Italie (50) OdB et Programme de guerre (2)

Programme de guerre

Avant-propos

Quand l’Italie entre en guerre en octobre 1948 la situation de la Regia Marina est en apparence plus favorable qu’en septembre 1939.

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Italie (38) Sous-Marins (4)

Sous-marins classe Brin

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Le Brin

Carrière opérationnelle

Les cinq sous-marins de classe Brin sont une évolution des Archimede, trois étant destinés à renforcer la flotte sous-marine italienne et deux pour remplacer les Archimede cédés à la marine espagnole nationaliste.

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Japon (63) Armée de Terre (3)

Organisations des grandes unités

Divisions d’infanterie

Comme toutes les armées du second conflit mondial, l’infanterie domine au sein de l’armée impériale japonaise. C’est encore plus vrai ici car les unités des autres armes sont rares puisqu’il existe seulement trois divisions de chars là où la France en possède seize en septembre 1948 (deux DLC _Tunisie et Indochine_ , six DC _Divisions Cuirassées_ et huit DLM _Divisions Légères Mécaniques_).

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Japon (37) Sous-Marins (2)

Sous-marins type Kaidai

Avant-propos

Les sous-marins de type Kaidai sont des sous-marins de 1ère classe, correspondant grosso modo à nos «1500 tonnes». Très inspirés des U-Boot du premier conflit mondial, les «KD» sont en septembre 1939 au nombre de trente-cinq, formant non pas une classe homogène mais une classe hétérogène.

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Etats Unis (65) Navires légers (4)

Destroyer Escort (DE) classe Island

USS Albert T. Harris (DE-447)

Entre le Destroyer et le Patrol Craft Escort

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les forces légères, les flottilles d’escorte furent globalement négligées durant la période 1919-1939 la faute à un manque d’intérêt et à des budgets contraints qui obligeaient les amiraux à faire des choix souvent douloureux.

Néanmoins en septembre 1939 les marines européennes disposent toutes de navires légers plus ou moins bien adaptés à la mission d’escorte qu’il s’agisse de sloops pour les anglais, des aviso-dragueurs et des avisos pour la France, des torpilleurs légers pour notre marine nationale…. .

Côté américain la situation est moins nette. La flotte de destroyers à été modernisée, de nombreux flush-decker sont en réserve mais il manque des navires légers pour escorter des convois, tactiques qui laisse sceptiques beaucoup d’amiraux de l’US Navy alors construire des navires pour protéger ces formations…… .

Néanmoins la réalité rattrape les américains qui construisent des PCC et des PCE, équipant leurs dragueurs de mines d’armes ASM pour en faire des escorteurs de fortune. De plus en cas de guerre, ils prévoient d’utiliser des destroyers voir de réarmer des flush-decker en les modifiant avec un Asdic, une propulsion diminuée pour augmenter l’endurance au détriment de la vitesse, un armement ASM important….. .

Cette situation fait cependant pale figure face aux corvettes et destroyers légers britanniques ainsi qu’aux corvettes et torpilleurs légers français.

Les PCE ayant montré leurs limites en haute-mer et la flotte de flush-decker vieillissant, les américains se rendent à l’évidence qu’il manque un navire médian entre le PCE et le destroyer d’escadre, un navire chargé d’escorter des convois de navires marchands à travers l’Atlantique et le Pacifique.

Il doit être grand, pas forcément rapide mais endurant, une artillerie antisurface pour détruire des sous-marins _qui en l’absence de radar privilégient l’attaque au canon en surface_ , une DCA légère et des grenades ASM en abondance.

D’abord appelé Destroyer Light (DL), il devient Destroyer Escort (DE) pour éviter la confusion avec un projet de Destroyer Leader, de grands destroyers de 3500-4000 tonnes destinés à mener des flottilles de torpilleurs, projet qui n’aboutira pas avant guerre car le BuShip estime qu’il ferait doublon avec les Atlanta conçu comme conducteur de flottille.

HMS Aldenham (L-22)

Un destroyer léger type Hunt de la Royal Navy, le HMS Aldenham (L-22)

Après avoir envisagé la fabrication sous licence des River ou des Hunt britanniques, les américains choisissent un projet indigène, un navire de 1300 tonnes, filant à 23 nœuds avec un armement composé de deux canons de 127mm (ou 3 de 76mm ou 4 de 100/102mm, les américains envisageant de produire pour des marines étrangères), une DCA légère (Bofors de 40mm Oerlikon de 20mm) et un important stock de grenades ASM.

Un temps l’embarquement de tubes lance-torpilles est envisagé mais au final on y renonce.

Seize navires sont commandés en octobre 1945 (DE-1 à DE-16) stationnés dans l’Atlantique à Norfolk, Charleston et Mayport (respectivement huit, quatre et quatre).

Trente-deux nouveaux exemplaires (DE-17 à DE-48) sont commandés en septembre 1948 mais en dépit d’une mise sur cale précipitée, aucun n’est en service le 21 mars 1950.

Le programme de guerre prévoit une commande supplémentaire de soixante-quatre exemplaires (DE-49 à DE-112) suivit de deux nouvelles commandes de soixante-quatre exemplaires portant le total des DE à construire à 240 exemplaires, certains DE étant adaptés à d’autres missions que l’escorte de convois.

Si les seize premiers navires portent des noms d’îles américaines tout comme les trente-deux commandés en septembre 1948, les DE du programme de guerre porteront des noms de marins tués au début ou au cours du conflit.

Carrière opérationnelle

USS Howard F. Clark (DE-533) 2

Ces nouveaux venus dans le domaine militaires sont baptisés du nom d’îles des Etats-Unis, des îles situées aux Etats-Unis ou dans les colonies américaines.

Les seize premiers navires commandés en octobre 1945 sont mis sur cale au printemps 1946 et mis en service à l’automne 1947, ces navires étant tous stationnés sur la côte est.

Sont stationnés à Norfolk huit navires, les USS Adak (DE-1) Afognak (DE-2) Aiktak (DE-3) Alameda Island (DE-9) San Pedro Rock (DE-11) Favallon Island (DE-13) Staten Island (DE-15) Victoria Island (DE-16).

Sont stationnés à Charleston quatre navires, les USS Adugak (DE-4) Bayless (DE-6) Bogeslof (DE-7) Sugarloaf (DE-8)

Sont stationnés à Mayport quatre navires, les USS Aghiyuk (DE-5) Hog Island (DE-10) Sears Rock (DE-12) Jersey Island (DE-14)

Sur ces seize navires mis en service avant le début du conflit et employés durant tout le conflit dans l’Atlantique, six sont détruits, deux par les sous-marins allemands (Hog Island Sears Rock), deux lors d’une collision avec des cargos qu’ils escortaient (Afognak Jersey Island), un suite à un incendie accidentel à Halifax (Sugarloaf) et le dernier par l’aviation allemande au large de la Norvège alors qu’il participait à l’opération Borealis (Aghiyuk).

Les dix survivants sont utilisés par l’US Navy jusqu’en en 1957 puis désarmés. Quatre sont démolis ou coulés comme cible dans les années soixante (Aiktak, Alameda Island, Adugak Bogeslof) et les six autres transférés aux gardes-côtes pour servir de patrouilleur de souveraineté (San Pedro Rock, Favallon Island,Staten Island,Victoria Islans Bayless) jusqu’au milieu des années soixante-dix, étant remplacés par des cutter spécialement conçus pour ce rôle.

Quand la guerre éclate en septembre 1948 en Europe, les américains accélèrent leur réarmement et passent commande de trente-deux destroyers d’escorte supplémentaires, navires immatriculés DE-17 à DE-48 et principalement destinés à opérer dans l’Atlantique même si au final des DE seront engagés dans le Pacifique.

Devant l’urgence de la situation, les DE sont mis sur cale dès le début de 1949 mais en dépit d’une construction précipitée, aucun n’est en service en mars 1950 quand le Japon attaque. Les premiers sont mis en service en juin et les derniers en mars 1951, vingt-quatre étant engagés dans l’Atlantique et huit dans le Pacifique.

Huit navires sont mis en service en juin 1950 à savoir les USS Amak (DE-17) Biorka (DE-19), Besboro (DE-22) Aziak (DE-24) Ryer Island (DE-27) Merriott Island (DE-29) Anacapa (DE-31) et Begg Rock (DE-32) et déployés dans l’Atlantique puis en mer du Nord, trois étant coulés durant le conflit (Amak Ryer Island et Merriott Island), les cinq autres étant utilisés par l’US Navy jusqu’en 1957 avant d’être désarmés et placés sous cocon pour un éventuel réarmement.

Deux d’entre-eux, les USS Begg Rock et Aziak sont utilisés pour l’entrainement des réservistes de 1962 à 1967 puis comme navires d’expérimentation jusqu’à ce que l’usure ne les envoient à la casse en 1975 pour le premier, en 1982 pour le second. Les trois autres DE sont démolis dans les années soixante-dix.

Huit autres navires sont mis en service en septembre 1950 à savoir les USS Andreanof (DE-18) Beehive (DE-20) Bolrof (DE-21) Attu (DE-23) Chipps Island (DE-25) Roe Island (DE-26) Andrus Island (DE-28) et Woodward Island (DE-30).

Ces huit destroyers d’escorte sont envoyés dans le Pacifique où si les besoins d’escorte sont moindres, ils ne sont pas inexistants. Deux sont coulés durant le conflit (Andreanof Woodward Island), un tellement endommagé qu’il ne sera pas réparé et sabordé après guerre au large d’Okinawa (Chipps Island), les cinq autres étant désarmés en 1956 et mis sous cocon à Bremerton.

Le Beehive est transféré en 1964 aux forces d’autodéfenses japonaises récemment reconstituées en compagnie du Bolrof et de l’Attu, ces navires étant utilisés jusqu’en 1974 quand ils sont rendus aux Etats-Unis et démolis. Les Roe Island et Andrus Island devaient être transférés à l’Irak mais au dernier moment le projet tombe à l’eau.

USS Formoe (DE-509).jpg

Huit navires sont mis en service en janvier 1951 pour opérer dans l’Atlantique, les USS Caladesi Island (DE-33) Cayo Costa (DE-34) Santa Rosa Island (DE-35) Hutchinson Island (DE-36) Avoa Island (DE-37) Appledore (DE-38) Badger’s (DE-39) et Bustine (DE-40).

Sur ces huit navires, deux sont coulés par les sous-marins allemands (Caladesi Island Avoa Island), les six autres survivant au conflit. Trois sont transférés au Chili (Cayo Costa Santa Rosa Island Hutchinson Island) et les trois derniers après avoir été utilisés pour l’entrainement pour les réservistes sont désarmés en 1973 et démolis.

Les huit derniers affectés dans l’Atlantique sont mis en service en mars 1951, ces navires étant baptisés USS North Island (DE-41) Monasha Key (DE-42) Siesta Key (DE-43) St George Island (DE-44) Avery Island (DE-45) Allen Island (DE-46) Ayers (DE-47) et Black Rocks (DE-48).

Deux sont coulés lors de l’escorte de convois, un dans l’Atlantique (Black Rocks) et le second lors de l’opération Borealis (Siesta Key).

Les autres survivent au conflit, sont utilisés par l’US Navy jusqu’en 1960 puis transférés à des marines étrangères, trois à l’Italie (North Island, St George Island Avery Island et trois à l’Allemagne (Monasha Key, Allen Island Ayers) qui en dépit de réticences profondes notamment côté français avaient été autorisée à reconstituer des forces armées pour faire face à la menace soviétique.

Caractéristiques Techniques

Déplacement : standard 1350 tonnes

Dimensions : longueur 95m largeur 11.17m tirant d’eau 2.87m

Propulsion : deux turbines à engrenages alimentées en vapeur par deux chaudières dévellopant 12000ch et entrainant deux hélices

Performances : vitesse maximale 24 nœuds distance franchissable 4500 miles nautiques à 12 nœuds

Canon de 127mm 38 calibres US Navy 55

Canons de 127mm à bord d’un destroyer type Fletcher

Armement : deux canons de 127mm en affûts simples (un avant un arrière) quatre canons de 40mm Bofors en affûts doubles, dix canons de 20mm Oerlikon en affûts simples, deux grenadeurs de sillage, huit mortiers. Ultérieurement s’ajouteront un lance-roquettes ASM appelé Herisson (Hedgehog en V.O) et une plate-forme triple lance-torpilles de 533mm

Equipage : 186 à 200 officiers et marins

18-Bases et arsenaux (5)

F-Base navale de Toulon

Carte générale de Toulon avec son "triangle de la mort"

Carte générale de Toulon avec son « triangle de la mort »

Avant-propos

Les bassins de Toulon en 1896 avant la construction des grands bassins Vauban

Les bassins de Toulon en 1896 avant la construction des grands bassins Vauban

Toulon et la marine militaire c’est une très vieille histoire puisqu’on peut remonter en 1514 pour trouver une trace avec la construction de la Tour Royale. Il faut attendre ensuite le début du XVIIème siècle pour voir la première vraie militarisation avec l’installation en 1610 des premières galères.

En 1666, Toulon est désigné pour devenir le grand port de guerre du Levant, Colbert souhaitant qu’il joue le rôle de Rochefort en Méditerranée. Pour se faire il est équipé et fortifié par Vauban, des travaux durant près de quinze ans (1666-1680).

Toulon ne cesse de se développer, se modernisant pour s’adapter aux nouvelles techniques mais le début du 20ème siècle voit l’arsenal de Toulon se concentrer sur l’entretien, seules quelques constructions de sous marins et de navires secondaires ayant encore lieu.

En 1939, l’Arsenal aligne une superficie de 300 hectares dont 50 sont bâtis et 11 bassins de radoub bien équipés permettant de soutenir une flotte nombreuse.

Les travaux menés au début de la décennie quarante ne sont pas aussi importants qu’à Brest mais ils ne sont pas pour autant négligeable avec la construction de plusieurs cales/slipway et l’extension de certaines formes de radoub. Les grues et les ateliers sont modernisées tout comme les défenses côtières.

Appontements du Milhaud

C’est la principale zone de stationnement de la base navale de Toulon par l’importance des unités qui y sont stationnés en l’occurence les cuirassés, le porte-avions Joffre et une partie des croiseurs.

Six épis de 350m sont montés perpendiculaires à la ligne du quai et disposent chacun de quatorze bites d’amarrages.

Quai Noël

Relié aux Appontements Milhaud par un pont tournant, le quai Noël est l’équivalent toulonais du Quai des Flottilles. C’est donc là que s’amarrent les quinze contre-torpilleurs basés à Toulon.

Darse ouest et est

Situées à l’ouest des appontements du Milhaud, elles accueillent les navires de soutien affectés à la base navale de Toulon comme les remorqueurs, les gabares ainsi que la poussière navale (vedettes, patrouilleurs, escorteurs)……….. .

Darse des pétroliers

C’est l’antre des pétroliers. Elle accueille à la fois les pétroliers basés à demeure à Toulon mais également les pétroliers civils alimentant le parc à combustibles liquides.

Darse des sous-marins

Comme son nom l’indique, elle abrite les sous-marins basés à Toulon. Comme le nombre de submersibles est jugé important, une partie des sous-marins est mouillé dans la Darse Vauban.

Darse du Missiessy

Aucun navire n’est stationné à demeure dans cet Darse, les seuls navires qui y sont mouillés ou amarrés à quai sont ceux en travaux. Cela s’explique par la présence de trois bassins de radoub.

-Les bassins Missiessy n°1 et Missiessy n°2 mesurent 215m de long sur 31m de large, le Missiessy n°5 ne mesurant que 205m de long sur 32m de large ce qui lui permet de caréner tous les navires sauf le cuirassé et les porte-avions.

Darse du Castigneau

A l’est de la darse du Missiessy, on trouve la Darse du Castigneau qui comme la précédente ne stationne pas de navires en raison de la présence de formes de radoub, trois en l’occurence.

Deux bassins ont été creusés, le premier en 1863 et le second en 1886, le premier mesurant 114m de long sur 22m de large et le second mesurant 163m de long sur 23m de large.

Le premier baptisé Castigneau n°4 est allongé passant de 163m à 185m et le second baptisé Castigneau n°5 passant de 114 à 130m permettant respectivement le carénage des croiseurs légers et des contre-torpilleurs. Ils sont élargis à 25m.

Darse et zone Vauban

Cette Darse est l’une des plus anciennes de la base navale varoise. Elle prolonge vers l’est la Darse du Castigneau et est reliée à la Darse aux Sous-Marins par le canal des Subsistances, une partie des sous-marins étant mouillé dans la Darse Vauban.

C’est également une importante zone d’entretien avec pas moins de cinq formes de radoub :

-Le bassin Vauban n°6 mesure en 1939 90m de long sur 15m de large mais des travaux importants portent sa longueur à 120m et sa largeur à 20m.

-Le bassin Vauban n°9 mesure 120m de long sur 20m tout comme le bassin Vauban n°10 mais ce dernier en mauvais état est inutilisé et de facto désaffecté. Sa remise en état est envisagée au printemps 1948 mais aucun travaux n’est mené avant le début du conflit.

-Le bassin Vauban n°7 est l’un des deux Grands Bassins Vaubans. Quand leur construction commence en 1911, ils sont les plus grands bassins de radoubs du monde. Les travaux sont interrompus par le premier conflit mondial. Repris en 1914, ils sont achevés en 1929.

Le Vauban n°7 et le Vauban n°8 mesurent 422m de long sur 42m de large avec des enclaves pour portes intermédiaires à 210m, 235m et 250m permettant de radouber plusieurs navires en même temps.

Ces bassins ne sont pas agrandis avant 1948 mais les capacités de levage attenantes sont modernisées.

Darse Vieille et Angle Robert

Comme son nom l’indique, la Darse Vieille est la plus ancienne partie de l’Arsenal de Toulon. Elle n’est pas pour autant désaffecté, elle reste utilisée à la fois par les torpilleurs d’escadre et par quelques unités désarmées avant leur transfert au cimetière naval du Bregaillon (officiellement le Dépôt Naval de la Méditerranée DNM).

L’Angle Robert est le quai d’apparat du port de Toulon. C’est là qu’est amarré le navire amiral de la Flotte de la Méditerranée en l’occurence le croiseur lourd Algérie et les navires étrangers en visite officielle à Toulon.

Darse Nord du Mourillon

C’est le plan d’eau attenant à l’Arsenal du Mourillon, une zone d’entretien et de construction de l’Arsenal de Toulon qui dispose de deux cales de 100m pour sous-marins auxquelles s’adjoint un slipway de 150m inauguré en 1944 pour le carénage de sous-marins.

Dépôt Naval de la Méditerranée (cimetière naval du Bregaillon)

En septembre 1941 est officiellement créé le Dépôt Naval de la Méditerranée (DNM) destiné à prendre en main et à gérer les navires désarmés en attendant qu’une décision soit prise : remise en service après modernisation ou modifications, démolition ou utilisation comme cibles.

Le DNM à un site : le Bregaillon, un mouillage situé à l’ouest de la rade de Toulon sur la commune de la Seyne sur Mer, un site plus contraint que Landevennec en dépit du fait que le DNM doit s’occuper des navires désarmés venus de Toulon, de Bizerte et de Mers-El-Kébir.

Les navires suivants vont être confiés aux bons soins du DNM :

Ceux encore présents le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Circé est mouillé au Bregaillon à partir du 6 août 1942

-Le sous-marin Galatée est mouillé au Bregaillon à partir du 2 octobre 1942

-Le sous-marin Thétis est mouillé au Bregaillon à partir du 27 mars 1943

-Le torpilleur d’escadre Tornade est mouillé au Bregaillon à partir du 8 juin 1943

-Le sous-marin Doris est mouillé au Bregaillon à partir du 5 août 1943

-Le torpilleur d’escadre Tramontane est mouillé au Bregaillon à partir de septembre 1943

-Le torpilleur d’escadre La Palme est mouillé au Bregaillon à partir du 7 octobre 1943

-Le torpilleur d’escadre Typhon est mouillé au Bregaillon à partir du 15 novembre 1943

-Le sous-marin Actéon est mouillé au Bregaillon à partir du 17 avril 1944

-Le sous-marin Monge est mouillé au Bregaillon à partir du 17 septembre 1944

-Le sous-marin Fresnel est mouillé au Bregaillon à partir du 15 mai 1945

-Le sous-marin Achéron est mouillé au Bregaillon à partir du 12 juin 1945

-Le torpilleur d’escadre Bordelais est mouillé au Bregaillon à partir du 17 juillet 1945

-Le sous-marin L’Amphitrite est mouillé au Bregaillon à partir du 4 septembre 1945

-Le sous-marin L’Oréade est mouillé au Bregaillon à partir du 4 octobre 1945

-Le sous-marin Psyché est mouillé au Bregaillon à partir du 7 octobre 1945

-Le sous-marin Diane est mouillé au Bregaillon à partir du 2 novembre 1945

-Le sous-marin Pégase est mouillé au Bregaillon à partir du 1er février 1946

-Le sous-marin Protée est mouillé au Bregaillon à partir du 7 mars 1946

-Le contre-torpilleur Vauban est mouillé au Bregaillon à partir du 6 septembre 1947

-Le contre-torpilleur Valmy est mouillé au Bregaillon à partir de novembre 1947

-Le contre-torpilleur Verdun est mouillé au Bregaillon à partir du 12 mars 1948

-Le sous-marin Narval est mouillé au Bregaillon à partir du 16 juin 1948

Ceux n’ayant fait que passer………… .

-Le sous-marin Sirène est présent au Bregaillon du 13 août 1941 au 5 septembre 1945

-Le sous-matin Naïade est présent au Bregaillon du 17 novembre 1941 au 4 décembre 1944

-Le torpilleur d’escadre Tempête est présent au Bregaillon du 10 janvier 1942 au 7 janvier 1943

-Le torpilleur d’escadre Simoun est présent au Bregaillon du 15 janvier 1942 au 21 mars 1944

-Le sous-marin L’Ariane est présent au Bregaillon du 17 avril 1942 au 17 mars 1944

-Le sous-marin Le Redoutable est présent au Bregaillon du 15 octobre 1942 à décembre 1946

-Le sous-marin Calypso est présent au Bregaillon du 13 novembre 1942 au 4 février 1947

-Le sous-marin Danaé est présent au Bregaillon du 9 mars 1943 au 14 décembre 1947

-Le chalutier armé La Servannaise est présent au Bregaillon du 15 mai 1943 au 7 mars 1947

-Le torpilleur Le Fortuné est présent au Bregaillon du 11 juillet 1943 au 4 septembre 1945

-Le torpilleur Le Mars est présent au Bregaillon du 23 juillet 1943 à septembre 1945

-Le sous-marin Argonaute est présent au Bregaillon du 6 avril 1944 au 14 mai 1947

-Le sous-marin L’Ondine (II) est présent au Bregaillon du 5 février 1945 au 7 mars 1948

-Le torpilleur L’Alcyon est présent au Bregaillon du 12 février 1945 au 18 mars 1946

-Le sous-marin L’Orion est présent au Bregaillon du 5 avril 1945 au 17 juin 1947

-Le sous-marin Phoque est présent au Bregaillon du 14 juin 1945 au 15 septembre 1947

-Le sous-marin L’Atalante est présent au Bregaillon du 14 juin 1946 au 24 juin 1948

-Le torpilleur Basque est présent au Bregaillon du 25 juillet 1946 au 14 mars 1947

-Le torpilleur Le Forbin est présent au Bregaillon du 17 août 1946 au 8 janvier 1948

-Le sous-marin Souffleur est présent au Bregaillon du 28 juin au 4 septembre 1946

-Le sous-marin Caïman est présent au Bregaillon du 5 mai 1947 au 15 mai 1948

Fortifications

En septembre 1939, les défenses rapprochées de la base navale de Toulon sont composées des batteries suivantes.

-A La Cride et aux Sablettes on trouve trois canons de 138mm

-A Saint-Elme, on trouve trois canons de 100mm

-La batterie de Cap Cépet dispose de quatre canons de 340mm en deux tourelles doubles

-A la Croix des Signaux sont installés 4 canons de 164mm

-A Carraque-Est, sont implantés 2 canons de 75mm

-La défense des passes est assurée par trois affûts doubles de 13.2mm

-A Fort Lamalgue, sont installés quatre canons de 75mm

-Au Cap Brun sont implantés deux canons de 75mm

-A Sainte-Marguerité sont installés quatre canons de 105mm et deux canons de 75mm

-A Carquerainne sont installés 4 canons de 194mm et 6 de 95mm (position Sud) et 4 canons de 240mm (position Nord)

-Sur la Presqu’ile de Giens sont implantés de 6 canons de 240mm et 4 canons de 95mm

-A La Badine sont installés quatre canons de 120mm

-A l’Esterel sont implantés deux canons de 75mm

-Au Bénat sont installés deux canons de 75mm et quatre canons de 120mm

-Aux Mèdes, les batteries cumulent quatre canons de 164mm et deux canons de 75mm

-Au lieu-dit Le Titan sont implantés quatre canons de 138mm.

L’enceinte terrestre n’est pas modifié mais les défenses littorales sont sérieusement modernisées et comme à Lorient, un «triangle de la mort» est dressé avec la batterie du cap Cépet, la batterie du cap Carquerainne et une batterie implantée sur la presqu’ile de Gien.

Les autres batteries ne sont pas modernisées, certaines pièces manquant de munitions (canons de 100 et de 120mm) sont feraillées.

La batterie du cap Cépet dispose de deux tourelles de 340mm installées au cours des années trente, ces puissants canons étant complétés par quatre canons de 152mm modèle 1931 en affûts simples sous masque et quatre canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles.

La DCA légère est assurée par six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 et la défense terrestre est assurée par quatre PO (Petits Ouvrages) implantés aux quatre coins du fort avec une cloche GFM et un affût double cumulant un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm.

La batterie de Carqueraine disposait en 1939 de deux positions. La position Sud disposait de 4 canons de 194mm et de 6 canons de 95mm alors que la position Nord disposait de 4 canons de 240mm.

Si les canons de 194 et de 240mm sont conservés car en bon état et disposant de stocks importants de munitions, les 6 canons de 95mm sont remplacés par 4 canons de 90mm modèle 1926 en deux affûts doubles sous masque et plate-forme circulaire aptes aussi bien au tir contre-avions qu’au tir contre but flottant. La position Nord reçoit quatre canons de 90mm modèle 1926 en affûts simples sous masque capables eux aussi pour le tir antiaérien et le tir à but surface

De la DCA est installée avec un total de douze canons Hotchkiss modèle 1939-40 en six affûts doubles et la défense terrestre est soignée avec des ouvrages inspirés de ceux de la Ligne Maginot, la batterie de Carqueraine devant servir de point de fixation.

Trois ouvrages sont ainsi construits entre 1943 et 1947, chacun étant équipés d’une cloche d’observation, d’une cloche équipée de deux mitrailleuses de 7.5mm et de deux affûts jumelés équipés chacun d’un canon de 47mm et d’une mitrailleuse de 7.5mm. Ils auraient du être équipés de mortiers de 81mm mais cela est resté à l’état de projet.

Le troisième angle du triangle est la batterie installée à l’ouest de la presqu’ile de Giens. Elle dispose en 1939 de trois batteries équipées chacune de 2 canons de 240mm encore en bon état ce qui explique qu’ils soient conservés au cours des travaux menés entre 1945 et 1947. Les 4 canons de 95mm situés entre la position est et la position ouest sont remplacés par trois affûts doubles de 90mm soit six canons de 90mm modèle 1926.

La défense contre-avions est assurée par huit canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en quatre affûts doubles.

La défense est assurée par trois ouvrages terrestres, chacun étant équipés d’une cloche d’observation, d’une cloche équipée de deux mitrailleuses de 13.2mm et de quatre affûts jumelés équipés chacun d’un canon de 47mm et de deux mitrailleuses de 7.5mm. Ils auraient du être équipés de mortiers de 81mm mais cela est resté à l’état de projet.

La défense terrestre de la place de Toulon est assurée par un régiment de fusiliers marins de 1500 hommes qui reçoit au printemps 1948 le renfort d’un bataillon de chars de combat équipé de Somua S-40.

La défense antiaérienne de la place de Toulon est assurée par six batteries de huit canons de 90mm implantés au Cépet, au Peyras, à Six-Fours, au Grand Saint-Antoine,Croix Farron et au Cap Brun plus deux batteries de 75mm implantés à Darboussan et au Lazaret. On trouve également quatre sections de mitrailleuses de 13.2mm.

Telle est la situation en septembre 1939. Elle évolue entre septembre 1939 et septembre 1948 avec la transformation des deux batteries de 75mm en batteries de 90mm alors que les quatre sections de mitrailleuses de 13.2mm sont transformés sur canons de 37mm.

A la mobilisation de septembre 1948, des moyens supplémentaires issus de la Défense Aérienne du Territoire (D.A.T) sont déployés pour couvrir Toulon qui se trouve à portée de l’aviation italienne.

Navires stationnés à Toulon en septembre 1948

Appontements du Milhaud

-Epi n°1 : cuirassé Provence (W) et  porte-avions Joffre (E)

-Epi n°2 : cuirassé Richelieu (W) et cuirassé Clémenceau (E)

-Epi n°3 : cuirassé Alsace (W) et Flandre (E)

-Epi n°4 : croiseurs lourds Suffren et Dupleix (W) croiseurs lourds Saint Louis et Henri IV (E), les navires étant accostés bord à bord ou l’un derrière l’autre

-Epi n°5 : croiseur lourd Charlemagne (W) croiseurs légers De Grasse (E)

-Epi n°6 : croiseur léger Chateaurenault (W) croiseur léger Guichen (E)

Quai Noël

Contrairement à la zone du Milhaud, il n’y à pas d’appontements fixes, les navires étant amarrés par la proue au quai. De l’ouest à l’est, les quinze contre-torpilleurs sont ainsi amarrés (même si il est rare que les quinze navires soient ensemble au port).

-Contre-torpilleurs Bruix D’Assas La Tour d’Auvergne (1ère DCT)

-Contre-torpilleurs Bayard Du Guesclin Turenne (2ème DCT)

-Contre-torpilleurs Aigle Albatros Gerfaut (5ème DCT)

-Contre-torpilleurs Le Fantasque L’Audacieux Le Malin (9ème DCT)

-Contre-torpilleurs Desaix Kléber Marceau (12ème DCT)

Darse des pétroliers

-Pétroliers Elorn et Sèvre (ex-Nivose)

-Ravitailleur rapide L’Adour

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Saône et Le Liamone

Darse des sous-marins

Cette Darse accueille les sous-marins de la 3ème ESM, les sous-marins de 1500 et 1800 tonnes :

-1ère DSM : Le Glorieux Le Heros Le Conquerant Le Tonnant

-3ème DSM La Réunion Crozet Ile d’Oleron Belle Ile

-5ème DSM  Ile de Brehat, Saint Marcouf Ile d’Aix Ile d’If

Darse Vauban

Cette darse accueille  les sous-marins de la 5ème ESM, les sous-marins de 600 et de 800 tonnes

-13ème DSM : Aurore, Créole, Antigone et La Bayadère

-15ème DSM : Venus Iris Pallas

-19ème DSM : L’Astrée La Favorite La Gorgone et L’Africaine

-21ème DSM : Diamant et Perle

Darse Vieille

-Torpilleurs Mameluk Casque (protection du cuirassé Provence)

-Torpilleurs L’Inconstant et Lancier (protection du porte-avions Joffre)

-Torpilleurs Corsaire et Flibustier (protection du cuirassé Richelieu)

-Torpilleurs Rapière et Hallebarde (protection du cuirassé Clémenceau)

-Torpilleurs Mousquet et Bombardier (protection du cuirassé Alsace)

-Torpilleurs Voltigeur et Goumier (protection du cuirassé Flandre)

-Torpilleurs légers Le Fier L’Agile L’Entreprenant Le Farouche de la 1ère DT

-Torpilleurs légers  Annamite Hova Somali Touareg de la 4ème DT

Darse Est et Ouest

-Navire auxiliaire (ex-canonnière) Somme

-Ravitailleurs d’hydravions (ex-canonnière) Diligente et Sans Peur

-Aviso-dragueur  Elan,  Commandant Dominé et  La Curieuse (1ère DEL)

-Chalutiers armés La Cancalaise et la Lorientaise

-Chasseurs de sous-marins CH-9 CH-10 CH-49 et CH-50

-Vedettes lance-torpilles VTB  41 43 45 47 et 49 formant la 1ère ELM

-Vedettes lance-torpilles  VTB-23 24 25 26 27 28 formant la 4ème ELM

-Vedettes lance-torpilles VTB-56 57 58 59 60 61 formant la 6ème ELM

-Dragueurs de mines Ouistreham et Saint Brieuc

-Cargos rapides Sidi-Bel-Abbès et Tlemcen

-Mouilleur de filets Gladiateur

-Remorqueurs Le Laborieux Cépet Haleur Efficient  Corse Faron et Mont Caume Tulipe Aconit Edelweis

-Bâtiment-cible L’Impassible

-Navires-hydrographes La Chimère Mouette Ibis

-Gabares  L’Endurante, La Persévérante,  La Prudente, La Persistante, L’Epuisante

18-Bases et arsenaux (3)

C-Base navale de Brest

Plan général de la rade de Brest

Plan général de la rade de Brest

Avant propos

Les bases navales en particulier et les ports en général ne sont pas installés n’importe où mais généralement dans des lieux accessibles et aisément défendables. Dans ce cas, le site de Brest est remarquable.

C’est comme si la nature avait tout fait que pour l’homme y implante une base ou un port important avec un vaste plan d’eau protégé des vents, un fleuve côtier pénétrant assez loin dans les terres ce qui facilite les communications avec son hinterland et surtout un accès très facile à défendre car le Goulet est non seulement étroit mais en plus, un haut fond oblige l’assaillant à serrer au nord ou au sud ce qui facilite l’action des batteries côtières.

Les premiers travaux commencent au milieu du 17ème siècle sous l’impulsion de Richelieu dont l’oeuvre pour la marine est souvent éclipsée par celle de Colbert et ne cesseront jamais jusqu’au 20ème siècle.

La Rade-Abri

C’est le cœur de la base navale de Brest, un cœur opérationnel et de soutien avec des installations d’entretien importantes.

Elle commence à voir le jour au 19ème avec la construction d’une jetée Sud de 1500m entre 1889 et 1896 suivit d’une jetée Ouest de 200m entre 1895 et 1900m. Entre 1900 et 1905, la jetée Sud est allongée sur 750m portant sa longueur à 2050m.

A cette époque, la Rade Abri est protégée par trois jetées : Ouest, Sud et Est avec trois accès mais cette situation change au début des années trente avec la fermeture de la passe Ouest, ne laissant plus que deux accès : la Passe de l’Est entre le Château et la Jetée Est et la Passe du Sud entre la Jetée Est et la Jetée Sud.

Le long de sa jetée on trouve le groupe-école Armorique jusqu’en 1943 et c’est là que s’amarre les cuirassés de la 1ère Escadre ainsi que les deux porte-avions. Un projet d’épis perpendiculaires pour faciliter l’amarrage des grandes unités n’à pas le temps de voir le jour avant le début du second conflit mondial.

Cette vaste étendue d’eau artificielle intègre plusieurs zones géographiques comme le Quai des Flottilles où s’amarrent les contre-torpilleurs et les croiseurs, le Bassin des Torpilleurs qui comme son nom l’indique abrite les torpilleurs d’escadre (et les corvettes) et qui intègre également le Quai d’Armement.

Ce Quai d’Armement fait partie intégrante de la zone technique du Laninon, une zone importante pour les travaux notamment des plus grandes unités de la Royale.

Elle dispose en 1939 de deux bassins de radoub, les formes n°8 et n°9 creusées entre 1910 et 1916 et mesurant 250m de long sur 36m de large.

Ces deux formes pouvaient accueillir un Dunkerque ou un Richelieu mais pas une unité de classe Alsace ce qui nécessite la construction d’une nouvelle forme. En 1938, sont lancés les travaux pour deux formes, une forme n°10 installée à l’est du bassin n°8 et une forme n°11 installée à l’ouest du bassin n°9.
La forme n°10 destinée à la construction de grandes unités est la priorité de la marine et cette forme est inaugurée en mars 1942 alors qu’elle affichait 275m de long, 58m de large et un tirant d’eau de 13m, largement suffisant pour accueillir un cuirassé de classe Alsace. Prolongée à 300m, elle devait atteindre 360m de long mais la guerre interrompit les travaux.

La forme n°11 est inaugurée en janvier 1945 et aligne des dimensions différentes avec 320m de long (360m initialement prévus), 48m de large à l’entrée (58m à la fin du bassin) et un tirant d’eau de 13m.

A l’est de la zone du Laninon, La Pointe était une zone jusque là déserte mais à la fin des années trente, décision est prise de la transformer en zone technique.

Deux cales sont construites, des cales capables de construire et de caréner des unités légères, la cale Penfeld n°1 de 220m de long et la cale Penfeld n°2 de 175m de long, ces deux cales remplaçant à partir de 1947 la Cale du Point du Jour.

Cette zone technique de la pointe dispose également d’un atelier dédié au travail du métal, des magasins de stockage et une zone dédiée à l’artillerie navale.

Le Château

Cet emplacement est situé sur la rive gauche de la Penfeld. C’est le lieu de mouillage des remorqueurs, gabares et autres navires auxiliaires.

La Penfeld

La Penfeld est un fleuve côtier de 16km sur lequel s’est développé la ville et le port de Brest et jusqu’en 1865, elle était ouverte aux navires de commerce. A partir de cette date, c’est un site réservé à la Marine.

Ces rives abrite des ateliers, l’hôpital militaire et surtout pas moins de cinq formes de radoub qui comme leurs homologues du Laninon connaissent d’importantes modifications.

Le bassin n°1 dit Bassin Tourville est le seul bassin situé sur la rive gauche de la Penfeld. Il à été inauguré en 1683 modifié en 1745 puis en 1864. Long de 115m et large de 25m, il est modernisé en 1937 mais il est impossible de l’agrandir et le bassin 1 n’est  plus utilisé que pour les navires légers comme les torpilleurs, les torpilleurs légers, les corvettes et les sous-marins.

La construction du bassin n°12 à l’emplacement de la Cale du Point du Jour doit entrainer son déclassement effectif en pleine guerre en 1950. Le conflit terminé, il est abandonné jusqu’en 1960 quand il est transformé en musée avec l’installation au sec du sous-marin Casabianca encore aujourd’hui préservé comme musée.

Au lieu dit du Pontaniou se trouve les bassins n°2 et n°3. Ils ont pour origine quatre formes construites au 18ème siècle, les formes 1 et 2 étant construites entre 1752 et 1756, la forme n°3 entre 1755 et 1757 et la forme n°4 entre 1803 et 1820.

Devenues inadaptées aux navires modernes, elles sont fusionnées entre 1899 et 1902 et deviennent deux bassins, le bassin n°2 (regroupant les formes 1 et 4) et le bassin n°3 (regroupant les formes 2 et 3) longs de 178m et larges de 28m.

Ces deux bassins sont allongés à 190m et élargis à 30m, des travaux menés sans interrompre l’utilisation des bassins ce qui est une véritable gageure surtout que le terrain n’était pas facile.

Au delà du pont transbordeur (installé à l’origine à Bizerte), on trouve la zone dite du Salou avec trois bassins et la cale du Point au Jour.

A l’origine se trouvait une montagne de 25m de schiste qui fût arasée pour pouvoir construire le bassin n°6. Ce bassin construit entre 1822 et 1827 est un bassin à gravité, se remplissant en fonction des marées. Son utilisation est arrêtée à partir de 1940 pour permettre l’extension du bassin n°7.

Le bassin n°7 situé au nord du bassin n°6 est creusé en 1864-65. Mesurant à l’origine 118m de long sur 26m de large, il est étendu à 130m ce qui lui permet de caréner tous les navires jusqu’au contre-torpilleur.

Le bassin n°4 est creusé entre 1856 et 1865, la durée des travaux s’expliquant par la dureté du sol (du schiste). Ce bassin de 200m de long sur 35m de large sert aux carénages et aux constructions, ce bassin construisant partiellement les cuirassés Dunkerque Richelieu et Clemenceau. Il va ensuite être utilisé pour les carénages de toutes les unités jusqu’aux croiseurs lourds.

En face de ces trois (puis deux bassins) nous trouvons la Cale du Point du Jour qui à construit un grand nombre de navires dont tous les croiseurs lourds français (sauf le Tourville et les Saint Louis construits à Lorient).

Cette cale est désaffectée en 1947 quand sont inaugurées les cales installées à La Pointe. Un temps, on envisage d’y installer un atelier de préfabrication mais finalement, on décide de lancer les travaux pour une forme de radoub de 150m de long sur 25m de large, une forme qui porte le n°12 mais en septembre 1948, les travaux sont loin d’être achevés. Ce n’est qu’en septembre 1950 que ce bassin couvert (tirant d’air 30m) est inauguré.

L’Ile Longue

L'Ile Longue (date inconnue)

L’Ile Longue (date inconnue)

Cette presqu’ile (uniquement à marée basse, le cordon sablonneux n’étant franchissable qu’à marée basse) à été fortifiée dès le 17ème siècle par Vauban pour renforcer la protection de la base de Brest.

Ces fortifications sont peu à peu abandonnées au 19ème siècle. Ainsi durant la première guerre mondiale, un camp de prisonnier allemand est installé de 1914 à 1919. Après guerre, cette zone de la rade de Brest est abandonnée.

En 1943, le groupe-école Armorique y est mouillé pour libérer de la place dans une rade-abri et en 1945, on envisage d’y établir une véritable base-sous-marine pour y regrouper les sous-marins alors dispersés entre la rade-abri et la Penfeld.

L’isthme reliant l’Ile Longue à  la presqu’ile de Crozon est rendu insubmersible par des digues de béton et d’acier. Une route permet de relier la base de Lanvéoc-Poulmic à l’Ile-Longue.

Un mouillage protégé est dessiné par deux digues empierrées qui permet au groupe-école Armorique d’être mieux protégé lors des tempêtes tout comme les sous-marins qui entre deux exercices prennent l’habitude d’y mouiller.

La guerre approchant, les travaux ambitieux initialement prévus _bassins à flot pour le stationnement des sous-marins pouvant servir de formes de radoub protégés par des blockhaus, ouvrages de défense_ sont reportés sine die.
Une version austère de la base est construite avec des ateliers, des dépôts de carburant et de munitions (obus, torpilles, mines), des logements pour l’équipage et une batterie de défense antiaérienne avec huit canons de 25mm Hotchkiss.

Ce n’est que bien après guerre que le projet initial ira jusqu’à son terme mais ceci est une autre histoire qui sort de ce cadre.

Le Dépôt Naval de l’Atlantique (DNA) (cimetière marin de Landevennec)

En septembre 1941 est officiellement créé le Dépôt Naval de l’Atlantique (DNA) destiné à prendre en main et à gérer les navires désarmés en attendant qu’une décision soit prise : remise en service après modernisation ou modifications, démolition ou utilisation comme cibles.

Ce DNA à un lieu : Landevennec, une commune située sur une boucle de l’Aulne où depuis le milieu du 19ème siècle sont rassemblés les navires désarmés de la marine nationale.

Les années quarante voient un grand nombre de navires désarmés à tel point qu’à plusieurs reprises, il fallut faire de la place pour les nouveaux.

A partir du 15 mai 1943, le DNA dispose d’une base et quelle base puisqu’il s’agit rien de moins que l’ancien porte-avions Béarn qui servait de ponton. Il abritait des ateliers et des logements pour les ouvriers du DNA chargés de veiller au bon état des navires désarmés en évitant qu’une voie d’eau n’entraine le naufrage du navire.

Successivement, les navires suivants sont confiés aux bons soins du DNA :

-Le pétrolier Rhône remorqué à Landevennec le 7 octobre 1941 et toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le chalutier armé La Sablaise remorqué à Landevennec le 12 août 1942 et toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le torpilleur d’escadre Orage remorqué à Landevennec en septembre 1942 (date exacte inconnue) et est toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le chalutier armé La Quimperoise est présent à Landevennec du 2 avril 1943 au 21 septembre 1945.

-Le torpilleur d’escadre Mistral est remorqué à Landevennec le 15 avril 1943 y est toujours présent le 5 septembre 1948.

-Le torpilleur d’escadre Siroco est présent à Landevennec du 21 avril 1943 au 12 avril 1946

-Le torpilleur d’escadre Cyclone est remorqué à Landevennec le 27 juin 1943 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Pascal est remorqué à Landevennec le 15 octobre 1943 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Henri Poincaré est remorqué à Landevennec le 31 janvier 1944 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le torpilleur d’escadre Brestois est présent à Landevennec du 18 avril 1944 au 17 juin 1947

-Le sous-marin Poncelet est présent à Landevennec du 21 juillet 1944 au 5 septembre 1946

-Le contre-torpilleur Chacal est remorqué à Landevennec le 7 septembre 1944 et y est toujours quatre ans plus tard

-Le contre-torpilleur Jaguar est remorqué au Dépôt Naval de l’Atlantique le 15 septembre 1944 et coulé comme cible le 14 mars 1946

-Le contre-torpilleur Léopard est remorqué au DNA de Landevennec le 5 octobre 1944 et y est toujours présent le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Archimède est présente à Landevennec du 15 septembre 1944 au 18 mars 1947

-Le torpilleur d’escadre L’Adroit est présent à Landevennec du 8 janvier 1945 au 14 mars 1946, date à laquelle il est coulé comme cible en même temps que le Jaguar.

-Le torpilleur d’escadre Le Boulonnais est remorqué à Landevennec à partir du 10 janvier 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948.

-Le contre-torpilleur Panthère est remorqué à Landevennec le 13 juin 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948.

-Le sous-marin Achille est remorqué à Landevennec le 15 juin 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le contre-torpilleur Lynx est remorqué à Landevennec le 27 août 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le sous-marin Argo est remorqué à Landevennec le 5 septembre 1945 et y est toujours trois ans plus tard

-Le contre-torpilleur Bison est présent à Landevennec à partir du 8 novembre 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le contre-torpilleur Guépard est présent à Landevennec à partir du 30 novembre 1945 et y était toujours le 5 septembre 1948

-Le torpilleur d’escadre Le Fougueux est présent à Landevennec du 7 décembre 1945 au 12 septembre 1946

-Le contre-torpilleur Lion est présent à Landevennec à partir du 10 décembre 1945 et y est toujours le 5 septembre 1948

-Le torpilleur d’escadre Le Foudroyant est présent à Landevennec du 18 décembre 1945 au 14 juin 1947

-Le sous-marin Ajax est présent à Landevennec du 4 janvier 1946 au 5 septembre 1948 quand il est réarmé comme sous-marin école

-Le sous-marin Persée est présent à Landevennec du 8 juillet 1946 au 15 septembre 1947

-Le sous-marin Pasteur est présent à Landevennec du 12 octobre 1946 au 14 décembre 1947

-Le torpilleur d’escadre Le Frondeur est présent à Landevennec à partir du 22 décembre 1946.

Quand le conflit éclate, le DNA de Landevennec est loin d’être vide puisqu’il regroupe dans ce mouillage, serrés au chausse pied pas moins de huit contre-torpilleurs (Léopard Chacal Tigre Lynx Panthère Guépard Bison Lion), de cinq torpilleurs d’escadre (Cyclone Mistral Orage Boulonnais Frondeur), de cinq sous-marins (Pascal Henri Poincaré Achille Ajax Argo), de l’ancien chalutier armé La Sablaise et de l’ancien pétrolier Le Rhône.

Les fortifications

En vert, les principales positions fortifiées et en rouge, la base aéronavale du Lanvéoc-Poulmic et avec l'étoile, le DNA

En vert, les principales positions fortifiées et en rouge, la base aéronavale du Lanvéoc-Poulmic et avec l’étoile, le DNA

Comme nombre de bases de la marine nationale, les défenses de la place de Brest sont en 1939 dans un état lamentable, la faute à un sous-investissement et à dire vrai l’absence d’une menace réelle sur la principale base de la Flotte de l’Atlantique.

Quand éclate la guerre de Pologne, les fortifications de la place de Brest sont les suivantes :

-Aux Capucins, on trouve 3 canons de 240mm qui équipent également la batterie de Toulbroch qui dispose en sus de quatre canons de 105mm modèle 1893

-La batterie des Rospects dispose de quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 96 ainsi que deux canons de 75mm.

-Au Kerbonn et au lieu-dit La Chèvre sont implantés quatre canons de 164mm modèle 1893 modifié 1896.

-Au Minou, on trouve quatre canons de 105mm modèle 1893 alors qu’au Mengorn, se trouvent trois canons de 100mm et deux canons de 75mm.

-Au Portzic sont installés trois canons de 105mm, deux canons de 75mm pour la défense des passes et de quatre canons de 47mm modèle 1885.

-A la Pointe des Espagnols sont installés trois canons de 105mm modèle 1897 et quatre canons de 47mm modèle 1885

-A la Pointe de Cornouaille (entre les Capucins et les Espagnols) sont implantés trois canons de 105mm modèle 1897

-Aux lieu-dit Robert et Deliée sont installés respectivement quatre et deux canons de 75mm.

-Enfin sur l’île d’Ouessant, sont implantés quatre canons de 75mm, deux à Ouessant-Stiff et deux à Ouessant-Creach.

Néanmoins, au début de la décennie 1940, décision est prise de reconstruire les défenses de Brest en priorité côté mer et si le temps et les moyens suivent côté terre pour en faire une forteresse inexpugnable au cas où les choses tourneraient très mal.

Plutôt que de poser une emplâtre sur une jambe de bois, on préfère repartir de zéro en aménageant de toutes nouvelles positions à la pointe des Espagnols et au Portzic dont la prise couperait la rade de Brest de la mer.

Un temps, on envisage de réutiliser les tourelles de 305mm des Courbet après leur désarmement mais on préfère des travaux moins coûteux et plus raisonnables avec un fort de forme parallélépipédique.

Chaque fort dispose de quatre canons de 152mm modèle 1931 ayant appartenus au cuirassé Richelieu montés sur affût circulaire et sous masque, un à chaque angle pour battre par le feu sur 360°. Leur action peut être complétée par les deux affûts doubles de 90mm dont la mission première est le tir contre avions mais qui peut aussi assurer le tir contre terre et le tir contre but flottant.

La défense contre terre et contre une éventuelle attaque d’infanterie ennemie (on imagine plus se battre contre une compagnie de débarquement de la Kriegsmarine que contre la Werhmacht) est assurée par six affûts combinant un canon de 47mm modèle 1934 et deux mitrailleuses de 7.5mm.

La défense contre-avions n’est pas oubliée avec en plus des quatre canons de 90mm et un total de six canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40.

Chaque fort, celui du Portzic comme celui de la pointe des Espagnols est armé par une compagnie d’ouvrages semblables à celles armant les ouvrages de la ligne Maginot.

Pour protéger l’Anse du Poulmic et plus généralement le sud de la rade de Brest, deux positions sont implantées, l’une à la Pointe de l’Armorique et l’autre à la pointe de Lanvéoc.

Les ouvrages sont identiques pour protéger la base-aéronavale de Lanvéoc-Poulmic qui en 1948 avant la mobilisation et la déconcentration accueille pas moins de 162 appareils sur plusieurs dizaines d’hectares pour l’une des plus grandes implantations militaires de France.

On trouve une tourelle double de 130mm modèle 1936 _identique à celle des Intrépide, des Joffre et des cuirassés_ , quatre canons de 75mm modèle 1897 sous masque et sur plate-forme rotative aux quatre coins du fort et quatre affûts jumelant un canon de 47mm et une mitrailleuse de 7.5mm. La défense antiaérienne est assurée par six canons de 25mm en affûts simples.

Les autres défenses de la base doivent être mises en place à la mobilisation, des ouvrages de campagne avec tranchées, champs de mines et barbelés.

La défense antiaérienne de la rade de Brest est assurée par la 3ème Batterie Anti-Aérienne de Marine (3ème BAAM) qui dispose d’un total de vingt-huit canons de 75mm contre-avions répartis par groupe de quatre à Quelern, Lanvéoc-Poulmic, Trinité, Coat y Ogen,Kerguividic, Toralan et Corbeau.

Quand à la défense terrestre, elle est assurée par un bataillon de fusiliers marins, le 1er BFMA (Bataillons de Fusiliers-Marins de l’Atlantique) qui reçoit en juin 1948 le renfort d’une compagnie de chars légers Renault R-35.

A Ouessant, les canons de 75mm restent en position, positions réaménagées avec une amélioration du champ de tir.

Navires basés à Brest au 5 septembre 1948

A la veille du second conflit mondial, les navires suivants sont stationnés à Brest :

Rade-abri

-Cuirassés Lorraine, Gascogne et Normandie sont amarrés sur coffre le long de la Jetée Sud.

-Porte-avions Painlevé et Henriette de France  sont amarrés sur coffre le long de la Jetée Sud.

-Pétrolier Le Var amarré sur coffre le long de la Jetée Sud

-Pétrolier Ravitailleur d’Escadre La Seine amarré sur coffre le long de la Jetée Sud

-Cargo rapide Mostaganem amarré sur coffre le long de la Jetée Sud

Quai des flottilles

-Croiseurs lourds Foch et Colbert

-Croiseurs légers Georges Leygues La Gloire et Montcalm

-Croiseur-école Jeanne d’Arc

-Contre-torpilleurs Bugeaud Du Chayla Dupetit-Thouars (3ème DCT)

-Contre-torpilleurs Vautour Milan Epervier (6ème DCT)

-Ravitailleur rapide Lot

-Ravitailleur rapide La Charente

Bassin des torpilleurs

-Torpilleurs d’escadre L’Intrépide et Le Téméraire chargés de la protection du cuirassé Lorraine

-Torpilleurs d’escadre Durandal et Dague chargés de la protection du cuirassé Gascogne

-Torpilleurs d’escadre Sabre et Claymore chargés de la protection du cuirassé Normandie

-Torpilleurs d’escadre Arquebuse et Cimeterre chargés de la protection du porte-avions Painlevé

-Torpilleurs d’escadre Ney et Murat chargés de la protection du porte-avions léger Henriette de France

-Corvettes anti-sous-marines La Malouine La Dieppoise La Remoise  et La Versaillaise (1ère DEO)

-Corvettes anti-sous-marines La Calaisienne La Troyenne La Rochelaise et La Paloise (4ème DEO)

Jetée Est

-Ravitailleur de sous-marins Jules Verne

-Sous-marins Casabianca Sfax Centaure L’Espoir (2ème DSM)

-Sous-marins Rolland Morillot La Praya La Martinique et Ile de France (4ème DSM)

-Sous-marins Ile de Ré Ile d’Yeu Kerguelen et La Guadeloupe (6ème DSM)

-Sous-marins  Agosta Bévéziers Ouessant et Sidi Ferruch (8ème DSM)

Le château

-Avisos Amiens et Arras utilisés comme auxiliaires

-Aviso hydrographe Beautemps-Beaupré

-Aviso-dragueurs  L’Impétueuse, La Capricieuse, La Batailleuse et La Boudeuse (3ème DEL)

-Patrouilleur ASM/navire-école L’Heureux (P-28)

-Patrouilleur ASM Patrie (P-36)

-Navire école Notre Dame de France (P-95)

-Chasseurs de sous-marins CH-7 et CH-8

-Chasseurs de sous-marins CH-53 et CH-54

-Dragueurs de mines Avranches et Pornic

-Voiliers-école L’Etoile et La Belle Poule

La Penfeld

-Pétrolier-caboteur La Lèze

-Aviso Calais utilisé comme ravitailleur d’hydravions

-Ravitailleur d’hydravions Sans Souci

-Cargo rapide Mers-El-Kébir

-Remorqueur de haute mer Elephant

-Remorqueurs Champion  L’Appliqué L’Attentif et L’Acharné (1000cv)

-Remorqueurs  Penfeld Plougastel Portzic et Provençal (600cv)

-Remorqueurs Narcisse et Lotus (750cv)
-Gabares Le Titan La Résistante La Prévoyante et la Victorieuse