Dominions (44) Afrique du Sud (9)

UNITED DEFENCE FORCE (UDF) (ARMEE DE TERRE)

Une histoire militaire de l’Afrique du Sud

Toute une série de conflits

Dans cette partie je vais tracer à très grands traits l’histoire militaire de l’Afrique du Sud qui commence avec l’arrivée des européens. Les contacts initiaux sont houleux et hostiles entre natifs et européens à savoir portugais et hollandais en attendant les anglais qui comme tous les pays ont compris le caractère stratégique du site implanté au pied de la montagne de la table.

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Dominions (42) Afrique du Sud (7)

Les navires de la Royal South African Navy (RSAN)

Destroyers type V & W

HMS Wakeful

Le HMS Wakeful (H-88)

Navires légers à l’origine, les destroyers ne cessent de prendre du poids. La barre symbolique des 1000 tonnes est ainsi approchée dès les années 1910 et celle des 1500 tonnes sera atteinte dès la fin du premier conflit mondial.

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Dominions (41) Afrique du Sud (6)

Organisation

-L’état-major est installé à Simonstown dans les nouvelles installations construites après la création de la RSAN en 1945. Cet état-major à autorité sur deux districts, un Western District et un Eastern District.

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Dominions (40) Afrique du Sud (5)

LA ROYAL SOUTH AFRICAN NAVY

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Drapeau de la RSAN

Histoire

Le 15 novembre 1921 voit le jour le South African Naval Service, un corps naval destiné à l’Afrique du Sud pour des missions que nous qualifierons aujourd’hui de paramilitaires. Ce n’est pas la première fois que l’Afrique du Sud voit la création d’une «marine».

En effet en 1885 à été créé le Natal Naval Volunteers suivit vingt ans plus tard du Cape Naval Volunteers. Ces deux entités fusionnent le 1er juillet 1913 pour donner naissance à la South African Division of the Royal Naval Volunteer Reserve [RNVR (SA)].

Durant le premier conflit, 412 sud-africains participent au premier conflit mondial, 164 au sein de la Royal Navy et 248 sur la base navale de Simonstown, une base stratégique pour les alliés.

Trois navires servent au sein du SANS, un navire hydrographique le HMSAS Protea et deux chalutiers dragueurs de mines (trawler minesweeper), les HMSAS Sonneblom et Immortelle. Ces navires sont rendus en 1933/34 en raison de coupes budgétaires drastiques imposées par les conséquences de la Grande Dépression.

En septembre 1939, le SANS est virtuellement inexistant avec six hommes et bien entendu aucun navire. Le déclenchement de la guerre de Pologne entraîne un projet de revitalisation du SANS mais ce projet ne voit pas le jour avant la fin du conflit à la mi-décembre 1939.

Une commission dirigée par le contre-amiral Guy Hallifax, un officier de la Royal Navy retraité et installé en Afrique du Sud propose que le SANS deviennent une véritable marine capable de défendre le pays avec ou sans le concours de la Royal Navy.

La South African Naval Commission (SANC) travaille de novembre 1939 à mars 1940. Elle publie ses recommandations en septembre 1940 qui prévoit un projet ambitieux avec un croiseur léger, quatre destroyers, six corvettes, des vedettes lance-torpilles, un pétrolier, un cargo et des hydravions de patrouille maritime.

Ce projet est ambitieux, trop même pour l’Afrique du Sud. Le rapport fait même scandale car il suggère de ne pas réserver les rangs d’une marine sud-africaine aux blancs. Ce rapport est donc enterré et le contre-amiral Hallifax écarté de toute fonction. Menacé par des afrikaners extrémistes, il finira par quitter le pays pour l’Australie.

L’échec cuisant du rapport Hallifax ne dissuade pas le gouvernement de Pretoria de revitaliser le famélique SANS qui en 1941 aligne une soixantaine d’officiers, d’officiers mariniers et de matelots qui sont détachés au sein de la Royal Navy pour des tâches administratives, de recherche et de prospection.

Les effectifs augmentent peu à peu passant à 180 hommes en 1942 et 640 hommes en 1943 mais toujours sans aucun navire. Outre des tâches de bureau, les hommes du South African Naval Service assurent des tâches logistiques à la base navale de Simonstown et arment des pièces de défense côtière pour protéger le littoral sud-africain.

En mars 1944, un rapport précise que les côtes sud-africaines sont défendues par six batteries, deux défendant Simonstown avec chacune deux canons de 120mm, deux défendant Durban avec chacune deux canons de 152mm et deux Port Elizabeth avec deux canons de 120mm chacune.

La Royal South African Navy (RSAN) est officiellement créée le 17 juin 1945 au cours d’une cérémonie organisée à Simonstown. Outre le personnel du SANS, s’ajoute des réservistes de la division sud-africaine du RNVR mais aussi des sud-africains qui servaient au sein de la RN et qui ont obtenu l’autorisation de rejoindre une nouvelle marine.

Tout reste cependant à faire, personne ne le nie. Il faut entraîner du personnel pour armer des navires modernes. Quatre chalutiers-dragueurs sont acquis auprès d’armateurs privés. Ces navires sont baptisés Trawler n°1 à n°4. Il s’agissait de navires de 150 tonnes, pouvant naviguer à 10 nœuds avec pour armement un canon de 102mm, deux canons de 20mm, deux mitrailleuses de 7.7mm, des charges de profondeur et un équipement de dragage de mines mécanique.

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Un sloop classe Grimsby

Parallèlement des installations terrestres sont aménagées à Simonstown, des installations distinctes de celles de la Royal Navy qui déployait avant guerre deux sloops (HMS Londonderry et HMS Auckland de classe Grimsby et Egret respectivement), deux vedettes anti-sous-marines et deux canonnières.

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HMS Wakeful

Le 4 septembre 1947, deux vieux destroyers de la Royal Navy sont transférées à la marine sud-africaine, les HMS Wakeful et Wryneck. Ces deux destroyers appartenaient au type V&W mis en service à la fin du premier conflit mondial.

Ces navires devenus les HMSAS Wakeful et Wryneck doivent initialement servir pour l’entrainement des marins destinés à servir sur des navires plus modernes. Ces deux destroyers qui venaient de Devonport (18th Destroyer Flottilla) subissent une remise en état complète avant leur transfert à leurs nouveaux propriétaires.

Outre une remise en état complète, les deux destroyers voient leur armement modifié avec deux canons de 120mm, un canon antiaérien de 3 pouces (76.2mm), quatre canons de 20mm Oerlikon, une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm et des charges de profondeur.

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HMS Brecon (L-76)

En septembre 1948, trois jours avant le début du second conflit mondial, l’Afrique du Sud passe commande de quatre destroyers légers type Hunt IV. Un tel délai (un an) s’explique par les hésitations sur les navires à commander.

A ces quatre navires commandés le 2 septembre 1948 vont s’ajouter à l’automne 1948 la commande de deux destroyers type S, de seize vedettes lance-torpilles, d’un pétrolier, d’un ravitailleur et d’hydravions Consolidated PBY Catalina.

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Consolidated Catalina britannique approchant de l’île de Malte

Finalement les quatre destroyers type Hunt IV sont quatre unités initialement commandées par la Royal Navy et que cette dernière va rétrocéder à la marine sud-africaine. Ces navires vont être mis en service fin 1949/début 1950 pour relever les deux destroyers type V&W usés par des patrouilles intensives.

A noter que dès le début du conflit, Londres soucieux de s’attirer les bonnes grâces de Pretoria avait placé sous les ordres de la RSAN les moyens britanniques déployés à Simonstown.

Ces navires vont mener des patrouilles de sécurité pour couvrir le passage entre l’Océan Atlantique et l’Océan Indien.

D’autres moyens vont être déployés depuis Simonstown notamment des sous-marins et de plus grosses unités qui trouvaient là un point d’appui pour se ravitailler sans compter des escales de repos pour l’équipage.

Les quatre destroyers légers type Hunt IV sont baptisés du nom de batailles de l’histoire sud-africaine, deux de la deuxième guerre anglo-boer et deux des guerres zoulous.

Le HMSAS Magersfontein est mis en service en octobre 1949 arrivant avec un convoi venu de Liverpool via Brest, Gibraltar, Casablanca, Dakar, Freetown et Pointe-Noire en compagnie Stormberg mis en service en même temps que le premier.

A ces deux navires portant des noms de bataille de la deuxième guerre anglo-boer s’ajoutent les HMSAS Kambula et Ulundi, deux victoires britanniques lors de la guerre anglo-zoulou. Ces navires sont mis en service en février 1950, arrivant eux aussi en escorte d’un convoi venu de Liverpool.

L’arrivée de ces quatre destroyers légers permet le retrait du service actif des vieux destroyers transférés par la Royal Navy en septembre 1947. Ces deux navires sont ramenés à Simonstown où privés de leur armement sont transformés en ponton-caserne (Wryneck) et ponton-atelier (Wakeful).

Les quatre destroyers type Hunt IV sont renforcés par l’acquisition de deux destroyers type S. A la différence des canadiens qui récupèrent des destroyers commandés par la Navy, les deux type S destinés aux Antipodes sont construits spécifiquement pour la marine sud-africaine.

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HMS Swift (G-46)

Baptisés Transvaal et Natal, ces deux navires sont mis en service en juin 1950. Ils vont opérer en compagnie des Hunt IV pour des couvertures de convois en renfort des escortes des convois proprement dits même si parfois certains navires sud-africains se rendaient jusqu’en Inde ou jusqu’à Freetown.

Seize vedettes lance-torpilles sont également commandées. Initialement elles devaient être construites en Grande-Bretagne mais devant la surcharge des chantiers prévus, l’Afrique du Sud s’est lancée dans une construction indigène.

La firme britannique Thornycroft à vendu une licence de fabrication pour un modèle de vedette inspiré de la série Fairmile mais plus robuste. Un petit chantier naval est installé près de Durban en mars 1949. Les seize vedettes sont construites à l’automne 1949 et au printemps 1950.

Déplaçant 95 tonnes et pouvant filet à 40 nœuds, elles étaient armées d’un canon de 40mm Bofors, de deux canons de 20mm Oerlikon et de quatre torpilles de 533mm. Elles ne portent pas de nom mais deux lettres SV signifiant Ster Vinnig pour «vedette rapide» en afrikaan suivit d’un numéro (1 à 16).

Le pétrolier destiné à ravitailler ces navires est un pétrolier d’une compagnie marchande sud-africaine.

Le Louis Botha à été mis sur cale à Belfast en septembre 1947 lancé en août 1948 et mis en service en novembre 1948. La RFA tente de le récupérer mais son armateur parvient à le faire racheter par la RSAN qui en échange cède son pétrolier sur cale à la Royal Fleet Auxiliary.

Il arrive en Afrique du Sud en janvier 1949 et va servir de ravitailleur au profit des navires de combat de la marine sud-africaine.

Le ravitailleur est lui construit dès l’origine pour la RSAN. Baptisé Drakensberg, il est mis sur cale en janvier 1949 lancé en septembre de la même année et mis en service en mai 1950. Il rallie l’Afrique du sud au début du mois de juillet.

En ce qui concerne l’aéronavale, seize Consolidated PBY-6 Catalina sont commandés en novembre 1948. Les appareils sont livrés entre mars et septembre 1949, formant deux unités, l’une stationnée au Cap pour couvrir l’Atlantique (squadron 11) et une seconde pour couvrir l’Océan Indien depuis Durban (squadron 13).

Ces hydravions sont rejoints au printemps 1949 par vingt-quatre Bristol Beaufort, des bombardiers-torpilleurs bimoteurs qui forment deux nouvelles unités, les squadrons 12 et 14 opérant essentiellement dans l’Océan Indien.

Après avoir couvert des convois allant venant par le cap de Bonne Espérance, la marine sud-africaine adopte une posture plus agressive au printemps 1950 en vue de l’opération GIDEON, la grande offensive alliée contre l’Africa Orientale Italiana (AOI) qui regroupe les territoires qui correspondent actuellement à l’Erythrée, l’Ethiopie et une partie de la Somalie.

Les vedettes lance-torpilles sont transportées dans le plus grand secret à Mombassa au Kenya pour opérer contre la Somalie italienne et notamment le port de Mogadiscio.

Le destroyer Transvaal et les destroyers légers Magersfontein et Ulundi rallient également la colonie britannique pour de futures opérations en compagnie de navires britanniques, français et mêmes belges.

Des Consolidated Catalina sont déployés à Diego-Suarez sur l’île de Madagascar tandis que des Bristol Beaufort sont déployés au Kenya.

Les unités de surface vont assurer le blocus des côtes de la Somalie italienne, coulant plusieurs navires marchands et de petites unités de surface. Sous la couverture de la chasse alliée (dont des unités sud-africaine), la petite escadre va également bombarder des cibles à terre.

La campagne terminée fin 1950, la marine sud-africaine va opérer dans des missions de traque contre les croiseurs auxiliaires allemands dans l’Océan Indien.

Elle va déployer l’essentiel de ses moyens depuis Aden sous l’autorité de la British Eastern Fleet qui ne put empêcher le déferlement japonais sur la Malaisie et Singapour pour ne citer que les colonies d’Insulinde.

Si plusieurs alertes sont envoyées, aucun croiseur auxiliaire allemand ne sera coulé par la marine sud-africaine qui va participer à l’été 1952 à l’opération VAMPYR, la reconquête de la Birmanie.

Les deux destroyers type S et les quatre destroyers type Hunt IV sont engagés en compagnie de huit vedettes lance-torpilles , ne laissant comme unités de combat en Afrique que les deux sloops, deux canonnières, deux vedettes anti-sous-marine et quatre vedettes lance-torpilles (quatre perdues lors de GIDEON).

La RSAN connait ses premières pertes. Le HMSAS Transvaal est coulé au large de Rangoon le 7 août 1952. Alors qu’il couvrait un raid mené par le 2nd South African, Royal Marines Bataillon, le navire est surpris par des bombardiers japonais. En dépit d’une DCA furieuse et de l’intervention de chasseurs britanniques, le destroyer est frappé par trois bombes. Cassé en trois, il coule si rapidement qu’une poignée de survivants seulement est récupérée.

Il est suivit une semaine plus tard par le HMSAS Ulundi qui est lui victime d’un sous-marin japonais qui place une torpille qui lui arrache la proue jusqu’au niveau de la pièce avant de 102mm. Alors que le navire allait être pris en remorque, une gigantesque explosion casse le navire en deux qui sombre rapidement ne laissant que fort peu de survivants.

Pour remplacer ces navires perdus, la marine britannique va céder à la marine sud-africaine,deux destroyers type W en achèvement en Grande-Bretagne en l’occurrence les Wessex et Whelp rebaptisés Transvaal et Rhodesia.

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Un destroyer type W

Ces navires arrivent à Aden en décembre 1952 où ils sont pris en charge par les marins sud-africains qui se retrouvent avec trois destroyers d’escadre (Natal, Transvaal ex-Wessex, Rhodesia ex-Whelp) et trois destroyers type Hunt IV (Magersfontein, Stormberg Kambula).

Cette petite escadre retourne en Afrique du Sud au printemps 1953 officiellement pour sécuriser les lignes de communication alliées en réalité pour calmer le mécontentement des afrikaners extrémistes qui ne supportaient pas de voir leurs navires combattre sous commandement britannique.

Jusqu’à la fin du conflit en Europe (avril 1954), la marine sud-africaine va escorter des convois et traquer les forceurs de blocus. Elle participe ensuite non pas aux opérations dans le Pacifique mais à l’opération GIDEON II, la mise en place d’une administration de transition dans l’ancienne AOI.

Le Transvaal accompagné du Magersfontein va escorter des transports déployant une brigade sud-africaine. Cette brigade la 1st Mobile Brigade va opérer en Somalie italienne et ce jusqu’en 1960 quand la Somalie italienne et le Somaliland sont réunis pour former la République de Somalie.

Sur les seize vedettes lance-torpilles construites à Durban, quatre sont perdues lors de l’opération GIDEON et quatre autres lors de l’opération VAMPYR réduisant la flotte à huit unités. Le nombre remonte à seize puis est porté à vingt-quatre par des constructions complémentaires.

Sur ces vingt-quatre vedettes seulement seize sont lance-torpilles, quatre en canonnière et quatre vedettes de transport et de combat.

Ces vedettes vont opérer d’abord dans le Golfe d’Aden contre les italiens puis dans le Golfe du Bengale contre les japonais.

Si le Louis Botha survit au conflit, le Drakensberg est torpillé par un U-Boot lors d’un transit entre Aden et Rangoon fin mars 1952.

A la fin du conflit en septembre 1954, la Royal South African Navy dispose de trois destroyers, trois destroyers légers, douze vedettes, deux sloops et un pétrolier.

Durant le conflit deux bataillons d’infanterie de marine sont mis sur pied, les 1st et 2nd South African Royal Marines Bataillon.

Organisés en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, une compagnie d’armes lourdes et trois compagnies d’infanterie, ces deux bataillons vont opérer sur des fronts très éloignés.

Le 1er bataillon rallie l’Egypte dès septembre 1949 pour mener des raids contre le Dodécanèse et ainsi garder les italiens sous pression en attendant une opération d’ampleur. Elle opère comme une unité commando, frappant vite et fort.

Le Dodécanèse occupé par les alliés (et officiellement cédé à la Grèce), le bataillon rallie la Crète puis le Péloponnèse en menant toujours des raids commandos mais aussi des missions d’aide à la résistance (entrainement, encadrement et conseils) en Grèce occupée. L’unité participe également à des raids en Italie.

Le conflit terminé en Europe, le bataillon rentre en Afrique du Sud où il est dissous en mars 1955 tout comme le 2ème bataillon. Ce 2ème bataillon opère lui en Afrique orientale italienne lors de l’opération GIDEON puis en Asie du Sud-Est notamment en Birmanie lors de l’opération VAMPYR.

L’unité contrairement au reste de le marine sud-africaine reste déployée dans la région, effectuant des opérations coup de poing en Malaisie et même à Singapour, sabotant des navires japonais, détruisant des pièces d’artillerie de défense côtière.

Ils participent à l’opération OVERLORD (offensive en direction de la Thaïlande et de la Cochinchine mars-octobre 1953) puis à l’opération ZIPPER (libération de la Malaisie, de Singapour et des Indes Néerlandaises (novembre 1953-août 1954). Le bataillon rentre en Afrique du Sud puis est dissous en mars 1955. Il faudra attendre 1970 pour que des unités de Marines soient recréées.

Des plans ambitieux de croissance de la marine sud-africaine sont envisagés mais n’aboutiront pas faute de moyens financiers mais aussi également humains, la RSAN refusant de casser la «barrière des races» en offrant à des noirs et des métis compétents des postes à responsabilité au sein de la marine. Jusqu’à la fin de l’apartheid, la marine restera une arme quasi-exclusivement blanche à la différence d’autres armées plus ouvertes (même si tout est relatif).

Les trois destroyers d’escadre vont rester en service jusqu’à la fin des années soixante après avoir été modernisés à plusieurs reprises avec de nouveaux radars, un nouveau sonar, une DCA plus moderne, un armement plus orienté ASM que ASF.

Ils vont être remplacés par des frégates de conception et de fabrication britannique, quatre unités de classe President (President Kruger, President Steyn,President Pretorius, President Smuts) qui vont également remplacer les trois destroyers type Hunt IV désarmés en 1959 (Mogersfontein), en 1961 (Stormberg) et 1963 (Kambula).

Les vedettes qu’elles soient lance-torpilles ou non seront remplacés par seize vedettes lance-torpilles de conception et de fabrication nationale, des vedettes de 150 tonnes filant à 35 nœuds avec pour armement deux canons de 40mm Bofors, deux canons de 20mm Oerlikon, deux mitrailleuses de 12.7mm et quatre tubes lance-torpilles de 533mm.

A la fin des années soixante, une partie de ces vedettes sont modernisées et transformées en vedettes lance-missiles avec une tourelle simple de 57mm à l’avant, quatre missiles surface-surface et une tourelle double de 35mm.

Le Louis Botha est remplacé par un pétrolier de conception et de fabrication américaine, un pétrolier baptisé Pretoria mis en service en 1970 tandis qu’un transport/ravitailleur rapide baptisé Drakensberg est mis en service en 1965.

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Martin PBM Mariner

En ce qui concerne l’aéronavale, les Consolidated Catalina sont remplacés en 1962 par des Martin PBM-6 Mariner ayant appartenus à l’aéronavale américaine tandis que les Bristol Beaumont sont remplacés par des Lockheed Neptune.

Grande Bretagne (75) Ordre de bataille et programme de guerre (4)

West African Station

En septembre 1939, les unités de la Royal Navy chargées de patrouiller dans l’Atlantique Sud pour protéger le trafic commercial et lutter contre les raiders allemands dépendaient du South Atlantic Command avec pour base principale pour ne pas dire exclusive, Freetown dans la colonie de Sierra Leone.

Le stationnement d’une escadre permanente dans cette région remontait au début du 19ème siècle quand la Royal Navy fût chargée de lutter contre le traite négrière illégale depuis 1817 (l’esclavage allait être abolit en 1833).

Cette escadre connaissait un très fort taux de mortalité en raison de la présence de la fièvre jaune ce qui lui valut le surnom de Coffin Squadron l’Escadre cercueil.

La situation était heureusement nettement meilleure en septembre 1939 et le South Atlantic Command joua un rôle majeur dans la traque des navires de guerre allemands lancés dans une guerre de course.

Suite à la réorganisation de la Royal Navy au printemps 1944, décision est prise de supprimer les South et North Atlantic Command au profit d’une West African Station à l’aire de responsabilité gigantesque puisqu’allant de Gibraltar au cap de Bonne Espérance.

Très rapidement cette zone est bien trop étendue et un Gibraltar Command est créé pour permettre à Freetown de se concentrer sur l’Atlantique Sud.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Freetown :

HMS Colossus

HMS Colossus

-Porte-avions léger HMS Colossus

-8th Cruiser Squadron (8th CS) avec les croiseurs lourds type County HMS Shropshire et Berwick ainsi que le croiseur lourd HMS York

-5th Destroyer Flottilla 2nd Division avec les destroyers type K HMS Khartoum Kelvin Kipling Kimberley

-11th Patrol Flottilla : chalutiers armés HMS Bern, Biggal, Blackbird, Bressay, Brora, Bruray Bryher et Burra

-Deux vedettes anti-sous-marines et deux dragueurs de mines légers pour la protection rapprochée du port

-Pétroliers RFA Belgol (classe Belgol) et RFA War Bharata (classe War)

-Le navire-atelier HMS Resource et la 3rd Submarine Flottilla accompagné du ravitailleur de sous-marins HMS Andaman rejoignent le site après le déclenchement du conflit.

A ces navires s’ajoutent ceux stationnés à Simonstown même si l’éloignement rend son commandement très autonome par rapport à Freetown.

Ces navires sont deux sloops, le HMS Londonderry de classe Grimsby et le HMS Auckland de classe Egret ainsi que deux vedettes ASM et deux cannonières destinés à la protection rapprochée du port.

Fleet Air Arm-South Atlantic Command

Ce commandement créé en février 1948 à comme fleuron le porte-avions léger HMS Colossus chargé avec son 12th Carrier Air Group (12th CAG) et le 8th Seaplane Group, un groupe d’hydravions qui peut être embarqué sur des croiseurs de passage.

12th Carrier Air Group (12th CAG)

Fairey Albacore à l'appontage

Fairey Albacore à l’appontage

-Squadron 887 : six Fairey Albacore (torpillage et lutte anti-sous-marine)

-Squadron 889 : quatre Douglas Dauntless (bombardement en piqué/reconnaissance)

-Squadron 890 : six Grumman Martlet Mk III

-Squadron 892 : six Grumman Martlet Mk III

8th Seaplane Group

Appelé également le squadron 718, il dispose de huit Supermarine Walrus de reconnaissance et de surveillance maritime

Unités de soutien et de servitude

Squadron 917 équipé d’avions de liaison et de servitude avec deux Lockheed Hudson et quatre SNCAO SO-30P

Squadron 918 équipé d’hydravions de servitude avec quatre Saro London

Gibraltar Command

Ce commandement créé en septembre 1947 pour soulager la West African Station regroupe comme son nom l’indique tous les navires stationnés en permanence sur le rocher. Ces navires ont pour mission essentielle de sécuriser l’accès à la Méditerranée et de protéger les convois notamment ceux allant de Freetown à Liverpool.

Quand le second conflit mondial éclate, les navires suivants sont stationnés à Gibraltar :

-9th Destroyer Flottilla : huit destroyers type L, les HMS Laforey Lightning Lookout Loyal à canon de 120mm, les HMS Lance Larne Lively Legion à canon de 102mm

-13th Destroyer Flottilla : six destroyers légers type Hunt I, les HMS Fernie Garth Hambledon Holderness Cotswold et Cottesmore

-6th Escort Flottilla avec six frégates de classe River, les HMS Tay Test Teviot Trent Tweed Waveney en attendant les Wear et Aire.

-5th Minesweeping Flottilla avec des dragueurs de mines de classe Bangor, les HMS Brixham Clacton Cromarty Dormoch Dunbar Greenock Hartlepool et Harwich

-9th Minesweeping Flottilla équipée de chalutiers-dragueurs de mines classe Isle, les HMS Bute Cailiff Caldy Campobello Copinsay Crowlin Cumbrae et Damsay

-Deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage et 4 HDML

-Pétroliers RFA Oligarch (classe Ol) RFA Darkdale (classe Dale) et RFA Brown Ranger (classe Ranger)

West Indies Station

En septembre 1939, on trouvait l’America & West Indies Station chargée de couvrir notamment les Antilles et l’Atlantique Nord.

Neuf ans plus tard, ce commandement est remplacé par la West Indies Station dont l’aire de responsabilité est limité aux Antilles, la couverture des convois depuis Halifax devant être assurée par la Royal Canadian Navy (RCN) avec véritable révolution le passage sous commandement canadien de navires de la Royal Navy.

Basée aux Bermudes, l’escadre des Indes Occidentales regroupe en septembre 1948 les moyens suivants :

la frégate Annan de classe River

la frégate Annan de classe River

-8th Escort Flottilla avec quatre frégates classe River (quatre en construction) avec les HMS Annan Avon Awe et Braid en attendant si les projets sont suivis les HMS Cam Deveron Dovey et Fal

-Sloop HMS Wellington classe Grimsby

-10th Patrol Flottilla : chalutiers armés Ailsa Craig, Annet, Anticosti, Arran, Baffin, Balta, Bardsey, Benbecula,

-Deux vedettes anti-sous-marines, Deux canonnières, deux dragueurs de mines légers

-Pétroliers RFA Abeydale et Broomdale (classe Dale)

-Citerne à eau RFA Freshet

A cela s’ajoute le Fleet Air Arm-West Indies Command qui regroupe les moyens navals stationnés aux Bermudes plus précisément à Boaz Island.

Il ne dispose pas de groupes aériens mais dispose du 7th Seaplane Group/squadron 717 qui dispose des hydravions des croiseurs lourds York Shropshire et Berwick soit six Supermarine Walrus auxquels s’ajoute le squadron 915 équipée d’avions de liaison et de transport (deux Lockheed Hudson et deux Douglas DC-3) ainsi que du squadron 918 équipé d’hydravions de servitude (quatre Supermarine Walrus).

PROGRAMME DE GUERRE

Avant-Propos

Comme tous les pays d’Europe, la Grande Bretagne investit massivement dans le domaine militaire entre 1940 et 1948 ce qui explique le nom donné à cette période, la Pax Armada en référence à la Pax Romana.

Le corps de bataille est renouvelé, la flotte de porte-avions se débarasse de ses navires pionniers souvent inaptes aux opérations de guerre au profit d’unités neuves. La situation est semblable pour les croiseurs, les destroyers et les sous-marins.

Bref en septembre 1948, la Royal Navy à fière allure et prête à en découdre avec une Kriegsmarine nettement plus musclée que neuf ans plus tôt.

Néanmoins au 5 septembre 1948, un certain nombre d’unités sont toujours en construction ou en achèvement à flot.

Dans un premier temps, toutes les constructions sont suspendues et seuls les navires en achèvement à flot pouvant être mis en service dans un délai raisonnable sont priorisés.

La guerre s’annonçant longue, les construction reprennent dans l’immense majorité des cas, des commandes d’urgence sont passées en attendant un vrai programme de guerre.

Navires en construction en septembre 1948

Cuirassés

En septembre 1948, quatre cuirassés de classe Vanguard sont encore en construction, deux en achèvement à flot (HMS Saint Andrews HMS Saint David) et deux encore sur cale (HMS Saint George et HMS Saint Patrick).

La construction ou les travaux sur les quatre unités est suspendue le 5 septembre 1948. Ils reprennent sur le Saint Andrews et le Saint David dès le 20 septembre pour aboutir à la mise en service de ces navires le plus rapidement possible et faire face à la perte de plusieurs cuirassés, le HMS Centurion coulé le 7 octobre 1948 au large de la Norvège (endommagé par une mine puis achevé par l’aviation allemande) et le HMS Howe si gravement endommagé que sa remise en état semble inutile.

Quand au Saint George et au Saint Patrick, décision est prise le 8 novembre 1948 de les achever mais uniquement pour libérer les cales. Leur achèvement n’est pas prévu sauf pertes colossales dans le corps de bataille de la Royal Navy.

Porte-avions

Quand le second conflit mondial éclate, aucun porte-avions n’est en construction pour la Royal Navy.

Croiseurs lourds

La Royal Navy n’à jamais eu une forte appétence pour le croiseur lourd et c’est uniquement pour ne pas être déclassée que l’Amirauté à construit les County, les York puis les Admiral.

Deux croiseurs lourds de classe Admiral, les HMS Marlborough & Blenheim sont en achèvement à flot quand le conflit éclate. Leur achèvement est suspendu le 5 septembre mais il reprend dès le 15 septembre, les travaux étant proches de leur terme.

Croiseurs légers

Quatre croiseurs légers classe Minotaur sont en construction quand les allemands déclenchent l’opération Weserübung en l’occurence les HMS Bellerophon Eagle Defence et Tiger.

Tous sont en achèvement à flot et leur mise en service doit selon les critères du temps de paix s’échelonner entre le printemps et l’automne 1949. Il est cependant plus que probable que les travaux vont être accélérés.

Destroyers

Le renouvellement de la flotte construite à partir de la fin des années vingt avait déjà été entamée avec la construction des destroyers type O et P qui remplacèrent les type A et B.

Les Type C avaient été eux vendus au Canada avant le début de la guerre de Pologne, la première classe à remplacer était le type D.

Huit destroyers type Q sont commandés au printemps 1947 pour remplacer les type D mais aucun n’est en service en septembre 1948, quatre sont en achèvement à flot et quatre encore sur cale.

Les HMS Queenborough Quadrant Quail et Quality ont été lancés au mois d’août. Ils sont donc loin d’être mis en service même en accélérant les travaux au maximum.

Les quatre autres (Quentin Quiberon Quickmatch Quilliam) sont encore sur cale et assez loin du stade du lancement.

Navires légers

Dans le domaine des navires légers, seules quatre frégates de classe River sont en construction quand le second conflit mondial éclate (HMS Cam Deveron Dovey Fal).

Au 5 septembre 1948, quatre cuirassés, deux croiseurs lourds, quatre croiseurs légers, huit destroyers et quatre frégates sont en construction pour la marine britannique.

Dès le début du conflit des commandes d’urgence vont être passées, commandes ultérieurement intégrées dans un War Emergency Programm voté par les Communes le 14 janvier 1949.

Les commandes immédiates

En temps de paix les résistances à l’investissement sont nombreuses et notamment sur le plan financier, les militaires sont souvent vus comme des gens éternellement insatisfaits, on mégote souvent sur l’investissement nécessaire.

Le déclenchement d’un conflit facilite souvent les choses. A l’annonce des débarquements allemands en Norvège et au Danemark, de nombreuses commandes d’urgence sont passées, commandes qui sont ultérieurement intégrées au War Emergency Programm qui pose déjà les bases d’une marine d’après guerre.

En attendant voici la liste des commandes passées par decret dès le début de la guerre :

-Huit porte-avions légers type Colossus

-Seize destroyers type Q, huit à canons de 120mm et huit à canons de 114mm, ces derniers devenant des type R.

-Seize frégates de classe River

-Douze destroyers légers type Hunt IV mais quatre sont rapidement rétrocédés à la jeune Royal South African Navy

Ces commandes étaient parfois bloquées depuis plusieurs mois mais le déclenchement du conflit à fait sauter les différents obstacles et résistances.

Ces commandes sont toutes intégrées dans le programme de guerre, aucun navire n’ayant été livré avant le vote du programme par le parlement britannique.

War Emergency Program

Comme nous l’avons vu plus haut, le programme de guerre est destiné à augmenter rapidement les moyens de la Royal Navy, de combler les pertes mais également d’anticiper sur une marine d’après guerre aux contours flous.

Ce programme voté le 14 janvier 1949 va être ultérieurement scindé en plusieurs tranches en fonction de leur urgence.

Cuirassés

-Aucun cuirassé n’est commandé dans le cadre du programme de guerre en raison de la construction en cours de quatre cuirassés, de l’absence de nouvelles constructions côté allemand et du délai pour la mise en service d’un tel navire (trois à cinq ans).

-Des études sont néanmoins lancées mais sans réelle conviction.

Porte-avions

-Si aucun cuirassé n’est commandé, de nombreux porte-avions sont commandés par la marine britannique, une véritable Carriermania, une frénésie de ponts plats.

Outre la commande de huit Colossus supplémentaires (Ocean Perseus Pioneer Theseus Triumph Venerable Vengeance Warrior) passée dès septembre et intégrée au PG (les fonds débloqués par le decret de commande ont permis l’achat d’une partie de l’acier, des auxiliaires et de l’armement), pas moins de quatorze nouveaux porte-avions légers, moyens et lourds sont commandés.

Deux porte-avions lourds de classe Malta mod. sont commandés. Les premières études prévoyaient la commande de six Malta mod. pour remplacer les Illustrious et les Indefatigable mais le coût tant financier que humain à rendu les amiraux anglais plus circonspects et seulement deux navires ont finalement été commandés, navires baptisés Glorious et Courageous.

Pour remplacer à moindre frais les Illustrious, l’Amirauté décide de commander des porte-avions moyens de classe Audacious, un compromis entre les Colossus/Majestic et les Malta.

Quatre navires sont commandés dans le cadre du programme de guerre, des navires baptisés Audacious Irresistible Africa et New Zealand.

Enfin pas moins de huit Majestic sont commandés. Ces navires sont des dérivés des Colossus, plus grands, plus gros et plus rapides, ces navires exploitant le RETEX (Retour d’Expérience) des Colossus.

Ces huit navires sont baptisés Majestic Terrible Argus Hercules Leviathan Powerful Perseus et Pioneer.

Croiseurs légers

-Quand le conflit éclate, un nouveau modèle de croiseur léger provisoirement désigné comme le type F est en cours de développement dans les bureaux d’études de l’Amirauté. Cette étude lancée en 1946 est loin d’avoir aboutie.

Face à l’urgence, on décide de commander de nouveaux Minotaur, quatre croiseurs légers de 8000 tonnes, 33 noeuds et neuf canons de 152mm en trois tourelles triples.

Ces quatre navires baptisés Conquest Calliope Cambrian et Centaur doivent normalement être suivis par quatre autres navires soit de nouveaux Minotaur ou appartenant au type F si les plans sont prêts à temps.

Si ils appartiennent au type Minotaur, ces navires seront baptisés Canterbury Caledon Calypso et Ceres. Sinon ils recevront de nouveaux noms.

Destroyers

Dans le cadre du programme de guerre, ce sont seize destroyers type Q supplémentaires qui sont commandés pour en théorie remplacer les D mais plus vraisemblablement compenser les pertes du conflit.

La pénurie de canons de 120mm semblant devoir durer, il est décidé que huit des seize type Q supplémentaires seront armés de canons de 114mm, devenant des type R. C’est à cette occasion qu’il est décidé que le canon de 114mm sera désormais la pièce d’artillerie standard des destroyers.

Ces seize destroyers avaient été commandés dès le début du conflit. La Campagne de Norvège ayant vu la perte de six destroyers, la Royal Navy obtient dans le cadre du War Emergency Program la commande de seize destroyers supplémentaires de type S et T (huit chacun) portant le total à trente-deux unités.

Navires légers

Avant même le vote du programme de guerre, des commandes d’urgence sont passées par décret dans la catégorie de la “poussière navale”.

Cette commande s’explique par la crainte de pertes importantes dans les convois translatlantiques mais également durant l’envoi en Norvège du corps expéditionnaire et des navires chargés de le ravitailler.

Seize frégates de classe River et douze Hunt type IV sont commandés dès le 15 septembre, les premiers éléments de coques sont mis sur cale dès le mois d’octobre.

Face aux premières pertes de corvettes, de sloops, de frégates et de destroyers légers, de nouvelles commandes sont passées dans le cadre du War Emergency Programm, vingt-quatre frégates de classe River et seize destroyers type Hunt IV, une partie de ces navires pouvant être mis en oeuvre par les marines des Dominions.

Les dragueurs de mines (minesweeper) peuvent aussi être considérés comme des navires légers et leur cas n’est pas oublié puisque trente-six Algerine, des dragueurs de mines océaniques (Minesweeper oceanic) et vingt-quatre Bangor, des dragueurs de mines côtiers (Minesweeper Coastal).

Quand aux vedettes _lance-torpilles et de sureté_ , elles ne sont pas oubliées avec la commande de trente-deux vedettes lance-torpilles et de quarante-huit vedettes de sécurité (la répartition entre les différents emplois n’à pas été défini).

Sous-marins

Les sous-marins ou plutôt torpilleurs submersibles ne sont pas oubliés même si aucun sous-marin n’est en construction en septembre 1948. Seize type S sont commandés dans le cadre du programme de guerre et seize Amphion ou type A, des sous-marins dits à haute performances si mystérieux que de nombreux fantasmes vont courir sur eux jusqu’à leur mise en service.

Si les seize Amphion seront tous achevés sur ce modèle, les seize type S connaitront un destin différent, seuls huit seront achevés comme des S, les huit derniers formant le type V, un sous-marin médian censé remplacé les type S et les type U.

Navires de soutien

La logistique n’est pas oubliée dans ce programme de guerre avec la commande de navires de charge militarisés et de véritables navires de soutien de type paramilitaire (navire-atelier, mouilleur de mines).

Au profit de la Royal Navy sont commandés quatre navire-ateliers (repair ship) inspirés du HMS Vulcan, deux mouilleurs de mines de type Abdiel (HMS Ariadne et Apollo) qui vont être davantage utilisés comme transports rapides et deux bâtiment-base d’aviation, des navires pouvant soutenir des hydravions au mouillage mais également capable de construire à terre des aérodromes.

Au profit de la Royal Fleet Auxiliary (RFA) sont commandés quatre pétroliers de 15000 tonnes type Dale, six pétroliers-caboteurs de type Ranger, quatre cargos rapides et huit cargos lents.

Grande Bretagne (70) Bases navales (2)

Les autres bases de la Royal Navy

Simonstown

Implantée à False Bay sur la face orientale de la péninsule du Cap, la ville de Simonstown et sa base navale jouent un rôle non négligeable pour la marine britannique, lui permettant de contrôler le Cap de Bonne Espérance. Son rôle à été réduit par l’ouverture du canal de Suez en 1869 mais il n’est pas nul pour autant.

Entre 1940 et 1948, des travaux sont menés pour augmenter les capacités d’accueil des navires, les capacités d’entretien et de ravitaillement.

Les navires stationnés à demeure sont peu importants puisqu’on ne trouve que deux sloops, le HMS Londonderry de classe Grimsby et le HMS Auckland de classe Egret ainsi que deux vedettes ASM et deux cannonières.

Quand le conflit éclate, Simonstown va devenir une escale importante pour certains convois de fret et de troupes mais également la base de la nouvelle Royal South African Navy (RSAN) qui voit le jour en 1945.

Longtemps sans véritables navires, elle se contente de détacher du personnel sur des navires de la Royal Navy ou de la RFA, d’armer des pièces de défense côtière, d’effectuer des taches administratives.

En septembre 1947, elle reçoit deux destroyers type V&W (les HMS Wakeful et Wryneck) pour former des équipages pour des navires de combat avant de mettre en oeuvre quatre Hunt IV commandés seulement en septembre 1948.

C’est donc à bord de navires de la RN que la marine sud-africaine va participer aux premières opérations du second conflit mondial.

Si elle renonce à armer un porte-avions léger type Colossus en l’occurence le Triumph, elle décide de commander quatre Hunt IV supplémentaires et deux destroyers type R pour former une petite mais efficace marine, efficacité augmentée par l’acquisition d’un pétrolier, d’un ravitailleur, de vedettes lance-torpilles et d’hydravions Consolidated Catalina.

Freetown

L’actuelle capitale de la Sierra Leone et son port en eau profonde à été fondée en 1792 par des esclaves affranchis par les abolitionnistes britanniques.

C’est la principale base navale britannique en Afrique noire et c’est de la que partent la majorité des convois venant d’Afrique et ralliant Liverpool.

Le rôle de Freetown augmente avec le déploiement d’un porte-avions léger, le HMS Colossus, véritable navire-amiral de la West African Station qui dispose de moyens importants pour protéger les convois et traquer les raiders allemands.

Comme dans nombre de ports coloniaux, point de base mais l’utilisation du port de commerce avec tout de même des dépôts mais pas de forme de radoub, les grands travaux devant être réalisées chez les froggies à Dakar ou sur le rocher à Gibraltar.

Ce n’est qu’après le début du conflit qu’un dock-flottant commandé aux Etats-Unis sera installé pour permettre de menus travaux.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Freetown :

-Porte-avions léger HMS Colossus

-8th Cruiser Squadron (8th CS) avec les croiseurs lourds type County HMS Shropshire et Berwick ainsi que le croiseur lourd HMS York

-5th Destroyer Flottilla 2nd Division avec les destroyers type K HMS Khartoum Kelvin Kipling Kimberley

-11th Patrol Flottilla : chalutiers armés HMS Bern, Biggal, Blackbird, Bressay, Brora, Bruray Bryher et Burra

-Deux vedettes anti-sous-marines et deux dragueurs de mines légers

-Pétroliers RFA Belgol (classe Belgol) et RFA War Bharata (classe War)

-Le navire-atelier HMS Resource et la 3rd Submarine Flottilla accompagné du ravitailleur de sous-marins HMS Andaman rejoignent le site après le déclenchement du conflit.

Bermudes

Découvert en 1515 par le navigateur espagnol Bermudez (qui lui donna son nom),l’Archipel des Bermudes qui appartient encore aujourd’hui à la Grande-Bretagne (avec néanmoins une grande autonomie) à rapidement attiré l’oeil de Londres qui voyait là une zone stratégique pour le contrôle de l’Atlantique.

La première implantation britannique date de 1609 mais il faut attendre 1684 pour que cette colonisation soit officialisée.

Il faut cependant attendre 1795 pour que soit créé le Royal Navy Dockyard Bermuda destiné à remplacer les bases d’Amérique perdues suite à l’indépendance des treize colonies. En 1818, il devient le siège du commandement de la North American & West Indies Station en remplacement d’Halifax.

Cette base associée à une base de la FAA était toujours active en septembre 1948 pour pouvoir participer à la protection de la navigation commerciale dans l’Atlantique.

Les installations d’entretien sont améliorées. Le terrain ne se prêtant pas à la construction de formes en dur, les travaux sont menés depuis trois dock flottants, un de 250m, un de 170m et un troisième de 120m.

Sont augmentées la capacité des dépôts tandis que les défenses côtières sont régénérées pour éviter un coup de main ennemi.

Plus qu’une occupation en bonne et due forme, on craint un raid comparable aux descentes du temps de la marine à voile. Voilà pourquoi la garnison déployée par la British Army est également renforcée en qualité et en quantité.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés aux Bermudes :

-8th Escort Flottilla avec quatre frégates classe River (quatre en construction) avec les HMS Annan Avon Awe et Braid en attendant si les projets sont suivis les HMS Cam Deveron Dovey et Fal

-Sloop HMS Wellington classe Grimsby

-10th Patrol Flottilla : chalutiers armés Ailsa Craig, Annet, Anticosti, Arran, Baffin, Balta, Bardsey, Benbecula,

-Deux vedettes anti-sous-marines, Deux canonnières, deux dragueurs de mines légers

-Pétroliers RFA Abeydale et Broomdale (classe Dale)

-Citerne à eau RFA Freshet

Gibraltar

En 711, un chef berbère converti à l’islam prénommé Tarik franchit les Colonnes d’Hercules prend pied en Europe marquant le début de sept-cent quatre-vingt une années de domination arabe sur la péninsule ibérique, les différents régimes occupant jusqu’à 2/3 des territoires actuels de l’Espagne et du Portugal.

L’endroit où le conquérant berbère débarqua fût alors connu sous le nom de Djebel-Tarik (“le rocher de Tarik”) qui de déformation en déformation devint Gibraltar.

Sous contrôle castillan de 1309 à 1333, il redevient espagnol en 1492, cette zone stratégique est conquise par les britanniques durant la guerre de succession d’Espagne en 1704. La propriété mais non la souveraineté est reconnue par le traité d’Utrecht en 1714. L’Espagne tente de récupérer le Rocher entre 1779 et 1781 mais échoue.

Zone stratégique, Gibraltar est un point d’appui capital pour la Royal Navy aussi bien pour la longue traversée en direction des Indes que pour ses opérations en Méditerranée.

Sa position stratégique est encore renforcée avec l’ouverture du canal de Suez en 1869 qui permet à la Grande-Bretagne de contrôler les accès est et ouest de la Mare Nostrum.

La base est implantée à l’ouest du rocher, cette base étant baptisée HMS Rooke du nom du général ayant conquis le rocher alors que la base aéronavale qui sert également de base pour la RAF est baptisé HMS Cormoran.

Déjà bien outillée en 1939, elle subit que peu de travaux jusqu’en septembre 1948 (l’autre raison c’est le site très contraint). Tout juste améliore-t-on la capacité des dépôts, les moyens de levage et les équipements d’entretien.

En septembre 1948, les navires déployés à Gibraltar dépendent du Gibraltar Command, un commandement autonome dépendant directement du commandement de la marine britannique.

Ce commandement à pour mission principale la couverture des convois Le Cap-Freetown-Liverpool ainsi que la sécurisation de l’accès à la Méditerranée en liaison avec la marine française qui dispose de forces non négligeables dans son protectorat marocain.

Si aucune unité majeure (cuirassé, croiseur,porte-avions) n’est stationnée à Gibraltar, les forces du Gibraltar Command ne sont pas négligeables :

-9th Destroyer Flottilla : huit destroyers type L, les HMS Laforey Lightning Lookout Loyal à canon de 120mm, les HMS Lance Larne Lively Legion à canon de 102mm

-13th Destroyer Flottilla : six destroyers légers type Hunt I, les HMS Fernie Garth Hambledon Holderness Cotswold et Cottesmore

-6th Escort Flottilla avec six frégates de classe River, les HMS Tay Test Teviot Trent Tweed Waveney en attendant les Wear et Aire.

-5th Minesweeping Flottilla avec des dragueurs de mines de classe Bangor, les HMS Brixham Clacton Cromarty Dormoch Dunbar Greenock Hartlepool et Harwich

-9th Minesweeping Flottilla équipée de chalutiers-dragueurs de mines classe Isle, les HMS Bute Cailiff Caldy Campobello Copinsay Crowlin Cumbrae et Damsay

-Deux canonnières, deux patrouilleurs anti-sous-marins, une vedette de sauvetage et 4 HDML

-Pétroliers RFA Oligarch (classe Ol) RFA Darkdale (classe Dale) et RFA Brown Ranger (classe Ranger)

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Bases de la Mediterranean Fleet

His Majesty Naval Base Malta (HMNB Malta)

La Valette aujourd'hui

La Valette aujourd’hui

La position stratégique de l’île de Malte n’à échappé à personne. Contrôler cet archipel composé de huit îles mais quatre seulement habitées c’était la clé pour contrôler la Méditerranée ou du moins gêner le transit à travers cette mer fermée, cœur du monde jusqu’à la découverte par l’Europe du continent américain.

L’île est successivement phénicienne, carthaginoise, romaine pendant sept siècles (-218 a.C à 395 p.C), vandale, ostrogothes, byzantine, arabe, normande avant de passer de 1529 à 1798 sous souveraineté de l’Ordre de Saint Jean de Jerusalem qui résiste victorieusement aux turcs en 1565.

Occupée par la France en 1798 sur le chemin de l’expédition d’Egypte, l’île passe en 1800 sous domination anglaise, l’île était une colonie et l’était toujours en septembre 1948. A noter qu’en 1802 le traité d’Amiens avait imposé le retour des hospitaliers mais Londres refusa et annexa officiellement l’île en 1816.

Les britanniques vont rester à Malte jusqu’à l’indépendance de l’île accordée seulement en 1968, l’île restant membre du Commonwealth avec la reine Elisabeth II comme chef d’état.

Ce n’est qu’en 1980 que suite à un référendum que Malte devient une république et quitte le Commonwealth of Nations.

Dès leur arrivée au 19ème siècle, les britanniques se préoccupent de faire de l’île une base inexpugnable pour contrôler la Méditerranée.

Avec le détroit de Gibraltar à l’ouest et le canal de Suez à l’est, Malte est l’un des pivots de la politique méditerranéenne de Londres.

Avec l’apparition de l’avion et l’unité italienne, certains s’interrogent sur la possibilité de tenir à Malte sous la menace des bombardiers italiens (voir allemands), d’une puissante flotte de surface stationnée à Tarente.

Dans les années trente, Alexandrie devient la base principale de la Mediterranean Fleet mais Malte continue d’accueillir des unités majeures et si elle ne dispose pas de cuirassés, elle dispose d’un porte-avions.
Pour ce qui est des installations, l’île forteresse dispose de trois formes de radoub, une de 250m, une de 180m et une de 150m, le tout associé à des ateliers de réparation et de fabrication. Des dépôts de ravitaillement sont également présents. En 1947, un dock flottant couvert de 120m arrive pour s’occuper plus spécifiquement des sous-marins.

Les défenses sont modernisées. La DCA est nettement renforcée (au point que les aviateurs italiens surnommeront Malte l’île infernale) et les défenses côtières reçoivent de nouveaux canons qui feront plus que leur office lors de l’opération Merkur montrant l’utilité de défenses côtières intelligemment pensées.

Si les six canons de 15 pouces (381mm provenant des cuirassés type R) installés au nord et au sud de La Valette sont chargées de la défense lointaine, les canons de 6 pouces (152mm) et de 4.7 pouces (120mm) sont chargés de la défense contre un débarquement amphibie ou une descente comme on disait jadis.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Malte

-Porte-avions HMS Ark Royal avec le 2nd Carrier Air Group (2nd CAG)

-Croiseurs légers classe Arethusa HMS Arethusa Galatea Aurora Penelope formant le 3rd Cruiser Squadron (3rd CS)

-Croiseur léger antiaérien classe Dido HMS Royalist théoriquement Destroyer Commander Malta

-Croiseur léger antiaérien classe Dido HMS Bonaventure chargé de la protection antiaérienne rapprochée du HMS Ark Royal.

-Destroyers type G HMS Gallant & Garland chargés de l’escorte du porte-avions Ark Royal

-Six destroyers légers type Hunt (HMS Dulverton Eridge Airedale Albrighton Aldenham Belvoir) formant la 17th Destroyer Flottilla

-4th Submarine Flottilla avec huit sous-marins type U, les HMS Unique Upholder Upright Urchin Urgin Usk Ulmost et Upron

-9th Submarine Flottilla avec huit sous-marins type S, les HMS Salmon Sealion Sterlet Sunfish Satyr Sceptre Sea Dog et Sea Nymph

-Sous-marin mouilleur de mines HMS Porpoise (classe Grampus)

-Sloops HMS Shearwater Guillenot Pintail classe Kingfisher

-Dragueurs de mines classe Bangor HMS Hythe Ifracombe Llanduno Lyme Regis Middlesbrough New Haven Padstow Pohucan formant la 6th Minesweeping Flottilla

-Deux flottilles de vedettes lance-torpilles, les 2nd (MTB-2 4 6 8 10 12 14 16) et 4th MTB (MTB-18 20 22 24 26 28 30 32)

-Deux canonnières, deux patrouileurs ASM et une vedette de sauvetage

-Pétroliers RFA Olwen & Olynthus (type Ol), RFA War Bahadur (type War) RFA Denbydale (type Dale) et RFA Red Ranger (type Ranger)

-Citerne à eau RFA Freshfjord (classe Fresh)

-Cargo rapide RFA Fort Sandusky (classe Fort)

-Navire-atelier HMS Resource (qui doit rejoindre Freetown dès le début du conflit)

-Bâtiment-base de sous-marin HMS Medusa (9th Submarine Flottilla)

-Ravitailleur de sous-marin HMS Rosario (4th Submarine Flottilla)

-Bâtiment-base de vedettes lance-torpilles HMS Vulcan

His Majesty Naval Base Alexandria (HMNB Alexandria)

Le réseau des bases navales britanniques est ancien et relativement bien équipé. Néanmoins la Méditerranée comme on l’à vu manque d’une base parfaitement outillée capable de réparer un navire sans avoir besoin de revenir en Métropole.

Ce manque est identifié mais les budgets manquent pour un investissement de cette ampleur et si la guerre s’était poursuivie après décembre 1939, la Mediterranean Fleet n’aurait eu d’autres choix que de s’appuyer sur la France et ses arsenaux de Bizerte et de Toulon à condition qu’ils soient accessibles.

La guerre de Pologne terminée, la Royal Navy est bien décidée à obtenir les crédits nécessaires pour doter la Flotte de la Méditerranée d’une base digne de ce nom.

Il faut d’abord trouver un site qui soit facilement aménageable, un site qui ne soit pas trop vulnérable à une action ennemi et un site pouvant accueillir les navires stationnés à Alexandrie mais également des renforts pour une action précise.

Chypre colonie anglaise pourrait être un site intéressant mais il est jugé trop proche de la Turquie dont on ignore les desseins et trop excentré pour opérer contre la marine italienne.

Haïfa en Palestine mandataire est aussi étudié mais l’insécurité du mandat SDN et l’incertitude sur le sort futur du territoire (confédération avec la Transjordanie, colonie britannique, indépendance) refroidit les ardeurs des britanniques.

Finalement, la base va être construit à l’ouest d’Alexandrie, la décision étant prise en 1942.

Les plans sont officiellement 100% britanniques mais il semble que les français aient transmis quelques informations sur leurs bases de Mers-El-Kébir et de Cam-Ranh notamment sur la construction des digues.

Le site est en effet totalement artificiel, trois digues sont construites dessinant un plan d’eau de 7,5km² quasiment aussi grand que celui de Portland (9km²), digues encadrant trois passages, Nord, Centre et Sud, passages fermés par des filets, des blockhaus à mitrailleuses défendant l’accès au site comme le découvriront douloureusement la Decima MAS lors de leur troisième attaque contre Alexandrie.

Etant partis d’une feuille vierge, d’un terrain sans constructions ni aménagements préalables, les ingénieurs ont pu dessiner une base parfaitement fonctionnelle ce que lui reprochèrent certains officiers qui la trouvaient sans âme ce à quoi son auteur répondit que c’était les hommes qui faisaient l’âme d’un lieu non les pierres.

D’ouest en est, on trouvait successivement les installations suivantes :

-L’Arsenal ou Repair Ship Installation avec une forme de 300m, une forme de 250m, deux de 150m et un slipway de 120m, associé à de nombreux moyens de levage et de manutention, des dépôts de pièces détachés, des fonderies, des ateliers de réparation d’armes, des ateliers électricité, des ateliers de radiocommunication.

-Les dépôts de munitions, de pièces détachées, de vivres et de carburant. C’est là que s’amarrent les navires de soutien mais également des navires faisant des escales de quelques heures avant de repartir.

-Ensuite se succèdent une Submarine Base, une Cruiser-Destroyer Base et enfin une Battleship Base où est stationné le Corps de Bataille.

-Les navires en escale s’amarrent au Quai d’Honneur installé devant Governor House, la maison où s’installe le commandant en chef de la Mediterranean Fleet en temps de paix, la guerre le voyant soit sur son navire-amiral (en l’occurence le HMS Duke of York) ou dans une base souterraine à terre.

Les défenses côtières ne sont pas oubliées, deux forts sont construits, l’un à l’est et l’autre à l’ouest, des forts identiques avec quatre canons de six pouces (152mm) sous masque associés à huit canons de 4 pouces (102mm) dual. La défense contre l’infanterie n’est pas oublié avec des créneaux FM et des mortiers de 3 pouces (76.2mm) tout comme la défense antiaérienne composée de huit canons de 20mm Oerlikon.

Côté terre, des blockhaus sont construits en août 1948, blockhaus armés de fusils-mitrailleurs, de mitrailleuses, de mortiers et de canons antichars.

La base est considérée comme opérationnelle le 21 octobre 1947 même si dès 1945 les navires britanniques viennent y faire escale. Le chantier générait une intense poussière associé au sable du désert fit que les navires étant souvent recouvert d’une couche de poussière au point que le port fût surnommé Dust Harbor, Port-Poussière.

Moins d’un an plus tard, la guerre éclate et la base navale d’Alexandrie va devoir faire ses preuves, les navires suivants y étant stationnés :

-Le corps de bataille de la Mediterranean Fleet est entièrement rassemblé à Alexandrie à la fois parce qu’à l’ouest de Malte la flotte française dispose de nombreux cuirassés (dix unités dont huit modernes et deux refondues) et que la présence d’un cuirassé à Malte est jugé non pertinente car l’île vulnérable aux bombardements aériens. Les cuirassés suivants sont basés à Alexandrie :

-Cuirassés classe Nelson HMS Nelson et Rodney

-Cuirassés classe King George V HMS Duke of York et Prince of Wales

-Cuirassés classe Queen Elisabeth HMS Barham et Valiant

-Pour couvrir ses cuirassés, la Mediterranean Fleet dispose de deux porte-avions, un porte-avions médian et un porte-avions lourd, le premier étant le HMS Indomitable de classe Illustrious et le second le HMS Furious, le quatrième porte-avions de classe Malta.

-Les croiseurs ne sont pas oubliés, ces navires devant être le fer de lance de l’assaut britannique sur les lignes de communication italiens entre la péninsule italique et l’actuelle Libye sans oublier les liaisons avec le Dodécannèse.

-1st Cruiser Squadron : croiseurs lourds classe Admiral, les HMS Hawke Raleigh Drake

-13th Cruiser Squadron : croiseurs légers classe Crown Colony HMS Newfoundland et Uganda

-Le croiseur léger antiaérien classe Dido HMS Spartan sert de navire-amiral pour le Destroyer Commander Egypt

-Les croiseurs légers antiaériens classe Dido HMS Hermione et Phoebe assurent la protection des deux porte-avions alexandrins.

-Pour protéger les six cuirassés et les deux porte-avions, il faut des destroyers. Plusieurs flottilles sont déployées à Alexandrie pour cette mission.

-1st Destroyer Flottilla : six destroyers type G, les HMS Glowworm Greyhound Grafton Grenade Griffin et Grenville

-3rd Destroyer Flottilla : neuf destroyers type I, les HMS Icarus Imogen Isis Inglefield Imperial Ilex Intrepid Ivanhoe Impulsive

-21th Destroyer Flottilla : huit destroyers type D, les HMS Duncan Dainty Daring Decoy Defender Deligh Diamond Diana

-Sous-marins type U HMS Umbra Unbending Unbroken Unison United Unrivalled Unruffied formant la 6th Submarine Flottilla

-Dragueurs de mines classe Halcyon HMS Hazard Leda Sharpshooter Brittonait Scoot Speedy et Sphinx formant la 3rd Minesweeping Flottilla

-Sloop classe Grimsby, le HMS Aberdeen ancien navire-amiral de la Mediterranean Fleet chargé désormais de la défense du port d’Alexandrie et de la base navale
-Deux canonnières, une vedette émettrice de fumée, quatre vedettes anti-sous-marines, deux dragueurs de mines légers, quatre Harbor Defence Motor Launch (HDML)

-Pétrolier RFA Pearleaf classe Trinol, RFA Olcades classe Ol, RFA War Sirdar et Patham classe War, RFA Blythswood classe Dale, RFA White Ranger classe Ranger

-Citerne à eau RFA Freshmere et Freshlake classe Fresh

-Transport de produits pétroliers RFA Petrobus

-Cargo rapide RFA Duquesne

-Poseur de filets HMS Protector

-Bâtiment-base de sous-marins HMS Maidstone

-Mouilleur de mines HMS Welshman

Bases de la British Eastern Fleet

Avant-propos

En 1902, l’Angleterre et le Japon signe un traité d’alliance ce qui permet à Londres de concentrer ses forces en Europe. Ce traité qui resta en vigueur jusqu’en 1922 et la signature du traité de Washington n’empêcha pas la Royal Navy de disposer de forces navales en Extrême-Orient.

Qui dit forces dit bases et dès son implantation dans la région, la Royal Navy à aménagé des bases pour permettre à sa flotter d’opérer et surtout de durer.

Dans cette AOR (Area of Responsability) immense allant du Cap de Bon Espérance à Hong Kong, la Royal Navy dispose en septembre 1948 de nombreuses bases plus ou moins bien équipées, plus ou moins aptes à soutenir des escadres.

La base principale est implantée à Singapour à l’extrémité sud de la péninsule malaise à la sortie du Détroit de Malacca. C’est là qu’est installé l’état-major de la British Eastern Fleet qui remplace la China Station en 1947.

Surnomé le “Gibraltar de l’Extrême-Orient”, Singapour est une base solidement fortifiée et après de gros travaux parfaitement outillée pour soutenir les deux porte-avions et les trois cuirassés déployés depuis cette base.

L’action de cette base est relayée au nord par la base d’Alor Setar à l’entrée du détroit de Malacca et par la base de Kuching sur l’île de Borneo, une base qui est plus un dépôt de ravitaillement qu’une véritable base opérationnelle.

La majeure partie des forces britanniques sont stationnées dans ces bases en raison de l’importance de la barrière malaise.

Avec une Thaïlande au comportement incertain, la défense de la Malaisie et de Singapour par des forces navales associées aux Pays Bas (Indes Néerlandaises avec trois croiseurs de bataille et un porte-avions léger) voir plus lointainement la France en Indochine et les Etats-Unis aux Phillipines est capitale pour protéger l’Inde.

Paradoxalement le joyau de l’Empire britannique n’abrite que peu de forces navales et aucune base navale comparable à Singapour. Les moyens d’entretien et de ravitaillement présents à Calcutta et Bombay sont limitées.

Ce n’est pas le cas de Triconmalee sur l’île de Ceylan où les capacités de ravitaillement et d’entretien sont importantes, cette base étant une réplique de la base de Singapour, une façon de limiter les conséquences d’une chute de cette base en cas d’invasion de la Malaisie.

Certes en septembre 1948 personne ne pense sérieusement que les japonais pourront envahir et conquérir la Malaisie mais le pouvoir politique britannique préfère se réserver une solution de repli au cas où.

Les autres bases de la British Eastern Fleet sont des bases à l’importance “secondaire” avec Hong Kong qui en dépit de ce statut dispose de cinq croiseurs légers.

Les installations d’entretien sont très limitées, les grands carénages ne pouvant se faire qu’à Singapour même si suite à un accord qui ne sera jamais appliqué faute de temps, l’utilisation de Cavite et de Subic Bay (Phillipines) ainsi que de Cam-Ranh en Indochine était possible.

Aden dispose de moyens d’entretien limitées, rendant peu probable le déploiement d’une escadre importante mais ils sont suffisants pour permettre le déploiement de croiseurs et d’un porte-avions léger chargés de couvrir le passage des convois allant ou venant d’Océanie et d’Extrême-Orient et de traquer les raiders allemands.

La base navale de Simonstown située en Afrique du Sud est considérée comme une base de la British Eastern Fleet même si sa situation excentrée la rend au final peu efficiente.

His Majesty Naval Base Singapour (HMNB Singapore)

Le QG de la British Eastern Fleet à Singapour

Le QG de la British Eastern Fleet à Singapour

“La ville aux lions” (bien qu’il n’ait jamais eu de lions sur l’île) est occupée par les anglais au moment des guerres napoléoniennes quand les néerlandais perdirent leur indépendance, Napoléon Bonaparte lassé de la volonté d’indépendance de son frère Louis finissant par annexer les Pays-Bas.

Napoléon vaincu, le traité de Paris partage la région entre les Pays-Bas et la Grande-Bretagne, cette dernière recevant la Malaisie et Singapour.

Officiellement l’île appartient au sultan de Johore et ce n’est qu’en 1819 que l’île est acheté par Londres au Sultan. La ville de Singapour est fondé par Thomas Straffles le 29 janvier 1819 et devient rapidement une base stratégique pour la Royal Navy.

La colonie de Singapour se compose de l’île de Pujau Ulong et de dépendances soit une superficie globale de 581 km².

La base navale aurait pu être installée au sud de l’île mais en réalité elle est installée sur la rive nord, en face de Johor, séparé de Singapour par le détroit du même nom même si depuis 1924 une chaussée relie l’île à la péninsule malaise.

Les travaux commencent en 1923, sont menés avec lenteur jusqu’en 1931 mais sont peu à peu accélérés et considérés comme achevés en 1939.

Cette base dispose à cette époque du plus grand bassin de radoub du monde et du troisième plus grand dock-flottant. Les dépôts de carburants ont suffisamment de stocks pour soutenir la totalité de la Royal Navy pour six mois !

Les défenses sont particulièrement soignées avec cinq canons de 15 pouces (381mm) installés à Changi pour trois d’entre-eux et deux à Buena Vista, couvrant la côte ouest de l’île de Singapour.

Des canons d’un calibre plus faible (9.2 pouces soit 234mm, 8 pouces soit 203mm et 6 pouces soit 152mm) sont installés au sud et à l’est pour une défense à 360°, ces canons à la différence des canons de 15 pouces étaient orientables à 360°.

La défense rapprochée de la base navale contre un assaut d’infanterie est assurée par des blockhaus munis de canons antichars de 6 pouces, de mitrailleuses de 7.7mm, de fusils-mitrailleurs et de mortiers de 3 pouces.

La DCA est composée de six batteries, deux lourdes équipées de canons de 94mm et quatre légères équipées de canons Oerlikon de 20mm et Bofors de 40mm.

Les installations de la base sont agrandies entre 1943 et 1948 pour permettre l’accueil permanent de trois cuirassés et de deux porte-avions médians.

Aussi quand la guerre éclate en Europe, la HMNB Singapore dispose des installations suivantes :

Le RMS Queen Mary en 1949. Réquisitionné en septembre 1948, il est transformé en transport de troupes et envoyé en Extrême-Orient pour transférer au Moyen-Orient des unités australiennes et néo-zélandaises

Le RMS Queen Mary en 1949. Réquisitionné en septembre 1948, il est transformé en transport de troupes et envoyé en Extrême-Orient pour transférer au Moyen-Orient des unités australiennes et néo-zélandaises. Il est photographié ici dans un bassin de Singapour

-Une forme de radoub de 400m de long pouvant être divisée en deux ou trois formes indépendantes

-Un dock-flottant de 250m

-Deux formes de radoub de 250m

-Un slipway de 150m

-Des ateliers, des dépôts de carburant, de munitions, de vivres…. .

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Singapour :

-Cuirassés Queen Elizabeth Malaya Warspite formant le 3th Battle Squadron

-Porte-avions HMS Implacable et Indefatigable

-Croiseurs légers HMS Dido et HMS Cleopatra chargés de la protection antiaérienne des porte-avions
-2nd Destroyer Flottilla : neuf sous-marins type H, les HMS Hunter Hostile Hero Hasty Hardy Hereward Hyperion Hotspur Havock

-4th Destroyer Flottilla : destroyers classe Tribal mais seuls les HMS Afridi Gurkha Mohawk Sikh sont stationnés à Singapour, les quatre autres (HMS Cossack Maori Nubian Zulu) sont détachés à Hong Kong.

-2nd Minesweeping Flottilla équipée de dragueurs de mines classe Halcyon, les HMS Skipjack Niger Gleaner Jason Seagull Bramble

-Sous-marins classe River HMS Thames Severn Clyde hors rang

-5th Submarine Flottilla avec des sous-marins type T ou classe Triton les HMS Tribune Taku Tigris Tuna Torbay Thraser Trusty et Trespasser

-5th MotorTorpedoBoat Flottilla (5th MTB Flottilla) avec les vedettes MTB 33 35 37 39 41 43 45 47

-7th MotorTorpedoBoat Flottilla (7th MTB Flottilla) avec les vedettes MTB 48 49 50 51 52 53 54 et 55

-Deux canonnières et une vedette émettrice de fumée

-Pétrolier RFA Plumleaf classe Trinol RFA Oleander classe Ol RFA War Methar et le War Nawab classe War RFA Dewdale classe Dale

-Transports de produits pétroliers RFA Petronel

-Ponton pétrolier RFA Ruthenia

-Cargo rapide RFA Fort Rosalie

-Bâtiment-dépôt de sous-marin HMS Titania soutien de la 5th Submarine Flottilla

-Mouilleur de mines HMS Manxman

Alor Setar (His Majesty Naval Base Alor Setar)

Singapour était la base principale de la British Eastern Fleet (BEF) au débouché du détroit de Malacca, un immense corridor long de 800km orienté SE/NW et d’une largeur variable entre 2.8km au sud jusqu’à 320km dans sa partie la plus large.

Singapour ayant déjà fort à faire vers l’est et la menace japonaise, germa rapidement l’idée d’une base au nord du détroit pour pouvoir verouiller son accès depuis le Golfe du Bengale.

Le site d’Alor Setar situé à proximité de la frontière avec le royaume de Thaïlande fût choisit en 1941 dans le cadre plus global d’un renforcement des positions de l’armée britannique dans la région, une importante base aérienne pouvant accueillir des bombardiers lourds fût aménagée ainsi qu’une ligne fortifiée pour se prémunir d’une invasion thaï (peu probable) et surtout d’un passage des troupes japonaises.
Il ne faudrait pas croire qu’il s’agit d’une copie de la base navale de Singapour, la base d’Alor Setar dispose d’infrastructures nettement moins développées que ce soit sur le plan de l’entretien ou au niveau des défenses côtières.

Les travaux sont menés entre 1943 et 1948 avec la construction d’un bassin obtenu par une digue artificielle. Ce bassin sert de zone de mouillage pour les navires attendant de traverser en convoi le détroit de Malacca ou attendant de décharger.

Les navires déployés en permanence à Alor Setar dispose d’une zone comparable au quai des Flottilles à Brest.

La base dispose de dépôts de carburant, de vivres, de munitions et de pièces détachées ainsi qu’un arsenal capable de mener des travaux relativement importants.

Outre les ateliers et les moyens de levage, on trouve un bassin de radoub de 250m de long, un dock flottant de 170m de long et un slipway de 100m, le premier était davantage destiné aux navires de surface, le second couvert étant plus destiné à des sous-marins (même si aucun sous-marin n’est stationné à demeure) et le dernier pour les unités légères.

Quand la seconde guerre mondiale éclate en septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Alor Setar :

-5th Cruiser Squadron avec les croiseurs lourds London Dorsetshire Norfolk

-Deux canonnières et une vedette de sauvetage

-Citerne à eau RFA Freshbrook classe Fresh

-Pétrolier RFA War Afridi classe War

Dépôt logistique de Kuching

Kuching est la principale ville du Sultanat de Sarawak placé sous le protectorat britannique à partir de 1946.

Cette ville est choisit pour servir de dépôt logistique à la British Eastern Fleet. Il ne s’agit pas à proprement parlé d’une base mais d’un dépot logistique avec un mouillage protégé pour une escadre.

Quelques fortifications protègent le dépôt d’un assaut côté mer et côté terre. Une base de la RAF permet d’assurer la couverture aérienne du dépôt sans oublier que des avions du Coastal Command pourront ainsi surveiller la South China Sea (Mer de Chine Méridionale).

Aucun navire n’est stationné à demeure à Kuching mais au moment où commence le second conflit mondial en septembre 1948, deux chalutiers sont réquisitionnés et transformés en patrouilleurs de surêté.

Ce n’est qu’au printemps suivant qu’un cargo apportera des vedettes de sécurité pour protéger les accès au dépôt.
Hong Kong

Avant la British Eastern Fleet, il y avait la China Station chargée de défendre les intérêts britanniques en Extrême-Orient. Hong-Kong port en eau profonde était le lieu tout désigné pour accueillir des moyens navals importants.

Longtemps il n’y eut pas de véritable base navale mais des travaux sont menés entre 1945 et 1947 pour aménager en zone militaire une partie du port de commerce pour pouvoir des navires importants type croiseur, l’accueil de cuirassés ou de porte-avions semblant difficile.

La capacité des dépôts est augmenté tout comme les capacités d’entretien. Hong-Kong ne permet pas de réaliser des travaux très poussés mais avec son bassin de 210m et un dock flottant de 150m, le port de la colonie britannique peut assurer l’entretien courant et les réparations après avaries.

Les défenses côtières sont également renforcées même si leur efficacité en cas d’attaque japonaise ne peut être que limitée.

En septembre 1948, les forces navales stationnées à Hong Kong étaient regroupées au sein du China Squadron. Elles n’étaient pas négligeables comme vous pouvez le constater :

-6th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Neptune Ajax et Orion

-15th Cruiser Ssquadron avec les croiseurs légers Mauritius et Ceylon

-Destroyers classe Tribal HMS Cossack Maori Nubian Zulu détachés de la 4th Destroyer Flottilla de Singapour

-Sloop classe Grimsby HMS Lowestoft

-6th Motor TorpedoBoat Flottilla (6th MTB) avec les vedettes lance-torpilles MTB 34 36 3840 42 44 46 et 48

-Deux canonnières

-8th Submarine Flottilla avec les sous-marins type U HMS Unruly Unseen Ultor Unshaken Unsparing Usurper Universal et Untaned

-Pétroliers RFA Serbol classe Belgol et RFA Orange Ranger classe Ranger

-Ravitailleur de sous-marins HMS Pactolus

Triconmalee

L’île de Ceylan colonie britannique depuis 1815 à une position stratégique, une sorte d’avant-poste du sous-continent indien.

Contrôler cette île c’était le plus sur moyen de contrôler l’Océan Indien. Pour utiliser au mieux cette île, il faut une base, cette base étant Triconmalee située à l’est de l’île.
Les britanniques occupent la région en 1795 chassant les néerlandais, le territoire étant absorbé par la colonie de Ceylan en 1815

Magnifique port naturel, accessible par tous les temps et par toutes les embarcations, Triconmalee était tout indiquée pour recevoir une véritable base navale.

Malheureusement les budgets limités ne permirent pas avant la fin des années trente de construire cette base navale.

Même après le début des années quarante les budgets ne permirent pas d’aboutir au rêve des planificateurs britanniques de faire de Triconmalee le miroir de Singapour.

Néanmoins en septembre 1948, les installation sont nettement plus dévellopées que neuf ans plus tôt.

Des dépôts supplémentaires de carburant, de vivres, de munitions et de pièces détachées sont construits, des dépôts enterrés pour réduire leur vulnérabilité à une frappe aérienne.

Un Arsenal la Ceylon Ship Repair Base est construite avec deux formes de 300m, une forme de 150m,un dock-flottant de 150m et un slipway de 100m.

Les défenses côtières sont renforcées et les installations d’accueil des navires sont améliorées, le site étant profondément dragué pour pouvoir accueillir des navires au tirant d’eau plus important.

Comme à Kuching, une base aérienne est construite à proximité pour couvrir le Golfe du Bengale.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés à Triconmalee :

-Sloop HMS Grimsby classe Grimsby

-Pétrolier RFA War Sudra classe War

D’autres navires rejoindront la base quand le conflit éclatera en Europe pour renforcer la protection de cette base stratégique car couvrant l’Océan Indien.

Aden

Situé dans l’actuel Yemen, la ville d’Aden est situé au débouché de la mer Rouge au delà du détroit de Bab-el-Mandeb à une situation stratégique qui n’à échappé à personne et surtout pas aux britanniques.

Ces derniers qui ont décidé de faire l’Inde le joyau de leur Empire sont exaspérés par les attaques de piraterie contre les navires allant et venant de cette possession gérée jusqu’en 1858 par l’East India Company.

Ils occupent la région dès 1838 et peu à peu le territoire d’origine s’étend, la dernière extension datant de 1915.

En 1937, la colonie d’Aden quitte le giron indien et devient une colonie royale ou Crown Colony.
Sur le plan maritime et naval, Aden devient une station de ravitaillement en eau et en charbon pour les navires marchands permettant à la ville une formidable croissance, le retour d’une période de prospérité que la ville avait connu jadis.

La Royal Navy s’installe également dans la région, des moyens navals importants pour couvrir l’Océan Indien.

Il s’agit de traquer les raiders allemands et de couvrir le passage au Moyen-Orient les troupes venues des Dominions, l’Australie et la Nouvelle-Zélande devant envoyer dans la région plusieurs divisions pour participer à la défense de l’Egypte ainsi qu’à la conquête de l’Africa Septentrionale Italiana (ASI) _future Libye_ .

Une véritable base navale aurait été utile mais les budgets ne sont pas extensibles et les investissements importants consentis pour Singapour, Kuching et Triconmalee ont absorbé les fonds nécessaires.

Quelques travaux sont réalisés mais ils sont bien insuffisants. Une forme de 250m permet de radouber un croiseur mais ni un cuirassé ni un porte-avions lourd. Les ateliers permettent des réparations d’urgence mais pour un grand carénage il fallait se rendre à Singapour ou à Alexandrie.

Les dépôts de carburant, de munitions, de vivres et de pièces détachées sont cependant importants.

Les défenses côtières sont modestes mais la menace est faible.

En septembre 1948, les navires suivants sont déployés depuis Aden :

-Porte-avions léger HMS Glory

-9th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Durban Dauntless Delhi (classe Danae ou type D)

-14th Cruiser Squadron avec les croiseurs légers Fiji et Jamaica (classe Crown Colony)

-5th Destroyer Flottilla 1st Division avec quatre destroyers type K, les HMS Kelly Kingston Kandahar et Kashmir

-3rd Submarine Flottilla avec les sous-marins de classe Triton (type T), les HMS Thetis Triumph Thistie Tetrach Thorn Trooper Tutankhamen

-Deux canonnières et une vitesse de sauvetage

-Pétrolier RFA Easdale (classe Dale) et Yellow Ranger (classe Ranger)

-Citerne à eau RFA Freshener classe Fresh

-Ravitailleur de sous-marins HMS Adaman

Dès le début du conflit une partie des moyens vont quitter la zone calme pour rallier des zones jugées plus importantes. C’est le cas de la flottille de sous-marins qui va rallier l’Atlantique.
Bombay et Calcutta

Depuis 1867, l’Inde est un Empire, le roi ou la reine de Grande-Bretagne et d’Irlande (puis d’Irlande du Nord) est également empereur/impératrice ds Indes.

Les Indes britanniques sont le joyau de l’Empire britannique mais curieusement aucune base navale majeure n’est installé dans le pays, les ports de Bombay et de Calcutta accueillant des navires de la Royal Navy et de la Royal Indian Navy mais sans base royale ni arsenal digne de ce nom.

Les navires de l’India Station (qui à également autorité sur les navires stationnés à Aden et Triconmalee) stationnés en Inde sont donc tributaires des ports de commerce avec les limites que cela implique.

Aucun projet de base navale n’à semble-t-il été réellement étudié pour une raison que nous ignorons encore aujourd’hui.

En septembre 1948, les navires suivants sont stationnés en Inde :

-A Bombay sur la côte occidentale de l’Inde, la Royal Navy est en réalité absente puisque les seuls navires qui y sont stationnés sont des navires de la Royal Fleet Auxiliary (RFA) en l’occurence les pétroliers RFA Olna et Dingledale ainsi que la citerne à eau RFA Freshburn. Ils sont accompagnés par six sloops de la marine indienne, quatre Black Swan (HMIS Sutlej Jumma Narbada Godavari) et deux Improved Black Swan (HMIS Kistna et Cauvery).

-A Calcutta, le sloop HMIS Hindustan est stationné pour couvrir le Golfe du Bengale en liaison avec les navires stationnés à Alor Setar.

A noter qu’un sloop, le HMS Deptford (classe Grimsby) est stationné à Oman pour patrouiller dans le Golfe Persique et surveiller les menées du Shah d’Iran dont les sympathies pro-allemandes et itaiennes sont connues.