Dominions (26) Canada (26)

Artillerie

Artillerie de campagne

L’artillerie canadienne était équipée à l’anglaise. Elle disposait uniquement au début du conflit de canons anglais. Ce n’est que durant le second conflit mondial que des pièces américaines seront mises en service. A plusieurs reprises on verra les unités canadiennes utiliser des canons français mais il s’agissait d’une utilisation strictement temporaire et strictement locale.

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Dominions (22) Canada (22)

L’armée canadienne dans le premier conflit mondial

Quand le premier conflit mondial éclate, le Canada n’aligne que 3110 hommes au sein de la milice d’active permanente. Impossible de l’engager en Europe alors que le Canada s’est déclaré en état de guerre avec l’Allemagne dès le 5 août 1914.

Comme la conscription est une bombe politique (acceptable par les anglophones, repoussoir absolu pour les francophones), le gouvernement conservateur décide de faire confiance au volontariat. Comme dans tous les pays les premiers jours voient les volontaires se précipiter aux bureaux de recrutement.

Un premier contingent de 30000 hommes est envoyé dès le mois d’octobre en France après avoir été entraîné au camp de Valcartier à Québec.

Avec le seul volontariat, cinq divisions vont être mises sur pied mais devant les pertes, la conscription devra être mise sur pied en 1917, une mesure globalement acceptée au Canada anglophone mais particulièrement impopulaire au Québec d’autant que les officiers anglophones n’hésitaient pas à mépriser, houspiller leurs soldats francophones.

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Membres du corps expéditionnaire canadien dans la province d’Alberta en 1914

Ces volontaires forment le Canadian Expeditionnary Force (CFE) pendant que la Permanent Active Militia (PAM) devient la Permanente Force (PF), la NPAM conservant son nom.

Tout comme les autres dominions, le premier conflit mondial est un révélateur de l’identité nationale canadienne. Pas étonnant quand un pays perd 10% de ses mobilisés dans un conflit qui concernait davantage l’ancienne métropole coloniale que le Canada lui même.

Aux soldats s’ajoutent 3000 canadiennes qui servent comme infirmières. En ce qui concerne les minorités, il faudra attendre 1916 pour que les Noirs soient autorisés à s’engager, les amérindiens pouvant le faire dès 1915.

Le baptême du feu des troupes canadiennes à lieu lors de la bataille de Neuve-Chapelle où ils doivent couvrir l’avancée de la 1ère Armée britannique mais cette dernière peine à percer.

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Les soldats canadiens ne vont pas tarder à connaitre l’horreur des tranchées

Les troupes canadiennes comprennent très vite qu’un bombardement d’artillerie aussi massif et prolongé soit-il ne peut pas forcément venir à bout d’un réseau de tranchées et de barbelées. Les assauts frontaux vont être aussi coûteux qu’inefficaces mais avant l’apparition du char y-avait-il une réelle alternative ?

En avril 1915, la 1ère division canadienne est envoyée en renfort en Belgique sur le saillant d’Ypres et à son corps défendant va être témoin de la première utilisation avérée des gaz de combat.

Le 22 avril 1915 après la préparation d’artillerie, 160 tonnes de dichlore sont lâchées sur les lignes alliées, entraînant un mouvement de panique, péniblement contenu. Le 24 avril 1915 les canadiens sont clairement visés subissant des pertes épouvantablement lourdes avec 6000 hommes hors de combat dont 2000 morts. Les canucks par leur résistance acharnée vont acquérir une réputation de durs à cuir.

Le pire était cependant à venir avec les combats sur la Somme. Les alliés avaient prévu d’attaquer sur tous les fronts. L’attaque allemande sur Verdun lancée le 21 février 1916 bouscule les plans alliés et l’offensive britannique n’est lancée que le 1er juillet 1916.

Les français espèrent que cette attaque va soulager la pression allemande à Verdun mais lors du premier jour de l’offensive, 57550 hommes sont mis hors de combat.

Le régiment royal de Terre-Neuve (qui à l’époque n’appartenait pas à la confédération canadienne) fût anéanti dès les premières heures de l’offensive (801 soldats tués et blessés _respectivement 255 morts 386 blessés et 91 disparus_sur 865).

Du 3 septembre au 18 novembre 1916, le 22ème régiment d’infanterie (composé de canadiens francophones) intégré à la 4ème division canadienne est engagé, s’emparant du village de Courcellete qu’ils conservent en dépit de violentes contre-attaques allemandes. Quand s’achève la bataille de la Somme, 24029 soldats canadiens ont été tués et blessés.

En 1917 les français décident d’attaquer dans l’Aisne dans la région du Chemin des Dames. Pour attirer ailleurs les réserves allemandes, les britanniques doivent lancer une attaque de diversion dans la région d’Arras.

Vimy_Memorial

Monument de la crète de Vimy. Ce monument fût sévèrement endommagé pendant le second conflit mondial. Repris par les canadiens, les combats furent d’une violence rarement vue sur le front occidental, un prisonnier allemand racontant que les soldats canadiens étaient comme « possédés » lors des combats pour ce monument

Le Corps Canadien doit s’emparer d’une crête dont le nom est devenu dans la mythologie militaire canadienne l’égal de la Marne ou de Verdun pour nous : Vimy. L’attaque commence le 9 avril 1917 après une minutieuse préparation.

Au barrage massif et indistinct qui à vite montré ses limites les canadiens préfèrent un barrage roulant qui avance au rythme des troupes pour protéger leur progression. De plus chaque soldat apprend la composition de son secteur pour éviter les mauvaises surprises. Les quatre divisions s’emparent de la crête en fin de journée non sans pertes (3598 tués, 10602 blessés sur 30000 hommes engagés).

La même année un autre lieu fait son entrée dans la mythologie et la martyrologie canadienne, un village des Flandres belges appelé Passchendaele. Appelée officiellement troisième bataille d’Ypres, elle à lieu de juillet à novembre 1917.

C’est la conséquence de la bataille de Vimy. Le maréchal Haig souhaite couper les lignes de chemin de fer allemandes et détruire les bases sous-marines allemandes implantées sur la côte belge. Le 30 octobre, le Corps canadien relève le corps d’armée australo-néo zélandais qui avait subit de lourdes pertes.

Le général Currie proteste estimant qu’une attaque dans un secteur aussi boueux est une folie et n’aura que pour conséquence que des pertes abominablement lourdes mais Butcher Haig n’y entend rien. Le général Currie doit s’incliner mais prévient que les canadiens vont subir des pertes très lourdes soit 16000 hommes. Il aura tort puisqu’il n’y aura que 15654 soldats mis hors de combat.

Le barrage d’artillerie massif met non seulement la puce à l’oreille des allemands mais en plus les cratères d’obus se remplissent d’eau. Les canadiens toujours appuyés par les australiens et les néo-zélandais subissent de lourdes pertes pour une avancée dérisoire avec 100000 hommes hors de combat toutes unités confondues ! Le village de Passchendaele est finalement pris le 6 novembre 1917 après l’envoi de nombreux renforts.

L’armée canadienne participe également à l’offensive des 100 jours au printemps et à l’été 1918, une succession d’attaques sur l’ensemble du front, une version archaïque de l’art opératif. Au lieu d’une seule attaque massive on multiplie les attaques pour fragiliser le front, pour empêcher l’ennemi de déplacer ses réserves jusqu’à aboutir à la percée que l’on recherche depuis la fin de 1914.

Les canadiens attaquent la région d’Amiens en compagnie de troupes françaises, britanniques et australiennes le 8 août 1918, le fameux «jour noir de l’armée allemande» selon Ludendorff. Après une puissante préparation d’artillerie et l’assaut de 420 chars, les fantassins montent à l’assaut, 10000 canucks faisant partie des troupes d’assaut.

Le premier jour les unités canadiennes engagées entre Hougues et Villers-Bretonneux ont avancé de 13 kilomètres contre 11 pour les australiens, 8 pour les français et 3 pour les britanniques. Côté allemand, 27000 hommes ont été tués, blessés et faits prisonniers, 400 canons, des centaines de mortiers et de mitrailleuses sont capturés. A lui seul le Corps canadien à fait 5033 prisonniers mais pour la perte de 4000 hommes.

Une fois la percée à Amiens acquise, les troupes canadiennes sont de retour dans la région d’Arras avec pour objectif de percer la ligne Hindenburg. Entre le 26 août et le 2 septembre, le Corps Canadien multiplie les attaques vers le canal du Nord. La percée ne sera acquise que le 27 septembre et le 11 octobre les canadiens remportent un succès décisif lors de la bataille de Cambrai.

Les troupes canadiennes marchent vers Mons, une avancée qui n’est pas un chemin pavé de roses avec la perte de 46000 hommes. Le dernier soldat canadien tombé au champ d’honneur George Lawrence Price est tué seulement deux minutes avant l’entrée en vigueur de l’armistice de Rethondes qui devient effectif le 11 novembre 1918 à 11h.

D’une guerre à l’autre : évolution et réforme d’une jeune armée

La Canadian Expeditionnary Force (CEF) ne survit pas au premier conflit mondial. Il est dissous après l’Armistice. La milice d’active et la milice de réserve est réorganisée suite au rapport du comité Otter. On préserve l’histoire et les traditions mais la numérotation des régiments est totalement bouleversée.

Quelques régiments échappent à ce nettoyage par le vide. On trouve le 1er régiment de hussards (1st Hussars), le 22ème régiment royal (Royal 22nd Regiment) issu du 22nd (Canadien Français) Battalion,CEF), le 48ème régiment de highlanders du Canada (48th Highlanders of Canada issu du 48th Battalion [Highlanders]), un corps de mitrailleurs est également créé succédant à un corps créé au sein de la CEF.

En 1936, la Non-Permanent Active Militia (NPAM) voit la création de six bataillon de chars, bataillons issus de la transformation de bataillons d’infanterie. La même année, le corps des mitrailleurs est dissous, les unités d’infanterie réorganisées avec trois types d’unité : fusilier ou rifle, mitrailleur ou machine gun, chars ou tank.

Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, le Canada annonce sa volonté de mettre sur pied un corps expéditionnaire destiné à combattre en France mais ce nouveau CEF n’aura qu’une existence éphémère, le conflit se terminant le 15 décembre 1939.

Des soldats canadiens ont rallié la France pour préparer l’arrivée de troupes en masse (plusieurs divisions) mais ces travaux se révéleront initialement inutiles.

En novembre 1940, la milice permanente devient la Canadian Army, la NPAM devenant la Canadian Army (Reserve). En 1944 elle reçoit le qualificatif de royal même si il était souvent omi.

Entre 1940 et 1948, la Canadian Army va moderniser ses forces, tirant les leçons de la courte guerre de Pologne qui à révélé un grand nombre de faiblesses en terme d’équipement et d’entrainement.

La division fait sa réapparition mais selon une forme étrange. Si deux divisions blindées sont créés en temps de paix, les divisions d’infanterie sont des squelettes, des unités fantômes qui ne sont activées que pour des manœuvres. Des plans de mobilisation sont dressés en comptant sur de nombreux volontaires comme en 1914.

Les divisions canadiennes sont organisées selon le même modèle que les divisions britanniques, leur équipement est semblable. Au contact des américains et des français, les structures évolueront, les canadiens se montrant plus souple dans l’assimilation du retour d’expérience du conflit.

A l’été 1948 il devient évident que le conflit est proche, que c’est une question de semaines voir de mois pour que le monde s’embrase à nouveau. Le 7 juillet 1948 décision est prise d’activer les 1st et 2nd Canadian Division.

En dépit de cette précaution les deux divisions sont loin d’être opérationnelles quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948. Le personnel entraîné manque tout comme les armes et l’équipement.

Au début du mois d’août on étudie la possibilité de lever deux autres divisions blindées. C’est en théorie faisable mais il faudra attendre le 7 septembre 1948 pour que la décision de créer les 3rd et 4th Canadian Armoured Division.

D’autres unités indépendantes sont également levées (artillerie, génie, services) tandis qu’on prépare la levée de nouvelles divisions d’infanterie en profitant d’un fort volontariat dans toutes les couches de la société qu’il s’agisse des anglophones impatient de défendre l’Empire, de francophones voulant prouver aux « angliches » qu’ils sont aussi canadiens qu’eux, des métis, des améridiens et des noirs qui espèrent une amélioration de leur situation une fois le conflit terminé.

Dominions (19) Canada (19)

Avions et hydravions de l’Aéronavale Canadienne

NdA Pour ce tome j’ai choisit de ne parler que des avions n’ayant pas déjà été traités ailleurs(ce sera différents pour les parties suivantes de ce tome)

Hawker Sea Fury

Hawker Sea Fury 3

Hawker Sea Fury au catapultage

Si il y à parfois des ruptures, l’aviation comme pour toute technologie est une longue et lente évolution des techniques encore que pour le «plus lourd que l’air» l’évolution à été bien plus rapide puisque nous sommes passés en l’espace de cent ans du duo bois/toile aux matériaux composites en passant par le métal et autres métaux légers.

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Dominions (14) Canada (14)

Destroyers type A

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Le HMCS Saguenay (D-79)

Les derniers destroyers construits par la Royal Navy durant le premier conflit mondial étaient des navires d’environ 1200 tonnes armés de quatre canons de 102mm.

Ces navires pouvant être rapidement déclassés (et effectivement vont l’être assez rapidement), l’Amirauté lancé un appel à projet en novembre 1923 pour deux navires, ce que nous considérions aujourd’hui comme des démonstrateurs de technologies.

HMS Ambuscade

HMS Ambuscade

Ces navires baptisés HMS Amazon et Ambuscade sont mis en service respectivement en mai et avril 1927. Si le premier à été construit par Thornycroft, le second l’à été par Yarrow. Ces deux navires vont être à la base d’une série continue de destroyers, les Fleet Destroyer type A à I soit un total de 77 destroyers.

Je dis bien les deux navires puisque plutôt que de choisir le modèle Yarrow ou le modèle Thornycroft, la Royal Navy préfère prendre le meilleur des deux même si in fine les deux navires étaient assez semblables.

Des améliorations vont cependant être apportées avec des canons à tir rapide (Quick Fire c’est à dire tirant des projectiles encartouchés et non des projectiles où obus et gargousse sont séparées [Breech Loading]), un angle élevé pour la pièce n°2 (+60°), des plate-formes lance-torpilles quadruples plutôt que triples, un Asdic et des grenades ASM, une capacité de dragage de mines rapide, une propulsion améliorée, des diesels alternateurs pour fournir l’électricité lorsque les chaudières sont éteintes. Au final, l’affût à angle élévé n’est pas installé tout comme l’Asdic et les grenades ASM. Le projet pesait 200 tonnes de plus.

La vitesse annoncée de 35 nœuds ne fût jamais atteinte, les type A ne dépassant pas les 31 nœuds

Aux huit destroyers et au conducteur de flottille commandés par la Royal Navy et mis en service en 1930 vont s’ajouter deux destroyers commandés directement par la marine canadienne, ces deux navires étant les premiers navires neufs commandés par la Royal Canadian Navy (RCN). Par rapport aux type A britanniques, ces deux navires disposaient d’une coque renforcée pour naviguer dans les glaces.

-Le HMCS Saguenay (D-79) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft le 27 septembre 1929 lancé le 7 février 1930 et mis en service le 22 mai 1931.

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HMCS Skeena (D-59)

-Le HMCS Skeena (D-59) est mis sur cale aux chantiers navals Thornycroft le 14 octobre 1929 lancé le 10 octobre 1930 et mis en service le 10 juin 1931.

Ils participent à la guerre de Pologne en patrouillant dans les Antilles occidentales en compagnie des cinq destroyers type C.

Ces deux navires sont toujours en service en septembre 1948. Après une première carrière dans l’Atlantique, les Saguenay et Skeena sont redéployés dans le Pacifique, laissant les Tribal sur la côte est.

Ils assurent d’abord la sécurité et la sûreté des côtes canadiennes du Pacifique de septembre 1948 à juin 1950. Le Japon ne montra aucune activité hostile contre les côtes canadiennes, Ottawa propose aux américains d’envoyer ces deux destroyers dans le Pacifique.

Jugeant ces navires dépassés, les américains proposent en échange de leur confier la sécurisation du canal de Panama. Les canadiens comprenant qu’ils n’auront pas gain de cause et acceptent.

Les deux destroyers canucks vont mener des patrouilles de sécurité mais aussi des exercices, servant de plastrons au profit des navires américains ralliant le Pacifique.

Usés par un service intensif, les deux destroyers sont désarmés respectivement les 17 avril et 4 mai 1955. Ils sont démolis à Halifax.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1224 tonnes

Dimensions : longueur 98m largeur 9.8m tirant d’eau 3.7m

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par des turbines Amirauté (Thornycroft pour l’Acheron, Yarrow pour l’Anthony et l’Arden) développant 34000ch et entraînant deux hélices.

Performances : vitesse maximale 35 noeuds distance franchissable 4080 miles nautiques à 15 noeuds

Armement d’origine : quatre canons de 4.7 pouces (120mm) en quatre affûts simples sous masque (deux avant superposés A et B, deux arrière superposés X et Y), deux affûts antiaériens Pom-Pom et huit tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes quadruples

L’armement évolue entre 1939 et 1948 avec le débarquement de la pièce X de 120mm remplacée par un affût double de 40mm Bofors et le remplacement des affûts antiaériens Pom-Pom par quatre puis six canons de 20mm.

Durant le second conflit mondial, une plate-forme quadruple de 533mm est débarquée pour renforcer l’armement ASM avec deux grenadeurs de sillage et 24 grenades Mark VIII

Equipage : 138 officiers et marins

Destroyers type C

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HMCS Assiniboine

Après la construction des type A et des type B, la marine britannique procède logiquement à la construction des destroyers type C. Seulement voilà cette classe se comportera que cinq navires en raison de la crise de 1929.

Les type C partent des plans du type B, sont élargis pour recevoir un canon antiaérien de 3 pouces (76mm) et si aujourd’hui le sonar/ASDIC est indispensable pour les navires médians de combat que sont les corvettes, frégates et destroyers, à l’époque ce n’était pas le cas, l’Amirauté alternant entre l’équipement ASM et de dragage de mines.

Les type A ayant reçu l’équipement de dragage de mines et les type B l’équipement ASDIC/grenades ASM, les type C reçurent le même équipement auxiliaire que les type A, embarquant seulement six grenades ASM.

Ils sont également plus lourds et plus longs avec une puissance propulsive supérieure pour maintenir une vitesse élevée, la vitesse étant considérée comme un moyen de protection en se dérobant aux coups de l’ennemi.

Leur carrière dans la marine britannique est brève puisque en 1937/38 ils sont vendus à la marine canadienne.

-Le HMS Kempenfelt (D18) est mis sur cale aux chantiers navals J. Samuel White de Cowes le 18 octobre 1930 lancé le 29 octobre 1931 et mis en service le 30 mai 1932. Il est transféré à la marine canadienne en 1939 où il devient le HMCS Assiniboine.

-Le HMS Comet (H00) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 12 septembre 1930 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 2 juin 1932. Transféré à la marine canadienne en 1938, il devient le HMCS Restigouche.

-Le HMS Crusader (H60) est mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 12 septembre 1930 lancé le 30 septembre 1931 et mis en service le 2 mai 1932. Il est transféré à la marine canadienne en 1938 et devient le HMCS Ottawa.

-Le HMS Cygnet (H83) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er décembre 1930 lancé 29 septembre 1931 et mis en service le 15 avril 1932. Cinq ans plus tard en 1937, il est transféré à la Royal Canadian Navy (RCN) où il devient le HMCS St. Laurent.

-Le HMS Crescent (H48) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness le 1er décembre 1930 lancé le 29 septembre 1931 et mis en service le 1er avril 1934. Trois ans plus tard, il est transféré à la marine canadienne où il devient le HMCS Fraser.

Les destroyers type C participent à la guerre de Pologne dans les Indes Occidentales, effectuant des patrouilles de protection de la navigation commerciale.

En 1944, ils sont transférés dans le Pacifique. Modernisés, ils perdent l’équipement de guerre des mines au profit d’un Asdic et de grenades ASM, la DCA est renforcée et l’embarquement de radars, le tout au détriment d’une plate-forme lance-torpilles.

Toujours en service en septembre 1948 ils restent d’abord sur la côte Pacifique pour protéger la navigation commerciale contre une éventuelle action japonaise de concert avec l’Allemagne.

Comme cette action n’eut jamais lieu (on signala des sous-marins japonais au large de Vancouver mais les attaques ne donnèrent rien). Voilà pourquoi dès le mois de novembre, les cinq destroyers type C sont relocalisés sur la côte est pour escorter les porte-avions mais aussi pour mener des escortes de convois.

Deux destroyers sont coulés durant ce qu’on à appelé la Bataille de l’Atlantique. Le premier à succomber est le HMCS Assiniboine qui en couverture d’un convoi reliant Halifax à Liverpool est torpillé au large des côtes irlandaises le 17 septembre 1949, deux torpilles ne lui laissant aucune chance.

Le second à périr est le HMCS Fraser qui est lui torpillé le 9 septembre 1950 alors qu’il couvrait un convoi entre Halifax et Casablanca.

Alors qu’il couvrait l’entrée d’un convoi dans le grand port marocain en patrouillant aidé par les hydravions de l’Aviation Navale (deux Potez-C.A.M.S 143), le destroyer canadien est foudroyé par une terrible explosion.

Le naufrage est rapide mais heureusement les secours arrivent rapidement permettant de sauver une bonne partie de l’équipage. Un temps on à pensé à une mine mais l’interception d’un message par l’unité de décryptage de la marine française confirme qu’il s’agissait d’un sous-marin allemand et d’une torpille.

Les trois navires survivants ne termineront pas le conflit en raison d’une usure très importante. Le HMCS Restigouche est désarmé le 21 septembre 1953, le HMCS Ottawa l’est le 11 janvier 1954 et le HMCS St. Laurent le 28 mars 1954. Ils sont démolis en 1955.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1397 tonnes pleine charge 1920 tonnes

Dimensions : longueur 100.3m largeur 10.1m tirant d’eau 3.8m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 36000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 nœuds distance franchissable 5870 miles nautiques à 15 nœuds

Armement : quatre canons de 120mm (4.7 pouces) en affûts simples sous masque (deux avant «A» inférieur avant et «B» supérieure avant; et deux arrière, «X» supérieur arrière et «Y» inférieur arrière), un canon de 3 pouces (76mm) antiaérien entre les deux cheminées remplacé en 1937/38 par deux Pom-Pom simples, huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples, deux plate-formes quadruples lance-torpilles de 533mm et six grenades ASM.

Sous pavillon canadien, l’armement évolue avec le remplacement des deux Pom-Pom et des huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples par quatre canons de 40mm Bofors (deux affûts doubles) et six canons de 20mm Oerlikon.

L’équipement de guerre des mines est débarqué remplacé par un Asdic et des grenades ASM mais au détriment d’un affût quadruple lance-torpilles de 533mm

Equipage : 145 officiers et marins

Destroyers classe Tribal

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Le HMCS Cayuga (218)

Depuis la première guerre mondiale les destroyers construits dans le monde étaient essentiellement des navires d’environ 1500 tonnes, filant à plus de 30 nœuds (et souvent plus proches de 40 nœuds) avec un armement composé de quatre ou cinq canons médians (entre 100 et 130mm) et un armement en torpilles généralement composé de six à huit tubes en plate-formes triples et/ou quadruples.

Il y avait certes la France avec ses contre-torpilleurs qui ressemblaient davantage à des croiseurs légers qu’à des destroyers et qui étaient l’exception qui confirmait la règle.

Néanmoins l’Amirauté britannique ne pouvait pas rester dans son splendide isolement et devait prendre en compte les projets de destroyers fortement armés développés en Allemagne (avec des canons de 150mm) et surtout au Japon où l’apparition des Fubuki consterna les marines du monde entier.

Avec ses six canons de 127mm en trois tourelles doubles et ses neuf tubes lance-torpilles de 610mm en trois affûts triples (avec recharge !) les nouveaux destroyers nippons surclassaient tous les autres navires disponibles.

L’Amirauté britannique bien que n’aimant pas les grands et gros destroyers décida de riposter en dessinant un nouveau modèle de destroyer où l’artillerie serait plus importante que la batterie lance-torpilles.

C’est l’acte de naissance des Tribal. Les sept premiers navires sont commandés le 10 mars 1936 suivis d’un deuxième groupe de neuf navires le 9 juin suivant, permettant la création de deux flottilles homogènes.

L’Australie et le Canada vont également commander chacun une flottille. Si les huit navires australiens vont être construits aux Antipodes, les Tribal canadiens vont être produits pour moitié en Grande-Bretagne et pour le reste au Canada.

Si tous les Tribal britanniques sont en service en septembre 1939, les Tribal des dominions n’étaient même pas sur cale et ne seront mis en service que durant la Pax Armada.

Les huits Tribal destinés à la Royal Canadian Navy (RCN) sont construits pour les quatre premiers en Grande-Bretagne et pour les quatre derniers au Canada. Ces navires portent tous des noms de tribus améridiens.

Formant la 1st Canadian Destroyer Flottilla, ils sont ainsi baptisés HMCS Iroquois (G07) HMCS Athabaskan (R79) HMCS Cayuga (R04) HMCS Haida (G63) HMCS Huron (G24) HMCS Chippewa (G89) HMCS Micmac (R10) et HMCS Nootka (R96).

-Le HMCS Iroquois (G07) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 5 septembre 1940 lancé le 14 novembre 1941 et mis en service le 25 septembre 1942.

-Le HMCS Athabaskan (R79) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 8 décembre 1940 lancé le 21 décembre 1941 et mis en service le 5 janvier 1943.

-Le HMCS Cayuga (R04) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 12 janvier 1941 lancé le 15 avril 1942 et mis en service le 3 septembre 1943.

-Le HMCS Haida (G63) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong le 5 avril 1942 lancé le 25 juillet 1943 et mis en service le 29 août 1944.

-Le HMCS Huron (G24) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 30 novembre 1942 lancé le 17 mai 1944 et mis en service le 6 octobre 1945.

-Le HMCS Chippewa (G89) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 17 mars 1943 lancé le 18 septembre 1944 et mis en service le 12 mars 1946.

-Le HMCS Micmac (R10) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 9 septembre 1944 lancé le 14 juillet 1945 et mis en service le 21 septembre 1946.

 

-Le HMCS Nootka (R96) est mis sur cale aux chantiers navals d’Halifax le 19 septembre 1944 lancé le 7 août 1945 et mis en service le 17 octobre 1946.

Basés à Halifax, ils servent d’abord ensemble dans des missions de recherche et de destruction _la mission de base d’un destroyer_ mais avec la mise en service des porte-avions, l’escorte s’ajoute à la mission première sans compter toutes celles non encore anticipées car la sagesse militaire veut qu’une flotte conçue pour un conflit précis mène une guerre totalement différente.

Entre septembre 1948 et septembre 1954, la marine canadienne va perdre quatre Tribal. Le premier à succomber est l’Iroquois le 21 septembre 1951 dans ce qu’on à appelé la bataille de l’Atlantique.

Alors qu’il protégeait un convoi de transport de troupes amenant des renforts canadiens sur le front français, le premier Tribal de la marine canadienne est touché par deux torpilles lancées par un U-Boot.

La première explose à l’avant du navire le privant de sa proue jusqu’au puits à chaines et la seconde explose au niveau des hélices privant le navire de toute manœuvrabilité et de toute énergie pour espérer un sauvetage miraculeux.

Fort heureusement le temps n’est pas trop mauvais et l’évacuation se fait en bon ordre. Au final ce sont 132 officiers et marins qui sont sauvés ce qui laisse tout de même 58 morts. L’évacuation terminée, l’épave entre deux eaux est achevée par l’escorte du convoi.

Le deuxième à périr au combat est l’Athabaskan qui est perdu le 13 mars 1952 lors de la phase initiale de l’opération ACOLADE, le débarquement allié sur les îles de Lampedusa et Pantelleria (une division française, une division canadienne et une division néo-zélandaise).

Les combats sont violents mais le poids des alliés est trop lourd pour une machine de guerre italienne dont les faiblesses importantes en septembre 1948 sont devenues criantes trois ans et demi plus tard.

Savoia Marchetti SM79 Sparviero Aerosiluranti1

Savoia Marchetti SM-79 Sparviero

Cela n’empêche pas la Regia Aeronautica et ses unités d’avions torpilleurs (aerosiluranti) de porter quelques coups de griffe dévastateur. En ce 13 mars entre chien et loup, douze Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero attaquent sans couverture de chasse. En dépit de la présence de radars et de patrouilles de chasse, d’une DCA infernale, les avions-torpilleurs italiens parviennent pour huit d’entre-eux à lancer leur torpille.

Sur les huit anguilles larguées, deux se perdent, une est détruite à la mitrailleuse par un chasseur français, une autre explose juste devant un LST (secoué mais pas plus), deux touchent un transport de munitions qui explosent dans une gigantesque boule de feu et deux touchent le destroyer canadien qui se coupe en deux, coulant rapidement ne laissant que 82 survivants sur 190 membres d’équipage soit un lourd bilan de 108 morts.

Le troisième infortuné est le HMS Haida qui succombe six mois après l’Athabaskan. Le 15 juillet 1952 les alliés déclenchent l’opération HUSKY, le débarquement amphibie en Sicile, la plus grande île de la Méditerranée.

Les combats sont acharnés, violents et apres, les italo-allemands utilisant toutes les ressources du terrain pour faire perdre du temps aux troupes alliées et surtout leur faire payer chaque mètre par un flot de sang.

Dans les airs, les aviations alliées embarquées et basées en Tunisie mais aussi à Lampedusa et Pantelleria acquièrent rapidement le contrôle de l’espace aérien tandis que sur mer la Regia Marina est trop faible pour intervenir contre la flotte d’invasion ou pour perturber durablement les approvisionnements ennemis.

Le 27 septembre 1952, le Haida saute sur une mine au large de Messine alors qu’il couvrait un raid commando dans le secteur. Le navire perd toute sa partie arrière mais parvient miraculeusement à s’échouer sur la côte. Autre miracle le secteur est tenu par des troupes alliés ! Sur les 190 membres d’équipage, 160 sont sauvés soit des pertes relativement minimes.

Le dernier Tribal de la RCN à succombé est le Chippewa victime de l’aviation allemande lors de l’opération BOREALIS, le débarquement allié en Norvège (11 octobre 1953).

Le 15 octobre alors qu’il regagnait la haute-mer après avoir bombardé les positions allemandes dans la région de Bergen, le destroyer canadien voit surgir des nuages un bimoteur Junkers Ju-388 (dernière évolution du Ju-88) qui en dépit d’une furieuse DCA parvient à placer deux bombes de 250kg sur le destroyer.

Le bombardier allemand est expédié dans les flots par des chasseurs britanniques Hawker Fury II mais le destroyer est clairement condamné.

La première bombe à touché le bloc-passerelle, privant le navire de commandement et faisant détonner les munitions des tourelles doubles avant. La deuxième à explosé dans la cheminée n°2 privant le navire d’énergie.

L’ordre d’abandonner le navire est donné immédiatement. Le naufrage est rapide, ne laissant que 61 survivants sur 190, survivants rapidement récupérés par les navires présents sur zone.

Quatre Tribal survivent donc au conflit. Le Huron est désarmé en octobre 1957, le MicMac en juin 1958, les Nootka et Cayuga respectivement en mars et décembre 1959. Ils sont tous démolis.

Caractéristiques Techniques des destroyers de classe Tribal

Déplacement : standard 1870 tonnes pleine charge 1975 tonnes

Dimensions : longueur 115.10m largeur 11.13m tirant d’eau 2.74m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par trois chaudières Amirauté développant 44000ch et entraînant deux hélices

Performances : vitesse maximale 36 noeuds distance franchissable 5700 miles nautiques à 15 noeuds

Electronique : Asdic, des radars embarqués durant la Pax Armada (un radar de veille air, un radar de veille combinée, un radar de conduite de tir pour l’artillerie principale).

Armement d’origine : huit canons de 120mm en quatre pseudo-tourelles doubles installées par groupes de deux _un à l’avant et un à l’arrière_, un affût quadruple Pom-Pom de 2 livres (40mm), deux affûts quadruples de 12.7mm Vickers, une plate-forme quadruple lance-torpilles de 533mm, un grenadeur axial et deux projecteurs pour des grenades ASM

Durant le conflit, les Tribal canadien ont vu leur armement modifié avec le remplacement de la DCA d’origine par deux affûts doubles de 40mm Bofors et huit canons de 20mm Oerlikon

Equipage : 190 officiers et marins (219 comme navire de commandement)

Dominions (7) Canada (7)

LA ROYAL CANADIAN NAVY (RCN) MARINE ROYALE CANADIENNE

 

 

Les origines

Au début du 20ème siècle l’Empire britannique est traversé par un débat sur le poids de la défense et le rôle que pourraient jouer les Dominions. Le domaine clé est le domaine naval, la Grande-Bretagne s’étant lancée dans une course aux armement avec l’Allemagne, une course coûteuse.

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Dominions (5) Canada (5)

Le XIXème Siècle Canadien (1867-1914)

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Dominion et expansion : «la frontière» canadienne

En 1861, l’Amérique du Nord Britannique compte 3.2 millions d’habitants. L’idée d’autonomie fait son chemin alors que l’idée d’une nation canadienne émerge peu à peu peut être en raison de la guerre de Sécession qui vient d’éclater aux Etats-Unis.

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UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE
T.8 : LES DOMINIONS (1) CANADA

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Drapeau du Canada en vigueur de 1921 à 1957.

 

AVANT-PROPOS

Depuis 2011 je me suis lancé dans une œuvre gigantesque, titanesque, une uchronie traitant d’un second conflit mondial ayant débuté en septembre 1948 et s’étant achévé en septembre 1954 soit un décalage de neuf ans par rapport au second conflit mondial tel que nous l’avons connu.

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