24-Armée de l’air (7)

Bloch MB-152

Bloch MB-152

Bloch MB-152

Al’origine du Bloch MB-152 et de son dérivé MB-155, se trouve le programme C1 de chasseur monoplace qui réclamait un chasseur capable d’atteindre 400 km/h à l’altitude de rétablissement.

Ce programme modifié à plusieurs reprises allait donner naissance à la majorité des chasseurs monoplaces en service en septembre 1939 et bien au delà.

Plusieurs projets de chasseurs monoplaces furent proposés à l’armée de l’air qu’il s’agisse du Loire 250, du Dewoitine D-513, le Nieuport 161, du Morane-Saulnier MS-405 et du Bloch MB-150 mais seuls les deux premiers allaient aboutir à une production en série sous une forme dérivée (MS-406 pour le premier, MB-151 et 152 pour le second).

Dire que le Bloch MB-150 est né sous de mauvais auspices c’est un euphémisme car le jour de son vol inaugural, le 17 juillet 1936, l’appareil refusa de s’arracher du sol !

Cela entraina l’abandon temporaire du projet et il fallut attendre 1937 pour que le projet soit repris bien que le MS-405 ait été choisit par l’Etat pour être produit en série sous le nom de MS-406.

Modifié, le nouveau MB-150 effectue son premier vol le 29 septembre 1937 et se révèle un appareil facile à piloter mais sous-motorisé, il peine à atteindre la vitesse demandée.

Néanmoins le dévellopement continue avec la commande en janvier 1938 de trois prototypes baptisés MB-152, MB-153 et MB-154 pour tester trois motorisations différentes.

En mars, 25 appareils de pré-série et 450 options sont commandées pour se couvrir des retards importants du MS-406.

Le dévellopement de l’appareil fût encore ralentie par la décision de reprendre le design de l’appareil à zéro pour faciliter la production, le MB-150 devenant à cette occasion le MB-151.

Effectuant son premier vol le 18 août 1938, cette version se révéla meilleure que les précédentes mais uniquement dans une certaine médiocrité ce qui explique que la production de cette version fût très limitée soit 144 appareils (85 pour l’armée de l’air, 30 pour l’aéronavale, 4 pour essais à la SNCASO et 25 à l’armée de l’air grecque).

Le MB-152 allait donc être la principale version de série de cette famille. Effectuant son premier vol le 15 décembre 1938, cet appareil est commandé à 432 exemplaires (407 de série et 25 de pré-série), chiffre qui aurait du passer à 932 avec une commande de guerre de 500 exemplaires mais cette commande fût annulée en décembre 1939 suite à la fin prématurée de la guerre de Pologne.

La production fût comme pour les autres appareils de l’époque désespérement lente et en mai 1939, seulement 22 appareils MB 151/152 avaient été produits et dix livrés à l’armée de l’air !

Au final, ce sont 488 MB-152 qui allaient être produits par la SNCASO, appareils qui allaient équiper un total de huit groupes de chasse :

-Le Groupe de Chasse n°1 de la 1ère Escadre de Chasse ou GC I/1

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 1ère Escadre de Chasse ou GC II/1

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 10ème Escadre de Chasse ou GC II/10

-Le Groupe de Chasse n°3 de la 10ème Escadre de Chasse ou GC III/10

-Le Groupe de Chasse n°1 de la 8ème Escadre de Chasse ou GC I/8

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 8ème Escadre de Chasse ou GC II/8

-Le Groupe de Chasse n°2 de la 9ème Escadre de Chasse ou GC II/9

-Le Groupe de Chasse n°3 de la 9ème Escadre de Chasse ou GC III/9

Cela nous donne un total de 216 appareils laissant pas moins de 272 appareils en stock comme volant de fonctionnement et remplacement des appareils perdus.

Le MB-152 se révélant vite dépassé, są production ne va pas s’etendre au delà de la commande passée fin 1938 début 1939.

Si la production s’arrête en décembre 1940, son remplacement par le MB-155 commence dès le mois de septembre 1940 et s’achève en janvier 1942.

Sur les 488 exemplaires produits, 216 appareils furent mis en ligne au plus fort du court service du MB-152.

Sur les 216 appareils en service, 80 furent perdus pour cause diverses et remplacés par des appareils stockés réduisant la flotte totale à 408 appareils.

Sur ces 408 appareils restants, 100 furent réformés pour usure et défaux structurels, 250 transformés en MB-155 et 58 stockés comme MB-152 ou utilisés comme appareils d’entrainement ou de tests.

 Caractéristiques Techniques du Bloch MB-151

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2070kg en charge 2522kg

Dimensions : envergure 10.52m longueur 9.10m hauteur 3.96m

Motorisation : moteur Gnôme-Rhône 14 N-11 ou N-35 14 cylindres en étoile refroidit en air développant 865ch au décollage (920ch à 3000m) entrainant une hélice Gnôme-Rhône métallique tripale de 3.05m de diamètre

Performances : vitesse maximale 470 km/h à 5000m Autonomie maximale 650km Plafond : 10080m

Armement : quatre mitrailleuses MAC-34 de 7.5mm (deux dans chaque aile) alimentée à 300 coups chacune

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-152

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2100kg en charge 2800kg

Dimensions : envergure 10.57m longueur 9.10m hauteur 3.96m

Motorisation : moteur Gnôme-Rhône 14 N-25 ou N-49 14 cylindres en double étoile refroidit en air développant 1130/1180ch au décollage et 1000/1070ch à 3000 mètres entrainant une hélice Gnôme-Rhône ou Chauvière métallique tripale de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 482 à 510 km/h à 5000m Autonomie maximale à 5500m : 540/580km Plafond : 10300/11050m

Armement : chaque aile dispose de deux mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 alimentées à 300 coups chacun et un canon de 20mm Hispano-Suiza HS 404 alimenté à 60 coups

Bloch MB-155

Bloch MB-155

Bloch MB-155

Comme nous venons de le voir, la genèse du MB 150/151/152 à été compliquée et le MB-152 était un appareil loin d’être parfait ce qui explique są carrière très courte dans l’armée de l’air française.

Le 3 avril 1940, le prototype du MB-155 effectue son premier vol. Cet appareil est un MB-152 sensiblement modifié avec un capot moteur plus large, un poste de pilotage décalé vers l’arrière pour conserver le même centre de gravité après la mise en place d’un réservoir plus important.

Le moteur Gnôme-Rhône 14 N-49 du MB-152 est conservé mais les jambes de force de l’empennage horizontal sont supprimés et il est le premier appareil où les canons étaient alimentés en bande-chargeurs et non plus en chargeurs tambours.

A l’origine, il était prévu 400 MB-155 neufs mais au final, l’armée de l’air préféra privilégier des appareils plus modernes et surtout au potentiel d’évolution plus important. Aussi seuls 150 exemplaires neufs furent construits, les autres étant des reconstructions de MB-152.

Ces MB-155 équipèrent six groupes précédement équipés de MB-152, les premiers appareils étant livrés en septembre 1940 et les derniers en janvier 1942 aux 8ème et 9ème Escadre (les groupes de chasse de la 1ère escadre recevant le VG-33 et la 10ème le VG-39).

A partir de septembre 1943, les huit groupes équipés commencent leur transformation sur un appareil plus moderne en l’occurence le Bloch MB-157 sans conteste le meilleur chasseur français en service en septembre 1948 avec son dérivé, le MB-159. Cette transformation qui devait s’achever en mars 1945 ne sera terminée qu’en septembre de la même année.

En septembre 1948, les seuls MB-155 encore en service dans l’armée de l’air sont les vingt-sept appareils déployés à Djibouti au sein du Groupe de Chasse Colonial de l’Afrique Equatoriale Française (AEF).

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-155

Type : chasseur monoplace monomoteur

Poids : à vide 2140kg en charge 2900kg

Dimensions : envergure 10.57m longueur 9.10m hauteur 3.96m

Motorisation : moteur Gnôme-Rhône 14 N-49 14 cylindres en double étoile refroidit en air développant 1100ch entrainant une hélice Gnôme-Rhône ou Chauvière métallique tripale de 3m de diamètre

Performances : vitesse maximale 520 km/h à 5000m Autonomie maximale à 5500m : 1050km Plafond : 11740m

Armement : chaque aile dispose de deux mitrailleuses de 7.5mm MAC 34 alimentées à 300 coups chacun et un canon de 20mm Hispano-Suiza HS 404 alimenté à 60 coups

17-Aviation navale (37)

3-Les avions et les hydravions en service

A-Avions de chasse

Dewoitine D-373 et D-376

Dewoitine D-373 à l'appontage sur le Béarn

Dewoitine D-373 à l’appontage sur le Béarn

Ce sont les chasseurs standards de l’Aéronavale quand éclate la guerre de Pologne. Chasseurs monoplans parasol, ils sont issus du Dewoitine D-37 qui avait donné naissance aux D.371 et D.372 utilisés de manière éphémère par l’armée de l’air.

Wibault 74 décollant du Béarn

Wibault 74 décollant du Béarn

Cherchant à remplacer ses Wibault 74, elle passa commande de 20 Dewoitine D-373 mais leur mise au point fût très longue ce qui explique que ces appareils ne furent mis en service qu’en décembre 1938 en compagnie de 25 Dewoitine D-376 commandés ultérieurement avec un système de repliage  qui ne fût jamais au point.

En septembre 1939, ces appareils équipent les deux escadrilles de chasse de la 1ère flottille d’aviation (F1A), le groupe aérien du Béarn.

Ce groupe aérien est débarqué et les escadrilles dispersées. L’escadrille AC-1 (quatre D-373 et treize D-376) est déployée à Calais-Marck alors que l’escadrille AC-2 (quatre D-373 et onze D-376) est elle envoyée à Hyères-Le Palyvestre pour assurer la protection de Toulon.

Les D-373 et les D-376 sont remplacés peu avant la fin de la guerre de Pologne. L’AC-1 est ainsi transformée sur douze bimoteurs Potez 631 alors que l’AC-2 est elle transformée sur quatorze Bloch MB-151. Les appareils retirés du service sont ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Dewoitine D-373/376

Type : chasseur monoplace monoplan à aile parasol embarqué

Poids à vide 1295kg à pleine charge 1725kg

Dimensions : Envergure 11.22m Longueur 7.44m Hauteur 3.42m

Motorisation : un moteur radial Gnome & Rhône 14Kfs de 880ch entrainant une hélice tripale

Performances : Vitesse maximale 380km/h Plafond 10000m Autonomie : 850km

Armement : quatre mitrailleuses MAC34 en voilure.

Bloch MB-151

Bloch MB-151

Bloch MB-151

Le Bloch MB-151 est un petit monoplace compact issu du programme C1 (monoplace de chasse) officiellement lancé le 16 novembre 1935. Un prototype baptisé MB-150 effectue son premier vol le 4 mai 1937.

Le MB-150 n’est pas un appareil remarquable, il à même un certain nombre de défauts mais la situation de l’armée de l’air est telle qu’elle finit par trouver l’avion acceptable. De substantielles améliorations furent apportées pour faciliter la production en série, donnant naissance au MB-151, le premier appareil de ce type effectuant son premier vol le 18 août 1938.

Commandé à 140 exemplaires par l’armée de l’air, cet appareil va aussi être utilisé par la marine qui va recevoir 30 appareils sur cette commande, appareils livrés à l’automne 1939 et qui vont équiper deux escadrilles.

La première c’est l’AC-2. Issue de la flottille du Béarn, elle reçoit quatorze appareils début décembre 1939 pour assurer la défense aérienne de Toulon depuis la base aéronavale de Hyères-Le Palyvestre.

A partir du 15 septembre 1940, elle intègre la 2ème flottille d’aviation navale (2ème FAN) qui va regrouper les avions terrestres basés à Hyères-Le Palyvestre et dans le mois qui suit, l’escadrille AC-2 devient l’escadrille 2C.

En janvier 1941, les dix Bloch MB-151 survivants sont remplacés par seize Grumman G-36A plus connu sous leur désignation américaine de F4F Wildcat. Ces appareils avaient été commandés en vue de servir sur le Béarn mais ces appareils embarqués ne le seront jamais. Quand aux Bloch MB-151, ils sont feraillés, la marine jugeant peu utile de les conserver pour un conflit éventuel.
La seconde escadrille est l’AC-3 créée le 11 décembre 1939 pour renforcer la protection de la base navale de Bizerte qui pouvait être aisément menacée par l’aviation italienne venue de Libye ou de Sicile.

Le personnel est issu des escadrilles d’hydravions de chasse HC1 et HC2 dissoutes à la même date après le retrait du Loire 210. L’Escadrille est équipée de seize Bloch MB-151 pris en compte à Orly avant de rejoindre Sidi-Ahmed, la base aéronavale liée à la base navale de Bizerte, Karouba abritant les hydravions.

Placée hors rang, l’escadrille AC-3 devient en octobre 1940 l’escadrille 4C qui intègre en juillet 1941 la 4ème flottille d’aviation navale qui regroupe tous les avions terrestres basés à Sidi-Ahmed, les autres unités étant la 16E (seize CAO-700M), la 10B (seize Bloch MB-175T) et la 12B (seize Lioré et Olivier Léo 456).

En prêt de deux ans d’utilisation, l’escadrille AC-3/4C va perdre quatre appareils : un par accident à atterrissage (pilote sauf), un en mer (pilote disparu présumé mort, l’épave de l’avion n’ayant jamais été retrouvée) et deux par usure obligeant à leur réforme respectivement en janvier et mars 1941.

Le Bloch MB-151 est retiré du service de l’Aviation Navale en octobre 1941 quand le personnel de la 4C prennent officiellement en main seize Grumman G-36A.

Comme leurs confrères de l’escadrille AC-2/2C, les appareils de la AC-3/4C sont ferraillés.

Caractéristiques Techniques du Bloch MB-151

Type : chasseurs monoplan monoplace

Poids : à vide : inconnue En charge 2522kg

Dimensions : envergure 10.54m longueur 9.10m hauteur 3.96m
Motorisation : un moteur radial Gnôme & Rhône 14N de 920ch

Performances : vitesse maximale 509 km/h Rayon d’action 540km Plafond 11050m

Armement : deux canons de 20mm et quatre mitrailleuses de 7.5mm

Potez 631

Potez 631 en vol

Potez 631 en vol

En octobre 1934, l’armée de l’air lança un appel d’offre pour un «multiplace léger de défense» chargé de mission de chasse de nuit et d’escorte en configuration biplace et de commandement de la chasse en configuration triplace.

Cet appareil devait compléter le chasseur du programme C1 qui allaient aboutir à la fabrication du Bloch MB150 (puis de ses dérivés) et du Morane Saulnier MS406, le principal chasseur de l’armée de l’air au printemps 1940.

Le premier prototype effectua son premier vol le 25 avril 1936 soit un an après le début de la construction. C’était un élégant bimoteur à ailes basses et double dérive propulsé par deux moteurs en étoile. 80 Potez 630 furent construits suivis par 215 Potez 631 plus d’autres versions qui ne dépassèrent pas le stade de la planche à dessin ou du prototype (632, 633 pour la Tchécoslovaquie, 635,636 dérivée du 633, 63.12).

Le Potez 630 se révèle être un échec et après avoir été utilisé comme avion de commandement à la chasse en remplacement des Bloch MB200, il est retiré des premières lignes au début de la guerre à cause de problèmes récurrents de moteurs.

L’aéronautique navale reçut douze Potez 631 triplaces de chasse, appareils qui équipèrent l’escadrille AC-1 au début du mois de décembre, ce rééquipement se doublant d’un redéploiement à Calais-Marck.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille AC-1 intègre la 1ère flottille d’aviation navale (1ère FAN) et un mois plus tard, en octobre 1940, l’AC-1 devient l’escadrille 3C.

Le 21 juin 1943, douze Hanriot NC-600 flambant neufs sont amenés par les pilotes de l’unité de convoyage à Orly pour être confiés aux pilotes de l’escadrille 3C qui ne disposaient plus à cette époque que dix Potez 631, un appareil ayant été perdu à l’atterrisage (piloté tué, navigants blessés) et un autre réformé pour usure en décembre 1942.

Les dix Potez 631 sont ramenés à Orly et stockés au cas où mais en septembre 1947, devenus des surplus, ils sont finalement féraillés

Caractéristiques Techniques du Potez 631

Type : bimoteur de chasse triplace

Poids à vide : 2450kg Masse maximale : 4500kg

Dimensions : Envergure : 16.00m Longueur : 11.07m Hauteur : 3.62m

Motorisation : deux moteurs radiaux Gnome Rhône 14 à 14 cylindres en étoile refroidis par air et développant 700cv entrainant une hélice Ratier ou Gnome Rhône

Performances : Vitesse maximale : 443 km/h à 4500m Distance franchissable maximale : 1220km Plafond pratique : 9000m

Armement : deux canons de 20mm Hispano Suiza HS 9 ou HS 404 de 30mm sous le fuselage tirant en chasse, une mitrailleuse MAC 34 de 7.5mm en poste arrière et certains deux affûts doubles de 7.5mm (un sous chaque aile).

17-Aviation navale (11)

2-Les différentes unités de l’Aviation Navale

A-Escadrilles de chasse

Avant propos

Un Dewoitine D-373 appontant sur le Béarn

Un Dewoitine D-373 appontant sur le Béarn

Au début de la guerre de Pologne, les chasseurs sont une denrée rare au sein de l’Aéronautique Navale avec seulement quatre escadrilles. Deux (AC-1 et AC-2) sont théoriquement embarquées mais leurs avions (Dewoitine D-373 et 376) comme leur porte-avions (Le Béarn) sont à bout de souffle et deux autres (AC-3 et AC-4) sont basées à terre pour la protection respective de Bizerte et de Cherbourg avec des appareils dépassés (Bloch MB-151) ou en voie de l’être (Curtiss H-75).

La situation s’améliore un peu durant le conflit avec le remplacement des Dewoitine D-373 et 376 par des bimoteurs ou des monomoteurs mais la situation n’est guère brillante. Par exemple, une escadrille AC-5 créée pour protéger Brest ne reçoit ses appareils (des Curtiss H-75) qu’en janvier 1940.

Heureusement, comme le reste de l’Aviation Navale, la composante chasse de la marine va connaître un bon spectaculaire. De cinq escadrilles à la fin de la guerre de Pologne, elle passe le 31 août 1948 à vingt-cinq escadrilles soit 253 appareils terrestres, embarqués et «hybrides» (hydravions de chasse).

Ces vingt-cinq escadrilles se répartissent en onze escadrilles de chasse terrestre dont une bimoteur, onze escadrilles de chasse embarquées sur cinq porte-avions (un lourd, deux d’escadre et deux légers) et trois escadrilles d’hydravions de chasse.

Le matériel à lui aussi fait un bon spectaculaire et n’à rien à envier aux meilleures réalisations terrestres. Une preuve si il en est : le chasseur le plus ancien en 1948 est le Dewoitine D-520 qui peut faire plus que bonne figure huit ans après sa mise en service.

Escadrille 1C

Curtiss H-75 en vol

Curtiss H-75 en vol

Crée sous le nom d’AC-4, elle est implantée à Cherbourg-Chantereyne qui avant la montée en puissance de Calais-Marck est la plus importante BAN de la 1ère région maritime. A son activation, elle reçoit douze Curtiss H-75 cédés de mauvaise grâce par l’armée de l’air.

En cas de conflit, la mission de cette escadrille est de participer à la défense du  port militaire de Cherbourg et plus généralement des ports de la façade Manche-Mer du Nord que ce soit Le Havre, Boulogne, Calais et même Dunkerque.

A partir du 15 septembre 1940 et de la naissance de l’Aviation Navale, l’escadrille AC-4 intègre la 1ère flottille d’aviation navale (1ère FAN) qui regroupe les avions terrestres basés sur les côtes de la Manche. Un mois plus tard, l’escadrille est redésignée 1C.

Le 12 mars 1942, les premiers Dewoitine D-520 sont pris en compte par l’unité. Ses six premiers appareils sont d’anciens appareils de l’armée de l’air reconditionnés par la BAN d’Orly. Les six autres appareils _neufs cette fois-ci_ sont livrés le 15 juin 1942. Ils remplacent seulement dix Curtiss H-75, deux ayant été perdus par accident (pilotes indemnes à chaque fois).

L’escadrille 1C est donc totalement transformée sur D-520 à l’été 1942, sa mission ne change pas et les entrainements sont nombreux et variés, exercices d’interceptions contre des avions de l’armée de l’air et entrainement des navires à la défense aérienne à la mer constituant les principaux.

Cette transformation s’accompagne d’une relocalisation. L’escadrille 1C dit en effet adieu à Cherbourg-Chantereyne et bonjour à Calais-Marck pour assurer la protection de la base navale de Dunkerque, l’antre de l’Escadre Légère du Nord (ELN).

Au 5 septembre 1948, elle est toujours équipée de douze Dewoitine D-520 et à l’annonce des bombardements allemands sur la Norvège, met en place une patrouille permanente de deux chasseurs au dessus de Dunkerque et de ses environs, étant relayée par la 3C équipée elle de bimoteurs de Hanriot NC-600 et plus apte à la chasse de nuit.

Sur les douze appareils de l’unité, neuf sont ceux livrés à l’été 1942, trois ayant été perdus par accident dont un malheureusement mortel.

Escadrille 2C

Créée sous le numéro 7C1, cette escadrille est l’une des deux unités de chasse de la 1ère flottille d’aviation embarquée (F1A), le groupe aérien du porte-avions Béarn.

Quand ce dernier est mis à terre en septembre 1939, cette escadrille qui à été numérotée AC-2 en 1938 dispose de quatre Dewoitine D-373 et de onze Dewoitine D-376, des monoplans à aile haute rapidement dépassés.

Cessant d’être une unité embarquée, l’escadrille quitte Lanvéoc-Poulmic pour Hyères-Le Palyvestre afin d’assurer une nouvelle mission : la défense aérienne de Toulon.

Peu avant la fin de la guerre de Pologne, l’AC-2 est transformée sur Bloch MB-151, un appareil plus moderne que son devancier mais connaissant un certain nombre de problèmes.

A partir du 15 septembre 1940, il intègre la 2ème flottille d’aviation navale (2ème FAN) qui va regrouper les avions terrestres basés à Hyères-Le Palyvestre et dans le mois qui suis, l’escadrille AC-2 devient l’escadrille 2C.

En janvier 1941, les dix Bloch MB-151 survivants sont remplacés par seize Grumman G-36A plus connu sous leur désignation américaine de F4F Wildcat. Ces appareils avaient été commandés en vue de servir sur le Béarn mais ces appareils embarqués ne le seront jamais.

Le 12 avril 1946, douze Dewoitine D-551 stockés sur la BAN d’Orly pour être confiés aux bons soins de la 2C qui hérite d’une monture remarquable.

Après une mois d’entrainement intensif, la 2C quitte Orly le 16 mai 1946 pour rallier Hyères-Le Palyvestre où elle va reprendre sa mission de défense du port de Toulon.

Au 31 août 1948, l’escadrille 2C dispose toujours de douze Dewoitine D-551 mais trois d’entre-eux n’appartient pas à la livraison initiale, ayant remplacé des appareils accidentés (aucune perte chez leurs infortunés pilotes)

A partir du 1er septembre, décision est prise de maintenir une patrouille de deux chasseurs au dessus de Toulon. Ce dispositif est maintenu jusqu’au 15 septembre 1948 quand l’absence de menace sur Toulon entraine sa levée et son remplacement par des décollages sur alerte.

Escadrille 3C

Créée sous le numéro 7C2, cette escadrille est l’autre unité de chasse de la 1ère flottille d’aviation embarquée (F1A), le groupe aérien du porte-avions Béarn.

Quand ce dernier est mis à terre en septembre 1939, cette escadrille qui à été numérotée AC-1 en 1938 dispose de quatre Dewoitine D-373 et de onze Dewoitine D-376, des monoplans à aile haute rapidement dépassés.

Basée à Lanvéoc-Poulmic, elle cesse d’être une unité embarquée le 5 octobre 1939. Rééquipée de bimoteurs Potez 631, elle est redéployée début décembre 1939 à Calais-Marck.

Potez 631 en vol

Potez 631 en vol

Ce choix s’explique à la fois par la rareté des appareils modernes à l’époque et la volonté de la marine de préparer l’avenir, l’aéronautique navale envisageant sérieusement l’embarquement de chasseurs bimoteurs pour la défense aérienne de la flotte à longue distance, en détruisant hors de portée visuelle, les avions et hydravions d’observation.

Finalement, cette opportunité ne se réalisa, l’appareil envisagé _le Hanriot NC-650_ se révélant être une calamité volante avec des moteurs douées de performances pures remarquables mais aux faiblesses considérables et aux innombrables avaries sans parler d’une excessive perte de place sur des porte-avions (Joffre et Painlevé) aux dimensions restreintes.

Le 15 septembre 1940, l’escadrille AC-1 intègre la 1ère flottille d’aviation navale (1ère FAN) et un mois plus tard, en octobre 1940, l’AC-1 devient l’escadrille 3C.

Le 21 juin 1943, douze Hanriot NC-600 flambant neufs sont amenés par les pilotes de l’unité de convoyage à Orly pour être confiés aux pilotes de l’escadrille 3C qui ne disposaient plus à cette époque que dix Potez 631.

Le Potez 631 était un triplace et le nouvel appareil un biplace, les hommes en surnuméraire sont transférés dans d’autres unités, généralement des unités d’instruction pour transmettre leur expérience aux jeunes pilotes et navigants.

Après six semaines d’entrainement intensif, les Hanriot NC-600 de la 3C quittent Orly le 8 août 1943 pour rallier Calais-Marck. Il reprend sa mission de protection de Dunkerque en coopération avec la 1C équipée de Dewoitine D-520.

A l’annonce des attaques allemandes sur Danemark et la Norvège le 5 novembre 1948, la 3C participe au dispositif de protection de la région de Dunkerque en coopération avec la 1C. Les douze NC-600 de l’unité étaient pour cinq d’entre-eux des appareils de remplacement de la première commande, trois appareils ayant été perdus à l’atterrissage (pilotes et mitrailleurs indemnes) et deux en mer (équipage tué)

Escadrille 4C

L’escadrille AC-3 est créée le 11 décembre 1939 pour renforcer la protection de la base navale de Bizerte qui pouvait être aisement menacée par l’aviation italienne venue de Libye ou de Sicile.

Le personnel est issu des escadrilles d’hydravions de chasse HC1 et HC2 dissoutes à la même date après le retrait du Loire 210. L’Escadrille est équipé de seize Bloch MB-151 pris en compte à Orly avant de rejoindre Sidi-Ahmed, la base aéronavale liée à la base navale de Bizerte, Karouba abritant les hydravions.

Placée hors rang, l’escadrille AC-3 devient en octobre 1940 l’escadrille 4C qui intègre en juillet 1941 la 4ème flottille d’aviation navale qui regroupe tous les avions terrestres basés à Sidi-Ahmed.

Le 8 octobre 1941, les pilotes de la 4C qui ont rejoint Orly par bateau entre Bizerte et Marseille puis par avion de la marine (les douze Bloch MB-151 survivants avaient un rayon d’action trop court pour rejoindre la métropole) prennent possession de seize Grumman G-36A. Après un mois d’entrainement en région parisienne, la 4C rallie par étapes la Tunisie pour reprendre sa mission de protection de Bizerte.

Comme les autres unités de chasse, elle participe à des exercices au profit de la 6ème escadre légère, entrainant les canonniers antiaériens de l’Emile Bertin, des croiseurs de la 2ème DC, des contre-torpilleurs et des torpilleurs légers.

Ces exercices sont poussés au maximum de réalisme. Les G-36A de l’unité (mais c’est aussi le cas des autres unités de chasse) utilisent des bombes d’exercice de 50kg et des hauts-parleurs fixés sous les ailes transmettent le bruit d’explosion de bombes pour habituer les marins au stress du combat.

L’escadrille 4C se livre également à des duels contre les autres unités de l’Aviation Navale déployée en Tunisie ainsi que contre des unités de l’armée de l’air avec lesquelles règne une saine rivalité.

Le 6 juin 1946, l’escadrille 4C rallie avec ses quatorze Grumman G-36A survivants (deux pilotes sans monture ralliant la région  parisienne par un avion de transport) à Orly pour être transformée sur un nouvel appareil en l’occurence le Dewoitine D-551. Les chasseurs américains ne sont pas détruits, ils vont être reconditionnés et stockés pour servir d’appareils de réserve en cas de conflit.

Après cinq semaines d’entrainement intensif en région parisienne et en Normandie, la 4C rallie la Tunisie pour reprendre sa mission de protection de la base navale de Bizerte et plus généralement de la Tunisie, véritable tête de pont pour frapper l’Italie au coeur.

Quand la guerre éclate le 5 septembre 1948, la 4C est déjà sur la brèche, maintenant depuis le 1er septembre une patrouille de deux chasseurs en vol en permanence. L’Italie ne bougeant pas, le dispositif est levé le 13 septembre et remplacé par un décollage sur alerte.

Sur les douze Dewoitine D-551, deux sont des appareils de remplacement, un chasseur ayant été perdu lors d’une collision avec un avion de l’armée de l’air (piloté tué) et un deuxième ayant été perdu mystérieusement en mer (piloté disparu présumé mort), l’hypothèse la plus probable était une panne moteur suivit d’un crash si bref que le pilote n’à pas eu le temps de lancer un message de détresse.

Escadrille 5C

Cette escadrille de chasse est créée à Lanvéoc-Poulmic le 10 décembre 1939 pour fournir une couverture de chasse à la base navale de Brest.

Quand la guerre de Pologne s’achève cinq jours plus tard, elle ne dispose toujours pas d’appareils et aurait pu être dissoute mais finalement en janvier 1940, elle reçoit douze Curtiss H-75 qui comme les autres unités de chasse assurent la protection de la région de Brest et l’entrainement à la défense aérienne à la mer des unités navales de la région à savoir la 1ère Escadre et la 3ème Escadre Légère.

L’escadrille AC-5 rejoint le 15 septembre 1940 la 3ème flottille d’aviation navale (3ème FAN) et devient un mois plus tard, l’escadrille 5C.

Au niveau du matériel, elle troque ses neuf Curtiss H-75 survivants (deux appareils perdus à l’atterrissage, pilote indemne mais appareils bons pour la casse après cannibalisation et un appareil perdu en mer _pilote disparu présumé mort_) contre des Dewoitine D-520. La transformation de l’unité se fait du 27 juillet au 7 septembre 1942, les douze rutilants monomoteurs rejoignant par étapes leur base de Lanvéoc-Poulmic.

Ces appareils sont toujours en service le 5 septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial mais à la différence des autres unités de chasse, elle ne met pas en place une permanence aérienne mais reçoit l’ordre de rallier dès que l’ordre sera donné le Nord de la France pour renforcer la protection des ports de la Manche alors que le transfert du BEF avait commencé en toute discrétion dès le 1er septembre.

Les douze appareils disponibles le 5 septembre 1948 appartiennent à la livraison initiale de l’été 1942 sauf trois qui ont remplacé un appareil perdu en mer (pilote tué) et deux appareils endommagés en vol au cours d’un entrainement au combat aérien, les deux avions parvenant à se poser on ne sait trop comment, leurs deux pilotes étant légèrement blessés. Trop endommagés, les deux appareils ont été cannibalisés.

17-Aviation Navale (2)

B-Une expansion continuelle ou la création de nouvelles unités

A l’automne 1940, l’Aviation Navale dispose d’un total de 520 appareils répartis entre 354 hydravions, 154 avions et 12 autogyres. Huit ans plus tard, le 31 août 1948, l’Aviation Navale dispose de 1320 appareils (565 hydravions, 743 avions et 12 autogyres).

Non seulement le nombre d’appareils à largement augmenté mais le ratio avion/hydravion longtemps favorable à ces derniers c’est inversé pour la simple et bonne raison que le nombre de porte-avions est passé d’un en septembre 1940 à cinq en septembre 1948.

Cette augmentation va être lente mais inexorable, régulière et continue, chaque année voyant la création d’une ou plusieurs escadrilles, d’une ou plusieurs flottilles.

L'Amiral Barjot successeur de l'Amiral Lartigue en 1945

L’Amiral Barjot successeur de l’Amiral Lartigue en 1945

Sous l’impulsion de l’amiral Lartigue puis à partir de 1945 de l’Amiral Barjot, l’Aviation Navale connait une expansion phénomènale, augmentant considérablement le nombre d’appareils de première ligne, appareil dont l’efficacité n’à rien à envier aux appareils terrestre, mettant fin à un certain complexe des marins volants face à leurs camarades de l’armée de l’air.

Septembre 1940-décembre 1941

Le Potez-CAMS 141

Le Potez-CAMS 141

-Création en juin 1941 à Cherbourg-Querqueville de l’escadrille d’exploration 5E équipée de six Potez-CAMS 141, cette escadrille intégrant la 1ère flottille d’hydravions

-Création en mai 1941 de l’escadrille 7B équipée de seize Lioré et Olivier Léo 451 de l’armée de l’air et qui seront progressivement remplacés par des Léo 456 plus adaptés aux opérations navales, cette unité étant basée à Lanvéoc-Poulmic.

Lioré et Olivier LéO 451 de l'armée de l'air

Lioré et Olivier LéO 451 de l’armée de l’air

-Création en décembre 1941 de l’escadrille 7E équipée de douze CAO-700M de patrouille maritime qui est elle aussi basée à Lanvéoc-Poulmic.

Ces deux escadrilles appartiennent à la 5ème flottille d’aviation navale (5ème FAN)

-Création en juillet 1941 de l’escadrille 10E à Karouba près de Bizerte, escadrille équipée de huit Potez-CAMS 141 et intégrée à la 6ème flottille d’hydravions (6ème FH).

-Création en septembre 1941 de la 10ème flottille d’hydravions. Basée à Arzew prêt d’Oran, elle est chargée de couvrir les approches de Mers-El-Kébir. Elle dispose des escadrilles suivantes :

-Escadrille 14E : douze hydravions de grande patrouille Potez-CAMS 141

-Escadrille 12T : douze hydravions-torpilleurs Bloch MB-481

-Escadrille 14R : douze hydravions de surveillance Consolidated Catalina

Création en août 1941 de la 4ème flottille d’aviation navale. Installée sur la base aéronavale de Sidi-Ahmed prêt de Bizerte, elle regroupe les avions chargés de l’éclairage, de la protection et de l’appui de la 6ème Escadre Légère en l’occurence les escadrilles suivantes :

Grumman G-36A. Commandé comme chasseur embarqué, il servit à terre pour défendre les bases navales

Grumman G-36A. Commandé comme chasseur embarqué, il servit à terre pour défendre les bases navales

-Escadrille 4C : escadrille de chasse chargée de couvrir Bizerte. Elle est équipée de seize Bloch MB-151 qui sont remplacés en octobre 1941 par seize Grumman G-36A

-Escadrille 16E : escadrille de patrouille maritime équipée de douze CAO-700M

-Escadrille 10B : escadrille de reconnaissance et d’attaque maritime équipée de seize Bloch MB-175T

-Escadrille 12B : escadrille de bombardiers-torpilleurs équipée de seize Lioré et Olivier Léo 456

-Création pour le CLAN de l’escadrille 14B en juin 1941 avec six CAO-700M et huit Lioré et Olivier Léo 456 ainsi que de l’escadrille 14T en septembre 1941 avec huit Latécoère Laté 298.

hydravion torpilleur Latécoère Laté 298

hydravion torpilleur Latécoère Laté 298

-Création en septembre 1941pour le Commandement Indochine de l’Aviation Navale (CIAN) de l’escadrille 13R équipée de douze Bloch MB-131 et de l’escadrille 15B équipée de douze Martin 167F, ces deux unités étant basées à Tan-Son-Nhut en attendant l’ouverture de la BAN de Cam-Ranh.

-Création pour le CAEFAN en juin 1941 de l’escadrille 17E basée à Diego-Suarez avec quatre puis six Potez-CAMS 141 puis en octobre 1941 de l’escadrille 18E basée à Djibouti avec huit Bloch MB-131 transférés par l’armée de l’air. Solution transitoire en attendant la livraison d’appareils plus modernes.

Au 31 décembre 1941, l’Aviation Navale dispose de 762 appareils (405 hydravions, 12 autogires et 345 avions) soit 242 appareils de plus.