5-Artillerie et systèmes d’armes de la marine nationale (3)

C-Artillerie légère (25 à 100mm)

Canon de 100mm modèle 1925

Schéma du canon de 100mm modèle 1925

Ce canon est le premier canon de ce calibre développé après guerre. Il va équiper les sous-marins de 1500 tonnes et les pétroliers de classe Mékong (Mékong Niger Elorn Var). Ce canon de 45 calibres tire des obus de 14.5kg à une distance maximale de 15000m à raison de huit coups par minute.

L’affût SMCA (Sous-marin Contre-Avions) modèle 1925 pèse 7.5 tonnes et permet au canon de pointer de 0° à +70°, la dotation en munitions étant de 100 coups pour les Requin et de 150 coups pour les Pascal.

 

Le sous-marin Casabianca équipé du canon de 100mm modèle 1925

L’affût CA modèle 1925 pèse 10 tonnes puisqu’il est muni d’un bouclier en acier léger et permet au canon de pointer en site de -10° à +70° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 10° par seconde, la dotation en munitions étant de 100 coups par canon soit un total de 200 obus.

Canon de 100mm modèle 1927

Transport d’hydravions Commandant Teste. Les canons de 100mm modèle 1927 sont clairement visible sur le bloc-passerelle

Le canon de 100mm modèle 1927 est une version améliorée du précédent. Il est utilisé sur le transport d’hydravions Commandant Teste sur un affût modèle 1927 pour le tir contre-avions et par les torpilleurs de classe Melpomène sur un affût ne permettant pas le tir contre-avions, donnant naissance au modèle 1932.

Ce canon de 45 calibres tire des obus de 14.95kg à une distance maximale de 15000m (+34°) à raison de dix coups par minute.

L’affût simple sous bouclier modèle 1927 permet au canon de pointer en site de -10° à +85°. La dotation en munitions est de 280 obus par canon soit un total de 3360 obus de 100mm dont 480 obus éclairants et 120 obus traçants.

L’affût simple modèle 1932 permet au canon de pointer en site de -10° à +34° et en azimut sur 135° avec 75 coups par canon soit 150 obus pour les Melpomène.

 Canon de 100mm modèle 1930 et 1932

Canons de 100mm modèle 1930 du cuirassé Richelieu. Photo prise à Dakar lors de la première école à feu du cuirassé sur le polygone de Rufisque

Ce canon est spécifiquement dévellopé pour le croiseur lourd Algérie qui va disposer de douze canons en six affûts doubles modèle 1931.

Au final, le cuirassé Lorraine va aussi recevoir quatre affûts doubles mais ces affûts quittent le bord lors de son entrée en reconstruction, remplaçant deux tourelles triples de 152mm à bord du Richelieu à cause d’une mise au point interminable des tourelles de 152mm qui se révélent inaptes au tir contre avions.

Ce canon modèle 1930 est un canon de 45 calibres tirant des obus de 15kg à une distance maximale de 15800m (+45°) et de 10000m en tir contre-avions (+80°) à raison de 10 coups par minute. L’affût double modèle 1931 pèse 13.5 tonnes permettant au canon de pointer en site de -10° à +80° et en azimut sur 80° de chaque côté. La dotation en munitions est de 180 coups par canon soit un total de 2160 coups.

Le canon de 100mm modèle 1932 est une version améliorée du modèle 1930 mais ces performances sont similaires au précédent. Il équipe les croiseurs de classe De Grasse, les torpilleurs légers de classe Le Fier et Colonie, les aviso-dragueurs type Elan et Chamois, les canons étant embarqués en affûts doubles modèle 1937, ce dernier pesant 29.8 tonnes et permettant aux canons de pointer en site de -10 à +90° et en azimut sur 80°.

Les corvettes classe La Malouine sont également équipés de canons de 100mm modèle 1932 montés en affûts simples modèle 1939, ce canon avec cet affût n’équipant les six premières corvettes qu’ultérieurement, leur armement d’origine étant le canon de 100mm modèle 1927 moins performant.

Canon de 100mm modèle 1934

Le sous-marin de 800 tonnes de classe Aurore disposait d’un canon de 100mm modèle 1934

Ce canon est spécifiquement développé pour les sous-marins de classe Aurore, Émeraude et Rolland Morillot. Ce canon est un canon 34 calibres tirant des obus de 15kg à une distance maximale de 15000m à raison de 8 coups par minute.

L’affût SMCA modèle 1934 permet au canon de pointer en site de -10 à +85° et en azimut sur 90° de chaque côté. La dotation en munitions est 150 coups pour les Émeraude et les Aurore et de 200 coups pour les Rolland Morillot.

Canon de 90mm modèle 1926

Canon de 90mm modèle 1926 en affût double sur le croiseur léger La Marseillaise

Ce canon antiaérien aux performances comparables au célèbre «88» allemand est développé en premier lieu pour les croiseurs lourds Colbert et Foch (affûts simples) et Dupleix (affûts doubles) avant d’équiper également le mouilleur de filets Gladiateur, le ravitailleur de sous-marins Jules Verne plus le croiseur léger Emile Bertin, ses dérivés de classe La Galissonnière et les chasseurs de sous-marins.

Affût double de 90mm installé sur le croiseur léger Emile Bertin

Suite à l’abandon du 75mm, le canon de 90mm va équiper les croiseurs lourds Duquesne Tourville Suffren ainsi que les Duguay-Trouin.

Ce canon de 50 calibres tire des obus de 18kg à une distance maximale de 15440m en tir antisurface (site +45°) et de 10600m en tir antiaérien (site +80°) à raison de 12 à 15 coups à la minute.

L’affût contre-avions double (CAD _Contre-Avions Double) peut pointer en site de -7° à +80° et en azimut de 20° à +180° sur chaque bord alors que les deux affûts contre-avions simples (CAS _Contre-Avions Simple) peuvent pointer en site de -7° à +80° et en azimut de 15° à +165° sur chaque bord.

Canon de 75mm modèle 1897-15 sur affût modèle 1925

Canon de 75mm installé sur le torpilleur d’escadre Tempête (classe Bourrasque)

Le «75» est le véritable couteau suisse de l’artillerie française. A l’origine simple et redoutable pièce de campagne, elle devint également canon de char, canon antiaérien et même canon antichar. La marine ne pu passer à côté et s’équipa de canons de 75mm pour différents usages.

Le canon de 75mm modèle 1897-15 sur affût SMCA modèle 1925 arme les premiers sous-marins de 2ème classe et les sous-marins mouilleur de mines. Ce canon de 50 calibre tire un obus de 5.9kg à 15000m à raison de 12 coups par minute. Le sous marin dispose de 150 coups dont 30 imméditatement prêt au tir et 120 en soute. L’affût peut pointer en site jusqu’à +70° ce qui permet le tir contre-avions.

Ce canon non spécifiquement conçu pour le tir contre-avions sera ultérieurement remplacé par le canon de 75mm modèle 1928, une adaptation aux sous-marins du modèle 1922, le premier canon de 75mm spécifiquement conçu pour la défense contre-avions.

Canon de 75mm modèle 1922

Ce canon de 75mm est donc le premier canon ce calibre à être conçu pour la défense contre-avions et pour cela embarque sur les cuirassés de classe Bretagne (huit pièces), sur le porte-avions Bretagne (six pièces), les croiseurs lourds Duquesne, Tourville et Suffren (six pièces),les croiseurs légers Duguay-Trouin, Primauguet, Latouche-Treville et Jeanne d’Arc (quatre pièces), les Jaguar (deux pièces) et les Bourrasque (une pièce).

Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 8 à 15 coups par minute. L’affût simple permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions est de 125 coups par canon soit un stock global allant de 500 à 1000 coups.

Les Bretagne ont perdu leurs canons lors de leur reconstruction puisqu’ils réapparurent avec des canons de 130mm à double usage en remplacement des canons de 75 et de 138mm. Si le Béarn à conservé ces canons jusqu’à son désarmement la Jeanne d’Arc, les Duquesne, Tourville et Suffren remplacèrent leurs six canons de 75mm par six canons de 90mm en six affûts simples

Canon de 75mm modèle 1928

Le sous-marin Argonaute était équipé d’un canon de 75mm sur la plage avant

Ce canon est une adaptation du canon modèle 1922 pour les sous-marins. Il arme pour la première fois les sous-marins de 2ème classe de type Amirauté avant de réarmer les sous-marins de 2ème classe et les sous-marins mouilleurs de mines équipés de canons de 75mm modèle 1897-15.

Ce canon de 50 calibres tir des obus de 6 kilos à 15000m avec un plafond de 7500m à raison de 8 à 15 coups par minute. L’affût simple permet au canon de pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions est de 300 obus pour les sous-marins de 2ème classe et de 150 pour les sous-marins mouilleurs de mines.

Canon de 37mm modèle 1925 et modèle 1933

Canon de 37mm modèle 1925

Ces canons de 1.46 pouces sont les principaux canons antiaériens légers de la marine nationale en juin 1940.

Le canon de 37mm modèle 1925 est un canon de 60 calibres tirant un obus de 0.725kg à 8000m avec un plafond de 5000m à raison de 20 coups par minute. Ces deux canons peuvent pointer en site de -15° à +80°. La dotation en munitions est de 500 coups par pièce.

Le Canon de 37mm modèle 1933 était en réalité deux canons de 37mm modèle 1925 monté sur un même affût

Le canon de 37mm modèle 1933 est un canon de 50 calibres tire des obus de 0.7kg à une distance maximale de 5000m (8000m en théorie) à raison de 15 à 21 coups par minute. L’affût double permet à ce canon de pointer en site de -15° à +80° et en azimut sur 360°.

Ces canons sont dépassés en juin 1940 et sont remplacés soient par des canons Schneider modèle 1941 installés à plat pont avec munitions en parc pour les unités légères (torpilleurs, contre-torpilleurs………) ou des canons de 37mm ACAD (Automatique Contre-Avions Doubles) modèle 1935 pour les plus grosses unités.

Canon de 37mm ACAD modèle 1935 et ACAQ modèle 1943

Canon de 37mm ACAD modèle 1935 monté sur le vieil aviso Amiens lors des tests.

Lors de la guerre de Pologne, les escorteurs français ont souffert de ne pas disposer d’une DCA moderne en cas d’intervention de la Luftwafe ce qui ne fût heureusement pas le cas. Ce n’était pourtant pas faute d’y consacrer du temps, de la matière grise et de l’argent.

Cette intense recherche aboutit enfin en 1941 avec la production des premiers affûts ACAD (Automatique Contre-Avions Double) modèle………..1935 qui sont installés en priorités sur les nouveaux cuirassés et croiseurs de bataille à raison de cinq ou six affûts doubles.

Ce système d’arme extrêmement novateur est cependant lourd et encombrant ce qui interdit son installation en nombre sur des unités plus légères comme les contre-torpilleurs ou les torpilleurs d’escadre.

Une version quadruple _l’ACAQ modèle 1943_ est mise au point et sera installée sur les Alsace, le Commandant Teste et au cours du conflit sur les autres unités.

Le canon de 37mm modèle 1935 est un canon de 70 calibres tirant des obus/projectiles de 816g à une distance maximale théorique de 8000m à raison de 165/172 coups par minute. L’affût double ACAD pèse 8070kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360°. . La dotation en munitions est classifiée. L’affût quadruple ACAQ pèse 1100kg et peut pointer en site de -10° à +85° et en azimut sur 360°. . La dotation en munitions est classifiée.

Canon de 37mm Schneider modèle 1941.

Canon Schneider de 37mm. C’est de ce canon terrestre que fût mis au point le canon de 37mm modèle 1941

Pendant que le STCAN (Service Technique des Constructions et Armes Navales) s’acharnait à développer le système ACAD, la firme Schneider décidait de prendre le contre-pied des services officiels en décidant de développer un canon simple, facile à produire et installable sur la plupart des navires de la marine sans qu’il y ait besoin de gros travaux.

Les services officiels voient naturellement cela d’un très mauvais œil et donnent un avis défavorable mais l’amiral Darlan passe outre et autorise la construction de quatre prototypes qui sont prêts en juillet 1940.

Après plusieurs semaines d’essais intensifs, la marine passe commande de 180 canons qui sont installés d’abord sur un affût simple, l’affût double n’étant prêt qu’en 1942 et l’affût quadruple qu’en 1944.

Le canon de 37mm modèle 1941 est un canon de 60 calibres tirant des obus/projectiles de 900g à une distance maximale théorique de 6800m à raison de 150 coups par minute. L’affût double peut pointer en site de -10° à +90° et en azimut sur 360°. La dotation en munitions est classifiée.

A l’usage, les performances du Schneider se révéleront moins brillantes que celle de l’ACAD considéré comme la «Rolls» des pièces de DCA légère mais la pièce Schneider se révélera plus endurante.

Comme le dira un canonnier du Strasbourg (équipé de l’ACAD) qui avait auparavant servit à bord du torpilleur d’escadre Le Hardi (équipé du Schneider) «la pièce de DCA légère idéale devra combiner les performances de l’ACAD avec l’endurance et la robustesse du Schneider.

Canon de 25mm Hotchkiss modèle 1940

Schéma du canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40

Outre les canons de 37mm, la DCA légère française était essentiellement composée de mitrailleuses de 8 et de 13.2mm de la firme Hotchkiss dont les performances étaient de moins en moins en corrélation avec ceux des avions ennemis potentiels.

La marine nationale décide de remplacer ses mitrailleuses par un canon léger. Le 37mm étant trop gros pour remplacer nombre pour nombre les mitrailleuses, la Royale chercha un canon plus léger, étudiant l’Oerlikon suisse de 20mm avant finalement de choisir comme l’armée de l’air le canon de 25mm Hotchkiss, canon qui outre les navires sera utilisé à terre pour la protection antiaérienne des bases.

Le canon de 25mm Hotchkiss modèle 1939/40 est un canon de 77 calibres tirant ses projectiles à une distance maximale de 7500m (pratique : 3500m) à raison de 250/300 coups par minute (350 à 400 coups pour le modèle 1940) avec des boitiers-chargeurs de 15 coups.

Les torpilleurs d’escadre reçoivent généralement des canons de 25mm en affût simple à raison d’un canon pour deux ou trois mitrailleuses mais les navires plus gros reçoivent des canons de 25mm en affûts doubles (contre-torpilleurs, croiseurs légers et lourds) ou quadruples (cuirassés, porte-avions).

Mitrailleuses

Deux modèles de mitrailleuses sont en service sur les navires de la marine nationale en juin 1940 : la vieille Hotchkiss de 8mm déjà utilisé durant le premier conflit mondial et les plus modernes Hotchkiss ou Browning de 13.2mm.

La mitrailleuse de 8mm Hotchkiss modèle 1914 tire des cartouches de 13 grammes utilisés en bandes rigides de 24 cartouches ou en bandes articulées de 250 cartouches. La portée maximale est de 2400m. Elle est utilisé en affûts simples ou en affûts doubles modèle 1916, les deux mitrailleuses étant alors superposées.

Schéma de la mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 en affût double

La mitrailleuse de 13.2mm Hotchkiss modèle 1929 dispose d’un canon de 76 calibres ayant une portée maximale de 3500m, une cadence de tir pratique de 250 coups/minute (lié au système d’alimentation, des boitiers chargeurs de 30 cartouches). Elles sont montées en affûts simples, doubles ou quadruples.

La mitrailleuse de 13.2mm Browning était à l’origine une arme en calibre 12.7mm rechambrée par la Fabrique Nationale d’armes de Herstal en Belgique suite à des marchés passés en 1939 et 1940. Elle est alimentée à bandes de 500 cartouches avec un débit de 1000 coups par minute et une portée efficace de 2000m. L’arme est utilisé en affût simples.

Le remplacement des mitrailleuses par des canons pour la DCA n’entraine pas la fin de la présence des mitrailleuses à bord des navires. Les plus grosses unités vont conserver plusieurs mitrailleuses lourdes pour la protection rapproché des espaces sensibles, les unités les plus légères conservant une ou deux mitrailleuses de 8mm pour la protection au mouillage, ces mitrailleuses étant ultérieurement remplacés par des mitrailleuses de 7.5mm. A noter que les compagnies de débarquement disposaient généralement d’un ou deux fusils-mitrailleurs Chatellerault MAC 24/29.

D-Torpilles

En juin 1940, la marine nationale dispose de deux calibres de torpilles : la torpille de 550mm pour les navires de surface et les sous-marins et la torpille de 400mm pour les sous-marins et les avions et les hydravions.

Les torpilleurs d’escadre utilisent principalement des torpilles de 550mm modèle 1919D longues de 8.22m avec une charge militaire de 237 ou 250 kg et une portée comprise entre 6000m à 35 noeuds et 14000m à 26 noeuds.

Ils utilisent également des torpilles modèle 19V longues de 6.60m pesant 1385kg avec une charge militaire de 238kg et une portée comprise entre 2000m à 42 noeuds et 4000m à 35 noeuds.

Les contre-torpilleurs et les croiseurs (légers et lourds) utilisent des torpilles de 550mm modèle 1923DT pesant 2068kg avec une charge militaire de 310kg. Mesurant 8.280m de long, elles peuvent atteindre des cibles entre 9000m à 39 noeuds et 13000m à 35 noeuds.

Les sous-marins utilisent des torpilles de 550mm modèle 1924V et M pesant 1490kg avec une charge militaire de 310kg. Mesurant 8.280m de long, elles peuvent atteindre des cibles entre 3000m à 45 noeuds et 7000m à 35 noeuds.

Les sous-marins et les aéronefs utilisent également des torpilles de 400mm modèle 1926. Pesant 674kg dont une charge militaire de 144kg, ils mesurent 5.140m et peuvent atteindre des cibles entre 2000m à 44 noeuds et 3000m à 35 noeuds.

Les nouveaux sous-marins ne disposent plus de tubes lance-torpilles de 400mm, le calibre étant unifié à 550mm. Désormais seuls les aéronefs et les vedettes lance-torpilles disposeront de torpilles de 400mm.

En 1944, une nouvelle torpille de 550mm est mise en service, une torpille propulsée par un moteur à oxygène sans sillage. Elle pèse 1900kg avec une charge militaire de 280kg, mesurant 7.90m de long avec une portée variant de 9000m à 48 noeuds à 15000m à 30 noeuds.

Cette torpille est d’abord utilisée par les navires de surface avant d’être adaptée aux sous-marins en 1947 ce qui n’empêchera pas les sous-mariniers français de regretter les bonnes vieilles torpilles modèle 1924V et M plus fiables.Il est à noter que les autres belligérants ont connu d’importants problèmes avec leurs torpilles. 

Les aéronefs et les vedettes lance-torpilles vont mettre en œuvre une torpille à la technologie semblable, le modèle 1946. Pesant 720kg dont une charge militaire de 160kg, elles mesurent 5.50m et peuvent atteindre des cibles entre 2000m à 45 noeuds et 5000m à 25 noeuds.

E-Mines et Armes ASM

Mines

En juin 1940, la marine nationale dispose uniquement de mines à orin fournies par trois constructeurs : Bréguet (B), Sautter-Harié (H et HS pour sous-marins).

Bréguet a fournit cinq modèles (B1 à B5) dont la charge militaire est respectivement de 60, 100,110,80 et 220kg.

Sautter-Harié à fourni cinq modèles H1 H3 H4 H5 H6 et H7 dont la charge militaire est de 80kg (H1), 110kg (H3) 220kg (H4 H5) 300kg (H6) et 100kg (H7).

La firme précédemment cité à fourni pour les sous-marins les HS1 (60kg), HS1M (113kg), HS2 (220kg), HS4 (220kg), HS5 (200kg) et H6 (200kg). Toutes ces mines sont des mines à orin mais en septembre
1942 apparaît une mine magnétique mouillable par avion et sous-marins.

Armes ASM

-Les torpilles Ginocchio sont définitivement débarquées en 1941 et retirées du service

-Grenades sous-marines Guiraud modèle 1922 de 260kg avec une charge militaire de 200kg à mise à feu hydrostatique à 30,50,75 ou 100m de profondeur mais également des grenades de 130.4kg avec 100kg de tolite et de 52kg avec une charge de 35 kilos. Ces grenades sont mises à l’eau par des grenadeurs axiaux ou des projecteurs latéraux.

-De nouvelles grenades ASM sont mises en service en 1943, des grenades de 150kg avec 130kg d’explosif, ces grenades plus légères permettent aux navires d’augmenter leur capacité de 30 à 45%.

Armes Spéciales

Des tests ont été menés en 1939/40 sur des bombes de 50,75 et 125kg munies d’ailettes leur permettant de planer sur plusieurs kilomètres ce qui pourrait permettre aux avions de larguer les bombes hors de la DCA.

Aucune réalisation concrète n’à aboutit tout comme des armes radioguidées même si la recherche se poursuit notamment sous la direction du brillant ingénieur qu’est René Leduc qui travaille parallèlement sur un projet de propulsion révolutionnaire.

Ce n’est pas le cas des roquettes air-air qui lointaines descendantes des fusées Prieur utilisés pour incendier les saucisses allemandes font leur apparition au sein de l’aéronavale au printemps 1947 avec néanmoins une efficacité trop faible pour effacer le scepticisme qui les entourent.

Néanmoins, certains partisans enthousiastes testèrent les roquettes en mode air-sol, rôle dans lequel elles se montrent particulièrement efficaces.

 NdA : encore désolé pour ce changement de police dont j’ignore la raison. Cela me navre car cela gâche un peu le postage de mon uchronie. En espérant que ce problème soit solutionné un jour……. .

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5-Artillerie et systèmes d’armes de la marine nationale (2)

B-Artillerie médiane (entre 130 et 203mm)

Canon de 155 modèle 1921

Canons de 155mm tribord arrière du porte-avions Béarn, canons installés en casemates

Quand la marine nationale se releva du premier conflit mondial, elle se montra plus attentive à reconstituer les forces légères et notamment compenser la carence en terme d’éclaireurs rapides, les croiseurs cuirassés s’étant montrés inadaptés à cette mission.

Elle fit ainsi construire trois croiseurs légers de classe Duguay-Trouin (Duguay-Trouin, Primauguet Lamotte-Picquet) d’environ 8000 tonnes, peu protégés (à tel point qu’on à pu les comparer à de gros contre-torpilleurs sans oublier leur très lourd armement en torpilles avec douze tubes et vingt-quatre engins) et armés de 8 canons de 155mm en quatre tourelles doubles.

Ce canon de 155mm va aussi équiper le porte-avions Béarn à raison de 8 canons en casemates pour lui permettre de contrer une attaque de torpilleurs et le croiseur-école Jeanne d’Arc, une version réduite des Duguay-Trouin avec toujours 8 canons de 155mm en quatre tourelles doubles.

Tourelles doubles de 155mm du croiseur-école Jeanne d’Arc

 Ce canon de 50 calibres (longueur du tube : 7.750m) est muni d’une culasse s’ouvrant vers le haut avec un tube auto-fretté et pesant 8.87 tonnes. Il tire des obus semi-perforants et des obus explosifs de 59kg à une distance maximale de 25000m pour les obus perforants et de 26100m pour les obus explosifs (+40°) à raison de 3 à 6 coups par minute

La tourelle double pèse 80 tonnes et permet aux canons de 155mm abrités de pointer en site de -5° à +40° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 280° (140° sur chaque bord) à raison de 6.4° par seconde.

La dotation en munitions est de 125 coups par canon soit 1000 coups dont 160 coups d’entrainement et 30 coups éclairants.

En 1948, ce canon est encore en service puisque deux des trois croiseurs de classe Duguay-Trouin et le croiseur-école Jeanne d’Arc sont encore en service sans oublier que certains canons du croiseur léger Lamotte-Picquet et du Béarn ont été réutilisés pour la défense côtière à Djibouti pour le premier et en métropole pour le second.

Canon de 152mm modèle 1930

Tourelles triples avant de 152mm du croiseur léger Emile Bertin, premier navire français à être équipé de ce calibre

Le traité de Londres signé le 22 avril 1930 précisait les catégories de croiseurs. Le traité de Washington signé en février 1922 considérait comme croiseur un navire de 1850 à 10000 tonnes armés de canons de 130 à 203mm.

Le nouveau traité divisait cette catégorie en deux : la catégorie B  comprenait des navires de 1850 à 8000 tonnes armés de canons d’un calibre de 155mm et la catégorie A de 8000 à 10000 tonnes armés de canons de 155 à 203mm.

Pour sa nouvelle génération de croiseurs, la France aurait pu conserver le canon de 155mm des Duguay-Trouin mais préfère développer un nouveau canon en se ralliant au 6 pouces des anglo-saxons qui traduit dans le système métrique donnait des canons de 152mm.

Le canon de 152mm modèle 1930 va ainsi équiper l’Emile Bertin  et les six croiseurs de classe La Galissonnière qui disposent tous de neuf canons en trois tourelles triples modèle 1931.

Les cuirassés Richelieu et Jean Bart doivent à l’origine disposer de 15 canons de 152mm modèle 1930 en cinq tourelles triples modèle 1936 pouvant tirer contre-avions mais leur mise au point interminable entraine le débarquement de deux tourelles remplacées par quatre tourelles doubles de 100mm issus du cuirassé Lorraine qui perd ses canons lors de son entrée en refonte plus deux tourelles doubles de la batterie du Niolon à Marseille.

Les canons ainsi débarqués ne sont pas perdus puisqu’ils sont réutilisés pour la défense côtière en remplacement de pièces plus anciennes.

En 1943, le Richelieu perd ses canons de 152mm et de 100mm (réutilisés pour la défense côtière ou utilisés comme réserve) au profit de vingt canons de 130mm modèle 1932 groupés en dix tourelles doubles de 130mm modèle 1936. Son sister-ship Jean Bart qui n’avait reçut à son neuvage que neuf canons de 152mm en trois tourelles triples reçoit ses dix tourelles doubles de 130mm en 1943 à l’occasion d’un petit carénage étoffé.

Les Clemenceau et Gascogne ainsi que les Alsace disposeront dès leur neuvage de dix tourelles doubles du même modèle. 

Les six croiseurs de classe De Grasse vont recevoir neuf canons de 152mm en trois tourelles triples modèle 1938, une version à mi-chemin entre le modèle 1931 et le modèle 1936. On renonce au tir contre-avions mais on améliore certaines fragilités du modèle 1931 et on introduit un soupçon d’automatisation, qui annonce le futur canon modèle 1941 pour les futurs croiseurs légers de type C6.

Le canon de 152mm modèle 1930 est un canon de 55 calibres (longueur du tube : 8.360m) à tube auto-fretté et culasse verticale. Pesant 7.78 tonnes, il tire des obus semi-perforants de 57kg et des obus explosifs de 55kg à une distance maximale de 26960m (+45°) pour les obus semi-perforants et une cadence de tir de 5 à 8 coups selon les conditions météo et l’entrainement des servants.

La tourelle triple modèle 1931 pèse 112 tonnes et permet aux canons de 152mm de pointer en site de -10 à +45° à raison de 8° par seconde et en azimut sur 300° (150° de chaque côté) à raison de 12° par seconde. L’Emile Bertin embarque au total 1300 obus de 152mm et les La Galissonnière 1534 obus de 152mm.

La tourelle triple modèle 1938 pèse 150 tonnes (les 38 tonnes en plus s’explique notamment par le renforcement de la protection) et permet aux canons de 152mm de pointer en site de -10° à +60° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 300° (150° de chaque côté) à raison de 15° par seconde. La dotation en munitions est de 1800 obus de 152mm soit un total de 200 obus par canon.

Canon de 152mm modèle 1941

Après la construction des six De Grasse et du croiseur léger antiaérien Waldeck Rousseau, la marine nationale s’intéressa au futur de sa flotte de croiseur notamment le remplacement des Duguay-Trouin dont notamment le Lamotte-Picquet désarmé en 1946.

Le projet C6 était une évolution des De Grasse en ce qui concerne le flotteur et l’appareil propulsif mais tout était ouvert en ce qui concerne l’armement.

Le C6-1 prévoyait ainsi un armement de 9 canons de 152mm en trois tourelles triples, le C6-2 un armement de 12 canons de 152mm en quatre tourelles triples, le C6-3 un armement de 8 canons de 152mm en quatre tourelles doubles et le C6-4 un armement de 12 canons de 130mm en six tourelles doubles. C’est le projet C6-3 qui est choisit avec un nouveau modèle de canon et un nouveau modèle de tourelle.

Le canon de 152mm modèle 1941 est un canon qui intègre un début d’automatisation qui améliorera considérablement la cadence de tir de ces canons. Des améliorations sont également apportées sur la résistance des tubes. On renoue également avec une capacité de tir contre-avions.

Le canon de 152mm modèle 1941 est un canon de 55 calibres (longueur du tube : 8.36m). Pesant 7.10 tonnes, il tire des obus explosifs et perforants de 59kg à une distance maximale de 22860m (+45°) à raison de 16 coups par minute.

La tourelle double modèle 1941 pèse 130 tonnes et permet aux canons de 152mm de pointer en site de -5° à +85° à raison de 20° par seconde et en azimuts sur 300° à raison de 20° par seconde. La dotation totale en munitions est de 1800 obus de 152mm soit 225 obus par canon.

Canon de 138mm modèle 1910

Le cuirassé Lorraine en 1939. Les canons de 138mm modèle 1910 sont installés en casemates

Ce «vieux canon» est encore présent sur les Courbet et les Bretagne encore en service en juin 1940 même si il termine sa carrière.

Les deux classes de cuirassés disposaient à l’origine de 22 canons en casemates mais ce nombre à été réduit à 14 sur les Bretagne. Ce canon est retiré du service actif par le désarmement des Courbet et la reconstruction des Bretagne qui troquent leurs canons de 138mm contre des 130mm à double usage.

Ce canon de 138mm modèle 1910 est un canon de 55 calibres tirant des obus de semi-perforants de 39.5kg et des obus explosifs de 31.5kg à une distance maximale de 15100m pour les obus explosifs et de 16100m pour les semi-perforants à une élévation de +25° à raison de 5 à 6 coups par minute.

L’affût simple sous casemate permet aux canons de pointer en site de -7° à +25° et en azimut sur 80° de chaque côté. La dotation en munitions est inconnue.

Tout comme les canons de 155 modèle 1920 et les canons de 152mm débarqués du Richelieu et du Jean Bart, les canons de 138mm débarqués des trois Courbet et des trois Bretagne sont réutilisés pour la défense côtière.

Canon de 138mm modèle 1923

Le canon de 138mm modèle 1923 est utilisé par les Guépard comme ici le contre-torpilleur Bison

Ce canon est le canon équipant la deuxième classe de contre-torpilleurs construits après guerre en France, la classe Guépard (Guépard Bison Lion Valmy Verdun Vauban) armée de cinq canons de 138mm en affûts simples sous masque (deux avant, deux arrière et une au centre).

Ce canon va rester en service jusqu’au désarmement des Guépard qui comme les Jaguar mais à la différence des classes suivantes de contre-torpilleurs ne recevront de nouveaux canons de 130mm à double usage.

 Le canon de 138mm modèle 1923 est un canon de 40 calibres (longueur du tube : 5.52m), pesant 4.40 tonnes, tirant des obus de 40kg à une distance maximale de 19000m (+35°) à raison de 5 à 6 coups par minute.

L’affût simple sous masque permet aux canons de pointer en site de -10° à +35° et en azimut sur 150° de part et d’autre. La dotation en munitions globale est de 585 coups dont 85 obus éclairants.

Ces canons là contrairement aux autres ne seront pas réutilisés pour la défense côtière, étant souvent trop usés pour que leur réutilisation soit rentable.

Canon de 138mm modèle 1927

Les contre-torpilleurs classe Aigle (ici l’Albatros) et classe Vauquelin sont équipés du canon de 138mm modèle 1927

Ce canon de 138mm est une version améliorée de la pièce précédente avec une culasse à coin horizontal semi-automatique avec mise à feu automatique.

Ce canon va équiper les contre-torpilleurs de classe Aigle et Vauquelin. Bien qu’efficace et robuste, elle sera remplacée par des canons de 130mm à double usage dans le but d’unifier les calibres des forces légères. Ils connaitront une nouvelle vie pour la défense côtière.

Ce canon de 138mm modèle 1927 est un canon de 40 calibres (longueur du tube : 5.520m) qui tire des obus de 39.9kg à une distance maximale de 16600m (+28°) à raison de 12 coups à la minute (8-10 dans la pratique).

L’affût simple sous masque pèse 13 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -5° à +28° et en azimut sur 300° à raison de 150° de chaque côté. La dotation en munitions est de 1000 coups soit 200 obus par affût plus 75 obus éclairants pour l’affût n°2.

Canon de 138mm modèle 1929 et 1934

Les avisos coloniaux classe Bougainville comme l’Amiral Charner sont équipés de trois canons de 138mm modèle 1929

Le canon de 138mm modèle 1929 est une version améliorée du modèle 1927 et va équiper les six contre-torpilleurs de classe Le Fantasque mais également le croiseur mouilleur de mines Pluton (perdu en septembre 1939) et les avisos-coloniaux de classe Bougainville.

Il se révèle cependant plus fragile que son devancier et généralement considéré comme raté à tel point que les Mogador et Volta recevront un nouveau modèle qui sera lui aussi fort peu réussi.

 Ce canon de 138mm modèle 1929 est un canon de 52 calibres (longueur du tube : 7170m) qui tire des obus de 39.9kg à une distance maximale de 20000m (+30°) à raison de 12 coups par minute (7 en pratique).

L’affût simple sous masque 11.57 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -10° à +30° et en azimut sur 300°. La dotation en munitions est de 240 coups par canon soit un total de 1200 obus de 138mm.

Le contre-torpilleur Volta à la mer

Le canon modèle 1934 est une version étroitement dérivée du modèle 1929 adaptée pour l’emploi sur un affût double. L’affût double peut pointer en site de -10° à +35° et en azimut sur 300° avec un approvisionnement global de 1440 obus soit 180 obus par canon. Une fois remplacés par des canons de 130mm, certaines pièces vont être réutilisés pour la défense côtière.

Canon de 130mm modèle 1919 et modèle 1924

Schéma du canon de 130mm modèle 1919

Le canon de 130mm modèle 1919 équipe jusqu’à leur désarmement les six contre-torpilleurs de classe Jaguar et les douze torpilleurs d’escadre de classe Bourrasque qui s’étale en 1941 et 1945.

Ce canon de 40 calibres tire des obus en acier à fausse ogive de 32kg à 18500m à +36° à raison de 4 à 6 coups par minute.

L’affût simple pèse 12.75 tonnes avec masque et permet aux canons de pointer en site de -10° à +36° et en azimut sur 150° de chaque côté. 

La dotation en munitions est de 440 obus pour les Bourrasque (soit 110 obus par canon) plus 60 obus éclairants à la disposition des affûts II et III et de 1000 obus pour les Jaguar (soit 200 obus par canon) plus 60 obus éclairants pour les affûts II et IV.

Canon de 130mm modèle 1924

Le modèle 1924 est une version améliorée du modèle 1919, tirant les leçons de l’utilisation de ce canons par les navires cités ci-dessus et équipe jusqu’à leur désarmement les quatorze torpilleurs de classe L’Adroit.

L’affût pèse 12.7 tonnes et permet au canon de tirer un projectile en acier chargé en mélinite pesant 32.05kg à une distance maximale de 18750m à +35°.  La dotation en munitions est de 440 obus pour les Bourrasque (soit 110 obus par canon) plus 60 obus éclairants à la disposition des affûts II et III.

 Les moins usés de ces canons ont été réutilisés pour la défense côtière.

Canon de 130mm modèle 1932

Tourelle quadruple de 130mm installée sur le croiseur de bataille Strasbourg

Lors de la conception des Dunkerque, les architectes navals français s’interrogèrent sur l’armement secondaire à y installer.

Il était évident que l’armement en casemates était à proscrire (il s’était révélé souvent inutilisable par mauvais temps car balayé par les paquets de mers) et qu’il devait être installé sur le pont avec munitions en parc ou en tourelles ou pseudo-tourelles.

Là où le STCAN innova ce qu’il choisit un armement secondaire polyvalent pouvant tirer contre-avions et  contre surface.

Elle développa un nouveau modèle de canon qui allait devenir le canon médian de base de la marine nationale. Le canon de 130mm modèle 1932 à une longueur de 45 calibres, avec une culasse monobloc et un tube auto-fretté.

Pesant 3.8 tonnes, il tire des obus perforants de 33.4kg, des obus explosifs en acier de 29.5kg et des obus éclairant de 30kg. La portée maximale en tir antisurface est de 20800m (+45°) et un plafond 12000m en tir antiaérien (+75°) avec une cadence de tir de 10 à 12 coups par minute.

Les 16 canons de 130mm sont répartis en trois quadruples montées à l’arrière (une axiale et deux latérales) et deux tourelles doubles latérales avant.

La tourelle quadruple pèse en ordre de combat 200 tonnes et la double 81.2 tonnes. Leurs performances sont cependant semblables notamment pour l’élévation en site qui va de -10° à +75° à raison de 6° à 8° par seconde mais pour ce qui est de l’azimut, il varie en fonction de la position sur le navire : la tourelle quadruple arrière peut pointer en azimut sur 143°, les tourelles quadruples latérales sur 235° et les tourelles doubles sur 212° à raison pour toutes de 12° par seconde. Les Dunkerque embarquaient un total de 6400 coups de 130mm.

Ce système n’est pas totalement au point en 1940 mais il est considéré comme mature en 1942 notamment grâce aux travaux menés pour la mise au point d’un affût antiaérien amélioré, le modèle 1936 qui va équiper les porte-avions Joffre et Painlevé ainsi que les torpilleurs de classe Intrépide (Le Hardi Mod.) puis les Le Hardi eux même au cours de grands carénages.

Il va aussi équiper tous nos cuirassés que ce soit après reconstruction (les vétérans Bretagne, Lorraine et Provence), lors de grands entretiens ou de grands carénages (Richelieu et Jean Bart) ou dès la construction (Clemenceau, Gascogne, Alsace, Normandie, Bourgogne et Flandre).

Tourelle double de 130mm modèle 1935 installée sur les torpilleurs d’escadre classe Le Hardi

Les huit premiers Le Hardi sont équipés au neuvage du même canon mais suite aux déboires causés par la mise au point de l’artillerie secondaire des Dunkerque, on renonce au tir contre-avions d’où la mise au point de l’affût double modèle 1935 qui permet à ces navires d’être armés de six canons au lieu de quatre pour les Bourrasque et les L’Adroit.

Les tourelles doubles sont construites par la firme Schneider en acier de 20mm d’épaisseur pensant entre 21 et 32 tonnes. Elles permettaient aux canons abrités de pointer en site de -10 à +30° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 300°. La dotation en munitions est de 1020 obus perforants (170 par canon), 60 éclairants (pour la tourelle II) et 193 d’exercices.

L’appui-feu contre la terre entraina le dévellopement d’un obus explosif qui remplaça une partie des perforants et le retour de la possibilité de tirs contre-avions entraina l’apparition au cours du conflit d’obus à fusée de proximité développé en coopération avec les américains et les anglais.

A l’origine les Joffre devaient embarquer les mêmes tourelles doubles que les Dunkerque mais au final, les quatre tourelles doubles de 130mm des premiers vrais porte-avions français seront d’un modèle différent en l’occurence le modèle 1936 qui allait équiper également les cuirassés, les torpilleurs d’escadre, les Mogador/Hoche, les Bayard, les Bruix et en affûts simples les contre-torpilleurs de classe Aigle, Vauquelin et Le Fantasque (modèle 1941). Quand au CLAA Waldeck-Rousseau, il sera équipé de tourelles doubles d’un nouveau modèle, le modèle 1942.

La tourelle double modèle 1936 pèse 90 tonnes en ordre de combat construite avec des plaques d’acier de 25mm. Elle permet aux canons de 130mm modèle 1932 de pointer en site de -15° à +90° à raison de 15° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 20° par seconde. La dotation en munitions est de 400 obus par tourelle soit un total de 1600 coups.

L’affût simple modèle 1941 pèse 13.75 tonnes et permet aux canons de pointer en site de -15° à +85° à raison de 15° par seconde et en azimuts sur 150° à raison de 20° par seconde. La dotation en munitions est de 300 obus par canon soit un total de 1500 obus de combat plus 60 obus éclairants et 80 d’exercices.

La tourelle double modèle 1942 pèse 92 tonnes en ordre de combat construite avec des plaques d’acier de 25mm. Elle permet aux canons de 130mm modèle 1932 de pointer en site de -15° à +90° à raison de 20° par seconde et en azimut sur 150° à raison de 25° par seconde. La dotation en munitions est de 400 obus par tourelle soit un total de 1600 coups.

5-Artillerie et systèmes d’armes de la marine nationale

A-Artillerie lourde (supérieur à 203mm)

Canon de 380mm modèle 1935

Canon de 380mm du cuirassé Richelieu préservé encore aujourd’hui à Brest alors que le cuirassé à été démoli dans les années soixante-dix malgré des tentatives de sauvetage

Quand la marine nationale reprit la construction des cuirassés, elle développa une nouvelle pièce d’artillerie de 330mm pour armer les Dunkerque et Strasbourg qui disposaient de huit canons répartis en deux tourelles quadruples à l’avant (les tourelles quadruples françaises étaient en réalités des tourelles doubles accolées).

L’annonce par l’Italie de la construction de deux cuirassés de 35000 tonnes (Littorio Vittorio Veneto) poussa la France à construire deux cuirassés aux capacités semblables, des navires baptisés Richelieu et Jean Bart.

Il aurait été logique et rentable de reprendre le canon de 330mm mais comme les cuirassés italiens étaient armés de neuf canons de 381mm en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), la France décida de dévelloper un canon de 380mm qui allait devenir l’armement standard des cuirassés français.

Si les Richelieu, Jean Bart et Clemenceau reprennaient la disposition des Dunkerque avec deux tourelles quadruples sur la plage avant, le Gascogne disposait d’une tourelle quadruple à l’avant et d’une tourelle quadruple à l’arrière et les quatre Alsace trois tourelles triples, deux à l’avant et une à l’arrière.

Le canon de 380mm modèle 1935 est construit en acier, auto-fretté et chemisé d’une longueur de 45 calibres pour un poids total de 94.310 tonnes et une longueur de 17.100m de long. La culasse qui s’ouvre vers le haut et le canon est assisté par un système hydro-pneumatique.

Comme pour tous les projectiles de ce calibre, les obus de 380mm des cuirassés français sont composées du projectile et des gargousses. L’obus perforant modèle 1936 pèse 890kg avec une charge militaire de 21.9kg et est propulsé par quatre charges SD21 (poids total 288kg).

Sa portée maximale varie de 10000m (site +5°) à 37800m (41700m théorique) (site +35°), pouvant perforer 249mm à 38000m. La cadence de tir est de 1.3 à 2 coups par minute.

L’annonce par l’Italie de la construction de deux Littorio modifiés armés de canons de 406mm entraina le dévellopement d’un obus superlourd de 980kg dont la mise au point se révéla compliquée en raison de l’usure des tubes puisque les charges propulsives étaient plus importantes.

Ce n’est qu’en 1947 que l’obus fût considéré au point mais ce qui fait dire à un ingénieur ayant travaillé sur cet obus «qu’il y aurait mieux fallu développer un canon de 406mm plutôt que ce maudit projectile».

La mise au point d’un obus explosif de 864kg se révéla plus facile puisqu’il fût prêt dès 1943 après deux ans de recherche et de mise au point. Cet obus évolua durant le conflit, l’obus semi-perforant du début devint presque un obus intelligent en 1951 avec un mécanisme d’horlogerie permettant de choisir quand l’obus explosera.

Les Richelieu, Jean Bart Clemenceau et Gascogne embarquent 832 obus de 380mm

Les tourelles quadruples de 380mm ont été conçues et fabriquées par Saint Chamond. Pesant 2476 tonnes en ordre de combat, la tourelle modèle 1935 permet aux canons de 380mm de pointer en site de -5° à +35° à raison de 5.5° par seconde et en azimut sur 156° (142° pour la tourelle II) de chaque côté à raison de 5° par seconde.

La tourelle triple modèle 1941 fabriquée par Saint Chamond pèse 1700 tonnes en ordre de combat et permet aux trois canons de pointer en site de -5° à +40° à raison de 5.5° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 5° par seconde.

Les Alsace embarquent 1080 obus de 380mm soit 120 projectiles par canons.

Un temps on envisagea de produire des canons supplémentaires pour la défense côtière ou l’artillerie lourde sur voie ferrée (ALVF) mais on préféra y renoncer au profit de canons de 240mm modèle 1944.

Canon de 330mm modèle 1931

Tourelles quadruples de 330mm du croiseur de bataille Strasbourg

Le dernier canon de gros calibre développé par la France était le canon de 340mm modèle 1912 armant les trois Bretagne à défaut des cinq Normandie et des quatre Lyon qui ne furent jamais mis en service.

Quand la conception des cuirassés reprit en France, il aurait été possible de reprendre ce modèle mais cela aurait fait fit des progrès considérables effectués par l’artillerie depuis vingt ans sans parler du poids, trop important pour en concentrer huit sur la plage avant.

Le canon de 330mm modèle 1931 est construit en acier, auto-fretté et chemisé d’une longueur de 52 calibres pour un poids total de 67.535 tonnes et une longueur de 17.170m de long. La culasse qui s’ouvre vers le haut et le canon est assisté par un système hydropneumatique.

Les tourelles de 330mm ont été conçus et fabriqués par l’usine de Saint-Chamond. Pendant 1497 tonnes en ordre de combat, elles permettent aux canons de 330mm de pointer en site de -5° à +35° à raison de 6° par seconde et en azimut sur 166° pour la tourelle I et sur 148° pour la tourelle II à raison de 5° par seconde.

Comme tous les projectiles de cette taille, les obus de 330mm des Dunkerque se compose d’un projectile et de sa charge propulsive composée de quatre gargousses. Le principal obus embarqué sur les Dunkerque est l’obus Opf modèle 1935, un obus dit perforant et de rupture.

Pesant 570kg, il renferme seulement 20kg d’explosif mais cela est largement suffisant puisqu’il doit exploser à l’intérieur non blindé d’un navire. La portée maximale varie de 10000m à +4.3° d’élévation à 41500m à +35° tandis qu’il peut perforer 342mm de blindage à 23000m.

Un autre obus à été également développé, il s’agissait d’un obus explosif (obus Opfk) de 522kg, contenant 63kg d’explosif et destiné aux bâtiments peu protégés et aux bombardements contre la terre. La portée maximale de ce projectile est de 40600m à l’élévation maximale.

Les Dunkerque embarquaient au total de 896 obus de 330mm (sans précision du modèle) répartis entre 456 obus pour la tourelle I et 440 pour la tourelle II et 2400 charges propulsives. La durée de vie du tube de 330mm était de 250 coups.

Canon de 340mm modèle 1912

Tourelles arrières de 340mm du cuirassé Lorraine

Aiguillonnée par la Jeune Ecole, la France tarda à choisir la voie du dreadnought puisque les Courbet n’entrèrent en service qu’en 1913 et 1914.

Pourtant la France avait passé la sur-multipliée dans le programme de 1912 puisqu’elle envisagea de construire trois cuirassés de classe Bretagne, cinq cuirassés de classe Normandie et de quatre cuirassés de classe Lyon.

Ces navires auraient été armés respectivement de 10,12 et 16 canons de 340mm répartis en cinq tourelles doubles pour les Bretagne (deux avant, deux arrières et une centrale), en trois tourelles quadruples pour les Normandie (une avant, une centrale et une arrière) et en quatre tourelles quadruples pour les Lyon (une avant, une centrale et deux arrières).

Sur ce formidable programme, seuls les Bretagne furent construits et mis en service durant le premier conflit mondial. Les trois navires disposaient à l’origine de cinq tourelles doubles de 340mm mais la Lorraine perdit sa tourelle centrale en 1936 et ses deux sister-ship, leur tourelle centrale lors de la reconstruction menée à la fin des années trente et le début des années quarante.

Le canon de 340mm modèle 1912 à une longueur de 45 calibres soit un tube de 15.3m pour un poids de 67 tonnes. Il tire des obus explosifs de 382kg et des obus perforants de 575kg à une distance maximale de 18000m (+18°) pour les obus perforants, portée qui après les différentes modernisation passera à 24000m (+25°). en 1941, un nouvel obus explosif est mis en service, pesant 460kg et pouvant atteindre ces cibles à 27000m à l’élévation maximale.

La tourelle double permet aux canons de pointer en site de -5° à +12° à l’origine (+25° après reconstruction) à raison de 5° par seconde et en azimut sur 150° de chaque, de +30 à +150° de chaque côté pour la tourelle centrale à raison de 7° par seconde.

Les Bretagne embarquaient 100 obus de 340mm par canon soit un total à l’origine de 1000 coups qui à été maintenu après reconstruction en dépit de la perte d’une tourelle double.

Canon de 305mm modèle 1910

Le cuirassé Courbet en 1914

Quand le HMS Dreadnought est apparu, il était armé de 10 canons de 305mm en cinq tourelles doubles. Le canon de 305mm était mis à part la marine allemande le calibre standard des cuirassés quelque soit la marine.

La France ne fit pas exception et tous les pré-dreadnought français étaient armés de canons de 305mm pour leur artillerie principale, généralement quatre en deux tourelles doubles.

Pour s’équiper de cuirassés de type dreadnought, la marine nationale choisit de conserver le canon de 305mm. Les derniers pré-dreadnought à porter le pavillon tricolore, les Danton étaient armés de 4 canons de 305mm modèle 1906 en deux tourelles doubles.

Les premiers dreadnought à porter ce pavillon, la classe Courbet furent eux armés de douze canons de 305mm modèle 1910 en six tourelles doubles, deux à l’avant, deux à l’arrière et deux latérales.

Le canon de 305mm modèle 1910 à une longueur de tubes de 45 calibres (soit une longueur de 13.725m) pour un poids unitaire de 54 tonnes. Il tire des obus explosifs de 308kg et perforants de 432kg à une distance maximale de 26300m pour l’obus perforant (+23°) à raison de 1.5 à 2 coups par minute.

La tourelle double des Courbet pèse en ordre de combat 561 tonnes et permet aux canons abrités de pointer en site de -5° à +23° et en azimut sur 150° de chaque côté. La dotation en munitions est inconnue.

Ce canon si il est encore en service en 1940 ne l’est plus quand éclate la seconde guerre mondiale en 1948 puisque le Courbet, l’Ocean (ex-Jean Bart) et le Paris ont été désarmés et démolis.

Un temps, il fût envisagé de récupérer les tourelles pour les utiliser pour la défense côtière mais ce projet n’eut pas de suite. Il n’est pas impossible que quelques canons de 305mm aient survécu quelques années dans des dépôts.

Canon de 203mm modèle 1924 et modèle 1931

Le croiseur lourd Algérie était équipé de huit canons de 203mm modèle 1931

Le traité de Washington interdit la construction de cuirassés, c’est à dire des navires dépassant 10000 tonnes et armés de canons d’un calibre compris entre 203 et 406mm. En conséquence, tous les pays signataires construisirent des croiseurs appelés tantôt lourds tantôt de 1ère classe de 10000 tonnes (approchant ou dépassant, le tonnage Washington étant suffisamment flou pour permettre des contorsions diverses et variées) armés de 8 à 10 canons de 203mm.

La marine nationale n’échappa pas à cette mode d’autant que notre principal adversaire, l’Italie avait également décidé de se lancer dans la construction de Thinclad battleship à défaut de pouvoir construire de nouveaux cuirassés.

N’ayant pas de canon de ce calibre même d’un modèle plus ancien, la France doit produire un nouveau modèle de canon, le modèle 1924. Ce canon est pour une fois d’une conception simple, un tube auto-fretté de 50 calibres (longueur du tube : 10.15m environ) muni d’une culasse s’ouvrant vers le haut.

Le canon de 203mm modèle 1924 pèse 20.18 tonnes et tire des obus explosifs de 123kg et des obus perforants de 134kg à une distance maximale de 31400m pour les obus perforants (+45°) à raison de 4 à 5 coups par minute.

Tous les croiseurs lourds français qu’il s’agisse du Tourville, du Duquesne, du Suffren, du Colbert, du Foch et du Dupleix disposaient de huit de ces canons de 203mm répartis en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières). Il équipe également le croiseur sous-marin Surcouf qui est armé d’une tourelle double de 203mm.

La tourelle double en question pèse en ordre de bataille 180 tonnes et permet aux canons abrités de pointer en site de -5° à +45° à raison de 10° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 6° par seconde. La dotation en munitions est inconnue.

La tourelle étanche de 203mm du Surcouf pointait sur 135° à chaque bord avec une cadence de tir de 5 coups/minute. Le sous-marin disposait au total de 250 coups.

L’unique croiseur Algérie caractérisé par un pont ras, un bloc-passerelle ramassé et une protection bien supérieure à ses prédécesseurs était armé de huit canons de 203mm modèle 1931 qui étaient quasi-identiques aux précédents.

 Canon de 203mm modèle 1940

La construction des Saint Louis entraina la mise au point d’un nouveau modèle de canon de 203mm, le modèle 1940 puisque que les trois premières pièces sortirent des forges du Creusot en juillet 1940.

Le canon de 203mm modèle 1940 est un canon de 55 calibres à tube auto-fretté (longueur : 11.165m) pesant 17.45 tonnes. Il tire des obus  explosifs de 152kg et des obus perforants de 134kg à une distance maximale de 27480m  pour les obus perforants (+41°).

La tourelle triple modèle 1941 pèse 319 tonnes et permet aux canons avbrités de pointer en site de -10° à +41° à raison de 15° par seconde et en azimut sur 150° de chaque côté à raison de 10° par seconde. La dotation en munitions est de 150 coups par canon soit un total de 1350 projectiles.

Ce canon va également équiper certaines positions de défense côtière.