Mitteleuropa Balkans (216) Slovaquie (10)

Armes de l’Infanterie

Armes de Poing

Roth-Steyr M1907

Roth-Steyr M1907

Le Roth-Steyr M1907 était un pistolet automatique de conception et de fabrication austro-hongroise même si son inventeur était l’ingénieur tchèque Karel Krnka. Destinée initialement à la cavalerie, cette arme était le premier pistolet semi-automatique développé en Europe.

La production est assurée par la Österreichische Waffenfabriksgesellschaft (OEWG) à Steyr et par la FEG à Budapest.

De 1908 à 1914 environ 99000 armes furent produites. Suite à la disparition de l’Autriche-Hongrie l’arme fût réutilisée par les pays successeurs comme l’Autriche, la Hongrie, la Tchécoslovaquie ou encore la Pologne et la Yougoslavie. L’Italie à également reçut des exemplaires au titre des dommages de guerre

La Tchécoslovaquie à récupéré ces armes suite à la disparition de la Double-Monarchie. Cette arme à été le pistolet standard de l’armée tchécoslovaque jusqu’à l’apparition du vz.22.

Le Roth-Steyr M1907 était un pistolet semi-automatique d’un calibre de 8mm pesant 1.03kg chargé et mesurant 230mm (130mm pour le canon). D’une portée maximale oscillant entre 50 et 100m, il pouvait tirer 10 à 20 coups par minute via un chargeur de 10 coups.

ARMÁDNI PISTOLE VZOR.22

Le Pistolet d’Armée modèle 1922 est le premier pistolet automatique standard de l’armée tchécoslovaque, une arme issue des travaux menés par le chef design de la firme Mauser qui produisit un pistolet en 1915, copie quasi-conforme du futur modèle 1922.

Bien que rapidement remplacé par le modèle 1924, il était encore présent dans les rangs de l’armée tchécoslovaque en 1939 puisque la Slovenska Armada en à récupéré 7000 exemplaires qui vont être utilisés essentiellement pour armer les officiers mais aussi les opérateurs radios et les servants d’armes lourdes. Elle était toujours en service à la fin de la guerre.

L’Armadni Pistole vzor.22 était un pistolet automatique de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 560g à vide mais 634g chargé. Mesurant 124mm de long, disposant d’un canon de 87mm, il tirait la cartouche 9x17mm (.380ACP) à une distance maximale efficace de 50mm sachant que l’alimentation se faisait par un chargeur de huit coups.

ARMÁDNI PISTOLE VZOR.24

Le Pistolet d’Armée modèle 1924 adopté en 1923 était l’arme de poing principale pour les officiers tchécoslovaques puis des officiers slovaques. Ce pistolet à succédé au vz.22 ce qui signifie pas forcément que toutes les armes ont été remplacées puisque comme nous l’avons la Slovaquie en à récupéré 7000 exemplaires, un chiffre tout sauf négligeable.

Au cours du conflit certaines de ces armes ont été utilisées par les fantassins notamment quand le fusil était trop encombrant. Selon les sources 189000 à 215000 exemplaires ont été produits.

L’Armadni Pistole vzor.24 est un pistolet automatique de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 0.680kg chargé, mesurant 155mm de long (dont 90mm pour le canon). Il tire à une distance maximale effective de 50m une cartouche de 9mm à raison de 20 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de 8 coups.

CZ vzor.27

Le CZ vzor.27 est un pistolet semi-automatique de conception et de fabrication tchécoslovaque d’un calibre peu courant de 7.65mm (Browning/32.ACP).

Après l’occupation de la Tchécoslovaquie par les allemands à la mi-mars 1939, le pistolet est récupéré par les allemands pour équiper leurs unités de police. La production se poursuit jusqu’en 1954 et reprend même après guerre. Entre 720 et 750000 exemplaires ont été produits, les allemands récupérant environ 400000 exemplaires. L’arme à été exportée dans 28 pays.

Le CZ vzor.27 était un pistolet semi-automatique de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 0.67kg chargé, mesurant 155mm de long dont 99mm pour le canon. La portée maximale est de 50m avec une cadence de tir de vingt coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des chargeurs de huit coups.

ČZ vzor. 38

Le CZ vzor.38 est un pistolet semi-automatique de conception et de fabrication tchécoslovaque, une arme chambrée en .380ACP (9x17mm Browning Short).

Cette arme n’à cependant pas été utilisée par l’armée tchécoslovaque faute de temps. Les armes déjà produites ont été récupérées par les allemands qui en cédèrent quelques exemplaires à leurs alliés (Bulgarie, Finlande, Yougoslavie) moins pour leurs unités militaires que pour leurs unités de police. La production s’est poursuivie jusqu’en 1944 permettant à l’armée slovaque de récupérer 5650 exemplaires pour son armée, ses forces de police ainsi que les unités paramilitaires.

Le CZ vzor.38 était un pistolet semi-automatique de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 0.910kg chargé, mesurant 206.4mm de long dont 117.5mm pour le canon. La portée maximale est de 50m avec une cadence de tir de vingt coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des chargeurs de huit coups.

Autres armes de poing

Tokarev TT-33

L’armée slovaque en Russie à réutilisé quelques Tokarev TT-33 de prise mais son usage à été local et strictement limité. L’armée tchécoslovaque en exil à utilisé comme arme de poing standard (officiers, opérateurs radios, opérateurs armes lourdes), le pistolet automatique SACM modèle 1935S en 7.65mm.

Pistolet automatique SACM modèle 1935

Pistolet mitrailleur

ZK-383

Le pistolet mitrailleur est apparu à la fin du premier conflit mondial. Il s’agissait à l’époque de résoudre le problème du combat dans les tranchées ou plus que la précision c’était la puissance de feu qui comptait.

Si ce terrifiant conflit se termine avant la mise en service massive de ce que les anglo-saxons appellent une submachine gun en revanche ce concept est largement dévellopé durant l’entre-deux-guerre, rares étant les armées à snober le pistolet mitrailleur.

Certains pays vont cependant mettre du temps à l’adopter à la fois par crainte de ne pouvoir fournir suffisament de munitions ou par une volonté de perfectionnisme qui pouvait confiner à l’absurde (NdA je ne vais citer aucun pays pour éviter de froisser les fiertés nationales)

Cette arme était souvent utilisée par les sous-officiers et les servants d’armes lourdes mais très vite au combat, nombre de soldats notamment en combat urbain n’hésitaient pas à abandonner leur lourd et encombrant fusil pour un pistolet mitrailleur nettement plus maniable.

Sous l’empire austro-hongrois, la firme Skoda était rénomée pour la qualité de ses armes notamment dans le domaine de l’artillerie.

Cette réputation se poursuivit sous l’égide de la République Tchécoslovaque qui continua à faire confiance à ce fabriquant tout en laisser se développer d’autres manufacturiers comme la Československá zbrojovka akc.spol, installée à Brno. Cette dernière proposa un pistolet mitrailleur à l’armée tchécoslovaque qui l’accepta.

Arme de facture classique la ZK-383 elle se distinguait par la présence d’un bipied en vue d’une utilisation comme mitrailleuse légère ! Ai-je besoin de préciser que cet usage n’aurait été guère concluant au combat…….. .

Outre l’armée tchécoslovaque, cette arme à été utilisée par l’Allemagne (reprise de la production après la disparition de la Tchécoslovaquie), la Bulgarie, la Bolivie, le Brésil, la Roumanie, la Slovaquie, le Venezuela mais aussi différents groupes de partisans et de maquisards qui réutilisaient toutes les armes capturées.

La production totale est estimée à 57000 armes. Cette arme à donc d’abord été utilisée par les servants d’armes lourdes, les sous-officiers voir les officiers mais au combat certains fantassins (unités d’assaut, éclaireurs, infanterie portée) n’hésitèrent pas à l’employer surtout quand ils avaient besoin davantage de puissance de feu que de portée et de précision.

Le nombre de pistolets mitrailleurs utilisés par les slovaques est incertaine, les sources donnant entre 2200 et 4100 exemplaires.

Le ZK-383 était un pistolet mitrailleur de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 4.83kg chargé, mesurant 875mm de long (dont 325mm pour le canon) tirant la cartouche 9x19mm Parabellum à une distance maximale de 70m (250m en théorie) à une cadence de tir de 500 à 700 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait via des chargeurs de 30 ou 40 cartouches.

Autres pistolets mitrailleurs

MP-40

Aux côtés du ZK-383 l’armée slovaque à utilisé d’autres pistolets mitrailleurs en l’occurence des MP-40 allemands et visiblement des armes capturées sur le front russe, des armes à l’utilisation éphémère.

Pistolet mitrailleur MAT 42

L’armée tchécoslovaque en exil à utilisé comme principal pistolet mitrailleur le MAT-42 français et secondairement le MAS-38.

Pistolet mitrailleur MAS 38

Fusils

Zbrojovka Brno Vzor.24

Le fusil ZB vzor.1924 est comme son nom l’indique un fusil conçu et produit en Tchécoslovaquie à partir de 1928 et ce jusqu’en 1944 soit cinq ans après le démantèlement du pays.

Ce fusil n’est pas né de rien car il à eu pour base de travail le Gewehr modèle 1898 ce qui en fait un cousin de la Karabiner 98K.

Succédant au vz.98/22 (qui lui était un dérivé direct du Gewehr mod.1898), il est choisit pour devenir le fusil standard de l’armée tchécoslovaque en remplacement des Mannlicher modèle 1888 et 1895.

De 1924 à 1938 la Tchécoslovaquie à produit 775600 fusils de ce type qui sont entrés en service à partir de 1926. La production se poursuit alors pour la Slovaquie, un état en théorie indépendant mais en réalité véritable protectorat allemand. Le nombre d’exemplaires produits est incertain mais on l’estime à un peu moins de 15000 exemplaires jusqu’en 1944.

Le modèle initial tirait la cartouche 7.92x57mm Mauser mais les variantes exportation ont été adaptées aux besoins des clients, le vz.24 tirant également la cartouche 7x57mm mais aussi la cartouche 7.65x53mm.

L’Amérique du Sud à été un marché phare pour le fusil tchécoslovaque puisqu’il fût exporté en Bolivie (101000 exemplaires dont une partie allait être utilisée par les paraguayens qui capturèrent certains exemplaires durant la guerre du Chaco [1932-35]), en Colombie (10000 exemplaires), au Venezuela (nombre inconnu), au Brésil (15000 exemplaires), au Pérou (5000 exemplaires), en Equateur (30000 exemplaires) et en Uruguay (6000 exemplaires). Le fusil à aussi été exporté en Amérique Centrale (4000 au Guatemala, 1000 au Nicaragua, 300 au Salvador).

Ce fusil à aussi été exporté en Europe comme en Lituanie, en Yougoslavie, en Lettonie (15000 exemplaires troqués contre des Lee-Enfields de seconde main, fusil anciennement britanniques qui remis en état furent réexportés en Irak) et en Espagne (40000 exemplaires achetés par l’URSS et livrés aux républicains).

Le grand client à l’export fût la Chine qui acheta pas moins de 195000 exemplaires du vz.24 qui furent utilisés durant la deuxième guerre sino-japonaise. Ces armes furent pour beaucoup d’entre-elles capturées par les japonais qui les réutilisèrent pour eux mais surtout pour les unités chinoises pro-japonaises. Ces fusils furent également utilisés durant les phases finales de la guerre civile.

Le vz.24 à aussi été exporté en Iran avec 30000 exemplaires commandés en 1929 et prélevés sur les stocks de l’armée tchécoslovaque. 240000 exemplaires ont été commandés en 1930 dans une variante modifié suivit 30000 exemplaires en version raccourcie. Tous les exemplaires n’ont pas été livrés avant la disparition de la république de Tchécoslovaquie. Des exemplaires ont été produits sous licence en Iran.

Après le démantèlement de la Tchécoslovaquie les allemands réutilisèrent toutes les armes qu’ils purent récupérer. Le vz.24 devenu le Gewehr 24(t) n’échappa pas à la règle même si il fût surtout utilisé par les unités de seconde ligne et non les unités de combat.

La Slovaquie à naturellement réutilisé cette arme pour équiper son armée aux côtés de fusils plus modernes. Ces armes ont été utilisées jusqu’à la fin du conflit à une époque où il commençait à accuser le poids des ans.

Le ZB vzor.24 était un fusil de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 4.08kg chargé mesurant 1100mm (dont 590mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x57mm), il pouvait toucher une cible à 2000m (800m en pratique) à raison de quinze coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par un clip de cinq cartouches.

ZB vz.33

Le Puska vz.33 parfois appelé Hratka puska vz.33 (fusil court modèle 1933) était un fusil type Mauser de conception et de fabrication tchécoslovaque.

Ce fusil à été mis au point pour remplacer les carabines Mannlicher modèle 1895 de la Cetnictvo (gendarmerie tchécoslovaque) mais aussi de la Financni Straz (Garde Financière).

Si pour l’armée tchécoslovaque la désignation de cette arme était le ZB vz.33 pour son constructeur (Zbrojovka Brno) c’était le fusil vz. Modèle 16/33. Une autre version baptisée vz.12/33 à été mise au point pour le marché latino-américain (Mexique, Colombie, Equateur, Salvador, Nicaragua, Paraguay, Brésil et Uruguay).

25300 vz.33 sont produits jusqu’en 1940 livrés à la Gendarmerie (20011), à la Garde Financière (4300) et le reliquat exporté (Pérou, Guatemala).

Les allemands saisissent de nombreux exemplaires au printemps 1940. Ils vont réutiliser une partie des exemplaires et céder le reste à l’armée slovaque pour équiper notamment leurs unités de police. La production se poursuit avec un nouveau modèle le Gewehr 33/40, un fusil court produit selon les sources entre 120 et 270000 exemplaires.

La Slovaquie va conserver cette arme jusqu’à la fin du conflit. La Tchécoslovaquie va réutiliser ce fusl dans l’immédiat après guerre. La date de retrait est incertaine.

Le Fusil vz.33 était un fusl à répétition de conception et de fabrication tchécoslovaque pesant 3.1kg chargé (3.45kg pour le Gewehr 33/40), mesurant 1000mm (950mm pour le vz.33) dont 490mm pour le canon, tirant la cartouche 7.92x57mm (7x57mm pour l’Amérique du Sud) à une distance maximale théorique de 1000m, l’alimentation se faisant par des chargeurs tubulaires de cinq cartouches.

Autres fusils

Si le ZB vzor.24 était le fusil standard de l’armée slovaque, si le zB vz.33 tenait une place secondaire mais tout de même importante, ce n’était pas les seules armes utilisées.

En effet d’autres fusils étaient disponibles, des fusils essentiellement utilisés pour l’entrainement, par les unités paramilitaires et plus généralement sur le front de l’intérieur. On trouvait des Mosin-Nagant modèle 1891, des Mannlicher modèle 1895 et des Karabiner 98K. En ce qui concerne l’armée tchécoslovaque en exil, son fusil standard était le MAS-36.

Mitteleuropa Balkans (185) Grèce (29)

L’armée grecque dans le second conflit mondial (2) : L’Armée Grecque de Libération (AGL) et la reconquête du pays

A la différence des yougoslaves, les grecs ne sont pas si pressés que cela de relancer l’offensive pour libérer le pays. Non pas qu’ils se satisfassent de cette situation mais probablement pas crainte de voir le pays dévasté par de violents combats. De plus l’Armée Grecque à besoin d’être sérieusement réorganisée après avoir subit de terribles pertes.

Cela n’est pas sans poser de problèmes car si la Yougoslavie peut se permettre de rassembler tous ses moyens en Afrique du Nord pour reconstituer son armée, l’Armée grecque ne le peut ne serait-ce que pour des raisons politiques et diplomatiques, impensable de laisser le front grec tenu uniquement par les alliés (qui par ailleurs avaient d’autres préoccupations en tête).

Symboliquement et en solidarité avec les territoires occupés, l’Armée Royale Grecque devient l’Armée Grecque de Libération (AGL).

Sa reconstitution va se faire essentiellement en Egypte, la Crète étant jugée trop exposée et saturée de bases opérationnelles. Quelques unités seront également entrainées et rééquipées en Libye après la conquête franco-britannique de l’été 1949.

La nouvelle armée grecque va comporter six divisions de première ligne auxquelles vont bientôt s’ajouter trois divisions légères destinées davantage à des missions de sécurité. On trouve également trois régiments d’artillerie lourde (un par corps d’armée), trois régiments antichars, trois régiments antiaériens, huit bataillons d’evzones et le célèbre bataillon sacré.

Le 1er Corps d’Armée «Thessalie» comprend les 1ère et 4ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar, un régiment antiaérien.

Le 2ème Corps d’Armée «Macédoine» comprend les 2ème et 5ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien

Le 3ème Corps d’Armée «Epire» comprend la 3ème Division d’Infanterie et la 1ère Division Blindée appuyées par un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien.

A cette armée destinée à libérer le territoire aux côtés des troupes alliées s’ajoute d’autres unités, des unités de sécurité et des unités de «forces spéciales».

Les unités de sécurité sont trois divisions légères, les 6ème et 7ème DLI ainsi que le 14ème DI, la première étant déployée dans le Dodécanèse, la seconde en Crète pour protéger le roi, le gouvernement et plus généralement les institutions et la troisième sur l’île de Zakynthos pour relever la 1ère DLI française et la brigade de montagne polonaise.

Du côté des unités spéciales, on trouve huit bataillons d’evzones qui serviront tantôt à des raids stratégiques tantôt comme des unités opératives en soutien direct de la manœuvre générale en menant les missions traditionnelles de l’infanterie légère à savoir éclairer, flanquer et harceler. Le Bataillon Sacré sera davantage employé au niveau stratégique.

Les divisions en ligne avant la reconstitution de l’armée grecque ne sont pas dissoutes mais sont repliées à l’arrière en Crète normalement pour une hypothétique reconstitution qui n’aura jamais lieu. Elles seront des divisions-cadres pour l’entrainement et la formation des nouvelles recrues.

Les divisions françaises sont retirées du front pour être employées dans les opérations vis à vis de l’Italie.

En face le dispositif à été d’abord confus et incohérent avant d’être réorganisé. Les unités de l’Axe sont placées sous l’autorité du Groupe d’Armées E (Heeresgruppe E) sans que cela élimine la méfiance et les tiraillements entre les italiens au nord et au nord-ouest, les allemands au centre et dans la région d’Athènes et de l’Eubée et les bulgares installés au nord-est.

Les italiens déploient six divisions d’infanterie avec la 30ème DI sur la côte occidentale, la 29ème DI sur la rive nord du Golfe de Patras, les 42ème et 48ème DI sur l’isthme de Corinthe, les 23ème et 28ème DI en Thessalie. Des unités montées et motorisées pourraient ensuite être déployées mais on préfère les garder en réserve en cas de besoin.

Les allemands déploient en Grèce la 15ème Armée composée de quatre divisions d’infanterie, une division de montagne, une division parachutiste et une division blindée.

On trouve les 31ème et 32ème Corps d’Armée soit le 31. ArmeeKorps (25. et 31. InfanterieDivision) et le 32. ArmeeKorps (72. et 25. InfanterieDivision), la 2. Gebirgjäger Division, la 3. Fallschirmjäger Division et la 12. Panzerdivision.

Panzer V Panther dans un camouflage tardif

Les bulgares déploient la 4ème Armée (2ème, 4ème, 6ème et 11ème DI, 1ère Division de Cavalerie et 1ère brigade de chasseurs) et la 5ème Armée (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI, 2ème division de cavalerie, 11ème brigade blindée et 2ème brigade de chasseurs).

Es-ce à dire que les opérations vont reprendre immédiatement ? Non et ce pour plusieurs raisons qu’elles viennent de l’Axe (priorité donnée au nouveau front russe et au front occidental) ou des alliés (le front français est prioritaire sur les autres). De plus on se querelle pour savoir quel plan adopté.

Faut-il partir du Péloponnèse et forcer l’isthme de Corinthe ? Faut-il être plus audacieux en débarquant du côté de Thessalonique voir d’effectuer un double débarquement en Albanie et en Italie péninsulaire ? Pas moins de quinze avant-projets différents ont été retrouvés dans les archives militaires britanniques signe des hésitations du moment.

Finalement c’est le plan le plus logique qui est attendu avec une fixation des forces ennemies dans l’isthme de Corinthe, des diversions entre Athènes et Thessalonique et un axe principal avec le franchissement du Golfe de Patras sous le feu ennemi.

L’isthme de Corinthe est tenu côté allié par la 8ème Armée britannique (8th Army [UK]) composé d’un corps d’armée britannique et d’un corps d’armée sud-africain

Fantassins britanniques

Le 13ème Corps d’Armée (13th British Corps) comprend deux divisions d’infanterie, les 4thet 6th Infantry Division et une division blindée, la 7th Armoured Division plus des unités d’appui

Le 1st South African Army Corps (1st SAAC) comprend deux divisions d’infanterie, les 1stet 2nd South African Infantry Division plus des unités d’appui.

Entre Kiato et Egio, on trouve l’Armée Grecque de Libération (AGL) avec trois corps d’armée.

Le 1er Corps d’Armée «Thessalie» comprend les 1ère et 4ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar, un régiment antiaérien.

Le 2ème Corps d’Armée «Macédoine» comprend les 2ème et 5ème Divisions d’Infanterie, un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien

Le 3ème Corps d’Armée «Epire» comprend la 3ème Division d’Infanterie et la 1ère Division Blindée appuyées par un bataillon de reconnaissance, un régiment d’artillerie lourde, un régiment antichar et un régiment antiaérien.

Au moment de l’opération ANVIL, les 1er et 3ème Corps d’Armée sont en ligne avec le 2ème Corps d’Armée en seconde ligne prêt à soutenir l’un des deux CA en cas d’attaque.

Entre Egio et le cap Kyllini, on trouve la 10ème Armée britannique (10th Army [UK]) composé d’un corps d’armée sud-africain et de deux corps d’armée britanniques.

Le 2nd South African Army Corps comprend la 3ème division d’infanterie sud-africaine et la 6ème division blindée sud-africaine

Le 2nd British Corps comprend deux divisions d’infanterie, les 5thet 56th Infantry Division plus des unités d’appui

Le 3rd British Corps comprend deux divisions d’infanterie, les 52ndet 61st Infantry Division plus des unités d’appui.

L’opération ANVIL voit aussi l’engagement d’importants moyens navals et aériens pour éclairer, appuyer et flanquer le dispositif. Sur le plan naval on mobilise également des navires amphibies, la traversée du Golfe de Patras ressemblant à une opération amphibie avec tir de barrage, usage massif de fumigènes, débarquement sous le feu ennemi……. .

Initialement il était prévu que les grecs tiennent l’isthme de Corinthe et laisse aux britanniques et aux sud-africains la manœuvre la plus délicate mais le gouvernement grec estimait non sans raison que les soldats héllènes devaient être en première ligne pour libérer le territoire et ne pas donner le sentiment aux populations fraichement libérées qu’une nouvelle occupation étrangère même amicale se préparait.

Les alliés acceptent et renforcent même les moyens d’appui allouées aux grecs avec notamment plus d’artillerie lourde et des lance-roquettes multiples.

L’opération est l’objet d’une préparation minutieuse, préparation tout aussi minutieusement camouflée par l’utilisation habile de l’intoxication : faux déserteurs, faux prisonniers, faux messages radios…… .

Pour détourner l’attention de l’Axe du Péloponnèse, des opérations de diversion sont menées notamment un raid sur le port de Thessalonique, raid qui voit l’engagement du 10ème bataillon commando allié, du bataillon sacré, du Corps Franc des Balkans (CFB) et du Special Air Service (SAS),

Une opération de plusieurs jours destinée à neutraliser le port et à faire croire aux allemands que les alliés veulent débarquer au nord pour atteindre le plus rapidement possible la Bulgarie et la Roumanie.

D’autres opérations de diversion ont lieu ailleurs en Méditerranée mais le résultat est incertain car comme le dira un officier allemand «C’était trop brouillon trop dispersé, sans véritable cohérence pour que cela soit véritablement crédible».

Cet officier allemand va être plus clairvoyant que le haut-commandement qui mettra plusieurs jours à se rendre compte que l’opération ANVIL déclenchée le 21 septembre 1952 est l’opération principale et non une opération de diversion.

A l’aube de ce premier jour d’automne, les aviations alliées se jettent sur toutes les cibles ennemies qu’il s’agisse de ponts, de routes, des postes de commandement, des aérodromes, des casernements.

En mer des navires mènent des missions de bombardement littoral qu’il s’agisse de cuirassés, de croiseurs ou des destroyers.

Les unités de la «poussière navale» harcèlent la navigation ennemie, attaquant à la mitrailleuse et à la torpille, en posant des mines…… .

Peu après comme durant le premier conflit mondial l’artillerie entre en action. Cependant ce n’est plus la préparation d’artillerie durant des jours dans le candide espoir de tout écraser et de faciliter le passage de l’infanterie mais une préparation ciblée, brutale mais courte, préparation qui cède vite la place à un barrage simple voir un double-barrage qui précède l’infanterie. Nous sommes cependant loin des milliers de bouche à feu du front russe.

La 8ème Armée britannique est la première à entrer en action pour fixer les troupes ennemis avec toujours la possibilité que la diversion devienne l’axe principal de progression si jamais la situation offrait de meilleures perspectives.

La 10ème Armée britannique effectue aussi des manœuvre de diversion et surveille d’éventuels mouvements ennemis.

L’Armée Grecque de Libération (AGL) est donc chargée de la mission principale et quelle mission puisqu’elle doit traverser le golfe de Patras dont la largeur varie entre 8.4 et 32km. C’est donc une véritable opération amphibie que doit mener l’armée grecque reconstituée. L’entrainement à été intense mais tout le monde sait que l’entrainement même poussé ne remplacera jamais la guerre.

Les combats sont violents, les italiens ne laissant pas leur part aux chiens en résistant pied à pied, les allemands assurant l’appui aérien des troupes italiens, la Regia Aeronautica passablement affaiblie manquant de moyens.

L’objectif principal est la reprise de la capitale Athènes solidement tenue par les allemands et par les collaborateurs grecs. Des fortifications doivent permettre à la Festung Athens de tenir le plus longtemps possible, de fixer le maximum de troupes alliées le temps que le dispositif soit réorganisé pour tenir le plus longtemps possible, le Heeresgruppe E devant protéger le flanc méridional du dispositif de l’Axe en URSS.

Athènes est finalement prise le 17 décembre 1952 après de violents combats qui ont ravagé la ville qu’elle soit moderne ou ancienne. Symboliquement c’est le Bataillon Sacré, les «thébains» qui entre le premier dans la ville.

Ils hissent le drapeau grec sur l’acropole, drapeau qui avait été évacué in extremis au nez et à la barbe des allemands au moment de la chute de la ville deux ans plus tôt (17 janvier 1950).

Le territoire grec est quasiment entièrement libéré en février 1953. Certains territoires sont occupés sans combat comme les Cyclades rapidement évacuées direction l’Eubée, l’île bordant l’Attique étant évacuée en janvier 1953.

La situation de l’Axe devient très difficile notamment en raison du fait que les troupes italiennes sont de plus en plus démotivées car la guerre se passe mal. En effet en janvier les alliés ont pris pied dans la péninsule italique (opération SKYLOCK) ce qui est le début de la fin pour le régime de Mussolini (destitué et tué en mars 1953).

Le 19 mai 1953 les alliés lancent l’opération SLEDGEHAMMER qui voit l’engagement de mêmes forces que pour ANVIL avec en plus l’engagement de la 1ère Armée Yougoslave (quatre divisions d’infanterie et une division blindée).

Les troupes grecques continuent de combattre en Yougoslavie en dépit des réticences de Pierre II qui sera rassuré par une rencontre avec Paul 1er qui lui confirmera que la Grèce n’avait comme volonté que de reconquérir son territoire de 1948 et non de s’agrandir au dépent de l’ancien royaume des serbes, croates et slovènes.

A l’été 1953 après les succès de l’opération marteau-pilon et la «digestion» tant par les alliés que par l’Axe de la défection italienne, le front balkanique suit globalement une ligne Durrès-Macédoine centrale-frontière gréco-bulgare.

Les alliés adaptent leur dispositif, la 10ème armée britannique est envoyée sur le front italien en relève d’autres troupes, laissant en ligne la 8th Army [UK] avec les deux corps d’armée sud-africains et le 13ème corps d’armée britannique. On trouve également la 1ère Armée yougoslave et la 1ère Armée grecque (ex-Armée Grecque de Libération).

Cela représente un total de cinq divisions sud-africaines (quatre DI et une DB), trois divisions britanniques (deux divisions d’infanterie et une division blindée), six divisions grecques (cinq d’infanterie et une division blindée) et cinq divisions yougoslaves (quatre d’infanterie et une blindée) soit un total de dix-neuf divisions qui font face à treize divisions allemandes et bulgares.

Sous l’autorité du Heeresgruppe E on trouve quatre armées, les 11ème et 15ème armées allemandes mais aussi les 4ème et 5ème armées bulgares.

La 11ème armée allemande comprend la 1. Panzerdivision, la 35. InfanterieDivision et la 1. Gebirgjäger Division alors que la 15ème armée allemande comprend la 5. Panzerdivision, les 14. et 25. InfanterieDivision.

Les bulgares alignent sept divisions et une brigade, la 4ème Armée bulgare alignant les 2ème, 4ème et 14ème DI, la 1ère division de cavalerie alors que la 5ème Armée bulgare aligne les 8ème, 16ème et 22ème DI appuyées par la 11ème brigade blindée.

Le 15 novembre 1953 les alliés lancent leur troisième offensive majeure, l’opération SWORD qui permet de libérer le reste de l’Albanie, de pénétrer au Monténégro, de chasser les allemands de Macédoine et de pénétrer en Serbie en soutien des maquisards royalistes et des partisans communistes.

Les troupes grecques vont essentiellement combattre en Albanie, au Monténégro et en Croatie, terminant la guerre en Slovénie.

Peu à peu les combats font place à des opérations de nettoyage qui ne sont pas sans risque. Un vétéran du conflit dira que ces dernières opérations allait leur donner un avant-goût de la guerre civile grecque à laquelle il allait participer.

Les troupes grecques sont rassemblées en mai dans le nord de la Croatie. Certains soldats en ligne depuis 1948 sont rapidement démobilisés. Certains refuseront de rentrer au pays et préféront s’installer soit en Europe de l’ouest soit rejoindre les Etats-Unis.

On verra certains soldats grecs qui n’avaient plus rien qui les attendaient en Grèce s’engager dans la Légion Etrangère pour continuer une carrière militaire dans laquelle ils s’étaient révélés. En juillet 1954 les derniers soldats grecs quittent la Yougoslavie pour rentrer au pays, certains seront démobilisés et d’autres resteront au sein de l’armée.

Mitteleuropa Balkans (174) Grèce (18)

Navires

Cuirassé

En septembre 1948 la marine grecque ne possède qu’un seul et unique cuirassé ou plutôt un croiseur de bataille ou un grand croiseur puisque le cousin du Suleiman turc est issu des Large Cruiser de l’US Navy, la classe Alaska.

Ces frères ennemis qui ne s’affrontèrent jamais ont d’ailleurs été à l’origine du renforcement de l’armement des dits croiseurs puisqu’aux neuf canons de 305mm en trois tourelles triples, les grecs comme les turcs préférèrent des canons de 356mm, six canons en trois tourelles doubles.

Ces canons vont également armer les cuirassés brésiliens et argentins en remplacement de leurs canons de 305mm.

-Le Salamis est mis sur cale aux chantiers navals Newport News Shipbuilding & DryDock Company le 17 mars 1942 mis à flot le 8 septembre 1945 et commissioned le 17 juin 1946, jour de son arrivée en Grèce.

Navire-amiral de la marine grecque dont le roi est le commandant honoraire, le cuirassé constitue une menace claire pour la marine italienne.

A plusieurs reprises les grecs soupçonnent les italiens d’avoir tenté de neutraliser le cuirassé avant même le conflit.

Ils en auront la preuve quand la France transmettra à Athènes des documents découvert au siège des services de renseignement italiens à Rome qui prouvent que des plans de neutralisation ont été étudiés et certaines opérations menées à bien.

Il participe naturellement à la Campagne de Grèce moins en affrontant la marine italienne (qui de toute façon à fort à faire face aux marines françaises et britanniques) qu’en appuyant les troupes grecques qui apprécièrent les lourds obus de 356mm (721kg) quand les troupes italiennes et allemandes étaient sur le point de les déborder.

Naturellement une telle cible ne peut échapper à l’ennemi qui va tenter de l’envoyer par le fond à de nombreuses reprises. Selon certains marins grecs c’est la présence d’une icône de la Vierge qui à protégé le navire à plusieurs reprises.

Le 17 septembre 1949, un Savoia-Marchetti SM-79 Sparviero place deux bombes de 250kg sur le cuirassé, le premier projectile détruisant un affût double de 127mm tribord et le second provoquant un incendie du hangar hydravion.

Les dégâts sont limités et le cuirassé est rapidement réparé. Il retourne au combat, bombardant des cibles au sol et couvrant l’évacuation de troupes grecques d’îles en utilisant sa puissante DCA.

Le 12 décembre 1949 il est attaqué par un sous-marin italien qui lance quatre torpilles. Une anguille touche le cuirassé sans exploser, la deuxième explose à l’avant du navire au niveau du puit à chaine, les deux autres se perdant en mer.

Le navire parvient à se replier sur la Crète. Les dégâts sont importants mais pas irréparables. Par chance un dock flottant venant de Thessalonique s’était retrouvé à La Sude pour échapper aux bombardements. Mis au sec, le croiseur de bataille est réparé mais les grecs sont conscients que cette réparation est provisoire.

Le 4 mars 1950 il est sévèrement endommagé par l’aviation allemande qui place pas moins de six bombes sur le croiseur de bataille. Selon les officiers britanniques qui ont visité le navire à son arrivée à Alexandrie le 2 avril 1950 sa survie tient du miracle (Comme quoi les histoires sur la protection assurée par l’icone de la Sainte Vierge sont vraies).

Les britanniques sont sceptiques sur l’utilité et même la nécessité de le remettre en état mais finissent par accepter. Les travaux ont lieu à Alexandrie de juin 1950 à janvier 1952. Ces travaux de remise en état sont doublés d’une modernisation de ses capacités (radars, renforcement de la DCA notamment).

Il est utilisé un temps dans l’Océan Indien de mars à septembre 1952 pour couvrir la navigation dans l’Océan Indien avant de retourner en Méditerranée pour participer aux opérations ANVIL SLEDGEHAMMER et SWORD. Il est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement.

Victime d’un sabotage le 17 janvier 1955 il est endommagé par échouage. Remis à flot il est réparé et participe à la guerre civile grecque comme canonnière contre les maquisards communistes qui n’ont rien pour riposter à cette puissance de feu.

Navire-amiral de la marine grecque il sert de navire-école de 1962 à 1970 avant d’être mis en réserve en décembre 1970. Il est désarmé le 17 juin 1971 puis est finalement démoli en 1975 après l’échec d’un projet de préservation.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 29771 tonnes pleine charge 34253 tonnes

Dimensions : longueur 246.4m largeur 28m tirant d’eau 8.3m

Propulsion : 4 turbines à engrenages General Electric alimentées par 8 chaudières Babcox & Wilcox dévellopant une puissance totale de 150000ch et entrainant 4 hélices.

Performances : vitesse maximale : 31.4 à 33 noeuds distance franchissable : 12000 miles nautiques à 15 noeuds

Protection : ceinture de 127 à 228mm pont blindé 96 à 101mm pont principal 35mm troisième pont 15mm barbettes 279 à 330mm tourelles 325mm pour la face avant 127mm sur le toit 133 à 152mm pour les faces latérales et arrières. Passerelle : 269mm pour la face et 127mm pour le toit

Armement : six canons de 14 pouces (356mm) Mark 13 en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), seize canons de 127mm Mark 12 en huit tourelles doubles (trois à tribord, trois à babord et deux au dessus de la tourelle III de 356mm), vingt-quatre canons de 40mm Bofors en six affûts quadruples et 32 canons de 20mm Oerlikon en affûts simples.

Lors de sa transformation en navire-école, seule la tourelle I et la tourelle III sont opérationnelles, la tourelle II étant débarquée mais le projet de le remplacer par des missiles surface-air ne s’est pas concrétisé. Les huit tourelles doubles de 127mm sont réduites à quatre, la DCA légère réduite également.

Aviation : Deux catapultes et un hangar pour un total de 2 hydravions Supermarine Walrus. Ces installations sont débarquées en 1957, une plate-forme hélicoptères est aménagée à la poupe.

Equipage : 1517 officiers et marins en version croiseur de bataille

Croiseurs

Le Georgios Averoff

Le Georgios Averoff est un croiseur cuirassé de conception et de fabrication italienne. C’est en effet la troisième unité de classe Pisa avec les Pisa et Amalfi (le premier à été démoli en 1937 et le deuxième coulé en 1915), le futur «Oncle Georges» comme l’ont appelé les grecs ayant été visiblement commandé sans demander l’avis de la marine italienne.

-Le Georgios Averoff est mis sur cale aux chantiers navals Cantiere Navale Fratelli Orlando sis à Livourne en 1907 lancé le 12 mars 1910 et mis en service le 16 mai 1911.

Il participe aux guerres balkaniques notamment la première où il joue un rôlé clé dans la maitrise de la mer Egée par les grecs ce qui empêcha les ottomans de transférer des troupes d’Asie en Europe.

Il joue un rôle mineur durant la première guerre mondiale puis durant la guerre gréco-turque entre 1919 et 1922.

Modernisé en France entre 1925 et 1927 il est clairement obsolète en septembre 1939 et que dire neuf ans plus tard. Il y eut des projets de le remplacer par un croiseur du même nom plus moderne mais ce projet ne dépassa pas le stade de l’intention.

Utilisé comme ambassadeur flottant et comme navire-école, il reste navire-amiral de la marine grecque jusqu’à la mise en service du Salamis.

Durant la campagne de Grèce il est endommagé à plusieurs reprises mais parvient à se réfugier en Crète puis à Alexandrie.

Il opère dans l’Océan Indien pour protéger la navigation puis retourne en Méditerranée quand les eaux devinrent plus sures pour le «Vieux» comme les marins grecs appelaient respectueusement ce navire.

Désarmé en mai 1956, il est mouillé dans un coin de la base navale de Salamis oublié pour ainsi dire de tous même si ça et là d’anciens marins ayant servit à son bord viennent l’entretenir.

Un projet de musée est étudié dès 1972 mais traine en longueur. L’échec de la préservation du Salamis fait figure d’électrochoc et tout est mis en œuvre pour préserver l’un des derniers croiseurs cuirassés de la planète. Le Musée flottant Georgios Averoff est officiellement créé le 14 mars 1982 et ouvert au public le 2 septembre suivant. Il trône fièrement à Phalère depuis.

Depuis 1996 le navire à été officiellement remis en service par la marine grecque qui y affecte un noyau d’équipage.

Tous les matins à lieu la cérémonie de levée des couleurs et des prises d’armes ont lieu pour célébrer la date de mise en service du navire (16 mai), de son désarmement (10 mai), des batailles d’Elli (16 décembre) et de Lemnos (16 janvier) sans oublier des dates comme la libération d’Athènes (17 décembre). Des détachements étrangers participent parfois lorsque des navires font escale à Athènes.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 10116 tonnes en charge 10400 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 140.13m largeur 21m tirant d’eau 7.18m

Propulsion : deux machines à vapeur à expansion (type compound) alimentées en vapeur par vingt-deux chaudières Belleville développant 19000ch entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 23.5 nœuds (20 nœuds en pratique) distance franchissable 2480 miles nautiques à 17.5 nœuds

Protection : ceinture 200mm(80mm aux extrémités) Ponts blindés supérieur à 40mm Tourelles de 234mm : 200mm Tourelles de 190mm : 175mm Barbettes : supérieur à 180mm Bloc passerelle supérieur à 180mm

Armement : (origine) Deux tourelles doubles de 234mm (une avant et une arrière), Quatre tourelles doubles de 190mm latérales, seize canons de 76mm en affûts simples, quatre canons de 47mm en affûts simples et trois tubes lance-torpilles de 37mm AA.

(refonte) Deux tourelles doubles de 234mm, Quatre tourelles doubles de 190mm, Huit canons de 76mm, Quatre canons de76mm et Six canons de 37mm tous antiaériens

(Second conflit mondiale) Deux tourelles doubles de 234mm, Quatre tourelles doubles de 190mm, Huit canons de 3 pouces antiaériens, douze canons de 20mm Oerlikon et huit canons de 40mm Bofors

Equipage : 670 officiers et marins

L’Elli (1912)

Au début des années 1910, la marine impériale chinoise passa commande aux chantiers navals de la New-York Shipbuilding Corporation de trois croiseurs protégés formant la classe Chao-Ho mais la révolution nationaliste de 1912 entraine l’annulation de la commande. Un des croiseurs baptisé Fei Hong va être achevé puis vendu à la Grèce sous le nom d’Elli.

-L’Elli est mis sur cale aux chantiers navals de la New-York Shipbuilding Corporation sis à Camden (New-Jersey) le 14 juin 1911 lancé le 9 mai 1912 et commissioned en 1914.

Il participe à la première guerre mondiale puis est modernisé dans les années vingt en compagnie du Georgios Averoff recevant des canons antiaériens et une capacité de mouillage de mines.

Un nouveau projet de modernisation envisagé est abandonné au profit de la construction de croiseurs légers modernes dont l’ainé va reprendre le nom de l’Elli qui est désarmé le 15 septembre 1940 puis démoli en 1943, l’artillerie étant réutilisée pour la défense côtière.

Caracteristiques Techniques

Déplacement : standard 2149 tonnes pleine charge 2642 tonnes

Dimensions : longueur 98m largeur 12m tirant d’eau 4.3m

Propulsion : nc

Performances : vitesse maximale 26 nœuds à la mise en service 18 nœuds en 1940 distance franchissable nc

Protection : nc

Armement : trois canons de 152mm en affûts simples sous masque, deux canons de 76mm, trois canonsde 40mm, deux tubes lance-torpilles de 483mm 100 mines marine

Equipage : 238 officiers et marins

Classe Elli

Le croiseur léger HMS Arethusa avec sur catapulte un Fairey IIIF. Les croiseurs légers de classe Elli en sont très inspirés

A la fin des années trente la marine grecque se pose la question du remplacement des croiseurs Georgios Averoff et Elli.

Le remplacement du premier est considéré comme importante car le navire est militairement obsolète mais en revanche le remplacement du second fait plus débat même si ce navire n’est guère plus moderne qu’«Oncle George».

Ironie de l’histoire les croiseurs légers de classe Elli vont remplacer l’Elli alors que le Georgios Averoff va rester en service !

La Grèce lance le programme de nouveaux croiseurs à l’automne 1940. Elle souhaite une construction nationale mais le chantier naval de Phalère manque d’expérience dans le domaine des grandes unités de combat.

Aussi au printemps 1941 la Grèce signe un contrat d’assistance technique avec les chantiers navals français de la Ciotat qui va apporter son concours à la mise au point d’un croiseur léger.

Les projets sont ambitieux avec huit croiseurs légers mais finalement seulement deux baptisés Elli et Lemnos vont être mis en service.

Sur le plan technique, les croiseurs grecs s’inspirent des Arethusa britanniques avec trois tourelles doubles de 152mm (deux avant et une arrière), huit canons de 100mm français en quatre affûts doubles, une DCA légère composée de canons de 20 et de 37mm, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples et une capacité de mouillage de mines. Ils devaient embarquer une catapulte avec une hydravion mais cela ne se produisit jamais.

-L’Elli est mis sur cale le 17 septembre 1942 lancé le 28 décembre 1943 et commissioned le 25 novembre 1945.

-Le Lemnos est mis sur cale le 4 février 1944 lancé le 17 juin 1946 et commissioned le 8 novembre 1947.

Ces navires doivent opérer seuls pour protéger la navigation, attaquer celle de l’ennemi, soutenir les destroyers……. .

En septembre 1948 suite au déclenchement du second conflit mondial les croiseurs grecs vont multiplier les patrouilles, portant des marques de neutralité sur les tourelles II et III de 152mm en l’occurrence des bandes bleues et blanches alors que sur le toit des tourelles on trouve le nom Hellas (Grèce). Cela n’empêche pas des avions officiellement non-identifiés (mais que tout le monde sait italiens) de se montrer très agressifs avec les croiseurs légers.

Quand l’opération Caesar est déclenchée le 5 mai 1949, l’Elli est seul opérationnel, son sister-ship étant immobilisé pour une avarie de chaudière.

Les deux croiseurs grecs vont opérer contre la marine italienne et quand il le fallait leurs obus de 152mm matraquaient durement les troupes italiennes.

Le 17 mars 1950 à lieu la Bataille du Golfe de Zanthe qui marque traditionnellement la fin de la Campagne de Grèce. L’Elli est engagé dans la bataille et va jouer un rôle clé dans la destruction du croiseur lourd Gorizia qui encaisse quatre obus du croiseur grec.

Il à moins de chance le 21 octobre 1950 en mer Egée. Menant un raid solitaire, il est informé par un hydravion français de la présence d’un convoi allemand parti du Pirée direction les Cyclades.

Ce convoi était composé de trois petits cargos, un pétrolier, quatre barges remorquées par des vedettes protégé par quatre R-Boot et deux petits escorteurs. Le croiseur grec attaque sans attendre l’arrivée de renforts.

Ses canonniers expérimentés détruisent deux R-Boote, un escorteur, incendie le pétrolier (qui survivra miraculeusement) et coule un cargo. Avertit par des écoutes d’une attaque aérienne il se replit à grande vitesse en direction de la Crète.

En début d’après midi, une vigie repère un périscope mais c’est trop tard. Deux anguilles frappent le croiseur qui se casse en deux, coulant rapidement. Moins de la moitié de l’équipage à survécu.

Le Lemnos est endommagé à plusieurs reprises mais jamais sérieusement. Il va survivre au conflit, participant à des escortes de convois, étant détaché dans l’Océan Indien pour escorter des transports de troupes contre des raiders allemands.

Après le lancement des offensives stratégiques dans les Balkans, le croiseur léger escorte des convois, bombardent des positions ennemies pour débloquer une situation et couvrant des positions amies avec sa DCA.

Survivant au second conflit mondial, il est sérieusement endommagé durant la guerre civile grecque en octobre 1957 quand trois bombes explosent à bord du navire. Un incendie mal maitrisé reprend à plusieurs reprises. Le navire finit par couler suite aux paquets d’eau envoyés par les pompiers. Le bilan humain est lourd avec 77 officiers et marins tués. Les responsables de l’attentat capturés en 1962 seront condamnés à mort et exécutés.

Le croiseur est relevé, mis au bassin mais sa remise en état est abandonnée. Le navire est vendu à la démolition à un chantier turc ce qui suscite un beau scandale. Certains y verront un signe de la providence quand le croiseur prit en remorque coulé en mer Egée.

Au sein de la marine grecque il va être remplacé par le Gabriele d’Annunzio qui est rebaptisé Elli qui va servir dans la marine grecque jusqu’en 1974 quand il est désarmé après l’abandon d’un projet de transformation en croiseur lance-missiles. Il devait être préservé comme musée mais suite à un manque de fond, le croiseur est mis à l’écart à Salamis puis vendu à la démolition en 1985.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : Standard 5500 tonnes Pleine Charge : 6900 tonnes

Dimensions : longueur hors tout : 151.52m longueur entre perpendiculaires 144.3m largeur 15.54m tirant d’eau 5.03m

Propulsion : 4 groupes de turbines à engrenages Parson alimentées en vapeur par quatre chaudières Amirauté dévellopant 64000ch et entrainant quatre hélices

Performances : vitesse maximale 32 noeuds distance franchissable 5300 miles nautiques à 13 noeuds

Protection : ceinture 70mm ponts blindés 30mm soutes à munitions 48mm

Armement : 6 canons de 152mm en trois tourelles doubles (deux avant et une arrière), huit canons de 100mm modèle 1937 en quatre affûts doubles latéraux sous masque, huit canons de 37mm en quatre affûts doubles, six canons de 20mm en affûts simples, six tubes lance-torpilles de 533mm en deux plate-formes triples

Aviation : aucune

Equipage : 500 officiers et marins en temps de paix

Mitteleuropa Balkans (170) Grèce (14)

La Grèce dans le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

Le 5 septembre 1948 les allemands envahissent la Norvège et le Danemark dans le cadre de l’opération Weserübung. C’est le début du second conflit mondial, un conflit que l’on redoutait mais que l’on pressentait depuis longtemps tant les tensions ne cessaient de croitre en Europe.

La seule chose qui surpris les plus lucides fut que les allemands attaquèrent des pays neutres et non un pays avec lequel ils avaient de vrais différents politiques et diplomatiques. Cela était la preuve que ce conflit n’allait pas être un conflit de gentlemen.

A l’annonce des bombardements allemands sur la Scandinavie, la Grèce se déclare en état de non-belligérance, un statut différent de la neutralité. D’ailleurs pour bien montrer sa détermination Athènes ordonne le rappel de réservistes mais se garde pour le moment de décréter la mobilisation générale probablement pour ne pas provoquer Rome.

La Ligne Metaxas à été renforcée à la mobilisation mais est loin d’être une assurance tout risque

Des précautions sont prises aux frontières notamment à la frontière avec l’Albanie, des champs de mines sont posés en mer, la Ligne Metaxas renforcée.

Le 30 octobre 1948 après de nouveaux incidents en Epire, Athènes ordonne la mobilisation générale, un processus qui va se dérouler dans une relative confusion, le gouvernement grec n’ayant pas mis à jour le processus de mobilisation depuis 1917 et ce en dépit des propositions de la MMFG. Si en Yougoslavie la MMFY est parvenu à imposer son processus de mobilisation, en Grèce ce ne fût pas possible probablement pour des raisons de fierté nationale.

Comme le reconnaitra un général grec «Si les italiens avaient attaqué à ce moment là je ne sais pas si nous aurions été capables de réagir».

Les divisions les plus modernes vont être concentrées contre l’Albanie italienne, le reste du territoire étant couvert par des unités moins bien équipées et moins bien entrainées. L’économie du pays est entièrement mobilisée pour la guerre, on réquisitionne tout ce qui est réquisitionnable, on mobilise les femmes et même les enfants.

On voit les villes se couvrir de sacs de sable, des abris antiaériens sont créés, les villes aux frontières deviennent des mini-forteresses. «Les italiens auront peut être le dessus mais il leur faudra payer le prix du sang» diras un lieutenant grec devenu après guerre une célébrité de la littérature, le lieutenant Elftherios Onassis.

Dans les airs une aviation grecque équipée d’avions obsolètes et d’avions plus modernes (même si tout est relatif) tente de protéger le ciel héllène des bombardiers ou des avions de reconnaissance italiens.

Plusieurs appareils sont abattus, d’autres s’écrasent accidentellement. En mer la marine grecque tente de sécuriser l’important trafic côtier contre la menace italienne. Elle tente également de bloquer les îles du Dodécanèse mais sans une totale réussite.

L’hiver et le printemps se passe sans que les combats annoncés comme imminents se produisent probablement parce que les italiens ont fort à faire face à des alliés qui contrairement à 1939 quand la guerre de Pologne paraissait être la guerre avec un grand G se montrent très agressif pour forcer l’Italie au combat.

Rome va-t-elle laisser Athènes tranquille ? La logique et le bon sens militaire l’aurait commandé mais ce n’est pas le choix que va faire Mussolini.

C’est la guerre !

Le gouvernement grec n’était pas naïf et savait que cette non-bélligérance ne pouvait durer éternellement d’autant que l’Italie était rapidement entrée en guerre suite au harcèlement franco-britannique.

Comme nous l’avons vu la mobilisation générale avait été décrétée le 30 octobre 1948 mais n’avait été effective que deux mois plus tard !

Les renseignements auguraient d’une attaque italienne iminente mais rien ne se produit et on commence à démobiliser certains soldats. C’est alors que l’attaque italienne tant attendue se produisit.

Le 5 mai 1949 à l’aube, les italiens lancent l’opération CAESAR, l’invasion de la Grèce depuis l’Albanie.

Pour cette opération qui est censée redorer le blason italien et montrer aux allemands que Rome peut mener une guerre parallèle, le Regio Esercito mobilise les moyens du Groupe d’Armées d’Albanie.

Ce groupement comprend les 3ème et 8ème Armées avec quatre corps d’armées, les 6ème (15ème DI «Bergamo» et 18ème DI «Messina»), 8ème (20ème DI «Friuli» 1ère DI Alpine «Taurinense»), 9ème ( 23ème DI «Ferrara» et 28ème DI «Aosta») et 11ème Corps d’Armée (29ème DI «Piemonte» et 30ème DI «Sabauda»).

A ces huit divisions vont s’ajouter la 49ème DI «Parma» censée assurer la défense de l’ancien royaume de Zog 1er mais aussi la division blindée Littorio. Cette force est jugée suffisante pour si ce n’est vaincre la Grèce mais au moins lui donner une bonne leçon.

Le plan italien est simple : attaque principale en Epire pour fixer le maximum de troupes grecques avec une diversion en Macédoine, une poussée vers Thessalonique. Ensuite en fonction des premiers résultats («Au combat, la première victime est le plan» dixit Clausewitz) les italiens aviseront.

Aux troupes au sol s’ajoutent des avions en nombre (250 à 400 selon les sources) et un rôle important pour la marine chargée de couper les lignes de communication et de couvrir les convois ravitaillant les troupes italiennes depuis la péninsule italique.

Tout cela aurait marché si tout cela avait bien planifié et bien coordonné. Or non seulement les plans avaient été improvisés mais les différentes armées s’entendaient très mal.

Par exemple une information recueillie par un avion de la Regia Aeronautica devait remonter toute la chaine hiérarchique avant d’être transmise à une autre armée qu’il s’agisse de l’armée de terre ou de la marine. Autant dire qu’elle était souvent périmée et de peu d’utilité.

Les carences en armes et en munitions sont importantes et encore un effort important à été fait depuis septembre 1948, la décision d’attaquer la Grèce ayant été prise visiblement dès le mois de décembre même si en l’absence d’archives on ne peut que se limiter à des hypothèses.

En face les forces armées grecques étaient composées de troupes motivées, bien entrainées et bien équipées (à l’échelle grecque cela va sans dire).

Soldats grecques au début de la Pax Armada

Une Armée d’Epire est mise sur pied à la mobilisation générale avec trois corps d’armée à deux divisions d’infanterie (1er Corps d’Armée, 2ème Corps d’Armée dit Corps d’Armée d’Epire et 3ème Corps d’Armée) plus une division de cavalerie et un bataillon de chars équipés de Hotchkiss H-39.

Le Hotchkiss H-39

En Macédoine on trouve une Armée de Macédoine qui disposait de deux corps d’armée à deux divisions d’infanterie (4ème et 5ème Corps d’Armée), une division de cavalerie et deux bataillons de Hotchkiss H-39.

Les italiens font donc face à dix divisons d’infanterie, deux divisions de cavalerie et les trois bataillons de chars légers.

Les combats sont rudes, d’autant plus difficiles que dans les montagnes épirotes le temps même au printemps peut être très froid et très humide. Dès le 12 mai l’offensive menée en Epire est stoppée par les italiens qui le 17 mai relancent l’offensive en Macédoine avec plus de succès mais cela n’est pas mirobolant non plus.

Dans les airs la Regia Aeronautica à acquis une fragile maitrise de l’air moins en raison de ses propres performances que parce que les grecs préfèrent ménager leur outil aérien pour protéger Athènes et Thessalonique.

En mer la Regia Marina se bat moins contre la marine grecque que contre les alliés qui à l’annonce du déclenchement de l’opération CAESAR ont décide l’envoi de troupes venus d’Afrique du Nord et du Levant. Ces unités ne vont cependant débarquer qu’à la fin du mois de juin après que les marines alliées ont du forcer le passage face aux cuirassés et croiseurs italiens.

Les grecs contre-attaquent le 21 mai et bousculent les italiens en Epire mais se heurtent en Macédoine à une rude résistance. Les troupes de la 8ème Armée doivent cependant se replier pour ne pas être coupé par une potentielle offensive grecque en direction du nord-est.

L’attaque grecque s’arrêtent à la mi-juin quand les troupes italiennes ont été ramenées à la frontière albanaise.

Il est alors prévu une nouvelle attaque à l’automne pour occuper l’Epire du Nord et le rattacher à la «mère-patrie» grecque.

Cette attaque doit être menée par les grecs soutenus par des troupes françaises, britanniques et polonaises même si Paris et Londres sont réticents à soutenir l’expansionisme grec.

L’attaque germano-italo-hongroise lancée le 7 juillet 1949 (opération MARITSA) ne leur en laissera pas la possibilité.

Les trois semaines entre la fin de l’attaque grecque et l’offensive allemande ont permis aux grecs de reposer leurs troupes, de réorganiser leur dispositif alors qu’en face les 3ème et 8ème armées italiennes ont reçu l’ordre de rester sur la défensive le temps que des renforts viennent d’Italie et que surtout la 2ème armée italienne venue de Vénétie n’écrase l’armée yougoslave.

Rien ne se passera comme prévu, les yougoslaves résistant farouchement (mais regretteront le refus grec et le refus alliés de déployer des troupes dans le Vardar macédonien) obligeant l’Axe à s’employer même si à terme personne ne se fait d’illusions.

Le général Villeneuve dans ses mémoires reconnaitra l’apport des yougoslaves dans la stratégie alliée «Sans la résistance acharnée des soldats de Pierre II dignes descendants de leurs ainés du premier conflit mondial nous aurions eu bien du mal à tenir le Péloponnèse.»

Les yougoslaves vont résister jusqu’au début de l’automne 1949. Est-ce à dire que les grecs se sont tournés les pousses durant deux mois ? Non bien sur, ils ont maintenus les forces italiennes en Albanie sous pression par une série d’attaques locales, des bombardements aériens et d’artillerie brefs mais intenses avec des attaques qui ressemblaient à des coups de main prolongés.

Ils sont soutenus par les alliés qui réalisent des opérations commandos en Albanie pour géner l’arrière et semer la discorde chez l’ennemi.

Enfin à partir du 25 septembre 1949 les combats sont clairement engagés en Grèce avec les italiens depuis l’Albanie et la Macédoine, l’Allemagne depuis la Macédoine et la Bulgarie. A noter que les bulgares affairés à occuper le Vardar macédonien ne participent pas aux premières opérations de la Campagne de Grèce.

Côté italien les divisions qui ont survécu à la guerre italo-grecque ou opération CAESAR sont remplumés par de jeunes recrues mais aussi par l’envoi de nouvelles unités. On trouve deux divisions d’infanterie, les 42ème DI «Bari» et 48ème DI «Taro» mais surtout trois divisions de cavalerie, la 1ère division de cavalerie «Eugenio di Savoia», 2ème division de cavalerie «Emanuele Filiberto Teste di Fero» et 3ème Division de cavalerie «Principe Amedeo Duca d’Aosta».

Soldats italiens en Yougoslavie

Si les deux divisions d’infanterie vont rallier directement l’Albanie à travers l’Adriatique (non sans que l’aviation et les sous-marins alliés ne prélèvent leur part), les divisions de cavalerie vont opérer en Yougoslavie en soutien de la 2ème armée.

Ces divisions montées vont se montrer efficaces en terrain bouleversé pouvant tourner le dispositif grec et frapper l’arrière et la logistique.

Les combats sont tous aussi violents qu’en Yougoslavie et les soldats grecs vont preuve d’un courage extraordinaire. Néanmoins l’épuisement guète les forces alliées qui prennent rapidement la décision de se replier vers le sud.

Signe qui ne trompe pas l’envoi de renforts est stoppé et quelques unités en cours de transfert vont rallier la Crète plutôt que la Grèce continentale. De son côté le gouvernement grec prépare en toute discrétion l’évacuation du personnel d’unités ne pouvant plus opérer en unités constituées.

Thessalonique tombe le 30 novembre 1949 suivit de Larissa le 5 décembre 1949. Les grecs et les alliés utilisent à merveille les possibilités du terrain, une défense élastique alternant défense ferme et contre-attaques brutales. Malgré ces efforts, Athènes tombe le 17 janvier 1950.

De violents combats ont lieu en ville, les quartiers modernes tout comme l’Acropole sont sérieusement endommagés.

Le 24 janvier 1950 les germano-italiens tentent une offensive surprise pour s’emparer du Péloponnèse mais c’est un échec. Les greco-britannico-français les attendent de pied ferme, repoussant un coup de main mené par les Brandebourgeois. Le pont franchissant le Canal de Corinthe saute.

Les deux adversaires sont fatigués. Les alliés n’ont pas des moyens illimités et l’Axe notamment les allemands ont davantage l’oeil rivé vers les steppes russes. Le front corinthien est bloqué mais les deux camps s’emparent d’îles et d’archipels.

Situation globale du front grec au printemps 1950

C’est ainsi que l’Axe s’empare de l’île d’Eubée et de l’île de Céphalonie sans réels combats, les alliés préférant se replier sur le continent. Les alliés en revanche échouent à conserver les Cyclades qui sont prises par les allemands dans la foulée de leur échec devant Corinthe.

Le 17 mars 1950 la bataille navale du Golfe de Zanthe marque la fin officielle de la Campagne de Grèce. Malgré plusieurs projets jamais l’Axe ne parviendra à chasser les alliés de la Grèce continentale. Le Péloponnèse va servir de tête de pont pour opérer en Adriatique et dans les Balkans avec des attaques aériennes, sous-marines et navales.

Résistance et collaboration

Le gouvernement grec à évacué la capitale grecque le 9 janvier 1950 direction la Crète et Héraklion la principale ville de la grande île.

D’autres auraient préféré la Palestine ou l’Egypte pour des raisons de sécurité mais le roi Paul 1er à été inflexible sur ce point : il ne quittera jamais le sol grec. C’est le début de la légende du «Roi-Soldat» objet encore aujourd’hui en Crète d’un véritable culte de la part des anciens combattants et de nombreux grecs patriotes qu’ils soient monarchistes ou républicains.

« Le roi-soldat »

L’île devient une forteresse flottante avec des bases navales, des bases aériennes, des casernements. De nombreux grecs voulant continuer le combat s’y réfugient ce qui posera des problèmes en terme de sécurité, d’insalubrité et de ravitaillement.

En Grèce continentale, un gouvernement collaborateur s’installe à Athènes mais ce gouvernement dirigé par un obscur colonel, le colonel Soriotis n’aura jamais la moindre once de légitimité. Cela s’explique à la fois par la présence en Crète du roi et du gouvernement mais aussi par les exactions menées par les allemands dès la conquête.

Une Force de Sécurité (δύναμη ασφαλείας dýnami asfaleías) est rapidement mise sur pied, une force auxiliaire qui se distinguera rapidement par sa férocité et son inefficacité.

Côté militaire, la défense de la Grèce est assuré par les italiens, les allemands et les bulgares. Les italiens déploiement une Esercito italiano in Grecia avec six divisions d’infanterie d’abord dispersées sur tout le territoire grec.

On trouve ainsi initialement la 23ème DI «Ferraro» à Thessalonique, la 28ème DI «Aoste» à Athènes, le 9ème Corps d’Armée dans l’isthme de Corinthe avec les 42ème DI «Bari» et 48ème «Taro», l’Eubée est occupée par la 29ème DI «Piemonte» alors que la côte occidentale de la Grèce est défendue par la 30ème DI «Sabaudo».

Les allemands déploient des troupes au sein de l’Heeresgruppe E (Groupe d’Armées E) qui dirige les unités allemandes déployées dans les Balkans et la Grèce au travers de la 11ème armée déployée en Serbie (quatre divisions d’infanterie, une division blindée) et de la 15ème armée déployée dans le nord de la Grèce et la région d’Athènes (quatre divisions d’infanterie, une division de montagne, une division parachutiste et deux divisions blindées).

De leur côté les bulgares vont déployer les 4ème et 5ème Armées avec pour la première quatre divisions d’infanterie (2ème DI, 4ème DI, 6ème et 11ème DI), la 1ère division de cavalerie et la 1ère brigade de chasseurs plus destinée aux opérations anti-guerilla.

De son côté la 5ème Armée dispose de quatre divisions d’infanterie (1ère, 3ème, 5ème et 8ème DI), la 2ème division de cavalerie, la 11ème brigade blindée et la 2ème brigade de chasseurs.

Après des mois de frictions et de mésentente cordiale, le dispositif est réorganisé. Désormais le Heeresgruppe E à sous son autorité toutes les troupes de l’Axe mais cet effort louable de coordination se heurtera à une profonde défiance entre italiens, allemands et bulgares, simplement unis par la défiance que leur inspire le gouvernement de Soriotis et leur refus de créer une armée grecque pour combattre les alliés.

Géographiquement le dispositif est simplifié avec les bulgares au nord et au nord-est, les italiens au nord et au nord-ouest et les allemands au centre occupant notamment la région d’Athènes et l’Eubée. Des divisions sont transférées par voie aérienne et maritime ce qui permet aux avions et aux sous-marins alliés de remporter de beaux succès mais également de subir de lourdes pertes.

En Grèce occupée une résistance se développe rapidement. Comme souvent les premiers groupes sont soit composés de troupes isolées ne pouvant ou ne voulant évacuer, d’hommes trop jeunes pour combattre ou de simples civils ulcérés de voir leur patrie occupée par des étrangers.

Très vite la résistance va se structurer avec des groupes royalistes, des groupes républicains et des groupes communistes. Comme en Yougoslavie, les groupes s’allient parfois et se combattent souvent. Face à cette résistance les italiens, les allemands et les bulgares vont multiplier les tristement célèbres opérations de nettoyage avec leur cortège d’exactions.

Comme chez le voisin yougoslave, les alliés et le gouvernement grec vont tenter de coordonner leur action avec des groupes mais ce ne fût toujours pas avec succès.

Libération et guerre civile

Carte du front grec peu avant le déclenchement de l’opération ANVIL

Très vite le gouvernement en exil grec s’est préoccupé de reconstituer un outil militaire crédible pour peser sur les décisions alliées. Plus facile à dire qu’à faire car si les grecs possèdent les hommes et un peu d’argent, ils sont dépendant pour l’équipement militaire. Du matériel à bien été évacué sur la Crète mais c’est très insuffisant pour récréer une armée capable de faire autre chose que de la figuration.

Faute de place en Crète, c’est en Egypte et secondairement en Libye que l’Armée Grecque de Libération (Ελληνικός Απελευθερωτικός Στρατός Ellinikós Apeleftherotikós Stratós) va être créée, une armée équipée par les alliés qu’ils soient français, britanniques ou américains.

Cette montée en puissance va être plus rapide que son homologue yougoslave. Il y à bien entendu des tiraillements entre royalistes et crypto-républicains, entre libéraux et métaxistes mais dans l’ensemble tout le monde tire dans le même sens dans le seul objectif de libérer le territoire. Autre différence par rapport à la Yougoslavie, la Grèce n’est pas un état multinational où les nationalités coexistent tant bien que mal. Forcément cela aide pour reconstruire une armée digne de ce nom.

Les principaux problèmes concerneront l’argent et l’équipement car les hommes sont présents, des hommes expérimentés, aguerris par les combats qui vont encadrer des jeunes grecs qui brûlent d’en découdre.

L’AGL est opérationnelle à l’automne 1951. Elle se compose de trois corps d’armées à deux divisions. Si le 1er Corps d’Armée «Thessalie» et le 2ème Corps d’Armée «Macedoine» sont composés de deux divisions d’infanterie chacune (1ère et 4ème pour le premier, 2ème et 5ème pour le deuxième), le 3ème Corps d’Armée «Epire» comprend la 3ème division d’infanterie et surtout la 1ère division blindée.

A ces six divisions de première ligne vont s’ajouter trois divisions légères d’infanterie (initialement de sécurité mais leur nom à été changé pour éviter la confusion avec la force de sécurité du gouvernement collaborationniste), les 6ème et 7ème DLI et la 14ème DI, la première défendant avec les alliés le Dodécannèse, la seconde protégeait la Crète et notamment les institutions alors que la troisième défendait l’île de Zakynthos en relève de la 1ère DLI et de la brigade de montagne polonaise

Des bataillons d’evzones sont également recréés en vue de mener des raids dans la profondeur du dispositif ennemi mais aussi pour encadrer la résistance. Douze bataillons sont prévus mais faute de moyens et de temps seulement huit d’entre-eux seront mis sur pied.

A leur mission de combat s’ajoutera la lutte contre les communistes dans la guerre civile aux côtés des divisions légères d’infanterie et d’unités alliées en attendant le retour des divisions de combat citées plus haut.

On trouve également une unité commando, le célèbre Bataillon Sacré, unité qui reprend le nom de la célèbre unité thébaine.

Cette unité est créé avec l’aide des britanniques. Opérationnelle à la fin de l’année 1950, elle va opérer dans les îles grecques mais aussi en Italie pour des missions de renseignement, de recherche et de destruction.

Les Thébains vont jouer un rôle clé dans la libération du pays, opérant en pointe du dispositif allié pour des missions de destruction de cibles stratégiques.

Ils participent par exemple aux côtés de commandos français, britanniques et yougoslaves au Raid sur Thessalonique qui va alimenter la certitude de l’Axe dans l’idée que l’offensive venue du Péloponnèse n’était qu’une attaque de diversion. Quand le haut-commandement s’en rendra compte il sera trop tard pour faire avorter la première offensive majeure sur le front des Balkans.

Celle-ci n’est lancée que le 21 septembre 1952 soit deux ans et demi après la fin officielle de la Campagne de Grèce. Pourquoi un tel délai qui désespérait les gouvernements grecs et yougoslaves ?

Plusieurs facteurs sont entrés en ligne de compte notamment le fait que ce front était secondaire par rapport au front occidental et que la géographie rendait peu probable une offensive, une percée décisive.

A ceux qui rétorquaient que l’offensive menée dans le Vardar à l’automne 1918 avait été la seule décisive de tout le conflit les détracteurs répondaient qu’elle avait été menée face à un adversaire bulgare épuisé et mal soutenu par ses alliés ce qui n’était pas le cas ici.

Cela ne veut pas dire que les bélligérants ce sont tournés les pouces non. Il y eut des attaques locales, des opérations commandos pour maintenir la pression sur l’ennemi. Rien cependant qui ressemblait à une offensive à but stratégique.

Le 21 septembre 1952 enfin les alliés lancent l’opération ANVIL (enclume). Il s’agit de donner de l’air à la péninsule du Péloponnèse et s’offrir de nouvelles perspectives stratégiques. Le plan est simple : on fixe l’ennemi sur l’isthme de Corinthe, on traverse le golfe de Patras _plus facile à dire qu’à faire_ et on file soit vers le nord ou vers le nord-est.

Les combats sont violents entre les troupes alliées et les troupes germano-italiennes. Peu à peu la supériorité numérique, une meilleure puissance de feu et une meilleure coordination permet aux alliés d’avancer, de reconquérir également l’île de Céphalonie.

Après de violents de combats, Athènes est libérée le 17 décembre 1952. Les alliés laissent les grecs entrer les premiers dans la ville et c’est un détachement du bataillon sacré qui hisse le drapeau grec sur les ruines de l’Acropole. Ce drapeau n’est pas une simple étoffe de tissu, c’est le drapeau qui flottait sur la ville lors de sa prise par les allemands en 1950 et qu’un evzone avait dérobé au nez et à la barbe des troupes ennemies.

De son côté les troupes de l’Axe vont évacuer à la même époque les Cyclades harcelés par les unités aériennes et navales alliées. Ils décident de résister en Eubée mais sont vite débordés.

L’Axe tente de tenir le plus longtemps possible mais les allemands doivent tenir compte de la démoralisation puis du basculement des troupes italiennes.

Cela explique pourquoi la majorité du territoire grec est libéré à la fin du mois de février 1953. Quelques unités parviennent à pénétrer en Macédoine et en Albanie mais sont trop faibles pour s’y maintenir.

En dépit des réticences yougoslaves, les unités grecques poursuivent leurs missions de combat en Yougoslavie. Il faut une rencontre personnelle entre Paul 1er et Pierre II pour que la Yougoslavie soit rassurée : la Grèce ne cherche qu’à récupérer son territoire de septembre 1948 et n’à aucune réclamation territoriale vis à vis de la Yougoslavie.

Une fois engagée en Yougoslavie, l’Armée Grecque de Libération va être rebaptisée 1ère Armée Grecque. Les mêmes unités restent en ligne mais les pertes sont compensées par du personnel issu de la résistance royaliste voir républicaine. En revanche la résistance communiste refuse avec énergie d’intégrer l’armée grecque, estimant qu’elle ne vaut pas mieux que les forces de sécurité de Soriotis.

Les divisions grecques vont combattre essentiellement en Albanie, au Monténégro puis en Croatie, terminant la guerre en Slovénie. La 1ère Armée Grecque laissant le reste du front aux britanniques et aux sud-africains là encore pour rassurer des yougoslaves aussi inquiets que suspicieux.

Une fois le second conflit mondial terminé, l’armée grecque rentre au pays où elle ne va pas tarder à opérer contre la résistance communiste bien décidée à imiter ses frères yougoslaves qui tenteront de les aider quand ils le pourront.

Les grecs vont engager dans cette guerre civile principalement leurs deux DLI et leurs bataillons d’evzones. Après avoir tâtonné, les grecs parviendront à trouver une bonne stratégie en tenant le terrain avec la gendarmerie et des unités paramilitaires et en confiant aux deux DLI et aux evzones des missions d’intervention.

La Grèce est dans un état cataclysmique avec une famine biblique et une guerre civile. Les pertes ont été lourdes chez les civils comme les militaires. En 1958 les royalistes bien soutenus par les alliés occidentaux vont l’emporter permettant à la monarchie de survivre contrairement à la royauté yougoslave.

Mitteleuropa Balkans (169) Grèce (13)

La république ! quelle république ? (1924-1935)

Georges II

Suite à la Grande Catastrophe, l’armée royale humiliée se révolte contre la monarchie le 11 septembre 1922. Constantin 1er abdique définitivement le 27 septembre 1922 au profit de son fils ainé qui devient Georges II.

C’est le début d’une période très troublée avec les conséquences de la guerre gréco-turque qui ne sont soldées que par le traité de Lausanne le 24 juillet 1923.

Le 27 octobre 1923 des officiers royalistes soutenus indirectement par Ioannis Métaxas tentent un contre-coup d’état. Cet échec va précipiter l’abolition de la monarchie et la proclamation de la république le 25 mars 1924.

Le 13 avril 1924 un plébiscite est organisé. C’est un triomphe pour les partisans de la république avec 69.78% des voix pour les républicains et 30.02% pour les monarchistes avec 0.02% de voix invalidées.

Très vite la Deuxième République héllène (la première à lieu de 1827 à 1832) sombre dans l’anarchie et l’instabilité avec un coup d’état du général Pangalos le 24 juin 1925 qui est renversé le 24 août 1926 par celui du général Georgios Kondylis qui rétablit la démocratie.

Cette instabilité est traduisible par les dates des mandats des présidents de la République. C’est ainsi que l’amiral Pavlos Kontouriotis est en fonction d 25 mars 1924 au 15 mars 1926 et du 24 août 1926 au 9 décembre 1929, le lieutenant général Thedoros Pangalos est en fonction du 15 mars1926 au 22 août 1926 alors qu’Alexandros Zaimis est en fonction du 9 décembre 1929 au 10 octobre 1935 soit trois présidents en l’espace de onze ans.

Entre 1928 et 1932 le retour de Venizelos permet une certaine stabilité mais la défaite électorale de l’homme politique crétois ainsi que la Grande Dépression provoquent une nouvelle période d’instabilité.

Le 1er mars 1935 les vénizélistes lancent un coup d’état craignant une restauration de Georges II exilé depuis 1924. En effet ils soupçonnent le gouvernement de Panagis Tsaldaris de sympathies monarchiques.

Ce coup d’état mené par Nikolas Plastiras est un échec, la révolte étant écrasé par Kondylis. Eleftherios Vénizélos est obligé de s’exiler. Deux généraux, un major sont condamnés à mort et exécutés, Venizelos et Plastiras sont condamnés à mort par contumace.

La République déjà moribonde ne s’en relèvera pas c’était juste une question de temps. Le 10 octobre 1935 le général Kondylis pourtant ancien vénizéliste prend le pouvoir et se proclame régent, annonçant la future restauration de Georges II.

Un plébiscite est organisé dans des conditions douteuses le 3 novembre 1935 aboutissant à un vote sans appel : 97.87% en faveur du retour du roi contre seulement 2.13% pour le maintien de la république.

Le 5 novembre 1935 le roi en exil accepte les résultats du plébiscite et arrive à Athènes le 25 novembre. Il démet Kondylis de ses fonctions et proclame une amnistie politique.

Sur le plan de la politique intérieure, le gouvernement républicain doit gérer l’accueil et l’intégration des réfugiés de la Grande Catastrophe. Cela passe notamment par une politique volontariste de mise en valeur des terres agricoles mais les résultats sont décevants. En 1925 une université est créée à Thessalonique.

Des élections législatives sont organisées en 1926, en 1928, en 1929, en 1932, en 1933 et en 1935. Deux partis dominent avec le parti libéral (vénizélistes) et le parti populaire mais sans jamais obtenir une majorité claire. Seule exception celles de 1935 où le parti populaire à obtenu 65% des voix et 254 sièges mais uniquement parce que le parti libéral à boycotté le scrutin. Le Sénat est tout aussi instable.

La République grecque est divisée en dix régions : Grèce centrale et Eubée, Macédoine, Péloponnèse, Thessalie, Crète, Epire, Iles de l’Egée, Thrace occidentale, Iles Ioniennes et les Cyclades.

Sur le plan de la politique étrangère c’est nettement plus tendu avec outre la liquidation de la guerre gréco-ottomane plusieurs incidents qui menacent de dégénérer en guerres régionales.

Le premier est l’Incident de Corfou. Suite à un différent frontalier entre l’Albanie et la Grèce, les deux pays portent leur différent devant la conférence des ambassadeurs. Une mission italienne dirigée par le général Enrico Tellini est envoyée sur place mais cette mission est jugée comme pro-albanaise par le gouvernement grec.

Le 27 août 1923, le général Tellini, le major Luigi Corte, le lieutenant Luigi Bonani et un interprète albanais sont assassinés à Kakaira. Comme il n’y à eu aucun vol le motif politique peut s’expliquer ces assassinats.

Les italiens adressent un ultimatum le 29 août 1923 réclamant cinquante millions de lire et l’éxécution des tueurs. Les grecs ne pouvant ou ne voulant les identifier, l’Italie bombarde et occupe Corfou le 31 août 1923.

La Grèce fait appel à la SDN. Cette dernière avait condamné l’occupation italienne était génée par la menace d’un retrait italien alors que l’Italie était soutenue par la France. L’Italie accepte les excuses grecques et des indemnités, les italiens se retirent le 27 septembre 1923.

Du 19 au 29 octobre 1925, la Bulgarie et la Grèce sont à deux doigts d’entrer en guerre. C’est l’incident de Petrich.

L’incident est assez obscur avec deux versions de l’incident survenu le 18 octobre 1925. Selon une première version, un soldat héllene cherchant son chien pénètre en territoire bulgare et est abattu par des sentinelles bulgares.

Selon une deuxième version des soldats bulgares auraient franchit la frontière grecque, attaqué un poste à Belasitsa tuant un capitaine grec et une sentinelle.

Tout de suite la Bulgarie explique l’incident par un tragique quiproquo. Sofia propose une commission d’enquête mixte mais les grecs déclinent et exigent le départ des troupes bulgares présentes sur le territoire grec.

Athènes émet un ultimatum de 48h aux bulgares, exigeant la punition du responsable, des excuses officielles et deux millions de francs français pour les familles des victimes.

Le 22 octobre 1925 des troupes grecques occupent la ville bulgare de Petrich. La guerre bulgaro-grecque n’aura finalement pas lieu car la Société des Nations (SDN) décide d’intervenir et impose sa médiation.

Elle exige un cessez-le-feu, l’évacuation des troupes grecques du territoire bulgare et le paiement par la Grèce de 45000 livres à la Bulgarie.

Les deux pays acceptent et pour vérifier son application, des observateurs français, italiens et britanniques sont envoyés sur place, ces derniers interdisant aux bulgares de réoccuper immédiatement les territoires pour éviter un nouvel incident frontalier. L’incident à fait cinquante morts, essentiellement des civils bulgares.

Le 30 octobre 1930 une convention gréco-turque est signée pour applanir la majeure partie des différents entre Athènes et Ankara.

Le 9 février 1934 la Grèce, la Turquie, la Roumanie et la Yougoslavie signent le Pacte Balkanique.

Ce pacte appelé également Entente balkanique était destiné à maintenir le statu-quo et donc géler les acquis des traités de paix. Sans que cela soit clairement dit du moins au début, c’est un front contre une Bulgarie revancharde qui est mis sur pied.

Signe qui ne trompe pas d’autres pays ont été conviés à la conférence aboutissant à ce pacte mais ont refusé de signer.

Il s’agit de l’Italie, de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Hongrie et de l’URSS soit des pays qui n’étaient pas satisfaits du nouveau découpage de l’Europe après la première conflagration mondiale. Ce pacte est reconnu par la SDN le 1er octobre 1934.

Cela ne cessa pourtant pas les intrigues régionales mais le 31 juillet 1938 les pays signataires du pacte signent avec la Bulgarie l’Accord de Salonique confirmant les clauses du traité de Neuilly-sur-Seine et de Lausanne mais en échange de zones démilitarisées sur ses frontières avec la Grèce et la Turquie, Sofia était autorisée à se réarmer.

Selon certains historiens ce pacte et cet accord à évité une troisième guerre balkanique dans la foulée ou au moment de la guerre de Pologne.

Restauration monarchique et metaxisme

Un certain Ioannis Metaxas

Ioannis Metaxas

Avant de parler de la période qui nous intéresse présentons brièvement l’homme fort de cette époque.

Ioannis Metaxas est né à Ithaque le 12 avril 1871 et mort à Athènes le 29 janvier 1941. Militaire et homme politique grec, il est issu d’une grande famille de Céphalonie, son père étant préfet mais après que ce dernier eut perdu son emploi la situation financière de la famille devint délicate.

En 1885 il entre à l’Ecole des Evelpides, une académie militaire, l’armée ayant toujours été un débouché naturel pour les fils de familles désargentées. Il en sort en 1890 avec le grade de sous-lieutenant du génie. En 1897 il entre au minstère de la Guerre grâce à un de ses parents Nicolas Metaxas qui est ministre.

La même année il participe à la guerre greco-ottomane et semble avoir fait bonne impression puisqu’il est envoyé par la suite à l’Académie militaire prussienne de Berlin. Revenu en Grèce il participe à la modernisation d’une armée qui se montrera bien plus efficace durant les deux guerres balkaniques. Comme beaucoup de membres de l’élite grecque il était franc-maçon.

Monarchiste fervent, il soutient Constantin 1er dans sa volonté de maintenir la Grèce hors de la première guerre mondiale. Pour protester contre la politique d’Eleftherios Venizelos il démissione de l’état-major et accompagne Constantin 1er dans son exil.

Il ne rentre en Grèce qu’en 1920, démissionant de l’armée puis entrant en politique au moment de l’abolition de la monarchie. En 1923 il créé un mouvement politique classé à l’extrême-droite, le Parti de la Libre Opinion.

En mars 1936, Georges II le nomme ministre de la Guerre d’un gouvernement de transition alors que la vie politique grecque est paralysée depuis des élections de 1936 incertaines. Le 13 avril 1936 il devient premier ministre suite à la mort du titulaire du poste.

Devant l’agitation sociale et le désordre, il proclame l’état d’urgence, suspend le parlement et différents articles de la constitution, interdit les partis politiques, arrête des opposants politiques (15000 grecs arrêtés durant la dictature de Metaxas), la presse est censurée, la Grèce déclarée illégale.

Le régime de Métaxas se révèle peu populaire. Il à triomphé essentiellement par discrédit de ses opposants et par lassitude de l’opinion prête à confier son avenir à n’importe qui pourvu que le calme et la stabilité reviennent au pays.

Metaxas et Georges II maintiennent la Grèce en dehors de la guerre de Pologne et veillent à préserver le pays en dépit de relations exécrables avec une Italie fasciste que pourtant Metaxas admire. A sa mort des généraux sans envergure lui succèdent sans parvenir à le remplacer vraiment.

Aujourd’hui Metaxas est une figure controversée qui suscite des jugements passionnés et des débats interminables.

Une monarchie instable, une dictature introuvable ?

Si les grecs lassés des atermoiements de la République avaient espéré un retour au calme et à la stabilité avec la restauration de Georges II ils sont rapidement déçus.

Incorrigible la classe politique grecque ne semble pas vouloir ou pouvoir tirer les leçons de ses échecs. Ce sont toujours veines querelles, corruption et incompétence qui sont à l’ordre du jour.

Pas étonnant que dans ce contexte les partis autoritaires et/ou protestataires aient le vent en oupe comme le parti communiste grec qui par ses gains électoraux empêchait le dégagement de toute majorité claire.

En janvier 1936 des élections législatives ont lieu. Elles débouchent sur une impasse puisque les monarchistes ont récupérés 143 sièges, les libéraux agrariens et républicains 142 et les communistes 15.

Après plusieurs mois de troubles, le premier ministre Ioannis Metaxas organise un coup d’état mettant en place ce que l’histoire à retenu sous le nom de Régime du 4 août en référence à la date du coup d’état à savoir le 4 août 1936.

Si il peut paraître commode de qualifier le régime de Métaxas de fasciste c’est plus compliqué que cela en raison de l’absence d’une idéologie claire (le «métaxisme» comme nous le verrons est un rassemblement de vagues slogans et de vagues idées), de l’absence d’un parti de masse et de nombre de marqueurs qui fondent le fascisme.

D’ailleurs si Métaxas admire le fascisme mussolinien, il entretien des relations épouvantables avec l’Italie, Athènes revendiquant le Dodécanèse et voyant d’un très mauvais œil l’annexion de l’Albanie en mars 1939. Plusieurs incidents de frontière en 1939 et 1940 menacent de dégénérer en guerre. Ouverte entre les deux pays. En réalité en matière de politique étrangère il serait plutôt pro-britannique.

En réalité le régime du 4 août 1936 se rapproche bien plus de l’Estado Novo du dictateur portugais Antonio de Oliveira Salazar.

C’est un régime autoritaire, nationaliste mais pas fasciste avec une relative non-violence, aucune politique antisémite, aucune politque expansionniste, pas de mouvement politique de masse.

Les racines du Nouvel Etat sont à rechercher dans l’histoire grecque, patriote et nationaliste ardent, Ioannis Metaxas cherche à concilier le paganisme de la Grèce antique avec les valeurs chrétiennes de feu l’Empire Byzantin au sein d’une «Troisième civilisation hellénique».

L’Archigos (chef) résume son «idéologie» par quatre mots : Pays, Loyauté, Famille et Religion. On peut aussi classer les grands axes du metaxisme avec la Monarchie, l’Anticommunisme, l’Antiparlementarisme, le Nationalisme, le Corporatisme et le Protectionisme.

Le régime adopte comme smybole le Labrys, une épée à double tranchant de l’époque minoenne.Une police politique est mis en place pour protéger le régime (Asfaleia).

Les vieux partis encaissent de rudes coups mais survivent. Un metaxiste anonyme dira «Les vieux partis étaient comme autant de mauvaises herbes, on les arrachaient mais ils repoussaient à chaque fois. C’était désespérant». Les opposants politiques sont arrêtés mais aux éxécutions de masse on préfère l’exil.

Comme nous l’avons vu plus haut, Metaxas ne créé par de parti unique mais tout de même met sur pied une organisation de jeunesse, l’Ethniki Organosi Neolaias (ENO) que l’on traduit simplement en français l’Organisation Nationale de la Jeunesse.

Il s’agit pour l’Archigos de perpétuer son œuvre au travers des jeunes grecs et des jeunes grecques. Les jeunes garçons doivent devenir des jeunes hommes robustes et disciplinés, les jeunes filles de bonnes mères et de bonnes épouses pour donner naissance à une nouvelle génération plus forte et plus saine.

Cette organisation va être le seul leg durable du dictature grecque puisqu’elle était toujours présente en 1949 au moment de l’attaque italienne.

L’organisation sera d’ailleurs dissoute par les italiens et les allemands puisque certains de ces membres trop jeunes pour combattre dans l’armée n’ont pas hésité à prendre les armes. Reconstituée dans la clandestinité elle fournira nombre de cadres à la résistance royaliste.

Si le régime est clairement nationaliste, Metaxas à toujours fait preuve de prudence et de réserve vis à vis de la Grande Idée et à critiqué la guerre en Asie mineure contre les turcs. Les minorités religieuses et ethniques (notamment les bulgares et les albanais) sont persécutées mais la communauté juive de Salonique n’est pas inquiété peut être parce qu’elle était très opposée au vénizélisme.

Sur le plan économique, le régime de Métaxas tourne le dos le libéralisme et au laisser-faire en adoptant le protectionnisme et le corporatisme. Une politique sociale volontariste doit lui permettre d’acquérir la sympathie des masses avec un certain succès.

Une ambitieuse politique de grands travaux est lancée à partir de 1938 (et sera poursuivie par les successeurs de Metaxas) ce qui permet d’améliorer les infrastructures de transport et de télécommunications du pays.

Dents de dragon (un obstacle antichar) de la Ligne Metaxas

L’agriculture n’est pas oubliée tout comme le réarmement du pays avec notamment la construction d’une ligne fortifiée qui prend logiquement le nom de Ligne Metaxas.

Dans un premier temps les revenus augmentent, le chômage baisse mais ces progrès ne vont être temporaires. Très vite l’inflation reprend, l’endettement croissant du pays provoque une chute de la drachme qui redevient une monnaie faible.

Le 28 juillet 1938 une révolte éclate en Crète contre le régime de Métaxas. La révolte est durement réprimée.

La Grèce dans la Pax Armada

La Grèce va rester neutre durant la Guerre de Pologne, ce conflit ne la concernant pas directement et comme en plus l’Italie est restée également en dehors du conflit….. .

A la mort de Metaxas, le roi Georges II tente un retour à la démocratie mais lassés des querelles picrocholines d’une classe politique incorrigible il préfère conserver les militaires au pouvoir jusqu’à sa mort en 1947. On assiste à une timide libéralisation du régime mais jusqu’à la guerre la Grèce est davantage une dictature qu’une démocratie.

Sur le plan constitutionnel la situation reste compliquée. En 1935 la restauration de la monarchie avait permis le retour de la constitution de 1911 mais pour peu de temps car le régime de Métaxas suspend nombre d’articles de la dite constitution.

De 1941 à 1943, il n’y à aucune évolution constitutionnelle, c’est un joyeux foutoir. Il faudra attendre 1944 pour que le premier ministre, le général Vastotris _également protecteur du Royaume_ passe une série de décrets avalisés par une chambre consultative pour donner un semblant de démocratie.

Ces Décrets Constitutionnels au nombre de quatre vont rester en vigueur jusqu’à l’invasion de la Grèce par l’Axe.

L’agitation reprend au milieu de la décennie imposant une sévère répression bien plus sanglante paradoxalement que sous la dictature métaxiste. Des projets de coup d’état sont déjoués, des projets venant aussi bien de militaires «démocrates» que de militaires jugeant le régime «trop mou».

Paul 1er

Le 1er avril 1947 le roi Georges II meurt. Sans enfant, c’est son frère Paul 1er qui lui succède. Il rappelle des civils au pouvoir même si les militaires conservent un poids très important.

Sur le plan extérieur les relations restent très tendues avec l’Italie. De nouveaux incidents frontaliers terrestres, aériens et navals ont lieu menaçant de dégénérer en guerre ouverte.

La Grèce s’est entre-temps rapprochée des alliés signant un accord militaire de coopération avec la France le 8 octobre 1946. Dès 1945 une Mission Militaire Française en Grèce (MMFG) arrive avec 128 officiers et sous-officiers dirigés par le général Georges.

Le général Georges en compagnie du général Gort durant la guerre de Pologne.

La MMFG sert d’officine de renseignement (comme n’importe quel attaché militaire dans une ambassade), d’organe d’influence diplomatique, de formation et d’enseignement. Elle promeut le matériel militaire français ce qui permet à l’industrie tricolore de remporter quelques beaux contrats.

Cette MMFG va rester sur place jusqu’en juin 1948 quand les officiers et les sous-officiers rentrent en France pour intégrer des postes plus importants.

Cette MMFG va naturellement participer à la modernisation de l’armée grecque qui est certes plus solide qu’en 1939/40 mais affiche un certain nombre de lacunes.

Mitteleuropa Balkans (161) Grèce (5)

Epoque hellinistique et conquête romaine

Carte de l’Empire d’Alexandre

L’époque hellinistique couvre une période de près de trois siècles de la mort d’Alexandre le Grand en -323 à la conquête romaine de l’Egypte en -30 où régnait Cléopatre VII Ptolémée de la dynastie lagide, dynastie issue de l’un des généraux d’Alexandre, les fameux diadoques.

Cette période est peu connue et vue comme une période de transition voir de décadence entre la glorieuse période classique et l’empire romain. Les historiens contemporains comme souvent ont relativisé le jugement péremptoire de leurs ainés. Cette période est marquée par un dynamisme économique et culturel. A noter que ce terme est apparu dans l’historiographie en 1836.

Sur le plan politique on trouve des grands royaumes par les lagides, les séleucides, les antigonides et les attalides. Les cites grecques ont certes perdu de leur splendeur mais ils sont loin d’être de simples figurants, se regroupant en ligues comme à l’époque classique.

La division de l’Empire entre les Antigonides

De -323 à -281 les diadoques (Perdiccas, Ptolemée, Antigone, Seleucos, Cassandre et Lysimaque) s’affrontent. Antigone à voulu reconstituer l’empire d’Alexandre à son profit mais il est vaincu par une coalition des autres diadoques à la bataille d’Ipsos (-301).

La Guerre des Diadoques terminée un équilibre précaire surgit entre trois grandes dynasties à savoir les antigonides (Macédoine), les lagides (Egypte) et les seleucides (Une partie de l’Asie mineure, la Mésopotamie, la Syrie et la Perse).

Aux côtés de ces grands royaumes on trouve des petits royaumes qui émergent comme celui des attalides autour de Pergame, le royaume du Pont et de Bithynie. On trouve des confédérations de cités (ligue achéenne et ligue etolienne) et même certaines cités restent indépendantes comme Rhodes.

En dépit d’une certaine stabilisation de nombreux conflits opposent les diadoques et leurs descendants.

Pour se concentrer sur la Grèce, le royaume de Macédoine cherche à contrôler des cites grecques qui possèdent encore des résidus de puissance. C’est ainsi qu’Athènes est dominée par les antigonides jusqu’en -229 alors que la puissance spartiate est définitivement brisée en -222.

A la fin du IIIème siècle les romains s’emparent de la Grande-Grèce (Sicile et Italie du Sud) et ce n’était qu’une question de temps avant que la Grèce historique en particulier et l’Orient en général ne suive.

C’est un lent grignotage de deux siècles qui va intégrer le bassin oriental de la Méditerranée à l’empire romain (même si officiellement nous sommes toujours sous la République) d’abord sous la forme de royaumes clients puis sous la forme de provinces directement administrées par Rome.

Le monde hellinistique va disparaître avec le royaume lagide d’Egypte annexé en -30 après le suicide de Cléopatre VII, dernière descendante de Ptolémée, l’un des généraux d’Alexandre. A cette époque Rome à transformé la Méditerranée en lac romain en Mare Nostrum.

Les romains vont utiliser et digérer l’héritage hellenistique. Rappelons que les élites romaines sont impregnées de culture grecque (le célèbre Toi aussi mon fils de César aurait été prononcé en grec).

Peu à peu le centre de gravité de l’Empire romain va basculer vers l’Orient que ce soit à cause des menaces militaires que des richesses qui permettent aux élites orientales de jouer un rôle clé dans l’administration alors qu’à l’ouest en Bretagne, en Gaule, en Germanie et en Hispanie c’est nettement plus difficile. Pas étonnant dans ces conditions que l’empire romain à survécu à l’est et non à l’ouest.

A la fin du Troisième siècle les romains décident de soumettre le royaume de Macédoine et par voie de conséquence la Grèce. Cette décision répond à une volonté expansionniste profondément ancrée dans les esprits romains mais aussi parce que durant la deuxième guerre punique Philippe V de Macédoine à soutenu Hannibal.

Des trois conflits c’est clairement la guerre où Rome à joué sa survie avec une série de déroutes, de désastres militaires (Lac Trasimène, Cannes) mais qui ont montré également la résilience romaine.

La Macédoine et le monde Egéen vers -200 avant notre ère

Trois guerres (Guerres de Macédoine) vont être nécessaires (214 à 205, 200 à 194 et 171 à 167), conflits où un symbole marque le changement d’une ère. La phalange macédonienne jadis sans rivale est peu à peu déclassée par la légion romaine qui par sa souplesse offre davantage de possibilités aux chefs romains là où la phalange est plus monolithique et moins souple d’utilisation.

La Macédoine est divisée en quatre districts mais se révolte entre 150 et 148. Elle devient alors une province avec Thessalonique comme capitale.

En 147/146 ce sont cette fois les cités grecques qui se révoltent sous l’impulsion de la Ligue Achaïenne. Comme souvent les romains ne prennent pas de gants et se montre impitoyables, le sac de Corinthe étant un avertissement envoyé à toutes les autres cités de Grèce.

Une fois la répression passée Rome fait preuve d’intelligence politique. Les cités qui se sont révoltées sont intégrées à la Province de Macédoine et soumises au tribu alors que celles qui sont restées neutres ou ont assisté Rome restes autonomes.

Je dis bien autonomes et non indépendantes car si pour la politique intérieure elles peuvent faire ce qu’elles veulent _Rome n’à de toute façon pas les moyens de contrôle la vie politique locale de toutes les cités et n’en à visiblement jamais eu l’intention_ en matière de politique extérieure c’est Rome qui décide ce qu’elles doivent dire, faire et penser.

Parmi elles on trouve Athènes et Sparte qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes sur le plan militaire et politique, le rayonement culturel, cultuel et philosophique de l’actuelle capitale grecque n’ayant jamais cessé même si la ville va connaître des périodes difficiles, prennant à chaque fois le camp des perdants dans les guerres civiles romaines.

Es-ce à dire que les cités grecques ont abdiqué toute idée d’indépendance ? Pas vraiment puisque durant les guerres mithdriadiques (88-65) déclenchée par Mithridade VI Eupator, roi du Pont certaines cités grecques lui apportèrent leur appui dans l’espoir de secouer la domination romaine.

Comme durant les guerres de Macédoine et les révoltes ultérieures, le conflit tourna au désavantage des grecs qui subirent le courou romain, les troupes de Sylla saccagèrent Athènes en 86 et Thèbes l’année suivante. La Grèce va pleinement intégrer l’empire romain, la conquête politique et militaire de l’Asie mineure et de l’Arménie ôtant tout espoir pour les grecs d’un retour à l’indépendance.

Dévastée par les combats, ruinée, la Grèce va peu à peu renaitre notamment sous l’impulsion du plus phillélène des empereurs romains, Hadrien qui par ses nombreux voyages dans la partie orientale de l’empire multiplie actions et donations pour reconstruire des cités, embellir d’autres. Les élites par une dynamique politique d’évergétisme (fêtes, monuments) contribuent également à l’éclat de la civilisation hellinistique.

La Grèce qui n’est encore qu’une expression géographique va d’ailleurs être le théâtre de trois batailles décisives de l’histoire romaine, la Bataille de Pharsale en -48 où les troupes de César défont les troupes de Pompée le Grand, la Bataille de Philippes six ans plus tard en -42 où Octave-Auguste et Marc-Antoine défont les troupes des conspirateurs assassins de César (dont le fils adoptif de César Brutus) et celle d’Actium en -31 où la flotte d’Octave-Auguste défait celle de Cléopatre poussant cette dernière au suicide en compagnie de son amant Marc-Antoine.

Les élites grecques sont divisés sur l’attitude à adopter comme souvent pour les élites dirigeantes face à une menace extérieure. Beaucoup sont nostalgiques de leur grandeur passée mais en même temps ils admirent l’efficacité du modèle administratif et militaire romain.

Les provinces de l’Empire Romain en l’an 14

La Grèce va être divisée en provinces. Bien entendu en quatre siècles la division et l’organisation ont grandement évolué.

On trouve d’abord l’Achaie créée en -27 sous l’impulsion d’Auguste avec Corinthe comme capitale, la province de Crète et de Cyrénaïque créée en -31, l’Epire créée sous Vespasien (69 à 79) et bien entendu la Macédoine dès -146.

Si différents empereurs modifient à la marge l’organisation des provinces il faut attendre Dioclétien (seul empereur à avoir volontairement abdiqué) pour qu’un big-bang organisationnel ait lieu avec la division de l’Empire en deux avec un Auguste assisté par un César.

Les deux empires sont divisés en préfecture elles mêmes subdivisées en diocèses eux mêmes subdivisés en provinces.

Le Diocèse de Thrace (Diocesis Thraciae) dont la capitale est Constantinople dépend de la Préfecture du Prétoire d’Orient dont la capitale est Antioche. Le diocèse comprend les provinces d’Europe, d’Haeminontus, de Mesie Seconde (partie centrale de l’ancienne Mésie inférieure), de Rhodope (qui deviendra le thème de Bolleron sous l’empire byzantin) et la Scythie mineure (partie de l’ancienne Mésie inférieure actuelle Dobroudja).

Sous l’autorité de la Préfecture du Prétoire d’Illyrie (capitale Thessalonique) on trouve le Diocèse de Macédoine qui comprend les provinces de Crète, d’Epire Nouvelle, d’Epire Ancienne (ces deux provinces formant l’ancienne royaume d’Epire, la division de l’Epire remontant à 395), de Macédoine et de Thessalie.

La province d’Achaïe ne dépend d’aucun Diocèse.

Comme partout dans l’empire romain sont implantés des colonies. Si certaines sont implantées sur des sites d’anciennes cités grecques d’autres sont créées ex-nihilo comme la cité Nicopolis d’Epire destinée à célébrer la victoire d’Auguste à Actium. Les créations ex-nihilo sont rares, les autorités roumaines préférant s’appuyer sur des organisations existantes.

La romanisation est très superficielle car non seulement la culture grecque est solide mais aussi parce que le conquérant romain était loin de considérer les grecs comme des inférieurs ils étaient même plutôt en admiration béate devant des gens qu’ils venaient de conquérir.

«Graecia capta ferum victorem cepit et artes intulit agresti latro» comme dira le poète Horace («La Grèce conquise conquit sa farouche vainqueur et porta les arts dans le rustique Latium»).

Les troupes romaines sont peu présentes, la sécurité est surtout assurée par des troupes auxiliaires (donc probablement mieux acceptées par les population locales). Il y à bien quelques révoltes et quelques incursions de «Barbares» mais jusqu’à la Crise du IIIème Siècle la situation est plutôt calme.

La chute du dernier des Sévères en 235 provoque une crise qui va durer plusieurs décennies avec des problèmes économiques, un sentiment de déclassement, des querelles de pouvoirs et des épidémies. Bref la fin d’un monde.

A cela s’ajoute de nouvelles invasions barbares comme les Goths qui pénétrent jusqu’en Macédoine au début des années 250. Athènes renforce ses défenses pendant qu’on fortifie l’Isthme de Corinthe et la passe des Thermopyles.

En 266 des Hérules et quelques Goths franchissent l’Hellespont pillant Athènes avant de pousser vers Corinthe, Argos, Sparte et Olympie. D’autres se dirigent vers la Macédoine, Thessalonique étant assiégée.

L’empereur Gallien les repousse en 268 mais il faudra attendre les campagnes d’Aurélien (qui règne de 270 à 275) pour que la sécurité soit entièrement et pleinement restaurée.

La Grèce va intégrer l’Empire Romain d’Orient _le contraire eut été étonnant_ qui va devenir l’empire byzantin quand l’empire romain deviendra pleinement et entièrement grec.

Diocèse de Macédoine

Dioclétien (284 à 305) divise l’empire en deux avec quatre chefs (Tetrarchie) pour améliorer la gestion et la défense. Constantin qui règne lui de 306 à 337 rétablit l’unité qui perdure jusqu’en 395 et la mort de Théodose 1er divise définitivement l’empire romain en un empire romain d’Occident qui disparaît en 476 et un empire romain d’Orient qui allait durer près de 1000 ans.

Sur le plan religieux la Grèce est rapidement christianisée, les évangiles étant écrits en grec, Paul de Tarse prêche à Athènes et Ephèse. Les jeux olympiques disparaissent en 393 car vu comme la célébration du paganisme.

De toute façon le paganisme est mort et enterré malgré les efforts de l’empereur Julien dit Julien l’Apostat pour balayer le christianisme et rétablir la religion des anciens.

Mitteleuropa Balkans (135) Yougoslavie (23)

Armes de l’infanterie

Armes de poing

Nagant modèle 1895

Le revolver Nagant modèle 1895 est une arme de conception belge destinée à l’armée impériale russe mais qui en septembre 1939 était l’arme de poing standard de la RKKA (l’Armée Rouge des Ouvriers et Paysans ou Rabochny Krest’yanskaya Krasnaya Armiya).

Arme fonctionnant à l’emprunt de gaz, il est l’oeuvre de Léon Nagant qui avec son frère Emile avait participé à la mise au point du célèbre fusil Mosin-Nagant modèle 1891.

La production de ce puissant revolver commença à Liège mais dès 1898 l’Arsenal de Tula prit le relias, produisant 20000 exemplaires par an.

Jusqu’en 1918 le revolver fût produit en deux versions : une version à double action pour les officiers et une à simple action pour les hommes du rang.

La production continua après le changement de régime. La datation des armes est facile puisque les armes produites sous la période soviétique ont une étoile gravée dans la crosse, symbole que ne possèdent bien entendu as les armes produites sous les Romanov.

A partir de 1933, le pistolet semi-automatique Tokarev commence à remplacer le vénérable revolver dont la production cesse en 1945 après la sortie de 2 millions d’exemplaires.

Si les Nagant russes utilisaient le 7.62mm, d’autres armes furent produites dans des calibres différents, certains en calibre .32, d’autres en 7.5mm pour la Suède.

L’arme à été utilisée par la Russie et l’URSS, la Suède, la Norvège, la Pologne, la Grèce, l’Afghanistan, la Belgique, le Canada (armes capturées sur des bolchéviques lors de la guerre civile russe), la Géorgie, la Biélorussie, l’Iran, le Japon (armes capturées lors de la guerre russo-japonaise et de l’intervention en Sibérie), le Laos, la Lettonie, la Lituanie, la Mongolie, l’Allemagne (armes capturées durant les deux conflits mondiaux), la Corée, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, l’Espagne, le Vietnam, la Yougoslavie.

La Yougoslavie à acquis cette arme via l’armée austro-hongroise qui avait capturé des exemplaires pendant le premier conflit mondial mais aussi via la police quand cette dernière saisissait des armes lors de descentes de police dans les milieux communistes.

En raison d’un calibre peu courant, cette arme ne devint jamais une arme standard ou de diffusion importante. Elle fût réservée aux officiers généraux qui avaient peu de chance de l’utiliser pour se défendre.

Quelques exemplaires ont survécu à l’opération MARITSA et quand la Yougoslavie bascula dans le camp communiste, quelques vénérables Nagant furent pieusement ressortis par les nouveaux maitres du pays des Slaves du Sud.

Le revolver Nagant modèle 1895 était un revolver à barillet de 7.62mm, pesant 0.8kg à vide, mesurant 235mm de long dont 114mm pour le tube, tirant la cartouche russe standard de 7.62x38mmR (barillet de sept cartouches) à une distance maximale de 46m pour une cadence de tir de 14 à 21 coups par minute.

Roth-Steyr M1907

Le Roth-Steyr M1907 était un pistolet automatique de conception et de fabrication austro-hongroise même si son inventeur était l’ingénieur tchèque Karel Krnka. Destinée initialement à la cavalerie, cette arme était le premier pistolet semi-automatique dévellopé en Europe.

La production est assurée par la Österreichische Waffenfabriksgesellschaft (OEWG) à Steyr et par la FEG à Budapest.

De 1908 à 1914 environ 99000 armes furent produites. Suite à la disparition de l’Autriche-Hongrie l’arme fût réutilisée par les pays successeurs comme l’Autriche, la Hongrie, la Tchécoslovaquie ou encore la Pologne et la Yougoslavie. L’Italie à également reçut des exemplaires au titre des dommages de guerre.

L’armée yougoslave à donc récupéré cette arme de feu l’armée austro-hongroise. Il n’à pas été longtemps l’arme de poing standard car très vite remplacée par des FN modèle 1910 et modèle 1922. Il à cependant été conservé par certains officiers qui le préférait au Nagant voir au Browning.

Le Roth-Steyr M1907 était un pistolet semi-automatique d’un calibre de 8mm pesant 1.03kg chargé et mesurant 230mm (130mm pour le canon). D’une portée maximale oscillant entre 50 et 100m, il pouvait tirer 10 à 20 coups par minute via un chargeur de 10 coups.

FN modèle 1910 et modèle 1922

En juillet 1949 au moment de l’opération MARITSA, le principal pistolet de l’armée yougoslave est le FN M.1922 plus connu sous le nom de Pistolet Automatique FN modèle 1922. Il est issu du FN modèle 1910, une autre création de l’armurier prolifique que fût John Browning.

D’abord produite aux Etats-Unis par la Colt Firearms, elle est ensuite produite en Europe, le Vieux Continent devenant la seule zone de production de cette arme au fonctionnement semblable à celui des Walter PPK et Makarov.

Après le modèle 1910 est apparu un modèle 1910/22 puis le modèle 1922. Outre la Belgique pays producteur, le pistolet automatique allait être utilisé par la Yougoslavie, les Pays-Bas, la Grèce, la Turquie, la Roumanie, la France, la Finlande, le Danemark, le Japon, le Pérou et le Venezuela ainsi qu’après guerre les Nouveaux Pays Allemands.

La Yougoslavie à acquis 60000 exemplaires de cette arme (principalement des modèle 1922 mais aussi des modèle 1910 qui était utilisé principalement par les officiers et par les servants d’armes lourdes.

Certains officiers ont conservé cette arme au moment de la reconstitution de l’armée yougoslave en Egypte mais plus par snobisme qu’autre chose.

Le FN modèle 1922 était un pistolet automatique pesant 700g à vide, mesurant 178mm et tirant la cartouche 9x17mm Browning, l’alimentation se faisant par des chargeurs de 6 à 9 coups selon les modèles et les calibres. La portée maximale effective est de 50m et la cadence de tir pratique est de 18 coups par minute.

Beretta M1923

Ce pistolet automatique à été utilisé par l’armée de terre italienne de 1923 à 1954. C’est une version améliorée du Beretta M-1915. Sa production à cependant cessée en 1945. Outre l’Italie le pistolet à été utilisé par l’Allemagne, l’Espagne et la Yougoslavie. Il à principalement remplacé le Beretta M-1915.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 9mm (9mm Gisenti) Poids : 800g Longueur total 177mm longueur du tube 87mm Portée maximale effective 50mm

MAC modèle 1950

Comme nous l’avons vu plus haut les alliés se partagent les rôles pour reconstituer une armée yougoslave digne de ce nom. La France reçoit comme principale tâche de reconstituer des unités d’infanterie en l’occurence quatre divisions.

Qui dit divisions dit armements. La première arme à laquelle on pense quand on parle des fantassins peut être le fusil mais on peut aussi penser au pistolet automatique et au revolver.

Les besoins yougoslaves sont importants puisque désormais il s’agit de doter chaque fantassin qu’il soit fusilier, grenadier, porteur d’armes lourdes d’un pistolet. Après évaluation le choix yougoslave se porte sur le MAC (Manufacture d’Armes de Chatelleraut) modèle 1950.

Ce pistolet est une évolution du MAS modèle 1935S, un pistolet automatique caibre 7.65mm long qui allait compléter le SACM modèle 1935A avec un peu de moins de 15000 exemplaires produits en raison de la surcharge de la Manufacture d’Armes de Saint Etienne (MAS).

Le MAC modèle 1950 se distingue par son calibre, la France ayant abandonné le 7.65mm au profit du 9mm plus puissant. Les premières armes sortent début 1950, les belges étant les premiers servis avant même les français, les yougoslaves suivant peu après les premières unités françaises.

Arme fiable et robuste, elle était très appréciée par le troupier yougoslave qui aimait savoir qu’en cas de perte du fusil il pouvait toujours compter sur un pistolet qui ne lâcherait pas au moment voulu.

Ce pistolet est resté en service en Yougoslavie jusqu’au début des années soixante quand le basculement dans le camp communiste entraina son remplacement par une arme plus compatible avec la nouvelle orientation idéologique du pouvoir en place à Belgrade.

Le MAC modèle 1950 est un pistolet automatique de 9mm mesurant 195mm de long (dont 111mm pour le canon), un poids à vide de 0.860kg (et 1.047kg chargé), un chargeur droit de 9 cartouches, une cadence pratique de 18 coups par minute et une portée pratique de 50m.

Pistolets mitrailleurs

Beretta Modèle 1938

Appelé également MAB 38 (Moschetto Automatico Beretta Modello 1938), le Beretta modèle 1938 est un élégant pistolet mitrailleur mis en service comme son nom l’indique en 1938 au sein des forces armées italiennes.

L’arme fût très appréciée tant de ses utilisateurs que de ses ennemis qui n’hésitèrent pas à retourner les modello 1938 contre leurs anciens propriétaires. Outre l’Italie, l’arme à été utilisée de manière officielle par la Roumanie, l’Argentine et l’Allemagne.

Après une première variante appelée modèle 1938, des variantes simplifiées furent produites comme le modèle 1938/42 mis en service comme son nom l’indique en 1942 et le modèle 1938/49 mis en service au printemps 1949.

Cette arme fût distribuée en prioritée aux Paracadutisti, aux Alpini et aux bersaglieri des divisioni corazzate où ils servaient comme infanterie portée. Le bataillon «San Marco» fût également équipé tout comme certaines unités de Chemises Noires ou mêmes certaines unités d’infanterie de ligne.

En dépit d’une production importante, les usines Beretta furent dans l’incapacité de produire suffisamment d’armes pour les forces armées italiennes.

Voilà pourquoi des projets d’armes beaucoup plus simples furent lancés, projets aboutissant après le basculement italien dans le camp allié au profit du Nouvel Etat Fasciste. Quand au Beretta modèle 1938/49, la production se poursuivit pour les forces allemandes déployées en Italie qui recevaient de moins en moins d’armes d’Allemagne.

A la fin du conflit la production de cette arme fût brièvement interrompue mais reprit dès le printemps 1955 pour équiper la nouvelle armée italienne qui préférait le MAB 38 à des pistolets mitrailleurs qui pour les plus esthètes ressemblaient davantage à des outils de garagiste qu’à de véritables armes.

Outre l’Italie, le MAB 38 à été utilisé par l’Albanie, le Costa Rica, la République Dominicaine, le Japon (petit nombre pour tests), l’Ethiopie, l’Allemagne, le Maroc (surplus italiens dans les années soixante), Roumanie, Yougoslavie, Yemen et Syrie, ces deux états utilisant des armes de troisième main puisqu’il s’agissait d’armes italiennes capturées par les yougoslaves et livrées à des guerilla via d’obscurs intermédiaires.

Les yougoslaves ont en effet utilisé ce pistolet mitrailleur en le capturant sur le champ de bataille durant l’opération MARITSA. Le nombre n’est pas connu avec certitude mais le recoupement de différents témoignages fait état d’un bon millier d’armes ce qui énorme surtout pour un pays attaqué et qui résistait à grand peine à l’assaut germano-italo-hongrois.

Avec des munitions en quantité suffisante (via notamment la capture de convois logistiques), les yougoslaves purent utiliser ces armes contre l’ennemi et même un temps après la reconstitution des forces armées le temps que les français fournissent suffisamment de pistolets mitrailleurs.

Le Beretta modèle 1938 était un pistolet mitrailleur pesant 4.2kg à vide et 5kg chargé d’un calibre de 9mm, mesurant 946mm de long dont 315mm pour le canon, tirant la cartouche aujourd’hui standard 9x19mm Parabellum à une distance maximale effective de 200m, la cadence de tir atteignant 600 coups par minute via des chargeurs de dix, vingt, trente ou quarante coups.

TZ-45

Le pistolet mitrailleur TZ-45 est apparu dès 1945 mais sa production n’à été lancée en masse qu’à partir de 1950 quand il devint évident que Beretta ne pourrait fournir suffisamment de MAB modèle 1938.

Produite entre 1950 et 1954 à 8000 exemplaires, cette arme à été utilisée par l’Italie, l’Allemagne, la Yougoslavie, la Hongrie, la Roumanie et après guerre par la Birmanie et la Thaïlande.

Le pistolet mitrailleur TZ-45 à aussi été utilisé de manière détournée par les yougoslaves qui capturèrent des exemplaires sur le champ de bataille. Son utilisation est cependant moins documentée que celle du Beretta. Son utilisation cessa à la fin de la Campagne de Yougoslavie.

Le pistolet mitrailleur TZ-45 était un pistolet mitrailleur de 3.2kg d’un calibre de 9mm (9mm Parabellum ou Fiocchi) mesurant 845mm (crosse déployée) et 550mm (crosse repliée), disposant d’un canon de 230mm, tirant les quarante cartouches de son chargeur à une distance maximale effective de 150m pour une cadence de tir de 800 coups par minute.

Manufacture d’Armes de Tulle (MAT) modèle 1942

Le pistolet mitrailleur MAT 42

Contrairement à ce qu’on lit parfois l’armée française avait parfaitement cerné les potentialités du pistolet mitrailleur mais une volonté absurde de perfectionnisme avait conduit au fait qu’en septembre 1939 aucun PM n’était en service dans les rangs français, le MAS-38 ayant vu sa production tout juste lancé et pour faire face au conflit qui venait de débuter on commanda des Thompson aux américains et on récupéra les armes laissées par les républicains espagnols qui s’étaient réfugiés en France lors de la Gran Retirada (La Grande Retraite).

Cela va changer durant la Pax Armada. Le MAS-38 était une arme fiable mais difficile à produire en masse en temps de guerre. De plus des doutes sur la puissance de la cartouche de 7.65mm s’était fait jour. Parallèlement, quelques MP-40 capturés au cours d’une descente contre un entrepôt clandestin d’armes en Alsace furent étudiés avec intérêt par l’armée française.

Tout ces facteurs allaient concourir à la naissance d’un pistolet mitrailleur fiable et facile à produire, le principal reproche qu’on pourrait lui faire étant un esthétisme qui tranchait avec les armes antérieures.

C’est la Manufacture d’Armes de Tulle (MAT) qui est chargée de mettre au point une arme destinée surtout aux sous-officiers et aux servants d’armes lourdes, les MAS-38 devant être rétrocédés à la Gendarmerie pour des tâches de sécurité.

Les premiers prototypes sont présentés en septembre 1941. Les tests officiels sont concluants mais une véritable ordalie attend la nouvelle arme qui va être littéralement maltraitée par les hommes du 65ème RI de Nantes et du 601ème GIA.

Cette fois pas de simples tests au champ de tir mais des tests en condition réelle lors de manœuvres où la consigne est claire : ne pas ménager les armes. Quelques problèmes sont relevés mais aucun qui menace l’avenir de l’arme.

La production en série est lancée en septembre 1942, les premières armes étant livrées avant la fin de l’année.

Le nouveau pistolet mitrailleur est baptisé MAT modèle 1942 rapidement simplifié en MAT-42. Il va principalement équiper le chef de section des compagnies d’infanterie, les corps francs _unités créées uniquement en temps de guerre avec les meilleurs éléments du régiment_, et les GRDI. De plus chaque régiment d’infanterie recevait à la mobilisation un stock à utiliser selon le bon vouloir du chef de corps.

Les yougoslaves vont recevoir des MAT-42 quand leur armée est reconstituée en Afrique du Nord en 1950. Les troupes de Belgrade ne vont pas faire preuve d’innovation dans l’utilisation de cette arme puisqu’elle va équiper les sous-officiers, les porteurs d’armes lourdes, des unités de choc comme l’infanterie portée. Toujours en service à la fin du conflit ce pistolet mitrailleur à été remplacé en 1960 par des armes de conception soviétique.

Le MAT-42 était un pistolet de conception et de fabrication française pesant 3.5kg à vide mais 4kg chargé, mesurant 630mm de long 220mm pour le canon. Tirant la cartouche 9x19mm Parabellum, cette arme pouvait toucher une cible à 200m (100m en pratique) à raison de 600 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des chargeurs de trente-deux cartouches.

Mitteleuropa Balkans (77) Roumanie (7)

Le Royaume de Roumanie (2) (1918-1954)

La Grande Roumanie et la guerre hungaro-roumaine

La Grande Roumanie

Carte de la Grande Roumanie

Dans l’immédiat après guerre, la Roumanie va réaliser le rêve d’un Etat regroupant tous les roumanophones. C’est la naissance de la Grande Roumanie. Cette Grande Roumanie va voir le jour en plusieurs étapes.

Le 28 novembre 1918 la Bucovine vote son rattachement à la Roumanie suivie le 1er décembre 1918 par les roumains de Transylvanie réunis à Alba Iulia. Si les saxons acceptent ce rattachement le 15 décembre, les hongrois eux confirment le 22 décembre leur attachement à la couronne de Hongrie.

A la conférence de paix de Paris la Roumanie reçoit la Transylvanie, une partie du Banat et d’autres territoires ayant appartenus à la Hongrie, la Bessarabie (partie de la Moldavie comprise entre le Prut et le Dniestr) et la Bucovine. La loi du 1er janvier 1920 ratifie ces différentes unions.

Le Traité de Trianon (1920) voit la Hongrie renoncer à la Transylvanie, le Traité de Saint-Germain-en-Laye (1919) confirme l’union de la Roumanie avec la Bucovine.

Le Traité de Paris (1920) reconnaît la domination roumaine sur la Bessarabie mais comme le Japon ne l’à pas ratifié il n’à aucune valeur.

Pour ne pas simplifier les choses les Etats-Unis ne reconnaissent pas le traité de Trianon et ont signé un traité de paix séparé avec la Hongrie le 29 août 1921. En 1923 il y eut quelques rectifications de frontière avec le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes.

C’est ainsi qu’entre 1914 et 1920 le Royaume de Roumanie à plus que doublé de superficie, passant de 120732 km² à 295049km².

Il doit désormais relever le défi d’être un état multinational avec de fortes minorités germanophones et magyarophones vis à vis duquel la politique va varier avec néanmoins une constance : une relative tolérance et non une roumanisation forcée comme les roumains de Transylvanie ont pu le subir à partir de 1867 et la fin de l’autonomie transylvaine.

La guerre hungaro-roumaine

L’armistice du 11 novembre 1918 marque la fin du premier conflit mondial mais pas des opérations. En effet les alliés s’inquiètent de la situation en Russie où les bolcheviks de Lenine et de Trotsky affrontent les armées blanches soutenus par les alliés.

On craint la contagion communiste à travers l’Europe. Pour des pays ravagés par les combats et la pauvreté, par la haine des profiteurs de guerre et par la volonté du «plus jamais ça» nul doute que les idées bolcheviques sont particulièrement attirantes.

Dans l’immédiat après guerre les troupes alliées et notamment françaises qui ont combattu sur le front macédonien restent déployées en Roumanie et dans les territoires ayant appartenu à feu l’empire austro-hongrois. Ils vont opérer contre les bolcheviques russes mais aussi contre leurs cousins hongrois qui établissent en Hongrie une république des conseils dont le leader est Béla Kun.

Béla Kun

Les roumains sont d’ailleurs intervenus en Bessarabie du 19 janvier au 5 mars 1918 dans le cadre de la guerre civile russe, intervention qui se termina par l’occupation de la Bessarabie par la Roumanie (sud et centre) et par l’Autriche-Hongrie (nord).

Seulement voilà les troupes françaises sont démoralisées et épuisées. Surtout ils se demandent pourquoi ils combattent encore alors que sur le front ouest les combats sont terminés. Des mouvements d’humeur et des mutineries éclatent ce qui entrainera le rapatriement de la flotte et du corps expéditionnaire en France et sa démobilisation.

C’est donc l’armée roumaine qui va assurer le gros du boulot. C’est le début de ce qu’on à appelé la guerre hungaro-roumaine.

Avant d’entrer dans le vif du sujet rappelons que le 16 novembre 1918 la Hongrie à proclamé la république, une république démocratique dirigée par Mihaly Karolyi.

Ce dernier est plein de bonne volonté mais il est pris entre le marteau allié qui fait preuve d’une intransigeance totale et l’enclume des extrémistes des deux bords qui sont dans une destructive surenchère.

Le 21 mars 1919 Bela Kun proclame la république des conseils. Le régime du comte Karolyi se maintient partiellement en Transylvanie où une administration mixte hungaro-roumaine se met en place sous l’égide de Gyula Peidl et du roi Ferdinand 1er de Roumanie.

La noblesse magyare propose la couronne de Hongrie au roi de Roumanie pour lier les deux pays dans une union personnelle mais ce projet ne pu aboutir. Ce projet entrainera une guerre hungaro-roumaine.

Les alliés tentent de négocier avec Bela Kun mais c’est un échec. La solution allait donc être militaire. Comme nous l’avons vu plus haut l’armée française ne peut intervenir et c’est finalement une armée franco-serbe dirigée par le général Franchet d’Esperey et une armée franco-roumaine (mais plus roumaine que franco) dirigée par Berthelot (Nda «Le gros Berthelot» comme dit Philippe Torreton dans ce splendide film qu’est Capitaine Conan) qui allaient intervenir.

Les 15 et 16 avril 1919 les hongrois lancent une attaque préventive contre les franco-roumains mais ces derniers contre-attaquent, brisant les lignes hongroises. Au début du mois de mai, les troupes d’Henri Berthelot occupent la rive est de la rivière Tisza selon le partage territorial prévu par la note Vix, note qui avait conduit à la démission de Karolyi.

Dès le 2 mai 1919 le gouvernement hongrois réclame la paix. Cela ne veut pas dire capitulation puisque le 20 mai l’armée rouge hongroise attaque et repousse les troupes tchécoslovaques et roumaines.

Le 30 mai 1919 un gouvernement anticommuniste est fondé à Szeged avec à sa tête Gyula Karolyi. En juin la conférence de paix de Paris ordonne de mettre un terme au conflit hungaro-tchèque.

Du 17 au 20 juillet 1919 les hongrois attaquent à nouveau l’armée roumaine. Cette fois cela se passe très mal pour les hongrois qui sont repoussés par les franco-roumains. Le 26 la rive est de la Tisza est à nouveau contrôlée et dans la nuit du 29 au 30 juillet la dite rivière est franchie pour permettre aux troupes alliées de mettre cap sur Budapest.

Le régime communiste hongrois se décompose. Le 1er août le gouvernement révolutionnaire démissione et Kun quitte la capitale sous la protection de la mission militaire italienne. Le 6 août la république des conseils à vécu et la république démocratique restaurée après une tentative de restauration des Habsbourgs.

L’armée franco-roumaine d’Henri Berthelot rentre le 6 août 1919 à Budapest et l’occupe jusqu’au 16 novembre quand Miklos Horthy, futur régent du royaume de Hongrie entre dans la capitale hongroise.

Le régent Horthy

La Roumanie en menant la guerre contre les communistes hongrois à sans nul doute marqué des points importants à la conférence de paix de Paris et pu ainsi obtenir la validation des rattachements des territoires peuplés de populations roumanophones.

La constitution de 1923

Le 29 mars 1923 est officiellement promulguée en Roumanie une nouvelle constitution. Appelée Constitution d’Union, elle va être en vigueur de 1923 à 1938. Elle à été abrogée par la Constitution du 27 février 1938.

Elle à pour but d’intégrer juridiquement parlant les nouveaux territoires acquis en 1918 et surtout remplacer le suffrage censitaire par le suffrage universel masculin.

Quatre projets de constitution sont présentés, un présenté par le Parti National Libéral écrit en partie par Ion I. C. Bratianu, un projet influencé par le Parti National Roumain écrit à Cluj par R. Boila, un par Constantin Stere représentant le point de vue du Parti des paysans et un quatrième par C. Berariu.

Tous sauf celui de Stere proposaient une chambre monocamérale, une représentation proportionnelle et une consultation populaire. En ce qui concerne l’organisation politique les trois projets étaient très inspirés de la Constitution en vigueur.

Un décret publié le 22 janvier 1922 prononce la dissolution du Parlement et convoque une Assemblée Constituante.

Quand les libéraux arrivent au pouvoir en 1922, ils proposent leur projet qui est adopté par la Chambre des Députés le 26 mars 1923 (247 voix contre 8, 2 abstentions) et par le Sénat le lendemain (137 voix contre 2, 2 abstentions). Sanctionné par le roi Ferdinand 1er le 28, elle est publiée le 29 mars 1923 par le Moniteur officiel de Roumanie.

Pour résumer c’est la constitution de 1866 révisée en 1879, en 1884 et 1917.

Ce texte est organisé en huit titres, le Titre 1 concerne le territoire roumain, le Titre 2 concerne les droits des roumains, le Titre 3 concerne les pouvoirs de l’Etat, le Titre 4 concerne les finances, le Titre 5 concerne les forces armées, le Titre 6 concerne les dispositions générales, le Titre 7 concerne les modalités de révision de la Constitution et le Titre 8 les dispositions transitoires et supplémentaires.

Le Titre premier (Titre 1) comprend les quatre premiers articles et concerne les limites du Royaume de Roumanie avec son organisation interne (départements ou judete eux mêmes divisés en communes).

Le Titre second (Titre II) concerne donc les droits des roumains comprennant les articles 5 à 32 avec la liberté de croyance et de conscience (articles 7 et 22), la non-reconnaissance des statuts et des privilèges et des titres de noblesse (article 10), la garantie des libertés individuelles (articles 11 et 12), la peine de mort est réservé au temps de guerre (article 16), la propriété privée est garantie (article 17), la liberté d’enseignement (article 24), la liberté d’expression (articles 25 et 26), la liberté de la correspondance (article 27), le droit d’association (article 29), le droit de pétition (article 30).

Le Titre Troisième (Titre III) concerne les pouvoirs de l’Etat. Il couvre les articles 33 à 108. Le pouvoir législatif est assuré par le roi et par la représentation nationale qui est assurée par le Sénat et l’Assemblée des Députés. Une loi doit être votée par les deux assemblées pour pouvoir être sanctionnée par le roi. Les trois branches du pouvoir législatif peuvent avoir l’initiative de la loi (articles 34 et 35).

Les membres du corps législatif sont élus pour quatre ans (article 62). L’assemblée des députés se compose (article 64) de députés par les citoyens roumains majeurs au suffrage universel égal, direct, obligatoire et secret, sur la base de la représentation des minorités.

L’élection des députés à lieu par circonscription électorale, chaque circonscription électorale ne peut être plus grande qu’un département (article 65).

Pour être élu il faut être citoyen roumain, jouir des droits civils et politiques, être âgé de 25 ans et être domicilié en Roumanie.

Le Sénat se compose de sénateurs élus et de sénateurs de droit (article 67). Tous les citoyens roumains âgés de 40 ans accomplis élisent par circonscriptions électorales qui ne peuvent être plus grandes qu’un département, au vote obligatoire, égal, direct et secret un certain nombre de sénateurs (article 68).

Les membres des conseils de département et des conseils municipaux urbains et ruraux réunis en un seul collège élisent au vote obligatoire égal, direct et secret un sénateur par département (article 69).

Les membres des chambres de commerce, d’industrie, de travail et d’agriculture réunis en collèges distincts élisent un sénateur de chaque catégorie pour chaque circonscription électorale. Ces circonscriptions électorales spéciales seront fixées par la loi électorale, leur nombre ne pouvant être supérieur à six (article 70).

Chaque université élit par le vote de ses professeurs un sénateur (article 71) et d’autres sont membres de droits (héritier du trôné âgé de 18 ans, les hauts-cadres des Eglises, le président de l’Académie roumaine). Ces personnes sont membres du Sénat tant qu’ils sont titulaires de la charge leur permettant d’accéder au Sénat (article 72 et 73).

Pour être éligible au Sénat, il fallait être citoyen roumain, jouir des droits civils et politiques, être âgé de 40 ans et être domicilié en Roumanie. Même chose pour les sénateurs de droit à l’exception de l’âge.

Un Conseil Législatif donne son avis sur les projets de lois proposés tant par le pouvoir exécutif que par le pouvoir législatif (article 76).

Le pouvoir exécutif est confié au roi (article 39) alors que le pouvoir judiciaire exercé par des organes propres, les arrêts étaient rendus en vertu de la loi et exécutés au nom du roi (article 40).

Le roi transmet à des descendants mâles et légitimes ses pouvoirs constitutionnels, les femmes et leur descendance étant exclues, les descendants devant être élevés dans la religion orthodoxe d’Orient (Article 77). En l’absence de descendance y compris par les branches collatérales, le roi pourrait choisir parmi les maisons royales d’Europe après assentiment de la représentation nationale. Durant la vacance du trône, une Lieutenance royale de trois personnes assumera la régence (Article 78 et 79). Les articles 80 à 87 précisent les pouvoirs du roi et leur évolution.

Selon l’article 88 le roi nomme et révoque ses ministres, sanctionne et promulgue les lois, peut refuser la sanction des lois, dispose du droit d’amnistie en matière politique, peut remettre ou réduire les peines en matière criminelle, peut suspendre les poursuites, nomme et confirme aux emplois publiques, chef de la force armée, distribue les décorations militaires et peut battre monnaie selon une loi spéciale et peut signer des traités avec les états étrangers. Selon l’article 89, la loi fixe la liste civile pour la durée de chaque règne.

Les ministres doivent être roumains par naissance ou naturalisation, aucun membre de la famille royale ne pouvant être ministre. Les ministres peuvent être mis en accusation par les deux assemblées, ministres jugés par la Haute-Cour de cassation et de justice.
Les tribunaux sont créés par la loi (article 101), il n’existe qu’une cour de cassation et de justice (article 102) et seule cette dernière peut juger de la constitutionnalité et de la inconstitutionnalité des lois (article 103). les juges sont inamovibles dans les conditions spéciales qur fixera la loi (article 104).

Le Titre Quatrième (Titre 4) concerne les finances du Royaume de Roumanie. Il précise les modalités de recueil de l’impôt et de son utilisation. Ce sont les articles 109 à 118 qui précisent également le vote et l’utilisation du budget.

Le Titre Cinquième (titre V) concerne la force armée et couvre les articles 119 à 123. Comme la majorité des pays à l’époque, l’armée roumaine est une armée de conscription ce qui impose par exemple un vote annuel pour le contingent appelé sous les drapeaux (article 121).

Le Titre Sixième (Titre VI) concerne les dispositions générales couvrant les articles 124 à 128. Cela concerne les couleurs du drapeau (article 124), la capitale Bucarest (article 125), la langue officielle le roumain (article 126), l’interdiction de tout serment (article 127) et sur l’impossibilité de suspendre la constitution (article 128 «La Constitution ne peut être suspendue, ni en totalité, ni en partie. En cas de danger pour l’État, l’état de siège, général ou partiel, peut être déclaré»).

Le Titre Septième (Titre 7 article 129 et 130) précise les modalités de révision de la Constitution et la Titre Huitième (Titre 8 article 131 à 138) concerne les dispositions transitoires et supplémentaires.

La période démocratique

De 1923 à 1938 la Roumanie va connaître une période de vraie démocratie. Alors que l’Europe de l’est est marquée par des régimes autoritaires d’essence souvent réactionnaire, Bucarest fait figure d’ilôt démocratique même si naturellement tout n’est pas parfait.

J’en veux pour preuve la révolte de Tartarbunary survenue du 15 au 18 septembre 1924. Il s’agit d’une révolte paysanne, d’une jacquerie mais fortement matinée d’idées bolcheviques.

Cette révolte éclate en Bessarabie, une région récemment rattachée à la Roumanie. Elle à été menée par un comité révolutionnaire pro-soviétique qui avait pour objectif de créer une république soviétique moldave et de mettre fin à ce qui était considéré comme une occupation roumaine.

Cette révolte éclate dans un contexte de relations extrêmement tendues entre la Roumanie et l’URSS. Des entrevues ont été organisées à Copenhague, à Varsovie, à Gênes et ailleurs mais aucun consensus ne put aboutir, les soviétiques considérant que la Bessarabie avait été annexée et que le vote d’union avec la Roumanie avait été biaisée par la présence de troupes roumaines.

En décembre 1923 la 6ème conférence de la Fédération Communiste Balkanique adopte une résolution condamnant l’expansionisme roumain. Il encourageait les habitants de Bessarabie, de Bucovine, de Dobroudja et de Transylvanie à «combattre pour leur auto-détermination».

Du 27 mars au 2 avril 1924 des négociations roumano-soviétiques ont lieu à Vienne pour tenter d’améliorer les relations bilatérales. Ce n’était pas facile car la Roumanie n’avait pas reconnu l’URSS et les deux pays n’entretenaient aucun relation diplomatique.

Dès le début les soviétiques réclament un plébiscite en Bessarabie mais Bucarest refuse estimant que ce plébiscite était une opération de relations publiques en faveur de l’URSS.

Le chef de la délégation roumaine fit remarquer qu’aucun plébiscite ne fût organisé dans ce qui était censé être le «paradis socialiste». Les roumains rompent les négociations le 2 avril et toutes les conditions sont réunies pour un mouvement armé d’ampleur contre Bucarest.

Ce mouvement doit entrainer une réaction vigoureuse de la Roumanie pour justifier l’intervention de l’Armée Rouge. D’autres révoltes doivent être organisées dans d’autres états de la région notamment les Etats Baltes alors indépendants. C’est à l’été que la décision est prise.

Le territoire roumain à été divisé en deux zones, une zone nord couvrant la Bucovine qui doit être la région où doit commencer la rébellion, les autres zones (Bessarabie, Dobroudja, Banat et Hongrie orientale, Manamures Hongrie orientale et Transylvanie) devant suivre dans la foulée.

Durant les négociations roumano-soviétiques à Vienne, des agents soviétiques s’infiltrent en Bessarabie du Sud avec des armes et des tracts de propagande.

Le premier incident à lieu à minuit le 11 septembre 1924 quand un groupe armé de trente hommes transporté par bateaux attaque le village de Nikolaievca près de la frontière soviéto-roumaine et sur le rivage de la mer Noire.

Ce détachement coupe les lignes de téléphone et de télégraphe, tue le maire et deux gendarmes, incendient plusieurs bâtiments dont la mairie, affichant des tracts pour pousser la population à la révolte. Une foire fût également attaquée mais l’intervention rapide des gendarmes limita les dégâts. Après cette attaque plusieurs leaders de l’opération furent arrêtés ce qui imposa aux conjurés de passer la vitesse supérieure.

Le 15 septembre 1924 au soir, une réunion à lieu à Tatarbunary. Tous les participants acceptèrent d’attaquer le soir même. La mairie est occupée et une république soviétique moldave est proclamé, république autonome intégrée à la république socialiste et soviétique d’Ukraine.

Cette attaque entraina la mort du secrétaire de mairie, le chef de la gendarmerie, deux soldats roumains et d’autres représentants de l’état roumain furent tués.

Dans la nuit deux autres groupes armés sont formés pour prendre le contrôle des villages voisins et augmenter la surface de la rébellion. Des institutions typiquement soviétiques sont mises sur pied comme des comités révolutionnaires, des unités de milices et de gardes rouges. Les rebelles étaient entre 4000 et 6000 mais la majorité étaient ukrainiens et russes avec fort peu de roumains.

Le lendemain le commandant de la gendarmerie de Bïlolïssa s’échappa à Sarata en compagnie de quatre volontaires allemands. Avec ce groupe roumain ils attaquèrent les rebelles communistes, le combat durant plusieurs heures aboutissant à la retraite des insurgés en direction de Tatarbunary.

Le gouvernement roumain réagit promptement en envoyant des unités d’artillerie au profit de son 3ème Corps d’Armée mais aussi des moyens navals. Les premières unités arrivent à Cetatea Alba dans la soirée du 16 septembre et engagea immédiatement les rebelles sur le pont reliant Tatarbunary et Bîlolîssia. L’un des leaders Ivan Bejanovici est mortellement blessé.

Les troupes roumaines continuent leur opération venant de l’ouest en direction de Strumok. Les combats sont violents mais les rebelles en fin de journée doivent battre en retraite en direction du sud à Nerushai.

Dans les premières heures du 18 septembre, les troupes roumaines bombardèrent Tatarbunary, le centre majeur de la rébellion. Nenin nouveau chef de la rébellion ordonna la retraite en direction de Desantne.

Les rebelles tentèrent de rallier la mer Noire à Volcioc près de Jibrieni mais ils furent interceptés par une patrouille de garde-frontières de vingt hommes. N’ayant plus de munitions ils furent obligés de se rendre à l’armée roumaine qui captura au total 120 hommes mais les

Les deux leaders se séparèrent, Iustin Batischcev abandonna Nenin en prenant tout l’argent restant mais fût capturé par l’armée. Il eut plus de chance que Nenin qui fût mortellement blessé par un gendarme alors qu’il tentait de gagner les rives de la mer Noire pour rallier l’URSS.

La révolte fût mâtée après trois jours de combats. 1600 personnes furent arrêtées et 3000 tués dont un certain nombre de leaders de la rébellion. Le 11 octobre 1924, 45 hommes armés tentèrent de libérer des rebelles armés près de Tuzly. Même chose six jours plus tard près de Tatarbunary.

Le procès eut lieu entre le 24 août et le 2 décembre 1925 à la cour militaire du 3ème Corps d’Armée. Sur les 1600 personnes arrêtés, 489 personnes dont seulement 9 roumains sont poursuivis d’où son nom de Procès des 500.

C’est un procès hors norme avec un dossier d’instruction de 70000 pages et un verdict nécessitant 180 pages ! Quand on ajoute au fait que la majorité ne parlait pas roumain ce qui imposait le recours à la traduction on comprend que ce procès à duré 103 jours.

Le verdict est rendu le 3 décembre 1925. Iustin Batischcev fût condamné aux travaux forcés à perpétuité (la peine la plus sévère en temps de paix), d’autres à des peines de 15 ans de travaux forcés, de 10, 5, 3, 2 ou un an de prison. A cela s’ajoute 1000 lei d’amende.

Ce procès fût naturellement très commenté dans le monde et l’image de la Roumanie en souffrit, la réponse militaire ayant été jugé disproportionée par rapport à la menace réelle. En clair la défaite militaire à été un succès de propagande pour l’idéologie soviétique.

Ceux qui avaient échappé à l’arrestation et qui s’étaient réfugiés en URSS furent victimes des Grandes Purges déclenchées à la fin des années trente.

Ils ne pouvaient de toute façon espérer aucune clémence des autorités roumaines qui par une loi du 17 décembre 1925 fit interdire le parti communiste roumaine, une interdiction qui n’allait être levé qu’en 1953 après le changement de camp de la Roumanie.

Sur le plan de la politique extérieure la Roumanie va s’inscrire dans une série d’accords que l’histoire à retenu sous le nom de Petite Entente.

Tout à commencé le 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes Yougoslavie à partir de 1929 signent un accord d’assistance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon signé le 4 mai 1920.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix.

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France s’est portée garante des accords de la Petite Entente en signant des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926). Une façon de posséder une alliance de revers en cas de réémergence de la menace allemande.

Ce Petite Entente montre très vite ses limites d’autant que les différents pays se regardent parfois en chien de faïence. Nous sommes loin de la solidarité transnationale contre une menace d’un pays tiers vis à vis de l’un des signataires. Pour ne rien arranger, les renoncements français des années trente vident ces accords de leur substance.

Nul doute que si la guerre de Pologne était devenu un conflit mondial nul doute que cette région aurait durablement échappé aux alliés. Son arrêt brutal en décembre 1939 permet à Paris et à Londres de remettre l’ouvrage sur le métier.

Plus facile à dire qu’à faire puisque si la réputation dégringole par l’ascenseur, elle remonte par l’escalier. Il faudra du temps, de la patience, du doigté et un soupçon de chance pour rendre la région moins hostile aux alliés.

C’est ainsi que des accords formels de coopération et d’assistance militaires sont signés avec la Yougoslavie et la Grèce, le premier étant signé à Belgrade le 14 septembre 1945 et le second à Athènes le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

La Roumanie se rapproche également de la Pologne au travers d’une série de traités signés durant la période que l’histoire à retenu sous le nom de «Rethondes-Coblence».

Les différents traités de paix signés dans la foulée de la Conférence de paix de Paris ont permis la renaissance de la Pologne 123 ans après sa disparition et permis du côté Roumain la réalisation du vieux irrédentiste en regroupant dans un même état tous les roumanophones jadis dispersés entre la Roumanie, la Russie et l’Autriche-Hongrie.

Bucarest et Varsovie en donc tout intérêt à se rapprocher pour ne pas dilapider les fruits des traités en cas de retour au premier plan de pays vaincus comme l’Allemagne ou de pays mis au ban de la communauté internationale comme la Russie devenue l’URSS. La volonté d’imposer un «cordon sanitaire» contre le bolchevisme était également très présente chez les deux gouvernements.

Lors de la guerre polono-soviétique de 1919/20 les roumains ne s’engagèrent pas aux côtés des troupes polonaises mais acceptèrent que leur territoire serve de zone de transit pour l’armée de Varsovie qui se composait à l’époque d’un étonnant mélange de soldats, sous-officiers et officiers ayant combattu aux côtés des alliés (Armée Bleue), au sein de l’armée allemande, de l’armée austro-hongroise et même de l’armée russe.

Les roumains participèrent néanmoins à la guerre opposant les polonais à la république populaire d’Ukraine occidentale créé en Galicie à l’été 1919. En août 1919 les polonais proposèrent même un condominium polono-roumain sur l’Ukraine mais ce projet n’eut pas de suite en raison visiblement de réticences côté roumain.

Bucarest de son côté envisageait de nouer des relations diplomatiques avec la République Populaire d’Ukraine. En 1920 Pidulski l’homme fort de la Pologne proposa à nouveau un condominium sur l’Ukraine en précisant que la Roumanie pourrait administrer les rives de la mer Noire, Odessa et la Transnistrie. Là encore les roumains refusèrent de crainte d’être entrainés dans la guerre civile russe.

En dépit de ces refus roumains, les deux pays estimèrent qu’un accord était possible. C’est ainsi qu’une convention défensive est signée à Bucarest le 3 mars 1921. Valable cinq ans ce traité obligeait chaque signataire à porter assistance à l’autre en cas d’agression à sa frontière orientale ce qui faisait de ce traité une arme dirigée contre la Russie bolchévique future (1922) URSS, cette dernière venant de perdre la guerre contre la Pologne.

Les ratifications sont échangées à Bucarest le 25 juillet 1921 et le traité est enregistré dans les archives de la SDN le 24 octobre de la même année.

Si la Pologne et la Roumanie s’entendirent pour une convention défensive en revanche Bucarest échoua à convaincre Varsovie à rejoindre la Petite Entente en raison d’une série de contentieux frontaliers entre la Pologne et la Tchécoslovaquie. La Grèce également approchée refusa également.

Le traité de 1921 expirant le 3 mars 1926 les discussions pour le proroger sont lancées dès les premières semaines de l’année. Les négociations s’annoncent ardues car cette fois Varsovie veut une assistance roumaine contre l’URSS mais aussi contre l’Allemagne.

Le 26 mars 1926 la Roumanie et la Pologne signe un traité d’alliance qui élargit le champ d’application en automatisant l’assistance envers l’autre signataire et ce quelquesoit la frontière attaquée. Les ratifications sont échangées à Varsovie le 9 février 1927 et le traité est enregistré par la SDN le 7 mars suivant.

Le 15 janvier 1931 un traité de garantie est signée entre les deux pays. En octobre des rumeurs envoient même le prince Nicolas, fils de Ferdinand 1er et frère de Carol II, ancien régent de Roumanie pour son neveu Michel 1er comme nouveau roi de Pologne.

Alors que les nazis sont aux portes du pouvoir en Allemagne, la Pologne tente de sécuriser sa frontière orientale en signant un pacte de non-agression avec Moscou.

Ce traité est signé le 25 juillet 1932, les ratifications sont échangées le 23 décembre 1932, le traité est enregistré le 9 janvier 1933 par la SDN. Le 5 mars 1934 ce traité est prolongé sans modifications jusqu’au 31 décembre 1945 (sic).

Nul doute que la Roumanie aurait aimé faire pareil mais comme l’URSS ne reconnaissait la souveraineté roumaine sur la Bessarabie cela partait sur de mauvaises bases pour rester poli.

Toujours en 1932 les milieux autorisés bruissèrent de rumeurs qu’on envisageait une union personnelle de la Roumanie et de la Pologne avec un Carol II roi de Roumanie et roi de Pologne.

A partir du milieu des années trente les relations roumano-polonaises se rafraichissent puisque les intérêts des deux pays commencèrent à diverger. Bucarest signa ainsi le Pacte Balkanique (Nda voir plus loin) avec la Yougoslavie, la Turquie et la Grèce. De son côté la Pologne tenta de convaincre la Roumanie de retirer son soutien à la Tchécoslovaquie en échange d’un compromis avec la Hongrie.

En 1938 lors de la crise des Sudètes, le colonel Beck, ministre des affaires étrangères polonais proposa à la Roumanie de participer au dépeçage de la Tchécoslovaquie en soutenant l’annexion hongroise de la Ruthenie subcarpathique. Le MAE polonais espérait ainsi faire oublier à Budapest ses revendications sur la Transylvanie. Cette offre est refusée par Carol II.

Alors que de sombres nuages s’accumulent au dessus de l’Europe les deux pays décident de revenir à leurs bonnes relations des années vingt. Cette revivification des relations roumano-polonaises allait trouver son illustration dans le soutien discret mais capital de la Roumanie à la Pologne durant la guerre de trois mois (NdA l’expression «Three Month’s War guerre de trois mois est très utilisée dans les pays anglo-saxons de préférence à «Guerre de Pologne» jugée trop réductrice mais surement trop française).

Certes on ne vit pas des soldats roumains combattre bras dessus bras dessous avec leurs frères d’armes polonais (Varsovie déclina une offre roumaine car espérant une intervention franco-britannique musclée en se servant de la Roumanie comme tête de pont, on connait la suite) mais l’ouverture du territoire roumain permis à de nombreux soldats polonais à échapper à la captivité.

Ce séjour roumain fût bref puisque probablement pour éviter des complications, les troupes polonaises furent rapidement autorisées à rallier la France pour reprendre la lutte après un internement pour la forme.

Cette attitude explique probablement pourquoi malgré un rapprochement avec l’Allemagne les roumains furent obligés de dire adieu à la Grande Roumanie en cédant des territoires à la Hongrie à l’URSS et à la Bulgarie.

Cette politique ne faisait d’ailleurs pas l’unanimité en Roumanie puisque le 21 septembre 1939 le premier ministre pro-britannique Armand Calinescu fût assassiné à Bucarest par des hommes de la Garde de Fer soutenus par l’ambassade d’Allemagne ce qui entraina une crise diplomatique entre Berlin et Bucarest, les deux pays étant à deux doigts d’entrer en guerre.

Il semble que c’est l’attitude pusilanime de la France dans le conflit qui dissuada Bucarest de déclarer la guerre à l’Allemagne. L’ambassadeur fût rappelé en Allemagne et quelques lampistes furent sacrifiés

Suite à la fin de la guerre de Pologne, un gouvernement polonais en exil s’installa à Nantes mais il ne fût pas reconnu de jure par la Roumanie ce qui n’empêcha pas Bucarest de garder des canaux ouverts. On sait maintenant que des filières d’évasion existaient pour les polonais et que ces filières étaient connues des roumains en dépit de dénégations officielles.

Le Pacte ou Entente Balkanique était un traité signé par la Grèce, la Turquie, la Roumanie et la Yougoslavie le 9 février 1934 à Athènes pour maintenir le status quo dans une région qui méritait plus que jamais son surnom de «Poudrière des Balkans» tant les contentieux et les sources de conflit étaient nombreux.

Ce traité était également tourné contre une Bulgarie vaincue durant le premier conflit mondial et dont on redoutait un retour en force pour recréer une Grande Bulgarie qui avait brièvement existé après le traité de San Stefano en 1878 et que Sofia cherchait à recréer. Il s’agissait d’un véritable letmotiv de sa politique étrangère.

Ce pacte avait comme la Petite Entente de sérieuses limites, la principale étant le refus de l’Italie, de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Hongrie et de l’URSS de signer ce texte. Le traité est enregistré par la Société des Nations (SDN) le 1er octobre 1934.

A peine quatre ans après la signature de ce pacte les signataires négocièrent le retour de la Bulgarie dans le concert des nations en signant l’Accord de Salonique. Cet accord signé dans la même ville que l’armistice qui sortit Sofia de la guerre annula les clauses des traités de Neuilly-sur-Seine et de Lausanne, traités qui sanctionnaient les défaites bulgares et ottomanes. Il permettait surtout à la Bulgarie de réarmer officiellement, chose qu’elle avait commencé clandestinement depuis longtemps.

Ce pacte littéralement vidé de sa substance par l’accord de Salonique devint une coquille vide. Il y eut bien quelques tentatives de le faire revivre mais sans succès.

Mitteleuropa Balkans (72) Roumanie (2)

HISTOIRE DE LA ROUMANIE (Istoria României)

Aux temps jadis

Préhistoire et Antiquité

Il y à très très longtemps…….

Le territoire actuel de la Roumanie est précocement peuplé puisque les plus anciennes traces de peuplement remontent à l’an 8000 avant notre ère.

Et encore il s’agit uniquement des premières traces d’agriculteurs d’origine anatolienne qui entretiennent des relations ambivalentes avec les chasseurs-cueilleurs qui occupaient à l’époque le bassin inférieur du Danube.

Plusieurs civilisations préhistoriques vont se succéder mais les traces archéologiques qu’elles ont laissés sont très faibles ce qui explique qu’on les désigne par le nom générique de Pélasges en suivant ainsi Hérodote et Homère.

Vers l’an 1200 avant notre ère une crise climatique frappe la région comme ailleurs en Europe. Des sites moins favorables qu’auparavant sont ainsi abandonnés au profit d’autres.

Roumains à l’Antique

Durant la période antique le territoire est peuplé par les Thraces selon un territoire grossièrement délimitée ainsi : partie orientale de la péninsule des Balkans, bassin du bas Danube au nord du fleuve jusqu’au Boug méridional.

A l’est des Carpathes les populations sont plus mélangées avec à la fois des Thraces et des Scythes mais au nord du Danube les tribus qui y vivent sont appelées les Gètes par les auteurs grecs et Daces par les auteurs romains.

Le Thraces sont refoulés vers l’est et coupés de l’Adriatique par les illyriens puis par les macédoniens. A partir du 6ème siècle l’influence grecque devient prépondérante. Les côtes de la mer Egée au sud et de la mer Noire à l’est sont colonisées par les grecs. Elles sont conquises par les perses de Darius 1er en -515 mais reprises par Philippe II de Macédoine en -342. En -153 une confédération Gète avait été vaincue par la Darius le Grand lors de sa campagne contre les Scythes.

Au 4ème siècle avant notre ère les celtes (Scordisques, Bastarnes) s’installent dans la région. Les auteurs grecs les baptisent du nom de Galates.

Au 1er siècle avant notre ère la civilisation thrace connait son apogée avec le Royaume des Odryses au sud du Danube et le royaume de Burebista au nord du plus grand fleuve d’Europe (hors Volga).

Le royaume des Odryses est apparu au début du 5ème siècle et très rapidement était devenu une puissance importance puisqu’il s’allia à Athènes durant la guerre du Péloponnèse contre Sparte. Ensuite ce fût une alternance de déclins et de périodes glorieuses.

Colonisation et domination romaine

A partir du 1er siècle avant notre ère les romains vont progressivement latinier les population qui vivent dans la région à savoir les Illyres, les Celtes, les Daces et les Thraces. Cela ne se fera pas sans mal avec son lot de frictions et de conflits.

Cela commence au 1er siècle avant notre ère au sud du Danube puis au 2ème siècle de notre ère au nord. L’empire romain étend sa domination sur la région. De nombreux transferts de populations et l’installation de colons romanisent les populations locales au nord d’une ligne appelée Ligne Jirecek.

Cette ligne à été définie au 20ème siècle par l’historien tchèque Konstantin Jirecek dans son livre Histoire des Serbes. Selon lui une ligne nette et précise séparait les régions sous influence grecque et les régions sous influence latine mais cette façon de voir est aujourd »hui remise en cause par les historiens qui l’estime trop sommaire.

De -82 à -44 règne Burebista, un roi dont ont sait peu de choses si ce n’est qu’il dirige une confédération dace. Il fédère les Thraces du Nord à cheval sur le bas Danube jusqu’aux monts Haemos (Gran Balkan). Il implante sa capitale à Sarmizégetuse dans monts d’Orastie en Transylvanie.

Sculpture de Décébale près d’Orsova

Cet état dace centralise va s’opposer clairement aux romains. Apparait alors un personnage que l’on peut considérer comme le «Vercingetorix roumain» à savoir Décébale qui règne de 87 à 106. C’est le plus célèbre mais aussi le dernier roi dace.

Si la Gaule et les gaulois sont considérés comme les ancètres des français, la Dacie et les Daces sont considérés comme les ancètres des roumains ce qui est un raccourci propice à toutes les exagérations et les exploitations politiques et idéologiques.

En l’an 29 avant notre ère, la Thrace septentrionale le long du Danube passe sous domination romaine formant la province de Mésie.

Cette province est aujourd’hui partagée entre la Serbie, la Bulgarie, la Macédoine du Nord et la Roumanie (Doubrodja). Elle est limitée au nord par l’Istros (Danube), à l’est par le Pont Euxin (Mer Noire), au sud par l’Haemos (Gran Balkan) et à l’ouest par les pentes orientales des Alpges Dinariques dans l’actuelle Serbie.

En l’an 45 le Royaume des Odryses allié de Rome est finalement intégré à l’empire romain. De nombreux Thraces deviennent gladiateurs comme un certain Spartacus qui fit trembler l’empire romain sur ses bases.

En l’an 87 l’empereur Dominitien divise cette province en deux avec une Mésie Supérieure et une Mésie Inférieure.

L’empereur Dioclétien (seul empereur romain ayant abdiqué de son plein gré) réorganise totalement la région pour tenter d’améliorer la gestion et surtout la défense d’un ensemble gigantesque.

C’est ainsi que la moitié ouest de la Mésie fût incluse dans les diocèses des Mésies appartenant à la préfecture du prétoire d’Illyrie et placée sous l’autorité de l’empereur d’Orient.

Elle est divisée en une Province de Mésie Première (qui regroupe l’essentiel de la Mésie supérieure) et la Province de Dacie Aurélienne (formée entre 271 et 275).

Cette dernière comprend la partie orientale de la Mésie supérieure et la partie occidentale e la Mésie inférieure. Elle est ensuite scindée par Dioclétien entre la Dacie Méditerranéenne et la Dacie ripuaire.

La moitié est de la Mésie est intégrée au diocèse de Thrace qui appartient à la préfecture du prétoire d’Orient et placée sous l’autorité de l’empereur d’Orient ou Auguste. Rappelons que selon la Tétrarchie mise en place par Dioclétien, l’empire romain était gérée par quatre personnes, deux Augustes (un Auguste en occident et un Auguste en orient) chacun assistés par un César censé en théorie lui succéder.

Elle est subdivisée en une Mésie seconde (partie centrale de la Mésie inférieure) et la Scythie inférieure (cette dernière est formée par la parie oriental de la Mésie inférieure Dobrudja) donnant sur la mer Noire. (NdA si vous n’avez pas tout compris sachez que moi non plus).

Du 2ème au 6ème siècle de notre ère l’Empire romain d’Orient (séparation définitive entre Orient et Occident en 395) va lutter contre les Goths, les Huns et divers autres peuples germaniques et turcs.

En 238 la Mésie est dévastée par les Goths qui sont suivis par les Wisigoths en 378 et les Huns en 441.

Constantin 1er divise le diocèse des Mésies en diocèse de Macédoine au sud (Mésie seconde et Scythie inférieure) et en Diocèse de Dacie au nord (Mésie première et les deux Dacies).

Les Daces inquiètent les romains par leur puissance militaire et leurs campagnes hivernales de pillages en Mésie, les guerriers daces profitant d’un Danube pris par les glaces.

Buste de Trajan

C’est l’empereur Trajan (98-117) qui décide de régler définitivement le problème dace mais il faudra pour cela deux guerres, la première guerre dacique de 101 à 102 et la deuxième guerre dacique en 105/106. Signe que la menace n’était pas vaine les effectifs engagés par les romains augmentent d’un conflit à l’autre passant de 150 à 200000 hommes contre 40 puis 15000 guerriers daces.

La 1ère guerre dacique voit l’engagement de la moitié de l’armée romain avec des légions mais aussi des unités auxiliaires. Après deux ans de durs combats, les romains l’emporte et un traité est signé.

Ce traité impose aux Daces de fournir des troupes auxiliaires à l’armée romaine et surtout de démanteler leurs fortifications. Ces deux promesses ne sont pas tenues et Rome doit repartir au combat pour cette fois vaincre définitivement les Daces et leur chef.

A l’issue du conflit Décébale soit se serait suicidé pour éviter la capture ou alors se serait donné la mort dans son cachot pour ne pas y être étranglé comme Vercingetorix. Figure longtemps oubliée, elle est redécouverte et va jouer pour les roumains le même rôle que le chef Arverne ou qu’un Arminius.

Le Royaume Dace ainsi vaincu devient la Province de Dacie Romaine (Dacia Trajana), une province dirigée par un légat impérial de rang consulaire soutenu par les légats de la légion dirigeants les deux légions qui en assure la défense.

Un procurateur s’occupe des finances. Province riche en or, bois et sel, elle est dirigée depuis une nouvelle capitale installée à Ulpia Traiana Sarmizégetusa, ville créée à 40km de l’ancienne capitale dace.

Pour être précis (sic), la Mésie inférieure s’étend sur l’actuel sud de la Moldavie, la Muretenie (appelée Grande Valaquie) et l’Olténie (Petite Valachie sud-ouest de l’actuelle Roumanie) alors que la province de Dacie couvre l’Olténie occidentale, la Transylvanie et le Banat.

La Dacie romaine est entourée à l’est et au sud par les deux provinces de Mésie, la province supérieure ayant sa capitale à Singindunum (vestiges situés dans le centre-ville de Belgrade) et la province inférieure à Tomis (aujourd’hui Constansa).

A l’ouest la Dacie est exposée à la Plaine de Pannonie d’où partent les raids des lazyges, une tribu sarmate. A l’est dans l’actuelle Moldavie septentrionnale on trouve les Bastarnes, les Roxolans et Carpes alors que le nord-est est peuplé de Dace non soumis à Rome.

Les romains doivent investir énormément de temps et d’argent pour dévelloper et exploiter cette nouvelle province.

Cela n’empêchera pas le successeur de Trajan, Harien d’abandonner certains territoires. C’est sous son règne que des territoires qui dépendaient jadis de la Mésie inférieure mais situés au nord du Danube forment la Province de Dacie inférieure, l’ancienne Province de Dacie devenant la Province de Dacie supérieure.En 124 est créée la Province de Davie Porolissensis au nord de la Dacie supérieure dans la région de Transylvanie.

Sous le règne d’Antonin le Pieux (138-161), on assiste à une révolte en 158 ce qui entraine une réorganisation. La Dacie Porolissensis ne change pas mais la Dacie supérieure est rebaptisée Dacie Apulensis avec Apulum comme capitale alors que la Dacie inférieure devient la Davie Ralvensis (capitale Ranula).

Sous les Sévères la situation s’améliore mais pour peu de temps car à la mort du dernier rejeton de la dynastie sévérienne en 235 Alexandre Sévère, l’empire romain bascule dans une période connue sous le nom d’Anarchie Militaire.

De nombreux raids barbares frappent la région ce qui entraine une chose jadis impensable : les villes s’enferment dans des enceintes fortifiées. Vraisemblablement la Dacie est abandonnée car trop difficile à défendre entre 271 et 275. C’est ainsi qu’Aurélien va recréer au sud du Danube la province de Dacie aurélienne. Cette province dont la capitale est Sardica (qui à Sofia ce que Lutèce est à Paris) occupe un territoire correspondant aujourd’hui à la Serbie orientale et à la Bulgarie.

Dioclétien divise la Dacie aurélienne en deux provinces : la Dacie Méditerranée autour de Sardica et la Dacie ripense («Dacie des berges du fleuve» en l’occurence le Danube) autour du Ratiaria.

Ultérieurement ces deux Dacies formeront avec les provinces de Dardanie, de Mésie inférieure et de Prévalitaine, le Diocèse de Dacie qui disparaitra au 7ème siècle lors de l’installation en masse des Slaves et des Bulgares qui remplacent l’autorité impériale et submergent les Thraces romanisés locaux, ancêtres des Valaques.

La Dacie à clairement souffert de sa position trop exposée. Néanmoins il semble que des positions militaires ont été maintenues au nord du Danube jusqu’au 4ème siècle mais clairement la volonté de s’y maintenir à tout prix n’est plus là. On assiste à une dernière incursions de Constantin 1er en 336 et la dernière incursion romaine connue en Dacie remonte à 367.

Désormais non seulement les romains ne peuvent plus passer le Danube à leur guise mais en plus sous la pression des Huns des peuples germaniques s’installent dans l’Empire. En 37 l’empereur Valens qui s’était opposé à l’installation des Goths au sud du Danube est vaincu et tué à la bataille d’Andrinople.

Slaves et héllènes

Au 6ème siècle les Slaves vont s’installer dans la région avec notamment les bulgares qui vont étendre leur emprise sur les territoires actuels de la Serbie, de la Roumanie, de la Moldavie, de la Macédoine et naturellement de la Bulgarie. Ce royaume va adopter la langue slavone et le christianisme.

Les provinces de Mésie disparaissent au milieu du 7ème siècle. Le Traité de Constantinople (681) marque la naissance du Premier Empire Bulgare qui outre les territoires au nord du Danube englobe la Mésie Moyenne, la partie occidentale de la Mésie supérieure (actuelle Serbie) et la partie orientale et maritime de la Mésie inférieure (Scythie mineure). Le reste reste byzantin mais pour seulement décennies.

Cet état appelé également Bulgarie danubienne n’est pas homogène sur le plan de la population avec les Romans (futurs roumains) dans les piémonts montagneux, les plaines sont slaves et les côtes grecques.

Au 7ème siècle les Romans sont aussi appelés Valaques. Jusqu’au 17ème siècle ils vont utiliser le slavon comme langue officielle liturgique et diplomatique.

Les historiens roumains ont défini un foyer national roumain (Vatra Straromana) comme un vaste territoire à cheval sur le Bas-Danube qui dépasse largement les frontières actuelles des Etats et notamment de l’Etat roumain. Cela s’explique par le fait que les valaques sont présents au nord et au sud du Danube.

Mitteleuropa Balkans (66) Bulgarie (30)

L’armée de l’air bulgare dans le second conflit mondial

Mobilisation et préparation

A l’été 1948 l’armée bulgare organise de grandes manœuvres militaires dans le nord du pays, manœuvres auxquelles assistent de nombreux attachés militaires.

L’un d’eux le colonel Svensson, attaché militaire suédois dira gravement dans ses mémoires «Ce genre de manœuvres c’est souvent l’occasion de retrouver des amis, de discuter mais là personne n’avait la tête à rire et à plaisanter. Les tensions étaient telles en Europe que le conflit était iminent. On se demandait qui allait y survivre et qui allait y succomber».

Durant ces manœuvres l’aviation bulgare fait étalage de sa puissance avec un équipement correct pour une armée de deuxième zone.

Messerschmitt Me/Bf-110

C’est ainsi qu’en matière de chasse la majorité de sa flotte est composée de Messerschmitt Me-109E et G, de Messerschmitt Me -110 et quelques vénérables PZL P.24 et Avia B-534 étant encore en ligne relégués à la défense locale au sein de la Réserve Stratégique.

Dornier Do-17

En matière de bombardement la flotte est hétéroclite avec des avions allemands (Junkers Ju-88, Dornier Do-17), italiens (Caproni Ca-313) et tchèques (Avia B-71).

Fieseler Fi-156 Storch

En ce qui concerne la reconnaissance même situation avec des avions allemands (Fieseler Fi-156 Storch et Focke Wulf Fw-189) et italiens (Reggiane Re-2003A et Fiat RS-16). La flotte d’entrainement et de transport est elle aussi composite ( Junkers Ju-52/3m, Bu-131, Heinkel He-46,Heinkel He-51,Heinkel He-72,Focke-Wulf Fw-44 Stieglitz,Focke-Wulf Fw-56 Stosser,Caproni Ca-100,Polikarpov Po-2)

Dès août 1948 les Troupes Aériennes Royales Bulgares (кралски български въздушни войски ou kralski bŭlgarski vŭzdushni voĭski) adoptent leur organisation du temps de guerre, une organisation qui à été pensée et repensée à plusieurs reprises durant la Pax Armada.

Sous un état-major on trouve quatre orlyaks polyvalents, chaque orlyaks disposant de quatre yatos, deux de chasse, un de bombardement et un de reconnaissance. Ces orlyaks sont destinés en théorie à opérer au profit des quatre armées dont la mise sur pied est prévue en cas de guerre.

Cela représente un total de 256 appareils de combat (128 chasseurs, 64 bombardiers et 64 avions de reconnaissance) destinés à l’appui-direct au corps de bataille comme on dirait aujourd’hui.

A cela s’ajoute une Réserve Stratégique composée de six yatos de chasse (soixante-douze appareils), quatre yatos de bombardement (quarante-huit appareils), deux yatos de reconnaissance (trente-deux appareils) et un yato de transport (seize appareils) soit un total de 168 appareils.

La formation et l’écolage bénéficie d’un orlyak particulier tout comme la surveillance maritime qui dispose de deux yatos de douze appareils qui doivent en théorie coopérer avec les huit Arado Ar196 de la marine même si les relations ne seront jamais bonnes, les marins aviateurs craignant d’être absorbés par les Troupes Aériennes Royales Bulgares.

Au final à la fin de la mobilisation l’aviation militaire bulgare comprend 448 appareils de combat plus des appareils d’entrainement et de liaison. Le nombre est en recul par rapport au début des années quarante mais comme les appareils sont plus modernes ce recul est considéré comme négligeable.

Aux avions s’ajoutent également des moyens au sol sous la forme d’une DCA destinée à protéger le territoire national. Elle dispose de canons de 76.5cm et de 88mm chargés de défendre les sites stratégiques en Bulgarie. Des canons légers de 20 et de 37mm sont également disponibles.

Si aucun radar n’est disponible un réseau de guêt aérien est mis sur pied pour gagner du temps et favoriser l’interception la plus précoce possible.

Durant la Pax Armada la Bulgarie expérimente le parachutisme militaire, mettant sur pied une compagnie expérimentale qui fait preuve de son efficacité au cours des différents manœuvres exercées chaque été sur le territoire national.

Malheureusement cette expérimentation n’aboutit pas à la pérennisation de l’unité qui est dissoute en septembre 1947 au grand dam des premiers intéressés. Certains écœurés démissionneront de l’armée.

Quelques parachutistes bulgares se retrouveront par hasard dans la Légion Etrangère et quand ce corps d’élite mettra sur pied au cours du second conflit mondial ses BEP (Bataillons Etrangers Parachutistes) ils y seront transférés et participeront à plusieurs sauts opérationnels notamment lors de l’opération PHENIX en attendant la 1ère guerre du Vietnam mais ceci est une autre histoire qui nous éloigne de notre sujet.

Les Troupes Aériennes Bulgares au combat

Comme nous le savons dans un premier temps la Bulgarie décide de rester neutre dans ce conflit qui s’annonce long et sanglant. Neutralité ne veut pas dire faiblesse et la chasse bulgare se charge de faire respecter l’intégrité de l’espace aérien national.

Dans un premier temps les appareils violant l’espace aérien sont poliment raccompagnés par les Me-109 et les derniers PZL et Avia encore en service (mais pour peu de temps tant les appareils sont usés et manquent de pièces détachées) mais très vite les incidents aériens se multiplient avec des avions roumains, soviétiques, yougoslaves, grecs et même turcs.

Selon les archives bulgares on compte 14 incidents en septembre, 27 en octobre, 32 en novembre et 56 en décembre 1948 !

Le 7 novembre 1948 un appareil yougoslave est abattu dans le sud de la Bulgarie. Le 15 novembre 1948 c’est un appareil turc qui subit le même sort.

On craint qu’un conflit armé ne s’engage mais les différents pays de la région parviennent à calmer la situation s’informant par exemple des vols d’entrainement dans les zones frontalières ce qui n’empêche pas que des vols de reconnaissance soient menés par les yougoslaves en Bulgarie et par les bulgares en Yougoslavie et en Grèce.

On peut trouver cela hypocrite mais ce qui est certain c’est que le nombre d’incidents diminue considérablement jusqu’à l’entrée en guerre de la Bulgarie contre la Yougoslavie.

Si l’armée bulgare ne participe pas directement à l’opération MARITSA, son aviation elle doit s’employer, des bombardiers yougoslaves larguant les premières bombes sur Sofia dont la gare de triage est d’une importance vitale pour l’Axe. A chaque bombardement plus ou moins dévastateur, la situation logistique de l’Axe en Grèce devenait très délicate ce qui est explicite quant à son importance.

Quelques combats aériens ont lieu avec des pertes des deux côtés mais aussi les premières victoires aériennes bulgares, le lieutenant Anatoli Petkov devenant dès le mois de juin 1949 le premier as bulgare après avoir abattu deux bombardiers yougoslaves, un bombardier grec, un chasseur français et un chasseur grec.

Une fois la Yougoslavie défaite, la Bulgarie occupe la Macédoine et le nord de la Grèce. Si les unités terrestres de l’armée de terre ne brillent guère au combat face aux alliés se montrant assez timides en revanche les aviateurs bulgares s’attirent vite le respect de leurs homologues grecs, français et britanniques, se montrant agressifs et particulièrement imaginatifs.

Le front balkanique n’était donc pas la sinécure qu’imaginaient certains pilotes opérant sur le front français. Loin de là même. C’était assez violent mais hélas pour les bulgares cela ne dura pas.

En effet les bulgares pouvaient difficilement renouveler leur parc aérien, dépendant de l’Allemagne pour cela. En face les alliés même si le front balkanique n’à jamais été prioritaire les appareils ne manquaient pas, appareils qui étaient de plus en plus modernes au point que les appareils bulgares ont été vite surclassés.

La reprise de l’offensive par les alliés ne va faire qu’aggraver la situation. Jusqu’ici les combats aériens concernaient moins le front que l’arrière, les alliés tout en étant sur la défensive au sol menaient une campagne de frappes stratégiques au dessus de la Bulgarie avec notamment le bombardement de la gare de triage de Sofia, le minage du Danube et différents raids sur les aérodromes bulgares qui abritaient des unités allemandes opérant au dessus des Balkans ou étant en transit en direction de l’URSS.

Cette fois les chasseurs bulgares doivent à la fois combattre les bombardiers lourds frappant l’arrière et les bombardiers médians attaquant le front et assurant l’appui-feu rapproché des troupes au sol même si cette dichotomie n’était pas toujours respectée, les alliés utilisant parfois la tactique controversée du carpet bombing (tapis de bombes) avec leurs bombardiers lourds.

Pour ne rien arranger les chasseurs alliés sont présents, les bombardiers (au grand dam de leurs équipages) servant d’appats pour la chasse alliée qui loin d’assurer une garde statique n’hésitaient pas à traquer les chasseurs bulgares un peu comme si un chien de berger quittait le troupe pour poursuivre un loup ayant attaqué le troupeau qu’il protégeait.

Si les alliés ne mènent pas aussi de la Bulgarie des raids de terreur contre les villes la précision des bombardements n’est pas aussi importante qu’espérée et les dommages collatéraux sont importants.

Outre les alliés occidentaux les aviateurs bulgares doivent affronter les bombardiers soviétiques qui commencent à viser le pays dès l’automne 1953 même si il n’y aura jamais de campagne planifiée ni même de concertation avec les alliés. Nul doute que les pilotes bulgares auraient été mis en grande difficulté si une telle stratégie avait été adoptée.

A la fin du conflit le Corps d’Aviation de l’Armée Bulgare (nouveau nom suite au changement de camp, la monarchie si elle n’est pas abolie de jure l’est clairement de facto) n’est plus que l’ombre de lui même avec une poignée d’appareils et très peu de pilotes.

A la fin du conflit le Corps d’Aviation de l’Armée Bulgare est dissous par l’occupant soviétique qui va trainer des pieds pour créer une armée de l’air bulgare qui ne renaitra officiellement que le 14 septembre 1959 avec la mise en place d’unités d’entrainement en attendant la création début 1960 d’unités de combat mais ceci est une autre histoire.

Organisation

-Un état-major

-1. Orlyak

Messerschmitt Me-109G

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109E et un autre équipé de Messerschmitt Me-109G

Junkers Ju-88 en vol

-Un yato de bombardement équipé de Junkers Ju-88

-Un yato de reconnaissance équipé de Focke-Wulf Fw-189

-2. Orlyak

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109E et un équipé de Messerschmitt Me-109G

-Un yato de bombardement équipé de Dornier Do-17

-Un yato de reconnaissance équipé de Reggiane Re-2003A

-3. Orlyak

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109E et un équipé de Messerschmitt Me-109G

Caproni Ca-313

-Un yato de bombardement équipé de Caproni Ca-313

-Un yato de reconnaissance équipé de Focke-Wulf Fw-189

-4. Orlyak

-Deux yatos de chasse : un équipé de Messerschmitt Me-109G et un équipé de Messerschmitt Me-109E

Tupolev SB. L’Avia B-71 était la variante produite sous licence par la Tchécoslovaquie

-Un yato de bombardement équipé d’Avia B-71

PZL P.43

-Un yato de reconnaissance équipé d’anciens bombardiers PZL P.43

Réserve Stratégique (стратегически резерв strategicheski rezerv)

Avia B-534

-Six yatos de chasse : deux équipés d’Avia B-534, deux équipés de PZL P-24, un équipé de Messerschmitt Me-109G et un équipé de Messerschmitt Me-110

-Quatre yatos de bombardement : un équipé d’Avia B-71, deux équipés de Junkers Ju-88 et un équipé de douze Bloch MB-200 produits en Tchécoslovaquie (doivent être remplacés par des appareils plus modernes en l’occurrence des Ju-88)

-Deux yatos de reconnaissance : un équipé de Focke-Wulf Fw-189 et un équipé de Fieseler Fi-156 Storch

-Un yato de transport équipé de Junkers Ju-52/3m

Orlyak de surveillance maritime : Deux yatos de reconnaissance maritime, un volant sur Fiat RS-16 et un sur des Dornier Do-11D

Orlyak d’instruction : différents appareils d’entrainement