Mitteleuropa Balkans (56) Bulgarie (20)

Fusils et armes antichars

L’armée bulgare va comme toutes les armées de l’époque utiliser des fusils antichars, des armes lourdes, longtemps seule arme efficace de l’infanterie. Hélas pour les fantassins leur efficacité se heurta à l’augmentation de l’épaisseur du blindage. Ces armes furent donc très vite utilisées contre des blindés légers et des autos blindées. Certaines armées inaugurèrent le sniping lourd notamment en zone urbaine. La Bulgarie va utiliser trois modèles de fusils antichars, deux allemands et un suisse.

Fusil antichar Panzerbüsche 39

Le premier est le PANZERBÜCHSE 38, un fusil antichar apparu en 1939 tout comme son évolution le PANZERBÜCHSE 39. La Bulgarie va recevoir 150 exemplaires de ces deux armes, fusils antichars utilisées contre les blindés légers, les autos blindées et pour certaines cibles à haute valeur ajoutée. C’est ainsi qu’en janvier 1953 une équipe bulgare audacieuse parvint à faire exploser un dépôt de munitions grec en tirant avec un Panzerbüschse 39 sans se faire attraper.

Le PANZERBÜCHSE 38 était un fusil antichar pesant 16.2kg en ordre de combat, mesurant 1615mm (1085mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x94mm), il était servit par deux hommes (un tireur et un pourvoyeur) qui pouvaient toucher une cible à 1500m à raison de 10 coups par minute, perçant 29mm à 300m (inclinaison 30°). L’arme ne dispose pas de chargeurs, l’arme tirant au coup par coup.

Le PANZERBÜCHSE 39 était un fusil antichar de 12.6kg en ordre de combat mesurant 1620mm de long (1085mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x94mm), il était servit par deux hommes (un tireur et un pourvoyeur) qui pouvaient toucher une cible à 1500m (300m en tir efficace) à raison de 10 coups par minute, perçant 29mm à 300m (inclinaison 30°). L’arme ne dispose pas de chargeurs, l’arme tirant au coup par coup.

Le troisième fusil antichar était le Solothurn S-18/100, un fusil antichar livré à l’armée bulgare à 308 exemplaires en 1939. Cette arme servit par deux hommes était une arme d’un calibre de 20mm.

Mesurant 1760mm de long (925mm pour le canon), il pesait 40.5kg en ordre de combat. D’un calibre de 20mm (20x105B), il pouvait toucher une cible à 2000m (500m en pratique) à raison de 20 coups par minute, percant 11mm de blindage à 500m à 30° d’inclinaison. L’alimentation se faisait par des chargeurs de 10 coups.

-Outre ces trois fusils antichars standards l’armée bulgare à utilisé quelques fusils antichars soviétiques capturés en l’occurence des PTRD-41.

-La Bulgarie va également recevoir quelques lance-roquettes réutilisables Panzerschreck et quelques lance-roquettes jetables Panzerfaust.

Ces armes ont été mises au point pour fournir à l’infanterie un moyen de se protéger contre les chars ennemis alors que l’augmentation de l’épaisseur des blindages avait entrainé le déclassement des canons antichars légers d’infanterie.

Les alliés comme les allemands imaginèrent une arme simple et légère combinant pour simplifier une charge creuse avec une fusée.

Les allemands inspirés du Bazooka américain (même si ils s’en défendaient) mirent d’abord au point un lance-roquettes réutilisable fonctionnant selon le même principe que ses homologues américains, français et britanniques avec un calibre plus élevé et un petit bouclier.

Cette arme se révéla efficace mais jamais l’industrie allemande ne fût capable d’en produire suffisamment pour répondre aux besoins colossaux de ses forces voir de celles de ses alliés.

Si la Bulgarie à pu mettre en œuvre le Panzerschreck c’est visiblement selon une initiative locale et non une décision politique au sommet. En clair les troupes allemandes en dépit de leurs remarques acerbes sur leurs alliés (qui étaient les boucs-émissaires de toutes leurs débacles militaires) voulaient qu’ils puissent les appuyer ce qui explique l’utilisation par l’armée bulgare de quelques centaines (le chiffre de 200 est souvent avancé mais ne réponse sur aucun archive fiable) de ces lance-roquettes.

Ironie de l’histoire, cette arme tout comme le Panzerfaust que nous verrons après ont été davantage utilisés comme arme anti-bunker en combat urbain que comme arme antichar pure.

A la fin du conflit il ne restait qu’une poignée de ces lance-roquettes aux mains des bulgares. Ces derniers furent récupérés par les soviétiques qui n’en firent pas grand usage, ayant déjà capturé de nombreux exemplaires de ces armes pour les évaluer et mettre au point leur propre arme de ce type même si la série des RPG devait davantage au Panzerfaust qu’au Panzerschreck.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette arme à été utilisée par la Finlande, l’Italie (le gouvernement fasciste combattant aux côtés des allemands après le basculement de mars 1953), la Hongrie, la Roumanie, l’URSS et la résistance intérieure polonaise.

Le Panzerschreck pesait 11kg à vide, mesurait 1640mm de long, affichait un calibre de 88mm et une portée maximale effective de 150m. Selon des tests réalisés après guerre, il pouvait percer 95mm de blindage à inclinaison de 30°.

Le Panzerschreck était sans conteste une bonne arme mais elle souffrait de deux défauts. Le premier c’est qu’elle était relativement longue à fabriquer et que son utilisation réclamait de nombreuses heures d’entrainement.

Or l’Allemagne reculait sur tous les fronts et manquait de temps pour produire des armes et pour former ses soldats. D’où l’idée d’un lance-roquettes facile à produire et à utiliser. Cela excluait donc un lance-roquettes réutilisable au profit d’un lance-roquettes jetable nécessitant une instruction minimale.

C’est l’acte de naissance du «poing blindé», une arme d’une simplicité biblique. On lance et on jette. Produit à plusieurs millions d’exemplaires, cette arme fût utilisée aussi bien comme arme antichar que comme arme anti-bunker et anti-bâtiment même si sur la défensive, les allemands n’avaient pas forcément beaucoup l’occasion d’attaquer des blockhaus ennemis.

Si la Bulgarie n’à reçut que fort peu de Panzerschreck, en revanche l’Allemagne fût plus prodigue en ce qui concerne le Panzerfaust qui fût utilisé par les bulgares à plusieurs milliers d’exemplaires, des armes utilisées avec succès contre les chars alliés et contre des positions fortifiées de campagne que les alliés aménageaient dès que le front se figeait ou était figé.

Outre le nombre exact inconnu on ignore quels modèles ont été utilisés par les bulgares entre le Panzerfaust 30 klein, le Panzerfaust 30, le Panzerfaust 60 (la version la plus courante), le Panzerfaust 100, le Panzerfaust 150 et le Panzerfaust 250.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, le Panzerfaust à été utilisé par la Finlande, la Hongrie, l’Italie pro-allemande, la résistance intérieure polonaise, la résistance intérieure tchécoslovaque, la Roumanie, l’URSS (armes capturées), les Etats-Unis (armes capturées). Après guerre l’Argentine, la Pologne et la Suède produisirent des copies plus ou moins directes du premier lance-roquettes jetable de l’histoire.

Le Panzerfaust 60 pesait 6.8kg mesurait environ 1m pouvait atteindre une cible à 60m. Sa tête militaire de 149mm pouvait pénétrer 200mm de blindage homogène.

Mortiers

En guise d’avant-propos

Le mortier d’infanterie apparaît durant le premier conflit mondial et son intérêt n’échappe pas à l’armée bulgare qui commande des mortiers allemands Erhardt ainsi que des mortiers venus d’Autriche-Hongrie.

Sur les 380 exemplaires en service en novembre 1918 seulement 40 sont laissés à l’armée bulgare dont les effectifs ont été limités à 20000 hommes par le Traité de Neuilly-sur-Seine. Ces mortiers Erhardt sont obsolètes au milieu des années trente et l’acquisition de mortiers modernes est l’une des priorités de l’armée bulgare dès qu’elle peut entamer son réarmement.

367 mortiers sont en service dans l’armée bulgare à la fin de la guerre de Pologne mais environ 3500 mortiers sont en service en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. En mai 1954 le nombre d’armes disponible est encore non négligeable avec selon les sources entre 400 et 670 armes en service, cette différence s’expliquant probablement par le modèle de calcul.

Elle va donc redevoir trois modèles, un modèle léger de 50mm d’origine allemande et deux modèles de 81mm, un modèle français et un modèle allemand.

Les différents modèles de mortiers en service dans l’armée bulgare

Le premier est le 5cm Leichte Granatwerfer 36, un mortier léger ou plutôt un lance-grenades dont le fonctionnement était différent.

Plutôt que de suivre les canons imposés par le mortier Stokes tube, plaque de base et bipied, les allemands décidèrent de mettre au point une arme nettement plus complexe mais qui fût jugée suffisamment efficace pour être adoptée sous le nom de 5 cm Leichte Granatwerfer 36 ce qui donne en français Lance-grenades léger de 5cm (50mm) modèle 1936.

Si les ingénieurs de la Rheinmettall-Borsig AG étaient pleinement satisfaits de leur création, sur le terrain, la troupe n’était pas vraiment emballée par cette arme complexe aux performances moyennes avec un projectile de 900 grammes et une portée limitée à 520m.

Arme complexe à fabriquer, couteuse en matière première, elle bénéficia d’un sursis avec la fin prématurée de la guerre de Pologne mais elle n’était plus en odeur de sainteté ce qui fait qu’en 1944 les allemands stoppèrent la production de cette arme au profit d’une version allégée et raccourcie du 8cm Schwere Granatwerfer 34.

La Bulgarie à reçu 812 exemplaires à partir de 1943. A la différence des allemands les bulgares ont apprécié cette arme au point de récupérer d’autres armes issus des stocks allemands. A noter que dans l’armée bulgare l’arme était servie par trois hommes.

Cette arme à été utilisée par la Bulgarska Armiya jusqu’à la fin du conflit mais à notre connaissance elle n’à pas été réutilisée par exemple pour entraîner les tireurs de mortiers de la nouvelle armée bulgare probablement parce que son fonctionnement était trop différent

Le 5cm Leichte Granatwerfer 36 était un mortier léger de 50mm disposant d’un tube de 0.46m de long pesant 14kg en ordre de combat. Tirant un projectile de 0.900kg, il pouvait atteindre une cible à une portée minimale de 50m et maximale de 520m à raison de 15 à 25 coups par minute. L’équipe de pièce composée de deux hommes pouvait pointer l’arme en azimut sur 34° de part et d’autre de l’axe et en site de +42° à +90°.

Le premier des mortiers médians de l’armée bulgare était le célèbre Mortier Brandt modèle 1927/31, une évolution du Stokes du premier conflit mondial et qui à définitivement fixé les canons du mortier d’infanterie avec plaque de base, tube et bipied.

L’armée bulgare va récupérer 533 armes de ce type. Elle chercha à en récupérer d’autres durant la Pax Armada en espérant que la France cède quelques armes issues de ses stocks mais Paris ne donna pas suite à la demande de Sofia.

Utilisé avec le 8cm Schwere Granatwerfer 34 au sein des sections mortiers des compagnies d’appui, les mortiers Brandt se montrèrent efficaces, un soldat français dont l’histoire à oublié le nom ayant dit un jour «On ne peut dire la guerre c’est l’enfer sans avoir été un jour sous un tir de mortiers».

Les bulgares vont utiliser ce mortier jusqu’à la fin de la guerre. Quelques armes stockées au moment du désarmement furent remise en service pour former les nouveaux tireurs mortiers de l’armée bulgare communiste avant que l’arrivée de mortiers soviétiques n’entraine leur retrait du service.

Le M.27/31 était un mortier médian d’infanterie de 81mm (calibre réel 81.4mm) pesant 56kg en ordre de combat.

Disposant d’un tube de 1.257m, il tirait un projectile de 3.25kg à une distance comprise entre 1000 et 3116m à raison de douze à dix-huit coups par minute. L’équipe de pièce de cinq hommes pouvait pointer l’arme de 8 à 12° de part et de l’autre de l’axe en azimut et en site de +45° à +80°.

8 cm Schwere Granatwerfer 34 (8cm sGrW 34)

-Le deuxième mortier médian de l’armée bulgare était donc le 8cm Schwere Granatwerfer 34 (8cm SgrW 34), un mortier qui était pour ainsi dire une copie du mortier Brandt modèle 1927/31.

C’était donc une arme sans caracteristiques remarquables, son efficacité reposant sur un entrainement rigoureux de ses servants pour un pointage rapide et un tir foudroyant destiné à faciliter la percée, la prise de la cible ou pour briser une attaque ennemie foudroyée par les éclats des projectiles.

Deux versions dérivées ont été mises au point, une version destinée à être montée sur véhicule semi-chenillés pour appuyer les Panzergrenadier et une version raccourcie appelée Kurzer Granatwerfer 42 mais également Stummelwerfer.

Cette version était initialement destinée aux Fallschirmjager (qui rappelons-le appartenaient à la Luftwaffe et non à l’armée de terre) mais à finit par remplacer le 5cm Leichte Granatwerfer.

La Bulgarie à commandé 320 exemplaires en 1936 suivit de 120 en 1938, les premiers étant identiques aux mortiers de la Heer mais les suivants étaient légèrement différents.

Deux autres commandes passées en 1947 et 1949 ont porté le parc à 1070 exemplaires. A la fin du conflit environ 250 mortiers de ce type étaient encore disponibles et il n’est pas impossible que certaines pièces soient restées plusieurs années en réserve pour un potentiel réarmement.

Le 8cm Schwere Granatwerfer 34 était un mortier médian d’infanterie de 81mm pesant 62kg en batterie. Disposant d’un tube de 1.14m, il tirait un projectile de 3.5kg à une distance maximale de 2400m (1200m en pratique) à raison de 15 à 25 coups par minute. L’éuipe de pièce de cinq hommes pouvait pointer l’arme en site de +45° à +90° et en azimut de 10° à 23°.

Scandinavie (87) Finlande (25)

Véhicules

Chars de combat

Avant-propos

Quand l’URSS envahit la Finlande, cette dernière n’aligne que fort peu de chars et qui plus est des chars totalement obsolètes ou a minima déclassé que ce soit des Renault FT acquis juste après la fin de la guerre ou deux modèles de chars anglais, les Vickers Carden-Lloyd Mk VI ou encore les Vickers 6-Ton Tank Mark E.

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Scandinavie (81) Finlande (19)

Armes de l’infanterie (3) : mortiers

Mortier de 50mm RM-38/RM-39/RM-40/RM-41

RM-38 2

Mortier de 50mm RM-38

En septembre 1939 les seuls mortiers en service dans l’armée finlandaise étaient des mortiers de 81mm, les Breda modèle 1935 mais aussi le Kranaatinheitin m/33.

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Scandinavie (52) Danemark (23)

L’armée danoise et le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

A l’été 1948 il devint évident que la guerre était proche, une question de semaines au maximum de mois. Copenhague était bien décidé à maintenir sa neutralité au point de signer un pacte avec Oslo et Stockholm pour faire de la Scandinavie une zone libre de tout conflit.

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Scandinavie (5) Norvège (5)

La Norvège dans le second conflit mondial : conquête, occupation, collaboration et résistance

La conquête de la Norvège (opération Weserübung)

Norvège

Le 5 septembre 1948, les allemands déclenchent l’opération Weserübung en envahissant la Norvège et le Danemark. L’objectif pour les allemands est de prendre le contrôle de ces deux pays pour sanctuariser la Baltique et surtout acquérir des bases aériennes, navales et aéronavales pour opérer plus facilement contre les marines alliées qu’elles soient de guerre ou de commerce.

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Benelux (73) Luxembourg (3)

Le Grand-Duché indépendant du Luxembourg

Grands-Ducs et……Grandes-Duchesses

Avant de parler des événements politiques et diplomatiques de l’histoire du grand-duché je vais présenter brièvement les différents grands-ducs et grande-duchesses qui sont succédés sur le trône luxembourgeois.

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Benelux (61) Belgique (22)

Chars

En guise d’avant-propos ces quelques lignes

Apparu au printemps 1916, le char de combat ou le tank semble pouvoir permettre aux alliés d’aboutir à l’objectif recherché depuis 1915 : la percée du front allemand puis son exploitation et la fin de cette boucherie innommable.

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Benelux (46) Belgique (7)

La Belgique et le second conflit mondial (1948-1954)

Mobilisation et neutralité…….

Durant la guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939), le royaume de Belgique est resté neutre tout comme ses voisins néerlandais et luxembourgeois.

Neutralité ne veut pas dire faiblesse. Une partie des réservistes est rappelée pour renforcer l’armée d’active qui durant la Pax Armada à connu un profond processus de modernisation même si toutes les lacunes (artillerie lourde, chars, artillerie antiaérienne, problèmes linguistiques) n’ont pas été comblées.

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Benelux (29) Pays-Bas (29)

La Koninklijke Landmacht dans le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

En septembre 1948, le gouvernement néerlandais pense que la menace principale est davantage le Japon vis à vis des Indes Néerlandaises que l’Allemagne dont on espère qu’elle respectera la neutralité néerlandaise comme trente-quatre ans plus tôt.

Cette position ne fait cependant pas l’unanimité et même ses partisans reconnaissent mezzo voce ses limites.

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Benelux (10) Pays-Bas (10)

Les Pays-Bas dans le second conflit mondial (1948-1954)

Juliana, reine des Pays-Bas

Juliana (1948-1980)

Juliana des Pays-Bas est née le 30 avril 1909. C’est la fille unique de la reine Wilhelmine et du prince Henri, duc de Mecklembourg-Schwerin. C’est un peu l’enfant du miracle puisque sa mère à fait quatre fausses couches avant d’avoir enfin une héritière pour le trône des Pays-Bas.

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