Le Conflit (12) Norvège (12)

Les plans opérationnels alliés

Comme nous le savons maintenant les alliés après leur défaite en octobre 1948 ne sont pas spécialement pressés de retourner en Scandinavie. Longtemps le théâtre opérationnel scandinave va rester un théâtre très secondaire.

Si on maintien la pression c’est pour intoxiquer les allemands et les pousser à y maintenir des forces conséquentes qui feront défaut d’ailleurs.

Cette pression doit cependant passer uniquement par des raids aériens, navals et aéronavals mais aussi par des raids commandos avec ou sans le concours de la Résistance qu’elle soit danoise ou norvégienne.

Peu à peu pourtant les alliés vont se dire que débarquer en Norvège serait utile dans le cadre d’une stratégie générale. Reste à savoir quand et comment…..

C’est au printemps 1952 que les alliés décident de débarquer en Norvège pour sécuriser le flanc septentrional de la poussée générale qui à lieu logiquement sur le continent. Certains estiment que c’est un gaspillage de moyens pas forcément illimités mais la décision politico-militaire est prise.

Avec une géographie aussi contraignante, il n’y à aucune possibilités de plans élégants et audacieux, c’est débarquer dans des fjords, des lieux fortement protégés par les allemands, des sanctuaires où sont tapis cuirassés, croiseurs, destroyers et sous-marins.

Il faudra donc taper fort sur les lignes fortifiées avant et pendant la mise à terre de troupes essentiellement américaines.

Initialement il était prévu de ne débarquer qu’en Norvège et d’effectuer une démonstration navale au large des côtes du Jutland (NdA tiens cela me rappelle un truc) mais finalement en dépit des difficultés à débarquer sur une côte dénudée balayée par les vents, les alliés décident de débarquer au Danemark.

En attendant que les moyens nécessaires soient réunis, en attendant que la situation stratégique le permette les alliés vont maintenir une pression très importante sur la Norvège en utilisant tous les moyens à leur disposition que ce soit des raids aériens, des raids aéronavals ou encore des opérations commandos en liaison avec la résistance intérieure.

Sur mer on se bat toujours !

En guise de présentation

La fin de la Campagne de Norvège (1948) ne marque pas la fin des affrontements de surface qu’ils soient majeurs ou mineurs. Les alliés veulent maintenir la pression et les allemands sont bien décidés à utiliser la Norvège comme un tremplin pour de futures opérations navales.

Si un débarquement direct dans les îles britanniques n’à pas dépassé l’étape de la réflexion théorique des démonstrations navales sur les côtes britanniques et l’attaque de convois sont du domaine du possible voir même du souhaitable.

Une fois les combats terminés les allemands décident de transformer la Norvège en base opérationnelle avec des implantations pour leurs navires de surface et pour les sous-marins, de solides défenses côtières mais aussi de nouvelles casernes tandis que les aérodromes norvégiens sont agrandis et modernisés (pistes en dur, hangar, dépôts de munitions et de carburant).

Ces travaux entrainent une réaction des alliés qui après un temps d’hésitation bombardent les chantiers ou encouragent la résistance norvégienne à saboter les chantiers.

Des opérations commandos sont également menées. Résultat si les bases ont été construites cela à pris bien plus de temps imposant des choix et l’abandon de certains projets.

Néanmoins quand l’opération BOREALIS sera déclenchée les fortifications allemands défendant les ports norvégiens sont sérieuses avec des pièces d’artillerie lourde, médianes et légères, des tubes lance-torpilles, des champs de mines, le tout protégé par des canons antiaériens en nombre sans compter des barbelés, des tranchées et des champs de mines terrestres.

Sur le plan opérationnel, les navires allemands déployés en Norvège dépendaient d’un commandant naval de Norvège disposant d’une large autonomie pour employer ses moyens comme il l’entend.

De novembre 1948 à juin 1950 les opérations navales concernant surtout l’attaque des lignes de communication de l’adversaire avec peu d’affrontements entre grandes unités.

Le 22 juin 1950 les allemands envahissent l’URSS dans le cadre de l’opération BARBAROSSA. Aussitôt les alliés vont tendre la main aux soviétiques avec une coopération (limitée mais coopération tout de même) avec la Flotte du Nord et surtout l’envoi de matériels, de véhicules, de fournitures sous la forme de convois reliant le Loch Ewe aux ports de Mourmansk et d’Arkangelsk.

Ces convois vont être solidement protégés par des escorteurs, des destroyers, des croiseurs, des cuirassés et des porte-avions, le tout couvert par l’aviation basée à terre.

La puissance de l’escorte s’explique par la diversité des menaces : sous-marins, avions basés à terre, grandes unités de surface.

Les allemands attaqueront directement ces convois ce qui entrainera plusieurs affrontements majeurs, le plus célèbre étant naturellement la Bataille du Cap Nord le 17 juin 1952, bataille fatale à plusieurs unités majeures notamment côté allemand (un croiseur de bataille, un croiseur lourd et un porte-avions léger).

L’effort principal est mené par la marine britannique mais la France maintien des moyens navals importants sur zone, moyens regroupés au sein d’une 7ème Escadre appelée également Escadre du Nord et de l’Arctique car devant opérer en mer du Nord et dans l’Océan Glacial Arctique. Cette escadre est placée sous l’autorité de la Home Fleet ce qui ne va pas sans mal même si dans l’ensemble les relations entre marins français et britanniques étaient cordiales.

NdA Dans les parties qui vont suivre je vais aborder l’évolution des flottes alliées et ennemies notamment les constructions liées au programme de guerre. Cela dépassera le cadre des simples opérations au large de la Norvège. Je m’excuse par avance des éventuelles redondances et scories qui pourraient alourdir le récit mais je n’ai pas trouvé de format plus satisfaisant.

La Royale est là

Dans un premier temps la France à d’abord envisagé de ne déployer en mer du Nord que des croiseurs, des contre-torpilleurs et des sous-marins préférant axer son effort sur la Méditerranée où la marine italienne est une noix dure à casser.

Finalement pour des raisons d’orgueil patriotique et de politique des cuirassés et des porte-avions vont opérer dans cette zone.

Le cuirassé Jean Bart à la mer

De février 1951 à novembre 1953 le cuirassé Jean Bart est déployé en mer du Nord pour opérer contre la marine allemande. Il participe notamment à la destruction du Bismarck le 18 juin 1951 dans ce qu’on à appelé la Bataille d’Heligoland, bataille qui sera fatale également à l’ancien cuirassé de poche Admiral Scheer endommagé par les avions de l’Anne de Bretagne et achevé par le sous-marin britannique HMS Safaris.

L’ancien cuirassé de poche à ainsi encaissé deux bombes et une torpille qui rendait sa survie très hypothétique (le miracle de Scharnhorst ne peut pas se reproduire tout le temps), son agonie étant donc achevée par la torpille du Safaris.

Schéma originel du Gascogne

Quelques semaines plus tôt le Gascogne avait rallié la zone, les marines alliées estimant que la menace des raiders de surface ne justifiait plus le maintien de moyens importants pour les traquer.

Il aurait du participer à la bataille du Cap Nord mais ironie de l’histoire ne participe pas à l’affrontement en question car il avait été envoyé vers le détroit du Danemark sur la fausse information du passage d’un nouveau corsaire dans l’Atlantique.

Quand il s’avéra qu’il s’agissait d’une fausse information le cuirassé française à la silhouette reconnaissable entre toutes (une tourelle quadruple à l’avant et une autre à l’arrière) filera pleine vapeur mais trop tard pour participer au combat ce qui lui vaudra des remarques acerbes d’autres équipages, remarques qui déclenchaient parfois pour ne pas dire souvent une bagarre nécessitant l’intervention de la police ou de la prévôté.

En juillet 1952 c’est un cuirassé flambant neuf qui arrive sur zone le Moselle qui n’est autre que le dernier cuirassé construit par la France près d’un siècle après la construction du Gloire. Avec ses neuf canons de 406mm d’origine britannique, ses vingt-quatre canons de 130mm, sa puissante DCA et une suite complète de radars il n’à rien à envier aux plus puissants battleships du monde.

Même les anglais le reconnaissait mais en précisant immédiatement que c’était parce que les canons de l’artillerie principale étaient made in UK.

Il n’aura pas l’occasion d’affronter une grande unité allemande, servant de navire de couverture de convoi et de navire de bombardement, ses obus de 406mm se montrant très efficaces durant l’opération BOREALIS. Il va rester sur zone jusqu’en janvier 1954.

Ralliant alors Brest il est immobilisé pour grand carénage et refonte jusqu’en juillet 1954. A nouveau opérationnel en août, il devient navire-amiral de la Flotte de la Méditerranée. Après avoir participé à la première guerre du Vietnam où ses canons donnèrent à nouveau de la voix, il rentre en métropole pour être désarmé en octobre 1964 avant d’être démoli en 1970.

Le Moselle à joué comme le Gascogne de malchance car il aurait pu couler le Kaiser Wilhelm II mais il à été relevé la veille de l’affrontement survenu le 12 janvier 1953, le cuirassé allemand étant coulé par le HMS Anson.

Ecole à feux pour le HMS Anson

Comme nous le savons en septembre 1948 en dépit des progrès des «ponts plats» le cuirassé reste le capital ship des principales marines.

Ce n’est que durant le conflit que le porte-avions va devenir le maitre-étalon de la puissance navale, le navire jadis auxiliaire devenant désormais le maitre d’un navire relégué à son tour au rang d’auxiliaire, un auxiliaire de luxe mais un auxiliaire tout de même.

Dans ce domaine la France maintien en permanence deux unités, le Painlevé et un porte-avions léger l’Henriette de France puis l’Anne de Bretagne. Ils vont opérer seuls ou avec des porte-avions britanniques, seuls ou avec des cuirassés français, britanniques et américains.

Ces trois unités vont survivre même si l’Henriette de France va rallier l’Océan Indien dès 1952 pour opérer au dessus de la Birmanie (opérations VAMPYR et GYMNASTIC) en attendant les opérations OVERLORD et ZIPPER au dessus de la Thaïlande, des Indes Néerlandaises, de la Malaisie, de Singapour et bien entendu de l’Indochine.

le croiseur lourd Colbert

La France déploie également des croiseurs lourds et des croiseurs légers en l’occurrence les croiseurs lourds Colbert Foch et Henri IV mais aussi des croiseurs légers en l’occurrence les Montcalm Georges Leygues Waldeck Rousseau Sully Lamotte-Picquet et Duquesne (ces deux derniers ne doivent pas être confondus avec le 8000 tonnes et le 10000 tonnes symbolisant la renaissance navale française dans les années vingt). Commme pour les cuirassés, tous les croiseurs ne sont pas déployés en même temps.

Le croiseur léger Georges Leygues en 1937

C’est ainsi que le Colbert n’arrive en mer du Nord qu’en février 1953 après avoir passé cinq ans à traquer les raiders allemands et leurs auxiliaires dans l’Atlantique, après avoir passé cinq ans à couvrir les convois transatlantiques en liaison avec d’autres unités majeures qu’elles soient françaises, britanniques et américaines.

Si il arrive trop tard pour participer à la bataille du Cap Nord il va pouvoir participer à l’opération BOREALIS en octobre 1953 comme nous le verrons, assurant la couverture du dispositif et l’appui-feu des troupes au sol.

Le croiseur lourd Foch

Son sister-ship Foch à moins de chance. Déployé en mer du Nord depuis le début du conflit il participe à des escortes de convois dans l’Océan Glacial Arctique, à des missions de recherche et de destruction et à des affrontements majeurs contre les navires allemands stationnés en Norvège. Il est ainsi coulé durant la Bataille du Cap Nord le 17 juin 1952 par l’action combinée du Prinz Eugen et d’autres unités de surface allemande.

Le Henri IV arrive lui en mer du Nord en janvier 1954 soit bien après les grands affrontements contre la marine allemande. Il va mener des missions de contrôle océanique, des missions d’escorte et d’appui-feu au profit des troupes au sol même si à cette époque la Norvège est quasi-intégralement sous contrôle allié.

En ce qui concerne les croiseurs légers le Montcalm arrive en mer du Nord en octobre 1952 pour renforcer les moyens français sur place. Il va escorter des convois, traquer des navires de surface allemand mais aussi couvrir des opérations commandos.

Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement, participant à l’opération BOREALIS en couvrant le débarquement des troupes françaises à Namsos, assurant la coordination des opérations air-sol et l’appui-feu des troupes mises à terre.

Il est également engagé comme nous le verrons en temps utile contre une unité majeure de la marine allemande en l’occurrence le croiseur lourd Admiral Hipper sorti à la rencontre de la flotte alliée pour une mission que l’on peut qualifier de suicidaire.

Le «7600 tonnes» participe aux combats en mer du Nord jusqu’en février 1954 quand il rallie Brest pour un carénage qui va l’immobiliser jusqu’en juillet 1954, le navire reprenant la mer alors que la guerre en Europe était terminée depuis trois mois. Il rallie ensuite l’Indochine où il va rester déployé jusqu’en 1962 participant donc à la première guerre du Vietnam mais ceci est une autre histoire. Il est ensuite ramené en métropole, désarmé en 1963 et démoli.

Le croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau avait été gravement endommagé durant la Campagne de Norvège. Après dix-huit mois de réparations, il est à nouveau opérationnel en mars 1950 mais va alors rallier la Méditerranée pour deux ans de combat jusqu’au printemps 1952.

Après des travaux de remise en état et de modernisation (nouveaux tubes, tourelle double test annonçant le canon de 130mm modèle 1956, nouveaux radars et moyens de communication) il rallie la mer du Nord en septembre 1952 quasiment quatre ans après la Campagne de Norvège (1948).

Il va couvrir des convois, appuyer des opérations commandos en attendant l’opération BOREALIS au cours de laquelle il est légèrement endommagé par une batterie côtière.

Il termine la guerre en mer du Nord avant de retrouver une ville de Dunkerque ravagée par les combats. Suite à la fermeture de la station navale implantée dans la ville de Jean Bart, le Waldeck-Rousseau et les autres navires de l’ELN vont rallier Cherbourg. L’unique croiseur léger antiaérien de la marine française est désarmé en mars 1962 et démoli.

Des navires neufs sont également envoyés dès l’origine en mer du Nord. C’est le cas du croiseur léger Sully mis en service le 12 décembre 1950. Ce choix ne fait pas l’unanimité certains amiraux français auraient préféré son envoi en Méditerranée.

Comme les autres croiseurs français il va protéger les convois à destination de l’URSS, appuyer des opérations commandos, protéger des porte-avions engagés dans des raids aéronavals mais aussi à des affrontements majeurs de surface comme la bataille d’Heligoland (18 juin 1951).

Il participe ainsi à la bataille du Cap Nord mais aussi à l’opération BOREALIS au cours de laquelle il participe à la destruction du croiseur lourd allemand Amiral Hipper avec le Montcalm.

Il va y rester jusqu’à la fin de la guerre en Europe, ralliant ensuite Brest avec de réguliers détachements en Méditerranée et en Extrême-Orient et ce jusqu’à son désarmement survenu en décembre 1964. Il est démoli quelques années plus tard.

Le 3 octobre 1950 le croiseur léger Lamotte-Picquet à été mis en service d’abord au sein de la 3ème Escadre légère avec pour base Brest.

Il couvre des convois transatlantiques, traque raiders et autres croiseurs auxiliaires. Ce n’est qu’en janvier 1952 qu’il rallie la mer du Nord et la 7ème Escadre pour des missions semblables à celles du Sully.

Victime d’une avarie mécanique, il manque la bataille du cap Nord mais peut participer à l’opération BOREALIS.

Très sérieusement endommagé le 17 novembre 1953 par l’aviation allemande qui bien que très affaiblie possédait encore un solide coup de griffe _son sauvetage tiens même du miracle_ il est désarmé en janvier 1954 (il sera démoli en 1955/56), sa remise en état étant jugée inutile ce qui est tout de même significatif pour un navire mis en service à peine trois années plus tôt.

En février 1951 le croiseur léger Duquesne arrive à son tour en mer du Nord pour combattre les allemands, pour mener des missions de lutte antisurface, d’appui-feu et de couverture des opérations commandos, d’escorte de convois. Il est endommagé à plusieurs reprises mais va survivre au conflit. Il est transformé en croiseur lance-missiles (missiles surface-air MASURCA et missiles anti-sous-marins MALAFON notamment) et va servir dans la marine nationale jusqu’en 1971 date de son désarmement puis de sa démolition.

Aux cotés des croiseurs on trouve des contre-torpilleurs, des French SuperDestroyer, des navires uniques car n’étant ni des destroyers ni vraiment des croiseurs même si les Bayard, les Bruix, les Mogador et les Hoche pouvaient être considérés comme des «petits croiseurs» avec leurs huit canons de 130mm en quatre tourelles doubles.

Le contre-torpilleur Milan

Les contre-torpilleurs Milan et Epervier effectuent toute leur guerre dans l’Atlantique et en Mer du Nord.

Si le premier survit au conflit mais pour être rapidement désarmé en raison d’une usure prononcée liée à un usage intensif, le second n’à pas cette chance car il est coulé lors d’un affrontement contre des Zerstörer allemands, les Z.62 et Z.64 le 14 février 1953 au large de Narvik.

Il encaisse une torpille et une floppée d’obus qui vont le transformer bientôt en annexe de l’enfer. Il coule rapidement emportant une bonne partie de son équipage.

Le contre-torpilleur Bayard est détaché en mer du Nord d’octobre 1951 au 17 juin 1952 date de sa destruction au cours de la Bataille du Cap Nord, le grand destroyer ou le petit croiseur encaissant deux torpilles et de nombreux obus de moyen calibre.

Le Triomphant à la mer

Le contre-torpilleur Le Triomphant arrive en mer du Nord en juillet 1953. Jusqu’ici ce «lévrier des mers» avait opéré en Méditerranée contre la marine italienne.

Cette remarquable unité participe à plusieurs raids commandos où ses canons de 130mm sont d’un précieux secours pour ces unités de raids. Il ne verra pas la fin du conflit puisqu’il est coulé par une batterie côtière au moment de l’opération BOREALIS. Deux obus de 150mm et deux de 105mm le désemparant. Il coule quelques heures plus tard après avoir été pris un temps en remorque.

A la même époque le Guépratte arrive en mer du Nord après avoir été engagé en Méditerranée depuis sa mise en service en mai 1949.

Il couvre des convois, traque les navires allemands encore à flot avant de participer à l’opération BOREALIS. Il survit au conflit et va poursuivre sa carrière pendant encore quelques années subissant pour cela une modernisation mais c’est une autre histoire.

Le contre-torpilleur Maillé-Brézé (classe Guepratte) est déployé en Méditerranée d’octobre 1949 à octobre 1951 avant de rallier la mer du Nord après un passage par l’Arsenal de Brest pour remise en état. Il va y rester déployé jusqu’à sa destruction par l’aviation allemande en août 1953.

Le contre-torpilleur Ronarc’h mis en service en juin 1949 participe à la Campagne de France en Manche au cours de laquelle il est légèrement endommagé par l’aviation allemande (une bombe qui détruit un affût de 130mm et deux coups à toucher). Réparé il bascule en Méditerranée en janvier 1950 participant notamment aux combats de la Campagne de Grèce s’illustrant notamment dans la défense de l’isthme de Corinthe.

Il opère dans la Mare Nostrum jusqu’en mars 1953 date à laquelle il bascule en mer du Nord, participant à l’opération BOREALIS, couvrant les transports, sécurisant les têtes de pont et muselant d’abord les batteries côtières puis les poches de résistance allemandes.

Il opère en mer du Nord jusqu’à la fin du conflit avant de retrouver Brest. Il reste affecté dans l’Atlantique jusqu’à son désarmement en mars 1964. Il est coulé comme cible en juin 1965.

Le contre-torpilleur D’Estaing mis en service en juin 1950 est d’abord affecté en Méditerranée et ce jusqu’en octobre 1952, participant à différentes opérations dont plusieurs opérations amphibies comme DRAGON (Sardaigne) HUSKY (Sicile) et SKYLOCK (Italie péninsulaire).

Après un petit carénage à Toulon de novembre 1952 à février 1953 il bascule en mer du Nord où il va rester déployé jusqu’à la fin du conflit en Europe.

Sa présence n’y étend plus nécessaire il rallie ensuite l’Indochine, servant aux antipodes de juin 1954 à juin 1957. Rappelé en métropole, il est transformé en grand navire anti-sous-marin, servant dans son nouveau rôle de 1959 à 1970 date de son désarmement puis de sa démolition.

Après la construction des unités de classe Guépratte, la France commande une nouvelle classe de navires, des Escorteurs d’Escadre, la fusion des termes contre-torpilleur et torpilleur d’escadre, ces EE devant assurer aussi des missions de combat en autonome comme des contre-torpilleurs et protéger les grandes unités de surface comme les torpilleurs d’escadre.

C’est l’acte de naissance de la classe Surcouf. Huit navires sont commandés et mis sur cale mais la guerre éclate et surtout l’invasion du territoire national va sérieusement bousculer les choses.

En effet six des huit unités mises sur cale (Surcouf Kersaint Bouvet Magon D’Estrées Du Chayla) devront être sabotés ou sabordés pour ne pas tomber aux mains des allemands. Le Kersaint aura lui le triste privilège de couler lors de son remorquage entre Dunkerque et Brest où il devait être achevé et armé.

Deux unités sont construites à Brest et à Lorient ce qui leur évite une fin prématurée. Le Duperré est mis en service en décembre 1950 et le Forbin en février 1951, ralliant aussitôt la Méditerranée.

Six nouveaux escorteurs d’escadre sont commandés aux chantiers navals nantais (ACL et ACB) et aux ACP (Ateliers et Chantiers de Provence) sis à Port de Bouc.

Le Surcouf est mis en service en mai 1951, le Kersaint en septembre 1951, le Bouvet en juin 1951, ces trois ralliant aussitôt la Méditerranée. Le Magon est mis en service en avril 1952, le D’Estrées deux mois plus tôt en février et enfin le Du Chayla en août 1952.

Ces trois derniers navires vont eux rallier la Mer du Nord pour renforcer les moyens de la 7ème Escadre, la composante française en mer du Nord et en Arctique.

Le Magon est coulé par l’aviation allemande le 8 novembre 1952 alors qu’il venait de mener un raid contre la navigation allemande dans le nord du pays.

Après avoir coulé un caboteur, un pétrolier-caboteur et un escorteur, il se replie à grande vitesse mais pas assez vite pour échapper à des bombardiers-torpilleurs allemands qui placent quatre bombes ne laissant aucune chance à un navire quasiment neuf. Ses deux sister-ship vont survivre au conflit, étant désarmés en 1966 et 1968.

Six nouveaux Escorteurs d’Escadre sont construits dans la foulée après quelques hésitations en raisons de la surcharge (relative mais surcharge tout de même) des chantiers navals français qui ont certes bénéficié du repli au sud de La Seine des moyens des chantiers évacués mais qui n’ont pas les capacités des chantiers navals américains.

Ces navires reprennent les noms soit de navires désarmés avant guerre ou de navires coulés durant les premières années du conflit. Ces navires sont baptisés Vautour Cassard Mogador Jaguar Leopard Guépard.

Construits à Nantes (Vautour Mogador), Saint-Nazaire (Cassard Jaguar) et Bordeaux (Léopard Guépard), ces navires sont mis en service en septembre 1952 (Vautour), en octobre 1952 (Cassard), en janvier 1953 (Mogador) en mars 1953 (Jaguar), en juin 1953 (Leopard) et en juillet 1953 (Guépard).

Si le Vautour et le Cassard sont envoyés en mer du Nord, le Mogador et le Jaguar sont envoyés en Méditerranée alors que le Léopard et le Guépard vont rester à Brest pour couvrir les convois contre un éventuel baroud d’honneur d’un corsaire allemand.

Le Vautour et le Cassard vont participer à l’opération BOREALIS, étant légèrement endommagés le premier par l’aviation ennemie, le second par une batterie côtière récalcitrante. Ils sont transformés en navire ASM en 1962 et 1964 étant désarmés au milieu des années soixante-dix.

Le Mogador et le Jaguar vont rester en Méditerranée jusqu’à la fin de la carrière respectivement en 1969 et 1971. Le Léopard et le Guépard vont opérer à Brest jusqu’en mai 1954 avant de rallier l’Indochine où ils vont rester jusqu’à leur désarmement survenu en 1967 peu après la fin de la première guerre du Vietnam.

La naissance du concept d’escorteur d’escadre n’est pas la seule mutation au sein des forces navales de combat. Les torpilleurs légers disparaissent également au profit des escorteurs rapides (ex-navires légers de combat), seize navires qui reprennent les noms des torpilleurs de classe Bourrasque et L’Adroit désarmés avant guerre.

Ces seize navires vont former quatre DER (Divisions d’Escorteurs Rapides), deux déployées en mer du Nord pour des missions d’escorte et de combat, deux autres en Méditerranée pour des missions semblables pour ne pas dire identiques.

La commande supplémentaire d’escorteurs rapides à été envisagée mais finalement abandonnée pour des raisons industrielles, les chantiers navals français étant surchargés par les commandes de navires légers (type «poussière navale») et par la réparation des navires endommagés.

La 1ère DER (Bourrasque Fougueux Frondeur Orage) est déployée en Méditerranée, la 2ème DER (L’Adroit Foudroyant Ouragan Cyclone) est déployée en mer du Nord, la 3ème DER (Siroco La Palme Le Tempête Tramontane) est déployée en mer du Nord, la 4ème DER déployée en Méditerranée comprenant les escorteurs rapides Mistral Le Mars Typhon Tornade.

Ces navires sont mis en service en 1951 et 1952. Sur les huit navires engagés en mer du Nord, trois sont perdus. Il s’agit de l’Adroit victime d’un sous-marin allemand au large de Bergen le 4 janvier 1953, le Cyclone est victime d’une mine au large de Narvik le 8 mars 1953 et le Tramontane est coulé par l’aviation allemande le 15 juillet 1953.

Les autres navires sont retirés du service entre 1965 et 1970 remplacés par des corvettes (le terme corvette remplaçant celui des escorteurs rapides le 8 octobre 1969).

Aux côtés des escorteurs rapides on devrait trouver une série de patrouilleurs de 700 tonnes, des patrouilleurs essentiellement tournés vers la lutte anti-sous-marine notamment en zone côtière.

Ces navires sont simples à construire, à utiliser (des générations d’officiers mariniers et de matelots feront leurs premières armes à bord) avec un armement comparable à des corvettes avec un canon médian (90 ou 100mm), une DCA légère (canons de 25mm et mitrailleuses) et des grenades ASM.

Là encore l’invasion du territoire national par les allemands perturbe la construction. Un certain nombre d’unités sont sabotés sur cale pour ne pas tomber aux mains des allemands avec succès puisqu’aucun navire n’à été achevé par les allemands.

Les patrouilleurs Moustique Coléoptère Criquet Sauterelle sont mis en service en 1951, les autres navires sont mis en service en 1952 et 1953 (Guêpe Mouche Araignée Bourdon Libellule Frelon Scorpion). Ces navires vont opérer en Manche et secondairement en mer du Nord en liaison avec d’autres unités plus hauturières.

Plusieurs unités vont être coulées, le Moustique par une mine magnétique le 8 mars 1952 au large de Douvres, la Mouche par l’aviation allemande le 14 avril 1953 et le Scorpion par une batterie côtière lors de Borealis (11 octobre 1953).

Les autres navires vont survivre au conflit mais leur carrière militaire va être courte, la plupart de ces navires étant transférées à la gendarmerie maritime pour la surveillance des côtes mais ceci est une autre histoire.

Les sous-marins ne sont pas oubliés avec deux classes de «torpilleurs submersibles», le type Y-5 (sous-marin côtier) et le type Z-4 (sous-marin océanique). Ce sont au total quatorze sous-marins qui sont commandés suivis d’une nouvelle commande de huit Z-4 même si au final seulement six unités seront achevées.

Tout comme les autres constructions l’invasion allemande du territoire va entrainer le sabordage sur cale de certaines unités, unités qui pour certaines vont être remises sur cale au delà des menaces allemandes.

Quatre unités type Y-5 sont mis en service en 1951, l’Antiope en janvier, l’Amazone en février, l’Orphée en mars et le Sibylle en mai. En 1952 deux unités sont mises en service, les Calypso et Doris (respectivement en janvier et juin, deux unités étant sabordées au Havre (Circé et Thetis).

Quatre nouvelles unités sont mises en service en 1953 et 1954 en l’occurence le Sirène (septembre 1953), la Naïade (en février 1954), le Galatée (en juin 1954) et l’Argonaute (septembre 1954), les deux derniers ne participant donc pas au second conflit mondial.

Les sous-marins type Z-4 ne sont pas tous mis en service, deux unités sont ainsi sabordées sur cale dans les chantiers navals du Trait (Achille Persée). Les Pascal et Argo sont mis en service respectivement en juin et août 1952 tout comme l’Henri Poincaré et le Pasteur.

Ils sont suivis par l’Achille _qui reprend le nom du sous-marin sabordé sur cale au Trait_ en mai 1953, le Persée en juillet 1953, l’Ajax en décembre 1953, l’Archimède en avril 1954, le Fresnel en juin 1954 et l’Acheron en septembre 1954, la construction du Poncelet et de l’Acteon étant abandonnée fin 1953.

A la différence de l’avant-guerre la Royale décide de ne pas créer de nouvelles divisions de sous-marins, préférant créer le 14 septembre 1948 un Groupement de Sous-Marins du Nord qui prend sous son autorité tous les sous-marins détachés sous l’autorité de la 7ème Escadre.

Tous les sous-marins construits ne vont pas être engagés en mer du Nord. Sur les vingt sous-marins construits huit sont engagés au sein de la 7ème Escadre en l’occurrence l’Antiope, le Calypso, le Sirène, le Galatée, le Pascal, l’Argo, l’Achille et le Persée.

Sur ces huit unités, trois vont être perdues en l’occurrence l’Antiope victime le 12 février 1952 des charges de profondeur d’un hydravion allemand alors qu’il tentait d’attaquer un convoi allemand, le Calypso coulé par un U-Boot le 8 octobre 1953 alors qu’il menait une mission de surveillance en vue de BOREALIS et enfin le Sirène victime d’une mine en baie d’Heligoland le 14 février 1954.

Les autres submersibles survivent au conflit sont modernisés selon le programme AMATATE (Améliorations Tactiques et Techniques) et retirés du service à la fin des années soixante remplacés à la fois par des sous-marins diesels (classe Daphné et Agosta) et par des sous-marins nucléaires (classe Rubis) mais ceci est une autre histoire.

Les sous-marins français ayant survécu à la Campagne de Norvège restent déployés en mer du Nord, la marine française décidant d’éviter des transferts de submersibles d’une mer à l’autre à la fois pour des questions de sécurité mais aussi pour ne pas dilapider une expérience précieuse, les conditions de navigation et de combat en mer du Nord n’étant pas celles de la Méditerranée ou de l’Atlantique.

Il y aura bien des transferts mais uniquement des membres d’équipage qui parfois lassés de la chaleur de la Mare Nostrum voulaient découvrir les frimas de la Mer du Nord et inversément.

Le Casabianca réparé retourne en mer du Nord, assurant missions de surveillance, de combat de soutien à la résistance norvégienne (transport d’armes, infiltration d’agents et de commandos), survivant au conflit. Usé par un service intensif, il est désarmé le 30 mars 1955. Son kiosque est préservé au Musée de la Marine à Brest, le reste étant démoli.

Le Sfax

Le Sfax à moins de chance que son sister-ship. Victime de l’aviation allemande, il est coulé au large de Lofoten le 14 septembre 1951. Après avoir torpillé un cargo, il est surpris par un hydravion allemand qui place deux charges de profondeur. Une large tâche huileuse montre que le sous-marin à coulé avec tout son équipage.

Le Rolland Morillot premier «1800 tonnes» va opérer durant toute la guerre en mer du Nord, dans les détroits danois et même dans l’Océan Glacial Arctique, étant le seul sous-marin français à faire escale à Mourmansk.

Survit-il au conflit ? Oui et non car il est gravement endommagé par un échouage au large de Cherbourg le 7 mars 1954 alors qu’il ralliait son chantier constructeur pour un carénage en vue d’un envoi en Indochine. Une inspection montre des dégâts tels qu’on préfère le désarmer son nom étant récupéré pour rebaptiser un sous-marin italien livré au titre des dommages de guerre.

Le Martinique survit au conflit. Il opère en mer du Nord contre la navigation commerciale et militaire allemande, assurant également un rôle de sonnette pour détecter les sorties des grandes unités allemandes avant d’effectuer des missions de soutien à la résistance norvégienne.

En janvier 1954 décision est prise de l’envoyer en Indochine. Il va pour cela réaliser un tour du monde, partant de Brest, traversant l’Atlantique en surface direction les Antilles. Il fait escale à Fort de France dans une ambiance indescriptible.

Il franchit le canal de Panama, traverse le Pacifique avant de rallier Saigon (libérée à l’automne 1953). Après des travaux, il va mener des opérations contre le Japon même si au printemps 1954 les navires japonais se font rares.

Il est surtout utilisé pour des missions de surveillance, de reconnaissance et de récupération de pilotes abattus. De retour en Métropole en 1960, il est désarmé en septembre 1961 et démoli en 1963.

Le Saint Pierre et Miquelon à moins de chance. Endommagé durant la Campagne de Norvège, il est réparé en Grande-Bretagne avant de reprendre ses patrouilles. Il est sérieusement endommagé par une mine allemande dans le détroit du Skagerrak le 8 octobre 1952.

Il fait brièvement surface, se cassant en deux, l’avant coulant rapidement l’arrière flottant entre deux eaux. Vingt-quatre survivants embarquent à bord d’un chalutier danois qui va les ramener en Grande-Bretagne !

Les marins seront affectés à d’autres sous-marins, les marins danois ralliant le Danish Naval Group (DNG) pour continuer la lutte, les six jeunes marins étant trop jeunes pour combattre en 1948.

Le Kerguelen va survivre au conflit. Il effectue pas moins de vingt-quatre patrouilles durant le conflit sans être sérieusement endommagé. Baptisé «the lucky one» (le chanceux) par les anglais, il est modernisé après guerre, servant de sous-marin d’entrainement de 1963 à 1967 avant d’être démoli en dépit d’un projet de conservation comme sous-marin musée.

Le Mayotte est aussi un survivant du conflit. Il va opérer en mer du Nord, dans les détroits danois, dans le Skagerrak, faisant même escale en Islande. Il est endommagé à plusieurs reprises, toujours légèrement sauf durant l’opération BOREALIS où il est sérieusement secoué par une mine explosant à proximité de lui.

Sérieusement endommagé, la guerre est finie pour lui. Il est cependant réparé et remis en état, servant de sous-marin d’entrainement et d’essais jusqu’à son désarmement en 1959, le sous-marin sabordé au large de Toulon servant de but sonar.

Le Pluviose opère en mer du Nord de septembre 1948 à sa destruction survenue le 19 août 1952, le «800 tonnes» étant victime d’une mine alors qu’il patrouillait dans le Skagerrak. Comme souvent quand un sous-marin fait naufrage aucun membre d’équipage ne survit.

Le La Praya va lui survivre au conflit. Il mène des patrouilles en mer du Nord, dans les détroits danois, opérant même brièvement en Baltique après la libération de la Norvège et du Danemark.

Il est un temps prévu de l’envoyer en Indochine mais victime d’une avarie il est finalement désarmé en décembre 1954 et démoli deux ans plus tard.

L’Ile de Re opère d’abord dans l’Atlantique pour traquer croiseurs auxiliaires et autres raiders allemands. Il se rend même à Gibraltar, Casablanca et même Dakar où opère la 8ème DSM avec quatre vénérables 1500 tonnes (Agosta Ouessant Bévéziers et Sidi-Ferruch).

Redéployé en mer du Nord en septembre 1952 il participe à plusieurs opérations commandos, plusieurs opérations de soutien à la résistance norvégienne avant d’être engagé dans l’opération BOREALIS pour déposer des commandos préparant la mise à terre des troupes puis pour contrer l’arrivée de renforts allemands. Rentré à Brest en juin 1954, il est remis en état en juillet et août 1954 avant d’être envoyé en Indochine où il va rester jusqu’en 1957.

Rentré en métropole, il est refondu dans le cadre du programme AMTATE puis renvoyé en Extrême-Orient pour participer à la première guerre du Vietnam. Désarmé en septembre 1967 à Saigon il est démoli sur place en raison d’un état rendant son remorquage jusqu’en métropole trop aléatoire.

Le sous-marin Guadeloupe connait une carrière similaire à son sister-ship Ile de Ré. Il effectue cependant un crochet en Méditerranée de février 1954 à octobre 1955. Modernisé dans le cadre du programme AMTATE, il est lui aussi envoyé en Extrême-Orient pour participer à la première guerre du Vietnam.

A la différence du précédent il peut rentrer en métropole en décembre 1966 pour être démantelé. Son kiosque à été préservé et envoyé à Pointe à Pitre pour orner le monument aux morts dédié aux «enfants de la Guadeloupe morts pour la France», un monument hélas régulièrement tagué et dégradé par des imbéciles et des ignorants.

Des navires de soutien sont également construits en l’occurrence les navires-ateliers Vulcain et Hephaïstos mis en service respectivement en septembre 1950 et février 1951, le premier étant déployé en mer du Nord, le second d’abord en Méditerranée puis dans l’Océan Indien. Ces deux navires survivent au conflit et sont désarmés en 1970 pour le premier, en 1980 pour le second.

Deux pétroliers-ravitailleurs d’escadre (PRE) sont également construits, des navires baptisés Dordogne et Durance mis en service respectivement en janvier et mars 1951, le premier ralliant la mer du Nord et le second la Méditerranée.

Si le premier survit au conflit (étant désarmé en 1970), le second est victime d’une attaque aérienne allemande en mer Egée lors de l’opération SWORD le 21 novembre 1953. deux bombes vont l’envoyer par le fond alors qu’il ravitaillait des navires britanniques.

Des navires légers sont également construits durant le conflit que ce soit des navires fluviaux pour patrouiller sur la Seine, des dragueurs de mines auxiliaires sur des coques de chalutiers (seize unités), des caboteurs……… . La plupart de ces navires vont opérer en France

Pologne et Pays Neutres (108) Pologne (20)

Navires en service

Croiseurs

ORP Conrad ex-HMS Danae

-En 1944 deux croiseurs type D sont transférés à la marine polonaise libre, les HMS Danae et HMS Dragon. Si le second conserve son nom d’origine le premier devient l’ORP Conrad.

En dépit du fait qu’ils soient en passe d’être obsolètes, ces navires sont toujours stationnés en Europe, le gouvernement polonais en exil étant réticent à l’idée de déployer ailleurs des moyens navals somme toute limités.

En septembre 1948 les deux croiseurs sont déployés à Chatham en mer du Nord, couvrant le passage sur le continent des divisions britanniques du corps expéditionnaire destiné à combattre aux côtés des unités du GA n°1.

L’ORP Conrad est endommagé le 17 décembre 1948 par un échouage alors qu’il rentrait à Chatham mais les dégâts limités sont vite réparés.

Il participe ensuite à la Campagne de France opérant en Manche et en mer du Nord protégeant des navires de transport amenant des renforts (et évacuant des blessés), luttant contre l’aviation allemande, bombardant les troupes ennemies, assurant l’appui-feu lors des contre-attaques, le général Villeneuve commandant en chef des troupes alliées en Europe ayant fait passer le mot «On ne lâche rien et on leur prend tout !» (la légende prétend que le «Général Tornade» aurait utilisé un langage moins châtié mais impossible à reproduire ici car faisant explicitement référence à une partie de l’anatomie masculine).

Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement à croire qu’il à un ange gardien. Cet ange gardien l’abandonne le 24 juin 1950 lors de l’opération Avalanche. A l’aube alors qu’il bombardait des positions allemandes il repère au radar des échos rapides.

L’alarme aux vedettes est déclenchée, la DCA légère déclenche un déluge de feu sur les huit (certaines sources disent douze) S-Boot attaquant le croiseur. Opérant à la japonaise, les vedettes larguent toutes leurs torpilles (dont le nombre exact est inconnu) qui filent dans le jour naissant.

Le croiseur se bat comme un beau diable, évitant trois, quatre peut être cinq torpilles. D’autres anguilles se perdent mais deux frappent le vieux croiseur qui coupé en deux coule rapidement ne laissant que peu de survivants qui parviennent à rallier la terre puis rejoindre les troupes alliées.

L’épave repose à faible profondeur au large de Dieppe mais son statut de tombe de guerre interdit toute plongée hors commémorations, chaque 24 juin une équipe de plongeur franco-polonaise se chargeant de remplacer le pavillon polonais et de déposer une couronne mortuaire.

ORP Dragon

Son sister-ship l’ORP Dragon ne participe pas aux premières opérations du second conflit puisqu’il est immobilisé jusqu’au mois de novembre 1948 par un carénage. Remis en service, il est détaché à Halifax sous commandement canadien pour couvrir les convois et traquer croiseurs auxiliaires et autres raiders allemands.

De retour en Grande-Bretagne en mars 1949 il participe à la Campagne de France au cours de laquelle il est endommagé par deux bombes allemandes ce qui lui impose six mois de réparations de juin à décembre 1949, ces réparations étant l’occasion d’une modernisation, modernisation limitée par l’état du navire et notamment son ancienneté.

Voilà pourquoi le 17 juin 1952 l’ORP Dragon est désarmé après une nouvelle avarie. Cette avarie aurait pu être réparée mais l’ancienneté du navire la rend peu pertinente. Les polonais ne perdent pas au change puisqu’il est remplacé par un croiseur léger de classe Dido, le HMS Black Prince qui devient l’ORP Conrad en hommage au premier du nom.

Le HMS Black Prince

A noter qu’initialement les polonais voulaient le rebaptiser ORP Czarny Ksiaze qui signifie tout simplement Prince Noir en polonais mais les britanniques ont poliment décliné en disant que cela poserait des problèmes au niveau des transmissions.

Remis en service officiellement le 4 septembre 1952, il est loué pour cinq ans renouvelable à la marine polonaise qui va l’engager en mer du Nord, le croiseur polonais participant à des raids contre le trafic maritime allemande, couvrant des raids commandos……. .

Il participe à l’opération BOREALIS en octobre 1953, assurant la Défense Aérienne à la Mer (DAM) de la tête de pont de Trondheim où débarquent la 26ème DI américaine, la 10ème Division de Montagne américaine et la 4ème brigade norvégienne. Il assure une mission d’appui-feu ainsi que la coordination entre l’aviation et les troupes au sol.

Endommagé par une mine le 14 janvier 1954, le croiseur léger polonais était immobilisé pour réparations quand l’Allemagne capitule le 30 avril 1954. A nouveau opérationnel le 18 mai 1954, il se rend en mer Baltique où sa présence n’est guère goûtée par les soviétiques. Il rallie vite la mer du Nord et va opérer sous contrôle polonais à partir du 14 septembre 1954.

Un temps la Pologne envisage de l’acheter mais la Grande-Bretagne comme l’URSS n’ont pas intérêt pour des raisons différentes qu’un tel navire rejoigne la Baltique. Le 14 septembre 1957 il est rendu à la Grande-Bretagne, reprend son nom d’origine pour mieux être désarmé dès le 14 mars 1958 avant d’être vendu à la démolition deux ans plus tard en 1960.

Destroyers

Classe Wicher

Les deux unités de classe Wicher sont des torpilleurs d’escadre type Bourrasque modifiés, l’ORP Wicher (grand vent) étant mis en service en juillet 1930 alors que son sister-ship l’ORP Burza (tempête) était mis en service en mars 1932.

ORP Burza

Ces deux navires connaissent des sorts différents, le premier étant coulé le 3 septembre 1939 par l’aviation allemande (quatre bombes _trois au but et un coup à toucher_), l’épave relevée en novembre 1939 n’étant pas remis en service.

Le second est exfiltré vers la Grande-Bretagne suite à l’opération PEKING. Il est utilisé comme navire opérationnel et comme navire d’entrainement jusqu’à ce que son usure entraine sa mise en réserve en juin 1944.

Remis en service en septembre 1952 il est utilisé davantage comme transport rapide que comme destroyer. Rentré en Pologne en mai 1955, il est utilisé comme navire-école jusqu’en mars 1963 quand il est désarmé. Il sert de navire musée jusqu’en 1977 quand il est remplacé par le Blyskawica puis démoli.

Ces deux navire déplaçaient 1540 tonnes, mesuraient 106.9m de long pour 10.5m de large et 3.5m de tirant d’eau, pouvaient filer à 33.8 nœuds, étaient armés de quatre canons de 130mm, de deux canons de 40mm wz.40 (remplacés ensuite par quatre canons de 40mm Bofors et six canons de 20mm Oerlikon), de deux affûts triples lance-torpilles de 533mm, de quatre grenadeurs et pouvaient embarquer jusqu’à soixante mines, l’équipage se composant de 162 officiers et marins.

Classe Grom

ORP Grom et Blyskawica

Cette classe de destroyers est composée de deux unités de conception et de fabrication britannique, l’ORP Grom (tonnerre) et ORP Blyskawica (éclair) mis en service respectivement le 11 mai et le 25 novembre 1937. Deux autres unités baptisées Huragan et Orkan _ouragan et vent tempêtueux_ devaient être construits en Pologne mais aucun navire n’était encore sur cale quand les allemands ont envahit le pays.

Le Grom et le Blyskawica s’échappent du pays dans le cadre du plan Peking et rallient la Grande-Bretagne pour intégrer la marine polonaise libre et continuer la lutte même si il faudra pour cela attendre septembre 1948.

Stationnés à Devonport, les deux destroyers sont engagés au large de la Norvège au cours ils sont endommagés, le Grom plus sévèrement que son sister-ship. Si le Blyskawica participe à la campagne de France, le Grom endommagé sérieusement le 7 octobre 1948 par deux bombes n’est de retour au combat qu’en juillet 1949. ironie de l’histoire il revient au moment son sister-ship est endommagé par une mine allemande lui imposant six mois de réparations à Brest (juillet 1949-janvier 1950).

Ces navires sont redéployés en mer du Nord en juin 1950 pour maintenir la pression sur la Norvège, les destroyers polonais assurant notamment la protection de cuirassés et de porte-avions français et britanniques menant des raids contre la Norvège.

En mars 1952 ils rallient Chatham et vont davantage appuyer les troupes alliés progressant en Belgique puis aux Pays-Bas. Ils couvrent également le déminage du port d’Anvers.

Endommagés à plusieurs reprises jusqu’à la fin du conflit ils rentrent en Pologne en septembre 1955 dans un contexte de guerre fratricide entre le gouvernement polonais installé désormais à Londres et le gouvernement pro-soviétique dit comité de Lublin.

La marine polonaise comme les autres armées se déchirent entre pro-occidentaux et pro-soviétiques, ces derniers finissant par l’emporter.

Ces deux navires vont rester en Pologne et former le cœur de la nouvelle marine polonaise jusqu’à leur désarmement en septembre 1965 et juin 1966 respectivement. Si le Grom est démoli, le Blyskawica après un temps d’abandon est remis en état et transformé en musée flottant à Gdansk.

Ces navires déplaçaient 2144 tonnes (2560 tonnes en charge), mesuraient 114m de long pour 11.3m de large et 3.3m de tirant d’eau, une puissance propulsive de 54000ch produite par des turbines à engrenages alimentées en vapeur par trois chaudières ce qui leur permettait d’atteindre la vitesse maximale de 39 nœuds.

L’armement se composait de sept canons de 120mm (un affût simple en position «A», trois affûts doubles en position «B», «X» et «Y»), deux affûts doubles de 40mm (puis quatre affûts doubles), quatre affûts doubles de 13.2mm puis six canons de 20mm Oerlikon, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples et des grenades ASM, l’équipage se composait de 192 officiers et marins.

Type N

-L’arrêt brutal de la guerre de Pologne met la marine britannique dans l’embarras, la Royal Navy qui s’était inscrite dans une guerre longue se retrouve avec de nombreux navires en construction dont elle ne sait que faire.

Voilà pourquoi les type N ne vont jamais combattre sous pavillon britannique mais sous pavillon australien (six) et polonais (deux) où ils remplacent un destroyer type Bourrasque usé par un usage intensif.

HMS Noble futur ORP Warsawa

C’est ainsi que le Noble (G-84) est mis en service le 2 juin 1942 sous le nom de ORP Warsazwa alors que le NonPareil (G-16) est lui mis en service le 30 octobre 1942 sous le nom d’ORP Kracow.

HMS Nonpareil futur ORP Krakow

Ces deux navires sont stationnés à Devonport et forment avec le HMS Amazon et des chalutiers armés un groupe de combat destiné à des missions de patrouille et d’escorte. En temps de paix ils assurent de nombreux exercices avec l’Escadre Légère du Nord (ELN) et d’autres unités de la marine britannique.

En temps ils doivent protéger les convois et les navires auxiliaires en Manche contre l’ennemi qu’il soit aérien, de surface ou sous-marin. L’ORP Warszawa participe par exemple à la Campagne de France au cours de laquelle il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Il à moins de chance le 17 septembre 1953. Menant une mission de recherche et de destruction au large des côtes allemandes, il est surpris par des chasseur-bombardiers allemands qui en dépit d’une DCA féroce placent deux bombes sur le destroyer qui coule rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Son sister-ship l’ORP Krakow participe lui aussi à la Campagne de France puis à la reconquête du nord-est de la France et du Benelux avant le franchissement du Rhin et la conquête de l’Allemagne. Survivant au second conflit mondial, il est vendu à la Pologne en mai 1955, utilisé jusqu’en 1970 puis démoli.

Les destroyers type N étaient des navires déplaçant 1717 tonnes (2367 tonnes à pleine charge), mesurant 108.7m de long pour 10.90m de large et 3.8m de tirant d’eau.

Propulsés par deux groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par deux groupes de chaudières Amirauté développant 40000ch et entrainant deux hélices, ils pouvaient atteindre la vitesse maximale de 36 nœuds (32 à pleine charge), et franchir 5500 nautiques à 15 nœuds et 1500 à 32 nœuds.

L’armement se composait de six canons de 120mm en trois affûts doubles (deux avant “A” et “B” et un arrière “X”), d’un Pom-Pom quadruple et de deux affûts quadruples de 12.7mm, ces deux derniers étant remplacés ultérieurement par six canons de 20mm Oerlikon, de deux plate-formes quintuples lance-torpilles de 533mm, d’un grenadeur axial et de deux projecteurs latéraux. L’équipage se composait de 163 officiers et marins (218 avec un état-major).

Pologne et Pays Neutres (106) Pologne (18)

FORCES ARMEES POLONAISES (3) : MARINE

Historique

La Marynarka Wojenna à connu une histoire difficile, douloureuse, chaotique à l’image de la Pologne en quelque sorte.

Elle à existé brièvement à deux reprises (la Commission de la Mer créée le 24 mars 1568 et la Commission des Navires Royaux en 1626) avant de connaître une histoire continue à partir de 1918 et jusqu’à la guerre de Pologne.

Elle va ensuite renaitre sous la forme d’une Marine polonaise libre créée sous contrôle britannique, marine qui va combattre en mer du Nord et secondairement dans l’Atlantique. A la fin du conflit, cette marine va rallier la Pologne même si certains marins préféront rester en Grande-Bretagne estimant ne plus rien avoir en Pologne.

L’histoire navale polonaise commence durant la Guerre de Treize Ans (1454-1466) entre la Pologne et l’ordre teutonique. Le 15 septembre 1463 à lieu une bataille décisive dans le Frisches Haff, trente navires polonais et prussiens défont 44 navires teutoniques, la Pologne sécurisant un accès à la Baltique, accés pérénisé quand la Paix de Thorn (1466) donne à la Pologne la ville de Dantzig.

En 1561 après une victoire sur la Russie, la Pologne acquiert le port de Riga (perdu en 1621 au profit des suédois).

De 1568 à 1572 une proto marine polonaise existe sous la forme d’une Commission de la Mer (Komisja Morska) qui accord des lettres de marque à des corsaires stationnés à Puck chargées d’opérer en mer Baltique.

Les marchands de la ville de Gdansk (Dantzig) sont opposés à cet organisme probablement parce que la frontière entre corsaire et pirate est aussi mince qu’une feuille de papier.

A plusieurs reprises les rois de Pologne ont tenté de créer une véritable marine mais cette volonté se heurte à un manque de fond et du peu d’intérêt de la turbulente noblesse polonaise pour les choses de la mer.

En 1626 la Komisja Okretow Krolewskich (Commission des navires royaux) est créée pour tenter de mettre sur pied une marine polonaise pérenne et durable.

En 1627 les polonais remportent une victoire majeure à Olivia contre les suédois. La Diète (Sjem) débloque un budget important permettant à Vladislav IV Vasa d’acheter douze navires stationnés à Wladyslawowo (ville située sur en Poméranie à l’extrémité occidental du Frisches Haff), des navires qui sont détruits par le Danemark en 1637 pour la majeure partie, les rares survivants étant revendus en 1641/43.

Les navires concernés sont le Czarny Orzel (Aigle noir), un navire de 420 tonnes armé de 32 canons, le Pronsk Samuel (Prophète Samuel) un navire de 400 tonnes armé de 24 canons, le Wielkie Slonce (Grand Soleil), un navire de 540 tonnes armé de 24 canons, le Nowny Czarny Orzel (nouvel aigle noir 24 canons).

A ces quatre navires s’ajoutent quatre navires plus petits, des navires de 200 tonnes à savoir le Biaby Orzel (aigle blanc), Charitas, Gwiazdo (étoile) et Strzelec (sagitaire) et deux navires de 140 tonnes et quatre canons, le Swiety Piotr (St Pierre) et le Maly Biaby Orzel (Petit Aigle Blanc) et deux galères. On peut ajouter de petits embarcations utilisées par les cosaques (Chaïka)

En 1700 une petite marine est créée par Auguste II le Fort pour la Grande Guerre du Nord mais son existence est tellement éphémère qu’elle n’est pas considérée comme une version de la marine polonaise.

La Pologne longtemps puissance dominante dans l’est de l’Europe ne sera jamais une grande puissance maritime.

La marine polonaise (re)nait en 1918, les premiers navires étant quelques torpilleurs ayant appartenu à la marine impériale allemande.

Les marins polonais ont de grandes ambitions (y compris de cuirassés !) mais ils se heurtent au manque de moyens financiers. La marine polonaise allait donc être une Green Water Navy, une marine des eaux vertes, une marine littorale tournée vers la défense côtière contre l’Allemagne et l’URSS.

Conscient qu’une intervention franco-britannique en Baltique est peu probable ou sera du moins tardive, Varsovie espérant préserver l’avenir décide d’envoyer à l’ouest ses unités les plus modernes (c’est le Plan Peking), unités qui allaient permettre la mise sur pied d’une marine polonaise libre (Darmowa Polska Marynarka Wojenna) avec des unités cédées par la Grande-Bretagne, certaines anciennes mais d’autres modernes.

En septembre 1939 la marine polonaise est une force autonome dirigée par un commandement naval installé à Varsovie, commandement placé sous l’autorité du commandement en chef des forces polonaises.

La digue de la base navale de Hel endommagée par une bombe

Elle s’appuie sur la base de Gdynia-Oksywie, la base de Hel, la base aéronavale de Puck ainsi qu’un dépôt de munitions/gare de transit installé à Westerplatte dans la ville libre de Dantzig. A cela s’ajoute l’Ecole Navale installée à Gdynia.

Son organisation est classique avec des flottilles, une flottille de destroyers, une flottille de sous-marins, une flottille fluviale, un commandement de la défense côtière et l’aviation navale.

Le 1er septembre 1939 à lieu la Bataille de la baie de Dantzig, une bataille aéronavale. Bien entendu il n’est point ici question de porte-avions dont les deux pays sont dépourvus mais d’une bataille opposant des navires polonais (sept mouilleurs de mines, deux canonnières appuyées par des batteries antiaériennes installées à terre) à des avions allemands (trente-trois bombardiers essentiellement des Ju-87).

Comme nous l’avons vu l’opération Peking à envoyé hors de Pologne les unités les plus modernes laissant au pays quelques rares unités. On trouve notamment un mouilleur de mines, un destroyer, cinq sous-marins et divers petits navires.

Les sous-marins polonais doivent dans le cadre de l’opération Worek perturber les mouvements de la Kriegsmarine alors que dans le cadre de l’opération Murka un champ de mines doivent être tendu entre la péninsule de Hel et de Gdynia.

ORP Gryf

Au crépuscule dix navires polonais quittent Gdynia pour Hel. On trouve le mouilleur de mines ORP Gryf, les dragueurs mouilleurs de mines Jaskalka Czapala Zuraw Czajka Rybitwa et Mewa, les canonnières ORP Komendant Pilsduski et General Haller. A noter que le destroyer ORP Wicher ne participe pas directement à l’opération.

ORP Wicher

Dans l’après midi l’aviation allemande repère le Gryf. En à peine une demi-heure une contre-attaque aérienne est lancée.

Trente-trois avions attaquent en deux groupes, la DCA polonaise obligeant les allemands à larguer de plus haut ce qui explique qu’aucun impact majeur n’à été enregistré.

Un nouveau raid est lancé sur les coups de 18.00. A nouveau aucun impact majeur mais plusieurs navires sont endommagés notamment le Gryf qui se débarasse de ses mines. L’opération Murka est annulée.

A Hel le Wicher et le Gryf sont désarmés, perdant tout équipement utile et servant de pontons de DCA.

Du 8 au 14 septembre à lieu la Bataille de Gdynia, une bataillon opposant 17000 polonais à 29000 allemands, la Kriegsmarine enggageant deux cuirassés, trois croiseurs et dix destroyers, de petites unités ainsi que 120 avions.

Du 4 au 8 septembre les allemands isolent la côte polonaise de son hinterland, de son arrière pays, le cuirassé Schleswig-Holstein bombardant la côte mais son tir est peu efficace car la présence de batteries côtières lui interdit de trop s’approcher.

Dès le 4, les forces venues d’Allemagne et celles de Prusse orientale ont fait leur jonction. Le 8 l’attaque commence sur Gdynia. La ville est abandonnée le 12, tombant aux mains des allemands le 14. Les troupes polonaises se rendent après la défaite de Kepa Oksywska.

Du 1er septembre au 2 octobre 1939 à lieu la Bataille de Hel du nom de la péninsule qui sépare la baie de Puck appelée aussi Frisches Haff de la mer Baltique. Les allemands engagent 38000 hommes, deux cuirassés, deux destroyers plus des avions alors que les polonais sont 2800 hommes avec le soutien d’un destroyer, de mouilleurs de mines et de navires légers.

La forteresse de Hel est solidement armée avec une batterie de quatre canons de 152mm, deux batteries de deux canons de 105mm et trois batteries de huit canons de 75mm. La DCA représentée par la 2ème division d’artillerie antiaérienne navale se compose de six canons de 75mm, huit canons de 40mm, dix-sept mitrailleuses et deux projecteurs de 120cm. A cela s’ajoute les armes de l’infanterie à savoir quatre canons de 75mm, six canons de 75mm, 62 mitrailleuses et 11 mortiers.

Dès le 1er septembre la forteresse de Hel est bombardée. Le 3 septembre, le Wicher et le Gryf engagent avec les batteries côtières les destroyers allemands Leberecht Maas et Wolfgang Zenker, le premier est légèrement endommagé avec quatre morts à la clé. En face le Gryf enregistre quelques dégâts et sept morts.

Les navires allemands se replient appelant la Luftwaffe à la rescousse. L’aviation allemande coule le Gryf, le Wicher, le Mewa alors que le général Haller gravement endommagé coule le 6 septembre.

Les équipages s’insèrent dans le dispositif à terre, deux canons de 120mm du Gryf étant récupérés pour renforcer les défenses à terre.

Un premier assaut est mené le 9 septembre et les 12 et 13 septembre, les derniers navires polonais sont coulés ou désarmés, l’artillerie est installée à terre, les équipages renforçant la garnison.

Entre-temps le 7 septembre, la garnison de la Westerplatte se rend ce qui permet aux cuirassés allemands de mouiller à l’intérieur du Frisch Haff. Le 25 septembre ces navires sont légèrement endommagés. L’aviation allemande s’acharne mais en paye le prix avec 46 à 53 appareils abattus.

Les allemands déploient de l’artillerie lourde et même de l’artillerie lourde sur voie ferrée pour tenter de neutraliser la base devenue une île par la détonation de torpilles pour couper la base polonaise du reste de la péninsule. La forteresse capitule le 1er octobre et le lendemain toute la péninsule est occupée.

Du 10 au 19 septembre 1939 à lieu la Bataille de Kiepa-Oksywska, une bataille ayant eu lieu dans la banlieue de Gdynia, bataille opposant 38000 allemans à 15000 polonais. Ces derniers doivent combattre sur deux fronts.

Le 12 septembre 1939 les polonais se replient sur les monts Oksywie, renonçant à défendre la ville, les troupes polonaises capitulent le 19, le colonel Dabek se suicide.

La Darmowa Polska Marynarka Wojenna voit officiellement le jour le 15 mars 1940 par une prise d’armes sur la base navale de Devonport dans le sud de l’Angleterre. Cette marine polonaise libre va d’abord utiliser des navires polonais puis des navires cédés par les britanniques notamment deux vieux croiseurs légers et deux destroyers modernes.

Cette marine bien formée, bien entrainée et surtout motivée va opérer sous commandement britannique en mer du Nord puis en Manche notamment durant la Campagne de France.

A la fin du conflit cette marine doit rallier la Pologne. Elle se divise alors entre ceux préférant rentrer à l’ouest et ceux acceptant de servir un gouvernement officiellement d’union nationale mais qui va bientôt révéler sa véritable nature.

Pologne et Pays Neutres (103) Pologne (15)

Organisation

Armée de l’air polonaise en septembre 1939

Etat-major

Brigade de poursuite (Brygade Poscigowa)

-Escadron III/1 (3ème escadron, 1er régiment) avec deux escadrilles (111ème et 112ème escadrilles de chasse) appareil utilisé : PZL P.11

-Escadron IV/1 (113ème, 114ème et 123ème escadrilles de chasse) appareils utilisés : PZL P.11 et P.7 pour la 123ème escadrille

Au total cette brigade disposait de 43 PZL P.11 et 11 PZL P.7 (certaines sources donnent 10 appareils)

Brigade de bombardement

La Brigada Bombowa dispose au total de 36 PZL P.37 Los, de 50 PZL P.23 Karas et deux avions de soutien, le tout répartis en quatre escadrons à deux escadrilles.

-2ème Escadron de bombardement (21ème et 22ème escadrilles)

-6ème Escadron de bombardement (64ème et 65ème escadrilles)

-10ème Escadron de bombardement (211ème et 212ème escadrilles)

-15ème Escadron de bombardement (216ème et 217ème escadrilles)

-pelotons de liaison n°4 et n°12

D’autres documents ajoutent le 20ème escadron de bombardement et la 55ème escadrille de bombardement indépendante.

Ces deux brigades forment une réserve stratégique aux côtés des pelotons de communication n°1 et n°2 et de la 10ème escadrille d’observation polonaise. Les autres unités dépendent des différentes armées et sont au service de l’armée de terre.

-Armée de Modlin

-Peloton de communication n°11

-41ème escadrille de reconnaissance

-3ème escadron du 5ème régiment de chasse (152ème escadrille)

-53ème escadrille d’observation

-Armée de Poméranie

-Peloton de communication n°7 et n°8

-42ème escadrille de reconnaissance

-43ème escadrille d’observation

-46ème escadrille d’observation

-3ème escadron du 4ème régiment de chasse (141ème et 142ème escadrilles de chasse)

-Armée de Poznan

-Peloton de communication n°6

-34ème escadrille de reconnaissance

-33ème escadrille d’observation

-36ème escadrille d’observation

-3ème escadron du 6ème régiment de chasse (131ème et 132ème escadrilles)

Armée de Cracovie

-3ème peloton de communication

-24ème escadrille de reconnaissance

-23ème escadrille d’observation

-26ème escadrille d’observation

-3ème Escadron du 2ème régiment de chasse (121ème et 122ème escadrilles)

-Armée des Carpathes

-Peloton de communication n°5

-31ème escadrille de reconnaissance

-56ème escadrille d’observation

Groupe opérationnel de la Narew

-9ème peloton de communication

-51ème escadrille de reconnaissance

-13ème escadrille d’observation

-151ème escadrille de chasse

Unités aériennes polonaises en France

1ère Escadre Polonaise de Chasse (21ème Escadre de chasse)

Bloch MB-700.

-GC I/21 «Varsovie» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX puis Arsenal VG-52

-GC II/21 «Cracovie» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC III/21 «Poznan» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

Supermarine Spitfire Mk IX

-GC IV/21 «Lublin» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX puis Arsenal VG-52

-2ème Escadre Polonaise de Chasse (23ème Escadre de chasse)

-GC I/23 «Gdansk» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC II/23 «Szczecin» Bloch MB-700. Après la campagne de France l’unité devient le GC II/21 avec des Supermarine Spitfire Mk IX puis des Arsenal VG-52.

-GC III/23 «Wroclaw» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC IV/23 «Wilno» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX et enfin des Arsenal VG-52. L’unité devient le GC III/21.

-Escadre polonaise de bombardement (37ème Escadre de Bombardement Léger)

North American B-25 Mitchell

-GB I/37 «Poméranie» : Douglas DB-7 puis North American B-25

Douglas A-20 Havoc

-GB II/37 «Silésie» : Douglas DB-7 puis Douglas A-20 Havoc

-GB III/37 «Haute Pologne» : Douglas DB-7 puis North American B-25

-Groupes de reconnaissance polonais

Potez 63-11

-GR polonais n°1 puis GR «Cracovie» : Potez 63.11 puis Bloch MB-175 puis MB-176

Bloch MB-175

-GR polonais n°2 puis GR «Poznan» : Potez 63.11 puis Bloch MB-175 puis MB-176

Unités aériennes sous contrôle soviétique

Yakovlev Yak-9

-1er régiment de chasse «Varsovie» : Yakovlev Yak-9

-2ème de régiment de bombardement «Krakow» : Peltyakov Pe-2

-3ème régiment d’assaut «Lublin» : Illiouchine Il-2 Sturmovik

-4ème régiment de reconnaissance «Poznan» : Peltyakov Pe-3

Pologne et Pays Neutres (101) Pologne (13)

Chars et Véhicules blindés

Chars

Chars de l’armée polonaise en septembre 1939

-Chenillettes Carden-Lloyd Mk VI

TK-3. La photo représente le regroupement par les allemands de matériels capturés

-Après avoir acquis des chenillettes Carden-Lloyd, la Pologne décide d’en tirer un modèle national. C’est l’acte de naissance de la famille TK avec deux modèles dominants, la TK-3 produite à 280 exemplaires et la TKS un modèle amélioré sortit à 250 exemplaires sans compter quelques prototypes et modèles expérimentaux produits en petite série.

Utilisées par la cavalerie ces chenillettes étaient adaptées pour la reconnaissance voir l’appui de l’infanterie mais pour le duel contre les chars ennemis on repassera comme la guerre de Pologne le montrera. Les polonais en était parfaitement conscients au point de réarmées vingt-quatre TKS avec un canon de 20mm. Le 18 septembre 1939 un véhicule de ce type détruisit deux Panzer 35(t) et un Panzer IV.

TKS

A l’issue de la guerre de Pologne de nombreuses chenillettes ont été réutilisées par les allemands pour l’entrainement, le maintien de l’ordre, le remorquage de pièces d’artillerie et d’avions.

Certaines étaient encore en service en septembre 1948 mais fort peu ont survécu au second conflit mondial et si c’était le cas c’était pour mieux finir sous les chalumeaux des ferrailleurs.

Un seul pays à acquis ce modèle en l’occurence l’Estonie qui à acquis en 1934 six TKS, chenillettes qui ont été récupérées par l’Armée Rouge en 1940 quand l’ancienne Livonie à été absorbée par la Russie.

Outre les deux modèles cités plus haut on trouve donc des projets, des prototypes ou des petites séries comme la TKF produite à 18 exemplaires avec un moteur et une nouvelle suspension, le tracteur d’artillerie C2P (200 exemplaires tout de même), les prototypes TK-1 et 2, l’automoteur léger TKD avec un canon de 47mm (4 exemplaires), le TKW prototype d’un char de reconnaissance à tourelle, un TK-3 à canon de 20mm et un TKS-D chasseur de char avec un canon de 37mm (deux exemplaires).

La chenillette TK-3 pesait 2.4 tonnes mesurait 2.65m de long pour 1.78m de large et 1.32m de haut, disposait d’un moteur essence Ford model A lui permettait d’atteindre la vitesse maximale de 20km/h en terrain libre et 45 km/h sur route, le carburant emporté lui permettant de franchir 100km en terrain libre et 200km sur route.

Disposant d’un blindage de 4 à 8mm d’épaisseur, elle était armée d’une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 (une Hochkiss modèle 1914 adapté au calibre 7.92mm) alimentée à 1800 cartouches, l’équipage se composant d’un conducteur et d’un commandant-mitrailleur.

La TKS pesait 2.6 tonnes, mesurait 2.65m de long pour 1.78m de large et 1.32m de haut, disposait d’un moteur essence Iski Fiat 122AC ou BC lui permettait d’atteindre la vitesse maximale de 18km/h en terrain libre et 40 km/h sur route, le carburant emporté lui permettant de franchir 110km en terrain libre et 180km sur route.

Disposant d’un blindage de 4 à 8mm d’épaisseur, elle était armée d’une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 (une Hochkiss modèle 1914 adapté au calibre 7.92mm) alimentée à 1920 cartouches, l’équipage se composant d’un conducteur et d’un commandant-mitrailleur.

Les vingt-quatre véhicules réarmés avec un canon de 20mm Wz.38 pesaient 2.8 tonnes, disposaient de 250 obus pour alimenter leur arme principale. A ma connaissance les autres données sont identiques.

-38 Vickers 6-Ton Tank Mark E (seize type A et vingt-deux type B) acquis en 1932

-Le 7TP (siedmiotonowy polski) est une évolution polonaise du précédent. Il à été produit à 149 exemplaires d’abord en version à double-tourelle (chacune armée d’une mitrailleuse de 7.92mm) puis dans une version disposant d’une tourelle unique combinant un canon de 37mm Bofors et une mitrailleuse de 7.92mm.

Par rapport à son «ancètre» anglais, le 7TP disposait d’un moteur diesel plus puissant et plus fiable, d’un armement différent, d’un blindage plus épais (17 au lieu de 13mm), d’une ventilation modifiée, un périscope Gundlacht et une radio.

Engagé en septembre 1939, ce char était disponible à 24 exemplaires en version à double-tourelle et le reste en version à tourelle unique. Ces chars sont supérieurs à la majorité des chars allemands mais ne peuvent changer le cours de la guerre.

A la fin de la campagne, on ne trouvait plus que 24 exemplaires, 20 capturés par les allemands et 4 par les soviétiques. Tous ont disparu dans la fournaise du second conflit mondial ou durant la Pax Armada.

Une version améliorée baptisée 9TP à été mise au point mais il n’existait que 13 exemplaires qui participent à la défense de Varsovie, étant tous détruits.

Le 7TP était un char léger de 9.9 tonnes, mesurant 4.6m de long sur 2.4m de largeur pour 2.27m de haut. Propulsé par un moteur diesel PZInz Z35 (Saurer VBLDd) de 110ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 37km/h et franchir 150km.

Protégé au maximum par 17mm de blindage, il disposait d’un équipage de trois hommes et était armé d’abord de deux mitrailleuses de 7.92mm (6000 cartouches) puis d’un canon de 37mm Bofors wz.37 (80 coups) et d’une mitrailleuse de 7.92mm Ckm wz.30 (3960 coups).

-Trois Hotchkiss H-39

-Cinquante Renault R-35, trente-quatre récupérés par la Roumanie après la capitulation polonaise

Les chars de l’armée polonaise reconstituée

-Hotchkiss H-39

-Renault R-40

-AMX-44

B-1bis

-B-1bis

-M-4 Sherman

-M-10 Tank Destroyer

SU-85

-Les divisions d’infanterie polonaises sous contrôle soviétique ont disposé un temps de T-34/76 au sein d’un bataillon également équipé de chars légers de reconnaissance T-70. A la fin du conflit ces chars ont été remplacés par des autos blindées et surtout des canons d’assaut SU-85.

Autos blindées

Autos blindées de l’armée polonaise en septembre 1939

-Autos blindées Austin

-Autos blindées Peugeot

-La Samochod Pancerny Wz.28 est une auto blindée semi-chenillée utilisant la technologie Citroën-Kergresse. Produite à 90 exemplaires (30 à canon de 37mm et 60 armés d’une mitrailleuse) elle ne donna jamais vraiment satisfaction à ses utilisateurs notamment en terrain libre.

Voilà pourquoi toutes sauf trois ont été transformées en véhicules à roues devenant des Samochod Pancerny Wz.34.

Ces autos blindées étaient utilisées par les brigades de cavalerie, les onze brigades de cavalerie disposant d’une compagnie blindée avec huit autos blindées et treize tankettes.

En version semi-chenillée, cette auto blindée pèse 2.3 tonnes, mesurant 3.50m de long pour 1.40m de largeur et 2.10m de haut, un moteur à essence B-10 lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 20km/h en tout terrain et 30 sur route, une distance franchissable de 200km en terrain libre et de 275km sur route.

Protégé par un blindage de 6 à 8mm, l’équipage de trois hommes servait notamment l’armement composé soit un canon de 37mm disposant de 90 projectiles ou d’une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 disposant de 2000 cartouches.

En version à roues, elle pesait 2.4 tonnes, mesurait 3.62m de long pour 1.91m de large et 2.20m de haut. Propulsé par un moteur de 20ch, il pouvait rouler à 20km/h en terrain libre et 54km/h sur route, franchir 90 à 150km en terrain libre et 180 à 250km sur route, l’armement ne changeant pas.

-La Samochod Panceny Wz.29 est une auto blindée 4×2 composée d’un châssis de camion et d’une caisse blindée adaptée. Mise en service en 1929, elle n’à été produite qu’à dix exemplaires. Il était toujours en service en septembre 1939 tous les véhicules étant détruits durant le conflit.

L’auto blindée modèle 1929 pesait 4.8 tonnes, mesurait 5.15m de long pour 1.85m de large et 2.47m de haut. Propulsée par un moteur à essence, elle pouvait atteindre la vitesse maximale de 25km/h en terrain libre et de 35km/h sur route, la distance franchissable étant de 250 (terrain libre) à 380km (route).

Protégé par un blindage épais de 4 à 10mm, l’équipage composé de quatre hommes (tireur-chef de char, conducteur, conducteur arrière et tireur arrière) mettait en œuvre un canon de 37mm Wz.18 disposant de 98 projectiles depuis la tourelle, une mitrailleuse de 7.92mm Wz.25 à l’arrière de la tourelle et une autre à l’arrière de la caisse, les deux armes disposant au total de 4032 projectiles.

Autos blindées de l’armée polonaise reconstituée

AMD Laffly 80 AM « Laffly-Vincennes »

-Laffly-Vincennes AM-80

Panhard AMD-178

-Panhard AMD-178

-Daimler Dingo

-Daimler Armoured Car

Humber Armoured Car

-Humber Armoured Car

-Marmon-Herrington

BA-64

-Les divisions d’infanterie polonaises sous contrôle soviétique disposaient d’autos blindées BA-20 et BA-64

Autres véhicules

Véhicules de l’armée polonaise en septembre 1939

-Motos CWS M55 et CWS M111 (Sokół 1000)

-Camion wz.29 Ursus

-Semi-chenillés Citroën-Kegresse P.14, French Citroën-Kegresse P.17 et French Citroën-Kegresse P.19

-Semi-chenillé C4P et wz.34

-Camion Polski FIAT 508/518 et PZInż.302 adaptation polonaise du précédent

-Camion Fiat 621L de 2.5 tonnes produit sous licence

-Tracteur d’artillerie C2P, C7P et Pzinz.342

-Ambulance Ursus A

-Bus Ursus AW et 4BLDP

-Camion Ursus A

-Transport de chars Ursus, Ursus A et 4BLDP

-Véhicules légers Fiat 508 et 518 produits sous licence.

Les véhicules de l’armée polonaise reconstituée

-Dans un premier temps l’armée polonaise est entièrement rééquipée par la France, un rééquipement lent lié au contexte incertain de la Pax Armada mais aussi aux besoins de la France qui cherche naturellement à d’abord équiper ses unités avant les unités polonaises et tchèques.

-Quand la Campagne de France s’achève à l’automne 1949 par la glaciation du front sur la Seine, sur le plateau du Morvan, à l’ouest du Dijon, au nord de la Saone et sur le lac Léman, la France à perdu une partie de son industrie, son armée à besoin d’être rééquipée ce qui explique que la Pologne va bénéficier de l’aide militaire américaine en dépit du fait que Washington soit encore officiellement neutre.

C’est ainsi que la Division Blindée polonaise va désormais combattre sur M-4 Sherman appuyés par des chasseurs de chars M-10, des canons automoteurs M-7 Priest, des half-tracks M-2 et M-3. La France à continuer à équiper l’armée polonaise avec des véhicules et des chars légers, un geste politique cela va s’en dire.

-M-7 Priest

-M-2 Half-track

-M-3 Half-track

-Camions Studebaker acquis via une collecte auprès de la diaspora polonaise aux Etats-Unis

-Véhicules légers Laffly

-Les unités polonaises sous contrôle soviétique disposaient de Camions ZIS-5/5V mais aussi de véhicules légers GAZ

Pologne et Pays Neutres (97) Pologne (9)

La renaissance militaire polonaise

Les troupes polonaises en Norvège

La Pologne ne tarde pas à faire parler la poudre dans le second conflit mondial en décidant d’intégrer le corps expéditionnaire franco-britannique envoyé en Norvège.

Deux chasseurs de Podhale servant un fusil mitrailleur Chatellerault

Ils envoient une brigade de montagne, la Brigade autonome de chasseurs de Podhale (en polonais Samodzielna Brygada Strzelców Podhalańskich) et une compagnie de chars, la 1ère compagnie polonaise blindée issue de la 21ème DB polonaise, une compagnie de marche de dix-huit Hotchkiss H-39.

Hotchkiss H-39

Placées sous commandement français, les troupes polonaises débarquent à Namsos non sans mal pour soutenir les troupes norvégiennes qui se battent bien mais sont clairement inférieures en nombre et en capacités par rapport aux allemands.

Les franco-polonais tentent de rallier les troupes norvégiennes qui combattent dans le Télémark mais ces dernières capitules le 19 septembre rendant sans objet l’offensive franco-polonaise. Quant au port de Namsos il tombe aux mains des allemands le 5 octobre 1948.

Les polonais vont combattre aux côtés de la 1ère DLI (en réalité une division légère de marche avec des éléments de la 11ème DLI) jusqu’au bout, multipliant les coups de main pour maintenir les allemands sous pression.

Les combats vont durer jusqu’au 27 octobre 1948 avec de lourdes pertes. Sur 6175 polonais débarqués en Norvège, 574 ont tués et 350 faits prisonniers.

La compagnie autonome de chars qui à perdu ses chars (huit détruits et sept sabotés car ne pouvant être évacués rapidement) est dissoute, le personnel retrouvant sa division d’origine pour diffuser le retour d’expérience.

La Brigade autonome de chasseurs de Podhale évacuée sur la Grande-Bretagne est transférée en Bretagne dans la région de Malestroit (Morbihan) pour repos et reconstitution en attendant un nouvel engagement au combat, les polskie diably brûlant d’en découdre à nouveau avec les allemands.

Les troupes polonaises dans la Campagne de France

Soldats polonais photographiés sur le front français

Dès la mise sur pied du gouvernement en exil à Nantes la constitution d’une armée polonaise en France est prévue. L’arrêt brutal de la guerre de Pologne met ce projet en attente mais qui à l’avantage de permettre aux autorités polonaises de paufiner les structures très inspirées des structures françaises.

Les moyens humains et matériels sont importants ce qui permet à la Pologne de voir grand avec la constitution de nombreuses grandes unités mais aussi d’unités d’appui et de soutien.

Dans un premier temps le gouvernement polonais en exil met en place des unités placées sous commandement français en attendant une armée autonome ou semi-autonome car dépendant de la France pour son équipement et son ravitaillement.

La 1ère Division d’Infanterie Polonaise (1ère DIP) intègre le 7ème Corps d’Armée qui dépend de la 3ème Armée, la 36ème DI cohabitant avec la division polonaise.

Elle dispose de trois régiments d’infanterie appelés grenadiers, le 1er régiment de grenadiers de Varsovie (1er RIP), le 2ème régiment de grenadiers de Grande Pologne (2ème RIP) et le 3ème régiment de grenadiers de Silésie (3ème RIP);

L’appui des régiments d’infanterie est assurée par deux régiments d’artillerie (1er Régiment d’artillerie polonaise ou régiment d’artillerie légère de Vilnius et le 201ème Régiment d’Artillerie Lourde Polonaise ou régiment d’artillerie lourde de Poméranie).

Quand à la lutte antichar et à la lutte antiaérienne, elle est du ressort de la 1er batterie divisionnaire antichar polonaise et du 1er bataillon de défense antiaérienne polonais. On trouve également un bataillon du génie (1er BGPol ou 76ème BG) et diverses unités de soutien.

Elle bénéficie du soutien du 8ème régiment de Uhlans qui assure le même rôle que les GRDI à la différence qu’ici, cette unité reste une unité montée et n’est que partiellement motorisée. Sa motorisation n’à pas le temps d’avoir lieu avant l’offensive allemande à l’ouest.

Les polonais vont donc combattre à cheval retrouvant les manes de l’automne 1939 même si cette fois point de charges glorieuses à la lance mais des combats à pied, les uhlans opérant comme des dragons.

La 2ème Division d’Infanterie Polonaise (2ème DIP) intègre la 8ème Corps d’Armée qui dépend de la 4ème Armée, une armée du GA n°2 placée entre entre la 3ème et la 6ème Armée.

Cette division est organisée à la France avec trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème régiments d’infanterie polonaise appelés également 1er, 2ème et 3ème régiments de chasseurs), deux régiments d’artillerie (2ème régiment d’artillerie polonais et 202ème régiment d’artillerie polonais), de la 2ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 2ème bataillon de défense antiaérienne polonais, du 81ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

AMD Laffly 80 AM « Laffly-Vincennes »

Elle bénéficie également du soutien du 2ème GRDI polonais (le 1er étant assimilé au 8ème régiment de uhlan) qui lui est une unité motorisée avec des chars légers Hotchkiss H-39 et des automitrailleuses Laffly-Vincennes AM-80 en attendant la disponibilité de véhicules plus modernes en l’occurence des Panhard AMD-178.

Une autre division polonaise sous commandement français est la 3ème Division d’Infanterie Polonaise (3ème DIP) qui dépend elle du 31ème CA, un corps d’armée de réserve qui dispose également de la 6ème DIC.

Elle comprend comme les autres trois régiments d’infanterie (7ème régiment d’infanterie polonaise, 8ème régiment d’infanterie polonaise et 9ème régiment d’infanterie polonaise), deux régiments d’artillerie (3ème RAPol et 203ème RAPol), de la 603ème Batterie Divisionnaire Antichar Polonaise, du 603ème bataillon de défense antiaérienne polonais, du 103ème bataillon du génie et de différentes unités de soutien.

Elle bénéficie du soutien du 3ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses Daimler Dingo en attendant la disponibilité de chars légers en l’occurrence des AMX-44 qui seront livrés en janvier 1949.

Une quatrième division d’infanterie polonaise est mise sur pied, une division intégrée au 32ème Corps d’Armée, un autre corps de la réserve stratégique qui comprend également la 7ème Division d’Infanterie Coloniale (7ème DIC)

La 4ème Division d’Infanterie Polonaise (4ème DIP) dispose de trois régiments d’infanterie (les 10ème 11ème et 12ème RIP), de deux régiments d’artillerie (4ème RAPol et 204ème RAPol), de la 604ème Batterie Divisionnaire Antichar polonaise, du 604ème Bataillon de défense antiaérienne polonais, du 105ème bataillon du génie et de diverses unités de soutien.

Elle bénéficie du soutien du 4ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses Daimler Dingo en attendant la disponibilité de chars légers en l’occurence des AMX-44 livrés juste à temps pour permettre à l’unité de participer à la Campagne de France.

Après la création de ces unités qui durant la Pax Armada seront longtemps des unités-cadre et non des unités pleinement opérationnelles, le gouvernement polonais qui dispose encore de ressources importantes propose qu’en cas de guerre une armée polonaise autonome soit mise sur pied.

Le gouvernement français accepte et le 14 mars 1943 est créée l’Armia Polska we Francji, l’Armée polonaise en France. Cette armée doit compléter les divisions placées sous commandement français. Comme une partie des DIP déjà présentées, l’APF doit servir de réserve stratégique.

Sa montée en puissance à été longue voir laborieuse, moins faute de ressources financières que du manque de matériels, l’industrie française devant déjà équiper une armée nombreuse et accumuler les stocks pour une future mobilisation.

Néanmoins, en septembre 1948, l’Armée Polonaise en France aligne trois corps d’armée à deux divisions plus un corps de cavalerie à deux divisions blindées plus quatre régiments d’artillerie lourde, des unités du génie, des transmissions, du train et de l’intendance. Cela nous donne un total de douze divisions polonaises !

Canon de 155mm GPF.

L’Armée Polonaise en France (APF) dispose d’un état-major installé à Compiègne, de quatre régiments d’artillerie lourde (deux de canons de 194mm _302ème et 304ème RALPol_ et deux de 155mm _301ème et 303ème RALPol_), des unités du génie, de soutien et de transmissions (deux régiments du génie à trois bataillons chacun _les 1er et 2ème RGPol_, deux régiments du train, deux régiments de transmission, deux antennes chirurgicales d’armée et deux groupement d’intendance), trois corps d’armée à deux divisions d’infanterie et un corps de cavalerie à deux divisions blindées.

Le 1er Corps d’Armée polonais comprend un GRCA équipée d’autos blindées Daimler Dingo, un groupement antichar à canons de 47mm, un groupement antiaérien à canons de 40mm Bofors et deux divisions d’infanterie.

La 5ème DIP comprend trois régiments d’infanterie (13ème, 15ème et 17ème RIP), deux régiments d’artillerie (5ème RAPol et 205ème RAPol), de la 5ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 5ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Daimler Armoured Car

Elle bénéficie également du soutien du 5ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises. Elle reçoit ses AMX-42 en avril 1949 peu avant l’attaque allemande.

La 1ère Division de Grenadiers de la Garde (1ère DGG) comprend trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (6ème RAPol et 206ème RAPol), de la 6ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 6ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 6ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter. A la différence du 5ème GRDI les chars ne sont pas là quand les allemands attaquent le 10 mai 1949.

Le 2ème Corps d’Armée polonais comprend un GRCA équipé de Daimler Armoured Car, un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm.

Ce corps d’armée comprend la 6ème DIP qui dispose de trois régiments d’infanterie (14ème, 16ème et 18ème RIP), de deux régiments d’artillerie (7ème RAPol et 207ème RAPol), de la 7ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 7ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Humber Armoured Car

Elle bénéficie également du soutien du 7ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter, l’AMX-44 prévu pour équiper l’unité n’à pas encore été livré à l’unité en mai 1949 quand les allemands attaquent.

La 2ème DGG est l’autre unité de ce corps d’armée, une division ternaire avec trois régiments d’infanterie (7ème, 8ème et 9ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (8ème RAPol et 208ème RAPol), de la 8ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 8ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 8ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter, chars qui n’ont pas été livrés en mai 1949.

Canon de 40mm Bofors utilisé par la Hongrie

Le 3ème Corps d’Armée polonais comprend un GRCA disposant d’autos blindées Humber Armoured Car, un groupement antichar canons de 47mm, un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm et deux divisions d’infanterie.

La 7ème DIP comprend trois régiments d’infanterie (19ème, 20ème et 22ème RIP), de deux régiments d’artillerie (9ème RAPol et 209ème RAPol), de la 9ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 9ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 9ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter, des AMX-44 étant livrés en avril 1949.

La 3ème DGG comprend trois régiments d’infanterie (10ème, 11ème et 12ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (10ème RAPol et 210ème RAPol), de la 10ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 10ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 10ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises. A la différence du 9ème GRDI, les chars n’ont pas encore été livrés le 10 mai 1949.

-Le Corps de Cavalerie polonais porte le numéro 4 à la fois parce qu’il existe déjà trois corps d’armée mais aussi parce qu’il à y à trois Corps de Cavalerie français. Il comprend un état-major, des unités du génie et de soutien, un régiment d’artillerie lourde équipée de canons de 105L modèle 1941T et deux divisions blindées, les 10ème et 21ème DB.

B1bis

Les deux divisions blindées polonaises sont organisées en un état-major, des unités de soutien, un régiment de reconnaissance (10ème ou 20ème régiment de uhlans) équipée d’Humber Armoured Car et de douze Hotchkiss H-39, un bataillon de chars lourds équipés de trente-deux B1bis ex-français, deux bataillons de chars moyens équipés chacun de vingt-quatre chars, la 10ème DB disposant de Renault R-40 et la 20ème DB de Hotchkiss H-39, un régiment d’artillerie équipé de canons de 75mm modèle 1897 en attendant des canons de 75mm TAZ modèle 1939 et des canons de 105mm.

A l’issue de la campagne de France quand le front se stabilise à l’automne, les troupes polonaises ont subit de pertes sérieuses mais pas catastrophiques. Le fait qu’elles n’aient pas pris le choc principal en Belgique explique peut être cela.

Résultat au début de 1950, les forces polonaises en exil conservent encore de beaux restes :

-Les 1ère et 4ème DIP très affaiblies sont reconstituées sous la forme de Divisions Légères d’Infanterie (DLI) à deux régiments d’infanterie, un régiment d’artillerie, un bataillon antichar, un bataillon antiaérien, une compagnie d’autos blindées, une compagnie du génie et différentes unités de soutien.

Ces divisions vont être placées en réserve mais ne vont plus désormais combattre qu’en Italie, la 1ère DLIP participant à la reconquête de la Sardaigne alors que la 4ème DLIP sera engagée dans des combats en Sicile puis à l’opération SKYLOCK, le débarquement mené dans la région de Tarente.

-La 2ème DIP est reconstituée sur le modèle standard et va intégrer le 1er Corps d’Armée polonais en compagnie de la 3ème DIP, ces deux divisions ayant moins souffert des combats que leurs devancières. A la différence des 1ère et 4ème DIP, ces divisions vont combattre sur le front occidental jusqu’à la fin du conflit.

-Les 1ère et 2ème DGG (Divisions de Grenadiers de la Garde) assez peu entamées également forment le 2ème Corps d’Armée polonais nouvelle version.

-Le 3ème Corps d’Armée polonais est formé de la 10ème DB et de la 7ème DIP.

-Les autres divisions (3ème DGG, 5ème et 6ème DIP, 20ème DB) sont dissoutes pour compléter les effectifs des autres divisions ce qui ne va pas sans mouvements d’humeur et déception.

Cette armée polonaise combat en soutien des unités françaises, britanniques et américaines, ayant un statut comparable aux unités belgo-néerlandaises. Elle combat en Belgique, aux Pays-Bas puis en Allemagne, restant sous commandement français, le passage sous commandement britannique un temps envisagé se heurtant à la question de la logistique, les unités polonaises consommant français.

Les troupes polonaises au combat : Balkans et Méditerranée

Après la Campagne de France au cours de laquelle les unités polonaises s’illustrent, un autre théâtre d’opérations voit l’engagement des unités polonaises à savoir les Balkans dans le cadre du Corps Expéditionnaire Allié en Grèce (CEAG), une entité qui n’à qu’une existence symbolique car les unités françaises, britanniques et polonaises sont placées sous le commandement direct de l’armée grecque ce qui fort apprécié à Athènes car vu comme une marque de confiance.

Les polonais qui doivent reconstituer leurs unités en France n’engagent en Grèce que la Brigade autonome de chasseurs de Podhale, une brigade certes mais une brigade prestigieuse car s’étant illustrée en Norvège. Evacuée sur la Grande-Bretagne puis sur la France, elle à été reconstituée en vue de défendre la Corse ou la Sardaigne mais elle n’était pas prête à y être envoyée. C’est donc en Grèce que les ces solides montagnards polonais vont combattre sous le commandement du 8ème Corps d’Armée qui dépendait lui même de l’Armée d’Attique.

Elle combat mais n’est pas engagée dans les combats les plus virulents. En février 1950 elle rallie l’île de Zakynthos aux côtés de la 1ère DLI, sa « soeur de combat » car la 1ère Division Légère d’Infanterie avait combattu à ses côtés en Norvège.

Cette île située au large de la côte ouest de la Grèce est vitale pour empêcher tout débordement de l’Axe dans une redite méditerranéenne de la course à la mer de 1914.

A l’automne 1950 les premiers éléments de la 14ème division d’infanterie grecque arrive sur l’île, une division légère reconstituée sur le modèle des 6ème et 7ème DLI mais qui pour une raison inconnue à conservé son numéro d’origine. La relève est complète début octobre, français et polonais peuvent rallier la Tunisie pour repos, recomplément des effectifs et reprise de l’entrainement.

Début 1951 la brigade de montagne devient division légère de montagne. Elle reçoit des renforts venus de France et même des américains d’origine polonaise préférant combattre sous l’uniforme frappé de l’aigle blanc sur fond rouge plutôt que comme G.I.

A nouveau opérationnelle à l’automne 1951, elle va participer à l’opération HUSKY en Sicile déclenchée le 15 juillet 1952. Les combats sont violents, apres ce qui provoque son lot inévitable de pertes.

L’unité est d’ailleurs mise au repos de décembre 1952 à mars 1953 ce qui est significatif. Elle est engagée en Italie en avril juste après le changement de camp et va combattre dans la péninsule jusqu’à la fin de la guerre, terminant le conflit dans le sud de l’Autriche.

Comme nous l’avons vu plus haut, les 1ère et 4ème DLIP vont également participer aux opérations en Italie, la première en Sardaigne (opération DRAGON en août 1952) puis l’île pacifiée, la 1ère division légère d’infanterie polonaise va participer aux combats en Italie péninsulaire aux côtés de la 4ème DLIP qui elle avait combattu en Sicile (derniers combats et opérations de nettoyage) puis en Italie péninsulaire depuis l’opération SKYLOCK.

Les unités polonaises sous commandement soviétique

En 1990 peu avant sa disparition l’URSS à reconnu que les 7250 officiers polonais officiellement portés disparus avaient été exécutés par le NKVD (cet acte avait été attribué au allemands qui selon la théorie en vigueur à l’époque auraient pris d’assaut les « camps modèles » (sic) où se trouvaient les officiers polonais et qu’ils les avaient exécutés).

Cela représente un tiers des officiers polonais d’active et de réserve capturés par l’URSS. Si une partie fascinée par l’idéologie communiste avait choisit de rester en URSS, d’autres avaient été libérés à la condition express de ne pas rentrer en Pologne. Nombre d’entre-eux se sont retrouvés au sein de l’Armée Polonaise en France.

Les polonais restés en URSS ont d’abord été vus avec beaucoup de suspicions mais peu à peu ont été du moins acceptés du moins tolérés. Quand l’Allemagne déclenche l’opération BARBAROSSA nombre de ces polonais souhaitent se battre pour défendre leur patrie d’adoption.

Comme toute aide est bonne à prendre les soviétiques acceptent la création d’une division polonaise qui prend le nom de Tadeusz Kocisuzsko, division opérationnelle début 1951 et qui va combattre lors de l’opération FRIEDRICH.

Trois autres divisions vont être mises sur place ce qui permet la mise sur pied d’une 1ère Armée Polonaise dite Armée Polonaise de l’Est (Wojska wschodniopolskie) placée sous commandement soviétique, fortement corsetée par les soviétiques qui en ouvrant ou en fermant les vannes du ravitaillement montrent aux polonais les limites de la marge de manœuvre.

Cette Wojska Wschodniopolskie va combattre à partir de 1952, terminant la guerre en Pologne sur la frontière Oder-Neisse, la future frontière entre la Pologne et les Nouveaux Pays Allemands

Pologne et Pays Neutres (89) Pologne (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.12 : POLOGNE ET PAYS NEUTRES

F.S.6 : POLOGNE

La Pologne entre 1918 et 1939

AVANT-PROPOS

Après un long travail consacré à la Suède je passe aujourd’hui 30 septembre à l’avant-dernier volume de mon uchronie consacré à la Pologne. Comme je ne veux pas oublié les amateurs de chiffres avec les 88 pages du volume suédois cela porte l’uchronie à 10194 pages.

Initialement je n’avais prévu de parler de la Pologne que de manière indirecte car le pays recréé après le premier conflit mondial disparaît en 1939 à la suite d’une double invasion allemande à l’ouest et soviétique à l’est. Pour paraphraser le président mexicain Porfirio Diaz («Pauvre Mexique si loin de dieu et si prêt des Etats-Unis) je pourrai dire «Pauvre Pologne si loin de dieu si proche du/des diable(s)».

J’avais prévu d’en parler uniquement sous la formes des unités militaires en exil, la marine sous contrôle britannique, les unités aériennes et terrestre sous contrôle français. Ce qui à changé c’est qu’en parlant de la Slovaquie j’ai détaillé la Tchécoslovaquie et il me paraissait injuste de ne pas parler de la patrie de Chopin, de Marie Curie, de Marie Leczynska, de Pilsduski……. .

Ce volume va donc avoir une organisation différente des autres encore qu’il s’agit de différences marginales :

-Une chronologie générale de l’histoire de la Pologne

-Une chronologie militaire avec les principaux faits d’armes de l’histoire polonaise

-Une chronologie culturelle et économique

-Les rois et les chefs de l’état polonais

-Les grandes figures de l’histoire polonaise

-Une histoire synthétique de la guerre de Pologne avec les combats sur le territoire polonais mais aussi les événements survenus ailleurs.

-La Pologne dans la Pax Armada avec le gouvernement en exil à Nantes mais aussi la Pologne sous les jougs allemands et soviétiques

-La Pologne dans le second conflit mondial avec là encore les événements qui vont survenir sur le territoire polonais mais aussi les événements engageant les polonais sur les différents que ce soit la mer du Nord, les Balkans, la Méditerranée mais aussi la France notamment durant la Campagne de France du printemps 1949.

-Les forces armées polonaises avec une histoire militaire, une histoire des armées polonaises (celles de la Double-Monarchie polono-lituanienne dite République des Deux Nations mais aussi celles de la Pologne indépendante), son ordre de bataille et une organisation des unités, les armes et les véhicules.

-Une histoire, une organisation et l’équipement de l’armée de l’air polonaise

-Une histoire, une organisation et l’équipement de la marine polonaise celle de la Double-Monarchie polono-lituanienne, celle de la Pologne indépendante et celle du gouvernement en exil, marine sous commandement britannique opérant en Mer du Nord.

Ah la Pologne ! Si tous les pays ont connu leurs heures sombres on peut dire que les polonais sont probablement les mieux placés. En regardant rapidement l’histoire polonaise on à l’impression qu’il s’agit que d’une succession de périodes noires, de guerres et de moments d’oppression.

Il faut dire que la géographie et l’histoire n’ont pas aidé le pays qui sauf à de rares moments ne pouvait pas être considéré comme une puissance de premier ordre mais plutôt comme une puissance moyenne soumise aux appétits de ses voisins que ce soit la Suède (quelques rois de Suède furent également rois de Pologne), l’Allemagne (avant ou après unification) ou encore la Russie.

Et si il n’y avait que cela car aux menaces étrangères s’ajoutent les menaces intérieures avec une noblesse particulièrement indocile et turbulente qui fit tout son possible et même plus pour réduire à néant les pouvoirs d’un roi élu à la tête d’une République nobiliaire.

Le 18ème siècle fût ainsi marqué par une anarchie continuelle qui allait aboutir à trois partages successifs de la Pologne ce qui entraina pour plus d’un siècle la disparition du pays. Plusieurs révoltes durement réprimées par les russes montrèrent que si le pays n’était plus la nation était toujours là.

Après plusieurs avatars et plusieurs proto-états la Pologne renait officiellement dans la foulée du traité de Versailles, une renaissance qui allait durer tout juste vingt ans jusqu’à la double invasion germano-soviétique de septembre 1939.

Durant la Pax Armada l’ensemble du territoire de feu l’état polonais est soumis à une impitoyable répression visant notamment à anéantir toutes les élites, toutes les organisations pouvant initier une rébellion généralisée. Le gouvernement polonais en exil proteste mais Berlin comme Moscou font la sourde oreille.

Le déclenchement du second conflit mondial suscite un immense espoir du côté du gouvernement polonais en exil qui lève une puissante armée pour combattre aux côtés alliés en espérant être récompensé par la reconstitution d’une Pologne libre et indépendante.

Comme ils l’apprendront amèrement, les politiciens polonais seront les dindons de la farce, la Pologne sera certes reconstituée et même agrandie mais perdra son indépendance en étant soviétisée par Staline sans que les occidentaux (trop heureux d’avoir serré la main des communistes le plus à l’est possible du Rhin) ne bougent vraiment, les demandes d’élections libres étant faites avec tant de mollesse que l’on peut aisément douter de leur sincérité.

Il faudra attendre plus de trente ans pour que la Pologne retrouve une totale liberté non sans craindre les conséquences de la renaissance de l’Allemagne après la fin de la période des Nouveaux Etats Allemands.

Mitteleuropa Balkans (223) Slovaquie (17)

ARMEE DE L’AIR SLOVAQUE

Histoire de l’armée de l’air tchécoslovaque

Des origines à 1938

C’est le 30 octobre 1918 que le Ceskoslovenske vojenské letectvo ou en français Force Aérienne de l’Armée [de terre] tchécoslovaque voit le jour sous le nom du Corps d’Aviation ou Letecky sbor. En revanche j’ignore quand le nom à été changé.

A la différence de la RAF ou de la Regia Aeronautica voir la Luftwaffe, la CVL n’est pas indépendante, dépendant de l’armée de terre. Sur le plan administratif, il dépend du Département Aviation du Ministère de la Défense Nationale.

Les escadrons et les escadrilles devaient en temps de guerre être rattachés aux différents corps d’armées et divisions. Clairement l’armée de l’air tchécoslovaque était une armée destinée à soutenir l’armée de terre sans vocation stratégique.

En 1918 face à des voisins hostiles, Prague voit dans l’aviation le moyen de se protéger. De l’Autriche-Hongrie, elle n’hérite que de trois aérodromes et d’avions Hansa-Brandeburg qui ne sont pas de première jeunesse.

Hansa-Brandeburg B.I

Tout est donc à faire. Le gouvernement tchécoslovaque va effectuer un énorme travail en vue de créer une industrie aéronautique nationale. Cela commence par une production d’appareils et de moteurs étrangers sous licence avant de passer à des modèles nationaux qui vont remporter un certain succès à l’export.

Si les motoristes sont CKD, Walter et Skoda, les manufacturiers aéronautiques sont Aero, Avia, Benes-Mraz, Letov, Praga, Tatra et Zlin.

En 1938 l’aviation tchécoslovaque est équipée d’appareils anciens voir obsolètes mais le personnel est de bonne qualité. Même le Reichmarshall Goering avare en compliments le reconnaît ce qui est tout de même significatif.

Au moment de la crise des Sudètes, la Ceskoslovenske vojenské letectvo aligne plus de 1300 avions dont 650 de première ligne qui peuvent bénéficier de plus de 100 aérodromes.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie en mars 1939 tous les appareils sont saisis par la Luftwaffe. Les usines d’avions et de moteurs sont reprises en main et vont produire naturellement des moteurs et des appareils allemands.

La Luftwaffe tente de recruter des pilotes, des navigants et des rampants mais sans grand succès.

Parallèlement les allemands interdisent aux anciens pilotes de quitter le pays. Certains parviennent à le faire avec l’aide des services de renseignement français qui mettent en place de véritables filières d’évasion. L’expérience acquise sera précieuse pour organiser la Résistance en France occupée durant le second conflit mondial.

D’autres pilotes de leur propre chef vont participer à la guerre de Pologne aux côtés des polonais au sein de l’escadron de reconnaissance tchécoslovaque équipé de Potez 25, de RWD-8 et de PWS-26.

Les survivants de cet escadron vont pour certains se retrouver dans des camps de prisonniers soviétiques craignant en permanence d’être livrés aux allemands mais beaucoup vont se retrouver au sein de l’armée de l’air tchécoslovaque en exil.

L’armée de l’air tchécoslovaque en exil

Tout comme l’armée de terre tchécoslovaque organisée en France, cette armée de l’air tchécoslovaque n’à qu’une existence symbolique puisque les unités mises sur pied avec des pilotes tchèques, slovaques et ruthènes sont placées sous l’autorité de l’Armée de l’Air.

Mises sur pied à l’été 1940 ces unités reçoivent à la place de la cocarde tricolore violet-rouge-blanc selon le modèle utilisé avant 1938 non sans discussions, certains ayant proposé de copier les polonais avec quatre carrés (deux violets et deux rouges) entourées de blanc.

Initialement les projets sont très ambitieux, le gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres (avec une délégation à Lyon) voulant créer une armée de l’air autonome.

Manquant de personnel de commandement compétent, le gouvernement tchécoslovaque en exil doit accepter que les unités tchécoslovaques soient placées sous commandement de l’armée de l’air.

Seule consolation les unités forment des escadres autonomes et ne sont pas dispersées dans des escadres françaises comme visiblement cela avait été envisagé initialement.

La première unité à été mise sur pied est une escadre de chasse, la 22ème Escadre de Chasse ou 1ère Escadre de Chasse Tchècoslovaque.

Stationnée sur la base de Toul-Croix de Metz, elle comprend trois groupes de quatre escadrilles de neuf appareils soit 108 chasseurs plus 54 chasseurs de réserve.

Bloch MB-700. Faute de carrière sous les couleurs françaises, il fût utilisé par la Pologne et la Tchécoslovaquie

L’appareil choisit est le Bloch MB-700CS Blesk (foudre), un chasseur monomoteur léger non sélectionné par la France et qui allait combattre sous les couleurs polonaises et tchécoslovaques. Par rapport aux MB-700P, les MB-700CS disposent de points d’attache sous les ailes pour servir de chasseur-bombardiers.

Le premier groupe opérationnel en décembre 1943 est le GC I/22 «Cechy» (Bohème), le GC II/22 «Rus» (Ruthénie) est opérationnel en janvier 1944, le troisième groupe GC III/22 «Karpathy» en mars 1944 et le quatrième groupe GC IV/22 «Tatras» en septembre 1944.

A cette époque l’appareil est en voie de déclassement. Le processus de remplacement est lancé au printemps 1946 mais rien n’à été décidé quand le second conflit mondial éclate.

C’est donc avec ce chasseur que les pilotes tchécoslovaques vont combattre durant la Campagne de France subissant des pertes sensibles mais se faisant rapidement respecter par les pilotes allemands. 32 pilotes tchécoslovaques ont été tués et 24 sont devenus des as, le meilleur d’entre-eux Vladislav Vantichek terminant le second conflit mondial avec 36 victoires homologuées mais 54 revendiquées.

A la fin de la campagne de France, l’escadre à besoin d’être profondément régénérée avec de nouveaux pilotes. Le manque de pilotes et de rampants impose la dissolution du GC IV/22 et la réduction de l’Escadre à trois groupes de trois escadrilles de neuf appareils soit un total 81 chasseurs en ligne.

Après avoir évalué l’Arsenal VG-40, le Dewoitine D-551, le Bloch MB-157 et le Supermarine Spitfire, les tchécoslovaques sélectionnent le «cracheur de feu» qui vont rééquiper les unités à l’automne 1949 et à l’hiver 1949/50.

Le Supermarine Spitfire à remplacé le Bloch MB-700.

Les trois groupes de chasse tchécoslovaques vont opérer au dessus de la France, du Benelux et de l’Allemagne, terminant le conflit en Bohème-Moravie. Le contrôle effectif de ces unités repasse au gouvernement tchécoslovaque le 17 juillet 1954, ces trois groupes formant le cœur de la nouvelle Ceskoslovenske Letectvo, la nouvelle armée de l’air tchécoslovaque cette fois totalement indépendante.

Aux côtés des chasseurs les tchécoslovaques vont mettre sur pied une escadre de bombardement, la 50ème Escadre de Bombardement Moyen (50ème EBM) appelée également Escadre de Bombardement Tchècoslovaque (EBT).

L’élégant Amiot 351

C’est en octobre 1943 que le gouvernement tchécoslovaque en exil passe commande de 81 bombardiers bimoteurs Amiot 351, un appareil choisit de préférence au Lioré et Olivier Léo 451. Les appareils sont livrés en février et octobre 1944.

Le GB I/50 «Praha» (Prague) est opérationnel en juillet 1944, le GB II/50 «Bracislava» (Bratislava) est opérationnel en janvier 1945 et le GB III/50 «Liberec» en mai 1945. L’Escadre est stationnée sur la base aérienne de Wez-Thuizy.

Ces bombardiers vont opérer au dessus de l’Allemagne pour des missions opératives à mi-chemin entre la tactique et la stratégie puis en appui des troupes au sol, pratiquant le carpet bombing _le bombardement en tapis_ efficace à défaut d’être totalement précis.

Les pertes ne sont pas négligeables mais les trois groupes sont maintenus. L’Amiot 351 est remplacé courant 1951 par des Amiot 371, un bimoteur issu d’un appareil de record, le Amiot 370 qui était une adaptation de l’Amiot 351. La boucle est bouclée en quelque sorte. Ces appareils sont encore en service à la fin du conflit et vont servir pendant encore quelques années dans l’armée de l’air tchécoslovaque.

Potez 63-11

Ultérieurement deux Groupes Indépendants de Reconnaissance (GIR) ont été mis sur pied avec pour chacun douze Potez 63.11 de seconde main, des appareils remplacés ultérieurement par des Bloch MB-176 qui comme pour les chasseurs et les bombardiers vont opérer au dessus de l’Allemagne à la fois pour des missions de reconnaissance générale pour renseignement et mise à jour du dispositif ennemi mais aussi pour des missions de reconnaissance tactique pour éclairer l’avancée des troupes au sol.

Histoire de l’armée de l’air slovaque

Peu après son indépendance, l’Etat slovaque met sur pied la Slovenske vzdusné zhrane (SVZ) avec d’abord des avions tchécoslovaques puis des avions allemands. A l’époque son ordre de bataille est le suivant :

Avia B-534

-45ème escadrille : dix chasseurs Avia B-534

-49ème escadrille : dix chasseurs Avia B-534

Letov S.328

-12ème escadrille : dix avions de reconnaissance Letov S.328 et Aero AP-32

-13ème escadrille : dix avions de reconnaissance Letov S.328 et Aero AP-32

Aero AP-32

A peine créée elle va combattre les hongrois dans le cadre de la guerre hungaro-slovaque puis au dessus de la Pologne durant la guerre du même nom.

Durant la Pax Armada l’armée de l’air slovaque va être réorganisée et rééquipée. Il faut dire que les appareils utilisés en 1939 étaient davantage des antiquités volantes qu’autre chose. Forcément Bratislava ne peut se tourner que vers l’Allemagne pour équiper son armée de l’air.

Messerschmitt Me-109F

En ce qui concerne la chasse, c’est le Messerschmitt Me-109 dans ses versions Emile et Friedrich qui sont choisis. La Slovaquie ayant obtenu la création des 46ème et 47ème escadrilles de chasse, la SVZ va mettre en ligne vingt Me-109E et vingt Me-109F.

Messerschmitt Me-110E

Ultérieurement la 48ème escadrille est créée avec dix Messerschmitt Me-110E de chasse-bombardement.

Heinkel He-111

Aux côtés de ces cinquante chasseurs on trouve une escadrille de douze bombardiers, la 14ème escadrille qui va voler sur Heinkel He-111 jusqu’à la fin du conflit en dépit du fait que le bombardier était à l’époque totalement dépassé. Bratislava à bien demandé la livraison de bombardiers modernes mais Berlin n’avait plus confiance dans ces unités qui connaissaient un taux de désertion très important.

Focke-Wulf Fw-189 en Finlande

En ce qui concerne la reconnaissance, la 12ème escadrille va recevoir dix rutilants Focke-Wulf Fw-189 alors que la 13ème escadrille volait désormais sur Fieseler Fi-156.

Fieseler Fi-156 Storch

Cette petite armée de l’air va opérer au dessus de la Russie, appuyant le corps expéditionnaire slovaque en URSS. Dans un premier temps les différentes escadrilles concernées (deux de chasse, l’escadrille de bombardement et une escadrille de marche de reconnaissance avec Focke-Wulf Fw-189 et Fieseler Fi-156) vont se montrer à la hauteur, motivées à l’idée d’en découdre dans l’espoir d’obtenir davantage de moyens et davantage de libertés.

Très vite l’enthousiasme cède la place aux doutes et à la certitude que l’Allemagne ne va pas pouvoir gagner la guerre. Des désertions ont lieu avec parfois des appareils qui filent vers l’est pour se poser sur des aérodromes soviétiques ce qui permettra la mise sur pied au sein des VVS d’une escadrille slovaque utilisée davantage pour la propagande que pour les opérations réelles.

Le nombre d’unités va peu à peu se réduire et en juillet 1953 la Slovaquie n’aligne plus qu’une escadrille de douze Messerschmitt Me-109G, une escadrille de huit Me-110, une escadrille de huit Heinkel He-111 et une escadrille de reconnaissance avec quatre Fieseler Fi-156 et deux Focke-Wulf Fw-189. Autant dire une misère.

Les ultimes combats menés par la Slovaquie à l’hiver 1953/54 voit la disparition de la SVZ, les derniers appareils étant détruits par l’aviation soviétique au cours du mois de février 1954.

En ce qui concerne les pilotes certains vont être faits prisonniers par les soviétiques d’autres vont rallier les autorités de Prague qui mettront du temps à leur faire confiance.

Mitteleuropa Balkans (213) Slovaquie (7)

En bref : une histoire de l’armée tchécoslovaque

Une armée puissante vraiment ?

Infanterie tchécoslovaque en 1938

Comme l’armée tchécoslovaque n’à pas combattu avant la disparition du pays en mars 1939 il est difficile de se faire une idée précise de son niveau exact. Si elle disposait d’armes d’excellentes qualité, elle souffrait également de nombreuses carences notamment son caractère multinational ce qui faisait craindre au gouvernement de Prague des problèmes lors de la mobilisation et lors des combats contre notamment l’Allemagne.

En septembre 1938 au moment des accords de Munich elle possède 42 divisions ce qui en fait au moins sur le papier la sixième armée d’Europe et la huitième armée du monde.

Entre 1936 et 1938 Prague investit 24 milliards de couronnes pour sa défense soit la moitié du budget national. A cela s’ajoute 2.6 milliards de couronnes pour les fortifications et également un usage important de l’emprunt.

En octobre 1933 la Tchécoslovaquie avait créé le Nejvyssi rada Obrany statu ou conseil supérieur de défense national, une entité aux pouvoirs élargis en temps de guerre ce qui fait dire à certain qu’en cas de conflit la Tchécoslovaquie rare démocratie en Europe centrale et orientale serait devenu une véritable dictature.

En 1934 le service militaire passe de 18 mois à deux ans mais ultérieurement la France et la Grande-Bretagne refuse qu’il passe à trois ans. En 1936 une loi sur la défense nationale est votée.

Au moment de la crise des Sudètes l’armée tchécoslovaque aligne 42 divisions dont 33 sur la frontière tchéco-allemande, 2250 pièces d’artilerie, 418 chars et 600 avions.

Si les canons et les chars sont de bonne qualité les avions sont dans leur ensemble dépassés voir obsolètes. La motorisation est insuffisante, la DCA et la défense antichar idem.

Le 13 septembre 1938 les réservistes sont convoqués, la mobilisation étant assurée depuis un état-major installé à Klanovice près de Prague puis à Vyskov près de Brno.

Le 23 septembre 1938 le gouvernement de Prague décrète la mobilisation générale. Cela doit permettre la mise sur pied de 22 divisions d’infanterie dont une motorisée, 12 divisions de troupes de couverture et quatre divisions rapides (divisions qui disposent d’une brigade blindée, d’une brigade de cavalerie et d’unités d’artillerie motorisée). Cela donne au total 34 divisions d’infanterie, 4 divisions rapides, trois formations spéciales (deux de taille de la division et un de la taille des brigades).

8cm PL vz.37

On trouve également des régiments antiaériens médium au niveau de l’armée (NdA ou du corps d’armée ?) avec des canons 7.5cm PL vz.37 et de 8cm PL vz.37, des régiments d’artillerie lourde au niveau de l’armée ou du corps d’armée.

Le plan de mobilisation prévoit 970000 hommes sous les drapeaux dont 720000 slaves, presque 200000 allemands et 62000 hongrois. On compte 43500 officiers mais 37575 slaves, 140 allemands et 579 hongrois.

Pour les officiers d’active c’est encore pire avec 11820 officiers dont seulement 422 slovaques. Sur 8333 sous-officiers pas plus de 421 dont slovaques. Pour une centaine de généraux tchèques on trouve un général slovaque et un général allemand. On se pose la question du comportement des soldats germanophones face à l’Allemagne et des mesures sont prévues pour isoler d’éventuels mutins.

Soldats tchécoslovaques déployés dans la région des Sudètes au moment de la Crise du même nom

La mobilisation est achevée mais pour rien en raison des Accords de Munich. L’ordre de démobilisation arrive le 6 octobre 1938.

A partir de 1935 un système de fortification inspiré des ouvrages Maginot est construite dans les Monts Métallifères pour couvrir la frontière avec l’Allemagne.

Ouvrage d’infanterie avec un affût double de mitrailleuses et un canon de 47mm

En août 1934 une délégation tchécoslovaque se rend en France pour visiter les ouvrages de la ligne Maginot construits ou en cours de construction dans le Nord, l’Alsace, le Rhin et les Alpes.

En mai 1935 la France organise pour des officiers tchécoslovaques un stage à Strasbourg, une formation théorique doublée de la visite des ouvrages Maginot de Schiesseck et de Simserhof.

Le premier est situé dans le sous-secteur de Bitche (37ème RIF) dans le secteur fortifié de Rorbach, un secteur fortifié qui s’étend de l’ouest de Singling à l’est de l’ouvrage du Grand-Hohékirkel.

-L’ouvrage du Schiesseck est un ouvrage d’artillerie à neuf blocs et deux entrées. Si le Bloc 1 est armé d’une tourelle de 81mm, d’une cloche M et d’une cloche GFM, le Bloc 2 est une casemate d’infanterie flanquant vers l’ouest disposant d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM, de deux cloches M, d’une cloche GFM sans oublier un observatoire avec une cloche obs./VDP.

Le Bloc 3 est une casemate d’infanterie disposant de deux cloches M et d’une cloche GFM alors que le Bloc 4 combine une casemate de 81mm, deux créneaux de 81 en sous-sol, une cloche M et une cloche GFM. Le Bloc 5 est une casemate d’infanterie armée d’une cloche M et de deux cloches GFM alors que le Bloc 6 est armée d’une tourelle de mitrailleuses et d’une cloche GFM.

Les Bloc 7 et 8 sont des ouvrages d’artillerie, le premier disposant d’une tourelle de 75mm modèle 1932R, d’une cloche GFM et d’une cloche LG alors que le second dispose d’une tourelle de 135mm, une cloche GFM et une cloche obs./VDP. Le Bloc 9 est un bloc observatoire avec une cloche obs/VDP et une cloche GFM.

L’Entrée des Hommes en puit est défendue par un créneau JM/AC 47 et deux cloches GFM alors que l’Entrée des Munitions de type B de plain pied défendue par deux créneaux JM/AC 47 et deux cloches GFM.

-L’ouvrage du Simserhof est situé dans le sous-secteur du Légeret (153ème RIF) dans le même secteur fortifié que le précédent.

C‘est un ouvrage d’artillerie à huit blocs et deux entrées. Le Bloc 1 est un bloc mixte combinant une chambre de tir d’artillerie avec un créneau de 135, une chambre de tir infanterie avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM flanquant vers l’ouest, une tourelle de mitrailleuses et une cloche GFM.

Le Bloc 2 est également un bloc mixte à une chambre de tir d’infanterie(un créneau JM/AC 47 et un créneau JM), une tourelle de 81mm, une cloche GFM et un observatoire avec une cloche obs./VDP tout comme le Bloc 3 qui combine une casemate d’infanterie armée d’un créneau JM/AC 37 et d’un créneau JM flanquant vers l’ouest, une tourelle de 81mm et deux cloches GFM.

Le Bloc 4 est un bloc mixte à une chambre de tir d’artillerie (un créneau de 135mm), une chambre de tir d’infanterie ( un créneau JM/AC 37 et d’un créneau JM) flanquant vers l’est, une tourelle de mitrailleuses et une cloche GFM.

Le Bloc 5 est une casemate d’infanterie flanquant vers l’ouest avec trois matériels de 75mm modèle 1932, deux cloches GFM, une cloche LG et une cloche obs./VDP alors que le Bloc 6 est une casemate d’infanterie flanquant vers l’est avec trois matériels de 75mm modèle 1932, deux cloches GFM, une cloche LG et une cloche obs./VDP.

Le Bloc 7 dispose d’une tourelle de 135mm et deux cloches GFM alors que le Bloc 8 est armée d’une tourelle de 75mm modèle 1933 et deux cloches GFM.

L’Entrée des Hommes en puit est défendue par deux créneaux JM/AC 47, deux cloches GFM et une cloche LG alors que l’Entrée des munitions type A de plain-pied est défendue par un créneau JM/AC 47 et deux cloches GFM.

Le 20 mars 1935 est créé la Reditelstvi opevnovacich proci (ROP) soit en français la direction des travaux de fortification. Pour la conseiller une mission militaire française permanente est envoyée en Bohème pour la conseiller.

Il est prévu qu’entre 1936 et 1941 on construise des fronts fortifiés puissants au nord face à l’Allemagne (Elbe et Oder) et au sud face à la Hongrie s’y ajoute également des défenses sur le Danube.

Entre 1941 et 1945, le système doit être étendu avec des fortifications plus allégée en Slovaquie du Sud et à l’ouest en Bohème. En 1946 les fortifications doivent voir le jour sur la frontière austro-tchécoslovaque. Les plus optimistes estiment que tout ne pourra être achevé qu’au début des années cinquante. On connait la suite………… .

La France conseille mais ne fournit aucun plan et aucun équipement qui sont 100% tchécoslovaques, des équipements souvent plus modernes que leurs équivalents français car les tchécoslovaques pouvaient tirer les leçons de l’utilisation par la France de ses ouvrages.

Au deuxième semestre 1938, 20% des ouvrages et des casemates sont réalisés tout comme 70% des fortifications légères.

Après l’annexion des Sudètes, les allemands récupèrent 227 casemates (sur les 539 projetées), deux observatoires, plus de 10000 blocs légers réalisés plus cinq ouvrages sur les quatorze planifiés (gros œuvre terminé, armement non encore installé). En mars 1939 la proclamation du Protectorat de Bohême-Moravie permet aux allemands de récupérer l’armement évacué lors de la crise des Sudètes.

Les allemands vont démanteler les ouvrages, récupérant du matériel, des équipements, des armes pour leur Westwall et ainsi accélérer les travaux. Les ouvrages sont également utilisés pour tester des tactiques et des techniques de lutte anti-fortification, les allemands répétant des tactiques d’assaut qui se montrèrent efficaces contre les ouvrages belges et français.

Quand le cours de la guerre devint défavorable aux allemands certains ouvrages encore en relatif bon état vont être remis en ordre de marche pour offrir une barrière face à l’avancée soviétique mais comme la RKKA s’arrêta à la frontière tchécoslovaque ils furent utilisés ni contre les soviétiques ni contre les occidentaux.

Durant la guerre froide des ouvrages furent transformés en abris anti-atomique pour les autorités communistes tchécoslovaques et depuis l’an 2000 des ouvrages ont été restaurés et transformés comme musées.

La Légion tchécoslovaque en Pologne

La Legion Czechoslowacki est créée en 1939 par des tchécoslovaques qui souhaitent combattre les allemands aux côtés des polonais en dépit du fait Varsovie se joint à la curée après les désastreux accords de Munich.

C’est donc davantage par haine des allemands que par sympathie pour les polonais que des tchèques et des slovaques choisissent de passer en Pologne. Nul doute que le précédent des légions tchécoslovaques en Italie, en Russie et en France à également joué.

Des civils et des militaires tchécoslovaques trouvent refuge à l’ambassade de Tchécoslovaquie à Varsovie et au consulat à Cracovie. Les militaires de l’ancienne arrmée tchécoslovaque sont les seuls à vraiment vouloir rester en Pologne. De son côté le gouvernement polonais se montre réticent.

Plus de 4000 tchèques et slovaques quittent la Pologne via six transports du 22 mai au 21 août 1939 pour rejoindre la Légion Etrangère.

1000 décident de rester ce qui représente 700 fantassins et 200 aviateurs. Si les premiers tardent à être équipés, les seconds vont former un escadron de reconnaissance.

Quand les allemands attaquent le 1er septembre 1939, la Légion Tchécoslovaque n’est pas encore opérationnelle, la Legion Czechow i Slowakow devenant réalité si on peut dire le 3 septembre 1939 soit le jour où la France et la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne.

Elle ne dispose pas d’uniformes et manque d’armes. Elle n’est pas engagée au combat. En revanche les aviateurs combattent à bord de Potez 25, de RWD-8 et de PWS-26.

Les fantassins sont évacués de Bronowice (près de Cracovie) vers l’est. Plusieurs sont tués par des bombardements aériens. Si certains sont internés par les soviétiques le 19 septembre 1939, d’autres parviennent à franchir la frontière polono-roumaine avant d’être internés en Roumanie.

Leur situation est délicate car ils peuvent être considérés comme des traitres. Nombre d’entre-eux s’évadent de crainte d’être livrés aux allemands. Ils vont rallier la France soit seuls ou dans les bagages des soldats polonais évacués vers la France par la marine marchande roumaine.

Le 2 octobre 1939 l’Armée Tchécoslovaque en France est créée mais son existence réelle sera limitée puisque les divisions seront placées sous commandement français. En janvier 1940 les tchécoslovaques internés en URSS sont libérés et peuvent rallier l’ouest sauf les communistes qui demandent à rester en URSS.

L’Armée Tchécoslovaque en France

Si la mise sur pied d’une Armée polonaise en France ne fait guère de débat en revanche la mise sur pied d’une Armée Tchécoslovaque en France à été plus difficile, plus douloureuse. De nombreuses négociations politiques ont été nécessaires pour permettre la mise sur pied d’unités de combat tchécoslovaques.

Les premiers militaires tchèques et slovaques arrivent à l’automne 1939 et faute d’unités doivent s’engager dans la Légion Etrangère. Ils sont envoyés en Algérie où ils sont soumis à des vexations venant notamment de sous-officiers allemands.

La guerre de Pologne ne permet pas la mise sur pied de grandes unités mais le gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres avec une antenne à Lyon veut préserver l’avenir et après de longues et douloureuses négociations un accord est signé en septembre 1940 pour mettre sur pied des unités du temps de paix dont les effectifs doivent être augmentés avec la mobilisation de tchèques, de slovaques, de ruthènes vivant en France mais aussi de volontaires venus de la diaspora vivant notamment aux Etats-Unis.

Une infrastructure est nécessaire. Un premier camp est aménagé à Agde suivit d’un deuxième à Nimes, d’un troisième à Avignon et d’un quatrième à Chalons sur Saone, des camps cohabitant souvent avec des installations de l’armée française ce qui favorisait les synergies pour utiliser un terme moderne.

Dès l’été 1948 plusieurs grandes unités aériennes et terrestres vont être mises sur pied. Cette mise sur pied est délicate en raison de relations parfois houleuses entre les tchèques et les slovaques. Il faudra des pressions, une habile propagande et des sanctions pour que le gouvernement français et le général Villeneuve estime les unités tchécoslovaques capables de combattre.

On trouve d’abord la 1ère Division d’Infanterie Tchécoslovaque (1ère DIT) qui va intégrer le 10ème Corps d’Armée qui lui même dépendait de la 8ème Armée (Groupe d’Armées n°2) qui couvrait le secteur compris entre le Montbéliard et le lac Léman.

Cette division est organisée sur le modèle français avec trois régiments d’infanterie (1er régiment tchèque, 2ème régiment tchèque et 3ème régiment tchèque), deux régiments d’artillerie (1er et 2ème régiment d’artillerie tchèque, le 1er étant l’équivalent d’un RAD et le second l’équivalent d’un RALD), la 1ère Batterie Divisionnaire Antichar tchèque, le 1er Bataillon de défense antiaérienne tchèque, le 88ème bataillon du génie et diverses unités de soutien.

Un GRDI monté, le 1er groupe de cavalerie tchèque complète le dispositif, sa motorisation prévue n’à pas été réalisée avant septembre 1948.

La 2ème Division d’Infanterie Tchécoslovaque (2ème DIT) dépend du Détachement d’Armées du Sud-Ouest (DASO) _successeur du Détachement d’Armées des Pyrénées (DAP)_ et plus précisément du Secteur Opérationnel de l’Adour.

Cette division comprend trois régiments d’infanterie tchèques (4ème, 5ème et 6ème régiments tchèques), deux régiments d’artillerie (3ème et 4ème régiments d’artillerie tchèques _le premier étant un RAD et le second un RALD_), la 2ème Batterie Divisionnaire Antichar tchèque, le 2ème Bataillon de défense antiaérienne tchèque, du 96ème bataillon du génie et diverses unités de soutien. Un GRDI est prévu mais n’à pas le temps et/ou les moyens de voir le jour.

A la mobilisation, deux divisions de travailleurs sont levées, des divisions destinées à des travaux de fortification complémentaires et d’aménagement au Havre pour protéger ce port pétrolier mais également à Paris pour compléter la ligne Chauvineau.

Plan de la ligne Chauvineau

Ces travaux terminés, ces deux divisions sont transformées en 3ème et 4ème Divisions d’Infanterie Tchèque (3ème et 4ème DIT), divisions organisées sur le modèle des D.L.I avec un équipement français.

Concrètement elles comprennent deux régiments d’infanterie au lieu de trois, un régiment d’artillerie divisionnaire, une batterie divisionnaire antichar, une batterie de défense antiaérienne, un bataillon du génie et des unités de soutien.

La 3ème D.I.T est envoyée au Levant en novembre 1948 et la 4ème D.I.T sera envoyée dans le sud de la France comme réserve pour un renforcement des défenses de la Corse.

La 1ère DIT va participer à la Campagne de France notamment quand les allemands lancent l’opération TIGER, le franchissement en force du Rhin. Ils vont se montrer à la hauteur de leurs grands anciens du premier conflit mondial, la division se repliant en bon ordre sur la Seine mais est passablement affaiblie.

Elle est retirée du front une fois le front stabilisé. La 2ème DIT est transférée sur la Seine toujours sous commandement français.

Après avoir envisagé de fusionner les deux divisions, décision est prise de réorganiser les deux divisions sous la forme de DLI. Ces deux divisions légères vont combattre en France puis en Allemagne.

En septembre 1953 la 2ème DLIT (Division Légère d’Infanterie Tchécoslovaque) est dissoute pour compléter les effectifs de la 1ère qui va terminer la guerre en Bavière et ne va pas tarder à rentrer en Bohème-Moravie. Elle va participer après guerre à la reconstitution d’une armée tchécoslovaque digne de ce nom.

La 3ème DIT est envoyée au Levant en novembre 1948 pour défendre les mandats. Elle mène des missions de police coloniale puis rallie l’Afrique du Nord pour assurer le «service après vente» de l’opération BAYARD.

En février 1949 l’opération MERKUR est lancée par les germano-italiens contre la Corse qui est conquise, la Sardaigne qui est reconquise mais Malte est préservée. La division tchèque est transférée à Malte et va combattre les parachutistes italiens. Elle s’illustre et voit son moral remonter en flèche.

De son côté la 4ème DIT va défendre la Corse où elle subit de lourdes pertes à tel point qu’elle est évacuée rapidement pour reconstitution en Algérie. Pour cela la 3ème DIT quitte Malte pour rallier également l’Algérie.

Pour ne fâcher personne, les deux divisions sont fusionnées pour devenir la 7ème Division Légère d’Infanterie Tchécoslovaque, la division à nouveau opérationnelle en décembre 1949 va participer à la libération de la Corse lors de l’opération MARIGNAN (août 1951).

La division reste déployée en Corse jusqu’en juin 1953 quand elle passe en Italie participant notamment à l’opération AURORE (11 janvier 1954), terminant la guerre dans le sud de l’Autriche.

Elle va rallier la Tchécoslovaquie dès le mois d’octobre 1954, la 7ème DLIT servant de creuser à une nouvelle division de la nouvelle armée tchécoslovaque.

Les forces armées du protectorat de Bohème-Moravie

Peloton d’honneur de la Vladni vojsko

Le 25 juillet 1939 est créée la Vladni vojsko ou armée gouvernementale. C’est le bras armé du protectorat de Bohème-Moravie. Sa création répond à trois critères principaux :

-Eviter une trop forte augmentation du chomage en raison de la dissolution de l’Armée Tchécoslovaque

-Légitimer leur occupation en faisant croire aux crédules et aux naïfs que rien n’avait vraiment changé

-Protéger le président Hacha, un «président fainéant» au sens où les historiens l’entendait pour les derniers mérovingiens (c’est les maires du palais comme Charles Martel qui possédaient la réalité du pouvoir).

Les allemands qui connaissaient les avantages d’une armée réduite avaient fixé à 7000 hommes les effectifs maximum de l’armée gouvernementale. En septembre 1948 les effectifs ont péniblement atteint les 6500 hommes répartis en douze bataillons avec un armement léger mais tout de même 40 généraux !

Le 1er bataillon était destiné à protéger le président Hacha, son gouvernement et garder avec des troupes allemandes le château de Prague. Ces bataillons dépendaient de trois inspections générales : Prague, Brno et Hradec-Kralove.

Dans un premier temps les soldats, sous-officiers et officiers venaient de la défunte armée tchécoslovaque mais pour des raisons politiques ils sont peu à peu remplacées par de nouvelles recrues.

Elles étaient recrutées chez les tchèques âgés de 18 à 24 ans, d’ethnie aryenne, 1.65m comme taille minimum, en bonne santé et sans casier judiciaire.

Les allemands n’ont jamais vraiment eu confiance dans cette arme ce qui explique les sérieuses limites en matière d’armement. Ces limites sont levées à partir de septembre 1948 avec quelques pièces d’artillerie, des véhicules blindés mais les demandes pour l’acquisition de chars seront retoquées par les allemands.

Au printemps 1949 les douze bataillons sont fusionnés en six régiments répartis en trois brigades avec un peu d’artillerie et quelques unités de soutien.

Le projet de créer des unités montées se heurta au manque de chevaux et seule la première brigade recevra une compagnie montée qui lors de son engagement contre la résistance tchèque passa avec armes et bagages à l’ennemi !

Même chose pour le projet de créer une unité S.S. La Compagnie de St Wenceslas créée en juillet 1953 ne fût jamais engagée au combat faute de moyens humains et matériels.

Cette armée gouvernementale va se dissoudre au printemps 1954, des hommes ralliant les allemands d’autres la résistance, combattant notamment à Prague et accueillant les troupes de la RKKA lui servant de guide.

A la différence de la Garde Hlinka cette force armée ne fût pas considérée comme une force armée collaborationiste et leurs chefs ne furent pas inquiétés par le gouvernement Benes une fois ce dernier revenu au pays.

Mitteleuropa Balkans (210) Slovaquie (4)

La Crise des Sudètes et la Deuxième République Tchécoslovaque

La Crise des Sudètes et la capitulation de Munich

Carte linguistique de la Tchécoslovaquie en 1930.

Comme nous l’avons vu plus haut les allemands n’ont jamais accepté l’intégration à la Tchécoslovaquie estimant qu’ils devaient soit rejoindre l’Allemagne ou alors la République d’Autriche (ex-République Allemande d’Autriche).

La région s’agite donc ce qui pose de sérieux problèmes au gouvernement de Prague car cette région frontalière avec l’Allemagne doit accueillir un système fortifié comparable à la Ligne Maginot.

Ouvrage fortifié tchécoslovaque

Voilà pourquoi le gouvernement tchécoslovaque va d’abord tenter de calmer le jeu pour éviter que la région n’explose.

En face certains font preuve de bonne volonté, les partis dominant jusqu’en 1935 étant les chrétiens-sociaux, les sociaux-démocrates et les agrariens. On trouve même de nombreux communistes. Certains de ces partis appuient même le gouvernement de Prague, plusieurs allemands des Sudètes sont ministres. Nous sommes donc loin des allemands opprimés et martyrisés que décrivait la propagande nazie pour justifier ses actions.

L’arrivée au pouvoir des nazis change clairement la donne. En 1933 le gouvernement tchécoslovaque interdit deux partis allemands. En riposte Konrad Henlein met sur pied le Front Patriotique des Allemands des Sudètes qui devient en 1935 le Parti des Allemands des Sudètes (Sudetendeutche Partei SdP) pour pouvoir participer aux élections. Pour une première c’est une réussite puisqu’il remporte 44 sièges faisant de ce parti le deuxième derrière le parti Agrarien mais le premier en nombre de voix.

En 1937 le gouvernement tchécoslovaque cherche toujours à calmer le jeu alors que Henlein aiguillonné et soutenu par Berlin ne cesse de jeter de l’huile sur le feu.

L’Anschluss réalisé le 12 mars 1938 aggrave la situation puisque la frontière germano-tchécoslovaque s’accroit encore rendant encore plus sensible le maintien du «quadrilatère bohémien» dans l’Etat tchécoslovaque.

Le 24 avril 1938 le SdP publie un programme en huit points pour la mise en place d’un territoire allemand autonome. Ce programme est clairement rédigé pour être inacceptable pour le gouvernement tchécoslovaque, pousser ce dernier à la faute et justifier une intervention militaire allemande.

A la mi-mai 1938 des mouvements de troupes ont lieu côté allemand ce qui pousse Prague à ordonner une mobilisation partielle de son armée. Détail intéressant la mobilisation se passe dans le calme y compris dans la région des Sudètes.

En juin 1938 sous la pression de Londres, Prague accepte les revendications de Henlein mais ce dernier cherche à tout prix le conflit.

Le 12 septembre 1938 lors d’un discours tenu au Congrès du NSDAP à Nuremberg Hitler appelle les Sudètes à se révolter contre le gouvernement tchécoslovaque. Des émeutes éclatent ce qui pousse Prague à décréter la loi martiale. Henlein et ses proches doivent fuir en Allemagne. Le parti allemand des sudètes est interdit le 16 septembre 1938.

Pour éviter la guerre mais pas le déshonneur, les alliés occidentaux proposent la réunion d’une conférence qui se tient à Munich en présente de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et de la Grande-Bretagne mais ni de la Tchécoslovaquie ni de l’URSS.

Moscou propose une assistance militaire à la Tchécoslovaquie (NdA dont on peut douter de l’efficacité en raison des purges qui frappent la RKKA) mais à condition que la France en fasse autant.

Il faudrait cependant obtenir l’accord de la Pologne et/ou de la Roumanie pour faire transiter des troupes soviétiques. Si Bucarest est ouverte à la discussion (en dépit de solides contentieux frontaliers avec l’URSS), Varsovie refuse catégoriquement.

Détail qui n’en est pas un, la France ne fait aucunement pression sur son allié polonais pour le pousser à accepter un transit de troupes soviétiques moins de vingt ans après la guerre entre les deux pays.

Suite à deux jours de conférence (29 et 30 septembre 1938), un accord est signé. Il fait consensus en France et en Grande-Bretagne où les munichois sont majoritaires. En France les communistes votent contre la ratification de l’Accord ce qui provoque la fin officielle du Front Populaire.

Chamberlain acclamé à sa descente d’avion déclare «ramener la paix pour notre temps» alors que Daladier persuadé d’être hué à sa descente d’avion au Bourget pour avoir tant concédé et si peu obtenu est stupéfait d’être acclamé.

Dans sa voiture il aurait déclaré selon la légende «Les cons si ils savaient…..» ce qui à moins de prestance que la célèbre phrase de Churchill «Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre», phrase qui visiblement et comme beaucoup de bons mots historique n’à jamais été dite sous cette forme.

Benes démissionne le 5 octobre 1938, les tchèques sont expulsés des territoires occupés par les allemands. Les tchèques se sentent légitimement trahis et plus grave les franco-britanniques sortent gravement discrédités ce qui à sans nul doute contribué au rapprochement germano-soviétique.

En Allemagne cet accord fait capoter un coup d’état militaire anti-nazi qui aurait du être déclenché dès le début du conflit que tout le monde pensait imminent.

Selon le texte des Accords de Munich, l’évacuation des territoires débute dès le 1er octobre et doit s’achever le 10. Aucune destruction ne sera admise, les conditions de l’évacuation devant être in fine déterminés par une commission composée de membres des pays signataires.

Cette commission déterminera également les régions soumises à plébiscite qui seront entre-temps occupées par des troupes internationales (NdA A ma connaissance cela n’à pas eu lieu).

Une commission internationale fixera les frontières définitives du nouvel état et dans un délai de six mois les territoires pourront être exclus ou transférés.

Dans un délai de quatre semaine tout allemand des Sudètes qui le souhaitera pourra être libéré des unités militaires et policières d’un Etat dont il n’est plus citoyen. Les prisonniers politiques doivent être libérés dans ce delai.

Les nouvelles frontières sont garanties (sic) par Paris et Londres, Berlin et Rome feront pareil quand la question des minorités polonaises et hongroise sera réglée (re-sic). Si le problème n’est pas réglé dans un délai de trois mois, une nouvelle conférence internationale se réunira.

Le 21 octobre 1938 les allemands des Sudètes deviennent officiellement citoyens du Reich.

Les Allemands des Sudètes avaient également leurs cousins orientaux, les Allemands des Carpathes présents en Slovaquie depuis le XIIIème siècle à une époque où les rois de Hongrie cherchaient des spécialistes pour développer leur royaume et notamment dans le domaine de l’extraction minière.

Très vite les populations germanophones forment des groupes puissants au sein des villes de la région, élites qui ne sont pas aussi homogène que cela puisqu’on trouve des catholiques, des juifs et des protestants.

Durant la période de la 1ère République Tchécoslovaque plusieurs partis ethniques représentent les intérêts des allemands. La rivalité naturelle entre partis n’empêche pas la mise sur pied de listes communes pour profiter à plein du système proportionnel. Force est néanmoins de constater que l’électorat germanophone est extrêmement volatile.

Lors des élections législatives de 1935, le Karpathendeutschen Partei (Parti des allemands des Carpathes) fait liste commune avec le SdP ce qui permet à ce parti d’obtenir un siège à la Chambre et un autre au Sénat.

En 1938/39 lors de la mise en place de l’Etat slovaque autonome, le parti centriste (Zentrum Deutsche Partei) et le KdP sont remplacés par le Deutsche Partei. Le 26 octobre 1938 un secrétariat d’Etat pour les intérêts du groupe national allemand en Slovaquie est mis sur pied. Les allemands des Carpathes ont deux puis trois sièges au parlement slovaque.

Durant la Pax Armada les relations entre le gouvernement slovaque et sa minorité allemande sont empreintes d’une profonde méfiance puisque cette population est considérée comme une cinquième colonne allemande et rappelle la sujetion de l’Etat slovaque à Berlin.

A plusieurs reprises des affrontements opposent la police slovaque à des manifestants slovaques germanophones. Cela ne va jamais très loin, Berlin rappelant très vite que la Slovaquie n’existe comme Etat indépendant que parce qu’ils le veulent bien.

Durant le second conflit mondial les allemands de Slovaquie s’engagent massivement dans l’armée slovaque, combattant notamment sur le front de l’est. Contrairement à la propagande du régime nazi, ils ne sont pas montrés forcément meilleurs que les autres populations de la Slovaquie.

Avec l’avancée de l’Armée Rouge, les allemands de Slovaque vont fuir vers l’ouest ou pour certains vers le sud, préférant être capturés par les alliés occidentaux que par les soviétiques.

Expulsés de Slovaquie sauf rares exceptions (personnes ayant résisté, conjoint de «slovaque de souche» ou travailleur qualifié) ils se sont réinstallés en Bavière où ils forment un groupe d’influence très bien organisé pour défendre une mémoire que la Slovaquie indépendante hésite à reprendre à son compte tant elle paraît positive pour certains côtés mais problématiques pour beaucoup d’autres.

La Deuxième République Tchècoslovaque

Ce nom de Deuxième République Tchécoslovaque est un nom d’usage car officiellement le pays continue d’être gouverné selon la constitution de 1920 mais comme le pays à perdu une bonne partie de son territoire et devient indéfendable face à une offensive allemande on considère que du 1er octobre 1938 au 15 mars 1939 la Tchécoslovaquie à connu sa deuxième république.

Emil Hacha

Le président Edouard Benès démissionne le 5 octobre 1938. Il est remplacé par un président par interim le général Jan Syrovy qui passe le relais à Emil Hacha élu le 30 novembre 1938.

La Bohème et la Moravie ont perdu 38% de leur superficie, la Hongrie à annexé 11882km² à la frontière slovaque et en Ruthénie (1er accord de Vienne).

Le gouvernement tchécoslovaque fait face à un afflux de réfugiés et à l’agitation des slovaques ce qui impose l’envoi de renforts militaires à l’est.

Le 6 octobre 1938 un accord est trouvé pour transformer la Tchécoslovaquie en république fédérale avec un gouvernement slovaque autonome avec à sa tête Josef Tiso.

Aux élections du 18 janvier 1939 le Parti du Peuple Slovaque reçoit 98% des voix et en février Hitler accorde son soutien à un Etat slovaque indépendant probablement moins par sympathie pour les slovaques que pour faire pression sur Prague mais aussi sur Budapest.

Le 22 février 1939 Josef Tiso propose de déclarer l’indépendance. Emil Hacha décrète la loi martiale, l’armée tchécoslovaque intervient le 9 mars, Tiso étant destitué.

Le 14 mars 1939 Tiso soutenu mais aussi pressé par les allemands déclare la Slovaquie indépendante. Légaliste il à demandé un vote du parlement, un vote fait dans un contexte difficile avec rumeurs (des fake news dirions nous aujourd’hui) et des pressions.

Parallèlement Emil Hacha est convoqué à Berlin. Hitler menace le pays d’une intervention militaire, d’un bombardement sur Prague. Le président tchécoslovaque qui sait ne pouvoir résister, qui sait que les alliés occidentaux ne bougeront pas cède mais contrairement à la légende il n’aurait fait ni malaise ni crise cardiaque.

Le 15 mars 1939 les allemands entrent en Tchécoslovaquie sans résistance ou presque.

A notre connaissance nous ne trouvrons qu’un exemple de résistance armée, un affrontement qui à lieu à Ostrava la Bataille des Casernes de Cajanek mais ce combat n’à été provoqué que parce que les allemands ont coupé les communications avant que l’ordre de ne pas résister soit envoyé au 8ème régiment d’infanterie.

Le commandant des soldats tchécoslovaques, le capitaine Karel Pavlik parviendra à gagner la France à rejoindre l’armée tchécoslovaque en exil et combattra durant la Campagne de France, recevant la Légion d’Honneur et la Médaille Militaire à titre posthume.

La Tchécoslovaquie après à peine vingt ans d’existence disparaît avec une Slovaquie indépendante et un protectorat de Bohème-Moravie.

En octobre 1939 Edouard Benès forme à Londres un gouvernement en exil qui est reconnu par les alliés comme le seul gouvernement tchécoslovaque légitime. Il reviendra à la libération du pays en 1954 mais la Troisième République Tchécoslovaque sera très éphémère mais ceci est une autre histoire.

Le 15 mars l’Ukraine Subcarpathique proclame son indépendance mais aussitôt les hongrois occupent la région.

Les allemands mettent la main sur une puissante industrie militaire qu’ils vont faire tourner à leur profit. Ils récupèrent aussi les précieux stocks de l’armée tchécoslovaque ce qui compensera nombre de carences d’une armée qui n’à commencé sa remontée en puissance officiellement qu’à partir de 1935.

L’armée de terre récupère 2175 canons, 469 chars, 500 pièces de DCA, 43000 mitrailleuses, 1.09 million de fusils, 114000 pistolets, des millions d’obus et de projectiles divers. De quoi équiper ou rééquiper plusieurs divisions d’infanterie voir des Panzerdivision, plusieurs de ces unités recevant des chars tchécoslovaques.