Grande Bretagne (69) Bases navales (2)

Bases de la Mediterranean Fleet

His Majesty Naval Base Malta (HMNB Malta)

La Valette aujourd'hui

La Valette aujourd’hui

La position stratégique de l’île de Malte n’à échappé à personne. Contrôler cet archipel composé de huit îles mais quatre seulement habitées c’était la clé pour contrôler la Méditerranée ou du moins gêner le transit à travers cette mer fermée, cœur du monde jusqu’à la découverte par l’Europe du continent américain.

L’île est successivement phénicienne, carthaginoise, romaine pendant sept siècles (-218 a.C à 395 p.C), vandale, ostrogothes, byzantine, arabe, normande avant de passer de 1529 à 1798 sous souveraineté de l’Ordre de Saint Jean de Jerusalem qui résiste victorieusement aux turcs en 1565.

Occupée par la France en 1798 sur le chemin de l’expédition d’Egypte, l’île passe en 1800 sous domination anglaise, l’île était une colonie et l’était toujours en septembre 1948. A noter qu’en 1802 le traité d’Amiens avait imposé le retour des hospitaliers mais Londres refusa et annexa officiellement l’île en 1816.

Les britanniques vont rester à Malte jusqu’à l’indépendance de l’île accordée seulement en 1968, l’île restant membre du Commonwealth avec la reine Elisabeth II comme chef d’état.

Ce n’est qu’en 1980 que suite à un référendum que Malte devient une république et quitte le Commonwealth of Nations.

Dès leur arrivée au 19ème siècle, les britanniques se préoccupent de faire de l’île une base inexpugnable pour contrôler la Méditerranée.

Avec le détroit de Gibraltar à l’ouest et le canal de Suez à l’est, Malte est l’un des pivots de la politique méditerranéenne de Londres.

Avec l’apparition de l’avion et l’unité italienne, certains s’interrogent sur la possibilité de tenir à Malte sous la menace des bombardiers italiens (voir allemands), d’une puissante flotte de surface stationnée à Tarente.

Dans les années trente, Alexandrie devient la base principale de la Mediterranean Fleet mais Malte continue d’accueillir des unités majeures et si elle ne dispose pas de cuirassés, elle dispose d’un porte-avions.
Pour ce qui est des installations, l’île forteresse dispose de trois formes de radoub, une de 250m, une de 180m et une de 150m, le tout associé à des ateliers de réparation et de fabrication. Des dépôts de ravitaillement sont également présents. En 1947, un dock flottant couvert de 120m arrive pour s’occuper plus spécifiquement des sous-marins.

Les défenses sont modernisées. La DCA est nettement renforcée (au point que les aviateurs italiens surnommeront Malte l’île infernale) et les défenses côtières reçoivent de nouveaux canons qui feront plus que leur office lors de l’opération Merkur montrant l’utilité de défenses côtières intelligemment pensées.

Si les six canons de 15 pouces (381mm provenant des cuirassés type R) installés au nord et au sud de La Valette sont chargées de la défense lointaine, les canons de 6 pouces (152mm) et de 4.7 pouces (120mm) sont chargés de la défense contre un débarquement amphibie ou une descente comme on disait jadis.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Malte

-Porte-avions HMS Ark Royal avec le 2nd Carrier Air Group (2nd CAG)

-Croiseurs légers classe Arethusa HMS Arethusa Galatea Aurora Penelope formant le 3rd Cruiser Squadron (3rd CS)

-Croiseur léger antiaérien classe Dido HMS Royalist théoriquement Destroyer Commander Malta

-Croiseur léger antiaérien classe Dido HMS Bonaventure chargé de la protection antiaérienne rapprochée du HMS Ark Royal.

-Destroyers type G HMS Gallant & Garland chargés de l’escorte du porte-avions Ark Royal

-Six destroyers légers type Hunt (HMS Dulverton Eridge Airedale Albrighton Aldenham Belvoir) formant la 17th Destroyer Flottilla

-4th Submarine Flottilla avec huit sous-marins type U, les HMS Unique Upholder Upright Urchin Urgin Usk Ulmost et Upron

-9th Submarine Flottilla avec huit sous-marins type S, les HMS Salmon Sealion Sterlet Sunfish Satyr Sceptre Sea Dog et Sea Nymph

-Sous-marin mouilleur de mines HMS Porpoise (classe Grampus)

-Sloops HMS Shearwater Guillenot Pintail classe Kingfisher

-Dragueurs de mines classe Bangor HMS Hythe Ifracombe Llanduno Lyme Regis Middlesbrough New Haven Padstow Pohucan formant la 6th Minesweeping Flottilla

-Deux flottilles de vedettes lance-torpilles, les 2nd (MTB-2 4 6 8 10 12 14 16) et 4th MTB (MTB-18 20 22 24 26 28 30 32)

-Deux canonnières, deux patrouileurs ASM et une vedette de sauvetage

-Pétroliers RFA Olwen & Olynthus (type Ol), RFA War Bahadur (type War) RFA Denbydale (type Dale) et RFA Red Ranger (type Ranger)

-Citerne à eau RFA Freshfjord (classe Fresh)

-Cargo rapide RFA Fort Sandusky (classe Fort)

-Navire-atelier HMS Resource (qui doit rejoindre Freetown dès le début du conflit)

-Bâtiment-base de sous-marin HMS Medusa (9th Submarine Flottilla)

-Ravitailleur de sous-marin HMS Rosario (4th Submarine Flottilla)

-Bâtiment-base de vedettes lance-torpilles HMS Vulcan

His Majesty Naval Base Alexandria (HMNB Alexandria)

Le réseau des bases navales britanniques est ancien et relativement bien équipé. Néanmoins la Méditerranée comme on l’à vu manque d’une base parfaitement outillée capable de réparer un navire sans avoir besoin de revenir en Métropole.

Ce manque est identifié mais les budgets manquent pour un investissement de cette ampleur et si la guerre s’était poursuivie après décembre 1939, la Mediterranean Fleet n’aurait eu d’autres choix que de s’appuyer sur la France et ses arsenaux de Bizerte et de Toulon à condition qu’ils soient accessibles.

La guerre de Pologne terminée, la Royal Navy est bien décidée à obtenir les crédits nécessaires pour doter la Flotte de la Méditerranée d’une base digne de ce nom.

Il faut d’abord trouver un site qui soit facilement aménageable, un site qui ne soit pas trop vulnérable à une action ennemi et un site pouvant accueillir les navires stationnés à Alexandrie mais également des renforts pour une action précise.

Chypre colonie anglaise pourrait être un site intéressant mais il est jugé trop proche de la Turquie dont on ignore les desseins et trop excentré pour opérer contre la marine italienne.

Haïfa en Palestine mandataire est aussi étudié mais l’insécurité du mandat SDN et l’incertitude sur le sort futur du territoire (confédération avec la Transjordanie, colonie britannique, indépendance) refroidit les ardeurs des britanniques.

Finalement, la base va être construit à l’ouest d’Alexandrie, la décision étant prise en 1942.

Les plans sont officiellement 100% britanniques mais il semble que les français aient transmis quelques informations sur leurs bases de Mers-El-Kébir et de Cam-Ranh notamment sur la construction des digues.

Le site est en effet totalement artificiel, trois digues sont construites dessinant un plan d’eau de 7,5km² quasiment aussi grand que celui de Portland (9km²), digues encadrant trois passages, Nord, Centre et Sud, passages fermés par des filets, des blockhaus à mitrailleuses défendant l’accès au site comme le découvriront douloureusement la Decima MAS lors de leur troisième attaque contre Alexandrie.

Etant partis d’une feuille vierge, d’un terrain sans constructions ni aménagements préalables, les ingénieurs ont pu dessiner une base parfaitement fonctionnelle ce que lui reprochèrent certains officiers qui la trouvaient sans âme ce à quoi son auteur répondit que c’était les hommes qui faisaient l’âme d’un lieu non les pierres.

D’ouest en est, on trouvait successivement les installations suivantes :

-L’Arsenal ou Repair Ship Installation avec une forme de 300m, une forme de 250m, deux de 150m et un slipway de 120m, associé à de nombreux moyens de levage et de manutention, des dépôts de pièces détachés, des fonderies, des ateliers de réparation d’armes, des ateliers électricité, des ateliers de radiocommunication.

-Les dépôts de munitions, de pièces détachées, de vivres et de carburant. C’est là que s’amarrent les navires de soutien mais également des navires faisant des escales de quelques heures avant de repartir.

-Ensuite se succèdent une Submarine Base, une Cruiser-Destroyer Base et enfin une Battleship Base où est stationné le Corps de Bataille.

-Les navires en escale s’amarrent au Quai d’Honneur installé devant Governor House, la maison où s’installe le commandant en chef de la Mediterranean Fleet en temps de paix, la guerre le voyant soit sur son navire-amiral (en l’occurence le HMS Duke of York) ou dans une base souterraine à terre.

Les défenses côtières ne sont pas oubliées, deux forts sont construits, l’un à l’est et l’autre à l’ouest, des forts identiques avec quatre canons de six pouces (152mm) sous masque associés à huit canons de 4 pouces (102mm) dual. La défense contre l’infanterie n’est pas oublié avec des créneaux FM et des mortiers de 3 pouces (76.2mm) tout comme la défense antiaérienne composée de huit canons de 20mm Oerlikon.

Côté terre, des blockhaus sont construits en août 1948, blockhaus armés de fusils-mitrailleurs, de mitrailleuses, de mortiers et de canons antichars.

La base est considérée comme opérationnelle le 21 octobre 1947 même si dès 1945 les navires britanniques viennent y faire escale. Le chantier générait une intense poussière associé au sable du désert fit que les navires étant souvent recouvert d’une couche de poussière au point que le port fût surnommé Dust Harbor, Port-Poussière.

Moins d’un an plus tard, la guerre éclate et la base navale d’Alexandrie va devoir faire ses preuves, les navires suivants y étant stationnés :

-Le corps de bataille de la Mediterranean Fleet est entièrement rassemblé à Alexandrie à la fois parce qu’à l’ouest de Malte la flotte française dispose de nombreux cuirassés (dix unités dont huit modernes et deux refondues) et que la présence d’un cuirassé à Malte est jugé non pertinente car l’île vulnérable aux bombardements aériens. Les cuirassés suivants sont basés à Alexandrie :

-Cuirassés classe Nelson HMS Nelson et Rodney

-Cuirassés classe King George V HMS Duke of York et Prince of Wales

-Cuirassés classe Queen Elisabeth HMS Barham et Valiant

-Pour couvrir ses cuirassés, la Mediterranean Fleet dispose de deux porte-avions, un porte-avions médian et un porte-avions lourd, le premier étant le HMS Indomitable de classe Illustrious et le second le HMS Furious, le quatrième porte-avions de classe Malta.

-Les croiseurs ne sont pas oubliés, ces navires devant être le fer de lance de l’assaut britannique sur les lignes de communication italiens entre la péninsule italique et l’actuelle Libye sans oublier les liaisons avec le Dodécannèse.

-1st Cruiser Squadron : croiseurs lourds classe Admiral, les HMS Hawke Raleigh Drake

-13th Cruiser Squadron : croiseurs légers classe Crown Colony HMS Newfoundland et Uganda

-Le croiseur léger antiaérien classe Dido HMS Spartan sert de navire-amiral pour le Destroyer Commander Egypt

-Les croiseurs légers antiaériens classe Dido HMS Hermione et Phoebe assurent la protection des deux porte-avions alexandrins.

-Pour protéger les six cuirassés et les deux porte-avions, il faut des destroyers. Plusieurs flottilles sont déployées à Alexandrie pour cette mission.

-1st Destroyer Flottilla : six destroyers type G, les HMS Glowworm Greyhound Grafton Grenade Griffin et Grenville

-3rd Destroyer Flottilla : neuf destroyers type I, les HMS Icarus Imogen Isis Inglefield Imperial Ilex Intrepid Ivanhoe Impulsive

-21th Destroyer Flottilla : huit destroyers type D, les HMS Duncan Dainty Daring Decoy Defender Deligh Diamond Diana

-Sous-marins type U HMS Umbra Unbending Unbroken Unison United Unrivalled Unruffied formant la 6th Submarine Flottilla

-Dragueurs de mines classe Halcyon HMS Hazard Leda Sharpshooter Brittonait Scoot Speedy et Sphinx formant la 3rd Minesweeping Flottilla

-Sloop classe Grimsby, le HMS Aberdeen ancien navire-amiral de la Mediterranean Fleet chargé désormais de la défense du port d’Alexandrie et de la base navale
-Deux canonnières, une vedette émettrice de fumée, quatre vedettes anti-sous-marines, deux dragueurs de mines légers, quatre Harbor Defence Motor Launch (HDML)

-Pétrolier RFA Pearleaf classe Trinol, RFA Olcades classe Ol, RFA War Sirdar et Patham classe War, RFA Blythswood classe Dale, RFA White Ranger classe Ranger

-Citerne à eau RFA Freshmere et Freshlake classe Fresh

-Transport de produits pétroliers RFA Petrobus

-Cargo rapide RFA Duquesne

-Poseur de filets HMS Protector

-Bâtiment-base de sous-marins HMS Maidstone

-Mouilleur de mines HMS Welshman

Bases de la British Eastern Fleet

Avant-propos

En 1902, l’Angleterre et le Japon signe un traité d’alliance ce qui permet à Londres de concentrer ses forces en Europe. Ce traité qui resta en vigueur jusqu’en 1922 et la signature du traité de Washington n’empêcha pas la Royal Navy de disposer de forces navales en Extrême-Orient.

Qui dit forces dit bases et dès son implantation dans la région, la Royal Navy à aménagé des bases pour permettre à sa flotter d’opérer et surtout de durer.

Dans cette AOR (Area of Responsability) immense allant du Cap de Bon Espérance à Hong Kong, la Royal Navy dispose en septembre 1948 de nombreuses bases plus ou moins bien équipées, plus ou moins aptes à soutenir des escadres.

La base principale est implantée à Singapour à l’extrémité sud de la péninsule malaise à la sortie du Détroit de Malacca. C’est là qu’est installé l’état-major de la British Eastern Fleet qui remplace la China Station en 1947.

Surnomé le “Gibraltar de l’Extrême-Orient”, Singapour est une base solidement fortifiée et après de gros travaux parfaitement outillée pour soutenir les deux porte-avions et les trois cuirassés déployés depuis cette base.

L’action de cette base est relayée au nord par la base d’Alor Setar à l’entrée du détroit de Malacca et par la base de Kuching sur l’île de Borneo, une base qui est plus un dépôt de ravitaillement qu’une véritable base opérationnelle.

La majeure partie des forces britanniques sont stationnées dans ces bases en raison de l’importance de la barrière malaise.

Avec une Thaïlande au comportement incertain, la défense de la Malaisie et de Singapour par des forces navales associées aux Pays Bas (Indes Néerlandaises avec trois croiseurs de bataille et un porte-avions léger) voir plus lointainement la France en Indochine et les Etats-Unis aux Phillipines est capitale pour protéger l’Inde.

Paradoxalement le joyau de l’Empire britannique n’abrite que peu de forces navales et aucune base navale comparable à Singapour. Les moyens d’entretien et de ravitaillement présents à Calcutta et Bombay sont limitées.

Ce n’est pas le cas de Triconmalee sur l’île de Ceylan où les capacités de ravitaillement et d’entretien sont importantes, cette base étant une réplique de la base de Singapour, une façon de limiter les conséquences d’une chute de cette base en cas d’invasion de la Malaisie.

Certes en septembre 1948 personne ne pense sérieusement que les japonais pourront envahir et conquérir la Malaisie mais le pouvoir politique britannique préfère se réserver une solution de repli au cas où.

Les autres bases de la British Eastern Fleet sont des bases à l’importance “secondaire” avec Hong Kong qui en dépit de ce statut dispose de cinq croiseurs légers.

Les installations d’entretien sont très limitées, les grands carénages ne pouvant se faire qu’à Singapour même si suite à un accord qui ne sera jamais appliqué faute de temps, l’utilisation de Cavite et de Subic Bay (Phillipines) ainsi que de Cam-Ranh en Indochine était possible.

Aden dispose de moyens d’entretien limitées, rendant peu probable le déploiement d’une escadre importante mais ils sont suffisants pour permettre le déploiement de croiseurs et d’un porte-avions léger chargés de couvrir le passage des convois allant ou venant d’Océanie et d’Extrême-Orient et de traquer les raiders allemands.

La base navale de Simonstown située en Afrique du Sud est considérée comme une base de la British Eastern Fleet même si sa situation excentrée la rend au final peu efficiente.

His Majesty Naval Base Singapour (HMNB Singapore)

Le QG de la British Eastern Fleet à Singapour

Le QG de la British Eastern Fleet à Singapour

“La ville aux lions” (bien qu’il n’ait jamais eu de lions sur l’île) est occupée par les anglais au moment des guerres napoléoniennes quand les néerlandais perdirent leur indépendance, Napoléon Bonaparte lassé de la volonté d’indépendance de son frère Louis finissant par annexer les Pays-Bas.

Napoléon vaincu, le traité de Paris partage la région entre les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, cette dernière recevant la Malaisie et Singapour.

Officiellement l’île appartient au sultan de Johore et ce n’est qu’en 1819 que l’île est acheté par Londres au Sultan. La ville de Singapour est fondé par Thomas Straffles le 29 janvier 1819 et devient rapidement une base stratégique pour la Royal Navy.

La colonie de Singapour se compose de l’île de Pujau Ulong et de dépendances soit une superficie globale de 581 km².

La base navale aurait pu être installée au sud de l’île mais en réalité elle est installée sur la rive nord, en face de Johor, séparé de Singapour par le détroit du même nom même si depuis 1924 une chaussée relie l’île à la péninsule malaise.

Les travaux commencent en 1923, sont menés avec lenteur jusqu’en 1931 mais sont peu à peu accélérés et considérés comme achevés en 1939.

Cette base dispose à cette époque du plus grand bassin de radoub du monde et du troisième plus grand dock-flottant. Les dépôts de carburants ont suffisamment de stocks pour soutenir la totalité de la Royal Navy pour six mois !

Les défenses sont particulièrement soignées avec cinq canons de 15 pouces (381mm) installés à Changi pour trois d’entre-eux et deux à Buena Vista, couvrant la côte ouest de l’île de Singapour.

Des canons d’un calibre plus faible (9.2 pouces soit 234mm, 8 pouces soit 203mm et 6 pouces soit 152mm) sont installés au sud et à l’est pour une défense à 360°, ces canons à la différence des canons de 15 pouces étaient orientables à 360°.

La défense rapprochée de la base navale contre un assaut d’infanterie est assurée par des blockhaus munis de canons antichars de 6 pouces, de mitrailleuses de 7.7mm, de fusils-mitrailleurs et de mortiers de 3 pouces.

La DCA est composée de six batteries, deux lourdes équipées de canons de 94mm et quatre légères équipées de canons Oerlikon de 20mm et Bofors de 40mm.

Les installations de la base sont agrandies entre 1943 et 1948 pour permettre l’accueil permanent de trois cuirassés et de deux porte-avions médians.

Aussi quand la guerre éclate en Europe, la HMNB Singapore dispose des installations suivantes :

Le RMS Queen Mary en 1949. Réquisitionné en septembre 1948, il est transformé en transport de troupes et envoyé en Extrême-Orient pour transférer au Moyen-Orient des unités australiennes et néo-zélandaises

Le RMS Queen Mary en 1949. Réquisitionné en septembre 1948, il est transformé en transport de troupes et envoyé en Extrême-Orient pour transférer au Moyen-Orient des unités australiennes et néo-zélandaises. Il est photographié ici dans un bassin de Singapour

-Une forme de radoub de 400m de long pouvant être divisée en deux ou trois formes indépendantes

-Un dock-flottant de 250m

-Deux formes de radoub de 250m

-Un slipway de 150m

-Des ateliers, des dépôts de carburant, de munitions, de vivres…. .

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Singapour :

-Cuirassés Queen Elizabeth Malaya Warspite formant le 3th Battle Squadron

-Porte-avions HMS Implacable et Indefatigable

-Croiseurs légers HMS Dido et HMS Cleopatra chargés de la protection antiaérienne des porte-avions
-2nd Destroyer Flottilla : neuf sous-marins type H, les HMS Hunter Hostile Hero Hasty Hardy Hereward Hyperion Hotspur Havock

-4th Destroyer Flottilla : destroyers classe Tribal mais seuls les HMS Afridi Gurkha Mohawk Sikh sont stationnés à Singapour, les quatre autres (HMS Cossack Maori Nubian Zulu) sont détachés à Hong Kong.

-2nd Minesweeping Flottilla équipée de dragueurs de mines classe Halcyon, les HMS Skipjack Niger Gleaner Jason Seagull Bramble

-Sous-marins classe River HMS Thames Severn Clyde hors rang

-5th Submarine Flottilla avec des sous-marins type T ou classe Triton les HMS Tribune Taku Tigris Tuna Torbay Thraser Trusty et Trespasser

-5th MotorTorpedoBoat Flottilla (5th MTB Flottilla) avec les vedettes MTB 33 35 37 39 41 43 45 47

-7th MotorTorpedoBoat Flottilla (7th MTB Flottilla) avec les vedettes MTB 48 49 50 51 52 53 54 et 55

-Deux canonnières et une vedette émettrice de fumée

-Pétrolier RFA Plumleaf classe Trinol RFA Oleander classe Ol RFA War Methar et le War Nawab classe War RFA Dewdale classe Dale

-Transports de produits pétroliers RFA Petronel

-Ponton pétrolier RFA Ruthenia

-Cargo rapide RFA Fort Rosalie

-Bâtiment-dépôt de sous-marin HMS Titania soutien de la 5th Submarine Flottilla

-Mouilleur de mines HMS Manxman

Alor Setar (His Majesty Naval Base Alor Setar)

Singapour était la base principale de la British Eastern Fleet (BEF) au débouché du détroit de Malacca, un immense corridor long de 800km orienté SE/NW et d’une largeur variable entre 2.8km au sud jusqu’à 320km dans sa partie la plus large.

Singapour ayant déjà fort à faire vers l’est et la menace japonaise, germa rapidement l’idée d’une base au nord du détroit pour pouvoir verouiller son accès depuis le Golfe du Bengale.

Le site d’Alor Setar situé à proximité de la frontière avec le royaume de Thaïlande fût choisit en 1941 dans le cadre plus global d’un renforcement des positions de l’armée britannique dans la région, une importante base aérienne pouvant accueillir des bombardiers lourds fût aménagée ainsi qu’une ligne fortifiée pour se prémunir d’une invasion thaï (peu probable) et surtout d’un passage des troupes japonaises.
Il ne faudrait pas croire qu’il s’agit d’une copie de la base navale de Singapour, la base d’Alor Setar dispose d’infrastructures nettement moins développées que ce soit sur le plan de l’entretien ou au niveau des défenses côtières.

Les travaux sont menés entre 1943 et 1948 avec la construction d’un bassin obtenu par une digue artificielle. Ce bassin sert de zone de mouillage pour les navires attendant de traverser en convoi le détroit de Malacca ou attendant de décharger.

Les navires déployés en permanence à Alor Setar dispose d’une zone comparable au quai des Flottilles à Brest.

La base dispose de dépôts de carburant, de vivres, de munitions et de pièces détachées ainsi qu’un arsenal capable de mener des travaux relativement importants.

Outre les ateliers et les moyens de levage, on trouve un bassin de radoub de 250m de long, un dock flottant de 170m de long et un slipway de 100m, le premier était davantage destiné aux navires de surface, le second couvert étant plus destiné à des sous-marins (même si aucun sous-marin n’est stationné à demeure) et le dernier pour les unités légères.

Quand la seconde guerre mondiale éclate en septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Alor Setar :

-5th Cruiser Squadron avec les croiseurs lourds London Dorsetshire Norfolk

-Deux canonnières et une vedette de sauvetage

-Citerne à eau RFA Freshbrook classe Fresh

-Pétrolier RFA War Afridi classe War

Dépôt logistique de Kuching

Kuching est la principale ville du Sultanat de Sarawak placé sous le protectorat britannique à partir de 1946.

Cette ville est choisit pour servir de dépôt logistique à la British Eastern Fleet. Il ne s’agit pas à proprement parlé d’une base mais d’un dépot logistique avec un mouillage protégé pour une escadre.

Quelques fortifications protègent le dépôt d’un assaut côté mer et côté terre. Une base de la RAF permet d’assurer la couverture aérienne du dépôt sans oublier que des avions du Coastal Command pourront ainsi surveiller la South China Sea (Mer de Chine Méridionale).

Aucun navire n’est stationné à demeure à Kuching mais au moment où commence le second conflit mondial en septembre 1948, deux chalutiers sont réquisitionnés et transformés en patrouilleurs de surêté.

Ce n’est qu’au printemps suivant qu’un cargo apportera des vedettes de sécurité pour protéger les accès au dépôt.
Hong Kong

Avant la British Eastern Fleet, il y avait la China Station chargée de défendre les intérêts britanniques en Extrême-Orient. Hong-Kong port en eau profonde était le lieu tout désigné pour accueillir des moyens navals importants.

Longtemps il n’y eut pas de véritable base navale mais des travaux sont menés entre 1945 et 1947 pour aménager en zone militaire une partie du port de commerce pour pouvoir des navires importants type croiseur, l’accueil de cuirassés ou de porte-avions semblant difficile.

La capacité des dépôts est augmenté tout comme les capacités d’entretien. Hong-Kong ne permet pas de réaliser des travaux très poussés mais avec son bassin de 210m et un dock flottant de 150m, le port de la colonie britannique peut assurer l’entretien courant et les réparations après avaries.

Les défenses côtières sont également renforcées même si leur efficacité en cas d’attaque japonaise ne peut être que limitée.

En septembre 1948, les forces navales stationnées à Hong Kong étaient regroupées au sein du China Squadron. Elles n’étaient pas négligeables comme vous pouvez le constater :

-6th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Neptune Ajax et Orion

-15th Cruiser Ssquadron avec les croiseurs légers Mauritius et Ceylon

-Destroyers classe Tribal HMS Cossack Maori Nubian Zulu détachés de la 4th Destroyer Flottilla de Singapour

-Sloop classe Grimsby HMS Lowestoft

-6th Motor TorpedoBoat Flottilla (6th MTB) avec les vedettes lance-torpilles MTB 34 36 3840 42 44 46 et 48

-Deux canonnières

-8th Submarine Flottilla avec les sous-marins type U HMS Unruly Unseen Ultor Unshaken Unsparing Usurper Universal et Untaned

-Pétroliers RFA Serbol classe Belgol et RFA Orange Ranger classe Ranger

-Ravitailleur de sous-marins HMS Pactolus

Triconmalee

L’île de Ceylan colonie britannique depuis 1815 à une position stratégique, une sorte d’avant-poste du sous-continent indien.

Contrôler cette île c’était le plus sur moyen de contrôler l’Océan Indien. Pour utiliser au mieux cette île, il faut une base, cette base étant Triconmalee située à l’est de l’île.
Les britanniques occupent la région en 1795 chassant les néerlandais, le territoire étant absorbé par la colonie de Ceylan en 1815

Magnifique port naturel, accessible par tous les temps et par toutes les embarcations, Triconmalee était tout indiquée pour recevoir une véritable base navale.

Malheureusement les budgets limités ne permirent pas avant la fin des années trente de construire cette base navale.

Même après le début des années quarante les budgets ne permirent pas d’aboutir au rêve des planificateurs britanniques de faire de Triconmalee le miroir de Singapour.

Néanmoins en septembre 1948, les installation sont nettement plus dévellopées que neuf ans plus tôt.

Des dépôts supplémentaires de carburant, de vivres, de munitions et de pièces détachées sont construits, des dépôts enterrés pour réduire leur vulnérabilité à une frappe aérienne.

Un Arsenal la Ceylon Ship Repair Base est construite avec deux formes de 300m, une forme de 150m,un dock-flottant de 150m et un slipway de 100m.

Les défenses côtières sont renforcées et les installations d’accueil des navires sont améliorées, le site étant profondément dragué pour pouvoir accueillir des navires au tirant d’eau plus important.

Comme à Kuching, une base aérienne est construite à proximité pour couvrir le Golfe du Bengale.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Triconmalee :

-Sloop HMS Grimsby classe Grimsby

-Pétrolier RFA War Sudra classe War

D’autres navires rejoindront la base quand le conflit éclatera en Europe pour renforcer la protection de cette base stratégique car couvrant l’Océan Indien.

Aden

Situé dans l’actuel Yemen, la ville d’Aden est situé au débouché de la mer Rouge au delà du détroit de Bab-el-Mandeb à une situation stratégique qui n’à échappé à personne et surtout pas aux britanniques.

Ces derniers qui ont décidé de faire l’Inde le joyau de leur Empire sont exaspérés par les attaques de piraterie contre les navires allant et venant de cette possession gérée jusqu’en 1858 par l’East India Company.

Ils occupent la région dès 1838 et peu à peu le territoire d’origine s’étend, la dernière extension datant de 1915.

En 1937, la colonie d’Aden quitte le giron indien et devient une colonie royale ou Crown Colony.
Sur le plan maritime et naval, Aden devient une station de ravitaillement en eau et en charbon pour les navires marchands permettant à la ville une formidable croissance, le retour d’une période de prospérité que la ville avait connu jadis.

La Royal Navy s’installe également dans la région, des moyens navals importants pour couvrir l’Océan Indien.

Il s’agit de traquer les raiders allemands et de couvrir le passage au Moyen-Orient les troupes venues des Dominions, l’Australie et la Nouvelle-Zélande devant envoyer dans la région plusieurs divisions pour participer à la défense de l’Egypte ainsi qu’à la conquête de l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) _future Libye_ .

Une véritable base navale aurait été utile mais les budgets ne sont pas extensibles et les investissements importants consentis pour Singapour, Kuching et Triconmalee ont absorbé les fonds nécessaires.

Quelques travaux sont réalisés mais ils sont bien insuffisants. Une forme de 250m permet de radouber un croiseur mais ni un cuirassé ni un porte-avions lourd. Les ateliers permettent des réparations d’urgence mais pour un grand carénage il fallait se rendre à Singapour ou à Alexandrie.

Les dépôts de carburant, de munitions, de vivres et de pièces détachées sont cependant importants.

Les défenses côtières sont modestes mais la menace est faible.

En septembre 1948, les navires suivants sont déployés depuis Aden :

-Porte-avions léger HMS Glory

-9th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Durban Dauntless Delhi (classe Danae ou type D)

-14th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Fiji et Jamaica (classe Crown Colony)

-5th Destroyer Flottilla 1st Division avec quatre destroyers type K, les HMS Kelly Kingston Kandahar et Kashmir

-3rd Submarine Flottilla avec les sous-marins de classe Triton (type T), les HMS Thetis Triumph Thistie Tetrach Thorn Trooper Tutankhamen

-Deux canonnières et une vitesse de sauvetage

-Pétrolier RFA Easdale (classe Dale) et Yellow Ranger (classe Ranger)

-Citerne à eau RFA Freshener classe Fresh

-Ravitailleur de sous-marins HMS Adaman

Dès le début du conflit une partie des moyens vont quitter la zone calme pour rallier des zones jugées plus importantes. C’est le cas de la flottille de sous-marins qui va rallier l’Atlantique.
Bombay et Calcutta

Depuis 1867, l’Inde est un Empire, le roi ou la reine de Grande-Bretagne et d’Irlande (puis d’Irlande du Nord) est également empereur/impératrice ds Indes.

Les Indes britanniques sont le joyau de l’Empire britannique mais curieusement aucune base navale majeure n’est installé dans le pays, les ports de Bombay et de Calcutta accueillant des navires de la Royal Navy et de la Royal Indian Navy mais sans base royale ni arsenal digne de ce nom.

Les navires de l’India Station (qui à également autorité sur les navires stationnés à Aden et Triconmalee) stationnés en Inde sont donc tributaires des ports de commerce avec les limites que cela implique.

Aucun projet de base navale n’à semble-t-il été réellement étudié pour une raison que nous ignorons encore aujourd’hui.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés en Inde :

-A Bombay sur la côte occidentale de l’Inde, la Royal Navy est en réalité absente puisque les seuls navires qui y sont stationnés sont des navires de la Royal Fleet Auxiliary (RFA) en l’occurence les pétroliers RFA Olna et Dingledale ainsi que la citerne à eau RFA Freshburn. Ils sont accompagnés par six sloops de la marine indienne, quatre Black Swan (HMIS Sutlej Jumma Narbada Godavari) et deux Improved Black Swan (HMIS Kistna et Cauvery).

-A Calcutta, le sloop HMIS Hindustan est stationné pour couvrir le Golfe du Bengale en liaison avec les navires stationnés à Alor Setar.

A noter qu’un sloop, le HMS Deptford (classe Grimsby) est stationné à Oman pour patrouiller dans le Golfe Persique et surveiller les menées du Shah d’Iran dont les sympathies pro-allemandes et itaiennes sont connues.

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18-Bases et arsenaux (12)

P-Base navale de Fort de France

Carte de l'île de la Martinique

Carte de l’île de la Martinique

Avant propos

Fort de France en Martinique est la base qui couvre les Antilles. L’absence de réelle menace fait que cette base devrait être une base de souveraineté. Cependant la possibilité d’envoyer des navires dans le Pacifique nécessite une base bien équipée à proximité du canal de Panama. D’où des travaux importants pour lui permettre de ravitailler et de dépanner des navires de passage en direction du Pacifique sans oublier un soutien efficace aux navires des Forces Navales Françaises aux Antilles (FNFA).

Un mot sur Cayenne. Bien qu’un aviso colonial y soit basé, il n’y à là aucune base navale, l’aviso étant basé dans le port de commerce.

Description du site

Le site de la base navale est située à l’ouest du port de commerce. Un bassin à flot fermé par deux digues artificielles.

Les navires stationnés à demeure ou étant de passage à Fort de France sont amarrés ou mouillés à l’entrée du bassin à flot.

Les installations d’entretien sont installés au fond du dit bassin. En septembre 1948, la base navale de Fort de France dispose d’une forme de radoub de 210m, d’un slipway de 75m et d’une cale de 100m pour la construction d’unités légères destinées à un usage local.

Fortifications

La défense de Fort de France est assurée par deux points d’appui installés au nord et au sud de la baie. Il s’agit d’empêcher une «descente» comme au temps de la marine à voile.

Chaque point d’appui est armé de deux canons de 100mm modèle 1932, de deux canons antiaériens de 75mm et quatre canons antiaériens de 37mm en deux affûts doubles. La défense rapprochée est assurée par quatre casemates armés de deux mitrailleuses de 7.5mm.

Chaque point d’appui est armé par une compagnie d’ouvrage et la défense de la base navale de Fort de France est défendue par une compagnie de fusiliers marins, la 8ème compagnie de fusiliers marins.

Navires stationnés à Fort de France en septembre 1948

-Avisos coloniaux Bougainville et Lapérouse (ce dernier est détaché en permanence à Cayenne)

-Patrouilleur Baliste

-Pétrolier Le Loing

-Remorqueur de 600ch Lamentin

-Remorqueur de 750ch Baobab et Bruyère

Q-Base navale de Dakar

En guise d’introduction

Capitale de l’AOF (Afrique Occidentale Française), Dakar était également le principal port de l’Empire. Son positionement stratégique en faisait également un point d’appui idéal pour opérer dans l’Atlantique Sud.

Seulement voilà en 1939, le port de Dakar serait bien incapable de soutenir des navires de premier plan comme des croiseurs et des cuirassés. Des travaux importants étaient nécessaires pour permettre Dakar de soutenir une escadre et de participer à la sécurisation des convois qu’ils soient ceux reliant l’Afrique du Sud aux îles britanniques où ceux alimentant l’effort de guerre français depuis les Antilles jusqu’à l’Afrique du Nord et la Méditerranée.

Les installations opérationnelles et d’entretien sont remises en état, modernisées, les fortifications sont également modernisées et accrues.

Description du site

La Rade-Abri dispose en 1939 de cinq moles numérotés 1 2 5 6 et 8 plus un Quai des pétroliers et un Quai des Escales. Le premier nommé est relié à un dépôt souterrain de carburant qui alimente en mazout les navires basés à Dakar et ceux y faisant escale.

Pour augmenter la surface abritée disponible, une jetée est construite entre 1939 et 1942 entre le continent et l’île de Gorée et une autre de 2000m entre la batterie de Bel Air et le large sous une forme circulaire, créant un nouveau plan d’eau.

Il est prévu que le plan d’eau entre le continent et l’île de Gorée serve de point de rassemblement pour des convois alors que le second plan d’eau doit servir pour des navires de guerre en escale notamment ceux se rendant au polygone de tir de Rufisque.

Officiellement créé en mai 1940, ce polygone de 50000 ha _toujours utilisé par l’armée française en 2012 _ (bien que sa taille ait été réduite de moitié) va servir pour la marine mais également pour l’aviation. Il ne s’agit pas d’un vaste terrain désertique mais d’un ensemble de cibles _blockhaus, postes de commandement, batteries d’artillerie, chars…….. _ régulièrement renouvelées.

En ce qui concerne les installations d’entretien, elles sont également modernisées. La forme unique installée dans le port est allongée à 220m et élargie à 24m ce qui permet le carénage d’un croiseur lourd de type Saint Louis.

Pour assurer des travaux sur un cuirassé de type Alsace, une forme de 260m de long sur 40m de large est creusée entre 1942 et 1945 de l’autre côté de la digue est de la Rade-Abri. Les ateliers sont modernisés et les capacités de levage augmentées.

Fortifications

En septembre 1940, le site de Dakar est défendu par les moyens suivants :

-A Mamelles à l’ouest de la base aérienne de Ouakam on trouve 3 canons de 240mm modèle 1902 modifié 1906.

-A Pointe Fann, on trouve 4 canons antiaériens de 90mm

-A Madeleines sont installés 4 canons de 138mm qui couvrent à l’ouest, la batterie du Cap Manuel qui dispose de 2 canons de 240mm modèle 1902 modifié 1906 en une tourelle double

-L’Ile de Gorée est sérieusement fortifiée avec 2 canons de 240mm en une tourelle double, 4 canons de 138mm en deux affûts doubles et quatre canons antiaériens de 90mm en deux affûts doubles.

-La batterie de Bel Air dispose de 2 canons de 240mm modèle 1902 modifié 1906 en une tourelle double

-A Rufisque, nous trouvons 2 canons de 95mm

Les canons de 240mm encore efficaces sont maintenus après une modernisation avec des tubes réalésés et une plate-forme tournante.

Les canons de 138mm de la Madeleines et de Gorée usés sont remplacés par six canons de 152mm modèle 1931 neufs montés sur plate-forme tournante et munis d’un bouclier.

Aux canons de 90mm antiaériens déjà en place s’ajoutent huit autres canons de 90mm modèle 1926 en quatre affûts doubles qui assurent la défense antiaérienne et rapprochée du port de Dakar en compagnie d’une batterie mobile de huit canons de 25mm Hotchkiss en quatre affûts doubles montés sur des camions.

Le polygone de Rufisque est défendu non plus par deux canons de 95mm mais par deux points d’appui armés chacun de deux canons de 100mm et de deux canons de 75mm. A l’intérieur des terres, des postes de sécurité empêchent l’intrusion de civils dans le périmètre du champ de tir.

Navires stationnés à Dakar en septembre 1948

-Aviso colonial Dumont d’Urville

-Patrouilleur (ex-torpilleur) La Bombarde

-Aviso-dragueurs coloniaux  La Précieuse L’Amiral Duperré La Rieuse et l’Amiral Gourdon  (10ème DEL)

-Corvettes La Lyonnaise L’Oranaise La Sablaise et La Servannaise (7ème DEL)

-Remorqueur de haute mer Buffle

-Remorqueurs de 600cv L’Efficient et Cap Vert

-Remorqueur de 750cv Romarin

-Gabare La Patiente

18-Bases et arsenaux (11)

N-Station navale de Nouméa

Nouméa, sa station navale et ses fortifications

Nouméa, sa station navale et ses fortifications

Avant propos

La Nouvelle Calédonie est reconnue colonie française le 24 septembre 1853 et le 25 juin 1854 est fondé Port de France rebaptisé Nouméa le 2 juin 1866. Le site est parfaitement adapté à l’installation d’une base militaire destiné à contrôler le Pacifique.

Comme les autres bases de la marine nationale dans l’Empire, elle est largement délaissée sans modernisation réelle jusqu’au milieu des années quarante quand il est décidé d’améliorer ses capacités d’accueil pour en faire une vraie base opérationnelle dans le Pacifique.

La Nouvelle Calédonie est en effet considérée comme une cible potentielle du Japon  si ce dernier voulait couper les lignes de communication entre l’Australie et les Etats-Unis. Les chefs alliés et notamment les australiens ont comme cauchemar un Caillou sous contrôle japonais qui transformé en «porte-avions incoulable» rendrait la mer de Corail inhospitalière pour les navires alliés qu’ils soient civils ou militaires.

Aussi Canberra est soulagée quand Paris annonce sa volonté de construire une véritable base aéronavale à Tantouta au nord de Nouméa et de moderniser la base navale de Nouméa pour lui permettre d’accueillir une escadre composée d’un porte-avions, d’un ou deux cuirassés, de leurs escorteurs sans oublier des croiseurs, des sous-marins et le train d’escadre.

Les travaux concernant la base navale voit la reconstruction des fortifications, l’extension des quais et l’aménagement de mouillages forains.

Curieusement dans un premier temps, aucune forme, aucun bassin de radoub pouvant recevoir un cuirassé n’est prévue alors que Nouméa est censée pouvoir abriter une escadre avec un ou deux navires de ligne. Cet oubli qui aurait obligé à s’appuyer sur les installations de l’Arsenal de Cockatoo est rapidement corrigé.

Après avoir envisagé la commande d’un dock-flottant, on décide de lancer en 1945 la construction d’une forme de radoub de  282m mais cette forme est loin d’être terminée en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial.

En revanche la base de Tantouta, les fortifications, les ateliers et les dépôts de carburant et de ravitaillement sont pleinement achevés et ne vont pas tarder à jouer un rôle de premier plan quand à son tour le Pacifique s’embrasera.

Description du site

Les travaux menés pour créer une nouvelle base en Nouvelle Calédonie vont de paire avec les travaux de modernisation du port de Nouméa et notamment la réalisation d’une digue reliant l’île de Nou à la «terre ferme». Cette digue est terminée en septembre 1945.

Si les navires basés en permanence à Nouméa sont mouillés dans la «Petite Rade», les installations d’entretien sont installés sur l’Ile Nou au sud, une digue perpendiculaire à la nouvelle digue séparant la «petite rade» et la «grande rade» pour créer un plan d’eau protégé pour une nouvelle forme de 200m qui remplace celle de 150m dans le port. Cette forme est creusée entre 1942 et 1945.

Un slipway de 100m pour construire des unités légères et les caréner est construit entre 1945 et 1946.

En janvier 1946, décision est prise de creuser un bassin de 282m de long sur 40m de large pour pouvoir caréner un cuirassé moins pour un carénage programmé que pour répondre à une réparation d’urgence après une avarie au combat et permettre à l’éclopé de rejoindre un Arsenal parfaitement équipé qu’on ne retrouve guère qu’à Pearl Harbor ou sur la côte ouest des Etats-Unis.

Cette taille importante s’explique aisément. Si les plus grands cuirassés français _la classe Alsace_ mesure 252m sur 35m, les plus grands cuirassés alliés, les Montana de l’US Navy mesurent 280.6m de long sur 36.9m de large.

Les travaux commencent en septembre 1946 mais ne sont achevés qu’à 55% en septembre 1948 quand la guerre éclate en Europe mais le bassin sera achevé et opérationnel quand le Pacifique s’embrasera à l’automne 1950.

Paradoxalement et en dépit du dévellopement des installations, les grands carénages eurent encore lieu en Australie à l’Arsenal de Cockatoo et ce jusqu’en 1947 quand les installations sont opérationnelles et capables de caréner n’importe quel type de navire.

Des ateliers modernes sont construits et des dépôts installés au nord de l’île Nou permettant le ravitaillement des navires au mouillage dans la Grande Rade»

Fortifications

Les défenses de Nouméa notablement délaissées en l’absence de menace subissent une sérieuse cure  de rajeunissement. Il s’agit d’empêcher un coup de main contre les installations opérationnelles du port et de la base navale. Pour cela les travaux suivants sont menés entre 1943 et 1948 :

-La protection de la Grande Rade est assurée au sud par le Fort Montravel (du capitaine de vaisseau Tardy de Montravel qui sélectionna en 1854 le site de Nouméa _à l’époque Fort de France_ pour y implanter un port et une base navale).

Ce fort construit entre 1943 et 1946 dispose d’une tourelle double de 203mm accompagnée par quatre canons de 130mm en affûts simples sous masque et sur plate-forme rotative permettant le tir contre terre et contre la mer. Ces affûts simples sont installés à chaque coin du fort. Cette organisation est identique à celles des forts défendant les accès à la baie de Cam-Ranh.
La DCA  du fort est assurée par douze canons de 37mm Schneider modèle 1941 installés seulement en 1947. La défense rapprochée du fort est assurée par des casemates indépendants, quatre casemates armés chacun de deux mitrailleuses de 7.5mm

Au nord, c’est le Fort Ducos qui assure la défense de la grande rade avec le même armement que le Fort Montravel rendant inexpugnable un magnifique plan d’eau pouvant accueillir selon les calculs une escadre composée d’un porte-avions, de deux à trois cuirassés, de leurs escorteurs et de plusieurs croiseurs.

-La défense du port n’est pas oubliée avec la construction du Fort de l’ilôt Brun sur l’ilôt du même nom. Si les deux forts précédents devaient tenir à distance une escadre ennemie, ce fort était destiné à la défendre rapprochée du port avec pour armement deux canons de 130mm en affûts simples sous masque et sur plate-forme rotative permettant donc le tir contre terre et contre but flottant.

Ils sont relayés quatre canons de 75mm antiaériens et antisurface. La DCA était assurée par six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 et la défense rapprochée assurée par quatre tourelles démontables sur encuvement en béton, chaque tourelle disposant d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm.

Le pendant nord du Fort de l’ilôt Brun est Fort Nouville situé sur l’Ile de Nou. Son armement est identique à celui du fort de l’ilôt Brun.

La défense antiaérienne de la base est assurée par une batterie dédiée équipée de six canons de 90mm modèle 1926 en trois tourelles doubles montés sur plate-forme rotative et huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

La garnison de la base de Nouméa se compose d’une compagnie de fusiliers marins _la 1ère compagnie de fusiliers marins du Pacifique_ en plus des compagnies d’ouvrage chargés d’armer les fort défendant la base. En temps de guerre, cette compagnie doit être renforcée par les unités de l’armée de terre stationnée sur place.

La défense terrestre de Nouméa n’est pas oubliée et se confond avec celle de Tantouta où est implantée la base aéronavale. De petits casemates d’infanterie et des tourelles démontables sont installés pour protéger la BAN et les approches de Nouméa.

Navires stationnés à Nouméa en septembre 1948

-Aviso colonial Rigault de Genouilly

-Patrouilleur La Poursuivante

-Canonnière L’Audacieuse

-Chasseurs de sous-marins CH-47 et CH-48

Pour faire face à  la montée en puissance inévitable de la base, le commandement local décide de commander à «L’Arsenal de Nouméa» plusieurs unités de soutien, quatre petits patrouilleurs pouvant servir de remorqueur.

La commande de remorqueurs, de pousseurs et même d’un dock flottant pour sous-marins est sérieusement envisagée auprès de chantiers australiens mais aucune commande n’est passée avant septembre 1948.

O-Station navale de Papeete

Avant propos

La colonisation française à commencé en 1842 par la signature d’un traité de protectorat avec les souverains de Tahiti. Cette situation perdure jusqu’en 1880 quand le roi Pomare V fait dont de ses territoires à la France, donnant naissance aux Etablissements Français de l’Océanie.

Une base est établie à Papeete mais cette base n’est pas destinée à servir de véritable point d’appui mais plutôt une base de souverainté. L’attaque de Von Spee en 1914 montre l’utilité de fortifications limitées mais bien réelles.

Rien n’est pourtant réalisé avant 1942 quand la décision est prise de protéger le port de Papeete contre un coup de main. On décide également d’améliorer les capacités d’entretien même si il ne s’agit pas de créer un véritable Arsenal parfaitement équipé dont l’utilité serait des plus douteuses.

Installations

La station navale est installée au sein même du port de Papeete, une zone militaire est établie en septembre 1943 pour pouvoir accueillir les navires des Forces Navales Françaises du Pacifique (FNFP).

Les installations d’entretien sont tout de même importantes avec un dock flottant de 150m commandé aux Etats Unis et livré en 1943. Des ateliers et une fonderie ont également été construites pour soutenir les forces de souveraineté. Une cale de 100m à également été construite, cale construisant des navires civils et militaires.

Les fortifications destinées à défendre Papeete se composent de deux points d’appui armés chacun d’un canon de 130mm modèle 1919 sur plate-forme rotative et sous bouclier, de deux canons de 75mm antiaériens et de mitrailleuses de 7.5mm pour la défense rapprochée.

Une compagnie de fusiliers marins de recrutement local, la 2ème CFMP assure la défense de Papeete.

Navires basés à Papeete en septembre 1948

-Aviso colonial D’Iberville

-Patrouilleur La Bayonnaise

-Canonnière L’Etourdi

18-Bases et Arsenaux (10)

M-Base navale de Cam-Ranh et les autres implantation de la marine en Indochine

Indochine

Indochine

Un long débat

A la fin des années trente, ressurgit le débat des bases de la marine en Extrême Orient. Si les Etats-Unis bénéficie d’une base parfaitement outillée à Cavite en baie de Manille et d’une autre à Subic Bay, que les britanniques peuvent s’appuyer sur le «Gibraltar de l’Extrême d’Orient» à savoir Singapour, la France ne bénéficie pas d’un tel luxe.

Outre un manque de budget pour une telle base, on est réticent en France à investir dans des infrastructures qui tomberaient immanquablement dans les mains japonaises si Tokyo souhaitait s’emparer de l’Indochine.

Pourtant au début 1940, décision est prise d’implanter une base parfaitement outillée en Indochine pour permettre à une escadre importante (cuirassés et porte-avions) de pouvoir opérer en Mer de Chine Méridionale.

Il faut donc prévoir un espace protégé suffisamment vaste, un espace aisément défendable tant en direction de la terre que de la mer et un espace pouvant accueillir un arsenal bien outillé.

Plusieurs sites sont candidats. Une base à l’embouchure de la rivière Saïgon est vite écartée tout comme une base dans le Golfe de Siam. Cela dissuaderait la Thaïlande mais l’ennemi principal est le Japon et non la Thaïlande.

Haïphong sera idéalement placée pour opérer dans le Golfe du Tonkin mais le site est bien trop vulnérable aux bombardiers japonais venus de Chine continentale et de l’île d’Haïnan.

Un temps le site de Tourane tient la corde mais finalement, en juin 1940, c’est la baie de Cam-Ranh située à 290 km au nord-est de Saigon qui est sélectionné. Cet site n’était pas inconnu pour la marine qui l’utilisait déjà comme mouillage forain et l’avait fortifié partiellement.

Outre cette grande base (dont l’inauguration est prévue pour 1944), d’autres travaux vont être menés pour améliorer les capacités de survie des FNEO qui en 1948 vont atteindre un format plus que respectable avec un porte-avions léger, un croiseur lourd, un croiseur léger, deux torpilleurs d’escadre, quatre torpilleurs légers et deux sous-marins.

Les travaux suivants sont ainsi menés :

-Modernisation de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon. La forme est agrandie passant de 152 à 190m, les ateliers sont modernisés avec notamment des machines outils permettant la fabrication d’armes légères et de munitions.

-Aménagement de mouillages protégés à Tourane et Kompong San

-Modernisation du port d’Haïphong pour servir de base de ravitaillement et de base opérationnelle avancée notamment pour les sous-marins.

Base navale de Cam-Ranh

Base navale de Cam-Ranh

Base navale de Cam-Ranh

La ville de Cam-Ranh est située à 290 km au nord-est de Saïgon au fond d’une vaste baie bien abritée qui rappelle par bien des côtés Brest voir Toulon. Petite ville avec un port de pêcheur, la baie sert régulièrement de mouillage pour les navires français déployés dans la région.

La décision prise en juin 1940 d’aménager une base parfaitement outillée dans la baie de Cam-Ranh entraine d’importants travaux et d’importants bouleversements pour la petite ville qui devient une métropole qui certes ne rivalise pas avec Hanoï mais qui est tout de même capable de tenir tête à Saïgon voir Haïphong _principal port de commerce de l’Indochine française_

Les travaux commencent rapidement, profitant d’une étude menée dès 1930 à titre informel sur demande du gouverneur général d’Indochine de l’époque, Pierre Pasquier qui rêvait de mener une politique musclée de dévellopement industriel en Indochine, de faire de la principale colonie française d’Asie pas simplement un territoire exportateur de matières premières mais une vraie puissance industrielle au risque de concurrencer l’industrie de la lointaine métropole.

Dans son projet, Cam-Ranh devait être le principal port d’Indochine, un port capable d’accueillir les plus gros navires du moment et même des navires dont la taille paraissait inimaginable à l’époque.

La base navale de Cam-Ranh va ainsi être composée de trois sous ensembles répartis sur les rives de la baie :

-Au sud-est, la partie opérationnelle de la base où sont amarrés les navires opérationnels et ceux en escale en Indochine. Cette partie regroupe également des dépôts de carburant et de munitions ainsi que des logements.

-Au sud de la baie est aménagée un Arsenal avec les formes de radoub et les ateliers, d’abord concentrés à bord de l’Albert Caquot puis s’étendant à terre dans des installations en théorie démontables ou du moins aisément «détruisibles».

-A l’ouest, en face de la base navale, l’annexe aéronavale avec deux pistes, des ateliers de réparations, des dépôts de carburant et de munitions. Les hydravions amérissaient dans la baie puis regagnaient un plan d’eau protégé par deux digues artificielles avant d’être mis au sec.

Ce choix d’une dispersion des installations ne fit pas l’unanimité en partie parce qu’elle rendait plus difficile la défense de la base qui pouvait être aisément scindés en trois éléments par l’avancée ennemie.

Il fût donc décidé d’établir de solides défenses au niveau du front de mer et de considérer les trois sous-ensembles comme des éléments indépendants qui en cas de menace extérieure se replieraient sur eux mêmes, formant autant de points de fixation.

Installations d’entretien

-L’Arsenal de Cam-Ranh ou Centre d’Entretien et de Soutien (CES) Albert Caquot est donc implanté au sud de la baie. C’est le dernier cri en matière de base de soutien de la marine ce qui est ironique quant on sait que cette base est la plus menacée de toutes les bases navales françaises dans le monde peut être avec Dunkerque.

Les travaux concernant l’Arsenal sont les premiers à être lancés car les plus importants en terme de génie civil. Pas moins de trois bassins de radoub sont prévus, bassins pouvant accueillir tous les navires de la marine nationale y compris les cuirassés de classe Alsace.

D’est à l’ouest, de l’intérieur des terres à la mer, nous trouvons successivement le bassin n°1 (265m de long sur 40m de large), le bassin n°2 et le bassin n°3, ces deux bassins mesurant tous les deux 200m de long sur 20m de large. Ces trois bassins sont inaugurés en 1944.

Dans un premier temps, les installations d’entretien sont embarqués à bord du navire-atelier Albert Caquot arrivé en Indochine le 25 mars 1944 et qui devient ponton atelier en septembre 1946. Il est solidement amarré et des extensions à terre sont aménagés.

Si la majorité des ateliers sont installés à bord du CES Albert Caquot, une fonderie est installée à terre en 1947 ainsi que la majorité des stocks de pièces détachées.

Installations opérationnelles

-Le coeur opérationnel de la base est donc implanté au sud-est, de l’autre côté de la péninsule qui ferme en grande partie la baie. Ce choix est d’une logique cartésienne : c’est l’endroit le plus profond de la baie avec une profondeur naturelle de -20m ce qui permet d’accueillir tous les navires en service dans la marine nationale.

Les travaux commencent en mars 1941 avec le recours à l’explosif et à de puissants engins de terrassement venus des Etats Unis. 10 km de linéaire de quai sont ainsi construits protégés par deux digues artificielles de 200m de long, créant un mouillage semi-protégé.

En arrière des linéaires de quai, nous trouvons une route asphaltée et une voie de chemin de fer à voie étroite (60cm) destiné au ravitaillement des navires et à la manoeuvre de quatre puissantes grues (8 tonnes). Des dépôts souterrains de munitions et de carburant sont aménagés sans oublier les postes de commandement, les logements et les «pieds dans l’eau», les défenses côtières.

-La base aéronavale de Cam-Ranh est située sur la rive opposée à la base navale. Elle dispose de deux longues pistes en dur, de trois pistes courtes de secours (soigneusement camouflées), d’ateliers de réparations, de dépôts de carburant et de munitions.

Des hangars pour hydravions sont aménagés tandis que les avions sont parqués au bord des pistes avec des filets de camouflage pour les dissimuler à l’observation ennemie.

Fortifications

En 1939, la baie de Cam-Ranh dispose déjà de positions fortifiées en l’occurence quatre batteries légères :

-Batterie de l’île de Tagne avec 4 canons de 138mm modèle 1910 sur affût modèle 1919-25

-Batterie de la Vigie avec 3 canons de 138mm modèle 1881 sur affût modèle 1917

-Batterie de Nha Gu avec 4 canons de 75mm modèle 1908 sur affût modèle 1908-18

-Batterie de Batroi avec 4 canons de 75mm modèle 1881 sur affût modèle 1916

Ces batteries sont désactivées et tout est remis à plat pour protéger cette nouvelle base navale car certaines batteries se trouvaient dans l’emprise de la base opérationnelle.

Le plan arrêté en janvier 1942 prévoit deux forts principaux pour verrouiller l’accès à la baie, des positions dites de campagne (à armer en cas de guerre avec des pièces de campagne) pour obtenir un front de mer entièrement protégé.

L’Arsenal doit être protégé par des ouvrages fortifiés de type Maginot tout comme la base aéronavale, formant deux ensembles indépendants mais les champs de feu sont conçus pour se recouper.

Des travaux complémentaires doivent avoir lieu en cas de menace avérée sur l’Indochine, des tranchées doivent être creusées et des ouvrages de campagne construits pour transformer Cam-Ranh en un bastion inexpugnable.

Le dispositif du front de mer s’appuie donc sur deux forts installés de part et d’autre de la passe, les deux forts étant jumeaux par l’équipement et la puissance de feu. Fait qui démontre l’importance de cette position, les pièces d’artillerie sont neuves et non récupérées sur des navires désarmés.

Le cœur de chaque fort est constituée par une tourelle double équipée de deux canons de 203mm modèle 1940 identiques à ceux montés sur les Saint Louis, cette tourelle double étant appuyée par quatre canons de 152mm modèle 1931 en affûts simples sous masque et plate-forme rotative permettant le tir contre terre et contre but flottant.

La DCA n’est pas oubliée et est même plutôt soignée avec six canons de 90mm modèle 1939 en trois tourelles doubles et douze canons de 37mm modèle 1941 en affûts doubles.

La défense terrestre est assurée par quatre jumelages équipés d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm.

Chaque fort est armée par une compagnie d’ouvrage pouvant si besoin est être renforcée par des unités de l’armée de terre.

Le reste du dispositif du front de mer est composé de huit emplacements pour des pièces d’artillerie tractée de 105 et de 155mm qui doivent être mis en place par l’artillerie coloniale en temps de guerre. Des casemates pour l’infanterie sont également prévus pour se défendre contre un éventuel débarquement.

L’Arsenal est défendu par quatre ouvrages «type Maginot» équipés chacun d’une cloche d’observation et de tir avec un canon de 25mm et une mitrailleuse de 7.5mm et quatre jumelages avec un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm. Deux mortiers de 81mm complètent le dispositif.

La défense antiaérienne de l’Arsenal est assurée par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

Une compagnie d’ouvrages est chargée d’armer les ouvrages fortifiés et les pièces de défense antiaérienne.

La défense de la base aéronavale est assurée par des ouvrages plus légers que ceux de l’Arsenal avec six petits casemates équipés de quatre jumelages, le jumelage avant est armé d’un canon de 47mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm alors que les trois autres jumelages sont équipés de deux mitrailleuses de 7.5mm. La défense antiaérienne de la base aéronavale est assurée par douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles.

La défense terrestre de la base est assurée par le Régiment de Fusiliers Marins de l’Indochine (RFMI), une unité créée en 1945 pour défendre cette base.

Elle est organisée en une compagnie d’état major, quatre compagnies de fusiliers, une compagnie régimentaire d’engins (canons antichars de 47mm, mortiers de 81mm et mitrailleuses de 13.2mm) et une compagnie de chars de marine équipée de Somua S-40.

Navires stationnés à Cam-Ranh en septembre 1948

-Croiseur lourd Tourville _navire-amiral des FNEO_

-Croiseur léger Duguay Trouin

-Porte-avions  Alienor d’Aquitaine

-Torpilleurs d’escadre Berthier et Tirailleur

-Torpilleurs légers Le Niçois Le Savoyard Le Béarnais et Le Catalan (7ème DT)

-Canonnières La Dédaigneuse et La Lurone

-Aviso-dragueurs Chevreuil Annamite Matelot Leblanc et Amiral Sénès (6ème DEL)

-Pétrolier Niger

-Pétrolier ravitailleur d’Escadre Rhône

-Remorqueur de haute mer Taureau

-Remorqueur de 1000ch Le Valeureux

-Remorqueurs de 750ch Jasmin Lys Pivoine

-Remorqueur de 600ch Padaran

-Remorqueurs de 300ch Nha Dé et Donnaï

-Gabare L’Entreprenante

Arsenal d’Indochine (Saïgon)

Bassin de l'Arsenal d'Indochine à Saïgon

Bassin de l’Arsenal d’Indochine à Saïgon

Cet arsenal à connu une existence mouvementée. Si le premier bassin à été inauguré en 1888 ce n’est qu’après la première guerre mondiale que l’arsenal d’Indochine (son nom officiel) voit le jour plus précisément en 1922 avec des installations réduites. Si réduites qu’il est supprimé en 1936, ses installations étant reprises par le port de commerce de Saïgon.

La marine nationale changea d’avis et le repris en 1940 pour permettre à une force maritime conséquente d’être réparée sur place, augmentant ainsi sa survie opérationnelle. La forme est ainsi agrandie à 190m pour permettre le carénage d’un croiseur.

Les ateliers sont modernisés et prévoyance salvatrice, des machines à outils sont installées pour produire des armes légères jusqu’au mortier de 81mm sans oublier les munitions.

En dépit de l’ouverture de la base de Cam-Ranh, des navires restent basés à Saïgon dans le port de commerce. En septembre 1948, les navires suivants y sont basés :

-Aviso colonial Amiral Charner

-Patrouilleur Branlebas

-Canonnière Marne

-Cannonières My Tho Tourane Francis Garnier et Song Do

-Chasseurs de sous-marins CH-45 et CH-46

Haïphong

Le grand port du nord de l’Indochine aurait pu faire un candidat à la grande navale en Indochine mais au final, ce port ne fût pas retenu en dépit de sa situation idéale dans le Golfe du Tonkin. La menace aérienne du à sa proximité avec la Chine l’élimina.

Il fût cependant décidé d’aménager une partie du port en zone militaire, un poste avancé de ravitaillement solidement protégé. Quelques navires sont cependant basés, notamment des unités légères.

250m de linéaires de quai sont construits avec une digue artificielle, créant un bassin protégé réservé aux navires militaires basés à Haïphong ou en escale pour se ravitailler en carburant, en munitions, vivres et pièces détachées.

Deux batteries côtières légères assurent la défense des accès du port avec pour chacune deux canons de 130mm sur affût tournant sous masque, deux canons de 75mm à tir contre but flottant et une DCA composée d’une tourelle double de 90mm (deux canons de 90mm modèle 1926) et de six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

La défense terrestre d’Haïphong partie intégrante de la «Ligne Doumer» est assurée par de petits blockhaus d’infanterie équipés d’un affût jumelé (un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm) et de deux mitrailleuses de 7.5mm.

En septembre 1948, les navires suivants sont basés à Haïphong

-Aviso Nancy stationnaire ne prenant plus la mer depuis juin 1947. Son désarmement à été repoussé par le début du conflit en Europe.

-Patrouilleur La Cordelière. Cet ancien torpilleur de classe La Melpomène devient à son arrivée en Indochine navire-amiral de la Flottille Côtière du Nord (FCN) chargée de missions de souveraineté avec pour équipement six jonques armées, quatre patrouilleurs de construction locale et deux canonnières fluviales, la canonnière Bassac à Hué sur la rivière des Parfums et le Tonle Sap sur le fleuve Rouge

-Aviso Lassigny utilisé comme ravitailleur de sous-marins

-Sous-marins Germinal et Thermidor (23ème DSM)

Tourane

Site un temps envisagé pour la grande base navale en Indochine, le site de Tourane (aujourd’hui connue sous le nom de Da Nang) est transformé en mouillage protégé avec une digue artificielle et des installations de ravitaillement installées sur la rive à proximité de l’embouchure de la rivière Han.

Les défenses sont implantées de part et d’autre de l’embouchure de la rivière Han avec un total de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque, quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

Kompong San

La montée en puissance de la marine thaïlandaise dans les années trente et son tropisme japonais inquiète Saïgon qui décide d’aménager un mouillage protégé sur le golfe de Siam. Après une campagne de prospection, le site de Kompong Sam au Cambodge est choisit.

La campagne de dragage à lieu en 1943/44. Deux chenaux balisés sont réalisés ainsi que deux mouillages au centre d’une vaste baie pour les escales temporaires. Le point d’appui est réalisé à l’entrée du golfe à l’est.

Une digue empierrée est réalisée et 200m de linéaire de quai établie avec système de ravitaillement protégé et grues mobiles sur rails. A ces installations de ravitaillement s’ajoutent des ateliers de réparations et des locaux vie. Une piste de fortune est également construite pour le ravitaillement même si la baie soit suffisamment vaste pour permettre le ravitaillement par hydravions.

La défense de ce mouillage est assurée par deux points d’appui fortifiés à l’est et à l’ouest pour empêcher une flotte ennemie de mouiller dans ce golfe.

Chaque point d’appui fortifié se compose de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque, deux canons de 75mm antiaériens en affûts simples et six canons de 25mm Hotchkiss. La défense terrestre est assurée par quatre tourelles démontables installés sur un trou en maçonnerie, chaque tourelle disposant d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm.

Fortifications : Cap Saint Jacques et estuaire de la rivière Saïgon

Le Cap Saint Jacques n’est pas une base navale mais une forteresse destinée à couvrir les approches de Saïgon. Sa mise en défense avait déjà été réalisée au 19ème siècle mais ces travaux avaient réduits à néant par le renvoi en métropole des pièces d’artillerie lourde.

Un projet de « refortification » de ce point d’appui est assuré en 1946 avec une tourelle double de 152mm montée sur un encuvement en béton. Son action est relayée par huit canons de 90mm modèle 1939 en quatre affûts doubles montés aux quatre coins de la batterie pour le tir antiaérien et contre but surface voir contre terre. La DCA légère est assurée par six canons de 25mm.

La protection rapprochée de l’estuaire de la rivière Saïgon est assurée par deux petits points d’appui équipés pour chacun d’un canon de 130mm, de deux canons antiaériens de 75mm et de quatre canons antiaériens de 25mm. La défense rapprochée terrestre est assurée par quatre petits casemates équipés chacun de deux mitrailleuses de 7.5mm.

18-Bases et Arsenaux (9)

J-Station navale de Beyrouth

Beyrouth

Beyrouth

Contrôler le Levant

A la suite de l’offensive victorieuse des alliés à l’été 1918, l’empire Ottoman s’effondre. Les traités de paix réduise son territoire à la Turquie actuelle ce qui entraine un changement de souveraineté sur les vastes territoires du Moyen Orient.

Si la Palestine est gérée par la Grande Bretagne, la majeure partie du Levant est sous l’autorité française avec les mandats de Syrie et du Liban.

Des troupes y sont déployés pour faire respecter la souveraineté française et pour maintenir l’ordre dans des territoires assez turbulents notamment dans le Djebel Druze secoué par une importante révolte en 1925.
La marine y est également présent au travers d’une Division de Syrie qui devient rapidement la Division Navale du Levant (DNL) qui installe ses quartiers à Beyrouth dans une partie du port de commerce.

Fortifications

Canon de 130mm modèle 1924

Canon de 130mm modèle 1924

Les menaces venant essentiellement de la mer (Le Dodécanèse est une possession italienne), les défenses du port libanais sont donc quasi-exclusivement tournées vers la mer.

Une batterie Nord aménagée en 1943/44 dispose de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque et sur plate-forme rotative. Ces canons sont d’anciennes pièces des torpilleurs d’escadre type Bourrasque et L’Adroit désarmés. Cela permet une défense tout azimut.

La défense rapprochée est assurée par quatre tourelles démontables (canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm) installés sur des encuvements en béton. La défense antiaérienne n’est pas oubliée avec deux canons de 90mm modèle 1932 en un affût double sous masque et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

La Batterie Sud aménagée en 1945/46 dispose de deux canons de 130mm en affûts simples sous masque et sur plate-forme rotative. Ces canons sont d’anciennes pièces des torpilleurs d’escadre type Bourrasque et L’Adroit désarmés. Cela permet une défense tout azimut.

La défense rapprochée est assurée par quatre tourelles démontables (canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm) installés sur des encuvements en béton. La défense antiaérienne n’est pas oubliée avec deux canons de 90mm modèle 1926 en un affût double sous masque et six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

Des plans sont dressés pour la défense terrestre de Beyrouth. Il est prévu que le génie construise des casemates de campagne armés par la compagnie de fusiliers marins attachée à la DNL (1ère Compagnie de Fusiliers Marins du Levant ou 1ère CFML) ainsi que des unités de l’armée de terre. Ces casemates sont accompagnés de fossés, de champs de mines et barbelés.

Installation/Navires stationnés en septembre 1948

Généralement composée d’unités légères, d’unités de «poussière navale», la DNL eut parfois des unités plus importantes comme un contre-torpilleur ou un torpilleur d’escadre voir même un croiseur léger entre septembre 1940 et décembre 1942 quand les trois croiseurs de classe Duguay Trouin se succédaient au Levant.

En dépit de ce déploiement non négligeable, la station navale de Beyrouth ne disposera jamais d’installations de radoub. Les unités de la DNL devant être carénés se rendaient donc à Haïfa.

Au 5 septembre 1948, les navires suivants sont déployés à Beyrouth :

-Aviso La Grandière _navire-amiral de la DNL_

-Chasseurs de sous-marins CH-20 et CH-21

-Pétrolier-caboteur L’Ardèche

-Gabare La Vaillante

K-Station navale de Djibouti

Djibouti

Djibouti

Une situation stratégique

L’occupation française de Djibouti remonte à 1862 quand un traité est signé entre la France de Napoléon III et des chefs locaux. Le choix de ce site stratégique s’explique par le début de la conquête de l’Indochine qui impose un port de ravitaillement bien placé et qui prendra toute son importance après l’ouverture du canal de Suez en 1869.

La colonisation de la fin du 19ème siècle renforce le caractère stratégique de la «Cote française des Somalis» puisque les italiens occupent l’Erythrée au nord et une partie de la Somalie au sud. Des travaux importants ont lieu avant la première guerre mondiale mais comme dans beaucoup de bases, la «der des der» ruine tous les efforts passés et il faut tout recommencer.

La station navale des Somalis est installée dans le golfe de Tadjourah à la pointe de l’isthme sur lequel est construite la ville de Djibouti. Deux digues construites entre 1898 et 1907 sont rénovées et prolongées pour former un bassin suffisamment profond pour recevoir un cuirassé de classe Alsace.

Installations

Les quais sont rénovés et renforcés, les capacités de levage et de stockage sont augmentées avec la construction de deux réservoirs de carburants enterrés.

Un bassin de radoub de 200m de long sur 25m de large est inauguré en septembre 1942. Elle sert aussi bien pour les navires des Forces Navales en Afrique Equatoriale Française (FNAEF) que pour les navires civils. Cependant pour les grands carénages, les navires basés à Djibouti devaient se rendre à Diego-Suarez mieux outillée et mieux équipée.

Fortifications

En septembre 1939, les seules défenses fortifiées de Djibouti sont concentrées dans la batterie du Héron équipées de quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 1896. Ces canons sont toujours là en septembre 1948, le site étant modernisé.

La défense du front de mer est assuré par quatre canons de 155mm modèle 1920 ayant appartenu au Lamotte-Picquet. Chaque canon est installé sur une plate-forme rotative installée dans des encuvements bétonnés

Ces quatre positions sont complétés par huit canons de 90mm modèle 1932 en quatre affûts doubles sous masque blindé et plate-forme rotative ce qui permet à ces canons de tirer contre avions, contre but flottant et contre but terrestre. Leur action antiaérienne est complétée par une batterie antiaérienne mobile de douze canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles montés sur camion.

La défense terrestre de la ville de Djibouti est assurée par quatre casemates fortifiés inspirés de ceux de la Ligne Maginot avec une cloche d’observation et de tir équipées d’un canon de 25mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm, deux affûts jumelés avec un canon de 47mm et deux mitrailleuses de 7.5mm.

La défense terrestre est assurée par un bataillon de fusiliers marins de 500 hommes, le 1er Bataillon de Fusiliers Marins d’Afrique Equatoriale (1er BFMAE) la principale force militaire terrestre de la Côte Française des Somalis (CFS) en compagnie du Régiment des Tirailleurs Sénégalais de la CFS.
Navires stationnés à Djibouti au 5 septembre 1948

-Aviso colonial Savorgnan de Brazza

-Canonnière La Tapageuse

-Patrouilleur (ex-torpilleur) La Melpomène

-Aviso-dragueurs coloniaux La Généreuse La Victorieuse L’Heureuse et  Alfred de Courcy (9ème DEL)

-Remorqueur de 750ch Glaïeul

L-Base navale de Diego-Suarez

Base navale de Diego-Suarez

Base navale de Diego-Suarez

Avant-propos

Madagascar connue également sous le nom de la «Grande Ile» est sous influence française depuis 1883 et devient colonie par décret du 6 août 1896.

La marine n’à pas attendu cette date pour implanter une base importante à Madagascar destiné à sécuriser l’Océan Indien.

Des travaux sont entamés dès 1891 mais ne sont réellement lancés qu’en 1898/99. Le tout est validé par la loi Gautret du 20 juillet 1900 sur la défense des côtes. Ces travaux sont menés sous l’impulsion de Joffre entre 1900 et 1904.

Les défenses côtières souffrent terriblement du premier conflit mondial. Non pas des combats mais des besoins en artillerie lourde en Europe qui entraina le désarmement des forts.

La volonté d’équiper l’Océan Indien d’une véritable base entraina d’importants travaux d’infrastructure pour faire de Diego-Suarez un véritable point d’appui pour la marine française et ses alliés.

Présentation du site

Le bassin principal, le coeur de la base navale de Diego-Suarez est implanté à l’entrée du «Cul de Sac Gallois». C’est là que sont amarrés les navires basés à demeure à Diego-Suarez. L’Arsenal est implanté à proximité.

Ce dernier disposait à l’origine de deux bassins de 150m qui sont agrandis à 230m pour leur permettre de caréner un croiseur lourd. Des travaux sont entamés pour un bassin plus grand (265m de long sur 40m de large) capable d’accueillir un cuirassé type Alsace mais la guerre stoppe les travaux.

Les ateliers sont modernisés, les capacités de levage augmentées. Un parc à combustible et un parc à munitions sont également aménagés mais dans la baie aux Français de l’autre côté de la ville.

Pour accueillir les unités de passage, des mouillages sont aménagés (balisage, coffres) dans la baie des Français, dans la baie du Tonnerre et dans la baie des Cailloux Blancs.

Fortifications

En 1939, les défenses de Diego-Suarez sont dans un état lamentable et plutôt que d’apposer une emplâtre sur une jambe de bois, on décide de faire table rase du passé et de repartir de zéro.

Un premier projet de fortification totale (front de mer et accès de terre) est rejeté au profit d’un projet nettement moins ambitieux de défense du front de mer, une menace terrestre sur Diego-Suarez étant jugée peu importante pour ne pas dire inexistante.

Deux forts sont implantés pour barrer l’accès à Diego-Suarez :

-Au nord, le Fort Saint Pierre dispose de quatre canons de 130mm modèle 1919, ces canons aussi montés sur plate-forme rotative peuvent ainsi tirer contre terre et contre but flottant.

La Défense contre-avions est assurée par deux canons de 75mm en affûts simples et quatre canons de 25mm eux aussi en affûts simples.

La défense rapprochée du fort est assurée par quatre jumelages combinant un canon de 25mm et une mitrailleuse de 7.5mm.

-Au sud, le Fort Saint Paul est organisé de la même façon.

La défense rapprochée de la base navale et de l’Arsenal est assurée par six tourelles démontables (canon de 25mm et mitrailleuse de 7.5mm) montés sur des encuvements en béton.

La «garnison» de Diego-Suarez est composée en temps de paix par une compagnie de fusiliers marins, la 7ème Compagnie de Fusiliers Marins et les deux compagnies d’équipage d’ouvrage des forts. En cas de menace sur la base (débarquement japonais ou italien par exemple), la garnison serait renforcée par des unités de l’armée de terre stationnée sur la Grande Ile en l’occurence les 1er et 2ème régiments de tirailleurs malgaches et une section de chars Renault R-35.

Navires stationnés à Diego-Suarez en septembre 1948

-Croiseur léger Primauguet _navire-amiral des FNAEF_

-Aviso colonial D’Entrecasteaux

-Corvettes anti-sous-marines La Rouennaise La Nancéenne La Lilloise et La Clermontoise (6ème DEO)

-Transport du littoral (ex-aviso) Ypres (ex-Dunkerque)

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Garonne

18-Bases et arsenaux (8)

I-Base navale de Bizerte

Plan général du site de Bizerte

Plan général du site de Bizerte

Un site idéal

«Ce lac vaut à lui seul, la possession de la Tunisie toute entière…. Oui messieurs, si la France s’est installée en Tunisie c’est pour posséder Bizerte……» . Cette phrase prononcée par Jules Ferry le 23 avril 1887 explique plus qu’un long discours que la France à pour Bizerte les yeux de Chimène.

Il est cependant difficile d’imaginer que c’est uniquement pour Bizerte que la France s’est installé en Tunisie. Une fois le protectorat français sur la Tunisie imposé par le traité du Bardo de 1881, la question d’un point d’appui bien équipé, un pendant à la base navale de Toulon pour contrôler le détroit de Sicile, une voie d’eau stratégique entre les deux bassins de la Méditerranée.

Le site de Bizerte est un site merveilleusement propice avec une vaste étendue d’eau qui pouvaient être aisément reliée à la haute-mer ce qui permet à la marine de mettre la flotte à l’abri des obus d’une escadre ennemie.

Néanmoins, les travaux ne commencent pas immédiatement pour des raisons diplomatiques : ne pas mécontenter l’Angleterre qui n’était guère emballée que la France installe une base à proximité de Malte. Voilà pourquoi la Marine évacue Bizerte le 18 mars 1884.

Des travaux sont cependant menés. Un canal reliant le lac à la mer est creusé entre octobre 1886 et mars 1892. C’est à partir de 1897 que les travaux pour un véritable point d’appui à Bizerte commencent.

La crise de Fachoda en 1898 montre l’inquiétante faiblesse des points d’appui de la marine pour la défense de l’Empire et d’une simple base d’opérations, Bizerte devient une véritable base navale avec la construction de l’Arsenal de Sidi-Abdallah au fond du lac et donc à l’abri des obus d’une flotte ennemie.

Les travaux vont être menés régulièrement durant l’entre-deux-guerre mais il faudra attendre la décennie 1940 pour assister à de véritables travaux de modernisation, faisant de Bizerte l’une des bases navales les plus modernes de la marine nationale en compagnie de Cam-Ranh, un modèle qui aurait sans doute inspiré les projets de modernisation de Brest et de Toulon sans le déclenchement du second conflit mondial à l’automne 1948.

Description du site

Le Goulet

C’est la portion allongée du lac de Bizerte, une sorte de sas de 8km de long sur 300m de large relié à la mer par un canal artificiel d’un kilomètre de long (240m de large et 15m de profondeur en 1948) qui remplaçait un isthme séparant le lac de la mer.

C’est la partie opérationnelle de la base navale de Bizerte. Les rives sont aménagées pour pouvoir accueillir de nombreux navires pour les ravitailler en carburant, en munitions et en charges diverses.

Ces dépôts sont profondément enterrés pour les protéger des tirs de la flotte et nouveauté de l’aviation qui réduit l’utilité d’isoler la flotte sur le lac. Les dépôts implantés à 3km des rives du goulet et des tunnels passent sous l’ensemble «Sidi Ahmed/Karouba». Les travaux lancés en septembre 1940 sont achevés en septembre 1945.

La Nouvelle Rade

Jusque là, les navires étaient mouillés au milieu du lac quand ils n’étaient pas en travaux à Sidi-Abdallah ou quand ils ne se ravitaillaient pas dans le Goulet. Pour rationaliser l’espace, on décide de construire à proximité de l’Arsenal de  Sidi Abdallah des kilomètres de quai et des digues pour créer un vrai mouillage comparable à la Rade-Abri à Brest.

Les travaux commencés en juin 1944 sont achevés en mars 1948 même si un budget moins important que prévu à obligé la marine à revoir à la baisse le projet d’origine qui ne permis d’accueillir que des croiseurs et des contre-torpilleurs, les cuirassés et les porte-avions devant continuer à mouiller au milieu du lac. Les sous-marins restent mouillés dans la baie Ponty où les installations sont améliorées avec des dépôts rationalisés et mieux protégés des coups ennemis.

L’Arsenal de Sidi-Abdallah

Plan de l'Arsenal de Sidi-Abdallah en 1935/36 avant les travaux d'expansion

Plan de l’Arsenal de Sidi-Abdallah en 1935/36 avant les travaux d’expansion

Cet Arsenal est construit à la fin du 19ème siècle au fond du lac de Bizerte hors de portée de l’artillerie navale de l’époque. Bien équipé, il dispose en septembre 1939 de quatre bassins, deux de 250m (formes n°1 et 2) et deux de 120m (formes n°3 et n°4).

La priorité est d’agrandir les bassins, la marine voulant pouvoir caréner des contre-torpilleurs et des croiseurs légers dans les formes n°3 et 4, des cuirassés, des croiseurs lourds et des porte-avions dans les formes n°1 et 2.

Les travaux sont menés parallèlement sur les quatre bassins sans que leur utilisation ne cesse. Entamés en janvier 1941, ils sont achevés en mars 1944. Outre l’extension, les pompes des bassins sont changées et protégées dans un blockhaus. Les grues alors présentes sont remplacées par des grues plus puissantes.

Les ateliers, les fonderies et les stocks sont totalement réorganisés pour améliorer l’efficacité de l’Arsenal qui assure les travaux aussi bien sur les unités de la 6ème Escadre Légère mais également au profit d’unités basées à Toulon que ce soit pour des raisons accidentelles (échouage du Strasbourg et de l’Alsace) ou de saturation de l’Arsenal de Toulon.

Les fortifications

En septembre 1939, les défenses maritimes du secteur de Bizerte peuvent être considérées comme très correctes surtout si on les compare à celles de Cherbourg, de Brest ou encore de Toulon. La raison est simple : la menace italienne sur Bizerte en particulier et sur la Tunisie en général.

L’ensemble du dispositif représente 11 batteries et 54 canons (trois batteries d’artillerie principale avec deux tourelles doubles de 340mm et 8 canons de 240mm; six batteries d’artillerie secondaire de 164 et de 75mm et deux batteries d’artillerie légère de 75mm) et à ce dispositif s’ajoute huit batteries d’artillerie antiaérienne et 8 sections de mitrailleuses de 13.2mm.

Ce dispositif est réparti de la façon suivante :

-Roumadia (rive sud) 4 canons de 240mm

-Rara (rive nord) 4 canons de 240mm

-El Metline : 4 canons de 340mm en deux tourelles doubles

-Cap Bizerte (rive nord) : 4 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Djebel Soumeur (rive nord) : 4 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Cap Zebib (rive sud) 3 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Chreck ben Chabane (rive sud) 4 canons de 164mm et 2 canons de 75mm

-Remel Djebel Chabane (rive sud) 3 canons de 164mm semi-mobile

-El Euch (rive nord) 4 canons de 164mm

-Batterie de la Maison Cotonnière 4 canons de 75mm

-Batterie du Coudia 4 canons de 75mm

Entre 1940 et 1948, ces batteries sont modernisées avec réfection de la maçonnerie, installation de groupes électrogènes…….. .

Si les canons de 164, de 240 et de 340mm sont maintenus, les canons de 75mm sont remplacés par douze canons de 90mm modèle 1939 soit six affûts doubles sous masque  et sur plate-forme rotative.

Les huit batteries antiaériennes disposent en septembre 1939 des moyens suivants :

-Batterie n°1 à Ben Negro équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°2 à Djebel Abiod équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°3 à Ras Chabaa équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°4 à Sidi Yahia équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°5 à Oued Guenine équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°6 à Mergazine équipée de 4 canons de 75mm modèle 1922

-Batterie n°7 à Sidi-Zid équipée de 4 canons de 90mm modèle 1932

-Batterie n°8 à Remel équipée de 4 canons de 90mm modèle 1932

A ces trente-deux canons s’ajoutent huit sections de mitrailleuses de 13.2mm pour la défense antiaérienne à basse altitude. Une est déployée entre Ben Negro et le goulet, deux en baie Ponty, une à Sidi-Zid, deux à Sidi-Yahia et deux autres à Sidi-Abdallah.

Entre 1940 et 1948, les canons de 75mm sont progressivement remplacés par des canons de 90mm plus performants ce qui porte avec les canons de défense côtière à un total de quatre quatre pièces qui à la mobilisation seront complétés par des pièces de l’armée de terre.

Les mitrailleuses de 13.2mm sont remplacées par des canons de 25mm plus performants, rendant Bizerte non pas invulnérables aux raids aériens mais une pierre coriace à détruire pour une aviation ennemie (sous entendue italienne).
La défense terrestre à longtemps été négligée mais les menaces italiennes et les rodomontades mussoliniennes menacent la Tunisie et notamment Bizerte qui reçoit la priorité en termes de crédits et de moyens. Ces défenses se composent de simples blockhaus équipés de mitrailleuses de fusils-mitrailleurs sans réelles défenses antichars.

Ces défenses antichars sont réalisées entre 1944 et 1947 avec la construction de quinze blockaus antichars (un créneau AC/47, un créneau JM à deux mitrailleuses et une cloche GFM). En temps de guerre, des blockaus de campagne, des tranchées et des champs de mines seront creusées/installées.

Un bataillon de fusiliers marins est chargée de la défense des principales installations de Bizerte en liaison en cas d’invasion italienne avec les unités de l’armée de terre notamment le 4ème régiment de tirailleurs tunisiens dont c’est la mission principale pour ne pas dire exclusive.

Navires basés à Bizerte en septembre 1948

Nouvelle Rade

-Croiseur léger mouilleur de mines Emile Bertin _navire-amiral de la 6ème Escadre Légère_

-Croiseur léger La Galissonnière

-Croiseur léger Jean de Vienne

-Croiseur léger La Marseillaise

-Contre-torpilleur Vauquelin (7ème DCT)

-Contre-torpilleur Chevalier Paul (7ème DCT)

-Contre-torpilleur Tartu (7ème DCT)

-Contre-torpilleur Mogador (11ème DCT)

-Contre-torpilleur Volta (11ème DCT)

-Contre-torpilleur Hoche (11ème DCT)

-Torpilleurs légers  L’Alsacien Le Breton Le Corse et Le Tunisien (3ème DT)

-Pétrolier La Mayenne

-Pétrolier Mékong

-Transport littoral Golo

-Navire hydrographe Pelican

-Cargo rapide Oran

-aviso-dragueurs Chamois Gazelle Surprise et Rageot de La Touche (5ème DEL)

-aviso-dragueurs La Joyeuse La Furieuse La Malicieuse et l’Enseigne Bisson (8ème DEL)

-Chalutiers armés L’Ajacienne et La Bônoise

-Chasseurs de sous-marins CH-15 CH-16 CH-51 et CH-52

-Vedettes lance-torpilles VTB 40 42 44 46 et 48 (2ème ELM)

-Vedettes lance-torpilles VTB 29 30 31 32 33 34  (5ème ELM)

Site de Karouba

-Ravitailleur d’hydravions L’Engageante et Sans Pareil

-Aviso (utilisés comme auxiliaires) Tahure et Epinal

Arsenal de Sidi-Abdallah

-Remorqueur de haute-mer Belier

-Remorqueur de 1000ch Tebessa

-Remorqueurs de 600ch Kairouan et Sousse

-Remorqueurs de 750ch Garance et Genièvre

-Gabares L’Antée  La Puissante La Servante et La Mordante

Baie Ponty

-Sous-marins Phenix Ventôse Frimaire Prairial (9ème DSM)

-Sous-marins Aber Wrach Ile de Batz Tromelin (10ème DSM)

-Sous-marins Ile de Molêne Clipperton et Porquerolles (11ème DSM)

-Sous-marins Vendémiaire Nivôse Floréal Messidor (17ème DSM)

-Sous-marins Turquoise Saphir Nautilus Rubis (20ème DSM)

18-Bases et arsenaux (7)

H-Base navale de Mers-El-Kébir

Un besoin ancien enfin satisfait

En surnomant ce lieu «Portus divinus» (port divin), les romains ont été parmis les premiers à se rendre compte du caractère exceptionnel de ce port, bien protégé et bien abrité, probablement le meilleur d’Afrique du Nord avec Bizerte.

Cela n’échappa aux différents belligerants du bassin méditerranéen qui l’occupèrent tour à tour qu’il s’agisse des pirates barbaresques, des ottomans, des espagnols et des portugais jusqu’à la France en 1830.

Les premiers travaux importants eurent lieu à partir de 1868 mais l’investissement dans cette base était bien inférieur à celui engagé à Brest, Toulon ou même Bizerte.

Tout change avec l’arrivée de Mussolini au pouvoir et l’instabilité chronique de l’Espagne. En 1936, un plan d’équipement est voté pour créer une base complète à Mers-el-Kebir, base qui doit être capable d’accueillir et d’entretenir des cuirassés.
Le projet permet la création d’une véritable base opérationnelle même si au niveau de l’entretien, les unités de la 4ème Escadre devaient se rendre à Toulon ou à Bizerte notamment pour les grands carénages.

Les travaux ne commencent réellement qu’en 1939 mais sont accélérés à partir de 1941. Les importants budgets débloqués permettent à l’essentiel des travaux d’être terminés en 1946 même si depuis longtemps, les navires de la 4ème Escadre s’y abritaient.

Description générale du site

Le site était naturellement à l’abri des éléments mais le projet voté en 1936 voit la construction de deux jetées, une Jetée Nord et une Jetée Est d’une longueur cumulée de deux kilomètres, créant une vaste étendue d’eau bien protégée appelée Grande Rade.

De nouveaux quais sont construits au pied du fort de Mers-El-Kébir et entre le village de Mers-El-Kébir et celui de Saint André, des quais baptisés Quai du Viaduc Quai du Santon et Quai Saint André et qui abritaient les torpilleurs d’escadre, les contre-torpilleurs,les sous-marins, les pétroliers et les navires légers.

Trois môles baptisés Môle Nord Grand Môle et Môle triangulaire permettent la création d’une Darse Pétrolière et d’une Darse des Subsistances destinées comme son nom l’indique au ravitaillement des navires de la 4ème escadre. Les pétroliers et les cargos chargés de compléter les stocks et les réservoirs de mazout s’y amarrent pour débarquer leur chargement.

Les travaux intègrent un port de pêche à l’enceinte de la base ce qui inquiètent certains officiers qui souhaiteraient avoir une base totalement sous son contrôle. Quand éclate la guerre en septembre 1948, le port de pêche est placé sous contrôle militaire ce qui engendre un certain nombre de servitudes militaires pour les pêcheurs.

A l’est est aménagé un Port des Travaux destiné comme son nom l’indique à l’entretien des navires de la 4ème Escadre. Donnant sur une Grande Darse, on trouve un slipway de 120m inauguré en mars 1942. On trouve également un dock-flottant de 90m livré en septembre 1940, un ponton de 120m et un dock-flottant de 210m livré en février 1943. C’est là que stationnent les remorqueurs.

Entre la digue de la Grande Darse et la Jetée Est, on trouve un espace où mouillent les navires désarmés avant qu’ils ne retrouvent le cimetière naval du Bregaillon.

A terre, les fortifications sont modernisées et des installations de commandement sont construites sous-terre.

Fortifications

En septembre 1939, la défense du secteur Oran/Mers-El-Kébir/Arzew est assurée par les installations suivantes :

-A l’ouest de Mers-El-Kébir, on trouve la batterie du Cap Falcon avec deux canons de 95mm appuyés par des batteries antiaériennes à Aïh-el-Turk et Murjadjo (4 canons de 75mm chacun)

-Sur la pointe nord fermant la baie de Mers-El-Kébir on trouve deux canons de 75mm qui appuient la batterie du Santon équipée de 4 canons de 194mm.

-Dans la région d’Oran, nous trouvons la batterie antiaérienne du Marabout avec quatre canons de 75mm, la batterie Gambetta avec quatre canons de 120mm, la batterie de l’Espagnole avec ses deux canons de 75mm, la batterie du Cap Canastel équipée de trois canons de 240mm, la batterie du Cap de l’Aiguille armée de 2 canons de 95mm et enfin la batterie défendant le petit port d’Arzew avec 2 canons de 75mm.

L’importance de la position de Mers-El-Kébir explique les importants travaux menés entre 1944 et 1948 pour rendre cette position inexpugnable depuis la mer, la menace d’une attaque terrestre étant assez limitée pour ne pas dire iréaliste.

-Les batteries du cap Canastel et du Santon restent armées de canons de 194mm et de 240mm encore en bon état. Les positions sont améliorées avec une reprise des positions et une amélioration de la protection.

-Les batteries du Cap Falcon, Kébir,Gambetta,Espagnole et Cap de l’Aiguille armés d’un assortissement de canons de divers calibres reçoivent chacun deux canons de 152mm (des pièces neuves et d’autres récupérées sur les cuirassés Richelieu et Jean Bart) montés sur plate-forme rotative et sous masque.

-Les batteries antiaériennes équipées de canons de 75mm sont réarmés avec quatre canons de 90mm modèle 1939 en deux affûts doubles.

La défense antiaérienne de la base de Mers-El-Kébir est assurée par huit canons de 90mm modèle 1939 en quatre affûts doubles et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles montés sur camions, permettant une défense mobile.

La défense terrestre est assurée par une compagnie de fusiliers marins, la 6ème Compagnie de Fusiliers Marins (6ème CFM) qui disposent de postes de contrôle semblables à des blockaus de campagne.

Navires basés à Mers-El-Kébir au 5 septembre 1948

Jetée Nord

Cette zone étant la plus profonde de la rade, c’est naturellement là que sont mouillés les «gros» de la 4ème Escadre en l’occurence les navires suivants :

-Cuirassé Bretagne

-Porte-avions Commandant Teste

-Croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg

-Cuirassé Jean Bart

-Cuirassé Bourgogne

-Croiseur léger Latouche-Treville

-Croiseur léger Condé

-Croiseur léger Gambetta
Quai du Viaduc

C’est l’antre des torpilleurs d’escadre de la 4ème Escadre en l’occurence douze navires en septembre 1948 :

-Torpilleurs d’escadre Le Hardi et L’Epée chargés de la protection du Dunkerque

-Torpilleurs d’escadre Le Lansquenet et Le Fleuret chargés de la protection du Strasbourg

-Torpilleurs d’escadre L’Eveillé et L’Alerte chargés de la protection du Bretagne

-Torpilleurs d’escadre Hussard et Spahi chargés de la protection du Commandant Teste

-Torpilleurs d’escadre L’Opiniâtre et L’Aventurier chargés de la protection du Jean Bart

-Torpilleurs d’escadre Lannes et Augereau chargés de la protection du cuirassé Bourgogne

Quai du Santon

Si le quai du Viaduc est l’antre des torpilleurs d’escadre, son voisin du Santon est le cadre où s’amarrent les contre-torpilleurs et les sous-marins de la 4ème Escadre.

-Contre-torpilleur Magon (4ème DCT)

-Conre-torpilleur Dunois (4ème DCT)

-Contre-torpilleur La Hire (4ème DCT)

-Contre-torpilleur Le Terrible (10ème DCT)

-Contre-torpilleur Le Triomphant (10ème DCT)

-Contre-torpilleur L’Indomptable (10ème DCT)

-Sous-marin Minerve (12ème DSM)

-Sous-marin Junon (12ème DSM)

-Sous-marin Cerès (12ème DSM)

-Sous-marin L’Hermione (14ème DSM)

-Sous-marin Clorinde (14ème DSM)

-Sous-marin L’Andromède (14ème DSM)

-Sous-marin L’Andromaque (18ème DSM)

-Sous-marin L’Amirde (18ème DSM)

-Sous-marin L’Artemis (18ème DSM)

-Sous-marin La Cornélie (18ème DSM)

-Sous-marin Emeraude (7ème DSM)

-Sous-marin Corail (7ème DSM)

-Sous-marin Escarboucle (7ème DSM)

-Sous-marin Agate (7ème DSM)

Quai Saint André

C’est à cet endroit que sont amarrés hors missions de déchargement les pétroliers et les cargos. Des navires légers de combat sont également amarrés à ce quai.

-Pétrolier-caboteur Aube

-Ravitailleur rapide Tarn

-Ravitailleur rapide La Baïse

-Pétrolier-ravitailleur d’escadre La Medjerda

-Ravitailleur d’hydravions Sans Reproche

-Aviso mouilleur de mines Les Eparges

-Aviso-dragueurs Commandant Bory, du Commandant Delage, du Commandant Duboc et du Commandant Rivière (2ème DEL)

-Chalutiers armés La Toulonnaise et La Sétoise

-Chasseurs de sous-marins CH-13 et CH-14

Port des Travaux

-Remorqueur de haute-mer L’Ours

-Remorqueur de 1000ch Cotentin

-Remorqueur de 600ch Esterel Palmier Tatihou

-Remorqueur de 750ch Amarante

-Gabares L’Ardente et La Performante