22-Armée de terre : armement et matériel (103) ordre de bataille (37)

Unités tchècoslovaques

A la différence de la Pologne, il n’y eut pas de projet de création d’une Armée Tchèque autonome et ce pour deux raisons.

La première c’est un réservoir humain plus faible que les polonais et la seconde en raison de problèmes au sein des deux divisions tchècoslovaques existantes entre un corps des officiers majoritairement tchèque et des hommes du rang majoritairement slovaques, les premiers se montrant arrogants vis à vis des seconds.

La situation devint telle que la France menaça de dissoudre ses deux unités. Il fallut au gouvernement tchèque en exil (installé à Lyon) des trésors de patience, de diplomatie, de ruse (et quelques sanctions disciplinaires) pour que la situation rentre dans l’ordre.

Néanmoins, le gouvernement français avait peu confiance dans ces deux divisions au point de les maintenir loin du front Nord-Est, de l’aile marchante, la 2ème DIT restant déployée dans le Pays Basque et la 1ère DIT intégrée à la 8ème armée dont la mission principale serait d’intervenir en compagnie de la 58ème DIT _ces deux unités formant le 10ème CA_ en Suisse en cas d’attaque allemande, un scénario jugé peu crédible par le général Villeneuve.

A la mobilisation, deux divisions de travailleurs sont levées, des divisions destinées à des travaux de fortification complémentaires et d’aménagement au Havre pour protéger ce port pétrolier mais également à Paris pour compléter la ligne Chauvineau.

Ces travaux terminés, ces deux divisions sont transformées en 3ème et 4ème Divisions d’Infanterie Tchèque (3ème et 4ème DIT), divisions organisées sur le modèle des D.L.I avec un équipement français.

La 3ème D.I.T est envoyée au Levant en novembre 1948 et la 4ème D.I.T sera envoyée dans le sud de la France comme réserve pour un renforcement des défenses de la Corse.

Armée Polonaise en France

-Préambule

Nous venons de voir l’existence de quatre divisions d’infanterie polonaise et d’une brigade d’infanterie de montagne, les premières déployées au sein de Corps d’Armée français en métropole et la seconde déployée au Levant.

La présence d’une forte diaspora polonaise permet au gouvernement polonais en exil installé à Nantes de voir grand en proposant à la France de créer une armée polonaise autonome.

L’accord du gouvernement français est obtenu en janvier 1943 et l’L’Armée Polonaise en France (Armia Polska we Francji APF) est officiellement créée le 14 mars 1943.

La montée en puissance de cette armée est longue, laborieuse et difficile moins en raison du manque de personnel (il y à plutôt le trop plein) qu’en raison d’un manque de matériel, l’industrie française devant déjà équiper l’armée française et constituer de nouveaux stocks de mobilisation.

Néanmoins, en septembre 1948, l’APF à fière allure puisqu’elle aligne les éléments suivants :

-Un état-major installé à Compiègne

-Quatre régiments d’artillerie lourde

-Des unités du génie, de soutien et de transmissions

-Trois Corps d’Armée à deux divisions d’infanterie

-Un corps de cavalerie à deux divisions blindées

-Régiments d’Artillerie Lourde Polonais

Ces quatre régiments correspondent à la Réserve Générale. Il est théoriquement prévu que chaque corps d’armée bénéficie d’un régiment en propre mais il est plus probable que ces régiments détachent des groupes voir une simple batterie pour une mission spécifique.

A noter que ces régiments sont totalement motorisés, les pièces étant tractés par des camions anglais et américains acquis notamment grâce à la générosité de la diaspora polonaise installée dans le Nouveau Monde.

-Le 301ème RALPol est équipé de trois groupes de 155mm équipés de 155 GPF-T

-Le 302ème RALPol est équipé de trois groupes de 194mm équipé de 194 GPF-T

-Le 303ème RALPol est équipé de trois groupes de 155mm équipés de 155 GPF-T

-Le 304ème RALPol est équipé de trois groupes de 194mm équipé de 194 GPF-T

-Unités de soutien

-Deux régiments du génie à trois bataillons chacun, les 1er et 2ème RGPol

-Deux régiments du train

-Deux régiments de transmission

-Deux Antennes Chirurgicales d’armée

-Deux groupement d’intendance

-1er Corps d’Armée polonais

Canon de 47mm modèle 1937

Comme les unités françaises, le principal canon antichar de l’APF était le Canon de 47mm modèle 1937

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons de 40mm Bofors

-La 5ème Division d’Infanterie Polonaise (5ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (13ème, 15ème et 17ème RIP), de deux régiments d’artillerie (5ème RAPol et 205ème RAPol), de la 5ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 5ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 5ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises.

-La 1ère Division de Grenadiers de la Garde (1ère DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (6ème RAPol et 206ème RAPol), de la 6ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 6ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 6ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléters.

-2ème Corps d’Armée polonais

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises Daimler Armoured Car

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm

-La 6ème Division d’Infanterie Polonaise (6ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (14ème, 16ème et 18ème RIP), de deux régiments d’artillerie (7ème RAPol et 207ème RAPol), de la 7ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 7ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 7ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , le modèle prévu étant l’AMX-44, le dernier né des chars légers français.

-La 2ème Division de Grenadiers de la Garde (2ème DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (7ème, 8ème et 9ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (8ème RAPol et 208ème RAPol), de la 8ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 8ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 8ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter.

-3ème Corps d’Armée polonais

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises Humber

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm

-La 7ème Division d’Infanterie Polonaise (7ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (19ème, 20ème et 21ème RIP), de deux régiments d’artillerie (9ème RAPol et 209ème RAPol), de la 9ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 9ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 9ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter.

-La 3ème Division de Grenadiers de la Garde (3ème DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (10ème, 11ème et 12ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (10ème RAPol et 210ème RAPol), de la 10ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 10ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 10ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises.

-4ème Corps de Cavalerie

Bien qu’unique, le Corps de Cavalerie polonais reçoit le numéro 4 à la fois parce qu’il y à trois corps d’armée d’infanterie mais également trois Corps de Cavalerie français.

-Un état-major

-Des unités du génie et de soutien

-Un régiment d’artillerie à mettre sur pied à la mobilisation avec des canons de 105mm français soit des pièces anciennes (modèle 1913) ou des pièces plus modernes (modèle 1936S ou 1941T)

Ce corps de cavalerie regroupe deux divisions blindées, la 10ème et 21ème division blindée équipées de matériels français. Elle est organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Des unités de soutien

-Un régiment de reconnaissance, le 10 ou le 20ème régiment de uhlans équipé d’autos blindées Humber Armoured Car et de douze Hotchkiss H-39.

Char lourd B1bis

Char lourd B1bis

-Un bataillon de chars lourds équipés de 32 B1bis ex-français reconditionnés avant livraison

-Deux bataillons de chars moyens équipés chacun de 24 chars, la 10ème DB disposant de Renault R-40 et la 20ème DB de Hotchkiss H-39

-Un régiment d’artillerie équipé de canons de 75mm modèle 1897 sur pneumatiques en attendant la disponibilité de TAZ modèle 1939 voir de pièces plus lourdes de 105mm.

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22-Armée de terre : armement et matériel (3)

Pistolets-mitrailleurs et mitraillettes

Préambule

C’est à la fin du premier conflit mondial qu’apparait le pistolet mitrailleur/mitraillette. Ce sont les allemands qui introduisent cette arme redoutable à courte portée sur le champ de bataille sous la forme du Bergman Maschinenpistole 18 (MP 18).

Quelques exemplaires capturés permettent aux poilus de mieux connaître cette arme qui donnait une puissante de feu inédite à son porteur avec son efficace cartouche 9mm Parabellum tirée depuis un chargeur tambour de 32 cartouches.  Fort heureusement, cette arme n’apparu que trop tardivement sur le champ de bataille pour permettre à l’Allemagne de renverser la vapeur.

Testé après la fin du conflit, cette arme séduit immédiatement l’état-major français qui place la fourniture d’un pistolet-mitrailleur en deuxième priorité de son programme de 1921 derrière le fusil automatique et devant le pistolet automatique.

L’arme doit ressembler au MP 18, l’arme est considérée comme une arme de défense, une arme pouvant potentiellement succéder à la carabine. Elle doit tirer en rafale, être rustique et bien supporter la boue, une leçon tirée du premier conflit mondial cela va s’en dire.  Quand au calibre choisit, il s’agit du 9mm Parabellum qui doit normalement être le calibre commun au PA et au PM.

Le Service Technique de l’Artillerie (STA) entreprend l’étude d’une version «francisée» du MP 18 qui est présenté à la Commission d’Expérience de Versailles (CEV) qui note un certain nombre de problèmes techniquues qui empêche une adoption pure et simple.

Jusqu’en 1924, ce pistolet mitrailleur est le seul en liste mais la concurrence ne tarde pas à se réveiller, alléchée à l’idée de vendre des milliers de pistolets mitrailleurs à la première armée du monde qui jouï à cette époque d’un prestige considérable.

La firme Bergman propose ainsi une nouvelle version de son MP 18 (via une maison marseillaise), Thompson son modèle 1921 tirant des lourdes balles 11.43mm mais ces deux armes ne seront pas commandés à la différence du PM STA qui est commandé en août 1925 à 8250 exemplaires.

Seulement un millier d’exemplaires seront produits en raison d’une remise en cause du rôle du pistolet mitrailleur, un véritable imbroglio qui fait que le pistolet-mitrailleur deviendra l’arme à fabriquer après la mobilisation, une arme secondaire donc.

Différentes firmes vont participer en proposant des prototypes comme la Manufacture d’Armes de Saint Etienne (MAS) ou encore la Société Alsacienne de Construction Mécanique (SACM) mais ces prototypes en calibre 7.65mm long ou en 9mm mais découragés par l’inertie et les remarques interminables des services officiels abandonneront la partie.

Le déclenchement de la guerre de Pologne montre l’infériorité du poilu face au soldat allemand notamment durant les escarmouches entre corps francs des deux armées.

On décide de vider les stocks de pistolets mitrailleurs venant des productions limitées du début des années vingt ainsi que les pistolets mitrailleurs saisis sur les soldats républicains lors de la Retirada qui vit des soldats républicains et leurs familles se réfugier en France. On trouvera notamment 3250 pistolets mitrailleurs Erma Vollmer avec seulement 1540 chargeurs ce qui posera des problèmes d’approvisionnement.

Si l’équipement des corps francs peut se contenter d’armes d’origine étrangère disponibles en faible quantité, l’équipement du corps de troupe nécessite des armes disponibles en plus grand nombre.

Outre l’adoption du pistolet-mitrailleur de la MAS après des années d’indécision et d’atermoiements, on passe commande d’armes à l’étranger comme 3000 mitraillettes Thomson en calibre 11.43mm et  1000 MP 28 en calibre 9mm aux établissements Piper en Belgique, le projet de commander une copie suisse du pistolet mitrailleur Erma Vollmer n’aboutira pas mais des chargeurs supplémentaires seront commandés.

Ces armes vont servir au sein des corps francs mais également des GRDI, des GRCA ainsi que pour certains gradés. Elle deviendra également l’arme d’autodéfense des porteurs et tireurs d’armes lourdes en remplacement du mousqueton même si l’importance des besoins fera que le mousqueton fera plus que résister.

Au milieu des années quarante, le calibre 7.65mm est clairement en perte de vitesse au profit du 9mm Parabellum. Peu à peu, les PM en calibre 7.65mm long vont servir d’armes d’autodéfense pour les équipages de véhicules de blindés, pour la prévoté, les unités de première ligne étant davantage équipés d’armes en 9 voit en 11.43mm.

Manufacture d’Armes de Saint Etienne (MAS) modèle 1938

Pistolet mitrailleur MAS 38

Pistolet mitrailleur MAS 38

C’est dès le début des années vingt que la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne entama le développement d’un pistolet mitrailleur utilisant la cartouche 7.65mm long. Le choix de ce calibre est loin de faire l’unanimité ce qui explique un temps de dévellopement excessivement long.

Alors que l’Allemagne est à la fin des années trente, largement dotée en pistolets mitrailleurs, la France ne dispose toujours pas d’une arme de ce type. Il faut ainsi attendre l’adoption le 13 mai 1940 du S.E modèle 1935 adopté sous le nom de pistolet-mitrailleur modèle 1938 pour que cette lacune commence à être sérieusement comblée.

Je dis sérieusement car la retraite en France des débris de l’armée républicaine espagnole avait permis à l’armée française de récupérer un petit nombre de pistolets mitrailleurs de plusieurs types avec tout ce que cela comporte comme difficultés de pièces de rechange notamment de chargeurs adaptés.

Performant, le MAS 38 l’était assurément mais il était très long et difficile à construire ce qui était acceptable en temps de paix mais beaucoup moins en temps de guerre où il fallait aller vite.

Résultat, en septembre 1942, la production du MAS 38 fût stoppée au profit du MAT 42 inspiré du MP-40 allemand. Nettement plus facile à construire, il remplaça son ainé dans les unités de première ligne, le MAS 38 continuant à équiper notamment la gendarmerie et les équipages de véhicules blindés.

Caractéristiques Techniques du pistolet-mitrailleur MAS modèle 1938

Calibre : 7.65mm long  Longueur : 630mm longueur du canon 220mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 2.9kg (à vide) 3.450kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir pratique : 200 à 300 coups/minute  

Manufacture d’Armes de Tulle (MAT) modèle 1942

Pistolet mitrailleur MAT 42

Pistolet mitrailleur MAT 42

Comme nous venons le voir, le MAS-38 était une bonne arme, fiable mais difficile à produire en masse en temps de guerre. Parallèlement, quelques MP-40  capturés au cours d’une descente contre un entrepôt clandestin d’armes en Alsace furent étudiés avec intérêt par l’armée française.

La Manufacture d’Armes de Tulle fût chargée de développer un pistolet-mitrailleur similaire en calibre 9mm, un pistolet-mitrailleur robuste et simple à construire.

Les premiers prototypes apparurent en septembre 1941 et testés intensément notamment par le 65ème RI de Nantes ou le 601ème GIA qui notèrent un certain nombre de problèmes vites réglés pour lancer dès le mois de septembre 1942 la production en série pour notamment remplacer dans les unités de première ligne le MAS-38.

Il va principalement équiper le chef de section des compagnies d’infanterie, les corps francs _unités créées uniquement en temps de guerre avec les meilleurs éléments du régiment_, les GRDI, chaque régiment d’infanterie recevant à la mobilisation un stock à utiliser selon le bon vouloir du chef de corps.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur MAT modèle 1942

Calibre : 9mm  Longueur : 630mm longueur du canon 220mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 3.5kg (à vide) 4kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 600coups/minute  

Les autres pistolets mitrailleurs en service ou en projet

D’autres modèles de pistolets-mitrailleurs existaient en 1939 et étaient encore présents en petit nombre en septembre 1948, stockés pour un usage éventuel si la production du MAT 42 ne parvenait pas à satisfaire les besoins colossaux, le pistolet-mitrailleur vu comme un possible gouffre à munitions redevenant une arme à la mode suite au retour d’expérience de la guerre de Pologne.

-Le pistolet mitrailleur STA modèle 1924 aurait du devenir le pistolet mitrailleur standard de l’armée française mais comme nous l’avons vu sa production à été limitée à un millier d’exemplaires qui furent distribués notamment à l’infanterie de l’air qui le préféra largement au MAT-42.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur STA modèle 1924

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 834mm longueur du canon 226mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 3.5kg (à vide) 4kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 380 coups/minute  

-Un nombre réduit de MP 18 furent également utilisé durant la guerre de Pologne mais pas durant le second conflit mondial (ou du moins leur présence n’est pas attestée). Il s’agissait à la fois d’armes saisies en 1918 mais également d’armes importées en France par les établissements Seytres de Marseille.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur Bergman MP 18

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 820mm longueur du canon 196mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :  5.9kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 500 coups/minute
-Le pistolet mitrailleur ETVS (Établissement technique de Versailles) n’à pas dépassé le stade du prototype. Il n’à donc pas été utilisé durant la guerre de Pologne ni durant le second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur ETVS

Calibre : 7.65mm long  Longueur arme dépliée : 670mm longueur de l’arme repliée : 420mm longueur du canon 210mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 2.700kg  (chargé)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue

-Le pistolet mitrailleur de la SACM (dit «pistolet mitrailleur Petter» du nom de l’ingénieur qui l’à conçu) adopté sous le nom de pistolet mitrailleur modèle 1939A n’est pas produit par son concepteur en raison d’une surcharge de son usine de Cholet.

Il aurait pu rester à l’état de splendide prototype mais finalement est produit en petite série entre septembre 1940 et juin 1941 par la Manufacture d’Armes de Tulle (MAT), un total de 3000 armes étant produites et distribuées en particulier aux équipages de véhicules blindés pour se défendre  en cas de destruction de leur véhicule ou d’attente du véhicule de dépannage.

Un projet d’arme en 9mm ne dépassa pas le stade de la planche à dessin mais suite à un accord entre la SACM et la MAT, il servit de base au MAT modèle 1942.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur modèle 1939A

Calibre : 7.65mm long  Longueur arme dépliée : 645mm longueur de l’arme repliée : 388mm longueur du canon 200mm Contenance du chargeur :  36 cartouches Poids : 2.900kg  (chargé)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue  

Mitraillette Thompson dont les allemands apprirent à redouter sa puissance de feu

Mitraillette Thompson dont les allemands apprirent à redouter sa puissance de feu

-Trois mille exemplaires de la «mitraillette» Thompson furent commandés à la fin de 1939 et livrés au printemps suivant.

En dépit d’un calibre hétérodoxe (11.43mm), cette arme qui aurait pu être adoptée au milieu des années vingt dans un calibre plus commun (9mm Parabellum) fût très appréciée par les soldats qui la testèrent, l’arme ayant été livrée après la fin de la guerre de Pologne.

Les armes stockées furent distribuées à la mobilisation aux corps francs mis sur pied par chaque régiment pour des patrouilles offensives dans le no-man’s land séparant les deux lignes de front notamment en Alsace et en Lorraine. Cette arme fût aussi fournie à l’infanterie de l’air.

Caractéristiques Techniques de la mitraillette Thompson

Calibre : 11.43mm  Longueur arme dépliée : 858mm longueur du canon 266mm Contenance du chargeur :  20 cartouches en chargeur droit, 50 cartouches en chargeur circulaire Poids : 5000kg  (chargé)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue

-Le Pistolet-mitrailleur Erma-Vollmer récupéré auprès des troupes républicaines en retraite fût un temps le principal pistolet mitrailleur français jusqu’à ce que le MAS 38 et le MAT 42 ne le remplace.

Sur les 3250 exemplaires récupérés en 1939, 2800 exemplaires étant encore en état de servir en septembre 1948. Ils équipèrent des unités de mobilisation en attendant que suffisamment de MAT 42 soit disponible. Une fois remplacés, ils retournèrent dans les stocks dans lesquels on piocha en fonction des besoins.
Caractéristiques Techniques du pistolet-mitrailleur Erma-Vollmer

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur 890mm longueur du canon 250mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :4.300kg  (vide)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue

21-Armée de terre (43)

Les régiments de cavalerie

Les unités montées

En septembre 1939, il existe encore de nombreux régiments de cavalerie à cheval, des régiments de hussards, de dragons, de chasseurs à cheval, de chasseurs d’Afrique, de spahis. Ce n’est pas un cas propre à la France, l’armée allemande dispose encore d’une 1ère division de cavalerie et pas simplement de chevaux pour tracter les pièces d’artillerie.

Dès la mobilisation, nombre de ces régiments disparaissent pour mettre sur pied des GRDI et des GRCA. Les Divisions de Cavalerie où cohabitaient engins mécaniques et nobles destriers (les divisions «pétrole-picotin») vont progressivement être transformées en divisions légères mécaniques où les chars et les automitrailleuses remplacent les pur-sangs.

Au final, seules deux brigades de spahis vont rester déployées en métropole, se déplaçant à cheval mais combattant à pied tels les dragons de jadis. Dans l’Empire, les spahis sont présents en nombre tout comme des unités plus spécifiques comme en Orient.

Les régiments de cavalerie sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement (PC, transmissions,renseignement, éclaireurs motocyclistes et pionniers sapeurs)

-Un escadron hors rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Un escadron de mitrailleuses et d’engins (4 canons de 25mm, 8 mitrailleuses de 8mm puis de 7.5mm et 4 mortiers de 60mm)

-Deux groupes d’escadrons avec deux escadrons disposant chacun d’un état-major, d’un peloton de commandement de quatre pelotons de fusiliers

Les régiments des groupements de cavalerie ont une organisation légèrement différente avec un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe d’escadrons à deux escadrons mixtes motorisés (automitrailleuses et side-cars) et un escadron de mitrailleuses et de canons antichars.

Les régiments de spahis sont organisés en quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et d’engins

On trouve en septembre 1939, les régiments montés suivants :

régiments endivisionnés

-1er régiment de hussards d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-4ème régiment de hussards de Senlis rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-1er régiment de chasseurs (à cheval) d’Alençon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-8ème régiment de chasseurs (à cheval) d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans
-12ème régiment de chasseurs (à cheval) de Saint-Mihiel rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC

-18ème régiment de chasseurs (à cheval) de Sarreguemines rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-6ème régiment de dragons de Vincennes rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-8ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de 2ème DC de Luneville

-19ème régiment de dragons de Lyon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-20ème régiment de dragons de Limoges rattaché à la 1ère Division de Cavalerie

-30ème régiment de dragons rattaché à la 2ème Division de Cavalerie

-31ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-5ème régiment de cuirassiers d’Haguenau rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-11ème régiment de cuirassiers de Saint Germain-en-Laye rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

Régiments appelés à former des GRDI/GRCA

-2ème régiment de hussards de Tarbes : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-3ème régiment de hussards de Strasbourg : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de dragons d’Epernay : 1er groupement de cavalerie de Metz

-10ème régiment de dragons de Orange : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-7ème régiment de chasseurs à cheval d’Evreux : 3ème groupement de cavalerie d’Amiens

-11ème régiment de chasseurs (à cheval) de Vesoul : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de cuirassiers de Lyon : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

Régiments de spahis et unités indigènes

En métropole, sont stationnées deux brigades de spahis :

-La 1ère brigade de spahis de Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains stationné à Senlis et le 6ème régiment de spahis algériens stationné à Compiègne

-2ème brigade de spahis d’Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens d’Orange et du 9ème régiment de spahis algériens de Vienne

En Afrique du Nord, sont présents des régiments de spahis intégrés à des brigades de cavalerie d’Afrique :

-Le 1er régiment de spahis algériens forme la 1ère brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 5ème RCA (régiment de chasseurs d’Afrique)

-Le 2ème régiment de spahis algériens forme la 2ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 2ème RCA

-Le 3ème régiment de spahis algériens forme la 3ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 3ème RCA et de cinq compagnies montées sahariennes.

-Le 4ème régiment de spahis tunisiens forme la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 4ème RCA et du 1er REC.

-D’autres régiments de spahis sont non enbrigadés comme les 2ème et 3ème régiments de spahis marocains stationnés au Maroc en compagnie du 8ème régiment de spahis algériens mais également du 1er RCA, du 2ème REC et de la compagnie montée saharienne.

-Au Levant, on trouve le 1er régiment de spahis marocains et le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisiens. On trouve également dix sept escadrons de ligne Alaouites, Druzes et Tcherkesses.

Evolution entre septembre 1940 et septembre 1948

Durant les huit années, la situation des unités montées évolue de manière radicale, nombre de régiments sont transformés en unités mécaniques mais il existe encore des unités montées qu’il s’agisse des unités de spahis stationnées en métropole ou en Afrique du Nord même si en AFN, des unités montées sont transformées en unités mécaniques.

Les régiments de cavalerie des groupements de cavalerie sont dissous à la mobilisation pour former les GRDI et les GRCA. Ils ne sont pas reconstitués après la démobilisation de l’été et de l’automne 1940.

Les trois divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères mécaniques :

-La 1ère DC devient la 3ème Division Légère Mécanique avec le 1er régiment de hussards comme régiment de découverte, les 1er et 8ème régiments de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 19ème régiment de dragons est dissous mais reconstitué ultérieurement comme régiment de dragons portés.

-La 2ème DC devient la 4ème Division Légère Mécanique avec le 5ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 8ème régiment de dragons et le 18ème régiment de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 31ème régiment de dragons étant dissous.

-La 3ème DC devient la 5ème Division Légère Mécanique avec le 11ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 6ème régiment de dragons et le 4ème régiment de hussards comme régiments de combat, le 12ème régiment de chasseurs à cheval étant dissous.

-La 4ème Brigade de Cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie, le 4ème régiment de spahis tunisiens devenant un régiment de découverte, le 1er régiment étranger de cavalerie est transformé en régiment de combat, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique devenant un régiment de chasseurs portés.

-Les 2ème, 3ème et 5ème régiments de chasseurs d’Afrique sont entièrement motorisés, devenant l’équivalent des régiments de découverte de la DLM.

-Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique reste partiellement motorisé

-Les régiments de spahis déployés en métropole, en Afrique du Nord et au Levant restent des unités montées. A noter que le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisien stationné au Levant devient le 5ème régiment de spahis tunisiens.

-La compagnie montée saharienne devient une compagnie portée avec des véhicules Laffly pour transporter les fantassins et des Gendron-Somua AM-39 comme automitrailleuses/véhicules de combat

-Le 2ème régiment étranger de cavalerie devient un régiment motorisé de type découverte pour appuyer le 3ème REI déployé dans le Sud-marocain.

Les régiments mécaniques

Cf les chapitres sur les D.L.M et les D.C

21-Armée de terre (23)

La situation générale en septembre 1939

Quand éclate la guerre de Pologne, la cavalerie dispose d’unités entièrement mécaniques (les DLM), d’unités «pétrole-picotin» (les Divisions de Cavalerie) et d’unités montées dans l’Empire mais également en métropole, à la différence que désormais les cavaliers combattent démontés, n’utilisant leur noble destrier que pour se déplacer notamment dans des endroits difficiles d’accès pour les engins motorisés.

Métropole

-Trois Divisions de Cavalerie modèle 1932  

La 1ère division de cavalerie stationnée à Orléans dispose d’une 1ère brigade de cavalerie avec le 1er régiment de hussards et le 8ème régiment de chasseurs, d’une 2ème brigade de cavalerie avec le 1er régiment de chasseurs et le 19ème régiment de dragons, du 1er groupe d’automitrailleuses, du 5ème bataillon de dragons portés et du 75ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

La 2ème division de cavalerie stationnée à Luneville dispose d’une 3ème brigade de cavalerie (18ème régiment de chasseurs et 5ème régiment de cuirassiers), d’une 4ème brigade de cavalerie (8ème et 31ème régiments de dragons), du 2ème groupe d’automitrailleuses, du 3ème bataillon de dragons portés et du 73ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

La 3ème division de cavalerie stationnée à Paris dispose d’une 5ème brigade de cavalerie (4ème régiment de hussards et 6ème régiment de dragons), d’une 6ème brigade de cavalerie (11ème régiment de cuirassiers et 12ème régiment de chasseurs), du 3ème groupe d’automitrailleuses, du 2ème bataillon de dragons portés et du 72ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain.

Ces trois divisions de cavalerie vont être transformées en Divisions Légères Mécaniques, la 1ère DC devenant la 3ème DLM en février 1940, la 2ème DC devient la 4ème DLM en septembre 1940 et enfin la 3ème DC devient la 5ème DLM en juin 1941.

-Trois groupements de cavalerie

Ces groupements de cavalerie sont des organisations temporaires, ces régiments devant disparaître à la mobilisation après la mise sur pied des GRDI et des GRCA.

A l’issue de la démobilisation, les GRCA sont dissous (les Corps d’Armées n’existant plus en temps de paix) mais vingt-huit GRDI sont maintenus en métropole et d’autres en AFN et au Levant, tous étant motorisés.

-Le 1er groupement de cavalerie (Metz) regroupe le 3ème régiment de hussards, le 9ème régiment de dragons et le 11ème régiment de chasseurs.

-Le 2ème groupement de cavalerie (Marseille) regroupe le 2ème régiment de hussards, le 9ème régiment de cuirassiers et le 10ème régiment de dragons

-Le 3ème groupement de cavalerie (Amiens) regroupe le 2ème régiment de chasseurs, le 6ème groupe d’automitrailleuses et le 7ème groupe d’automitrailleuses.

Certains de ces régiments sont ultérieurement recréés au sein des DLM mais également des Divisions Cuirassées.

En l’occurence, le 11ème Régiment de chasseurs à cheval est recréé au sein de la 12ème BLM (6ème DLM), le 3ème Régiment de hussards intègre la 13ème BLM (7ème DLM), le 2ème Régiment de hussards intègre la 15ème BLM (8ème DLM) et le 9ème Régiment de cuirassiers est recréé comme régiment de découverte de la 2ème DC nouvelle formule.

GRDI et GRCA

Comme nous venons de le voir, sept régiment de cavaleries indépendants et deux groupes d’automitrailleuses sont dissous à la mobilisation pour former des Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI) et des Groupements de Reconnaissance de Corps d’Armée (GRCA).

Selon la note d’état-major du 6 août 1923, outre la «substance» des sept RC et des groupes de mitrailleuses, les centres mobilisateurs de la cavalerie mettent sur pied ces groupements tactiques chargés d’éclairer les grandes unités et si nécessaire de mener des combats retardateurs.

Plus précisement, ces unités doivent rechercher le renseignement, prendre contact avec l’ennemi et assurer la sîreté des lignes de surveillance.

Au moment de la guerre de Pologne pas moins de quatre-vingt dix groupements de ce type vont être mis sur pied, majoritairement de type monté (quatre-vingt-deux d’entre-eux), le reliquat étant composé de groupes motorisés avec ou sans mitrailleuses, deux sans automitrailleuses et cinq avec.

A l’issue de la démobilisation, seuls sont maintenus les GRDI type motorisé qui reçoivent tous des automitrailleuses soit sept GRDI affectés aux Divisions d’Infanterie Motorisées ou D.I.M. Les autres DI reçoivent elle aussi un GRDI, les GRDI montés préservés étant motorisés, permettant aux vingt-huit divisions d’infanterie stationnées en métropole (neuf DI type Nord-Est, huit D.I.M, trois DIAlp, quatre DIC et quatre DINA) de disposer d’un groupement tactique de reconnaissance et de combat. Les DIA et les DM préservées vont également disposer d’un GRDI.

-Deux Divisions Légères Mécaniques (D.L.M.)

-La 1ère Division Légère Mécanique (1ère D.L.M.)  dispose d’une 1ère brigade légère mécanique (4ème régiment de cuirassiers, 18ème régiment de dragons), d’une 2ème brigade légère mécanique (6ème régiment de cuirassiers, 4ème régiment de dragons portés) et le 74ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain.

-La 2ème Division Légère Mécanique (2ème D.L.M.) dispose d’une 3ème brigade légère mécanique (13ème régiment de dragons, 29ème régiment de dragons), d’une 4ème brigade légère mécanique (8ème régiment de cuirassiers 1er régiment de dragons portés) et du 71ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

Ils’agit ici des unités principales, ces divisions disposent bien entendu d’unités de soutien et d’appui en complément des régiments.

-Deux brigades de spahis

-La 1ère brigade de spahis stationnée à Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains et le 6ème régiment de spahis algériens.

-La 2ème brigade de spahis stationnée à Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens et du 8ème régiment de spahis algériens.

Ces unités montées restent en l’état en dépit de projets de motorisations, ces deux brigades auraient pu former une nouvelle DLM. Maintenues comme gage aux partisans de la cavalerie, le général Villeneuve décide à l’été 1948 de les transformer en unités mécaniques sous une forme non définie mais le déclenchement de la guerre reporte ce projet sine die.

21-Armée de terre (22)

Les unités de cavalerie

Un long chemin et un big-bang organisationnel

Schneider CA1 et Saint Chamond (ci-dessous), les premiers chars français

Schneider CA1 et Saint Chamond (ci-dessous), les premiers chars français

Char Saint Chamond

Si les anglais furent les premiers à utiliser le char d’assaut en 1916, la France eut un impact décisif dans ce domaine à l’aide d’abord des médiocres Saint Chamond et Schneider puis à l’aide du char de la victoire, le Renault FT souvent connu de manière erronée sous le nom de FT-17.

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm

Les premiers chars français engagés furent les Schneider et les Saint Chamond le 17 avril 1917 à Berry-au-Bac dans le cadre de l’offensive du Chemin des Dames, une nouvelle tentative pour obtenir la percée tant recherchée.

Ce fût un véritable désastre. Sur un terrain difficile, sous les coups de l’artillerie allemande, 76 chars furent détruits dont 57 avaient brûlé, les chars emportant une grande quantité de matières inflammables qui transformaient ces chars en véritables torches sur chenilles. L’échec des «gros» donna sa chance aux petits Renault FT qui répondaient à une autre conception mais qui avait la particularité d’avoir également pour père le général Estienne.

le général Estienne

le général Estienne

Aux «cuirassés terrestres», on préférait désormais le «fantassin blindé», le char-canon ou le char mitrailleur qui avec ces deux hommes devaient se couler dans le terrain et soutenir au plus près l’infanterie pour éliminer les obstacles et lui permettre d’occuper le terrain sans se faire hacher par les mitrailleuses, les barbelés et les obstacles.

Le Renault FT produit à 4517 exemplaires (de 1917 à 1919 puis des compléments jusqu’en 1927) fût le véritable «char de la victoire», symbolisant le char d’assaut et son rôle dans l’esprit de l’armée française ce qui désabusa son concepteur, le général Estiennes pour qui le char léger n’avait aucun avenir.

Le premier conflit mondial terminé, se posa la question en France de l’avenir de la motorisation et de la mécanisation des armées. Bien que vaincue, l’armée allemande pouvait redevenir une menace et devant la lenteur d’une mobilisation, l’idée de disposer d’éléments mécaniques pouvant se porter rapidement sur le Rhin (ou en Rhénanie jusqu’en 1930) était séduisante.

Le premier à la proposer fût le général Fayolle qui proposa la création de véritables groupements tactiques d’intervention rapide composés d’automitrailleuses et d’autocanons accompagnés de cyclistes, d’infanterie portée sur camions, de l’artillerie portés sur tracteurs, de chars légers portés sur camions et d’éléments motorisés du Génie.

Ces groupements devaient tronçonner et harceler l’ennemi sans se laisser fixer, les divisions de cavalerie devant se charger de détruire les grandes unités ennemies, le tout avec l’appui de l’aviation.

Dans l’immédiat, ces groupements techniques ne furent pas créés mais de cette étude allait naitre les groupements de reconnaissances de division d’infanterie (GRDI) et leur pendant de corps d’armée (GRCA).

Leur évolution post-guerre de Pologne allait permettre la réalisation du projet du général Fayolle, les GRDI (les GRCA n’existant qu’en temps de guerre) évoluant d’unités de reconnaissance et d’éclairage à de véritables groupement de combat chargés de «sauter à la gorge» de l’ennemi, de contrer ses unités de reconnaissance, de le harceler et de gêner sa progression ou son repli.

De son côté, le général Estienne préconisa la création d’un corps cuirassé autonome, une unité de 20000 hommes, 8000 camions et tracteurs et 4000 chars mais le père des chars ne fût pas entendu du moins dans l’immédiat, sa vision des troupes de choc sous-entendait une vision offensive qui n’était plus en odeur de sainteté après les ravages du premier conflit mondial.

En 1920, disparu l’Artillerie d’Assaut. Elle avait été créée quand le char français semblait devoir être l’équivalent des chars britanniques, des chars lourds armés de véritables pièces d’artillerie de campagne, le Saint Chamond et le Schneider disposant d’un canon de 75mm modèle 1897.

Le char interallié Mark VIII Liberty

Le char interallié Mark VIII Liberty

Il était d’ailleurs prévu que l’AS mette en œuvre des chars de fabrication britannique, des MkV* armés de canons de 57mm (100 exemplaires commandés mais seulement 77 livrés avant l’armistice, aucun engagé au combat) sans oublier le MkVIII Liberty, le char interallié mais la production de 600 exemplaires rien que pour la France fût annulée en raison de l’armistice.

Le choix du Renault FT comme char standard bouleversait la donne, le cuirassé terrestre qui devait être à la pointe de la percée (laissant l’exploitation à la cavalerie à cheval puis à l’infanterie) justifiait que l’artillerie mette en œuvre ses puissants véhicules mais avec la petite merveille de Billancourt (qui mine de rien imposait l’architecture standard du char moderne avec pilote à l’avant, moteur à l’arrière et compartiment de combat au centre) la donne changea, ce char accompagnait l’infanterie, lui collait au train pour détruire les obstacles.

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Il devait bien avoir des chars lourds de percée comme le FCM 2C mais ils étaient trop petit nombre pour justifier une quelconque mainmise de l’artillerie qui avait déjà mis au point ses premiers canons automoteurs et automouvants.

D’où la suppression de l’Artillerie d’Assaut remplacée par l’arme des Chars d’Infanterie qui regroupait les chars destinés à soutenir l’infanterie, des véhicules lents et bien protégés mais qui n’étaient pas destinés à mener de folles chevauchés comme la cavalerie de jadis.

La cavalerie justement parlons-en. Cette arme hautement aristocratique, cette arme noble par excellence connaissait une véritable crise existentielle. Les unités à cheval passées les premiers combats de l’été et de l’automne 1914 avaient du admettre leur impuissance face aux tranchées ce qui entraina leur transformation en unités d’infanterie.

Après la fin du premier conflit mondial, les unités à cheval étaient toujours présentes mais leur existence était sérieusement remise en question bien qu’elles pouvaient toujours rendre de précieux services comme la reconnaissance, la découverte, l’exploitation. Elle devait néanmoins s’adapter aux nouvelles formes de guerre au risque de disparaître.

Les divisions de cavalerie au nombre de dix en 1914 tombèrent à six en 1916/17 puis à seulement cinq en 1928 ce qui était mine de rien une part importante dans une armée de temps de paix qui se réduisait comme peau de chagrin avec à terme seulement vingt divisions.

La cavalerie n’avait pas attendu la fin du premier conflit mondial pour faire connaissance avec le «moteur combattant» car dès 1913, on trouvait des automitrailleuses et des autocanons (deux puis trois groupes par DC) ainsi que des groupes de chasseurs cyclistes à raison d’un groupe par division de cavalerie.

On n’assiste donc pas à un big-bang, à une révolution mais plutôt une évolution progressive avec le remplacement des chasseurs cyclistes par des dragons portés, la motorisation du commandement, de l’artillerie, du génie et des services, le tout formant les Division de Cavalerie type 1932.

Cette division était cependant d’un maniement délicat puisqu’elles faisaient cohabiter des éléments à cheval (deux brigades à deux régiments), un groupe d’automitrailleuses, un bataillon de dragons portés et un régiment d’artillerie tout terrain tracté ou RATTT ce qui leur vaut leur surnom de «division pétrole-picotin» ou «cambouis-crotin».

Ce type de division mixte va survivre jusqu’au déclenchement de la guerre de Pologne, faute de mieux ou plutôt faute de moyens voir de réelle volonté alors que l’avenir était clairement aux divisions mécaniques comme les Divisions Légères Mécaniques, la 1ère DLM voyant officiellement le jour le 1er juillet 1935 par transformation de la 4ème division de cavalerie et la 2ème DLM un an plus tard par transformation de la 5ème division de cavalerie de Lyon.

Du côté de l’arme des chars de l’infanterie, l’idée même de divisions de choc interarmes va être nettement plus longue à naitre, une gestion douloureuse et compliquée.

Le scepticisme y est nettement plus grand qu’au sein de la cavalerie. En effet la mission des chars est d’accompagner l’infanterie, de lui offrir appui et protection et non de percer le front et d’entamer une folle chevauchée.

Cela n’empêche pas le général Weygand de mettre sur pied un détachement mécanique de combat composés de chars D1 (14 tonnes, un canon de 47mm et deux mitrailleuses) et des trois premiers chars B (27 tonnes, un canon de 75mm, un canon de 47mm et deux mitrailleuses) qui opère en septembre 1932 au cours des manoeuvres de Champagne. L’expérience est mitigée, les chars ont pris la position ennemie mais faute de soutien d’infanterie, ils ont du se replier.

En 1934, un colonel inconnu, Charles de Gaulle publie un livre intitulé Vers l’armée de métier où il envisage la mise sur pied d’un corps spécialisé composé de soldats de métiers avec six divisions de ligne (un groupe de reconnaissance, une forte brigade de chars avec un régiment lourd, un régiment moyen et un bataillon léger, une brigade d’infanterie à deux régiments plus un bataillon de chasseurs,une brigade d’artillerie à deux régiments + des services) et une division légère type DLM.

Ce projet est rejeté par les parlementaires pour des raisons qui tiennent aussi bien de considérations financières que pour des raisons idéologiques (attachement à l’armée de la conscription) et politiques (crainte que ce corps spécialisé deviennent une garde prétorienne pouvant menacer la république).
La France prend du retard alors qu’en Allemagne sont mises sur pied les Panzerdivision, que des corps blindés sont créés en URSS et qu’en Angleterre, des théoriciens comme Basil Lidell-Hart appellent de leurs vœux la création de divisions blindées.

Néanmoins, la décision de créer des «divisions à base de chars» est prise au moins sur le papier dans le cadre du programme des 14 milliards du 7 septembre 1936.

Néanmoins, l’industrie est bien incapable de suivre pour fournir le matériel nécessaire à moins qu’il n’y ait manqué la volonté d’aboutir car si le matériel parfaitement adapté manquait, qu’es-ce qui aurait empêché de l’expérimenter avec du matériel existant ?

Un parallèle peut être avec l’action du général Flavigny qui batailla pour mettre sur pied les DLM avec le matériel existant _souvent inadapté comme des automitrailleuses semi-chenillées_ en attendant la disponibilité des véhicules adaptés.

La foudroyante victoire en Pologne des panzerdivision est un électrochoc qui achève de convaincre les ultimes sceptiques.

Dès 1938, un groupement tactique d’experience avait été mis sur pied avec quatre bataillons de chars équipés de B1 et de B1bis, deux bataillons de chasseurs portés et un régiment d’artillerie.

C’est à partir de ce groupement que le général Gamelin ordonne la mise sur pied des 1ère et 2ème Divisions Cuirassés de réserve sur un mode sensiblement allégé par rapport aux idées de Charles de Gaulle.

L’arrivée du général Villeneuve va donner un coup de fouet bienvenue à ces unités de chars. Non seulement, il va en créer deux autres en plus des quatre programmées mais il va les créer et les doter d’une puissance supérieure à celle envisagée par le général Gamelin notamment par la mise en service de chars mieux adaptés.

Côté cavalerie, le nombre de DLM est doublé avec la création des 3ème, 4ème et 5ème DLM par transformation des trois divisions de cavalerie type 1932. Trois autres DLM sont ultérieurement créer à partir d’éléments fournis par les trois Divisions Légères Mécaniques sus-nommées.

Formant des Corps de Cavalerie (DLM) et des Corps d’Armées Cuirassés (CAC), ils vont permettre à l’armée française de retrouver de l’allant et du mordant face à une éventuelle agression allemande, la mobilisation partielle n’étant plus nécessaire pour intervenir.

Organisées, dotées d’un matériel performant et d’un doctrine précise, ces divisions n’ont rien à envier aux Panzerdivisionen allemandes.

Reste que la dichotomie est maintenue entre l’arme des Chars de l’Infanterie et le Cavalerie alors que les DLM et des DC sont identiques en terme d’organisation, les DC se distinguant par la présence de chars lourds, l’arme des chars de l’infanterie disposant également de  BCC.

Pour le général Villeneuve, esprit pragmatique si il en est, cette dichotomie est absurde et dès son arrivée à la tête de l’armée, entame le long processus visant à rapprocher «la noblesse» (la cavalerie) et la «roture» (les chars d’infanterie).

Hors de question de passer en force, il va patiemment négocier, accordant des faveurs à l’un ou à l’autre, menaçant l’un et complimentant l’autre. Il révèle un talent certain pour le lobying politique, veillant à ce que ses idées imprègnent les jeunes officiers, les futurs cadres de l’armée dont il élabore les bases dès juin 1940.

Finalement le 1er janvier 1943, un décret du ministre de la guerre fusionne la Cavalerie avec l’arme des Chars de l’Infanterie sous le nom d’Arme Blindée-Cavalerie (ABC) qui installe son école à Saumur, reprenant l’essentiel des traditions de la défunte cavalerie.

Après ce long exposé, nous allons maintenant entrer en détail en parlant de l’organisation des différentes unités de la cavalerie, des chars de l’infanterie puis de l’arme blindée-cavalerie.

D-Armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (4)

Les «chars» en service en septembre 1939

Renault FT équipé d’un canon de 37mm SA-18

*En septembre 1939, un nombre considérable des Renault FT sont encore en service puisque dix BCC sont encore équipés de ce vénérable petit char qui à été en partie réarmé, les Hotchkiss de 8mm ayant été généralement remplacés par des MAC 34 de 7.5mm.

Rapidement pourtant, les chars FT vont être retirés des unités de première ligne et les dix BCC encore équipés du petit char Renault vont être réarmées avec des Renault R-35 (quatre) des Renault R-40 pour  trois d’entre-eux et des Hotchkiss H-39 pour les trois derniers.

Une poignée de FT  restent utilisés pour l’entrainement et des missions de sûreté notamment la protection des bases aériennes contre des parachutages.

Renault R-35

*Le Renault R-35 est issu d’un programme lancé en 1933 pour remplacer les FT dans des missions de soutien d’infanterie. Il va équiper en métropole  vingt-un BCC soit un total de 945 exemplaires en service plus d’autres au Levant et en Afrique du Nord pour un total de 1460 exemplaires produits. A cela s’ajoute des véhicules exportés : 40 exemplaires en Roumanie, 50 exemplaires en Pologne (avant la chute de ce pays, le deuxième lot équipant le 68ème BCC)100 exemplaires en Turquie et 50 exemplaires en Yougoslavie.

Ils restent largement en service jusqu’en septembre 1945 quand commence leur remplacement par des chars plus modernes même si en septembre 1948, huit BCC sont encore équipés de R-35, trois en métropole et cinq en Afrique du Nord.

*Une version améliorée du R-35 est produite. Baptisée R-40, il va rééquiper trois bataillons précédemment équipés de FT-17 soit un total de 180 exemplaires en ligne auxquels s’ajoutent des chars de réserve ainsi que 48 exemplaires pour la Belgique, 16 exemplaires pour les Pays Bas (qui vont en tirer une version indigène) et 48 exemplaires pour l’armée polonaise libre (deux bataillons équipés). Ce char était encore en service en septembre 1948.

*Un autre char de soutien d’infanterie issu du programme de 1933 est le Hotchkiss H-35. Ce char va équiper les Divisions de Cavalerie, les Divisions Légères Mécaniques et deux BCC pour une production totale de 400 exemplaires.

Char considéré comme raté, la production est rapidement arrêté et décision est prise de le remplacer par un autre modèle, un modèle notablement amélioré, le Hotchkiss H-39.

Au sein des DC et des DLM, il va être remplacé par des Somua S-40 pour unifier l’équipement de ces divisions, les H-35 équipant deux BCC vont être remplacés par le H-39 (pour un d’entre eux, le second étant dissous), ce dernier qui équipait déjà quatre BCC et va également équiper trois BCC précédemment armé de FT-17 soit in fine un total de dix BCC armés de H-39 (huit au sein des DCR et deux non endivisionnés). Il va également équiper les GRDI en remplacement des AMR.

1550 exemplaires de ce char vont être construits pour la France et pour l’export jusqu’en mars 1947 car ce char est choisit pour être un char interallié. La Grande Bretagne va en recevoir 32 exemplaires armés d’un canon de 2 pouces, la Pologne 93, la Turquie 2 exemplaires, la Grèce 135 exemplaires et la Yougoslavie 135 exemplaires.

.Les H-39 des DC (DCR jusqu’en 1943) sont progressivement remplacés par des Renault G1R à canon de 75mm mais les autres restent en service.

FCM-36 descendant d’un camion

*Le FCM-36 est un char léger très moderne en 1939, son moteur diesel lui confiant une autonomie bien plus importante que celle des Hotchkiss et Renault équipés de moteurs essence. Leur coût fait que seulement 100 exemplaires sont produits pour équiper deux bataillons de chars de combat, une commande supplémentaire de 100 exemplaires étant annulée en septembre 1939 pour rationaliser la production de chars et permettre aux FCM de se concentrer sur la production massive de B1bis.

Les 4ème et 7ème BCC sont équipés de char jusqu’en septembre 1946 quand il est remplacé par une version améliorée du FCM-36. Baptisée FCM-42, elle reçoit un canon de 47mm SA-37, un moteur diesel plus puissant et une suspensions améliorée.

Renault D-2

*Le char puissant D2 considéré tantôt comme un char moyen tantôt comme un char léger. Il équipe un unique bataillon, le 19ème BCC, ce char puissant étant néanmoins remplacé par le Hotchkiss H-39 dès septembre 1941 pour unifier l’équipement des BCC légers de la 4ème Division Cuirassée.

Somua S-35

*Le char le plus efficace de l’armée de terre en septembre 1939 est sans contestation possible le Somua S-35, un char de 19.5 tonnes rapide, bien armé (canon de 47mm capable de détruire tous les chars allemands de l’époque) et bien protégé avec néanmoins deux défauts majeurs : l’absence de radio et une tourelle monoplace, vrai plaie pour les chars français de l’époque.

Ce S-35 officiellement connu sous le nom de Automitrailleuse de Combat (AMC) va ainsi équiper les 1ère, 2ème, et 3ème (ex-1ère DC) à raison de deux GE (Groupes d’Escadron) par division soit un total de 288 AMC en ligne plus 112 en réserve.

Après 451 exemplaires produits, le S-35 est remplacé par le S-40  sur les chaines de montage, cette version se distinguant par un moteur plus puissant et une radio.

L’armée de terre dispose également de chars lourds, un char de bataille et un char de percée, le premier étant baptisé B1 avec ses variantes B1bis et B1ter alors que le second est le FCM-2C.

Commençons par le fleuron le Char B1bis. Véritable cuirassé roulant avec un canon de 75mm en casemate et un canon de 47mm en tourelle, c’est le char de percée par excellence.

Parfaitement adapté au rôle ancien des DCR, il l’est moins pour le nouveau rôle attribué aux DC notamment la percée du front et son exploitation immédiate. De plus, sa fabrication longue et couteuse est fort peu adaptée à une industrie cherchant à produire vite, bien et au coût le plus faible possible.

En septembre 1939, quatre bataillons de chars de combat sont équipés de B1bis soit un total de 136 chars en service. Deux autres bataillons sont mis sur pied durant la guerre de Pologne portant le nombre de véhicules en ligne à 204 exemplaires.

Ces six bataillons vont intégrer les trois premières DCR au sein d’une demi-brigade de deux bataillons. Deux autres bataillons sont ultérieurement mis sur pied pour armer la 4ème DCR portant le nombre de véhicules en ligne à 272 exemplaires.

Ces huit bataillons totalisent donc en ligne 272 chars en ligne auxquels s’ajoutent les chars produits pour la Grande Bretagne (75 exemplaires livrés entre juillet 1940 et janvier 1941) ainsi que 120 chars gardés en réserve pour l’entrainement, l’instruction et un volant de fonctionnement soit un total de 467 B1bis auxquels s’ajoute 34 B1 soit un total général de 501 chars produits.

Huit bataillons de quartier général sont mis sur pied au printemps-été 1942 pour servir de réserve stratégique. Dans l’idée de ces concepteurs, ces bataillons doivent servir de pompier en cas de percée sur le front ou d’appuyer notre propre percée. Ces huit bataillons sont équipés d’un total de 272 B1ter, bataillons indépendants bien qu’un temps on envisagea de créer des brigades ou des divisions.

La production du B1ter s’arrête en juin 1943, les chaines libérées étant consacrées à la production d’un nouveau char lourd, baptisé ARL-44.

FCM 2C

*Le char de rupture FCM-2C est le char le plus lourd de l’armée de terre en septembre 1939 avec ses soixante-dix tonnes en ordre de combat. Issu de l’expérience du premier conflit mondial, il est construit à dix exemplaires mais seulement huit sont encore en service au 51ème BCC. Ces chars vont être remplacés par douze FCM F-1 livrés jusqu’en février 1944.

Stratégie, ennemis potentiels et potentiel militaire (3)

D-Armée de terre : une profonde métamorphose : l’armée Villeneuvienne

D’importantes réformes structurelles

En mars 1942, le général Villeneuve réorganise totalement la chaine de commandement. Son QG installé au château de Vincennes est un véritable état-major combiné ayant pleine autorité sur l’armée de terre (dirigée par un partisan de ses thèses, le général de Ganelon) et uniquement en temps de guerre sur la marine et l’armée de l’air.

Le général Gaston Billote commandant du CAC de 1942 à 1945

Il divise l’armée de terre en quatre groupements. Outre le Corps d’Armée Cuirassé commandé par le général Billote puis par le général Delestraint placé sous l’autorité du chef d’état major de l’armée de terre, il conserve trois groupes d’armées dont la zone de responsabilité est modifiée par rapport à 1939. Ces GA n’existent pas en temps de paix et ne sont mis en action qu’au moment de la mobilisation ou pour des exercices réguliers.

le général Delestraint commandant du CAC de 1945 à 1948, date à laquelle il prend la tête du GA1

Le GA1 va de la mer du Nord aux Ardennes, le GA2 chargé de la défense de la zone arrière de la ligne Maginot mais également du Jura, la limite entre le GA2 et le GA3 étant fixé au lac Léman. Le GA3 lui couvre les Alpes face à la menace italienne.

En août 1939, l’armée de terre disposait de vingt divisions d’infanterie sur le territoire métropolitain répartis entre 10 divisions de type Nord-Est, 7 divisions de type Nord-Est motorisé et 3 divisions d’infanterie de montagne. Ces divisions sont destinées principalement à la défense du territoire.

-Divisions d’Infanterie : 10ème DI (Paris) 11ème DI (Nancy) 13ème DI (Besançon), 14ème DI (Colmar), 19ème DI (Rennes), 21ème DI (Nantes), 23ème DI (Tours), 36ème DI (Bayonne), 42ème DI (Metz) et 43ème DI (Strasbourg)

-Divisions d’Infanterie Motorisée : 1ère DIM (Lille), 3ème DIM (Amiens), 5ème DIM (Caen), 9ème DIM (Bourges), 12ème DIM (Châlons sur Marne), 15ème DIM (Dijon), 25ème DIM (Clermont-Ferrand)

-Division d’Infanterie Alpine : 27ème DIA (Grenoble), 29ème DIA (Nice) et 31ème DIA (Montpelier)

A ces vingt-divisions s’ajoutent huit divisions dites mobiles stationnées en métropole mais capables de défendre l’Empire.

On trouve quatre divisions d’infanterie coloniale (1ère DIC à Bordeaux, 2ème DIC à Toulon, 3ème DIC à Paris et 4ème DIC à Toulon) et quatre divisions d’infanterie nord-africaine (1ère DINA à Lyon 2ème DINA à Toulon, 3ème DINA à Poitiers et 4ème DINA à Épinal).

A cela s’ajoute trois divisions de cavalerie avec la 1ère DC d’Orléans, la 2ème DC de Lunéville et la 3ème DC de Paris plus la 1ère brigade de spahis (Compiègne) et la 2ème brigade de spahis (Orange).

En 1935, deux divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères mécaniques : la 4ème DC de Reims devenant la 1ère DLM et la 5ème DC de Melun devenant la 2ème DLM. Il est prévu à terme que les trois DC deviennent des DLM, les 3ème, 4ème et 5ème DLM.

Les sept régiments indépendants de cavalerie forment en temps de paix (soit jusqu’en août 1939) trois groupements de cavalerie :

-1ère groupement de cavalerie Metz : 3ème régiment de hussards, 9ème régiment de dragons et 11ème régiment des chasseurs

-2ème groupement de cavalerie Marseille : 2ème régiment de hussards 9ème régiment de cuirassiers et 10ème régiment de dragons

-3ème groupement de cavalerie Amiens : 7ème régiment de chasseurs 6ème et 7ème groupement d’automitrailleuses). Ces régiments forment des GRDI et GRCA à la mobilisation de septembre 1939, regroupement qui sont pour une partie pérennisés, devenant en 1948 de véritables groupements interarmes dont la mission principale est le combat retardateur.

L’évolution majeure c’est le dévellopement d’une véritable force blindée comparable à la Panzerwafe avec des bataillons de chars de combats et des divisions cuirassés de réserve :

-Les douze régiments de chars de combats numérotés 501 à 512 donnent naissance à vingt-trois bataillons de chars de combat (BCC), les 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 7ème, 8ème, 9ème, 10ème, 12ème, 14ème, 15ème, 16ème, 17ème , 19ème, 20ème, 22ème, 24ème, 25ème, 26ème, 27ème, 28ème et 37ème BCC.

A ces bataillons directement issus des personnels d’active sont mis sur pieds seize bataillons de réserve (6ème, 11ème, 13ème, 18ème, 21ème, 23ème, 29ème à 36ème, 38ème et 39ème bataillons de chars de combat) auxquels il faut ajouter le 51ème BCC de Bourges et le bataillon de chars des troupes coloniales soit un total de 41 BCC.

Si une partie des BCC sont placés aux ordres des armées, d’autres vont être intégrées aux DCR dont la mise sur pied décidée à l’automne 1939 ne sera réellement effective qu’au printemps 1940.

Au printemps 1940, une partie des BCC composés de réservistes sont dissous mais les BCC d’active sont maintenus, rattachés mais non intégrés aux Divisions d’Infanterie. A l’issue de la démobilisation, on trouve dix-sept BCC stationnés en métropole et un en Corse, quatorze étant équipés de Renault R35, deux étant équipés de FCM 36, un équipé de H-35 et un équipé de R-40.

Le général Villeneuve va ensuite mener une véritable refonte des «unités de chars» et dès sa nomination en juin 1940. Il peaufine l’organisation des trois premières DCR puis met sur pied une 4ème DCR confiée en septembre 1941 à un officier prometteur, le général De Gaulle.

Ces quatre divisions forment un Corps d’Armée Cuirassé (CAC) stationné au nord de Paris mais la création ultérieure des 5ème et 6ème DC entraine la création d’un deuxième CAC, chaque CAC disposant donc de trois divisions.

La cavalerie elle arme un total de huit divisions légères mécaniques répartis entre les trois groupes d’armées. Si la 6ème DLM dépend directement du GA3, les DLM des GA1 et GA2 forment trois Corps de Cavalerie, le 1er CC (1ère et 5ème DLM), le 2ème CC (3ème et 7ème DLM) _tous deux dépendant du GA1_ et le 3ème CC (2ème, 4ème et 8ème DLM) qui dépend lui du GA2.

En septembre 1948, la force de manoeuvre de l’armée de terre (avant mobilisation) est plus que respectable avec dix divisions d’infanterie type nord-est, sept divisions d’infanterie motorisée, trois divisions d’infanterie alpine, quatre divisions d’infanterie coloniale, quatre divisions d’infanterie nord-africaine, six divisions cuirassés et huit divisions légères mécaniques soit un total de quarante-deux grandes unités.

Les cinq groupements (GA1 GA2 GA3 et les deux CAC) forment la «force de manoeuvre» de l’armée de terre mais le général Villeneuve pense aussi à une guerre longue. Il obtient du ministre de la Défense une réorganisation des régions militaires dont le tracé est désormais calqué sur les provinces, leur nombre passant donc de 20 en 1929 à 17 en 1945.

A la tête de chaque Région Militaire se trouve un gouverneur militaire, chargé de préparer la mobilisation pour renforcer la force de manoeuvre mais également pour mettre sur pied les régiments territoriaux formés de réservistes âgés pour tenir le terrain.

Leur rôle dès la mobilisation est de mettre le territoire en mesure de se défendre en préparant par exemple des postes de contrôle au niveau des ponts notamment dans les régions frontalières.

Il allège les structures des divisions pour les rendre plus mobiles et purge les stocks de matériel obsolète conservé «au cas où», préférant en liaison avec Raoul Dautry accélérer la constitution de stocks modernes et préparer déjà la déconcentration industrielle.

Il favorise également les carrières d’officiers prometteurs comme le général De Lattre de Tassigny, le général Juin et promeut au grade de général de brigade, le colonel De Gaulle qui reçoit en même temps que son grade de général de brigade en septembre 1941, le commandement de la 4ème DCR qui sous son autorité sera bientôt considérée comme la meilleure division de l’armée française, la Division de Fer.

Comme le dira le colonel Philippe de Hautecloque futur commandant de la 2ème DC «Affronter la Division de Fer en manoeuvre était une épreuve redoutable et redoutée. Si vous étiez étrillé, vous vous demandiez si vous étiez à votre place dans un char et si vous l’emportiez même de justesse et votre moral et votre confiance en vous grimpait en flèche. C’était une véritable épreuve de vérité»

Il encourage la motorisation, motorisant totalement les DIM qui deviennent totalement autonomes des groupements de transport du train.

Au niveau de l’artillerie, la modernisation continue. Si l’artillerie lourde sur voie ferrée est peu touchée par les modifications, l’artillerie de campagne subit de sérieux bouleversement au niveau du matériel comme des tactiques.

Le génie reste l’arme savante par excellence et le choix d’une armée motorisée oblige le génie à développer de nouvelles techniques de combat pour faciliter la progression des unités cuirassées.

Même situation pour la logistique qui fait des progrès spectaculaires entre 1940 et 1948 avec de nouveaux matériels et une nouvelle organisation copiée sur le système tayloriste en vigueur dans l’industrie.

Sur le plan industriel, le ministre de l’Armement et de la Production de Guerre Raoul Dautry donne une impulsion salvatrice. La production de guerre qui ne cessait d’augmenter depuis 1936 avait connu durant la guerre de Pologne une brusque décrue liée à l’action subversive de certains communistes mais plus encore à la mobilisation des ouvriers qualifiés en dépit de généreuses exemptions accordées notamment aux pères de familles nombreuses.

La fin du conflit le 15 décembre 1939 permet à l’armée de libérer une grande partie de ses effectifs ce qui permet de relancer l’industrie qui fait également appel à l’Empire et aux réfugiés républicains espagnols, ces derniers fournissant de nombreux ouvriers mais également de nombreux soldats au sein de la Légion Etrangère.

Cette dernière a de plus digéré les nationalisations du Front Populaire et entame un formidable processus de modernisation qui va lui permettre de produire plus vite et plus rapidement.

Des études ultérieures montreront qu’entre 1942 et 1945, la France produira deux fois plus que l’Allemagne, une Allemagne il est vrai victime d’une guerre civile peu propice à la production de masse même si les historiens allemands ont récemment révisé à la baisse son impact, mettant l’accent sur une forme d’ «anarchie organisationnelle» de l’appareil d’état nazi, un état semi-féodal où les rivalités de personne provoquait la multiplication des projets et un manque de rationnalité dans le choix des matériels à produire.