Pologne et Pays Neutres (54) Suisse (4)

Charles Pictet de Rochemont

Charles Pictet de Rochemont (Genève 21 septembre 1755 Genève 28 décembre 1824) est un agronome, diplôme et homme d’état suisse originaire du canton de Genève. C’est lui qui à négocié les frontières du canton de Genève et la reconnaissance du statut de neutralité permanente de la Suisse.

Il est le deuxième fils de Charles Pictet (1713-1792) dit de Cartigny et de Marine née Dunant. Il reçoit une solide formation humaniste au séminaire de Haldenstein, apprenant l’anglais, l’allemand et l’italien.

Son père ancien soldat au service des Provinces-Unies le destine à une carrière militaire et pour cela il rentre à l’âge de 20 ans avec le grade de sous-lieutenant, servant au sein du régiment de Diesbach et de la Compagnie Lullin de Châteauvieux.

Il prend son congé en 1785, rentre à Genève. Il épouse Adelaïde Sara de Rochemont l’année suivante, cette union donnant naissance à sept enfants [ Charles-René (1787-1856), Amédée (1789-1817), Amélie (1791-1872), Adolphe (1796-1797), Anne (1798-morte en bas âge), Adolphe (1799-1875), et Anna (1801-1882)].

En 1788 il entre au Conseil des Deux-Cents et en 1789 il reçoit le commandement d’un des quatre bataillons de la Milice bourgeoise. Il est élu auditeur de Justice en 1790 puis commande la Legion Genevoise ex-régiment des Volontaires en 1792. Il est élu la même année à l’Assemblée nationale genevoise. Il démissionne rapidement excédé des excès jacobins et se retire de la vie politique. Il s’initie à l’agronomie et à l’élevage de moutons mérinos en Suisse mais aussi en Russie. Avec ses frères Marc-Auguste et Frédéric-Guillaume il lance le période littéraire et scientifique Bibliothèque britannique.

La chute de Napoléon et la libération de Genève en 1813 par les autrichiens le remet sur le devant de la scène politique. Il rencontre le tsar, l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse, les trois monarques convainquant Genève redevenue indépendante de rejoindre la Suisse. Rappelé à Genève en mars 1814 ill en devient le diplomate en chef. Il obtient le rattachement de Genève et de territoires supplémentaires ainsi que le statut de neutralité.

Après ces succès diplomatiques, il reprend ses activités agricoles à Lancy tout en continuant une carrière politique et de journaliste.

Frederic César De La Harpe

Frederic Cesar De La Harpe (Rolle 6 avril 1754 Lausanne 30 mars 1838) est un homme politique vaudois qui fût également précepteur du tsar Alexandre 1er de Russie.

Docteur en droit à l’université de Tübingen en 1774, il exerce comme avocat dans le pays de Vaud mais en 1782 il accepte le poste de précepteur de deux jeunes russes réalisant ce qu’on appelle le Grand Tour.

En 1784 Catherine II lui confie l’éducation de ses petits-fils Alexandre et Constantin. Il s’enthousiasme pour la révolution française. Il quitte la cour de Russie en 1795. Il espère le soutien de la France et est donc sidéré par l’invasion française de 1797.

Il reste à Paris et ne participe pas au gouvernement helvétique imposé par la France. Il quitte la Suisse en 1800 passe quelques mois en Russie puis s’établit en France et ne participe plus à la vie politique jusqu’à la chute de Napoléon 1er. Il s’établit à Lausanne, étant élu au Grand Conseil jusqu’en 1828 où il reste un libéral convaincu. Il meurt à Lausanne le 30 mars 1838.

Henri Dunant

Henri Dunant (Genève 8 mai 1828 Heiden 30 octobre 1910) est un homme d’affaire humaniste suisse considéré comme le fondateur du mouvement de la Croix-Rouge Internationale. Il est naturalisé français en avril 1859.

En juin 1859 il est aux premières loges de la bataille de Solferino. Le spectacle de milliers de blessés agonisant le choque profondément. Il publie en 1862 Un Souvenir de Solferino qui aboutira à la création du Comité international de secours aux militaires blessés qui devient en 1876 le comité international de la Croix-Rouge. La première convention de Genève est ratifiée en 1864 et en 1901 alors qu’il est âgé de 73 ans il reçoit le premier prix Nobel de la Paix en compagnie de Frédéric Passy.

Fils d’une famille de la petite bourgeoisie genevoise, il hérite de ses parents le goût pour l’aide aux plus pauvres, aux plus démunis et aux déclassés. Ces valeurs sont également inculquées à ses deux sœurs et ses deux frères cadets.

Sensible et profondément religieux, il fonde en 1852 le noyau de la Young Men’s Christian Association (YMCA). Après l’échec d’études au Collège de Genève, il travaille dans la banque tout en restant profondément attaché au social.

Il se lance dans les affaires et notamment dans plusieurs projets en Algérie et en Tunisie, deux possessions françaises. Il se heurte à l’inertie des autorités françaises ce qui explique surement pourquoi il prend la nationalité française en 1859.

C’est d’ailleurs pour cela qu’il se rend du côté de Solferino alors que l’empereur Napoléon III à pris la tête de ses armées et de celles du Piémont pour combattre les autrichiens et favoriser l’unité italienne. Il organise de son propre chef un service d’assistance aux blessés et aux morts laissés sur le champ de bataille.

Tout manque que ce soit le personnel ou les fournitures. Il aide aussi bien les français, les piémontais que les autrichiens et aux villageois qui s’en étonnent il dit simplement Tutti fratelli (Tous frères). Il obtient par exemple que les médecins autrichiens faits prisonniers puissent aider, il met en place des hôpitaux fait venir du matériel de Paris.

Profondément traumatisé, il publie Un souvenir de Solferino en 1862. Alors qu’on idéalise encore la guerre et les combats, Henri Dunnant montre la guerre dans toute son horreur, dans toute sa cruauté avec des soldats battus à mort, des blessés agonisant des heures.

Le livre est bien accueillit tout comme sa campagne de lobbying menée dans toute l’Europe pour convaincre les différents états de mettre sur pied un système neutre de soins de guerre.

Il s’agit également d’offrir l’immunité aux hôpitaux de campagne et aux infirmiers. Cette vision est très vite critiquée car vue comme irréalisable.

A l’issue d’une conférence diplomatique du 8 au 22 août, la première convention de Genève est signée par douze états le 22 août 1864. Au printemps 1865 l’empereur Napoléon III le décore de la légion d’honneur et en 1866 il participe aux cérémonies célébrant la victoire prussienne dans la guerre contre l’Autriche. Au cours de la parade, le drapeau blanc à croix rouge flotte aux côtés du drapeau prussien.

En 1867 suite à des déboires financiers il doit démissioner de son poste de secrétaire du comité avant d’en être exclu. On peut aussi y ajouter le fait que son rival Moynier à tout fait pour l’en exclure. Ayant la rancune tenace, l’ami Moynier fera tout pour empêcher une aide financière à l’initiateur de la croix rouge. L’année suivante en 1868 sa mère meurt.

Installé à Paris, il vit très modestement mais continue à croire en ses idées. Il milite ainsi pour le désarmement et l’installation d’une cour de justice internationale censée régler les conflits et ainsi aboutir à la fin des conflits. Inutile de préciser que cela restera un vœu pieux. Il milite également pour les droits des femmes et sème les graines qui aboutiront après le second conflit mondial à la création de l’UNESCO.

De 1874 à 1886 il vit misérablement seul errant en Europe entre Stuttgart, Rome, Corfou, Bâle et Karlsruhe. Il bénéficie de l’aide de quelques amis et de connaissances qui lui évite de sombrer totalement.

A partir de 1892 il s’installe à Heiden et encouragé par des amis (les Sonderegger) il commence à rédiger ses mémoires tout en devenant président d’honneur de la section de la Croix-Rouge d’Heiden. Un article publié en 1895 le fait redécouvrir par le monde et en 1901 comme nous l’avons vu il reçoit le premier prix Nobel de la Paix avec Frederic Passy.

Il meurt dans la soirée du 30 octobre 1910 deux mois après son ennemi Moynier. Il est enterré au cimetière de Sihlfeld de Zurich.

L’histoire à cependant rééquilibré les choses en estimant que l’idéalisme de Dunnant et le pragmatisme de Moynier ont été nécessaires pour mettre sur pied la Croix-Rouge et permettre son développement.

Ulrich Wille

Conrad Ulrich Sigmund Wille (Hambourg 5 avril 1848 Meilen 31 janvier 1925) est un militaire suisse d’origine allemande connu pour avoir été général de l’Armée Suisse durant le premier conflit mondial.

Très influencé par la culture martiale prussienne, il essaya de la faire infuser dans l’armée helvétique non sans mal.

Marié à Clara Grafin von Bismarck, nièce du chancelier de fer il eut une fille Renée et un fils prénommé Ulrich (1877-1959) et qui fût également militaire, terminant sa carrière comme commandant de corps, son orientation pro-nazie le disqualifiant au moment de choisir le général de l’armée suisse en septembre 1948.

Le 1er août 1914 la mobilisation générale de l’armée suisse est ordonnée et le 3 août il est élu par l’Assemblée fédérale général de l’Armée suisse (122 voix contre 63).

Son action fût particulièrement critiquée notamment par les romands qui lui reprochait son tropisme pro-allemand. Ce n’était pas une vue de l’esprit puisque le 20 juillet 1915 il proposa tout simplement que la Suisse entre en guerre aux côtés des Empires Centraux. Nul doute que si le Conseil Fédéral avait accepté le cours de la guerre en aurait été bouleversé à défaut peut être d’être totalement et complètement changé.

A cela s’ajoute l’affaire des colonels, une affaire qui avait vu deux colonels suisses transmettre à des diplomates allemands et austro-hongrois non seulement un journal confidentiel appelé la Gazette de l’état-major mais aussi des messages russes décodés par les cryptanalystes suisses. Wille ne prit qu’une sanction symbolique ce qui aggrava le fossé entre romands et alémaniques.

A la fin du conflit il dut gérer la pandémie de grippe espagnole et l’instabilité sociale qui fit craindre au général de l’armée suisse une potentielle révolte bolchévique.

Giuseppe Motta

FN Jost P 368, Bundesrat Giuseppe Motta, ca. 1930, Artist:

Giuseppe Motta (Airolo 29 décembre 1871 Berne 23 janvier 1940) est un avocat, notaire et homme politique suisse. Personnalité éminente du partici populaire catholique (parti conservateur populaire en 1912) il est conseiller national de 1899 à 1911, conseiller fédéral de 1912 à 1940, président de la Confédération en 1915, 1920, 1927, 1932 et 1937, président de l’Assemblée générale de la Société des Nations entre 1924 et 1925 mais aussi président d’honneur de la Conférence mondiale pour le désarmement en 1932.

Il occupe pendant sept ans (1er janvier 1912 au 31 janvier 1919) le département des finances et des douanes et surtout il est pendant vingt ans à la tête de la diplomatie helvétique, occupant la tête du département politique du 1er janvier 1920 à sa mort au début de l’année 1940 à tel point que certains on parlé d’ère Motta.

Henri Guisan

Henri Guisan (Mézières 21 octobre 1874 Pully 7 avril 1960) est un militaire suisse, général de l’armée suisse pendant la guerre de Pologne où son action durant le court conflit qui aurait dégénérer en guerre mondiale est unanimement saluée.

En septembre 1948 il est à nouveau solicité pour reprendre son rôle mais il décline en raison de son âge. Il reste cependant un conseiller écouté par le gouvernement et par son successeur le général d’armée suisse Welksdorf.

Fils d’un médecin, il obtient une maturité en lettres après avoir fréquenté le collège classique cantonal et le gymnase à Lausanne. À l’Université de Lausanne il s’inscrit d’abord en théologie puis en droit avant de choisir l’agronomie qu’il va étudier à Hohenheim et à Lyon.

Il fait son école de recrues (équivalent du service militaire) d’artillerie à Bière, devenant lieutenant en 1894. Il gravit les différents échelons jusqu’à devenir commandant de corps en 1932.

Désigné général de l’Armée Suisse le 30 août 1939 par 204 voix contre 21 il se met aussitôt au travail pour assurer la mobilisation, l’entrainement et l’équipement des unités sous son commandement. Il est déchargé de sa fonction de commandant en chef le 15 mars 1940 mais reste dans l’armée.

Conseiller écouté il propose le concept de réduit national à savoir un bastion dans l’arc alpin pour préserve l’indépendance suisse. Une convention militaire secrète est passée avec la France, convention rendue publique en 1949 ce qui suscitera les protestations de Berlin.

Cette convention prévoyait l’assistance de la France à la Suisse en cas d’invasion allemande ou italienne. Elle ne prévoyait pas en revanche l’aide suisse à la France ce qui explique qu’aucune unité hélvète ne s’est déployée pour aider la France à contrer l’invasion ennemie.

A la différence du général Wille il est apprécié et respecté par les différentes communautés de la Suisse. Voilà pourquoi Welksdorf va montrer ostensiblement qu’il rencontre régulièrement Guisant pour assurer les romands alors que ces derniers sont toujours méfiants dès qu’un alémanique devient commandant de l’armée suisse.

Il quitte le service actif le 5 mai 1954 et se retiré sur son domaine de Verte-Rive à Pully aux portes de Lausanne. C’est là qu’il meurt le 7 avril 1960. Il bénéficie d’obsèques nationales.

Il était marié à Mary Doelker (1875-1964) dont il eut deux enfants, Henri né le 13 février 1899, et Myriam née le 2 décembre 1900.

Mitteleuropa Balkans (124) Yougoslavie (12)

Navires de guerre des mines

Mouilleurs de mines classe Galeb

Le Crotone, un cousin similaire aux Galeb yougoslaves

Les six mouilleurs de mines de classe Galeb ont été initialement des dragueurs de mines construits pour la marine impériale allemande et mis en service en 1918/19.

En juillet 1921 six d’entre-eux furent acquis par la marine du royaume des Serbes, Croates et Slovènes comme remorqueurs non armés.

Les navires concernés sont les M97, M100,M106,M112,M121 et M144. Ils sont rebaptisés respectivement Orao (Aigle), Galeb (mouette), Gavran (corbeau), Jastreb (faucon), Kobac (corbeau) et Sokol (faucon). En 1923 le Gavran est rebaptisé Labud (cygne). En 1931 certains canons de 90mm sont réalésés à 83.5mm pour permettre de tirer les mêmes munitions que les canons utilisés par le Dalmacija.

A leur arrivée en Yougoslavie, ils reçoivent deux canons de 90mm Skoda, deux mitrailleuses et une capacité de mouillage de mines (24 mines).

Jusqu’au second conflit mondial ces navires fréquentèrent les ports de la Méditerranée ce qui était l’occasion d’entrainer les marins yougoslaves et ce en dépit de budgets contraints qui gênaient l’entrainement.

Le Galeb est coulé par l’aviation italienne le 8 juillet 1949 après qu’il eut mouillé un bouchon de mines dans les eaux italiennes, bouchon qui provoqua le naufrage d’un caboteur et endommagea un patrouilleur auxiliaire.

Son sister-ship Jalub sérieusement endommagé par un bombardement de l’artillerie italienne est sabordé dans une crique de la côte dalmate le 11 juillet 1949. Son épave à été relevée après guerre et envoyée à la casse.

Les Orao et Jastreb ont participé à la mutinerie de la flotte et sont devenus les premiers navires à rallier officiellement la Légion Navale Croate. Transformés en patrouilleurs-escorteurs côtiers, ils ont été coulés respectivement le 7 mars 1952 et le 8 juin 1953 à chaque fois par des chasseurs-bombardiers ennemis.

En revanche leurs sister-ship Kobac et Sokol vont rallier la marine royale en exil. Ils assurent la protection de la base navale de La Sude en Crète.

Ils sont endommagés à plusieurs reprises mais jamais sérieusement ce qui explique qu’ils ont poursuivit leur carrière après guerre, carrière qui s’acheva respectivement en septembre 1960 et juin 1962, les deux navires étant rapidement démolis.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 508 tonnes pleine charge 548 à 560 tonnes

Dimensions : longueur 59.58m/59.63m longueur entre perpendiculaires 56.1m largeur 7.3m tirant d’eau 2.15m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par deux chaudières développant 1840/1850ch et entrainant deux hélices 115 tonnes de charbon

Performances : vitesse maximale 16 nœuds distance franchissable 2000 miles nautiques à 14 nœuds

Armement : deux canons de 90mm Skoda, deux mitrailleuses, vingt-quatre mines marine

Equipage : 51 officiers et marins

Mouilleur de mines classe Malinska

Le Mljet et le Meljine à couple avec le Dalmacija (date et lieu inconnus)

Les cinq unités de classe Malinska ont eu une histoire tourmentée. A l’origine on trouvait quatorze navires type MT.130 mis sur cale pour la marine austro-hongroise à la fin du premier conflit mondial mais aucun ne fût mis en service.

Finalement trois unités furent achevées pour la marine italienne (unités baptisées Albona Rovigno Laurana) et cinq autres pour la marine yougoslave, les six autres n’étant jamais achevées.

En ce qui concerne la marine yougoslave, les navires achevés et mis en service sont le MT-133 (devenu Malinska), le MT-134 (devenu le Marjan), le MT-135 (devenu le Meljine), le MT-136 (devenu le Mljet) et le MT-137 (devenu le Mosor). D’abord utilisés comme dragueurs de mines les unités de classe Malinska furent ensuite reclassées en mouilleurs de mines (1936).

Toujours en service en juillet 1949, ces navires vont mouiller des champs de mines défensifs mais tous échappent à la destruction. Trois vont rallier la marine royale yougoslave en exil (Malinska Meljine Mosor) et deux capturés par les italiens (Mayan Mlpet) avant d’être cédés à la légion navale croate.

Si les trois «exilés» survivent au conflit et sont désarmés en 1961,1962 et 1964 respectivement, les deux Malinska utilisés par les croates sont coulés durant le conflit, le premier par l’aviation alliée en mars 1951 et le second par l’explosion accidentelle (?) de son chargement de mines en octobre 1952.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 115 tonnes (dragueur de mines) 128 tonnes (mouilleur de mines) pleien charge 145 tonnes

Dimensions : longueur 31.1m longueur entre perpendiculaires 29.4m largeur 6.7m tirant d’eau 1.4 (dragueur de mines) à 1.7m (mouilleur de mines)

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par une chaudière Yarrow développant 280ch et entrainant une hélice

Vitesse maximale : 9 à 11 nœuds

Armement : un canon de 76.2mm, deux mitrailleuses, 24 à 39 mines marine

Equipage : 27 officiers et marins

Dragueurs de mines type D

Contrairement aux deux classes précédentes, les dragueurs de mines de classe D sont des navires neufs de conception et de fabrication yougoslave.

Huit navires sont commandés en septembre 1943 aux chantiers navals Brodosplit et mis en service entre 1944 et 1946. Huit autres navires auraient du être commandés mais les budgets ne furent jamais débloqués.

La coque est en bois avec une structure en acier, une motorisation diesel, un bloc-passerelle ramassé, un armement composé d’un canon de 76.2mm à l’avant complété par deux canons de 20mm et deux mitrailleuses de 7.92mm. La plage arrière dégage accueille les moyens de dragage de mines.

Le D-1 est coulé le 8 juillet 1949 par des vedettes lance-torpilles italiennes, une torpille frappe le navire au milieu provoquant un naufrage immédiat.

Des témoignages d’un mitraillage de marins yougoslaves se débattant dans les eaux de l’Adriatique aboutiront après guerre en Italie à des peines de prison pour les marins responsables et qui avaient survécu à la guerre.

Les D-2 et D-4 après mutinerie de leur équipage vont rallier la Legion Navale Croate. Ils vont survivre au second conflit mondial mais sont dans un tel état d’usure qu’ils sont rapidement envoyés à la casse après récupération des pièces détachées pour maintenir en service les navires encore existants.

Le D-3 est capturé par la marine italienne et remis en service sous son nom d’origine. Il est utilisé jusqu’au 7 septembre 1951 quand il est détruit au large de Tarente par un bimoteur Bloch MB-175T venu de Malte et qui menait une mission de reconnaissance armée. Des roquettes incendient la coque en bois et le navire sombre rapidement.

Les D-5,D-6,D-7 et D-8 survivent à la campagne de Yougoslavie et parviennent à rallier la Crète, y servant de dragueur de mines pour sécuriser l’accès aux ports de l’île, l’Axe et notamment l’aviation allemande larguant régulièrement des mines pour tenter si ce n’est de paralyser les ports de la grande île du moins gêner considérablement les mouvements navals alliés.

Ces trois navires vont ensuite mener ce même type de mission depuis les ports de la Grèce libérée et notamment depuis Corfou. Ces trois navires survivent au conflit et son désarmés respectivement en 1962, 1964, 1966 et 1967.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 550 tonnes pleine charge 615 tonnes

Dimensions : longueur 57.50m longueur entre perpendiculaires 54.90m largeur 7.1m tirant d’eau 2.15m

Propulsion : deux moteurs diesels développant une puissance totale de 3000ch et entrainant une hélice

Performances : vitesse maximale 18 nœuds distance franchissable 2000 miles nautiques à 14 nœuds

Armement : un canon de 76.2mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses, dragues diverses

Equipage : 51 officiers et marins

Navires de soutien

Le Dalmacija

Le navire-école Dalmacija était en juillet 1949 un vénérable navire puisqu’il fût mis en service dans la marine impériale allemande sous le nom de SMS Niobe le 25 juin 1900. C’était la deuxième unité de la Classe Gazelle, une classe de croiseurs légers capable de servir aussi bien à l’éclairage d’une escadre qu’à servir de stationnaire au sein du petit empire colonial que l’Allemagne avait réussit à batir à la fin du 19ème siècle.

Quand le premier conflit mondial éclate des unités plus modernes ont été mises en service et le Niobe sert surtout à la défense des côtes ce qui l’expose moins à l’ennemi. En 1915 il est retiré du service actif et sert de navire de commandement à flot pour différents commandements. En 1917 il est désarmé mais le conflit terminé les alliés permettent à la Reichsmarine de le conserver (NdA tu m’étonne).

Modernisé au début des années vingt, il est vendu le 24 juin 1925 à la marine du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, devenant le Dalmacija (Dalmatie).

En dépit de son age avancé il sert d’abord de navire opérationnel mais après la mise en service du conducteur de flottille Dubrovnik il est transformé en navire-école ce qui ne l’empêche pas bien au contraire d’être actif en effectuant plusieurs croisières à l’étranger.

En juillet 1949 il était à Kotor. Il venait de subir son dernier carénage, la marine yougoslave prévoyant de le remplacer par un navire-école construit dès l’origine pour ce rôle.

A l’annonce de l’attaque, décision est prise de replier le Dalmacija à Corfou pour servir de bâtiment-base et de navire-atelier, les grecs donnant leur accord avant ce mouvement.

Arrivé sur l’île grecque le 11 juillet 1949 il sert de base flottante pour les navires yougoslaves faisant escale. Après avoir été croiseur léger et croiseur-école, l’ex-Niobé servait de ravitailleur et de navire-atelier.

Endommagé à plusieurs reprises par l’aviation ennemie, sa position devient précaire. Décision est prise de le replier sur la Crète. En dépit de la menace sous-marine, décision est prise de lui faire faire ce transfert seul en espérant que cette cible ne soit pas trop tentante pour l’ennemi.

Peine perdue, le 17 décembre 1949 l’ancien croiseur léger allemand appareille direction la Crète et en fin de journée un sous-marin italien l’exécute de deux torpilles qui envoient l’ex-Niobé rejoindre les fonds de la mer Egée. L’épave n’à été retrouvée qu’en 1980 et repose hors de portée des plongeurs.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 2643 tonnes en pleine charge 2963 tonnes

Dimensions : longueur 105m largeur 12.2m tirant d’eau 5.03m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par huit chaudières Thornycroft dévellopant 8000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 21.5 nœuds distance franchissable 3570 miles nautiques à 10 nœuds

Protection : ponts 20 à 25mm bloc-passerelle 80mm boucliers artillerie principale 50mm

Armement : (origine) dix canons de 105mm en affûts simples sous masque, deux tubes lance-torpilles de 450mm (Dalmacija) six canons de 83.5mm et six canons de 20mm puis deux canons de 140mm, quatre canons de 102mm, deux canons de 83.5mm, huit canons de 40mm Skoda

Equipage : 14 officiers et 243 hommes

«Torpilleurs» de 250 tonnes

Torpilleur 81T de la marine austro-hongroise

Si je met le terme torpilleur entre guillemets c’est tout simplement parce que ces navires hérités de la marine austro-hongroise n’étaient plus utilisés comme navires de combat depuis bien longtemps car tout simplement obsolètes.

Ils étaient utilisés parfois comme patrouilleurs mais surtout comme auxiliaires, comme navires «bons à tout faire» que ce soit du remorquage, du transport ou un soutien technique limité. On ne sait en revanche pas pourquoi ces navires n’ont pas été reclassés officiellement.

A l’origine de cette classe figure la construction par la marine austro-hongroise de vingt-sept torpilleurs de haute-mer, des torpilleurs qui n’avaient pas de nom comme les numérotés de la Jeune Ecole mais un chiffre indiquant le chantier constructeur suivit d’une lettre. Cette classe n’était pas homogène avec des différences de propulsion, une ou deux cheminées…… .

On trouvait d’abord huit navires du groupe T (74T à 81T) produits par le Stabilimento Tecnico Triestino sis à Triestre, seize navires du groupe F (82F à 97F) construits par la firme Ganz-Danubius à Fiume et Porto Ro, le troisième groupe ou Groupe M comprennait trois navires immatriculés 98M à 100M et furent construits aux Cantiere Navale Triestino sis à Monfalcone.

Ces vingt-sept navires participèrent au premier conflit mondial essentiellement pour des missions de patrouille, de lutte ASM mais aussi de bombardement littoral ou de dragage de mines. Aucun navire ne fût coulé durant ce conflit et ce en dépit d’un usage intensif et d’une guerre chaque jour moins favorable à la Double-Monarchie.

Après guerre ces torpilleurs sont dispersés entre différents pays : sept à la Roumanie, six au Portugal, six à la Grèce et huit à la future Yougoslavie. Au début des années quarante seuls les torpilleurs transférés à la Yougoslavie et à la Grèce sont encore en service.

Les yougoslaves vont longtemps conserver ces navires comme navires de combat mais avec la mise en service de navires plus modernes, les «250» vont être relegués à des taches secondaires en théorie moins dangereuses.

En juillet 1949 seulement quatre navires sont encore en service dans la marine royale yougoslave et pas besoin de préciser qu’ils sont clairement en fin de carrière, leur usure rendant leur utilisation délicate même pour des missions secondaires.

Le T-1 est coulé par un chasseur-bombardier allemand au large de Split le 10 juillet 1949 alors qu’il remorquait une barge transportant des munitions évacuées vers le sud. Le T-3 est sabordé à Kotor pour embouteiller l’accès à l’arsenal de Tivat, les T-5 et T-6 parviennent à rallier la marine yougoslave en exil, servant d’auxiliaire à La Sude puis à Alexandrie. Ils sont démolis après guerre.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 262 à 270 tonnes pleine charge 320-330 tonnes

Dimensions : 58.2 à 60.5m largeur 5.6 à 5.8m tirant d’eau 1.5m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières Yarrow dévellopant 5 à 6000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 28 à 28.5 nœuds distance franchissable 980 miles nautiques à 16 nœuds pour le groupe T, 1200 miles nautiques pour les unités des groupes F et M

Armement : (torpilleur) deux canons de 66mm Skoda, quatre tubes lance-torpilles de 450mm, 10 à 12 mines (auxiliaire, Yougoslavie) un canon de 76.2mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses

Equipage : 38 à 39 hommes d’équipage

Ravitailleurs d’hydravions Zmaj

Le Zmaj est un navire auxiliaire de la marine royale yougoslave acquis comme ravitailleur d’hydravions mais qui au final fût davantage utilisé comme transport de troupes et mouilleur de mines ce qui fait que j’aurais très bien pu l’aborder dans la partie précédente.

La commande de ce navire s’explique par la volonté de la marine yougoslave de transférer ses hydravions d’une base à l’autre notamment en Dalmatie mais aussi de disposer d’un navire capable de récupérer un hydravion victime d’une avarie. Le navire à été dimensionné pour pouvoir embarquer fournitures et pièces détachées pour dix hydravions.

-Le Zmaj est mis sur cale aux chantiers navals Deutsche Werft à Hambourg en 1928 lancé le 22 juin 1929 et mis en service en 1931. A noter que son achèvement à été retardé de près d’un an en raison d’un incendie de machine survenu le 9 septembre 1929 au large de Flessingue alors qu’il ralliait la Yougoslavie.

Peu utilisé pour son rôle initial il est transformé en mouilleur de mines en 1937 mais comme le conflit tarde il est aussi utilisé comme ravitailleur et comme transport de troupes. Durant la période 1937-1948, il effectue plusieurs croisières en Méditerranée.

Le Zmaj victime d’une avarie une semaine avant le début de l’opération MARITSA est capturé par les allemands. Rebaptisé Drache, il sert de transport de troupes puis de mouilleur de mines.

Le 2 septembre 1953 un sous-marin français l’envoie par le fond avec deux torpilles alors qu’il était chargé de mines. Autant dire que l’explosion à été spectaculaire. Aucun marin n’à survécu à cette abominable explosion.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1870 tonnes

Dimensions : longueur 83m largeur 13m tirant d’eau 4m

Propulsion : deux moteurs diesels MAN développant 3260ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 15 nœuds distance franchissable 4000 miles nautiques avec 140 tonnes de fuel

Armement : deux canons de 83.5mm, quatre canons de 40mm Skoda, 100 mines

Aviation : un hydravion

Equipage : 145 officiers et marins

Ravitailleurs de sous-marins Sitnica et Hvar

En juillet 1949 la marine yougoslave dispose de deux ravitailleurs de sous-marins (submarine tender), deux navires d’origine différente. Le premier était un navire de 370 tonnes baptisé Sitnica mis en service en mars 1921 était une citerne à eau transformée servant initialement dans la marine austro-hongroise alors que le second était un navire de 2600 tonnes baptisé Hvar étant un navire marchand britannique acquis en même temps que les sous-marins type L.

Le Sitnica est coulé dès le 8 juillet 1949 par l’aviation allemande. Ce jour là il venait de quitter Rijeka pour rallier Split. En fin d’après midi le temps jusqu’ici couvert s’améliore ce qui attire sur lui des Junkers Ju-88 qui passent à l’attaque. Trois bombes touchent le navire qui coulent rapidement.

Le Hvar rallie la marine en exil et sert faute de sous-marins yougoslaves en état de ravitailleur polyvalent et de navire-atelier.

Il est d’abord mouillé à Alexandrie où il renforce les capacités de la base (surnomée Dust Harbour Port-Poussière) puis à partir de septembre 1952 est mouillé à La Sude où il sert surtout de navire-atelier de secours pour stabiliser un navire endommagé avant des réparations complètes dans un port mieux équipé.

Le conflit terminé en Europe (avril 1954) il rallie l’Arsenal de Tivat pour le remettre en état et aider au relevage des épaves. Après une refonte en 1957/58, il reprend du service comme navire-atelier polyvalent (la Yougoslavie ne remettra en service des sous-marins qu’au début des années soixante-dix) jusqu’au 17 août 1963 quand il est victime d’un incendie qui entraine son désarmement le 5 septembre puis sa vente à la démolition.

Navire de sauvetage Spasilac

La marine royale yougoslave à utilisé jusqu’au second conflit mondial deux navires de sauvetage de sous-marins. Le premier baptisé Mocni était un navire hérité de la marine austro-hongroise, un navire de 265 tonnes mis en service en mars 1921 mais envoyé à la casse en 1929.

Le second est donc le Spasilac, un navire de 740 tonnes construit en Allemagne. Il est capturé par les italiens et remis en service par ces derniers sous le nom de Instancabile. Survivant au conflit il est rendu à la Yougoslavie en septembre 1954 et utilisé jusqu’en 1980 quand il est finalement désarmé puis démoli.

Autres navires de soutien

Le pétrolier Lovcen (561 tonnes) rallie la marine en exil assurant le ravitaillement sur rade des navires exilés. Il revient en Yougoslavie en juin 1954, continuant son rôle de l’ombre jusqu’en 1967 quand il devient un ponton pétrolier jusqu’à sa vente à la démolition en 1980. En revanche la citerne à eau Perun est coulée par les allemands le 15 juillet 1949.

Durant le second conflit mondial, la marine yougoslave en exil va s’appuyer sur la marine marchande yougoslave qui dès le début de l’opération MARITSA rallie les ports sous contrôle allié. Des cargos et des pétroliers vont être militarisés pour assurer le ravitaillement des navires militaires yougoslaves en liaison avec des pétroliers et des cargos alliés.

Scandinavie (47) Danemark (18)

Sous-marins

Sous-marins de classe Aegir

Aegir1914

L’Aegir

-Les cinq unités formant la classe Aegir (Aegir Ran Triton Neptuna Galathea) ont été mis en service respectivement en 1915, 1912 et 1916 pour les trois dernières. Une sixième unité commandée et financée ne sera jamais construite (elle aurait du remplacer le vieux Dykkeren coulé accidentellement).

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Scandinavie (39) Danemark (10)

ROYAL DANISH NAVY

Historique

Aux temps jadis

Quand remonte la création de la marine royale danoise ? Celle-ci fait remonter sa naissance au 10 août 1510 quand le roi Jean fait de son vassal Henrik Krummedige «le capitaine en chef et le chef de tous nos capitaines, hommes et servant que nous avons désigné pour servir en mer» (NdA le nous est le nous de majesté).

Cela ne veut naturellement pas dire qu’il n’y eut pas de navires militaires au Danemark avant 1510 mais que c’est la plus ancienne trace officielle concernant la constitution d’une marine militaire.

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Scandinavie (37) Danemark (8)

Le XXème siècle danois

Les rois : Frédéric VIII, Christian X et Frédéric IX

Frédéric VIII (1906-1912) 16

Frédéric VIII (Christian Frederik Wilhelm Carl) (1843-1912) est roi de Danemark de 1906 à 1912. Il n’accède au trône qu’à 62 ans après avoir passé quarante-deux ans comme prince héritier en raison du long règne de son père Christian IX qui l’exclua largement des affaires politiques.

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Benelux (11) Pays-Bas (11)

KONINKLIJKE MARINE (MARINE ROYALE NEERLANDAISE)

Pays-Bas 12.png

Une histoire navale des Pays-Bas

Les «Gueux des mers»

C’est en 1648 que les Provinces-Unies deviennent indépendantes. La puissance navale néerlandaise à cependant commencé bien des années auparavant. Dès le 15ème siècle on peut voir l’émergence d’une puissance navale sous la forme d’initiatives privées, des riches marchands armaient des navires pour les protéger des pirates.

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Etats Unis (69) Navires de soutien (4)

Navires-ateliers (AR)

L’apparition de la machine à vapeur entraîna de nouvelles servitudes pour l’entretien des navires de combat. Outre leur ravitaillement en carburant et en charbon, il fallait prévoir les réparations nécessaires surtout que les premières machines à vapeur n’étaient pas connues pour avoir une grande fiabilité.

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Etats Unis (67) Navires de soutien (2)

Ravitailleurs de destroyers (AD)

Appelés Destroyer Tender dans la langue de Shakespeare, ces navires étaient officiellement destinés à soutenir des divisions, des squadron de destroyers (DesRon) notamment à une époque où les feu Torpedo Boat Destroyer (TBD) avaient les jambes courtes.

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Etats Unis (48) destroyers (8)

Destroyers classe Gleaves

 

Avant-propos

Les seize destroyers de classe Gleaves sont une évolution des Sims avec une propulsion échelonnée pour réduire sa vulnérabilité aux torpilles. Les Gleaves financés aux budget 1938,1939 et 1940 (respectivement huit, quatre et quatre) sont également équipés de deux plate-formes lance-torpilles quintuples.

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Allemagne (44) Armée de terre (1)

ARMEE DE TERRE

Une brève histoire de l’armée allemande (1914-1948)

-En 1914, l’armée de terre allemande entre en guerre, sure de sa force, persuadée de pouvoir vaincre la France avant de se retourner contre la Russie qui ne saurait mobiliser 15 millions d’hommes avant que Paris ne soit vaincu.

-C’est le mythe de la Entscheidungsschlacht _la bataille décisive (parfois appelée Vernichtungssclacht _bataille d’anéantissement_) qui doit décider du sort du conflit avec une seule et unique bataille alors que l’expérience récente à montré la résilience des économies modernes à une défaite.

-L’Allemagne se retrouve dans le pire scénario à savoir combattre sur deux fronts. Elle va s’y épuiser et aurait été incapable de résister à l’offensive alliée prévue au printemps 1919, une offensive ayant Berlin pour objectif. En accordant l’armistice, les alliés arment une bombe à retardement, permettant aux vaincus de lancer la légende du coup de poignard dans le dos (Dolchlosslegend)

Caricature autrichienne symbolisant la légende du coup de poignard dans le dos

Caricature autrichienne symbolisant la légende du coup de poignard dans le dos

-Les contraintes du traité de Versailles sont sévères : 100000 hommes, pas d’état-major général, pas d’artillerie lourde ni de chars de combat. C’est l’acte de naissance de la Reichsheer qui dès sa création va poursuivre un but : préparer le réarmement dès que le contexte politique sera favorable.

-La Reichsheer qui voit le jour en 1921 aligne seulement sept divisions d’infanterie et trois divisions de cavalerie

-La formation des officiers est assuré par des écoles spécialisées installées à Munich pour l’infanterie (ultérieurement déplacée à Dresde), à Hanovre pour la cavalerie, à Jüterborg pour l’artillerie et encore à Munich pour le génie.

-Faute de matériel disponible, la Reichsheer phosphore pour tirer les leçons du premier conflit mondial, n’hésitant pas à expérimenter clandestinement de nouveaux matériels et de nouvelles tactiques notamment en URSS.

-Sur le plan des structures, l’armée de 100000 hommes est destiné à préparer les structures de l’armée prévue pour la revanche. Un plan décidé en 1930 prévoit vingt et une divisions d’infanterie par détriplement des divisions existantes mais le manque de matériel ne permet d’équiper immédiatement que 14 divisions.

-Les effectifs augmentent régulièrement passant à 300000 hommes le 1er novembre 1934 et 400000 hommes au printemps suivant au moment où le service militaire est rétablit.

-Pour encadrer cette masse, il faut 20000 officiers soit quatre fois plus que ne l’autorise le traité de Versailles (4500). Le chiffre est rapidement dépassé, cette augmentation (8000 en 1932 et 8000 en 1933) étant camouflé par le maintien à titre civil de certains officiers licenciés.
-A partir de 1935, Hitler dénonce les clauses du traité de Versailles ce qui permet au réarmement allemand de se faire au grand jour. L’objectif est ambitieux puisqu’il s’agit de mettre sur pied une armée de soixante-trois divisions.

-Problèmes d’encadrement

Ce formidable effort aboutit au printemps 1936 avec une armée composée de 480000 hommes organisée de la façon suivante :

Gruppenkommando I (Berlin)

-3. Panzer-Division

-I. Armee-Korps (Köningsberg) avec trois divisions d’infanterie, les 1. ID 11.ID et 21.ID

-II. Armee-Korps (Stettin) avec deux divisions d’infanterie, les 2. ID et 12. ID

-III. Armee-Korps (Berlin) avec trois divisions d’infanterie, les 3.ID 13.ID et 23.ID

-VIII. Armee-Korps (Breslau) avec deux divisions, les 8.ID et 18.ID

Gruppenkommando II (Cassel)

-2. Panzer-Division

-V. Armee-Korps (Stuttgart) avec deux divisions d’infanterie, les 5.ID et 15.ID

-VI. Armee-Korps (Munster) avec deux divisions d’infanterie, les 6.ID et 19.ID

-IX. Armee-Korps (Cassel) avec deux divisions d’infanterie, les 9.ID et 19.ID

Gruppenkommando III (Dresde)

-1. Panzer-Division

-IV. Armee-Korps (Dresde) avec trois divisions d’infanterie, les 4.ID 14.ID et 24.ID

-VII. Armee-Korps (Munich) avec trois divisions d’infanterie, les 7.ID 10.ID et 17.ID ainsi que la Gebirgsbrigade (avec deux puis trois régiments en 1937)

-X. Armee-Korps (Hambourg) avec deux divisions d’infanterie, les 20.ID et 22.ID

Cavalerie : deux divisions de cavalerie (1.KD et 2. KD) et une brigade indépendante

-Deux ans plus tard, les effectifs ont encore augmenté notamment par intégration de divisions de l’ancienne armée autrichienne après l’Anschluss.

-Pour l’offensive sur la Pologne, la Heer aligne quarante et une division d’infanterie, sept divisions blindées (sur dix existantes), quatre divisions légères et trois divisions d’infanterie de montagne soit un total de cinquante-cinq divisions, la majorité des unités, la frontière française n’étant gardée que par des unités moins bien équipées et moins bien entrainées ce qui fit craindre le pire aux allemands qui ne comprirent jamais jusqu’à la fin de la guerre de Pologne pourquoi les alliés n’ont pas attaqué à l’ouest.

-Au printemps 1940, la Heer commence à démobiliser, l’économie allemande ne pouvant supporter le maintien de plusieurs centaines de milliers d’hommes sous les drapeaux. Le processus de démobilisation s’achève en janvier 1941 et donne à la Heer l’aspect qu’elle aura jusqu’à la mobilisation entamée à l’été 1948.

-Des modifications de structures et des réorganisation ont lieu entre janvier 1941 et juin 1948 mais elles ne sont pas aussi profondes que lors de la montée en puissance des années trente.

-Outre la démobilisation, certaines divisions sont dissoutes et démantelées en raison de la guerre civile.

Elle aligne ainsi trente-deux divisions d’infanterie, trois divisions légères, trois divisions de montagne,  et douze divisions blindées soit un total de cinquante  grandes unités en temps de paix, leur nombre devant doubler à la mobilisation.

Les unités S.S (huit divisions d’infanterie et deux divisions blindées en cours d’organisation à l’été 1948) seront abordées ultérieurement et dépendent d’un état-major particulier.

-Cela nous donne l’organisation suivante :

-Etat-Major de l’armée implanté à Postdam (OberKommando der Heer OKH)

-Armée du Nord (E.M : Hambourg)

-I. Armee-Korps : défense du nord de l’Allemagne, des ports de la mer du Nord……. . Ce corps d’armée dispose de trois divisions d’infanterie : 1.ID 3.ID et 69.ID

-III. Armee-Korps : défense du nord de l’Allemagne vis à vis d’une action hostile venant du Benelux (moins des néerlandais et des belges qu’une attaque franco-britannique). Ce corps d’armée dispose de trois divisions d’infanterie, la 5.Leichte Division, la 2.ID et la 4.ID.

-V. Armee-Korps : défense de la Rhénanie contre une attaque française venue d’Alsace et de Lorraine. Ce corps d’armée dispose de trois divisions d’infanterie, la 163.ID, les 6. et 8. ID

-I. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 1.PzD 3.PzD et 5.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie (dont une légère) et trois divisions blindées

-Armée du Sud (E.M : Stuttgart)

-II. Armee-Korps : défense du sud de l’Allemagne avec trois divisions d’infanterie, les 3. Leichte Division, la 9.ID et la 181.ID

-IV. Armee-Korps : défense du sud de l’Allemagne avec trois divisions d’infanterie, la 10.ID, la 7. Leichte Division et la 196.ID

-VI. Armee-Korps : défense de l’Autriche avec trois divisions d’infanterie, la 12.ID, la 13.ID et la 14.ID.

-II. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 2.PzD 4.PzD et 6.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie (dont deux légères) et trois divisions blindées

-Armée du Sud-Est (E.M Dresde)

-VII. Armee-Korps (Berg) avec trois divisions de montagne, la 1. GebirgsjagerDivision 2. GebirgsjagerDivision et 3. GebirgsjagerDivision

-IX. Armee-Korps avec trois divisions d’infanterie, les 15.ID 17.ID et 19.ID

-XI. Armee-Korps avec trois divisions d’infanterie, les 16.ID 18.ID et 214.ID

-III. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 7. PzD 9.PzD et 11.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées

Armée de l’Est (E.M Rostock)

-VIII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, la 20.ID la 21.ID et la 24.ID

-IX. Armee-Korps : deux divisions d’infanterie, les 22.ID et 23.ID

-IV. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 8.PzD 10. PzD et 12.PzD

Total : cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées

A la mobilisation, de nombreuses divisions d’infanterie sont mises sur pied par l’Armée de remplacement (ErsatzHeer).

Les huit premières divisions mises sur pied (25.ID 26.ID 27. ID 28.ID 29.ID 30.ID 31.ID 32.ID) sont destinées à remplacer les divisions engagées en Norvège (69.ID 163.ID 181.ID 196.ID 214.ID 2. et 3. de Montagne, 5. Leichte Division), elles intègrent donc les corps d’armée d’origine ce qui nous donne le tableau suivant :

-Armée du Nord (E.M : Hambourg)

-I. Armee-Korps  : 1.ID 3.ID et 25.ID

-III. Armee-Korps : , la 32.ID, la 2.ID et la 4.ID.

-V. Armee-Korps :  la 26.ID, les 6. et 8. ID

-I. PanzerKorps :  1.PzD 3.PzD et 5.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie  et trois divisions blindées

-Armée du Sud (E.M : Stuttgart)

-II. Armee-Korps : les 3. Leichte Division, la 9.ID et la 27.ID

-IV. Armee-Korps : la 10.ID, la 7. Leichte Division et la 28.ID

-VI. Armee-Korps : la 12.ID, la 13.ID et la 14.ID.

-II. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 2.PzD 4.PzD et 6.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie (dont deux légères) et trois divisions blindées

-Armée du Sud-Est (E.M Dresde)

-VII. Armee-Korps (Berg) : la 1. GebirgsjagerDivision, la 30.ID et la 31.ID

-IX. Armee-Korps : 15.ID 17.ID et 19.ID

-XI. Armee-Korps : 16.ID 18.ID et 29.ID

-III. PanzerKorps :  les 7. PzD 9.PzD et 11.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées

Armée de l’Est (E.M Rostock)

-VIII. Armee-Korps :  20.ID  21.ID 24.ID

-IX. Armee-Korps :  22.ID et 23.ID

-IV. PanzerKorps :  les 8.PzD 10. PzD et 12.PzD

Total : cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées

Trente-six autres divisions d’infanterie sont progressivement mises sur pied. Si les recrues sont là, le matériel ne suit pas toujours ce qui fait de ces divisions, des unités de seconde zone guère propres à des opérations de première ligne.

Ces divisions sont regroupés au sein de douze corps d’armée eux mêmes groupés en quatre armées.

Une fois ces divisions mises sur pied, les différentes armées reçoivent des numéros. Les cinq divisions engagées en Norvège forment une 1ère armée avec les cinq divisions d’infanterie, deux divisions de montagne et des divisions de parachutistes qui dépendent de la Luftwafe.

L’ancienne armée du Nord devient la 2ème armée, l’armée du Sud devient la 3ème armée, l’armée du sud-est devient la 4ème armée et l’armée de l’est la 5ème armée.

Les divisions de mobilisation forment quatre armées à trois corps d’armée, des armées numérotées 6ème, 7ème, 8ème et 9ème armée.

6ème armée (Ouest)

-X. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 33.ID 35.ID 37.ID

-XIII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 39.ID 41.ID 43.ID

-XV. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 45.ID 47.ID 49.ID

7ème armée (Sud-Ouest)

-XII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 34.ID 36.ID 38.ID

-XIV. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 40.ID 42.ID 44.ID

-XVI. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 46.ID 48.ID 50.ID

8ème armée (Sud-Est)

-XVII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 51.ID 53.ID 55.ID

-XIX. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 57.ID 59.ID 61.ID

-XXI. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 63.ID 65.ID 67.ID

9ème armée (Est)

-XVIII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie : les 52.ID 54.ID 56.ID

-XX. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie : les 58.ID 60.ID 62.ID

-XXII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie : les 64.ID 66.ID 68.ID