Mitteleuropa Balkans (58) Bulgarie (22)

10.5cm Feldhaubitze 98/09

10.5cm Feldhaubitze 98/09

Le 10.5cm Feldhaubitze 98/09 (obusier de campagne de 105mm modèle 1898 modifié 1909) était comme son nom l’indique un obusier allemand conçu à la fin du 19ème siècle et modernisé peu avant le début du premier conflit mondial. 1260 pièces étaient en service en 1914 dont 148 au sein de l’armée bulgare. D’autres armes étaient utilisées par les armées roumaines et ottomanes.

Ce canon opéra durant tout le premier conflit mondial et quelques exemplaires furent autorisés par la commission de contrôle allié mais officiellement uniquement à des fins d’entrainement. Cela permettait au moins à l’armée bulgare de ptéserver un certain savoir faire en matière d’artillerie lourde de campagne.

Cet obusier était toujours en service en septembre 1948 mais en petit nombre, d’autres obusiers de ce type l’ayant supplié. Il n’est pas impossible que quelques obusiers modèle 1898 modifié 1909 aient été utilisés au combat. Ce qui est certain en revanche c’est qu’aucun de ces obusiers n’à survécu au second conflit mondial.

Le 10.5cm Feldhaubitze 98/09 était un obusier de campagne de 105mm de conception et de fabrication allemande (Krupp) pesant 1225kg en batterie mais 2260kg en configuration transport.

Disposant d’un tube de 15.5 calibres (longueur du tube 1.625m) il pouvait tirer un puissant projectile explosif de 15.5kg à une distance maximale de 6300m à raison de cinq coups par minute.

Protégée par un bouclier de 4mm d’épaisseur, l’équipe de pièce de sept hommes pouvait pointer l’obusier en site de -13° à +40° et en azimut sur 4°.

10cm K04

Le 10cm K04 est comme son nom l’indique un canon de 105mm mis en service dans l’armée allemande en 1904. Deuxième canon allemand à disposer d’un système moderne d’absoprtion du recul, il remplaçait les 10cm K99 et 15cm Kanone 92.

Les premières pièces produites ne disposaient pas de bouclier mais ultérieurement certaines pièces en reçurent un devenant des 10cm K04/12. 32 exemplaires étaient en service au début du premier conflit mondial et certaines pièces furent cédées à la Bulgarie qui les utilisa jusqu’à la fin des années trente, les 10cm K04 étant alors mis en réserve et utilisées uniquement pour l’entrainement. Elles ont été ferraillées à une date inconnue.

Le 10cm K04 était un canon de campagne de 105mm pesant 2428kg en batterie et disposant d’un tube de 35 calibres (longueur du tube 4.725m) permettant le tir d’un obus encartouché de 18.5kg à une distance maximale 10398m à raison d’un coup toutes les deux minute. L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de -5° à +30° et en azimut sur 3°59′.

10.5cm Feldhaubitze M.12

Cet obusier connu sous le nom de Obuzierul Krupp caliber 105mm model 1912 était comme son nom l’indique une version modernisée imaginée par les roumains de l’obusier précédent. L’Arsenalul Armatai de Bucarest transforma 120 obusiers (30 batteries) qui furent utilisés par l’armée roumaine mais aussi par l’armée bulgare qui s’empara d’une quarantaine de ces pièces.

Elles survécurent au premier conflit mondial et aux clauses du traité de Neuilly-sur-Seine pour servir durant les premiers mois et les premières années du second conflit mondial. Les dernières pièces ont été retirées du service en juin 1953. Toutes ont été ferraillées après guerre.

Le 10.5cm Feldhaubitze M.12 était un obusier léger de campagne de 105mm pesant 1155kg en batterie et disposant d’un tube de 14 calibres (1.47m) perrmettant le tir d’obus de type séparé de 15.5kg à une distance maximale de 6500m. L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de -5° à +60° et en azimut sur 6°.

10.5cm Belagerungskanone L/30 Krupp

Ce canon de 105mm de conception et de fabrication allemande est une autre pièce de prise pour les bulgares qui capturèrent dix-huit pièces à Edirne en 1913 lors de la prise de cette forteresse ottomane durant la première guerre Balkanique.

Douze pièces étaient disponibles en 1915 quand la Bulgarie est entrée en guerre et toutes ont survécu au conflit. Maintenues en service après le traité de Neuilly-sur-Seine, elles ont été modernisées à la fin des années trente mais peu à peu remplacées par les 10.5cm hruby kanone vz.35. En septembre 1948 il restait six pièces en service, pièces utilisées pour la défense côtière.

Ces pièces tiraient régulièrement pour l’entrainement mais l’absence de blocus serré des soviétiques elles n’ont pas eu l’occasion de tirer pour de vrai. Ces canons ont été sabotés par leurs servants pour ne pas tomber aux mains des soviétiques. Ils ont été envoyés à la casse dès la fin des années cinquante.

Appelé en bulgare 105мм (10.5см) скорострелно оръдие Д-30 “Круп”, en turc 10,5/30 sm. seri ateşli muhasara top et selon son constructeur 10.5cm Belagerungskanone L/30, ce canon pesait 2835kg en position de tir et disposait d’un tube de 30 calibres (3.150m) permettant le tir d’un obus de 16kg à une distance maximale de 11000m (7500m avec des obus à charge réduite). L’équipe de pièce protégée par un bouclier de 4mm pouvait pointer le canon en site de -5° à +27° et en azimut sur 4°.

10cm K14

Le 10cm Kanone 14 est une autre création de la maison Krupp destinée à remplacer le 10cm K04 et pour faire simple on peut dire que c’est une version alourdie du canon qu’il devait remplacer. Une nouveauté : il était capable de prendre à partie des cibles terrestres et aérienne avec 15° d’élévation en site en plus pendant que sur le plan azimutal on pouvait pointer sur 360°.

Cependant à l’usage le système de recul à grand angle connaissait de sérieux problèmes ce qui explique son utilisation contre des cibles aériennes (ballons statiques et dirigeables plus qu’avions) était finalement peu efficace.

Mis en production au début du premier conflit mondial, les premières pièces sont livrées en mai 1915 d’abord à l’Allemagne puis à la Bulgarie qui va recevoir seize canons localement désignés 105мм (10.5см) скорострелно оръдие Д-35 “Круп”. Au total ce sont 724 exemplaires qui ont été produits entre 1915 et 1918.

D’autres pièces vont être livrées après guerre (NdA probablement après le départ de la commission de contrôle allié en 1928) puisque le parc atteignant 24 pièces au début de 1940. Ces canons ont été modernisés pour permettre notamment leur remorquage par véhicule automobile. Des projets plus ambitieux (nouveau tube, nouveaux équipements de pointage) n’ont pas été menés à bien faute de temps et de moyens.

Le 10cm K14 était un canon de campagne de 105mm pesant 2820kg en ordre de tir et disposant d’un tube de 35 calibres (4.725m) permettant le tir d’un obus de tir séparé de 16kg à une distance maximale de 12085m. L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de -5° à +45° et en azimut sur 6°.

10.5cm Leichte Feldhaubitze 16 (10.5cm LeFH 16)

10.5cm Leichte Feldhaubitze 16

Cet obusier léger (qui mérite vraiment son nom avec seulement 1525kg en batterie) et de conception plus ancienne que le LeFH 18 est destiné aux unités hippomobiles essentiellement en raison de son poids inférieur qui rend son remorquage par les chevaux moins éprouvant.

Un temps il équipe également les groupes automobiles mais quand la guerre éclate en septembre 1948, les versions à train rouleur pour permettre le remorquage par camion, tracteur d’artillerie ou semi-chenillé ne sont plus en service, remplacés par des LeFH18.

Cet obusier est toujours en service en septembre 1948, les différentes tentatives pour le remplaer n’ayant pas aboutit. Néanmoins au sein de l’armée allemande il va peu à peu être relégué en seconde ligne soit pour équiper des unités de réserve ou pour entrainer de nouveaux artilleurs.

Les bulgares ont récupéré cet obusier de campagne auprès de l’Allemagne mais aussi sur le champ de bataille en capturant des pièces initialement mises en œuvre par l’armée roumaine. Toujours en service en septembre 1948 il va également être peu après relégué dans des missions secondaires ce qui n’empêchera pas sa destruction, aucun obusier de ce type en service dans l’armée bulgare n’ayant survécu au conflit.

Le 10.5cm Leichte Feldhaubitze 16 était un obusier léger de campagne de 105mm de conception et de fabrication allemande.

Pesant 1525kg en batterie, il en pesait le double en configuration transport (3300kg). Avec son tube de 22 calibres (longueur 2.310m) il pouvait tirer un obus du type séparé de 14.81kg (explosif) et 14.25kg (perforant) à une distance maximale selon les charges de 3400 à 9200m à raison de 6 à 8 coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer l’obusier en site de -4° à +40° et en azimut sur 4°.

10.5cm Leichte Feldhaubitze 18

10.5cm Leiche FeldHaubitze 18

Suite à la défaite de 1918 l’Allemagne doit sérieusement réduire la voilure en terme militaire, le traité de Versailles signé sept mois après l’Armistice de Rethondes réduit l’armée de terre à 100000 hommes avec peu d’armes lourdes.

Faisant contre mauvais fortune bon cœur, les allemands étudient avec soin le premier conflit mondial en tirant de nombreuses conclusions comme le fait que le 77mm est jugé comme état un calibre trop faible.

Le 105mm est choisit comme calibre de base pour l’artillerie de campagne (ce qui n’empêchera pas le canon de 77mm d’être encore présent en septembre 1939).

A l’époque la Reichswehr possédait 84 10.5cm Leichte Feldhaubitze 16, un obusier de campagne correct mais qui devait être remplacé par une pièce plus moderne. C’est l’acte de naissance du 10.5cm Leichte Feldhaubitze qui est mis en service à partir de 1935.

La Bulgarie va recevoir cet obusier léger mais aussi un obusier qui annonce le 10.5cm LeFH 18. Sofia va recevoir 84 mais aussi 380 10.5cm Leichte Feldhaubitze 18 soit un total de 464 exemplaires qui vont être utilisées au niveau divisionnaire (généralement un bataillon de 105mm avec deux bataillons de 75mm au sein du régiment d’artillerie divisionnaire) mais aussi au niveau de l’armée même si sa portée n’était pas forcément adaptée aux missions de ce type d’artillerie.

Cet obusier va être engagé dans les Balkans mais aussi sur le front russe, servant aussi bien à préparer les offensives qu’à contrebattre l’artillerie ennemies, artillerie que les bulgares vont d’abord apprendre à respecter avant de la redouter.

A la fin du second conflit mondial l’armée bulgare disposait encore de 112 pièces de ce type, pièces stockées en attendant que l’armée bulgare soit reconstituée. Une fois la décision prise quelques obusiers vont être ressortis de la naphtaline pour entrainer de nouveaux artilleurs en attendant la livraisons de pièces soviétiques. Quelques obusiers de ce type vont être préservées dans des musées.

Le 10.5cm Leichte Feldhaubitze 18 était un obusier léger de campagne de 105mm de conception et de fabrication allemand. Pesant 1985kg en batterie (3490kg en configuration transport), il disposait d »un tube de 28 calibres (2.94m) permettant le titre d’un obus de type séparé (jusqu’à six charges 105x155mmR) de 14.81kg à une distance maximale de 10675m à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce permet à l’obusier de pointer en site de -5° à +42° et en azimut sur 56°.

10.5 cm hruby kanon vz. 35

Le 10.5cm hruby kanon vz.35 est un canon de 105mm mis au point au milieu des années trente par la dynamique industrie militaire tchécoslovaque.

Cette dernière qui s’appuyait sur la firme Skoda ainsi que d’autres manufacturiers moins prestigieux produisait des armes réputées qui avaient rencontré un très grand succès à l’export.

Les allemands ne s’y trompent et dès le démantèlement de la Tchécoslovaquie en mars 1939 ils s’emparent de tout aussi bien des usines que des armes fabriquées ou des projets alors en cours de dévellopement.

Parmi ces armes figure donc le 10.5cm hruby kanon vz.35 qui avait dééjà été exportée en Yougoslavie mais aussi en Bulgarie. La nouvelle armée slovaque va également recevoir trente-six exemplaires.

La Bulgarie commande quarante-huit pièces en septembre 1937, les livraisons s’effectuant au printemps 1948. Sofia aurait voulu commander d’autres canons de ce type mais les allemands nouveaux maitres des usines refusent dans un premier temps.

Ce n’est qu’en septembre 1943 que la Bulgarie peut commander de nouvelles pièces, une première commande de 96 exemplaires livrées entre janvier et septembre 1944 suivit d’une deuxième commande de 124 pièces passées en mai 1945, commande honorée entre septembre 1945 et février 1946.

Cela porte le parc bulgare à 268 exemplaires en septembre 1948. Une nouvelle commande est envisagée mais ne sera pas concrétisée, les allemands ayant choisit d’arrêter la production pour rationnaliser leur industrie sur le pied de guerre.

Les 10.5cm hruby kanon vz.35 bulgares vont opérer en Russie et surtout dans les Balkans. A la fin du conflit il restait une cinquantaine de pièces encore en état de tirer. Elles vont être stockées mais faute de munitions elles ne seront pas réemployées après guerre.

Le 10.5cm hruby kanon vz.35 était un canon de 105mm pesant 4200kg en batterie et disposant d’un tube de 42 calibres (longueur du tube 4.4m) permettant le tire d’un projectile de 14.81kg à une distance maximale de 18100m à raison de six à huit par minute. L’affût permet au canon de pointer en site de -6° à +42° et en azimut sur 50°.

10cm Schwere Kanone 18

Le 10cm Schwere Kanone 18 (canon lourd de 105mm modèle 18) était une pièce de conception et de fabrication allemande destinée à remplacer le 10cm Kanone 17 plus ancien. Mis en service en 1934 il était toujours en service en septembre 1948. Il était issu de la synthèse de deux projets concurrents proposés par Rheinmetall et Krupp, le canon du premier installé sur l’affût du second.

La Bulgarie commande dix-huit pièces en juin 1939 qui une fois livrés sont suivies d’autres portant le total à 116 pièces pour équiper essentiellement des unités d’artillerie lourde au sein des brigades d’artillerie même si une partie du parc sera gardée en réserve pour permettre à la flotte de durer alors que l’on sait que les allemands ne pouvaient en livrer d’autres. 1433 pièces ont été produites au total.

A la fin du conflit il restait 32 105мм Д/52 и Д/56 « дълго оръдие » Круп en service, canons promptement mis sous clés par les soviétiques. Ces pièces sont gardées en réserve jusqu’en 1980 quand elles sont envoyées à la ferraille.

Le 10cm Schwere Kanone 18 était un canon de 105mm pesant 5642kg et disposant d’un tube de 52 calibres (longueur du tube 5.460m) permettant le tir d’un obus de type séparé (une à trois charges) de 15.14kg à une distance maximale de 19075m à raison de six coups par minute. L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de 0° à +48° et en azimut sur 64° de part et d’autre de l’axe.

Mitteleuropa Balkans (57) Balkans (21)

Artillerie de campagne et de montagne

7.5cm M.1915

Connu en version originale sous le nom de Skoda 7.5cm Gebirgskanone M.15, le canon de 75mm Skoda modèle 1915 est comme son nom l’indique un canon de montagne dont le caractère démontable entraina un fragilité préjudiciable lors des remorquages en terrain difficile.

Utilisé durant le premier conflit mondial par les austro-hongrois et par les allemands (ces derniers comme canon d’infanterie), il à été utilisé une fois le conflit terminé par l’Italie qui à reçu ces canons au titre des dommages de guerre. Il à été naturellement utilisé par les pays ayant succédé à la Double-Monarchie à savoir l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne et la Yougoslavie mais aussi la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie.

La mise au point de ce ce canon à été longue en raison des incertitudes des services techniques qui hésitaient entre un canon démontable en multiples fardeaux ou un canon démontable en ensembles plus gros.

Voilà pourquoi ce canon dont l’étude à été lancé en 1911 n’à été mis en service qu’en avril 1915 soit un an de retard sur le planning initial. Après guerre une version améliorée baptisée modèle 1928 à été mise au point.

La Bulgarie à reçut 144 exemplaires durant le premier conflit mondial, des armes employées dans le tourmenté relief balkanique où il fit merveille. Cette arme fût utilisée comme pièce d’artillerie classique mais aussi comme canon d’infanterie lors des offensives bulgares locales.

83 pièces furent perdues (dont 54 capturées par l’Entente) réduisant le parc à la fin du premier conflit mondial à seulement 61 canons mais des pièces récupérées dans le chaos de l’après guerre fit remonter le parc à 120 pièces en septembre 1939 avant une décroissance liée à l’usure. 75 pièces étaient encore en service en septembre 1948 et 42 en avril 1954 quand le second conflit mondial se termine. l »immense majorité est envoyée à la ferraille.

Le 7.5cm M.1915 était un canon de 75mm disposant d’un tube de 15.4 calibres (longueur du tube 1.15m) pesant 614kg en position de tir (620kg en configuration transport) Il tire un obus (75x129R) de 6.35kg à une distance maximale de 8250m à raison de 6 à 8 coups par minute. L’équipe de pièce de cinq ou six hommes protégée par un bouclier de 4.2mm d’épaisseur peut pointer le canon en site de -10° à +50° et en azimut sur 7°.

7.5cm M.1936

Pour compléter à défaut de devoir remplacer le canon précédement présenter la Bulgarie à acquis en 1936 auprès de la firme Bofors un nouveau canon léger de montagne désigné par ses soins 7.5cm M.1936.

Sous cette désignation se cache une évolution du canon de montagne Bofors de 75mm modèle 1934, un canon notamment utilisé par la Belgique, les Pays-Bas et la Chine mais aussi par l’Allemagne (douze canons pour évaluation) et donc dans un modèle amélioré par la Bulgarie.

Ce canon également vendu en Argentine, au Brésil, au Paraguay, en Perse et en Suisse à été engagé au combat par les Pays-Bas aux Indes Néerlandaises, par la Belgique dans les Ardennes et par la Bulgarie dans les Balkans où le petit canon suédois fit merveille par sa robustesse et sa fiabilité.

Bien entendu avec 48 canons les artilleurs bulgares ne pouvaient pas faire de miracles mais ils sont parvenus à appuyer les troupes bulgares et ont surtout rendu plus difficile l’avancée des troupes alliées dans les Balkans où il à été exclusivement employé.

Il y eut bien le projet d’envoyer une batterie en Russie pour soutenir les deux divisions bulgares mais les canons restèrent à Varna en raison de la surcharge du cargo devant les emporter avec munitions et servant. Ce fût une heureuse chose car le cargo en question fût coulé par un sous-marin soviétique. Les canons auraient pu rallier la Crimée ultérieurement mais ce ne fût pas le cas.

A la fin du second conflit mondial la Bulgarie possédait encore seize canons de ce type qui furent stockés puis brièvement réutilisés comme pièces d’entrainement pour les nouveaux artilleurs bulgares. Deux pièces furent utilisées comme canon de salut à Sofia jusqu’en 1975 quand l’un d’eux explosa entrainant leur réforme, le canon endommagé étant envoyé à la ferraille, le second préservé dans un musée.

Le 7.5cm M.1936 était un canon léger de montagne de 75mm pesant 928kg en position de tir. Il dispose par ailleurs d’un tube de 24 calibrres (longueur du tube 1.8m) permettantt le tir d’un obus de 6.59kg (obus encartouché QF 75x212mm) à une distance maximale efficace de 9300m à raison de 15 à 25 coups par minute. L’équipe de pièce composée de neuf hommes et protégée par un bouclier pouvait pointer le canon en site de -10° à 50° et en azimut sur 7°54′.

7.5cm Gebirgsgeschütz 36 (désignation bulgare : 7.5cm M.1944)

Le 7.5cm Gebirgskanone 15 n’était autre qu’une pièce austro-hongroise produite par la firme Skoda, utilisée en petit nombre par l’armée allemande durant le premier conflit mondial et dont des exemplaires supplémentaires ont été commandés par la Reichswehr pour servir de canon de montagne (alors que les pièces commandées avaient été davantage utilisées pour le soutien rapproché de l’infanterie).

Ce canon déjà ancien devait être remplacé par une pièce plus moderne. Après avoir évalué des canons Bofors de 75mm (pièces exportées en Belgique et aux Pays-Bas) sous le nom de Gebirgseschütz 34, les allemands mirent au point leur propre canon, le 7.5cm Gebirgseschütz 36.

Mis au point par Rheinmettall, ce canon entra en service à partir de 1938 mais la production fût assez lente ce qui explique qu’il fallut attendre 1943 pour que les derniers Gebirgskanone 15 soient remplacés et relégués à l’instruction.

Ce canon était naturellement toujours en service en septembre 1948 et n’allait pas tardé à faire parler la poudre en Norvège en appuie des troupes de montagne allemandes.

La Bulgarie devient le seul client d’avant-guerre de ce canon de montagne. Pour compléter leurs Bofors de 75mm, ils vont passer commande de 60 exemplaires qui sont livrés entre 1944 et 1947 pour compléter les canons suédois mais aussi les canons austro-hongrois qui faisaient de la résistance en dépit d’une usure prononcée.

Ces canons vont opérer dans les Balkans pour appuyer les troupes bulgares aussi bien dans leurs combats conventionnels contre les alliés que lors des sinistres opérations de nettoyage.

A la fin du conflit il restait 23 pièces en service. Certaines ont été stockées jusqu’en 1975 quand décision est prise de purger les stocks des armes dépassées. Ces canons de montagne sont tous envoyées à la ferraille sauf deux préservées dans des musées.

Le 7.5cm M.1944 était un canon de montagne de 75mm pesant 750kg disposant d’un tube de 19 calibres (longueur du tube 1.45m) permettant le tir d’un obus de 5.75kg à raison de six à huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de cinq hommes pouvant pointer le canon en site de -2° à +70° et en azimut sur 40° de part et d’autre de l’axe.

7.5cm M1903

Le 7.5cm M1903 était un canon de 75mm comparable au M1904 ci-après mais de conception et de fabrication allemande, un produit de la firme firme Krupp. Ce canon acquis en 1913 était toujours en service au début du second conflit mondial même si il était en cours de retrait.

Il n’y eut pas de témoignage de son utilisation sur le front balkanique mais comme des partisans yougoslaves ont capturé un exemplaire il est évident qu’il à été utilisé dans les tristements célèbres opérations de nettoyage menées en Macédoine par les troupes bulgares.

Quelques rares exemplaires ont survécu jusqu’au printemps 1954 mais c’était pour mieux subir les foudres des chalumeaux des démolisseurs.

Le 7.5cm M1903 était un canon léger de 75mm pesant 1070kg en batterie mais 1770kg en configuration transport disposant d’un tube de 30 calibres (longueur 2.25m) permettant le titre d »un obus explosif de 6.35kg à une distance maximale de 8000m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes pouvait pointer le canon en site de -5° à +15° et en azimut sur 3°

Canon de 75mm Schneider-Canet

Le 7.5cm M1904 était un canon produit pour la Bulgarie par la firme française Schneider-Canet, un des grands «marchands de canon» d’avant le premier conflit mondial avec son concurrent allemand Krupp.

324 exemplaires du modèle 1904 sont commandées par la Bulgarie en 1906 ett livrées jusqu’en 1909. Avec un tel nombre vous n’allez pas être surpris chers lecteurs d’apprendre que ce canon sera la principale pièce d’artillerie de campagne de l’armée bulgare durant les deux guerres balkaniques et la première guerre mondiale.

A ces canons vont s’ajouter 180 canon de 75mm Schneider-Canet modèle 1907, des canons d’origine serbe capturés sur le champ de bataille en 1915 (180) mais aussi auprès de l’Armée d’Orient qui perdit neuf canons en 1916.

Et ce n’est pas finit puisque la Bulgarie va également récupérer des canons de 75mm Schneider-Canet modèle 1908, huit de ces canons capturés sur les troupes grecques en 1916 étant promptement remises en service au sein de l’armée bulgare.

Ces canons vont opérer au sein de l’armée bulgare durant tout le conflit et vont rester en service durant la période où les effectifs et les moyens de l’armée du tsar Boris III sont sévèrement contingentés. Nombre de pièces sont modernisées notamment en vue de les adapter à la traction automobile mais clairement en septembre 1948 ces différentes pièces étaient dépassées.

Elles vont néanmoins faire le coup de feu durant tout le conflit et en mai 1954 il restait encore une cinquantaine de ces pièces encore en service. Usées jusqu’à la corde elles n’ont pas été conservées par la suite et ont toutes finies sauf une sous les chalumeaux des ferrailleurs.

Le 7.5cm M1904 était un canon léger de 75mm pesant 1017kg en batterie (mais 1700kg en configuration transport) disposant d’un tube de 31.4 calibres (longueur 2.4m) lui permettant de tirer un projectile de 6.5kg (obus 75x280R) à une distance maximale de 8000m à raison de 15 coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes était protégée par un bouclier de 5mm ce qui lui permettait de pointer en site de -5° à +16° et en azimut sur 3°.

7.5cm M1910

Le 7.5cm M1910 était une autre création de la maison Krupp mais plus récente car datant comme sa désignation l’indique de 1910. Ces canons ont été acquis non pas légalement mais sur le champ de bataille, capturées au cours de différents conflits.

C’est ainsi que l’artillerie bulgare récupéra des M.1910 auprès des turcs (aux côtés de M.1904, M.1908 et M.1913) lors des deux guerres balkaniques, des M.1910 auprès de la Serbie en 1915 et des M.1910 auprès de la Grèce, ces canons étant d’anciennes pièces ottomanes !

Toujours en service dans l’armée bulgare en septembre 1948, ce canon était surtout utilisé depuis des positions fixes, des positions de campagne soigneusement aménagées pour casser l’avance alliée, la canaliser et l’user pour permettre la contre-attaque par des unités mobiles, unités de plus en plus rares au fur et à mesure que la guerre durait.

En mai 1954 il restait une poignée de pièces en service. Les chiffres sont incertains variant selon les sources entre 4 et 9. Ce qui est certain c’est que à part une pièces préservée dans un musée toutes les autres ont été envoyées à la ferraille.

Le 7.5cm M1910 était un canon léger de 75mm pesant 1079kg en batterie (mais 1770kg en configuration transport) disposant d’un tube de 30 calibres (2.250m) permettant le tir d’obus de 6.5kg (75x280R) à une distance maximale de 8000m à raison de huit coups par minute. L’équipe de pièce composée de six hommes protégée par un bouclier de 4mm pouvait pointer le canon de -5° à +16° en site et sur 7° en azimut.

7.7cm FK-16

Quand l’armée allemande décida de développer une artillerie de campagne moderne elle choisit le calibre de 77mm. Pourquoi un tel calibre ? Visiblement il s’agissait de pouvoir si besoin est réaléser les canons de 75mm français et de 76.2mm russes pour leur permettre de tirer des obus allemands.

Ce canon mis en service en 1896 sous la désignation de 7.7cm FK96 n.A va être supplanté durant le premier conflit mondial par le 7.7cm Feldkanone 16, un canon disposant d’un tube plus long, d’une élévation plus importante et un système de munition séparé pour réduire la consommation de poudre et ainsi l’usure des tubes.

Des canons de ce type ont été livrés à l’armée bulgare durant le premier conflit mondial en l’occurence vingt exemplaires. Dix-huit sont toujours là en novembre 1918 et 14 sont toujours en service à la fin de la guerre de Pologne mais en septembre 1948 les quatre survivants étaient utilisées uniquement pour l’entrainement. Ils sont été ferraillées durant le conflit à une date inconnue pour nous.

Le 7.7cm Feldkanone 16 était un canon léger de 77mm pesant 1318kg en position de tir et disposant d’un tube de 35 calibres (longueur du tube 2.695m) permettant le tir d’un obus de type séparé (77x230mm) de 7.2kg à une distance maximale de 10700m (9100m en pratique). L’équipe de pièce pouvait pointer le canon en site de -10° à +40° et en azimut sur 4°.

8cm Feldkanone C/80

Le 8cm Feldkanone C/80 était un canon de conception et de fabrication allemande mis au point par Krupp à la fin du XIXème siècle. Cette arme à été utilisée par l’armée allemande mais aussi es pays étrangers à savoir l’Albanie, la Bulgarie, le Brésil, le Chili, la Grèce, le Monténégro, l’Etat libre d’Orange, l’empire ottoman, la Roumanie et la Serbie. Au total 1880 pièces ont été produites pour l’Allemagne et pour l’export.

Les bulgares vont utiliser cette arme durant les guerres balkaniques, la première guerre mondiale et dans l’entre-deux-guerres. Quelques pièces étaient encore en service en septembre 1939 mais en septembre 1948 le canon n’était plus en service. Tous ces canons ont été envoyés à la casse à une date inconnue probablement durant le second conflit mondial.

Le 8cm Feldkanone C/80 était une pièce d’artillerie de campagne de 75mm pesant 850kg et disposant d’un tube de 27 calibres (longueur du tube 2m) permettant le titre d’un obus de type séparé de 4.3 (standard ou shrapnel) ou 4.9kg (canister) à une distance maximale de 6000m à raison de dix coups par minute. L’équipe de pièce peut pointer le canon en site de -8° à +24°.

Mitteleuropa Balkans (56) Bulgarie (20)

Fusils et armes antichars

L’armée bulgare va comme toutes les armées de l’époque utiliser des fusils antichars, des armes lourdes, longtemps seule arme efficace de l’infanterie. Hélas pour les fantassins leur efficacité se heurta à l’augmentation de l’épaisseur du blindage. Ces armes furent donc très vite utilisées contre des blindés légers et des autos blindées. Certaines armées inaugurèrent le sniping lourd notamment en zone urbaine. La Bulgarie va utiliser trois modèles de fusils antichars, deux allemands et un suisse.

Fusil antichar Panzerbüsche 39

Le premier est le PANZERBÜCHSE 38, un fusil antichar apparu en 1939 tout comme son évolution le PANZERBÜCHSE 39. La Bulgarie va recevoir 150 exemplaires de ces deux armes, fusils antichars utilisées contre les blindés légers, les autos blindées et pour certaines cibles à haute valeur ajoutée. C’est ainsi qu’en janvier 1953 une équipe bulgare audacieuse parvint à faire exploser un dépôt de munitions grec en tirant avec un Panzerbüschse 39 sans se faire attraper.

Le PANZERBÜCHSE 38 était un fusil antichar pesant 16.2kg en ordre de combat, mesurant 1615mm (1085mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x94mm), il était servit par deux hommes (un tireur et un pourvoyeur) qui pouvaient toucher une cible à 1500m à raison de 10 coups par minute, perçant 29mm à 300m (inclinaison 30°). L’arme ne dispose pas de chargeurs, l’arme tirant au coup par coup.

Le PANZERBÜCHSE 39 était un fusil antichar de 12.6kg en ordre de combat mesurant 1620mm de long (1085mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x94mm), il était servit par deux hommes (un tireur et un pourvoyeur) qui pouvaient toucher une cible à 1500m (300m en tir efficace) à raison de 10 coups par minute, perçant 29mm à 300m (inclinaison 30°). L’arme ne dispose pas de chargeurs, l’arme tirant au coup par coup.

Le troisième fusil antichar était le Solothurn S-18/100, un fusil antichar livré à l’armée bulgare à 308 exemplaires en 1939. Cette arme servit par deux hommes était une arme d’un calibre de 20mm.

Mesurant 1760mm de long (925mm pour le canon), il pesait 40.5kg en ordre de combat. D’un calibre de 20mm (20x105B), il pouvait toucher une cible à 2000m (500m en pratique) à raison de 20 coups par minute, percant 11mm de blindage à 500m à 30° d’inclinaison. L’alimentation se faisait par des chargeurs de 10 coups.

-Outre ces trois fusils antichars standards l’armée bulgare à utilisé quelques fusils antichars soviétiques capturés en l’occurence des PTRD-41.

-La Bulgarie va également recevoir quelques lance-roquettes réutilisables Panzerschreck et quelques lance-roquettes jetables Panzerfaust.

Ces armes ont été mises au point pour fournir à l’infanterie un moyen de se protéger contre les chars ennemis alors que l’augmentation de l’épaisseur des blindages avait entrainé le déclassement des canons antichars légers d’infanterie.

Les alliés comme les allemands imaginèrent une arme simple et légère combinant pour simplifier une charge creuse avec une fusée.

Les allemands inspirés du Bazooka américain (même si ils s’en défendaient) mirent d’abord au point un lance-roquettes réutilisable fonctionnant selon le même principe que ses homologues américains, français et britanniques avec un calibre plus élevé et un petit bouclier.

Cette arme se révéla efficace mais jamais l’industrie allemande ne fût capable d’en produire suffisamment pour répondre aux besoins colossaux de ses forces voir de celles de ses alliés.

Si la Bulgarie à pu mettre en œuvre le Panzerschreck c’est visiblement selon une initiative locale et non une décision politique au sommet. En clair les troupes allemandes en dépit de leurs remarques acerbes sur leurs alliés (qui étaient les boucs-émissaires de toutes leurs débacles militaires) voulaient qu’ils puissent les appuyer ce qui explique l’utilisation par l’armée bulgare de quelques centaines (le chiffre de 200 est souvent avancé mais ne réponse sur aucun archive fiable) de ces lance-roquettes.

Ironie de l’histoire, cette arme tout comme le Panzerfaust que nous verrons après ont été davantage utilisés comme arme anti-bunker en combat urbain que comme arme antichar pure.

A la fin du conflit il ne restait qu’une poignée de ces lance-roquettes aux mains des bulgares. Ces derniers furent récupérés par les soviétiques qui n’en firent pas grand usage, ayant déjà capturé de nombreux exemplaires de ces armes pour les évaluer et mettre au point leur propre arme de ce type même si la série des RPG devait davantage au Panzerfaust qu’au Panzerschreck.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette arme à été utilisée par la Finlande, l’Italie (le gouvernement fasciste combattant aux côtés des allemands après le basculement de mars 1953), la Hongrie, la Roumanie, l’URSS et la résistance intérieure polonaise.

Le Panzerschreck pesait 11kg à vide, mesurait 1640mm de long, affichait un calibre de 88mm et une portée maximale effective de 150m. Selon des tests réalisés après guerre, il pouvait percer 95mm de blindage à inclinaison de 30°.

Le Panzerschreck était sans conteste une bonne arme mais elle souffrait de deux défauts. Le premier c’est qu’elle était relativement longue à fabriquer et que son utilisation réclamait de nombreuses heures d’entrainement.

Or l’Allemagne reculait sur tous les fronts et manquait de temps pour produire des armes et pour former ses soldats. D’où l’idée d’un lance-roquettes facile à produire et à utiliser. Cela excluait donc un lance-roquettes réutilisable au profit d’un lance-roquettes jetable nécessitant une instruction minimale.

C’est l’acte de naissance du «poing blindé», une arme d’une simplicité biblique. On lance et on jette. Produit à plusieurs millions d’exemplaires, cette arme fût utilisée aussi bien comme arme antichar que comme arme anti-bunker et anti-bâtiment même si sur la défensive, les allemands n’avaient pas forcément beaucoup l’occasion d’attaquer des blockhaus ennemis.

Si la Bulgarie n’à reçut que fort peu de Panzerschreck, en revanche l’Allemagne fût plus prodigue en ce qui concerne le Panzerfaust qui fût utilisé par les bulgares à plusieurs milliers d’exemplaires, des armes utilisées avec succès contre les chars alliés et contre des positions fortifiées de campagne que les alliés aménageaient dès que le front se figeait ou était figé.

Outre le nombre exact inconnu on ignore quels modèles ont été utilisés par les bulgares entre le Panzerfaust 30 klein, le Panzerfaust 30, le Panzerfaust 60 (la version la plus courante), le Panzerfaust 100, le Panzerfaust 150 et le Panzerfaust 250.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, le Panzerfaust à été utilisé par la Finlande, la Hongrie, l’Italie pro-allemande, la résistance intérieure polonaise, la résistance intérieure tchécoslovaque, la Roumanie, l’URSS (armes capturées), les Etats-Unis (armes capturées). Après guerre l’Argentine, la Pologne et la Suède produisirent des copies plus ou moins directes du premier lance-roquettes jetable de l’histoire.

Le Panzerfaust 60 pesait 6.8kg mesurait environ 1m pouvait atteindre une cible à 60m. Sa tête militaire de 149mm pouvait pénétrer 200mm de blindage homogène.

Mortiers

En guise d’avant-propos

Le mortier d’infanterie apparaît durant le premier conflit mondial et son intérêt n’échappe pas à l’armée bulgare qui commande des mortiers allemands Erhardt ainsi que des mortiers venus d’Autriche-Hongrie.

Sur les 380 exemplaires en service en novembre 1918 seulement 40 sont laissés à l’armée bulgare dont les effectifs ont été limités à 20000 hommes par le Traité de Neuilly-sur-Seine. Ces mortiers Erhardt sont obsolètes au milieu des années trente et l’acquisition de mortiers modernes est l’une des priorités de l’armée bulgare dès qu’elle peut entamer son réarmement.

367 mortiers sont en service dans l’armée bulgare à la fin de la guerre de Pologne mais environ 3500 mortiers sont en service en septembre 1948 quand éclate le second conflit mondial. En mai 1954 le nombre d’armes disponible est encore non négligeable avec selon les sources entre 400 et 670 armes en service, cette différence s’expliquant probablement par le modèle de calcul.

Elle va donc redevoir trois modèles, un modèle léger de 50mm d’origine allemande et deux modèles de 81mm, un modèle français et un modèle allemand.

Les différents modèles de mortiers en service dans l’armée bulgare

Le premier est le 5cm Leichte Granatwerfer 36, un mortier léger ou plutôt un lance-grenades dont le fonctionnement était différent.

Plutôt que de suivre les canons imposés par le mortier Stokes tube, plaque de base et bipied, les allemands décidèrent de mettre au point une arme nettement plus complexe mais qui fût jugée suffisamment efficace pour être adoptée sous le nom de 5 cm Leichte Granatwerfer 36 ce qui donne en français Lance-grenades léger de 5cm (50mm) modèle 1936.

Si les ingénieurs de la Rheinmettall-Borsig AG étaient pleinement satisfaits de leur création, sur le terrain, la troupe n’était pas vraiment emballée par cette arme complexe aux performances moyennes avec un projectile de 900 grammes et une portée limitée à 520m.

Arme complexe à fabriquer, couteuse en matière première, elle bénéficia d’un sursis avec la fin prématurée de la guerre de Pologne mais elle n’était plus en odeur de sainteté ce qui fait qu’en 1944 les allemands stoppèrent la production de cette arme au profit d’une version allégée et raccourcie du 8cm Schwere Granatwerfer 34.

La Bulgarie à reçu 812 exemplaires à partir de 1943. A la différence des allemands les bulgares ont apprécié cette arme au point de récupérer d’autres armes issus des stocks allemands. A noter que dans l’armée bulgare l’arme était servie par trois hommes.

Cette arme à été utilisée par la Bulgarska Armiya jusqu’à la fin du conflit mais à notre connaissance elle n’à pas été réutilisée par exemple pour entraîner les tireurs de mortiers de la nouvelle armée bulgare probablement parce que son fonctionnement était trop différent

Le 5cm Leichte Granatwerfer 36 était un mortier léger de 50mm disposant d’un tube de 0.46m de long pesant 14kg en ordre de combat. Tirant un projectile de 0.900kg, il pouvait atteindre une cible à une portée minimale de 50m et maximale de 520m à raison de 15 à 25 coups par minute. L’équipe de pièce composée de deux hommes pouvait pointer l’arme en azimut sur 34° de part et d’autre de l’axe et en site de +42° à +90°.

Le premier des mortiers médians de l’armée bulgare était le célèbre Mortier Brandt modèle 1927/31, une évolution du Stokes du premier conflit mondial et qui à définitivement fixé les canons du mortier d’infanterie avec plaque de base, tube et bipied.

L’armée bulgare va récupérer 533 armes de ce type. Elle chercha à en récupérer d’autres durant la Pax Armada en espérant que la France cède quelques armes issues de ses stocks mais Paris ne donna pas suite à la demande de Sofia.

Utilisé avec le 8cm Schwere Granatwerfer 34 au sein des sections mortiers des compagnies d’appui, les mortiers Brandt se montrèrent efficaces, un soldat français dont l’histoire à oublié le nom ayant dit un jour «On ne peut dire la guerre c’est l’enfer sans avoir été un jour sous un tir de mortiers».

Les bulgares vont utiliser ce mortier jusqu’à la fin de la guerre. Quelques armes stockées au moment du désarmement furent remise en service pour former les nouveaux tireurs mortiers de l’armée bulgare communiste avant que l’arrivée de mortiers soviétiques n’entraine leur retrait du service.

Le M.27/31 était un mortier médian d’infanterie de 81mm (calibre réel 81.4mm) pesant 56kg en ordre de combat.

Disposant d’un tube de 1.257m, il tirait un projectile de 3.25kg à une distance comprise entre 1000 et 3116m à raison de douze à dix-huit coups par minute. L’équipe de pièce de cinq hommes pouvait pointer l’arme de 8 à 12° de part et de l’autre de l’axe en azimut et en site de +45° à +80°.

8 cm Schwere Granatwerfer 34 (8cm sGrW 34)

-Le deuxième mortier médian de l’armée bulgare était donc le 8cm Schwere Granatwerfer 34 (8cm SgrW 34), un mortier qui était pour ainsi dire une copie du mortier Brandt modèle 1927/31.

C’était donc une arme sans caracteristiques remarquables, son efficacité reposant sur un entrainement rigoureux de ses servants pour un pointage rapide et un tir foudroyant destiné à faciliter la percée, la prise de la cible ou pour briser une attaque ennemie foudroyée par les éclats des projectiles.

Deux versions dérivées ont été mises au point, une version destinée à être montée sur véhicule semi-chenillés pour appuyer les Panzergrenadier et une version raccourcie appelée Kurzer Granatwerfer 42 mais également Stummelwerfer.

Cette version était initialement destinée aux Fallschirmjager (qui rappelons-le appartenaient à la Luftwaffe et non à l’armée de terre) mais à finit par remplacer le 5cm Leichte Granatwerfer.

La Bulgarie à commandé 320 exemplaires en 1936 suivit de 120 en 1938, les premiers étant identiques aux mortiers de la Heer mais les suivants étaient légèrement différents.

Deux autres commandes passées en 1947 et 1949 ont porté le parc à 1070 exemplaires. A la fin du conflit environ 250 mortiers de ce type étaient encore disponibles et il n’est pas impossible que certaines pièces soient restées plusieurs années en réserve pour un potentiel réarmement.

Le 8cm Schwere Granatwerfer 34 était un mortier médian d’infanterie de 81mm pesant 62kg en batterie. Disposant d’un tube de 1.14m, il tirait un projectile de 3.5kg à une distance maximale de 2400m (1200m en pratique) à raison de 15 à 25 coups par minute. L’éuipe de pièce de cinq hommes pouvait pointer l’arme en site de +45° à +90° et en azimut de 10° à 23°.

Mitteleuropa Balkans (55) Bulgarie (19)

Armes de l’infanterie (2) : armes collectives

Fusil-mitrailleurs

soldats tchécoslovaques et un ZB vz.26

Le fusil mitrailleur standard de l’armée bulgare est le ZB-39, une arme tchècoslovaque, un dérivé du ZB vz.26. C’est ce fusil mitrailleur qui allait donner naissance au Bren et d’ailleurs le ZB-39 peut être considéré comme identique au BR[no]EN[field].

Le ZB vz.26 est connu pour l’excellence de sa fabrication, sa fiabilité et la facilité à changer le canon de l’arme, un atout précieux au combat.

Sa mise au point à commencé en 1921 quand le jeune état tchécoslovaque s’interrogea sur leur future mitrailleuse légère, testant des design internationaux avant de finalement choisir la voie nationale, le développement de la future ZB vz.26 commençant en 1923. La production commence en 1926 et l’arme est mise en service dans l’armée tchécoslovaque en 1928.

C’était une arme fonctionnant par emprunt de gaz, refroidie par air avec sélecteur de ttir. Son canon détachable permettant un changement en cas d’échauffement excessif. Le chargeur droit était monté sur le dessus comme sur nombre de fusils mitrailleurs de l’époque (Chatelleraut, Bren, Vickers-Berthier……). Arme destinée à opérer essentiellement sur bipied, elle pouvait être monté sur un trépied notamment pour le tir antiaérien même son efficacité était plus psychologique qu’autre chose.

Utilisée comme arme d’infanterie le ZB-26 fût également utilisé comme arme coaxiale sur nombre de véhicules tchécoslovaques.

45132 exemplaires furent livrées à l’armée tchècoslovaque soit un tiers environ de la production puisque plus de 120000 exemplaires sont sortis des chaines de montage pour répondre aux besoins de nombreux clients.

Qui dit nombreux clients (vingt-quatre pays européens, sud-américains et asiatiques) dit différents calibres même si un calibre populaire dominait largement en l’occurence le 7.92mm (7.92x57mm Mauser). Le fabricant tchécoslovaque fit évoluer son arme avec plusieurs variantes comme le ZB vz.27 (variante du vz.26 proposée au Portugal et à la Grande-Bretagne), le ZB vz.30, les ZGB-30 et 33 (adaptations pour des essais en Grande-Bretagne qui allaient donner naissance au Bren), le ZB vz.52 (variante produite après guerre en Tchécoslovaquie) et donc le ZB-39.

Outre la Tchécoslovaquie et la Bulgarie (5000 exemplaires acquis), le ZB vz.26 et ses variantes fût utilisé par l’Allemagne (qui manquait d’armes légères automatiques), l’Afghanistan, la Bolivie, le Brésil (7mm), le Chili, la Chine, la Croatie, l’Equateur, l’Egypte, l’Ethiopie, l’Irak, l’Iran,le Japon (armes chinoises capturées), la Lituanie, l’URSS (armes initialement commandées par la Lettonie, utilisation incertaine), le Mandchoukouo, le Paraguay (armes boliviennes capturées durant la guerre du Chaco), la Roumanie, le Siam, la Slovaquie, l’Espagne, la Suède, la Turquie, la Grande-Bretagne et la Yougoslavie.

L’acquisition bulgare fût compliquée. Une première commande de 3000 armes fût passée avant le dépeçage de la Tchécoslovaquie mais seulement 100 armes furent livrées avant le printemps 1939.

Après des négociations houleuses avec Berlin les livraisons ont repris, la première commande étant honorée au printemps 1942. Une nouvelle commande de 2000 exemplaires fût passée en septembre 1943 et honorée en juin 1946.

Une chaîne de montage est mise en place en septembre 1947 pour produire une évolution du ZB-39, évolution baptisée ZB-47 qui allait être produite jusqu’en juin 1953 à 2500 exemplaires.

Arme très appréciée par les soldats, le ZB-39 fût utilisée principalement comme arme d’infanterie mais aussi sur des positions fixes et sur des véhicules notamment pour la défense antiaérienne.

A la fin du conflit cette arme était naturellement toujours en service. Selon une note de septembre 1955 le stock était de 2950 ZB-39 et 1500 ZB-47.

Nombre d’entre-eux furent envoyés à la fonderie, d’autres revendues à certains pays voir à des acteurs non-étatiques. Il n’est pas impossible que quelques armes aient été conservés en réserve pour ressortir en cas de conflit majeur en Europe.

Le fusil mitrailleur ZB-39 était une arme pesant 10.5kg, mesurant 1150mm de long (672mm pour le canon) d’un calibre de 8mm (8x56mm) d’une portée maximale effective de 2000m (1000m en pratique) avec une cadence de tir de 600 coups par minute (120 en pratiquant) sachant que l’alimentation se faisait par un chargeur de 20 coups.

-Les bulgares ont également utilisé des fusils-mitrailleurs de prise comme le Degtyarev DP-27 soviétique, le Bren britannique (qu’il s’agisse d’armes britanniques ou vendues à la Yougoslavie) voir le Chatelleraut français.

Mitrailleuses

Comme dans d’autres domaines l’armée bulgare utilisait plusieurs modèles de mitrailleuses, certains anciens et fiables mais d’autres étaient nettement plus modernes.

Mitrailleuse Schwartzlose

-Le modèle le plus ancien en service est la mitrailleuse M07/14 (modèle 1907 modifiée 14), la variante bulgare de la célèbre mitrailleuse austro-hongroise Schwartzlose.

1000 exemplaires furent ainsi acquis par Sofia pour son armée et en septembre 1948 en dépit de la présence de modèles plus modernes, l’increvable mitrailleuse à refroidissement par eau était encore présente et pas uniquement dans les unités de deuxième ligne, certaines unités de première ligne combattant les alliés ou les russes avec cette arme sans que la raison soit réellement claire. L’arme quitta le service actif durant le conflit et seuls quelques rares exemplaires ont échappé à la fournaise du second conflit mondial.

La mitrailleuse M07/14 était une mitrailleuse refroidie par eau, servie par cinq hommes et qui pese 43.9kg en ordre de combat (20kg pour la mitrailleuse, 19.9kg pour l’affût, 4kg pour l’eau), mesurant 945mm de long (dont 530mm pour le canon), tirant des cartouches d’un calibre de 8mm (8x56mmR) à une distance maximale de 3500m (1800m en pratique) à raison de 520 coups par minute (350 en pratique), l’alimentation se faisant par des bandes de 100 à 250 cartouches.

sMG-08

-La Bulgarie va également utiliser la sMG-08 allemande. Appelée également Spandau (du nom du quartier de Berlin où l’arme était produite), elle était la cousine germanique de la Vickers modèle 1912, ces deux armes devant beaucoup aux premières armes produites par Hiram Maxim.

L’efficacité des mitrailleuses allemandes contre les soldats français en pantalon garance et capote bleue aurait pu faire croire que cette nouvelle arme à été accueillie avec enthousiasme par les cadres de l’armée allemande. Ce ne fût pas le cas et les premières armes acquises par l’Allemagne furent payées par l’empereur Guillaume II en personne.

Après plusieurs modèles, le premier modèle standard fût la Schwere Maschinegewehr 08 ou sMG 08. Cette arme solidement construite montée sur trépied fût un véritable cauchemar pour les alliés, stoppant les offensives entre les no-man’s land. Cette arme dont fût extrapolée un fusil-mitrailleur resta en service après guerre, l’Allemagne comme on l’à vu ne pouvant développer officiellement de nouvelles armes.

La mise au point de la MG-15 et surtout de la MG-34 provoqua le retrait du service actif des sMG 08 qui étaient encore disponibles dans les dépôts en septembre 1939 et en septembre 1948 en compagnie d’armes polonaises, tchèques et autrichiennes, certaines mitrailleuses ressortant des stocks pour armer les unités de mobilisation faute de MG-34/42 et 45 en nombre suffisant.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette solide et robuste mitrailleuse fût utilisée par l’Autriche-Hongrie, le Brésil, la Belgique, la Géorgie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Chine, la Finlande, le Mandchoukhouo, l’Empire ottoman (puis la Turquie), la Roumanie, la Serbie, l’Espagne, la Norvège, la Pologne et la Lettonie.

Les bulgares ont récupéré des armes durant le premier conflit mondial pour compléter leurs Schwartzlose. Leur nombre est incertain mais ce qui est certain c’est que cette mitrailleuse était encore là en septembre 1948 pas pour équiper des unités de première ligne mais pour des unités de l’arrière et pour armer des positions fixes. Aucune arme n’à été préservée après guerre, les rares disponibles promptement envoyées à la ferraille.

La sMG-08 était une mitrailleuse moyenne refroidit par eau pesant 62kg en ordre de combat (dont 37.650kg pour l’affût-traîneau) mesurant 1170mm de long (710mm pour le canon), d’un calibre de 7.92mm ayant une portée maximale de 3500m (2000m en pratique) avec une cadence de tir de 300 à 450 coups par minute sachant que l’alimentation se faisait par des bandes souples de 250 cartouches.

Maxim M1910

-L’armée bulgare à utilisé une cousine de la sMG-08 en l’occurrence la Maxim M1910, une arme reconnaissable entre-toutes avec son affût monté sur roues et son bouclier.

Ces armes n’ont pas été acquises «légalement» mais capturées sur le champ de bataille durant le premier conflit mondial sur les troupes russes combattant sur le front roumain sans compter que dans l’immédiat après guerre les immenses surplus ont pu faire la fortune de marchands d’armes peu scrupuleux.

La Maxim M1910 à été adoptée en 1910 après de longs essais puisque les premiers ont été lancés en 1887 et les premières armées livrées seulement en 1899. Le modèle 1910 fait suite au modèle 1905 qui lui était assez proche même si le modèle 1910 devait davantage à la Maxim/Vickers modèle 1906 qu’au modèle 1905 stricto sensu.

Robuste et fiable, cette arme est utilisée durant le premier conflit mondial, la guerre civile russe, la guerre de Pologne, la guerre d’Hiver et même durant les premières opérations du premier conflit mondial.

En effet si sa production à cessé en 1943 au profit d’armes plus modernes, la production de ses remplaçantes n’à pas suffit pour remplacer totalement la modèle 1910. Si les finlandais se sont emparés de quelques armes lors de la guerre d’Hiver, les allemands aussi ont capturé des armes durant les premières semaines de l’opération BARBAROSSA.

Outre l’appui de l’infanterie, la Maxim M1910 était utilisée comme arme antiaérienne avec des affûts quadruples souvent montés sur camion, à bord des avions mais aussi à bord des navires de la marine soviétique.

En dépit de son âge avancé, la M1910 va combattre jusqu’à la fin du second conflit mondial et quelques semaines après la fin de ce terrible, de ce terrifiant conflit les dernières armes encore en service prennent une retraite bien méritée.

Outre les pays déjà cités, la M1910 à été utilisée par l’Autriche-Hongrie, la Bulgarie, la Chine, l’Estonie, la Hongrie, l’Iran, la Corée, la Lettonie, la Mongolie, la Pologne, la Roumanie, l’Espagne, la Syrie, la Turquie et l’Ukraine. Certains pays comme la Pologne ont rechambré l’arme dans un autre calibre.

Les Maxim bulgares conservèrent leur calibre de 7.62mm ce qui pouvait poser problème en matière de soutien logistique. Voilà pourquoi elles ont été surtout utilisées en position fixes depuis par exemple les blockaus de la Ligne Kubrat. Elle n’à pas survécu à la fin du second conflit mondial.

La Maxim M1910 était une mitrailleuse moyenne de 7.62mm (7.62x54mmR) refroidit par eau pesant 23.8kg à vide (69kg avec l’affût mais sans munitions) mesurant 1107mm (721mm pour le canon). La portée maximale est de 2000m avec une cadence de tir de 550 coups par minute sachant que l’alimentation se fait par des bandes souples de 250 cartouches.

MG-30

-Destinée à remplacer la Schwartzlose, la Maxim M1910 et la MG-08, la Maschinengewehr 30 (MG-30) ne les remplaça pas totalement au sein de l’armée bulgare. De cette mitrailleuse furent issues deux armes destinées à la Luftwaffe, les MG-15 et les MG-17. Elle va également servir de base de travail pour deux futurs «Rolls», les MG-34 et 42 (armes également utilisées par la Bulgarie voir ci-après).

Cette MG-30 mise au point en Allemagne allait être produite en Suisse par la Waffenfabrik Solothurn AG, une compagnie dont Rheinmetall avait pris la majorité des parts. Cette arme ne fût pas adoptée par la Reichswehr qui préféra la MG-13. Pour compenser Rheinmetall vendit des licences de production à l’étranger comme Steyr-Daimler-Puch en Autriche.

Cette arme entra en service dans différents pays sous différentes désignations comme la Solothurn S2-200,la Maschinengewehr Solothurn 1930 ou MG-30 et la Solothurn 31.M Golyószóró produite à 2 à 3000 exemplaires pour l’armée hongroise.

Cette arme était une mitrailleuse à refroidissement par air, fonctionnement avec le système du court-recul, tirant la cartouche allemande standard (7.92x57mm) via un chargeur cylindrique de 30 coups installé sur le côté gauche.

La MG-30 pouvait tirer en automatique et semi-automatique via non pas un sélecteur mais par un système de double gachette. Un bipied stabilisait l’arme pour le tir.

Cette mitrailleuse à été utilisée par l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie, le Salvador, l’Allemagne (ex-armes autrichiennes) et la Suisse. La Bulgarie à été utilisé cette mitrailleuse comme arme d’infanterie au sein d’unités de mitrailleuses et à plusieurs reprises au sein d’unités d’infanterie en remplacement par exemple des ZB-39/47. Cette arme à été conservée en réserve au sein de l’armée bulgare communiste jusqu’en 1975.

La Maschinengewehr MG-30 était une mitrailleuse moyenne pesant 9.5kg mesurant 1162mm de long dont 600mm pour le canon, tirant pour l’armée bulgare la cartouche 8x56mmR à une distance maximale de 2500m à raison de 700 à 900 coups par minute via un chargeur cylindrique de 25 coups.

-Les bulgares vont également utiliser les deux mitrailleuses standards de l’armée allemande quand éclate le second conflit mondial en l’occurrence les Maschinengewehr 34 (MG-34) et les Maschinengewehr 42 (MG-42).

Jusqu’ici on trouvait la mitrailleuse, une arme assez lourde mise en oeuvre par plusieurs hommes et le fusil-mitrailleur ou mitrailleuse légère, une arme mise en oeuvre par une ou deux personnes, très efficace pour accompagner l’assaut.

En partant de la MG-30 les allemands mirent au point la mitrailleuse polyvalente pouvait être utilisé sur bipied (configuration FM) et sur trépied (configuration mitrailleuse).

La nouvelle arme appelée Maschinegewehr modell 34 et plus connue sous le nom de MG-34 pouvait donc servir sur bipied ou sur tripied avec même une double système d’alimentation, un chargeur tambour double de 75 cartouches déjà utilisé par la MG-15 ou un système de bandes de 50 coups.

Là encore les allemands innovèrent avec la possibilité de lier rapidement plusieurs bandes pour augmenter l’alimentation en munitions.

Cette nouvelle mitrailleuse rencontra un succès immédiat même si sa fabrication prenait du temps et était très coûteuse. Le coût était aggravé par un trépied complexe et par une multitude d’accessoires certes conçus dans une bonne intention mais qui étaient semble-t-il superflus.

Cette arme adoptée comme son nom l’indique en 1934 fût un succès immédiat et s’illustra dans la guerre d’Espagne où elle fût utilisée par les troupes allemandes appuyant les nationalistes du général Franco.

Des variantes furent rapidement développées avec la MG-34m (appelée également MG-34 Panzerlauf) destinée à servir d’arme coaxiale sur les chars et les véhicules blindés, les MG-34s à canon plus court et uniquement pour le tir automatique avec une cadence de tir moins élevée pour réduire la dispersion.

Si la première arme fût produite en grande quantité (d’autant que la MG-42 n’était pas adaptée au montage coaxial), la seconde fût produite dans une quantité limitée, la MG-39/41 et prototype de la MG-42 se révélant nettement plus prometteuse.

La MG-34 servit également de base au développement d’une nouvelle mitrailleuse destinée à l’aviation, la MG-81 (ainsi que sa variante double la MG-81Z), mitrailleuse destinée à remplacer la MG-15.

La Bulgarie va recevoir 1200 exemplaires de la MG-34 pour équiper essentiellement les troupes devant opérer sous commandement allemand pour des questions logistiques. Cette arme va servir jusqu’à la fin du second conflit mondial mais ne joue pas les prolongations sous le régime communiste.

La Maschinegewehr Modell 34 (MG-34) était une mitrailleuse polyvalente pesant 12.1kg (32kg avec un tripode) mesurant 1219mm (627mm avec le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x57mm), elle pouvait toucher sa cible à 4700m (2000m en pratique) à raison de 600 à 1000 coups par minute. L’alimentation se fait par des bandes attachables de 50 cartouches voir un un double chargeur-tambour de 75 cartouches.

La MG-34 est une excellente arme mais cette excellence se paye au prix d’un sophistication et d’un coût trop important pour être produite en très grande quantité, une obligation pour le temps de guerre aux contraintes bien différentes du temps de paix.

D’où le lancement d’une étude pour une mitrailleuse tout aussi efficace mais moins coûteuse à produire. On s’inspira des méthodes de fabrication du MP-40 (estampage) et on bonifia le mode de fonctionnement de la MG-34 en exploitant les modes de fonctionnement de mitrailleuses tchèques et de projets polonais.

Tout cela aboutit à la MG-39/41, version de pré-série de la Maschinegewehr modell 42. Cette arme à servit essentiellement dans l’infanterie mais à également servir sur les positions fortifiées en affût double et pour la défense antiaérienne avec deux ou quatre mitrailleuses pour la défense antiaérienne à basse altitude pour protéger les terrains d’aviation.

Cette arme très efficace donna ultérieurement naissance à la MG-45, un modèle amélioré à la cadence de tir plus élevée. Extérieurement, elle était identique à la MG-42.

La Bulgarie va recevoir 800 exemplaires de la MG-42 pour compléter la MG-34. Tout comme son aînée, la MG-42 était surtout destinée aux unités bulgares devant opérer sous commandement allemand. Cette arme va servir jusqu’à la fin du second conflit mondial mais ne joue pas les prolongations sous le régime communiste.

La Maschinegewehr modell 42 était une mitrailleuse polyvalente pesant 11.6kg mesurant 1220mm de long (dont 530mm pour le canon). D’un calibre de 7.92mm (7.92x57mm), elle pouvait toucher sa cible à 4700m (2000m en pratique) à raison de 900 à 1500 coups par minute. L’alimentation se faisait par des chargeurs tambours de cinquante coups ou des bandes de 250 cartouches attachables.

-L’armée bulgare à également utilisé en très petit nombre la nouvelle mitrailleuse moyenne soviétique, la Goryunov SG-43 ainsi que quelques mitrailleuses lourdes DSKh M1938, la première étant d’un calibre de 7.62mm et la seconde étant d’un calibre de 12.7mm.

Mitteleuropa Balkans (54) Bulgarie (18)

Armement

Armes de l’infanterie (1) : armes individuelles

Pistolets et Revolvers

Comme souvent à l’époque l’armée bulgare disposait de plusieurs modèles de pistolets et de revolvers. Ces armes de poing étaient l’apanage des officiers, des sous-officiers et des servants d’armes lourdes.

En théorie les hommes du rang n’avaient pas le droit à avoir une arme de poing mais des photos et des témoignages montrent que le haut-commandement bulgare faisait preuve d’une grande souplesse dans ce domaine.

La principale arme de poing utilisé par les bulgares était le célèbre Luger P.08, un pistolet automatique reconnaissable entre tous au point qu’il faisait parti des reliques les plus recherchés par les soldats alliés sur le champ de bataille.

Vous pouviez être sur qu’un prisonnier allemand qui possédait encore un P.08 sur lui le perdait rapidement au profit du soldat le fouillant.

Pas moins de 12500 exemplaires de ce pistolet furent livrés à l’armée bulgare à partir de 1912, armée qui l’utilisa jusqu’à la fin du second conflit mondial. En revanche quand l’armée bulgare fût reconstituée sous le régime communiste, le Luger n’eut plus loisir de servir, remplacé par des Tokarev TT.33 et son successeur le Makarov.

Le Luger P.08 était un pistolet automatique calibre 9mm (9x19mm Parabellum) mesurant 222mm de long (dont 130mm pour le canon) tirant une cartouche de 9.8g à une distance maximale effective de 50m à raison de vingt coups par minute sachant que le chargeur comprend théoriquement huit cartouches.

-L’autre pistolet automatique utilisé par l’armée bulgare est une autre arme allemande, le Walter PP. Le modèle original baptisé Walter Polizeipistole (Walter PP) est apparu en 1929 et avait pour fonction première l’équipement des forces de police.

Très vite les armées du monde entier se sont montrées intéressées par ce pistolet de bon facture ce qui entraîna la mise au point de plusieurs modèles comme le Walter PPK (Polizeipistole Kriminal) plus compact pour pouvoir être porté discrètement sous une tenue civile. D’autres modèles ont vu ensuite le jour en fonction des besoins et des désidératas des clients.

L’armée bulgare n’à d’abord utilisé que le Walter PP mais il semble que quelques PPK ont été exportés en Bulgarie pour équiper certaines unités de police notamment celles assurant la protection rapprochée de personnalités menacées.

Le Walter PP pesait 665g à vide et tirait pour l’armée bulgare non pas la célèbre cartouche 9x19mm Parabellum, un calibre et une cartouche devenus pour ainsi dire des standards mais la 9x17mm Short. Mesurant 170mm de long (155mm pour le PPK) dont 98mm pour le canon (83mm pour le canon du PPK), il pouvait toucher une cible à 50m avec pour système d’alimentation un chargeur de sept cartouches.

-Outre ces deux pistolets les soldats bulgares ont utilisé des revolvers et des pistolets automatiques de prise que ce soit le Tokarev TT-33 soviétique, le Webley britannique ou même le SACM modèle 1935S français.

Pistolets mitrailleurs

Le pistolet mitrailleur est apparu à la fin du premier conflit mondial. Il s’agissait à l’époque de résoudre le problème du combat dans les tranchées ou plus que la précision c’était la puissance de feu qui comptait.

Si ce terrifiant conflit se termine avant la mise en service massive de ce que les anglo-saxons appellent une submachine gun en revanche ce concept est largement développé durant l’entre-deux-guerre, rares étant les armées à snober le pistolet mitrailleur.

Cette arme était souvent utilisée par les sous-officiers et les servants d’armes lourdes mais très vite au combat, nombre de soldats notamment en combat urbain n’hésitaient pas à abandonner leur lourd et encombrant fusil pour un pistolet mitrailleur nettement plus maniable.

Sous l’empire austro-hongrois, la firme Skoda était rénomée pour la qualité de ses armes notamment dans le domaine de l’artillerie.

Cette réputation se poursuivit sous l’égide de la République Tchécoslovaque qui continua à faire confiance à ce fabriquant tout en laisser se développer d’autres fabricants comme la Československá zbrojovka akc.spol, installée à Brno. Cette dernière proposa un pistolet mitrailleur à l’armée tchécoslovaque qui l’accepta.

Arme de facture classique la ZK-383 elle se distinguait par la présence d’un bipied en vue d’une utilisation comme mitrailleuse légère ! Ai-je besoin de préciser que cet usage n’aurait été guère concluant au combat……….. .

Outre l’armée tchécoslovaque, cette arme à été utilisée par l’Allemagne (reprise de la production après la disparition de la Tchécoslovaquie), la Bulgarie, la Bolivie, le Brésil, la Roumanie, la Slovaquie, le Venezuela mais aussi différents groupes de partisans et de maquisards qui réutilisaient toutes les armes capturées.

Au sein de l’armée bulgare qui reçut 6500 armes de ce type (sur une production globale estimée 57000 armes) elle était surtout utilisée par les sous-officiers même si au combat on verra quelques fantassins utiliser ce pistolet mitrailleur qui resta en service jusque dans les années soixante-dix, cohabitant avec des armes d’origine soviétique.

Pistolet standard de la Bulgaria Armiya, le ZK-383 était une arme pesant 4.83kg d’un calibre de 9mm (9x19mm Parabellum), mesurant 875mm de long (325mm pour le canon) et pouvant toucher une cible à une distance maximale théorique de 250m (70m en pratique) à raison de 500 à 700 coups par minute (120 coups en pratique) sachant que le chargeur comprend 30 à 40 cartouches.

-Outre ce pistolet mitrailleur tchèque l’armée bulgare à utilisé d’autres armes de ce type que ce soit des armes acquises légalement ou des armes capturées sur le champ de bataille.

Parmi les armes de la première catégorie nous trouvons le MP-34 mais pas l’arme qui vous croyez puisqu’il s’agit d’une armes autrichienne fabrquée par la célèbre firme Steyr. C’est une évolution du MP-18 qui allait être utilisée par la suite par de nombreux pays.

Le traité de Versailles interdisant la production d’armes automatiques (pas d’arme disposant d’un canon de plus de 102mm et d’un chargeur de plus de huit cartouches), la firme Rheinmetall s’exila en achetant la compagnie suisse Waffenfabrik Solothurn en 1929 et entama la production de cette arme sous la désignation de Solothurn S-1-100.

Comme l’usine suisse ne pouvait fabriquer en masse, Rheinmetall acheta la firme Steyr et installa une usine dédiée en Autriche. Fusionnant son usine suisse et son usine allemande, la firme rhénane donna naissance à Steyr-Solothurn Waffen AG.

Le premier client fût la police autrichienne qui mit en service cette arme sous la désignation de Steyr MP-30 avec pour calibre celui standard en autriche à savoir le 9x23mm Steyr. Cette arme allait ensuite connaître un grand succès à l’export avec des calibres adaptés aux besoins des différents clients.

Après la police c’est la Bundesheer, l’armée de la République d’Autriche qui adopta cette arrme sous la désignation de Steyr MP-34 avec pour calibre toujours le 9mm mais avec une munition différente le 9x25mm Mauser.

Après l’Anschluss cette arme fût utilisée par l’Allemagne qui adapta les armes à sa cartouche standard (9x19mm) donnant naissance au MP-34(ö).

La firme Steyr produit cette arme jusqu’au milieu des années quarante, passant à partir de 1944 à la production du MP-40 plus moderne ou du moins moins long et moins coûteux à produire.

Outre l’Autriche et l’Allemagne, cette arme à été utilisée par la Grèce, le Portugal, le Japon, la Bolivie, le Chili, la Chine, le Salvador, l’Ethiopie, le Pérou, la Suède, l’Uruguay, le Venezuela, la Croatie et donc la Bulgarie.

Le nombre d’armes acquis par Sofia est inconnu mais nombre de spécialistes de la question s’accordent sur une fourchette comprise entre 2500 et 4000 armes qui tiraient les mêmes cartouches que le ZK-383 pour d’évidentes raisons de communauté logistique.

Son utilisation fût identique mais contrairement au ZK-383, la MP-34 fût retirée du service dès la fin du second conflit mondial.

Le MP-34 était un pistolet mitrailleur pesant 4.25kg à vide et 4.48kg en ordre de combat, mesurant 850mm de long (dont 200mm pour le canon), d’un calibre 9mm tirant la cartouche 9x19mm Parabellum. D’un portée maximale pratique de 150 à 200m, cette arme pouvait tirer en théorie jusqu’à 600 coups par minute sachant que le chargeur contient 20 ou 32 cartouches.

La Bulgarie à également utilisé le Maschinenpistole 40 (MP-40), un pistolet mitrailleur qui marquait une rupture avec les PM précédents dont l’aspect extérieur devait encore beaucoup aux fusils à répétition à savoir un fût en bois et un extérieur soignée.

Le MP-40 utilisait uniquement de la tolle emboutie ce qui faisait sursauter d’horreur les plus conservateurs. Issu du MP-38, le MP-40 fût ensuite décliné dans différentes variantes comme le MP-40/I et le MP-41. Près de deux millions d’armes ont été produites de 1940 à 1954.

Cette arme à été initialement utilisée par les sous-officiers, les servants d’armes lourdes ainsi que les équipages de blindés. Très vite les fantassins vont l’utiliser en combat rapproché et dans le combat urbain. L’évolution du MP-40 au sein de l’armée bulgare est assez similaire.

Cette arme fût utilisée également par la Chine, la Croatie, Chypre, la Tchécoslovaquie (après guerre), la France (armes capturées), la Grèce, le Guatemala (ex-Tchécoslovaquie), la Hongrie, l’Indonésie, le Japon, la Norvège, la Pologne, la Roumanie, l’URSS, l’Espagne (copie pirate et quelques exemplaires fournis par l’Allemagne), le Vietnam, la Corée, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis (armes capturées).

Le MP-40 était un pistolet mitrailleur pesant 3.97kg à vide, mesurant 833mm crosse déployée (630mm crosse rentrée) avec un canon de 251mm permettant le tir d’une cartouche de 9x19mm Parabellum. La portée maximale est de 250m (100 à 200m) en pratique avec une cadence de tir de 500 à 550 coups. L’alimentation est assurée par un chargeur de 32 ou de 64 cartouches.

-L’armée bulgare à aussi utilisé des pistolets mitrailleurs soviétiques comme le PPSh-41 mais aussi le MAT-49 et la Sten, ces dernières armes étant capturées sur le front balkanique.

Fusils

-En dépit d’une modernisation de son armement durant la Pax Armada, l’armée bulgare avait encore en septembre 1948 comme fusil standard une arme datant du XIXème siècle en l’occurrence une évolution du Mannlicher M.1895, le fusil standard de l’armée austro-hongroise.

Le calibre initial était le 8mm avec la cartouche 8x50mmR Mannlicher mais très vite d’autres calibres ont été dévellopés pour satisfaire aux demandes de clients étrangers. Même les armes en calibre 8mm furent modifiées pour utiliser une cartouche plus puissante (8x56mmR).

Si le premier client fût l’armée de la Double-Monarchie le fusil à très vite connu le succès à l’export, le premier et plus important client étranger étant l’armée bulgare qui l’utilisa durant les deux guerres balkaniques et les deux conflits mondiaux.

Après la disparition de l’Autriche-Hongrie le fusil à équipé les armées des pays ayant succédé à la Double-Monarchie mais aussi certains anciens pays ennemis comme l’Italie. Des armes ont également été livrées à différents groupes irréguliers.

Outre le fusil standard, le Mannlicher M1895 à été dévellopé en une version courte (Stutzen), en version carabine et en version tireur de précision.

Dans les années trente les fusils furent modernisés par leurs différents utilisateurs comme l’Autriche qui met au point le M95/30 qui utilisait la cartouche 8x56mmR. Ce fusil fût utilisé par la Bundesheer jusqu’à l’Anschluss. Après la dissolution de l’armée de la Deutsche Osterreich, les fusils ne furent pas réutilisés par les allemands mais cédés à la Bulgarie. On trouve également le M95/31 ou 31.M hongrois et le M95M ou M95/24 yougoslave rechambré en 7.92x57mm Mauser.

Le Mannlicher M.1895 et ses variantes va être utilisé également par l’Albanie, la Tchécoslovaquie, la Slovaquie, le protectorat de Bohème-Moravie, la Finlande, l’Ethiopie, l’Allemagne (force de police uniquement), la Grèce, le Kenya, l’empire ottoman, la Pologne, le Portugal, la Chine, l’Espagne, la Roumanie, la Russie,la Serbie, la Somalie et le Yémen.

La Bulgarie va acquérir ses premiers M.1895 en 1898 en important des armes produites d’abord en Cisleithanie puis Transleithanie.

Environ 83000 fusils et 2000 carabines ont été importées par Sofia pour équiper ses troupes. D’autres armes ont été ensuite récupérées et en septembre 1948 l’armée bulgare possédait 225000 exemplaires.

Le Puskha M.95 était un fusil à répétition de 3.78kg mesurant 1272mm de long (765mm pour le canon), tirant la cartouche 8x56mmR à une distance maximale de 2000m (800m en pratique) à raison de 15 coups par minute sachant que l’alimentation se faisant par des clips de cinq cartouches.

L’armée bulgare va également utilisé 73000 Carabiner M.95, la version carabine de cavalerie du M.1895. Cette carabine pesait 3.09kg mesurant 1003mm de long (dont 500mm pour le canon) tirant la cartouche de 8x56mmR à une distance maximale de 1800m (600m pour le canon) à raison de 15 coups par minute, l’alimentation se faisant également par des clips de cinq cartouches soit le même système que le fusil Mannlicher.

-Aux côtés des Mannlicher M.1895 l’armée bulgare va utiliser des fusils allemands en l’occurrence le Karabiner 98K, une version raccourcie du fusil standard de l’armée impériale allemande durant la première guerre mondiale, le Gewehr M.1898, une autre réussite de la maison Mauser.

Ce fusil reste en service dans la Reichswehr mais à partir de 1935 une version raccourcie et modernisée baptisée Karabiner 98K est mise en service. Cette carabine est issue de modèles plus anciens baptisés Karabiner 98a et b.

Es-ce la fin de la carrière du modèle 1898 ? Oui et non puisque le remplacement dans les unités de première ligne va prendre du temps et quand la mobilisation sera entamée en 1948 des unités de création récente recevront des Gewehr modèle 1898 en attendant des armes plus modernes.

Encore que c’est même plus compliqué puisque la variante tir de précision était toujours en service en septembre 1948.

La Karabiner 98K sera l’ultime déclinaison du Mauser modèle 1898. Cette arme qui sera exportée dans différents pays avec un calibre adapté aux désideratas des clients qu’il s’agisse de la Turquie, de la Chine, de la Belgique, de la Tchécoslovaquie, Espagne,Suède, Serbie,Chili ou du Mexique sera toujours en service en septembre 1948.

Arme clairement inférieure au MAS-40 et au MAS-44 elle sera partiellement remplacée au cours du second conflit mondial par des armes plus modernes. Outre la version standard, une version tireur d’élite et pour parachutiste fût également produite.

La production ne cessa qu’en 1953 suite à la destruction de l’usine par un bombardement aérien mais dès 1950 un modèle de guerre dit Kriegsmodell avait remplacé le modèle d’origine, le «modèle de guerre» étant simplifié en supprimant tout ce qui était accessoire et en utilisant des matériaux de moindre qualité ce qui en faisait des armes inférieures.

Outre l’Allemagne et la Bulgarie, cette arme à été utilisée par le Portugal, la Chine, le Japon, la Suède, l’URSS (armes capturées dont certaines allaient se retrouver aux mains des guerilleros vietnamiens et yougoslaves), l’Autriche, la Bolivie, la Croatie, la Tchécoslovaquie, le Danemark, l’Egypte (armes tchèques), la Finlande, l’Irak, l’Italie,le Luxembourg, le Mandchoukouo, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, le Roumanie, le Salvador, la Serbie, la Slovaquie, la Turquie.

La Bulgarie à utilisé la Karabiner 98K jusqu’à la fin du second conflit mondial au sein des unités de première ligne puis après guerre comme arme de parade et ce jusqu’en 1995 quand il à été remplacé comme arme de parade par des carabines soviétiques SKS.

La Karabiner 98K pesait 3.50kg, mesurant 11110mm de long (600mm) tirant une cartouche de de 7.92mm à une distance maximale efficace de 500m (1000m avec une optique de précision) avec pour système d’alimentation un chargeur interne de cinq coups.

-D’autres fusils ont été utilisés par la Bulgarie mais il s’agissait d’armes capturées dont l’utilisation fût temporaire sur le champ de bataille. Des photos et des témoignages prouvent sans l’ombre d’un doute que les bulgares ont utilisé des Mosin-Nagant modèle 1891/30 soviétiques, des Lee-Enfield Mk 4 britanniques et des MAS-36 et MAS-40 français.

Mitteleuropa Balkans (51) Bulgarie (15)

L’armée bulgare dans le premier conflit mondial

Préparation et mobilisation

A la fin de la deuxième guerre Balkanique, la Bulgarie doit démobiliser pour rendre à son armée son visage du temps de paix et permettre le redémarrage de son économie.

Cette démobilisation se fait dans un contexte difficile puisque qu’au sud l’armée ottomane menace la frontière et que la Roumanie occupe le nord du pays. Peu à peu les divisions retournent à leur format du temps de paix puis sont massées sur la frontière bulgaro-ottomane.

Une fois la paix signée, les divisions retournent dans leurs régions d’origine. Du moins pour les neuf premières car la 10ème initialement levée pour combattre sur la côte Egéenne doit se redéployer sur les territoires que la Bulgarie à réussi à conserver à savoir une partie des monts Rhodope et une partie de la Thrace occidentale. La 11ème DI elle devient une division cadre pour permettre l’entrainement des recrues.

Le processus de démobilisation s’achève le 8 décembre 1913 et peu de gens en Bulgarie imagine remettre ça dans moins de deux ans. L’armée bulgare du temps de paix comprend alors 66887 hommes (36976 issus de la Bulgarie «historique» et 36976 hommes issus des territoires récemment acquis).

En temps de paix l’armée bulgare est organisée en trois armées, dix divisions d’infanterie, quarante régiments d’infanterie, dix-neuf régiments d’artillerie, onze régiments de cavalerie, cinq bataillons du génie, un bataillon de chemin de fer, un bataillon télégraphique et un bataillon technique.

Le Royaume de Bulgarie est divisée en trois inspectorat d’armes, dix districts divisionnaires et quarante districts régimentaires. Les hommes qui arment ces entités de commandement forment en temps de guerre avec des rappelés trois état-major d’armées, dix état-majors divisionnaires et quarante état-majors régimentaires.

Comme quasiment toutes les armées européennes de l’époque, l’armée bulgare est une armée de conscription (A ma connaissance seule l’armée britannique est une armée de volontaires mais la situation insulaire du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande la dispense de posséder une armée de terre aussi nombreuse que sa marine).

Les sujets bulgares de sexe masculin sont astreints à un service militaire de deux ans dans l’infanterie mais de trois ans dans les autres armes. Ils sont appelés à l’âge de vingt ans et restent donc sous les drapeaux jusqu’à 22 voir 23 ans (NdA je n’ai pas les informations à ce sujet mais il n’est pas idiot de penser qu’il y à des possibilités d’aménagement).

A l’issue de ce service les obligations militaires ne sont pas terminées. Ils passent ensuite 18 ans dans la Réserve quand ils ont servit dans l’infanterie (16 ans pour les autres armes) soit en théorie jusqu’à l’âge de 39/40 ans soit pour l’époque un âge relativement avancé.

Les hommes âgés entre 40 et 48 ans rejoignent alors la Navodno Opalchenie (Milice Nationale) avec un premier cercle composé d’hommes âgés de 41 à 44 ans et un deuxième cercle composé des plus âgés (45 à 48 ans). A 48 ans révolus donc l’homme bulgare n’à plus d’obligations militaires.

Suite à l’expérience des deux guerres balkaniques, décision est prise de ne plus envoyer en première ligne les hommes âgés de plus de 45ans. Cela ne signifie pas la fin des obligations militaires mais les quadragénaires âgés de 45 à 48 ans vont servir uniquement à l’arrière.

Début 1915 alors que la Bulgarie est toujours en dehors du conflit un rapport précise que l’armée du tsar Ferdinand 1er peut mobiliser 577626 hommes entraînés âgés entre 20 et 48 ans. A cela s’ajoute un réservoir de 231572 hommes non entraînés. Les effectifs approchent ceux des deux guerres balkaniques.

L’armement n’à pas vraiment évolué et la petite aviation bulgare peine à renouveler un matériel rapidement obsolète, la faute à des voisins qui font barrage pour priver Sofia d’un accès aux avions les plus modernes. Ce n’est donc clairement pas dans le ciel que la Bulgarie pourra tirer son épingle du jeu.

Le 22 septembre 1915 le gouvernement bulgare publie un décret ordonnant la mobilisation générale. Il fallait falloir presque trois semaines pour mobiliser tout le monde, mobilisation qui rencontre un certain nombre de difficultés matérielles et surtout se fait sans aucun enthousiasme de la part de l’opinion publique. Nul doute que l’expérience récente des deux guerres balkaniques à refroidit nombre de bulgares à entrer en guerre.

Au début du mois d’octobre 616080 bulgares sont mobilisés soit 12% de la population totale et un quart de la population masculine.

Selon les conventions signées avec les Empires Centraux, la Bulgarie devait fournir cinq divisions mais elle va parvenir à en mobiliser onze plus une division de cavalerie sans oublier des unités de volontaires et de milice. Un effort conséquent donc.

Deux armées doivent être principalement engagées, la 1ère armée sous l’autorité du Groupe d’Armées Mackensen en Serbie et la 2ème Armée sous commandement national bulgare en direction du Vardar macédonien. Ces deux armées doivent être engagées contre la Serbie alors que la 3ème Armée doit surveiller les agissements de la Roumanie dont on ignore l’attitude dans cette guerre.

Tout comme durant les guerres balkaniques, le tsar Ferdinand 1er est commandant en chef de l’armée bulgare mais en pratique il délègue son pouvoir à l’ancien ministre de la Défense, le très germanophile Nicola Zhekov.

Ce dernier aura une interprétation extensive de ses pouvoirs pas clairement définis ce qui provoquera un certain nombre de frictions avec le gouvernement et notamment avec son successeur, le major-general Kalin Naydenov.

L’action de Zhekov sera relayé par son chef d’état-major, le lieutenant-general Klement Bayadzhiev qui est remplacé à la tête de la 1ère Armée par le major-general Konstantin Zhostov.

Une fois la mobilisation terminée l’armée bulgare aligne 232 bataillons d’infanterie et onze bataillons de pionniers au sein de onze divisions d’infanterie soit un total de 469140 hommes. A cela s’ajoute 75 bataillons indépendants (86444 hommes) mais aussi une «armée de l’intérieur» avec 31 bataillons de Milice et 41 bataillons dits supplémentaires soit un total de 64845 hommes.

Canon de 75mm Schneider-Canet M.1904

Si la cavalerie mobilise 62 escadrons, l’artillerie peut mettre en ligne 219 batteries d’artillerie réparties entre la 1ère Armée (94 batteries et 409 pièces), la 2ème Armée (44 batteries avec 182 canons), la 3ème Armée (50 batteries et 401 canons) et au sein de trois divisions d’artillerie indépendantes (31 batteries avec 130 canons).

Cette puissance de feu apparente (1122 pièces) est obérée par les faibles stocks de munitions puisqu’on compte en moyenne 500 coups par pièce.

Quand on sait que français et allemands se sont envoyés 37 millions d’obus de tous calibres en dix mois à Verdun cela laisse songeur…… .

Le déficit concerne également les fusils avec 372603 fusils disponibles contre 521509 prévus dans les plans de mobilisation.

Les DI bulgares sont de grosses unités. Toutes sauf une possédant trois brigades, les effectifs dépassent 40000 hommes ce qui en fait l’équivalent d’un corps d’armée dans d’autres armées.

A l’issue de la mobilisation l’ordre de bataille de l’armée bulgare ressemble à cela :

-1ère Armée : 1ère DI «Sofia» 6ème DI «Bdin» 8ème DI «Tundzha» et 9ème DI «Pleven»

-2ème Armée : 3ème DI «Balkan» 7ème DI «Rila» 1ère Division de Cavalerie

-3ème Armée : 4ème DI «Preslav» 5ème DI «Danube» 2ème DI «Thrace» 10ème DI «Egéenne» et 11ème DI «Macédonienne»

La mobilisation terminée, le haut-commandement bulgare se retrouve avec des réservistes entrainés mais non affectés. Pour ne pas manquer de futurs soldats, ces réservistes vont servir d’instructeurs au sein de nouvelles écoles militaires créées pour entrainer les différents contingents qui sont appelés sous les drapeaux en 1915, 1916,1917 et 1918. 214343 vont ainsi rejoindre les tranchées du front de Salonique remplaçant les 181515 soldats mis hors de combat.

Au final on estime à 1.2 millions le nombre d’hommes mobilisés par l’armée bulgare qu’ils soient issus du territoire bulgare en 1915 ou des territoires conquis durant la guerre.

L’armée (de terre) bulgare au combat

Comme nous avons vu dans la partie historique, le poids de la Bulgarie dans le dispositif de la Triplice dans la région ne va cesser de croître, Berlin comme Vienne n’accordant à ce front qu’une place secondaire dans la stratégie générale, le front de l’ouest et le front russe pour les allemands le front italien pour les austro-hongrois étant les seuls qui importaient à leurs yeux. C’est d’ailleurs un peu la même chose côté allié où le front macédonien ou front de Salonique n’à jamais bénéficié d’une immense priorité.

La mobilisation bulgare ne passe bien entendu pas inaperçue côté serbe. Il est probable que Belgrade s’attendait à un engagement bulgare du côté des germano-austro-hongrois. Voilà pourquoi face à l’armée bulgare, l’armée serbe va déployer des effectifs conséquents en l’occurrence 145 bataillons d’infanterie, 25 escadrons de cavalerie et 316 canons.

Quand on sait que l’armée serbe disposait alors de 288 bataillons, de 40 escadrons de cavalerie et de 678 canons on voit l’effort engagé contre les troupes de Sofia. L’armée bulgare sera d’ailleurs dans une situation inconfortable craignant une offensive surprise serbe pour stopper la mobilisation et gagner du temps pour faire face à une offensive venue du nord.

Obusier de 120mm Schneider-Canet utilisé par l’armée bulgare durant le premier conflit mondial

La 1ère Armée Bulgare doit être engagée aux côtés de la 11ème Armée allemande (sept divisions allemandes) et de la 3ème Armée austro-hongroise (quatre divisions austro-hongroises et trois divisions allemandes) mais avec un décalage de quelques jours mais cela n’allait pas se passer comme prévu.

Le 6 octobre 1915, les empires centraux déclenchent une terrible préparation d’artillerie contre le dispositif serbe implantée sur la Sava et le Danube. Ces deux fleuves sont franchis le lendemain.

Normalement les bulgares devaient attaquer le 11 octobre mais ils sont en retard ce qui va permettre aux serbes de prélever des moyens pour renforcer leur dispositif face aux troupes germano-austro-hongroises.

Enfin le 14 octobre 1915 les 1ère et 2ème Armées bulgares passent à l’attaque avec pour objectif pour la 1ère Armée les villes de Nis et d’Aleksinac. L’avancée est d’abord rapide mais très vite les choses se corsent. Le mauvais temps est de la partie ce qui ajouté au relief et à la résistance serbe rend l’avancée bulgare aussi lente que difficile.

Résultats les quatre divisions d’infanterie de la 1ère Armée sont bloquées devant les forteresses de Pirot et de Zapecan situées à seulement quinze kilomètres de la frontière. Es-ce le début d’un long et éprouvant siège ? Heureusement non pour les bulgares puisque suite à une brèche au centre, ils sont obligés d’évacuer les deux forteresses le 26 octobre 1915 permettant aux bulgares de reprendre leur avancée.

Paradoxalement (ou pas) c’est la 2ème Armée moins puissante (seulement deux divisions d’infanterie et une division de cavalerie) qui va avancer plus vite. Elle s’empare de la ville de Vranje et coupe les communication entre la Serbie et le Vardar macédonien. Une partie de la 2ème Armée met ensuite cap au nord pour aider la 1ère armée à couper la retraite des serbes. Le 20 octobre les bulgares s’emparent des villes de Vebes et de Kumanovo.

C’est alors que se produit le premier affrontement entre les bulgares et les troupes alliées au cours de la bataille de Krivolak (21 octobre au 22 novembre 1915). Cette bataille oppose la 11ème DI bulgare à trois divisions d’infanterie françaises (57ème, 122ème et 156ème DI). L’échec de deux divisions serbes à s’emparer de Skopje oblige les troupes françaises à se replier.

La Bataille de Kosturino (6 au 12 décembre 1915) est la conséquence de la précédente. Elle voit toujours l’engagement côté bulgare de la 11ème DI mais en face on trouve la 10ème DI britannique (division de recrutement irlandais) et la 156ème DI. C’est une nouvelle victoire bulgare et les alliés n’ont plus d’autre choix que de se replier sur la Grèce.

De leur côté les serbes n’ont pas renoncé à percer vers le sud pour rejoindre la Grèce espérant un soutien ferme des alliés mais ce soutien est chichement mesuré en raison de moyens insuffisants (ou jugés suffisants pour un front secondaire ce qui revient un peu ou même).

Le 5 novembre 1915 la 1ère Armée bulgare s’empare de Nis faisant 5000 prisonniers. Elle fait le même jour sa jonction avec la 11ème Armée allemande ce qui élimine le spectre d’une contre-offensive serbe enfonçant un coin entre ces deux armées.

Bien qu’affaiblie l’armée serbe représente toujours une menace qui ne peut et ne doit pas être sous-estimée. Voilà pourquoi les Empires Centraux décident d’éliminer cette menace en lançant une offensive en direction du Kosovo.

La 1ère Armée bulgare doit attaquer depuis l’est, la 2ème Armée bulgare depuis le sud, les allemands par le nord et les austro-hongrois par le nord-ouest.

Les serbes sont-ils condamnés ? Non car la lenteur des mouvements et notamment du franchissement de la Morava leur permet de retraiter en bon ordre.

La chute de Pristina le 23 novembre 1915 enterre toute possibilité de replier vers la Grèce. Il faut donc se replier vers l’Albanie pour éviter l’anéantissement. C’est l’autre donné par le haut-commandement serbe. C’est le début d’une véritable anabase à travers les montagnes eneigées et un froid polaire. Civils et militaires succombent par milliers.

De leur côté les bulgares continuent leur avancée en s’emparant des villes de Prizren, de Debard, de Strugea, d’Ohrid et de Bitola. La prise de cette dernière le 4 décembre 1915 marque la fin de la campagne de Serbie.

Le 3 décembre 1915 les bulgares s’étaient lancés contre les alliés mais trop tard pour empêcher leur repli vers Salonique où un puissant camp retranché va voir le jour. Le 11 décembre 1915 les troupes bulgares atteignent la frontière grecque mais reçoivent l’ordre de ne surtout pas la franchir.

Au 31 décembre 1915 après un peu plus de deux mois de conflit l’armée bulgare à perdu 37000 hommes (tués, blessés, malades) sur les 424375 hommes engagés soit 8.72% des effectifs.

Comme jadis le front se fige durant l’hiver, les conditions météos ne permettant pas une offensive majeure.

Constantin 1er de Grèce roi de 1913 à 1917 et de 1920 à 1922

Il faut attendre le 17 août 1916 pour que les bulgares repassent à l’attaque devançant de trois jours une offensive alliée. Les territoires à l’est de la rivière Struma sont facilement conquis (17 au 23 août) et pour cause, le roi de Grèce Constantin 1er à ordonné de ne pas résister ce que ne peut admettre nombre d’officiers grecs qui ne comprennent pas une telle attitude alors que ces territoires ont été durement conquis durant les guerres balkaniques. Cela provoquera un coup d’état pro-allié en faveur d’Euletherios Venizelos.

Du 12 au 30 septembre 1916 à lieu la Bataille de Kaymakchalan. Cette bataille se termine par une retraite bulgaro-allemande et l’évacuation de Bitola. 60000 hommes ont été mis hors de combat côté Empires Centraux (50000 côté allié) et la front à reculé de 40km ce qui est tout sauf négligeable.

Peu à peu le front macédonien ou front de Salonique va se figer. Une véritable guerre d’usure oppose les deux camps qui ne disposent pas de suffisament de moyens pour obtenir la percée tant recherchée.

Il va falloir attendre 1918 pour que la situation se débloque alors que telles deux courbes la force des alliés ne cesse d’augmenter pendant que celle des empires centraux ne cesse de décliner au point que chaque offensive de la Triplice ressemble à chaque fois à un coup de Poker plus risqué que le précédent. Le temps joue clairement en faveur des alliés et les allemands, les austro-hongrois et les bulgares le savent parfaitement.

Les alliés vont ainsi remporter au printemps 1918 la bataille de Skia-Di-Leger (29 au 31 mai 1918) puis celle de Dobro-Polje (15 au 18 septembre 1918), bataille qui marque le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front puis à son exploitation.

Cela ne veut pas dire que les bulgares sont en déroute. Ils remportent quelques succès comme la Bataille de Dorian (18 septembre 1918) mais il s’agit à chaque fois de victoires locales et tactiques qui ne changent pas le cours de la guerre.

Résultat le 24 septembre 1918 la Bulgarie demande un armistice aux alliés. L’armée bulgare se désintègre certains éléments exploités par les agrariens proclament même la Bulgarie. Les alliés acceptent le 29 septembre 1918. C’est l’Armistice de Thessalonique.

Outre le front macédonien, les bulgares vont également combattre contre la Roumanie. Bucarest entre en guerre en août 1916.

L’offensive roumaine remporte d’abord de brillants succès mais ces succès sont en trompe l’œil, les roumains étant 200000 contre 25000 austro-hongrois. L’arrivée rapide de renforts germano-austro-hongrois stabilise la situation et permet une contre-offensive à laquelle participe la Bulgarie en Dobroudja du Sud. Cela aboutira à l’occupation des deux tiers de la Roumanie (dont la capitale Bucarest) et à l’impossibilité pour la Roumanie de continuer la guerre après l’effondrement russe (NdA plus de détails dans le volume 3 consacré à la Roumanie).

Mitteleuropa Balkans (44) Bulgarie (8)

D’une guerre à l’autre

L’après guerre en Europe est marqué par l’instabilité politique et la crise économique consécutive au conflit (destruction par les conflits, reconversion des industries d’armement, arrivée sur le marché du travail de nombreux anciens combattants).

Quand en plus vous êtes comme la Bulgarie un pays vaincu soumis à de sérieuses restrictions politiques, économiques et militaires…… .

Carte du traité de Neuilly sur Seine. En rouge les territoires perdus par la Bulgarie

En mars 1920 le parti agrarien remporte les élections. Leur leader Alexander Stambolyski forme le premier gouvernement vraiment démocratique du pays.

Alexander Stambolyski

La situation qu’il doit gérer est donc compliquée avec un contexte politico-économique difficile entre la pauvreté du pays, les réparations à payer et la questions des macédoniens bulgarophones qui refusant de vivre sous l’autorité du royaume des Serbes, Croates et Slovènes ont préféré se réfugier en Bulgarie.

Les réformes menées par Stambolyski ne plaisent ni au roi ni aux grands propriétaires ni aux militaires. Si l’armée bulgare à du sérieusement réduire ses effectifs, elle conserve encore une forte influence et donc un potentiel pouvoir de nuisance.

Pour ne rien arranger le gouvernement bulgare doit faire à une organisation terroriste, la Vatreshna Makendonska Revolutsionna Organizatasiya (VMRO) soit en français l’organisation révolutionnaire intérieure macédonienne qui avait pour objectif de provoquer une nouvelle guerre et ainsi unir à la Bulgarie la Macédoine majoritairement peuplée de bulgarophones.

Cette politique va être brutalement stoppée par le coup d’Etat de juin (Devetoyunski Preverat) mené le 9 juin 1923 par l’Union Militaire dirigée par le général Ivan Valkov. Cette organisation avait été créée en 1919 pour permettre à l’armée bulgare de conserver son influence sur la politique alors que ces effectifs allaient être sérieusement réduits suite au traité de Neuilly sur Seine.

Aux élections de 1920, les agrariens et les communistes avaient remporté la majorité des sièges avec 160 sièges (110 pour les agrariens et 50 pour les communistes) sur 229 sièges à pourvoir.

La politique menée par Aleksandar Stamboliyski est donc appréciée par l’électorat. En 1922 un plébiscite va dans le même sens ce qui pousse le gouvernement à mener des opérations de police contre les leaders des partis d’opposition. Pour ces derniers le coup de force est la seule solution pour éviter leur disparition.

Du 1er au 17 mars 1923 une conférence se tient à Nis dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Cette conférence aboutit à la signature le 23 mars du traité de Nis qui permet la reconnaissance de la frontière bulgaro-yougoslave et engage le gouvernement agrarien à mettre fin aux activités de la VMRO.

C’est plus que les nationalistes bulgares peuvent supporter. Dans la nuit du 8 au 9 juin 1923, un coup d’état militaire est déclenché. Les garnisons de Sofia bloquent les routes, coupent les lignes de téléphone et occupent les points clés de la capitale comme les commissariats ou les gares.

Dès 5h du matin soit trois heures après le déclenchement du coup de force, un nouveau gouvernement dirigé par Aleksandar Tsankov est mis en place.

Aleksandar Tsankov

Le lendemain après une une réunion de 6h, le tsar Boris III avalise à posteriori le coup d’état même si deux de ses demandes (inclusion des agrariens dans le gouvernement et aucune répression) n’ont pas été acceptées par les putschistes.

Le 14 juin 1923, Stamboliyski est capturé et livré à la VMRO qui l’execute après de longues heures de torture. Détail macabre, avant de l’exécuter ils lui coupe la main droite qui avait signé le traité de Nis deux mois plus tôt. Une véritable Terreur Blanche s’abat sur le pays visant les agrariens et les communistes dont le leader Georg Dimitrov doit s’enfuir en URSS.

Les agrariens et les communistes tentent de résister mais ils sont divisés et mal organisés, le parti communiste bulgare bien que disposant d’une organisation militaire appliquait les consignes du Komintern du «classe contre classe».

Néanmoins la Troisième Internationale ordonne au BCP d’agir et une insurrection éclate le 14 septembre 1923, insurrection qui se termine le 29 par la victoire du camp gouvernemental qui avait mobilisé l’armée mais aussi des unités paramilitaires (shpritskomandi). Le bilan des combats est incertain, le chiffre le plus souvent admis étant de 841 morts. Cela ne met cependant pas fin à l’instabilité politique et sécuritaire bulgare.

Le 2 avril 1924 la cour suprême d’appel bulgare valide l’interdiction du parti communiste bulgare (Belgarska Komunistioska Partya) ce qui entraine la radicalisation de ce dernier qui choisit la lutte armée.

Le 10 mars 1925 la loi de surêté de l’Etat est renforcée et six jours plus tard Yako Dorosiev, chef de l’Organisation Militaire, le bras armé du BKP décide de lancer des opérations majeures, opérations qui selon certains auraient bénéficié du soutien des services secrets soviétiques même si aucun document n’à été retrouvé pour confirmer cette hypothèse.

Le 14 avril 1925 le tsar Boris III est victime d’une tentative d’assassinat à Arabakanah et le même jour le général Konstantin Georgiev est abattu.

Ce dernier n’est pas un personnage de premier plan mais son assassinat fait partie d’un plan destiné à décapiter le pouvoir bulgare en faisant tout simplement exploser l’église Saint Nedalya où doit se tenir la cérémonie.

La cathédrale de Saint Nedelya après l’attentat

L’attentat à bien lieu le 16 mars 1925 provoquant la mort de 150 personnes pendant 500 autres étaient grièvement blessées. Aucun membre du gouvernement et a fortiori le tsar ne sont touchés.

Le soir même la loi martiale est proclamée et une répression impitoyable engagée. On estime à 450 personnes le nombre de personnes sommairement exécutés durant les deux semaines qui suivent l’attentat. Un procès est organisé entre le 1er et le 11 mai 1925 aboutissant à plusieurs condamnations à mort dont certaines par contumace.

Du 19 au 29 octobre 1925, la Bulgarie et la Grèce sont à deux doigts d’entrer en guerre. C’est l’incident de Petrich.

L’incident est assez obscur avec deux versions de l’incident survenu le 18 octobre 1925. Selon une première version, un soldat héllene cherchant son chien pénètre en territoire bulgare et est abattu par des sentinelles bulgares.

Selon une deuxième version des soldats bulgares auraient franchit la frontière grecque, attaqué un poste à Belasitsa tuant un capitaine grec et une sentinelle.

Tout de suite la Bulgarie explique l’incident par un tragique quiproquo. Sofia propose une commission d’enquête mixte mais les grecs déclinent et exigent le départ des troupes bulgares présentes sur le territoire grec.

Athènes émet un ultimatum de 48h aux bulgares, exigeant la punition du responsable, des excuses officielles et deux millions de francs français pour les familles des victimes.

Le 22 octobre 1925 des troupes grecques occupent la ville bulgare de Petrich. La guerre bulgaro-grecque n’aura finalement pas lieu car la Société des Nations (SDN) décide d’intervenir et impose sa médiation.

Elle exige un cessez-le-feu, l’évacuation des troupes grecques du territoire bulgare et le paiement par la Grèce de 45000 livres à la Bulgarie.

Les deux pays acceptent et pour vérifier son application, des observateurs français, italiens et britanniques sont envoyés sur place, ces derniers interdisant aux bulgares de réoccuper immédiatement les territoires pour éviter un nouvel incident frontalier. L’incident à fait cinquante morts, essentiellement des civils bulgares.

En 1926 le tsar pousse Tsankov à démissioner. Un gouvernement plus modéré dirigé par Andrey Lyoychev arrive au pouvoir. Une amnistie est decrérée mais les communistes en sont exclus.

En 1931 les agrariens reviennent au pouvoir mais alors que la situation politique, la situation économique se dégrade, la Bulgarie étant comme le reste du monde frappé par la Grande Dépression.

Le 19 mai 1934 la Bulgarie est secouée par un nouveau coup d’état militaire mené par deux organisations (Zveno et l’Union Militaire) soutenus par l’armée bulgare mais comme nous le verrons sans l’assentiment du tsar.

Ce coup de force renverse le gouvernement du Bloc Populaire qui regroupait le parti démocratique, l’Union Nationale Agrarienne Bulgare, le Parti National Libéral et le Parti Démocratique Libérale.

C’est en novembre 1933 que l’Union Militaire décide au cours de son congrès de décider de renverser le pouvoir actuel. Dans un premier temps les comploteurs essayent de dissoudre la coalition en attirant vers eux certains partis mais c’est un échec.

En réalité au printemps 1934 la coalition commence à se disloquer toute seule comme une grande ce qui va faciliter la tache des putschistes qui passent à l’action le 19 mai, devançant de 24h un autre coup d’état fomenté par les partisans d’Aleksandar Tsankov.

Les partis opposés ne parviennent pas à s’entendre pour une riposte concertée. Le nouveau gouvernement abolit temporairement la constitution de Tarnovo, dissous l’assemblée nationale et interdit partis politiques, organisations révolutionnaires et syndicats. De grandes entreprises sont nationalisées.

Le 23 juillet 1934 le nouveau gouvernement établit des relations diplomatiques avec l’URSS et se rapproche de la France (mais sans que ce soit l’amour fou entre Paris et Sofia).

Et Boris III dans tout ça ? Il n’à pas approuvé ce coup d’état en raison de la présence de nombreux républicains au sein du Zveno. Voilà pourquoi en janvier 1935 le tsar pousse Georgiev à la démission. Il est remplacé par Pencha Zlatev, une créature à sa main. Jusqu’à sa mort en 1951 le tsar va avoir les pleins pouvoirs avec des gouvernements à sa main. En somme une sorte de dictature royale dont la dureté variera selon les époques.

A la fin des années trente, la Bulgarie se rapproche clairement de l’Axe tout en améliorant les relations avec ses voisins. Ce n’était pourtant pas gagné puisque le 9 février 1934 la Grèce, la Turquie, la Roumanie et la Yougoslavie avait signé le Pacte Balkanique.

Ce pacte appelé également Entente balkanique était destiné à maintenir le statu-quo et donc géler les acquis des traités de paix. Sans que cela soit clairement dit du moins au début, c’est un front contre une Bulgarie revancharde qui mis sur pied.

Signe qui ne trompe pas d’autres pays ont été conviés à la conférence aboutissant à ce pacte mais ont refusé de signé. Il s’agit de l’Italie, de l’Albanie, de la Bulgarie, de la Hongrie et de l’URSS soit des pays qui n’étaient pas satisfaits du nouveau découpage de l’Europe après la première conflagration mondiale. Ce pacte est reconnu par la SDN le 1er octobre 1934.

Cela ne cessa pourtant pas les intrigues régionales mais le 31 juillet 1938 les pays signataires du pacte signent avec la Bulgarie l’Accord de Salonique confirmant les clauses du traité de Neuilly-sur-Seine et de Lausanne (qui remplace le traité de Sévres signé initialement avec l’empire ottoman) mais en échange de zones démilitarisées sur ses frontières avec la Grèce et la Turquie, Sofia était autorisée à se réarmer. Selon certains historiens ce pacte et cet accord à évité une troisième guerre balkanique dans la foulée ou au moment de la guerre de Pologne.

En septembre 1939 la guerre de Pologne éclate. Sofia reste neutre n’ayant aucun intérêt à entrer en guerre aux côtés de l’Allemagne qui de toute façon n’à rien demandé à son allié balkanique.

La période de la Pax Armada est vu rétrospectivement comme un Age d’Or. Certes la Bulgarie reste un régime autoritaire, une dictature royale mais le niveau de vie s’améliore et un semblant de vie politique renaît avec la ré-autorisation de certains partis politiques.

Le 7 septembre 1940 suite au deuxième accord de Vienne, la Dobroudja du Sud est restituée par la Roumanie bien mal récompensée de son alliance avec l’Allemagne puisqu’elle à du également céder la Transylvanie du Nord à la Hongrie, la Bucovine du Nord et la Bessarabie à l’URSS.

En 1941 la Bulgarie signe le Pacte Tripartite ce qui fait de Sofia un allié de l’Allemagne ce qui pourrait l’engager dans un conflit qui ne la concernerait pas directement.

A partir de 1943 la situation économique devient plus difficile et le tsar Boris III impose un nouveau tour du vis ce qui met fin à la période dite «libérale» de la dictature royale. Des partis sont interdits mais le projet d’un parti unique ne dépasse pas le stade du projet.

A partir de 1945 la Bulgarie investit massivement pour moderniser son outil de défense et ainsi faire face aussi bien à une attaque yougoslave, une attaque grecque voir une attaque roumaine.

L’armée de terre et l’armée de l’air bénéficient d’importants crédits mais la marine n’est pas oubliée même si la marine bulgare serait bien incapable d’affronter une marine soviétique disposant de cuirassés ou d’une marine ottomane disposant d’un cuirassé, un cuirassé anglo-américain (coque et propulsion américaine, armement britannique).

Les frontières sont fortifiés avec une série de blockhaus, de champs de mines, de barbelés et d’obstacles antichars. Ce n’est pas une ligne Maginot mais plutôt une ligne tactique destinée à empêcher une attaque surprise et protéger les mouvements du corps de bataille et in fine la mobilisation générale en cas de conflit majeur.

Mitteleuropa Balkans (43) Bulgarie (7)

La Bulgarie dans le premier conflit mondial

Du 14 octobre 1915 au 30 septembre 1918 la Bulgarie va participer au premier conflit mondial du côté des Empires Centraux. Clairement Sofia veut prendre sa revanche sur les deux guerres balkaniques qui l’avait vue passer du statut de puissance vainqueur à celui de puissance défaite.

Clairement quand le premier conflit mondial éclate à l’été 1914 la Bulgarie est isolée et entourée de voisins hostiles. Pour ne rien arranger, Sofia ne peut compter sur le soutien d’une ou plusieurs grandes puissances.

C’est le cas notamment de la France et de la Russie qui la blâme pour avoir provoqué la dissolution de la Ligue Balkanique.

Pas étonnant que la politique étrangère bulgare soit marquée par des sentiments profondément revanchards.

Néanmoins à l’été 1914 la Bulgarie préfère rester neutre à la fois pour susciter le désir des deux camps en position mais aussi pour récupérer des conséquences des deux guerres balkaniques, la Bulgarie ayant perdu plusieurs dizaines de milliers de soldats dans ces deux conflits qui annonçaient les horreurs du premier conflit mondial. De plus 120000 réfugiés doivent être intégrés à la vie économique et sociale bulgare.

Neutralité ne veut pas dire inaction. Une loi permet l’établissement de la loi martiale sur le territoire bulgare et une autre loi permet l’organisation d’un prêt national de 50 millions de leva pour les besoins de l’armée.

Un traité secret est signé entre la Bulgarie et l’Empire ottoman le 6 août 1914. C’est un pacte mutuel de défense si jamais un état balkanique attaquait l’un des deux signataires. La Bulgarie s’engage à informer Constantinople de tout processus de mobilisation. Les allemands ne sont informés qu’en décembre 1914. En octobre 1914 l’empire ottoman entre en guerre mais la Bulgarie décide de rester neutre.

Cela n’empêche pas les Empires Centraux de travailler la Bulgarie au corps pour un accord militaire voir une entrée en guerre pleine et entière. L’Entente tente également une approche mais semble ne pas mettre la même énergie et le même enthousiasme.

La guerre devant durer l’opinion publique bulgare est moins encline à soutenir l’entrée en guerre du pays tant aux côtés des alliés que du côté des empires centraux.

Il semble acquis que début 1915 la Bulgarie n’à pas définitivement choisit dans quel camp entrer en guerre. En mai 1915 après l’entrée en guerre de l’Italie, l’Entente tente d’attirer la Bulgarie de son côté pour soutenir la Serbie et faire peser une nouvelle menace sur l’empire ottoman.

Des propositions alléchantes sont faites à Sofia mais comme la Serbie et la Grèce sont tenues à l’écart, Sofia se méfie des réelles intentions alliées. Les Empires Centraux reviennent alors à la charge alors que militairement ils sont en meilleur position que l’Entente.

Pour ne rien arranger les membres de l’Entente peinent à faire une proposition commune en raison d’intérêts divergents. Clairement à l’été 1915 l’Entente à laissé passer sa chance.

Carte postale célébrant l’alliance bulgaro-allemande avec le tsar Ferdinand 1er

Le 6 septembre 1915 la Bulgarie formalise son adhésion aux Empires Centraux en signant un traité d’amitié avec l’Allemagne, un traité valable cinq ans.

Une annexe secrète spécifie les futures acquisitions bulgares en l’occurence le Vardar macédonien et une partie de la Serbie à l’est de la rivière Morava.

Si la Grèce et la Roumanie attaquent sans provocation bulgare, Sofia récupérera les territoires perdus au traité de Bucarest en 1913 plus la rectification de la frontière bulgaro-roumaine selon celle prévue par le traité de Berlin de 1878.

L’Allemagne et l’Autriche-Hongrie garantissent à la Bulgarie un prêt de 200 millions de francs et dans le cas où la guerre durerait plus de quatre mois, Berlin et Vienne se porteront garant d’un prêt supplémentaire.

Un troisième texte est également signé en l’occurence une convention militaire planifiant la défaite de la Serbie.

Toujours le 6 septembre 1915 une convention militaire est signée entre la Bulgarie et l’empire ottoman.

Le 22 septembre 1915 les bulgares décrètent la mobilisation générale et le 5 octobre 1915 les alliés renoncent à attirer la Bulgarie dans leur camp.

Le premier ministre britannique Asquith fait porter le chapeau de l’échec sur la Russie et la Serbie qui auraient fait preuve d’un manque de volonté (NdA c’est sûrement ça le fair-play britannique).

NdA Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’organisation de l’armée de terre bulgare que j’aborderai dans la partie idoine. Je vais me contenter de parler de l’engagement militaire de la Bulgarie dans le premier conflit mondial.

A l’époque le Royaume de Bulgarie couvre 144 424 km² pour 4.9 millions d’habitants dont 2.4 millions d’hommes mais tous ne sont naturellement pas mobilisables.

La mobilisation se fait dans des conditions difficiles avec un manque d’enthousiasme, un manque d’armement et un manque d’équipements. Néanmoins au début du mois d’octobre 616680 hommes sont sous les drapeaux soit 12% de la population et de 25% des hommes.

La convention militaire demandait aux bulgares cinq divisions mais Sofia parvient à mobiliser onze divisions d’infanterie et une division de cavalerie sans compter des unités auxiliaires, des unités de soutien et des unités de Milice. Ces moyens doivent être répartis en trois armées, deux sur le front serbe et une sur la frontière roumaine.

La 1ère armée bulgare dépend du Groupe d’Armées Mackensen (du fedlmarshall Mackensen, le commandant en chef allemand de ce groupe) en compagnie de la 11ème armée allemande et de la 3ème armée austro-hongroise. Cette première armée bulgare comprend quatre divisions d’infanterie et d’une brigade de cavalerie.

En revanche la 2ème armée qui doit être engagée dans le Vardar Macédonien reste sous le contrôle direct du haut-commandement bulgare.

La mobilisation bulgare ne passe naturellement pas inaperçue du côté serbe. Belgrade déploie sur la frontière serbo-bulgare 145 bataillons d’infanterie, 25 escadrons de cavalerie et 316 canons soit la moitée de l’armée serbe qui comprend 288 bataillons, 40 escadrons de cavalerie et 678 canons.

Belgrade espère le renfort de 150000 soldats alliés pour défendre le Vardar Macédonien mais l’Entente n’en à ni les moyens ni visiblement la volonté de renforcer le dispositif serbe.

Les futurs « jardiniers de Salonique » (troupes françaises à Thessalonique en 1915)

Les Empires Centraux continuent leurs préparatifs en vue d’une offensive décisive en Serbie, l’Autriche-Hongrie ne pouvant fournir les six divisions demandées, l’Allemagne est obligée d’engager des unités supplémentaires.

On trouve donc la 11ème armée allemande avec sept divisions allemandes, la 3ème armée austro-hongroise avec quatre divisions austro-hongroises et trois allemandes et la 1ère armée bulgare.

Le 6 octobre 1915 les allemands et les austro-hongrois passent à l’attaque. Un barrage d’artillerie frappe les positions serbes le long de la Sava et du Danube. Le franchissement à lieu le lendemain.

Les bulgares doivent normalement attaquer cinq jours plus tard mais suite à des retards les serbes prélèvent des troupes faisant face aux bulgares pour renforcer le front nord. Cela permet aux bulgares de terminer leur processus de mobilisation avec deux armées soit 300000 hommes, 195820 pour la 1ère armée et le reliquat pour la 2ème armée qui ne comprend que deux divisions d’infanterie et une division de cavalerie, ces moyens devant être engagés sur un front de 300km.

Le 14 octobre 1915 le Royaume de Bulgarie déclare la guerre au Royaume de Serbie. L’engagement de la Българска армия (Bŭlgarska armiya) permet de débloquer la situation sur le front serbe. Cela va permettre également aux allemands de sécuriser les approvisionnements en direction de la Sublime Porte.

Le jour même de la déclaration les troupes bulgares franchissent la frontière sur un front de 140km de long et 15km de profondeur. La 1ère Armée bulgare doit envahir la vallée de la Morava et prendre les villes de Nis et de Aleksinac pour faire la jonction avec la 11ème armée allemande.

L’avancée initiale est d’abord rapide mais très vite elle est contrariée par le mauvais temps qui endommage les routes. La résistance serbe et le relief montagneux de la région n’arrangent rien.

Résultat la 1ère armée bulgare doit stopper son avance avant les forteresses de Pirot et de Zapecar situées à seulement quinze kilomètres de la frontière. Une brèche au centre force les serbes à évacuer et les deux villes susnommées le 26 octobre 1915.

Paradoxalement la 2ème armée bulgare moins forte remporte de plus grands succès. Le 16 octobre 1915 elle s’empare de Vranje dans le sud de la Serbie et coupent les lignes de communication entre la Serbie et le Vardar macédonien.

Une partie de cette armée met cap sur Nis pour aider la 1ère armée à couper la retraite des forces serbes, le gros de cette force mettant cap à l’ouest, s’emparant de Vebes et de Kumanovo (dans l’actuelle Macédoine du Nord) le 20 octobre 1915.

Des troupes bulgares situées autour de Krivolak et de Strumitsa rencontrent pour la première fois les troupes françaises qui avançaient vers le nord pour aider les serbes. C’est le début de la bataille de Krivolak qui va durer du 21 octobre au 22 novembre 1915.

Cette bataille oppose la 11ème division bulgare à trois divisions françaises (57ème, 122ème et 156ème DI). L’échec de deux divisions serbes à s’emparer de Skopje oblige les français à se replier.

Cela provoque la Bataille de Kosturino (6 au 12 décembre 1915) qui oppose la 11ème division bulgare à deux divisions alliées, la 10ème division britannique (division de recrutement irlandais) et la 156ème DI.

Les bulgares l’emporte à nouveau et les alliés doivent se replier sur la Grèce. Les Empires centraux peuvent continuer les travaux de la ligne de chemin de fer Berlin-Constantinople. Les serbes décident de résister face à Mackensen tout en retraitant vers le Kosovo pour échapper à l’anhiliation. Le 1er novembre 1915, la ville de Kragujevac tombe aux mains des allemands.

Retraite de l’armée serbe en 1915

Le 5 novembre 1915 la ville de Nis tombe aux mains de la 1ère Armée bulgare, 5000 soldats serbes étant faits prisonniers. Le même jour cette même armée fait sa jonction avec la 11ème armée allemande, évitant par exemple que les serbes n’attaquent dans l’espace laissé entre les deux armées alliées. Les objectifs de guerre de l’armée bulgare sont atteints après moins d’un mois de combat.

Concentrée au Kosovo l’armée serbe envisage de forcer le passage et de retrouver les alliés en Macédoine. D’autres penchent plutôt pour un repli sur la côte adriatique pour échapper à l’encerclement.

L’armée serbe est certes affaiblie mais elle représente encore une menace. Voilà pourquoi les Empires Centraux décident de la détruire totalement. Le premier objectif est d’atteindre Pristina dans le nord du Kosovo.

La 1ère Armée bulgare doit attaquer depuis l’est, le groupe renforcé de la 2ème Armée bulgare doit attaquer depuis le sud, des éléments de la 11ème armée allemande doivent attaquer au nord et la 3ème armée austro-hongroise depuis le nord-ouest.

Ce plan parfait sur le papier est contré par le franchissement trop lent de la rivière Morava. Les serbes concentrent des moyens importants contre la 2ème armée bulgare car c’est le principal obstacle entre l’armée serbe et les alliés mais aussi parce qu’elle menace les routes d’une potentielle retraite vers l’Albanie.

La tentative de percée est un échec et l’armée serbe doit battre en retraite. Les bulgares tentent de couper leur mouvement depuis le sud. Suite à la prise de Pristina le 23 novembre 1915, le haut-commandement serbe ordonne la retraite générale vers l’Albanie pour éviter une totale annihilation.

La poursuite est essentiellement menée par les bulgares et les austro-hongrois. C’est ainsi que la 3ème division bulgare s’empare de la ville de Prizren dans le sud-ouest du Kosovo, accentuant la pression sur les serbes.

D’autres villes tombent aux mains des bulgares comme Debard (sur l’actuelle frontière macédono-albanaise), Struga (sud-ouet de l’actuelle Macédoine du Nord sur les rives du lac Ohrid) et Ohrid.

Le 4 décembre 1915 les bulgares prennent Bitola (actuellement dans le sud de la Macédoine du Nord) ce qui marque la fin de la campagne militaire pour la Serbie.

La retraite serbe tourne à l’anabase digne de Xénophon mais dans un contexte climatique bien plus difficile

Les serbes eux continuent leur éprouvante anabase qui va provoquer la mort de 55000 soldats. 150000 soldats serbes sont évacués par des navires alliés (essentiellement français et italiens) en direction de Corfou mais ils sont dans un tel état qu’il faudra du temps avant d’en refaire une armée cohérente et capable de combattre.

La veille le 3 décembre 1915 la 2ème armée bulgare avait entamé son avance contre les alliés mais trop tard pour empêcher les divisions alliées de se replier sur Salonique.

Le 11 décembre 1915 les troupes bulgares atteignent la frontière grecque mais reçoivent l’ordre de ne surtout pas la franchir. L’année 1915 se termine et pour l’armée bulgare il s’agit de faire les comptes avec 37000 pertes (tués, blessés, malades) sur 424375 engagés soit 8.72% des effectifs.

Clairement en cette fin 1915 le bloc des Empires Centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Bulgarie et Empire ottoman) sort renforcé des dernières opérations surtout si on compare la situation de l’Entente qui doit digérer les échecs en Artois, en Champagne, dans les Flandres mais aussi aux Dardanelles.

La conquête de la Serbie à été dure par ses combats mais aussi par l’occupation qui en découle, de nombreux crimes de guerre ont été commis par les troupes bulgares en dépit des dénégations de Sofia.

Des révoltes éclateront, l’une d’elle la Révolte de Toplica (21 février au 25 mars 1917) étant marquée par une répression impitoyable équivalente à celle des turcs face aux bulgares en 1877.

Voilà pourquoi quand les alliés parviendront à percer le front, ils refuseront une offensive en direction de la Bulgarie de crainte que les troupes serbes qui représentaient un élément incontournable du dispositif allié ne se vengent sur la population civile bulgare.

Après des succès initiaux, la guerre devient une guerre d’usure. Ce front est jugé secondaire par les allemands et les moyens engagés seront toujours insuffisant pour débloquer la situation (ce qui sera la même chose côté allié).

Le front de Salonique fin 1915

Le front en question est baptisé le plus souvent front macédonien. Du côté des Empires Centraux, on trouve deux ensembles, l’Army Group Scholz composé de la 11ème armée allemande, des 1ère et 2ème armées bulgares et du 20ème Corps d’Armée ottoman plus l’Army Group Albania qui comme son nom l’indique couvre l’Albanie.

Du côté des alliés nous trouvons l’Armée alliée d’Orient avec l’Armée d’Orient (France), des 1ère,2ème et 3ème Armées serbes (après leur reconstitution), l’Armée britannique de Salonique, l’Armée de Défense Nationale (Grèce), la 35ème DI italienne, une Force Expéditionnaire Russe et le 16ème Corps d’Armée italien.

Appelé également front de Salonique, il s’étend donc de la côte albanaise à la Struma. C’est une éprouvante guerre d’usure où la situation reste longtemps figée ce qui n’est au final pas si différent du front occidental.

Tranchées du front de Salonique

La principale différence c’est que les troupes qui y sont déployées ont le sentiment d’être oubliés au point qu’ils se baptiseront eux-mêmes «les jardiniers de Salonique». Aux combats s’ajoute le climat difficile et les épidémies qui préleveront leur lot de morts et d’invalides.

Le 5 janvier 1916 les austro-hongrois attaquent le Monténégro alliés de la Serbie. La petite armée monténégrine résiste bravement mais le rapport de force est trop déséquilibré ce qui aboutit le 25 janvier à la signature d’un armistice qui fait sortir le Monténégro de la guerre.

A noter que le roi Nicolas 1er réfugié en Italie s’oppose à cet armistice mais le gouvernement passe outre. Un gouvernement militaire est mis en place le 1er mars.

Dans la foulée l’Albanie est envahie, les ports de Scutarri et de Durazzo tombent à la fin février mais heureusement pour alliés l’évacuation sur Corfou de l’armée serbe s’est achevée le 10 février 1916.

A la fin de l’hiver 1915/16, les austro-hongrois contrôlent quasiment toute l’Albanie. A l’époque les britanniques veulent quitter la région mais les français refusent et Londres finit par s’incliner.

Les alliés décident de s’enterrer à Salonique et de s’y maintenir fermement. L’armée serbe reconstituée à Corfou va être transportée par des navires français sur ce front.

Aux problèmes militaires s’ajoute des problèmes politiques avec une Grèce divisée entre un roi pro-allemand et un premier ministre Euletherios Venizelos pro-allié. Comme la Roumanie est sur le point d’entrer en guerre, le général Sarrail, commandant des troupes alliés sur ce front veut lancer une offensive contre les bulgares.

Il n’en aura pas le temps puisque les Empires Centraux attaquent le 17 août 1916. En réalité les bulgares représentent l’immense majorité des troupes engagées, les allemands étant peu présents (une division) et les austro-hongrois sont surtout engagés en Albanie.

A l’est du front les bulgares conquièrent facilement les territoires grecs à l’est de la rivière Struma (17-23 août 1916) et pour cause, le roi de Grèce, le très germanophile Constantin 1er ordonne au 4ème Corps d’Armée de ne pas résister. Il y à cependant des combats de la part d’officiers qui ne peuvent admettre que ces territoires durement acquis durant les deux guerres balkaniques soient abandonnés si facilement.

Cela entraine le 29 août un coup d’état avec l’établissement de l’Etat de Défense Nationale ou gouvernement de Thessalonique sous la direction de Venizelos. A l’ouest même succès du moins initialement car les alliés parviennent après deux semaines de combat à contenir l’offensive bulgare après deux semaines.

Les alliés lancent une contre-attaque le 12 septembre 1916. C’est la Bataille de Kaymakchalan (12 au 30 septembre 1916) menée essentiellement par les serbes. Cela se termine par une victoire tactique des serbes mais les pertes sont lourdes des deux côtés. Les bulgares et les allemands qui ont perdu 60000 hommes évacuent Bitola. Le front à clairement reculé de 40km.

Pour affermir leur position, les alliés et les vénizélistes occupent la Thessalie et l’isthme de Corinthe, coupant les territoires royalistes en deux. Ils échouent à Athènes (1er au 3 décembre 1916). Les alliés reconnaissent officiellement le gouvernement Venizelos et mettent en place le blocus des côtes.

Après un hiver 1916/17 calme, les opérations vont reprendre au printemps 1917. l’Armée alliée d’Orient voit ses effectifs portés à 24 divisions avec six divisions françaises, six divisions serbes, sept divisions britanniques, une division italienne, trois divisions grecques et deux brigades russes.

Tout comme sur le Chemin des Dames, l’offensive alliée lancée au printemps est un échec et après de lourdes pertes pour des gains minimes, le haut-commandement allié décide d’arrêter les frais le 21 mai 1917.

Entre-temps le 14 mai 1917 le roi Constantin 1er s’est exilé remplacé par son fils Alexandre. Venizelos devient premier ministre et aussitôt la Grèce déclare la guerre aux Empires Centraux, une déclaration qui entraine la mise sur pied d’une nouvelle armée grecque capable de tenir son rang aux côtés des alliés.

A l’automne 1918, les Empires Centraux alignent sur le front de Salonique la 11ème armée allemande (deux corps d’armées, sept divisions majoritairement bulgares), la 1ère armée bulgare (trois divisions d’infanterie et une brigade d’infanterie), la 2ème armée bulgare (trois divisions d’infanterie) et la 4ème armée bulgare qui dispose d’une division d’infanterie et d’une division de cavalerie.

De leur côté les alliés alignent une Armée d’Orient composée de cinq divisions d’infanterie françaises, une division d’infanterie italienne et deux divisions grecques, deux Corps d’Armée serbes regroupant huit divisions d’infanterie dont deux françaises plus une division de cavalerie, Un groupe de divisions avec une division coloniale (française), une division grecque et une division britannique, une Armée britannique de Salonique avec deux corps d’armées regroupant trois divisions britanniques et deux divisions grecques et enfin l’Armée Grecque composée de deux corps d’armée soit un total de six divisions d’infanterie dont une à l’entrainement.

Du 29 au 31 mai 1918 à lieu la Bataille de Skra-Di-Leger entre trois divisions grecques plus une brigade française contre une brigade bulgare. Sans surprise les alliés l’emporte et cette défaite bulgare entraine la démission du premier ministre en exercice, Vassil Radoslatov (21 juin 1918).

Il est remplacé par Aleksander Molinar qui entame des négociations secretes avec les alliés mais ces négociations buttent sur la volonté bulgare de conserver sous son autorité l’est de la Macédoine ce que ne peut accepter Athènes et comme Paris et Londres ne veulent pas aller contre les volontés grecques……. .

La France veut lancer une offensive majeure mais il faut un accord politique avant de passer à l’action. Cela prend du temps et ce n’est qu’à l’automne 1918 que tout va se débloquer. A cette époque les effectifs sont équilibrés (291 bataillons côté alliés contre 310 de l’autre côté) mais le conflit à clairement choisit le camp de l’Entente surtout depuis l’échec des offensives allemandes du printemps.

Du 15 au 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dobro Pole. Elle oppose deux divisions bulgares à trois divisions françaises, deux corps d’armées serbes et trois divisions grecques. C’est le début de l’offensive du Vardar qui allait aboutir à la rupture du front.

Le 18 septembre 1918 à lieu la bataille de Dorian entre d’un côté une division britannique et deux divisions grecques contre une division bulgare renforcée des éléments d’une autre Grande Unité de la Bulgarskaya Armiya.

Après la préparation d’artillerie, les britannico-grecs attaquent les positions bulgares situées près du lac Dorian mais c’est un échec en raison d’un manque d’appui-feu, de problèmes de coordination entre britanniques et grecs et en raison visiblement du manque d’entrain des troupes grecques.

Quelques jours plus tard les positions évacuées sont occupées sans combat par les britannico-grecs. Ils donnent la chasse aux troupes bulgares en retraite mais à un train de sénateur ce qui permet aux soldats de Sofia de se replier en bon ordre.

Le 24 septembre 1918 la Bulgarie demande un armistice aux alliés. Ces derniers acceptent cinq jours plus tard soit le 29 septembre 1918.

Le même jour les alliés occupent Skopje mais une vigoureuse contre-attaque germano-bulgare les obligent à abandonner la ville aux troupes des Empires Centraux.

Si la Bulgarie demande un armistice c’est que l’armée bulgare épuisée s’effondre. De nombreuses mutineries ont lieu et certains mutins proclament même la république à Radomir. Ce putsch républicain est un pétard mouillé qui prend fin le 2 octobre 1918.

Entre-temps l’armistice de Thessalonique à été signé le 29 septembre 1918 et entre en vigueur le lendemain à minuit.

Pour sauver ce qui peut l’être, Ferdinand 1er décide d’abdiquer le 3 octobre 1918 en faveur de son fils qui devient le tsar Boris III.

L’armée bulgare à aussi été engagée contre la Roumanie à l’automne 1916 quand celle-ci entre en guerre aux côtés de l’Entente. Son offensive en Dobroudja du Sud oblige les roumains à détacher des troupes ce qui réduit leur potentiel offensif face aux Empires Centraux qui après une vigoureuse contre-offensive vont occuper quasiment tout le pays même si l’aide russe et celle de conseillers militaires français dirigés par le général Berthelot va permettre à Bucarest d’éviter l’occupation de tout le pays.

Le 27 novembre 1919 est signé le Traité de Neuilly sur Seine. On trouve d’un côté la Bulgarie et de l’autre côté les alliés qu’ils soient importants ou secondaires. En effet la France, la Grèce, l’Italie, le Japon, la Roumanie, la Serbie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Belgique, la Chine, Cuba, le Hejaz, la Pologne, le Portugal, le Siam et la Tchécoslovaquie ont signé ce traité qui peut être résumé ainsi :

-La Thrace occidentale est cédée à l’Entente qui va la rétrocéder à la Grèce (Conférence de San Remo 19 au 26 avril 1920)

-La Bulgarie doit signer une convention d’échange de populations avec la Grèce

-La Bulgarie doit céder 2563 km² sur sa frontière occidentale au Royaume des Serbes, Croates et Slovènes

-Retour à la Roumanie de la Dobrudja du Sud

-Armée de 20000 hommes

-100 millions de livres sterling de dommages de guerre

-Reconnaissance obligatoire du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes

Pour la majorité de l’opinion publique bulgare, ce traité est la Deuxième Catastrophe Nationale après celle survenue à peine cinq ans plus tôt à la fin de la deuxième guerre balkanique.

Mitteleuropa Balkans (41) Bulgarie (5)

Princes et tsars de Bulgarie

Alexandre de Battenberg

Alexandre de Battenberg (Vérone, Lombardie-Vénétie 5 avril 1857 Graz, Autriche-Hongrie 17 novembre 1893) est le premier knyaz (prince) de Bulgarie du 29 avril 1879 date de son élection par une Assemblée Nationale Bulgare (qu’il va dissoudre en 1880) jusqu’à son abdication le 7 septembre 1886.

C’est le deuxième fils du Prince Alexandre de Hesse-Darmstadt et de la comtesse Julia Hauke (un mariage morganatique). Neveu du tsar Alexandre II (qui à épousé une sœur de son père), son frère à épousé une petite fille de la reine Victoria et parmi les neveux du premier prince de Bulgarie on trouve la reine Louise de Suède ou encore Alice de Battenberg, future reine de Grèce et mère du prince Philip époux de la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne qui succède à son père en plein second conflit mondial.

Arrivé au pouvoir le prince Alexandre est coincé entre l’influence des russes qui voulaient qu’il soit un «roi fainéant» et la turbulente classe politique bulgare qui voulait un prince guerrier, incarnant la nation bulgare pour restaurer les frontières du traité de San Stefano.

Conservateur de nature et de formation, il avait accepté du bout des lèvres la Constitution de Tarnovo dont il obtient la suspension pour sept ans le 13 juillet 1881 suite au vote d’une assemblée acquise à sa cause.

Cette période autocrate ne dure pas car la constitution est restaurée le 19 septembre 1883. En 1885 il unifie à titre personnel la principauté de Bulgarie et la province de Roumélie orientale dont il devient le gouverneur-général suite à un accord avec la Sublime Porte.

Suite au coup d’état manqué d’août 1886 il décide d’abdiquer le 7 septembre 1886, obtenant le titre de prince de Tarnovo. Il est enterré dans un mausolée installé à Sofia.

Ferdinand 1er de Bulgarie

Ferdinand 1er, premier tsar de Bulgarie de 1908 à 1918

Ferdinand Maximilian Karl Leopold Maria de Saxe-Cobourg & Gotha (Vienne 26 février 1861 Coburg,Allemagne 10 septembre 1948) est le deuxième prince de Bulgarie du 7 juillet 1887 au 5 octobre 1908 puis roi de Bulgarie du 5 octobre 1908 au 3 octobre 1918.

Fils du prince Auguste de Saxe-Cobourg et Gotha et de Clémentine d’Orléans (fille de Louis-Philippe 1er) il épouse en 1893 la princesse Marie-Louise de Bourbon-Parme.

De cette brève union (Marie-Louise meurt en 1899 des suites de la naissance de sa fille cadette) naissent quatre enfants, deux fils le futur tsar Boris III (1894) et son frère Kiril (1895) ainsi que deux filles Eudoxia (1898) et Nadezhdad (1899). Il se remarie en 1908 (après la mort de sa mère) avec la princesse Eleonore Reuss de Köstriz.

Il est le neveu de François-Joseph et de Ferdinand II du Portugal et le petit-neveu de Léopold 1er de Belgique.

Réputé indolent et bon vivant, ayant de nombreux enfants naturels et réputé pour être également attiré par les hommes, son arrivée au pouvoir surprend tous les cours européennes. Les relations avec les têtes couronnées étaient parfois difficiles.

En mai 1894 Stefan Stambolov démissionne et en juillet 1895 il est assassiné. Le tsar Ferdinand 1er est fortement soupçonné d’en être le commanditaire.

En février 1896 il décide de se réconcilier avec la Russie en convertissant son jeune fils Boris à la religion orthodoxe (alors qu’il avait été baptisé catholique, la religion de ses deux parents). Cela le fâcha avec son oncle François-Joseph avec lequel les relations n’étaient guère moins chaleureuses qu’avec Guillaume II.

En dépit de la défaite lors de la deuxième guerres balkanique il agrandit le territoire bulgare avec la Thrace occidentale qui permet à Sofia d’obtenir un accès à la mer Egée.

Il engage son pays dans la première guerre mondiale le 11 octobre 1915 mais après des succès importants, l’année 1918 devient difficile pour ne pas dire pire.

Pour sauver ce qui peut l’être il abdique le 3 octobre 1918 au profit de son fils ainé Boris qui devient Boris III de Bulgarie à l’âge de vingt-quatre ans. Il s’installe à Coburg où il vit jusqu’à sa mort le 10 septembre 1948.

Comme la guerre à éclaté entre-temps, il est enterré dans une crypte provisoire, un provisoire qui va durer jusqu’en 1993 quand la chute du régime communiste et le retour de la démocratie va permettre le retour du premier roi de Bulgarie et son enterrement dans la crypte des rois de Bulgarie à Sofia.

Boris III de Bulgarie

Boris III

Boris Klemens Robert Maria Pius Ludwig Stanislas Xavier (Sofia 30 janvier 1894, près de Plovdiv 14 septembre 1951) est le deuxième et avant dernier tsar de Bulgarie.

Fils ainé de Ferdinand 1er et de Marie-Louise de Bourbon-Parme, il est marié à la princesse Giovanni d’Italie, fille de Victor-Emmanuel III, roi d’Italie. De cette union vont naitre deux enfants, la princesse Marie-Louise et Siméon qui sont respectivement nés le 13 janvier 1932 et le 16 juin 1937.

Baptisé dans la religion orthodoxe à des seuls fins politiques (se réconcilier avec la Russie, les autres enfants de Ferdinand 1er étant baptisés selon le rite catholique), il participe aux guerres balkaniques et à la première guerre mondiale dans des tâches d’officier de liaison.

Le 3 octobre 1918 alors que la guerre est clairement perdue pour la Bulgarie, son père abdique en sa faveur dans l’espoir de sauver ce qui peut être mais les alliés se montreront intransigeants dans les négociations qui aboutiront au traité de Neuilly sur Seine.

Les premières années de son règne sont assez agitées avec plusieurs attentats et tentatives d’assassinat sans oublier un incident de frontière avec la Grèce en octobre 1925 qui menace de dégénérer en guerre ouverte.

Le 19 mai 1934, une organisation politico-militaire appelée Zveno organise un coup d’état qui suspend le processus politique et électroral et réduit le rôle de Boris III à celui d’un «roi-fainéant».

Cette situation ne dure qu’un an puisqu’en 1935 il organise un contre-coup d’état qui le rétablit dans la plupart de ses prérogatives. La Bulgarie reste un état autoritaire mais un semblant de vie politique est rétablit par la réautorisation des partis politiques.

Restropectivement la période 1935/43 est vue comme un Age d’Or avec une nette amélioration de la qualité de vie des bulgares. Le tsar est très populaire car très abordable et très proche du peuple.

Mieux même le 7 septembre 1940 un accord permet le retour à la mère-patrie de la Dobroudja du Sud au détriment de la Roumanie.

Si il parvient à conserver la Bulgarie neutre durant la guerre de Pologne, Boris III à conscience que ce sera plus difficile dans le conflit qui débute en septembre 1948. Si la Bulgarie ouvre son territoire aux troupes allemandes pour les opérations en Yougoslavie, les troupes bulgares n’entrent dans ce pays que pour occuper la Macédoine et le nord de la Grèce.

Pour l’opération BARBAROSSA, le tsar de Bulgarie refuse dans un premier temps l’engagement de l’armée bulgare en dépit des pressions allemandes mais aussi d’une partie de son armée qui rêve d’en découdre avec les bolchéviques.

De guerre lasse le fils de Ferdinand 1er accepte mais l’engagement est timide pour ne pas dire pusilanime avec seulement deux divisions qui ne brilleront guère sans pour autant ne rien y faire.

Même chose pour la question des juifs de Bulgarie. Il existe bien des lois discriminatoires mais Boris III refuse toute déportation dans la partie allemande de l’ancienne Pologne.

Les pressions se font plus forte jusqu’au 14 septembre 1951 quand l’avion de Boris III s’écrase près de Plovdiv dans des circonstances douteuses. Comme il revenait d’une entrevue houleuse avec le duo infernal Himmler/Heydrich certains y ont vue un attentat destiné à tuer un roi mature et décidé pour le remplacer par un adolescent jugé plus malléable. Encore aujourd’hui il règne de nombreux mystères autour de ce crash.

Le corps de Boris III est d’abord inhumé dans le cimetière de Plovdiv puis en 1993 exhumé pour rejoindre la crypte des rois de Bulgarie où il retrouve son père dont le corps avait fait le voyage depuis l’Allemagne.

Siméon II de Bulgarie

Simeon de Saxe-Cobourg-Gotha (Sofia 16 juin 1937) est le dernier tsar de Bulgarie. Fils de Boris III et de Giovanna d’Italie, il à un sœur Marie-Louise de cinq ans son ainée.

Baptisé selon le rite orthodoxe (avec l’eau prélevé dans le Jourdain excusez du peu) il devient tsar de Bulgarie à l’âge de 14 ans après la mort de son père dans un accident d’avion qui reste encore aujourd’hui nimbé de mystéres.

Comme il est encore mineur, son oncle le prince Kiril devient régent même si très vite Siméon prend des libertés et n’hésite pas à entrer en conflit contre son oncle.

Le 17 janvier 1954 alors que l’URSS se prépare à attaquer une Bulgarie qui avait été éjectée de Macédoine et de Grèce, un coup d’état crypto-communiste renverse Siméon II qui est emprisonné à Sofia.

Les sociaux démocrates et les communistes se disputent sur le sort à réservé à la famille royale bulgare. Après de longues négociations, Siméon II, sa mère, sa sœur et ses oncles et tante parviennent à s’exiler en Suisse.

Un accord prévoit qu’ils s’abstiennnent de tout commentaire politique mais il semble que Siméon II à tenté sans succès de monter un gouvernement en exil pour regrouper les opposants au régime communiste en place à Sofia.

En 1962 il se marie avec une noble espagnole qui lui donnera quatre fils et une fille. Il s’installe en 1970 aux Etats-Unis où il se lance dans les affaires tout en restant une personne appréciée et écoutée par la diaspora bulgare.

Il semble mais ce n’est pas prouvé que les services secrets bulgares ont envisagé son assassinat mais que ce projet à été torpillé par les autorités communistes qui ne voulaient pas en faire un martyr.

Rentré en Bulgarie après la chute du régime communiste, il accueille en 1993 les corps de son père et de son grand-père qui sont enterrés dans une nécropole à Sofia.

En 2020 Siméon II qui vient de féter ses quatre-vingt trois ans est toujours bon pied bon œil comme on dit.

Mitteleuropa Balkans (39) Bulgarie (3)

De la domination ottomane à l’indépendance

La Bulgarie ottomane

Carte de l’Empire ottoman en 1830.

La Bulgarie annexée à l’Empire ottoman, formant une province administrée directement par les sultans en raison de sa position stratégique. La question religieuse est gérée par le patriarcat de Constantinople. Le mot Bulgarie disparaît est remplacé par le terme Roumélie («pays des Romains»).

Un système féodal strict est mis en place tout comme un système de colonisation et d’islamisation.

Cela passe par le statut de dhimmi (inférieur) pour les non-musulmans, la mise en place du statut du millet (tous les chrétiens sous une seule autorité pour effacer toute solidarité nationale), une forte pression fiscale (double capitation [de capita tête ce qui signifie que les chrétiens payent deux fois un impôt individuel]) et enfin le système du devchirme, l’enlèvement de jeunes chrétiens pour les convertir à l’islam et les transformer en janissaires.

Cette domination connait une forte résistance des bulgares avec plusieurs révoltes notamment en 1565 (Prilep) en 1575 (Ohrid), en 1590 (Kysustendil), en 1595 (Razzgrad), en 1686, en 1688 (révolte catholique) et en 1689 (Macédoine). Cela passe également par l’action des Haïduk, des bandits de grand chemin entourés d’une aura romantique un peu à l’instar des bandits d’honneur corses.

En 1774 le traité de Kücük-Kaynarca qui met fin à une nouvelle guerre russo-ottomane autorise la Russie à interférer dans les affaires ottomanes en tant que protecteur des sujets chrétiens de la Sublime Porte.

Jusqu’aux années 1820 la résistance chrétienne est multinationale mais suite notamment à l’indépendance grecque on assiste à une séparation. C’est un processus long et lent qui voit une orientation moins religieuse et plus nationale.

Après la fin de la guerre de Crimée et jusqu’à l’autonomie de la Bulgarie (de jure mais de facto indépendance) les mouvements se séparent et s’affrontent mêmes entre-eux, le début du «baril de poudre balkanique» qui allait provoquer la première déflagration mondiale.

Révolte, guerre russo-ottomane et «indépendance»

En cette fin de 19ème siècle l’empire ottoman est clairement sur le déclin. Ce déclin à été amorcé dès le 18ème siècle voir même la fin du siècle précédent. C’est clairement «l’homme malade de l’Europe».

En 1875 la Bosnie-Herzégovine se révolte suivie un an plus tard en avril 1876 (calendrier julien) de la Bulgarie. Cette révolte va être écrasée en mai par l’armée ottomane et par des irréguliers ottomans les Bachi-Bazouk. Les atrocités sont telles qu’elles indignent l’opinion publique européenne, une opinion choquée et outrée par de telles exactions.

Cette révolte est la conséquence de la réemergence de la conscience nationale bulgare. En novembre 1875 le Comité Central Révolutionnaire Bulgare décide de lancer une révolte armée, estimant la situation mure pour cela.

Le territoire appelé à soulever est divisé en cinq districts : Vratsa, Veliko Tarnovo, Sliven, Plovdiv et Sofia.

Cette révolte éclate le 20 avril 1876 (2 mai au calendrier grégorien) mais son impact est minoré par un coup de filet lancé par la police ottomane prévenue par un délégué qui avait été retourné. La dite révolte est donc loin d’être homogène avec des zones qui échappent totalement au contrôle ottoman et des régions où la révolte fait long feu.

La question des musulmans fait débat. On décide de ne s’attaquer qu’à ceux armés et belliqueux et de protégés seront qui resteront pacifiques. Bien entendu ça c’est sur le papier mais dans la pratique on efface pas comme ça plusieurs siècles de haine et de resentiments.

Le 25 avril 1876 débute la répression ottomane. Elle est sévère et implacable, les combattants comme les civils sont massacrés. A la mi-mai (fin mai calendrier grégorien) la révolte est écrasée.

Le nombre de victimes est incertain variant entre 12 et 30000 morts. En Grande-Bretagne cette révolte entraine une passe d’arme en deux des grands leaders politiques britanniques de l’époque le libéral Gladstone et le conservateur Disraeli. Le premier dans l’opposition reproche la non intervention au second au pouvoir.

Il faut dire qu’à l’époque la Grande-Bretagne soutien clairement l’empire ottoman pour éviter que la Russie n’accède aux mers chaudes. Ne pas oublier que nous sommes à peine vingt ans après la fin de la guerre de Crimée où l’intervention franco-britannico-turc était destinée à empêcher la Russie de Nicolas 1er de prendre trop ses aises dans les Balkans et d’accéder à la Méditerranée.

Presque un an après la révolte éclate une nouvelle guerre russo-ottomane, un conflit qui va durer du 24 avril 1877 au 3 mars 1878 (calendrier grégorien). Ce conflit dépasse le simple cadre bulgare puisque des opérations vont avoir lieu dans les Balkans mais aussi dans le Caucase.

La Russie va s’allier à la Roumanie, la Serbie, le Monténégro et une légion bulgare face aux ottomans qui vont s’appuyer sur des irréguliers tchétchènes, daghestanais, abbkazes mais aussi une légion polonaise.

Les russes déploient 185000 soldats sur le Danube plus 75000 dans le Caucase soit 260000 hommes en quatre corps d’armée. En face on trouve 281000 soldats ottomans (211000 dans les Balkans et 70000 dans le Caucase).

Sur le plan de l’équipement, les ottomans sont mieux armés, mieux équipés mais ces qualités sont obérées par une stratégie défensive et la nécessité de disperser les effectifs entre troupes de forteresse et troupes de manœuvre.

Les pertes vont être élevées et plus de maladie qu’au combat, une constante de la guerre jusqu’au premier conflit mondial où le traitement sanitaire à fait d’immenses progrès.

Les russes ont perdu entre 15567 et 34742 tués au combat, 81166 morts de maladies, 56652 bléssés dont 1713 succomberont des suites de leurs blessures.

Les roumains ont eux 4302 tués et disparus, 3316 blessés et 19904 malades. Les bulgares ont eu 2456 tués et blessés, les serbes et les monténégrins ont eu 2400 morts et blessés alors que l’empire ottoman ont eu environement 30000 tués et 60 à 90000 morts des suites de leurs blessures et de maladie.

Auparavant (30 juin 1876) la Serbie et le Monténégro étaient entrés en guerre contre l’empire ottoman. Les serbes aidés par les volontaires russes sont cependant incapables de réaliser l’offensive prévue mais empêchent les troupes de la Sublime Porte d’envahir la Serbie.

A la même époque la Russie et l’Autriche-Hongrie négocie pour préserver leurs intérêts mutuels. La Russie soutiendra l’Autriche-Hongrie pour lui permettre d’acquérir la Bosnie-Herzégovine en échange du soutien de Vienne pour récupérer la Bessarabie du Sud (perdue durant la guerre de Crimée) et l’annexion de Batum. La Bulgarie deviendrait autonome selon les austro-hongrois mais indépendante selon les russes.

Le 31 octobre 1876 l’Empire ottoman accepte les conditions de la Russie pour stopper sa guerre contre la Serbie.

Le 11 décembre 1876 les consuls des grandes puissances (Grande-Bretagne, Russie, Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie) se réunissent à Constantinople.

Ils exigent des réformes politiques ce que ne peut empêcher la Sublime Porte qui décide de couper l’herbe sous le pied des grandes puissances en mettant en place une constitution. Les puissances occidentales restent sur leurs positions.

Le 15 janvier 1877 un accord est signé entre Vienne et Saint-Pétersbourg. Tout est en place pour une guerre entre l’empire russe et l’empire ottoman.

Les russes déclarent la guerre aux turcs le 24 avril 1877. Ils entrent en Roumanie suite à un accord signé le 12 avril. Le 10 mai 1877 la Roumanie déclare la guerre à l’Empire ottoman. Les russes et les roumains coulent tous les navires ennemis dans le Danube et minent le fleuve.

Le 25 et le 26 mai 1877 un torpilleur roumain avec un équipage mixte roumano-russe coule un monitor ottoman. Dans la nuit du 27 au 28 mai un pont de bateau est construit sur le Danube à Svishtov.

Le 26 juin ils franchissent le fleuve près du delta à Galati et à Simnitza puis progresse vers Ruschuk. Ils réduisent la forteresse de Svitstov et progressent vers Nikopol.

Le 12 juillet 1877 ils remportent la bataille d’Elena puis celle de Nikopol quatre jours plus tard ce qui leur permet de faire mouvement en direction de la Bulgarie. Le 17 juillet les russes remportent une première bataille près de la passe de Shipka.

Le 19 juillet 1877 les ottomans s’installent à Plevna avec 15000 hommes pour bloquer l’avancée russe. Ces derniers envoient seulement 9000 hommes contre la ville. Deux assauts sont repoussés (respectivement les 20 et 31 juillet) mais les ottomans ne lancent aucune contre-offensive. Sans doute qu’une opération de ce type aurait mis les russes en grande difficulté et aurait peut être permis aux turcs de détruit le pont de bateau sur le Danube.

Le 9 août 1877 les bulgares remportent une victoire majeure à Skipka en empêchant l’arrivée de renforts ottomans à Plevna.

Après trois jours de combats, les volontaires de la légion bulgare sont relevés par des troupes russes, les ottomans étant obligés de se replier.

Au même moment les roumains franchissent le Danube et vont renforcer les troupes russes au siège de Plevna. Le 21 août une nouvelle attaque ottomane est repoussée mais le 11 septembre 1877 lors de la bataille de Lovcha, les ottomans repoussent une attaque russe.

Le 13 septembre à lieu la troisième bataille de la passe Shipka qui se termine par une victoire russe , les troupes ottomanes étant repoussées. Le 24 octobre à lieu la bataille de Gorni Dubnik au cours de laquelle les russes capturent la redoute défendant les voies de communication ravitaillant la ville assiégée.

Le siège va durer jusqu’en décembre 1877. Dans la nuit du 9 au 10 la garnison ottomane tente une sortie mais c’est un échec. Le lendemain la ville rend. Si le chef est bien traité, nombre de prisonniers meurent de froid lors de leur transit en direction des camps destinés à les abriter. Les blessés intransportables sont massacrés par les bulgares. Cette victoire de Plevna pousse la Serbie à rentrer en guerre pour prendre sa revanche sur le conflit de l’année dernière.

Le siège de Plevna n’est pas le seul événement de cette guerre. Le 25 août 1877 sur le front caucasien la bataille de Kizil Tepe se termine par une victoire ottomane qui empêche les russes de mettre le siège à Kars.

Du 2 au 4 octobre à lieu la bataille de Yahni où les russes sont battus par les ottomans même si la victoire turque est loin d’être conclusive. Du 12 au 15 octobre, l’armée ottomane dirigée par Hadji Resit Pasha se rend aux russes. Le 4 novembre 1877 les russes remportent la bataille de Deve Boyun mais les 8 et 9 novembre ils échouent à s’emparer de la ville d’Erzurum. Le 17 novembre 1877 les russes s’emparent de la forteresse de Kars dans le Caucase.

Les 4 et 14 décembre 1877 ont lieu deux nouvelles batailles à Elena, la première se termina par une victoire ottomane et la seconde par une victoire russe. Le 31 décembre 1877 à lieu la bataille de Tashkessen, les ottomans remportent une victoire tactique qui permet de couvrir la retraite générale.

Le 4 janvier 1878 la ville de Sofia est prise et le lendemain la quatrième bataille de la passe Shipka est une nouvelle victoire russe. La dernière bataille à lieu à Philippopolis le 17 janvier 1878, l’avancée russe menaçant Constantinople.

Le 31 janvier 1878 sous la pression des britanniques qui envoient une flotte pour montrer les dents, les russes acceptent la trève proposée par les ottomans. Pour être en meilleure position lors des futures négociations de paix, les mouvements se poursuivent un temps.

Le 3 mars 1878 le traité de San Stefano (dans la banlieue de Constantinople et non comme en Italie comme on pourrait le croire) met fin à ce conflit. Une grande principauté de Bulgarie autonome voit le jour. Cette principauté dont le prince doit être choisit par la Russie regroupe quasiment tous les bulgarophones de la région. La Bosnie-Herzégovine est autonome tandis que la Serbie, le Monténégro et la Roumanie reçoivent eux aussi des territoires, réduisant la Turquie d’Europe à fort peu de choses. La Russie devait s’agrandir dans le Caucase.

La Grande-Bretagne et l’Autriche-Hongrie s’opposent à ce traité qui favorise beaucoup trop les intérêts russes. Cette opposition s’explique pour les austro-hongrois par le fait qu’une poussée russe allait contre leurs intérêts et que pour les britanniques obsédés par l’équilibre des puissances en Europe ne voulait pas voir les russes capables de réaliser le projet de Catherine II de renaissance de l’empire byzantin.

Un congrès international se réunit à Berlin le 13 juillet 1878. la Bulgarie n’est plus une mais duale avec deux principautés qui ne seront réunies qu’en 1885, l’indépendance n’étant reconnue qu’en 1908 même si dans les faits l’autonomie était très large.

Le territoire bulgare était réduite à un territoire entre le Danube et le Gran Balkan. Elle reste vassale du Sultan tandis que la Roumélie orientale reste ottomane. La Sublime Porte conserve la Macédoine, l’Albanie, la Thessalie et la Thrace.

La Bosnie-Herzégovine et le Sandjak de Novi-Pazar restent nominalement aux mains des ottomans mais l’administration est assurée par l’Autriche-Hongrie.

Le rêve des frontières du traité de San Stefano vont devenir le moteur de la diplomatie bulgare ce qui expliquera son engagement dans les deux conflits mondiaux.