Allemagne (60) Armée de terre (17)

Panzerkampfwagen III (Pz III)

Panzer III Ausf A Berlin 1938

Panzer III Ausf A Berlin 1938

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, les Panzer I et II n’étaient destinés qu’à former un vivier de conducteurs, de tireurs et de chefs de chars pour permettre à la Panzerwafe de former un outil crédible.

L’outil industriel peu adapté à une production de masse (en dépit de la puissance de l’industrie allemande) obligèrent l’ABC allemande à former ses premiers Panzerdivisionen avec des chars légers, inaptes au combat contre les chars adverses.

Dès 1935, les allemands arrêtent la composition de leurs unités de chars. Ils prévoient deux chars moyens, un char armé d’un canon de 50mm et un char armé d’un canon court de 75mm, le premier (futur Panzer III) devant détruire les chars adversaires alors que le second (futur Panzer IV) avec des obus explosifs doit assurer leur appui.

Pour des raisons de complémentarité avec l’infanterie, décision est prise de remplacer le canon de 50mm prévu par un canon de 37mm aux performances antichars nettement moindres.

Après un appel d’offres, c’est Daimler-Benz qui est choisit. Les premières versions (Ausf A à E) sont produites en petite quantité et ne donnant pas satisfaction, les Panzer III Ausf A à D sont retirés du service dès 1940.

La version Ausf F est la première version du Panzerkampfwagen III à être produite en grande série avec 560 unités produites jusqu’en mai 1941 quand une version Ausf G la remplace sur les scènes de montage.

Cette version est construite en petite quantité (220 à 250 exemplaires selon les sources) avant de céder la place à la version Ausf H, la première version à être équipée d’un canon de 5cm, d’abord en version courte (42 calibres soit un tube de 2.10m) puis en version long (60 calibres soit un tube de 3m).

560 Ausf F sont construits suivis de 250 Ausf G et de 950 Ausf H soit un total de 1760 Panzer III produits jusqu’en septembre 1947 quand la production est interrompue au profit de véhicules plus performants notamment le Panther appelé à remplacer à la fois le Panzer III mais également le Panzer IV.

Sur le plan de l’équipement des Panzerdivisionen, le Panzer III équipe encore totalement deux divisions blindées et partiellement deux autres en compagnie du Panzer IV (les quatre restantes étant entièrement équipées de Panzer IV à canon de 75mm long sans oublier quatre équipées de Panzer V Panther).

Au total ce sont près de 950 Panzer III Ausf G et H à être encore en service quand éclate le second conflit mondial. Son poids limité et son canon de 50mm jugé suffisant vont permettre son déploiement en Norvège pour l’opération Weserübung.

Comme pour les autres blindés allemands, le châssis du Panzer III s’est prêté à un certain nombre de conversions sans parler de la reconversion de chars retirés du service actif.

Citons pêle-mêle une version de dépannage, de commandement, d’observation d’artillerie, char lance-flamme, poseur de travées, déminage. Ce châssis à aussi servit au développement ud Sturmgeschütz III à canon de 75mm. En mélangeant des éléments du châssis du Panzer III et du IV, on obtint le châssis du canon automoteur Hummel.

Panzer III Ausf J

Panzer III Ausf J

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen III

Poids : 22.3 tonnes Longueur total : 6.41m longueur de la coque : 5.41m largeur : 2.95m hauteur : 2.50m

Moteur : Maybach HL 120 TRM 12 cylindres 300ch

Blindage : maximal 50mm

Performances : vitesse maximale sur route 40 km/h (19 km/h en tout-terrain) Autonomie 175km sur route 97km en tout-terrain

Armement : un canon de 50mm en tourelle triplace avec 99 projectiles pouvant pointer de -10° à +20° et sur 360° en azimut, canon associé à une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm (2250 cartouches) et une mitrailleuse de caisse (1250 cartouches)

Equipage : cinq hommes (Pilote, radio-mitrailleur, chef de char, chargeur et tireur)

Panzerkampfwagen IV (Panzer IV)

Panzer IV à canon de 75mm long

Panzer IV à canon de 75mm long

Quand le char de combat est inventé, sa mission unique est de percer le front et de déblayer le terrain au profit de l’infanterie qui ne pouvait seule vaincre la triade “mitrailleuse + barbelés + tranchées”.

L’appui de l’infanterie semblait être la seule mission du char de combat, un affrontement entre chars si il était du domaine du possible, paraissait peu probable.

Aussi quand l’Allemagne planifia la montée en puissance de sa Panzerwafe, elle identifia deux types de chars : un char armé d’un canon capable de combattre les autres chars et un char destiné à les appuyer à l’aide d’un canon plus puissant tirant des obus explosifs, canon qui pouvait aussi mener une mission d’appui de l’infanterie.

Le développement du futur Panzerkampfwagen IV (Sonderkraftahtzeug 161) commence avant même l’arrivée des nazis au pouvoir ce qui implique des appellations de camouflage comme Mittleren Traktor puis Bataillonführerswagen avant de devenir de véritables chars de combat.

Le prototype apparait en 1935. MAN et Krupp s’affrontent et c’est finalement le fabricant d’Essen qui l’emporte et qui reçoit commande en 1936 des premiers exemplaires de série.

Quand éclate la guerre de Pologne, la Panzerwafe dispose de 437 Panzer IV (35 Ausf A 42 Ausf B 140 Ausf C et 220 Ausf D) qui sont mêlés aux Panzer III pour assurer leur appui.

Durant la période de Pax Armada (1939-1948), cette période qui sépare la guerre de Pologne du second conflit mondial, le rôle et la place du Panzer IV évolue.
Le Panzer III ne pouvant recevoir plus qu’un canon de 50mm, il sera à terme déclassé par l’augmentation des blindages ce qui n’est pas le cas des Panzer IV dont les dimensions généreuses du châssis permettent d’envisager l’installation d’un armement sous tourelle plus puissant.

L’apparition en France du Renault G-1 à canon de 75mm sous tourelle pousse l’Allemagne à lancer l’étude d’un nouveau char moyen à canon de 75mm long sous tourelle. Le développement prenant du temps, il faut parer au plus pressé.

Outre le réarmement des Panzer III avec un canon de 50mm lui rendant un vrai pouvoir antichar, la direction des troupes blindées décide de produire une version du Panzerkampfwagen IV à canon de 75mm long soit un canon de 48 calibres au lieu des 24 pour les précédents.

Après l’Ausf E encore équipé d’un canon court et fabriqué à 240 exemplaires, la production passe au Ausf F, la première des quatre versions armés du canon de 75mm de 43 calibres.

La version F est produite à 250 exemplaires est suivit par 300 Ausf G dotés d’un moteur plus puissant, d’une suspension améliorée et de jupes blindées (Schürzen) pour protéger le train d roulement des coups de l’ennemi. Les Ausf H et J ne se différencient que par des détails infimes, difficilement décelables à l’oeil nu.

Le Panzer IV va devenir en attendant l’arrivée du Panther le char majeur des Panzerdivisionen, remplaçant peu à peu les Panzer III. Résultat quand le second conflit mondial éclate, le Panzer IV équipe quatre divisions blindées au complet et deux divisions partiellement avec le Panzer III soit six divisions et plus un millier de chars en service.

Théoriquement la production du Panzer IV devait cesser pour laisser la place au Panther plus moderne mais des problèmes industriels et un grand nombre de maladies de jeunesse vont pousser les autorités allemandes à maintenir ouverte les chaines de production du Panzerkampfwagen IV.

Cette décision répond aussi au besoin de satisfaire les besoins de la S.S qui prend la décision de mettre sur pied deux divisions blindées en septembre 1947 (elles sont donc loin d’être opérationnelles un an plus tard) ainsi que de l’export au profit des alliés de l’Allemagne.

C’est ainsi que la Roumanie, la Hongrie, la Bulgarie, la Finlande et l’Italie reçoivent des Panzer IV à canon court et long. Des pays neutres comme l’Espagne et la Turquie reçoivent également des Panzer IV mais en plus faible nombre que les alliés de Berlin.

Comme le Panzer III, des variantes ont été mises au point à partir du châssis du Sonderkraftahtzeug 161. On trouve un véhicule de dépannage, une version de commandement du char standard, des chars lance-flamme, des poseurs de traverse, un char du génie et plus original, un char porte-grue destiné à embarquer et à élever les munitions destinées aux obusiers automoteurs Karl de 600mm.

Caractéristiques Techniques du Panzerkampfwagen IV Ausf H

Poids en ordre de combat : 24 tonnes Longueur hors tout : 7.02m Longueur de la caisse : 5.89m Largeur : 2.88m (3.13m avec les jupes) Hauteur : 2.68m

Motorisation : un moteur essence Maybach HL120TRM 12 cylindres dévellopant 300ch

Performances : vitesse maximale 38 km/h sur route 16 km/h en tout terrain autonomie 210km sur route 130km en tout-terrain

Blindage maximale : 80mm

Armement : un canon de 75mm long (48 calibres) en tourelle triplace (-8° à +20° 360°) alimenté à 87 obus. La tourelle dispose d’une mitrailleuse coaxiale de 7.92mm qui partage avec la mitrailleuse de caisse, le stock de 3150 cartouches.

Equipage : cinq hommes

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Allemagne (58) Armée de terre (15)

Armement (7) : artillerie antiaérienne

Avant-Propos

L’apparition de l’avion eut naturellement pour conséquence l’apparition de moyens de protection, des moyens rudimentaires à la hauteur des performances des « plus lourds que l’air » à savoir des mitrailleuses et des canons de campagne simplement pointés vers le ciel avec un viseur rudimentaire.

Dans la période séparant le premier conflit mondial de la guerre de Pologne, la DCA évolua avec des canons spécifiquement conçus pour ce rôle qu’il s’agisse de pièces légères pour la basse altitude ou de pièces lourdes ayant un rôle plus stratégique, chargé de couvrir les sites stratégiques contre les bombardiers lourds ennemis.

Faisant des Panzerdivisionen la pointe de diamant de leur armée (au détriment parfois du reste de l’armée), les allemands veillèrent à équiper leurs unités d’une puissante DCA pour protéger les chars de l’aviation ennemie même si les divisions blindées devaient opérer avec un soutien constant de la chasse et des bombardiers en piqué de la Luftwafe.

Elle développa également des canons antiaériens lourds de 88mm, de 105mm et de 128mm. Si le premier était déployé sur le front et à l’arrière, les deux derniers modèles étaient destinés à défendre les villes et les industries.

2cm Flak 30/38

2cm Flak 38 en position terrestre

2cm Flak 38 en position terrestre

Pour les pièces de DCA légère, les allemands sélectionnèrent non pas un ni deux mais trois calibres à savoir 20,37 et 50mm même si dernier connu un développement limité.

A l’origine de ces deux canons de 20mm _le second étant une version améliorée du premier_ figure le Flak 28, un canon mis au point à la fin du premier conflit mondial. Mises hors la loi par le traité de Versailles, ces armes furent vendues à la Suisse.

Le Flak 30 à pour origine le Solothurn ST-5, un canon conçu pour la Kriegsmarine qui l’adopta sous le nom de 20mm C/30 avant que Rheinmetall ne produise une version adaptée pour l’armée de terre qui l’adopta sous le nom de 2cm Flak 30.

L’affût était composé de deux roues mais pour le tir, il reposait sur le sol sur une plate-forme qui permettait un tir plus précis car le tir était plus stable.

Seul problème, la cadence de tir _120 coups/minute_ était faible pour une arme de ce calibre. D’où le lancement du modèle Flak 38 qui affichait une cadence quasiment doublée avec 220 coups/minute avec un poids légèrement plus faible (420 au lieu de 450kg). Le Flak 38 est mis en service en 1939 et la Kriegsmarine l’adopte également sous le nom du C/38.

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

2cm Gebirgsflak, version allégée du 2cm Flak 38

Une version allégée destinée aux troupes de montagne et aux parachutistes baptisée Gebirgsflak 38 (2cm GebFlak 38) est également mise au point par Mauser, les performances étant identiques mais le poids nettement plus faible avec seulement 276kg. Les premières pièces sont produites en 1942.

Ces canons de 20mm sont utilisés en affûts simples, en affûts doubles et en affûts quadruples pour améliorer les performances en concentrant davantage de munitions dans un plus petit périmètre.

Ces affûts étaient montés sur des camions et des semi-chenillés, des prototypes de canons antiaériens chenillés étant mis au point en installant un affût quadruple sur un chassis de Panzer III. Les trains blindés étaient également équipés de ces canons.

Outre l’Allemagne, la Finlande et la Lituanie ont reçu ces canons.

Caractéristiques Techniques du 2cm Flak 30

Poids : 450kg Longueur : 4.08m Longueur du tube : 1.3m (65 calibres) Largeur : 1.81m Hauteur : 1.6m Champ de tir vertical : -12° à +90° Champ de tir horizontal : 360° Cadence de tir maximale : 120 coups/minute en pratique (280 coups théorique) Portée effective : 2200m Alimentation : chargeurs de vingt-coups.

3.7cm Flak 18/36/37/43

3.7cm Flak 43 en version quadruple

3.7cm Flak 43 en version quadruple

Les premières pièces d’artillerie antiaériennes légères allemandes étaient des canons de 20mm, un calibre modeste mais utilisé par d’autres pays. Néanmoins, les allemands estimèrent ce calibre trop faible pour être efficace, imposant un calibre léger plus important.

Comme la France, les allemands sélectionnèrent le calibre 37mm et développèrent plusieurs modèles.

Le premier est le 3.7cm Flak 18, un canon de 57 calibres qui lui offre une portée maximale de 4800m. Ce modèle est produit en faible quantité, la production étant stoppée dès 1936.

Au Flak 18 succède le 3.7cm Flak 36, un canon semblable au précédent mais la cadence de tir augmentée. Dès 1937, un modèle amélioré baptisé Flak 37 lui succède, ces deux variantes étant les canons de 37mm les plus produits.

Le 3.7cm Flak 43 est le dernier modèle de canon de ce calibre, un canon à la cadence de tir améliorée.

Quelque soit le modèle, ces canons étaient utilisés en affûts simples, affûts doubles et en affûts quadruples, certains étant montés sur des semi-chenillés ou des camions.

Caractéristiques Techniques du 3.7cm Flak 43

Calibre : 37mm Poids : 2000kg en configuration transport Poids du projectile 623 à 659 grammes Longueur du tube : 2.109m (57 calibres) Champ de tir vertical : -7°30 à +90° Champ de tir horizontal 360° Cadence de tir : 150 coups en pratique (250 théorique) Portée maximale 6500m mais 4800m en pratique Alimentation : chargeurs de huit coups.

5cm Flak 41

5cm Flak 41

5cm Flak 41

Les canons antiaériens de 20 et de 37mm étaient parfaitement adaptés à la défense antiaérienne à basse altitude notamment pour protéger les Panzer des avions d’assaut. Les canons antiaériens lourds (88mm, 105mm, 128mm) étaient adaptés à la défense de sites fixes.

Il manquait néanmoins un calibre intermédiaire pour combler le fossé entre canons légers et canons lourds.

D’où le lancement d’une étude dès 1936 pour un canon antiaérien médian, le futur Flugabwehrkanone 41 ou Flak 41. Ce projet pas vraiment prioritaire ne débouche qu’en 1940 quand un contrat est signé pour le développement de l’arme, développement confié à la firme Rheinmettall-Borsig.

Cette arme ne se révéla pas une franche réussite et seulement 250 exemplaires furent produits et utilisés jusqu’au début du conflit quand un modèle amélioré, le 5cm Flak 48 entra en service, une arme nettement plus efficace. Les Flak 41 furent ensuite stockés et réemployés au profit des alliés de l’Axe.

Preuve de l’échec de cette arme, aucun affût multiple ou aucun projet d’automoteur antiaérien ne  vit le jour.

Caractéristiques Techniques du 5cm Flak 41

Calibre : 50mm Longueur de la pièce : 4.68m Poids en batterie 3100kg Poids du projectile 2.200kg Champ de tir vertical : -10° à +90° Pointage en direction : 360° Cadence de tir : 180 coups/minute Portée maximale 3050m Alimentation bande-chargeurs de cinq coups

8.8cm Flak 18

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

8.8cm Flak 18 sur affût Flak 36

Le traité de Versailles imposait de sévères limitations militaires à l’Allemagne reconnue comme la seule coupable de la guerre qui fit près de 10 millions de morts.

Elle ne pouvait ainsi développer de nouvelles armes lourdes notamment en matière d’artillerie, contrainte que la République de Weimar contourna très rapidement en installant des bureaux d’études à l’étranger.

Des ingénieurs de chez Krupp s’installèrent en Suède où ils bénéficièrent de l’aide de la célèbre firme Bofors. Ils travaillèrent d’abord sur un canon antiaérien de 75mm mais la Reichswher ne fût guère satisfaite du résultat.

Le projet repris et devint un canon de 88mm, le futur 8.8cm Flugabwehrkanone 18.

Ce canon fût une vraie réussite et commença à entrer en service en 1933 au moment où les nazis arrivaient au pouvoir.

Toujours en service en septembre 1939, ce canon fût peu à peu remplacé par des modèles plus modernes, les Flak 36 et 37 qui se distinguaient par leur tube démontable en trois éléments pour faciliter la maintenance et la présence sur le second nommé d’un calculateur.
Les Flak 18, 36 et 37 furent utilisés en campagne par la Heer et la S.S, en emplacements statiques par la Luftwafe et la Kriegsmarine.

Outre la guerre de Pologne, il participa à la guerre d’Espagne où on découvrit à cette occasion son efficacité dans la lutte antichar.

Caractéristiques Techniques du 8.8cm Flak 18

Calibre : 8.8cm Poids en ordre de route 6861kg en batterie 5150kg projectile 9.24kg Longueur hors tout 7.62m longueur du tube : 4.93m largeur 2.305m hauteur 2.418m Champ de tir vertical -3° à +85° Champ de tir horizontal : 360° Portée : 8000m

8.8cm Flak 45

Comme nous l’avons vu à propos de la lutte antichar, l’utilisation du 88mm pour détruire des blindés ennemis est issue d’un événement de la guerre d’Espagne, une batterie antiaérienne de la Légion Condor surprise par des T-26 républicains mis ses tubes à la hausse 0° avec le résultat qu’on imagine.

Les obus à haute vitesse initiale d’une force de pénétration unique au monde ou peu s’en faut rendit ce rôle antichar aussi important que le rôle initial.

Dans leur volonté de perfection, les ingénieurs allemands tentèrent de créer l’arme parfaite, l’arme polyvalente, capable de mener aussi bien de la défense contre avions que de la lutte antichar.

Cette volonté se heurta aux limites techniques de l’époque. Le 8.8cm Panzerabwehrkanone théoriquement polyvalent mais d’une telle complexité que son utilisation réclamait des servants parfaitement entrainés.

A rebours des traditions militaires et industrielles allemandes, les ingénieurs de Krupp décidèrent de faire simple, une arme performante mais simple à utiliser, ne nécessitant pas des semaines d’entrainement pour l’utiliser correctement.

Plutôt que de dévelloper une arme polyvalente, ils mirent au point deux modèles, un modèle antichar (Panzerabwehrkanone 45) et un modèle antiaérien (Fliegerabwehrkanone 45) qui partageaient néanmoins un grand nombre de pièces.

Le 8.8cm Flak 45 fût produit en grand série à partir du printemps 1946, la priorité allant à la Flakartillerie de la Luftwafe, l’équivalent de notre DAT.

La Heer fût servie après ce qui généra rancœurs et jalousies au point qu’il y eut des détournements de matériel, des canons destinés à la Luftwafe se retrouvant dans la Heer ou la S.S.

Outre la version tractée, le 8.8cm Flak 45 fût monté sur des semi-chenillés, des camions,  installé sur des positions fixes mais également sur des wagons plats pour assurer la défense du Reich.
Caractéristiques Techniques du 8.8cm Flak 45

Calibre : 88mm Poids en ordre de route : 8790kg en batterie 7500kg Poids du projectile : 9.4kg Longueur hors tout : 8.50m longueur du canon 6.10m largeur 2.40m hauteur 2.30m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +90° Portée maximale : 14700m

10.5cm Flak 38 et 39

Une fois la Norvège conquise, des canons antiaériens de 105mm furent déployés pour la défense côtière

Une fois la Norvège conquise, des canons antiaériens de 105mm furent déployés pour la défense côtière

En 1933 alors que le développement du canon de 88mm était encore en cours, les services officiels allemands demandèrent à Rheinmettal et Krupp de proposer un canon antiaérien plus lourd. Il s’agissait d’anticiper sur l’augmentation des performances des bombardiers ennemis qui nécessitait des canons tirant toujours plus loin, toujours plus haut et toujours plus rapidement.

C’est le projet Gerät 38 de Rheinmettal qui est choisit et adopté sous le nom de 10.5cm Flak 38 mais assez rapidement, un modèle amélioré, le Flak 39 le remplaça.

Ce canon se révéla décevant. Il était complexe à fabriquer et ses performances n’étaient guère meilleures que le 88mm.

Sa production fût donc assez limitée, se poursuivant à un train de sénateur pour équiper uniquement des emplacements fixes ou sur des wagons plats, son poids le rendant peu voir pas du tout utilisable sur le champ de bataille.

Caractéristiques Techniques du 10.5cm Flak 39

Calibre : 105mm Poids en ordre de route : 14600kg en batterie 10240kg Poids du projectile : 15.1kg Longueur hors tout : 10.31m longueur du canon 6.648m (5.531m pour le tube) largeur 2.45m hauteur 2.90m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +85° Portée maximale : 12800m

12.8cm Flak 40

12.8cm Flak 40

12.8cm Flak 40

C’est en 1936 que l’idée d’un canon antiaérien de 128mm émerge. C’est encore la firme Rheinmettal qui est sélectionné pour développer ce canon connu à l’origine sous le nom de Gerät 40 qui une fois adopté deviens le 12.8cm Flak 40.

Ce canon performant était si lourd que l’idée d’une version mobile pour protéger l’armée en campagne fût abandonné après la production de six exemplaires. Tous les autres produits le furent uniquement pour une installation sur une plate-forme bétonnée ou sur un wagon plat de chemin de fer.

Un projet de version double baptisé Flakzwilling ne dépassa pas le stade du prototype tout comme des canons de 150 et de 210mm.

Caractéristiques Techniques du 12.8cm Flak 40

Calibre : 128mm Poids en ordre de route : 27000kg en batterie 17000kg (13000kg pour la version statique) Poids du projectile : 26kg Longueur hors tout : 15m longueur du canon 7.835m (6.478m pour le tube)  hauteur 3,965m Champ de tir horizontal : 360° Champ de tir vertical : -3° à +87° Portée maximale : 14800m

Allemagne (46) Armée de Terre (3)

Armement (1) : les armes individuelles et collectives de l’infanterie

Avant-propos

Fusil Mauser modèle 1898K

Fusil Mauser modèle 1898K

-Quand la guerre de Pologne éclate le 1er septembre 1939, l’armement de l’infanterie allemande est un mélange d’armes anciennes et d’armes développées durant les années trente. Le fusil (Mauser 98K) appartient à cette première catégorie alors que les pistolets mitrailleurs notamment les MP-38 et MP-40 appartenaient à la seconde catégorie.

-On trouvait également des pistolets automatiques comme le Luger P08, le pistolet automatique standard de l’armée de terre qui utilise également des modèles plus anciens mais également des armes de prises qu’elles soient autrichiennes, tchécoslovaques ou polonaises.

Luger P08

Luger P08

En ce qui concerne les mitrailleuses, en septembre 1939, la vénérable Mauser MG-08 est encore présente en compagnie de modèles plus modernes comme la MG08/15, la MG-15 et la MG-34, la première mitrailleuse polyvalente car capable d’être utilisée comme fusil mitrailleur avec son bipied et comme mitrailleuse avec un trépied.

mitrailleuse MG-08

mitrailleuse MG-08

L’infanterie allemande utilise également des fusils antichars mais ces armes atteignent très rapidement leurs limites ce qui réduit leur utilisation à des cibles peu ou pas blindées ce qui est assez paradoxal.

Un domaine où l’armée allemande n’à pas à rougir de la concurrence c’est le domaine des mortiers. Si le mortier de 5cm se caractérise par une complexité qui n’à guère de sens sur le champ de bataille, le mortier de 8cm est une arme de valeur dont l’efficacité n’à rien à envier au mortier Brandt de 81mm équipant la France.

Domaine où l’infanterie allemande se différencie de la France et de la Grande-Bretagne c’est la présence au sein même des régiments d’infanterie de canons d’infanterie, un canon de 75mm et un obusier de 150mm ce qui permettait à un régiment d’infanterie d’être totalement autonome.

-Dans le domaine crucial de la lutte antichar, l’infanterie allemande dispose d’un canon de 37mm vite surclassé et remplacé peu à peu par un canon de 50mm.

-Durant l’entre-deux-guerre, durant la Pax Armada (décembre 1939-septembre 1948), l’armement de l’infanterie allemande évolue peu.

En dépit de plusieurs tentatives, le Mauser modèle 1898 est toujours en service. Il faudra l’apparition sur le champ de bataille des MAS 40 et 44 pour qu’un fusil automatique moderne soit mis en service au sein de l’infanterie allemande.

Les pistolets mitrailleurs sont toujours là, les MP-18 et MP-28 ont quasiment tous disparus, laissant la place aux MP-38 et MP-40.

-En ce qui concerne les pistolets automatiques, là aussi, on à tenté sans réellement parvenir au bout de rationnaliser le parc en éliminant les armes les plus anciennes au profit de pistolets plus modernes, les P08 et P38 étant dominants.

Mortier de 80mm

Mortier de 80mm

Pour les mortiers, le 5cm est en voie de retrait du service, le 8cm étant privilégié, les canons d’infanterie étant toujours en service même si on commence à s’interroger sur l’utilité de canons intégrés aux IR, les contempteurs de ces armes estimant que cela immobilise des effectifs qui seraient utiles dans les unités de combat.

Pour la lutte antichar, le canon de 50mm à remplacé le canon de 37mm qui est incapable de percer le blindage de la majorité des chars ennemis.

Enfin pour les mitrailleuses, la MG-34 est devenue la mitrailleuse d’infanterie standard, mitrailleuse bientôt rejointe par la MG-42. La Maschinegewehr modèle 1942 est une mitrailleuse plus simple à produire et d’un fonctionnement également simplifié par rapport à la Maschinegewehr modèle 1934.

Fusil Mauser modèle 1898

-C’est un fusil à répétition, largement utilisé durant le premier conflit mondial. Il reste en service au sein de la Reichswehr.

-En 1935, sonne crois-t-on l’heure de la retraite avec la mise en service d’une version raccourcie la Karabiner 98K  mais en réalité le Gewehr 1898 va reprendre du service pour équiper les unités de mobilisation, la production d’armes neuves ne parvenant pas à satisfaire la demande.

-Des variantes apparaissent dès le premier conflit mondial notamment une variante pour le tir de précision. A la différence des fusils standards, la variante de précision était toujours en service en septembre 1948.

-Toujours durant le premier conflit mondial, apparaît la variante carabine du Gewehr 1898, la Karabiner 98a, variante qui peut être considérée comme l’équivalent de nos mousquetons. Cette variante est encore en service mais en petit nombre en septembre1948.

-La Karabiner 98b est en réalité un fusil, une version améliorée du Gewehr 1898, une version stockée en septembre 1948.

-La Karabiner 98k est donc l’ultime version de ce fusil et l’arme longue standard de l’infanterie allemande durant la guerre de Pologne mais également durant le second conflit mondial, les essais pour un nouveau fusil n’ayant pas débouchés. Il faudra attendre le douloureux affrontement avec des soldats français armés de MAS-40 et de MAS-44 pour qu’un nouveau fusil équipe enfin l’infanterie allemande.

-Le Mauser Gewehr 1898 à aussi été exporté dans différents pays avec un calibre adapté aux désideratas des clients qu’il s’agisse de la Turquie, de la Chine, de la Belgique, de la Tchécoslovaquie, Espagne,Suède, Serbie,Chili ou du Mexique.

Caractéristiques Techniques

Calibre : 8x57mm puis 7.92mm Poids : 4.09kg à vide pour le Gewehr 98, 3.50kg pour la Karabiner 98a Longueur : 1250mm pour le Gewehr 98, 1090mm pour la Karabiner 98a Longueur du canon : 740mm (590mm pour la Karabiner 98a) Portée maximale efficace : 500m (800m avec une optique de précision Alimentation : chargeur interne de cinq coups

Pistolets Mitrailleurs

-La guerre fraiche et joyeuse d’août 1914 s’enlise à l’automne avec l’enterrement des belligérants dans un réseau de tranchées courant de la mer du Nord à la frontière suisse sur 700km. Le fusil long conçu pour tirer loin avec précision devient mal-aise quand il s’agit de combattre dans les tranchées.

-Au fusil à répétition on préfère la grenade, le pistolet et l’arme blanche  même si cette dernière est psychologiquement difficile à utiliser.

-Emerge l’idée d’une arme compacte avec un chargement en munitions important pour provoquer une “boule de feu” et faire baisser la tête à l’ennemi. C’est l’acte de naissance du Maschenpistole, le pistolet-mitrailleur appelé également mitraillette, le premier du genre étant le MP-18.

Bergman MP18.1

Bergman MP18.1

-Ce MP-18 pose les canons des premiers pistolets mitrailleurs avec une crosse en bois, un canon recouvert d’un manchon perforé, un chargeur escargot ou tambour de 32 cartouches.

-Cette arme est utilisée en petit nombre à la fin du premier conflit mondial. Elle théoriquement interdite par le traité de Versailles mais dans la pratique cette interdiction est rapidement contournée par différents subterfuges.

-Remplacé dans la Heer par le MP-28 et le MP-38, le MP-18 n’est plus en service en septembre 1939 mais il n’est pas impossible que des exemplaires soit encore stockés neuf ans plus tard, prêts à resservir si besoin est.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur Bergman MP 18

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 820mm longueur du canon 196mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :  5.9kg (chargé)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 500 coups/minute  

Pistolet-Mitrailleur Bergman MP-28

MP-28

MP-28

-Le MP-18 est une bonne arme mais largement perfectible. Aussi la firme Bergman travaille sur un modèle amélioré baptisé MP-28. Le chargeur droit replace le chargeur escargot, le système de visé est perfectionné, reçoit un système de fixation pour une baïonnette et un sélecteur de tir pour tirer par rafales ou au coup par coup.

-Cette arme équipa d’abord la police puis la Wehrmacht qui l’utilisa en compagnie d’autres armes de ce type. Si les MP-34 et MP-35 équiperont quasi-exclusivement la S.S, les MP-38 et MP-40 complèteront le MP-28 avant de peu à peu le remplacer.

Au sein de la Kriegsmarine, le MP-28 fit de la résistance, équipant encore en septembre 1948 les compagnies de débarquement et les unités chargées de la défense côtière.

Cette arme à également été exportée en Belgique, en Espagne, en Chine, en Bolivie, au Portugal (en 7.65mm) et au Japon, les armes exportées étant principalement fabriquées sous licence en Suisse par la firme SIG de Neuhausen.

Caractéristiques Techniques du pistolet mitrailleur Bergman MP 28

Calibre : 9mm Parabellum  Longueur : 812mm longueur du canon 196mm Contenance du chargeur :  32 cartouches Poids :  5.9kg (chargé) 4.01kg (vide)  Portée pratique : 100m (maximale 200m) Cadence de tir  : 500 coups/minute  

Pistolet-Mitrailleur Bergman MP-34 et MP-35

MP-34

MP-34

-Les MP-34 et MP-35 sont assez proches du MP-28 et descendent donc du MP-18. La différence majeure c’est la présence du chargeur à droite au lieu de la gauche, une poignée d’armement fixe pendant le tir et la détente comporte un sélecteur de tir (rafales ou coup par coup).

-Le MP-34 n’est produit qu’à 2000 exemplaires pour équiper les forces de police mais le MP-35 est produit à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires qui vont équiper principalement la S.S mais est également exporté en Bolivie, en Espagne, en Ethiopie, en Suède (où il est produit sous licence sous le nom de M-39) et au Danemark, Copenhague recevant des armes produites en Suède.

-La production du MP-35 se poursuit à bonne cadence jusqu’en 1944 avant de peu à peu décliner, la production étant stoppée en 1949 pour tenter de rationaliser la production d’armement alors qu’une guerre longue se profile.

MP-35

MP-35

Caractéristiques Techniques du pistolet-mitrailleur MP-35

Calibre : 9mm Longueur : 840mm longueur du canon 200mm Poids de l’arme chargée 4.730kg Capacité du chargeur : 24 ou 32 cartouches Cadence de tir : 650 coups/minute

Pistolet-Mitrailleur Erma MP-38 et MP-40

MP-38

MP-38

-Les premiers pistolets mitrailleurs étaient conçus selon les mêmes règles que les armes d’avant à savoir l’utilisation de matières nobles et une finition impeccable.

-La guerre industrielle ne peut se permettre un tel luxe. Les besoins quantitatifs l’emporte sur les besoins qualitatifs ce qui implique de produire vite à bon coût. On remplace donc le bois par le métal et le plastique ce qui n’interdit pas une finition de qualité avec des pièces soigneusement usinées.

-Bien que mis au point en 1936, ce n’est que deux ans plus tard qu’il fût adopté par la Deutsche Heer pour remplacer progressivement les MP-18 et MP-28.

-Lors de la guerre de Pologne, les combats révélèrent un grave défaut de fonctionnement. Le MP-38 fonctionnait avec la culasse ouverte. Si un chargeur était engagé, le seul fait que le pistolet-mitrailleur heurte le sol ou un obstacle et le chargeur pouvait être vidé ce qui provoqua plusieurs accidents.

-Pour résoudre ce problème, le MP-38 fût modifié avec l’installation d’une sécurité qui bloquait la culasse tant que la gâchette n’était pas actionnée. Cette modification donna naissance au MP-38/40.

-La nécessité de simplifier la production entraina le remplacement de l’usinage des pièces par l’estampage et le MP-38 donna naissance au MP-40 qui devint rapidement le pistolet-mitrailleur standard de l’armée allemande, une arme utilisée aussi bien pour le combat rapproché par les Panzergrenadier que par les servants d’armes lourdes ou les services de l’arrière qu’ils soient chargés de la logistique ou de la sécurité.

MP-40

MP-40

Caractéristiques Techniques du Erma MP-40

Calibre : 9mm Longueur avec crosse 833mm sans crosse 630mm Longueur du canon 251mm Poids de l’arme (chargée) 4.7kg Capacité du chargeur 32 cartouches Cadence de tir : 500 coups/minute

Les pistolet-mitrailleurs de prise

Outre les pistolet-mitrailleurs conçus pour elle, l’armée de terre allemande (et plus généralement l’ensemble des unités de la Wehrmacht et de la Waffen S.S) récupéra des armes étrangères, parfois de conception allemande suite aux annexions des années trente.

Ces armes étaient disponibles en petite quantité ce qui pouvait parfois poser des problèmes d’approvisionnement moins en cartouches qu’en chargeurs adaptés. Elles étaient donc le plus souvent utilisés pour l’instruction, l’entrainement ou pour des troupes de réserve en attendant que la production de modèles standards soit suffisamment importante pour les équiper.

Parmi les modèles les plus utilisés citons, le Steyr-Solothurn S-1-100 et le pistolet-mitrailleur tchèque muni d’un bipied (sic), le ZK-383.

Allemagne (44) Armée de terre (1)

ARMEE DE TERRE

Une brève histoire de l’armée allemande (1914-1948)

-En 1914, l’armée de terre allemande entre en guerre, sure de sa force, persuadée de pouvoir vaincre la France avant de se retourner contre la Russie qui ne saurait mobiliser 15 millions d’hommes avant que Paris ne soit vaincu.

-C’est le mythe de la Entscheidungsschlacht _la bataille décisive (parfois appelée Vernichtungssclacht _bataille d’anéantissement_) qui doit décider du sort du conflit avec une seule et unique bataille alors que l’expérience récente à montré la résilience des économies modernes à une défaite.

-L’Allemagne se retrouve dans le pire scénario à savoir combattre sur deux fronts. Elle va s’y épuiser et aurait été incapable de résister à l’offensive alliée prévue au printemps 1919, une offensive ayant Berlin pour objectif. En accordant l’armistice, les alliés arment une bombe à retardement, permettant aux vaincus de lancer la légende du coup de poignard dans le dos (Dolchlosslegend)

Caricature autrichienne symbolisant la légende du coup de poignard dans le dos

Caricature autrichienne symbolisant la légende du coup de poignard dans le dos

-Les contraintes du traité de Versailles sont sévères : 100000 hommes, pas d’état-major général, pas d’artillerie lourde ni de chars de combat. C’est l’acte de naissance de la Reichsheer qui dès sa création va poursuivre un but : préparer le réarmement dès que le contexte politique sera favorable.

-La Reichsheer qui voit le jour en 1921 aligne seulement sept divisions d’infanterie et trois divisions de cavalerie

-La formation des officiers est assuré par des écoles spécialisées installées à Munich pour l’infanterie (ultérieurement déplacée à Dresde), à Hanovre pour la cavalerie, à Jüterborg pour l’artillerie et encore à Munich pour le génie.

-Faute de matériel disponible, la Reichsheer phosphore pour tirer les leçons du premier conflit mondial, n’hésitant pas à expérimenter clandestinement de nouveaux matériels et de nouvelles tactiques notamment en URSS.

-Sur le plan des structures, l’armée de 100000 hommes est destiné à préparer les structures de l’armée prévue pour la revanche. Un plan décidé en 1930 prévoit vingt et une divisions d’infanterie par détriplement des divisions existantes mais le manque de matériel ne permet d’équiper immédiatement que 14 divisions.

-Les effectifs augmentent régulièrement passant à 300000 hommes le 1er novembre 1934 et 400000 hommes au printemps suivant au moment où le service militaire est rétablit.

-Pour encadrer cette masse, il faut 20000 officiers soit quatre fois plus que ne l’autorise le traité de Versailles (4500). Le chiffre est rapidement dépassé, cette augmentation (8000 en 1932 et 8000 en 1933) étant camouflé par le maintien à titre civil de certains officiers licenciés.
-A partir de 1935, Hitler dénonce les clauses du traité de Versailles ce qui permet au réarmement allemand de se faire au grand jour. L’objectif est ambitieux puisqu’il s’agit de mettre sur pied une armée de soixante-trois divisions.

-Problèmes d’encadrement

Ce formidable effort aboutit au printemps 1936 avec une armée composée de 480000 hommes organisée de la façon suivante :

Gruppenkommando I (Berlin)

-3. Panzer-Division

-I. Armee-Korps (Köningsberg) avec trois divisions d’infanterie, les 1. ID 11.ID et 21.ID

-II. Armee-Korps (Stettin) avec deux divisions d’infanterie, les 2. ID et 12. ID

-III. Armee-Korps (Berlin) avec trois divisions d’infanterie, les 3.ID 13.ID et 23.ID

-VIII. Armee-Korps (Breslau) avec deux divisions, les 8.ID et 18.ID

Gruppenkommando II (Cassel)

-2. Panzer-Division

-V. Armee-Korps (Stuttgart) avec deux divisions d’infanterie, les 5.ID et 15.ID

-VI. Armee-Korps (Munster) avec deux divisions d’infanterie, les 6.ID et 19.ID

-IX. Armee-Korps (Cassel) avec deux divisions d’infanterie, les 9.ID et 19.ID

Gruppenkommando III (Dresde)

-1. Panzer-Division

-IV. Armee-Korps (Dresde) avec trois divisions d’infanterie, les 4.ID 14.ID et 24.ID

-VII. Armee-Korps (Munich) avec trois divisions d’infanterie, les 7.ID 10.ID et 17.ID ainsi que la Gebirgsbrigade (avec deux puis trois régiments en 1937)

-X. Armee-Korps (Hambourg) avec deux divisions d’infanterie, les 20.ID et 22.ID

Cavalerie : deux divisions de cavalerie (1.KD et 2. KD) et une brigade indépendante

-Deux ans plus tard, les effectifs ont encore augmenté notamment par intégration de divisions de l’ancienne armée autrichienne après l’Anschluss.

-Pour l’offensive sur la Pologne, la Heer aligne quarante et une division d’infanterie, sept divisions blindées (sur dix existantes), quatre divisions légères et trois divisions d’infanterie de montagne soit un total de cinquante-cinq divisions, la majorité des unités, la frontière française n’étant gardée que par des unités moins bien équipées et moins bien entrainées ce qui fit craindre le pire aux allemands qui ne comprirent jamais jusqu’à la fin de la guerre de Pologne pourquoi les alliés n’ont pas attaqué à l’ouest.

-Au printemps 1940, la Heer commence à démobiliser, l’économie allemande ne pouvant supporter le maintien de plusieurs centaines de milliers d’hommes sous les drapeaux. Le processus de démobilisation s’achève en janvier 1941 et donne à la Heer l’aspect qu’elle aura jusqu’à la mobilisation entamée à l’été 1948.

-Des modifications de structures et des réorganisation ont lieu entre janvier 1941 et juin 1948 mais elles ne sont pas aussi profondes que lors de la montée en puissance des années trente.

-Outre la démobilisation, certaines divisions sont dissoutes et démantelées en raison de la guerre civile.

Elle aligne ainsi trente-deux divisions d’infanterie, trois divisions légères, trois divisions de montagne,  et douze divisions blindées soit un total de cinquante  grandes unités en temps de paix, leur nombre devant doubler à la mobilisation.

Les unités S.S (huit divisions d’infanterie et deux divisions blindées en cours d’organisation à l’été 1948) seront abordées ultérieurement et dépendent d’un état-major particulier.

-Cela nous donne l’organisation suivante :

-Etat-Major de l’armée implanté à Postdam (OberKommando der Heer OKH)

-Armée du Nord (E.M : Hambourg)

-I. Armee-Korps : défense du nord de l’Allemagne, des ports de la mer du Nord……. . Ce corps d’armée dispose de trois divisions d’infanterie : 1.ID 3.ID et 69.ID

-III. Armee-Korps : défense du nord de l’Allemagne vis à vis d’une action hostile venant du Benelux (moins des néerlandais et des belges qu’une attaque franco-britannique). Ce corps d’armée dispose de trois divisions d’infanterie, la 5.Leichte Division, la 2.ID et la 4.ID.

-V. Armee-Korps : défense de la Rhénanie contre une attaque française venue d’Alsace et de Lorraine. Ce corps d’armée dispose de trois divisions d’infanterie, la 163.ID, les 6. et 8. ID

-I. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 1.PzD 3.PzD et 5.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie (dont une légère) et trois divisions blindées

-Armée du Sud (E.M : Stuttgart)

-II. Armee-Korps : défense du sud de l’Allemagne avec trois divisions d’infanterie, les 3. Leichte Division, la 9.ID et la 181.ID

-IV. Armee-Korps : défense du sud de l’Allemagne avec trois divisions d’infanterie, la 10.ID, la 7. Leichte Division et la 196.ID

-VI. Armee-Korps : défense de l’Autriche avec trois divisions d’infanterie, la 12.ID, la 13.ID et la 14.ID.

-II. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 2.PzD 4.PzD et 6.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie (dont deux légères) et trois divisions blindées

-Armée du Sud-Est (E.M Dresde)

-VII. Armee-Korps (Berg) avec trois divisions de montagne, la 1. GebirgsjagerDivision 2. GebirgsjagerDivision et 3. GebirgsjagerDivision

-IX. Armee-Korps avec trois divisions d’infanterie, les 15.ID 17.ID et 19.ID

-XI. Armee-Korps avec trois divisions d’infanterie, les 16.ID 18.ID et 214.ID

-III. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 7. PzD 9.PzD et 11.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées

Armée de l’Est (E.M Rostock)

-VIII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, la 20.ID la 21.ID et la 24.ID

-IX. Armee-Korps : deux divisions d’infanterie, les 22.ID et 23.ID

-IV. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 8.PzD 10. PzD et 12.PzD

Total : cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées

A la mobilisation, de nombreuses divisions d’infanterie sont mises sur pied par l’Armée de remplacement (ErsatzHeer).

Les huit premières divisions mises sur pied (25.ID 26.ID 27. ID 28.ID 29.ID 30.ID 31.ID 32.ID) sont destinées à remplacer les divisions engagées en Norvège (69.ID 163.ID 181.ID 196.ID 214.ID 2. et 3. de Montagne, 5. Leichte Division), elles intègrent donc les corps d’armée d’origine ce qui nous donne le tableau suivant :

-Armée du Nord (E.M : Hambourg)

-I. Armee-Korps  : 1.ID 3.ID et 25.ID

-III. Armee-Korps : , la 32.ID, la 2.ID et la 4.ID.

-V. Armee-Korps :  la 26.ID, les 6. et 8. ID

-I. PanzerKorps :  1.PzD 3.PzD et 5.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie  et trois divisions blindées

-Armée du Sud (E.M : Stuttgart)

-II. Armee-Korps : les 3. Leichte Division, la 9.ID et la 27.ID

-IV. Armee-Korps : la 10.ID, la 7. Leichte Division et la 28.ID

-VI. Armee-Korps : la 12.ID, la 13.ID et la 14.ID.

-II. PanzerKorps : trois PanzerDivision, les 2.PzD 4.PzD et 6.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie (dont deux légères) et trois divisions blindées

-Armée du Sud-Est (E.M Dresde)

-VII. Armee-Korps (Berg) : la 1. GebirgsjagerDivision, la 30.ID et la 31.ID

-IX. Armee-Korps : 15.ID 17.ID et 19.ID

-XI. Armee-Korps : 16.ID 18.ID et 29.ID

-III. PanzerKorps :  les 7. PzD 9.PzD et 11.PzD

Total : neuf divisions d’infanterie et trois divisions blindées

Armée de l’Est (E.M Rostock)

-VIII. Armee-Korps :  20.ID  21.ID 24.ID

-IX. Armee-Korps :  22.ID et 23.ID

-IV. PanzerKorps :  les 8.PzD 10. PzD et 12.PzD

Total : cinq divisions d’infanterie et trois divisions blindées

Trente-six autres divisions d’infanterie sont progressivement mises sur pied. Si les recrues sont là, le matériel ne suit pas toujours ce qui fait de ces divisions, des unités de seconde zone guère propres à des opérations de première ligne.

Ces divisions sont regroupés au sein de douze corps d’armée eux mêmes groupés en quatre armées.

Une fois ces divisions mises sur pied, les différentes armées reçoivent des numéros. Les cinq divisions engagées en Norvège forment une 1ère armée avec les cinq divisions d’infanterie, deux divisions de montagne et des divisions de parachutistes qui dépendent de la Luftwafe.

L’ancienne armée du Nord devient la 2ème armée, l’armée du Sud devient la 3ème armée, l’armée du sud-est devient la 4ème armée et l’armée de l’est la 5ème armée.

Les divisions de mobilisation forment quatre armées à trois corps d’armée, des armées numérotées 6ème, 7ème, 8ème et 9ème armée.

6ème armée (Ouest)

-X. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 33.ID 35.ID 37.ID

-XIII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 39.ID 41.ID 43.ID

-XV. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 45.ID 47.ID 49.ID

7ème armée (Sud-Ouest)

-XII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 34.ID 36.ID 38.ID

-XIV. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 40.ID 42.ID 44.ID

-XVI. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 46.ID 48.ID 50.ID

8ème armée (Sud-Est)

-XVII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 51.ID 53.ID 55.ID

-XIX. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 57.ID 59.ID 61.ID

-XXI. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie, les 63.ID 65.ID 67.ID

9ème armée (Est)

-XVIII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie : les 52.ID 54.ID 56.ID

-XX. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie : les 58.ID 60.ID 62.ID

-XXII. Armee-Korps : trois divisions d’infanterie : les 64.ID 66.ID 68.ID