23-Armée de terre Ligne Maginot (32)

Secteur Fortifié du Bas-Rhin

Casemate du Rhin avec sa cloche GFM

Casemate du Rhin avec sa cloche GFM

La défense du Rhin valorise une zone de défense particulièrement propice avec un fleuve large d’environ 200m, des marigots et des bras morts, des forêts, milieu humide favorisé par des crues régulières. De plus à trois ou quatre kilomètres du fleuve, on trouve du canal du Rhône au Rhin, le fleuve en lui même étant franchit par seize ponts et dix-sept bacs.

Ce milieu favorable à la défense est cependant contrarié par le statut international du fleuve, le projet de canal d’Alsace (début des travaux en 1928) sans oublier les servitudes des traités de 1815 qui frappent la zone frontière autour de Bâle (voir le SF de Mulhouse).

Deux conceptions vont s’opposer : une défense sur les digues du Rhin et une défense en arrière de la forêt du Rhin, deux conceptions jamais réellement tranchées. Seul point d’accord entre les deux écoles : il faut réaliser ces défenses en fortification permanente et non durant une période de tension.

L’organisation défensive du Rhin est intégrée à la loi-programme de 1929 bien que le CORF ne fasse que reprendre à son compte les projets initiés par les chefferies du génie de Strasbourg et de Mulhouse (direction du génie de Belfort).

La défense de la plaine d’Alsace repose sur trois lignes de défense plus ou moins complètes à base d’organes standard, sans étage inférieur en raison de la faible profondeur où se trouve la nappe phréatique.

Sur le fleuve même, les berges sont tenues par une 1ère ligne discontinue de petits casemates (300 à 450 m²), sans sous-sol vulnérables au feu ennemi et aux inondations du fleuve. Ces casemates de mitrailleuses doivent interdire le franchissement du fleuve. La forêt du Rhin étant assez touffue, ces casemates ne défendent que les pénétrantes. A quelques exceptions prêts, ces casemates sont armés de jumelages Reibel et de la mitrailleuse de 13.2mm.

Blockhaus Garchery

Blockhaus Garchery

En raison du caractère discontinu de cette 1ère ligne, le général Garchery alors inspecteur de la 7ème région militaire prescrit la construction d’une série de blocs doubles d’un type particulier appelés Blocs G ou Blocs Garchery sur le bord même du fleuve tous les 800 à 1000m. Ces blocs sont armés d’un FM ou d’une mitrailleuse de 8mm puis de 7.5mm. La 20ème Région Militaire à aussi complété les ouvrages CORF par des blocs de différents types et en barrant les ponts par des obstacles De Cointet.

A moins d’un kilomètre en retrait, court la 2ème ligne appelée également «ligne de soutien» ou «ligne des abris», comportant un certain nombre d’organisations légères (abris type rectangulaire avec ou sans cloche) et trois casemates notamment sur les axes de pénétration depuis le fleuve. Cette ligne n’à pas de vrai valeur défensive et n’est destinée qu’à abriter les troupes de contre-attaque.

Au delà de la seconde ligne, s’étend la forêt du Rhin qui est en fait une zone marécageuse peu praticable de deux ou trois kilomètres de large. Au débouché de cette forêt, le long de la digue des hautes eaux, à été construite à partir de 1935, une ligne de petits blocs MOM de formes diverses qui constitue une défense intermédiaire entre les organisations de défense des berges et la LPR établie sur la ligne des villages. On trouve quelques cuves pour canons antichars et d’autres pour mortiers.

A deux ou trois kilomètres du fleuve, on trouve la 3ème ligne ou «ligne des villages» qui s’établit le long de la route reliant les villages qui se suivent le long du fleuve.

Les casemates type SFBR (Secteur Fortifié du Bas Rhin) sont des ouvrages plus lourds, plus grands (1000 mètres cubes), généralement identiques à savoir doubles avec une cloche GFM et parfois une cloche de mitrailleuse à action frontale. Cette ligne puissante manque cependant d’artillerie, les quelques casemate d’artillerie conçus pour accueillir des pièces de campagnes ne remplaçant pas de véritables ouvrages d’artillerie.

Le Secteur Fortifié du Bas-Rhin intègre également la défense de Strasbourg, défense basée sur deux casemates de berge, douze casemates, deux observatoires et l’obturation des ponts de Kehl (projet du 10 mars 1931) ainsi que par différents ouvrages type MOM en périphérie de l’agglomération.

Plus au sud, les défenses sont particulières faibles et ne sont pas renforcées avant le second conflit mondial, le terrain étant jugé peu propice à une exploitation rapide par l’ennemi.

Sur le plan de l’organisation, le SF du Bas Rhin dispose durant la guerre de Pologne de trois sous-secteurs chacun armés par un RIF, le sous-secteur d’Herllisheim défendu par le 70ème RIF, le sous-secteur de Strasbourg défendu par le 172ème RIF et le sous-secteur d’Erstein défendu par le 34ème RIF.

A cela s’ajoute les troupes de la Place de Strasbourg à savoir le 226ème RI de secteur fortifié qui reste mobilisé à Strabourg et le 226ème régiment régional qui lui aussi est pérennisé mais déployé en remplacement du 34ème RIF, un régiment de mobilisation dissous, le rôle du 226ème RR étant d’entretenir et d’assurer une défense d’urgence des ouvrages du secteur.

Sous-secteur d’Herllisheim (70ème RIF)

-Sur la 1ère ligne (casemates de berge), on trouve successivement du nord au sud, deux casemates simples type M1F armés d’un créneau JM/13.2, d’un créneau JM et d’une cloche GFM, de deux casemates double type M2F disposant de deux créneaux JM/13.2, de deux créneaux JM et d’une cloche GFM et de deux casemates simples type M1F armés d’un créneau JM/13.2, d’un créneau JM et d’une cloche GFM.

-Sur la 2ème ligne dite ligne des abris on trouve dans ce sous-secteur, un abri A2 Cl défendu par une cloche GFM et deux abris A1 Cl eux aussi défendus par une cloche FM.

-Sur la 3ème ligne dite ligne des villages on trouve cinq casemates doubles type SFBR disposant de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM.

Sous-secteur de Strasbourg (172ème RIF)

Le 172ème RIF dispose de deux CEC (Compagnies d’Equipage de Casemates), les 3ème et 4ème CEC qui se répartissent l’armement des ouvrages de la façon suivante :

-La 3ème CEC dispose de sept ouvrages CORF et d’un ouvrage STG. On trouve successivement du nord au sud cinq casemates doubles type M2F armés de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, un blockhaus de défense des ponts type STG et deux autres casemates doubles type M2F armés de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM.

-La 4ème CEC dispose de deux casemates doubles armés de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, une casemate simple type M1F armé d’un créneau JM/13.2, un créneau JM et une cloche GFM, deux casemates doubles armé de deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, deux casemates simples type M1F armé d’un créneau JM/13.2, un créneau JM et une cloche GFM pour défendre la 1ère ligne alors que la 3ème ligne dispose de deux casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM.

Sous-secteur d’Erstein (34ème RIF)

Le 34ème RIF dispose d’une 5ème CEC avec sur la 1ère ligne deux casemates simples type M1F armé d’un créneau JM/13.2, un créneau JM et une cloche GFM et une casemate simple type M2F avec deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, sur la 2ème ligne avec deux abris A1 Cl défendus par une cloche GFM et sur la 3ème ligne de trois casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM.

La 6ème CEC dispose sur la 1ère ligne d’une casemate simple type M2F avec deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, d’un abri de type A1 cl défendu par un GFM et une une casemate simple type M2F avec deux créneaux JM/13.2, deux créneaux JM et une cloche GFM, aucun abri sur la 2ème ligne et sur la 3ème ligne deux casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM et une cloche GFM et quatre casemates CORF double armées de deux créneaux JM/AC 47, deux créneaux JM, d’une cloche M et d’une cloche GFM.

23-Armée de terre Ligne Maginot (10)

C-La Ligne Maginot en détails

Panorama général des ouvrages de la Ligne Maginot

Casemate CORF de Rountzenheim sud

Casemate CORF de Rountzenheim sud

Avant d’aborder les travaux complémentaires menés durant la guerre de Pologne et poursuivis régulièrement jusqu’au début du second conflit mondial (septembre 1948), il m’à semblé important de réaliser un panorama général des différents types d’ouvrages de la ligne Maginot, des ouvrages ultra-modernes, fierté du CORF et du Service Technique du Génie qui inspirèrent notamment certains ouvrages tchèques construits malheureusement pour eux dans la région des Sudètes.

Qui dit panorama général dit description succinte. Il ne s’agit pas de détailler la conception des ouvrages aussi fidèlement que la remarquable série de livres sur les Hommes et les Ouvrages de la Ligne Maginot mais plutôt de donner un ordre d’idée, un aperçu des ouvrages qui vont jouer un rôle capital dans le conflit à venir.

Les conceptions de base de la ligne Maginot sont comme toutes les lignes fortifiées depuis l’apparition des armes à feu : barrer et appuyer. Barrer les voies d’invasion par des ouvrages fortifiés équipés généralement d’armes légères et appuyer ces ouvrages à l’aide de casemates plus puissants équipés de pièces d’artillerie.

Il faut aussi observer et abriter. Observer les unités ennemies, les unités assaillantes pour permettre aux ouvrages de diriger leur feu à bon escient et renseigner le haut commandement sur l’axe général de la progression ennemie. Abriter les unités mobiles chargées de contre-attaquer et dégager les ouvrages menacés et/ou encerclés.
Tirant la quintescence des fortifications existantes et de l’expérience du premier conflit mondial, les plans dressés par la CORF sont théoriquement cohérents mais la réalisation va gâcher ces beaux plans en raison de l’explosion des coûts et des réductions budgétaires qui vont obliger la CORF à des choix déchirants.

La CEZF tentera bien de corriger le tir mais bien que puissante, la Ligne Maginot de 1948 le sera beaucoup moins que si les plans d’origine avaient été respectés qu’il s’agisse du respect des intervalles pour réaliser des feux croisés ou l’installation de canons longue portée de 145mm d’une portée de 30km.

Les organisations d’intervalles (1) : La Casemate CORF

C’est l’élément de base de la ligne Maginot. Sa date naissance peut être fixée au 3 avril 1929. Elle doit normalement être disposée tous les 1200m, la portée utile des mitrailleuses. La construction s’étalant dans le temps et la géographie aidant, la casemate CORF va connaître plusieurs évolutions et plusieurs variantes.

A l’origine, dans ce qu’on appelle les anciens fronts, la casemate de la Commission d’Organisation des Régions Fortifiés (CORF) se décline en deux versions (notices des 30 juillet 1929 et 23 juillet 1930) :

-Les casemates simples qui voit deux casemates installés en opposition avec une chambre de tir équipée de deux fusils mitrailleurs et une cloche GFM (Guetteur et Fusil-Mitrailleur) équipé donc comme son nom l’indique d’un fusil mitrailleur, ces deux ouvrages sont parfois reliés par une gaine bétonnée souterraine.

Cloche GFM en position

Cloche GFM en position

-Les casemates doubles comprenant comme leur nom l’indique deux chambres de tir équipées chacune de deux mitrailleuses disposées en opposition et une ou deux cloches GFM.

-Un modèle particulier est prévu pour la berge du Rhin (notice du 11 octobre 1929).

-Un deuxième modèle particulier est construit dans le Nord, une casemate à créneaux décalés (notice du 5 mars 1931)

A partir de 1931, le retour d’expérience des premières construction et la mise au point de la cloche pour mitrailleuse impacte la construction des casemates, l’invention de la cloche à mitrailleuse offrant de nouvelles possibilités permettant à une même arme de réaliser des tirs frontaux et de flanquements. Cela nous donc le panorama d’ouvrages suivants :

-Casemates simples à une chambre de tir à deux mitrailleuses et une cloche de mitrailleuses en opposition.

-Casemates simples à une chambre de tir à deux mitrailleuses et une cloche de mitrailleuses en action frontale.

-Casemates simples à une chambre de tir équipée d’une mitrailleuses et une cloche de mitrailleuses en juxtaposition, soit sur l’orillon, soit à côté de la chambre de tir.

-Casemates cuirassés (notices du 28 janvier 1931) équipés uniquement d’une cloche GFM et d’une ou deux cloches de mitrailleuses.

A partir de 1934 dans ce qu’on appelle les Nouveaux Fronts, on réalise des casemates simples, doubles ou cuirassés aux formes plus fuyantes et un armement étoffé par rapport aux casemates de première génération.

L’armement de ces casemates se compose le plus souvent pour une chambre de tir d’un ou deux jumelages de mitrailleuses, d’un canon antichar (37 ou 47mm), d’un créneau FM (fusil mitrailleur) de défense rapprochée et d’une goulotte lance-grenades (ou d’un créneau FM de pied pour les casemates de première génération).

En défense de l’entrée, on trouve un créneau FM, un FM sur porte et une goulotte lance-grenades (ou créneau de pied pour FM) et sur le dessus, différentes cloches.

Créneau JM (Jumelage de Mitrailleuses)

Créneau JM (Jumelage de Mitrailleuses)

Un exemple valant mieux qu’un long discours, le casemate de Tressange (SF de Crusnes) dispose d’un canon antichar de 47mm, de six mitrailleuses MAC 1931 de 7.5mm (quatre sous béton et deux sous cloche), quatre fusils-mitrailleurs MAC modèle 1924/29 de 7.5mm (deux sous créneau de défense rapprochée , un sous-cloche et un de défense de porte), un mortier de 50mm modèle 1935 sous cloche et deux goulottes lance-grenades.

Comme je l’ai indiqué dans la présentation, l’intervalle entre les casemates CORF doit être de 1200m mais avec les restrictions budgétaires vont souvent porter cet intervalle à 2000m soit la limite de portée utile des mitrailleuses.

Ces casemates sont également conçus pour être autonomes. Elles doivent pouvoir continuer le combat même après avoir été encerclées.

On trouve généralement un premier étage dit de combat et un étage situé juste en dessous pour la vie de l’équipage qui dispose de commodités confortables, les conditions de vie épouvantables du commandant Raynal et de ses hommes à Douaumont encerclés par les allemands en 1916 servant de repoussoir à une quelconque négligence dans ce domaine.

Chaque casemate CORF est servit par une trentaine d’hommes commandés par un lieutenant ou un adjudant-chef avec une réserve en munitions abondante avec 600 obus par pièce antichar, 40000 cartouches par jumelage de mitrailleuses, 10000 coups par fusil-mitrailleur installé en cloche GFM et 1000 coups par fusil-mitrailleur pour la défense des entrées, 240 grenades F1 et 1000 bombes de 50mm.

Comme je l’ai mentionné plus haut, aux casemates standards s’ajoute des casemates adaptées aux réalités du terrain.

Le premier exemple est représenté par les casemates spéciales des berges du Rhin. Ces casemates ont d’ailleurs d’abord été conçus par les directeurs du génie de Belfort et de Strasbourg avant que la CORF ne reprennent les choses en main (Décision Ministérielle du 11 février 1931).

On trouve sur la berge, les pieds dans l’eau, des casemates type M 1 P (simples) ou M 2 P (double) ainsi que du type M 1 F (simple) ou M 2 F (double).

Ces casemates non protégés par la rocaille se révéleront très vulnérables aux tirs directs depuis la rive allemande.

Sur la ligne des villages (3ème ligne), outre des casemates type M 2 F, un type de grosse casemate double à un seul étage appelé SFBR ou Secteur Fortifié du Bas-Rhin.

Autre cas particulier, le secteur des Basses-Vosges. Le terrain ne se prêtant pas à l’implantation des volumineux casemates, le CORF dessine un Blockhaus CORF de dimensions plus modestes (notice du 17 mars 1931), ces blockaus étant armés d’une ou deux cloches GFM, un deux voir quatre créneaux pour fusils-mitrailleurs ou mitrailleuses mais huit des dix-sept blockaus construits ne disposent que de fusils-mitrailleurs et les neuf autres sont équipés d’un jumelage muni d’une mitrailleuse de 7.5mm et d’une arme antichar, une……….mitrailleuse de 13.2mm.

Autre cas particulier, le blockaus de Sentzich (SF de Thionville) situé entre le village et la Moselle avec un créneau unique jumelant une mitrailleuse de 7.5mm et un canon antichar de 47mm, ce cas particulier l’étant beaucoup moins en 1948 qu’en 1939.

Les organisations d’intervalles (2) : les abris

Comme je l’ai précisé plus haut, il faut pouvoir disposer de troupes capables de contre-attaquer pour dégager les ouvrages menacés d’être débordés ou encerclés. Il faut aussi pouvoir abriter les poste de commandement.

D’où la réalisation d’abris inspirés de ceux du premier conflit mondial, abris capables d’accueillir un ou deux sections (voir exceptionnellement une compagnie) ou un PC que l’on peut classer en deux catégories, les abris-cavernes situés comme leur nom l’indique sous-terre à des profondeurs variant de -8m en sol rocheux et jusqu’à -20m en sol argileux et les abris de surface appelés aussi abris bétonnés qui se composent d’un gros bloc bétonné à deux entrées.

Comme deuxième ligne de défense de Rhin, on trouve une version très allégée de l’abri bétonné réalisée selon des plans et des moyens locaux.

L’abri A1 peut abriter une section et si il est muni d’une cloche, il reçoit l’appelation A1 CL, l’abri A2 peut abriter deux sections et devient l’abri type A2 CL quand il est muni d’une cloche.

Même chose pour l’abri A3 (trois sections) qui muni d’une cloche devient donc l’abri type A3 CL.

La défense rapprochée de ces abris est assurée soit par des FM en créneaux ou donc par des cloches GFM.

Ces abris entièrement passifs ne s’intègrent donc pas à la ligne de feu même si il existe des exceptions en fonction de conditions locales particulières.

Les organisations d’intervalles (3) : les observatoires

Barrer une voie d’invasion à l’ennemi c’est bien, pouvoir dégager rapidement des casemates menacés c’est bien mais sans capacité d’observation cela ne sert à rien. D’où la réalisation d’ouvrages spécifiquement conçus pour observer les mouvements ennemis.

On trouve deux types d’ouvrages d’observation : les observatoires d’ouvrage dôtés d’une cloche observatoire à vision directe et périscopique et les observatoires d’intervalles implantés sur les hauteurs en retrait de la ligne de feu, équipés d’une cloche observatoire à vision périscopique.

L’observatoire type est un bloc bétonné comportant le plus souvent une cloche d’observation et une cloche GFM, équipé du téléphone pour régler le tir des différents ouvrages du secteur. Un total de dix sept observatoires isolés seront réalisés dont quatorze pour le seul front Nord-Est, reliés à leur ouvrage de rattachement par un poste radio-émetteur.

Comme toujours, il y à des exceptions comme des ouvrages situés très loin en avant de la ligne de feu ou des observatoires mieux armés que d’autres pour participer à la ligne des feux. La construction de certains observatoires ayant été ajournés, on assistera à la construction entre 1935 et 1939 d’observatoires de campagne et à l’équipement de cloches GFM avec des périscopes.

23-Armée de terre : Ligne Maginot (1)

23°) La Ligne Maginot

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Carte de la défense des frontières françaises en 1939-40

Protéger la frontière du nord-est où la genèse de la Ligne Maginot

En 1919, la France sort victorieuse mais épuisée du premier conflit mondial. Un profond pacifisme se dévellope et même si on crit «L’Allemagne paiera», on craint une attaque brusquée de la Reichwehr qui bien que ne disposant que de 100000 hommes pourraient menacer la frontière du nord-est surtout une fois la Rhénanie démilitarisée évacuée par la France ce qui était à l’époque prévu pour 1934.

A l’époque, la meilleure façon de protéger une frontière c’est de la fortifier mais comment ? Une fortfication permanente et théoriquement infrachissable ou des fortifications de campagne ?

Il existe bien le système Serré de Rivière mais ce système qui comprend des forts principaux à Verdun, Toul, Epinal, Belfort et Langres est non seulement vétuste et protège la frontière de 1871.

Quand aux fortifications allemandes de Thionville, de Metz et de Strasbourg, elles pourraient servir même si cela n’est pas évident de prime abord;

Imaginer un nouveau système fortifié n’est guère aisé dans cette période d’après guerre en raison non seulement des difficultés économiques mais également du scepticisme de glorieux généraux du premier conflit mondial comme le général Guillaumat ou le maréchal Foch, généralissime des armées alliées.

Le 5 mars 1920, une première instruction (instruction Lefèvre du nom du ministre de la Guerre) est publiée pour envisager les futurs champs de bataille de l’armée française et d’éventuelles fortifications.

Le 17 mai 1920, le Conseil Supérieur de la Guerre (CSG) demande à certains généraux de mener des études concrètes sur la défense des frontières, études qui aboutirent deux ans plus tard, le CSG commençant à étudier ces propositions à partir du 22 mai 1922.

Se sentant incompétent, le CSG décide de créer au mois de juin 1922 la Commission chargée des études d’organisation de la défense du territoire placée sous l’autorité du maréchal Joffre. Cette commission se dissout cependant quinze jours après sa création.

Le 3 août 1922, la Commission de défense du territoire (CDT) est créée sous la présidence du général Guillaumat. Après seulement deux séances, elle rend son rapport le 27 mars 1923. Pendant deux ans rien ne se passe.

Le 31 décembre 1925, le ministre de la Guerre, Paul Painlevé créé la Commission de Défense des Frontières (CDF) avec à nouveau le général Guillaumat. Cette commission comme son nom l’indique doit réaliser et non réfléchir, décide de choisir un système de fortification permanent neuf tout en intégrant certaines fortifications plus anciennes comme Metz et Belfort.

Cette commission définit un certain nombre de Régions Fortifiés : RF de Haute-Alsace ou Belfort, RF de Lauter-Basse Vosges, RF de Metz,Thionville et Longwy, des intervalles n’étant pas strictement défendus mais seront couverts (Le Rhin et l’intervalle entre la RF-Lauter et la RF Metz,Thionville et Longwy).

Cependant en 1927, tout est encore loin d’être arrêté. Le maréchal Petain est sceptique sur la possibilité que le Parlement accorde les importants crédits nécessaires. Il réclame un projet plus simple et moins coûteux, plus proche des fortifications de campagne que des forts du 19ème siècle.

Cependant en 1927, Paul Painlevé presse le pas, créant l’Inspection Technique des Travaux de Fortifications (ITTF) et la direction et chefferies de travaux, deux organes dont la création est suivie par celle le 30 septembre 1927 de la Commission d’Organisation des Régions Fortifiées (CORF) qui dépend du ministre de la Guerre et de lui seulement.

La réalisation entre dans sa phase active en 1929, une loi programme est votée le 28 décembre 1929 sous l’impulsion du ministre de la guerre André Maginot. Décédé en 1932, il donnera son nom à cette ligne fortifiée, éclipsant le rôle de son prédécesseur Paul Painlevé.

André Maginot

André Maginot

Les travaux vont être menés avec régularité durant les années trente, des travaux complémentaires seront menés également durant la guerre de Pologne, des ouvrages tactiques destinés à améliorer la défense des approches sur le front Nord-Est mais également de la défense de la frontière belge.

A-Chronologie étoffée de la construction de la ligne Maginot et de ses extensions (1929-40)

Le Nord-Est

Le programme de construction décidé en 1927 et approuvé par le CSG prévoit l’étalement des travaux sur cinq ans (1929-1934) pour un budget initial de 3760 millions réduit à 2900 millions, montant définitivement enteriné le 14 janvier 1930.

Cependant les travaux ont commencé dès le 4 septembre 1928 (ouvrage de Rimplas dans les Alpes Maritimes) alors que les plans définitifs ne sont pas arrêtés mais à l’époque, les discours irrédentistes de Mussolini réclamant Nice et la Savoie inquiètent.

Le Front Nord-Est est privilégié, en 1930 sont lancés des travaux concernant le tronçon central de la RF de Metz, les tronçons initiaux de la RF Lauter ainsi que les ouvrages de «campagne» défendant le Rhin.

Dès le début des travaux, on assiste à des dérapages financiers ce qui entraîne notamment l’abandon d’ouvrages à tourelles d’artillerie qui auraient donné un punch impressionnant à la Ligne Maginot qui aurait pu recevoir des canons de 145mm (autres calibres étudiés : 138mm, 155mm et 240mm). Cette carence sera compensée par le déploiement de l’ALVF.

Les dérapages financiers vont handicaper la deuxième tranche des travaux lancé à partir de 1931 qui bénéficie néanmoins de l’expérience acquise ce qui accélère certains travaux mais en reporte certains……. .

Durant cette deuxième phase on étend la RF de Metz, la RF de Lauter sans oublier la construction d’une troisième ligne de défense sur le Rhin. A noter que si les deux premières lignes avaient été construite sous la direction des autorités locales, la troisième est construite sous l’autorité du CORF.

C’est également à cette époque que l’on se pose les questions de la protection de la frontière Nord qui jusque-là devait se faire dans les plaines belges ce qui rend en théorie inutile des ouvrages fortifiés.

Cependant les élus locaux s’inquiètent et leur influence relayée par le président du Sénat Albert Lebrun est payante, douze casemates doivent être construits dans la forêt de Raismes (au nord ouest de Valenciennes) et dans la forêt de Mormal (au sud-ouest de Maubeuge) mais ces travaux prévus en 1931 sont reportés en deuxième urgence.

La première loi-programme s’achève donc en 1934. Aux 2900 millions initialement approvisionnés se sont ajoutés d’autres crédits portant le budget total et final à 3442 millions mais le programme initial est loin d’avoir été terminé, des ouvrages supprimés et le tronçon Rorbach-Sarre reporté en dépit de son caractère sensible et stratégique.

Une deuxième loi-programme est votée le 6 juillet 1934 qui prévoit 1275 millions de francs pour de nouveaux travaux mais également des travaux reportés de la première phase. Hélas pour la solidité de la Ligne, seule l’extension de la RF Lauter est financée et réalisée mais sous une forme réduite.

A cette même époque, le CORF commence l’amorce d’une extension de la ligne fortifiée vers le Nord plus par la pression politique locale que sous une réelle nécessité car à l’époque (1934), la Belgique est notre allié (ce n’est qu’en 1936 qu’elle rétablira sa neutralité).

Ce deuxième cycle appelé également «Nouveaux fronts» (par opposition aux «Anciens fronts» de 1929-34) va être gêné par des restrictions budgétaires liées notamment à la crise économique. Il faut faire mieux avec moins ce qui ressemble à une vraie quadrature du cercle.

Un projet ambitieux de défense de la frontière Nord est proposé en septembre 1932, un projet prévoyant de protéger les môles de Maubeuge, Baval et l’Escaut à l’aide de cinq ouvrages d’artillerie, quelques petits ouvrages et une ligne d’une trentaine de casemates.

Ce projet est repris en 1934 sans le môle de Baval mais cet ambitieux projet se fracasse sur la réalité et sont simplement réalisés de petits ouvrages. Pour ne rien arranger, les ouvrages de la forêt de Mormal et de Raismes sont hors de la ligne de défense. Le budget de 150 millions est légèrement dépassé (162 millions).

Entre les Anciens Fronts et cet embryon de fortification, le CORF réalise un secteur fortifié à Montmédy qui sera d’une efficacité douteuse car la trouée de Marville située à l’est n’est pas couverte.

En 1935, Jean Fabry chaud partisan de la fortification devient ministre de la Guerre et le CORF espère de nouveaux crédits pour améliorer les Nouveaux Fronts mais au lieu de nouveaux crédits, la CORF est dissoute le 31 décembre 1935, des délégations locales continuant le suivit des travaux à terminer.

Cela ouvre une troisième phase de travaux mais ces travaux seront uniquement des travaux complémentaires qui vont se poursuivre sans centralisation jusqu’au printemps 1940 après donc la fin de la Guerre de Pologne (1er septembre-15 décembre 1939).

Le 18 janvier 1935, un premier coup de semonce avait été donné au CORF. Le nouveau chef d’état-major général de l’armée, le général Gamelin refuse toute nouvelle construction fortifiée majeure, estimant qu’il est temps de passer aux fortifications de campagne, fortifications prévues par le CORF en complément des gros ouvrages et non comme éléments principaux.

La dégradation du contexte international entraîne donc une reprise des travaux avec des petits ouvrages qui ont la préférence aussi bien du Front Populaire que d’Edouard Daladier. Pour la gestion des travaux, il est prévu de la confier aux commandants des régions militaires qui vont bénéficier pour la réalisation de la MOM (Main d’Oeuvre Militaire).

On cherche à obtenir un front continu, un front continu et profond pour empêcher l’ennemi de percer et d’exploiter sa percée.

A priori, cela n’est pas négatif mais dans la réalisation, cela va se révéler assez préjudiciable avec une absence de coordination entre régions militaires et des fortifications de campagne parfois seules dans certains secteurs notamment le long de la frontière belge.

Fort heureusement, la guerre de Pologne ne voit aucune attaque majeure à l’ouest, les escarmouches n’opposant que les corps francs et les unités avancées de l’armée allemande au delà des ouvrages fortifiés.

En mars 1938, le général Griveaux, chef de l’Inspection générale du génie et des fortifications établit un état des organisations défensives construites sous l’autorité des régions militaires. Cet état montre l’hétérogénéité des constructions qui si pour certaines sont très intéressantes, d’autres ont une valeur militaire très faible.

La crise des Sudètes réglée par les accords de Munich provoque un électrochoc en France, la Tchécoslovaquie ne pouvant plus jouer un rôle de menace pour l’Allemagne.

Les programmes de fortifications sont accélérés et au front continu «bête et méchant», on préfère un système de môles capable de se replier sur lui même et de permettre une reconstitution ultérieure d’un front défensif.

En octobre 1938, on dessine cinq môles de résistance. La 1ère armée doit s’appuyer sur celui de Maubeuge, l’armée des Ardennes sur les môles de Revin et de Mezière, la 2ème armée le môle de Sedan-La Mazée et celui de Mouzon, la 4ème armée le môle du seuil de Cappel et la 8ème armée ceux de Sungdau, Lormont, Saint-Hippolyte, Morteau et Pontarlier).

Pour la constitution de ces môles, on renonce aux ouvrages CORF (temps, nécessite de former de nouvelles unités de forteresse) au profit d’ouvrages STG (Service Technique du Génie) qui doivent être occupés par des bataillons de mitrailleurs ou par des grandes unités formées à la mobilisation.

Hélas, ce beau projet est mal appliqué par le général Prételat qui va préférer homogénéiser les fortifications de campagne plutôt que ce concevoir des môles aptes à la défense en profondeur.

La guerre de Pologne surprend la ligne Maginot en plein travaux. En réalité, les travaux ne vont jamais vraiment cesser jusqu’en septembre 1948…….. .

La mobilisation de septembre 1939 impacte l’aménagement des lignes fortifiées. Les unités en ligne consacrent une bonne part de leur temps aux travaux d’aménagement complémentaires. Ces travaux peuvent être résumés de la façon suivante :

-Sur la frontière Nord, une série de casemates STG de différents types sur les positions de Trélon, d’Hirson et de Rocroi, la tête de pont de Charleville et le secteur de Sedan

-Sur la position avancée de Longwy, amorce d’une ligne de bloc contournant la localité.

-Dans la Sarre, la réalisation de différents blockaus STG

-Le clou de ce programme est cependant une seconde ligne de défense destiné à offrir de la profondeur aux fronts allégés du Nord et de la Sarre. Cette ligne est baptisée Ligne CEZF (Commission d’Etudes de Zones Fortifiées), cette dernière étant considérée comme un chaînon manquant entre les fortifications de campagne et les ouvrages du CORF.

Les travaux du CEZF qui inspireront d’autres travaux à la frontière nord ne seront cependant pas achevés avant 1945. A noter que certains ouvrages reportés par le CORF dans le cadre de choix budgétaires seront réalisés mais souvent sous une forme simplifiée.

14-Navires légers (30) canonnières fluviales (2)

Canonnières fluviales classe Ill
Pour renforcer la présence de la France sur le Rhin, décision est prise de construire de véritables canonnières fluviales qui en temps de paix devront faire respecter la liberté de navigation au profit de tous les pays mais qui en temps de guerre devront s’opposer à un franchissement en force de l’armée allemande et bien entendu couvrir le franchissement de l’armée française.
Quatre navires sont ainsi commandés à la tranche 1942 (programme naval du 14 mai 1941), des navires baptisés du nom d’influents du Rhin (Ill Thur Emme Reuss) et dont la construction est attribuée aux chantiers Delmas & Viellejeux de La Rochelle.
A noter que pour respecter la neutralité des Pays Bas et de la Belgique, ces navires rejoindront Strasbourg leur port d’attache désarmées, l’armement étant mis en place en Alsace.

La constitution d’une véritable flottille du Rhin nécessita d’ailleurs la construction d’une vraie annexe militaire dans le port de Strasbourg.
Ces canonnières sont inspirées de la dernière canonnière fluviale construite en France à savoir la Francis Garnier mais cette inspiration est lointaine car depuis les technologies ont évolué et le contexte d’utilisation est différent.
A la machine alternative, les canonnières de type Ill préfère le moteur diesel. L’armement est semblable en quantité mais la DCA inexistante pour la canonnière indochinoise est plus que conséquente pour des navires appelés à devoir si nécessaire affronter les bombardiers et les chasseurs de la Luftwafe.
-L’Ill est mise sur cale le 8 septembre 1941 lancé le 14 octobre 1942 et mise en service le 17 mars 1943

-La Thurn est mise sur cale le 5 novembre 1942 lancée le 10 décembre 1943 et mise en service le 4 mai 1944

-L’Emme est mise sur cale le 15 décembre 1943 lancée le 7 janvier 1945 et mise en service le 8 août 1945

-La Reuss est mise sur cale le 15 février 1945 lancée le 5 mars 1946 et mise en service le 16 septembre 1946.

Ces quatre navires sont toujours en service en septembre 1948 et se relayent pour monter une garde vigilante et pour protéger le trafic français sur le Rhin.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 700 tonnes pleine charge 850 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 64.40m longueur entre perpendiculaires 62.05m largeur 11.20m tirant d’eau 2.50m

Propulsion : deux moteurs diesels de 2400ch chacun entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 19 noeuds distance franchissable : 1500 miles nautiques à 15 noeuds

Armement : deux canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples (un avant et un arrière), deux mortiers de 81mm Brandt, huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 et huit mitrailleuses de 7.5mm Darne
Equipage : 125 officiers et marins

6-Cuirassés et croiseurs de bataille (5)

C-Croiseurs de bataille classe Dunkerque

 Des cuirassés modernes pour la Royale

Bien que le traité de Washington de 1922 eut imposé un moratoire sur la construction des cuirassés jusqu’en 1936, la France avait obtenu la possibilité de mettre sur cale des cuirassés pour remplacer des unités perdues au traité de Londres en 1930 or en 1922, le France avait été perdu sur une roche près de Quiberon.

Elle n’exploita pas dans un premier temps cette possibilité, préférant renouveler et augmenter ses forces légères qu’il s’agisse des contre-torpilleurs ou des croiseurs lourds, entammant une course aux armements avec les italiens.

L’apparition du Deutschland fût en partie à l’origine des croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg

L’apparition du cuirassé de poche Deutschland fit office d’une véritable électrochoc pour la marine nationale. Ce nouveau navire était trop faible pour affronter des cuirassés conventionnels mais surclassait n’importe quel des croiseurs Washington qui étaient tous moins bien armés (8 à 10 canons de 203mm) et moins bien protégés.

L’Etat Major de la marine rappela certaines évidences qu’avec 70000 tonnes, la France pouvait construire seulement deux cuirassés de 35000 tonnes, trois de 23333 tonnes et quatre de 17500 tonnes mais seuls les deux derniers étaient réellement réalisables, le premier demandant de trop grands investissements en matière d’infrastructure.

Le 10 juillet 1931, le Parlement vota une nouvelle tranche du statut naval de 1924 (ce projet ne fût au plan du strict point de vue juridique voté mais de facto, le Parlement pris l’habitude de voter chaque année une tranche de construction neuves), tranche qui comprénait deux croiseurs type La Galissonnière, quatre torpilleurs légers classe Melpomène, un aviso colonial de classe Bougainville, un pétrolier et un chasseur de sous marins et surtout un bâtiment de ligne.

Avant-projet d’un croiseur de bataille type Dunkerque

Le projet n’était cependant pas encore fixé, des divergences étaient encore perceptibles notament au niveau de la protection et de l’armement. Finalement, le projet final fût validé par le STCN au début de 1932 et les caractéristiques techniques approuvées officiellement le 27 avril 1932.

Le premier navire est baptisé Dunkerque suivit d’un second financé à la tranche 1934 et baptisé Strasbourg, la construction du premier étant attribué à l’Arsenal de Brest et le second aux Ateliers et Chantiers navals de Saint Nazaire-Penhoët.

 Le Dunkerque

Le croiseur de bataille Dunkerque en 1938

-Le Dunkerque est mis sur cale à l’Arsenal de Brest dans le bassin n°4 au Salou le 24 décembre 1932 et mis à flot le 2 octobre 1935. Il est ensuite reéchoué dans le bassin n°9 du Laninon pour achever le montage de la coque et d’assurer l’armement du navire.

Il est armé pour essais le 1er février 1936 mais n’effectua sa première sortie à la mer que le 18 avril 1936 à 15h00. Les essais officiels eurent lieu du 22 mai au 9 octobre 1936, interrompus par deux passages au bassin pour modifications.

Le croiseur de bataille appareilla de Brest pour la traversée longue durée le 20 janvier à 15h00, cap à l’ouest direction Fort de France (Martinique) où il arriva le 31 janvier pour cinq jours d’escale jusqu’au 4 février 1938. Il gagna alors les îles Saintes où il resta jusqu’au 15 février effectuant une brève escale à Fort de France le 16 février avant de traverser l’Atlantique direction l’Afrique Occidentale Française (AOF).

Mouillant en baie de Rufisque du 22 au 25 février 1938, le Dunkerque gagne le port de Dakar le 25 février et y reste jusqu’au 1er mars date de son départ pour la France. Après une rapide traversée de l’Atlantique, il arrive à Brest le 6 mars 1938.

Le 1er septembre 1938, le Dunkerque est officiellement admis au service actif et devient le même jour, le navire amiral de l’Escadre de l’Atlantique, portant la marque du vice-amiral Gensoul.

Le 20 juin 1939, la marine française se réorganisa et l’escadre de l’Atlantique devint la 1ère escadre formant avec la 5ème escadre, la Flotte de l’Atlantique. Cette 5ème escadre est composée des cuirassés Courbet et Paris dédiés à l’instruction, le croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin et des torpilleurs.

La guerre se précisant, les amirautés britanniques et françaises se coordonèrent en décidant du partage des zones de responsabilité. La marine française reçut pour mission de protéger le trafic commercial allié entre le Golfe de Guinée et la Manche.

Cette mission était du ressort des Forces Maritimes de l’Ouest (F.M.O) mais il fallait prévoir une force capable de traquer les raiders que les allemands n’allaient pas manquer d’envoyer. C’est la mission de la Force de Raid que le Dunkerque intègre en compagnie du Strasbourg.

Le Dunkerque reste déployé dans l’Atlantique jusqu’en janvier 1940 quand on prend la décision d’affecter les deux cuirassés français les plus modernes en Méditerranée et c’est ainsi que le 20 janvier 1940, le Dunkerque appareille en compagnie du Strasbourg  pour Toulon.

Les deux croiseurs de bataille font escale à Casablanca le 25 janvier, à Oran le 27 janvier où les deux navires sont ouverts au public avant d’appareiller pour Toulon le 28 janvier, arrivant dans le grand port varois le 1er février 1940.

Le Dunkerque effectue de nombreux exercices pour parfaire sa condition opérationnelle qu’il s’agit d’écoles à feu, d’exercices de défense aérienne à la mer, d’alerte anti-sous-marine. Le 4 juin 1940, il appareille pour Rufisque où il arrive le 12 juin afin d’assurer une campagne de tir du 13 au 20 juin avant de regagner Toulon le 27 juin 1940.

C’est ensuite une tournée en Méditerranée orientale, le Dunkerque appareillant de Toulon le 8 juillet 1940, faisant escale à Bastia (au mouillage faute de place dans le port) le 10 juillet. Il repart le 11 pour Oran où il arrive le 15 juillet. Il repart le lendemain pour Toulon où il arrive le 18 juillet, subissant une indisponibilité pour entretien avec passage au bassin (Vauban n°7) du 23 juillet au 27 août 1940.

Il repart le 29 août, effectuant sa remise en condition au large du Var jusqu’au 5 septembre en compagnie de ses torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée, les trois navires filant plein sud pour gagner Alexandrie où il fait escale du 8 au 13 septembre avant une nouvelle escale à Haïfa du 16 au 19 septembre puis à Beyrouth du 21 au 25 septembre et Istanbul du 27 septembre au 2 octobre 1940 où monte à bord le président turc Ismet Inönu.

Le croiseur repart le 3 octobre 1940, faisant escale au Pirée du 6 au 9 octobre, Bizerte du 13 au 16 octobre, Ajaccio (au mouillage) du 18 au 21 octobre avant un retour à Toulon le 23 octobre 1940.

Après une période d’entretien à flot du 24 octobre au 8 novembre, le croiseur de bataille sort pour essais du 9 au 12 novembre puis pour remise en condition du 14 au 30 novembre, en compagnie à chaque fois de ses torpilleurs d’escorte, les trois navires faisant escale à Marseille du 1er au 5 décembre, rentrant le lendemain à Toulon le 6 décembre 1940.

Après plusieurs exercices avec la Flotte de la Méditerranée (du 15 janvier au 5 mars avec des escales à Marseille du 27 janvier au 2 février et à Nice du 17 au 24 février au cours desquelles, il faillit entrer en collision avec le Suffren), le Dunkerque est immobilisé au bassin Vauban n°7 à partir du 14 mai 1941.

Tableau représentant le Dunkerque à la mer, une puissance majestueuse n’est-il pas ?

Il débarque la totalité de sa DCA légère et reçoit enfin la DCA prévu à l’origine à savoir cinq affûts doubles ACAD modèle 1935 de 37mm qui sont installés pour deux d’entre-eux de part et d’autre de la tourelle II de 330mm, deux autres au niveau de la cheminée et un cinquième derrière la tourelle quadruple axiale de 130mm.

Il devait recevoir aussi des canons de 25mm mais ces canons n’étant pas encore disponibles, le Dunkerque rembarque au final ses mitrailleuses de 13.2mm en l’occurence deux affûts quadruples au niveau du bloc-passerelle et deux affûts doubles au niveau du pare-lames sur la plage avant.

Le navire qui à aussi bénéficié de travaux sur son appareil propulsif et ses équipements de conduite de tir à également reçu un détecteur électromagnétique est remis à flot le 4 septembre 1941.

Il est armé pour essais le 25 septembre 1941, le croiseur de bataille sortant pour essais du 26 au 30 septembre et du 3 au 10 octobre avant remise en condition au large de Toulon du 12 au 25 octobre.

Le Dunkerque accompagné par ses torpilleurs d’escorte effectue ensuite une école à feux à Rufisque du 8 au 18 novembre, rentrant à Toulon le 30 novembre 1941. Le Dunkerque termine l’année par une école à feux du 7 au 17 décembre 1941 en compagnie de ses deux torpilleurs d’escadre, rentrant à Toulon le 18 décembre et passant le reste de l’année à quai.

Il reprend son service actif début 1942 quand il appareille pour entrainement en Méditerranée et dans l’Atlantique, effectuant une école à feux du 7 au 17 janvier avant une tournée dans la péninsule ibérique. En compagnie de ses deux torpilleurs d’escorte, le croiseur de bataille est à Barcelone du 20 au 23 janvier, à Carthagène du 24 au 27 janvier, à Cadix du 28 janvier au 1er février,  à Lisbonne du 3 au 6 février, à Porto du 7 au 9 février avant de rallier Brest pour une croisière en Amerique du Nord.

Il gagne Brest le 12 février 1942 pour des travaux jusqu’au 27 février quand il traverse l’Atlantique en compagnie du croiseur lourd Foch, quittant le port du Ponant le 3 mars direction New York où il mouille dans l’enceinte du Brooklyn Naval Shipyard avant d’accueillir au large le 7 mars le paquebot Normandie.

Il repart de New York le 10 mars pour Brest où il arrive le 15 mars, subissant quelques travaux jusqu’au 19 mars quand il appareille pour rentrer à Toulon, faisant escale à Saint Nazaire du 23 au 25 mars, au Ferrol du 28 mars au 2 avril, à Porto du 4 au 6 avril, à Casablanca du 9 au 13 avril avant de rentrer à Toulon le 19 avril 1942, étant ensuite indisponible jusqu’au 21 mai 1942.

Il sort pour essais du 23 au 30 mai, essais suivit d’une période de modifications à flot du 31 mai au 8 juin avant une nouvelle phase d’essais du 9 au 16 juin 1942. Il effectue sa remise en condition dans le golfe du Lion du 17 au 30 juin.

Le 4 juillet 1942, il appareille pour Dakar, faisant escale à Casablanca du 9 au 13 juillet avant d’arriver à Dakar le 17 juillet. L’Ecole à feu à lieu du 19 au 31 juillet avant une escale à Dakar du 1er au 4 août.

Il reprend la mer le 5 août pour un exercice de défense aérienne jusqu’au 14 août, faisant une ultime escale à Dakar du 15 au 18 août avant d’appareiller avec ses deux torpilleurs d’escadre le lendemain 19 août, faisant escale à Casablanca du 23 au 27 août, à Mers-El-Kébir du 29 août au 2 septembre avant de rentrer à Toulon le 5 septembre 1942.

Après de nouvelles manoeuvres avec la flotte de la Méditerranée (12 au 25 septembre), il termine l’année par un petit carénage du 10 octobre au 23 décembre 1942, recevant en remplacement de ses douze mitrailleuses de 13.2mm (six affûts doubles), douze canons Hotchkiss modèle 1939-40 de 25mm, installés de part et d’autre du bloc-passerelle en six affûts doubles.

Il sort ensuite pour essais du 24 au 27 décembre avant remise en condition au large du cap Corse du 29 décembre 1942 au 7 janvier 1943.

Après des exercices sur les côtes nord-africaines du 17 janvier au 23 mars 1943 (attaques de nuit, défense aérienne à la mer, écoles à feux), le Dunkerque quitte Toulon le 4 avril 1943 pour se rendre dans la ville éponyme en compagnie du croiseur léger De Grasse. Il font escale à Oran le 10 avril où est débarqué un officier-marinier victime d’une crise d’appendicite, à Casablanca du 13 au 15 avril, Brest du 20 au 22 avril avant de filer directement à Dunkerque où il arrive le 2 mai 1943.

Ils passent une semaine à quai, étant ouverts au public, recevant le maire de Dunkerque, le préfet du département…… . Le succès public est au rendez-vous, les dunkerquois étant particulièrement fiers d’avoir un croiseur de bataille portant le nom de leur ville (on le serait à moins) et le croiseur léger est un navire flambant neuf. La charte de parrainage entre la ville et le croiseur de bataille est signée le 5 mai 1943.

Ils quittent Dunkerque le 10 mai, direction la Grande Bretagne, faisant escale à Newcastle du 15 au 18  mai, à Inverness du 19 au 22 mai, à Glasgow du 24 au 27 mai, Liverpool du 29 mai au 2 juin, Brest du 4 au 7 juin, Lisbonne du 10 au 15 juin, Casablanca du 17 au 23 juin et enfin Toulon où ils rentrent le 28 juin après plus de deux mois loin de leur port d’attache.

Il entre ensuite en grand carénage, étant échoué dans le bassin Vauban n°7 le 7 juillet 1943 pour près de dix mois de travaux, puisqu’il n’est remis à flot le 1er mai 1944.

La coque est grattée et repeinte, les hélices remplacées, les canons de 330 et de 130mm retubées, l’électronique modernisée,et la DCA est portée à six affûts doubles de 37mm ACAD modèle 1935 et huit affûts doubles de 25mm soit 12 canons de 37mm et 16 canons de 25mm.

Il est remorqué au quai Vauban pour des travaux complémentaires du 2 mai au 7 juin 1944 et subit des essais statiques au mouillage du 10 au 15 juin, étant armé pour essais le 16 juin. Il sort en mer du 17 au 28 juin, du 2 au 8 juillet et du 13 au 18 juillet 1944.

Les essais achevés, le cuirassé charge des munitions et complète ses soutes pour un stage de remise en condition dans le Golfe du Lion et au large du Cap Corse et ce du 22 juillet au 4 août 1944. Il se ravitaille à Toulon le 5 août avant de quitter le Var le 6 août pour Dakar afin de subir un entrainement.

Il fait escale à Casablanca du 10 au 14 août avant de gagner Dakar où il arrive le 19 août 1944. Il commence par une Ecole à feu à Rufisque du 21 août au 11 septembre avant une nouvelle escale à  Dakar du 12 au 16 septembre.

Après une entrainement de défense aérienne à la mer du 17 au 30 septembre, le croiseur de bataille et ses deux torpilleurs d’escadre mouillent à Dakar du 1er au 4 octobre avant de reprendre la mer pour rentrer à Toulon. Il fait escale à Casablanca du 8 au 12 octobre avant de rentrer à Toulon le 15 octobre 1944.

Le Dunkerque sort à nouveau pour un entrainement de son détachement aviation (deux Dewoitine HD-731) du 20 au 27 octobre avant une escale à Nice du 28 octobre au 4 novembre. Il reprend la mer pour un entrainement de défense aérienne à la mer du 5 au 13 novembre avant un mouillage à Bastia du 14 au 19 novembre. Il rentre à Toulon le lendemain 20 novembre 1944.

Victime d’une indisponibilité accidentelle du 21 novembre au 5 décembre (problème d’alimentation en mazout chaudière n°1), le Dunkerque sort pour essais du 6 au 13 décembre avant remise en condition du 14 au 26 décembre 1944, restant à Toulon jusqu’à la fin de l’année alors que son sister-ship est toujours en réparations.

Le croiseur de bataille Dunkerque sort pour la première fois en 1945 du 4 au 11 janvier pour un entrainement de base avant une escale à Port Vendres du 12 au 15 janvier.

Reprennant la mer, le croiseur de bataille effectue un entrainement de son détachement aviation du 16 au 25 janvier, le croiseur faisant relâche à Marseille du 26 janvier au 3 février. Après un entrainement de défense aérienne à la mer du 4 au 16 février, le croiseur de bataille relâche à Bastia du 17 au 22 février avant de rentrer à Toulon le lendemain 23 février 1945.

Après une période d’entretien à flot du 25 février au 15 mars, le Dunkerque sort pour essais du 16 au 19 mars mais victime d’une nouvelle avarie, il doit rentrer à Toulon le 20 mars pour des réparations achevées le 28 mars 1945. Les essais ont lieu du 30 mars au 8 avril 1945 avant un stage de remise en condition au large de la Corse du 10 au 27 avril 1945.

Après s’être ravitaillé à Toulon le 28 avril, le Dunkerque et ses deux torpilleurs d’escorte Le Hardi et L’Epée quittent leur port d’attache le 29 avril, font escale à Mers-El-Kébir du 1er au 4 mai, franchissent le détroit de Gibraltar le 6 mai avant d’arriver à Dakar le 11 mai 1945.

Le Dunkerque effectue une Ecole à feu à Rufisque du 15 mai au 2 juin avant de relâcher à Dakar jusqu’au 7 juin quand il sert de plastron aux défenses du secteur de Dakar récémment modernisées pour rendre ce point d’appui inexpugnable, la marine nationale craignant une tentative comparable à celle menée contre Papeete par les croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneiseneau le 22 septembre 1914.

Cet exercice se termine le 15 juin 1945 et après un ravitaillement à Dakar, le croiseur de bataille et les torpilleurs d’escadre subissent un entrainement de défense aérienne à la mer du 17 au 25 juin avant une escale à Dakar du 26 au 30 juin.

Cette importante phase d’entrainement se termine par un exercice de combat antisurface, les deux torpilleurs d’escadre  simulant des lancements de torpilles contre le Dunkerque et ce du 1er au 8 juillet quand les trois navires reviennent à Dakar pour escale et un repos bien mérité du 9 au 15 juillet 1945.

Le Dunkerque et ses deux anges-gardiens quitte la capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF) le 16 juillet, font escale à Casablanca du 20 au 25 juillet, avant de rentrer à Toulon le 29 juillet 1945.

Après une période d’indisponibilité du 30 juillet au 12 août, le croiseur de bataille sort pour essais du 13 au 17 août avant de reprendre l’entrainement par un stage intensif dans le Golfe du Lion du 19 au 30 août 1945.

Le 3 septembre 1945, il appareille pour sa ville-marraine, faisant escale à Casablanca pour ravitaillement le 7 septembre. Il remonte la péninsule ibérique et les côtes du Golfe de Gascogne, se ravitaillant à nouveau à Brest le 11 septembre avant de mettre cap sur Dunkerque où il arrive le 12 septembre 1945.

Pendant huit jours, le croiseur de bataille est ouvert au public, effectuant une sortie à la mer les 18 et 19 septembre 1945 au profit d’une délégation d’officiels menée par le maire Auguste Waeteraere, des écoliers de la ville de Dunkerque, des ouvriers des ACF……….. .

Le Dunkerque quitte sa ville marraine le 20 septembre, fait escale à Casablanca pour se ravitailler le 24 septembre avant de rentrer à Toulon le 28 septembre, enchainant aussitôt avec la remise en condition de son sister-ship, le Strasbourg.

Du 30 septembre au 15 octobre 1945, le croiseur de bataille Dunkerque s’entraine avec son sister-ship Strasbourg, les croiseurs légers De Grasse Chateaurenault Guichen (6ème DC) et des contre-torpilleurs  Bayard Du Guesclin Turenne de la 2ème DCT.

Alors que le Chateaurenault va s’entrainer avec le Richelieu, les autres navires après une escale à Mers-El-Kébir du 16 au 20 octobre, gagnent Dakar le 25 octobre pour une école à feu à Rufisque du 26 octobre au 12 novembre, rentrant tous à Toulon le 19 novembre 1945.

Le Dunkerque sort pour l’entrainement de son détachement aviation du 25 novembre au 7 décembre, faisant escale à Marseille du 8 au 12 décembre avant de reprendre l’entrainement par un entrainement de défense aérienne à la mer du 13 au 20 décembre, rentrant à Toulon le 24 décembre après une escale à La Ciotat du 21 au 23 décembre 1945.

La première sortie de l’année 1946 voit le Dunkerque et le Strasbourg effectuer un entrainement au combat de nuit du 8 au 17 janvier avant de mouiller au large de Port Vendres du 18 au 23 janvier pour une «amicale» pression vis à vis de l’Espagne qui venait de réaliser en Catalogne, les plus importantes manoeuvres militaires depuis la victoire des nationalistes dans la guerre d’Espagne. Ils rentrent à Toulon le 25 janvier 1946.

Victime d’une avarie de turbine, le Dunkerque est indisponible du 26 janvier au 12 février, les réparations achevées, le Dunkerque sort pour essais du 13 au 18 février avant remise en condition du 19 février au 2 mars, rentrant à Toulon le 9 mars après mouillage aux salins d’Hyères du 3 au 8 mars 1946.

Le 4 mars 1946, décision est prise de redéployer la 1ère DL à Mers-El-Kébir. Le 12 mars 1946, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg appareillent de Toulon pour rallier leur nouvelle base nord-africaine en compagnie donc du Le Hardi de L’Epée, du Lansquenet et du Fleuret.

Ce transit s’effectue comme en temps de guerre. Les deux croiseurs de bataille naviguent en ligne de file séparés par par un demi-mile nautique (environ 900m) avec un torpilleur au poste avant, un torpilleur en serre-file à l’arrière et deux chiens de garde à tribord et à babord, le tout sous le couvert de l’aviation basée à Toulon et en Corse.

La petite escadre fait d’ailleurs escale à Ajaccio du 13 au 15 mars avant de reprendre la mer le lendemain 16 mars dans la soirée pour arriver à Mers-El-Kébir le 17 mars 1946.

A cinquante miles nautique de Mers-El-Kébir, quatre Dewoitine D-520 de la 14C et deux CAO-700M de la 22E prennent contact avec les deux croiseurs de bataille et les quatre torpilleurs et assurent leur couverture aérienne jusqu’à leur arrivée à Mers-El-Kébir.

Le Dunkerque ressort avec le Strasbourg du 22 au 31 mars 1946 pour un exercice de combat entre l’Algérie et la Sardaigne avant une escale à Tunis du 1er au 6 avril suivit d’un exercice de défense aérienne à la mer du 7 au 17 avril, les deux croiseurs de bataille rentrant à Mers-El-Kébir le 20 avril 1946.

Le 29 avril 1946, la 1ère Division de Ligne quitte Mers-El-Kébir en compagnie des torpilleurs d’escadre Le Hardi, L’Epée, le Lansquenet et Le Fleuret, du croiseur léger Latouche-Tréville et de la 10ème DCT composés des contre-torpilleurs Le Terrible Le Triomphant et L’Indomptable.

La petite escadre mouille au large de Tanger du 1er au 4 mai puis est à Casablanca du 6 au 9 mai avant d’entamer un exercice au large des Canaries, exercice suivit avec attention par la marine espagnole, plusieurs sous-marins probablement espagnols étant aperçus à bonne distance de l’escadre.

Cet exercice commence par un combat antisurface du 11 au 23 mai, les deux croiseurs de bataille cherchant à échapper au croiseur et aux contre-torpilleurs. Après une escale de ravitaillement à Casablanca les 24 et 25 mai, le Strasbourg prend la tête des contre-torpilleurs pour affronter le Dunkerque et le Latouche-Tréville du 26 mai au 2 juin.

La petite escadre fait escale à Dakar du 3 au 7 juin avant une école à feu à Rufisque du 8 au 24 juin, la petite escadre rentrant à Mers-El-Kébir dans la foulée soit le 3 juillet 1946.

Après une période d’indisponibilité du 4 au 17 juillet, il sort pour essais du 18 au 21 juillet avant un entrainement combiné en compagnie de son sister-ship Strasbourg du 23 juillet au 7 août. Après une escale à Tunis du 8 au 14 août, les deux croiseurs de bataille rentrent à Mers-El-Kébir le 16 août 1946.

Du 18 au 27 août 1946, le Dunkerque sort en compagnie de la 8ème DC composée des croiseurs légers Latouche-Treville et Gambetta pour un dernier exercice avant un nouveau grand carénage à Toulon. Il rentre à Mers-El-Kébir le 29 août.

Le 3 septembre 1946, le Dunkerque quitte l’Afrique du Nord pour un nouveau grand carénage, arrivant à Toulon le 5 septembre à l’aube. Il débarque ses munitions et vidange ses soutes avant d’être échoué au bassin Vauban n°7 le 8 septembre.

Les travaux concernent essentiellement une remise en état complète avec changement des hélices, grattage et peinture de la coque, inspection complète des turbines, retubage des chaudières. L’électronique est modernisée tout comme l’armement.

Remis à flot le 17 mai 1947, il subit une période de travaux à quai jusqu’au 4 juillet avant essais à la mer du 5 au 11 juillet suivit d’une remise en condition du 13 au 31 juillet. Il gagne Mers-El-Kébir le 1er août, chargeant ses munitions à la Pyrotechnie de la base puis recomplétant ses soutes.

Appareillant le 2 août 1947, il franchit le détroit de Gibraltar le 6 août et arrive à Dakar le 10 août 1947. Après une escale jusqu’au 15 août, le croiseur de bataille effectue une Ecole à feu à Rufisque du 16 août au 4 septembre. Il reprend la mer le 8 septembre après une escale à Dakar, faisant escale à Casablanca du 12 au 17 septembre avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 21 septembre 1947.

Du 27 septembre au 2 octobre 1947, la 1ère DL sort en compagnie de la 8ème DC qui avec l’arrivée du Condé avait atteint son format définitif soit trois croiseurs légers. Les deux divisions vont effectuer un exercice de combat antisurface avant une escale à Ajaccio du 3 au 7 octobre.

Le Strasbourg, le Dunkerque et les trois croiseurs légers reprennent la mer le 8 octobre, retrouvant en mer la 6ème DC au grand complet. Le Strasbourg prend la tête de la 6ème DC (parti Rouge) alors que le Dunkerque devient le chef de la 8ème DC (parti Bleu) pour un exercice à double dérente jusqu’au 18 octobre, exercice suivit par une escale commune à Tunis du 19 au 25 octobre 1947. La 6ème DC rentre ensuite à Toulon  alors que la 1ère DL et le 8ème DC rentrent à Mers-El-Kebir le 27 octobre.

Après une période d’indisponibilité du 28 octobre au 14 novembre (entretien à flot notamment), le Dunkerque sort pour essais du 15 au 20 novembre avant remise en condition du 25 novembre au 17 décembre 1947 entre Mers-el-Kébir, Bizerte et la Corse. Il rentre à Toulon le 23 décembre après une escale à Nice du 18 au 22 décembre 1947.

Le croiseur de bataille sort pour entrainement aviation du 7 au 17 janvier, faisant escale à Marseille du 18 au 22 janvier avant d’enchainer par un exercice de défense aérienne du 23 au 30 janvier. Il rentre à Toulon le 8 février après une escale à ajaccio du 31 janvier au 6 février 1948

Le Dunkerque sort pour entrainement en solitaire du 15 au 27 février 1948 avant une escale à Port Vendres du 28 février au 2 mars, l’escale se faisant au mouillage, le croiseur de bataille ayant un tirant d’eau trop important pour ce port.

Reprennant la mer le 3 mars, il retrouve la 4ème DCT composé des contre-torpilleurs Magon Dunois La Hire, trois puissants navires de classe Bruix pour un exercice en commun jusqu’au 18 mars, les quatre navires faisant escale à Ajaccio jusqu’au 22 mars.

Reprennant la mer, le croiseur de bataille Dunkerque, les deux torpilleurs d’escadre et les contre-torpilleurs retrouvent le Strasbourg pour un exercice jusqu’au 1er avril avec un affrontement entre croiseurs de bataille et contre-torpilleurs puis un exercice d’interception, le Dunkerque et le Strasbourg étant alternativement le chasseur et le gibier, les contre-torpilleurs et les torpilleurs étant les rabatteurs. Tous les navires rentrent à Mers-El-Kébir le 4 avril 1948.

Le Dunkerque sort pour un entrainement au combat de nuit en compagnie du croiseur léger Latouche-Tréville du 8 au 17 avril avant une escale à Alger du 18 au 23 avril. Après un exercice de défense aérienne à la mer du 24 avril au 3 mai, le croiseur de bataille et le croiseur léger font escale à Tunis du 4 au 10 mai avant de rentrer à Mers-El-Kébir le 13 mai 1948.

Du 20 mai au 2 juin, le Dunkerque s’entraine au large d’Oran, d’Alger et de Tunis en compagnie des croiseurs légers Gambetta et Condé (le Latouche-Tréville était à l’époque indisponible) avant une escale à Bizerte du 3 au 8 juin. Ils rentrent tous à Mers-El-Kébir le 10 juin 1948.

Après une période d’entretien à flot du 11 juin au 5 juillet 1948, le croiseur de bataille sort pour essais du 6 au 10 juillet avant remise en condition du 13 juillet au 2 août. Il rentre à Mers-El-Kébir le 8 août après une escale à Tunis du 3 au 5 août.

Le 15 août 1948, il est placé au régime de guerre avec le rappel de réservistes. Il sort pour entrainement du 18 au 25 août et du 29 août au 3 septembre 1948.

Le 5 septembre 1948, le croiseur de bataille était à quai à Mers-El-Kébir en alerte à 6 heures prêt à appareillé au moindre mouvement de la flotte italienne.