Benelux (63) Belgique (24)

Véhicules Blindés et Autres véhicules

Autos blindées

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Autos blindées Minerva

Comme toutes les armées, la Belgique possède des autos blindées pour l’éclairage et la reconnaissance. Le pays fût même un pionnier dans le domaine avec la Minerva en service en 1914 qui ne pouvant plus combattre sur le front occidental allait connaître une véritable épopée en Russie.

Ces véhicules vont d’ailleurs avoir une très longue carrière, certains véhicules faisant même le coup de feu en mai 1949 après avoir été sortis des dépôts ! Bien entendu il n’est pas difficile d’imaginer que leur apparition n’à fait que ralentir à la marge la progression des troupes allemandes dans les plaines belges.

Avant de parler des véhicules en particulier, quelques lignes sur l’organisation des unités d’autos blindées belges.

Avant mai 1949, les autos blindées dépendent de la cavalerie. Ils équipent les divisions d’infanterie au sein d’un bataillon d’éclairage qui dispose également d’unités cyclistes et d’unités montées, une unité connue en France sous le sobriquet de «pétrole-picotin».

Après la reconstitution de l’armée belge en France, le nombre d’autos blindées explose littéralement, la Belgique voulant disposer d’unités motomécaniques en nombre suffisant pour peser dans les choix stratégiques (tout en étant conscient d’appartenir au deuxième cercle).

C’est ainsi que les trois divisions d’infanterie remises sur pied en France disposent d’un bataillon de reconnaissance disposant d’autos blindées et d’unités motocyclistes.

Ce bataillon est organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, deux escadrons d’autos blindées et un escadron motocycliste.

Chaque escadron d’autos blindées est organisé en un peloton de commandement et de soutien, et trois pelotons de quatre autos blindées auxquelles il faut ajouter un véhicule pour le commandant de l’escadron et un autre pour son adjoint soit un total de quatorze véhicules par escadron, vingt-huit véhicules pour deux escadrons, trente pour le bataillon. Le besoin est donc de 90 véhicules.

Les deux divisions légères d’infanterie de la Force Publique ne disposent que d’une compagnie d’autos blindées avec un peloton de commandement et de soutien et trois pelotons de cinq autos blindées soit un total par compagnie de dix-sept véhicules. Le besoin est donc de trente-quatre véhicules.

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M-4 Sherman à canon de 76mm

La division cuirassée dispose comme nous l’avons vu plus haut d’un bataillon de reconnaissance disposant d’autos blindées et de chars moyens M-4 Sherman. Il était organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, un escadron motocycliste, un escadron de chars moyens et deux escadrons d’autos blindées.

Les deux escadrons d’autos blindées étaient organisés comme un escadron normal ce qui donnait vingt-huit autos blindées auxquelles il fallait ajouter un peloton de six autos blindées au sein de l’escadron de chars. Le besoin était donc trente-quatre autos blindées.

On trouvait également un peloton de six autos blindées au sein de la compagnie de chasseurs de chars tandis que les trois bataillons de canons d’assaut disposaient à la fois d’un peloton de six véhicules dans chaque compagnie (pour l’éclairage et la défense rapprochée) mais aussi d’une compagnie complète. Le régiment d’artillerie autoportée disposait d’un groupe de dix-huit autos blindées.

Les besoins étaient importants (305 véhicules en ligne) et il était impossible qu’un seul modèle d’armoured car équipe l’ABL et son annexe coloniale la FP. Plusieurs modèles vont donc être utilisés.

 

daimler-armoured-car

Daimler Armoured Car

-Le principal modèle utilisé était un modèle britannique, la Daimler Armoured Car

Ce véhicule à été développé parallèlement à la Daimler Scout Car, reprenant le design général, agrandit pour permettre l’installation d’une tourelle biplace issue du Tetrach, le char léger de la firme Vickers, cette tourelle disposant d’un canon de 2 livres.

Le prototype est prêt dès 1939 mais des problèmes de transmission (la même que le Dingo alors que le nouveau véhicule est deux fois plus lourd) obligèrent le concepteur à mener plusieurs modifications qui retardèrent la mise en service de la Daimler Armoured Car jusqu’au printemps 1942.

Quand éclate le second conflit mondial, seule la version Mark I est en service, la version d’appui-rapproché (Close Support) n’ayant pas été mise en production.

Une version Mark II équipée d’un canon de 6 livres entre en production en octobre 1948 pour remplacer après engagement au combat les Mark I. Ce véhicule à équipé les unités de la British Indian Army, l’Australie, la Belgique, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

L’armée belge va recevoir la Daimler Armoured Car Mk I dès 1944 pour pour équiper ses divisions d’infanterie, chaque division disposant de seize véhicules d’éclairage, ce sont pas moins de 224 autos blindées qui vont équiper l’armée belge, opérant contre les unités d’éclairage de l’ennemi, couvrant également le repli des unités d’infanterie.

A la fin de la campagne de Belgique, il reste une cinquantaine de véhicules aux mains des belges, véhicules usés par un usage intensif. Ils ne peuvent donc en l’état être réutilisés comme véhicules de première ligne.

Voulant mettre sur pied trois divisions d’infanterie, le gouvernement belge installé à Caen sollicite la France et la Grande-Bretagne. Au grand dam de Paris, la Belgique choisit la Daimler Armoured Car Mk II à canon de 6 livres pour équiper le bataillon de reconnaissance de ces divisions d’infanterie soit un total de 90 véhicules sans oublier des véhicules de réserve, la commande totale s’élevant à 135 véhicules.

Ces véhicules vont opérer en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne, le choix du canon de 6 livres (57mm) un temps critiqué par ceux qui craignaient qu’un armement trop puissant ne pousse l’équipage à chercher le combat se révéla judicieux.

La Daimler Armoured Car reste en service jusqu’en 1961 quand elle va être remplacé par une auto blindée de conception franco-belge appelée AML-90 en France et Minerva II en Belgique mais ceci est une autre histoire.

Caractéristiques Techniques de la Daimler Armoured Car

Poids : 8 tonnes

Dimensions : longueur 4m largeur 2.46m hauteur 2.26m

Motorisation : moteur à essence Daimler 6 cylindres de 95ch

Performances : vitesse maximale 78 km/h distance franchissable 320km

Blindage 7 à 16mm

Armement : tourelle abritant un canon de 6 livres (57mm) approvisionné à 42 coups associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.65mm plus une autre en position antiaérienne.

Equipage : 3 hommes

 

Marmon Herrington armoured car 8

-Pour équiper la compagnie d’autos blindées des Divisions Légère d’Infanterie (DLI) de la Force Publique, les belges vont pour ainsi dire se servir sur place en faisant confiance à une armoured car sud-africaine, la Marmon-Herrington.

La Marmon-Herrington est une auto blindée sud-africaine et le premier véhicule militaire mis au point en Afrique du Sud.

C’est au début des années quarante que Pretoria décide donc de produire sa propre armoured car pour diminuer sa dépendance aux importations et donc gagner en autonomie par rapport à la Grande-Bretagne et dans une moindre mesure aux Etats-Unis.

Ce n’est pas gagné car tout était à faire. D’ailleurs une partie des composants venait tout de même de l’étranger même si on espérait qu’il s’agissait d’une première étape. C’est ainsi que le châssis était celui d’un camion Ford de 3-Ton mais la caisse était 100% sud-africaine.

Comme aucune entreprise sud-africaine n’avait les épaules pour gérer un programme aussi ambitieux, le gouvernement de Pretoria adopta une attitude pragmatique en confiant la gestion à une filiale sud-africaine de la compagnie américaine Marmon-Herrington d’où la désignation du véhicule.

Au final le projet était piloté par Marmon-Herrington avec le soutien de la compagnie ISCOR (South African Iron & Steel Industrial Corporation) pour toute la partie blindage.

Soixante-douze Marmon-Herrington Mk I sont livrées à l’armée sud-africaine entre janvier et mai 1941, ces véhicules étant des 4×2 plus adaptés à la route.

En juin 1943, l’armée sud-africaine passe commande de 150 Marmon-Herrington Mk II qui disposent d’un châssis 4×4, d’une caisse redessinée pour améliorer la tenue en terrain ouvert et surtout un tout nouvel armement avec à la place des deux mitrailleuses de 7.62mm un canon de 2 livres (40mm) et une mitrailleuse de 7.62mm.

La Belgique s’intéresse au véhicule en 1948 pour équiper sa Force Publique. Il semble qu’il s’agissait d’abord d’une volonté de renforcer les moyens coloniaux contre une possible sédition des populations locales mais très vite, ce rôle fût éclipsé par celui d’une véritable auto blindée pour la reconnaissance, l’éclairage et le flanquement.

Comme les deux DLI devaient disposer d’une compagnie de dix-sept véhicules, les belges passèrent commande d’un premier lot de trente-quatre véhicules type Mk III avec un canon de 6 livres et une mitrailleuse de 7.62mm. A ces véhicules de première ligne vont s’ajouter vingt véhicules de réserve.

Ironie de la situation ces véhicules ne vont rallier le Congo Belge qu’une fois le second conflit mondial terminé, les Marmon-Herrington étant embarquées à bord de cargos à Durban pour être envoyées à Monbassa.

Ces véhicules vont opérer comme des mini-chars de combat, les soldats belges ou plutôt congolo-belges menant davantage des opérations de nettoyage que des opérations de combat proprement dites.

Une fois l’AOI éliminée, ces autos blindées furent utilisées pour la sécurisation des convois ainsi que des missions de police armée contre des opposants au négus qui n’avaient pas renoncé ou des italiens qui rendaient certaines régions insécures notamment pour les militaires isolés.

La seconde guerre mondiale terminée, les Marmon-Herrington ont rallié le Congo Belge, servant au sein de la Force Publique puis au sein de l’armée congolaise. Elles ont quitté le service en 1975.

Caractéristiques Techniques de l’auto blindée Marmon-Herrington

Type : auto blindée 4×4

Masse : 6.4 tonnes

Dimensions : longueur 5.51m largeur 1.83m hauteur 2.29m

Motorisation : moteur essence Ford V-8 de 95ch

Performances : vitesse maximale 80km/h distance franchissable 322km

Blindage : supérieur à 20mm

Armement : (Mk I) tourelle abritant deux mitrailleuses Brownng de 7.62mm (Mk II) un canon de 2 livres et une mitrailleuse de 7.62mm Browning, une mitrailleuse Browning de 7.62mm dans la caisse (Mk III) tourelle abritant un canon de 6 livres et une mitrailleuse de 7.62mm Browning, une mitrailleuse Browning de 7.62mm dans la caisse

Equipage : trois ou quatre hommes

 

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-Pour équiper le bataillon de reconnaissance de leur unique Division Cuirassée, les belges reçoivent des Automitrailleuses Puissantes AM modèle 1940P.

Le programme est lancé le 3 mai 1938 pour offrir à l’armée de terre un véhicule de reconnaissance rapide (comme une AMD) mais si possible aussi bien protégée et aussi bien armée qu’une AMC.

D’emblée le choix d’un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938 et d’un blindage de 40mm pose les bases d’un véhicule capable d’encaisser les coups et pouvant choisir autre chose que la simple esquive.

Le 27 février 1940, le général Gamelin décide de cesser la production des AMR et des AMD, ces deux concepts fusionnant pour donner naissance au concept AMP. Les AMD à roues vont être remplacées par des AMP alors que les AMR vont être remplacées par de véritables chars légers donnant un punch bienvenue aux unités de reconnaissance mais aussi aux unités de dragons portés.

Le programme demande une voiture de 7 tonnes en ordre de marche, blindée à 40mm, armée d’un canon de 37mm et d’une mitrailleuse, pouvant circuler en tout-terrain (25 à 40 km/h) et sur route de 80 à 100 km/h.

Très vite Panhard reste seule en course pour fournir un véhicule qui devait désormais avoir un blindage de 60mm et un canon de 47mm pour armement. Le prototype de la Panhard 201 est présentée au printemps 1940, une première commande de 600 exemplaires étant passée le 1er mai 1940 mais la production ne va commencer qu’en septembre le temps de mettre en route le processus industriel. La commande initiale sera honorée en septembre 1942.

Des commandes supplémentaires sont ensuite passées avec 600 exemplaires commandés en septembre 1941 (tous livrés en avril 1944), la chaine de montage produisant désormais des versions spécialisées de l’AMP.

Ces versions spécialisées sont une version PC (43 véhicules), appui-rapproché ou AMP-S (avec obusier de 75mm dérivé de l’obusier de montagne modèle 1942) et dépannage. D’autres variantes restant à l’état de prototypes comme une version antiaérienne (deux canons de 25mm), et porte-mortier de 120mm.

La production nécessaire aux unités de première s’achève en novembre 1945 après la sortie du 1643ème véhicules mais continue à rythme réduit (dix véhicules par moi) pour alimenter un stock qui loin d’apparaître comme surdimensionné se révéla utile en temps voulu.

Ce sont donc au total 320 véhicules qui sont sortis de l’usine Panhard, les trois quarts soit 240 véhicules étant en version AMP, 60 en version AMP-S, 10 en version PC et 10 en version dépannage.

La production va dès août 1948 reprendre à plus grande échelle, 30 et parfois même 40 véhicules par mois, montée en puissance facilitée par l’ouverture d’une deuxième chaîne de montage chez Delaunay-Belville et par la commande massive d’acier à blindage en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, on trouve un total de 1356 véhicules en ligne plus 671 véhicules de réserve donc beaucoup vont rejoindre les unités de mobilisation.

La Belgique décide de choisir cette automitrailleuse puissante pour équiper le bataillon de reconnaissance de sa Division Cuirassée. Le besoin s’élevant à trente-quatre véhicules, l’armée belge va recevoir soixante-dix véhicules pour prévoir un stock abondant de véhicules de remplacement.

Ce véhicule va être très apprécié par leurs équipages belges, les autos blindées lourdes modèle 1950 étant à la pointe des combats menés par la Division Piron. Ces véhicules vont rester en service jusqu’à leur remplacement par des Minerva II, des autos blindées 4×4 à canon de 90mm basse pression, auto blindée franco-belge.

Caractéristiques Techniques de l’AutoMitrailleuse modèle 1940 P

Poids en ordre de combat : 9750 kg

Dimensions : longueur 4.45m largeur 2.00m Hauteur 1.80m

Motorisation : un moteur Panhard SK 6 C12 délivrant 92ch

Performances : vitesse maximale sur route 80 à 100 km/h vitesse maximale sur terrain varié 25 à 40 km/h Autonomie 400km (145 litres de carburant)

Blindage : 60mm maximum

Armement : tourelle monoplace avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1935 avec 90 obus associé à une mitrailleuse de 7.65mm avec 3500 cartouches

Equipage : un mécanicien-pilote et un chef-de char tireur

M-8 Greyhound 30
-Pour équiper la compagnie de chasseurs de char des quatre bataillons antichars et antiaériens, la Belgique choisit une auto blindée américaine, la M-8 Greyhound (lévrier), une honnête auto blindée 6×6.

A l’automne 1940, l’US Army s’interrogea sur les conflits futurs et notamment l’emploi des chars de combat. Elle identifia le besoin d’un véhicule de reconnaissance rapide et bien armé pour éclairer ces unités.

Après avoir hésité entre un chassis chenillé, un chassis mixte et un chassis à roues, l’US Army sélectionna en septembre 1943 le projet de Ford.

Baptisé à l’origine T22, il fût officiellement adopté en mars 1944 sous le nom de M8 Light Armored Car, son surnom «Greyhound» ayant été attribuée officiellement en mai 1950 sans que l’origine du nom (lévrier) ne soit connu avec exactitude.

Il s’agissait d’un véhicule 6×6, rapide (90 km/h sur route), bien protégé et armé d’un canon de 37mm qui constituait un bon compromis pour un véhicule de reconnaissance, permettant de détruire quasiment tous ses homologues adverses mais qui n’était pas trop puissant pour ne pas pousser les équipages à engager inconsidérément le combat.

Les premiers véhicules de série sont mis en service à l’été 1944. Toujours en service en septembre 1948 et a fortiori en avril 1950, le M-8 Greyhound est l’automitrailleuse standard des forces armées américaines, étant utilisée par l’US Army mais également par les Marines.

La production cesse en janvier 1953, lui succédant une automitrailleuse 8×8, la M-17. La M-8 reste en service jusqu’à la fin du conflit, étant définitivement remplacée par la M-17 en 1957 dans les unités d’active, la réserve la conservant jusqu’au milieu des années soixante.

La seule variante de la M-8 fût un véhicule de transport blindé, la M-20 Armored Utility Car utilisé le transport logistique et le transport de troupes.

M-20 Armored Utility Car 5

M-20 variante utilitaire de la M-8

La M-20 disposait d’une caisse plus haute, sans tourelle avec pour tout armement une mitrailleuse de 12.7mm sous bouclier.

Le véhicule à été utilisé pendant et après la guerre par l’Arabie Saoudite, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, Chypre, Colombie, Corée, Ethiopie, Grèce, Guatemala, Haiti, Iran, Italie, Jamaïque, Madagascar, Mexique, Niger, Norvège, Paraguay,Pérou, Portugal, Royaume-Uni, Salvador, Chine, Thaïlande, Turquie, Venezuela, Vietnam et Yougoslavie.

L’armée belge reçoit un total de soixante dix exemplaires, quarante-deux en ligne et dix-huit en réserve, ces véhicules équipant un peloton de reconnaissance et de sûreté intégré à la compagnie de chasseurs de chars.

A la fin du conflit, il restait une dizaine de véhicules seulement en service. Ils sont rapidement retirés du service actif et feraillés sauf quelques exemplaires préservés dans des musées ou par des collectionneurs.

Caractéristiques Techniques de la M-8 Greyhound

Poids en ordre de marche 7.940 tonnes

Dimensions : Longueur 5m largeur 2.54m hauteur 2.248m

Motorisation : moteur à essence Hercules IXD de 110ch Vitesse maximale sur route 90 km/h vitesse maximale en tout terrain 48km/h Autonomie 640km Blindage 3 à 19mm

Armement : un canon de 37mm M6 avec 80 obus, une mitrailleuse coaxiale de 7.62mm Browning M1919A4 avec 1500 cartouches et une mitrailleuse antiaérienne de 12.7mm avec 400 cartouches

Equipage : quatre hommes (chef de char, canonnier/chargeur, pilote, copilote/radio)

 

Panhard AMD-178

Panhard AMD-178 affectueusement surnomée « Pan Pan » à cause du bruit de son moteur deux temps

-Pour équiper au sein de ces bataillons de canons d’assaut un peloton de six véhicules par compagnie ainsi qu’une compagnie par bataillon, la Belgique reçoit de la part de la France des automitrailleuses de découverte Panhard AMD-178.

Comme souvent à l’époque en France, la genèse de la future «Pan Pan» va être particulièrement longue puisque les prémices remontent à avril 1923 quand la cavalerie lance le programme AMC n°1 (AutoMitrailleuse de Cavalerie n°1) qui demandait une voiture de 4 tonnes à quatre hommes avec inverseur de marche blindée à 12mm, pouvant circuler sur route à 55 km/h.

Ce programme ne donna naissance à aucun véhicule et va muter en une AutoMitrailleuse de Découverte (AMD) selon la nouvelle nomenclature de décembre 1931 : Découverte, Reconnaissance et Combat.

Un nouveau programme est donc lancé le 22 décembre 1931 pour une automitrailleuse de découverte d’un poids maximal de 4.7 tonnes avec une tourelle monoplace AVIS disposant d’un canon de 20mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm, pouvant circuler à 70 km/h sur route et pouvant manœuvrer en tout chemin. Ce programme est modifié le 9 décembre 1932 avec une tourelle biplace APX-3 armée d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm.

Panhard, Renault, Berliet et Latil proposent leurs projets mais très vite Panhard restent seul en liste, des tests intensifs permettant l’adoption du véhicule en janvier 1935 qui devient officiellement l’automitrailleuse de découverte Panhard modèle 1935 ou en version simplifiée «AMD 35».

La production est ralentie tout autant par les mouvements sociaux du printemps 1936 que par un schéma de production complexe avec plusieurs fournisseurs. Des retards apparaissent mais ils vont être vite comblés.

Au final ce sont donc 1237 AMD modèle 1935 produits. Ils se répartissent entre 32 exemplaires coloniaux pour l’Indochine (trois hommes, tourelle monoplace), 174 véhicules PC, 320 AMD 35 AFN (identiques au type métropole mise à part un refroidissement du moteur plus important pour pouvoir opérer par temps chaud) soit un total de 526 laissant un total de 711 AMD type métropolitain.

Sur les 1031 véhicules métropolitains et AFN, 320 furent équipés d’une nouvelle tourelle biplace armée d’un canon de 47mm pour améliorer leur potentiel antichar, ces véhicules servant au sein des GRDI des Division d’Infanterie Alpine (DIAlp) et au sein du régiment de découverte de la 1ère DLC, le 4ème Régiment de Spahis Tunisiens.

Avec la mise en service de l’AM modèle 1940P, l’AMD-35 va peu à peu s’effacer mais n’est pas pour autant terminée.

Non seulement elle va équiper des unités présentes outre-mer mais en plus elle va équiper les GRCA et les GRDI de mobilisation en attendant que le nombre d’AM 40 P soit suffisant ce qui ne sera pas le cas en mai 1949 ce qui permettra à «Pan Pan» de faire le coup de feu contre les allemands, se montrant tout sauf ridicule.

Si le véhicule est retiré du service en métropole courant 1953, dans l’Empire, elle va rester opérationnelle jusqu’à la fin du conflit.

La Belgique reçoit d’abord douze véhicules dès janvier 1950 pour entraîner ses futures unités de reconnaissance avant de recevoir de nouveaux véhicules pour équiper les trois bataillons de canons d’assaut de ses divisions d’infanterie soit un total de 105 véhicules en ligne auxquels il faut ajouter 50 véhicules de réserve.

Adoptée sous la désignation d’Automitrailleuse Légère de Combat modèle 1950, la Panhard sera très appréciée de ces équipages belges. Tout comme les autres automitrailleuses en service en Belgique durant la seconde guerre mondiale, l’ALC modèle 1950 est remplacée par la Minerva II.

Caractéristiques Techniques de l’AutoMitrailleuse de Découverte modèle 1935

Poids en ordre de combat : 8200kg

Dimensions : longueur 4.79m largeur hors tout 2.01m hauteur sans tourelle 1.65m (2.31m avec tourelle)

Motorisation : moteur Panhard SK 4F 11 bis dévellopant 105ch à 2200 tours/min
Performances : vitesse maximale sur route 72 km/h moyenne 47 km/h Autonomie : 300km sur route avec 140 litres d’essence

Blindage : 20mm maximum

Armement : Tourelle Renault-Restany abritant un canon de 47mm modèle 1941 avec 84 obus et une mitrailleuse de 7.65mm avec 3750 cartouches. La mitrailleuse de rechange peut servir d’arme antiaérienne.

Equipage : chef de voiture et tireur en tourelle, conducteur et inverseur en caisse

Transport de troupes et camions militaires

Carden Loyd tankette 11

tankette Carden-Lloyd

En mai 1949, l’armée de terre belge ne possède pas à proprement parler de transport de troupes que ce soit un modèle chenillé ou un half-track. Les véhicules se rapprochant le plus sont des chenillettes type Carden-Lloyd utilisées pour le remorquage de pièces d’artillerie ou le transport d’armes lourdes et de ravitaillement au profit de l’infanterie.

Tout va naturellement changer au moment de la reconstitution des unités belges en France. Non seulement il faut suivre le rythme des unités alliées ce qui impose une mécanisation et une motorisation totale (cela passera par une commande massive de camions à l’industrie américaine) mais en plus il faut permettre à l’infanterie de suivre les chars au sein de la 1re Division Cuirassée Belge.

FN_Tricar

-Un mot rapide sur le FN Tricar, un véhicule tricycle motorisé de 1050kg, propulsé par un moteur de 22ch, mesurant 3.4m de long sur 1.7m de large et 1.5m de haut. Ce véhicule à aussi été utilisé par l’Argentine, le Brésil, les Pays-Bas (aux Indes Néerlandaises), Allemagne (véhicules belges capturés), le Portugal et la Chine. Ce véhicule est utilisé pour le transport et le remorquage d’armes légères.

-L’armée belge utilisait également des semi-chenillés en l’occurrence avant mai 1949, le FN Kégresse 3T, un véhicule utilisant le système Kegresse. 250 véhicules ont été produits pour l’armée belge entre 1934 et 1944 quand la production cesse car les besoins sont couverts.

Le véhicule n’était pas armé et pour leur défense les deux hommes qui conduisaient le véhicule ne pouvaient compter que sur leurs armes individuelles.

En compagnie des semi-chenillés Citroën Kégresse P-14 et 300 chenillettes ainsi que des camions, les FN 3T furent utilisés pour le remorquage des pièces d’artillerie même si en dépit des efforts menés durant la Pax Armada nombre de canons étaient encore hippomobiles.

Quelques semi-chenillés de ce type ont réussi à rallier la France et vont continuer à combattre au sein de l’ABL même si très vite des camions américains les ont remplacés.

Les allemands ont récupéré tous les FN Kégresse 3T disponibles pour leur propre usage, certains véhicules permettant la motorisation d’unités d’artillerie hippomobile. Durant le conflit, quelques véhicules furent transformés en porteurs d’armes lourdes. Peu de véhicules ont survécu au conflit.

Caractéristiques Techniques

Masse : 4.05 tonnes

Dimensions : longueur 5.13m largeur 1.90m hauteur 2.12m

Motorisation : un moteur essence Minerva 36 de 55 puis 66ch

Performances : vitesse maximale 45km/h distance franchissable 400km

Pour transporter les troupes de la Division Cuirassée, la nouvelle armée belge va recevoir des half-tracks américains, les M-2 et surtout le M-3.

Si aujourd’hui, les véhicules à roues sont aussi mobiles et à l’aise en tout-terrain que les véhicules chenillés, à l’époque, la roue régnait en maître sur la route, la chenille en tout terrain.

Cela avait son impact sur les opérations car si la roue pouvait aller vite et loin, la chenille n’était pas aussi rapide. D’où l’idée de combiner la roue et la chenille sous la forme d’un semi-chenillé ou half-track qui était censée combiner les avantages des deux. En réalité ce fût plus les inconvénients des deux systèmes qui furent combinés.

Résultat, une fois le conflit terminé, le semi-chenillé fût relegué au musée des systèmes militaires disparus, les différentes armées choisissant soit la roue soit le chenillé pour assurer le transport de troupes.

Si le M3 est le half-track le plus célèbre et le plus nombreux, d’autres modèles de semi-chenillés ont été utilisés par l’US Army (et donc par leurs alliés) comme nous l’avons le voir.

-Le M-2 Halftrack est une production de la White Motor Company destiné à l’origine à être un tracteur d’artillerie mais il fût également utilisé comme véhicule de reconnaissance notamment au sein des unités de cavalerie.

A l’origine du choix du semi-chenillé par l’US Army figure l’évaluation de véhicules Citroen-Kégresse. Il s’agissait de trouver une solution aux pauvres performances en tout terrain des autos blindées alors utilisées par l’US Army.

La White Motor Company après l’échec de son T7 Half-track Car réussit à convaincre l’US Army de commander son semi-chenillé T14 devenu en 1940 la M2 Half-track car.

Après avoir été utilisé comme tracteur d’artillerie et comme véhicule de reconnaissance, le M2 fût un temps utilisé comme véhicule de transport de personnel (Armoured Personnal Carrier) avant d’être supplanté par son grand frère, le M3 plus gros et donc mieux adapté à cette mission. Les premiers M2 sont livrés au printemps 1941.

La production du M2 se poursuivit jusqu’en septembre 1954, permettant la sortie de 14500 véhicules. Ils ont été utilisés aux Phillipines, dans le Pacifique, en Italie et en Europe (occidentale et du nord).

Outre la version de base, le M2 fût développement en variante porte-mortier de 81mm (le tir pouvait se faire depuis le véhicule ou depuis la terre), antichar (canon antichar de 57mm remorqué ou utilisé sur le véhicule), antiaérien (avec un affût quadruple de 12.7mm) et Génie.

Outre les Etats-Unis, les M2 équipèrent la Grande-Bretagne, l’URSS, la Tchécoslovaquie, le Chili, la France, la Grèce, le Portugal, le Brésil, la République Dominicaine, le Paraguay, les Phillipines, la Pologne, le Mexique, la Belgique, les Pays-Bas, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, le Liban, l’Argentine et la Finlande.

Au sein de l’US Army, le M-2 à été retiré du service dès 1957, laissant le M3 seul half-track en service jusqu’à l’arrivée en 1962 du mythique M-113.

La Belgique à reçu 48 M-2 d’abord utilisés par l’infanterie portée de la Division Cuirassée puis après l’arrivée massive des M-3 relégués au remorquage de pièces d’artillerie ainsi qu’au dépannage.

Caractéristiques Techniques du M2 Half-track

Poids : 9 tonnes Dimensions : longueur 5.96m largeur 2.2m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur White 160AX dévellopant 148ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h distance franchissable 350km

Blindage : 6-12mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2. Embarquement de 14 mines et 10 grenades à main

Equipage : 2 hommes + sept passagers

M-3 Halftrack 22

-Le semi-chenillé le plus célèbre de l’armée américaine est sans contestation possible le M3 Half-track. Il est issu du même mouvement de réflexion que celui ayant abouti à la mise au point du M2 en l’occurrence l’évaluation de véhicules fournis par la firme Citroen, utilisant la licence Kegresse.

A la différence du M-2, le M-3 à été conçu dès l’origine comme un APC destiné à l’infanterie mécanisé, possédant une seule porte d’accès et des sièges pour douze hommes. Cinq sont installés dans le compartiment arrière sur les parois et trois dans la cabine. Généralement, les fantassins sont à l’arrière, la cabine accueillant le conducteur, un mitrailleur et le chef de groupe.

Standardisé début 1942 après la résolution de nombreuses maladies de jeunesse, le M3 est produit pour équiper les divisions blindées et les divisions d’infanterie, équipant également les Marines.

Toujours en production en septembre 1948, le M-3 est remplacé sur les chaines de montage par le M-3A1 en mars 1949 puis par le M-3A2 en juin 1952 et enfin le M-3A3 en septembre 1953. Les différences entre les variantes concernant le moteur (plus puissant), un blindage renforcé et une maintenance rendue plus aisée, le RETEX permettant au fabriquant d’améliorer quasiment en continu le véhicule.

La production cesse en mars 1955, le véhicule restant en service jusqu’en mars 1962 quand il est définitivement remplacé par un nouveau battlefield taxi, un taxi du champ de bataille, le M-113. Au total 44000 véhicules ont été produits.

Outre la variante de base utilisée pour le transport de troupes et le soutien logistique, le M3 à été décliné en de nombreuses variantes spécialisées comme commandement et contrôle, porte-mortier, antichar, antiaérien, génie, dépannage, évacuation sanitaire….. .

Outre les forces armées américaines, le M3 à été utilisé par la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, la Chine, la Tchécoslovaquie, le Danemark, la République Dominicaine, la France, l’Allemagne (après guerre), la Grèce, l’Italie (après guerre mais également avec l’armée co-belligérante), l’Inde, le Japon (après guerre), le Liban, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, le Pakistan, les Phillipines, le Portugal, la Pologne, l’URSS, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

L’Armée Belge Libre (ABL) reçoit des M-3 d’abord pour les deux régiments d’infanterie portée de la Division Cuirassée puis pour transporter les fantassins des trois DI. Ils vont également être utilisés pour des missions d’appui et de soutien. Tout comme au sein de l’armée américaine, les half-tracks ont été remplacés dans l’armée belge par des chenillés type M-113.

Caractéristiques Techniques du M3

Poids : 9.07 tonnes Dimensions : longueur 6.17m largeur 1.96m hauteur 2.26m

Motorisation : un moteur White 160AX de 147ch

Performances : vitesse maximale 72 km/h sur route distance franchissable 320km

Blindage : 13.2 à 25.4mm

Armement : une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm et une mitrailleuse de 7.62mm Browning M1919A4

Equipage : un conducteur et douze passagers (généralement un mitrailleur et onze fantassins dont le chef de groupe)

-Comme véhicules légers et véhicules de liaison, l’armée belge va recevoir en 1950/51 des Jeep mais aussi la M-3 Scout Car, un petit blindé américain utilisé principalement pour la reconnaissance et la liaison mais qui se révéla nettement plus polyvalent, une sorte de «véhicule à tout faire» en somme.

M-3 Scout Car 47

Ce véhicule blindé léger connu par son constructeur comme la White Scout Car était le véhicule léger à tout faire de l’US Army avant l’apparition de la jeep. Conçu comme un petit véhicule de reconnaissance destiné à la cavalerie, il allait être utilisé également pour des missions de patrouille, de commandement, d’ambulance et de traction d’armes lourdes.

Après la production de 64 M-3, l’US Army décide de commander une version améliorée baptisée M-3A1. Celle ci disposait d’une coque plus longue et plus large lui permettant d’embarquer jusqu’à sept fantassins.

Après la production de 8500 M3A1 de septembre 1940 à octobre 1948, une version M3A2 lui succède sur les chaines de montage.

Le moteur est plus puissant, le blindage renforcé et le véhicule peut recevoir une véritable tourelle armée de deux mitrailleuses de 12.7mm, faisant d’elle une véritable auto-blindée. Au final ce sont 20000 véhicules qui sont produits jusqu’en décembre 1953 quand la production s’arrête.

Ce véhicule va être utilisé sur tous les théâtre d’opérations du Pacifique à la Norvège en passant par l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée. Outre l’US Army, le véhicule à été livré à la Chine, à l’URSS, à la Grande-Bretagne, à la Belgique, la République Dominicaine, l’Australie, le Brésil, le Cambodge, le Canada, le Chili, la Colombie, la Grèce, le Liban, le Laos, le Mexique, la Norvège, les Philippines, le Portugal, le Vietnam et la Yougoslavie.

La Belgique à reçu 64 M-3 Scout Car pour des tâches de reconnaissance mais surtout de liaison au niveau des état-major de division comme de corps d’armées. Ces véhicules sont restés en service jusqu’en 1961.

Caractéristiques Techniques de la M3 Scout Car

Poids : 4 tonnes Dimensions : longueur 5.6m largeur 2m hauteur 2m

Motorisation : un moteur diesel Hercules JXD 6 cylindres développant 110ch Performances : vitesse maximale 89 km/h Distance franchissable 403km

Blindage : 6-13mm

Armement : une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2 et deux mitrailleuses Browning M1919A4 de 7.62mm

Equipage : conducteur + sept hommes

-En ce qui concerne les camions, l’essentiel de la flotte à été fournie par des constructeurs américains que ce soit Ford, GMC ou Chevrolet. Quelques camions Renault ont également été utilisés par les unités belges.

Benelux (54) Belgique (15)

1918-1948, trente ans d’évolution

Après une telle expérience, les leçons du conflit ont-elles été tirées ? Pas vraiment mais la Belgique n’est pas isolée.

L’utilisation des chars et de l’aviation qui redonne ses lettres de noblesse à la guerre de mouvement n’à visiblement pas marqué les autorités belges qui pensent la guerre défensive pré-1914 encore possible.

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Benelux (46) Belgique (7)

La Belgique et le second conflit mondial (1948-1954)

Mobilisation et neutralité…….

Durant la guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939), le royaume de Belgique est resté neutre tout comme ses voisins néerlandais et luxembourgeois.

Neutralité ne veut pas dire faiblesse. Une partie des réservistes est rappelée pour renforcer l’armée d’active qui durant la Pax Armada à connu un profond processus de modernisation même si toutes les lacunes (artillerie lourde, chars, artillerie antiaérienne, problèmes linguistiques) n’ont pas été comblées.

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Benelux (33) Pays-Bas (33)

Chars de combat

Avant-Propos

Renault FT mitrailleur 10

Renault FT en char mitrailleur

En septembre 1939 le seul char de combat en service dans la Koninklijke Landmacht est un Renault FT, un char totalement dépassé à l’époque. De plus son pilote n’est formé qu’à éviter les obstacles antichars ! On imagine sans peine ce qui se serait passé si les allemands avaient par exemple attaqué au printemps 1940.

Fort heureusement ce scénario catastrophe ne s’est pas produit et La Haye à pu s’équiper de chars de combat aussi bien en Métropole qu’aux Indes Néerlandaises. Conscient des limites de sa puissance militaire, le char de combat était vu ici comme un outil défensif et d’appui de l’infanterie. Pour la percée et la chevauchée fantastique on repassera…… .

En dépit d’un tropisme allemand ou anglo-saxon, les chars acquis par les néerlandais seront français oui monsieur ! En effet les bataves vont recevoir des Hotchkiss H-39 et des Renault R-40, des chars bien adaptés à leur mission d’appui et de couverture de l’infanterie.

Grâce à ces deux chars, La Haye va même dévellopé le seul unique char de conception et de fabrication nationale, le gevechstank model 1944 inspiré du Renault R-40.

D’autres projets vont être étudiés pour des chars plus gros et plus lourds mais le temps, l’argent et l’expérience ont manqué et il faudra attendre la reconstitution des unités pour que les néerlandais mettent en œuvre des chars modernes comme le Sherman (avec toutes les limites inhérentes à ce «brave char»).

Ce qui est certain en revanche, c’est que la leçon ne sera pas oubliée et qu’au début des années soixante, l’armée néerlandaise alignerait une force de chars des plus respectables avec près de 400 MBT (Main Battle Tank).

Renault R-40

Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Le Renault R-40 est un dérivé du Renault R-35. Ce dernier était issu d’un concours lancé le 2 août 1933 pour remplacer le «char de la victoire», le Renault FT désormais totalement inapte à la guerre moderne mais qui avait été maintenu en service pour de nombreuses raisons (budgets limités, pacifisme de l’opinion et opposition totale au char léger d’un sommité comme le général Estienne).

Le programme demande initialement un char de six tonnes à deux hommes, un blindage de 40mm et un armement mixte (canons et mitrailleuses). A ce programme répondent Renault, Batignolles-Châtillon, Hotchkiss, FCM (Forges et Chantiers de la Méditerranée), APX et Delaunay-Belville.

Le concours lancé le 2 août 1933 est modifié le 22 mai 1934 aboutissant à la construction de prototypes par tous les constructeurs sauf Delaunay-Belville.

Comme souvent à l’époque, les autorités pour des raisons aussi bien politiques (ne pas trop favoriser un constructeur) que pratique (faiblesse du tissu industriel pour produire vite en grande quantité) sélectionne Renault mais aussi FCM (FCM-36) et Hotchkiss (Hotchkiss H-35).

FCM-36 2

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Le Renault R-35 était un char honnête mais largement perfectible totalement en tenue tout terrain. Des essais sont menés qui aboutissent à la mise au point d’un nouveau char officiellement connu sous le nom de Char léger modèle 1940R.

La production est lancée en avril 1940 après la fin de celle du Renault R-35. Au sein de l’armée française il va équiper les BCC ou Bataillons de Chars de Combat d’abord en remplaçant ceux encore équipés de Renault FT avant d’équiper des bataillons équipés de chars légers modèle 1935R.

Renault R-35 888

Renault R-35

284 Renault R-40 ont été produits pour la France auxquels il faut ajouter les véhicules exportés en l’occurrence 64 pour la Belgique, 16 pour les Pays Bas et 64 pour l’armée polonaise en France (deux bataillons plus un volant de réserve) soit un total de 428 chars produits.

La production reprendra ultérieurement ce qui fait qu’il y aura 630 R-40 en ligne, 215 en réserve et 12 pour tests et essais soit un total de 857 véhicules. La production va se poursuivre à cadence réduite au début du conflit, ne s’achevant qu’à l’automne 1949 suite à une décision de rationaliser la production de chars en France.

L’armée néerlandaise commande seize exemplaires en septembre 1941 et les reçoit au printemps 1942. Ils vont d’abord servir à l’entrainement des équipages, à différents tests et surtout à la mise au point d’un char national.

Contrairement à ce qu’on écrit parfois, la mise au point du gevechtstank model 1944 n’est pas lié à l’acquisition du Renault R-40, le développement ayant été lancé dès l’été 1940 mais ce projet rencontrait énormément de difficultés, difficultés en grande partie résolue par l’acquisition du char français.

En mars 1944, les seize Renault R-40 sont chargés sur deux cargos et envoyés aux Indes Néerlandaises dont ils doivent former le poing blindé en compagnie des gevechtstank model 1944 dont les premiers exemplaires de série vont sortir en septembre de la même année.

Ces seize chars vont être répartis en deux compagnies, la 1ère compagnie déployé à Batavia et la 2ème à Bornéo. Ces deux compagnies vont recevoir huit chars chacun, leur dotation étant ultérieurement complétée par les gevechtstank (cinq dans chaque unité).

Ces chars sont destinés à assurer l’appui-feu de l’infanterie mais fort peu pour attaquer leurs congénères nippons. A noter qu’il était prévu de les réarmer avec un canon de 47mm identique à celui du gevechtstank model 1944 mais faute de temps et de budget cela ne pu se faire.

Les petits chars néerlandais venus de France sont en première ligne au printemps 1950 quand le Japon déclenche le feu de Wotan contre les colonies européennes d’Asie du Sud-Est. Les chars de la KNIL vont mener des contre-attaques locales quand les japonais parvenaient à percer et les chars immobilisés et pas réparables rapidement étaient souvent enterrés pour servir de bunkers ce qui allait à l’encontre de leur principale qualité à savoir la mobilité.

Sur les seize chars disponibles en avril 1950, il n’en reste plus que quatre à Batavia quand la future Djakarta tombe aux mains des japonais. Ces quatre véhicules sont exhibés par les vainqueurs à des fins de propagande mais leur utilisation s’arrête là.

Ils disparaissent dans la fournaise du second conflit mondial mais en 2002, un char est retrouvé dans un étang mis au sec par la sécheresse. Ils est retiré de sa gangue de boue, remis en état et exposé à l’entrée d’une base militaire indonésienne jusqu’en octobre 2007 quand le musée des blindés de Saumur le rachète pour l’exposer.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1940 R

Poids total : 11.6 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.30m sans la queue Largeur totale 2.01m Hauteur totale 2.15m (1.37m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Renault 447 4 cylindres développant 85ch à 2200 tours/minute alimenté par 166 litres

Performances : Vitesse maximale : 20 km/h Pente : 75% Autonomie : 130km

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 37mm SA38 alimenté à 110 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

Gevechtstank model 1944

Comme de nombreux pays, les Pays-Bas ont soigneusement étudié la rapide victoire des allemands contre la Pologne et notamment l’utilisation du char en formation massives. Si la création d’une division blindée type Panzerdivision était hors de portée pour le royaume batave, l’acquisition de chars était plus à sa portée.

Oui mais à qui les commander ? L’URSS était exclue d’office puisque La Haye ne reconnaissait pas le régime des soviets, les Etats-Unis n’avaient rien d’intéressant à leur catalogue (ce qui rendait hautement improbable une entrée en guerre en 1939 voir en 1940 si le conflit s’était prolongé) ce qui ne laissait que la France, la Grande-Bretagne ou encore l’Allemagne (voir en dernier recours l’Italie).

Ces différents pays sont sondés mais ne répondent pas immédiatement à la demande néerlandaise qui est il est vrai modeste (une poignée de chars pour évaluation). La Haye décide de se lancer dans l’aventure d’un char de conception nationale.

C’est un pari risqué puisqu’il faut tout créer. On rassemble la documentation, des ingénieurs et le projet du futur gevechtstank model 1944 est lancé à l’été 1940. Les difficultés ne tardent pas à surgir, difficultés telles que le projet passe à deux doigts de l’abandon.

Au lieu de cela, le gouvernement néerlandais très pragmatique met un mouchoir sur son orgueil national et passe commande de seize Renault R-40 qui sont étudiés sous toutes les coutures ce qui va permettre de résoudre la majorité des problèmes rencontrés sur le premier et dernier char de conception néerlandaise.

Les deux prototypes du gevechtstank sont ainsi présentés aux autorités officielles en octobre 1942 et les essais sont suffisamment prometteurs pour pousser l’armée néerlandaise à commander ce char en série encore que la commande est modeste avec vingt-quatre exemplaires pour le service et quelques exemplaires pour la réserve, des tests voir soyons fou une possible vente à l’exportation (quelques pays sud-américains seront intéressés mais aucun ne donnera suite).

Tordons une fois pour toute le cou à une légende urbaine : le gevechtstank model 1944 n’est pas une copie du Renault R-40. Ils sont certes d’une taille comparable mais leur armement est différent tout comme le moteur plus puissant. Le blindage est plus épais et l’ergonomie à été soignée. De plus il à reçu dès l’origine une radio même si visiblement des problèmes d’interférence rendaient son utilisation problématique.

Les premiers exemplaires ne vont sortir d’usine qu’en octobre 1944. Ils sont envoyés directement aux Indes Néerlandaises, les vingt-quatre exemplaires prévus y étant tous fin 1945.

Comme nous l’avons vu plus haut, ils vont compléter les 1ère et 2ème compagnie à raison de cinq exemplaires, le reliquat formant une 3ème compagnie déployée à Sumatra.

Au combat, les gevechtstank model 1944 ne vont faire ni pire ni mieux que les Renault R-40. Ils vont assurer l’appui-feu de l’infanterie et contre-attaquer pour boucher des brèches dans le dispositif.

Sur les vingt-quatre exemplaires disponibles au moment de l’offensive japonaise, il n’en restait plus en février 1954 que huit exemplaires qui ont été évacués en Australie où ils furent utilisés pour l’entrainement en attendant la livraison de blindés modernes mieux adaptés au conflit moderne.

Tous ont été feraillés à la fin de la guerre sauf deux exemplaires, un conservé dans un musée australien et un second conservé dans un musée néerlandais.

Le succès du gevechtstank model 1944 donna des idées aux néerlandais qui se mirent alors à phosphorer sur de nombreux projets de blindés dont on ne connait que peu de choses.

On sait simplement qu’il à été question d’un char lourd à armement dual (canon de 75mm en tourelle et canon de 47mm en caisse) alors que cette configuration ne faisait plus recette en Europe, d’un char-croiseur rapide, peu protégé et armé soit d’un canon de 47mm à tir rapide ou d’un canon de 75mm (adaptation du Vickers model 1931) ou encore d’un char dérivé du gevechtstank avec un canon de 57mm antichar remplaçant le canon de 47mm d’origine.

Plus intéressant, on trouve la trace d’un char disposant d’un canon de 75mm en caisse avec une tourelle monoplace disposant d’un canon Bofors de 40mm, un char ressemblant au char strigsvan 103 suédois mis au point dans les années cinquante.

Comme nombre d’archives ont disparu (temporairement espérons le), il est difficile de faire le tri entre vérité et fantasmes.

Ce qui est sur c’est que tous ses projets n’ont pas dépassé le stade de la planche à dessin voir au maximum de la maquette puis-qu’aucun prototype n’à été saisi par les allemands.

Caractéristiques Techniques du gevechtstank model 1944

Poids total : 12.5 tonnes

Dimensions : Longueur totale 4.45m Largeur totale 2.10m Hauteur totale 2.30m

Motorisation : un moteur Dutch MAN 4 cylindres développant 110ch à 2000 tours par minute alimenté par 170l de carburant

Performances : Vitesse maximale : 27 km/h Pente : 75% Autonomie : 135km

Blindage : 45mm maximum

Armement : un canon de 47mm alimenté à 100 obus et une mitrailleuse MAC 31 de 7.5mm approvisionnée à 2400 cartouches

Equipage : un mécanicien pilote et un chef de char, le premier en caisse et le second en tourelle

Hotchkiss H-39

Hotchkiss H-39

Le Hotchkiss H-39

Tout comme le Renault R-40 était dérivé du Renault R-35, le Hotchkiss H-39 (désignation usuelle non officielle) était issu d’un autre char le Hotchkiss H-35 ou officiellement le char léger modèle 1935H.

Autre point commun avec le R-40, le H-39 était dérivé d’un char choisit en 1933/34 dans le cadre d’un concours destiné à remplacer le Renault FT qui était désormais à ranger dans le rayon «antiquités militaires».

Comme je l’ai dit plus haut, le Hotchkiss H-35 à été choisit en même temps que le Renault R-35 et le FCM-36 pour des raisons politiques et industrielles. Par rapport à ces deux compères, il va aussi être choisit par la cavalerie alors qu’il ne s’agit pas d’une Automitrailleuse de Combat (AMC) mais d’un char de soutien d’infanterie. D’ailleurs anecdote savoureuse, l’infanterie va être servir après la cavalerie !

Ce choix à été imposé à la cavalerie qui ne pouvait disposer de suffisamment de Somua S-35. Le petit char de chez Hotchkiss n’était absolument pas adapté aux missions demandées aux DLM (Divisions Légères Mécaniques) mais il n’y avait pas d’autres véhicules disponibles.

400 exemplaires ont été construits mais le char souffre de nombreux problèmes (moteur trop peu puissant, performances médiocres en tout terrain notamment), exemplaires répartis entre l’infanterie (90), la cavalerie (292) et les dépôts et les écoles.

Dès juillet 1942 , la cavalerie est parvenue à se débarrasser de ce «vilain petit canard» qui allait donner naissance à défaut d’un magnifique cygne d’un char nettement mieux adapté à la guerre telle qu’elle s’annonce en l’occurrence le char léger modèle 1935H modifié 1939 ou plus simplement le H-39.

La firme de Levallois en région parisienne à donc remis l’ouvrage sur le métier. Le nouveau char reprenait la ligne générale mais apportait de nombreuses modifications comme un moteur plus puissant, un canon long capable de lutter contre des chars ennemis et une queue passe-tranchée qui lui donnait une aisance en terrain difficile.

Il est adopté fin 1938 et comme son devancier va équiper l’infanterie (ce qui était attendu) et la cavalerie (ce qui l’était moins).

En ce qui concerne les infanterie il va équiper des BCC dont certains vont intégrés les nouvelles Divisions Cuirassés.

La cavalerie va l’utiliser au sein de la 3ème DLM en attendant la livraison de suffisamment de Somua S-35 ou S-40 mais surtout au sein des GRDI (Groupement de Reconnaissance Divisionnaire) ainsi que le Groupement Motorisé de Corse.

Le char à été exporté d’abord à dose homéopathique, trois à la Pologne et deux à la Turquie puis de manière plus massive avec deux bataillons pour l’armée polonaise en France (90 chars), trois bataillons à la Grèce (135 chars), deux pour les Pays Bas (90 chars) deux à la Yougoslavie (90 chars) et 32 pour la Grande Bretagne qui les utilisa pour perfectionner ses chars Cruiser.

Au final le Hotchkiss H-39 va être produit à 1640 exemplaires jusqu’en mai 1947 quand la chaîne de montage fermée mais pour peu de temps car dès le mois de septembre 1947, elle va à nouveau fabriquer ce char à faible cadence (huit chars par mois) pour permettre un équipement rapide des GRDI/GRCA de mobilisation, la cadence passant à douze chars par mois dès le mois de juin 1948.

Les néerlandais commandent 90 chars pour leur division légère en Métropole, vraisemblablement pour la transformer en division blindée mais ce projet ne déboucha finalement pas et la division légère resta une division mixte avec pour équipement un véritable inventaire à la Prevers avec des unités montées, des unités d’autos blindées, des unités cyclistes et deux bataillons de chars.

Ces deux bataillons n’alignaient que 42 chars chacun ce qui laissait six véhicules disponibles, véhicules destinés essentiellement à un (petit) volant de fonctionnement. Néanmoins au mois de mai 1949, ces huit véhicules restant vont former une compagnie légère indépendante destinée à soutenir les troupes combattant en Zélande.

Les bataillons de chars de la division légère loin d’être engagés en force constituée tel un bélier pour déstabiliser le dispositif allemand vont être éparpillés en fonction des besoin soit pour soutenir l’infanterie ou pour enrayer un début de panique.

Réarmés avec un canon de 47mm long identique à celui du gevechtstank model 1944, ils ont affronter à plusieurs reprises des chars allemands, ayant des résultats honorables notamment face aux Panzer II de reconnaissance mais aussi aux Panzer III (aucun info sur un affrontement potentiel contre des Panzer IV).

Sur les quatre-vingt dix chars disponibles en mai 1949, les néerlandais n’ont sont parvenus à en sauver qu’une quarantaine qui vont être utilisés pour l’entrainement et la formation en attendant la disponibilité de chars plus modernes. Deux de ces chars sont exposés dans un musée aux Pays-Bas.

Caractéristiques Techniques du char léger modèle 1935 H M. 39

Poids total : 12 tonnes

Dimensions : longueur totale 4.22m largeur totale 1.85m hauteur totale : 2.133m (1.38m sans tourelle)

Motorisation : un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch à 2800 tours/minute

Vitesse maximale : 36.5 km/h Pente : 75% sur sol dur Autonomie : environ 150km (réservoir de 207 litres)

Blindage : 40mm maximum

Armement : un canon de 47mm en tourelle avec quatre-vingt quinze obus et une mitrailleuse MAC-31 de 7.5mm alimentées à 2200 cartouches.

Equipage : un chef de char en tourelle, un mécanicien-pilote en caisse

M-2 Light Tank

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M-2A4 Light Tank

Quand la décision est prise de réarmer les néerlandais au sein d’unités autonomes se pose la question de savoir quelques unités les bataves seront capables de mettre sur pied. Initialement on trouve deux divisions d’infanterie mais à l’automne 1951 une division blindée, la division blindée «Princesse Irène» va être mise sur pied.

En attendant la livraison des chars qui seront américains plutôt qu’anglais contrairement à ce qui était initialement prévus, Washington va livrer à celui qui deviendra son allié continental le plus proche des chars déclassés pour l’entrainement.

C’est ainsi qu’en octobre 1951, l’Armée néerlandaise libre reçoit 40 chars légers M-2 (M-2 Light Tank).

Ce char à été mis au point par l’Arsenal de Rock Island. Produit en série à partir de 1936, il n’est d’abord armé que de mitrailleuses qu’il s’agisse des dix M-2A1, des 239 M-2A2 ou encore des 72 M-2A3.

La guerre d’Espagne ayant montré qu’un char armé uniquement de mitrailleuses ne servait à rien dans la guerre moderne, la dernière version baptisée M-2A4 reçoit un canon de 37mm mais si ce canon installé sur 375 exemplaires allait vite être déclassé par les progrès en matière d’artillerie de char et de blindage. La production de ce blindé cesse en juin 1942 avec la sortie du 696ème et dernier exemplaire.

Bien qu’obsolète, le M-2 va être engagé aux Philippines où ils vont être étrillés souvent parce qu’ils ont été utilisés en dépit du bon sens alors que la défense antichar nippone n’était pas connue pour briller de mille feux.

Ailleurs ce char ne sera utilisé que pour la reconnaissance même si en septembre 1944, le M-3 Stuart le remplaçant définitivement, le reléguant à l’instruction, aux essais et aux expérimentations.

En dehors des Etats-Unis, ce char à été utilisé par la Grande-Bretagne, la Belgique et les Pays-Bas mais uniquement pour l’entrainement ce qu’il fit honorablement. Les M-2 survivants à la fin du conflit (vingt exemplaire) vont être déployés sur des champs de tirs et utilisés comme cibles pour l’aviation et l’artillerie.

Caractéristiques Techniques du char léger M-2

Type : char léger

Poids : 11.6 tonnes Dimensions : longueur 4.42m largeur 2.46m hauteur 2.64m

Motorisation : Continental diesel 7 cylindre 250ch

Performances : vitesse maximale 58 km/h distance franchissable 320km

Blindage : 6-25mm

Armement : un canon de 37mm avec 103 coups cinq mitrailleuses Browning M1919A4 avec 8470 coups

Equipage : 4 hommes

M-24 Light Tank Chaffee

M-24 Chaffee 9

M-24 Chaffee

Comme nous venons de le voir, le char léger M-2 à été vite rendu obsolète nécessitant sont remplacement par le M-3 Stuart. Ce dernier apportait un certain nombre de progrès mais n’était pas non plus char léger idéal.

Tout en développant une variante du M-3 à canon de 57mm baptisée M-5, les ingénieurs américains travaillèrent d’arrache pied sur un char léger qui marquait une nette rupture et serait à même de durer un certain temps. En clair obtenir un char léger qui ne sera pas obsolète à sa mise en service comme cela arrivait parfois.

L’arrivée rapide du M-5 permis aux ingénieurs américains de prendre leur temps. Devait-on privilégier, la vitesse et l’agilité au détriment de la protection ? Un armement puissant était-il nécessaire ?

Très rapidement, l’idée d’armer le nouveau char léger d’un canon de 37mm est abandonné car un autre projet _le futur Locust_ prévoit un tel armement.

Un armement en superstructure est étudié mais rapidement abandonné, le futur light tank doit comme son nom l’indique rester un char léger et doit disposer d’une tourelle.

Le canon de 57mm choisit pour le M5 est un temps envisagé et favori mais au final c’est un canon de 75mm basse pression et court recul qui est choisit pour armer ce nouveau char léger proposé par la firme Cadillac.

Les deux prototypes sont commandés officiellement en septembre 1946 et livrés début 1947 pour subir une batterie complète de tests qui aboutissent à son adoption en en janvier 1948 sous le nom de M24 Light Tank. Pour rendre hommage à un partisan des divisions blindées, il est baptisé Chaffee.

Il va progressivement remplacer le duo M-3/M-5 au sein des divisions blindées, des divisions d’infanterie mais aussi au sein des divisions aéroportées où faute d’avion disponible, les chars étaient convoyés en planeurs.

750 M-24 sont produits suivis par 2500 M-24A1, 1250 M-24A2 et 750 M-24A3 portant la production totale à 5250 exemplaires.

Ce véhicule à été employé au combat sur tous les théâtres d’opération qu’il s’agisse du Pacifique, de l’Asie du Sud-Est, de la Chine, de la Méditerranée, de l’Europe occidentale et de l’Europe du Nord.

Outre la reconnaissance,le Chaffee à été utilisé pour l’appui de l’infanterie, la protection de convois dans des zones peu sures. Comme souvent, un véhicule à été utilisé au delà du périmètre initial ayant présidé à sa conception sans compter la mise au point de nombreuses variantes.

Durant le second conflit mondial, outre les Etats-Unis, le char fût utilisé par la Grande-Bretagne, l’URSS, la Chine, la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Les néerlandais choisissent ce char léger pour équiper principalement leur division blindée déployée en Europe (division blindée «Princesse Irène») mais aussi pour des unités déployées en Asie-Pacifique.

La division blindée parrainée par la jeune princesse Irène (née en 1939) mais qui rendit visite à plusieurs reprises à la division en tenue militaire (au point de réclamer de combattre avec les hommes de la division) disposait d’un bataillon de reconnaissance organisé en un état-major, un escadron de commandement et de soutien, deux escadrons d’autos blindées et un escadron de char léger.

Cet escadron alignait notamment trois pelotons de quatre M-24A2 soit douze véhicules auxquels il fallait ajouter un char pour le commandant et un char pour son adjoint soit quinze véhicules.

La nouvelle armée néerlandaise reconstituée non sans mal en Asie-Pacifique disposait de trois bataillons de chars indépendants plus un régiment de cavalerie au sein de la 3. Nederlandische Licht Division composé de deux bataillons de chars et d’un bataillon d’autos blindées.

Sur ces cinq bataillons de chars (42 chars par bataillon soit 210 blindés), deux furent équipés de M-24 Chaffee, un au sein de la 3ème division légère néerlandaise et un indépendant soit en ligne 82 Chaffee qui se trouvèrent à l’aise dans les zones difficiles d’accès de l’Insulinde.

Au final ce sont 220 M-24 qui furent utilisés par les néerlandais. Ce char léger fût ensuite gardé en service aux Indes Néerlandaises jusqu’à l’indépendance de l’Indonésie.

En Europe, la reconnaissance fût surtout assurée par des autos blindées, l’armée néerlandaise comme les autres armées européennes ayant tendance à choisir un char de combat polyvalent au détriment d’un char léger, d’un char moyen ou d’un char lourd.

Le M-24 Chafee à été officiellement retiré du service en septembre 1963. Quelques exemplaires ont été préservés sur des mémoriaux ou dans des musées voir pour certains en état de marche pour des unités de reconstitueurs.

Caractéristiques Techniques du M24 Chaffee

Type : char léger

Poids : 18.37 tonnes

Dimensions : longueur 5.56m largeur 3m hauteur 2.77m

Motorisation : deux moteurs Cadillac 44T24 de 220ch à 3400 tours/minute

Performances : vitesse maximale 65 km/h sur route distance franchissable 160km

Blindage : 15-38mm

Armement : un canon de 75mm M6 avec quarante-huit coups, une mitrailleuse de 12.7mm Browning M2HB avec 440 coups, deux mitrailleuses Browning de 7.62mm avec 3750 coups

Equipage : cinq hommes (commandant, tireur, pourvoyeur, conducteur, aide-conducteur)

M-4 Sherman

M-4A1 Sherman 4

Si aujourd’hui les américains sont capables de produire un char moderne et puissant cela n’à pas toujours été le cas. Non seulement les premiers chars utilisés par les américains furent britanniques et français mais en plus le développement fût entièrement stoppé ou peu s’en faut durant la période 1919-1939 («Rethondes-Coblence»). Voilà pourquoi l’entrée en guerre des américains en septembre 1939 était non pas impossible mais hautement improbable.

Il va falloir du temps pour qu’un char fiable et performant _tout est relatif_ soit mis sur pied sous la forme du M-4 Medium Tank Sherman, un brave et honnête char qui ne paye pas de mine et qui si il fait partie du camp des vainqueurs n’à jamais eu l’aura d’un Renault G-1, d’un Cromwell, d’un Panther ou même d’un T-34.

Avant le M-4, il y eu le M-3, un char vite déclassé par les progrès techniques et qui souffrait non seulement d’un blindage boulonné potentiellement très dangereux et surtout d’un armement dual avec un canon de 75mm en sabord et un canon de 37mm en tourelle, une configuration en vogue dans les années vingt et trente mais qui était désormais totalement obsolète.

Comme l’ont compris les français et les britanniques, le canon principal devait être en tourelle pour une polyvalence maximale. Les américains s’orientèrent donc vers ce choix. Le projet est lancé au printemps 1943 mais le développement est lent car il n’y à aucune urgence.

Le char mis au point dispose d’un moteur essence, d’un blindage plus important et d’un canon de 75mm en tourelle, canon inspiré de celui utilisé par le M-3. Il est officiellement adopté en février 1945 sous le nom de M-4 Medium Tank avec comme surnom Sherman du nom d’un général nordiste de la guerre de Sécession.

1050 M-4A1 sont produits suivis de 3500 M-4A2, 9000 M-4A3 à canon de 76mm, 7500 M-4A4, 550 M-4A5, 250 M-4A6 et 150 M-4A7. Aux 22000 exemplaires produits aux Etats-Unis s’ajoutent 1200 exemplaires produits au Canada, 750 en Australie et 600 en Inde sans oublier les variantes spécialisées. On arrive au chiffre impressionnant de 27500 exemplaires.

Sur les 22000 Sherman produits aux Etats-Unis, 18500 ont été utilisés par l’US Army, 1500 par l’USMC et 2000 cédés à des pays étrangers au titre du prêt-bail.

Outre les Etats-Unis, le M4 Sherman à donc été utilisé par le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne (à titre de test), la Pologne, la Tchécoslovaquie (unités en exil), la Belgique, les Pays-Bas, Argentine, Brésil, Autriche (après guerre), Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Ethiopie, Grèce, Inde,Iran,Italie (après guerre), Japon (après guerre), Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan,Oman, Paraguay, Uruguay, Pérou, Ceylan, Vietnam, Yougoslavie, Portugal, Afrique du Sud et Turquie.

Ces pays ont utilisé soit des chars neufs ou des chars ex-américains, la réduction de la force blindée une fois le conflit terminé permettant à de nombreux pays de récupérer des chars à vil prix. Côté américain, le Sherman à été retiré du service en 1962.

En ce qui concerne les néerlandais, le Sherman à équipé la division «Princesse Irène» à raison de quatre bataillons de chars (164 exemplaires) mais aussi la 3. Nederlandische Licht Division (un bataillon soit 42 exemplaires) et deux bataillons indépendants (84 chars) soit un total de 290 chars même si au total les néerlandais ont reçu 350 M-4 en ce qui concerne uniquement les chars de combat (les variantes spécialisées les chiffres sont incertains).

Ces Sherman vont être engagés au combat en Asie-Pacifique mais aussi et surtout en Europe où ils ne se montreront pas toujours à leur avantage notamment les M-4 armés de canons de 75mm, ceux disposant du canon de 76mm M-1 s’en sortant mieux.

Le M-4 Sherman va rester en service dans l’armée néerlandaise jusqu’en 1965 même si dès 1958, le M-26 Pershing ex-char lourd et nouveau char moyen avait commencé à le remplacer en attendant des chars mieux adaptés notamment le Centurion britannique.

Caractéristiques Techniques du M4 Medium Tank «Sherman»

Type : char moyen

Poids : 30.3 tonnes

Dimensions : longueur 5.84m largeur 2.62m hauteur 2.74m

Motorisation : un moteur Continental R975 9 cylindres 400ch à 2400 t/minute ou pour le M4A4, un Chrysler A57 multibank développant 470ch à 2700 t/min

Performances : vitesse maximale 40 à 48 km/h distance franchissable 193km

Blindage : 93/118mm

Armement : un canon de 75mm M3 de 40 calibres avec 90 coups ou un canon de 76mm M1 avec 55 puis 71 coups; une mitrailleuse Browning M2 de 12.7mm avec 300 coups et deux Browning M1919A4 avec 4750 coups

Equipage : 5 hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et aide-conducteur)

22-Armée de terre : armement et matériel (103) ordre de bataille (37)

Unités tchècoslovaques

A la différence de la Pologne, il n’y eut pas de projet de création d’une Armée Tchèque autonome et ce pour deux raisons.

La première c’est un réservoir humain plus faible que les polonais et la seconde en raison de problèmes au sein des deux divisions tchècoslovaques existantes entre un corps des officiers majoritairement tchèque et des hommes du rang majoritairement slovaques, les premiers se montrant arrogants vis à vis des seconds.

La situation devint telle que la France menaça de dissoudre ses deux unités. Il fallut au gouvernement tchèque en exil (installé à Lyon) des trésors de patience, de diplomatie, de ruse (et quelques sanctions disciplinaires) pour que la situation rentre dans l’ordre.

Néanmoins, le gouvernement français avait peu confiance dans ces deux divisions au point de les maintenir loin du front Nord-Est, de l’aile marchante, la 2ème DIT restant déployée dans le Pays Basque et la 1ère DIT intégrée à la 8ème armée dont la mission principale serait d’intervenir en compagnie de la 58ème DIT _ces deux unités formant le 10ème CA_ en Suisse en cas d’attaque allemande, un scénario jugé peu crédible par le général Villeneuve.

A la mobilisation, deux divisions de travailleurs sont levées, des divisions destinées à des travaux de fortification complémentaires et d’aménagement au Havre pour protéger ce port pétrolier mais également à Paris pour compléter la ligne Chauvineau.

Ces travaux terminés, ces deux divisions sont transformées en 3ème et 4ème Divisions d’Infanterie Tchèque (3ème et 4ème DIT), divisions organisées sur le modèle des D.L.I avec un équipement français.

La 3ème D.I.T est envoyée au Levant en novembre 1948 et la 4ème D.I.T sera envoyée dans le sud de la France comme réserve pour un renforcement des défenses de la Corse.

Armée Polonaise en France

-Préambule

Nous venons de voir l’existence de quatre divisions d’infanterie polonaise et d’une brigade d’infanterie de montagne, les premières déployées au sein de Corps d’Armée français en métropole et la seconde déployée au Levant.

La présence d’une forte diaspora polonaise permet au gouvernement polonais en exil installé à Nantes de voir grand en proposant à la France de créer une armée polonaise autonome.

L’accord du gouvernement français est obtenu en janvier 1943 et l’L’Armée Polonaise en France (Armia Polska we Francji APF) est officiellement créée le 14 mars 1943.

La montée en puissance de cette armée est longue, laborieuse et difficile moins en raison du manque de personnel (il y à plutôt le trop plein) qu’en raison d’un manque de matériel, l’industrie française devant déjà équiper l’armée française et constituer de nouveaux stocks de mobilisation.

Néanmoins, en septembre 1948, l’APF à fière allure puisqu’elle aligne les éléments suivants :

-Un état-major installé à Compiègne

-Quatre régiments d’artillerie lourde

-Des unités du génie, de soutien et de transmissions

-Trois Corps d’Armée à deux divisions d’infanterie

-Un corps de cavalerie à deux divisions blindées

-Régiments d’Artillerie Lourde Polonais

Ces quatre régiments correspondent à la Réserve Générale. Il est théoriquement prévu que chaque corps d’armée bénéficie d’un régiment en propre mais il est plus probable que ces régiments détachent des groupes voir une simple batterie pour une mission spécifique.

A noter que ces régiments sont totalement motorisés, les pièces étant tractés par des camions anglais et américains acquis notamment grâce à la générosité de la diaspora polonaise installée dans le Nouveau Monde.

-Le 301ème RALPol est équipé de trois groupes de 155mm équipés de 155 GPF-T

-Le 302ème RALPol est équipé de trois groupes de 194mm équipé de 194 GPF-T

-Le 303ème RALPol est équipé de trois groupes de 155mm équipés de 155 GPF-T

-Le 304ème RALPol est équipé de trois groupes de 194mm équipé de 194 GPF-T

-Unités de soutien

-Deux régiments du génie à trois bataillons chacun, les 1er et 2ème RGPol

-Deux régiments du train

-Deux régiments de transmission

-Deux Antennes Chirurgicales d’armée

-Deux groupement d’intendance

-1er Corps d’Armée polonais

Canon de 47mm modèle 1937

Comme les unités françaises, le principal canon antichar de l’APF était le Canon de 47mm modèle 1937

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons de 40mm Bofors

-La 5ème Division d’Infanterie Polonaise (5ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (13ème, 15ème et 17ème RIP), de deux régiments d’artillerie (5ème RAPol et 205ème RAPol), de la 5ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 5ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 5ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises.

-La 1ère Division de Grenadiers de la Garde (1ère DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (4ème, 5ème et 6ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (6ème RAPol et 206ème RAPol), de la 6ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 6ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 6ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléters.

-2ème Corps d’Armée polonais

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises Daimler Armoured Car

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm

-La 6ème Division d’Infanterie Polonaise (6ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (14ème, 16ème et 18ème RIP), de deux régiments d’artillerie (7ème RAPol et 207ème RAPol), de la 7ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 7ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 7ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , le modèle prévu étant l’AMX-44, le dernier né des chars légers français.

-La 2ème Division de Grenadiers de la Garde (2ème DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (7ème, 8ème et 9ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (8ème RAPol et 208ème RAPol), de la 8ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 8ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 8ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter.

-3ème Corps d’Armée polonais

-Une unité de reconnaissance comparable aux GRCA français équipé d’auto blindées anglaises Humber

-Un groupement antichar à canons de 47mm et un groupement antiaérien à canons Bofors de 40mm

-La 7ème Division d’Infanterie Polonaise (7ème D.I.P) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (19ème, 20ème et 21ème RIP), de deux régiments d’artillerie (9ème RAPol et 209ème RAPol), de la 9ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 9ème bataillon de défense antiaérienne polonais, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 9ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Humber Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter.

-La 3ème Division de Grenadiers de la Garde (3ème DGG) dispose d’un état-major de division, d’unités de soutien, de trois régiments d’infanterie (10ème, 11ème et 12ème régiments de grenadiers), de deux régiments d’artillerie (10ème RAPol et 210ème RAPol), de la 10ème batterie divisionnaire antichar polonaise, du 10ème bataillon de défense antiaérienne, d’un bataillon du génie et d’unités de soutien.

Elle bénéficie également du soutien du 10ème GRDI polonais, une unité motorisée équipée d’automitrailleuses britanniques Daimler Armoured Car en attendant la disponibilité de chars légers français pour les compléter , la priorité étant naturellement donnée aux unités françaises.

-4ème Corps de Cavalerie

Bien qu’unique, le Corps de Cavalerie polonais reçoit le numéro 4 à la fois parce qu’il y à trois corps d’armée d’infanterie mais également trois Corps de Cavalerie français.

-Un état-major

-Des unités du génie et de soutien

-Un régiment d’artillerie à mettre sur pied à la mobilisation avec des canons de 105mm français soit des pièces anciennes (modèle 1913) ou des pièces plus modernes (modèle 1936S ou 1941T)

Ce corps de cavalerie regroupe deux divisions blindées, la 10ème et 21ème division blindée équipées de matériels français. Elle est organisée selon le schéma suivant :

-Un état-major

-Des unités de soutien

-Un régiment de reconnaissance, le 10 ou le 20ème régiment de uhlans équipé d’autos blindées Humber Armoured Car et de douze Hotchkiss H-39.

Char lourd B1bis

Char lourd B1bis

-Un bataillon de chars lourds équipés de 32 B1bis ex-français reconditionnés avant livraison

-Deux bataillons de chars moyens équipés chacun de 24 chars, la 10ème DB disposant de Renault R-40 et la 20ème DB de Hotchkiss H-39

-Un régiment d’artillerie équipé de canons de 75mm modèle 1897 sur pneumatiques en attendant la disponibilité de TAZ modèle 1939 voir de pièces plus lourdes de 105mm.

22-Armée de terre : armement et matériel (3)

Pistolets-mitrailleurs et mitraillettes

Préambule

C’est à la fin du premier conflit mondial qu’apparait le pistolet mitrailleur/mitraillette. Ce sont les allemands qui introduisent cette arme redoutable à courte portée sur le champ de bataille sous la forme du Bergman Maschinenpistole 18 (MP 18).

Quelques exemplaires capturés permettent aux poilus de mieux connaître cette arme qui donnait une puissante de feu inédite à son porteur avec son efficace cartouche 9mm Parabellum tirée depuis un chargeur tambour de 32 cartouches.  Fort heureusement, cette arme n’apparu que trop tardivement sur le champ de bataille pour permettre à l’Allemagne de renverser la vapeur.

Testé après la fin du conflit, cette arme séduit immédiatement l’état-major français qui place la fourniture d’un pistolet-mitrailleur en deuxième priorité de son programme de 1921 derrière le fusil automatique et devant le pistolet automatique.

L’arme doit ressembler au MP 18, l’arme est considérée comme une arme de défense, une arme pouvant potentiellement succéder à la carabine. Elle doit tirer en rafale, être rustique et bien supporter la boue, une leçon tirée du premier conflit mondial cela va s’en dire.  Quand au calibre choisit, il s’agit du 9mm Parabellum qui doit normalement être le calibre commun au PA et au PM.

Le Service Technique de l’Artillerie (STA) entreprend l’étude d’une version «francisée» du MP 18 qui est présenté à la Commission d’Expérience de Versailles (CEV) qui note un certain nombre de problèmes techniquues qui empêche une adoption pure et simple.

Jusqu’en 1924, ce pistolet mitrailleur est le seul en liste mais la concurrence ne tarde pas à se réveiller, alléchée à l’idée de vendre des milliers de pistolets mitrailleurs à la première armée du monde qui jouï à cette époque d’un prestige considérable.

La firme Bergman propose ainsi une nouvelle version de son MP 18 (via une maison marseillaise), Thompson son modèle 1921 tirant des lourdes balles 11.43mm mais ces deux armes ne seront pas commandés à la différence du PM STA qui est commandé en août 1925 à 8250 exemplaires.

Seulement un millier d’exemplaires seront produits en raison d’une remise en cause du rôle du pistolet mitrailleur, un véritable imbroglio qui fait que le pistolet-mitrailleur deviendra l’arme à fabriquer après la mobilisation, une arme secondaire donc.

Différentes firmes vont participer en proposant des prototypes comme la Manufacture d’Armes de Saint Etienne (MAS) ou encore la Société Alsacienne de Construction Mécanique (SACM) mais ces prototypes en calibre 7.65mm long ou en 9mm mais découragés par l’inertie et les remarques interminables des services officiels abandonneront la partie.

Le déclenchement de la guerre de Pologne montre l’infériorité du poilu face au soldat allemand notamment durant les escarmouches entre corps francs des deux armées.

On décide de vider les stocks de pistolets mitrailleurs venant des productions limitées du début des années vingt ainsi que les pistolets mitrailleurs saisis sur les soldats républicains lors de la Retirada qui vit des soldats républicains et leurs familles se réfugier en France. On trouvera notamment 3250 pistolets mitrailleurs Erma Vollmer avec seulement 1540 chargeurs ce qui posera des problèmes d’approvisionnement.

Si l’équipement des corps francs peut se contenter d’armes d’origine étrangère disponibles en faible quantité, l’équipement du corps de troupe nécessite des armes disponibles en plus grand nombre.

Outre l’adoption du pistolet-mitrailleur de la MAS après des années d’indécision et d’atermoiements, on passe commande d’armes à l’étranger comme 3000 mitraillettes Thomson en calibre 11.43mm et  1000 MP 28 en calibre 9mm aux établissements Piper en Belgique, le projet de commander une copie suisse du pistolet mitrailleur Erma Vollmer n’aboutira pas mais des chargeurs supplémentaires seront commandés.

Ces armes vont servir au sein des corps francs mais également des GRDI, des GRCA ainsi que pour certains gradés. Elle deviendra également l’arme d’autodéfense des porteurs et tireurs d’armes lourdes en remplacement du mousqueton même si l’importance des besoins fera que le mousqueton fera plus que résister.

Au milieu des années quarante, le calibre 7.65mm est clairement en perte de vitesse au profit du 9mm Parabellum. Peu à peu, les PM en calibre 7.65mm long vont servir d’armes d’autodéfense pour les équipages de véhicules de blindés, pour la prévoté, les unités de première ligne étant davantage équipés d’armes en 9 voit en 11.43mm.

Manufacture d’Armes de Saint Etienne (MAS) modèle 1938

Pistolet mitrailleur MAS 38

Pistolet mitrailleur MAS 38

C’est dès le début des années vingt que la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne entama le développement d’un pistolet mitrailleur utilisant la cartouche 7.65mm long. Le choix de ce calibre est loin de faire l’unanimité ce qui explique un temps de dévellopement excessivement long.

Alors que l’Allemagne est à la fin des années trente, largement dotée en pistolets mitrailleurs, la France ne dispose toujours pas d’une arme de ce type. Il faut ainsi attendre l’adoption le 13 mai 1940 du S.E modèle 1935 adopté sous le nom de pistolet-mitrailleur modèle 1938 pour que cette lacune commence à être sérieusement comblée.

Je dis sérieusement car la retraite en France des débris de l’armée républicaine espagnole avait permis à l’armée française de récupérer un petit nombre de pistolets mitrailleurs de plusieurs types avec tout ce que cela comporte comme difficultés de pièces de rechange notamment de chargeurs adaptés.

Performant, le MAS 38 l’était assurément mais il était très long et difficile à construire ce qui était acceptable en temps de paix mais beaucoup moins en temps de guerre où il fallait aller vite.

Résultat, en septembre 1942, la production du MAS 38 fût stoppée au profit du MAT 42 inspiré du MP-40 allemand. Nettement plus facile à construire, il remplaça son ainé dans les unités de première ligne, le MAS 38 continuant à équiper notamment la gendarmerie et les équipages de véhicules blindés.

Caractéristiques Techniques du pistolet-mitrailleur MAS modèle 1938

Calibre : 7.65mm long  Longueur : 630mm longueur du canon 220mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 2.9kg (à vide) 3.450kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir pratique : 200 à 300 coups/minute  

Manufacture d’Armes de Tulle (MAT) modèle 1942

Pistolet mitrailleur MAT 42

Pistolet mitrailleur MAT 42

Comme nous venons le voir, le MAS-38 était une bonne arme, fiable mais difficile à produire en masse en temps de guerre. Parallèlement, quelques MP-40  capturés au cours d’une descente contre un entrepôt clandestin d’armes en Alsace furent étudiés avec intérêt par l’armée française.

La Manufacture d’Armes de Tulle fût chargée de développer un pistolet-mitrailleur similaire en calibre 9mm, un pistolet-mitrailleur robuste et simple à construire.

Les premiers prototypes apparurent en septembre 1941 et testés intensément notamment par le 65ème RI de Nantes ou le 601ème GIA qui notèrent un certain nombre de problèmes vites réglés pour lancer dès le mois de septembre 1942 la production en série pour notamment remplacer dans les unités de première ligne le MAS-38.

Il va principalement équiper le chef de section des compagnies d’infanterie, les corps francs _unités créées uniquement en temps de guerre avec les meilleurs éléments du régiment_, les GRDI, chaque régiment d’infanterie recevant à la mobilisation un stock à utiliser selon le bon vouloir du chef de corps.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur MAT modèle 1942

Calibre : 9mm  Longueur : 630mm longueur du canon 220mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 3.5kg (à vide) 4kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 600coups/minute  

Les autres pistolets mitrailleurs en service ou en projet

D’autres modèles de pistolets-mitrailleurs existaient en 1939 et étaient encore présents en petit nombre en septembre 1948, stockés pour un usage éventuel si la production du MAT 42 ne parvenait pas à satisfaire les besoins colossaux, le pistolet-mitrailleur vu comme un possible gouffre à munitions redevenant une arme à la mode suite au retour d’expérience de la guerre de Pologne.

-Le pistolet mitrailleur STA modèle 1924 aurait du devenir le pistolet mitrailleur standard de l’armée française mais comme nous l’avons vu sa production à été limitée à un millier d’exemplaires qui furent distribués notamment à l’infanterie de l’air qui le préféra largement au MAT-42.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur STA modèle 1924

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 834mm longueur du canon 226mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 3.5kg (à vide) 4kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 380 coups/minute  

-Un nombre réduit de MP 18 furent également utilisé durant la guerre de Pologne mais pas durant le second conflit mondial (ou du moins leur présence n’est pas attestée). Il s’agissait à la fois d’armes saisies en 1918 mais également d’armes importées en France par les établissements Seytres de Marseille.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur Bergman MP 18

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 820mm longueur du canon 196mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :  5.9kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 500 coups/minute
-Le pistolet mitrailleur ETVS (Établissement technique de Versailles) n’à pas dépassé le stade du prototype. Il n’à donc pas été utilisé durant la guerre de Pologne ni durant le second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur ETVS

Calibre : 7.65mm long  Longueur arme dépliée : 670mm longueur de l’arme repliée : 420mm longueur du canon 210mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids : 2.700kg  (chargé)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue

-Le pistolet mitrailleur de la SACM (dit «pistolet mitrailleur Petter» du nom de l’ingénieur qui l’à conçu) adopté sous le nom de pistolet mitrailleur modèle 1939A n’est pas produit par son concepteur en raison d’une surcharge de son usine de Cholet.

Il aurait pu rester à l’état de splendide prototype mais finalement est produit en petite série entre septembre 1940 et juin 1941 par la Manufacture d’Armes de Tulle (MAT), un total de 3000 armes étant produites et distribuées en particulier aux équipages de véhicules blindés pour se défendre  en cas de destruction de leur véhicule ou d’attente du véhicule de dépannage.

Un projet d’arme en 9mm ne dépassa pas le stade de la planche à dessin mais suite à un accord entre la SACM et la MAT, il servit de base au MAT modèle 1942.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur modèle 1939A

Calibre : 7.65mm long  Longueur arme dépliée : 645mm longueur de l’arme repliée : 388mm longueur du canon 200mm Contenance du chargeur :  36 cartouches Poids : 2.900kg  (chargé)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue  

Mitraillette Thompson dont les allemands apprirent à redouter sa puissance de feu

Mitraillette Thompson dont les allemands apprirent à redouter sa puissance de feu

-Trois mille exemplaires de la «mitraillette» Thompson furent commandés à la fin de 1939 et livrés au printemps suivant.

En dépit d’un calibre hétérodoxe (11.43mm), cette arme qui aurait pu être adoptée au milieu des années vingt dans un calibre plus commun (9mm Parabellum) fût très appréciée par les soldats qui la testèrent, l’arme ayant été livrée après la fin de la guerre de Pologne.

Les armes stockées furent distribuées à la mobilisation aux corps francs mis sur pied par chaque régiment pour des patrouilles offensives dans le no-man’s land séparant les deux lignes de front notamment en Alsace et en Lorraine. Cette arme fût aussi fournie à l’infanterie de l’air.

Caractéristiques Techniques de la mitraillette Thompson

Calibre : 11.43mm  Longueur arme dépliée : 858mm longueur du canon 266mm Contenance du chargeur :  20 cartouches en chargeur droit, 50 cartouches en chargeur circulaire Poids : 5000kg  (chargé)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue

-Le Pistolet-mitrailleur Erma-Vollmer récupéré auprès des troupes républicaines en retraite fût un temps le principal pistolet mitrailleur français jusqu’à ce que le MAS 38 et le MAT 42 ne le remplace.

Sur les 3250 exemplaires récupérés en 1939, 2800 exemplaires étant encore en état de servir en septembre 1948. Ils équipèrent des unités de mobilisation en attendant que suffisamment de MAT 42 soit disponible. Une fois remplacés, ils retournèrent dans les stocks dans lesquels on piocha en fonction des besoins.
Caractéristiques Techniques du pistolet-mitrailleur Erma-Vollmer

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur 890mm longueur du canon 250mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :4.300kg  (vide)  Portée pratique : non connue Cadence de tir  : non connue

21-Armée de terre (43)

Les régiments de cavalerie

Les unités montées

En septembre 1939, il existe encore de nombreux régiments de cavalerie à cheval, des régiments de hussards, de dragons, de chasseurs à cheval, de chasseurs d’Afrique, de spahis. Ce n’est pas un cas propre à la France, l’armée allemande dispose encore d’une 1ère division de cavalerie et pas simplement de chevaux pour tracter les pièces d’artillerie.

Dès la mobilisation, nombre de ces régiments disparaissent pour mettre sur pied des GRDI et des GRCA. Les Divisions de Cavalerie où cohabitaient engins mécaniques et nobles destriers (les divisions «pétrole-picotin») vont progressivement être transformées en divisions légères mécaniques où les chars et les automitrailleuses remplacent les pur-sangs.

Au final, seules deux brigades de spahis vont rester déployées en métropole, se déplaçant à cheval mais combattant à pied tels les dragons de jadis. Dans l’Empire, les spahis sont présents en nombre tout comme des unités plus spécifiques comme en Orient.

Les régiments de cavalerie sont organisés de la façon suivante :

-Un état-major et un peloton de commandement (PC, transmissions,renseignement, éclaireurs motocyclistes et pionniers sapeurs)

-Un escadron hors rang (ravitaillement, approvisionnement, dépannage, sanitaire)

-Un escadron de mitrailleuses et d’engins (4 canons de 25mm, 8 mitrailleuses de 8mm puis de 7.5mm et 4 mortiers de 60mm)

-Deux groupes d’escadrons avec deux escadrons disposant chacun d’un état-major, d’un peloton de commandement de quatre pelotons de fusiliers

Les régiments des groupements de cavalerie ont une organisation légèrement différente avec un groupe d’escadrons à deux escadrons montés, un groupe d’escadrons à deux escadrons mixtes motorisés (automitrailleuses et side-cars) et un escadron de mitrailleuses et de canons antichars.

Les régiments de spahis sont organisés en quatre escadrons montés et un escadron de mitrailleuses et d’engins

On trouve en septembre 1939, les régiments montés suivants :

régiments endivisionnés

-1er régiment de hussards d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-4ème régiment de hussards de Senlis rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-1er régiment de chasseurs (à cheval) d’Alençon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-8ème régiment de chasseurs (à cheval) d’Orléans rattaché à la 1ère brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans
-12ème régiment de chasseurs (à cheval) de Saint-Mihiel rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC

-18ème régiment de chasseurs (à cheval) de Sarreguemines rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-6ème régiment de dragons de Vincennes rattaché à la 5ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

-8ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de 2ème DC de Luneville

-19ème régiment de dragons de Lyon rattaché à la 2ème brigade de cavalerie de la 1ère DC d’Orléans

-20ème régiment de dragons de Limoges rattaché à la 1ère Division de Cavalerie

-30ème régiment de dragons rattaché à la 2ème Division de Cavalerie

-31ème régiment de dragons de Luneville rattaché à la 4ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-5ème régiment de cuirassiers d’Haguenau rattaché à la 3ème brigade de cavalerie de la 2ème DC de Luneville

-11ème régiment de cuirassiers de Saint Germain-en-Laye rattaché à la 6ème brigade de cavalerie de la 3ème DC de Paris

Régiments appelés à former des GRDI/GRCA

-2ème régiment de hussards de Tarbes : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-3ème régiment de hussards de Strasbourg : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de dragons d’Epernay : 1er groupement de cavalerie de Metz

-10ème régiment de dragons de Orange : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

-7ème régiment de chasseurs à cheval d’Evreux : 3ème groupement de cavalerie d’Amiens

-11ème régiment de chasseurs (à cheval) de Vesoul : 1er groupement de cavalerie de Metz

-9ème régiment de cuirassiers de Lyon : 2ème groupement de cavalerie de Marseille

Régiments de spahis et unités indigènes

En métropole, sont stationnées deux brigades de spahis :

-La 1ère brigade de spahis de Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains stationné à Senlis et le 6ème régiment de spahis algériens stationné à Compiègne

-2ème brigade de spahis d’Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens d’Orange et du 9ème régiment de spahis algériens de Vienne

En Afrique du Nord, sont présents des régiments de spahis intégrés à des brigades de cavalerie d’Afrique :

-Le 1er régiment de spahis algériens forme la 1ère brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 5ème RCA (régiment de chasseurs d’Afrique)

-Le 2ème régiment de spahis algériens forme la 2ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 2ème RCA

-Le 3ème régiment de spahis algériens forme la 3ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 3ème RCA et de cinq compagnies montées sahariennes.

-Le 4ème régiment de spahis tunisiens forme la 4ème brigade de cavalerie d’Afrique en compagnie du 4ème RCA et du 1er REC.

-D’autres régiments de spahis sont non enbrigadés comme les 2ème et 3ème régiments de spahis marocains stationnés au Maroc en compagnie du 8ème régiment de spahis algériens mais également du 1er RCA, du 2ème REC et de la compagnie montée saharienne.

-Au Levant, on trouve le 1er régiment de spahis marocains et le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisiens. On trouve également dix sept escadrons de ligne Alaouites, Druzes et Tcherkesses.

Evolution entre septembre 1940 et septembre 1948

Durant les huit années, la situation des unités montées évolue de manière radicale, nombre de régiments sont transformés en unités mécaniques mais il existe encore des unités montées qu’il s’agisse des unités de spahis stationnées en métropole ou en Afrique du Nord même si en AFN, des unités montées sont transformées en unités mécaniques.

Les régiments de cavalerie des groupements de cavalerie sont dissous à la mobilisation pour former les GRDI et les GRCA. Ils ne sont pas reconstitués après la démobilisation de l’été et de l’automne 1940.

Les trois divisions de cavalerie sont transformées en divisions légères mécaniques :

-La 1ère DC devient la 3ème Division Légère Mécanique avec le 1er régiment de hussards comme régiment de découverte, les 1er et 8ème régiments de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 19ème régiment de dragons est dissous mais reconstitué ultérieurement comme régiment de dragons portés.

-La 2ème DC devient la 4ème Division Légère Mécanique avec le 5ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 8ème régiment de dragons et le 18ème régiment de chasseurs à cheval comme régiments de combat, le 31ème régiment de dragons étant dissous.

-La 3ème DC devient la 5ème Division Légère Mécanique avec le 11ème régiment de cuirassiers comme régiment de découverte, le 6ème régiment de dragons et le 4ème régiment de hussards comme régiments de combat, le 12ème régiment de chasseurs à cheval étant dissous.

-La 4ème Brigade de Cavalerie d’Afrique devient la 1ère Division Légère de Cavalerie, le 4ème régiment de spahis tunisiens devenant un régiment de découverte, le 1er régiment étranger de cavalerie est transformé en régiment de combat, le 4ème régiment de chasseurs d’Afrique devenant un régiment de chasseurs portés.

-Les 2ème, 3ème et 5ème régiments de chasseurs d’Afrique sont entièrement motorisés, devenant l’équivalent des régiments de découverte de la DLM.

-Le 1er régiment de chasseurs d’Afrique reste partiellement motorisé

-Les régiments de spahis déployés en métropole, en Afrique du Nord et au Levant restent des unités montées. A noter que le 3ème groupe d’escadrons du 4ème régiment de spahis tunisien stationné au Levant devient le 5ème régiment de spahis tunisiens.

-La compagnie montée saharienne devient une compagnie portée avec des véhicules Laffly pour transporter les fantassins et des Gendron-Somua AM-39 comme automitrailleuses/véhicules de combat

-Le 2ème régiment étranger de cavalerie devient un régiment motorisé de type découverte pour appuyer le 3ème REI déployé dans le Sud-marocain.

Les régiments mécaniques

Cf les chapitres sur les D.L.M et les D.C

21-Armée de terre (23)

La situation générale en septembre 1939

Quand éclate la guerre de Pologne, la cavalerie dispose d’unités entièrement mécaniques (les DLM), d’unités «pétrole-picotin» (les Divisions de Cavalerie) et d’unités montées dans l’Empire mais également en métropole, à la différence que désormais les cavaliers combattent démontés, n’utilisant leur noble destrier que pour se déplacer notamment dans des endroits difficiles d’accès pour les engins motorisés.

Métropole

-Trois Divisions de Cavalerie modèle 1932  

La 1ère division de cavalerie stationnée à Orléans dispose d’une 1ère brigade de cavalerie avec le 1er régiment de hussards et le 8ème régiment de chasseurs, d’une 2ème brigade de cavalerie avec le 1er régiment de chasseurs et le 19ème régiment de dragons, du 1er groupe d’automitrailleuses, du 5ème bataillon de dragons portés et du 75ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

La 2ème division de cavalerie stationnée à Luneville dispose d’une 3ème brigade de cavalerie (18ème régiment de chasseurs et 5ème régiment de cuirassiers), d’une 4ème brigade de cavalerie (8ème et 31ème régiments de dragons), du 2ème groupe d’automitrailleuses, du 3ème bataillon de dragons portés et du 73ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

La 3ème division de cavalerie stationnée à Paris dispose d’une 5ème brigade de cavalerie (4ème régiment de hussards et 6ème régiment de dragons), d’une 6ème brigade de cavalerie (11ème régiment de cuirassiers et 12ème régiment de chasseurs), du 3ème groupe d’automitrailleuses, du 2ème bataillon de dragons portés et du 72ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain.

Ces trois divisions de cavalerie vont être transformées en Divisions Légères Mécaniques, la 1ère DC devenant la 3ème DLM en février 1940, la 2ème DC devient la 4ème DLM en septembre 1940 et enfin la 3ème DC devient la 5ème DLM en juin 1941.

-Trois groupements de cavalerie

Ces groupements de cavalerie sont des organisations temporaires, ces régiments devant disparaître à la mobilisation après la mise sur pied des GRDI et des GRCA.

A l’issue de la démobilisation, les GRCA sont dissous (les Corps d’Armées n’existant plus en temps de paix) mais vingt-huit GRDI sont maintenus en métropole et d’autres en AFN et au Levant, tous étant motorisés.

-Le 1er groupement de cavalerie (Metz) regroupe le 3ème régiment de hussards, le 9ème régiment de dragons et le 11ème régiment de chasseurs.

-Le 2ème groupement de cavalerie (Marseille) regroupe le 2ème régiment de hussards, le 9ème régiment de cuirassiers et le 10ème régiment de dragons

-Le 3ème groupement de cavalerie (Amiens) regroupe le 2ème régiment de chasseurs, le 6ème groupe d’automitrailleuses et le 7ème groupe d’automitrailleuses.

Certains de ces régiments sont ultérieurement recréés au sein des DLM mais également des Divisions Cuirassées.

En l’occurence, le 11ème Régiment de chasseurs à cheval est recréé au sein de la 12ème BLM (6ème DLM), le 3ème Régiment de hussards intègre la 13ème BLM (7ème DLM), le 2ème Régiment de hussards intègre la 15ème BLM (8ème DLM) et le 9ème Régiment de cuirassiers est recréé comme régiment de découverte de la 2ème DC nouvelle formule.

GRDI et GRCA

Comme nous venons de le voir, sept régiment de cavaleries indépendants et deux groupes d’automitrailleuses sont dissous à la mobilisation pour former des Groupements de Reconnaissance de Division d’Infanterie (GRDI) et des Groupements de Reconnaissance de Corps d’Armée (GRCA).

Selon la note d’état-major du 6 août 1923, outre la «substance» des sept RC et des groupes de mitrailleuses, les centres mobilisateurs de la cavalerie mettent sur pied ces groupements tactiques chargés d’éclairer les grandes unités et si nécessaire de mener des combats retardateurs.

Plus précisement, ces unités doivent rechercher le renseignement, prendre contact avec l’ennemi et assurer la sîreté des lignes de surveillance.

Au moment de la guerre de Pologne pas moins de quatre-vingt dix groupements de ce type vont être mis sur pied, majoritairement de type monté (quatre-vingt-deux d’entre-eux), le reliquat étant composé de groupes motorisés avec ou sans mitrailleuses, deux sans automitrailleuses et cinq avec.

A l’issue de la démobilisation, seuls sont maintenus les GRDI type motorisé qui reçoivent tous des automitrailleuses soit sept GRDI affectés aux Divisions d’Infanterie Motorisées ou D.I.M. Les autres DI reçoivent elle aussi un GRDI, les GRDI montés préservés étant motorisés, permettant aux vingt-huit divisions d’infanterie stationnées en métropole (neuf DI type Nord-Est, huit D.I.M, trois DIAlp, quatre DIC et quatre DINA) de disposer d’un groupement tactique de reconnaissance et de combat. Les DIA et les DM préservées vont également disposer d’un GRDI.

-Deux Divisions Légères Mécaniques (D.L.M.)

-La 1ère Division Légère Mécanique (1ère D.L.M.)  dispose d’une 1ère brigade légère mécanique (4ème régiment de cuirassiers, 18ème régiment de dragons), d’une 2ème brigade légère mécanique (6ème régiment de cuirassiers, 4ème régiment de dragons portés) et le 74ème régiment d’artillerie tractée tout-terrain.

-La 2ème Division Légère Mécanique (2ème D.L.M.) dispose d’une 3ème brigade légère mécanique (13ème régiment de dragons, 29ème régiment de dragons), d’une 4ème brigade légère mécanique (8ème régiment de cuirassiers 1er régiment de dragons portés) et du 71ème régiment d’artillerie tractée tout terrain.

Ils’agit ici des unités principales, ces divisions disposent bien entendu d’unités de soutien et d’appui en complément des régiments.

-Deux brigades de spahis

-La 1ère brigade de spahis stationnée à Compiègne dispose du 4ème régiment de spahis marocains et le 6ème régiment de spahis algériens.

-La 2ème brigade de spahis stationnée à Orange dispose du 7ème régiment de spahis algériens et du 8ème régiment de spahis algériens.

Ces unités montées restent en l’état en dépit de projets de motorisations, ces deux brigades auraient pu former une nouvelle DLM. Maintenues comme gage aux partisans de la cavalerie, le général Villeneuve décide à l’été 1948 de les transformer en unités mécaniques sous une forme non définie mais le déclenchement de la guerre reporte ce projet sine die.

21-Armée de terre (22)

Les unités de cavalerie

Un long chemin et un big-bang organisationnel

Schneider CA1 et Saint Chamond (ci-dessous), les premiers chars français

Schneider CA1 et Saint Chamond (ci-dessous), les premiers chars français

Char Saint Chamond

Si les anglais furent les premiers à utiliser le char d’assaut en 1916, la France eut un impact décisif dans ce domaine à l’aide d’abord des médiocres Saint Chamond et Schneider puis à l’aide du char de la victoire, le Renault FT souvent connu de manière erronée sous le nom de FT-17.

Le "char de la victoire" Renault FT en version canon de 37mm

Le « char de la victoire » Renault FT en version canon de 37mm

Les premiers chars français engagés furent les Schneider et les Saint Chamond le 17 avril 1917 à Berry-au-Bac dans le cadre de l’offensive du Chemin des Dames, une nouvelle tentative pour obtenir la percée tant recherchée.

Ce fût un véritable désastre. Sur un terrain difficile, sous les coups de l’artillerie allemande, 76 chars furent détruits dont 57 avaient brûlé, les chars emportant une grande quantité de matières inflammables qui transformaient ces chars en véritables torches sur chenilles. L’échec des «gros» donna sa chance aux petits Renault FT qui répondaient à une autre conception mais qui avait la particularité d’avoir également pour père le général Estienne.

le général Estienne

le général Estienne

Aux «cuirassés terrestres», on préférait désormais le «fantassin blindé», le char-canon ou le char mitrailleur qui avec ces deux hommes devaient se couler dans le terrain et soutenir au plus près l’infanterie pour éliminer les obstacles et lui permettre d’occuper le terrain sans se faire hacher par les mitrailleuses, les barbelés et les obstacles.

Le Renault FT produit à 4517 exemplaires (de 1917 à 1919 puis des compléments jusqu’en 1927) fût le véritable «char de la victoire», symbolisant le char d’assaut et son rôle dans l’esprit de l’armée française ce qui désabusa son concepteur, le général Estiennes pour qui le char léger n’avait aucun avenir.

Le premier conflit mondial terminé, se posa la question en France de l’avenir de la motorisation et de la mécanisation des armées. Bien que vaincue, l’armée allemande pouvait redevenir une menace et devant la lenteur d’une mobilisation, l’idée de disposer d’éléments mécaniques pouvant se porter rapidement sur le Rhin (ou en Rhénanie jusqu’en 1930) était séduisante.

Le premier à la proposer fût le général Fayolle qui proposa la création de véritables groupements tactiques d’intervention rapide composés d’automitrailleuses et d’autocanons accompagnés de cyclistes, d’infanterie portée sur camions, de l’artillerie portés sur tracteurs, de chars légers portés sur camions et d’éléments motorisés du Génie.

Ces groupements devaient tronçonner et harceler l’ennemi sans se laisser fixer, les divisions de cavalerie devant se charger de détruire les grandes unités ennemies, le tout avec l’appui de l’aviation.

Dans l’immédiat, ces groupements techniques ne furent pas créés mais de cette étude allait naitre les groupements de reconnaissances de division d’infanterie (GRDI) et leur pendant de corps d’armée (GRCA).

Leur évolution post-guerre de Pologne allait permettre la réalisation du projet du général Fayolle, les GRDI (les GRCA n’existant qu’en temps de guerre) évoluant d’unités de reconnaissance et d’éclairage à de véritables groupement de combat chargés de «sauter à la gorge» de l’ennemi, de contrer ses unités de reconnaissance, de le harceler et de gêner sa progression ou son repli.

De son côté, le général Estienne préconisa la création d’un corps cuirassé autonome, une unité de 20000 hommes, 8000 camions et tracteurs et 4000 chars mais le père des chars ne fût pas entendu du moins dans l’immédiat, sa vision des troupes de choc sous-entendait une vision offensive qui n’était plus en odeur de sainteté après les ravages du premier conflit mondial.

En 1920, disparu l’Artillerie d’Assaut. Elle avait été créée quand le char français semblait devoir être l’équivalent des chars britanniques, des chars lourds armés de véritables pièces d’artillerie de campagne, le Saint Chamond et le Schneider disposant d’un canon de 75mm modèle 1897.

Le char interallié Mark VIII Liberty

Le char interallié Mark VIII Liberty

Il était d’ailleurs prévu que l’AS mette en œuvre des chars de fabrication britannique, des MkV* armés de canons de 57mm (100 exemplaires commandés mais seulement 77 livrés avant l’armistice, aucun engagé au combat) sans oublier le MkVIII Liberty, le char interallié mais la production de 600 exemplaires rien que pour la France fût annulée en raison de l’armistice.

Le choix du Renault FT comme char standard bouleversait la donne, le cuirassé terrestre qui devait être à la pointe de la percée (laissant l’exploitation à la cavalerie à cheval puis à l’infanterie) justifiait que l’artillerie mette en œuvre ses puissants véhicules mais avec la petite merveille de Billancourt (qui mine de rien imposait l’architecture standard du char moderne avec pilote à l’avant, moteur à l’arrière et compartiment de combat au centre) la donne changea, ce char accompagnait l’infanterie, lui collait au train pour détruire les obstacles.

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Char de forteresse ou de percée FCM 2C

Il devait bien avoir des chars lourds de percée comme le FCM 2C mais ils étaient trop petit nombre pour justifier une quelconque mainmise de l’artillerie qui avait déjà mis au point ses premiers canons automoteurs et automouvants.

D’où la suppression de l’Artillerie d’Assaut remplacée par l’arme des Chars d’Infanterie qui regroupait les chars destinés à soutenir l’infanterie, des véhicules lents et bien protégés mais qui n’étaient pas destinés à mener de folles chevauchés comme la cavalerie de jadis.

La cavalerie justement parlons-en. Cette arme hautement aristocratique, cette arme noble par excellence connaissait une véritable crise existentielle. Les unités à cheval passées les premiers combats de l’été et de l’automne 1914 avaient du admettre leur impuissance face aux tranchées ce qui entraina leur transformation en unités d’infanterie.

Après la fin du premier conflit mondial, les unités à cheval étaient toujours présentes mais leur existence était sérieusement remise en question bien qu’elles pouvaient toujours rendre de précieux services comme la reconnaissance, la découverte, l’exploitation. Elle devait néanmoins s’adapter aux nouvelles formes de guerre au risque de disparaître.

Les divisions de cavalerie au nombre de dix en 1914 tombèrent à six en 1916/17 puis à seulement cinq en 1928 ce qui était mine de rien une part importante dans une armée de temps de paix qui se réduisait comme peau de chagrin avec à terme seulement vingt divisions.

La cavalerie n’avait pas attendu la fin du premier conflit mondial pour faire connaissance avec le «moteur combattant» car dès 1913, on trouvait des automitrailleuses et des autocanons (deux puis trois groupes par DC) ainsi que des groupes de chasseurs cyclistes à raison d’un groupe par division de cavalerie.

On n’assiste donc pas à un big-bang, à une révolution mais plutôt une évolution progressive avec le remplacement des chasseurs cyclistes par des dragons portés, la motorisation du commandement, de l’artillerie, du génie et des services, le tout formant les Division de Cavalerie type 1932.

Cette division était cependant d’un maniement délicat puisqu’elles faisaient cohabiter des éléments à cheval (deux brigades à deux régiments), un groupe d’automitrailleuses, un bataillon de dragons portés et un régiment d’artillerie tout terrain tracté ou RATTT ce qui leur vaut leur surnom de «division pétrole-picotin» ou «cambouis-crotin».

Ce type de division mixte va survivre jusqu’au déclenchement de la guerre de Pologne, faute de mieux ou plutôt faute de moyens voir de réelle volonté alors que l’avenir était clairement aux divisions mécaniques comme les Divisions Légères Mécaniques, la 1ère DLM voyant officiellement le jour le 1er juillet 1935 par transformation de la 4ème division de cavalerie et la 2ème DLM un an plus tard par transformation de la 5ème division de cavalerie de Lyon.

Du côté de l’arme des chars de l’infanterie, l’idée même de divisions de choc interarmes va être nettement plus longue à naitre, une gestion douloureuse et compliquée.

Le scepticisme y est nettement plus grand qu’au sein de la cavalerie. En effet la mission des chars est d’accompagner l’infanterie, de lui offrir appui et protection et non de percer le front et d’entamer une folle chevauchée.

Cela n’empêche pas le général Weygand de mettre sur pied un détachement mécanique de combat composés de chars D1 (14 tonnes, un canon de 47mm et deux mitrailleuses) et des trois premiers chars B (27 tonnes, un canon de 75mm, un canon de 47mm et deux mitrailleuses) qui opère en septembre 1932 au cours des manoeuvres de Champagne. L’expérience est mitigée, les chars ont pris la position ennemie mais faute de soutien d’infanterie, ils ont du se replier.

En 1934, un colonel inconnu, Charles de Gaulle publie un livre intitulé Vers l’armée de métier où il envisage la mise sur pied d’un corps spécialisé composé de soldats de métiers avec six divisions de ligne (un groupe de reconnaissance, une forte brigade de chars avec un régiment lourd, un régiment moyen et un bataillon léger, une brigade d’infanterie à deux régiments plus un bataillon de chasseurs,une brigade d’artillerie à deux régiments + des services) et une division légère type DLM.

Ce projet est rejeté par les parlementaires pour des raisons qui tiennent aussi bien de considérations financières que pour des raisons idéologiques (attachement à l’armée de la conscription) et politiques (crainte que ce corps spécialisé deviennent une garde prétorienne pouvant menacer la république).
La France prend du retard alors qu’en Allemagne sont mises sur pied les Panzerdivision, que des corps blindés sont créés en URSS et qu’en Angleterre, des théoriciens comme Basil Lidell-Hart appellent de leurs vœux la création de divisions blindées.

Néanmoins, la décision de créer des «divisions à base de chars» est prise au moins sur le papier dans le cadre du programme des 14 milliards du 7 septembre 1936.

Néanmoins, l’industrie est bien incapable de suivre pour fournir le matériel nécessaire à moins qu’il n’y ait manqué la volonté d’aboutir car si le matériel parfaitement adapté manquait, qu’es-ce qui aurait empêché de l’expérimenter avec du matériel existant ?

Un parallèle peut être avec l’action du général Flavigny qui batailla pour mettre sur pied les DLM avec le matériel existant _souvent inadapté comme des automitrailleuses semi-chenillées_ en attendant la disponibilité des véhicules adaptés.

La foudroyante victoire en Pologne des panzerdivision est un électrochoc qui achève de convaincre les ultimes sceptiques.

Dès 1938, un groupement tactique d’experience avait été mis sur pied avec quatre bataillons de chars équipés de B1 et de B1bis, deux bataillons de chasseurs portés et un régiment d’artillerie.

C’est à partir de ce groupement que le général Gamelin ordonne la mise sur pied des 1ère et 2ème Divisions Cuirassés de réserve sur un mode sensiblement allégé par rapport aux idées de Charles de Gaulle.

L’arrivée du général Villeneuve va donner un coup de fouet bienvenue à ces unités de chars. Non seulement, il va en créer deux autres en plus des quatre programmées mais il va les créer et les doter d’une puissance supérieure à celle envisagée par le général Gamelin notamment par la mise en service de chars mieux adaptés.

Côté cavalerie, le nombre de DLM est doublé avec la création des 3ème, 4ème et 5ème DLM par transformation des trois divisions de cavalerie type 1932. Trois autres DLM sont ultérieurement créer à partir d’éléments fournis par les trois Divisions Légères Mécaniques sus-nommées.

Formant des Corps de Cavalerie (DLM) et des Corps d’Armées Cuirassés (CAC), ils vont permettre à l’armée française de retrouver de l’allant et du mordant face à une éventuelle agression allemande, la mobilisation partielle n’étant plus nécessaire pour intervenir.

Organisées, dotées d’un matériel performant et d’un doctrine précise, ces divisions n’ont rien à envier aux Panzerdivisionen allemandes.

Reste que la dichotomie est maintenue entre l’arme des Chars de l’Infanterie et le Cavalerie alors que les DLM et des DC sont identiques en terme d’organisation, les DC se distinguant par la présence de chars lourds, l’arme des chars de l’infanterie disposant également de  BCC.

Pour le général Villeneuve, esprit pragmatique si il en est, cette dichotomie est absurde et dès son arrivée à la tête de l’armée, entame le long processus visant à rapprocher «la noblesse» (la cavalerie) et la «roture» (les chars d’infanterie).

Hors de question de passer en force, il va patiemment négocier, accordant des faveurs à l’un ou à l’autre, menaçant l’un et complimentant l’autre. Il révèle un talent certain pour le lobying politique, veillant à ce que ses idées imprègnent les jeunes officiers, les futurs cadres de l’armée dont il élabore les bases dès juin 1940.

Finalement le 1er janvier 1943, un décret du ministre de la guerre fusionne la Cavalerie avec l’arme des Chars de l’Infanterie sous le nom d’Arme Blindée-Cavalerie (ABC) qui installe son école à Saumur, reprenant l’essentiel des traditions de la défunte cavalerie.

Après ce long exposé, nous allons maintenant entrer en détail en parlant de l’organisation des différentes unités de la cavalerie, des chars de l’infanterie puis de l’arme blindée-cavalerie.

D-Armée de terre une profonde métamorphose : l’armée villeneuvienne (4)

Les «chars» en service en septembre 1939

Renault FT équipé d’un canon de 37mm SA-18

*En septembre 1939, un nombre considérable des Renault FT sont encore en service puisque dix BCC sont encore équipés de ce vénérable petit char qui à été en partie réarmé, les Hotchkiss de 8mm ayant été généralement remplacés par des MAC 34 de 7.5mm.

Rapidement pourtant, les chars FT vont être retirés des unités de première ligne et les dix BCC encore équipés du petit char Renault vont être réarmées avec des Renault R-35 (quatre) des Renault R-40 pour  trois d’entre-eux et des Hotchkiss H-39 pour les trois derniers.

Une poignée de FT  restent utilisés pour l’entrainement et des missions de sûreté notamment la protection des bases aériennes contre des parachutages.

Renault R-35

*Le Renault R-35 est issu d’un programme lancé en 1933 pour remplacer les FT dans des missions de soutien d’infanterie. Il va équiper en métropole  vingt-un BCC soit un total de 945 exemplaires en service plus d’autres au Levant et en Afrique du Nord pour un total de 1460 exemplaires produits. A cela s’ajoute des véhicules exportés : 40 exemplaires en Roumanie, 50 exemplaires en Pologne (avant la chute de ce pays, le deuxième lot équipant le 68ème BCC)100 exemplaires en Turquie et 50 exemplaires en Yougoslavie.

Ils restent largement en service jusqu’en septembre 1945 quand commence leur remplacement par des chars plus modernes même si en septembre 1948, huit BCC sont encore équipés de R-35, trois en métropole et cinq en Afrique du Nord.

*Une version améliorée du R-35 est produite. Baptisée R-40, il va rééquiper trois bataillons précédemment équipés de FT-17 soit un total de 180 exemplaires en ligne auxquels s’ajoutent des chars de réserve ainsi que 48 exemplaires pour la Belgique, 16 exemplaires pour les Pays Bas (qui vont en tirer une version indigène) et 48 exemplaires pour l’armée polonaise libre (deux bataillons équipés). Ce char était encore en service en septembre 1948.

*Un autre char de soutien d’infanterie issu du programme de 1933 est le Hotchkiss H-35. Ce char va équiper les Divisions de Cavalerie, les Divisions Légères Mécaniques et deux BCC pour une production totale de 400 exemplaires.

Char considéré comme raté, la production est rapidement arrêté et décision est prise de le remplacer par un autre modèle, un modèle notablement amélioré, le Hotchkiss H-39.

Au sein des DC et des DLM, il va être remplacé par des Somua S-40 pour unifier l’équipement de ces divisions, les H-35 équipant deux BCC vont être remplacés par le H-39 (pour un d’entre eux, le second étant dissous), ce dernier qui équipait déjà quatre BCC et va également équiper trois BCC précédemment armé de FT-17 soit in fine un total de dix BCC armés de H-39 (huit au sein des DCR et deux non endivisionnés). Il va également équiper les GRDI en remplacement des AMR.

1550 exemplaires de ce char vont être construits pour la France et pour l’export jusqu’en mars 1947 car ce char est choisit pour être un char interallié. La Grande Bretagne va en recevoir 32 exemplaires armés d’un canon de 2 pouces, la Pologne 93, la Turquie 2 exemplaires, la Grèce 135 exemplaires et la Yougoslavie 135 exemplaires.

.Les H-39 des DC (DCR jusqu’en 1943) sont progressivement remplacés par des Renault G1R à canon de 75mm mais les autres restent en service.

FCM-36 descendant d’un camion

*Le FCM-36 est un char léger très moderne en 1939, son moteur diesel lui confiant une autonomie bien plus importante que celle des Hotchkiss et Renault équipés de moteurs essence. Leur coût fait que seulement 100 exemplaires sont produits pour équiper deux bataillons de chars de combat, une commande supplémentaire de 100 exemplaires étant annulée en septembre 1939 pour rationaliser la production de chars et permettre aux FCM de se concentrer sur la production massive de B1bis.

Les 4ème et 7ème BCC sont équipés de char jusqu’en septembre 1946 quand il est remplacé par une version améliorée du FCM-36. Baptisée FCM-42, elle reçoit un canon de 47mm SA-37, un moteur diesel plus puissant et une suspensions améliorée.

Renault D-2

*Le char puissant D2 considéré tantôt comme un char moyen tantôt comme un char léger. Il équipe un unique bataillon, le 19ème BCC, ce char puissant étant néanmoins remplacé par le Hotchkiss H-39 dès septembre 1941 pour unifier l’équipement des BCC légers de la 4ème Division Cuirassée.

Somua S-35

*Le char le plus efficace de l’armée de terre en septembre 1939 est sans contestation possible le Somua S-35, un char de 19.5 tonnes rapide, bien armé (canon de 47mm capable de détruire tous les chars allemands de l’époque) et bien protégé avec néanmoins deux défauts majeurs : l’absence de radio et une tourelle monoplace, vrai plaie pour les chars français de l’époque.

Ce S-35 officiellement connu sous le nom de Automitrailleuse de Combat (AMC) va ainsi équiper les 1ère, 2ème, et 3ème (ex-1ère DC) à raison de deux GE (Groupes d’Escadron) par division soit un total de 288 AMC en ligne plus 112 en réserve.

Après 451 exemplaires produits, le S-35 est remplacé par le S-40  sur les chaines de montage, cette version se distinguant par un moteur plus puissant et une radio.

L’armée de terre dispose également de chars lourds, un char de bataille et un char de percée, le premier étant baptisé B1 avec ses variantes B1bis et B1ter alors que le second est le FCM-2C.

Commençons par le fleuron le Char B1bis. Véritable cuirassé roulant avec un canon de 75mm en casemate et un canon de 47mm en tourelle, c’est le char de percée par excellence.

Parfaitement adapté au rôle ancien des DCR, il l’est moins pour le nouveau rôle attribué aux DC notamment la percée du front et son exploitation immédiate. De plus, sa fabrication longue et couteuse est fort peu adaptée à une industrie cherchant à produire vite, bien et au coût le plus faible possible.

En septembre 1939, quatre bataillons de chars de combat sont équipés de B1bis soit un total de 136 chars en service. Deux autres bataillons sont mis sur pied durant la guerre de Pologne portant le nombre de véhicules en ligne à 204 exemplaires.

Ces six bataillons vont intégrer les trois premières DCR au sein d’une demi-brigade de deux bataillons. Deux autres bataillons sont ultérieurement mis sur pied pour armer la 4ème DCR portant le nombre de véhicules en ligne à 272 exemplaires.

Ces huit bataillons totalisent donc en ligne 272 chars en ligne auxquels s’ajoutent les chars produits pour la Grande Bretagne (75 exemplaires livrés entre juillet 1940 et janvier 1941) ainsi que 120 chars gardés en réserve pour l’entrainement, l’instruction et un volant de fonctionnement soit un total de 467 B1bis auxquels s’ajoute 34 B1 soit un total général de 501 chars produits.

Huit bataillons de quartier général sont mis sur pied au printemps-été 1942 pour servir de réserve stratégique. Dans l’idée de ces concepteurs, ces bataillons doivent servir de pompier en cas de percée sur le front ou d’appuyer notre propre percée. Ces huit bataillons sont équipés d’un total de 272 B1ter, bataillons indépendants bien qu’un temps on envisagea de créer des brigades ou des divisions.

La production du B1ter s’arrête en juin 1943, les chaines libérées étant consacrées à la production d’un nouveau char lourd, baptisé ARL-44.

FCM 2C

*Le char de rupture FCM-2C est le char le plus lourd de l’armée de terre en septembre 1939 avec ses soixante-dix tonnes en ordre de combat. Issu de l’expérience du premier conflit mondial, il est construit à dix exemplaires mais seulement huit sont encore en service au 51ème BCC. Ces chars vont être remplacés par douze FCM F-1 livrés jusqu’en février 1944.