URSS (57) Armée de Terre (5)

Les guerres russes du XIXème siècle

Depuis le début des années 1820, les grecs se sont révoltés contre leurs maîtres ottomans. La cause hellénique est à la mode, la bonne société européenne en plein romantisme se prenant de passion pour les rebelles grecs.

Lire la suite

Publicités

URSS (53) Armée de Terre (1)

ARMEE DE TERRE (ARMEE ROUGE)

Avant-propos

Si l’Armée Rouge à acquis un statut mythique lié en partie à une propagande habile, l’histoire militaire russe n’à pas commencé en 1917.

800px-Alexander-Nevski-cathedral-icon.JPG

Icone représentant Aleksandr Nevski 

Elle est bien plus ancienne et bien plus riche qu’il s’agisse des exploits d’Alexandre Nevski contre les chevaliers teutoniques, des conquêtes d’Ivan le Terrible, des guerres de Pierre le Grand contre Charles XII, des conquêtes de la Grande Catherine, du rôle crucial de la Russie dans la défaite de Napoléon 1er («le général Hiver»), de la guerre de Crimée, des guerres balkaniques en attendant bien entendu les deux guerres mondiales.

Lire la suite

URSS (48) Bases Navales (3)

Flotte du Pacifique

Base sous-marine de Rybachi

Implantée dans la ville de Villoutchinsk, à 25km au sud-ouest de Petropavlosk-Kamtchatski, elle à été inaugurée en 1937. Elle regroupe tous les sous-marins de la flotte du Pacifique pour faciliter l’entretien, la logistique mais aussi le secret, obsession du régime stalinien.

Lire la suite

URSS (22) Artillerie et Systèmes d’Armes (2)

Artillerie légère

Canons de 57mm

Le développement d’un canon antiaérien plus puissant que le canon de 45mm commença en 1949 alors que les soviétiques étaient encore mais pour peu de temps en dehors du second conflit mondial.

Lire la suite

Grande Bretagne (76) Armée de terre (1)

ARMEE DE TERRE (BRITISH ARMY)

Avant-Propos

L’armée de terre britannique ou British Army est la composante terre des forces armées britanniques placée sous le commandement du War Office remplacé en 1964 par le Ministry of Defence.

Longtemps connu sous le simple nom d’Army, l’armée de terre se dote d’une force de réserve en 1908 appelée Territorial Army ce qui fait que l’armée d’active sera désormais connu sous le nom de Regular Army.

Armée d’un territoire insulaire, l’armée de terre britannique à été rarement l’armée dominante en terme d’effectifs par rapport à la toute puissante Royal Navy.

Il fallait une menace continentale pour que l’armée de terre britannique devienne une armée importante en termes d’effectifs. Ce fût le cas au début du 18ème pour lutter contre Louis XIV, au 19ème siècle contre Napoléon et au 20ème siècle pour les deux guerres mondiales.

Depuis 1954 et la fin du second conflit mondial, les effectifs sont plus importants avec notamment le déploiement permanent de troupes sur le Continent.

Une brève histoire

Prémices

C’est seulement en 1660 que l’armée de terre britannique devient une armée permanente. Jusque là on utilisait des systèmes de milices. A chaque menace le Parlement devait voter des crédits pour lever des troupes ce qui était l’occasion de négociations interminables entre le roi et le parlement.

A cela s’ajoutait la crainte que la monarchie devienne absolutiste, crainte qui fût à l’origine d’une guerre civile qui permis à la Grande Bretagne de connaître sa première et seule expérience républicaine.

Elle fût déployée sur le continent au cours du 18ème siècle pour s’opposer à l’expansionisme français et pour maintenir l’équilibre des puissances sur le continent, l’alpha et l’omega de la politique étrangère britannique. Cet engagement sur le continent répondait au fait que les monarques anglais jusqu’à Victoria étaient prince de Hanovre.

Au 19ème siècle, elle va participer à la lutte contre Napoléon même si l’apport de Londres à été bien davantage financier qu’humain.

Armée de volontaires, la British Army participe également à la conquête du premier Empire colonial du monde.

A noter que si dans l’armée française la cavalerie est considérée comme l’arme la plus prestigieuse attirant les meilleurs officiers, dans l’armée britannique c’est l’infanterie qui attire les meilleurs officiers. Si elle participe à la guerre de Crimée, l’armée de terre britannique va rester une armée de taille réduite jusqu’au premier conflit mondial.

La British Army dans le premier conflit mondial

La Grande-Bretagne est entrainée dans le premier conflit mondial par le jeu des alliances mais surtout pas l’invasion de la Belgique neutre par les troupes allemandes.

Non seulement Londres est garante de cette neutralité depuis 1839 mais en plus la prise d’Anvers par les allemands serait un coup terrible pour la Grande-Bretagne un pistolet pointé sur la poitrine de l’Angleterre (ce qui explique le refus farouche de voir le drapeau français flotter à Anvers).

Quand le premier conflit mondial éclate, la British Army est un corps de volontaires destiné principalement aux guerres coloniales. De 1899 à 1902 elle avait affronté les Boers, montrant les déficiences en matière d’équipement, de commandement et d’entrainement.

En 1907/08, un état-major est créé et les unités de combat sont regroupées au sein de sept divisions à but expéditionnaire alors que la défense du territoire doit être assurée par une force territoriale, une Territorial Army composée de quatorze brigades de cavalerie et de quatorze divisions, ces unités qui remplacent la milice devant si besoin renforcer les unités régulières.

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

Fantassin britannique du Worcestershire Regiment en 1916

En août 1914, l’armée de terre britannique aligne 247432 hommes répartis en soixante-douze régiments d’infanterie (quatre de Garde et soixante-huit de «ligne»), trente et un régiments de cavalerie, d’artillerie et de soutien. La moitié est stationnée outre-mer.

Six divisions d’infanterie et une division de cavalerie sont envoyées sur le continent en soutien de l’armée française aux moyens nettement plus importants.

Au cours du conflit, six divisions régulières, quatorze divisions territoriales, trente-six divisions de la «Kitchener’s Army» et six divisions diverses dont la Naval Division formée de Royal Marines, division déployée très rapidement à Anvers pour empêcher les troupes de Von Kluck de s’emparer de ce port.

Durant le conflit les structures évoluent ainsi que la part des différentes armes, la part de l’infanterie et de la cavalerie se réduisant au profit notamment du génie dont la part double en quatre ans.

L’enthousiasme patriotique explique que l’armée britannique n’eut aucun mal à lever de nouvelles unités retardant une conscription qui devint nécessaire après que les lourdes pertes sur la Somme n’aient douché l’enthousiasme des volontaires.

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

Mitrailleuse Vickers servie en atmosphère toxique lors de la bataille de la Somme (1916)

La conscription est imposée aux hommes célibataires en janvier 1916 et quatre mois plus tard, tous les hommes âgés de 18 à 41 ans y sont astreints.

A noter que l’Irlande n’ait pas concernée, l’île frondeuse étant un véritable chaudron prêt à bouillir et que de nombreux volontaires venant de la verte Erin se sont engagés pour combattre dans l’armée britannique ce qui explique en partie pourquoi les révoltés de Paques 1916 furent d’abord vus comme des traitres plutôt que comme des héros.

Comme dans tous les pays belligérants, les femmes jouèrent un rôle important à l’arrière, remplaçant dans de nombreux métiers les hommes partis au front.

Durant les premiers mois du conflit, le BEF sur le Front de l’Ouest joua un rôle modeste mais à la auteur des moyens engagés. Si son rôle fût anecdotique dans l’arrêt de la progression allemande, il fût plus important dans la course à la mer qui le vit engager dans les Flandres. Les pertes furent importantes au point qu’on peut considérer que l’armée de volontaires pré-premier conflit mondial est morte à Ypres.

Après une série d’offensives limitées au printemps 1915, l’automne voit le lancement d’une offensive en Artois avec l’utilisation de gaz de combat en réponse à la première utilisation allemande le 22 avril 1915 à Ypres (d’où le nom d’ypérite donné au gaz moutarde). L’échec de cette offensive entraine le remplacement du Field Marshal French par le Général Haig.

En 1916 alors que les combats font rage à Verdun où l’armée allemande cherche à attirer l’armée française dans une bataille d’attrition, les britanniques s’attaquent à la Somme en lançant une offensive majeure le 1er juillet.

Ce jour est resté dans les mémoires comme le jour le plus sanglant de l’histoire de l’armée britannique avec 19000 morts et 40000 blessés pour des gains insignifiant. Ce fût le début de cinq mois de combats qui causèrent la perte de 420000 hommes (tués et blessés).

L’année 1917 marquée par des offensives à Arras (côté britannique) et en Champagne (Chemin des Dames) pour les français ne voient pas l’offensive décisive capable d’achever un conflit qui entrait dans sa quatrième année.

En 1916 sont engagés les premiers tank, les premiers chars de combat qui en petits paquets montrent leur efficacité mais il est certain qu’un engagement massif aurait été nettement plus efficace.

L’année 1918 commence mal pour l’armée britannique quand Ludendorff lance l’opération Michel, son offensive de la dernière chance. Elle tombe sur la 5ème armée britannique et le corps expéditionnaire portugais provoquant une brèche comblée par l’envoi de quarante divisions françaises. L’offensive allemande est finalement stoppée sur la Marne en juin et permet aux français d’imposer Foch comme généralissime des forces armées alliées.

Le 8 août 1918, la 4ème armée britannique attaque dans la région d’Amiens. C’est le début de l’offensive de 100 jours, une série d’offensives échelonnées pour empêcher les allemands de déplacer facilement les réserves jusqu’à un point menacé du front.

Le conflit s’achève par la signature le 8 novembre 1918 de l’armistice qui entre en vigueur le 11 novembre à 11.00.

Prisonniers de l'IRA escortés par des soldats britanniques après l'échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Prisonniers de l’IRA escortés par des soldats britanniques après l’échec du soulèvement de Pâques déclenché le 24 avril 1916.

Le Front Occidental ne fût pas le seul front sur lequel fût engagée l’armée britannique. On trouve également l’Irlande secoué par des troubles entamées à Paques 1916, les 1600 rebelles de l’IRA devant faire face à 18/20000 hommes, chiffre brièvement porté à 50000 hommes.

Après l’échec de l’opération aux Dardanelles et à Gallipoli en 1915, les alliés décident de s’engager dans les Balkans. Si l’Armée d’Orient fût composée essentiellement de troupes françaises, serbes, russes et grecques, les britanniques furent également engagées contre la Bulgarie qui signa l’armistice le 30 septembre 1918.

Des divisions britanniques sont également engagées en Italie pour soutenir en compagnie de troupes françaises l’armée italienne durement éprouvée par la bataille de Caporetto le 24 octobre 1917. L’arrivée de troupes alliées permet de stabiliser le front sur la Piave puis de participer à l’offensive décisive lancée contre la ville de Veneto (ultérieurement Vittorio Veneto). Un armistice est signé dès le 3 novembre 1918.

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Soldats britanniques à Tsingtao en 1914, le comptoir allemand pris par les anglais et les japonais

Hors d’Europe,les britanniques participèrent à la prise du port allemand de Tsingtao en soutien des troupes japonaises mais également aux opérations contre l’Afrique orientale allemande dont les dernières troupes ne se rendirent que le 25 novembre 1918 !

Un mot également sur la terrible campagne de Gallipoli, une opération stratégiquement bien pensée mais menée de manière désastreuse.

Après des opérations navales infructueuses en octobre 1914 et en mars 1915, les alliés débarquent dans la péninsule de Gallipoli sur un terrain favorable à la défense où s’illustre un certain Mustapha Kemal, le futur Attaturk. Après neuf mois de lutte, les alliés évacuent la région en janvier 1916.

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l'armée de terre britannique

mortier Stokes mis en oeuvre au Moyen-Orient par l’armée de terre britannique

L’armée britannique (essentiellement composée de troupes indiennes) fût également engagée en Mésopotamie dans l’actuel Irak, un territoire sous contrôle de l’Empire Ottoman et si Bagdad fût prise en mars 1917 ce ne fût pas sans difficultés avec notamment la défaite de Kut-al-Amara où 13000 britanniques et indiens durent se rendrent après un siège de cinq mois (décembre 1915-avril 1916). Citons également des campagnes menées dans le Sinai et dans le Caucase sans oublier les opérations de police coloniale.

De Rethondes à Coblence (1918-1939)

Comme toutes les armées, les effectifs de la British Army sont sensiblement réduits. Les pertes du premier conflit mondial (période 4 août 1914-30 septembre 1919) s’élèvent 573507 tués (au combat, des suites de leurs blessures ou de causes diverses), 254176 prisonniers et disparus sans oublier les blessés (1643469).

Comme pour les troupes françaises, l’armistice du 11 novembre 1918 ne marque pas la fin de la guerre pour les troupes britanniques qui vont être engagées dans la guerre civile russe en soutien des forces Blanches, en Afghanistan en mai 1919, dans le Somaliland en 1920 sans oublier la guerre anglo-irlandaise (21 janvier 1919-11 juillet 1921). De 1920 à 1929, une British Army on the Rhine (BAOR) marque le retour de troupes britanniques en Allemagne.

En dépit de tentatives de digérer l’expérience du premier conflit mondial (avec notamment l’Experimental Mechanized Force en 1927/28), l’armée britannique connait des temps difficiles, le budget de la défense passant de 766 millions de livres en 1919/20 à seulement 102 millions en 1932.

L’absence de réelle menace extérieure explique en grande partie l’absence d’investissements massifs dans la Défense. A cela s’ajoute un contexte économique compliqué.

Faible budget, répugnance à investir, voilà pourquoi face à la montée de l’Allemagne nazie, les autorités britanniques préféraient une politiquement d’apaisement (apeasment policy), espérant que les concessions allaient calmer Hitler.

Néanmoins à partir du milieu des années trente, les investissements militaires reprennent pour permettre à l’armée britannique de faire face à un conflit que certains considèrent comme inévitable à court terme.

Depuis 1929, un processus de mécanisation était en cours au sein de l’armée britannique, processus qui s’acheva au cours de la guerre de Pologne, les seuls régiments montés restant étant ceux de la Garde.

Le déclenchement de la guerre de Pologne voit l’engagement sur le continent d’un corps expéditionnaire britannique, la British Expeditionary Force (BEF). Placé sous le commandement de Lord Gort, il dépend du Groupe d’Armées n°1.

Il est déployé dans la région de Lille entre la 7ème armée placée à l’ouest et la 1ère armée à l’est avec une force de combat qui aurait du à terme être composée de treize divisions, cinq d’active (1st Infantry Division 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division 4th Infantry Division et 5th Infantry Division), cinq issues de la mobilisation (42nd « East Lancashire Division », 44th «Home Counties Division», 48th « South Midland Division » 50th «Northumbrian Division» et 51th «Highland Division» ) et trois divisions de travailleurs, les 12th «Eastern Division» , 23rd «Northern Division» et 46th «North Midland Division ». Seules les divisions d’active ont été à temps déployées sur le continent.

A ces divisions d’infanterie ou assimilées s’ajoute une division blindée, la 1st Armoured Division qui dispose de deux brigades blindées à trois régiments de chars plus des unités de soutien.

On trouve également la 1st Armoured Brigade à trois régiments de chars ainsi que les 1st et 2nd Cavalry Brigade qui sont des unités mécanisées et non des unités montées sans oublier cinq régiments de reconnaissance.

-L’artillerie britannique déploie en France sept régiments d’artillerie légère, neuf régiments d’artillerie moyenne, trois régiments d’artillerie lourde, trois régiments d’artillerie super lourde et enfin deux régiments et deux batteries antichars.

-La défense antiaérienne est assurée par cinq brigade dont une fournie par la RAF auxquelles s’ajoute une brigade de projecteurs.

-Le génie royal déploie plusieurs compagnies notamment des unités comparables aux unités Z françaises (guerre chimiques)

-On trouve également sept bataillons de pionniers et six bataillons de mitrailleurs

Cette force de combat non négligeable n’aura pas à s’employer durant le court conflit qui s’ouvre le 1er septembre 1939. L’assassinat d’Hitler le 9 novembre 1939 ouvre une période d’incertitude qui inquiète Londres. Le retour de Guillaume II pour donner une façade présentable au triumvirat Borman-Goering-Himmler rassure un peu les autorités britanniques.

Le conflit est suspendu le 15 décembre 1939 mais il faut attendre l’échec de la conférence de Coblence (27-30 décembre 1939) pour que le BEF commence à rentrer de France.

Rentre-t-il au complet ? Non car la 1st Infantry Division va rester déployée dans la région de Lille pour permettre notamment une montée en puissance plus rapide des forces britanniques sur le continent.

Elle va s’entrainer régulièrement avec des unités françaises, permettant un fructueux échange d’informations et va apporter sa contribution aux travaux de fortifications de la frontière.

La British Army et la Pax Armada

Comme pour l’armée de terre française, la British Army réduit considérablement la voilure avec la démobilisation.

En Métropole, les différents commandements regroupent neuf divisions d’infanterie d’active, les divisions de mobilisation étant dissoutes. A cela s’ajoute huit divisions de réserve de la Territorial Army même si ces divisions sont loin d’être sur le pied de guerre.

A cela s’ajoute des unités de cavalerie et de chars, une division blindée, quatre brigades de cavalerie et sept brigades blindées sans oublier des unités d’artillerie et du génie.

Au Moyen-Orient, les moyens sont plus modestes avec deux divisions d’infanterie et une division blindée, les autres territoires disposant de moyens limités à des bataillons ou des régiments indépendants.

Dans l’Empire des Indes, il n’y à pas à proprement parlé d’unités britanniques. La défense repose sur l’Indian Army de recrutement local, les unités britanniques n’étant là que pour un déploiement temporaire.

Sur le plan des structures comme sur le plan matériel, les choses évoluent de manière importante, tout le monde prennant conscience que l’ogre allemand n’est pas totalement rassasié.

Des réformes de structures sont mises en place. Si les divisions d’infanterie évoluent peu, les unités de cavalerie et de chars subissent des modifications importantes, le Royal Tank Corps disposant en septembre 1948 de quatre divisions blindées et de six brigades blindées indépendantes, ces dernières étant plus destinées au soutien de l’infanterie que les premières.

L’artillerie et le génie restent composées de régiment tout comme les unités de transmission et de transport.

En ce qui concerne l’armement, l’infanterie voit sa puissance de feu augmenter avec l’introduction de pistolets mitrailleurs en grand nombre (même si le fusil reste l’arme de base). La grenade à fusil d’origine française fait également son apparition au sein de l’infanterie de sa Majesté.

Comme pour les structures ce sont les unités de chars qui connaissent le plus grand renouvellement en terme de matériel, les chars (trop) légers et (trop) faiblement armés sont remplacés par des chars mieux armés, mieux protégés et plus rapides.

La British Expeditionary Force (BEF) repart en guerre (septembre 1948)

A partir de l’été 1948 les tensions en Europe deviennent telles que l’ouverture du conflit est imminente, une question de semaines et de mois plutôt que d’années.

Dès le mois de juillet, discrètement, les autorités militaires britanniques et françaises mettent en place des équipes de liaison pour faciliter le transfert sur le continent d’un BEF musclé sans compter que d’autres divisions vont être intégrées à des Corps d’Armée français.

La 1st Infantry Division installée à Lille reçoit l’ordre de préparer les futurs cantonements des troupes britanniques, de préparer l’accès aux cantonements avec des panneaux indicateurs anglais et également d’écrire des guides pour éviter les problèmes avec la population locale.

Char médian A-27M Cromwell

Char médian A-27M Cromwell

Grace à la mobilisation, de nouvelles divisions sont mises sur pied. Le nouveau BEF destiné à être déployé au sein du Groupe d’Armées n°1 va se composer de douze divisions, dix divisions d’infanterie motorisées et deux divisions blindées, ces derniers disposant de chars lourds Churchill, de chars moyens Cromwell et de chars légers de reconnaissance.

Ces divisions sont regroupées en trois corps d’armée (1st 2nd 3rd British Corps), les deux divisions blindées formant un corps d’armée blindé (1st British Armoured Corps).

Cette puissante force occupe un secteur situé entre la 7ème et la 1ère armée française entre Armentières et Condé sur l’Escaut.

A ces douze divisions formant un corps autonome au sein du GA n°1 s’ajoute quatre divisions en deux corps d’armée destinées à renforcer les 3ème et 4ème armée déployées au sein du GA n°2 face à l’Allemagne.

Le 4th British Corps déployé au sein de la 3ème Armée est encadré par les 23ème et 24ème Corps d’Armée. Il se compose de deux divisions de mobilisation, les 51th Highland Division et 48th Northumberland Division.

Le 5th British Corps déployé au sein de la 4ème Armée dispose d’une division d’active, la 5th Infantry Division et une division de mobilisation, la 42th East Lancashire Division.

-L’Etat-major du BEF est installé à Lille et dispose d’unités qui lui sont directement rattachées en l’occurence une réserve conséquente d’artillerie (représentée par les 1st & 2nd RASG), des unités antiaériennes et antichar (quatre brigades AA et trois régiments antichars), deux régiments de cavalerie pour la reconnaissance et diverses unités de soutien.

1st British Corps : trois divisions d’infanterie : 1st Infantry Division 1st Canadian Infantry Division et 44th «Home Counties Division»

2nd British Corps : trois divisions d’infanterie : 2nd Infantry Division 3rd Infantry Division et 49th South Midland Division

3rd British Corps : trois divisions d’infanterie : 4th Infantry Division 6th Infantry Division et 50th «Northumbrian Division

-La 46th Nort Midland Division est une division de travailleurs mais aussitôt transformée en division d’infanterie ce qui explique qu’elle est en réserve, ne devant rejoindre le front qu’une fois bien entrainée.

1st British Armoured Corps avec la 1st Armoured Division et la 2nd Armoured Division

4th British Corps (3ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 51th Highland Division et la 48th Northumberland Division

5th British Corps (4ème armée) : deux divisions d’infanterie, les 5th Infantry Division et d’une division territoriale, la 42nd East Lancashire Division.

Seize divisions britanniques sont donc déployées en Europe continentale auxquelles il faut ajouter six divisions déployées dans le Sud-Est de l’Angleterre à la fois pour défendre le territoire national mais également renforcer le dispositif allié sur le continent (43rd [Wessex] Infantry Division 47th [London] Infantry Division 49th (West Riding) Infantry Division 54th [East Anglian] Infantry Division 59th [Straffordshire] Infantry Division et 61st Infantry Division).

Cela porte le chiffre à vingt-deux divisions auxquelles il faut ajouter six divisions déployées en Ecosse, quatre divisions de mobilisation (15th [Scotish] Infantry Division 12th (Eastern) Infantry Division 38th [Welsh] Infantry Division 45th Infantry Division) plus deux divisions destinées à être engagées en Norvège (52nd Lowland Infantry Division 53rd [Welsh] Infantry Division)

-Le dispositif à été renforcé en Méditerranée avec le déploiement de deux divisions d’infanterie sur l’île de Malte (18th Infantry Divison 56th Infantry Division) plus trois divisions en Egypte et en Moyen-Orient (7th Infantry Division 8th Infantry Divison 66th Infantry Division), des divisions des Dominions devant les renforcer à moyen terme (deux ou trois divisions australiennes, une division néo-zélandaise).

-Enfin en Asie du Sud-Est, des troupes sont déployées à la fin de 1948, poursuivant une amélioration du dispositif allié dans la région.

En Inde, deux divisions britanniques sont déployées en novembre 1948 (76th et 77th) mais début 1949, la 76th Infantry Division est redéployée en Malaisie où elle retrouve deux divisions déployées depuis 1945 (70th & 71st Infantry Division).

L’essentiel de la défense est assurée par la Royal Indian Army qui dispose en septembre 1939 de deux divisions d’infanterie, de cinq brigades de cavalerie et de régiments d’artillerie, cette force connaissant une certaine croissance avec la levée de deux nouvelles divisions d’infanterie, la mécanisation des unités de cavalerie pour former des Independent Armoured Brigade.

-Ailleurs dans les autres territoires sous souveraineté britannique, les effectifs sont modestes dépassant rarement le bataillon ou le régiment.

Grande-Bretagne (9) Royal Navy (1)

UNE BREVE HISTOIRE DE LA ROYAL NAVY

Avant-Propos

Encore aujourd’hui, la Royal Navy est la fierté du Royaume Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. Certes elle n’est plus que l’ombre de la flotte du premier conflit mondial aux somptueuses escadres de cuirassés mais elle représente encore une force avec laquelle il faut compter.

Si dès le 9ème siècle, il existe des forces navales, si les Tudors sont les premiers monarques à se préoccuper de constituer une puissante marine de guerre (tout en gardant un œil sur des possessions continentales comme Calais redevenu français uniquement en 1558), la Royal Navy voit officiellement le jour en 1660 au moment de la restauration des Stuarts avec Charles II, le fils du roi martyr Charles 1er.

Charles II de Grande-Bretagne

Charles II de Grande-Bretagne

En 1707, elle intègre les navires de la Royal Scots Navy, les navires de la marine écossaise bien que depuis 1603 et l’union personnelle des deux royaumes, les deux marines opéraient ensemble.

Elle va rapidement s’opposer aux différentes marines européennes, d’abord la marine espagnole défaite en 1588 (Invincible Armada,un nom ironique attribué par les anglais) puis la marine des Provinces Unies et la marine royale française.

Composée de navires performants,manœuvrés par des marins compétents et des chefs énergiques et choisis sur des critères de compétence (à la différence de la France où les critères de noblesse provoquaient parfois la nomination d’incompétents notoires ou d’amiraux trop vieux pour être efficaces), elle va s’imposer au 18ème comme la première marine mondiale même si au cours de plusieurs conflits, elle subit des pertes non négligeables.

Durant la guerre de Sept Ans (1756-63), elle impose sa supériorité sur les marines françaises et espagnoles ce qui n’empêche pas les échecs comme celui de l’amiral Byng lors de la bataille de Minorque, échec qu’il paiera de sa vie.

La France prit néanmoins sa revanche durant la guerre d’indépendance américaine. La splendide marine de Louis XVI l’une des plus belles de l’histoire de la France (avec celle de Napoléon III et celle du second conflit mondial) infligea une série de défaites qui obligèrent la Grande-Bretagne à renoncer à ramener dans le giron impérial les treize colonies insurgées.

La Révolution Française entraine une totale désorganisation de la marine française, les officiers nobles émigrent, les équipages peuvent élire leurs officiers _rarement une bonne chose, la démagogie et l’idéologie prenant le pas sur la discipline et la compétence_,se montrent revendicatifs et prompts à crier à la trahison.

La Royal Navy devient une marine supérieure à tout ce que les pays européens peuvent lui opposer, la compétence, de bons navires, l’expérience des marins et des officiers sans oublier une politique continue rend cet outil redoutable.

Voilà pourquoi Napoléon maitre en Europe ne pourra jamais faire défiler ses grognards de la garde sur White Hall ou devant Buckingham Palace, la défaite de Trafalgar le 21 octobre 1805 scellant les espoirs de la France impériale de contester la supériorité de la Royal Navy sur les mers même si des corsaires causèrent des pertes au commerce britannique.

Cette puissance colossale permet à la Grande-Bretagne d’étendre son emprise coloniale, annonçant le Britannia rules the waves, cette puissance permet à Londres de maintenir une armée de terre réduite, les risques d’invasion étaient nuls. La guerre de 1812 contre les Etats-Unis marque la dernière utilisation majeure des corsaires pour augmenter la puissance de la marine britannique.

Sans rival, la Royal Navy établit une véritable Pax Britannica, marquant le début d’une domination mondial qui allait perturber jusqu’au premier conflit mondial.

Pax Britannica

Jusqu’au premier conflit mondial, il n’y eut guère de conflits majeurs dans laquelle s’illustrèrent les navires portant fièrement la White Ensign.

Bataille de Navarin (1827)

Bataille de Navarin (1827)

Il y eut bien la bataille de Navarin en 1827 mais cette bataille opposa la France, la Russie et la Grande-Bretagne à la Turquie mais en dehors de cette bataille, l’essentiel des opérations furent des missions de police coloniale et de diplomatie de la canonnière, une escadre chargée de mettre la pression au sens propre comme au figuré en bombardant des places fortes comme celles des Barbaresques en Afrique du Nord ou la Chine durant les deux guerres de l’Opium.

Bataille de Sinope qui ouvre la guerre de Crimée

Bataille de Sinope qui ouvre la guerre de Crimée

La guerre de Crimée s’ouvrit bien sur la bataille navale de Sinope mais cette bataille opposa la Russie à la Turquie. Quand aux bombardements en Baltique, ils n’eurent que peu d’influence sur les opérations à terre, l’apport essentiel de ce conflit qui marqua le retour de la France au premier plan fût l’intégration de nouvelles technologies comme les obus explosifs Paixan qui allaient ringardiser les coques en bois ainsi que la propulsion à vapeur qui ouvrait de nombreuses possibilités.

Durant la deuxième moitié du 19ème siècle, une rivalité navale oppose la France et la Grande-Bretagne. La marine française revitalisée par Napoléon III et un grand ingénieur comme Dupuy de Lôme mis en service le premier cuirassé _La Gloire_ et de nombreux torpilleurs, obligeant la Royal Navy à réagir en construisant des cuirassés (appelés cuirassés à coque en fer pour les distinguer des futures pré-dreadnought) et à inventer le Torpedo Boat Destroyer rapidement connu sous le simple nom de destroyer (destructeur).

Conquêtes coloniales et expansion navales sont plus jamais étroitement liées. L’importance de Gibraltar augmente encore avec l’ouverture du canal de Suez en 1869, économisant l’épuisant contournement par le cap de Bonne Espérance.

Les britanniques sont les premiers à ma connaissance à comprendre la relative inutilité des empires immenses mais l’importance de contrôler les passages obligés, les détroits.

Ce n’est pas un hasard si ils refusent avec la dernière énergie de rendre Gibraltar revendiquée par l’Espagne ou si ils s’installent au Cap de Bonne Espérance, à Aden, à l’entrée du détroit d’Ormuz et à Singapour.

Quand ils ne peuvent pas s’installer sur un passage obligé, ils font tout pour empêcher qu’une puissance rivale ne le contrôle.

C’est ainsi qu’ils empêchent les russes de démanteler l’empire ottoman pour reconstituer l’empire byzantin ce qui aurait donné le contrôle à la marine tsariste du détroit du Bosphore et des Dardannelles.

Si ils appuient la France durant les crises de Tanger et d’Agadir c’est à la fois suite à l’Entente Cordiale mais également pour empêcher l’Allemagne de s’installer en face de Gibraltar. Même situation en Tunisie où ils appuient les revendications françaises pour empêcher l’Italie de contrôler les deux rives du détroit de Sicile qui sépare le bassin méditerranéen en deux.

Si la vapeur apparait dès les années 1820, les machines à vapeur ne sont pas encore suffisamment fiables pour les voyages au long cours.

Résultat, la vapeur est utilisée au combat, la voile servant pour le transit et les voyages à longue distance. Les navires sont soit des constructions neuves ou des conversions. Les coques en acier s’imposent peu à peu, la course entre le boulet et la cuirasse reprenant avec toujours plus de vigueur.

The Two power standard et la rivalité avec l’Allemagne wilhelhmienne

La merveilleuse marine de Napoléon III n’est hélas d’aucune utilité durant la guerre de 1870 ce qui va discréditer l’idée de la puissance navale en France, la jeune Ecole vouant un culte au sous-marin et au torpilleur (jugé plus “républicain) et dénigrant le cuirassé (vu comme “réactionnaire”), la trop fameuse flotte d’échantillon voyant la Royale se doter de cuirassés périmés dès la construction, des navires comme le Hoche sûrement plus dangereux pour leurs utilisateurs que pour l’ennemi.

La Royal Navy ne connait pas ce problème. Le Naval Defence Act de 1889 impose le concept de “two power standard” à savoir que la Royal Navy doit être aussi puissante que les deux marines qui la suivent à savoir la France et la Russie.

Comme il est impossible que les deux marines regroupent toutes leurs forces en Europe, cela revient en pratique à une supériorité très nette dans les eaux européennes. Sur le plan pratique, ce sont dix cuirassés et trente-huit croiseurs qui sont financés. Un autre programme est proposé en 1894 mais Gladstone échoue à convaincre les Communes de le financer.

Le contexte géopolitique ne tarde pas à évoluer en défaveur de Londres. En 1893, une alliance formelle unie la France et la Russie renforçant les inquiétudes de l’opinion publique.

Et si seulement il y avait que cela car au même moment l’Allemagne de Guillaume II entame la création à marche forcée d’une puissante marine océanique, les Etats-Unis et le Japon faisant de même.

Amiral Fisher

Amiral Fisher

Cette course aux armements navals devient couteuse pour la Grande-Bretagne et en 1904, l’amiral Fisher est nommé First Sea Lord pour faire des économies, le budget de la Royal Navy ayant été baissé, un comble au pays de Nelson !

Avec énergie, le bouillant Fisher réforma la Royal Navy, mettant à la casse des navires obsolètes (too old to figth too slow to run _trop vieux pour combattre, trop lents pour fuir_ 154 navires dont 17 cuirassés sont ainsi rayés des registres) et obtenant la construction de nombreux cuirassés dont deux innovations, le dreadnought et le croiseur de bataille.

Le premier est l’application du concept all big gun battleship, le cuirassé avec une artillerie à calibre unique ce qui devait améliorer la puissance des navires mais également faciliter la conduite de tir ainsi que le stockage des munitions.

Le HMS Dreadnought

Le HMS Dreadnought

Si le HMS Dreadnought est le premier navire de ce type à entrer en service, il s’en fallut de peu pour qu’il soit américain.

Le HMS Invincible, premier croiseur de bataille de l'histoire

Le HMS Invincible, premier croiseur de bataille de l’histoire

Le croiseur de bataille est une création issue de l’imagination fertile de Fisher (speed is armour) qui comme tous les observateurs mondiaux avait vu la vitesse des cuirassés japonais surclassés les navires russes, oubliant un peu vite que la malheureuse escadre était partie de Baltique, avait contourné le cap de Bonne Espérance avant de rejoindre la zones des opérations avec des navires usés, des équipages en état de quasi-mutinerie.

Le Battlecruiser était né, un navire qui disposait d’une artillerie aussi puissante que celle d’un cuirassé mais sans véritable protection, sa vitesse supérieure devant lui permettre d’éclairer la flotte, de si nécessaire attaquer les premiers navires ennemis mais jamais l’amiral Fisher avait envisagé que ces croiseurs de bataille combattent dans la ligne de bataille.

Une course aux armements dantesque oppose Berlin à Londres. A une construction chez l’un répond une construction chez l’autre, l’armement augmentant, les allemands passant du 280 au 305 puis au 380mm, les britanniques du 305 au 343 puis au 381mm.

La supériorité britannique ne sera jamais vraiment remise en cause en raison des limites financières de l’Allemagne qui devait entretenir une importante armée de terre. De plus les alliances avec le Japon (1902) et la France (1904) permettait aux britanniques de concentrer leurs moyens en mer du Nord, une situation fort différente de celle prévalant à la fin du 19ème siècle.

Les dominions apportent également leur contribution, une marine canadienne et une marine australienne voyant le jour en 1911.

Si la marine allemande ne peut sérieusement remettre en cause la supériorité de la marine britannique, c’est un adversaire à prendre au sérieux avec des navires bien armés, bien protégés et servis par des équipages compétents, les canonniers allemands ayant remporté de nombreux concours de tir avant guerre en s’appuyant sur leur compétence mais également sur des optiques de haut niveau et un système de conduite de tir performant.

Ainsi quand le premier conflit mondial éclate, la Royal Navy dispose de 74 navires de ligne avec 64 cuirassés (dont 40 pré-dreadnought à la valeur militaire douteuse) et 10 croiseurs de bataille, la Kaiserliche Machine ne disposant que de 46 navires de ligne avec 39 cuirassés (dont 22 pré-dreadnought) et 7 croiseurs de bataille.

Outre les cuirassés et les croiseurs de bataille, la Royal Navy s’équipe de sous-marins, des torpilleurs submersibles qui ne tardèrent à faire preuve de leur efficacité au détriment des navires de la White Ensign et surtout ceux portant le Red Ensign à savoir la marine marchande.