Italie (73) Regio Esercito (13)

Les Armes du Regio Esercito Italiano (6) : Chars de Combat

Avant-propos

En août 1914 ce qui était espéré ou redouté se produit : une nouvelle guerre majeure éclate en Europe, quarante-quatre ans après la guerre franco-allemande de 1870. Le geste insensé d’un étudiant serbe Gavrilo Princip précipite le Vieux Continent dans la guerre.

A l’époque on espère une guerre fraîche et joyeuse, une guerre rapide, nombre de soldats étant persuadés d’être de retour à la maison pour les moissons ou pour les plus pessimistes à Noël.

Hélas pour eux, la première guerre mondiale se transforme en une immonde boucherie, la première véritable guerre industrielle, la première guerre où le matériel devient aussi voir plus important que les armes.

Après l’échec de la course à la mer (les allemands cherchaient à s’emparer des ports de Belgique et du nord de la France, les français, les britanniques et les belges cherchant à les empêcher) le front occidental se stabilise en un double réseau de tranchées, un milieu d’eau et de boue séparé par un lieu sinistre le no man’s land.

700km de tranchées de la mer du Nord à la frontière suisse que les deux camps cherchent à franchir pour retrouver enfin le terrain libre.

La situation est identique sur le front italien, un front où les menaces humaines se doublent de conditions météorologiques dantesques avec le froid, la pluie et les avalanches (60000 morts à elles seules !)

Après l’échec des offensives frontales, les alliés comprennent que la seule façon de percer le front allemand est d’installer des mitrailleuses sous blindage sur un châssis chenillé. Le char de combat est né.

Si les premiers sont de véritables mastodontes, de véritables animaux préhistoriques égarés dans le 20ème siècle, les suivants (Whippet et Renault FT) rassemblent davantage aux chars modernes, le «Char de la Victoire» fixant l’architecture standard du char avec un moteur à l’arrière, la tourelle au milieu, le pilote à l’avant.

Et l’Italie dans tout ça ? Elle s’intéresse relativement rapidement au char de combat même si comme à chaque fois toute nouveauté militaire suscite le scepticisme du plus gros nombre (Il faut néanmoins relativiser les écrits des pionniers qui ont tendance à surjouer leur position de martyr incompris face à une majorité butée et réfractaire à la nouveauté).

Schneider CA-1 20

Schneider CA-1

Elle passe ainsi commande de vingt Schneider CA et de cent Renault FT mais cette commande reste lettre morte (NdA J’ignore si il s’agit d’une commande précise ou d’une lettre d’intention).

Résultat quand les canons se taisent enfin le 11 novembre 1918, le Regio Esercito Italiano n’à pas engagé de chars sur le front italien mais dispose de quelques chars, un Schneider CA et quatre Renault FT fournis par la France auxquels il faut ajouter deux Fiat 2000, des mastodontes de 39 tonnes. 1200 Fiat 3000 inspirés du Renault FT sont bien commandés mais cette commande tombe à 100 exemplaires le 11 novembre 1918, les premiers exemplaires étant livrés en…..1921.

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Fiat 3000

On tâtonne, on expérimente les structures, les pionniers de l’arme blindée italienne devant faire non seulement au scepticisme naturel et légitime de leurs pairs mais aussi sur l’absence d’une puissante industrie capable de fournir rapidement les chars nécessaires à l’équipement «d’unités à base de chars».

Les premiers chars italiens sont donc soit des mastodontes sous-motorisés et ratés ou alors des copies de chars existants. Une base de départ qui n’à rien de prometteur d’autant que le pacifisme ambiant et la crise économique frappant l’Italie ne sont pas favorable au développement de nouvelles armes.

En 1929 l’Italie achète des chenillettes Carden-Lloyd Mk VI, des chars légers très légers qui complètent les Fiat 3000 existants.

De ce «char» britannique les italiens vont développer une famille de chars légers, la série des L-3, les L-3/33 et L-3/35, des chars légers (Leggeri) de 3 tonnes («3»/) mis en service respectivement en 1933 ( /«33») et 1935 (/«35»).

Ces véhicules ne sont pas une réussite. Outre leur faible armement (deux mitrailleuses de 8mm) et leur faible blindage (6 à 14mm pour le L-3/35) leur fiabilité mécanique est pour le moins sujette à caution.

Engagé au sein du CTV dans la guerre d’Espagne, ces chars légers très légers sont surclassés par les chars soviétiques des républicains, les T-26 et BT-7, montrant clairement qu’un char armé uniquement de mitrailleuse(s) et disposant d’un aussi faible blindage n’avait aucun avenir.

Ces chenillettes vont être progressivement remplacées par des chars plus lourds, mieux armés et mieux protégés (mais sans forcément une plus grande fiabilité mécanique) mais en octobre 1948 quelques chenillettes étaient encore présentes en ASI, en AOI et dans les îles du Dodécanèse où elles servaient à la protection de sites sensibles contre de potentiels assauts aéroportés.

En attendant la mise en service de chars plus modernes, le Regio Esercito Italiano conserve ses pionniers en l’occurrence ses Fiat 3000 qui remplacent pour certains leurs mitrailleuses par un canon de 37mm.

Avec le Fiat L-6/40 l’armée italienne rattrape un peu son retard. Ce char léger de six tonnes mis en service en 1940 est armé d’un canon de 20mm en tourelle associé à une mitrailleuse soit un armement comparable à celui du Panzer II allemand mais bien loin des chars français et britanniques armés de canons de 37 ou de 47mm.

Il faut attendre la toute fin des années trente voir le début des années quarante pour que le Regio Esercito Italiano équipe ses unités de chars de blindés capable de rivaliser avec les chars français et britanniques.

Il s’agit de chars médians (Mediano) pesant entre 11 et 15 tonnes avec pour armement principal un canon de 47mm encore efficace au début des années quarante mais qui sera vite déclassé.

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Fiat M-15/42

C’est la série des chars «M» avec le M-11/39 (11 tonnes, mis en service en 1939), le M-13/40 (13 tonnes mis en service en 1940), le M-14/41 (14 tonnes, mis en service en 1941) et le M-15/42 (15 tonnes mis en service en 1942).

Cette profusion de modèles ne doit pas tromper. L’industrie italienne à la plus grande peine à sortir suffisamment de chars pour équiper les toutes nouvelles divisione corrazate, les divisions cuirassées que l’armée italienne tente de mettre sur pied pour faire face aux DLM/DC françaises et aux Armoured Divisions britanniques.

Résultat on verra nombre de régiments alignés différents modèles ce qui n’était pas vraiment un gage d’efficacité au combat.

L’Italie va également développer des chars lourds en l’occurrence le P-26/45 et le P-35/48.

Le premier char pesant 26 tonnes est mis en service en 1945 après un long, très long développement. Bien protégé (14 à 60mm) et armé (canon de 75mm en tourelle), il souffrait néanmoins d’une sous-motorisation et d’optiques déficientes.

Il devait initialement entièrement ré-équiper les trois divisions cuirassées du Regio Esercito Italiano mais très vite les militaires italiens comprirent que l’industrie nationale en était incapable.

Le second était un dérivé du P-26/40. Pesant 35 tonnes et mis en service en 1948, il était considéré comme le meilleur char italien du conflit. Armé d’un canon de 75mm à tube long, il devait à l’origine recevoir un canon de 90mm pour lui permettre d’affronter l’ARL-44 voir de surclasser le Renault G-1 mais le développement du canon prit trop de temps et pour accélérer les choses on se contentant d’améliorer le canon du P-26/40 pour augmenter ses capacités antichars.

Aux côtés des chars italiens, l’armée italienne va utiliser également des chars étrangers qu’il s’agisse de chars de prise français et britanniques immédiatement retournés contre leurs adversaires, de chars grecs et yougoslaves réutilisés pour la lutte anti-partisan et plus rarement de chars soviétiques.

Le Regio Esercito Italiano va également recevoir au compte-goutte des chars allemands, l’industrie d’Outre-Rhin peinant déjà à fournir suffisamment de chars à ses propres unités même si on parle d’une autre situation que l’industrie italienne.

Si l’armée italienne n’à pu obtenir avant guerre des Panther et des Tigre, elle pu obtenir des Panzer III et des Panzer IV, des chars à canons de 50 et de 75mm qui étaient bien plus efficaces que nombre de chars italiens.

Au moment du basculement italien dans le camp allié, les unités blindées italiennes ont subit de lourdes pertes sans fortement démériter mais l’écart était bien trop grand, les faiblesses bien trop grandes pour être effacées par le courage et la détermination des soldats italiens.

Deux armées italiennes vont donc s’affronter. Si l’Esercito Nazionale Republicano ne disposait que de deux bataillons de chars légers équipés de M-15/42 (en attendant des Panther qui ne seront jamais livrés), le Corpo Italiano de Liberazione (CIL) lui disposait d’une brigade blindée mais la «Centauro» entièrement équipée de chars americains (M-4 Sherman) ne fût opérationnelle qu’en avril 1954 et donc trop tard pour participer aux combats.

A noter qu’outre les divisions cuirassées, l’armée de terre italienne disposait également d’unités de chars indépendantes de la taille d’une compagnie ou d’un bataillon dépendant soit du corps d’armée ou d’un groupement motorisé d’armées. Certaines formaient même des ragruppamento de la taille d’une brigade.

Fiat 3000

Fiat 3000.png

Le premier char italien est le carro d’asalto Fiat 3000. Inspiré du Renault FT il n’en est pas pour autant une simple copie mais un projet original de la firme de Turin. Outre l’Italie, ce char léger va être utilisé par l’Ethiopie, l’Albanie, la Hongrie et la Lettonie.

Mis en service en 1921, il n’à été produit qu’à 152 exemplaires (100 modèle 1921 et 52 modèle 1930) bien loin des 1200 exemplaires initialement commandés.

Ce petit char va être utilisé pour pacifier la Libye, va être engagé dans un coup d’état en Ethiopie en 1928, dans la guerre italo-abyssinienne (1935/36) mais également dans la guerre entre la Hongrie et la Slovaquie en 1939/40.

A la fin des années trente, la dénomination des chars italiens est modifié. Le carro d’asalto Fiat 3000 devient le L-5/21 pour le modèle 1921 et le L-5/30 pour le modèle 1930, désignation qui signifie que le Fiat 3000 est un char léger de 5 tonnes mis en service respectivement en 1921 et en 1930.

Les L-5/21 et L-5/30 sont retirés des unités de première ligne au milieu des années quarante à une époque où ils étaient totalement dépassés. Il restait alors moins de 40 exemplaires en service, chars remis en service pour la défense locale en Libye et en AOI. Aucun char n’à survécu au second conflit mondial.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 6 tonnes

Dimensions : longueur 4.29m largeur 1.65m hauteur 2.20m

Motorisation : un moteur Fiat de 50ch

Performances : vitesse maximale 21 km/h distance franchissable 100km

Blindage : 6 à 16mm

Armement : (modèle 1921) deux mitrailleuses de 6.5mm (modèle 1930) un canon de 37mm

Carden-Loyd Mk VI

Carden Loyd tankette 11.JPG

Les premiers chars britanniques étaient des chars lourds et pesants, de véritables monstres préhistoriques égarés dans le vingtième siècle.

Dans l’immédiat après guerre les britanniques renoncent aux chars lourds au profit de chars légers voir même très légers, des chenillettes à l’armement aussi symbolique que la protection mais qui permettait une initiation à la chose blindée voir au maintien des compétences.

La compagnie Carden-Loyd Tractors Ltd dessina à la fin des années vingt une chenillette. Produite par la firme Vickers-Armstrong, elle allait connaître un vrai succès à l’exportation puisqu’elle allait être produite à 450 exemplaires.

Sur ces 450 exemplaires produites par Vickers-Armstrong et par la Royal Ordnance Factories (de 1933 à 1935, date de la fin de la production), 348 équipant la Grande-Bretagne, le reste étant exporté en Pologne, en Tchécoslovaquie, en URSS, en Bolivie (où elles participèrent à la guerre du Chaco), le Japon, le Canada, la France, l’Inde, la Lettonie, les Pays-Bas, le Siam, la Grèce, le Chili, la Chine, la Finlande, le Portugal, la Belgique et donc l’Italie, les Carden-Lloyd Mk VI servant de base de travail pour mettre au point les L-3/33 et L-3/35.

Au sein du Regio Esercito Italiano, les Carden-Lloyd Mk VI étaient connues sous le nom de carro veloce modèle 1929 ou CV-29.

Elles ne connurent pas une longue carrière opérationnelle mais jouèrent comme nous l’avons vu un rôle clé dans le développement des premiers chars italiens «modernes».

Le sort des chenillettes britanniques de l’armée italienne est incertaine. Il est probable qu’elles ont été feraillées avant le début du second conflit mondial, les témoignages concernant leur engagement au combat étant sujet à caution.

Caractéristiques Techniques

Type : chenillette biplace

Poids : 1.5 tonnes

Dimensions : longueur 2.46m largeur 1.994m hauteur 1.22m

Motorisation : moteur à essence Ford model T 4 cylindres

Protection : 6-9mm

Performances : vitesse maximale 48 km/h distance franchissable 160km

Armement : une mitrailleuse Vickers .303 avec 1000 coups

Carro Veloce CV-33 (Carro armato L-3/33/char léger de 3 tonnes modèle 1933)

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Comme nous l’avons vu, l’Italie à acquis en 1929 des chenillettes britanniques Carden-Lloyd Mk VI, des véhicules blindés très légers à l’armement aussi symbolique que la protection.

Connues sous le nom de chars rapides modèle 1929 (Carro Veloce modello 29), les CV-29 ont servit de base de travail pour un char léger, une chenillette 100% italienne.

C’est l’acte de naissance du carro armato L-3/33, un char léger de presque 3 tonnes (2.7 tonnes plus précisément) qui allait être exporté en Autriche, au Brésil, en Bulgarie, en Chine,en Hongrie,en Espagne nationaliste, au Nicaragua et en Irak. 2000 à 2500 exemplaires de la série L-3 ont été produits.

Ce char va ainsi participé à la guerre civile autrichienne (12 au 16 février 1934), la deuxième guerre sino-japonaise, la deuxième guerre italo-abyssinienne, la guerre d’Espagne, la guerre entre la Slovaquie et la Hongrie (23 mars-4 avril 1939), l’expédition d’Albanie et de manière résiduelle le second conflit mondial.

Au sein de l’armée italienne outre la version standard, une version lance-flammes (Lancia flamme) baptisée L-3f.

Dans cette version, la mitrailleuse était remplacée par un projecteur lance-flammes, le liquide inflammable étant placé dans une remorque à deux roues (500 litres) puis dans des versions tardives dans un réservoir au dessus du compartiment moteur. La portée du lance-flammes étant de 80 à 100m. Cette version était plus lourde de 500kg (3.2 tonnes).

Le CV-33 participe à la mise sur pied des unités de chars de l’armée italienne. C’est ainsi que le futur L-3/33 équipe avec son dérivé le CV-35/L-3/35 le Ragruppamento Carri d’Assalto qui dispose de trois groupes et du XX Battaglione Carri Armato.

Avant même l’engagement des CV-33 dans la guerre d’Espagne, les structures de la «force char» du Regio Esercito Italiano sont réorganisées, le CV-33 équipant une partie des dix-neuf bataillons de chars rapides (Battaglione Carri Veloci), chaque bataillon disposant de 43 chars chacun.

Les CV-33 vont participer à la mise sur pied d’unités combinées chars/artillerie/infanterie même si les Brigata Motomeccanizatta étaient équipées de CV-35.

Au début des années quarante le L-3/33 _nouvelle désignation du CV-33_ est progressivement retiré du service.

Certains véhicules sont utilisés comme tracteurs d’artillerie alors que des véhicules envoyés outre-mer sont utilisés comme véhicules de patrouille et de sécurité, notamment pour protéger des sites sensibles.

Des véhicules vont bravement combattre lors des opérations BAYARD (Africa Septentrionale Italiana ASI) et GIDEON (Africa Orientale Italiana AOI) avec une efficacité proche de zéro.

Quelques exemplaires qui ont échappé aux fournaises du conflit font aujourd’hui le bonheur des musées du monde entier.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 2.7 tonnes

Dimensions : longueur 3.03m largeur 1.4m hauteur 1.2m

Protection : 6-12mm

Motorisation : un moteur FIAT-SPA CV3 de 43ch

Performances : vitesse maximale 42 km/h distance franchissable 110km

Armement : une mitrailleuse de 6.5mm

Carro Veloce CV-35 (Carro armato L-3/35 [char léger de 3 tonnes modèle 1935])

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Cette chenillette est une évolution du L-3/33 qui lui même descendait d’un modèle britannique, le Carden-Lloyd Mk VI dont quatre exemplaires avaient été acquis en 1929 (d’où la dénomination de CV-29).

Les performances n’étaient guère meilleures que celles du L-3/33, la chenillette italienne souffrant des mêmes maux que son aînée à savoir un moteur asthmatique, des problèmes techniques récurrents, un blindage insuffisant et un armement qui l’était tout autant.

Ce char ultra-léger va participer à la mise sur pied de l’arme blindée italienne en servant de véhicule de base aux différentes unités qui annoncent la naissance des Divisione Corrazate, des divisions cuirassées.

En 1935, le Ragruppamento Carri d’Assalto (groupement de chars d’assaut) dispose chenilettes CV-33 et CV-35.

Devenu entre-temps le Reggimento Carri Armati, le groupement de chars d’assaut dispose de dix-neuf bataillons de chars rapides (Battaglione Carri Veloci) dont une partie est équipée de CV-35.

En août 1936 on trouve quatre Reggimenti Fanteria Carrista, deux disposant de quatre bataillons et deux autres de six bataillons.

En juin 1936 est créée la Brigata Motomeccanizatta qui combinait un groupe d’artillerie tracté, un régiment de Bersaglieri et un bataillon de chars rapides, le 31e Battaglione Carri Veloci équipé de quarante-trois CV-35.

En juillet 1937 cette brigade va devenir la 1a Brigata Corazzata, la seule différence avec la brigade motomécanisée étant le passage au statut de régiment à trois bataillons du 31ème bataillons de chars légers.

Le CV-35 devenu le L-3/35 est retiré du service au début des années quarante, des chars moyens mieux adaptés le remplaçant au sein des divisione corazzate. Des blindés sont cependant toujours en service en ASI et en AOI pour la police coloniale et la défense des aérodromes et autres installations stratégiques.

Lors du déclenchement de l’opération Bayard en juillet 1949, les parachutistes français et britanniques sautent pour s’emparer des aérodromes italiens et ainsi s’emparer du contrôle de l’espace aérien.

Au cours de ces raids, les L-3/33 et L-3/35 déployés vont tenter de défendre les aérodromes mais subiront des pertes terribles sous les coups des parachutistes alliés, les britanniques utilisant les PIAT alors que les français usaient et abusaient de fusils antichars, de grenades à fusil voir de cocktails Molotov.

Et quand ce n’était pas les troupes au sol c’était l’aviation qui s’en donnait à cœur joie, les canons de 20mm des Dewoitine D-520 français déployés en Tunisie pouvant facilement venir à bout du faible blindage des «chars» italiens.

Une poignée de chenillettes ont survécu au naufrage et vont être utilisées par le nouveaux propriétaires comme tracteur d’avion, comme remorqueur de charges lourdes….. .

A la version de base va bientôt s’ajouter une version améliorée, le L-3/38 qui disposait d’une suspension à barre de torsion et d’une mitrailleuse de 13.2mm en remplacement des deux mitrailleuses de 8mm. Cette version fût d’abord vendue au Brésil avant d’inspirer l’Italie qui modernisa des L-3/35 en L-3/38.

Outre le Brésil, le L-3/35 va être exporté en Autriche, en Bulgarie, en Chine, en Hongrie et en Espagne, en Afghanistan, en Albanie, en Bolivie, en Irak et au Venezuela, l’armement variant selon les acheteurs.

Ce char va ainsi participer à la guerre civile autrichienne, à la deuxième guerre sino-japonaise, à la deuxième guerre italo-abyssinienne, à la guerre d’Espagne, à la guerre slovaquo-hongroise, à l’expédition d’Albanie et donc comme nous l’avons vu au second conflit mondial.

Outre la version de base, le L-3/35 donna naissance à une variante antichar (controcarro) où les mitrailleuses étaient remplacées par un fusil antichar Solothurn de 20mm, un chasseur de char armé d’un canon de 47mm, à une variante lance-flammes (lancia fiamme) semblable à celle du L-3/33, à une variante commandement et contrôle, un poseur de ponts et un char de dépannage.

Parmi les projets n’ayant pas dépassé le stade du projet on trouve un char aéroporté modifié pour être emporté par un Savoia-Marchetti SM-82 et un char armé d’un canon de 20mm en tourelle. A noter que les variantes n’ont été produits qu’en très faible quantité.

Caractéristiques Techniques

Type : char léger biplace

Poids : 3.2 tonnes

Dimensions : longueur 3.17m largeur 1.4m hauteur 1.3m

Motorisation : un moteur FIAT-SPA CV3 de 43ch

Performances : vitesse maximale 42 km/h sur route distance franchissable 125km

Blindage : 6-14mm

Armement : deux mitrailleuses de 8mm

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