Allemagne (42) Ordre de bataille (3)

Kriegsmarine FliegerKorps (KFK)

L’aéronavale allemande longtemps méprisée et sous la coupe de la Luftwafe à profité de la guerre civile (et des prémices qui commencent dès la mort de Guillaume II) pour obtenir son autonomie de l’armée de l’air puis son complet rattachement à la marine. En septembre 1948, elle est organisé de la façon suivante :

-Etat-Major de l’aéronavale stationné à Wilhelhmshaven (OberKommando der Kriegsmarine FliegerKorps OKFK)

-Deux groupements opérationnels à base géographiques, un pour la Baltique (KriegsmarineFliegerKorps OstSee Kommando) et un pour la mer du Nord (Kriegsmarine FliegerKorps NordSee Kommando)

Chaque commandement à sous son autorité des escadres (Geschwader) regroupant elles mêmes des groupes (Gruppe) formés d’escadrilles (Staffel)

Ces escadres sont soit des entités spécialisées ou à multi-spécialités comme les Tragergruppe, les groupes aériens embarqués des quatre porte-avions que possède la Kriegsmarine en septembre 1948.

Kriegsmarine FliegerKorps OstSee Kommando (MOSK) (Kiel-Holteneau)

La base aéronavale de Kiel-Holteneau abrite le commandement de l’aéronavale allemande ayant autorité sur toutes les unités stationnés sur les côtes Baltiques. C’est également la base majeure du KOSK qui dispose des unités suivantes :

-Tragergruppe 186 : (porte-avions Graf Zeppelin/base aéronavale de Kiel-Holteneau )

-5.J/TRG 186 (Tragergruppe 186) : douze Focke-Wulf Fw195

-6.J/TRG 186 (Tragergruppe 186) : douze Focke-Wulf Fw195

-2.St/TRG 186 (Tragergruppe 186) : douze Fieseler Fi167 d’éclairage-torpillage

-4.St/TRG 186 (Tragergruppe 186) : seize Junkers Ju87R

Fieseler Fi167 en vol

Fieseler Fi167 en vol

Au total ce sont 52 appareils qui sont embarqués sur le Graf Zeppelin. A cela s’ajoute deux Junkers Ju52 pour le transport logistique, deux appareils qui ne peuvent bien entendu pas apponter sur le porte-avions à la différence des quatre Bucker Bu183, des avions d’entrainement, une version navalisée du Bu181 Bestmann

Messerschmitt Me109T

Messerschmitt Me109T

-Tragergruppe 187 (porte-avions Lutzen et base aéronavale de Dievenow) :

-1.J/TRG 187 (Tragergruppe 187) avec pour équipement neuf Messerchmit Me109T

-3.J/TRG 187 (Tragergruppe 187) avec pour équipement neuf Messerchmit Me 109T

-7.St/TRG 187 (Tragergruppe 187) avec pour équipement six Junkers Ju87R

-8.St/TRg 187 (Tragergruppe 187) avec pour équipement huit Fieseler Fi169

Comme le Tragergruppe 186, le TRG 187 dispose de deux Junkers Ju52 de soutien logistique et de quatre Bucker Bu183

-Tragergruppe 189 (porte-avions léger Bautzen/base aéronavale de Dievenow) :

-9.J/TRG 189 avec pour équipement neuf Messerchmit Me109T

-10.J/TRG 189 avec pour équipement neuf Messerchmit Me109T

-11.St/TRG 189 avec pour équipement Junkers Ju87R

-12. St/TRG 189 avec pour équipement huit Fieseler Fi169

Comme le Tragergruppe 187, le TRG 189 dispose de deux Junkers Ju52 de soutien logistique et de quatre Bucker Bu183

Si au niveau des groupes aériens embarqués, le KOSK est le dominant, la situation est inverse pour l’aviation basée à terre.

Trois Marineflieger Geschwader (MFG) _ultérieurement devenus des KFK-Geschwader sont stationnés sur les côtes de la mer du Nord et un seulement sur les côtes de la mer Baltique.

Ces escadres d’action aéromaritime sont composées de Gruppe et de Stafell, des unités de reconnaissance maritime, de lutte anti-sous-marine et de torpillage.

Le 1. Marineflieger Geschwader (puis KriegsmarineFliegerKorps-Geschwader ou KFK-Geschwader) est stationné sur la base aéronavale de Dantzig, une base aménagée entre 1941 et 1943. Cette unité dispose des unités suivantes :

-Une unité de reconnaissance maritime à long rayon d’action le 1. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe équipée d’Heinkel He-179M, cette unité étant organisée en trois staffel de huit appareils.

-Deux unités de reconnaissance et d’observation maritime, les 3. et 5. KFK-Aufklärungsgruppe équipées de Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor, chaque groupe étant organisé en trois staffel de neuf appareils.

Junkers Ju-188

Junkers Ju-188

-Deux unités de bombardement-torpillage, les 7. et 9. KFK-Kampfgruppe équipées chacune de quarante-huit Junkers Ju-188.

Le 1. KFK-Geschwader dispose donc de cinq gruppe et dix-sept staffel ainsi que de 174 appareils.

La base aéronavale de Dantzig se révélant saturée, une partie des moyens sont déployés à Rugen (7. KFK-Kampfgruppe) et à Memel (5. KFK-Aufklärungsgruppe), les autres unités restant à Dantzig.

La dernière unité sous le contrôle du KFK OstSee Kommando est le groupe d’hydraviation de la Baltique ou OstSee Wasserflugzeug Geschwader (OWG) qui regroupe à la fois des hydravions basés à «terre» mais également les hydravions embarqués sur les cuirassés, croiseurs de bataille et croiseurs de la Kriegsmarine.

Le groupe des hydravions embarqués (Bordfliegergruppe) est stationné à Dievenow en Poméranie et dispose d’Arado Ar 196 ou Ar 198. Les premiers sont embarqués sur les croiseurs lourds et légers, les seconds étant embarqués sur les cuirassés et les croiseurs de bataille.

La flotte d’hydravions embarqués se composent de quarante-huit appareils, quarante Arado Ar196 et huit Arado Ar198.

Le groupe des hydravions basés à «terre» (Kustenfliegergruppe) regroupe les unités stationnées sur les côtes de la mer Baltique

Pour désengorger la base de Dievenow, deux nouvelles hydrobases sont aménagées, une sur l’île de Rugen et une deuxième à Memel, une ville libre annexée par la Lituanie puis par l’Allemagne.

Le nombre d’unités augmente et le matériel est totalement renouvelé. En septembre 1948, le OWG-Kustenfliegergruppe dispose des unités suivantes :

Blohm & Voss Bv138

Blohm & Voss Bv138

-11. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Rugen avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-13. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Memel avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-15. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Dievenow avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-17. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Dievenow en Poméranie avec pour équipement seize Heinkel He-117

Heinkel He115B

Heinkel He115B

-19. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Rugen avec pour équipement seize Heinkel He-115.

-21. Marine Kampf Staffel : unité de lutte anti-sous-marine stationnée à Memel avec pour équipement de douze Blohm & Voss Bv138 adaptés à cette mission

L’OWG-Kustenflieggergruppe dispose au total de quatre-vingt hydravions chargés en temps de guerre de surveiller la Baltique, d’éclairer la flotte, d’attaquer la flotte ennemie, de mener des missions de mouillage de mines.

Kriegsmarine FliegerKorps NordSee Kommando (KNK) (Hambourg)

Ce commandement est le pendant occidental du KOSK et regroupe tous les moyens de l’aéronavale allemande destinés à opérer en mer du Nord où ils auront fort à faire face à la Fleet Air Arm, au Coastal Command et aux unités de l’Aviation Navale (voir aux armées de l’air belges et néerlandaises, des forces d’appoint cela va s’en dire).

Si il ne dispose que d’un groupe aérien embarqué, le Tragergruppe 188 embarqué sur le KMS Peter Strasser, le MNK dispose de trois Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader ainsi que d’un groupement d’hydraviation avec des hydravions destinés à des missions côtières et des hydravions destinés aux croiseurs et navires de lignes stationnés dans les bases navales de la mer du Nord.

-Tragergruppe 188 :

-Le TRG 188 est le seul groupe aérien embarqué stationné sur les côtes de la mer du Nord. Quand il n’est pas embarqué à bord du KMS Peter Strasser, le sister-ship du KMS Graf Zeppelin, il est basé à Hambourg dans une nouvelle base aéronavale aménagée dans ce but.

-13.J/TRG 186 (Tragergruppe 186) avec pour équipement douze Focke-Wulf Fw195

-15.J/TRG 186 (Tragergruppe 186) avec pour équipement douze Focke-Wulf Fw195

-12.St/TRG 186 (Tragergruppe 186) avec douze Fieseler Fi167 d’éclairage-torpillage

-14.St/TRG 186 (Tragergruppe 186) avec pour équipement seize Junkers Ju87R

Au total ce sont 52 appareils qui sont embarqués sur le Peter Strasser. A cela s’ajoute deux Junkers Ju52 pour le transport logistique, deux appareils qui ne peuvent bien entendu pas apponter sur le porte-avions à la différence des quatre Bucker Bu183, des avions d’entrainement, une version navalisée du Bu181 Bestmann

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, le Marineflieger NordSee Kommando dispose de trois Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader pour attaquer la navigation ennemie en mer du Nord, pour éclairer et appuyer la flotte, pour défendre les côtes.

Le 2. Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader est stationné à Nordenay en Frise Orientale. Il dispose des unités suivantes :

-Une unité de reconnaissance maritime à long rayon d’action le 2. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe équipé de vingt-quatre Heinkel He-179M, cette unité étant organisée en trois staffel de huit appareils.
-Une unité de reconnaissance et d’observation maritime, le 4. KFK-Aufklärungsgruppe équipée de vingt-sept de Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor, ce groupe disposant de trois staffel de neuf appareils .

-Deux unités de bombardement-torpillage, les 6. et 8. KFK-Kampfgruppe équipées chacune de quarante-huit Junkers Ju-188, chaque gruppe disposant de quatre staffel à douze appareils

-Une unité de chasse, le 10. KFK-Jagdgruppe composé de trois staffel de neuf Messerchmit Me-109T

Le 2. KFK-Geschwader dispose donc de dix-sept staffel et d’un total de 126 appareils. Au déclenchement du second conflit mondial, le 10 KFK-Jagdgruppe rejoint l’île d’Heligoland pour en renforcer la défense aérienne contre de probables raids aériens britanniques. Deux staffel fournis par les 6. et 8. Kampfgruppe se joignent à ce déploiement avancé.
Le 4. Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader est stationné à Hambourg et dispose des unités suivantes :

-Deux unités de reconnaissance et d’observation maritime, les 10. et 12. KFK-Aufklärungsgruppe équipées chacune de vingt-sept de Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor, chacun de ses groupes disposant de trois staffel de neuf appareils.

-Deux unités de bombardement-torpillage, les 11. et 13. KFK-Kampfgruppe équipées chacune de quarante-huit Junkers Ju-188, chaque gruppe disposant de quatre staffel à douze appareils

Le 4. KFK-Geschwader dispose donc de quatre gruppe et de quatorze staffel ainsi que de 150 appareils.

Le 6. Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader est stationné sur l’île de Sylt sur la base aéronavale de List. Il dispose des unités suivantes :

-Une unité de reconnaissance maritime à long rayon d’action le 14. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe équipé de vingt-quatre Heinkel He-179M, cette unité étant organisée en trois staffel de huit appareils.

-Deux unités de reconnaissance et d’observation maritime, les 15. et 17. KFK-Aufklärungsgruppe équipées chacune de vingt-sept de Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor, chacun de ces groupes disposant de trois staffel de neuf appareils.

-Deux unités de bombardement-torpillage, les 16. et 18. KFK-Kampfgruppe équipées chacune de trente-six Junkers Ju-188, chaque gruppe disposant de trois staffel à douze appareils.

-Une unité de mouillage de mines rapides, le 19. SchnellMinenKampf Gruppe équipé de seize Junkers Ju-290, ces appareils répartis en deux staffel de huit appareils peuvent également être utilisés pour la patrouille maritime.

-Une unité de chasse, le 20. KFK-Jagdgruppe disposant de vingt-quatre Messerchmit Me-109T répartis en trois staffel de huit appareils.

Le 6. Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader dispose au total de sept gruppe, vingt staffel et 190 appareils.

La dernière unité sous le contrôle du KFK NordSee Kommando est le groupe d’hydraviation de la Mer du Nord ou NordSee Wasserflugzeug Geschwader (NWG) qui regroupe à la fois des hydravions basés à «terre» mais également les hydravions embarqués sur les cuirassés, croiseurs de bataille et croiseurs de la Kriegsmarine.

Le groupe des hydravions embarqués (Bordfliegergruppe) est stationné à Wesermunde dispose d’Arado Ar 196 ou Ar 198. Les premiers sont embarqués sur les croiseurs lourds et légers, les seconds étant embarqués sur les cuirassés et les croiseurs de bataille.

Le NWG-Bordfliegergruppe dispose au total de 32 Arado Ar198 et de 20 Arado Ar196 soit un total de 52 hydravions.

Le groupe des hydravions basés à «terre» (Kustenfliegergruppe) regroupe les unités suivantes :

-12. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée sur l’île de Sylt avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138.

-14. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Nordenay avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-16. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Nordenay avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-18. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Dievenow en Poméranie avec pour équipement seize Heinkel He-117

-20. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Rugen avec pour équipement seize Heinkel He-117.

-22. Marine Kampf Staffel : unité de lutte anti-sous-marine stationnée à Memel avec pour équipement de douze Blohm & Voss Bv138 adaptés à cette mission

Le Kustenfliegergruppe dispose au total de six staffel et de 80 avions

Au total en septembre 1948, la marine allemande dispose de 1092 avions et hydravions, 436 en Baltique et 656 en mer du Nord. Dans ce chiffre je ne compte pas les avions d’entrainement et d’essais.

Publicités

Allemagne (37) Aéronavale (9)

Les hydravions basés à terre

Outre les hydravions embarqués que nous venons de voir, la Kriegsmarine dispose d’hydravions basés à terre. Ces hydravions vont relayer l’action des avions basés à terre pour la reconnaissance, la lutte anti-sous-marine, le mouillage de mines, le bombardement, le torpillage ainsi que le sauvetage en mer avec des hydravions désarmés.

Heinkel He-59

Heinkel He-59

Heinkel He-59

Le Heinkel He59 est un hydravion biplan issu d’une demande de 1930 pour un hydravion de bombardement, de torpillage et de reconnaissance pouvant opérer aussi bien avec un train d’aterrissage qu’avec des flotteurs.

L’Allemagne étant encore officiellement soumise aux limites du traité de Versailles, l’appareil est présenté comme un hydravion civil qui effectue son premier vol en septembre 1931 sous une forme terrestre.

142 appareils vont être produit. Si cet hydravion se révèle agréable à piloter, il ne manque pas de défauts entre un moteur asmathique, un rayon d’action limité et un armement insuffisant entre autres choses.

Ces appareils furent utilisés pour la reconnaissance, le torpillage mais également pour le sauvetage en mer.

Bien que dépassé en septembre 1939, il était toujours en service au sein du 3. (Mz) 106 stationné à Nordenay, du 3.(Mz)/406 stationné à List sur l’île de Sylt, du 3. (Mz)506 stationné à Dievenow en Poméranie et du 3.(Mz)/706 stationné à Kamp.

Ces appareils sont retirés du service au printemps 1940 et remplacés par Heinkel He-115 plus modernes et plus performants

Caracteristiques Techniques du Heinkel He-59

Type : hydravion multiplace de reconnaissance, de bombardement et de torpillage

Poids : à vide 5010kg en charge 9119kg

Dimensions : longueur 17.40m enverure 23.70m hauteur 7.10m

Motorisation : deux moteurs en ligne BMW VI ZU de 660ch chacun

Performances : vitesse maximale 221 km/h au niveau de la mer vitesse de croisière 185 km/h distance franchissable 942km (1530km avec des réservoirs auxiliaires) plafond opérationnel 3500m

Armement : trois mitrailleuses MG-15 de 7.92mm (une dans le nez, une dans un poste dorsal et la troisième dans un poste de tir ventral) une torpille de 800kg ou 1000kg de bombes (deux de 500kg ou quatre de 250kg)

Heinkel He115

Heinkel He-115

Heinkel He-115

En 1935, le Reichsluftfahrtministerium lance un appel d’offres pour un hydravion bimoteur d’usage général, pouvant mener aussi bien des missions de reconnaissance que de bombardement, de torpillage voir de mouillage de mines.

Deux constructeurs proposèrent leurs projets : la Heinkel Flugzeugwerke et la Hamburger Flugzeugbau qui n’était que la division aéronautique des chantiers navals Blohm & Voss. Trois prototypes furent commandés le 1er novembre 1935, les avions Heinkel sont baptisés He115 et son concurrent, Ha140.

Le premier prototype du Heinkel He115 effectue son premier vol en août 1937 et début 1938, il est sélectionné au détriment de son concurrent hambourgeois. Il est mis en service en 1939 et va être exporté en Norvège et en Suède.

Quand éclate la guerre de Pologne le 1er septembre 1939, le Heinkel He115 équipe les unités suivantes :

-1. (M)/KuFlGr 106 stationnée à Nordenay avec des hydravions Heinkel He60 puis rapidement des Heinkel He 115

-1. (M)KuFlGr 406 stationné à List sur l’île de Sylt avec pour équipement des Heinkel He60 et He115

Ultérieurement, les Heinkel He59 sont remplacés par le Heinkel He115, de nouvelles unités reçoivent ce élégant hydravion bimoteur :

-3. (Mz) 106 stationnée à Nordenay avec des Heinkel He59

-3.(Mz)/406 stationné à List sur l’île de Sylt avec pour équipement des Heinkel He59

-3. (Mz)506 stationné à Dievenow en Poméranie avec pour équipement des Heinkel He59

-3.(Mz)/706 stationné à Kamp avec pour équipement le Heinkel He59

Suite à la réorganisation de l’aéronavale allemande, le Heinkel He-115 équipe quatre staffel de seize hydravions (17. et 19. Marine Kampf Staffel en Baltique, 18. et 20. Marine Kampf Staffel en mer du Nord) chargés de missions de bombardement et de torpillage. Il reste donc un total de soixante-quatre appareils en service.

Une version améliorée baptisée Heinkel He117 est ultérieurement mise au point (voir ci-après) et en septembre 1948, il ne reste plus qu’une unité équipée en l’occurence, le 19. Marine Kampf Staffel stationné à Rugen.

Les Heinkel He-115 déployés en mer Baltique organisent à partir du 1er septembre 1948 des patrouilles de surveillance pour anticiper une éventuelle action de la Flotte Rouge, la flotte soviétique de la mer Baltique stationnée notamment à Kronstadt près de Leningrad.

Caractéristiques Techniques du Heinkel He-115

Type : hydravion triplace bimoteur de bombardement-torpillage

Poids : à vide 5290kg en charge 10400kg

Dimensions : longueur 17.30m envergure 22.28m hauteur 6.60m

Motorisation : deux moteurs radiaux BMW-132K de 970ch chacun

Performances : vitesse maximale 327 km/h rayon d’action de combat 2100km plafond opérationnel 5200m

Armement : une mitrailleuse fixe MG-17 de 7.92mm, une mitrailleuse MG-15 dans un poste dorsal et une autre dans le nez; cinq bombes de 250kg ou deux bombes de 250kg et une torpille de 800kg ou une mine marine de 920kg

Heinkel He-117

Le Heinkel He-115 était un bon appareil, performant et agréable à piloter mais comme tout appareil, il vieillit et ses performances vont être rapidement inférieures aux nouveaux appareils qui arrivent notamment chez les pays ennemis.

Dès le printemps 1942, le bureau d’études de la Heinkel Flugzeugwerke travaille sur un nouvel appareil dérivé du He-115 mais plus performant, mieux armé et mieux protégé pour toujours les même missions à savoir le bombardement-torpillage (la reconnaissance maritime devant être assurée par le Blohm & Voss Bv138).

Sur le plan esthétique, les deux appareils sont semblables _monoplan aile basse, bi-flotteur_ mais le He-117 est immédiatement reconnaissable avec un avant sans décrochage.

Le poste avant accueille un navigateur-bombardier chargé de l’assaut à la bombe et à la torpille, defendant le secteur avant avec deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm. Derrière lui se trouve le pilote et un observateur-mitrailleur, le premier défendant l’avion en actionnant la pédale qui commande une mitrailleuse MG-15 pour défendre le secteur inférieur alors que le second défend l’arrière avec une mitrailleuse MG-15. L’armement est emporté sous les ailes ou en soute.

Deux prototypes sont commandés en mars 1943 mais leur réalisation est perturbée par la guerre civile qui à défaut d’ensanglanter l’Allemagne perturbe les livraisons et la fourniture des équipements nécessaires à la production d’armes.

Finalement, le Heinkel He117 V1 effectue son premier vol le 8 janvier 1944 et le Heinkel He117V2 décolle pour la première fois le 14 mai 1944 mais ce dernier s’écrase dès le 20 mai, tuant son équipage.

Le projet est retardé encore et la commande de série n’est passé qu’en mars 1945, les quarante-huit appareils de série commandés étant livrés entre septembre 1945 et juin 1946 pour équiper les unités suivantes :

OWG-Kustenflieggergruppe

-17. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Dievenow en Poméranie avec pour équipement seize Heinkel He-117.

NWG-Kustenflieggergruppe

-18. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Sylt avec pour équipement seize Heinkel He-117.

-20. Marine Kampf Staffel : unité de bombardement-torpillage stationnée à Wilhelhmshaven avec pour équipement seize Heinkel He-117.

Ces appareils sont toujours en service en septembre 1948. Les appareils déployés en mer Baltique vont couvrir les côtes, les ports contre une possible attaque soviétique ou occidentale alors que ceux en mer du Nord vont réaliser des missions de mouillage de mines et vont couvrir les convois de l’opération Weserübung.

Caractéristiques Techniques du Heinkel He-115

Type : hydravion triplace bimoteur de bombardement-torpillage

Poids : à vide 5400kg en charge 10800kg

Dimensions : longueur 17.50m envergure 22.40m hauteur 6.60m

Motorisation : deux moteurs radiaux BMW-138 de 1300ch chacun

Performances : vitesse maximale 360 km/h rayon d’action de combat 2200km plafond opérationnel 6000m

Armement : deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm à l’avant, une mitrailleuse en poste arrière supérieur et une mitrailleuse en poste arrière inférieur, tous du modèle MG-15. Deux canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans les ailes. 1500 kg de bombes ou deux torpilles de 533kg ou deux mines marines de 800kg

Dornier Do18

Dornier Do18

Dornier Do18

-Avant que l’avion ne triomphe définitivement après le second conflit mondial, l’hydravion fût considéré comme un vecteur valable pour traverser les océans. Cela explique le dévellopement aussi important d’hydravions civils et d’hydravions militaires.

-En 1934, la firme Dornier Flugzeugwerke décide de dévelloper un successeur à son Dornier Do J Wal (baleine) pour une utilisation civile comme militaire. Cette hydravion mis en service dans les années vingt avait connu un grand succès et participé à plusieurs records dont la traversée de l’Altantique menée par Ramon Franco.

L’architecture du successeur baptisé Dornier Do18 est identique à savoir un hydravion à coque à aile baisse avec deux stabilisateurs latéraux, les moteurs étant installés dans une nacelle unique, l’un entrainant une hélice propulsive et l’autre une hélice tractive.

Le premier prototype effectue son premier vol le 15 mars 1935 mais est perdu le 2 novembre en mer Baltique. Trois autres prototypes vont suivre, deux en version militaire et un en version civile. Si la version militaire fût produite en grand nombre, la version civile se limita à cinq exemplaires (en incluant le prototype) pour la Lufthansa, la compagnie aérienne allemande.

Bien que n’ayant volé qu’en 1935, l’appareil était déjà obsolète quand éclate la guerre de Pologne mais il équipe encore de nombreuses unités :

-2. (F)KüFlGr 106 stationnée à Nordenay avec des Dornier Do18

-2. (F)KuFlGr 406 stationné à List sur l’île de Sylt avec pour équipement des Dornier Do18

-2. (F)KuFlGr 506 stationné à Dievenow en Poméranie avec pour équipement des Dornier Do18

-2. (F)KuFlGr 606 stationné à Dievenow en Poméranie avec pour équipement des Dornier Do18

Ces unités vont mener durant la guerre de Pologne des patrouilles de surveillance et de lutte anti-sous-marine en mer du Nord comme en Baltique mais n’auront pas à s’employer. Un Do18 est abattu le 26 septembre quand trois hydravions sont surpris par neuf Blackburn Skua du porte-avions HMS Ark Royal mais il peut effectuer un amerissage d’urgence avant d’être détruit par le destroyer HMS Somali.

Le Dornier Do18 va être retiré du service en 1941, remplacé par des Blohm & Voss Bv138, cet appareil trimoteur ayant triomphé d’un autre trimoteur, le Dornier Do24 qui connu un succès à l’export ayant été mis au point à l’origine pour les Pays-Bas (qui le produisit sous licence) avant qu’il ne soit exporter en Norvège, en Suède, en Finlande et en Argentine.

La majorité des Do18 sont feraillés mais certains sont conservés pour le sauvetage en mer des pilotes abattus (sans armement, blanc avec de larges croix rouges) et pour l’entrainement.

Caracteristiques Techniques du Dornier Do 18D-1

Type : hydravion multiplace de reconnaissance maritime

Poids : à vide 6680kg maximal au décollage 8500kg (jusqu’à 10000kg possible pour le catapultage)

Dimensions : longueur 19.23m envergure 23.70m hauteur 5.32m

Motorisation : deux moteurs Junkers 205C de 605ch chacun

Performances : vitesse maximale 250 km/h au niveau de la mer, vitesse de croisière 190 km/h distance franchissable 3500km plafond opérationnel 4350m

Armement : deux mitrailleuses MG-15 de 7.92mm, l’une à l’avant et l’autre à l’arrière en position dorsale deux bombes de 50kg

Blohm & Voss Bv138 Seedrache

Blohm & Voss Bv138

Blohm & Voss Bv138

L’hydravion trimoteur Blohm & Voss Bv138 Seedrache est issu d’une demande pour un hydravion trimoteur à long rayon d’action.

Destiné à remplacer le Dornier Do18 obsolète, le Blohm & Voss Bv138 va affronter un autre hydravion trimoteur le Dornier Do24.

Le Do24 _qui connaitra un fort succès à l’export_ est d’une configuration classique à savoir un hydravion à coque, une aile haute avec trois moteurs alors que le Bv138 se singularise par une architecture hétérodoxe à savoir un fuselage bipoutre.

Le premier prototype effectue son premier vol le 15 juillet 1937 mais la mise au point est lente en raison de multiples problèmes au point que son abandon est même envisagé au profit du Dornier Do24 de configuration plus orthodoxe. Finalement après une mise au point fort longue, l’hydravion est mis en service à l’automne 1940 pour remplacer plusieurs modèles d’hydravions.

En compagnie du Heinkel He115 de bombardement-torpillage, le Blohm & Voss Bv138 va former la colonne vertébrale de l’hydraviation allemande, le second éclairant le premier.

Quand éclate le second conflit mondial, le Blohm & Voss Bv138 équipe les unités suivantes :

-11. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Rugen avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138.

-13. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Memel avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-15. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Dievenow avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-21. Marine Kampf Staffel : unité de lutte anti-sous-marine stationnée à Memel avec pour équipement de douze Blohm & Voss Bv138 adaptés à cette mission

-12. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée sur l’île de Sylt avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138.

-14. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Nordenay avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-16. Marine Aufklärung Staffel : unité de surveillance maritime stationnée à Nordenay avec pour équipement douze Blohm & Voss Bv138

-22. Marine Kampf Staffel : unité de lutte anti-sous-marine stationnée à Wesermunde avec pour équipement de douze Blohm & Voss Bv138 adaptés à cette mission

96 Blohm & Voss Bv138 sont en service le 5 septembre 1938 auxquels s’ajoutent vingt-quatre appareils stockés, la production s’étant poursuivit à cadence réduite après la livraison des appareils destinés à équiper les escadrilles d’éclairage naval.

A noter qu’à l’époque, une version améliorée baptisée Bv140 était en cours de mise au point. L’aspect extérieur était identique mais l’appareil était plus rapide, mieux armé et devait recevoir un radar aéroporté. Les deux prototypes ne vont voler qu’en octobre 1948.

Caracteristiques Techniques du Blohm & Voss Bv138

Type : hydravion multiplace de reconnaissance maritime

Poids : à vide 11770kg en charge 14500kg maximal au décollage 14500kg

Dimensions : longueur 19.85m envergure 26.94m hauteur 5.90m

Motorisation : trois moteurs Junkers Jumo 205D de 868ch chacun

Performances : vitesse maximale 285 km/h à 6000m vitesse de croisière 200 km/h distance franchissable 4300km plafond opérationnel 5000m

Armement : deux canons de 20mm MG-151 (un dans la tourelle de nez et un à l’arrière), une mitrailleuse de 13mm MG-131 couvrant le secteur inférieur arrière et parfois jusqu’à 3 mitrailleuses de 7.92mm MG-15. Soute pour 500kg de bombes. Une torpille peut être embarqué sous chaque aile en cas de besoin

Equipage : six hommes (pilote, navigateur, un opérateur radio, trois mitrailleur et jusqu’à 10 passagers)

Blohm & Voss Bv222 Wiking

Blohm & Voss Bv222 Wiking

Blohm & Voss Bv222 Wiking

Comme nous l’avons vu à propose du Dornier Do18, l’aviation commerciale dans les années trente reposait davantage sur les hydravions que sur les avions dont aucun n’était capable à l’époque de franchir l’Atlantique d’une traite.

D’où le recours aux hydravions pour le transport de passagers. En 1936, la Lufthansa, la compagnie aérienne nationale allemande lança un programme pour un hydravion à long rayon d’action. La firme blohm & Voss travailla sur un imposant hydravion hexamoteur baptisé Bv222.

Trois prototypes furent construits à partir de janvier 1938, le Bv222 V1 effectuant son premier vol le 7 septembre 1940. Les essais le montrèrent capable de transporter 92 passagers ou 72 blessés.

Ces trois appareils entrèrent en service dans la Lufthansa effectuant des rotations entre l’Allemagne et les Etats-Unis avec une escale en Islande ou en Irlande.

Cet appareil intéresse la Kriegsmarine qui envisage l’acquisition d’un hydravion de reconnaissance à très long rayon d’action mais également d’un hydravion de transport, la marine allemande envisageant de ravitailler les sous-marins par hydravion ou inversement.

Blohm & Voss travaille sur une version militarisée à partir de l’automne 1942. Deux prototypes sont construits, le premier est livrés en septembre 1943 et le second en juin 1944, les deux appareils ralliant Memel pour être mis à l’abri d’un coup de main lors de la guerre civile qui perturbe l’Allemagne à défaut de l’ensanglanter.

Les essais ont lieu entre septembre 1944 et juin 1945. Ils sont satisfaisants mais il faut attendre le printemps 1946 pour qu’une commande de six appareils soit passée, quatre en version patrouille maritime (BV222M) et deux en version transport (Bv222L). Ces appareils sont livrés entre mars 1947 et juin 1948.

Ils sont regroupés au sein du Kriegsmarine Kampfgruppe (KKG), une unité placée sous le commandement direct de l’amiral Raeder, le commandant de la marine allemande. Ces appareils ne sont pas engagés dans l’opération Weserübung mais restent en Baltique en attendant l’évolution du conflit.

Caracteristiques Techniques du Blohm & Voss Bv222 Wiking

Type : hydravion hexamoteur de reconnaissance maritime et de transport

Poids : à vide 30650kg en charge 45990kg maximal au décollage 45990kg

Dimensions : longueur 37m envergure 46m hauteur 10.9m

Motorisation : six moteurs en ligne Junkers Jumo 207C-6 de 999ch chacun

Performances : vitesse maximale 330 km/h au niveau de la mer (390 km/h à 5000m) vitesse de croisière 300km/h au niveau de la mer (344 km/h à 5500m) distance franchissable 6100km Endurance 28h à 245 km/h au niveau de la mer Plafond opérationnel 7300m

Armement : trois canons de 20mm MG-151 (un en tourelle avant et deux dans les tourelles ailes) et cinq mitrailleuses de 13mm (une dans le nez et quatre latérales)

Equipage : onze à quatorze hommes et 92 passagers/hommes de troupes ou 10 tonnes de fret

Allemagne (36) Aéronavale (8)

Les hydravions du Kriegsmarine Fliegerkorps

Avant-propos

-L’hydravion est apparu peu après l’avion, un concurrent de poids car il pouvait décoller et se poser sur l’eau. Il fut donc longtemps privilégié par les marines en raison notamment d’une fiabilité mécanique perfectible pour les avions.

-Il n’allait cependant pas supplanter les avions en raison de performances plus faibles et d’une mise en œuvre toujours délicate depuis des navires de surface, le décollage fût résolu par l’installation des catapultes mais la récupération resta un problème insoluble.

-Les hydravions furent utilisés jusqu’à la fin du second conflit mondial pour des missions de surveillance et de combat et la Kriegsmarine ne fit pas exception à la règle en utilisant des hydravions embarqués et des hydravions basés à «terre».

Les hydravions embarqués

-Avant l’apparition et la généralisation du radar, le seul capteur pour détecter l’ennemi était l’oeil humain qu’on mettait le plus haut possible dans une vigie.

-L’apparition de l’hydravion permet d’augmenter le rayon d’action de la détection, les croiseurs et les navires de ligne embarquant après le premier conflit mondial une ou deux catapultes avec deux à quatre hydravions.
La Kriegsmarine dispose elle aussi de croiseurs, de cuirassés et de croiseurs de bataille équipés de catapultes pour pouvoir mettre en œuvre des hydravions compacts pour mener des missions d’observation et de réglage de tir.

A noter qu’à la différence d’autres pays, le KFK ne se dota d’aucun hydravion de chasse.

En septembre 1939, les hydravions destinés à embarquer à bord des cuirassés et des croiseurs sont regroupés au sein de deux Bordfliegergruppe, le 1. stationné à Wilhelhmshaven et le 5. stationné à Kiel-Holteneau.

Plusieurs modèles cohabitent alors, des Heinkel He-59, des Heinkel He-60, des Heinkel He-114, ces modèles vite dépassés étant remplacés progressivement par l’Arado Ar 196 dont dérive l’Arado Ar198.

En septembre 1948, les hydravions embarqués ne forment plus des groupes mais sont intégrés dans des Wasserflugzeug Geschwader (OWG) ou escadres d’hydravions regroupant en Baltique les hydravions embarqués à bord des navires stationnés dans cette mer et une autre escadre regroupant en mer du Nord les hydravions embarqués à bord de cuirassés, de croiseurs de bataille et de croiseurs légers.

Heinkel He-60

Heinkel He60 en vol

Heinkel He60 en vol

-Au début des années trente, la firme Heinkel travaille sur deux modèles d’hydravions : un hydravion bimoteur (le futur Heinkel He59) et un hydravion biplan embarquable et catapultable, le Heinkel He-60.

-Premier vol en 1933, l’appareil entrant en service en juin de la même année suivit en 1934 par une version améliorée, le Heinkel He-60C.

-Sa carrière est éphémère mais il participe à la guerre d’Espagne sous les couleurs nationalistes espagnoles.

Quand éclate la guerre de Pologne, le Heinkel He60 est toujours en service bien que son remplacement par le Heinkel He114 ait été largement entamé. Les unités suivantes sont encore équipées :

-1. (M)/KuFlGr 106 stationnée à Nordenay avec des hydravions Heinkel He60. Ils sont rapidement remplacés par des hydravions-torpilleurs Heinkel He 115

-1. (M)KuFlGr 306 stationnée à Nordenay avec pour équipement des Heinkel He60 remplacés à l’automne 1940 par des Blohm & Voss Bv138.

-1. (M)KuFlGr 406 stationné à List sur l’île de Sylt avec pour équipement des Heinkel He60 et He 115. Seuls ces derniers restent en service à l’automne 1940.

-1. (M)KuFlGr 506 stationné à Dievenow en Poméranie et équipé d’Heinkel He60. Ils sont remplacés par des Blohm & Voss Bv138 au printemps 1941.

-1. (M)/KüFiGr 706 stationné à Kamp avec pour équipement le Heinkel He60. Ces appareils sont remplacés à l’été 1941 par des Blohm & Voss Bv138
-1/Bordfliegergruppe 196 stationné à Wilhelhmshaven dispose des hydravions Heinkel He60, des Heinkel He114 remplacés rapidement par des Arado Ar196. Les hydravions de cette unité sont destinés à embarquer sur les Panzerschiffe

-5/Bordfliegergruppe 196 stationné à Kiel-Holteneau dispose d’hydravions Heinkel He60 et de Heinkel He114. Ces deux modèles d’hydravions vont être remplacés par l’Arado Ar196.

Courant 1941, le Heinkel He60 cesse d’un hydravion opérationnel mais tous les exemplaires ne sont pas feraillés, certains étant conservés pour l’entrainement et la formation des équipages.

Caracteristiques Techniques du Heinkel He-60

Type : hydravion biplace embarqué

Poids : à vide 2735kg en charge 3407kg

Dimensions : longueur 11.50m envergure 13.50m hauteur 5.30m

Motorisation : un moteur en ligne BMW VI 12 cylindres de 660ch

Performances : vitesse maximale 240 km/h au niveau de la mer, vitesse de croisière 216 km/h distance franchissable 826km à 2000m plafond opérationnel 5000m

Armement : une mitrailleuse MG-15 de 7.92mm en poste arrière et mise en œuvre par l’observateur

Heinkel He-114

Heinkel He114

Heinkel He114

-A peine en service, le Heinkel He-60 était en voie de péremption et se révéla décévant à l’usage ce qui explique le lancement précoce d’un projet de remplacement. C’est l’acte de naissance du Heinkel He-114.

-Le Heinkel He-114 est un hydravion de forme classique pour ce qui est du fuselage mais les ailes répondent au schéma sesquiplan avec une aile supérieure plus grande que l’aile inférieure qui est légèrement décallée en arrière.

Il effectue son premier vol en 1936 et entre en service en 1939 pour peu de temps. Il est néanmoins encore en service en septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne et ce dans les unités suivantes :

-1/Bordfliegergruppe 196 stationné à Wilhelhmshaven dispose des hydravions Heinkel He60, des Heinkel He114 remplacés rapidement par des Arado Ar196. Les hydravions de cette unité sont destinés à embarquer sur les Panzerschiffe

-5/Bordfliegergruppe 196 stationné à Kiel-Holteneau dispose d’hydravions Heinkel He60 et de Heinkel He114.

Les Heinkel He-114 sont retirés du service à l’automne 1940 après avoir été remplacés par des Arado Ar196 plus performants.

Caracteristiques Techniques du Heinkel He-114A2

Type : hydravion biplace embarqué

Poids : à vide 2300kg en charge 3670kg

Dimensions : longueur 11.65m envergure 13.60m hauteur 5.23m

Motorisation : vitesse maximale 335 km/h distance franchissable 920km plafond opérationnel 4900m

Armement : une mitrailleuse MG-15 de 7.92mm dans le poste de l’observateur et deux bombes de 50kg.

Arado Ar196

Arado Ar196 paré au lancement sur sa catapulte

Arado Ar196 paré au lancement sur sa catapulte

-Suite aux échecs des hydravions Heinkel He-60 et Heinkel He-114, le ministère de l’Air ‘Reichluftministerium) lança en octobre 1936 un nouvel appel d’offres pour un hydravion destiné à remplacer le He114.

-C’est le projet Arado qui triompha, le constructeur hambourgeois étant le seul à proposer un hydravion monoplan,le premier prototype effectuant son premier vol en mai 1937. Les premiers appareils de série furent livrés à l’automne 1938.

Quand éclate la guerre de Pologne, l’Arado Ar196 équipe le 1/Borderfliegergruppe qui regroupe les hydravions qui doivent être embarqués sur les cuirassés de poche. Ils remplacent progressivement leurs prédecesseurs à savoir les Heinkel He60 et Heinkel He114.

Ce groupe stationné à Wilhelhmshaven à un pendant en Baltique le 5/Borderfliegergruppe stationné à Kiel-Holteneau où les Arado Ar196 remplacent les deux hydravions de la firme Heinkel, les He60 et He114.

Comme nous l’avons vu dans le partie consacrée à l’organisation de l’aéronavale allemande, les hydravions embarqués sur les croiseurs (lourds et légers), les cuirassés et les croiseurs de bataille sont regroupés en deux Borderfliegergruppe au sein des Wasserflugzeug Geschwader.

Une version améliorée de l’Arado Ar196 ayant été mise au point sous la forme de l’Arado Ar198, la flotte de l’Ar196 va peu à peu se réduire et est moins importante en septembre 1948 qu’en septembre 1940 où il était le seul hydravion embarqué de la Kriegsmarine.

Au sein du OWG-Bordfliegergruppe (OstSee Wasserflugzeug Geschwader), nous trouvons en septembre 1948 un total de quarante Arado Ar196 répartis de la manière suivante :

-Les croiseurs de bataille Oldenburg et Nassau sont stationnés à Kiel avec quatre Arado Ar196 chacun.

-Les croiseurs lourds (ex-cuirassés) Lutzow et Admiral Scheer sont stationnés à Swinenmunde avec deux Arado Ar196 chacun.

-Les croiseurs lourds Admiral Hipper et Blücher sont stationnés à Kiel disposant de trois Arado Ar196 chacun
-Les croiseurs lourds Prinz Eugen et Seydlitz sont stationnés à Gotenhafen disposant de trois Arado Ar196 chacun

-Les croiseurs légers Leipzig et Nurmberg sont stationnés à Kiel avec deux Arado Ar196 chacun

-Les croiseurs légers Berlin et Frankfurt am Main sont stationnés à Gotenhafen avec deux Ar196 chacun.

-Les croiseurs légers Dresden et Magdeburg sont stationnés à Rugen avec deux Ar196 chacun

-Les croiseurs légers Emden et Bremen sont stationnés à Kiel et disposent de deux Ar196 chacun

A noter que les hydravions embarqués sur les croiseurs légers Dresden et Magdeburg sont détachés à Rugen auprès de leurs navires porteurs.

Le groupe des hydravions embarqués de la mer du nord (NordSee Wasserflugzeug Geschwader _NWG_ Bordfliegergruppe) stationné à Wesermunde dispose de vingt Arado Ar 196

-Les croiseurs de bataille Bayern et Saschsen stationnés à Wesermunde disposent de quatre Arado Ar196 chacun

-Les croiseurs lourds Admiral Graf Spee et Tegetthoff sont stationnés à Wilhelmshaven et disposent de trois Arado Ar196 chacun

-Les croiseurs lourds Amiral Reuter et Alexander von Humbolt stationnés à Wesermunde disposent de trois Arado Ar196 chacun

Sur le plan tactique, outre les missions classiques de reconnaissance, d’observation et de réglage de tir, les Arado Ar196 participent à la couverture anti-sous-marine de la flotte. Ils pourront aussi participer au sauvetage des pilotes abattus.

Caracteristiques Techniques de l’Arado Ar196A-2

Type : hydravion biplace embarqué de reconnaissance et d’observation

Poids : à vide 2990kg maximal au décollage 3720kg

Dimensions : longueur 11m envergure 12.40m hauteur 4.45m

Motorisation : un moteur radial BMW-132 de 947ch

Performances : vitesse maximale 311 km/h distance franchissable 1080km plafond opérationnel 7010m

Armement : deux canons de 20mm dans les ailes et une mitrailleuse MG-15 ou MG-17 de 7.92mm en poste arrière ; deux bombes de 50kg

Arado Ar198

L’Arado Ar196 était un bon appareil, robuste et agréable à piloter. Néanmoins, il était jugé perfectible et dès le printemps 1943, la firme Arado travailla sur une version améliorée de son Ar-196.

Le nouvel appareil baptisé Arado Ar-198 est identique extérieurement à l’Arado Ar196 mais il est mieux armé, mieux protégé et plus rapide.

Deux prototypes sont commandés en janvier 1945, l’Arado Ar198 effectuant son premier vol le 7 avril 1945 et le deuxième décolla pour la première fois le 8 août 1945. 48 appareils sont commandés en janvier 1946 et livrés entre juin 1946 et février 1947. Il va équiper les cuirassés de la Kriegsmarine.

Au sein du OWG-Bordfliegergruppe, on trouve huit Arado Ar198 embarqués sur les cuirassés Ludendorff et Kaiser Wilhelm II disposent chacun de quatre appareils mais en pratique seulement deux appareils sont embarqués en permanence.

Au sein du NWG-Bordfliegergruppe, on trouve un total de trente-deux Arado Ar198 répartis sur les cuirassés suivants :

-Les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau stationnés à Wilhelmshaven disposent de quatre Arado Ar 198 chacun

-Les cuirassés Bismarck et Tirpitz stationnés à Wesermunde disposent de quatre Arado Ar198 chacun

-Les cuirassés Hidenburg et Friedrich der Gross stationnés à Wilhelmshaven disposent de quatre Arado Ar198 chacun

-Les cuirassés Von der Tann et Derfflinger stationnés à Wilhelmshaven disposent de quatre Arado Ar198 chacun

Les huit appareils restant sont stockés et servent de volant de fonctionnement.

Caracteristiques Techniques de l’Arado Ar198

Type : hydravion biplace embarqué de reconnaissance et d’observation

Poids : à vide 3050kg maximal au décollage 3800kg

Dimensions : longueur 11.50m envergure 12.60m hauteur 4.50m

Motorisation : un moteur radial BMW-136 de 1050ch

Performances : vitesse maximale 361 km/h distance franchissable 1110km plafond opérationnel 8010m

Armement : deux canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans les ailes, une mitrailleuse MG-15 de 7.92mm dans le poste arrière. Deux bombes de 50kg

Allemagne (35) Aéronavale (7)

Les avions d’entrainement et de soutien

Outre les avions de combat, le Kriegsmarine FliegerKorps dispose d’avions de soutien et d’entrainement.

Pour le soutien, il s’agit d’inusables Junkers Ju-52 utilisés notamment par les Traggergruppe alors pour l’entrainement, on trouve des Bücker Bu-181 et des Bücker Bu-183, le second étant la version navalisée du premier.

Junkers Ju-52

Junkers Ju-52/3m

Junkers Ju-52/3m

Le Junkers Ju-52 surnommé Iron Annie est issu d’un avion précédent de la firme, le Junkers W-33, le premier vol du premier prototype ayant lieu le 13 octobre 1930 suivi d’un deuxième prototype le 7 mars 1932.

Conçu comme un avion commercial, l’appareil fût rapidement dévellopé en une version militaire, brièvement utilisé comme bombardier puis surtout comme avion de transport militaire.

Si la Luftwafe l’à remplacé au milieu des années quarante par le nettement plus moderne Junkers Ju-90, la Kriegsmarine continue de l’utiliser en septembre 1948 au sein de ces groupes aériens embarqués et de plusieurs unités de soutien.

Chaque Traggergruppe dispose de deux Junkers Ju-52. Ces appareils ne peuvent apponter sur les porte-avions mais servent pour le transport de munitions, de pièces détachées et bien entendu de personnel entre l’Allemagne et les ports où les porte-avions font escale.

Chaque Kommando du Kriegsmarine FliegerKorps dispose d’un Marine Transport Staffel de douze appareils.

Ce sont donc au total trente deux Junkers Ju-52 qui sont en service en septembre 1948. Sans la guerre, ils auraient été remplacés dans quelques mois par des Junkers Ju-90.

Dans le cadre de l’opération Weserübung, les porte-avions Graf Zeppelin Lutzen et Bautzen sont engagés respectivement à Trondheim, à Bodo et à Bergen.

Les Junkers Ju-52 de ces groupes aériens restent en Allemagne. Ce n’est qu’après la conquête de solides têtes de pont et le contrôle des aérodromes que les trimoteurs vont rejoindre chargés de munitions et de pièces détachées les porte-avions qui n’hésitent pas à mouiller dans les fjords pour se ravitailler à l’abri d’une riposte alliée autre qu’aérienne.

Quand aux Ju-52 des MTS (MTS-Ost et MTS-West), ils vont mener des missions de transport pour la Kriegsmarine mais également pour la Heer.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju52

Type : avion trimoteur de transport

Masse : à vide 6510kg en charge 9200kg maximale au décollage 10990kg

Dimensions : longueur 18.90m envergure 29.25m hauteur 4.5m

Motorisation : trois moteurs radiaux BMW 132T de 715ch chacun

Performances : vitesse maximale 265 km/h vitesse de croisière 211 km/h distance franchissable 870km plafond opérationnel 5490m

Armement : 4 mitrailleuses de 7.92mm en poste ventral et poste dorsal et 650kg de bombes en soute. En transport, le poste ventral est supprimé

Bücker Bü181 et Bü183

Un Bücker Bu181 en vol

Un Bücker Bu181 en vol

-La formation initiale des pilotes du KFK dépendait de la Luftwafe avec le Bücker Bü181, seule la navalisation était du ressort de l’aéronavale allemande.

-Cette dernière conserve deux Marine Schule Staffel (MSS) composée chacune de huit Bücker Bü181 et quatre Bü183, la version navalisée du premier.

-Le Bücker Bü181 effectue son premier vol en février 1939, entrant en service courant 1940.

-En septembre 1942, les deux MSS sont créées et pour les armer, le Kriegsmarine Fliegerkorps passa commande de trente-deux Bücker Bü181 et de deux prototypes d’une version navalisée baptisée Bü183.

Les trente-deux Bü181 furent livrés entre janvier et mars 1943 suivit un mois plus tard par les deux prototypes d’une version navalisée qui effectuèrent leurs premiers appontages et leurs premiers catapultages en juin 1943 à bord du KMS Graf Zeppelin.

Suite aux essais réussis, douze appareils sont commandés et livrés en octobre 1943. Cela nous donne une flotte complète de quarante-quatre appareils mais seulement vingt-quatre étant utilisés simultanément, les autres étant stockés ou utilisés pour d’autres missions comme le remorquage de cibles ou la liaison.

En septembre 1946, seize nouveaux Bücker Bü183 sont commandés, ces appareils livrés en octobre 1946 sont intégrés directement aux différents groupes aériens servant à bord comme avion d’entrainement, de liaison voir d’attaque légère.

Soixante Bücker Bü181/183 sont donc en service en septembre 1948.

Caracteristiques Techniques du Bücker Bü181

Type : biplace d’entrainement, de liaison et de servitude

Poids : à vide 480kg maximal au décollage 750kg

Dimensions : longueur 7.85m envergure 10.06m hauteur 2.05m

Motorisation : un moteur radial Hirth HM 500A de 105ch

Performances : vitesse maximale 215 km/h vitesse de croisière 195 km/h distance franchissable 800km plafond opérationnel 5000m

Armement : deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm en gondole sous les ailes avec 250 coups pour l’entrainement au tir, gondoles remplaçables par des rateliers pour bombes d’exercices.

Caracteristiques Techniques du Bücker Bü183

Type : biplace d’entrainement, de liaison et de servitude

Poids : à vide 560kg maximal au décollage 830kg

Dimensions : longueur 7.85m envergure 10.06m hauteur 2.05m

Motorisation : un moteur radial Hirth HM 500B de 130ch

Performances : vitesse maximale 215 km/h vitesse de croisière 195 km/h distance franchissable 800km plafond opérationnel 5000m

Armement : deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm en gondole sous les ailes avec 250 coups pour l’entrainement au tir, gondoles remplaçables par des rateliers pour bombes d’exercices.

Allemagne (34) Aéronavale (6)

Les avions basés à terre du Kriegsmarine Fliegerkorps

En septembre 1939, la patrouille maritime et l’action en mer depuis la terre est du ressort de la Luftwafe.

Cette situation qui n’est pas isolée (le Coastal Command dépend de la RAF et non de la Royal Navy) perdure jusqu’en septembre 1945 quand la Kriegsmarine profita de l’afaiblissement de la Luftwafe (liée à l’élimination politique et physique de Goering) pour prendre le contrôle de tous les avions et de tous les hydravions engagés en mer.

Sur le plan de l’équipement, la modernisation est spectaculaire avec de nouveaux avions de patrouille maritime (Heinkel He-179M, Fw-200 Neue Condor, Junkers Ju-290M) et un avion d’attaque, le Junkers Ju-188, dérivé du Ju-88 dont les performances n’ont rien à envier au Bloch MB-175T, son homologue de l’Aviation Navale.

Focke-Wulf Fw-200 Condor et Fw-200 Neue Condor

Focke-Wulf Fw200 Condor en vol

Focke-Wulf Fw200 Condor en vol

-A l’origine du Focke-Wulf Fw-200 Condor figure une proposition de Kurt Tank pour réaliser un avion capable de franchir l’Atlantique à une époque où l’hydravion en était le seul capable.

-Alors que la firme créatrice du Fw-190 dévellopait cet appareil pour la Lufthansa, le Japon demanda une version militarisée du condor pour des missions de patrouille maritime. Si Tokyo ne donna pas suite à ce projet, la Luftwafe se montra intéressée par un quadrimoteur de bombardement et de patrouille maritime.

La version militarisée du Condor entre en service au printemps 1940, étant utilisé pour la patrouille maritime mais également pour le transport. 276 appareils sont construits, toutes version incluses.

Quand en mai 1945 les unités basées à terre sont transférées de la Luftwafe au Kriegsmarine Fliegerkorps, deux unités sont encore équipée de Fw-200 Condor.

Il s’agit du 1. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe stationné à Dantzig et intégré au sein du 1. Marineflieger/KFK Geschwader (vingt-quatre appareils répartis en trois staffel de huit appareils) et du 2. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe stationné à Nordenay en Frise Orientale, cette unité du 2. Marineflieger/KFK Geschwader disposant lui aussi de vingt-quatre appareils répartis en trois staffel de huit appareils.

Ces appareils sont remplacés au printemps 1947 par des Heinkel He-179M, version de patrouille maritime du bombardier quadrimoteur Heinkel He-179 lui même issu de l’infortuné Heinkel He-177, un avion si peu fiable qu’il fût surnommé le «Briquet de la Luftwafe» (Luftwaffenfeuerzeug).

Sur les quarante-huit appareils retirés du service, seulement trente-six sont stockés, les douze autres trop endommagés sont feraillés.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-200 Condor

Type : quadrimoteur de patrouille maritime et de bombardement

Poids à vide 17005kg maximal au décollage 24250kg

Dimensions : longueur 23.45m envergure 32.85m hauteur 6.30m

Motorisation : quatre moteurs radiaux BMW/Bramo 323R-2 de 1200ch chacun

Performances : vitesse maximale 360 km/h à 4800m vitesse de croisière 335 km/h distance franchissable 3560km endurange 14 heures plafond opérationnel 6000m

Armement : un canon de 20mm MG-151 à l’avant de la gondole ventrale et quatre mitrailleuses de 13mm MG-131 2100kg de bombes

Equipage : cinq hommes et jusqu’à trente soldats équipés en configuration transport.
En dépit de qualités indéniables, le bureau d’études de Focke-Wulf travailla sur une nouvelle version du Condor, cette fois spécifiquement destinée à un usage militaire. Baptisée Neue Condor (Nouveau Condor), ce nouvel appareil reprennait la structure générale du Fw-200 mais disposait de moteurs plus puissants, d’un radar aéroporté et d’un armement défensif accru.

Deux prototypes sont commandés en mai 1943 mais leur construction est perturbée par la guerre civile et le premier vol n’à lieu qu’en septembre 1944 pour le Fw-200 V3 et en janvier 1945 pour le Fw-200 V4.

Le dévellopement se passe sans réels problèmes et la commande de série est passée dès le mois de mars pour un total de 189 appareils, les appareils étant livrés entre juillet 1945 et septembre 1946 pour équiper les unités suivantes :

-Au sein du 1. KFK-Geschwader stationné à Dantzig, nous trouvons les 3. et 5. KFK-Aufklärungsgruppe qui disposent chacune de vingt appareils répartis en trois staffel de neuf appareils.

-Au sein du 2. KFK-Geschwader stationné à Nordenay en Frise Orientale, nous trouvons le 4. KFK-Aufklärungsgruppe qui dispose de vingt Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor répartis en trois staffel de neuf appareils.

-Au sein du 4. KFK-Geschwader stationné à Hambourg, se trouve les 10. et 12. KFK-Aufklärungsgruppe qui disposent chacun de vingt-sept appareils répartis logiquement en trois staffel de neuf avions.

-Enfin au sein du 6. KFK-Geschwader stationné sur l’île de Sylt, se trouve les 15. et 17. KFK-Aufklärungsgruppe eux aussi équipés de vingt-sept Neue Condor.

Le Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor est toujours en service en septembre 1948, les appareils déployés en mer du Nord devant couvrir le passage de la flotte d’invasion de l’opération Weserübung avant d’opter pour une posture plus agressive contre les flottes françaises et britanniques.

La production n’est pas poursuivie, le KFK ayant décidé de miser sur le Junkers Ju-290M comme appareil standard de patrouille maritime.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-200 Neue Condor

Type : quadrimoteur de patrouille maritime et de bombardement

Poids à vide 17800kg maximal au décollage 25150kg

Dimensions : longueur 23.65m envergure 32.85m hauteur 6.35m

Motorisation : quatre moteurs radiaux BMW/Bramo 325 de 1700ch chacun

Performances : vitesse maximale 430 km/h à 4800m vitesse de croisière 405 km/h distance franchissable 3600km endurange 16 heures plafond opérationnel 6000m

Armement : un canon de 20mm et une mitrailleuse de 13mm (ou deux de 7.92mm) dans la gondole ventrale d’observation, deux mitrailleuses de 7.92mm dans le nez, deux mitrailleuses de 7.92mm en postes latéraux, deux mitrailleuses de 7.92mm en tourelle dorsale et une mitrailleuse de 13mm en poste de queue. 2400 kg de bombes

Equipage : huit hommes

Heinkel He-179M

Heinkel He-177 en vol

Heinkel He-177 en vol

-Les années vingt et trente voit le dévellopement d’un débat sur le bombardement aérien avec des théoriciens comme Douhet et Mitchell qui vantent le bombardement stratégique capable de remporter des guerres en rasant des villes pour terroriser l’ennemi.

-L’Allemagne pour des raisons diverses (théoriques _plus tacticiens que stratèges, coût, temps) renonça à une force de bombardement stratégique au profit d’une force de bombardement tactique composée en 1939 d’Heinkel He111 et de Dornier Do17.

-La guerre de Pologne passée, les allemands décident de constituer une force de bombardement stratégique avec le Heinkel He-179 et une poignée de Focke-Wulf Ta-400.

-Ce n’était pas ce qui était prévu à l’origine. A l’origine du He-179 (et de sa version patrouille maritime, le He-179M) figure le fameux «briquet de la Luftwafe» (luftwaffenfeuerzeug), le Heinkel He-177 Greif (Griffon), une véritable “bête à chagrin” dont le dévellopement est abandonné en septembre 1941.

Un nouveau projet baptisé Heinkel He-177B puis rebaptisé Heinkel He-179 est lancé en mars 1942, les deux prototypes effectuant leur premier vol le 5 mai et le 8 juillet 1943. La commande est passée en décembre 1943 mais la guerre civile perturbe les livraisons, les premiers appareils sont livrés en janvier 1946.

-La marine allemande cherchait à cette époque un appareil de patrouille maritime à plus grand rayon d’action que le Condor et son successeur Neue Condor. Elle testa un prototype du Heinkel He-179 et décida de passer commander d’une version adaptée à la patrouille maritime, le Heinkel He-179M.

Soixante-douze appareils sont commandés en septembre 1946 et livrés à partir du printemps 1947 au sein de groupes de reconnaissance maritime lointaine :

-Le 1. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe du 1. KFK Geschwader dispose de vingt-quatre appareils répartis en trois staffel de huit appareils.

-Le 2. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe du 2. KFK Geschwader dispose de vingt-quatre appareils répartis en trois staffel de huit appareils

-Le 14. Kriegsmarine Fernaufklärungsgruppe du 6. KFK Geschwader dispose lui aussi de vingt-quatre appareils répartis en trois staffel de huit avions.

-Entre les deux versions, il existe quelques différences, le He-179M disposant d’un radar aéroporté de surveillance maritime, un traitement anti-corrosion, un dispositif de flottabilité pour permettre à l’équipage d’évacuer et une soute agrandie pour permettre l’embarquement de torpilles.

-Les soixante-douze appareils sont toujours en service en septembre 1948 et vont participer à plusieurs missions comme la couverture de l’opération Weserübung, la surveillance des bases navales ennemies (un appareil abattu le 9 septembre au dessus de Rosyth) et des missions de mouillage de mines.

Caractéristiques Techniques du Heinkel He-179M

Type : avion de patrouille maritime et d’attaque à long rayon d’action

Poids : à vide 17500kg en charge 33000kg

Dimensions : longueur 22m envergure 31.44m hauteur 6.67m

Motorisation : quatre Daimler-Benz DB-612 de 2300ch chacun dans des nacelles séparées

Performances : vitesse maximale 570 km/h à 6000m rayon d’action de combat 1540km distance franchissable en mission de patrouille maritime 6000km plafond opérationnel 8500m

Armement : un canon de 20mm et une mitrailleuse de 13mm (ou deux de 7.92mm) dans la gondole ventrale d’observation, deux mitrailleuses de 7.92mm dans le nez, deux mitrailleuses de 7.92mm en postes latéraux, deux mitrailleuses de 7.92mm en tourelle dorsale et une mitrailleuse de 13mm en poste de queue. 6400 kg de bombes répartis entre des bombes ou deux torpilles en soute et deux sous les ailes.

Equipage : neuf hommes

Junkers Ju-290M

Junkers Ju-90

Junkers Ju-90

-Le Condor et le Neue Condor étaient de bons appareils de patrouille maritime mais le KFK songea à l’avenir en se dotant d’un appareil plus moderne.

-Tout en surveillant le projet du Neue Condor, le Kriegsmarine FliegerKorps étudia avec intérêt une proposition de Junkers pour un appareil de patrouille maritime quadrimoteur.

-Le Junkers Ju-290 conçu dès l’origine comme un appareil militaire était dérivé du Junkers Ju-90 déjà utilisé par la Luftwafe pour des missions de transport (fret et personnel).

-Programme lancé en juin 1942, un programme qui connait un certain nombre de problèmes sans oublier la guerre civile.

-En dépit de ces qualités, le Junkers Ju-290M est dans un premier temps délaissé au profit du Neue Condor moins performant mais qui à l’avantage d’être fabriquable rapidement, à moindre coût et pouvant être mis en œuvre facilement par des équipages habitués au Condor.

Néanmoins,il décidé qu’à terme, les Condor et les Neue Condor seront remplacés par le Junkers Ju-290M qui en septembre 1948 n’équipe qu’une unité.

Il s’agit d’une unité de mouillage de mines rapides, le 19. SchnellMinenKampf Gruppe équipé de seize Junkers Ju-290M, ces appareils répartis en deux staffel de huit appareils peuvent également être utilisés pour la patrouille maritime. Intégré au 6. KFK-Geschwader, cette unité doit mener des missions de mouillage de mines rapide ainsi que des missions de surveillance maritime.

Caractéristiques techniques du Junkers Ju-290M

Type : avion de patrouille maritime quadrimoteur

Poids : à vide 330005kg maximal au décollage 44970kg

Dimensions : longueur 28.64m envergure 42.00m hauteur 6.83m

Motorisation : quatre moteurs radiaux BMW 801 de 1700ch chacun

Performances : vitesse maximale 440 km/h distance franchissable 6150km plafond opérationnel 6000m

Armement : six canons de 20mm MG-151 et deux mitrailleuses de 13mm 3000kg de bombes en soute remplacées parfois par des torpilles, des mines ou des roquettes.

Equipage : huit hommes

Junkers Ju-188M

Junkers Ju-188

Junkers Ju-188

-A l’origine du Ju-188 figure le Ju-88, un bimoteur polyvalent puisqu’il fût utilisé comme bombardier horizontal, bombardier en piqué, avion torpilleur et chasseur lourd (jour et nuit) bien qu’il n’y ait qu’une version et que les projets de variantes spécifiques ne virent pas le jour.

-La version torpillage du Ju-88 se concrétisa par le vol d’un prototype le 9 juin 1942 mais ce projet n’alla pas plus loin, la Luftwafe qui à l’époque avait le contrôle sur l’aviation basée à terre préféra reporter ses investissements sur une version améliorée baptisée Junkers Ju-188 Adler (Aigle) et plus précisément Ju-188M. Le premier prototype effectue son premier vol le 8 septembre 1943 et le second le 4 janvier 1944.

-Le dévellopement se passe bien et la commande en série est passée en septembre 1944 pour un total 360 exemplaires livrés entre janvier 1945 et mars 1948. La production continue à cadence réduite pour constituer un volant de fonctionnement. Les appareils en service sont répartis de la façon suivante :

-Au sein du 1. Kriegsmarine FliegerKorps Geschwader se trouvent les 7. et 9. KFK-Kampfgruppe qui disposent chacun de quarante-huit appareils répartis en quatre staffel de douze appareils.

-Le 2. Kriegsmarine FliegerKorps Geschwader se trouvent les 6. et 8. KFK-Kampfgruppe eux aussi équipés de quarante-huit appareils répartis en quatre staffel de douze appareils

-Le 4. Kriegsmarine FliegerKorps Geschwader se trouvent les 11. et 13. KFK-Kampfgruppe disposent de quarante-huit appareils répartis en quatre staffel de douze appareils.

-Le 6. Kriegsmarine FliegerKorps Geschwader se trouvent les 16. et 18. KFK-Kampfgruppe disposent de trente-six appareils répartis en trois staffel de douze appareils.

Tous les appareils sont toujours en service en septembre 1948. Quand éclate le second conflit mondial, le Junkers Ju-188M va participer à des raids contre la marine norvégienne planquée dans ses fjords, des opérations de mouillage de mines et des missions de recherche des navires ennemis pour empêcher les navires britanniques et français d’intercepter les différents convois en direction de la Norvège.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-188M

Type : bombardier-torpilleur bimoteur

Poids : à vide 9900kg en charge 14500kg

Dimensions : longueur 15m envergure 22m hauteur 4.4m

Motorisation : deux moteurs radiaux BMW-801 G-2 de 1700ch chacuns

Performances : vitesse maximale 499 km/h distance franchissable 2190km plafond opérationnel 9500m

Armement : un canon de 20mm à l’avant de la gondole ventrale, une mitrailleuse de 7.92mm à l’arrière, une mitrailleuse de 13mm dans le poste supérieur et une mitrailleuse de 13mm (ou deux de 7.92mm) dans le nez vitré. 3000Kg de bombes ou deux torpilles aéroportées
Equipage : cinq hommes

Allemagne (33) Aéronavale (5)

Les avions du Kriegsmarine Fliegerkorps (2) : bombardiers en piqué et torpilleurs embarqués

Avant-Propos

Quand la Kriegsmarine décide de s’équiper de porte-avions, elle doit prévoir quels avions vont poser leurs roues sur leur pont d’envol. Dans ce domaine, elle n’innove pas et suis la «mode» de l’époque avec des bombardiers en piqué et des avions torpilleurs.

Si pour la seconde catégorie, les deux appareils dévellopés furent des appareils conçus spécifiquement pour ce rôle (Fieseler Fi167 et Fi169), pour le bombardier en piqué, les allemands dévellopèrent une version embarquée du Ju-87.

Ironiquement on peut voir que l’Allemagne eut un cheminement différent de la France. Si l’armée de l’air reçut un bombardier en piqué (le LN-430) dérivé d’un appareil embarqué (LN-420), le Kriegsmarine Fliegerkorps (KFK) fit le cheminement inverse.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948, les trois appareils sont encore en service mais les Fi167 et les Ju-87C jugés insatisfaisants ou dépassés étaient en voie de retrait. Le déclenchement du conflit repoussa de quelques mois cette mise à la retraite.

Junkers Ju-87C Marinestuka

Junkers Ju87C version embarquée du Stuka

Junkers Ju87C version embarquée du Stuka

-Les premiers bombardiers attaquaient horizontalement, seul mode connu à l’époque. Si cela ne posait aucun problème pour les cibles de grande taille, c’était autre chose pour les cibles detaille réduite comme les pièces d’artillerie ou les navires de guerre. D’où la mise au point du bombardement en piqué.

-La Luftwafe lança un appel d’offre pour un bombardier en piqué, compétition qui voit le triomphe du Junker Ju-87 sur l’Arado Ar81, le Heinkel He118 et le Blohm & Voss Ha137. Il entre en service courant 1936.

-En 1938 est lancé le projet d’une version embarquée du Ju-87 baptisée Ju-87C. Deux Ju-87B-1 sont modifiés et dix appareils de pré-série sont construits.

-Les futurs «MarineStuka» sont extérieurement identiques aux Ju-87 terrestres mais bénéficient de modifications nécessaires à leur embarquement.

On trouve un train renforcé, une crosse d’arrêt, des ailes repliables vers l’arrière, des boulons explosifs pour larguer le train en cas d’amerissage, amerissage possible par des équipements de flottaison (pour l’avion) et de survie (pour l’équipage).

Les appareils de pré-série participent à la guerre de Pologne, un appareil étant endommagé par la DCA polonaise à Hela. Le pilote largue le train d’atterissage mais n’aura pas à amérrir, parvenant à se poser à terre sur le ventre.

Suite à cette expérience concluante et en dépit de l’obstruction du chef de la Luftwafe _guère convaincu de l’utilité du porte-avions_ , 170 Junkers Ju-87C-1 «Cäsar» sont commandés en mars 1940, appareils livrés entre juillet 1940 et février 1942 pour équiper quatre staffel embarqués.

Par rapport aux C-0, les C-1 disposent de réservoirs supplémentaires dans les ailes et la possibilité d’embarquer une torpille sous le fuselage.

Les MarineStuka vont équiper les unités suivantes :

4.St/TRG 186 embarqué sur le KMS Graf Zeppelin avec seize Junkers Ju-87C-1

7. St/TRG 186 embarqué sur le KMS Lutzen avec six Junkers Ju-87C-1

11. St/TRG 189 embarqué sur le KMS Bautzen avec six Junkers Ju-87C-1

14. St/TRG 188 embarqué sur le KMS Peter Strasser avec seize Junkers Ju-87C-1

Cela nous donne un total de 44 appareils en ligne, laissant 126 appareils stockés, utilisés pour entrainement, tests et bien entendu le remplacement des appareils perdus.

Résultat en septembre 1948, le stock est tombé à seulement 80 appareils soit une perte de 46 appareils par accident en mer, sur terre ou sur le pont des porte-avions.

Jugé comme périmé en septembre 1948, il doit être remplacé par un nouveau appareil, un nouveau bombardier en piqué dérivé du Ju-87R et provisoirement baptisé Ju-87C-2 mais le programme est loin d’avoir aboutit quand est déclenchée l’opération Weserübung.

Quand aux Ju-87A et B utilisés pour l’entrainement et la formation des pilotes et des observateurs, ils ont depuis longtemps été feraillés.

Caractéristiques Techniques du Junkers Ju-87C-1

Type : bombardier en piqué biplace embarqué

Poids : à vide 2900kg équipé 4000kg maximal au décollage 4840 à 5340kg

Dimensions : envergure 13.20m (13.80m pour un Stuka terrestre) longueur 11m hauteur 3.77m

Motorisation : un moteur en ligne 12 cylindres en V Junkers Jumo 211A-1 dévellopant 1000ch au décollage

Performances : vitesse maximale 296km/h au nivau de la mer, 308 km/h à 1000m 321 km/h à 2000m,344 km/h à 5000m vitesse maximale en piqué 520 km/h, Plafond pratique 8000m, Distance franchissable 535km avec charge offensive 800km en configuration lisse Endurance 1h55min

Armement : deux mitrailleuses MG-17 fixes dans la voilure, une mitrailleuse MG-15 dans le poste arrière Une bombe de 250 ou de 500kg sous le fuselage, quatre bombes de 50kg sous les ailes soit un charge maximale de 700kg. Possibilité d’embarquer une torpille aéroportée sous le fuselage.

Fieseler Fi167

Fieseler Fi167 en vol

Fieseler Fi167 en vol

-Avant le déclenchement du second conflit mondial, les porte-avions sont vus comme les auxiliaires des navires de ligne, devant éclairer les cuirassés et ralentir la ligne de bataille ennemie.

-D’où le besoin d’avions de reconnaissance à bord des porte-avions. La place étant limité, la majorité pour ne pas dire la totalité des marines disposant de porte-avions choisissent un appareil multimission chargé des missions de reconnaissance mais également capable de mener des missions d’attaque à la bombe et à la torpille.

-Cet appareil c’est le Fieseler Fi167 qui à triomphé d’un appareil proposé par la firme Arado, le Ar195.

Il va équiper deux staffel, les 2.St/TRG 186 avec douze appareils embarqués sur le Graf Zeppelin et 16.St/TRG 188 avec douze appareils embarqués sur le Peter Strasser soit un total de vingt-quatre appareils, trente autres étant stockés comme volant de fonctionnement.

Bien que considéré comme un bon appareil, son remplacement commence dès avant le déclenchement du second conflit mondial par le Fieseler Fi169, un monoplan plus proche du Latécoère Laté 299 que du Fairey Swordfish.

Si le Fi169 opère depuis les porte-avions Lautzen et Bautzen, le Fi167 va connaître son baptême du feu depuis le Graf Zeppelin.

Caractéristiques Techniques du Fieseler Fi167

Type : bombardier-torpilleur biplace embarqué

Poids : à vide : 2800kg en charge 4850kg

Dimensions : Envergure : 15.5m Longueur : 11.4m Hauteur :4.7m

Motorisation : Un moteur en ligne Daimler Benz DB601B V12 inversé de 1100ch

Performances : Vitesse maximale : 325 km/h Vitesse de croisière : 250 km/h Distance Franchissable : 1500 km/h Plafond opérationel : 8200m

Armement : deux mitrailleuses MG17 de 7.92mm orientée vers l’avant et une mitrailleuse MG15 de 7.92mm en poste arrière, une torpille de 765kg ou 1000kg de bombes Equipage : deux hommes

Fieseler Fi169

-La torpille est une arme extrêmement fragile, à la mise en oeuvre délicate ce qui explique que le biplan à la vitesse de décrochage plus faible que les monoplans fût considéré comme étant les seuls capables de la mettre en oeuvre

Problème, les biplans étaient sur le plan des performances en place d’être surclassés par les chasseurs monoplans qui avaient triomphé de leurs ainés biplans.

A terme c’était envoyer à un massacre inutile des avions-torpilleurs déjà suffisamment vulnérables au moment du lancement (un long vol rectiligne à basse altitude sans possibilité d’esquive) et le torpilleur monoplan devint une évidence.

Le Kriegsmarine Fliegerkorps bien que satisfaite du Fi167 travailla sur un nouveau bombardier-torpilleur pour le remplacer.

C’est l’acte de naissance du Fieseler Fi169. A la différence de son prédecesseur issu d’un concours, le Fi169 est issu d’une commande passée directement entre le KFK et la firme de Cassel en septembre 1944. Deux prototypes sont construits, le premier vol le 8 mai 1945 et le second le 17 septembre suivant.

Au biplan biplace, la firme hessoise prégère un triplace monoplan monomoteur propulsé par un moteur en ligne Junkers Jumo 214 avec un armement défensif composé de quatre mitrailleuses de 7.92mm dans les ailes et d’une cinquième arme dans le poste arrière.

L’équipage est installé dans un cockpit unique avec un pilote, un observateur et un mitrailleur, le train fixe est remplacé sur les modèles de série par un train retractable donnant à l’appareil un faux-air de Latécoère Laté 299.

La charge militaire peut être emportée dans une soute (torpille, charges de profondeur, fusées éclairantes….) ou sous les ailes (bombes, réservoirs supplémentaires).

Le 14 mai 1946, le premier prototype s’écrase tuant son équipage ce qui oblige à une révision complète du programme qui passe à deux doigts de l’abandon.

Finalement la production est lancée à l’automne 1946 pour équiper les deux staffel de torpillage des porte-avions Lutzen (8. St/TRG 187) et Bautzen (12. St/TRG 189) soit un total de seize appareils auxquels s’ajoute un nombre équivalent d’appareils de réserve.

Une commande ultérieure de quarante-huit appareils destinés aux 2.St/TRG 186 et 16.St/TRG 188 embarqués respectivement sur les Graf Zeppelin et Peter Strasser mais si les appareils sont livrés, la déclenchement de la guerre est jugé trop proche pour entamer le remplacer des Fi167 par les nouveaux appareils qui ne rejoindront les porte-avions d’escadre allemands qu’après la campagne de Norvège.

Caractéristiques Techniques du Fieseler Fi169

Type : bombardier-torpilleur triplace monomoteur embarqué

Poids : à vide 3300kg totale 4950kg

Dimensions : Envergure 16.30m Longueur 13.20m Hauteur : 3.20m

Motorisation : un moteur en ligne Junkers Jumo 214 de 1200ch entrainant une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 425 km/h autonomie 950km montée à 4000m en 10mn43s

Armement : quatre mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans les ailes (2800 cartouches au total) et une mitrailleuse MG-15 dans le poste arrière avec 800 cartouches. Soute semi-encastrée dans le fuselage pour une torpille ou 800kg de bombes. Rateliers à bombes sous les ailes.

Allemagne (32) Aéronavale (4)

Les avions du Kriegsmarine Fliegerkorps

Avant-Propos

-En septembre 1939, les hydravions dominent largement les avions qui sont ultra-minoritaires soit une situation comparable à celle de notre Aviation Navale. En neuf ans, la situation va s’équilibrer avec le développement de l’aviation embarquée.

Nous allons voir successivement les avions embarqués, les avions basés à terre et terminer par les avions de transport et d’entrainement.

Pour ce qui est du Messerchmit Me109 et du Focke-Wulf Fw-190, nous en parlerons dans la catégorie des avions embarqués y compris pour la version terrestre du Me109 utilisés par plusieurs Marineflieger Geschwader, quelques Fw-190 étant utilisés pour l’entrainement et des essais d’équipement.

Les avions embarqués du Kriegsmarine Fliegerkorps (1) : les chasseurs

Messerschmitt Me109

La Kriegsmarine à reçu quelques Bf109C en attendant la mise au point du Me109T

La Kriegsmarine à reçu quelques Bf109C en attendant la mise au point du Me109T

-Tranchons ici une querelle terminologique : doit-on dire Me109 ou Bf109 ?

-Willy Messerschmitt travaille pour la firme Bayerische Flugzeugwerke AG à partir de 1927, firme qui devient la Messerschmitt AG en septembre 1938.

Il faut donc désigner les appareils conçus avant cette date avec le préfixe Bf et les appareils conçus après avec le préfixe Me ce qui donne Bf109A,B,C et D mais Me 109E.

La Kriegsmarine n’ayant mis en œuvre que les variantes F, G et T, elle n’à mis en œuvre que des Me 109.

Les origines du Messerschmitt Bf/Me109 remontent à 1933 quand le Ministère de l’Air allemand planifie les futurs avions à mettre au point.

-Opposé à l’Arado Ar80,au Henkel He112 et au Focke-Wulf Fw159, il triomphe en mars 1936 à une époque où les anglais commandent le Sptifire et le Hurricane ce qui à peut être influencé la Luftwafe.
-Pemières versions médiocres (Aà D), le Me109E étant considéré comme la première version réellement efficace.

Messerschmitt Me109T

Messerschmitt Me109T

-Le Marineflieger reçut des Bf109C pour entrainer ses pilotes en attendant la mise au point d’une version navalisée. Baptisée Me109T (Träger = embarqué), cette version n’à pas eu de prototype à proprement parlé, des Bf109C,D et Me109E étant modifiés pour valider les différents équipements nécessaires.

-Chasseur correct mais non sans défauts avec un train d’aterrissage trop étroit et une vitesse à l’appontage élevée.

-Il va équiper les quatre groupes aériens embarrqués de la marine allemande et plus précisément les unités suivantes :

-Tragergruppe 186 : 5. et 6.Jagd embarquées sur le porte-avions KMS Graf Zeppelin

-Tragergruppe 187 : 1. et 3. Jagd embarquées sur le porte-avions KMS Lutzen

-Tragergruppe 188 : 13. et 15. Jagd embarquées sur le porte-avions KMS Peter Strasser

-Tragergruppe 189 : 9. et 10. Jagd embarquées sur le porte-avions KMS Bautzen

Au total, 126 Me-109T furent produits jusqu’en 1944 avec seulement quatre-vingt quatre appareils en ligne au maximum, chaque staffel en disposant de douze (TRG 186 et 188) ou de neuf (TRG 187 et 189) .

Si les staffel de chasse embarqués sur les Lutzen et Bautzen sont toujours équipés de Messerschmitt Me-109T _la mise en œuvre du Focke-Wulf Fw195 se révélant délicate sur ces porte-avions légers_ , les staffel des Graf Zeppelin et Peter Strasser ont été rééquipés au printemps 1947 avec des Focke-Wulf Fw-195 plus performants.

Il ne reste donc seulement trente-six Me-109T en ligne en septembre 1948. La flotte globale étant réduite à 90 appareils, trente-six appareils ayant été perdus par accident à terre et en mer.

La Kriegsmarine va également mettre en œuvre des Me-109 en configuration terrestre pour couvrir les Marineflieger Geschwader et détruire les avions ennemis qu’il s’agisse d’avions de patrouille maritime ou de torpillage.

Le 2. Marineflieger/Kriegsmarine FliegerKorps Geschwader dispose du 10. KFK-Jagdgruppe qui dispose de trois staffel de neuf Messerschmitt Me-109F «Friedrich» alors que le 6. Marineflieger/Kriegsmarine Fliegerkorps Geschwader dispose du 20. KFK-Jagdgruppe organisé en trois staffel de neuf Messerschmitt Me-109G Gustav soit un total de cinquante quatre appareils, toujours en service en septembre 1948.

Quand éclate le second conflit mondiale, une nouvelle version du Me-109T baptisée Me-109TV (V pour Verbessert _amélioré_ ) est en cours de mise au point en partant du Me-109K, la dernière version du Messerschmitt Me-109.

Caractéristiques Techniques du Messerschmitt Me-109T

Type : chasseur monoplace embarqué

Poids : à vide 2247kg maximal au décollage 3400kg

Dimensions : longueur 8.95m envergure 11.08m hauteur 2.60m

Motorisation : un moteur en ligne 12 cylindres Daimler-Benz DB-601 1085ch entrainat une hélice tripale

Performances : vitesse maximale 580km/h, vitesse de croisière 520km/h distance franchissable 850km (1000km avec un réservoir largable) plafond opérationnel 11000m

Armement : deux mitrailleuses MG-17 de 7.92mm dans le capot du nez et deux canons de 20mm MG FF (une dans chaque aile). Une bombe de 250kg sous le fuselage ou quatre de 50kg sous les ailes
Caractéristiques Techniques du Messerschmitt Me-109G

Type : chasseur monoplace

Poids : à vide 2247kg en charge 3148kg maximal au décollage 3400kg

Motorisation : un moteur en ligne 12 cylindres Daimler-Benz DB605A-1 de 1455ch entrainant une hélice tripale
Performances : vitesse maximale 640 km/h à 6300m vitesse de croisière 590 km/h à 6000m distance franchissable 850km (1000km avec un réservoir supplémentaire) plafond opérationnel 12000m

Armement : deux mitrailleuses de 13mm MG-131 dans le capot avec 300 coups par mitrailleuse ou un canon de 20mm MG-151 (200 coups) ou un canon de 30mm Mk108 avec 65 coups. Dans les ailes on trouve deux canons de 20mm MG151 avec 135 coups chacun. Une bombe de 250kg ou quatre bombes de 50kg ou deux roquettes de 21cm

Focke-Wulf Fw-195

Focke-Wulf Fw-190D9

Focke-Wulf Fw-190D9

-Messerchmitt Me109T chasseur performant mais qui possède deux défauts importants vus plus hauts ce qui pousse l’aéronavale allemande à chercher un nouveau chasseur.

-Le projet d’un chasseur conçu spécifiquement pour elle se révélant impossible, elle décide de navaliser le remarquable Focke-Wulf Fw 190 sous le nom de Fw195.

-Le Focke-Wulf Fw190 effectue son premier vol le 1er juin 1939 et rentre en service en janvier 1942.

-Suite à l’apparition du Bloch MB-157 et du MB-159 ainsi qu’à sa version navalisée MB-159M, la Marineflieger précipite les choses en demandant une version navalisée du Fw-190.

-Les deux prototypes effectuent leurs premiers vols le 7 juin 1944 et le 8 mars 1945. Les appareils de série sont livrés entre janvier et mars 1946 mais il faudra un an de plus pour que les appareils soient considérés comme opérationnels.

-Il ne va rééquiper que les 5.J/TRG 186 6.J/TRG 186 embarqués sur le Graf Zeppelin ainsi que les 13.J/TRG 188 et 15.J/TRG 188 embarqués sur le Peter Strasser soit un total de quarante-huit appareils en ligne et de douze appareils en réserve, chiffre doublé ultérieurement par des commandes complémentaires.

L’ironie de l’histoire c’est qu’en septembre 1948, le Bloch MB-159M ne servait que sur le Commandant Teste, un porte-avions lourd déployé en Méditerranée, le Painlevé ne disposant que de Dewoitine D-790, un appareil aux performances comparables au Me-109T.

La Kriegsmarine disposait également d’un petit nombre de Focke-Wulf Fw-190D (huit à douze selon les sources), appareils utilisés pour l’entrainement à la chasse mais qui pourraient tout aussi bien servir d’appareil opérationnel.

A noter qu’en septembre 1948, la firme Focke-Wulf travaillait sur une version embarquée du Fw-190 (appartenant au type long nez), version baptisée Focke-Wulf Fw-195V (Verbessert amélioré) mais qui pourrait recevoir une autre appelation quand l’avion entrera en service.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw-195

Type : chasseur et chasseur-bombardier monoplace embarqué

Poids à vide 3300kg en charge 4497kg maximal au décollage 5050kg

Dimensions : longueur 9m envergure 10.51m hauteur 3.95m

Motorisation : un moteur radial BMW 801D2 de 1675ch

Performances : vitesse maximale 635km/h à 5900m distance franchissable 770km plafond opérationnel 11410m

Armement : deux mitrailleuses de 13mm MG-131 dans le capot-moteur avec 475 coups, quatre canons de 20mm MG151/20E avec 250 coups. Une bombe de 500kg ou deux de 250kg. Essais avec des torpilles et des roquettes.

Caractéristiques Techniques du Focke-Wulf Fw 190 D-9

Type : chasseur et chasseur-bombardier monoplace

Poids : à vide 3490kg en charge 4270kg maximal au décollage 4840kg

Dimensions : longueur 10.20m envergure 10.50m hauteur 3.35m

Motorisation : un moteur radial Junkers Jumo 213 A-1 dévellopant 1690ch (1900ch avec boost)

Performances : vitesse maximale 685 km/h à 6600m (710km/h à 11000m) distance franchissable 835km plafond opérationnel 12000m

Armement : deux mitrailleuses de 13mm MG-131 dans le capot moteur avec 475 coups, deux canons de 20mm MG-151 avec 250 coups dans les emplatures d’aile, toutes les armes étant synchronisés pour pouvoir tirer dans le champ de l’hélice. Une bombe de 500kg sous le fuselage ou de deux de 250kg sous les ailes