Etats-Unis (14) US Navy (10)

Artillerie Médiane (102 à 203mm)

6 Inch (152mm) Mark 12

Canon de 152mm 53 calibres US Navy 2

6 Inch Mark 12 en tourelle double sur un croiseur de classe Omaha

Ce canon de 53 calibres (soit un tube long de 8.056m) à été initialement mis au point pour l’armement secondaire des cuirassés et des croiseurs de bataille dont la construction à été annulée par le traité de Washington.

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Etats-Unis (6) US Navy (2)

La première guerre mondiale et la course aux armements avec le Japon

L’US Navy poursuit sa croissance avec la construction de cuirassés et de croiseurs, l’amélioration des infrastructures même si le successeur de Théodore Roosevelt, William Taft est moins attiré par la marine que le chef des Rough Rider chargeant sur la colline de San Juan.

Quand la première guerre mondiale éclate en Europe (août 1914), le corps de bataille de l’US Navy affiche le visage suivant :

Le cuirassé USS Kentucky (BB-6)

-Vingt-trois cuirassés type pré-dreadnought (BB-1 Indiana BB-2 Massachusetts BB-3 Oregon BB-4 Iowa BB-5 Kearsarge BB-6 Kentucky BB-7 Illinois BB-8 Alabama BB-9 Wisconsin BB-10 Maine BB-11 Missouri BB-12 Ohio BB-13 Virginia BB-14 Nebraska BB-15 Georgia BB-16 New Jersey BB-17 Rhode Island BB-18 Connecticut BB-19 Lousiana BB-20 Vermont BB-21 Kansas BB-22 Minnesota BB-25 New Hampshire)

USS Michigan (BB-27)

-Dix cuirassés type dreadnought et superdreadnought (BB-26 South Carolina BB-27 Michigan BB-28 Delaware BB-29 North Dakota BB-30 Florida BB-31 Utah BB-32 Wyoming BB-33 Arkansas BB-34 New-York BB-35 Texas), les deux derniers étant les premiers superdreadnought américains.

Le USS New York (BB-34)

-Quatre cuirassés type superdreadnought en construction en août 1914 en l’occurence les BB-36 Nevada BB-37 Oklahoma BB-38 Pennsylvania BB-39 Arizona, les deux premiers marquant l’introduction de la tourelle triple et la protection tout ou rien (all or nothing) privilégiant les zones sensibles plutôt qu’une protection homogène.

Comme les autres marines, l’US Navy dévellope la construction de destroyers qui prennent peu à peu du poids et intègrent également des sous-marins dont l’efficacité éclate aux yeux de tous dès le début du conflit avec les succès des U-Boot qui dès le mois d’août 1914 coulent trois croiseurs cuirassés de la Royal Navy.

Les cuirassés de classe New Mexico rassemblés

La construction des cuirassés se poursuit avec la commande des New Mexico (BB-40 New Mexico BB-41 Mississippi et BB-42 Idaho, ce dernier étant financé par la vente des deux derniers pré-dreadnought américains à la Grèce, les Mississippi et Idaho) ainsi que des Tennessee, version améliorée des précédents, les deux navires commandés étant baptisés BB-43 Tennessee et BB-44 California.

Le budget de 1916 finance la construction de quatre cuirassés issus des Tennessee mais qui abandonne le 356mm pour le nouveau calibre standard des cuirassés américains, le 16 pouces ou en bonnes mesures le 406mm. Ces navires sont les BB-45 Colorado BB-46 Maryland BB-47 Washington et BB-48 West Virginia.

Alors qu’ils sont encore neutres, les Etats-Unis s’inquiètent des ambitions japonaises. Le Japon est entré en guerre dès 1914, s’emparant notamment des colonies allemandes en Asie. Le pays participe ensuite à la guerre en Europe, envoyant des torpilleurs escorter la navigation alliée en Méditerranée et construisant notamment douze torpilleurs type Kaba pour la marine française.

La Nihon Kaïgun possède de grosses ambitions notamment en matière de cuirassés. Se sachant condamnée à une guerre courte en raison de l’absence de ressources sur le sol métropolitain, le Japon encore imprégné de l’idéal du bushido envisage une bataille décisive, une Entscheidungsschlacht censée décider du conflit alors que l’expérience des conflits précédents avaient montré que les armées modernes ont une formidable résilience.

Ne pouvant jouer sur la quantité faute d’une industrie plus ou au moins aussi puissante que l’industrie américaine, les japonais jouent sur la qualité, essayant de construire des navires qui unitairement surpassent tous les navires américains.

Après une formidable croissance sous Roosevelt, le corps de bataille de l’US Navy avait stagné, le rythme de deux cuirassés par an peinant à suivre le rythme imposé par la Grande-Bretagne et l’Allemagne qui construisaient trois à quatre navires par an. Pire pour l’orgueil américain, la France et son programme de 1912 menaçait de déclasser l’US Navy puisqu’il prévoyait la construction de 2,4 navires par an.

Il fallait réagir mais il fallut attendre la révélation du programme japonais pour que l’US Navy se retrousse les manches et lance une nouvelle course aux armements navals qui comme un symbole délaissait l’Europe pour le Nouveau Monde et l’Orient mystérieux.

Le 21 juillet 1915, le président Wilson demande à Josephus Daniels, le Secrétaire à la Marine un programme naval. Celui qui à interdit l’alcool à bord des navires de l’US Navy _interdiction toujours en vigueur en 2017_ rend une première copie à la fin du mois d’août demandant huit cuirassés, cinq croiseurs, soixante-cinq destroyers et sous-marins.

Ce programme est doublé en octobre avec seize navires de ligne (dix cuirassés et six croiseurs de bataille) accompagnés par 140 autres navires (croiseurs, destroyers, sous-marins et auxiliaires).

Le programme est voté le 16 août 1916 et valide par le président le 29 août, donnant donc seize navires de ligne, dix croiseurs, cinquante destroyers, soixante-sept sous-marins et treize auxiliaires. Une force aéronavale est créée en août 1916 sous le nom de Naval Flying Corps.

Schéma de la classe South Dakota abandonnée au moment du traité de Washington

Les cuirassés concernés par ce programme sont les quatre Colorado, six South Dakota _version améliorée des précédents avec douze canons de 406mm au lieu de huit_ et six croiseurs de bataille classe Lexington, les premiers battle cruiser de l’US Navy.

A ce programme répond un programme japonais décidé en juillet 1917, programme dit «8+8» puisqu’il décide la construction de huit croiseurs de bataille et de huit cuirassés.

Nous verrons plus tard le sort de ces puissants et magnifiques navires qui auraient donné une place de premier plan aux marines américaines et japonaises, réduisant les autres marines à l’impuissance.

Le premier conflit mondial de la marine américaine ne se résume pas à la constitution d’un corps de bataille de premier plan.

Ce sont aussi d’ingrates missions d’escorte pour protéger l’envoi en Europe des sammies, escorte qui doivent faire face aux sous-marins ainsi qu’aux corsaires de surface rendus célèbre par l’épopée aux antipodes du croiseur SMS Emden.

La gestion des transports et leur protection est assurée par la Cruiser & Transport Force. Placée sous le commandement du contre-amiral Gleaves qui pose sa marque sur le croiseur cuirassé USS Seattle (ACR-11), cette puissante escadre rassemble vingt-quatre croiseurs américains et les six croiseurs cuirassés français de la Division de l’Atlantique du contre-amiral Grout (Montcalm Dupetit-Thouars Desaix Gloire Conde La Marseillaise), quarante-cinq transports américains dont 15 ex-allemands, six italiens, quatre britanniques, trois français et un brésilien. Aucun soldat ne sera perdu durant la traversée en direction de l’Europe.

Outre la protection directe des convois, l’US Navy envoie sous-marins et destroyers pour traquer les sous-marins allemands qui opèrent au large des côtes européennes et pas vraiment en plein océan en raison d’une endurance limitée.

Les trois bases majeures sont Queenstown (auj. Cobh dans le comté de Cork), Brest et Gibraltar, les autres ports accueillant yacht et autres canonnières anti-sous-marines.

La mobilisation des Etats-Unis mais également industrielle, un programme de guerre permet à l’US Navy de disposer de 316 destroyers en 1922. Connus sous le nom de «flush-decker» (pont-ras), ces navires ne participent qu’à la fin des opérations en Europe. Beaucoup sont mis en réserve dès leur achèvement formant la Moothballing Fleet (Flotte Naphtaline) et certains vont être cédés aux garde-côtes pour lutter contre le trafic d’alcool après la mise en place de la prohibition.

Comme nous l’avons vu les américains déploient une division de cuirassés, la 9th Battleship Division au sein de la Home Fleet mais faute de sortie de la Hochseeflot, les cuirassés américains n’auront pas l’occasion de participer à une bataille navale.

Ils assurent la couverture de convois en mer du Nord et couvrent la mise en place du barrage de la mer du Nord destiné à empêcher le passage des sous-marins allemands dans l’Atlantique en contournant les îles britanniques, le passage par La Manche étant déjà bloqué par des champs de mines au niveau du détroit du pas de Calais.

Quand le premier conflit mondial se termine, l’US Navy déplore la mort de 431 hommes tandis que 819 ont été blessés. Les Marines engagés sur le front français ont connu des pertes nettement plus importantes avec 2461 tués et 9510 blessés, pertes liées aux combats terrestres.

Comme les autres puissances occidentales, les Etats-Unis participent au soutien des Armées Blanches dans la guerre civile russe, des soldats et des Marines étant présents en Mandchourie et dans la région de Vladivostok de juin 1918 à janvier 1920, d’autres soldats américains étant présents à Arkhangelsk de septembre 1918 à juin 1919, 5000 hommes tentant de soutenir la rébellion aristocratique contre le nouveau régime issu de la Révolution d’Octobre avec le succès que l’on sait puisque Lénine et ses séides finissent par triompher en juin 1923.

Le Traité de Washington et les autres traités de limitation navale

Comme nous l’avons vu, les lendemains du premier conflit mondial ne sont pas des lendemains qui chantent. La reconversion des industries de guerre et le retour sur le marché du travail des anciens combattants entraînent une crise économique qui se doublent dans certains pas d’affrontements idéologiques, des mouvements communistes rêvant d’imiter la Russie bolchévique.

Dans ce contexte économique, les dépenses somptuaires engagées dans les programmes navals américains, japonais et dans une moindre mesure britanniques et français.

Les opinions publiques réclament une baisse des dépenses militaires, exigence liée à la fois au contexte économique difficile mais également au profond pacifisme, conséquence de cette boucherie insensée qui envoya ad patres 9.5 millions d’hommes sans compter les blessés.

Une conférence se réunie en novembre 1921 à Washington. Des négociations serrées ont lieu entre la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, le Japon, la France et l’Italie. Londres sacrifie son alliance avec le Japon _moins nécessaire par l’élimination de la menace allemande sans oublier sa volonté de limiter la puissance d’une France victorieuse (comme dira Paul Cambon «Le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort»)_ pour une solidarité anglo-saxonne.

Résultat, l’US Navy et la Royal Navy obtiennent une primauté sur le Japon, l’Italie se retrouvant sur un pied d’égalité avec la France.

Si Paris et Rome ne se plaignent guère ayant parfaitement compris leur déclassement à l’issu du premier conflit mondial, Tokyo s’estime floué même si le terrible tremblement de terre de Tokyo de septembre 1923 l’oblige à réduire la voilure en termes de dépenses militaires.

Ce traité de Washington signé le 6 février 1922 impose un contingent de construction navales par pays ainsi que des limites unitaires, les porte-avions ne pouvant faire plus de 27000 tonnes (même si chaque pays peut disposer de deux porte-avions de 33000 tonnes) avec un armement limité à des canons de 203mm alors que les cuirassés déplacent entre 10 et 35000 tonnes avec une artillerie d’un calibre maximal de 406mm. Sauf exception, la construction de cuirassés est proscrite jusqu’en 1931, c’est la battleship holiday.

Cela oblige l’US Navy à désarmer certains cuirassés de manière anticipée (comme ses premiers dreadnoughts de classe Michigan qui n’auraient probablement pas connu une longue carrière après guerre), de stopper l’achèvement du USS Washington et d’abandonner sur cale la construction des six South Dakota et de quatre des six Lexington, les Lexington et Saratoga étant achevés comme porte-avions. Le traité de Washington est ratifié aux Etats-Unis le 14 août 1923

Le traité de Washington de février 1922 ne sera pas le seul traité de limitations des armements navals, la période séparant la fin du premier conflit mondial de la guerre de Pologne étant marquée par une volonté de réduire les dépenses militaires, de réduire la puissance des armées, réduction considéré comme nécessaire pour maintenir la paix et éviter un nouveau conflit mondial. Dans ce contexte de profond pacifisme, l’heure n’est de toute façon guère aux investissements militaires.

Une réunion américano-britannico-japonaise échoue à Genève en juillet 1927, les frères siamois anglo-saxons n’arrivant pas à s’entendre sur les croiseurs, la Royal Navy demandant beaucoup de navires pour patrouiller sur d’interminables routes commerciales alors que l’US Navy à besoin de navires plus puissants pour la future bataille décisive contre la marine japonaise, bataille censée décider du conflit.

Une nouvelle conférence se réunit le 21 janvier 1930 à Londres avec les cinq participants de la conférence de Washington (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon,France et Italie) qui aboutit à un traité signé le 22 avril 1930. Les britanniques échouent à obtenir l’abolition du sous-marin.

Le remplacement des navires de ligne est repoussé à 1936 (quand expirera le traité de Washington si un pays décide de le dénoncer deux ans avant soit 1934), l’US Navy devant déclasse les Florida Utah Arkansas et Wyoming.

L’artillerie des porte-avions est limitée à 155mm pour mettre fin aux projets des croiseurs et cuirassés porte-avions (on à longtemps cru que les Nelson britanniques étaient des cuirassés porte-avions), les sous-marins ne peuvent déplacer pas plus de 2000 tonnes avec un canon de 130mm mais chaque pays peut conserver des navires plus gros (maximum 2800 tonnes) en l’occurence trois, l’US Navy conservant les Narwhal Nautilus et Argonaut, la marine américaine devant désarmer 16000 tonnes de submersibles.

La catégorie croiseur est précisée, étant croiseur un navire de 1850 à 10000 tonnes avec une artillerie de 130 à 203mm, l’US Navy pouvant disposer de 323500 tonnes (180000 tonnes armés de canons de plus de 155mm, 143500 tonnes de canons d’un calibre inférieur) de croiseurs et 150000 tonnes de destroyers.

L’impossibilité de construire des cuirassés avait entrainé une course au croiseur lourd, un navire de 10000 tonnes, peu ou pas protégé avec une artillerie composée de six à dix canons de 8 pouces ou en vraies mesures 203mm.

Le traité de Washington expirait le 31 décembre 1936 à condition que deux ans auparavant au moins un pays signataire ne le dénonce ce qui est chose faite fin 1934 par le Japon et par la France.

Une nouvelle conférence se réunit à Londres à partir du 9 décembre 1935, aboutissant à la signature du second traité de Londres le 25 mars 1936, traité que ne signe pas le Japon, l’Italie ne le signant que le 16 novembre 1938.

Ce traité limite les caractéristiques des cuirassés à 35000 tonnes avec des canons de 356mm, les porte-avions à 23000 tonnes et des canons de 155mm et les sous-marins à 2000 tonnes avec des canons de 130mm.

Ce traité qui doit rester en vigueur jusqu’au 31 décembre 1942 est muni d’une clause de sauvegarde signée par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui permet la construction de cuirassés de 45000 tonnes avec une artillerie de 16 pouces (406mm). Cette clause est activée dès le 30 juin 1938. Dénoncé le 15 décembre 1940 par la Grande-Bretagne et la France, le Second Traité de Londres expire comme prévu le 31 décembre 1942.

Aucun traité de limitation des armements navals ne sera signé, les différents pays préférant reprendre leur liberté face au conflit qui s’annonce. Les seules limites seront donc techniques et financières.

Etats Unis (2) Histoire (1)

HISTOIRE DES ETATS-UNIS

Les prémices : colonisation et indépendance

C’est au 17ème siècle que le peuplement de l’Amérique du Nord commença sous l’impulsion de l’Angleterre. Les premières implantations ont lieu dans l’actuelle Virginie (terre ainsi nommée en l’honneur de la reine vierge Elisabeth 1ère) et la première colonie Jamestown (en référence à King James I, Jacques 1er de Grande-Bretagne) est fondée en 1607 treize ans avant l’épopée des pèlerins du Mayflower, apport symboliquement fort mais anecdotique sur le plan pratique.

Le Mayflower

Les colonies se développent sur la côte est, les Appalaches formant à l’époque une barrière infranchissable, une véritable frontière.

Peu à peu en dépit d’une communauté de culture avec la Grande-Bretagne, les treize colonies prennent conscience de leur spécificité, de leur singularité.

Les treize colonies ne sont pas identiques, elles peuvent être divisées en trois groupes avec du nord au sud la Nouvelle-Angleterre (New Hampshire, Massachusetts Connecticut Rhode Island) puritaine et plutôt «démocratique» au sein de communautés aux particularismes importants, un espace intermédiaire sans identité forte (New-York New Jersey Delaware Pennsylvanie) et un sud aristocratique où une minorité blanche gère ses plantations peuplées d’esclaves (Maryland Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Georgie).

L’élément déclencheur c’est la question de la représentation. Les treize colonies n’envoient aucun représentant à Westminster ce qui n’empêche pas Londres de taxer les colonies et de les empêcher de se livrer au commerce avec tous les pays.

La révolte éclate sous les cris de «pas d’impôts sans représentation.», marquant le début d’une guerre de huit ans qui aboutit à l’indépendance des treize colonies.

La guerre éclate le 19 avril 1775 avec une première victoire à Lexington, les milices des Etats parvenant à s’opposer et à vaincre des détachements britanniques faibles en nombre. Boston est prise le 17 mars 1776 et le 4 juillet, le Congrès réunit à Philadelphie proclame l’indépendance des treize colonies.

Tableau représentant la déclaration d’indépendance américaine

Les britanniques réagissent et envoie l’élite de l’armée britanniques qui débarque dès le mois de juin, s’emparant de New York et enchaînant les victoires au point de démoraliser profondément l’armée continentale (Continental Army), sapant l’autorité de George Washington. La victoire de Trenton contre les hessois n’est qu’une brève parenthèse dans un océan de défaites.

George Washington, commandant en chef de la Continental Army et futur premier président des Etats-Unis

En 1777, l’arrivée du marquis de La Fayette marque le début de l’engagement français, engagement timide et clandestin avec essentiellement de la fourniture d’armes. Les victoires britanniques pourtant s’enchainent, Philadelphie étant prise en juin mais en octobre, la victoire américaine à Saratoga encourage la France à s’engager clairement dans la guerre.

Après le terrible hivernage à Valley Forge, l’arrivée promise des premiers soldats français allait rétablir un certain équilibre bien que l’entraînement mené par La Fayette et le baron prussien Von Steuben améliora considérablement le niveau de la Continental Army.

Le Marquis de La Fayette futur « Héros des Deux Mondes »

En dépit de ces renforts et de l’action de la Royale contre la Royal Navy, la guerre resta longtemps indécise, les franco-américains échouant à s’emparer de Savannah et son battus à Camden après la prise de Charleston par les britanniques.

Von Steuben

Le 11 juillet 1780, le corps expéditionnaire français dirigé par Rochambeau débarque à Newport, la guerre prenait clairement la tournure d’un conflit conventionnel avec deux armées de métier face à face.

Au printemps 1781, la flotte française dirigée par le comte De Grasse et venue des Antilles reçoit l’ordre de Washington et de Rochambeau d’assurer le blocus de la baie de Chesapeake en Virginie où se trouvaient concentrée l’armée du général Cornwallis bientôt assiégé à Yorktown.

Lord Cornwallis se rend marquant la fin de la guerre d’indépendance américaine

Après la victoire de la flotte française en baie de Chesapeake le 5 septembre, Cornwallis compris qu’il ne pourrait recevoir de renforts et c’est la mort dans l’âme qu’il capitule le 19 octobre, marquant un tournage majeur de la guerre qui aboutit au traité de Paris du 3 septembre 1783 reconnaissant l’indépendance des treize colonies sous le nom des Etats-Unis d’Amérique.

Ce traité offre au nouvel état (qui adopte une constitution fédérale en 1787) des territoires à l’ouest des Appalaches jusqu’au Mississippi, des territoires que l’Etat fédéral va se charger de mettre en valeur. C’est le début de la conquête de l’ouest, du Far West, de l’ouest sauvage mythifié au cinéma, marquant la naissance du mythe du pionnier et de la Frontière.

Les Etats-Unis ou les Etats désunis ?

Jeune nation, les Etats-Unis apprennent à gérer les querelles politiciennes sur l’avenir du pays tout en gérant des querelles extérieures comme la Quasi-Guerre avec la France (1797-1801) ou plus grave la guerre de 1812 (18 juin 1812-18 février 1815) contre la Grande-Bretagne, ce conflit méconnu en France étant souvent considéré comme une deuxième guerre d’indépendance.

En dépit d’un conflit armé, les relations entre Washington et Londres se normalisèrent rapidement en raison d’une communauté culturelle entre les deux nations et les maladresses de la France révolutionnaire qui débouchèrent sur la Quasi-Guerre, un conflit non déclaré entre 1799 et 1802.

Cela n’empêcha pas les pommes de discorde entre les deux pays notamment la question frontalière entre les Etats-Unis et la colonie britannique du Canada, la gêne au commerce américain entrainé par les guerres napoléoniennes et l’enrolement forcé de marins américains dans la Royal Navy.

Ce conflit se déroula sur mer avec un affrontement acharné entre corsaires recrutés par les deux camps, dans la région des Grands Lacs et dans le sud des Etats-Unis dans ce qui fût jadis la Louisiane Française.

Ce conflit se termina par le traité de Gand signé en 1815 qui marqua la fin des tentatives américaines d’annexer les colonies britanniques du Canada et une meilleure délimitation de la frontière entre les Etats-Unis et ce qui n’est pas encore le Commonwealth du Canada.

En effet, la Louisiane n’était plus française («Ils sont américains elles sont américaines la faute à qui donc la faute à Napoléon»), l’immense territoire conquis par Cavalier de La Salle au 17ème siècle ayant été vendu pour 15 millions de dollars en 1803, doublant la superficie du jeune état.

En 1819,la Floride espagnole est acquise et quatre ans plus tard la doctrine Monroe balise les bornes de la politique extérieure américaine qui s’interdit de participer aux affaires européennes, interdisant aux puissances européennes de se mêler aux affaires américaines alors que les colonies portugaises et espagnoles avaient fraîchement acquis leur indépendance.

La conquête de l’Ouest commence vraiment après 1830, le Missouri est franchit dès 1840. C’est alors qu’apparait le terme de «destinée manifeste», les Etats-Unis sont destinés à s’étendre jusqu’au Pacifique au détriment du Mexique, la guerre americano-mexicaine se termine en 1848 par l’annexion de vastes territoires qui devinrent les états d’Arizona, du Colorado, de la Californie, du Nevada, du Nouveau Mexique et de l’Utah.

Alors que les Etats-Unis ont triplé leur superficie passant à 7 millions de kilomètres carrés sur la période 1803/1853, les dissensions internes commencent leur action dissolvante. Si la question de la répartition des pouvoirs était globalement tranchée, l’esclavage était un véritable abcès qui formait une séparation de plus en plus nette entre un Nord industriel et un Sud à l’économie de plantations, économie basée sur l’esclavage.

Cette querelle concernait moins les états constitués que les nouveaux territoires, chaque camp esclavagiste contre abolitioniste voulant faire basculer ces territoires de leur côté.

L’élection du républicain Abraham Lincoln en novembre 1860 met le feu aux poudres. Réputé pour être un abolitionniste enragé, il fait craindre aux états sudistes qu’il n’abolisse l’esclavage alors que les états abolitionnistes étaient devenus majoritaires.

Dès le mois de décembre 1860, la Caroline du Nord fait secession suivit de nombreux autres états, le conflit démarrant en avril 1861 quand l’artillerie confédérée ouvre le feu contre Fort Sumter le 12 de ce mois.

Sur le papier, le Nord doit tout écraser, il est plus peuplé, dispose des principaux ports, de l’industrie face à un Sud trois fois moins peuplé (9M contre 25).

La guerre s’annonce rapide mais le Sud qui se bat pour la survie de son mode de vie se montre un adversaire redoutable. Les militaires du sud ne sont pas forcément meilleurs que les généraux nordistes mais les premiers semblent se battrent pour une cause, leurs hommes sont motivés alors qu’au nord les généraux sont choisis pour des raisons politiques et que les milices ne semblent guère motivées pour se battre longtemps.

Peu à peu le poids du Nord va faire la différence. Le Sud manque d’industries, est de plus étranglé par le blocus nordiste, les exploits du CSS Albama et d’autres forceurs de blocus sont de véritables victoires à la Pyrrhus.

Avec des chefs comme Sherman et Grant, les nordistes disposent enfin de généraux à la hauteur des généraux sudistes. La chute de La Nouvelle Orléans le 1er juillet 1862 prive le Sud du Mississippi. La bataille de Gettysburg en juillet 1863 n’est pas décisive mais le Sud comprend qu’il ne pourra pas gagner la guerre.

Le 9 avril 1865, Lee capitule à Appomatox. 175000 hommes se rendent. 620000 hommes sont morts dans les deux camps, majoritairement de maladie comme les guerres de jadis bien que la guerre civile américaine soit le premier conflit industriel avec l’utilisation massive du télégraphe, du chemin de fer, le premier combat entre cuirassés, le sous-marin….. .

Le Sud ravagé est soumis à une véritable occupation militaire par le nord, provoquant un traumatisme qui marque encore le sud aujourd’hui. L’esclavage est aboli mais les noirs doivent attendre encore pour être considérés comme égaux aux Blancs.

Industrialisation Conquête de l’Ouest et Colonisation

Dès 1868, le Nord se désintéresse du sud et jette son regard vers l’ouest. C’est le début réel de la conquête de l’Ouest, du Far West magnifié par la littérature et le cinéma. Dès 1869, le chemin de fer permet de relier la côte ouest à la côte est. Cette conquête se fait au détriment des indiens, massacrés puis rassemblés dans des réserves. La conquête s’achève en 1890.

Parallèlement à la conquête de l’ouest, les Etats-Unis connaissent une formidable industrialisation notamment du Nord-Est longtemps le poumon économique avec la sidérurgie puis l’automobile, les chantiers navals et le textile.

Ce dévellopement continu s’appuie sur une formidable immigration, 14 millions d’Irlandais, d’Italiens, de Polonais, de Tchèques, de Russes…. s’installent aux Etats-Unis entre 1860 et 1900.

Comme précédement en Europe, les conditions de vie du prolétariat sont misérables. Il faudra attendre 1886 pour que soient créées les premiers syndicats.

Pays jeune et vigoureux, les Etats-Unis se cherchent désormais un but, une mission maintenant que la Frontière à été atteinte.

Comme beaucoup de pays, Washington se tourne vers l’outre-mer et la conquête de colonies, la guerre de 1898 contre l’Espagne étant un tournant dans l’histoire américaine.

Elle marque l’entrée des Etats-Unis d’Amérique dans le concert des nations. C’est le résultat également de la modernisation de l’US Navy qui passe du 12ème rang mondial en 1883 au 6ème en 1906.

Face à elle l’Espagne en déclin, disposant de moyens militaires insuffisants, une guerre rapide qui aboutit à la mise sous protectorat de Cuba, la conquête des Phillipines, de Guam, de Porto Rico.

La même année, Hawai est annexée aux Etats-Unis mais il faudra attendre le 20ème siècle pour qu’Hawai comme l’Alaska (achetée à la Russie en 1867) deviennent des Etats à part entière.

Les Etats-Unis resteront cependant des impérialistes coloniaux modestes car la révolte aux Phillipines (1899-1902) refroidit bien des va-t-en-guerre. En 1903, il favorise la sécession du Panama de la Colombie pour permettre l’achèvement du canal transocéanique de Panama et en 1917 les Iles Vierges danoises sont achetées au Danemark.

En 1935, décision est prise d’accorder d’ici 1942 l’indépendance aux Phillipines. La date est repoussée en 1945.

Le Commonwealth of Phillipines est proclamé le 14 mars 1945. Les Etats-Unis disposent cependant de pouvoirs importants et assurent la défense du pays. Théoriquement en 1950, les troupes américaines devaient partir à l’exception des bases aériennes et des bases navales de Subic et de Cavite mais comme le second conflit mondial à éclaté entre-temps, ce départ est repoussé sine die.

Cuba reste un protectorat américain à l’indépendance toute relative, Guam et Porto-Rico des territoires.

Les Etats-Unis au vingtième siècle (1) (1900-1919)

Théodore Roosevelt

-Durant cette période, quatre présidents se succèdent, William McKinley (1897-1901, troisième président américain assassiné après Garfield et Lincoln), Théodore Roosevelt (1901-1909), William Taft (1909-1913) et Woodrow Wilson (1913-1921), les trois premiers sont républicains, le dernier démocrate.

-Période d’expansion coloniale et industrielle

-La vie politique est dominée par les républicains puisqu’ils occupent la Maison Blanche pendant plus de quinze ans, l’élection du démocrate Wilson marquant le retour des démocrates au pouvoir suprème.

-1903 : Fidèle à sa théorie du Big Stick (gros baton) Théodore Roosevelt favorise en sous-main la sécession du Panama faute d’accord avec la Colombie sur la reprise des travaux du canal interocéanique dont les travaux initiés par Ferdinand de Lesseps déclenchèrent par ricochet le scandale de Panama.

-Deux ans plus tard, Théodore «Teddy» Roosevelt joue les médiateurs dans le conflit russo-japonais mettant en branle sans le savoir le mécanisme qui allait conduire quatre décennies plus tard au volet américano-nippon du second conflit mondial, une partie des élites japonaises estimant que les américains les ont privés des fruits politiques et économiques d’une victoire militaire incontestable.

-Passionné de grands espaces, le 26ème président des Etats-Unis favorise les premières mesures écologiques comme la création de parcs naturels. Il favorise aussi la puissance navale américaine en faisant voter les financements nécessaires à la constitution d’un puissant corps de bataille.

L’épopée de la «Grande Flotte Blanche» (The Great White Fleet) (1907-1909) qui effectue un tour du monde est à mettre à son crédit faisant comprendre au monde que l’US Navy était désormais une force avec laquelle il fallait compter.

The Great White Fleet

-1912 : les territoires de l’Arizona et du Nouveau-Mexique deviennent des Etats à part entière, les 47ème et 48ème, cinq ans après l’Oklahoma et seize ans après l’Utah. Il faudra attendre plus de quarante pour que de nouveaux états accèdent à l’Union, l’Alaska et Hawaï devant attendre la fin du second conflit mondial pour devenir des états à part entière.

-Quand éclate le premier conflit mondial en août 1914, les américains réaffirment leur neutralité, refusant de prendre partie entre la Triplice et la Triple Entente, entre les Alliés et les Empires Centraux.

-Attachés à la liberté du commerce, ils pestent et protestent contre les restrictions imposées par le blocus britannique contre l’Allemagne. Ils ne vont cependant pas jusqu’à déclarer la guerre à leur ancienne puissance tutélaire.

-Après son échec (victoire tactique et défaite stratégique) au Jutland, l’Allemagne abandonne la guerre navale traditionnelle celle des grandes escadres au profit de la guerre sous-marine, mettant tout le poids de l’économie dans la fabrication de sous-marins et décident la guerre sous-marine à outrance (janvier 1917).

-Le 23 février 1917 alors que la guerre sous-marine fait rage depuis un mois, le ministre des affaires étrangères britanniques lord Balfourd communique au président Wilson le contenu d’un télégramme envoyé par le ministre des affaires étrangères allemand, Zimmerman à son ambassadeur à Mexico.

Ce dernier autorise son représentant dans la capitale mexicaine à négocier une alliance politique et militaire promettant de faire la guerre et la paix ensemble, un soutien financier et surtout un soutien pour la reconquête des territoires perdus lors de la guerre mexicano-américaine.

Le 2 avril 1917, Woodrow Wilson demande au Congrès de reconnaître l’état de guerre entre l’Allemagne et les Etats-Unis ce qui est chose faite le 6 avril 1917.

-Cette entrée en guerre parachève un engagement de plus en plus prononcé depuis 1914 avec non seulement les commandes de l’Entente mais également l’engagement de volontaires dans l’armée britannique ou française, cinquante américains intégrant la Légion Etrangère sans oublier la fameuse Escadrille Lafayette.

-Malgré sa puissance industrielle, les Etats-Unis qui ne disposaient à l’époque que d’une armée de taille réduite ont besoin de plusieurs mois pour jeter tout leur poids dans la bataille. On se souvient de la phrase du général Pétain qui déclara «J’attends les américains et les chars».

-Les allemands aussi, tentant au printemps 1918 le tout pour le tout en lançant leur offensive de printemps qui est en passe d’obtenir la victoire. Son échec et le début de l’offensive des 100 jours marque le début de la fin pour l’Allemagne qui allait aboutir à l’Armistice de Rethondes.

-Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson propose les bases d’un réglement du conflit (les quatorze points) avec notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ce qui enterre les derniers espoirs d’un maintien en état de l’Autriche-Hongrie.

-La première division arrive en France en juin 1917 en l’occurence la 1st Infantry Division (The Big Red One) suivit de cinquante-huit autres, vingt à partir de l’armée d’active, dix-sept à partir de la Garde Nationale et vingt-deux à partir de la mobilisation.

Quand à l’United States Army Air Service créé le 24 mai 1918, il va mettre en œuvre 45 squadron et 740 appareils.

-L’US Navy n’est pas en reste participant à la protection des convois contre les sous-marins allemands, déployant une division de cuirassés au sein de la Home Fleet, la 9th Battleship Division (USS New York,USS Florida, USS Delaware et USS Wyoming) qui permet aux anglais de désarmer des cuirassés anciens et de libérer des équipages expérimentés pour la protection des convois.

Le premier engagement à lieu dès le mois de novembre 1917 mais il faut attendre le printemps 1918 pour que le poids américain se fasse sentir. Si les Marines s’illustrent dans le Bois de Belleau (6 au 22 juin), les unités de l’Armée de terre s’illustrent surtout dans la seconde bataille de la Marne.

-Sans l’Armistice de novembre 1918, les forces armées américaines auraient mené avec les troupes françaises une offensive majeure en Lorraine, l’American Expeditionnary Force ayant Metz _ville natale de La Fayette_ pour objectif.

-Au final, les forces armées américaines ont mobilisé durant le premier conflit mondial 4.3 millions d’hommes. 126000 ont été tués (combat et la grippe espagnole), 234000 blessés, 4526 portés disparus et 2450 faits prisonniers.

-Tout comme la France, les Etats-Unis choisissent un soldat inconnu qui enterré dans le cimetière national d’Arlington (Virginie) symbolise le sacrifice des Sammies, la cérémonie officielle ayant lieu en octobre 1921 à Chalons sur Marne, le corps étant inhumé en Virginie le 11 novembre 1921, cet homme ayant été rejoint depuis par un soldat inconnu de chaque conflit auxquels ont participé les Etats-Unis (second conflit mondial, première et deuxième guerre du Vietnam).

-Le coût est bien évidement financier, les Etats-Unis deviennent les créanciers du monde, la France et la Grande-Bretagne ayant massivement emprunté pour financer un conflit toujours plus coûteux.

Ces dettes vont empoisonner les relations entre américains et européens, Washington poussant dans le sens d’un assouplissement des réparations, oubliant un peu vite que les français notamment comptaient sur ses réparations (132MM de mark-or) pour rembourser les américains.

Selon une étude récente, la première guerre mondiale aurait coûté 551 milliards de $ au cours actuel (33MM au cours de 1918) et la dette est passée de 3.6 milliards en 1914 à 27 milliards en 1918.

-Si les américains font partie des vainqueurs, ils échouent à sortir de leur isolationisme. Suite à un vote hostile du Sénat, on aboutit à un paradoxe amer : le pays promotteur de la SDN (Société des Nations) refuse d’y participer ce qui d’entrée affaiblit grandement l’organisme.

Grande Bretagne (104) Armée de l’Air (14)

Coastal Command

Littéralement “commandement côtier”, ce grand commandement le troisième après la chasse et le bombardement est le bras armé de la RAF en haute-mer, en soutien de la Royal Navy. On verra à plusieurs reprises les avions et les hydravions du Coastal Command servir de prolongateur de force aux croiseurs et aux cuirassés de Sa Majesté. Comme tous les commandements, l’évolution entre septembre 1939 et septembre 1948 est à la fois quantitative et qualitative.

Métropole

Situation en septembre 1939

-Neuf squadron équipés d’avions de surveillance maritime Avro Anson en l’occurrence les squadron 48, 206, 217, 220,269, 500,502, 608 et 612 auxquels on peut ajouter le squadron 233 en cours de transformation sur Hudson et qui dispose donc d’une flotte mixte.

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

-Deux squadron de patrouille maritime équipés de Lockheed Hudson, les squadron 224 et 233

-Deux squadron de torpillage équipés de Vickers Vildebest, les squadron 22 et 42

-Un squadron d’hydravions équipés de Short Stranaer, le squadron 209

-Deux squadron d’hydravions équipés de Short Sunderland, les squadron 204 et 210

Situation en septembre 1948

Squadron de patrouille maritime

-Squadron 130 : nouvelle unité créée avec des Lockheed Hudson de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine

Consolidated Privateer

Consolidated Privateer

-Squadron 132 : nouvelle unité créée en 1944 avec des avions de patrouille maritime Consolidated Privateer

-Squadron 206 : Avro Anson remplacés par des Vickers Wellington de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine

-Squadron 220 Avro Anson remplacés par des Vickers Wellington de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine

Vickers Wellington Mk II

Vickers Wellington Mk II

-Squadron 269 : Avro Anson remplacés par des Lockheed Hudson de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine

-Squadron 608 : Avro Anson remplacés par des Blackburn Buccaneer Mk II

-Squadron 612 : Avro Anson remplacés par des Blackburn Buccaneer Mk II

Le squadron 130 couvre la mer d’Irlande, les squadron 220 et 612 La Manche et les Western Approaches, les squadron 206, 220 et 269 s’occupent de la Mer du Nord. Quand au squadron 132, il va patrouiller la mer du Nord à la recherche de la flotte allemande depuis l’Ecosse

Squadron de bombardier-torpilleurs

-Squadron 131 : Unité de création nouvelle avec des Bristol Beaumont

torpille de 18 pouces Mark XII et un Bristol Beaufort

torpille de 18 pouces Mark XII et un Bristol Beaufort

-Squadron 224 : Remplace ses Lockheed Hudson par des Bristol Beaufort

-Squadron 233 : Remplace ses Lockheed Hudson par des Bristol Beaufort

Squadron de chasse-bombardement

De Havilland Mosquito

De Havilland Mosquito

-Squadron 22 : remplace ses Vickers Vildebest par des De Havilland Mosquito

-Squadron 42 : remplace ses Vickers Vildebest par des De Havilland Mosquito

Le squadron 22 reste en Grande-Bretagne quand éclate le second conflit mondial, le squadron 42 rallie Malte pour si besoin est attaquer la navigation italienne.

-Squadron 133 : unité de création nouvelle équipée de Bristol Beaufighter. Va opérer en mer du Nord en soutien des forces alliées engagées contre le corps expéditionnaire allemand de l’opération Weserübung.

Squadron d’hydravions

le roi George VI (1936-1952) passant en revue une unité de Supermarine Walrus

le roi George VI (1936-1952) passant en revue une unité de Supermarine Walrus

-Squadron 200 : unité de création nouvelle équipée de Supermarine Walrus opérant au dessus de l’Atlantique.

-Squadron 204 : squadron équipé de Short Sunderland opérant au dessus de l’Atlantique depuis la Cornouailles

-Squadron 209 : ce squadron à remplacé ses Short Stranaer par des Consolidated Catalina avec lesquels il opère au dessus de la mer du Nord.

Short Sunderland

Short Sunderland

-Squadron 210 : squadron équipé de Short Sunderland opérant au dessus de la mer du Nord

-Squadron 212 : squadron équipé de Consolidated Catalina opérant au dessus de la mer du Nord

-Squadron 219 : unité de création nouvelle équipée de Supermarine Walrus, les appareils opérant depuis l’Irlande du Nord

-Squadron 221 : unité de création nouvelle équipée de Short Sunderland, les appareils opérant au dessus des Western Approaches

-Squadron 222 : unité de création nouvelle équipée de Short Sunderland, les appareils opérant depuis les Orcades

Méditerranée

Situation en septembre 1939

-Squadron 202 stationné à Kalafrana (Malte) avec pour équipement des Saro London

-Squadron 228 stationné à Alexandrie avec des hydravions de patrouille maritime Short Sunderland

Situation en septembre 1948

Squadron de patrouille maritime

-Squadron 128 : unité de création nouvelle équipée de Vickers Wellington et stationné à Gibraltar pour opérer dans l’Atlantique et en Méditerranée

-Squadron 500 : unité déployée à Malte avec Lockheed Hudson

-Squadron 217 : unité déployée à Alexandrie avec des Blackburn Buccaneer

-Squadron 134 : unité déployée à Gibraltar avec des Consolidated Privateer

Squadron d’attaque aéromaritime

Bristol Beaufighter T Mark X

Bristol Beaufighter T Mark X

-Squadron 135 : unité de création nouvelle équipée de Bristol Beaufighter

Squadron d’hydravions

-Squadron 202 toujours déployé à Malte mais équipé en septembre 1948 avec des Supermarine Walrus

Consolidated Catalina britannique approchant de l'île de Malte

Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

-Squadron 227 unité de création nouvelle équipée de Consolidated Catalina et déployé à Gibraltar

-Squadron 228 toujours déployé en Egypte et toujours équipé de Short Sunderland

-Squadron 229 unité de création nouvelle équipée de Consolidated Catalina et déployé en Palestine

Océan Indien/Inde/Moyen-Orient

Situation en septembre 1939

-Squadron 203 déployé à Bassorah (Irak) avec des Short Singapore III

-Squadron 273 déployé à Ceylan avec des Vickers Vildebest

Situation en septembre 1948

-Un squadron de patrouille maritime stationné à Calcutta, le squadron 129 équipé de Lockheed Hudson

-Un squadron de patrouille maritime à long rayon d’action stationné dans les îles Andaman, le squadron 239 équipé de Consolidated Privateer

-Un squadron d’hydravion de patrouille maritime, le squadron 203 équipé de Catalina, l’unité quittant l’Irak pour Aden.

-Un squadron d’hydravion de patrouille maritime, le squadron 231 stationné à Bombay avec pour équipement des Short Sunderland

-Un squadron d’hydravion de patrouille maritime, le squadron 232 stationné à Calcutta avec pour équipement des Supermarine Walrus.

Extrême-Orient

Situation en septembre 1939

-Squadron 36 stationné à Seletar (Singapour) et équipé de Vickers Vildebest

-Squadron 100 stationné à Seletar et équipé lui aussi de Vickers Vildebest

-Squadron 205 stationné à Seletar et équipé de Short Singapore

-Squadron 230 stationné à Seletar et équipé de Short Sunderland

Situation en septembre 1948

Squadron de patrouille maritime

-Squadron 48 stationné à Seletar avec pour équipement des Blackburn Buccaneer Mk II

-Squadron 502 stationné à Kuching (Malaisie) avec pour équipement des Lockheed Hudson

Squadron de bombardier-torpilleurs

-Squadron 273 transféré de Ceylan à Alor Setar. Ses Vickers Vildebest sont remplacés par des Bristol Beaufort puis par des Beaumont.

-Squadron 36 stationné à Singapour avec des Bristol Beaufort en remplacement des Vildebeest

-Squadron 100 stationné à Singapour avec des Bristol Beaufort en remplacement des Vildebeest

Squadron d’hydravions

-Squadron 205 stationné à Singapour avec des Consolidated Catalina

-Squadron 230 stationné à Singapour avec des Short Sunderland

-Squadron 236 stationné à Alor Setar avec Supermarine Walrus

-Squadron 238 stationné à Kuching avec des Consolidated Catalina

-Squadron 239 stationné à Hong-Kong avec des Supermarine Walrus

Bermudes

Deux squadron sont déployés aux Bermudes pour couvrir l’Atlantique contre les sous-marins allemands.

-Squadron 241 équipé d’avions de patrouille maritime équipés de Consolidated Privateer

-Squadron 244 équipé d’hydravions de patrouille maritime Consolidated Catalina

Grande Bretagne (98) Armée de l’Air (9)

Les avions de la RAF (5) : coopération

Avant-propos

L’apparition de l’avion comme vecteur militaire avait pour origine une volonté vieille comme la guerre : celle de voir de l’autre côté de la colline, de dissiper le brouillard de guerre, de limiter ce que Clausewitz appelle la friction qui fait du plan la première victime de la guerre, situation résumée par l’acronyme américain SNAFU ! (Situation Normal All Fucking Up ! Situation normale tout se barre en couille !).

Les essais des plus légers que l’air encore utilisés durant le premier conflit mondial avaient été prometteurs mais leur efficacité était limitée par leur vulnérabilité aux coups de l’ennemi et aux éléments.

Le plus lourd le supplanta et la première mission de l’avion fût d’observer les mouvements de troupes de l’ennemi et de diriger sur eux les forces amies et de déclencher sur eux le feu de Wotan. C’est l’observation par un avion français d’un changement d’axe de progression de l’aile gauche allemande qui permis la contre-offensive et le “Miracle de la Marne”.

A l’observation s’ajoutèrent des missions de chasse et de bombardement. A plusieurs reprises le regroupement des forces dans un corps autonome donna de bons résultats mais pourtant la paix revenue, l’armée de terre et la marine voulurent remettre la main sur LEUR aviation, déniant aux aviateurs le droit de former un corps autonome.

Même la RAF première force aérienne autonome du monde du se battre contre les revendications de l’Army et de la Royal Navy et sanctuariser une indépendance acquise alors que le premier conflit mondial n’était pas terminé.

Tout en dévellopant ses unités de chasse et de bombardement, la RAF dévellopa son aviation de coopération avec les unités de l’armée de terre, des unités chargées essentiellement de missions de reconnaissance ,d’observation et de réglage de tirs d’artillerie.

Nombre de ces unités sont déployées outre-mer où elles assurent des missions de police coloniale où la British Rule est maintenue par la puissance de l’aviation qui permet de limiter le déploiement de troupes au sol et de réduire la vulnérabilité des longues et lourdes colonnes de ravitaillement cibles toutes trouvées pour des groupes irréguliers.

Les moyens de coopération son regroupés pour la métropole au sein d’une Tactical Air Force qui devient l’Army Cooperation Command (ACC) en 1944 qui dispose de moyens nettement plus importants en septembre 1948 tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Ce commandement dispose d’un squadron équipé d’Avro Anson, de deux squadrons de Hawker Audax stationnés en outre-mer, trois squadrons de Hawker Hector, huit squadrons de Westland Lysander (dont un déployé outre-mer), deux squadrons déployés outre-mer équipés de Vickers Vincent et deux squadrons déployés outre-mer avec des Westland Wapiti soit un total de dix-huit squadrons.

Ce commandement connait une certaine expansion durant la Pax Armada ainsi qu’un renouvelement du parc (qui était assez ancien en septembre 1939).

Le principal appareil utilisé est le Westland Lysander, un petit monomoteur à aterrissage et décollage court utilisé aussi bien pour la police coloniale que pour l’observation, le réglage du tir d’artillerie voir le bombardement léger et la reconnaissance.

Il est complété par des De Havilland Mosquito, un appareil construit entièrement en bois et utilisant sa vitesse pour échapper à l’interception même si avec l’amélioration des chasseurs allemands, de plus en plus d’appareils de reconnaissance seront armés pour assurer leur autodéfense en cas de mauvaise rencontre.

Il manquera rapidement un appareil intermédiaire comparable au Dewoitine D-720 français mais bien que cette lacune soit connue, il faudra attendre le début du conflit pour voir l’Army Cooperation Command disposer d’un appareil adapté en l’occurence le Lockheed Hudson.

En septembre 1948, l’ACC dispose en Métropole de deux wing multimissions disposant chacun de deux squadrons de Westland Lysander et deux squadrons de De Havilland Mosquito de reconnaissance.

En Méditerranée (donc pas sous le commandement direct du AAC), on trouve un squadron de De Havilland Mosquito stationné à Malte, en Egypte deux squadrons de Westland Lysander et un squadron de De Havilland Mosquito, en Palestine un squadron de Westland Lysander, en Irak un squadron de Westland Lysander.

Au Soudan on trouve un squadron de Westland Lysander et un squadron de Fairey Battle, à Aden un squadron de police coloniale équipé de Westland Lysander alors qu’en Inde on trouve un squadron de De Havilland Mosquito et deux squadrons de Westland Lysander.

Enfin en Malaisie, on trouve un squadron de reconnaissance équipé de Bristol Blenheim Mk V qui ont remplacé les Mosquito qui sont révélés inadaptés au climat colonial et deux squadrons de coopération équipés de Lysander.

L’AAC dispose au total de vingt-trois squadron de reconnaissance et de coopération avec l’armée de terre.

Hawker Audax

Hawker Audax

Hawker Audax

Le Hawker Audax est un dérivé du Hart mis au point spécialement pour des missions de coopération. L’avion se distingue par la présence d’une hook (crochetpour récupérer les messages et d’un armement composé d’une mitrailleuse Lewis de 7.7mm et d’une Vickers. Son moteur est un Kestrel plus puissant.

Outre la RAF, cet appareil à été exporté au Canada, en Inde britannique, en Afrique du Sud, en Egypte, en Irak, en Iran, les Etablissements des Détroits (Straits Stellements), la Rhodésie du Sud. Une version du Audax dédiée à l’Afrique du Sud et baptisée Hartebeest à également été produite.

En septembre 1939, deux squadrons de Hawker Audax sont encore opérationnels. Ces appareils déployés outre-mer sont remplacés au cours des années quarante par des Westland Lysander.

Hawker Hector

Hawker Hector

Hawker Hector

Le Hawker Hector est un appareil de coopération qui effectue son premier vol le 14 février 1936. Ce biplan à été produit à 178 exemplaires. Sa carrière à été brève puisque dès 1938, le Westland Lysander à commencé à le remplacer au sein des sept unités équipées mais trois squadrons étaient encore équipés de Hawker Hector quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939.

Ces appareils sont remplacés par des Westland Lysander et retirés des unités de première ligne courant 1941. Ils seront encore utilisés pour l’entrainement et pour diverses expérimentations. Un achat par l’Irlande de quelques appareils ne dépassa pas le stade de la lettre d’intention en raison du mauvais état des appareils proposés.

Caractéristiques Techniques du Hawker Hector

Type : avion biplace de coopération

Masse : à vide 1537kg en charge 2227kg

Dimensions : longueur 9.09m envergure 11.26m hauteur 3.18m

Motorisation : un Napier Dagger III 24 cylindres de 805ch

Performances : vitesse maximale 301 km/h à 1999m d’altitude distance franchissable 483km plafond opérationnel 483km plafond opérationnel 7815m

Armement : une mitrailleuse de 7.7mm Vickers tirant vers l’avant et une mitrailleuse Lewis de même calibre en place arrière. Appareils photos, fusées éclairantes, deux bombes de 50kg ou des containers.

Westland Wapiti

Westland Wapiti

Westland Wapiti larguant des bombes légères

A l’origine du Westland Wapiti figure l’Air Ministry Specification 26/27 qui demandait un appareil destiné à remplacer l’Airco DH.9 conçu durant le premier conflit mondial. Le nouvel appareil devait néanmoins utiliser de nombreux composants du DH.9 pour écluser les pièces détachées dont la RAF possédait des stocks très importants.

Le prototype du Wapiti décolle pour la première fois le 7 mars 1927 et après une mise au point et des modifications techniques, une première commande pour vingt-cinq appareils en octobre 1927. L’appareil est mis en service en juin 1928 et utilisé notamment pour des missions de police coloniale en Irak ou dans le monde indien. L’appareil à également été exporté en Australie, au Canada, en Chine nationaliste, en Inde britannique et en Afrique du Sud.

En septembre 1939, deux squadrons sont encore équipés de Westland Wapiti, deux squadrons déployés en Inde. Ces appareils vont être remplacés par des Westland Lysander, le nouvel avion bon à tout à faire de la RAF. Les appareils survivants trop usés pour un autre usage ont été rapidement feraillés. Aucun appareil complet n’à été conservé et seules des répliques construites par des passionnés ont vu le jour.

Caractéristiques Techniques du Westland Wapiti Mk IIA

Type : monomoteur monoplan biplace de coopération

Masse : à vide 1732kg en charge 2459kg

Dimensions : longueur 9.65m envergure 14.15m hauteur 3.96m

Motorisation: un moteur radial Bristol Jupiter VI de 420ch

Performances : vitesse maximale 208 km/h à 1980m vitesse de croisière 177 km/h distance franchissable 580km plafond opérationnel 5730m

Armement : une mitrailleuse Vickers de 7.7mm tirant vers l’avant et une mitrailleuse de même calibre Lewis installé en poste arrière Possibilité d’embarquer plus de 580 livres (232kg).

Vickers Vincent

Vickers Vildebeest

Vickers Vildebeest

Le Vickers Vincent est un dérivé direct du Vickers Vildebeest, un dérivé destiné à des missions de servitude et de police coloniale (general purpose). A l’origine, il s’agit d’une initiative de la firme de Yeovil pour remplacer les Westland Wapiti et les Fairey III.

Suite à une campagne d’expérimentations menée avec des Vildebeest modifiés pour des missions GP, le ministère de l’Air rédigé la Specification 16/34 qui valide l’initiative de la firme Westland.

Les différences entre les deux appareils sont minimales avec le remplacement de l’équipement destiné au torpillage par un réservoir supplémentaire et son moteur était plus puissant.

A noter que sur les 197 appareils produits, certains étaient en réalité des conversions de Vildebeest.

Douze squadrons de la RAF furent équipés de cet appareil mais en septembre 1939 deux squadrons sont encore équipés de cet appareil, squadrons déployés outre-mer. Ces appareils sont remplacés en 1944/45 par des Westland Lysander. L’appareil n’à pas été exporté.

Westland Lysander

Westland Lysander

Westland Lysander

A l’origine du Lysander figure l’Air Ministry Specification A.39/34 publiée en 1934 pour un avion de coopération avec l’armée destiné à remplacer l’Hawker Hector. A ce concours répondirent Hawker, Avro, Bristol et Westland.

L’appareil de Westland issu de conversations d’Arthur Devonport et de Teddy Petter avec des pilotes de coopération. Cela donna un petit appareil à train fixe et aile haute aux capacités de décollage et d’aterrissage court remarquable.

Le prototype du Westland P.8 décolle pour la première fois le 15 juin 1936. L’Air Ministry passe commande de deux prototypes en compagnie du Bristol type 148. C’est le Westland P.8 qui est sélectionné en septembre 1936.

Les premiers appareils entrent en service en juin 1938 à la fois pour des unités de coopération mais également pour des unités de police coloniale.

En septembre 1948, les unités suivantes sont équipées de Westland Lysander :

-Quatre squadrons de coopération de Westland Lysander déployés en Métropole

-Deux squadrons de coopération et de police coloniale déployés en Egypte avec des Westland Lysander

-Un squadron de police coloniale déployé au Soudan avec des Westland Lysander

-Un squadron de police coloniale déployé en Palestine

-Un squadron de surveillance, de coopération et de police coloniale déployé en Irak

-Un squadron de police coloniale et de surveillance côtière déployé à Aden avec des Westland Lysander

-Deux squadrons de Westland Lysander sont déployés en Inde

-Deux squadrons de coopération équipés de Lysander sont déployés en Malaisie.

Ce sont donc au total quatorze squadrons de la RAF qui sont équipés de cet appareil. Au Lysander Mk I à succédé un Mk II dôté d’un moteur plus puissant et d’un armement défensif renforcé puis à un Mk III aux performances par temps chauds améliorées.

Le Lysander Mk IV qui entre en production en septembre 1948 sera la dernière version de ce robuste petit appareil à être produite, les premières leçons du conflit montra la vulnérabilité de l’appareil face à la chasse ennemie.

Outre des squadrons totalement équipés de ce drôle de petit appareil figure des appareils isolés au sein d’unités de transport, le Lysander servant d’éclaireur voir d’escorteurs de fortune.

La RAF préférera utiliser désormais des avions d’entrainement armés voir des chasseurs monoplaces pour ces missions de coopération, le projet de produire sous licence le Dewoitine D-720bis n’ayant pas abouti.

Outre la coopération et la police coloniale, la RAF à utilisé le Lysander pour le remorquage de cibles.

L’appareil à été exporté et produit sous licence au Canada, la RCAF utilisant le Lysander pour la coopération mais également pour l’entrainement. Il à été vendu en Finlande, en Irlande, en Turquie, au Portugal, en Inde et en Egypte.

Caractéristiques Techniques du Westland Lysander Mk I

Type : monomoteur monoplan de coopération

Masse : à vide 1984kg maximale au décollage 2877kg

Dimensions : longueur 9.29m envergure 15.24m hauteur 4.42m

Motorisation : un moteur radial Bristol Mercury XX de 870ch

Performances : vitesse maximale 341 km/h à 1520m distance franchissable 966km plafond opérationnel 6550m

Armement : deux mitrailleuses Browning de 7.7mm tirant vers l’avant et deux Lewis manoeuvrées par l’observateur Quatre bombes de 9kg sous le fuselage et possibilité d’embarquer 500kg de bombes sur les ailes inférieures démontables.

Equipage : un pilote plus un passager ou un observateur

Grande Bretagne (97) Armée de l’Air (8)

Les avions de la RAF (4) : avions-torpilleurs et avions du Coastal Command

Avant-Propos

L’apparition de l’avion donna une allonge considérable au combat sur mer. Le porte-avions permettait de combattre au delà de l’horizon et le second conflit mondial verra l’impensable : une bataille entre ennemis ne se voyant pas directement.

Certes avec la portée accrue des canons des cuirassés, il était de plus en plus difficile d’apercevoir nettement l’ennemi mais là la distance se mesurait en centaines de miles notamment dans le Pacifique entre les alliés et les japonais.

Outre l’aviation embarquée, on trouvait l’aviation navale basée à terre, la PatMar (Patrouille Maritime) en jargon français qui pouvait jouer un rôle capital notamment dans les mers fermées.

Pour prendre le seul exemple de la mer du Nord, les trois belligérants majeurs (France, Grande-Bretagne et Allemagne) dévellopèrent une puissante aviation à terre pour éclairer leurs forces, attaquer le trafic maritime, mouiller des mines, détruire les sous-marins….. .

Si la France dès le début et l’Allemagne “en cours de route” regroupèrent aviation embarquée et basée à terre sous le contrôle de la marine, la Grande-Bretagne sépara ses forces en deux entités.

En effet si l’aviation embarquée dépendait de la Fleet Air Arm (FAA) sous commandement direct de la Royal Navy, l’aviation basée à terre dépendait du Coastal Command, une entitée de la RAF.

Une chose est cependant commune aux trois pays c’est l’évolution quantitative et surtout qualitative des moyens mis en oeuvres, les avions et les hydravions présents en septembre 1948 ont des capacités bien supérieures à celles des avions en service en septembre 1939 qu’il s’agisse de nouveaux modèles ou de versions améliorées de modèles présents lors du déclenchement de la guerre de Pologne.

Pour mener à bien ses missions, le Coastal Command dispose d’avions de patrouille maritime, d’avions de lutte anti-sous-marine, de bombardier-torpilleurs, de chasseur-bombardiers et d’hydravions de surveillance, la RAF n’ayant pas dévellopé d’hydravions torpilleurs à la différence de la France et de l’Allemagne.

Avro Anson

Des Avro Anson sont encore en état de vol de nos jours

Des Avro Anson sont encore en état de vol de nos jours

La mise au point de l’Avro Anson est lié à la fois à un appareil civil, l’Avro 652 mais également une demande des services officiels britanniques à savoir l’Air Ministry Specification 18/35 demandant un appareil de reconnaissance maritime. L’appareil effectue son premier vol le 24 mars 1935 et le Coastal Command reçoit ses premiers appareils un an plus tard en mars 1936.

En septembre 1939, neuf squadrons du Coastal Command sont équipés d’Avro Anson dont quatre Auxiliary c’est à dire composés non d’engagés mais de réservistes mobilisés. Outre cette utilisation pour la patrouille maritime, ce petit bimoteur rapidement dépassé va servir pour l’entrainement qu’il s’agisse de l’entrainement au pilotage sur multimoteur (chaque squadron du Bomber Command dispose de quelques Anson) ainsi que l’entrainement au bombardement au sein d’Operational Training Unit (OTU).

La guerre de Pologne terminée, l’Anson va peu à peu être remplacé par des appareils plus modernes, les derniers Anson quittant le Coastal Command courant 1945 pour se concentrer sur l’entrainement, les liaisons, le remorquage de cibles et les expérimentations techniques et tactiques.

Les unités concernées reçoivent des Blackburn Buccaneer Mk II _version de surveillance côtière du Mk I embarquée sur les porte-avions de la RN_ pour quatre d’entre-eux, deux recevant des Vickers Wellington GR. Mk VIII, les trois derniers étant équipés de Lockheed Hudson.

L’appareil à été également utilisé par l’Australie (essentiellement pour l’entrainement, le transport léger et les liaisons), le Canada (Armée de l’Air et Marine), l’Inde britannique, la Nouvelle-Zélande, la Belgique, l’Argentine, la Finlande, la Grèce, l’Irlande, la Norvège, le Portugal, la Rhodésie, l’Afrique du Sud et la Turquie.

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Caractéristiques Techniques de l’Avro Anson Mk I

Type : bimoteur de surveillance maritime et d’entrainement

Masse : à vide 2500kg en charge 3608kg maximale au décollage 3900kg

Dimensions : longueur 12.88m envergure 17.22m hauteur 3.99m

Motorisation : deux moteurs radiaux Armstrong-Siddeley Cheetah IX de 350ch chacun

Performances : vitesse maximale 302 km/h à 2100m distance franchissable 1271km plafond opérationnel 5791m

Armement : une mitrailleuse de 7.7mm tirant vers l’avant une mitrailleuse Vickers K en tourelle dorsale 163kg de bombes

Lockheed Hudson

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Lockheed Hudson de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Bien que possédant une industrie aéronautique puissante, la RAF n’hésita pas à se tourner vers l’étranger et notamment les Etats-Unis pour compléter une force aérienne qui connaissait une expansion si rapide que les constructeurs aéronautiques britanniques avaient du mal à suivre.

Parmi les avions étrangers choisis figure le Lockheed Hudson, un petit bimoteur issu du Lockheed Model 14 Super Electra. Baptisé Hudson, il est sélectionné par la commission des achats britanniques en 1938 pour soutenir au sein des unités du Coastal Command l’Avro Anson.

Les premiers Hudson sont livrés en février 1939 et quand la guerre de Pologne éclate, deux squadrons du Coastal Command sont équipés de Lockheed Hudson Mk I. Ces unités sont ultérieurement transformés sur bombardiers-torpilleurs Bristol Beaufort. Les appareils vont être utilisés pour l’entrainement et les essais.

Trois squadrons équipés d’Avro Anson sont rééquipés avec des Lockheed Hudson Mk II, deux nouvelles unités recevant en 1944/45, des Lockheed Hudson Mk III.

Si deux unités sont déployées en Grande-Bretagne, un squadron est déployé en Méditerranée (Malte) et deux en Extrême-Orient (un à Calcutta et un à Kuching).

Suite aux premières leçons du conflit, une nouvelle version du Lockheed Hudson va être commandée par la RAF pour équiper l’Army Cooperation Command (ACC). Ce Mk IV mène des missions de reconnaissance tactique, de bombardement léger voir de transport léger et d’EVASAN suivant un rôle semblable au Dewoitine D-720.

Le Hudson à aussi été exporté en Australie, au Brésil, au Canada, en Chine nationaliste, en Irlande, aux Pays-Bas, en Nouvelle-Zélande, au Portugal, en Afrique du Sud sans oublier que l’USAAC et l’US Navy ont acquis cet appareil.

Caractéristiques Techniques du Lockheed Hudson Mk I

Type : bimoteur de reconnaissance et de bombardement léger

Masse : à vide 5400kg en charge 7930kg maximale au décollage 8390kg

Dimensions : longueur 13.51m envergure 19.96m hauteur 3.62m

Motorisation : deux moteurs radiaux Wright Cyclone 9 cylindres de 1100ch chacun

Performances : vitesse maximale 397 km/h distance franchissable 3150km plafond opérationnel 7470m

Armement : deux mitrailleuses Browning de 7.7mm en tourelle dorsale, deux mitrailleuses identiques dans le nez, 340kg de bombes ou de grenades ASM

Equipage : six hommes

NdA Pour le Blackburn Buccaneer cf la partie consacrée à la Fleet Air Arm

Bristol Beaufort

torpille de 18 pouces Mark XII et un Bristol Beaufort

torpille de 18 pouces Mark XII et un Bristol Beaufort

Arme fragile par excellence, la torpille devait être lancée à basse vitesse. Comme le biplan possédait une vitesse de décrochage inférieure au monoplan, il avait été longtemps privilégié dans ce domaine très particulier de la guerre navale.

Néanmoins l’augmentation des performances des chasseurs rendaient les bombardiers-torpilleurs biplans vulnérables ce qui imposa un passage au monoplan en dépit des réticences de certains opérationnels britanniques.

A l’origine du Beaufort figure l’Air Ministry Specification M.15/35 & G.24/35 qui demandaient respectivement un bombardier-torpilleur bimoteur basé à terre et un appareil de reconnaissance générale.

Deux candidats se présentèrent, le Bristol type 152 (futur Beaufort) et le Blackburn B.26 futur Botha mais ce second sous-motorisé et connaissant une instabilité génératrice de crash ne connut qu’une carrière éphèmère, la production cessant rapidement et l’appareil rélégué aux missions secondaires.

L’appareil ressemblait au Blenheim mais il était plus large, une envergure plus importante, un fuselage allongé pour intégrer un quatrième membre d’équipage. Plus lourd, le Beaufort du abandonner les Mercury pour des moteurs plus puissants (Bristol Perseus) ce qui ne l’empéchait pas d’être plus lent que le Blenheim. Ces moteurs furent d’ailleurs remplacés sur les avions de série par des Bristol Taurus.

Le premier vol eut lieu le 15 octobre 1938 mais en raison de problèmes de surchauffe de moteurs, la production n’est lancée qu’en novembre 1939 et la mise en service n’est prononcé qu’en janvier 1940.

Le nouveau bombardier-torpilleur va équiper deux squadrons précédement dôtés de Lockheed Hudson ainsi que trois squadrons précédement équipés de biplans Vickers Vildebest. Si les deux premiers sont stationnés en Grande-Bretagne, les trois autres sont déployés outre-mer. L’un des squadrons équipés de Beaufort à été ultérieurement rééquipé de Beaumont, une version très améliorée du Beaufort.

En septembre 1948 ce sont donc quatre squadrons qui sont encore équipés de Bristol Beaufort mais cet appareil est en voie de déclassement puisque sa production à été stoppée en mai 1946 au profit exclusif du Beaumont.

L’appareil à également été produit sous licence par l’Australie, devenant le principal bombardier de la RAAF même si ses performances en matière de bombardement horizontal n’étaient pas fameuses. Il était également utilisé pour le mouillage de mines.

Le Beaufort à été également utilisé en petit nombre par le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et la Turquie.

Caractéristiques Techniques du Bristol Beaufort Mk I

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Masse : à vide 5945kg en charge 9629kg

Dimensions : longueur 13.46m envergure 17.63m hauteur 4.34m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Taurus 14 cylindres de 1130ch chacun

Performances : vitesse maximale 420 km/h à 1981m vitesse de croisière 410 km/h à 1981m distance franchissable 2600km plafond opérationnel 5030m

Armement : trois mitrailleuses de 7.7mm (deux en tourelle dorsale et une dans l’aile droite) puis six mitrailleuses de même calibre (deux dans le nez, deux en tourelle dorsale, une dans l’aile droite et une latérale) une torpille de 18 pouces (457mm) ou 907kg de bombes

Vickers Vildebest

Vickers Vildebeest

Vickers Vildebeest

A l’origine de ce bombardier-torpilleur biplan figure l’Air Ministry Specification 24/25 qui demandait un bombardier-torpilleur basé à terre pour remplacer le Hawker Horsley. Vickers proposa son type 132 qui décolla pour la première fois en avril 1928.

Opposé au Blackburn Beagle et au Handley-Page Hare, le Vickers type 132 connu des problèmes avec son Bristol Jupiter de moteur et Vickers proposa un second prototype, le Vickers type 204 propulsé par un Armstrong Siddeley Panther qui remporta le concours. Au final le futur Vildebest allait recevoir une nouvelle version du Jupiter qui devint plus tard le Pegasus.

L’appareil produit en relativement grand nombre donna naissance à un avion de coopération, d’usage général, le Vickers Vincent dont nous reparlerons ultérieurement.

Cinq squadron vont être équipés de Vildebest, appareils toujours en service en septembre 1939, presque sept ans après sa mise en service.

Les deux unités déployées en Métropole vont être transformées très (trop ?) tardivement sur chasseurs bombardiers De Havilland Mosquito alors que les trois unités déployées outre-mer vont recevoir des Bristol Beaufort, l’un d’entre-eux recevant des Bristol Beaumont.

Les Vildebest n’ont pas été conservés pour l’entrainement et les expérimentations en raison de leur obsoclescence. Les appareils ont été vite feraillés.

L’appareil à été également utilisé par l’Espagne (vingt-cinq exemplaires pour la marine) et la Nouvelle-Zélande qui acquis douze exemplaires en 1935 pour la défense côtière.

Caractéristiques Techniques du Vickers Vildebest Mk III

Type : bombardier-torpilleur monomoteur triplace

Masse : à vide 2170kg en charge 3864kg

Dimensions : longueur 11.18m envergure 14.94m hauteur 4.47m

Motorisation : un moteur Bristol Pegasus II-M3 radial de 635ch

Performances : vitesse maximale 230 km/h distance franchissable 2010km plafond opérationnel 5800m

Armement : une mitrailleuse fixe tirant vers l’avant de 7.7mm Vickers et une mitrailleuse Lewis de 7.7mm tirant vers l’arrière une torpille de 18 pouces ou 500kg de bombes

Bristol Beaumont

Le Bristol Beaufort était un bon appareil, sans défauts importants mais sans qualités qui en faisait un appareil extraordinaire. L’appareil étant amené à être rapidement déclassé, la firme Bristol travailla rapidement sur un nouvel avion.

A l’époque du dévellopement du Beaufort, Bristol travaillait déjà sur le Beaufigther dont une version torpilleur. Rien n’aurait pu empêcher la firme de remplacer les Beaufort par des Beaufigther mais au final la RAF préféra demander un bombardier-torpilleur bimoteur plus rapide et plus puissant.

L’appel d’offres est lancé en septembre 1944. Bristol, Fairey et Armstrong-Whitworth proposèrent des projets mais seul Bristol proposa deux prototypes.

Le fuselage du Beaufort était repris dans sa forme générale mais l’avant était affiné et la dérive simple était devenue double. Les ailes furent allongées et des moteurs Bristol Hercules XIX installés donnant à l’appareil un punch redoutable.

Sur le plan de l’armement, celui était sacrément renforcé avec une tourelle dorsale double, deux mitrailleuses dans le nez, une mitrailleuse automatique couvrant le secteur inférieur et quatre mitrailleuses dans les ailes soit un total de neuf mitrailleuses de 7.7mm, total qui pouvait passer à quinze avec le remplacement du nez vitré par un nez plein à l’instar du B-25 Mitchell.

Bien que conçu comme bombardier-torpilleur, le Bristol Beaumont allait être également acquis comme bombardier médian après le début du second conflit mondial.

Le premier prototype effectue son premier vol le 18 août 1946. Sa mise au point est rapide puisque les premiers appareils de série sont livrés à l’automne 1947.

Le Beaumont Mk I désigne les avions-torpilleurs du Coastal Command, le Mk II les futurs bombardiers médians que pourrait commander le Bomber Command. Quand au Mk III cette désignation va être réservée aux appareils exportés.

En septembre 1948, le Coastal Command dispose de seulement deux squadrons équipés de Beaumont même si le remplacement des Beaufort était planifié, le déclenchement du second conflit mondial à reporté ce remplacement sine die.

Caractéristiques Techniques du Bristol Beaumont Mk I

Type : bombardier-torpilleur bimoteur quadriplace

Masse : à vide 6350kg en charge 9890kg

Dimensions : longueur 14.76m envergure 18.23m hauteur 4.45m

Motorisation : deux moteurs radiaux Bristol Hercules XIX de 1750ch chacun entrainant des hélices quadripales

Performances : vitesse maximale 490 km/h à 1981m vitesse de croisière 450 km/h à 1981m distance franchissable 2900km plafond opérationnel 7150m

Armement : neuf mitrailleuses de 7.7mm Browning avec quatre dans les ailes, deux dans la tourelle dorsale, deux dans le nez et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur.

Le nombre peut passer à treize en configuration “nez plein” avec huit mitrailleuses dans le nez, deux en tourelle dorsale, quatre dans les ailes et une mitrailleuse pour la défense du secteur inférieur soit un total de quinze armes. Une torpille de 900kg ou 1500kg de bombes.

Equipage : Quatre hommes

Consolidated Privateer

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Si la mer du Nord et la Méditerranée étaient de mers refermées que l’on pouvait surveiller avec des avions à court ou moyen rayon d’action, ce n’était pas le cas de l’Atlantique bien plus vaste où les sous-marins se trouvaient à l’aise.

Il fallait donc trouver un avion lourd et puissant, disposant d’un très grand rayon d’action pour pouvoir surveiller les mouvements navals ennemis et lutter contre les sous-marins.

Problème qui dit avion lourd et puissant dit aussi avion coûteux. A l’époque de la Pax Armada, des bombardiers quadrimoteurs sont en dévellopement et même en production pour le Bomber Command et ce dernier prioritaire n’entend pas détourner un appareil si précieux au profit du Coastal Command.

Après avoir envisagé d’obtenir des bombardiers déclassés puis avoir échoué dans l’acquisition d’Avro Lancaster, le Coastal Command décida de se tourner vers les Etats-Unis.

Après avoir étudié l’acquisition de Boeing B-17 puis de Consolidated B-24 Giant, la RAF sélectionna le Privateer, un appareil spécialement conçu pour la patrouille maritime issu du B-24 plus connu en France sous le nom de Consolidated model 32F Géant.

A l’origine de ce dernier figure une demande des autorités américaines à la firme Consolidated de produire sous licence le B-17.

Après avoir visité les usines Boeing de Seattle, le président de la firme de San Diego Reuben Fleet décida de dévelloper son propre bombardier lourd et en janvier 1939, l’USAAC officialisa la proposition de Consolidated (proposition C-212). En mars, un contrat est signé pour un prototype à livrer avant la fin de l’année. Le prototype décolle pour la première fois le 9 décembre 1939.

Le Privateer se distingue du Géant par un fuselage plus long (pour pouvoir accueillir un ingénieur de vol), une dérive unique et un armement défensif accru avec six mitrailleuses de 12.7mm Browning M-2 en six tourelles doubles.

L’appareil conçu à la demande de l’US Navy entre en service en 1944 au sein de l’US Navy et ne tarde pas à rejoindre les rangs du Coastal Command.

Quatre squadrons de patrouille maritime à long rayon d’action sont mis sur pied entre 1944 et 1946, un stationné en Ecosse, un aux Bermudes, un autre à Gibraltar et un quatrième dans les îles Andaman dans l’Océan Indien.

En septembre 1948, cet appareil était toujours en service et une nouvelle version était en passe d’entrer en production, permettant d’envisager l’avenir de la flotte des Privateer avec sérénité.

Caractéristiques Techniques du Consolidated PB4Y-2 Privateer

Type : avion de patrouille maritime

Masse : à vide 12467kg maximale au décollage 29500kg

Dimensions : longueur 22.73m envergure 33.53m hauteur 9.17m

Motorisation : quatre Pratt & Whitney R-1830 radiaux de 1350ch chacun

Performances : vitesse maximale 482 km/h vitesse de croisire 224 km/h distance franchissable 4540km plafond opérationnel 6400m

Armement : douze mitrailleuses de 12.7mm Browning M-2 en six tourelles doubles (deux dorsales, une avant une arrière et deux latérales) plus de 5800kg de bombes, mines ou de torpilles.

Equipage : onze hommes (deux pilotes, un navigateur, un bombardier, cinq mitrailleurs et deux radio-opérateurs)

Grande Bretagne (91) Armée de l’Air (1)

ARMEE DE L’AIR (ROYAL AIR FORCE)

Avant-Propos

Quand le premier conflit mondial éclate, les perspectives, les performances de l’avion, du plus lourd que l’air sont incertaines. D’accord, ils peuvent éventuellement assurer des missions d’observation et de réglage du tir d’artillerie mais delà à imaginer de véritables missions de combat….. .

Quatre ans plus tard, l’avion est devenu un outil indispensable aux opérations militaires. La chasse et le bombardement ont connu un dévellopement formidable, les avions fragiles constructions de bois et de toile sont devenus de formidables outils de projection de puissance, les premiers bombardiers stratégiques opérant à la fin du conflit.

Le premier conflit mondial terminé, on s’interroge sur le devenir de l’outil aérien. Si la France dissous un outil rodé par la guerre et confiant l’aviation à l’armée de terre qui l’organise sous forme de régiments et à la marine, la Grande-Bretagne décide de choisir une toute autre voie.

Durant le premier conflit mondial, deux entités utilisent des avions, l’armée de terre disposant du Royal Flying Corps (RFC) et la marine le Royal Naval Air Service (RNAS) qui parfois se concurrençaient dans leurs missions notamment l’action à terre.

Pour régler ce problème, alors que le conflit n’est pas terminé, la Grande-Bretagne choisit une solution radicale : la fusion qui à lieu le 1er avril 1918 donnant naissance à la première armée de l’air autonome du monde, la Royal Air Force.

Il faudra attendre 1923 pour l’Italie (création de la Regia Aeronautica), 1933 pour la France (création de l’Armée de l’Air) et 1935 pour l’Allemagne (création de la Luftwafe).

Hawker Hurricane Mk I

Hawker Hurricane Mk I

Comme le reste des forces armées britanniques, le réarmement de l’armée de l’air britannique est tardif mais la RAF rentre dans la guerre de Pologne dans un meilleur état que son homologue française notamment au niveau des unités de chasse largement équipées de Supermarine Sptifire et de Hawker Hurricane.

Vickers Wellington B. Mk II

Vickers Wellington B. Mk II

Les forces de bombardement sont relativement bien équipées notamment de Bristol Blenheim et de Vickers Wellington, attendant l’arrivée des bombardiers lourds Short Stirling, Avro Manchester et Handley-Page Halifax censés mettre à genoux l’Allemagne.

Billy Mitchell

Billy Mitchell

En effet à la différence de la France, la Grande-Bretagne à adopté la stratégie du bombardement stratégique, du bombardement “terroriste” censé démoraliser l’ennemi en visant délibérement sa population comme le préconise Guillermo Douhet ou Billy Mitchell, une prédiction qui se révélera éronée, les populations allemandes et italiennes frappées par les bombardiers britanniques, américains et français ayant tendance à serrer les rangs autour de leur gouvernement.

La guerre de Pologne s’achève avant que le Bomber Command ne soit en mesure de lancer une campagne massive de bombardements contre l’industrie et les villes allemandes mais la Pax Armada comme nous l’allons le voir allaiit lui permettre de s’équiper en bombardiers lourds modernes et puissants n’ayant rien à envier aux réalisations françaises et allemandes.

Si les structures générales (Command Group Wing Squadron) ne changent pas ou à la marge, les effectifs augmentent pour suivre la tendance continentale (l’Armée de l’Air française possède 27 Groupe de Chasse en septembre 1939, 48 en septembre 1948) et coloniale, la Royal Air Force déployant par exemple des bombardiers lourds en Inde et en Malaisie pour pouvoir appuyer la bataille ou dissuader le Japon en attaquant ses installations stratégiques en Chine à défaut de pouvoir attaquer le Japon lui même.

Brève historique de la Royal Air Force (RAF)

Alors que la première guerre mondiale entraine sa phase finale, les britanniques réalisent une révolution dans le domaine militaire en créant quinze ans après le premier vol des frères Wright la première armée de l’air autonome du monde.

Suivant les recomandations du rapport Smuts, les autorités britanniques fusionnent le Royal Flying Corps (créé à partir du Air Battalion des Royal Engineers) et le Royal Naval Air Service issu comme son nom l’indique de la Royal Navy.

Comme souvent dans les fusions, on cherche à ménager les susceptibilités pour créer un esprit de corps à partir de deux entités qui avaient eu tendance à entrer en concurrence dans les limbes.

Si les squadrons du RFC gardent leurs numéros d’origine, ceux du RNAS sont renumérotés à partir de 201 mais pour compenser ce changement un certain nombre de grades issus de la marine et donc du RNAS sont adoptés.

A sa création la RAF aligne 20000 avions et 300000 hommes et participe aux dernières opérations du premier conflit mondial. Il faut attendre le 1er août 1919 pour que la RAF soit pérénisée comme la troisième arme après la British Army et la Royal Navy.

Naturellement les effectifs sont réduits, passant de 300000 à 35000 hommes dans une période de paix de vingt ans.

Sir Hugh Trenchard

Sir Hugh Trenchard

Durant cette période les investissements sont limités ce qui n’empêche pas les unités de la RAF de connaitre l’odeur de la poudre en participant à des missions de police coloniale, le chef d’état-major de l’armée de l’air (Chief of Air Staff) Sir Hugh Trenchard montrant l’utilité de l’avion pour mettre au pas des tribus turbulentes en évitant de lourds déploiements de troupes.

Ainsi en 1921, la RAF prend la tête de toutes les forces britanniques en Irak et en 1928 elle organise la première évacuation de civils par voie aérienne depuis Kaboul alors secoué par une guerre civile.

En Grande-Bretagne, la RAF fait face aux menées de l’Army et de la Navy qui n’auraient pas pleuré sur un éventuel démantèlement. La Royal Air Force va organiser de nombreuses opérations de public relation (relations publiques) comme un meeting aérien annuel à Hendon ou son soutien au Schneider Trophy, une compétition d’aviation sportive, véritable vitrine pour les constructeurs.

En 1936 est mise en place l’organisation entrée dans la “légende” de la RAF avec les grands commandements, organisation qui allait inspirer l’armée de l’air française dans la réforme de 1944. Ces commandements sont les suivants :

Fighter Command (commandement de la chasse)

Bomber Command (commandement du bombardememt)

Coastal Command (surveillance des côtes, patrouille maritime)

Transport Command (commandement du transport) créé en 1944

Balloon Command (observation statique)

Flying Training Command (école de l’Air)

Technical Training Command (école des mécaniciens)

Maintenance Command (réparation et parc)

Tactical Air Force (coopération avec l’armée de terre) qui devient en 1944 le Army Cooperation Command

Chaque commandement est organisé en groups (divisions aériennes) disposant de wings (escadres), chaque wing disposant de trois ou quatre squadron (escadron) eux mêmes divisés en flights disposant chacune de douze chasseurs ou de huit à dix bombardiers.

La fusion RFC/RNAS avait fait perdre à la Royal Navy son aéronavale et stoppe son dévellopement ce qui va entrainer un très important retard.

La création officielle de la Fleet Air Arm of the Royal Air Force le 1er avril 1924 ne résout rien. L’équipement dépend de l’Air Ministry (ministère de l’Air) et les maigres budgets disponibles sont orientés en priorités vers les unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance, l’aviation navale étant le parent pauvre.

La Royal Navy cherche à récupérer son aéronavale mais il faut attendre le 30 juillet 1937 pour qu’un accord soit signé entre la RAF. Un compromis est trouvé : la RAF va conserver l’aviation basée à terre regroupée au sein d’un Coastal Command alors que la RN va pouvoir récupérer son aéronavale.

C’est chose faite le 24 mai 1939, la Fleet Air Arm of th Royal Air Force devient l’Air Branch of the Royal Navy même si dans la pratique le terme FAA reste utilisé à tel point qu’en juin 1947, le terme Fleet Air Arm (FAA) redevient officiel pour désigner l’aéronavale britannique.

L’organisation évolue peu jusqu’en septembre 1948, la fusion des deux commandements école est envisagée mais n’est pas menée à bien.

Gloster Gladiator

Gloster Gladiator

Sur le plan de l’équipement, le parc évolue de manière assez nette avec la disparition des derniers chasseurs biplans Gloster Gladiator au profit de chasseurs monoplans.

Supermarine Spitfire MkV

Supermarine Spitfire MkV

En matière de chasse, le Supermarine Spitfire est le principal chasseur de “supériorité aérienne” en compagnie du Hawker Hurricane peu à peu déclassé comme chasseur-bombardier, rôle où il est concurrencé par le Typhoon et le Tempest, deux avions d’attaque qui allaient donner sueurs froides, migraines et nausées aux troupiers allemands.

Hawker Typhoon

Hawker Typhoon

En septembre 1948, le Spitfire est le seul chasseur de supériorité aérienne déployé en Métropole, les premièrs appareils (Mk I) ont été retirés des unités au profit des versions plus modernes, les appareils étant utilisés pour des tests (notamment d’avions radio-guidés pour les missions dangereuses) ou cédés à des pays alliés ou neutres. Le Mk II commence lui aussi à tirer sa révérence même si il aura l’honneur de connaitre l’odeur de la poudre.

Insatisfaite du Mk III et du Mk IV produits en petite quantité, la RAF à misé sur le Mk V qui remplace le Mk I.

L’aviation évoluant rapidement, on assiste à une floraison rapide des versions, les Mk VI et Mk VII étant produites en petite quantité car des versions spéciales, la première pour l’interception à haute altitude, le second pour la reconnaissance.

La version Mk VIII est une évolution du Mk V et la dernière à utiliser le moteur Merlin. Cette version va remplacer le Mk II mais ce remplacement n’est pas complétement terminé en septembre 1948 et les transformations prévues sont naturellement suspendues pour ne pas perturber les opérations.

Cette version du Spitfire doit rapidement céder la place au Spitfire Mk IX considéré avant l’apparition du Mk XII comme la meilleure version du Spit à l’aise aussi bien en haute qu’en basse altitude.

Fairey Battle

Fairey Battle

La Pax Armada voit le dévellopement des unités de chasse-bombardement. En septembre 1939 le bombardier léger standard est le Fairey Battle, un appareil totalement dépassé qui heureusement pour ses équipage ne sera jamais engagé contre l’Allemagne.

Il va peu à peu être remplacé par le Hurricane qui trouve dans cette mission une porte de sortie honorable en Métropole, le Hurricane étant encore déployé en Extrême-Orient. La production du “Hurri” à d’ailleurs cessé fin 1945 après la satisfaction de commandes export notamment pour la Norvège.

L’aviation évoluant rapidement, le Hurricane commence à être remplacé en 1947 par le Hawker Typhoon, un chasseur-bombardier conçu dès l’origine comme tel. Très performant à basse altitude, il est moins à l’aise plus haut ce qui entraine la mise au point d’un dérivé, le Tempest plus à l’aise en haute altitude.

Ces deux appareils qui devaient avoir remplacés le Hurricane au printemps 1949 vont être à l’origine du Fury II, un chasseur léger comparable au Bloch MB-157 et capable d’affronter le redoutable Focke-Wulf Fw-190.

Le Fury II et sa variante embarquée Sea Fury ne sont cependant pas encore en service en septembre 1948, la production venant de démarrer avec une série de difficultés qui repoussa sine die la mise en service de cet appareil.

La période de Paix Armée, de Pax Armada voit également le dévellopement de la chasse lourde et de la chasse de nuit.

Dans un premier temps, la RAF tatonne _bien plus que l’Armée de l’Air_ testant différents appareils comme le chasseur monomoteur Boulton-Paul Defiant, le bimoteur Bristol Blenheim ou même des chasseurs de jour avant de se fixer sur le Bristol Beaufigther conçu à l’origine comme un chasseur lourd diurne. Il sera complété peu avant le début du conflit par une version adaptée du Mosquito.

Westland Whirlwind

Westland Whirlwind

A noter qu’un autre chasseur bimoteur, le Westland Whirlwind à été mis au point mais en raison de problèmes récurrents de moteurs, il n’à connu qu’une courte utilisation. Quand aux Lockheed H-322 futurs Ligthning, la commande à été réduite et les soixante-quinze appareils utilisés pour des tests (12), les autres étant finalement cédés à la RCAF.

Quand le second conflit mondial éclate, les deux chasseurs lourds standards sont le Beaufigther et le Mosquito, un nouvel appareil dérivé du Mosquito, le De Havilland Hornet était sur le point d’entrer en fabrication.

Bristol Beaufort

Bristol Beaufort

A côtés des bombardiers légers Bristol Beaumont _dérivé du Bristol Beaufort et remplaçant du Blenheim_ et De Havilland Mosquito _véritable couteau suisse de la RAF car utilisé pour la reconnaissance, la chasse de nuit, le chasse-bombardement et le bombardement de précision_ , on trouve des bombardiers lourds Short Stirling, Avro Lancaster _successeur du Manchester à la carrière éphémère en raison de problèmes de moteurs récurrents_ et Handley-Page Halifax.

Avro Lancaster

Avro Lancaster

Pour la reconnaissance, on utilise des De Havilland Mosquito, des avions de reconnaissance désarmés, utilisant leur vitesse pour échapper à l’interception. Néanmoins son potentiel en fera rapidement un concurrent du Bristol Beaufigther pour la chasse-bombardement, la chasse de nuit.

De Havilland Mosquito

De Havilland Mosquito

Le Mosquito est utilisé pour la reconnaissance stratégique, le Westland Lysander pour la coopération et le réglage d’artillerie. Il manque un appareil de reconnaissance tactique dédié, le Fairey Battle étant totalement dépassé.

Cette lacune connue n’est réglée qu’après le début du second conflit mondial. Après avoir envisagé de produire sous licence une version du Bloch MB-176, elle utilisa des Lockheed Hudson cédés par le Coastal Command en attendant que soit dévellopé une version adaptée du Blackburn Buccaneer.

Consolidated Catalina

Consolidated Catalina

Le Coastal Command va utiliser de nombreux avions et hydravions. Parmi les hydravions on trouve des Short Sunderland et des Consolidated Catalina.

Enfin pour les avions, on trouve des avions de patrouille maritime Consolidated Privateer _version adaptée du Consolidated B-24 Giant_ , Vickers Wellington et Blackburn Buccaneer, des bombardiers torpilleurs Bristol Beaufort et Beaumont, des chasseurs bombardiers De Havilland Mosquito attaquant la navigation côtière ou couvrant des convois.

Le transport est véritablement le parent pauvre de la RAF en septembre 1939 avec peu d’unités et des appareils dépassés.

Avro York

Avro York

Neuf ans plus tard le Transport Command créé en 1944 dispose d’unités équipés d’avions modernes, des Douglas DC-3, des Vickers VC.1 et Valetta, d’Avro York mais également des Handley-Page Hasting et Avro Lancastrian, des version adaptées du Halifax et du Lancaster.

Les unités d’entrainement connaissent une importante expansion à partir de 1945 pour anticiper sur les besoins du conflit à venir. Pour réduire la vulnérabilité de ces unités, des écoles de formation sont ouvertes au Canada, en Inde et en Australie, formant pilotes britanniques et des Dominions.

Si la Royal Canadian Air Force (RCAF), la Royal Australian Air Force (RAAF) et la Royal New-Zealand Air Force (RNZAF) connaissent une certaine expansion avant-guerre, ces pays sont tombés d’accord pour déployer des squadron en Europe pour appuyer la RAF.

Selon un accord signé en décembre 1939, la Grande-Bretagne et les Dominions (Australie Nouvelle-Zélande, Canada et Afrique du Sud) devaient participer à l’entrainement de nouveaux pilotes loin du théâtre d’opérations européens mais également fournir des squadrons placés sous le contrôle de la RAF en Europe mais également en Méditerranée et en Extrême-Orient.

La guerre de Pologne s’étant terminée rapidement, cet accord n’à pas le temps d’entrer immédiatement en application mais les graines sont semées.

Durant la Pax Armada, les Dominions décident de dévelloper leurs forces aériennes. Le Canada souhaite offrir un soutien aérien “national” aux divisions envoyées en Europe, l’Afrique du Sud souhaite participer à la conquête des possessions italiennes, l’Australie et la Nouvelle-Zélande souhaitant augmenter leur autonomie par rapport à Londres et faire face à la menace japonaise.

Pour faciliter l’intégration des unités, la RAF décide au printemps 1940 de réserver la tranche “400-499” aux unités issues des Dominions.

Ainsi tous les squadron de la RAAF, de la RCAF, de la RNZAF et de la RSAF disposeront d’une double appelation, une appelation nationale et une appelation “RAF” ce qui permettait parfois de gonfler les effectifs disponibles. Néanmoins seulement une partie de ces numéros ont été pris par les différentes armées de l’air concernées.

En septembre 1948 si les squadrons canadiens rejoignent l’Europe et en particulier la Grande-Bretagne en attendant de passer sur le continent, les sud-africains restent en Afrique ou rejoignent l’Egypte, l’Australie et la Nouvelle-Zélande restant d’abord sur une attitude prudente mais comme le Japon ne bouge pas encore, des squadrons “ANZAC” rallient le Moyen-Orient et notamment la Palestine.

Sur le plan de l’entrainement des écoles sont ouvertes au Canada, dans le nord et le sud de l’Australie ainsi qu’en Nouvelle-Zélande pour former pilotes et navigateurs.

Pour l’équipement de ces unités, on trouve à la fois des avions britanniques, des avions américains (notamment pour les canadiens) et des avions nationaux notamment l’Australie qui loin de la métropole craint que Londres ne puisse fournir suffisamment d’appareils ce qui explique également la production sous licence de certains appareils.