….. .

Cette situation fait cependant pale figure face aux corvettes et destroyers légers britanniques ainsi qu’aux corvettes et torpilleurs légers français.

Les PCE ayant montré leurs limites en haute-mer et la flotte de flush-decker vieillissant, les américains se rendent à l’évidence qu’il manque un navire médian entre le PCE et le destroyer d’escadre, un navire chargé d’escorter des convois de navires marchands à travers l’Atlantique et le Pacifique.

Il doit être grand, pas forcément rapide mais endurant, une artillerie antisurface pour détruire des sous-marins _qui en l’absence de radar privilégient l’attaque au canon en surface_ , une DCA légère et des grenades ASM en abondance.

D’abord appelé Destroyer Light (DL), il devient Destroyer Escort (DE) pour éviter la confusion avec un projet de Destroyer Leader, de grands destroyers de 3500-4000 tonnes destinés à mener des flottilles de torpilleurs, projet qui n’aboutira pas avant guerre car le BuShip estime qu’il ferait doublon avec les Atlanta conçu comme conducteur de flottille.

HMS Aldenham (L-22)

Un destroyer léger type Hunt de la Royal Navy, le HMS Aldenham (L-22)

Après avoir envisagé la fabrication sous licence des River ou des Hunt britanniques, les américains choisissent un projet indigène, un navire de 1300 tonnes, filant à 23 nœuds avec un armement composé de deux canons de 127mm (ou 3 de 76mm ou 4 de 100/102mm, les américains envisageant de produire pour des marines étrangères), une DCA légère (Bofors de 40mm Oerlikon de 20mm) et un important stock de grenades ASM.

Un temps l’embarquement de tubes lance-torpilles est envisagé mais au final on y renonce.

Seize navires sont commandés en octobre 1945 (DE-1 à DE-16) stationnés dans l’Atlantique à Norfolk, Charleston et Mayport (respectivement huit, quatre et quatre).

Trente-deux nouveaux exemplaires (DE-17 à DE-48) sont commandés en septembre 1948 mais en dépit d’une mise sur cale précipitée, aucun n’est en service le 21 mars 1950.

Le programme de guerre prévoit une commande supplémentaire de soixante-quatre exemplaires (DE-49 à DE-112) suivit de deux nouvelles commandes de soixante-quatre exemplaires portant le total des DE à construire à 240 exemplaires, certains DE étant adaptés à d’autres missions que l’escorte de convois.

Si les seize premiers navires portent des noms d’îles américaines tout comme les trente-deux commandés en septembre 1948, les DE du programme de guerre porteront des noms de marins tués au début ou au cours du conflit.

Carrière opérationnelle

USS Howard F. Clark (DE-533) 2

Ces nouveaux venus dans le domaine militaires sont baptisés du nom d’îles des Etats-Unis, des îles situées aux Etats-Unis ou dans les colonies américaines.

Les seize premiers navires commandés en octobre 1945 sont mis sur cale au printemps 1946 et mis en service à l’automne 1947, ces navires étant tous stationnés sur la côte est.

Sont stationnés à Norfolk huit navires, les USS Adak (DE-1) Afognak (DE-2) Aiktak (DE-3) Alameda Island (DE-9) San Pedro Rock (DE-11) Favallon Island (DE-13) Staten Island (DE-15) Victoria Island (DE-16).

Sont stationnés à Charleston quatre navires, les USS Adugak (DE-4) Bayless (DE-6) Bogeslof (DE-7) Sugarloaf (DE-8)

Sont stationnés à Mayport quatre navires, les USS Aghiyuk (DE-5) Hog Island (DE-10) Sears Rock (DE-12) Jersey Island (DE-14)

Sur ces seize navires mis en service avant le début du conflit et employés durant tout le conflit dans l’Atlantique, six sont détruits, deux par les sous-marins allemands (Hog Island Sears Rock), deux lors d’une collision avec des cargos qu’ils escortaient (Afognak Jersey Island), un suite à un incendie accidentel à Halifax (Sugarloaf) et le dernier par l’aviation allemande au large de la Norvège alors qu’il participait à l’opération Borealis (Aghiyuk).

Les dix survivants sont utilisés par l’US Navy jusqu’en en 1957 puis désarmés. Quatre sont démolis ou coulés comme cible dans les années soixante (Aiktak, Alameda Island, Adugak Bogeslof) et les six autres transférés aux gardes-côtes pour servir de patrouilleur de souveraineté (San Pedro Rock, Favallon Island,Staten Island,Victoria Islans Bayless) jusqu’au milieu des années soixante-dix, étant remplacés par des cutter spécialement conçus pour ce rôle.

Quand la guerre éclate en septembre 1948 en Europe, les américains accélèrent leur réarmement et passent commande de trente-deux destroyers d’escorte supplémentaires, navires immatriculés DE-17 à DE-48 et principalement destinés à opérer dans l’Atlantique même si au final des DE seront engagés dans le Pacifique.

Devant l’urgence de la situation, les DE sont mis sur cale dès le début de 1949 mais en dépit d’une construction précipitée, aucun n’est en service en mars 1950 quand le Japon attaque. Les premiers sont mis en service en juin et les derniers en mars 1951, vingt-quatre étant engagés dans l’Atlantique et huit dans le Pacifique.

Huit navires sont mis en service en juin 1950 à savoir les USS Amak (DE-17) Biorka (DE-19), Besboro (DE-22) Aziak (DE-24) Ryer Island (DE-27) Merriott Island (DE-29) Anacapa (DE-31) et Begg Rock (DE-32) et déployés dans l’Atlantique puis en mer du Nord, trois étant coulés durant le conflit (Amak Ryer Island et Merriott Island), les cinq autres étant utilisés par l’US Navy jusqu’en 1957 avant d’être désarmés et placés sous cocon pour un éventuel réarmement.

Deux d’entre-eux, les USS Begg Rock et Aziak sont utilisés pour l’entrainement des réservistes de 1962 à 1967 puis comme navires d’expérimentation jusqu’à ce que l’usure ne les envoient à la casse en 1975 pour le premier, en 1982 pour le second. Les trois autres DE sont démolis dans les années soixante-dix.

Huit autres navires sont mis en service en septembre 1950 à savoir les USS Andreanof (DE-18) Beehive (DE-20) Bolrof (DE-21) Attu (DE-23) Chipps Island (DE-25) Roe Island (DE-26) Andrus Island (DE-28) et Woodward Island (DE-30).

Ces huit destroyers d’escorte sont envoyés dans le Pacifique où si les besoins d’escorte sont moindres, ils ne sont pas inexistants. Deux sont coulés durant le conflit (Andreanof Woodward Island), un tellement endommagé qu’il ne sera pas réparé et sabordé après guerre au large d’Okinawa (Chipps Island), les cinq autres étant désarmés en 1956 et mis sous cocon à Bremerton.

Le Beehive est transféré en 1964 aux forces d’autodéfenses japonaises récemment reconstituées en compagnie du Bolrof et de l’Attu, ces navires étant utilisés jusqu’en 1974 quand ils sont rendus aux Etats-Unis et démolis. Les Roe Island et Andrus Island devaient être transférés à l’Irak mais au dernier moment le projet tombe à l’eau.

USS Formoe (DE-509).jpg

Huit navires sont mis en service en janvier 1951 pour opérer dans l’Atlantique, les USS Caladesi Island (DE-33) Cayo Costa (DE-34) Santa Rosa Island (DE-35) Hutchinson Island (DE-36) Avoa Island (DE-37) Appledore (DE-38) Badger’s (DE-39) et Bustine (DE-40).

Sur ces huit navires, deux sont coulés par les sous-marins allemands (Caladesi Island Avoa Island), les six autres survivant au conflit. Trois sont transférés au Chili (Cayo Costa Santa Rosa Island Hutchinson Island) et les trois derniers après avoir été utilisés pour l’entrainement pour les réservistes sont désarmés en 1973 et démolis.

Les huit derniers affectés dans l’Atlantique sont mis en service en mars 1951, ces navires étant baptisés USS North Island (DE-41) Monasha Key (DE-42) Siesta Key (DE-43) St George Island (DE-44) Avery Island (DE-45) Allen Island (DE-46) Ayers (DE-47) et Black Rocks (DE-48).

Deux sont coulés lors de l’escorte de convois, un dans l’Atlantique (Black Rocks) et le second lors de l’opération Borealis (Siesta Key).

Les autres survivent au conflit, sont utilisés par l’US Navy jusqu’en 1960 puis transférés à des marines étrangères, trois à l’Italie (North Island, St George Island Avery Island et trois à l’Allemagne (Monasha Key, Allen Island Ayers) qui en dépit de réticences profondes notamment côté français avaient été autorisée à reconstituer des forces armées pour faire face à la menace soviétique.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1350 tonnes

Dimensions : longueur 95m largeur 11.17m tirant d’eau 2.87m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 12000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 24 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 12 nœuds

Canon de 127mm 38 calibres US Navy 55

Canons de 127mm à bord d’un destroyer type Fletcher

Armement : deux canons de 127mm en affûts simples (un avant un arrière) quatre canons de 40mm Bofors en affûts doubles, dix canons de 20mm Oerlikon en affûts simples, deux grenadeurs de sillage, huit mortiers. Ultérieurement s’ajouteront un lance-roquettes ASM appelé Herisson (Hedgehog en V.O) et une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm

Equipage : 186 à 200 officiers et marins

Etats Unis (62) navires légers (1)

NAVIRES LEGERS

Avant-propos

Une marine comme une armée de terre dépend très clairement de sa géographie. Elle dicte sa stratégie et ses tactiques. La marine américaine n’échappe pas à cette règle d’or, cette règle d’airain.

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Etats Unis (7) US Navy (3)

La montée en puissance dans les années trente

Paradoxalement c’est la crise économique consécutive au choc boursier d’octobre 1929 qui va être à l’origine de la modernisation de l’US Navy via notamment le National Industry Recovery Act qui injecte 3.3 milliards de dollars au profit des forces armées US.

Carl Vinson

C’est aussi l’action d’élus particulièrement concernés par la chose navale comme Carl Vinson qui avec son collège du sénat Park Trammell, le Vinson-Trammell Act voté en 1934 est considéré comme le texte décisif qui va permettre à l’US Navy d’entrer en guerre relativement bien préparée.

Dans l’impossibilité de construire des cuirassés, l’US Navy concentre ses efforts sur le dévellopement du porte-avions. Après avoir fait ses gammes en transformant le charbonnier Jupiter en porte-avions sous le nom de Langley, la marine américaine transforme deux croiseurs de bataille en porte-avions, les Lexington et Saratoga plus grands porte-avions du monde jusqu’à l’apparition des United States.

Ces deux porte-avions sont vus comme trop grands mais à l’usage, ce surdimensionnement se révélera bénéfique puisqu’il pourront acceuillir des avions toujours plus gros et toujours plus puissants.

Elle passe ensuite à l’étape de la construction neuve, hésitant entre quelques grosses unités et beaucoup (tout est relatif) de petites.

USS Ranger (CV-4), une demi-réussite

Le premier porte-avions construit dès l’origine comme tel se révélant un semi-échec ou une demi-réussite (le USS Ranger CV-4), les américains réalisent des navires plus gros, les deux premiers Yorktown (Yorktown CV-5 Enterprise CV-6) qui impose l’architecture américaine du porte-avions où le hangar est un supplément au navire et non une part du tout comme pour les anglais.

USS Essex (CV-9)

Ces deux porte-avions sont suivis _respect des traités oblige_ par une version plus petite, le USS Wasp (CV-7) qui se révèle là encore une demi-réussite à la différence du troisième Yorktown baptisé Hornet et frappé de la marque de coque CV-8.

Les Essex qui ne sont pas en service quand éclate la guerre de Pologne sont une évolution des Yorktown mais il serait réducteur d’imaginer les Essex comme des Yorktown plus gros.

Dans le domaine des cuirassés, les américains hésitent et tâtonnent. La course au cuirassé rapide, la course au «35000 tonnes» à été lancée par la réponse italienne aux Dunkerque et Strasbourg sous la forme de la construction des Littorio et des Vittorio Veneto.

Les français qui doivent contrôler la Méditerranée riposte en mettant également en chantier deux 35000 tonnes, les futurs Richelieu et Jean Bart entrainant l’Italie dans la construction de deux nouveaux cuirassés baptisés Impero et Roma.

Les autres pays majeurs ne tardent pas à suivre, la Grande-Bretagne commençant la construction de cinq King George V, l’Allemagne de deux Bismarck et le Japon de deux Yamato qui se révéleront bien plus gros que les autres 35000 tonnes puisqu’à pleine charge ils en déplacent le double avec un armement bien plus puissant à savoir neuf canons de 460mm en trois tourelles triples.

Les américains sont les derniers à partir dans cette course au cuirassé rapide, synthèse entre le cuirassé «classique» lent, bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais peu protégé, concept qui sera encore présent dans l’US Navy sous la forme des Large Cruiser de classe Alaska.

USS North Carolina (BB-55)

L’US Navy va d’abord mettre en œuvre les deux North Carolina et les quatre South Dakota parmi les plus lents des «35000 tonnes». Songeant à combattre les Kongo et surtout à accompagner leurs porte-avions, les américains franchissent un cap avec quatre Iowa qui peuvent filer à 30 nœuds (la rumeur de cuirassés filant à 35 nœuds se révélant infondée).

Aucun de ces cuirassés n’est service en septembre 1939 (d’ailleurs aucun 35000 tonnes n’est en service quand éclate la guerre de Pologne), la Pax Armada voyant un sérieux renouvellement du corps de bataille avec la mise en service des cinq Montana armés de douze canons de 406mm en quatre tourelles triples.

Les quatre premiers Iowa

Deux autres Iowa sont commandés peu avant le début du second conflit mondial mais si leur construction est menée à bien, ils ne seront achevés qu’à la fin de la guerre, manquant les affrontements majeurs.

Un mot sur les Large Cruiser ou croiseurs de bataille de classe Alaska. Ces derniers sont construits pour contrer à la fois les cuirassés de poche allemands et les projets de croiseurs-tueurs japonais qui révéleront bien moins redoutables une fois achevés.

Six navires sont envisagés mais seulement quatre sont construits armés de canons de 356mm britanniques. Ces canons étaient une version produite sous licence du 14 Inch Gun Mk VII conçu pour les King George V pour pouvoir armer le Suleiman, le cuirassé commandé par la Turquie pour remplacer le Yavuz ex-Goeben.

Ces canons qui vont aussi réarmer les cuirassés brésiliens et argentins vont finalement armer les Alaska qui à la place de trois tourelles triples de 305mm vont recevoir trois tourelles doubles de 356mm.

Comme ces navires ne sont pas vraiment des cuirassés mais plus des croiseurs lourds, comme les noms d’Etats sont réservés aux premiers et que les noms de villes le sont pour les seconds, les Alaska vont recevoir des noms de territoires en l’occurence Alaska Guam Hawai Puerto Rico (le nom de Phillipines lui à été d’abord attribué mais comme le pays est devenu indépendant, il à été rebaptisé). Les deux derniers ne seront jamais baptisés ce qui prouve que dès le début leur sort était en suspens.

Dans le domaine des croiseurs, les croiseurs cuirassés sont désarmés au début des années vingt à la fois à cause de l’usure, du déclassement technique et de la nécessité de «faire de la place» pour l’enfant du traité de Washington à savoir le croiseur lourd ironiquement appelé Thinclad Battleship ou cuirassé en papier d’étain.

USS Pensacola (CA-24)

Plus ou moins bien protégés, les classes de croiseurs lourds se succèdent avec les Pensacola, les Northampton, les Portland, les New Orleans et le Wichita en attendant la construction des Baltimore considérés en septembre 1948 comme les meilleurs croiseurs lourds du monde en compagnie des Saint Louis français.

Aux côtés des croiseurs lourds, on trouve les croiseurs légers. Les Omaha construits dans le cadre du programme de guerre de 1916 pour accompagner des cuirassés et des croiseurs de bataille morts nés sont rapidement dépassés et déclassés, étant désarmés au cours des années quarante et rapidement démolis, aucun pays n’ayant montré un intérêt pour leur récupération.

USS Brooklyn

Les premiers croiseurs légers construits sont les Brooklyn, une réponse aux Mogami japonais avec leurs quinze canons de 152mm qui sont suivis par les Saint Louis _étroitement dérivés des Brooklyn_ en attendant les Cleveland qui ne disposent que de douze canons de 152mm sur une coque courte ce qui posera des problèmes de stabilité au cours du conflit à la manière des Crown Colony britanniques. Les classes suivantes reviendront à seulement neuf canons de 152mm sur une coque allongée et élargie avec une DCA plus importante.

La classe Atlanta à inspiré le projet CLAA français

On trouve également dans les croiseurs légers les Atlanta armés de canons de 127mm, des navires destinés à la défense antiaérienne mais également au commandement des flottilles de destroyers.

Dans le domaine des destroyers, l’abondance de biens nuit contrairement à ce que veut la sagesse populaire. Les nombreux flush-decker bloquent études et constructions. Il faut attendre les années trente pour l’US Navy mette en œuvre de nouveaux destroyers avec la classe Farragut.

Ils sont suivis par de nombreuses classes de navires qui apportent des amélioration en terme de puissance de feu, les derniers destroyers construits avant guerre atteignant un tonnage proche des contre-torpilleurs français (2300-2500 tonnes) avec un armement composé de six canons de 127mm en trois tourelles doubles. Des projets de destroyer-leader à huit canons de 127mm n’aboutissent pas.

Même chose dans le domaine des sous-marins où la flotte évolue avec la mise en service de classes successives qui apportent une amélioration par rapport à la précédente. A noter que la différence d’autres marines,l’US Navy ne renouvèle pas l’expérience du croiseur sous-marin ou du sous-marin croiseur préférant une flotte plus standard, plus de navires plutôt qu’une poignée de très grands submersibles dont la perte pourrait être préjudiciable pour la stratégie d’ensemble.

Dans le domaine des navires légers, la géographie rend les besoins de l’US Navy moindre que dans les autres marines. Ainsi pendant longtemps la marine américaine avait préféré la canonnière aux torpilleurs.

La mise en service des torpilleurs légers type Le Fier côté français, des Hunt côté britannique montrent l’utilité de ce type de navires, plus puissant que les escorteurs type PC/PCE mais soulageant les destroyers de missions de secondaire.

Des navires appelés Destroyer Light puis Destroyer Escort vont ainsi être construits, des navires de 1500 tonnes armés de deux ou trois canons de 127mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles, d’une DCA légère et de grenades ASM.

Ils sont peu nombreux en septembre 1948 mais leur nombre va augmenter suite aux premières pertes dans l’Atlantique sous les coups des sous-marins allemands, les sous-marins japonais préférant (généralement) les navires de guerre aux navires de transport.

Les canonnières, les dragueurs de mines et les vedettes lance-torpilles ne sont pas oubliées, les premiers et les troisièmes étant surtout destinés à l’Asie du Sud-Est et notamment les Philippines, l’utilisation des vedettes lance-torpilles étant envisagée pour la protection de la baie de Manille où se trouve la base stratégique de Cavite.

La logistique n’est pas oubliée, les immenses distances du Pacifique imposant un solide train d’escadre. Comme le dira un amiral américain «Tu peux plus facilement perdre une bataille dans le Pacifique à cause de la logistique et du climat qu’à cause des coups de l’ennemi».

Outre les navires de soutien strictement militaires, l’US Navy peut s’appuyer sur une marine marchande qui à remonté la pente grâce notamment au travail de la Maritime Commission qui réussit à préserver un tonnage suffisant alors que la crise faisait rage et qui surtout à standardisé un certain nombre de composants et de plans pour faciliter la montée en puissance lorsque la guerre éclatera.

Dans le domaine de l’Aéronavale, on assiste à une montée en puissance qualitative et quantitative avec la modernisation logique du parc aérien et son augmentation liée notamment à la mise en service de nouveaux porte-avions, chaque porte-avions disposant de son groupe aérien auxquels il faut ajouter deux groupes aériens de réserve composés à 40% d’actifs et 60% de réservistes. Cette augmentation concerne également les unités d’hydravions et les unités de la PatMar.

Enfin dans le domaine des bases, les changements sont peu nombreux, les bases existantes sont modernisées, celles d’outre-mer mieux outillées mais il n’y à pas la construction de nouvelles bases comme pour la France (Mers-El-Kébir, Cam-Ranh) ou la Grande-Bretagne (Alor Setar, Kuching).

Etats-Unis (5) US Navy (1)

UNE HISTOIRE DE LA MARINE AMERICAINE
Les prémices
La marine américaine est paradoxalement plus vieille que l’état dont elle assure la défense. Si les Etats-Unis d’Amérique naissent avec la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, la marine américaine connue sous le nom de Continental Navy voit le jour dès le 12 octobre 1775.
Cette marine est destinée à empêcher l’envoi par la Grande-Bretagne de renforts pour mater la rébellion. Il s’agit également de s’en prendre au commerce. En somme de frapper Londres où cela fait très mal.
Cette force est faite de navires britanniques capturés, de navires marchands armés. Point de guerre d’escadre mais une guerre de course.
Quand le conflit se termine, les seuls véritables navires de guerre sont deux frégates, deux bricks, deux sloops et deux goélettes, les autres navires étant des navires corsaires.
Suite au traité de Paris en novembre 1783, les relations entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se normalisent rapidement et le Congrès continental qui à besoin de tous les fonds disponibles estime qu’une marine de guerre est superflue.
Les différents navires sont vendus à des armateurs privés et la Continental Navy disparaît le 1er août 1785 après seulement dix ans d’existence.
Seulement voilà un état possède des pouvoirs régaliens qu’il faut faire respecter. Parmi ces pouvoirs figurent les douanes. Or les américains habitués aux années de contrebande n’étaient guère pressés de respecter les droits de douane.

Pour mettre fin à cette anarchie qui fait désordre, décision est prise (4 août 1790) de créer un service naval qui allait devenir le United States Revenue Marine Service, l’ancêtre en ligne directe du United States Coast Guard. Ce service met en œuvre des cottres ou cutter et ce terme est toujours en usage de nos jours pour désigner les navires de haute-mer du corps des garde-côtes.

Dans ce dix-huitième siècle finissant, l’Afrique du Nord théoriquement sous souveraineté ottomane mais de faite indépendante est le siège de nombreux pirates. Si la France est surtout confrontée aux pirates algérois, les américains doivent ferrailler avec le bey de Tripoli.
Le besoin d’une marine de guerre permanente se fait sentir et le 27 mars 1794, le Congrès autorise l’achat ou la construction de six frégates dont l’USS Constitution toujours en service et pieusement conservée à Boston, trois étant armées de 36 canons et trois autres de 44 pièces.

La frégate USS Constitution en 2010

C’est l’acte de naissance de l’US Navy qui va peu à peu se structurer. En 1800, six arsenaux (Navy Yard) sont établis à Portsmouth, Boston, New-York, Philadelphie, Norfolk et Washington.
Sur ces six arsenaux historiques, seuls ceux de Portsmouth et de Norfolk sont encore actifs, les autres ayant été peu à peu fermés soit pour des raisons de surcapacité soit parce que les infrastructures n’étaient plus adaptées à l’entretien d’une marine moderne. A noter que le Washington Navy Yard à été reconverti comme centre administratif pour l’US Navy mais également pour des agences fédérales.
Si l’établissement d’un arsenal en Floride à Pensacola, le Pensacola Navy Yard en 1826 est important, plus important encore est la création de l’Académie Navale à Annapolis en 1845 où elle siège toujours aujourd’hui.
La jeune US Navy ne tarde pas à connaître l’odeur de la poudre avec la Quasi-Guerre entre les Etats-Unis et la France (1799-1800), les opérations de police contre le bey de Tripoli (1801-1805) et bien évidement la «deuxième guerre d’indépendance» entre 1812 et 1815.
La marine américaine se développe avec la construction de quatre vaisseaux de 74 canons et même d’un vaisseau de 136 canons construit entre 1821 et 1838.
En l’absence de conflits majeurs avec des nations majeures, l’US Navy mène une série d’opérations appartenant à la catégorie de la petite guerre pour reprendre la classification clausewitzienne à savoir la lutte contre la piraterie en Méditerranée et dans les Caraïbes, la lutte contre le trafic d’esclaves (assimilé à de la piraterie) mais également le soutien aux guerres indiennes sur les grands fleuves d’un pays absolument gigantesque aux infrastructures encore limitées, faisant du fluvial un moyen idéal pour le transport longue distance.
La guerre mexicano-américaine de 1846-1848 (13 mai 1846-2 février 1848) augmente significativement le territoire américain avec l’annexion de territoires qui allaient devenir les états de Californie, d’Arizona, du Nouveau-Mexique et du Nevada, le Texas les ayant précédés peu avant le début de ce conflit. Dès 1854, un arsenal est implanté sur la côte ouest, le Mare Island Navy Yard installé à San Pedro en Californie.

Le Commodore Perry

L’année précédente, le 8 juillet 1853, le commodore Perry avait forcé les portes du Japon pour ouvrir aux marchands américains de nouveaux débouchés. Les japonais hésitent entre la résistance et la soumission. L’exemple chinois les poussent à la résistance et une fois les forces réactionnaires écrasées, le nouvel empereur Mutsuhito lance la modernisation du pays à marche forcée, c’est le début de l’ère Meiji.
Parallèlement à ces grosses opérations, l’US Navy est engagée dans une multitude d’opérations pour protéger ses ressortissants des différentes menaces, une petite escadre, quelques Marines permettant généralement de ramener le calme.

La marine américaine et la guerre de Sécession (12 avril 1861-9 avril 1865)
Depuis le début de la décennie 1850, les tensions à propos de l’esclavage sont de plus en plus fortes, les compromis passés antérieurement sont peu à peu remis en question par les extrémistes des deux camps qu’ils soient esclavagistes ou abolitionnistes.
Chaque admission d’un nouvel état est l’objet d’une concurrence féroce pour l’imposer comme état libre ou esclavagiste. L’équilibre devient intenable et débouche sur le plus sanglant conflit de l’histoire des Etats-Unis, un conflit dont les stigmates sont encore présents aujourd’hui plus de 150 ans après la fin de la guerre.
Il n’est pas ici question de parler en détail de l’American Civil War appelée Guerre de Sécession en France mais de se concentrer sur le volet naval qui voit s’opposer l’US Navy et la Confederate State Navy, ces navires portant la marque CSS comme le plus célèbre d’entre-eux, le forceur de blocus CSS Alabama.
Quand le conflit éclate le 12 avril 1861 (bombardement de fort Sumter par la milice de Caroline du Sud), l’US Navy dispose de 44 navires, cinq vaisseaux à voile en réserve, huit frégates à voile, six frégates à hélice, trois corvettes à voile, quatre corvettes à roues (à aube), six corvettes à hélice, douze canonnières, trente unités de petite taille auxquelles il faut ajouter des stationnaires dispersés en Chine ou en Afrique pour protéger les ressortissants et le commerce.
Face à cette puissance, la marine confédérée fait feu de tous bois, mettant en œuvre treize navires aux performances variées ainsi que des forceurs de blocus dont le plus célèbre est bien évidement le CSS Alabama construit en Angleterre et qui sera coulé au large de Cherbourg par l’USS Kearsarge le 9 mars 1964.

Le sloop USS Kearsarge qui coula le CSS Alabama au large de Cherbourg

Dès le début du conflit, l’US Navy, la marine de l’Union assure un blocus des ports confédérés dans le cadre du plan Anaconda destiné à asphyxier la Confédération qui faute d’industrie dépend des exportations pour se procurer des devises (via le coton) et des importations pour les armes.
Les forceurs de blocus font ce qu’ils peuvent mais les mailles sont de plus en plus serrées et le temps va clairement jouer contre les sudistes qui comme jadis les spartiates vont avoir la hantise d’une révolte servile majeure.
Si la majorité des navires sont des voiliers, la vapeur est déjà présente. Ainsi le 8 mars 1862 à lieu au large d’Hampton Roads le premier combat entre cuirassés, le CSS Virginia opposé au USS Monitor, un combat qui restera indécis. Les premiers sous-marins sont également employés mais avec des résultats forts limités.
Les mines et les torpilles sont également employées même si à l’époque, elles se confondent. Ce n’est qu’avec l’apparition de la torpille automobile (Lupis/Whitehead) en 1868 que les deux armes vont prendre des trajectoires différentes.
Le volet naval de la guerre de Sécession c’est aussi la guerre fluviale notamment sur le Mississippi voie de communication royale pour l’Union qui en s’emparant de La Nouvelle-Orléans (avril 1862) puis de Mobile (mars 1864) asphyxie encore un peu plus la Confédération.
Quand le conflit se termine, l’US Navy à perdu 2260 hommes dont 148 marines mais aligne 671 navires dont une quarantaine de monitors, une quinzaine de frégates ou d’avisos à hélice et une bonne soixantaine de canonnières.
La New Navy
Bien évidement le conflit terminé, les effectifs et les moyens de l’US Navy chutent de manière importante. En dépit d’une volonté d’expansion commerciale, l’US Navy sombre dans une période de sous-investissement appelée par contraste avec la New Navy la Old Navy.
Chose impensable aujourd’hui mais en 1881, l’US Navy n’est que la douzième marine mondiale derrière la Chine, le Chili et le Danemark ! Si le premier cité dispose d’une marine plus que respectable, les deux derniers sont redevenus sur le plan naval en particulier et militaire en général des nains.
Un premier signal d’alerte avait été lancé en 1873 quand un incident avec l’Espagne avait montré l’inadaptation de l’US Navy à un conflit moderne. En dépit de cet incident qui faillit entraîner une guerre avec Madrid, la marine américaine ne sortit pas encore de sa léthargie.
Il faut attendre 1881 pour qu’un comité ne constate officiellement la décrépitude de la flotte. Deux ans plus tard, le 3 mars 1883 un Naval Act fait rentrer la marine américaine dans l’ère de la New Navy avec la commande de trois croiseurs, d’un aviso ainsi que l’abandon de l’entretien de quarante-six navires en bois.
La modernisation d’une flotte passant également par les infrastructures, un neuvième arsenal est implanté en 1891 à Bremerton (Etat de Washington) sous le nom de Puget Sound Navy Yard. Sept ans plus tôt, une base navale est implantée à Pearl Harbor aux îles Hawai, îles indépendantes mais pour encore peu de temps.
Les Etats-Unis commençant à rivaliser sur le plan économique avec l’Europe, l’US Navy commence à batir une flotte capable sinon de battre les puissances navales européennes du moins de faire peser une menace sur cette suprématie bien qu’on peut se demander si jusqu’en 1898, cette menace est vraiment prise au sérieux.
Il n’y à qu’à se rappeler les propos méprisants de Von Moltke sur la guerre de Sécession vue comme une bagarre d’amateurs alors qu’il annonçait les terribles guerres industrielles du 20ème siècle (cuirassés, sous-marins, rail, télégraphe….).

Epave du USS Maine. Son explosion (visiblement accidentelle) sert de prétexte à une guerre contre l’Espagne

Les cuirassés étant les maîtres étalons de la puissance navale, l’US Navy construit patiemment sa flotte, disposant en 1901 de onze cuirassés, un douzième, le Maine ayant sauté dans le port de La Havanne le 15 février 1898, le prétexte pour une guerre contre l’Espagne accusée d’avoir fait sauter le cuirassé alors qu’il semble que l’explosion soit interne et d’origine accidentelle.
La guerre hispano-américaine de 1898 est une véritable promenade de santé militaire pour les américains face à une Espagne qui s’enfonce dans le déclin et la décadence depuis la fin du 17ème siècle.
Les intellectuels de la «Génération 98» peuvent bien émettre un méprisant «Que inventen Ellos» (qu’ils inventent eux), force est de constater que l’Espagne est devenue une puissance secondaire, une puissance mineure dans le monde, Madrid perdant son empire colonial, ne conservant que des miettes en Afrique.

Théodore Roosevelt, Big Stick et Big Ships

Suite à l’assassinat de William McKinley en 1901,son vice-président Théodore Roosevelt accède à la présidence des Etats-Unis. Convaincu qu’une puissante marine est nécessaire pour accroître la puissance et le rayonnement des Etats-Unis, il va investir massivement dans les navires et les infrastructures, établissant deux nouveaux arsenaux à Charleston en Caroline du Sud et à Pearl Harbor.
C’est ainsi qu’entre 1902 et 1908, cinq classes de cuirassés sont construites : la classe Maine (Maine Missouri et Ohio) entrée en service entre 1902 et 1904, la classe Virginia (Virginia Nebraska Georgia New Jersey) entrée en service en 1906/07, la classe Connecticut (Connecticut, Lousiana Vermont Kansas Minnesota et New Hampshire) entrée en service entre 1906 et 1908 et la classe Mississippi (Mississippi et Idaho) entrée en service en 1908.
Ces cuirassés sont accompagnés de croiseurs (cuirassés et protégés) ainsi que de canonnières. Il est à noté la rareté des torpilleurs et des destroyers, leur taille réduite les rendant peu adaptés aux océans dans lesquels opèrent l’US Navy qui estime avoir besoin de navires plus gros.

Il faut néanmoins prouver au monde que la marine américaine est une marine puissante et efficace et pour cela, le président Roosevelt va impulser le premier tour du monde de l’US Navy connu sous le nom de «Grande Flotte Blanche» ou The Great White Fleet.
The Great White Fleet (1907-1909)
Cette opération d’une ampleur inédite à l’époque à un double rôle. Montrer la puissance nouvelle de l’US Navy mais également entrainer les équipages.
Du 16 décembre 1907 au 22 février 1909, la marine américaine impressionne les esprits en effectuant un tour du monde, exploit connu dans l’histoire sous le nom de «Great White Fleet» (la grande flotte blanche) en référence à la peinture employée à l’époque par l’US Navy : coque blanche et superstructure chamois .

Ce sont pas moins de 16 navires qui appareillent d’Hampton Roads le 16 décembre 1907 sous le commandement du contre-amiral Robert Evans repartis entre une première escadre (1ère division : Connecticut, Kansas, Vermont et Lousiana 2ème division : Georgia New Jersey, Rhode Island et Virginia) et une seconde escadre (3ème division : Minnesota, Maine, Missouri et Ohio 4ème division : Alabama, Illinois, Kearsarge et Kentucky) et accompagnés de six destroyers avec un ravitailleur et cinq autres auxiliaires. A part les Wisconsin et le Nebraska ce sont tous les cuirassés récents qui sont engagés dans cette opération.

Peu importe qu’à l’époque l’apparition du HMS Dreadnought ait rendu obsolètes ces navires, l’impact politique est fort. Le message est reçut fort et clair : L’US Navy n’est plus une marine secondaire que l’on peut regarder avec mépris et condescendance.

La flotte Blanche effectue une escale à Trinidad, à Rio de Janeiro, Punta Arenas (Chili), Callao (Pérou), Magdalena Bay (Mexique), la flotte arrivant à San Francisco le 6 mai 1908 où le Wisconsin va remplacer l’Alabama (problèmes de machines) et le Nebraska le Maine qui consomme beaucoup trop de charbon (la consommation atteint 1500 tonnes par jour !). Le contre-amiral Evans malade est remplacé par le contre-amiral Sperry qui commandait la 4ème division.

Les deux cuirassés remplacés vont rallier la côte est par leurs propres moyens passant par Honolulu, Manille,Singapour,Colombo,Suez,Naples et Gibraltar.

Quand au reste de la flotte après avoir multiplié sur les escales sur la côte ouest, elle appareille de San Francisco le 7 juillet sans les torpilleurs. Elle fait escale à Auckland, Sydney, Melbourne, Albany. Après une escale à Manille et à Yokohama, la 2ème escadre mouille à Amoy en Chine, le reste de la flotte retournant à Manille.

Quittant les Phillipines le 1er décembre 1908, la flotte fait escale à Colombo du 13 au 20 avant de mettre cap à l’est, franchissant le canal de Suez du 4 au 6 janvier 1909 avant de se disperser dans les différents ports de la Méditerranée (Athènes, Salonique, Smyrne, Naples, Messine, Tripoli, Alger), quelques navires participant aux secours suite au tremblement de terre de Messine survenu le 28 décembre 1908, les autres ralliant Marseille et Villefranche.

La flotte se rassemble à Gibraltar le 31 janvier 1909 pour se ravitailler, quittant le Rocher le 6 février pour rallier Hampton Roads le 22 février 1909, accueillis par le Maine, le New Hampshire, le Mississipi et l’Idaho peints en gris, couleur qui va remplacer le blanc et le chamois.