Pologne et Pays Neutres (129) Turquie (19)

Autres navires

Dragueurs de mines classe Isa Reis

Ces trois unités baptisées Hizar Reis Isa Reis et Kemal Reis mises en service en 1911/12 ont été utilisées comme canonnières durant le premier conflit mondial avant d’être transformées en dragueurs de mines jusqu’en 1954 quand usés ils sont désarmés et démolis, les dragueurs de mines de classe Auk les remplaçant.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 1364 tonnes pleine charge 1610 tonnes

Dimensions : longueur 96m largeur 9.30m tirant d’eau 3.28m

Propulsion : deux turbines Parsons alimentées en vapeur par des chaudières dévellopant 35000ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 36 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm (deux en version dragueur de mines), deux canons de 40mm Bofors, deux canons de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (débarquées au moment de la transformation en dragueur de mines)

Equipage : 149 officiers et marins

Dragueurs de mines classe Burak

Pour compléter les trois unités de classe Isa Reis, la marine turque fait construire en 1941/42 trois dragueurs de mines de classe Burak, des navires baptisés Burak Sakiz et Prevezah.

Construits en bois et en acier ces navires pouvaient également servir de patrouilleurs et d’escorteur, rôle qu’ils vont mener durant le second conflit mondial. Modernisés en 1955 et 1956, Ils ont été retirés du service respectivement en 1965, 1966 et 1968 avant d’être envoyés à la démolition.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 600 tonnes pleine charge 820 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 67.5m largeur 9.80m tirant d’eau 2.80m

Propulsion : deux moteurs diesels de 5000ch entrainant une hélice

Vitesse maximale 22 nœuds distance franchissable 3500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : un canon de 100mm, deux canons de 40mm, deux canons de 20mm, seize grenades ASM

Equipage : 77 officiers et marins

Mouilleur de Mines

La marine turque disposait d’une flotte hétéroclite avec le Nusret datant de 1912 et le Intibah datant de 1886, deux remorqueurs de haute-mer convertis en mouilleur de mines. Participant aux deux guerres mondiales, ces navires ont été envoyés à la ferraille en 1957.

le Nusret déplaçait 1610 tonnes à pleine charge, mesurant 96m de long pour 9.30m de large et 3.28m de tirant d’eau, une propulsion à base de turbines à engrenages lui permettant d’atteindre la vitesse honorable de 20 nœuds. L’armement se composait de deux canons de 120mm, quatre canons de 40mm, six canons de 20mm.

Ces deux vétérans ont été complétés par deux cargos modernes acquis en 1938 (Atak) et 1940 (Torgud Reis) utilisés comme transports et auxiliaires durant la Pax Armada et transformés en mouilleurs de mines en 1948 mais pour peu de temps car la mission terminée, ils sont revenus à leur mission de transport, de soutien et de ravitaillement.

Vedettes et Vedettes lance-torpilles

La marine turque s’intéresse rapidement aux vedettes lance-torpilles en commandant trois vedettes de classe Dogan, des vedettes de conception et de fabrication italienne acquises en 1931.

Ces vedettes baptisées Dogan Marti et Denizkuzu ont servit durant le second conflit mondial jusqu’à leur désarmement en mars 1953 en raison de leur usure. Elles sont envoyées à la ferraille en 1955.

Ces vedettes déplaçaient 32 tonnes, pouvaient atteindre la vitesse de 34 nœuds avec leurs deux moteurs Isotta Fraschini de 750ch, l’armement se composant d’un canon de 75mm sous bouclier, de deux torpilles de 450mm (initialement conçus pour l’aviation) et huit grenades ASM.

Une HDML de la Royal Australian Navy (RAN)

Les vedettes Kavak et Canak sont des vedettes de conception et de fabrication britannique. Elles sont inspirées des vedettes type HDML (Harbour Defence Motor Launch) de la célèbre firme Thornycroft. C’était des vedettes de patrouille filant à 15 nœuds avec uniquement un armement léger.

MTB

Pour compléter les unités de Classe Dogan, la marine turque à acquis les plans d’une vedette type MTB de Thornycroft. Dix vedettes sont produites en Turquie, des vedettes filant à seulement vingt nœuds (pour l’attaque foudroyante on repassera), des vedettes de 70 tonnes avec une puissance propulsive de 4000ch armées de deux torpilles de 533mm et de deux mitrailleuses. A noter qu’initialement leur vitesse était de 10 nœuds avec une puissance propulsive de 2000ch.

Peu avant le second conflit mondial, douze nouvelles vedettes (MTB-10 à 21) plus rapides (27 nœuds), plus grosses (85 tonnes) avec un armement composé de deux torpilles de 533mm, d’un canon de 40mm, de deux canons de 20mm et de deux mitrailleuses de 7.7mm.

Les différentes vedettes de la marine turque ont été remplacées au début des années soixante par des navires plus modernes soit des acquisitions de seconde main ou des constructions neuves.

Navires de soutien

Le Aydin Reis est un navire de soutien polyvalent (survey vessel), un navire datant de 1911, un navire interné à Novorossiysk de 1921 à 1925 avant d’être rendu à la Turquie pour être d’abord utilisé comme navire-école puis comme navire auxiliaire jusqu’à son désarmement en septembre 1944 puis sa démolition en 1955 après avoir été utilisé comme ponton.

Le Burak Reis semblable au précédent est interné à Constantinople sous contrôle allié de 1918 à 1924. Utilisé comme navire auxiliaire, il est perdu le 14 mars 1953 quand il chavire au large d’Iskenderun. L’épave est relevée après guerre et démolie.

Ces navire déplaçaient 503 tonnes, mesurait 54.5m de long pour 8.2m de large et 2.4m de tirant d’eau, une propulsion assurée par des machines verticales à triple expansion lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 10 nœuds (14 aux essais). L’armement se composait de deux canons de 100mm, de deux canons de 47mm et de deux mitrailleuses, l’équipage se composait de 14 officiers et 61 officiers mariniers et marins.

Le Durak Reis(rebaptisé Kemal Reis en 1916) est un navire construit en France en 1911, un navire de 413 tonnes de construction mixte (bois et acier), mesurant 47m de long sur 7.9m de large pour 1.3m de tirant d’eau, une propulsion avec machine verticale à triple expansion lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 12 nœuds. L’armement se composait de deux canons de 76mm et de deux canons de 47mm.

Utilisé comme patrouilleur par les douanes à partir de 1926, il devient dragueur de mine en 1932 puis à ravitailleur à partir de 1936. Désarmé en septembre 1949 suite à un incident de machine avant d’être démoli en 1952.

Son sister-ship Hizir Reis est endommagé par une mine en 1915 mais remis en service en 1916. Il est saisit par les grecs en 1919 mais repris par les turcs en 1922. Utilisé comme patrouilleur et dragueur de 1932 à 1939, le navire devient ensuite navire de soutien polyvalent, navire utilisé jusqu’en septembre 1950 quand il s’échoue à l’entrée du port de Trabzon. Avant qu’il ne soit relevé et réparé, il se brise en deux, la partie avant restant échouée et disparaissant progressivement sous l’effet de la mer, la partie arrière finissant par sombrer.

-Durant la Pax Armada la marine turque à affrété plusieurs pétroliers et cargos pour améliorer son son soutien logistique surtout avec la mise en service de grandes unités de combat. Certains de ces navires ont été réquisitionnés en septembre 1948 et utilisés jusqu’à la fin de la guerre. Ce n’est qu’après le second conflit mondial que la marine turque à possédé de véritables navires de soutien logistique mais ceci est une autre histoire.

Aéronavale

La marine turque dispose d’une petite aéronavale pour renseigner, éclairer et appuyer sa force de surface qui prend du muscle avec la mise en service d’un croiseur de bataille et de deux croiseurs lourds. Cela impose de nouvelles servitudes à l’aviation navale turque.

Outre des hydravions embarqués, l’aéronavale turque va disposer d’hydravions de patrouille maritime basés à terre mais aussi d’avions de combat également basés à terre.

Supermarine Walrus

Les hydravions embarqués sous les Supermarine Walrus Mk II, des appareils anciennement britanniques reconditionnés avant transfert suivi de quelques appareils neufs. Au total la Turquie à reçu 18 appareils. Ces hydravions à coque embarqués à deux exemplaires sur le croiseur de bataille et les croiseurs lourds vont rester en service jusqu’en 1963 date de leur retrait du service actif.

Supermarine Southampton

Ils sont accompagnés par quelques Supermarine Souhampton Mk III à la carrière courte puisqu’ils sont retirés du service dès 1945.

Pour opérer depuis le littoral, la Turquie décide de commander des hydravions de patrouille maritime Consolidated Catalina

Vingt-quatre hydravions de ce type ont été acquis entre 1942 et 1944 au sein de deux unités, l’une déployée susr le littoral de la mer Noire et un autre sur le littoral de la mer Egée.

Ces hydravions vont servir dans la marine turque jusqu’en 1965, une partie des «Pee Bee Wee» turcs étant des appareils américains de seconde main.

Bristol Beaufort

Un temps l’acquisition d’hydravions de bombardement-torpillage à été sérieusement envisagée (on à parlé notamment de Heinkel He-115) mais la Turquie à préféré l’acquisition de bombardiers-torpilleurs Bristol Beaufort, vingt-quatre exemplaires étant livrés entre 1941 et 1943.

Durant le second conflit mondial outre la livraison de Walrus et de Catalina supplémentaires, la Turquie à acquis des Bristol Beaumont pour remplacer les Beaufort. Les Beaumont sont retirés du service en 1963.

Après guerre une armée de l’air indépendante est mise en place par fusion des forces aériennes de l’armée de terre et des forces aériennes de la marine. Cette fusion à lieu en septembre 1956 mais en 1974 l’acquisition d’hélicoptères et surtout le transfert du groupe aérien du TCG Fathi Mehmet marque la renaissance d’une aéronavale turque.

Défense côtière

Les batteries côtières présentes sur les détroits sont démantelées dans le cadre du traité de Sèvres puis de Lausanne. Après la signature de la convention de Montreux en 1936 la Turquie reprend le contrôle plein et entier des détroits et peut construire des batteries côtières pour en interdire le passage en temps de guerre aux navires des pays belligérants.

Ces batteries modernes sont construites avec l’aide d’ingénieurs britanniques avec positions de tir bétonnées, des abris, des postes de commandement…… . Les pièces étaient elles de conception britanniques (120mm) et suédoises (152mm), l’installation de pièces lourdes toujours envisagée n’à jamais été réalisée.

Des batteries ont également été construites pour couvrir Iskenderun et Trebizonde, des batteries armées de canons de 75 et de 120mm.

Infanterie de Marine

C’est en juin 1943 qu’un bataillon de fusiliers de la mer (Deniz Tüfegi Taburu) est créé pour d’abord protéger les bases navales turques avant un usage plus offensif qui se fera non pas en mer contre un ennemi mais sur terre contre des kurdes et des arméniens remuants.

Ce bataillon était classiquement organisé avec un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses, mortiers, canons antichars).

FIN

Pologne et Pays Neutres (128) Turquie (18)

Sous-marins

Classe Birinci İnönü

Le Birinci Inönü

Les deux premiers sous-marins de la marine turque sont des sous-marins construits aux Pays-Bas mais devant beaucoup à des ingénieurs allemands qui ne pouvant travailler au pays vendaient leurs talents à l’étranger. C’était aussi un moyen de préserver un savoir-faire et en faire profiter le Vaterland le jour où l’Allemagne pourra réarmer.

Cette société c’est la Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw («Bureau d’ingénieurs pour la construction navale» ou IvS) qui va mettre au point plusieurs sous-marins dont les deux unités de classe Birinci Inönu, deux sous-marins baptisés Birinci Inönü et Ikinci Inönü construits aux chantiers RDM de Rotterdam et mis en service en juin 1928.

Ces deux sous-marins sont issus du type UB-III de la Grande Guerre (96 unités construites, 37 perdues en opérations). Si les submersibles sont produits aux Pays-Bas, la formation se fait en Turquie par des sous-mariniers turcs ayant été formés en Allemagne entre 1914 et 1918.

Ces sous-marins sont modernisés en 1940 et 1941 pour leur permettre de tenir encore quelques années mais clairement en septembre 1948 ils sont pour ainsi dire dépassés pour ne pas dire obsolètes.

Le Birinci Inönü est perdu le 17 octobre 1951 en mer Noire pour des raisons inconnues (accident ? Mine ? Sous-marin ennemi ?) alors que son sister-ship à été retiré du service le 14 mars 1954 en raison d’un incendie qui rendait peu économique sa réparation. Il est démoli peu après.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 518.7 tonnes plongée 673.6 tonnes

Dimensions : longueur 58.70m largeur 5.75m tirant d’eau : nc

Propulsion : un moteur MAN de 550cv, moteur électrique

Vitesse maximale 14.3 nœuds en surface (vitesse maximale en plongée inconnue) Immersion maximale 75m

Armement : quatre tubes lance-torpilles à l’avant et deux à l’arrière, un canon de pont de 75mm, une pièce antiaérienne de 20mm

Equipage : 44 officiers et marins

Sous-marin Dumlupinar

Ce sous-marin est inspiré du type Vitore Pisani et est mis en service le 6 novembre 1931. N’ayant jamais donné satisfaction, ce submersible est mis en réserve en mars 1940 transformé en ponton-électrique pour le rechargement des autres sous-marins. Il à été rayé en 1949 avant d’être démoli après guerre.

Caractéristiques Techniques (type Vitore Pisani)

Déplacement : en surface 880 tonnes en plongée 1058 tonnes

Dimensions : longueur 68.2m largeur 6.09m tirant d’eau 4.3m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch, deux moteurs électriques de 550ch

Performances : vitesse maximale 17.3 noeuds en surface 9.2 noeuds en plongée distance franchissable 4230 miles nautiques à 9.3 noeuds en surface, 7.3 miles à 4 noeuds en plongée

Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe) avec neuf torpilles

Equipage : 49 officiers et marins

Sous-marin Sakarya

Commandé en même temps que le Dumlupinar le TCG Sakarya était une évolution du type Argonauta italien.

Mis en service le 6 novembre 1931 il est modernisé entre 1942 et 1944 et utilisé durant tout le conflit en mer Noire. Il est désarmé en septembre 1955 et démoli peu après.

Caractéristiques Techniques (type Argonauta)

Déplacement : en surface 667 tonnes en plongée 810 tonnes

Dimensions : longueur 61.50m largeur 5.65m tirant d’eau 4.64m

Propulsion : un moteur diesel de 1250ch, un moteur électrique de 800ch une hélice

Performances : vitesse maximale en plongée 14 noeuds distance franchissable 4900 miles nautiques à 9.5 noeuds en surface 110 miles nautiques à 3 noeuds

Armement : six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe), six torpilles (de réserve ?) un canon de 102mm, deux mitrailleuses de 13.2mm en affûts simples

Equipage : 44 officiers et marins

Sous-marin Gür

Ce sous-marin à une histoire compliquée car il à été construit initialement en Espagne sur des plans allemands (type IA) sous le nom de E-1 mais entre-temps la royauté à cédé la place à la république qui ne veut plus de ce sous-marin. La Turquie l’achète en 1935 bien que la conception de ce submersible soit déjà ancienne.

Toujours en service en septembre 1948 il sert durant le second conflit mondial avant d’être mis en réserve en septembre 1955. Il à été définitivement désarmé en mars 1960 puis envoyé à la ferraille.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 750 tonnes en plongée 960 tonnes

Dimensions : longueur 72.42m largeur 6.20m tirant d’eau 4.11m

Propulsion : deux moteurs diesels MAN de 1900ch, deux moteurs électriques de 500ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 noeuds en surface 9 noeuds en plongée

Armement : un canon de 100mm, un canon de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue deux à la poupe

Equipage : 42 officiers et marins

Sous-marins classe Ay

Satisfaite de son Gür, la marine turque décide de passer commande à l’Allemagne de quatre sous-marins type IXA ou plutôt de trois sous-marins plus un à produire en Turquie.

Le TCG Saldiray est mis en service le 5 juin 1939 et va servir jusqu’en septembre 1958 date à laquelle il est désarmé puis coulé comme cible.

Le TCG Atilay mis en service en mars 1940 est accidentellement perdu le 17 juin 1952 après avoir heurté une mine de la première guerre mondiale.

Le TCG Batiray un temps réquisitionné par l’Allemagne est finalement livré à la Turquie en septembere 1940. Mis en réserve en juin 1956 il est démoli en 1960.

le TCG Yildiray construit en Turquie mis sur cale le 26 août 1939 ne sera mis en service qu’en août 1947 ! Désarmé le 14 octobre 1957 il est coulé comme cible en octobre 1959.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 934 tonnes plongée 1210 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 80m largeur 6.40m tirant d’eau 4.26m

Propulsion : deux diesels Blohm & Voss de 1750ch, deux moteurs électriques de 500ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 noeuds en surface 9 noeuds en plongée

Armement : un canon de 100mm, un canon de 20mm, quatre tubes lance-torpilles de 533mm à la proue, 20 mines

Equipage : 44 officiers et marins

Sous-marins classe Oruc Reis

Peu avant la guerre de Pologne, la Turquie quatre sous-marins côtiers type S formant la Classe Oruc Reis. Ces sous-marins étaient donc en construction quand le conflit à éclaté. Ils sont achevés à l’été 1940 et sont livrés à leur client après un temps d’hésitation de Londres mais aussi d’Ankara.

Ces sous-marins sont pleinement opérationnels au printemps 1942. le TCG Oruc Reis et le TCG Murat Reis sont déployés en mer Noire alors que les deux autres baptisés TCG Burak Reis et Uluç Ali Reis vont opérer en Méditerranée, menant des patrouilles pour dissuader l’ennemi d’utiliser les eaux turques comme espace de manoeuvre. Ces quatre sous-marins vont être mis en réserve en 1960 puis démolis en 1962.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 730 tonnes (768 tonnes pour le groupe II) plongée respectivement 927 et 960 tonnes

Dimensions : longueur 61.7m (63.6m pour le groupe II) largeur 7.3m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux diesels de 1550ch deux moteurs électriques de 1300ch

Performances : vitesse maximale 13.5 nœuds en surface 10 nœuds en plongée distance franchissable 3700 miles nautiques à 10 nœuds (3800 miles pour le groupe II) en surface

Armement : un canon de 76.2mm à l’avant et un canon de 20mm Oerlikon (installé à partir de 1944) six tubes lance-torpilles avant avec six recharges ou douze mines

Equipage : 38 officiers et marins

Pologne et Pays Neutres (108) Pologne (20)

Navires en service

Croiseurs

ORP Conrad ex-HMS Danae

-En 1944 deux croiseurs type D sont transférés à la marine polonaise libre, les HMS Danae et HMS Dragon. Si le second conserve son nom d’origine le premier devient l’ORP Conrad.

En dépit du fait qu’ils soient en passe d’être obsolètes, ces navires sont toujours stationnés en Europe, le gouvernement polonais en exil étant réticent à l’idée de déployer ailleurs des moyens navals somme toute limités.

En septembre 1948 les deux croiseurs sont déployés à Chatham en mer du Nord, couvrant le passage sur le continent des divisions britanniques du corps expéditionnaire destiné à combattre aux côtés des unités du GA n°1.

L’ORP Conrad est endommagé le 17 décembre 1948 par un échouage alors qu’il rentrait à Chatham mais les dégâts limités sont vite réparés.

Il participe ensuite à la Campagne de France opérant en Manche et en mer du Nord protégeant des navires de transport amenant des renforts (et évacuant des blessés), luttant contre l’aviation allemande, bombardant les troupes ennemies, assurant l’appui-feu lors des contre-attaques, le général Villeneuve commandant en chef des troupes alliées en Europe ayant fait passer le mot «On ne lâche rien et on leur prend tout !» (la légende prétend que le «Général Tornade» aurait utilisé un langage moins châtié mais impossible à reproduire ici car faisant explicitement référence à une partie de l’anatomie masculine).

Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement à croire qu’il à un ange gardien. Cet ange gardien l’abandonne le 24 juin 1950 lors de l’opération Avalanche. A l’aube alors qu’il bombardait des positions allemandes il repère au radar des échos rapides.

L’alarme aux vedettes est déclenchée, la DCA légère déclenche un déluge de feu sur les huit (certaines sources disent douze) S-Boot attaquant le croiseur. Opérant à la japonaise, les vedettes larguent toutes leurs torpilles (dont le nombre exact est inconnu) qui filent dans le jour naissant.

Le croiseur se bat comme un beau diable, évitant trois, quatre peut être cinq torpilles. D’autres anguilles se perdent mais deux frappent le vieux croiseur qui coupé en deux coule rapidement ne laissant que peu de survivants qui parviennent à rallier la terre puis rejoindre les troupes alliées.

L’épave repose à faible profondeur au large de Dieppe mais son statut de tombe de guerre interdit toute plongée hors commémorations, chaque 24 juin une équipe de plongeur franco-polonaise se chargeant de remplacer le pavillon polonais et de déposer une couronne mortuaire.

ORP Dragon

Son sister-ship l’ORP Dragon ne participe pas aux premières opérations du second conflit puisqu’il est immobilisé jusqu’au mois de novembre 1948 par un carénage. Remis en service, il est détaché à Halifax sous commandement canadien pour couvrir les convois et traquer croiseurs auxiliaires et autres raiders allemands.

De retour en Grande-Bretagne en mars 1949 il participe à la Campagne de France au cours de laquelle il est endommagé par deux bombes allemandes ce qui lui impose six mois de réparations de juin à décembre 1949, ces réparations étant l’occasion d’une modernisation, modernisation limitée par l’état du navire et notamment son ancienneté.

Voilà pourquoi le 17 juin 1952 l’ORP Dragon est désarmé après une nouvelle avarie. Cette avarie aurait pu être réparée mais l’ancienneté du navire la rend peu pertinente. Les polonais ne perdent pas au change puisqu’il est remplacé par un croiseur léger de classe Dido, le HMS Black Prince qui devient l’ORP Conrad en hommage au premier du nom.

Le HMS Black Prince

A noter qu’initialement les polonais voulaient le rebaptiser ORP Czarny Ksiaze qui signifie tout simplement Prince Noir en polonais mais les britanniques ont poliment décliné en disant que cela poserait des problèmes au niveau des transmissions.

Remis en service officiellement le 4 septembre 1952, il est loué pour cinq ans renouvelable à la marine polonaise qui va l’engager en mer du Nord, le croiseur polonais participant à des raids contre le trafic maritime allemande, couvrant des raids commandos……. .

Il participe à l’opération BOREALIS en octobre 1953, assurant la Défense Aérienne à la Mer (DAM) de la tête de pont de Trondheim où débarquent la 26ème DI américaine, la 10ème Division de Montagne américaine et la 4ème brigade norvégienne. Il assure une mission d’appui-feu ainsi que la coordination entre l’aviation et les troupes au sol.

Endommagé par une mine le 14 janvier 1954, le croiseur léger polonais était immobilisé pour réparations quand l’Allemagne capitule le 30 avril 1954. A nouveau opérationnel le 18 mai 1954, il se rend en mer Baltique où sa présence n’est guère goûtée par les soviétiques. Il rallie vite la mer du Nord et va opérer sous contrôle polonais à partir du 14 septembre 1954.

Un temps la Pologne envisage de l’acheter mais la Grande-Bretagne comme l’URSS n’ont pas intérêt pour des raisons différentes qu’un tel navire rejoigne la Baltique. Le 14 septembre 1957 il est rendu à la Grande-Bretagne, reprend son nom d’origine pour mieux être désarmé dès le 14 mars 1958 avant d’être vendu à la démolition deux ans plus tard en 1960.

Destroyers

Classe Wicher

Les deux unités de classe Wicher sont des torpilleurs d’escadre type Bourrasque modifiés, l’ORP Wicher (grand vent) étant mis en service en juillet 1930 alors que son sister-ship l’ORP Burza (tempête) était mis en service en mars 1932.

ORP Burza

Ces deux navires connaissent des sorts différents, le premier étant coulé le 3 septembre 1939 par l’aviation allemande (quatre bombes _trois au but et un coup à toucher_), l’épave relevée en novembre 1939 n’étant pas remis en service.

Le second est exfiltré vers la Grande-Bretagne suite à l’opération PEKING. Il est utilisé comme navire opérationnel et comme navire d’entrainement jusqu’à ce que son usure entraine sa mise en réserve en juin 1944.

Remis en service en septembre 1952 il est utilisé davantage comme transport rapide que comme destroyer. Rentré en Pologne en mai 1955, il est utilisé comme navire-école jusqu’en mars 1963 quand il est désarmé. Il sert de navire musée jusqu’en 1977 quand il est remplacé par le Blyskawica puis démoli.

Ces deux navire déplaçaient 1540 tonnes, mesuraient 106.9m de long pour 10.5m de large et 3.5m de tirant d’eau, pouvaient filer à 33.8 nœuds, étaient armés de quatre canons de 130mm, de deux canons de 40mm wz.40 (remplacés ensuite par quatre canons de 40mm Bofors et six canons de 20mm Oerlikon), de deux affûts triples lance-torpilles de 533mm, de quatre grenadeurs et pouvaient embarquer jusqu’à soixante mines, l’équipage se composant de 162 officiers et marins.

Classe Grom

ORP Grom et Blyskawica

Cette classe de destroyers est composée de deux unités de conception et de fabrication britannique, l’ORP Grom (tonnerre) et ORP Blyskawica (éclair) mis en service respectivement le 11 mai et le 25 novembre 1937. Deux autres unités baptisées Huragan et Orkan _ouragan et vent tempêtueux_ devaient être construits en Pologne mais aucun navire n’était encore sur cale quand les allemands ont envahit le pays.

Le Grom et le Blyskawica s’échappent du pays dans le cadre du plan Peking et rallient la Grande-Bretagne pour intégrer la marine polonaise libre et continuer la lutte même si il faudra pour cela attendre septembre 1948.

Stationnés à Devonport, les deux destroyers sont engagés au large de la Norvège au cours ils sont endommagés, le Grom plus sévèrement que son sister-ship. Si le Blyskawica participe à la campagne de France, le Grom endommagé sérieusement le 7 octobre 1948 par deux bombes n’est de retour au combat qu’en juillet 1949. ironie de l’histoire il revient au moment son sister-ship est endommagé par une mine allemande lui imposant six mois de réparations à Brest (juillet 1949-janvier 1950).

Ces navires sont redéployés en mer du Nord en juin 1950 pour maintenir la pression sur la Norvège, les destroyers polonais assurant notamment la protection de cuirassés et de porte-avions français et britanniques menant des raids contre la Norvège.

En mars 1952 ils rallient Chatham et vont davantage appuyer les troupes alliés progressant en Belgique puis aux Pays-Bas. Ils couvrent également le déminage du port d’Anvers.

Endommagés à plusieurs reprises jusqu’à la fin du conflit ils rentrent en Pologne en septembre 1955 dans un contexte de guerre fratricide entre le gouvernement polonais installé désormais à Londres et le gouvernement pro-soviétique dit comité de Lublin.

La marine polonaise comme les autres armées se déchirent entre pro-occidentaux et pro-soviétiques, ces derniers finissant par l’emporter.

Ces deux navires vont rester en Pologne et former le cœur de la nouvelle marine polonaise jusqu’à leur désarmement en septembre 1965 et juin 1966 respectivement. Si le Grom est démoli, le Blyskawica après un temps d’abandon est remis en état et transformé en musée flottant à Gdansk.

Ces navires déplaçaient 2144 tonnes (2560 tonnes en charge), mesuraient 114m de long pour 11.3m de large et 3.3m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 54000ch produite par des turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières ce qui leur permettait d’atteindre la vitesse maximale de 39 nœuds.

L’armement se composait de sept canons de 120mm (un affût simple en position «A», trois affûts doubles en position «B», «X» et «Y»), deux affûts doubles de 40mm (puis quatre affûts doubles), quatre affûts doubles de 13.2mm puis six canons de 20mm Oerlikon, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples et des grenades ASM, l’équipage se composait de 192 officiers et marins.

Type N

-L’arrêt brutal de la guerre de Pologne met la marine britannique dans l’embarras, la Royal Navy qui s’était inscrite dans une guerre longue se retrouve avec de nombreux navires en construction dont elle ne sait que faire.

Voilà pourquoi les type N ne vont jamais combattre sous pavillon britannique mais sous pavillon australien (six) et polonais (deux) où ils remplacent un destroyer type Bourrasque usé par un usage intensif.

HMS Noble futur ORP Warsawa

C’est ainsi que le Noble (G-84) est mis en service le 2 juin 1942 sous le nom de ORP Warsazwa alors que le NonPareil (G-16) est lui mis en service le 30 octobre 1942 sous le nom d’ORP Kracow.

HMS Nonpareil futur ORP Krakow

Ces deux navires sont stationnés à Devonport et forment avec le HMS Amazon et des chalutiers armés un groupe de combat destiné à des missions de patrouille et d’escorte. En temps de paix ils assurent de nombreux exercices avec l’Escadre Légère du Nord (ELN) et d’autres unités de la marine britannique.

En temps ils doivent protéger les convois et les navires auxiliaires en Manche contre l’ennemi qu’il soit aérien, de surface ou sous-marin. L’ORP Warszawa participe par exemple à la Campagne de France au cours de laquelle il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Il à moins de chance le 17 septembre 1953. Menant une mission de recherche et de destruction au large des côtes allemandes, il est surpris par des chasseur-bombardiers allemands qui en dépit d’une DCA féroce placent deux bombes sur le destroyer qui coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship l’ORP Krakow participe lui aussi à la Campagne de France puis à la reconquête du nord-est de la France et du Benelux avant le franchissement du Rhin et la conquête de l’Allemagne. Survivant au second conflit mondial, il est vendu à la Pologne en mai 1955, utilisé jusqu’en 1970 puis démoli.

Les destroyers type N étaient des navires déplaçant 1717 tonnes (2367 tonnes à pleine charge), mesurant 108.7m de long pour 10.90m de large et 3.8m de tirant d’eau.

Propulsés par deux groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par deux groupes de chaudières Amirauté développant 40000ch et entrainant deux hélices, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 36 nœuds (32 à pleine charge), et franchir 5500 nautiques à 15 nœuds et 1500 à 32 nœuds.

L’armement se composait de six canons de 120mm en trois affûts doubles (deux avant “A” et “B” et un arrière “X”), d’un Pom-Pom quadruple et de deux affûts quadruples de 12.7mm, ces deux derniers étant remplacés ultérieurement par six canons de 20mm Oerlikon, de deux plate-formes quintuples lance-torpilles de 533mm, d’un grenadeur axial et de deux projecteurs latéraux. L’équipage se composait de 163 officiers et marins (218 avec un état-major).

Pologne et Pays Neutres (85) Suède (20)

Destroyers

En septembre 1939 le plus ancien destroyer suédois en service est le Wale mis en service en 1908. Il s’agit d’un petit navire dépassant 430 tonnes (461 tonnes à pleine charge), mesurant 66.1m de long sur 6.30m de large pour un tirant d’eau de 2.80m.

Propulsé par deux machines verticales à expansion entrainant deux hélices et alimentées en vapeur par quatre chaudières il pouvait grâce à ses 7665ch de puissance atteindre la vitesse maximale de 30 nœuds pour une distance franchissable de 1400 miles nautiques à 12 nœuds. Il était armé de deux canons de 75mm, de quatre canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm, l’équipage étant composé de 54 officiers et marins.

Désarmé en octobre 1940 il est mis en réserve. En septembre 1948 il est réarmé en patrouilleur pour protéger les côtes et la navigation littorale. Le 17 mars 1952 il s’échoue. Trop endommagé, il est désarmé et démantelé sur place après récupération de tout ce qui est récupérable.

HMS Vidar

Les trois destroyers de Classe Vidar (Vidar Ragnar Sigurd) mis en service respectivement en 1910, 1909 et 1909. Il fût un temps question de les moderniser mais au final la Svenska Marinen préféra les remplacer par des navires plus gros et plus modernes. En réserve ils ne sont pas réarmés et sont démolis après guerre.

Les destroyers de classe Vidar déplaçaient 430 tonnes (460 tonnes en charge), mesuraient 66.1m de long pour 6.30m de large et un tirant d’eau de 2.70m. Propulsés par deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow développant 7200ch et entrainant deux hélices, ces destroyers pouvaient filer à 30 nœuds et franchir 1400 miles nautiques à 12 nœuds. Ils étaient armés de deux canons de 75mm, quatre canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm, l’équipage se composant de 54 officiers et marins.

HMS Hugin

Les deux destroyers Hugin et Munin mis en service respectivement en 1911 et 1913 sont désarmés en 1945 et remplacés par des unités plus modernes. Non réarmés pendant la guerre ils sont démolis à la fin des années cinquante.

C’étaient des navires déplaçant 446 tonnes (500 à pleine charge), mesurant 66.3m de long pour 6.50m de large et un tirant d’eau de 3.50m, une propulsion assurée par des turbines à engrenages (deux) entrainant des hélices (deux), alimentées par quatre chaudières Yarrow. Avec une puissance de 10000ch, ils pouvaient filer à 33 nœuds et franchir 1500 miles nautiques à 16 nœuds. L’équipage de 72 hommes participe notamment à la mise en œuvre de l’armement en l’occurrence quatre canons de 75mm et deux tubes lance-torpilles de 450mm.

HMS Wrangel

Les deux destroyers formant la classe Wrangel (Wrangel Wachtmeister) sont mis en service en 1918, sont encore en service en septembre 1939 et même en septembre 1948. Pour cela ils ont été modernisés entre 1940 et 1942 avec une remise en état générale, une modernisation de la propulsion et comme nous le verrons une modification de l’armement.

Avec ces travaux ils peuvent faire la soudure avec des destroyers plus modernes et s’occuper de missions sous-dimensionnées pour les jagare les plus récents de la Svenska Marinen. Ils sont désarmés dès la fin du conflit car à bout de potentiel. Utilisés comme pontons (le Wrangel comme ponton électrique et le Wachtmeister comme ponton-école) ils sont finalement démolis au cours des années soixante-dix.

Durant leur carrière de destroyers, ces deux unités déplaçaient 415 tonnes (498 tonnes à pleine charge), mesurant 72m de long pour 6.90m de large avec un tirant d’eau de 2.80m. Son système propulsif composé de turbines à engrenages et de chaudières à vapeur dévellopait 13000ch entrainant deux hélices ce qui leur permettait d’atteindre une vitesse maximale de 34 nœuds, le mazout embarqué leur permettant de franchir 1300 miles nautiques à 18 nœuds.

L’armement d’origine se composait de quatre canons de 75mm, d’un canon de 25mm, de deux mitrailleuses de 6.5mm et de deux plate-formes lance-torpilles doubles de 457mm. Une fois modernisés ces deux navires disposaient d’un canon de 105mm, d’un canon de 75mm, de 4 canons de 25mm et de quatre tubes lance-torpilles de 450mm en deux plate-formes doubles.

Le HMS Ehrensköld

Les deux destroyers de la Classe Ehrensköld (Ehrensköld Nordenskjöld) sont mis en service en 1927 et sont toujours là quand le second conflit mondial débute. Transformés en frégates ASM en 1955/56 ces deux navires connaissent des destins différents, l’Ehrensköld servant de navire-école de 1963 à 1980 avant d’être démoli alors que le second désarmé en 1965 est démoli après avoir été privé de toutes les pièces détachées susceptibles d’intéresser son sister-ship.

Ces deux navires déplaçaient 974 tonnes (1160 tonnes à pleine charge) pour une longueur de 91.4m, une largeur de 8.88m et un tirant d’eau de 3.80m. Leur système propulsif (turbines à engrenages et chaudières à vapeur entrainant deux hélices as usual) développant 24000ch leur permettait de naviguer à 36 nœuds et de franchir 1600 miles nautiques à 12 nœuds.

L’armement d’origine se composait de trois canons de 120mm, de deux puis huit canons de 40mm, de deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, de quatre grenadeurs (deux projecteurs latéraux et deux de sillage) et en cas de besoin de vingt mines. L’équipage se composait de 120 officiers et marins.

Transformé en frégate l’Ehrensköld était armé d’un canon de 76mm, de deux tourelles doubles de 40mm, d’un lance-roquettes ASM et de quatre plate-formes triples lance-torpilles ASM, le reste de l’armement étant débarqué.

Le HMS Klas Horn

Composée de deux unités (Klas Horn et Klas Uggla), la Classe Klas Horn est mise en service en 1932 mais pour la seconde unité la carrière s’achève brutalement le 17 mars 1941. Ce jour là une explosion dont l’origine n’à jamais pu être déterminée provoque le naufrage de trois destroyers (Goteborg Klas Horn Klas Uggla). De ce Désastre d’Harsfjarden le Klas Uggla n’en ressort pas. Trop endommagé il est démoli à la différence des deux autres navires qui sont renfloués, réparés et remis en service. Le Klas Horn est désarmé en août 1958 et démoli.

Les destroyers type Klas Horn déplaçaient 1004 tonnes (1190 tonnes à pleine charge), mesuraient 92.4m de long pour 8.90m de large et un tirant d’eau de 3.70m. Son système propulsif turbines à engrenages et chaudières à vapeur (respectivement deux et trois) développe 26000ch, entrainant deux hélices.

Filant à 37 nœuds, franchissant 1600 miles nautiques à 20 nœuds, ces destroyers armés par 119 hommes étaient armés de trois canons de 120mm, deux canons de 40mm (nombre porter à six durant le second conflit mondial), deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, quatre grenadeurs et jusqu’à vingt mines en mission de mouillage de mines.

Le HMS Goteborg

La Classe Gotebörg est composée de six navires mis en service en 1936 (Göteborg), en 1937 (Stockholm), en 1939 (Malmö), en 1940 (Karlskrona) et en 1941 (Gävle Norrköping).

Ces navires vont former le cœur de la force de jagare de la marine suédoise, menant des patrouilles et des escortes pour protéger la navigation suédoise des belligérants. Ces navires sont modernisés à la fin des années cinquante avant d’être désarmés en 1969 (Gävle Stockholm), en 1971 (Göteborg Malmö) et en 1973 (Karlskrona Norrköping). Tous ont été démolis.

Ces destroyers déplaçaient 1024 tonnes (1184 tonnes à pleine charge), mesuraient 94.6m de long pour 9m de large et 3.80m de tirant d’eau.

Propulsés par deux turbines De Laval alimentées en vapeur par trois chaudières Penhoët (développant 32000ch) entrainant deux hélices, ces destroyers pouvaient filer à 39 nœuds et franchit 1200 miles nautiques à 20 nœuds.

L’armement se composait de trois canons de 120mm en affûts simples, deux affûts doubles de 25mm (quatre canons de 40mm Bofors sont ajoutés durant le second conflit mondial), deux mitrailleuses de 8mm, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, quatre grenadeurs et vingt mines en mission de mouillage de mines.

Ils étaient armés de trois canons de 105mm polyvalents en affûts simples sous masque, deux puis six canons de 40mm Bofors, deux puis quatre canons de 20mm Oerlikon et une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm. Son équipage se composait de cent hommes.

Le destroyer HMS Visby

Les quatre unités de Classe Visby (Visby Sundsvall Hälsingborg Kalmar) ont été mises en service en 1943 pour les trois premiers et en 1944 pour la dernière. Modernisés entre 1960 et 192, ils sont désarmés respectivement en 1982, 1983, 1979 et 1981.

Ces navires déplaçaient 1135 tonnes (1320 tonnes à pleine charge), mesuraient 98m de long, 9m de large et 3.80m de tirant d’eau. Propulsés par des turbines à engrenages Laval alimentées en vapeur par trois chaudières, développant 32000ch et entrainant deux hélices, ils pouvaient filer à 39 nœuds et filer à 1600 miles nautiques à 20 nœuds.

Ils étaient armés de trois canons de 120mm, de quatre canons de 40mm (un double et deux simples, nombre porté durant la guerre à douze en six affûts doubles), deux affûts triples lance-torpilles de 533mm, quatre grenadeurs et 40 à 46 mines en mission de mouillage de mine. Son équipage se composait de 155 officiers et marins.

Le HMS Oland

Les deux unités de Classe Öland (Öland Uppland) sont mises en service en 1947 et 1948. Ils sont modernisés au début des années soixante puis désarmés respectivement en 1971 et 1973. Ils servent de cibles de tir avant d’être démolis.

Ces navires déplaçaient 1880 tonnes (2250 tonnes à pleine charge), mesurant 112m de long pour 11.2m de large et un tirant d’eau de 3.40m. Propulsés par deux groupes de turbines De Laval alimentées en vapeur par deux chaudières Penhoët dévéloppant 44000ch et entrainant deux hélices, il pouvait filer à 35 nœuds et franchir 2500 miles nautiques à 20 nœuds.

Ils étaient armés de deux tourelles doubles de 120mm, huit canons de 40mm en quatre affûts doubles, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, deux grenadeurs de sillage et en cas de mission de mouillage de mines 40 mines. Son équipage se composait de 210 officiers et mariniers.

Les destroyers de la Classe Vidar (Vidar Ragnar Sigurd Hugen) sont mis en service durant le second conflit mondial respectivement en 1950, 1951, 1952 et 1953. Refondus en 1962 et 1963, ils sont désarmés respectivement en 1975, en 1976, en 1977 et 1979.

Ces navires déplaçaient 1975 tonnes (2400 tonnes à pleine charge), mesurant 112m de long pour 11.2m de large et un tirant d’eau de 3.40m. Propulsés par deux groupes de turbines De Laval alimentées en vapeur par deux chaudières Penhoët dévéloppant 44000ch et entrainant deux hélices, il pouvait filer à 33 nœuds et franchir 2300 miles nautiques à 20 nœuds.

Ils étaient armés de trois tourelles doubles de 120mm, huit canons de 40mm en quatre affûts doubles, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm, deux grenadeurs de sillage et en cas de mission de mouillage de mines 40 mines. Son équipage se composait de 210 officiers et mariniers.

Pologne et Pays Neutres (39) Portugal (19)

Navires de surface

-Croiseurs

Le HMS Arethusa. On peut dire que le Vasco da Gama est son cousin (mais pas sa copie)

Le croiseur léger Vasco da Gama mis en service en septembre 1945 est naturellement le navire-amiral de la marine portugaise. Inspiré des unités britanniques de classe Arethusa, ce navire déplace 5200 tonnes (6400 tonnes), mesure 150m de long pour 15m de large et 5m de tirant d’eau.

Propulsé par des turbines à engrenages et des chaudières à vapeur surchauffée, le nouveau fleuron de la marine lusitanienne peut filer à 32 nœuds grâce à ses 60000ch.

Légèrement protégé (ceinture de 75mm, ponts blindés 15 et 25mm), ce croiseur était armé de trois tourelles doubles de 152mm (deux avant et une arrière), quatre affûts doubles de 102mm installés latéralement, huit canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles, douze canons de 20mm Oerlikon, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm. Il dispose d’une catapulte pouvant mettre en œuvre un ou deux Supermarine Walrus.

Ce croiseur léger n’aura pas l’occasion de combattre durant le second conflit mondial neutralité portugaise oblige. Modernisé entre 1958 et 1960 en Grande-Bretagne, le Vasco da Gama est désarmé en 1973 puis démoli.

-Destroyers

Le destroyer portugais Douro photographié après guerre ce qui explique la présence d’une immatriculation permanente

-La marine lusitanienne possède en septembre 1948 neuf destroyers assez modernes. La première classe, la Classe Douro (classe Vouga au Portugal) se compose de cinq navires mis en service en 1933 (Lima Vouga), en 1935 (Dao Tejo) et 1936 (Douro).

A noter que deux navires initialement mis sur cale pour la marine portugaise ont été revendus à la marine colombienne.

Ces navires sont semblables à tous les destroyers construits depuis l’après première guerre mondiale avec un déplacement de 1105 tonnes standard (1407 tonnes à pleine charge), une longueur de 98.48m pour une largeur de 9.50m et un tirant d’eau de 2.59m.

Ses turbines à engrenages et ses chaudières à vapeur permettent à ces navires de filer à 36 nœuds grâce à une puissance de 33000ch.

Son armement d’origine se compose de quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), trois canons de 40mm Vickers, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples et jusqu’à 20 mines. Son équipage se compose de 147 officiers et marins.

Si le Dao non-modernisé est désarmé dès 1959, les autres sont désarmés en 1965 (Lima), 1967 (Vouga) et 1969 (Tejo Dourou) après avoir été modernisés, recevant radar, sonar, mortier ASM et une DCA digne de ce nom, l’armement final se composant de deux canons de 120mm, un mortier ASM Squid, deux plate-formes triples lance-torpilles ASM, huit canons de 40mm en deux affûts doubles mais ils perdent leur capacité de mouillage de mines.

-Les quatre unités de la Classe Guadiana (Guadiana Tamega Fulminante Belem) sont dérivés des précédents plus lourds et moins rapides. Ils sont mis en service respectivement en 1941, 1942 et 1943 pour les deux derniers.

Ces navires déplacent 1300 tonnes standard (1695 tonnes à pleine charge), une longueur de 102m pour une largeur de 10m et un tirant d’eau de 3.50m.

Ses turbines à engrenages et ses chaudières à vapeur permettent à ces navires de filer à 34.5 nœuds grâce à une puissance de 34500ch.

Son armement d’origine se compose de quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), six canons de 40mm Bofors en trois affûts doubles et quatre canons de 20mm Oerlikon, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples et à la place d’une capacité de mouillage de mines deux grenadeurs de sillage avec 24 projectiles. Son équipage se compose de 152 officiers et marins.

Ces navires subissent la même modernisation que les unités de la classe Douro et vont servir jusqu’en 1970/71 quand elles sont désarmées et démolies.

-Torpilleurs

Les torpilleurs légers de la Classe Zezere reprennent les noms des torpilleurs de 250 tonnes cédés par l’Autriche-Hongrie au titre des dommages de guerre. Ces navires sont mis en service en 1944 ( Zezere Ave Cavado) 1945(Sado Liz) et 1946 (Mondego).

Ces navires sont de conception portugaise avec néanmoins une influence anglaise (Hunt) et française (classe Le Fier).

Ils déplacent 1000 tonnes (1350 tonnes à pleine charge), mesurant 92m de long pour 10m de large et un tirant d’eau de 3.25m.

Son appareil propulsif (turbines à engrenages et chaudières à vapeur) développe 27000ch lui permettant d’atteindre une vitesse de 30 nœuds. Ils ne possèdent aucune protection en dehors de soutes et d’un appareil propulsif blindé.

L’armement se compose de trois canons de 102mm en affûts simples sous masque (deux avant et un arrière), quatre canons de 40mm Bofors, quatre tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes doubles, deux grenadeurs de sillage. L’équipage se compose de 124 officiers et marins.

Contrairement aux destroyers, les torpilleurs ne sont pas modernisés en raison d’une instabilité et surtout de la faiblesse des marges de manœuvre. Ils sont désarmés respectivement en 1962 (Zezere Cavado), en 1963 (Aveg), en 1964 (Sado Mondego) et en 1965 (Liz) puis démolis.

-Avisos

-L’aviso Republica mis en service en 1915 au sein de la marine britannique est cédé à la marine portugaise après le premier conflit mondial. Déplaçant 1250 tonnes (1350 tonnes à pleine charge), mesurant 81.7m de long pour 10.2m de large avec un tirant d’eau de 3.40m.

Sa puissance propulsive de 2000ch lui permet d’atteindre la vitesse maximale de 16 nœuds, son armement se composant de deux canons de 102mm, deux canons de 76mm et quatre canons de 37mm. Son équipage se composait de 137 officiers et marins.

Après une longue carrière notamment outre-mer, l’aviso est désarmé machines usées en 1961 avant d’être démoli.

Gonçalvo Velho

-Les deux unités de la Classe Gonçalvo Velho (Gonçalvo Velho Gonçalves Zarco) sont mises en service en 1933. Ces unités sont désarmées respectivement en 1963 et 1966.

Ces navires déplacent 950 tonnes (1414 tonnes à pleine charge), une longueur de 81.7m pour une largeur de 10.8m et un tirant d’eau de 3.43m. Grâce à sa puissance propulsive de 2000ch, ils peuvent atteindre la vitesse de 16.5 nœuds. Son armement se composait de trois canons de 120mm et de quatre canons de 40mm.

Pedro Nunes

-Les deux unités de la Classe Pedro Nunes (Pedro Nunes Joao de Lisboa) sont mises en service respectivement en 1935 et 1937. Ces navires ont connu une très longue carrière puisque le premier transformé en navire-atelier en 1965 est désarmé et démoli en 1980 alors que le seconde devenu bâtiment-base de sous-marins en 1969 à quitté le service actif en 1981. Ils sont été tous les deux démolis.

Du temps de leur carrière d’aviso, les unités de classe Pedro Nunes déplaçaient 960 tonnes (1220 tonnes à pleine charge), mesuraient 68m de long pour 9.98m de large et un tirant d’eau de 2.84m, une puissance propulsive de 2400ch leur permettant d’atteindre 16.5 nœuds. Leur armement se composait initialement de deux canons de 120mm, deux canons de 76mm et quatre canons de 40mm. L’équipage se composait de 138 officiers et marins.

Afonso Albuquerque

-Les deux unités de la Classe Afonso Albuquerque (Afonso Albuquerque Bartolomeu Dias) sont elles mises en service en 1935.

La première est endommagé en Inde où elle était déployée lors d’un incident de frontière en 1965. Echouée, elle finit par être démolie par les effets de la nature. La seconde unité va opérer dans les guerres coloniales portugaises (1961-1974) notamment au Mozambique jusqu’à son désarmement survenu en 1969.

Elles déplacent 1788 tonnes (2480 tonnes à pleine charge) pour une longueur de 103.2m, une largeur de 13.5m et un tirant d’eau de 3.83m. Sa puissance propulsive de 8000ch lui permet d’atteindre la vitesse honorable pour un navire de ce type de 21 nœuds.

L’armement était particulièrement puissant avec 4 canons de 120mm (remplacés ultérieurement par 3 canons de 127mm), deux canons de 76mm et quatre canons de 40mm (remplacés ultérieurement par des canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors), deux grenadeurs, quarante mines et un hydravion (débarqué en 1952).

-Patrouilleurs

-Patrouilleurs coloniaux : Alvor Aljezur Albafeira (Guinée), Jupiter Venus Maite (Mozambique) Mercurio Saturno Urano (Angola)

-Cannonières fluviales : Zaire Damao Diu Macau

-Cannonières classe Beira (Ibo Mondovi)

-Navires de guerre des mines

-Mouilleur de mines Vulcano

-Mouilleur de filets Phyllisia

-Dragueurs de mines Sao Jorge Pico Graciosa Corvo Sao Roque Ribeira Grande Lagoa et Rosario

-Navires de soutien

-Navire d’entrainement torpille Lince

-Navire hydrographique Carlvalho Araujo

-Des cargos, des pétroliers et des paquebots réquisitionnés

Sous-marins

Dans les années trente la marine portugaise passe commande de quatre sous-marins à des chantiers navals italiens mais ne pouvant les payer elle doit les céder à la Regia Marina.

Ironie de l’histoire certaines de ces unités (Glauco Otaria Argo Vellela, les deux premières unités formant la classe Glauco, les deux autres formant la classe Argo) vont opérer dans l’Atlantique durant le second conflit mondial en s’appuyant discrètement sur des facilités portugaires lusitaniennes.

Es-ce à dire que la marine portugaise va se retrouver dépourvue de submersibles ? Non puisque les lusitaniens font finalement commander trois sous-marin à leur allié/protecteur britannique. Ces submersibles Delfim Espadarte Golfinho sont mis en service en 1934 pour le premier et 1935 pour les deux autres.

Il s’agit de sous-marins de moyenne patrouille déplaçant 800 tonnes en surface pour 1092 en plongée, une longueur de 69.2m pour 6.50m de large et 3.86m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 2300ch en surface et de 1000ch en plongée, une vitesse maximale de 16.5 nœuds en surface et de 9.2 nœuds en plongée.

L’armement se composait d’un canon de 102mm, de deux mitrailleuses de 12.7mm et de six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue et deux à la poupe).

Ces submersibles qui ont échappé à la destruction à plusieurs reprises (pris tantôt pour des sous-marins alliés tantôt pour des U-Boot) ont été modernisés entre 1958 et 1960 puis remplacés par des sous-marins neufs de conception et de fabrication britannique.

Aéronavale (Serviço de Aviaçao da Armada)

L’aéronavale portugaise voit officiellement le jour le 28 septembre 1917 mais en réalité dès le mois de mars, des marins portugais ont quitté la surface des flots pour le ciel. Ils volent à bord de deux hydravions FBA type B acquis auprès de la France.

Face à la menace des sous-marins allemands les portugais construisent avec les conseils des français trois hydrobases au Portugal mais aussi une aux Açores, hydrobase qui est accompagnée par une deuxième armée par les américains.

En 1918 l’aéronavale portugaise est rebaptisée Serviços de Aeronautica Naval. Elle dispose d’hydravions français : FBA type B, des Donnet-Denhaut DD-8, des Tellier T3, des Georges Levy GL 40 HB. Aux Açores on trouve des Curtiss HS-2L cédés par les américains en 1919. Elle dispose également d’Avro 504K pour former les pilotes.

Dans l’immédiat après guerre des marins volants réalisent un certain nombre de raids de prestige comme en 1921 quand un des trois hydravions Felixstowe F.3 acquis auprès des britanniques réalisent la première liaison Lisbonne-Madère en moins de 8h. En 1922 un Fairey IIID Mk II traverse l’Atlantique en plusieurs étapes et en 1926 un Fokker T.III relie la métropole aux Açores.

Fairey IIID portugais

En 1927 six Fairey IIID sont acquis pour lutter contre la piraterie au large de Macau. En 1931 comme nous l’avons plus haut le cargo Cubango est transformé en ravitailleur d’hydravions pour soutenir quatre CAMS 37B acquis auprès de la France. Deux Hawker Osprey sont également acquis pour embarquer à bord des avisos de classe Alfonso de Albuquerque suivis de quatre autres destinés à être déployés à Macau.

D’autres appareils sont ensuite acquis (Hanriot H.41, Macchi M.18 et Junkers K-43W mais aussi six Blackburn Shark de bombardement-torpillage) donnant naissance à une flotte assez hétéroclite et dont l’entretien se révèle problématique.

En 1931 le Servicicos de Aeronautica Naval disparaît au profit des Forças Aéreas de Armada qui deviennent en 1942 le Serviço de Aviaçao de Armada. Au moins sur le papier les escadrilles se composent de douze monomoteurs ou de six bimoteurs. La marine possède également sa propre Ecole de pilotage.

Durant la Pax Armada la Marinha da Guerra tente de moderniser ses moyens aériens mais comme souvent les ambitions sont aussi élevés que les résultats médiocres. Les raisons sont multiples : méfiance de Salazar vis à vis de militaires trop forts, manque de moyens, rivalités et jalousies entre service.

Catapultage d’un Supermarine Walrus

Une flottille d’hydravions basée à Lisbonne dispose de douze Supermarine Walrus acquis à la fois pour embarquer sur le Vasco da Gama et surveiller les côtes européennes du Portugal.

Bloch MB-481

Une flottille de six hydravions de bombardement-torpillage Bloch MB-481 est également mise sur pied en 1945, des appareils officiellement acquis par une souscription de «portugais patriotes» qui les cédèrent gracieusement à la marine portugaise.

D’autres appareils sont dispersés dans les colonies et l’empire portugais comme trois Fokker T.IV encore en service en 1948 mais qui déployés à Macau seront rapidement détruits par les japonais alors qu’ils n’étaient visiblement plus opérationnels car trop usés ou manquant de pièces détachées) ou encore des Hawker Osprey, des Fairey IIIF sans oublier des Avro 626 et Tiger Moth d’entrainement ainsi que des Grumman G-21B et des G.44 de transport et de liaison.

Durant le conflit les hydravions lusitaniens vont tenter tant bien que mal de préserver la neutralité des eaux portugaises, une neutralité flexible et évolutive comme nous l’avons vu précédement.

A la fin du conflit décision est prise de créer une armée de l’air indépendante qui regroupe sous son autorité tout ce qui vole marquant la disparition le 1er janvier 1960 de l’aéronavale portugaise qui renaitra sous une autre forme en 1965 quand les premiers hélicoptères seront acquis par la marine portugaise, d’abord pour la recherche et le sauvetage en attendant le transport de commandos lors des guerres coloniales et la lutte anti-sous-marine.

Infanterie de Marine

En 1618 est créé le Régiment de la Marine de la Couronne du Portugal soit en version originale le Terço da Armada da Coroa de Portugal. Cette unité n’est cependant pas née telle une génération spontanée puisque dès 1585 des fantassins et des artilleurs sont embarqués sur des navires.

Le Terco da Armada da Coroa de Portugal considérée comme une unité d’élite sert de garde du corps pour la famille royale qui en dehors de la Garde Royale des Hallbardiers une unité de cérémonie ne possède pas de garde royale proprement dite.

Au 18ème siècle un deuxième régiment d’infanterie naval est créé suivit en 1791 d’un régiment d’artillerie naval. En 1797 tous les régiments de la marine sont regroupés et intégrés au sein d’une Brigada Real da Marinha (Brigade Royale de Marine). Elle est divisée entre des fusiliers ou fuzileiros, des artilleurs ou artilheiros et des artificiers (artifices e lastradores). En 1807 la brigade est réorganisée avec trois bataillons composés d’artilleurs.

La brigade royale de marine rallie le Brésil en 1807 accompagnant la famille royale et les élites portugaises. En 1822 le Brésil devient indépendant et si de nombreux fusiliers marins lusitaniens rentrent au pays, une partie reste au Brésil et est à l’origine du Corps des Marines brésilien.

Entre-temps en 1809 une force issue de la brigade royale de marine participe à la conquête de la Guyane française.

En 1823 la brigade est à nouveau réorganisée en deux bataillons. Durant la guerre civile portugaise, la brigade royale de marine opère dans le camp migueliste. Dans le camp libéral, un bataillon de la marine (Batalhão de Marinha) est mis sur pied avant de devenir un régiment (Regimento da Armada) à quatre bataillons.

En 1836 la Brigada Real de Marinha est supprimée mais dès 1837 un bataillon naval ou Batalhão Naval est créé.

Au sein de chaque équipage des navires de la marine portugaise seuls les officiers et les membres des détachements embarqués du Bataillon Naval sont des militaires, les marins étant des civils ce qui provoque un certain nombre de problèmes.

En 1851 décision est prise de militariser les marins des équipages. C’est la création du Corpo de Marinheiros Militares (Corps des Marines militaires) composé de 22 compagnies d’équipage divisée en deux demi-compagnies plus une compagnie du dépôt. Chaque compagnie et chaque demi-compagnie doivent former par rotation l’équipage du navire. Tous les marins du corps reçoivent un entrainement général avec notamment les techniques de combat d’infanterie et d’artillerie.

Infanterie de marine portugaise en 1915

Jugeant le bataillon naval inutile, les autorités navales décident de dissoudre l’unité. Désormais en cas de besoin ce seront des marins détachés qui combattront à terre notamment durant les campagnes coloniales. Des unités plus importantes sont mises sur pied durant le premier conflit mondial pour combattre notamment en Afrique.

En 1924 une unité d’infanterie permanente est créée à savoir la Brigada da Guarda Naval (Brigade de la Garde Navale) mais cette unité est dissoute en 1934. On en revient au système en vigueur de 1851 à 1924.

En septembre 1942 une nouvelle Brigada da Guarda Naval est mise sur pied pour fournir une unité d’intervention à l’armée portugaise.

Cette brigade rebaptisé Brigada da Fuzileiros (Brigade de fusiliers) en mars 1949 était organisée en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, deux bataillons d’infanterie (un troisième existant sous forme d’unité-cadre devant être activé en cas de mobilisation générale), un bataillon d’artillerie, une compagnie du génie, une compagnie de soutien et une compagnie de transmissions.

Cette brigade n’eut naturellement pas à s’employer durant le second conflit mondial et son existence fût remise en question. Elle fût sauvée par la nécessité de posséder des unités aguerries pour combattre les rébellions au sein des colonies portugaises. La Brigade des Fusiliers est préservée même après le retour de la démocratie au Portugal et encore aujourd’hui fait partie des meilleures unités de combat de l’armée lusitanienne.

En ce qui concerne les uniformes, les «marines» portugais portent normalement l’uniforme standard du marin à bord des navires et un uniforme semblable à celui de l’armée de terre lors des opérations et exercices amphibies mais ça naturellement c’est la théorie, la pratique c’est souvent différent.

En revanche en ce qui concerne l’armement, il est identique à celui de l’armée portugaise.

Batteries côtières

Canon de 152mm utilisé par la défense côtière portugaise

Ne disposant pas d’une grosse marine, le Portugal se savait vulnérable à un blocus mené par une marine plus puissante.

D’où l’importance des défenses côtières pour défendre notamment l’estuaire du Tage et l’accès au port de Lisbonne. Porto mais aussi les îles. Les colonies devaient être protégés mais la plupart des positions prévues restèrent à l’état de projets faute de moyens et de temps.

Les portugais rénovèrent régulièrement jusqu’au début des années quatre-vingt leurs installations de défense côtière même si depuis 1954 certains se demandaient si l’artillerie côtière avait encore une utilité.

Les principaux canons utilisés par les portugais étaient des canons de 234 et de 152mm d’origine britannique, l’estuaire du Tage était par exemple défendu par deux batteries de quatre canons de 234mm et deux batteries de quatre canons de 152mm soit un total de seize pièces auxquelles pouvaient s’ajouter si nécessaire des pièces tractées de l’armée. Ces batteries étaient installées à Lisbonne et Setubal.

Ces pièces étaient installés sur des positions bétonnées avec des soutes à munitions, des postes de commandement, des postes de conduite de tir munis des télémètres, des casemates et des abris pour l’infanterie.

Deux batteries de trois canons de 152mm défendaient l’accès au port de Porto et plus généralement l’estuaire du Douro, batteries installées à Leixoes.

Aux Açores et à Madère on trouve des canons de 120 et de 152mm, trois batteries aux Açores (Ponta Delgada Horta et Faial) et une batterie à Madère.

On trouve également une batterie de canons de 152mm à Sao Vincente (Cap Vert).

FIN

Mitteleuropa Balkans (179) Grèce (23)

Défenses Côtières et infanterie de marine

Défenses côtières

Principales positions de défense côtières grecques

En septembre 1948 la marine grecque dispose d’un Commandement de la Défense Côtière soit en version originale Διοίκηση παράκτιας άμυνας Dioíkisi paráktias ámynas.

Avec un littoral aussi découpé impossible pour la marine grecque de couvrir toutes ses côtes. Il fallait choisir des zones clés à protéger et abandonner le reste.

La marine grecque à sélectionné différents sites comme l’île de Corfou, l’île de Céphalonie, les accès au Golfe de Patras, les approches d’Athènes et de Thessalonique, les îles de Lemnos, de Lesbos, de Poros et d’Hydra et de la Crète pour protéger La Sude et Heraklion.

Ces batteries sont généralement composées de canons de 120 et de 152mm montés sous protection en béton, pièces dont l’action est relayé par des canons plus légers (100 et 75mm essentiellement), des canons antiaériens et des mitrailleuses.

Il y eut le projet d’installer des pièces lourdes à longue portée, de construire des blockhaus d’infanterie mais le temps et surtout les moyens ont manqué pour réaliser ces très (trop ?) ambitieux projets.

Durant la campagne de Grèce ces batteries vont être employées pour quelques tirs vers la mer mais elles vont se montrer moins efficaces lors des tirs contre-terre. Sabotées, elles sont parfois réarmées par les italiens et les allemands.

Pour défendre les côtés du Péloponnèse, de nouvelles batteries sont aménagées, des batteries nettement plus légères que celles présentes en septembre 1948 essentiellement faute de temps et parce qu’on espère que cette situation ne va pas durer.

Néanmoins entre mars 1950 et septembre 1952 les premiers emplacements se sont renforcés, se sont bétonnés avec des canons grecs, français et britanniques qui ouvraient régulièrement le feu au dessus du Golfe de Patras pour empêcher l’ennemi de s’installer dans le confort et prévenir toute préparation d’une offensive d’ampleur. Ai-je besoin de préciser que l’ennemi faisait pareil ?

Signe que le front durait, on déploya dans le Péloponnèse des pièces lourdes, souvent des pièces de marine qui provenaient parfois de navires usés ou trop endommagés pour être réparés à un coût raisonnable. Inutile de préciser que cela demanda un effort colossal de la part des troupes du génie pour un résultat assez modeste.

Une fois l’opération ANVIL déclenchée, ces batteries sont démontées pour parfois être réinstallées plus au nord et protéger les troupes terrestres de coups de main ou de bombardements navals même si l’affaiblissement de la marine italienne rendait ce type d’opérations de plus en plus rares.

Après guerre, la marine grecque s’interrogea sur l’utilité des défenses côtières. Elle réaménagea des batteries fixes pour défendre les approches de ses bases navales, mis sur pied des unités mobiles, son équipement évoluant avec notamment l’intégration de missiles antinavires capable d’interdire de larges zones à une flotte ennemie.

Infanterie de marine

Généralités

La marine grecque en septembre 1939 ne possédait pas d’unités d’infanterie de marine, les simples fusiliers étant intégrés aux compagnies de débarquement des navires soit peu de chose car un homme armé d’un fusil n’est pas forcément un fusilier.

En septembre 1945 un bataillon d’hoplites de la mer est créé soit en version originale 1. Tagma thalasso opliti. Un deuxième bataillon est mis sur pied mais il s’agit d’un bataillon-cadre activable en temps de guerre. Ce ne sera finalement pas le cas faute de temps et de moyens.

Ce bataillon est organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Initialement ce bataillon doit assurer la défense de la base de Salamis mais très vite on envisage pour lui des missions plus offensives ce qui lui permettra d’entrer dans la légende.

L’infanterie de marine grecque est ainsi déployée en mars 1949 à Patras et reste d’abord sur la défensive puis en l’absence de débarquement amphibie italien, les hoplites de la mer vont montrer aux italiens de quel bois ils se chauffent.

Ils vont pratiquer ce qu’on appelait jadis les descentes à savoir débarquer dans une zone, tout détruire et rembarquer. Ils vont utiliser des caïques, des vedettes voir des pontons motorisés. Les italiens sont d’abord surpris avant de muscler leur dispositif et de rendre les raids grecs plus compliqués.

Avec la dégradation de la situation le bataillon va opérer en défensive/offensive à savoir ralentir, freiner l’adversaire, permettre le repli des autres unités, éviter les paniques voir récupérer des soldats isolés et les ramener au bercail.

Les alliés comme les ennemis saluent leur bravoure, leur agressivité. Comme le dira un capitaine italien qui connu les Balkans et le front russe «Tout le monde nous parle des Houraaaaaaaaaaaaaaah des frontoviki, des frissons que vous ressentez en l’entendant, de la peur primale qui vous tenaille cela se voit que nous avez jamais entendu le Pros ta empros Oplitis ! (en avant hoplites !) qui annonçait l’assaut de ces diables de grecs».

Replié sur le Péloponnèse, le bataillon repousse plusieurs raids commandos menés par les italiens et par les allemands. En septembre 1951 le bataillon est transféré en Egypte pour être réorganisé et régénéré.

Aux côtés des vétérans de la Campagne de Grèce on trouve de jeunes marins certains venant de navires de surface qui veulent mener une forme de guerre différente.

A nouveau opérationnel en juin 1952, il va mener des opérations commandos aux côtés du bataillon sacré avec lequel se noue une sympathique et amicale rivalité. Il ne participe pas au raid sur Thessalonique mais prépare l’opération ANVIL par des raids de combat et de renseignement.

Il va ensuite opérer davantage dans des raids sur la côte grecque, en Albanie et voir même en Dalmatie parfois seuls ou en lien avec des opérations terrestres voir en soutien de la résistance qu’elle soit grecque, albanaise ou yougoslave.

A la fin du conflit le bataillon va participer aux opérations de la guerre civile grecque. En 2021, le bataillon est devenu brigade avec de l’infanterie, de la cavalerie, de l’artillerie et du génie pour permettre des opérations de haute intensité mais ceci est une autre histoire.

Organisation

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une section de commandement

-Une section de transmissions

-Une section de ravitaillement

-Une section sanitaire

-Trois compagnies de fusiliers

-Une section de commandement et de soutien avec un mortier de 60mm et deux fusils

mitrailleurs

-Quatre sections de fusiliers composées chacune de quatre groupes de combat, chaque

groupe étant divisé en deux squads organisés autour d’un fusil mitrailleur avec neuf fusiliers

mortier de 60mm modèle 1935

-Une section d’appui équipée soit de deux mortiers de 60mm ou deux canons antichars de 47mm

-Une compagnie d’armes lourdes

-Une section de mitrailleuses

-Une section de mortiers de 81mm

-Une section de tireurs de précision

-Une section d’éclaireurs

Equipement

L’armement individuel est identique au reste de l’armée grecque mais en matière d’uniformes c’est un peu différent et légèrement compliqué. En théorie les hoplites de la mer doivent porter l’uniforme de la marine quand ils sont à bord des navires mais la tenue de campagne de l’armée grecque quand ils servent sur la terre ferme.

Comme souvent on assiste souvent un panachage entre effets marine et effets terre ce qui fait aujourd’hui le bonheur des amateurs d’uniformologie.

Suite au rééquipement et à la réorganisation de septembre 1951 pilotée par les britanniques, les hoplites de la mer adoptent la tenue standard de l’infanterie britannique avec pour exception le casque, les thalasso oplitis préférant le casque américain M-1 voir pas de casque du tout.

En ce qui concerne l’armement, si le reste de l’armée grecque utilisait le MAS-36, les hoplites ont eu le privilège de recevoir le MAS-40. Néanmoins les tireurs de précision préféraient le MAS-36 avec une lunette de précision. Le fusil mitrailleur fût logiquement le Chatteleraut modèle 1924/29 alors qu’en matière de pistolet mitrailleur le Sten eut leur préférence.

Le fusil-mitrailleur modèle 1924/29

Les fusiliers marins disposaient également de lance-roquettes type Metro, de mortiers de 60mm et de 81mm français. Ils disposaient aussi de véhicules en l’occurence des Jeep et des camions bachés.

Mitteleuropa Balkans (175) Grèce (19)

Destroyers et torpilleurs

Classe Niki

Le Niki

Ces quatre torpilleurs sont des navires de conception et de fabrication allemande, construits par les chantiers navals Vulcan AG sis à Stettin.

Ils ont été commandés en 1905 pour reconstruire la flotte suite à la guerre gréco-ottomane de 1897 qui se termina par une humiliation nationale même si en mer Egée comme on dit la Vasilikon Naftikon à fait le boulot.

Le Niki est mis en service en 1905, le Doxa en 1906, le Velos et l’Aspis en 1907. Ces navires sont saisis par les français, utilisés sous pavillon tricolore en 1917 avant d’être rendu aux grecs en 1918 du moins pour trois d’entre-eux, le Doxa étant torpillé par le sous-marin allemand SMS UB-47 dans le détroit de Messine le 27 juin 1917 (29 tués).

Les trois autres terminent le conflit et sont naturellement conservés par la marine royale grecque qui modernise le Niki et l’Aspis, le Velos lui étant désarmé en 1926 puis démoli.

Ces deux survivants sont modernisés mais en septembre 1939 ils sont totalement obsolètes de véritables antiquités flottantes. Ils sont désarmés en 1943 et 1944.

Ils sont maintenus en réserve mais en septembre 1948 quand on étudie leur réarmement pour servir de patrouilleur et d’escorteur, leur état rend la remise en service impossible.

Ils sont remorqués et mis en place comme leurres pour protéger de véritables navires. Ils vont jouer parfaitement leur rôle puisqu’ils sont coulés par l’aviation de l’Axe. Les épaves sont relevées pendant la guerre et démolies.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 285 tonnes pleine charge 360 tonnes

Dimensions : longueur 67m largeur 6.1m tirant d’eau 2m

Propulsion : type non connu 6800ch et deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds distance franchissable 1250 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : deux canons de 76mm (12 livres), quatre canons de 57mm, deux tubes lance-torpilles de 457mm

Equipage : 58 officiers et marins

Classe Aetos

L’Aetos

Au début des années 1910 une course aux armements opposent les principales puissances sud-américaines notamment le Brésil et l’Argentine.

Comme Rio de Janeiro et Buenos Aires ne possèdent pas de puissants chantiers navals, ils ont besoin de passer des commandes en Europe et aux Etats-Unis.

Les commandes les plus connues concernent les cuirassés avec les Minas Gerais et Sao Paulo brésiliens (mais aussi le Rio de Janeiro qui racheté par la Turquie sera utilisé par les britanniques sous le nom d’Agincourt), les Rivadivia et Moreno argentins ainsi que les cuirassés chiliens Almirante Lattore (ex-Valparaiso) et Almirante Cochrane (le futur porte-avions Eagle).

Qui dit cuirassés dit escorteurs et pour protéger ses nouveaux cuirassés, la marine argentine passe commande aux chantiers navals Cammell Laird de quatre destroyers de classe San Luis, des navires baptisés San Luis Santa Fe Santiago del Estero et Tucuman.

Ces navires mis sur cale en 1909 lancés respectivement en février, mars, avril et juillet 1911. Alors qu’ils étaient en achèvement à flot ils sont rachetés par la Grèce en octobre 1912 et mis en service au début de la première guerre balkanique.

Naturellement ils sont abandonnés leurs noms d’origine pour ceux d’Aetos (Aigle) (ex-San Luis), Ierax (Faucon) (ex-Santa Fe), Panthir (Panthère) (ex-Santiago del Estero) et de Leon (Lion) (ex-Tucuma).

L’Aetos, le Ierax et le Leon sont saisis par la France après les violents combats survenus à Athènes en décembre 1916.

Ils sont armés avec des équipages français et utilisés comme escorteurs. Quand la Grèce sous l’impulsion de Venizelos entrent en guerre aux côtés de l’Entente ils sont restitués même si il faudra attendre les derniers mois du conflit pour voir les grecs les reprendrent pleinement en main.

Ces navires sont modernisés dans les années vingt et les années trente. La chauffe au charbon est abandonnée au profit de la chauffe au mazout (ce qui entraine la réduction du nombre de cheminées de cinq à deux), le déplacement d’un canon de 102mm, le remplacement des quatre tubes lance-torpilles simples par deux plate-formes triples de 533mm, l’embarquement de deux canons antiaériens de 2 livres, la modification de deux d’entre-eux (Aetos et Panthir) pour la mise en place de champs de mines, les deux destroyers pouvant embarquer jusqu’à 40 mines.

Cela porte leur déplacement à 1067 tonnes standard et 1321 tonnes à pleine charge mais leur vitesse augmente passant à 34 nœuds.

Ces navires obsolètes en septembre 1939 sont désarmés en 1942 (Aetos), en 1943 (Ierax), en 1944 (Panthir) et en 1946 (Leon). Si les deux premiers sont démolis, les deux autres sont réarmés en septembre 1948 sous la forme d’escorteurs avec de nouveaux noms en l’occurence Evzone pour le Panthir et Hadjuk pour l’ex-Leon puisque leur nom d’origine à été repris pour des destroyers plus modernes.

Ils protègent la navigation commerciale de septembre 1948 à mai 1949 puis protègent des convois une fois les hostilités ouvertes avec l’Italie.

Ils ne survivent pas à la campagne de Grèce, l’ex-Panthir étant victime de l’explosion de ses grenades ASM le 4 janvier 1950 et l’ex-Leon est coulé par des vedettes lance-torpilles italiennes le 16 mars 1950 à la veille de la bataille du golfe de Zanthe.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : (origine) standard 1000 tonnes pleine charge 1194 tonnes (après refonte) standard 1067 tonnes pleine charge 1321 tonnes

Dimensions : longueurs hors tout 89.3m longueur entre perpendiculaires 86.9m largeur 8.4m tirant d’eau 2.6m

Propulsion : deux turbines Parsons alimentées en vapeur par cinq chaudières Parsons développant 22000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 32 nœuds (34 nœuds après refonte)

Armement : (origine) quatre canons de 102mm en affûts simples sous masque, un canon de 76.2mm antiaérien, quatre tubes lance-torpilles de 533mm simples (après refonte) quatre canons de 102mm, deux canons de deux livres antiaériens, deux affûts triples lance-torpilles de 533mm, grenades ASM ou mines (escorteurs) un canon de 102mm, quatre canons antiaériens de 37mm, deux canons de 20mm, quatre mitrailleuses et 64grenades ASM

Equipage : 90 officiers et marins

Classe Thyella

Le Nafkratoussa

En 1905 la marine royale grecque commande quatre torpilleurs à la firme Yarrow, des navires baptisés Lonchi Nafkratoussa Sfendroni et Thyella, des navires mis en service respectivement en 1907, en 1906, en 1907 et en 1907.

Ces navires participent aux guerres balkaniques puis au premier conflit mondial. Saisis par les français à l’automne 1916 les quatre navires sont utilisés par la France en 1917/1918 avant d’être rendus aux grecs qui vont les utiliser pour des missions de patrouille et d’escorte toujours en mer Egée.

Ils connaissent des sorts différents, le premier désarmé en 1926 est démoli en 1931, le second s’échoue sur l’île de Milos en mars 1921, le troisième désarmé en 1945 démoli en 1947 et le quatrième désarmé en 1946 démoli en 1948.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 350 tonnes

Dimensions : longueur 67.1m largeur 6.2m tirant d’eau 1.8m

Vitesse maximale : 30 nœuds

Armement : deux canons de 76mm, quatre canons de 57mm et deux tubes lance-torpilles de 457mm

Classe Kontouriotis

Le Freccia

Les quatre destroyers de Classe Kontouriotis sont de conception et de fabrication italienne en l’occurence des unités de type Freccia. Ils sont mis au point au moment où les Turbine sont mises en service et alors que les Navigatori sont en construction.

Selon les textes la classe Freccia se compose de huit navires (Dardo Freccia Saetta Strale Baleno Folgore Fulmine Lampo) ou alors de quatre quand certains auteurs regroupent les quatre derniers dans une classe Folgore.

Ces navires sont dérivés des Turbine mais sont plus longs (+2m), déplaçant plus de 2000 tonnes à pleine charge avec pour armement principal quatre canons de 120mm en deux affûts doubles, deux affûts identiques aux Navigatori. L’armement en torpilles est composé de deux plate-formes triples.

Cette classe adopte la cheminée unique, une cheminée massive derrière le bloc-passerelle ce qui libère les champs de tir pour l’artillerie, un détail capital pour la Défense Aérienne à la Mer (DAM).

Ces navires mis en service en 1931 (Freccia) et en 1932 (Dardo Saetta Strale Baleno Folgore Fulmine Lampo) se montrent très rapides aux essais mais instables avec un certain nombre de faiblesses structurelles ce qui impose des mesures pour rendre ces navires militairement utilisables.

Ces navires qui forment les 7ème ( Dardo Freccia Saetta et Strale) et 8ème escadrilles ( Baleno Folgore Fulmine Lampo) (5ème division de cuirassés Conte di Cavour Giulio Cesare) succombent tous au second conflit mondial

Trois sont victimes de l’aviation (Dardo Freccia Baleno), deux sont victimes de sous-marins (Saetta Folgore, le premier par un sous-marin britannique, le second par un sous-marin français) et trois lors d’affrontements avec les contre-torpilleurs français ou les destroyers britanniques (Strale Fulmine Lampo).

Les quatre destroyers commandés par la marine grecque en octobre 1929 aux chantiers navals Odiero sont dérivés des Freccia, la principale différence étant le remplacement des affûts doubles par des affûts simples. Ils forment la 1ère flottille.

Le Kontouriotis est mis en service en novembre 1932 tout comme l’Hydra alors que les Spetsai et Psara sont mis en service en 1933. Toujours en service en septembre 1948 ils connaissent des sorts différents, deux étant coulés et deux survivant.

Endommagé à plusieurs reprises durant le conflit Le Kontouriotis à moins de chance le 14 juin 1952 car il est victime d’une mine au large des Cyclades.

Le navire est endommagé mais on espère pouvoir le remorquer. Il est pris en remorque par un contre-torpilleur français mais suite à une alerte aérienne la remorque doit être larguée et quand la reprise peut être effectuée le navire à disparu même si heureusement l’équipage à pu évacuer sauf une soixantaine de tués et de disparus dont le destroyer est devenu la dernière demeure.

Son sister-ship Hydra s’illustre durant la Campagne de Grèce. Si le Bolzano survit aux torpilles du duo Hydra/Spetsai contrairement aux revendications héllènes, l’Emmanuelle Pessano est clairement coulé par l’Hydra et deux vedettes lance-torpilles, le croiseur léger encaissant cinq torpilles et une floppée d’obus de 120mm.

Il se réfugie en Crète puis en Egypte. Il opère dans le bassin orientale de la Méditerranée assurant des raids, des escortes de convois _il devient un habitué de la ligne Bizerte-Alexandrie-La Sude-Nauplie_ mais aussi des missions d’appui aux commandos.

Le 2 décembre 1953 alors qu’il participait à l’opération SWORD, il est surpris par Junkers Ju-188 qui profitant d’une troupée dans la couche nuageuse plaça deux bombes de 500kg malgré une DCA rageuse. Le navire est coulé en deux, coulant rapidement en ne laissant qu’une poignée de survivants.

Le Spetsai et Psara survivent au conflit sans grands dommages. Mis en réserve en 1956 après leur remplacement par des destroyers transférés par les américains, ils sont démolis au milieu des années soixante. A ma connaissance aucun projet de préservation n’à été sérieusement étudié.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1411 tonnes pleine charge 2080 tonnes

Dimensions : longueur 95.9m (92m entre perpendiculaires) largeur 9.5m tirant d’eau 3.65m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières dévellopant 44000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 30 nœuds en service courant (des pointes à 38/39 enregistrées aux essais) distance franchissable 5800 miles nautiques à 12 nœuds 680 miles nautiques à 32 nœuds

Armement : (origine) quatre canons de 120mm en quatre affûts simples, trois Pom-Pom simples, quatre mitrailleuses de 13.2mm, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples jusqu’à cinquante-quatre mines

(WWII) trois canons de 120mm en affûts simples sous masque, huit canons de 40mm Bofors en quatre affûts doubles (dont un en remplacement de la pièce III _supérieure arrière_ de 120mm), six canons de 20mm Oerlikon, deux plate-formes triples lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs de sillage avec un total de 48 grenades. La capacité de mouillage à été supprimée au profit des grenadeurs.

Equipage : 165 hommes dont 16 officiers

Classe Vasilefs Georgios

Le Vasilissa Olga

Les quatre destroyers de classe Vasilefs Georgios sont semblables au Type G britannique. Ce modèle de destroyers est issu des 1933 Naval Estimates (programme naval de 1933) qui comprend huit destroyers et un leader de flottille portant un cinquième canon avec des installations de commandement.

Ils sont similaires aux type F mais un appareil propulsif plus compact permet une légère réduction des dimensions.

Les canons de 4.7 pouces qui peuvent pointer à 40° en site positif sont plus efficaces pour la lutte contre-avions.

Le Glowworm marque l’introduction d’une plate-forme lance-torpilles quintuple mais ses sister-ships vont conserver les affûts quadruples. Ces destroyers sont mis en service en 1936.

Ce modèle à connu un vrai succès à l’exportation, sept navires formant la classe Buenos Aires (Buenos Aires, Corrientes, Entre Rios,Missiones, San Juan, San Luiz et Santa Cruz) ont été vendus à la marine argentine alors que quatre ont été construits en Grèce avec un armement d’origine allemande.

Ces navires sont baptisés Vasilefs Georgios Vasilissa Olga Vasilefs Konstantinos et Vasilissa Sofia, des navires mis en service respectivement en 1939, 1939, 1942 et 1944, ces quatre navires formant la 2ème flottille.

Ils se diférencient des destroyers britanniques par leur armement qui se compose notamment de quatre canons de 127mm allemands au lieu des 120mm britanniques.

Le Vasilefs Georgios participe à la Campagne de Grèce au cours de laquelle il coule le cacciatorpidiniere Alpino qu’il surprend au large de l’île de Céphalonie le 8 janvier 1950 alors que le destroyer italien bombardait l’île encore occupé par les alliés. Le destroyer grec lance six torpilles puis ouvre le feu.

L’Alpino qui n’à rien vu venir est touché par trois torpilles et par une volée d’obus de 127mm ne lui laissant aucune chance.

Il survit à la Campagne de Grèce étant endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement et une fois replié sur la Crète il continue ses missions d’escorte, d’attaque et d’appui aux opérations commandos.

Le 15 septembre 1952 il participe au raid sur Thessalonique en préparation/diversion de l’opération ANVIL.

Il est gravement endommagé par une batterie côtière non repérée et parvient cahin caha à se replier sur la Crète.

«C’était une horreur, le destroyer était par endroit ouvert comme une boite de conserve, des câbles pendaient, des tuyaux éventrés d’où s’échappaient de la vapeur résiduelle, partout du sang, des petits foyers, cette image est restée gravée dans ma mémoire».

Des réparations d’urgence sont menées mais uniquement pour maintenir le destroyer à flot. Une inspection montre qu’il faudrait deux ans pour remettre en état le destroyer ce que les grecs contestent. Comme seuls les britanniques ou les français peuvent réparer, les grecs n’ont pas le choix d’accepter la décision des alliés de ne pas remettre en état un navire qui est désarmé le 17 décembre 1952 et qui sera démoli après guerre.

Le Vasilissa Olga coule le sous-marin Agostino Barrbarigo en février 1950. Il n’à guère l’occasion d’en profiter car le 13 mars 1950 des chasseur-bombardiers Focke-Wulf Fw-190 l’envoient par le fond, deux bombes de 250kg entrainent l’explosion des munitions (torpilles, grenades ASM) embarquées ne laissant que fort peu de survivants.

Les Vasilefs Konstantinos et Vasilissa Sofia survivent au conflit même si ils sont endommagés à plusieurs reprises. Ils participent à la guerre civile grecque, étant désarmés respectivement en 1960 et 1962 et démoli respectivement en 1960 et 1970.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1371 tonnes pleine charge 1879 tonnes

Dimensions : longueur 97.5m largeur 9.7m tirant d’eau 2.7m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 34000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 3760 miles nautiques à 20 nœuds

Electronique : durant le second conflit mondial les trois destroyers ayant survécu à la campagne de Grèce ont reçu un Asdic, un radar de veille air et un radar de veille navigation tous de conception et de fabrication britannique

Armement : (origine) Quatre canons de 127mm SK/C-38 en quatre affûts simples sous masque (deux avant et deux arrières), quatre canons de 37mm en affûts simples, deux affûts quadruples de 12.7mm, deux plateformes quadruples lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs

(WWII) Les trois destroyers ayant survécu à la campagne de Grèce ont vu leur armement être modifié avec des canons de 120mm britanniques en remplacement des canons de 127mm d’origine (la raison étant un manque de munitions adaptées), un canon antiaérien de 76.2mm en remplacement de la plateforme quadruple lance-torpilles arrière et huit canons de 20mm en remplacement des canons de 37mm et des mitrailleuses de 12.7mm.

A la fin du conflit la DCA se composait de deux affûts quadruples de 40mm (qui remplaçaient le canon de 76.2mm initialement embarqué ainsi que le canon III de 120mm) et de douze canons de 20mm en affûts simples

Equipage : 168 officiers et marins

Destroyers classe Aetos

Les destroyers de classe Aetos au nombre de six ont été construits en Grèce, trois à l’Arsenal de Salamis et trois à Thessalonique.

Baptisés Aetos Ierax Leon Panthir Keravnos et Nea Genea, ces navires sont de conception grecque et sont souvent présentés comme une synthèse entre les Freccia italiens et les type G britanniques.

Ce sont des navires élancés et élégants avec un long gaillard d’avant mais un bloc-passerelle ramassé avec une cheminée unique ce qui permet de dégager au maximum les champs de tir de l’artillerie principale.

En ce qui concerne l’armement, les grecs espéraient acheter des canons de 127mm allemands supplémentaires mais cela se révéla impossible et ils se sont rabattus sur les canons de 120mm britanniques.

A ces quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant et deux arrières) s’ajoute une DCA légère composée de canons de 37mm Schneider et de canons de 20mm Oerlikon, huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plateformes quadruples et deux grenadeurs avec trente-deux projectiles.

Ces six navires sont mis en service en 1943 (Aetos Ierax), en 1945 (Leon Keravnas) et en 1947 (Panthir Nea Genea). Ils forment la 3ème flottille.

L’Aetos participe le 7 février 1950 à la destruction du Muzzio Atendolo en compagnie de navires français et britanniques alors qu’il couvrait un débarquement tactique sur la côte occidentale grecque pour tenter de déborder le dispositif ennemi.

Le Leon lui coule le torpilleur Giuseppe Le Farina qui escortait un convoi entre Valona et l’île de Céphalonie. Une fois l’escorteur envoyé par le fond, les caboteurs ne tardent pas à suivre.

Deux sont coulés durant le second conflit mondial, l’Aetos victime d’un sous-marin italien le 7 février 1953 en Adriatique et le Nea Genea victime de chasseurs-bombardiers allemands le 8 octobre 1952 alors qu’il venait d’attaquer un convoi ravitaillant l’Eubée depuis le port d’Athènes.

Le Ierax gravement endommagé lors d’une collision avec un paquebot transformé en transport de troupes le 14 février 1954 finit par couler alors qu’il était en cours de remorquage vers Alexandrie.

Les Leon Panthir Keravnos survivent à la terrible ordalie que constitue du second conflit mondial. Ils sont modernisés par les britanniques entre 1955 et 1958 et désarmés respectivement en 1965, 1967 et 1970 avant d’être démolis.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1450 tonnes pleine charge 1950 tonnes

Dimensions : longueur 99m largeur 11m tirant d’eau 3m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 34000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 34.5 nœuds distance franchissable 3760 miles nautiques à 20 nœuds

Electronique : durant le second conflit mondial les destroyers ont reçu un Asdic, un radar de veille air et un radar de veille navigation tous de conception et de fabrication britannique

Armement : (origine) Quatre canons de 120mm en quatre affûts simples sous masque (deux avant et deux arrières), quatre canons de 37mm Schneider en affûts simples, huit canons de 20mm, deux plateformes quadruples lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs

(WWII) Trois canons de 120mm, deux affûts quadruples de 37mm Schneider et douze canons de 20mm Oerlikon, une plate-forme quadruple lance-torpilles de 533mm et deux grenadeurs avec quarante-huit grenades Equipage : 168 officiers et marins

Equipage : 177 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (127) Yougoslavie (15)

Bristol Blenheim

A l’origine du Bristol Blenheim, bombardier léger standard de la RAF en septembre 1939 figure une demande de Lord Rothermere, magnat de la presse britannique et grand passionné d’aviation et un projet lancé à titre privé par la Bristol Aeronautic Company, le Bristol type 135.

Cet appareil était un avion civil de transport de passagers dévellopé par la firme Bristol, un élégant monoplan à aile basse cantilever pouvant transporter six à huit passagers.

Suite à l’achat par Lord Beaverbrook d’un DC-1, Lord Rothermere déclara à la firme Bristol qu’il pourrait acheter un type 135 si l’appareil était capable de relier les principales villes européennes ce que l’appareil était incapable de faire en l’état actuel.

Le projet fût donc remanié et le type 135 devint le type 142 dont le projet fût présenté le 27 avril 1934. C’était un appareil propulsé par des Bristol Mercury VI de 640ch pouvant atteindre 400 km/h et si la voilure du type 135 était conservé, le fuselage était différent.

Le prototype du Bristol type 142 effectua son premier vol le 12 avril 1935. Equipé d’hélices tripales Hamilton Standard à pas variable il atteint la vitesse de 495 km/h soit 48 km/h de plus que le dernier chasseur commandé par la RAF, le Gloster Gladiator.

Surpris et inquiet par ce résultat, l’Air Ministry demanda à lord Rothermere d’étudier son appareil ce que le magnat accepta, le Bristol type 142 ne fût jamais utilisé à titre civil mais utilisé pour des tests puis pour différentes missions de transport logistique jusqu’à sa réforme en juin 1942. Oublié dans un hangar, il fût retrouvé par hasard en 1980, restauré et maintenu en état de vol.

Parallèlement au type 142, la firme étudia le projet du type 143, un type 142 avec les moteurs prévus pour le type 135 mais ce projet qui intéressa un temps le Coastal Command et la Finlande ne firent pas le poids face au Bristol type 142M, une version militarisée plus connue sous le nom de Blenheim.

Le projet type 142M fût proposé aux services compétents le 9 juillet 1935, donnant un bombardier biplace transportant 450kg de bombes sur 1600km. En août, l’appel à projet B.29/35 fût lancé et une commande 150 exemplaires passée sans commande préalable de prototypes.

Le premier appareil de série effectue son premier vol le 25 juin 1936 et dès le moins de décembre une commande de 434 bimoteurs est passée. La production était rapide puisqu’en 1937 vingt-cinq appareils sortaient pas jour. 5500 Blenheim en différentes versions sont produits pour la RAF et pour l’export. L’appareil entre en service en mars 1937.

Suite au Mk I et à sa version de chasse lourde Mk IF, on trouve le Mk IV (premier vol le 24 septembre 1937, mise en service en mars 1939) qui lui aussi disposait d’une version de chasse lourde (Mk IVF) et d’entrainement/liaison/remorquage de cibles (Mk IVT).

Les Blenheim Mk II et Mk III n’ont été que des projets, le premier disposant d’ailes et de réservoirs agrandis, le second étant propulsé par un moteur en ligne Hispano-Suiza suite semble-t-il à un intérêt de la Suisse mais comme la Confédération Helvétique n’à pas donné suite, ce projet n’à pas vu le jour.

Le Blenheim Mk V est une version issue du Mk IV avec des moteurs plus puissants et un armement défensif plus important. Les Mk V vont remplacer les Mk I mais la production qui devait se poursuivre sous la forme d’un Mk VI avec des moteurs Bristol Hercules est finalement abandonné, la RAF préfèrant produire en masse le Bristol Beaumont, un bombardier moyen issu du Bristol Beaufort.

A noter que le Bristol type 149 Bolingbroke dérivé du Mk I n’à été produit que pour le Canada, la RAF un temps intéressée par l’appareil préféra au final poursuivre la production du Mk I. Sorti par la porte, le Bolingbroke revint par la fenêtre puisqu’il fût à l’origine du Mk IV.

Un projet de quadrimoteur baptisé Bristol type 150 ne dépassa pas le stade de la planche à dessin.

Le Blenheim à connu un grand succès à l’export puisqu’il à été exporté en Afrique du Sud, en Australie, au Canada (sous la forme du Bolingbroke), en Yougoslavie, en Finlande (construction sous licence), en Grèce (appareils ex-britanniques utilisés en attendant la livraison de Léo 451), Nouvelle-Zélande, Portugal, Roumanie, Suède et Turquie.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, le Bristol Blenheim est déployé en Egypte (trois squadrons équipés de Mk V), un wing de trois squadrons est déployé en Inde avec des Blenheim Mk IV. Un squadron de reconnaissance déployé en Extrême-Orient dispose de Blenheim Mk V qui ont remplacés des Mosquito prématurément usés par le chaud et lourd climat tropical.

Ce sont donc sept squadrons qui sont encore équipés de Blenheim au sein de la RAF, les appareils exportés étant encore largement en service dans leur mission initiale de bombardier.

La Yougoslavie à reçut initialement 61 Blenheim Mk I utilisés pour le bombardement (50) et la reconnaissance (11). Ultérieurement des appareils retirés du service puis reconditionnés par les britanniques ont rejoint le pays des slaves du Sud portant le total à 84 appareils dont 24 pour l’aéronavale yougoslave.

Douze Blenheim Mk I équipèrent le squadron n°11, les autres appareils étant utilisés pour l’entrainement et la formation de nouveaux pilotes en attendant de remplacer les appareils détruits.

Quand les forces de l’Axe déclenchent l’opération MARITSA, l’aéronavale aligne encore seize Blenheim en état de vol, quatre ayant été perdus et quatre étaient en grande revision dans une usine en Slovenie, usine qui allait être détruite dans les premières heures du conflit.

Ces appareils modifiés pour servir de bombardiers-torpilleurs devaient en théorie attaquer la flotte italienne et/ou couvrir les unités d’attaque de la marine yougoslave.

Ils réaliseront bien quelques attaques à la bombe et à la torpille mais la majorité des missions concernera des missions d’apppui-feu et d’interdiction, missions pour lesquelles les pilotes ne sont pas vraiment formés ce qui explique probablement les résultats médiocres.

A la fin de la campagne de Yougoslavie il ne restait plus que deux appareils en mauvais état, appareils incendiés par leur équipages avant que ces derniers ne franchissent la frontière séparant la Grèce de la Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques du Bristol Blenheim Mk I

Type : bombardier léger bimoteur triplace

Masse : à vode 3674kg en charge 5662kg

Dimensions : envergure 17.17m longueur 12.12m hauteur 3.05m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Mercury VIII dévellopant 840ch chacun

Performances : vitesse maximale 450 km/h rayon d’action 1800km plafond opérationnel 8475m

Armement : une mitrailleuse fixe de 7.7mm à l’avant et une autre en tourelle dorsale 454kg de bombes

Savoia-Marchetti SM-79

Un point commun pour de nombreux moteurs italiens dans les années trente : un manque de puissance et de fiabilité.

Résultat les constructeurs aéronautiques transalpins furent contraints de choisir une configuration trimoteur pour obtenir une puissance suffisante. Cela avait de nombreux inconvénients notamment un poids supplémentaire et surtout l’impossibilité d’installer un armement frontal.

A l’origine de cet appareil figure comme souvent à cette époque un avion civil. En octobre 1934 pour célébrer le centenaire de la fondation de Melbourne, le lord-maire proposa un prix pour l’avion capable de faire le trajet Londres-Melbourne le plus rapidement possible.

Les italiens qui voyaient dans l’aviation un formidable outil de propagande décidèrent de dévelloper un appareil destiné à ce record mais il partit trop tard dans la compétition.

Ayant montré de bonnes performances, il attira l’intention des militaires italiens qui décidèrent de transformer ce trimoteur racé et élégant en bombardier. La production en série fût lancée en 1936 et se poursuivit jusqu’en septembre 1948 permettant la sortie de 1800 exemplaires, une partie étant vendu à l’export.

Conçu initialement comme bombardier terrestre, le SM-79 à connu son baptême du feu durant la guerre d’Espagne, 19 appareils étant perdus sur les 99 engagés.

Il fût ensuite engagé dans la campagne d’Albanie moins comme bombardier que comme avion de transport dans un pont aérien au dessus de l’Adriatique.

L’appareil qui fût également dévellopé en version bombardement-torpilleur, version dans laquelle il s’illustra durant le second conflit mondial dans les unités d’aerosiluranti.

Outre l’Italie l’appareil à été utilisé par le Brésil (deux exemplaires), la Yougoslavie, l’Allemagne (appareils ex-yougoslaves), l’Espagne (80 appareils ayant été utilisés par l’Aviazione Legionaria et cédés à l’Espagne nationaliste une fois le conflit terminé) et la Roumanie (104 exemplaires en différentes versions).

L’appareil participe à tout le conflit jusqu’au printemps 1953 même si à l’époque le nombre d’appareils en service était fort réduit en raison du manque de pièces détachées.

L’aviation co-belligérante conserve des Sparviero comme appareil de transport et de liaison mais après plusieurs tirs fratricides les appareils sont cloués au sol.

En septembre 1954, il reste une douzaine d’appareils disponible. Certains ont été préservés jusqu’à nos jours, un en vol en Italie et quatre dans des musées (un en France, deux aux Etats-Unis et un en Grande-Bretagne).

La Yougoslavie à reçu 40 appareils de la par de l’Italie et ce en dépit de relations compliquées entre les deux pays. L’aéronavale à utilisé douze appareils (jamais plus de huit en même temps) au sein du squadron n°10 laissant le reliquat à l’armée de l’air.

Tout comme les Blenheim ces appareils étaient censés mener des missions de bombardement-torpillage mais aussi et surtout de patrouille maritime, une mission pour laquelle l’appareil n’était pas vraiment adapté.

La campagne des Sparviero de la marine yougoslave sera courte. Dès le premier jour six appareils sont détruits au sol et quatre sont livrés aux allemands par leurs pilotes croates (ces appareils vont être utilisés un temps par la Luftwaffe avant de rallier l’armée de l’air de l’Etat Indépendant de Croatie) ne laissant que deux avions qui vont mener quelques missions avant d’être détruits par la chasse ennemie.

Les quatre appareils servant sous les cocardes croates vont opérer comme bombardiers, avions de reconnaissance et même avions de transport. Aucun SM-79 n’à survécu au conflit.

Caractéristiques Techniques (SM-79 Sparviero)

Type : Avion trimoteur multiplace de bombardement et de torpillage

Masse à vide : 7700kg Masse en charge : 10050kg

Longueur : 16.2m Envergure : 20.2m Hauteur : 4.1m

Motorisation : trois moteurs radiaux Alfa-Romeo 128-RC18 de 860ch chacun

Performances : vitesse maximale 460 km/h Distance franchissable : 2600km Plafond opérationnel : 7500m

Armement : un canon de 20mm Mauser MG151 à l’avant, une mitrailleuse de 12.7mm Breda-SAFAT dans le poste dorsal et deux mitrailleuses de 7.7mm dans des postes latéraux (armes optionelles). 1200kg de charge militaire en soute ou deux torpilles de 450mm sous le fuselage en extérieur.

Equipage : six hommes (pilotes, co-pilotes, mécanicien-canonnier, opérateur radio, bombardier et mitrailleur arrière)

Dornier Do-17

A l’origine du “crayon volant” figure un appel d’offres lancé en 1932 pour un courrier postal destiné à la Lufthansa et un avion cargo pour la Deutschebahn. La firme Dornier dont l’usine était installée à Friedrichshafen sur les rives du lac de Constance remporte le contrat de développement.

Le projet lancé en août 1932 puis accéléré par l’arrivée des nazis au pouvoir. La construction des prototypes ne commencent que le 20 mai 1934 et le 23 novembre, le Do-17V1 décolle pour la première fois.

Ce prototype est muni d’une dérive unique à la différence des deux autres, la configuration à double dérive se révélant plus stable et est donc sélectionnée. Au total neuf prototypes furent produits.

L’appareil est mis en service début 1937 avec le Do-17E suivit d’une variante pour la reconnaissance tactique baptisée Do-17F mais cette variante est produite en petit nombre, la Luftwaffe préférant utiliser le Focke-Wulf Fw-189 et des variantes de la famille Ju-88/Ju-188 pour ce type de mission.

La variante Do-17L n’est pas produite en série à la différence de la variante Do-17M qui abandonnait les moteurs radiaux pour des moteurs en ligne. Une autre variante de reconnaissance baptisée Do-17P est envisagée mais non produite.

Quand commence la guerre de Pologne, cinq escadres sont équipées des différentes variantes du Do-17, trois équipées de Do-17E et deux équipées de Do-17M.

A l’origine il était prévu la production du Dornier Do-17Z mais les allemands préférèrent passer au Do-217, un appareil étroitement issu du Do-17.

Résultat en septembre 1948, les Do-17 ne sont plus en service sous les couleurs allemandes. Des appareils sont utilisés pour les liaisons, l’entrainement, le remorquage des cibles et les expérimentations.

Il est encore en service en Yougoslavie, en Espagne, en Bulgarie, en Finlande, en Hongrie et en Roumanie.

La Yougoslavie à reçut un total de soixante-neuf Dornier Do-17K dont une poignée va armer le squadron n°20, une unité initialement créée comme unité de patrouille maritime mais qui allait être utilisée également pour le bombardement-torpillage, le bombardement et l’attaque avec là encore des résultats mitigés.

Aux huit appareils en ligne vont s’ajouter huit autres utilisés pour la formation, l’entrainement et les liaisons. Sur ces seize appareis livrés à l’aéronavale entre septembre 1943 et mars 1944 seulement douze étaient encore opérationnels en juillet 1949, plusieurs ayant été perdus à l’entrainement ou dans des circonstances incertaines (sabotage au sol, interception non déclarée par des chasseurs italiens ou allemands).

Les appareils opérationnels le 7 juillet 1949 vont être pour certains surpris par les bombardements préliminaires de l’ennemi mais quatre appareils sont engagés à basse altitude contre une colonne motorisée italienne.

L’attaque est un succès mais deux appareils sont abattus et un troiisème gravement endommagé ne volera plus.

Après quinze jours de combat il ne restait plus que quatre appareils qui vont voler désormais essentiellement de nuit pour tenter d’échapper à la chasse et à la DCA ennemie. Cela n’empêchera pas leur destruction avant la fin de la campagne de Yougoslavie.

Caractéristiques Techniques du Dornier Do-17

Type : bombardier moyen bimoteur quadriplace

Masse : à vide 5210kg à vide équipé 5963kg maximale au décollage 8837kg

Dimensions : longueur 15.8m envergure 18m hauteur 4.56m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bramo 323P 9 cylindres dévellopant 986ch et entrainant des hélices tripales.

Performances : vitesse maximale 350 km/h au niveau de la mer vitesse de croisière 300km/h Distance franchissable 600km avec 1540 litres de carburant et 1000kg de bombes Plafond opérationnel 8200m

Armement : six mitrailleuses MG-15 de 7.92mm, 1000kg de bombes en soute, la charge pouvant être emportée à l’extérieur

Lioré et Olivier Léo 456

L’acte de naissance de cet élégant bombardier bimoteur qui ne laissait personne indifférent («Les jeunes pilotes le redoutait et le détestait en même temps alors que les pilotes expérimentés comme moi l’aimait d’amour» in Pilotes français au combat : récit d’une épopée héroïque) date de novembre 1934 quand le Ministère de l’Air lance un programme destiné à corriger les défauts (sic) du concept BCR à savoir le programme B5 (Bombardier à cinq hommes d’équipage).

Un an plus tard l’équipage est réduit à quatre hommes. La firme Lioré et Olivier qui n’en était pas à son premier bombardier proposa le Lioré et Olivier Léo 45 qui effectua son vol inaugural le 16 janvier 1937 cinq semaines avant sa nationalisation et son intégration à la SNACSE.

Après vingt exemplaires produits et des problèmes permanents de moteur, l’Armée de l’Air décide de passer au Léo 451 qui reprend les essais officiels le 21 octobre 1938.

Parallèlement les commandes s’envolent, commandes qui voient l’apparition de plusieurs variantes se distinguant notamment au niveau de la motorisation.

C’est ainsi qu’en septembre 1939 749 appareils ont été commandés répartis entre 722 Lioré et Olivier Léo 451, cinq Lioré et Olivier Léo 457 de bombardement à haute altitude, dix Lioré et Olivier Léo 458 à moteurs américains et douze Léo 451 destinés à la Grèce.

En septembre 1948 ce sont 24 groupes répartis en huit escadres qui volent sur cet appareil soit 648 appareils en ligne. 1700 appareils ont été commandés au total ce qui représente un effort très important d’une industrie aéronautique enfin passée du stade semi-industriel au stade de la production de masse. Certes nous n’étions pas chez Ford mais cela ne ressemblait plus à l’industrie aéronautique de papa ou de grand papa.

Au sein de l’Armée de l’Air, le Léo 451 équipait douze des vingt-quatre groupes de bombardement sachant que d’autres Léo 451 équipaient des unités de l’Aviation Navale aux côtés du Léo 456 spécialement conçu pour l’aviation de la Royale.

On trouve également trois groupes volant sur Lioré et Olivier Léo 453, une variante propulsée par des moteurs Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp, trois groupes volant sur Lioré et Olivier Léo 454 (moteurs Bristol Hercules II), un groupe indépendant volant sur une variante de bombardement à haute altitude baptisée Lioré et Olivier Léo 457 et enfin trois groupes de Lioré et Olivier Léo 458 (moteurs Wright Cyclone)

Au total, l’armée de l’air à reçu 1033 Lioré et Olivier Léo 451/453/454/457/458 auxquels s’ajoute 174 appareils pour la marine et 132 pour l’export (24 exemplaires pour la Grèce et pour la Yougoslavie, 36 pour la Roumanie et 48 pour la Belgique) ce qui porte le total des appareils produits avant guerre à 1339.

1700 appareils ayant été commandé, le solde de 361 appareils ayant été annulé suite à un addendum au contrat. Il est cependant prévu des commandes supplémentaires à l’entrée en guerre, commandes dont le nombre n’est pas fixé puisque l’armée de l’air ignore les pertes de ces unités de bombardement moyen.

Cela pousse la firme Lioré et Olivier de travailler sur des versions améliorées de son bombardier qui fait l’unanimité au sein des unités l’équipant.

Elle privilégie le Léo 458 et dévellope le Léo 458bis propulsé par des moteurs radiaux Bristol Hercules XVII de 1750ch et le Léo 458ter propulsé par des moteurs radiaux Wright Cyclone R-2600-29 de 1750ch. Quatre prototypes sont commandés à l’automne 1947 et livrés au printemps 1948.

Sur le plan de l’organisation on trouve en Métropole cinq escadres volant sur «Leo» (12ème, 23ème, 31ème et 38ème EBM toutes équipés de «451», le groupe indépendant volant sur Léo 457 et la 11ème EBM volant sur Léo 458) auxquelles il faut ajouter une Escadre déployée en Tunisie (la 46ème EBM volant sur Léo 458), une Escadre déployée en Indochine à Than-Son-Nhut près de Saigon (48ème EBM Lioré et Olivier 453) et une Escadre déployée au Levant, la 19ème EBM volant sur Léo 454.

La Yougoslavie avait donc acquis vingt-quatre exemplaires pour son armée de l’air (en attendant des Léo 458) avant de recevoir des Lioré et Olivier Léo 456 pour armer le squadron n°16 soit huit appareils en ligne et quatre en réserve.

Ces appareils vont être engagés au dessus de l’Adriatique mais aussi au dessus du territoire yougoslave comme bombardier classique. Deux Léo 456 de l’aéronavale yougoslave vont survivre à la campagne de Yougoslavie et vont rallier l’Egypte où ils vont être utilisés pour l’entrainement jusqu’en septembre 1952 quand ils sont interdits de vol et ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Lioré et Olivier Léo 451

Type : bombardier bimoteur quadriplace (B4)

Poids : à vide 7530kg maximal 11400kg

Dimensions : Envergure 22.52m Longueur 17.20m Hauteur 5.24m

Motorisation : deux moteurs Gnôme-Rhône 14N-38/39 développant 1030ch à 4800m entrainant une hélice tripale Ratier de 3.20m

Performances : vitesse maximale 495 km/h à 4800m vitesse de croisière 360 km/h Autonomie maximale 2900km (2300km avec 500kg de bombes) Plafond pratique : 9000m

Armement : (Léo français) un canon de 20mm Hispano-Suiza HS-404 avec 120 coups à l’arrière (couplé ensuite avec un jumelage de mitrailleuses de 7.5mm), une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm fixe dans le nez avec 300 coups et une autre dans une cuve retractable avec 100 coups. 1400 kg de bombes dont 1000kg en soute.

(Léo yougoslaves) un canon de 20mm Oerlikon FF couplé avec deux mitrailleuses de 7.92mm, une mitrailleuse du même type fixe dans le nez ainsi qu’une mitrailleuse dans une cuve retractable en soute. 1400Kg de bombes dont 1000kg en soute.

Bristol Beaumont

A l’origine du Beaumont, le Bristol Beaufort

Le Bristol Beaumont est un bombardier bimoteur issu du Beaufort. Ce dernier était ce qu’on pourrait appeler un «honnête appareil» sans défauts majeurs mais sans qualités qui pourrait en faire une légende aéronautique. L’appareil étant amené à être rapidement déclassé, la firme Bristol travailla rapidement sur un nouvel avion.

A l’époque du développement du Beaufort, Bristol travaillait déjà sur le Beaufighter mais cela ne l’empêcha pas de détacher une partie du bureau d’études pour étudier un nouveau bombardier bimoteur capable de remplacer le Beaufort mais aussi le Wellington.

L’appel d’offres est lancé en septembre 1944. Bristol, Fairey et Armstrong-Whitworth proposèrent des projets mais seul Bristol proposa deux prototypes.

Le fuselage du Beaufort était repris dans sa forme générale mais l’avant était affiné et la dérive simple était devenue double.

Les ailes furent allongées et des moteurs Bristol Hercules XIX installés donnant à l’appareil un punch redoutable. A cela s’ajoutait des modifications de détail et une meilleur ergonomie pour rendre le vol et les opérations de guerre moins fatigantes pour l’équipage.

Sur le plan de l’armement, celui était sacrément renforcé avec une tourelle dorsale double, deux mitrailleuses dans le nez, une mitrailleuse automatique couvrant le secteur inférieur et quatre mitrailleuses dans les ailes soit un total de neuf mitrailleuses de 7.7mm, total qui pouvait passer à quinze avec le remplacement du nez vitré par un nez plein à l’instar du B-25 Mitchell.

Baptisé Beaumont, le nouvel appareil fût conçu aussi bien comme bombardier-torpilleur que comme bombardier médian, cette dernière mission prennant d’ailleurs le pas sur la première, laissant au Beaufighter le redoutable privilège de lancer la torpille.

Le premier prototype effectue son premier vol le 18 août 1946. Sa mise au point est rapide puisque les premiers appareils de série sont livrés à l’automne 1947.

Le Beaumont Mk I désigne les avions-torpilleurs du Coastal Command, le Mk II les futurs bombardiers médians que pourrait commander le Bomber Command. Quand au Mk III cette désignation va être réservée aux appareils exportés.

La Yougoslavie s’intéresse à l’appareil dès avant guerre en vue de remplacer ses Blenheim mais naturellement rien ne se passe avant l’opération MARITSA. Pour armer l’escadron n°2 de bombardement «Vengeance» (2. eskadrilla bombaski napad «Osveta») le gouvernement yougoslave en exil choisit le Bristol Beaumont.

L’unité est formée en Egypte, volant sur douze Beaumont Mk III, la variante export du Beaumont, une variante logiquement désignée Bristol Beaumont B. MkIIIY. Cette unité opérationnelle en juin 1950 va rapidement rallier la Crète pour mener des missions offensives en mer Egée, attaquant à la bombe, à la torpille et à la roquette les navires de l’Axe qu’il s’agisse de patrouilleurs, d’escorteurs ou de caboteurs tentant de ravitailler les Cyclades aux mains de l’Axe.

Les pertes sont lourdes pour l’unité qui utilise ses bimoteurs de manière très agressive ce qui les expose à la DCA et à la chasse ennemie. Resultat le nombre d’appareils utilisé au total par l’unité à été de vingt-huit soit plus du double de la dotation initiale !

L’unité va rallier ensuite le Peloponnèse puis Corfou, terminant la guerre au Monténégro, ses bombardiers attaquant tout ce qui flottait en Dalmatie.

Les Bristol Beaumont yougoslaves étaient toujours en service en 1958, l’unité jouant un rôle décisif dans la victoire des communistes contre les troupes royales. Les appareils ont été retirés du service en 1964.

Caractéristiques Techniques du Bristol Beaumont Mk I

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Masse : à vide 6350kg en charge 9890kg

Dimensions : longueur 14.76m envergure 18.23m hauteur 4.45m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Hercules XIX de 1750ch chacun entrainant des hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 490 km/h à 1981m vitesse de croisière 450 km/h à 1981m distance franchissable 2900km plafond opérationnel 7150m

Armement : neuf mitrailleuses de 7.7mm Browning avec quatre dans les ailes, deux dans la tourelle dorsale, deux dans le nez et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur.

Le nombre peut passer à treize en configuration “nez plein” avec huit mitrailleuses dans le nez, deux en tourelle dorsale, quatre dans les ailes et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur soit un total de quinze armes. Une torpille de 900kg ou 1500kg de bombes.

Equipage : Quatre hommes

Consolidated PB4Y-2 Privateer

Après avoir commandé des B-17 pour des missions de patrouille maritime, l’US Navy satisfaite du concept envisagea de passer commander de Flying Fortress supplémentaires.

C’est alors qu’apparu le Consolidated model 32 Giant, un bombardier de facture plus moderne que le Boeing model 299. La Consolidated Aircraft Corporation proposa le futur B-24 à l’US Navy qui accepta de le commander mais également proposa une version adaptée à la patrouille maritime.

Semblable au model 32, il se distinguait par des moteurs sans turbocompresseurs (car opérant à basse altitude) et plus visible par une dérive unique à la place de la dérive double. La structure est renforcée pour supporter les contraintes du vol à basse altitude. Certains modifications seront ultérieurement intégréés aux versions tardives du model 32/B-24.

Le prototype du Privateer (corsaire) commandé en juin 1942, baptisé XPB4Y-2 effectue son premier vol le 18 juin 1943. Les essais se déroulent correctement jusqu’au crash du prototype qui survient le 12 mars 1944.

L’enquête ayant montré qu’il s’agissait d’une conjonction d’une erreur de pilotage et de mauvaises conditions météos, le programme se poursuit, un deuxième prototype décollant pour la première fois le 8 août 1944.

Six appareils de pré-série sont livrés en octobre 1944 pour accélérer les essais, les expérimentations et la mise au point de tactiques d’emploi.

Une première commande de 120 Privateer est passée en novembre 1944, les appareils étant livrés entre février et décembre 1945, permettant d’équiper six squadrons, tous stationnés dans le Pacifique.

Une seconde commande de 120 Privateer est passée en mars 1945 et honorée entre mai 1945 et mars 1946, ces avions équipant quatre squadrons (deux dans l’Atlantique et deux dans le Pacifique), les 40 appareils restant étant stockés pour servir de volant de fonctionnement.

Une nouvelle commande est passée en septembre 1948 pour équiper les squadrons encore équipés de Giant mais également pour de nouvelles unités. 240 P4BY-3 aux moteurs plus puissants, à l’armement renforcé et disposant d’un radar de veille surface sont livrés entre janvier 1949 et juin 1950, portant alors la production à 480 Privateer.

240 nouveaux appareils sont commandés en septembre 1950 et livrés entre janvier 1951 et septembre 1952, date à laquelle la production s’arrête après la sortie du 720ème exemplaire. Les appareils sont retirés du service par l’US Navy en 1960.

Les Garde-Côtes récupérèrent des Privateer dans l’immédiat après guerre pour servir à la recherche et au sauvetage en mer et ce jusqu’en 1970 quand les derniers appareils cessent de voler.

Dès la fin de la guerre des appareils sont revendus à des opérateurs civils américains pour participer à la lutte contre les incendies de forêt, le dernier appareil cessant de voler en 2005.

La Yougoslavie pour équiper son escadron n°3 de patrouille maritime «Patrie» (3. Eskadrilla Pormoska Patrola «Zemjla») choisit le puissant quadrimoteur américain essentiellement pour des raisons politiques (ne pas être trop dépendant des britanniques et des français).

L’unité vole sur douze appareils qui vont déployés d’abord à Alexandrie pour couvrir le bassin oriental de la Méditerranée puis en Crète pour couvrir la mer Ionienne et la mer Egée. Ces appareils vont mener surtout des missions de surveillance, les misssions d’attaque étant rares.

Déployés au Peloponnèse en janvier 1953, les quadrimoteurs yougoslaves vont rallier la Yougoslavie en avril 1954 quelques jours afin la fin des combats en Europe. Jusqu’au printemps 1955 ils vont mener des missions de répérage et de cartographie, des épaves et des champs de mines.

Les appareils vont rester en service dans l’aéronavale yougoslave jusqu’en 1965 quand ils sont retirés du service et ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PB4Y-2 Privateer

Type : avion de patrouille maritime quadrimoteur multiplace

Masse : à vide 12467kg maximale au décollage 29500kg

Dimensions : envergure 33.53m longueur 22.73m hauteur 9.17m

Motorisation : quatre moteurs radiaux à refroidissement par air Pratt & Whitney R-1830-94 de 1350ch chacun

Performances : vitesse maximale 382 km/h vitesse de croisière 224 km/h distance franchissable 4540km plafond opérationnel 6400m

Armement : 12 mitrailleuses de 12.7mm en six tourelles doubles et 5800kg de bombes, mines, torpilles ou charges de profondeur.

Equipage : onze hommes (eux pilotes, un navigateur, un bombardier, cinq mitrailleurs et deux opérateurs radios)

Rogozarski SIM-XI

Le Rogorzarski SIM-XI est un avion d’entrainement monoplace de conception et de fabrication yougoslave. De prime abord un avion d’entrainement monoplace peut sembler être un non-sens sauf que cet appareil était destiné à l’entrainement à l’acrobatie. A une époque où le combat tournoyant était la seule façon de vaincre un ennemi en combat aérien, apprendre aux jeunes pilotes l’acrobatie avait tout son sens.

Ce monoplace monoplan à aile parasol effectue son premier vol et est mis en service en 1938. L’appareil est utilisé par l’armée de l’air yougoslave et par la marine. Produit jusqu’en 1942, il en à été fabriqué seize exemplaires au total.

Si l’armée de l’air n’en utilisait que quatre, la marine en possédait douze au sein de son squadron d’entrainement. Ces appareils non armés n’étaient d’aucun utilisé lors de l’opération MARITSA et le haut commandement yougoslave préféra les évacuer vers le sud avec de jeunes pilotes, une façon comme une autre de préserve un potentiel avenir.

Quand la Campagne de Yougoslavie se termine quatre appareils ont été abattus, deux capturés par les italiens (mais dans un tel état que les avions ont été envoyés immédiatement à la casse), deux par les croates (qui les utiliseront pour la proapgande) et huit préservés en Grèce.

Démontés et mis en caisse ils sont transférés en Egypte. Quatre d’entre-eux sont remis en service pour former une patrouille acrobatique destinée à des opérations de propagande. Les appareils vont ainsi voler avec des pilotes détachés d’unités combattantes, une sorte de sas entre deux tours opérationnels. Les appareils ont été hélas envoyés à la casse à la fin du conflit sans qu’une quelconque préservation n’ait été envisagée.

Caracteristiques Techniques

Type : avion d’entrainement monoplace

Masse à vide 540kg en charge 680kg

Dimensions : longueur 7.16m envergure 9.40m hauteur 2.70m

Motorisation : un moteur radial Siemens-Halske de 150ch entrainant une hélice bipale

Performances : vitesse maximale 191km/h vitesse de croisière 168km/h distance franchissable 825km plafond opérationnel 5500m

Défenses côtières

Longtemps négligées les défenses côtières yougoslaves sont modernisées durant la Pax Armada mais comme souvent les ambitions sont aussi grandes que les réalisations ont été minimes.

Au projet d’une côte 100% fortifiée totalement illusoire les yougoslaves ont préféré protéger certains secteurs clés de la côte notamment les ports de Split et de Kotor.

Il s’agit d’empêcher le blocus des côtes et permettre à ces ports de servir de point de fixation pour prolonger la résistance générale du pays contre une invasion étrangère.

Le port de Split est couvert par quatre batteries disposant chacune de deux tourelles doubles de 120mm installés sur des supports en béton qui abritaient les équipages en repos, les locaux-vie, les soutes à munitions, les postes de commandement.

Le choix de la tourelle permettait aux canons de tirer à 360° ce qui s’avera précieux lors de l’opération MARITSA puisque ses tourelles ouvriront le feu à plusieurs reprises sur les troupes italiennes qui devront employer de l’artillerie lourde mais aussi de l’infanterie pour donner l’assaut aux batteries et définitivement les neutraliser.

Ces batteries pouvant être vulnérables à un assaut direct, des blockhaus d’infanterie furent aménagés, blockhaus disposant de canons antichars et de mitrailleuses.

Une fois la campagne de Yougoslavie terminée les italiens s’installèrent à Split et remirent en service les batteries côtières yougoslaves avec leurs propres pièces d’artillerie, les pièces yougoslaves ayant été détruites et/ou sabotées.

Elles seront de peu d’utilité, les alliés ne menant aucun blocus des ports dalmates avec des unités de surface justifiant de puissantes défenses côtières et si la menace d’un débarquement amphibie en Dalmatie aurait pu justifier la construction de puissantes batteries côtières, le temps comme les moyens ont de toute façon manqué.

La baie de Kotor est défendue pat quatre batteries disposant de deux tourelles doubles de 120mm installés sur des supports en béton qui abritaient les équipages en repos, les locaux-vie, les soutes à munitions, les postes de commandement.

Ces tourelles étaient protégés par des batteries d’artillerie légère disposant de quatre canons de 100mm et de blockhaus d’infanterie avec mitrailleuses et canons antichars.

Ces batteries formaient un quadrilatère protégeant la baie de Kotor. Entre septembre 1948 et juillet 1949 des fortifications de campagne vont être aménagées pour tenter de créer une véritable forteresse.

Lourdement endommagées par les combats ses batteries sont partiellement réarmées par les italiens mais leur utilisation à été assez limitée et quand les alliés remonteront la péninsule balkanique les allemands qui avaient remplacé les italiens n’utilisèrent que temporairement ses batteries et davantage comme abcès de fixation que comme barrage contre une flotte ennemie.

Quelques ouvrages seront reconstruits après guerre mais leur utilité deviendra très vite douteuse avec la surpuissance aérienne, les missiles et naturellement la bombe atomique.

Infanterie de marine

Ce n’est que durant la Pax Armada que la marine royale yougoslave se dota d’une véritable unité d’infanterie de marine. Jusqu’ici les fusiliers marins yougoslaves étaient davantage des matelots armés de fusils que de véritables combattants.

Le 1er mars 1945 le 1er bataillon d’infanterie navale reçoit son drapeau des mains du roi Pierre II. Cette unité stationnée à Split est destinée à protéger le grand port dalmate voir à terme à mener des opérations offensives sous la forme de coups de main contre le dispositif ennemi.

Ce 1. Bataljon mornaričko pješaštvo était organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies d’infanterie et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Ce premier bataillon aurait du être suivi d’un deuxième pour à terme créer une véritable brigade mais le temps et les moyens manquèrent pour réaliser un tel projet qui de plus n’était pas forcément bien vu par l’armée de terre qui estimait que la marine devrait plutôt renforcer ses moyens navals et aériens.

Ce bataillon bien que majoritairement composé de croates se montra loyal au gouvernement de Pierre II, combattant les italiens, se repliant dans l’ordre et la discipline jusqu’à son évacuation sur l’île de Corfou.

Unité militairement expérimentée elle est évacuée en Egypte pour être reconstituée en unité d’infanterie légère pour des opérations commandos. A nouveau opérationnelle au printemps 1950, l’unité va opérer depuis le Péloponnèse en direction de l’Attique et de l’Eubée. Il participe également au raid sur Thessalonique qui annonce l’opération SLEDGEHAMMER.

Elle va ensuite combattre dans l’Adriatique, menant des raids et des opérations coup de poing parfois en liaison avec les différents mouvements de résistance.

Devant le rôle illustre de cette unité, Pierre II lui accorde le nom symbolique de Bataillon Naval de la Garde même si en pratique l’unité reste stationnée à Split. Après le basculement dans le camp communiste, l’unité jugée peu sure est dissoute mais dès 1962 une nouvelle unité d’infanterie de marine sera reconstituée par le nouveau pouvoir.

Mitteleuropa Balkans (123) Yougoslavie (11)

Autres navires de surface

Yacht royal/canonnière Beli Orao

Le Beli Orao (aigle blanc) est un navire commandé pour servir en temps de paix de yacht royal et d’être transformé en temps de guerre en canonnière.

Il est mis sur cale le 23 décembre 1938 lancé le 3 juin 1939 et mis en service le 29 octobre 1939. Ce navire permet au jeune roi Pierre II d’inspecter les défenses côtières et les bases de la marine yougoslave, un moyen également d’effectuer un travail de «yougoslavisation» dans une marine où les croates sont majoritaires et donc potentiellement susceptibles de faire sécession. Il assiste également aux exercices de la marine yougoslave.

Transformé en cannonière en septembre 1948 il assure la protection de la navigation commerciale yougoslave moins en raison de menaces précises que pour dissuader l’Italie d’harceler la navigation d’un pays avec lequel elle avait de sérieux différents en dépit de protestation mutuelles d’amitié.

Endommagé par un échouage le 4 juillet 1949, le navire est remorqué entre Split et Kotor mais suite à la mutinerie de l’équipage d’un remorqueur civil chargé de l’amener à Corfou la canonnière est immobilisé à Kotor.

Capturé par la marine italienne, la canonnière est rebaptisé Alba et va servir depuis le port de Bar à protéger la navigation côtière. Survivant miraculeusement au conflit, le navire est repris par la marine yougoslave qui le retransforme au printemps 1955 en yacht royal.

Après la chute de la monarchie, il continue son rôle au profit des nouveaux maitres du pays. Victime d’un incendie de machine en septembre 1978, le navire est laissé à l’abandon jusqu’en 2000 (!) où toujours à flot il à été transformé en musée à Dubrovnik. C’est toujours le cas aujourd’hui

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 567 tonnes pleine charge 660 tonnes

Dimensions : longueur 65m hors tout (60.08m entre perpendiculaires) largeur 8.08m tirant d’eau 2.84m

Motorisation : deux moteurs diesels dévellopant 1900ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale 18 nœuds

Armement (canonnière) deux canons de 40mm, deux mitrailleuses de 7.92mm et huit charges de profondeur

Equipage : nc

Monitors fluviaux

Le Vardar est l’un des quatre monitors en service dans la marine royale yougoslave en juillet 1949, un navire déjà ancien, un navire à la carrière longue et chaotique.

Il est mis sur cale au chantiers navals Stabilimento Tecnico Triestino sur son site de Linz en 1914 lancé en 1915 et mis en service le 9 juillet 1915. Il à d’abord été connu sous le nom de Bosna puis sous le nom de Temes et enfin à nouveau Bosna le 9 mai 1917 quand le premier Temes à été relevé, réparé et remis en état.

Le 6 novembre 1918 il est transféré à la république populaire de Hongrie du comte Karolyi (à ne pas confondre avec la république des conseils de Béla Kun) conservant son nom d’origine. Le 13 décembre 1918 il est officiellement cédé au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes qui le remet en service en 1920 sous le nom de Vardar.

Modernisé à plusieurs reprises, le Vardar était donc toujours en service en juillet 1949. Dès le début de l’invasion de l’Axe, le Vardar va ouvrir le feu contre les troupes allemandes et les troupes hongroises, jouant au jeu du chat et de la souris.

Le 12 juillet 1949 le monitor est surpris par des bombardiers allemands, deux bombes provoquent son naufrage dans le Danube. Le navire sera relevé par les hongrois mais devant les dégâts les magyars préfèrent l’envoyer directement à la casse.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 580 tonnes

Dimensions : longueur 62m largeur 10.3m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrox dévellopant 1750ch et entainant deux hélices

Vitesse maximale 13.5 nœuds

Protection : ceinture et bulkheads 40mm pont 25mm bloc-passerelle, tourelles et coupoles 50mm

Armement : deux canons de 120mm, deux obusiers de 120mm, deux canons de 66mm, deux canons de 47mm, sept mitrailleuses

Equipage : 91 officiers et marins

Monitor fluvial Sava

Le SMS Bodrog futur Sava

Le Sava est un monitor anciennement austro-hongrois qui à connu une deuxième carrière sous pavillon yougoslave.

Il est mis en service sous le nom de Bodrog en novembre 1904. Sister-ship du Temes, il tire les premiers obus du premier conflit mondial contre la forteresse défendant Belgrade. En 1918 il est cédé à la marine du royaume des serbes, croates et slovènes même si il n’est remis officiellement en service sous le nom de Sava que le 15 avril 1920.

Modernisé à plusieurs reprises, il participe à la Campagne de Yougoslavie au cours de laquelle il est endommagé à plusieurs reprises. Sabordé par petits fonds il est renfloué par les allemands, réparé puis après un court usage par les allemands cédé à la Légion Navale Croate.

Il va participer à des opérations de nettoyage contre les maquisards royalistes et les partisans communistes et ce jusqu’en septembre 1953 quand il est sabordé par son équipage. Le navire est à nouveau renfloué en avril 1954, remis en état et utilisé par la marine yougoslave jusqu’en 1980 quand il est transformé en navire marchand. Suite à une pétition lancée en Serbie, le navire est racheté en 2015 par le gouvernement serbe qui l’à restauré dans son état initial pour être exposé à Belgrade au cœur d’un grand musée historique.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 440 tonnes

Dimensions : longueur 57.7m largeur 9.5m tirant d’eau 1.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 13 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 40mm pont 25mm bloc-passerelle 75mm tourelles 40mm

Armement : deux canons de 120mm, un obusier de 120mm, deux canons de 37mm

Equipage : 86 officiers et marins

Monitor fluvial Drava

Le SMS Inns sister-ship du SMS Enns futur Drava

Le monitor fluvial Drava est un autre navire anciennement austro-hongrois mis en service sous le nom d’Enns. Mis sur cale aux chantiers navals Schiffswerft de Linz le 21 novembre 1913 il est lancé le 29 juillet 1914 et mis en service le 17 octobre 1914.

Durant le premier conflit mondial il opère sur le Danube et notamment contre la capitale serbe Belgrade.

Après un cours service sous les couleurs de la république populaire hongroise (6 novembre au 8 décembre 1918) il est cédé à la marine yougoslave où il reprend du service sous le nom de Drava.

Il est officiellement remis en service en 1920, modernisé à plusieurs reprises et donc toujours en service en juillet 1949. Victime d’une avarie, il est capturé par les allemands qui après remise en état vont le céder à leur allié croate qui va l’utiliser jusqu’en juin 1952 quand il est coulé par des bombardiers français qui menaient des bombardement sur les aérodromes entourant la capitale serbe. L’épave qui ne gêne pas la navigation n’est relevée qu’en 1961 puis démantelée.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 536 tonnes

Dimensions : longueur 60.2m largeur 10.3m tirant d’eau 1.3m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 1700ch et entrainant deux hélices.

Vitesse maximale : 13 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 40mm ponts 25mm bloc-passerelle et tourelles 50mm

Armement : deux canons de 120mm, trois obusiers de 120mm, deux canons antiaériens Skoda de 66mm, six mitrailleuses de 8mm

Equipage : 95 officiers et marins

Monitor fluvial Morava

Le SMS Körös futur Moraba bombardant Belgrade durant le premier conflit mondial

Le Morava est le quatrième et dernier monitor fluvial ex-austro-hongrois servant dans la marine royale yougoslave quand les forces de l’Axe attaquent la Yougoslavie ce funeste jour de juillet 1949.

Mis sur cale sous le nom de Körösle 30 mars 1890 lancé le 5 février 1892 et mis en service le 21 avril 1892. Il est transféré à la marine de la république populaire hongroise le 6 novembre 1918 mais pour peu de temps puisque dès le 13 décembre 1918 il est saisi par les alliés et cédé à la Yougoslavie qui le remet en service en 1920 sous le nom de Morava.

En mauvais état en juillet 1949 il servit davantage comme ponton d’artillerie que comme monitor ce qui explique qu’après sa capture il n’à pas été remis en état. Les pièces d’artillerie ont été débarquées et la coque envoyée à la ferraille au printemps 1950.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : 448 tonnes

Dimensions : longueur 54m largeur 9m tirant d’eau 1.2m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow développant 1200ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 10 nœuds

Protection : ceinture et bulkhead 50mm pont 19mm bloc-passerelle et tourelles 75mm

Armement : deux canons de 120mm, deux canons antiaériens de 66mm et deux mitrailleuses

Equipage : 77 officiers et marins.

NdA ces monitors sont appuyés par deux patrouilleurs et trois remorqueurs fluviaux. On trouve également des pontons et des barges, certaines étant armées.

Sous-Marins

Sous-marins classe Hrabri

Le Hrabri

Les deux sous-marins formant la classe Hrabri sont des sous-marins de conception et de fabrication britannique plus précisément des chantiers navals Vickers-Armstrong implantés sur la rivière Tyne (région de Newcastle).

Baptisé Hrabri (brave, courageux) et Nebojsa (sans peur) ces deux sous-marins lancés en 1927 et mis en service en 1928 dans la marine yougoslave sont basés sur le type L britannique, la construction ayant profité d’éléments rassemblés pour des submersibles de ce type qui n’avaient pas été achevés en l’occurence les HMS L-67 et HMS L-68 (Type L Group III).

Ces sous-marins effectuent plusieurs croisières en Méditerranée faisant par exemple escale à Corfou, à Malte, à Bizerte, Alexandrie et Beyrouth. Le 16 mai 1930, le Nebosja alors en plongée périscopique entre en collision avec un vapeur yougoslave mais heureusement les dégâts sont limités et plus important aucun marin n’est blessé.

Ces deux sous-marins étaient clairement dépassés quand éclate le second conflit mondial. Les marins yougoslaves en était parfaitement conscients mais le temps et les budgets ont manqué pour permettre la commande à l’étranger ou la construction au pays de sous-marins plus modernes.

Le sous-marin Hrabri était en mer quand l’Axe attaque. Il reçoit l’ordre d’attaquer tout navire ennemi qu’il soit civil ou militaire. Il tente à plusieurs reprises d’attaquer les convois italiens mais lors de sa quatrième attaque il est sévèrement endommagé par les escorteurs italiens.

Il parvient miraculeusement à rentrer à Split mais les dégâts sont tels que devant l’avancée des troupes ennemies i lest décidé de le saborder. Le sous-marin sera relevé par les italiens mais devant l’état du submersible, les italiens ne feront rien d’autre que de l’envoyer à la ferraille.

Son sister-ship Nebojsa après plusieurs missions et plusieurs attaques hélas pour lui infructueuses parvient à rallier l’Egypte mais sans être remis en service, servant de but sonar pour entraineur les «oreilles d’or» alliées. Relevé en octobre 1954, il est proposé aux yougoslaves qui le refuse et les britanniques décident de l’envoyer à la ferraille.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 991 tonnes plongée 1183 tonnes

Dimensions : longueur 72.05m largeur 7.32m tirant d’eau en surface 3.96m

Propulsion : deux moteurs diesels développant 2400ch pour la marche en surface deux moteurs électriques développant 1600ch pour la marche en plongée, deux hélices

Performances : vitesse maximale 15.7 nœuds en surface 10 nœuds en plongée distance franchissable 3800 miles nautiques à 10 nœuds en surface Immersion : 60m

Armement : (origine) deux canons de 102mm, une mitrailleuse, six tubes lance-torpilles de 533mm avec douze torpilles (1949) un canon de 102mm, deux canons antiaériens de 20mm, deux mitrailleuses de 7.92mm, six tubes lance-torpilles de 533mm avec douze torpilles

Equipage : 45 officiers et marins

Sous-marins classe Ostvenik

Le Ostvenik

Pour compléter les deux sous-marins de classe Hrabri la Yougoslavie passe commande de deux sous-marins de conception française qui vont être construits à Nantes aux Ateliers et Chantiers de la Loire. Ces deux sous-marins inspirés des sous-marins de classe Circé sont baptisés Ostvenik (vengeur) et Smeli (audacieux) et mis en service en 1928/29.

Ces submersibles sont plus petits que leurs confrères britanniques. Ils vont se montrer plus à l’aise en mer Adriatique qu’en Méditerranée, les deux unités de classe Ostvenik fréquentant tout de même la Mare Nostrum en temps de paix pour des croisières diplomatiques.

Le sous-marin Ostvenik participe aux premières opérations du second conflit mondial mais la mutinerie de la flotte l’immobilise, son équipage refusant de rallier les autorités en exil. Son commandant échappe de peu à une exécution sommaire en sautant par dessus bord, disparaissant dans les flots sans que l’on sache si le commandant à pu rallier la terre ou si il s’est noyé.

Capturé par les italiens, il est remorqué à Ancone. Après inspection, il est remis en service sous le nom de Francesco Rimmondo. Il sert de sous-marin d’entrainement puis de ponton-école en raison de problèmes récurrents de propulsion. Il est sabordé à Trieste en janvier 1954 pour embouteiller le port. L’épave est relevée après guerre et démantelée.

Son sister-ship Smeli est capturé par les allemands à Split. Il est cédé aux croates mais ces derniers qui manquent de personnel spécialisé ne peuvent le remettre en service. Il est finalement démoli durant le conflit et l’acier réutilisé pour construire des fortifications de campagne destinées à protéger Split.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 640 tonnes plongée 822 tonnes

Dimensions : longueur 66.5m largeur 5.4m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux moteurs diesels MAN de 1480ch deux moteurs électriques Nancy de 1000ch deux hélices

Performances : vitesse maximale 14.5 nœuds en surface 9.2 nœuds en plongée distance franchissable 3500 miles nautiques à 9 nœuds en plongée 75 miles nautiques à 5 nœuds en plongée Immersion maximale 80m

Armement : six tubes lance-torpilles de 550mm (quatre à la proue, deux à la poupe), un canon de 100mm et un canon de 40mm

Equipage : 43 officiers et marins

Mitteleuropa Balkans (85) Roumanie (15)

Infanterie de Marine

Histoire

C’est entre 1886 et 1888 que l’infanterie de marine roumaine rentre dans l’histoire. Oh non pas suite à un fait d’armes glorieux mais simplement parce qu’on mentionne à cette époque la présence de fusiliers faisant pleinement partie de l’équipage du croiseur protégé NMS Elisabeta.

La présence de fantassins au sein des équipages de navires est vieille comme le monde. A l’époque antique c’est souvent la présence d’hoplites et de légionnaires à bord des trirèmes qui faisait la différence après l’abordage.

Au Moyen-Age cela permettait de réaliser des «descentes» (que l’on peut considérer comme l’ancètre de nos raids commandos) et à l’époque moderne cela permettait aussi de protéger les officiers contre des marins qui étaient souvent recrutés de force et pas toujours dans des milieux sociaux où la loi était une valeur cardinale si vous voyez ce que je veux dire.

Le 24 janvier 1917 la marine royale roumaine créé un bataillon de débarquement pour assurer la défense des côtes et surtout les bouches du Danube qui resteront sous contrôle des roumains jusqu’au bout. Ultérieurement un Corps des Marines est créé regroupant le bataillon sus-nommé et un groupe de compagnies de marche (NdA formées de matelots non indispensables à bord des navires comme pour les compagnies de débarquement ?).

Le 11 mars 1920 les forces navales roumaines sont réorganisées avec la création d’unités de défense fluviale et de défense côtière. L’infanterie de marine roumaine à clairement là un rôle défensif.

Ces fantassins sont pour ainsi dire des gardiens de côte en liaison avec des postes d’observation et des batteries côtières (canons de 102mm, 120 et de 152mm).

Le 1er avril 1940 le décret royal n°635 réorganise à nouveau la marine roumaine notamment dans le domaine de la défense côtière qui est le rôle primordial de la marine royale roumaine en attendant un potentiel développement hauturier.

Un commandement de la défense côtière comprend un régiment de génie maritime chargé d’aménager les défenses côtières, de mouiller des mines télécommandées et d’autres pièges comme des filets anti-sous-marins et anti-plongeurs, une division d’artillerie côtière qui regroupe les batteries côtières (la côte roumaine est divisée en trois secteurs avec une brigade regroupant les pièces du secteur) et un bataillon d’infanterie de marine composé initialement de 48 officiers, 55 sous-officiers et 2250 soldats.

La mission de ce bataillon aux effectifs importants était à la fois la défense des côtes, la sécurité des ports mais aussi des navires, des détachements opérant sur les navires de la marine roumaine.

En septembre 1945 le bataillon devient un régiment qui lui même est transformé en brigade en juin 1947 avec un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois bataillons d’infanterie, un bataillon d’artillerie légère, une compagnie antichar, une compagnie antiaérienne, une compagnie du génie et un peloton d’autos blindées.

Quand le premier conflit mondial éclate, la brigade se retrouve à protéger des secteurs sensibles du littoral roumain ce qui est un gaspillage de moyens car l’entrainement et le caractère élitiste de l’unité en fond une unité désignée pour le coup de main, pour le harcèlement, bref pour ce qu’on n’appelle pas encore le raid commando ou les opérations spéciales.

L’opération BARBAROSSA est l’occasion pour la brigade de montrer ses capacités, occupant dès le 21 juin 1950 à l’aube la rive orientale du Danube sous la forme de têtes de ponts pour permettre un déploiement plus serein des troupes germano-roumaines.
Les fusiliers marins roumains opéraient depuis des canots pneumatiques ou des radeaux, neutralisaient les sonnettes et les observateurs ennemis, dégageaient les éventuels pièges et autres mines avant de baliser la zone pour permettre à l’infanterie de renforcer la tête de pont.

Il n’y avait pas de règle établie mais quand les relations étaient bonnes avec l’armée de terre, les Diables Noirs dès que la tête de pont était consolidée s’infiltraient loin dans la profondeur du dispositif ennemi pour renseignement et sabotage, certains Dracul Negru capturés étaient sommairement passés par les armes par les détachements de sécurité du NKVD chargés de sécuriser les arrières.

L’usage de l’infanterie de marine roumaine était donc particulièrement moderne et novateur et ne dépareille pas en 2020, le 307ème régiment de fusiliers de marine créé en 1970 reprenant les traditions de la brigade.

Cette mission effectuée, la brigade va multiplier les coups de main. Dès que le front se stabilisait, les Diables Noirs débarquaient à l’arrière du front pour déstabiliser le dispositif soviétique. Très vite les fusiliers marins soviétiques vont apprendre à respecter leurs homologues roumains.

Après avoir opéré sur les rives de la mer Noire et en Crimée, la brigade s’installe à Yalta, une base étant implantée pour permettre à l’unité d’opérer à son aise. Elle bénéficie de certains privilèges qui provoque rancoeurs et jalousie au sein de la marine mais aussi au sein de l’armée de terre.

Depuis cette base, la brigade va mener des raids en direction des côtes sous contrôle soviétique notamment dans le cadre de l’opération FRIEDRICH. Après la contre-attaque soviétique, les diables noirs roumains vont opérer comme pompiers et comme anges-gardiens, freinant les attaques soviétiques et récupérant des soldats isolés.

Repliée sur la Crimée, elle combat dans le cadre de l’opération PIOTR VELIKYI (volet GANGUT), se montrant toujours aussi redoutable au point qu’on racontait que certains Frontoviki hésitait à attaquer les secteurs tenus par les fusiliers marins roumains un peu comme les croisés de la 4ème croisade se gardèrent d’attaquer les secteurs venus par la garde varègue.

Elle subit des pertes importantes mais profite du manque d’allant des soviétiques pour se replier sur Sébastopol et évacuer jusqu’en Roumanie.

Profitant du chaos ambiant qui annonce le coup d’état communiste, la brigade se replie dans le nord de la Roumanie pour se reconstituer, reconstitution difficile suite au coup d’état du 25 septembre 1953.

la brigade choisit de lier son sort aux allemands et va combattre jusqu’à la capitulation allemande, terminant en Hongrie. Des prisonniers roumains sont envoyés en Roumanie où certains sont sommairement exécutés mais beaucoup parviennent à rallier la France, certains s’engageant dans la Légion Etrangère où il vont combattre dans la première guerre du Vietnam notamment.

Organisation

L’organisation adoptée en 1947 n’évolue qu’à la marge durant le second conflit mondial. Elle est donc la suivante :

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

Elle est chargée de fournir soutien militaire et logistique à l’état-major. Elle dispose de véhicules pour un poste de commandement mobile, founit ravitaillement et soutien sanitaire, assure la maintenance des véhicules et dispose d’un peloton de protection rapprochée.

-Trois bataillons d’infanterie

Chaque bataillon d’infanterie de la brigade est organisé en une compagnie de commadement et de soutien (commandement du bataillon, soutien logistique et sanitaire), quatre compagnies de combat et une compagnie d’armes lourdes.

Chaque compagnie de combat dispose d’une section de commandement, de quatre sections de combat à trois groupes de combat plus un groupe de mortiers et d’une section de mitrailleuses lourdes.

La compagnie d’armes lourdes dispose d’une section d’éclaireurs, d’une section de mitrailleuses, d’une section de mortiers de 81mm et d’une section de canons antichars légers.

-Un bataillon d’artillerie légère

Caanon de 75mm Resita

Le bataillon d’artillerie légère est organisé en un état-major, une batterie de commandement et de soutien, trois groupes de trois batteries de quatre canons de 75mm Resita et une batterie de conduite de tir.

Une compagnie antichar

Canon de 25mm Hotchkiss

La compagnie antichar est organisée en une section de commandement et de soutien, trois sections de quatre canons antichars (25mm Hotchkiss puis 47mm Böhler) et une section de fusils antichars (fusils PTRD-41 de prise puis Panzerfaust et Panzerschrek)

Une compagnie antiaérienne

2cm Flak 38

La compagnie antiaérienne est organisée en une section de commandement et de soutien, une sections de canons antiaériens de 37mm et deux sections de canons antiaériens de 20mm

Une compagnie du génie

Cette compagnie est organisée en un état-major, une section de déminage, une section de minage et une section d’aide à l’aménagement du terrain

Un peloton d’autos blindées

Ce peloton qui aurait du être porté au niveau de la compagnie dispose de huit autos blindées.

Equipement

En ce qui concerne l’uniforme, le fusilier marin roumain porte un uniforme bleu marine avec un maillot de corps rayé semblable à celui des fusiliers marins soviétiques quand il sert à bord des navires de la marine royale roumaine mais quand il opère à terre il porte le même uniforme que celui de l’armée de terre avec tout de même les ancres de marine sur l’uniforme.

Ca c’est dans la théorie puisqu’en pratique il y avait de nombreuses libertés notamment en première ligne ce qui fait aujourd’hui les délices des amateurs d’uniformologie.

En revanche en ce qui concerne l’armement il est identique à celui de l’armée de terre. Notons tout de même une proportion plus forte en matière d’armes automatiques qu’elles soient individuelles ou collectives.

Fusil mitrailleur ZB vz.26 utilisé par les troupes tchèques. Les troupes de marine roumaine qui disposaient d’un modèle similaire possédaient souvent deux armes de ce type dans chaque groupe de combat. Autant dire une puissance de feu dissuasive.

Si normalement le groupe de combat roumain disposait d’un fusil mitrailleur, les fusiliers marins disposaient parfois de deux armes de ce type notamment pour les raids derrière les lignes ennemies.

Et si le fusil était présent pour la parade et la garde à bord des navires, au combat il était souvent remplacé par le pistolet mitrailleur qu’il soit roumain, allemand ou soviétique.

Défenses côtières

Schéma général et Organisation opérationnelle

Si aujourd’hui la défense côtière est réservée à un certain nombre de pays à la géographie particulière ce ne fût pas toujours le cas. Pendant des siècles tous les pays garnissaient leurs côtes de tours, de fortins pour se protéger des menaces venues de la mer.

La Roumanie ne fait pas exception. Non seulement elle à l’est un pays hostile possédant une puissante marime en expansion mais en plus elle ne posséde pas une marine lui permettant de négliger la protection de son littoral et de ses ports.

Après des années d’essais, de tâtonnements, l’année 1940 est considéré comme l’année de la renaissance pour la défense côtière roumaine. En effet le décret royal n°635 du 1er avril 1940 entraine une réorganisation de la marine roumaine et la création d’un commandement de la défense côtière.

Ce commandement qui dépend directement du commandant de la marine roumaine comprend un régiment de génie maritime chargé de l’aménagement des défenses côtières, du mouillage et de l’utilisation de mines télécommandées et autres pièges (filets anti-plongeurs et filets anti-sous-marins), un bataillon d’infanterie de marine et une division d’artillerie côtière.

Cette dernière comprend trois brigades, chaque brigade correspondant à un secteur du littoral roumain avec un certain nombre de batteries d’artillerie, des postes d’observation, des postes de commandement mais aussi des abris pour l’infanterie qu’elle soit de marine ou de l’armée de terre (même si les relations interarmées ont toujours été compliquées).

Ce secteur est dirigé par officier supérieur qui dirige la défense en liaison avec les navires de surface, les sous-marins et l’aéronavale. Il dispose pour cela d’un petit état-major qui relaie son action en direction de ses subalternes qui dirigent des districts correspondant le plus souvent à une batterie d’artillerie lourde et à des batteries légères. C’est là un schéma général il y à parfois des exceptions pour s’adapter à la réalité du terrain.

On trouve un secteur couvrant les bouches du Danube, un secteur central et un secteur méridional couvrant le port de Constanza.

Obusier américain de 240mm M-1. Encore aujourd’hui on ignore l’origine exact des pièces de 240mm de la défense côtière roumaine.

Le secteur des bouches du Danube comprend deux batteries lourdes disposant de deux canons de 240mm chacun, de quatre batteries médianes disposant chacune de quatre canons de 152mm et de huit batteries légères disposant de canons de 102 et de 76.2mm.

La construction de ces batteries à été difficile en raison d’un terrain ingrat ce qui fit que l’ingénieur responsable comparant cette construction aux douze travaux d’Hercules.

A ces seize batteries de tir s’ajoute huit postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et huit abris bétonnés pour l’infanterie. Ces installations sont armées de mitrailleuses pour leur défense rapprochée.

Le secteur central qui couvre la côte des bouches du Danube à la ville de Marmaia comprend deux batteries lourdes disposant chacun de deux canons de 240mm, six batteries médianes disposant chacune de quatre canons de 120mm et huit batteries légères disposant de quatre canons de 102mm.

A ces seize batteries vont s’ajouter quatre postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et huit abris bétonnés pour l’infanterie. Ces installations sont armées de mitrailleuses pour leur défense rapprochée.

Le secteur méridional couvre le port de Constansa, le principal port de commerce roumain et surtout une base majeure pour la marine roumaine. C’est donc le secteur le plus puissant avec quatre batteries lourdes à deux canons de 240mm, huit batteries médianes disposant de canons de 152mm (deux) et de canons de 120mm (six) et douze batteries légères disposant de canons de 76.2mm

A ces vingt-quatre batteries vont s’ajouter six postes d’observation optiques, quatre postes de commandement et douze abris bétonnés pour l’infanterie, ces installations disposant de mitrailleuses pour se défendre contre un coup de main.

Dès la fin du mois d’août des travaux complémentaires sont menés avec le creusement de tranchées par des unités de travailleurs (ces unités étaient composées d’hommes jugés inaptes au service armé comme les roms, les juifs ou des politiques jugés dangereux), la mise en place de mines, de barbelés.

Les batteries deviennent ainsi de véritables ilôts de défense se couvrant mutuellement contre une menace venue de la mer mais aussi de la terre puisque les pièces sont souvent montées sur une plate-forme rotative permettant un pointage tout azimut.

En l’absence de réelle tentative amphibie de l’URSS les batteries vont surtout tirer pour l’entrainement sauf pour celles du secteur des bouches du Danube qui vont opérer contre les positions de l’Armée Rouge dans les premières heures de l’opération BARBAROSSA.

Par la suite durant le conflit une partie des batteries sera désarmée et les pièces déplacées pour défendre les approches d’Odessa et de Sébastopol. Ces pièces seront détruites durant l’opération PIOTRE VELIKYI en septembre 1953.

Même si le dispositif est affaiblit il reste une noix dure à casser. Es-ce à dire que les soviétiques vont connaître de sérieuses difficultés à les neutraliser. Pas vraiment car l’armée roumaine se désintégra on verra certaines batteries se rendre sans combattre, d’autres évacuer sans autorisation tandis que d’autres ouvraient le feu pour l’honneur.

Ce qui est certain en revanche c’est que les soviétiques vont dès la fin du conflit détruire ces fortifications récupérant canons, mitrailleuses, optiques, ne laissant que le béton.

Durant la période communiste certains blockhaus et certains fortins ont été détruits pendant que d’autres ont disparu sous la végétation pour mieux réapparaitre au début des années 2000 quand le gouvernement décide de jouer la carte du tourisme historique en reconstituant certains fortins pour les transformer en musée.

Principaux modèles d’armes et d’installations

L’artillerie côtière roumaine dispose de canons de 240mm, de 152, de 120, de 102 et de 76.2mm, des canons d’origine étrangère en dépit de tentatives pour produire des canons de conception roumaine.

Le canon de 240mm à une origine incertaine. Selon certains cette pièce serait d’origine roumaine mais pour d’autres il s’agit de pièces de conception allemandes produites en Roumanie. En dépit de recherches intensives, le mystère n’à toujours pas été levé en 2020.

Les canons de 120 et de 152mm sont des canons de la firme Bofors alors que les canons de 102mm sont d’origine italienne, le canon de 76.2mm étant un modèle d’origine russe que la Roumanie continuait de produire dans une variante améliorée.

La défense rapprochée des pièces lourdes était assurée par des canons de 20 et de 37mm à double usage mais aussi des mitrailleuses qu’elles soient lourdes (13.2mm Hotchkiss) ou médianes (7.92mm).

Il y eu des projets de blockhaus antichars disposant de canons de 47mm mais aucun ne fût construit tout comme de véritables blockhaus d’infanterie et non de simples abris avec mitrailleuses et mortiers. C’est visiblement des questions de coût qui ont provoqué l’abandon de ce projet qui aurait donné à la défense côtière roumaine un faux-air de Ligne Maginot.

Les postes de commandement, les postes d’observation et les abris possédaient une base technique commune avec bien entendu des différences pour s’adapter à leur mission.

C’est ainsi que les postes de commandement disposait d’un télémètre pour permettre de guider le tir des pièces les plus lourdes même si ce n’était pas son rôle premier. Ces postes de commandement disposait aussi d’installations de télécommunication plus étoffées, installations qui parait-il ont impressionné tant les allemands que les soviétiques.

Les postes d’observation disposaient d’une tour muni de plusieurs télémètres alors que les abris pour fantassins disposaient de tourelles d’observation et de moyens de défenses plus importants.