Pologne et Pays Neutres (71) Suède (6)

La Suède (1939-1954)

Entre neutralité et engagement

Un passionné d’histoire militaire portant l’uniforme suédois modèle 1939

Durant la Pax Armada la Suède conserve le cap de la neutralité encore que certains et certaines auraient souhaité une alliance soit avec les puissances occidentales ou avec l’Allemagne.

Les relations avec son voisin méridional sont ambiguës, les deux pays ayant mutuellement besoin de l’autre, la Suède devant exporter minerais et produits manufacturés, l’Allemagne ayant besoin notamment du minerai de fer suédois.

Avec les alliés c’est plus simple. Certes il y à des relations économiques non négligeables mais elles ne sont pas aussi importantes qu’avec les allemands. En clair Paris comme Londres n’à pas la même emprise sur Stockholm que Berlin.

Cela n’empêche pas la France et la Grande-Bretagne de mener une dynamique politique d’influence (on dirait aujourd’hui de lobbying) dans les domaines économiques, politiques et culturels. Ils ne cherchent cependant pas à rallier la Suède dont ils connaissent les profondes racines neutralistes ce qui est très apprécié dans les cercles gouvernementaux suédois.

Certes la révélation de projets d’invasion du nord de la Suède pour tendre la main aux finlandais pendant la guerre d’Hiver à pu irriter le gouvernement suédois mais cela n’est pas allié bien loin.

Officiellement aucun plan d’invasion de la Suède n’à pas été mis au point par les alliés. Dans les faits c’est moins clair. Dans les archives déclassifiées (certaines archives du second conflit mondial ont été classifiées pour 130 ans soit jusqu’en 2084 !) les historiens n’ont pas trouvé de plans aboutis.

Tout juste un faisceau de recherches, des demandes faites aux attachés militaires sur les capacités militaires suédoises, des recherches sur le réseau routier et ferroviaire suédois, sur les capacités des ports. Des ébauches ont été trouvés dans les archives britanniques mais rien dans les archives françaises ce qui ne signifie pas que le général Villeneuve n’à pas demandé l’étude d’un plan d’opérations contre la Suède ou pour aider cette dernière.

Cela s’explique par une géographie et un climat particulièrement contraignants, des gains stratégiques limités et qu’au final une Suède neutre est plus intéressante qu’une Suède engagée dans le conflit.

La Suède dans le second conflit mondial

Dès le 5 septembre 1948, suite à l’invasion du Danemark et de la Norvège la Suède rappelle son statut de puissance neutre. Elle ouvre ses frontières aux civils fuyant les combats puis va interner les soldats norvégiens qui ont brillamment résisté. L’accueil est chaleureux, les soldats norvégiens reçoivent des soins, des cadeaux et beaucoup de chaleur de la part de leurs frères suédois.

Suite aux protestations allemandes en raison d’appel à l’engagement suédois aux côtés de la Norvège («Ce que nous n’avons pas fait en 1939 nous le ferrons maintenant»), l’internement se fera de manière plus discrète.

On l’ignore à l’époque mais on sait aujourd’hui que les fameux trains sanitaires qui évacuèrent des blessés allemands en direction du territoire suédois avaient transporté à l’aller des armes, des munitions et des renforts.

Cette information révélée en 1980 suscitera ce commentaire du général Villeneuve peu avant sa mort «Si j’avais su cela à l’époque j’aurais fait bombarder Stockolm quitte à perdre mes étoiles».

Comme si l’histoire s’était montrée taquine, des soldats allemands vont connaître le même sort à la fin de la guerre. Le 21 février 1954 les dernières unités allemandes constituées occupant la Norvège capitulent mais certains préfèrent rallier la Suède où ils sont internés.

Les alliés «déconseillent» à Stockholm de laisser les soldats allemands rallier l’Allemagne pour continuer la lutte. La Suède qui sait que le sort de la guerre est désormais favorable aux alliés _en même temps il faudrait être aveugle ou fanatique pour ne pas le voir_ se gardant bien de laisser les quelques milliers de soldats allemands libres de leurs mouvements.

De toute façon il est peu probable qu’une les soldats en question voulaient vraiment continuer le combat et que deux leur apport aurait été de toute façon marginal.

Les soldats internés sont libérés dès le lendemain de la capitulation allemande. Si certains rentrent en Allemagne, d’autres vont faire souche en Suède où ils vont être longtemps victimes de vexations et de brimades diverses.

Si l’armée suédoise modernisée depuis 1936 est restée naturellement l’arme au pied cela ne veut pas dire qu’aucun suédois n’à connu le feu.

Waffen S.S aux combats. 280 suédois (chiffres incertains) se sont engagés au sein de la Division Nordland normalement composée de recrues scandinaves

280 suédois se sont engagés dans la Waffen S.S (NdA ce chiffre admis par la majorité des historiens est considéré comme sous-évalué par certains) au sein de la Division Nordland tandis que 742 suédois ont choisit le camp opposé et la Legion Etrangère, certains opérant comme fantassins tandis que d’autres étant transférés à l’Armée de l’Air et servant comme pilote.

Le plus célèbre d’entre-eux est Wilhem Livnsson de père allemand et de mère suédoise. Il déserta de la Svenska Flygvapnet pour rejoindre la Légion Etrangère. D’abord simple fantassin il demande son transfert dans l’Armée de l’Air ce qui est rapidement accepté. Il remportera vingt-sept victoires entre mars 1949 et octobre 1953 date de sa mort au combat.

La marine marchande suédoise est littéralement coupée en deux. Une partie des cargos, pétroliers et navires de charge bloquée dans les ports sous contrôle allié à été rapidement affretée ou vendue par leurs armateurs.

D’autres navires ont été réquisitionnés notamment par l’Allemagne. A cela s’ajoute le fait que les croiseurs auxiliaires et les forceurs de blocus allemands n’hésitaient pas à utiliser le pavillon suédois pour échapper à la traque.

Durant le conflit la Suède eut une neutralité flexible cherchant à contenter tout le monde en évitant de faire l’acte de trop qui pourrait faire penser aux alliés que la Suède avait choisit l’Allemagne et inversément.

L’armée suédoise met le pays en état de se défendre. La marine mouille des champs de mines et patrouille en mer Baltique avec des navires portant des marques de neutralité à savoir le nom SVERIGE en blanc sur la coque et des bandes bleues/jaunes/bleues sur les tourelles.

Il y eut cependant plusieurs incidents entre des navires et des sous-marins, entre des navires et des avions. Ces incidents n’étaient pas toujours fortuits certains étaient de véritables coups de pression de la par des allemands, des finlandais et des soviétiques, une façon subtile (ou pas) de rappeler à Stockholm que sa neutralité n’était pas forcément immuable.

Dans les airs la Svenska Flygvapnet mena des patrouilles de chasse de jour comme de nuit puis les remplaça par des décollages sur alerte, alerte donnée par des guetteurs au sol mais aussi par des radars officiellement de conception suédoise mais en réalité devant beaucoup tant aux allemands qu’aux alliés qui se livraient à une guerre d’influence auprès des services officiels suédois.

Des radars sont installés pour couvrir les grandes villes et les sites industriels sensibles évitant aux pilotes d’épuisantes et monotones patrouilles. Des batteries de DCA sont également implantées ce qui n’empêchera plusieurs bombardements plus ou moins accidentels menés tant par les allemands que par les soviétiques.

En ce qui concerne les alliés occidentaux il y eut quelques incidents mais visiblement pas d’opérations délibérées. Quelques pilotes anglais et français abattus furent internés en Suède sous le contrôle de la Croix Rouge.

Certains ont littéralement disparu durant leur internement et on sait aujourd’hui que certains ont rejoint l’extrême nord de la Norvège pour être évacués par un sous-marin en direction des îles britanniques.

En ce qui concerne les pilotes allemands il semble que ces derniers ont rejoint leur pays d’origine de façon plus directe que les pilotes alliés.

Quand le second conflit mondial se termine la Suède démobilise rapidement son armée mais l’arrivée de la guerre froide et du rideau de fer lui impose encore un grand nombre de servitudes militaires.

Elle doit maintenir une veille vigilante en mer Baltique avec une marine qui va peu à peu abandonner le canon au profit du missile, le gros navire au profit du petit dans une stratégie de guerilla mélant vedettes lance-torpilles puis lance-missiles, batteries côtières, infanterie spécialisée et surtout une puissante aviation.

De son côté l’armée de terre va adopter le principe de la défense totale sur le modèle suisse en tenant compte naturellement des spécificités suédoises.

Officiellement rien à changé, la Suède reste neutre et refuse tout engagement tant aux côtés des alliés que du bloc soviétique. En réalité on sait aujourd’hui que Stockholm était prêt à rapidement basculer aux côtés des alliés occidentaux en cas d’offensive soviétique prenant pour cible le territoire suédois.

Pologne et Pays Neutres (53) Suisse (3)

Les grandes figures de l’histoire de la Suisse

Guillaume Tell

Guillaume Tell est un personnage légendaire, l’un des mythes fondateur de l’histoire helvétique. Tout le monde ou peu s’en faut connait la légende du père qui doit percer une pomme placée sur la tête de son fils avec un carreau d’arbalète.

Tout le monde connait également le bailli impérial Herman Gessler qui chercha par ce défi atroce à punir l’homme qui avait refusé de s’incliner devant son chapeau placé sur un mât.

Cette histoire qui à lieu en juillet 1307 se déroule dans le contexte de prise de conscience des cantons (nous sommes seize ans après le pacte d’alliance entre Uri, Schwyz et Nidwald) et de la volonté des Habsbourgs de réaffirmer leur autorité sur la région.

Après avoir réussi à percer la pomme d’un carreau d’arbalète, Guillaume Tell tue Gessler d’un autre carreau d’arbalète. Cette histoire longtemps considérée comme plausible est aujourd’hui jugée comme étant un mythe. L’histoire qui à été adaptée en roman, pièce de théâtre, opéra, films et séries télés à connu plusieurs variantes adaptées à l’époque et au goût du public.

Au 16ème siècle ce récit est considéré comme véridique et il à l’avantage d’être utilisé aussi bien par le peuple qui voit en lui un libérateur de la tyrannie habsbourgeoise que par les classes dirigeantes qui voit en lui la preuve que les revendications des cantons helvétiques sont légitimes.

A la fin du 18ème siècle il devient la figure de proue du mouvement révolutionnaire suisse contre l’oppression aristocratique. Le général Brune envisage par exemple de diviser la Suisse en trois républiques dont l’une d’elle serait baptisée Tellgovie !

Au cours du 19ème siècle à part peut être les conservateurs il est revendiqué par tous les courants politiques et sociaux. Durant ce siècle l’histoire comme science apparaît et les historiens tentent de démêler le vrai du faux. En dépit du fait que nombre d’historiens considèrent l’histoire comme une légende force est de constater que cela n’à pas entamé la popularité du sieur Tell dans les classes populaires.

Si l’on ne veut fâcher personne on peut imaginer que cette histoire contient un fond de vérité à savoir l’affrontement entre les cantons et les représentants impériaux mais que la mémoire nationale helvète pour diverses raisons à écrit et réécrit l’histoire avec des éléments étrangers pour l’adapter aux besoins politiques et idéologiques du moment.

Ulrich Zwingli

Ulrich Zwingli (Wildhaus, canton de Saint-Gall 1er janvier 1484 Kappel am Albis canton de Zurich 11 octobre 1531) est un réformateur protestant suisse. Humaniste de formation, il est d’abord prêtre catholique avant de peu à peu considérer que l’Eglise devait être profondément réformée et purgée de tout ce qui était vu comme des excès et des abus.

En 1523 il fait adopter la réforme par le canton de Zurich qui est le premier à basculer. Il n’hésite pas à utiliser la force militaire pour imposer ses idées ce qui le conduira à la mort sur le champ de bataille.

Il rejette les différents sacrements et impose le retrait des images dans toutes les églises de Zurich, s’imposant comme une figure du protestantisme libéral. Son œuvre principale est les Soixante-sept Thèses publiées en 1523.

Très influencé par la doctrine humaniste, ses racines idéologiques sont plus philosophiques que purement spirituelles. Ce qui explique la rupture avec les anabaptistes et les luthériens. Marié à Anna Reinhart, il eut quatre enfants (Regula, Huldrich Wilhelm et Anna).

Il suit une formation complète à l’université de Bâle où il obtient en 1504 le grade de bachelier et en 1506 celui de maitre és arts. La même année il est ordonné prêtre à Constance. Il s’oppose au mercenariat ce qui ne plait guère dans une Suisse qui y voit un lucratif débouché. En 1512 il est aumônier militaire des suisses servant le pape. En 1514 il rencontre Erasme et en 1515 il participe à la bataille de Marignan qui le conforte dans son opposition au mercenariat.

Curé de Zurich en 1519, il renonce en 1520 à sa pension papale. En 1523 la publication de son œuvre majeure le fait définitivement basculer dans le camp de la Réforme. En septembre 1525 il obtient l’abolition de la messe à Zurich et en mars 1526 il célèbre le premier culte réformé. En mai il est excommunié. En 1529 il rencontre Martin Luther avec lequel il est en désaccord sur plusieurs points.

Les cantons catholiques attaquent en octobre 1531 l’alliance combourgeoise. Le 11 à la deuxième bataille de Kappel, Zwingli est tué alors qu’il était aumonier et qu’il assistait les blessés et les mourants.

Jean Calvin

Jean Calvin (Noyon, Picardie 10 juillet 1509 Genève 27 mai 1564) est un théologien et réformateur français qui joua un rôle capital dans la Réforme Protestante puisque sa pensée aboutira au calvinisme l’un des courants majeurs du protestantisme.

Il suit des études de droit puis rompt avec l’église apostolique, catholique et romaine vers 1530. Pour fuir les persécutions des protestants, il se réfugie à Bâle où il publie la première édition de son œuvre majeure L’Institution de la religion chrétienne (1536).

Toujours en 1536 il est recruté par Guillaume Farel pour réformer l’église à Genève. Expulsé de la cité helvétique, il séjourne à Strasbourg de 1538 à 1541 tout en étant toujours influent à Genève.

En 1541 il est autorisé à revenir à Genève. Il intègre une nouvelle liturgie et des idées politiques novatrices non sans mal car il se heurte à une opposition forte et déterminée. Il parvient cependant à vaincre cette opposition et peut ensuite promouvoir la Réforme à Genève et dans toute l’Europe.

Outre son œuvre majeure, il rédige des commentaires sur de nombreux livres de la Bible, des traités de théologie et des confessions de foi. Il correspond avec les martyrs protestants qui attendent leur exécution.

Il fait émerger le concept de double prédestination en disant comme Luther que les gens sont prédestinés à être sauvés ou damnés mais que Dieu choisit avant même la naissance ce qui explique les grâces et les actions n’ont aucun effet. Voilà pourquoi le calvinisme va remporter un immense succès car cela va soulager de nombreux chrétiens de l’obsédante pensée du salut de leur âme.

Ainé de quatre fils parvenus à l’âge adulte, il est issu d’une famille ayant des responsabilités en Picardie et bénéficiant de la protection d’une riche famille. Il devient chapelain en 1521 et rentre au collège de la Marche à Paris puis au collège de Montaigu ayant pour condisciple un certain Ignace de Loyola, le futur fondateur de l’ordre des Jesuites.

En 1525 ou 1526 il est retiré du collège de Montaigu pour être inscrit à l’université d’Orléans et suivre des cours de droit. Il rentre ensuite à l’université de Bourges en 1529. A l’automne 1533 il adopte les idées de la Réforme protestante.

Entre-temps Calvin obtient sa licence de droit (1532) mais en janvier 1535 il doit se réfugier à Bâle en raison des persécutions contre les protestants considérés comme hérétiques par François 1er qui avait longtemps fait preuve d’une grande tolérance (le basculement date de l’affaire des placards en octobre 1534).

En septembre 1538 il s’installe à Strasbourg et obtient la citoyenneté de la ville. En août 1540 il épouse Idelette de Bure (décédée en mars 1549), veuve d’un anabaptiste converti par lui ayant deux enfants d’un premier mariage. Un fils nait de cette union mais Jacques Calvin est mort jeune.

A l’été 1541 il est de retour à Genève, Strasbourg déléguant Calvin pour six mois. Le 20 novembre 1541 vote les Ordonnances ecclésiastiques en suivant les propositions de Calvin.

En 1542 il adapte aux spécificités genevoises un livre liturgique déjà utilisé par Strasbourg. A Genève il réalise plus de 2000 sermons mais très peu ont été conservés pour ceux prononcés avant 1549 (cette année un scribe Denis Raguenier à appris ou développé un système de sténographie pour enregistrer plus facilement les sermons de Calvin). Selon une analyse ultérieure, les thèses sont restées constantes et son style à peu évolué.

A partir de 1546 l’opposition grandit à Genève avec un groupe qui s’appelle les libertins. En 1547 l’opposition à Calvin grandit, la majorité des magistrats civils de Genève lui étant hostile ainsi qu’aux autres pasteurs français présents à Genève. Un complot contre Calvin est découvert, la tête pensante Jacques Gruet est décapité.

Entre le Conseil et le Consistoire c’est la guerre ouverte mais quand il demande de démissionner le 24 juillet 1553 on lui refuse car le Conseil comprend qu’elle peut affaiblir l’autorité de Calvin mais n’à pas assez de pouvoir lpour le bannir.

La situation va basculer grâce à l’affaire Michel Servet dont l’exécution le 27 octobre 1553 transforme Calvin en défenseur de la chrétienté. Deux ans plus tard en 1555 il triomphe des libertins. Son autorité est désormais incontestée et incontestable.

En 1559 il créé un Collège divisé en un Collège (schola privata) et un lycée appelée Académie ou schola publica. Il recrute Théodore de Bèze et très vite l’établissement regroupe 1500 étudiants dont 300 à l’Académie. Ultérieurement le Collège devient le Collège Calvin, l’Académie étant l’ancètre de l’université de Genève.

Il donne un dernier sermon à la cathédrale Saint-Pierre le 6 février 1564, rédige son testament le 25 avril et meurt le 27 mai 1564 à l’âge de 54 ans. Il est enterré dans une fosse anonyme au cimetière des Rois, l’emplacement exact de sa tombe est inconnu.

Jomini

Antoine Henri, baton de Jomini (Payerne 6 mars 1779 Paris 22 mars 1869) est un historien et stratège militaire suisse. Il sert d’abord la république helvétique de 1798 à 1801, l’empire français de 1803 à 1813 et l’empire russe de 1813 à 1829.

Célèbre de son vivant, il est tout autant militaire qu’historien avec notamment son œuvre majeure Précis de l’art de la guerre qui en fait un théoricien à la hauteur de Clausewitz.

Issue d’une famille bourgeoise, il est très tôt attiré par la carrière des armes. Sa volonté est contrariée par les événements révolutionnaires. Il travaille un temps dans la banque avant de devenir en 1798 secrétaire du ministre de la Guerre de la République helvétique, et en devient l’adjoint en 1800, avec le grade de chef de bataillon. Il démissionne cependant dès 1801.

Il est découvert en 1803 par Ney qui l’aide à publier ses premières œuvres. Il s’engage comme volontaire dans l’armée française et ne tarde pas à intégrer l’Etat-Major de la Grande Armée.

Il participe à la campagne dd’Allemagne en 1805, celle de Prusse en 1806, la campagne de Pologne en 1807. Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur le 14 mai 1807 puis baron de l’Empire le 27 juillet 1808.

Il participe à la campagne d’Espagne, devenant général de Brigade le 7 décembre 1810. Il participe ensuite à la campagne de Russie. Malade il est évacué en France. En 1813 il participe à la campagne d’Allemagne et notamment aux batailles de Lützen et de Bautzen. Ney le propose au grade de général de division mais Berthier pour un motif futile lui refuse ce grade. Ulcéré il va passer au service de la Russie d’Alexandre 1er.

Il est général de division (lieutenant général) dans l’armée russe, devenant aide de camp de l’empereur. Il est ensuite conseiller privé de Nicolas 1er qui le nomme général en chef en 1826. Il participe à la guerre russo-ottomane de 1828-1829. Il est également consulté lors de la guerre de Crimée.

Le conflit terminé il reçoit mission de réformer l’armée, de moderniser les forteresses de l’Empire et de servir de précepteur militaire au futur Alexandre II. En 1859 Napoléon III neveu de qui vous savez le consulte pour la campagne d’Italie en 1859.

Il publie Traité des Grandes opérations militaires, une étude critique des campagnes de Frederic II et des guerres de la Révolution puis son Histoire des Guerres de la Révolutions en 15 volumes publiée entre 1820 et 1824.

En 1827 il publie Vie politique et militaire de Napoléon écrite à la première personne en quatre volumes. En 1836 il écrit un Précis de l’Art de la guerre inspiré des cours donnés au tsarevitch. D’autres œuvres ont été publiées après sa mort.

Jean Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau (Genève 28 juin 1712 Ermenonville 2 juillet 1778) est un écrivain, philosophe et musicien genevois francophone. Issu d’une famille d’horlogers genevois, il perd sa mère très jeune.

Il est connu comme romancier avec son œuvre Julie ou la Nouvelle Héloise (1761) qui annonce le romantisme et par ses œuvres de philosophie et d’introspection comme les Confessions rédigées entre 1765 et 1770 mais publiées seulement après sa mort en 1782 et 1789 ou encore les Rêveries du promeneur solitaire (écrites en 1776-1778 publiées en 1782).

Il publie le Discours sur les sciences et les arts (1750), le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755) et Du contrat social (1762). Dans cette dernière œuvre, il met en avant la souveraineté du peuple et l’égalité civique devant la loi. C’est pour lui l’expression de la volonté générale.

La philosophie rousseauiste part du postulat que l’homme est naturellement bon et que la société corrompt. Il est opposé à Diderot et critique les philosophies politiques de Locke et d’Hobes. Il influence grandement la Révolution Française puis le mouvement républicain français et la philosophie allemande (il influence beaucoup Kant).

Marié à Marie-Thérèse Le Vasseur depuis 1768 il aura cinq enfants qu’il placera à l’assistance ce qui lui sera beaucoup reproché surtout après avoir écrit Emile ou De l’Education, un traité sur l’éducation des enfants. Selon ses œuvres il dira ne pas avoir assez d’argent pour élever une famille ou de vouloir faire une action militante.

Né protestant il se converti au catholicisme en 1728 mais revient à ses premières amours en 1754.

Elevé par son père et une tante paternelle, il à un frère François né en 1705. Son enfance est marqué par de nombreuses lectures mais aussi par le deuil continuel de la mère. En 1722 son père se réfugie à Nyon mais reste en contact avec ses fils sans jamais revenir à Genève. Il est balloté de familles en placement. Clairement son enfance est marqué par l’errance et l’impossibilité de trouver un point de chute.

La baronne de Warens joue un grand rôle dans son éducation intellectuelle et sentimentale, devenant aussi bien son mentor que sa maitresse. C’est cependant madame de Larnage, de vingt ans son ainée et mère de dix enfants qui est sa véritable initiatrice à l’amour physique (v.1737).

Jean Jacques Rousseau est peu allé à l’école, c’est donc un véritable autodidacte qui se construit patiemment une culture intellectuelle et philosophique.

En 1743/44 il est secrétaire du comte de Montaigu, ambassadeur de France à Venise. En juin 1762 il doit fuir la France se réfugiant à Yverdon. Si à Paris ce sont ses idées politiques qui sont critiques, à Genève on se méfie de ses idées religieuses, Rousseau rejettant aussi bien l’athéïsme des philosophes que le fanatisme des dévots.

Accablé par Voltaire (qui rendra public le placement des enfants de Rousseau) et d’Alambert, Rousseau hypersensible sombre de plus en plus dans la paranoïa voyant même dans ses amis des menaces potentielles. A cela s’ajoute des problèmes de santé, le philosophe genevois souffrant de la maladie de la Pierre.

Le 12 mai 1763 il renonce à la citoyenneté genevoise. Il est à Paris en 1765 et à Londres en 1766 où il se brouille avec Hume. Le fossé se creuse encore davantage avec les philosophes quand il est l’un des rares à critiquer la décision de Catherine II de partager la Pologne avec la Prusse et l’Autriche alors que d’autres philosophes sont en pamoison devant la Grande Catherine.

Il meurt le 2 juillet 1778 des suites d’un AVC (certains ont parlé d’un suicide). Il est enterré dans la propriété de son dernier hôte le marquis de Girardin. Sa tombe ne tarde pas à devenir un lieu de pèlerinage.

Necker

Jacques Necker (Genève 28 septembre 1732 Coppet 9 avril 1804) est un financier et homme politique genevois célèbre pour avoir été le ministre des Finances de Louis XVI. Marié en 1764 à Suzanne Necker née Curchod, il eut une fille une certaine Germaine de Staël plus connue sous le nom de Madame de Staël (1766-1817).

Il est le deuxième fils de Charles-Frédéric Necker avocat à Custrin (Brandebourg) devenu citoyen de la république de Genève le 28 janvier 1726 et de Jeanne Gautier. Il entre comme simple commis à la banque Girardot, progressant rapidement dans les échelons. En 1756 il devient l’un des associé de la banque Thelluson Vernet & Necker qui devient en 1762 Thellusson Necker & Cie. Il s’enrichit rapidement en spéculant au moment de la paix qui met fin à la guerre de Sept ans.

Syndic de la Compagnie française des Indes orientales en 1765 après avoir été actionnaire, il la renfloue et relance son activité. Ce sera hélas de courte durée et la compagnie devra se dissoudre incapable de trouver 18 millions de livres pour faire face aux dépenses à venir.

Il devient un créancier d’une monarchie française toujours à court d’argent ce qui le fait remarquer par des personnes influentes comme Choiseul ou encore l’abbé Terray.

Il se retire des affaires en 1772 avec une coquète fortune. Il songe à autre chose. Pourquoi pas la politique ? Après tout depuis 1768 il est ministre de la République de Genève à Paris. Il publie en 1773 un Eloge de Colbert couronné par l’Académie française.

Sous ce portrait laudateur du grand ministre de Louis XIV perce son autoportrait et la critique de Turgot.

A ce doctrinaire, le banquier genevois oppose sa flexibilité et son pragmatisme. Il est pourtant protestant ce qui lui ferme l’accès au conseil du roi, il ne connait rien de la France, de son histoire, de ses structures administratives.

Après avoir fait fortune comme banquier et être devenu célèbre en publiant des essais de politique économique il est nommé par Louis XVI directeur du trésor royal le 21 octobre 1776 puis des finances. En effet il est protestant et ne peut donc être nommé contrôleur général des finances. Un fantoche Taboureau des Réaux est nommé à ce poste mais en pratique c’est Necker qui agit au point que Taboureau des Réaux démissionne dès le 29 juin 1777.

Il modernise les structures administratives du royaume en s’éloignant du libéralisme d’un Turgot. Il créé des assemblées provinciales (Berry, Haute-Guyenne, Dauphiné et Bourbonnais) et publie en janvier 1781 l’état réel des finances publiques ce qui ne lui vaut pas que des hommages. Sa politique est critiquable car il augmente considérablement l’endettement de la monarchie, armant sans le savoir une machine infernale qui allait exploser en 1789. Ses réformes lui aliène les parlements et la ferme générale.

Renvoyé le 19 mai 1781, il se retire à Saint-Ouen puis séjourne en Suisse en 1784 et en France en 1785. Il est attaqué par son successeur Calonne mais ce dernier échoue et le roi pour éviter la faillite de la monarchie n’à d’autre choix que de rappeler le genevois.

Necker est rappelé le 25 août 1788 avec le titre de ministre d’Etat, son retour s’expliquant par sa popularité au sein de l’opinion. Il obtient de Louis XVI la convocation des Etats Généraux (pas réunis depuis 1614) et le doublement du Tiers Etat. Renvoyé à nouveau le 11 juillet 1789, il retrouve ses fonctions deux jours après la prise de la Bastille (soit le 16 juillet 1789) mais confronté à l’opposition de l’Assemblée nationale il démissionne le 4 septembre 1790.

Après sa démisssion, il se retire dans son château de Coppet où il écrit de nouveaux ouvrages. Il meurt le 9 avril 1804 des suites d’un arrêt cardio-respiratoire.

Madame de Staël

Anne-Louise-Germaine Necker baronne de Staël-Holstein dite Madame de Staël (Paris 22 avril 1766 Paris 14 juillet 1817) est une romancière épistolière et philosophe genevoise et française. C’est la fille de Jacques Necker et de Suzanne Curchod.

Issue d’une riche famille protestante, elle est élevée dans un milieu de gens de lettres. En 1786 elle épouse le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur du roi Gustave III de Suède en France, le couple se séparant en 1800. De cette union arrangée sans amour et sans bonheur sont nés quatre enfants : Gustavine, Auguste, Albert et Albertine. De sa liaison avec son futur deuxième époux Albert de Rocca est né un fils Louis-Alphonse Rocca.

Devenue baronne de Staël, elle se lance dans une vie sentimentale agitée avec notamment une relation orageuse avec Benjamin Constant. Sa réputation littéraire est affirmée par trois essais philosophiques à savoir Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau (1788), De l’influence des passions sur le bonheur de l’individu et des nations (1796) et De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800) .

Initialement favorable à la Révolution Française elle devient très critique dès 1791, affinant, affirmant ses positions en faveur d’une monarchie constitutionnelle. Bien que son mari soit diplomate, elle doit se réfugier auprès de son père en Suisse. Elle est ensuite interdite du territoire français par Napoléon Bonaparte.

Installée au château familial de Coppet, elle écrit plusieurs romans comme Delphine (1802), Corinne ou l’Italie (1807) et De l’Allemagne (1810-1813). Veuve en 1802 elle se remarie avec un jeune officier genevois, Albert de Rocca. Elle profite de la Restauration pour rouvrir son salon parisien. Elle présent des œuvres en langue allemande et ouvre la voie au romantisme français.

Elle meurt en 1817 des suites d’une attaque. Ses derniers ouvrages Considérations sur les principaux événement de la Révolution Française et Dix Années d’exil sont publiés à titre posthume respectivement en 1818 et 1821.

Pologne et Pays Neutres (42) Irlande (3)

Figiúirí móra na hÉireann (Les Grandes figures de l’Irlande)

Saint Patrick

Vitrail représentant le saint patron de l’Irlande

Commençons naturellement ou pas par le saint patron de la verte Erin, Saint Patrick un personnage semi-légendaire. Les informations qui vont suivre sont donc à prendre avec pincettes.

Ses dates de naissance, de vie et de mort sont donc incertaines mais il existe un certain consensus pour fixer une date naissance au 4ème siècle (vers 386 sachant que les dates varient entre 373 et 390) en Bretagne insulaire, une mission en Irlande en 432 et une mort le 17 mars 461 à Down en Ultonie. Saint chrétien il est célébré le 17 mars, c’est le saint patron de l’Irlande, fondateur du christianisme irlandais ce qui en fait à la fois une figure de l’Eglise mais aussi du nationalisme irlandais.

Son père Calpurnius était un décurion (collecteur d’impôts) et diacre alors que sa mère serait d’origine gauloise (son nom est inconnu certains avançant le prénom de Concessa).

Selon la légende des pirates pictes l’aurait enlevé vers 405 à l’âge de seize ans. Il est vendu comme esclave, passant six ans en captivité. Berger pour un chef de clan irlandais, il aurait eu une révélation peu avant sa libération et devient un chrétien fervent. Il décide d’évangéliser les païens habitants sur l’île.

Il rentre en Bretagne insulaire en 411 année où les légions romaines quittent l’île laissant les bretons plus ou moins romanisés à la merci des différentes peuplades germaniques (jutes, saxons…… ).

Selon certaines traditions, il aurait été en Gaule de 415 à 432 pour se former mais cela reste incertain et spéculatif faute de preuves.

En 432 à la demande du pape Celestin 1er il se rend en Irlande pour évangéliser l’île et poursuivre l’oeuvre de Palladius qui ait échoué à mettre fin à l’hérésie pélagienne en Irlande. Selon d’autres sources il ne serait arrivé en Irlande que le 5 avril 456 (Jeudi Saint).

Son action est contestée à la fois par les chefs irlandais encore attachés au paganisme mais aussi par la hierarchie ecclésiastique bretonne. Il aurait créé le diocèse d’Armagh en 445 et serait aussi à l’origine du trèfle comme symbole de l’Irlande, cette plante à trois feuilles lui permettant d’expliquer le mystère de la Sainte Trinité.

En chassant les serpents il aurait également convaincu nombre d’irlandais de se convertir mais la encore nous sommes plus proches de la légende qu’autre chose. Il y eut cependant des conversions forcées. On peut néanmoins constater que l’Irlande à été evangélisé sans un seul martyr. Un siècle après sa mort toute l’organisation qu’il aura mise en place aura disparu, la vie religieuse irlandaise s’organisant autour de nombreux monastères dont le modèle va essaimer jusque sur le continent.

Brian Boru

Brian Boru (en vieil irlandais Brian Mac Cenneidigh) est né vers 941 à Thormond en Irlande et mort en 1014 à Clontarf est un roi irlandais qui règne sur toute l’île d’Irlande au début du 11ème siècle. Vainqueur des vikings à Limerick en 976, il soumet ensuite le Munster, le Leinster, le Royaume de Dublin et tente ainsi d’unifier l’Irlande. Il est roi du Munster de 978 à 1002 puis Haut-Roi d’Irlande (Ard Ri Erenn) de 1002 à sa mort.

Il est mentionné pour la première fois en 967 quand à l’âge de 25 ans il participe à une bataille victorieuse contre les vikings. Dix ans plus tard en 977 il s’attaque à la ville de Limerick. En 978 il devient roi du Munster, son ascension commence. En 982 et en 983 il effectue des raids en Osraige mais échoue à débarquer dans le Connacht. Il intervient également dans le royaume viking de Waterford, les deux royaumes échangeant alors des otages. En 987 il étend son autorité sur le Desmond mais échoue en 988 dans le Connacht.

Le début de la décennie 990 n’est pas très heureuse avec plusieurs revers militaires. La situation semble s’améliorer à partir de 993 avec plusieurs succès. Il semble avoir appris de ses revers. Au raid toujours aléatoire il préfère sécuriser son avancée en construisant des forteresses et des points d’appui.

En 999 il défait une armée composée d’hommes du Leinster et d’hiberno-norvégiens. Il s’empare et pille Dublin avant de repartir chez lui. Il partage un temps la domination de l’Irlande avec un autre roi mais finit par considérer que deux crocodiles dans le marigot c’est un de trop.

Il prend même un temps le titre «d’empereur des irlandais» , un titre unique dans l’histoire de la verte Erin. Cependant très vite on se rend que sa puissance est corrélée avec sa présence ce qui ne peut augurer que des difficultés une fois celui-ci disparu avec des successeurs qui n’auraient pas son charisme, sa présence et son énergie.

Le 23 avril 1014 à lieu la Bataille de Clontarf où l’armée de Brian Boru fait face à une coalition des royaumes de Dublin, du Leinster, de l’île de Mann, des Hebrides et des Orcades.

Les forces de Munster aidés par celle du Connacht du Sud l’emporte mais Brian Boru est tué sans que l’on sache si c’est au combat ou avant la bataille.

Si l’historiographie nationaliste irlandaise à fait de Brian Boru un résistance voulant chasser les Vikings il semble que ce soit plus compliqué et que le roi du Munster n’était semble-t-il intéressé uniquement par le pouvoir suprême.

Il à eu quatre épouses qui lui ont donné six fils et trois filles sans compter les enfants naturels issus d’épouses non-officielles.

Edouard Bruce

Edouard Bruce (v.1280-14 octobre 1318) comte de Carrick est le frère cadet de Robert Bruce, roi d’Ecosse (NdA qui est le véritable «Braveheart» et non William Wallace comme on le croit trop souvent à tort). Il soutien l’action de son frère entre 1306 et 1314 pour rendre à l’Ecosse son indépendance puis se lancer dans une folle aventure en Irlande. Proclamé Haut-Roi d’Irlande en 1315, il couronné en 1316 mais battu et tué deux ans plus tard par les forces anglo-irlandaises à la bataille de Faughart.

Sa date de naissance est inconnue et on sait fort peu de choses sur sa jeunesse mais certains historiens ont émis l’hypothèse qu’il aurait pu passer sa jeunesse en Ulster ce qui explique sa connaissance une fois adulte des us et coutumes de l’Irlande.

Durant la guerre d’indépendance écossaise il voir ses frères Nigel, Thomas et Alexandre être capturés et exécutés par les britanniques. Il participe par exemple à la bataille de Bannockburn (23-24 juin 1314) durant laquelle il commande un schiltrom, un carré de piquier qui va se montrer redoutable face à la cavalerie lourde. C’est entre 1309 et 1313 qu’il est fait comte de Carrick.

Depuis 1186 le titre de Haut-Roi d’Irlande est vaquant. En 1258 un roi est bien élu mais il est tué deux ans plus tard par les normands. Cinquante ans plus tard c’est donc autour du frère du roi d’Ecosse de revendiquer ce titre en mettant en avant ses ancêtres celtiques. C’est aussi un moyen de détourner finances, hommes et matériel du front écossais.

Edouard Bruce débarque en Irlande le 26 mai 1315 avec une force estimée à 6000 hommes. Il est proclamé Haut-Roi peu après mais son titre est purement nominal et les autres rois de l’île ne s’en soucient guère. Il ne contrôle guère qu’une partie de l’Ulster.

Le 14 octobre 1318 l’armée irlando-écossaise est écrasée à Faugarth par les troupes du Lordship of Ireland. Edouard Bruce est tué, son corps démenbré et dispersé dans plusieurs villes en guise d’avertissement. Sa tête fût livrée au roi Edouard II.

Jonathan Swift

Jonathan Swift (Dublin 30 novembre 1667 Dublin 19 octobre 1745) est un écrivain, satiriste, essayiste, pamphlétaire anglo-irlandais. Il est également prêtre. Il est surtout connu pour son roman Les Voyages de Gulliver (1726).

Il à également écrit les Lettres du Drapier (1724), Humble Proposition (1729) ou encore le Conte du Tonneau (1704).

Il effectue ses études au Trinity College de Dublin de 1681 à 1688 avant de s’installer en Angleterre en 1689 où il est initié à la franc-maçonnerie. Il devient docteur en théologie en 1692 puis est ordonné diacre en 1694 puis pasteur en 1695 près de Belfast mais il n’y reste que quelques mois sur place.

Doyen de la cathédrale Saint-Patrick de Dublin, il ne deviendra jamais évêque car la reine Anne n’à pas pardonné le Conte du Tonneau. En 1714 la chute des Tories rend définitif son exil en Irlande.

Toute sa vie Jonathan Swift à souffert d’une maladie associant vertiges, acouphènes et nausées, maintenant connue sous le nom de maladie de Menière. L’argent qu’il laissa à sa mort à permis la fondation d’un hôpital soignant les maladies mentales ( le St. Patrick’s Hospital for Imbeciles créé en 1757).

Theobald Wolfe Tone

Théobald Wolfe Tone (Dublin 20 juin 1763-19 novembre 1798) est un homme politique irlandais qui pour certains est l’initiateur du nationalisme républicain irlandais.

Issue d’une modeste famille protestante, il fait des études de droit au prestigieux Trinity College de Dublin mais il n’à aucunement envie de devenir avocat ou magistrat. Il veut devenir soldat.

En 1787 il arrive à Londres mais n’est pas très assidu pour terminer ses études. Il revient à Dublin en 1789 pour s’inscrire au barreau. Il s’intéresse alors à la politique et comme cela arrive souvent, ses convictions de réformiste modéré vont se transformer peu à peu en idées nettement plus radicales. Dès septembre 1791 il réclame l’indépendance de l’Irlande. Il participe à la création de la Société des Irlandais unis.

En 1795 il s’exile aux Etats-Unis mais en février 1796 il arrive à Paris où il rencontre le ministre des Relations Extérieures Charles Delacroix de Contaut pour le convaincre d’une intervention en Irlande pour affaiblir l’Angleterre. Il en profite pour s’engager dans l’armée du Directoire.

Le 15 décembre 1796 une escadre française de 45 navires transportant 13400 hommes quitte Brest mais elle est victime d’une tempête au large des côtes irlandaises. Une nouvelle expédition est planifiée avec à sa tête le général Hoche mais elle ne sera pas exécutée.

Le 21 juin 1798 la Société des Irlandais Unis lance un nouveau soulèvement mais c’est un nouvel échec cuisant notamment à Vinegar Hill. En septembre 1798 l’intervention français ne connait pas un meilleur sort. Capturé Wolfe Tone est condamné à mort le 10 novembre 1798.

N’ayant pu obtenir d’être fusillé plutôt que pendu, il se tranche la gorge mais va agoniser une semaine avant de passer de vie à trépas.

Robert Emmet

Robert Emmet (Dublin 4 mars 1778 ou 1780 20 septembre 1803) est un chef nationaliste irlandais qui tenta de secouer le joug britannique sur la verte Erin. Suite à son échec en 1803 il à été exécuté.

Issu d’une bonne famille anglaise, Robert Emmet est pourtant (ou pas) attiré par les idées les plus radicales et rêve de faire de l’Irlande une république indépendante. Autant dire qu’en cette fin 18ème cela détonne dans le paysage.

Etudiant au Trinity College de Dublin, il adhère à la Société des Irlandais Unis qui à l’origine débâtait en faveur d’une réforme parlementaire et de la fin des discriminations religieuses visant les catholiques (Emmet était protestant).

En avril 1798 il est expulsé du Trinity College. Suite à l’échec de la rébellion de 1798, la société des irlandais unis est pourchassée par les autorités ce qui entraine son passage dans la clandestinité et sa radicalisation. Emmet doit s’exiler en France et tente d’obtenir l’aide de Napoléon Bonaparte mais ce dernier refuse.

Quand la guerre reprend en mai 1803, Emmet rentre en Irlande pour organiser un soulèvement qui doit être déclenché prématurément pour éviter que trop de soupçons parviennent aux oreilles des autorités britanniques.

Le soulèvement éclate à Dublin dans la soirée du 23 juillet 1803. Très vite cela tourne au fiasco avec l’échec de la prise du château de Dublin et des émeutes généralisées dans toute la ville.

Emmet s’enfuit pour se cacher mais il est capturé le 25 août 1803. Jugé pour trahison le 19 septembre, il est condamné en partie parce que son avocat à été acheté. Condamné à mort il est pendu et décapité à Dublin. On ignore aujourd’hui où son corps repose.

Bram Stoker

Abraham Stoker dit Bram Stoker (Clontarf, quartier nord de Dublin 8 novembre 1847 Londres 20 avril 1912) est un écrivain britannique d’origine irlandaise mondialement célèbre pour son roman Dracula.

Il est le fils d’Abraham Stoker et de la féministe Charlotte Matilda Thornley, le troisième d’une famille de sept enfants. Enfant maladif et souffreteux, il passe beaucoup de temps alité où sa mère nourrit son imaginaire de contes et de légendes irlandaises, de récits historiques.

Entré au Trinity College en 1863 il en sort sept ans plus tard avec un diplôme en sciences et mathématiques. Tout en étant fonctionnaire il se met à écrire d’abord dans des revues puis publie ses propres nouvelles, ses propres romans, ses propres œuvres.

En 1878 il épouse Florence Balcombe dont Oscar Wilde était amoureux. Leur fils Noël Thornley naît en 1879.

Il se rend à plusieurs reprises aux Etats-Unis en tournée au sein du Lyceum Theatre.

Son œuvre majeure, iconique est publiée en 1897 après dix ans de travail et de nombreuses recherches même si naturellement l’historicité de Dracula est nulle. Le succès n’est pas forcément au rendez-vous et comme souvent c’est après la mort de son auteur que Dracula devient une œuvre majeure de la littérature occidentale, œuvre qui allait adaptée à de nombreuses reprises au cinéma et à la télévision.

Oscar Wilde

Oscar Finfal O’Flahertie Wills Wilde (Dublin 16 octobre 1854 Paris 30 novembre 1900) est un écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais.

Issu de la bourgeoisie irlandaise et protestant, il était le fils d’un chirurgien renomé et d’une mère poétesse pétrie des traditions nationalistes irlandaises. Il eut pour parrain le futur roi de Suède Oscar II. Il est le deuxième des trois enfants de Stephen Wilde et Jane Franesca Wilde, Oscar étant né après son frère ainé William et trois ans avant une fille prénommée Isola (morte à onze mois des suites d’une méningite).

Elève brillant, il à suivit des études au Trinity College, au Magdalen College de l’université d’Oxdord avant de s’installer à Londres où son personnage de dandy ne tarde pas à lui permettre de se faire une place au sein de l’élite culturelle de la capitale britannique.

Le 29 mai 1884 il épouse à l’Eglise St James Constance Lloyd en partie pour mettre fin aux rumeurs qui courent sur son homosexualité. Deux garçons naissant de cette union (Cyril et Vyvyan).

En 1890 il publie l’un de ses plus célèbres romans le Portrait de Dorian Gray (1890), l’histoire d’un jeune homme découvrant que son portrait vieillit et porte les stigmates d’une vie dissolue alors que lui reste éternellement jeune. En 1895 il publie sa pièce la plus célèbre L’Importance d’être constant (1895).

Il rencontre à Londres Lord Alfred Douglas de Queensbury qui devient son amant. Leur liaison homosexuelle fait scandale et il est condamné à deux ans de travaux forcés. Ruiné, il est libéré en mai 1897 et s’installe en France où il publie La Ballade de la geôle de Reading (1898) qui raconte son expérience éprouvante de la prison. Il meurt à Paris en 1900 dans le plus complet dénuement après s’être converti au catholicisme le 28 octobre 1900. Il est enterré au cimetière de Bagneux puis en 1909 son corps est transféré au cimetière du Père-Lachaise où il repose encore aujourd’hui.

James Connolly

James Connolly ( Séamas Ó Conghaile) (Edimbourg 5 juin 1868 Prison de Kilmainham, Dublin 12 mai 1916) est un marxiste, révolutionnaire et syndicaliste irlandais. Leader de la rébellion de Pâques 1916, il est jugé, condamné à mort et fusillé.

James Connolly est né à Edimbourg dans une famille d’origine irlandaise qui avait émigré suite à la grande famine de 1845 à 1849. Il étudie peu et travaille très jeune comme souvent dans les classes les plus modestes de la société de l’époque.

En 1882 il ment sur son âge et s’engage au 1er Bataillon du King’s Liverpool Regiment qui est alors déployé en Irlande. La verte Eirin est alors secoué par la Land War, la guerre agraire.

James Connolly hérite d’une haine profonde de l’armée britannique et de l’amour sans borne pour le pays d’origine de ses parents. Il y rencontre sa femme Lilie Reynolds qu’il épouse en 1889, union qui donnera six enfants.

Rentré en Angleterre, il déserte pour ne pas partir en Inde et s’exile en Ecosse. Ce sont les années d’apprentissage politique, Connolly s’initiant au marxisme et à d’autres doctrines révolutionnaires. Il se présente aux élections municipales en 1894 et 1895 mais c’est à chaque fois un échec.

Il s’installe définitivement en Irlande en 1896, créant l’Irish Socialist Republican Party, multipliant les ouvrages. Il participe au Congrès de la Deuxième Internationale en 1900. En 1902 il échoue à nouveaux élections à Dublin.

En 1905 il s’installe aux Etats-Unis mais rentre en Irlande en 1910, continuant son action de théoricien. C’est aussi un agitateur social, fondant l’Irish Labour Party (ILP) puis l’Irish Citizen Army (ICA) pour protéger les ouvriers et les grévistes contre les gros bras du patronat.

Comme tous les nationalistes irlandais il s’oppose à la partition de l’île et à toute guerre. Il participe au soulèvement de Pâques au cours duquel il est grièvement blessé. La loi martiale décrète seize exécutions capitales, 3226 arrestations, 1862 internements en Angleterre. Connolly est condamné à mort le 9 mai et fusillé trois jours plus tard sur une chaise ne pouvant se tenir debout.

Pologne et Pays Neutres (27) Portugal (7)

Le Portugal (1933-1954)

Estado Novo

Antonio de Oliveira Salazar

Si vous demandez à une personne peu ou pas informée la nature du régime au pouvoir au Portugal à partir de 1933 il est probable qu’il parlera de régime fasciste. Un raccourci commode mais c’est un peu plus compliqué que cela.

Dès sa nomination au ministère des Finances, Salazar ne cache son ambition de toute-puissance même si à la différence de nombre de dictateurs il fera preuve d’une grande modestie et ne se montrera guère à l’aise dans les discours et les démonstrations de force face à la foule.

Opposé au communisme, au capitalisme et au libéralisme, l’ancien professeur de l’université de Coimbra est clairement un réactionnaire rêvant d’un âge d’or, rêvant de redonner au Portugal un statut de grande puissance perdue au 16ème siècle.

Il finit par être nommé premier ministre en juillet 1932 et va peu à peu mettre sur place un nouveau régime entré dans l’histoire sous le nom paradoxal d’Etat nouveau (Estado Novo).

Ce nouveau régime s’inscrit totalement dans la lignée de la Ditadura Nacional, le régiment en place depuis le coup d’état militaire de 1926 qui renversa une république en perpetuelle instabilité depuis son établissement en 1910.

C’est un régime autoritaire où le Conseil des Ministres à toute autorité sur le pouvoir législatif (Parlement et Chambre corporative). L’orthodoxie budgétaire et la conservation des colonies sont des dogmes intangibles de l’Etat Nouveau.

L’Estado Novo s’appuie sur les piliers traditionnels du Portugal à savoir l’Eglise, l’Armée, le Patronat, les relations sociales étant régulées par un système corporatiste. Il y à bien des élections mais avec un candidat unique forcément……. .

La constitution de l’Estado Novo est élaborée en 1932 et publiée au journal officiel portugais le 22 février 1933. Elle est approuvée par un plébiscite national le 19 mars 1933 avec pour la première fois le vote des femmes. L’abstention est faible mais cela est considéré comme de l’approbation ce qui fausse les résultats.

Le régime de Salazar suit la doctrine sociale de l’Eglise et s’inscrit dans la même mouvance qui portant Dolfuss au pouvoir en Autriche sans compter d’autres régimes autoritaires en Europe de l’Est.

L’Estado Novo se considère comme une république corporative avec de nombreux organismes chargés d’encadrer la société. Ses cinq piliers sont dieu, famille, travail, patrie et autorité.

Ce n’est pas un régime fasciste dans les années trente il y eu une tentation de singer les régimes au pouvoir en Allemagne et en Italie. En 1934 néanmoins le mouvement fascisant des Chemises Bleues de Rolao Preto est dissous, son leader exilé.

Francisco Rolão Preto

Salazar se nourrit des idées de l’intégralisme lusitanien, un mouvement monarchiste, traditionaliste mais non conservateur, anti-moderniste, anti-parlementariste, communaliste, corpo-syndicaliste, décentralisateur et catholique. L’absence de processus de politisation des masses, le cléricalisme et l’anti-modernisme éloignent le régiment portugais du fascisme.

Il existe néanmoins une police secrète, la tristement célèbre Policia internacional e de defesa do estado (PIDE) qui réprime les oppositions au Portugal et à l’étranger. Inspirée de l’OVRA fasciste, elle bénéficie des conseils du MI-5, le service de contre-espionnage britannique.

Un parti unique l’Union Nationale (UN) est créé dès le 30 juillet 1930. L’Assemblée nationale est élue sur un système de liste unique, la Chambre corporative n’ayant qu’une vocation consultative sur les projets qui sont ensuite soumis à l’assemblée.

Le chef de l’Etat élu pour sept ans au suffrage universel direct n’à qu’un pouvoir limité surtout en présence de Salazar le véritable maitre du pouvoir.

Comme je l’ai dit plus haut dans les années trente il y eu la tentation de fasciser le régimer portugais avec la création en 1935 de la Fédération Nationale pour l’Allégresse au travail inspiré du Krafft Durch Freude nazi pour encadrer les loisirs des ouvriers ou encore en 1936 la création de la Mocidade Portuguesa. Une Légion Portugaise est créée la même année mais toutes ses entités disparaitront à la fin de la seconde guerre mondiale sans avoir vraiment pesé de tout leur poids sur le régime.

Le Portugal et la guerre d’Espagne

Quand la guerre civile espagnole (qui très vite s’internationalise) éclate le gouvernement portugais est officiellement neutre mais naturellement la sympathie de Salazar va en direction des insurgés.

Les relations luso-espagnoles ont toujours été compliquées et marquées du sceau de la méfiance, les portugais n’ayant pas oublié l’Union Iberique (1580-1640), les six décennies au cours desquelles le roi d’Espagne à été également roi de Portugal.

La crainte de voir les souverains espagnols qu’ils soient hasbourgeois ou bourbons d’unifier sous leur sceptre toute la péninsule ibérique explique pourquoi le Portugal s’est très vite rapproché de l’Angleterre.

En 1931 l’arrivée des républicains au pouvoir provoque une dégradation des relations entre les deux pays, le gouvernement espagnol soutenant les opposants au régime portugais et ce dernier n’hésitant pas à accueillir des opposants notoires comme le général Sanjurjo qui tente un coup d’état en 1932 (Sanjurjada).

En ouvrant ses ports aux nationalistes le Portugal permet aux troupes de Franco de bénéficier d’un voie d’approvisionnement sure pour amener les armes et les munitions.

Le gouvernement portugais tente d’aller plus loin en tentant de mettre sur pied une Légion portugaise dont les hommes sont rapidement appelés Viriatos en référence au chef lusitanien mais des incidents pousse Salazar à dissoudre l’unité avant toute existence réelle.

Il y aura bien des volontaires lusitaniens, ils s’appeleront bien des viriatos mais contrairement à ce qui est parfois écrit il s’engageront à titre individuel dans la Légion, dans la phalange, chez les carlistes et chez les requetes. Des pilotes portugais vont également participer aux combats. Les chiffres sont incertains oscillant entre 4 et 12000 hommes, la majorité des historiens s’accordant sur le chiffre minimal de 6000 hommes.

En 1937 une mission militaire portugaise se rend aux côtés des nationalistes pour défendre les droits des volontaires portugais et pour étudier les combats et ainsi en tirer les leçons pour l’armée lusitanienne.

En 1938 le Portugal reconnaît le régiment franquiste et le 17 mars 1939 le Portugal et l’Espagne signe un traité de non-agression appelé Pacte Ibérique avec reconnaissance mutuelle des frontières, consultation pour concerter les actions diplomatiques et militaires. Le traité est complété le 29 juillet 1940 par une convention militaire. Cela n’empêchera pas une grande méfiance entre Salazar et Franco. Il faut dire qu’entre le professeur d’université et le militaire baroudeur, les atomes crochus devaient être peu nombreux.

Le Portugal et la Pax Armada

En septembre 1939 quand la guerre de Pologne éclate, le Portugal de Salazar se déclare neutre, fermant ses ports aux bélligerants jusqu’à la mi-octobre quand sous les pressions britanniques les ports lusitaniens sont rouverts au trafic étranger. Bien qu’officiellement neutre le pays de Camoes est plus favorable à l’Allemagne et à l’Italie.

Durant la Pax Armada le Portugal maintien sa neutralité en veillant à ce que l’Espagne reste elle aussi neutre, Salazar craignant qu’une entrée en guerre de l’Espagne n’entraine celle du Portugal contraint et forcée.

Durant l’époque 1939-1948 le régime durcit sa répression pour faire face à une certaine agitation en métropole comme dans les colonies. Le contrôle de la population se renforce avec une PIDE omniprésente, son encadrement également. On parle d’une forme de fascisation du régime portugais mais comme nous l’avons vu plus haut ce ne sera pas complet probablement en raison de la personnalité du dictateur portugais.

Sur le plan économique, la politique menée par Salazar est une politique à visée autarcique qui connait un succès inégal.

Face aux tensions persistantes en Europe, le Portugal se doit de moderniser ses forces armées pour faire face moins aux menaces sur son territoire métropolitain (assez limitées) qu’aux menaces sur ses îles et son empire colonial.

Cette modernisation est très insuffisante et très incomplète. A cause d’un manque de moyens ? Oui mais ce n’est pas la seule raison. Le dictateur portugais se méfie énormément de l’armée et des militaires.

Il à certes accédé au pouvoir grâce à eux mais il à vu les limites d’un régime militaire et ne veut surtout pas voir l’oeuvre de sa vie ruinée par un nouveau golpe militar fait par quelques galonnés en mal d’aventure.

L’armée de terre reçoit de nouveaux équipements, des unités sont réentrainées mais Salazar par orgueil refuse les propositions faites par des pays étrangers d’envoi d’une mission militaire pour former et entrainer les soldats, les sous-officiers et les officiers lusitaniens. L’armée de l’air bénéficie de quelques moyens supplémentaires tout comme la marine.

Comme le dira un officier portugais futur exilé «On avait juste de quoi faire le minimum rien de plus. Si un pays étranger nous avait envahit Lisbonne aurait été pris en deux jours comme en 1807».

Le Portugal dans le second conflit mondial

Quand le second conflit mondial éclate en septembre 1948 Salazar n’est pas sot. Il sait que le conflit va durer que cela se terminera par un K.O d’un des belligérants et non une victoire aux points. Il décide de conserver sa neutralité mais comme son voisin espagnol il espère en tirer des bénéfices.

Comme tout bon dictateur qui se respecte Salazar n’à qu’une obssession : la survie du régime. Il est pour cela près à tout. Il ne manque pas d’atouts, il sait par exemple que les alliés ont tout intérêt à neutraliser la péninsule ibérique.

Une Espagne et un Portugal basculant du côté de l’Allemagne et de l’Italie et ce serait une catastrophe absolue pour les alliés.

Cela genérait considérablement la France prise entre deux feux en Méditerranée et cela pourrait même conduire à la fermeture de la Mare Nostrum par la prise de Gibraltar et l’occupation de la partie française du Maroc.

Un tel alignement n’est pas non plus sans risque. Une alliance en bonne et due forme avec Rome et Berlin entrainerait immédiatement la perte des colonies ce que le régime de l’Etat neuf ne peut se permettre.

Salazar comme Franco va donc louvoyer en essayant de tirer le maximum de cette neutralité qui voir concilier l’inconciliable.

On verra donc parallèlement le régiment autoritaire lusitanien ouvrir discrètement certains ports et criques à des sous-marins de l’Axe pour ravitaillement et entretien sommaire (y compris auprès de navires allemands et italiens officiellement internés au Portugal) tout en acceptant que les Açores accueillent à Lajes une base aérienne destiné aux avions traquant les U-Boot et autres forceurs de blocus.

Durant le second conflit mondial le pays se protège en fortifiant ses frontières terrestres et maritimes, en interdisant son espace aérien aux avions des pays belligérants à l’exception d’avions en difficulté.

Nombre d’appareils anglais et américains se poseront au Portugal au point que certains pouvaient douter de la réelle nécessité de s’y poser. Ce doute sera confirmé après le retour de la démocratie, des aviateurs portugais dévoilant que c’était une astuce pour éviter les protestations de l’Axe.

En ce qui concerne les frontières terrestres, elles se couvrent de barbelés et de champs de mines, des blockhaus étant construits. Il ne s’agissait bien entendu pas d’une Ligne Maginot à la sauce portugaise mais plutôt d’un moyen de couvrir la frontière pour éviter une attaque brusquée qu’elle soit britannique, française ou même espagnole. Un véritable camp retranché protège Lisbonne.

Des champs de mines sont mouillés pour protéger l’accès aux bases de la marine portugaise ce qui provoquera quelques accidents visant des navires de l’Axe ou alliés qui n’étaient bien entendu pas au courant.

Dans les colonies on assiste à un processus similaire. Si il n’y à pas de minage des côtes de l’Angola, du Mozambique, de la Guinée portugais ou du Cap Vert on assiste au renforcement de certaines positions fortifiées et à l’envoi de troupes moins parce que les colonies sont menacées par une invasion étrangère (Paris, Londres et Washington ont clairement fait comprendre à Salazar que seule une alliance pleine et entière avec l’Allemagne et l’Italie entrainerait une occupation des colonies lusitaniennes) que pour éviter une agitation des populations indigènes.

Des opérations de nettoyage sont menées durant le second conflit mondial en Angola, une sorte de guerre parallèle qui entrainera des incidents de frontière avec l’Union Sud Africaine mais cela ne dégénéra pas en conflit ouvert car ni Lisbonne ni Pretoria n’y avait intérêt.

Les seules unités portugaises régulières qui vont combattre sont celles chargées de défendre Macao et le Timor oriental, une colonie portugaise.

Si à Macao la petite garnison se rend rapidement (elle est internée en Chine mais sera victime de bombardements alliés qui tueront un certain nombre de portugais) à Timor la garnison de la taille d’un bataillon renforcé décide de combattre l’envahisseur pour «l’honneur du Portugal».

Elle se rend ensuite mais par son statut de neutre, la garnison est internée jusqu’à la fin de la guerre mais certains vont s’évader et vont combattre aux côtés des alliés pour libérer le Timor de l’occupation japonaise.

D’autres portugais vont combattre dans les deux camps. Une poignée de lusitaniens va s’engager dans la Division Azul et combattre sur le front de l’est tandis que d’autres refugiés politiques en France vont s’engager dans la Légion Etrangère, s’illustrant notamment dans les Balkans.

Quand le second conflit mondial se termine le Portugal est resté neutre mais cette neutralité à évolué vers une neutralité favorable aux alliés. Les ports lusitaniens se fermèrent aux sous-marins allemands (de toute façon de plus en plus rares dans l’Atlantique), les ressortissants allemands et italiens relativement libres internés, les espions pourchassés par la PIDE.

Le régime salazariste contrairement au régime franquiste savait avant même la fin du conflit que le régime ne serait pas attaqué.

Mieux même aucune compensation ni aucune réforme même cosmétique ne fût exigé au vieux dictateur portugais (65 ans en septembre 1954) qui pu croire que rien n’avait changé.

De toute façon avec le début de la guerre froide, la position du Portugal stratégique interdisait toute volonté de l’occident de déstabiliser un pays qui en cas de guerre nucléaire devait être avec son voisin espagnol une zone de repli pour les forces de l’OTAN bousculées par les forces du pacte de Varsovie, les unités portugaises modernisées et réorganisées devant barrer les soviétiques et leurs alliés sur les Pyrénées.

Pologne et Pays Neutres (21) Portugal (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.12 : POLOGNE ET PAYS NEUTRES

F.S.2 : PORTUGAL

AVANT-PROPOS

Le 24 juin 2021 j’ai terminé après tout de même un mois de travail une fiche synthétique (sic) de 91 pages sur l’Espagne portant le total des pages écrites dans cette monstrueuse uchronie à 9908 pages !

Quand j’ai commencé mon uchronie en 2011 je ne pensai pas y être encore en 2021. Les choses ont beaucoup évolué, l’œuvre est devenu un monstre tellement tentaculaire que j’ai du mal parfois à m’y retrouver.

Il y à naturellement de nombreuses contradictions, des erreurs qui sont liés à la fois à mon propre manque de vigilance mais aussi parce que j’apprends parfois par de nouvelles recherches que telle arme, tel char, tel avion à finalement été utilisé par ce pays (le cas inverse arrive parfois).

A l’origine j’avais prévu pas moins de quinze tomes que l’ont peu classer en deux catégories, les majeurs et les mineurs.

Les sept premiers sont les majeurs puisqu’ils concernent la France (Tome 1), l’Allemagne (Tome 2), la Grande-Bretagne (Tome 3), les Etats-Unis (Tome 4), le Japon et ses alliés (Tome 5), l’Italie (Tome 6) et l’URSS (Tome 7).

Les tomes suivants dits tomes mineurs concernent soit des pays belligérants et des pays neutres que ce soit le Canada et l’Afrique du Sud pour le Tome 8, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour le Tome 9, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas pour le Tome 10, la Turquie pour le Tome 11, l’Espagne et le Portugal pour le Tome 12, la Norvège, le Danemark, la Suède, la Finlande, la Suisse et la République d’Irlande pour le Tome 13, la Grèce, la Yougoslavie, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovaquie pour le Tome 14 et enfin un Tome 15 concernant l’Amérique Centrale et Latine (Brésil, Argentine, Chili, Uruguay Paraguay, Pérou, Equateur, Bolivie, Colombie, Venezuela, Mexique et les petits états)

Au final le nombre de Tomes va tomber à seulement douze. Si les sept premiers tomes dit tomes majeurs ne vont pas évoluer, les tomes dits mineurs vont être différents.

Le Tome 8 va ainsi regrouper les quatre Dominions (Canada, Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande), le Tome 9 va aborder les pays ayant formé après guerre le Benelux alors que le Tome 10 ne va plus parler de la Turquie mais de la Scandinavie (Norvège, Danemark et Finlande).

Le Tome 11 à dit adieu à la péninsule ibérique au profit d’une autre péninsule, la péninsule balkanique avec son extension de l’Europe du Milieu ou Mitteleuropa. Ce sera le plus gros tome avec six volumes (Hongrie, Bulgarie, Roumanie, Yougoslavie, Grèce et Slovaquie).

Enfin le Tome 12 va regrouper la Pologne en exil et les pays neutres. J’ai hésité à maintenir ce tome pour gagner du temps mais je me suis dit que d’une je n’étais pas à quelques semaines près et que ces pays neutres ont aussi joué un rôle dans le conflit, un rôle d’influence, un rôle d’intermédiaire entre les belligérants.

Pour ce dernier tome j’ai décidé de réaliser des fiches synthétiques pour cadrer leur position qui sera assez semblable à celle historique puisqu’aucun événement ne peut par exemple pousser la Suisse à entrer en guerre aux côtés des alliés ou de l’Axe (la neutralité helvétique est précieuse pour les deux belligérants).

Cette remarque s’applique aussi à l’Irlande, à la Suède, à la Turquie, au Portugal et à l’Espagne. Pour le Portugal de Salazar l’important est la survie du régime et le madré Antonio de Oliveira n’à aucun intérêt à entrer en guerre à l’exception peut être d’une attaque de ses colonies ou des îles. Pour l’Espagne c’est la situation économique qui est certes meilleure qu’OTL mais encore difficile. L’Axe n’à guère d’intérêt à attirer l’Espagne et les alliés non plus.

Du 12 avril au 8 mai 2021 j’ai réalisé mon volume 6 sur la Slovaquie et j’ai décidé d’intégrer des éléments de l’histoire de la Tchécoslovaquie ce qui m’à fait dire que je devais aussi parler de la Pologne.

J’ai donc décidé dans ce Tome 12 d’intégrer une partie sur la Pologne avec normalement une chronologie étoffée sur la période avant septembre 1939, une brève description de la guerre de Pologne, la mise en place d’un gouvernement polonais en exil à Nantes, la reconstitution d’une armée polonaise qui disposera d’unités terrestres, aériennes et navales, les premières sous commandement français alors que la marine polonaise libre était placée sous l’autorité de la Royal Navy car opérant en mer du Nord.

Ces F.S ou Fiches Synthétiques vont s’organiser de la façon suivante :

-Une partie chronologique avec tout d’abord les 50 ou 100 dates (chiffres non contractuels) à retenir de l’histoire du pays concerné.

-Des chronologies thématiques (chronologie politique, militaire et si ressources suffisantes chronologies économiques et culturelles)

-Des notices biographiques sur les grands personnages de l’histoire du pays concerné. Ce sera un choix totalement arbitraire mais qui je l’espère restera pleinement cohérent.

-La partie uchronique avec l’histoire au delà du point de divergence de mon œuvre (à savoir le 9 novembre 1939 et la mort d’Hitler dans un attentat)

-Une partie consacrée aux forces armées du pays concerné avec une rapide chronologie, un Ordre de bataille étoffé (si les sources nécessaires sont accessibles à votre serviteur) et de la liste des principales armes, des principaux véhicules, des principaux navires et aéronefs.

Je serai un peu plus prolixe, un peu plus volubile si le modèle est un modèle national ou un appareil peu connu. Inutile par exemple de présenter le Messerschmitt Me-109 en service en Suisse ou le Panzer IV utilisé par l’armée espagnole.

En même temps suis-je fiable ? En 2018 alors que j’achevai le T7 sur l’URSS je me disai que d’ici un an je pourrai enfin (?) passer à autre chose et en 2021 je suis encore là.

Néanmoins je commence à voir la lumière au bout du tunnel. Je ne vous cache pas chers lecteurs que je suis à la fois impatient et anxieux de voir la fin de cette œuvre approcher. C’est probablement ce que ressentent tous les écrivains quand ils arrivent au bout de leur œuvre.

Une fois le Tome 12 terminé, je pense réaliser un gros travail préparatoire que je conserverai pour moi (notamment un document cadre sur le conflit), je rédigerai peut être des annexes que je publierai en alternance avec les récits du conflit. Je pense aussi à une chronologie générale du conflit qui elle pourrait être publiée.

Je rédigerai ensuite le récit du conflit en m’inspirant je le reconnais de l’uchronie « 1940 La France continue » qui imagine une France continuant la guerre en juin 1940 plutôt que de se vautrer dans le renoncement avec peut être des personnages fictifs dont on pourrait suivre les aventures. Là encore le récit se découpera en différents tomes (sous réserve d’éventuelles modifications) :

-Tome 1 ou 13 : Europe occidentale et Balkans

-Tome 2 ou 14 : Méditerranée et Afrique (Nord et orientale)

-Tome 3 ou 15: Front russe

-Tome 4 ou 16 : Asie-Pacifique

-Tome 5 ou 17 : Peut être un tome consacré à l’arrière plan politique et diplomatique voir sur l’évolution d’après guerre avec par exemple deux guerres du Vietnam (1960-1967 et 1970-77). Cela sera aussi peut être l’occasion d’imaginer l’évolution des différentes armes en parlant davantage des équipements qui vont équiper notamment l’armée française.

Ce dernier tome aura un format différent des autres. En effet comme les pays souverains de ce tome ne seront pas engagés dans le second conflit mondial il n’y aura pas de récit de batailles héroïques, d’affrontements titanesques en mer Baltique ou en mer d’Irlande.

Cela commencera par une chronologie étoffée avec d’abord une chronologie généraliste avec les grandes dates à retenir dans l’histoire de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne, de la Suède, de la Suisse et de la Turquie. Ce sera ensuite des petites chronologies thématiques avec des chronologies politiques, militaires voir si j’ai suffisamment d’informations et de données, des chronologies économiques et culturelles.

Une fois ce cadre fixé je basculerai sur la partie uchronique c’est à dire après le point de divergence de novembre 1939. Il n’y aura visiblement pas de grands changements par rapport à l’histoire telle que nous la connaissons.

Ensuite je parlerai tout de même de l’armée avec quelques informations historiques, des informations sur l’organisation et son équipement. Je ne présenterai en détail une arme, un véhicule ou un avion que si cela est nécessaire c’est-à-dire un engin que je n’ai pas abordé dans les tomes précédents. Je ferai probablement une exception pour les navires de guerre.

En ce qui concerne la Pologne ce sera un peu différent puisque dans la partie historique 1939-1954 et la partie militaire il sera question de combats et d’opérations militaires, les troupes polonaises opérant en Norvège, sur le front occidental, dans les Balkans et même en Italie.

Comme depuis le début chers amis lecteurs, chers amis suiveurs bonne lecture. C’est vous par vos réactions, vos commentaires qui me donnent envie de continuer et d’achever cette œuvre monumentale au point que je crains un grande vide une fois celle-ci terminée. Peut être pourrai-je enfin me lancer sérieusement dans l’écriture d’un roman, un projet que je caresse depuis cinq six ans maintenant.

*

**

J’ai commencé par l’Espagne et donc logiquement je passe à son voisin occidental, son voisin lusitanien le Portugal. Ce petit pays qui se considère comme le plus ancien état nation d’Europe à longtemps souffert d’un complexe d’infériorité vis à vis de son puissant voisin oriental, un complexe qui s’explique par plusieurs facteurs.

Et pourtant si il y à bien un pays qui n’à pas à rougir de son histoire c’est bien le Portugal avec une construction liée avec le mouvement général de la Reconquista, les grandes découvertes, la colonisation.

Sébastien 1er.

Au 16ème siècle suite à la bataille de Ksar-El-Kébir (4 août 1578) et la mort du roi Sébastien 1er, le Portugal connait une éclipse en étant unie avec l’Espagne, Philippe II devenant Philippe 1er du Portugal.

En 1640 suite à une révolte, le pays redevient indépendant et va le rester jusqu’à nos jours sauf la rare éclipse de l’époque napoléonienne.

Longtemps puissant le pays va s’arrimer à l’Angleterre devenant pour certains une colonie anglaise et surtout comme l’Espagne va manquer la révolution industrielle.

Charles 1er du Portugal

Le 19ème siècle portugais est marqué à la fois par un processus de colonisation qui donne une illusion de puissance et par une instabilité politique qui sera fatale à la monarchie. En 1908 le roi Charles 1er est assassiné en compagnie du prince héritier Louis-Philippe. Le nouveau roi Manuel II n’allait régner que deux ans avant que le 5 octobre 1910 la République soit proclamée.

Es-ce le dépit de la «régénération» du pays ? Hélas non puisque l’instabilité continue, instabilité aggravée par la participation du Portugal à la première guerre mondiale.

Antonio de Oliveira Salazar

Es-ce à dire que la monarchie va être restaurée ? Non puisqu’en 1926 les militaires prennent le pouvoir mais cela ne change rien jusqu’à ce qu’arrive au pouvoir un jeune professeur de l’université de Coimbra, un certain Antonio de Oliverai Salazar.

Nommé ministre des Finances ce dernier va non seulement remettre le budget de l’Etat portugais en ordre mais surtout devenir le chef de l’Etat avec un régime «national-catholique» entré dans l’histoire sous le nom d’Estado Novo.

Ce dernier rusé et madré va jouer un habile jeu d’équilibriste entre l’Axe et les alliés à la fois pour permettre la survie de son état mais aussi parce qu’il connait les liens profonds qui lient la nation lusitanienne à la Grande-Bretagne.

Si par exemple il soutient les nationalistes espagnols dans la guerre d’Espagne (soutien financier et médiatique, envoi de volontaires les Viriates) il se garde bien comme Franco de s’engager dans la guerre de Pologne puis dans le second conflit mondial.

Durant la Pax Armada ce jeu d’équilibriste continue ce qui est favorise par Paris et Londres qui ont tout intérêt à ce que la péninsule ibérique reste neutre.

Cette neutralité portugaise sera comme la neutralité espagnole du genre élastique avec par exemple les Açores servant de base à partir de 1951 pour les aviations alliées traquant sous-marins, raiders et forceurs de blocus alors qu’au même moment des sous-marins allemands étaient (discrètement) ravitaillés et tout aussi discrètement réparés.

Cette situation baroque cessa fin 1952 quand non seulement les U-Boot peinaient à pénétrer dans l’Atlantique mais aussi parce que les alliés ont gentillement sifflé la fin de la recré.

Quand le second conflit mondial se termine en septembre 1954 le Portugal à préservé sa neutralité et si Franco peut craindre un temps (qui ne dure pas) que son régime soit renversé, Salazar sait qu’il est intouchable.

Reste à savoir ce que va devenir le pays de Viriatos, de Camoes et d’Henri le Navigateur. Une nation pluricontinentale et multinationale comme le pense les thuriféraires de l’Estado Novo ? Un pays qui doit faire sa mue et se raccrocher à l’Europe ? Les années soixante et soixante-dix seront révélatrices à ce sujet mais c’est une autre histoire comme on dit……. .

Pologne et Pays Neutres (8) Espagne (8)

L’Espagne entre les alliés et l’Axe (1939-1954)

Un pays ruiné à reconstruire

Quand les combats de la guerre d’Espagne cessent enfin après quasiment trois ans de combat d’une violence inouie le pays est littéralement dévasté. L’économie est ruinée, des millions d’espagnols déplacés et nombre d’entre-eux ont tout à craindre du nouveau pouvoir.

Bien sur dans l’idéal il aurait été souhaitable que Franco offre une paix des braves à ses anciens ennemis républicains mais c’était mal connaître la personnalité du Caudillo et surtout les passions humaines.

Les premières années du régime franquiste sont marquées par une répression impitoyable. On ne compte plus les exécutions sommaires et celles réalisés après un jugement devant des tribunaux d’exception.

Ce n’est qu’à partir de fin 1941/42 que la répression se calme un peu, les cyniques disant que si cela s’est calmé en Espagne c’est parce qu’il n’y avait plus personne à fusiller ou à emprisonner.

C’est peut être aussi parce que Franco est convaincu que son pouvoir est solide et que la menace républicaine appartient au passé.

C’est aller un peu vite en besogne. En effet en 1944 des groupes armées recommencent à s’infiltrer en Espagne. Comme souvent dans ce genre de situation ces groupes frappent en Espagne avant de se replier dans le sud-ouest de la France où il bénéficient du soutien d’une importante diaspora.

Excédé Franco menace de ne plus reconnaître la frontière et donner quitus à l’armée et à la Guardia Civil pour poursuivre les guerilleros communistes, anarchistes et plus généralement républicains y compris sur le territoire français.

Le gouvernement français veut tout sauf une reprise de la guerre d’Espagne et va prendre des mesures de réassurance et de sécurisation en musclant le dispositif militaire et sécuritaire dans les Pyrenées.

Parallèlement des opérations de police décapitent les réseaux de soutien à la cause républicaine. Paris refuse cependant de livrer les militants au gouvernement espagnol faute de garanties sur le fait qu’ils ne seront ni torturés ni condamnés à mort.

L’arrivée au pouvoir du Parti Social Français (PSF) à été favorablement accueillie à Madrid. Un parti conservateur au pouvoir à Paris c’est l’assurance que le régime franquiste ne sera pas frontalement et immédiatement remis en cause.

Durant la Pax Armada l’Espagne tente de se reconstruire et de relancer son économie. Elle bénéficie pour cela de l’aide de la France et de la Grande-Bretagne qui ont tout intérêt à conserver la péninsule ibérique sous influence. C’est déjà le cas du Portugal qui est considéré par certains comme une colonie britannique ce qui à le don d’ulcérer la patrie de Camoes.

Comme Franco ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier il ne ferme pas la porte aux investissements allemands et italiens même si ces derniers sont forcément limités.

Du 27 au 30 décembre 1939 une conférence à lieu à Coblence pour régler la question polonaise. Ce sommet est un échec avant même son ouverture puisque les alliés exigeaient l’évacuation du territoire polonais par les troupes étrangères, le maintien de l’ordre devant être assuré par des troupes de pays neutres à savoir venant d’Espagne, d’Irlande, d’Argentine et de Suède. On ne verra jamais donc de soldats venus de la péninsule ibérique assurer l’ordre dans les rues de Varsovie ou de Cracovie.

Sur le plan intérieur après une phase de répression massive et sanglante, le régime franquiste lève le pied et préfère une répression plus subtile, plus ciblée.

Sur le plan politique le régime se structure. Plutôt qu’un régime fasciste le régime franquiste est plutôt un régime «national-catholique» proche de l’Estado Novo portugais.

On trouve une forme autoritaire de gouvernement, le culte du chef et un parti unique. Les racines de l’idéologie au pouvoir reposant davantage sur le passé que sur la recherche d’un homme nouveau on peut difficilement classer Franco dans la catégorie des fascistes.

Durant la Pax Armada la péninsule ibérique est partagée entre neutralité et engagement aux côtés des forces de l’Axe notament l’Espagne, Franco devant son arrivée en pouvoir au soutien massif de l’Italie et de l’Allemagne et dans une moindre mesure le Portugal de Salazar.

L’hypothèse d’une attaque espagnole qui apparaît possible en 1939 devient de plus en plus improbable au fur et à mesure où les années passent, Franco devant assurer son pouvoir face à des maquis communistes et anarchistes remuants, relancer l’industrie et réparer les dégâts de la guerre civile.

Ramon Serrano Suner

De plus, une politique d’influence est menée vis à vis de la faction pro-alliée du gouvernement espagnol pour faire pencher du côté d’une neutralité bienveillante la politique extérieure espagnole au grand dam de Ramon Serrano Suner, le cunadissimo «le beaufrerissime», beau frère de Franco (il à épousé la sœur de Carmen Polo la femme de Franco) et accessoirement ministre des Affaires Etrangères, notoirement connu pour ses sympathies pro-allemandes.

Cette politique d’influence est mené en liaison avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis du moins jusqu’en 1944 quand le président Linbergh tourne le dos à l’Europe, renforçant l’isolationisme américain.

Outre l’action des diplomates français à Madrid et à Lisbonne, on trouve une aide économique en argent et en nature (huile, blé, charbon) sans parler d’une livraison très discrète de matériel militaire.

L’armée espagnole à reçu quelques Renault R-35 pour moderniser son armée

Résultat si en 1948, des troupes françaises sont déployées dans les Pyrénées c’est plus pour donner le change vis à vis des allemands ce que Franco dans son palais d’Orient à Madrid comprend très bien.

Sans que cela soit mirobolant la situation s’améliore peu à peu ce qui permet même à Franco d’engager le processus de modernisation de son armée pour faire face à toute éventualité qu’il s’agisse d’une reprise de la guérilla républicaine ou une invasion par une puissance étrangère. Des projets grandioses voient le jour mais ces projets doivent être rapidement remisés dans les cartons au grand dam de leurs partisans.

Es-ce à dire que l’Espagne va s’engager dans la guerre en cas de nouveau conflit ? La réponse ne va pas tarder.

L’Espagne dans le second conflit mondial

Le 5 septembre 1948 le monde s’embrase à nouveau sauf que cette fois tout le monde sait que cela se terminera par un K.O et non par une victoire aux points.

L’Espagne est en meilleure santé économique qu’en 1939, l’industrie est repartie, l’agriculture à été relancée, le tout bien aidé par la France et la Grande-Bretagne (et dans une moindre mesure par l’Allemagne et l’Italie) mais delà à s’engager dans un camp ou dans l’autre…… .

Très vite il devient évident que l’Espagne choisit à nouveau la voie de la neutralité qui lui permet de bénéficier de retombées économiques intéressantes tout en évitant d’avoir à choisir un camp quitte à s’en mordre les doigts si jamais c’est le camp opposé qui devait l’emporter.

L’Espagne va cependant être affectée par le conflit. Elle va ouvrir discrètement ses ports aux sous-marins allemands et italiens qui seront ravitaillés et parfois réparés, les alliés se chargeant de rappeler à Madrid de ne pas pousser le bouchon trop loin.

Le territoire espagnol va aussi être le théâtre d’une guerre de l’ombre dont on ne mesure pas encore toute l’ampleur, certaines archives n’étant pas encore accessibles.

Si le territoire espagnol ne sera pas directement touché par les combats, de nombreux espagnols vont participer à la guerre.

De nombreux espagnols se sont engagés dans la Légion Etrangère et vont combattre pour la France, devenant français par le sang versé.

En France de nombreux républicains ont trouvé refuge dans des camps de sinistre mémoire. Cette Retirada qui à marqué au fer rouge de nombreuses familles à fait place progressivement à une certaine assimilation à la France. Cette assimilation s’est effectuée notamment au travers de l’engagement de plusieurs dizaines de milliers d’espagnols dans la Légion Etrangère, de nombreux ibères au képi blanc s’illustrant sur tous les théâtres d’opérations où la Légion va être engagée.

Des espagnols vont également participer à la guerre aux côtés des allemands. Ces hommes étaient pour beaucoup des ouvriers qui fuyant la misère d’une Espagne ravagée avaient préféré tenter leur chance en Allemagne.

Au cours de la guerre civile les différents camps vont engager des espagnols comme troupes de choc pour tenter de s’emparer du pouvoir.

Quand le second conflit mondial éclate, l’attaché militaire espagnol à Berlin propose au gouvernement allemand de lever une division espagnole pour combattre sous l’uniforme allemand.

L’idée est d’abord accueillie avec scepticisme tant par le gouvernement allemand que par le gouvernement espagnol qui rappelle son attaché à Madrid (ce qui tenderait à prouver qu’il à agit de son propre chef).

Pourtant cette idée va aboutir au printemps 1949 avec la création du RVEA (Regimiento de voluntarios espanoles en alemania), un régiment d’infanterie légère, d’infanterie de choc considéré comme l’un des meilleur de l’armée allemande.

Ce régiment va attirer également des aventuriers venus d’Amérique Latine mais aussi des déserteurs espagnols de la Légion Etrangère !

Soldat de la Division Azul

En dépit de pertes sensibles les volontaires sont suffisamment nombreux pour créer une brigade puis division entrée dans l’histoire comme la Division Azul (Division Bleu), nombre de soldats étant des chemises bleuses phalangistes.

Cette division va combattre d’abord dans les Balkans non pas lors de l’opération MARITSA proprement dite mais durant les opérations de nettoyage menées alors que le gros des combats se déroulaient en Grèce.

La division va ensuite combattre en Russie lors de l’opération BARBAROSSA où elle s’illustre, s’attirant très vite le respect des allemands comme des soviétiques.

Elle subit de lourdes pertes lors de la contre-offensive soviétique. Reconstituée, elle combat durant l’opération FRIEDRICH où là encore les pertes sont lourdes, très lourdes, trop lourdes. La division réduit au statut de brigade est finalement évacuée en direction de l’Allemagne où elle est dissoute en mars 1953.

Certains restent en Allemagne comme ouvriers, d’autres s’engagent dans la Waffen S.S tandis que d’autres tentent de rentrer en Espagne non sans mal.

L’action de cette division est célébrée par la propagande franquiste. Les survivants de la division vont atteindre les postes les plus élevés de l’armée espagnole. A noter que quelques portugais (une petite centaine) ont également participé à cette aventure de la Division Bleue.

Comme nous l’avons vu plus haut des sous-marins allemands et italiens ont pu se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols.

Les alliés sont au courant mais au moins dans un premier temps laisse faire car une péninsule ibérique neutre est plus intéressante pour eux. A la fin de 1952 ces escales cessent, les alliés sifflant la fin de la récréation sans que Franco n’y éprouve un quelconque chagrin, le madré Caudillo ayant compris que le sort de la guerre à tourné en faveur des alliés.

Durant le conflit, l’Espagne reconnaît le Nouvel Etat Croate du Poglavnik Ante Pavelic et envoie un ambassadeur qui va y rester jusqu’à la fin du conflit.

Quand le conflit s’arrête le 30 avril 1954, l’Espagne sort indemne du conflit. Elle en à même profité en partie avec des commandes passées par les alliées. La situation économique est assez bonne mais bien entendu la situation politique reste tendue avec une absence totale de libertés et un régime toujours aussi répressif. Il faudra plus de vingt ans pour l’Espagne redevienne une démocratie.

Pologne et Pays Neutres (7) Espagne (7)

Charles IV

Charles IV né à Portici (Naples) le 11 novembre 1748 et mort à Rome le 20 janvier 1819 est roi d’Espagne du 14 décembre 1788 au 19 mars 1808. Deuxième fils de Charles III et de Marie-Amélie de Saxe il ne devint l’héritier que suite aux troubles mentaux dont souffrait son frère Philippe-Antoine, ce dernier étant exclu de la succession en août 1759.

Son règne est marqué par l’impact sur l’Espagne de la Révolution Française, l’Espagne hésitant entre alliance et opposition. L’Espagne est ainsi en guerre avec la France (Guerre du Roussillon [1793-1795]) avant d’être alliée à elle.

Ce revirement total est piloté par Charles IV et son puissant ministre Manuel Godoy (accessoirement amant de la reine Marie-Louise de Bourbon-Parme) entraine l’Espagne dans une nouvelle guerre cette fois contre la Grande-Bretagne de 1796 à 1802. C’est une nouvelle défaite qui entraine une déroute financière. En 1805 la marine espagnole engagée aux côtés des français est mise en déroute à Trafalgar.

Cette nouvelle déroute entraina le complot d’El Escorial en novembre 1807 et le soulèvement d’Aranjuez en mars 1808 qui entraina la chute définitive de Godoy (qui avait été écarté du pouvoir de 1798 à 1800).

En mars 1808 il abdique en faveur de son fils Ferdinand VII mais deux mois plus tard convoqués par Napoléon 1er à Bayonne, Charles IV et Ferdinand VII doivent abdiquer au profit du frère de l’empereur des français Joseph devenu José 1er d’Espagne.

Cela entraina un soulèvement des espagnols qui luttèrent contre José 1er et ses alliés espagnoles appelés afrancesados (francisés, pas de besoin de préciser qu’il s’agit d’un terme péjoratif).

Charles IV ne retrouvera jamais son trône et c’est en exil qu’il meurt à Rome à l’âge de soixante-dix ans.

De son mariage avec Marie-Louise de Bourbon-Parme sont nés pas moins de quatorze enfants : Charles-Clément d’Espagne (1771-1774), Charlotte-Joachime d’Espagne (1775-1830), Marie-Louise d’Espagne (1777-1782), Marie-Amélie d’Espagne (1779-1798), Charles d’Espagne (1780-1783), Marie-Louise (1782-1784), Charles d’Espagne (1783-1784), Ferdinand VII (1784-1833), Charles de Bourbon (1788-1855), Marie-Isabelle d’Espagne (1789-1848), Philippe d’Espagne (1791-1794), Philippa d’Espagne (1792-1794) et François de Paule d’Espagne (1794-1865).

Manuel Godoy

Manuel Godoy y Alvarez de Faria, prince de la Paix et de Bassano, duc d’Alcudra et de Sueca (Badajoz 12 mai 1767 Paris 4 octobre 1851) est un courtisan et homme politique espagnol.

Issu d’une famille noble et pauvre, il s’engage dans la garde royale à 17 ans en compagnie de son frère.

Il devient l’ami du prince des Asturies futur Charles IV et accessoirement (ou pas) l’amant de la future reine Marie-Louise de Parme. Les honneurs pleuvent sur lui ce qui suscite jalousies et ragots. Il se murmure que Marie-Isabelle et François de Paule auraient le favori comme père biologique.

Il se marie deux fois. Il épouse Maria Teresa de Borbon y Vallabriga qui lui donne une fille prénommée Carlota Luisa de Godoy y Borba puis se marie avec Josefa de Tudor y Catalan (deux fils Manuel de Godoy y Tudo et Luis de Godoy y Tudo).

En 1792 il remplace le comte d’Aranda comme Secrétaire d’Etat (équivalent du premier ministre). Il tente de sauver Louis XVI cousin de Charles IV mais échoue. Une courte guerre oppose l’Espagne à la France (1793-1795) mais ce conflit se termine par une défaite espagnole.

Il démissione en 1798 mais revient aux affaires en 1801. Il tente d’abord de garder l’Espagne neutre avant de s’accrocher à la France. Cela conduit au désastre de Trafalgar (21 octobre 1805).

En mars 1808 Charles IV est renversé. Godoy est sauvé par Murat qui l’exfiltre vers la France. Il s’exile aux côtés du roi déchu et ne reverra jamais l’Espagne, Ferdinand VII le poursuit de sa vindicte et refusa jusqu’au bout de l’autoriser à rentrer en Espagne ou de lui verser une pension. Après un long exil italien il s’installe à Paris pensionné par Louis-Philippe. Il est mort et enterré à Paris.

Ferdinand VII

Ferdinand VII né à Madrid le 14 octobre 1784 et mort à Madrid le 29 septembre 1833 est roi d’Espagne du 19 mars 1808 au 6 mai 1808 et du 11 décembre 1813 au 29 septembre 1833.

Fils de Charles IV et de Marie-Louise de Bourbon-Parme il détrône son père lors du soulèvement d’Aranjuez en mars 1808 mais deux mois plus tard convoqué à Bayonne par Napoléon dans l’espoir que son coup de force soit validé mais en réalité arrivé dans la ville basque l’empereur des français impose une double abdication à son profit, Napoléon 1er transféra les droits ainsi acquis à son frère ainé Joseph qui quitte le royaume de Naples au profit d’un royaume qui ne tarde pas à se soulever contre José 1er et les afrancesados les libéraux partisans de la France.

Prisonnier au château de Valençay (propriété de Tayllerand), il est libéré en décembre 1813 après la déroute des armées napoléoniennes et l’expulsion de Joseph Bonaparte en juin 1813.

Ferdinand VII retrouve son trône en 1814. Très populaire au point d’être baptisé Le Désiré il dilapide ce précieux capital. En effet le fils de Charles IV comme les ultras de la Restauration en France n’avait «rien appris et rien oublié».

Ferdinand VII refuse de reconnaître la Constitution de Cadix et poursuit de sa vindicte les libéraux ce qui entraine un coup d’Etat. C’est le début du Trienno Libéral (1820-1823).

Ferdinand VII fit mine d’accepter le libéralisme tout en préparant le retour de l’absolutisme. Il fallut pour cela l’intervention d’un corps expéditionnaire français (les «100000 fils de Saint Louis») qui permis à la France de Louis XVIII de retrouver sa place dans le concert des nations.

Il doit faire face à l’indépendance des colonies sud-américaines. Il tente de les reconquérir mais échoue. La fin de son règne est marqué par une répression féroce mais paradoxalement par une certaine ouverture politique sous l’influence de sa quatrième épouse Marie-Christine qui lui donna deux filles, Isabelle et Louise-Fernande.

Il modifie la loi salique pour permettre à sa fille Isabelle de lui succéder au détriment de son frère Charles ce qui va provoquer la première guerre carliste.

A sa mort sa fille Isabelle n’ayant que deux ans c’est sa mère Marie-Christine qui va assurer la régence.

Isabelle II

Isabelle II (Madrid 10 octobre 1830 Paris 9 avril 1904) est reine d’Espagne de 1833 à 1868. Son règne est une succession de troubles et de désastres, l’Espagne sombrant dans le chaos et l’instabilité.

Elle devient reine parce que son père à aboli la loi salique introduite en Espagne par Philippe V en 1713. Ses opposants soutiennent son oncle Charles (Carlos) d’où le nom des opposants à savoir les carlistes.

Comme elle n’est âgée que de deux ans c’est sa mère Marie-Christine, nièce de feu Ferdinand VII son mari (NdA Ahem) qui assure la régence. C’est seulement en 1839 qu’elle est reconnue comme la reine légitime de toute l’Espagne.

En 1840 Marie-Christine abandone la régence au profit du général Espartero, rôle qu’il va assumer jusqu’à la majorité de la reine en 1843.

Elle épouse son cousin François d’Assise de Bourbon, duc de Cadix. Officiellement le couple à eu onze enfants dont cinq survivent. Comme le mari est notoirement homosexuel (il est surnommé Paquita) il y à de forts doutes sur la légitimité des enfants du couple royal. Comme son mari est le fils de François de Paule, le mari d’Isabelle II serait en réalité le fils de Manuel Godoy.

Son image au sein de l’opinion publique est absolument désastreuse : fanatique religieuse mais réputée nymphomane. Elle semble pourtant intelligente, généreuse décidée mais elle est mal conseillée et mal entourée. Très vite ce sont les généraux qui possèdent la réalité du pouvoir.

L’Espagne tente de se moderniser et de se développer sur le plan économique et culturel mais une corruption endémique ruine efforts et progrès réalisés.

En 1851 elle signe un concordat avec le Vatican ce qui coupe l’herbe sous le pied des carlistes. En 1852 elle est victime d’une tentative d’assassinat menée par un moine franciscain.

La fin de son règne est chaos complet. Le 30 septembre 1868 le général Prim se soulève et l’oblige à s’exiler en France. Elle abdique le 25 juin 1870, cédant ses droits à son fils Alphonse XII. Elle meurt en exil mais est enterrée à la nécropole de l’Escurial.

Alphonse XIII

Alphonse XIII né le 17 mai 1886 à Madrid et mort à Rome le 28 février 1941 est roi d’Espagne de sa naissance à son départ en exil (il n’à jamais formellement abdiqué) le 14 avril 1941. C’est le fils posthume d’Alphonse XII et de Marie-Christine d’Autriche. Il devient majeur à l’âge de 16 ans le 17 mai 1902 ce qui met fin à la régence de sa mère.

Il accède au pouvoir dans un contexte difficile, les tentatives d’assassinat se multiplient menées notamment par les anarchistes.

Le 31 mai 1906 il épouse Victoire-Eugénie de Battenberg, fille du prince Henri de Battenberg et de Béatrice du Royaume-Uni et accessoirement du roi Edouard VII. De cette union sont nés sept enfants : Alphonse (1907-1938), Jacques-Henri (1908-1975), Béatrice (1909-2002), Ferdinand (1910-1910), Marie-Christine (1911-1996) Juan (1913-1993) et Gonzalve (1914-1934). Alphonse XIII à également eut plusieurs enfants naturels.

Durant la première guerre mondiale l’Espagne reste neutre ce qui permet au pays de jouer un rôle précieux d’intermédiaire notamment pour connaître le sort des prisonniers avec l’Oficina pro-cautivos (bureau des prisonniers de guerre), un organisme géré par le roi pour ne pas mettre le gouvernement dans l’embarras. En 1917 il tente d’accueillir la famille impériale russe déchue mais sans succès.

L’agitation sociale est quasiment permanente, aggravée par les mauvaises nouvelles venues du Maroc où l’Espagne essayait de contrôler la région du Rif. Suite à la désastreuse défaite d’Anoual en 1921, l’Espagne demandera l’aide de la France pour aboutir à la victoire contre Abd-El-Krim en 1927.

Le 13 septembre 1923 le capitaine général de Catalogne Miguel Primo de Rivera organise un coup d’état validé par le roi. Cela va aggraver la situation, Miguel Primo de Rivera finissant par être démis du gouvernement le 19 janvier 1930. Cela ne parviendra à sauver le sort de la monarchie qui doit faire face à l’agitation des républicains et plusieurs coups d’état.

Les élections municipales du 12 avril 1931 aboutissent à la victoire des républicains dans les grandes villes même si à la campagne les monarchistes restent majoritaires. Cela n’empêche pas les républicains de proclamer la république.

Deux jours plus tard le roi décide de quitter le pays pour dit-il éviter la guerre civile. Il n’abdique cependant pas. Il rallie Carthagène embarquant sur un navire de la marine espagnole direction Marseille puis la région parisienne avant de rallier Rome.

Le 26 novembre 1931 une loi des Cortès accusent Alphonse XIII de haute trahison et le déclare déchu (cette loi sera annulée par Franco le 15 décembre 1938)

Durant la guerre d’Espagne, Alphonse XIII soutient ouvertement la cause nationaliste espérant que le plus jeune général espagnol n’imite le général Monk, le restaurateur des Stuarts. Il fût vite déçu du refus de Franco de restaurer le roi déchu.

Le 15 janvier 1941 Alphonse XIII abdique en faveur de son fils cadet Juan, comte de Barcelone. Il meurt le 28 février 1941 des suites d’une angine de poitrine. Il est enterré dans l’église Sainte-Marie de Montserrat des espagnols avant que sa dépouille ne soit enterré à l’Escurial en 1980 aux côtés de ses ancêtres bourbons.

Miguel Primo de Rivera

le général Primo de Rivera et le roi Alphonse XIII

Miguel Primo de Rivera (Jerez de la Frontera 8 janvier 1870 Paris 16 mars 1930) est un général et homme d’Etat espagnol.

Issu d’une famille d’aristocrates andalous de tradition militaire, Miguel Primo de Rivera suit des études d’histoire et d’ingéniérie avant d’accéder à l’Académie militaire de Madrid.

Il obtient son premier poste au Maroc en 1893. Deux ans plus tard il est affecté au Cuba puis aux Philippines. Il est aux premières loges pour la guerre hispano-américaine (1898) qui provoque la quasi-fin de l’empire colonial espagnol.

Compétent et patriote, il est cependant réservé sur la possibilité pour l’Espagne de conserver le Maroc que Madrid partage avec la France.

En 1902 il épouse Casilda Saenz de Heredia qui lui donne six enfants avant de décéder en 1908.

Gouverneur militaire de Cadix en 1915 il est observateur sur le front occidental. Il est ensuite capitaine général à Valence en 1919, à Madrid puis à Barcelone en 1922.

Le 13 septembre 1923 il réalise un pronunciamento depuis Barcelone. Il est soutenu uniquement par les garnisons de Saragosse et de Bilbao et ne l’emporte uniquement par l’indécision du gouvernement et par la neutralité bienveillante du roi Alphonse XIII.

Il reçoit les pleins pouvoirs du roi le 15 septembre. C’est la période du Directoire militaire avec notamment un Etat de guerre en vigueur jusqu’au 16 mars 1925. Il créé un parti unique (Union Patriotique). Si il est initialement bien accueillit par les autonomistes ces derniers doivent vite déchanter.

Plus que fasciste le régime est conservateur et autoritaire avec la mise en place d’un système corporatif, d’un protectionisme et d’une politique de grands travaux. Avec l’aide de la France, il défait les rifains d’Abd-El-Krim.

Le Directoire Militaire s’ouvre aux civils dans le but de passer la main à un nouveau régimen politique toujours autoritaire et conservateur mais sans le soutien des militaires. En 1927 une assemblée nationale consultative est mise sur pied dans le but de créer une nouvelle constitution mais cela ne dépassera pas le statut de l’avant projet.

La crise de 1929 ruine les bons résultats obtenus dans les années vingt. Lâché par ses confrères inquiets de ses projets de réforme et de réduction du nombre d’officiers, lâché par le roi qui craint l’impact de la dictature sur la monarchie, Miguel Primo de Rivera démissione le 28 janvier 1930, s’exile à Paris où il meurt six semaines plus tard.

Francisco Largo Caballero

Francisco Largo Caballero (Madrid 15 octobre 1869 Paris 23 mars 1946) est un syndicaliste et un homme d’Etat espagnol. Il est membre du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) et de l’UGT (Union Générale des Travailleurs).

Il participe à la grève générale révolutionnaire de 1917. Il est condamné à la prison à perpétuité mais est libéré en 1918 après avoir élu député.

Plutôt modéré au début, il était par exemple partisan de la collaboration avec la dictature de Primo de Rivera.

De 1931 à 1933 il est ministre du Travail et mène une politique progressiste. Il se radicalise alors avec l’arrivée au pouvoir de la CEDA. Il est condamné à 30 ans de prison mais il est rapidement libéré.

Il est surnommé le «Lenine espagnol». Par un savoureux tour de passe-passe le radical Caballero s’oppose au modéré Prieto alors que sous la dictature de Primo de Rivera c’était l’inverse.

Il est président du conseil des Ministres d’Espagne du 4 septembre 1936 au 17 mai 1937. Tout en acceptant l’aide soviétique il veille à limiter l’influence de Moscou. Les soviétiques n’oublieront jamais et obtiendront sa tête. Il sera remplacé par Juan Negrin, un socialiste comme lui mais nettement plus accommodant avec les communistes.

Il s’exile en France en 1939. A plusieurs reprises Franco réclame son extradition mais Paris refuse sachant parfaitement le sort qui l’attend.

Le 16 mars 1946 il est victime à Paris d’une nébuleuse tentative d’assassinat (services franquistes ? Communistes ?) qui le blesse grièvement. Il décède une semaine plus tard. Enterré à Paris, sa dépouille à été transférée en Espagne après la mort de Franco.

Manuel Azana

Manuel Azana Diaz (Alcala de Henares 10 janvier 1880 Montauban 3 novembre 1940)

Juriste (licence de droit en 1897 et doctorat en 1900) et homme d’Etat espagnol, il est membre du Congrès des Députés du 14 juillet 1931 au 9 octobre 1933, du 8 décembre 1933 au 7 janvier 1936 et du 16 mars 1936 au 31 mars 1939.

Il est ministre de la Guerre du 14 avril 1931 au 12 septembre 1933, premier ministre du 14 octobre 1931 au 12 septembre 1933 et du 19 février au 12 septembre 1933 et enfin président de l’Espagne du 10 mai 1936 au 3 mars 1939.

Durant le premier conflit mondial il est pro-allié. Dans ses écrits il critique la «Génération de 98» qui magnifie l’histoire espagnole, lui préférant les Lumières et la Troisième République française.

Sa politique violement anti-cléricale lui aliène nombre de modérés. A la chute de la République, il s’exile en France s’installant à Montauban où il bénéficie d’une immunité diplomatique offerte par le Mexique où nombre de républicains espagnols se sont exilés au printemps 1939.

Lluis Companys

Lluis Companys y Rover (El Tarros 21 juin 1882 Barcelone 15 octobre 1940) est un avocat et un homme politique catalan. Il est président de la Généralité de Catalogne du 31 décembre 1933 au 15 octobre 1940, président du parlement de Catalogne du 6 décembre 1932 au 12 juin 1933. Il est ministre de la Marine du 20 juin au 12 septembre 1933. Politiquement il appartient à la Gauche Républicaine de Catalogne (ERC).

Il effectue des études de droit à l’université de Barcelone. Son activité politique le conduit en prison à plusieurs reprises. Il est gouverneur civil de Barcelone le 16 avril 1931 mais il est remplacé dès le mois de mai.

Elu député de Barcelone le 28 juin 1931 il vote le statut d’autonomie de la Catalogne (Estatut de Nuria). Après la mort de Francesc Macia, il le remplace le 1er janvier 1934 comme président du gouvernement catalan.

Le 6 avril 1934 il proclame la République catalane mais c’est un échec. Arrêté pour rébellion en octobre 1934 il est condamné à trente ans de réclusion.

En 1936 après la victoire Frente Popular la Généralité de Catalogne est rétablie et Companys est libéré.

Après la victoire des franquistes il s’exile en France. Installé à Montpellier, il tente de relancer la cause catalane dans l’Espagne franquiste. Manquant de prudence il est piégé par un militant catalaniste retourné et enlevé.

Le gouvernement français proteste mais ne peut faire grand chose. Jugé pour rébellion militaire (sic), il est condamné à mort et fusillé. Son corps est enterré dans une tombe anonyme d’un cimetière de Barcelone. Ce n’est qu’après la mort de Franco qu’il reçoit une sépulture digne de ce nom.

José Antonio Primo de Rivera

José Antonio Primo de Rivera y Saenz de Heredia (Madrid 24 avril 1903 Alicante 20 novembre 1936) est un avocat et homme politique espagnol. Fils de Miguel Primo de Rivera, il est le fondateur de la Phalange espagnole. Il est exécuté par les républicains au début de la guerre d’Espagne.

Bachelier en 1917, il obtient sa licence de droit en 1922 avant de faire son service militaire en 1923/24 comme lieutenant de cavalerie. Il devient avocat en avril 1925, devenant très vite un avocat connu et apprécié.

Baignant dans un milieu conservateur, il est attiré par le libéralisme politique. Il se lance en politique pour défendre la mémoire de son père récemment décédé. Il fonde l’Union Monarquica Nacional mais est battu aux élections à la constituante en 1931.

Arrêté en 1932 après la Sanjurjada il est cependant rapidement libéré faute de preuves. Il fonde peu après le Movivmiento Sindicalista Espanol, l’embryon de la future phalange espagnole qui est fondée le 29 octobre 1933.

Il est député aux Cortès (circonscription de Cadix) du 30 novembre 1933 au 7 janvier 1936 et premier chef national de la Phalange Espagnole du 6 octobre 1934 au 20 novembre 1936.

Le 15 février 1934 elle fusionne avec les Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista donnant naissance à la Falanga Espanola de las JONS. Il est battu aux élections le 16 février 1936 avec 0.7%. Elle est inerdite par les républicains le 12 mars 1936.

Emprisonné à la prison Modelo de Madrid le 14 mars 1936, il est transéfé à Alicante le 5 juin 1936.

Il est jugé pour rébellion militaire le 17 novembre 1936. Condamné à mort, il est fusillé trois jours plus tard.

Il devient un martyr de la cause franquiste (El Ausente _l’absent_) mais selon certains historiens si il avait survécu on peut se demander si il aurait été un franquiste de choc.

Son corps est exhumé le 30 novembre 1939 et enterré au monastère de l’Escorial. Vingt ans plus tard son corps est finalement inhumé dans le monument de la Valle de Los Caidos.

Buenaventura Durutti

Buenaventura Durutti Dumangue (Leon 14 juillet 1896 Madrid 20 novembre 1936) est un militant anarchiste espagnol.

Après avoir déserté de l’armée, il s’exile en France avant d’alterner exils, séjours en prisone et tentatives de renversement de la monarchie mais aussi de la deuxième république, le futur commandant de la Colonne Durutti étant partisan de la ligne insurrectionnelle.

Lors du pronunciamento du 17 juillet 1936, il organise la résistance aux putschistes à Barcelone avant de montrer sur le front d’Aragon avec ses 3000 hommes.

Le 13 novembre 1936 il reçoit l’ordre de rallier la capitale espagnole pour la défendre contre l’offensive nationaliste. Il est tué au combat dans des circonstances troubles le 20 novembre 1936 soit ironie du sort le même jour que l’exécution de José Antonio Primo de Rivera.

Si l’hypothèse privilégiée est une mort sous les balles franquistes d’autres hypothèses ont rapidement émergé comme un tir accidentel d’un de ses lieutenants, une arme défectueuse ou encore une exécution ordonnée par le PCE voir par les anarchistes eux-mêmes, certains ne supportant pas l’autoritarisme de Durutti.

Dolores Ibarruri «La Passionaria»

Dolores Ibarruri Gomez surnommée La Passionaria est né à Gallarta le 9 décembre 1895 et morte à Madrid le 12 novembre 1989.

Issue d’une famille de mineurs de Biscaye, elle la huitième d’une famille de onze enfants. Sa famille est profondément catholique et son père est un militant carliste actif. Elle épouse un mineur militaire socialiste Julian Ruiz Gabina avec lequel elle aura six enfants.

Elle participe à la fondation du parti communiste espagnol en avril 1920. Il fusionne le 14 novembre 1921 avec le parti communiste ouvrier espagnol pour donner naissance au PCE. Elle intègre le comité central en 1930 puis le bureau politique en 1932. En 1933 elle est à Moscou comme délégué auprès du Komintern. En février 1936 elle est élue députée des Asturies. Elle est soupçonné d’avoir été à l’origine de l’assassinat du député monarchiste José Calvo Sotelo.

Elle devient une figure de proue du camp républicain mais elle est loin de faire l’unanimité dans son camp, certais communistes espagnols la jugeant comme trop rigide, trop pro-soviétique et semble prendre plaisir à épurer.

A la fin de la guerre d’Espagne, elle s’exile en URSS. Son fils Ruben va s’engager dans l’armée rouge et sera tué en 1951 lors de l’opération FRIEDRICH. Son étoile palie durant l’exil où son attitude est particulièrement critiquée et critiquable. Elle est secrétaire générale du PCE de 1942 à 1960 puis présidente.

Rentrée en Espagne après la mort de Franco en 1975 elle s’engage à nouveau en politique mais pour peu de temps. Après sa mort on apprendra qu’elle était revenue à la foi catholique de sa jeunesse.

Francisco Franco

Francisco Franco Bahamonde (Ferrol 4 décembre 1892 Madrid 20 novembre 1975) est un militaire et homme politique espagnol. Il à deux frères (Nicolas et Ramon) et deux sœurs (Maria del Pilar et Maria de la Paz)

Issu d’une famille de petit noblesse d’origine andalouse mais installée depuis plusieurs générations en Galice, il souhaite s’engager dans la marine pour suivre les traces de son père mais suite à la défaite de 1898 l’Académie Navale du Ferrol ferme ses portes pendant plusieurs années.

Au grand dam de son père (qui en 1906 abandonne sa famille pour en fonder une autre à Madrid) le jeune Francisco choisit de s’engager dans l’armée de terre.

Il est cadet à l’Académie d’infanterie de Tolède de 1907 à 1910 où il ne s’illustre guère mais est plutôt moqué pour sa petite taille.

En 1913 il intègre les Regulares, une unité comparable aux goumiers et tabors de l’armée française, ces volontaires marocains encadrés par des officiers espagnols servant de troupes de choc. Cela explique de nombreuses pertes. En 1916 Franco est grièvement blessé au ventre mais survit ce qui pour ses hommes est un signe de baraka (protection divine). Il est promu major et sert en Espagne de 1917 à 1920. En 1920 il participe avec José Milan Astray à la création de la Legion Etrangère.

En 1923 il épouse Carmen Polo. De cette union est née une fille prénomée Maria del Carmen.

Il s’illustre au Maroc participant au débarquement d’Alhucémas en 1925 devenant en 1926 le plus jeune général d’Espagne à l’âge de seulement trente-trois ans.

En 1928 il prend la tête de l’académie militaire interarmes de Saragosse, académie qui va être un vivier de cadres pour le mouvement nationaliste puisque 95% des cadets passés par le creuset aragonais ont rallié la rébellion militaire.

Monarchiste et conservateur, il regrette le départ d’Alphonse XIII mais reste loyal à la République même si cette dernière ferme l’académie officiellement pour des raisons budgétaires.

Après l’arrivée de la droite au pouvoir en 1933 il reçoit la direction de la répression de la révolte des mineurs asturiens (4 au 19 octobre 1934).

Nommé chef d’état-major de l’armée de terre en 1936 avant les élections de février, il est envoyé aux Canaries par des républicains qui ont oublié cet adage «Garde tes amis près de toi et tes ennemis encore plus près».

Il participe au pronunciamento du 17 juillet 1936 qui dégénère en conflit militaire d’ampleur, une guerre civile qui devient une guerre européenne. Il s’impose comme chef du camp nationaliste après la mort providentielle de ses principaux concurrents que ce soit Sanjurjo, Mola ou encore José Antonio Primo de Rivera.

Le 21 septembre 1936 Franco est fait commandant en chef et le 1er octobre 1936 il est publiquement proclamé Generalissime de l’Armée Nationale (Generalissimo) et Chef de l’Etat (Jefe del Estado).

Sur le plan militaire Franco n’est pas un génie militaire mais c’est un organisateur efficace et methodique. Les nationalistes possédant de meilleures troupes ils vont souvent l’emporter contre des troupes républicaines pas toujours compétentes et pas toujours disciplinées.

Dans les premières années qui suivent la victoire nationaliste la répression est féroce, impitoyable avec plusieurs dizaines de milliers d’exécution, des milliers de prisonniers politiques qui sont notamment condamnés à construire un monument expiatoire la Valle de los Caidos (la vallée de ceux qui sont tombés).

En 1942 Franco met en place les Cortes Espagnoles une chambre consultative élue par le système corporatiste.

Durant la Pax Armada Franco doit reconstruire un pays dévasté. L’économie espagnole va se relever peu à peu mais en septembre 1948 le pays est encore convalescent.

Cela explique pourquoi l’Espagne va rester neutre en dépit des pressions de l’Axe qui espéraient une aide espagnole pour s’emparer de Gibraltar.

Comme rien n’est simple l’Espagne va ravitailler des sous-marins allemands et italiens durant la guerre, les alliés fermant les yeux pour la simple et bonne raison qu’une péninsule ibérique neutre était bien plus intéressante pour eux qu’une Espagne et un Portugal ayant rallié l’Axe mais aussi le camp allié.

A la fin du second conflit mondial les républicains espagnols qui pour beaucoup ont rejoint le Mexique espèrent une intervention alliée pour renverser Franco mais Paris et Londres vont rapidement doucher les ardeurs des exilés : Franco ne sera pas renversé.

Le Caudillo va donc rester au pouvoir jusqu’à sa mort le 20 septembre 1975 des suites d’un choc sceptique après une opération qui à mal tourné. Il est enterré dans un mausolée de la Valle de los Caidos.

Mitteleuropa Balkans (213) Slovaquie (7)

En bref : une histoire de l’armée tchécoslovaque

Une armée puissante vraiment ?

Infanterie tchécoslovaque en 1938

Comme l’armée tchécoslovaque n’à pas combattu avant la disparition du pays en mars 1939 il est difficile de se faire une idée précise de son niveau exact. Si elle disposait d’armes d’excellentes qualité, elle souffrait également de nombreuses carences notamment son caractère multinational ce qui faisait craindre au gouvernement de Prague des problèmes lors de la mobilisation et lors des combats contre notamment l’Allemagne.

En septembre 1938 au moment des accords de Munich elle possède 42 divisions ce qui en fait au moins sur le papier la sixième armée d’Europe et la huitième armée du monde.

Entre 1936 et 1938 Prague investit 24 milliards de couronnes pour sa défense soit la moitié du budget national. A cela s’ajoute 2.6 milliards de couronnes pour les fortifications et également un usage important de l’emprunt.

En octobre 1933 la Tchécoslovaquie avait créé le Nejvyssi rada Obrany statu ou conseil supérieur de défense national, une entité aux pouvoirs élargis en temps de guerre ce qui fait dire à certain qu’en cas de conflit la Tchécoslovaquie rare démocratie en Europe centrale et orientale serait devenu une véritable dictature.

En 1934 le service militaire passe de 18 mois à deux ans mais ultérieurement la France et la Grande-Bretagne refuse qu’il passe à trois ans. En 1936 une loi sur la défense nationale est votée.

Au moment de la crise des Sudètes l’armée tchécoslovaque aligne 42 divisions dont 33 sur la frontière tchéco-allemande, 2250 pièces d’artilerie, 418 chars et 600 avions.

Si les canons et les chars sont de bonne qualité les avions sont dans leur ensemble dépassés voir obsolètes. La motorisation est insuffisante, la DCA et la défense antichar idem.

Le 13 septembre 1938 les réservistes sont convoqués, la mobilisation étant assurée depuis un état-major installé à Klanovice près de Prague puis à Vyskov près de Brno.

Le 23 septembre 1938 le gouvernement de Prague décrète la mobilisation générale. Cela doit permettre la mise sur pied de 22 divisions d’infanterie dont une motorisée, 12 divisions de troupes de couverture et quatre divisions rapides (divisions qui disposent d’une brigade blindée, d’une brigade de cavalerie et d’unités d’artillerie motorisée). Cela donne au total 34 divisions d’infanterie, 4 divisions rapides, trois formations spéciales (deux de taille de la division et un de la taille des brigades).

8cm PL vz.37

On trouve également des régiments antiaériens médium au niveau de l’armée (NdA ou du corps d’armée ?) avec des canons 7.5cm PL vz.37 et de 8cm PL vz.37, des régiments d’artillerie lourde au niveau de l’armée ou du corps d’armée.

Le plan de mobilisation prévoit 970000 hommes sous les drapeaux dont 720000 slaves, presque 200000 allemands et 62000 hongrois. On compte 43500 officiers mais 37575 slaves, 140 allemands et 579 hongrois.

Pour les officiers d’active c’est encore pire avec 11820 officiers dont seulement 422 slovaques. Sur 8333 sous-officiers pas plus de 421 dont slovaques. Pour une centaine de généraux tchèques on trouve un général slovaque et un général allemand. On se pose la question du comportement des soldats germanophones face à l’Allemagne et des mesures sont prévues pour isoler d’éventuels mutins.

Soldats tchécoslovaques déployés dans la région des Sudètes au moment de la Crise du même nom

La mobilisation est achevée mais pour rien en raison des Accords de Munich. L’ordre de démobilisation arrive le 6 octobre 1938.

A partir de 1935 un système de fortification inspiré des ouvrages Maginot est construite dans les Monts Métallifères pour couvrir la frontière avec l’Allemagne.

Ouvrage d’infanterie avec un affût double de mitrailleuses et un canon de 47mm

En août 1934 une délégation tchécoslovaque se rend en France pour visiter les ouvrages de la ligne Maginot construits ou en cours de construction dans le Nord, l’Alsace, le Rhin et les Alpes.

En mai 1935 la France organise pour des officiers tchécoslovaques un stage à Strasbourg, une formation théorique doublée de la visite des ouvrages Maginot de Schiesseck et de Simserhof.

Le premier est situé dans le sous-secteur de Bitche (37ème RIF) dans le secteur fortifié de Rorbach, un secteur fortifié qui s’étend de l’ouest de Singling à l’est de l’ouvrage du Grand-Hohékirkel.

-L’ouvrage du Schiesseck est un ouvrage d’artillerie à neuf blocs et deux entrées. Si le Bloc 1 est armé d’une tourelle de 81mm, d’une cloche M et d’une cloche GFM, le Bloc 2 est une casemate d’infanterie flanquant vers l’ouest disposant d’un créneau JM/AC 47, d’un créneau JM, de deux cloches M, d’une cloche GFM sans oublier un observatoire avec une cloche obs./VDP.

Le Bloc 3 est une casemate d’infanterie disposant de deux cloches M et d’une cloche GFM alors que le Bloc 4 combine une casemate de 81mm, deux créneaux de 81 en sous-sol, une cloche M et une cloche GFM. Le Bloc 5 est une casemate d’infanterie armée d’une cloche M et de deux cloches GFM alors que le Bloc 6 est armée d’une tourelle de mitrailleuses et d’une cloche GFM.

Les Bloc 7 et 8 sont des ouvrages d’artillerie, le premier disposant d’une tourelle de 75mm modèle 1932R, d’une cloche GFM et d’une cloche LG alors que le second dispose d’une tourelle de 135mm, une cloche GFM et une cloche obs./VDP. Le Bloc 9 est un bloc observatoire avec une cloche obs/VDP et une cloche GFM.

L’Entrée des Hommes en puit est défendue par un créneau JM/AC 47 et deux cloches GFM alors que l’Entrée des Munitions de type B de plain pied défendue par deux créneaux JM/AC 47 et deux cloches GFM.

-L’ouvrage du Simserhof est situé dans le sous-secteur du Légeret (153ème RIF) dans le même secteur fortifié que le précédent.

C‘est un ouvrage d’artillerie à huit blocs et deux entrées. Le Bloc 1 est un bloc mixte combinant une chambre de tir d’artillerie avec un créneau de 135, une chambre de tir infanterie avec un créneau JM/AC 47, un créneau JM flanquant vers l’ouest, une tourelle de mitrailleuses et une cloche GFM.

Le Bloc 2 est également un bloc mixte à une chambre de tir d’infanterie(un créneau JM/AC 47 et un créneau JM), une tourelle de 81mm, une cloche GFM et un observatoire avec une cloche obs./VDP tout comme le Bloc 3 qui combine une casemate d’infanterie armée d’un créneau JM/AC 37 et d’un créneau JM flanquant vers l’ouest, une tourelle de 81mm et deux cloches GFM.

Le Bloc 4 est un bloc mixte à une chambre de tir d’artillerie (un créneau de 135mm), une chambre de tir d’infanterie ( un créneau JM/AC 37 et d’un créneau JM) flanquant vers l’est, une tourelle de mitrailleuses et une cloche GFM.

Le Bloc 5 est une casemate d’infanterie flanquant vers l’ouest avec trois matériels de 75mm modèle 1932, deux cloches GFM, une cloche LG et une cloche obs./VDP alors que le Bloc 6 est une casemate d’infanterie flanquant vers l’est avec trois matériels de 75mm modèle 1932, deux cloches GFM, une cloche LG et une cloche obs./VDP.

Le Bloc 7 dispose d’une tourelle de 135mm et deux cloches GFM alors que le Bloc 8 est armée d’une tourelle de 75mm modèle 1933 et deux cloches GFM.

L’Entrée des Hommes en puit est défendue par deux créneaux JM/AC 47, deux cloches GFM et une cloche LG alors que l’Entrée des munitions type A de plain-pied est défendue par un créneau JM/AC 47 et deux cloches GFM.

Le 20 mars 1935 est créé la Reditelstvi opevnovacich proci (ROP) soit en français la direction des travaux de fortification. Pour la conseiller une mission militaire française permanente est envoyée en Bohème pour la conseiller.

Il est prévu qu’entre 1936 et 1941 on construise des fronts fortifiés puissants au nord face à l’Allemagne (Elbe et Oder) et au sud face à la Hongrie s’y ajoute également des défenses sur le Danube.

Entre 1941 et 1945, le système doit être étendu avec des fortifications plus allégée en Slovaquie du Sud et à l’ouest en Bohème. En 1946 les fortifications doivent voir le jour sur la frontière austro-tchécoslovaque. Les plus optimistes estiment que tout ne pourra être achevé qu’au début des années cinquante. On connait la suite………… .

La France conseille mais ne fournit aucun plan et aucun équipement qui sont 100% tchécoslovaques, des équipements souvent plus modernes que leurs équivalents français car les tchécoslovaques pouvaient tirer les leçons de l’utilisation par la France de ses ouvrages.

Au deuxième semestre 1938, 20% des ouvrages et des casemates sont réalisés tout comme 70% des fortifications légères.

Après l’annexion des Sudètes, les allemands récupèrent 227 casemates (sur les 539 projetées), deux observatoires, plus de 10000 blocs légers réalisés plus cinq ouvrages sur les quatorze planifiés (gros œuvre terminé, armement non encore installé). En mars 1939 la proclamation du Protectorat de Bohême-Moravie permet aux allemands de récupérer l’armement évacué lors de la crise des Sudètes.

Les allemands vont démanteler les ouvrages, récupérant du matériel, des équipements, des armes pour leur Westwall et ainsi accélérer les travaux. Les ouvrages sont également utilisés pour tester des tactiques et des techniques de lutte anti-fortification, les allemands répétant des tactiques d’assaut qui se montrèrent efficaces contre les ouvrages belges et français.

Quand le cours de la guerre devint défavorable aux allemands certains ouvrages encore en relatif bon état vont être remis en ordre de marche pour offrir une barrière face à l’avancée soviétique mais comme la RKKA s’arrêta à la frontière tchécoslovaque ils furent utilisés ni contre les soviétiques ni contre les occidentaux.

Durant la guerre froide des ouvrages furent transformés en abris anti-atomique pour les autorités communistes tchécoslovaques et depuis l’an 2000 des ouvrages ont été restaurés et transformés comme musées.

La Légion tchécoslovaque en Pologne

La Legion Czechoslowacki est créée en 1939 par des tchécoslovaques qui souhaitent combattre les allemands aux côtés des polonais en dépit du fait Varsovie se joint à la curée après les désastreux accords de Munich.

C’est donc davantage par haine des allemands que par sympathie pour les polonais que des tchèques et des slovaques choisissent de passer en Pologne. Nul doute que le précédent des légions tchécoslovaques en Italie, en Russie et en France à également joué.

Des civils et des militaires tchécoslovaques trouvent refuge à l’ambassade de Tchécoslovaquie à Varsovie et au consulat à Cracovie. Les militaires de l’ancienne arrmée tchécoslovaque sont les seuls à vraiment vouloir rester en Pologne. De son côté le gouvernement polonais se montre réticent.

Plus de 4000 tchèques et slovaques quittent la Pologne via six transports du 22 mai au 21 août 1939 pour rejoindre la Légion Etrangère.

1000 décident de rester ce qui représente 700 fantassins et 200 aviateurs. Si les premiers tardent à être équipés, les seconds vont former un escadron de reconnaissance.

Quand les allemands attaquent le 1er septembre 1939, la Légion Tchécoslovaque n’est pas encore opérationnelle, la Legion Czechow i Slowakow devenant réalité si on peut dire le 3 septembre 1939 soit le jour où la France et la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne.

Elle ne dispose pas d’uniformes et manque d’armes. Elle n’est pas engagée au combat. En revanche les aviateurs combattent à bord de Potez 25, de RWD-8 et de PWS-26.

Les fantassins sont évacués de Bronowice (près de Cracovie) vers l’est. Plusieurs sont tués par des bombardements aériens. Si certains sont internés par les soviétiques le 19 septembre 1939, d’autres parviennent à franchir la frontière polono-roumaine avant d’être internés en Roumanie.

Leur situation est délicate car ils peuvent être considérés comme des traitres. Nombre d’entre-eux s’évadent de crainte d’être livrés aux allemands. Ils vont rallier la France soit seuls ou dans les bagages des soldats polonais évacués vers la France par la marine marchande roumaine.

Le 2 octobre 1939 l’Armée Tchécoslovaque en France est créée mais son existence réelle sera limitée puisque les divisions seront placées sous commandement français. En janvier 1940 les tchécoslovaques internés en URSS sont libérés et peuvent rallier l’ouest sauf les communistes qui demandent à rester en URSS.

L’Armée Tchécoslovaque en France

Si la mise sur pied d’une Armée polonaise en France ne fait guère de débat en revanche la mise sur pied d’une Armée Tchécoslovaque en France à été plus difficile, plus douloureuse. De nombreuses négociations politiques ont été nécessaires pour permettre la mise sur pied d’unités de combat tchécoslovaques.

Les premiers militaires tchèques et slovaques arrivent à l’automne 1939 et faute d’unités doivent s’engager dans la Légion Etrangère. Ils sont envoyés en Algérie où ils sont soumis à des vexations venant notamment de sous-officiers allemands.

La guerre de Pologne ne permet pas la mise sur pied de grandes unités mais le gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres avec une antenne à Lyon veut préserver l’avenir et après de longues et douloureuses négociations un accord est signé en septembre 1940 pour mettre sur pied des unités du temps de paix dont les effectifs doivent être augmentés avec la mobilisation de tchèques, de slovaques, de ruthènes vivant en France mais aussi de volontaires venus de la diaspora vivant notamment aux Etats-Unis.

Une infrastructure est nécessaire. Un premier camp est aménagé à Agde suivit d’un deuxième à Nimes, d’un troisième à Avignon et d’un quatrième à Chalons sur Saone, des camps cohabitant souvent avec des installations de l’armée française ce qui favorisait les synergies pour utiliser un terme moderne.

Dès l’été 1948 plusieurs grandes unités aériennes et terrestres vont être mises sur pied. Cette mise sur pied est délicate en raison de relations parfois houleuses entre les tchèques et les slovaques. Il faudra des pressions, une habile propagande et des sanctions pour que le gouvernement français et le général Villeneuve estime les unités tchécoslovaques capables de combattre.

On trouve d’abord la 1ère Division d’Infanterie Tchécoslovaque (1ère DIT) qui va intégrer le 10ème Corps d’Armée qui lui même dépendait de la 8ème Armée (Groupe d’Armées n°2) qui couvrait le secteur compris entre le Montbéliard et le lac Léman.

Cette division est organisée sur le modèle français avec trois régiments d’infanterie (1er régiment tchèque, 2ème régiment tchèque et 3ème régiment tchèque), deux régiments d’artillerie (1er et 2ème régiment d’artillerie tchèque, le 1er étant l’équivalent d’un RAD et le second l’équivalent d’un RALD), la 1ère Batterie Divisionnaire Antichar tchèque, le 1er Bataillon de défense antiaérienne tchèque, le 88ème bataillon du génie et diverses unités de soutien.

Un GRDI monté, le 1er groupe de cavalerie tchèque complète le dispositif, sa motorisation prévue n’à pas été réalisée avant septembre 1948.

La 2ème Division d’Infanterie Tchécoslovaque (2ème DIT) dépend du Détachement d’Armées du Sud-Ouest (DASO) _successeur du Détachement d’Armées des Pyrénées (DAP)_ et plus précisément du Secteur Opérationnel de l’Adour.

Cette division comprend trois régiments d’infanterie tchèques (4ème, 5ème et 6ème régiments tchèques), deux régiments d’artillerie (3ème et 4ème régiments d’artillerie tchèques _le premier étant un RAD et le second un RALD_), la 2ème Batterie Divisionnaire Antichar tchèque, le 2ème Bataillon de défense antiaérienne tchèque, du 96ème bataillon du génie et diverses unités de soutien. Un GRDI est prévu mais n’à pas le temps et/ou les moyens de voir le jour.

A la mobilisation, deux divisions de travailleurs sont levées, des divisions destinées à des travaux de fortification complémentaires et d’aménagement au Havre pour protéger ce port pétrolier mais également à Paris pour compléter la ligne Chauvineau.

Plan de la ligne Chauvineau

Ces travaux terminés, ces deux divisions sont transformées en 3ème et 4ème Divisions d’Infanterie Tchèque (3ème et 4ème DIT), divisions organisées sur le modèle des D.L.I avec un équipement français.

Concrètement elles comprennent deux régiments d’infanterie au lieu de trois, un régiment d’artillerie divisionnaire, une batterie divisionnaire antichar, une batterie de défense antiaérienne, un bataillon du génie et des unités de soutien.

La 3ème D.I.T est envoyée au Levant en novembre 1948 et la 4ème D.I.T sera envoyée dans le sud de la France comme réserve pour un renforcement des défenses de la Corse.

La 1ère DIT va participer à la Campagne de France notamment quand les allemands lancent l’opération TIGER, le franchissement en force du Rhin. Ils vont se montrer à la hauteur de leurs grands anciens du premier conflit mondial, la division se repliant en bon ordre sur la Seine mais est passablement affaiblie.

Elle est retirée du front une fois le front stabilisé. La 2ème DIT est transférée sur la Seine toujours sous commandement français.

Après avoir envisagé de fusionner les deux divisions, décision est prise de réorganiser les deux divisions sous la forme de DLI. Ces deux divisions légères vont combattre en France puis en Allemagne.

En septembre 1953 la 2ème DLIT (Division Légère d’Infanterie Tchécoslovaque) est dissoute pour compléter les effectifs de la 1ère qui va terminer la guerre en Bavière et ne va pas tarder à rentrer en Bohème-Moravie. Elle va participer après guerre à la reconstitution d’une armée tchécoslovaque digne de ce nom.

La 3ème DIT est envoyée au Levant en novembre 1948 pour défendre les mandats. Elle mène des missions de police coloniale puis rallie l’Afrique du Nord pour assurer le «service après vente» de l’opération BAYARD.

En février 1949 l’opération MERKUR est lancée par les germano-italiens contre la Corse qui est conquise, la Sardaigne qui est reconquise mais Malte est préservée. La division tchèque est transférée à Malte et va combattre les parachutistes italiens. Elle s’illustre et voit son moral remonter en flèche.

De son côté la 4ème DIT va défendre la Corse où elle subit de lourdes pertes à tel point qu’elle est évacuée rapidement pour reconstitution en Algérie. Pour cela la 3ème DIT quitte Malte pour rallier également l’Algérie.

Pour ne fâcher personne, les deux divisions sont fusionnées pour devenir la 7ème Division Légère d’Infanterie Tchécoslovaque, la division à nouveau opérationnelle en décembre 1949 va participer à la libération de la Corse lors de l’opération MARIGNAN (août 1951).

La division reste déployée en Corse jusqu’en juin 1953 quand elle passe en Italie participant notamment à l’opération AURORE (11 janvier 1954), terminant la guerre dans le sud de l’Autriche.

Elle va rallier la Tchécoslovaquie dès le mois d’octobre 1954, la 7ème DLIT servant de creuser à une nouvelle division de la nouvelle armée tchécoslovaque.

Les forces armées du protectorat de Bohème-Moravie

Peloton d’honneur de la Vladni vojsko

Le 25 juillet 1939 est créée la Vladni vojsko ou armée gouvernementale. C’est le bras armé du protectorat de Bohème-Moravie. Sa création répond à trois critères principaux :

-Eviter une trop forte augmentation du chomage en raison de la dissolution de l’Armée Tchécoslovaque

-Légitimer leur occupation en faisant croire aux crédules et aux naïfs que rien n’avait vraiment changé

-Protéger le président Hacha, un «président fainéant» au sens où les historiens l’entendait pour les derniers mérovingiens (c’est les maires du palais comme Charles Martel qui possédaient la réalité du pouvoir).

Les allemands qui connaissaient les avantages d’une armée réduite avaient fixé à 7000 hommes les effectifs maximum de l’armée gouvernementale. En septembre 1948 les effectifs ont péniblement atteint les 6500 hommes répartis en douze bataillons avec un armement léger mais tout de même 40 généraux !

Le 1er bataillon était destiné à protéger le président Hacha, son gouvernement et garder avec des troupes allemandes le château de Prague. Ces bataillons dépendaient de trois inspections générales : Prague, Brno et Hradec-Kralove.

Dans un premier temps les soldats, sous-officiers et officiers venaient de la défunte armée tchécoslovaque mais pour des raisons politiques ils sont peu à peu remplacées par de nouvelles recrues.

Elles étaient recrutées chez les tchèques âgés de 18 à 24 ans, d’ethnie aryenne, 1.65m comme taille minimum, en bonne santé et sans casier judiciaire.

Les allemands n’ont jamais vraiment eu confiance dans cette arme ce qui explique les sérieuses limites en matière d’armement. Ces limites sont levées à partir de septembre 1948 avec quelques pièces d’artillerie, des véhicules blindés mais les demandes pour l’acquisition de chars seront retoquées par les allemands.

Au printemps 1949 les douze bataillons sont fusionnés en six régiments répartis en trois brigades avec un peu d’artillerie et quelques unités de soutien.

Le projet de créer des unités montées se heurta au manque de chevaux et seule la première brigade recevra une compagnie montée qui lors de son engagement contre la résistance tchèque passa avec armes et bagages à l’ennemi !

Même chose pour le projet de créer une unité S.S. La Compagnie de St Wenceslas créée en juillet 1953 ne fût jamais engagée au combat faute de moyens humains et matériels.

Cette armée gouvernementale va se dissoudre au printemps 1954, des hommes ralliant les allemands d’autres la résistance, combattant notamment à Prague et accueillant les troupes de la RKKA lui servant de guide.

A la différence de la Garde Hlinka cette force armée ne fût pas considérée comme une force armée collaborationiste et leurs chefs ne furent pas inquiétés par le gouvernement Benes une fois ce dernier revenu au pays.

Mitteleuropa Balkans (207) Slovaquie (1)

UNE AUTRE SECONDE GUERRE MONDIALE

T.11 MITTELEUROPA ET BALKANS

VOLUME 6 : SLOVAQUIE

AVANT-PROPOS

Le 22 mai 2020 j’ai commencé le tome 11 de ma gigantesque que dis-je de ma monumentale, de ma vertigineuse uchronie qui après dix tomes (T1 France T2 Allemagne T3 Grande-Bretagne T4 Etats-Unis T5 Japon T6 Italie T7 URSS T8 Dominions T9 Benelux T10 Scandinavie) comprend 8395 pages !

Le 12 avril 2021 j’ai terminé la Grèce (Tome 11 vol.5) portant le total de pages écrites à 9707 pages (NdA quand je vous dis que je vais dépasser les 10000 pages…..)

Ce Tome 11 est le dernier des tomes concernant des nations belligérantes puisque le Tome 12 sera consacré aux nations neutres sous la forme de fiches synthétiques (NdA enfin des fiches synthétiques à la mode Clausewitz).

Ce Tome 11 disposera de six volumes, le premier consacré à la Hongrie, le deuxième consacré à la Bulgarie, le troisième consacré à la Roumanie, le quatrième à la Yougoslavie, le cinquième à la Grèce et enfin le sixième à l’Etat indépendant de Slovaquie apparu au printemps 1939 suite au démantèlement de ce qui restait de la Tchécoslovaquie. Comme pour le tome 10 il y aura des nations alliées et des nations ayant appartenu à l’Axe.

L’organisation sera différente selon les volumes. Si le volume 1 ne possédait pas de partie marine, si le volume 6 consacré à la Slovaquie n’en possèdera pas non plus (et pour cause !), les volumes 2 à 5 consacré respectivement à la Bulgarie, à la Roumanie, à la Yougoslavie et à la Grèce posséderont une partie consacrée à la marine qui fera suite à la partie traditionnelle consacrée à l’histoire générale.

La troisième partie sera consacrée à l’armée de terre avec d’abord une partie sur l’histoire militaire du pays, une partie sur l’organisation générales et des plus ou moins grandes unités et enfin une partie sur l’armement et les véhicules. Je terminerai par une partie consacrée à l’armée de l’air, son histoire, son organisation et son équipement.

Après cette partie consacrée au plan général revenons un peu sur l’histoire avec un grand H. J’ai eu du mal à définir l’étendue géographique qui est nettement moins évidente que celles des deux derniers tomes (Scandinavie, Benelux). J’ai finalement choisit «Mitteleuropa et Balkans» soit en français «Europe du milieu et Balkans».

Tout comme le terme Scandinavie il est peut être inapproprié pour les puristes mais je pense que c’est pas mal (j’avais un temps pensé à «Europe danubienne et balkanique» mais cela ne me satisfaisait pas totalement).

Mis à part peut être la Grèce (et encore !) ces pays ont un point commun celle d’avoir été gravement impactés par la première guerre mondiale et les traités qui y ont mis fin.

Nous avons d’abord les pays vaincus comme la Hongrie et la Bulgarie qui ont souffert de traités particulièrement musclés notamment le pays des magyars qui passa du statut de puissance majeure au sein d’une double-monarchie austro-hongroise au statut d’une puissance de second ordre enclavée en Europe centrale. La Bulgarie avait du également rendre des comptes aux alliés occidentaux pour s’être alliée aux empires centraux.

La Yougoslavie était elle un des états issus de l’éclatement de l’empire austro-hongrois en compagnie de la Tchécoslovaquie et partiellement de la Pologne. De cet état tchécoslovaque naquit au printemps 1939 un état slovaque souverain, une souveraineté biaisée par le fait que Bratislava devait tout à l’Allemagne.

La Roumanie et la Grèce en revanche avaient appartenu au camp des vainqueurs même si leur participation à la première guerre mondiale à été plutôt limitée, Bucarest livrant une prestation catastrophique et ne devant son salut qu’à une preste assistance alliée (et surtout française) alors qu’Athènes fût engagée contrainte et forcée dans le conflit, sa participation étant parasitée par un conflit entre un premier ministre pro-allié (Venizelos) et un roi pro-allemand (Constantin 1er).

Dans l’immédiat après guerre cette région est traversée par de vigoureuses secousses entre Blancs et Rouges, entre pro-allemands et pro-alliés.

C’est aussi le théâtre d’une lutte d’influence où la France tente de nouer un réseau d’alliance pour contre une réémergence de la menace allemande et pour tendre un cordon sanitaire contre la Russie bolchevique. Pas étonnant que ces différents pays aient connu pour la plupart des régimes autoritaires souvent réactionnaires parfois fascisants.

C’est l’acte de naissance de la Petite Entente. Les français n’en sont pourtant pas à l’origine puisque son origine remonte au 14 août 1920 quand la Tchécoslovaquie, la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes _Yougoslavie à partir de 1929_ signent un accord d’assitance pour se prémunir de la menace hongroise, Budapest n’ayant jamais accepté le traité du Trianon le 4 mai 1920.

Cette alliance est renforcée par des accords bilatéraux entre la Roumanie et la Tchécoslovaquie (23 avril 1921), entre la Roumanie et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (7 juin 1921) et entre le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes et la Tchécoslovaquie (31 août 1921). La Petite Entente entend garantir, par la force si besoin, les traités de paix.

Cette alliance est cependant imparfaite et incomplète puisque ne prenant pas en compte les autres menaces que ce soit l’URSS (vis à vis de la Roumanie), l’Italie (vis à vis de la Yougoslavie) ou encore l’Allemagne et la Pologne (vis à vis de la Tchécoslovaquie).

Suite aux accords de Locarno, la France signe des alliances militaires avec Prague (16 octobre 1925), avec Bucarest (10 juin 1926) et Belgrade (novembre 1926).

Suite aux renoncements français de la fin des années trente, ces pays vont davantage se tourner vers l’Allemagne.

Nul doute que si la guerre de Pologne était devenu un conflit mondial nul doute que cette région aurait durablement échappé aux alliés. Son arrêt brutal en décembre 1939 permet à Paris et à Londres de remettre l’ouvrage sur le métier.

Plus facile à dire qu’à faire puisque si la réputation dégringole par l’ascenseur, elle remonte par l’escalier. Il faudra du temps, de la patience, du doigté et un soupçon de chance pour rendre la région moins hostile aux alliés.

C’est ainsi que des accords formels de coopération et d’assistance militaires sont signés avec la Yougoslavie et la Grèce, le premier étant signé à Belgrade le 14 septembre 1945 et le second à Athènes le 8 octobre 1946. Des tentatives vis à vis de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie se heurtent à une telle inertie qu’elle équivaut à une fin de non recevoir.

Cette relance est donc limitée mais s’accompagne d’une coopération politique et militaire avec notamment la livraison de matériel militaire moderne ainsi que l’envoi comme dans les années vingt de missions militaires, le général Gamelin dirigeant celle en Yougoslavie et le général Georges celle envoyée en Grèce. L’envoi de généraux ayant été aux manettes de l’armée française est très apprécié par les gouvernements concernés qui y voient une profonde marque de respect.

Quand la guerre s’annonce inévitable à très court terme la région concernée par ce tome se partage entre pays pro-alliés mais sans excès (Yougoslavie, Grèce), des pays clairement pro-allemands (Hongrie, Slovaquie, Roumanie) et une Bulgarie qui accepte de se faire courtiser par les deux camps tout en veillant à ne pas se mettre à dos la Russie qui bien que communiste est toujours considérée par nombre de bulgares comma la Troisième Rome, protectrice des slaves.

Quand la seconde guerre mondiale éclate le 5 septembre 1948 ces différents pays mobilisent mais ne s’engagent pas directement dans le conflit. Question de temps dirions nous…… .

***

Ce dernier volume du onzième tome concerne donc la Slovaquie qui proclame son indépendance en mars 1939 suite à l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’Allemagne. C’est la fin de la République Tchécoslovaque qui est séparée en deux entités : le protectorat de Bohême-Moravie et l’Etat indépendant de Slovaquie, indépendance corsetée par les allemands.

Carte allemande de la Slovaquie

A la tête de ce nouvel état un ecclésiastique, Monseigneur Tiso qui met en place un régime nationaliste, autoritaire et antisémite dans la droite ligne de régimes incarnés par Dolfuss en Autriche (jusqu’à son assassinat en 1934) ou par Salazar au Portugal.

Josef Tiso

L’Etat Slovaque devenu la République Slovaque en mars 1941 après la proclamation de la constitution va participer à la guerre de Pologne mais aussi à une guerre hungaro-slovaque où on ne peut pas dire que les slovaques aient fait des étincelles.

La fin rapide du conflit débuté en septembre 1939 rend la situation précaire pour les slovaques qui craignent que les allemands ne les sacrifient par exemple pour aboutir à un accord avec les alliés.

En réalité les franco-britanniques n’ont pas grand chose à faire des slovaques et des tchèques. Comme le dira un diplomate français «Nous nous sentions mal vis à vis des tchèques alors dans la région nous marchions sur des œufs».

L’assassinat d’Hitler en novembre 1939 et la fin de la guerre de Pologne marque le début de la Pax Armada. . Le gouvernement tchèque en exil à Londres espère la reconstitution de la Tchécoslovaquie mais très vite doit renoncer.

La Bohême-Moravie reste un protectorat allemand et la Slovaquie reste un état indépendant ce qui explique pourquoi il à fallu deux ans pour mettre sur pied une constitution tant la situation politique était incertaine.

Le régime de Tiso est le seul régime du type «clérico-fasciste» avec une conception «national-catholique» de l’Etat, un parti unique, un régime autoritaire, nationaliste et antisémite qui va participer à la déportation des Juifs en direction de la Pologne occupée.

En septembre 1948 la Slovaquie propose son aide à l’Allemagne pour l’opération WESERÜBUNG mais Berlin se contente de prendre acte cette demande. On peut se demander si la Slovaquie à sérieusement envisagé d’envoyer des troupes en Scandinavie où si il s’agissait d’une attitude courtisane. On ne le sera probablement jamais.

Le régime de Tiso se sait lié ad vitam aeternam avec l’Allemagne. L’indépendance est depuis longtemps une fiction si tant est qu’elle à vraiment existé un jour. Il faut rappeler que les allemands ont fait pression sur les slovaques pour aboutir à «l’indépendance» de la Slovaquie, Hitler menaçant de céder tous les territoires peuplés de slovaques à la Hongrie.

Durant la Pax Armada le régime slovaque hésite entre brusques poussées autoritaires et relative libéralisation. Ce n’est pas complètement certain mais il semble que des contacts ont été liés avec le gouvernement tchèque à Londres mais la volonté d’Edouard Bénès de reconstituer la Tchécoslovaquie sous sa forme unitaire avec quelques concessions cosmétiques fit capoter toute volonté de rapprochement.

Soldats slovaques (allemands ethniques) lors d’une cérémonie de décoration au moment de la guerre de Pologne

La petite armée slovaque va être engagée au combat sur le front russe aux côtés des allemands dans le cadre de l’opération BARBAROSSA. Dans un premier temps elle se comporte honorablement mais très vite comme tous les contingents alliés les désertions se multiplient au fur et à mesure que la démotivation gagne les rangs. Les allemands retirent l’unité du front au printemps 1953 alors que le cours de la guerre ne fait plus guère de doute.

Une rébellion éclate en octobre 1953, les nationalistes et les communistes slovaques (très) provisoirement unis espèrent s’imposer aux alliés pour maintenir une Slovaquie indépendante mais l’Armée Rouge occupe le pays puis la Bohême-Moravie, les alliés occidentaux très afferés en Allemagne laissant Moscou faire ce qu’elle souhaite à l’est de l’Oder, de la Neisse, des Monts Métallifères même si officiellement rien n’est décidé.

La Tchécoslovaquie renait bien sous la forme d’une République (la Troisième République Tchécoslovaque) mais très vite les communistes vont prendre le pas sur les démocrates aboutissant au basculement de la Tchécoslovaquie dans le camp communiste et ce pour une trentaine d’années mais ceci est une autre histoire.

Dans ce dernier volume qui devrait normalement être plus petit que les autres, je vais commencer as usual par une partie historique concernant le «peuple slovaque» puis la place des tchèques et des slovaques dans l’Empire (Saint-Empire Romain Germanique, Empire d’Autriche puis Autriche-Hongrie) avant une histoire de la Tchécoslovaquie de 1918 à 1939, date du démantèlement, une conséquence tardive des Accords de Munich.

Après avoir terminé la partie historique je vais parler de la partie militaire avec une histoire centrée surtout sur l’armée de la Slovaquie indépendante avec probablement une partie synthétique sur les unités militaires slovaques avant l’indépendance de la Slovaquie.

Après on trouvera une partie concernant l’organisation des unités militaires slovaques puis l’armement des dites unités.

On terminera par une partie concernant les unités aériennes slovaques avec une introduction concernant l’armée de l’air tchécoslovaque, une histoire de l’armée de l’air slovaque, son organisation et les avions l’équipant.

Comme d’habitude bonne lecture………….. .

Mitteleuropa Balkans (184) Grèce (28)

L’armée grecque dans le second conflit mondial (1) (1948-1950)

Situation générale de l’armée grecque à l’automne 1948

Comme nous l’avons vu plus haut, l’armée grecque est réduite à dix divisions d’infanterie et une division de cavalerie en temps de paix.

Au début du second conflit mondial, les uniformes et l’armée grecque comment dire……

Si la division de cavalerie est indépendante ce n’est pas le cas de toutes les divisions d’infanterie puisque huit d’entre-elles sont regroupées deux par deux au sein de corps d’armée, deux restant indépendantes auxquelles il faut ajouter une brigade dispersée sur les îles de la mer Egée.

Au cours des années trente, l’armée grecque découvre timidement la motorisation et la mécanisation avec notamment la motorisation partielle de la cavalerie et l’acquisition de 135 chars légers Hotchkiss H-39 qui vont former trois bataillons.

Hotchkiss H-39 préservé dans un musée

Il semble que la Grèce à étudié la possibilité de créer une division légère mécanique sur le modèle français mais l’étude faite par la MMFG dissuada les grecs qui estimèrent ne pas avoir les moyens nécessaires pour une telle unité ou alors cela aurait été au détriment du reste de l’armée.

L’infanterie reçoit de nouvelles armes automatiques, renforce ses moyens d’appui, l’artillerie abandonne ses pièces antédiluviennes mais beaucoup de canons datant du premier conflit mondial sont encore en service. Comme souvent les projets sont là, les besoins correctement identifiés mais les budgets manquent.

On tente d’améliorer les infrastructures (routes, ponts) mais là encore les moyens et la volonté manquent. De toute façon le relief grec rend les choses assez compliquées.

La Ligne Metaxas

La Ligne Metaxas est renforcée mais nous sommes loin de la Ligne Maginot plutôt d’une ligne tactique capable de protéger le déploiement d’unités de campagne, de ralentir l’ennemi mais guère plus.

Le 5 septembre 1948 les allemands envahissent le Danemark et la Norvège, déclenchant le second conflit mondial. Athènes se déclare en état de non-bélligerance ce qui offre plus de libertés qu’un statut de neutralité.

Mobilisation et préparation

Cet état de non-bélligerance ne signifie pas faiblesse et passivité. Si le gouvernement de Paul 1er exclu la mobilisation générale pour ne pas s’attirer les foudres italiennes, des réservistes sont rappelés, certains proposant volontairement leurs services. La Ligne Metaxas est renforcée avec champs de mines, barbelés et quelques blockhaus.

Des incidents aériens, terrestres et navals ont lieu avec l’Italie menaçant de dégénérer en conflit ouvert. Pour y faire face Athènes décrète le 30 octobre 1948 la mobilisation générale. Celle-ci se passe mal, dans une grande confusion ce qui fit dire à certains officiers grecs que si les italiens avaient attaqué à ce moment là ils seraient rentrés sans difficultés à Athènes. Il faudra près de deux mois pour que l’armée de terre grecque parviennent au format prévu par le schéma de mobilisation.

L’armée royale héllène va ainsi aligner un total de dix-huit divisions d’infanterie, deux divisions de cavalerie, trois bataillons de chars légers équipés de Hotchkiss H-39, un régiment de volontaires du Dodécanèse, un régiment de volontaires issu de la diaspora grecque, une garde nationale, la gendarmerie et différents groupes d’autodéfense et de défense passive à l’utilité militaire douteuse mais qui libéraient l’armée de taches secondaires.

Au 1er janvier 1949, l’armée de terre grecque affiche le visage suivant:

ARMEE D’EPIRE

Unités d’armée : 1ère division de cavalerie, 1er bataillon de chars légers (Hotchkiss H-39), un régiment d’artillerie lourde, un régiment d’artillerie antiaérienne

1er Corps d’Armée :

1ère Division d’Infanterie (1er régiment d’evzones, 4ème et 5ème régiments d’infanterie, une compagnie de cavalerie _deux pelotons montés et un peloton d’autos blindées_ , 1er et 2ème escadrons du 1er régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, deux compagnies du génie)

4ème Division d’Infanterie (8ème, 11ème et 35ème RI, une compagnie de cavalerie entièrement montée, 1er et 2ème escadrons du 4ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, deux compagnies du génie)

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie (la Grèce continue de posséder des unités montées importantes faute de pouvoir motoriser/mécaniser ses forces), de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

2ème Corps dit Corps d’Armée d’Epire :

2ème Division d’Infanterie (1er, 3ème et 7ème RI, une compagnie de cavalerie montée, 1er et 2ème escadrons du 2ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne, une compagnie antichar, une compagnie du génie)

5ème Division d’Infanterie (14ème, 43ème et 44ème RI, une compagnie montée, 1er et 2ème escadrons du 5ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, une compagnie du génie)

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

3ème Corps d’Armée :

6ème Division d’Infanterie (16ème, 17ème et 18ème RI, une compagnie mixte de cavalerie _deux pelotons montés et un peloton d’autos blindées_ , 1er et 2ème escadrons du 6ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, une compagnie du génie)

8ème Division d’Infanterie (10ème, 15ème et 24ème RI, une compagnie montée, 1er et 2ème escadrons du 8ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, une compagnie du génie)

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

ARMEE DE MACEDOINE

Unités d’armée : 2ème division de cavalerie, 2ème et 3ème bataillon de chars légers (Hotchkiss H-39), un régiment d’artillerie lourde, un régiment d’artillerie antiaérienne

4ème Corps d’Armée :

3ème Division d’Infanterie (2ème régiment d’evzones, 6ème et 12ème régiments d’infanterie, une compagnie d’autos blindées, 1er et 2ème escadrons du 3ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, une compagnie du génie)

9ème Division d’Infanterie (3ème régiment d’evzones, 25ème et 26ème RI, une compagnie montée, 1er et 2ème escadrons du 9ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et antichar, une compagnie du génie)

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

5ème Corps d’Armée

7ème Division d’Infanterie (2ème régiment crétois, 19ème et 20ème RI, une compagnie montée, 1er et 2ème escadrons du 7ème régiment d’artillerie, une compagnie antiaérienne et une compagnie antichar, une compagnie du génie)

10ème Division d’Infanterie (4ème régiment d’evzones, 29ème et 30ème RI, une compagnie mixte de cavalerie _deux pelotons montés et un peloton d’autos blindés_ , une compagnie antiaérienne et une compagnie antichar, une compagnie du génie)

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

RESERVE GENERALE

La mobilisation permet de lever huit divisions d’infanterie supplémentaires portant le total à dix-huit DI. Ces divisions sont placées en réserve de commandement à la fois pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier mais aussi pour leur permettre de monter en puissance et de ne pas recevoir le premier choc.

De cette réserve générale dépendant également la brigade de l’Archipel et deux régiments de volontaires, un régiment de grecs du Dodécanèse et un régiment de grecs issus de la diaspora, certains malgré le conflit venant d’Australie et d’Afrique du Sud.

Ces huit divisions d’infanterie ne dépendaient pas de Corps d’Armée et quand il sera question de les engager elles seront soit placées sous l’autorité des cinq corps d’armée existants ou remplaceront les divisions d’active.

Ces divisions sont moins expérimentées, moins entrainées et moins bien équipées que les unités d’active. Malgré une mobilisation complète de l’économie grecque, malgré une aide alliée plus importante que les grecs l’ont longtemps admis, ces divisions sont clairement de faible niveau et si leur enthousiasme et leur agressivité peut compenser certaines lacunes, elle ne peut pas remplacer un entrainement solide, un encadrement fiable et un bon armement.

La 11ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (13ème, 50ème et 66ème RI), un peloton monté pour la reconnaissance et l’éclairage, une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 11ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 12ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (9ème, 22ème et 27ème RI), un peloton monté pour la reconnaissance et l’éclairage, une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 12ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 13ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (2ème, 23ème et 28ème RI), un escadron de cavalerie, une compagnie antichar, une compagnie antiaérienne, deux escadrons du 13ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 14ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (31ème RI, 3ème régiment crétois _appelé également 37ème régiment d’infanterie_ et 42ème RI), un peloton monté, une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 14ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 15ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (32ème, 45ème et 49ème RI), un peloton monté, une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 15ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 16ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (33ème, 46ème et 51ème RI), un peloton monté, une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 16ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 17ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (34ème, 47ème et 52ème RI), un escadron mixte de cavalerie (deux pelotons montés et un peloton d’autos blindées), une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 17ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

La 18ème Division d’Infanterie comprend trois régiments d’infanterie (36ème, 48ème et 53ème RI), un peloton monté, une compagnie antichar et antiaérienne, deux escadrons du 18ème régiment d’artillerie et une compagnie du génie.

-Le troisième escadron des huit régiments d’artillerie est censé formé des groupements d’appui mais le manque de pièces fait que sur les huit escadrons seuls cinq sont équipés de pièces (11,12,15, 17 et 18), les trois autres (13, 14 et 16) sont des unités de papier. Leurs servants seront dispersés en fonction des besoins.

UNITES PARAMILITAIRES

Suite à la mobilisation une garde nationale est créée avec des hommes trop âgés pour le service des armes, des femmes et même des enfants ! Considérés comme des francs-tireurs ils seront souvent sommairement passés par les armes par les italiens et les allemands.

Cela aura le don d’enrager les troupes grecques et on verra certains soldats allemands et italiens tués après avoir été torturés avec un message qui était une liste d’hommes, de femmes et d’enfants massacrés.

Aux côtés de cette garde nationale qui à défaut d’avoir une véritable valeur militaire soulageait l’armée de nombre de missions secondaires on trouvait également la gendarmerie hellénique et des unités de défense passive.

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A l’annonce de la mobilisation générale les grecs espéraient que les alliés allaient proposer le déploiement d’unités dans le pays pour renforcer les positions de l’armée grecque et dissuader définitivement Rome d’attaque la Grèce. Les plus enthousiastes imaginaient une offensive combinée en direction de l’Albanie pour récupérer l’Epire du Nord.

Très vite Paris et Londres font comprendre que leur assistance ne peut être pour le moment que matérielle. Des convois protégés par la Mediterranean Fleet et la 6ème Escadre Légère vont transporter au Pirée des armes en grande quantité.

Quelques conseillers font très discrètement le voyage pour évaluer les capacités réelles de l’armée grecque et tout aussi discrètement anticiper le déploiement de divisions dès que cela sera ordonné par le pouvoir politique.

L’hiver 1948-49 est marqué par des incidents de frontière mais aucune attaque d’ampleur. Tout juste notons sur la frontière avec l’Albanie des duels d’artillerie et quelques échanges de coups de feu entre patrouilles. Si cela ne dégénère pas en conflit ouvert, c’est que ni Athènes ni Rome n’y ont encore intérêt.

Combat !

Le 5 mai 1949 sur feu la frontière greco-albanaise des dizaines de canons ouvrent le feu depuis l’Albanie sur le territoire grec. C’est tout sauf une surprise car depuis six semaines les troupes grecques ont constaté de nombreux mouvements de troupes, l’aménagement de dépôts et de casernements, la réfection de routes, le renforcement de ponts. Ces informations sont confirmés par les agents grecs infiltrés en Albanie et jusque dans les ports italiens.

Athènes informe les alliés qui annoncent préparer un corps expéditionnaire pour soutenir le plus vite possible leur futur allié grec. Ils annoncent un renforcement des bombardements aériens et des actions de leurs marines respectives pour géner le plus possible l’offensive italienne. Une façon de consoler les grecs sur le fait que le corps expéditionnaire allié ne pourra être là au mieux avant quinze jours.

Pour l’opération CAESAR, les italiens font engager le Groupe d’Armées d’Albanie qui comprend deux armées, la 3ème Armée (6ème CA 15ème et 18ème DI, 8ème CA avec la 20ème DI et la 1ère Division d’Infanterie Alpine) et la 8ème Armée (9ème CA avec les 23ème et 28ème DI, 11ème CA avec les 29ème et 30ème DI). A cela s’ajoute la 49ème DI et la Division Blindée «Littorio» placées en réserve stratégique.

Le plan italien est simple, basique. L’attaque principale aura lieu en Epire avec une diversion en Macédoine. Comme à la guerre la première victime est le plan (Clausewitz), les italiens se réservent le droit de changer le fusil d’épaule. En clair si l’offensive principale échoue mais que la diversion s’annonce plus prometteuse, rien n’interdit de modifier l’axe de la poussée principale.

Ensuite rien ne semble avoir été décidé ? Les italiens voulaient-ils aller jusqu’à Athènes et Thessalonique ? Occuper la totalité de la Grèce ? Comme aucun acteur de l’offensive n’à laissé de mémoire et que les archives n’ont pas été réellement exploitées on ne peut que se perdre en conjectures.

Ce qui est certain c’est que très vite les italiens vont se rendre compte que cela va être tout sauf une partie de plaisir. Loin de s’effondrer l’armée grecque résiste fermement et même dans certains secteurs contre-attaque.

Dès le 12 mai 1949 devant les pertes conséquentes liées aux combats et à la météo les italiens suspendent leur offensive en Epire. En Macédoine l’offensive est relancée le 17 mai 1949 mais là encore c’est un échec.

Certains généraux italiens reprochent le non-engagement de la Division Blindée Littorio ce à quoi d’autres répondre que sans le contrôle des points hauts et de certaines zones clés, engager des chars même face à une armée mal équipée dans ce domaine cela ne sert à rien.

Devant la farouche résistance grecque, les alliés accélèrent l’envoi du Corps Expéditionnaire Allié en Grèce (CEAG) une pale copie du Groupe d’Armées d’Orient.

Il faut dire que les temps sont différents, le tempo opérationnel bien plus rapide. On n’à plus plusieurs mois pour déployer les divisions, les entrainer et les faire monter en ligne.

Placé sous commandement français, le CEAG comprend tout de même quatre divisions d’infanterie, une brigade de montagne, une brigade blindée indépendante, deux bataillons de chars, deux GRDI, un régiment de cavalerie, un régiment d’artillerie lourde. Cela va constituer un précieux renfort et un précieux support à l’armée grecque.

La France va envoyer la 1ère Division Légère d’Infanterie (1ère DLI) reconstituée après la Campagne de Norvège où elle avait été engagée en division de marche avec des éléments de la 11ème DLI qui elle n’à pas été reconstituée. A cette division s’ajoute la 82ème Division d’Infanterie d’Afrique (82ème DIA) qui à combattu en Sardaigne et la 86ème DIA, une autre division légère qui elle n’à pas connu le combat.

A cela s’ajoute un régiment motorisé, le 2ème Régiment Etranger de Cavalerie (2ème REC), deux Groupement de Reconnaissance de Division d’Infanterie (82ème et 86ème GRDI) et deux bataillons de chars, les 66ème et 68ème BCC, le premier qui à combattu en Sardaigne à remplacé ses R-35 par des R-40 plus modernes alors que le second à conservé ses R-35 en attendant l’arrivée de chars légers plus modernes.

Renault R-40, une évolution du R-35

La Pologne ou plutôt le gouvernement polonais en exil à envoyé sa brigade de montagne qui s’était illustrée elle aussi en Norvège.

Char médian A-27M Cromwell
Char lourd Churchill

De leur côté les britanniques vont envoyer la 7th Infantry Division venu d’Egypte, la 4th Independent Armoured Brigade venu de Palestine avec ses Cromwell et ses Churchill et un régiment d’artillerie lourde équipée de canons de 5.5 pouces.

BL 5.5 Inch Medium Gun

Ce dispositif est probablement en deca des attentes grecques mais tout de même c’est l’envoi d’unités expérimentées, bien entrainées et motivées pour aider la Grèce à tenir. Ensuite il sera toujours temps d’envoyer plus de troupes si les autres fronts en laisse la possibilité.

C’est un euphémisme de dire qu’à Berlin le déclenchement de l’opération CAESAR à été mal vécue d’autant que Rome à fait preuve d’une discretion toute florentine vis à vis de son alliée ce qui pouvait être considérée comme une réponse du berger à la bergère.

Encore une fois et on ne le répétera pas assez l’opération MARITSA (et non MARITA comme on le trouve écrit dans de trop nombreux livres) n’à jamais été conçue comme une opération destinée à sauver Mussolini de la débacle de ses troupes en Grèce. Cette opération à été planifiée de longue date mais son exécution reportée à plusieurs reprises en raison d’urgences sur d’autres fronts ou tout simplement d’hésitations politico-militaires.

Il semble que c’est l’envoi de troupes alliées en Grèce qui à poussé Himmler et Heydrich à ordonner l’exécution de MARITSA, la crainte étant de se voir reproduire le front de Macédoine du premier conflit mondial.

La Yougoslavie est en première ligne mais nul doute que la Grèce suivra bientôt. Belgrade propose une défense commune du Vardar macédonien mais Athènes refuse arguant à juste titre que son armée doit être réorganisée et rééquipée en vue d’une prochaine offensive aux côtés des alliés.

Tout en dressant des plans de guerre pour une attaque à l’automne 1949 voir au plus tard au printemps prochain, la Grèce réorganise son dispositif.

Signe de confiance, les alliés acceptent de placer leurs unités directement sous commandement grec sans chercher à créer une armée autonome, le CEAG étant une coquille vide plus symbolique que réelle et certains officiers français d’y voir un coup de Jarnac de la Perfide Albion. Comme le dira un lieutenant français anonyme «C’est pas parce que nous sommes alliés contre les fridolins et les ritals que je vais oublier Trafalgar, Waterloo et Azincourt ! Faudrait pas déconner non plus !»

Quand les allemands déclenchent l’opération MARITSA contre la Yougoslavie, les troupes alliées sont organisées de la façon suivante :

ARMEE D’EPIRE

Unités d’armée : 1ère brigade de cavalerie grecque qui intègre dès des éléments de la 1ère division de cavalerie et le 1er bataillon de chars légers, le 2ème Régiment Etranger de Cavalerie (2ème REC) un régiment d’artillerie lourde, un régiment d’artillerie antiaérienne

1er Corps d’Armée : 1ère Division d’Infanterie et 1ère Division Légère d’Infanterie avec comme réserve immédiate un bataillon de cavalerie, d’un escadron d’artillerie et d’une compagnie du génie.

2ème Corps dit Corps d’Armée d’Epire : 5ème et 11ème Divisions d’Infanterie avec comme réserve immédiate le 68ème BCC, deux escadrons d’artillerie et une compagnie de transport.

3ème Corps d’Armée : 6ème et 8ème Division d’Infanterie avec comme réserve immédiate un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

ARMEE DE MACEDOINE

Unités d’armée : 2ème brigade de cavalerie (éléments montés et un groupement de chars issus des 2ème et 3ème bataillons de chars légers, un régiment d’artillerie lourde grec, un régiment d’artillerie lourde macédonienne

4ème Corps d’Armée : 3ème Division d’Infanterie Grecque et 7ème Division d’Infanterie britannique

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

5ème Corps d’Armée : 7ème Division d’Infanterie, 10ème Division d’Infanterie et 82ème Division d’Infanterie d’Afrique (82ème DIA)

Le Corps d’Armée dispose en réserve immédiate d’un bataillon de cavalerie, de deux escadrons d’artillerie issus des Régiments d’Artillerie Divisionnaires (RAD) et d’une compagnie de transport.

6ème Corps d’Armée : 12ème et 14ème DI, 86ème DIA avec comme réserve immédiate un

Groupement Blindé Perotin composé des 82ème et 86ème GRDI ainsi que du 68ème BCC.

ARMEE D’ATTIQUE

Cette armée est mise sur pied au début du mois de juin mais c’est une création batarde avec à la fois des unités en cours de reconstitution et des unités de réserve.

Le 7ème Corps d’Armée regroupe les divisions en cours de reconstitution à savoir les 2ème, 4ème et 9ème DI. Devant la dégradation rapide de la situation, le gouvernement grec prendra la décision d’évacuer ces divisions en cours de reconstitution vers la Crète pour permettre de préserver l’avenir à défaut de sauver le présent.

Le 8ème Corps d’Armée comprend la brigade de montagne polonaise, la 4th Independent Armoured Brigade britannique et la 13ème Division d’Infanterie. Les unités de Corps d’Armée sont limitées avec une compagnie de cavalerie grecque, deux escadrons d’artillerie grecs et une compagnie du génie.

ARMEE DU PELOPONNESE

9ème Corps d’Armée : 15ème et 17ème DI

10ème Corps d’Armée : 16ème et 18ème DI

En face les italiens ont reconstitué leur dispositif en renplumant les divisions malmenées par l’opération CAESAR de jeunes recrues pas toujours motivées et/ou entrainées mais aussi en déployant de nouvelles unités.

C’est ainsi que les 42ème et 48ème DI traversent non sans mal l’Adriatique pour rallier l’Albanie, les convois étant victimes de l’aviation et de sous-marins mais au grand soulagement des amiraux italiens le corps de bataillon franco-anglais resta à l’écart probablement par crainte de l’aviation ennemie dans une zone où le ciel était très disputé. Cela nous donne in fine le dispositif suivant :

TROISIEME ARMEE ITALIENNE :

6ème Corps d’Armée : 15ème et 42ème DI

8ème Corps d’Armée : 20ème DI et 1ère Division Alpine

HUITIEME ARMEE ITALIENNE :

9ème Corps d’Armée : 23ème et 48ème DI

11ème Corps d’Armée : 29ème et 30ème DI

RESERVE D’ARMEE

-18ème Division d’Infanterie

-28ème Division d’Infanterie

-49ème Division d’Infanterie

-Division Blindée Littorio

La Campagne de Yougoslavie va durer plus de deux mois. L’armée de Pierre II résiste pied à pied, regrettant que les alliés n’aient pas engagé de troupes au sol. Certes les marines alliées opéraient en Adriatique avec leurs unités légères, certes des missions de bombardement visaient les troupes italiennes et allemandes mais cela n’était pas aussi tangible qu’une ou plusieurs divisions d’infanterie voir de cavalerie.

Il semble que les alliés ont envisagé de passer en Yougoslavie au début du mois de septembre mais à cette date la situation des armées yougoslaves était pour ainsi dire désespérée.

Tout juste pouvaient-ils couvrir le repli en Grèce des unités yougoslaves qui quand elles étaient encore organisées combattaient aux côtés des alliés alors que les trainards et les isolés étaient rapidement évacués sur le Péloponnèse puis en Crète pour reconstitution d’une armée digne de ce nom.

La Campagne de Grèce proprement dite commence le 25 septembre 1949. Es-ce à dire que les grecs se sont tournés les pousses depuis juillet. Non bien sur ils ont tenté avec les alliés de faire remonter le niveau de leurs unités de combat, d’améliorer la coordination interarmes, la coopération avec les alliés….. .

Sur le plan opérationnel, le front albanais est marqué par des duels d’artillerie et par des coups de main pour maintenir l’ennemi sous pression. Des reconnaissance en force sont également menées mais rien qui ne ressemble à une offensive grande style.

Les grecs et leurs alliés doivent opérer contre les italiens et les allemands, des moyens nettement plus élevés car non seulement les unités sont plus expérimentées mais aussi plus puissantes, l’Allemagne engageant ses Panzerdivisionen.

Pour la campagne de Yougoslavie les allemands avaient déployé douze divisions :

-Trois divisions blindées : 1ère, 5ème et 12ème Panzerdivisionen

-Une division d’infanterie de montagne la 1. Gebirgjäger Division

-Une division parachutiste la 3. Fallschitmjäger Division

-Sept divisions d’infanterie les 3ème, 9ème, 14ème, 25ème, 31ème, 35ème DI + la 5. Leichte Division.

Toutes ces divisions ne vont pas participer à la Campagne de Grèce puisqu’il faut occuper une partie de la Yougoslavie, nettoyer le territoire des soldats yougoslaves isolés…… . Le dispositif allemand est totalement réorganisé, la 12ème Armée qui s’occupe de «pacifier» la Yougoslavie pendant qu’une 15ème Armée s’occupe de la Grèce.

La 12ème Armée allemande dispose de la 1. Panzerdivision, la 1. Gebirgjäger Division, les 3., 9 et 35.ID (InfanterieDivision) alors que la 15ème Armée allemande va disposer des moyens suivants :

35ème Corps Blindé (35. Panzerkorps) : 5. et 12. Panzerdivisionen, 5. Leichte Division

18ème Corps de Montagne (18. GebirgsKorps) : 2. et 4. Gebirgjäger Division

30ème Corps d’Armée (30. ArmeeKorps) : 3. Fallschitmjäger Division et 14. InfanterieDivision

31ème Corps d’Armée (31. ArmeeKorps) : 25. et 31. InfanterieDivision

32ème Corps d’Armée (32. ArmeeKorps) : 72. et 25. InfanterieDivision

Les combats sont extraordinairement violents. Les grecs ne lâchent pas un pouce de terrain, survoltés par un patriotisme incandescent mais aussi par les premières exactions italiennes et allemandes contre la population civile.

Tout comme certains ouvrages de la Ligne Maginot, des ouvrages de la Ligne Metaxas vont continuer à combattre même encerclés, certains se rendant après l’épuisement des munitions ou d’autres combattant jusqu’à la mort.

En dépit de moyens militairement importants, les alliés doivent peu à peu céder du terrain. La ville de Thessalonique tombe le 30 novembre 1949 après de violents de combat en périphérie et même en ville. Des soldats grecs et alliés parviennent à évacuer au nez à la barbe de l’ennemi.

La ville de Larissa tombe le 5 décembre 1949 et la capitale Athènes le 17 janvier 1950 après de violents combats qui ruinent la ville qu’elle soit ancienne ou moderne.

Ces combats ont lessivé les grecs qui commencent à manquer d’hommes et de munitions. Le gouvernement grec hésite entre deux stratégies : un combat total sans esprit de recul ou la volonté de préserver l’avenir en évacuant vers la Crète des hommes pour reconstituer des divisions.

Les alliés appuient cette stratégie en envoyant en Crète des stocks importants d’armes et de munitions en faisant comprendre aux grecs que cela permettrait de reconstituer une armée réduite mais bien entrainée et bien équipée.

Le 24 janvier 1950 les troupes de l’Axe lancent une offensive qui doit mettre fin à cette campagne de Grèce. C’est un échec, le coup de main du Brandeburger Regiment pour s’emparer du pont franchissant le canal de Corinthe échoue, le pont sautant bloquant net l’avance allemande.

Des combats violents ont lieu durant tout le moins de février mais concernent moins la Grèce continentale que les îles, les deux adversaires cherchant à s’emparer du plus de terres émergées possible. Certains ont comparé ces combats à une version insulaire et méditerranéenne de la «course à la mer» du premier conflit mondial quand après leur échec sur la Marne les allemands ont tenté de couper les britanniques des ports par lesquels il faisait parvenir renforts et matériel.

C’est ainsi que l’Axe s’empare de l’île de Céphalonie, de l’île d’Eubée mais aussi des Cyclades. Les alliés ne disputent pas toujours la conquête, essayant de ne pas gaspiller des moyens limités.

Des renforts grecs et alliés arrivent. Côté grec la 2ème Division d’Infanterie reconstituée en Crète passe non sans mal dans le Péloponnèse, défendant la péninsule aux côtés des divisions alliées comme les 1ère et 2ème divisions australiennes (qui ne tarderont pas à rallier le Pacifique) ou encore la 6ème division d’infanterie canadienne.

En face l’Axe est dans un dilemme puisqu’il souhaite neutraliser la menace alliée mais sans trop engager de moyens alors que s’annonce l’opération BARBAROSSA.

Comme nous le savons la Campagne de Grèce se termine à la mi-mars après la bataille navale du Golfe de Zanthe. Entre-temps l’opération CATAPULT à permis à partir du 5 février 1950 la conquête du Dodécanèse par trois divisions alliées à savoir la 3ème division sud-africaine, la 87ème DIA française et la 66ème DI britannique.

Le front grec au printemps 1950

A l’époque le dispositif allié en Grèce est le suivant :

-1ère Division Légère d’Infanterie (1ère DLI) déployée sur l’île de Zakynthos aux côtés de la brigade de montagne polonaise

-82ème Division d’Infanterie d’Afrique (82ème DIA) : défend la ville de Patras aux côtés du 2ème Régiment Etranger de Cavalerie (2ème REC)

-La 86ème Division d’Infanterie d’Afrique (86ème DIA) est en réserve stratégique en Crète pour reconstitution après avoir été durement malmenée et avoir durement malmené l’ennemi

-Les 66ème et 68ème BCC forment un bataillon de marche composé de Renault R-35 et R-40 qui est placé sous commandement britannique avec la 4ème brigade blindée indépendante britannique qui à perdu de sa superbe. Les chars grecs Hotchkiss H-39 forment un autre bataillon de marche.

-La 7ème division d’infanterie britannique à été rapatriée en Egypte pour reconstitution

-Le secteur Patras-Corinthe est couvert par des divisions grecques et alliées avec la 2ème division d’infanterie, la 6ème division d’infanterie canadienne, les 3ème, 10ème, 13ème et 14ème DI grecques.

Les alliés vont parvenir à conserver le Péloponnèse jusqu’à la fin du conflit. L’Axe aurait bien aimé neutraliser cette douloureuse épine dans son flanc mais les moyens nécessaires étaient toujours nécessaires ailleurs. C’est donc cette presqu’île qui va servir de base de départ à la reconquête de la Grèce.