URSS (29) Croiseurs lourds et légers (3)

Croiseur léger Petropavlosk

KMS Lützow 1940.jpg

C’est dans cet état que le Lützow à été vendu à l’URSS 

Avant-propos

Après avoir suivit les clauses du traité de Versailles (1919), l’Allemagne décide de réarmer en violant une à une les différentes clauses du traité ayant mis fin au conflit. Après un réarmement illégal et clandestin, l’Allemagne passe un accord avec la Grande-Bretagne, accord qui autorise la construction de trois croiseurs lourds type Washington.

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Etats Unis (48) destroyers (8)

Destroyers classe Gleaves

 

Avant-propos

Les seize destroyers de classe Gleaves sont une évolution des Sims avec une propulsion échelonnée pour réduire sa vulnérabilité aux torpilles. Les Gleaves financés aux budget 1938,1939 et 1940 (respectivement huit, quatre et quatre) sont également équipés de deux plate-formes lance-torpilles quintuples.

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Allemagne (43) Ordre de bataille (4)

PROGRAMME DE GUERRE

Avant-propos

-Plan Z d’origine totalement irréaliste selon les capacités financières, industrielles et humaines de l’Allemagne surtout que comme en 1914, la marine devait faire face à la concurrence des autres services (Wehrmacht, Luftwafe et Waffen S.S).

-La mouture définitive de ce plan ne permet pas à la Kriegsmarine de vaincre les marines britanniques et français mais permet aux amiraux allemands d’envisager une solide dissuasion et de provoquer des pertes insupportables à long terme.

-Cette montée en puissance est perturbée par la guerre civile qui à défaut d’ensanglanter l’Allemagne perturbe la production militaire.

-Les construction sont ralenties ce qui explique que nombre de navires qui auraient du être opérationnels en septembre 1948 ne le sont pas encore.

-La Kriegsmarine espérait un report de l’opération Weserübung au printemps 1949 mais on lui fait rapidement comprendre à Berlin que c’est impossible en prétendant que les alliés allaient attaquer en octobre.

-Elle est néanmoins consciente qu’elle aborde ce conflit dans une position nettement plus confortable que neuf ans plus tôt. La marine allemande aborde le conflit avec un optimisme prudent mais un optimisme quand même.

Le 5 septembre 1948, les allemands envahissent la Norvège et le Danemark. Dans les jours qui suivent, la construction des navires est suspendue, le temps de voir quelle serait la réaction des alliés.

-Paris et Londres réagissant vigoureusement (bombardement aériens, envoi d’un corps expéditionnaire en Norvège, escarmouches à l’ouest entre corps francs des deux pays….), la construction de la majeure partie des navires est poursuivie, seuls les navires tous juste sur cale n’est pas reprise voir abandonnée pour accélérer la construction des navires les plus avancés.

En octobre 1949, un programme de guerre est voté, regroupant des commandes antérieures et de nouvelles commandes en fonction notamment des premiers retours d’expérience de la seconde guerre mondiale.

Navires en construction ou en achèvement le 5 septembre 1948

Liste des navires en construction

-Cuirassé Moltke (Schlachschiff O) sur cale aux chantiers navals AG Weser de Brême. Son achèvement est d’autant plus incertain qu’il est endommagé par un bombardement anglais le 8 septembre.

-Cuirassé Goeben (Schlachschiff P) en achèvement à flot au Rugen Kriegsmarinewerft

-Croiseurs légers antiaériens classe Dantzig, Friburg et Wien en construction aux chantiers navals Deutsche Werke de Kiel.

Si le premier est en achèvement à flot, le second est encore sur cale à plus de dix mois de son lancement.

-Croiseur léger antiaérien classe Dantzig, le Munchen sur cale aux chantiers navals Friedrich Krupp Germaniawerft de Kiel. Son lancement est prévu pour février 1949.

-Huit destroyers type 1942 (Z.53 à Z.60) sont en construction quand éclate le second conflit mondial : Les Z.53,Z.54, Z.55 et les Z.56 sont en achèvement à flot alors que les Z.57, Z.58, Z.59 et Z.60 sont encore sur cale

-Des torpilleurs sont également en construction, huit navires appartenant au type 46, une version dérivée du type 43.

Le T.45 et le T.46 sont en phase d’essais, les T.47 et T.48 sont en achèvement à flot, les T.49, T.50, les T.51 et T.52 sont encore sur cale.

-De nombreux sous-marins sont en construction quand le conflit commence, des sous-marins appartenant à deux modèles, le type XII et le type XVII.

Sur les douze sous-marins type XII (U-193 à U-204) commandés en septembre 1942, les six premiers (U-193 à U-198) sont sur le point d’entamer leurs essais ou d’entrer en service. Les six autres sont encore en construction (U-199 à U-204) plus précisément en achèvement à flot.

-Sur les douze sous-marins type XVII commandés en janvier 1946 (U-205 à U-216), les six premiers sont sur le point d’entrer en service, les six autres sont encore en construction

Si aucun navire léger (escorteur, vedettes….) n’est en construction, ce n’est pas le cas des navires de soutien.

-Quatre ravitailleurs type Siegfried sont en construction au Rugen Kriegsmarinewerft, des navires baptisés Siegfried Thor Odin et Wotan.

-Deux navires-ateliers sont en construction aux chantiers navals Schichau-Werke d’Elbing, des navires baptisés Loki et Irmin

Les constructions poursuivies, les constructions suspendues

Le 5 septembre 1948, les constructions sont suspendues le temps de voir comment évolue le conflit et surtout la réaction des alliés. Ces derniers réagissant de manière musclée, les allemands reprennent la majorité des constructions, certaines étant suspendues pour permettre l’accélération des autres constructions.

Schéma des cuirassés type H

Schéma des cuirassés type H

En ce qui concerne les deux cuirassés, la construction du Goeben est poursuivie sans hâte, son état d’achèvement rendant peu économique l’arrêt de la construction.

En revanche, la construction du Moltke encore sur cale et endommagé ultérieurement par un bombardement anglais (8 septembre) est stoppée. La coque est lancée et va servir de ponton à Brême.

En ce qui concerne les trois croiseurs légers antiaériens de classe Dantzig, leur construction est poursuivie, les premiers combats en Norvège ayant montré que les aviations françaises et britanniques étaient aussi redoutables que la Luftwafe et le Kriegsmarine FliegerKorps.

Pour des raisons pratiques, la construction du Wien et du Munchen encore sur cale est freinée au profit du Friburg qui lui est en achèvement à flot.

Pour les huit destroyers type 1942, la construction est poursuivie avec comme toujours priorité donnée pour la fourniture d’armes et d’équipements aux navires à flot à savoir les Z.53 Z.54 Z.55 et Z.56. La construction des autres est donc sérieusement ralentie même si les Z.57 Z.58 et Z.59 sont proches de leur lancement. Seul le Z.60 est à un stade peu avancé de la construction.

-Pour les huit torpilleurs type 46, la situation est semblable à celle décrite plus haut. Le T.45 et le T.46 sont en phase d’essais, les T.47 et T.48 sont en achèvement à flot, les T.49, T.50, les T.51 et T.52 sont encore sur cale.

La construction des T.49 à T.52 est suspendue pour accélérer celle des T.47 et T.48, les T.45 et T.46 étant techniquement achevés. Leur mise en service sera accélérée, les contraintes du temps de guerre n’étant pas les mêmes que les contraintes du temps de paix.

-La construction des sous-marins se poursuit normalement.

-En ce qui concerne les quatre ravitailleurs type Siegfried en construction au Rugen Kriegsmarinewerft, des navires baptisés Siegfried Thor Odin et Wotan,la construction des deux derniers est suspendue pour accélérer la construction des deux premiers.

-La construction des Deux navires-ateliers Loki et Irmin un temps suspendue se poursuit car leur utilité à été démontrée en Norvège.

Programme de guerre d’octobre 1948

Les commandes d’urgence

Quand le second conflit mondial éclate, la Kriegsmarine on l’à vu à un certain nombre de navires en construction dont deux cuirassés. Ses constructions sont pour certaines suspendues et pour d’autres poursuivies.

Très rapidement, les premières leçons du conflit sont tirées et des commandes d’urgence (Notsteuerungen) sont passées pour combler les premières pertes et resoudre certaines lacunes.

Le 10 septembre 1948, douze Neue Geleitboote immatriculés G.25 à G.36 sont commandés, six aux chantiers Blohm & Voss d’Hambourg et les six derniers aux chantiers navals Deschimag de Brême.

Deux autres commandes d’urgence sont passées concernant les vedettes lance-torpilles (trente-deux vedettes immatriculées S.86 à S.117), les Raum-Boote (douze navires immatriculés R.49 à R.60) et les navires amphibies, douze MarineInfanterieSchiff (MIS) commandés suite aux difficultés rencontrées dans la mise à terre des Panzer III, des chars pourtant relativement légers.

Le 20 septembre 1948, une commande de sous-marins est passée. Douze autres sous-marins (U-217 à U-228) appartenant au type XII sont commandés

Le programme de guerre du 12 janvier 1949

Ces premières commandes sont vraiment destinées à compenser les premières pertes. Pertes réelles ou imaginées. C’est donc logiquement que les sous-marins, les escorteurs, les S-Boote et les R-Boote sont commandés en premier.

Il faut cependant envisager l’avenir et prévoir un conflit à long terme avec la construction de navires amenés à servir dans le conflit voir même après.

La construction de cuirassés un temps envisagée est abandonnée pour donnée priorité à des navires plus rapidement disponibles. Si la construction avait été autorisé, les deux nouveaux navires envisagés auraient été identiques aux type H modifiés.

En revanche la construction de porte-avions est actée, les opérations en Norvège ayant clairement montré leur utilité.

Les Lutzen sont l'équivalent allemand des Colossus franco-britanniques (ici le HMS Colossus) à la différence que les navires allemands sont construits selon des normes militaires

Les Lutzen sont l’équivalent allemand des Colossus franco-britanniques (ici le HMS Colossus) à la différence que les navires allemands sont construits selon des normes militaires

Deux porte-avions sont commandés dans le cadre du programme de guerre, une version agrandie des Lutzen. Ces navires non encore baptisés lors de leur commande tirent les leçons de l’utilisation des ponts plats allemands avec un pont d’envol agrandit, des catapultes plus puissantes et une DCA renforcée. Deux autres navires s’ajoutent en option.

En ce qui concerne les croiseurs, comme les autres marines, les croiseurs légers sont privilégiés par rapport aux croiseurs lourds.

Six croiseurs légers inspirés des Berlin sont commandés dans le cadre du programme de guerre, des navires qui reprennent les grandes lignes des Berlin tout en apportant des améliorations avec une nouvelle suite de radars et une DCA renforcée.

Pour ce qui est des Zerstörer, douze type 48 (Z.61 à Z.72) sont commandés. Il s’agit d’une version austère du type 42 dont on à simplifié la fabrication pour réduire le temps sur cale. Les caractéristiques générales ne changent pas.

Huit autres torpilleurs type 46 (T.53 à T.60) sont commandés dans le cadre du programme de guerre, des navires identiques à ceux commandés avant guerre.

Provisoirement aucun sous-marin n’est commandé, le nombre étant jugé suffisant mais les premières pertes au large de la Norvège pousse les autorités navales à obtenir la commande de nouveaux sous-marin, douze type XVII (U-217 à U-228) sont commandés le 8 février 1949 dans le cadre d’une mise à jour du programme de guerre.

-Sur le plan des navires de soutien/auxiliaires, des commandes sont passées, douze M-Boote (M-61 à M-72) sont commandés suite à la découverte des nombreuses mines et les premières pertes au large de la Norvège. Deux pétroliers rapides inspirés des Dithmarschen sont également commandés.

Au final le programme de guerre du 12 janvier 1949 modifié du 8 février 1949 prévoit les commandes suivantes :

-Deux porte-avions

-Six croiseurs légers

-Douze Zerstörer type 48

-Huit torpilleurs type 46

-Douze sous-marins type XII et douze sous-marins type XVII

-Douze M-Boote

-Douze Neue Geleitboote

-Trente-deux vedettes lance-torpilles

-Douze R-Boote

-Douze MarineInfanterieSchiff (MIS)

-Deux pétroliers rapides

Allemagne (23) Navires légers (1)

NAVIRES LEGERS

Avant-Propos

-La géographie dispense la marine allemande de devoir investir dans une force d’escorte aussi imposante que celle construite par les anglais et les français.

-En effet, en cas de conflit, la marine marchande allemande cesse de fonctionner, les seuls navires marchands en mer étant des forceurs de blocus opérant isolément et ne nécessitant donc pas d’escorte.

-Les besoins existent pour protéger une navigation côtière importante en mer du Nord et en Baltique sans oublier des missions de patrouille, de surveillance et de dragage de mines.

-Quand éclate la guerre de Pologne, on trouve des torpilleurs, des navires bons à tout faire (Geleitboote), des dragueurs pouvant servir d’escorteurs (M-Boote), des chalutiers armés utilisés comme patrouilleurs et navires-écoles.

-Neuf ans plus tard, on trouve les mêmes catégories de navires avec certaines classes désarmées et de nouvelles classes mises en service. Il n’y à cependant pas d’énormes bouleversements à signaler.

Geleitboote type F

Geleitboote type F

Geleitboote type F

-Besoins limités en escorteurs. Pas des escorteurs océaniques mais des escorteurs destinés à protéger la navigation littorale.

-Il fallait également penser aux missions de patrouille de surveillance, d’entraînement et de police des pêches.

-Décision est prise au milieu des années trente de construire dix navires d’escorte ou Geleitboote dans la langue de Goethe, des navires connus par un matricule composé d’une lettre (F) suivit d’un chiffre ou d’un nombre(F.1 à F.10).

-A l’usage ces navires se révèlèrent ratés notamment avec une propulsion expérimentale destinée aux futurs destroyers qui se révéléra capricieuse, une véritable «bête à chagrin» pour les «bouchons gras» allemands.

-Le F.1 est mis en service en décembre 1935et désarmé en août 1948, le F.2 en février 1936 et toujours en service comme auxiliaire en septembre 1948, le F.3 l’est en mars 1936 et toujours en service en septembre 1948, le F.4 mis en service en avril 1936 et toujours en service en septembre après une période en réserve de décembre 1945 à août 1948.

-Le F.5 est mis en service en mai 1936 et mis en réserve en juin 1945, étant réarmé en septembre 1948. Le F.6 est mis en service en mars 1936 et mis en réserve en décembre 1945. Le F.7 mis en service en février 1937 est coulé lors d’un affrontement fraticide avec le F.9 le 4 mars 1944, affrontement qui sera également fatal à ce dernier.

-Le F.8 mis en service en février 1937 est toujours en service en septembre 1948 à la différence donc du F.9 mis en service en août 1937 mais coulé le 4 mars 1944 des suites de l’affrontement avec le F.7. Quand au F.10, il est mis en service en août 1938 mais coulé sur une mine d’origine inconnue (soviétique ? WWI ? Faction hostile au duo Himmler/Heydrich ?) le 4 mai 1944.

-Navires de 712 tonnes (833 tonnes à pleine charge), mesurant 76m de long sur 8.80m de large avec un tirant d’eau de 2.50m

-Vitesse maximale 28 nœuds

-Ils sont armés de deux canons de105mm en affûts simples sous masque (un avant et un arrière),quatre canons de 37mm en deux affûts doubles et quatre canons de 20mm en affûts simples.

Neue Geleitboote type G

-Les Geleitboote étaient des navires médiocres mais le concept de navire «bon à tout faire» s’était révélé utile. Des navires pouvant en temps de paix faire la police de pêche, surveiller les frontières et en temps de guerre d’escorter les convois, de protéger la navigation commerciale.

-Il fallait résoudre cependant les défauts les plus criants comme une propulsion peu fiable. Les machines à haute pression sont abandonnées au profit de diesels.

-La coque est allongée et élargie pour améliorer la tenue à la mer tandis que les superstructures sont construites en alliage léger, les échappements sont mieux pensés en vue de l’installation ultérieure de radars.

-Armement renforcé notamment au niveau de la DCA mais également de la lutte anti-sous-marin faisant des Neue Geleitboote de véritables escorteurs.

-Plus généralement, ces navires sont conçus pour être produits rapidement avec des formes simplifiées et un recours massif à la soudure.

Douze Neue Geleitboote (G.1 à G.12) sont commandés en septembre 1943. Leur construction est assurée pour les six premiers par les chantiers navals Blohm & Voss de Hambourg et pour les six autres par les chantiers navals Deschimag de Brême.

Si ces douze navires sont en service en septembre 1948, ce n’est pas le cas de tous leurs successeurs (G.13 à G.24) construits au Rugen Kriegsmarinewerft et au Dantzigerwerft implantés respectivement sur l’île de Rugen et à Dantzig.

Si les six premiers navires (G.13 à G.18) sont en service, les autres sont en achèvement à flot sauf le G.24 qui est encore sur cale.

Dès le 10 septembre, douze nouveaux navires (G.25 à G.36) sont commandés et doivent être construits dans les chantiers ayant produits les Neue Geleitboote de la première série. Ils sortent donc du cadre de cette étude et seront étudiées dans la partie consacrée aux constructions de guerre.

-Les navires de la première série sont mis en service en 1945 (G.1, G.2, G.3,G5, G.7), en 1946 (G.4,G.8,G.9,G.10, G.12) et en 1947 (G.6, G.11). Tous sont disponibles en septembre 1948.

-Les navires de la deuxième série sont mis en service en 1947 (G.13, G.14, G.15, G.17) et en 1948 (G.16,G.18). Les G.19 G.20 G.21 G.22 et G.23 sont en achèvement à flot quand le conflit éclate alors que le G.24 est au stade préliminaire de la construction.

-Navires de 800 tonnes (1050 tonnes à pleine charge), mesurant 79.50m de long sur 9.50m de large avec un tirant d’eau de 3.10m.

-Vitesse maximale 26.5 nœuds

-Ils sont armés de deux canons de 105mm en affûts simples sous masque (un avant et un arrière), douze canons de 37mm en affûts doubles, huit canons de 20mm en deux affûts quadruples, deux grenadeurs de sillage avec jusqu’à 36 projectiles.

Allemagne (21) sous-marins (6)

SOUS-MARINS CROISEURS TYPE XI

-Comme les torpilleurs, les premiers sous-marins sont des petits navires à l’habilité médiocre mais rapidement, les progrès techniques et technologiques ont permis de construire des sous-marins plus gros.

-Pour contourner le blocus britannique durant le premier conflit mondial, les allemands construisent sept sous-marins de transport (U-151 à U-157) ultérieurement armés de deux canons de 150mm.

-Ce concept inspira les marines étrangères notamment la France avec le Surcouf et ses canons de 203mm.

-Vingt-ans plus tard, les allemands étudient un nouveau croiseur sous-marin pour mener la guerre de course ce qui nécessitait une très grande endurance, un solide armement et un hydravion pour pouvoir répérer les convois ou échapper aux navires de guerre.

-La guerre de course était une stratégie de premier plan de la Kriegsmarine on aurait pu s’attendre à ce que ce projet soit prioritaire mais ce fût tout le contraire.

Commandés le 17 janvier 1939 aux chantiers AG Weser de Brême, leur construction est suspendue le 15 septembre 1939, suspension qui signifie presque annulation.

Le projet est cependant reprit un an plus tard quand les services de renseignement de la marine allemande recueillent des informations sur un sous-marin type W appelé à remplacer le Surcouf, projet abandonné mais qui fût un stimuli suffisant pour relancer le projet des type XI.

Quatre sous-marins type XI sont commandés le 8 juin 1941 aux chantiers navals Lübecker Flender-Werke de Lübeck mais ne sont mis sur cale qu’au printemps 1942.

-Le U-112 est mis en service en mai 1945, le U-113 en juin de la même année,le U-114 est mis en service en octobre 1945 et le U-115 en décembre 1945.

-Navires de 3140 tonnes en surface (3630 tonnes en plongée), mesurant 114.98m de long sur 9.52m de large avec un tirant d’eau de 6.17m

-Vitesse maximale de 23 noeuds en surface et de 7 noeuds en plongée, une autonomie supérieure à 15500 miles nautiques et une immersion maximale de 200m.

-Ils sont armés de quatre canons de 127mm en deux tourelles étanches (une avant et une arrière), deux puis quatre canons de 37mm en deux affûts doubles, huit tubes lance-torpilles (six avant et deux arrière) avec douze-torpilles + un hydravion d’éclairage.

22-Armée de terre : armement et matériel (104) ordre de bataille (38)

R-Stratégie générale et plans d’action

Préambule

Mise à part le plan Dyle-Breda imaginé par le général Gamelin, il n’y à pas de véritable stratégie militaire qu’elle soit offensive et défensive. On semble guidé par les événements, réagissant plutôt qu’agissant.

Il y à là à la fois un manque de volonté de prendre l’ennemi à la gorge mais également certaines limites propres aux démocraties. Si l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste peuvent se permettre de violer la neutralité d’un pays pour satisfaire leurs intérêts vitaux, la France et la Grande Bretagne ne peuvent se permettre un tel impair au droit international, impair qui donnerait alors le beau rôle à Rome et surtout à Berlin.

Le général Villeneuve appuyé par le gouvernement conservateur veut rémédier à cela. Ils veulent pouvoir anticiper les actions potentielles de l’ennemi et pour cela décide de tracer des plans militaires d’action tout en améliorant la diplomatie et la propagande.

La renaissance de la Petite Entente

A l’origine la Petite Entente est une alliance militaire passée entre la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signée le 14 août 1920 pour se prémunir de la menace hongroise.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix et notamment celui de Trianon (4 juin 1920).

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Cependant cette alliance ne va être d’aucun secours alors que la guerre menace chaque jour un peu plus à la fois en raison des hésitations et de la prudence française mais également en raison des divergences entre signataires et de l’évolution intérieure de ces pays.

Effondrée, ridiculisée, la Petite Entente renait sous une nouvelle forme avec la Yougoslavie et la Grèce avec qui Paris signe des traités d’amitié et de coopération, respectivement le 14 septembre 1945 et le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce.

A l’ouest rien de nouveau

Une reprise du plan Dyle-Breda

A l’ouest rien de nouveau en effet car le général Villeneuve privilégie les plaines belges comme théâtre d’opérations principal, une attaque sur le Rhin et un passage en force de la ligne Siegfried lui semblant bien trop hasardeux pour en faire le Schwerpunkt d’une offensive alliée.

La Ligne Maginot sert donc de bouclier et l’aile marchante se trouve entre la mer du Nord et les Ardennes.

En cas d’offensive allemande, les troupes du Groupe d’Armée n°1 à l’exception de la 2ème armée doit pénétrer en Belgique pendant que les Corps d’Armée de réserve et/ou l’Armée Polonaise en France sont mis en alerte prêt à gagner la frontière pour renforcer l’aile marchante ou repousser une percée allemande.

Si les alliés prennent l’offensive, le scénario est le même sauf que les Corps de Réserve gagnent le sud de la Belgique laissant 100 à 150km avec la ligne de front pour soit soutenir les unités engagées ou empêcher d’être débordés par les allemands.

L’objectif est d’atteindre le Rhin, de contrôler ces ponts et ensuite plusieurs options s’ouvrent aux alliés :

-Une option Nord menant à Hambourg, Brême et les ports de la Baltique et pour tendre la main aux danois. Cette option est défendue par les anglais qui voit là un moyen d’isoler la Kriegsmarine en Baltique et tordre définitivement le cou à une menace amphibie sur les côtes anglaises.

Cette hypothèse ne rencontre chez les français que le scepticisme. Les plus virulents y voit qu’une volonté des britanniques que de défendre leurs intérêts et leur sécurité et les plus polis comme le généralissime Villeneuve y voit un intérêt militaire limité à la possibilité d’envoyer renforts et hommes par ces ports (si ils n’ont pas été sabotés et minés par les allemands) et l’armée danoise aurait bien «du mal à s’insérer dans la manoeuvre générale en raison de sa faiblesse numérique et de sa non participation à un conflit depuis 1866».

-L’option Centre est nettement plus intéressante. En effet, il vise à neutraliser la Rhur, l’un des poumons économiques allemands avec la Silésie. Si sa prise ne mettra pas fin à la guerre, elle aurait le mérite de priver l’Allemagne d’une part non négligeable de sa production de charbon et d’acier.

Le Rhin franchit, les forces alliées devraient exercer un mouvement tournant pour encercler cette zone en coopération avec le Groupe d’Armée n°2 qui pourrait lancer une offensive frontale contre le Westwall ou ligne Siegfried ou contourner cette «muraille de l’ouest» par le Sud, ces deux pinces pouvant faire de sacrés dégâts.

-L’Option Sud est fortement liée à la précédente sauf que cette fois l’attaque serait dirigé en direction de la Bavière et de l’Autriche puis de la défunte Tchécoslovaquie, éventuellement en liaison avec l’URSS.

Tout ceci reste bien entendu de grandes théories et comme tous les plans militaires soumis à de nombreux aléas dont le moindre étant la réaction de l’ennemi qui réagit rarement comme on le voudrait dans les simulations. La sagesse militaire disant d’ailleurs que la première victime de la guerre c’est le plan.
Scandinavie et Balkans : deux fronts périphériques

Comme nous l’avons vu, la France avait songé à intervenir en soutien de la Finlande agressée par l’armée Rouge. Cela ne s’est pas fait, la seule assistance étant l’envoi d’armes et de conseillers militaires.

Cela n’empêche pas la France et la Grande Bretagne de surveiller cette région et d’échaffauder des plans d’intervention avec toutes les difficultés que cela comporte : neutralité des pays concernés, absence de frontière terrestre commune obligeant à tout transporter par mer dont le contrôle est disputée par une marine puissante……. .

Si une intervention préventive est impensable pour les raisons expliquées plus haut (une violation de neutralité faisant les affaires de l’Allemagne), une intervention après agression allemande est possible voir même souhaitable.

Débarquer en Finlande ? Peu utile et délicat en raison d’un climat hostile et surtout que ce geste pourrait être mal interprété par Moscou sans parler du fait qu’il faudrait l’accord des finlandais.

Débarquer en Suède ne serait possible qu’en Scanie et nécessiterait une maitrise de la Baltique et une maitrise de l’espace aérien ce qui serait difficile et générait de lourdes pertes.

Il reste donc le Danemark ou la Norvège. Leur contrôle par les allemands serait une catastrophe pour les alliés, permettant aux allemands d’y stationner avions, sous-marins et navires de surface, donnant à l’Allemagne une marge de manoeuvre appréciable.

Entre 1940 et 1948, Paris et Londres essayeront de convaincre Oslo de sortir de sa stricte neutralité et de rejoindre une alliance formelle. Le gouvernement norvégien refusera avec énergie, estimant qu’une telle position provoquerait le courroux allemand.

Il ne reste plus qu’une intervention a posteriori des troupes alliées sous la forme d’un Corps Expéditionnaire composé de troupes anglaises, françaises et polonaises (une brigade de montagne levée en Ecosse) soutenu par les flottes alliées et des forces aériennes basées en Grande Bretagne, essentiellement des unités de la Royal Air Force et quelques unités composées de pilotes polonais et tchèques.

Ce corps expéditionnaire doit soutenir la petite armée norvégienne (8 à 20000 hommes selon les sources) et stabiliser la situation le temps que d’autres unités alliées ne débarquent pour chasser les allemands de Norvège.

Quand au Danemark, le général Villeneuve ne se fait pas d’illusions sur sa capacité de résistance face à une attaque allemande décidée «Au pire, ils laisseront passer les troupes allemandes et au mieux meneront quelques combats pour l’honneur. J’aurais aimé que l’esprit des redoutables vikings animent les soldats danois» (Général Villeneuve Mémoires d’un simple soldat Grasset 1957).

Une intervention en direction du Danemark est écartée, tout juste pourrait-on imaginer un raid aéronaval contre les forces allemandes pour géner leur progression vers la Norvège ou l’action décidée des sous-marins contre les convois venant des ports allemands de la mer du Nord, des piqures d’épingle à l’efficacité limitée.

Dans le cas où l’intervention alliée serait un succès, les troupes déployées en Norvège progresseraient vers le Danemark pour fixer l’ennemi et divertir des forces faisant face aux forces alliées sur le Rhin, dans les plaines belges et aux Pays Bas.

Pour cette intervention en Norvège, la France prévoit d’engager la 1ère Division Légère d’Infanterie, la Brigade de Haute Montagne, des unités de la Légion Etrangère, deux compagnies de chars autonomes, de l’artillerie et des unités de soutien cette force devant servir à «mettre le pied dans la porte», à contrôler les principaux ports pour permettre l’arrivée de renforts plus lourds.

En ce qui concerne les Balkans, la situation est différente et ce pour plusieurs raisons :

-L’Italie est une puissance militaire nettement moins impressionante que l’Allemagne

-Les alliés bénéficient de bases plus proches qu’il s’agisse de l’Egypte et de la Palestine mandataire pour la Grande Bretagne, de la Syrie et du Liban pour la France.

-Des accords militaires ont été signé avec la Grèce et la Yougoslavie, des plans communs signés dans un but défensif ou offensif.

Néanmoins, il est admis que l’intervention alliée est plus probable suite à une attaque allemande ou suite à une demande grecque ou yougoslave d’un soutien militaire pour contrer la Bulgarie à la neutralité bienveillante vis à vis de l’Allemagne et à la Roumanie largement inféodée à Berlin sans oublier la Hongrie du régent Horty.

Néanmoins une option stratégique Balkans est étudiée par l’état-major allié dans le cadre d’une action concertée contre l’Italie.

Une stratégie prévoyant une attaque par l’Albanie suivit d’une remontée par le Monténégro et la Dalmatie en liaison avec l’armée yougoslave direction l’Istrie ce qui permettrait de pénétrer en Italie par le Nord.

Parallèlement, d’autres troupes alliées pourraient débarquer dans la région de Bari et de Tarente pour remontrer la péninsule jusqu’à Rome et hâter la chute d »un régime qui serait durablement affaibli par la perte de la Sardaigne, de la Sicile et de l’Afrique Septentrionnale Italienne, l’actuelle Libye.

Contre l’Italie,une stratégie indirecte

Alliés durant le premier conflit mondial, la France et l’Italie ont oscillé durant l’entre-deux-guerre entre une franche amitié et une hostilité à peine voilée liée à une rivalité maritime (l’Italie ayant obtenu la parité avec la France au traité de Washington en 1922) et aux revendications mussoliniennes sur Nice, la Savoie, la Corse, la Tunisie et Djibouti considérées comme «terres irrédentes».

C’est le refus des français et des anglais de soutenir les prétentions italiennes sur l’Abyssinie qui poussa Rome à mettre bas les masques et se rapprocher clairement de Berlin (axe Rome-Berlin, pacte anti-Kommintern…….).

Durant la guerre de Pologne, l’Italie se déclare en état de non-belligérance, refusant de s’engager clairement aux côtés des troupes allemandes, proposant même sa médiation durant la crise qui mène à l’ouverture du conflit.

Entre 1940 et 1948, une véritable guerre froide règne entre l’Italie et la France, plusieurs incidents de frontière sur les Alpes et dans les colonies sont à deux doigts de déclencher un véritable conflit armé.

Les plan français sont régulièrement revus en fonction de la montée en puissance (relative) des forces italiennes qui sont en septembre 1948 nettement mieux préparées que neuf ans plus tôt.

-Sur les Alpes, la défensive prévaut. Les fortifications de la Ligne Maginot alpine protègent la France d’une attaque italienne surprise et un raid amphibie sur les côtes de Provence serait aisement contré par la 2ème Escadre stationnée à Toulon (cinq cuirassés, un porte-avions, des croiseurs lourds et légers), l’aviation basée dans le Sud-Est et en Corse……. .

L’action semble devoir se déplacer plus au sud en direction de la Sardaigne, de la Sicile et de l’ASI, véritables ventres mous de la défense italienne.

En cas d’attaque italienne sur les Alpes, il est prévu une riposte immédiate de l’aviation avec des raids sur l’industrie dans la région de Turin, sur le port de Gênes pour désorganiser gravement la logistique italienne.

Il est prévu également de mener le même type de raids sur la Sardaigne et la Sicile, des raids d’ampleur pour faire croire à un prochain débarquement allié alors que l’action principale est prévue contre l’ASI pour débarasser l’Afrique du Nord de la présence italienne et sécuriser le flanc sud des alliés pour rendre par exemple plus sure la traversée de convois entre le détroit de Gibraltar et le canal de Suez.

L’action principale sera menée par la France depuis la Tunisie voir l’Algérie, les anglais se contentant de fixer les forces italiennes à Benghazi.

Espagne, Portugal et Turquie : à surveiller

La péninsule ibérique est partagée entre neutralité et engagement aaux côtés des forces de l’Axe notament l’Espagne, Franco devant son arrivée en pouvoir au soutien massif de l’Italie et de l’Espagne et dans une moindre mesure le Portugal de Salazar.

L’hypothèse d’une attaque espagnole qui apparaît probable en 1939 devient de plus en plus improbable au fur et à mesure où les années passent, Franco devant assurer son pouvoir face à des maquis communistes et anarchistes remuants, relancer l’industrie et réparer les dégâts de la guerre civile.

De plus, une politique d’influence est menée vis à vis de la faction pro-alliée du gouvernement espagnol pour faire pencher du côté d’une neutralité bienveillante, la politique extérieure espagnole au grand dam de Ramon Serano Suner, le cunadissimo «le beaufrerissime», beau frère de Franco et accessoirement ministre des Affaires Etrangères, notoirement connu pour ses sympathies pro-allemandes.

Cette politique d’influence est mené en liaison avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis du moins jusqu’en 1944 quand le président Linbergh tourne le dos à l’Europe.

Outre l’action des diplomates français à Madrid et à Lisbonne, on trouve une aide économique en argent et en nature (huile, blé, charbon) sans parler d’une livraison très discrète de matériel militaire.

Résultat si en 1948, des troupes françaises sont déployées dans les Pyrénées c’est plus pour donner le change vis à vis des allemands ce que Franco dans son palais d’Orient à Madrid comprend très bien.

Vis à vis du Portugal, les relations sont polies sans chaleur ni hostilité. L’influence britannique et la faiblesse de l’armée portugaise rend illusoire une action hostile vis à vis de la France, de l’Angleterre et des colonies.

Des plans sont cependant dressés au cas où pour occuper le Maroc espagnol et les colonies portugaises ainsi que les Açores et Madère. Il est néanmoins acquis que ces plans ne seront déclenchés que si Lisbonne nous devient réellement hostile.

En ce qui concerne la Turquie, la cession à Ankara du Sandjak d’Alexandrette en 1939 à amadoué la Turquie peut pressée de répondre aux solicitations allemandes et surtout inquiète du renforcement de la flotte russe reste dans une neutralité prudente.

Orient lointain

En Extrême Orient, la menace japonaise est prégnante. La guerre sino-japonaise lancée en 1937 menace clairement l’Indochine.

De plus, les richesses du Sud-Est asiatique (pétrole des Indes Néerlandaises, caoutchouc de Malaisie, charbon et riz d’Indochine) sont clairement convoitées par le Japon qui sous couvert de «L’Asie aux asiatiques» et de «Sphère de coprospérité» rêve d’agrandir son empire colonial.

Cette menace devient prégnante à partir de 1943 quand une nouvelle offensive réduit encore un peu plus le territoire contrôlé par le Guomintang de Tchang-Kaï-Chek au point que l’on craint un accord entre la Chine et le Japon.

La France renforce clairement ses positions en Indochine avec des unités plus modernes, mieux entrainées et mieux équipées.

La stratégie est clairement défensive mais une défensive agressive s’appuyant sur un relief favorable à la défense. Les priorités sont de couvrir la conurbation Hanoï-Haïphong en s’appuyant sur la ligne Doumer, la frontière ne devant faire l’objet que de combats retardateurs.

Plus au sud, les villes de Hué et de Tourane doivent devenir des forts sur lesquels la machine de guerre nippone doit se briser, le commandement espérant pouvoir tenir une à deux semaines avant de devoir se replier plus au sud.

La base navale de Cam-Ranh avec ses puissantes fortifications doit servir d’abcès de fixation, un point d’ancrage sur lequel la défense doit s’organiser, un assaut japonais direct sur la base semblant peu probable.

Si ou plutôt quand la base est tombée, les forces encore en état de combattre doit lutter en retraitant jusqu’à Saïgon, la capitale de la Cochinchine disposant de fortifications de campagne permettant à la ville de tenir le plus longtemps possible.

Ensuite, quand cessera toute résistance organisée, le commandement français espère en liaison avec des sectes nationalistes voir le parti communiste indochinois organiser un guérilla dans le Delta du Mékong pour rendre la vie impossible aux japonais et les empêcher d’exploiter leur conquête.

Et pour finir…….Le Pacifique

Dans cette région, la France est présente sur le Caillou _La Nouvelle Calédonie_ et en Polynésie, deux territoires aux destins différents.

En effet, si l’archipel polynésien est hors de portée des japonais (qui ne s’y intéressèrent guère), tel n’est pas le cas de la Nouvelle Calédonie qui permettrait en cas de capture par les japonais de menacer les communications entre les Etats Unis et le bloc Australie-Nouvelle Zélande.

D’où le renforcer des installations portuaires et d’entretien, la construction d’une base aérienne/hydrobase/base aéronavale à Nouméa-Tantouta et le déploiement de forces plus modernes qu’elles soient terrestres, aériennes et navales.

Il est prévu que els américains y déploient une division, de l’artillerie et de l’aviation et que Nouméa devienne une base de ravitaillement et une base d’entretien avancé, les navires endommagés par les combat devant y être sommairement réparés avant de rallier Pearl Harbor ou la côte ouest pour une remise en état complète doublée d’une modernisation.

La stratégie est comme ailleurs défensive et dépendra de la capacité ou non des britanniques de tenir la Malaisie et Singapour, aux néerlandais de s’accrocher à leurs Indes et aux américains de rendre très indigeste la conquête des Philippines. Un renforcement des défenses des Salomon par l’Australie est fortement envisagée, une base aérienne devant être construite sur l’île de Guadalcanal.