Mitteleuropa Balkans (123) Yougoslavie (11)

Autres navires de surface

Yacht royal/canonnière Beli Orao

Le Beli Orao (aigle blanc) est un navire commandé pour servir en temps de paix de yacht royal et d’être transformé en temps de guerre en canonnière.

Il est mis sur cale le 23 décembre 1938 lancé le 3 juin 1939 et mis en service le 29 octobre 1939. Ce navire permet au jeune roi Pierre II d’inspecter les défenses côtières et les bases de la marine yougoslave, un moyen également d’effectuer un travail de «yougoslavisation» dans une marine où les croates sont majoritaires et donc potentiellement susceptibles de faire sécession. Il assiste également aux exercices de la marine yougoslave.

Transformé en cannonière en septembre 1948 il assure la protection de la navigation commerciale yougoslave moins en raison de menaces précises que pour dissuader l’Italie d’harceler la navigation d’un pays avec lequel elle avait de sérieux différents en dépit de protestation mutuelles d’amitié.

Endommagé par un échouage le 4 juillet 1949, le navire est remorqué entre Split et Kotor mais suite à la mutinerie de l’équipage d’un remorqueur civil chargé de l’amener à Corfou la canonnière est immobilisé à Kotor.

Capturé par la marine italienne, la canonnière est rebaptisé Alba et va servir depuis le port de Bar à protéger la navigation côtière. Survivant miraculeusement au conflit, le navire est repris par la marine yougoslave qui le retransforme au printemps 1955 en yacht royal.

Après la chute de la monarchie, il continue son rôle au profit des nouveaux maitres du pays. Victime d’un incendie de machine en septembre 1978, le navire est laissé à l’abandon jusqu’en 2000 (!) où toujours à flot il à été transformé en musée à Dubrovnik. C’est toujours le cas aujourd’hui

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 567 tonnes pleine charge 660 tonnes

Dimensions : longueur 65m hors tout (60.08m entre perpendiculaires) largeur 8.08m tirant d’eau 2.84m

Motorisation : deux moteurs diesels dévellopant 1900ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale 18 nœuds

Armement (canonnière) deux canons de 40mm, deux mitrailleuses de 7.92mm et huit charges de profondeur

Equipage : nc

Monitors fluviaux

Le Vardar est l’un des quatre monitors en service dans la marine royale yougoslave en juillet 1949, un navire déjà ancien, un navire à la carrière longue et chaotique.

Il est mis sur cale au chantiers navals Stabilimento Tecnico Triestino sur son site de Linz en 1914 lancé en 1915 et mis en service le 9 juillet 1915. Il à d’abord été connu sous le nom de Bosna puis sous le nom de Temes et enfin à nouveau Bosna le 9 mai 1917 quand le premier Temes à été relevé, réparé et remis en état.

Le 6 novembre 1918 il est transféré à la république populaire de Hongrie du comte Karolyi (à ne pas confondre avec la république des conseils de Béla Kun) conservant son nom d’origine. Le 13 décembre 1918 il est officiellement cédé au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui le remet en service en 1920 sous le nom de Vardar.

Modernisé à plusieurs reprises, le Vardar était donc toujours en service en juillet 1949. Dès le début de l’invasion de l’Axe, le Vardar va ouvrir le feu contre les troupes allemandes et les troupes hongroises, jouant au jeu du chat et de la souris.

Le 12 juillet 1949 le monitor est surpris par des bombardiers allemands, deux bombes provoquent son naufrage dans le Danube. Le navire sera relevé par les hongrois mais devant les dégâts les magyars préfèrent l’envoyer directement à la casse.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 580 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 10.3m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrox dévellopant 1750ch et entainant deux hélices

Vitesse maximale 13.5 nœuds

Protection : ceinture et bulkheads 40mm pont 25mm bloc-passerelle, tourelles et coupoles 50mm

Armement : deux canons de 120mm, deux obusiers de 120mm, deux canons de 66mm, deux canons de 47mm, sept mitrailleuses

Equipage : 91 officiers et marins

Monitor fluvial Sava

Le SMS Bodrog futur Sava

Le Sava est un monitor anciennement austro-hongrois qui à connu une deuxième carrière sous pavillon yougoslave.

Il est mis en service sous le nom de Bodrog en novembre 1904. Sister-ship du Temes, il tire les premiers obus du premier conflit mondial contre la forteresse défendant Belgrade. En 1918 il est cédé à la marine du royaume des serbes, croates et slovènes même si il n’est remis officiellement en service sous le nom de Sava que le 15 avril 1920.

Modernisé à plusieurs reprises, il participe à la Campagne de Yougoslavie au cours de laquelle il est endommagé à plusieurs reprises. Sabordé par petits fonds il est renfloué par les allemands, réparé puis après un court usage par les allemands cédé à la Légion Navale Croate.

Il va participer à des opérations de nettoyage contre les maquisards royalistes et les partisans communistes et ce jusqu’en septembre 1953 quand il est sabordé par son équipage. Le navire est à nouveau renfloué en avril 1954, remis en état et utilisé par la marine yougoslave jusqu’en 1980 quand il est transformé en navire marchand. Suite à une pétition lancée en Serbie, le navire est racheté en 2015 par le gouvernement serbe qui l’à restauré dans son état initial pour être exposé à Belgrade au cœur d’un grand musée historique.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 440 tonnes

Dimensions : longueur 57.7m largeur 9.5m tirant d’eau 1.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 13 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 40mm pont 25mm bloc-passerelle 75mm tourelles 40mm

Armement : deux canons de 120mm, un obusier de 120mm, deux canons de 37mm

Equipage : 86 officiers et marins

Monitor fluvial Drava

Le SMS Inns sister-ship du SMS Enns futur Drava

Le monitor fluvial Drava est un autre navire anciennement austro-hongrois mis en service sous le nom d’Enns. Mis sur cale aux chantiers navals Schiffswerft de Linz le 21 novembre 1913 il est lancé le 29 juillet 1914 et mis en service le 17 octobre 1914.

Durant le premier conflit mondial il opère sur le Danube et notamment contre la capitale serbe Belgrade.

Après un cours service sous les couleurs de la république populaire hongroise (6 novembre au 8 décembre 1918) il est cédé à la marine yougoslave où il reprend du service sous le nom de Drava.

Il est officiellement remis en service en 1920, modernisé à plusieurs reprises et donc toujours en service en juillet 1949. Victime d’une avarie, il est capturé par les allemands qui après remise en état vont le céder à leur allié croate qui va l’utiliser jusqu’en juin 1952 quand il est coulé par des bombardiers français qui menaient des bombardement sur les aérodromes entourant la capitale serbe. L’épave qui ne gêne pas la navigation n’est relevée qu’en 1961 puis démantelée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 536 tonnes

Dimensions : longueur 60.2m largeur 10.3m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 1700ch et entrainant deux hélices.

Vitesse maximale : 13 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 40mm ponts 25mm bloc-passerelle et tourelles 50mm

Armement : deux canons de 120mm, trois obusiers de 120mm, deux canons antiaériens Skoda de 66mm, six mitrailleuses de 8mm

Equipage : 95 officiers et marins

Monitor fluvial Morava

Le SMS Körös futur Moraba bombardant Belgrade durant le premier conflit mondial

Le Morava est le quatrième et dernier monitor fluvial ex-austro-hongrois servant dans la marine royale yougoslave quand les forces de l’Axe attaquent la Yougoslavie ce funeste jour de juillet 1949.

Mis sur cale sous le nom de Körösle 30 mars 1890 lancé le 5 février 1892 et mis en service le 21 avril 1892. Il est transféré à la marine de la république populaire hongroise le 6 novembre 1918 mais pour peu de temps puisque dès le 13 décembre 1918 il est saisi par les alliés et cédé à la Yougoslavie qui le remet en service en 1920 sous le nom de Morava.

En mauvais état en juillet 1949 il servit davantage comme ponton d’artillerie que comme monitor ce qui explique qu’après sa capture il n’à pas été remis en état. Les pièces d’artillerie ont été débarquées et la coque envoyée à la ferraille au printemps 1950.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 448 tonnes

Dimensions : longueur 54m largeur 9m tirant d’eau 1.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 1200ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 10 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 50mm pont 19mm bloc-passerelle et tourelles 75mm

Armement : deux canons de 120mm, deux canons antiaériens de 66mm et deux mitrailleuses

Equipage : 77 officiers et marins.

NdA ces monitors sont appuyés par deux patrouilleurs et trois remorqueurs fluviaux. On trouve également des pontons et des barges, certaines étant armées.

Sous-Marins

Sous-marins classe Hrabri

Le Hrabri

Les deux sous-marins formant la classe Hrabri sont des sous-marins de conception et de fabrication britannique plus précisément des chantiers navals Vickers-Armstrong implantés sur la rivière Tyne (région de Newcastle).

Baptisé Hrabri (brave, courageux) et Nebojsa (sans peur) ces deux sous-marins lancés en 1927 et mis en service en 1928 dans la marine yougoslave sont basés sur le type L britannique, la construction ayant profité d’éléments rassemblés pour des submersibles de ce type qui n’avaient pas été achevés en l’occurence les HMS L-67 et HMS L-68 (Type L Group III).

Ces sous-marins effectuent plusieurs croisières en Méditerranée faisant par exemple escale à Corfou, à Malte, à Bizerte, Alexandrie et Beyrouth. Le 16 mai 1930, le Nebosja alors en plongée périscopique entre en collision avec un vapeur yougoslave mais heureusement les dégâts sont limités et plus important aucun marin n’est blessé.

Ces deux sous-marins étaient clairement dépassés quand éclate le second conflit mondial. Les marins yougoslaves en était parfaitement conscients mais le temps et les budgets ont manqué pour permettre la commande à l’étranger ou la construction au pays de sous-marins plus modernes.

Le sous-marin Hrabri était en mer quand l’Axe attaque. Il reçoit l’ordre d’attaquer tout navire ennemi qu’il soit civil ou militaire. Il tente à plusieurs reprises d’attaquer les convois italiens mais lors de sa quatrième attaque il est sévèrement endommagé par les escorteurs italiens.

Il parvient miraculeusement à rentrer à Split mais les dégâts sont tels que devant l’avancée des troupes ennemies i lest décidé de le saborder. Le sous-marin sera relevé par les italiens mais devant l’état du submersible, les italiens ne feront rien d’autre que de l’envoyer à la ferraille.

Son sister-ship Nebojsa après plusieurs missions et plusieurs attaques hélas pour lui infructueuses parvient à rallier l’Egypte mais sans être remis en service, servant de but sonar pour entraineur les «oreilles d’or» alliées. Relevé en octobre 1954, il est proposé aux yougoslaves qui le refuse et les britanniques décident de l’envoyer à la ferraille.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 991 tonnes plongée 1183 tonnes

Dimensions : longueur 72.05m largeur 7.32m tirant d’eau en surface 3.96m

Propulsion : deux moteurs diesels développant 2400ch pour la marche en surface deux moteurs électriques développant 1600ch pour la marche en plongée, deux hélices

Performances : vitesse maximale 15.7 nœuds en surface 10 nœuds en plongée distance franchissable 3800 miles nautiques à 10 nœuds en surface Immersion : 60m

Armement : (origine) deux canons de 102mm, une mitrailleuse, six tubes lance-torpilles de 533mm avec douze torpilles (1949) un canon de 102mm, deux canons antiaériens de 20mm, deux mitrailleuses de 7.92mm, six tubes lance-torpilles de 533mm avec douze torpilles

Equipage : 45 officiers et marins

Sous-marins classe Ostvenik

Le Ostvenik

Pour compléter les deux sous-marins de classe Hrabri la Yougoslavie passe commande de deux sous-marins de conception française qui vont être construits à Nantes aux Ateliers et Chantiers de la Loire. Ces deux sous-marins inspirés des sous-marins de classe Circé sont baptisés Ostvenik (vengeur) et Smeli (audacieux) et mis en service en 1928/29.

Ces submersibles sont plus petits que leurs confrères britanniques. Ils vont se montrer plus à l’aise en mer Adriatique qu’en Méditerranée, les deux unités de classe Ostvenik fréquentant tout de même la Mare Nostrum en temps de paix pour des croisières diplomatiques.

Le sous-marin Ostvenik participe aux premières opérations du second conflit mondial mais la mutinerie de la flotte l’immobilise, son équipage refusant de rallier les autorités en exil. Son commandant échappe de peu à une exécution sommaire en sautant par dessus bord, disparaissant dans les flots sans que l’on sache si le commandant à pu rallier la terre ou si il s’est noyé.

Capturé par les italiens, il est remorqué à Ancone. Après inspection, il est remis en service sous le nom de Francesco Rimmondo. Il sert de sous-marin d’entrainement puis de ponton-école en raison de problèmes récurrents de propulsion. Il est sabordé à Trieste en janvier 1954 pour embouteiller le port. L’épave est relevée après guerre et démantelée.

Son sister-ship Smeli est capturé par les allemands à Split. Il est cédé aux croates mais ces derniers qui manquent de personnel spécialisé ne peuvent le remettre en service. Il est finalement démoli durant le conflit et l’acier réutilisé pour construire des fortifications de campagne destinées à protéger Split.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 640 tonnes plongée 822 tonnes

Dimensions : longueur 66.5m largeur 5.4m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux moteurs diesels MAN de 1480ch deux moteurs électriques Nancy de 1000ch deux hélices

Performances : vitesse maximale 14.5 nœuds en surface 9.2 nœuds en plongée distance franchissable 3500 miles nautiques à 9 nœuds en plongée 75 miles nautiques à 5 nœuds en plongée Immersion maximale 80m

Armement : six tubes lance-torpilles de 550mm (quatre à la proue, deux à la poupe), un canon de 100mm et un canon de 40mm

Equipage : 43 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (122) Yougoslavie (10)

Navires de surface

Conducteur de flottille Dubrovnik

Le conducteur de flottille (Flottilla Leader) Dubrovnik a été commandé par la marine yougoslave en vue de servir comme navire de commandement au profit de torpilleurs. Il devait être accompagné de deux autres navires identiques mais au final il restera unique.

Belgrade très influencée par la France aurait souhaité commander un navire de ce type auprès de chantiers français mais ce ne fût pas possible et le conducteur de flottille allait être construit en Grande-Bretagne chez les chantiers Yarrow.

Affichant des dimensions comparables à un contre-torpilleur français, le Dubrovnik reprenait une architecture inspirée des derniers conducteurs de flottille produit par les britanniques à la fin du premier conflit mondial.

En ce qui concerne l’armement il était initialement prévu cinq canons de 140mm mais en raison d’un excès de poids dans les hauts la batterie principale fût réduite à quatre pièces. Le poids économisé initialement prévu pour installer une catapulte pour hydravions servit finalement à munir le navire d’une solide DCA.

-Le Dubrovnik est mis sur cale aux chantiers navals Yarrow le 10 juin 1930 lancé le 11 octobre 1931 et mis en service en mai 1932.

Il effectue plusieurs croisières en Méditerranée et en mer Noire. C’est lui qui transporta à Marseille le roi Alexandre 1er lors de cette funeste visite officielle en France.

Modernisé en 1942/43, il est toujours en service en septembre 1948. Il effectue des patrouilles pour faire respecter la neutralité yougoslave non sans mal, plusieurs incidents manquant de dégénérer en guerre ouverte avec l’Italie.

Le 7 juillet 1949 est déclenchée l’opération MARITSA. Le Dubrovnik se trouvait en baie de Kotor. Il se ravitaille en carburant puis appareille dans l’après-midi pour rechercher et détruire tout navire italien ou allemand. Il n’en trouve aucun mais reçoit de rallier la Dalmatie pour appuyer les troupes yougoslaves culbutées par les italiens.

A plusieurs reprises il ouvre le feu avec ses canons de 140mm contre des cibles à terre détruisant par exemple dans la nuit du 8 au 9 juillet un dépôt de munitions et plusieurs citernes à carburant mouillées dans des criques discrètes.

Des tirs contre la terre ont également lieu et le conducteur de flottille revendique la destruction de quatre appareils italiens et deux appareils allemands, destructions non confirmées tant par Rome que par Berlin.

Le 13 juillet 1949 il est endommagé par un chasseur-bombardier allemand, une bombe de 250kg explosant sur l’affût n°3 de 140mm.

Les dégâts sont importants mais pas irréparables. Seulement voilà à Split l’équipage en grande partie croate se mutine et les ouvriers du chantier refusent de réparer.

Le navire va-t-il être saisi intact ? Non puisque quelques officiers et marins parviennent au nez et à la barbe des marins croates ralliés au nouveau régime oustachi parviennent à saborder le navire qui hélas pour eux ne coule qu’en eaux peu profondes.

Les italiens grands spécialistes dans le renflouement des navires parviennent à remettre le navire à flot.

Il est aussitôt réparé par les mêmes ouvriers qui avaient refusé de le remettre en état. Ils ont dû être fort contrits d’apprendre que le conducteur de flottille allait désormais s’appeler Premuda et servir dans la marine italienne.

Utilisé comme patrouilleur et escorteur, il couvre des convois qui appareillaient de Trieste ou de Venise direction Rijeka, Zadar, Split et Kotor, la voie maritime étant plus sure que la voie routière.

Suite au basculement italien dans le camp allié, le Premuda est saisi par les croates qui lui rend son nom d’origine.

Il sert sous son troisième pavillon en quelques années et ce jusqu’au 17 décembre 1953 quand il est surpris par des chasseurs-bombardiers alliés qui placent quatre bombes de 500kg qui transforment l’ancien conducteur de flottille en annexe de l’enfer. L’épave sombre au large de Zadar, l’épave ayant été retrouvée en 1975.

Caractéristiques Techniques

Type : conducteur de flottille

Déplacement : standard 1910 tonnes pleine charge 2439 tonnes

Dimensions : longueur 113.2m largeur 10.67m tirant d’eau 3.58 à 4.1m

Propulsion : deux turbines Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow développant 48000ch et entrainant deux hélices. Une turbine Curtiss de 700ch est utilisée pour la marche à la vitesse de croisière

Performances : vitesse maximale 37 nœuds (15 nœuds en croisière) distance franchissable 7000 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 140mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), deux canons de 83.5mm PL vz.22 six canons de 40mm Skoda deux mitrailleuses de 15mm ZB-60 six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes axiales, 40 mines, deux lanceurs de charges de profondeur avec 10 grenades ASM

Equipage : 20 officiers et 220 marines

Torpilleurs classe Beograd

Comme nous l’avons vu plus haut la marine royale yougoslave (Kraljevska Jugoslavenska Ratna Mornarica) envisageait de s’équiper d’une force de surface composée de trois conducteurs de flottille associés à des torpilleurs.

La crise de 1929 empêcha l’acquisition de deux autres conducteurs de flottille et de torpilleurs légers mais la KRJM avait toujours besoin de navires de combat de 1ère classe. La décision est finalement prise de commander trois torpilleurs pour compléter l’unique conducteur de flottille.

Ces trois navires baptisés Beograd Zagreb Lubjana sont de conception française, le premier étant construit à Nantes aux ACL (Ateliers et Chantiers de la Loire), les deux derniers aux chantiers navals Brodosplit situés comme son nom l’indique à Split.

Ces navires étaient inspirés de nos torpilleurs d’escadre de première génération (classe Bourrasque et L’Adroit). Leur armement principal était cependant différent, la marine yougoslave choisissant le canon de 120mm Skoda plutôt que le 130mm des torpilleurs d’escadre français. Le reste de l’armement est classique avec de la DCA, six tubes lance-torpilles de 533mm et des mines.

-Le Beograd est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire (ACL) sis à Nantes en 1936 lancé le 23 décembre 1937 et mis en service le 28 avril 1939.

-Le Zagreb est mis sur cale aux chantiers navals Brodosplit sis à Split en 1936 lancé le 30 mars 1938 et mis en service en avril 1939.

-Le Lubjana est mis sur cale aux chantiers navals Brodosplit sis à Split en 1936 lancé le 28 juin 1936 et mis en service en décembre 1939.

En mai 1939 le Beograd transporte une partie de l’or de la Banque de Yougoslavie en Grande-Bretagne et le 24 janvier 1940 le Lubjana s’échoue. Il coule en eaux peu profondes mais peu être renfloué et remis en état.

Ces trois navires sont naturellement toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en juillet 1949 quand l’Axe déclenche l’opération MARITSA. Ces trois navires vont connaître un sort différent.

Le Beograd est légèrement endommagé à plusieurs reprises lors de l’opération MARITSA mais jamais sérieusement.

Il rallie la marine royale libre non sans que son commandant ait du étouffer dans l’oeuf une tentative de mutinerie et ce par la manière forte puisque quatre meneurs furent exécutés après un procès que certains qualifieront d’expéditif.

Réfugié à La Sude, il participe à la campagne de Grèce puis subit des travaux à Alexandrie pour reprendre ensuite la lutte. Il reçoit des radars, un Asdic, sa DCA est renforcée mais il perd un canon de 120mm réduisant sa batterie principale à seulement trois canons de 120mm, canons qui tirent des obus anglais faute d’avoir pu emporter les stocks d’origine.

Il opère en Méditerranée orientale comme patrouilleur et escorteur, assurant parfois le soutien des opérations commandos en ouvrant le feu pour appuyer et couvrir ces unités d’un nouveau genre.

Il à également mené des missions de mouillage de mines pour perturber le trafic maritime de l’Axe entre les différentes iles grecques que l’ennemi occupait et la Grèce continentale.

Survivant au second conflit mondial, le vétéran reste en service dans une marine yougoslave reconstituée mais usé il est désarmé en novembre 1956. Transformé en ponton-école à Kotor, il est finalement démoli en 1975 après avoir coulé suite à une tempête.

Son sister-ship Zagreb est endommagé par des vedettes lance-torpilles italiennes alors qu’il venait d’attaquer un convoi de ravitaillement transalpin.

Une torpille avait emporté l’avant du navire, les travaux s’annonçaient compliqués et aujourd’hui encore on se demande pourquoi le navire n’à pas été remorqué en Grèce pour y être réparé dans un contexte plus serein. Question de fierté nationale sans doute.

Mis au bassin à l’arsenal de Tivat, il est saisi en réparations par les italiens qui vont le remettre en état et en service sous le nom de Dalmatia en juin 1950. Il est utilisé comme patrouilleur et comme escorteur, sécurisant l’accès au canal d’Otrante. Sa carrière se termine brutalement le 9 septembre 1952 quand il est torpillé par le sous-marin britannique HMS Upholder (P37) qui envoie trois torpilles qui envoie le bateau rejoindre Neptune.

Le Lubjana était en grand carénage quand éclate l’opération MARITSA. En dépit des efforts des ouvriers, le navire ne peut reprendre la mer et est capturé par les italiens à Sibenik. Ces derniers vont le céder à l’Etat Indépendant de Croatie qui le remet en service sous le nom de Slavonija.

Après avoir servit de patrouilleur, d’escorteur et de navire d’appui-feu lors d’opérations de nettoyage, Il est coulé par une mine au large de Split le 8 février 1953. Le navire se casse en deux et coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Caractéristiques Techniques

Type : torpilleurs

Déplacement : standard 1210 tonnes pleine charge 1655 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 98m largeur 9.45m tirant d’eau 3.18m

Propulsion : deux groupes de turbines Curtiss ou Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow dévellopant 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 1000 miles nautiques à 35 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm Skoda en affût simples sous masque (deux avant deux arrières), quatre canons de 40mm Skoda en deux affûts doubles, deux mitrailleuses, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, 30 mines

Equipage : 145 officiers et marins

Destroyers classe Split

Les quatre unités de classe Split sont une évolution des Beograd avec un armement plus puissant, un déplacement supérieur mais une vitesse inférieure (33 au lieu de 35 nœuds).

Ils sont de conception yougoslave mais avec les bonnes relations tissées avec les ACL il n’est pas impossible que le bureau d’étude du chantier ligérien ait aidé de manière officieuse le chantier naval Brodosplit qui avait construit les deux sister-ship du Beograd.

-Le Split est mis sur cale le 30 septembre 1939 lancé le 14 juin 1941 et mis en service le 8 septembre 1942.

-Le Podgoritsa est mis sur cale le 20 juin 1940 lancé le 4 janvier 1942 et mis en service le 12 juin 1943.

-L’Osijek est mis sur cale le 30 septembre 1941 lancé le 14 août 1943 et mis en service le 8 février 1945

-Le Sarajevo est mis sur cale le 17 mars 1942 lancé le 4 décembre 1943 et mis en service le 15 mai 1945.

Quand éclate l’opération MARITSA, le Split est déployé au large des côtes de l’Istrie dans l’espoir d’intercepter un convoi italien, des navires transalpins isolés.

Point de tout cela mais ses canons de 120mm Bofors (qui remplaçaient les Skoda que les allemands ne produisaient plus) vont être d’un précieux concours pour soutenir les troupes yougoslaves qui résistaient fermement aux troupes de la 2ème armée italienne.

Dans les jours qui suivent il joue au chat et à la souris avec les navires et les avions ennemis. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Sa chance tourne le 11 juillet quand il est surpris au large de Dubrovnik.

Alors qu’il se repliait vers les bouches de Kotor pour réparations et ravitaillement, il est surpris par huit bombardiers en piqué allemands.

Non pas des Ju-87 mais des Ju-88 qui en dépit d’une DCA furieuse ne lui laisse aucune chance. Deux bombes de 500kg transforment le navire en annexe de l’enfer. Il se casse en deux, coulant rapidement en ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship Podgoritsa venait d’achever un grand carénage quand l’Axe attaque. Il doit donc reprendre la lutte sans être forcément à 100% de ses capacités.

Le destroyer va assurer la protection des côtes, repoussant plusieurs attaques italiennes tout en appuyant les troupes au sol avec ses obus de 120mm voir sa DCA légère quand des troupes ennemies étaient surprises à découvert à proximité des côtes. Pas besoin d’être un génie pour imaginer l’impact d’un tel traitement.

Endommagé par une bombe allemande, il parvient à rallier La Sude puis Alexandrie où il est remis en état et réparé, la piece II détruite par la bombe étant remplacée par un canon de 120mm britannique.

Comme ce canon ne tirait pas les mêmes projectiles que les trois autres canons cela posait des problèmes logistiques.

Les dits problèmes logistiques ne furent résolus qu’au printemps 1950 quand trois autres canons de 120mm venus de Grande-Bretagne furent envoyés en Egypte pour réarmer ce destroyer, Londres n’ayant pas donné suite à une proposition française de remplacer les canons de 120mm par des canons de 130mm officiellement pour des raisons de poids mais cela semble plus un pretexte qu’autre chose.

Basé à Alexandrie, il rayonnait dans tout le bassin oriental de la Méditerranée, servant de patrouilleur, d’escorteur et de navire de raid. Il s’illustra le 17 mars 1952 en détruisant avec les destroyers britanniques HMS Icarus et HMS Intrepide un convoi allemand entre l’Attique (région d’Athènes) et les Cyclades occupées par les allemands. Quatre cargos, deux pétroliers et leur escorte furent détruits sans perte côté allié.

Cet événement lui valu d’être célébré par la propagande alliée comme yougoslave qui en faisait un symbole de la lutte pour la libération de la Yougoslavie.

Le reste du conflit son action est plus morne avec moins d’événements spectaculaires. Notons tout de même sa participation à plusieurs raids commandos, ses canons de 120mm ouvrant le feu pour dégager ou couvrir le repli de ces soldats d’un nouveau genre.

Endommagé à plusieurs reprises il est cependant toujours en service en avril 1954 quand le second conflit mondial se termine en Europe.

Modernisé, il reste en service mais en 1958 il est l’un des premiers navires à rallier les communistes qui finissent par renverser Pierre II qui n’à pu ou n’à su poursuivre la politique d’avant guerre pour préserver son trône.

Le destroyer est endommagé assez sérieusement par l’aviation encore fidèle au roi ce qui explique peut être pourquoi le Pogoritsa est désarmé en juin 1959 puis démoli.

L’Osijek se rallie aux nouvelles autorités croates lors de la mutinerie du 16 juillet 1949. Il devient navire-amiral de la Légion Navale Croate, menant des missions d’escorte et de patrouille. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Sa chance tourne le 1er décembre 1953 quand il est sérieusement endommagé par l’aviation libre yougoslave. Il parvient miraculeusement à Kotor pour réparations mais devant l’avancée des troupes alliées, le destroyer qui avait été privé de tout armement est sortit du bassin pour bloquer l’accès à l’Arsenal de Tivat. L’épave est relevée au printemps 1955 et démantelée.

Le Sarajevo participe à la défense de la Yougoslavie, étant endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Replié sur la Grèce il participe à la défense du pays des hellènes ce qui lui vaudra les remerciements du gouvernement grec et plusieurs décorations.

Replié sur Alexandrie, il est immobilisé pour travaux jusqu’en mars 1950 quand il reprend la lutte, opérant depuis La Sude pour sécuriser des convois amenant des renforts en hommes et en matériel en direction du Péloponnèse alors occupé par les italiens. Il mène aussi des raids de recherche et de destruction ainsi que des missions de bombardement littoral.

Endommagé à plusieurs reprises il est coulé le 9 mai 1953. Ce jour là opérant au large de Corfou il fait détonner une mine allemande qui le coupe littéralement en deux. L’avant coule rapidement mais l’arrière dérive permettant à l’équipage d’évacuer avant qu’elle ne soit détruite par l’aviation alliée.

Caractéristiques Techniques

Type : destroyers

Déplacement : standard 2350 tonnes pleine charge 2900 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 112.50m largeur 11.25m tirant d’eau 4.20m

Propulsion : deux groupes de turbines Curtiss ou Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Yarrow dévellopant 55000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 35 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 20 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm Bofors en affûts simples sous masque, dix canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles, huit mitrailleuses de 13.2mm Hotchkiss en quatre affûts doubles (puis quatre canons de 20mm), six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples, deux grenadeurs de sillage avec vingt-quatre projectiles ou deux rails de mouillage avec 36 mines

Equipage : 157 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Avant-propos

La marine royale yougoslave ne pouvait passer à côté des vedettes lance-torpilles tant sa géographie se prétait à son utilisation. Seize vedettes de ce type sont ainsi en service en juillet 1949, une flotte hétérogène avec des unités modernes et efficaces et d’autres qui l’était un peu moins.

On trouve deux vedettes type Uskok de conception et de fabrication britanniques, huit vedettes de classe Orjen de conception et de fabrication allemande et six de fabrication yougoslave qui pour faire simple sont une synthèse des deux modèles précédents.

Ces seize vedettes sont répartis en deux flottilles de huit, la première regroupant les huit vedettes allemandes, la deuxième les deux Uskok et les six vedettes lance-torpilles de classe Otok.

Sur les seize vedettes lance-torpilles en service en septembre 1948, neuf sont coulées tandis que sept parviennent à se réfugier tant bien que mal à Corfou.

Le gouvernement yougoslave en exil tente de trouver une solution pour leur permettre de se replier sur la Crète puis l’Egypte mais doit très vite se rendre à l’évidence que c’est mission impossible et en février 1950 peu avant l’évacuation de l’île par les troupes grecques, ordre est donné de sabordé ces vedettes dont les épaves ont été retrouvées en 1972.

Elles seront remplacées par des vedettes de conception et de fabrication britanniques livrées à la marine royale yougoslave libre en 1950, vedettes formant la classe Sloboda (Liberté).

Classe Uskok

Les deux vedettes de classe Uskok sont donc des vedettes de conception et de fabrication britannique, œuvres de la société Thornycroft qui s’appuya sur un modèle existant à savoir une vedette à moteur de 17m de long (17-metre-long Coastal Motor Boat [CMB]).

Les deux navires sont initialement baptisés TC-1 et TC-2 puis sont rebaptisées respectivement Uskok et Cetnik.

Bien que usées et anciennes elles sont toujours en service en juillet 1949. Basées à Split elles sont détruites par l’aviation italienne lors d’un bombardement aérien exécuté le 9 juillet 1949. Les épaves reposent toujours au fond du port.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 15 tonnes

Dimensions : longueur 16.77m largeur 3.35m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux moteurs essence Thornycroft de 375ch chacun entrainant deux hélices. Un moteur auxiliaire pour la navigation de croisière

Vitesse maximale : 37 nœuds (40 nœuds atteint aux essais)

Armement : deux mitraileluses Lewis de 7.7mm, deux torpilles de 457mm en tubes et quatre charges de profondeur.

Equipage : cinq hommes

Classe Orjen

Le Velebit

Les huit vedettes lance-torpilles de classe Orjen sont des vedettes de conception et de fabrication allemandes puisqu’elles ont été construites aux chantiers navals Lürssen implantés à Vegesack.

Les huit navires sont toujours en service en juillet 1949 (Orjen Durmitor Suvobor Kajmakčalan Velebit Dinara Rudnik et Triglav).

Quatre d’entre-elles sont coulées durant l’opération MARITSA (Orjen par une vedette italienne, Suvobor par l’aviation, le Velebit par l’artillerie italienne tout comme la Triglav). Les quatre dernières se réfugient à Corfou où on tente de les extirper mais sans succès ce qui impose leur sabordage dans le port grec.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 61.7 tonnes

Dimensions : longueur 28m largeur 4.3m tirant d’eau 1.51m

Propulsion : trois moteurs essence développant une puissance totale de 3300ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale : 31 nœuds

Armement : un canon de 40mm et deux torpilles de 550mm

Equipage : 16 officiers et marins

Classe Otok

Pour compléter les dix vedettes lance-torpilles en service en septembre 1939, la marine yougoslave souhaitait initialement construire vingt-deux vedettes lance-torpilles pour porter sa force à trente-deux navires. Le manque de budget et d’autres priorités réduisirent la commande à seulement six navires.

Vedettes de conception yougoslaves, les unités de la classe Otok pouvaient être considérés comme une synthèse des deux premières en essayant de prendre le meilleur des deux.

Ces navires sont plus gros, plus puissants et mieux armées. Elles ont été baptisées du nom d’îles de Yougoslavie (plus précisément de Croatie) en l’occurence Krk, Korcula, Brac,Losinj,Vis et Pasman.

Mises en service en 1944 et 1945, ces navires vont tenter de perturber la navigation italienne dès le début de l’opération MARITSA.

Quelques coups heureux sont enregistrés mais hélas pour les yougoslaves cela ne sera que de simples piqures d’épingle qui ne vont pas changer le cours des choses.

Trois vedettes lance-torpilles sont coulées durant cette Campagne de Yougoslavie en l’occurence la Krk lors d’une collision avec un chalutier, le Brac par l’aviation allemande et le Pasman par un canon italien de 90mm chargé d’assurer la défense côtière.

Les autres vedettes parviennent à s’échapper vers le sud se réfugiant à Corfou où faute de pouvoir être évacuées elles doivent être sabordées peu avant l’évacuation de Corfou par les troupes grecques.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 70 tonnes

Dimensions : longueur 34.50m largeur 5.2m tirant d’eau 1.90m

Motorisation : trois moteurs essence dévellopant 4500ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale 35 nœuds

Armement : un canon de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Breda, deux mitrailleuses de 7.92mm, deux torpilles de 550mm

Equipage : vingt-quatre officiers et marins

Vedettes lance-torpilles classe Sloboda

Des Fairmile D au port

Si les vedettes lance-torpilles ont été sabordées à Corfou car difficilement évacuables les équipages ont réussi à rallier la Crète puis l’Egypte. La présence de ces marins permet à la Yougoslavie d’obtenir des vedettes lance-torpilles de la part des britanniques.

Ces vedettes sont livrées en mars 1950 à Alexandrie démontées et réassemblées dans la base egyptienne. Ils sont mises en service en septembre 1950 et sont une évolution des Fairmile D avec des moteurs plus puissants notamment.

Six vedettes sont mises en service mais au total douze ont été livrées, les six autres étant conservées au sec en volant de fonctionnement.

Elles sont baptisées Sloboda (Liberté), Zemlja (Patrie), Bratstvo (Fraternité), Jednakost (Egalité), Kraljevski (Royauté) et Narod (Nation).

Après un entrainement intensif auprès d’unités britanniques, les vedettes lance-torpilles yougoslaves sont transférées en Crète pour opérer en mer Ionienne contre la navigation de l’Axe.

Outre ce type de mission d’attaque les vedettes yougoslaves étaient aussi utilisées pour infiltrer agents et commandos sur les îles occupées par l’Axe.

Sur les douze vedettes lance-torpilles livrées par les britanniques, quatre ont été détruites au combat, les huit autres survivants au conflit portant les six noms cités plus haut ainsi que deux nouveaux noms choisis au cours du conflit à savoir Mucenik (martyr) et Osveta (vengeance).

Ces huit vedettes lance-torpilles rentrent naturellement au pays et sont réutilisés par la marine royale yougoslave. La flotte est réduite rapidement à quatre exemplaires, les Sloboda Bratstvo Jednakost Narod qui étaient encore en service en 1958 quand la Yougoslavie devient communiste.

Ces navires étaient à l’époque en fin de carrière et conservent leurs noms jusqu’à leur désarmement survenu entre 1962 et 1964.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 104 tonnes pleine charge 120 tonnes

Dimensions : longueur 35m largeur 6.35m tirant d’eau 1.50m

Propulsion : quatre moteurs essence Packard 4M 2550 dévellopant 5750ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable 506 miles nautiques à 30 nœuds 2500 miles nautiques à 10 nœuds

Armement : deux canons de 40mm Bofors, quatre canons de 20mm Oerlikon (un affût double et deux affûts simples), quatre mitrailleuses de 7.7mm en affûts doubles, quatre torpilles de 533mm

Equipage : 21 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (83) Roumanie (13)

Sous-marins

Le Delfinul

Comme nous l’avons vu dans la partie historique, la marine roumaine avait commandé un sous-marin dès 1914. Le déclenchement de la première guerre mondiale entraina la réquisition du sous-marin en construction à Chalons sur Saône chez la compagnie Schneider (NdA prononcer Schneidre).

Comme si l’histoire se mettait à begayer ce sous-marin est proposé par la France à la Roumanie une fois le premier conflit mondial terminé mais Bucarest décline cette proposition qui aurait vu la marine royale roumaine mettre en service un navire non seulement usé mais aussi tout simplement dépassé voir obsolète.

En 1924 la marine roumaine décide de commander un sous-marin neuf. Les chantiers navals Schneider espèrent remporter le contrat mais c’est finalement un chantier naval italien pourtant inexpérimenté dans ce domaine qui remporte le contrat pour une unité ainsi qu’un bâtiment de soutien.

Forcément il était prévisible que sauf miracle la construction allait rencontrer de nombreux problèmes. Mis sur cale aux chantiers navals de Fiume en 1927, il est lancé en 1930, complété en 1931 mais accepté uniquement en 1936 suite à de nombreux problèmes qui imposèrent de nombreux travaux correctifs.

Toujours en service en septembre 1948 le Delfinul sert d’abord d’instrument de dissuasion pour rendre la flotte soviétique de la mer Noire plus prudente avant de mener des missions plus offensives d’attaque de la navigation ennemie en mer Noire. Des missions de renseignement et des opérations spéciales ont également été menées.

Endommagé à plusieurs reprises, le Delfinul était en réparations quand le coup d’état communiste entraine la Roumanie dans un nouveau conflit avec l’URSS comme alliée et non comme ennemi.

Les nouveaux maitres du pays ordonnent l’arrêt des réparations officiellement pour des raisons techniques mais personne n’est dupe, tout le monde voyant derrière la main de Moscou. Une équipe de sous-mariniers soviétique inspecte le navire et estime que sa remise en état n’apporterait rien à la marine soviétique. Décision est alors prise de l’envoyer à la démolition, démolition effectuée entre septembre 1957 et février 1958.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 900 tonnes

Dimensions : longueur 68m largeur 5.9m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux moteurs diesels Sulzer, deux moteurs électriques deux hélices

Performances : vitesse maximale 14 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 2000 miles nautiques

Armement : un canon de 102mm, une mitrailleuse de 13.2mm puis un canon de 20mm, huit tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à l’avant et quatre à l’arrière)

Equipage : 55 hommes

Le Rechinul et le Marsuinul

Le Rechinul (S-1) et le Marsuinul (S-2)

Après la longue et difficile construction du Delfinul on comprend que la marine roumaine n’ait pas voulu confier au chantier naval de Fiume la construction de nouveaux submersibles.

Elle se tourne vers un bureau d’études néerlandais baptisé IvS (Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw). En réalité derrière ce bureau d’études batave se cache la marine allemande qui espérait ainsi préserver son savoir-faire et l’accroitre en attendant le jour où le réarmement sera possible.

Grâce à ce bureau d’études la marine roumaine va pouvoir s’équiper de deux submersibles qui ne sont pas identiques mais partagent un certain nombre de points communs.

Plans du sous-marin Rechinul

Le premier nommé baptisé Rechinul (requin) est issu du Project 298, version améliorée du E-1, un submersible conçu pour l’Espagne mais finalement vendu à la Turquie en 1935.

La Roumanie achète les plans et en 1938 les chantiers navals de Galati entament la construction de leur premier sous-marin avec l’assistance technique des chantiers navals AG Weser de Brême. En dépit de cette aide, le navire n’est lancé qu’en mai 1941 et mis en service en septembre 1942.

Le Marsuinul

Le second baptisé Marsuinul (Marsouin) est extérieurement assez semblable au précédent mais ils se différencient par le fait que ce dernier est conçu comme sous-marin mouilleur de mines. Mis sur cale seulement en juin 1940 il est lancé en octobre 1942 et mis en service en mars 1945.

Ces deux sous-marins sont naturellement toujours en service en septembre 1948. Si le Marsuinul effectue des missions de mouillage de mines pour tenter de bloquer les flottes militaires et les flottes marchandes ennemies, en revanche le Rechinul sert d’abord d’arme de dissuasion avant de mener de véritables missions de guerre.

Ces deux sous-marins vont disparaître pendant la guerre. Le Marsouinul est victime d’une mine……roumaine au large de Constansa le 14 mai 1951 alors que le Rechinul à été coulé par un sous-marin soviétique alors qu’il tentait d’évacuer des commandos roumains engagés derrière les lignes soviétiques en octobre 1952.

Caracteristiques Techniques

Le Rechinul

Déplacement : surface 650 tonnes plongée 750 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 69.8m largeur 6.80m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown Boveri deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 7000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre tubes à l’avant et deux à l’arrière)

Equipage : 45 officiers et marins

Le Marsouinul

Déplacement : surface 620 tonnes plongée 860 tonnes

Dimensions : longueur 68.7m largeur 6.45m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux moteurs diesels MAN deux moteurs électriques Brown-Boveri

Performances : vitesse maximale 16 nœuds en surface 9 nœuds en plongée distance franchissable 8000 miles nautiques en surface

Armement : un canon de 88mm, un canon de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre avant et deux arrières) 20 mines

Equipage : 45 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

Le programme naval de 1937 prévoyait dix vedettes lance-torpilles mais en septembre 1948 en raison de problèmes tout autant financiers que techniques seulement huit vedettes lance-torpilles sont en service au sein de la 4ème flottille de torpilleurs.

S-Boote en mer

Ces vedettes ne portent pas de nom mais deux lettres B et T pour Barca Torpilei (bateau lance-torpilles) suivit d’un chiffre allant d’abord de un à huit puis jusqu’à vingt-quatre puisqu’au final la marine royale roumaine va mettre en œuvre vingt-quatre navires de ce type, ces navires étant considérés par les soviétiques comme la principale nuisance parmi toutes celles que pouvait représenter la marine de Bucarest.

Utilisées de manière agressives elles tendaient des embuscades contre les convois soviétiques ou contre les navires militaires isolées. Certaines furent utilisées de manière plus originale pour infiltrer des commandos de saboteurs derrière le front pour détruire une batterie d’artillerie, un dépôt de munitions ou un poste de commandement.

Les huit vedettes en service en septembre 1948 (BT-1 à 8) étaient semblables aux S-Boot mais de conception roumaine, des navires de 65 tonnes, mesurant 29m de long sur 4m de large, filant à 40 nœuds avec un armement composé d’un canon de 20mm, de deux mitrailleuses de 7.92mm et deux tubes lance-torpilles de 533mm.

Durant le conflit seize nouvelles vedettes sont mises en service (BT-9 à 24), des navires plus gros, plus rapides et surtout mieux armées pour s’opposer avec succès à leurs homologues soviétiques.

Elles déplaçaient 105 tonnes, mesuraient 34m de long sur 5m de large, une vitesse maximale de 42 nœuds et un armement composé d’un canon de 37mm, de deux canons de 20mm, de deux mitrailleuses et de quatre torpilles de 533mm sur berceaux.

Sur les vingt-quatre vedettes lance-torpilles utilisées par la marine royale roumaine entre septembre 1948 et avril 1954, seize d’entre-elles ont été détruites, les huit survivantes furent détruites peu après la fin du conflit, leur usure prononcée rendant leur réutilisation problématique même pour des tâches secondaires.

Les BT-1, 4, 7, 8, 12, 16,21 et 24 ont été coulées par l’aviation, les BT-3 et 5 par des mines, les BT-19 et 20 par des batteries côtières et les BT-2, 6, 10 et 15 par leurs homologues soviétiques.

Mouilleurs de mines

NMS Amiral Murgescu

Le programme naval de 1937 prévoyait la construction pour la marine royale roumaine d’un croiseur léger baptisé Amiral Murgescu. Finalement ce navire allait être un hybride, un mouilleur de mines pouvant servir également de navire de transport et d’escorteur lourd. Il était prévu initialement quatre navires mais les trois sister-ship de l’Amiral Murgescu ne furent jamais construits.

-Le NMS Amiral Murgescu est mis sur cale le 1er août 1938 aux chantiers navals de Galati lancé le 14 juin 1939 et mis en service le 14 octobre 1941.

En temps de paix il effectue des mouillages de mines d’exercices mais aussi des missions de transport et des simulations de raids amphibies même si durant le second conflit mondial il ne mènera aucune mission de ce type.

Modernisé entre septembre 1946 et mars 1947 il était donc pleinement opérationnel en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. La Roumanie reste neutre mais neutralité ne veut pas dire faiblesse et des champs de mines défensifs sont mouillés pour protéger les ports roumains et mêmes bulgares, Bucarest craignant une action décidée des soviétiques.

Après le déclenchement de l’opération BARBAROSSA, de nouveaux mouillages de mines sont réalisés. L’Amiral Murgescu ne mène que des mouillages défensifs en raison d’une vitesse trop faible pour s’échapper rapidement d’une zone contrôlée par l’ennemi.

Il va également mener des missions de transport de troupes entre Constansa et Odessa voir entre Odessa et la Crimée après la conquête de la presqu’île par les germano-roumains.

A Bucarest on se prend à rêver d’un condominium sur la Crimée ignorant que les allemands veulent en faire un pays des Goths (Gothland), une riviera pour les privilégiés du régime.

A plusieurs reprises le mouilleur de mines est endommagé mais jamais vraiment sérieusement, certains le mettant sur le compte d’une icône de la vierge que le commandant avait disposé dans sa cabine.

Le 25 septembre 1953 un coup d’état communiste provoque le basculement de la Roumanie dans le camp soviétique. L’Amiral Murgescu était à l’époque stationné à Constansa et s’apprêtait à appareiller pour une nouvelle mission d’escorte. Saisi par les soviétiques, il est interné à Sébastopol jusqu’à la fin de la guerre.

Il est rendu à la marine roumaine le 14 mars 1955. Rebaptisé NMS Dacia, il est transformé en ravitailleur polyvalent. Désarmé le 17 septembre 1974, il est vendu à la démolition et démantelé au début des années quatre-vingt.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 812 tonnes pleine charge 1068 tonnes

Dimensions : longueur 76.9m largeur 9.1m tirant d’eau 2.5m

Propulsion : deux moteurs diesels Krupp de 2100 ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 16 nœuds distance franchissable 3400 miles nautiques

Armement : deux canons de 105mm en affûts simples sous masques, deux puis huit canons de 37mm, quatre puis six canons de 20mm, deux affûts doubles de 13.2mm (débarqués en 1949), deux lanceurs de chargeurs de profondeur avec 65 charges, 135 mines

Battelerie : une vedette à moteur de 9t (un canon de 20mm, une mitrailleuse, six charges de profondeur)

Equipage : 135 officiers et marins

NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor

Le Maréchal Pétain à la mer, peinture publicitaire

Les NMS Vlad Tepes et NMS Domnitor sont deux paquebots de 18000 tonnes comparables à notre Marechal Pétain construits non pas en Roumanie mais en Italie pour le Service Maritime Roumain afin de servir plusieurs lignes de transport de passagers en mer Noire et en Méditerranée.

Comme une partie des archives à disparu les lignes en question sont incertaines et font l’objet de spéculation. Si la plupart des auteurs s’accordent sur la desserte des ports bulgares, turcs et soviétiques certains estiment que ces paquebots auraient pu également desservir des ports de Méditerranée voir réaliser des croisières pour les plus fortunés.

Ces deux navires sont mis en service respectivement en septembre 1947 et mars 1948 et n’ont donc pas le temps de vraiment réaliser des traversées régulières et ainsi fidéliser une clientèle.

Résultat le Serviciul Maritim Român prend la décision en septembre 1948 de désarmer ces deux fleurons en attendant de savoir de quoi demain sera fait.

Le SMR est vite fixé. La marine royale roumaine réquisitionne ces deux paquebots et ordonne leur transformation en mouilleur de mines écartant d’autres projets (croiseur auxiliaire, navire-hôpital).

Conservant leurs noms d’origine, ils sont remis en service en mars et septembre 1949. Ils vont mener quelques missions de mouillage de mines mais vont surtout servir de transport de troupes ce qui fait dire à certains qu’on à perdu beaucoup de temps pour rien.

Contrairement à l’Amiral Murgescu, les deux paquebots transformés ne vont pas survivre à la guerre.

Le NMS Vlad Tepes est ainsi victime d’un sous-marin soviétique inconnu (NdA il à probablement été coulé avant d’avoir pu revendiquer sa victoire) le 14 aoûit 1950 (deux torpilles et non trois comme le pense des survivants probablement trompés par l’explosion de munitions ou des chaudières) alors que le NMS Domnitor est coulé le 8 août 1951 au large d’Odessa par l’aviation soviétique, quatre bombes étant fatales au navire qui s’incline et chavire, ne laissant que fort peu de survivants.

Caracteristiques Techniques

Déplacement en charge 18000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 181m largeur 23m tirant d’eau 9.40m

Propulsion : trois moteurs diesels deux temps Sulzer (produits sous licence en Roumanie) dévellopant 25000ch entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 21 nœuds distance franchissable 7500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : un canon de 152mm, quatre canons de 105mm, huit canons de 37mm et douze canons de 20mm, 300 mines mouillables

Capacités : en configuration paquebot ils pouvaient transporter 673 passagers répartis en trois classes. En configuration transport ils pouvaient transporter 5000 soldats équipés

Equipage : 325 officiers et marins pour le navire de croisière, 20 officiers et 145 hommes comme bâtiment militaire.

Mitteleuropa Balkans (82) Roumanie (12)

Navires

Croiseur léger NMS Miheai Viteazul

Lors du programme naval de 1937 la Marine Royale Roumaine prévoyait d’acquérir un croiseur léger mais ce navire qui allait être baptisé NMS Amiral Mugescu fût finalement achevé en mouilleur de mines pouvant également être utilisé comme navire de commandement et navire d’escorte lourd.

Finalement en juin 1942 la Roumanie sollicite différents chantiers navals pour un projet de croiseur léger. Ce projet est à la base roumain mais comme les architectes navals de la patrie de Cioran manquent d’expérience dans ce domaine, Bucarest souhaite une assistance étrangère.

C’est l’Allemagne qui l’emporte et envoie aux chantiers navals de Constansa une équipe d’ingénieurs et d’ouvriers spécialisés avec tout un lot de plans pour compléter et améliorer le plan roumain qui allait donner naissance à un croiseur léger semblable aux futurs unités de classe Berlin de la Kriegsmarine.

Semblable mais pas identique, l’unique croiseur léger de l’histoire roumaine étant plus petit, plus léger et moins armé que ses homologues allemands (Berlin, Frankfurt am Main, Dresden, Magdebourg, Emden, Bremen).

Il déplace en effet 7500 tonnes, mesurant 174m de long pour 14m de large et un tirant d’eau de 4.80m, un système propulsif comprenant des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur développant 85000ch lui permettant d’atteindre la vitesse de 30 nœuds.

Son armement est composé de quatre tourelles doubles de 150mm, de six canons de 105mm en affûts simples sous masque, d’une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm et de six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes.

Le projet d’embarquer une catapulte et un hydravion à été abandonné en raison d’une surcharge dans les hauts et du refus de réduire la puissance de feu.

Baptisé Miheai Viteazul (Michel 1er le Brave), il est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 4 septembre 1943 lancé le 14 mai 1945 et mis en service le 10 octobre 1947.

Navire-amiral de la marine roumaine, il va assurer des escortes de convois mais aussi des missions plus offensive comme l’attaque de la navigation soviétique et le bombardement de cibles à terre.

Il est endommagé à plusieurs reprises par l’aviation mais aussi lors d’échanges de tir avec une batterie côtière soviétique. Il est coulé le 14 janvier 1953 par l’aviation soviétique alors qu’il couvrait un convoi de renforts en direction d’Odessa.

Des bombardiers bimoteurs passent à l’attaque et touchent le croiseur léger à trois reprises. Le croiseur léger s’incline sur tribord puis sombre en quelques minutes ne laissant que fort peu de survivants.

Un sister-ship baptisé Cetatea Alba est mis sur cale en septembre 1948 mais sa construction n’est pas prioritaire ce qui fait qu’il n’est lancé qu’en octobre 1951 à une époque où son utilité est non seulement discutable sur le plan tactique mais aussi sur le plan logistique avec des problèmes d’effectifs pour la marine royale roumaine.

On décide tout de même de l’achever mais le 9 septembre 1952 il est victime d’un bombardement aérien français mené contre le port de Constansa. Douze bimoteurs Amiot 371 Berry escortés par des Arsenal VG.40 attaquent au crépuscule.

Des problèmes de détection et de coordination retardent l’intervention de la chasse de nuit et de la DCA. Cette dernière n’ouvre le feu que quand les premières bombes tombent sur le port.

Le futur croiseur pourtant bien camouflé n’échappe pas aux bombes françaises, trois d’entre-elles frappant le navire qui coule droit. Son épave sera relevée après guerre et démolie.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 7500 tonnes pleine charge 9500 tonnes

Dimensions : longueur 174m largeur 14m tirant d’eau 4.80m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières produisant de la vapeur surchauffée. Ce système fractionné (de l’avant à l’arrière chaufferie avant, machine avant, chaufferie arrière machine arrière) permet une puissance maximale de 85000ch entrainant deux hélices à pas variable triplace de 3.95m de diamètre.

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 20 nœuds

Protection : ceinture 75mm pont principal 35mm tourelles 25mm bloc-passerelle 30mm

Armement : huit canons de 150mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), six canons de 105mm en affûts simples sous masque (trois à milieu tribord et trois à milieu bâbord), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plateformes triples

Aviation : aucune

Equipage : 457 officiers et marins

Destroyers et torpilleurs

Destroyers classe Regele Ferdinand

Le Regele Ferdinand

La classe Regele Ferdinand (classe Roi Ferdinand 1er _roi de Roumanie de 1914 à 1927) est une classe de deux destroyers de conception et de fabrication italienne. Baptisés Regele Ferdinand (roi Ferdinand [1er]) et Regina Maria (reine Marie, épouse de Ferdinand 1er), ils vont être les plus puissants destroyers de la marine roumaine, les unités de classe Maresti nouvelle version étant moins puissants que leurs ainés.

Ils sont commandés dans le cadre d’un programme naval de 1927 et sont destinés à compléter les deux destroyers de classe Maresti, deux des quatre destroyers de classe Vifor (voir ci-après) commandés par la Roumanie en 1914 mais que l’Italie avait réquisitionné au moment de son entrée en guerre.

Les deux unités de classe Regele Ferdinand sont inspirés des conducteurs de flottille britanniques de classe Skakespeare. Ils s’en différencient par la disposition de leur système propulsif, par un armement d’origine suédois et par la conduite de tir d’origine allemande. Quatre unités étaient prévues mais seulement furent finalement construites.

Regele Ferdinand (1935)

-Le Regele Ferdinand est mis sur cale en juin 1927 aux chantiers navals Pattison de Naples lancé le 1er décembre 1928 et mis en service le 7 septembre 1930.

Le Regina Maria

-Le Regina Maria est mis sur cale en 1927 aux chantiers navals Pattison de Naples lancé le 2 mars 1929 et mis en service le 7 septembre 1930.

Le 27 mai 1931, le roi de Roumanie Carol II et son premier ministre Nicolae Iorga visitent le navire à Constanza. En 1937 ils participent à Spitehead à la revue navale célébrant le couronement de George VI.

Ces deux navires sont modernisés entre 1941 et 1943 pour le premier et 1944 et 1946 pour le second. Outre une remise en état complète, ils recevoient un sonar de conception allemand, une DCA améliorée ainsi que différentes modifications de détail.

Toujours en service en septembre 1948 ils vont d’abord assurer la défense des côtes avant de participer à des escortes de convois, la RKKF se montrant assez agressive avant même le début de l’opération BARBAROSSA. Celle-ci commencée, les deux destroyers vont assurer des missions d’escorte, de patrouille, de lutte anti-sous-marine et d’appui-feu au profit des troupes au sol.

Le NMS Regele Ferdinand est torpillé par un sous-marin soviétique le 7 septembre 1950 (deux torpilles) au large des côtes de Roumanie, le destroyer traquant un sous-marin repéré par un hydravion qui avait tenté sans succès de l’attaquer. En revanche le NMS Regina Maria survit au conflit.

Saisi par les soviétiques au moment du coup d’état communiste, il est interné à Sébastopol puis rendu à la Roumanie en mars 1955. Devenu navire-école sous le nom de Romania, il va jouer ce rôle jusqu’en 1965 quand son usure entraine son retrait du service et sa vente à la démolition.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1422 tonnes pleine charge 1880 tonnes

Dimensions : longueur 101.9m largeur 9.6m tirant d’eau 3.51m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Thornycroft développant 52000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 37 nœuds distance franchissable avec 490 tonnes de mazour 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Electronique : deux télémètres pour l’artillerie principal et un sonar S-Gerät.

Armement : cinq canons de 120mm Bofors en cinq affûts simples sous masque (deux à l’avant superposés, deux à l’arrière superposés, un derrière la cheminée arrière), un canon antiaérien Bofors de 76mm (remplacé ultérieurement par des canons de 20mm) entre les deux cheminées et un affût double de 40mm (remplacé par deux canons de 37mm et un affût double de 13.2mm), deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm. Ils peuvent emporter 50 mines ou 40 charges de profondeur

Equipage : 212 officiers et marins.

Destroyers classe Vifor

Le Marasesti

L’histoire de ces destroyers est particulièrement chaotique. Commandés en 1913 aux chantiers navals Pattison de Naples par et pour la marine roumaine ils vont être réquisitionnés par la Regia Marina, la marine royale italienne quand celle-ci rentre en guerre au printemps 1915. Achevés comme croiseurs-éclaireurs (esploratori), ils vont pour deux d’entre-eux connaitre une carrière sous pavillon roumain, les deux autres continuant à servir dans la marine italienne jusqu’à la fin des années trente quand ils sont transférés à la marine nationaliste espagnole.

Initialement baptisés Vifor Viscol Vârtej et Vijelie, ils devaient être armés de trois canons de 120mm, quatre canons de 75mm, cinq tubes lance-torpilles, une endurance de 10h à vitesse maximale ce qui entrainait une autonomie limitée mais comme ils devaient opérer en mer Noire cela n’était pas un immense problème. Ces quatre navires devaient être suivis de huit autres mais ce projet ne fût jamais mené à son terme.

Internés le 5 juin 1915, ils étaient achevés à 60% pour l’un, à 50% pour un autre, à 20% pour un troisième alors que le quatrième n’était pas encore sur cale.

Ils sont achevés et mis en service dans la marine italienne sous les noms d’Aquila,Falco, Nibbio et Sparviero respectivement le 8 février 1917, le 20 janvier 1920, le 15 mai 1918 et le 15 juillet 1917.

Les Sparviero et Nibbio sont vendus à la Roumanie le 1er juillet 1920 et rebaptisés respectivement Marasti et Marasesti.

Quand éclate la guerre de Pologne ces deux navires sont armés de cinq canons de 120mm quatre canons de 76mm, deux mitrailleuses, deux affûts doubles lance-torpilles de 457mm et une capacité de mouillage de mines avec cinquante armes de ce type. Jusqu’à la mise en service du croiseur léger se furent les navires de combat les plus puissants.

Ces navires sont modernisés a minima en 1940/41 avec un renforcement de la DCA au détriment de l’artillerie principale (réduite à quatre canons de 120mm et deux de 76mm), l’embarquement de deux lanceurs de charges de profondeur.

Ils sont cependant usés et dépassés et la marine roumaine choisit de les désarmer, le Marasti quittant le service actif en octobre 1944 et son sister-ship en mai 1945. Ils sont immédiatement démolis, l’acier récupéré alimentant l’industrie de guerre roumaine.

Un mot sur leurs sister-ship restés sous pavillon espagnol. Les Aquila et Falco sont cédés à la marine nationaliste en 1937 alors que le camp franquiste ne possédait plus qu’un destroyer, le Velasco.

Ces navires sont rebaptisés Melilla et Ceuta, deux villes du Maroc espagnol ce qui est tout sauf un choix innocent, les troupes de l’Armée d’Afrique (Tercio, Regulares, troupes marocaines) ayant permis au camp nationaliste de transformer un pronunciamento manqué en une guerre qu’ils finiront pas remporter. Ces deux navires vont servir dans la marine espagnole jusqu’au milieu des années soixante quand ils sont désarmés et démolis.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1620 tonnes pleine charge 1790 tonnes

Dimensions : longueur 94.3m largeur 9.5m tirant d’eau 3.6m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières Thornycroft développant une puissance maximale de 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 3000 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 152mm en affûts simples, quatre canons de 76mm, deux affûts doubles lance-torpilles de 457mm, 24 à 44 mines

Equipage : 146 officiers et marins.

Torpilleurs légers classe Marasesti

Pour moderniser leur marine les roumains décident de construire quatre torpilleurs de conception nationale avec l’aide discrète des italiens et des allemands.

Ces navires sont classés comme torpilleurs mais on peut les considérer comme des destroyers légers. La construction va se révéler très lente en raison du manque d’expérience des chantiers navals roumains.

Il s’agit d’élégants navires déplaçant 1100 tonnes avec un bloc-passerelle ramassé, deux cheminées inclinées et un armement composé de trois canons de 120mm en affûts simples (deux avant, un arrière), une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, trois plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et des grenades ASM.

-Le NMS Marasesti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 septembre 1942 lancé le 8 octobre 1944 et mis en service le 17 septembre 1945.

-Le NMS Marasti est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 janvier 1943 lancé le 8 août 1944 et mis en service le 30 septembre 1945.

-Le NMS Viscol est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 14 mars 1945 lancé le 8 novembre 1946 et mis en service le 31 décembre 1947.

-Le NMS Vifor est mis sur cale aux chantiers navals de Galati le 30 avril 1945 lancé le 24 septembre 1946 et mis en service le 21 octobre 1947.

Ces quatre navires vont opérer à la fois comme escorteurs mais aussi comme navire d’attaque contre les convois soviétiques. Ils vont également de servir de canonnière pour appuyer les troupes au sol.

Deux d’entre-eux vont être perdus durant le conflit. Le premier est le Marasesti qui saute sur une mine soviétique mouillée au large d’Odessa le 8 octobre 1952, la mine déchirant le navire à la hauteur de la première cheminée, l’avant coulant immédiatement ne laissant quasiment aucune chance aux marins présents dans cette zone.

En revanche l’arrière commence à s’incliner sur babord puis se stabilise de longue minutes permettant aux marins d’évacuer et d’être récupérés par des navires venus d’Odessa, l’explosion ayant été vue et aperçue par toute la ville. Comme si le navire n’avait attendu que cela, peu après le départ du dernier marin, le navire sombre dans les profondeurs de la mer Noire.

Le second à succomber est le Viscol victime le 11 septembre 1953 de l’aviation soviétique lors de bombardements préliminaires à l’opération PIOTR VELIKYI et plus précisément le volet aéroporté baptisé PETERHOF.

Alors qu’il naviguait au large d’Odessa pour couvrir l’arrivée d’un convoi venu de Constansa, le destroyer est attaqué par des bombardiers bimoteurs soviétiques Peltyakov Pe-2. En dépit d’une DCA furieuse le torpilleur encaisse deux bombes qui provoque un naufrage rapide et des pertes humaines très élevées.

Les deux dernières unités vont survivre au conflit. Ralliant le nouveau pouvoir communiste après le coup d’état, ils vont combattre aux côtés des soviétiques même si à l’époque la mer Noire est redevenu un lac sous contrôle soviétique. Le Marasti est désarmé en 1959 et le Vifor en 1961, les deux navires étant ensuite rapidement démolis.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1100 tonnes pleine charge 1540 tonnes

Dimensions : longueur 85m largeur 11m tirant d’eau 3.80m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 37000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34 nœuds distance franchissable 5500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux à l’avant et un à l’arrière), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, trois plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et vingt grenades ASM

Equipage : 185 officiers et marins

Torpilleurs légers classe Noduca (type Ariete)

Ariete

A l’origine des Ariete figure une initiative des chantiers navals Ansaldo de Gênes pour un nouveau modèle de torpilleur destiné aussi bien à la Regia Marina qu’à l’export.

Outre l’Italie ce modèle allait être exporté en Espagne (quatre exemplaires), en Suède (deux exemplaires plus quatre produits sous licence), Roumanie (quatre exemplaires construits en Roumanie) et en Thaïlande (quatre exemplaires), un vrai best-seller qui permis à l’Italie d’engranger des devises partagées entre les chantiers Ansaldo et le gouvernement italien.

Côté marine royale italienne ce sont seize exemplaires qui sont commandés pour compléter les Orsa et les Spica, portant le nombre de torpediniere da scorta à cinquante exemplaires en septembre 1948. Huit autres Ariete seront construits après le début du conflit et leur cas sera étudié dans le cadre du programme de guerre.

Sur le plan technique, les Ariete sont une version agrandie des Spica qui les précédent immédiatement. Ils restent armés de deux canons de 100mm, possèdent une DCA légère non négligeable (dix pièces de 20mm), une important armement en torpilles parfois réduit au bénéfice de l’armement anti-sous-marine. Ils conservent une capacité de mouillage de mines dont on peut se poser la question sur l’utilité.

-Le NMS Noduca est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 14 mai 1942 lancé le 9 juillet 1943 et mis en service le 17 septembre 1944.

-Le NMS Sborul est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 12 août 1943 lancé le 8 octobre 1944 et mis en service le 21 novembre 1945.

-Le NMS Smeul est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 4 mai 1944 lancé le 9 juillet 1945 et mis en service le 1er septembre 1946.

-Le NMS Vartej est mis sur cale aux chantiers navals de Constansa le 14 septembre 1945 lancé le 8 novembre 1946 et mis en service le 30 novembre 1947.

Ces navires vont opérer contre la navigation soviétique en compagnie des vedettes lance-torpilles mais aussi comme escorteurs et comme navires de surveillance côtière.

Le NMS Sborul est victime des éléments le 10 octobre 1952, une tempête d’une ampleur biblique l’envoyant par le fond entre Constansa et Odessa. Une poignée de survivants sera récupérée par un cargo roumain mais l’épave ne sera retrouvée qu’en 1975.

Le NMS Noduca est victime de vedettes lance-torpilles soviétiques au large de la Crimée le 7 mars 1953. Au crépuscule alors que le torpilleur roumain était l’affût d’un potentiel débarquement amphibie soviétique, il repère des échos sur son radar, six échos, six vedettes lance-torpilles qui passent immédiatement à l’attaque.

Les vedettes de la RKKF larguent leurs douze torpilles avant de décrocher. Le torpilleur roumain manœuvre avec l’énergie du désespoir, ouvrant le feu contre les vedettes (une détruite, une endommagée) et contre les torpilles (deux détruites).

Si deux anguilles se perdent pour des raisons techniques, deux autres frappent le torpilleur qui coulent en quelques minutes. Le sort des six autres torpilles est inconnu.

Le Smeul sévèrement endommagé par l’aviation ennemie lors de l’opération PIOTR VELIKY est saisi par les soviétiques lors de la prise d’Odessa qui l’envoient immédiatement à la casse alors que le Vartej refusant de suivre les nouvelles autorités roumaines se réfugiera en Turquie où son équipage sera interné et le navire remis en service dans la marine turque sous le nom d’Iskenderun, le navire étant désarmé en 1980 et démoli.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 757 tonnes pleine charge 1118 tonnes

Dimensions : longueur 83.5m largeur 8.62m tirant d’eau 3.15m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 22000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 31.5 nœuds distance franchissable nc

Armement : deux canons de 100mm en affûts simples dix canons de 20mm en affûts simples et doubles, six tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes triples, grenades ASM et vingt mines

Equipage : 115 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (47) Bulgarie (11)

Navires et hydravions de la marine bulgare

Torpilleurs

Torpilleurs classe Druzki

Torpilleur Druzki ou plutôt une reconstruction à l’identique réalisée entre 2000 et 2005 par une poignée de passionnés

Ces torpilleurs au nombre de six sont de conception et de construction française, ayant vu le jour aux chantiers navals Schneider de Chalons-sur-Saône.

Ces navires baptisés Druzki, Smeli,Hrabi,Strogi,Letjashchi et Shumni sont mis en service en 1908 et 1909. A noter que les trois derniers ont été assemblés en France, démontés puis remontés en Bulgarie.

Ces torpilleurs comparables aux célèbres «numérotés» de la marine française sont engagés dans la première guerre balkanique mais ne participent pas à la deuxième en raison de l’internement de la marine bulgare à Sebastopol, les navires militaires bulgares ne rentrant au pays qu’en 1914.

Ils vont participer au premier conflit mondial, le Shumni étant coulé par une mine au large de Varna en septembre 1916. Le Strogi est endommagé mais réparé mais le Letyashchi qui s’échoue à Varna le 28 novembre 1918 est capturé par les français qui vont l’envoyer à la démolition.

Suite au traité de Neuilly-sur-Seine les quatre torpilleurs sont maintenus en service mais sans tubes lance-torpilles, devenant ainsi des patrouilleurs ou des mouilleurs de mines. Modernisés en 1934 ils retrouvent leurs tubes lance-torpilles à la fin des années trente à une époque où ils étaient totalement obsolètes.

Le Druzki est désarmé en septembre 1944, le Smeli est désarmé en mars 1945, le Hrabi en octobre 1945 et le Strogi en juin 1946. Ils vont être remplacés par des torpilleurs de conception allemande et de fabrication bulgare, ces derniers reprendront les noms de leurs aînés. Les «numérotés bulgares» sont envoyés à la casse.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 97.5 tonnes

Dimensions : longueur 38m largeur 4.40m tirant d’eau 1.30 à 2.40m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion (VTE) alimentée en vapeur par deux chaudières Normand dévellopant 1950ch et entrainant une hélice.

Performances : vitesse maximale 26 nœuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 16 nœuds Capacité charbon : 11 tonnes

Armement : deux canons de 47mm modèle 1902, deux plate-formes doubles lance-torpilles de 450mm latérales et un tube lance-torpilles à la proue

Equipage : 27 à 32 officiers et marins

Torpilleurs légers classe Smeli

Les torpilleurs bulgares sont inspirés des Elbing allemands

A la fin des années trente les torpilleurs bulgares de classe Druzhi sont obsolètes. Leur remplacement devient urgent mais les bulgares n’ont aucune expérience dans la réalisation de navires de ce type.

Comme Sofia voulait gagner en autonomie et batir une industrie navale militaire, la simple commande à l’étranger était impossible ou du moins improbable. Plusieurs pays furent approchés pour fournir des plans et une assistance technique.

C’est l’Allemagne qui offrit la meilleur offre. Un contrat est signé le 14 septembre 1942 pour la construction à Varna de quatre torpilleurs légers inspirés des nouveaux torpilleurs allemands construits pour la toute jeune Kriegsmarine. Il semble que la marine bulgare avait envisagé la construction de quatre autres navires mais cela n’à pas dépassé le stade du projet.

Le modèle est approuvé par la marine bulgare le 14 mars 1943 nous donne un navire de 1200 tonnes pouvant filer à 30 nœuds et franchir 1500 miles nautiques à 25 nœuds.

Propulsés par des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur surchauffée, ces navires étaient armés de trois canons de 105mm en affûts simples, une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm et deux plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm sans oublier des grenades ASM.

Ces navires sont baptisés Smeli, Druzkhi, Shumni et Strogi et sont mis en service respectivement en octobre 1944, en mars 1945, en septembre 1945 et en juillet 1946.

Ces navires vont naturellement participer à la seconde guerre mondiale pour défendre les côtes, escorter des convois et attaquer ceux de l’adversaire.

Le Smeli est coulé le 14 juin 1951 par une mine alors qu’il tentait d’attaquer un convoi soviétique ravitaillant la Crimée. Le Shumni est coulé le 8 septembre 1952 par l’aviation soviétique, le Druzkhi est victime de vedettes lance-torpilles soviétiques déployées en Crimée après la reprise de la presqu’ile suite à l’opération PIOTR VELIKY déclenchée en septembre 1953 (2 octobre 1953) alors que le Strogi qui avait survécu à de nombreux conflits finit par être sabordée à Varna le 25 janvier 1954.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1200 tonnes pleine charge 1580 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 97.50m largeur 11.50m tirant d’eau 3.95m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 45000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 1500 miles nautiques à 25 nœuds 3500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : trois canons de 105mm sous masque (deux avant et un arrière), quatre canons de 37mm en deux affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, deux plate-formes doubles lance-torpilles de 533mm et huit grenades ASM

Equipage : 110 officiers et marins

Vedettes lance-torpilles

S-Boot

Pour renouveler leur flotte certains marins bulgares se mirent à rêver de croiseurs et de destroyers soit une flotte capable non pas de tenir tête à la Flotte soviétique de la mer Noire ou à la marine turque mais de rendre intenable un blocus comme l’art de la guerre navale le prescrivait pendant des siècles.

Hélas trois fois hélas les moyens attribués à la marine du royaume de Bulgarie étaient trop faibles pour créer une Blue Water Navy même légère. Les marins bulgares furent donc obligés de se rabattre sur une Green Water Navy, une marine littorale composée outre de quatre torpilleurs légers d’une flottille de huit vedettes lance-torpilles fournies par la compagnie allemande Lurssen.

Ces vedettes lance-torpilles étaient comparables aux S-Boot allemandes en un peu plus gros avec un armement renforcé. Après la livraison des quatre premières vedettes en 1939, quatre autres furent livrées en 1941 pour permettre de former la première flottille de torpilleurs.

Ces vedettes étaient désignés par les lettres TL (torpeda lokda bateau lance-torpilles) suivit d’un chiffre allant de 1 à 8.


Ces vedettes étaient les seules en service en septembre 1948 mais durant le conflit huit autres nouvelles furent fournies par les allemands non pas pour augmenter les capacités offensives de la marine bulgare mais pour compenser des pertes très élevées ce qui dément cette image d’une marine bulgare sur la défensive et faisant preuve d’une totale pusillanimité.

Ce sont donc seize vedettes (TL-1 à 16) qui ont été fournies à la marine bulgare. En janvier 1954 quand la Bulgarie change de camp, il n’en reste plus que deux qui sont sabordées à Varna en compagnie des restes de la flotte bulgare. Cet événement survenu le 25 janvier 1954 reste d’ailleurs un vrai traumatisme dans la marine bulgare et je n’ose imaginer ce qui se serait passé si notre marine française avait connu un tel événement.

Sur les quatorze vedettes détruites, six l’ont été par l’aviation, quatre par des mines, deux accidentellement et deux par leurs homologues soviétiques.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 51 tonnes pleine charge 60 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 29m largeur 4.46m tirant d’eau 1.51m

Propulsion : trois moteurs essence Daimler-Benz dévellopant 2850ch et entrainant trois hélices

Vitesse maximale : 36 nœuds

Armement : un canon de 37mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses de 7.92mm et deux tubes lance-torpilles de 533mm

Equipage : 23 officiers et marins

Mouilleur de mines Bulgaria

Le HMS Abddiel

Pour une marine littorale, une Green Water Navy la mine marine est une arme capitale. Peu coûteuse mais d’une efficacité redoutable, elle ne peut et ne doit surtout pas être négligée que ce soit pour être mouillée ou pour être neutralisée.

Pour le mouillage on peut utiliser des navires marchands plus ou moins modifiés ou des navires spécialisés. Si aujourd’hui les mouilleurs de mines, les minelayer sont peu nombreux, à l’époque de la seconde guerre mondiale nombre de marines possédaient un ou plusieurs mouilleurs de mines.

Le principal inconvénient était que ce navire était conçu pour une période de guerre ce qui rendait son financement difficile à obtenir à moins de lui attribuer une mission du temps de paix ce qui pouvait avoir des conséquences dramatiques comme l’à montré la perte du mouilleur de mines Pluton à Casablanca en septembre 1939.

La marine bulgare souhaite dans le cadre de sa modernisation posséder un véritable mouilleur de mines pour poser les champs de mines défensif destinés à protéger les accès aux ports du pays.

Non sans mal le budget est obtenu et un grand mouilleur de mines semblable au HMS Abdiel et logiquement baptisé Bulgaria.

Plus gros navire de la marine bulgare, le Bulgaria dont le commandant honoraire était le tsar Boris III était un mouilleur de mines pouvant être utilisé également comme transport de troupes, navire de commandement et navire de soutien.

Il est mis sur cale aux chantiers navals de Varna (avec toujours l’assistance technique allemande) le 25 septembre 1942 lancé le 8 mars 1944 et mis en service le 17 septembre 1945.

Alors que la paix règne encore en Europe, le Bulgaria sert d’abord de navire-école pour former les futurs officiers de la marine bulgare mais aussi de transport de troupes, la Bulgarie expérimentant le transport rapide de troupes d’un port à l’autre.

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 5 septembre 1948, le Bulgaria redevient un vrai mouilleur de mines, embarque son chargement de mines et va installer les champs de mines prévus de longue date.

Une fois cette opération terminée, le Bulgaria va servir de transport de troupes rapide notamment en direction de l’URSS quand l’armée bulgare participera à la «croisade antibolchevique» avec le résultat que l’on sait. Ultérieurement le navire assurera le rapatriement des troupes bulgares.

Le 7 octobre 1952 alors qu’il venait de transporter en Crimée des troupes allemandes, il est surpris par l’aviation soviétique.

Des bombardiers bimoteurs Peltyakov Pe-2 passent à l’attaque en profitant d’une trouée dans la couverture nuageuse.

Naviguant sans escorte, le Bulgaria se défend comme un beau diable, manoeuvrant avec énergie et ouvrant le feu avec sa DCA. Si cette dernière abat trois avions, les sept autres parviennent à l’attaquer.

Trois bombes tombent à proximité fragilisant la coque (coups à toucher ou near missed) mais trois autres touchent le navire, le transformant en une annexe de l’enfer.

Le navire commence à se coucher sur tribord et chavire, explosant avant de sombrer ne laissant qu’une poignée de survivants qui seront repêchés le lendemain par deux hydravions allemands.

L’épave repose aujourd’hui à 350m de fond à environ 100 miles nautiques des côtes de Crimée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement standard 2800 tonnes pleine charge 3750 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 125m longueur entre perpendiculaires 122mm largeur 12m tirant d’eau 3.50 à 4.30m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières développant 68000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 37 noeuds (35 nœuds à pleine charge) distance franchissable 1000 miles nautiques à 37 noeuds

Armement : six canons de 105mm en trois affûts doubles (deux avant et un arrière), huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, douze canons de 20mm en affûts simples et 140 mines. En configuration transport de troupes il peut embarquer entre 400 et 900 hommes.

Equipage : 242 officiers et marins

Scandinavie (72) Finlande (10)

Navires

Cuirassés garde-côtes Väinämöinen

Ilmarinen

Le Panssarilaiva Illmarinen

Les Panssarilaiva (navires blindés) de classe Väinämöinen étaient des cuirassés garde-côtes mis au point pour défendre les côtes finlandais et notamment les îles Aland qui étaient démilitarisés en temps de paix mais pouvaient être militarisées en cas de conflit et de menace.

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Scandinavie (46) Danemark (17)

Destroyers et torpilleurs

Les unités anciennes

En septembre 1948 les torpilleurs de classe Springeren sont les torpilleurs danois les plus anciens en service (voir ci-après) ce qui signifie que les classes les plus anciennes de torpilleurs de la marine royale danoise ont été désarmés.

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Scandinavie (45) Danemark (16)

Navires

Cuirassés garde-côtes

En guise d’avant propos

Le cuirassé garde-côtes est pour ainsi dire une spécificité scandinave puisqu’on retrouve peu de navires de ce type ailleurs qu’en Norvège, qu’au Danemark, qu’en Suède ou en Finlande, les seuls exemples que j’ai en tête étant ceux de la Thaïlande et des Pays-Bas encore que la Koniklijke Marine à basculé durant la Pax Armada vers le croiseur de bataille.

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Scandinavie (10) Norvège (10)

Destroyers et torpilleurs

En guise d’avant-propos

En septembre 1939, la marine norvégienne dispose de dix destroyers, quatre de classe Draug et six de classe Sleipner. Enfin destroyer il faut dire vite car ils sont plus proches des torpilleurs des autres marines que de destroyers britanniques, de Zerstörer allemands ou encore de contre-torpilleurs français.

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Scandinavie (9) Norvège (9)

Navires

Cuirassés garde-côtes

En guise d’avant propos

Ilmarinen

Le cuirassé garde-côtes finlandais Illmarinen

Le cuirassé garde-côtes est pour ainsi dire une spécificité scandinave puisqu’on retrouve peu de navires de ce type ailleurs qu’en Norvège, qu’au Danemark, qu’en Suède ou en Finlande, les seuls exemples que j’ai en tête étant ceux de la thaïlande et des Pays-Bas encore que la Koniklijke Marine à basculé durant la Pax Armada vers le croiseur de bataille.

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