Pologne et Pays Neutres (123) Turquie (13)

Avions

Chasse et Chasse-Bombardement

-14 PZL P.24A et 26 P.24C livrés par la Pologne avant une production sous licence de 20 P.24A/C et 30 P.24G soit un total de 90 exemplaires. Une partie est encore en service en septembre 1948 au sein de deux groupes puis un seul à la fin du conflit alors que l’appareil était totalement obsolète.

-Avia B.534 : appareils retirés du service en 1944 faute de pièces détachées

-Curtiss H-75 : 72 appareils ex-français ayant appartenus aux Groupes de Chasse français déployés au Levant. 48 appareils en ligne et 24 en réserve. Deux groupes sont équipés de cet appareil.

-Morane-Saulnier MS-410 : 92 appareils acquis mais seulement 64 en ligne. Deux groupes de chasse turcs volent sur cet appareil

-Hawker Hurricane : quatre groupes de chasse équipés

-Supermarine Spitfire : deux groupes de chasse équipés

-Curtiss P-40 : deux groupes de chasse équipés

-Focke-Wulf Fw-190 : deux groupes de chasse équipés

-Republic P-47 Thunderbolt : deux groupes de chasse équipés

Bristol Beaufighter

-Bristol Beaufighter : deux groupes de chasse

Bombardement

-Vultée V-11 : un groupe

Le Vultee V-11 est un avion d’attaque au sol monomoteur triplace issu du V-1. Avec le V-12 il à été exporté mais n’à pas été utilisé par l’USAAC qui ne donna pas suite au programme du YA-19.

Effectuant son premier vol le 17 septembre 1935 il à été produit à 224 exemplaires entre 1936 et 1940, étant mis en service à partir de 1937. Il à été utilisé par la Turquie (41 exemplaires), par la Chine, par le Brésil et par l’URSS.

La Turquie possédait encore un groupe de Vultee V-11 en service en septembre 1948, groupe opérant sur les côtes de la mer égéenne. Plusieurs appareils sont perdus que ce soit par accident ou abattus suite à des méprises de la part de chasseurs de l’Axe ou des alliés ou plus embarrassant par la chasse turque. Il restait une poignée d’appareils en mai 1954 et leur carrière d’après guerre à été pour le moins éphémère.

Le Vultee V-11 est un monomoteur monoplan triplace de conception et de fabrication américaine pesant 4736kg au décollage, mesurant 11.53m de long pour 15.24m d’envergure et 3.05m de haut.

Motorisé par un Pratt & Whitney R-1830-17 Twin Wasp de 1200ch, il pouvait voler à 370km/h, pouvait franchir 2174km et voler à une altitude maximale de 6250m.

L’armement se composait de quatre mitrailleuses de 7.7mm dans les ailes, une mitrailleuse de 7.7mm ventrale et une autre en poste arrière, 500kg de bombes.

-Martin B.10 : un groupe

-Bristol Blenheim : deux groupes

-Bristol Beaufort : un groupe

-Heinkel He-111 : deux groupes

Martin Baltimore

-Martin 187 Baltimore : deux groupes

-Martin B-26 Marauder : un groupe

-Consolidated B-24 Giant : un groupe

-Consolidated B-32 Dominator : un groupe

-Short Stirling : un groupe

Reconnaissance et Coopération

-Avro Anson : un groupe

-Polikarpov Po-2 : un groupe mixte avec des R-5

-Polikarpov R-5 : un groupe mixte avec des Po-2

Westland Lysander

-Westland Lysander : deux groupes

-De Havilland Mosquito : deux groupes

-Bloch MB-176 : deux groupes

-Heinkel He-111 : un groupe

Transport et Entrainement

-Miles Master et Magister

-Beechcraft model 18

-Airspeed AS.10

-Gotha Go-145 produit sous licence

Focke-Wulf Fw-44 Stieglitz

-Focke-Wulf Fw-44

-Focke-Wulf Fw-58 Weihe

-Le Nuri Demirağ Nu D.36 est un avion d’entrainement biplan biplace de conception et de construction turque.

C’était un appareil de 650kg à vide et 1000kg en charge, mesurant 7.3m de long pour 9.74m d’envergure et 2.44m de haut. Propulsé par un Walter Gemma de 150ch entrainant une hélice bipale, il pouvait voler à 182km/h, franchir 500km et voler à une altitude maximale de 3350m.

-Le TKH-2 est un avion d’entrainement à l’acrobatie de conception et de fabrication turque. Ayant effectué son premier vol en 1944 il n’à été produit qu’à six exemplaires. Ces appareils ont été utilisés jusqu’en 1954 puis envoyés à la ferraille.

Le THK-2 était un monoplan monomoteur pesant 490kg à vide et 660kg en charge, mesurant 6.98m de long pour 8m d’envergure et 2.08m de hauteur. Propulsé par un moteur De Havilland Gipsy Major de 135ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 265km/h, franchir 700km et voler à une altitude maximale de 6000m.

Le SNC-1 est la version embarquée du Curtiss-Wright CW-22

-Le Curtiss-Wright CW-22 est un avion d’entrainement avancé de conception et de fabrication américaine. Monoplan biplace, il effectua son premier vol en 1940, il à été mis en service en 1942, étant produit à 442 exemplaires.

Issu du CW-19 et du chasseur CW-21, le CW-22 fût également développé en une version navale baptisée SNC-1. L’appareil à été exporté aux Indes Néerlandaises mais aussi en Turquie avec cinquante exemplaires. L’appareil à été également utilisé par la Bolivie, par la force aérienne des volontaires birmans, le Japon (appareils néerlandais capturés), le Pérou, l’Inde Britannique, l’Uruguay et les Etats-Unis.

Le Curtiss-Wright CW-22 pesait 1718kg en charge, mesurant 8.23m de long pour 10.67m d’envergure et 3.02m de hauteur. Motorisé par un Wright R-975-28 de 450ch entrainant une hélice bipale, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 319km/h, franchissait 1260km et voler à une altitude de 6600m. Il était armé d’une mitrailleuse de 7.62mm fixe vers l’avant et une autre à l’arrière.

-22 Fairey Battle initialement commandés par la Pologne utilisés essentiellement pour l’entrainement

-De Havilland DH.89 Dragon Rapide

Junkers G.24He

-Douglas C-47 Dakota

Pologne et Pays Neutres (122) Turquie (12)

Organisation de l’aviation turque

-Etat-major tactique des forces aériennes ( hava kuvvetleri taktik personeli)

Outre la direction générale des forces aériennes, la gestion du personnel, de la logistique et de la formation, l’état-major tactique des forces aériennes dispose sous son autorité d’une brigade de chasse, d’une brigade de reconnaissance et de bombardement et du bataillon parachutiste.

-Brigade nationale de chasse

Des Hurricane assuraient la défense aérienne de l’ancienne capitale impériale byzantine

Cette ulusal avcılık tugayı regroupe des groupes de chasse destinées notamment à protéger les grandes villes de Turquie notamment Istanbul et Ankara. Elle comprend deux groupes pour protéger Istanbul (deux groupes de Hurricane) et trois groupes pour protéger Ankara (un groupe de Curtiss P-40, un groupe de Focke-Wulf Fw-190 et un groupe de Supermarine Spitfire). Ces cinq groupes disposent au total de 135 chasseurs.

-Brigade de reconnaissance et de bombardement stratégique

Cette Keşif ve Stratejik Bombardıman Tugayı est la véritable force de frappe de l’aviation turque, une force «stratégique» avec des avions de reconnaissance et des bombardiers.

Heinkel He-111

Basé près d’Ankara soit à l’écart des frontières mais suffisamment proche des zones de tension, cette brigade dispose de trois groupes de reconnaissance stratégique (deux volant sur Mosquito et un volant sur Heinkel He-111 modifiés), un groupe de reconnaissance tactique volant sur Bloch MB-176 et trois groupes de bombardement lourd, un groupe de Short Stirling ex-britanniques, un groupe de B-24 et un groupe de B-32, ces trois groupes volant sur des appareils de seconde main.

Short Stirling

-1ère Brigade aérienne de combat (1. muharebe hava tugayı)

Zone de déploiement : Caucase

Un état-major

-Une compagnie de sécurité

-Un groupement logistique

-Deux groupes de chasse

Curtiss H-75 en vol. Les Curtiss H-75 turcs étaient des appareils issus des rangs de l’Armée de l’Air

Un groupe de PZL P.24 et un groupe de Curtiss H-75

-Deux groupes de bombardement

Un groupe de B-26 Marauder et un groupe de Martin 187 Baltimore

-Un groupe de reconnaissance tactique

Westland Lysander

Un groupe volant sur Westland Lysander

-2ème Brigade aérienne de combat (2. muharebe hava tugayı)

Zone de déploiement : Sud de la Turquie

-Un état-major

Un groupement logistique

-Une compagnie de sécurité

-Deux groupes de chasse

Republic P-47 Thunderbolt

Un groupe de Morane-Saulnier MS-410 et un groupe de Republic P-47 Thunderbolt (qui à remplacé les P.24 encore en service en septembre 1948)

-Deux groupes de bombardement

Deux groupes de Bristol Blenheim

Un groupe de reconnaissance tactique

Avro Anson

Un groupe volant sur Avro Anson

-3ème Brigade aérienne de combat (3. muharebe hava tugayı)

Zone de déploiement : côtes de la mer Egée

-Un état-major

Un groupement logistique

-Une compagnie de sécurité

Quatre groupes de chasse

Morane-Saulnier MS-406. Le MS-410 en est directement issu

Un groupe de Bristol Beaufighter, un groupe de Morane-Saulnier MS-410, un groupe de Curtiss P-40 et un groupe de Supermarine Spitfire

-Deux groupes de bombardement

Martin B-10. Pour l’esthétisme on repassera

Un groupe de Vultee V-11 et un groupe de Martin B-10

-Un groupe de reconnaissance tactique

Un groupe volant sur Bloch MB-176

-4ème Brigade aérienne de combat (4. muharebe hava tugayi)

Zone de déploiement : Thrace orientale

Un état-major

-Un groupement logistique

-Une compagnie de sécurité

-Quatre groupes de chasse

Bristol Beaufighter

Un groupe de Republic P-47 Thunderbolt (ce groupe volait sur Avia B-534, à été mis en sommeil en 1944 et recréé en 1951 avec des P-47), un groupe de Bristol Beaufighter, un groupe de Focke-Wulf Fw-190 et un groupe de Hawker Hurricane

-Deux groupes de bombardement

Bristol Beaufort

Un groupe de Bristol Beaufort et un groupe de Heinkel He-111

-Un groupe de reconnaissance tactique

Un groupe volant sur Westland Lysander

-5ème Brigade aérienne de combat (5. muharebe hava tugayi)

Zone de déploiement : côtes de la mer Noire

-Un état-major

Un groupement logistique

-Une compagnie de sécurité

-Deux groupes de chasse

Un groupe de Curtiss H-75 et un groupe de Hawker Hurricane

Deux groupes de bombardement

Martin Baltimore

Un groupe de Martin 187 Baltimore et un groupe de Heinkel He-111

Deux groupes de reconnaissance tactique

Polikarpov Po-2

Un groupe mixte de Polikarpov Po-2 et R-5 et un groupe de Bloch MB-176

-6ème brigade (entrainement et transport)

-Deux groupes d’entrainement

Un groupe d’entrainement primaire et un groupe d’entrainement avancé et un groupe d’entrainement au tir

-Un groupe de transport

Commandement tactique de la défense aérienne (hava savunma taktik komutanlığı)

projecteurs

Une compagnie à Istanbul, une compagnie à Ankara, une compagnie à Antalya, une compagnie à Izmir

-ballons de barrage

-Un réseau couvrant Istanbul

-Un réseau couvrant Ankara

batteries de DCA

-Deux batteries couvrant Istanbul, deux batteries couvrant Ankara, une batterie couvrant Izmir et une batterie couvrant Antalya

Bataillon parachutiste

Ce bataillon parachutiste (1. Parasüt Taburu) à été créé en octobre 1945 à Tripoli en Libye puisque que les premiers paras turcs ont été formés en Afrique Septentrionale Italienne l’actuelle Libye.

Ce bataillon est organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, trois compagnies de fusiliers parachutistes et une compagnie d’armes lourdes (mitrailleuses et mortiers).

Basé près d’Antalya, il devait en cas de conflit opérer contre les cibles stratégiques de l’ennemi, les paras turcs ayant à l’origine l’ambition de créer une division parachutiste mais ce rêve devra attendre 1970.

Si le bataillon ne fût pas engagé au combat car la Turquie restera neutre, il ne resta pourtant pas l’arme au pied puisqu’il allait être employé en mission de contre-insurrection contre des kurdes et des arméniens qui s’agitaient à nouveau.

Le sujet est peu connu mais le 1er bataillon de parachutistes turc allait mener une douzaine de sauts tactiques pour aider la Jandarma et l’armée dans leur lutte contre les groupes rebelles.

A la fin de la guerre un 2ème bataillon sera créé puis un 3ème en 1957 avant qu’une véritable division ne voit le jour avec artillerie, génie et chars légers en mars 1970 mais ceci est une autre histoire.

Pologne et Pays Neutres (121) Turquie (11)

FORCES ARMEES TURQUES (2) : ARMEE DE L’AIR

Historique

Le 2 décembre 1909 une première démonstration aérien à lieu dans l’empire ottoman, démonstration réalisée par Louis Blériot et par le pilote belge Pierre de Caters.

Cette démonstration réussit à convaincre les autorités ottomanes de la nécessité de disposer d’une capacité aérienne. Cela fait suite à l’envoi à Paris d’une délégation à la Conférence Internationale de l’Aviation.

En juillet 1911 deux officiers ottomans sont envoyés en France pour suivre les cours d’une école d’aviation créé par la société Blériot.

Entre-temps une Commission de l’Aviation (Tayyare Komisyonu)est créée le 1er juin 1911 sous l’autorité de l’inspection des formations techniques et fortifiées (Kıtaât-ı Fenniyye ve Mevâki-i Müstahkeme Müfettişligi).

Le 21 février 1912 le capitaine Fesa est breveté pilote (n°780 en France, n°1 en Turquie) alors que son compère le lieutenant Yusuf Kenan Bay est breveté n°797 en France et donc n°2 en Turquie. Ces deux pionniers effectuent une démonstration au dessus de Constantinople le 27 avril 1912.

Rapidement huit autres pilotes sont envoyés en France, deux appareils sont livrés à Istanbul le 15 mars 1912 en l’occurrence un monoplan et un biplace de la firme Deperdussin.

Blériot XI

On trouve ensuite deux Blériot XI-b en version biplace suivis de trois autres Blériot XI-2 et trois monoplaces Pingouin. On trouve également des avions Robert Esnault-Pelterie (sept exemplaires, cinq monoplaces et deux biplaces mais le dernier fût saisi par les serbes). Ces appareils n’étaient déjà plus en service en 1914.

Le 3 juillet 1912 une Ecole de l’Air (Tayyare Mektebi) est inaugurée à Yesilköy près d’Istanbul, site actuellement occupé par l’aéroport international d’Istanbul, aéroport prenant le nom du fondateur de la Turquie moderne. Fin 1912, l’armée ottomane dispose de quinze avions.

Entre-temps l’empire ottoman est entré dans l’histoire en participant à une guerre où l’aviation est apparue pour la première fois en l’occurrence une guerre pour l’Italie qui va voir Rome occuper la Libye. Si les italiens vont engager des avions ce ne sera pas le cas des ottomans.

Pour voir les avions ottomans combattre il faudra attendre les deux guerres balkaniques (1912-1913). Les débuts sont difficiles, le manque d’expérience entraine la perte de nombreux avions mais comme à chaque fois la sélection naturelle permet aux meilleurs pilotes de survivre et d’obtenir quelques résultats, modestes certes mais des résultats tout de même, résultats insuffisants pour faire basculer la guerre du côté de la Sublime Porte.

Les guerres balkaniques terminées, l’empire ottoman cherche à moderniser son aviation avec de nouveaux avions mais le déclenchement de la première guerre mondiale stoppe brusquement cette politique.

Les unités aériennes ottomanes étaient placées sous l’autorité du Baskomutanlik Vekâleti que l’on peut traduire en français sous le nom d’«office du commandement militaire suprême». Ces unités étaient placées sous le commandement des différentes armées ce qui à pour conséquence une utilisation tactique et non stratégique. De plus les carences logistiques de l’armée ottomane empêche la création de grandes unités d’aviation comme chez les autres belligérants.

En août 1914, l’aviation ottomane dispose de huit appareils de première ligne et de quatre pour l’entrainement et la formation.

En 1915 des officiers allemands sont envoyés sur le territoire ottoman pour améliorer les capacités de l’aviation ottomane. Parallèlement des officiers ottomans sont envoyés en Allemagne pour formation et entrainement aux choses de l’aviation.

En 1915 l’aviation ottomane est engagée au dessus des Dardanelles et de Gallipoli pour surveiller le débarquement allié.

Des missions d’attaque sont également menées contre des cibles navales ennemies en mer Egée.

A la fin de l’année 1915 deux offices sont créés pour gérer l’aviation militaire ottomane à savoir la 13ème branche qui dépendait de l’état-major général et la 9ème branche qui dépendait du ministère de la guerre.

A la même époque les unités aériennes ottomanes sont déployées à Gallipoli, en Mesopotamie, en Thrace occidentale, dans la région d’Istanbul et sur le front du Caucase.

En 1916 l’aviation ottomane comprend 81 pilotes et observateurs et environ 90 avions. Faute d’industrie aéronautique nationale l’empire ottoman dépend de l’Allemagne pour la fourniture d’avions. 460 appareils ont été envoyés sur le territoire ottoman, 260 pour les unités ottomanes et le reste pour les unités aériennes allemandes stationnées sur le territoire de la Sublime Porte. 400 allemands servaient au sein des unités ottomanes.

A la fin de la guerre la flotte ottomane comprend environ 200 appareils d’origine allemande, française, russe et britannique avec sept modèles Albatros, quatre modèles de la firme Fokker, trois modèles de la firme Gotha, deux modèles des firmes Rumplerr et Caudron, des modèles des firmes LVG, Halberstadts, Pfazes, Voisin, De Havilland, Nieuport, un Bristol Scout, un Farman, un Morane-Saulnier L, un Grigorovitch G.5.

A la fin du conflit les squadrons aériens ottomans sont réorganisés sous l’autorité du Kuya-yi Havaiye Müfettis-i (Inspectorat Général des Forces Aériennes) (29 juillet 1918).

A cette époque la pression alliée est forte sur le front moyen-oriental, la brigade palestinienne (qui regroupe des unités aériennes britanniques et australiennes) dominent le ciel empêchant les avions de reconnaissance ottomans de repérer les mouvements de l’offensive menée par Allenby.

L’armistice de Moudros signé le 30 octobre 1918 entraine la fin de l’aviation ottomane qui à cette époque disposait d’environ 100 pilotes, 17 compagnies d’avions terrestres de quatre avions chacune et trois compagnies d’hydravions de quatre appareils soit un total de 80 avions.

Très vite l’aviation va renaitre dans le contexte d’une guerre civile entre le sultan ottoman et les nationalistes organisés autour de Mustapha Kemal. C’est ensuite la guerre contre la Grèce qui allait aboutir au triomphe du futur Ataturk et à une catastrophe pour la Grèce.

L’inspectorat général des forces aériennes est supprimé le 25 juin 1920 et le personnel rattaché directement au Ministère de la Guerre.

Du côté de Mustapha Kemal une nouvelle branche des forces aériennes est créée le 13 juin 1920 mais faute d’hommes et de matériel seulement quelques missions sont réalisées. Le 1er février 1921 un directorat général des forces aériennes est créé, directorat qui prend le nom d’inspectorat des forces aériennes le 5 juillet 1922.

En 1923 l’aviation turque comprend trois compagnies d’aviation terrestre, une compagnie d’aviation navale et une école de formation.

En 1924 du personnel est envoyé en formation à l’étranger. En 1925 l’Ecole de l’Air fermée depuis 1918 (l’école de formation citée plus haut n’avait pas son envergure et sa place) est recrée à Eskisehir. Les premiers élèves sont gradés en octobre 1925.

En 1928 le directorat des forces aériennes (ex-inspectorat des forces aériennes) est supprimé et un sous-secrétariat à l’Air est établit sous l’autorité du ministère de la Défense, les bataillons remplaçant les groupes, ces derniers étant supprimés tout comme le commandement des bases aériennes.

En 1930 du personnel est envoyé en formation en Italie et aux Etats-Unis. En 1932 des régiments sont créés, l’aviation formant alors une branche autonome de l’armée de terre, autonomisation symbolisée par un uniforme distinctif de couleur bleue.

En 1937 une Académie de l’Air est créée pour former les cadres nécessaires à la montée en puissance de l’aviation militaire turque. Des turcs sont également envoyés en Grande-Bretagne pour être formés comme pilotes, navigateurs et mitrailleurs.

Le 22 mai 1939 peu avant le déclenchement de la guerre de Pologne des brigades aériennes sont créées.

Si en 1937 l’aviation militaire turque aligne 131 appareils et 300 pilotes, en 1940 on passe à 370 appareils et 450 pilotes.

Durant la Pax Armada les aviateurs turcs cherchent à augmenter la capacité de leurs forces mais se heurtent à un manque de moyens financiers, à la concurrence de la marine et de l’armée de terre mais aussi à la politique neutraliste d’Ankara qui en choisissant de ne pas choisir un fournisseur dominant multiplie les micro-parcs de chasseurs, d’avions de reconnaissance et de bombardiers ce qui génère des dépenses supplémentaires en terme d’emploi, de maintenance et de formation.

Quand le second conflit mondial éclate, l’aviation militaire turque n’est pas encore indépendante mais depuis le 31 janvier 1944 elle dispose d’une très forte autonomie.

Curtiss P-40

Sous le nom de Hava Kuvvetleri Komutanligi, elle dispose de cinq brigades aériennes déployées aux frontières en soutien direct des forces armées, deux brigades «stratégiques» dépendant directement de l’état-major tactique des forces aériennes (hava kuvvetleri taktik personeli) _une de chasse et l’autre de reconnaissance et de bombardement_ et une brigade de transport et d’entrainement.

A ces brigades s’ajoute un commandement tactique de la défense antiaérienne (hava savunma taktik komutanlığı) disposant de projecteurs, de ballons de barrage et de canons antiaériens mais aussi un bataillon parachutiste créé en octobre 1945 et entrainé en Africa Septentrionale Italiana (ASI) _actuelle Libye_ par les italiens.

Durant le conflit l’aviation turque va assurer la défense du territoire national et surveiller les côtes et les frontières. Il y à quelques incidents, quelques avions turcs et quelques avions de l’Axe ou des alliés abattus mais cela ne dégénère en guerre ouverte probablement parce que personne n’y à intérêt.

Durant ce conflit la Turquie bénéficie d’une aide militaire venant des deux camps dans l’espoir soit de la faire basculer ou a minima de ne pas mordre la main qui la nourrit. Comme on le sait cela n’aboutira à aucun engagement d’Ankara dans le conflit.

L’aviation militaire turque qui avait déjà reçu des appareils allemands, français, anglais et américains durant la Pax Armada continue à recevoir des appareils durant la guerre, l’Axe et les alliés fournissant d’abord à égalité avant que les alliés ne prennent le dessus par l’évolution générale du conflit et par le fait que les alliés étant présents en Grèce il aurait été difficile pour les allemands de faire passer des appareils aux turcs.

A la fin du conflit la Turquie comme de nombreux pays va bénéficier des surplus de la guerre pour moderniser leur armée de l’air qui devient indépendante en septembre 1956, armée de l’air qui regroupe tout ce qui vole.

Pologne et Pays Neutres (104) Pologne (16)

Chasseurs et Chasseurs bombardiers

Avant 1939

-PZL P.7

Le PZL P.7 est un chasseur monomoteur monoplan à aile haute (en forme de mouette) de conception et de fabrication polonaise.

Effectuant son premier vol en octobre 1930 (le deuxième prototype décolle un an plus tard), il est mis en service en 1933. Aux deux prototypes vont s’ajouter 149 exemplaires de série.

Principal chasseur polonais entre 1933 et 1935, il remplace les PWS-A (Avia BH-33) et PWS-10 mais il est rapidement remplacé par son successeur le P.11 mais une trentaine d’appareils était encore en service en septembre 1939, remportant quelques victoires en dépit de son obsolescence (les appareils remplacés par les P.11 étaient utilisés pour l’entrainement).

Le 1er septembre 1939 30 PZL P.7a étaient en service plus 40 dans les écoles et 35 stockés ou sous réparations soit un total de 105 appareils.

Selon certaines sources les P.7a ont abattu sept appareils allemands (deux He-111, deux Dornier Do-17, un Henschel Hs-126 et deux Me-110) pour vingt-deux appareils détruits.

Quelques appareils capturés par les allemands et quelques appareils réfugiés en Roumanie ont été brièvement utilisés tout comme quelques appareils capturés par les soviétiques. Tous ont disparu durant la Pax Armada.

Le PZL P.7a est un chasseur monomoteur monoplan monoplace de conception et de fabrication polonaise pesant 1010kg à vide et 1409kg en charge, mesurant 7.16m de long 10.3m d’envergure et 2.75m de hauteur.

Motorisé par un moteur radial Polish Skoda Works (Jupiter VIIF) de 527ch (485ch en vol) entrainant une hélice bipale à pas fixe Szomanski, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 317km/h à 4000m (308km/h à 2000m et 276km/h au niveau de la mer), franchir 560km et volant à une altitude maximale de 8275m.

L’armement se composait de deux mitrailleuses de 7.7mm Vickers E remplacées ensuite par des Karabin maszynowy wz.33.

-PZL P.11

Le PZL P.11 est un chasseur monoplan monomoteur monoplace de conception et de fabrication polonaise issu du P.7.

L’appareil qui effectua son premier vol en août 1931 est mis en service en 1934 remplaçant progressivement le P.7. L’appareil est exporté en Roumanie puis produit sous licence avant qu’une version adaptée (P.24) ne soit vendue en Grèce, en Bulgarie, en Ethiopie, en Roumanie et en Turquie. Au total ce sont 325 P.11 qui ont été produits. A noter que la Grèce, le Portugal, la Yougoslavie, la Turquie et l’Espagne républicaine ont étudié l’acquisition du P.11 sans aller au bout de la démarche.

Moderne au moment de sa mise en service il est rapidement déclassé et clairement obsolète en septembre 1939 quand l’Allemagne attaque. 175 appareils étaient en service à cette époque.

Il était prévu de remplacer le P.11 par le PZL P.50 Jastrzab mais le retard pris par cet appareil entraina la commande d’une nouvelle version du P.11 et même des P.24. Aucun de ces appareils n’à été livrés tout comme les Morane-Saulnier MS-406, des Hawker Hurricane et même un Spitfire pour essais. Même chose comme nous l’avons vu pour 100 Fairey Battle.

Bien que dépassé l’appareil fit bonne figure durant la guerre de Pologne en détruisant 110 des 285 appareils allemands perdus mais pour la perte de 100 des leurs. Des appareils ont survécu, trente-six se sont réfugiés en Roumanie, deux ont été capturés par l’URSS, un en Lettonie et un en Hongrie.

Le PZL P.11c était un chasseur monoplan monomoteur monoplace de conception et de fabrication polonaise pesait 1147kg à vide et 1800kg à pleine charge, mesurant 7.55m de long, 10.71m d’envergure et 2.85m de hauteur.

Motorisé par un Bristol Mercury V.S2 de 560ch entrainant une hélice à deux pâles et pas fixe Szomanski, il pouvait voler à 390km/h à 5000m (et 300km/h au niveau de la mer), franchir 700km et voler à 8000m. L’armement se composait de deux à quatre mitrailleuses de 7.92mm wz.33 ou 37 (deux fixes et deux en option).

Armée de l’air polonaise reconstituée

-Bloch MB-700P «Blysk»

Supermarine Spitfire Mk IX

-Supermarine Spitfire Mk V et IX

-Arsenal VG-52

-North American P-51 Mustang reçus à la fin du conflit mas utilisés pour fort peu de temps alors qu’il était prévu qu’il remplace le VG-52 pourtant plus moderne.

-Yakovlev Yak-9

Pologne et Pays Neutres (103) Pologne (15)

Organisation

Armée de l’air polonaise en septembre 1939

Etat-major

Brigade de poursuite (Brygade Poscigowa)

-Escadron III/1 (3ème escadron, 1er régiment) avec deux escadrilles (111ème et 112ème escadrilles de chasse) appareil utilisé : PZL P.11

-Escadron IV/1 (113ème, 114ème et 123ème escadrilles de chasse) appareils utilisés : PZL P.11 et P.7 pour la 123ème escadrille

Au total cette brigade disposait de 43 PZL P.11 et 11 PZL P.7 (certaines sources donnent 10 appareils)

Brigade de bombardement

La Brigada Bombowa dispose au total de 36 PZL P.37 Los, de 50 PZL P.23 Karas et deux avions de soutien, le tout répartis en quatre escadrons à deux escadrilles.

-2ème Escadron de bombardement (21ème et 22ème escadrilles)

-6ème Escadron de bombardement (64ème et 65ème escadrilles)

-10ème Escadron de bombardement (211ème et 212ème escadrilles)

-15ème Escadron de bombardement (216ème et 217ème escadrilles)

-pelotons de liaison n°4 et n°12

D’autres documents ajoutent le 20ème escadron de bombardement et la 55ème escadrille de bombardement indépendante.

Ces deux brigades forment une réserve stratégique aux côtés des pelotons de communication n°1 et n°2 et de la 10ème escadrille d’observation polonaise. Les autres unités dépendent des différentes armées et sont au service de l’armée de terre.

-Armée de Modlin

-Peloton de communication n°11

-41ème escadrille de reconnaissance

-3ème escadron du 5ème régiment de chasse (152ème escadrille)

-53ème escadrille d’observation

-Armée de Poméranie

-Peloton de communication n°7 et n°8

-42ème escadrille de reconnaissance

-43ème escadrille d’observation

-46ème escadrille d’observation

-3ème escadron du 4ème régiment de chasse (141ème et 142ème escadrilles de chasse)

-Armée de Poznan

-Peloton de communication n°6

-34ème escadrille de reconnaissance

-33ème escadrille d’observation

-36ème escadrille d’observation

-3ème escadron du 6ème régiment de chasse (131ème et 132ème escadrilles)

Armée de Cracovie

-3ème peloton de communication

-24ème escadrille de reconnaissance

-23ème escadrille d’observation

-26ème escadrille d’observation

-3ème Escadron du 2ème régiment de chasse (121ème et 122ème escadrilles)

-Armée des Carpathes

-Peloton de communication n°5

-31ème escadrille de reconnaissance

-56ème escadrille d’observation

Groupe opérationnel de la Narew

-9ème peloton de communication

-51ème escadrille de reconnaissance

-13ème escadrille d’observation

-151ème escadrille de chasse

Unités aériennes polonaises en France

1ère Escadre Polonaise de Chasse (21ème Escadre de chasse)

Bloch MB-700.

-GC I/21 «Varsovie» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX puis Arsenal VG-52

-GC II/21 «Cracovie» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC III/21 «Poznan» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

Supermarine Spitfire Mk IX

-GC IV/21 «Lublin» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX puis Arsenal VG-52

-2ème Escadre Polonaise de Chasse (23ème Escadre de chasse)

-GC I/23 «Gdansk» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC II/23 «Szczecin» Bloch MB-700. Après la campagne de France l’unité devient le GC II/21 avec des Supermarine Spitfire Mk IX puis des Arsenal VG-52.

-GC III/23 «Wroclaw» Bloch MB-700. Unité dissoute après la campagne de France

-GC IV/23 «Wilno» Bloch MB-700 puis Supermarine Spitfire Mk IX et enfin des Arsenal VG-52. L’unité devient le GC III/21.

-Escadre polonaise de bombardement (37ème Escadre de Bombardement Léger)

North American B-25 Mitchell

-GB I/37 «Poméranie» : Douglas DB-7 puis North American B-25

Douglas A-20 Havoc

-GB II/37 «Silésie» : Douglas DB-7 puis Douglas A-20 Havoc

-GB III/37 «Haute Pologne» : Douglas DB-7 puis North American B-25

-Groupes de reconnaissance polonais

Potez 63-11

-GR polonais n°1 puis GR «Cracovie» : Potez 63.11 puis Bloch MB-175 puis MB-176

Bloch MB-175

-GR polonais n°2 puis GR «Poznan» : Potez 63.11 puis Bloch MB-175 puis MB-176

Unités aériennes sous contrôle soviétique

Yakovlev Yak-9

-1er régiment de chasse «Varsovie» : Yakovlev Yak-9

-2ème de régiment de bombardement «Krakow» : Peltyakov Pe-2

-3ème régiment d’assaut «Lublin» : Illiouchine Il-2 Sturmovik

-4ème régiment de reconnaissance «Poznan» : Peltyakov Pe-3

Pologne et Pays Neutres (102) Pologne (14)

FORCES ARMEES POLONAISES (2) : ARMEE DE L’AIR

Historique

Les premières unités des Wojska Lotnicze i Obrony Powietrznej (Forces Aériennes et Forces de Défense aérienne) voient le jour dès 1918 en Russie mais leur existence éphémère puisqu’elles disparaissent dès le mois de mai.

Bréguet 14

Parallèlement au sein de l’Armée Bleue sont créées sept escadrons, trois volant sur Bréguet 14 (n°39,59 et 66), trois sur Salmson 2 (n°580, 581 et 582) et un sur SPAD VII (n°162), le Bréguet 14 étant utilisé pour la reconnaissance et le bombardement, le Salmson 2 pour la reconnaissance et l’observation, le SPAD VII pour la chasse. Ces unités arrivent en Pologne en mai 1919.

La Pologne profite aussi des surplus d’après guerre en récupérant des avions allemands et autrichiens.

L’armée de l’air polonaise ne tarde pas à être engagée en Ukraine à la fin 1918 pour des combats dans la région de Lwow (Lviv). Le 2 novembre les polonais s’emparent de l’aérodrome de Lewandowka à Lwow/Lviv, un premier combat aérien est attesté le 5 novembre 1918.

Le 9 janvier 1919 Francfort sur l’Oder est bombardé lors de la Révolte de la Grande Pologne. Entre 1919 et 1921, les avions polonais participent à la guerre polono-soviétique (1919-1921).

En juin 1920 l’armée de l’air polonaise aligne quinze eskadra (escadrons) de reconnaissance et quatre de chasse (n°1 à 19) et un de bombardement (n°21). Durant le conflit cité plus haut, les avions polonais mènent des missions de reconnaissance, de bombardement et des mitraillages.

L’équipement est particulièrement hétéroclite avec 158 Bréguet 14, 151 avions de reconnaissance LVG C.V, 106 chasseurs Bristol F2, 91 avions de reconnaissance AEG C.IV, 86 SVA-10 de reconnaissance, 84 avions de reconnaissance Rumper C.I, 63 avions de reconnaissance DFW C.V, 53 avions de reconnaissance Salmson 2A2. On trouve également des De Havilland DH.9, des Albatros C.I, C.VII, C.X et J.I mais aussi des Hannover CL.I.

Le parc d’aviation de chasse est lui aussi particulièrement hétéroclite avec des Fokker D.VII, des SPAD VII, des SPAD XIII, des Oeffage D.III, des Ansaldo Balilla, des Sopwith Dolphin et des Fokker E.V.

La flotte à été rationnalisée à partir de 1923 avec SPAD 61 (280 exemplaires), des Potez 15 (245 exemplaires), des Bréguet 19 (250 exemplaires) et des Potez 316 (316 exemplaires produits sous licence). On trouve aussi des bombardiers Farman Goliath remplacés par des Fokker F.VII.

Très vite la Pologne souhaite posséder sa propre industrie aéronautique pour gagner en indépendance. Comme souvent cela commence par la production d’un appareil sous licence et le patrie de Chopin n’échappe pas à la règle en produisant sous licence 50 Avro BH-33E produits sous la désignation de PWS-A. Le premier avion polonais ne tarde pas avec le PWS-10, un chasseur à aile haute (80 exemplaires produits à partir de 1932) mais tous ces appareils ne sont plus en service en septembre 1939.

PZL P.7

En 1933 la Pologne produit son premier chasseur entièrement construit en métal, le PZL P.7a (150 exemplaires produits).

Il est suivit par 30 PZL P.11a et 175 PZL P.11c en 1935. De ce dernier appareil est mis au point le PZL P.24 qui connait un vrai succès à l’export (Turquie, Roumanie, Bulgarie et Grèce).

La Pologne ne s’intéresse pas à cet appareil préférant investir dans le PZL P.50 mais le retard de cet appareils aux performances comparables au Seversky P-35 entraine la commande de PZL P.24 mais les appareils commandés n’ont pas encore été livrés quand l’Allemagne attaque. Le PZL P.50 tout comme les bimoteurs de chasse PZL P.38 et PZL P.48 ne rentreront jamais en service.

Potez 25

Dans le domaine de la reconnaissance, de la coopération et de l’observation les Potez 25 et Bréguet 19 sont remplacés par un appareil de conception et de fabrication polonaise, le PZL P.23 Karas, un gros monomoteur à moteur radial et train fixe. Cet appareil est mis en service en 1936 mais dès 193 il est déclassé pour ne pas dire plus.

En revanche le PZL P.37 Los n’à rien à envié aux principaux bombardiers allemands, français, britanniques et soviétiques, cet élégant bimoteur étant le fleuron de l’armée de l’air polonaise le 1er septembre 1939.

Dans le domaine de l’entrainement les jeunes polonais sont d’abord formés sur RWD-8 puis sur PWS-26.

Face aux retards de l’industrie aéronautique polonaise des commandes sont passées à l’étranger avec 160 Morane-Saulnier MS-406 et dix Hawker Hurricane. Ai-je besoin de préciser qu’aucun appareil de cette commande n’à été mis en service avant la disparition de la Pologne ? Même chose pour des Fairey Battle commandés à la même époque.

Les unités aériennes polonaises étaient utilisés en théorie en régiment à quatre escadrons disposant de deux escadrilles chacune, chaque escadrille disposant de huit à douze appareils, les escadrons disposent au moins sur le pied de 16 à 24 appareils, les régiments de 64 à 96 appareils mais cela reste théorique.

En polonais l’escadrille de bombardement se dit eskadra bombowa, l’escadrille de chasse eskadra mysliwskia, l’escadrille d’observation eskadra obserwacyjna, l’escadrille de reconnaissance eskadra Rozpoznawcza et l’escadrille d’état-major eskadra sztabowa.

Quand l’Allemagne attaque le 1er septembre 1939 l’armée de l’air polonaise aligne les moyens suivants :

-175 chasseurs PZL P.11 (140 en unités)

-105 chasseurs PZL P.7 (30 en unités)

-35 bombardiers légers/avion de reconnaissance PZL P.23A Karas (0 en unités)

PZL P.23 Karas

-170 PZL P.23 (120 en ligne)

-6 PZL P.43

-2 PZL P.46 Sum (un en ligne)

PZL P.37 Los

-86 bombardiers bimoteurs PZL P.37 Los (36 en unités)

-15 bombardiers bimoteurs PZL P.30 (0 en ligne)

-150 avions de coopération Lublin R-XIII (55 en ligne)

-60 avions de coopération RWD-14 Czayla (35 à 40 exemplaires en ligne selon les sources)

-15 LW-6 Zubr

-15 PW-16

Au total on compte 771 exemplaires mais seulement 421 en ligne.

Contrairement à ce qu’on écrit parfois l’armée de l’air polonaise n’est pas anéantie au sol par les bombardements préliminaires de la Luftwaffe elle fait mieux que se défendre même si très vite la supériorité numérique et technique de l’armée de l’air allemande faisait peser tout son poids sur le théâtre d’opérations polonais.

Par exemple la Brigade de Poursuite qui défend Varsovie revendique la destruction de seize appareils pour la seule journée du 1er septembre mais pour le prix de dix appareils. En six jours elle sera créditée de la destruction de 42 avions allemands mais est littéralement saignée à blanc avec la perte de 38 de ses 54 chasseurs. Le 6 septembre elle se replie sur Lublin laissant Varsovie sans défense aérienne.

Le 2 septembre 1939 un PZL P.23 Karas bombarde une usine à Ohlau. Les dégâts sont limités, symboliques même mais c’est le premier avion à bombarder l’Allemagne.

Au total l’armée de l’air polonaise à revendiqué 134 victoires (sept par des PZL P.7a, 125 par des P.11a et 2 par des P.11g)

Quand la Pologne succombe, des appareils se réfugient à l’étranger, certains étant réutilisés par les pays d’accueil. Les pilotes vont parvenir pour la plupart à rejoindre l’ouest et participer à la mise sur pied d’unités sous contrôle français.

La fin prématurée de la guerre de Pologne repoussa de plusieurs années la mise sur pied d’unités de chasse, de bombardement et de reconnaissance sous commandement opérationnel français, le commandement de temps de paix ayant été attribué au gouvernement polonais même si c’est plus du symbolisme qu’autre chose.

C’est le 30 septembre 1941 que la Darmowe Polskie Sily Powietrzne (Force Aérienne Polonaise Libre) est officiellement créée sur l’aérodrome de Lyon-Bron où dès le mois de mars 1940 avait été créé un Dépôt d’Instruction de l’Aviation Polonaise (DIAP), un dépôt chargé de rassembler les appareils livrés, de les prendre officiellement en main et d’entrainer les pilotes avec l’aide d’instructeurs français.

Caudron CR-714

Reste à trancher la question de l’équipement. Pour la chasse les polonais reçoivent tout d’abord le très médiocre Caudron CR.714, un chasseur léger construit en bois.

Bloch MB-700. Faute de carrière sous les couleurs françaises, il fût utilisé par la Pologne et la Tchécoslovaquie

C’est sans déplaisir qu’ils vont rapidement le remplacer par le Bloch MB-700 un honnête appareil dont les principaux avantages était un coût modeste et surtout qu’il n’avait pas été sélectionné par l’Armée de l’Air.

Comme le gouvernement polonais en exil veut dans une certaine mesure se détacher de la tutelle de Paris, un autre chasseur va être acquis en l’occurence le Supermarine Spitfire qui devient le Szabla (Sabre) alors que le MB-700P (P pour Pologne bien sur) devient le Blysk (Eclair).

Deux escadres de chasse sont mises sur pied, la 1ère volant sur Bloch MB-700P alors que la 2ème allait voler sur Spitfire. 250 Spitifre et 250 Bloch sont commandés et livrés entre juin 1942 et juin 1944.

C’est la première escadre de chasse polonaise qui est activée la première en l’occurence le 2 juin 1942 en même que le GC «Varsovie» (GC I/21 pour l’Armée de l’Air, la 1ère Escadre Polonaise de chasse étant aussi connue sous la désignation de 21ème Escadre de Chasse)

Déclaré opérationnel en septembre 1942 ce premier groupe de chasse est rapidement suivit du GC «Cracovie» (GC II/21) opérationnel en janvier 1943, du GC «Poznan» (GC III/21) opérationnel en septembre 1943 et enfin du GC «Lublin» (GC IV/21)opérationnel en juin 1944. Les quatre groupes sont stationnés à La Fere-Courbes dans l’Aisne.

Très vite cependant il faut réduire la voilure. Décision est prise en janvier 1945 de mettre en sommeil les GC III/21 et IV/21 qui deviennent des unités de réserve, les pilotes concernés effectuant des rappels réguliers comme réservistes mais ne sont plus considérés comme des militaires actives ce qui suscita des murmures dans les rang.

La 2ème Escadre Polonaise de Chasse est activée en octobre 1942 en même temps que GC «Gdansk» (GC I/23) opérationnel en janvier 1943. Il est suivit du GC «Szczecin» (GC II/23) opérationnel en juin 1943, du GC «Wroclaw» (GC III/23) opérationnel en janvier 1944 et du GC «Wilno» (GC IV/23) opérationnel en septembre 1944. En juin 1945 les GC II/23 et III/23 sont mis en sommeil, réduits au statut d’unités cadres avec des réservistes devant réaliser chaque mois un certain nombre d’heures. Cette escadre était stationnée à Betz-Bouyancy (BA 175) dans l’Oise.

Après la chasse une escadre de bombardement est mise sur pied mais il faudra pour cela attendre juin 1948 pour que soit mise sur pied la 1ère Escadre Polonaise de Bombardement Léger également connue sous la désignation plus austère de 37ème Escadre de Bombardement Léger.

Un tel délai s’explique par le manque de ressources et surtout des craintes politico-diplomatiques car si vis à vis de Berlin la mise sur place de deux escadres de chasse pouvait être vue comme un geste défensif acceptable la création d’une escadre de bombardement ce n’était pas la même histoire.

Douglas DB-7

C’est le 15 juin 1948 que l’escadre et ses trois groupes sont activés, le GB «Poméranie» (GB I/37), le GB «Silésie» (GB II/37) et le GB «Haute Pologne» (GB III/37), trois groupes stationnés à Romilly dans l’Aube, trois groupes volant sur un petit bombardier bimoteur Douglas DB-7.

Entre-temps deux groupes indépendants de reconnaissance de seize appareils ont été mis sur pied, deux groupes volant sur Potez 63-11 un appareil médiocre remplacé en mars 1944 par des Bloch MB-175. Ces deux groupes sont placés sous le contrôle direct de l’état-major de l’armée polonaise en France.

Quand le second conflit mondial éclate l’équipement de la FAPL est entre deux eaux avec du personnel complétent, bien formé et motivé mais l’équipement tarde à suivre avec un chasseur déclassé (MB-700), un bon chasseur (Spitfire), un bombardier léger en passe d’être déclassé (DB-7) mais un bon que dis-je un excellent appareil de reconnaissance (Bloch MB-175). En clair les pilotes, navigateurs, opérateurs radios et mitrailleurs polonais vont devoir tirer la quintescence de leur machine.

Si les chasseurs des 21ème et 23ème escadres (la 22ème est composée de pilotes tchèques) vont défendre le territoire français contre les incursions allemandes, si les Bloch MB-175 vont mener des missions de reconnaissance au dessus de l’ouest de l’Allemagne, les bombardiers vont dans un premier temps davantage s’entrainer sur le polygone de Cazaux que mener des opérations sur l’Allemagne.

Le 10 mai 1949 les allemands attaquent à l’ouest. Cette fois plus de retenue qui vaille ! Les polonais sont bien décidés à venger leur patrie oprimée. Les chasseurs traquent tout ce qui porte une croix gammée ou une croix noire, les avions de reconnaissance alimentent les état-majors en informations pas toujours traitées avec la vivacité nécessaire pendant que les bombardiers se frottent à la chasse et à la Flak.

Français britanniques et allemands sont unanimes : les polonais faisaient preuve d’une folle témérité, d’une très grande agressivité. Comme le dira l’un d’eux «Nous défendions un pays qui n’était pas le nôtre pour libérer notre patrie, c’était une double motivation ce qui explique que certains pilotes alliés nous prenaient pour des dingues. Connaissant certains de mes collègues ils n’avaient pas totalement tort».

Les pertes sont lourdes, pertes difficilement remplaçables car le réservoir humain n’était pas illimité et était déjà fortement solicité par les unités terrestres.

Voilà pourquoi à la fin de la campagne de France il fallut faire des sacrifices et dissoudre certaines unités.

C’est ainsi que début 1950 la FAPL affiche le visage suivant :

-1ère Escadre polonaise de chasse avec le GC I/21 «Varsovie», le GC II/21 «Szczecin» (ex-GC II/23), le GC III/21 «Wilno» (ex-GC IV/23) et le GC IV/21 «Lublin», les autres escadrons étant dissous pour remplumer les unités existantes.

L’équipement évolue, exit le Supermarine Spitfire Mk V et le Bloch MB-700 et place au Supermarine Spitfire Mk IX en dépit du lobbying de la France pour placer son Arsenal VG-40. Ce n’est que partie remise le VG-52 remplaçant à la fin du conflit le Spitfire Mk IX

-Escadre Polonaise de Bombardement (37ème Escadre de Bombardement) qui remplace ses Douglas DB-7 par des Douglas A-20 Havoc et des North American B-25. Ces trois groupes sont préservés.

-Les deux groupes de reconnaissance jadis connus comme «GR Polonais n°1» et «GR Polonais n°2» prennent les noms de tradition de deux groupes de chasse dissous, devenant respectivement les GR «Cracovie» et GR «Poznan». L’équipement évolue, le Bloch MB-175 cédant la place à des Bloch MB-176.

La voilure est donc réduite avec quatre groupes de chasse au lieu de huit, trois groupes de bombardement et deux reconnaissance soit neuf groupes au lieu de treize, un moindre mal si l’on peut dire.

Ces unités motivées et expérimentées vont combattre sur le front occidental jusqu’à la fin de la guerre, certaines unités ayant si on peut dire la chasse de combattre à la frontière avec la Pologne, ignorant bien sur qu’ils ont combattu pour ainsi dire pour rien puisque la Pologne allait bien renaitre mais pas vraiment sous la forme d’un état indépendant et libre de ses choix.

A la fin du conflit les unités sont rassemblées dans le nord de l’Allemagne. Si une partie accepterait de rejoindre la Pologne la majorité refusera de suivre le nouveau gouvernement clairement sous influence soviétique. Les unités polonaises sont dissoutes en septembre 1947 et commence pour ces hommes un nouvel exil.

Certains choisiront de rallier le Nouveau Monde, d’autres s’installeront en Grande-Bretagne, d’autres en France. Si certains choisiront une carrière civile sans lien avec leur expérience de la guerre d’autres continueront dans cette voix comme pilote militaire ou comme pilote de ligne.

Si les unités aériennes de la FAPL sont connues celles créées sous contrôle soviétique sont plus confidentielles.

Il faut dire qu’il fallut du temps pour convaincre cet grand paranoïaque de Staline de mettre sur pied des unités aériennes polonaises lui qui avait déclenché le mécanisme de la Grande Terreur en accusant toute personne qui lui semblait dangereuse d’accointances avec des services de renseignement étrangers.

Finalement convaincu il autorisa la mise sur pied d’un régiment de chasse polonais, le 1er régiment de chasse «Varsovie» avec pour équipement des Yakovlev Yak-9. Ce régiment opérationnel à l’automne 1950 va s’illustrer au dessus des plaines soviétiques éteignant les dernières réticences de nombre de hiérarques du régime.

Ce succès permet la mise sur pied d’un régiment de bombardement, le 2ème de régiment de bombardement «Krakow» avec pour équipement des Peltyakov Pe-2, d’un régiment d’assaut le 3ème régiment d’assaut «Lublin» volant sur Sturmoviket du 4ème régiment de reconnaissance «Poznan» avec des Peltyakov Pe-3.

Ces régiments les polonais pro-soviétiques ont espéré leur regroupement au sein d’une division aérienne polonaise mais ce projet sans cesse repoussé ne vit finalement le jour qu’en mars 1954 à une époque où il fallait préparer la mainmise communiste sur la Pologne, cette division formant la base de la future armée de l’air communiste polonaise.

Au combat ils vont opérer sur la partie nord de l’immense front russe, combattant au dessus des pays Baltes puis de la Pologne, réalisant parfois des incursions au dessus de l’Allemagne. Il semble mais ce n’est pas confirmé que des affrontements fratricides ont eu lieu entre polonais de l’ouest et polonais de l’est.

Pologne et Pays Neutres (80) Suède (15)

Avions en service

Chasse

Bristol Bulldog retirés du service en 1940

Gloster Gladiator remplacés par des Seversky P-35

Fiat CR.42 : 72 exemplaires livrés, 24 encore en service en septembre 1948 (davantage utilisés pour l’entrainement en dépit du fait qu’ils soient encore considérés comme des chasseurs opérationnels)

Seversky P-35

Seversky P-35 :120 exemplaires livrés à la fin des années trente et durant les premières années de la Pax Armada. En septembre 1948, 72 appareils sont en lignes et 108 disponibles (12 appareils réformés)

J-20 Falco I

Reggiane Re-2000 : 60 appareils livrés entre 1941 et 1943. Désignés J-20 au sein de la Svenska Flygvapnet ils devaient être remplacés par des appareils plus modernes mais les budgets n’ont pas suivis. 48 exemplaires sont en service en septembre 1948, 52 sont disponibles (huit réformés).

-Deux Macchi C.200 Saetta danois réfugiés en Suède durant l’opération Weserübung utilisés jusqu’en 1951 pour l’entrainement au tir. Réformés et envoyés à la casse car trop usés pour être utilisés sans danger

Curtiss P-40 : Après une première commande de 48 exemplaires, une deuxième commande de 48 appareils est honorée par Curtiss Aviation peu avant le début du second conflit mondial. Sur les 96 appareils livrés, 72 sont en ligne laissant 24 en réserve pour combler d’éventuelles pertes.

Fokker G.1 Jachtkruiser : sur les 90 appareils livrés, 72 sont en ligne laissant 18 en réserve (certains sont utilisés pour des essais et des tests d’armement).

Saab J-21 :

Le Saab J-21 est un avion de chasse de conception et de fabrication suédoise à l’architecture hétérodoxe avec un fuselage bipoutre et une hélice propulsive entrainée par un moteur allemand Daimler-Benz DB-605. Ce fût le premier chasseur à disposer d’un siège éjectable qui hélas pour les suédois ne fût pas breveté ce qui permis à tout le monde de le copier.

Effectuant son premier vol en 1943, il connait une mise au point délicate l’un des prototypes s’écrasant tuant son pilote. Techniquement mature en mars 1948 il est produit en série à partir du début du second conflit mondial pour permettre d’équiper et de rééquiper des Jaktavdelningen (division de chasse).

A l’apogée de sa carrière, le Saab J-21 équipe quatre divisions de chasse soit 144 appareils en ligne pour une production totale de 360 exemplaires.

A la version de chasse va s’ajouter le J-21A d’attaque au sol (96 appareils), le J-21B de reconnaissance (72 appareils) et le J-21R à turboréacteur (48 exemplaires).

Les Saab J-21 sont progressivement retirés du service entre 1958 et 1964.

Le Saab J-21 est donc un chasseur monomoteur monoplan de conception et de fabrication suédoise pesant 3250kg à vide et 4413kg en charge maximale, mesurant 10.45m de long pour 11.60m d’envergure et 3.97m de haut. Il est propulsé par un moteur Daimler-Benz DB-605B de 1455ch entrainant une hélice propulsive.

Il pouvait atteindre la vitesse maximale de 640km/h, un plafond opérationnel de 11000m et une distance franchissable de 750km. L’armement se compose d’un canon de 20mm Alkan m/45, de huit mitrailleuses Ksp m/22F de 7.92mm et sous les ailes de roquettes (cinq de 180mm ou dix de 100mm) ou une bombe de 250 à 600kg (ou quatre bombes de 50kg).

FFVS J-22

Aux côtés du Saab J-21 un autre chasseur monomoteur monoplace va être mis au point pour équiper la Svenska Flygvapnet en l’occurence le FFVS J-22, un appareil produit non pas par la célèbre firme Saab mais par la Kungliga Flygförvaltningens Flygverkstad i Stockholm (FFVS), une société nationale qui ne dura pas plus loin que le second conflit mondial.

Effectuant son premier vol le 20 septembre 1942, l’appareil est de conception classique avec une aile médiane et un moteur radial.

Il est mis en service à l’automne 1944 et l’appareil va équiper jusqu’à quatre divisions de chasse soit un total de 144 appareils en ligne plus 72 appareils produits pour fournir un volant de fonctionnement aux divisions équipées de cet appareil. Il est retiré du service entre 1959 et 1961, remplacés par des chasseurs à réaction.

Le FFVS J-22 est un chasseur monomoteur monoplan monoplace de conception et de fabrication suédoise pesait 2020kg à vide et 2835kg en charge, mesurait 7.8m de long pour 10m d’envergure et 3.6m de hauteur.

Propulsé par un SFA STWC3 (copie du Pratt & Whitney R-1830-SC3-G Twin Wasp) de 1050ch (puis de 1400ch ultérieurement) entrainant une hélice tripale, il pouvait atteindre une vitesse maximale de 575km/h, une vitesse de croisière de 500km/h, une distance franchissable de 1270km et un plafond opérationnel variant entre 9300 et 13000m.

L’armement se composait de deux mitrailleuses de 8mm ksp m/22 avec 500 coups et deux mitrailleuses de 13.2mm akan m/39A puis quatre mitrailleuses de 13.2mm akan m/39A avec 250 coups par arme (version produite sous licence de la mitrailleuse belge FN Herstal M.1939)

Bombardement et Attaque au sol

Hawker Hart toujours en service en septembre 1939 mais retiré du service au cours de la Pax Armada

Junkers Ju-86K : 87 exemplaires acquis auprès de l’Allemagne. En septembre 1948 trente-six exemplaires sont encore en service en septembre 1948 mais sont peu à peu remplacés par des Saab 18

-Northrop 8A1 : Cet appareil à été livré à 103 exemplaires par les américains. En septembre 1948 soixante-douze appareils sont encore en service au sein de deux divisions. Ils vont être progressivement mais pas totalement remplacés par des Saab 17 puisque trente-six exemplaires sont encore en service quand s’achève le conflit.

Saab 17 :

Le Saab 17 est un avion monomoteur monoplan biplace de reconnaissance et de bombardement de conception et de fabrication suédoise.

Effectuant son vol initial au printemps 1940 (plus précisément le 18 mai 1940), l’appareil est mis en service à l’été 1943 après une mise au point plus longue que prévue.

Après la mise au point d’une variante de bombardement, une variante de reconnaissance est mise au point en 1945, certains appareils recevant des flotteurs

Cet appareil à d’abord été utilisé uniquement par la Suède mais une fois retirés du service certains appareils ont été revendus à l’étranger que ce soit au Danemark, en Finlande, en Autriche et en Ethiopie.

Au total ce sont 248 appareils qui ont été produits toutes versions confondues à savoir 96 bombardiers, 60 avions de reconnaissance et 24 avions de reconnaissance à flotteurs (180 appareils en ligne) auxquels s’ajoutaient 68 appareils servant de volant de fonctionnement (32 bombardiers, 24 avions de reconnaissance et 12 hydravions).

Le Saab 17 est un avion monomoteur monoplan biplace pesant 2600kg à vide et 3790kg en charge, mesurant 9.80m de long pour 13.70m d’envergure et 4m de haut.

Propulsé par un Pratt & Whitney R-1830-SC3G de 1065ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 435km/h, un plafond opérationnel de 6800 à 9800m et un rayon d’action de 1200 à 2000km.

L’armement était composé de trois mitrailleuses de 8mm et de 680kg de bombes.

Saab 18

Le Saab 18 est un élégant bombardier bimoteur de conception et de fabrication suédoise. Si il à été conçu comme bombardier il à aussi été décliné en une version de reconnaissance. Répondant à un appel d’offres de 1938, il effectua son premier vol le 19 juin 1942 avant d’être mis en service à partir de septembre 1945.

Il va équiper de nouvelles unités mais aussi rééquiper des unités existantes notamment celles volant précédemment sur Ju-86K. A noter que l’appareil était issu d’une autre compagnie l’AB Svenska Järnvägsverkstädernas Aeroplanavdelning (ASJA) qui en fusionnant avec Saab apporta ce projet dans ce processus.

La mise au point à été longue, l’appareil se révélant sous-motorisé avec des moteurs américains mais nettement plus à son aise avec des moteurs allemands Daimler-Benz DB-605 livrés par l’Allemagne puis produits sous licence. Remotorisé le prototype effectue un nouveau vol le 10 juillet 1944 avant d’être mis en service à l’automne 1945.

L’appareil à été produit à 128 appareils en version bombardement (84 appareils en ligne, le reste en volant de fonctionnement) et 48 appareils en version de reconnaissance (24 appareils en ligne, le reste en volant de fonctionnement). Des variantes de bombardement-torpillage, d’attaque au sol, de bombardement en piqué et de guerre électronique ont été étudiées mais n’ont pas débouché sur une réalisation concrète.

Une fois les appareils retirés des unités de première ligne, ils ont été réutilisés pour l’entrainement et la mise au point de différents équipements aéronautiques. Les derniers appareils ont cessé de voler en 1982.

Le Saab 18 était un bombardier médian bimoteur triplace de conception et de fabrication suédoise pesant 8800kg (charge maximale au décollage), mesurant 13.23m de long pour 17m d’envergure et 4.35m de haut.

Propulsé par deux Daimler-Benz DB-605 de 1455ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 575km/h, un plafond opérationnel de 9800m et un rayon d’action de 2600km. L’armement se composait de deux mitrailleuses de 13.2mm, de cinq mitrailleuses de 7.92mm, de 1500kg de bombes ou 12 roquettes.

Fokker T.VIIIL : 28 exemplaires livrés entre 1941 et 1943. 24 bombardiers sont mis en œuvre au sein de la division de bombardement-torpillage de la Svenska Flygvapnet.

Reconnaissance et coopération

Fokker C.V : appareils retirés du service durant la Pax Armada

-Breguet 694 : douze exemplaires acquis officiellement car il semble que durant le conflit quelques appareils de ce type ont été livrés à la Suède démontés et (très) discrètement remontés pour remplacer des appareils usés et/ou perdus.

Caproni Ca.313 : soixante-quatre appareils livrés mais seulement trente-six en ligne à la fois parce qu’il fallait ménager la flotte mais aussi parce que semble-t-il l’appareil n’était pas super populaire au sein de Svenska Flygvapnet

Transport et Entrainement

-Junkers Ju-52/3m

-Junkers G.24He

-Bücker Bu-181 produit sous licence

-Focke-Wulf Fw-44J Stieglitz (Sk12) : 85 exemplaires

-De Havilland DH.82 Tiger Moth (Sk11) : 36 exemplaires

-Heinkel HD.36 (Sk6) : 21 exemplaires

-Klemm Kl 35 (Sk15) : 101 exemplaires

-North American NA-16-4M (Sk14) : 137 exemplaires

-Raab-Katzenstein RK-26 (Sk10) : 25 exemplaires

-Beechcraft model 18

-Avro 504

-ASJA L2 : deux exemplaires (Ö9)

Pologne et Pays Neutres (78) Suède (13)

Armée de l’Air

Blason de la Svenska Flygvapnet

Historique

Après avoir évalué le plus léger que l’air la Suède s’intéresse à l’aviation militaire au début de la décennie 1910. Un premier vol militaire à lieu à Stockholm en 1912. Parallèlement la marine s’y intéresse également en ouvrant une Ecole de pilotage à Vaxholm.

A noter qu’au sein de l’armée de terre, c’est l’arme des Transmissions qui pilote l’acclimatation de l’avion en Suède.

Dès 1913 les aviateurs suédois s’installent à Malmen près de Linköping.

Le 1er juillet 1926 l’armée de l’air suédoise est créée par fusion de l’Aviation de l’Armée de Terre et de celle de la marine.

Longtemps la Svenska Flygvapnet à été sous-équipée, sous-entrainée et sans but réel. Il faudra attendre l’Acte de Défense du 11 juin 1936 pour qu’enfin les aviateurs suédois se voient fixer un but et des missions. En 1937 la firme Saab est mise sur pied pour permettre à la Suède de produire ses propres avions et trouver une certaine autonomie.

Au moment de la guerre de Pologne l’armée de l’air suédoise dispose de moyens limités d’autant plus limités si on les comparent avec l’étendue du territoire suédois (1572km du nord au sud et 499km d’est à l’ouest).

En septembre 1939 le Junkers Ju-86 est le principal bombardier de l’armée de l’air suédoise

On trouve 40 bombardiers moyens (majoritairement des Junkers Ju-86), 30 bombardiers légers (majoritairement des Hawker Hart), 50 chasseurs (majoritairement des Gloster Gladiator), 50 avions de reconnaissance (majoritairement des Fokker C.V) et dix avions torpilleurs. Autant dire que si le personnel était de qualité et bien entrainé, l’équipement était obsolète ou du moins périmé.

Gloster Gladiator

Tout en restant neutre durant ce conflit la Suède va participer à la Guerre d’Hiver entre la Finlande et l’URSS sous la forme d’un corps de volontaire, des unités terrestres mais aussi le 19ème régiment, une unité composée de douze chasseurs Gloster Gladiator, de huit bombardiers Hawker Hart, de trois avions de transport et donc de 250 hommes.

Hawker Hart

L’unité connue sous le nom de 5ème régiment d’aviation par les finlandais est opérationnel en janvier 1940. Il va combattre jusqu’à la fin du conflit et va acquérir une expérience précieuse pour la modernisation de la Svenska Flygvapnet durant la Pax Armada.

De nombreuses unités vont être créées, des avions acquis à l’étranger et produits au pays grâce aux efforts de la firme Saab.

En septembre 1948 la Svenska Flygvapnet aligne huit divisions de chasse, quatre divisions de bombardement et d’attaque, quatre divisions de reconnaissance, une division de coopération navale et de torpillage et une division d’entrainement et de transport soit un total de dix-huit divisions et quasiment 700 appareils de tous type soit une force de combat plus que respectable.

Durant le conflit le nombre d’unités augmente pour sécuriser toujours davantage le pays contre les potentielles incursions venant de l’Axe et des alliés. Des incidents opposent la chasse suédoise à des avions de reconnaissance et des bombardiers. Des appareils abattus et des pilotes tués et capturés.

Les pilotes capturés sont internés dans des camps que certains vont comparer à des camps de vacances où il est plus facile de ne pas s’évader que le contraire ! Les pilotes alliés restaient souvent en Suède même si certains furent évadés par des sous-marins qui s’étaient glissés en mer Baltique pour une évacuation rapide.

Les pilotes allemands étaient confiés à la Croix Rouge mais regagnaient souvent l’Allemagne pour reprendre le combat. En ce qui concerne les autres nationalités il n’y eut aucune politique cohérente c’était un peu au cas par cas.

Des suédois qu’ils soient déjà pilotes ou non vont quitter la Suède neutraliste pour s’engager selon leurs convictions politiques et idéologiques.

280 suédois se sont engagés dans la Waffen S.S au sein de la Division Nordland (certains ont obtenu non sans mal leur transfert dans la Luftwaffe) tandis que 742 suédois ont choisit le camp opposé et la Légion Etrangère, certains opérant comme fantassins tandis que d’autres étant transférés à l’Armée de l’Air et servant comme pilote.

Le plus célèbre d’entre-eux est Wilhem Livnsson de père allemand et de mère suédoise. Il déserta de la Svenska Flygvapnet pour rejoindre la Légion Etrangère. D’abord simple fantassin il demande son transfert dans l’Armée de l’Air ce qui est rapidement accepté. Il remportera vingt-sept victoires entre mars 1949 et octobre 1953 date de sa mort au combat.

A la fin du second conflit mondial la Svenska Flygvapnet alignait douze divisions de chasse, six divisions de bombardement, deux divisions d’attaque, deux divisions de reconnaissance à longue distance, quatre divisions de reconnaissance tactique, une division de coopération navale, une division de torpillage, une division de transport et de liaison, une division d’entrainement soit un total de 30 divisions et un nombre d’avions dépassant le millier !

C’est naturellement l’apogée de la puissance aérienne suédoise qui va sensiblement décroitre suite au retour de la paix. Sans la guerre froide cela aurait été encore plus important mais finalement après la démobilisation l’armée de l’air suédoise va disposer de six divisions de chasse, quatre de bombardement, trois de reconnaissance, deux d’aviation navale, une de transport et une d’entrainement soit dix-sept divisions et environ 600 appareils modernes qu’ils soient suédois ou étrangers.

Pologne et Pays Neutres (65) Suisse (15)

Avions en service

Chasse

-Dewoitine D-27

Le Dewoitine D-27 est un monomoteur de chasse monoplan à aile parasol conçu par l’avionneur français Emile Dewoitine installé en Suisse depuis 1927. Effectuant son vol inaugural en 1928 il intéresse très vite l’aviation suisse qui est à l’époque en très mauvais état.

Cet appareil est produit à soixante-six exemplaires par EKW (Eidgenössische Konstruktions Werkstätte) et va aussi être exporté en Espagne, en Yougoslavie et en Roumanie.

Toujours en service en septembre 1939 au sein des unités de chasse l’appareil est obsolète et durant la Pax Armada va être peu à peu retiré des unités de première ligne pour être utilisé pour l’entrainement.

Trente-deux appareils sont encore disponibles en septembre 1948, vingt-quatre en mars 1950 et douze en avril 1954 mais si seulement quatre sont en état de voler. Tous les appareils ont été envoyés à la ferraille.

Le Dewoitine D.27 était un monomoteur de chasse monoplan à aile parasol pesant 1038kg à vide, 1382kg en charge et 1414kg au maximum. D’une envergure de 9.8m, d’une longueur de 6.5m et d’une hauteur de 2.79m, il était propulsé par un moteur Hispano-Suiza 12Mc de 500ch ce qui lui permettait d’atteindre la vitesse de 312km/h, une distance franchissable de 600km et un plafond opérationnel de 9200m. Son armement était composé de deux mitrailleuses de 7.5mm Darne.

Deux Morane-Saulnier MS-406 sont encore en service en septembre 1948. Il s’agissait de deux appareils acquis en octobre 1938 et avril 1939 pour évaluation. L’évaluation s’étant révélée positive, la licence de production est achetée aboutissant à la production des EKW D-3800 et EKW D-3801.

Soixante-quatre Morane-Saulnier MS-410 reçus de la France, un cadeau diplomatique qui aura pour avantage de pousser l’Allemagne à accepter la livraison de Me-109 plus modernes. Ces soixante-quatre appareils sont toujours en service en septembre 1948 même si ils sont passablement dépassés par les progrès de l’aéronautique militaire.

-EKW D-3800

EKW D-3801

Après l’évaluation de deux MS-406, la Suisse décida d’acheter la licence de fabrication mais se garda de produire le même appareil que celui qui entrait en service dans l’Armée de l’Air. Non elle préféra demander à l’Eidgenössische Konstruktions Werkstätte (EKW) de produire l’appareil sous une forme améliorée.

Par rapport au MS-406, l’EKW D-3800 dispose d’un moteur Hispano-Suiza 12Y-77 à la place du 12Y-31, d’un canon de 20mm d’un modèle différence, de mitrailleuses alimentées par bandes au lieu de tambours, d’une helice Escher-Wyss EW-V3 à pas variable au lieu de l’hélice Chauvière à deux pas, d’une roulette à la place de la bequille de queue. Ainsi modifié l’appareil fût produit à 82 exemplaires dont la majorité était toujours en service en septembre 1948. Les derniers exemplaires quittent le service actif à l’automne 1954.

-EKW D-3801

L’EKW D-3801 est une évolution du précédent avec un moteur Hispano-Suiza 12Y-51, des pipes d’échappement à effet propulsif protégées par un carénage, un radiateur fixe dans un carénage plus aérodynamique, un pare-brise blindé et un blindage interne. 207 exemplaires produits, appareils mis en service à partir de 1941 et retirés du service en 1957 même si à l’époque les appareils survivants étaient utilisés pour des missions secondaires.

-Messerschmitt Me-109

Comme nous l’avons vu dans la partie historique, la Suisse à choisit le Me-109 comme premier chasseur réellement moderne. Elle à ainsi acquis 10 Bf-109D-1, 30 Me-109E-1 et 50 E-3 soit un total de quatre-vingt dix appareils.

Suite à la cession gratuite de MS-410, Berlin à proposé la livraison à prix d’ami de Me-109 plus modernes que les chasseurs français. Berne à immédiatement accepté. De là à penser que c’était exactement l’objectif il n’y à qu’un pas…… .

L’Allemagne va ainsi livrer à son voisin helvète 54 Me-109G et 32 Me-109H qui vont remplacer les Bf-109D et une partie des Me-109E. A la fin du conflit sur les 176 Bf/Me-109 acquis par la Suisse il restait en service deux Bf-109D, trente-deux Me-109E, 40 Me-109G et 24 Me-109H soit un total de 98 appareils qui vont être remplacés dans un premier temps par des P-51 issus des surplus américains.

-Bristol Beaufighter

Bristol Beaufighter

Durant la Pax Armada, la Suisse s’intéresse au concept de chasse de nuit, ses potentialités et ses limites. Une Escadrille expérimentale de chasse de nuit (experimentelle Nachtjägerstaffel) est ainsi créée avec des appareils étrangers acquis en petit nombre.

Cette escadrille va ainsi disposer de deux Bristol Beaufighter, deux Northrop P-61 Black Widow, deux Messerschmitt Me-110 et deux Bréguet Br700C2. Le tout avec un stock confortable de pièces détachées ce qui semble trahir une volonté d’aller au delà d’une simple évaluation du concept de chasse de nuit. A ces appareils vont s’ajouter un Potez 630C3 et un Potez 632B2 déjà en service depuis les années trente.

Cette escadrille expérimentale à fort à faire de sa création en septembre 1945 à septembre 1948 quand le second conflit mondial éclate. Le concept de chasse de nuit est validé mais le temps (et la volonté ?) à manqué pour créer une ou plusieurs unités opérationnelles.

Ce qui est sur c’est qu’à l’époque les deux Potez ont été retirés du service et qu’il restait les deux P-61, un Me-110, deux Beaufighter et un Bréguet Br700C2 soit six appareils.

Ces avions vont patrouiller une fois la nuit tomber pour empêcher les intrusions aériennes menées par les belligérants.

En septembre 1949 l’escadrille expérimentale devient une escadrille opérationnelle. Son équipement d’origine est uniformisé avec la livraison en toute discretion de douze Bristol Beaufighter ce qui suscite les protestations de Berlin qui un temps ferme sa frontière avec la Suisse et bloque les échanges économiques avec Berne, une situation qui ne dure pas tant l’Allemagne à besoin de la neutralité helvétique.

Ces douze chasseurs bimoteurs vont surveiller nuitamment le ciel helvète et être engagés à plusieurs reprises contre des bombardiers et des avions de reconnaissance qu’ils soient alliés ou de l’Axe avec à la clé plusieurs incidents. A la fin du conflit il restait huit appareils en service, avions qui ont été remplacés par des Hornet en attendant des avions à réaction mais ceci est une autre histoire.

Bombardement

-Hawker Hind : un appareil acquis pour évaluation. Toujours opérationnel en septembre 1939 mais ne l’est plus en septembre 1948. On ignore la date à laquelle il à disparu des unités suisses.

-Potez 25 : 17 exemplaires toujours en service en septembre 1939, six en septembre 1948. Dernier vol en date du 17 octobre 1950. Les appareils ont tous été ferraillés au sortir de la guerre.

-EKW C-3603

L’EKW C-3603 est un monomoteur biplace monoplan d’entrainement, de bombardement et de reconnaissance (NdA vous avez dit couteau suisse) produit en sept versions à 245 exemplaires.

On trouve la variante de base (C-3603), la variante de bombardement et d’attaque au sol produite à 150 exemplaires (C-3603-1), une variante d’entrainement général produite à 20 exemplaires (C-3603-1 Lastenträder), une variante d’entrainement produite à deux exemplaires (C-3603-1 Tr), une variante tracteur de cibles produite à soixante et un exemplaires (C-3603-1 Schlepp) auxquels on peut ajouter deux modèles uniques, le C-3603-1 Schlepp-Leuchtr et le C-3603-1 Firefly qui étaient eux aussi utilisés pour le remorquage de cibles.

Les C-3603 sont restés en service jusqu’en 1962 date à laquelle ils ont été retirés du service et pour la majorité d’entre-eux envoyés sans autre forme de procès à la ferraille.

Le C-3603 est un avion de conception et de fabrication suisse pesant 2430kg à vide et 3250kg en charge, mesurant 10.23m de long pour 3.79m de haut et 13.742m d’envergure. Il était propulsé par un moteur en ligne Hispano-Suiza HS-51 de 1000ch lui permettant d’atteindre la vitesse maximale de 476km/h, une distance franchissable de 680km et un plafond opérationnel de 8700m. L’armement se composait d’un canon de 20mm, de quatre mitrailleuses de 7.5mm et de 400kg de bombes.

-Vickers Wellington

Au début du second conflit mondial la Grande-Bretagne à livré seize Vickers Wellington permettant à la Suisse d’une véritable capacité de bombardement. Ces appareils ont été retirés du service en 1955.

Reconnaissance

-Fairey Fox : deux exemplaires acquis en 1935 toujours en service en septembre 1939 mais retirés du service en 1944 et envoyés à la ferraille.

-Fokker C.V : La Suisse à acquis un Fokker C.V-D et surtout soixante-trois C.V-E (quinze livrés des Pays-Bas et quarante-huit exemplaires produits sous licence) soit un total de soixante-quatre appareils qui sont naturellement en service en septembre 1939 mais aussi en septembre 1948 même si à l’époque il ne reste plus que quarante-deux Fokker C.VE, les autres appareils ayant été soit perdus au cours d’accidents (l’unique C.VD et douze C.V-E) ou rayés des listes car trop usés (neuf Fokker C.V-E).

-Häfeli DH.5

Le Häfeli DH.5 est un biplan biplace de reconnaissance de conception et de fabrication suisse mis en service en 1922. Il à été produit à 122 exemplaires et retiré du service en septembre 1940 remplacé par des appareils plus modernes. En septembre 1948 il restait une trentaine d’appareils encore en état de vol mais ils ont été tous envoyés à la casse avant avril 1954.

Le Häfeli DH.5 est un biplan biplace de reconnaissance de conception et de fabrication suisse pesant 660kg à vide et 1095kg en charge, une longueur de 7.60m, une hauteur de 3.10m et une envergure de 11.16m.

Propulsé par un moteur LFW-1 de 180ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 170km/h, un plafond opérationnel de 5000m et une distance franchissable de 480km.

-EKW C-35

L’EKW C-35 est un biplan biplace de reconnaissance et de bombardement léger de conception et de fabrication suisse. Mis en service en 1937 il à été produit à 153 exemplaires. Toujours en service en septembre 1948 il à achevé sa carrière en septembre 1954, les exemplaires survivants étaient pour la plupart envoyés à la ferraille.

L’EKW-35 est un biplan biplace de conception et de fabrication helvétique pesant 3122kg au décollage, mesurant 9.25m de long pour 3.75m de haut et 13m d’envergure. Propulsé par un moteur Hispano-Suiza HS-77 de 860ch, il peut atteindre la vitesse maximale de 335km/h, franchir 620km à une altitude maximale variant de 4 à 8000m. Son armement était correct avec un canon de 20mm, trois mitrailleuses et 100kg de bombes.

-Fieseler Fi-156 Storch : Cinq appareils acquis durant la Pax Armada pour évaluation des capacités de cet avion de coopération, de liaison et d’évacuation sanitaire. Commande réduite (vingt-huit exemplaires) honorée entre 1945 et 1946 mais le projet de le produire sous licence n’à pas aboutit.

-De Havilland Mosquito : Deux appareils acquis pendant la Pax Armada là encore pour évaluation, une évaluation positive mais la commande initiale de 100 appareils à été réduite à vingt-huit exemplaires mais seulement quatorze ont été livrés avant le déclenchement du second conflit mondial. Les appareils restants ont été réquisitionnés par la RAF, les suisses étant indemnisés.

Entrainement et Transport

FFA Bü-131, version produite sous licence du Jungmann

-Bücker Bu-131 Jungmann : 94 exemplaires (six livrés par l’Allemagne et quatre-vingt huit produits sous licence)

-Bücker Bu-133 Jungmeister : 52 exemplaires (six livrés par l’Allemagne et quarante-six produits sous licence)

Dewoitine D-1

-Dewoitine D.1C-1

Le Dewoitine D.1 est à l’origine un chasseur monoplace monoplan à aile parasol effectuant son premier vol en novembre 1922. Il à été utilisé par la Tchécoslovaquie, l’Aéronavale française, l’Italie (où il à été produit sous licence), par le Japon, la Suisse et la Yougoslavie.

Les deux exemplaires qui ont été acquis par la Suisse ont été d’abord utilisés comme chasseurs puis comme avions d’entrainement. Après un dernier vol en mars 1941 les appareils usés jusqu’à la corde ont été envoyés à la ferraille.

Le Dewoitine D.1 pèse 820kg à vide, mesure 7.50m de long pour une hauteur de 2.75m et une envergure de 11.50m. Propulsé par un Hispano-Suiza 8Fb de 300ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 250km/h et franchir 400km. Il était armé de deux mitrailleuses de 7.7mm Vickers.

-Dewoitine D.9C-1

Le Dewoitine D.9 est un dérivé du précédent. Effectuant son premier vol en 1924 il échoua à convaincre l’Aéronautique Militaire mais connu le succès à l’export.

Si les commandes belges, yougoslaves, hongroises et suisses furent symboliques en revanche la commande italienne fût importante mais rapporta finalement peu à Dewoitine car les 150 exemplaires furent produits sous licence sous la désignation d’Ansaldo AC.3.

La Suisse à acquis deux exemplaires d’abord utilisés comme chasseurs puis comme avions d’entrainement. Le premier appareil s’écrase le 17 mars 1940 (piloté blessé) et le second est retiré du service actif après la découverte de criques dangereuses. Il est ferraillé peu après.

Le Dewoitine D.9 est un chasseur monoplace monoplan à aile parasol de conception et de fabrication française. Pesant 945kg à vide et 1333kg en charge, il mesurait 7.30m de long, 12.80m d’envergure et 3m de haut.

Propulsé par un moteur Gnome-Rhône de 560ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 245km/h, franchir 400km à une altitude maximale de 8500m. Il était armé de deux mitrailleuses de 7.7mm Vickers synchronisés et 2 mitrailleuses Darne.

-Dewoitine D.19C1

Le Dewoitine D.19 est un chasseur monomoteur monoplan à aile haute lui aussi issu du D.1. Il effectue son premier vol en 1925 mais comme les deux premiers (D.1 et D.9) il n’à pas remporté le succès dans son pays étranger.

Il à été vendu à la Belgique (un) et à la Suisse avec un exemplaire vendu et deux exemplaires assemblés en Suisse. Ces trois chasseurs furent rapidement utilisés pour l’entrainement, retirés du service en 1940 et envoyés à la ferraille.

Pesant 964kg à vide et 1300kg au décollage, il mesurait 7.87m de long pour 10.8m d’envergure et 3.4m de haut. Propulsé par un moteur Hispano-Suiza 12Jb de 400ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 265km/h, franchir 400km et avec un plafond opérationnel de 8500m. Son armement se compose de deux mitrailleuses de 7.7mm.

-Dewoitine D.26

Le Dewoitine D.26 est une variante d’entrainement du D.27. Par rapport au chasseur, l’appareil ne dispose pas de système de refroidissement et le moteur est plus petit et moins puissant.

La Suisse à commandé et utilisé onze exemplaires (un livré de France, dix assemblés en Suisse) jusqu’en 1949 quand les appareils sont retirés du service, stockés avant d’être ferraillés à la fin de la guerre.

Le Dewoitine D.26 est un monomoteur monoplace monoplan à aile haute. Pesant 763kg à vide et 1068kg en charge, il mesurait 6.72m de long, 10.30m d’envergure et 2.78m de haut. Propulsé par un moteur Wright 9Qa de 340ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 240km/h, franchir 500km et voler à 7500m. Il était armé de deux mitrailleuses de 7.5mm Darne.

Fokker C.IX : un exemplaire acquis en 1932 toujours en service en septembre 1939 mais retiré du service en mars 1941 et envoyé à la ferraille.

-Junkers Ju-52/3m : trois exemplaires

-Morane-Saulnier MS.229 : deux exemplaires en service de 1921 à 1941

-Messerschmitt M.18

Le Messerschmitt M.18 est un avion de transport de passagers de conception et de fabrication allemande. Effectuant son premier vol en 1926 il à été produit à 24 exemplaires. L’aviation militaire suisse à acquis trois exemplaires utilisés jusqu’en 1944 date de leur retrait du service actif.

Cet appareil est un monomoteur monoplan à aile haute pouvant emporter sept passagers en plus de son pilote. Il pèse 890kg à vide et 1760kg en charge. Il mesure 9.4m de long pour 2.8m de haut et 15.8m d’envergure. Propulsé par un moteur Wright R-975 Whirlwind de 975ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 212km/h, franchir 630km et voler à 5300m d’altitude.

-Messerschmitt Bf-108 Taifun

-Nardi FN.315

FIN

Pologne et Pays Neutres (64) Suisse (14)

Armée de l’air suisse

Historique

C’est en 1900 que l’armée suisse commence à s’intéresser à ce qui se passe au dessus du plancher des vaches, des cols et des sommets alpins. Cette année des ballons d’observation sont acquis pour voir «au dessus de la colline» et balayer ce que Clausewitz à baptisé le «brouillard de guerre».

Ces ballons s’illustrent à leur corps défendant le 7 octobre 1918 quand un chasseur allemand abat un ballon d’observation par mégarde. Le lieutenant Werner Flury est tué. Cette unité est dissoute en 1938 quand son obsolescence est admise par tous.

En 1911 des essais sont menés avec des aéroplanes civils. Si la première campagne est un échec la seconde montre aux militaires helvétiques les possibilités de l’appareil. Une souscription est organisée auprès des officiers pour permettre l’achat d’appareils pour équiper l’aviation militaire helvète qui est créée selon les sources le 31 juillet ou le 3 août 1914.

La création de ce FliegerAbteilung se heurte très vite à la question des avions. Tous les pays constructeurs sont engagés dans le conflit et ne sont pas prêts de détourner une partie de la production pour équiper l’aviation d’un pays neutre.

A noter que seuls les diplômés du secondaire peuvent devenir pilotes. Volonté de choisir les meilleurs ? Oui et non car à l’époque les études supérieures sont réservées aux plus fortunés. En cas d’accident pas besoin de verser une pension à la veuve et/ou aux héritiers.

La Première Guerre Mondiale empêche donc l’acquisition d’appareils modernes. Résultat les avions allemands prennent leurs aises dans l’espace aérien suisse. Le 11 octobre 1916 la ville de Porentruy est accidentellement bombardée par l’aviation allemande. Lassé de ne pouvoir faire correctement son travail, le commandant de l’aviation suisse, le capitaine de cavalerie Theodore Real démissionne.

Fokker D.II

Le premier véritable avion militaire suisse est un appareil de prise, un Fokker D.II saisi suite à un atterrissage à Betlach le 13 octobre 1916. En juin 1917 cinq Nieuport 23 CI sont achetés en France.

Nieuport 23

Ne pouvant acquérir d’appareils étrangers en grand nombre, la Suisse s’essaye à la construction nationale. Si elle parvient à produire 100 Häfeli DH.3 de reconnaissance et d’observation, elle échoue en revanche à mettre au point un chasseur, le Häfeli DH.4 étant abandonné suite aux performances décevantes du prototype.

Häfeli DH.3

Quand la première guerre mondiale se termine, l’aviation militaire suisse comprend soixante-deux hommes et soixante-huit avions de neuf modèles différents. La majorité des appareils en service est destinée à l’observation et si son budget est de 15 millions de francs suisses cela ne représente que 1.25% des dépenses militaires helvètes.

Dans les années vingt l’aviation militaire suisse est totalement négligée. Des avions issus des surplus du conflit sont bien acquis mais ils sont usés. Certains sont même acquis sur le marché noir !

Parmi les appareils acquis on trouve vingt-sept Fokker F.VII, seize Hanriot HD.1, quinze Nieuport 28 mais aussi vingt Zeppelin LZ C.11.

La Suisse tente également de mettre au point ses propres appareils mais les tentatives se révèlent décevantes.

Suite à la mort de sept pilotes en 1925 et 1926 on décide d’équiper les avions et leurs pilotes de parachutes !

L’année 1929 peut être considérée comme l’année zéro et le début du redressement. Cette année seuls 17 des 213 appareils sont considérés comme bons pour le service !

On compte dix-huit compagnies d’aviation (Flieger Kompanien), trois pelotons de photographie aérienne et une compagnie d’aérodrome.

A noter qu’il n’y pas d’Ecole de l’Air au sens strict, les pilotes suivant dans un premier temps la même formation que tous les autres conscrits avant de suivre 173 jours de formation à l’Ecole de Pilotage. Dans les deux années qui suivent sa formation il doit voler 10h par mois et par la suite il doit justifier de 50h de vol par an.

Entre 1930 et 1939 162 pilotes et 165 observateurs sont entrainés, les effectifs étant portés à la fin de la décennie à 196 officiers, 499 sous-officiers et 2241 hommes du rang soit 2936 hommes.

Dewoitine D.27

Le 13 décembre 1929 le Conseil Fédéral demande à l’Assemblée Fédérale de voter un budget de 20 millions de francs suisses pour l’achat de soixante-cinq Dewoitine D.27 et la fabrication sous licence de quarante Fokker C.VE

Fokker C.VE en vol

Le projet de loi est approuvé malgré l’opposition des sociaux-démocrates ces derniers se rallieront au réarmement après l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne. A partir de cette date le réarmement fait consensus dans l’opinion publique suisse.

Au milieu des années trente Berne décide de choisir un nouveau chasseur. La Suisse évalue le Heinkel He-112, le Messerschmitt Bf-109, le Morane-Saulnier MS-405, le Fiat G.50, le Supermarine Spitfire et le Curtiss P-36 Hawk.

Messerschmitt Me-109

Un temps c’est le cracheur de feu qui tiens la corde avec une commande d’appareils plus une licence de fabrication. C’est finalement le Bf/Me-109 qui remporte la mise. 90 exemplaires sont commandés en 1938, la commande n’est honoré qu’à l’automne 1940 les livraisons ayant été suspendues suite au déclenchement de la guerre de Pologne.

D’autres appareils sont acquis qu’ils soient allemands (146 avions d’entrainement Bücker Bu-131 Jungmann et Bü-133 Jungmeister), français avec la production sous licence du MS-406 (82 D-3800 et 207 D-3801) ou suisses avec notamment 152 EKW C-36, un appareil utilisable aussi bien pour la chasse, le bombardement et la reconnaissance.

Le 19 octobre 1936 l’aviation militaire suisse est réorganisée et rebaptisée Schweizerische Flugwaffe. C’est une entité autonome au sein de l’armée de terre, l’équivalent toutes proportions gardées de l’USAAF.

Dès le 28 août 1939 l’aviation militaire suisse est mobilisée. Comprennant à l’époque 96 chasseurs et 121 avions de reconnaissance, elle comprend 21 unités mais seulement trois sont immédiatement opérationnelles et cinq n’ont aucun appareil ! Heureusement le conflit va se terminer rapidement.

Durant la Pax Armada les leçons du conflit sont tirées et surtout on tente de combler les lacunes et les déficiences que le conflit de l’automne 1939. De nouveaux aérodromes sont aménagés notamment dans le futur réduit alpin, des champs de manœuvre sont créés.

De nouvelles unités voient le jour notamment une unité de chasse de nuit qui regroupe différents appareils étrangers acquis à deux exemplaires pour évaluation et qui feront le coup de feu durant le second conflit mondial.

Des pièces d’artillerie antiaériennes, des projecteurs et des ballons statiques sont acquis mais la Suisse ne croit pas au radar et n’en possède aucun en septembre 1948. Ce n’est qu’à la fin du conflit qu’un radar suisse sera mis en service.

Dès la fin du mois d’août les tensions sont telles en Europe qu’il devient évident que la guerre est proche. La Suisse prépare la mobilisation de son armée et naturellement les Forces Aériennes Suisses n’échappent pas à la règle.

Durant le conflit l’aviation militaire suisse tente de préserver le territoire de la Confédération Helvétique des incursions aériennes menées par les belligérants qu’elles viennent de l’Axe ou des alliés. De nombreux incidents ont lieu puisqu’entre septembre 1948 et avril 1954 ce sont pas moins de 6800 avions étrangers qui ont violé le ciel suisse. Cela aboutit à l’atterrissage d’urgence de 219 appareils tandis que 56 s’écrasent.

Les pilotes et les navigateurs sont internés en Suisse sous l’autorité de la Croix Rouge avant d’être remis à leurs pays respectifs. Certains refuseront de retourner au combat et demanderont à rester en Suisse ce que Berne mettra du temps à accepter de crainte que le camp opposé ne l’accuse de prendre partie pour l’autre.

Avec le recul des allemands et la défection italienne les servitudes suisses diminuent sérieusement soulageant les pilotes et les avions.

Si quelques appareils sont bien livrés, si certains appareils capturés sont remis en service, la flotte helvétique est globalement usée en mai 1954. Berne va néanmoins profiter des surplus alliés pour reconstituer une armée de l’air digne de ce nom.

Organisation

La Schweizerische Flugwaffe est à nouveau réorganisée en septembre 1945. C’est sous cette forme qu’elle entre dans le second conflit mondial.

-Un état-major

-Un groupe de soutien, de maintenance et de ravitaillement

-Six régiments de chasse (JagdRegiment) organisés en quatre groupes aériens de chasse (LuftKampfGruppe), chaque groupe disposant de douze appareils. Cela nous donne un total de 288 chasseurs.

-Une unité indépendante de chasse de nuit (Unabhängige Nachtjagdeinheit)

-Trois régiments de bombardement (Bombenregiment) à trois groupes chacun, chaque groupe disposant de neuf appareils. Cela nous donne un total de 81 bombardiers

-Deux régiments de reconnaissance (AufklärungsRegiment) à trois groupes de douze appareils soit un total de 72 avions de reconnaissance et de coopération.

-Un groupe d’entrainement

-Un groupe de transport

-Huit batteries lourdes antiaériennes

-Des unités de projecteur et de ballons statiques

En cas d’opérations les différents régiments fournissaient des groupes occasionnels adaptés aux besoins du moment.