Mitteleuropa Balkans (222) Slovaquie (16)

Autos blindées

OA vz.27

L’Obrněný automobil vzor 27 est une auto blindée de conception et de fabrication tchécoslovaque utilisée d’abord par les forces armées de Prague (1929) mais aussi par l’Allemagne, la Slovaquie et la Roumanie.

Quinze exemplaires plus un prototype ont été produits et son utilisateur principal fût au final la Roumanie comme nous le verrons ultérieurement.

Cette auto blindée est un pur véhicule militaire avec un châssis conçu pour les opérations militaires. Elle se distingue par deux postes de conduite pour permettre de se replier rapidement en cas de contact avec l’ennemi.

Cette auto blindée se révéla robuste et facile à entretenir mais son poids et son coût étaient des défauts importants. Six véhicules équipèrent le régiment blindé tchèque tandis que les neuf autres étaient utilisés par la cavalerie.

Au milieu des années trente, trois véhicules supplémentaires furent envoyés au 1er régiment blindé portant le nombre à neuf alors que les 2ème et 3ème régiments disposaient de trois véhicules chacun.

Ces véhicules furent employés dans des opérations de maintien de l’ordre contre le parti pro-nazi des Sudètes qui voulaient rattacher leur région à l’Allemagne, menant à la fois un combat politique et un combat militaire avec leurs unités de choc, les Suddenten Freikorps.

Après les désastreux accords de Munich, un peloton fût envoyé en Slovaquie et en Ruthenie pour contrer les attaques frontalières menées par les hongrois et les polonais.

L’un d’eux se réfugia en Roumanie et le véhicules fût récupérés par l’armée roumaine qui reçut ultérieurement les neuf véhicules capturés par les allemands et ce en dépit des demandes slovaques qui au moment de leur indépendance avaient récupéré trois véhicules qui furent utilisés pour le maintien de l’ordre. Aucun véhicule n’à survécu à la guerre.

Caracteristiques Techniques

Type : auto blindée 4×4

Poids : 6.6 tonnes

Dimensions : longueur 5.35m largeur 1.95m hauteur 2.66m

Motorisation : un moteur essence Skoda de 60ch

Performances : vitesse maximale 35km/h sur route et 20km/h en tout-terrain distance franchissable 250km sur route

Blindage : caisse 5.5mm (sauf le fond et le toit 3mm) tourelle 5.5mm sauf le toit réduit à 3mm

Armement : une mitrailleuse vz.07 de 7.92mm en tourelle et une mitrailleuse du même type en caisse à l’arrière avec 5750 coups pour les deux armes

Equipage : cinq hommes (commandant, deux conducteurs et un assistant conducteur)

OA vz.30

L’Obrněný automobil vzor 30 est une autre auto blindée de conception et de fabrication tchècoslovaque utilisée par l’armée roumaine. Elle à également été employée par l’Allemagne, la Slovaquie et la Hongrie.

51 exemplaires ont été produits, 24 étant saisis par les allemands lors de l’occupation de la Bohème-Moravie en mars 1939, 16 par la Slovaquie quand celle-ci déclaré son indépendance, 9 par la Roumanie (véhicules tchèques internés pour échapper à l’occupation hongroise de l’Ukraine subcarpathique) et 2 exemplaires par la Hongrie.

Cette auto blindée est composée d’un châssis de camion Tatra 6×4 sur lequel on à installé une caisse blindée avec un armement composé d’une mitrailleuse de caisse et d’une autre en tourelle.

L’armée tchécoslovaque passe commande de 51 exemplaires en mars 1933 pour des livraisons en décembre mais Tatra prend énormément de retard et les six premiers exemplaires ne sont livrés mars 1934 suivis par seize en février et le reliquat en juillet 1934.

Cette auto blindée connait de sérieux problèmes techniques notamment au niveau du moteur ce qui empêchait l’équipage de profiter pleinement des capacités d’un châssis à roues indépendantes offrant des performances tout terrain remarquable. Le blindage était très faible et les fusils mitrailleurs ne pouvaient tirer longtemps sans s’échauffer.

Ces autos blindées étaient regroupés en pelotons de trois véhicules intégrées aux compagnies de reconnaissance des quatre Divisions Mobiles de l’armée tchèque, le reliquat formant des pelotons déployés dans les zones frontalières et qui durent donc s’employer contre les menées séparatistes du parti des Sudètes qui par les accords de Munich obtint le rattachement de la région à l’Allemagne.

Après ces accords deux compagnies furent envoyées en Slovaquie et en Ruthénie pour défendre le territoire contres les apétits polonais et hongrois.

Ces unités couvrent l’évacuation par l’infanterie tchécoslovaque du sud de la Slovaquie rattaché à la Hongrie.

Au printemps 1939 dix véhicules sont revendus à la Gendarmerie et deux compagnies qui combattent contre les hongrois en Ukraine subcarpathique doivent donc se réfugier en Slovaquie et en Roumanie ce qui explique l’utilisation de cette auto blindée par ces pays.

Les allemands ont réutilisé ces engins comme engins de propagande radio et de police, la Hongrie n’à rien fait de ces deux véhicules alors que la Slovaquie et la Roumanie ont utilisé ce véhicule de manière plus opérationnelle.

Au sein de l’armée slovaque les seize véhicules ont équipé la compagnie d’autos blindées du groupe mobile (neuf véhicules), les sept autres équipant la compagnie d’autos blindées du bataillon de canons d’assaut qui reçut en complément deux autos blindées d’un nouveau modèle, l’OA vz.41, un véhicule de conception slovaque dont la production fût rendu très difficile moins pour des raisons techniques qu’en raison des pressions des allemands bien décidés à rappeler les limites de la souveraineté militaire slovaque. Trois véhicules ont survécu au conflit mais ont été rapidement envoyés à la casse.

Caracteristiques Techniques

Type : auto blindée 6×4

Poids : 2.78 tonnes

Dimensions : longueur 4.02m largeur 1.52m hauteur 2.02m

Motorisation : un moteur essence Tatra T52 de 32ch

Performances : vitesse maximale 60km/h sur route et 20km/h en tout-terrain distance franchissable 300km sur route et 100km

Blindage : caisse 6mm sauf le toit et le plancher de la caisse réduit à 3mm, 6mm pour la tourelle sauf pour le toit réduit à 3mm

Armement : deux fusils mitrailleurs ZB vz.26 de 7.92mm (un en tourelle et un autre en caisse à l’avant avec 3000 coups pour les deux armes)

Equipage : 3 hommes (chef de bord-tireur, conducteur et assistant conducteur)

OA vz.41

L’ Obrněný automobil vzor 41 est une auto blindée de conception et de fabrication slovaque produite en petit nombre pour équiper le bataillon de canons d’assaut (deux exemplaires), le bataillon de chasseurs de chars (neuf exemplaires) et un groupement spécial de sécurité de la Garde Hlinka avec six véhicules.

Petite auto blindée 4×4 solide et robuste, elle était armée d’une mitrailleuse de 15mm ZB-60 en tourelle associée à une ZB-53 de 7.92mm, un armement équilibré parfait pour l’éclairage et le renseignement.

Ces véhicules vont naturellement combattre sur le front russe. A notez que si la production avait pu se poursuivre il était prévu qu’une compagnie soit créée dans chaque division d’infanterie mais le temps comme les moyens ne le permis pas.

Au sein du bataillon de canon d’assaut et du bataillon de chasseur de chars ces autos blindées devaient assurer l’éclairage, la sécurité rapprochée et le repérage des cibles potentielles. Elles étaient donc plus exposées que des autos blindées utilisées dans des missions d’éclairage ce qui explique les lourdes pertes qu’on subit ces véhicules. Deux exemplaires ont été capturés par les soviétiques à la fin du conflit qui les évaluèrent avant de les envoyer à la ferraille.

Caracteristiques Techniques de l’Obrneny automobil vzor 41

Type : automitrailleuse légère

Poids : 4.8 tonnes en ordre de combat

Dimensions : longueur hors tout 4.80m largeur : 1.95m hauteur (grille pare-grenades incluse) : 2m

Motorisation : in moteur essence Horch/Auto-Union de 81ch

Performances : vitesse maximale sur route 80 km/h vitesse maximale en tout-terrain 40 km/h Rayon d’action sur route 300km Rayon d’action tout-terrain : 180 km

Armement : une mitrailleuse de 15mm ZB-60 alimentée à 600 coups et une mitrailleuse de 7.92mm ZB-53 alimentée à 1000 coups en tourelle.

Equipage : trois hommes

Mitteleuropa Balkans (220) Slovaquie (14)

Artillerie antichar

3.7cm KANÓN PROTI ÚTOČNÉ VOZBĚ VZOR.34

Dès qu’une arme apparaît, la riposte ne tarde pas. Le char de combat ne fait pas exception et après le fusil le canon antichar fait également son apparition, une pièce d’artillerie légère et compacte d’un calibre allant de 25 à 57mm, les pièces d’un calibre supérieure étant par leur poids réservé à l’artillerie.

Parmi les calibres les plus utilisés figure le 37mm qui permet d’obtenir dans les années vingt et trente un bon compromis pour une arme capable de détruire l’immense majorité des blindés en service. Accessoirement le canon antichar était développé en canon de char.

C’est le cas du 3.7cm Kanon Proti Utocne Vozbé vozbé vzor.34, un canon antichar de 37mm mis en service dans l’armée tchécoslovaque en 1934. Il à été produit à 1379 exemplaires répartis entre un modèle destiné à l’infanterie (806 modèle 1934P), à la cavalerie (53 modèle 1934J) et aux unités motorisées (520 modèle 1934M).

Il répondait à une demande de l’armée tchécoslovaque pour un canon antichar capable de pénétrer 30mm de blindage à 1000m mais aussi capable de tirer un obus explosif à 4000m pour servir de canon d’infanterie pour par exemple neutraliser des blockhaus de campagne et des nids de mitrailleuse (comme le faisait par exemple le canon de 37mm TR modèle 1916)

Comme pour nombre de canons antichars, le 3.7cm KPIV vzor.34 à donné naissance à un canon de char qui à équipé un chasseur de chars légers le T-32 mais aussi deux chars légers, le LT vz.34 et le LT vz.35.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie ce canon à été récupéré par les allemands et les slovaques

La Slovaquie à récupéré des pièces pour équiper moins ses unités antichars que ses compagnies d’armes lourdes (une par bataillon) qui disposait de six pièces chacune soit un total de 162 canons en ligne

Le 3.7cm Kanon Proti Utocne Vozbé vzor.34 était un canon antichar de conception et de fabrication tchécoslovaque de 37mm pesant 370kg en batterie (infanterie, 380kg pour les deux autres variantes) disposant d’un tube de 17.8 calibres (longueur 1.778mm) permettant le tir d’un projectile (37.2x268R) pensant 0.850kg à une distance maximale de 5000m avec l’obus explosif sachant que les meilleures performances en matière de pénétration étant de 31mm à 500m (incidence 30°), performances tombant à 22mm à 1500m. La cadence de tir étant de 23 coups par minute.

L’équipe de pièce composée de cinq hommes protégée par un bouclier de 4.7mm pouvait pointer le canon en site de -8° à +26° et en azimut sur 50°.

Ce canon pouvait être remorqué par un cheval ou par un camion léger.

3.7cm KANÓN PROTI ÚTOČNÉ VOZBĚ VZOR.37

Le 3.7cm KPUV vz.37 est une évolution du précédent. Mieux même il était censé le remplacer mais la Tchécoslovaquie disparu avant que cela soit possible. Seulement 196 exemplaires ont été produites de 1936 à 1939 répartis entre un modèle 34P pour l’infanterie (160 exemplaires), modèle 34J pour la cavalerie (22 exemplaires) et un modèle 34M pour les troupes cyclistes (14 exemplaires).

Il fût utilisé ensuite par l’Allemagne puis la Slovaquie qui récupéra la majorité des pièces (en l’occurence 113) juste à temps pour participer à la guerre hungaro-slovaque puis à la guerre de Pologne.

En revanche il n’était plus en service en 1950 quand les troupes de Bratislava ont été engagés en URSS à une époque où ce canon antichar ne pouvait détruire au mieux que des autos blindées et des chars légers très légers. Quelques pièces étaient encore stockées mais elles ont été ferraillées dans l’immédiat après guerre.

Le 3.7cm KPUV vz.37 était un canon antichar de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 370kg en ordre de combat (et 400kg en configuration transport), disposant d’un tube de 47.8 calibres (longueur 1.77m) permettant le tir d’un obus (QF 37×268) de 0.8kg à une distance maximale pratique de 900m avec une cadence de tir pratique de 12 coups par minute, (23 coups en théorie) pouvant percer 31mm à 500m (incidence 30°).

L’équipage de cinq hommes protégé par un bouclier de 4.7mm disposait d’un affût permettait au canon de pointer en site de -8° à +26° et en azimut sur 50°.

4.7cm KPÚV vz. 38

En dépit de la production massive de deux modèles de canons de 37mm, l’armée tchécoslovaque estimait le calibre insuffisant et demanda la mise au point d’un canon antichar de 47mm, donnant naissance au 4.7cm KPUV vz.38.

Ce canon antichar à l’aspect archaïque était cependant efficace ce qui explique qu’après la disparition de la Tchécoslovaquie les allemands ont récupéré toutes les pièces disponibles tout en continuant la production au profit notamment de leurs alliés hongrois et slovaques.

A noter que plusieurs prototypes de chasseurs de chars légers ont été mis au point en utilisant des châssis de chars déclassés (PanzerKampfwagen I et II essentiellement mais également d’anciens chars tchèques) avec un canon de 47mm vz38 dans une superstructure tirant vers l’avant ou vers l’arrière. La production pourrait être lancé avec un faible préavis. Au final ce ne sera pas le cas, les allemands préférant produire des Panzerjäger plus puissants.

Au sein de la Slovenska Armada le 4.7cm KPUV vz.38 équipait les compagnies antichars des deux divisions d’infanterie et la compagnie antichar et antiaérienne de la division blindée.

Cela donne trente-deux pièces en ligne, vingt-quatre (deux fois douze pièces) pour les divisions d’infanterie et huit pièces pour la division blindée (deux pelotons de quatre pièces).

Quelques pièces vont être employées par les forces paramilitaires pour lutter contre les mouvements de résistance et d’autres ont été employées depuis des positions fixes de campagne.

A la fin du conflit ce canon est totalement dépassé et les pièces sont rapidement envoyées à la ferraille, quelques canons antichars de 47mm modèle 1938 survivant aux chalumeaux des démolisseurs pour couler une paisible retraite dans les musées en Tchécoslovaquie et à l’étranger.

Le canon antichar de 47mm Skoda kanon P.U.V vz 36 était un canon antichar de conception et de fabrication tchécoslovaque de 570kg (585kg en configuration transport) disposant d’un tube de 43 calibres (2.04m) permettant le tir d’un obus (47x405R) de 1.64kg à raison de 12 coups par minute à une distance maximale de 4000m, pouvant perforer 48 mm de blindage à 500m (incidence 30°). L’affût permet à l’équipe de pièce de 5 hommes protégé par un bouclier de 4.7mm d’épaisseur de pointer le canon en site de -8° à +26° et en azimut sur 50°

Autre canons antichars

Canon antichar de 47mm modèle 1937

L’armée tchécoslovaque en France qui disposait au sein de ses divisions d’infanterie d’une batterie divisionnaire antichar (BDAC) disposait essentiellement comme canon antichar du canon de 47mm modèle 1937.

Devant le déclassement de ce canon et suite à la volonté d’utiliser que du 105mm au sein de l’artillerie divisionnaire, les canons de 75mm TAZ modèle 1939 sont transférés à la BDAC puis remplacées par des pièces neuves.

Artillerie antiaérienne

2cm VELKORÁŽNÍ KULOMET PROTI LETADLŮM VZOR.36

Ce canon de 20mm est tout simplement le célèbre canon de 20mm Oerlikon que l’armée tchécoslovaque va acquérir à 227 exemplaires en 1937/38 pour équiper essentiellement ses divisions rapides.

Quand la Tchécoslovaquie disparaît toutes les armes de feu l’armée tchécoslovaque sont récupérées par les allemands. Ces canons de 20mm ne sont pas remis en service au sein de la Heer qui les cèdent à ses alliés et notamment la Slovaquie.

Cette dernière va équiper ses deux divisions d’infanterie et sa division blindée avec respectivement une compagnie antiaérienne et une compagnie antiaérienne et antichar soit un total de trente-deux canons antiaériens, les divisions d’infanterie disposant d’une compagnie de douze pièces (trois pelotons de quatre plus un peloton d’état-major et un peloton de ravitaillement en munitions) alors que la division blindée possédait huit pièces (deux pelotons de quatre canons antiaériens plus deux pelotons de quatre canons antichars, un peloton d’état-major et un peloton de ravitaillement en munitions).

Ce canon servit aussi bien comme pièce de DCA que comme arme sol-sol. En raison du manque de pièces détachées, ce canon à été progressivement remplacé par des canons allemands de même calibre. Une poignée d’Oerlikon était encore en service en avril 1954 mais ils ont été rapidement envoyés à la casse car trop usés pour être d’un quelconque usage.

Le 2cm Velkorazni Kulomet Proti Letadlum vzor.36 était un canon antiaérien de conception et de fabrication suisse de 20mm pesant 62kg en position de tir (mais 295kg en configuration transport), disposant d’un canon de 65 calibres (1.4m) permettant le tir d’un projectile (20x101RB) pesant 0.12kg à une distance maximale de 3700m en tir antiaérien et de 5000m en tir sol-sol à raison de 280 coups par minute (120 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 15 coups.

L’équipe de pièce composée de sept hommes (chef de pièce, tireur, deux pourvoyeurs, deux assistants pourvoyeurs et deux transporteurs de munitions) pouvait pointer le canon en site de -8° à +75° et en azimut sur 360° (60° si le tir se fait sans enlever l’affût à deux roues utilisé pour le transport).

2cm Flak 30/38

2cm Flak 38

La pièce antiaérienne la plus légère de l’armée allemande était le 20mm, un calibre que l’on peut considérer comme international à la différence du 25mm français par exemple.

A l’origine de ces deux modèles de canons de 20mm figure le Flak 28, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Le traité de Versailles ayant interdit à l’Allemagne de développer de nouvelles armes, les bureaux d’études allemands soient vende leurs projets ou alors continue leur développement à l’étranger notamment en Suisse.

Comme les choses ne sont jamais simples, le Flak 30 à également pour origine le Solothurn ST-5 un canon suisse adopté par la Kriegsmarine sous l’a désignation de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable. Seul problème, la cadence de tir _120 coups/minute_ était faible pour une arme de ce calibre.

D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg). Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande, la Lituanie et la Bulgarie ont reçu ces modèles de canons et ce à partir de 1937/38 avec une première commande de 250 exemplaires suivit d’une deuxième de 162 exemplaires. D’autres canons de ce type vont être commandés ce qui fait qu’en septembre 1948 l’armée bulgaire possédait 550 pièces de ce type.

La Slovaquie va recevoir des pièces durant le second conflit mondial pour remplacer ses canons de 20mm Oerlikon qui étaient encore efficaces mais qui faisaient face à une pénurie préjudiciale de pièces détachées rendant leur utilisation peu sure.

La Slovenska Armada à reçu au total cinquante-quatre canons de ce type visiblement des pièces neuves même si la perte de beaucoup d’archives ne permet pas de le confirmer avec certitude. Ce qui est sur en revanche c’est que ce canon n’à pas été réutilisé après guerre par l’armée tchécoslovaque.

Le 2cm Flak 30 était un canon léger antiaérien de 20mm de conception et de fabrication allemande pesant 470kg en configuration transport et 364kg en batterie et disposant d’un tube de 65 calibres (longueur : 1.3m) permettant le tir d’un projectile (20x138B) de 0.136kg à une distance maximale de 4800m en tir sol-sol et de 2134m en tir antiaérien à raison de 280 coups par minute (120 en pratique) sachant que l’alimentation se faisait par des chargeur de vingt coups. A noter que l’obus perforant pouvait percer 20mm à 500m (30°).L’équipe de pièce de sept hommes pouvait pointer le canon en site de -20° à +90° et en azimut sur 360°

8.35cm PL kanon vz.22

Ce canon de 83.5mm à été mis au point par la firme Skoda en 1922 pour équiper l’armée tchécoslovaque d’un canon antiaérien médian.

En dépit de la mise au point de canons antiaériens plus modernes, cette pièce était encore en service en 1938 et va donc armer l’armée slovaque qui disposait d’un régiment antiaérien médian censé disposer de 36 pièces.

Comme l’armée slovaque n’à récupéré que vingt-neuf pièces, le régiment à du faire face à ce déficit de sept pièces.

En septembre 1948 ce canon est clairement dépassé et pour ne pas voir sa DCA être totalement déclassée, la Slovaquie demande la livraison de «88» pour les remplacer ce que Berlin refuse, préférant lui livrer des 8cm PL kanon vz.37 de seconde main. Bratislava qui connait parfaitement la fragilité de sa position accepte.

Les deux modèles de canon vont cependant cohabiter au sein du régiment jusqu’à la fin du conflit ! La guerre terminée les quelques 8.35m PL kanon vz.22 sont envoyés à la ferraille sans autre forme de procès.

Le 8.35cm PL kanon vz.22 était un canon antiaérien médian de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 8800kg disposant d’un tube de 55 calibres (longueur du tube 4.6m) permettant le tir d’un obus (83.5x677mm) explosif de 10kg à une distance maximale en tir antiaérien de 11300m à raison de douze coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de 0° à +85° et en azimut sur 360°.

8cm PROTILETADLOVÝ VZOR.37

Le 8cm Protiletadlovy vzor.37 était un canon antiaérien de conception et de fabrication tchécoslovaque mis au point en 1937. D’un calibre de 76.5mm, il ne fût produit qu’à quatre-vingt seize exemplaires avant la disparition de la Tchécoslovaquie.

Les allemands capturèrent la majorité des pièces, les slovaques en récupérant un exemplaire au moment de leur déclaration d’indépendance. Ce canon fût surtout utilisé pour l’entrainement et la propagande mais par un begaiement dont l’histoire est friande ce canon allait servir sous les couleurs slovaques avec la livraison de pièces ayant brièvement servies dans les unités allemandes.

Comme nous l’avons vu plus haut l’unique régiment antiaérien médian de la Slovenska Armada devait disposer de trois groupes à trois batteries de quatre pièces soit trente-six canons en ligne. Or seulement vingt-neuf pièces étaient disponibles ce qui laissait un déficit de sept canons.

En septembre 1948 le 8.35cm PL kanon vz.22 étant clairement dépassé, Bratislava demande la livraison de canons de 88mm plus modernes. Berlin refuse mais propose de livrer des 8cm PL kanon vz.37 de seconde main ce que l’armée slovaque de mauvaise grace accepte.

Situation baroque le régiment disposait encore de douze canons de 83.5mm et de vingt-quatre canons de 76.5mm, situation qui perdura jusqu’à la fin de la guerre et si les canons de 83.5mm furent rapidement ferraillés, les 76.5mm furent brièvement conservés par l’armée tchécoslovaque.

Le 8cm Protiletadlovy vzor.37 était un canon antiaérien médian de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 3800kg en position de tir mais 5370kg en position de transport sur un affût à deux essieux.

Disposant d’un tube de 52.8 calibres (longueur du tube 4.040m), il pouvait tirer un obus de 14.58kg à une distance maximale de 11500m en tir antiaérien et de 16900m en tir sol-sol à raison de 10 à 15 coups par minute. L’équipe de pièce composée de 6 hommes pouvait pointer le canon en site de -1° à +85° et en azimut sur 360°

Autres canons antiaériens

Canon de 37mm Schneider modèle 1941

L’armée tchécoslovaque en exil disposait au sein de ses deux premières divisions d’infanterie d’un bataillon divisionnaire d’artillerie antiaérienne avec trente-six canons, douze canons de 37mm Schneider modèle 1941/49 et vingt-quatre canons de 25mm Hotchkiss modèle 1938/48, équipement qui ne variera pas jusqu’à la fin du conflit.

Canon de 25mm antiaérien Hotchkiss

Mitteleuropa Balkans (215) Slovaquie (9)

Organisation

Division d’infanterie

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Une compagnie antiaérienne

-Une compagnie antichar

-Trois régiments d’infanterie organisés en un état-major, trois bataillons à trois compagnies de fusiliers plus une compagnie d’armes lourdes

-Un régiment d’artillerie à trois groupes

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

Groupe mobile

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Une compagnie d’autos blindées

La Slovaquie à utilisé des Panzer IV

-Deux bataillons de chars à trois compagnie de neuf chars

-Un bataillon d’infanterie portée

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

-Une compagnie du génie

-Une compagnie de transmission

Division Blindée

-Un état-major

-Une compagnie d’état-major

-Un groupement logistique

-Une compagnie d’autos blindées

-Deux bataillons de chars

-Deux bataillons d’infanterie portée

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie antiaérienne et antichar

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

Unités élémentaires

Régiment d’infanterie

-Un état-major

-Trois bataillons à trois compagnies de fusiliers plus une compagnie d’armes lourdes

La compagnie de fusiliers est organisée de la même façon que celle de feu l’armée tchécoslovaque :

-Un état-major de compagnie comprenant le commandant (grade de capitaine); une section de commandement avec un lieutenant adjoint au chef de compagnie, un sergent de compagnie, trois soldats qui servent d’ordonnance et deux soldats qui servent d’estafettes; une section d’administration avec un sergent, deux caporaux et dix soldats.

Soldats tchécoslovaques mettant en œuvre un fusil mitrailleur ZB vz.26

-Trois pelotons d’infanterie qui disposent d’un peloton d’état-major avec un lieutenant, un sergent, une ordonnance et une estafette et de trois sections de fusiliers qui disposent chacune d’un caporal, d’un caporal adjoint, d’une équipe de mitrailleurs (tireur, pourvoyeur, deux transporteurs de munitions quatre hommes servant un fusil mitrailleur ZB vz.26) et de sept fusiliers dont deux fusiliers-grenadiers.

La compagnie d’armes lourdes assure l’appui des trois compagnies de fusiliers puisque chaque bataillon comprend sa compagnie d’armes lourdes. Il semble qu’un temps on à envisagé un bataillon d’armes lourdes dépendant du régiment avant de choisir une autre formule.

La compagnie d’armes lourdes comprend une section de mortiers de 81mm (trois pièces), une section de mitrailleuses lourdes (six à neuf pièces) et une section de canons antichars de 37mm (six pièces).

Soldats slovaques tractant un canon antichar sur le front russe.

Régiment d’artillerie

-Un état-major

-Une batterie de conduite de tir

-Une batterie de soutien logistique

-Trois groupes de trois batteries de quatre pièces soit trente-six pièces par régiment

Bataillon de chars

-Un état-major

-Trois compagnies de neuf chars organisées en trois pelotons de trois chars

Bataillon de canons d’assaut et de chasseurs de chars

-Un état-major

-Une compagnie d’autos blindées à trois pelotons de trois autos blindées

-Deux compagnies de neuf chasseurs de chars ou de canons d’assaut

Bataillon d’infanterie

-Un état-major

-Trois compagnies de fusiliers

-Une compagnie d’armes lourdes

Compagnie antiaérienne

-Un peloton d’état-major

-Un peloton de ravitaillement en munitions

-Trois pelotons de quatre pièces soit douze canons antiaériens

Compagnie antichar

-Un peloton d’état-major

-Un peloton de ravitaillement en munitions

-Trois pelotons de quatre pièces soit douze canons antichars

Compagnie antiaérienne et antichar

-Un peloton d’état-major

-Un peloton de ravitaillement en munitions

-Quatre pelotons de quatre pièces (deux pelotons antiaériens et deux pelotons antichars)

Mitteleuropa Balkans (214) Slovaquie (8)

Une histoire de l’armée de terre slovaque

Des origines mouvementées

Soldats slovaques (allemands ethniques) lors d’une cérémonie de décoration

Certaines armées combattent dès leur naissance. C’est le cas de l’armée slovaque (Slovenska Armada) qui doit combattre alors que l’état est à peine né et que le dispositif militaire hérité de feu la Tchécoslovaquie est totalement désorganisé entre le rapatriement des tchèques vers l’ouest, le retour des slovaques de Bohème-Moravie, les évacuations et le sabotage du matériel…… .

Le premier arbitrage de Vienne avait permis à la Hongrie de récupérer des territoires au profit de la Slovaquie fraichement indépendante mais cela ne suffisait visiblement pas à Budapest qui profita d’une période troublée pour grignoter encore des territoires.

Les 14 et 15 mars 1939 l’Allemagne envahit la Tchécoslovaquie qui disparaît pour quinze ans avec à l’ouest un protectorat de Bohème-Moravie et une Slovaquie «indépendante».

Le 22 mars 1939 les derniers soldats tchécoslovaques se retirent de Ruthenie subcarpathique, un territoire qui avait proclamé son indépendance mais qui avait été très vite occupé par la Hongrie.

Budapest est persuadée qu’il n’y à plus de force militairement organisée en Slovaquie et décide donc d’en profiter. Le 23 mars 1939 elle attaque et remporte au début de nombreux succès. On constate néanmoins que les slovaques s’accrochent dans les airs comme au sol. De plus au grand dam des soldats hongrois, la minorité magyare supposément opprimée par la gouvernement tchécoslovaque ne montrait pas un accueil très enthousiaste aux troupes d’invasion.

De leur côté les slovaques vont s’appuyer ironie de l’histoire sur les dernières troupes tchécoslovaques présentes sur place. Il semble qu’il s’agisse davantage d’initiatives individuelles qu’autre chose.

OA vz.30

Parlons chiffre d’abord. Les hongrois mobilisent cinq bataillons d’infanterie, deux bataillons de cavalerie, un bataillon motorisé, trois véhicules blindés, soixante-dix chenillettes et cinq chars légers alors qu’en face on trouve trois régiments d’infanterie (16ème, 20ème et 37ème RI, le premier et le troisième étant en sous-effectifs), deux régiments d’artillerie en sous-effectifs (11ème et 12ème RA), un peloton de neuf autos blindées OA vz.30 et un peloton de trois chars LT vz.35.

LT vz.35

Après une première journée où ils sont surpris les slovaques se resaississent le lendemain avec l’aide de troupes tchèques contre-attaquant les envahisseurs magyars. Tiso demande une aide matérielle et militaire à l’Allemagne mais décline la proposition allemande d’une intervention directe de crainte de provoquer une réaction en chaine qui aboutirait à un nouveau conflit majeur en Europe.

Une trève est négociée dès le 24 mais les combats ne cessent que le 31 mars 1939. Finalement un traité de paix est signé à Budapest le 4 avril permettant à Budapest de récupérer de nouveaux territoires à l’est.

Très vite l’armée slovaque se renforce pour ne pas être à nouveau surprise. Trois divisions d’infanterie et un groupe rapide sont mis sur pied, unités auxquelles s’ajoute une force paramilitaire, la Garde Hinkla, le bras armé du parti du Peuple.

Tancik vz.33

Elle met ensuite en service 70 chenillettes inspirées des Carden-Lloyd, les Tancik vz.33 (T-33) appuyés par 27 chars légers les Lehky Tank vzor 34 (LT vz.34).

LT vz.34

A l’été 1939 (NdA donc toujours avant le point de divergence), les 27 LT-34 sont regroupés dans une compagnie du bataillon blindé «Martin». Cette unité devient ensuite régiment mais les LT-34 sont envoyés à l’entrainement.

L’armée slovaque va ensuite participer à la guerre de Pologne, étant la seule nation alliée de l’Allemagne à être engagée. Cela s’explique à la fois pour des raisons de proximité géographique mais aussi pour rappeler à Bratislava que l’indépendance de la Slovaquie ne dépend que de leur bon vouloir.

En ce qui concerne les unités engagées je me heurte à des sources contradictoires. Je vais donc donner les deux versions. Si un lecteur peut trancher ce nœud gordien je l’en remercie par avance.

Selon certaines sources la Slovaquie engage le Groupe d’Armées de campagne Bernolak avec trois divisions d’infanterie (1ère division «Janosik» 2ème DI «Skultety» et 3ème DI «Razus») soit 51306 hommes. Une unité motorisée baptisée «Kalinciak» est créée le 4 septembre 1939 mais n’à pas le temps d’être engagée dans le conflit.

Selon d’autres sources la Slovaquie engage les moyens suivant :

-Un premier groupe composé de six bataillons d’infanterie, de deux bataillons d’artillerie et d’une compagnie du génie

-Un deuxième groupe était composé de deux bataillons mixtes cavalerie/troupes motocyclistes et de neuf batteries d’artillerie motorisée. Elle engage également une compagnie de treize chars.

Cette armée slovaque quelque soit sa composition est placée sous l’autorité du Groupe d’Armées Sud avec pour chaperon la 14ème Armée du général Lisr qui comprend six divisions d’infanterie, une division de montagne, deux divisions blindées et une division légère (la 4ème division légère future 9ème division blindée).

En face les polonais défendent les territoires convoités par la Slovaquie avec l’Armée des Carpathes composée de cinq divisions d’infanterie, de deux brigades de montagne, d’un régiment de gardes-frontières, d’une demi-brigade de défense nationale et de deux régiments d’artillerie.

L’attaque slovaque est lancée dès le 1er septembre 1939 sans déclaration de guerre préalable, la 1ère division occupant le villsage de Javorina et la ville de Zakopane avant de continuer direction Nowwy Targ pour ainsi protéger le flanc gauche de la 2ème division de montagne allemande.

Les 4 et 5 septembre les unités slovaques engagent enfin des unités polonaises. L’avance est stoppée le 7 septembre alors que les unités slovaques ont avancé de 30km à l’intérieur du territoire polonais. La division se replie ensuite ne laissant qu’un bataillon jusqu’au 29 septembre pour occuper Zakopane, Jurgow et Javorina.

La 2ème division est conservée en réserve tout comme le groupe motorisé alors que la 3ème division est chargée de protéger les 170km de frontières entre Stara Lubovna et la frontière de la Hongrie. Il y à quelques accrochages mais rien de bien sérieux. Elle finit par avancer en Pologne et ce jusqu’au 11 septembre.

Au total les pertes slovaques s’élèvent à 37 tués, 114 blessés et 11 disparus. Toutes les unités slovaques quittent le territoire polonais à la fin du mois de septembre. Une parade militaire à lieu à Poprad le 5 octobre et peu après l’armée est partiellement démobilisée, le Groupe d’Armées Bernolak cessant d’exister dès le 7 octobre 1939.

La Slovaquie récupère les territoires disputés, territoires occupés par Varsovie dès 1920 ou en 1938. Ces territoires seront rendus après guerre à la Pologne.

Les neuf années de paix vont permettre à l’armée slovaque de s’organiser et de s’équiper de manière correcte.

L’armée de terre slovaque en septembre 1948

En théorie la présence d’usines d’armement dans l’ouest de la Slovaquie et en Bohème-Moravie devrait permettre un équipement aisé et rapide de l’armée slovaque.

Ce ne sera pas le cas car les capacités sont essentiellement mobilisées pour équiper l’armée allemande qui ne laisse à son «allié» slovaque que ce qu’elle veut bien laisser c’est à dire assez peu en réalité.

Bratislava ne cessera de pester mezzo voce contre cet état de fait. Ce n’est qu’au cours du conflit que Berlin se préoccupera enfin d’équiper correctement son allié slovaque à une époque où de nombreux slovaques se demandent si l’Allemagne n’à pas perdu la guerre et qu’il faudrait mieux soit faire preuve de neutralité ou carrément se retourner contre Berlin.

Entre-temps durant la Pax Armada Bratislava se préoccupe de créer une armée digne de ce nom et si son indépendance est forcément corsetée, la Slovaquie peut créer l’armée qu’elle souhaite à la différence du protectorat de Bohème-Moravie.

Comme nous l’avons vu plus haut trois divisions d’infanterie, un groupe rapide et la Garde Hlinka forment le cœur de la puissance militaire slovaque. Cette organisation va rapidement laisser la place à une organisation différente.

Sur les trois divisions d’infanterie mises sur pied à l’été 1939, seules les deux premières (1ère et 2ème divisions slovaques) sont conservées, la troisième étant dissoute faute d’effectifs et d’armes suffisantes. Il semble également que des éléments séditieux ont été repérés par les forces de sécurité ce qui à entrainé la dissolution de l’unité.

Ces deux divisions d’infanterie sont organisées de manière classique avec un état-major, une compagnie d’état-major, un groupement de soutien logistique, trois régiments d’infanterie à trois bataillons à trois compagnies de fusiliers et une compagnie d’armes lourdes, un régiment d’artillerie, un bataillon du génie, une compagnie antiaérienne, une compagnie antichar et une compagnie de transmissions.

Le groupe rapide est l’unité motomécanique de l’armée slovaque, une sorte de division blindée allégée plus destinée à l’éclairage, à la couverture et au flanquement des deux divisions d’infanterie qu’à la percée et à l’exploitation.

Ce groupe rapide va regrouper les différents modèles de chars employés par la Slovaquie qu’il s’agisse de chars issus de l’armée tchécoslovaque et rétrocédés par les allemands, de véhicules neufs issus de modèles déjà anciens ou encore de chars allemands, Berlin finissant par équiper l’armée de son allié avec du matériel digne de ce nom même si comme pour les hongrois et les roumains, les slovaques estimeront toujours ces livraisons très insuffisantes.

Le groupe rapide était organisé à sa création en un état-major, une compagnie d’état-major, une compagnie d’autos blindées, deux bataillons de chars, un bataillon d’infanterie portée, un régiment d’artillerie, une compagnie antichar et antiaérienne, une compagnie du génie et une compagnie de transmission.

Panzer 38(t) aux couleurs slovaques

Les deux bataillons de chars disposaient chacun de trois compagnie de neuf chars soit cinquante-quatre chars en ligne, la majorité étant des Panzer 38(t) qui pouvaient encore faire illusion en 1940 contre un adversaire pas trop exigeant mais qui très vite étaient clairement dépassés. Les allemands bien que réticents et peur sûrs de leur allié slovaque vont livrer des chars plus modernes en l’occurrence des Panzer III et des Panzer IV.

Panzer IV

En septembre 1948 le groupe rapide est devenu une division blindée, une division blindée légère certes mais une division blindée tout de même. Elle est organisée en un état-major, une compagnie d’état-major, un groupement logistique, une compagnie d’autos blindées, deux bataillons de chars, deux bataillons d’infanterie portée, un régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, un bataillon du génie et une compagnie de transmissions.

Comme j’ai déjà présenté la Garde Hlinka dans la partie historique je ne vais pas revenir sur cette organisation qui assure des missions de police et de gendarmerie, se montrant tristement efficace contre la résistance qu’elle soit républicaine ou communiste.

En revanche je vais parler d’une autre entité paramilitaire moins connue, la Freiwillige Schutzstaffel soit en français le Corps de Protection Volontaire.

Cette unité à vu le jour fin 1938 sur le modèle des S.A et de l’Allgemeine SS. Elle recrute parmi les allemands de Slovaquie et sert d’abord de service d’ordre pour le Deutschen Partei, le parti qui représente les intérêts des allemands de Slovaquie. Deux décrets gouvernementaux lui donne des pouvoirs de police et marque le début d’une concurrence et d’une rivalité avec la Garde Hlinka.

En mars 1939 trois Sturmbannen (bataillons de frappe) sont créés un pour couvrir la région de Pressburg (Bratislava), un autre pour protéger la région de Kremnitz-Deutsch Proben (Kremnica-Nemecké Pravno) et Zips. A cette époque les effectifs de la FS étaient de 4604 hommes.

Initialement le recrutement au sein de la FS se faisait pour des hommes allemands de 18 à 35 ans pouvant prouver leur pureté aryenne sur trois générations. En 1941 tous les hommes âgés de moins de 50 ans pouvant prouver leur aryanité sur trois générations peuvent intégrer l’unité.

Cette Freiwillige Schutzstaffel va protéger les infrastructures sensibles du pays, faire office de gendarmerie ou de police militaire pour ramener sur le front des déserteurs (quand bien sur ils ne sont pas sommairement exécutés) et aussi persécuter juifs, communistes et tous ceux considérés comme des ennemis de l’Etat même si ces membres étaient davantage attachés comme tout bon Volksdeutsche à leur véritable patrie plutôt qu’à l’Etat slovaque que nombre d’entre-eux trouvait trop mou.

En septembre 1945 trois nouveaux Sturmbannen sont mis sur pied portant le total à six couvrant Pressburg (deux Sturmbannen _un urbain et un autre rural_), Kremnitz, Deutsch Proben, Oberzips et Unterzips avec respectivement trois, quatre, sept, quatre, six et quatre compagnies soit un total de vingt-huit compagnies.

Leur armement se composait de pistolets, de pistolets mitrailleurs, de fusils, de grenades, de quelques armes automatiques et pour les unités les plus chanceuses de mortiers et de canons antichars légers. En gros de quoi faire du maintien de l’ordre musclé mais guère plus.

En octobre 1947 un septième Sturmbannen est créé à Povazie ce qui portait les effectifs globaux de la FS à environ 7000 hommes.

Durant le conflit les effectifs vont décroitre entrainant la dissolution de plusieurs Sturmbannen. Cela s’explique par le recrutement par la Waffen S.S de Volksdeutsche du FS pour intégrer des unités de combat. Ce corps paramilitaire disparaît en même temps que la Garde Hlinka et l’Etat slovaque.

Aux côtés des deux divisions d’infanterie et de la division blindée légère on trouve également des unités indépendantes de taille diverse :

-Deux régiments d’artillerie lourde

-Un régiment antiaérien médian

-Un bataillon de canons d’assaut

-Un bataillon de chasseurs de chars

Cette organisation ne va guère évoluer jusqu’au second conflit mondial.

La Slovenska Armada dans le second conflit mondial

La petite armée slovaque était considérée comme bien équipée et relativement bien entrainée mais sa motivation était sujette à caution. Cela explique peut être pourquoi les allemands ont décliné les propositions du gouvernement slovaque d’envoyer des troupes pour aider les allemands.

Les troupes slovaques ne vont participer ni à l’opération Weserübung, ni à l’opération Merkur ni à l’opération Fall Gelb (offensive à l’ouest) ou à l’opération Maritsa dans les Balkans. En revanche les allemands demandent à Bratislava «une participation significative à la croisade des peuples libres (sic) contre le judéo-bolchévisme».

En clair l’armée slovaque va devoir participer à l’offensive allemande contre l’URSS, l’opération Barbarossa. Pour cela on hésite entre engager en bloc l’armée slovaque ou créer de nouvelles unités ad hoc.

Un corps expéditionnaire slovaque en Russie (Slovenské expedičné sily v Rusku) est créé le 14 mai 1950 sous le nom inoffensif de corps mobile, l’unité ne dévoilant ses batteries qu’au moment de l’attaque allemande.

Elle va comprendre la division blindée légère et la 1ère division slovaque ainsi qu’un régiment d’artillerie lourde et un bataillon de marche de canons d’assaut et de chasseurs de chars. Cette force atteint l’effectif appréciable de 22500 hommes. Elle est rattachée au Groupe d’Armées Centre et plus précisément à la 17ème Armée.

Ce corps expéditionnaire ne participe pas aux premières opérations ce qui frustre les effectifs rassemblés. Ce n’est qu’à partir du 30 juin 1950 que les soldats slovaques connaissent leur baptême du feu, combattant une armée soviétique qui semble en totale déroute ce qui donnera un aperçu trompeur de la guerre au soldat slovaque.

Très vite au milieu d’un océan de rédition et de débandades, quelques unités de la RKKA se font littéralement tuées sur place. Les combats deviennent plus durs, les premiers problèmes logistiques apparaissent.

Ces problèmes freinent très vite les allemands alors une armée bien moins équipée comme l’armée slovaque je vous laisse imaginer…… .

Après donc quasiment deux mois de succès ininterrompus (21 juin-25 août 1950), les allemands et leurs alliés constatent que les soviétiques ont redressé la barre. L’avancée est plus difficile, les combats plus rudes.

Les slovaques ne peuvent constater qu’Ivan n’est pas le sous-homme décrit par la propagande. C’est un redoutable combattant quand il est bien encadré. La majorité des soldats soviétiques sont encore des paysans rustiques et endurants, acceptant des choses qui auraient provoqué des mutineries dans d’autres armées.

Au début de l’hiver les soviétiques lancent une contre-attaque contre des allemands épuisés qui ont encerclé aux trois quarts Leningrad, se sont approchés à 80km de Moscou et on conquis l’Ukraine.

Si au centre du front c’est un succès puisque Moscou est dégagée de la menace allemande (puisque le front se trouve désormais à 200km de la capitale soviétique) ailleurs ce sont des échecs.

Les slovaques encaissent la contre-offensive soviétique, subissant de lourdes pertes mais ils parviennent à tenir leur nouvelle position.

Une relative accalmie permet aux slovaques de réorganiser leurs unités, d’amener des renforts même si les moyens manquent. C’est ainsi que la 2ème division d’infanterie relève la première qui va devenir provisoirement une division de sécurité pour traquer les partisans à l’arrière du front. La division légère blindée reste en ligne.

Pour l’opérateur FRIEDRICH les slovaques espèrent être engagés mais ce ne sera pas le cas, le corps expéditionnaire slovaque ne rejoignant le sud du Front qu’au moment de l’opération URANUS pour colmater les brèches et empêcher les soviétiques d’obtenir l’encerclement espéré.

Dès cette époque les slovaques se demandent si la guerre n’est pas perdue pour l’Allemagne. On assiste à l’augmentation des désertions, des cas d’auto-mutilation. Un habile jeu de sanctions et de récompenses calme la situation mais pour un temps seulement.

La dernière opération majeure à laquelle participe le corps expéditionnaire slovaque est l’opération ROUMANTSIEV lancée par les soviétiques le 1er juillet 1952 pour s’emparer de Smolensk ce qui est chose faite le 8 août 1952.

Les slovaques se battent férocement mais subissent des pertes telles que les allemands décident en octobre 1952 de retirer les unités slovaques et de les renvoyer au pays après repos et reconstitution mais en réalité ce ne sera pas le cas, Berlin n’ayant plus confiance dans la Slovenska Armada.

L’armée de terre slovaque réorganisée début 1953 comprend désormais deux divisions légères d’infanterie (à deux régiments d’infanterie), un groupement blindé, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antiaérien, un bataillon de canons d’assaut et différentes unités de soutien.

Désormais davantage employée dans des missions de sécurité et de lutte contre la résistance, l’armée slovaque fait face à l’automne à une révolte ouverte vite réprimée mais qui montre un état de profonde décomposition puisque des unités vont se rallier à la résistance avec armes et bagages générant des combats fratricides contre les unités loyalistes. La révolte est écrasée à la fin 1953 mais les traces sont profondes.

Les soviétiques lancent leur ultime offensive le 27 janvier 1954 avec un nom de code bien trouvé : ARMAGEDON.

La Vistule est franchie le 4 février 1954, l’Oder et la Neisse sont atteintes en mars 1954, les unités occidentales et soviétiques faisant leur jonction officiellement le 21 mars mais selon certains témoignages le contact aurait lieu dès le 18 mais sous la forme d’un échange de coups de feu entre soldats français et soviétiques ! Nul doute que si cet événement à été passé sous silence c’est pour éviter des questions embarrassantes.

En ce qui concerne la Slovaquie elle est envahie par les soviétiques à la mi-février. Les combats sont assez violents, les troupes slovaques galvanisées par l’idée de défendre leur pays se montrent d’une férocité, d’une énergie qui déconcerte les soviétiques. A moins que ce ne soit la crainte de subir un sort peu enviable en cas de capture.

L’armée slovaque capitule officiellement le 7 mars 1954. Considérés comme prisonniers de guerre, les slovaques sont relativement bien traités par les soviétiques. Les communistes sont rapidement libérés, les autres doivent attendre le printemps 1955 pour retrouver la liberté.

Certains pour peu de temps car la justice tchécoslovaque va juger les soldats slovaques coupables de crimes de guerre en Slovaquie. Sur les 157 soldats, sous-officiers et officiers jugés, 77 seront condamnés dont 12 à la peine capitale (huit exécutés, quatre graciés), les autres à des peines de prison allant de 5 à 30 ans de prison.

Nombre de soldats slovaques vont se retrouver au sein de la nouvelle armée tchécoslovaque. En revanche après le triomphe des communistes, nombre de ces soldats qui durant la deuxième guerre mondiale n’avaient fait que leur métier de soldat furent congédiés et étroitement surveillés par la police politique tchécoslovaque mais ceci est une autre histoire.

Mitteleuropa Balkans (196) Grèce (40)

Autos blindées

Marmon-Herrington

Les premiers véhicules militaires furent destinés à la reconnaissance. Il s’agissait tout simplement d’automobiles civiles armées d’une simple mitrailleuse. Ce n’est que progressivement que le blindage à fait son apparition donnant naissance à l’auto blindée ou en dans la langue de Shakespeare, l’armoured car.

Présente en petit nombre dans les différentes armées au début du premier conflit mondial, elle n’est que de peu d’utilité une fois le front figé, les autos blindées de l’époque ne pouvant quitter la route.

Après guerre les autos blindées sont toujours là, la cavalerie comprennant que pour survivre elle devait se motoriser et se mécaniser ce qui passait par l’acquisition d’autos blindées voir de chars légers.

L’Afrique du Sud ne fait pas vraiment exception même si la motorisation restera longtemps timide à la fois pour des raisons de coût mais aussi parce que la tradition militaire boer magnifiait le cavalier et son fusil.

Au début des années quarante néanmoins, le gouvernement de Prétoria décide d’acquérir une auto blindée moderne. Pour gagner en autonomie, décision est prise de la produire sur place ce qui est tout sauf évident tant tout est à créer.

De cet effort va naitre la Marmon-Herrington, une solide auto blindée 4×4 conçue par l’Afrique du Sud à la fin des années trente. Cette mise au point s’inscrit dans la volonté du gouvernement sud-africain de pouvoir équiper son armée d’armes nationales et de diminuer sa dépendance vis à vis notamment de la Grande-Bretagne.

Ce n’était pas gagné car l’industrie sud-africaine était loin d’être capable de produire un véhicule automobile blindé. Voilà pourquoi une partie des éléments devaient être importés notamment le châssis, un châssis de camion Ford de 3-ton, la caisse étant dessinée et produite au pays.

Pour mieux gérer le programme, Pretoria confia le projet à une filiale sud-africaine de la compagnie américaine Marmon-Herrington d’où la désignation du véhicule.

L’armement était essentiellement fournit par la Grande-Bretagne (sauf la mitrailleuse Browning de fabrication américaine). Au final le projet était piloté par Marmon-Herrington avec le soutien de la compagnie ISCOR (South African Iron & Steel Industrial Corporation) pour toute la partie blindage.

La Marmon-Herrington Mk I fait ses premiers tours de roue au printemps 1940. Pour une première tentative c’est une réussite. Ce n’est certes probablement pas la meilleure armoured car du monde mais elle est parfaitement adaptée aux besoins sud-africains à savoir un véhicule robuste, simple et peu coûteux à utiliser.

72 Marmon-Herrington Armoured Car Mk I sont commandées en septembre 1940 et livrées entre janvier et mai 1941. Ces véhicules étaient propulsés par un moteur essence avec pour armement deux mitrailleuses Browning de 7.62mm en tourelle.

Jusqu’en 1948 ces véhicules vont être surtout utilisés pour le maintien de l’ordre et la sécurité de sites sensibles. Ces véhicules 4×2 sont pas vraiment utilisables en tout terrain mais n’était pas non plus totalement inapte.

Néanmoins en juin 1943 l’armée sud-africaine passe commande de 150 Marmon-Herrington Armoured Mk II. Par rapport au Mk I, cette version adopte un châssis 4×4, une caisse redessinée pour améliorer la tenue en terrain ouvert et surtout un tout nouvel armement.

Les mitrailleuses de 7.62mm sont remplacées dans une nouvelle tourelle par un canon de 2 livres et une mitrailleuse de 7.62mm Browning, une deuxième mitrailleuse prennant place dans la caisse aux côtés du conducteur. Ce modèle va remplacer les Mk I au sein de l’UDF, les véhicules étant livrés à l’armée entre septembre 1943 et juin 1944. Quant aux Mk I, ils sont stockés, utilisés pour l’entrainement ou revendus à des pays étrangers, les Pays-Bas en achetant 16 pour les envoyer en Indonésie et la Grèce en rachetant 32.

Ces trente-deux véhicules formèrent le cœur de la force d’autos blindées grecque de septembre 1948 qui se composait de quarante-deux véhicules, les trente-deux autos blindées sud-africaines étant complétées par dix Daimler Dingo cédées gracieusement par les britanniques.

Ces autos blindées furent répartis entre les 1ère, 6ème et 10ème DI (un peloton de quatre véhicules), la 3ème DI (une compagnie de douze véhicules) et la 17ème DI (un peloton de quatre), les véhicules restant cohabitant au sein des divisions de cavalerie avec les Dingo britanniques.

Ces autos blindées firent le maximum mais furent très vite surclassées, déclassées par l’ennemi, elles subirent de lourdes pertes et à la fin de la Campagne de Grèce il ne restait plus que huit véhicules en service, véhicules rapidement déclassés pour l’escorte et des missions de sécurité plus que pour des missions de combat. Retirées durant le conflit, elles ont toutes été envoyées à la casse.

La Marmon-Herrington Mk I était une auto blindée de conception et de fabrication sud-africaine pesant 6.4 tonnes, mesurant 5.51m de long pout 1.83m de large et 2.29m de haut.

Motorisée par un moteur essence Ford V-8 de 95ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale de 80km/h et parcourir 322km.

Protégée par un blindage d’une épaisseur supérieur à 20mm, elle était armée de deux mitrailleuses Browning de 7.62mm avec un équipage composé de trois ou quatre hommes.

Daimler Scout Car (Daimler Dingo)

Daimler Dingo

En 1938, le War Office lança un appel d’offres pour un véhicule de reconnaissance (Scouting Vehicle), appel d’offres auquel répondit Alvis, BSA Cydes et Morris.

Les tests commencèrent en août 1938, les différents modèles disposant d’un moteur arrière et de quatre roues motrices. Le projet Morris fût éliminé en raison d’une vitesse trop faible et c’est au final le projet BSA qui fût choisit, la production étant assurée par Daimler, la division automobile du groupe BSA.

Le schéma de base fût jugé suffisamment prometteur pour dévelloper un “char léger sur roues” , la future Daimler Armoured Car dont le premier prototype fût présenté aux autorités fin 1939.

Officiellement appelé Daimler Scout Car, cette auto-blindée reçut le surnom de Dingo du nom d’un chien sauvage australien.

Mis en service à la fin de 1939, la Car Scout Daimler Mark I fût essentiellement utilisée au sein des divisions d’infanterie qui disposaient d’un bataillon de reconnaissance.

Chaque bataillon disposait à l’origine de trois squadrons, un équipé de Daimler Armoured Car et deux de Daimler Scout Car, chaque squadron disposant de trois pelotons de cinq véhicules soit un total pour le bataillon de 45 véhicules.

Ce n’est que durant le conflit que l’organisation sera modifiée avec des escadrons mixtes généralement trois Dingo et deux Daimler Armoured Car.

Après les deux premiers modèles (Mk I et Mk II) quasiment identiques, le Mk III apparu au début du second conflit mondial avec un moteur plus puissant, un blindage renforcé et un armement plus puissant avec deux mitrailleuses Vickers de 7.7mm ou Besa de 7.92mm.

Le Daimler Dingo va être également produit au Canada sur un chassis différent (Ford) et en Australie. Elle va également être exportée en Irlande, en Norvège, en Suède, au Portugal et en Afrique du Sud.

La Grèce ne fait pas partie de cette liste, cet oubli s’explique par le fait que les dix véhicules ont été cédé gratuitement par la Grande-Bretagne et non acquis suite à une commande. Voilà pourquoi si certains auteurs cite les Dingo grecques d’autres l’oublie.

Ces véhicules furent utilisés durant la Campagne de Grèce mais aucun véhicule n’à survécu, les dix véhicules en ligne étant tous détruits par l’ennemi et totalement détruits car aucune Dingo n’à été réutilisée par les italiens, les allemands ou les bulgares. On ignore pourquoi l’AGL n’à pas reçu d’autres Dingo pour ses unités reconstituées.

La Daimler Dingo est une auto blindée de conception et de fabrication britannique pesant 3 tonnes en ordre de combat, mesurant 3.18m de long pout 1.71m de large et 1.50m de haut.

Motorisée par un moteur essence Daimler de 55ch, elle pouvait atteindre 89km/h et parcourir 320km.

Protégée par un blindage variant de 12 à 30mm, cette auto blindée biplace était armée d’un fusil antichar Boys en calibre .55 et d’un fusil mitrailleur .303 Bren.

M-8 Greyhound

A l’automne 1940, l’US Army s’interrogea sur les conflits futurs et notamment l’emploi des chars de combat.

Elle identifia le besoin d’un véhicule de reconnaissance rapide et bien armé pour éclairer les unités de char. Après avoir hésité entre un châssis chenillé, un châssis mixte et un châssis à roues, l’US Army sélectionna en septembre 1943 le projet de Ford.

Baptisé à l’origine T22, il fût officiellement adopté en mars 1944 sous le nom de M8 Light Armored Car, son surnom «Greyhound» ayant été attribué officiellement en mai 1950 sans que l’origine du nom (lévrier) ne soit connu avec exactitude.

Il s’agissait d’un véhicule 6×6, rapide (90 km/h sur route), bien protégé et armé d’un canon de 37mm qui constituait un bon compromis pour un véhicule de reconnaissance, permettant de détruire quasiment tous ses homologues adverses mais qui n’était pas trop puissant pour ne pas pousser les équipages à engager inconsidérement le combat.

Les premiers véhicules de série sont mis en service à l’été 1944. Toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en avril 1950, le M-8 Greyhound est l’automitrailleuse standard des forces armées américaines, étant utilisée par l’US Army mais également par les Marines.

La production cesse en janvier 1953, lui succédant une automitrailleuse 8×8, la M-17. La M-8 reste en service jusqu’à la fin du conflit, étant définitivement remplacée par la M-17 en 1957 dans les unités d’active, la réserve la conservant jusqu’au milieu des années soixante.

La seule variante de la M-8 fût un véhicule de transport blindé, la M-20 Armored Utility Car utilisé le transport logistique et le transport de troupes.

La M-20 disposait d’une caisse plus haute, sans tourelle avec pour tout armement une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier.

Le véhicule à été utilisé pendant et après la guerre par l’Arabie Saoudite, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, Chypre, Colombie, Corée, Ethiopie, Grèce, Guatemala, Haiti, Iran, Italie, Jamaïque, Madagascar, Mexique, Niger, Norvège, Paraguay,Perou, Portugal, Royaume-Uni, Salvador, Chine, Thaïlande, Turquie, Vénézuela, Vietnam et Yougoslavie.

L’auto blindée américaine allait être l’armoured car majeure de l’Armée Grecque de Libération avec pas moins de 282 exemplaires en ligne soit le jour et la nuit entre l’avant et après Campagne de Grèce.

Ces différents véhicules furent répartis entre les trois bataillons de reconnaissance de corps d’armée et les cinq bataillons de reconnaissance des divisions d’infanterie, ces huit unités disposaient de deux compagnies d’autos blindées à trois pelotons de quatre voitures soit un total de quatorze véhicules (aux douze véhicules en ligne vont s’ajouter un véhicule pour le commandant de compagnie et pour son adjoint). Cela nous donne un total de 224 véhicules blindés en ligne.

A cela s’ajoute au sein de la division blindée huit pelotons de quatre véhicules (quatre pelotons par régiment de char) soit un total de 32 véhicules plus 26 au sein du bataillon de chars lourds soit 58 véhicules.

Ces véhicules vont participer à la libération du territoire grec, éclairant, flanquant, protégeant les chars. Ils vont également participer à des escortes de convois mais aussi au nettoyage des poches et la sécurisation des arrières ou parfois des éléments ennemis isolés posaient de sérieux soucis.

Ces autos blindées vont participer aux premières opérations de la guerre civile grecque avant d’être progressivement relevées par des M-17. Les dernières autos blindées de ce type ont été retirées du service en 1958. Certaines maintenues en réserve stockées n’ont été ferraillées qu’en 1972.

La M-8 Greyhound était une auto blindée de conception et de fabrication américaine pesant 7.940 tonnes en ordre de combat, mesurant 5m de long pour 2.54m de large et 2.248m de haut. Motorisée par un moteur essence Hercules IXD de 110ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale de 90km/h sur route mais de seulement 48km/h en tout terrain, l’autonomie étant de 640km.

Protégée par un blindage de 3 à 19mm, elle était armée d’un canon de 37mm M6 avec 80 obus, d’une mitrailleuse coaxiale de 7.62mm Browning M1919A4 avec 1500 cartouches et d’une mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm avec 400 cartouches

En ce qui concerne l’équipage il était composé de quatre hommes avec un chef de char, un canonnier/chargeur, un pilote et copilote/radio.

Humber Armoured Car

Humber Armoured Car

L’automitrailleuse Humber Armoured Car est la combinaison du châssis du tracteur d’artillerie Karrier KT4 avec la caisse de l’auto-blindée Guy qui comme nous l’avons vu à connu un succès limité dans son pays d’origine et plus important à l’export puisque les Pays-Bas ont acquis la licence de fabrication pour équiper leurs unités de cavalerie.

Les commandes britanniques sont passées au printemps 1940 et les livraisons s’étalent de janvier 1941 à juin 1943 pour équiper les quatre divisions blindées et les six brigades blindées indépendantes à raison d’un régiment pour les premières et d’une compagnie pour les secondes.

Si le régiment de reconnaissance dispose de deux squadrons de quinze Humber Armoured Car soit trente-véhicules, la compagnie de reconnaissance motorisée dispose de neuf véhicules (trois pelotons _platoon_ de trois véhicules).

La production se poursuit pour constituer les stocks et anticiper sur la création de nouvelles unités en temps de paix ou lors de la mobilisation.

Tous les engins produits jusqu’en juin 1943 étaient des Mk I. Le modèle Mk II qui lui succède se distingue par un moteur plus puissant, un blindage de caisse renforcé et une tourelle redessinée.

L’armement reste le même à la différence de la Mk III qui intègre un canon de 47mm français plus performant que le canon de 2 livres initialement envisagé et moins encombrant que le 6 livres britannique.

Cette Mk III dont la production commence en septembre 1947 va remplacer les Humber Mk I des compagnies de reconnaissance motorisée pour augmenter le punch de ces unités de reconnaissance de taille réduite.

Des variantes de dépannage, d’observation d’artillerie et de défense antiaérienne sont à l’étude en septembre 1948 mais la décision de les mettre en production n’à pas encore été prise.

Cette auto-blindée fût utilisée par l’armée indienne mais également par le Portugal, seul client export de l’auto-blindée avant le second conflit mondial. La Grèce allait recevoir cette auto blindée au moment de la reconstitution de l’AGL.

Les trois Divisions Légères d’Infanterie (DLI) disposaient chacune d’une compagnie de quatorze véhicules avec trois pelotons de quatre véhicules et deux véhicules pour le commandant de compagnie et son adjoint.

Au sein de la Division Blindée on trouve un régiment de reconnaissance avec 40 autos blindées Humber Armoured Car.

L’AGL va disposer de 82 véhicules en ligne plus 18 en réserve ou pour des missions de sécurité et d’escorte. Ces autos blindées ont été remplacées après guerre par des M-17 pour uniformiser le parc d’autos blindées. Certaines ont été réutilisées par la gendarmerie grecque pour le maintien de l’ordre musclé qui suit la guerre civile grecque.

La Humber Armoured Car était une auto blindée de conception et de fabrication britannique pesant 6.85 tonnes, mesurant 4.572m de long sur 2.18m de large avec une hauteur de 2.34m.

Propulsée par un moteur à essence Roostes de 90ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h avec un rayon d’action de 402km.

Son armement était composé d’une mitrailleuse de 15mm Besa et d’une mitrailleuse Besa de 7.92mm, l’équipage se composant de trois hommes.

M-3 Scout Car

Le véhicule blindé léger M-3 connu par son constructeur comme la White Scout Car était le véhicule léger à tout faire de l’US Army avant l’apparition de la jeep. Conçu comme un petit véhicule de reconnaissance destiné à la cavalerie, il allait être utilisé également pour des missions de patrouille, de commandement, d’ambulance et de traction d’armes lourdes.

Après la production de 64 M-3, l’US Army décide de commander une version améliorée baptisée M3A1. Celle ci disposait d’une coque plus longue et plus large lui permettant d’embarquer jusqu’à sept fantassins.

Après la production de 8500 M-3A1 de septembre 1940 à octobre 1948, une version M-3A2 lui succède sur les chaines de montage.

Le moteur est plus puissant, le blindage renforcé et le véhicule peut recevoir une véritable tourelle armée de deux mitrailleuses de 12.7mm, faisant d’elle une véritable auto-blindée. Au final ce sont 20000 véhicules qui sont produits jusqu’en décembre 1953 quand la production s’arrête.

Ce véhicule va être utilisé sur tous les théâtre d’opérations du Pacifique à la Norvège en passant par l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée. Outre l’US Army, le véhicule à été livré à la Chine, à l’URSS, à la Grande-Bretagne, à la Belgique, la République Dominicaine, l’Australie, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Chili, la Colombie, la Grèce, le Liban, le Laos, le Mexique, la Norvège, les Philippines, le Portugal, le Vietnam et la Yougoslavie.

L’armée grecque utilisa ce véhicule pour la liaison, le transport léger, l’observation d’artillerie et différentes missions, la M-3 Scout Car opérant aux côtés de la Jeep.

Véhicule fiable et robuste, il fût très apprécié de ses équipages. Il à combattu dans les Balkans principalement donc au profit de l’artillerie mais quelques «voitures d’éclairage» ont été également utilisées pour la sécurisation des arrières et l’escorte de convois dans des zones où pouvaient se trouver des éléments ennemis isolés, éléments qui militairement ne posaient pas de problèmes mais qui générait une vraie insécurité.

Ces véhicules sont restés en service dans l’armée de terre grecque jusqu’à la fin des années soixante. Le nombre livré est incertain variant selon les sources de 98 à 124 sans que l’on sache l’origine de cette différence.

La M-3 Scout Car était un véhicule blindé leger de conception et de fabrication américaine pesant 4 tonnes, mesurant 5.6m de long pour 2m de large et une hauteur de 2m.

Motorisée par un moteur diesel Hercules IXD de 110ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale sur route de 89km/h et parcourir toujours sur route 403km.

Son blindage variait selon les endroits de 6 à 13mm, son armement pouvant comporter une une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2 et deux mitrailleuses Browning M1919A4 de 7.62mm. Son équipage était composé d’un conducteur et de sept hommes qu’il s’agisse de fantassins, d’observateurs d’artillerie ou de servants d’armes lourdes.

Mitteleuropa Balkans (195) Grèce (39)

Chars et Véhicules

Chars de combat

Carden-Lloyd Mk VI

Un dicton populaire dit que «nul n’est prophète en son pays». C’est sûrement le cas du char de combat qui inventé en Grande-Bretagne fût brutalement boudé dès la fin de cette infâme boucherie que fût le premier conflit mondial.

Cela ne signifie pas la fin du char de combat, des manufacturiers privés comme Vickers continuant à produire des chars mais en format réduit, les monstrueux Mark I et consorts ne pouvant guère trouver preneur à l’export où les budgets comme les compétences sont limitées.

Ce n’est pas étonant si le Renault FT à connu un grand succès à l’export en raison de son poids modique qui permettait à un pays de s’initier au char sans pour longtemps y laisser sa chemise.

Les britanniques vont suivre en exportant quelques chars légers très légers, des véhicules biplaces ou triplaces armés de mitrailleuses destinés à la reconnaissance voir à l’accompagnement de l’infanterie.

La Grèce à reçu une poignée de ce char (chiffre exact inconnu) moins pour un usage opérationnel que pour permettre à l’armée héllène de s’initier à la chose blindée avant de s’équiper de chars plus modernes. Leur sort final est inconnu mais ce qui est certain en revanche c’est qu’en septembre 1948 aucun char de ce type n’à été mis en ligne signe qu’ils étaient hors service et/ou avaient été envoyés à la casse.

Le Carden-Lloyd Mk VI était un char léger très léger triplace de conception et de fabrication britannique pesant 4.877 tonnes, mesurant 3.97m de long pour 2.08m de large et une hauteur de 2.23m. Avec un moteur Meadows ESTL de 88ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 51.5kg et parcourir 201km. Son armement se composait d’une mitrailleuse Vickers calibre .50 associé à une mitrailleuse .303.

Vickers 6-Ton Mark E

Après le succès des chenillettes Carden-Lloyd, Vickers-Armstrong décida de produire un char plus gros, un char d’un design neuf et non dérivé de véhicules existants. Le raisonnement était le suivant : après avoir acquis des chars légers très légers nul doute que les pays voudraient des chars plus lourds. Ce char appelé Vickers 6-Ton Tank Mark E allait être ainsi à l’origine du T-26 soviétique.

Conçu pour l’export il devait donc être simple, fiable et capable de s’adapter aux besoins de clients pas toujours riches. Après un type A avec deux tourelles armées d’une mitrailleuse, le type B disposait d’une tourelle avec un canon et une mitrailleuse dans une tourelle biplace.

Le premier client fût l’URSS qui acheta 15 type A et acheta la licence du type B pour développer le T-26. La Pologne à acheté 38 exemplaires (16 type A et 22 type B) en 1932, le Siam trente, la Chine vingt, le Portugal deux exemplaires, la Grèce, quatre, la Bulgarie huit, la Bolivie trois. Ces chars étant utilisés dans la guerre du Chaco alors que les chars chinois et siamois sont engagés respectivement contre et avec les japonais.

Les quatre blindés grecs ont été utilisés un temps mais n’ont pas donné satisfaction à leurs propriétaires qui les stockèrent.

En septembre 1948 deux véhicules furent remis en état en cannibalisant les deux autres.

Ces deux chars furent surtout utilisés pour la parade, la propagande mais guère au combat. Leur sort est incertain mais comme les allemands ne les ont pas récupérés ils ont probablement été détruits à un niveau tel qu’ils n’étaient plus que des monceaux de ferraille.

Le Vickers 6-Ton Mark E était un char léger de conception et de fabrication britannique pesant 7.3 tonnes, mesurant 4.55m de long pour 2.32m de large et une hauteur de 2.21m.

Propulsé par un moteur à essence Armstrong-Siddeley Puma de 90ch, il pouvait atteindre la vitesse 31km/h sur route et 16km/h en tout terrain et parcourir 240km sur route et 140km en tout-terrain. Il était protégé par un blindage de 6 à 15mm et était armé d’un canon de 37mm Puteaux et d’une mitrailleuse de 7.92mm.

Hotchkiss H-39

Le char léger Hottchkiss H-39 était une évolution du Hotchkiss H-35 (appelé officiellement char léger modèle 1935H), un char issu du même concours que le Renault R-35 et le FCM-36 à savoir le concours destiné à remplacer les vénérables Renault FT.

Par rapport à ces deux compères, il va aussi être choisit par la cavalerie alors qu’il ne s’agit pas d’une Automitrailleuse de Combat (AMC) mais d’un char de soutien d’infanterie. D’ailleurs anecdote savoureuse, l’infanterie va être servie après la cavalerie !

Ce choix à été imposé à la cavalerie qui ne pouvait disposer de suffisamment de Somua S-35. Le petit char de chez Hotchkiss n’était absolument pas adapté aux missions demandées aux DLM (Divisions Légères Mécaniques) mais il n’y avait pas d’autres véhicules disponibles.

400 exemplaires ont été construits mais le char souffre de nombreux problèmes (moteur trop peu puissant, performances médiocres en tout terrain notamment), ces exemplaires étant répartis entre l’infanterie (90), la cavalerie (292) et les dépôts et les écoles.

Dès juillet 1942 , la cavalerie est parvenue à se débarrasser de ce «vilain petit canard» qui allait donner naissance à défaut d’un magnifique cygne d’un char nettement mieux adapté à la guerre telle qu’elle s’annonce en l’occurrence le char léger modèle 1935H modifié 1939 ou plus simplement le H-39.

La firme de Levallois en région parisienne à donc remis l’ouvrage sur le métier. Le nouveau char reprenait la ligne générale mais apportait de nombreuses modifications comme un moteur plus puissant, un canon long capable de lutter contre des chars ennemis et une queue passe-tranchée qui lui donnait une meilleure aisance en terrain difficile.

Il est adopté fin 1938 et comme son devancier va équiper l’infanterie (ce qui était attendu) et la cavalerie (ce qui l’était moins).

En ce qui concerne les unités d’infanterie il va équiper des BCC (Bataillon de Chars de Combat) dont certains vont intégrés les nouvelles Divisions Cuirassées.

La cavalerie va l’utiliser au sein de la 3ème DLM en attendant la livraison de suffisamment de Somua S-35 ou S-40 mais surtout au sein des GRDI (Groupement de Reconnaissance Divisionnaire), des GRCA (Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée) ainsi que le Groupement Motorisé de Corse (GMC).

Le char à été exporté d’abord à dose homéopathique, trois à la Pologne et deux à la Turquie puis de manière plus massive avec deux bataillons pour l’armée polonaise en France (90 chars), trois bataillons à la Grèce (135 chars), deux pour les Pays Bas (90 chars) deux à la Yougoslavie (90 chars) et 32 pour la Grande Bretagne qui les utilisa pour perfectionner ses chars Cruiser à défaut de les utiliser comme véhicules opérationnels.

Pour l’anecdote durant la guerre un véhicule sera utilisé pour une opération de propagande destiné à célébrer l’alliance franco-britannique, un H-39 peint entièrement en bleu/blanc/rouge, le drapeau français sur la caisse, l’Union Jack sur la tourelle. Ce char est aujourd’hui exposé au musée de Bovington.

Au final le Hotchkiss H-39 va être produit à 1640 exemplaires jusqu’en mai 1947 quand la chaine de montage fermée mais pour peu de temps car dès le mois de septembre, elle va à nouveau fabriquer ce char à faible cadence (huit chars par mois) pour permettre un équipement rapide des GRDI/GRCA de mobilisation, la cadence passant à douze chars par mois dès le mois de juin 1948.

L’armée grecque va donc recevoir 135 chars de ce type et contrairement aux yougoslaves, ces chars vont être tous en ligne. Ils vont participer à la guerre contre l’Italie puis à l’opération Maritsa, l’offensive italo-germano-bulgare lancée en juillet 1949 contre la Yougoslavie puis «débordant» en septembre 1949 en Grèce pour la Campagne de Grèce stricto sensu.

Ces chars vont faire le maximum pour retarder l’échéance ne se montrant ni mauvais ni excellents, faisant ce qu’on attendait d’eux en quelque sorte.

Ces chars vont naturellement souffrir sous les coups de l’ennemi mais quelques véhicules vont parvenir jusque dans le Péloponnèse, servant ensuite à sécuriser les aérodromes et sites stratégiques et ce jusqu’à la fin du conflit date à laquelle ils sont retirés du service et feraillés.

Le char léger modèle 1935 H M. 39 était un char léger d’appui d’infanterie biplace pesant 12 tonnes, mesurant 4.22m de long pour 1.85m de large et 2.133m de haut. Propulsé par un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch il pouvait atteindre la vitesse maximale de 36.5km/h sur route et franchir environ 150km. Protégé par 40mm de blindage au maximum, il disposait d’un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938 avec 95 projectiles et une mitrailleuse MAC-31 de 7.5mm alimentée à 2200 cartouches.

FCM-44

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Pour équiper le régiment de reconnaissance de leur division blindée les grecs se tournèrent vers la France. Souhaitant un char léger pour des missions de reconnaissance, ils étudièrent plusieurs modèles avant de choisir le FCM-44.

A l’origine de ce char figure le FCM-36 un char conçu par un chantier naval, les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM), un char au blindage laminé-soudé et moteur diesel. Ce char était issu du même programme qui allait donner naissance au Renault R-35 et au Hotchkiss H-35.

Ce char est produit à seulement 100 exemplaires, la construction de 200 exemplaires supplémentaires étant abandonné au moment de la guerre de Pologne pour permettre aux FCM de se concentrer sur la sortie massive du B1bis et rationaliser à la fois la production de guerre et le parc de chars légers.

Un temps la société de la Seyne sur Mer fût impliquée dans le programme de char de 20 tonnes qui allait donner naissance après moultes péripéties au Renault G-1R mais en 1938 elle concentra ses efforts sur un char de forteresse, le FCM F-1, renouant avec ses premières amours, les chars lourds FCM-1A et FCM-2C.

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

L’histoire connait alors une crise de hoquet puisqu’en juin 1941 l’armée lance un programme pour un char léger de nouvelle génération. Les FCM décident de concourir, partant du FCM-36 pour mettre au point un nouveau char.

Ce dernier s’inspire fortement du FCM-36 reprenant le design général avec une nouvelle suspension librement inspirée du système Christie, une caisse élargie et allongée, un moteur plus puissant et une tourelle biplace (ou triplace au choix) avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1935 ou SA modèle 1937 et une mitrailleuse coaxiale MAC modèle 1931 plus une mitrailleuse antiaérienne MAC modèle 1934.

Le prototype est présenté en janvier 1942 et testé intensivement par la commission qui décide de l’adopter sous le nom de char léger modèle 1942 FCM avec la tourelle biplace et comme pour l’AMX-42, il est prévu une version «améliorée» baptisée FCM-44 (officiellement char léger modèle 1944 FCM) avec une tourelle triplace soit quatre hommes d’équipage au lieu de trois.

Le FCM-42 va d’abord équiper les GRDI avant d’équiper le 24ème BCC puis les régiments de découverte et les groupes de reconnaissance des Divisions Cuirassées avant de nouveaux BCC notamment les deux bataillons équipés de FCM-36 (4ème et 7ème BCC).

Le total de chars en ligne atteint le chiffre respectable de 618 exemplaires auxquels s’ajoutent 124 chars en réserve, utilisés comme volant de fonctionnement, pour des tests ou pour l’écolage. La production se poursuit parallèlement au FCM-44, le modèle 1942 sortant de l’usine du Havre et le modèle 1944 de l’usine de la Seyne sur Mer tandis qu’une troisième chaine installée à La Ciotat doit entrer en fonction au printemps 1949.

Au total quand éclate la seconde guerre mondiale, on trouve 618 chars en ligne et 210 chars en réserve qui vont être utilisés pour la mise sur pied de quatre bataillons de mobilisation en l’occurence les 18ème, 32ème, 34ème et 38ème BCC soit 180 chars en ligne en plus portant le total à 798 chars en ligne et seulement 12 en réserve pour l’instruction notamment.

Le FCM-44 est une version améliorée du FCM-42 comme l’AMX-44 est la version améliorée de l’AMX-42. La principale différence entre le FCM-42 et FCM-44 est la tourelle qui devient triplace.

Ce char va équiper les groupes de reconnaissance de quatre DLM (1ère, 3ème, 5ème et 7ème DLM) ainsi que les unités de dragons portés dont les capacités de combat vont être sacrément boostées puisque ces chars légers remplacent des Automitrailleuses de Reconnaissance.

Outre les 608 chars en ligne, on trouve 120 en stock pour remplacer les véhicules détruits, armer de nouvelles unités et servir à l’écolage. 96 chars supplémentaires produits en octobre et novembre 1948 sont envoyés en Indochine pour équiper le 1er régiment de dragons portés coloniaux de la 2ème DLC soit 63 chars en ligne et 33 en réserve de fonctionnement.

La Grèce va recevoir ses chars à l’automne 1950, les premiers étant des chars issus des réserves mais très vite des chars neufs fabriqués à La Ciotat sont embarqués sur des cargos et convoyés jusqu’en Egypte où ils vont intégrer les rangs de la 1ère DB grecque ou des divisions d’infanterie.

La division blindée grecque disposait d’un régiment de reconnaissance qui disposait de quatre escadrons à deux pelotons de chars légers et deux pelotons d’autos blindées soit 46 chars légers et 40 autos blindées.

A cela s’ajoutait pour chacune des cinq divisions d’infanterie et pour les trois corps d’armée un bataillon de reconnaissance disposant d’une compagnie de dix-sept chars légers

Au total la Grèce à mis en ligne initialement 182 FCM-44 auxquels il fallait ajouter 16 FCM-44 pour l’entrainement et les essais. A la fin du conflit l’armée grecque à reçu pas moins de 245 FCM-44, un char qu’elle engagea dans la reconquête du territoire national.

Bien que conçu comme char de reconnaissance, le FCM-44 fût également utilisé pour l’appui de l’infanterie ou d’audacieux raids dans la profondeur.

Ces chars participèrent à la guerre civile grecque aux côtés de leurs remplaçants les M-24 Chaffee qui les remplacèrent définitivement en 1959.

Le Char léger modèle 1944 FCM était un char de conception et de fabrication française pesant 16.4 tonnes, mesurant 5.20m de long sur 2.75m de large pour une hauteur totale de 2.30m.

Avec son moteur diesel Aster 4 cylindres de 190ch, le FCM-44 pouvait atteindre la vitesse maximale de 40km/h et franchir 230km.

Protégé par un blindage dont l’épaisseur variait de 20 à 60mm, il était armé d’un canon de 47mm modèle 1937 en tourelle triplace, canon alimenté à 180 obus et deux mitrailleuses de 7.5mm (MAC 31 coaxiale et MAC 34 antiaérienne) avec 4000 cartouches pour les deux.

L’équipage se composait d’un mécanicien pilote en caisse, d’un chef de char, d’un tireur et d’un pourvoyeur en tourelle.

M-4 Sherman

Si aujourd’hui les américains sont capables de produire un char moderne et puissant cela n’à pas toujours été le cas.

Non seulement les premiers chars utilisés par les américains furent britanniques et français mais en plus le dévellopement fût entièrement stoppé ou peu s’en faut durant la période 1919-1939 («Rethondes-Coblence»).

Voilà pourquoi l’entrée en guerre des américains en septembre 1939 était non pas impossible mais hautement improbable.

Il va falloir du temps pour qu’un char fiable et performant _tout est relatif_ soit mis sur pied sous la forme du M-4 Medium Tank Sherman, un brave et honnête char qui ne paye pas de mine et qui si il fait partie du camp des vainqueurs n’à jamais eu l’aura d’un Renault G-1, d’un Cromwell, d’un Panther ou même d’un T-34.

Avant le M-4, il y eu le M-3, un char vite déclassé par les progrès techniques et qui souffrait non seulement d’un blindage boulonné potentiellement très dangereux et surtout d’un armement dual avec un canon de 75mm en sabord et un canon de 37mm en tourelle, une configuration en vogue dans les années vingt et trente mais qui était désormais totalement obsolète.

Comme l’ont compris les français et les britanniques, le canon principal devait être en tourelle pour une polyvalence maximale. Les américains s’orientèrent donc vers ce choix. Le projet est lancé au printemps 1943 mais le développement est lent car il n’y à aucune urgence.

Le char mis au point dispose d’un moteur essence, d’un blindage plus important et d’un canon de 75mm en tourelle, canon inspiré de celui utilisé par le M-3. Il est officiellement adopté en février 1945 sous le nom de M-4 Medium Tank avec comme surnom Sherman du nom d’un général nordiste de la guerre de Sécession.

1050 M-4A1 sont produits suivis de 3500 M-4A2, 9000 M-4A3 à canon de 76mm, 7500 M-4A4, 550 M-4A5, 250 M-4A6 et 150 M-4A7. Aux 22000 exemplaires produits aux Etats-Unis s’ajoutent 1200 exemplaires produits au Canada, 750 en Australie et 600 en Inde sans oublier les variantes spécialisées. On arrive au chiffre impressionnant de 27500 exemplaires.

Sur les 22000 Sherman produits aux Etats-Unis, 18500 ont été utilisés par l’US Army, 1500 par l’USMC et 2000 cédés à des pays étrangers au titre du prêt-bail.

Outre les Etats-Unis, le M4 Sherman à donc été utilisé par le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne (à titre de test), la Pologne, la Tchécoslovaquie (unités en exil), la Belgique, les Pays-Bas, Argentine, Brésil, Autriche (après guerre), Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Ethiopie, Grèce, Inde,Iran,Italie (après guerre), Japon (après guerre), Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan,Oman, Paraguay, Uruguay, Pérou, Ceylan, Vietnam, Yougoslavie, Portugal, Afrique du Sud et Turquie.

Ces pays ont utilisé soit des chars neufs ou des chars ex-américains, la réduction de la force blindée une fois le conflit terminé permettant à de nombreux pays de récupérer des chars à vil prix. Côté américain, le Sherman à été retiré du service en 1962.

Tout comme son allié et voisin yougoslave, la Grèce à sélectionné le Sherman pour équiper sa division blindée. Cette division blindée disposait de deux régiments de chars médians soit huit escadrons de 18 chars soit 144 chars Sherman en ligne.

Cette division participa à la libération de la Grèce puis combattit en Albanie, en Croatie et jusqu’en Slovenie où elle termina la guerre. La division retourna au pays à l’été 1954 (au grand soulagement des yougoslaves) mais ne retrouva pas la quiétude pour autant.

Elle fût en effet engagée dans la guerre civile grecque où elle employa ses chars en petits paquets pour soutenir l’infanterie engagée dans de rudes combats contre la guerilla communiste. Les Sherman ont été remplacés au début des années soixante par des chars plus modernes.

Le M-4 Medium Tank Sherman était un char moyen de conception et de fabrication américaine pesant 30.3 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.84m de long pour 2.62m de large et pour une hauteur de 2.74m.

Propulsé par un moteur Continental R975 de 400ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 40 à 48km/h et franchir 193km.

Son blindage variait selon les endroits entre 38 et 75mm et son armement était composé d’un canon de 76mm M-1 avec 55 puis 71 coups, une mitrailleuse Browning M-2 de 12.7mm avec 300 coups et deux Browning M-1919A4 avec 4750 coups.

L’équipage était composé de cinq hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et aide-conducteur).

Char lourd modèle 1944ARL

Après des années d’hésitation, la production du B1bis avec atteint son rythme de croisière au printemps 1940 avec la sortie de trente à quarante chars par mois, une vraie prouesse quand on connait d’où est parti ce programme qui n’atteignit cependant jamais les 1000 chars envisagés par le général Estienne.

Après le B1bis, avait été produit le B1ter, une version améliorée et plus simple à construire du précédent dont la conception en avait fait une véritable Rolls-Royce technologique, un petit bijou de technicité mais qui se payait par une construction et une maintenance difficile.

Il était ensuite prévu un char dérivé du B1ter baptisé B-40 mais ce char sorti sous la forme d’un prototype ne fût jamais produit en série en raison d’un changement de priorité au sein de l’arme des chars d’infanterie.

En effet après une gestation houleuse, les Divisions Cuirassées avaient fait leur trou et s’imposaient comme l’arme de la percée, de la manœuvre décisive, laissant aux DLM l’exploitation ce qui leur permettrait de renouer avec les manes de la cavalerie à cheval.

Le problème c’est que les chars équipant les DC n’avaient pas été conçus pour cette mission ce qui imposait la mise au point d’un nouveau char. De plus les B1bis manquaient d’autonomie, étaient techniquement très exigeants et leur armement dual _canon de 47mm en tourelle et obusier de 75mm en caisse_ plus adapté à l’appui de l’infanterie qu’à la lutte antichar en dépit de la présence d’un canon de 47mm.

Le nouveau char lourd ne devait pas forcément être rapide mais devait être plus mobile, disposer d’une autonomie importante, d’un bon blindage, d’un canon puissant et surtout signe des temps être facile à utiliser, à entretenir et à produire.

Le programme est lancé en septembre 1941 et les premières maquettes sont présentées début 1942. les FCM, l’Atelier de Construction de Rueil (ARL), Schneider et Renault présentèrent leurs projets avant de recevoir la commande de deux prototypes qui sont livrés début 1943.

Les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) proposèrent un B1ter amélioré sans obusier de 75mm en caisse (remplacée par une mitrailleuse de 7.5mm) avec la tourelle ARL destinée à équiper le futur Renault G1.

L’Atelier de construction de Rueil (ARL) propose un char de conception nouvelle avec une caisse en acier blindé-laminé, un moteur diesel et une tourelle biplace à canon de 75mm de 32 calibres.

Schneider propose un char lui aussi inspiré du B1ter mais avec un canon de 75mm puissant en tourelle triplace alors que Renault proposa une version surblindée de son futur G1.

Les projets Schneider et FCM éliminés, seuls restaient en liste le projet de l’atelier de construction de Rueil et le projet Renault.

Les tests étaient satisfaisants, les deux projets étaient murs techniquement parlant mais la commission en charge du concours dirigée par l’ingénieur Piret se posa la question de l’utilité d’armer un char lourd d’un canon de même calibre que le char moyen.

Entre-temps, Renault accaparé par la production du G1 ainsi que de celle d’autres véhicules se retira du programme, laissant donc l’ARL seule en piste pour son projet baptisé ARL-40.

En juillet 1943, décision est prise d’armer le nouveau char lourd d’un canon de 90mm. A l’époque existait une tourelle armée d’un canon de 90mm, celle équipant le FCM F1, le char de forteresse équipant le 51ème BCF.

Cette tourelle avait cependant été conçue pour un char de forteresse de 142 tonnes en ordre de combat et pas pour un char de 50 tonnes maximum.

Il fallait donc repartir à zéro, Schneider producteur du canon de 90mm modèle 1939 partant de ce canon pour développer une pièce compatible avec une tourelle triplace en terme de recul, d’évacuation des douilles et des fumées.

L’Atelier de Construction de Rueil profita de ce contretemps pour reprendre la caisse en amélioration la suspension hydropneumatique _gracieusement fournie par Renault_, la caisse en acier laminé _sans éléments boulonnés_ et l’ergonomie intérieure sur les conseils des britanniques.

La tourelle Schneider est prête en janvier 1944 et installée sur quatre prototypes de l’ARL-44. Les prototypes sont intensivement testés et se révèlent prometteurs sans réels problèmes techniques, un vrai petit miracle selon ses concepteurs.

Adopté le 30 janvier 1944 sous le nom de char lourd modèle 1944L, ce premier char produit par l’Atelier de Construction de Rueil est un monstre de 53 tonnes en ordre de combat, des lignes assez carrées, un «véhicule d’hommes» dirions nous qui reçoit le 8 mai 1944, le nom officiel d’Estienne.

A l’avant, on trouve le pilote à l’avant droite et à sa gauche un radio-mitrailleur chargé des transmissions et de la défense rapprochée du char avec une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 avec 2500 cartouches.

Au milieu du véhicule, on trouve une tourelle triplace avec quand on regarde le char de l’arrière, un chef de char à l’arrière gauche, le tireur pointeur devant lui et de l’autre côté du canon le pourvoyeur.

Cette tourelle intègre un canon de 90mm modèle 1944 (54 obus) associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.5mm MAC 34 alimentée à 3000 cartouches, une autre mitrailleuse est installée en position antiaérienne.

A l’arrière, on trouve un moteur Renault de 720cv inspiré du moteur Renault 12 cylindres de 550ch utilisé pour le FCM F1 (qui en dispose de deux).

Convaincue de la qualité de son char, l’ARL avait lancé la production en série avant même l’adoption officielle ce qu’apprécièrent finalement les autorités militaires et politiques pour permettre d’équiper rapidement les Divisions Cuirassées.

Chacune de ces divisions va recevoir deux bataillons de 34 chars, la 1ère DC (janvier à mars 1945), la 2ème DC (juillet à septembre 1945), la 3ème DC (janvier à mars 1946), la 4ème DC (juillet à septembre 1946), la 5ème DC (septembre/octobre 1947 et janvier/février 1948) et la 6ème DC (novembre/décembre 1947 et mars à mai 1948).

Au total, on trouve 408 chars ARL-44 en ligne plus des chars en réserve en l’occurrence les 92 chars produits entre octobre 1946 et juin 1947 puis de nouveaux chars de réserve produits en janvier 1948 (quatre), huit en février 1948, six en mars 1948, huit en avril 1948, dix en mai 1948, huit en juin 1948, neuf en juillet 1948 et douze en août 1948 soit un total de 65 chars portant le total à 157 chars de réserve.

La production se poursuit après mobilisation à raison d’une dizaine de chars par mois pour à terme rééquiper les bataillons de quartier général.

Une variante dépannage à été étudiée mais non produite, les B1bis détourellés étant tout à fait capable de dépanner leur successeur

La Grèce va être le seul utilisateur étranger de ce puissant char de combat, dernier rejetton de la famille B-1. Initialement elle envisagea de mettre sur pied un régiment de chars louds mais faute de moyens le régiment devint bataillon soit 44 chars en ligne au lieu de 72.

L’armée héllène va dond recevoir 44 ARL-44 plus 8 véhicules pour l’entrainement. Avec son canon de 90mm, il pouvait combattre tous les chars allemands y compris les redoutables Panther et Tigre respectivement armés d’un canon de 75 et de 88mm.

A la différence des Sherman, ces chars ne furent pas utilisés durant la guerre civile grecque car jugés surdimensionnés. Surtout déployés à la frontière gréco-bulgare, ces puissants blindés pouvaient dissuader les bulgares de toute aventure eux qui avaient succombé aux sirènes communistes.

Les ARL-44 n’ont pas été spécifiquement remplacés, l’armée grecque adoptant comme toutes les armées le char de combat principal en remplacement du char moyen et du char lourd.

Le char lourd modèle 1944L était un char lourd de conception et de fabrication française pesant 53.5 tonnes, mesurant 8.99m de long pour 3.75m de large et 2.95m de haut.

Motorisé par un moteur diesel Renault de 720ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 37km/h avec une autonomie de 290km.

Protégé par un blindage d’une épaisseur maximale de 80mm, il était armé d’un canon de 90mm modèle 1944 (54 obus) associé dans une tourelle triplace Schneider à une mitrailleuse MAC-34 de 7.5mm (3000 cartouches). On trouve également une mitrailleuse de coque MAC-34 avec 2500 cartouches et parfois une mitrailleuse de 7.5mm en position antiaérienne avec 1500 cartouches.

L’équipage du char se lourd se composait d’un pilote installé à l’avant droit, d’un radio-mitrailleur installé à l’avant gauche et en tourelle d’un chef de char à l’arrière gauche, d’un tireur-pointeur devant lui et de l’autre côté du canon le pourvoyeur.

Mitteleuropa Balkans (186) Grèce (30)

Organisation

Division d’infanterie (1) : divisions d’active

Les dix divisions d’active de l’armée grecque en septembre 1948 sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major et des unités de soutien

-Trois régiments d’infanterie organisés en une compagnie de commandement et de soutien, trois bataillons à quatre compagnies à trois pelotons et une compagnie d’armes lourdes avec un peloton de mortiers et deux pelotons de mitrailleuses.

-Une compagnie de cavalerie avec soit une compagnie entièrement montée (2ème, 4ème, 5ème, 7ème, 8ème et 9ème DI) ou une compagnie mixte avec un peloton d’autos blindées et deux pelotons montés (1ère, 6ème et 10ème DI) ou luxe suprême une compagnie d’autos blindées (3ème DI).

-Un régiment d’artillerie divisionnaire à trois escadrons mais en temps de guerre le troisième escadron est détaché auprès du corps d’armée.

-Une compagnie antiaérienne et antichar avec dix-pièces soit 6 antichars et 12 antiaériennes ou 12 antichars et 6 antiaériennes ou neuf de chaque type. Cette configuration concerne la majorité des divisions mais les 2ème, 7ème et 10ème DI possèdent une compagnie antiaérienne et une compagnie antichar à douze pièces chacune.

-Deux compagnies du génie

Division d’Infanterie (2) : unités de mobilisation

Comme nous l’avons vu plus haut dans l’historique, les divisions de mobilisation disposent de moins de moyens que les divisions d’active.

Le gouvernement grec aidé par les alliés tentera de combler les dits manques mais en mai 1949 quand les italiens attaquent si l’entrainement s’est amélioré, l’équipement laisse encore partiellement à désirer. Ces divisions qui doivent compléter/remplacer les divisions en ligne sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major et des unités de soutien

-Trois régiments d’infanterie organisés en une compagnie de commandement et de soutien, deux bataillons à trois compagnies à trois pelotons plus une compagnie d’armes lourdes avec un peloton de mortiers et un peloton de mitrailleuses.

-Un peloton monté pour la reconnaissance et l’éclairage (11ème, 12ème, 14ème, 15ème, 16ème et 17ème DI), la 13ème DI disposant d’un escadron monté à trois pelotons plus un peloton de mitrailleuses lourdes et de mortiers alors que la 17ème DI possède un escadron mixte à deux pelotons montés et un peloton d’autos blindées.

-Une compagnie antichar et antiaérienne à douze pièces (soit six de chaque type ou huit et quatre)

-Un régiment d’artillerie à deux escadrons (le troisième est placé sous l’autorité de la réserve générale. A noter que les III/13, III/14 et III/16 n’ont pas de pièces et serviront de réservoirs pour d’autres unités d’artillerie)

-Une compagnie du génie

Division d’infanterie (3) : Les DI de l’Armée Grecque de Libération (AGL)

Les cinq divisions d’infanterie reconstituées en Egypte et en Libye sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement logistique

M-8 Greyhound

-Un bataillon de reconnaissance disposant de chars légers et d’autos blindées est organisé en une compagnie de commandement et de transmissions, une compagnie de chars légers (un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de cinq chars légers) et deux compagnies d’autos blindées.

-Trois régiments d’infanterie organisés en une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de combat (un peloton de commandement et de soutien, quatre pelotons de combat et un peloton de mortiers) et une compagnie régimentaire d’engins (un peloton de canons antichars, un peloton de mortiers et un peloton de mitrailleuses)

Canon de 75mm TAZ modèle 1939

-Un régiment d’artillerie organisé en un état-major, une batterie de conduite de tir, une batterie de soutien logistique et trois groupes de tir à trois batteries de quatre canons tractés soit un total de vingt-quatre pièces

-Un bataillon antichar et antiaérien organisé en une compagnie de commandement et de soutien (essentiellement le ravitaillement en munitions), deux compagnies antiaériennes à trois pelotons de quatre pièces et deux compagnies antichars à trois peloton de quatre pièces soit un total de 24 canons antiaériens et 24 canons antichars

-Un bataillon du génie organisé en une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de pontonniers, une compagnie de sapeurs-mineurs et deux compagnies d’aménagement

-Une compagnie de transmissions

Division légère d’infanterie

Pour assurer des missions de défense et de sécurité, deux divisions de sécurité sont créées dès l’été 1950. C’est à la fois une façon de soulager une armée malmenée par les combats et symboliquement marquer le début de la rennaissance militaire grecque.

En janvier 1951 les 1ère et 2ème division de sécurité sont rebaptisées 6ème et 7ème Division Légère d’Infanterie pour éviter la confusion avec la Force de Sécurité du général Soriotis, le gouvernement fantôche pro-allemand installé à Athènes.

Ultérieurement la 14ème DI sera réorganisée sur ce modèle et encore aujourd’hui on ignore pourquoi la 14ème DI n’est pas devenue la 8ème DLI.

Selon l’hypothèse la plus probable c’est en hommage à cette division qui s’est valeureusement battue même ceux n’approuvant pas cette hypothèse ne tardent pas à repliquer par un argument habile : pourquoi ne pas l’avoir reconstitué sur le modèle d’une DI de première ligne ?

Les DLI sont réparties entre l’île de Zakynthos où la 14ème DI relève la 1ère DLI française et la brigade de montagne polonaise, la Crète où la 7ème DLI assure la défense des institutions et la 6ème DLI qui assure la défense du Dodécannèse.

-Un état-major

-Une compagnie d’autos blindées à trois peloton de quatre soit quatorze véhicules

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie organisé en une batterie de commandement et de soutien, deux groupes à deux batteries de quatre pièces et une batterie de conduite de tir

-Une compagnie antichar à douze pièces (trois pelotons de quatre)

-Une compagnie antiaérienne à douze pièces (trois pelotons de quatre)

-Une compagnie du génie

Division de cavalerie

Cavalerie grecque en 1926. L’équipement à pu évoluer jusqu’en 1948

En septembre 1948 l’armée grecque possède deux divisions de cavalerie plus un bataillon de cavalerie pour chaque corps d’armée.

En dépit de multiples handicaps, Athènes à effectué un certain effort pour maintenir des unités montées moins par hippophilie que par lucidité sur la capacité de l’armée grecque à posséder des unités motomécaniques puissantes.

La divison de cavalerie type 1948 (NdA désignation des historiens, aucun texte ne précise le modèle d’organisation des deux divisions de cavalerie) est organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Des éléments de soutien

-Une compagnie d’autos blindées (quatorze véhicules _trois pelotons de quatre plus un véhicule pour le commandant et son adjoint_)

-Deux régiments montés à trois escadrons montés (trois pelotons montés et un peloton de mitrailleuses) et un escadron de mitrailleuses lourdes et de mortiers (un peloton de mitrailleuses lourdes et un peloton de mortiers)

-Un régiment d’artillerie hippomobile organisé en un escadron de commandement et de soutien et deux escadrons à deux batteries de quatre pièces soit seize pièces pour l’ensemble du régiment

-Un escadron du génie

Division blindée

M-4 Sherman

Quand l’armée grecque à été reconstituée à partir du printemps 1950 la question de la création d’une division blindée s’est posée. Le gouvernement de Paul 1er replié à Heraklion en à fait sa priorité ayant bien compris que c’était un outil tout autant politique que militaire.

En ce qui concerne l’organisation les hésitations ont été nombreuses entre des projets proches des DLM françaises d’avant guerre à celles intégrant totalement les différents éléments.

Finalement c’est un habile compromis qui à permis la création de la 1ère division blindée grecque, division intégrée au 3ème Corps d’Armée «Epire» en compagnie de la 3ème division d’infanterie. Elle est organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un régiment de reconnaissance équipé de chars légers et d’autos blindées organisé en un escadron de commandement et de soutien et quatre escadrons à deux pelotons de chars légers et deux pelotons d’autos blindés.

Comme chaque peloton possède cinq véhicules, cela nous donne vingt véhicules par escadron plus un char léger pour le commandant de l’escadron et deux chars légers pour le commandant du régiment et son adjoint. Cela nous donne un total de 46 chars légers et de 40 autos blindées

-Deux régiments de chars moyens organisés en un état-major, un escadron de commandement et de soutien et quatre escadrons de chars, chaque escadron de chars disposant d’un peloton de commandement et de soutien avec deux chars, un peloton d’autos blindées avec six voitures et quatre pelotons de quatre chars.

Cela nous donne un total de 144 chars de combat pour les deux régiments de chars moyens auxquels il faut ajouter les chars légers de reconnaissance et les chars lourds du bataillon (voir ci-après)

ARL-44

-Un bataillon de chars lourds organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron de reconnaissance et trois escadrons de chars organisés en un peloton de commandement et de soutien, un peloton d’éclairage à quatre voitures et trois pelotons de quatre chars lourds. Le bataillon possède un total de quatorze chars par escadron et de quarante-quatre chars au total.

La division blindée grecque possède au moins sur le papier 44 chars lourds, 144 chars médians et 46 chars légers soit un total de 234 chars, un chiffre plus que correct.

-Deux régiments d’infanterie portée organisés en une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de combat à trois pelotons à trois groupes et une compagnie régimentaire d’appui

M-7 Priest

-Un régiment d’artillerie automotrice organisée en un état-major, une batterie de conduite de tir, une batterie de soutien logistique et trois groupes de tir à trois batteries de quatre canons automoteurs soit un total de vingt-quatre pièces

-Un bataillon antichar et antiaérien organisé en une compagnie de commandement et de soutien (essentiellement le ravitaillement en munitions), deux compagnies antiaériennes à trois pelotons de quatre pièces et deux compagnies antichars à trois peloton de quatre pièces soit un total de 24 canons antiaériens et 24 canons antichars

-Un bataillon du génie organisé en une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de pontonniers, une compagnie de sapeurs-mineurs et deux compagnies d’aménagement

-Une compagnie de transmissions

Régiment d’infanterie

Régiment d’infanterie grec en 1948

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois bataillons à quatre compagnies de combat à trois pelotons et une compagnie d’armes lourdes avec un peloton de mortiers et deux pelotons de mitrailleuses.

Régiment d’infanterie grec en 1950 (AGL)

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies de combat organisées en un peloton de commandement et de soutien, quatre pelotons de combat à trois groupes de combat et un peloton de mortiers

-Une compagnie régimentaire d’engins disposant d’un peloton de canons antichars (utilisé également pour l’appui de l’infanterie), d’un peloton de mortiers de 81mm et d’un peloton de mitrailleuses.

Régiment de cavalerie

-Un état-major

-Trois escadrons montés à trois pelotons montés et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron de mitrailleuses lourdes et de mortiers (un peloton de mitrailleuses et un peloton de mortiers)

Régiment de chars

Régiment de reconnaissance

-Un escadron de commandement et de soutien

Humber Armoured Car

-Quatre escadrons à deux pelotons de chars légers et deux pelotons d’autos blindées. Si les pelotons d’autos blindées sont équipées de Humber Armoured Car les pelotons de chars légers ont reçu des FCM-44 français (qui après guerre seront remplacés par des M-24)

Regiment de chars moyens

-Un état-major

-Un escadron de commandement et de soutien

-Quatre escadrons de char, chaque escadron disposant d’un peloton de commandement et de soutien avec deux chars (un pour le commandant de l’escadron un autre pour son adjoint), un peloton d’autos blindées avec six voitures et quatre pelotons de quatre chars.

Régiment d’artillerie

Régiment divisionnaire

-Un état-major

-Une batterie de conduite de tir

-Une batterie de soutien logistique

-Trois groupes de tir à trois batteries de quatre canons tractés soit un total de vingt-quatre pièces répartis entre deux groupes de 75mm (quatre batteries de quatre pièces) et un groupe de 105mm (deux batteries de quatre pièces).

Régiment d’artillerie lourde

-Un état-major

-Une batterie de conduite de tir

-Une batterie de soutien logistique

-Deux groupes de tir à trois batteries de quatre pièces soit un total de vingt-quatre pièces

Régiment d’artillerie antiaérienne

-Un état-major

-Une batterie de conduite de tir et de soutien

-Trois groupes de tir disposant de trois batteries lourdes à quatre pièces chacune soit un total de trente-six pièces par régiment.

Régiment d’artillerie antichar

-Un état-major

-Une batterie de conduite de tir et de soutien

-Trois groupes de tir disposant de trois batteries de quatre pièces lourdes soit 36 canons

Bataillon d’evzones

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Trois compagnies de combat organisées en un peloton de commandement et de tranmissions, trois pelotons de combat et un peloton de mitrailleuses

-Une compagnie d’appui organisé en un peloton de mortiers, un peloton de mitrailleuses et un peloton de lance-roquettes antichars

Bataillon sacré

-Un état-major

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie d’éclaireurs

-Une compagnie d’assaut direct

-Une compagnie de reconnaissance motorisée

Mitteleuropa Balkans (146) Yougoslavie (34)

Autos blindées

Autos blindées Peugeot

Les premières autos blindées apparaissent au début du vingtième siècle. C’est dans les colonies où la mobilité est essentielle que des véhicules automobiles armées de mitrailleuses voit le jour. Les premières sont de simples véhicules de tourisme disposant d’une mitrailleuse mais le blindage ne tarde pas à faire son apparition.

Durant le premier conflit mondial l’utilisation sera limitée sur le front de l’ouest guerre de tranchées oblige mais plus important sur le front de l’est où le terrain s’y prêtait nettement mieux.

La France se dota d’autos blindées mais aussi d’autocanons surnommés «torpilleurs à roulette» car armées d’un canon de 37 ou de 47mm de marine.

Parmi ces véhicules figure des véhicules de la firme Peugeot. Elles combinaient un châssis de camion et une caisse blindée.

La Yougoslavie récupère quatre de ces autos blindées à la fin du conflit. Déjà déclassées à l’époque, elles sont pourtant encore en service en 1949 !

Engagées au combat elles sont toutes détruites. La première saute sur une mine antichar allemande, la seconde est détruite par un canon antichar italien de 47mm, la troisième est victime d’un accident, tombant dans un ravin en Bosnie-Herzegovine et la dernière lors de la destruction d’une caserne de Sarajevo par l’artillerie allemande.

L’Auto blindée Peugeot était une auto blindée de conception et de fabrication française pesant 5 tonnes, mesurant 4.8m de long pour 1.8m de large et une hauteur de 2.8m. Motorisée par un moteur essence de 40ch elle pouvait atteindre la vitesse 40km/h sur route et franchir 140km. Elle était armée d’une mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914 de 8mm puis ultérieurement par une mitrailleuse de 7.92mm alimentée à 2000 coups.

Panhard AMD-178

Affectueusement surnommée «Pan Pan» en raison du bruit de son moteur deux temps, l’automitrailleuse de découverte modèle 1935 était une auto blindée 4×4 de conception et de fabrication française, une voiture véloce et maniable armée d’un canon de 25mm puis d’un canon de 47mm.

Au final ce sont donc 1237 AMD modèle 1935 produits. Ils se répartissent entre 32 exemplaires coloniaux pour l’Indochine (trois hommes, tourelle monoplace), 174 véhicules PC, 320 AMD 35 AFN (identiques au type métropole mise à part un refroidissement du moteur plus important pour pouvoir opérer par temps chaud) soit un total de 526 laissant un total de 711 AMD type métropolitain.

Sur les 1031 véhicules métropolitains et AFN, 320 furent équipés d’une nouvelle tourelle biplace armée d’un canon de 47mm pour améliorer leur potentiel antichar, ces véhicules servant au sein des GRDI des Division d’Infanterie Alpine (DIAlp) et au sein du régiment de découverte de la 1ère DLC, le 4ème Régiment de Spahis Tunisiens.

Cette automitrailleuse de découverte _dernière exemplaire de ce type avec la Gendron-Somua AM 39_ va équiper les régiments de découverte des Divisions Légères Mécaniques, des régiments d’automitrailleuses des Divisions de Cavalerie (futurs régiments de découverte de non moins futures DLM) ainsi que des GRDI motorisés.

Suite à la décision du général Gamelin de ne pas poursuivre dans la voie des véhicules trop faiblement blindés (27 février 1940), «Pan Pan» va peu à peu céder la place à sa grande soeur, l’AutoMitrailleuse Puissante (AMP) AM modèle 1940 P ou AM 40 P.

Sa carrière n’est pas pour autant terminée puisqu’elle va servir à la motorisation des GRDI montés en Afrique du Nord, au Levant ainsi qu’en métropole au profit des trois groupe de reconnaissance rattachés aux DIAlp. Il va aussi servir au Groupement Motorisé de Corse (GMC) avec huit exemplaires.

Elle va continuer à servir également en Indochine au sein du Groupement Mécanisé Colonial (future 2ème DLC) ainsi qu’au sein de deux escadrons indépendants.

Les autres véhicules vont être stockés précieusement et vont équiper des GRCA et des GRDI de mobilisation en attendant que suffisamment d’AM 40 P ne sortent des chaines de Panhard pour les équiper.

Durant la Pax Armada la Yougoslavie cherche à renforcer ses moyens militaires et notamment dans les domaines de la mécanisation et de la motorisation. Elle souhaite notamment acquérir des autos blindées modernes et se tourne vers la France.

Elle évalue l’AM modèle 1940 et l’AMD modèle 1935 marquant sa préférence pour la seconde mais se montre désappointée quand la France annonce que la production à cessé. Comme les demandes sont modestes, le gouvernement français autorise la cession de «Pan Pan» stockés ainsi que des soixante-six Gendron-Somua AM.39.

Ces autos blindées vont équiper les seize divisions d’infanterie et la brigade mécanisée.

Les premières disposaient d’un bataillon de cavalerie organisé en deux escadrons montés, un escadron cycliste et un peloton d’autos blindées qui aurait du devenir escadron mais le temps comme les moyens de ne le permis pas, chaque peloton disposant de cinq véhicules (quatre du rang et un pour le chef de peloton).

La brigade mécanisée elle disposait d’une compagnie de reconnaissance motorisée organisée en un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de cinq véhicules plus un véhicule pour le commandant de compagnie et son adjoint.

Cela nous donne un besoin de 97 véhicules. Outre trente-sept Gendron-Somua AM.39 on trouve soixante Panhard AMD modèle 1935, des véhicules sortis des stocks et entièrement remis en état.

Associés ultérieurement à d’autres véhicules livrés comme volant de fonctionnement ce soint quatre-vingt quatre Panhard AMD 178 qui ont été livrées à la Yougoslavie.

Ces véhicules vont naturellement participer à la Campagne de Yougoslavie en assurant moins de pures missions de reconnaissance que des missions d’écrans et de couverture. Parfois ces autos blindées assuraient l’appui de l’infanterie, mission pour laquelle elles n’étaient absolument pas conçus mais comme on dit à la guerre comme à la guerre.

Les pertes ont été lourdes et sur soixante-douze véhicules en ligne après mobilisation, quarante ont été détruits, vingt-deux capturées par les italiens et les allemands, les premiers les réutilisant après les avoir réarmés avec un canon de 20mm Breda pour des missions d’escorte de convois et de patrouille alors que les seconds les ont envoyés en Allemagne pour l’entrainement.

Comme d’autres «Pan Pan» ont été capturées durant la Campagne de France, des unités d’éclairage ont été mises ou remises sur pied avec ces véhicules en attendant la disponibilité d’auto blindées made in germany.

Les dix derniers véhicules sont parvenus jusqu’en Grèce puis ont été transférées en Palestine puis en Egypte, six véhicules encore en état servant d’élément blindé de protection pour le roi et la famille royale. Deux de ces véhicules ont été préservés jusqu’à nos jours. En revanche les véhicules utilisés par les allemands et les italiens ont tous été détruits.

L’Automitrailleuse de Découverte modèle 1935 était une auto blindée de conception et de fabrication française pesant 8200kg en ordre de combat, mesurant 4.79m de long pour 2.01m de large et 2.31m de haut. Motorisée par un moteur Panhard de 105ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h sur route et de 47km/h en tout terrain sachant que l’autonomie sur route était de 300km.

Le blindage maximal était de 20mm et l’armement était composé d’un canon de 25mm semi-automatique modèle 1935 alimenté par 150 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC-31 avec 3750 cartouches. Une mitrailleuse de rechange est embarquée, mitrailleuse qui est souvent utilisée comme arme antiaérienne.

L’équipage se compose d’un chef de voiture et d’un tireur en tourelle, d’un onducteur et d’un inverseur en caisse

AM Gendron-Somua modèle 1939

Cette automitrailleuse est la dernière AutoMitrailleuse de Découverte (AMD) avant que le général Gamelin décide d’abandonner ce concept en raison d’un blindage trop faible.

Cette automitrailleuse à une longue histoire, étant à l’origine une AutoMitrailleuse de Reconnaissance (AMR) à trois roues. Le premier prototype à une stabilité insuffisante mais le second est meilleur.

Son inventeur, M. Gendron n’ayant pas les moyens d’assurer l’industrialisation, Somua reprend les bases du projet mais avec quatre roues, le prototype étant présenté en décembre 1937 et testé jusqu’en août 1938.

Il est adopté en septembre 1939 sous le nom d’AM Gendron-Somua modèle 1939. Elle va être produite à seulement 150 exemplaires livrées entre août 1940 et juin 1941. Elles vont être utilisées dans l’Empire et pour la sécurité intérieure en métropole au profit de la gendarmerie mais pas comme AMD au sein des GRDI.

Un peloton de douze est envoyée en Martinique alors secouée par des mouvements autonomistes/indépendandistes, deux pelotons de douze voitures étant envoyé au Levant, un au Liban et un en Syrie, ces trois pelotons soit 36 véhicules étant mis en œuvre par la gendarmerie.

La compagnie montée saharienne devient une unité motorisée avec deux pelotons de douze voitures soit 24 AM 39 Gendron Somua.

Le groupe spécial blindé de Satory dispose de vingt-quatre véhicules

Au total 84 véhicules sont en ligne, les autres véhicules étant stockés. Vingt d’entre-eux sont livrés à la Yougoslavie pour équiper quatre pelotons de cavalerie et ainsi offrir une capacité de reconnaissance et d’éclairage.

Ces véhicules vont participer à la Campagne de Yougoslavie au cours de laquelle ils sont tous détruits, leur faible blindage ne leur laissant aucune chance contre un ennemi bien équipé en armement antichar.

L’AM Gendron-Somua modèle 1939 était une automitrailleuse de découverte de conception et de fabrication française pesant 6300kg en ordre de combat, mesurant 3.74m de long 2.05m de large et 2m de haut.

Propulsée par un moteur Somua de 75ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 69km/h sur route et franchir toujours sur route 340km. Elle était «protégée» par un blindage de 15mm d’épaisseur maximum.

L’armement était identique à celle des Panhard mais la tourelle armée d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse MAC de 7.5mm était monoplace puisque l’équipage se composait de seulement deux hommes.

M-8 Greyhound

A l’automne 1940, l’US Army s’interrogea sur les conflits futurs et notamment l’emploi des chars de combat. Elle identifia le besoin d’un véhicule de reconnaissance rapide et bien armé pour éclairer les unités de char. Après avoir hésité entre un châssis chenillé, un châssis mixte et un châssis à roues, l’US Army sélectionna en septembre 1943 le projet de Ford.

Baptisé à l’origine T22, il fût officiellement adopté en mars 1944 sous le nom de M8 Light Armored Car, son surnom «Greyhound» ayant été attribuée officiellement en mai 1950 sans que l’origine du nom (lévrier) ne soit connu avec exactitude.

Il s’agissait d’un véhicule 6×6, rapide (90 km/h sur route), bien protégé et armé d’un canon de 37mm qui constituait un bon compromis pour un véhicule de reconnaissance, permettant de détruire quasiment tous ses homologues adverses mais qui n’était pas trop puissant pour ne pas pousser les équipages à engager inconsidérément le combat.

Les premiers véhicules de série sont mis en service à l’été 1944. Toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en avril 1950, le M-8 Greyhound est l’automitrailleuse standard des forces armées américaines, étant utilisée par l’US Army mais également par les Marines.

La production cesse en janvier 1953, lui succédant une automitrailleuse 8×8, la M-17. La M-8 reste en service jusqu’à la fin du conflit, étant définitivement remplacée par la M-17 en 1957 dans les unités d’active, la réserve la conservant jusqu’au milieu des années soixante.

La seule variante de la M-8 fût un véhicule de transport blindé, la M-20 Armored Utility Car utilisé le transport logistique et le transport de troupes.

La M-20 disposait d’une caisse plus haute, sans tourelle avec pour tout armement une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier.

Le véhicule à été utilisé pendant et après la guerre par l’Arabie Saoudite, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, Chypre, Colombie, Corée, Ethiopie, Grèce, Guatemala, Haïti, Iran, Italie, Jamaïque, Madagascar, Mexique, Niger, Norvège, Paraguay, Pérou, Portugal, Royaume-Uni, Salvador, Chine, Thaïlande, Turquie, Venezuela, Vietnam et Yougoslavie.

La Yougoslavie va recevoir des M-8 Greyhound dans le cadre de la reconstitution de ses forces armées.

La division d’infanterie type 1950 tout comme la 1ère division blindée disposent d’un bataillon de reconnaissance organisé en une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie de chars légers M-24 Chaffee et deux compagnies de M-8 Greyhound.

Ces compagnies sont organisées en un peloton de commandement et de soutien, un peloton de transmission et trois pelotons de cinq Greyhound soit un total de quinze véhicules de rang plus deux véhicules hors rang (celui du commandant de compagnie et de son adjoint) soit un total de 17 véhicules par compagnie. Ces cinq bataillons de reconnaissance regroupe ainsi un total 170 véhicules.

A cela s’ajoute au sein des deux régiments de chars de la 1ère division blindée un escadron d’éclairage et d’appui qui dispose de deux pelotons de cinq Greyhound, un peloton de chasseurs de chars M-10 et un peloton de commandement et de soutien. Enfin pour termine on trouve au sein de chaque escadron de chars un peloton d’éclairage de huit M-8 Greyhound. Cela nous donne respective 20 et 48 véhicules.

L’armée yougoslave va donc recevoir 238 Greyhound pour équiper ses unités de combat plus quelques exemplaires pour l’entrainement à l’arrière.

Ces véhicules vont se comportement honorablement mais sans briller. Dès le printemps 1955, les premières M-17 arrivent pour remplacer leurs ainées, remplacement achevé au début des années soixante, Washington ayant honoré son contrat en dépit du renversement de la monarchie peut être dans l’espoir de circonvenir les nouveaux maitres de Belgrade qui pour des raisons de propagande relégueront rapidement les M-17 à la réserve pour des véhicules idéologiquement plus présentables.

La M-8 Greyhound était une auto blindée de conception et de fabrication américaine pesant 7.940 tonnes en ordre de combat, mesurant 5m de long pour 2.54m de large et 2.248m de haut. Motorisée par un moteur essence Hercules IXD de 110ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale de 90km/h sur route mais de seulement 48km/h en tout terrain, l’autonomie étant de 640km.

Protégée par un blindage de 3 à 19mm, elle était armée d’un canon de 37mm M6 avec 80 obus, d’une mitrailleuse coaxiale de 7.62mm Browning M1919A4 avec 1500 cartouches et d’une mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm avec 400 cartouches

En ce qui concerne l’équipage il était composé de quatre hommes avec un chef de char, un canonnier/chargeur, un pilote et copilote/radio.

AM modèle 1940P

Automitrailleuse Puissante modèle 1940

Le 3 mai 1938, l’armée de terre lance un programme d’AutoMitrailleuse Puissante (AMP) pour aboutir à un véhicule de reconnaissance rapide, bien protégé et bien armé.

La rapidité est une caractéristique commune avec les AMD mais leur blindage est nettement plus important avec 40mm (identique aux chars légers de l’époque) tout comme l’armement avec un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938, le nouveau canon standard des chars légers.

L’AMP va remplacer à la fois l’AMR et l’AMD suite à la décision prise le 27 février 1940 par le général Gamelin de cesser la production des véhicules de combat peu blindés, signant l’arrêt de mort de la Gendron-Somua et de la voiture spéciale modèle 178.

Le programme demande une voiture de 7 tonnes en ordre de marche, blindée à 40mm, armée d’un canon de 37mm et d’une mitrailleuse, pouvant circuler en tout-terrain (25 à 40 km/h) et sur route de 80 à 100 km/h.

Bucciali et Laffly sont consultés mais ne dépassent pas le stade de l’avant projet, laissant Gendron et Panhard continuer même si la première firme n’ayant pas les reins solides, elle laissa Panhard poursuivre seul le dévellopement d’une AMP qui devait désormais avoir un blindage de 60mm et un canon de 47mm comme les chars légers appelés à remplacer les AMR à mitrailleuses.

Le prototype de la Panhard 201 est présenté au printemps 1940, une première commande de 600 exemplaires étant passée le 1er mai 1940 mais la production ne commence qu’en septembre, la Panhard AM 40 P remplaçant alors son ainée «Pan Pan» sur les chaines de montage.

Une première commande de 600 exemplaires est honorée en septembre 1942 suivit d’une deuxième passée en septembre 1941 et qui est honorée en avril 1944. Ces véhicules vont armer les GRDI et les régiments de découverte des DLM.

A l’issue des 1200 AMP standard la production passe aux versions spécialisées, la version poste de commandement, la version dépannage et la version appui-rapproché avec un obusier court de 75mm inspiré de l’obusier de montagne modèle 1942.

328 AMP-Support, 43 AMP-PC et 82 AMP-D (Dépannage) sont ainsi commandées, véhicules livrés entre septembre 1944 et novembre 1945. A noter qu’une version antiaérienne avec un bitube de 25mm et une version porte-mortier de 120mm n’ont pas été produites en série.

Après ces 1643 véhicules produits, la production va continuer à rythme réduit (quinze par mois de décembre 1945 à juillet 1948) soit un total de 480 véhicules produits, les 2/3 soit 320 véhicules étant en version AMP, 100 en version AMP-S, 30 en version PC et 30 en version dépannage.

La production va dès août 1948 reprendre à plus grande échelle, 30 et parfois même 40 véhicules par mois, montée en puissance facilitée par l’ouverture d’une deuxième chaine de montage chez Delaunay-Belville et par la commande massive d’acier à blindage en Grande Bretagne et aux Etats-Unis.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, on trouve un total de 1356 véhicules en ligne plus 671 véhicules de réserve donc beaucoup vont rejoindre les unités de mobilisation.

Comme nous l’avons vu plus haut à propos de l’AMD modèle 1935, la Yougoslavie à évalué l’AM modèle 1940P pour équiper ses unités de reconnaissance avant de préférer probablement pour des raisons de coût la célèbre «Pan Pan».

Ce n’était que pour mieux y revenir à la fin du conflit quand pour équiper ses deux Divisions Légères d’Infanterie (DLI) la France va céder de quoi créer deux compagnies d’autos blindées soit un total de vingt-huit véhicules en AM modèle 1940P plus six AMP-SUPPORT (trois par compagnie), deux AMP-PC (une compagnie) et quatre AMP-D (deux compagnies) soit un total de 40 véhicules.

Ces blindés arrivent trop tard pour réellement combattre. Elles sont maintenues en service après guerre mais en 1957 les deux DLI sont dissoutes. Est-ce la fin de leur carrière yougoslave non car les véhicules vont former un régiment de cavalerie indépendants qui vont utiliser ces véhicules jusqu’en 1966 quand l’usure et le manque de pièces à entrainer leur retrait du service actif.

L’AM modèle 1940P était une automitrailleuse biplace de conception et de fabrication française pesant 9750kgg en ordre de bataille, mesurant 4.45m de long pour 2m de large et une hauteur de 1.80m.

Motorisé par un moteur Panhard de 92ch, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 80 à 100km/h sur route et de 25 à 40km/h en tout terrain avec une autonomie de 400km sur route.

Protégée par un blindage maximum de 60mm, cette auto blindée disposait d’une tourelle monoplace où le chef de char/tireur disposait d’un canon de 47mm semi-automatique modèle 1935 avec 90 obus associé à une mitrailleuse de 7.5mm MAC 31 avec 3500 cartouches.

Autres véhicules

M-3 Scout Car

Le véhicule blindé léger M-3 connu par son constructeur comme la White Scout Car était le véhicule léger à tout faire de l’US Army avant l’apparition de la jeep. Conçu comme un petit véhicule de reconnaissance destiné à la cavalerie, il allait être utilisé également pour des missions de patrouille, de commandement, d’ambulance et de traction d’armes lourdes.

Après la production de 64 M-3, l’US Army décide de commander une version améliorée baptisée M3A1. Celle ci disposait d’une coque plus longue et plus large lui permettant d’embarquer jusqu’à sept fantassins.

Après la production de 8500 M-3A1 de septembre 1940 à octobre 1948, une version M-3A2 lui succède sur les chaines de montage.

Le moteur est plus puissant, le blindage renforcé et le véhicule peut recevoir une véritable tourelle armée de deux mitrailleuses de 12.7mm, faisant d’elle une véritable auto-blindée. Au final ce sont 20000 véhicules qui sont produits jusqu’en décembre 1953 quand la production s’arrête.

Ce véhicule va être utilisé sur tous les théâtre d’opérations du Pacifique à la Norvège en passant par l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée. Outre l’US Army, le véhicule à été livré à la Chine, à l’URSS, à la Grande-Bretagne, à la Belgique, la République Dominicaine, l’Australie, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Chili, la Colombie, la Grèce, le Liban, le Laos, le Mexique, la Norvège, les Philippines, le Portugal, le Vietnam et la Yougoslavie.

La Yougoslavie à acquis ce véhicule pour la liaison générale, l’évacuation sanitaire, le remorquage de remorques ou de canons légers et surtout pour la reconnaissance et la conduite de tir au sein de l’artillerie.

C’est ainsi que chaque régiment d’artillerie yougoslave possédait une batterie de reconnaissance et de conduite de tir avec un peloton de huit M-3 Scout Car pour abriter des observateurs d’artillerie.

Véhicule fiable et robuste, il fût très apprécié de ses équipages. Il à combattu dans les Balkans principalement donc au profit de l’artillerie mais quelques «voitures d’éclairage» ont été également utilisées pour la sécurisation des arrières et l’escorte de convois dans des zones où pouvaient se trouver des éléments ennemis isolés, éléments qui militairement ne posaient pas de problèmes mais qui générait une vraie insécurité.

Ces véhicules sont restés en service dans l’armée de terre yougoslave jusqu’à la fin des années soixante. Le nombre livré est incertain variant selon les sources de 98 à 124 sans que l’on sache l’origine de cette différence.

La M-3 Scout Car était un véhicule blindé leger de conception et de fabrication américaine pesant 4 tonnes, mesurant 5.6m de long pour 2m de large et une hauteur de 2m. Motorisée par un moteur diesel Hercules IXD de 110ch, elle pouvait atteindre une vitesse maximale sur route de 89km/h et parcourir toujours sur route 403km.

Son blindage variait selon les endroits de 6 à 13mm, son armement pouvant comporter une une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2 et deux mitrailleuses Browning M1919A4 de 7.62mm. Son équipage était composé d’un conducteur et de sept hommes qu’il s’agisse de fantassins, d’observateurs d’artillerie ou de servants d’armes lourdes.

M-3 Half-Track

A la fin du premier conflit mondial les différentes armées se heurtent à un problème. Les véhicules à roues sont rapides sur route mais lents et patauds en terrain bouleversé alors que les véhicules chenillés qui se déplacent avec aisance en terrain difficile tout est relatif sont à la peine sur les routes.

Une solution idéale semble être de combiner roues et chenilles. C’est l’acte de naissance des semi-chenillés ou half-track dans la langue de Shakespeare. Toutes les armées ou presque vont s’équiper de ses véhicules pour le transport de troupes, le transport logistique, le soutien et parfois pour le combat.

A l’usage on découvrira qu’il s’agit d’une fausse bonne idée et l’après seconde guerre mondiale vera la disparition des semi-chenillés au profit de véhicules chenillés et de véhicules à roues, les deux catégories ayant connu de spectaculaires progrès.

L’un si ce n’est le plus célèbre des semi-chenillés est le M-3 Halftrack, un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine. Ce n’était pas le premier à équiper l’US Army puisque le M-2 conçu initialement comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance de cavalerie l’avait précédé. Le M-3 à été conçu dès l’origine comme transport de troupes.

Il disposait d’une seule porte d’accès et des sièges pour douze hommes. Cinq sont installés dans le compartiment arrière sur les parois et trois dans la cabine. Généralement, les fantassins sont à l’arrière, la cabine accueillant le conducteur, un mitrailleur et le chef de groupe.

Standardisé début 1942 après la résolution de nombreuses maladies de jeunesse, le M-3 est produit pour équiper les divisions blindées et les divisions d’infanterie mais aussi les Marines.

Toujours en production en septembre 1948, le M-3 est remplacé sur les chaines de montage par le M-3A1 en mars 1949 puis par le M-3A2 en juin 1952 et enfin le M-3A3 en septembre 1953.

Les différences entre les variantes concernant le moteur (plus puissant), un blindage renforcé et une maintenance rendue plus aisée, le RETEX permettant au fabriquant d’améliorer quasiment en continu le véhicule.

La production cesse en mars 1955, le véhicule restant en service jusqu’en mars 1962 quand il est définitivement remplacé par un nouveau battlefield taxi, un taxi du champ de bataille, le M-113. Au total 44000 véhicules ont été produits.

Outre la variante de base utilisée pour le transport de troupes et le soutien logistique, le M3 à été décliné en de nombreuses variantes spécialisées comme commandement et contrôle, porte-mortier, antichar, antiaérien, génie, dépannage, évacuation sanitaire….. .

Outre les forces armées américaines, le M-3 à été utilisé par la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la République Dominicaine, la France, l’Allemagne (après guerre), la Grèce, l’Italie (après guerre mais également avec l’armée co-belligérante), l’Inde, le Japon (après guerre), le Liban, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, l’URSS, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

La Yougoslavie s’intéresse au M-3 avant le second conflit mondial mais probablement échaudée par les problèmes mécaniques elle préfère commander en masse des camions pour l’infanterie portée de la brigade mécanisée.

Quand il s’agit de reconstituer ses forces, le gouvernement yougoslave choisit ce semi-chenillé plutôt que des chenillés intégraux comme l’ont fait les français et les britanniques dans leurs unités motomécaniques.

Ces véhicules vont équiper l’infanterie portée de la 1ère division blindée mais aussi les divisions d’infanterie. L’artillerie va utiliser certains de ses véhicules pour le remorquage de pièces d’artillerie aux côtés de camions, le génie pour différents travaux de force. Le nombre exact de véhicules livré est incertain mais il est probablement supérieur à 500 exemplaires.

Ces véhicules sont restés en service dans l’armée yougoslave jusqu’au début des années soixante-dix date à laquelle ils sont remplacés par des véhicules chenillés. Pas impossible cependant que certains véhicules soient restés dans les dépôts au cas où.

Le M-3 Half-track était un semi-chenillé de conception et de fabrication américaine pesant 9.047 tonnes, mesurant 6.17m de long pour 1.95m de large et 2.26m de haut. Motorisé par un moteur White 160Ax de 147ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 72km/h sur route et franchir 320km. Il était généralement armé d’une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4 et son équipage se composait d’un conducteur et de douze passagers (généralement un mitrailleur et onze fantassins dont le chef de groupe)

Miscellanées

-Avant le second conflit mondial, l’armée royale yougoslave était partiellement motorisée, motorisation qui reposait sur des camions acquis aux Etats-Unis auprès des firmes GMC, Dodge et Chevrolet.

-Après sa reconstitution en Afrique du Nord, la nouvelle armée yougoslave à reçu de nombreux camions, des camionnettes et bien entendu l’immortelle, la célébrissime Jeep utilisée aussi bien pour des missions logistique que de combat.

Mitteleuropa Balkans (134) Yougoslavie (22)

Organisation générale et organisation des grandes unités

NdA : ne seront abordées ici que les structures des grandes unités de l’armée royale yougoslave

Division d’Infanterie

Temps de paix

En temps de paix la division d’infanterie yougoslavie dispose de trois régiments d’infanterie et deux régiments d’artillerie qui forment une brigade. A cela s’ajoute des unités de cavalerie, d’appui et de soutien.

Temps de guerre

Quand éclate l’opération MARITSA, la divison d’infanterie yougoslave type comprends 26 à 27000 hommes avec 11200 chevaux et animaux de trait. Elle est organisée de la façon suivante :

-Un quartier général

-Un quartier général divisionnaire d’infanterie chapeautant trois ou quatre régiments d’infanterie

-Un quartier général divisionnaire d’artillerie avec deux régiments d’artillerie

-Un bataillon de cavalerie avec deux escadrons montés, un escadron cycliste, un peloton d’autos blindées (pour certaines) et un peloton de mitrailleuses

-Un bataillon de pionniers à trois compagnies

Canon de 37mm modèle 1937

-Une compagnie antichar avec douze canons antichars de 37 ou de 47mm

-Une compagnie de mitrailleuses

-Une compagnie de mitrailleuses antiaériennes

-Une compagnie de transmissions

-Unités logistiques

1ère Armée Yougoslave

Quand les yougoslaves parviennent à reconstituer une armée, le cœur est composé de quatre divisions d’infanterie organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Des unités logistiques

Char léger M-24 Chaffee

-Un bataillon de reconnaissance disposant d’autos blindées M-8 Greyhound et de chars légers M-24 Chaffee

-Trois régiments d’infanterie portée

-Un régiment d’artillerie équipé de M-7 Priest

-Un bataillon du génie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division Légère d’Infanterie

Ces deux divisions d’infanterie sont créées dans la foulée de la reconquête de la Yougoslavie avec des partisans et des maquisards, des jeunes recrues trop jeunes en 1949 le tout encadré par des officiers, des sous-officiers détachés de divisions existantes.

Ces deux divisions sont tout juste opérationnelles quand se termine le conflit et après plusieurs tentatives de réforme elles sont finalement dissoutes en 1957. Elles sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major

-Des unités logistiques

-Une compagnie de reconnaissance équipée d’autos blindées

-Deux régiments d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

-Une compagnie du génie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division d’Infanterie de Montagne

-Un état-major

-Des unités logistiques

-Une compagnie d’éclaireurs skieurs

-Trois régiments d’infanterie de montagne

-Un régiment d’artillerie de montagne

-Un bataillon du génie

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division de Cavalerie

Temps de paix

En temps de paix les deux divisions de cavalerie existantes disposent de deux état-majors de brigade de cavalerie et de quatre régiments montés.

Temps de guerre

En temps de guerre les trois divisions de cavalerie disposent de 6 à 7000 hommes. Elles sont organisées de la façon suivante :

-Un bataillon divisionnaire de cavalerie disposant de deux escadrons montés, un escadron de mitrailleuses, un escadron du génie et une compagnie cycliste

-Une brigade de cavalerie à deux ou trois régiments de cavalerie

-Un bataillon d’artillerie à quatre batteries dont une batterie antichar motorisée

-Deux bataillons d’infanterie cycliste à trois compagnies de fusiliers et une compagnie de mitrailleuse

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie de pontonniers

-Un peloton de défense chimique

Division de la Garde

-Deux régiments de cavalerie

-Un régiment d’infanterie

-Un régiment d’artillerie

Brigade mécanisée

-Un état-major

-Une compagnie de reconnaissance motorisée

char léger modèle 1935 M.39 dit Hotchkis H-39

-Deux bataillons de chars légers Hotchkiss H-39

-Deux régiments à trois bataillons d’infanterie portée (camions d’origine américaine)

-Un régiment d’artillerie motorisée

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

-Une compagnie antichar

-Une compagnie antiaérienne

Division Blindée

Si la création de nouvelles divisions d’infanterie ne posait pas trop de problèmes, la création d’une division blindée ne paraissait pas si évident que cela, les alliés doutant de la capacité du gouvernement yougoslave en exil à créer ce type d’unité.

Finalement le personnel issu de la brigade mécanisée, d’anciens fusiliers cyclistes, d’anciens cavaliers qui durent faire le deuil de «la plus belle conquête de l’homme» et de jeunes fantassins avides de nouveauté et de modernité permis la création de la 1ère Division Blindée Yougoslave, une division entièrement équipée par les américains suite à un partage entre alliés, les français s’occupant essentiellement des divisions d’infanterie et les britanniques de l’artillerie et du génie (même si in fine la séparation n’était pas aussi étanche pour de basses raisons pratiques notamment la disponibilité du matériel)

Cette division blindée qui va dépendre directement de l’état-major de la 1ère Armée yougoslave était organisée de la façon suivante :

-Un état-major divisionnaire

-Une compagnie d’état-major

-Un groupement de soutien logistique

-Un bataillon de reconnaissance équipé d’autos blindées M-8 Greyhound et de M-24 Chaffee

M-10 Tank Destroyer

-Un bataillon de chasseurs de chars M-10 Tank Destroyer

M-4 Sherman à canon de 76mm

-Deux régiments de chars équipés de M-4 Sherman à canon de 76mm

Des passionnés d’histoire reconstituant des combats à bord d’un semi-chenillé M-3

-Deux régiments d’infanterie portée disposant de half-track M-3 et de canons d’assaut Somua Sau-40

Canon d’assaut Somua Sau40

-Un régiment d’artillerie automotrice équipée de M-7 Priest

-Un compagnie antiaérienne

-Un bataillon du génie

-Une compagnie de transmissions

Autres unités (1) : niveau régimentaire

Régiment d’Infanterie

Chaque régiment d’infanterie yougoslave dispose en juillet 1949 de trois ou quatre bataillons d’infanterie et une compagnie de mitrailleuses régimentaire. Cette compagnie devient pour certains régiments une compagnie régimentaire d’engins avec mitrailleuses et mortiers mais cela concerne quelques régiments, le temps et les moyens manquant pour réorganiser tous les RI.

Les régiments d’infanterie «nouvelle formule» créé à partir de 1950 sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major régimentaire

-Trois bataillons disposant d’une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de combat et une compagnie d’appui (mitrailleuses et mortiers)

Régiment d’infanterie portée

Ce régiment est créé au sein de la brigade mécanisée, la seule unité motomécanique de l’armée yougoslave en juillet 1949. Deux régiments d’infanterie sont destinés à accompagner les chars Hotchkiss H-39 de la brigade, d’occuper le terrain, de neutraliser les positions fortifiées….. .

En temps de paix ces deux régiments dispose de deux bataillons plus un bataillon cadre destiné à la formation, bataillon qui en temps de guerre doit devenir un bataillon opérationnel.

Le régiment d’infanterie portée dispose d’un état-major régimentaire, d’une compagnie d’état-major, de trois bataillons d’infanterie portée et d’une compagnie antichar.

Quand la Yougoslavie peut mettre sur pied une division blindée en Egypte, les hommes des régiments portés qui n’ont pas démérité durant la Campagne de Yougoslavie vont participer à la renaissance de ce type d’unité avec des moyens supérieurs fournis notamment par les américains qui vont livrer des Halftrack M-3 qui va devenir le cheval de bataille de ces deux nouveaux régiments portés.

Tirant les leçons de leur propre expérience et de l’expérience des alliés, les yougoslaves ont fait évoluer l’organisation de l’unité :

-Un état-major régimentaire

-Trois bataillons disposant d’une compagnie de commandement et de soutien, de trois compagnies de combat et d’une compagnie d’appui

-Un bataillon de canons d’assaut Somua Sau-40 (des véhicules de seconde main, entièrement révisés et cédés à la Yougoslavie)

Régiment de Cavalerie

Chaque régiment de cavalerie dispose de quatre escadrons montés, d’un escadron de mitrailleuses et d’un escadron du génie.

Ce type d’unité n’est pas reconstitué dans la nouvelle armée yougoslave faute de moyens et en dépit du fait que le théâtre d’opérations des Balkans se prétait bien à l’utilisation d’unités montées.

Régiment de chars

Les deux régiments de chars de la 1ère division blindée sont organisées de la façon suivante :

-Un état-major régimentaire

M-8 Greyhound

-Un escadron d’éclairage et d’appui disposant d’un peloton de commandement et de soutien, de deux pelotons d’autos blindées M-8 Greyhound et d’un peloton de chasseurs de chars M-10.

-Trois escadrons disposant d’un peloton de commandement et de transmissions, de quatre pelotons de cinq chars Sherman et un peloton d’autos blindées M-8 Greyhound.

Régiment d’Artillerie

Le régiment d’artillerie divisionnaire type dispose de quatre bataillons d’artillerie, un bataillon d’obusiers légers de 100mm, un bataillon de canons de montagne (65 ou 75mm) et deux bataillons d’artillerie de campagne (canons de 75 ou de 80mm).

Le régiment d’artillerie de montagne ne dispose que de trois bataillons d’artillerie, un bataillon d’obusier léger de 100mm et deux bataillons d’artillerie de montagne équipés de canons de 65 ou de 75mm.

Les six régiments d’artillerie antiaérienne existant en juillet 1949 sont organisés en trois bataillons de douze pièces soit un total de 216 canons médians.

Les nouveaux régiments d’artillerie organisés après 1950 sont tous organisés sur le même modèle, seu l’équipement variant avec soit des pièces automotrices ou des pièces tractées. Le régiment comprend un état-major, une batterie de commandement et de soutien, deux groupes à trois batteries de quatre pièces soit 24 canons ou obusiers et une batterie de reconnaissance et de conduite de tir avec notamment un peloton de huit M-3 Scout Car.

M-3 Scout Car

Autres unités (2) : niveau bataillon

Bataillon d’infanterie cycliste

Au sein des deux divisions de cavalerie existantes en temps de paix on trouvait un total de six bataillons d’infanterie cyclistes. A la mobilisation ce nombre tombe à deux par divisions pour permettre la mise sur pied d’une troisième division de cavalerie.

Chaque bataillon de ce type se compose de trois compagnies de fusiliers cyclistes et une compagnie de mitrailleuses.

Ces unités ne sont pas reconstituées en 1949/50 mais nombre de fusiliers cyclistes vont se retrouver au sein de la division blindée au sein des régiments d’infanterie portée.

Bataillon parachutiste yougoslave

Ce bataillon est le bataillon des occasions manquées. Mis sur pied à l’automne 1951 il est à plusieurs reprises mis en alerte pour des sauts tactiques ou des raids commandos (au grand dam de la 7ème compagnie qui y voit une intolérable intrusion dans son domaine réservé) mais ne connaitra jamais de saut opérationnel.

A son grand dam il sera engagé comme unité d’infanterie légère, certes en avant du front pour des raids pour s’emparer d’une position stratégique mais jamais après un largage par avion.

Dissous après guerre, il sera reconstitué à l’époque communiste qui ira jusqu’à créer une véritable brigade aéroportée mais ceci est une autre histoire qui sort de ce cadre.

Le bataillon comprenait une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers parachutistes et une compagnie d’armes lourdes (mortiers, mitrailleuses et canons antichars d’infanterie utilisés comme canons d’appui et non pour leur rôle premier).

Bataillon de cavalerie

Pour éclairer, couvrir et flanquer, chaque division d’infanterie dispose d’un bataillon de cavalerie. Il est organisé de la façon suivante :

-Deux escadrons montés à quatre pelotons montés ou trois pelotons montés plus un peloton cycliste et un peloton de mitrailleuses

-Un escadron cycliste à trois pelotons cyclistes et un peloton de mitrailleuses

-Un peloton de mitrailleuses lourdes

-Un peloton d’autos blindées

Bataillon divisionnaire de cavalerie

Ce bataillon dépendait directement de l’état-major divisionnaire des divisions de cavalerie existants à l’époque de l’opération MARITSA. Ils étaient organisés de la façon suivante :

-Deux escadrons montés à trois pelotons plus un peloton de mitrailleuses

-Un escadron de mitrailleuses

-Un escadron du génie

-Une compagnie cycliste

Bataillon de chars légers

En juillet 1949 la brigade mécanisée disposait de deux bataillons de chars légers équipés d’Hotchkiss H-39.

La Yougoslavie en avait reçut 90 exemplaires de quoi équiper deux bataillons selon le modèle français mais à l’usage Belgrade va préférer réduire le nombre de chars en ligne pour faire durer son parc, l’idée de récupérer les R-35 ayant été écartée.

Le bataillon de char léger était organisé en un peloton de commandement et de soutien, trois pelotons de huit chars et un peloton de transmissions.

Cela donnait donc quarante-huit chars légers en ligne et le reste en volant de réserve, volant mobilisé au moment de l’opération MARITSA pour créer des compagnies de marche.

Renault R-35

L’armée yougoslave disposait également d’un bataillon de chars qui avait remplacé ses Renault FT antédéluviens par des Renault R-35, les Renault FT encore en état formant des compagnies indépendantes.

Bataillon de reconnaissance

Cette unité voit le jour au sein des divisions d’infanterie et de la division blindée reconstituées en Egypte par les alliés avec essentiellement un équipement américain. Il est organisé de la façon suivante :

-Une compagnie de commandement et de soutien

-Une compagnie de chars légers M-24 Chaffee

-Deux compagnies d’autos blindées M-8 Greyhound

Bataillon de pionniers

Ce bataillon est l’équivalent avant guerre des bataillons du génie des autres armées. Il comprend trois compagnies qu sont initialement identiques mais avec le temps on note une certaine spécialisation avec par exemple une compagnie de déminage, une compagnie de pionniers d’assaut et une compagnie d’aménagement.

Bataillon du génie

Ce bataillon est organisé de la façon suivante :

-Un état-major

-Une compagnie de pontonniers

-Une compagnie de pionniers d’assaut

-Une compagnie d’aménagement du terrain

Autres unités (3) : niveau compagnie

Compagnie d’infanterie type 1941

-Un état-major de compagnie, quatre pelotons d’infanterie et une compagnie de ravitaillement.

-L’état-major de compagnie comprend un capitaine, un sergent chef (armés de pistolets), deux estafettes disposant de fusils, deux clairons eux aussi armés de fusils, deux infirmiers de combat armés de pistolets, quatre aides médicales et un soldat s’occupant du chef du capitaine.

-Chaque peloton dirigé par un lieutenant (armé d’un pistolet) dispose d’une escouade de fusiliers dirigée par un caporal avec dix fusiliers et un grenadier. Ils sont tous armés d’un fusil, le dernier disposant d’un système permettant de lancer des grenades VB.

Aux côtés de l’escouade de fusiliers on trouve trois escouades de mitrailleuses légères dirigée chacune par un sergent armé d’un fusil, un caporal tireur disposant d’un fusil mitrailleur et d’un pistolet comme arme d’autodéfense, un pourvoyeur armé d’un pistolet, un transporteur de munitions armés d’un fusil, un caporal armé d’un fusil, cinq fusiliers et un grenadier.

-Le train de compagnie dirigée par un sergent armé d’un pistolet comprend un jeune sergent armé d’un pistolet, cinq soldats servant de Batmen, deux cuisiniers, un clerc, douze palfreniers et seize chevaux tractant une remorque

Au total la compagnie d’infanterie comprend cinq officiers, 214 sous-officiers et soldats, 34 pistolets, 160 fusils, 12 fusils mitrailleurs, douze lance-grenades et dix-sept chevaux.

Compagnie d’infanterie type 1950

Au sein de l’armée yougoslave reconstituée, la compagnie d’infanterie est organisée de la façon suivante :

-Un état-major de compagnie

-Quatre sections de combat avec un groupe d’état-major, quatre groupes de douze hommes organisé autour d’un ou deux fusils mitrailleurs et un groupe de mortiers avec deux mortiers de 60mm

-Une section d’appui avec un groupe de quatre mitrailleuses ou fusils mitrailleurs, un groupe de deux mortiers de 60mm et un groupe antichar avec des lance-roquettes

Compagnie de reconnaissance

Equipée d’autos blindées elle était organisée en un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de quatre autos blindées.

Compagnie de chars/Compagnie de marche

Renault FT

En septembre 1939 les chars en service dans l’armée yougoslave sont au nombre de 110, 54 Renault R-35 et 56 Renault FT, les premiers pouvant encore faire illusion contrairement aux seconds.

Si les Hotchkiss H-39 vont former le cœur de la brigade mécanisée, les Renault FT et les Renault R-35 vont être dispatchés entre différentes unités.

Au moment de l’opération MARITSA, on compte deux compagnies de quinze vénérables Renault FT soit 30 chars en service mais aussi trois compagnies de 15 Renault R-35 soit quarante-cinq chars en ligne, les cinq derniers étant en réserve. Si les compagnies de Renault FT sont indépendantes, celles équipées de R-35 forment un bataillon indépendant de char.

Les Hotchkiss H-39 en parc vont également former des compagnies indépendantes en l’occurence sept compagnies de six.

Ces différentes compagnies vont être engagés dans des opérations quasi-suicidaires de freinage des unités allemandes ou en appui de l’infanterie. Le personnel survivant ayant passé cette terrible ordalie va offrir un précieux vivier de personnel compétent pour créer la 1ère division blindée yougoslave.

Compagnie antichar

Avant l’opération MARITSA, les compagnies antichars yougoslaves sont organisées de la même façon avec douze canons antichars de 37 ou de 47mm, canons remorqués soit par des chevaux dans les unités hippomobiles ou par des camions pour les quelques unités motorisées.

Canon antichar QF 6 Pounder (57mm)

Dans les unités reconstituées, la compagnie antichar yougoslave est mieux structurée avec trois pelotons de quatre canons antichars (des canons de 57mm britanniques) et un peloton de casseurs de chars armés de Bazooka.

Compagnie antiaérienne/Compagnie de mitrailleuses antiaériennes

En juillet 1949 la compagnie antiaérienne yougoslave est organisée selon le même modèle que la compagnie antichar avec douze pièces soit des mitrailleuses lourdes de 13.2mm ou des canons antiaériens légers de 20mm.

Canon de 20mm Oerlikon en affût terrestre

Dans les unités reconstituées la compagnie antiaérienne yougoslave dispose de deux pelotons de six Bofors de 40mm et deux pelotons de huit Oerlikon de 20mm soit une puissance de feu nettement supérieure à celle de ces devancières.

Compagnie du génie

Elle était organisée en une section de commandement et de transmissions, une section de minage, une section de déminage et une section d’aménagement du terrain.

7ème compagnie de commandos

En dépit des difficultés dans la (re)mise sur pied de l’armée yougoslave les alliés acceptèrent très vite la proposition de mettre sur pied une compagnie commando.

Cette 7ème compagnie commando est ainsi créée le 7 janvier 1950 et va intégrer le 10ème commando interallié qui comme son nom l’indique était multinational.

Il comprenait en effet deux compagnies britanniques (1ère et 3ème), une compagnie française (la 2ème dite Compagnie de la Garde), une compagnie polonaise (4ème), une compagnie grecque (5ème) et une compagnie sud-africaine (6ème).

Cette compagnie yougoslave était composée de soldats ayant notamment servit avant guerre dans les troupes de montagne ou dans la Division de la Garde. Ils étaient donc considérés comme appartenant aux meilleures unités de l’armée yougoslave. Cette compagnie était organisée de la façon suivante :

-Un état-major

-Une section de commandement et de transmissions

-Deux sections d’action directe

-Une section de tireurs de précision

-Une section de mitrailleuses

Cette compagnie va opérer dans des raids contre l’arrière du front en Grèce et en Yougoslavie, vont mener des opérations homo contre certains chefs collabos ou d’anciens résistants retournés par les allemands et les italiens.

Ils vont être les premiers soldats yougoslaves à reprendre officiellement la lutte et pénétrer sur le territoire yougoslave.

Le conflit terminé, cette 7ème compagnie quitte le giron interallié pour intégrer pleinement l’armée yougoslave. En 1956 cette compagnie devient bataillon va devenir le dernier rempart d’une monarchie aux abois. Pas étonnant qu’en 1958 à leur arrivée au pouvoir les communistes vont dissoudre ce bataillon avant de créer rapidement leurs propres unités de forces spéciales.

Mitteleuropa Balkans (104) Roumanie (24)

Autoblindat model 1941

L’Autoblindat model 1941 est fortement inspirée de la célèbre Panhard AMD-178

L’Autoblindat model 1941 est une tentative partiellement réussie de produire une auto blindée si ce n’est 100% roumaine du moins offrant à Bucarest une relative autonomie qui doit éviter une trop grande dépendance à l’Allemagne mais aussi montrer à Berlin souvent injustement sceptique que ses alliés balkaniques investissaient dans le domaine militaire.

Le projet émerge en 1941 et bien que la désignation laisse supposer une adoption en 1941 naturellement celle-ci est bien plus tardive. Ce n’est en effet qu’en septembre 1947 que les premiers véhicules sont enfin mis en service après une interminable mise au point liée en partie à l’inexpérience des ouvriers et des ingénieurs responsables.

La production de ce véhicule inspiré (mais point copié) de la célèbre «Pan Pan» française est très lente et en septembre 1948 seulement vingt-quatre exemplaires sont en service mais à peine la moitié est opérationnelle !

Après un temps d’hésitation, l’armée roumaine décide de commander un lot de quarante-huit véhicules d’un modèle amélioré baptisé model 1949. Ces véhicules vont être livrés à un train de sénateur entre septembre 1949 et juin 1953 soit quarante-cinq mois pour livrer 48 véhicules !

Au combat ce véhicule se révéla pourtant bon sans être excellent. En somme un honnête véhicule sans qualités extraordinaires mais sans défauts qui rendaient ses utilisateurs circonspects.

Sur les soixante-douze véhicules livrés à l’armée royale roumaine, cinquante-deux ont été détruits au combat ne laissant que vingt-deux véhicules quand la Roumanie change de camp après le désastre provoqué par l’opération PIOTR VELIKYI.

Ces véhicules sont stockés pour des raisons politiques, Moscou tenant à montrer les limites de son indépendance au nouveau gouvernement roumain d’obédience communiste ce qui ne chagrine pas encore les principaux intéressés.

Maintenus en réserve jusqu’en 1975, ces véhicules sont envoyés à la casse sauf deux exemplaires conservés à l’entrée d’une caserne de Brasov pour l’un et dans un musée de Constansa pour le second.

Caractéristiques Techniques de l’Autoblindat model 1941

Poids en ordre de combat : 8.5 tonnes

Dimensions : longueur 4.84m largeur hors tout 2.20m hauteur sans tourelle 1.75m (2.45m avec tourelle)

Motorisation : moteur essence dévellopant 105ch à 2200 tours/min

Performances : vitesse maximale sur route 70 km/h moyenne 45 km/h Autonomie : 300km sur route avec 140 litres d’essence

Blindage : 20mm maximum

Armement : tourelle biplace disposant d’un canon de 37mm tchèque et d’une mitrailleuse de 7.92mm

Equipage : quatre hommes (chef de voiture et tireur en tourelle, conducteur avant et inverseur en caisse)

BA-10

La Broneavtomobil 10 est une auto blindée soviétique mise au point en 1938 et produite jusqu’en 1945. Au final se sont 5600 véhicules qui sont sortis des chaines de montage en trois versions, la version de base BA-10, une version améliorée baptisée BA-10M (avec notamment de nouvelles radios) et la BA-10ZhD destinée à rouler sur les voies de chemin de fer.

La BA-10 est une descendante de la BA-6 avec un dessin de caisse différent, une plus grande puissance moteur ce qui permet une augmentation des performances du véhicules. Pour permettre aux autos blindées BA-10 d’opérer en tout terrain, les deux roues arrières peuvent recevoir des chenilles pour améliorer leurs performances en tout terrain.

La BA-10 connait son baptême du feu en Mandchourie contre les japonais lors de la bataille de Khalkin-Gol en 1939. Elle est également engagée dans la guerre d’Hiver même durant le second conflit mondial.

Progressivement remplacée par la BA-11, la BA-10 cesse globalement d’opérer en première ligne à l’été 1953. Elle est reléguée aux troupes du ministère de l’intérieur (NKVD) pour des missions de sécurité sur les arrières.

Au combat un certain nombre de véhicules à été capturée par les finlandais, les allemands, les hongrois et les roumains. Ces véhicules ont été généralement retournés contre leur ancien propriétaire après avoir plus ou moins de modifications.

Les roumains qui pour une fois ne manquent pas d’autos blindées vont d’abord les utiliser à l’arrière du front pour escorter des convois et protéger les dépôts logistiques contre les premières actions des partisans, actions qui seront plus du domaine de la nuisance que de la véritable menace sur la structure du front.

Vingt-cinq véhicules ont été capturés durant les premières semaines de BARBAROSSA mais seulement seize ont pu être remises en état et remises en service. Elles vont être utilisées jusqu’en décembre 1952 quand la dernière des seize à été perdue suite à sa destruction par une mine posée par des partisans ukrainiens alors qu’elle protégeait l’arrivée d’un convoi à Odessa.

Caractéristiques Techniques

Type : auto blindée

Poids : 5.14 tonnes

Dimensions : longueur 4.65m largeur 2m hauteur 2.20m

Motorisation : moteur essence GAZ-MM de 50ch

Performances : vitesse maximale 53km/h distance franchissable 300km

Blindage : 6 à 15mm

Armement : un canon de 45mm 20-K avec 49 coups et deux mitrailleuses de 7.62mm DT avec 2079 coups

Equipage : 4 hommes

BA-64

Au sein de l’armée rouge les chars sont très employés pour les missions de reconnaissance plus que dans certaines armées, la RKKA engageant aussi bien des chars conçus pour cette mission (T-60 et T-70 par exemple) que des chars dont ce n’était normalement pas le rôle premier (T-34).

En dépit de cette situation l’Armée Rouge décide en 1950 de développer une auto blindée pour des missions d’éclairage en liaison avec les chars. C’est l’acte de naissance de la Bronirovaniy Avtomobil 64 (BA-64) qui s’inspire clairement de la Sdkfz 221 en utilisant pour basse le châssis de deux véhicules comparables à la Jeep américaine à savoir la GAZ-64 ou de la GAZ-67.

Deux prototypes sont livrés au printemps 1951. Après quelques modifications mineures, la production est lancée. Elle est très rapide, les composants de base sont largement disponibles, le design conçu pour faciliter la production de masse.

Voilà pourquoi entre l’été 1951 et l’automne 1956, 9000 véhicules sont sortis, véhicules utilisés jusqu’au milieu des années soixante-dix quand elle est définitivement remplacée par les BRDM-1 et 2, des autos blindées amphibies.

Rapides, à l’aise sur tout type de terrain mais peu armées, ces autos blindées étaient destinés à l’éclairage, évitant les points de résistance, découvrant les faiblesses du dispositif ennemi pour faciliter l’avancée des chars et de l’infanterie et limiter l’impact de la «friction» chère à ce bon vieux Claus (Nda le penseur militaire prussien pas votre serviteur) .

Outre la reconnaissance et l’observation, la BA-64 était parfois chargée d’escorter des convois logistiques qui pouvaient tomber sur des éléments ennemis isolés. Elle pouvait également être utilisée pour la liaison en transportant sur le front des officiers.

Les 3780 premiers exemplaires sont produits sur le châssis du GAZ-64 avant que la production des BA-64 passe à un nouveau châssis le GAZ-67B qui possédait des essieux plus large. Cela entraine un changement de désignation, les nouveaux véhicules étant désignés BA-64B, certains véhicules remplaçant la mitrailleuse de 7.62mm par un fusil antichar automatique de 14.5mm.

Cette arme ne donnant pas franchement satisfaction, les BA-64M qui sont les derniers véhicules produits recevaient une mitrailleuse de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm dans une tourelle fermée.

Sur les 9000 exemplaires produits on trouve donc 3780 BA-64, 1250 BA-64B et 3970 BA-64M. Des projets de variantes (transport de troupes, appui-feu à canon de 37 ou de 45mm, version ferroviaire, semi-chenillé) ne dépassèrent pas le stade du projet.

Après guerre des BA-64 de différents modèles furent cédés à l’Albanie, la Bulgarie, la Chine communiste, la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Roumanie et la Yougoslavie.

Jusqu’ici on pensait que les roumains n’avaient employé la BA-64 qu’après guerre mais en 1995 la découverte de photos et de documents dans les archives du ministère de la Défense à Bucarest à modifié notre perception en montrant clairement que trente-deux BA-64 ont été utilisés par l’armée royale roumaine.

Ces véhicules ont engagés sur le front où elles ont été toutes détruites voir pour certaines recapturées par les soviétiques qui généralement se contentaient de les cannibaliser pour récupérer des pièces.

Caractéristiques Techniques

Type : auto blindée

Poids : 2.4 tonnes

Dimensions : longueur 3.66m largeur 1.74m hauteur 1.9m

Motorisation : un moteur GAZ-MM de 50ch

Performances : vitesse maximale 80km/h distance franchissable 500km

Blindage : inconnu

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT (1070 coups)

Equipage : 2 ou 3 hommes

Autres véhicules

Dans cette partie je vais parler rapidement des autres véhicules employés par l’Armata Regala Romana. Il s’agit essentiellement de véhicules de soutien et de ravitaillement.

MALAXA Tip UE

Renault UE avec des marques allemandes.

-L’armée royale roumaine à ainsi utilisé 126 Malaxa Tip UE, une chenillette de ravitaillement plus connue sous son nom français de Renault UE. Ces véhicules ont été produits sous licence en Roumanie.

D’abord utilisé comme tracteur d’artillerie pour une autre création française, le canon antichar de 47mm Schneider mais aussi comme ravitailleur au profit de l’infanterie. La Roumanie essaya d’en commander d’autres durant la Pax Armada voir de relancer la production sous licence mais ces deux projets ne se concrétisèrent pas.

Durant le conflit il semble que quelques chenillettes de ce type capturées par les allemands dans le nord de la France mais aussi en Belgique ont été rétrocédées aux roumains. Le chiffre de ces livraisons tardives est cependant très incertain, les sources donnant entre 12 et 72 véhicules !

Durant le second conflit mondial ces véhicules outre les rôles cités plus haut vont être utilisés pour évacuer des blessés mais aussi servir de canon antichar automoteur en installant dans le compartiment logistique un canon de 47mm ou de 50mm. Ces aménagements étant des bricolages de terrain elles n’ont fait l’objet d’aucune mise en service officielle.

A la fin du conflit il restait une trentaine de ces véhicules en service. Une partie à été réutilisée par les soviétiques à l’arrière du front comme engin de remorquage pour des véhicules légers endommagés ou comme tracteur d’aérodrome. Tous ces véhicules ont été rapidement ferraillés.

Caractéristiques Techniques

Type : chenillette de ravitaillement et de remorquage

Poids à vide 2640kg (3300kg en ordre de combat) remorque d’un poids total de 776kg qui pèse 1276kg à pleine charge

Dimensions : longueur 2.80m largeur 1.74m hauteur 1.25m. La remorque mesure 2.59m de long sur 1.62m de large pour 0.77m de haut.

Motorisation : un moteur essence Renault de 40ch à 2800 tours par minute

Performances : vitesse maximale 30km/h distance franchissable 100km Autonomie 5h

Blindage : 6 à 9mm

Armement : théoriquement aucun

Equipage : 2 hommes

FORD RUSESC DE CAPTURA

Tracteur d’artillerie Komsomolets capturé et réutilisé par les finlandais

Sous ce nom nous trouvons un tracteur léger d’artillerie de conception et de fabrication soviétique le Komsomolets. Les roumains ont capturé un grand nombre de ces véhicules solides et robustes mais pas toujours en très bon état.

Voilà pourquoi sur le total des véhicules capturés seulement une quarantaine (certaines sources disent 40 d’autres 46) à été remise en service pour remorquer des canons et des charges lourdes. Quelques véhicules ont survécu au conflit mais ont été rapidement envoyés à la ferraille.

Caractéristiques Techniques

Type : tracteur d’artillerie léger

Poids en ordre de combat 3460kg

Dimensions : longueur 6.22m largeur 2.35m hauteur 2.74m

Motorisation : un moteur essence

Performances : vitesse maximale 48km/h sur route et 12 km/h en tout-terrain distance franchissable 200km sur route 150km en tout terrain

Protection : 7 à 16mm

Armement : une mitrailleuse de 7.62mm DT

Equipage : deux hommes plus l’équipe de pièce du canon remorqué

Tracteur T-1

Le Tracteur T-1 (appelé également DT-1 pour Directia Tehnica 1) est un tracteur d’artillerie conçu pour tracter le canon de 75mm Resista. 1000 exemplaires furent commandés en décembre 1952 mais après la production de cinq prototypes et de vingt-cinq exemplaires l’armée roumaine ordonne l’arrêt du projet en juin 1953 pour privilégier la sortie du chasseur de char Maresal avec le succès que l’on sait.

Les trente exemplaires sont réceptionnés par l’Armée Royale Roumaine et employés pour remorquer des pièces d’artillerie mais aussi des remorques pour le ravitaillement de l’avant. Des exemplaires sont capturés par les soviétiques et au moment du grand basculement l’armée roumaine n’aligne plus que huit exemplaires qui sont stockés et ferraillés une fois le conflit terminé.

Caractéristiques Techniques

Type : tracteur d’artillerie

Poids : 7 tonnes charge utile 4 tonnes masse remorquable 6 tonnes

Dimensions : nc

Motorisation : moteur de 75ch à 1800 tours par minute

Performances : 32km/h

Blindage : aucun

Armement : aucun

Equipage : 2 hommes

Miscellanées

Comme la majorité des armées du second conflit mondial, l’armée roumaine n’était que très partiellement motorisée et n’alignait que fort peu de camions. Il s’agissait essentiellement de camions Ford produits en Allemagne, de camions Renault, Latil et Berliet importés de France et de camions tchécoslovaques Praga. Il y eut quelques tests de semi-chenillés mais son usage au sein de l’armée roumaine fût très limité.