Etats Unis (2) Histoire (1)

HISTOIRE DES ETATS-UNIS

Les prémices : colonisation et indépendance

C’est au 17ème siècle que le peuplement de l’Amérique du Nord commença sous l’impulsion de l’Angleterre. Les premières implantations ont lieu dans l’actuelle Virginie (terre ainsi nommée en l’honneur de la reine vierge Elisabeth 1ère) et la première colonie Jamestown (en référence à King James I, Jacques 1er de Grande-Bretagne) est fondée en 1607 treize ans avant l’épopée des pèlerins du Mayflower, apport symboliquement fort mais anecdotique sur le plan pratique.

Le Mayflower

Les colonies se développent sur la côte est, les Appalaches formant à l’époque une barrière infranchissable, une véritable frontière.

Peu à peu en dépit d’une communauté de culture avec la Grande-Bretagne, les treize colonies prennent conscience de leur spécificité, de leur singularité.

Les treize colonies ne sont pas identiques, elles peuvent être divisées en trois groupes avec du nord au sud la Nouvelle-Angleterre (New Hampshire, Massachusetts Connecticut Rhode Island) puritaine et plutôt «démocratique» au sein de communautés aux particularismes importants, un espace intermédiaire sans identité forte (New-York New Jersey Delaware Pennsylvanie) et un sud aristocratique où une minorité blanche gère ses plantations peuplées d’esclaves (Maryland Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Georgie).

L’élément déclencheur c’est la question de la représentation. Les treize colonies n’envoient aucun représentant à Westminster ce qui n’empêche pas Londres de taxer les colonies et de les empêcher de se livrer au commerce avec tous les pays.

La révolte éclate sous les cris de «pas d’impôts sans représentation.», marquant le début d’une guerre de huit ans qui aboutit à l’indépendance des treize colonies.

La guerre éclate le 19 avril 1775 avec une première victoire à Lexington, les milices des Etats parvenant à s’opposer et à vaincre des détachements britanniques faibles en nombre. Boston est prise le 17 mars 1776 et le 4 juillet, le Congrès réunit à Philadelphie proclame l’indépendance des treize colonies.

Tableau représentant la déclaration d’indépendance américaine

Les britanniques réagissent et envoie l’élite de l’armée britanniques qui débarque dès le mois de juin, s’emparant de New York et enchaînant les victoires au point de démoraliser profondément l’armée continentale (Continental Army), sapant l’autorité de George Washington. La victoire de Trenton contre les hessois n’est qu’une brève parenthèse dans un océan de défaites.

George Washington, commandant en chef de la Continental Army et futur premier président des Etats-Unis

En 1777, l’arrivée du marquis de La Fayette marque le début de l’engagement français, engagement timide et clandestin avec essentiellement de la fourniture d’armes. Les victoires britanniques pourtant s’enchainent, Philadelphie étant prise en juin mais en octobre, la victoire américaine à Saratoga encourage la France à s’engager clairement dans la guerre.

Après le terrible hivernage à Valley Forge, l’arrivée promise des premiers soldats français allait rétablir un certain équilibre bien que l’entraînement mené par La Fayette et le baron prussien Von Steuben améliora considérablement le niveau de la Continental Army.

Le Marquis de La Fayette futur « Héros des Deux Mondes »

En dépit de ces renforts et de l’action de la Royale contre la Royal Navy, la guerre resta longtemps indécise, les franco-américains échouant à s’emparer de Savannah et son battus à Camden après la prise de Charleston par les britanniques.

Von Steuben

Le 11 juillet 1780, le corps expéditionnaire français dirigé par Rochambeau débarque à Newport, la guerre prenait clairement la tournure d’un conflit conventionnel avec deux armées de métier face à face.

Au printemps 1781, la flotte française dirigée par le comte De Grasse et venue des Antilles reçoit l’ordre de Washington et de Rochambeau d’assurer le blocus de la baie de Chesapeake en Virginie où se trouvaient concentrée l’armée du général Cornwallis bientôt assiégé à Yorktown.

Lord Cornwallis se rend marquant la fin de la guerre d’indépendance américaine

Après la victoire de la flotte française en baie de Chesapeake le 5 septembre, Cornwallis compris qu’il ne pourrait recevoir de renforts et c’est la mort dans l’âme qu’il capitule le 19 octobre, marquant un tournage majeur de la guerre qui aboutit au traité de Paris du 3 septembre 1783 reconnaissant l’indépendance des treize colonies sous le nom des Etats-Unis d’Amérique.

Ce traité offre au nouvel état (qui adopte une constitution fédérale en 1787) des territoires à l’ouest des Appalaches jusqu’au Mississippi, des territoires que l’Etat fédéral va se charger de mettre en valeur. C’est le début de la conquête de l’ouest, du Far West, de l’ouest sauvage mythifié au cinéma, marquant la naissance du mythe du pionnier et de la Frontière.

Les Etats-Unis ou les Etats désunis ?

Jeune nation, les Etats-Unis apprennent à gérer les querelles politiciennes sur l’avenir du pays tout en gérant des querelles extérieures comme la Quasi-Guerre avec la France (1797-1801) ou plus grave la guerre de 1812 (18 juin 1812-18 février 1815) contre la Grande-Bretagne, ce conflit méconnu en France étant souvent considéré comme une deuxième guerre d’indépendance.

En dépit d’un conflit armé, les relations entre Washington et Londres se normalisèrent rapidement en raison d’une communauté culturelle entre les deux nations et les maladresses de la France révolutionnaire qui débouchèrent sur la Quasi-Guerre, un conflit non déclaré entre 1799 et 1802.

Cela n’empêcha pas les pommes de discorde entre les deux pays notamment la question frontalière entre les Etats-Unis et la colonie britannique du Canada, la gêne au commerce américain entrainé par les guerres napoléoniennes et l’enrolement forcé de marins américains dans la Royal Navy.

Ce conflit se déroula sur mer avec un affrontement acharné entre corsaires recrutés par les deux camps, dans la région des Grands Lacs et dans le sud des Etats-Unis dans ce qui fût jadis la Louisiane Française.

Ce conflit se termina par le traité de Gand signé en 1815 qui marqua la fin des tentatives américaines d’annexer les colonies britanniques du Canada et une meilleure délimitation de la frontière entre les Etats-Unis et ce qui n’est pas encore le Commonwealth du Canada.

En effet, la Louisiane n’était plus française («Ils sont américains elles sont américaines la faute à qui donc la faute à Napoléon»), l’immense territoire conquis par Cavalier de La Salle au 17ème siècle ayant été vendu pour 15 millions de dollars en 1803, doublant la superficie du jeune état.

En 1819,la Floride espagnole est acquise et quatre ans plus tard la doctrine Monroe balise les bornes de la politique extérieure américaine qui s’interdit de participer aux affaires européennes, interdisant aux puissances européennes de se mêler aux affaires américaines alors que les colonies portugaises et espagnoles avaient fraîchement acquis leur indépendance.

La conquête de l’Ouest commence vraiment après 1830, le Missouri est franchit dès 1840. C’est alors qu’apparait le terme de «destinée manifeste», les Etats-Unis sont destinés à s’étendre jusqu’au Pacifique au détriment du Mexique, la guerre americano-mexicaine se termine en 1848 par l’annexion de vastes territoires qui devinrent les états d’Arizona, du Colorado, de la Californie, du Nevada, du Nouveau Mexique et de l’Utah.

Alors que les Etats-Unis ont triplé leur superficie passant à 7 millions de kilomètres carrés sur la période 1803/1853, les dissensions internes commencent leur action dissolvante. Si la question de la répartition des pouvoirs était globalement tranchée, l’esclavage était un véritable abcès qui formait une séparation de plus en plus nette entre un Nord industriel et un Sud à l’économie de plantations, économie basée sur l’esclavage.

Cette querelle concernait moins les états constitués que les nouveaux territoires, chaque camp esclavagiste contre abolitioniste voulant faire basculer ces territoires de leur côté.

L’élection du républicain Abraham Lincoln en novembre 1860 met le feu aux poudres. Réputé pour être un abolitionniste enragé, il fait craindre aux états sudistes qu’il n’abolisse l’esclavage alors que les états abolitionnistes étaient devenus majoritaires.

Dès le mois de décembre 1860, la Caroline du Nord fait secession suivit de nombreux autres états, le conflit démarrant en avril 1861 quand l’artillerie confédérée ouvre le feu contre Fort Sumter le 12 de ce mois.

Sur le papier, le Nord doit tout écraser, il est plus peuplé, dispose des principaux ports, de l’industrie face à un Sud trois fois moins peuplé (9M contre 25).

La guerre s’annonce rapide mais le Sud qui se bat pour la survie de son mode de vie se montre un adversaire redoutable. Les militaires du sud ne sont pas forcément meilleurs que les généraux nordistes mais les premiers semblent se battrent pour une cause, leurs hommes sont motivés alors qu’au nord les généraux sont choisis pour des raisons politiques et que les milices ne semblent guère motivées pour se battre longtemps.

Peu à peu le poids du Nord va faire la différence. Le Sud manque d’industries, est de plus étranglé par le blocus nordiste, les exploits du CSS Albama et d’autres forceurs de blocus sont de véritables victoires à la Pyrrhus.

Avec des chefs comme Sherman et Grant, les nordistes disposent enfin de généraux à la hauteur des généraux sudistes. La chute de La Nouvelle Orléans le 1er juillet 1862 prive le Sud du Mississippi. La bataille de Gettysburg en juillet 1863 n’est pas décisive mais le Sud comprend qu’il ne pourra pas gagner la guerre.

Le 9 avril 1865, Lee capitule à Appomatox. 175000 hommes se rendent. 620000 hommes sont morts dans les deux camps, majoritairement de maladie comme les guerres de jadis bien que la guerre civile américaine soit le premier conflit industriel avec l’utilisation massive du télégraphe, du chemin de fer, le premier combat entre cuirassés, le sous-marin….. .

Le Sud ravagé est soumis à une véritable occupation militaire par le nord, provoquant un traumatisme qui marque encore le sud aujourd’hui. L’esclavage est aboli mais les noirs doivent attendre encore pour être considérés comme égaux aux Blancs.

Industrialisation Conquête de l’Ouest et Colonisation

Dès 1868, le Nord se désintéresse du sud et jette son regard vers l’ouest. C’est le début réel de la conquête de l’Ouest, du Far West magnifié par la littérature et le cinéma. Dès 1869, le chemin de fer permet de relier la côte ouest à la côte est. Cette conquête se fait au détriment des indiens, massacrés puis rassemblés dans des réserves. La conquête s’achève en 1890.

Parallèlement à la conquête de l’ouest, les Etats-Unis connaissent une formidable industrialisation notamment du Nord-Est longtemps le poumon économique avec la sidérurgie puis l’automobile, les chantiers navals et le textile.

Ce dévellopement continu s’appuie sur une formidable immigration, 14 millions d’Irlandais, d’Italiens, de Polonais, de Tchèques, de Russes…. s’installent aux Etats-Unis entre 1860 et 1900.

Comme précédement en Europe, les conditions de vie du prolétariat sont misérables. Il faudra attendre 1886 pour que soient créées les premiers syndicats.

Pays jeune et vigoureux, les Etats-Unis se cherchent désormais un but, une mission maintenant que la Frontière à été atteinte.

Comme beaucoup de pays, Washington se tourne vers l’outre-mer et la conquête de colonies, la guerre de 1898 contre l’Espagne étant un tournant dans l’histoire américaine.

Elle marque l’entrée des Etats-Unis d’Amérique dans le concert des nations. C’est le résultat également de la modernisation de l’US Navy qui passe du 12ème rang mondial en 1883 au 6ème en 1906.

Face à elle l’Espagne en déclin, disposant de moyens militaires insuffisants, une guerre rapide qui aboutit à la mise sous protectorat de Cuba, la conquête des Phillipines, de Guam, de Porto Rico.

La même année, Hawai est annexée aux Etats-Unis mais il faudra attendre le 20ème siècle pour qu’Hawai comme l’Alaska (achetée à la Russie en 1867) deviennent des Etats à part entière.

Les Etats-Unis resteront cependant des impérialistes coloniaux modestes car la révolte aux Phillipines (1899-1902) refroidit bien des va-t-en-guerre. En 1903, il favorise la sécession du Panama de la Colombie pour permettre l’achèvement du canal transocéanique de Panama et en 1917 les Iles Vierges danoises sont achetées au Danemark.

En 1935, décision est prise d’accorder d’ici 1942 l’indépendance aux Phillipines. La date est repoussée en 1945.

Le Commonwealth of Phillipines est proclamé le 14 mars 1945. Les Etats-Unis disposent cependant de pouvoirs importants et assurent la défense du pays. Théoriquement en 1950, les troupes américaines devaient partir à l’exception des bases aériennes et des bases navales de Subic et de Cavite mais comme le second conflit mondial à éclaté entre-temps, ce départ est repoussé sine die.

Cuba reste un protectorat américain à l’indépendance toute relative, Guam et Porto-Rico des territoires.

Les Etats-Unis au vingtième siècle (1) (1900-1919)

Théodore Roosevelt

-Durant cette période, quatre présidents se succèdent, William McKinley (1897-1901, troisième président américain assassiné après Garfield et Lincoln), Théodore Roosevelt (1901-1909), William Taft (1909-1913) et Woodrow Wilson (1913-1921), les trois premiers sont républicains, le dernier démocrate.

-Période d’expansion coloniale et industrielle

-La vie politique est dominée par les républicains puisqu’ils occupent la Maison Blanche pendant plus de quinze ans, l’élection du démocrate Wilson marquant le retour des démocrates au pouvoir suprème.

-1903 : Fidèle à sa théorie du Big Stick (gros baton) Théodore Roosevelt favorise en sous-main la sécession du Panama faute d’accord avec la Colombie sur la reprise des travaux du canal interocéanique dont les travaux initiés par Ferdinand de Lesseps déclenchèrent par ricochet le scandale de Panama.

-Deux ans plus tard, Théodore «Teddy» Roosevelt joue les médiateurs dans le conflit russo-japonais mettant en branle sans le savoir le mécanisme qui allait conduire quatre décennies plus tard au volet américano-nippon du second conflit mondial, une partie des élites japonaises estimant que les américains les ont privés des fruits politiques et économiques d’une victoire militaire incontestable.

-Passionné de grands espaces, le 26ème président des Etats-Unis favorise les premières mesures écologiques comme la création de parcs naturels. Il favorise aussi la puissance navale américaine en faisant voter les financements nécessaires à la constitution d’un puissant corps de bataille.

L’épopée de la «Grande Flotte Blanche» (The Great White Fleet) (1907-1909) qui effectue un tour du monde est à mettre à son crédit faisant comprendre au monde que l’US Navy était désormais une force avec laquelle il fallait compter.

The Great White Fleet

-1912 : les territoires de l’Arizona et du Nouveau-Mexique deviennent des Etats à part entière, les 47ème et 48ème, cinq ans après l’Oklahoma et seize ans après l’Utah. Il faudra attendre plus de quarante pour que de nouveaux états accèdent à l’Union, l’Alaska et Hawaï devant attendre la fin du second conflit mondial pour devenir des états à part entière.

-Quand éclate le premier conflit mondial en août 1914, les américains réaffirment leur neutralité, refusant de prendre partie entre la Triplice et la Triple Entente, entre les Alliés et les Empires Centraux.

-Attachés à la liberté du commerce, ils pestent et protestent contre les restrictions imposées par le blocus britannique contre l’Allemagne. Ils ne vont cependant pas jusqu’à déclarer la guerre à leur ancienne puissance tutélaire.

-Après son échec (victoire tactique et défaite stratégique) au Jutland, l’Allemagne abandonne la guerre navale traditionnelle celle des grandes escadres au profit de la guerre sous-marine, mettant tout le poids de l’économie dans la fabrication de sous-marins et décident la guerre sous-marine à outrance (janvier 1917).

-Le 23 février 1917 alors que la guerre sous-marine fait rage depuis un mois, le ministre des affaires étrangères britanniques lord Balfourd communique au président Wilson le contenu d’un télégramme envoyé par le ministre des affaires étrangères allemand, Zimmerman à son ambassadeur à Mexico.

Ce dernier autorise son représentant dans la capitale mexicaine à négocier une alliance politique et militaire promettant de faire la guerre et la paix ensemble, un soutien financier et surtout un soutien pour la reconquête des territoires perdus lors de la guerre mexicano-américaine.

Le 2 avril 1917, Woodrow Wilson demande au Congrès de reconnaître l’état de guerre entre l’Allemagne et les Etats-Unis ce qui est chose faite le 6 avril 1917.

-Cette entrée en guerre parachève un engagement de plus en plus prononcé depuis 1914 avec non seulement les commandes de l’Entente mais également l’engagement de volontaires dans l’armée britannique ou française, cinquante américains intégrant la Légion Etrangère sans oublier la fameuse Escadrille Lafayette.

-Malgré sa puissance industrielle, les Etats-Unis qui ne disposaient à l’époque que d’une armée de taille réduite ont besoin de plusieurs mois pour jeter tout leur poids dans la bataille. On se souvient de la phrase du général Pétain qui déclara «J’attends les américains et les chars».

-Les allemands aussi, tentant au printemps 1918 le tout pour le tout en lançant leur offensive de printemps qui est en passe d’obtenir la victoire. Son échec et le début de l’offensive des 100 jours marque le début de la fin pour l’Allemagne qui allait aboutir à l’Armistice de Rethondes.

-Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson propose les bases d’un réglement du conflit (les quatorze points) avec notamment le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ce qui enterre les derniers espoirs d’un maintien en état de l’Autriche-Hongrie.

-La première division arrive en France en juin 1917 en l’occurence la 1st Infantry Division (The Big Red One) suivit de cinquante-huit autres, vingt à partir de l’armée d’active, dix-sept à partir de la Garde Nationale et vingt-deux à partir de la mobilisation.

Quand à l’United States Army Air Service créé le 24 mai 1918, il va mettre en œuvre 45 squadron et 740 appareils.

-L’US Navy n’est pas en reste participant à la protection des convois contre les sous-marins allemands, déployant une division de cuirassés au sein de la Home Fleet, la 9th Battleship Division (USS New York,USS Florida, USS Delaware et USS Wyoming) qui permet aux anglais de désarmer des cuirassés anciens et de libérer des équipages expérimentés pour la protection des convois.

Le premier engagement à lieu dès le mois de novembre 1917 mais il faut attendre le printemps 1918 pour que le poids américain se fasse sentir. Si les Marines s’illustrent dans le Bois de Belleau (6 au 22 juin), les unités de l’Armée de terre s’illustrent surtout dans la seconde bataille de la Marne.

-Sans l’Armistice de novembre 1918, les forces armées américaines auraient mené avec les troupes françaises une offensive majeure en Lorraine, l’American Expeditionnary Force ayant Metz _ville natale de La Fayette_ pour objectif.

-Au final, les forces armées américaines ont mobilisé durant le premier conflit mondial 4.3 millions d’hommes. 126000 ont été tués (combat et la grippe espagnole), 234000 blessés, 4526 portés disparus et 2450 faits prisonniers.

-Tout comme la France, les Etats-Unis choisissent un soldat inconnu qui enterré dans le cimetière national d’Arlington (Virginie) symbolise le sacrifice des Sammies, la cérémonie officielle ayant lieu en octobre 1921 à Chalons sur Marne, le corps étant inhumé en Virginie le 11 novembre 1921, cet homme ayant été rejoint depuis par un soldat inconnu de chaque conflit auxquels ont participé les Etats-Unis (second conflit mondial, première et deuxième guerre du Vietnam).

-Le coût est bien évidement financier, les Etats-Unis deviennent les créanciers du monde, la France et la Grande-Bretagne ayant massivement emprunté pour financer un conflit toujours plus coûteux.

Ces dettes vont empoisonner les relations entre américains et européens, Washington poussant dans le sens d’un assouplissement des réparations, oubliant un peu vite que les français notamment comptaient sur ses réparations (132MM de mark-or) pour rembourser les américains.

Selon une étude récente, la première guerre mondiale aurait coûté 551 milliards de $ au cours actuel (33MM au cours de 1918) et la dette est passée de 3.6 milliards en 1914 à 27 milliards en 1918.

-Si les américains font partie des vainqueurs, ils échouent à sortir de leur isolationisme. Suite à un vote hostile du Sénat, on aboutit à un paradoxe amer : le pays promotteur de la SDN (Société des Nations) refuse d’y participer ce qui d’entrée affaiblit grandement l’organisme.

Grande-Bretagne (60) Navires de soutien (3)

Navires de soutien de la Royal Navy

Si la Royal Fleet Auxiliary (RFA) dispose de la majorité des navires de soutien, elle ne contrôle pas la totalité des navires auxiliaires, la Royal Navy dispose d’une partie des navires chargés de soutenir les navires de combat. Même si la limite n’est pas aussi claire, on peut dire que la RFA regroupe les navires de charge, la Royal Navy disposant de navires de soutien plus techniques.

Dans cette catégorie j’ai choisit d’intégrer les mouilleurs de mines qui par leur vitesse seront davantage utilisés comme transports rapides que pour leur rôle initialement prévu.

En septembre 1939 quand éclate le second conflit mondial, la Royal Navy dispose d’un navire-atelier, de cinq navires-dépôt pour sous-marins, d’un navire-dépôt pour destroyers, d’un navire-dépôt pour vedettes lance-torpilles, de trois mouilleurs de mines et de quatre porte-hydravions. Quatre mouilleurs de mines rapides de classe Abdiel sont en cours de construction.

La flotte évolue peu jusqu’en septembre 1948, cinq ravitailleurs de sous-marins étant construits pour permettre à chaque flottille de disposer d’un bâtiment-mère.

Poseurs de filets

Les mouilleurs de filets ou netlayer dans la langue de Shakespeare sont des navires spécialement conçus pour tendre en travers d’une passe un filet destiné à empêcher l’intrusion de navires et de sous-marins. Deux mouilleurs de filets sont en service en septembre 1939 et le sont toujours neuf ans plus tard.

HMS Guardian

HMS Guardian

-Le HMS Guardian est mis sur cale au Chatham Dockyard le 15 octobre 1931 lancé le 1er septembre 1932 et mis en service le 13 juin 1933.

Stationné à Rosyth, il était toujours en service en septembre 1948, assurant la mise en place et la maintenance des filets protégeant l’accès à la base. Son armement est renforcé avec des mitrailleuses et des canons de 20mm.

Déplacement : standard 2906 tonnes Longueur 103.02m largeur 16.15m Tirant d’eau 4.22m Propulsion : deux groupes de turbines à vapeur alimentées par deux chaudièrs dévellopant deux hélices Vitesse maximale 18 noeuds Armement deux canon de 4 pouces (102mm) auxquels s’ajoutent en septembre 1948 deux affûts quadruples de 12.7mm et six canons de 20mm Oerlikon Equipage : 18 officiers et marins

-Le HMS Protector est mis sur cale aux chantiers navals Yarrow de Scotsoun en août 1935 lancé le 20 août 1936 et mis en service le 30 décembre 1936.

Stationné à Alexandrie, il était toujours en service en septembre 1948 même si le 5 de ce mois, il était immobilisé par un grand carénage.

Déplacement : standard 2900 tons Longueur : 105m largeur 15m Tirant d’eau 4.9m Propulsion : deux groupes de turbines Thomson-Houston alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté entrainant deux hélices Vitesse maximale 19 noeuds Armement : deux canons de 4 pouces (102mm), quatre canons de 20mm et huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples Equipage : 21 officiers et marins

Navire-atelier

La mise au point de navires à propulsion mécanique à augmenté les servitudes techniques des marines. D’où la mise au point de navires-ateliers, souvent des navires adaptés même si parfois il y avait des navires neufs comme le HMS Resource construit aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness mis en service au début des années trente.

HMS Resource

HMS Resource

Il est déployé en Méditerranée depuis Malte jusqu’en 1944 avant de retourner en Grande Bretagne pour un grand carénage de décembre 1944 à septembre 1945, retournant alors en Méditerranée où il reste jusqu’en septembre 1948.

Au déclenchement du conflit, décision est prise de l’envoyer à Freetown pour soutenir les navires engagés dans la traque des raiders allemands.

Déplacement : standard 12300 tons Longueur 160m largeur 25m tirant d’eau 6.81m Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté dévellopant 7500ch et entrainant deux hélices Vitesse maximale 15 noeuds Armement : quatre canons de 102mm en deux affûts doubles renforcés ultérieurement par huit canons de 20mm Oerlikon Equipage : 581 officiers et marins

Navires-dépôts de sous-marins

Si le navire de guerre peut embarquer le matériel et les pièces détachées nécessaires pour son entretien courant, le sous-marin à l’espace et à l’organisation nettement plus contraintes n’à pas ce luxe.

Il faut donc des navires de soutien et d’entretien capable de les ravitailler et de les réparer. Ils servent également d’hôtels pour les équipages.
En septembre 1939, cinq navires-dépôts sont en service. Ils seront rejoints ultérieurement par cinq ravitailleurs, permettant à chaque flottille de disposer de son bâtiment-base et être bien plus autonome qu’auparavant.

-Le HMS Medusa était à l’origine un monitor construit durant le premier conflit mondial. Il est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolff de Belfast en mars 1915 lancé le 22 mai 1915 et mis en service le 20 juin 1915.

Converti en mouilleur de mines en 1925 et rebaptisé Medusa il devient en septembre 1939 un bâtiment-dépôt pour sous-marin, étant affecté en Méditerranée à la 9th Submarine Flottilla à Malte. Il était toujours en service en septembre 1948 même si son remplacement était très sérieusement envisagé en raison de sa vétusté.

Déplacement : 580 tons Longueur 54.03m largeur 9.4m tirant d’eau 1.80m Propulsion : machines à triple expansion alimentées en vapeur par des chaudières Yarrow dévellopant 400ch et entrainant deux hélices Performances : vitesse maximale 10 nœuds Armement : (monitors) deux canons de 152mm et un canon antiaérien de 6 livres (57mm) (navire-dépôt) deux canons de 4 pouces (102mm) en affût double, six canons de 20mm Oerlikon Equipage : (monitor) 72 officiers et marines (navire-dépôt) nc

HMS Forth

HMS Forth

-Le HMS Forth est mis sur cale aux chantiers navals John Brown Company de Clydebank le 30 juin 1937 lancé le 11 août 1938 et mis en service le 14 mai 1939.

En septembre 1939, il dépend de la 2nd Submarine Flottilla stationnée à Dundee. En septembre 1948, il dépend toujours de la Home Fleet mais à intégré la 7th Submarine Flottilla de Rosyth.

Déplacement : 9043 tonnes longueur 151m largeur 22m tirant d’eau nc Propulsion : nc Vitesse maximale : 17 nœuds Armement : huit canons de 114mm en deux affûts doubles et deux affûts quadruples de 2 livres Equipage : 1167 officiers et marins

-Le HMS Titania est à la différence du Forth un navire marchand en construction acquis en 1915 et transformé en navire-dépôt pour sous-marins. Affecté à la 6th Submarine Flottilla de la Home Fleet en septembre 1948, il est ensuite affecté à la 5th Submarine Flottilla stationné à Singapour.

HMS Maidstone

HMS Maidstone

-Le HMS Maidstone est mis sur cale aux chantiers navals John Brown & Company de Clydebank le 17 août 1936 lancé le 21 octobre 2937 et mis en service le 5 mai 1938.

En septembre 1939, il est déployé à Malte, assurant le soutien de la 1st Submarine Flottilla de la Mediterranean Fleet. Neuf ans plus tard, il est toujours déployé en Méditerranée mais à Alexandrie en soutien de la 6th Submarine Flottilla.

Déplacement 8900 tons Longueur 151m largeur 22m tirant d’eau nc Propulsion nc Armement : huit canons de 114mm en quatre affûts doubles et deux Pom-Pom quadruples Equipage: 1167 officiers et marins

-Le HMS Medway est mis sur cale aux chantiers navals Vickers-Armstrong de Barrow-in-Furness en avril 1927 lancé le 19 juillet 1928 et mis en service le 3 juillet 1929.

Déployé en Extrême-Orient en septembre 1939, il est neuf ans plus tard déployé en mer du Nord, assurant le soutien de la 7th Submarine Flottilla stationnée à Chatham.
Suite à la réorganisation des flottilles de sous-marins, décision est prise de construire cinq ravitailleurs de sous-marins pour permettre à chaque flottille de disposer d’un bâtiment-base et être ainsi autonome.

Ces cinq navires de 7500 tonnes sont mis en service entre 1944 et 1947 et reprennent pour certains les noms d’anciens tender de sous-marins.

-Le HMS Hazard est mis sur cale au Chatham Dockyard le 14 septembre 1942 lancé le 8 juillet 1943 et mis en service le 17 mars 1944.

Il assure le soutien de la 1st Submarine Flottilla depuis la base de Rosyth

-Le HMS Adamant est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast le 14 mars 1943 lancé le 21 janvier 1944 et mis en service le 8 novembre 1944

Il assure le soutien de la 3rd Submarine Flottilla depuis la base d’Aden

-Le HMS Shearwater est mis sur cale au Chatham Dockyard le 17 juillet 1943 lancé le 8 mai 1944 et mis en service le 14 mars 1945

Il assure le soutien de la 2nd Submarine Flottilla stationnée en temp de paix à Rosyth mais qui rejoint Scapa Flow dès le début du conflit.

-Le HMS Rosario est mis sur cale aux chantiers navals Harland & Wolf de Belfast le 12 mars 1944 lancé le 12 janvier 1945 et mis en service le 8 novembre 1945.

Le quatrième ravitailleur de sous-marins de classe Hazard assure le soutien de la 4th Submarine Flottilla stationnée à Malte.

-Le HMS Pactolus est mis sur cale au Chatham Dockyard le 17 juin 1944 lancé le 21 avril 1945 et mis en service le 15 février 1946.

Le cinquième ravitailleur de sous-marins de classe Hazard assure le soutien de la 8th Submarine Flottilla stationnée à Hong-Kong

Déplacement : standard 7500 tonnes pleine charge 9780 tonnes Longueur : 162m largeur 22m tirant d’eau : 7.50m Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages alimentées en vapeur développant 25000ch et entrainant deux hélices Performances : vitesse maximale 17 noeuds Distance franchissable 7500 miles nautiques à 12 noeuds

Armement : deux affûts doubles de 102mm, huit canons de 20mm Oerlikon en affûts simples quatre mitrailleuses de 12.7mm Equipage : 980 officiers et marins

Autres navires-dépôts

Les autres navires-dépôts ou bâtiment-bases sont moins nombreux en raison de besoins d’entretien et de soutien moins important que les sous-marins.

-Le HMS Woolwitch est un destroyer tender, un bâtiment-base destiné au soutien des flottilles de destroyers.
Il est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield Shipbuiding & Engineering Company de Govan le 24 mai 1933 lancé le 20 septembre 1934 et mis en service le 28 juin 1935.

Affecté en Méditerranée à sa mise en service, il aurait du rejoindre Scapa Flow durant la guerre de Pologne mais le conflit s’étant terminé précocément, il reste dans la Mare Nostrum jusqu’en septembre 1947 quand décision est prise de le réaffecter à la Home Fleet.

En temps de paix, il est stationné à Faslane sur la côte ouest mais en temps de guerre, il doit mettre en place une base d’entretien avancée à Scapa Flow, le mouillage déjà utilisé durant le premier conflit mondial.

Le 27 août 1948 alors que le conflit semble iminent, le HMS Woolwitch qui venait d’achever un grand carénage rejoint Scapa Flow.

Arrivé sur place le 3 septembre, il commence aussitôt à établir une base avancée pour réparer les navires endommagés par les combats ou les éléments.

Déplacement : standard 8890 tonnes pleine charge 10400 tonnes Longueur 186m largeur 19.5m tirant d’eau 5.0m Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières dévellopant 6500ch et entrainant deux hélices Vitesse maximale 15.25 nœuds distance franchissable 12000 miles nautiques à 10 nœuds Armement : quatre canons de 102mm en affûts simples et douze canons de 20mm Oerlikon après le dernier grand carénage Equipage : 660 officiers et marins

-Le HMS Vulcan était un chalutier de haute-mer de 1937 utilisé comme navire-dépôt pour vedettes lance-torpilles. Si il est toujours en service en septembre 1939, sa carrière ultérieure est brève puisqu’il est perdu par un incendie survenu dans le port de La Valette en septembre 1941.

Pour lui rendre hommage et perpétuer la lignée des HMS Vulcan, un nouveau bâtiment-base pour vedettes lance-torpilles est commandé et baptisé Vulcan. Le navire est commandé au Devonport Dockyard.

Il est mis sur cale le 14 mars 1943 lancé le 8 février 1944 et mis en service le 12 janvier 1945. Il est affecté en Méditerranée, basé à Malte où il se trouvait toujours en septembre 1948.

Déplacement : standard 5700 tonnes pleine charge 8000 tonnes Longueur 165m largeur 17.50m tirant d’eau 4.50m Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 5000ch et entrainant deux hélices Vitesse maximale 17 noeuds distance franchissable 10000 miles nautiques à 10 noeuds Armement : deux canons de 102mm (4 pouces) en un affût double, douze canons de 20mm Oerlikon en six affûts doubles Equipage : 580 officiers et marins

Le nouveau HMS Vulcan se révèle si réussit qu’il va servir de modèle aux repair ship construits ou aménagés par la Royal Navy.

Mouilleurs de mines

Quand éclate la guerre de Pologne, la Royal Navy dispose de trois mouilleurs de mines côtiers de classe Linnet. Ces navires sont chargés de mettre à l’eau et d’entretenir des champs de mines télécommandés destinés à la défense côtière.
Ces trois navires déployés au sein de la Home Fleet sont mis en service en 1938 et le sont toujours dix ans plus tard. A leur rôle initial s’ajouta également des missions auxiliaires de transport, de travaux portuaires et littoraux.

Déplacement : 498 tons Longueur hors tout 49.91m (44m entre perpendiculaires) margeur 8.28m tirant d’eau 2.4m Propulsion : machine à triple expansion alimentée en vapeur par une chaudière développant 400ch et entrainant une hélice Vitesse maximale 10.5 noeuds Armement : aucun Equipage : 24 officiers et marins.

Pour assurer le mouillage de mines hauturier, la Royal Navy décide de commander quatre mouilleurs de mines rapides de classe Abdiel. Ces navires ne sont pas encore en service en septembre 1939. Ils ne participeront donc pas à la guerre de Pologne.

HMS Abdiel

HMS Abdiel

-Le HMS Abdiel (M39) est mis sur cale aux chantiers navals J. Samuel White & Company de Cowes le 29 mars 1939 lancé le 23 avril 1940 et mis en service le 15 avril 1941.

Stationné à Chatham, le mouilleur de mines était immobilisé pour un grand carénage quand éclate le second conflit mondial. Les travaux terminés, le mouilleur de mines va servir de transport de troupes rapides pour amener en quelques heures des renforts au CEFAN déployé en Norvège.

HMS Latona

HMS Latona

-Le HMS Latona (M76) est mis sur cale aux chantiers navals John I. Thornycroft & Company de Woolston le 4 mars 1939 lancé le 20 août 1940 et mis en service le 14 juin 1941.

Stationné à Rosyth, il embarque son chargement de mines (140 mines) et va mouiller un champ de mines offensif en pleine nuit au large des côtes du Jutland.

Il échappe à une attaque aérienne le 7 septembre 1948, ralliant Newcastle-upon-tyne pour embarquer des troupes et du matériel à destination de la Norvège.

HMS Manxman

HMS Manxman

-Le HMS Manxman (M70) est mis sur cale aux chantiers navals Alexander Stephens & Sons de Linthouse le 24 mars 1939 lancé le 5 septembre 1940 et mis en service le 2 septembre 1941.

Affecté en Extrême-Orient, il est stationné à Singapour. En temps de guerre, il doit mettre en place des champs de mines défensif pour protéger le “Gibraltar de l’Extrême-Orient” mais également assurer des transports rapides en direction d’Alor Setar et de Kuching, les deux autres bases de la British Eastern Fleet implantées dans la région.

Le 5 septembre 1948, le mouilleur de mines venait de rentrer d’un entrainement au mouillage de mines. Il reprend la mer dès le 8 pour effectuer son premier mouillage du conflit.

HMS Welshman

HMS Welshman

-Le HMS Welshman (M84) est mis sur cale aux chantiers navals Hawthorn Leslie & Company de Hebburn le 8 juin 1939 lancé le 4 septembre 1940 et mis en service le 1er septembre 1941.

Affecté en Méditerranée, il est stationné à Alexandrie mais effectue des rotations régulières avec Haïfa et Malte dans le cadre de missions de transport rapide.

Le 5 septembre 1948, il appareille à l’aube pour assurer le transport d’équipements stratégiques à destination de Malte, arrivant à La Valette le lendemain, chargeant des mines pour améliorer la protection des accès de cette île au positionnement stratégique.

La construction de deux autres navires à été sans cesse repoussée en raison d’autres priorités et de la saturation des chantiers. Ce n’est que dans le cadre du programme de guerre que les Ariadne et Apollo vont être construits selon un modèle légèrement modifié mais ceci est une autre histoire.

Déplacement : standard2650 tons pleine charge 3415 tons Longueur hors tout 127m longueur entre perpendiculaires 122m largeur 12m tirant d’eau 3.43m (4.50m à pleine charge)

Propulsion : turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté dévellopant 72000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 39.75 noeuds (38 noeuds à pleine charge) distance franchissable 1000 miles nautiques à 38 noeuds

Armement : six canons de 102mm Mark XVI en trois affûts doubles, un affût quadruple Pom-Pom, huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples remplacés ultérieurement par douze canons de 20mm, 156 mines

Equipage : 242 officiers et marins

Porte-hydravions et navire de maintenance aéronautique

Avant-propos

Quand l’avion apparait, il attire aussitôt l’attention des amiraux (ou du moins de certains) qui cherchent à voir au delà de l’horizon. Le plus léger que l’air c’était révéler décevant (difficile voir impossible à mettre en œuvre en haute-mer), le plus lourd que l’air apparaissait comme une alternative crédible.

Seulement voilà l’avion avait besoin d’une piste même sommaire pour décoller et atterrir. Un concurrent apparu très rapidement, l’hydravion, un avion muni de flotteurs capable (en théorie) de décoller et de se poser sur les flots.

Les avions comme leurs cousins hydravions étaient à l’époque un assemblage de bois et de toile extrêmement fragiles nécessitant un entretien fréquent.

D’où l’utilisation immédiate de navires spécialement dédiés à leur entretien, souvent des navires dont ce n’était pas la vocation première qu’il s’agisse de navires de guerre reconvertis ou de navires marchands transformés.

Les hydravions concurrencèrent sévèrement l’avion mais quand éclate le second conflit mondial, cet hybride est en passe de perdre son pari.

Si sa mise en œuvre depuis un navire ne pose guère de problème avec la catapulte (même si les installations d’hydraviation étaient souvent mal vus par les surfaciers qui auraient préféré une DCA encore plus importante), la récupération ne fût jamais résolue, le tapis d’amerrissage testé notamment en France se révélant être une fausse bonne idée.

Résultat si les porte-hydravions sont encore présents en septembre 1948, ils vont rapidement être utilisés pour d’autres rôles que le soutien d’escadrilles d’hydravions en l’occurence navire-atelier et bâtiment-bases pour vedettes lance-torpilles mais également navire de commandement.

Un signe ne trompe pas, aucun aviation tender ne sera commandé dans le cadre du programme de guerre, la Royal Navy s’appuyant sur les navires existants et sur la réquisition de navires commerciaux.

Le HMS Unicorn à été conçu pour assurer l’entretien majeur des avions embarqués, soulageant les mécaniciens des porte-avions. Ce navire restera unique, certains porte-avions économiques construits au début du second conflit mondial venant en renfort sans qu’ils soient reclassés.

Porte-hydravions

Le HMAS Albatross futur HMS Albatross

Le HMAS Albatross futur HMS Albatross

-Avant de servir au sein de la marine britannique, le HMS Albatross était un navire australien construit pour appuyer les croiseurs lourds Australia et Canberra. Cela aurait coûté moins cher de les équiper de catapultes mais il fallait donner du travail au Cockatoo Dockyard.

Il est mis sur cale au Cockatoo Docks & Engineering Company le 16 avril 1926 lancé le 23 février 1928 et commissioné le 23 janvier 1929. Il est mis en réserve (decommissioned) le 26 avril 1933.

Pour permettre l’achat du croiseur léger Apollo (futur HMAS Hobart), la marine australienne cède le porte-hydravions à la Royal Navy même si cette dernière n’à pas un besoin débordant en terme de navires de ce type.

En septembre 1939, il est déployé à Freetown au sein du South Atlantic Command pour traquer les raiders allemands. Le conflit terminé, il retourne en Grande-Bretagne pour subir un grand carénage de janvier à octobre 1940.

De nouveau opérationnel, il va servir de transport pour déposer dans les bases de l’Empire du matériel destiné à la Fleet Air Arm (FAA) qu’il s’agisse d’avions démontés, de projecteurs, de canons antiaériens, de générateurs…… .

Quand le conflit éclate, il était immobilisé au Devonport Dockyard pour un nouveau carénage qui doit s’achever début novembre. Les travaux vont être prolongés, les premiers RETEX du conflit norvégien imposant un besoin important de navires-ateliers et l’Albatross va être transformé en repair ship.

Caractéristiques Techniques du HMS Albatross

Déplacement 4800 tons Longueur 135.20m largeur de la coque 18m Tirant d’eau 5.26m

Propulsion : turbines Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Yarrow dévellopant 12000ch et entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 22 noeuds Distance franchissable 4280 miles nautiques à 22 noeuds 7900 miles nautiques à 10 noeuds

Armement (seaplane tender) quatre canons de 120mm (4.7 inch) deux Pom-Pom doubles, quatre canons de salut 3 pounder et 24 mitrailleuses de 7.7mm (repair ship) quatre canons de 120mm (4.7 inch) quatre canons de 40mm Bofors en affûts doubles et huit canons de 20mm Oerlikon

Aviation : neuf hydravions (six actifs et trois de réserve) et trois grues

Equipage : (seaplane tender RAN) 404 officiers et marins pour le flotteur, 46 officiers et hommes du rang pour l’aviation qui dépendait de la Royal Australian Air Force (RAAF)

HMS Ark Royal futur HMS Pegasus

HMS Ark Royal futur HMS Pegasus

-Le HMS Pegasus était un vieux navire de 1914 connu à l’origine sous le nom d’Ark Royal. Il s’agissait d’un navire de charge acheté sur cale par la marine britannique.

L’Ark Royal est mis sur cale aux chantiers navals Blyth Shipbuiding Company de Blyth (Northumberland) le 7 novembre 1913. Acheté en mai 1914, il est lancé le 5 septembre 1914 et commissioné le 10 décembre 1914.

Le 21 décembre 1934, il est rebaptisé Pegasus pour libérer ce nom prestigieux au profit du nouveau porte-avions britannique, le premier porte-avions “moderne”.

Affecté à la Home Fleet, le seaplane tender était toujours en service en septembre 1948 même si son usure rendait son utilisation aléatoire. Suite à une avarie, il est remorqué à Scapa Flow où il reste un bâtiment-base sans pouvoir appareiller.

Caracteristiques Techniques du HMS Pegasus

Déplacement : standard 7190 tonnes pleine charge 7570 tonnes Longueur 111.6m largeur 15.5m largeur 5.7m

Propulsion : une machine verticale à triple expansion alimentée en vapeur par trois chaudières dévellopant 3800ch et entrainant une hélice

Vitesse maximale 11 noeuds Distance franchissable 3030 miles nautiques à 10 noeuds

Armement (1948) deux canons de 3 pouces (76mm), deux affûts quadruples Pom-Pom de deux livres et huit mitrailleuses de 12.7mm en deux affûts quadruples

Aviation : huit hydravions

Equipage : 180 officiers et marins

-Le HMS Dumana était à l’origine un navire marchand le MV Dumana de la British India Steam Navigation Company construit en 1923. Il est affrété par l’Air Ministry pour servir de transport au profit de la RAF.

Acheté en 1942, il est officiellement transféré à la Royal Navy et transformé en seaplane tender, servant en Méditerranée depuis La Valette et Alexandrie. Il était toujours en service en septembre 1948.

Déplacement 8428 GRT Longueur 141.43m largeur 17.78m tirant d’eau 5.23m

Propulsion : moteurs diesels de 8 cylindre entrainant deux hélices

Vitesse maximale 13 noeuds

Le Manela était un autre navire de la British India Steam Navigation Company construit dans le même chantier et armé en mai 1921. Réquisitionné par la Royal Navy en 1939, il opère depuis Scapa Flow et est toujours en service en septembre 1948, réparant et ravitaillant les hydravions traquant les navires allemands en mer du Nord.

Déplacement 8303 GRT Longueur 137.2m largeur 17.8 noeuds tirant d’eau : nc

Propulsion : turbines à engrenages alimentées en vapeur par des chaudières entrainant deux hélices

Vitesse maximale : 14 noeuds

Armement : un canon de 4 pouces (102mm), un affût quadruple Pom-Pom et des mitrailleuses de 12.7mm

Aéronefs soutenus : six à neufs

Equipage : nc

HMS Unicorn

HMS Unicorn

HMS Unicorn

En dépit de progrès remarquables, les avions embarqués étaient encore assez fragiles, les pertes matérielles pouvaient être importantes notamment à l’appontage quand l’avion n’avait pas été conçu dès l’origine pour être embarqué (Supermarine Seafire qui partageait avec le Me-109T une vitesse à l’appontage excessive).

Les porte-avions disposaient d’ateliers mais ils étaient plus dédiés à la maintenance générale des appareils entre deux missions.

Si les américaines avaient plus une mentalité “consommable” en raison de moyens financiers supérieurs à la Fleet Air Arm, l’aéronavale britannique n’avait pas ce luxe.

D’où l’idée d’un Aircraft Maintenance Carrier (AMC), un navire spécialement dédié à la maintenance lourde des appareils voir au recomplètement des groupes aériens en appareils neufs.

Ce navire était en construction au moment de la guerre de Pologne et ne participa pas bien évidément à ce court conflit.
Au final, l’Unicorn allait être également utilisé comme porte-avions d’entrainement pour former de nouveaux pilotes, la FAA connaissant des pertes assez sensibles dès la Campagne de Norvège.

La commande d’un deuxième porte-avions de ce type et baptisé selon certains écrits Pegasus ne se concrétisa jamais, les porte-avions légers type Colossus/Majestic étant souvent utilisés pour compléter l’Unicorn.

-Le HMS Unicorn est mis sur cale aux chantiers navals Harland Wolf de Belfast le 26 juin 1939 lancé le 14 septembre 1940 et mis en service le 26 août 1941.

Affecté à la Home Fleet et stationné à Faslane, il était le 5 septembre 1948 mouillé dans l’estuaire de la Clyde, embarquant des Supermarine Seafire et des Blackburn Buccaneer qu’il devait livrer à RNAS Yeovilton (Somerset sud-ouest de l’Angleterre). Ce transport achevé, il va rejoindre Rosyth pour participer au soutien des opérations en Norvège.

Il va transporter des avions neufs au profit de la FAA et de la RAF à destination de la Norvège avant d’être utilisé à la fin de la campagne comme un véritable porte-avions pour couvrir les convois évacuant les troupes alliés de Norvège.

Caracteristiques Techniques du HMS Unicorn

Déplacement : standard 16770 tonnes pleine charge 20600 tonnes

Dimensions : longueur 195.1m largeur 27.51m tirant d’eau 7m

Propulsion : deux groupes de turbines à engrenages Parsons alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté dévellopant 40000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 24 noeuds distance franchissable 7000 miles nautiques à 13.5 noeuds

Protection : pont d’envol 51mm soutes à munitions 51 à 76mm Bulkheads 38mm

Armement : huit canons de 102mm en quatre affûts doubles, quatre affûts quadruples Pom-Pom, douze canons de 20mm (deux affûts doubles huit affûts simples)

Avions embarqués : 40 à 75 en version transport 33 en version porte-avions

Equipage : 1200 officiers et marins

Grande-Bretagne (25) cuirassés et croiseurs de bataille (3)

Cuirassés classe Nelson

Adieu G3 et N3, bonjour Nelson et Rodney

Quand le premier conflit mondial éclate, la Royal Navy est la première marine du monde mais ce statut est contesté par l’Allemagne mais surtout par les Etats Unis et le Japon qui pour pouvoir contrôler le Pacifique se lance dans une nouvelle course au cuirassé et au croiseur de bataille, profitant d’une participation limitée au conflit (Japon) où une entrée tardive (Etats Unis).

Enlisé dans le premier conflit mondial, la Grande-Bretagne ne pouvait suivre le rythme infernal imposé par son allié extrême-oriental et par son ancienne colonie. Quand la première guerre mondiale s’achève, la Royal Navy est encore puissante mais elle est devenue un vrai théâtre d’ombres aux cuirassés en voie de déclassement.

Pour ne pas être totalement lâchée, la Grande-Bretagne planifie la construction de quatre cuirassés type N3 (neuf canons de 460mm en trois tourelles triples) et quatre croiseurs de bataille type G3 armés eux de neuf canons de 406mm en trois tourelles triples.

La construction de ces navires est abandonné en raison du traité de Washington qui limite le tonnage global et particulier des navires de ligne. Ce premier traité de limitation des armements navals autorise cependant la Royal Navy à construire deux cuirassés, les futurs Nelson et Rodney.

Voulant respecter les contraintes, la marine britannique choisit de privilégier la protection et l’armement sur la vitesse, une leçon tirée du Jutland.

Quand à l’armement principal, il est concentré à l’avant avec trois tourelles triples de 406mm pour alléger la protection.

Ces deux navires sont baptisés Nelson et Rodney et vont être les seuls cuirassés britanniques construit jusqu’ au milieu des années trente.

Carrière opérationnelle

Le HMS Nelson

Le HMS Nelson

-Le HMS Nelson est mis sur cale aux chantiers navals Armstrong Whitworth de Newcastle le 28 décembre 1922 lancé le 3 septembre 1925 et admis au service actif le 10 septembre 1930.

Dès sa mise en service, il est mêlé à la Grande Mutinerie de la flotte à Invergordon suite à la volonté du gouvernement d’union nationale de Ramsay MacDonald de réduire les traitements des marins et des officiers.

En septembre 1939, il appartient toujours à la Home Fleet appartenant au sein du 2nd Battle Squadron qu’il forme avec son sister-ship Rodney mais également les cuirassés de type R Royal Oak Ramillies et Royal Sovereign.

A partir de septembre 1945, le Nelson et le Rodney sont redéployés en Méditerranée au sein de la 6th Battleship Division du 1st Battle Squadron, la composante cuirassé de la Mediterranean Fleet.

Ces navires étaient toujours en service en septembre 1948, se préparant depuis Alexandrie à affronter la marine italienne en compagnie de la marine française.

Le HMS Rodney

Le HMS Rodney

-Le HMS Rodney est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead sur la rivière Mersey le 28 décembre 1922 lancé le 17 décembre 1925 et admis au service actif le 10 novembre 1927.

En septembre 1939, il appartient au 2nd Battle Squadron déployé à Scapa Flow en compagnie du Nelson et de trois cuirassés de classe Revenge (Royal Oak Ramillies Royal Sovereign).

En septembre 1945, il est redéployé en Méditerranée en compagnie du Nelson au sein de la 6ème division de la 2ème escadre de ligne.

Ces navires étaient toujours en service en septembre 1948, se préparant depuis Alexandrie à affronter la marine italienne en compagnie de la marine française.

Caracteristiques Techniques

cuirassé HMS Nelson schéma

Déplacement : standard 33313 tonnes (33730 tonnes pour le Rodney) pleine charge 41250 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 216.4m (entre perpendiculaires) 201.2m largeur 32.3m tirant d’eau : 8.6m (10.2m en charge maximale)

Propulsion : deux groupes de turbines Brown Curtiss alimentées par huit chaudières Admiralty dévellopant une puissance totale de 45000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 23 noeuds distance franchissable : 16500 miles nautiques à 12 noeuds 5500 miles nautiques à 23 noeuds

Schéma de protection des Nelson

Schéma de protection des Nelson

Protection : ceinture 330 à 356mm bulkheads 102 à 305mm protection des cheminées 178 à 229mm barbettes 305 à 381mm tourelles de 16 pouces 190 à 406mm bloc passerelle 159 à 356mm

Armement : neuf canons de 406mm en trois tourelles triples à l’avant, douze canons de 152mm en six tourelles doubles (trois à tribord, trois bâbord), six canons antiaériens de 120mm en affûts simples et trois affûts octuples Pom-Pom, deux tubes lance-torpilles de 622mm.

Quand le second conflit mondial éclate, les Nelson ont perdu leurs tubes lance-torpilles, les affûts Pom-Pom sont remplacés par quatre affûts quadruples Bofors de 40mm et vingt canons de 20mm Oerlikon en affûts doubles.

Aviation : Le Rodney à reçut sur la tourelle «Q» (n°3) une catapulte en 1936, catapulte débarquée en 1941/42.

Equipage : 1361 officiers et marins

Cuirassés classe King George V

Les premiers 35000 tonnes britanniques

Initiatrice de la conférence de Washington qui allait aboutir au traité du même nom, la Grande-Bretagne chercha durant l’entre-deux-guerre (entre le premier conflit mondial et la guerre de Pologne annonciatrice du second conflit mondial) à apparaître comme le bon élève.

Plusieurs explications peuvent être apportés à cette attitude. Outre le profond pacifisme de l’opinion et des élites politiques britanniques, on trouve des motifs économiques, la Grande-Bretagne n’ayant plus les moyens du passé où elle pouvait se permettre d’avoir une marine égale aux deux marines qui la suive plus 10% (two pounder standard plus ten).

Les Nelson furent ainsi parmi les rares à être en dessous des limitations des traités là où d’autres pays n’hésitaient pas à s’arranger avec les dites limitations qui étaient de toute façon sujettes à interprétation.

La construction des cuirassés était interdite jusqu’à l’expiration du traité de Washington à savoir le 31 décembre 1936, le Japon et la France l’ayant dénoncé avant le 31 décembre 1934.

Un nouveau traité signé à Londres limite le déplacement des cuirassés à 35000 tonnes et leur armement principal à des canons de 356mm même si une clause de sauvegarde _rapidement activée_ porte le déplacement autorisé à 45000 tonnes et leur artillerie principale à 406mm.

L’activation de cette clause était trop tardive pour revenir sur les King George V, les canons de 406mm allant équiper les Lion et les Vanguard.

Quand aux cinq “KGV” (on aurait du parler de KGVI mais le roi George V avait voulu rendre hommage à son père qui aurait aimé poursuivre une carrière dans la Royal Navy), ils furent équipés d’un canon de 356mm, un choix politique (tenter de fixer à la baisse l’armement des cuirassés, donner l’exemple) et technique, les amiraux britanniques préférant la cadence de tir à la puissance brute.

Les cinq navires sont baptisés King George V (roi d’Angleterre de 1910 à 1936), Prince of Wales (titre porté par l’héritier du trône d’Angleterre depuis 1301 quand Edouard 1er le donna à son fils le futur Edouard II. A noter que le navire aurait du être baptisé King Edward VIII), Duke of York (titre donné au deuxième fils du roi ou de la reine), Anson (de l’amiral George Anson (1697-1762) qui réalisa un tour du monde entre 1740 et 1744 et qui contribua à la rénovation de la Royal Navy, préparant ainsi le «Britannia rules the waves» du 19ème siècle ) et Howe (de l’amiral Richard Howe (1726-1799) qui s’illustra en particulier durant la guerre d’indépendance américaine et la guerre contre la France révolutionnaire ).

A noter que le Howe fût initialement baptisé Beaty et le Anson Jellicoe mais ils furent débaptisés en raison parait-il de la rancoeur de Churchill à propos des amiraux ayant commandé à la bataille du Jutland.

Carrière opérationnelle

Le HMS King George V en 1940

Le HMS King George V en 1940

-Le HMS King George V (41) est mis sur cale chez Vickers Armstrong à Newcastle-Upon-Tyne le 1er janvier 1937, lancé le 21 février 1939 et admis au service actif le 11 septembre 1940.

Le premier “35000 tonnes” est affecté dès sa mise en service à la Home Fleet, intégrant hors rang le 2nd Battle Squadron avec pour base Rosyth. La mise en service du Anson en janvier 1942 et du Howe en mai de la même année permet l’activation de la 3rd Battleship Division.

Toujours en service en septembre 1948, il était le 5 septembre en fin de carénage, n’étant pas totalement opérationnel même si la guerre va accélérer les essais et la remise en condition.

HMS Prince of Wales en mai 1941

HMS Prince of Wales en mai 1941

Le HMS Prince of Wales (53) est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 1zer janvier 1937 lancé le 3 mai 1939 et admis au service actif le 23 juin 1941.

Déployé hors rang au sein de la Home Fleet, il forme la 7th Battleship Division en compagnie de son sister-ship Duke of York, division qui intègre en septembre 1943 le 1st Battle Squadron, la composante cuirassé de la Mediterranean Fleet, cette division étant stationnée à Alexandrie.

Le 5 septembre 1948, le cuirassé allait appareiller pour un exercice. Cette exercice est annulé et le cuirassé est mis en alerte prêt à appareiller pour affronter la marine italienne.

Le HMS Duke of York en Méditerranée

Le HMS Duke of York en Méditerranée

-Le HMS Duke of York (17) est mis sur cale aux chantiers navals John Brown Company sis à Clydebank le 5 mai 1937 lancé le 28 février 1940 et admis au service actif le 30 septembre 1941.

Sa mise en service permet l’activation de la 7th Battleship Division qu’il forme avec son sister-ship Prince of Wales. Cette division intègre le 1st Battle Squadron de la Mediterranean Fleet en septembre 1943. Cette division est stationnée à Alexandrie.

Le 5 septembre 1948, le cuirassé venait d’achever sa remise en condition après son deuxième grand carénage (premier en 1944 et le second en 1947/48).

Ecole à feux pour le HMS Anson

Ecole à feux pour le HMS Anson en mer du Nord

-Le HMS Anson (79) est mis sur cale aux chantiers navals Swan Hunter de Wallsend le 20 juillet 1937 lancé le 24 février 1940 et admis au service actif le 21 janvier 1942.

A sa mise en service, il forme la 3rd Battleship Division, l’une des divisions du 2nd Battle Squadron, la composante cuirassée de la Home Fleet stationnée à Rosyth mais se déployant régulièrement à Scapa Flow. Cette division est composée également de ses sister-ship King George V et Howe.

Au 5 septembre 1948, le cuirassé était immobilisé pour un grand carénage précipité pour permettre au cuirassé d’être rapidement remis en service.

Le HMS Howe en 1943

Le HMS Howe en 1943

-Le HMS Howe (32) est mis sur cale aux chantiers navals Fairfields Shipbuilding and Engineering Company sis à Govan le 1er juin 1937 lancé le 9 avril 1940 et mis en service le 15 mai 1942.

A sa mise en service, il est affecté à la 3rd Battleship Division en compagnie de ses sister-ship King George V et Anson, sa base étant Rosyth avec de réguliers déploiements notamment pour des exercices à Scapa Flow.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer dans les Orcades. Accompagné de ses destroyers d’escorte, le cuirassé reçoit l’ordre de s’opposer à toute tentative allemande de contester le contrôle allié de la mer du Nord.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : Standard : 36727 tonnes Pleine Charge : 42076 tonnes

Dimensions: Longueur : 227m Largeur : 31m Tirant d’Eau : 9.9m

Propulsion : Quatre turbines à engrenages Parson alimentées par Huit chaudières Admiralty à surchauffe développant une puissance totale de 125000 ch et actionnant quatre hélices tripales de 4.42m de diamètre.

Performances : Vitesse maximale (aux essais) : 28 nœuds Distance franchissable : 5400 miles nautiques (environ 10800 km) à 18 nœuds, la consommation est de 11.9 tonnes de fuel par heure.

Protection : Ceinture principale de 374mm et ceinture inférieure de 137mm Pont blindé de 136mm
Tourelles de 356mm blindées à 324mm Barbettes blindées à 324mm

Armement : 10 canons de 356mm BL MkVII de 46 calibres répartis en deux tourelles quadruples (une avant et une arrière) et une tourelle double avant 16 canons de 133mm QF Mk1 en 8 tourelles doubles. DCA légère composée de quatre affûts octuples Pom-Pom soit 32 canons de 40mm

Aviation : Les installations aéronautiques débarquées au cours de la guerre comportait une catapulte et quatre hydravions Supermarine Walrus.

Equipage : 1422 à 1511 hommes

Cuirassés classe Lion

Le HMS Temeraire

Le HMS Temeraire

La Grande-Bretagne se rallie à la norme

Comme nous l’avons vu à propos des King George V, les britanniques firent tout pour apparaitre comme les bons élèves respectant les limites des traités qu’elle avait initié notamment celui de Washington mais également les deux traités de Londres, le premier en 1931 et le second en 1936.

En décembre 1934, la France et le Japon avaient dénoncé le traité de Washington qui allait donc cessé d’être actif le 31 décembre 1936.

Une nouvelle conférence se réunit à Londres le 9 décembre 1935 mais le Japon se retire le 15 janvier, limitant la portée du traité signé le 25 mars 1936.

Entré en vigueur le 22 août 1937, le second traité de Londres limite les cuirassés à 35000 tonnes mais une artillerie de 356mm, les porte-avions à 23000 tonnes et 155mm, les sous-marins à 2000 tonnes et 130mm.

Une clause de sauvegarde qui prévoit la modification du traité est activée le 30 juin 1938 par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour faire face au Japon qui lui peut construire des bâtiments hors-limites. Ce traité moins d’un après est donc caduc, les signataires pouvant désormais construire des cuirassés de 45000 tonnes à canon de 406mm.

Cette clause intervient trop tard pour modifier les King George V déjà sur cale mais les nouvelles limitations peuvent être appliquées aux nouveaux cuirassés destinés à remplacer les Revenge.

Faute de temps, les successeurs aux King George V Prince of Wales Duke of York Anson et Howe reprennent la même coque mais l’aménage de manière différente pour recevoir trois tourelles triples de 406mm soit neuf canons de 16 pouces, marquant un retour à un calibre apparu avec les Nelson.

Ils reçoivent une puissante DCA (canons de 133mm _qui se révéleront moyennement réussis_ canons de 20mm Oerlikon et de 40mm Bofors) et une suite radar complète. Ils reçoivent une catapulte et deux hydravions bien que ces installations d’hydraviation soient plus une source de gêne qu’autre chose.

Quatre navires sont financés, navires baptisés Lion Temeraire Conqueror et Thunderer

Carrière opérationnelle

-Le HMS Lion est mis sur cale aux chantiers Vickers de Walker le 4 juillet 1939 lancé le 17 mars 1942 et mis en service le 4 avril 1944.

Plus puissant cuirassé de la Royal Navy, il est naturellement affecté à la Home Fleet, d’abord hors rang au sein du 2nd Battle Squadron puis à partir de janvier 1946 au sein d’une 1st Battleship Division qu’il forme avec son sister-ship Conqueror.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1948, le Lion est à Rosyth près à appareiller dès que l’ordre lui sera donné.

-Le HMS Temeraire est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 1er juin 1939 lancé le 2 septembre 1942 et mis en service le 13 décembre 1944.

Affecté à la Home Fleet 2nd Battle Squadron, il forme avec le Thunderer la 2nd Battleship Division chargée comme les autres d’affronter la Kriegsmarine pour le contrôle de la mer du Nord.

En septembre 1948, il est immobilisé pour un petit carénage, promptement accéléré pour lui permettre d’être opérationnel le plus rapidement possible.

-Le HMS Thunderer est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 12 novembre 1939 lancé le 29 janvier 1943 et mis en service le 2 mai 1945.

Il forme la 2nd Battleship Division (2nd BatDiv), l’une des divisions du 2nd Battle Squadron, la force de ligne de la Home Fleet.

Le 5 septembre 1948, il était à la mer au large de l’Ecosse et reçoit des consignes de vigilance face une possible rencontre ennemi. Moins une escadre de la Hochseeflot qu’un raider tentant de passer dans l’Atlantique pour s’attaquer au trafic commercial allié.

-Le HMS Conqueror est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 12 octobre 1939 lancé le 4 février 1943 et mis en service le 23 janvier 1946.

Il forme la 1st Battleship Division 2nd Battle Squadron de la Home Fleet en compagnie du Lion et le 5 septembre 1948, il était à quai à Rosyth. Mis en alerte, il se prépare à appareiller si besoin.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 42500 tonnes pleine charge 46500 tonnes

Dimensions : longueur : 239m largeur : 32m tirant d’eau : 9m

Propulsion : Turbines à engrenages Parson alimentées par 8 turbines à trois tubes Admiralty dévellopant 130000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 30 noeuds distance franchissable : 5400 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture : 140 à 381mm pont principal 152mm barbettes : 305 à 381mm

tourelles 152 à 381mm Tour : 51 à 115mm

Tourelle double de 133mm à bord du HMS King George V

Tourelle double de 133mm à bord du HMS King George V

Armement : 9 canons de 406mm (16 inch) Mark II en 3 tourelles triples Mk II, 16 canons de 133mm (5.25 inch) MK1 en 8 tourelles doubles Mk1 et 32 canons de 40mm en huit affûts quadruples

Aviation : catapulte et hangar pour trois hydravions Supermarine Walrus d’observation

Equipage : 1600 hommes plus un état major de 80 hommes.

Cuirassés classe Vanguard

King George V, Lion et après ?

Théoriquement, les Lion devaient remplacer les Revenge arrivés en fin de carrière et dont la modernisation n’avait pas été aussi complète que les Queen Elizabeth.

En réalité, ils ont permis le renforcement de la Home Fleet qui pouvait ainsi affronter sereinement les cuirassés type H de la Kriegsmarine.

Comme le cuirassé était encore vu comme le capital ship des marines majeures, le renouvellement du corps de bataille se poursuit, les nouveaux cuirassés devant remplacer à terme les Queen Elizabeth.

Le temps étant compté, les futurs cuirassés de classe Vanguard sont quasiment identiques aux Lion avec cependant des différences :

-Des machines plus puissantes pour anticiper sur une prise de poids inévitable

-L’installation dès l’origine de radars. A la différence des cuirassés précédents, l’installation à été prise en compte à une étape précoce de la conception ce qui va limiter (sans les supprimer) les interférences génératrices de parasites.

-Le remplacement des Pom-Pom par des Bofors de 40mm complétés par des Oerlikon de 20mm

On le voit les différences sont minimes mais jugées suffisantes pour permettre à ces huit navires commandés de former une classe différente, la classe Vanguard, la Royal Navy reprenant le nom d’un cuirassé victime d’une explosion accidentelle le 9 juillet 1917 à Scapa Flow.

Les sept autres navires sont baptisés Royal Oak (en hommage au cuirassé coulé lui aussi à Scapa Flow dans la nuit du 13 au 14 octobre 1939 par le U-47 mais également au chêne dans lequel se cacha le roi Charles II alors qu’il était traqué par Cromwell), Iron Duke (Duc de Fer, surnom de Arthur Wellesley, duc de Wellington), Centurion (le grade majeur de la légion romaine et synonyme de soldat d’élite).

Les quatre derniers sont baptisés Saint Andrew (saint-patron de l’Ecosse) Saint David (saint-patron du Pays de Galles), Saint George (saint-patron de l’Angleterre) et Saint Patrick (saint-patron de l’Irlande). Ces quatre noms furent envisagés pour les puissants cuirassés type N3 abandonnés suite au traité de Washington.

Quand le second conflit mondial éclate le 5 septembre 1939, seuls les quatre premiers sont en service, deux sont en achèvement à flot (Saint Andrew Saint David) et deux sont encore sur cale (Saint Patrick Saint George).

Carrière opérationnelle

-Le HMS Vanguard est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Walker le 14 avril 1942 lancé le 21 juillet 1944 et mis en service le 8 mai 1946.

Affecté à la Home Fleet, il forme au sein du 2nd Battle Squadron, la 4th Battleship Division (4th Bdiv) en compagnie de son sister-ship Iron Duke.

Le 5 septembre 1948, le cuirassé achève une période d’entretien à flot.

-Le HMS Royal Oak est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 5 mai 1942 lancé le 12 août 1944 et mis en service le 1er septembre 1946.

Affecté comme ses sister-ships à la Home Fleet, il forme la 5th Battleship Division en compagnie de son sister-ship Centurion et le 5 septembre 1948, il est mouillé à Scapa Flow, prêt à appareiller pour intercepter la flotte allemande ou un raider cherchant à passer dans l’Atlantique.

-Le HMS Iron Duke est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 23 mars 1943 lancé le 8 juin 1945 et mis en service le 18 septembre 1948.

Intégré à la Home Fleet, il permet l’activation de la 4th Bdiv qu’il forme avec le Vanguard. Le 5 septembre, le nouveau cuirassé était à la mer pour entrainement.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, il se ravitaille à Scapa Flow avant de reprendre la mer pour maintenir une garde vigilante en mer du Nord.

-Le HMS Centurion est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 12 septembre 1943 lancé le 8 octobre 1945 et mis en service le 21 mars 1948.

Son admission au service actif permet l’activation de la 5th Bdiv qu’il forme avec son sister-ship Royal Oak. Le 5 septembre 1948, les deux cuirassés étaient mouillés à Scapa Flow, placés en alerte pour intervenir en mer du Nord.

-Le HMS Saint Andrew est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Walker le 4 mars 1945 et lancé le 8 juin 1947. Au 5 septembre 1948, il est achevé à 64%. Les travaux sont suspendus le temps d’y voir plus clair mais il semble évident que l’achèvement du navire va être poursuivit jusqu’à son terme.

-Le HMS Saint David est mis sur cale aux chantiers navals Cammell Laird de Birkenhead le 8 mai 1945 et lancé le 12 septembre 1947. Au 5 septembre 1948, le cuirassé est achevé à 52% et comme le Saint Andrew, les travaux sont suspendus juste le temps d’y voir mais l’achèvement ne fait guère de doute.

-Le HMS Saint George est mis sur cale aux chantiers navals Fairfield de Govan le 8 octobre 1946. Il est toujours sur cale le 5 septembre 1948. Les travaux sont suspendus et son achèvement est jugé comme peu probable sauf pertes importantes dans les rangs de la Royal Navy.

-Le HMS Saint Patrick est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank le 2 décembre 1946. Il est toujours sur cale le 5 septembre 1948. Les travaux sont suspendus et son achèvement est jugé comme peu probable sauf pertes importantes dans les rangs de la Royal Navy.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 42800 tonnes pleine charge 47000 tonnes

Dimensions : longueur : 239m largeur : 32m tirant d’eau : 9m

Propulsion : Turbines à engrenages Parson alimentées par 8 turbines à trois tubes Admiralty dévellopant 135000ch et actionnant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 31.5 noeuds distance franchissable : 5200 miles nautiques à 18 noeuds

Protection : ceinture : 140 à 381mm pont principal 152mm barbettes : 305 à 381mm

tourelles 152 à 381mm Tour : 51 à 115mm

Armement : 9 canons de 406mm (16 inch) Mark II en 3 tourelles triples Mk II, 16 canons de 133mm (5.25 inch) MK1 en 8 tourelles doubles Mk1, 32 canons de 40mm en huit affûts quadruples et 24 canons de 20mm en douze affûts doubles.

Supermarine Walrus hissé à bord du HMS Warspite

Supermarine Walrus hissé à bord du HMS Warspite

Aviation : catapulte et hangar pour trois hydravions Supermarine Walrus d’observation

Equipage : 1650 hommes plus un état major de 80 hommes.

Grande-Bretagne (24) Cuirassés et Croiseurs de bataille (2)

Cuirassés classe Revenge

Le HMS Revenge probablement au début de sa carrière

Le HMS Revenge probablement au début de sa carrière

Des Queen Elizabeth austere
Après avoir construit plusieurs classes des dreadnought, les britanniques étaient passés au superdreadnought en remplaçant les canons de 12 pouces (305mm) pas des canons de 13.5 pouces (343mm).
Après douze cuirassés armés de canons de ce calibre, les britanniques passèrent à nouveau à la vitesse supérieure, passant du cuirassé lent armé de canons de 343mm à des cuirassés rapides armés de canons de 381mm, ce sont les Queen Elizabeth.
Quatre sont prévus puis six mais au final cinq seulement sont construits, le cinquième baptisé Malaya ayant été financé par souscription et le sixième baptisé Agincourt fût abandonné au déclenchement du premier conflit mondial, probablement parce qu’il ne pourrait pas être prêt avant la fin d’un conflit qu’on espérait court.
Les Queen Elizabeth étaient de magnifiques navires mais ils étaient coûteux et avaient l’inconvénient de fonctionner au mazout. Or à l’époque, le pétrole provient exclusivement de l’étranger à la différence du charbon fort abondant dans les Iles britanniques.
Pour les cuirassés devant succéder aux “QE”, les britanniques choisirent de revenir au cuirassé lent avec des chaudières capables d’utiliser du mazout et du charbon.
Huit cuirassés furent initialement prévus (Tout le monde connait la célèbre boutade attribuée à Winston Churchill “l’amirauté voulait six cuirassés, le ministre des finances quatre. Finalement tout le monde s’est accordé sur le chiffre de huit) mais au final seulement cinq furent construits.
Un navire fût annulé au déclenchement de la guerre (il aurait été baptisé Resistance) et deux autres baptisés Renown et Repulse furent achevés comme croiseurs de bataille pour faire face aux Mackensen dont la construction était iminente dans les chantiers allemands.
Carrière opérationnelle

Schéma du HMS Revenge muni de plate-formes pour des tests aviation (immédiatement après WWI)

Schéma du HMS Revenge muni de plate-formes pour des tests aviation (immédiatement après WWI)

-Le HMS Revenge (06) est mis sur cale aux chantiers navals Vickers de Barrow-in-Furness le 22 décembre 1913 lancé le 29 mai 1915 et admis au service actif le 1er février 1916.
Il subit deux refontes (1928-1929 et 1936) et est toujours en service en septembre 1939, le vénérable cuirassé étant stationné non pas à Scapa Flow au sein du 2nd Battle Squadron mais à Portland sur la côte sud de l’Angleterre.
Avec son sister-ship Resolution, il assure au sein de la Channel Force la défense des South Western Approaches et la traque des raiders allemands.

Le HMS Revenge est désarmé le 14 septembre 1942. Une inspection révélant son bon état, il est classé en réserve A à savoir qu’il pourrait être réarmé si besoin est, un noyau d’équipage se chargeant de l’entretenir.
Ce réarmement n’aura jamais lieu et dès le 1er octobre 1948, le navire est définitivement désarmé et déclassé, la démolition n’aura cependant lieu qu’après guerre en 1955, achevant ce que des bombardiers allemands avaient commencé puisqu’il est endommagé par deux bombes lors d’un bombardement allemand de Portsmouth le 17 mars 1949 alors qu’il servait de ponton antiaérien.

Le HMS Royal Sovereign à Devonport en 1936

Le HMS Royal Sovereign à Devonport en 1936

-Le HMS Royal Sovereign (05) fût mis sur cale au Portsmouth Royal Dockyard le 15 janvier 1914 lancé le 29 avril 1915 et admis au service actif le 18 avril 1916.
Après avoir participé au premier conflit mondial, le deuxième cuirassé de classe Revenge reste en service jusqu’à la guerre de Pologne.
Quand cette dernière éclate, il appartient au 2nd Battle Squadron, l’une des deux composantes de ligne de la Home Fleet, force composée du Nelson du Rodney et de trois cuirassés de type R à savoir le Royal Sovereign le Ramillies et le Royal Oak coulé le 14 octobre 1939 par le U-47 lors de l’une des plus audacieuses opérations de l’histoire militaire.
Le HMS Royal Sovereign est désarmé en juin 1943 et comme le Revenge, il est maintenu en réserve avec un noyau d’équipage. En meilleur état que son sister-ship, il est toujours considéré comme réarmable quand la seconde guerre mondiale éclate même si son réarmement devient bien improbable.

Le HMS Ramillies à Malte en 1939

Le HMS Ramillies à Malte en 1939

-Le HMS Ramillies (07) est mis sur cale aux chantiers navals de la société William Beardmore & Company sis à Dalmuir (estuaire de la Clyde près de Glasgow) le 12 novembre 1913, lancé le 12 juin 1916 et admis au service actif le 1er septembre 1917.
Il subit une refonte de juin 1932 à août 1934 puis des travaux en 1935 et 1937. Quand éclate la guerre de Pologne, il était affecté au 2nd Battle Squadron en compagnie de ses sister-ship Royal Sovereign et Royal Oak.
Il est désarmé le 8 décembre 1943. En mauvais état matériel et avec des canons usés, il est jugé hors d’état d’être réarmé si besoin est. Privé de tout l’équipement récupérable, devenu un ponton, l’ancien cuirassé est remorqué jusqu’à Alexandrie où il va servir de ponton pour la nouvelle base, abritant bureaux et ateliers, recevant des pièces de DCA quand le conflit éclate.

Le HMS Royal Oak

Le HMS Royal Oak

-Le HMS Royal Oak (08) est mis sur cale à l’Arsenal de Devonport le 15 janvier 1914, lancé le 17 novembre 1914 et admis au service actif le 1er mai 1916.
Il participe à la bataille du Jutland puis après guerre subit une refonte de septembre 1922 à juin 1924 puis une deuxième en 1934/36.
En septembre 1939, il est déployé à Scapa Flow au sein du 2nd Battle Squadron en compagnie des puissants Nelson et Rodney mais également de ses sister-ship Royal Sovereign et Ramillies.

Gunther Prien

Gunther Prien, commandant du U-47

Sa guerre de Pologne s’achève brutalement dans la nuit du 13 au 14 octobre 1939 quand il est torpillé à Scapa Flow par le U-47. Coulant rapidement, il emporte plus de 800 marins dans ses flancs.

Le HMS Resolution

Le HMS Resolution

-Le HMS Resolution (09) est mis sur cale aux chantiers Palmers de Newcastle-upon-Tyne le 29 novembre 1913 lancé le 14 janvier 1915 et admis au service actif en décembre 1916.
Alternant entre Méditerranée et eaux métropolitaines, le cuirassé subit deux refontes, la première en 1924 et la seconde en 1930/31.
Quand la guerre de Pologne éclate en septembre 1939, il est basé à Portland dans le sud-est de l’Angleterre au sein de la Channel Force en compagnie du Revenge.
Désarmé en mars 1943, il est transformé en ponton et remplacé à Scapa Flow, l’ancien Iron Duke qui avait été endommagé par un bombardement allemande et coulé par petit fond. Il accueille des bureaux et des ateliers. Quand le second conflit mondial éclate, l’ancien cuirassé type R reçoit des pièces de DCA pour participer à la défense du mouillage.

Classe Revenge 2
Caractéristiques Techniques
Déplacement : standard 25500 tonnes à l’origine 28000 tonnes après l’abandon de la chauffe mixte pétrole/charbon 31000 tonnes à pleine charge.
Dimensions : longueur (hors tout) 190.3m (entre perpendiculaires) 176.8m largeur : (origine) 27m (avec bulges) 31m tirant d’eau : 8.7m
Propulsion : 4 turbines Parson alimentées par 18 chaudières Babcock & Wilcox ou Yarrow développant une puissance totale de 40000ch entrainant 4 hélices.
Performances : Vitesse maximale 23 noeuds distance franchissable 4200 miles nautiques à 10 noeuds
Protection : ceinture blindé 25 à 331mm, bulkheads 102 à 152mm barbettes 102 à 254mm tourelles 331mm (face avant) casemates 152mm tour de commandement 279mm pont blindé 25 à 51mm
Armement : (origine) 8 canons de 381mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), 14 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1914 (BL Mark XII) en casemates, 2 canons de 76mm (3 pouces) antiaériens, 4 canons de 47mm de salut et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 21 pouces (533mm).
Après guerre, les canons de 76mm furent remplacés par 4 canons de 102mm Mk V en affûts simples puis par huit canons de même calibre en affûts doubles complétés par deux Pom-Pom puis huit canons de 20mm en affûts simples.

Les affûts lance-torpilles sont débarqués en 1940 sauf le Royal Oak qui au moment de son naufrage disposait de quatre tubes de surface en remplacement des tubes sous-marins.

Aviation : Deux plate-formes pour chasseur légers installées sur les tourelles B et X remplacées après guerre par une catapulte installée d’abord à la poupe puis remplacée par un modèle plus performant installé sur la tourelle X sauf pour le Revenge et le Royal Sovereign qui conservèrent la catapulte arrière. Deux hydravions

Equipage : 1146 officiers et marins

Croiseurs de bataille classe Repulse

Le croiseur de bataille, une fausse bonne idée ou une bonne idée mal utilisée ?
Nommé à la tête de l’Amirauté en 1904 pour réduire le budget de la Royal Navy, l’amiral Fisher réussit le tour de force d’obtenir l’inverse. Il bouscule une institution ronronnante, modernise les structures et impose de nouveaux choix techniques comme la turbine, le cuirassé à artillerie monocalibre et le croiseur de bataille.
Frappé par la bataille de Tsushima qui avait les forces de l’amiral Tojo écraser la malheureuse flotte de la Baltique éreintée par un tour du monde depuis Kronstadt, il imagina un cuirassé rapide, bien armé mais à la protection plus faible que les cuirassés conventionnels, résumant sa pensée par l’aphorisme “Speed is armour”.
Dans son esprit, le battlecruiser devait frapper et s’enfuir, devait attaquer les éclaireurs ennemis mais certainement pas opérer dans la ligne où son manque de protection le rendait vulnérable, vulnérabilité accrue par des règles de sécurité loin d’être draconiennes (portes étanches ouvertes, gargousses en toile, surcharge en explosifs et en gargousses).
Résultat, la bataille du Jutland vit la destruction de trois croiseurs de bataille et l’opprobre jetée sur un type de navire qui n’avait pourtant pas que des défauts.
Cela n’empêcha pas les britanniques de construire de nouveaux battlecruiser. Informés de la construction des Mackensen (croiseurs de bataille armés de canons de 350mm), les britanniques qui allaient entamer la construction de quatre navires de type Hood (un seul comme on le sait sera finalement mis en service) précipitèrent la construction de deux cuirassés Revenge qui devinrent des croiseurs de bataille avec seulement six canons de 381mm.
Le Jutland porta un coup de grace définitif au concept du croiseur de bataille. Il y eut bien les Alaska américains et les Dunkerque français mais ce concept eut une place météorique de l’histoire militaire et l’histoire navale.
L’apparition des 35000 tonnes rendait ce concept de toute façon caduque, les nouveaux cuirassés construits dans la foulé des Littorio combinant l’armement, la protection et la vitesse dans un compromis relativement acceptable.
Carrière opérationnelle

Le HMS Renown à la mer

Le HMS Renown à la mer

-Le HMS Renown fût mis sur cale aux chantiers Fairfield de Govan le 25 janvier 1915 lancé le 4 mars 1916 et admis au service actif le 20 septembre 1916.
Régulièrement en travaux, il fût surnommé HMS Refit. Il subit une grande refonte de septembre 1936 à juin 1939, n’étant pas encore opérationnel en septembre 1939. Il rejoint en décembre le Battlecruiser Squadron de la Home Fleet en compagnie de son sister-ship Repulse et du Hood, le seul navire de classe Admiral à avoir connu le service actif.
Il sert dans la Home Fleet jusqu’en janvier 1946 quand il est désarmé et mis en réserve à Rosyth avec un noyau d’équipage en attendant un éventuel réarmement au cours du conflit.

Le HMS Repulse

Le HMS Repulse

-Le HMS Repulse est mis sur cale aux chantiers navals John Brown de Clydebank (Ecosse) le 25 janvier 1915 lancé le 8 janvier 1916 et admis au service actif le 18 août 1916.

Si le HMS Renown est surnomé HMS Refit, son sister-ship est surnommé HMS Repair pour une mise au point longue et de multiples retour au chantier. Il subit une refonte analogue mais moins poussée que son sister-ship de 1933 à 1936.
En septembre 1939, il appartient au Battlecruiser Squadron en compagnie du Hood, retrouvant au mois de décembre son sister-ship.
Il est désarmé le 24 mars 1946 et mis en réserve avec un noyau d’équipage chargé de l’entretien en attendant un réarmement de plus en plus hypothétique.

Classe Renown 2

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 27650 tonnes pleine charge 30835 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 242m (entre perpendiculaires) 228.6m largeur : 27.4m tirant d’eau : 7.8m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Brown-Curtiss alimentées par 42 chaudières Babcox & Wilcox devellopant une puissance totale de 112000ch et entrainant 4 hélices

Performances : vitesse maximale : 31.5 noeuds distance franchissable : 3650 miles nautiques à 10 noeuds

Protection : ceinture blindée 38 à 152mm, bulkheads 76 à 102mm barbettes 102 à 178mm tourelles 279mm tour de commandement 254mm ponts blindés 13 à 76mm

Armement : six canons de 381mm en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), dix-sept canons de 102mm (cinq affûts triples et deux affûts simples), deux canons de 76mm antiaériens Mk I en affûts simples et Huit tubes lance-torpilles de 533mm sous marins.

Après refonte, le Renown disposait en plus de ses canons de 381mm de vingt-canons de 114mm en dix tourelles doubles, 3 affûts octuples Pom-Pom de 40mm et quatre affûts quadruples de 12.7mm, ces derniers étant remplacés ultérieurement par des canons de20mm Oerlikon. Les tubes lance-torpilles ont été débarqués.

Le Repulse lui disposait de six canons de 381mm, de vingt canons de 102mm en quatre affûts triples et quatre affûts doubles, trois affûts octuples Pom Pom de 40mm et huit canons de 20mm Oerlikon ajoutés en 1941 quand les tubes lance-torpilles furent supprimés.

Aviation : Plate-forme en bois sur la tourelle B remplacée au cours de la refonte des années trente par une catapulte dans l’axe du navire avec un hangar pour deux à quatre hydravions type Blackburn Shark puis Fairey Swordfish

Equipage : 1181 officiers et marins

Croiseur de bataille HMS Hood (classe Admiral)

Le HMS Hood sur la côte d'Azur en avril 1938

Le HMS Hood sur la côte d’Azur en avril 1938

L’orgueuil de la Royal Navy
L’apparition du croiseur de bataille avait entrainé une riposte allemande en dépit de la répugnance de l’amiral Tirpitz qui ne croyait pas dans l’adage “Speed is armour” au point que la protection des croiseurs de bataille de la Kaiserliche Marine leur offrait un degré de survivabilité nettement plus important.
Cette riposte lança une nouvelle course, la course au croiseur de bataille. L’apparition des Lion à canons de 343mm obligea les allemands à envisager des croiseurs de bataille armés de canons de 350mm, les futurs Mackensen.
Face à cette menace, les britanniques après avoir envisagé de construire de nouveaux cuirassés (peut être proches des Queen Elizabeth et des Revenge ?) préféra lancer l’étude pour un nouveau type de croiseur de bataille, le type Admiral.
Quatre navires furent prévus baptisés Hood Anson Howe et Rodney mais seul le premier fût achevé, en tentant de tirer les leçons de la bataille du Jutland.
Si la construction du Hood fût menée à bien, celle de ses sister-ship fût suspendue le 9 mars 1917 pour favoriser la sortie des navires marchands et des escorteurs puis annulée le 27 février 1919 en raison d’un design insatisfaisant.
De toute façon il est peu probable que la construction aurait repris et même si cela avait le cas, le traité de Washington aurait entrainé leur abandon comme les Lexington américains.
Carrière opérationnelle et préservation

Le HMS Hood, une puissante élégance

Le HMS Hood, une puissante élégance

-Le HMS Hood est mis sur cale aux chantiers John Brown de Glasgow sur la Clyde le 1er septembre 1916 lancé le 22 août 1918 et mis en service le 15 mai 1920.
Avec sa ligne élégante et racée, il fait l’orgueuil de la Royal Navy et de l’opinion britannique, recevant le surnom de Mighty Hood (le puissant Hood).
Pas étonnant qu’il fût choisit pour réaliser une croisière impériale en compagnie du Repulse et de cinq croiseurs légers (Danae Dragon Delhi Dunedin Dauntless). Cette croisière réalisée du 27 novembre 1923 au 29 septembre 1924 le mena en Afrique, en Asie du Sud-Est, dans les dominions de l’Océanie, à Hawai, au Canada, en Californie.
Il subit d’importants travaux du 3 juin 1929 au 26 mai 1931, ses seuls travaux d’envergure, les autres carénages étant limités à l’entretien général et une modernisation à minima. Il exista bien des projets mais aucun ne fût mené à bien.
Il est engagé dans la Grande Mutinerie d’Invernogordon les 15 et 16 septembre 1931 quand les marins britanniques protestent contre les mesures d’économies décidées par le gouvernement d’union nationale dirigé par le travailliste Ramsey MacDonald.
Quand la guerre de Pologne éclate, le Hood est déployé à Scapa Flow au sein du Battlecruiser Squadron en compagnie du HMS Repulse. Il prend à plusieurs reprises la mer pour intercepter les navires de la Kriegsmarine mais sans succès.
Le HMS Hood est désarmé le 14 septembre 1945, les projets de refonte étant jugés trop coûteux pour le service attendu. Il est néanmoins maintenu en réserve jusqu’à son désarmement définitif le 14 mai 1950 en plein conflit. Il aurait du être vendu à la démolition mais suite à une souscription publique (à laquelle participa notamment la famille royale), il est préservé à Chatham et constitue une attraction mondialement connue.

Le HMS Hood en 1931

Le HMS Hood en 1931

Caractéristiques Techniques
Déplacement : A la construction 41125 tonnes Aux essais 42670 tonnes En service à pleine charge 46380 tonnes. En 1940, le déplacement à pleine charge atteidra 48360 tonnes

Dimensions : longueur (hors tout) 262.30m (entre perpendiculaires) 259.20m largeur (hors tout) 31.70m (entre perpendiculaires) 28.90m Tirant d’eau (1941 pleine charge) 10.10m
Propulsion : 4 turbines à engrenages Brown-Curtiss alimentées par 24 chaudières Yarrow à petits tubes développant une puissance totale de 144000ch entrainant 4 hélices tripales, chaque hélice pesant 20 tonnes et ayant un diamètre de 4.5m.
Performances : Vitesse maximale : 31 noeuds (le 18 mars 1920, le Hood dévellopa une puissance totale de 151280ch lui permettant d’atteindre une vitesse de 32.1 noeuds) Distance franchissable : 8500 miles nautiques à 14 noeuds, 4500 miles nautiques à 20 noeuds.

Protection : La protection principale est assurée par une ceinture blindée inclinée à 12° mesurant 171.30m de long sur 4.35m de haut pour une épaisseur variant de 130mm à l’avant à 305mm à l’arrière en passant par 150mm à l’arrière.

Le pont blindé principal est d’une épaisseur de 100mm réduite à 50mm pour le pont supérieur. Le blockaus principal est solidement protégé avec 280mm pour les parois, 230mm pour le toit et 60mm pour le plancher.
Les tourelles de 381mm sont munis d’un blindage de 380mm pour la face avant de 300 à 280mm sur les côtés, de 280mm pour l’arrière et de 130mm pour le toit. Les barbettes sont protégées à 300mm.
Armement (origine) huit canons de 381mm en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrière), douze canons de 140mm en affûts simples sous masques, quatre canons de 102mm en affûts simples et un affût octuple Pom-Pom et six tubes lance-torpilles de 533mm (deux sous-marins et quatre de surface).
(A son désarmement) huit canons de 381mm en quatre tourelles doubles, seize canons de 102mm en affûts doubles, trois affûts octuples Pom-Pom et douze canons de 20mm en affûts doubles qui ont remplacés les trois affûts quadruples de 12.7mm
Aviation : A la construction comme tous les cuirassés de l’époque, le Hood fût équipé de plate-formes en bois sur les tourelles «B» et «X» pour deux chasseurs Fairey Flycactcher mais ce système se révéla totalement inefficace provoquant même des dommages structuraux aux tourelles. Lors de la réfonte de 1929/31, le Hood reçut à la poupe une catapulte Mk IV avec une grue pour deux hydravions Fairey IIIF mais sans hangar. Installation débarquée en 1932.
Equipage : 1419 officiers et marins

Grande-Bretagne (23) Cuirassés et croiseurs de bataille (1)

CUIRASSES ET CROISEURS DE BATAILLE

Avant-propos
Après avoir durement ferraillé avec la marine espagnole et la marine néerlandaise aux 16ème et 17ème siècle, la Royal Navy devient au 18ème siècle la marine dominante, écrasant de tout son poids les océans, le Britannia rules the waves rendait illusoire toute remise en cause de la suprématie britannique. Cette suprématie se poursuit au 19ème siècle en dépit des efforts de la France pour se doter d’une puissante marine.

Le HMS Dreadnought

Le HMS Dreadnought

Quand la Grande-Bretagne rentre dans le 20ème siècle, la Royal Navy à fière allure, construisant de nombreux cuirassés dont le HMS Dreadnought, le premier all big gun battleship, le premier cuirassé à artillerie principale monocalibre en bon français.
La France à depuis longtemps renoncé à contester la puissance britannique dans le domaine des cuirassés, les Etats-Unis n’étant pas une menace, seule l’Allemagne rivalise en multipliant sous l’impulsion de Guillaume II et de l’amiral Tirpitz _le premier dans le rôle du compositeur, le second dans celui du chef d’orchestre_ la construction de cuirassés et de croiseurs de bataille.

Amiral Fisher

L’Amiral Fisher, digne héritier de Nelson

Cela inquiète tellement les britanniques que le bouillant amiral Fisher proposa de “Copenhaguiser” la flotte allemande, référence aux raids surprises menés contre la flotte danoise en 1801 et 1807, le Danemark étant à cette époque allié de la France impériale.

La supériorité britannique est d’autant plus écrasante que les alliances avec la France (1904) et le Japon (1902) permettent à la marine britannique de concentrer ses moyens en mer du Nord, rendant illusoire toute remise en cause de son leadership.
Ainsi quand le premier conflit mondial éclate, la Royal Navy dispose de 74 navires de ligne avec 64 cuirassés (dont 40 pré-dreadnought à la valeur militaire douteuse) et 10 croiseurs de bataille, la Kaiserliche Machine ne disposant que de 46 navires de ligne avec 39 cuirassés (dont 22 pré-dreadnought) et 7 croiseurs de bataille.

La Grande-Bretagne sort gagnante du conflit mais la Royal Navy à perdu de son éclat. Elle à perdu quatorze cuirassés, six par des sous-marins, trois accidentellement, trois par mines et deux aux Dardanelles auxquels s’ajoute les trois croiseurs de bataille coulés à la bataille du Jutland.
Ces pertes sont à relativiser sur le plan matériel par le fait qu’il s’agit de pré-dreadnought (sauf les Vanguard et Audacious) et que onze cuirassés et cinq croiseurs de bataille ont rejoint les rangs de la marine britannique.
Le renouvellement de la flotte se heurte à de nombreuses difficultés. Outre la crise économique, les dégâts du premier conflit mondial et le profond pacifisme, la Grande-Bretagne se heurte à l’appétit du Japon et des Etats-Unis qui se sont lancés dans une course aux armements comparable à celle opposant Londres et Berlin avant le premier conflit mondial.

Projet N3

Projet N3

Face aux seize cuirassés et croiseurs de bataille américains, face aux seize navires de ligne japonais, la Grande-Bretagne tente de construire quatre cuirassés type N3 et quatre croiseurs de bataille type G3 mais face à la dépense, la Grande-Bretagne met pouce en l’air et propose une conférence pour limiter les armements navals, aboutissant au traité de Washington.
Certes la Grande-Bretagne obtient la parité avec les Etats Unis mais il s’agit plus d’une fleur pour services rendus qu’un statut s’appuyant sur des bases solides. Pire encore, le Japon rétrogradé à la troisième place voit la Grande-Bretagne abandonner son alliance de 1902, mettant en germe les graines d’un futur conflit.
Deux cuirassés seulement vont être construits par la Royal Navy durant l’entre-deux-guerre, les puissants Nelson et Rodney, ces puissants cuirassés armés de canons de 406mm étant le derniers navires de lignes britanniques mis en service avant le début de la guerre de Pologne.
Situation du corps de bataille britannique en septembre 1939
Le 1er septembre 1939, la Royal Navy dispose de douze cuirassés en service plus trois navires en refonte soit quinze unités sans compter les cuirassés à différents stades de construction notamment les cinq unités de classe King George V et les deux premiers Lion.

Le HMS Nelson en 1940

Le HMS Nelson en 1940

-Neuf cuirassés sont en service en Metropole, sept au sein de la Home Fleet (Nelson Rodney Royal Oak Royal Sovereign Ramillies Hood Repulse) et deux au sein de la Channel Force (Resolution Revenge).

croiseur de bataille HMS Hood

croiseur de bataille HMS Hood

Les cinq premiers sont intégrés au sein 2nd Battle Squadron, la 2ème escadre de bataille, les deux derniers formant le Battlecruiser Squadron. Quand aux vénérables Resolution et Revenge, ils sont chargés de défense les côtes de la Manche.

cuirassé HMS Warspite

cuirassé HMS Warspite

-En Méditerranée, on trouve trois cuirassés de classe Queen Elizabeth, regroupés au sein du 1st Battle Squadron à savoir les Warspite Barham et Malaya.
-Deux cuirassés sont en refonte, les Queen Elizabeth et Valiant ainsi qu’un croiseur de bataille, le Renown, sister-ship du Repulse.

Vue aérienne du cuirassé King George V

Vue aérienne du cuirassé King George V

-Sept cuirassés sont en construction, les cinq unités de classe King George V (King George V Prince of Wales Anson Howe Duke of York) ainsi que les deux premiers cuirassés de classe Lion (Lion et Temeraire).
Evolution du corps de bataille britannique entre septembre 1939 et septembre 1948
-Double évolution : réorganisation des structures et renouvellement de la flotte avec le désarmement des unités les plus anciennes et la mise en service de navires modernes.
-Sur le plan de l’organisation, le 2nd Battle Squadron reste le corps de bataille de la Home Fleet avec une organisation interne composée de divisions. Le 1st Battle Squadron regroupe les cuirassés de la Mediterranean Fleet. Le 3rd Battle Squadron regroupe les cuirassés de la British Eastern Fleet.

HMS Revenge

HMS Revenge

-Au niveau des navires, les cuirassés de classe Revenge sont désarmés respectivement en septembre 1942 (Revenge), en mars 1943 (Resolution), en juin 1943 (Royal Sovereign) et en décembre 1943 (Ramillies) après la mise en service des cinq cuirassés de classe King George V.
-Le King George V est mis en service en septembre 1940, le Prince of Wales en juin 1941, le Duke of York en septembre 1941, le Anson en janvier 1942 et le Howe en mai de la même année.
-Ces premiers “35000 tonnes” sont suivis par quatre cuirassés de classe Lion. Si les King George V sont les plus légèrement armés des cuirassés rapides avec leurs dix canons de 356mm, leurs successeurs sont parmi les mieux armés avec neuf canons de 406mm en trois tourelles triples.

Les Lion combinent une coque de KGV avec trois tourelles triples de 406mm

Les Lion combinent une coque de KGV avec trois tourelles triples de 406mm

-Le HMS Lion mis sur cale en compagnie du Temeraire à l’été 1939 sont lancés respectivement en mars et septembre 1942, leur mise en service ayant lieu en avril et décembre 1944.
-Le HMS Thunderer mis sur cale en novembre 1939 est lancé en janvier 1943 et mis en service en mai 1945. Le HMS Conqueror est mis sur cale en octobre 1939 lancé en février 1943 et mis en service en janvier 1946.
-La mise en service des Lion permet le désarmement des croiseurs de bataille encore en service, le Hood cessant d’être un navire opérationnel en septembre 1945 (il est préservé à Chatham), le Renown et le Repulse sont désarmés en janvier et mars 1946, ces deux navires ayant été démolis après la guerre.
-Pour remplacer les Queen Elisabeth, pas moins de huit cuirassés sont commandés. Les cuirassés de classe Vanguard sont mis sur cale à partir de 1942 après le lancement des Lion.
-Le HMS Vanguard est mis sur cale en avril 1942 lancé en juillet 1944 et mis en service en mai 1946, le HMS Royal Oak est mis sur cale en mai 1942 lancé en août 1944 et mis en service en septembre 1946.
Le HMS Iron Duke est mis sur cale en mars 1943 lancé en juin 1945 et mis en service en septembre 1947 alors que le HMS Centurion est mis sur cale en septembre 1943 lancé en octobre 1945 et mis en service en mars 1948.
-Les quatre dernières unités qui portent les noms des saints patrons des nations du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord (Saint Andrew pour l’Ecosse, Saint David pour le Pays de Galles, Saint George pour l’Angleterre et Saint Patrick pour l’Irlande) étaient encore en construction, les deux premiers en achèvement à flot, les deux derniers encore sur cale.
Si l’achèvement des deux premiers cités est quasi-certain (la construction était trop avancée pour rendre économique son abandon), l’achèvement des Saint George et Saint Patrick était nettement plus incertain.
-En septembre 1948, la Royal Navy dispose des deux cuirassés de classe Nelson, de cinq cuirassés de classe Queen Elisabeth, de cinq cuirassés de classe King George V, de quatre cuirassés de classe Lion et de quatre cuirassés de classe Vanguard soit vingt cuirassés en service.
Situation en septembre 1948
-La Home Fleet dispose d’une escadre de bataille, le 2nd Battle Squadron avec la 1ère Division (1st Battleship Division) composée des Lion et Conqueror, la 2ème division (2nd Battleship Division) composée des Temeraire et Thunderer, la 3ème division (3rd Battleship Division) regroupe trois cuirassés de classe King George V (King George V Anson Howe), la 4ème division (4th Battleship Division) dispose des cuirassés Vanguard et Iron Duke alors que la 5ème division (5th Battleship Division) dispose elle des cuirassés Royal Oak et Centurion soit onze cuirassés.
-La Mediterranean Fleet dispose au sein du 1st Battle Squadron de trois divisions de cuirassés, la 6th Battleship Division dispose des vénérables cuirassés Nelson et Rodney, la 7th Battleship Division met en oeuvre les modernes Prince of Wales et Duke of York alors que la 8th Battleship Division est elle aussi une division de vétérans avec les Barham et Valiant.
-Enfin contrairement à septembre 1939, trois cuirassés sont déployés en Extrême-Orient, au sein de la nouvelle British Eastern Fleet et de son 3rd Battle Squadron composé des cuirassés Queen Elizabeth Warspite et Malaya (9th Battleship Division). Théoriquement, les quatre derniers Vanguard doivent renforcer la BEF et peser sur le Japon.
Cuirassés rapides classe Queen Elizabeth
Avant-Propos

Le HMS Queen Elizabeth amarré à Alexandrie

Le HMS Queen Elizabeth amarré à Alexandrie

Ces cinq navires (Queen Elizabeth Valiant Warspite Barham Malaya, un sixième baptisé Agincourt ne fût jamais construit) sont les premiers cuirassés rapides du monde.
Avec leurs 24 noeuds, ils faisaient pale figure vis à vis des 35000 tonnes capables de filer à plus de 30 noeuds mais à l’époque, ils marquaient une vrai innovation, le cuirassé rapide à mi-chemin entre le cuirassé conventionnel lent (20 noeuds en théorie mais souvent 17 ou 18 noeuds dans la pratique avec une coque sale), bien protégé et bien armé et le croiseur de bataille rapide, bien armé mais à la protection nettement plus faible.
En raison des limitations imposées par les traités navals de l’entre-deux-guerre, ces navires étaient encore en service en septembre 1939.
Ils vont être refondus à la fin des années trente et au début des années quarante même si leur remplacement était prévu avec la construction des Vanguard.
Carrière opérationelle

Le HMS Queen Elizabeth à Mudros en 1915 lors de l'expédition des Dardanelles

Le HMS Queen Elizabeth à Mudros en 1915 lors de l’expédition des Dardanelles

-Le HMS Queen Elizabeth (00) est mis sur cale au Porsmouth Royal Naval Shipyard le 21 octobre 1912 lancé le 16 octobre 1913 et admis au service actif en janvier 1915.
Quand éclate la guerre de Pologne en septembre 1939, il est en cours de refonte au Porsmouth Royal Naval Shipyard depuis le 11 août 1937 et jusqu’au 10 décembre 1940.
A sa remise en service, il s’entraine intensivement au sein de la Home Fleet dans laquelle il va servir jusqu’à la mise en service des King George V.
Avec ses sister-ship Warspite et Malaya, il va former le 3rd Battleship Squadron, l’escadre de ligne de la British Pacific Fleet, Singapour remplaçant Portsmouth et Rosyth. Il arrive sur l’île aux Lions en janvier 1944.
En septembre 1948, il était toujours en service même si une avarie de machine l’avait immobilisé au port. Réparé, il va multiplier les patrouilles dans le Golfe de Thaïlande, seul ou avec ses sister-ship.

Le HMS Warspite entrant dans le port de La Valette (Malte)

Le HMS Warspite entrant dans le port de La Valette (Malte)

-Le HMS Warspite (03) fût mis sur cale au Devonport Royal Dockyard le 31 octobre 1912 lancé le 26 novembre 1913 et admis au service actif le 8 mars 1915.
Il est profondément modernisé de 1934 à 1937, subissant les mêmes travaux que son sister-ship Queen Elizabeth.
Quand éclate la guerre de Pologne, le Warspite est déployé en Méditerranée au sein du 1st Battle Squadron en compagnie de ses sister-ship Barham et Malaya.
Il le reste jusqu’en janvier 1944 quand il rallie l’Extrême-Orient et le 3rd Battle Squadron, la composante “navires de ligne” de la British Eastern Fleet .
Quand les allemands envahissent la Norvège, le Warspite est en patrouille dans le Golfe du Bengale. Il se ravitaille à Trincomalee (Ceylan) avant de cingler vers Singapour où après une nouvelle escale, il reprend ses patrouilles en compagnie de ses sister-ship Queen Elizabeth et Malaya.

Le HMS Barham à Scapa Flow en 1917

Le HMS Barham à Scapa Flow en 1917

-Le HMS Barham (04) est mis sur cale aux chantiers John Brown de Clydebank le 24 février 1913 lancé le 31 octobre 1914 et admis au service actif le 19 octobre 1915.
Quand éclate la guerre de Pologne, il est déployé en Méditerranée en compagnie de ses sister-ship Warspite et Malaya. Il aurait du être profondément réfondu après le Queen Elizabeth au final sa refonte fût menée à minima entre janvier 1941 et mars 1942.
Il reste déployé en Méditerranée où il forme la 8th Battleship Division en compagnie du Valiant.
Quand le second conflit mondial éclate, il était en entretien à Alexandrie. Les travaux sont accélérés pour lui permettre de retrouver les autres cuirassés de la flotte de la Méditerranée (Nelson Rodney Prince of Wales Duke of York Valiant).

Le HMS Valiant camouflé

Le HMS Valiant camouflé

-Le HMS Valiant est mis sur cale aux chantiers de la Fairfield Shipbuilding and Engineering Company à Govan sur la Clyde le 31 janvier 1913 lancé le 4 novembre 1914 et admis au service actif le 19 février 1916.
Quand la guerre de Pologne éclate, le Valiant achève une refonte à l’Arsenal de Devonport, refonte entamée en mars 1937 et achevée en novembre 1939.
Remis en service en janvier 1940, il est déployé au sein de la Home Fleet avant d’être transféré en juin 1942 en Méditerranée où il forme avec le Barham une nouvelle division, la 8th Battleship Division.Il était toujours en service en septembre 1948 et le 5 de ce mois, il était à quai à Alexandrie.

Le HMS Malaya lieu et date inconnue

Le HMS Malaya lieu et date inconnue

-Le HMS Malaya est mis sur cale aux chantiers Armstrong Whitworth de Newcastle upon Tyne le 20 octobre 1913 lancé le 18 mars 1915 et admis au service actif le 1er février 1916.
Quand la guerre de Pologne éclate, le Malaya est déployé en Méditerranée en compagnie du Barham et du Warspite.
Il subit une refonte à Devonport de décembre 1942 à octobre 1943 avant de reprendre du service pour quelques mois au sein de la Home Fleet avant de rallier l’Extrême-Orient en compagnie de ses sister-ship Queen Elizabeth et Warspite.
Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, le Malaya effectuait des exercices de tir au large de Singapour.
A l’annonce de la guerre et craignant que le Japon n’attaque en même temps que l’Allemagne, l’Amirauté donne l’ordre au Malaya de rentrer à Singapour pour se ravitailler et se préparer à toute éventualité.

Classe Queen Elisabeth
Caractéristiques Techniques
Déplacement : standard 27500 tonnes pleine charge 33000 tonnes

Dimensions : longueur 196.8m largeur 27.6m tirant d’eau 9.2m

Propulsion : 4 turbines à engrenages Parson alimentées par 24 chaudières dévellopant une puissance totale de 75000ch entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale 24 noeuds distance franchissable 5000 miles nautiques à 12 noeuds

Protection : Ceinture blindée de 13 pouces (343mm) avec des endroits plus légèrement couverts (6 pouces soit 152mm et 4 pouces soit 102mm); Bulkheads : 6 pouces et 4 pouces selon les endroits; Tourelles : 11 pouces (279mm) sur les côtés 13 pouces (343mm) sur la face avant et 4.5 pouces (108mm) pour le toit; Barbettes 4 à 10 pouces selon les endroits (6 pouces pour celles de 152mm); Tour de commandement : 11 pouces sur les faces latérales et 3 pouces pour le toit.

Armement : 8 canons de 381mm (15 pouces) modèle 1915 en quatre tourelles doubles (deux avant et deux arrières), 16 canons de 152mm (6 pouces) modèle 1914 (BL Mark XII) en casemates (16 pour le Queen Elizabeth et 14 pour ses sister-ships), 2 canons de 76mm (3 pouces) antiaériens et 4 canons de 47mm de salut et 4 tubes lance-torpilles sous marins de 21 pouces (533mm).

L’armement secondaire évolua, les canons de 152mm et de 102mm du Queen Elizabeth et du Valiant furent remplacés par des canons de 114mm, la DCA légère régulièrement accrue au point d’être composée de quatre affûts Pom-Pom quadruples et de dix-huit canons de 20mm en affûts simples. Les tubes lance-torpilles sont débarqués ne 1944.

Les Barham Warspite et Malaya perdirent leurs canons de 152mm et de 102mm au profit de canons de 102mm en tourelles doubles. Leur DCA légère était semblable à celle des deux navires cités plus haut.
Aviation : Après avoir un temps reçu des plate-formes sur les tourelles de 15 pouces, les Queen Elizabeth reçurent des catapultes : le Valiant et le Queen Elizabeth à la poupe, le Malaya et le Warspite derrière la cheminée devenue unique et le Barham sur la tourelle X (n°3) de 15 pouces. 3 hydravions étaient embarqués.

Equipage : 925 à 1220 hommes

Grande-Bretagne (10) Royal Navy (2)

La Royal Navy et le premier conflit mondial

-Le déclenchement du premier conflit mondial était tout sauf une surprise, l’accumulation de tensions depuis des années avait faillit dégénéré en 1905 et 1911. Cela n’avait été que partie remise et le geste d’un étudiant serbe n’avait été que le détonateur fixé au baril de poudre.

-En dépit de sa puissance, la Kaiserliche Marine et surtout son fleuron la Hocheseeflotte ne peut prétendre défaire la puissante Home Fleet qui devient la Grand Fleet dès le 4 août 1914.

Il ne lui reste qu’à jouer le rôle de Fleet-in-Being (flotte en attente), une théorie développée par Alfred Mahan qui disait qu’une flotte en attente n’était pas assez puissante pour vaincre son adversaire mais suffisamment pour obliger l’adversaire à la surveiller comme le lait sur le feu, limitant les options d’un adversaire plus fort.

-En attendant une potentielle bataille décisive en mer du Nord, le contrôle des lignes de communication est le théâtre de combats acharnés entre les alliés et l’Allemagne, le blocus des premiers _qui empêche l’Allemagne d’être ravitaillée normalement_ répondant à la guerre sous-marine des seconds, la guerre sous-marine à outrance décidée en 1916 aboutissant à l’entrée en guerre des Etats-Unis.

-Plusieurs batailles opposèrent les marines britanniques et allemandes en mer du Nord, des engagements tactiques qui débouchèrent même après le Jutland (31 mai-1er juin) sur un constat clair pour l’Allemagne : la supériorité de la Royal Navy est inébranlable. La stratégie allemande évolue et aux cuirassés, on préfère les sous-marins qui sont en passe de réussir à couper les lignes de communication entre l’Angleterre et les Etats-Unis.

-Même l’engagement de croiseurs auxiliaires ou de croiseurs cuirassés sur les océans du Globe ne débouchèrent que sur des résultats médiocres, les croiseurs cuirassés Scharnhorst et Gneisenau anéantissant la force hétéroclite de l’amiral Cradock mais succombèrent aux Falklands sous les coups de deux croiseurs de bataille, marquant symboliquement le passage de témoin entre ces deux types de navire.

Le HMS Furious, le premier porte-avions

Le HMS Furious, le premier porte-avions

-L’aviation navale fit également ses études avec le Royal Naval Air Service (RNAS) qui opéra des missions de reconnaissance, les hydravions s’appuyant sur des navires de soutien convertis. Des avions terrestres furent également utilisés depuis des plate-formes. Mieux même, le porte-avions naquit durant ce conflit avec le Furious et l’Argus même si ce dernier arriva trop tard pour participer au conflit.

Des marins combattirent également à terre, la Royal Naval Division fût même l’une des premières unités de l’armée britannique à être engagé au combat en protégeant le port d’Anvers pour éviter que ce “pistolet braqué contre la poitrine de l’Angleterre” ne soit occupé par les allemands. N’oublions par également l’engagement des Royal Marines qui participèrent à plusieurs raids dont un raid contre Zeebruge le 23 avril 1918.

L’Entre-deux-guerre : usure, crise, mutinerie et traités

Fin de règne

Une mine et le HMS Audacious rejoignit Neptune

Une mine et le HMS Audacious rejoignit Neptune

La Grande-Bretagne sort gagnante du conflit mais la Royal Navy à perdu de son éclat. Elle à perdu quatorze cuirassés, six par des sous-marins (Majestic Goliath Formidable Cornwallis Africa et Triumph), trois accidentellement (Prince George par tempête, Bulwark et Vanguard par explosion interne), trois par mines (Russell King Edward VII et Audacious) et deux aux Dardannelles (Ocean et Irresistible) auxquels s’ajoute les trois croiseurs de bataille coulés à la bataille du Jutland (Queen Mary Invincible Indefatigable).

Ces pertes sont à relativiser sur le plan matériel par le fait qu’il s’agit de pré-dreadnought (sauf Vanguard et Audacious) et que des cuirassés sont entrés en service durant le conflit en l’occurrence onze cuirassés (Canada Queen Elizabeth Warspite Barham Valiant Malaya Royal Oak Royal Sovereign Revenge Resolution Ramillies) et cinq croiseurs de bataille (Renown Repulse Glorious Courageous Furious) soit seize navires.

En dépit de ce solde qualitatif et quantitatif positif, la situation de la Grand Fleet (dissoute en août 1919 et remplacée par une Atlantic Fleet et une Home Fleet qui devient rapidement Reserve Fleet) est médiocre, beaucoup de navires sont obsolètes et les cuirassés encore capables de combattre sont souvent usés par les combats et les patrouilles incessantes pour protéger les convois d’une potentielle sortie de la Hocheseeflotte.

Le renouvellement de la flotte se heurte aux difficultés économiques de l’après guerre, l’économie britannique est bien en peine de fabriquer les successeurs des Dreadnought et autres King George V. Pire, la construction de certains navires est tout simplement annulé comme les trois sister-ships du HMS Hood.

Les conséquences du premier conflit mondial ne sont pas seules en cause. L’autre raison de ce déclassement de la Marine de Sa Gracieuse Majesté est la course aux armements engagée entre le Japon et les Etats-Unis pour le contrôle du Pacifique.

Projet N3

Projet N3

Face à ces programmes colossaux (seize cuirassés et croiseurs de bataille côté japonais, dix cuirassés et six croiseurs de bataille côté américain), la Grande-Bretagne qui jadis donnait le LA est réduit à commander quatre cuirassés type N3 et quatre croiseurs de bataille type G3.

Projet G3

Projet G3

La mort dans l’âme, la marine britannique doit se dire qu’elle est devenue peu de chose face à son allié d’Extrême Orient et son ancienne colonie.

Le traité de Washington (1922)

Le contexte économique et politique va venir au secours du Lion britannique. La multiplication des cuirassés choque les opinions publiques où règne un profond pacifisme. Germe l’idée d’une conférence internationale pour limiter les armements navals.

Nouvelle preuve du déclassement naval de la Grande Bretagne et bien que Londres fût à l’origine de cette conférence,ce sommet international s’ouvre à Washington le 12 novembre 1921 pour trois mois de discussions qui aboutissent à la signature d’un traité le 6 février 1922, traité valable jusqu’au 31 décembre 1936 à condition qu’il soit dénoncé avant le 31 décembre 1934 ce qui sera le cas, le premier pays à le dénoncer étant le Japon.

La Grande-Bretagne reçoit 500600 tonnes de cuirassés et 135000 tonnes de porte-avions, les Etats-Unis 500600 tonnes de cuirassés et 135000 tonnes de porte-avions, le Japon respectivement 301320 et 81000 tonnes, la France 220170 et 60000 tonnes, l’Italie ayant le droit à 180800 et 60000 tonnes.

Des quotas de tonnage globaux sont fixés par catégorie de navires pour chaque pays. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis reçoivent un contingent équivalent devant le Japon, la France et l’Italie jouant les utilités.

Sur le plan technique, les cuirassés ne doivent pas dépasser 35000 tonnes avec un tonnage minimal de 10000 tonnes et un armement dont le calibre varie de 203 à 406mm.

Ces limitations entraine le désarmement de plusieurs cuirassés (Colossus Orion Conqueror Thunderer Centurion), la démilitarisation d’autre voir la transformation des Courageous Glorious et Furious en porte-avions.

La construction des G3 et des N3 est abandonné mais la marine britannique reçoit l’autorisation de construire deux cuirassés, les futurs Nelson et Rodney qui seront les seuls navires de ligne construits par la Grande-Bretagne jusqu’à la mise en chantier des King George V à la fin des années trente.

La flotte se mutine

La Royal Navy subit un nouveau coup dur avec la crise économique de 1929, crise dont l’origine est un krach boursier, le 24 octobre 1929, krach qui entraine le rapatriement des capitaux américains et l’effondrement des économies de pays comme l’Autriche ou l’Allemagne.

La Grande-Bretagne n’est pas épargnée et le gouvernement d’union national mis en place à partir de 1931 mène une politique d’austérité qui entraine des coupes sombres dans les budgets notamment les budgets de l’armée et de la marine.

Outre les dépenses d’investissement, les dépenses de fonctionnement sont touchées à savoir les soldes des marins et des officiers.

La Royal Navy avait pourtant préparé le terrain par l’envoi de lettres pour expliquer la situation mais ces lettres n’arriveront qu’après la publication dans la presse des détails du décret sur les réductions des soldes.

La flotte de l’Atlantique se retrouve dans sa quasi-totalité à Invergordon dans le Cromarthy Firth en Ecosse le 11 septembre 1931 à l’issue de manœuvres. Le détail des réductions de solde publiées dans la presse le 12 septembre fait l’effet d’une bombe, provoquant l’agitation des équipages.

Dans la nuit du 12 septembre, une réunion à lieu à terre, les plus excités voulant hisser le pavillon rouge à bord de la flotte. Cette idée n’est pas menée à son terme, la réunion étant dispersée.

Le 14 septembre 1931, certains navires quittent le port et d’autres arrivent. L’agitation reprend et l’amiral Tomkinson, commandant par interim de l’Atlantic Fleet demande à l’Amirauté de reconsidérer la baisse de 25% des soldes.

L’agitation n’est cependant pas généralisée, les croiseurs sont calmes tout comme le Repulse mais cela s’agite sur le Hood, le Rodney, le Valiant et le Nelson qui tente d’empêcher les autres navires d’appareiller pour manœuvrer ce qui entraine le lendemain 15 septembre l’annulation des exercices. Même les Royal Marines censés rétablir l’ordre se joignent aux mutins.

Finalement les baisses sont limitées à 10% ce qui apaise la situation, l’Amirauté se montrant clémente sur les sanctions, seuls les plus compromis seront emprisonnés et virés de la marine.

Conséquence pratique, le 21 septembre 1931, la Grande-Bretagne suite à une panique boursière annonce l’abandon de l’étalon-or. Conséquence symbolique (mais les symboles ont leur importance), en mars 1932, l’Atlantic Fleet est rebaptisée Home Fleet, nom qu’elle gardera jusqu’au second conflit mondial.

Les autres traités de limitations

Le Traité de Washington ne fût pas le seul traité de limitation des armements navals signé durant la période séparant le premier conflit mondial de la guerre de Pologne. D’autres traités vont tenter de limiter la croissance qualitative et quantitative des marines de guerre.

Après un échec à Genève en juillet 1927 (Etats-Unis, Grande-Bretagne et Japon) où les deux pays anglo-saxons ne parviennent pas à s’entendre sur les croiseurs (bâtiments nombreux et légers pour la RN, bâtiments plus importants pour l’USN), une nouvelle conférence est organisée à Londres le 21 janvier 1930 avec les mêmes participants qu’à Washington neuf ans plus tôt (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, France et Italie).

Cette conférence débouche sur le traité de Londres signé le 22 avril 1930 qui entraine de nouvelles contraintes pour les cuirassés, une artillerie limitée pour les porte-avions, des sous-marins d’un tonnage limité ainsi qu’une clarification concernant les croiseurs. Pour la marine britannique cet accord entraine le désarmement du cuirassé Benbow.

Un accord particulier anglo-américano-japonais limite la construction des croiseurs, des destroyers et des sous-marins, les britanniques n’étant pas parvenus à abolir le sous-marin.

Fin 1934, le Japon et la France dénoncent le traité de Washington ce qui entrainera la fin des limitations imposées en 1922 le 31 décembre 1936.

Une nouvelle conférence se réunit à Londres le 9 décembre 1935 mais le Japon se retire le 15 janvier, limitant la portée du traité signé le 25 mars 1936. Entré en vigueur le 22 août 1937, le second traité de Londres limite les cuirassés à 35000 tonnes mais une artillerie de 356mm, les porte-avions à 23000 tonnes et 155mm, les sous-marins à 2000 tonnes et 130mm.

Une clause de sauvegarde qui prévoit la modification du traité est activée le 30 juin 1938 par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour faire face au Japon qui lui peut construire des bâtiments hors-lmites. Ce traité moins d’un après est donc caduc, les signataires pouvant désormais construire des cuirassés de 45000 tonnes à canon de 406mm.

Ces traités ayant fait preuve de leur inefficacité, aucune nouvelle tentative de régulation des armements navals n’aura lieu, seuls les limitations humaines, financières et technologiques stoppant cette marche folle vers des navires toujours plus gros et toujours mieux armés.

L’évolution générale de la flotte

-En ce qui concerne les cuirassés, la Royal Navy utilise les navires conçus avant le premier conflit mondial, des navires plus ou moins modernisés. Cela ne pose guère de problème en Europe où les autres ne sont guères mieux loties.

-Le traité de Washington (1922) à annulé la construction des quatre cuirassés type N3 armés de canons de 457mm (neuf en trois tourelles triples) et de quatre croiseurs de bataille type G3 armés de neuf canons de 406mm.

Cuirassé HMS Nelson

Cuirassé HMS Nelson

Il autorise cependant la construction de deux cuirassés inspirés des G3 mais à l’armement principal regroupé sur la plage avant, ce sont les Nelson et Rodney mis en service en septembre 1930 pour le premier et en novembre 1927 pour le second.

Des cuirassés sont également désarmés durant cette période ne laissant plus que quinze cuirassés en service en septembre 1939 (Nelson Rodney Royal Oak Royal Sovereign Ramillies Hood Repulse Resolution Revenge Warspite Barham Malaya Queen Elizabeth Valiant Renown, ces trois derniers étant immobilisés pour refonte).

La construction des King George V est lancée trop tard pour être mis en service en septembre 1939 alors que le programme des Lion est encore au statut d’ébauche.

-Dans le domaine des porte-avions, comme les autres marines, les premiers porte-avions britanniques sont dans leur majorité des conversions, cette nouvelle arme pouvant être bien être inemployable.

On trouve en septembre 1939 les vénérables Furious Argus Eagle Hermes Glorious Courageous ainsi qu’un petit nouveau, l’Ark Royal qui annonce les porte-avions blindés de classe Illustrious.

Le HMS Ark Royal survolé par des Fairey Swordfish

Le HMS Ark Royal survolé par des Fairey Swordfish

Cela nous donne sept porte-avions en service mais le Furious et l’Argus ne sont que des porte-avions d’entrainement aux capacités limitées ne laissant que cinq porte-avions dont seulement trois en mer du Nord, un étant déployé en Méditerranée et le dernier en Extrême Orient.

Quatre porte-avions de classe Illustrious sont en construction ainsi que les deux Implacable _version dérivée des Illustrious_ alors que des projets de porte-avions sont en cours d’étude bien que le cuirassé reste le navire majeur de la Royal Navy comme du reste dans toutes les marines du monde.

-Treize croiseurs lourds sont en service mais ce modèle est peu populaire de la Royal Navy qui préfère des navires plus petits, mieux adaptés aux patrouilles sur les lignes de communication mondiales.

A l’origine, il n’était prévu aucun autre heavy cruiser au sein de la Royal Navy mais les Kent se font vieux et les autres pays alliés comme ennemis continuent à construire des navires de ce type.

Après moultes hésitations, la marien de Sa Majesté va faire construire quatre croiseurs lourds de classe Admiral (Cornwallis Blake Albermale Hawke) suivis ultérieurement de quatre autres baptisés Raleigh Drake Blenheim et Marlborough. Si les quatre premiers qui remplacent les quatre Kent les plus anciens sont en service, sur les quatre seuls les deux premiers sont en service, les deux autres étant en armement à flot.

-Dix-neufs croiseurs légers modernes sont en service quand éclate la guerre de Pologne. On trouve cinq Leander (huit canons de 152mm en quatre tourelles doubles), quatre Arethusa (six canons de 152mm en trois tourelles doubles) et dix Town (douze canons de 152mm en quatre tourelles triples).

-A côté, nous trouvons encore des croiseurs légers anciens, en l’occurrence treize type C (dont certains convertis en croiseurs légers antiaériens), six classe D (deux ont été transférés à la marine néo-zélandaise) et deux classe Emerald soit un total de vingt et un navires.

-D’autres classes sont en cours de construction comme les croiseurs légers antiaériens type Dido.

-En ce qui concerne les destroyers, les navires britanniques sont très classiques avec un bon armement en torpilles, un élégant gaillard d’avant et une artillerie composée de quatre ou cinq canons de 120mm sous masque.

La seule exception ce sont les Tribal, seize navires armés de huit canons de 120mm en quatre tourelles, ces navires étant une réponse aux Fubuki japonais.

Ces derniers sont peu appréciés par les amiraux britanniques qui préfèrent des navires plus petits aussi à partir du type J, les architectes navals britanniques reviennent à des navires d’une taille plus modeste.

-La Royal Navy dispose également de nombreux sous-marins mais avec soixante-deux navires, sa flotte est loin derrière la France (soixante-dix huit unités) mais proche de l’Allemagne qui dispose de cinquante-sept sous-marins. Seulement onze sous-marins sont en construction quand éclate la guerre de Pologne.

On le voit, la marine britannique entre en septembre 1939 avec une flotte assez récente et si les cuirassés et les porte-avions commencent à accuser le poids des ans, les croiseurs et les destroyers ont été pour leur majorité mis en service récemment.

Grande-Bretagne (7) Géopolitique (2)

Ennemis potentiels

Allemagne

-Les relations anglo-allemandes ont oscillées  entre compréhension et hostilité, une partie de l’opinion publique pousse à une alliance avec l’Allemagne mais cette idée échoue en raison de la rivalité navale opposant la Royal Navy et la Kaiserliche Marine.

-Après le premier conflit mondial, la Grande-Bretagne semble davantage préoccupée de la puissance de la France (« le problème des anglais c’est qu’ils ne savent pas que Napoléon est mort » disait Paul Cambon) que de maintenir l’Allemagne dans un état l’empêchant de nuire à ses voisins.

-Elle se montre compréhensive pour le paiement des réparations qui sont au final abandonnées. Cela précède la funeste politiquement d’Apeasement, le maintien de la paix à tout prix.

-Après la guerre de Pologne, la politique britannique se montre plus rigoureuse vis à vis de Berlin qui devient plus qu’un ennemi potentiel, un ennemi probable.

-Durant la guerre civile, Londres comme Paris comptent les points, refusant de prendre trop ouvertement parti pour l’un des triumvirs.

-La guerre civile terminée, les relations diplomatiques reprennent entre Londres et Berlin, des relations peu amènes, une sorte de guerre froide entre les deux pays, les services secrets des deux pays se livrant une guerre clandestine féroce dont on distingue mal la vigueur, beaucoup d’archives restant encore inaccessibles aux chercheurs et au grand public.

-Des plans sont dressés pour préparer une guerre jugée inévitable à moyen terme. L’envoi de forces sur le continent est acté avec un corps expéditionnaire (douze divisions, dix DIM et deux DB) plus quatre divisions placées sous commandement français. Ces forces sont à vocation offensive et défensive.

-Pour les opérations aériennes, la Royal Air Force croit dans les vertus du bombardement stratégique contre les industries voir contre les villes dans le cadre d’une stratégie de terreur.

-Pour les opérations navales, l’objectif de la Royal Navy est de contrôler la mer du Nord et si possible de bloquer les détroits danois. Des négociations pour déployer des forces au Danemark échouent devant la volonté de Copenhague de garder sa neutralité et surtout de ne pas provoquer son puissant voisin méridional. Situation équivalente avec la Norvège persuadée que comme en 1914, sa neutralité sera un bouclier suffisant.

-Des plans de mouillage de mines, de blocus et d’opérations amphibies sont dressés. Pour cette dernière catégorie, les côtes baltes sont privilégiées dans l’espoir d’atteindre Berlin le plus rapidement possible.

Devant les problèmes logistiques voir le scepticisme de ceux qui ne croient pas dans les opérations amphibies (l’exemple des Dardanelles est encore dans toutes les têtes), des plans moins ambitieux sont dressés comme un débarquement sur les côtes du Jutland où la saisie de têtes de pont sur les côtes de la mer du Nord pour faciliter la progression des forces attaquant depuis le Benelux.

Italie

-Les relations sont moins conflictuelles qu’avec l’Allemagne même si la guerre d’Ethiopie (3 octobre 1935-9 mai 1936) faillit dégénérer en un conflit entre les deux pays, le commandant Lyster proposant un raid d’avions torpilleurs sur la base italienne de Tarente.

-Rivalités coloniales avec quelques incidents sur la frontière libyo-egyptienne ainsi qu’entre la Somalie italienne et le Somaliland britannique.

-La France ayant la haute main sur les opérations en Méditerranée, la Mediterranean Fleet devra coordonner ses opérations avec celles de notre Flotte de la Méditerranée qui dispose de deux escadres (2ème escadre à Toulon, 4ème escadre à Mers-El-Kébir avec dix cuirassés _deux anciens et huit modernes_) et d’une escadre légère, la 6ème EL stationnée à Bizerte.

Des navires britanniques opéreront sous commandement français, la France ayant obtenu le commandement supérieur dans la Mare Nostrum.

-Les opérations doivent couper les lignes de communication entre l’Italie et l’Afrique Septentrionale Italienne (ASI actuelle Libye), préserver Malte puis porter les combats en Sardaigne et en Sicile voir en Italie péninsulaire.

-Sur le plan plus opérationnel, on prévoit la conquête de la Libye italienne par une attaque venue de Tunisie et une seconde venue d’Égypte. Des campagnes de mouillage de mines sont prévues pour paralyser le trafic maritime italien et gêner les mouvements de sa flotte.

Sont également prévues des opérations sous-marines massives, des raids aéro-maritimes par l’aviation navale basée à terre voir une campagne de bombardement stratégique notamment contre l’industrie italienne.

Japon

-En 1902, un traité d’alliance est signé entre la Grande-Bretagne et le Japon. Ce traité entre une puissance majeure et une puissance émergente répond au besoin d’une alliance de revers contre la Russie alors que les relations sont incertaines avec Londres (et ce jusqu’en 1907) et tendues avec Tokyo au point qu’une guerre opposera Petrograd et Tokyo en 1904-05 pour le contrôle de la Mandchourie.

-Ce traité est dénoncé en 1922. Au cours de la conférence sur la limitation des armements navals à Washington, la Grande-Bretagne sacrifie son alliance avec le Japon à son entente politique, culturelle, civilisationnelle avec les Etats-Unis obtenant la parité alors que le Japon ne peut obtenir que la dernière place sur le «podium».

-Face à la montée du nationalisme nippon et de la pression croissante de l’armée (notamment la faction issue de l’armée du Kwantung), les relations se tendent avec la Grande-Bretagne.

-Si la métropole est hors d’atteinte de l’armée et de la marine japonaise, les colonies de Singapour, de Malaisie, de Birmanie voir d’Inde sont menacées par le Japon.

-Regorgeant de ressources (pétrole, fer, caoutchouc….), ils sont indispensables pour permettre de faire fonctionner la machine de guerre nippone.

-Pas de plans offensifs mais des plans défensifs pour protéger les colonies même si comme la France, la Grande-Bretagne ne se fait pas beaucoup d’illusions sur sa capacité à défendre ses colonies comme la machine de guerre nippone.

-Outre le déploiement d’une force navale que l’on espère dissuasive (trois cuirassés et deux porte-avions), les forces armées sont rééquipées et mieux entrainées tout comme les forces aériennes avec des avions plus modernes et un entrainement plus poussé.

-Pour freiner l’avancée nippone, outre des missions d’interdiction navale et le bombardement des zones arrières comme la Chine du Nord depuis l’Indochine française ou la Thaïlande, on prévoit d’utiliser les sous-marins et les mouillages de mines.