Le Conflit (55) Europe Occidentale (21)

ET L’EUROPE OCCIDENTALE S’EMBRASA

Plans allemands contre plans alliés

Plans allemands

Bien que les allemands aient choisit au cours d’une réunion clandestine à bord du KMS Hidenburg en 1947 d’attaquer en Scandinavie il est évident qu’ils ne peuvent faire l’économie d’une offensive majeure à l’ouest pour frapper l’alliance des «ploutocraties occidentales» au cœur et gagner une guerre, guerre vue comme la revanche du premier conflit mondial que les nazis n’ont jamais digéré (notamment avec leur Dolchlosslegend la légende du coup de poignard dans le dos).

A la différence des alliés qui peuvent se permettre de prendre leur temps les allemands n’ont pas ce luxe. Ils doivent frapper vite et brutalement dans l’espoir de l’emporter en quelques semaines voir au pire en quelques mois. Il sera ensuite temps de régler le problème «judéo-bolchevique» de la façon qu’il est facile d’imaginer.

Le plan de l’opération FALL GELB est une reprise du plan Schlieffen de 1914, un plan qui avait échoué mais les allemands se disent que trente-cinq ans plus tard avec de nouvelles techniques, de nouvelles tactiques et de nouvelles technologies le résultat peut être différent.

Il y à cependant des évolutions avec notamment la neutralisation des Pays-Bas (si en 1914 les allemands étaient certains de la neutralité néerlandaise, en 1949 ils n’en sont plus aussi surs) et le lancement de diversions au Luxembourg et en Alsace dans l’espoir d’y attirer les réserves alliées.

Comme les alliés s’attendent à une offensive allemande dans les plaines belges les allemands vont attaquer du fort et fort mais sont confiants dans leur maitrise de la bataille de rencontre, escomptant sur un effondrement rapide des belges et des néerlandais et sur la lenteur des alliés à venir en aide à Bruxelles et à La Haye.

D’autres alternatives ont été étudiées dont une prometteuse : le passage par les Ardennes zone considérée comme difficile d’accès pour une offensive de masse.

Il semble que cette hypothèse tenait la route en cas de prolongation de la guerre de Pologne mais que cette idée à été abandonnée pour plusieurs raisons notamment des informations sur la volonté belge de défendre fermement les Ardennes belges et sur le renforcement de la charnière entre GA n°1 et GA n°2 avec de nouvelles fortifications et surtout l’amélioration des unités amenées à défendre cette zone.

Finalement donc les allemands se sont résignés à attaquer dans les plaines belges pour neutraliser le corps de bataille allié puis opérer un vaste mouvement tournant dans le but de s’emparer de Paris et surtout des ports par où pourraient être évacués les britanniques et où pourraient être amenés renforts et ravitaillement.

Une attaque en Alsace doit également être menée dans le but d’occuper tout le nord de la France au nord de la Seine.

Ensuite c’est plus flou, une partie des archives ayant disparue. Il semble qu’ensuite les allemands voulaient franchir La Seine pour foncer plein ouest direction la Bretagne et contrôler des ports d’où pourraient partir les U-Boot menant la guerre de Course.

En revanche impossible de savoir si Berlin voulait aller jusqu’à l’occupation complète du territoire français ou si il espérait l’ouverture de négociation en vue de neutraliser la France et de laisser la Grande-Bretagne seule et sans possibilité de continuer la guerre.

De toute façon es-ce bien important de savoir tout cela ? Probablement non car comme le disait Moltke l’Ancien (et non Clausewitz comme je l’ai cru trop longtemps) «A la guerre la première victime c’est le plan».

Plans alliés : attendre ou agir de suite ?

Comme je viens de le dire les alliés à la différence des allemands ont la possibilité d’attendre non pas qu’ils veulent gagner à l’usure mais tout simplement parce qu’ils peuvent s’appuyer sur les ressources de leurs empires coloniaux respectifs sans parler des Etats-Unis qui finiront bien par entrer en guerre un jour.

Ils peuvent donc se permettre une lente et longue montée en puissance en vue de lancer une offensive contre l’Allemagne et rattraper le temps perdu en l’occurrence l’offensive prévue en 1919 et qui aurait sans nul doute changer le cours de l’histoire.

Par où passer ? Les alliés ne sont pas plus avancés que les allemands car à moins d’un accord préalable avec la Belgique il faut se résoudre à une attaque frontale avec la question du Westwall à franchir, une ligne fortifiée certes moins puissante que la ligne Maginot mais qui n’est pas à négliger.

Quand la guerre éclate en septembre 1948 les plans d’une offensive contre l’Allemagne sont encore dans les limbes. Les raisons sont multiples mais nul doute que l’absence d’accord avec Londres, Bruxelles et La Haye explique pourquoi le plan n’est pas prêt quand les premières bombes tombent sur Oslo et Copenhague.

Des pistes existent y compris celles politiquement impossibles ou improbables à savoir un passage par la Suisse et par la Belgique sans l’accord des gouvernements concernés !

Ces pistes sont rapidement abandonnées au profit de la solution la moins surprenante à savoir une offensive sur le Rhin avec tout d’abord une ligne fortifiée à détruire avant une exploitation à travers les plains allemandes. Autant dire tout sauf une sinécure.

La mise au point du plan d’attaque (nom de code ALPHABET un nom de code provisoire) prend plus de temps que prévu et seul un plan provisoire à été transmis au général Villeneuve.

On raconte qu’avant d’évacuer son PC avancé ATLANTIDE situé à proximité d’Amiens, le général Villeneuve brûla ce plan qui ne le quittait jamais, plan qui était de toute façon caduque car avant même de songer à envahir l’Allemagne il fallait d’abord libérer le nord de la France, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Le Conflit (3) Norvège (3)

5 SEPTEMBRE 1948 : ET LE MONDE S’EMBRASA ! LA CAMPAGNE DE NORVEGE (1948)

Situation militaire et géopolitique de la Norvège

Indépendante depuis 1905 la Norvège est restée neutre durant le premier conflit mondial et durant la guerre de Pologne. Cette dernière fait office d’électrochoc pour non pas renoncer à la sacro-sainte neutralité mais pour moderniser des forces armées qui en cas d’invasion étrangère auraient pu au mieux faire de la figuration.

Nombre de passionnés de militaria connaissent cette planche qui représentent l’armée de terre norvégienne en 1940.

L’entrainement, l’équipement sont améliorées, les effectifs du temps de paix comme du temps de guerre sont augmentés.

Il s’agit moins de triompher d’un ennemi plus puissant qu’il soit oriental (Suède), occidental (Grande-Bretagne) ou méridional (Allemagne) que de rendre cette conquête couteuse et laisser le temps à de potentiels alliés d’intervenir.

Le Norvège connait parfaitement sa situation géostratégique, ses fjords sont autant d’abris utiles pour une flotte et sa position ouverte sur la mer du Nord permettrait par exemple à des sous-marins de réduire le temps de transit en direction des zones de patrouille.

Cela permettrait aussi aux bombardiers lourds allemands de frapper la Grande-Bretagne de manière plus directe.

Enfin cela permettrait avec la conquête ou la neutralisation du Danemark se sécuriser la Baltique et d’empêcher toute intervention navale franco-britannique.

Côté allié la Norvège à un intérêt principalement par la présence du port de Narvik qui permet durant l’hiver l’exportation du minerai de fer suédois vers l’Allemagne. Couper cette «route du fer» pourrait permettre d’affaiblir durablement la machine de guerre allemande qui on le sait aujourd’hui connaissait bien des ratés et n’était pas malgré les efforts d’Albert Speer la machine implacable vantée par la propagande.

Le souci majeur pour les alliés c’est que la Norvège est un état neutre. Impossible, impensable, improbable de violer la neutralité norvégienne même si la realpolitik le commande. Ce serait offrir sur un plateau d’argent le rôle du gentil à l’Allemagne qui pourrait se parer de la redingote du «protecteur» des faibles face à l’impérialisme franco-britannique.

Il devient donc évident que les alliés ne pourront intervenir qu’après une agression allemande de la Norvège. Voilà pourquoi au moment de l’attaque allemande on verra certains officiers alliés se demander si cela valait le coup d’envoyer un corps expéditionnaire en Norvège.

Cette position s’explique par la crainte que l’opération Weserübung soit une simple opération de diversion de l’attaque principale et par des problèmes logistiques difficiles à résoudre même si la présence du territoire britannique facilite les choses.

Le général Villeneuve généralissime des forces alliées décide d’intervenir pour plusieurs raisons. La première c’est de ne pas refaire l’erreur de la guerre de Pologne et montrer au monde la détermination des alliés. La seconde c’est de montrer aux allemands de quel bois les alliés se chauffent et la troisième c’est qu’immobiliser quelques divisions allemandes en Scandinavie c’est autant d’unités qui ne pourront être engagées en cas d’offensive en France.

Avec des moyens limités difficile d’espérer une victoire. Dans ses mémoires publiées en 1957, le «Général Tornade» écrivit que le corps expéditionnaire devait servir à mettre «le pied dans la porte» et permettre l’envoi d’unités supplémentaires pour vaincre l’Allemagne.

Si à l’époque ce récit à pu être admis comme véridique, les historiens ont depuis longtemps fait un sort à cette idée.

Certes l’absence de plans d’envoi d’unités supplémentaires dans les archives ne signifie pas que l’idée n’à pas été envisagée d’autant qu’une partie des archives à brûlé pendant la guerre mais il semble aujourd’hui admis que si idée il y à eu elle n’à pas dépassé le stade du journal du général Villeneuve, journal propriété de sa famille que les historiens ne pourront consulter que 75 ans après la mort du général soit 2056.

Peut être les historiens de cette époque pourront confirmer ou infirmer la position faisant consensus à savoir que le CEFAN (Corps Expéditionnaire Franco-Anglais en Norvège) n’était là que pour soutenir le plus longtemps possible les unités norvégiennes, pour fixer le plus longtemps possible (bis) les unités allemandes et non pour infliger une défaite décisive à l’Allemagne.

A l’été 1948 les tensions diplomatiques ont atteint un tel niveau que la question n’est pas de savoir si la guerre va avoir lieu mais quand. Tout le monde s’accorde à dire que cette fois ce sera une lutte à mort.

«C’est comme quand vous frustrez un lion de viande. Le premier morceau qui passe il se jette dessus.»

C’est ce qui s’était passé à l’automne 1939, la guerre de Pologne avait laissé pour tous un goût d’inachevé.

Ce n’était qu’une question de temps avant qu’une nouvelle guerre éclate. C’était même miraculeux que la Pax Armada ait pu tenir presque neuf ans.

Moi qui avait 12 ans en 1939 et qui regrettait de ne pouvoir partir à la guerre et ce au grand dam de mes parents traumatisés par la première guerre mondiale _ils avaient perdu leurs pères respectifs et d’autres membres de leur famille_ je voyais l’occasion de m’accomplir comme soldat et qui sait devenir un héros, un héros vivant dans l’absolu mais un héros posthume cela m’irait aussi»

Halte là halte là les montagnards sont là !

Ainsi commence le journal de guerre du caporal Edouard Bellefeuille, chasseur alpin qui ne va pas tarder à admettre que «la guerre c’est l’enfer».

Situation géopolitique et militaire du Danemark

La situation danoise est encore plus inconfortable car non seulement le pays n’à pas une géographie favorable à la défense (une plaine dénudée, quelques collines maigrelettes) mais en plus il partage un frontière commune avec l’Allemagne. Certes cette frontière est protégée par une fortification permanente, le Nye Dannevirke mais sa puissance est plus symbolique que réelle.

Les allemands craignent tellement peu le Danemark qu’ils n’envisagent pas dans un premier temps une offensive contre Copenhague, espérant circonvenir le royaume nordique par des pressions diplomatiques.

Finalement décision est prise de mener une opération militaire en bonne et due forme, une opération qui ne doit prendre que quelques heures au mieux quelques jours.

Cette opération militaire à pour but d’empêcher les alliés de débarquer au Danemark et de couper le corps expéditionnaire de l’opération Weserübung du Vaterland et de sécuriser définitivement les détroits permettant l’accès à la mer Baltique que Berlin veut transformer en Mare Germanicum.

Sur le plan militaire tout comme la Norvège, le Danemark à procédé à une modernisation de ses forces armées mais cet effort est plus symbolique qu’autre chose, Copenhague sachant qu’une offensive allemande décidée ne peut que triompher même si les soldats danois se montrent farouches et intraitables.

L’aviation est faible et la marine ne peut s’opposer à une Kriegsmarine possédant cuirassés, croiseurs de bataille, croiseurs et porte-avions même si une bonne partie de ces moyens vont être mobilisés pour les opérations de Norvège.

Le Conflit (1) Norvège (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

TOME 13 : EUROPE OCCIDENTALE ET BALKANS

Volume 1 : Scandinavie

AVANT-PROPOS

Chers lecteurs,

J’entame aujourd’hui 23 novembre 2021 le dernier tome de ma monumentale uchronie qui affiche le chiffre respectable de 10361 pages.

Comment décrire mon état d’esprit à l’heure où j’écris ces lignes ? Je suis à la fois excité et soulagé, anxieux et un brin nostalgique.

Je sais que d’ici quelques mois cette aventure longue de onze ans sera terminée. Je ne sais comment je réagirai à cet instant : soulagé ? Triste ? Fier du travail accompli ? On verra comme on dit.

J’en profite pour remercier les nombreux lecteurs anonymes et les commentateurs notamment Amateur d’Aéroplane qui relit plus attentivement mes textes et qui fait même d’utiles remarques, d’utiles réflexions.

Après cette phase d’émotion revenons dans le dur. Dans ce tome je vais donc parler du récit du conflit en détails.

A l’origine j’avais prévu de ne pas l’aborder dans les douze tomes préliminaires mais comme Clausewitz disait que la première victime de la guerre c’est le plan cette idée s’est effondrée dès le Tome 4 avec des informations portant sur le conflit.

Je sais aujourd’hui que j’aurais du faire différemment en faisant un cadre général du conflit avant de réaliser les tomes. Je sais que je n’aurais pas du détailler autant l’historique de certains navires ce qui à probablement découragé certains lecteurs.

Il y à de nombreuses incohérences que j’ai renoncé depuis longtemps à corriger avec une règle simple : l’événement le plus récent chasse le plus ancien. Il y à aussi le fait que je découvre par mes recherches internet et mes lectures de nouvelles informations.

Cela fait quelques mois que j’ai commencé à réfléchir sur le récit du conflit. J’ai très vite choisit une division par zones géographiques plutôt qu’une division par année.

J’ai d’abord pensé le faire sous forme de chronologie détaillée mais je pense que je vais mettre davantage de chair. Et pourquoi pas des annexes complémentaires ? Des portraits de personnages fictifs ? Je pense que je déciderai au fur et à mesure du récit.

Je sais que ce sera long mais je suis très motivé pour achever cette œuvre et ensuite passer à autre chose par exemple un roman, un projet que j’essayé de mener à bien depuis 2015 mais sans jamais à parvenir à mes fins.

Qui dit division géographique dit choix, des choix forcément arbitraires. Sauf changements de dernière minute, la répartition sera la suivante :

-Tome 13 : Europe occidentale et Balkans

-Tome 14 : Méditerranée et Afrique (Nord et orientale)

-Tome 15 : Front russe (le front de l’est une expression impropre car pour les russes pardon les soviétiques le front était à l’ouest)

-Tome 16 : Asie-Pacifique

-Tome 17 : Peut être un tome consacré à l’arrière plan politique et diplomatique voir sur l’évolution d’après guerre avec par exemple deux guerres du Vietnam (1960-1967 et 1970-77). Cela sera aussi peut être l’occasion d’imaginer l’évolution des différentes armes en parlant davantage des équipements qui vont être utilisés notamment l’armée française.

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Ce Tome 13 va donc être consacré au front occidental et au front balkanique. Si dans la seconde guerre mondiale canonique le front balkanique est vite devenu secondaire, dans mon œuvre, que dis-je mon chef d’œuvre, les alliés estimeront nécessaire d’opérer une pression plus importante sur la péninsule balkanique.

Ce changement s’explique à la fois par ma volonté de faire un récit différent mais aussi parce que dans ma guerre la France est toujours là et peu donc appuyer une stratégie plus «méditerranéocentrée».

C’est aussi pour cela que j’ai choisit de réaliser un véritable débarquement amphibie en Norvège, l’opération BOREALIS à l’automne 1953, cinq ans après l’opération WESERÜBUNG qui déclencha le second conflit mondial tel que je l’ai imaginé.

Ce Tome va concerner une immense zone géographique concernant les Balkans, l’Europe occidentale, le Danemark et la Norvège, les combats concernant l’Afrique orientale, l’Afrique du Nord, la Méditerranée et donc l’Italie devant être abordés dans le Tome 14.

Le plan est simple. Après une introduction fouillée pour justifier mes choix (qui sont par essence arbitraires) tant sur le plan des opérations que sur le plan des armes employées, des conséquences de telle ou telle opération, j’aborderai les différentes opérations.

Je serais très détaillé mais je vais éviter de commettre les mêmes erreurs qu’au début de mon uchronie et de m’enfermer dans un récit sec, aride ou je précise le moindre mouvement d’une compagnie, le moindre mouvement d’un convoi. De toute façon je n’ai ni les compétences ni les ressources ni même la patience pour le faire.

Je vais réaliser un volume 1 sur les combats concernant la Norvège avec la campagne du même nom de l’automne 1948, une longue lutte aérienne, navale et terrestre (sous la forme d’opérations commandos) avant l’offensive finale d’octobre 1953.

Le volume 2 concernera le front occidental où les allemands attaquent au printemps 1949 mais se heurtent à une résistance bien plus farouche de la part de la Belgique et des Pays-Bas ce qui va permettre aux franco-britanniques de faire face avec plus de réussite qu’historiquement.

Le front se stabilise à l’automne 1949 sur La Seine avec une poche autour de Paris (Je sais que ce n’est pas très réaliste _encore que je justifierai plus tard pourquoi les allemands n’ont pas cherché à entrer dans Paris_ mais le patriote français que je suis ne pouvait supporter le drapeau à croix gammée sur Paris). A noter que j’ai d’abord pensé à un front sur La Somme puis sur la Loire avant de choisir une solution médiane.

C’est en juin 1951 que les alliés contre-attaquent en franchissant La Seine. Les combats vont être extrêmement violents et ce n’est qu’au début de l’année 1953 que le Rhin est franchit et que les combats vont avoir lieu sur le territoire allemand, une décision liée à l’histoire.

En effet nombre de militaires du premier conflit mondial estime que la Dolchlosslegend _la légende du coup de poignard dans le dos, celle d’une armée invaincue trahie par l’arrière_ à pu exister parce que les combats n’ont pas eu lieu sur le sol allemand.

Les alliés sont bien décidés non seulement à ne pas commettre la même erreur mais comme le dira le général Villeneuve de «serrer la main des communistes le plus à l’est possible» ce qui sera fait sur l’Oder et la Neisse.

Le volume 3 va concerner les Balkans qui s’embrasent à l’été 1949 quand les allemands et les italiens attaquent pour sécuriser le flanc méridional d’une future opération contre l’URSS. Enfin c’est l’objectif des allemands car les italiens avaient des objectifs plus personnels.

Les alliés vont soutenir les grecs et intervenir indirectement en soutien des yougoslaves qui par leur résistance acharnée vont donner du temps aux alliés pour mettre sur pied un solide dispositif qui va permettre de préserve une partie du territoire grec, un tremplin pour une future contre-offensive.

Celle-ci va tarder au grand dam des gouvernements yougoslaves et grecs qui avaient espérer une rapide contre-offensive.

Ce n’est qu’en septembre 1952 que les alliés passent à l’attaque dans le cadre de l’opération ANVIL (enclume). Les combats sont violents, les italiens, les allemands et les bulgares combattant de manière acharnée mais le poids matériel, la puissance de feu des Alliés va finalement faire la différence.

La deuxième offensive stratégique du front balkanique à lieu en mai 1953 (opération SLEDGEHAMMER) à une époque où l’Italie à changé de camp (NdA un hommage au duc de Savoie «Monseigneur le duc de Savoie termine rarement une guerre dans le camp où il l’à commencé à moins d’avoir déjà changé de camp») et où seuls les germano-bulgares sont toujours en ligne.

La dernière offensive à lieu en novembre 1953 (nom de code : SWORD) et aboutit après de durs combats à la libération de la Yougoslavie, la dernière opération majeure étant un raid aéroporté sur Belgrade (opération WELCOME/BIENVENUE) en liaison avec un assaut des maquisards royalistes.

Comme on dit bonne lecture

Pologne et Pays Neutres (128) Turquie (18)

Sous-marins

Classe Birinci İnönü

Le Birinci Inönü

Les deux premiers sous-marins de la marine turque sont des sous-marins construits aux Pays-Bas mais devant beaucoup à des ingénieurs allemands qui ne pouvant travailler au pays vendaient leurs talents à l’étranger. C’était aussi un moyen de préserver un savoir-faire et en faire profiter le Vaterland le jour où l’Allemagne pourra réarmer.

Cette société c’est la Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw («Bureau d’ingénieurs pour la construction navale» ou IvS) qui va mettre au point plusieurs sous-marins dont les deux unités de classe Birinci Inönu, deux sous-marins baptisés Birinci Inönü et Ikinci Inönü construits aux chantiers RDM de Rotterdam et mis en service en juin 1928.

Ces deux sous-marins sont issus du type UB-III de la Grande Guerre (96 unités construites, 37 perdues en opérations). Si les submersibles sont produits aux Pays-Bas, la formation se fait en Turquie par des sous-mariniers turcs ayant été formés en Allemagne entre 1914 et 1918.

Ces sous-marins sont modernisés en 1940 et 1941 pour leur permettre de tenir encore quelques années mais clairement en septembre 1948 ils sont pour ainsi dire dépassés pour ne pas dire obsolètes.

Le Birinci Inönü est perdu le 17 octobre 1951 en mer Noire pour des raisons inconnues (accident ? Mine ? Sous-marin ennemi ?) alors que son sister-ship à été retiré du service le 14 mars 1954 en raison d’un incendie qui rendait peu économique sa réparation. Il est démoli peu après.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 518.7 tonnes plongée 673.6 tonnes

Dimensions : longueur 58.70m largeur 5.75m tirant d’eau : nc

Propulsion : un moteur MAN de 550cv, moteur électrique

Vitesse maximale 14.3 nœuds en surface (vitesse maximale en plongée inconnue) Immersion maximale 75m

Armement : quatre tubes lance-torpilles à l’avant et deux à l’arrière, un canon de pont de 75mm, une pièce antiaérienne de 20mm

Equipage : 44 officiers et marins

Sous-marin Dumlupinar

Ce sous-marin est inspiré du type Vitore Pisani et est mis en service le 6 novembre 1931. N’ayant jamais donné satisfaction, ce submersible est mis en réserve en mars 1940 transformé en ponton-électrique pour le rechargement des autres sous-marins. Il à été rayé en 1949 avant d’être démoli après guerre.

Caractéristiques Techniques (type Vitore Pisani)

Déplacement : en surface 880 tonnes en plongée 1058 tonnes

Dimensions : longueur 68.2m largeur 6.09m tirant d’eau 4.3m

Propulsion : deux moteurs diesels de 1500ch, deux moteurs électriques de 550ch

Performances : vitesse maximale 17.3 noeuds en surface 9.2 noeuds en plongée distance franchissable 4230 miles nautiques à 9.3 noeuds en surface, 7.3 miles à 4 noeuds en plongée

Immersion opérationnelle 100m

Armement : un canon de 120mm, deux mitrailleuses de 13.2mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe) avec neuf torpilles

Equipage : 49 officiers et marins

Sous-marin Sakarya

Commandé en même temps que le Dumlupinar le TCG Sakarya était une évolution du type Argonauta italien.

Mis en service le 6 novembre 1931 il est modernisé entre 1942 et 1944 et utilisé durant tout le conflit en mer Noire. Il est désarmé en septembre 1955 et démoli peu après.

Caractéristiques Techniques (type Argonauta)

Déplacement : en surface 667 tonnes en plongée 810 tonnes

Dimensions : longueur 61.50m largeur 5.65m tirant d’eau 4.64m

Propulsion : un moteur diesel de 1250ch, un moteur électrique de 800ch une hélice

Performances : vitesse maximale en plongée 14 noeuds distance franchissable 4900 miles nautiques à 9.5 noeuds en surface 110 miles nautiques à 3 noeuds

Armement : six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue, deux à la poupe), six torpilles (de réserve ?) un canon de 102mm, deux mitrailleuses de 13.2mm en affûts simples

Equipage : 44 officiers et marins

Sous-marin Gür

Ce sous-marin à une histoire compliquée car il à été construit initialement en Espagne sur des plans allemands (type IA) sous le nom de E-1 mais entre-temps la royauté à cédé la place à la république qui ne veut plus de ce sous-marin. La Turquie l’achète en 1935 bien que la conception de ce submersible soit déjà ancienne.

Toujours en service en septembre 1948 il sert durant le second conflit mondial avant d’être mis en réserve en septembre 1955. Il à été définitivement désarmé en mars 1960 puis envoyé à la ferraille.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : surface 750 tonnes en plongée 960 tonnes

Dimensions : longueur 72.42m largeur 6.20m tirant d’eau 4.11m

Propulsion : deux moteurs diesels MAN de 1900ch, deux moteurs électriques de 500ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 noeuds en surface 9 noeuds en plongée

Armement : un canon de 100mm, un canon de 20mm, six tubes lance-torpilles de 533mm (quatre à la proue deux à la poupe

Equipage : 42 officiers et marins

Sous-marins classe Ay

Satisfaite de son Gür, la marine turque décide de passer commande à l’Allemagne de quatre sous-marins type IXA ou plutôt de trois sous-marins plus un à produire en Turquie.

Le TCG Saldiray est mis en service le 5 juin 1939 et va servir jusqu’en septembre 1958 date à laquelle il est désarmé puis coulé comme cible.

Le TCG Atilay mis en service en mars 1940 est accidentellement perdu le 17 juin 1952 après avoir heurté une mine de la première guerre mondiale.

Le TCG Batiray un temps réquisitionné par l’Allemagne est finalement livré à la Turquie en septembere 1940. Mis en réserve en juin 1956 il est démoli en 1960.

le TCG Yildiray construit en Turquie mis sur cale le 26 août 1939 ne sera mis en service qu’en août 1947 ! Désarmé le 14 octobre 1957 il est coulé comme cible en octobre 1959.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 934 tonnes plongée 1210 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 80m largeur 6.40m tirant d’eau 4.26m

Propulsion : deux diesels Blohm & Voss de 1750ch, deux moteurs électriques de 500ch, deux hélices

Performances : vitesse maximale 20 noeuds en surface 9 noeuds en plongée

Armement : un canon de 100mm, un canon de 20mm, quatre tubes lance-torpilles de 533mm à la proue, 20 mines

Equipage : 44 officiers et marins

Sous-marins classe Oruc Reis

Peu avant la guerre de Pologne, la Turquie quatre sous-marins côtiers type S formant la Classe Oruc Reis. Ces sous-marins étaient donc en construction quand le conflit à éclaté. Ils sont achevés à l’été 1940 et sont livrés à leur client après un temps d’hésitation de Londres mais aussi d’Ankara.

Ces sous-marins sont pleinement opérationnels au printemps 1942. le TCG Oruc Reis et le TCG Murat Reis sont déployés en mer Noire alors que les deux autres baptisés TCG Burak Reis et Uluç Ali Reis vont opérer en Méditerranée, menant des patrouilles pour dissuader l’ennemi d’utiliser les eaux turques comme espace de manoeuvre. Ces quatre sous-marins vont être mis en réserve en 1960 puis démolis en 1962.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : surface 730 tonnes (768 tonnes pour le groupe II) plongée respectivement 927 et 960 tonnes

Dimensions : longueur 61.7m (63.6m pour le groupe II) largeur 7.3m tirant d’eau : nc

Propulsion : deux diesels de 1550ch deux moteurs électriques de 1300ch

Performances : vitesse maximale 13.5 nœuds en surface 10 nœuds en plongée distance franchissable 3700 miles nautiques à 10 nœuds (3800 miles pour le groupe II) en surface

Armement : un canon de 76.2mm à l’avant et un canon de 20mm Oerlikon (installé à partir de 1944) six tubes lance-torpilles avant avec six recharges ou douze mines

Equipage : 38 officiers et marins

Pologne et Pays Neutres (127) Turquie (17)

Croiseurs

Croiseur Hamidiyé

Le croiseur protégé Hamidiye est un croiseur de construction britannique. Il est mis sur cale sous le nom d’Abdül Hamid aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle en avril 1902 lancé le 17 décembre 1903 et mis en service en avril 1904.

Rebaptisé en 1908 suite à la révolution Jeune-Turque, il réprime une révolte de la population grecque de Samos puis stoppe la contre-révolution d’avril 1909. Il participe aux guerres balkaniques puis à la première guerre mondiale en mer Noire.

Endommagé à plusieurs reprises au cours d’affrontements navals et de bombardements du littoral il est interné sous contrôle britannique de 1918 à 1925. Rendu à la marine turque, il est remis en état et modernisé, servant de navire-école à partir de 1940. Désarmé le 7 octobre 1944, il est démoli non avoir eu la satisfaction de voir son nom repris par un croiseur moderne construit aux Etats-Unis.

Caractéristiques Technniques

Déplacement : 3904 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 112m longueur entre perpendiculaires 103.6m largeur 14.5m tirant d’eau 4.8m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par seize chaudières Niclause développant 12000ch et entrainant trois hélices

Performances : vitesse maximale 22.2 nœuds vitesse de croisière 16 nœuds

Protection : nc

Armement : (origine) deux canons de 150mm en tourelles simples (une avant et une arrière) huit canons de 120mm en affûts simples latéraux, six canons de 47mm, six canons de 37mm, deux tubes lance-torpilles de 457mm et jusqu’à 70 mines

(après guerre) nombre inconnu de canons de 150mm et de 76.2mm

Equipage : 400 en 1904 355 en 1915

Croiseur Mecidiye

Le Mecidiye est un croiseur protégé de construction américaine. Il est mis sur cale aux chantiers navals William Cramp & Sons de Philadelphie le 7 novembre 1901 lancé le 25 juillet 1903 et commissioned le 19 décembre 1903.

Il participe aux guerres balkaniques puis au premier conflit mondial en mer Noire. Le 3 avril 1915 il heurte une mine au large d’Odessa provoquant la mort de 26 marins. Echoué (ou coulé par petits fonds ?) il est relevé par les russes le 31 mai 1915.

Remis en service le 29 octobre 1915 sous le nom de Prut, il est capturé par les allemands le 1er mai 1918 et rendu le 13 mai aux ottomans. Sous contrôle allié de 1920 à 1925, il est réparé et modernisé de 1925 à 1927.

Navire-école en 1940, il est désarmé en décembre 1944 et démoli en 1947 après avoir cédé son nom à un croiseur lourd nettement plus moderne.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 3485 tonnes pleine charge 3967 tonnes

Dimensions : longueur 102.4m hors tout (100.5m entre perpendiculaires) largeur 12.8m tirant d’eau 4.8m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansion alimentées en vapeur par seize chaudières Bacock & Wilcox développant 12500ch entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 22 nœuds

Armement : deux canons de 152mm, huit canons de 120mm, six canons de 47mm, six canons de 37mm, deux tubes lance-torpilles de 457mm

Equipage : 302 hommes en 1903 355 hommes en 1915 et 310 en 1936

Croiseurs-torpilleurs classe Peyk-i Saviet

Le Peyk-i Saviet

Les croiseurs-torpilleurs Peyk-i Saviet et Berk-i Saviet sont des croiseurs-torpilleurs de conception et de fabrication allemande. Construits tous les deux chantiers navals Germaniawerft de Kiel, ils sont mis en service tous les deux en novembre 1907.

Les deux navires ne participent pas à la guerre italo-ottomane de 1911/1912, le premier étant interné à Suez par les autorités britanniques alors que le second n’est pas engagé. Ils participent en revanche tous les deux aux guerres balkaniques puis au premier conflit mondial.

Le Peyk-i Saviet est torpillé par le sous-marin britannique E-11 ce qui l’immobilise jusqu’en 1917 quand il reprend du service en mer Noire, escortant des convois de transport en direction du front caucasien.

Rebaptisé Peyk en 1923, il est modernisé entre 1925 et 1927 puis reconstruit entre 1936 et 1938 : nouvelle proue, superstructures reconstruites, armement modifié…… . Désarmé en 1944, il est démoli en 1947.

Son sister-ship est gravement endommagé en janvier 1915 par une mine ce qui va l’immobiliser jusqu’en avril 1918 date à laquelle il peut enfin reprendre du service.

Rebaptisé Berk en 1923, il est modernisé en 1924/25 puis reconstruit entre 1937 et 1939 subissant des travaux analogues à ceux de son sister-ship.

Il sert de navire-école à partir de 1938, reprennant brièvement du service actif durant la guerre de Pologne. Désarmé en décembre 1943 il est ferraillé à l’automne 1947.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 787 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 80m largeur 8.4m tirant d’eau 2.5m

Propulsion : deux machines verticales à triple expansions alimentées en vapeur par des chaudières entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 21 nœuds distance franchissable 3240 miles nautiques (vitesse inconnue)

Armement : deux canons de 105mm, six canons de 57mm, six canons de 37mm, trois tubes lance-torpilles de 450mm

Equipage : 105 officiers et marins

Croiseurs lourds classe Hamidiye

L’Hamidiyé pardon le USS Wichita (CA-45)

A la fin des années trente les croiseurs de la marine turque sont obsolètes. La question de leur remplacement se pose. Après l’étude de plusieurs projets (croiseurs légers, croiseurs lourds, croiseurs légers antiaériens), décision est prise de construire deux croiseurs lourds à canons de 203mm.

Après avoir étudié le type Trento italien, le type Saint Louis français les turcs choisissent le type Wichita américain. L’unique USS Wichita (CA-45) pouvait être considéré comme le «chainon manquant» entre les premiers croiseurs lourds américains et les unités de la classe Baltimore, combinant la coque des Brooklyn avec neuf canons de 203mm en trois tourelles triples.

-Le TCG Hamidiye est mis sur cale aux chantiers navals William Cramp & Sons de Philadelphie le 14 septembre 1941 lancé le 8 juin 1943 et mis en service le 14 octobre 1944.

Opérationnel seulement en 1947, le croiseur lourd va opérer quasi-exclusivement en mer Noire d’abord seul puis en compgnie du Suleiman, les deux navires servant d’instrument de diplomatie et de dissuasion.

Durant le second conflit mondial le croiseur lourd va effectuer des patrouilles, des escortes de convois côtiers et des exercices de tir. Hélas ou heureusement il n’aura pas à participer à des combats durant toute sa carrière qui s’achève le 14 octobre 1975 quand il est désarmé. Il est vendu à la démolition et demantelé en 1977.

-Le TCG Mecidiye est mis sur cale aux chantiers navals William Cramp & Sons de Philadelphie le 12 septembre 1943 lancé le 8 juin 1945 et mis en service le 14 octobre 1946.

A la différence de son sister-ship il est déployé en Méditerranée. Effectuant des patrouilles de dissuasion et des exercices de tir, il est endommagé le 4 mars 1950 par une explosion dont on ignore encore aujourd’hui l’origine, aucune hypothèse satisfaisante ne faisant consensus entre une mine, une torpille, une explosion accidentelle….. .

Réparé il est remis en service le 18 septembre 1951 mais pour être à nouveau endommagé le 27 juin 1952 par une collision avec un ferry alors qu’il traversait le Bosphore pour remplacer son sister-ship immobilisé pour carénage.

Réparé il est remis en service le 17 janvier 1953 et ne va plus faire parler de lui jusqu’à la fin de sa carrière le 14 mars 1972. Ce jour un incendie ravage son appareil propulsif provoquant la mort essentiellement par asphyxie de 74 marins.

Jugé trop ancien pour être réparé à un coût raisonable, le Mecidiye est désarmé le 8 juin 1972 puis après récupération de pièces pour son sister-ship vendu à la démolition et démantelé courant 1975.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 9767 tonnes pleine charge 11074 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 185.42m largeur 18.82m tirant d’eau 6.05m

Appareil propulsif : 4 turbines à engrenages Parson alimentées par 8 chaudières Babcock & Wilcox développant une puissance totale de 100000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32.5 noeuds distance franchissable 10000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture blindée : 140mm pont blindé : 50mm barbettes : 152mm tourelles de 203mm : (toit) 50mm (côtés) 170mm

Armement : 9 canons de 203mm (8inch) Mark 12 en trois tourelles triples (deux avant et une arrière); 8 canons de 127mm Mk12 en huit affûts simples huit canons de 40mm et douze canons de 20mm, nombre porté ultérieurement à seize et vingt-quatre unités.

Après guerre les canons de 20 et de 40mm sont remplacés par huit canons de 76mm en quatre affûts doubles.

Aviation : deux catapultes installés à la poupe avec quatre hydravions. Installlations débarquées en 1958. Plate-forme hélicoptères sans hangar installé à la poupe et aire d’hélitreuillage à la proue

Equipage : 929 officiers et marins

Destroyers

Classe Adatepe

Composé de deux unités (Adatepe Kocatepe), cette classe est composée de deux destroyers de conception et de fabrication italienne inspirés des Folgore mais qui se différenciait par l’armement (artillerie en affûts simples au lieu d’affûts doubles), une coque plus longue et deux cheminées au lieu d’une seule.

Le Kocatepe

Mis en service en octobre 1931 ces deux navires connaissent des sorts différents, le Kocatepe est victime d’une mine le 14 mars 1952, une mine visiblement turque, une mine à orin ayant rompu son cable.

Coupé en deux le navire, le navire coule rapidement emportant une bonne partie de son équipage ne laissant que 62 officiers et marins sur 149.

L’Adatepe survit au second conflit mondial, étant désarmé le 14 mars 1957, utilisé comme ponton-école jusqu’au 27 mars 1960 date à laquelle il est coulé comme cible.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1270 tonnes pleine charge 1676 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 100.2m largeur 9.37m tirant d’eau 2.9m

Propulsion : deux turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par trois chaudières développant 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 3500 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque, trois puis huit canons de 40mm Bofors, six tubes lance-torpilles de 533mm

Equipage : 149 officiers et marins

Classe Tinaztepe

Le Tinaztepe

Les TCG Tinaztepe et Zafer sont deux autres destroyers de conception et de fabrication italienne inspirées des Freccia.

Mis en service en juin 1932 ils survivent tous les deux au second conflit mondial, étant désarmés respectivement les 14 février 1954 et 15 octobre 1958. Un temps en réserve, servant de pontons-écoles jusqu’à leur démolition menée respectivement en 1970 et 1972.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1225 tonnes pleine charge 1635 tonnes

Dimensions : longueur 96m largeur 9.3m tirant d’eau 3.28m

Propulsion : deux turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par trois chaudières Thornycroft développant 35000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 3500 miles nautiques à 15 nouds

Armement : quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant deux arrières), deux canons de 40mm et deux canons de 20mm (nombre porté à huit et six ultérieurement), six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples

Equipage : 149 officiers et marins

Classe Demirhisar

Le TCG Demirhisar

Les huit unités de classe Demirhisar ne sont pas italiens mais britanniques. Inspirés du type I ces unités ont été construites en Grande-Bretagne pour les quatre premières et en Turquie pour les quatre dernières non sans mal d’ailleurs en raison de problèmes industriels.

Le TCG Demirhisar est mis en service en mars 1942 (désarmé en 1958), le Sultanhisar est mis en service en septembre 1942 (désarmé en 1958), le TCG Miavenet est mis en service en juin 1943 (désarmé en 1959), le TCG Gayret est mis en service en décembre 1943 (désarmé en 1957).

Les quatre unités construites en Turquie ont été mises en service en décembre 1945 (TCG Giresun), en octobre 1946 (TCG Gelibolu), en juin 1947 (TCG Gaziantep) et en septembre 1948 (TCG Gemlik), ces quatre navires survivant au second conflit mondial étant désarmées respectivement en 1962, 1962, 1961 et 1963.

Caractéristiques opérationnelle

Déplacement : standard 1391 tonnes pleine charge 1918 tonnes

Dimensions : longueur 98m largeur 10m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 34000ch et entrainant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 35.6 noeuds distance franchissable 5530 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : quatre canons de 120mm en affûts simples sous masque (deux avant et deux arrière), deux puis six canons de 40mm en affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, deux plate-formes quintuples lance-torpilles de 533mm, deux grenadeurs de sillage avec seize projectiles.

Equipage : 145 officiers et marins

Pologne et Pays Neutres (116) Turquie (6)

Histoire de la Turquie (1939-1954)

En septembre 1939 quand éclate la guerre de Pologne Ankara choisit immédiatement la neutralité et refuse de s’engager tant aux côtés des alliés que de l’Axe.

Il faut dire que le personnel politique turc à été durablement marqué par les conséquences de la première guerre mondiale sur un empire ottoman vieilli, usé et fatigué.

Certes ce n’est pas la défaite de 1918 qui à entrainé la chute de la Sublime Porte mais disons que cela à visiblement accéléré un processus de déclin entamé dès le début du 18ème siècle.

La Turquie se sait attirante pour les deux camps avec une position stratégique, des ressources minières (premier producteur mondial de chrome très utile pour durcir l’acier) et des ressources humaines. Ces atouts sont monnayables et à monnayer.

Dès la naissance de la République de Turquie ses élites veulent tout faire pour éviter de s’engager dans un nouveau conflit qu’il soit régional, continental ou mondial. Elle utilise la diplomatie pour apaiser les tensions génératrices de conflits.

En 1925 un traité d’amitié est signé avec l’URSS ce qui éloigne la menace soviétique sur les détroits, obsession russe depuis Pierre le Grand. En 1934 un pacte Balkanique est signé avec la Grèce, la Roumanie et la Yougoslavie.

En 1936 la Convention de Montreux permet à la Turquie de prendre le contrôle des détroits et en 1937 le traité de Saadabad la Turquie, l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan coordonnent leur action contre les kurdes ce qui apaise les tensions régionales.

Quand la guerre de Pologne se termine la Turquie est restée neutre même si elle à signé un pacte d’assistance mutuelle avec la France et la Grande-Bretagne.

Que va-t-elle faire alors que nait la Pax Armada ? Eh bien elle va continuer son jeu de bascule entre les différentes puissances principalement l’Allemagne, l’URSS, la France et la Grande-Bretagne.

Si sur le plan économique la Turquie se tourne surtout vers l’Allemagne pour la sécurité, la diplomatie et la défense Ankara regarde davantage vers Paris et Londres.

A l’automne 1939 alors qu’on sait si la guerre va durer la France «achète» la neutralité turque en lui cédant le Sandjak d’Alexandrette qui initialement devait intégrer la Syrie.

Charles Huntziger

Une Mission Militaire Française en Turquie (MMFT) dirigée par le général Huntziger devait se rendre en Turquie en septembre 1939 pour aider les turcs à moderniser leur armée mais le déclenchement du conflit entraine le report de cette mission qui se rend finalement à Ankara en septembre 1943 et mars 1944 profitant d’une Allemagne en guerre civile et donc provisoirement hors service.

Tout comme les MMFG et MMFY, la MMFT va infuser au sein de l’armée turque les tactiques françaises, promouvoir le matériel français, former les hommes du rang et sélectionner des officiers pouvant bénéficier de formations militaires en France notamment des formations d’officiers d’état-major au sein de la prestigieuse Ecole Supérieure de Guerre.

Parallèlement une politique d’influence culturelle, sportive, diplomatique est menée moins pour pousser la Turquie à rejoindre le camp allié à lui éviter de rallier le camp d’en face. Le territoire turc est aussi le théâtre d’une guerre de l’ombre entre espions des différents pays, une guerre moins glamour et moins «légendaire» que celle entre l’URSS et l’occident.

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948 la Turquie réaffirme sa neutralité et sa volonté d’empêcher son territoire de servir de champ de bataille.

L’armée est mobilisée, les défenses côtières sont renforcées tout comme les fortifications couvrant les milliers de kilomètres de frontière. Bien entendu il est impossible et même inutile de couvrir tout le linéaire.

Seules les zones stratégiques sont couvertes notamment la Thrace orientale (la Turquie d’Europe) et la frontière turco-soviétique, les autres zones étant peu menacées ou permettait même cas d’attaque surprise d’échanger de l’espace contre du temps.

Les ports sont fortifiés, des champs de mines sont mis en place pour empêcher une démonstration de force d’une escadre ennemie pour faire pression sur Ankara.

Dans les premières semaines la marine turque montre les dents en mer Noire et en Méditerranée, ces navires portant des marques de neutralité, des bandes rouges et blanches sur les tourelles et le mot TÜRKIYE sur la coque.

Etonnement les navires marchands n’étaient pas obligés de porter ces marques ce qui peut expliquer la destruction de cargos, de pétroliers et autres chalutiers turcs par des avions et des sous-marins rarement identifiés.

Si en mer Noire il est peu vraisemblable que les auteurs ne soient pas soviétiques en revanche en Méditerranée c’est plus compliqué puisqu’un cargo torpillé peut l’avoir été par des sous-marins allemands (ceux qui ont réussi à forcer le détroit de Gibraltar), italiens, français et britanniques sans que l’on sache si il s’agit d’un acte de libéré, d’un coup de pression ou d’une méprise.

Dans les airs il y eut quelques incidents entre chasseurs turcs, bombardiers et avions de reconnaissance ennemis. Quelques appareils sont abattus mais cela dégénère pas en guerre ouverte probablement parce que personne n’y à intérêt.

Naturellement des plans d’invasion sont dressés par l’Allemagne (opération Gertrud) et par les alliés au cas où…… . Ces plans sont cependant assez nébuleux soit parce que les archives ont été détruites (dans le cas allemand) ou parce que du côté allié cela n’à pas dépassé la simple étude théorique.

A la fin du conflit la Turquie à échappé au conflit. Elle à certes déclaré la guerre à l’Allemagne le 1er mars 1954 mais il s’agit d’une déclaration symbolique, aucun soldat turc ne combattant une Allemagne nazie à l’agonie.

La Turquie va intégrer l’ONU et l’OTAN, une organisation de défense du bloc occidental contre l’URSS et ses alliés. Le pays va devenir un allié fidèle du triumvirat franco-anglo-américain, acquérant massivement des armes modernes, réorganisant et modernisant son armée.

Pologne et Pays Neutres (115) Turquie (5)

Les grands personnages de l’histoire turque

Skanderbeg (Georges Castriote dit) (Croia 6 mai 1405 Lezhe 17 janvier 1468)

Seigneur albanais, il est un héros national de l’Albanie pour sa résistance à l’empire ottoman. Son père devant payer un tribu aux ottomans et livrer ses fils en otage. En 1413, Georges et ses trois frères sont envoyés à la cour de Mehmet 1er. Il suit les cours de l’Ecole Militaire avec le futur Mourad II. Il s’illustre à la tête des armées ottomanes contres les byzantins, les perses et les syriens.

A la mort de son père Georges Castriote pense lui succéder mais le sultan préfère nommer un gouverneur à Croia. Il déclare son indépendance le 28 novembre 1443 hissant son drapeau rouge à aigle noir.

Surnommé Iskander Bey («Roi Alexandre» en référence à Alexandre le Grand) par les ottomans il forme la ligue de Lezhe en 1444, l’emportant à Touvioll le 29 juin 1444. Il repousse les armées de Mehmet II en 1450, 1466 et 1467. Il meurt en 1468 et ces successeurs vont résister jusqu’en 1480.

Mehmed II Fatih (Edirne 30 mars 1432 Gebze 3 mai 1481)

Septième sultan ottoman, il règne d’août 1444 à septembre 1446 et du 3 février 1451 au 3 mai 1481. 4ème fils de Mourad II, il prend le titre de Kaiser-i Rum (empereur des romains) après la prise de Constantinople le 29 mai 1453.

Prince cultivé, il est donc rentré dans l’histoire comme le conquérant de Constantinople ce qui lui vaut le surnom de fatih (victorieux). Ayant eut sept épouses, il eut une fille et quatre fils.

Son premier règne est agité ce qui oblige Mourad II à reprendre le pouvoir et à le conserver jusqu’à sa mort. Au printemps 1948 il participe à une campagne contre Skanderbeg.

Son deuxième avènement se fait dans un climat peu sur et peu serein. Il inaugure le don de joyeux avènement aux janissaires ce qui allait transformer ces soldats d’élite en unité politique sur le modèle des prétoriens romains. Il renouvèle les traités de paix avec Venise et la Hongrie. Dès le début il veut s’emparer de Constantinople. Il va ensuite conquérir la Serbie et la Bosnie.

Il échoue à conquérir l’Albanie en 1466 et 1467 en raison de la résistance de Skanderbeg. Ce dernier meurt de maladie en 1468 mais ses partisans vont tenir jusqu’en 1480.

En 1459/60, il conquiert le despotat de Morée puis l’empire de Trebizonde. En 1475 ses armées s’emparent des colonies génoises de Crimée. Il s’empare d’Otrante le 12 août 1480, la prise de cette ville stratégique entrainant le massacre de 12000 personnes.

Il meurt dans une campagne vers l’Orient vraisemblablement empoisonné.

Soliman le Magnifique (Trebizonde 6 novembre 1494 Szigetivar 6 septembre 1566)

Dixième sultan ottoman du 30 septembre 1520 au 6 septembre 1566, son règne marque l’apogée de la puissance ottomane, la Sublime Porte connait un âge d’or tant sur le plan militaire que politique, culturel ou économique.

Rompant avec une tradition séculaire, il épouse une fille de son harem, la troublante Roxelane qui devint Hürrem Sultan. Son fils Selim II lui succède à sa mort.

Au cours de ces études à Constantinople, il se lit d’amitié avec Pazgali Ibrahim Pacha, un esclave qui devint son plus proche conseiller.

Seul fils survivant il n’eut pas à s’imposer et à éliminer ses frères (l’empire ottoman n’à jamais mis en place de règle de succession claire). Il se lance dans une série de conquêtes en Europe après avoir réprimé la révolte du gouverneur ottoman de Damas (1521).

Il s’empare de Belgrade en août 1521 faisant mieux que son arrière grand-père Mehmet II qui avait échoué à prendre la capitale serbe. Il s’empare de Rhodes mais autorise les chevaliers à rallier Malte.

En Europe centrale les ottomans écrasent l’armée hongroise à Mohacs le 29 août 1526, Louis II Jagellon roi de Hongrie est tué. Buda tombe en 1541 (elle sera reprise par les habsbourgs en 1686). Il échoue cependant à s’emparer de Vienne mais s’empare de la Moldavie.

Il combat la Perse en 1534 et en 1548/49. Un traité est signé en 1554, Soliman s’emparant de Bagdad, de la Mésopotamie, des embouchures du Tigre et de l’Euphrate ce qui lui donne un accès au Golfe Persique puis à l’Océan Indien. La marine ottomane en disputant aux portugais le contrôle. En 1564 il soutien le sultanat d’Aceh contre les lusitaniens.

En 1535 les troupes de Charles Quint défait les ottomans à Tunis. La guerre contre Venise reprend en 1536. C’est l’époque de l’alliance avec le Roi Très Chrétien François 1er. En 1538, le corsaire barbaresque Barberousse défait la marine espagnole à Preveza, les chrétiens devront attendre Lepante en 1571 pour prendre leur revanche. L’AFN devient ottomane et sert de base de piraterie. Il échoue à Malte lors d’un siège de plusieurs mois (18 mai au 8 septembre 1565).

Si en occident il est surtout connu comme le magnifique en Turquie il est surtout connu comme le législateur.

Mahmoud II (Palais de Topkapi, Constantinople 20 juillet 1784 Constantinople 1er juillet 1839)

Sultan et calife du 28 juillet 1808 au 1er juillet 1839, il reprend les réformes de Selim III, il lance l’ère des Tanzimat. Il supprime l’ordre des Janissaires en 1826 puis créé une nouvelle armée sur le modèle européen. Cela lui vaut le surnom de «Pierre le Grand de Turquie». Il perd cependant le contrôle de l’Egypte et de la Grèce.

Menacée par son démi-frère et prédécesseur Moustapha IV, il échappe e peu à l’assassinat ordonné par Moustapha IV à la différence de Selim III.

En juin 1826 Mahmoud créé le corps des eskinci qui doit remplacer les janissaires. Ces derniers se révoltent le 15 juin. Le corps des artilleurs bombarde les casernes, les survivants sont traqués et exécutés. L’élimination des janissaires est officiellement appelé Heureux événement. Il confie la modernisation de l’armée de terre aux prussiens et de la marine aux britanniques.

Abdülhamid II (Constantinople 21 septembre 1842 – 10 février 1918)

Trente-quatrième sultan ottoman et vingt-septième calife, il règne du 31 août 1876 au 27 avril 1909 et promulgue la première et seule constitution ottomane, constitution qu’il suspend dès 1878 après la désastreuse guerre contre les russes (guerre qui allait aboutir à l’indépendance de la Bulgarie).

Fils de Abdülmécid 1er de Tirinüjgan Kadinefendi, c’est un prince cultivé qui se rend en 1867 avec son oncle le sultan Abdulaziz à Paris, Londres et Vienne. Héritier de Mourad V, il le remplace car ce dernier est instable mentalement. A son avènement il est vu comme un libéral.

Très vite son règne prend un tournant autoritaire avec notamment le massacre d’arméniens et son opposition au mouvement sioniste. Il est d’ailleurs victime d’un attentat le 21 juillet 1905, attentat mené par l’anarchiste Edouard Joris, un belge au service des arméniens. Il y à 26 morts mais le sultan est indemne.

En juin 1908 l’armée se mutine à Salonique, mutinerie qui s’étend en Macédoine. Les troupes envoyées pour réprimer ce soulèvement fraternisent avec les révoltés. Sous pression il doit rétablir la constitution (24 juillet) mais perd tout pouvoir effectif. Il renoue avec ses mânes libérales entre abolissant l’espionnage et la censure, ordonne la libération des prisonniers politiques.

Après l’échec d’une contre-révolution monarchique en avril 1909 il est déployé et exilé à Salonique remplacé par son demi-frère Mehmed V. C’est le dernier souverain ottoman absolu, sa volonté de sauver l’empire ottoman se heurte à des problèmes qui semblent insolubles. En 1912 il est autorisé à revenir à Constantinople.

Mehmet VI (Constantinople 14 janvier 1861 San Remo 16 mai 1926)

36ème et dernier sultan ottoman (3 juillet 1918 au 1er novembre 1922), il est également calife de l’Islam. Il est prétendant au trône de Turquie du 19 novembre 1922 au 16 mai 1926.

Il succède à son frère Mehmet V dans un contexte trouble et signe l’armistice de Moudros le 30 octobre 1918. Il coopère avec les alliés et châtie les leaders Jeunes-turcs condamnés à mort par contumace, le parlement étant dissous le 22 décembre 1918.

Le 8 juillet 1919 il casse le grade de général de Mustapha Kemal. Il ordonne de ne plus lui obéir ce qui fait que deux pouvoirs concurrents se font face. De nouvelles élections sont organisées mais le 11 avril 1920 le sultan dissous l’assemblée. Le 23 avril, une Grande Assemblée Nationale est élue.

Une nouvelle armée est mise sur pied mais cette armée du calife se désintègre suite à la signature du traité de Sévres le 10 août 1920 qui fait perdre à Mehmet ses derniers soutiens.

Le sultanat est abolit le 1er novembre 1922. Le 17, Mehmet VI quitte Constantinople à bord du cuirassé HMS Malaya. Il se réfugie à Malte. Son cousin est élu au califat puis s’installe à San Remo en mai 1923. Il est enterré à Damas.

Djemal Pacha (Mytilène 6 mai 1872 Tbilissi 21 juillet 1922)

Militaire et homme politique ottoman, il est l’un des membres du triumvirat qui domine l’empire ottoman jusqu’à sa chute. Il dirige l’attaque ottomane contre le canal de Suez en 1915. Après cet échec il gouverne la Syrie ottomane.

Impliqué dans les génocides arméniens, assyriens et grec pontique, il s’exile en Afghanistan où il participe à la réorganisation de l’armée afghane. Il se rend ensuite en URSS où il est assassiné par les arméniens dans le cadre de l’opération Némésis.

Diplômé de l’école militaire de Kuleli en 1890 et de l’académie militaire de Constantinople en 1893, il rejoint les jeunes-turcs en 1905. En 1909 il est envoyé en Cilicie pour calmer le jeu après le massacre de 30000 arméniens, sinistre prologue du génocide. En 1911 il est gouverneur de Bagdad.

Il participe à la première guerre balkaniques avant de jouer un rôle majeur dans la révolution du 23 janvier 1913. Il est ministre de la Marine en 1914.

Il tente une alliance avec la France mais échoue. Les Trois Pachas décident de choisir le camp des Empires Centraux.

Ses relations avec les juifs sont ambigües et les nationalistes arabes connaissent le poids de sa férule au point qu’il est surnommé le boucher. A noter que sa responsabilité dans le génocide arménien est discutée par les historiens.

A la fin de la guerre il s’enfuit en Allemagne puis en Suisse. Condamné à mort par coutumace lors d’un procès qui à eu lieu du 28 avril au 5 juillet. Il est assassiné à Tbilissi par trois activistes arméniens.

Talaat Pacha (Kardjali 1er septembre 1874 Berlin 15 mars 1921)

Homme d’Etat ottoman, il termine grand vizir. C’est l’un des leaders du mouvement jeune-turc. C’est aussi le grand ordonnateur du génocide arménien. Condamné à mort par contumace, il est assassiné par des arméniens à Berlin.

Diplômé du collège d’Edirne, il est arrêté en 1893 mais relâché en 1895. Député après la révolution jeune-turque, il est ministre de l’Intérieur puis ministres des Postes. Depuis 1903 il est franc-maçon.

Ses positions politiques se radicalisent, il devient de plus en plus nationaliste et est favorable à l’idéologie panturquiste. Il forme le trio des Pachas qui domine la Turquie de 1908 à 1918.

Grand Vizir en 1917, il démissionne le 14 octobre 1918. Il est condamné à mort par contumace le 5 juillet 1919. Il est assassiné par Soghomon Tehlirian un rescapé du génocide arménien qui sera ensuite acquitté. Il est enterré à Berlin puis à Istanbul.

Mustapha Kemal Pacha (Salonique 19 mai 1881 Istanbul 10 novembre 1938)

Militaire et homme d’état turc, il est fondateur et premier président de la République de Turquie (29 octobre 1923 au 10 novembre 1938) après avoir été président de la Grande Assemblée Nationale de Turquie (24 avril 1920 au 29 octobre 1923). Il est premier ministre de Turquie du 3 mai 1920 au 21 janvier 1921).

Il suit des cours à l’école coranique puis à l’école laïque privée Sensi Efendi en 1886. Sa scolarité est turbulente et difficile. Il est diplômé du collège militaire de Salonique en 1896. Il est ensuite à l’Ecole des Cadets de Monastir où il hérite du surnom de Kemal (parfait) pour ses prouesses en maths. Il sort en 1899 2ème de sa promotion. Il entre le 13 mars 1899 à l’Ecole de Guerre d’Istanbul d’où il sort en 1902 avec le grade de lieutenant.

Diplômé de l’Académie Militaire le 11 janvier 1905, il s’inscrit dans le mouvement libéral et réformateur qui cherche à stopper le déclin de l’empire ottoman. Il créé un mouvement baptisé Patrie et Liberté. Il participe en spectateur à la Révolution Jeune-Turque car sceptique sur les chances de réussite du coup de force. Il est affecté à l’Etat-Major d’Istanbul en 1911.

Il participe à la guerre contre l’Italie dans la future Libye puis aux guerres balkaniques. Il s’illustre aux Dardanelles durant le premier conflit mondial («Je ne vous demande pas de combattre mais de mourir»).

Il aurait pu devenir Ministre de la Guerre mais Talaat Pacha devenu Grand Vizir met son veto car il n’à pas apprécié les critiques de Mustapha Kemal sur sa politique. Il dirige le 16ème CA puis la 2ème Armée dans le Caucase. Il est ensuite appelé en Syrie pour juguler l’avancée britannique mais le paludisme le met rapidement sur la touche. Il s’oppose à l’influence allemande.

De retour en Syrie en août 1918 il tente d’enrayer le déclin ottoman mais sans succès. Il décide d’abandonner la Syrie pour défendre l’Anatolie. Recevant le commandement de toutes les troupes ottomanes il refuse l’Armistice de Moudros mais il est au début très isolé.

Relevé par le Sultan le 8 juillet 1919, il organise un contre-pouvoir qui va peu à peu profiter de la dégradation de l’image du sultan. La signature du traité de Sèvres le 10 août 1920 est le point de bascule, l’armée du calife se désintègre très vite. Il repousse les arméniens, est soutenu par les soviétiques, Lenine et Trotski envoyant Frounze pour l’épauler. Les kurdes sont vite matés, la France, l’Italie et la Grande-Bretagne abandonnent vite le pays.

Les grecs s’obstinent ce qui aboutit à la guerre gréco-turque se terminant l’armistice de Mudanya le 11 octobre 1922, un triomphe turque et un désastre grec.

Il imprime très vite sa marque sur la Turquie avec une idéologie nationaliste, étatiste, laïque, la République Française servant de modèle. Un véritable culte de la personnalité se développe tout comme une lutte contre les minorités ethniques dans le but d’unifier le pays.

Très vite le régime devient très autoritaire avec un parti unique et une répression de toute forme d’opposition notamment suite au Complot de Smyrne en juillet 1926.

Il mène une politique de grands travaux financés sans capitaux étrangers pour éviter toute dépendance.

Il refuse tout antisémitisme en accueillant par exemple 150 universitaires juifs ayant perdu leur poste en Allemagne.

Le 24 novembre 1934 il reçoit le patronyme d’Atatürk «Turc ancètre» et «Turc père».

Il meurt le 10 novembre 1938 à 9.05 d’une cirrhose au palais de Dolmabahce. Il est enterré au musée ethnographique d’Ankara le 21 novembre 1938 puis au Antbakir.

Ismail Enver (Enver Pacha) (Constantinople 22 novembre 1881 – République soviétique populaire de Boukhara 4 août 1922)

Militaire et homme politique turc, c’est l’un des chefs de la Révolution Jeune-Turque. Ministre de la Guerre pendant le premier conflit mondial c’est l’un des instigateurs du génocide arménien.

Selon certaines sources il serait issu d’une famille gagaouze convertie à l’islam au 19ème siècle en Crimée. Il effectue une partie de ses études en Allemagne et ne tarde pas à choisir la carrière des armes.

Affecté en Macédoine en 1902 il rejoint les jeunes-turcs en 1906 et organise le soulèvement de juillet 1908. Il joue un rôle clé dans l’écrasement de la contre-révolution d’avril 1909. Attaché militaire à Berlin, il renforce les liens entre Berlin et Constantinople.

En 1911 il épouse Nadjré petite fille du sultan Abdulmejid et nièce du sultan Mehmed V. En 1911/12 il dirige la guérilla en Tripolitaine contre les italiens en utilisant son expérience dans la répression contre les maquisards grecs et bulgares.

Il participe aux guerres balkaniques reprenant la forteresse d’Andrinople (Edirne). Après le coup d’état de 1913, il fonde un triumvirat, le triumvirat des Trois Pachas avec Talaat Pacha et Djemal Pacha. Ils obtiennent les pleins pouvoirs ,dispersant le parlement, arrêtant les opposants dont certains sont pendus.

Nationaliste, il se fait le chantre du panturquisme qui souhaite regrouper tous les turcophones dans un seul état.

Son action durant le premier conflit mondial est plus contrastée avec des échecs en Egypte (offensive contre le canal de Suez) et dans le Caucase contre les russes. Il autorise Talaat Pacha à réaliser le génocide arménien.

Il démissionne et s’enfuit en Allemagne (2 novembre 1918). Il rejoint ensuite l’Asie centrale où il est d’abord allié des bolcheviks avant de les combattre. Il est tué le 4 août 1922 dans des circonstances peu claires.

Ismet Inonü (Smyrne 24 septembre 1884 Ankara 25 décembre 1973)

Militaire et homme politique turc, il est le Milli Sef (Chef national). Il poursuit d’abord l’autoritarisme de Mustapha Kemal avant de tenter une timide ouverture démocratique, ouverture fermée en 1947 et qui ne sera réouvert que par son successeur Celâl Bayar qui le remplace en mai 1950, le compagnon d’arme d’Ataturk ayant du démissionner pour raisons de santé.

Artilleur de formation, il intègre le mouvement Jeune-Turc en 1909, opérant au Yemen, dans les Balkans, en Palestine et contre les russes durant les derniers conflits de l’empire ottoman. Il participe à la guerre d’indépendance turque puis à la guerre gréco-turque .

Ministre des Affaires Etrangères en 1922, il dirige la délégation turque qui négocie le traité de Lausanne (1923). Il est premier ministre du 30 octobre 1923 au 8 novembre 1924 et du 4 mars 1925 au 25 octobre 1937.

Les relations avec Ataturk se dégradent rapidement, les idées d’Inonu étant jugées trop étatistes pour l’économie et trop passives sur le plan de la politique étrangère.

Elu à la mort d’Ataturk, il poursuit la politique autoritaire de créateur de la république turque mais se montre un peu plus souple probablement parce qu’il n’à pas le charisme de Mustapha Kemal.

Sur le plan de la politique étrangère il décide de maintenir la Turquie dans une position de neutralité, le souvenir de l’empire ottoman ayant sombré dans le premier conflit mondial étant dans tous les esprits. Les alliés comme l’Axe tentent d’amadouer la Turquie mais Ankara se contentant de prendre sans (trop) donner.

Démissionnant pour raisons de santé en mai 1950, il est mis en résidence surveillée suite au coup d’état de 1960 mais il n’est pas inquiété jusqu’à sa mort treize ans plus tard.

Pologne et Pays Neutres (112) Turquie (2)

CHRONOLOGIE

Chronologie générale

-1081 : mise en place du sultanat de Roum ayant pour capitale Nicée (1081-1097) puis Iconiun (1097-1307)

1299 : Naissance du beylicat ottoman, cette date correspondant à la prise de la ville de Mocadène (aujourd’hui Bilecik) par Osman 1er

-1307 : Fin du sultanat de Roum

1347 : Conquête de Gallipoli par les ottomans qui prennent ainsi pied en Europe

1363 : naissance du sultanat ottoman

1369 : Edirne (Andrinople) devient la capitale du sultanat ottoman en remplacement de la ville de Bursa

1403-1413 : Interrègne ottoman (Fetret Derri). Période de lutte dynastique entre les descendants de Bayazet 1er. Mehmed 1er finit par triompher sur ses frères

-1430 : Thessalonique tombe aux mains des ottomans

Mehmed II entrant à Constantinople

-1453 (29 mai) : Après cinquante trois jours de siège (6 avril au 29 mai) Constantinople tombe aux mains des ottomans. Mehmet II prend le titre de Kayser-i-Rûm (empereur romain).

1459 : Suite à la chute de Smederevo, la Serbie est annexée.

1461 : Chute de Trebizonde et fin de l’empire byzantin du même nom

1517 : Conquête de l’Egypte. Fin du sultanat mamelouk. Les sultans ottomans deviennent califes

1521 : Prise de Belgrade

Soliman le Magnifique

1566 : Mort de Soliman le Magnifique

1570 : Conquête de Chypre

1648-1656 : «Sultanat des femmes» période où les sultants jeunes et inexpérimentés gouvernent sous l’influence de leurs mère, le pouvoir du Harem Impérial est dominant.

1669 : Conquête de la Crète

1683 : Siège de Vienne. Les troupes ottomanes sont écrasées par l’armée de Jean III Sobieski et de Charles de Lorraine

1699 (26 janvier) : Traité de Karlowitz. Premier traité défavorable aux ottomans

1718 (21 juillet) : Traité de Passarowitz

1718 (21 juillet) : Début d’une ère de réformes appelée Ere des Tulipes. Elle prend fin le 28 septembre 1730.

1739 (18 septembre) : Traité de Belgrade. Les ottomans perdent Azov mais récupèrent Belgrade et d’autres territoires au détriment de l’Autriche.

1774 : Traité de Kutchuk-Kaïnardji

Janissaires

1807 : Révolte des janissaires. Destitution de Selim III remplacée par Mustafa IV. Selim III est assassiné en 1808

1826 (16 juin) : Le sultan Mahmoud II décide de supprimer le corps des janissaires. Sur 200000 hommes de ce corps jadis pilier de l’Empire, 120000 sont massacrés par l’armée régulière et la population civile.

1829 : l’empire ottoman reconnaît l’indépendance de la Grèce

1839 (3 novembre) : Edit de réforme. Début de l’époque de réforme dit époque du Tanzimat

1875 : La Grande-Bretagne prend le contrôle de l’administration de l’île de Chypre

1876 (23 novembre) : Première constitution. Elle est supprimée par le sultan Abdülhamid II deux ans plus tard

1878 : l’Autriche-Hongrie occupe la Bosnie-Herzégovine qu’elle annexera en 1908.

1882 : La Grande-Bretagne prend le contrôle de l’Egypte

1894-1896 : massacres hamidiens. C’est la «répétition» du génocide arménien de 1915/16. Les massacres sont menés par les kurdes. Ils cessent en octobre 1896 suite à la menace d’une intervention anglo-russe.

1908 (24 juillet) : Les Jeunes Turcs s’emparent du pouvoir pour tenter d’enrayer le déclin de la Sublime Porte

1909 (14 au 27 avril) : Massacres de Cilicie par des milices, des détenus de droit commun libérés et même des troupes régulières venues à l’origine pour mettre fin aux massacres

1909 (13 avril) : Tentative de contre-révolution contre les Jeunes Turcs. La garnison de Constantinople se soulève. Les troupes venues de Macédoine écrasent la rébellion dans le sang, pénétrant dans la capitale ottomane le 24 avril 1909.

1909 (août) : Révision constitutionnelle qui dépose le nouveau sultan Mehmet V au pouvoir depuis le 27 avril 1909

1911 : guerre italo-turque. L’empire ottoman perd la Libye qui devient une colonie italienne

1912-1913 : Guerres Balkaniques

1913 (23 janvier) : Coup d’Etat d’Enver Pacha

1914 : L’empire ottoman s’engage dans le premier conflit mondial aux côtés des Empires Centraux

1914 (5 novembre) : suite à l’entrée en guerre de l’Empire ottoman aux côtés des empires centraux, la Grande-Bretagne annexe Chypre et l’Egypte.

1915 (avril) : Début du génocide arménien. Dans la nuit du 24 au 25 avril, des intellectuels arméniens sont massacrés à Constantinople. Le génocide arménien prend fin en juillet 1916.

1916-1923 : génocide greco-pontique

1918 (30 octobre) : Armistice de Moudros

1918 (13 novembre) : Les français et les britanniques occupent Constantinople. Cette occupation prend fin le 23 septembre 1923.

1920 (23 avril) : La Grande Assemblée Nationale de Turquie est créée à Ankara

1920 (10 août) : Traité de Sèvres. Ce traité qui dépèce l’empire ottoman ne sera jamais appliqué

1921 (13 octobre) : Traité signé entre la Turquie kémaliste et les républiques soviétiques de la Transcaucasie

1922 : Abolition du sultanat. Mehmed VI quitte le pays à bord du cuirassé britannique HMS Malaya

1923 (24 juillet) : Traité de Lausanne qui entre en vigueur le 6 août 1924

1923 (29 octobre) : Proclamation de la République de Turquie

1924 ( 3 mars) : abolition du califat. Le sultan et sa famille déjà en exil sont déclarées persona non grata en Turquie.

1925 : traité d’amitié turco-soviétique

1925 : les kurdes se révoltent

1930 : nouvelle révolte kurde

1932 (juillet) : La Turquie est admise à la SDN

1936 (20 juin) : Convention concernant le régime des détroits dite Convention de Montreux déterminant l’exercice de la libre circulation dans les détroits des Dardanelles et du Bosphore

1937 : nouvelle revolte kurde

1937 (8 juillet) : Traité de Sa’dabad. La Turquie, l’Irak, l’Iran et l’Afghanistan coordonnent leur action contre les kurdes.

1938 (2 septembre) : Constitution de la République autonome de Hatay qui sera annexée par la Turquie le 2 juin 1939

Mustapha Kemal Ataturk

1938 (10 novembre) : Mort de Mustafa Kemal Ataturk. Il est remplacé par Ismet Inönu

Pologne et Pays Neutres (111) Turquie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.12 : POLOGNE ET PAYS NEUTRES

F.S.7 TURQUIE

AVANT-PROPOS

En ce 30 octobre je commence la dernière partie du dernier tome de présentation du conflit puisque le Tome 13 sera le premier où je raconterai par le détail mon second conflit mondial tel que je l’ai imaginé depuis maintenant dix ans.

Je vais donc ajouter quelques dizaines pages à une somme colossale qui comprends à ce jour 10290 pages !

Mehmet II entrant à Constantinople après la chute de la ville

Ces dizaines de pages vont être consacrée à la Turquie et à son avatar médiéval à savoir l’empire ottoman qui en s’emparant de Constantinople en 1453 met fin selon certains au Moyen-Age même si la date canonique de la fin de l’époque médiévale est toujours fixée à 1492.

La structure de ce tome sera proche des précédents puisque comme vous le savez chers lecteurs la Turquie est restée neutre durant le second conflit mondial.

Après la chronologie générale, on trouve la chronologie militaire puis si les informations le permette une chronologie économique et culturelle.

Mustafa Kemal Atatürk

Je parlerai ensuite des monarques ottomans et des deux présidents de la république de Turquie notamment un certain Mustafa Kemal dit Ataturk (père de tous les turcs) avant de parler de la Turquie dans la Pax Armada et le second conflit mondial, une partie qui sera moins importante que pour la Pologne faute d’engagements de troupes turques aux côtés de l’Axe ou des alliés.

Je terminerai par la partie que je préfère la partie militaire avec d’abord une partie consacrée à l’armée de terre où j’aborderai l’histoire militaire dans ces grandes lignes, l’histoire de l’armée turque après la chute de l’empire ottoman, son organisation et son équipement.

Ce sera ensuite le tour de l’armée de l’air avec son histoire, son organisation et son équipement avant de boucler la boucle avec la marine.

La Turquie pose un épineux problème : es-ce un pays d’Asie ou d’Europe ? Cela s’explique par ses liens anciens avec l’Europe (les ottomans ont été proches de s’emparer de Vienne ce qui aurait sûrement changé le court de l’histoire) et par sa position géographique avec le détroit du Bosphore qui est considéré par certain comme une des frontières entre l’Europe et l’Asie avec le Caucase et l’Oural. Cela se ressent dans l’histoire et les relations tumultueuses entre le croissant et la croix.

Les ottomans apparaissent dans l’histoire dès le 11ème siècle. En écrasant l’armée byzantine à Manzikert en 1071 il prive le successeur de l’empire romain de l’accès à l’Asie mineure. Byzance ne le sait pas encore mais il est à terme condamné.

Ce terme ce sera 1453 avec la prise de Constantinople par les troupes de Mehmet II qui marque la fin de l’empire romain d’orient même si Byzance n’avait plus rien de romain depuis très longtemps.

Les ottomans poursuivent sur leur lancée, en balayant les Balkans n’étant stoppé que sous les murs de Vienne en 1683. C’est le début du reflux ottoman, le début de la crise qui va faire de la Sublime Porte «l’homme malade de l’Europe», une proie pour les autres puissances européennes.

Engagé aux côtés des empires centraux, l’empire ottoman ne survivra pas au premier conflit mondial. Suite à l’humiliant traité de Sèvres, les patriotes turcs menés par un certain Mustafa Kemal se soulèvent, chassant les grecs (les autres puissances avaient vite abandonné toute prétention territoriale) et obtenant à Lausanne un traité nettement plus favorable.

Mustafa Kemal se comportant comme un despote éclairé décide de moderniser, d’occidentaliser le pays pour le sortir de l’ornière. Avertie par le premier conflit mondial, la Turquie veilla à rester neutre durant la guerre de Pologne tout comme le second conflit mondial.

Pologne et Pays Neutres (91) Pologne (3)

Chronologie militaire

Représentation cinématographique des chevaliers teutoniques dans le film « Alexandre Nevski »

-1226 : Le duc Conrad 1er de Mazovie demande l’aide des chevaliers teutoniques contre les prussiens et les installent en Basse Vistule

-1241 : 1ère invasion tartare. Le 9 avril les polono-allemands sont écrasés à la Bataille de Legnica mais heureusement pour les européens ils se replient vers l’est.

-1259/60 : deuxième invasion tartare

-1283 : début de la poussée vers l’est (Drag Nacht Osten) des Chevaliers Teutoniques, conversion forcée des prussiens qui sont parmi les derniers païens d’Europe.

-1287 : troisième invasion tartare

-1308 : les chevaliers teutoniques s’emparent de Dantzig

-1326-1332 Guerre polono-teutonique

-1399 : Tamerlan chef de la Horde d’Or stoppe l’avancée du Grand-Duc de Lituanie Wytautas le Grand vers Moscou

-1409-1411 : Grande guerre entre la Pologne et les chevaliers teutoniques. Victoire polonaise

-1410 (15 juillet) : Bataille de Grunwald victoire des polono-lituaniens sur les chevaliers teutoniques. Cette bataille est aussi appelée 1ère Bataille de Tannenberg

-1431-1435 : guerre polono-teutonique

-1444 (10 juin) : Bataille de Varna. Le sultan ottoman Mourad II écrase les chrétiens commandés par les rois de Pologne et de Hongrie. Ladislas III Jagellon est tué.

-1454-1466 : Guerre de Treize Ans Suite à la révolte des cités prussiennes et de la noblesse locale, le roi Casimir IV intervient contre les Chevaliers Teutoniques. Victoire de la Pologne et de la Confédération prussienne. Ce conflit se termine par le Traité de Thorn (1466).

-1519-1521 : guerre polono-teutonique

-1558-1583 : Guerre de Livonie. La Pologne annexe la Livonie et la Courlande

-1563-1570 : guerre nordique de Sept Ans

-1605-1618 : guerre polono-russe. Les polonais occupent Moscou de 1605 à 1612 et s’emparent des voïvodies de Smolensk et de Tchernihuv.

-1620-21 : guerre polono-turque. Paix blanche

-1626-1629 : guerre polono-suédoise. La Pologne doit céder une bonne partie de la Livonie dont le port de Riga

-1633-34 : guerre polono-turque

-1654-1667 : guerre russo-polonaise qui se termine par une victoire des russes qui s’emparent de Kiev, de Smolensk et de la rive gauche du Dniepr

-1672-1676 : guerre polono-ottomane victoire ottomane la Sublime Porte récupère la Polodie et des parties de l’Ukraine centrale

-1683-1699 : Grande Guerre Turque

Statue de Jean III Sobieski

-1683 (12 septembre) : Jean III Sobieski écrase les troupes de Kara Mustafa et dégage Vienne. Début du recul ottoman en Europe.

-1700-1721 : Grande Guerre du Nord qui marque la fin de l’impérialisme suédois et l’émergence de la Russie comme puissance incontournable sur la scène européenne

-1733-1738 : Guerre de Succession de Pologne

-1756-1763 : Guerre de Sept Ans

-1792 (18 mai au 27 juillet) : Guerre polono-russe. Victoire russe et deuxième partage de la Pologne.

-1806 (novembre) : révolte de la Grande Pologne pour favoriser l’avancée des troupes françaises

-1846 (19 février au 4 mars) : Révolte de Cracovie. La ville est incorporée le 16 novembre à l’Empire d’Autriche

-1848 (mars-mai) : Révolte de la Grande Pologne. Son échec décridibilise pour un temps l’action violente au profit de l’action politique.

-1863 : Révolte de Janvier écrasée le 18 juin 1864. Révolte déclenchée par la conscription forcée des polonais dans l’armée russe. La répression est impitoyable, suppression quasi-complète de l’autonomie polonaise et russification des provinces polonaises de l’Empire russe.

Légion polonaise Première guerre mondiale

-1914 (août) : début de la première guerre mondiale. Le territoire polonais sert de champ de bataille, des polonais combattent dans les deux camps que ce soit du côté allié (Armée Bleue sous commandement français) ou du côté de la Triplice où combat un certain Jozef Pilsudski.

-1915 : Retraite générale des russes. La Pologne est occupée par les austro-allemands

-1918 (1er novembre) 1919 (18 juillet) guerre polono-ukrainienne qui se termine par une victoire polonaise

-1919 (23-30 janvier) guerre polono-tchécoslovaque. La Silésie de Cieszyn (Teschen) est divisée entre les deux états.

-1919 (14 février) début de la guerre polono-soviétique

-1919 (16 au 24 août) premier soulèvement en Haute-Silésie, région disputée entre l’Allemagne et la Pologne.

Infanterie polonaise durant la guerre russo-polonaise

-1920 (24 avril) : les polonais appuyés par les nationalistes ukrainiens lancent l’opération KIEV.

-1920 (7 mai) : les troupes polono-ukrainiennes entrent à Kiev

-1920 (5 juin ) : la 1ère Armée de Cavalerie (Konarmia) de Boudienny perce le front polonais. Les troupes polonaises reçoivent l’ordre de battre en retraite le 10. Trois jours plus tard Kiev est abandonné.

-1920 (14 juillet) : les soviétiques s’emparent de Vilnius

-1920 (10 août) : les cosaques franchissent la Vistule.

-1920 (12 au 25 août) «Miracle sur la Vistule». Les soviétiques sont repoussés aux portes de Varsovie. Ils sont d’abord stoppés le 13 à la Bataille de Radzymin puis le 18 Toukatchevski ordonne la retraite, retraite qui tourne à la déroute.

-1920 (31 août) : la cavalerie de Boudienny lève le siège de Lwow pour soutenir les troupes soviétiques en pleine retraite.

-1920 (19 au 25 août) 2ème soulèvement en Haute-Silésie

-1920 (18 octobre) : entrée en vigueur de l’armistice entre polonais et soviétiques.

-1921 (18 mars) Traité de Riga mettant fin à la guerre polono-soviétique

-1921 (2 mai au 21 juillet) 3ème soulèvement en Haute-Silésie

Défilé de fantassins polonais en 1939

-1939 (23 mars) : La Pologne renforce son dispositif militaire dans le corridor de Dantzig

-1939 (24 août) : Mobilisation partielle en Pologne

-1939 (30 août) : Ultimatum allemand à la Pologne. Mobilisation générale en Pologne

-1939 (31 août) : Attaque sous faux drapeau de la station radio de Gliwice pour justifier l’invasion de la Pologne

Chronologie économique et culturelle

-1364 : Création de l’Université Jagellon de Cracovie

-1474 : première imprimerie polonaise implantée à Cracovie. Le plus ancien document polonais imprimé connu date de son époque, un almanach (Almanach Cracoviense A Annum)

Nicolas Copernic

-1548 : Publication posthume de De revolutionibus Orbium Coelestium (Des Révolutions des sphères celestes) de Nicolas Copernic.

-1580 : fondation du Collège des Jésuites de Polotsk

-1582 (15 octobre) : La Pologne adopte le calendrier grégorien en remplacement du calendrier julien

-1596 : Union de Brzesc (Brest). L’Eglise orthodoxe de la république polonaise passe sous l’autorité du pape et devenant ainsi une des Eglises catholiques orientales

-1803 : Alexandre 1er créé à Wilno (Vilnius) une université impériale polonaise

-1845 : La ligne ferroviaire Varsovie-Vienne est l’une des premières lignes ferroviaires dans l’Empire Russe

Cathédrale Saint-Alexandre-Nevski de Łódź

-1884 (29 mai) : consécration de la Cathédrale Alexandre Nevsky de Lodz

-1918 (28 novembre) : les femmes polonaises obtiennent le droit de vote

-1919 (20 décembre) : création de la fédération polonaise de football qui adhère à la FIFA en 1923

-1921 (18 décembre) : premier match de l’équipe de Pologne (défaite 1-0 contre la Hongrie)

-1922 : Début de la construction du port de Gdynia. Si le port est achevé seulement en 1926, les premiers gros navires peuvent accoster dès 1923.

-1924 (28 avril) : création de la Banque de Pologne. La même année le zloty devient l’unique monnaie de la Pologne

-1927 (1er mars) : création du championnat de Pologne de football

-1938 : la Pologne participe à la coupe du monde en France. Après avoir éliminé la Yougoslavie (victoire 4-0 à Varsovie et défaite 1-0 en Yougoslavie), elle tombe contre le Brésil en huitième de finale à la suite d’un match au score surréaliste de 6-5 après prolongations, match disputé à Strasbourg.