Grande Bretagne (68) Bases Navales (1)

BASES NAVALES

Avant-Propos

C’est le théoricien américain Alfred Mahan qui rappela l’importance des bases dans une stratégie navale cohérente.

Durant l’Antiquité, les besoins sont modestes et les trirèmes grecques sont souvent tirées au sec sur la plage pour la nuit. Peut-on parler de base navale ? Probablement que non.

Rome dispose de bases navales mais là encore on peut difficilement les comparer à nos bases et arsenaux modernes.

Il faut en réalité attendre le Moyen-Age pour que les premières bases navales au sens modernes du nom voit le jour. En France, Saint Louis fait construire le port d’Aigues-Mortes pour ses croisades et en Manche, le Clos-des-Gallées à Rouen permet la constitution d’une première flotte française dirigée par Jean de Vienne qui ravage les côtes anglaises. Ailleurs c’est l’Arsenal de Venise, probablement le premier site industriel de construction navale.

L'entrée de l'Arsenal de Venise

L’entrée de l’Arsenal de Venise

A l’époque moderne, des bases modernes voient le jour à Brest et à Toulon pour la France, à Portsmouth et à Devonport pour la Grande-Bretagne. L’absence de port abrité sur les côtes de La Manche explique en partie l’absence de résultats probants de la marine Royale française en Manche.

Les servitudes techniques déjà importantes du temps de la marine à voile (il faut calfater les coques, fournir les gréements, les vivres pour les marins, la poudre et les projectiles) augmentent encore avec la vapeur.

Désormais une marine sans base était impossible à concevoir, des bases spécifiques avec des ateliers, des dépôts, des formes de radoub le tout protéger par des défenses côtières plus ou moins importantes en fonction des menaces.

Pour le cas particulier de la Royal Navy, les bases historiques sont situées en Manche face à la France (Devonport, Portsmouth). Ce n’est que plus tard que la mer du Nord reçut des bases équipées (Chatham, Rosyth).

En septembre 1948, la Royal Navy dispose en Métropole d’un mouillage protégé à Scapa Flow ainsi que de bases à Rosyth, Chatham, Portsmouth, Devonport, Portland et Faslane.

Marine aux responsabilités mondiales, la Royal Navy dispose d’un réseau inégalé de bases navales sur tous les océans du globe.

En Méditerranée, l’île de Malte est stratégiquement positionnée pour couper les communications italiennes entre la péninsule et la Libye mais également couvrir le passage de convois entre les Colonnes d’Hercules (Détroit de Gibraltar) et le canal de Suez, la nouvelle base navale d’Alexandrie ayant un double rôle : agir en Méditerranée orientale et protéger le canal de Suez. Chypre et Haïfa peuvent accueillir des navires en escale mais il n’y à pas de véritables bases navales.

L’autre zone d’importance c’est la zone de responsabilité (Area of Responsability AoR) de la British Eastern Fleet zone allant du canal de Suez à Hong Kong avec des sous-commandements régionaux très autonomes.

La base principale c’est Singapour, le “Gibraltar d’Extrême-Orient”, base parfaitement outillée suite à des travaux importants menés entre 1942 et 1948 pour améliorer ses défenses et ses capacités de radoub et d’entretien.

Elle est relayée par la base d’Alor Setar à l’entrée du détroit de Malacca, base dont la mission principale est de surveiller le Golfe du Bengale.

A ces deux bases équipées en installations d’entretien figurent des bases tactiques moins bien équipées comme Kuching sur l’île de Bornéo, une base de ravitaillement pour opérer dans le Golfe de Thaïlande sans oublier Hong Kong qui ne dispose pas d’une véritable base, la colonie étant jugée trop menacée par le Japon pour recevoir d’importantes installations navales.

Des bases tactiques sont également installées à Aden et à Bombay pour couvrir la mer d’Arabie et notamment le passage des convois allant ou venant en direction de l’Extrême-Orient et l’Océanie, des convois transportant du matériel et des troupes.

Ailleurs les bases sont moins bien équipées et ont un rôle moins important qu’il s’agisse de Simonstown (Afrique du Sud), de Freetown (Sierra Leone) et aux Bermudes.

Suite à des accords formels et informels, les navires britanniques pourront utiliser des bases françaises, néerlandaises et américaines.

Bases de la Home Fleet

Rosyth His Majesty Naval Base (Rosyth HMNB)

Bassins de la base navale de Rosyth durant le second conflit mondial

Bassins de la base navale de Rosyth durant le second conflit mondial

Cette base est installée dans l’estuaire du Firth of Forth dans la ville de Rosyth, une ville du comté de Fife.

Cette base à été implantée au début du vingtième siècle, l’Arsenal (Rosyth His Majesty Dockyard) voyant le jour en 1909, l’implantation de cette base répondant à la montée en puissance de la Kaiserliche Marine qui menace la domination britannique de la mer du Nord.

C’est la principale base de la Home Fleet en raison de la présence du corps de bataille de la flotte métropolitaine.

Comme toutes les bases britanniques, elle est modernisée pour faire face aux nouveaux besoins de la Royal Navy notamment l’augmentation de la taille des navires. Les formes de raddoub sont agrandies et approfondies pour suivre cette croissance.

Les ateliers sont modernisés, les dépôts augmentés tout comme sont accrus les moyens de levage et de manutention.

Les défenses côtières sont également modernisés pour sécuriser l’accès au Firth of Forth même si l’hypothèse d’un débarquement allemand est peu probable.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Rosyth :

-Cuirassés HMS Lion Conqueror Temeraire Thunderer (classe Lion)

-Cuirassés HMS King George V Anson Howe (classe King George V)

-Cuirassés HMS Vanguard Iron Duke Royal Oak Centurion (classe Vanguard)

-Porte-avions HMS Illustrious Formidable Victorious (classe Illustrious)

-Croiseurs légers HMS Birmingham Southampton Glasgow Belfast (classe Town)

-Croiseurs légers HMS Bermuda Gambia Kenya (classe Crown Colony)

-Croiseurs légers HMS Bellona Black Prince Diadem Sirius Naïad Euryalus (classe Dido)

-Les destroyers d’escadre déployés à Rosyth appartiennent à quatre flottilles ou plutôt à deux flottilles complètes et deux flottilles qui se partagent entre Rosyth et son pendant occidental de Faslane.

-8th Destroyer Flottilla sept destroyers type F (HMS Fearless Forester Fame Fortune Firedrake Foresight Faulknor, les Fury Foxhound sont détachés à Faslane mais font sur le papier toujours partie de la 8th DF).

-12th Destroyer Flottilla cinq destroyers type E (HMS Escapade Electra Esk Echo Escort, les Eclipse Excounter Express Exmouth sont détachés à Faslane)

-18th Destroyer Flottilla huit destroyers type O (HMS Onslow Offa Onslaught Oribi Obdurate Obedient Opportune Orwell)

-19th Destroyer Flottilla : huit destroyers type P (HMS Pakenham Paladin Panther Partridge Pathinder Penn Petard Porcupine).

Les sous-marins sont également présents en nombre à Rosyth :

1st Submarine Flottilla : sous-marins type T HMS Triton Trident Tarpoon Triad Talisman Tempest Traveller Turbulent

7th Submarine Flottilla : sous-marins type S HMS Swordfish Sturgeon Seawolf Shark Syrtis Safari Scorcher Scotsman

-2nd Submarine Flottilla : sous-marins type U HMS Undine Unity Ursula Umpire Una Unbeaten Undaunted Union

-Chalutiers armés classe Tree : six navires groupés autour d’une 12th Escort Flottilla (Ensay Fara Fetlar Filla Flotta Foulness)

-La 1st Minesweeping Flottilla stationnée à Rosyth dispose des Halcyon Harrier Speedwell Salamander (machines verticales) Franklin Gossamer Hebe (turbines).

-Pour ce qui est des unités légères, si on trouve pas de vedettes lance-torpilles, on trouve pour assurer la protection rapprochée de la base deux canonnières, deux patrouileurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage, une vedette émettrice de fumée et quatre HDML (Harbour Defence Motor Launch).

-Des navires de soutien de la Royal Navy sont également stationnés à Rosyth

-Poseur de filets HMS Guardian

-Bâtiment-base de sous-marins HMS Forth (soutien de la 7th Submarine Flottilla)

-Ravitailleur de sous-marin HMS Hazard (soutien de la 1st Submarine Flottilla)

-Ravitailleur de sous-marin HMS Shearwater (soutien de la 2nd Submarine Flottilla)

-Mouilleur de mines HMS Latona

-La RFA utilise également la base navale de Rosyth pour abriter certains de ces navires auxiliaires :

-Deux pétroliers classe Trinol, les RFA Appeleaf et Brambleleaf

-Deux pétroliers classe War, les RFA War Brahmin et War Sepoy

-Un pétrolier classe Dale, le RFA Cairndale

-Un pétrolier côtier (Harbour Tanker) le RFA Black Ranger

-Citerne à eau classe Fresh, la RFA Freshpond

-Transport de produits pétroliers RFA Petrella

-Ravitailleur (Coastal Stores Carrier) RFA Bacchus

-Cargo rapide RFA Fort Beauharnais

Dès le début du conflit et pour désengortger la base, une partie des navires notamment plusieurs cuirassés vont rejoindre Scapa Flow, d’autres Inverness à 144 miles plus au nord, le tout être plus réactif et surtout diminuer la vulnérabilité de la flotte britannique.

Chatham Royal Naval Base /His Majesty Dockyard

Implanté sur l’estuaire de la rivière Medway, la base navale de Chatham fût longtemps la seule base de la marine britannique en mer du Nord jusqu’à la construction de la base navale de Rosyth, mieux à même d’abriter la Home Fleet/Grand Fleet.

Le Chatham His/Her Majesty Dockyard voit le jour en 1570, la dégradation des relations avec les puissances continentales imposant de nouvelles mesures de défense.

A son apogée, cet arsenal fermé en 1984 car disposant d’infrastructures obsolètes occupait 1.6km² (1600 hectares) et faisait travailler 10000 personnes, civils et militaires.

A noter qu’en 1622, l’Arsenal de Chatham déménage pour un site mieux adapté à ses besoins, l’envasement de la rivière Medway gênant son activité.

D’importants travaux sont menés entre 1862 et 1885 pour adapter les infrastructures aux besoins imposés par la marine à vapeur, nettement plus exigeante que la marine à voile. Trois bassins à flots sont creusés ainsi que quatre formes de radoub.

La fermeture de Woolwich et de Depford en 1869 permet à Chatham de devenir jusqu’à l’ouverture de Rosyth juste avant le premier conflit mondial le principal arsenal de la Royal Navy avec Portsmouth.

Les infrastructures évoluent ensuite peu jusqu’au premier conflit mondial. Les installations sont modernisés, les bâtiments réaffectés à d’autres usages que ceux initialement envisagés mais il n’y à pas de nouveaux travaux.

Il faut attendre 1940 pour que de nouveaux travaux soient menés. Il s’agit d’augmenter la capacité d’entretien de l’Arsenal et d’améliorer l’efficacité d’infrastructures vieillissantes.

C’est ainsi que sur St Mary’s Island est installé une nouvelle zone d’entretien, un bassin à flot accessible par une écluse depuis la rivière Medway avec un bassin de radoub couvert de 250m et un bassin de 250m non couvert, le premier étant plus destiné aux sous-marins.
En aval du Chatham Dockyard une base de ravitaillement est implanté avec dépôt de munitions, dépôts de carburants, dépôts de vivres. C’est là que les navires en escale s’amarraient plutôt que dans les bassins à flot où la place était limitée.

En septembre 1948, les navires suivants étaient stationnés en permanence à Chatham :

-Aucun cuirassé ni porte-avions n’est stationné à Chatham, les plus gros navires sont des croiseurs :

-10th Cruiser Squadron : croiseurs lourds Cornwallis Blake Albermale (classe Admiral)

-12th Cruiser Squadron : croiseurs légers HMS Nigeria et Trinidad (classe Crown Colony)

-11th Submarine Flottilla : sous-marins type S HMS Seahorse Starfish Snapper Sahib Saracen Scythian Sea Devil

-Sous-marins mouilleurs de mines hMS Grampus Narwhal Rorqual Seal

-8th Minesweeping Flottilla avec les HMS Alarm Algerine Arcturus Bramble Cadmus Cheerful (classe Algerine)

-Deux canonnières, deux partrouilleurs ASM et une vedette de sauvetage

-Pétroliers RFA Rapidol (classe Belgol) RFA Cedardale (classe Dale)

-Pétrolier côtier Green Ranger (classe Ranger)

-Navire-hôpital RFA Maine

-Navire-dépôt de sous-marin HMS Medway

-Mouilleur de mines HMS Abdiel

Portsmouth His Majesty Dockyard

La base navale de Portsmouth en 2015

La base navale de Portsmouth en 2015

Avant la construction du port militaire de Cherbourg, la France ne disposait pas de port en eau profonde naturel sur les côtes de la Manche ce qui l’handicapait sérieusement dans sa lutte contre la Royal Navy qui elle disposait d’une géographie favorable.

Très tôt (dès le 16ème siècle quand l’Angleterre fait le choix du grand large après la perte de Calais voir même avant), elle fait construire plusieurs arsenaux sur les côtes du Channel. Parmi ces établissements on trouve le Portsmouth His Majesty Dockyard.

Les premières installations du Portsmouth His Majesty Dockyard et de la base navale (His Majesty Naval Base) voient le jour dès 1495. Il fait partie des arsenaux historiques avec Chatham, Woolwich et Devport.

A la fin du 17ème siècle de nombreux travaux sont menés, augmentant la capacité d’accueil de la base avec deux bassins à flot et cinq formes de radoub.
Des travaux sont régulièrement menés pour permettre à la base d’accueillir des navires, de les ravitailler, de les réparer. Des navires sont également construits.

En septembre 1948, le Portsmouth His Majesty Dockyard dispose de trois bassins à flot, de huit formes de radoub (deux de 250m, une de 300m, deux de 170m, deux de 180m et une de 150m) et de quatre cales de 250m.

Ces importantes installations sont cependant sous utilisées, aucun cuirassé ni porte-avions n’était stationné, la base navale de Portsmouth ayant perdu de son importance stratégique surtout depuis que la France n’est plus considérée comme un ennemi potentiel.

Aussi quand éclate le second conflit mondial éclate, les navires suivants sont stationnés :

-Deux croiseurs légers de la Marine Libre Polonaise (Free Polish Navy), les ORP Piorun (ex- HMS Danae) et ORP Dragon (ex-HMS Dragon)

-11th Destoyer Flottilla (11th DF) équipée de destroyers légers type Hunt, les HMS Atherstone Berkeley Cattistok Cleveland Eglington Exmoor

-16th Destroyer Flottilla (16th DF) équipée de destroyers légers type Hunt en l’occurence les HMS Zetland Tetcoot Southwold Chiddingfold Cowdray Croome

-14th Destroyer Flottilla (14th DF) équipée de destroyers légers type Hunt, les HMS Mendip Meynell Pytchley Quantock Quorn Southdown

-2nd Escort Flottilla (2nd EF) équipée de huit frégates de classe River, les HMS Ballinderry
Bann Chelmer Dart Exe Derg Ettrick Itchen

-Deux flottilles de vedettes lance-torpilles, les 1st MTB Flottilla (MTB-1 3 5 7 9 11 13 15) et
3rd MTB Flottilla (MTB-17 19 21 23 25 27 29 31)

-Deux pétroliers classe Dale, les RFA Bishopdale et Boardale

-Training Squadron avec le porte-avions HMS Commander Edward Dunning (ex-Hermes),
les croiseurs HMS Vindictive et Emerald, les destroyers HMS Amazone et Ambuscade.

Peu de navires sont donc stationés en temps normal à Portsmouth mais avec le déclenchement du conflit, il est probable que la situation va changer

Devonport His Majesty Dockyard/Royal Naval Base

La base navale de Devonport en 1909

La base navale de Devonport en 1909

Situé à l’ouest de la ville de Plymouth, la base navale de Devonport est l’autre base majeure de la marine britannique sur les côtes de la Manche.

En 1588 pour affronter l’Invincible Armada, la flotte britannique commandée notamment par Francis Drake appareille de l’estuaire de la rivière Plym ce qui marque la première utilisation militaire du site.

Il faut cependant attendre un siècle pour voir la construction d’un premier arsenal au sud de l’emplacement, du coeur actuel du Devonport His Majesty Dockyard. C’est à Devonport qu’est construit le premier bassin de radoub en pierre, remplaçant avantageusement le bois jusque là utilisé.

Une ville voit le jour autour site, une ville appelée Plymouth Dock jusqu’en 1823 quand ses habitants obtiennent de rebaptiser la ville Devonport.

Le South Yard qui est la partie la plus ancienne de l’Arsenal de Devonport à souffert des bombardements allemands durant le second conflit mondial. Une partie à été laissée à l’abandon puis rasée. Seul le bâtiment abritant les officiers de l’Arsenal existe encore aujourd’hui.

Les installations de production et de réparations se composaient de quatre cales ou slipeways et de quatre bassins. Deux des quatre cales ont disparu et seule la n°1 à été préservée sous son état initial avec son toit en bois.

Sur les quatre bassins, deux ont été comblés en 1960 pour accueillir des ateliers de maintenance, un à été désaffecté et le dernier accueille un sous-marin de type U accessible au public.

Le South Yard à cessé d’être utilisé comme Arsenal actif en 1974, les réductions de la flotte britannique rendant les besoins de maintenance moins importants et la tentative de créer une industrie de réparation et de démolition navale à échoué.

Trente ans après l’installation de l’Arsenal à lieu une première extension, au nord du site d’origine, un site d’approvisionnement appelé Morice Yard, ce site remplaçant les installations implantées à Plymouth même et trop exiguës. Si ce site à connu quelques dégâts liés aux bombardements allemands, bien plus de bâtiments d’origine ont été préservés.

Ce site à été utilisé jusqu’en 1985 quand un site plus moderne à été batit au nord de l’Arsenal, la raison était l’usure des bâtiments, des bâtiments trop exigus et des raisons de sécurité.

L’étape suivante de l’extension eut lieu au 19ème siècle au moment où le bois et la voile, le calfat et les cordages cédèrent la place à l’acier et à la vapeur.

Un nouveau site est construit à Keyham, le North Yard implanté au nord du Morice Yard, un tunnel reliant les deux arsenaux. Deux bassins sont construits, le bassin n°2 donnant accès à trois formes de radoub alors que le n°3 baignait les ateliers.

En 1895, décision est prise d’agrandir le North Yard avec deux nouveaux bassins (n°4 et n°5) reliés par un dock-écluse (type forme Joubert). Trois nouveaux bassins de radoub sont construits, bassins capables d’accueillir les plus gros navires de l’époque.

D’autres travaux sont menés entre 1939 et 1948 avec un nouveau bassin (n°6) accueillant trois nouvelles formes de radoub dont une couverte. Cela porte le total à neuf formes de radoub de différentes tailles.

Les moyens de levage sont également accrus, les défenses modernisées. De nouveaux logements sont construits pour pouvoir accueillir les équipages en escale.

Quand éclate le second conflit mondial, les navires suivants sont stationnés à Devonport :

-Trois croiseurs légers de classe Town, les HMS Newcastle Sheffield Edimbourg (18th Cruiser Squadron)

-Huit destroyers type J (HMS Jervis Jackal Juno Janus Javelin Jersey Jupiter Jaguar) formant la 7th Destroyer Flottilla

-Huit destroyers type M (HMS Milne Mahratta Muskeeter Myrmidon Matchless Meteor
Marne Martin) formant la 10th Destroyer Flottilla

-Six destroyers légers type Hunt (HMS Tynedale Whaddon Blankney Blencathral Brockesby Avon Vale) formant la 15th Destroyer Flottilla

-Trois sloops classe Kingfisher, les HMS Kingfisher Mallara Puffin

-HMS Pelican (classe Egret) du Fishery Protection Squadron

-Six sloops classe Black Swan (HMS Flamingo Erne Chanticleer Pheasant Starling Lapwing)

-Six dragueurs de mines classe Algerine (HMS Acute Albacore Antares Aries Brave Chameleon)

-La défense rapprochée est assurée par deux canonnières, deux patrouilleurs ASM, une vedette de sauvetage, deux vedettes ASM et quatre Harbour Defence Motor Launch (HDML).

-Deux pétroliers classe Belgol, les RFA Francol Montenol

-Un pétrolier classe War, le RFA War Hindoo

-Un pétrolier classe Dale, le RFA Emmerdale

-Un pétrolier “portuaire” de classe Ranger, le RFA Gold Ranger

-Un ponton pétrolier, le RFA Red Dragon

Portland Naval Base

La base navale de Portland en 1937

La base navale de Portland en 1937

Dans le comté du Dorset se trouve l’île de Portland reliée par une chaussée submersible au continent et à la ville de Weymouth.

Cette particularité géographique offrit dès le 15ème siècle un port naturel à la Royal Navy qui l’utilisa régulièrement.

Ce n’est qu’à partir du milieu du 19ème siècle que des brise-lames furent construits pour former un port en eaux profondes, un port de 9km² où d’importantes escadres pouvaient être rassemblées.

Il n’y avait cependant pas de formes de radoub en septembre 1939 et le projet d’en creuser une se heurtant à de nombreux problèmes au point qu’on préféra faire construire à Devonport un dock-flottant de 250m de long pour pouvoir caréner des navires si le besoin s’en faisait sentir.

Il s’agit plus là de réparer un navire trop endommagé pour rallier Devonport ou Portsmouth que pour réaliser un entretien, un carénage prévu de longue date.

La base qui à été fermée en 1995 sert aujourd’hui de cimetière marin pour la Royal Navy, l’équivalent grand-breton de Landevennec.

En dépit de cette limite, des moyens non négligeables étaient stationnés à Portland quand éclate le second conflit mondial :

-Croiseurs légers classe Town HMS Gloucester Liverpool Manchester formant le 4th Cruiser Squadron

-Destroyers type Hunt HMS Blean Bleadsale Bolebrooke Border Catterick Derwent formant la 20th Destroyer Flottilla

-Corvettes classe Flower HMS Abella Acanthus Alyssum Amaranthus Anchusa Anemone Arabis Arbutus formant la 1st Escort Flottilla.

-Corvettes classe Flower HMS Convolvulus Coreopis Coriander Cowslip Crocus Cyclamen Dahlia Delphinium

Faslane His Majesty Dockyard Royal Naval Base

La base navale de Rosyth se révélant saturée et exposée à de potentiels (voir plus que probables) bombardements allemands, la Royal Navy décide d’aménager une nouvelle base sur la côte orientale de l’Ecosse.

Greenock était déjà utilisée par le passé mais la Royal Navy préfère s’implanter plus en aval en l’occurence à 25 miles (50km) de Glasgow. Le choix de l’estuaire de la Clyde est tout sauf innocent, c’est là que se concentre une part non négligeable de l’industrie navale britannique avec notamment le chantier naval John Brown.

Les travaux commencent en 1940 et vont s’achever en 1947 mais dès 1944 la base est considérée comme opérationnelle, permettant d’accueillir des navires importants notamment des porte-avions de classe Malta.

Pour ce qui est des installations d’entretien, trois formes de radoub sont creusées, une de 300m, une seconde de 250m et une troisième de 170m. Des ateliers sont également construits ainsi que des dépôts de ravitaillement qui pour des raisons de sécurité sont situées un peu à l’écart de la base.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Faslane :

-Porte-avions classe Malta, les HMS Malta Gibraltar Hermes

-Croiseurs légers classe Minotaur, les HMS Minotaur Swiftsure Superb Vigilant formant le 16th Cruiser Squadron

-Croiseurs légers classe Dido, les HMS Charybdis Scylla Argonaut qui assurent la protection des porte-avions Malta Gibraltar Hermes

-Destroyers classe Tribal HMS Matabele Ashanti Mashona Somali Punjabi Tartar Bedouin Eskimo formant la 6th Destroyer Flottilla

-Destroyers type F, les HMS Fury & Foxhound de la 8th Destroyer Flottilla

-Destroyers type E, les HMS Eclipse Excounter Express Exmouth de la 12th Destroyer Flottilla

-Faslane étant située sur la côte occidentale des îles britanniques, la base dispose de nombreux navires d’escorte, des sloops, des corvettes et des frégates.

-Trois sloops de classe Kingfisher, les HMS Kittawake Sheldrake Widgeon formant le Faslane Group ayant pour mission la lutte anti-sous-marine côtière

-Six sloops classe Black Swan, les HMS Black Swan Ibis Crane Lark Redpole Woodcock formant la 2nd Anti-Submarine Flottilla

-Seize corvettes classe Flower formant la 7th (HMS Bryonyt Buttercup Camellia Campion Carnation Chrysanthemum Clematis Coltsfoot) et la 9th Escort Flottilla (Burdock Calendula Campanula Candytuft Celandine Clarkia Clover Columbine)

-Huit frégates classe River formant la 4th Escort Flottilla (HMS Jed Kale Ness Nith Ribble Rother Spey Swale)

-Dragueurs de mines classe Bangor, les HMS Bangor Blackpool Bridlington Bridport Ardrossan Beaumaris Bootle Boston de la 4th Minesweeping Flottilla

-Bâtiment-base de destroyers HMS Woolwitch

-Navire de maintenance aéronautique HMS Unicorn

-Pétroliers classe Leaf RFA Cherryleaf & Orangeleaf

-Pétroliers classe War RFA War Diwan & War Pindari

-Pétroliers classe Dale RFA Arnsdale Aldersdale Echodale

-Ravitailleur rapide RFA Charlotte

-La défense de la base est assurée par deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage, une vedette émettrice de fumée et quatre HDML

Ports civils et mouillage

Outre les bases navales identifiées comme telles, certains ports comme Douvres (Dover) accueillent des navires, généralement des navires d’escorte et de patrouille.

Situé sur le détroit du Pas de Calais, ce port de commerce accueille la 5th Escort Flottilla et quelques navires de soutien.

La 5th Escort Flottilla est composée de huit corvettes de classe Flower, les HMS Armeria Arrowhead Aubretia Auricula Begonia Bellwort Bluebell et Borage

Sont également stationnées à Dover, quatre Harbour Defence Motor Launch et le pétrolier-caboteur RFA Gray Ranger.

A Harwich est stationnée la 3rd Anti-Submarine Flottilla avec des sloops classe Black Swan et Black Swan améliorés en l’occurence les HMS Whimbrel Woodpecker Cygnet Magpie Snipe Actaeon.

Scapa Flow n’est pas à proprement parlé une base mais un mouillage protégé situé dans les Orcades au nord de l’Ecosse. Ce mouillage à été utilisé durant le premier conflit mondial par la Grand Fleet, afin d’être plus apte à intercepter une sortie de la Hochseeflot.

En septembre 1939, une partie de la flotte y avait déjà été déployée mais après la destruction du Royal Oak par le U-47 et en attendant la sécurisation du site, la flotte avait été dispersée dans différentes bases et mouillage.

En septembre 1948, le mouillage est nettement plus sécurisé et les britanniques bien plus vigilant sur l’intrusion de sous-marins

Quand éclate le second conflit mondial, les navires suivants sont présents à Scapa Flow :

-L’ex-cuirassé HMS Resolution sert de ponton où il à remplacé l’ancien cuirassé Iron Duke

-Deux cuirassés, les HMS Royal Oak et Centurion (5th Battleship Division) accompagnés de leurs destroyers d’escorte type F HMS Fame Fortune Firedrake Foresight

-La 2nd Submarine Flottilla et son navire de soutien HMS Shearwater doivent rejoindre le mouillage dès le début du conflit

-1st Polish Minesweeping Flottilla avec les dragueurs de mines M.1 à M.8, d’anciens Hunt transférés à la Free Polish Navy

-Quatre HDML

-Pétroliers RFA Celerol (classe Belgol) RFA War Chrisna (classe War) et RFA Blue Ranger (classe Ranger)

-Bâtiment-base de destroyers HMS Woolwitch

-Ravitailleurs d’hydravions HMS Pegasus et Dumana

Grande-Bretagne (9) Royal Navy (1)

UNE BREVE HISTOIRE DE LA ROYAL NAVY

Avant-Propos

Encore aujourd’hui, la Royal Navy est la fierté du Royaume Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Certes elle n’est plus que l’ombre de la flotte du premier conflit mondial aux somptueuses escadres de cuirassés mais elle représente encore une force avec laquelle il faut compter.

Si dès le 9ème siècle, il existe des forces navales, si les Tudors sont les premiers monarques à se préoccuper de constituer une puissante marine de guerre (tout en gardant un œil sur des possessions continentales comme Calais redevenu français uniquement en 1558), la Royal Navy voit officiellement le jour en 1660 au moment de la restauration des Stuarts avec Charles II, le fils du roi martyr Charles 1er.

Charles II de Grande-Bretagne

Charles II de Grande-Bretagne

En 1707, elle intègre les navires de la Royal Scots Navy, les navires de la marine écossaise bien que depuis 1603 et l’union personnelle des deux royaumes, les deux marines opéraient ensemble.

Elle va rapidement s’opposer aux différentes marines européennes, d’abord la marine espagnole défaite en 1588 (Invincible Armada,un nom ironique attribué par les anglais) puis la marine des Provinces Unies et la marine royale française.

Composée de navires performants,manœuvrés par des marins compétents et des chefs énergiques et choisis sur des critères de compétence (à la différence de la France où les critères de noblesse provoquaient parfois la nomination d’incompétents notoires ou d’amiraux trop vieux pour être efficaces), elle va s’imposer au 18ème comme la première marine mondiale même si au cours de plusieurs conflits, elle subit des pertes non négligeables.

Durant la guerre de Sept Ans (1756-63), elle impose sa supériorité sur les marines françaises et espagnoles ce qui n’empêche pas les échecs comme celui de l’amiral Byng lors de la bataille de Minorque, échec qu’il paiera de sa vie.

La France prit néanmoins sa revanche durant la guerre d’indépendance américaine. La splendide marine de Louis XVI l’une des plus belles de l’histoire de la France (avec celle de Napoléon III et celle du second conflit mondial) infligea une série de défaites qui obligèrent la Grande-Bretagne à renoncer à ramener dans le giron impérial les treize colonies insurgées.

La Révolution Française entraine une totale désorganisation de la marine française, les officiers nobles émigrent, les équipages peuvent élire leurs officiers _rarement une bonne chose, la démagogie et l’idéologie prenant le pas sur la discipline et la compétence_,se montrent revendicatifs et prompts à crier à la trahison.

La Royal Navy devient une marine supérieure à tout ce que les pays européens peuvent lui opposer, la compétence, de bons navires, l’expérience des marins et des officiers sans oublier une politique continue rend cet outil redoutable.

Voilà pourquoi Napoléon maitre en Europe ne pourra jamais faire défiler ses grognards de la garde sur White Hall ou devant Buckingham Palace, la défaite de Trafalgar le 21 octobre 1805 scellant les espoirs de la France impériale de contester la supériorité de la Royal Navy sur les mers même si des corsaires causèrent des pertes au commerce britannique.

Cette puissance colossale permet à la Grande-Bretagne d’étendre son emprise coloniale, annonçant le Britannia rules the waves, cette puissance permet à Londres de maintenir une armée de terre réduite, les risques d’invasion étaient nuls. La guerre de 1812 contre les Etats-Unis marque la dernière utilisation majeure des corsaires pour augmenter la puissance de la marine britannique.

Sans rival, la Royal Navy établit une véritable Pax Britannica, marquant le début d’une domination mondial qui allait perturber jusqu’au premier conflit mondial.

Pax Britannica

Jusqu’au premier conflit mondial, il n’y eut guère de conflits majeurs dans laquelle s’illustrèrent les navires portant fièrement la White Ensign.

Bataille de Navarin (1827)

Bataille de Navarin (1827)

Il y eut bien la bataille de Navarin en 1827 mais cette bataille opposa la France, la Russie et la Grande-Bretagne à la Turquie mais en dehors de cette bataille, l’essentiel des opérations furent des missions de police coloniale et de diplomatie de la canonnière, une escadre chargée de mettre la pression au sens propre comme au figuré en bombardant des places fortes comme celles des Barbaresques en Afrique du Nord ou la Chine durant les deux guerres de l’Opium.

Bataille de Sinope qui ouvre la guerre de Crimée

Bataille de Sinope qui ouvre la guerre de Crimée

La guerre de Crimée s’ouvrit bien sur la bataille navale de Sinope mais cette bataille opposa la Russie à la Turquie. Quand aux bombardements en Baltique, ils n’eurent que peu d’influence sur les opérations à terre, l’apport essentiel de ce conflit qui marqua le retour de la France au premier plan fût l’intégration de nouvelles technologies comme les obus explosifs Paixan qui allaient ringardiser les coques en bois ainsi que la propulsion à vapeur qui ouvrait de nombreuses possibilités.

Durant la deuxième moitié du 19ème siècle, une rivalité navale oppose la France et la Grande-Bretagne. La marine française revitalisée par Napoléon III et un grand ingénieur comme Dupuy de Lôme mis en service le premier cuirassé _La Gloire_ et de nombreux torpilleurs, obligeant la Royal Navy à réagir en construisant des cuirassés (appelés cuirassés à coque en fer pour les distinguer des futures pré-dreadnought) et à inventer le Torpedo Boat Destroyer rapidement connu sous le simple nom de destroyer (destructeur).

Conquêtes coloniales et expansion navales sont plus jamais étroitement liées. L’importance de Gibraltar augmente encore avec l’ouverture du canal de Suez en 1869, économisant l’épuisant contournement par le cap de Bonne Espérance.

Les britanniques sont les premiers à ma connaissance à comprendre la relative inutilité des empires immenses mais l’importance de contrôler les passages obligés, les détroits.

Ce n’est pas un hasard si ils refusent avec la dernière énergie de rendre Gibraltar revendiquée par l’Espagne ou si ils s’installent au Cap de Bonne Espérance, à Aden, à l’entrée du détroit d’Ormuz et à Singapour.

Quand ils ne peuvent pas s’installer sur un passage obligé, ils font tout pour empêcher qu’une puissance rivale ne le contrôle.

C’est ainsi qu’ils empêchent les russes de démanteler l’empire ottoman pour reconstituer l’empire byzantin ce qui aurait donné le contrôle à la marine tsariste du détroit du Bosphore et des Dardannelles.

Si ils appuient la France durant les crises de Tanger et d’Agadir c’est à la fois suite à l’Entente Cordiale mais également pour empêcher l’Allemagne de s’installer en face de Gibraltar. Même situation en Tunisie où ils appuient les revendications françaises pour empêcher l’Italie de contrôler les deux rives du détroit de Sicile qui sépare le bassin méditerranéen en deux.

Si la vapeur apparait dès les années 1820, les machines à vapeur ne sont pas encore suffisamment fiables pour les voyages au long cours.

Résultat, la vapeur est utilisée au combat, la voile servant pour le transit et les voyages à longue distance. Les navires sont soit des constructions neuves ou des conversions. Les coques en acier s’imposent peu à peu, la course entre le boulet et la cuirasse reprenant avec toujours plus de vigueur.

The Two power standard et la rivalité avec l’Allemagne wilhelhmienne

La merveilleuse marine de Napoléon III n’est hélas d’aucune utilité durant la guerre de 1870 ce qui va discréditer l’idée de la puissance navale en France, la jeune Ecole vouant un culte au sous-marin et au torpilleur (jugé plus “républicain) et dénigrant le cuirassé (vu comme “réactionnaire”), la trop fameuse flotte d’échantillon voyant la Royale se doter de cuirassés périmés dès la construction, des navires comme le Hoche sûrement plus dangereux pour leurs utilisateurs que pour l’ennemi.

La Royal Navy ne connait pas ce problème. Le Naval Defence Act de 1889 impose le concept de “two power standard” à savoir que la Royal Navy doit être aussi puissante que les deux marines qui la suivent à savoir la France et la Russie.

Comme il est impossible que les deux marines regroupent toutes leurs forces en Europe, cela revient en pratique à une supériorité très nette dans les eaux européennes. Sur le plan pratique, ce sont dix cuirassés et trente-huit croiseurs qui sont financés. Un autre programme est proposé en 1894 mais Gladstone échoue à convaincre les Communes de le financer.

Le contexte géopolitique ne tarde pas à évoluer en défaveur de Londres. En 1893, une alliance formelle unie la France et la Russie renforçant les inquiétudes de l’opinion publique.

Et si seulement il y avait que cela car au même moment l’Allemagne de Guillaume II entame la création à marche forcée d’une puissante marine océanique, les Etats-Unis et le Japon faisant de même.

Amiral Fisher

Amiral Fisher

Cette course aux armements navals devient couteuse pour la Grande-Bretagne et en 1904, l’amiral Fisher est nommé First Sea Lord pour faire des économies, le budget de la Royal Navy ayant été baissé, un comble au pays de Nelson !

Avec énergie, le bouillant Fisher réforma la Royal Navy, mettant à la casse des navires obsolètes (too old to figth too slow to run _trop vieux pour combattre, trop lents pour fuir_ 154 navires dont 17 cuirassés sont ainsi rayés des registres) et obtenant la construction de nombreux cuirassés dont deux innovations, le dreadnought et le croiseur de bataille.

Le premier est l’application du concept all big gun battleship, le cuirassé avec une artillerie à calibre unique ce qui devait améliorer la puissance des navires mais également faciliter la conduite de tir ainsi que le stockage des munitions.

Le HMS Dreadnought

Le HMS Dreadnought

Si le HMS Dreadnought est le premier navire de ce type à entrer en service, il s’en fallut de peu pour qu’il soit américain.

Le HMS Invincible, premier croiseur de bataille de l'histoire

Le HMS Invincible, premier croiseur de bataille de l’histoire

Le croiseur de bataille est une création issue de l’imagination fertile de Fisher (speed is armour) qui comme tous les observateurs mondiaux avait vu la vitesse des cuirassés japonais surclassés les navires russes, oubliant un peu vite que la malheureuse escadre était partie de Baltique, avait contourné le cap de Bonne Espérance avant de rejoindre la zones des opérations avec des navires usés, des équipages en état de quasi-mutinerie.

Le Battlecruiser était né, un navire qui disposait d’une artillerie aussi puissante que celle d’un cuirassé mais sans véritable protection, sa vitesse supérieure devant lui permettre d’éclairer la flotte, de si nécessaire attaquer les premiers navires ennemis mais jamais l’amiral Fisher avait envisagé que ces croiseurs de bataille combattent dans la ligne de bataille.

Une course aux armements dantesque oppose Berlin à Londres. A une construction chez l’un répond une construction chez l’autre, l’armement augmentant, les allemands passant du 280 au 305 puis au 380mm, les britanniques du 305 au 343 puis au 381mm.

La supériorité britannique ne sera jamais vraiment remise en cause en raison des limites financières de l’Allemagne qui devait entretenir une importante armée de terre. De plus les alliances avec le Japon (1902) et la France (1904) permettait aux britanniques de concentrer leurs moyens en mer du Nord, une situation fort différente de celle prévalant à la fin du 19ème siècle.

Les dominions apportent également leur contribution, une marine canadienne et une marine australienne voyant le jour en 1911.

Si la marine allemande ne peut sérieusement remettre en cause la supériorité de la marine britannique, c’est un adversaire à prendre au sérieux avec des navires bien armés, bien protégés et servis par des équipages compétents, les canonniers allemands ayant remporté de nombreux concours de tir avant guerre en s’appuyant sur leur compétence mais également sur des optiques de haut niveau et un système de conduite de tir performant.

Ainsi quand le premier conflit mondial éclate, la Royal Navy dispose de 74 navires de ligne avec 64 cuirassés (dont 40 pré-dreadnought à la valeur militaire douteuse) et 10 croiseurs de bataille, la Kaiserliche Machine ne disposant que de 46 navires de ligne avec 39 cuirassés (dont 22 pré-dreadnought) et 7 croiseurs de bataille.

Outre les cuirassés et les croiseurs de bataille, la Royal Navy s’équipe de sous-marins, des torpilleurs submersibles qui ne tardèrent à faire preuve de leur efficacité au détriment des navires de la White Ensign et surtout ceux portant le Red Ensign à savoir la marine marchande.

18-Bases et arsenaux (1)

18°) BASES & ARSENAUX

Avant-propos

Complexe Naval de Cam-Ranh, la base française la plus moderne en 1948 mais également la plus menacée

Complexe Naval de Cam-Ranh, la base française la plus moderne en 1948 mais également la plus menacée

Le grand théoricien américain Alfred Mahan disait «une marine sans ailes _c’est à dire sans bases_ appartient au passé». De fait l’apparition de la propulsion vapeur à rendu les marines encore plus dépendantes de leur bases que du temps de la marine à voile.

La France l’à bien compris et va effectuer un effort important au cours de la décennie quarante, effort qui il est vrai ne fait que rattraper vingt années de négligence, négligence liée plus à un manque de moyens financiers qu’à une réelle de volonté de faire n’importe quoi.

Il s’agit d’augmenter le rayonnement de la marine à travers le monde, d’assurer la défense de l’Empire et de montrer le pavillon sur tous les océans du globe. Plus prosaïquement, il s’agit de permettre à n’importe quel navire de la Royale de pouvoir opérer à distance raisonnable d’une base bien équipée pour le ravitailler et le réparer.

Les bases historiques subissent des travaux plus ou moins importants en fonction de leur été à l’orée de la décennie quarante mais d’autres bases qui n’existaient pas ou peu voient le jour notamment Mers-El-Kébir en Algérie ou Cam-Ranh en Indochine.

Qui dit bases dit défense côtière. Cette dernière qui avait été également négligée durant pratiquement vingt ans sauf à de rares exceptions comme Bizerte bénéficie enfin de crédits pour moderniser les batteries mais comme le dira un officier chargé de superviser les travaux «Vu l’état duquel nous sommes partie, cela revenait presque à construire de nouvelles défenses».

Le 1er mars 1941, est créé le Comité pour l’Organisation de la Défense des Côtes (CODC), une sorte de réminiscence du CORF  ou Comité pour l’Organisation des Régions Fortifiées qui avait été à l’origine de la Ligne Maginot. Il reçoit le mandat suivant :

-Inspection des fortifications présente

-Propositions pour la modernisation et la construction de nouvelles fortifications

Ce comité se réunit la première fois le 7 mars 1941, cette première réunion mettant au jour des divergences entre plusieurs membres du comité. Globalement, trois écoles apparurent.

La première réclamait une sanctuarisation du territoire national et la réalisation de Dunkerque à la frontière italienne d’une véritable «Ligne Maginot».

Le projet absolument dément aurait réclamé tellement de béton, d’acier et de main d’œuvre qu’on à du mal à croire que ses partisans étaient sérieux en défendant cette idée. Peut être fallait-il y voir une tactique habile : réclamer beaucoup pour obtenir au final moins sans avoir l’air de perdre la face.

La deuxième école tout aussi radicale estimait inutiles les fortifications côtières ce qui n’empêchait pas ses partisans de participer au comité pour empêcher tout projet de modernisation, estimant plus utile d’investir dans d’autres secteurs notamment dans l’aéronavale et la lutte anti-sous-marine.

C’est au final la troisième école qui l’emporta, à mi-chemin entre les deux précédentes, estimant nécessaires des fortifications tactiques destinées à assurer la protection rapprochée des bases navales, de certains ports, bref d’endroits sensibles et susceptibles d’être la cible de débarquement ennemis.

Douze réunions eurent lieu de mars à juin 1941 pour envisager différentes hypothèses de travail, hypothèses qui ne pouvaient qu’être vérifiées que par une inspection sur le terrain en vue de la rédaction d’un rapport d’étape.

De juillet à novembre 1941, le CODC se scinda en plusieurs équipes d’inspecteurs pour accélérer les procédures. Si la Métropole fût la principale cible de ces inspecteurs, les défenses d’Afrique du Nord, d’Afrique Noire, du Levant, de l’Océan Indien, du Pacifique et de l’Indochine furent également inspectées.

Le rapport d’étape est ainsi rendu à l’amiral Darlan et au ministre de la marine Jules Belley le 14 mars 1942 suivit d’un rapport définitif en septembre 1942.

Ce rapport de 700 pages énumérait précisément la situation des fortifications côtières et préconisait des remèdes.

L’état général est jugé lamentable. Si les places et autres forts encore sous le contrôle de la marine pourraient être rapidement remises en état et réarmées (trois à neuf mois, un an tout au plus), les places et fortins déclassés sont tout bonnement à raser : les parties béton ou pierre sont souvent sur le point de s’écrouler et les masses de métal ont fait le bonheur des ferrailleurs.

Outre un audit global, le CODC préconise des solutions pour chaque région. Sachant que les budgets bien qu’en extension ne sont pas illimités, le CODC limite largement ses ambitions en recourant largement à la récupération de matériel déclassé notamment les pièces d’artillerie issue de navires désarmés.

Sur un plan général, tous les travaux prévus ne sont pas achevés en septembre 1948 mais la marine entre dans le second conflit mondial avec des bases modernes bien outillées et capables de ravitailler à l’abri une flotte nombreuse.

A-Station Navale de Dunkerque

Schéma approximatif de la Station navale de Dunkerque

Schéma approximatif de la Station navale de Dunkerque

Verrouiller le pas de Calais et agir en mer du Nord

Si La Manche à été le théâtre de nombreuses batailles entre la Royale et la Royal Navy, les ports de la région n’ont jamais été de grands ports militaires. Cherbourg construit pour permettre à notre flotte de disposer d’un point d’appui et d’une rade protégée n’accueillit jamais la majeure partie des unités de notre marine, Brest et surtout Toulon étant les deux principales bases de la Royale.

Il y eut bien des escadres du Nord à intervalles réguliers mais après la fin du premier conflit mondial, les navires de notre marine déployés en Manche étaient peu nombreux, le gros de notre flotte étant basé à Toulon, Brest accueillant des navires anciens ou des navires de seconde main.

Soucieux de crédibiliser le soutien aux Pays Bas et à la Belgique, la marine songe très fortement à redéployé une escadre en Manche et la future Escadre Légère du Nord (ELN) (créée officiellement en mars 1942) à besoin d’un vrai point d’appui.

Il existe bien Cherbourg mais l’Arsenal est déjà fort occupé avec les constructions et l’entretien et est jugé trop éloigné du détroit du Pas de Calais pour être efficace.

Après avoir étudié les sites du Havre, de Boulogne et de Calais, la marine décide d’implanter une station navale à Dunkerque.

Par station navale, il faut entendre que cette base est dépourvue d’installations d’entretien et si le port de Dunkerque dispose de deux formes de radoub, il est prévu que les grands carénages des unités de l’ELN se fassent à Cherbourg.

La future station navale de Dunkerque est donc une base de ravitaillement, disposant de dépôts de carburant et de munitions, d’hangars stockant pièces détachées et vivres pour ravitailler les navires qui y sont basés mais également les navires de passage.

Cette base qui va disposer de solides défenses côtières va bénéficier également de la présence de la base aéronavale de Calais-Marck, base qui abrite la 1ère flottille d’aviation navale.

Description

Le site choisit se situé à l’ouest du port de commerce de Dunkerque, la station navale étant séparé par une zone tampon de 1.5km, zone tampon qui à été absorbé après guerre par la croissance d’un port reconstruit après les lourds dommages de la guerre.

Cette absorption posant d’autant moins de problèmes qu’à l’issue du conflit, la marine abandonna l’idée d’une base autre que Cherbourg sur les côtes de la Manche, les anciennes stations de l’ELN étant reconverties en port pour les passagers de lignes transmanches.

Les premiers travaux sont lancés au printemps 1941. Ils consistent en la construction de 3500m de linéaire de quai et de deux jetés de 200m fermant un plan d’eau artificiel capable d’accueillir au mouillage un groupe occasionnel composé d’un porte-avions, d’un ou deux cuirassés et de leurs torpilleurs d’escorte.

Ces deux jetés sont séparées en leur milieu par en apparence un seul accès mais en réalité cet accès est double, un plot de séparation affleurant à la surface de lot. Il sert en temps de guerre à accrocher les filets anti-sous-marins destinés à protéger cette rade.
A terre, trois réservoirs pétroliers alimentés par un oléoduc depuis le terminal pétrolier de Dunkerque alimentent directement à quai les navires. Un dépôt de munitions souterrain est également construit et des hangars abritent  des stocks de vivres et de pièces détachés.

Des ateliers pour un entretien minimal sont également construits tout comme un poste de commandement souterrain. Des logements pour les équipages et pour les navires de passage voient également le jour.

Défense côtière

Le fort de Zuydcoote en 1914

Le fort de Zuydcoote en 1914

La défense d’une telle position est soignée. Elle l’est d’autant plus que la ville de Dunkerque est appelée à servir de point d’appui fortifié en cas d’invasion de la Belgique par l’Allemagne ou d’un déploiement avancé des troupes alliées dans le «Plat pays» et nous ne parlons même pas d’une invasion du territoire national.

En septembre 1939, la défense de Dunkerque et de ses approches directes est assurée par différents forts et positions fortifiées. Dans cette catégorie, je vais parler à la fois des batteries de Dunkerque même mais également celles de Calais et de Boulogne.

A l’est de Dunkerque, nous trouvons le fort de Bray-Dunes (14km de Dunkerque) qui dispose alors de trois canons de 164mm modèle 1887. Il est assisté par deux positions de Zuydcoote situées à 9km (sémaphore) et à 6.7km (fort) qui dispose de 2 canons de 95mm pour le premier et de quatre canons de 194mm et de trois canons de 95mm pour le second.

La défense des approches de Dunkerque est assurée par des bastions plus légèrement armés avec 4 canons de 105mm pour le bastion 29/31 et deux de 95mm pour le bastion 28. quand à la batterie couvrant la jetée ouest, elle dispose de quatre canons de 75mm modèle 1897.

On trouve également des canons de 37mm destinés à empêcher la mise à terre d’une compagnie de débarquement comme du temps des «descentes» de la marine à voile.

A l’ouest, on trouve la batterie du Mardyck qui dispose de quatre canons de 194mm modèle 1902 ainsi que l’ouvrage de Petit-Fort Philippe qui dispose de quatre canons de 95mm.

Pour les travaux de modernisation, l’effort va être porté sur Zuydcoote et Mardyck, les autres ouvrages étant peu à peu déclassés, l’armement obsolète ferraillé. Cela reste néanmoins des emplacements militaires.

En direction de la mer, les forts de Zuydcoote et du Mardyck sont donc sérieusement modernisés avec de nouvelles pièces d’artillerie, une véritable DCA et des blockhaus d’infanterie.

Le fort de Zuydcoote situé à 6.7km à l’est de Dunkerque et à seulement 1.5km de l’emprise de la station navale dispose en 1940 de quatre canons de 194mm modèle 1902 sur affûts modèle 1934 et de trois canons de 95mm modèle 1888.

Si les canons de 194mm sont maintenus jusqu’en 1948, les trois canons de 95mm modèle 1888 sont remplacés par quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles utilisables aussi bien pour le tir contre la mer, contre la terre et contre avions puisque montées sur un affût circulaire permettant un angle de débattement de 360° et un débattement en site de -10° à +90°.

Huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 sont installés dans le fort de Zuydcote en quatre affûts doubles.

La défense terrestre de Zuydcoote devient crédible avec la construction de deux blockhaus légers d’infanterie armés par une compagnie de fusiliers marins, la 1ère Compagnie de Fusiliers-Marins, chacun de ces blockhaus disposant d’une cloche d’observation, d’une cloche mitrailleuse avec deux Darne de 7.5mm et deux affûts jumelant un canon antichar de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm.

Le fort de Mardyck pendant occidental de Zuydcoote disposait lui en 1940 de quatre canons de 194mm modèle 1902 et de 4 canons de 95mm modèle 1888.

Les canons de 194mm sont maintenus mais leurs emplacements sont améliorés alors que comme à Zuydcotte, les canons de 95mm ont été remplacés par quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles. Une véritable DCA avec huit canons de 25mm en quatre affûts doubles à également été installée.

La défense en direction de la terre est assurée par une compagnie de fusiliers marins, la 2ème CFM  qui arme en particulier deux blockhaus légers d’infanterie dont le format et l’armement est identique à ceux installés à Zuydcoote.

Les autres défenses de la place de Dunkerque ayant été déclassées en 1930, la marine fait construire en 1946/47 deux petits forts à 2km de Dunkerque, permettant une défense totale en direction de la terre à condition que des ouvrages de campagne soient également construits pour accueillir des unités de l’armée de terre par exemple pour pouvoir défendre le port en vue d’une potentielle évacuation vers le sud ou vers l’Angleterre.

Ces deux petits forts inspirés des ouvrages de la ligne Maginot disposent chacun de deux canons de 138mm modèle 1910 _issus des Courbet désarmés ou des Bretagne reconstruits_ en affûts simples sous masque, de quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles pour principalement le tir antiaérien et de trois créneaux jumelant un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm.

La DCA n’est pas oubliée avec quatre canons de 25mm Hotchkiss en affûts simples.  Chaque fort  est armé par une compagnie d’équipage d’ouvrage (CEO)

A la mobilisation, des travaux complémentaires doivent être réalises : tranchées, pose de mines, barbelés, ouvrage de campagnes dont l’armement doit être assuré par l’armée de terre.

Côté mer, des pièces légères de 37 ou de 47mm doivent être installés pour empêcher une compagnie de débarquement de ravager par un raid audacieux les installations de la station navale de Dunkerque.

La défense antiaérienne de la place-forte de Dunkerque est assurée par la 1ère Batterie Anti-Aérienne de Marine (1ère BAAM) qui dispose de huit canons de 90mm implantés sur des encuvements en acier et en béton mais pouvant être tractés et de douze canons de 25mm Hotchkiss en affûts doubles.

Cette défense antiaérienne peut être renforcée en temps de guerre par le déploiement d’unités relevant de la Défense Aérienne du Territoire (D.A.T) ou d’unités en campagne déployées dans la région en l’occurence celle de la 7ème Armée.

Les autres ports de la région qui pourraient relayer l’action de Dunkerque (par exemple en le désengorgeant) sont également protégés.

La défense de la place de Calais est assurée par de petites positions fortifiées comme le bastion II équipées de trois canons de 194mm et de canons de 37mm, le Fort de l’Estran qui dispose de quatre canons de 75mm, le bastion XII qui dispose de quatre canons de 120mm modèle 1878 et de quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 1896, du Fort Lapin équipé de quatre canons de 164mm et du poste de défense du Gris-Nez qui dispose de quatre canons de 100mm.

Ces fortifications sont modernisées entre 1940 et 1948 avec le maintien des canons de 75, de 164 et de 194mm mais la suppression des canons de 120mm et de 100mm obsolètes et aux stocks de munitions réduits. Si les canons de 120mm ne sont pas remplacés, ceux de 100mm sont remplacés par quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles.

La défense en direction de la terre est prévue par la construction d’ouvrages de campagne semblables à la ligne CEZF au total quatre petits ouvrages (PO) équipés chacun d’un affût avec un canon de 47mm et une mitrailleuse, une cloche GFM (Guet et Fusil-mitrailleur) et une cloche à mitrailleuses.

La défense antiaérienne du port de Calais est assurée par……les anglais. Calais étant avec Boulogne le principal port de débarquement (puis du ravitaillement du BEF), sa protection antiaérienne est sérieuse avec deux batteries de quatre canons de 94mm et deux batteries de six canons Bofors de 40mm.

Le port de Boulogne est défendu par le Fort de Crèche qui dispose de quatre canons de 194mm et deux canons de 95mm, du Mont de Couple avec 4 canons de 138mm ainsi que de batteries de circonstance, installées durant la guerre de Pologne à savoir une batterie défendant la digue Carnot avec deux canons de 75mm, une batterie défendant le bassin Loubet avec quatre canons de même calibre et enfin une batterie implantée au Sémaphore de Cayeux avec deux canons de 95mm.

Après la fin de la guerre de Pologne, les batteries de circonstance sont démantelés. Le Fort de la Crèche est modernisé avec le maintien des canons de 194mm et le remplacement des canons de 95mm par des canons de 90mm.

Quand éclate la seconde guerre mondiale, le Fort de Crèche et le fort Mont de Couple ont reçut une DCA sous la forme chacun de quatre canons de 25mm ainsi que des mitrailleuses de 7.5mm pour la défense contre les attaques d’infanterie.

Les batteries de circonstance sont réarmés avec des canons de 75mm et des mitrailleuses. Des fortins pour la défense terrestre commencent à être construits, devant être occupés par des territoriaux qui devront mettre en œuvre les canons de 47mm et les mitrailleuses.

La défense antiaérienne du port est assurée par une batterie de la D.A.T déployée début septembre, une batterie équipée de douze canons de 40mm Bofors.

Navires stationnés au 5 septembre 1948

-Croiseur léger antiaérien Waldeck-Rousseau, navire-amiral de l’ELN

-Contre-torpilleurs Kersaint et Cassard (classe Vauquelin) formant la 8ème DCT

-Torpilleurs d’escadre Davout Soult Massena (classe Empire) formant la Flottille des Torpilleurs du Nord (FTN)

-Torpilleurs légers Le Normand Le Parisien Le Provençal Le Saintongeais (classe Le Fier) formant la 5ème DT

-Corvettes anti-sous-marines  L’Algeroise L’Aixoise La Quimperoise et La Cherbougeoise formant la 8ème DEO

-Sous-marins Fructidor Brumaire Pluviose (classe Phenix) formant la 16ème DSM

-Chasseurs de sous-marins CH-41 et CH-42

-Une flottille de vedettes lance-torpilles, la 1ère flottille légère du Nord (1ère ELN) avec la 1ère ELM (VTB 50 à 55) et la 2ème ELM (VTB 35 à 40)

-la canonnière L’Yser (classe Aisne) utilisée comme navire de sûreté

-Patrouilleur ASM L’Atlantique (P-33)

-le pétrolier-caboteur Blavet.

-Remorqueurs Lavande et Myosotis

-Navire hydrographe Bengali

17-Aviation navale (11)

2-Les différentes unités de l’Aviation Navale

A-Escadrilles de chasse

Avant propos

Un Dewoitine D-373 appontant sur le Béarn

Un Dewoitine D-373 appontant sur le Béarn

Au début de la guerre de Pologne, les chasseurs sont une denrée rare au sein de l’Aéronautique Navale avec seulement quatre escadrilles. Deux (AC-1 et AC-2) sont théoriquement embarquées mais leurs avions (Dewoitine D-373 et 376) comme leur porte-avions (Le Béarn) sont à bout de souffle et deux autres (AC-3 et AC-4) sont basées à terre pour la protection respective de Bizerte et de Cherbourg avec des appareils dépassés (Bloch MB-151) ou en voie de l’être (Curtiss H-75).

La situation s’améliore un peu durant le conflit avec le remplacement des Dewoitine D-373 et 376 par des bimoteurs ou des monomoteurs mais la situation n’est guère brillante. Par exemple, une escadrille AC-5 créée pour protéger Brest ne reçoit ses appareils (des Curtiss H-75) qu’en janvier 1940.

Heureusement, comme le reste de l’Aviation Navale, la composante chasse de la marine va connaître un bon spectaculaire. De cinq escadrilles à la fin de la guerre de Pologne, elle passe le 31 août 1948 à vingt-cinq escadrilles soit 253 appareils terrestres, embarqués et «hybrides» (hydravions de chasse).

Ces vingt-cinq escadrilles se répartissent en onze escadrilles de chasse terrestre dont une bimoteur, onze escadrilles de chasse embarquées sur cinq porte-avions (un lourd, deux d’escadre et deux légers) et trois escadrilles d’hydravions de chasse.

Le matériel à lui aussi fait un bon spectaculaire et n’à rien à envier aux meilleures réalisations terrestres. Une preuve si il en est : le chasseur le plus ancien en 1948 est le Dewoitine D-520 qui peut faire plus que bonne figure huit ans après sa mise en service.

Escadrille 1C

Curtiss H-75 en vol

Curtiss H-75 en vol

Crée sous le nom d’AC-4, elle est implantée à Cherbourg-Chantereyne qui avant la montée en puissance de Calais-Marck est la plus importante BAN de la 1ère région maritime. A son activation, elle reçoit douze Curtiss H-75 cédés de mauvaise grâce par l’armée de l’air.

En cas de conflit, la mission de cette escadrille est de participer à la défense du  port militaire de Cherbourg et plus généralement des ports de la façade Manche-Mer du Nord que ce soit Le Havre, Boulogne, Calais et même Dunkerque.

A partir du 15 septembre 1940 et de la naissance de l’Aviation Navale, l’escadrille AC-4 intègre la 1ère flottille d’aviation navale (1ère FAN) qui regroupe les avions terrestres basés sur les côtes de la Manche. Un mois plus tard, l’escadrille est redésignée 1C.

Le 12 mars 1942, les premiers Dewoitine D-520 sont pris en compte par l’unité. Ses six premiers appareils sont d’anciens appareils de l’armée de l’air reconditionnés par la BAN d’Orly. Les six autres appareils _neufs cette fois-ci_ sont livrés le 15 juin 1942. Ils remplacent seulement dix Curtiss H-75, deux ayant été perdus par accident (pilotes indemnes à chaque fois).

L’escadrille 1C est donc totalement transformée sur D-520 à l’été 1942, sa mission ne change pas et les entrainements sont nombreux et variés, exercices d’interceptions contre des avions de l’armée de l’air et entrainement des navires à la défense aérienne à la mer constituant les principaux.

Cette transformation s’accompagne d’une relocalisation. L’escadrille 1C dit en effet adieu à Cherbourg-Chantereyne et bonjour à Calais-Marck pour assurer la protection de la base navale de Dunkerque, l’antre de l’Escadre Légère du Nord (ELN).

Au 5 septembre 1948, elle est toujours équipée de douze Dewoitine D-520 et à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, met en place une patrouille permanente de deux chasseurs au dessus de Dunkerque et de ses environs, étant relayée par la 3C équipée elle de bimoteurs de Hanriot NC-600 et plus apte à la chasse de nuit.

Sur les douze appareils de l’unité, neuf sont ceux livrés à l’été 1942, trois ayant été perdus par accident dont un malheureusement mortel.

Escadrille 2C

Créée sous le numéro 7C1, cette escadrille est l’une des deux unités de chasse de la 1ère flottille d’aviation embarquée (F1A), le groupe aérien du porte-avions Béarn.

Quand ce dernier est mis à terre en septembre 1939, cette escadrille qui à été numérotée AC-2 en 1938 dispose de quatre Dewoitine D-373 et de onze Dewoitine D-376, des monoplans à aile haute rapidement dépassés.

Cessant d’être une unité embarquée, l’escadrille quitte Lanvéoc-Poulmic pour Hyères-Le Palyvestre afin d’assurer une nouvelle mission : la défense aérienne de Toulon.

Peu avant la fin de la guerre de Pologne, l’AC-2 est transformée sur Bloch MB-151, un appareil plus moderne que son devancier mais connaissant un certain nombre de problèmes.

A partir du 15 septembre 1940, il intègre la 2ème flottille d’aviation navale (2ème FAN) qui va regrouper les avions terrestres basés à Hyères-Le Palyvestre et dans le mois qui suis, l’escadrille AC-2 devient l’escadrille 2C.

En janvier 1941, les dix Bloch MB-151 survivants sont remplacés par seize Grumman G-36A plus connu sous leur désignation américaine de F4F Wildcat. Ces appareils avaient été commandés en vue de servir sur le Béarn mais ces appareils embarqués ne le seront jamais.

Le 12 avril 1946, douze Dewoitine D-551 stockés sur la BAN d’Orly pour être confiés aux bons soins de la 2C qui hérite d’une monture remarquable.

Après une mois d’entrainement intensif, la 2C quitte Orly le 16 mai 1946 pour rallier Hyères-Le Palyvestre où elle va reprendre sa mission de défense du port de Toulon.

Au 31 août 1948, l’escadrille 2C dispose toujours de douze Dewoitine D-551 mais trois d’entre-eux n’appartient pas à la livraison initiale, ayant remplacé des appareils accidentés (aucune perte chez leurs infortunés pilotes)

A partir du 1er septembre, décision est prise de maintenir une patrouille de deux chasseurs au dessus de Toulon. Ce dispositif est maintenu jusqu’au 15 septembre 1948 quand l’absence de menace sur Toulon entraine sa levée et son remplacement par des décollages sur alerte.

Escadrille 3C

Créée sous le numéro 7C2, cette escadrille est l’autre unité de chasse de la 1ère flottille d’aviation embarquée (F1A), le groupe aérien du porte-avions Béarn.

Quand ce dernier est mis à terre en septembre 1939, cette escadrille qui à été numérotée AC-1 en 1938 dispose de quatre Dewoitine D-373 et de onze Dewoitine D-376, des monoplans à aile haute rapidement dépassés.

Basée à Lanvéoc-Poulmic, elle cesse d’être une unité embarquée le 5 octobre 1939. Rééquipée de bimoteurs Potez 631, elle est redéployée début décembre 1939 à Calais-Marck.

Potez 631 en vol

Potez 631 en vol

Ce choix s’explique à la fois par la rareté des appareils modernes à l’époque et la volonté de la marine de préparer l’avenir, l’aéronautique navale envisageant sérieusement l’embarquement de chasseurs bimoteurs pour la défense aérienne de la flotte à longue distance, en détruisant hors de portée visuelle, les avions et hydravions d’observation.

Finalement, cette opportunité ne se réalisa, l’appareil envisagé _le Hanriot NC-650_ se révélant être une calamité volante avec des moteurs douées de performances pures remarquables mais aux faiblesses considérables et aux innombrables avaries sans parler d’une excessive perte de place sur des porte-avions (Joffre et Painlevé) aux dimensions restreintes.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille AC-1 intègre la 1ère flottille d’aviation navale (1ère FAN) et un mois plus tard, en octobre 1940, l’AC-1 devient l’escadrille 3C.

Le 21 juin 1943, douze Hanriot NC-600 flambant neufs sont amenés par les pilotes de l’unité de convoyage à Orly pour être confiés aux pilotes de l’escadrille 3C qui ne disposaient plus à cette époque que dix Potez 631.

Le Potez 631 était un triplace et le nouvel appareil un biplace, les hommes en surnuméraire sont transférés dans d’autres unités, généralement des unités d’instruction pour transmettre leur expérience aux jeunes pilotes et navigants.

Après six semaines d’entrainement intensif, les Hanriot NC-600 de la 3C quittent Orly le 8 août 1943 pour rallier Calais-Marck. Il reprend sa mission de protection de Dunkerque en coopération avec la 1C équipée de Dewoitine D-520.

A l’annonce des attaques allemandes sur Danemark et la Norvège le 5 novembre 1948, la 3C participe au dispositif de protection de la région de Dunkerque en coopération avec la 1C. Les douze NC-600 de l’unité étaient pour cinq d’entre-eux des appareils de remplacement de la première commande, trois appareils ayant été perdus à l’atterrissage (pilotes et mitrailleurs indemnes) et deux en mer (équipage tué)

Escadrille 4C

L’escadrille AC-3 est créée le 11 décembre 1939 pour renforcer la protection de la base navale de Bizerte qui pouvait être aisement menacée par l’aviation italienne venue de Libye ou de Sicile.

Le personnel est issu des escadrilles d’hydravions de chasse HC1 et HC2 dissoutes à la même date après le retrait du Loire 210. L’Escadrille est équipé de seize Bloch MB-151 pris en compte à Orly avant de rejoindre Sidi-Ahmed, la base aéronavale liée à la base navale de Bizerte, Karouba abritant les hydravions.

Placée hors rang, l’escadrille AC-3 devient en octobre 1940 l’escadrille 4C qui intègre en juillet 1941 la 4ème flottille d’aviation navale qui regroupe tous les avions terrestres basés à Sidi-Ahmed.

Le 8 octobre 1941, les pilotes de la 4C qui ont rejoint Orly par bateau entre Bizerte et Marseille puis par avion de la marine (les douze Bloch MB-151 survivants avaient un rayon d’action trop court pour rejoindre la métropole) prennent possession de seize Grumman G-36A. Après un mois d’entrainement en région parisienne, la 4C rallie par étapes la Tunisie pour reprendre sa mission de protection de Bizerte.

Comme les autres unités de chasse, elle participe à des exercices au profit de la 6ème escadre légère, entrainant les canonniers antiaériens de l’Emile Bertin, des croiseurs de la 2ème DC, des contre-torpilleurs et des torpilleurs légers.

Ces exercices sont poussés au maximum de réalisme. Les G-36A de l’unité (mais c’est aussi le cas des autres unités de chasse) utilisent des bombes d’exercice de 50kg et des hauts-parleurs fixés sous les ailes transmettent le bruit d’explosion de bombes pour habituer les marins au stress du combat.

L’escadrille 4C se livre également à des duels contre les autres unités de l’Aviation Navale déployée en Tunisie ainsi que contre des unités de l’armée de l’air avec lesquelles règne une saine rivalité.

Le 6 juin 1946, l’escadrille 4C rallie avec ses quatorze Grumman G-36A survivants (deux pilotes sans monture ralliant la région  parisienne par un avion de transport) à Orly pour être transformée sur un nouvel appareil en l’occurence le Dewoitine D-551. Les chasseurs américains ne sont pas détruits, ils vont être reconditionnés et stockés pour servir d’appareils de réserve en cas de conflit.

Après cinq semaines d’entrainement intensif en région parisienne et en Normandie, la 4C rallie la Tunisie pour reprendre sa mission de protection de la base navale de Bizerte et plus généralement de la Tunisie, véritable tête de pont pour frapper l’Italie au coeur.

Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, la 4C est déjà sur la brèche, maintenant depuis le 1er septembre une patrouille de deux chasseurs en vol en permanence. L’Italie ne bougeant pas, le dispositif est levé le 13 septembre et remplacé par un décollage sur alerte.

Sur les douze Dewoitine D-551, deux sont des appareils de remplacement, un chasseur ayant été perdu lors d’une collision avec un avion de l’armée de l’air (piloté tué) et un deuxième ayant été perdu mystérieusement en mer (piloté disparu présumé mort), l’hypothèse la plus probable était une panne moteur suivit d’un crash si bref que le pilote n’à pas eu le temps de lancer un message de détresse.

Escadrille 5C

Cette escadrille de chasse est créée à Lanvéoc-Poulmic le 10 décembre 1939 pour fournir une couverture de chasse à la base navale de Brest.

Quand la guerre de Pologne s’achève cinq jours plus tard, elle ne dispose toujours pas d’appareils et aurait pu être dissoute mais finalement en janvier 1940, elle reçoit douze Curtiss H-75 qui comme les autres unités de chasse assurent la protection de la région de Brest et l’entrainement à la défense aérienne à la mer des unités navales de la région à savoir la 1ère Escadre et la 3ème Escadre Légère.

L’escadrille AC-5 rejoint le 15 septembre 1940 la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) et devient un mois plus tard, l’escadrille 5C.

Au niveau du matériel, elle troque ses neuf Curtiss H-75 survivants (deux appareils perdus à l’atterrissage, pilote indemne mais appareils bons pour la casse après cannibalisation et un appareil perdu en mer _pilote disparu présumé mort_) contre des Dewoitine D-520. La transformation de l’unité se fait du 27 juillet au 7 septembre 1942, les douze rutilants monomoteurs rejoignant par étapes leur base de Lanvéoc-Poulmic.

Ces appareils sont toujours en service le 5 septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial mais à la différence des autres unités de chasse, elle ne met pas en place une permanence aérienne mais reçoit l’ordre de rallier dès que l’ordre sera donné le Nord de la France pour renforcer la protection des ports de la Manche alors que le transfert du BEF avait commencé en toute discrétion dès le 1er septembre.

Les douze appareils disponibles le 5 septembre 1948 appartiennent à la livraison initiale de l’été 1942 sauf trois qui ont remplacé un appareil perdu en mer (pilote tué) et deux appareils endommagés en vol au cours d’un entrainement au combat aérien, les deux avions parvenant à se poser on ne sait trop comment, leurs deux pilotes étant légèrement blessés. Trop endommagés, les deux appareils ont été cannibalisés.

17-Aviation Navale (4)

Janvier à décembre 1943

Un hydravion CAMS-55 de la 4S1, escadrille stationnée à Karouba

Un hydravion CAMS-55 de la 4S1, escadrille stationnée à Karouba

-Création en janvier 1943 d’une Section de Servitude (S.S) à Calais : deux hydravions CAMS-55 et deux Bloch MB-131 de transport soit un total de quatre appareils.

Bloch MB-131, appareil multimoteur de transition pour accompagner l'expansion de l'Aviation Navale

Bloch MB-131, appareil multimoteur de transition pour accompagner l’expansion de l’Aviation Navale

-Création en juin 1943 de la 7ème flottille d’aviation navale (7ème FAN). Cette flottille est le groupe aérien du porte-avions Painlevé. Quand le porte-avions est à quai dans la rade-abri, la flottille est basée à Lanvéoc-Poulmic. Elle dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrille 15R : neuf CAO-600

-Escadrille 7C :  huit Dewoitine D-790

-Escadrille 9C :  huit Dewoitine D-790

-Escadrille 9B :  neuf LN-401

-Escadrille 11T :  six Latécoère Laté 299

-Une Section d’Entrainement et de Servitude à terre pour entrainement et liaison : quatre NA-57 d’entrainement et deux SNCAO SO-30 de transport

Total : neuf CAO-600, seize Dewoitine D-790, neuf LN-401, six Latécoère Laté 299, quatre NA-57 et deux  soit un total de 46 appareils

Le SNCAO CAO-600, les "yeux" des porte-avions et parfois leurs griffes

Le SNCAO CAO-600, les « yeux » des porte-avions et parfois leurs griffes

-Création en octobre 1943 de l’escadrille 12C équipée de seize Dewoitine D-520, escadrille basée à Tan-Son-Nuth puis Cam-Ranh pour en assurer la protection rapprochée de la base.

La base navale de Cam-Ranh

La base navale de Cam-Ranh

camranh
Au 31 décembre 1943, l’Aviation Navale dispose de 925 appareils (441 hydravions 12 autogires et 472 avions) soit une augmentation de 46 appareils