Italie (73) Regio Esercito (13)

Les Armes du Regio Esercito Italiano (6) : Chars de Combat

Avant-propos

En août 1914 ce qui était espéré ou redouté se produit : une nouvelle guerre majeure éclate en Europe, quarante-quatre ans après la guerre franco-allemande de 1870. Le geste insensé d’un étudiant serbe Gavrilo Princip précipite le Vieux Continent dans la guerre.

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Italie (27) Croiseurs légers (1)

CROISEURS LEGERS

CL Alberico da Barbiano.jpg

L’Alberico da Barbiano, un croiseur de classe Condottieri

Avant-propos

Si les croiseurs lourds sont des créatures issus du traité de Washington (1922), le croiseur léger peut se targuer d’une noble et ancienne naissance. En effet il est apparu au XIXème siècle quand la marine à voile à définitivement baissé le pavillon face à la machine à vapeur.

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Japon (7) Géopolitique (2)

Le Japon et l’Axe : une alliance imparfaite

Dans les années vingt et les années trente, des régimes autoritaires plus ou moins fascisants se mettent en place en Europe. La montée des partis «fascistes» et autres mouvements autoritaires ne concernent pas uniquement les vaincus du premier conflit mondial comme l’Allemagne ou les pays issus de l’éclatement de la Double-Monarchie austro-hongroise. L’Italie, puissance victorieuse est d’ailleurs la première à ouvrir le bal dès 1922.

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Japon (6) Géopolitique (1)

GEOPOLITIQUE DU JAPON

Avant-Propos

En septembre 1948, quand le second conflit mondial éclate en Europe, le Japon est la puissance majeure en Asie du Nord-Est et même en Asie en général.

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Etats Unis (131) Armée de l’Air (5)

Les avions de l’USAAF (2) : les bombardiers

Avant-propos

La première mission de l’aviation fût la reconnaissance, l’observation et le guidage des tirs d’artillerie. Rapidement, le bombardement et l’attaque s’ajoutèrent, les premières missions voyant de courageux pionniers lancer des obus d’artillerie modifiés sur les positions ennemies.

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6-Cuirassés et croiseurs de bataille (15)

G-Projets inaboutis

Cuirassés type CR3

A l’origine, les deux (puis quatre) cuirassés de classe Alsace devaient remplacer les trois Bretagne dont le désarmement était prévu pour 1942 (Bretagne), 1944 (Lorraine) et 1945 (Provence) mais la décision de les transformer en escorteurs de porte-avions prolongea leur carrière et offrant aux Alsace une place dans la ligne de bataille.

En dépit d’une reconstruction complète, les Bretagne devaient être remplacés d’où le lancement dès 1943 du programme CR3 (Cuirassé Rapide de troisième génération, la première étant composé de classe Richelieu et Gascogne, la seconde de la classe Alsace). Ce programme prévoyait l’intégration d’un grand nombre d’améliorations comme une possible propulsion par moteurs diesels, une coque soudée, de nouveaux radars……… .

En ce qui concerne les caractéristiques techniques générales, le premier projet daté de janvier 1944 prévoyait un navire de 50900 tonnes de déplacement standard (54780 tonnes à pleine charge), une vitesse de 33 noeuds et un armement composé de 12 canons de 380mm en quatre tourelles triples, 16 canons de 130mm en huit tourelles doubles, 32 canons de 37mm en huit affûts quadruples et 24 canons de 25mm en douze affûts doubles tandis qu’à la place d’hydravions, on prévoyait l’utilisation d’autogires.

Un second projet daté de mars 1944 prévoyait un navire de 52000 tonnes de déplacement standard (55080 pleine charge) 31 noeuds et un armement composé de 12 canons de 380mm en quatre tourelles triples, 24 canons de 130mm en douze tourelles doubles, 32 canons de 37mm en huit affûts quadruples et 24 canons de 25mm en douze affûts doubles avec toujours deux autogires à la place d’hydravions.

La découverte de la nature réelle des Yamato (canons de 460mm au lieu des 406mm initialement envisagés) et les problèmes rencontrés avec les nouveaux obus super-lourd de 380mm entraina le dévellopement d’une troisième variante.

Apparue en septembre 1944, cette variante mesurait 272m de long, 37.50m de large et tirant d’eau de 11.50m  déplaçait 47000 tonnes (standard) et 52000 tonnes à pleine charge,   une vitesse limitée à 29.5 noeuds, une coque entièrement soudée (les deux variantes précédentes gardaient une partie rivée) et un armement composé de 9 canons de 406mm d’origine britannique (ce qui économisait le délai de dévellopement) en trois tourelles triples, 24 canons de 130mm en douze tourelles doubles, 32 canons de 37mm en huit affûts quadruples et 24 canons de 25mm en douze affûts doubles avec toujours deux autogires à la place d’hydravions.

Bien que formellement accepté par le ministre de la Marine en février 1945, ce projet ne pouvait pas être concrétisé avant au moins deux ou trois années le temps que soient livrées les canons britanniques et mises au point les nouvelles techniques de construction sans parler de la disponibilité des cales et du personnel nécessaire à sa mise en œuvre. Il faut attendre 1948 pour que les deux premiers soient mis sur cale.

Dans un premier temps la construction progresse à vitesse réduite et est même suspendue au moment du début de la guerre. Elle va reprendre en profitant de la perte du Lorraine puis ultérieurement du Clemenceau.

-Le Languedoc est mis sur cale à l’Arsenal de Brest (forme n°11) le 14 mai 1948 lancé le 23 mars 1950 et mis en service au printemps 1951.

-Le Moselle est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Saint-Nazaire-Penhoët le 15 août 1948 lancé le 4 septembre 1950 et mis en service en octobre 1951

Le troisième CR3 qui aurait du être mis sur cale après le lancement du Languedoc (survenu en mars 1950) ne le sera jamais, la marine connaissant des problèmes d’effectifs et ne voulant pas construire des navires qu’elle ne pourrait mettre en œuvre sereinement.

Caractéristiques Techniques de la classe Languedoc

Déplacement : standard 47500 tonnes pleine charge 51000 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 272m largeur 37.50m tirant d’eau 11.50m

Propulsion :  4 turbines à engrenages Parson réparties en une salle des machines avant et une salle des machines arrières, alimentées par six chaudières Sural dévellopant 170000ch et entrainant quatre hélices

Performances :  vitesse maximale : 29.5 noeuds distance franchissable : 8400 miles nautiques à 15 noeuds 2900 miles nautiques à 28 noeuds.

Protection : ceinture principale 390mm bulkhead avant 355mm bulkhead au dessus du pont blindé intermédiaire 235mm

pont blindé supérieur au dessus des soutes à munitions 190mm pont blindé supérieur au dessus des machines 170mm pont blindé intermédiaire 50/70mm (100mm au dessus des hélices et 150mm au dessus des lignes d’arbre)

Bloc passerelle : face avant et latérales 360mm arrière 280mm toit 170mm tube de communication 160mm
Tourelles triples de 406mm : face avant 430mm faces latérales 300mm toit 170 à 195mm face arrière 270mm (T.I) et 260mm (T.II) barbettes au dessus du PBS 405mm barbettes en dessous du PBS 80mm

Tourelles de l’artillerie secondaire : face avant 130mm côtés et toit 70mm face arrière 60mm barbette 100mm

Electronique : un radar de veille aérienne, un radar de veille surface, deux radars de conduite de tir pour l’artillerie principale, deux radars pour la conduite de l’artillerie secondaire

Armement : neuf canons de 406mm Mark IV répartis en trois tourelles triples (deux avant et une arrière), 24 canons de 130mm en douze tourelles doubles installées latéralement, 28 canons de 37mm groupés en quatre affûts quadruples ACAQ modèle 1941  et six  affûts doubles ACAD modèle 1935   et 12 canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles

Aviation : une catapulte et un hangar sous la poupe avec deux à quatre hydravions Dewoitine HD-731

Equipage : 1780 officiers et marins
Croiseurs de bataille type CB2

Bien que classés comme cuirassés ou navires de lignes, les Dunkerque pouvaient être considérés comme des croiseurs de bataille notamment en raison d’une protection plus faible que les nouveaux cuirassés rapides.

En 1943, plusieurs officiers de marine proposèrent la construction de nouveaux croiseurs de bataille ou «éclaireurs d’escadre». Ils souhaitaient que la France se dote en remplacement des Lorraine de trois ou quatre éclaireurs d’escadre qui auraient formée une escadre autonome chargée de l’éclairage de la flotte.

Ouverts aux nouvelles idées, l’amiral Esteva, chef d’état-major de la marine demanda une étude complète au STCN qui rendit sa copie en novembre 1943.

La première variante prévoit un navire de 30000 tonnes à pleine charge, 220m de long sur 32m de large et un tirant d’eau de 9m, une vitesse maximale de 30 noeuds et un armement composé de 9 canons de 330mm en trois tourelles triples (pour gagner du temps ce sont celles des Alsace adaptées) 12 canons de 130mm en six tourelles doubles, 24 canons de 37mm en six affûts quadruples et 12 canons de 25mm en six affûts doubles.

Une seconde variante prévoit un navire de 25000 tonnes, 32 noeuds, 8 canons de 330mm en quatre tourelles doubles, 10 canons de 130mm en cinq tourelles doubles et 24 canons de 37mm en douze affûts doubles, les dimensions restant les mêmes.

La troisième variante  prévoit un navire de 27000 tonnes filant 29 noeuds avec des moteurs diesels et un armement composé de trois tourelles triples de 330mm (deux avant et une arrière) 12 canons de 130mm en six tourelles doubles, 24 canons de 37mm en six affûts quadruples et 16 canons de 25mm en huit affûts doubles, les dimensions restant les mêmes.

A la différence du programme CR3, l’amiral Esteva ne donna pas suite à cette étude et les noms avancés pour ces navires (Bordeaux Perpignan Nice Bayonne) ne sont que des supputations de passionnés sans aucune base réelle.

Croiseurs garde-côtes et monitors

L’entre-deux-guerre fût marquée par une augmentation des tensions entre la France et le Siam à propos du Cambodge dont le royaume thaï revendiquait un quart du territoire au nom de pseudo-prétentions historiques.

Cette tension poussa le royaume de Siam à acquérir du matériel militaire moderne comme des chasseurs Curtiss H-75 ou encore deux cuirassés garde-côtes et deux croiseurs légers dérivés des Capitani Romani italiens.

La France soucieuse de défendre sa principale colonie de la région renforça ses moyens militaires en construisant de fortifications de campagne et en envoyant à Saïgon du matériel qui en 1948 était déclassé en Europe mais tout à fait valable face à l’armée siamoise.

La présence de deux cuirassés garde-côtes au sein de la marine siamoise poussa la France à étudier l’acquisition de ce type de navires fort populaires au sein des marines scandinaves. Le calendrier et le budget serré ne permettait pas d’imaginer des projets audacieux et innovants.

Le premier projet baptisé CS (Cuirassé Spécial) numéro 1 prévoit la réutilisation de tourelles de 305mm issus des Courbet.  Sur une coque de 124m, le projet CS1 voit l’installation de deux tourelles doubles de 305mm, de 6 à 8 canons de 90 ou de 100mm sous masques simples ou en tourelles doubles et d’une DCA légère composées de canons de 37 et de 25mm. La vitesse envisagé serait de 20 noeuds.

Le deuxième projet baptisé CS2 prévoit l’installation sur une coque de 105m d’une tourelle double de 305mm, de deux tourelles doubles de 152mm modèle 1944 sur la plage arrière et d’une DCA légère composées de canons de 37 et de 25mm. La vitesse serait alors de 24 noeuds.

Aucun de ces deux projets ne vit finalement le jour, la présence d’un croiseur lourd, d’un croiseur léger et d’un porte-avions léger étant estimé suffisant pour dissuader la marine siamoise de tenter quoi que ce soit contre l’Indochine. Elle pousse même les FNEO à mettre sur pied une attaque surprise de type raid aéronaval.

Parallèlement à ces deux projets, les Ateliers et Chantiers de Provence de Port-Bouc proposèrent la construction d’un ou plusieurs monitors.  Le projet CS3 prévoit l’installation d’une tourelle double de 340 ou de 380mm, d’une douzaine de canons de 90 ou de 100mm et d’une DCA légère.

L’inconvénient de ce projet c’est que la tourelle double de 380mm serait à développer, l’hypothèse la plus probable en cas de construction est donc la tourelle double de 340mm, trois étant disponibles immédiatement. Comme pour les cuirassés garde-côtes, le projet CS3 ne dépassa pas le stade de la planche à dessin.

Stratégie, ennemis potentiels et potentiel militaire

A-Une profonde coopération franco-anglaise

Le 4 juin 1947 à lieu au château de Windsor une discrète réunion entre les délégations militaires britanniques et françaises. La délégation militaire britannique est menée par le chef d’état-major impérial, le général Alan Brooke alors que la délégation militaire française est menée par le général Villeneuve.

Général Alan Brooke chef d’état-major impérial

Composée de militaires, d’aviateurs et de marins, ces deux délégations doivent s’accorder sur les modalités de la coopération pour la guerre à venir. Déjà depuis 1939, les deux pays échangeaient des renseignement et coordonnaient leurs productions respectives.

Par exemple, des chars légers AMX-42, moyens Hotchkiss H-39 et lourds B-1ter  avaient été livrés à la Grande Bretagne qui céda en contrepartie radars et sonars, des domaines où la France affichait un  retard assez sérieux.

Après trois jours de négociation, un accord est signé entre les deux délégations, accord politiquement entériné par une visite du président de la République, Paul Reynaud à Londres où il fût reçut par le roi George VI et le premier ministre, Winston Churchill en poste depuis les élections de 1940, Chamberlain ayant été contraint de céder sa place pour des raisons de santé (il est d’ailleurs mort le 5 novembre 1940).

Le chateau de Vincennes

Cet accord prévoit une fois la guerre déclarée la mise en place d’un état major combiné franco-britannique installé au château de Vincennes avec un généralissime français ou anglais (le général Villeneuve occupant ce poste en septembre 1948) et un adjoint de l’autre nationalité. Cet état-major devra coordonner les opérations menés en Europe mais également sur les autres théâtres d’opérations.

Les zones de coopération géographique sont clairement identifiées notamment sur le plan naval. La Grande Bretagne reçoit l’autorité sur la mer du Nord, la Manche et l’Atlantique Nord alors que la France à autorité sur le Golfe de Gascogne, la zone Antilles-Guyane, l’Océan Indien et surtout la Méditerranée.

Sur le plan naval, chaque zone est dirigée par un état-major bi-national à dominante française ou anglaise avec des officiers liaison du pays non dominant et des pays alliés, essentiellement issus des Dominions (Australie, Nouvelle Zélande, Canada, Afrique du Sud) en attendant le basculement de certains neutres (Grèce, Norvège, Turquie……). Une stratégie d’ensemble est clairement définie pour faire face à chaque adversaire.

B-Quels ennemis ?

Allemagne : Remise de sa courte (septembre 1943-mai 1945) mais terrible guerre civile, l’Allemagne du IIIème Reich à aussitôt relancé son programme de réarmement stimulé par la découverte de pétrole en mer Baltique et de nouvelles ressources minières dans ce qui fût jadis la Pologne.

 Le plan Z adapté et réduit par rapport aux folles versions de 1939 à permis néanmoins à l’Allemagne de disposer d’une marine plus que respectable articulée autour de deux porte-avions d’escadre et surtout de  douze cuirassés ultra-modernes (les deux Scharnhorst réarmés avec des canons de 380mm _leurs canons d’origine ayant été vendus aux néerlandais_, les deux Bismarck , les quatre cuirassé classe Hidenburg et les quatre croiseurs de bataille classe Oldenburg).

Tous ces cuirassés donnent des nuits pénibles aux amiraux tant britanniques que français sans parler du fait que quand la guerre éclate, quatre cuirassés type H améliorés sont en service ou en construction.

Peu favorisée par la géographie, la Kriegsmarine doit contrôler les détroits du Skagerrak et du Kattegatt pour ne pas être enfermée en Baltique où les deux puissants cuirassés de la Flotte soviétique (9 canons de 406mm en trois tourelles triples) l’obligent à rester vigilante sans parler d’une force sous-marine et d’une puissante aéronavale basée à terre.

Il est évident que le Danemark et la Norvège sont menacées mais les politiques britanniques comme français ( à l’exception de Churchill) refuseront une occupation préventive de ces deux pays, de peur de s’alliener les neutres , de donner un prétexte d’entrée en guerre aux Allemands et de mécontenter les américains notamment les républicains au pouvoir à Washington.

Le scénario envisagé est une bataille de rencontre type Jutland en mer du Nord avec pour objectif de contrôler la Norvège, bataille qui doit en partie décider du sort de la guerre notamment en terme de maitrise stratégique.

L’invasion de la Norvège obligent les alliés à monter une imposante expédition qui va cependant échouer à déloger les allemands de Norvège. La Royal Navy et la Royale va se résoudre à voir les allemands occuper le royaume d’Haakon VII sans pour autant laisser les allemands tranquille.

Une campagne de mouillage de mines, l’action des sous-marins et de l’aviation embarquée vont maintenir une pression colossale sur la première conquête allemande de la guerre. Des débarquements amphibies sont étudiés mais jugés irréalistes et surtout infaisables, l’expérience des Dardanelles étant encore dans tous les esprits.

Dès le printemps 1949, des bombardiers lourds français et anglais vont attaquer la Norvège et le Danemark, les Consolidated modèle 32F et les CAO-700/710 français de jour, les Avro Lancaster et les Handley Page Halifax de nuit attaquant les sites industriels et les fortifications norvégiennes. Le SOE (Special Operation Executive) et le BCRA (Bureau Central de Renseignement et d’Action) vont également mener des opérations et encadrer la résistance norvégienne.

Le rôle majeur est donc ici attribué à la Royal Navy même si dès le début du conflit, la Flotte de l’Atlantique va déployer d’importants moyens, une puissante Escadre mouillant à Rosyth pour renforcer la Home Fleet.

Italie : c’est l’adversaire principal de la France, l’adversaire pour lequel la marine nationale à été construite (au moins jusqu’en 1940 quand on commence Rue Royale à penser à combattre l’Allemagne et même le Japon qui ne fait pas mystère de l’intérêt qu’il porte à l’Indochine et ses richesses). Voilà pourquoi Paris à cherché et à obtenu le commandement des marines alliées en Méditerranée.

La priorité est d’abord de couvrir le passage des convois de transports de troupes entre l’Afrique du Nord et la Métropole. La Flotte de la Méditerranée aura dans un premier temps pour mission principale d’empêcher la Regia Marina d’interférer dans ces transports.

Outre les forces de surface, les avions de l’aéronavale et de l’armée de l’air (tous basés à terre) auront pour mission de traquer la navigation civile et militaire italienne. Des campagnes de mouillage de mines sont prévues comme une guerre sous-marine à outrance.

Quatre barrières sont prévues : une empêchant la marine italienne de menacer Toulon (barrière Toulon-Cap Corse), une autre avec des forces légères rendant impropre le passage dans le détroit de Bonifacio, une troisième entre Cagliari et Palerme et la quatrième entre la Sicile et la Tunisie via Malte qui va devenir une importante base pour les sous-marins alliés.

Dans le bassin oriental, la Mediteranean Fleet aura pour mission d’isoler le Dodécanèse italien, de soutenir une Grèce dont les sympathies alliées sont connues et d’empêcher les navires italiens stationnés en Adriatique de franchir le canal d’Otrante.

Une fois la majorité des convois de transports de troupes passés, les flottes alliées devraient adopter une attitude plus énergique. On rechercha la confrontation avec la marine italienne en neutralisant notamment la Libye. Des débarquements amphibies sont également prévus contre Lampedusa, la Sicile voir même la Sardaigne même si certains sont sceptiques sur les chances de réussite.

Japon et Siam : Les militaristes japonais ne font pas mystère de leur intérêt pour l’Indochine, intérêts bassements économiques enrobés d’une idéologie de «L’Asie aux asiatiques» qui séduira un temps des nationalistes contre Ho-Chi-Minh ou Sukarno avant que les exactions et la pression fiscale nippone fasse presque regretter le colonisateur français à une partie de la population.

Le Somua S-35 est le principal véhicule du GMC

En dépit de renforcements terrestres (chars modernes, des S-40 notamment) aériens (Dewoitine D-520 à la place des MS-406) et navals (un porte-avions léger), la France est consciente qu’elle ne pourra longtemps tenir l’Indochine.

Elle prévoit donc de couvrir Hanoï et Haïphong le plus longtemps possible par des combats retardateurs (à l’aide du Groupement Mécanisé Colonial future 2ème Division Légère de Cavalerie), de faire de la base navale de Cam Ranh un point de fixation.

Au Sud, il faudra tenir Saïgon le plus longtemps possible pour permettre d’évacuer un maximum de civils, de militaires notamment des cadres, de réserves de caoutchouc et de riz en direction de la Malaisie. On envisage une guérilla dans le Delta en s’appuyant sur des sectes nationalistes qui détestent souvent plus les japonais que les français.

Tenir le Golfe de Siam est vital et les FNFEO prévoient dès l’entrée en guerre du Japon de frapper la marine siamoise par surprise et de détruire au sol l’aviation de cet allié du Japon pour éviter que les convois entre Saigon et Singapour ou la Malaisie ne soient menacés. Le service de renseignement inter-colonial envisage même de provoquer un coup d’état pro-allié.

Le Japon va également menacer la Nouvelle-Calédonie qui doit bénéficier de renforts en hommes et en matériel (DCA et aviation moderne notamment), les américains s’inquiétant d’une prise du «Caillou» par les japonais qui menacerait clairement les communications entre les Etats Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La Polynésie devrait elle rester à l’écart du conflit et ne bénéficiera que de renforcements minimums.

Turquie : Ankara à été amadouée par la cession en 1939 du Sandjak d’Alexandrette (Iskenderün) et la promesse que la Syrie et le Liban obtiendront leur indépendance d’ici 1955.

La Turquie devrait donc rester neutre d’autant qu’elle s’inquiète de la montée en puissance de la flotte soviétique de la mer Noire à laquelle elle à répondue en commandant un cuirassé et deux croiseurs lourds aux Etats Unis (livrés respectivement en 1942, 1944 et 1946), six sous-marins et quatre destroyers en Grande Bretagne tout en construisant quatre destroyers chez elle non sans mal d’ailleurs faute d’une industrie suffisamment développée.

Espagne et Portugal : La guerre n’est pas recherchée avec Madrid et Lisbonne. L’arrivée au pouvoir du PSF à agréablement surpris Madrid qui ne fera rien pour nous nuire ni pour nous aider.

La marine espagnole à en partie récupérée des pertes de la guerre civile mais bien que ne disposant en 1945 d’un croiseur lourd, de deux croiseurs légers, de douze destroyers et de quatre sous-marins elle ne représente pas une véritable menace bien que nous étudions avec intérêt la volonté de l’héritière de la Glorieuse Armada de s’équiper de trois cuirassés (une délégation italienne en 1942 à livré les  plans des cuirassés de classe Littorio) et d’au moins un porte-avions (les espagnols espérant obtenir les plans du porte-avions Graf Zeppelin).

Le Portugal de Salazar à proclamé dès septembre 1939 sa neutralité, neutralité matinée de sympathie pour l’Allemagne. Des plans sont cependant dressés pour saisir les Açores, Madère et les colonies portugaises au cas où Lisbonne nous deviendrait hostile.