Pologne et Pays Neutres (88) Suède (23)

Infanterie de Marine

Pour compléter l’artillerie côtière, la marine suédoise décide de lever un régiment de fusiliers marins pour mener des missions défensives. Le 1. Marinen Gevär Regemente est officiellement créé le 17 septembre 1945.

Gros régiment (quatre bataillons à quatre compagnies mais seulement deux bataillons sont actifs en temps de paix), il doit sécuriser les côtes en liaison avec les batteries côtières et avec l’armée de terre.

Très vite le régiment expérimente des tactiques plus offensives sous la forme de coups de mains qui annoncent les opérations commandos du second conflit mondial.

Durant le conflit le régiment va mener de nombreux exercices, occupant des ilôts, information qui fuitait rapidement en Allemagne et en URSS, une façon comme une autre de montrer la détermination de Stockholm.

A la fin du conflit le régiment est dissous mais en 1965 des compagnies indépendantes sont recrées, compagnies qui annoncent la mutation de la Kustartilleret au début des années 2000.

L’unité amphibie de la marine suédoise

Durant le conflit le régiment était organisé en un état-major, une compagnie de commandement et de soutien, quatre bataillons à quatre compagnies _trois de fusiliers et une d’armes lourdes_ et une compagnie de mortiers lourds.

L’équipement et l’armement était identique à celui de l’Armen, l’uniforme était en général celui de l’armée de terre mais parfois certains fusiliers effectuaient un panachage d’effets terrestres et marine donnant un assemblage qui fait aujourd’hui les délices des amateurs d’uniformologie.

Batteries côtières

Si aujourd’hui les défenses côtières sont plus l’exception que la norme il fût une époque où il était impensable pour un pays de ne pas protéger ses côtes par des forts et des fortins munis de puissantes pièces d’artillerie. Ces installations étaient relayées par des abris, des mines, des barbelés…….. .

La Suède ne fait pas exception avec des régiments d’artillerie tenant des forts, des unités statiques dependant de l’armée de terre pour éviter de s’empêtrer dans une défense statique et stérile. La création du régiment de fusiliers redonnant à la marine suédoise une certaine mobilité, une certaine autonomie.

Durant la Pax Armada la défense côtière est modernisée avec notamment la Per Albin Line et d’autres fortifications. A cette époque on change d’optique : aux pièces lourdes, puissantes et de courte portée on préfère des pièces plus légères tirant plus vite et plus loin.

Des forts existants sont modernisés mais la majorité des sites restent en l’état, perdant leur efficacité, servant souvent davantage d’abris d’état-major et d’abris de troupes que de forts de défense.

Parmi ces forts existants on trouve la Ligne Boden construite entre 1901 et 1916 avec 102 pièces servies par 1868 hommes, bouches à feu réparties entre six forts et huit batteries.

Cette ligne disposait notamment de trois canons de 240mm aménagée en 1942, ces pièces étant protégées par des blockhaus armés de mitrailleuses et de canons antichars.

-Le Fort Oscar II construit à Gothenburg (Goteborg) en 1907 protège l’accès au port avec des pièces de 203mm, pièces modernisées durant la Pax Armada mais clairement obsolètes. Elles sont d’ailleurs ferraillées dès la fin du second conflit.

La forteresse de Fårösund construite en 1886 et celle de Karlsborg datant de 1858 considérées comme obsolètes sont déclassées dans les années trente tout comme celle d’Enholmen construite en 1858 ou celle de Vaberget bâtie en 1902. Ces sites restent cependant sous contrôle militaire et vont servir d’abris, de prison ou de dépôts.

La Per Albin Line comprend 500km de fortifications légères pour protéger les côtes sud contre une invasion étrangère, Stockholm pensant plutôt à l’Allemagne et à l’URSS qu’à ses voisins norvégiens et finlandais. Elle va de l’Halland à la Blekinge en passant par la Skane.

En première ligne on trouve des bunkers en concrète sur le rivage avec des mitrailleuses et des canons légers.

En deuxième ligne on trouve de l’infanterie dans des abris (K24 et 48, le nombre désignant le nombre de soldats protégés) situés à 300m en arrière, abris accompagnés d’obstacles (mines, barbelés).

Quand le second conflit mondial se termine l’artillerie côtière comprend 1063 éléments fortifiés (abris exclus) avec des bunkers armés de mitrailleuses et de canons légers mais aussi et surtout des tourelles d’artillerie.

Si jadis on aimait en Suède le gros et le lourd à cette époque on préfère des pièces médianes tirant à un rythme soutenu pour compenser des calibres inférieurs.

7.5cm tornpjäs m/47

Si après guerre des canons de 120mm ont été mis en service, pour la période qui nous intéresse il n’y avait que des canons de 75mm (7.5cm tornpjäs m/47) et de 105mm (10.5cm tornautomatjäs m/50), le premier modèle étant disponible à raison de trente tourelles regroupées en dix groupes de trois alors que pour le seconc c’était douze tourelles en trois groupes de quatre.

Durant le second conflit de nouvelles batteries sont aménagées ou plutôt des positions sont aménagées pour accueillir dans de bonnes conditions des canons de l’armée en cas de débarquement.

FIN

Comme vous pouvez le constater la Suède comme Capri c’est fini. En revanche pour commencer à lire sur la Pologne il faudra patienter un peu

Pologne et Pays Neutres (82) Suède (17)

La marine suédoise au combat

Si aujourd’hui la Suède est une pacifique démocratie cela n’à pas toujours été le cas. A de nombreuses reprises le pays à combattu pour le contrôle de la Baltique et du nord de l’Allemagne.

La marine suédoise à connu le combat à de nombreuses reprises. Je vais donc parler ici des différentes batailles dans un ordre chronologique. Pour ne pas surcharger le texte je ne vais parler du conflit concerné renvoyant pour cela à la chronologie générale.

16ème siècle

En juin 1535 à lieu une première Bataille de Bornholm entre une coalition regroupant la Suède, le Danemark, la Prusse et le Holstein face à Lübeck et la ligue hanséatique, la coalition regroupant vingt navires dont onze suédois face à vingt-six navires hanséatiques. La coalition l’emporte.

Le 16 juin 1535 à lieu la «Bataille de la Petite Ceinture» opposant dix navires de la ligue hanséatique face à vingt navires suédois danois et prussiens. Ces derniers l’emporte avec peu de pertes, les hanséates ayant un navire brûlé et neuf capturés.

Le 30 mai 1563 à lieu la deuxième Bataille de Bornholm entre dix-neuf navires suédois et dix navires dano-norvégiens. C’est une victoire suédoise avec des pertes négligeables de leur côté et plus lourdes dans le camp opposé (3 navires capturés et 800 marins prisonniers).

Le 11 septembre 1563 à lieu la Bataille de Öland, une bataille opposant dix-huit navires suédois contre trente-quatre navires dano-norvégiens et lubeckois. Le résultat est incertain.

La première bataille de Öland à lieu les 30 et 31 mai 1564 entre trente-cinq navires suédois contre vingt-six navires danois et dix lubeckois. Ces derniers l’emporte avec du coté des vainqueurs un navire de Lübeck est coulé avec plus de 300 morts, les suédois perdant un navire avec 901 tués.

Le 21 mai 1565 la Suède affronte au large de Rügen une flotte combinant les forces du Danemark et de la ville hanséatique de Lübeck, les premiers engageant 48 navires 1638 canons et 8000 marins, les second neuf navires (six danois et trois de Lübeck). Les pertes suédois sont inconnues mais en face ont sait quatre navires sont brûlés et cinq capturés.

Le 7 juillet 1565 au large de Bornholm 49 navires suédois affrontent 36 navires danois et de la ville de Lübeck. Cela se termine par une victoire suédoise, la flotte de Stockholm perdant trois navires (362 morts et 523 blessés) contre trois navires perdus mais 4000 pertes.

Le 26 juillet 1566 à lieu au large d’Öland un affrontement entre soixante navires suédois et une flotte combinant vingt-cinq navires danois et onze de la ville hanséatique de Lübeck. C’est une victoire suédoise mais à la Pyrhus avec de très lourdes pertes, les dano-lubeckois perdant 15 navires (douze danois et trois de Lübeck).

17ème siècle

La Bataille d’Oliwa (près de Gdansk) à lieu le 28 novembre 1627 entre dix navires du condominium polono-lituanien et six navires suédois.

La flotte du condominium l’emporte avec de faibles pertes (47 pertes) alors que les suédois perdent deux navires (une galère détruite et une autre capturée) avec 304 pertes.

Le 16 mai 1644 à lieu au large du Jutland un affrontement entre une flotte dano-norvégienne (9 navires) et une flotte suédoise (26 navires). Les dano-norvégiens l’emporte avec 11 pertes de leur côté et 500 tués et blessés côté suédois.

Le 1er juillet 1644 à lieu la Bataille de Colberger Heide entre 40 navires danois et 34 navires suédois, un affrontement qui se termine sur des résultats incertains mais les dano-norvégiens remportent une victoire stratégique avec tout de même des pertes plus lourdes que leurs adversaires (207 contre 101).

La Bataille de Fehmarn à lieu le 13 octobre 1644, une bataille opposant une flotte suédo-néerlandaise (16 navires suédois et 21 navires néerlandais) et une flotte danoise (17 navires). C’est une victoire décisive des premiers. Un navire néerlandais est perdu avec 159 tués contre 10 navires capturés deux échoués 100 tués et 1000 prisonniers de guerre.

Herluf Trolle

Le 14 août 1654 à lieu au large de l’île d’Oland un affrontement entre 28 navires suédois et une flotte de trente-neuf navires venant du Danemark et de la ville hanséatique de Lübeck, cette flotte étant commandée par Herluf Trolle. Comme souvent c’est un affrontement aux résultats incertains avec des pertes légères côté suédois, plus importantes chez l’ennemi qui perd trois navires (capturés) et donc 600 marins faits prisonniers.

Le Bataille de Nöteborg à lieu en juillet 1656. C’est une victoire suédoise contre les russes même si on à peu de détails sur cet affrontement.

Les 12 et 13 septembre 1657 à lieu la Bataille de Mon, un affrontement aux résultats indécis entre les suédois et les danois, les premiers engageant 25 navires de ligne, huit navires marchands armés deux brulots et quatre petits navires soit 1231 pièces et 6000 marins (40 pertes) alors que les seconds engagent vingt et un navires de ligne, sept navires marchands soit 956 pièces et 4640 marins (150 morts).

Le 29 octobre 1658 à lieu la Bataille de l’Oresund entre 45 navires des Provinces-Unies face à 43 navires suédois. C’est une victoire néerlandaise mais une victoire à la Pyrhus car les amiraux Witte de With et Pieter Floriszoon font partie des 1400 pertes dont souffre la marine Oranje qui perd un navire. En face les suédois ont 1200 pertes, un navire détruit et quatre capturés.

Le 23 juillet 1659, la marine suédoise affronte la flotte combinée dano-néerlandaise c’est la Bataille d’Ebelfort. Stockholm engage huit frégates face à deux frégates danoises et trois frégates néerlandaises accompagnées de plus petits navires.

C’est une victoire suédoise, la Svenska Marinen ayant des pertes négligeables alors qu’en face une frégate explose, quate sont capturées avec en bonus 1000 prisonniers.

Une nouvelle Bataille de Bornholm à lieu les 25 et 26 mai 1676. Les dano-hollandais (25 navires de ligne, 10 frégates) l’emporte sur les suédois (30 navires de ligne, 21 petits navires, 8 navires marchands armés) du moins sur le plan stratégique car sur le plan tactique c’est plus incertain.

Le 31 mai et le 1er juin 1677 à lieu la Bataille de Fehmarn entre les dano-norvégiens et les suédois, ce sont les premiers qui l’emporte avec treize navires engagés (aucun coulé) contre douze (huit navires coulés 1500 pertes).

Le 1er juin 1676 à lieu la Bataille de Öland qui est une victoire décisive des dano-hollandais (42 navires dont 25 de ligne) contre les suédois (57 navires dont 27 navires de ligne), les premiers perdant un navire et 100 marins contre cinq navires coulés, six capturés et 1400 marins.

Niels Juel

Les 1er et 2 juillet 1677 à lieu la Bataille de la Baie de Koge, une victoire décisive des dano-norvégiens de Niels Juel contre les suédois. Les trente-quatre navires dano-norvégiens ont affronté 45/47 navires suédois. Les premiers perdent 375 marins, les suédois vingt navires et 3000 hommes pour ce qui est considéré comme le plus grand succès de l’histoire navale danoise.

18ème siècle

Le 7 août 1704 à lieu la Bataille de Orford Ness entre les anglais (huit navires de lignes et une frégate engagées, 100 pertes) et les suédois, le navire de ligne scandinave étant capturés avec 53 tués et blessés alors qu’il protégeait un convoi.

Le 20 août 1705 à lieu la Bataille de Hogland, une île du golfe de Finlande. Le navire de ligne suédois Reval est engagé par sept galères russes. C’est une victoire suédoise dans ce qui constitue le premier engagement en mer Baltique des galères russes, la marine russe étant encore dans l’enfance (créée en 1692).

Le 24 septembre 1710 c’est la Bataille de la baie de Koge entre les marines suédoises et danoises qui se disputent le contrôle de la mer Baltique.

La Suède engage dans cette bataille trente navires (dont 21 de ligne) alors que les danois engagent eux 47 bâtiments dont 27 de ligne ce qui signifie que la supériorité danoise n’est pas si évidente que cela.

La preuve c’est que cela se termine par un match nul. Deux navires suédois s’échouent ce qui génère quelques pertes, des pertes plus faibles que celles des danois qui perdent un navire qui explose et cinq navires marchands capturés.

Le 11 avril 1712 c’est la Bataille de Fladstrand entre sept navires suédois et cinq navires danois mais se termine sans vainqueur clair.

Le 31 juillet 1712 cinq navires danois tombent sur douze navires de guerre et onze transports suédois en baie de Greifswald mais cet affrontement se termine sans vainqueur clair.

Le 17 août 1712 les danois défont au sud de Rügen une escadre suédoise, Copenhague engageant 18 navires Stockholm 11 navires plus onze transports.

Le 22 juillet 1713 à lieu une nouvelle Bataille d’Hogland toujours entre la marine suédoise (trois navires de ligne engagés) et la marine russe (onze gros navires et deux bricks) et à nouveau la Svenska Marinen l’emporte sur la marine impériale construit par la seule volonté de Pierre le Grand.

Le 7 août 1714 c’est la Bataille de Gangut. Au large de la péninsule d’Hanko, les 98 galères russes (seulement 23 engagées) défond neuf navires suédois qui sont tous coulés ou perdus avec 941 pertes côté russe et 466 côté suédois.

Le 24 avril 1715 à lieu la Bataille de Fehmarn, une nouvelle victoire danoise sur les suédois, Stockholm engageant quatre navires de ligne et deux frégates contre huit navires de ligne et quatre frégates. Sur le plan des pertes, les suédois ont 353 tués et blessés plus 1626 prisonniers avec un navire sabordé et cinq capturés alors que les danois ont 65 tués et 224 blessés.

Le 8 août 1715 c’est la Bataille de Rügen qui oppose vingt navires de ligne et deux frégates suédois à 21 navires de ligne et 4 frégates danois. Cela se termine par un match nul avec néanmoins une victoire danois sur le plan stratégique. Les pertes sont d’ailleurs équilibrées avec 145 morts et 333 blessés côté suédois, 127 tués et 485 blessés côté danois.

Peter Tordenskjold

Le 8 juillet 1716 à lieu la Bataille de Dynekilen, une bataille se terminant par la victoire des dano-norvégiens de Peter Tordenskjold sur les suédois.

Pour cette bataille Stockholm dispose de 1284 hommes, 13 navires de guerre et 14 navires marchands sans compter des forteresses qui peuvent appuyer de leurs pièces les navires. De leur côté les dano-norvégiens engagent 931 hommes, sept navires et des forteresses. La défaite suédoise oblige Charles XII à abandonner l’invasion de la Norvège.

Les 2 mai 1717 et 27 septembre 1719 ont lieu les deux Batailles de Göta Alv. A chaque fois ce sont des victoires suédoises sur les danois. La première bataille voit l’engagement de six frégates portant le pavillon bleu et or face à trente navires danois, la deuxième bataille voyant d’abord l’engagement de trois galères danoises contre vingt navires danois puis des défenses côtières suédoises contre onze navires danois.

Les 13 et 14 mai 1717 à lieu la Bataille de Gothenburg, une nouvelle victoire suédoise (six frégates et petits navires engagées) face aux danois qui ont engagé deux navires de ligne, deux prams, neuf galères et une floppée de petits navires. Les suédois ont neuf morts contre 52 morts et 119 blessés côté danois auxquels il faut ajouter trois navires perdus (NdA capturés ?) et trois navires coulés.

Le 4 juin 1719 à lieu la Bataille de l’île d’Ösel, une bataille qui se termine par une victoire russe sur les suédois.

Si les suédois engagent un navire de ligne, une frégate et une brigantine, les russes mobilisent six navires de ligne et un petit navire d’un type non identifié. Trois navires suédois sont capturés avec 451 pertes alors que les russes ont 18 pertes.

La Bataille de Grengam à lieu le 7 août 1720 au large des îles alands entre les flottes suédoises et russes. Si tactiquement la victoire est russe en revanche stratégiquement parlant elle est suédoise.

Si la Suède engage un navire de ligne, quatre frégates, trois galères et six petits navires, les russes engagent eux 61 galères et 29 navires d’un type non-identifié. Les pertes sont en revanche équilibrées avec 103 morts, 407 prisonniers et 4 frégates capturées côté suédois, 82 morts et 203 à 236 blessés côté russe.

Le 10 septembre 1759 à lieu la Bataille du Frisches Haff, une bataille opposant une escadre suédoise (4 galères, 4 semi-galères, 2 galiots 3 sloops et 13 canonnières) à une escadre prussienne (4 galères 4 galiots 4 canonnières). Cela se termine par une victoire suédoise qui perd une canonnière (44 pertes) alors qu’en face l’escadre prussienne est anéantie ce qui entraine de facto la disparition de la marine prussienne !

Le 17 juillet 1788 c’est la Bataille de Hogland entre la Suède et la Russie. La marine suédoise engage 15 navires de ligne, 5 frégates 6 frégates légères soit 1400 canons alors que les russes engagent eux 17 navires de ligne, 2 frégates 5 frégates légères et 1200 canons. Les suédois ont 1000 pertes un navire de ligne capturé alors que les russes ont 580 tués 720 blessés 470 prisonniers un navire de ligne capturé et quatre hors de combat.

Le 26 juillet 1789 à lieu une nouvelle Bataille de Öland, une bataille aux résultats indécis entre les suédois (qui engagent 21 navires de ligne 9 frégates et 4 frégates légères) et les russes (qui engagent 21 navires de ligne et 10 frégates). Si les suédois ont 23 pertes, les russes ont 219 pertes.

La Première Bataille de Svenskund à lieu le 24 août 1790. C’est une victoire russe contre les suédois, les russes mobilisant 24 grands navires, trois bombardiers, 47 galères, 30 sloops à canon, trois cuters et des auxiliaires alors que les suédois ont engagé douze frégates archipélagiques, cinq galères, vingt sloops à canon, quatre bombardes et des auxiliaires.

Si les russes perdent une galère, un sloop à canon avec 383 tués 628 blessés et 22 prisonniers les suédois perdent cinq frégates deux galères dix sloops à canon et 1500 pertes. Trente auxiliaires doivent être incendiés pour ne pas tomber aux mains des russes.

Les 3 et 4 mai 1790 c’est la Bataille de Krondstat entre une escadre suédoise (22 navires de ligne, 8 frégates, 4 frégates légères) et une escadre russe (17 navires de ligne 12 frégates) qui se termine par un résultat indécis mais avec une victoire stratégique des russes. Les pertes sont équivalentes avec 84 morts et 281 blessés côté suédois, 89 tués et 218 blessés côté russe.

Le 13 mai 1790 c’est la Bataille de Reval (auj. Tallin) qui se termine par une victoire russe, ces derniers engageant neuf navires de ligne et cinq frégates (35 pertes) contre une flotte suédoise (22 navires de ligne et 4 frégates) (132 pertes 250 prisonniers, un navire de ligne détruit et un capturé)

La Bataille de Fredrikshann à lieu le 15 mai 1790 opposant la marine suédoise (106 navires de la flotte archipélagique) face à la marine russe (une frégate et 72 petits navires). C’est une victoire suédoise qui perd un navire avec 60 pertes alors qu’en face 26 navires sont perdus pour 270 pertes.

La Bataille de la Baie de Vyborg à lieu le 4 juillet 1790. C’est une victoire tactique russe mais une victoire stratégique suédoise.

Les russes mobilisent vingt-neuf navires de ligne, soixante-douze galères et onze frégates avant que soixante-douze galères et huit frégates archipélagiques n’arrivent en renfort. Dans le camp opposé sont engagés 21 navires de ligne, 13 frégates et 366 petits navires.

Les russes ne perdent aucun navire avec 281 pertes (d’autres sources donnent six navires de ligne hors de combat et 1000 pertes), les suédois perdent cinq navires de ligne, six galères, quatorze canonnières et 30 transports, deux navires de ligne étant perdus ultérieurement.

D’autres sources donnent sept navires de ligne perdus, trois frégates, deux cent cinquante petits navires, 7000 morts et 4988 prisonniers.

La Deuxième Bataille de Svenskund à lieu les 9 et 10 juillet 1790 entre les suédois et les russes, les premiers remportant une victoire décisive sur les russes. Les suédois mobilisent 275 navires de tout type contre 200 à 274 navires russes. Les suédois ont perdu six navires (coulés ou endommagés) et 600 à 700 marins alors que les russes ont perdu cinquante à quatre-vingt navires perdus avec 1000 tués blessés et prisonniers.

19ème siècle

Jusqu’en 1830 et l’expédition d’Alger, la Méditerranée est infestée par la piraterie, la piraterie barbaresque. Tous les pays envoient régulièrement des navires et des escadres pour tenter d’éradiquer cette nuisance.

Les suédois vont ainsi attaquer le 16 mai 1802 le port de Tripoli aux côtés des jeunes Etats-Unis, deux frégates suédoises et une frégate américaine étant engagées contre sept corsaires (l’un d’eux s’échoue). Les suédois s’empressent de faire la paix laissant les américains seuls.

Le 28 avril 1808 à lieu la Bataille de Furuholm entre la Suède et le royaume dano-norvégien. La marine de Stockholm aligne cinq sloops alors que les dano-norvégiens alignent six sloops et onze yawls. C’est une victoire suédoise avec quatre morts et six à sept blessés grave alors qu’en face c’est quatorze pertes et selon les sources zéro ou trois navires coulés.

Du 30 juin au 2 juillet 1808 à lieu la Bataille de Remito Kramp, une bataille oppose les suédois aux russes. Les premiers engagent quatre galères quinze sloops à canon puis ultérieurement quatre autres sloops et quatre galères (un sloop à canon coulé deux endommagés) alors que les seconds mobilisent quatre sloops à canon, trois yawls puis ultérieurement cinq sloops (deux yawls endommagés). Cette bataille se termine par une victoire tactique suédoise mais c’est un échec stratégique.

Les 2 et 3 août 1808 à lieu la Bataille de Sandorstorm, une victoire de la flotte russe sur les suédois, les premiers engageant 12 sloops à canon et 38 yawls les seconds vingt-deux sloops. Les russes ont onze navires endommagés et 131 pertes contre 321 pertes et 35 navires endommagés.

Le 30 août 1808 à lieu la Bataille de Grönvikssund entre la marine suédoise qui l’emporte face à la marine russe, les premiers engageant trois sloops (deux coulés 225 pertes) les seconds vingt sloops et quatre yawls (neuf navires coulés 114 pertes).

Le 18 septembre 1808 à lieu la Bataille du Détroit de Palva opposant une flotte russe de 70 à 80 sloops contre une flotte suédoise de 31 sloops. Les premiers l’emporte avec 200 pertes et trois sloops capturés contre 84 pertes et un sloop coulé.

Pologne et Pays Neutres (81) Suède (16)

Marine (Marinen/Svenska Marinen)

Histoire de la marine suédoise : généralités

La marine suédoise (Svenska Marinen/Marinen) est officiellement créée le 7 juin 1522 quand Gustave 1er Vasa le nouveau roi de Suède achète des navires à la ville hanséatique de Lübeck, la marine suédoise portant alors le nom de Kungliga flottan. Tout comme la marine britannique, la marine suédoise fait précéder ses navires d’une marque, le HMS qui signifie en suédois Hennes Majestäts Skepp (HMS).

Cela ne signifie pas bien sur que l’histoire navale militaire suédoise n’à commencé qu’au 16ème siècle. Elle commence dès le 9ème siècle avec les levées ou leidang des levées d’hommes libres pour mener des raids en Europe occidentale. Ce système va durer jusqu’au 14ème siècle quand devenu obsolète il est remplacé par une taxe finançant la défense du royaume.

En 1427, des navires suédois sous l’autorité de l’Union de Kalmar combattent des navires de la Ligue Hanséatique lors de la Bataille d’Öresund.

En 1756 est créée la Skargardsflottan ou flotte archipélagique. Appelée aussi marine de l’armée ou Armens Flotta elle est chargée de la protection des côtes et du transport des troupes en cas de combat notamment en Finlande. Elle dispose de galères, de prams, de canonnières et de frégates archipélagiques. Elle peut être considérée comme l’ancètre de l’artillerie côtière.

Elle va participer à la guerre de Sept Ans, à la guerre russo-suédoise de 1788 à 1790, à la guerre de Finlande de 1808/09 et à la guerre suédo-norvégienne en 1814.

En 1790 elle compte 285 navires (320 officiers, 675 sous-officiers et 6000 marins auxquels il faut ajouter les troupes transportées soit environ 17000 hommes). En 1823, elle fusione avec la flotte de haute mer, elle est brièvement recréée sous une autre forme de 1866 à 1873 avant de définitivement disparaître.

En 1878 est créé une administration du matériel naval destinée à gérer les commandes de matériel pour la marine suédoise.

En 1884 l’Etat-Major de la marine est créé sous le nom d’Etat-Major de la Flotte (Flottas Stab) devenant Etat-Major Naval le 31 décembre 1907. Il s’appuie sur des districts navals qui remplacent les bases navales comme entité de base de la marine suédoise.

Le 1er janvier 1902 est créée l’unité spéciale d’artillerie côtière ou Kustartilleriet devenue en 2000 l’unité amphibie ou en version originale Svenska amfibiekaren. Cette unité opère aux côtés de la flotte ou Flottan.

Cette unité est issue de la fusion entre l’artillerie archipélagique (créée en 1866), le Régiment de Marine et des unités d’artillerie.

L’artillerie côtière est organisée en plusieurs régiments avec le KA-1 Vaxholm Coastal Artillery Regiment (1902-2000), le KA-2 Karlskrona Coastal Artillery Regiment (1902-2000), le KA-3 Gotland Coastal Artillery Regiment (1937-2000), le KA-4 Alvsbörg Coastal Artillery Regiment (1942-2000) et le KA-5 Härmösand Coastal Artillery Regiment.

Ces régiments étaient organisés en quatre compagnies avec une compagnie fixe, une compagnie antiaérienne fixe, une compagnie mobile et une compagnie de mines, de transmissions et de navires de service.

De nombreuses batteries côtières vont être construites à la fin des années trente et durant la Pax Armada avant de dissuader un débarquement qu’il soit soviétique ou allemand (NdA voir plus bas)

En 1902 un corps médical naval est créé.

Le premier sous-marin suédois à été préservé

En 1904 la marine suédoise met en service son premier sous-marin ou plutôt son premier torpilleur submersible baptisé Hajen. En 1918 la première division de sous-marins est créée (1. Undervattensbatsdivisionen) et en 1934 la force sous-marine est organisée en un département sous-marin (Ubatsavdelningen) avec trois puis à terme cinq divisions (Ubatsdivisionen) numérotées 1, 2, 3, 7 et 12.

Entre-temps la Suède à adapté son outil militaire avec l’Acte de Défense de 1925 qui réduit fortement les moyens militaires suédois, la marine voyant sa flotte réduite par le non remplacement des navires anciens tandis que l’artillerie côtière perd un régiment tandis que trois forteresses sont transformées en dépôt. Cette situation va perdurer jusqu’à l’Acte de Défense de 1936 où la Suède entame le réarmement.

En 1936 le commandement de la marine est mis sur pied (en suédois Chifen of marinen).

A partir de 1937 les défenses côtières suédoises sont sérieusement renforcées. Sous le nom générique de Skane/Per Albin Line, elle comprend 500km de fortifications légères pour protéger les côtes sud contre une invasion étrangère, Stockholm pensant plutôt à l’Allemagne et à l’URSS qu’à ses voisins norvégiens et finlandais. Elle va de l’Halland à la Blekinge en passant par la Skane.

En première ligne on trouve des bunkers en concrète sur le rivage avec des mitrailleuses et des canons légers. En deuxième ligne on trouve de l’infanterie dans des abris (K24 et 48, le nombre désignant le nombre de soldats protégés) situés à 300m en arrière, abris accompagnés d’obstacles (mines, barbelés).

Quand le second conflit mondial se termine l’artillerie côtière comprend 1063 éléments fortifiés (abris exclus) avec des bunkers armés de mitrailleuses et de canons légers mais aussi et surtout des tourelles d’artillerie.

Si jadis on aimait en Suède le gros et le lourd à cette époque on préfère des pièces médianes tirant à un rythme soutenu pour compenser des calibres inférieurs.

7.5cm tornpjäs m/47

Si après guerre des canons de 120mm ont été mis en service, pour la période qui nous intéresse il n’y avait que des canons de 75mm (7.5cm tornpjäs m/47) et de 105mm (10.5cm tornautomatjäs m/50), le premier modèle étant disponible à raison de trente tourelles regroupées en dix groupes de trois alors que pour le second c’était douze tourelles en trois groupes de quatre.

10.5cm tornautomatjäs m/50

Pologne et Pays Neutres (75) Suède (10)

Armes de l’infanterie

Pistolet

Pistol m/40 & m/40b : 100000 exemplaires du pistolet finlandais Lahti L-35 produit sous licence.

Pistolets mitrailleurs

MP-18

Suomi KP/-31

Kpist m/37 : version produite sous licence de 35000 exemplaires du pistolet mitrailleur finlandais Suomi KP/-31

Carl Gustav M-45

Kpist m/45 : pour compléter le pistolet mitrailleur finlandais la Suède va mettre au point un pistolet mitrailleur moderne, le Carl Gustav, une arme produite à 300000 exemplaires entre 1945 et 2007.

Cette arme qui à été produite sous licence en Egypte et qui à aussi été utilisée par les américains est une arme qui s’est inspirée des MP-40, des Sten et des différents modèles de pistolets mitrailleurs soviétiques.

Le Carl Gustaf M-45 est une arme de conception et de fabrication suédoise pesant 3.35kg à vide (4.2kg chargée) mesurant 808mm (550mm crosse repliée) avec un canon de 212mm de long. Il tire la cartouche 9x19mm Parabellum à une distance maximale de 250mm et une cadence de tir maximale de 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par un chargeur de 36 cartouches.

MP-35

-Kpist m/39 : désignation suédoise du pistolet mitrailleur allemand MP-35

Fusils

Fusil suédois Mauser modèle 1938

-Swedish Mauser

Sous cette désignation de Mauser suédois se trouve en réalité toute une famille de fusils de type Mauser utilisée par l’Armen aux côtés d’autres fusils plus (Automatgevär m/42) ou moins (Karabiner 98K) modernes.

Inspiré du Mauser modèle 1893 cette arme se distingue par son calibre (6.5mm) et une construction plus robuste avec des matériaux de très haute qualité.

Après des essais menés par un modèle 1892, le premier modèle mis en service est la Carabine modèle 1894 produite à 127000 exemplaires de 1898 à 1918 puis sporadiquement jusqu’en 1932 date à laquelle la production cesse complètement.

Elle est suivie par un fusil modèle 1896 produit à 535000 exemplaires, un fusil raccourci modèle 1938 produit à 143230 exemplaires (NdA par raccourci j’entends non pas une nouvelle version type carabine mais un fusil dont l’encombrement s’éloigne des fusils à répétition de la fin du 19ème siècle pour celui des fusils mis au point dans les années trente comme notre MAS 36) et enfin un fusil de sniper modèle 1941.

Ces différents modèles sont toujours en service en septembre 1948 aux côtés des armes citées plus haut. Les unités d’active cessent de les utiliser au début des années soixante mais certaines unités de réserve vont l’utiliser jusqu’en 1983. Le modèle 1938 est encore aujourd’hui l’arme de parade et de cérémonie de la Garde Royale suédoise.

Le fusil pèse 4kg et la carabine 3.4kg. Les dimensions varient également en fonction du modèle avec une longueur totale de 1260m pour le m/96 mais de 1120mm pour le m/38 et de 950mm pour le m/94.

Même chose pour le canon qui mesure 739mm pour le modèle 1896, 610mm pour le modèle 1938 et 450mm pour le modèle 1894. Les différents modèles tirent la cartouche suédoise standard (6.5x55mm) à une distance maximale de 600 à 800m sachant que l’alimentation se fait par des chargeurs de cinq coups.

Karabiner 98K

Automatgevär m/42

Automatgevär m/42

L’Automatgevär m/42 (fusil automatique modèle 1942) est un fusil automatique de conception et de fabrication suédoise destiné à remplacé les Swedish Mauser mais qui en raison de problèmes de mise au point ne le fit que partiellement. En effet avec seulement 30000 exemplaires produits on peut difficilement le considérer comme le fusil standard de l’infanterie suédoise.

En septembre 1948 les 30000 fusils sont en service mais la production à été suspendue le temps de trouver (ou pas) une solution sur les problèmes techniques. La production reprend en septembre 1949 avec une version modifiée baptisée Automatgevär m/42B qui sera produite à 45000 exemplaires jusqu’en mars 1955 quand elle cesse définitivement. Ces armes seront remplacées par un fusil d’assaut d’origine allemande.

Outre la Suède ce fusil va être utilisé en petit nombre par le Danemark, l’Irak, l’Egypte et la Norvège.

L’Automatgevär m/42 est un fusil de conception et de fabrication suédoise pèse 4.71kg mesurant 1214mm de long dont 622mm pour le canon permettant le tir d’une cartouche de 6.5x55mm à une distance maximale de 500 à 800m, l’alimentation se faisant par des chargeurs de 10 cartouches.

Fusils mitrailleurs

-M1918 Browning Automatic Rifle (BAR)

-Kulsprutegevär m/1940

Le Kulsprutegevär m/40 (Kg m/40) est un fusil automatique lourd pouvant être considéré comme un fusil mitrailleur. Comparable au FG-42, ce fusil à été produit en petit nombre pour l’Allemagne qui ne l’utilisa guère pour des raisons obscurces.

La production est lancée à partir du 22 novembre 1933 pour cette arme disposant d’un double système d’emprunt de gaz et d’une double gachette.

Cette arme est mise en service à la fin des années trente produite à un nombre appréciable (les sources incertaines varient entre 25000 et 57000 exemplaires !). Elle est utilisée comme fusil mitrailleur aux côtés du Browning Automatic Rifle (BAR).

Le Kulsprutegevär m/40 est fusil lourd/fusil mitrailleur de conception et de fabrication suédoise pesant 8.5kg, mesurant 1257mm de long (685mm pour le canon), tirant la cartouche suédoise standard (6.5x55mm) à une distance maximale de 2000m à raison de 480 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 20 coups.

Mitrailleuses

-Kulspruta m/1914 : De 1914 à 1930 la Suède à produit sous licence 1300 mitrailleuses austro-hongroises Schwarzlose en calibre 6.5x55mm. Certaines étaient toujours en service en septembre 1948 mais pas au sein des unités d’infanterie.

Kulspruta m/36 désignation suédoise de la mitrailleuse moyenne américaine à refroidissement par eau Browning M1917 en calibre 8x63mm, les mitrailleuses de ce type produites en 6.5mm portant la désignation de Kulspruta m/14-29.

Kulspruta m/42

Sous cette désignation figure une version modifiée de la Browning M1919A6, une mitrailleuse tirant d’abord la cartouche suédoise standard (6.5x55mm) puis une cartouche plus lourde (8x63mm) en attendant la nouvelle cartouche standard du monde occidental (7.62x51mm). Après un premier modèle, un deuxième modèle plus léger à été produit sous la désignation de Ksp m/42B.

Cette mitrailleuse moderne à été produite de 1937 à 1947 à 15700 exemplaires pour armer aussi bien l’infanterie, que la cavalerie ou l’artillerie (défense antiaérienne rapprochée des batteries). Elle est restée en service jusqu’en 1962 quand elle à été remplacée par une mitrailleuse plus moderne.

La Kulspruta m/42 est une mitrailleuse moyenne pesant 16kg, mesurant 1351mm de long, disposant d’un canon de 607mm. Fonctionnant par court recul, elle peut tirer 600 à 720 coups par minute sachant que la portée maximale se faisant de 1800 à 2000m avec pour alimentation un système de bandes.

Mortiers

Granatkastare m/40

-Le mortier léger standard de l’Armen est le GRANATKASTARE m/40, une arme de conception et de fabrication suédoise mise en service en 1941.

Servie par trois hommes (chef de pièce, tireur et pourvoyeur), il était d’un calibre inhabituel pour un mortier (47mm). Disposant d’un tube de 669mm, il pesait 11.7kg pouvait tirer un projectile à une distance comprise entre 100 et 480m.

Granatkastare m/29

-Le mortier medium standard de l’armée suédoise durant le second conflit mondial était le GRANATKASTARE m/29, un mortier de type Stokes-Brandt bien modifié par la firme suédoise Tampella.

Cette arme était servie par cinq hommes, pesait 61kg en ordre de combat, disposait d’un tube de 994mm d’un diamètre standard de 81.4mm tirant un projectile de 3.25kg à une distance comprise entre 100 et 2650m à raison de 12 à 18 coups par minute, l’arme pointant en site de +40° à +90° et en azimut de 8° à 12°.

Granatkastare m/41

-Le mortier lourd standard de l’armée suédoise est le GRANATKASTARE m/41, un mortier de conception et de fabrication suédoise, un produit de la firme Tampella. Mis en service en 1941, il à été produit à 596 exemplaires.

Servit par huit hommes, d’un calibre de 120mm, il pesait 269kg en position de combat mais 625kg en configuration transport (avec un affût à deux roues), disposant d’un tube de 1890mm permettant le tir d’un projectile de 12.5kg à une distance comprise entre 600 et 5300m à raison de dix à huit coups par minute sachant que l’arme peut pointer en site de +45° à +85° et en azimut sur 35°

Pologne et Pays Neutres (72) Suède (7)

FORCES ARMEES SUEDOISES

Une histoire militaire de la Suède, une histoire de l’armée de terre suédoise

Aux temps jadis

L’histoire militaire de la Suède est ancienne avec des combats documentés depuis la Préhistoire et durant la période Viking où des roitelets suédois s’affrontaient pour le contrôle du pays.

Les armées étaient composées de levées d’hommes libres ou Ledung réalisées à la belle saison soit les deux ou trois mois d’été pour d’abord réaliser des raids en direction des îles britanniques et de l’Europe occidentale pour pour combattre sur terre.

Cette institution référencée depuis le 11ème siècle voyaient des hommes libres venir armés avec quelques jours d’approvisionnement. Ces hommes n’étaient donc pas parmi les plus pauvres des sociétés scandinaves.

Passionnés reconstituant la garde varègue

Approximativement à la même époque aux confins de l’Europe et de l’Asie, une unité militaire de recrutement scandinave entre au service des empereurs byzantins, la célèbre garde varègue.

La Tagma ta Varangon était composée de soldats venus d’abord du monde scandinave puis de plus du monde anglo-saxon.

En 874 les Rus (des vikings qui donnèrent naissance à la Russie) rentrent au service de l’Empire byzantin. La garde varègue est officiellement fondée en 988 par Basile II Bulgaroctone.

Ce dernier (NdA mon empereur byzantin favori) devait faire face aux rébellions de Bardas Phocas et de Bardas Skléros et n’avait pas confiance dans sa garde byzantine. Un traité signé avec la Russie kiévienne de Vladimir 1er permet l’envoi d’un contingent de 6000 hommes.

Jusqu’au 11ème siècle, les gardes varègues sont essentiellement scandinaves (Suède, Danemark, Norvège, Islande) mais après la conquête normande de l’Angleterre (1066) nombre d’anglo-saxons s’enfuient et s’engagent dans cette garde.

Outre la protection de l’empereur, cette garde à été engagée en Italie au 11ème siècle contre les normands et les lombards. La garde défend la ville de Constantinople en 1204, les croisés évitant les remparts défendus par les guerriers scandinaves et anglo-saxons.

Disparaissant suite à cet événement dont l’empire byzantin ne se révélera jamais vraiment, la garde varègue renait à Nicée sous la forme d’un régiment de porteurs de hache (Keltai Pelekophroi), l’un des cinq régiments de la garde. Ce régiment veille également sur le trésor impérial.

Les gardes varègues affichent une grande loyauté à l’empereur en fonction ce qui étonne les grecs habitués aux complots et au «machiavélisme». Je dis bien en fonction et non à l’homme car dès qu’un empereur était détrôné et/ou assassiné, les gardes prêtaient serment à son successeur surtout après avoir pu se servir dans le trésor impérial.

Les sources se font plus discrètes à partir du début du 15ème siècle, la garde varègue passant alors de l’histoire à la légende.

Aux temps modernes

Avant de devenir une pacifique et pacifiste social-démocratie, la Suède à connu de nombreux conflits notamment contre la Russie pour le contrôle des régions baltes et de la Finlande.

La première véritable guerre entre deux états constitués remonte au conflit russo-suédois de 1495-1497. Les russes alliés aux danois défont les suédois, Jean de Danemark récupérant le trône de Suède à cette occasion. Une paix est signée en 1508 entre la Suède et la Russie allait durer près de soixante ans.

C’est en 1521 dans le cadre de la guerre suédoise de libération que l’Armen, l’armée de terre suédoise voit officiellement le jour au travers d’un événement symbolique. Cet événement c’est le choix de seize jeunes nobles pour protéger Gustave Vasa, l’homme qui secoua la tutelle danoise pour permettre la renaissance de la Suède. Cette unité reçoit logiquement le nom de Svea Livgardet (Svea Life Guard), unité qui existe encore aujourd’hui pour protéger le roi de Suède et la famille royale suédoise.

Un nouveau conflit russo-suédois ou suédo-russe à lieu de 1554-1557 suivit de la Guerre de Livonie de 1558 à 1582, la Suède récupérant à cette occasion l’Estonie pendant que le condominium polono-lituanien récupère la Livonie, la Courlande et Semigallia, le royaume de Danemark-Norvège récupérant l’île d’Ösel.

La Russie prend sa revanche lors d’une nouvelle guerre entre 1590 et 1595 mais d’avril 1609 à juin 1611 les russes et les suédois sont pour une fois alliés mais sont battus par les forces du condominium polono-lituanien.

Durant ce conflit la Suède aligne 5000 hommes essentiellement…..finlandais alliés à des troupes russes plus nombreuses (entre 5 et 30000 hommes). Les pertes sont selon les chroniqueurs de l’époque très élevées (chiffres exacts inconnus).

En 1598/99, Sigismond III Vasa est déposé ce qui met fin à l’union entre la Pologne et la Suède (1592-1599). Une première guerre à lieu de 1600 à 1611 pour le contrôle de la Livonie et de l’Estonie, contrôle auquel il faut ajouter une lutte entre Charles IX et Sigsmond III pour le contrôle du trône de Suède. Ce conflit se termine par une trève.

La Guerre de Kalmar (1611-1613) oppose la Suède et le Danemark et se termine si on peut dire par un match nul.

De 1610 à 1617 à lieu la Guerre d’Ingrie et les choses rentrent dans l’ordre puisque suédois et russes s’affrontent.

La Russie est à nouveau vaincue devant céder à la Suède l’Ingrie, le Keexholm et la forteresse de Noteborg. A cela s’ajoute une indemnité de 20000 roubles. En échange Gustave II Adolphe rend Novgorod et reconnaît Michel III comme tsar de Russie. Pour près d’un siècle la Russie perd tout accès à la mer redevenant une pure puissance continentale.

Après deux conflits de faible importance en 1617/1618 et de 1621 à 1625, un nouveau conflit majeur à lieu entre la Suède et la Pologne de 1626 à 1629. Si les suédois engagent 47800 hommes, les polonais en engagent 49480 mais là encore les résultats sont maigres.

Un nouveau conflit polono-suédois à lieu de 1655 à 1660 dans le cadre plus générale de la 2ème guerre du Nord, la Suède récupérant la Scanie, le Halland, la Blekinge, le Bokuslan et l’île de Vens. A cela s’ajoute la reconnaissance de la souveraineté suédoise sur la Livonie mais la Nye Sverige est absorbée par la Nouvelle Néderlande.

Une nouvelle guerre russo-suédoise à lieu de 1656 à 1658 dans le cadre encore de la 2ème guerre du Nord, la Suède mobilisant des effectifs conséquents puisqu’ils sont rapidement multipliés par dix passant de 2230 à 25000 hommes. En face les russe sont 42 à 45000 hommes. Les pertes sont lourdes pour des gains particulièrement limités.

Quelques années après la mort de Gustave II Adolphe la Suède est toujours au sommet de sa puissance sous les règnes de deux derniers rois impérialistes à savoir Charles XI et surtout Charles XII.

C’est l’armée des karoliner (de carolus/karol/Charles), une armée de taille réduite en raison d’un réservoir démographique très limité. C’est probablement les pertes abominables de la Grande Guerre du Nord qui expliquent en partie le fait que les successeurs de Charles XII ont choisit d’abandonner l’impérialisme.

Les soldats sont fournis par un système d’alotements, un groupe de fermiers doit équiper un soldat ou un cavalier en échange d’exemptions fiscales. Cela donne une armée permanente de 7000 fantassins, de 3000 cavaliers et de 600 marins, l’armée est organisée en régiments permanents. A cela s’ajoute un corps de garde du corps héritier des Svea Livgardet appelé Livdrabanterna. C’est à cette époque qu’apparait le fameux uniforme bleu et jaune.

Chaque compagnie d’infanterie dispose d’un tiers de piquiers et de douze grenadiers. En 1704 tous les soldats disposent de baïonnettes. Les cavaliers disposent d’un mousquet, de deux pistolets et d’une épée.

Chaque régiment d’infanterie disposait de 1200 hommes répartis en deux bataillons de 600 hommes eux mêmes divisés en quatre compagnies de 150 hommes. Sur le champ de bataille les régiments étaient déployés en quatre ou six rangs.

Dans la première configuration les piquiers étaient au milieu flanqués par des mousquetaires, les grenadiers sur les ailes alors qu’en configuration six rangs, les piquiers étaient déployés sur les troisième et quatrième rangs.

Les régiments de cavalerie disposaient de 800 hommes et de 1000 chevaux. Le régiment était divisé en quatre compagnies de 200 hommes divisés en deux escadrons de 100 hommes.

On trouve également des unités irrégulières appelées Vlachs utilisées pour la reconnaissance et la poursuite.

La Grande Guerre du Nord (1700-1721) est probablement le conflit entre la Russie et la Suède ayant eu le plus grand impact puisque c’est non seulement la fin de la Suède comme puissance impérialiste mais surtout l’émergence de la Russie comme puissance européenne incontournable, la Russie de Pierre le Grand retrouvant un accès à la mer.

La Suède qui à mobilisé des effectifs particulièrement importants (77 puis 110000 hommes) à été saignée à blanc ce qui explique peut être pourquoi les successeurs de Charles XII ont tourné le dos à toute épopée impérialiste. Sur le plan territorial la Suède perd Brême-et-Verden, la Poméranie occidentale, le Schleswig-Holstein, la Carélie, l’Ingrie, l’Estonie et la Livonie.

Une nouvelle guerre russo-suédoise à lieu du 8 août 1741 au 18 août 1743. A l’époque la vie politique suédoise est divisée entre le parti des Chapeaux et le parti des Bonnets, les premiers rêvant de prendre leur revanche sur la Russie et de restaurer la grandeur suédoise.

Ce parti que l’on pourrait qualifier de nationaliste est en parti manipulé par la diplomatie française afin d’empêcher la Russie d’aider son allié autrichien. Une guerre éclair doit permettre de récupérer avec seulement 8000 hommes engagés les territoires perdus et favoriser un nouveau coup d’état. Malheureusement la nouvelle tsarine Elisabeth refuse de rendre à la Suède les provinces baltes. Très vite débordée la Suède perd de nouveaux territoires.

Les gardes du corps dans leur uniforme modèle 1765

La guerre russo-suédoise de 1788-1790 (juin 1788-août 1790) mobilise 38000 soldats côté suédois mais les combats sont peu nombreux. C’est le retour au statu quo ante bellum et cela entrainera l’assassinat de Gustave III Adolphe .

Le dernier conflit entre les deux pays à lieu du 21 février 1808 au 17 septembre 1809. 36000 suédois vont combattre 55000 russes avec de lourdes pertes (7000 tués d’un côté 10000 de l’autre).

Non seulement la Suède perd définitivement la Finlande mais la défaire entraine la déposition de Gustave IV Adolphe qui connait un sort plus enviable que celui de son père en étant exilé en Suisse.

La Suède dans la guerre de Trente Ans : efficacité maximale !

Reconstitution moderne d’un soldat suédois à l’époque de Gustave II Adolphe

La grande guerre de la Suède c’est naturellement la Guerre de Trente Ans (1618-1648), conflit dans lequel la Suède s’engage à partir de juin 1630, devenant le champion du camp protestant avec le soutien financier de la France qui cherche moins à aider les protestants qu’à lutter contre les espagnols. Voilà pourquoi j’ai décidé de l’aborder dans une partie à part.

La Suède à la chance d’avoir à sa tête un chef militaire de premier plan en la personne de Gustave II Adolphe qui ne tarde pas à hérité d’un surnom adapté à savoir Le Lion du Nord. Outre de réelles qualités de chef, il est le théoricien le plus en vue aux côtés d’un Maurice de Nassau.

Une véritable révolution militaire à lieu au cours de ce terrifiant conflit. L’armée suédoise dispose d’une artillerie plus légère et plus mobile, d’une infanterie où les mousquetaires (c’est-à-dire des fantassins armés de mousquets) sont plus nombreux que les piquiers et d’une cavalerie qui combine le choc et le feu en remplaçant la caracole par la charge. Pas étonnant que l’armée suédoise d’abord composée essentiellement de suédois avant de devoir avoir recours au mercenariat remporte une série de victoires.

Pour connaître le nombre de soldats disponibles le Lion du Nord confie à l’Eglise le recensement. Il s’agit d’obtenir le maximum d’hommes de 16 à 60 ans et veiller à leur éducation morale et religieuse, le roi de Suède espérant obtenir des hommes plus fidèles et plus motivés que les mercenaires qui sont souvent très efficaces mais dont la loyauté est toujours incertaine.

Chaque province du royaume de Suède doit maintenir un régiment de 3264 hommes divisé en douze compagnies de 272 hommes. Quatre régiments permanents sont ainsi sur pied en Suède ce qui représente 13056 hommes auxquels il faut ajouter deux régiments en Finlande ce qui nous donne une armée permanente de 19584 hommes.

A cela s’ajoute treize compagnies de cavalerie (six suédoises, quatre finlandaises et trois nobles) de 250 hommes chacun soit 3150 cavaliers.

En campagne les régiments du temps de paix sont divisés en régiments de campagne de 1176 hommes divisés en huit compagnies de 147 hommes avec toujours la prédominance du feu sur l’arme blanche avec 21 officiers, 54 piquiers et 72 mousquetaires.

Ce qui fait la supériorité des suédois durant ce conflit c’est aussi une indéniable supériorité tactique puisque le Lion du Nord va admirablement associer les différentes armes pour obtenir la supériorité sur le champ de bataille.

Néanmoins en dépit de la volonté de Gustave II Adolphe d’aligner une armée nationale les pertes et les besoins en hommes vont imposer le recours au mercenariat venant d’Angleterre (un réservoir qui se ferme avec le début de la guerre civile anglaise), d’Ecosse et d’Allemagne.

Son efficacité resta cependant bonne car les mercenaires et leurs chefs se mirent au diapason des tactiques et techniques scandinaves. De plus certains chefs mercenaires parvinrent à occuper de hauts postes au sein de l’armée suédoise ce qui est naturellement une source de motivation supplémentaire.

Les grands régiments suédois sont donc des régiments territoriaux avec le Norrlands Storegemente appelé également Landsregemtet i Noorland, un régiment existant entre 1615 et 1624, il est alors divisé en tre trois régiments, les régiments de Vasterbotten, Hälsinge et un régiment transféré à la marine suédoise.

Le Upplands Storegemente (Landsregemtet i Uppland) est un régiment existant en 1617 et de 1623 à 1626. C’est une grosse unité avec trois régiments de campagne à huit compagnies et un régiment de cavalerie ce qui en fait pour ainsi dire une brigade. Il est alors divisé en quatre régiments, les régiments de Uppland, de Vastmanland, de Dolarma et un régiment de cavalerie des Upplands.

Le Södermanlands storegemente (Landsregemtet i Södermanland) est opérationnel en 1614 et en 1622 à 1624. Il comprend lui aussi trois régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie ce qui le rend plus souple d’utilisation en campagne.

De 1624 à 1627 il est démantelé et divisé en trois régiments, les régiments de Sodermanlands, de Narks et de Varmlands.

Le Östergötlands storegemente (Landsregemtet i Östergötlands) est opérationnel de 1618 à 1623 avec trois régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie. Il est divisé en 1623 en trois régiments, deux régiments d’infanterie (Östergötlands Jönköping) et un de cavalerie (régiment de cavalerie d’Östergötlands).

Le Västergötlands storegemente (Landsregemtet i Vastergötlands) est opérationnel en 1613 et de 1621 à 1624. Il se compose de trois régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie. Cette grosse unité est divisée en quatre régiments, trois d’infanterie (Skaraborg Alvsborg Västergötland-Dasland) et un régiment de cavalerie (régiment de cavalerie de Västergötland).

Le Smalands Storegemente (Landsregemtet i Smalands) est un régiment opérationnel de 1616 à 1624, régiment ou plutôt brigade car composé de trois régiments de campagne et un régiment de cavalerie. Cette unité est divisée en trois entre deux régiments d’infanterie (Kronoberg Kalmar) et un régiment de cavalerie (régiment de cavalerie du Smaland)

On trouve également d’autres régiments sur lesquels j’ignore tout : Finland Storegemente, Karelska storegemente, Västra Finlands storegemente, Mellersta Finlands storegemente et östra Finlands storegemente..

La constitution suédoise de 1634 remplace ses storegemente par des Mannergsregementen au nombre de 21 régiments d’infanterie et de 8 régiments de cavalerie.

La première victoire à lieu le 13 avril 1631 à Francfort sur l’Oder, 13000 suédois défaisant 6400 impériaux pour des pertes relativement modestes (800 contre 3000 dans l’autre camp). Bis repetita le 1er août 1631 à Werbern où 16000 suédois défont 23000 impériaux.

Le 7 septembre 1631 à lieu la Bataille de Breitenfeld, une victoire majeure des suédois et des saxons (respectivement 24 et 18000) contre 35000 impériaux. La répartition des effectifs suédo-saxons est révélatrice de la révolution militaire de l’époque avec 11319 mousquetaires, 4812 piquiers, 8700 cavaliers et 3928 officiers. Si les suédo-saxons ont 5500 pertes, les impériaux perdent 27000 hommes.

Le 9 mars 1632 à lieu la Bataille de Bomberg, une défaite suédoise les 12000 scandinaves ne faisant pas le poids face à 22000 impériaux.

Le 15 avril 1632 c’est la Bataille de Rain, les 37000 suédois remportant la bataille face à 21000 soldats impériaux. Elle est suivit le 16 août 1632 par la Bataille de Wiesloch (effectifs respectifs inconnus mais victoire suédoise), la Bataille d’Alte Veste (3-4 septembre 1632) (victoire impériale, l’Empire alignant à cette occasion 40000 hommes face à 46000 suédois.

Le 16 novembre 1632 à lieu la Bataille de Lutzen, une victoire suédoise mais une victoire à la Pyrrhus car le roi de Suède est tué à la tête de ses hommes, les effectifs étant cette fois identiques avec 19000 hommes de chaque côté.

Si le 8 juillet 1633 13000 suédois remportent la Bataille d’Oldendorf face à 4700 soldats impériaux, le 6 septembre 1634 à Nördlingen, les 25700 suédois (16000 fantassins et 9700 cavaliers 68 canons sont défaits par 34000 soldats impériaux et espagnols (20000 fantassins 13000 cavaliers 1000 artilleurs et 50 canons).

Pologne et Pays Neutres (71) Suède (6)

La Suède (1939-1954)

Entre neutralité et engagement

Un passionné d’histoire militaire portant l’uniforme suédois modèle 1939

Durant la Pax Armada la Suède conserve le cap de la neutralité encore que certains et certaines auraient souhaité une alliance soit avec les puissances occidentales ou avec l’Allemagne.

Les relations avec son voisin méridional sont ambiguës, les deux pays ayant mutuellement besoin de l’autre, la Suède devant exporter minerais et produits manufacturés, l’Allemagne ayant besoin notamment du minerai de fer suédois.

Avec les alliés c’est plus simple. Certes il y à des relations économiques non négligeables mais elles ne sont pas aussi importantes qu’avec les allemands. En clair Paris comme Londres n’à pas la même emprise sur Stockholm que Berlin.

Cela n’empêche pas la France et la Grande-Bretagne de mener une dynamique politique d’influence (on dirait aujourd’hui de lobbying) dans les domaines économiques, politiques et culturels. Ils ne cherchent cependant pas à rallier la Suède dont ils connaissent les profondes racines neutralistes ce qui est très apprécié dans les cercles gouvernementaux suédois.

Certes la révélation de projets d’invasion du nord de la Suède pour tendre la main aux finlandais pendant la guerre d’Hiver à pu irriter le gouvernement suédois mais cela n’est pas allié bien loin.

Officiellement aucun plan d’invasion de la Suède n’à pas été mis au point par les alliés. Dans les faits c’est moins clair. Dans les archives déclassifiées (certaines archives du second conflit mondial ont été classifiées pour 130 ans soit jusqu’en 2084 !) les historiens n’ont pas trouvé de plans aboutis.

Tout juste un faisceau de recherches, des demandes faites aux attachés militaires sur les capacités militaires suédoises, des recherches sur le réseau routier et ferroviaire suédois, sur les capacités des ports. Des ébauches ont été trouvés dans les archives britanniques mais rien dans les archives françaises ce qui ne signifie pas que le général Villeneuve n’à pas demandé l’étude d’un plan d’opérations contre la Suède ou pour aider cette dernière.

Cela s’explique par une géographie et un climat particulièrement contraignants, des gains stratégiques limités et qu’au final une Suède neutre est plus intéressante qu’une Suède engagée dans le conflit.

La Suède dans le second conflit mondial

Dès le 5 septembre 1948, suite à l’invasion du Danemark et de la Norvège la Suède rappelle son statut de puissance neutre. Elle ouvre ses frontières aux civils fuyant les combats puis va interner les soldats norvégiens qui ont brillamment résisté. L’accueil est chaleureux, les soldats norvégiens reçoivent des soins, des cadeaux et beaucoup de chaleur de la part de leurs frères suédois.

Suite aux protestations allemandes en raison d’appel à l’engagement suédois aux côtés de la Norvège («Ce que nous n’avons pas fait en 1939 nous le ferrons maintenant»), l’internement se fera de manière plus discrète.

On l’ignore à l’époque mais on sait aujourd’hui que les fameux trains sanitaires qui évacuèrent des blessés allemands en direction du territoire suédois avaient transporté à l’aller des armes, des munitions et des renforts.

Cette information révélée en 1980 suscitera ce commentaire du général Villeneuve peu avant sa mort «Si j’avais su cela à l’époque j’aurais fait bombarder Stockolm quitte à perdre mes étoiles».

Comme si l’histoire s’était montrée taquine, des soldats allemands vont connaître le même sort à la fin de la guerre. Le 21 février 1954 les dernières unités allemandes constituées occupant la Norvège capitulent mais certains préfèrent rallier la Suède où ils sont internés.

Les alliés «déconseillent» à Stockholm de laisser les soldats allemands rallier l’Allemagne pour continuer la lutte. La Suède qui sait que le sort de la guerre est désormais favorable aux alliés _en même temps il faudrait être aveugle ou fanatique pour ne pas le voir_ se gardant bien de laisser les quelques milliers de soldats allemands libres de leurs mouvements.

De toute façon il est peu probable qu’une les soldats en question voulaient vraiment continuer le combat et que deux leur apport aurait été de toute façon marginal.

Les soldats internés sont libérés dès le lendemain de la capitulation allemande. Si certains rentrent en Allemagne, d’autres vont faire souche en Suède où ils vont être longtemps victimes de vexations et de brimades diverses.

Si l’armée suédoise modernisée depuis 1936 est restée naturellement l’arme au pied cela ne veut pas dire qu’aucun suédois n’à connu le feu.

Waffen S.S aux combats. 280 suédois (chiffres incertains) se sont engagés au sein de la Division Nordland normalement composée de recrues scandinaves

280 suédois se sont engagés dans la Waffen S.S (NdA ce chiffre admis par la majorité des historiens est considéré comme sous-évalué par certains) au sein de la Division Nordland tandis que 742 suédois ont choisit le camp opposé et la Legion Etrangère, certains opérant comme fantassins tandis que d’autres étant transférés à l’Armée de l’Air et servant comme pilote.

Le plus célèbre d’entre-eux est Wilhem Livnsson de père allemand et de mère suédoise. Il déserta de la Svenska Flygvapnet pour rejoindre la Légion Etrangère. D’abord simple fantassin il demande son transfert dans l’Armée de l’Air ce qui est rapidement accepté. Il remportera vingt-sept victoires entre mars 1949 et octobre 1953 date de sa mort au combat.

La marine marchande suédoise est littéralement coupée en deux. Une partie des cargos, pétroliers et navires de charge bloquée dans les ports sous contrôle allié à été rapidement affretée ou vendue par leurs armateurs.

D’autres navires ont été réquisitionnés notamment par l’Allemagne. A cela s’ajoute le fait que les croiseurs auxiliaires et les forceurs de blocus allemands n’hésitaient pas à utiliser le pavillon suédois pour échapper à la traque.

Durant le conflit la Suède eut une neutralité flexible cherchant à contenter tout le monde en évitant de faire l’acte de trop qui pourrait faire penser aux alliés que la Suède avait choisit l’Allemagne et inversément.

L’armée suédoise met le pays en état de se défendre. La marine mouille des champs de mines et patrouille en mer Baltique avec des navires portant des marques de neutralité à savoir le nom SVERIGE en blanc sur la coque et des bandes bleues/jaunes/bleues sur les tourelles.

Il y eut cependant plusieurs incidents entre des navires et des sous-marins, entre des navires et des avions. Ces incidents n’étaient pas toujours fortuits certains étaient de véritables coups de pression de la par des allemands, des finlandais et des soviétiques, une façon subtile (ou pas) de rappeler à Stockholm que sa neutralité n’était pas forcément immuable.

Dans les airs la Svenska Flygvapnet mena des patrouilles de chasse de jour comme de nuit puis les remplaça par des décollages sur alerte, alerte donnée par des guetteurs au sol mais aussi par des radars officiellement de conception suédoise mais en réalité devant beaucoup tant aux allemands qu’aux alliés qui se livraient à une guerre d’influence auprès des services officiels suédois.

Des radars sont installés pour couvrir les grandes villes et les sites industriels sensibles évitant aux pilotes d’épuisantes et monotones patrouilles. Des batteries de DCA sont également implantées ce qui n’empêchera plusieurs bombardements plus ou moins accidentels menés tant par les allemands que par les soviétiques.

En ce qui concerne les alliés occidentaux il y eut quelques incidents mais visiblement pas d’opérations délibérées. Quelques pilotes anglais et français abattus furent internés en Suède sous le contrôle de la Croix Rouge.

Certains ont littéralement disparu durant leur internement et on sait aujourd’hui que certains ont rejoint l’extrême nord de la Norvège pour être évacués par un sous-marin en direction des îles britanniques.

En ce qui concerne les pilotes allemands il semble que ces derniers ont rejoint leur pays d’origine de façon plus directe que les pilotes alliés.

Quand le second conflit mondial se termine la Suède démobilise rapidement son armée mais l’arrivée de la guerre froide et du rideau de fer lui impose encore un grand nombre de servitudes militaires.

Elle doit maintenir une veille vigilante en mer Baltique avec une marine qui va peu à peu abandonner le canon au profit du missile, le gros navire au profit du petit dans une stratégie de guerilla mélant vedettes lance-torpilles puis lance-missiles, batteries côtières, infanterie spécialisée et surtout une puissante aviation.

De son côté l’armée de terre va adopter le principe de la défense totale sur le modèle suisse en tenant compte naturellement des spécificités suédoises.

Officiellement rien à changé, la Suède reste neutre et refuse tout engagement tant aux côtés des alliés que du bloc soviétique. En réalité on sait aujourd’hui que Stockholm était prêt à rapidement basculer aux côtés des alliés occidentaux en cas d’offensive soviétique prenant pour cible le territoire suédois.

Pologne et Pays Neutres (69) Suède (4)

Les grands de Suède

Ansgar

Ansgar appelé aussi Oscar ou Anschaire de Brême est né le 8 septembre 801 à Fouilloy dans la Somme et mort à Brême le 3 février 865. C’est un homme d’Eglise du Haut Moyen-Age qui est le saint patron du Danemark et qui à été archevêque de Hambourg et évêque de Brême. C’est celui qui initié l’évangélisation de la Scandinavie.

Moine à l’abbaye de Corbie près d’Amiens, il forme et organise d’autres communautés monastiques dans la région.

Il arrive au Danemark en 826 pour profiter de la conversion du roi danois Harald Klak mais ce dernier est vite chassé du pays ce qui interrompt très vite l’action du moine picard. En 829 il arrive en Suède pour reprendre son action, une première communauté chrétienne de Suède voit le jour à Birka en 831.

Il est nommé archevêque de Hambourg en 831 mais manque de moyens pour sa mission d’évangélisation. En 845 il négocie la paix avec les vikings suite à un raid qui à dévasté Hambourg.

En 845 l’évêché de Brême est rattaché à l’archevêché d’Hambourg ce qui augmente les ressouces pour permettre à Anschaire d’évangéliser le Danemark. Il faudra cependant attendre deux siècles pour que la Scandinavie bascule définitivement au christianisme.

Gustav 1er Vasa

Gustave Vasa (12 mai 1496-29 septembre 1560) est roi de Suède (6 juin 1523 au 29 septembre 1560) après qu’il eut prit la tête de la révolte suédoise contre le tyran Christian II qui s’illustra tristement dans le Bain de Sang de Stockholm au cours duquel il perdit son père et son beau-frère.

Il est élu régent du royaume (Riksföreståndare) le 23 août 1521 par les révoltés et grâce au soutien de la Hanse les danois sont chassés de Suède en 1523. Le 6 juin 1523 il est élu roi de Suède brisant ainsi l’Union de Kalmar.

Il impose le luthéranisme, développe l’économie du pays et réforme les structures du royaume, augmentant le pouvoir du roi au détriment des nobles. Il réorganisé aussi l’Eglise. Si la Suède devient officiellement luthérienne dès 1536 en pratique il faudra attendre 1571 pour que la transformation soit réellement achevée.

On assiste par exemple en 1532 à la Révolte des Cloches quand les paysans se révoltent suite à la décision du roi de Suède de vendre les cloches pour rembourser la dette qu’il avait auprès des marchands de Lübeck.

En 1544 il impose la succession héréditaire dans la maison de Vasa, successeur ouverte aux femmes à partir de 1604.

Il met sur pied une armée permanente composée essentiellement de mercenaires, une armée dont l’entretien absorbe 70% du budget national.

Pour résoudre les problèmes financiers, il remplace les pièces rondes par des pièces carrées, il fait exploiter les mines d’argent et de cuivre et lance un plan de colonisation des terres en Suède.

Cette politique est un succès et quand il meurt en 1560 le premier roi de la dynastie Vasa laisse à son fils et successeur Eric XIV un royaume bien gouverné, bien géré et aux finances florissantes.

Côté vie privée il épouse en 1531 Catherine de Saxe-Lauenbourg qui lui donne un fils, le futur Eric XIV.

Il se remarie dès 1536 avec Marguerite Lejonhufvud qui lui donne plusieurs enfants dont Jean III futur roi de Suède, Catherine, Cécile, Magnus, Anne-Marie, Sophie Elisabeth et Charles IX.

Le troisième mariage avec Catherine Stenbock en 1552 est sans descendance.

Axel Oxenstierna

Axel Gustafsson Oxenstierna af Södermöre ( Fånö Uppland 16 juin 1583 Stockholm 28 août 1654) est un homme d’Etat suédois du 17ème siècle qui voit un rôle clé auprès de Gustave II Adolphe et de sa fille Christine.

Il devient membre du conseil privé suédois en 1609 et devient lord haut-chancelier en 1612 et ce jusqu’à sa mort. Il est considéré comme l’égal d’un Richelieu ou d’un Mazarin à savoir un homme d’Etat de premier plan.

Le 5 juin 1608 il se marie à Anna Akesdotter qui va lui donner treize enfants mais seulement ont atteint l’âge adulte dont l’ainé Johan qui suivit les traces paternelles.

En 1603 il devient valet de chambre (Kammarjunkare) de Charles IX. Pour l’anecdote il maitrise la langue écossaise car fréquentant l’importante communauté écossaise présente en Suède.

En 1606 il réalise sa première mission diplomatique en Allemagne tout en intégrant le conseil privé (Riksrådet), devenant un conseiller écouté du roi. En 1610 il échoue à convaincre le roi de Danemark de ne pas entrer en guerre. Les danois envahissent en 1611 la Suède (guerre de Kalmar).

Toujours en 1611 le roi Charles IX remplacé par son fils le célèbre Gustave II Adolphe alias le Lion du Nord. Connaissant parfaitement Axel Oxenstierna, il le nomme lord haut-chancelier de Suède le 6 janvier 1612.

Il impose très vite sa marque en réformant l’administration et en cherchant à mettre fin aux guerres dans lesquelles était engagée la Suède. Gustave II Adolphe étant régulièrement absent, Oxenstierna est un véritable vice-roi. En octobre 1617, le roi est couronné et Oxenstierna est fait chevalier.

Le 6 novembre 1632 le Lion du Nord est tué à la bataille de Lützen. Oxenstierna devvient le commandant en chef des troupes suédoises déployées en Allemagne même si en pratique ce sont ses généraux qui assuraient le commandement au quotidien.

Le nouveau roi de Suède est une reine à savoir la célèbre Christine de Suède alors âgée de six ans ce qui impose une longue régence, une période toujours sensible («malheur au royaume dont le prince est un enfant») pour une monarchie. Sans surprise c’est Oxenstierna qui devient régent à la tête d’un conseil de régence. En 1636 il quitte l’Allemagne pour retrouver Stockholm.

Quand Christine devint en âge de régner elle tenta de pousser son mentor sur les côtés mais sans succès. A la différence de son père, Christine de Suède ne fût jamais proche d’Oxenstierna. Et pourtant il tenta de s’opposer à l’abdication de la fantasque reine de Suède, un personnage fascinant qui fascine encore.

Axel Oxenstierna est mort quelques mois après l’avénement du nouveau roi le 28 août 1654. Il est enterré à Stockholm le 18 mars 1655.

Gustave II Adolphe

Gustave II Adolphe (Château Tre Kronor 19 décembre 1594 Lützen 6 novembre 1632) est avec Charles XII probablement le plus célèbre des rois de Suède notamment par son surnom (le Lion du Nord) et par sa mort à la bataille de Lützen.

Fils de Charles IX et de Christina de Holstein-Gottorp il règne du 30 octobre 1611 au 6 novembre 1632. De son mariage avec Maria-Eleonora de Brandenburg sont nés plusieurs enfants mais seule la flamboyante Christine de Suède à atteint l’âge adulte.

Il fait de la Suède une grande puissance par une série de réformes militaires qui fait du roi de Suède l’un des grands stratèges du 17ème siècle aux côtés d’un Maurice de Nassau. Disposant d’une armée réduite, il combine habilement infanterie, cavalerie et artillerie. Supportée par une excellente administration, l’armée suédoise fait l’admiration de toute l’Europe. Il bénéficie comme nous l’avons vu du soutien d’Axel Oxenstierna.

Il pilote les réformes administratives comme un rencesement très fin de la population ce qui permettait une taxtation et une conscription plus facile. Cela favorisa la modernisation des structures économiques de la Suède.

Christine de Suède

Christine de Suède en Minerve

Kristina Alexandra Vasa (Stockholm 18 décembre 1626 Rome 19 avril 1689) est la fille de Gustave II Adolphe et de Maria-Eleonora de Brandebourg, roi de Suède (et non reine) du 6 décembre 1632 à 6 juin 1654. Elle est également duchesse de Brême-et-Verden de 1648 à 1654.

Roi de Suède à six ans, elle est sous la régence d’Axel Oxenstierna, le conseiller de son père, un homme de la trempe et de l’envergure d’un Richelieu. Elle reçoit une éducation soignée qui explique probablement son insatiable curiosité intellectuelle pendant et surtout après son règne.

Oxenstierna éloigne sa mère de Christine, Maria-Eleonora ne parvenant pas à faire le deuil de son mari et donc le caractère névrosé était considéré comme une menace sur la jeune fille.

Majeure en 1644, elle s’oppose rapidement au chancelier Oxenstierna et l’écarte après le traité de Westphalie. Elle est favorable à la paix alors que le vieux chancelier est davantage belliciste.

Couronnée en 1650, son entourage la pousse à se marier mais comme Elisabeth 1ère d’Angleterre elle à le mariage en horreur. Elle s’illustre par un mécénat actif attirant les grands esprits du temps comme Descartes qui y meurt en février 1650.

Très vite impopulaire vis à vis de l’opinion, elle envisage dès 1651 l’abdication, obtenant de la diète la désignation de son cousin Charles-Gustave comme successeur puis comme prince héritier. Elle annonce son abdication le 11 février 1654, abdication effective le 6 juin 1654.

Les raisons en sont certainement complexes : lassitude et dégoût du pouvoir, difficultés financières proches de la banqueroute ou cheminement spirituel qui conduira cette fille d’un des champions protestants de la guerre de Trente Ans à se convertir au catholicisme.

Elle obtient des donations et une pension pour ne pas finir dans la misère. Elle quitte très vite la Suède faisant étape à Hambourg, Anvers et Bruxelles où elle se convertit secrètement au catholicisme. Après une abjuration publique, elle est accueillie à Rome par Alexandre VII le 20 décembre 1655.

Logée au palais Farnèse, elle entretien une relation avec le cardinal Decio Azzolino. Son comportement très libéré lui aliène bien des sympathie et le pape qui voulait l’utiliser politiquement prend très vite ses distances.

Présente en France pour renégocier ses revenus suédois, elle fait assassiner son écuyer Giovanni Monaldeschi persuadé de son double-jeu avec les espagnols (10 novembre 1657). Cette affaire embarasse Louis XIV et Mazarin mais la France ménage l’ancienne reine de Suède. Elle est de retour à Rome le 15 mai 1658.

Le 13 février 1660 son cousin Charles X Gustave meurt laissant la couronne à son fils de cinq ans Charles XI. Elle rentre en Suède en octobre 1660 et demande le rétablissement de ses droits héréditaires en cas de disparition du jeune roi. Une opposition unanime la pousse à reprendre le chemin de Rome en 1662. Elle fait une nouvelle tentative en 1666 mais c’est un nouvel échec.

En 1668 suite à l’abdication de Jean II Casimir, roi de Pologne, elle pose sa candidature à cette monarchie élective mais c’est un nouvel échec.

Christine de Suède s’installe définitivement à Rome en octobre 1668. Elle fait preuve d’une intense activité de mécène, accumulant les tableaux, les sculptures, les dessins, les objets et les ouvrages avec une bibliothèque de 5000 volumes. Plus généralement elle fait preuve d’une intense curiosité intellectuelle, une soif d’apprendre jamais rassasiée.

Sa conversion la rend très tolérante ce qui ne passe pas toujours dans des temps où les passions religieuses sont encore vives. A la fin de sa vie elle critique vigoureusement la France et sa politique de conversion forcée des protestants. A sa mort en 1689 elle est enterrée dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Charles XII

Charles XII de Suède Karl von Pfaz-Zweibrücken-Kleeburg (Stockholm 17 juin 1682 Halden 11 décembre 1718) est roi de Suède et duc de Brême-et-Verden du 5 avril 1697 au 30 novembre 1718.

Dernier monarque absolu ayant régné en Suède, il est aussi le dernier qui anime une politique impérialiste, ses successeurs malgré quelques tentatives devront enteriner le fait que la Suède comme grande puissance avait clairement vécue.

Appelé également Karl XII mais aussi Carolus Rex (NdA je vous recommande la chanson du groupe suédois Sabaton) ou Demirbas Sarl (Charles tête de fer) par les ottomans, son règne est marqué par la Grande Guerre du Nord.

A la mort de son père il n’à que 15 ans. Il doit faire face à l’alliance entre la Russie, la Saxe (dont l’électeur est aussi roi de Pologne) et le Danemark qui veulent s’emparer des possessions de l’empire suédois.

Charles XII prend l’ascendant sur le Danemark en 1700, la Pologne en 1704 et la Saxe en 1706. Il échoue face à la Russie à la bataille de Poltava (1709) ce qui lui impose un exil dans l’empire ottoman jusqu’en octobre 1714 quand il est autorisé à quitté le territoire de la Sublime Porte. Il est parvenu à provoquer l’entrée en guerre des ottomans contre les russes mais la Suède n’en tire aucun avantage.

Rentré en Suède, il se lance dans une nouvelle guerre contre le Danemark, étant tué au siège de Fredriksten. Officiellement il à été tué par un tireur isolé mais selon une autre théorie il aurait été tué volontairement par un tir d’artillerie puis son corps trainé dans une tranchée où il à été déclaré abattu. Ce complot ayant été piloté par le prince allemand Frederic de Hesse, époux de Ulrique-Éléonore, sœur de Charles XII qui lui succède sur le trône de Suède avant d’abdiquer en faveur de son mari.

Charles XII se révéla un chef militaire talentueux, un excellence tacticien et un bon politique. Il n’était pas belliciste mais déclara dans une phrase citée par Voltaire dans son Histoire de Charles XII «J’ai résolu de ne jamais faire une guerre injuste, mais de n’en finir une légitime que par la perte de mes ennemis».

Anders Celsius

Anders Celsius (Uppsala 27 novembre 1701-25 avril 1744) est un savant suédois, professeur d’astronomie à l’université d’Uppsala.

Il est surtout connu pour avoir donné son nom à une échelle des températures majoritairement utilisé dans le monde, le degré celsius. A noter que contrairement à ce que l’on fait de nos jours le degré d’ébullition était de 100 et le degré de solidification était de 0 et ce n’est qu’après sa mort qu’on à inversé l’échelle des températures.

Issu d’une famille de savants (ses deux grands-pères étaient professeurs d’astronomie à l’université d’Uppsala, son père lui aussi professeur d’astronomie), il est réputé pour sa basse des mathématiques. En 1730 à l’âge de 29 ans il devient professeur d’astronomie.

En 1732 il effectue un long voyage d’études à travers l’Europe (Allemagne, Italie, France, Angleterre). Devenu célèbre il parvient à convaincre les autorités suédoises à financer un observatoire astronomique qui est achevé en 1741 à Uppsala. C’est grâce à lui que la Suède adopte le calendrier grégorien même si il faudra attendre 1753 pour ce que cela devienne effectif.

Pologne et Pays Neutres (66) Suède (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.12 : POLOGNE ET PAYS NEUTRES

F.S.5 : SUEDE

AVANT PROPOS

En ce 30 août 2021 j’entame l’antépénultième fiche synthétique concernant les pays neutres ou pour ce qui concerne la Pologne un pays occupé par des puissances étrangères (Allemagne et URSS) mais qui continue la lutte en espérant qu’un nouveau conflit allait aboutir à la reconstitution d’un pays qui avait été ressuscité en 1919 après plus d’un siècle de disparition suite à trois partages successifs avec ses voisins.

La veille j’ai terminé la Suisse ce qui porte (je pense aux amateurs de chiffres) ma saga à 10106 pages.

Après la Suisse je reste dans un pays froid, je reste dans un pays commençant par S mais ce sont là les seuls points communs que je vois immédiatement entre la Confédération Helvétique et le royaume de Suède.

Dans le Tome 10 j’avais parlé de trois des quatre nations scandinaves à savoir la Norvège, le Danemark et la Finlande (encore qu’il y à débat pour savoir si la Finlande fait partie de la Scandinavie, pour le grand public c’est évident mais pour les géographes c’est plus délicat) omettant la Suède.

Gustave II Adolphe alias « Le Lion du Nord »

Pourquoi une telle omission qui de prime abord n’allait pas initialement de soi ? Tout simplement parce que le pays de Gustave II Adolphe et d’Alfred Nobel, d’Axel de Fersen et de Charles XIV Jean (un béarnais devenu roi de Suède) est resté neutre durant les deux conflits mondiaux encore que les historiens ont fait un sort à la neutralité fière et orgueilleuse, la Suisse comme la Suède dépendant beaucoup de l’Allemagne pour son économie.

Dans cette cinquième fiche synthétique je vais donc parler de la Suède en revenant au plan des deux premières fiches consacrées à l’Espagne et au Portugal :

-Une partie chronologique avec tout d’abord les 50 ou 100 dates (chiffres non contractuels) à retenir de l’histoire du pays concerné.

-Des chronologies thématiques (chronologie politique, militaire et si ressources suffisantes chronologies économiques et culturelles)

-Des notices biographiques sur les grands personnages de l’histoire du pays concerné. Ce sera un choix totalement arbitraire mais qui je l’espère restera pleinement cohérent.

-La partie uchronique avec l’histoire au delà du point de divergence de mon œuvre (à savoir le 9 novembre 1939 et la mort d’Hitler dans un attentat)

-Une partie consacrée aux forces armées du pays concerné avec une rapide chronologie, un Ordre de bataille étoffé (si les sources nécessaires sont accessibles à votre serviteur) et de la liste des principales armes, des principaux véhicules, des principaux navires et aéronefs.

Cela devrait être ensuite la même chose pour les Fiches Synthétiques n°6 et n°7 consacrées respectivement à la Pologne (seule nation belligérante de ce tome mais avec un gouvernement en exil installé à Nantes) et à la Turquie.

Ensuite avec beaucoup d’appréhension et de fébrilité je passerai au récit complet de mon second conflit mondial uchronique. Un conflit que j’ai abordé par bribes dès le Tome 4 consacré aux Etats-Unis quand je me suis rendu compte qu’il me faudrait encore travailler d’arrache pied pendant plusieurs années avant de parler des combats en France et en Italie, en Afrique du Nord et en Sicile, en Indochine et aux Philippines, en Malaisie et dans l’Atlantique.

Cela à entrainé un certain nombre de contradictions que j’ai résolu de manière simple : entre deux événements contradictoires c’est le plus récent qui l’emporte. J’ai un temps caressé le projet de tout remettre à jour mais je me suis tout de suite rendu compte que cela me prendrait un temps trop important pour un bénéfice finalement assez limité.

Comme le postage du conflit ne devrait pas commencer avant 2022 il est probable que je posterai des mises à jour ou des textes complémentaires voir répondrai à des demandes des lecteurs. Je tiendrai de toute façon tout mes lecteurs au courant de l’évolution de mon récit.

Ce récit va se diviser en plusieurs tomes géographiques (j’ai un temps pensé aux années mais cela me plaisait moins) :

-Tome 1 ou 13 : Europe occidentale et Balkans

-Tome 2 ou 14 : Méditerranée et Afrique (Nord et orientale)

-Tome 3 ou 15: Front russe

-Tome 4 ou 16 : Asie-Pacifique

-Tome 5 ou 17 : Peut être un tome consacré à l’arrière plan politique et diplomatique voir sur l’évolution d’après guerre avec par exemple deux guerres du Vietnam (1960-1967 et 1970-77). Cela sera aussi peut être l’occasion d’imaginer l’évolution des différentes armes en parlant davantage des équipements qui vont équiper notamment l’armée française.

Pologne et Pays Neutres (64) Suisse (14)

Armée de l’air suisse

Historique

C’est en 1900 que l’armée suisse commence à s’intéresser à ce qui se passe au dessus du plancher des vaches, des cols et des sommets alpins. Cette année des ballons d’observation sont acquis pour voir «au dessus de la colline» et balayer ce que Clausewitz à baptisé le «brouillard de guerre».

Ces ballons s’illustrent à leur corps défendant le 7 octobre 1918 quand un chasseur allemand abat un ballon d’observation par mégarde. Le lieutenant Werner Flury est tué. Cette unité est dissoute en 1938 quand son obsolescence est admise par tous.

En 1911 des essais sont menés avec des aéroplanes civils. Si la première campagne est un échec la seconde montre aux militaires helvétiques les possibilités de l’appareil. Une souscription est organisée auprès des officiers pour permettre l’achat d’appareils pour équiper l’aviation militaire helvète qui est créée selon les sources le 31 juillet ou le 3 août 1914.

La création de ce FliegerAbteilung se heurte très vite à la question des avions. Tous les pays constructeurs sont engagés dans le conflit et ne sont pas prêts de détourner une partie de la production pour équiper l’aviation d’un pays neutre.

A noter que seuls les diplômés du secondaire peuvent devenir pilotes. Volonté de choisir les meilleurs ? Oui et non car à l’époque les études supérieures sont réservées aux plus fortunés. En cas d’accident pas besoin de verser une pension à la veuve et/ou aux héritiers.

La Première Guerre Mondiale empêche donc l’acquisition d’appareils modernes. Résultat les avions allemands prennent leurs aises dans l’espace aérien suisse. Le 11 octobre 1916 la ville de Porentruy est accidentellement bombardée par l’aviation allemande. Lassé de ne pouvoir faire correctement son travail, le commandant de l’aviation suisse, le capitaine de cavalerie Theodore Real démissionne.

Fokker D.II

Le premier véritable avion militaire suisse est un appareil de prise, un Fokker D.II saisi suite à un atterrissage à Betlach le 13 octobre 1916. En juin 1917 cinq Nieuport 23 CI sont achetés en France.

Nieuport 23

Ne pouvant acquérir d’appareils étrangers en grand nombre, la Suisse s’essaye à la construction nationale. Si elle parvient à produire 100 Häfeli DH.3 de reconnaissance et d’observation, elle échoue en revanche à mettre au point un chasseur, le Häfeli DH.4 étant abandonné suite aux performances décevantes du prototype.

Häfeli DH.3

Quand la première guerre mondiale se termine, l’aviation militaire suisse comprend soixante-deux hommes et soixante-huit avions de neuf modèles différents. La majorité des appareils en service est destinée à l’observation et si son budget est de 15 millions de francs suisses cela ne représente que 1.25% des dépenses militaires helvètes.

Dans les années vingt l’aviation militaire suisse est totalement négligée. Des avions issus des surplus du conflit sont bien acquis mais ils sont usés. Certains sont même acquis sur le marché noir !

Parmi les appareils acquis on trouve vingt-sept Fokker F.VII, seize Hanriot HD.1, quinze Nieuport 28 mais aussi vingt Zeppelin LZ C.11.

La Suisse tente également de mettre au point ses propres appareils mais les tentatives se révèlent décevantes.

Suite à la mort de sept pilotes en 1925 et 1926 on décide d’équiper les avions et leurs pilotes de parachutes !

L’année 1929 peut être considérée comme l’année zéro et le début du redressement. Cette année seuls 17 des 213 appareils sont considérés comme bons pour le service !

On compte dix-huit compagnies d’aviation (Flieger Kompanien), trois pelotons de photographie aérienne et une compagnie d’aérodrome.

A noter qu’il n’y pas d’Ecole de l’Air au sens strict, les pilotes suivant dans un premier temps la même formation que tous les autres conscrits avant de suivre 173 jours de formation à l’Ecole de Pilotage. Dans les deux années qui suivent sa formation il doit voler 10h par mois et par la suite il doit justifier de 50h de vol par an.

Entre 1930 et 1939 162 pilotes et 165 observateurs sont entrainés, les effectifs étant portés à la fin de la décennie à 196 officiers, 499 sous-officiers et 2241 hommes du rang soit 2936 hommes.

Dewoitine D.27

Le 13 décembre 1929 le Conseil Fédéral demande à l’Assemblée Fédérale de voter un budget de 20 millions de francs suisses pour l’achat de soixante-cinq Dewoitine D.27 et la fabrication sous licence de quarante Fokker C.VE

Fokker C.VE en vol

Le projet de loi est approuvé malgré l’opposition des sociaux-démocrates ces derniers se rallieront au réarmement après l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne. A partir de cette date le réarmement fait consensus dans l’opinion publique suisse.

Au milieu des années trente Berne décide de choisir un nouveau chasseur. La Suisse évalue le Heinkel He-112, le Messerschmitt Bf-109, le Morane-Saulnier MS-405, le Fiat G.50, le Supermarine Spitfire et le Curtiss P-36 Hawk.

Messerschmitt Me-109

Un temps c’est le cracheur de feu qui tiens la corde avec une commande d’appareils plus une licence de fabrication. C’est finalement le Bf/Me-109 qui remporte la mise. 90 exemplaires sont commandés en 1938, la commande n’est honoré qu’à l’automne 1940 les livraisons ayant été suspendues suite au déclenchement de la guerre de Pologne.

D’autres appareils sont acquis qu’ils soient allemands (146 avions d’entrainement Bücker Bu-131 Jungmann et Bü-133 Jungmeister), français avec la production sous licence du MS-406 (82 D-3800 et 207 D-3801) ou suisses avec notamment 152 EKW C-36, un appareil utilisable aussi bien pour la chasse, le bombardement et la reconnaissance.

Le 19 octobre 1936 l’aviation militaire suisse est réorganisée et rebaptisée Schweizerische Flugwaffe. C’est une entité autonome au sein de l’armée de terre, l’équivalent toutes proportions gardées de l’USAAF.

Dès le 28 août 1939 l’aviation militaire suisse est mobilisée. Comprennant à l’époque 96 chasseurs et 121 avions de reconnaissance, elle comprend 21 unités mais seulement trois sont immédiatement opérationnelles et cinq n’ont aucun appareil ! Heureusement le conflit va se terminer rapidement.

Durant la Pax Armada les leçons du conflit sont tirées et surtout on tente de combler les lacunes et les déficiences que le conflit de l’automne 1939. De nouveaux aérodromes sont aménagés notamment dans le futur réduit alpin, des champs de manœuvre sont créés.

De nouvelles unités voient le jour notamment une unité de chasse de nuit qui regroupe différents appareils étrangers acquis à deux exemplaires pour évaluation et qui feront le coup de feu durant le second conflit mondial.

Des pièces d’artillerie antiaériennes, des projecteurs et des ballons statiques sont acquis mais la Suisse ne croit pas au radar et n’en possède aucun en septembre 1948. Ce n’est qu’à la fin du conflit qu’un radar suisse sera mis en service.

Dès la fin du mois d’août les tensions sont telles en Europe qu’il devient évident que la guerre est proche. La Suisse prépare la mobilisation de son armée et naturellement les Forces Aériennes Suisses n’échappent pas à la règle.

Durant le conflit l’aviation militaire suisse tente de préserver le territoire de la Confédération Helvétique des incursions aériennes menées par les belligérants qu’elles viennent de l’Axe ou des alliés. De nombreux incidents ont lieu puisqu’entre septembre 1948 et avril 1954 ce sont pas moins de 6800 avions étrangers qui ont violé le ciel suisse. Cela aboutit à l’atterrissage d’urgence de 219 appareils tandis que 56 s’écrasent.

Les pilotes et les navigateurs sont internés en Suisse sous l’autorité de la Croix Rouge avant d’être remis à leurs pays respectifs. Certains refuseront de retourner au combat et demanderont à rester en Suisse ce que Berne mettra du temps à accepter de crainte que le camp opposé ne l’accuse de prendre partie pour l’autre.

Avec le recul des allemands et la défection italienne les servitudes suisses diminuent sérieusement soulageant les pilotes et les avions.

Si quelques appareils sont bien livrés, si certains appareils capturés sont remis en service, la flotte helvétique est globalement usée en mai 1954. Berne va néanmoins profiter des surplus alliés pour reconstituer une armée de l’air digne de ce nom.

Organisation

La Schweizerische Flugwaffe est à nouveau réorganisée en septembre 1945. C’est sous cette forme qu’elle entre dans le second conflit mondial.

-Un état-major

-Un groupe de soutien, de maintenance et de ravitaillement

-Six régiments de chasse (JagdRegiment) organisés en quatre groupes aériens de chasse (LuftKampfGruppe), chaque groupe disposant de douze appareils. Cela nous donne un total de 288 chasseurs.

-Une unité indépendante de chasse de nuit (Unabhängige Nachtjagdeinheit)

-Trois régiments de bombardement (Bombenregiment) à trois groupes chacun, chaque groupe disposant de neuf appareils. Cela nous donne un total de 81 bombardiers

-Deux régiments de reconnaissance (AufklärungsRegiment) à trois groupes de douze appareils soit un total de 72 avions de reconnaissance et de coopération.

-Un groupe d’entrainement

-Un groupe de transport

-Huit batteries lourdes antiaériennes

-Des unités de projecteur et de ballons statiques

En cas d’opérations les différents régiments fournissaient des groupes occasionnels adaptés aux besoins du moment.

Pologne et Pays Neutres (57) Suisse (7)

Armée de Terre helvétique

Historique

Dans cette partie je vais aborder la partie historique concernant l’armée suisse c’est à dire soit les événements postérieurs à 1848 ou les événements antérieurs mais concernant des cantons et des unités militaires suisses servant des entités politiques helvétiques qu’elles soient dépendantes ou indépendantes.

Le 3 février 1798 est créé à Berne un bataillon de volontaires vaudois appelé Légion fidèle car composée de soldats souhaitant lutter contre l’invasion française. Appelée également Légion Romande et Bataillon Rovéréa, cette unité se composait de 620 hommes répartis en cinq compagnies. Elle est dissoute dès le 5 mars 1798.

Les principaux uniformes de la Légion Helvétique

Dans le camp opposé on trouve la Legion Helvétique levée comme son nom l’indique pour servir l’une des républiques-soeurs mises en place par la France à savoir la République Helvétique. La légion est créée le 4 février 1798 et disparaitra en même temps que l’état qu’elle sert en 1803.

Composée de 1500 hommes répartis en quinze compagnies, elle constitue la première tentative nationale d’un service militaire obligatoire formant une milice et dont l’équipement et l’instruction sont uniformisées.

En 1815 suite à la renaissance de la confédération helvétique la question militaire revient rapidement sur le tapis. Chaque canton doit fournir à la armée confédérale (Bundesheer) un contingent correspondant à 2% de sa population. L’objectif est de disposer d’une armée de 33000ch. Il est également interdit aux cantons de déclarer la guerre, de signer des capitulations ou des accords de paix avec des pays étrangers.

Panorama d’uniformes suisses au moment de la guerre du Sonderbund

En 1848 après la guerre du Sonderbund une nouvelle constitution et une nouvelle armée sont mis sur pied.

Enfin c’est plus compliqué que cela car l’article 13 du nouveau texte interdit toute armée permanente et plafonne les effectifs de chaque canton à 300 hommes hors les Landjäger une sorte de police locale.

L’article 18 impose à tout citoyen suisse des obligations militaires. Les effectifs sont plafonés à 3% de la population plus une réserve correspondant à 1.5% de la population soit une armée potentielle de 80000 hommes.

En 1870 à lieu la première mobilisation générale pour mettre à l’abri de la guerre franco-allemande le territoire helvétique. En janvier 1871 néanmoins la Suisse devra interner l’armée du général Bourbaki.

L’armée suisse doit également intervenir pour lutter contre l’agitation sociale. En 1875 la troupe tire sur les grévistes du chantier du tunnel du Gothard. Il y à 4 morts et 13 blessés. Ce ne sera hélas pas la dernière que l’armée suisse va intervenir.

L’année précédente une nouvelle constitution à été promulguée (en réalité c’est celle de 1848 qui à été réactualisée).

Peut être es-ce la conséquence du récent conflit franco-allemand et des unités allemandes et italiennes mais ce qui est sur c’est que la Suisse décide de muscler son dispositif militaire en augmentant massivement les effectifs disponibles.

Désormais les effectifs de l’armée suisse c’est simplement tous les citoyens de sexe masculin aptes au service armé ce qui fait passer l’armée helvétique de 150 à 700000 hommes. Avec l’augmentation de la population au cours du 20ème siècle c’est potentiellement 1.5 millions de soldat que la confédération peut mobiliser. C’est l’une des plus grandes armées du monde rapportée à sa population.

Soldat suisse au début du 20ème siècle

En 1912 le commandant de corps Wille et futur commandant en chef durant le premier conflit mondial organise des manœuvres auxquelles assiste Guillaume II qui comprend la détermination suisse à défendre son territoire. Si jamais l’armée allemande avait envisagé une invasion de la Suisse nul doute que cette idée à été vite remisée au placard.

Elle mobilise au début du premier conflit mondial pour préserver le territoire de toute tentative tant de l’Entente que des Empires Centraux d’utiliser le territoire helvétique pour tenter d’enfin de remporter la décision alors que depuis l’automne 1914 après l’échec de la course à la mer le territoire française est tailladé par un immense front fixe de 700km entre la mer du Nord et la frontière…..suisse.

En 1918 comme nous l’avons vu le pays est sécoué par une grève générale (Landestreik) que certains interprètent comme les prémices d’une révolution bolchévique que ce soit pour s’en rejouir ou pour s’en inquieter. L’armée est déployée, tire et tue trois travailleurs. L’armée suisse est elle aussi victime de la grippe espagnole.

Dans l’immédiat post-premier conflit mondial le fait militaire n’à pas bonne presse. Bien qu’épargnée par les ravages de ce qui aurait du être la Der des Ders la Suisse n’échappe pas à la vague pacifiste qui parcours le continent. Es-ce lié mais en 1921 seulement 55.8% des appelés sont considérés comme aptes (il faut probablement y voir l’impact de la grippe espagnole).

En 1923 une pétition pour un service receuille 39000 signatures et en 1927 l’Assemblée Fédérale gèle les dépenses militaires à 85 millions de francs suisses par an.

Au début des années trente l’armée suisse est peu motorisée, ne possède pas de couverture aérienne ni de moyens antiaériens. Bref en cas d’invasion seul son relief tourmenté pourrait sauver le pays de la débacle et encore………. .

En 1932 pour la dernière fois elle intervient en maintien de l’ordre à Genève. Elle tire sur une manifestation antifascite faisant treize morts et soixante-cinq blessés.

A chaque fois qu’elle intervient l’armée suisse tire et tue. Comment expliquer un tel phénomène ?

Outre le fait que l’emploi d’armes de guerre ne peut que générer des morts chez les manifestants, l’engagement exclusif de soldats venus des cantons ruraux et conservateurs contre des manifestants urbains ne pouvait que générer ce genre de drame, les autorités jouant sur la traditionnelle animosité entre ruraux conservateurs et catholiques et urbains plus protestants et plus libéraux (NdA bien entendu je schématise et je simplifie à l’extrême).

A la suite de cette intervention l’extrême-gauche réclame l’abolition de l’armée.

Avec la montée des périls symbolisée au sud par l’Italie mussolinienne et au nord par l’Allemagne nazie les crédits augmentent à nouveau.

Le parlement helvète accorde ainsi 800 millions de francs suisses entre 1935 et 1939 ce qui permet de moderniser l’armée et de relancer l’économique puisque neutralité oblige la Suisse ne peut pas vraiment s’équiper massivement d’armes étrangères. De toute façon les manufacturiers d’armes suisses comme Oerlikon proposent des armes de bonne qualité.

Le 10.5cm kanon m/34 un canon suédois à été utilisé par la Suisse

De nouvelles armes sont ainsi acquises comme le lance-mines (mortier) de 8.1cm modèle 1933, un canon antichar de 45mm, des canons Bofors de 105 et de 120mm, des chars Skoda mais aussi des chasseurs Me-109 et Morane-Saulnier D-3800 (89 et 74 respectivement).

Le bureau des fortifications dissous en 1921 est réactivé en 1935 pour d’abord renforcer par des blockhaus la couverture des frontières puis pour participer à la mise en place du réduit national.

Ce concept ne date cependant pas de cette époque. En effet il à été imaginé dès les années 1880 alors que comme nous l’avons vu les unités allemandes et italiennes rendent la situation géopolitique de la Suisse moins confortable que quelques années auparavant.

A l’époque il s’agit de mettre sur pied des ceintures fortifiées destinées à couvrir la Suisse utile à savoir une ligne s’appuyant sur les forteresses de Saint Maurice, du Saint-Gothard et de Sargans et d’autres lignes plus frontalières à savoir la ligne fortifiée et la postion d’armée.

Au 20ème siècle il s’agit de créer un refuge inexpugnable où le gouvernement, les autorités, l’armée et l’industrie pourrait se replier pour maintenir la fiction d’une Suisse indépendante. Cela passe notamment par la défense et le contrôle des tunnels ferroviaires et routiers.

Néanmoins après le premier conflit mondial l’intérêt pour les fortifications s’estompe au point qu’en 1921 le bureau des fortifications est dissous. Il est réactivé en 1935 quand non seulement la fortification fixe redevient à la mode avec la construction en France, en Allemagne, en Tchécoslovaquie et en Belgique de fortifications modernes et puissantes mais aussi la montée des périls aux frontières helvétiques.

A cela s’ajoutait le fait que de tels travaux permettrait de relancer l’économie et de diminuer le chômage en offrant aux travailleurs sans-emplois la possibilité de se réinsérer sur le marché du travail.

Avoir du matériel c’est bien mais avec du personnel entrainé c’est mieux. Voilà pourquoi la durée de l’Ecole des Recrues passe de 67 à 90 jours en 1935 puis à 118 en 1939 (cette durée va passer en 1947 à 132 jours avec des rappels plus fréquents et un encouragement à une formation continue).

Mannequins représentant les uniformes de l’armée suisse au moment du second conflit mondial

En 1938 l’armée suisse est réorganisée avec trois corps d’armée avec neuf divisions dont trois de montagne auxquelles il faut ajouter trois brigades légères plus des troupes de couverture à la frontière plus un corps professionnalisé avec une escadrille de surveillance. L’armée suisse souffre de nombreuses lacunes en matière d’armement, d’équipement et d’entrainement.

Le général Guisan durant la guerre de Pologne précise la stratégie. En cas d’invasion étrangère, les troupes déployées à la frontière ne doivent pas opposer une défense ferme mais harceler l’ennemi, gagner du temps pour permettre au gros des forces de s’installer dans le réduit national. Ces combats rétardateurs se doublent de destruction des ponts, des routes et des voies ferrées.

L’armée suisse met les bouchées doubles. Elle est mobilisée et surtout comme en France et en Allemange fait sortir de terre blockhaus, casemates et autres abris, fait couler des dents de dragons antichar (la fameuse Ligne Toblerone), fait poser des champs de fil de fer barbelé. De nouvelles armes sont également commandées portant par exemple le parc d’armes automatiques d’infanterie à 3000 mitrailleuses et 1800 fusils-mitrailleurs.

Au printemps 1940 le dispositif fortifié suisse est impressionnant au moins sur le papier avec 68 ouvrages d’artillerie, 10 batteries de casemates non-armées, 1410 ouvrages et positions d’artillerie, 1545 positions d’infanterie et d’artillerie non armées, 995 abris, postes d’observation et de commandement, 3263 barrages antichars et 1500 kilomètres de barbelées.

Le dispositif fortifié suisse s’appuie sur plusieurs positions souvent de conception ancienne mais régulièrement modernisées.

Forte Airolo

La Forteresse du Gothard comprend plusieurs forteresses et points d’appui fortifiées :

-Les Positions d’Airolo au sud du col du Gothard au dessus de la ville du même nom ont été construites entre 1887 et 1890. Elle comprend une tourelle double de 120mm, quatre canons de 53mm en tourelles simples pour la défense rapprochée et cinq canons de 84mm en casemates, un tunnel de 1km de nom reliant le fort au tunnel ferroviaire du Gothard.

-La Batterie de Motto Bartola est située sur une colline dominant le fort d’Airolo. Construite entre 1888 et 1890 elle comprend quatre canons de 120mm et quatre canons de 84mm, les positions étant reliés par des souterrains à la fois pour la protection au combat mais aussi pour le climat.

-La Batterie de Foppa Grande qui domine la précédente comprend un canon de 105mm et trois canons de 20mm antiaériens installés durant la guerre de Pologne.

-On trouve également les forts d’artillerie de San Carlo et du Stuei

-Le tunnel du Gothard est protégé au sud par un portail relié par un tunnel au fort d’Airolo, position fortifiée construite en 1886/1887 mais vite obsolète en raison de l’extension du tunnel.

-La Redoute Hospiz construite à la fin du 19ème siècle (opérationnelle en 1894) est située près du sommet du col du Gothard. Elle comprend deux canons de 120mm.

-Le Forte Sasso do Pigna opérationnel en 1943 remplace la redoute décrite plus haut même si durant la guerre les deux positions seront armées. La batterie orientale couvre la vallée Leventine et la batterie orientale la vallée de Bedretto. L’entrée principale se situe juste au nord de la redoute Hospsiz et comprend 2400m de galléries qui servent notamment au service des quatre canons de 105mm. Des bunkers d’infanterie sont également construits à différentes périodes.

Position de Göscknen et d’Andermatt

-Les forts de Bühl et de Bäzberg ainsi que le fortin Altkirch couvrent la vallée nord d’Urseren.

-Le col de l’Oberalp sont couverts par les Forts de Stöckli et de Gütsch ainsi que les postions d’infanterie de l’Oberalp.

-Le col de Furka est couvert par les forts de Galenhutten et de Fuchsegg.

La Forteresse de Saint Maurice comprend également plusieurs forts, fortins et positions fortifiées pour couvrir la vallée du Rhône. Le dispositif comprend le fort de Dailly, le fort de Savatan, le fort du Scex et le Fort de Cindey.

La Forteresse de Sarganscomprend six ouvrages majeurs autour de la vallée du même nom dans le canton de Saint-Gall.

-Les Forts de la 1ère barrière du Rhin sont les forts de Schollberg et de Austein

-Les Forts Majeurs les forts de Magletsch, de Castels, de Furggels et Passatiwand

-Les forts du Sud sont les forts de Molinära et d’Hasleborden

-Les forts de la deuxième barrière du Rhin sont les forts de Tschingel, de Nusslock et de Tamina Ragaz.

Durant la guerre de Pologne l’armée suisse est organisée de la façon suivante :

-1er Corps d’Armée (ouest et sud-ouest) 1ère, 2ème, 3ème, 8ème et 9ème divisions, 1ère et 2ème brigades légères, 10ème et 11ème brigades de montagne.

-2éme Corps d’Armée (Nord) : 4ème et 5ème divisions

-3ème Corps d’Armée (Est et Nord-Est) : 6ème et 7ème divisions, 3ème brigade légère, 12ème brigade de montagne

-Des gardes locales pour prevenir l’arrivée de parachutistes et accessoirement rassurer la population.

Bien que la guerre de Pologne se termine dès décembre 1940 ce n’est qu’à partir de février 1940 que la démobilisation est vraiment enclenchée pour comme ailleurs soulager l’industrie et l’agriculture qui manquaient de bras.

Dès le début du second conflit mondial l’armée suisse mobilise, une mobilisation qui se passe bien sans incidents. A noter que dès le premier jour de la mobilisation décision est prise de porter l’âge limite du service armé de 48 à 60 ans. Les hommes concernés dont certains se sont présentés volontairement doivent renforcer la gardes locales et former une sorte de Landsturm (milice).

La mobilisation terminée l’armée suisse est organisée de la façon suivante :

1er Corps d’Armée de Campagne (94000 hommes) avec la 1ère division (20000 hommes), la 2ème division (24000 hommes) et la 7ème division (16000 hommes).

A cela s’ajoute deux brigades de montagne, la n°10 (11000 hommes) et la n°11 (Brigade du Simplon) (13000 hommes) mais aussi la 1ère brigade légère (10000 hommes) et les fortifications de Saint-Maurice (voir plus haut). On trouve également le Commandement urbain de Genève avec les 71ème et 80ème régiments territoriaux d’infanterie.

Le corps d’armée dispose de deux régiments d’artillerie, le 12ème régiment d’artillerie lourde motorisée et le 22ème régiment d’obusiers de campagne.

2ème Corps d’Armée (46000 hommes) avec la 8ème division de montagne (16000 hommes), la 4ème division d’infanterie (20000 hommes) et la 2ème brigade légère (10000 hommes).

A cela s’ajoute le 13ème régiment d’artillerie motorisée, le 24ème régiment d’obusiers lourds le commandement urbain de Bâle, la 11ème brigade frontalière, la brigade d’infanterie de montagne n°11

4ème Corps d’Armée (80000 hommes) avec la 5ème division (22000 hommes), la 6ème division (26000 hommes) et la 3ème brigade légère (10000 hommes). A cela s’ajoute les fortifications de Sargans et le 23ème régiment d’obusiers de campagne.

3ème Corps d’Armée (40000 hommes) avec la 9ème division de montagne (16000 hommes), la brigade de montagne n°9 dite brigade du Gothard (11000 hommes), la 3ème division de montagne (11000 hommes) et les fortifications du Saint-Gothard. A cela s’ajoute le 14ème régiment d’artillerie motorisée, le 25ème régiment d’obusiers et la 9ème brigade frontalière.

A ces effectifs de combat s’ajoutent ceux de l’artillerie (52000 hommes), du génie (30000 hommes), la DCA et l’aviation (30000 hommes), les troupes sanitaires (30000 hommes), les troupes d’approvisionnement alimentaire (7000 hommes), le transport motorisé (9000 hommes), le train (14000 hommes), le service auxiliaire (200000 hommes) et le service complémentaire féminin (SCF) (15000 femmes).

Des vedettes armées sont également construites pour patrouiller sur les lacs alpins notamment neuf vedettes type 41.