Mitteleuropa Balkans (195) Grèce (39)

Chars et Véhicules

Chars de combat

Carden-Lloyd Mk VI

Un dicton populaire dit que «nul n’est prophète en son pays». C’est sûrement le cas du char de combat qui inventé en Grande-Bretagne fût brutalement boudé dès la fin de cette infâme boucherie que fût le premier conflit mondial.

Cela ne signifie pas la fin du char de combat, des manufacturiers privés comme Vickers continuant à produire des chars mais en format réduit, les monstrueux Mark I et consorts ne pouvant guère trouver preneur à l’export où les budgets comme les compétences sont limitées.

Ce n’est pas étonant si le Renault FT à connu un grand succès à l’export en raison de son poids modique qui permettait à un pays de s’initier au char sans pour longtemps y laisser sa chemise.

Les britanniques vont suivre en exportant quelques chars légers très légers, des véhicules biplaces ou triplaces armés de mitrailleuses destinés à la reconnaissance voir à l’accompagnement de l’infanterie.

La Grèce à reçu une poignée de ce char (chiffre exact inconnu) moins pour un usage opérationnel que pour permettre à l’armée héllène de s’initier à la chose blindée avant de s’équiper de chars plus modernes. Leur sort final est inconnu mais ce qui est certain en revanche c’est qu’en septembre 1948 aucun char de ce type n’à été mis en ligne signe qu’ils étaient hors service et/ou avaient été envoyés à la casse.

Le Carden-Lloyd Mk VI était un char léger très léger triplace de conception et de fabrication britannique pesant 4.877 tonnes, mesurant 3.97m de long pour 2.08m de large et une hauteur de 2.23m. Avec un moteur Meadows ESTL de 88ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 51.5kg et parcourir 201km. Son armement se composait d’une mitrailleuse Vickers calibre .50 associé à une mitrailleuse .303.

Vickers 6-Ton Mark E

Après le succès des chenillettes Carden-Lloyd, Vickers-Armstrong décida de produire un char plus gros, un char d’un design neuf et non dérivé de véhicules existants. Le raisonnement était le suivant : après avoir acquis des chars légers très légers nul doute que les pays voudraient des chars plus lourds. Ce char appelé Vickers 6-Ton Tank Mark E allait être ainsi à l’origine du T-26 soviétique.

Conçu pour l’export il devait donc être simple, fiable et capable de s’adapter aux besoins de clients pas toujours riches. Après un type A avec deux tourelles armées d’une mitrailleuse, le type B disposait d’une tourelle avec un canon et une mitrailleuse dans une tourelle biplace.

Le premier client fût l’URSS qui acheta 15 type A et acheta la licence du type B pour développer le T-26. La Pologne à acheté 38 exemplaires (16 type A et 22 type B) en 1932, le Siam trente, la Chine vingt, le Portugal deux exemplaires, la Grèce, quatre, la Bulgarie huit, la Bolivie trois. Ces chars étant utilisés dans la guerre du Chaco alors que les chars chinois et siamois sont engagés respectivement contre et avec les japonais.

Les quatre blindés grecs ont été utilisés un temps mais n’ont pas donné satisfaction à leurs propriétaires qui les stockèrent.

En septembre 1948 deux véhicules furent remis en état en cannibalisant les deux autres.

Ces deux chars furent surtout utilisés pour la parade, la propagande mais guère au combat. Leur sort est incertain mais comme les allemands ne les ont pas récupérés ils ont probablement été détruits à un niveau tel qu’ils n’étaient plus que des monceaux de ferraille.

Le Vickers 6-Ton Mark E était un char léger de conception et de fabrication britannique pesant 7.3 tonnes, mesurant 4.55m de long pour 2.32m de large et une hauteur de 2.21m.

Propulsé par un moteur à essence Armstrong-Siddeley Puma de 90ch, il pouvait atteindre la vitesse 31km/h sur route et 16km/h en tout terrain et parcourir 240km sur route et 140km en tout-terrain. Il était protégé par un blindage de 6 à 15mm et était armé d’un canon de 37mm Puteaux et d’une mitrailleuse de 7.92mm.

Hotchkiss H-39

Le char léger Hottchkiss H-39 était une évolution du Hotchkiss H-35 (appelé officiellement char léger modèle 1935H), un char issu du même concours que le Renault R-35 et le FCM-36 à savoir le concours destiné à remplacer les vénérables Renault FT.

Par rapport à ces deux compères, il va aussi être choisit par la cavalerie alors qu’il ne s’agit pas d’une Automitrailleuse de Combat (AMC) mais d’un char de soutien d’infanterie. D’ailleurs anecdote savoureuse, l’infanterie va être servie après la cavalerie !

Ce choix à été imposé à la cavalerie qui ne pouvait disposer de suffisamment de Somua S-35. Le petit char de chez Hotchkiss n’était absolument pas adapté aux missions demandées aux DLM (Divisions Légères Mécaniques) mais il n’y avait pas d’autres véhicules disponibles.

400 exemplaires ont été construits mais le char souffre de nombreux problèmes (moteur trop peu puissant, performances médiocres en tout terrain notamment), ces exemplaires étant répartis entre l’infanterie (90), la cavalerie (292) et les dépôts et les écoles.

Dès juillet 1942 , la cavalerie est parvenue à se débarrasser de ce «vilain petit canard» qui allait donner naissance à défaut d’un magnifique cygne d’un char nettement mieux adapté à la guerre telle qu’elle s’annonce en l’occurrence le char léger modèle 1935H modifié 1939 ou plus simplement le H-39.

La firme de Levallois en région parisienne à donc remis l’ouvrage sur le métier. Le nouveau char reprenait la ligne générale mais apportait de nombreuses modifications comme un moteur plus puissant, un canon long capable de lutter contre des chars ennemis et une queue passe-tranchée qui lui donnait une meilleure aisance en terrain difficile.

Il est adopté fin 1938 et comme son devancier va équiper l’infanterie (ce qui était attendu) et la cavalerie (ce qui l’était moins).

En ce qui concerne les unités d’infanterie il va équiper des BCC (Bataillon de Chars de Combat) dont certains vont intégrés les nouvelles Divisions Cuirassées.

La cavalerie va l’utiliser au sein de la 3ème DLM en attendant la livraison de suffisamment de Somua S-35 ou S-40 mais surtout au sein des GRDI (Groupement de Reconnaissance Divisionnaire), des GRCA (Groupement de Reconnaissance de Corps d’Armée) ainsi que le Groupement Motorisé de Corse (GMC).

Le char à été exporté d’abord à dose homéopathique, trois à la Pologne et deux à la Turquie puis de manière plus massive avec deux bataillons pour l’armée polonaise en France (90 chars), trois bataillons à la Grèce (135 chars), deux pour les Pays Bas (90 chars) deux à la Yougoslavie (90 chars) et 32 pour la Grande Bretagne qui les utilisa pour perfectionner ses chars Cruiser à défaut de les utiliser comme véhicules opérationnels.

Pour l’anecdote durant la guerre un véhicule sera utilisé pour une opération de propagande destiné à célébrer l’alliance franco-britannique, un H-39 peint entièrement en bleu/blanc/rouge, le drapeau français sur la caisse, l’Union Jack sur la tourelle. Ce char est aujourd’hui exposé au musée de Bovington.

Au final le Hotchkiss H-39 va être produit à 1640 exemplaires jusqu’en mai 1947 quand la chaine de montage fermée mais pour peu de temps car dès le mois de septembre, elle va à nouveau fabriquer ce char à faible cadence (huit chars par mois) pour permettre un équipement rapide des GRDI/GRCA de mobilisation, la cadence passant à douze chars par mois dès le mois de juin 1948.

L’armée grecque va donc recevoir 135 chars de ce type et contrairement aux yougoslaves, ces chars vont être tous en ligne. Ils vont participer à la guerre contre l’Italie puis à l’opération Maritsa, l’offensive italo-germano-bulgare lancée en juillet 1949 contre la Yougoslavie puis «débordant» en septembre 1949 en Grèce pour la Campagne de Grèce stricto sensu.

Ces chars vont faire le maximum pour retarder l’échéance ne se montrant ni mauvais ni excellents, faisant ce qu’on attendait d’eux en quelque sorte.

Ces chars vont naturellement souffrir sous les coups de l’ennemi mais quelques véhicules vont parvenir jusque dans le Péloponnèse, servant ensuite à sécuriser les aérodromes et sites stratégiques et ce jusqu’à la fin du conflit date à laquelle ils sont retirés du service et feraillés.

Le char léger modèle 1935 H M. 39 était un char léger d’appui d’infanterie biplace pesant 12 tonnes, mesurant 4.22m de long pour 1.85m de large et 2.133m de haut. Propulsé par un moteur Hotchkiss 6 cylindres de 120ch il pouvait atteindre la vitesse maximale de 36.5km/h sur route et franchir environ 150km. Protégé par 40mm de blindage au maximum, il disposait d’un canon de 37mm semi-automatique modèle 1938 avec 95 projectiles et une mitrailleuse MAC-31 de 7.5mm alimentée à 2200 cartouches.

FCM-44

Char léger modèle 1936FCM dit FCM-36

Pour équiper le régiment de reconnaissance de leur division blindée les grecs se tournèrent vers la France. Souhaitant un char léger pour des missions de reconnaissance, ils étudièrent plusieurs modèles avant de choisir le FCM-44.

A l’origine de ce char figure le FCM-36 un char conçu par un chantier naval, les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM), un char au blindage laminé-soudé et moteur diesel. Ce char était issu du même programme qui allait donner naissance au Renault R-35 et au Hotchkiss H-35.

Ce char est produit à seulement 100 exemplaires, la construction de 200 exemplaires supplémentaires étant abandonné au moment de la guerre de Pologne pour permettre aux FCM de se concentrer sur la sortie massive du B1bis et rationaliser à la fois la production de guerre et le parc de chars légers.

Un temps la société de la Seyne sur Mer fût impliquée dans le programme de char de 20 tonnes qui allait donner naissance après moultes péripéties au Renault G-1R mais en 1938 elle concentra ses efforts sur un char de forteresse, le FCM F-1, renouant avec ses premières amours, les chars lourds FCM-1A et FCM-2C.

Maquette en bois du char de forteresse FCM F1

L’histoire connait alors une crise de hoquet puisqu’en juin 1941 l’armée lance un programme pour un char léger de nouvelle génération. Les FCM décident de concourir, partant du FCM-36 pour mettre au point un nouveau char.

Ce dernier s’inspire fortement du FCM-36 reprenant le design général avec une nouvelle suspension librement inspirée du système Christie, une caisse élargie et allongée, un moteur plus puissant et une tourelle biplace (ou triplace au choix) avec un canon de 47mm semi-automatique modèle 1935 ou SA modèle 1937 et une mitrailleuse coaxiale MAC modèle 1931 plus une mitrailleuse antiaérienne MAC modèle 1934.

Le prototype est présenté en janvier 1942 et testé intensivement par la commission qui décide de l’adopter sous le nom de char léger modèle 1942 FCM avec la tourelle biplace et comme pour l’AMX-42, il est prévu une version «améliorée» baptisée FCM-44 (officiellement char léger modèle 1944 FCM) avec une tourelle triplace soit quatre hommes d’équipage au lieu de trois.

Le FCM-42 va d’abord équiper les GRDI avant d’équiper le 24ème BCC puis les régiments de découverte et les groupes de reconnaissance des Divisions Cuirassées avant de nouveaux BCC notamment les deux bataillons équipés de FCM-36 (4ème et 7ème BCC).

Le total de chars en ligne atteint le chiffre respectable de 618 exemplaires auxquels s’ajoutent 124 chars en réserve, utilisés comme volant de fonctionnement, pour des tests ou pour l’écolage. La production se poursuit parallèlement au FCM-44, le modèle 1942 sortant de l’usine du Havre et le modèle 1944 de l’usine de la Seyne sur Mer tandis qu’une troisième chaine installée à La Ciotat doit entrer en fonction au printemps 1949.

Au total quand éclate la seconde guerre mondiale, on trouve 618 chars en ligne et 210 chars en réserve qui vont être utilisés pour la mise sur pied de quatre bataillons de mobilisation en l’occurence les 18ème, 32ème, 34ème et 38ème BCC soit 180 chars en ligne en plus portant le total à 798 chars en ligne et seulement 12 en réserve pour l’instruction notamment.

Le FCM-44 est une version améliorée du FCM-42 comme l’AMX-44 est la version améliorée de l’AMX-42. La principale différence entre le FCM-42 et FCM-44 est la tourelle qui devient triplace.

Ce char va équiper les groupes de reconnaissance de quatre DLM (1ère, 3ème, 5ème et 7ème DLM) ainsi que les unités de dragons portés dont les capacités de combat vont être sacrément boostées puisque ces chars légers remplacent des Automitrailleuses de Reconnaissance.

Outre les 608 chars en ligne, on trouve 120 en stock pour remplacer les véhicules détruits, armer de nouvelles unités et servir à l’écolage. 96 chars supplémentaires produits en octobre et novembre 1948 sont envoyés en Indochine pour équiper le 1er régiment de dragons portés coloniaux de la 2ème DLC soit 63 chars en ligne et 33 en réserve de fonctionnement.

La Grèce va recevoir ses chars à l’automne 1950, les premiers étant des chars issus des réserves mais très vite des chars neufs fabriqués à La Ciotat sont embarqués sur des cargos et convoyés jusqu’en Egypte où ils vont intégrer les rangs de la 1ère DB grecque ou des divisions d’infanterie.

La division blindée grecque disposait d’un régiment de reconnaissance qui disposait de quatre escadrons à deux pelotons de chars légers et deux pelotons d’autos blindées soit 46 chars légers et 40 autos blindées.

A cela s’ajoutait pour chacune des cinq divisions d’infanterie et pour les trois corps d’armée un bataillon de reconnaissance disposant d’une compagnie de dix-sept chars légers

Au total la Grèce à mis en ligne initialement 182 FCM-44 auxquels il fallait ajouter 16 FCM-44 pour l’entrainement et les essais. A la fin du conflit l’armée grecque à reçu pas moins de 245 FCM-44, un char qu’elle engagea dans la reconquête du territoire national.

Bien que conçu comme char de reconnaissance, le FCM-44 fût également utilisé pour l’appui de l’infanterie ou d’audacieux raids dans la profondeur.

Ces chars participèrent à la guerre civile grecque aux côtés de leurs remplaçants les M-24 Chaffee qui les remplacèrent définitivement en 1959.

Le Char léger modèle 1944 FCM était un char de conception et de fabrication française pesant 16.4 tonnes, mesurant 5.20m de long sur 2.75m de large pour une hauteur totale de 2.30m.

Avec son moteur diesel Aster 4 cylindres de 190ch, le FCM-44 pouvait atteindre la vitesse maximale de 40km/h et franchir 230km.

Protégé par un blindage dont l’épaisseur variait de 20 à 60mm, il était armé d’un canon de 47mm modèle 1937 en tourelle triplace, canon alimenté à 180 obus et deux mitrailleuses de 7.5mm (MAC 31 coaxiale et MAC 34 antiaérienne) avec 4000 cartouches pour les deux.

L’équipage se composait d’un mécanicien pilote en caisse, d’un chef de char, d’un tireur et d’un pourvoyeur en tourelle.

M-4 Sherman

Si aujourd’hui les américains sont capables de produire un char moderne et puissant cela n’à pas toujours été le cas.

Non seulement les premiers chars utilisés par les américains furent britanniques et français mais en plus le dévellopement fût entièrement stoppé ou peu s’en faut durant la période 1919-1939 («Rethondes-Coblence»).

Voilà pourquoi l’entrée en guerre des américains en septembre 1939 était non pas impossible mais hautement improbable.

Il va falloir du temps pour qu’un char fiable et performant _tout est relatif_ soit mis sur pied sous la forme du M-4 Medium Tank Sherman, un brave et honnête char qui ne paye pas de mine et qui si il fait partie du camp des vainqueurs n’à jamais eu l’aura d’un Renault G-1, d’un Cromwell, d’un Panther ou même d’un T-34.

Avant le M-4, il y eu le M-3, un char vite déclassé par les progrès techniques et qui souffrait non seulement d’un blindage boulonné potentiellement très dangereux et surtout d’un armement dual avec un canon de 75mm en sabord et un canon de 37mm en tourelle, une configuration en vogue dans les années vingt et trente mais qui était désormais totalement obsolète.

Comme l’ont compris les français et les britanniques, le canon principal devait être en tourelle pour une polyvalence maximale. Les américains s’orientèrent donc vers ce choix. Le projet est lancé au printemps 1943 mais le développement est lent car il n’y à aucune urgence.

Le char mis au point dispose d’un moteur essence, d’un blindage plus important et d’un canon de 75mm en tourelle, canon inspiré de celui utilisé par le M-3. Il est officiellement adopté en février 1945 sous le nom de M-4 Medium Tank avec comme surnom Sherman du nom d’un général nordiste de la guerre de Sécession.

1050 M-4A1 sont produits suivis de 3500 M-4A2, 9000 M-4A3 à canon de 76mm, 7500 M-4A4, 550 M-4A5, 250 M-4A6 et 150 M-4A7. Aux 22000 exemplaires produits aux Etats-Unis s’ajoutent 1200 exemplaires produits au Canada, 750 en Australie et 600 en Inde sans oublier les variantes spécialisées. On arrive au chiffre impressionnant de 27500 exemplaires.

Sur les 22000 Sherman produits aux Etats-Unis, 18500 ont été utilisés par l’US Army, 1500 par l’USMC et 2000 cédés à des pays étrangers au titre du prêt-bail.

Outre les Etats-Unis, le M4 Sherman à donc été utilisé par le Canada, l’Australie, la Grande-Bretagne (à titre de test), la Pologne, la Tchécoslovaquie (unités en exil), la Belgique, les Pays-Bas, Argentine, Brésil, Autriche (après guerre), Chili, Cuba, Danemark, Egypte, Ethiopie, Grèce, Inde,Iran,Italie (après guerre), Japon (après guerre), Mexique, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan,Oman, Paraguay, Uruguay, Pérou, Ceylan, Vietnam, Yougoslavie, Portugal, Afrique du Sud et Turquie.

Ces pays ont utilisé soit des chars neufs ou des chars ex-américains, la réduction de la force blindée une fois le conflit terminé permettant à de nombreux pays de récupérer des chars à vil prix. Côté américain, le Sherman à été retiré du service en 1962.

Tout comme son allié et voisin yougoslave, la Grèce à sélectionné le Sherman pour équiper sa division blindée. Cette division blindée disposait de deux régiments de chars médians soit huit escadrons de 18 chars soit 144 chars Sherman en ligne.

Cette division participa à la libération de la Grèce puis combattit en Albanie, en Croatie et jusqu’en Slovenie où elle termina la guerre. La division retourna au pays à l’été 1954 (au grand soulagement des yougoslaves) mais ne retrouva pas la quiétude pour autant.

Elle fût en effet engagée dans la guerre civile grecque où elle employa ses chars en petits paquets pour soutenir l’infanterie engagée dans de rudes combats contre la guerilla communiste. Les Sherman ont été remplacés au début des années soixante par des chars plus modernes.

Le M-4 Medium Tank Sherman était un char moyen de conception et de fabrication américaine pesant 30.3 tonnes en ordre de combat, mesurant 5.84m de long pour 2.62m de large et pour une hauteur de 2.74m.

Propulsé par un moteur Continental R975 de 400ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 40 à 48km/h et franchir 193km.

Son blindage variait selon les endroits entre 38 et 75mm et son armement était composé d’un canon de 76mm M-1 avec 55 puis 71 coups, une mitrailleuse Browning M-2 de 12.7mm avec 300 coups et deux Browning M-1919A4 avec 4750 coups.

L’équipage était composé de cinq hommes (chef de char, tireur, chargeur, conducteur et aide-conducteur).

Char lourd modèle 1944ARL

Après des années d’hésitation, la production du B1bis avec atteint son rythme de croisière au printemps 1940 avec la sortie de trente à quarante chars par mois, une vraie prouesse quand on connait d’où est parti ce programme qui n’atteignit cependant jamais les 1000 chars envisagés par le général Estienne.

Après le B1bis, avait été produit le B1ter, une version améliorée et plus simple à construire du précédent dont la conception en avait fait une véritable Rolls-Royce technologique, un petit bijou de technicité mais qui se payait par une construction et une maintenance difficile.

Il était ensuite prévu un char dérivé du B1ter baptisé B-40 mais ce char sorti sous la forme d’un prototype ne fût jamais produit en série en raison d’un changement de priorité au sein de l’arme des chars d’infanterie.

En effet après une gestation houleuse, les Divisions Cuirassées avaient fait leur trou et s’imposaient comme l’arme de la percée, de la manœuvre décisive, laissant aux DLM l’exploitation ce qui leur permettrait de renouer avec les manes de la cavalerie à cheval.

Le problème c’est que les chars équipant les DC n’avaient pas été conçus pour cette mission ce qui imposait la mise au point d’un nouveau char. De plus les B1bis manquaient d’autonomie, étaient techniquement très exigeants et leur armement dual _canon de 47mm en tourelle et obusier de 75mm en caisse_ plus adapté à l’appui de l’infanterie qu’à la lutte antichar en dépit de la présence d’un canon de 47mm.

Le nouveau char lourd ne devait pas forcément être rapide mais devait être plus mobile, disposer d’une autonomie importante, d’un bon blindage, d’un canon puissant et surtout signe des temps être facile à utiliser, à entretenir et à produire.

Le programme est lancé en septembre 1941 et les premières maquettes sont présentées début 1942. les FCM, l’Atelier de Construction de Rueil (ARL), Schneider et Renault présentèrent leurs projets avant de recevoir la commande de deux prototypes qui sont livrés début 1943.

Les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) proposèrent un B1ter amélioré sans obusier de 75mm en caisse (remplacée par une mitrailleuse de 7.5mm) avec la tourelle ARL destinée à équiper le futur Renault G1.

L’Atelier de construction de Rueil (ARL) propose un char de conception nouvelle avec une caisse en acier blindé-laminé, un moteur diesel et une tourelle biplace à canon de 75mm de 32 calibres.

Schneider propose un char lui aussi inspiré du B1ter mais avec un canon de 75mm puissant en tourelle triplace alors que Renault proposa une version surblindée de son futur G1.

Les projets Schneider et FCM éliminés, seuls restaient en liste le projet de l’atelier de construction de Rueil et le projet Renault.

Les tests étaient satisfaisants, les deux projets étaient murs techniquement parlant mais la commission en charge du concours dirigée par l’ingénieur Piret se posa la question de l’utilité d’armer un char lourd d’un canon de même calibre que le char moyen.

Entre-temps, Renault accaparé par la production du G1 ainsi que de celle d’autres véhicules se retira du programme, laissant donc l’ARL seule en piste pour son projet baptisé ARL-40.

En juillet 1943, décision est prise d’armer le nouveau char lourd d’un canon de 90mm. A l’époque existait une tourelle armée d’un canon de 90mm, celle équipant le FCM F1, le char de forteresse équipant le 51ème BCF.

Cette tourelle avait cependant été conçue pour un char de forteresse de 142 tonnes en ordre de combat et pas pour un char de 50 tonnes maximum.

Il fallait donc repartir à zéro, Schneider producteur du canon de 90mm modèle 1939 partant de ce canon pour développer une pièce compatible avec une tourelle triplace en terme de recul, d’évacuation des douilles et des fumées.

L’Atelier de Construction de Rueil profita de ce contretemps pour reprendre la caisse en amélioration la suspension hydropneumatique _gracieusement fournie par Renault_, la caisse en acier laminé _sans éléments boulonnés_ et l’ergonomie intérieure sur les conseils des britanniques.

La tourelle Schneider est prête en janvier 1944 et installée sur quatre prototypes de l’ARL-44. Les prototypes sont intensivement testés et se révèlent prometteurs sans réels problèmes techniques, un vrai petit miracle selon ses concepteurs.

Adopté le 30 janvier 1944 sous le nom de char lourd modèle 1944L, ce premier char produit par l’Atelier de Construction de Rueil est un monstre de 53 tonnes en ordre de combat, des lignes assez carrées, un «véhicule d’hommes» dirions nous qui reçoit le 8 mai 1944, le nom officiel d’Estienne.

A l’avant, on trouve le pilote à l’avant droite et à sa gauche un radio-mitrailleur chargé des transmissions et de la défense rapprochée du char avec une mitrailleuse de 7.5mm MAC 34 avec 2500 cartouches.

Au milieu du véhicule, on trouve une tourelle triplace avec quand on regarde le char de l’arrière, un chef de char à l’arrière gauche, le tireur pointeur devant lui et de l’autre côté du canon le pourvoyeur.

Cette tourelle intègre un canon de 90mm modèle 1944 (54 obus) associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.5mm MAC 34 alimentée à 3000 cartouches, une autre mitrailleuse est installée en position antiaérienne.

A l’arrière, on trouve un moteur Renault de 720cv inspiré du moteur Renault 12 cylindres de 550ch utilisé pour le FCM F1 (qui en dispose de deux).

Convaincue de la qualité de son char, l’ARL avait lancé la production en série avant même l’adoption officielle ce qu’apprécièrent finalement les autorités militaires et politiques pour permettre d’équiper rapidement les Divisions Cuirassées.

Chacune de ces divisions va recevoir deux bataillons de 34 chars, la 1ère DC (janvier à mars 1945), la 2ème DC (juillet à septembre 1945), la 3ème DC (janvier à mars 1946), la 4ème DC (juillet à septembre 1946), la 5ème DC (septembre/octobre 1947 et janvier/février 1948) et la 6ème DC (novembre/décembre 1947 et mars à mai 1948).

Au total, on trouve 408 chars ARL-44 en ligne plus des chars en réserve en l’occurrence les 92 chars produits entre octobre 1946 et juin 1947 puis de nouveaux chars de réserve produits en janvier 1948 (quatre), huit en février 1948, six en mars 1948, huit en avril 1948, dix en mai 1948, huit en juin 1948, neuf en juillet 1948 et douze en août 1948 soit un total de 65 chars portant le total à 157 chars de réserve.

La production se poursuit après mobilisation à raison d’une dizaine de chars par mois pour à terme rééquiper les bataillons de quartier général.

Une variante dépannage à été étudiée mais non produite, les B1bis détourellés étant tout à fait capable de dépanner leur successeur

La Grèce va être le seul utilisateur étranger de ce puissant char de combat, dernier rejetton de la famille B-1. Initialement elle envisagea de mettre sur pied un régiment de chars louds mais faute de moyens le régiment devint bataillon soit 44 chars en ligne au lieu de 72.

L’armée héllène va dond recevoir 44 ARL-44 plus 8 véhicules pour l’entrainement. Avec son canon de 90mm, il pouvait combattre tous les chars allemands y compris les redoutables Panther et Tigre respectivement armés d’un canon de 75 et de 88mm.

A la différence des Sherman, ces chars ne furent pas utilisés durant la guerre civile grecque car jugés surdimensionnés. Surtout déployés à la frontière gréco-bulgare, ces puissants blindés pouvaient dissuader les bulgares de toute aventure eux qui avaient succombé aux sirènes communistes.

Les ARL-44 n’ont pas été spécifiquement remplacés, l’armée grecque adoptant comme toutes les armées le char de combat principal en remplacement du char moyen et du char lourd.

Le char lourd modèle 1944L était un char lourd de conception et de fabrication française pesant 53.5 tonnes, mesurant 8.99m de long pour 3.75m de large et 2.95m de haut.

Motorisé par un moteur diesel Renault de 720ch, il pouvait atteindre la vitesse maximale de 37km/h avec une autonomie de 290km.

Protégé par un blindage d’une épaisseur maximale de 80mm, il était armé d’un canon de 90mm modèle 1944 (54 obus) associé dans une tourelle triplace Schneider à une mitrailleuse MAC-34 de 7.5mm (3000 cartouches). On trouve également une mitrailleuse de coque MAC-34 avec 2500 cartouches et parfois une mitrailleuse de 7.5mm en position antiaérienne avec 1500 cartouches.

L’équipage du char se lourd se composait d’un pilote installé à l’avant droit, d’un radio-mitrailleur installé à l’avant gauche et en tourelle d’un chef de char à l’arrière gauche, d’un tireur-pointeur devant lui et de l’autre côté du canon le pourvoyeur.

Grande Bretagne (85) Armée de terre (10)

Infantry Tanks Mk I et Mk II Matilda

Le char d’infanterie : une fausse bonne idée

Comme nous l’avons vu en introduction, l’invention du tank répondait à la nécessité de casser la meurtrière trilogie Barbelés/Tranchées/Mitrailleuses en dégageant les obstacles, en détruisant les nids de mitrailleuses pour permettre à l’infanterie d’avancer sans perdre trop d’hommes durant la traversée du no-man’s land.

Le char devait donc être lent, bien protégé et bien armé, la mobilité n’étant pas vue comme essentielle au delà de la capacité à franchir le terrain bouleversé par les trous d’obus et de traverser les tranchées.

Deux modèles de chars furent dévellopés, un modèle Male équipé de canons et un modèle Female armé uniquement de mitrailleuses.

Cette idée du char d’infanterie perdura durant l’entre-deux-guerre que ce soit en Grande-Bretagne ou en France. De l’autre côté de la Manche, on voyait même deux armes concurrentes mettre en oeuvre des “chars”, la cavalerie qui utilisait des véhicules mobiles, bien armés et bien protégés (notamment le célèbre Somua S-35 qui aurait fait des merveilles si la guerre de Pologne s’était prolongée) et l’arme des chars de l’infanterie qui utilisait des chars lents, bien protégés et bien armés.

Après de longues années sans recherches, un rapport était enfin publié en 1934 pour définir doctrine et matériel pour les années à venir.

Hélas pour le Royal Tank Corps (RTC), ce rapport figeait la doctrine et surtout dessinait deux catégories de chars distinctes. D’un côté les chars d’infanterie lents, peu mobiles mais bien protégés destinés à suivre l’infanterie en éliminant les obstacles qu’elle rencontrait et de l’autre un char veloce, à la protection relativement légère et bien armé pour la percée et la poursuite, un vrai char de cavalerie.

De plus aussi étonnant que cela puisse paraitre, le rapport n’intégrait quasiment pas l’idée d’un affrontement contre des chars ennemis alors que tous les pays européens s’équipaient de chars !

Cette doctrine allait donc donner naissance à deux catégories de chars, d’un côté les Cruiser Tank et de l’autre les Infantry Tank avec successivement les Matilda I et II, les Valentine et le Churchill qui doit beaucoup à la coopération française.

Cette doctrine fût rapidement révisée et les chars produits par la Pax Armada revenaient à de plus sages mesures, les chars d’infanterie étaient toujours aussi bien protégés mais étaient devenus plus mobiles alors que de leur côté les chars croiseurs gagnaient en protection.

Paradoxalement durant le second conflit mondial, le char de soutien d’infanterie se révéla utile, les grandes unités blindées étant très utiles pour l’exploitation mais la percée nécessitait davantage une solide artillerie, une aviation puissante et une infanterie mordante bien soutenue par ses propres chars selon la théorie de l’appui-mutuel.

Néanmoins aucun char d’infanterie ne fût mis au point après le Churchill, la France et la Grande-Bretagne pour ne citer qu’eux préférant dévelloper un char médian capable d’effectuer la percée, l’exploitation comme le soutien d’infanterie, ce char étant l’ancètre du char de combat principal dévellopé dans les années soixante mais ceci est une toute autre histoire.

Infantry Tank Mk I Matilda I

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Suite au rapport de 1934, la Grande-Bretagne se lança dans le développement de nouveaux modèles de chars, l’appel d’offre ou plutôt l’appel à projets fût lancé début 1936. Dès le mois d’avril, Vickers pu présenter deux projets de chars d’infanterie.

Suivant le principe Male/Female du premier conflit mondial, le rapport de 1934 estimait nécessaire deux Infantry Tank, une version Female armée de mitrailleuse et une version Male armée d’un canon antichar.

L’Infantry Tank Mk I Matilda I est issu du A.9, un démonstrateur de technologie. Si le A.10 qui répondait au char d’infanterie Male ne fût pas retenu car trop onéreux, le projet Vickers de char d’infanterie Female ou Vickers A.11 est retenu pour être produit en série.

Le projet mené par John Carden dessine un char biplace de taille réduite pour des questions de coût avec l’utilisation de composants commerciaux dans la mesure du possible. Son armement est composé d’une unique mitrailleuse, une .303 Vickers ou une Vickers .50.

Si la caisse est protégée contre les armes antichars de l’époque, les chenilles n’étaient absolument protégées et vulnérables aux obus, à la feraille du champ de bataille. La tourelle ne disposait pas de panier et l’ouverture de la trappe du conducteur empêchait la rotation de la tourelle.

Appelé Matilda, il ne reçoit son appelation officielle (Infantry Tank Mark I) en juin 1940, plus de trois ans après la première commande de soixante exemplaires passée en avril 1937.

Elle est suivit de soixante véhicules dix jours plus tard et de dix-neuf en janvier 1939 avant qu’une ultime commande de soixante-dix chars ne soit passée en septembre 1939 portant le nombre de total de véhicules produits à 209 exemplaires, les derniers sortant des chaines au printemps 1940.

Ces chars quasiment dépassés dès leur conception sont remplacés par des Valentine qui marquait une tentative d’Infantry Tank aussi véloce qu’un Cruiser Tank. Les derniers Matilda I sont retirés des unités de première ligne en octobre 1941 et rélégués à l’instruction. Aucun pays n’à acquis le Matilda I.

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mark I Matilda I

Poids : 12 tonnes

Longueur : 4.85m largeur 2.29m hauteur 1.87m

Motorisation : un moteur 8 cylindres Ford essence dévellopant 70ch à 3300 tours/minute

Performances : vitesse maximale 12/13 km/h sur route 9 km/h en tout-terrain autonomie 130km

Blindage : 10 à 65mm selon les endroits

Armement : tourelle monoplace avec une mitrailleuse Vickers .303 (7.7mm) avec 4000 coups ou une mitrailleuse .50 (12.7mm)

Infantry Tank Mk II Matilda II

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Le développement du Matilda II débuta à la même époque que le Matilda I. Et pour cause, l’Infantry Tank Mk II était le pendant Male du Mk I qui était l’élément Female du concept d’Infantry Tank.

Conçu par le Royal Arsenal Woolwich installé à Londres, l’Infantry Tank Mk II est issu du A-7, un char dévellopé à partir de 1929. Opposé au A-10 de Vickers, l’A-12 est sélectionné pour être le char d’infanterie lourd avec pour armement un canon de 2 livres et une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm.

Le Matilda II était deux fois plus gros que le Matilda I. Le prototype est livré en avril 1938 avant d’être officiellement adopté en décembre 1938.

Après une série d’essais subits par les appareils de pré-série au printemps, le Matilda II est adopté en avril 1939, la production en série est aussitôt lancée alors que la guerre menace. Deux véhicules seulement sont en service quand éclate la guerre de Pologne.

La production qui fit appel à des technologies nouvelles ne fût pas aisée en raison également de la désindustrialisation dont à souffert l’Angleterre durant la période 1919/1939.

Le réarmement à été tardif et si la guerre de Pologne s’était prolongée, le Royal Tank Corps aurait été en grave difficulté, ne pouvant s’appuyer que sur des chars trop légers ou des chars véloces mais insuffisament protégés, les lacunes en matière d’armement étant également non négligeables.

Jusqu’à l’arrivée à partir de l’automne 1942 du Infantry Tank Mk III Valentine, le Matilda II (puis simplement Matilda quand le Matilda I à été retiré du service) à été le principal char britannique au sein des divisions blindées.

A la différence du Matilda I, le Matilda II à été exporté en Australie où il était encore en service en septembre 1948 bien que son remplacement par un nouveau char ait été engagé.

Plus de 400 Matilda II sont sortis des chaines de montage britanniques, servant dans l’armée britannique jusqu’en mars 1944 quand les derniers Matilda ont rejoint l’instruction.

Plusieurs modèles ont été produits se différenciant par des mitrailleuses différentes (Vickers puis Besa), des moteurs plus puissants (Mk III à Mk V).

Des variantes ont également été produites : appui-rapproché avec un obusier de 3 pouces (76mm), déminage à fléau, char-projecteur et char télécommandé de démolition mais seule la première variante à été produite en quantité.

Les australiens ont été plus inventifs avec leurs Matilda II. Outre la version appui-rapproché, ils ont mis au point et utilisé des variantes lance-flammes, poseurs de ponts et bulldozer. La mise au point d’une version char de démolition envisagée au printemps 1948 n’à pas débouché sur une acte concret.

Quand éclate le second conflit mondial en septembre 1948, quelques Matilda II sont sortis des stocks pour des missions anti-invasion, la Grande-Bretagne craignant un débarquement amphibie allemand surprise.

La menace passée, les Matilda II vont rejoindre progressivement la feraille, quelques tourelles étant réutilisées pour servir sur des blockhaus sur les côtes ou pour protéger des aérodromes contre un raid aéroporté allemand.

A noter qu’avant de s’appeler Churchill, le nouveau char lourd britannique à été connu sous le nom de Matilda III.

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mark II Matilda II

Poids : 26.926 tonnes

Dimensions : longueur 5.61m largeur 2.59m hauteur 2.51m

Motorisation : Deux Leyland 6 cylindres essence de 95ch ou deux AEC diesels dévellopant 87ch

Performances : vitesse maximale 24 km/h vitesse maximale en tout-terrain 12.9 km/h autonomie sur route 157 km

Blindage : 20 à 78mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 2 livres de 41.7 ou de 50 calibres avec 69 à 93 coups associé à une mitrailleuse de 7.7mm Vickers avec 2925 coups puis une Besa de 7.92mm avec 3500 coups, une fusil-mitrailleur Bren en position antiaérienne

Equipage : quatre hommes

Infantry Tank Mark III Valentine

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Après des années de tergiversation, des années de sous-investissement comparable à beaucoup de pays (rappeler que le programme de remplacement des Renault FT n’est lancé qu’en 1933), la Grande-Bretagne se décide enfin en 1934 à développer des chars modernes, ignorant probablement que le chemin allait être long, semé d’embûches avec un grand nombre de culs de sac et de raccourcis piégeux.

Le rapport du Mechanization Board demandait que le char expérimental A-9 serve de base de départ au char-croiseur (Cruiser Tank) et au plus lourd des Infantry Tank. Ces deux types de chars devaient disposer du même armement (le canon de 2 livres), la différence se faisant sur le blindage plus faible sur le premier que sur le second.

Vickers mit au point l’A-9E1 qui allait déboucher le Cruiser Mk I ainsi que l’A-10 qui devait répondre à la catégorie char d’appui d’infanterie mais le Matilda II lui fût préféré et il fût reclassé comme char-croiseur devenant le Cruiser Mark II.

La même année que ce reclassement à savoir 1937, le Mechanization Board demanda à Vickers de proposer un nouveau modèle de char d’appui d’infanterie en raison des retards que connaissait le programme du Matilda II.

A l’origine, le “bureau de la mécanisation” avait demandé à Vickers-Armstrong de participer à la production du Matilda II mais ce projet ne fût se faire en raison de la surcharge de la firme, de la disparition prématurée de John Carden et surtout d’un modèle très différent de ces propres modèles. D’où le choix de dévelloper à partir du A-10, un char d’appui d’infanterie plus simple à produire que le Matilda II.

Outre l’avantage de disposer plus rapidement de chars “modernes”, une base technique commune faciliterait la production et le soutien logistique.

Le futur Infantry Tank Mk III Valentine reprend la caisse, le moteur, la transmission et la suspension de l’A-10 mais son blindage est plus épais avecun chassis réduit de 28cm en largeur et de 13cm en hauteur. La tourelle fût réduite et le tourelleau supprimé.

Le prototype est présenté en février 1938 mais le développement est perturbé par la surcharge de Vickers-Armstrong et des dissensions d’ordre technique notamment sur la tourelle.

Devant la dégradation de la situation internationale, les discussions sont rapidement abrégées et un accord de principe de mise en production est obtenu du War Office en avril 1939.

Un calendrier de production est décidé en juillet 1939 mais en dépit d’une volonté d’aller vite, l’engin encore techniquement non-mature doit être perfectionné avant d’être industrialisé.

Résultat quand la guerre de Pologne s’achève l’industrialisation n’à pas encore commencé. Une première commande de 160 Infantry Tank Mk III Valentine est passée en mars 1940 pour remplacer au plus vite les Maltida I totalement inaptes à la guerre modernes et pour ainsi dire dépassés dès leur conception.

Bien que plus rapide et mieux armé, le Valentine est lui aussi considéré comme un char limité en terme notamment d’armement, le canon de 2 livres étant en voie de déclassement.

Aussi après la livraison des 160 exemplaires (livraison effectuée entre juillet 1940 et mai 1941), le programme est suspendu.

La coopération franco-anglaise se met en place dans le domaine des chars et le Mechanization Board est informé plus en détail du programme du char G1, un char de 35 tonnes avec un canon de 75mm en tourelle, un char bien protégé et rapide, le char idéal en quelque sorte.

Certes les britanniques n’ont jamais été tenté de copier purement et simplement le char français mais ce projet et d’autre alimente la réflexion et donne des arguments aux partisans d’un char-croiseur bien protégé et bien armé ou un char d’infanterie rapide et bien armé.

Alors que le dévellopement du Matilda III (futur Churchil) à été entamé pour donner un char lourd de la classe du B1 français et que l’on planche sur les successeurs des Tank Cruiser Mk I II et III, le Mechanization Board prend la décision de relancer en août 1942 le Valentine sous la forme d’un Infantry Tank Mk V (l’Infantry Tank Mk IV n’est autre que le Churchill) avec un moteur plus puissant et un armement renforcé.

Baptisé Infantry Tank Mk V Valentine II, ce nouveau char est armé d’un canon de 6 pouces (57mm) dans une tourelle biplace ce qui lui donne des performances approchant celle du Somua S-35 armé d’un canon de 47mm.

Ce char est produit en grande série, le futur Cromwell ( Tank Cruiser Mk VII) ayant du retard. Il va devenir le principal char des quatre divisions blindées et des six brigades blindées indépendantes. Il est ainsi produit à près de 500 exemplaires en version combat, appui-rapproché (obusier de 3 pouces), dépannage, poseur de pont, char lance-flammes.

Une chaine de montage est installée au Canada et une autre en Australie, les deux pays souhaitant s’équiper de véritables chars de combat.

Tout en planchant sur des modèles nationaux plus ou moins inspirés de modèles étrangers, ces deux Dominions souhaitent pouvoir faire face aux menaces extérieures notamment l’Australie face au Japon, le Canada souhaitant simplement pouvoir être autre chose qu’un contributeur à l’armée de l’Empire.

Ce char équipe encore la division blindée stationnée en Egypte (7th Armoured Division) ainsi que deux brigades blindées indépendantes.

Un temps et pour éviter un nouveau retard du Cromwell (les premiers Cromwell ne sont livrés qu’au printemps 1946), on envisage un Valentine III armé d’un canon de 75mm dévellopé au Canada pour le char Ram II qui combine le chassis du M-3 américain avec une tourelle armée d’un canon de 75mm.

Deux prototypes et cinq véhicules de pré-série sont bien produits mais cela ne va pas plus loin, le Canada et l’Australie un temps préssenti pour produire ce char préfèrent concentrer leurs moyens sur le Ram II pour Ottawa et sur le Sentinel pour Canberra, ce dernier char reprennant néanmoins de nombreux composants des Valentine avec un canon de 17 livres en tourelle.

Des Valentine II sont engagés en Norvège où ils vont se comporter honorablement face aux Panzer III allemands, en détruisant plusieurs.

A l’automne 1949 cependant, tous les Valentine II ont été remplacés par des Cromwell. Des Valentine seront transformés en véhicules de soutien (dépannage, poseurs de ponts, chars lance-flammes……), d’autres réservés à l’instruction mais la majorité sera stockée ou directement féraillée.

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mk III Valentine

Poids : 16 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 5.85m longueur de la caisse 5.32m largeur 2.59m hauteur 2.24m

Motorisation : moteur essence 6 cylindres de 130ch

Performances : vitesse maximale 24 km/h sur route 12.9 km/h en tout-terrain Autonomie 145km

Blindage : 8 à 65mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 2 livres (40mm) alimenté à 79 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm avec 3150 coups

Equipage : 3 ou 4 hommes

Caracteristiques Techniques du Infantry Tank Mk V Valentine II

Poids : 19 tonnes

Dimensions : longueur hors tout 5.95m longueur de la caisse 5.41m largeur 2.62m hauteur 2.24m

Motorisation : moteur diesel de 210ch

Performances : vitesse maximale 45 km/h sur route 17 km/h en tout-terrain Autonomie 145km

Blindage : 8 à 60mm

Armement : tourelle biplace avec un canon de 6 livres (57mm) alimenté à 54 coups associé à une mitrailleuse Besa de 7.92mm avec 3150 coups

Equipage : 4 hommes

Infantry Tank Mk IV Matilda III/Churchill

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Quand la guerre de Pologne éclate, les Infantry Tank en service se résumaient aux Matilda I et à seulement deux malheureux Matilda II. Le futur Valentine ou Infantry Tank Mk III était encore en développement ce qui n’empêcha pas le Mechanization Board de plancher sur un nouveau char d’infanterie.

La première guerre mondiale est en cours dans toutes les têtes et on suppose que le conflit qui s’annonce n’en sera qu’une réplique. Point une réplique affadie mais une réplique encore plus pénible et sanglante avec notamment la nécessité de percer une ligne Siegfried magnifiée par une habile propagande.

Le nouveau char d’infanterie devait être lent (maximum 15 km/h) pour suivre un fantassin au pas, une protection plus importante pour faire face à l’augmentation de puissance des pièces antichars et un armement capable de faire face aux positions fortifiées.

Les blockhaus et autres fortins étant souvent bas, il faut un canon capable de pointer en site négatif ce qui peut être délicat avec une tourelle.

Pour détruire un bunker, il faut envoyer un obus explosif lourd ce qui implique un canon d’un certain calibre difficilement intégrable dans une tourelle de taille réduite.

La France qui s’était équipé d’un char semblable avec le B1 avait choisit la solution techniquement la plus accessible avec un canon lourd en casemate et un canon plus léger en tourelle pour lutter contre les chars à l’époque encore peu protégés.

Vickers-Armstrong était tout indiqué pour dévelloper le futur Infantry Tank Mk IV mais elle est surchargée par la production des autres blindés et l’appel d’offres A.20 est remis au chantier naval Harland & Wolff Limited de Belfast.

Le chantier naval nord-irlandais remet un prototype à l’automne 1940 après un dévellopement particulièrement lent et compliqué en raison du manque d’expérience de l’entreprise dans les chars de combat.

Le prototype testé à l’automne 1940 est une véritable calamité, trop lourd et trop peu fiable à tel point que certaines personnes ont pu croire que H&W avaient fait exprès pour se débarasser d’un projet qui lui avait été un peu imposé.

Les britanniques ne se découragèrent pas, croyant encore à l’époque au “Tout-Infanterie”, les rares voies dissonantes étant marginales.

Après une réévaluation du concept mené notamment par la Royal Ordnance Factory de Woolwich, le projet A.20 devient A.22 et est confié à Vauxhall Motors Ltd qui à l’origine devait fournir un nouveau moteur plus puissant mais qui devient le maitre d’oeuvre du projet.

Le projet A.22 va bénéficier de l’étude approfondie des B1bis et ter livrés par la France dans le cadre des accords franco-anglais sur la coopération militaire. Si le concept de base est le même, on serait bien en peine d’imaginer un lien de parenté entre le A.20 et le A.22.

Le concept du “blockhaus mobile” évolue un peu. Certes il n’est pas décidé d’en faire un pur-sang mais le nouveau char devient plus un char lourd qu’un char d’infanterie chargeant au pas au soutien de fantassins harassés par leur tache.

Le projet A.22 est officiellement lancé en octobre 1941 avec la commande deux prototypes et de cinq exemplaires de présérie pour accélérer la mise au point de ce char lourd officieusement connu comme Infantry Tank Mk IV Matilda III.

Les deux prototypes sont présentés aux services officiels en juin 1942. Par rapport au A.20, le A.22 est dôté d’un moteur plus puissant, d’une transmission plus fiable et surtout d’un armement revu.

Si l’obusier de 3 pouces (76.2mm) était bien présent en caisse, la tourelle accueillait désormais un canon de six pouces (57mm) en remplacement d’un canon de 2 pouces en voie de déclassement.

Détail important, la tourelle était surdimensioné par rapport au canon qu’elle devait abriter pour permettre d’intégrer un canon plus puissant dans les années à venir.

Les cinq exemplaires de présérie sont livrés entre septembre 1942 et janvier 1943, la petite flotte subissant une série de tests très éprouvant, le prototype n°2 subissant de multiples agression : incendie accidentel, mines, canons antichars de différents calibres, fusils antichars, cocktails Molotov avant d’être féraillé, le prototype n°1 lui est préservé dans un musée alors que trois exemplaires de pré-série (deux trop usés ont été réformés) ont été modifiés aux standards de série et livrés à des unités régulières.

Le véhicule est officiellement adopté en décembre 1943 sous l’appelation officielle de Infantry Tank Mk IV Churchill I en hommage au premier ministre Winston Churchill.

Sur le plan de l’organisation, les Churchill vont équiper huit régiments de chars lourds à raison d’un par brigade blindée, chaque division blindée disposant de deux brigades blindées.

A cela s’ajoute six bataillons pour les six Independent Armoured Brigade déployées en Grande-Bretagne mais également outre-mer.

Chaque régiment dispose de cinquante et un chars de combat alors que les bataillons n’en disposent que de trente-quatre (deux squadrons au lieu de trois).

Ce sont donc 655 Infantry Tank Mk IV Churchill I qui vont être commandés auxquels il faut ajouter deux véhicules en version dépannage par squadron soit soixante-douze Churchill ARV (Armoured Recovery Vehicle).

Les premiers véhicules de série sont livrés dans le courant 1944. Les premières livraisons sont lentes en raison de défauts de jeunesse à corriger mais en juillet 1946 les quatre divisions blindées sont entièrement équipées, les brigades blindées l’étant en septembre 1947.

Suite à l’apparition des Panther et surtout des Tiger, le Mechanization recommande la mise au point d’une nouvelle version du Churchill.

C’est là que le choix d’une tourelle spacieuse prit tout son sens puisqu’elle permis d’intégrer un canon de 17 livres (76.2mm) en remplacement du canon de 6 pouces (57mm) du Churchill I, l’Infantry Tank Mk VI Churchill II perdant son obusier de 3 pouces au bénéfice d’une mitrailleuse de caisse.

Quand le second conflit mondial éclate, la production du Churchill II à tout juste démarré et le début des opérations rend peu probable un rééquipement immédiat des divisions blindées et des brigades blindées indépendantes.

Quand le second conflit mondial éclate, la seule variante en service est la variante dépannage, les autres projets (poseur de ponts, lance-flammes, appui-rapproché) n’ont pas (encore ?) débouchés.

Caractéristiques Techniques du Infantry Tank Mk IV Churchill I

Poids : 38 tonnes

Dimensions : longueur 7.44m largeur 2.49m hauteur 3.25m

Motorisation : moteur essence Bedford/Vauxhall Twin Six HQ refroidi par eau 12 cylindres 355ch

Performances : vitesse maximale 30 km/h sur route 12 km/h en tout terrain autonomie 205km

Blindage : 15 à 102mm

Armement : un obusier de 3 pouces (76.2mm) en caisse, une tourelle biplace avec un canon de 6 pouces (57mm) associé à une mitrailleuse Besa 7.92mm

Equipage : Cinq hommes