Mitteleuropa Balkans (61) Bulgarie (25)

Artillerie antiaérienne

2cm Flak 30/38

2cm Flak 38

La pièce antiaérienne la plus légère de l’armée allemande était le 20mm, un calibre que l’on peut considérer comme international à la différence du 25mm français par exemple.

A l’origine de ces deux modèles de canons de 20mm figure le Flak 28, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Le traité de Versailles ayant interdit à l’Allemagne de dévelloper de nouvelles armes, les bureaux d’études allemands soient vende leurs projets ou alors continue leur dévellopement à l’étranger notamment en Suisse.

Comme les choses ne sont jamais simples, le Flak 30 à également pour origine le Solothurn ST-5 un canon suisse adopté par la Kriegsmarine sous l’a désignation de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable. Seul problème, la cadence de tir 120 coups/minute était faible pour une arme de ce calibre.

D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg). Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un châssis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande et la Lituanie et donc la Bulgarie ont reçu ces modèles de canons et ce à partir de 1937/38 avec une première commande de 250 exemplaires suivit d’une deuxième de 162 exemplaires.

D’autres canons de ce type vont être commandés ce qui fait qu’en septembre 1948 l’armée bulgaire possédait 550 pièces de ce type. La majorité était tractée mais certaines pièces furent installées sur des camions. Ce n’est pas pleinement documenté mais il semble que d’autres canons de ce type ont été livrés durant le second conflit mondial en dépit du fait qu’elles étaient clairement déclassées.

Quand le second conflit mondial se termine l’armée bulgare possède encore environ 120 pièces de ce type, canons utilisées aussi bien pour le tir antiaérien que pour le tir sol-sol. Ces canons de 20mm ont été conservés en réserve, utilisés un temps pour l’entrainement et la formation de nouveaux artilleurs de la nouvelle armée bulgare en attendant l’arrivée de canons d’origine soviétiques.

Le 2cm Flak 30 était un canon léger antiaérien de 20mm de conception et de fabrication allemande pesant 470kg en configuration transport et 364kg en batterie et disposant d’un tube de 65 calibres (longueur : 1.3m) permettant le tir d’un projectile (20x138B) de 0.136kg à une distance maximale de 4800m en tir sol-sol et de 2134m en tir antiaérien à raison de 280 coups par minute (120 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeur de vingt coups. A noter que l’obus perforant pouvait percer 20mm à 500m (30°).L’équipe de pièce de sept hommes pouvait pointer le canon en site de -20° à +90° et en azimut sur 360°

3.7cm Flak 36/37/43

3.7cm Flak 37

Tous les pays à ma connaissance disposaient d’une DCA légère composée de deux calibres assez proches. Le duo standard était souvent composé du 20 et du 40mm mais d’autres pays préféraient le 25 et le 37mm ou encore le 20 et le 37mm pour l’Allemagne.

L’armée allemande à mis en service plusieurs modèles de canons de ce calibre dont le 3.7cm Flakabwehrkanone 36 (3.7cm Flak 36), une évolution du 3.7cm Flak 18 avec une cadence de tir améliorée. La production est lancée en 1936 mais dès l’année suivante en 1937 un modèle amélioré baptisé logiquement Flak 37 lui succède sur les chaines de montage. En 1943 lui succède le 3.7cm Flak 43.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

La Bulgarie reçoit en 1943 vingt-sept Flak 36 suivis en 1945 de trente-deux Flak 37 et enfin en 1949 de soixante-douze Flak 43 soit un total de 131 pièces. La Bulgarie aurait voulu plus de canons de ce type mais Berlin n’à pas donné suite à la demande de Sofia probablement pour des raisons politiques.

A la fin du second conflit mondial la Bulgarie possédait encore selon un rapport de janvier 1954 un parc composé de quatre Flak 36, douze Flak 37 et quarante-deux Flak 43 soit un total de 59 pièces ce qui n’était pas négligeable.

Ces pièces ont été mises en réserve au moment du désarmement de l’armée bulgare, stockées jusqu’en 1969 quand décision est prise de détruire ce qui ressemblait à des antiquités militaires impropres à la guerre moderne.

Le 3.7cm Flakabwehrkanone 43 (3.7cm Flak 43) était un canon léger antiaérien automatique de 37mm. Pesant 2000kg en configuration transport, il disposait d’un tube de 57 calibres (longueur du tube 2.109m) permettant le tir d’un projectile d’un poids variant de 0.623 à 0.659 kg à une portée maximale de 6500m (4800m en pratique) à raison de 250 coups par minute (150 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de huit coups. L’équipe de pièce peut pointer le canon en site de -7°30′ à +90° et en azimut sur 360°

8cm PL kanon vz.37

8cm PL kanon vz.37

Le 8cm PL kanon vz.37 est comme son nom l’indique un canon de conception et de fabrication tchécoslovaque. Autre création de la firme Skoda, ce canon médian fit partie des nombreuses armes capturées par les allemands lors du démantèlement de la Tchécoslovaquie, les pièces capturées étant rebaptisées 7.65cm Flak M 37(t).

Quatre-vingt dix-huit pièces étaient disponibles au moment de la crise de Munich en septembre 1938. La production s’est poursuivie mais le nombre de pièces sorties des usines est inconnue, une partie des archives ayant été détruite durant le second conflit mondial.

La Bulgarie reçoit un certain nombre de pièces durant la Pax Armada en l’occurrence un premier lot de douze pièces suivit d’un deuxième lot de seize pièces et d’un troisième et dernier lot de quatorze pièces soit un total de quarante-deux canons utilisées principalement pour la défense territoriale en Bulgarie mais aussi en Macédoine et en Grèce.

Tout comme les canons de 88mm allemands, les canons tchèques d’un calibre de 76.5mm furent utilisées pour le tir antiaérien mais aussi pour le tir sol-sol avec les résultats que l’on peut aisement imaginer face à des chars ennemis.

A la fin du conflit il restait neuf pièces en état mais avec fort peu de munitions. Voilà pourquoi ces canons ont été rapidement ferraillés, une pièce étant conservée dans un musée à Sofia.

Le 8cm PL kanon vz.37 était un canon antiaérien lourd de 76.5mm de conception et de fabrication tchèque. Pesant 3800kg en position de tir, il disposait d’un tube de 52.8 calibres (longueur du tube 4.04m) perrmettant le tir d’un obus de 8kg (obus encartouché 76.5x346mm) à une distance maximale en tir antiaérien de 11470m à raison de dix à quinze coups par minute. Grâce à un affût cruciforme, l’équipe de pièce pouvait pointer en site de 0° à +85° et en azimut sur 360°

8.8cm Flak 18/36/37/45

Canon de 88mm Flak 36 préservé devant l’ouvrage du Fermont, un ouvrage sérieusement endommagé par les combats du printemps 1949 mais qui fût restauré dans les années soixante pour être transformé en musée et ainsi perpétuer la mémoire des soldats tombés dans les combats sur la Muraille de France.

Comme nous le savons maintenant le traité de Versailles signé le 28 juin 1919 imposait de sérieuses limitations à l’Allemagne sur le plan militaire que ce soit en terme d’effectifs ou en terme d’armement.

Berlin ne pouvait par exemple par développer de nouvelles armes lourdes. Impossible donc de développer de nouvelles pièces d’artillerie antiaériennes. Ces limitations furent rapidement contournées en installant des bureaux d’études à l’étranger (Pays-Bas, Suède, Suisse, Finlande, Espagne……).

C’est ainsi que pour remplacer les canons de 88mm du premier conflit mondial, l’Allemagne installa un bureau d’études de la firme krupp en Suède qui travailla avec la firme Bofors.

Un canon de 75mm fût mis au point mais la Reichswher ne fût pas satisfaite et demandant la prise du projet ce qui permis aux ingénieurs d’aboutir à un canon de 88mm, le 8.8cm Flugabwehrkanone 18, canon qui entra en service à partir de 1933.

Il était toujours en service en septembre 1939 mais commençait déjà à être remplacé par des canons plus modernes, les 8.8cm Flak 36 et Flak 37. Ces deux derniers modèles se distinguaient par leur tube démontable en trois éléments pour faciliter la maintenance et la présence sur le second nommé d’un calculateur.

Les Flak 18, 36 et 37 furent utilisés en campagne par la Heer et la S.S, en emplacements statiques par la Luftwaffe et la Kriegsmarine. Outre la guerre de Pologne, il participa à la guerre d’Espagne où on découvrit à cette occasion son efficacité dans la lutte antichar.

Suite à ces trois modèles les allemands tentèrent de mettre au point l’arme parfaite, l’arme polyvalente capable d’être aussi bonne pour la lutte antichar que pour la lutte antiaérienne. Cela donnait naissance à une arme très complexe, trop complexe pour le temps de guerre.

A rebours des traditions militaires et industrielles allemandes, les ingénieurs de Krupp décidèrent de faire simple, une arme performante mais simple à utiliser, ne nécessitant pas des semaines d’entrainement pour l’utiliser correctement.

Plutôt que de développer une arme polyvalente, ils mirent au point deux modèles, un modèle antichar (Panzerabwehrkanone 45) et un modèle antiaérien (Fliegerabwehrkanone 45) qui partageaient néanmoins un grand nombre de pièces.

Le 8.8cm Flak 45 fût produit en grand série à partir du printemps 1946, la priorité allant à la Flakartillerie de la Luftwaffe, l’équivalent de notre DAT.

La Heer fût servie après ce qui généra rancœurs et jalousies au point qu’il y eut des détournements de matériel, des canons destinés à la Luftwaffe se retrouvant dans la Heer ou la S.S.

Cette situation s’aggrava durant le conflit au point que les convois sortant des usines devaient être escortés pour éviter les détournements !

Outre la version tractée, le 8.8cm Flak 45 fût monté sur des semi-chenillés, des camions, installé sur des positions fixes mais également sur des wagons plats pour assurer la défense du Reich.

La Bulgarie commande vingt 8.8cm Flak 18 en 1936 suivis de soixante-six 8.8cm Flak 36 puis par cinquante 8.8cm Flak 37 et enfin vingt-quatre 8.8cm Flak 45 soit un total de 160 pièces essentiellement destinées à la défense territoriale de la Bulgarie notamment les villes de Sofia, de Burgas et de Varna. Quelques pièces sont utilisées sur les arrières du champ de bataille.

Quand le conflit se termine il reste six Flak 18, douze Flak 36, seize Flak 37 et huit Flak 45 soit un total de quarante-deux pièces qui furent stockées et pour beaucoup démolies dans l’immédiat après guerre faute d’utilité, les soviétiques fournissant à leur nouvel allié bulgare des pièces de 85 et de 100mm.

Le 8.8cm Flak 18 était un canon antiaérien lourd de 88mm pesant 5150kg en batterie et 6861kg en ordre de route et disposant d’un tube de 56 calibres (longueur du tube 4.93m) permettant le tir d’un obus de 9.24kg à une distance maximale de 8000m. L’affût permettait le pointage du canon en site de -3° à +85° et en azimut sur 360°

Le 8.8cm Flak 45 était un canon antiaérien lourd de 88mm pesant 7500kg en batterie et 8790kg en ordre de route et disposant d’un tube de 70 calibres (longueur du tube 6.10m) permettant le tir d’un obus de 9.4kg à une distance maximale de 14700m à raison de 15 à 20 coups par minute. L’affût permettait le pointage du canon en site de -3° à +90° et en azimut sur 360°

Mitteleuropa Balkans (59) Bulgarie (23)

Artillerie lourde

Canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897

Appelé 120мм нескорострелно оръдие Д/28 « Шнайдер » par les bulgares, le canon de 120mm Schneider-Canet modèle 1897 était une pièce d’artillerie lourde mise en œuvre au niveau du corps d’armée voir de l’armée.

Dix canons étaient encore en service en décembre 1939 à la fin de la guerre de Pologne mais ils sont remplacés par des canons de 150mm de conception et de fabrication allemande.

Ce canon à été vendu à la Serbie et donc à la Bulgarie qui avait reçu 24 canons, pièces lourdes utilisées durant les deux guerres balkaniques et durant la première guerre mondiale.

Le 120мм нескорострелно оръдие Д/28 « Шнайдер » était un canon de 3080kg en batterie (3450kg en configuration transport) disposant d’un tube de 28 calibres (longueur 3.360m) permettant le tir d’un obus de 18kg à une distance maximale de 8400m (obus explosif) et de 6000m (shrapnel). L’affût permet au canon de pointer en site de -12° à +28°.

Obusier de 120mm modèle 1915TR

L’obusier de 120mm modèle 1915 à Tir Rapide (TR) était un obusier de conception et de fabrication française, un modèle mis au point par la firme Schneider.

Le modèle 1915TR est issu du modèle 1909, un obusier très mobile et très stable au tir ce qui était un plus évident pour augmenter la cadence de tir.

Exporté en Russie le modèle 1909 donna naissance à l’obusier de 122mm M1910. Le modèle 1909 fût également exporté en Serbie et en Bulgarie mais une partie de la commande bulgare bloquée en France par le déclenchement de la première guerre mondiale fût finalement utilisée par l’artillerie française entrée en guerre avec de sérieux manques en matière d’artillerie lourde.

En réalité les modèle 1909 et modèle 1915 étaient quasiment identique. En septembre 1915 la Bulgarie s’engage du côté des empires centraux et ses obusiers de 120mm modèle 1915TR vont être engagés contre les serbes qui disposaient du même modèle d’obusiers.

Cet obusier va aussi être utilisé par la Roumanie et par la Belgique mais il s’agissait de pièces de seconde main et non d’obusiers fraichement sorties d’usine. Au final 1915 exemplaires ont été produits.

Pour en revenir à la Bulgarie, Sofia à reçut 36 modèle 1909 suivis de 24 modèle 1915 capturés sur les serbes en 1915 soit un total de soixante pièces. Trente-huit étaient encore disponibles à la fin du premier conflit mondial et trente-six à la fin de la guerre de Pologne.

Il était toujours en service en septembre 1948 et va être largement employé par l’artillerie bulgare notamment dans les Balkans. Il ne restait plus que 13 pièces disponibles au printemps 1954, pièces rapidement envoyées à la casse car trop usées pour justifier un quelconque usage ultérieure.

L’obusier de 120mm modèle 1915TR pesait 1416kg en position de tir (2228kg en configuration transport) et disposait d’un tube de 13 calibres (1.74m) permettant le tir d’un obus de type séparé (120x142R) de 21kg à une distance maximale de 8300m à raison de dix coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer l’obusier en site de -3° à +43° et en azimut sur 5°.

15cm Schwere Feldhaubitze 05

Connu sous la désignation turque de 15/14 sm. sahra obüsü, allemande de 15 cm schwere Positionhaubitze L/14 mit Rohrrucklauf et bulgare de 150-мм скорострелна гаубица Д-14 “Круп”, cet obusier de 150mm à connu un parcours tortueux pour arriver dans l’armée bulgare.

En effet ces obusiers sont des pièces d’artillerie de prise, l’empire ottoman ayant acquis trois batteries de six pièces en 1905, pièces livrées en 1908. Elles vont participer à la première guerre Balkanique et vont être capturées par les bulgares qui vont les réutiliser.

Quatorze sont disponibles au début de la première guerre mondiale et toutes sauf une sont encore là quand la première guerre mondiale se termine. Ces pièces sont mises en réserve de 1919 à 1939 et de 1944 à 1949 quand six d’entre-elles sont remises en ligne pour combattre en Grèce où elles sont toutes détruites.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze 05 était un obusier lourd de 150mm (calibre réel : 149.1mm) pesant 2290kg et disposant d’un tube de 14 calibres (longueur du tube 2.1m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 41kg (une à six charges propulsive) à une distance maximale allant de 2500 (une charge) à 7100m (six charges). L’équipe de pièce protégée par un bouclier de 4mm d’épaisseur peut pointer l’obusier en site de -5° à +43° et en azimut sur 5°.

15cm Schwere Feldhaubitze 13

Le 150мм скорострелна гаубица Д/14 “Круп-13” est tout simplement le 15cm Schwere Feldhaubitze 13, un obusier lourd de 150mm mis en service en 1913 et donc utilisé par l’armée de Guillaume II dans la première guerre mondiale. Pas moins de 3400 exemplaires sont sorties des usines allemandes.

Suite au traité de Versailles, cet obusier exporté en Turquie est livré à la Belgique et aux Pays-Bas au titre des réparations et conservé par la Reichswehr en petit nombre. Remplacé par le Schwere Feldhaubitze 18, le Sfh13 n’est plus en service dans l’armée allemande en septembre 1948 mais quelques pièces ont probablement été stockées.

Durant le premier conflit mondial Berlin transfert vingt-quatre pièces à l’armée bulgare mais seulement six survivent au second conflit mondial, les autres ayant été capturées par l’Entente lors de leur offensive de septembre 1918.

Les six pièces sont cachées durant l’entre-deux-guerres et remises en service en 1940 pour entrainer de nouveaux artilleurs en attendant la livraison de pièces plus modernes.

A ces 24 obusiers s’ajoutent huit pièces au canon plus long (17 calibres au lieu de 14) également transférées durant le premier conflit mondial. Elles vont également être utilisées durant le second conflit mondial sous la désignation de 150-мм скорострелна гаубица Д/17 “Круп”. Tous ces obusiers ont disparu durant le second conflit mondial.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze 13 était un obusier lourd de 150mm (calibre réel 149.1mm) disposant d’un tube de 14 (2087.4m) ou de 17 calibres (2534.7m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 42kg à une distance maximale de 8600m à raison de trois coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer l’obusier en site de -4° à +45° et en azimut sur 9°.

15cm Schwere Feldhaubitze M.14

Le 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 était un obusier lourd mis au point pour l’armée austro-hongroise par la célèbre firme Skoda de Pilsen. Très vite une version améliorée voit le jour, version désignée 15cm Schwere Feldhaubitze M.14/16.

Après guerre les pays successeurs de la Double-Monarchie ont continué à utiliser cette pièce comme l’Autriche, la Tchécoslovaquie et la Hongrie mais aussi d’anciennes puissances ennemies comme la Roumanie et l’Italie.

La Bulgarie à reçu cinq pièces de ce type durant le premier conflit mondial, quatre d’entre-eux étant disponibles à la fin du premier conflit mondial. Elles ont été utilisées au tout début du second conflit mondial mais vite retirées du service et envoyées à la casse.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze M.14 était un obusier lourd de 150mm (calibre réel 149.1mm) pesant 2765kg en batterie et disposant d’un tube de 14 calibres (soit une longueur de 2.12m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 41kg à une distance maximale de 8760m à raison de un ou deux coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer le tube de -5° à +70° en site et de 6° en azimut.

15cm Schwere Feldhaubitze 18

15cm Schwere Feldhaubitze 18

Le 15cm Schewere Feldhaubitze 18 était un obusier mis au point par l’armée allemande en combinant le canon Rheinmetall sur l’affût Krupp. Il rentre en service dans la Wehrmacht en mai 1935 et en septembre 1939 plus de 1300 canons sont en service, la production continuant durant la Pax Armada pour remplacer définitivement les obusiers de 150mm plus anciens décrits plus hauts.

Bonne arme mais assez lourde, plusieurs projets d’allègement furent étudiées. La plus prometteuse voyait l’utilisation d’alliages légers mais ces derniers étant très demandés autre-part ce projet n’alla pas plus loin que l’étude théorique.

Une version à canon allongée plus lourde que la version d’origine ne connu pas non plus la production en série. Un nouveau modèle d’obusier, le 15cm Schwere FeldHaubitze 47 devait être mise en production en septembre 1948 mais la guerre la reporte.

Avant même le début du second conflit mondial, le 15cm Schwere Feldhaubitze 18 à connu son baptême du feu en étant employé par la Chine nationaliste dans sa guerre contre le Japon. Ce canon à également été exporté en Amérique du Sud (Argentine et Chili), au Portugal, en Finlande et donc en Bulgarie.

L’armée bulgare à reçut 24 canons en 1939, 20 en 1940 et 32 autres en 1942 portant le parc à 76 pièces. Une nouvelle commande est envisagée mais n’aboutira finalement pas.

A la fin du second conflit il y avait encore une dizaine de pièces en service, pièces ferraillées à la fin des années cinquante car considérées en surplus.

Le 15cm Schwere Feldhaubitze 18 était un obusier lourd de 149.1mm pesant 5512kg en batterie (6304kg en transport) et disposant d’un tube de 29.5 calibres (longueur 4.440m) permettant le tir d’un obus de type séparé de 43.52kg à une distance maximale de 13325m à raison de quatre coups par minute. L’équipe de pièce de 7 hommes peut pointer l’obusier de -3° à +45° en site et sur 64° en azimut.

Mitteleuropa Balkans (57) Balkans (21)

Artillerie de campagne et de montagne

7.5cm M.1915

Connu en version originale sous le nom de Skoda 7.5cm Gebirgskanone M.15, le canon de 75mm Skoda modèle 1915 est comme son nom l’indique un canon de montagne dont le caractère démontable entraina un fragilité préjudiciable lors des remorquages en terrain difficile.

Utilisé durant le premier conflit mondial par les austro-hongrois et par les allemands (ces derniers comme canon d’infanterie), il à été utilisé une fois le conflit terminé par l’Italie qui à reçu ces canons au titre des dommages de guerre. Il à été naturellement utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie à savoir l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne et la Yougoslavie mais aussi la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie.

La mise au point de ce ce canon à été longue en raison des incertitudes des services techniques qui hésitaient entre un canon démontable en multiples fardeaux ou un canon démontable en ensembles plus gros.

Voilà pourquoi ce canon dont l’étude à été lancé en 1911 n’à été mis en service qu’en avril 1915 soit un an de retard sur le planning initial. Après guerre une version améliorée baptisée modèle 1928 à été mise au point.

La Bulgarie à reçut 144 exemplaires durant le premier conflit mondial, des armes employées dans le tourmenté relief balkanique où il fit merveille. Cette arme fût utilisée comme pièce d’artillerie classique mais aussi comme canon d’infanterie lors des offensives bulgares locales.

83 pièces furent perdues (dont 54 capturées par l’Entente) réduisant le parc à la fin du premier conflit mondial à seulement 61 canons mais des pièces récupérées dans le chaos de l’après guerre fit remonter le parc à 120 pièces en septembre 1939 avant une décroissance liée à l’usure. 75 pièces étaient encore en service en septembre 1948 et 42 en avril 1954 quand le second conflit mondial se termine. l »immense majorité est envoyée à la ferraille.

Le 7.5cm M.1915 était un canon de 75mm disposant d’un tube de 15.4 calibres (longueur du tube 1.15m) pesant 614kg en position de tir (620kg en configuration transport) Il tire un obus (75x129R) de 6.35kg à une distance maximale de 8250m à raison de 6 à 8 coups par minute. L’équipe de pièce de cinq ou six hommes protégée par un bouclier de 4.2mm d’épaisseur peut pointer le canon en site de -10° à +50° et en azimut sur 7°.

7.5cm M.1936

Pour compléter à défaut de devoir remplacer le canon précédement présenter la Bulgarie à acquis en 1936 auprès de la firme Bofors un nouveau canon léger de montagne désigné par ses soins 7.5cm M.1936.

Sous cette désignation se cache une évolution du canon de montagne Bofors de 75mm modèle 1934, un canon notamment utilisé par la Belgique, les Pays-Bas et la Chine mais aussi par l’Allemagne (douze canons pour évaluation) et donc dans un modèle amélioré par la Bulgarie.

Ce canon également vendu en Argentine, au Brésil, au Paraguay, en Perse et en Suisse à été engagé au combat par les Pays-Bas aux Indes Néerlandaises, par la Belgique dans les Ardennes et par la Bulgarie dans les Balkans où le petit canon suédois fit merveille par sa robustesse et sa fiabilité.

Bien entendu avec 48 canons les artilleurs bulgares ne pouvaient pas faire de miracles mais ils sont parvenus à appuyer les troupes bulgares et ont surtout rendu plus difficile l’avancée des troupes alliées dans les Balkans où il à été exclusivement employé.

Il y eut bien le projet d’envoyer une batterie en Russie pour soutenir les deux divisions bulgares mais les canons restèrent à Varna en raison de la surcharge du cargo devant les emporter avec munitions et servant. Ce fût une heureuse chose car le cargo en question fût coulé par un sous-marin soviétique. Les canons auraient pu rallier la Crimée ultérieurement mais ce ne fût pas le cas.

A la fin du second conflit mondial la Bulgarie possédait encore seize canons de ce type qui furent stockés puis brièvement réutilisés comme pièces d’entrainement pour les nouveaux artilleurs bulgares. Deux pièces furent utilisées comme canon de salut à Sofia jusqu’en 1975 quand l’un d’eux explosa entrainant leur réforme, le canon endommagé étant envoyé à la ferraille, le second préservé dans un musée.

Le 7.5cm M.1936 était un canon léger de montagne de 75mm pesant 928kg en position de tir. Il dispose par ailleurs d’un tube de 24 calibrres (longueur du tube 1.8m) permettantt le tir d’un obus de 6.59kg (obus encartouché QF 75x212mm) à une distance maximale efficace de 9300m à raison de 15 à 25 coups par minute. L’équipe de pièce composée de neuf hommes et protégée par un bouclier pouvait pointer le canon en site de -10° à 50° et en azimut sur 7°54′.

7.5cm Gebirgsgeschütz 36 (désignation bulgare : 7.5cm M.1944)

Le 7.5cm Gebirgskanone 15 n’était autre qu’une pièce austro-hongroise produite par la firme Skoda, utilisée en petit nombre par l’armée allemande durant le premier conflit mondial et dont des exemplaires supplémentaires ont été commandés par la Reichswehr pour servir de canon de montagne (alors que les pièces commandées avaient été davantage utilisées pour le soutien rapproché de l’infanterie).

Ce canon déjà ancien devait être remplacé par une pièce plus moderne. Après avoir évalué des canons Bofors de 75mm (pièces exportées en Belgique et aux Pays-Bas) sous le nom de Gebirgseschütz 34, les allemands mirent au point leur propre canon, le 7.5cm Gebirgseschütz 36.

Mis au point par Rheinmettall, ce canon entra en service à partir de 1938 mais la production fût assez lente ce qui explique qu’il fallut attendre 1943 pour que les derniers Gebirgskanone 15 soient remplacés et relégués à l’instruction.

Ce canon était naturellement toujours en service en septembre 1948 et n’allait pas tardé à faire parler la poudre en Norvège en appuie des troupes de montagne allemandes.

La Bulgarie devient le seul client d’avant-guerre de ce canon de montagne. Pour compléter leurs Bofors de 75mm, ils vont passer commande de 60 exemplaires qui sont livrés entre 1944 et 1947 pour compléter les canons suédois mais aussi les canons austro-hongrois qui faisaient de la résistance en dépit d’une usure prononcée.

Ces canons vont opérer dans les Balkans pour appuyer les troupes bulgares aussi bien dans leurs combats conventionnels contre les alliés que lors des sinistres opérations de nettoyage.

A la fin du conflit il restait 23 pièces en service. Certaines ont été stockées jusqu’en 1975 quand décision est prise de purger les stocks des armes dépassées. Ces canons de montagne sont tous envoyées à la ferraille sauf deux préservées dans des musées.

Le 7.5cm M.1944 était un canon de montagne de 75mm pesant 750kg disposant d’un tube de 19 calibres (longueur du tube 1.45m) permettant le tir d’un obus de 5.75kg à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de cinq hommes pouvant pointer le canon en site de -2° à +70° et en azimut sur 40° de part et d’autre de l’axe.

7.5cm M1903

Le 7.5cm M1903 était un canon de 75mm comparable au M1904 ci-après mais de conception et de fabrication allemande, un produit de la firme firme Krupp. Ce canon acquis en 1913 était toujours en service au début du second conflit mondial même si il était en cours de retrait.

Il n’y eut pas de témoignage de son utilisation sur le front balkanique mais comme des partisans yougoslaves ont capturé un exemplaire il est évident qu’il à été utilisé dans les tristements célèbres opérations de nettoyage menées en Macédoine par les troupes bulgares.

Quelques rares exemplaires ont survécu jusqu’au printemps 1954 mais c’était pour mieux subir les foudres des chalumeaux des démolisseurs.

Le 7.5cm M1903 était un canon léger de 75mm pesant 1070kg en batterie mais 1770kg en configuration transport disposant d’un tube de 30 calibres (longueur 2.25m) permettant le titre d »un obus explosif de 6.35kg à une distance maximale de 8000m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes pouvait pointer le canon en site de -5° à +15° et en azimut sur 3°

Canon de 75mm Schneider-Canet

Le 7.5cm M1904 était un canon produit pour la Bulgarie par la firme française Schneider-Canet, un des grands «marchands de canon» d’avant le premier conflit mondial avec son concurrent allemand Krupp.

324 exemplaires du modèle 1904 sont commandées par la Bulgarie en 1906 ett livrées jusqu’en 1909. Avec un tel nombre vous n’allez pas être surpris chers lecteurs d’apprendre que ce canon sera la principale pièce d’artillerie de campagne de l’armée bulgare durant les deux guerres balkaniques et la première guerre mondiale.

A ces canons vont s’ajouter 180 canon de 75mm Schneider-Canet modèle 1907, des canons d’origine serbe capturés sur le champ de bataille en 1915 (180) mais aussi auprès de l’Armée d’Orient qui perdit neuf canons en 1916.

Et ce n’est pas finit puisque la Bulgarie va également récupérer des canons de 75mm Schneider-Canet modèle 1908, huit de ces canons capturés sur les troupes grecques en 1916 étant promptement remises en service au sein de l’armée bulgare.

Ces canons vont opérer au sein de l’armée bulgare durant tout le conflit et vont rester en service durant la période où les effectifs et les moyens de l’armée du tsar Boris III sont sévèrement contingentés. Nombre de pièces sont modernisées notamment en vue de les adapter à la traction automobile mais clairement en septembre 1948 ces différentes pièces étaient dépassées.

Elles vont néanmoins faire le coup de feu durant tout le conflit et en mai 1954 il restait encore une cinquantaine de ces pièces encore en service. Usées jusqu’à la corde elles n’ont pas été conservées par la suite et ont toutes finies sauf une sous les chalumeaux des ferrailleurs.

Le 7.5cm M1904 était un canon léger de 75mm pesant 1017kg en batterie (mais 1700kg en configuration transport) disposant d’un tube de 31.4 calibres (longueur 2.4m) lui permettant de tirer un projectile de 6.5kg (obus 75x280R) à une distance maximale de 8000m à raison de 15 coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes était protégée par un bouclier de 5mm ce qui lui permettait de pointer en site de -5° à +16° et en azimut sur 3°.

7.5cm M1910

Le 7.5cm M1910 était une autre création de la maison Krupp mais plus récente car datant comme sa désignation l’indique de 1910. Ces canons ont été acquis non pas légalement mais sur le champ de bataille, capturées au cours de différents conflits.

C’est ainsi que l’artillerie bulgare récupéra des M.1910 auprès des turcs (aux côtés de M.1904, M.1908 et M.1913) lors des deux guerres balkaniques, des M.1910 auprès de la Serbie en 1915 et des M.1910 auprès de la Grèce, ces canons étant d’anciennes pièces ottomanes !

Toujours en service dans l’armée bulgare en septembre 1948, ce canon était surtout utilisé depuis des positions fixes, des positions de campagne soigneusement aménagées pour casser l’avance alliée, la canaliser et l’user pour permettre la contre-attaque par des unités mobiles, unités de plus en plus rares au fur et à mesure que la guerre durait.

En mai 1954 il restait une poignée de pièces en service. Les chiffres sont incertains variant selon les sources entre 4 et 9. Ce qui est certain c’est que à part une pièces préservée dans un musée toutes les autres ont été envoyées à la ferraille.

Le 7.5cm M1910 était un canon léger de 75mm pesant 1079kg en batterie (mais 1770kg en configuration transport) disposant d’un tube de 30 calibres (2.250m) permettant le tir d’obus de 6.5kg (75x280R) à une distance maximale de 8000m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes protégée par un bouclier de 4mm pouvait pointer le canon de -5° à +16° en site et sur 7° en azimut.

7.7cm FK-16

Quand l’armée allemande décida de développer une artillerie de campagne moderne elle choisit le calibre de 77mm. Pourquoi un tel calibre ? Visiblement il s’agissait de pouvoir si besoin est réaléser les canons de 75mm français et de 76.2mm russes pour leur permettre de tirer des obus allemands.

Ce canon mis en service en 1896 sous la désignation de 7.7cm FK96 n.A va être supplanté durant le premier conflit mondial par le 7.7cm Feldkanone 16, un canon disposant d’un tube plus long, d’une élévation plus importante et un système de munition séparé pour réduire la consommation de poudre et ainsi l’usure des tubes.

Des canons de ce type ont été livrés à l’armée bulgare durant le premier conflit mondial en l’occurence vingt exemplaires. Dix-huit sont toujours là en novembre 1918 et 14 sont toujours en service à la fin de la guerre de Pologne mais en septembre 1948 les quatre survivants étaient utilisées uniquement pour l’entrainement. Ils sont été ferraillées durant le conflit à une date inconnue pour nous.

Le 7.7cm Feldkanone 16 était un canon léger de 77mm pesant 1318kg en position de tir et disposant d’un tube de 35 calibres (longueur du tube 2.695m) permettant le tir d’un obus de type séparé (77x230mm) de 7.2kg à une distance maximale de 10700m (9100m en pratique). L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de -10° à +40° et en azimut sur 4°.

8cm Feldkanone C/80

Le 8cm Feldkanone C/80 était un canon de conception et de fabrication allemande mis au point par Krupp à la fin du XIXème siècle. Cette arme à été utilisée par l’armée allemande mais aussi es pays étrangers à savoir l’Albanie, la Bulgarie, le Brésil, le Chili, la Grèce, le Monténégro, l’Etat libre d’Orange, l’empire ottoman, la Roumanie et la Serbie. Au total 1880 pièces ont été produites pour l’Allemagne et pour l’export.

Les bulgares vont utiliser cette arme durant les guerres balkaniques, la première guerre mondiale et dans l’entre-deux-guerres. Quelques pièces étaient encore en service en septembre 1939 mais en septembre 1948 le canon n’était plus en service. Tous ces canons ont été envoyés à la casse à une date inconnue probablement durant le second conflit mondial.

Le 8cm Feldkanone C/80 était une pièce d’artillerie de campagne de 75mm pesant 850kg et disposant d’un tube de 27 calibres (longueur du tube 2m) permettant le titre d’un obus de type séparé de 4.3 (standard ou shrapnel) ou 4.9kg (canister) à une distance maximale de 6000m à raison de dix coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer le canon en site de -8° à +24°.

Mitteleuropa Balkans (56) Bulgarie (20)

Fusils et armes antichars

L’armée bulgare va comme toutes les armées de l’époque utiliser des fusils antichars, des armes lourdes, longtemps seule arme efficace de l’infanterie. Hélas pour les fantassins leur efficacité se heurta à l’augmentation de l’épaisseur du blindage. Ces armes furent donc très vite utilisées contre des blindés légers et des autos blindées. Certaines armées inaugurèrent le sniping lourd notamment en zone urbaine. La Bulgarie va utiliser trois modèles de fusils antichars, deux allemands et un suisse.

Fusil antichar Panzerbüsche 39

Le premier est le PANZERBÜCHSE 38, un fusil antichar apparu en 1939 tout comme son évolution le PANZERBÜCHSE 39. La Bulgarie va recevoir 150 exemplaires de ces deux armes, fusils antichars utilisées contre les blindés légers, les autos blindées et pour certaines cibles à haute valeur ajoutée. C’est ainsi qu’en janvier 1953 une équipe bulgare audacieuse parvint à faire exploser un dépôt de munitions grec en tirant avec un Panzerbüschse 39 sans se faire attraper.

Le PANZERBÜCHSE 38 était un fusil antichar pesant 16.2kg en ordre de combat, mesurant 1615mm (1085mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x94mm), il était servit par deux hommes (un tireur et un pourvoyeur) qui pouvaient toucher une cible à 1500m à raison de 10 coups par minute, perçant 29mm à 300m (inclinaison 30°). L’arme ne dispose pas de chargeurs, l’arme tirant au coup par coup.

Le PANZERBÜCHSE 39 était un fusil antichar de 12.6kg en ordre de combat mesurant 1620mm de long (1085mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x94mm), il était servit par deux hommes (un tireur et un pourvoyeur) qui pouvaient toucher une cible à 1500m (300m en tir efficace) à raison de 10 coups par minute, perçant 29mm à 300m (inclinaison 30°). L’arme ne dispose pas de chargeurs, l’arme tirant au coup par coup.

Le troisième fusil antichar était le Solothurn S-18/100, un fusil antichar livré à l’armée bulgare à 308 exemplaires en 1939. Cette arme servit par deux hommes était une arme d’un calibre de 20mm.

Mesurant 1760mm de long (925mm pour le canon), il pesait 40.5kg en ordre de combat. D’un calibre de 20mm (20x105B), il pouvait toucher une cible à 2000m (500m en pratique) à raison de 20 coups par minute, percant 11mm de blindage à 500m à 30° d’inclinaison. L’alimentation se faisait par des chargeurs de 10 coups.

-Outre ces trois fusils antichars standards l’armée bulgare à utilisé quelques fusils antichars soviétiques capturés en l’occurence des PTRD-41.

-La Bulgarie va également recevoir quelques lance-roquettes réutilisables Panzerschreck et quelques lance-roquettes jetables Panzerfaust.

Ces armes ont été mises au point pour fournir à l’infanterie un moyen de se protéger contre les chars ennemis alors que l’augmentation de l’épaisseur des blindages avait entrainé le déclassement des canons antichars légers d’infanterie.

Les alliés comme les allemands imaginèrent une arme simple et légère combinant pour simplifier une charge creuse avec une fusée.

Les allemands inspirés du Bazooka américain (même si ils s’en défendaient) mirent d’abord au point un lance-roquettes réutilisable fonctionnant selon le même principe que ses homologues américains, français et britanniques avec un calibre plus élevé et un petit bouclier.

Cette arme se révéla efficace mais jamais l’industrie allemande ne fût capable d’en produire suffisamment pour répondre aux besoins colossaux de ses forces voir de celles de ses alliés.

Si la Bulgarie à pu mettre en œuvre le Panzerschreck c’est visiblement selon une initiative locale et non une décision politique au sommet. En clair les troupes allemandes en dépit de leurs remarques acerbes sur leurs alliés (qui étaient les boucs-émissaires de toutes leurs débacles militaires) voulaient qu’ils puissent les appuyer ce qui explique l’utilisation par l’armée bulgare de quelques centaines (le chiffre de 200 est souvent avancé mais ne réponse sur aucun archive fiable) de ces lance-roquettes.

Ironie de l’histoire, cette arme tout comme le Panzerfaust que nous verrons après ont été davantage utilisés comme arme anti-bunker en combat urbain que comme arme antichar pure.

A la fin du conflit il ne restait qu’une poignée de ces lance-roquettes aux mains des bulgares. Ces derniers furent récupérés par les soviétiques qui n’en firent pas grand usage, ayant déjà capturé de nombreux exemplaires de ces armes pour les évaluer et mettre au point leur propre arme de ce type même si la série des RPG devait davantage au Panzerfaust qu’au Panzerschreck.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette arme à été utilisée par la Finlande, l’Italie (le gouvernement fasciste combattant aux côtés des allemands après le basculement de mars 1953), la Hongrie, la Roumanie, l’URSS et la résistance intérieure polonaise.

Le Panzerschreck pesait 11kg à vide, mesurait 1640mm de long, affichait un calibre de 88mm et une portée maximale effective de 150m. Selon des tests réalisés après guerre, il pouvait percer 95mm de blindage à inclinaison de 30°.

Le Panzerschreck était sans conteste une bonne arme mais elle souffrait de deux défauts. Le premier c’est qu’elle était relativement longue à fabriquer et que son utilisation réclamait de nombreuses heures d’entrainement.

Or l’Allemagne reculait sur tous les fronts et manquait de temps pour produire des armes et pour former ses soldats. D’où l’idée d’un lance-roquettes facile à produire et à utiliser. Cela excluait donc un lance-roquettes réutilisable au profit d’un lance-roquettes jetable nécessitant une instruction minimale.

C’est l’acte de naissance du «poing blindé», une arme d’une simplicité biblique. On lance et on jette. Produit à plusieurs millions d’exemplaires, cette arme fût utilisée aussi bien comme arme antichar que comme arme anti-bunker et anti-bâtiment même si sur la défensive, les allemands n’avaient pas forcément beaucoup l’occasion d’attaquer des blockhaus ennemis.

Si la Bulgarie n’à reçut que fort peu de Panzerschreck, en revanche l’Allemagne fût plus prodigue en ce qui concerne le Panzerfaust qui fût utilisé par les bulgares à plusieurs milliers d’exemplaires, des armes utilisées avec succès contre les chars alliés et contre des positions fortifiées de campagne que les alliés aménageaient dès que le front se figeait ou était figé.

Outre le nombre exact inconnu on ignore quels modèles ont été utilisés par les bulgares entre le Panzerfaust 30 klein, le Panzerfaust 30, le Panzerfaust 60 (la version la plus courante), le Panzerfaust 100, le Panzerfaust 150 et le Panzerfaust 250.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, le Panzerfaust à été utilisé par la Finlande, la Hongrie, l’Italie pro-allemande, la résistance intérieure polonaise, la résistance intérieure tchécoslovaque, la Roumanie, l’URSS (armes capturées), les Etats-Unis (armes capturées). Après guerre l’Argentine, la Pologne et la Suède produisirent des copies plus ou moins directes du premier lance-roquettes jetable de l’histoire.

Le Panzerfaust 60 pesait 6.8kg mesurait environ 1m pouvait atteindre une cible à 60m. Sa tête militaire de 149mm pouvait pénétrer 200mm de blindage homogène.

Mortiers

En guise d’avant-propos

Le mortier d’infanterie apparaît durant le premier conflit mondial et son intérêt n’échappe pas à l’armée bulgare qui commande des mortiers allemands Erhardt ainsi que des mortiers venus d’Autriche-Hongrie.

Sur les 380 exemplaires en service en novembre 1918 seulement 40 sont laissés à l’armée bulgare dont les effectifs ont été limités à 20000 hommes par le Traité de Neuilly-sur-Seine. Ces mortiers Erhardt sont obsolètes au milieu des années trente et l’acquisition de mortiers modernes est l’une des priorités de l’armée bulgare dès qu’elle peut entamer son réarmement.

367 mortiers sont en service dans l’armée bulgare à la fin de la guerre de Pologne mais environ 3500 mortiers sont en service en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. En mai 1954 le nombre d’armes disponible est encore non négligeable avec selon les sources entre 400 et 670 armes en service, cette différence s’expliquant probablement par le modèle de calcul.

Elle va donc redevoir trois modèles, un modèle léger de 50mm d’origine allemande et deux modèles de 81mm, un modèle français et un modèle allemand.

Les différents modèles de mortiers en service dans l’armée bulgare

Le premier est le 5cm Leichte Granatwerfer 36, un mortier léger ou plutôt un lance-grenades dont le fonctionnement était différent.

Plutôt que de suivre les canons imposés par le mortier Stokes tube, plaque de base et bipied, les allemands décidèrent de mettre au point une arme nettement plus complexe mais qui fût jugée suffisamment efficace pour être adoptée sous le nom de 5 cm Leichte Granatwerfer 36 ce qui donne en français Lance-grenades léger de 5cm (50mm) modèle 1936.

Si les ingénieurs de la Rheinmettall-Borsig AG étaient pleinement satisfaits de leur création, sur le terrain, la troupe n’était pas vraiment emballée par cette arme complexe aux performances moyennes avec un projectile de 900 grammes et une portée limitée à 520m.

Arme complexe à fabriquer, couteuse en matière première, elle bénéficia d’un sursis avec la fin prématurée de la guerre de Pologne mais elle n’était plus en odeur de sainteté ce qui fait qu’en 1944 les allemands stoppèrent la production de cette arme au profit d’une version allégée et raccourcie du 8cm Schwere Granatwerfer 34.

La Bulgarie à reçu 812 exemplaires à partir de 1943. A la différence des allemands les bulgares ont apprécié cette arme au point de récupérer d’autres armes issus des stocks allemands. A noter que dans l’armée bulgare l’arme était servie par trois hommes.

Cette arme à été utilisée par la Bulgarska Armiya jusqu’à la fin du conflit mais à notre connaissance elle n’à pas été réutilisée par exemple pour entraîner les tireurs de mortiers de la nouvelle armée bulgare probablement parce que son fonctionnement était trop différent

Le 5cm Leichte Granatwerfer 36 était un mortier léger de 50mm disposant d’un tube de 0.46m de long pesant 14kg en ordre de combat. Tirant un projectile de 0.900kg, il pouvait atteindre une cible à une portée minimale de 50m et maximale de 520m à raison de 15 à 25 coups par minute. L’équipe de pièce composée de deux hommes pouvait pointer l’arme en azimut sur 34° de part et d’autre de l’axe et en site de +42° à +90°.

Le premier des mortiers médians de l’armée bulgare était le célèbre Mortier Brandt modèle 1927/31, une évolution du Stokes du premier conflit mondial et qui à définitivement fixé les canons du mortier d’infanterie avec plaque de base, tube et bipied.

L’armée bulgare va récupérer 533 armes de ce type. Elle chercha à en récupérer d’autres durant la Pax Armada en espérant que la France cède quelques armes issues de ses stocks mais Paris ne donna pas suite à la demande de Sofia.

Utilisé avec le 8cm Schwere Granatwerfer 34 au sein des sections mortiers des compagnies d’appui, les mortiers Brandt se montrèrent efficaces, un soldat français dont l’histoire à oublié le nom ayant dit un jour «On ne peut dire la guerre c’est l’enfer sans avoir été un jour sous un tir de mortiers».

Les bulgares vont utiliser ce mortier jusqu’à la fin de la guerre. Quelques armes stockées au moment du désarmement furent remise en service pour former les nouveaux tireurs mortiers de l’armée bulgare communiste avant que l’arrivée de mortiers soviétiques n’entraine leur retrait du service.

Le M.27/31 était un mortier médian d’infanterie de 81mm (calibre réel 81.4mm) pesant 56kg en ordre de combat.

Disposant d’un tube de 1.257m, il tirait un projectile de 3.25kg à une distance comprise entre 1000 et 3116m à raison de douze à dix-huit coups par minute. L’équipe de pièce de cinq hommes pouvait pointer l’arme de 8 à 12° de part et de l’autre de l’axe en azimut et en site de +45° à +80°.

8 cm Schwere Granatwerfer 34 (8cm sGrW 34)

-Le deuxième mortier médian de l’armée bulgare était donc le 8cm Schwere Granatwerfer 34 (8cm SgrW 34), un mortier qui était pour ainsi dire une copie du mortier Brandt modèle 1927/31.

C’était donc une arme sans caracteristiques remarquables, son efficacité reposant sur un entrainement rigoureux de ses servants pour un pointage rapide et un tir foudroyant destiné à faciliter la percée, la prise de la cible ou pour briser une attaque ennemie foudroyée par les éclats des projectiles.

Deux versions dérivées ont été mises au point, une version destinée à être montée sur véhicule semi-chenillés pour appuyer les Panzergrenadier et une version raccourcie appelée Kurzer Granatwerfer 42 mais également Stummelwerfer.

Cette version était initialement destinée aux Fallschirmjager (qui rappelons-le appartenaient à la Luftwaffe et non à l’armée de terre) mais à finit par remplacer le 5cm Leichte Granatwerfer.

La Bulgarie à commandé 320 exemplaires en 1936 suivit de 120 en 1938, les premiers étant identiques aux mortiers de la Heer mais les suivants étaient légèrement différents.

Deux autres commandes passées en 1947 et 1949 ont porté le parc à 1070 exemplaires. A la fin du conflit environ 250 mortiers de ce type étaient encore disponibles et il n’est pas impossible que certaines pièces soient restées plusieurs années en réserve pour un potentiel réarmement.

Le 8cm Schwere Granatwerfer 34 était un mortier médian d’infanterie de 81mm pesant 62kg en batterie. Disposant d’un tube de 1.14m, il tirait un projectile de 3.5kg à une distance maximale de 2400m (1200m en pratique) à raison de 15 à 25 coups par minute. L’éuipe de pièce de cinq hommes pouvait pointer l’arme en site de +45° à +90° et en azimut de 10° à 23°.

Mitteleuropa Balkans (55) Bulgarie (19)

Armes de l’infanterie (2) : armes collectives

Fusil-mitrailleurs

soldats tchécoslovaques et un ZB vz.26

Le fusil mitrailleur standard de l’armée bulgare est le ZB-39, une arme tchècoslovaque, un dérivé du ZB vz.26. C’est ce fusil mitrailleur qui allait donner naissance au Bren et d’ailleurs le ZB-39 peut être considéré comme identique au BR[no]EN[field].

Le ZB vz.26 est connu pour l’excellence de sa fabrication, sa fiabilité et la facilité à changer le canon de l’arme, un atout précieux au combat.

Sa mise au point à commencé en 1921 quand le jeune état tchécoslovaque s’interrogea sur leur future mitrailleuse légère, testant des design internationaux avant de finalement choisir la voie nationale, le développement de la future ZB vz.26 commençant en 1923. La production commence en 1926 et l’arme est mise en service dans l’armée tchécoslovaque en 1928.

C’était une arme fonctionnant par emprunt de gaz, refroidie par air avec sélecteur de ttir. Son canon détachable permettant un changement en cas d’échauffement excessif. Le chargeur droit était monté sur le dessus comme sur nombre de fusils mitrailleurs de l’époque (Chatelleraut, Bren, Vickers-Berthier……). Arme destinée à opérer essentiellement sur bipied, elle pouvait être monté sur un trépied notamment pour le tir antiaérien même son efficacité était plus psychologique qu’autre chose.

Utilisée comme arme d’infanterie le ZB-26 fût également utilisé comme arme coaxiale sur nombre de véhicules tchécoslovaques.

45132 exemplaires furent livrées à l’armée tchècoslovaque soit un tiers environ de la production puisque plus de 120000 exemplaires sont sortis des chaines de montage pour répondre aux besoins de nombreux clients.

Qui dit nombreux clients (vingt-quatre pays européens, sud-américains et asiatiques) dit différents calibres même si un calibre populaire dominait largement en l’occurence le 7.92mm (7.92x57mm Mauser). Le fabricant tchécoslovaque fit évoluer son arme avec plusieurs variantes comme le ZB vz.27 (variante du vz.26 proposée au Portugal et à la Grande-Bretagne), le ZB vz.30, les ZGB-30 et 33 (adaptations pour des essais en Grande-Bretagne qui allaient donner naissance au Bren), le ZB vz.52 (variante produite après guerre en Tchécoslovaquie) et donc le ZB-39.

Outre la Tchécoslovaquie et la Bulgarie (5000 exemplaires acquis), le ZB vz.26 et ses variantes fût utilisé par l’Allemagne (qui manquait d’armes légères automatiques), l’Afghanistan, la Bolivie, le Brésil (7mm), le Chili, la Chine, la Croatie, l’Equateur, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Irak, l’Iran,le Japon (armes chinoises capturées), la Lituanie, l’URSS (armes initialement commandées par la Lettonie, utilisation incertaine), le Mandchoukouo, le Paraguay (armes boliviennes capturées durant la guerre du Chaco), la Roumanie, le Siam, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

L’acquisition bulgare fût compliquée. Une première commande de 3000 armes fût passée avant le dépeçage de la Tchécoslovaquie mais seulement 100 armes furent livrées avant le printemps 1939.

Après des négociations houleuses avec Berlin les livraisons ont repris, la première commande étant honorée au printemps 1942. Une nouvelle commande de 2000 exemplaires fût passée en septembre 1943 et honorée en juin 1946.

Une chaîne de montage est mise en place en septembre 1947 pour produire une évolution du ZB-39, évolution baptisée ZB-47 qui allait être produite jusqu’en juin 1953 à 2500 exemplaires.

Arme très appréciée par les soldats, le ZB-39 fût utilisée principalement comme arme d’infanterie mais aussi sur des positions fixes et sur des véhicules notamment pour la défense antiaérienne.

A la fin du conflit cette arme était naturellement toujours en service. Selon une note de septembre 1955 le stock était de 2950 ZB-39 et 1500 ZB-47.

Nombre d’entre-eux furent envoyés à la fonderie, d’autres revendues à certains pays voir à des acteurs non-étatiques. Il n’est pas impossible que quelques armes aient été conservés en réserve pour ressortir en cas de conflit majeur en Europe.

Le fusil mitrailleur ZB-39 était une arme pesant 10.5kg, mesurant 1150mm de long (672mm pour le canon) d’un calibre de 8mm (8x56mm) d’une portée maximale effective de 2000m (1000m en pratique) avec une cadence de tir de 600 coups par minute (120 en pratiquant) sachant que l’alimentation se faisait par un chargeur de 20 coups.

-Les bulgares ont également utilisé des fusils-mitrailleurs de prise comme le Degtyarev DP-27 soviétique, le Bren britannique (qu’il s’agisse d’armes britanniques ou vendues à la Yougoslavie) voir le Chatelleraut français.

Mitrailleuses

Comme dans d’autres domaines l’armée bulgare utilisait plusieurs modèles de mitrailleuses, certains anciens et fiables mais d’autres étaient nettement plus modernes.

Mitrailleuse Schwartzlose

-Le modèle le plus ancien en service est la mitrailleuse M07/14 (modèle 1907 modifiée 14), la variante bulgare de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwartzlose.

1000 exemplaires furent ainsi acquis par Sofia pour son armée et en septembre 1948 en dépit de la présence de modèles plus modernes, l’increvable mitrailleuse à refroidissement par eau était encore présente et pas uniquement dans les unités de deuxième ligne, certaines unités de première ligne combattant les alliés ou les russes avec cette arme sans que la raison soit réellement claire. L’arme quitta le service actif durant le conflit et seuls quelques rares exemplaires ont échappé à la fournaise du second conflit mondial.

La mitrailleuse M07/14 était une mitrailleuse refroidie par eau, servie par cinq hommes et qui pese 43.9kg en ordre de combat (20kg pour la mitrailleuse, 19.9kg pour l’affût, 4kg pour l’eau), mesurant 945mm de long (dont 530mm pour le canon), tirant des cartouches d’un calibre de 8mm (8x56mmR) à une distance maximale de 3500m (1800m en pratique) à raison de 520 coups par minute (350 en pratique), l’alimentation se faisant par des bandes de 100 à 250 cartouches.

sMG-08

-La Bulgarie va également utiliser la sMG-08 allemande. Appelée également Spandau (du nom du quartier de Berlin où l’arme était produite), elle était la cousine germanique de la Vickers modèle 1912, ces deux armes devant beaucoup aux premières armes produites par Hiram Maxim.

L’efficacité des mitrailleuses allemandes contre les soldats français en pantalon garance et capote bleue aurait pu faire croire que cette nouvelle arme à été accueillie avec enthousiasme par les cadres de l’armée allemande. Ce ne fût pas le cas et les premières armes acquises par l’Allemagne furent payées par l’empereur Guillaume II en personne.

Après plusieurs modèles, le premier modèle standard fût la Schwere Maschinegewehr 08 ou sMG 08. Cette arme solidement construite montée sur trépied fût un véritable cauchemar pour les alliés, stoppant les offensives entre les no-man’s land. Cette arme dont fût extrapolée un fusil-mitrailleur resta en service après guerre, l’Allemagne comme on l’à vu ne pouvant développer officiellement de nouvelles armes.

La mise au point de la MG-15 et surtout de la MG-34 provoqua le retrait du service actif des sMG 08 qui étaient encore disponibles dans les dépôts en septembre 1939 et en septembre 1948 en compagnie d’armes polonaises, tchèques et autrichiennes, certaines mitrailleuses ressortant des stocks pour armer les unités de mobilisation faute de MG-34/42 et 45 en nombre suffisant.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette solide et robuste mitrailleuse fût utilisée par l’Autriche-Hongrie, le Brésil, la Belgique, la Géorgie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Chine, la Finlande, le Mandchoukhouo, l’Empire ottoman (puis la Turquie), la Roumanie, la Serbie, l’Espagne, la Norvège, la Pologne et la Lettonie.

Les bulgares ont récupéré des armes durant le premier conflit mondial pour compléter leurs Schwartzlose. Leur nombre est incertain mais ce qui est certain c’est que cette mitrailleuse était encore là en septembre 1948 pas pour équiper des unités de première ligne mais pour des unités de l’arrière et pour armer des positions fixes. Aucune arme n’à été préservée après guerre, les rares disponibles promptement envoyées à la ferraille.

La sMG-08 était une mitrailleuse moyenne refroidit par eau pesant 62kg en ordre de combat (dont 37.650kg pour l’affût-traîneau) mesurant 1170mm de long (710mm pour le canon), d’un calibre de 7.92mm ayant une portée maximale de 3500m (2000m en pratique) avec une cadence de tir de 300 à 450 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes souples de 250 cartouches.

Maxim M1910

-L’armée bulgare à utilisé une cousine de la sMG-08 en l’occurrence la Maxim M1910, une arme reconnaissable entre-toutes avec son affût monté sur roues et son bouclier.

Ces armes n’ont pas été acquises «légalement» mais capturées sur le champ de bataille durant le premier conflit mondial sur les troupes russes combattant sur le front roumain sans compter que dans l’immédiat après guerre les immenses surplus ont pu faire la fortune de marchands d’armes peu scrupuleux.

La Maxim M1910 à été adoptée en 1910 après de longs essais puisque les premiers ont été lancés en 1887 et les premières armées livrées seulement en 1899. Le modèle 1910 fait suite au modèle 1905 qui lui était assez proche même si le modèle 1910 devait davantage à la Maxim/Vickers modèle 1906 qu’au modèle 1905 stricto sensu.

Robuste et fiable, cette arme est utilisée durant le premier conflit mondial, la guerre civile russe, la guerre de Pologne, la guerre d’Hiver et même durant les premières opérations du premier conflit mondial.

En effet si sa production à cessé en 1943 au profit d’armes plus modernes, la production de ses remplaçantes n’à pas suffit pour remplacer totalement la modèle 1910. Si les finlandais se sont emparés de quelques armes lors de la guerre d’Hiver, les allemands aussi ont capturé des armes durant les premières semaines de l’opération BARBAROSSA.

Outre l’appui de l’infanterie, la Maxim M1910 était utilisée comme arme antiaérienne avec des affûts quadruples souvent montés sur camion, à bord des avions mais aussi à bord des navires de la marine soviétique.

En dépit de son âge avancé, la M1910 va combattre jusqu’à la fin du second conflit mondial et quelques semaines après la fin de ce terrible, de ce terrifiant conflit les dernières armes encore en service prennent une retraite bien méritée.

Outre les pays déjà cités, la M1910 à été utilisée par l’Autriche-Hongrie, la Bulgarie, la Chine, l’Estonie, la Hongrie, l’Iran, la Corée, la Lettonie, la Mongolie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, la Syrie, la Turquie et l’Ukraine. Certains pays comme la Pologne ont rechambré l’arme dans un autre calibre.

Les Maxim bulgares conservèrent leur calibre de 7.62mm ce qui pouvait poser problème en matière de soutien logistique. Voilà pourquoi elles ont été surtout utilisées en position fixes depuis par exemple les blockaus de la Ligne Kubrat. Elle n’à pas survécu à la fin du second conflit mondial.

La Maxim M1910 était une mitrailleuse moyenne de 7.62mm (7.62x54mmR) refroidit par eau pesant 23.8kg à vide (69kg avec l’affût mais sans munitions) mesurant 1107mm (721mm pour le canon). La portée maximale est de 2000m avec une cadence de tir de 550 coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des bandes souples de 250 cartouches.

MG-30

-Destinée à remplacer la Schwartzlose, la Maxim M1910 et la MG-08, la Maschinengewehr 30 (MG-30) ne les remplaça pas totalement au sein de l’armée bulgare. De cette mitrailleuse furent issues deux armes destinées à la Luftwaffe, les MG-15 et les MG-17. Elle va également servir de base de travail pour deux futurs «Rolls», les MG-34 et 42 (armes également utilisées par la Bulgarie voir ci-après).

Cette MG-30 mise au point en Allemagne allait être produite en Suisse par la Waffenfabrik Solothurn AG, une compagnie dont Rheinmetall avait pris la majorité des parts. Cette arme ne fût pas adoptée par la Reichswehr qui préféra la MG-13. Pour compenser Rheinmetall vendit des licences de production à l’étranger comme Steyr-Daimler-Puch en Autriche.

Cette arme entra en service dans différents pays sous différentes désignations comme la Solothurn S2-200,la Maschinengewehr Solothurn 1930 ou MG-30 et la Solothurn 31.M Golyószóró produite à 2 à 3000 exemplaires pour l’armée hongroise.

Cette arme était une mitrailleuse à refroidissement par air, fonctionnement avec le système du court-recul, tirant la cartouche allemande standard (7.92x57mm) via un chargeur cylindrique de 30 coups installé sur le côté gauche.

La MG-30 pouvait tirer en automatique et semi-automatique via non pas un sélecteur mais par un système de double gachette. Un bipied stabilisait l’arme pour le tir.

Cette mitrailleuse à été utilisée par l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie, le Salvador, l’Allemagne (ex-armes autrichiennes) et la Suisse. La Bulgarie à été utilisé cette mitrailleuse comme arme d’infanterie au sein d’unités de mitrailleuses et à plusieurs reprises au sein d’unités d’infanterie en remplacement par exemple des ZB-39/47. Cette arme à été conservée en réserve au sein de l’armée bulgare communiste jusqu’en 1975.

La Maschinengewehr MG-30 était une mitrailleuse moyenne pesant 9.5kg mesurant 1162mm de long dont 600mm pour le canon, tirant pour l’armée bulgare la cartouche 8x56mmR à une distance maximale de 2500m à raison de 700 à 900 coups par minute via un chargeur cylindrique de 25 coups.

-Les bulgares vont également utiliser les deux mitrailleuses standards de l’armée allemande quand éclate le second conflit mondial en l’occurrence les Maschinengewehr 34 (MG-34) et les Maschinengewehr 42 (MG-42).

Jusqu’ici on trouvait la mitrailleuse, une arme assez lourde mise en oeuvre par plusieurs hommes et le fusil-mitrailleur ou mitrailleuse légère, une arme mise en oeuvre par une ou deux personnes, très efficace pour accompagner l’assaut.

En partant de la MG-30 les allemands mirent au point la mitrailleuse polyvalente pouvait être utilisé sur bipied (configuration FM) et sur trépied (configuration mitrailleuse).

La nouvelle arme appelée Maschinegewehr modell 34 et plus connue sous le nom de MG-34 pouvait donc servir sur bipied ou sur tripied avec même une double système d’alimentation, un chargeur tambour double de 75 cartouches déjà utilisé par la MG-15 ou un système de bandes de 50 coups.

Là encore les allemands innovèrent avec la possibilité de lier rapidement plusieurs bandes pour augmenter l’alimentation en munitions.

Cette nouvelle mitrailleuse rencontra un succès immédiat même si sa fabrication prenait du temps et était très coûteuse. Le coût était aggravé par un trépied complexe et par une multitude d’accessoires certes conçus dans une bonne intention mais qui étaient semble-t-il superflus.

Cette arme adoptée comme son nom l’indique en 1934 fût un succès immédiat et s’illustra dans la guerre d’Espagne où elle fût utilisée par les troupes allemandes appuyant les nationalistes du général Franco.

Des variantes furent rapidement développées avec la MG-34m (appelée également MG-34 Panzerlauf) destinée à servir d’arme coaxiale sur les chars et les véhicules blindés, les MG-34s à canon plus court et uniquement pour le tir automatique avec une cadence de tir moins élevée pour réduire la dispersion.

Si la première arme fût produite en grande quantité (d’autant que la MG-42 n’était pas adaptée au montage coaxial), la seconde fût produite dans une quantité limitée, la MG-39/41 et prototype de la MG-42 se révélant nettement plus prometteuse.

La MG-34 servit également de base au développement d’une nouvelle mitrailleuse destinée à l’aviation, la MG-81 (ainsi que sa variante double la MG-81Z), mitrailleuse destinée à remplacer la MG-15.

La Bulgarie va recevoir 1200 exemplaires de la MG-34 pour équiper essentiellement les troupes devant opérer sous commandement allemand pour des questions logistiques. Cette arme va servir jusqu’à la fin du second conflit mondial mais ne joue pas les prolongations sous le régime communiste.

La Maschinegewehr Modell 34 (MG-34) était une mitrailleuse polyvalente pesant 12.1kg (32kg avec un tripode) mesurant 1219mm (627mm avec le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x57mm), elle pouvait toucher sa cible à 4700m (2000m en pratique) à raison de 600 à 1000 coups par minute. L’alimentation se fait par des bandes attachables de 50 cartouches voir un un double chargeur-tambour de 75 cartouches.

La MG-34 est une excellente arme mais cette excellence se paye au prix d’un sophistication et d’un coût trop important pour être produite en très grande quantité, une obligation pour le temps de guerre aux contraintes bien différentes du temps de paix.

D’où le lancement d’une étude pour une mitrailleuse tout aussi efficace mais moins coûteuse à produire. On s’inspira des méthodes de fabrication du MP-40 (estampage) et on bonifia le mode de fonctionnement de la MG-34 en exploitant les modes de fonctionnement de mitrailleuses tchèques et de projets polonais.

Tout cela aboutit à la MG-39/41, version de pré-série de la Maschinegewehr modell 42. Cette arme à servit essentiellement dans l’infanterie mais à également servir sur les positions fortifiées en affût double et pour la défense antiaérienne avec deux ou quatre mitrailleuses pour la défense antiaérienne à basse altitude pour protéger les terrains d’aviation.

Cette arme très efficace donna ultérieurement naissance à la MG-45, un modèle amélioré à la cadence de tir plus élevée. Extérieurement, elle était identique à la MG-42.

La Bulgarie va recevoir 800 exemplaires de la MG-42 pour compléter la MG-34. Tout comme son aînée, la MG-42 était surtout destinée aux unités bulgares devant opérer sous commandement allemand. Cette arme va servir jusqu’à la fin du second conflit mondial mais ne joue pas les prolongations sous le régime communiste.

La Maschinegewehr modell 42 était une mitrailleuse polyvalente pesant 11.6kg mesurant 1220mm de long (dont 530mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x57mm), elle pouvait toucher sa cible à 4700m (2000m en pratique) à raison de 900 à 1500 coups par minute. L’alimentation se faisait par des chargeurs tambours de cinquante coups ou des bandes de 250 cartouches attachables.

-L’armée bulgare à également utilisé en très petit nombre la nouvelle mitrailleuse moyenne soviétique, la Goryunov SG-43 ainsi que quelques mitrailleuses lourdes DSKh M1938, la première étant d’un calibre de 7.62mm et la seconde étant d’un calibre de 12.7mm.

Mitteleuropa Balkans (45) Bulgarie (9)

La Bulgarie dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 éclate le second conflit mondial quand l’Allemagne déclenche l’opération WESERÜBUNG, l’invasion du Danemark et de la Norvège officiellement pour protéger Copenhague et Oslo d’une attaque franco-britannique (sic).

La Bulgarie liée à l’Allemagne par le pacte tripartite se contente de prendre note du conflit tout en informant Berlin qu’elle se tient prêt à toute éventualité. Berlin se contente de prendre bonne note de la décision bulgare.

Boris III, tsar de Bulgarie de 1918 à 1951

Si Boris III avait pu conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, le tsar au pouvoir depuis près de 30 ans maintenant est conscient que ce sera plus difficile pour ce conflit qui allait durer.

Pour l’opération MARITSA (invasion de la Yougoslavie), la Bulgarie n’intervient pas directement mais son territoire est ouvert aux troupes allemandes ce qui favorise l’avancée de la Wehrmacht même si selon certains historiens cette décision de non-intervention prise par Sofia à été une bénédiction pour Belgrade puisque cela à permis aux troupes yougoslaves de se replier sans panique direction la Macédoine et éviter une déroute militaire qui aurait également mis en danger la Grèce.

Les troupes bulgares vont entrer en Yougoslavie uniquement pour occuper la Macédoine puis le nord de la Grèce. Il y à quelques combats avec les alliés mais on ne peut pas dire que les troupes bulgares fassent des merveilles.

La Macédoine est occupée par les armées bulgares qui très vite font face à des mouvements de résistance qui avant d’être structurés étaient un mélange détonant de bandits de grand chemin, de soldats egarés et de jeunes garçons trop jeunes pour s’engager ou êtres appelés.

Surpris les bulgares réagissent avec férocité. Les crimes de guerre sont nombreux, les civils payant un lourd tribu à la soldatesque bulgare. Cela va permettre à Sofia de maintenir un certain ordre dans cette région qui doit être clairement annexée à la Bulgarie une fois le conflit terminé.

Ce projet ne verra jamais le jour car comme durant le premier conflit mondial la Bulgarie va se retrouver en avril 1954 dans le camp des vaincus.

Le 17 juin 1950 la campagne de Grèce s’achève après la bataille navale du Golfe de Zanthe. Si l’Axe occupe le nord de la Grèce, le Péloponnèse, la Crète et de nombreuses îles restent aux mains des alliés.

Les allemands auraient voulu achever cette campagne mais il n’y eut jamais assez de troupes pour réaliser une offensive décisive. La presqu’ile péloponnésienne va rester une épine dans le pied de l’Axe, servant de base de départ à des opérations navales et aériennes gênant considérablement l’Axe et favorisant l’action des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Faute de troupes suffisantes les alliés mènent une guerre d’usure. Les bulgares déploient des troupes nombreuses en Macédoine et dans le nord de la Grèce pour tenir le front en liaison avec quelques troupes allemandes.

Des fortifications sont dressées pour user l’ennemi en cas d’offensive, des blockhaus sont construits par des prisonniers de guerre et des travailleurs forcés. Nul doute que les plus lucides des officiers bulgares savaient que cela ne saurait que ralentir les alliés en cas d’offensive majeure.

La situation se dégrade à partir de 1952. Les services secrets alliés parviennent enfin à coordonner leurs actions et leurs efforts pour encadrer et soutenir les maquisards et les partisans qui mènent des opérations de renseignement, d’exfiltration des pilotes abattus et d’attaque des lignes de communication ennemies.

Il s’agit de préparer les futures offensives «majeures» lancées dans les Balkans pour donner notamment des gages aux soviétiques et sans le dire éviter que Moscou ne prennent ses aises dans cette région.

Carte de la Grèce automne 1952. En rouge les territoires dominés par l’Axe et en bleu ceux dominés par les alliés. Les Cyclades seront rapidement évacuées par les allemands peu après le début de l’opération ANVIL alors que l’île de Céphalonie sera conservée le plus longtemps possible pour rester une menace constante sur le flanc des alliés qui ne la neutraliseront qu’au printemps 1953.

A l’automne 1952 les alliés lancent l’opération ANVIL (enclume) qui bousculent les troupes de l’Axe en Grèce, libérant Athènes en décembre 1952 et l’ensemble de la Grèce ou peu s’en faut en février 1953, laissant un pays dévasté où va régner une quasi-famine en partie compensée par le largage de vivres par les alliés.

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER. Les bulgares encaissent le choc de deux armées britanniques, une armée grecque et une armée yougoslave.

Siméon II en 2017

Les soldats de Simeon II se montrent à la hauteur, réhabilitant la réputation martiale des troupes bulgares. Les alliés ne s’y trompent pas et engagent davantage de moyens qu’initialement prévu ce qui montre que les bulgares ont combattu bravement et n’ont cédé qu’une fois le point de rupture atteint.

A l’été 1953 le front suit le tracé d’une ligne reliant Durres, centre de la Macédoine et frontière bulgaro-grecque.

En novembre 1953 les alliés repassent à l’attaque (opération SWORD). Le front germano-bulgare est enfoncé et doivent reculer pour ne pas être débordés.

Les hongrois doivent même être engagés dans une zone considérée comme bulgare ce qui irrite profondément Sofia qui ne fait rien pour aider les troupes hongroises en dépit d’une situation militaire très difficile pour l’Axe qui recule sur tous les fronts.

La situation militaire devient clairement critique début 1954. les troupes soviétiques envahissent le territoire bulgare le 9 janvier et huit jours plus tard le 17 janvier, un coup d’état crypto-communiste chasse Simeon II et son gouvernement au profit d’un gouvernement républicain qui déclare la guerre à l’Allemagne le 21 janvier 1954.

Les troupes bulgares se retournent contre leurs anciens alliés allemands ce qui provoque parfois des drames quand des soldats bulgares sont désarmés et froidement abattus par les allemands rapidement mis au courant de ce qu’on peut clairement qualifier de trahison.

Le nouveau gouvernement bulgare reprend la main sur son armée, l’épurant d’éléments jugés peu fiables. La nouvelle armée maintient la pression sur les allemands mais ses attaques manquent de mordant.

Es-ce pour cela que les soviétiques refusent la proposition bulgare d’attaquer la Yougoslavie et de couper l’herbe sous le pied des alliés ? Cela est clairement un motif d’explication sans compter que ce grand paranoïaque de Josef Staline se méfiait de cet alliés de la dernière heure.

Parachutiste canadien lors d’un entrainement en Grande-Bretagne. Il porte pour cela la même tenue que les troupes aéroportées britanniques alors que la tenue des paras Canucks est plus proche de celle des Etats-Unis.

Les alliés peuvent lancer l’opération WELCOME en larguant la brigade parachutiste canadienne sur Belgrade pour favoriser l’action des maquisards royalistes qui reprennent la capitale et permettre le rétablissement du royaume de Yougoslavie même si à l’époque personne ne peut savoir ce que cela n’est que temporaire.

Les troupes bulgares se replient sur le pays et vont être désarmées sans ménagement par les troupes soviétiques qui occupent le pays et vont y rester jusqu’au début des années soixante le temps qu’une nouvelle armée bulgare ne soit mise en place, une armée sure politiquement, la Bulgarie devenant le plus fidèle allié de Moscou au sein du bloc des «Démocraties Populaires».

La Bulgarie va également participer à l’opération BARBAROSSA. Enfin participer c’est vite dit car le tsar Boris III est très réticent à engager des troupes sur le front russe. Certes une partie de son armée veut en découdre avec les bolchéviques mais pour beaucoup de bulgares l’URSS communiste reste la Russie éternelle, la «Troisième Rome», protectrice des slaves et des orthodoxes.

L’armée bulgare va engager des moyens très limités qui ne vont pas faire preuve d’un zèle extraordinaire au point qu’un colonel allemand dira désabusé «On aurait du laisser les bulgares combattre aux côtés des russes cela aurait été moins hypocrite» Sans commentaire…… .

Les bulgares vont combattre sur les rives de la mer Noire, opérant sous commandement allemand en Crimée puis sur les côtes de la mer Noire, participant de manière secondaire à l’opération FRIEDRICH, en fixant des troupes soviétiques pour empêcher ces dernières de renforcer le front visé par l’offensive stratégique de l’Axe du printemps 1951.

Ces troupes doivent brutalement battre en retraite en direction de la Crimée avant d’être évacués par voie maritime en direction de la Bulgarie suscitant le courroux des allemands.

Pour se faire pardonner les bulgares décident d’engager davantage de forces en Macédoine et sur le front grec ce qui permet aux allemands de transférer plusieurs divisions sur le front russe ce qui fait qu’au final les allemands vont être plutôt gagnants.

En ce qui concerne la question juive, la Bulgarie à des lois discriminatoires vis à vis de la communauté juive et va organiser l’envoi de certains d’entre-eux en Palestine mandataire.

Durant le second conflit mondial, la volonté allemande de déporter les juifs bulgares dans le Gouvernement Général se heurte à une fin de non recevoir de la part de Boris III.

Pour certains c’est ce refus qui à poussé le duo Himmler/Heydrich à éliminer le tsar bulgare dans un accident d’avion encore nimbé de mystère soixante-neuf ans plus tard.

La seconde guerre mondiale pour la Bulgarie c’est également une guerre navale et une guerre aérienne.

La petite marine bulgare qui à bénéficié de quelques modestes renforcement durant la Pax Armada n’à pas les moyens de contrer la flotte soviétique de la mer Noire.

Elle va donc choisir la stratégie du faible au fort en harcelant l’ennemi par des unités légères et en escortant des convois en tentant d’échapper aux mines, aux sous-marins et aux unités de surface soviétique mais si la RKKF fût bien en peine de maintenir une pression constante sur les ports bulgares et roumaines d’où partaient des convois ravitaillant notamment la Crimée.

A la fin du conflit nombre de navires ont été coulés et les unités restantes vont se saborder pour ne pas tomber aux mains des soviétiques.

L’armée de l’air bulgare va elle appuyer les troupes au sol et devoir défendre l’espace aérien du pays contre les bombardements alliés, les franco-britanniques visant notamment la gare de triage de Sofia, des ponts sur le Danube et différentes industries stratégiques. Manquant d’appareils modernes, les pilotes bulgares vont tenter de faire le maximum avec ce qu’ils avaient.

En septembre 1955 la monarchie est officiellement abolie et la république proclamée. Les communistes sont encore dans l’ombre mais vont peu à peu prendre le pouvoir éliminant peu à peu leurs alliés selon une tactique baptisée «tactique du salami».

Un traité de paix est signé en mai 1956. Il est plutôt modéré pour Sofia qui peut conserver la Dobroudja du Sud mais doit renoncer à ses réclamations sur la Grèce et la Yougoslavie.

Des indemnités doivent également être payés ce qui va permettre à la Grèce et à la Yougoslavie de se reconstruire même si Athènes comme Belgrade ont jugé le prix payé par Sofia très insuffisant par rapport aux dégâts. Ils ne parviendront pas non plus à obtenir l’extradiction d’officiers clairement impliqués dans des crimes de guerre.

Pour éviter de nouveaux problèmes, des échanges de population plus ou moins forcés sont organisés. C’est ainsi que 150000 bulgares de Thrace sont expulsés en direction de la Bulgarie.

Mitteleuropa Balkans (44) Bulgarie (8)

D’une guerre à l’autre

L’après guerre en Europe est marqué par l’instabilité politique et la crise économique consécutive au conflit (destruction par les conflits, reconversion des industries d’armement, arrivée sur le marché du travail de nombreux anciens combattants).

Quand en plus vous êtes comme la Bulgarie un pays vaincu soumis à de sérieuses restrictions politiques, économiques et militaires…… .

Carte du traité de Neuilly sur Seine. En rouge les territoires perdus par la Bulgarie

En mars 1920 le parti agrarien remporte les élections. Leur leader Alexander Stambolyski forme le premier gouvernement vraiment démocratique du pays.

Alexander Stambolyski

La situation qu’il doit gérer est donc compliquée avec un contexte politico-économique difficile entre la pauvreté du pays, les réparations à payer et la questions des macédoniens bulgarophones qui refusant de vivre sous l’autorité du royaume des Serbes, Croates et Slovènes ont préféré se réfugier en Bulgarie.

Les réformes menées par Stambolyski ne plaisent ni au roi ni aux grands propriétaires ni aux militaires. Si l’armée bulgare à du sérieusement réduire ses effectifs, elle conserve encore une forte influence et donc un potentiel pouvoir de nuisance.

Pour ne rien arranger le gouvernement bulgare doit faire à une organisation terroriste, la Vatreshna Makendonska Revolutsionna Organizatasiya (VMRO) soit en français l’organisation révolutionnaire intérieure macédonienne qui avait pour objectif de provoquer une nouvelle guerre et ainsi unir à la Bulgarie la Macédoine majoritairement peuplée de bulgarophones.

Cette politique va être brutalement stoppée par le coup d’Etat de juin (Devetoyunski Preverat) mené le 9 juin 1923 par l’Union Militaire dirigée par le général Ivan Valkov. Cette organisation avait été créée en 1919 pour permettre à l’armée bulgare de conserver son influence sur la politique alors que ces effectifs allaient être sérieusement réduits suite au traité de Neuilly sur Seine.

Aux élections de 1920, les agrariens et les communistes avaient remporté la majorité des sièges avec 160 sièges (110 pour les agrariens et 50 pour les communistes) sur 229 sièges à pourvoir.

La politique menée par Aleksandar Stamboliyski est donc appréciée par l’électorat. En 1922 un plébiscite va dans le même sens ce qui pousse le gouvernement à mener des opérations de police contre les leaders des partis d’opposition. Pour ces derniers le coup de force est la seule solution pour éviter leur disparition.

Du 1er au 17 mars 1923 une conférence se tient à Nis dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Cette conférence aboutit à la signature le 23 mars du traité de Nis qui permet la reconnaissance de la frontière bulgaro-yougoslave et engage le gouvernement agrarien à mettre fin aux activités de la VMRO.

C’est plus que les nationalistes bulgares peuvent supporter. Dans la nuit du 8 au 9 juin 1923, un coup d’état militaire est déclenché. Les garnisons de Sofia bloquent les routes, coupent les lignes de téléphone et occupent les points clés de la capitale comme les commissariats ou les gares.

Dès 5h du matin soit trois heures après le déclenchement du coup de force, un nouveau gouvernement dirigé par Aleksandar Tsankov est mis en place.

Aleksandar Tsankov

Le lendemain après une une réunion de 6h, le tsar Boris III avalise à posteriori le coup d’état même si deux de ses demandes (inclusion des agrariens dans le gouvernement et aucune répression) n’ont pas été acceptées par les putschistes.

Le 14 juin 1923, Stamboliyski est capturé et livré à la VMRO qui l’execute après de longues heures de torture. Détail macabre, avant de l’exécuter ils lui coupe la main droite qui avait signé le traité de Nis deux mois plus tôt. Une véritable Terreur Blanche s’abat sur le pays visant les agrariens et les communistes dont le leader Georg Dimitrov doit s’enfuir en URSS.

Les agrariens et les communistes tentent de résister mais ils sont divisés et mal organisés, le parti communiste bulgare bien que disposant d’une organisation militaire appliquait les consignes du Komintern du «classe contre classe».

Néanmoins la Troisième Internationale ordonne au BCP d’agir et une insurrection éclate le 14 septembre 1923, insurrection qui se termine le 29 par la victoire du camp gouvernemental qui avait mobilisé l’armée mais aussi des unités paramilitaires (shpritskomandi). Le bilan des combats est incertain, le chiffre le plus souvent admis étant de 841 morts. Cela ne met cependant pas fin à l’instabilité politique et sécuritaire bulgare.

Le 2 avril 1924 la cour suprême d’appel bulgare valide l’interdiction du parti communiste bulgare (Belgarska Komunistioska Partya) ce qui entraine la radicalisation de ce dernier qui choisit la lutte armée.

Le 10 mars 1925 la loi de surêté de l’Etat est renforcée et six jours plus tard Yako Dorosiev, chef de l’Organisation Militaire, le bras armé du BKP décide de lancer des opérations majeures, opérations qui selon certains auraient bénéficié du soutien des services secrets soviétiques même si aucun document n’à été retrouvé pour confirmer cette hypothèse.

Le 14 avril 1925 le tsar Boris III est victime d’une tentative d’assassinat à Arabakanah et le même jour le général Konstantin Georgiev est abattu.

Ce dernier n’est pas un personnage de premier plan mais son assassinat fait partie d’un plan destiné à décapiter le pouvoir bulgare en faisant tout simplement exploser l’église Saint Nedalya où doit se tenir la cérémonie.

La cathédrale de Saint Nedelya après l’attentat

L’attentat à bien lieu le 16 mars 1925 provoquant la mort de 150 personnes pendant 500 autres étaient grièvement blessées. Aucun membre du gouvernement et a fortiori le tsar ne sont touchés.

Le soir même la loi martiale est proclamée et une répression impitoyable engagée. On estime à 450 personnes le nombre de personnes sommairement exécutés durant les deux semaines qui suivent l’attentat. Un procès est organisé entre le 1er et le 11 mai 1925 aboutissant à plusieurs condamnations à mort dont certaines par contumace.

Du 19 au 29 octobre 1925, la Bulgarie et la Grèce sont à deux doigts d’entrer en guerre. C’est l’incident de Petrich.

L’incident est assez obscur avec deux versions de l’incident survenu le 18 octobre 1925. Selon une première version, un soldat héllene cherchant son chien pénètre en territoire bulgare et est abattu par des sentinelles bulgares.

Selon une deuxième version des soldats bulgares auraient franchit la frontière grecque, attaqué un poste à Belasitsa tuant un capitaine grec et une sentinelle.

Tout de suite la Bulgarie explique l’incident par un tragique quiproquo. Sofia propose une commission d’enquête mixte mais les grecs déclinent et exigent le départ des troupes bulgares présentes sur le territoire grec.

Athènes émet un ultimatum de 48h aux bulgares, exigeant la punition du responsable, des excuses officielles et deux millions de francs français pour les familles des victimes.

Le 22 octobre 1925 des troupes grecques occupent la ville bulgare de Petrich. La guerre bulgaro-grecque n’aura finalement pas lieu car la Société des Nations (SDN) décide d’intervenir et impose sa médiation.

Elle exige un cessez-le-feu, l’évacuation des troupes grecques du territoire bulgare et le paiement par la Grèce de 45000 livres à la Bulgarie.

Les deux pays acceptent et pour vérifier son application, des observateurs français, italiens et britanniques sont envoyés sur place, ces derniers interdisant aux bulgares de réoccuper immédiatement les territoires pour éviter un nouvel incident frontalier. L’incident à fait cinquante morts, essentiellement des civils bulgares.

En 1926 le tsar pousse Tsankov à démissioner. Un gouvernement plus modéré dirigé par Andrey Lyoychev arrive au pouvoir. Une amnistie est decrérée mais les communistes en sont exclus.

En 1931 les agrariens reviennent au pouvoir mais alors que la situation politique, la situation économique se dégrade, la Bulgarie étant comme le reste du monde frappé par la Grande Dépression.

Le 19 mai 1934 la Bulgarie est secouée par un nouveau coup d’état militaire mené par deux organisations (Zveno et l’Union Militaire) soutenus par l’armée bulgare mais comme nous le verrons sans l’assentiment du tsar.

Ce coup de force renverse le gouvernement du Bloc Populaire qui regroupait le parti démocratique, l’Union Nationale Agrarienne Bulgare, le Parti National Libéral et le Parti Démocratique Libérale.

C’est en novembre 1933 que l’Union Militaire décide au cours de son congrès de décider de renverser le pouvoir actuel. Dans un premier temps les comploteurs essayent de dissoudre la coalition en attirant vers eux certains partis mais c’est un échec.

En réalité au printemps 1934 la coalition commence à se disloquer toute seule comme une grande ce qui va faciliter la tache des putschistes qui passent à l’action le 19 mai, devançant de 24h un autre coup d’état fomenté par les partisans d’Aleksandar Tsankov.

Les partis opposés ne parviennent pas à s’entendre pour une riposte concertée. Le nouveau gouvernement abolit temporairement la constitution de Tarnovo, dissous l’assemblée nationale et interdit partis politiques, organisations révolutionnaires et syndicats. De grandes entreprises sont nationalisées.

Le 23 juillet 1934 le nouveau gouvernement établit des relations diplomatiques avec l’URSS et se rapproche de la France (mais sans que ce soit l’amour fou entre Paris et Sofia).

Et Boris III dans tout ça ? Il n’à pas approuvé ce coup d’état en raison de la présence de nombreux républicains au sein du Zveno. Voilà pourquoi en janvier 1935 le tsar pousse Georgiev à la démission. Il est remplacé par Pencha Zlatev, une créature à sa main. Jusqu’à sa mort en 1951 le tsar va avoir les pleins pouvoirs avec des gouvernements à sa main. En somme une sorte de dictature royale dont la dureté variera selon les époques.

A la fin des années trente, la Bulgarie se rapproche clairement de l’Axe tout en améliorant les relations avec ses voisins. Ce n’était pourtant pas gagné puisque le 9 février 1934 la Grèce, la Turquie, la Roumanie et la Yougoslavie avait signé le Pacte Balkanique.

Ce pacte appelé également Entente balkanique était destiné à maintenir le statu-quo et donc géler les acquis des traités de paix. Sans que cela soit clairement dit du moins au début, c’est un front contre une Bulgarie revancharde qui mis sur pied.

Signe qui ne trompe pas d’autres pays ont été conviés à la conférence aboutissant à ce pacte mais ont refusé de signé. Il s’agit de l’Italie, de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Hongrie et de l’URSS soit des pays qui n’étaient pas satisfaits du nouveau découpage de l’Europe après la première conflagration mondiale. Ce pacte est reconnu par la SDN le 1er octobre 1934.

Cela ne cessa pourtant pas les intrigues régionales mais le 31 juillet 1938 les pays signataires du pacte signent avec la Bulgarie l’Accord de Salonique confirmant les clauses du traité de Neuilly-sur-Seine et de Lausanne (qui remplace le traité de Sévres signé initialement avec l’empire ottoman) mais en échange de zones démilitarisées sur ses frontières avec la Grèce et la Turquie, Sofia était autorisée à se réarmer. Selon certains historiens ce pacte et cet accord à évité une troisième guerre balkanique dans la foulée ou au moment de la guerre de Pologne.

En septembre 1939 la guerre de Pologne éclate. Sofia reste neutre n’ayant aucun intérêt à entrer en guerre aux côtés de l’Allemagne qui de toute façon n’à rien demandé à son allié balkanique.

La période de la Pax Armada est vu rétrospectivement comme un Age d’Or. Certes la Bulgarie reste un régime autoritaire, une dictature royale mais le niveau de vie s’améliore et un semblant de vie politique renaît avec la ré-autorisation de certains partis politiques.

Le 7 septembre 1940 suite au deuxième accord de Vienne, la Dobroudja du Sud est restituée par la Roumanie bien mal récompensée de son alliance avec l’Allemagne puisqu’elle à du également céder la Transylvanie du Nord à la Hongrie, la Bucovine du Nord et la Bessarabie à l’URSS.

En 1941 la Bulgarie signe le Pacte Tripartite ce qui fait de Sofia un allié de l’Allemagne ce qui pourrait l’engager dans un conflit qui ne la concernerait pas directement.

A partir de 1943 la situation économique devient plus difficile et le tsar Boris III impose un nouveau tour du vis ce qui met fin à la période dite «libérale» de la dictature royale. Des partis sont interdits mais le projet d’un parti unique ne dépasse pas le stade du projet.

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement pour moderniser son outil de défense et ainsi faire face aussi bien à une attaque yougoslave, une attaque grecque voir une attaque roumaine.

L’armée de terre et l’armée de l’air bénéficient d’importants crédits mais la marine n’est pas oubliée même si la marine bulgare serait bien incapable d’affronter une marine soviétique disposant de cuirassés ou d’une marine ottomane disposant d’un cuirassé, un cuirassé anglo-américain (coque et propulsion américaine, armement britannique).

Les frontières sont fortifiés avec une série de blockhaus, de champs de mines, de barbelés et d’obstacles antichars. Ce n’est pas une ligne Maginot mais plutôt une ligne tactique destinée à empêcher une attaque surprise et protéger les mouvements du corps de bataille et in fine la mobilisation générale en cas de conflit majeur.

Mitteleuropa Balkans (41) Bulgarie (5)

Princes et tsars de Bulgarie

Alexandre de Battenberg

Alexandre de Battenberg (Vérone, Lombardie-Vénétie 5 avril 1857 Graz, Autriche-Hongrie 17 novembre 1893) est le premier knyaz (prince) de Bulgarie du 29 avril 1879 date de son élection par une Assemblée Nationale Bulgare (qu’il va dissoudre en 1880) jusqu’à son abdication le 7 septembre 1886.

C’est le deuxième fils du Prince Alexandre de Hesse-Darmstadt et de la comtesse Julia Hauke (un mariage morganatique). Neveu du tsar Alexandre II (qui à épousé une sœur de son père), son frère à épousé une petite fille de la reine Victoria et parmi les neveux du premier prince de Bulgarie on trouve la reine Louise de Suède ou encore Alice de Battenberg, future reine de Grèce et mère du prince Philip époux de la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne qui succède à son père en plein second conflit mondial.

Arrivé au pouvoir le prince Alexandre est coincé entre l’influence des russes qui voulaient qu’il soit un «roi fainéant» et la turbulente classe politique bulgare qui voulait un prince guerrier, incarnant la nation bulgare pour restaurer les frontières du traité de San Stefano.

Conservateur de nature et de formation, il avait accepté du bout des lèvres la Constitution de Tarnovo dont il obtient la suspension pour sept ans le 13 juillet 1881 suite au vote d’une assemblée acquise à sa cause.

Cette période autocrate ne dure pas car la constitution est restaurée le 19 septembre 1883. En 1885 il unifie à titre personnel la principauté de Bulgarie et la province de Roumélie orientale dont il devient le gouverneur-général suite à un accord avec la Sublime Porte.

Suite au coup d’état manqué d’août 1886 il décide d’abdiquer le 7 septembre 1886, obtenant le titre de prince de Tarnovo. Il est enterré dans un mausolée installé à Sofia.

Ferdinand 1er de Bulgarie

Ferdinand 1er, premier tsar de Bulgarie de 1908 à 1918

Ferdinand Maximilian Karl Leopold Maria de Saxe-Cobourg & Gotha (Vienne 26 février 1861 Coburg,Allemagne 10 septembre 1948) est le deuxième prince de Bulgarie du 7 juillet 1887 au 5 octobre 1908 puis roi de Bulgarie du 5 octobre 1908 au 3 octobre 1918.

Fils du prince Auguste de Saxe-Cobourg et Gotha et de Clémentine d’Orléans (fille de Louis-Philippe 1er) il épouse en 1893 la princesse Marie-Louise de Bourbon-Parme.

De cette brève union (Marie-Louise meurt en 1899 des suites de la naissance de sa fille cadette) naissent quatre enfants, deux fils le futur tsar Boris III (1894) et son frère Kiril (1895) ainsi que deux filles Eudoxia (1898) et Nadezhdad (1899). Il se remarie en 1908 (après la mort de sa mère) avec la princesse Eleonore Reuss de Köstriz.

Il est le neveu de François-Joseph et de Ferdinand II du Portugal et le petit-neveu de Léopold 1er de Belgique.

Réputé indolent et bon vivant, ayant de nombreux enfants naturels et réputé pour être également attiré par les hommes, son arrivée au pouvoir surprend tous les cours européennes. Les relations avec les têtes couronnées étaient parfois difficiles.

En mai 1894 Stefan Stambolov démissionne et en juillet 1895 il est assassiné. Le tsar Ferdinand 1er est fortement soupçonné d’en être le commanditaire.

En février 1896 il décide de se réconcilier avec la Russie en convertissant son jeune fils Boris à la religion orthodoxe (alors qu’il avait été baptisé catholique, la religion de ses deux parents). Cela le fâcha avec son oncle François-Joseph avec lequel les relations n’étaient guère moins chaleureuses qu’avec Guillaume II.

En dépit de la défaite lors de la deuxième guerres balkanique il agrandit le territoire bulgare avec la Thrace occidentale qui permet à Sofia d’obtenir un accès à la mer Egée.

Il engage son pays dans la première guerre mondiale le 11 octobre 1915 mais après des succès importants, l’année 1918 devient difficile pour ne pas dire pire.

Pour sauver ce qui peut l’être il abdique le 3 octobre 1918 au profit de son fils ainé Boris qui devient Boris III de Bulgarie à l’âge de vingt-quatre ans. Il s’installe à Coburg où il vit jusqu’à sa mort le 10 septembre 1948.

Comme la guerre à éclaté entre-temps, il est enterré dans une crypte provisoire, un provisoire qui va durer jusqu’en 1993 quand la chute du régime communiste et le retour de la démocratie va permettre le retour du premier roi de Bulgarie et son enterrement dans la crypte des rois de Bulgarie à Sofia.

Boris III de Bulgarie

Boris III

Boris Klemens Robert Maria Pius Ludwig Stanislas Xavier (Sofia 30 janvier 1894, près de Plovdiv 14 septembre 1951) est le deuxième et avant dernier tsar de Bulgarie.

Fils ainé de Ferdinand 1er et de Marie-Louise de Bourbon-Parme, il est marié à la princesse Giovanni d’Italie, fille de Victor-Emmanuel III, roi d’Italie. De cette union vont naitre deux enfants, la princesse Marie-Louise et Siméon qui sont respectivement nés le 13 janvier 1932 et le 16 juin 1937.

Baptisé dans la religion orthodoxe à des seuls fins politiques (se réconcilier avec la Russie, les autres enfants de Ferdinand 1er étant baptisés selon le rite catholique), il participe aux guerres balkaniques et à la première guerre mondiale dans des tâches d’officier de liaison.

Le 3 octobre 1918 alors que la guerre est clairement perdue pour la Bulgarie, son père abdique en sa faveur dans l’espoir de sauver ce qui peut être mais les alliés se montreront intransigeants dans les négociations qui aboutiront au traité de Neuilly sur Seine.

Les premières années de son règne sont assez agitées avec plusieurs attentats et tentatives d’assassinat sans oublier un incident de frontière avec la Grèce en octobre 1925 qui menace de dégénérer en guerre ouverte.

Le 19 mai 1934, une organisation politico-militaire appelée Zveno organise un coup d’état qui suspend le processus politique et électroral et réduit le rôle de Boris III à celui d’un «roi-fainéant».

Cette situation ne dure qu’un an puisqu’en 1935 il organise un contre-coup d’état qui le rétablit dans la plupart de ses prérogatives. La Bulgarie reste un état autoritaire mais un semblant de vie politique est rétablit par la réautorisation des partis politiques.

Restropectivement la période 1935/43 est vue comme un Age d’Or avec une nette amélioration de la qualité de vie des bulgares. Le tsar est très populaire car très abordable et très proche du peuple.

Mieux même le 7 septembre 1940 un accord permet le retour à la mère-patrie de la Dobroudja du Sud au détriment de la Roumanie.

Si il parvient à conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, Boris III à conscience que ce sera plus difficile dans le conflit qui débute en septembre 1948. Si la Bulgarie ouvre son territoire aux troupes allemandes pour les opérations en Yougoslavie, les troupes bulgares n’entrent dans ce pays que pour occuper la Macédoine et le nord de la Grèce.

Pour l’opération BARBAROSSA, le tsar de Bulgarie refuse dans un premier temps l’engagement de l’armée bulgare en dépit des pressions allemandes mais aussi d’une partie de son armée qui rêve d’en découdre avec les bolchéviques.

De guerre lasse le fils de Ferdinand 1er accepte mais l’engagement est timide pour ne pas dire pusilanime avec seulement deux divisions qui ne brilleront guère sans pour autant ne rien y faire.

Même chose pour la question des juifs de Bulgarie. Il existe bien des lois discriminatoires mais Boris III refuse toute déportation dans la partie allemande de l’ancienne Pologne.

Les pressions se font plus forte jusqu’au 14 septembre 1951 quand l’avion de Boris III s’écrase près de Plovdiv dans des circonstances douteuses. Comme il revenait d’une entrevue houleuse avec le duo infernal Himmler/Heydrich certains y ont vue un attentat destiné à tuer un roi mature et décidé pour le remplacer par un adolescent jugé plus malléable. Encore aujourd’hui il règne de nombreux mystères autour de ce crash.

Le corps de Boris III est d’abord inhumé dans le cimetière de Plovdiv puis en 1993 exhumé pour rejoindre la crypte des rois de Bulgarie où il retrouve son père dont le corps avait fait le voyage depuis l’Allemagne.

Siméon II de Bulgarie

Simeon de Saxe-Cobourg-Gotha (Sofia 16 juin 1937) est le dernier tsar de Bulgarie. Fils de Boris III et de Giovanna d’Italie, il à un sœur Marie-Louise de cinq ans son ainée.

Baptisé selon le rite orthodoxe (avec l’eau prélevé dans le Jourdain excusez du peu) il devient tsar de Bulgarie à l’âge de 14 ans après la mort de son père dans un accident d’avion qui reste encore aujourd’hui nimbé de mystéres.

Comme il est encore mineur, son oncle le prince Kiril devient régent même si très vite Siméon prend des libertés et n’hésite pas à entrer en conflit contre son oncle.

Le 17 janvier 1954 alors que l’URSS se prépare à attaquer une Bulgarie qui avait été éjectée de Macédoine et de Grèce, un coup d’état crypto-communiste renverse Siméon II qui est emprisonné à Sofia.

Les sociaux démocrates et les communistes se disputent sur le sort à réservé à la famille royale bulgare. Après de longues négociations, Siméon II, sa mère, sa sœur et ses oncles et tante parviennent à s’exiler en Suisse.

Un accord prévoit qu’ils s’abstiennnent de tout commentaire politique mais il semble que Siméon II à tenté sans succès de monter un gouvernement en exil pour regrouper les opposants au régime communiste en place à Sofia.

En 1962 il se marie avec une noble espagnole qui lui donnera quatre fils et une fille. Il s’installe en 1970 aux Etats-Unis où il se lance dans les affaires tout en restant une personne appréciée et écoutée par la diaspora bulgare.

Il semble mais ce n’est pas prouvé que les services secrets bulgares ont envisagé son assassinat mais que ce projet à été torpillé par les autorités communistes qui ne voulaient pas en faire un martyr.

Rentré en Bulgarie après la chute du régime communiste, il accueille en 1993 les corps de son père et de son grand-père qui sont enterrés dans une nécropole à Sofia.

En 2020 Siméon II qui vient de féter ses quatre-vingt trois ans est toujours bon pied bon œil comme on dit.

Mitteleuropa Balkans (37) Bulgarie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS
VOLUME 2 : BULGARIE

Évolution territoriale de la Bulgarie de 1918 à 1950. En vert foncé hachuré, la Dobroudja, rétrocédée par la Roumanie en 1940 ; en vert clair hachuré, le Chalcidique et le Thessalonique annexés en 1949/50 ; en vert clair, les territoires annexés au cours de la Seconde Guerre mondiale.

 

 

AVANT-PROPOS

 

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 1er juillet 2020 j’ai terminé la Hongrie (Tome 11 vol.1) ce qui porte le total des pages écrites à 8601 pages.

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres.

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Mitteleuropa Balkans (35) Hongrie (35)

Reconnaissance et Coopération

Fieseler Fi-156 Storch

Fieseler Fi-156 13

Pour faciliter la progression des Panzerdivision, mieux vaut savoir où se trouve l’ennemi, où se trouvent les ponts, les noeuds de communication voir les points forts de l’ennemi pour si nécessaire les éviter.

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