23-Armée de terre Ligne Maginot (9)

Sud-Est

Comme dans le nord-est, la Ligne Maginot Alpine est divisée en secteurs défensifs et en secteurs fortifiés.

-Dans le Secteur Défensif du Rhône, l’infanterie à déployé lors de la mobilisation de septembre 1939, une unité de mobilisation la 230ème demi-brigade alpine de forteresse (230ème DBAF) qui dispose de deux bataillons alpins de forteresse, les 179ème et 189ème BAF ainsi que le 199ème BCHM. A cela s’ajoute la 2ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

Impossible de laisser ce secteur sans troupes mais comme ailleurs, on réduit la voilure avec la mise en sommeil de la 230ème DBAF en décembre 1940, ne laissant actif que le 179ème bataillon alpin de forteresse pour assurer la garde des ouvrages en compagnie de la 2ème compagnie du 440ème régiment de pionniers, les 189ème BAF et 199ème BCHM (Bataillon de Chasseurs de Haute Montagne) étant mis en sommeil mais prêts à être mobilisés en cas de nouvelle menace italienne.

L’artillerie était représentée par la 1ère batterie du 164ème RAP, ce régiment est un régiment de mobilisation mais il est activé comme les deux bataillons d’infanterie pour maintenir une défense dissuasive. Ces moyens sont néanmoins réduits avec trois canons de 105mm et quatre canons de 155mm. Sur les deux sections de génie existantes à la mobilisation, une seule est maintenue.

-Dans le Secteur Fortifié de Savoie, les troupes déployées sont nombreuses avec pour l’infanterie, deux demi-brigades alpines de forteresse, la 16ème DBAF qui dispose de trois bataillons (70ème 80ème BAF 6ème BCM) et la 30ème DBAF qui dispose elle aussi de trois bataillons (71ème 81ème et 91ème BAF) auxquelles s’ajoutent deux compagnies de pionniers (2ème et 3ème compagnie du 440ème régiment).

Suite à la démobilisation, la 16ème DBAF est dissoute (ou plutôt mise en sommeil), ne laissant que la seule 30ème DBAF qui dispose alors de deux bataillons alpins de forteresse, les 70ème et 71ème BAF. A noter que les numéros 81 et 91 sont attribués aux deux bataillons alpins de forteresse attribués à la Région Fortifiée de Belfort. Les pionniers sont toujours présents après la démobilisation.

Mortier de 280C modèle 1914

Mortier de 280C modèle 1914

Après la démobilisation, le 154ème RAP maintien les trois groupes réduits à deux batteries. Le 1er groupe dispose de deux batteries de 75mm (huit canons), le 2ème groupe dispose de deux batteries équipées de canons de 105L modèle 1913 (huit canons) et le 3ème groupe dispose de deux batteries, une de quatre obusiers de 280mm et une de quatre canons de 220C modèle 1916.. Le génie conserve sur place le 214ème bataillon de sapeurs mineurs plus des unités de soutien.

 
-Comme le secteur fortifié de la Savoie, le Secteur Fortifié du Dauphiné dispose de deux DBAF, la 75ème DBAF qui dispose de quatre bataillons alpins de forteresse, les 72ème 82ème 92ème et 102ème alors que la 157ème DBAF ne dispose que de deux bataillons, les 73ème et 83ème BAF. A cela s’ajoute les 4ème et 5ème compagnie du 440ème régiment de pionniers.

Après la démobilisation, on ne maintient en ligne que la 157ème DBAF _la demi-brigade d’active_ avec les deux bataillons alpins de forteresse d’active, les 72ème et 73ème BAF plus le 83ème BAF qui devient un bataillon d’active.

Après la démobilisation, le 162ème RAP est dissous ne laissant dans le secteur que le 154ème RAP qui conserve ses trois groupes. Le génie à déployé le 216ème bataillon de génie de forteresse plus quelques unités de soutien.

-Le Secteur Fortifié des Alpes-Maritimes (SFAM) ne dispose plus à l’issue de la démobilisation que d’un bataillon alpin de forteresse ou une grande unité par sous-secteur, unité qui tient le secteur, unité souvent renforcée pour tenir compte de l’entretien et de la surveillance d’ouvrages non gardés en permanence.

C’est ainsi qu’on retrouve dans le sous-secteur Mounier le 74ème BAF (Bataillon Alpin de Forteresse), dans le sous-secteur Tinée-Vésubie, on trouve le 84ème BAF, une unité mobilisée à partir du 74ème BAF mais maintenue en ligne après l’automne 1940, le sous-secteur d’Authion est gardé par le 75ème BAF _une unité d’active_, le sous-secteur de Sospel est gardé par le 85ème BAF, une unité de mobilisation issue du 75ème BAF et le sous-secteur des Corniches est occupé après la démobilisation par le 76ème BAF _une unité d’active_.

En ce qui concerne l’artillerie, on trouve après démobilisation le seul 157ème RAP, les 158ème et 167ème RAP étant mis en sommeil à la différence du 251ème BGF qui reste en place.

Corse

Suite à la démobilisation, le dispositif défensif en Corse est constitué de deux régiments renforcés souvent appelés demi-brigade, la 373ème DBIA réduite à quatre bataillons et chargée de la défense du Nord de l’île, les autres unités étant dissoutes.

La défense du secteur sud est donc assuré par le 173ème RIA (également connue sous le nom de 173ème DBIA) en remplacement de la 363ème DBIA mise en sommeil.

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

Char léger modèle 1940R dit Renault R-40

L’arme blindée cavalerie déploie dans l’île de beauté en remplacement du 43ème Escadron de Mitrailleuses et engins du 10ème Dragon, un bataillon de chars de combat, le 30ème BCC équipé de Renault R-40 stationnés près de Bastia et un GRDI connu sous le nom de Groupement Motorisé de Corse équipé notamment de Hotchkiss H-39.

L’artillerie est représentée par le Groupement d’Artillerie Coloniale de Corse qui redevient 92ème Régiment d’Artillerie Coloniale à quatre groupes, deux équipés de canons de 75mm (le 1er à Bastia, le 2ème à Bonifaccio) et deux équipés de canons de 155mm courts (le 3ème à Ajaccio et le 4ème à Porto-Vecchio).

Tunisie

La défense de la Tunisie contre une éventuelle attaque italienne est assurée notamment par la Région Fortifiée du Sud-Tunisien (RFST) officiellement créée le 1er mars 1940 et qui va rester en place après la démobilisation avec des moyens réduits comme partout ailleurs.

Dans le secteur est, on trouve toujours le 5ème régiment de tirailleurs sénégalais (5ème RTS) qui est pérénnisé avec ses trois bataillons. Un temps régiment de mitrailleurs de position, il redevient un régiment de tirailleurs comme les autres

Dans le secteur ouest, nous trouvons le 32ème régiment de tirailleurs tunisiens (32ème RTT) qui lui aussi dispose de trois bataillons, le 1er à Aïn Tounine, le second à Gouabsia et le troisième à Toujane.

Le 35ème régiment de tirailleurs algériens (35ème RTA) est lui mis en sommeil, la défense de Gabès ne reposant plus que sur les épaules du 3ème bataillon du 1er régiment étranger d’infanterie.

La 1ère DBIL devenue la 5ème DLI à considérablement renforcé les possibilités de manoeuvres des forces françaises en Tunisie au détriment de la défense des avancées du sud qui en temps de paix repose sur le 274ème régiment de travailleurs pour l’entretien et la garde et sur le 441ème régiment de pionniers (un régiment à trois compagnies) pour une occupation régulière mais allégée des ouvrages.

La cavalerie ne dispose plus d’unités en défense/appui direct de la ligne Mareth.

L’artillerie est représentée par le 380ème régiment d’artillerie d’Afrique et le 388ème régiment d’artillerie de position de Tunisie. Après la démobilisation, seul le premier reste en service.

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21-Armée de terre (69)

Régiments d’Artillerie Lourde Tractée (ou à Tracteurs) (RALT)

Canon de 155mm Grande Puissance Filloux (GPF)

Canon de 155mm Grande Puissance Filloux (GPF)

Les régiments d’artillerie lourde à tracteurs sont l’équivalent motorisé des régiments d’artillerie lourde hippomobile. Comme les RALH, ils sont organisés en un état-major, une batterie hors-rang et trois ou quatre groupes avec un état-major, une colonne de ravitaillement et trois batteries de quatre pièces.

A noter que l’on peut dire non seulement Régiment d’Artillerie Lourde Tractée/A tracteurs mais également Régiment d’Artillerie Lourde Automobile ou RALA.

En août 1939, l’armée française dispose des régiments d’artillerie lourde à tracteurs suivants :

-103ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Rouen, il appartient à la Réserve Générale avant d’être affecté au 6ème Corps d’Armée avec pour équipement, deux groupes de 105 (Schneider L13) et deux groupes de 155mm (Grande Puissance Filloux). Un groupe de 105 est transformé sur L36, le deuxième suivant peu après la démobilisation.

-107ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Belfort, il dispose de deux groupes de 105 équipées de nouvelles pièces Schneider L 36 et d’un groupe de 155GPF. Il est affecté au 7ème Corps d’Armée.

-108ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Dijon, il dispose de deux groupes de 105mm équipés des nouvelles pièces Schneider L 36 et deux groupes de 155mm équipés de canons de 155mm Schneider L18. Il est affecté au 8ème Corps d’Armée

-182ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Commercy, il dispose de quatre groupes de 155GPF. Il est affecté à la Réserve Générale.

-184ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Valence, il dispose de trois groupes de deux batteries de 194GPF montés sur affût chenillé Rimailho. Il est affecté à la Réserve Générale.

-188ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Belfort, il dispose du même équipement que le 182ème RALT/RALA à savoir quatre groupes de 155GPF. Il est affecté à la Réserve Générale.

-196ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Bordeaux, il dispose de quatre groupes équipés de canons de 220C. Il est affecté à la Réserve Générale.

A la mobilisation consécutive à la guerre de Pologne, d’autres régiments lourds vont être mis sur pied.

-Le 101ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1 et affecté au 1er Corps d’Armée. Il dispose de deux groupes de 105mm (un équipé de Schneider L36 et un équipé de Schneider L13) et un groupe de 155mm, équipé de canons GPF (Grande Puissance Filloux).

-Le 102ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 302/2 et affecté au 2ème Corps d’Armée. Il dispose de deux groupes de 105mm (un équipé de Schneider L36 et un équipé de Schneider L13) et un groupe de 155mm, équipé de canons GPF (Grande Puissance Filloux).

-Le 104ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 8 de Dijon et est affecté au 5ème Corps d’Armée. Il dispose de deux groupes de 105L (un équipé de Schneider L13 et un autre équipé de L36) et deux groupes de 155GPF.

-Le 120ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 60 d’Epinal et affecté au 20ème Corps d’Armée. Il dispose de deux groupes équipés de 105L Schneider L36 et un groupe de 155L équipés de 155GPF.

-Le 123ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 9/341 et affecté au 23ème Corps d’Armée. Il dispose de deux groupes de 105L équipés d’abord de Schneider L13 puis d’un groupe équipé de L13 et un autre équipé de L36 ainsi que d’un groupe de 155GPF.

-Le 124ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 9/27 et affecté au 24ème Corps d’Armée. Il dispose d’un groupe de 105L13, d’un groupe de 105L36 et un groupe de 155GPF.

-Le 180ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose de deux groupes de 105L13 et un groupe de 155GPF. Il est affecté à la réserve générale.

-Le 181ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 341 et dispose de quatre groupes de 155GPF. Il est affecté à la Réserve Générale.

-Le 185ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 313. Équipé de 4 groupes de 155L 16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 187ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 8. Équipé de 4 groupes de 155GPF, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 189ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 7. Équipè de 4 groupes de 145L16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 190ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1. Équipè de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 191ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 1. Équipè de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 192ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 314. Équipè de 4 groupes de 220C16, il est mis à la disposition de la Réserve Générale.

-Le 193ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est mis sur pied par le CMA 314 avec pour équipement, trois groupes à deux batteries de 280TR sur chenilles.

-Le 194ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 15. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

-Le 195ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 15. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

-Le 197ème Régiment d’Artillerie Lourde est mis sur pied par le CMA 318. Disposant de quatre groupes de 220C16, il est affecté à la Réserve Générale.

Au cours de la guerre de Pologne, les RALT voient leur équipement se moderniser. Les 105L13 cèdent progressivement la place à ses successeurs, le 105L36 (en attendant que le 105L41 de l’Établissement de Tarbes soit disponible) tandis que la reprise de la production du GPF sous le nom de GPFT (Grande Puissance Filloux-Touzard) permettait de remplacer progressivement les pièces de 155 les plus usées et les plus anciennes.

La démobilisation menée à l’été 1940 voit le nombre de régiments se réduire. Les régiments d’active présents en août 1939 sont maintenus mais des régiments de mobilisation sont maintenus en ligne ce qui donne en octobre 1940, le panorama suivant :

-Le 101ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée est maintenu après la démobilisation avec pour équipement deux groupes de 105 L36 et deux groupes de 155GPF

-103ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Rouen, il appartient à la Réserve Générale disposant pour assurer sa mission de deux groupes de 105L 36 et de deux groupes de 155 GPFT.

-107ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Belfort, il appartient à la Réserve Générale et dispose de deux groupes de 105L 36 et deux groupes de 155 GPFT.

-108ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Dijon,  il appartient à la Réserve Générale et dispose de deux groupes de 105L 36 et deux groupes de 155mm équipés de Schneider L18 jusqu’en mars 1943 quand ils sont remplacés par des 155GPFT

-Le 120ème Régiment d’Artillerie Lourde Tractée dispose de deux groupes équipés de 105L Schneider L36 et un groupe de 155L équipés de 155GPF. Un deuxième groupe de 155mm est mis sur pied.

-180ème régiment d’artillerie lourde tractée maintenu après démobilisation. Il dispose de deux groupes de 105 L41 et de deux groupes de 155GPF.

-182ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Commercy,  il appartient à la Réserve Générale et dispose de quatre  groupes de 155 GPF, deux ayant été ultérieurement transformés avec 155GPFT (des pièces anciennes transformées ou des pièces de nouvelle production).

-184ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Valence, il dispose de trois groupes de deux batteries de 194GPF montés sur affût chenillé Rimailho. Il est affecté à la Réserve Générale et son équipement ne varie pas avant le début du second conflit mondial.

-185ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 313 de Clermont Ferrand et maintenu après démobilisation avec quatre groupes de 155L 16 puis quatre groupes de 155 GPF/GPF-T

-188ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Belfort, il dispose du même équipement que le 182ème RALT/RALA à savoir quatre groupes de 155GPF. Il est affecté à la Réserve Générale. Son équipement n’évolue pas avant le second conflit mondial.

-190ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 1 de Douai et maintenu après démobilisation avec deux groupes de 220C, les deux autres devant être mis sur pied après mobilisation.

-192ème régiment d’artillerie lourde tractée mis sur pied par le CMA 314 de Valence et maintenu après démobilisation avec deux groupes de 220C, les deux autres devant être mis sur pied après mobilisation.

-196ème régiment d’artillerie lourde tractée : stationné à Bordeaux, il dispose de quatre groupes équipés de canons de 220C. Il est affecté à la Réserve Générale et son équipement n’évolue pas avant le second conflit mondial.

A la mobilisation, trois nouveaux RALT doivent être mis sur pied ou plutôt réactivés mais au final, on préfère réarmer tous les régiments mis sur pied avec la guerre de Pologne.

Si les régiments équipés de pièces lourdes ressortent leurs canons des stocks (canons de 220 et de 280mm), les régiments équipés de pièces de 105 et de 155 sont équipés de pièces modernes à savoir le L36 ou L41 pour le 105mm ainsi que le 155GPF et GPF-T pour le 155mm.

21-Armée de terre (65)

Les régiments d’artillerie de la Ligne Maginot (1) : les RARF/RAMF

Préambule

La mise en place de la «Muraille de France» plus connue sous le nom de la Ligne Maginot entraine un changement sensible dans l’armée française avec la création de l’infanterie de forteresse. Il faut aussi armer les ouvrages et garder les intervalles. On décide de créer une artillerie de forteresse aussi spécialisée que l’est l’infanterie de forteresse.

Le 15 avril 1933, dans la Région Fortifiée de Metz, le 39ème RARF voit le jour avec deux groupes de 75mm et un groupe de 155C en compagnie de deux régiments d’artillerie de position, les 151ème et 163ème RAP.

Le même jour, dans la Région Fortifiée du Lauter, est mis sur pied le 155ème RAP qui fournit trois groupements de position, deux groupes de 75mm et un groupe de 155C.

Si aucune unité n’est prévue pour le Rhin, au niveau des Alpes, il est prévu deux régiments d’artillerie de position, le 154ème RAP de Grenoble et le 157ème RAP de Nice.

Le 1er septembre 1935, le groupement automobile du 155ème RAP devient le 59ème RARF à Sarrebourg et un an plus tard, le 39ème RARF se dédouble pour former le 46ème RARF.

Le paysage de l’artillerie de forteresse ne cessait d’évoluer en fonction de l’extention et de l’évolution de la Ligne Maginot. En 1935, le 5ème groupe du 151ème RAP s’installe à Stenay dans le Secteur Fortifié de Montmedy tandis que le 4ème groupe s’installe à Belfort, reprennant les traditions du 188ème RALT.

En 1936, le 5ème groupe créé le 1er juin s’établit à Morhange pour fournir l’artillerie au Secteur Défensif de la Sarre dépourvu d’ouvrages d’artillerie. En 1937, le 15ème RAD de Douai créé un groupe de position (7ème groupe) alors qu’un second groupe du 155ème RAP s’installe à Strasbourg au sein du Secteur Fortifié du Bas-Rhin.

Toujours en 1937, de nouveaux régiments d’artillerie de position sont mis sur pied comme le 166ème RAP créé à partir du 5ème groupe du 155ème RAP et d’éléments du 59ème RARF, ce régiment assurant notamment l’artillerie du SF de Rorbach.

Dans la 7ème région militaire (Besançon), le 159ème RAP est mis sur pied avec les deux groupes de position du 188ème RA.

En 1938, le 3ème et 7ème groupes du 17ème RAD sont transformés en unités de type forteresse et déployés respectivement à Sedan et Stenay.

D’autres modifications auraient du être menées mais le déclenchement de la guerre de Pologne ne le permet pas.

Les régiments mobiles d’artillerie de forteresse (RAMF)

En août 1939, les trois régiments d’artillerie de région fortifiée du temps de paix (39ème, 46ème et  59ème RARF) vont donner naissance à sept régiment de guerre affectées à la défense de la RF Metz et de la RF Lauter. Deux autres régiments sont mis sur pied à partir du 17ème RAD (pout le 99ème RAMFH) et un noyau actif du 1er groupe du 166ème RAP pour le 49ème RAMF du SD Sarre.

A ce moment donné, une question de sigle se pose. RARF ? RAMF  voir même RAAF (Régiment Automobile d’Artillerie de Forteresse pour le 23ème) ou RAMFA (Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse Automobile) ?

Pour des raisons de commodités, j’ai choisit le terme RAMF, le terme mobile permettant de différencier ces régiments des RAP.

Chaque RAMF mobilisé dispose d’un état-major, d’une batterie hors-rang, de deux groupes de 75mm modèle 1897 et un groupe de 155C modèle 1917, tous les canons étant à traction automobile.

Chaque groupe est organisé en un état-major, une colonne de ravitaillement et trois batteries de quatre pièces.

-Le 23ème régiment d’artillerie mobile de forteresse est mis sur pied par le CMA 46 de Metz avec l’aide d’un noyau actif du 39ème RARF et affecté au Secteur Fortifié du Boulay. Il compte deux groupes de 75mm et un groupe de 155C.  Il est maintenu en ligne après la démobilisation.

-Le 39ème régiment d’artillerie de région fortifiée de Metz est créé le 15 avril 1933 avec des batteries issues du 61ème RA et les deux groupes lourds du 25ème RAD.

Le 1er septembre 1936, le 39ème RARF se dédouble pour former le 46ème RARF et un nouveau 39ème RARF avec deux groupes de 75mm et un groupe de 155C.  A l’hiver 1937-38, ce régiment est motorisé et devient le 39ème RAMF ou Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse.

A la mobilisation d’août 1939, le 39ème RAMF se dédouble à nouveau, formant un 23ème RAMF et un 39ème RAMF de guerre qui est affecté au Secteur Fortifié de Faulquemont. Il est maintenu en ligne sous cette forme après la démobilisation.

-La 46ème régiment d’artillerie de région fortifiée de Thionville est recréé le 1er septembre 1936 sous le nom de 46ème RARF par dédoublement du 39ème RARF. Lors de la mobilisation, il se dédouble en deux régiments «de guerre», le 46ème et le 70ème RAMF.

Ce régiment de guerre compte comme les autres RAMF/RARF deux groupes de 75mm équipés de modèle 1897 et de 155C montés sur pneumatiques. Il est maintenu en ligne après la démobilisation de l’été et l’automne 1940.

-Le 49ème Régiment d’Artillerie Mobile de Forteresse (ou de Région Fortifiée) est mis sur pied à la fin du mois d’août 1939 avec un noyau actif du 1er groupe du 166ème RAP. Comme les autres régiments de ce type, il forme deux groupes de 75mm et un groupe de 155C, formant l’artillerie mobile du Secteur Fortifié de la Sarre. Il est dissous à la démobilisation d’août/septembre 1940.

-Le 59ème régiment d’artillerie de région fortifiée de Sarrebourg est officiellement créé à Sarrebourg le 1er septembre 1935 par changement du nom du groupement d’artillerie mobile de la RF Lauter (5ème, 6ème et 7ème groupe du 155ème RAP).

En avril 1937, le 59ème RARF compte six groupes, quatre groupes à Sarrebourg au sein de la Région Fortifiée de la Lauter et deux groupes à Morhange au sein du Secteur Défensif de la Sarre, ce dernier détachement étant à la base du 166ème RAP.

En 1939, le 59ème RARF compte trois groupes de 75mm à deux batteries et un groupe de 155C à trois batteries. A la mobilisation, le 59ème RARF donne naissance à trois régiments de guerre, les 59ème, 60ème et 69ème RAMF.

Le 59ème RAMF de guerre est formé par le 3ème groupe du 59ème RARF et de la 15ème batterie (155) et compte deux groupes de 75mm et un groupe de 155C, régiment affecté au Secteur Fortifié du Rorbach. Il est maintenu en ligne après la démobilisation.

-Le 60ème régiment d’artillerie mobile de forteresse est mis sur pied par le CMA 220 de Sarrebourg en août 1939 à partir d’un noyau actif formé par le 1er groupe du 59ème RARF et affecté au 43ème Corps d’Armée de Forteresse (ex-Secteur Fortifié des Vosges). Il est maintenu en ligne après la démobilisation.

-Le 69ème RARF/RAMF est mis sur pied par le CMA 220 de Sarrebourg à partir du 2ème groupe du 59ème RARF et affecté au Secteur fortifié d’Haguenau avec un groupe de 75mm tracté et un groupe de 155C. Il est maintenu après la démobilisation.

-Le 70ème RAMF est mis sur pied en août 1939 avec un noyau actif du 46ème RARF, formant avec le 151ème RAP l’artillerie du Secteur Fortifié du Thionville. Comptant deux groupes de 75mm et un groupe de 155C automobile, il est dissous au mois d’août 1940.

-Le 99ème régiment d’artillerie mobile de forteresse hippomobile est mis sur pied par le CMA 2 de Sedan avec pour noyau actif, le 3ème groupe du 17ème RAD et affecté au SF de Montmedy. Il est dissous en août 1940.

A la mobilisation de septembre 1948, les 49ème et 70ème RAMF sont réactivé. A partir d’octobre 1948 alors que la guerre fait rage en Norvège, on renforce les RAMF en leur ajoutant un troisième groupe de 75mm équipé de canons TAZ modèle 1939, la mission de ce troisième groupe étant davantage la lutte antichar à longue portée que le tir d’interdiction.

Les régiments d’artillerie de la ligne Maginot (2) : les régiments d’artillerie de position (RAP)

Comme pour les RARF/RAMF, les régiments d’artillerie de position (RAP) du temps de paix vont donner naissance à des régiments de mobilisation. En juillet 1939, on trouve sept régiments d’artillerie de position d’active :

-Le 151ème régiment d’artillerie de position de Thionville

-Le 154ème régiment d’artillerie de position de Grenoble

-Le 155ème régiment d’artillerie de position d’Haguenau

-Le 157ème régiment d’artillerie de position de Nice

-159ème régiment d’artillerie de position de Belfort

-163ème régiment d’artillerie de position de Metz

-166ème régiment d’artillerie de position de Morhange

A la mobilisation, ces sept régiments vont donner naissance à vingt-régiments d’artillerie de position numérotés de 150 à 170. A la différence des RAMF, le matériel des régiments de position est extraordinairement hétérogène et très ancien.

150ème régiment d’artillerie de position

-Le 150ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied à la fin du mois d’août par le CMA 220 (Sarrebourg et Sarre-Union) à partir d’un noyau actif pour fournir par le 3ème groupe du 166ème RAP.

Affecté au Secteur Fortifié de Rorbach, ce régiment dispose d’un PC, d’un 1er groupe chargé de l’action d’ensemble avec des canons de 155mm (8 155L modèle 1918 et 8 155L modèle 1877) et des canons de 145mm (8 canons de 145L modèle 1916), d’un 2ème groupe chargé de l’appui du 153ème RIF (8 canons de 155L modèle 1918, 8 canons de 155C Saint Chamond et 8 canons de 120L De Bange), un Groupement d’ouvrages et une Section de Transport Automobile.

A la démobilisation, le régiment est dissous mais le 1er groupe est transféré au 59ème RAMF. Cette situation perdure jusqu’au 1er septembre 1948 quand le 150ème RAP est réactivé et que le premier groupe retrouve son régiment d’origine avec le même matériel moins les canons de 120mm De Bange remplacés par des canons de 105mm modèle 1913.

Le 151ème régiment d’artillerie de position

-Le 151ème régiment d’artillerie de position est créé le 5 mai 1929 à Thionville et à Douai à partir du 311ème régiment d’artillerie et d’un groupe du 15ème RAD (futur 3ème groupe du régiment). Le 15 avril 1933, le 151ème RAP forme avec le 39ème RA(futur RARF) et le 163ème RAP, l’artillerie de la Région Fortifiée de Metz.

Le 16 mars 1936, il est réorganisé en batteries d’ouvrages et de positions répartis en six groupes avec trois groupes de forteresse regroupant six batteries et un groupe de position avec trois batteries. Le 1er avril 1937, une nouvelle batterie d’ouvrage rejoint le régiment.

A la mobilisation d’août 1939, le 151ème RAP se dédouble pour donner naissance au 151ème RAP de guerre à deux groupes de position et le 152ème RAP à un groupe de position.

Le 151ème RAP de guerre est affecté au Secteur Fortifié de Thionville disposant pour assurer sa mission d’un 1er groupe avec deux batteries de 4 canons de 155L modèle 1877 et une batterie lourde avec deux canons de 240mm modèle 1884 et deux canons de 220L modèle 1917 alors que le 2ème groupe dispose de trois batteries disposant chacun de quatre canons de 155L modèle 1877.

Maintenu après la démobilisation, le régiment reçoit deux groupes de 75mm du 70ème RAMF dissous en août 1940 ce qui entraine une profonde réorganisation :

-1er groupe avec trois batteries de quatre canons de 155L modèle 1877

-2ème groupe avec deux batteries de quatre canons de 155L modèle 1877 et deux batteries de 75mm (issus du 70ème RAMF)

-3ème groupe équipé de quatre batteries de 75mm (issus du 70ème RAMF)

-une batterie lourde indépendante avec deux canons de 240mm modèle 1884 modifié 1944 et deux canons de 220L modèle 1917.

Suite à la mobilisation d’août 1948, le 151ème RAP met sur pied une nouvelle organisation. Il participe ainsi à la réactivation du 152ème RAP tandis que les batteries de 75mm forment à nouveaux deux groupes de 75mm. Le 151ème RAP est organisé alors avec un 1er groupe à trois batteries de quatre canons de 155L modèle 1877 et un 2ème groupe disposant de deux batteries de quatre canons de 155L modèle 1877 plus la batterie lourde ancienement indépendante.

152ème régiment d’artillerie de position

-Le 152ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied à la fin du mois d’août 1939 à Thionville et Conflans-Labry par le Centre Mobilisateur d’Artillerie n°206 (CMA 206) avec un noyau actif fournit par les 2ème et 5ème groupe du 151ème RAP, le nouveau régiment occupant le Secteur Fortifié de Crusnes.

Ce régiment dispose de trois batteries d’ouvrages et d’un groupe de position disposant de deux batteries de 155C modèle 1917 et deux batteries de 155L modèle 1877. A la démobilisation, le régiment est dissous.

Réactivé le 1er septembre 1948, le 152ème RAP dispose de la même organisation mais les canons de 155L modèle 1877 ont été remplacés par des canons de 155C modèle 1917, unifiant l’équipement du régiment.

153ème régiment d’artillerie de position

-Le 153ème régiment d’artillerie de position est mis sur pied à la fin du mois d’août 1939 par le CMA 46 à Metz et dans sa région avec un noyau actif fournit par les 2ème et 3ème groupe du 163ème RAP, le premier pour les batteries d’ouvrages, le second pour les batteries de position.

Affecté au Secteur Fortifié du Boulay, ce régiment dispose des moyens suivants :

-Un premier groupe pour appuyer le 162ème RIF avec trois batteries de quatre canons de 75mm modèle 1897 et une batterie de quatre canons de 240L modèle 1884

-Un deuxième groupe disposant de cinq batteries de 155L modèle 1877 et de deux batteries de 120L remplacés ultérieurement par des canons de 105L modèle 1913

-Un troisième groupe disposant de trois batteries de quatre canons de 155L modèle 1918 Schneider

-Un quatrième groupe assure l’appui du 160ème RIF avec deux groupes de 75mm modèle 1897 et deux canons de 65mm pour la lutte antichar.

A cela s’ajoute quatre canons de 75mm sous casemates. Le régiment est dissous à la démobilisation de l’été/automne 1940.

Il est reconstitué dès le 30 août 1948 et dispose une fois ses effectifs et son matériel complété de deux groupes de 75mm, deux groupes de 105mm et un groupe équipé de pièces lourdes en l’occurence quatre canons de 240L et 4 canons de 155L. Il arme toujours quatre canons de 75mm sous casemate.

154ème régiment d’artillerie de position

-Le 154ème régiment d’artillerie de position est créé à Grenoble le 1er août 1919 sous le nom de 154ème régiment d’artillerie à pied avec trois groupes à deux batteries  plus deux batteries indépendantes soit un total de huit batteries.

Réorganisé le 15 octobre 1934, il dispose d’un état-major et d’un peloton hors-rang, d’un 1er groupe disposant de deux batteries (1ère et 2ème batteries), d’un 2ème groupe disposant de trois batteries numérotées 4,5 et 6 et d’un troisième groupe disposant des 7ème et 8ème batteries, le régiment formant l’artillerie des Secteurs Fortifiés de Savoie et du Dauphiné. En juin 1938, quatre batteries d’ouvrages sont créés, le 154ème régiment d’artillerie à pied devenant régiment d’artillerie de position.

La mobilisation d’août 1939 voit le 154ème RAP mettre sur pied trois régiments de guerre, le 1er groupe formant le 164ème RAP en Savoie, le 2ème groupe forme le 162ème RAP et le 3ème groupe forme un 154ème RAP de guerre.

Ce régiment de guerre est mis sur pied par le CMA 214 de Grenoble, disposant d’un état-major, de trois groupes à trois batteries et une section de transport hippomobile, une batterie d’ouvrage au Janus, le régiment assurant la garde du Secteur Fortifié du Dauphiné.

Le matériel est des plus hétéroclite avec au sein du 1er groupe une 1ère batterie disposant de  8 canons de 75mm modèle 1897, 3 canons de 65mm modèle 1906, 4 canons de 155C Saint Chamond  et 2 mortiers de tranchée 150T, une 3ème batterie avec 4 canons de 75mm modèle 1897, 6 canons de 120L modèle 1878, 3 canons de 65mm modèle 1906 et deux mortiers de tranchée 150T, une 6ème batterie disposant de quatre canons de 280mm modèle 1914 et quatre canons de 220C modèle 1916 et la 11ème batterie installée au Janus.

Le 2ème groupe dispose d’une 2ème batterie avec 8 canons de 155L (4 modèle 1877 et 4 modèle 1877/14) et 4 canons de 105L modèle 1913, d’une 4ème batterie avec 4 canons de 75mm modèle 1897 et 4 canons de 65mm modèle 1906, une 5ème batterie avec 4 canons de 75mm modèle 1897 et 4 canons de 155C Saint Chamond et une 7ème batterie équipée de 4 canons de 155L modèle 1877 et 4 canons de 105L modèle 1913.

Enfin le 3ème groupe dispose d’une 8ème batterie avec 4 canons de 155L modèle 1916 et 2 matériels de 194GPF sur chenilles, d’une 9ème batterie avec quatre canons de 155L modèle 1877 et deux mortiers de 150T et d’une 10ème batterie aec 6 canons de 65mm modèle 1906 et 6 canons de 75mm modèle 1897.

Après la démobilisation, le 154ème RAP maintien les trois groupes réduits à deux batteries. Le 1er groupe dispose de deux batteries de 75mm (huit canons), le 2ème groupe dispose de deux batteries équipées de canons de 105L modèle 1913 (huit canons) et le 3ème groupe dispose de deux batteries, une de quatre obusiers de 280mm et une de quatre canons de 220C modèle 1916.

A la mobilisation d’août 1948, chaque groupe reçoit une troisième batterie, le 1er groupe recevant une batterie de huit canons de 75mm, le 2ème groupe une batterie de huit canons de 155C modèle 1917 et le 3ème groupe une batterie de 155L modèle 1917 modifié 1944.